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REPUBLIQUE D'HAJTI
BULLETIN
LOI^ ET ACTES
DU GOUVERNEMENT
PUBLIE
Avec la haute approktioii de M. le Secrétaire d'État de l'Intérieur
ANNEE 1891
W' 22 ^IV^^^^ N° 22
T" Ch. DUNOD k P. VICO
ÉDITEURS DE l'lMVEKSIÏÉ HAÏTIENNE
49, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, 49
PARIS
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Book
^ •
BULLETIN
DES
LOIS ET ACTES DU GOUVERNEMENT
RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
BULLETIN
DES
LOIS ET ACTES
DU aOUVERNEMExNT
PUBLIE
Avec la haute approbation de M. le Secrétaire d'État de l'Intérieur
ANNEE 1891
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T' Ch. DUNOD & P. VICQ
ÉDITELKS DE l'uMVERSITÉ HAÏTIENNE
4!), QLAI DES GRAXKS-AL'OI STINS, 40
PARIS
J
■^ . ..
.\' 1.
DISCdlKS
GiiovENS KT Soldats,
Quatre-vingt-huit ans se sont accomplis depuis que nos
pères, réunis aux Gonaïves, ont juré de vivre liijres et indé-
pendants !... De ce jour, la Nationalité Haïtienne était créée,
et, malgré les vieissitudes, les tourmentes de toutes sortes
<[ui ont accablé Haïti, le serment de nos devanciers a tou-
jours été pour nous solennel et sacré. En effet, si nous jetons
un regard sur le passé, que voyons-nous? Un peuple d'es-
claves, n'ayant pour armes que des instruments aratoires,
qui se lève, qui brave les immortelles légions de l'Egypte
et du Rhin, et qui, à force de constance, de foi dans la lutte,
arrive à les vaincre et à créer la première République où
r homme noir ait vécu en maître et en seigneur.
Des événements aussi considérables ne sont pas rappelés
ici poumons donner l'orgueil des faits accomplis, mais bien
pour nous révéler que la plus noble et la plus sainte des
causes est celle de la Liberté.
Mais arrêtons-nous un moment sur ce mot Liberté, pour
nous demander ce que nous avons fait pour en être dignes,
depuis que nous l'avons conquise.
A peine avions-nous été mis en possession de celle liberté
((ue des luttes malheureuses et regrettables nous ont divisés,
et que ce sol que venaient de nous léguer nos pères était
couvert de nos propres débris et s'abreuvait de notre propre
sang.
I
2 DISCOURS
(détail indigne des descendants de ceux qui venaienf do
faire de si grandes choses; mais telle a été l'ardeur des pas-
sions, la soif du pouvoir, que nos mains, sans hésitations,
ont souvent essayé de renverser Fédilice à peine élevé.
Pourtant il n'a point été détruit, car le Dieu de miséri-
corde qui nous avait placés sur cette terre, où hier nous
étions esclaves, nous réservait à de hautes destinées. C'est à
ces destinées, Concitoyens, qu'il nous faut, en ce moment,
travailler avec ardeur et courage; c'est à relever la race si
infortunée à laquelle nous appartenons que nous devons con-
sacrer tous nos efforts; c'est à montrer au monde civilisé
que nous sommes doués des aptitudes qui font la gloire et
l'honneur des grandes Nations que désormais nous allons
travailler en commun.
Pour arriver à ces beaux résultats, que nous faut-il? Un
parfait esprit d'harmonie, de paix, de fusion, de concorde!
C'est à la réalisation de ces idées que le Gouvernement
dont je suis le Chef consacre ses veilles.
Il est passé, le temps où, armés les uns contre les autres,
nous faisions de notre Patrie deux camps où le Sang Haïtien
coulait également, rien que pour satisfaire des passions
folles, quelquefois des ambitions erronées!... Quatorze mois
de paix, pendant lesquels la politique a disparu pour faire
place à l'administration, vous permettent sans doute. Conci-
toyens, d'apprécier tout ce que peuvent, en faveur du Pays,
la bonne foi, l'honnêteté, l'énergie, le patriotisme ! Quatorze
mois de paix ont permis à la République, si ce n'est de se
relever de ses ruines, au moins d'attester de sa vitalité en
se lançant dans les grandes voies créées par la civilisation^
et le progrès. Les finances remises sur un pied régulier; tous
les services publics à jour; l'armée se réformant; l'instruc-
tion publique répandue à profusion dans toutes les couches
de notre société ; les travaux publics s'affirmant par la cons-
truction de ponts, d'édifices importants, de routes; l'agricul-
ture encouragée; la Capitale reliée à l'Étranger par le câble
sous-marin : tels sont les bienfaits de quatorze mois de paix.
DISCOURS 3
pendant lesquels le Gouvernement a pu avec calme, loyauté,
exécuter une partie de son programme.
11 y a donc beaucoup de fait, mais il nous reste encore plus
à faire, et je jure que, Dieu aidant, j'accomplirai ma tâche.
Haïtiens! groupons-nous! resserrons nos rangs pour main-
tenir cette paix si chère à tous. Quoi qu'on dise, quoi qu'on
fasse, j'ai foi que cette paix ne sera pas troublée. Ma foi ? je
la puise dans le besoin que chacun éprouve de la paix pour
le développement de ses ressources morales et matérielles ;
et si jamais des forcenés tentaient de nous la ravir, faisons
que leur projet, dans leur sein même, soit étouffé.
Maintenant, rendons-nous au temple du Seigneur pour le-
remercier des biens qu'il lui a plu de nous accorder dans le
cours de l'année qui vient de finir et implorer sa bénédiction
pour celle qui commence ; mais, avant de nous y rendr(\
crions tous ensemble :
Vive la République !
Vive la Liberté !
Vive l'Indépendance !
HVPPOLITE.
ARRETE
N» 2.
ARRÊTÉ
Hyppolite, prcsident d'Haïti,
Vu les articles 29 à 37, 40 et 45 du Code de Commerce;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce, et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
Arrête :
Art. 1"''. — La Société anonyme, formée à Port-au-Prince,
sous la dénomination de « Société coopérative internationale
de Consommation », par acte passé, le 6 décembre, présente
année, par-devant jVP' Louis-Etienne-Edmond Oriol et son
collègue, notaires en ladite ville, est autorisée. Sont approu-
vés les statuts contenus audit acte, qui restera annexé au
présent Arrêté.
Art. 2. — La présente autorisation pourra être révoquée
en cas de violation ou de non-exécution des statuts approu-
vés, sans préjudice des dommages-intérêts des tiers.
Art. 3. — Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Com-
merce est chargé de l'exécution du présent Arrêté, qui sera
imprimé et publié.
Donné au Palais national de Poil-au-Prince, le 29 décembre 1890,
an LXXXVII" de rindéxjendance.
Hyppolitk.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce^
A. FiRMIN.
AVIS
N» 3.
AVIS
SECRÉTAIHERIE D'ÉTAT DES FINANCES ET DU COMMEIICE
Suivant les dispositions de rarlicle 4 de la loi du 26 sep-
tembre 189<». le chef du département des Finances a été auto-
risé, ces jours derniers, par le Conseil des Secrétaires d'État,
d'accepter une transaction de G. 50V).(J(J0 de fouilles à 50 0/0,
soit G. 250.000 payables par douzième dans le délai d'un an.
En conséquence, il sera accepté de tous les détenteurs
d'effets publics les propositions de même nature qui seront
adressées à la Secrétairerie d'Etat des Finances.
Il est bien entendu que ceux qui voudront échanger au pair
les etfets publics dont ils sont porteurs contre des titres de
la Caisse d'Amortissement restent absolument libres d'adopter
cette voie.
r'ort-au-I'rince. le 13 janvier 1891.
RAPPORT
N» 4.
Port-au-Prince, le 15 janvier 1891, on LXXXVIII' de l'Indépendance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 118 bis
RAPPORT
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT DU DEPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DHAITI
Président,
Par la dépêche que Votre Excellence m'a tait l'honneur de
m'adresser sous la date du 15 décembre au n° 3.709, elle a
bien voulu m'inviter à lui faire un rapport, au commence-
ment de chaque mois, sur la marche du service des dépar-
tements des Finances et du Commerce durant le mois pré-
cédent; je viens me conformer à cette invitation.
Dans le courant de décembre dernier, il a été encaissé par
la Banque Nationale, pour compte de l'Etat, tant à Port-au-
Prince que dans les Agences, outre les sommes affectées
aux différents emprunts les valeurs disponibles suivantes :
Billets Or
G. 576.107,98 G. 144.818,44
Sur lesquelles il a été com-
pensé au moyen des bons
actuellement en circulation. 12.718,62 15.895,26
G. 563.389,36 G. 128.923,18
En ajoutant l'encaisse dis-
ponible au 30 novembre on
obtient « » 23.462,92
G. 563.389,36 G. 152.386,10
RAPPORT 7
Il a été payé, en vertu de mes instructions, des mandats
régulièrement émis, y compris chèques expédiés dans les
divers arrondissements de la République, etc., etc.: en bil-
lots : G. 761.655,80 ; et en or: G. 150.205,80.
En comparant les sommes recouvrées à celles payées, il
«'xiste une balance disponible en or de deux mille cent quatre-
vingts gourdes trente centimes (G. 2.180,30) et un solde
débiteur en billets de :
G. 198.266,44
Qui, ajouté au solde débiteur du 30 novembre. 90 269,63
S'élève à G. 288.536,07
valeur qui, depuis, a été couverte sur les G. 424.546,30,
déposées à la Banque pour droits approximatifs. — Il reste
donc au crédit du Gouvernement, en billets, G. 136.010,23
moins les 25,15 à 10 0/0 de garantie.
Le montant des sommes allouées aux différents départe-
ments ministériels pour le mois de décembre s'élève, d'après
l'arrêté de Votre Excellence, en billets, à G. 423.535,44, et,
en or, à G. 25.943,78. La différence payée en plus provient
donc en grande partie des dépenses des mois précédents,
acquittés dans le courant dudit mois et d'autres dépenses
régulièrement autorisées.
Par le tableau qu'il plaira à Votre Excellence de trouver
sous ce pli, il est constaté que bien des départements ont
dépassé, pour le trimestre échu au 31 décembre, le quart des
sommes qui leur sont accordées dans les différents budgets
votés pour l'exercice en cours. En attirant l'attention de
Votre Excellence sur les dépenses qui doivent être faites
chaque mois, je remarque que, si elles étaient les mêmes
pour les autres trimestres, il y aurait certainement des
extra-budgétaires dont j'aurai l'entière responsabilité, sui-
vant les dispositions de l'article 35 du Règlement pour le
service de la Trésorerie.
D'après le travail de comptabilité qui se fait en mes
bureaux, je me rends compte de la marche des opérations.
8 RAPPORT
et dans les moindres détails, des bureaux relovant des dépar-
tements dos Finances et du Commoi'ce, notamment dos opé-
rations des Douanes do la République. Il y a Hou de compter
pour rexercice en cours sur une plus-value de nos recettes
par le fait des importations, qui augmentent cbaque jour.
Ainsi, les balles allectées au dépol des colis arrivés do
rp]tranger n'étant pas assez spacieuses pour les contenir,
j'ai dû adopter la mesure de les faire délivrer par droits
approximatifs, en attendant que les ressources publiques
permettent d'agrandir lesdites halles ou d'en construire
d'autres, ce qui me mettra à même de faire exécuter stric-
tement les proscriptions de la loi, qui veut que les marcban-
dises ne soient délivrées avant le règlement définitif des
droits. Les intérêts de l'Eltat n'en sont pas moins sauve-
gardés.
Le service du paiement dos pensions, appointements,
indemnités, locations, etc., dans bien des administrations,
laisse beaucoup à désirer ; mais avec le nouveau mode
d'acquittement des diverses allocations budgétaires pres-
crit par l'arrêté de Votre Excellence en date du 2 sep-
tembre dernier, la plus grande régularité existe aujourd'hui
dans ce service.
La Commission que Votre Excellence a bien voulu former
par son arrêté du 2 décembre pour vérifier les elîets publics
en circulation, émis jusqu'au 30 septembre 1889, s'est
empressée, conformément à vos instructions, de se mettre
au travail. Elle a choisi M. F. Scott pour être son président
et siège au local de la Banque.
L'article 4 de la loi du 26 septembre 1890 me laissant
la faculté d'opérer toutes transactions avantageuses pour
l'Etat, à l'égard de la dette flottante arriérée, j'ai accepté,
d'après l'autorisation du Conseil des Secrétaires d'État, le
règlement à 50 0/0 des effets publics représentant la somme
de G. 500.000, soit G. 250.000, payables par douzième dans
le délai d'un an. Un avis que j'ai fait insérer au Journal
officiel invite les porteurs qui veulent convertir leurs feuilles
RAPPORT 0
dans les mêmes conditions à s'adresser à la Secrétairerie
d'Etat des Finances.
Le département des Finances a racheté à 07 U U les obli-
gations de la caisse d'amortissement rapportant 18 0/0 que
détenaient MM. Tewedy Peters and G°, F. Hermann and G",
Simmonds frères et la Banque Nationale, et à 65 0/0 les
titres de la même catégorie qui m'ont été présentés pai-
M. A. Saint-Aude, ce, en conformité de Tarticle l" de la
loi du S novembre 1887. Pour le paiement des valeurs reve-
nant aux intéressés, il a été délivré par la Banque des bons
payables à des échéances convenues.
C'est ainsi que, en diminuant les lourdes charges qui
pèsent sur l'Etat, ce qui est l'objet de ma plus vive préoccu-
pation, il sera facile, à la fin de l'année budgétaire, et ce
dans un avenir très prochain, de réaliser des économies qui
pourront être employées aux travaux d'utilité publique et
par là assurer à l'ouvrier haïtien une existence régulière par
un travail constant.
En ce qui concerne les fonctionnaires et employés des
divers bureaux relevant des départements des Finances et du
Commerce, je n'ai que des félicitations à leur adresser et je
puis affirmer que, pour justifier la confiance du Gouverne-
ment, ils se dépensent tout entiers pour aider Votre Excel-
lence dans l'œuvre de réorganisation qu'Elle a entreprise
pour le bien-être général du Pays.
En terminant, je crois qu'il est nécessaire d'entretenir
Votre Excellence des valeurs comptées sur reçus à plusieurs
départements ministériels pour le service public, appert état
ci-joint, valeurs pour la régularisation desquelles il ne m'a
pas été remis jusqu'ici des ordonnances de dépenses. — Elles
s'élèvent ensemble à G. 101.741,26 billets, et G. 35.896,35,
or américain.
Daignez agréer. Président, l'hommage de mon profond
respect et de mon entier dévouement
A. FiRMIN.
10 REPONSE
N"
Port-au-Prince, le 23 janvier 18!J1, an LXXXVIIl' de llndépen-
(ianco.
SECTION DE LA CORKESPONDANCE SUPÉRIEURE. n" 196
RÉPONSE
HYPPOLITE, PRÉSIDENT D'HAÏTI
Alt Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce
Monsieur le Secrétaire d'État,
J'ai reçu, le 20, votre Rapport du 15 du courant, n° 118
bis, auquel j'ai donné ma plus sérieuse attention.
J'ai noté que, les halles affectées dans les Douanes au
dépôt des colis importés n'étant pas assez spacieuses pour les
contenir, vous avez dû adopter la mesure de faire délivrer
ces marchandises par droits approximatifs, en attendant que
les Ressources publiques permettent d'agrandir lesdites halles
ou d'en construire d'autres. Cette décision a soulevé et sou-
lève encore de si vives réclamations qu'il est à désirer que
votre département s'en tienne à la stricte exécution des pres-
criptions de la loi sur les Douanes, ou qu'il restreigne au
moins l'application de la mesure aux seules villes — c'est
le motif qui l'a fait adopter — oii l'exiguïté des halles a été
constatée. L'une des principales causes des réclamations dont
il s'agit vient de la lenteur que met le personnel des Douanes
RÉPONSE 11
à drosser les bordereaux définitifs des droits d'importation.
Grâce, en effet, à cette lenteur, le dépôt des droits approxi-
matifs (auxquels il faut ajouter les 25 ou 10 0/0 de garanlie)
se prolonge souvent outre mesure, privant ainsi le commer-
çant d'un capital qui, entre ses mains, produirait ou aiderait
à couvrir ses échéances, ce qui peut-être lui épargnerait les
pertes qu'entraîne presque inévitablement la mobilité du
change. Que votre département maintienne donc la mesure
ou exécute simplement les dispositions de la loi douanière. Il
importe, Monsieur le Secrétaire d'Etat, que vous repreniez
sévèrement les fonctionnaires préposés à la confection des
bordereaux d'importation, car ces fonctionnaires sont assez
bien payés pour bien faire leur devoir, et le commerce, qui
a droit à toute notre sollicitude, ne doit pas pàtir de leur
négligence ou de leur mauvais vouloir.
J'ai parcouru avec le plus grand soin les tableaux ([ui
accompagnent votre Rapport et, dans l'un d'eux, j'ai constaté,
comme vous le dites, que bien des départements ministériels
ont dépassé, pour le trimestre échu au 31 décembre, le quart
des sommes qui leur sont allouées dans leurs budgets pour
l'exercice en cours. Bien qu'il soit permis aux Secrétaires
d'Etat de dépasser le douzième de leurs allocations budgé-
taires avec l'autorisation du Conseil des Secrétaires d'Etat, il
convient réellement, à moins d'une nécessité absolue à jus-
tifier devant les Chambres, que chaque département minis-
tériel se renferme strictement dans ses allocations : c'est le
meilleur moyen de ne point engager votre responsabilité et
d'épargner aussi au Gouvernement, dont la bonne foi est trop
souvent suspectée, les discussions désagréables et quelquefois
violentes que soulèvent dans les Chambres les demandes de
crédits supplémentaires. Je vais donc attirer l'attention de
chacun de vos collègues sur ce point de votre Rapport, et les
inviter à remettre sans retard à votre département les ordon-
nances de dépenses qui doivent régulariser la sortie des
valeurs que vous leur avez fait compter sur simples reçus.
Vous avez usé d'un droit légal, en acceptant le règlement
12 RÉPONSE
à 50 O'O des effets publics que mentionne un des derniers
paragraplies dudit I\a}>i)ort ot en rachetant à 65 et à 67 0/0
des obligations de la caisse d'aniorlissement, dont vous avez
omis de me dire la valeur.
Mais, pour que ces opéralions, importantes par les chifîres
aux(|uels elles s'élèvent, profitent véritablement à l'Ktat, il
faut que nos ressources nous permettent de payer la contre-
valeur des titres dans les délais fixés : car si, pour nous
libérer de ces engagements, autorisés par la loi, mais impré-
vus au budget, il nous fallait recourir à un expédient à
l'emprunt, les intérêts de cet emprunt diminueraient certai-
nement les bénéfices à réaliser, et le profit que, à première
vue, rfiltat semble devoir tirer desdites opérations tournerait
finalement peut-être à l'avantage des porteurs de titres, à qui
nous aurions simplement payé, à courte échéance, des valeurs
qu'il nous est maintenant facultatif d'acquitter dans un temps
relativement long. — Il y a donc lieu, à mon avis, d'agir
avec prudence et circonspection, et je me repose à cet égard
sur vos lumières et votre perspicacité bien connues.
Telles sont, Monsieur le Secrétaire d'État, les observations
que m'a suggérées votre dépêche.
En attendant votre Rapport sur la marche du département
des Relations Extérieures, je vous félicite de la direction
intelligente que vous avez imprimée aux départements des
Finances et du Commerce, et je vous renouvelle. Monsieur le
Secrétaire d'Etat, les assurances de ma considération très
distinguée
Hyppolite.
CIRCULAIRE 13
^'° (5.
Port-au-Prince, le 28 janvier 1801. an LXXXVIIp- de l'Indépen-
dance.
SECTION DU COMMERCE. — N° 969
CmCULAIUE
LE SECRETAIRE D'ETAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Finances de la République
Monsieur l'Administrateur,
Depuis quelque temps, le département du Commerce s'est
aperçu que certains négociants, loin de se faire expédier leurs
marchandises au port de la place où ils les doivent débiter,
les importent dans un autre port, d'oii elles leur sont en-
voyées y)«/' la voie du cabotage.
Cette pratique m'a paru d'autant plus équivoque qu'il est
difficile d'admettre que ces négociants consentent, .s«/^s coin-
pensation d\iucune sorte, à grever le prix de revient de leurs
marchandises des frais du cabotage.
Il convient de prendre des précautions en vue de dissiper
les justes soupçons que fait naître ce procédé si contraire à
toutes les règles d'économie.
On n'y saurait mieux parvenir qu'en vérifiant arec an soin
tout spécial les marchandises destinées à être expédiées par
44 CIRCULAIRE
la voie du cabotage, en restant les fidèles observateurs de nos
lois de DoUïines, enfin en soumettant ces marchandises au
])ort de destination à une contre-vérification pour voir si elles
sont conformes à l'expédition.
Ce ne sera pas trop d'ajouter à ces formalités l'envoi régu-
lier à mon département de toutes les expéditions des mar-
chandises arrivées par la voie du cabotage, en mentionnant le
nom du caboteur et celui du destinataire de ces marchan-
dises.
Outre cela, vous inviterez le directeur de la Douane de
votre port à me soumettre, pour avoir mon opinion, des
échantillons de toutes les marchandises — tissus surtout —
sur la taxation desquelles il concevra des doutes.
Tenez la main forte à l'exécution de ces prescriptions, et
accusez«-moi réception de la présente.
Agréez, Monsieur l'Administrateur, l'assurance de ma
considération distinguée.
A. FiRMIN.
ARRETE
N» 7.
ARRÊTÉ
HvppoLiTE, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860, sur l'exercice du droitdegràce et de commutation
de peines ;
Sur le rapport du Secrétaire d'État de la Justice ;
Arrête ce qui- suit:
Art. V. — Grâce pleine et entière est accordée, à partir
de ce jour, les droits des tiers réservés, au citoyen Abel
François, condamné à cinq années de travaux forcés par le
jugement du Tribunal criminel de Port-au-Prince, rendu le
5 juillet 1890.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat de la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 12 février 1891,
an LXXXVIII" de llndépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat au Département de la Justice^
D. Trouillot.
iO NOTE
iV 8.
SECRÉTAIREHIE D'ÉTAT 1»]- L'INTÉRIEUR
ET DE LA POLICE «GÉNÉRALE
Le Gouvornoment croit devoir rassurer l'esprit public sur
les bruits alarmants que la malveillance fait courir à propos
du désordre dont le général Merisier Jeannis a été l'auteur
dans une des sections rurales de Tarrondissement de Jacmel.
La vérité est que, poussé par une ambition effrénée, ce
général a, en effet, essayé de troubler Tordre public, le
lundi matin, 16 du courant, en se mettant à la tête d'une
bande de malheureux cultivateurs qu'il a de force enrégi-
menlés.
Averties à temps, les autorités de Jacmel ont dirigé contre
lui un détachement à la vue duquel il s'est jeté dans les bois,
où il ne tardera pas à être pris. L'ordre et la tranquillité n'ont
pas été un Seul instant troublés à Jacmel où, au contraire, les
citoyens en général se sont empressés de se rallier à l'Auto-
,rité, à la nouvelle de cette misérable tentative dont la répres-
sion a été si prompte.
Profitant sans doute de l'aventure MérisierJeannis, à laquelle
les audacieux de la Capitale accordaient quelque chance de
succès, ils ont, les lâches, essayé, eux aussi, d'inquiéter les
familles en tirant des coups de fusil dans la nuit du 19 au 20
du courant, tout en se sauvant dans quelques quartiers nord
et est de la ville.
NOTE 17
Au bruit de ces détonations, les autorités, toujours en
éveil, se sont mises en mouvement, et des patrouilles, à la
tête desquelles étaient le Secrétaire d'État de la Guerre et celui
de la Police Générale, ont parcouru la Capitale dans tous les
sens.
Le Gouvernement affirme que, malgré ces tentatives de
désordre, la paix publique se maintiendra tant à la Capitale
que sur les autres points de la République.
18 RAPPORT
N° 9.
Port-au-Prince, le 31 décembre 1890, an LXXXVII' de Tlndépen-
dance.
AGHICULTURE. SECTION DE LA CORUESPONDAMCE SUPÉRIEURE
RAPPORT
SECRETAIRERIE D'ETAT DE L'AGRICULTURE
ET DES TRAVAUX PUBLICS
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DHAITI
Président,
En me conformant aux instructions que j'ai eu l'honneur
de recevoir de Votre Excellence à l'égard d'un rapport mensuel
que j'ai eu à Lui fournir sur la situation de la culture, je La
prie de me permettre de jeter un coup d'œil rétrospectif sur
la période du 30 septembre 1889 au 30 septembre 1890.
Les trois mois de l'exercice courant seront, dans le même
Rapport, l'objet de détails plus circonstanciés. Avant d'entrer
dans aucune considération concernant la situation de la cul-
ture, je crois qu'il est de toute nécessité d'exposer à Votre
Excellence une des principales causes qui entravent sa marche
et qui le plus souvent laissent nos pauvres campagnards livrés
à eux-mêmes, faute de direction.
En effet, Président, si les commandants d'arrondissement
faisaient régulièrement leur tournée semestrielle d'inspection
générale, comme l'exige l'article G9 du Code rural, si les com-
mandants de commune visitaient trois fois par an toutes les
sections rurales de leurs localités, tournées exigées par l'ar-
ticle 73 du même Code, et si, enfin, les inspecteurs de culture
et les officiers ruraux visitaient chaque mois toutes les habi-
RAPPORT 19
talions de leurs sections, une impulsion nouvelle pourrait
être donnée à la marche de la culture et aider à son développe-
ment.
Malheureusement le mauvais état des voies de communica-
tion empêche souvent des inspections réelles de la part des
commandants d'arrondissement et parfois de ceux des com-
munes. Il faut espérer que les efforts combinés des autorités
locales et des départements des Travaux publics et de l'Agri-
culture pourront arriver avant longtemps à faciliter la libre cir-
culation de nos routes publiques, afin que les fonctionnaires
chargés de surveiller nos campagnes puissent encouragei'
presque journellement le travail et le développement de tous
genres de cultures, patronner des moyens nouveaux d'amé-
lioration et constater les causes de dépérissement qui existent
dans plusieurs de nos arrondissements ; un second point très
important a paralysé l'action réelle de la police dans les cam-
pagnes, je veux parler des officiers ruraux qui, n'étant pas
certains de conserver leur position, faute de commissions
émanant de Votre Excellence, voire même de Gouverne-
ments antérieurs, négligent, en général, leur service.
J'estime, Président, que après une année d'essai, les com-
mandants d'arrondissement et de commune devraient s'arrê-
ter à des choix définitifs.
La plupart des arrondissements, à commencer par celui de
Port-au-Prince, se trouvent dans le cas sus-cité pour cause
de changements qui se font très souvent dans diverses sections
rurales de la République.
Le département, pour ces motifs, a cru devoir surseoir à
vous expédier des listes de candidats qui lui étaient envoyées,
vu l'incertitude des commandants des arrondissements et des
communes, qui, eux-mêmes, demandaient à y opérer des
changements.
La forte sécheresse des derniers mois de l'année expirée,
qui a surtout sévi depuis en janvier, dans le Nord et le Nord-
Ouest, a beaucoup contrarié la récolte du café, dont la llorai-
son a été très minime par le fait du manque de pluie.
20 RAPPORT
xVussi, sans quelques endroits privilégiés comme Le-Borgne.
Saint-Louis-du-Nord et quelques points très élevés de ces deux
départements, une grande rareté de vivres se serait fait
sentir.
Dans l'Ouest et l'Artibonite, à l'exception du Gros-Morne
et d'Ennery, qui ont éprouvé les mêmes effets, causés par la
sécheresse dans le Nord et le Nord-Ouest, la température a
été favorable au cafier, et la production des arrondissements
de Dessalines et de Saint-Marc, quoique tardive, sera assez
belle ; il est vrai que les plantations de vivres de l'arrière-
saison, particulièrement celles du maïs et petit-mil, n'ont pas
lionne de très bons résultats ; mais, cependant, les vivres
alimentaires n'ont pas manqué à ces deux départements.
Durant la période susdite, la situation agricole du dépar-
tement du Sud a été très avantageuse aux cafiers comme
aux plantations de vivres, cette région ayant été arrosée par
•des grains assez soutenus.
Octobre 1890. — L'automne de l'année expirée a été favo-
rable sur tous les points de la République, et les effets de la
température humide quia existé, depuis le 15 octobre, sur-
tout dans le Nord et dans le Sud, nous font préjuger qu'une
abondante récolte de café, de cacao et de vivres alimen-
taires sera l'apanage de l'année prochaine (1891).
En effet, Président, les pluies de fm d'année vont activer
énormément la première floraison des cafiers, qui aura lieu
dans le courant de janvier prochain. — La récolte de cacao,
qui s'effectue en ce moment, est assez belle dans les ari'on-
disseihents de la Grand'Anse, de ïiburon et du Borgne, celle
du cafier, qui touche à sa fm, a été brillante dans le Sud.
Il est malheureux qu'il n'en ait pas été de même dans le
Nord, le Nord-Ouest et dans quelques communes de l'Aiti-
bonite.
Dans le département de l'Artibonite, l'abondante floraison
des cotonniers fait présager une forte récolte de ce textile,
car, à l'exception de la plaine de Saint-Marc, rive gauche de
l'Artibonite, oii les chenilles ont fait quelques ravages à ces
RAPPORT 21
arbustes, une saison pluvieuse, qui serait anormale, pourrait
seule l'amoindrir.
Durant rexercicc passé, le département de l'Agriculture a
distribué sur divers points du pays des moulins à coton (pu-
blics) et a poussé autant que possible à la culture de ce ricbe
produit. — Voulant aussi faire reprendre au cacao sa valeur
marcbande qu'il avait perdue, faute de bonne préparation, le
département envoyait, en février dernier, une Commission
à la Grand'Anseet à Tiburon pour porter les habitants et les
spéculateurs à mieux soigner cette denrée.
Quelques bons résultats ont été obtenus, et il sera néces-
saire que, dans la tournée que va faire Votre Excellence dans
le Sud, le Gouvernement prenne des mesures sévères pour
que les instructions données par le département de l'Agri-
culture soient strictement observées par les autorités de ces
arrondissements.
Gomme les voies de communication sont de toute néces-
sité pour le transport des produits agricoles et qu'un autre
véhicule plus puissant encore est dans l'irrigation, le dépar-
tement a donné des gratifications aux hommes de corvée
des communes de Port-au-Prince, de Saint-Marc, de la Grande-
Rivière-du-Nord, pour une valeur de P. 1 .495 ; et avec P. 300
et quelques gourdes, il a pu faire creuser par des hommes
de corvée, à Léogâne, un canal d'irrigation arrosant plusieurs
habitations de la plaine de cette commune qui étaient pri-
vées d'eau depuis des années.
Le département serait heureux, Président, si les projets
de reconstruction du Bassin-Général et la captation de la
source Meyer, à Jacmel, pouvaient être entrepris cette année ;
ce serait un bienfait réel pour l'agriculture.
Dès le 28 juin expiré, le département a fait un appel patrio-
tique à des Commissions locales formées dans toutes les
communes de la République, pour qu'elles fissent choix, par
chaque section rurale, de deux habitants les plus méritants
pour leur travail.
Depuis le commencement de ce mois, toutes les communes
22 RAPPORT
ont envoyé leurs listes, et, en général, par les renseignements
pris en dehors des Commissions, je crois, Président, que les
choix ont été assez consciencieux.
En conséquence, je me tiens à la disposition de Votre
Excellence pour fixer la date où devra avoir lieu la distribu-
lion des primes.
J'oubliais d'entretenir Votre Excellence de la pépinière de
Kenscoff, qui, malgré les soins qui lui ont manqué pendant
deux années, est en assez bon élat. Une trentaine de poi-
riers et autant de pommiers sont assez vigoureux et portent,
cette année, des boutons à fruits, d'après le rapport que m'a
fait mon chef de division, qui a été les visiter et leur donner
les soins nécessaires.
Des figuiers, des merisiers, des chasselas, des pêchers
greffés, etc., y existent aussi. — Des graines de jardinage
ont été distribuées par le département à cet autre fournis-
seur de légumes de la Capitale ; de nouvelles espèces à eux
inconnues, telles que cardons d'Espagne, salsifis, mâches,
pois nains, etc., ont été reçues avec joie par cette popula-
tion, qui bénit le nom de Votre Excellence, qui s'intéresse tant
à eux.
Si je m'étends sur la petite culture, c'est que la section de
Soursailles (Kenscoff, Furcy, Grand-Fond), avec une culture
maraîchère bien réglée, pourrait avec ses légumes, ses pêches
et ses artichauts exportables dans les îles voisines, et même
ses cafés, qui produisent le double que dans les terres plus
basses, devenir une des premières sections de la République.
Au moment où il est question d'établissements des fermes
écoles, je porte à la connaissance de Votre Excellence que,
depuis la création du département de l'Agriculture, l'habita-
tion Furcy a été réservée pour servir au l)esoin à ces institu-
tions utiles.
Daignez agréer. Président, rhommage de mon respec-
tueux dévouement.
Signé : H. Lechaud.
RÉPONSE 23
N° 10.
Port-au-Prince, le :} février 1891, an LXXXVIII" de l'Indépen-
dance.
SECTION" DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 287
RÉPONSE
HYPPOLITE, PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Aa Secrétaire d'Etat de V Agriculture
Monsieur le Secrétaire d'État,
Je suis on possession de votre Rapport du 31 décembre
expiré. Son contenu a été l'objet de ma plus grande attention.
J'ai pris bonne note de tous les renseignements que vous
m'avez donnés sur la marche du service du département de
l'Agriculture, dont la direction vous est confiée.
Relativement aux difficultés que vous me signalez comme
entravant le développement de l'agriculture, particulière-
ment l'inexécution du Gode rural, je crois que c'est le devoir
de votre département d'exiger des commandants d'arrondis-
sement et des communes, ainsi que des inspecteurs de cul-
ture et des chefs de sections, qu'ils exécutent ponctuellement
les prescriptions de la loi.
Je suis même étonné de cette tardive information, car,
depuis l'installation du Gouvernement, il y a plus d'un an,
c'est la première fois que votre département m'apprend que
les prescriptions du Gode rural ne sont pas strictement
exécutées.
Je vois avec plaisir l'encouragement que vous avez donné
aux agriculteurs, en leur distribuant des moulins à coton
pour les pousser à la culture de ce textile
24 RÉPONSE
Je pense qu'il no serait pas mauvais de recommander la
plantation de cette denrée dans l'arrondissement de Fort-
Liberté, dont le terroir convient parfaitement à ce genre de
culture. En donnant dans cette partie les mêmes encourage-
ments qu'ailleurs, je suis sûr que vous obtiendrez de bons
résultats.
Pour ce qui est des travaux à exécuter à la source Meyer,
à Jacmel, je comprends d'autant moins l'incertitude où vous
êtes de les voir s'exécuter cette année qu'une allocation de
15.000 gourdes est portée au budget pour cette entreprise.
J'espère donc que le département des Travaux publics se
fera un devoir d'entreprendre sans plus de retard l'exécution
de ce travail, ainsi que celle de tous les autres pour lesquels
une allocation figure au budget.
Dans un des derniers paragraphes de votre Rapport, vous
m'avez appris qu'ayant fait un appel patriotique à des Com-
missions locales formées dans toutes les communes de la
République pour le choix à faire, dans chaque section rurale,
de deux habitants des plus méritants par leur travail, votre
département a reçu, depuis le commencement du mois der-
nier, les listes que toutes les communes vous ont envoyées.
Bien que je sois sûr que ce ne sont pas les plus méritants
qui vous ont été recommandés, je vous invite néanmoins à
faire le nécessaire pour être à même, au jour fixé, de pro-
céder à la distribution des prix accordés par le Gouverne-
ment.
Je pense que les cultures qui se font à Kenscofî, et dont
vous favorisez le développement, pourront aussi réussir à la
Marmelade, où le climat est le même qu'à Kenscoff. 11 con-
vient donc de faire un essai de ce côté-là.
Espérant que vous mettrez tout le zèle possible dans l'ac-
complissement de vos devoirs, afin de justifier de plus en plus
la confiance que j'ai placée en vous, je vous renouvelle,
Monsieur le Secrétaire d'Etat, les assurances de ma considé-
ration très distinguée.
IIVPPOLITE.
ARRETE 25
N" 11.
ARRÊTÉ
Hyppoute, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860 sur l'exercice du droit de grâce et de commuta-
tion de peines ;
Sur le Rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice ;
Arrête ce qui suit :
Art. 1*'". — La peine de mort prononcée contre le nommé
Orélus Charles par jugement du Conseil spécial militaire
de l'arrondissement de Nippes, rendu le 30 novembre de
l'année dernière, est commuée en celle des travaux forcés à
perpétuité.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat de la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 16 février 1891,
an LXXXVIll" de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État de la Justice,
D. Trouillot.
26 AVIS
N° 12.
AVIS
Attendu que la clameur publique dénonce que des mal-
faiteurs comptent allumer l'incendie en cette ville ;
Attendu qu'il importo que chacun prenne des précautions
pour enrayer ces criminels desseins;
Le public est prévenu que celui chez lequel le feu aura
pris soit par négligence, soit par toute autre cause, sera
immédiatement arrêté, afin qu'il soit pris contre lui telles
mesures que de droit.
Donné en l'Hôtel du Bureau de l'arrondissement du Port-au-Prince,
ce 22 février 1891, an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Le Commandant de cet arrondisseynent^
T. Jean-Gilles.
RAPPORT -27
N" 13.
Poit-aii-Prince, le 24 janvier I89I, an LXXXVIIl'^^ de llndépen-
(Jance.
SECTION DE LA COURESPONDA>"CE SUPÉRIEURE
RAPPORT
LE SECRÉTAIRE DÉTAT DES TRAVAUX PUBLICS
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT D'HAÏTI
Président,
Conformément à la Circulaire adressée par Votre Excel-
lence aux différents départements ministériels, j'ai l'iion-
neur de vous envoyer, sous le couvert de la présente lettre,
un Rapport général sur la situation du département des Tra-
vaux publics depuis la date de l'Exposé de la Situation jus-
qu'au 31 décembre 1890. C'est une occasion pour moi. Pré-
sident, de vous donner l'assurance que le Ministère dont
Votre Excellence a bien voulu me confier la direction, de
même que les différentes branches du Service public qui y
sont rattachées, marchent d'une façon satisfaisante, chacun
des fonctionnaires qui relèvent de mon Administration s'em-
ployant avec zèle et discipline à justifier la confiance que
Votre Excellence a placée en eux en leur délivrant des
commissions.
Daignez agréer, Président, rhommage de mon profond
respect et de mon entier dévouement.
H. Lechaud.
28 RAPPORT
*
SITUATION GÉNÉI5ALK DU DKPARTEMKNT DES TRAVAUX PUBLICS
A la dale du 31 décembre 1890
Dans son message en date dn 9 jnin 1890, le Président
d'Haïti, s'adressant aux Membres du Corps législatif réunis
en Assemblée nationale, soumettait aux députés du Peuple
et aux sénateurs un Exposé général de la situation de la
République, depuis son arrivée à la première Magistrature
de l'Etat jusqu'à ce jour. Ce fut une occasion, pour lui, en
rendant compte des différents actes accomplis pendant le
cours de son Administration, de faire ressortir l'opportunité
des grands travaux entrepris par le nouveau Ministère que
l'Assemblée constituante venait de créer pour donner satis-
faction à certaines aspirations du pays, en dotant l'Admi-
nistration d'un Service spécial dont la nécessité se faisait
impérieusement ressentir.
Traçant à grandes lignes l'œuvre réalisée par le nouveau
département ministériel, le Pouvoir exécutif signalait alors
au Pays les travaux exécutés tant à la Capitale que dans les
autres localités de la République, en môme temps qu'il atti-
rait l'attention sur les contrats proposés pour l'établissement
de lignes télégraphiques, de lignes de chemins de fer dans
le Pays et pour la création d'un réseau téléphonique à la
Capitale. Le Gouvernement avait, en effet, reconnu l'utilité
de travailler, de concert avec l'Assemblée législative, à la
réalisation d'un plan dont le Pays devait retirer le meilleur
résultat, puisqu'il conciliait les intérêts de l'Etat avec ceux
des particuliers, en favorisant les entreprises privées fruc-
tueuses pour tous les deux.
Ce fut dans cet ordre d'idées que le département des Tra-
vaux publics fut autorisé à résoudre au mieux des intérêts
de l'Etat la question de l'établissement chez nous de ces
RAPPORT 29
innovations qui constituent chez tous les peuples civilisés la
marque du bien-être et du progrès. Ce dcpartoment n'a rien
négligé pour répondre à l'attente des Chambres et du Pays.
C'est ainsi que, parmi les plus heureux effets obtenus par
de persévérants efforts, il a pu, après bien des pourparlers
avec le représentant de la Société française des Télégraphes
sous-marins, et malgré les difficultés qu'il a rencontrées,
obtenir, sans dommage pour l'Etat, l'exécution du contrat
Seaton, qui comporte la jonction par un câble de Port-au-
Prince avec la station du Môle, en même temps qu'il déci-
dait la Compagnie à raccorder, moyennant une somme de
140.000 francs, la ville du Cap au câble qui réunit le Mole
au Puerto-Plata, de sorte que désormais nos négociants
pourront rester en relations constantes et rapides avec leurs
correspondants à l'Etranger et régulariser ainsi des opéra-
tions financières qui, faute de ces promptes communications,
n'ont pas manqué de causer parfois les plus grands préju-
dices à notre commerce national.
Un réseau télégraphique terrestre corollaire de l'établis-
sement du câble dont il doit alimenter les recettes est voté,
et, si l'exécution a dû en être retardée, il ne faut s'en prendre
qu'à certaines divergences de vue, faciles à accorder d'ail-
leurs, qui se sont produites entre le Gouvernement et la
Société qui a proposé de créer ce réseau terrestre. Il est à
prévoir qu'une base d'entente sera trouvée par les deux par-
ties contractantes, de sorte que les intérêts de l'Etat et ceux
de la Compagnie puissent être en même temps sauvegardés.
Le désir de doter le Pays d'innovations réclamées par le
commerce national, et parmi lesquelles il ne faut point
oublier l'établissement prochain d'un réseau téléphoni([ue à
Port-au-Prince, n'a pu tellement absorber le Ministère dos
Travaux publics qu'il n'ait trouvé l'occasion et le loisir de
donner aux différentes communes de la République toute
la satisfaction qu'elles étaient en droit d'attendre de lui.
Les allocations portées au budget que les (Chambres légis-
latives lui ont voté lui donnent, en effet, l'obligation de
30 RAPPORT
veillera l'eiittctien cl à la réparation des édifices publics et
des routes nationales ; et, eu dehors des lois ou des déci-
sions du Conseil des Secrétaires d'État qui ont accordé pour
certains travaux, des crédits spéciaux, on peut remarquer sur
le budget du département des valeurs ménagées pour la
construction ou la réparation des églises ou presbytères du
Pays, ou la réparation des maisons louées à l'Etat par des
particuliers, ou la réparation ou la construction des prisons,
des édifices publics, ou la construction et l'entretien des
wharfs et des quais dans nos différents ports ouverts au
commerce étranger, pour l'établissement de ponts métal-
liques sur plusieurs de nos cours d'eau, etc., etc.
Le département n'a jamais manqué de donnei' sa meil-
leure attention aux exigences les plus pressantes, lesquelles
lui sont, d'ailleurs, régulièrement signalées, tant par les
autorités militaires que par les pouvoirs civils de la Répu-
blique_ Mais, obligé de faire face, avec des ressources rela-
tivement restreintes, à toutes les demandes qui lui par-
viennent chaque jour de tous les points du Pays, il ne peut
donner satisfaction immédiate à toutes les réclamations.
L'une des principales causes de l'empêchement où il se
trouve de remédier à tous les inconvénients qu'on lui si-
gnale est l'insuffisance des fonds alloués pour le déplace-
ment des ingénieurs qu'il est obligé d'envoyer en mission,
soit pour contrôler, soit pour dresser sur les lieux mîmes
des devis. C'est ainsi qu'il a dû subordonner à la tournée
du Président dans le Sud l'exécution de plusieurs travaux
qui doivent être entrepris sur les indications de la Commis-
sion d'ingénieurs qui accompagnera Son Excellence dans ce
voyage ; de même qu'il se voit obligé de renvoyer à une
époque reculée certains travaux qui ne doivent être com-
mencés dans le Nord qu'après l'arrivée de l'ingénieur
(M. lUitter), qui sera spécialement chargé de l'inspection
et de la conduite des grands travaux à entreprendre dans
cette partie du Pays, tels que la réparation du cliemin de la
Petite-Anse (Cap-Haïtien), la dérivation des eaux de Bros-
RAPPORT 31
sard (Milot), la dérivation de la Grande-Rivière-du-Nord. au
voisinage du bourg du même nom. La réparation de la roule
au Boiirbier-Saint-Fleur (Quartier-Morin), le montage du
pont du Gap, etc., etc.
Pour faire face à toutes les exigences, le département se
trouve, certes, bien à l'étroit dans les limites du budget que
lui ont donné les Chambres. Cependant, convaincu d'avoir
fait de son mieux pour donner satisfaction au Pays, il ne
peut qu'accueillir avec empressement l'occasion de rendre
compte des différents ti'avaux auxquels il a pu mettre la
main, ou bien qu'il a pu exécuter depuis sa création ; et,
parmi tous ces travaux, il croit devoir toul particulièrement
attirer l'attention du Gouvernement sur le Palais des Cinq-
Ministères, sur le Palais de la Chambre, sur les travaux de
la Douane de la Capitale.
Palais des Cinq-Ministères. — Le Gouvernement a été,
dès le début, tout particulièrement frappé de l'importance
des sommes que l'Etat paie chaque année pour l'allocation
à des particuliers de maisons propres à servir de locaux
aux ditférents départements ministériels. Il a. voulu dégre-
ver le budget d'une charge aussi lourde. C'est pourquoi,
parmi les premières mesures qu'il ait prises, il a cru devoir
ordonner la reprise immédiate des travaux d'achèvement au
Palais des « Cinq-Ministères » ; il importait, d'ailleurs, de
prései'ver de la ruine ce vaste éditice inachevé, en remet-
tant le chantier en pleine activité et en consolidant par un
travail nouveau ce qui avait été déjà fait. Pour répondre
aux dépenses qu'allait entraîner cette grande entreprise, le
Gouvernement pouvait disposer alors (11 décembre 1889)
d'une valeur de G. 31.817, solde du contre-bon de l'ordon-
nance des G. 37.000 votées, sous le Gouvernement du géné-
ral Salomon, par les Chambres législatives. Cette valeur ne
tarda pas à être épuisée, et, à la date du 28 juin 1890, les
travaux ne purent être poursuivis qu'au moyen du crédit
de G. 50.000 votées par les Chambres sous le Gouvernement
32 «APPORT
actuel. De ce crcMlit il faut déduire une valeur de G. 2(5.663,
dépensées du 28 juin au 20 septembre. Les G. 23. .337 qui
ont été portées sur le budget en cours ont été employées
pour la continuation des travaux du 20 septembre au 19 dé-
cembre 1890. A cette dernière date, le crédit de G. 50.000
étant épuisé, pour ne point arrêter les travaux, le dépar-
tement, autorisé par le Conseil des Secrétaires d'État, lit
toucher sur reçus les sommes nécessaires pour le maintien
en activité du chantier. C'est ainsi que, du 19 au 20 dé-
cembre 1890, il a été dépensé G, 5.980,32, valeur à régler
sur le devis définitif qui sera présenté au Conseil dans le
cours de ce mois, et dont, selon la probabilité, le chiffre
s'élèvera à 18 ou à G. 20.000. — Le chantier s'est aussi
trouvé débiteur d'une créance de G. 13.280,21, or américain,
pour les maisons suivantes :
Jimenes Barlhe and C° G. 3 . 068,65
D'Aubigny and G" 5. 198,06
Th. Philipps and C° 4.000,00
Duchemin i . 013,30
Ensemble G. 13.280,21
En dehors de ces chiffres, qui représentent le montant de
plusieurs commandes faites à l'Etranger, il a donc été
dépensé du 11 décembre 1889 au 30 décembre 1890 :
Solde du contre-bon de G. 37.000 fdu 11 dé-
cembre 89 au 28 juin 1890) G. 31.871,00
Crédit voté par les Chambres (28 juin au 19 dé-
cembre 1890) 50.000,00
Valeur touchée sur reçus à régulariser (19 dé-
cembre au 30 décembre 90) 5 . 980,32
Ensemble G. 87 . 851 ,32
Palais dp la Chambre. — En môme temps que les travaux
des (anq-Ministères étaient poursuivis avec toute l'énergie
voulue, le Palais de la Chambre n'était pas l'objet d'une
RAPPORT 33
sollicitude moins grande pour le dcpartemenl. — Destiné,
tout d'abord, à êlre construit en maison basse, cet édifice,
sur l'avis de rarchilecte-construcleur, a paru devoir être
exhausse d'un étage, de façon à présenter, à Fexamen, des
lignes plus grandioses et plus appropriées à la destination à
laquelle il est affecté ; les prévisions du premier devis ont
donc été nécessairement dépassées, et divers devis partiels
ont dû être dressés; en attendant que le devis définitif soit pré-
senté au Conseil des Secrétaires d'Etat, le département croit
devoir accuser le montant des valeurs dépensées pour les
travaux, qui seront, il faut l'espérer, achevés à temps pour
permettre à la Chambre de faire l'ouverture de la prochaine
session dans le nouveau local qui lui est ménagé. Ils auront
coûté, du 8 février au 30 décembre 1890, la somme de
G. 42.361.26, plus une valeur de G. 2.451,24, or américain,
créance faveur de la maison Jimenes Barthe and C°, pour
des grilles importées à destination de ce chantier.
Travaux de la Douane. — A côté des travaux des Cinq-
Ministères et de la Chambre, ceux de la Douane de la Capi-
tale figurent au premier rang des grandes entreprises aux-
quelles le département a mis la main. — Il y a un an à
peine, on s'en souvient, toute cette vaste place, aujourd'hui
macadamisée et bien entretenue, qui entoure la Douane de
trois côtés, n'était qu'un grand cloaque où des rigoles pesti-
lentielles venaient déverser leurs eaux boueuses, offrant aux
yeux de l'étranger débarqué au Port-au-Prince un spectacle
humiliant pour notre dignité nationale. Le département des
Travaux publics, sur la demande du Gouvernement et du
(Commerce, a eu à cœur de faire cesser cet état de choses ;
il mit résolument la main à l'œuvre dès le commencement
de décembre 1889. Les ruisseaux furent détournés et jetés
dans la mer. La place de la Douane, exhaussée, fut couverte
d'un cailloutis assez imperméable pour empêcher, la pente
aidant, la stagnation des eaux pluvieuses ; la cour de la
Douane, complètement assainie et desséchée, fut entourée de
3
34 RAPPORT
grilles dont l'aspect monumental constitue un embellisse-
ment pour la ville.
L'édilice lui-même fut, à l'intérieur, peint à neuf. En lin,
les hangars ne suflisant plus pour contenir la grande quan-
tité de marchandises importées, la halle en fer du Bord-de-
Mer, mise en état, fut reliée par une petite voie ferrée au
bâtiment principal, en même temps qu'un nouveau hangar,
Adossé à la partie ouest de la Douane, s'élevait pour rece-
v^oir le trop-plein des colis débarqués.
La multiplicité de toutes ces réparations et entreprises,
dont l'urgence était reconnue au fur et à mesure que les
travaux s'avançaient, a nécessité des modifications conti-
nuelles au premier devis présenté par le département. Cinq
devis supplémentaires durent être dressés pour faire face
aux exigences les plus pressantes; le dernier, de P. 6.945,71,
pour la construction du nouveau hangar, presque achevé
pourtant, n'a pu figurer sur les arrêtés de distribution du
département, si bien que les sommes nécessaires à la marche
du chantier ont dû être touchées sur reçus.
Quoi qu'il en soit, le département peut déclarer au Gou-
vernement que tous les travaux généralement quelconques
entrepris à la Douane ou à ses abords, aujourd'hui presque
complètement achevés, auront coûté à l'Etat P. 45.265,06,
plus une valeur de P. 3,022, or américain., montant du
compte de la maison Jimenes Barthe and C°, pour les grilles
par elle importées. — Ces chitïres paraîtront-ils exagérés, si
l'on considère en regard de ce qui existait auparavant ce qui
existe aujourd'hui?
En dehors de ces grands travaux, dont il a cru intéressant
de donner au Gouvernement un compte rendu exact et
détaillé, le département est heureux de pouvoir lui sou-
mettre les autres résultats de son Administration depuis le
mois de juin jusqu'à ce jour; suivant l'ordre des différents
RAPPORT 35
chapitres du budget, il trouve l'occasion de parler d'abord
de la Fonderie nationale et de la Forge de Fort-Ilet.
Fonderie natiotiale et Forge du Fort-llel. — Avant d exa-
miner la situation de ces deux établissements, il convient de
relever l'insuflisance des crédits inscrits au budget pour le
relèvement de l'un et pour la création de l'autre. Si l'on
songe, en effet, qu'avec une valeur de P. 6.000 le départe-
ment doit renouveler le matériel et l'outillage de la Fonde-
rie nationale, ce qui n"a pas été fait depuis plus de douze
ans, et établir presque de toutes pièces la forge maritime
de Fort-Ilet, on ne peut que reconnaître l'impossibilité dans
laquelle il se trouve de remplir, avec des ressources aussi
faibles, une telle obligation.
Cependant, faisant de son mieux pour répondre à l'attente
du Gouvernement, il a pris les mesures qui lui ont paru les plus
urgentes pour donner de l'essor à ces deux établissements.
C'est ainsi que la Commission chargée de la direction provi-
soire de la Fonderie a été remplacée par un directeur provi-
soire, qu'un contremaître étranger a été engagé, que le
j)ersonnel a été complètement réformé. Enfin, une com-
mande des objets qui font le plus pressant besoin à l'établis-
sement, faite aux Etats-Unis, doit arriver par l'occasion la
plus rapide. — Aucune mesui"e pratique n'a été négligée
pour aider la Fonderie nationale. Ainsi, le cuivre venait à
manquer pour la fonte de différentes pièces commandées par
le Service public, sur l'initiative du Président de la Répu-
blique, le déparlement s'est entendu avec le Ministre de la
Guerre et de la Marine pour que tous les vieux canons en
cuivre hors d'usage fussent acheminés vers l'établissement
pour être fondus et servir de matière première.
Quant à la Forge du Fort-Ilet, le département n'a pu eu
composer le personnel. Il attend, pour l'organiser, un outil-
lage approprié à la destination de cet atelier. Toutefois, les
réparations les plus urgentes ont été faites aux différents
corps de bâtiment.
•M) RAPPORT
RéjjcirafioH dus maisons loudus à l'Etal par (l<;s parlicidirrs
pour le Srrrice pnhlic — Le chapitre m du budget comprond
en première ligne les réparations des maisons locatives, des
maisons louées à YVA-di par des particuliers pour le Service
public.
Là encore le département s'est trouvé dans l'obligation
d'user de la plus grande réserve en face de toutes les récla-
mations présentées : il a donné satisfaction à tous dans la
mesure du possible. — Depuis le commencement de juin
jusqu'au vote du budget, et depuis cette dernière époque
jusqu'au 31 décembre 1890, le département a fait réparer:
A Porl-aii-Princf : Le Tribunal de Paix (section Sud ) ; —
la maison d'Inspection de l'Instruction publique; — l'Ecole
primaire nationale du Morne-à-Tuf ; — l'Ecole des Frères
du Morne-à-Tuf ; — le local occupé par le Parquet ; —
l'ancien local du Tribunal do Commerce ; — l'Ecole pri-
maire de demoiselles; — l'Ecole primaire de Carrefour; —
l'École primaire de garçons ; — le nouveau local du Tribu-
nal de Commerce ;
An.r Crona'irrs : L'Ecole primaire de garçons; — le local
occupé par la Justice de paix; — l'Hôtel de l'arrondisse-
ment; — l'École secondaire de garçons;
,4 Porl-do-Pciix : L'École primaire de garçons ;
A Fort-Lib('ri<' : L'Ecole primaire de garçons, servant de
local à l'Hôtel communal;
A Léogauf : L'Ecole des Sœurs ;
A Jacmel : L'École des Sœurs;
.4 Saint-Marc : Le Bureau de Place;
An Cap-Haïtien : L'École nationale de demoiselles. -
Églises et Preshi/tères de In République. — Répondant aux
demandes les plus pressantes qui lui ont été adressées, le
département a contribué soit à la réparation, soit à la cons-
truction des églises et presbytères dont les noms suivent:
Cathédrale et église Sainte-Anne, au Port-au-Prince; —
Temple de la Congrégation Baptiste, aa Cap; — Églises du
RAPPORT 37
quartier Morin, d'Ennery, de Gerca-la-Source, de Pétion-
Ville, de Port-Margot, de Miragoàne, de Mirebalais, de Saint-
Louis-du-Sud, de Jacmel; Presbytères de Jacmel et de (Irand-
Goâve.
Prisons (le la W-publiquc . — Le crédit de P. 50.000 appli-
cable à la réparation et à la construction des prisons de la~
République a permis au déparlement de réparer les prisons
suivantes :
Prisons d'Aquin, de Jérémie, de Jacmel, de l'Anse-d'Hai-
nault, de Saint-Marc, de ïurbeck, du Borgne, de Tlioma-
zeau, de Pestel, des Cayes.
lir para lions, consf raclions^ embellissements des édifices
publics. — Une même valeur de P. 50.000, destinée à la
réparation, à la construction et à rembellissement des édi-
fices publics, a été employée en partie aux réparations ou
construction des édifices suivants :
A Porl-dit-Prince : Palais national ; — Hôpital militaire;
— Bureau du Timbre ; — Fonderie nationale ; — Forge du
Fort-Ilet ; — Postes de police du marché de Sainte-Anne,
de la Croix-des-Bossales, de Jean-Ciseaux, de la Croix-des-
Martyrs, du Cimetière ;
Aujc Caijes : Bureau de police ; — Lycée Philippe-Guer-
rier ;
A u Cap-Haïtien : Lycée national ; — Douane ; — Vigie ;
A Saint-Marc: Palais national; — Hôpital militaire; —
Prisons ;
Aux Gonaïces: Douane; — Bureau de Port;
.4 la Grande-Hivière-du-Nord : Bureau de police;
A Jacmel: Bureau de Port ;
A Pétion-Ville : Palais national ;
A Port-de-Pai.r : Douane ;
Aux Coteaux : Bureau de Port.
N. B. — Ont été laites, soit par décision du Conseil i^avant
38 RAPPORT
e voie du budget), soit au moyen des fonds prélevés sur ce
chapitre, les dépenses pour les travaux suivants:
Démolition du fort Riche, à la Capitale ; — construction
du Bac d'Aquin ; — réparation ou construction du pont
Madcline (Cap-Haïtien) ; — maozane (sur l'Artibonite) ; —
Bois-de-Chône ; — (Mermont; — Babiole (Port-au-Prince).
Ponts 7}}('l(illifjt(es à jeter sur cinq rivières. — Le dépar-
lement a consulté son personnel technique au sujet de rem-
ploi du crédit voté pour l'établissement des ponts métalliques
sur cinq de nos cours d'eau. L'avis de l'ingénieur en chef du
Gouvernement est qu'il y a avantage à commander à la mai-
son Eiffel, de Paris, sur les bases du prix de revient du pont
de la Petite-Anse (au Cap), au lieu de ponts d'une longueur
déterminée, une longueur de 200 mètres de ces ponts, les-
quels, comme on le sait, se fractionnent et se montent par
éléments de 4 mètres de longueur sur 4 de largeur avec les
montants de parapet (tête de pont) pour plusieurs ponts au
besoin.
Routes publiques. — En jetant les yeux sur les allocations
portées au budget pour la réparation des routes publiques
et en constatant le peu d'importance des sommes dépensées
par le département à ce sujet, on pourra peut-être s'étonner
qu'il n'ait pas fait un plus large appel aux crédits qui lui
sont assurés pour cette partie si importante des Travaux
publics. Mais il ne faut point perdre de vue que, par suite
de l'exiguité des fonds alloués pour le déplacement de ses
ingénieurs, il n'a pu trouver le moyen de les envoyer dans
les différentes communes de la République pour diriger sur
place des travaux qui ne sauraient être bien conduits sans
les conseils et\aprése?ice d'un homme de l'art. C'est la //rm-
cipale raison qui l'ait empêché d'entamer d'une façon plus
sérieuse les valeurs que les Chambres lui ont votées pour
ce motif. Il faut avouer aussi que c'est à cette circonstance
RAPPORT 39
<ju'il a dû de pouvoir puiser dans ce chapitre presque intact
les fonds qui ont servi au paiement, non prévu au budget,
des études préliminaires de la Rivière-du-Sud, soit G. 6.000,
or américain, et au paiement, également imprévu, du pont
de la Petite- Anse, soit G. 7.000, or américain.
Quant aux réparations du chemin de la Petite- Anse (Cap)
et du Rourbier-Saint-Fleur (quartier Morin), elles sont, ainsi
qu'il a été dit plus haut, subordonnées à l'arrivée dans le
pays de l'ingénieur que le département doit installer à poste
fixe dans le nord, pour contrôler ou dirigei- les grands tra-
vaux qu'il y aura lieu d'entreprendre dans cette partie du
pays.
Wharfs et. quais des ports de la République ouverts au.
commerce étranger. — Parmi les crédits les plus impor-
tants inscrits au budget des Travaux publics, figure une
valeur de G. 60.000 à prélever sur les droits de wharfage,
pour la réparation ou la reconstruction des wharfs et des
quais des ports de la République ouverts au commerce étran-
ger.
Dès sa création, le département n'a pas laissé d'être préoc-
cupé de la situation faite à notre commerce national par le
mauvais état de nos wharfs. Presque partout, en effet, les
marchandises arrivées ou les denrées à expédier souffrent
des retards qu'occasionnent soit le peu d'étendue, soit l'état
de dégradation de ces wharfs à la Capitale et à Jérémie
surtout ; il importait de remédier sans retard à ces inconvé-
nients. Un contrat intervint entre le département et M. Wil-
ledroint pour la reconstruction du wharf de Jérémie, et,
menés avec énergie, les travaux ne tardèrent pas à être
achevés, ou à peu de chose près. A Port-au-Prince, égale-
ment, le département s'entendit, pour la reconstruction et le
prolongement du wharf de l'importation, avec un entrepre-
neur, M. M. Élie ; celui-ci, ne pouvant subir les exigences
<le ses bailleurs de fonds, se trouva dans l'obligation de céder
son contrat à une maison de la place, MM. Miot Scott andjG%
40 RAPPORT
Cette cession a été agréée par le Gouvernement, et le dépar-
tement espère que l'année ne s'écouleia pas sans que le tra-
vail soit mené à bonne fin.
Des ingénieurs ont été envoyés en mission à Jacmel et à
Aquin, pour dresser les devis et cahiers des charges que
nécessitera la mise au concours des travaux de reconstruc-
tion des wharfs de ces localités. Le département est en pos-
session du Rapport de l'ingénieur expédié à Aquin. Les con-
clusions sont à l'étude en ce moment, de même qu'un projet
présenté dans le même but par M. Anglade.
La môme mesure sera prise pour les wharfs de Saint-Marc,
des Gonaïves, d'Aquin, etc.
Tel est l'exposé général d'une situation que le département
a tout particulièrement à cœur de faire connaître avec détails
au Gouvernement au moment où commence une année nou-
velle, dont le cours, il faut l'espérer, donnera l'occasion au
Ministère des Travaux publics de prouver par des actes qu'il
a su comprendre les raisons qui ont décidé sa création.
De grands projets sont à l'étude ; l'examen en a été con-
fié aux ingénieurs et architectes du département. — Avec
la paix, les espérances seront réalisées.
Parmi ces travaux considérables auxquels le Gouverne-
ment veut mettre la main, il faut citer, pour le Nord, la répa-
ration du chemin de la Petite- Anse (au Cap), la réparation
de la Douane du Cap, le montage du pont de la Petite-Anse,
la réparation de la route du Bourbier-Saiut-Fleur (quartier
Morin), la dérivation des eaux de Brossard (Milot), celle de
la Grande-Rivière-du-Nord, aux environs du bourg du même
nom.
Pour l'Ouest, vient en première ligne la reconstruction
du bassin général. Le département tiendrait particulière-
ment à honneur de mènera bonne Im cette vaste entreprise,
dont la réalisation, en régularisant le régime des eaux qui
alimentent l'une des plus belles plaines du pays, amènerait
un notable accroissement de la richesse nationale. Un devis
des travaux avec plans explicatifs a été présenté par M. Cauro,.
RAPPORT 41
aujourd'hui ingénieur en chef du Gouvernement ; ce devis
va être bientôt mis à l'élude.
Viennent ensuite les travaux d'achèvement du pont de
Momance, et l'établissement, à la Grande-Rivière du Gui-
de-Sac, du pont arrivé iléjà et en dépôt dans l'un des maga-
sins de l'État.
Ces deux ponts, commandés sous le Gouvernement du
général Salomon, ont été payés, et, pour en permettre le
montage, le département des Travaux publics a été autorisé
par le Gonseil des Secrétaires d'Etat à contracter avec la
Banque un emprunt do G. 30.000 à 10 0/0 d'intérêt l'an,
chacun des chantiers ne devant puiser dans cette valeur
qu'au fur et à mesure de ses besoins.
C'est ainsi que le chantier de Momance a touché, do
juillet 1890 (date de la reprise des travaux) à décembre 1890,
la somme de G. 10.881,80, sur laquelle il a été dépensé
G. 9.475,31, ce qui donne une balance en caisse de G. 1.406,49.
Depuis le commencement des travaux jusqu'à leur reprise,
il avait été dépensé environ G. 8.000.
Grâce à l'énergie déployée par l'ingénieur chargé de la
direction du chantier, les travaux, bien que souvent endom-
magés par des crues subites qui comblent les fondations,
les obstruant de sable et de pierres charriées, seront sans
doute achevés pendant la période de sécheresse.
Quant au pont de la Grande-Rivière de la Plaine-du-Cul-
de-Sac, dont les différentes pièces se trouvent déposées dans
le local attenant au bureau du Service accéléré des Bateaux
à vapeur haïtiens, le département n'a pu donner l'ordre d'en
commencer les travaux d'établissement, par suite de l'ab-
sence de l'ingénieur (M. Brûgy) qui avait obtenu la conces-
sion de l'entreprise. M. Brùgy ne devant plus retourner
dans le pays, le département a soumis les plans et devis de
ce travail à son personnel technique, dont il attend les con-
clusions avant de prendre aucune décision à cet égard.
Les grands travaux qui doivent être exécutés à la Capitale
pendant l'exercice courant sont : la dérivation du « Bois-
42 RAPPORT
de-Chène », la reconstruction de l'Hôtel des Archives, la
création d'un réservoir général (au Bel-Air) et de bouches
d'incendie dans la ville.
Le projet de dérivation du « Bois-de-Chêne » est à l'étude;
l'exécution en pourra être bientôt commencée et aura pour
but de rejeter les eaux de ce torrent hors de la ville par un
canal qui les conduira à la mer après avoir contourné le
cimetière des varioleux et le fort Lerobours.
Quant à la réconstruction du Bâtiment des Archives et de
la Caserne de cavalerie, le département y mettra la main
dès que l'ingénieur chargé de ce travail aura pu remettre
son devis, pour la rédaction duquel ont été, d'ailleurs, réunies
toutes les pièces nécessaires.
La construction d'un réservoir au Bel-Air, pour laquelle
un crédit de G. 30.647 est inscrit au budget, a été décidée
pour permettre au Service hydraulique de doubler la pres-
sion dans les tuyaux qui desservent la Capitale, mesure qui
aurait pour effet de diminuer, par suite de l'abondance de
l'eau, le nomlire des désastres causés par les incendies si
fréquents dans une ville presque entièrement construite en
bois. JLe département croit devoir formuler quelques réserves
sur ce point et objecter qu'il ne peut pour le moment mettre
en exécution le projet volé par les Chambres. La faiblesse
de débit des sources qui doivent alimenter le réservoir est
devenue telle, en effet, qu'il y a lieu de chercher un autre
moyen pour se conformer au vœu du Corps législatif. Le
Service hydraulique a été chargé d'étudier un nouveau projet
qui permettrait de remédier à l'insuftisance de la prise d'eau
de Plésance. On peut avancer dès maintenant que la meil-
leure mesure à prendre dans la circonstance serait la capta-
tion d'une ou de plusieurs des sources de Bizoton et de
Mariani, et surtout de la source dite « Saut-d'Eau ».
La liste des grands projets que le département compte
réaliser n'embrasse plus, en dehors des travaux à exécuter
aux rivières des Baradères et de la Ravine-du-Sud, que
l'amélioration de certaines canalisations défectueuses et
RAPPORT i:{
l'établissement de fontaines et de distribution d'eau dans
plusieurs villes de la République.
Un ingénieui' du Gouvernement, en mission dans le Sud,
a reçu l'ordre de visiter la « source Laurencine », et
d'adresser au déparlement un Rapport sur les moyens qu'il
croira les plus propres à réglementer le régime des eaux
qui alimentent la plaine de Jacmel. Ses pièces sont atten-
dues par prochaine occasion, et le Gouvernement ne tardera
pas à être éclairé sur les travaux qu'il y a lieu d'entre-
prendre pour assurer aux cultivateurs de l'une des plus
belles plaines du Pays la quantité d'eau nécessaire au ser-
vice de leurs plantations.
En même temps, l'ingénieur chargé du Service hydrau-
lique de la Capitale était invité à se rendre à Aquin pour
étudier le projet de la création d'une distribution d'eau dans
cette ville ; ses instructions comprenaient, en outre, l'inspec-
tion de la « source Laval » près de l'Anse-à-Veau, car, sur
une pétition des habitants de cette dernière ville, le dépar-
tement venait de décider que l'eau de cette source serait
amenée par un canal jusqu'à la grand'route.
Le département a encore l'intention de profiter du déplace-
ment d'un ingénieur qu'il doit bientôt envoyer à la Grande-
Saline, pour se renseigner sur la question de l'établissement
aux Gonaïves d'une fontaine et d'une distribution d'eau-
L'ingénieur précédemment envoyé sur ces lieux pour les
études préliminaires de ce travail n'a pu remettre un Rap-
port complet, faute d'instruments de précision nécessaires
au lever des plans et au métrage.
Enfin, l'ingénieur en chef du Gouvernement, chargé d'une
mission dans le Nord, a pu indiquer au département les
travaux à exécuter pour réparer et rendre au service le canal
{ensablé et en partie détruit, en 1878, par une inondation) qui
alimentait d'eau la ville du Môle-Saint-Nicolas. Le même
ingénieur contrôlera au Gap les projets qui ont été soumis
au département pour la création dans cette ville d'une distri-
bution d'eau semblable à celle qui dessert la Capitale.
44 RAPPORT
Chemins de fer. — La question do la créalion de ligues de
eliemin de fer, si importante dans un pays agricole dont
les produits s'écoulent avec peine, faute de voies de commu-
nication, préoccupe depuis longtemps l'esprit du public.
Bien des projets de contrat ont été soumis au Gouvernement
pour l'établissement de voies ferrées en Haïti, 11 convient
do citer :
1.0 contrat Lapeyre (1880), do Porl-au-Prince aux Etangs;
Le contrat Fauber (1883) : Gonaives, Gros-Morne, Môle-
Saint-Nicolas, Port-de-Paix;
Le contrat Rivière (^1885, 1888, 1890), des Gonaives au
Gros-Morne, avec faculté de prolongement jusqu'à Porl-
do-Paix ;
Le contrat J.-D. Motzger (1890), dos Gonaives au Gjos-
Morne, avec faculté de prolongement jusqu'à Port-de-Paix ;
Le contrat d'Aubigny (1890), do Port-au-Prince à l'Etang,
de Port-au-Prince aux Gonaives par l'Arcahaie et Saint-
Marc, avec faculté de prolongement jusqu'à Miragoâne;
Le contrat Kainor (1890), de Port-de-Paix au Gros-Morno,
avec faculté de prolongement jusqu'aux Gonaives;
Le contrat , présentant cinq projets :
1° De Port-au-Prince au Cap-Haïtien, par Groix-dos-Bou-
quets, Mirebalais, Lascahobas, Hiiiche, Saint-Michel, Grande-
Rivière-du-Nord, Milot ;
2° De Port-au-Prince aux Gonaïves par l'Arcahaie, Saint-
Marc, Verrettes, Petite-Rivière-de-l'Artibonite;
3° De Port-au-Prince à Jacmel, par la Croix-des-Bouquets
et la section rurale de Sourçailles ;
4° De Port-au-Prince à Aquin, par Léogano, Graud-Goàve,
Petit-Goâve, Saint-Michel ;
5" D'Aquin aux Gayes.
Ravine-du-Sud . — Le département croit ne pouvoir mieux
clore cet Exposé général que par un aperçu sur le projet
d'endiguement de la Ravine-du-Sud, aux Caves. Il y a plu-
sieurs mois déjà, on s'en souvient, une lettre-circulaire,
RAPPORT 43
émanant du Ministère des Travaux publics, invitait nos
représentants à l'Elranger à faire des appels d'offres de la paii
des Compagnies habituées à entreprendre les grands travanx.
Le Gouvernement avait, en effet, reconnu la nécessité qui
s'imposait, urgente, de protéger les Cayes contre les inon-
dations périodiques de la Ravine-du-Sud. Dans le cas où
ces Compagnies ne repousseraient pas les ouvertures de nos
Légations, les conditions pouvaient être débattues pour
l'envoi sur les lieux d'un ingénieur chargé de faire les études
préliminaires. — Après plusieurs démarches infructueuses,
une de nos missions à l'Etranger, la légation de Washing-
ton, réussit à obtenir d'un brillant ingénieur civil, M. Pester
Crowell, qu'il se rendit aux Cayes, où, moyennant une
indemnité de G, 6.000. or américain, il ferait les études pré-
liminaires en question. Le Rapport de M. F. Crowell vient
d'être remis au département. Il contient deux piojets : le
devis de l'un s'élève à G. 640.312,23; le devis qui accom-
pagne le deuxième projet monte à G. 716.693,75.
L'importance de cette grande entreprise est telle que le
département n'hésite pas à déclarer que, n'eùt-il fait que
cela, s'il arrive à préserver la ville des Cayes du péril qui
la menace, il aura conscience d'avoir répondu à toute la
confiance que l'Assemblée constituante avait mise dans la
création du nouveau Ministère, né de la Constitution du
9 octobre 1889.
Janvier 1891.
Le chef de division,
Em. Gentil.
N. B. — Le département détient dans ses Archives divers
contre-bons et ordonnances émis sous les Gouvernements
précédents : un état en est annexé au présent Rapport.
46 REPONSE
N" 14.
Port-au-Prince, le 6 février 1891, an LXXXVllI* de lindépendance.
SECTION DE LA COftRESPOlSDANCE SUPÉRIEURE. N" 307
RÉPONSE
HYPPOLITE, PRÉSIDEIVT DE LA RÉPUBLIQUE
Au Secrètai7^e cTEtat des Travaux publics
Monsieur le Secrétaire d'Etat.
J'ai reçu votre dépêche du 24 de l'écoulé, n" 24, et j'ai
parcouru avec ma meilleure attention le Rapport que, sous
son couvert, vous m'avez présenté sur la situation générale
du département des Travaux publics. Faut-il vous l'avouer?
j'ai été surpris de trouver au bas de ce Rapport la seule
signature de votre chef de division. Il m'a semblé que, me
rendant compte d'une Administration que je vous ai confiée,
et dont vous avez toute la responsabilité, ce document devait
être plutôt signé de vous que de votre chef de division qui.
à part de son irresponsabilité, n'a pas de relations directes
avec le chef de la République quant à la marche du Service
qui vous est dévolu. Mais j'ai hâte d'examiner avec vous la
situation de votre département, que vous m'avez soumise
REPONSE 47
par le Rapport sus-parlé, et de vous communiquer les
réflexions qu'elle m'a suggérées à plus d'un point de vue.
Il y a une justice à vous rendre. Monsieur le Secrétaire
d'Eltat, et je me plais à la proclamer en commençant cette
dépêche, c'est que la tâche qui a incombé à votre départe-
ment à l'installation du Gouvernement n'a pas été précisé-
ment facile. Il ne pouvait, d'ailleurs, en être autrement. Ce
département venait d'être créé de celui de l'Intérieur, dont il
n'avait été (ju'une section, et, à cause même de cette trans-
formation, il devait avoir des commencements pénibles, se
heurter aux difficultés qui. s'attachent aux débuts de toute
institution nouvelle. Une volonté ferme et énergique, guidée
par l'amour du bien public, a presque vaincu ces difficultés
et produit les résultats que vous avez rappelés avec un légi-
time orgueil à la première page de votre Rapport. Mais, si
grands que soient ces résultats, relativement surtout au
court espace de temps dans lequel ils ont été accomplis,
votre département. Monsieur le Secrétaire d'Etat, a encore
beaucoup à entreprendre et à exécuter pour répondre digne-
ment à l'attente de la Nation.
Dans le cours de l'année 1889-1890, ce département tirait
ses ressources des allocations disponibles au budget de l'In-
térieur. Il a, depuis quatre mois, un budget qui lui est
propre et des allocations plus élevées que celles de l'année
précédente. Ainsi, comme allocations générales, vous avez ;
Réédification, construction et réparation des
églises et presbytères P. 50.000 »
Réparation et construction des prisons de la
République 50.000 »
Réparation, embellissement et construction des
éditices publics 50.000 »
Réparation des routes publiques 3:2.. "ÎSO »
Réparation et construction de wharfs et quais
dans les ports ouverts de la République 60.000 »
ToTAi P. -242.380 »
48 RÉPONSE
El, coMime allocations spéciales :
Crédit applicable à rétablissement et à la cons-
truction de cinq ponts métalliques sur : 1° la
rivière du Limbe ; 2° la rivière du Borgne ; 3" la
rivière de l'Estère ; -4" la rivière de l'Artibonite,
au bac d'Aquin ; 3" la Grande-Rivière de Jérémie
au passage du bac, y compris les frais de trans-
port et de montage P. -48.000 >i
Crédit à régler sur la réparation du cbemin de la
Petite-Anse 10.000 >i
Crédit applicable à la dérivation de Bois-Chêne. 15.000 >:
Travaux à exécuter sur la rivière des Baradères, 5.000 >'
Crédit, applicable à la distribution d'éau et à l'éta-
blissement d'une fontaine aux Gonaïves 120.000 »
Crédit applicable aux travaux d'irrigation de la
basse plaine de Jacmel et à la dérivation de la
source Mayer 15 .000 »
Crédit applicable à Fétaljlissement d'une fontaine
à Aquin 5 . 000 »
Crédit pour l'établissement du bourbier Saint-
Fleur (quartier Morin) 7 .620 »
Pour l'établissement à Port-au-Prince du réser-
voir d'eau du Bel-Air et pour la pose de cent
bouches d'incendie dans les divers quartiers de
la Capitale 30.647,47
Crédit applicable à la construction du Tribunal
civil de Port-au-Prince 16.000 »
Crédit applicable à l'achèvement des Cinq-Minis-
lères 23.337 »
Total P. 195.604,47
Vous avez, selon le Rapport, employé une partie de ces
allocations aux travaux du Palais des Cinq-Ministères et de
celui de la Chambre des représentants, ainsi qu'à quelques
constructions et réparations d'églises et de presbytères,
de prisons et d'autres édifices publics à Port-au-Prince et
dans certaines villes do la République.
Je regrette de n'avoir pas eu à ce sujet un peu plus
d'explication, par exemple sur la nature et le prix de ces
derniers travaux : ce qui me permettrait, en comparant les
RKPONSb: 49
dépenses effectuées aux allocations budgétaires, de savoir
exactement les sommes dont peut disposer votre départe-
ment pour les travaux du même genre dont le besoin se fait
impérieusement sentir sur d'autres points du Pays.
Mais, si j'ai bien saisi un des premiers paragraphes de
votre Rapport, vos ressources sont si restreintes, et les frais
•de déplacement des ingénieurs si modiques que, non seule-
ment vous ne pouvez donner satisfaction qu'aux réclama-
tions les plus pressantes, mais vous comptez même subor-
donner à ma tournée ou renvoyer à une époque reculée
l'exéc'ution des travaux prévus cependant au budget à entre-
prendre dans le Sud et dans le Nord.
Je ne veux pas discuter ces deux motifs d'ajournement,
que je suis mal placé peut-être pour bien apprécier.
Néanmoins, je pense, Monsieur le Secrétaire d'Etat, et je
vous le dirai avec ma franchise habituelle, qu'avec les
P. 242.380, d'une part, elles P. 195.604,47, d'autre part, qui
vous sont allouées pour les travaux de l'année, vous pouvez
être moins à l'étroit que le dit votre Rapport.
Quant à l'insuflisance des fonds alloués pour déplacement
des ingénieurs, j'estime, laissez-moi vous parler toujours
franchement, que ce n'est pas une raison sérieuse pour faire
retarder l'exécution des travaux prévus au budget de votre
département.
A part la faculté que vous avez de suppléer dans une cer-
taine mesure à cette insuffisance par l'allocation inscrite au
chapitre des dépensas cxtrapnlinau'cs dudit budget, je ne
vous crois pas absolument obligé de toujours payer des frais
de déplacement aux ingénieurs. Si cela était, les a})pointe-
nients qu'ils reijoivent (P. 150 par mois) ne seraient que la
rémunération du travail quils font à Port-au-Prince, et
vous ne pourriez pas les envoyer sur un autre point de la
République sans leur payer les frais dont il s'agit, théorie
qui ferait presque une sinécure de la fonction d'ingénieur,
parce qu'il n'y aurait jamais assez de travail à la Capitale
pour occuper les six ingénieurs de votre département, et
50 REPONSK
qui rendrait à peu près impossible, celte unnée, l'exécution
(les travaux à faire dans les autres villes, puisque vous
déclarez que votre budget ne vous permet pas de payer les
frais de déplacement desdits ingénieurs.
Vous comprendrez bien, Monsieur le Seci'étaire d'État,
que je ne puis admettre une semblable théorie, pas pliis que
je ne puis consentir à l'ajournement à une époque reculée
quelconque des travaux autorisés par les Chambres et à
exécuter soit dans le sud, soit dans le nord de la République,
J'avais, voyez-vous, comme le pressentiment des difli-
cultés que soulève votre Rapport, lorsque, en recomman-
dant à votre attention M. Frédérique Ruther comme un des
ingénieurs de votre département, j'ai émis l'idée de lui con-
fier plus spécialement la direction des travaux à exécuter
dans le Nord. La nécessité va se faire sentir, naturellement,
d'agir de la même façon pour les autres départements, afin
de faciliter l'exécution des travaux qu'il y a à entreprendre.
Dans un des paragraphes de votre Rapport, vous dites avoir
tiré des allocations votées pour la réparation des routes
publiques une somme de P. 7.000, en or américain, que
vous avez employée au placement, imprévu au budget, du
pont de la Petite- Anse. Je crois qu'il y a là une erreur,
à moins que votre département n'ait disposé des P. 40.000
que le Gouvernement provisoire avait, avant le triomphe de
la Révolution, fait déposer dans la maison A. Chitarin, du
Cap-Haïtien, pour l'acquisition du pont en question.
Vous avez omis de me dire à quel degré sont arrivés les
travaux de montage du pont de la rivière Momance. Je
désire être renseigné sur ce point, et voir votre département
mettre une bonne fois la main aux travaux divers dont vous
m'avez entretenu, notamment au montage des ponts de la
Grande-Rivière de la Plaine-de-Cul-de-Sac et de la Petite-
Anse, à la dérivation du Bois-de-Chône à Port-au-Prince, et
de la source Meyer à Jacmel, à rétablissement d'un réser-
voir général au Bel -Air et à la pose de cent bouches d'in-
cendie dans différents quartiers de la Capitale, à l'établisse-
RÉPONSE 51
mont des fontaines des Gonaïves etd'Aquin, à la construction
du Tribunal civil de Port-au-Prince et des wharfs et quais
dans tous les ports ouverts de la République, à la réparation
du chemin de la Petite-Anse, aux travaux à exécuter sur la
rivière des Baradères, enfin à toutes les entreprises en faveur
desquelles les Chambres législatives ont inscrit des alloca-
tions spéciales au budget.
J'ai vu ce que vous m'avez dit de la Ravine-du-Sud, des
ponts métalliques à établir sur cinq de nos cours d'eau : les
rivières du Limbe, de Jérémie, du Borgne, de FEstère et
l'Artibonite {au bac d'Aquin), ainsi que du bassin général
dont votre département a déjà fait dresser le devis et les
plans ; et, en exprimant le vœu que ces grands travaux, d'une
nécessité urgente, soient entrepris dans le plus court délai
possible, je vous renouvelle, Monsieur le Secrétaire d'Etat,
les assurances de ma parfaite estime et de ma considération
très distinguée.
IIVPPOLITE.
52 AVIS
N" 15.
SEGRÉTAIRERIE D'ÉTAT DES FINANCES ET DU COMMERCE
AVIS
Il est rappelé à ceux qui ont exercé la profession de cour-
tier et agent de change jusqu'à la promulgation de la loi du
25 septembre de l'année dernière, que le délai de trois mois
qui leur avait été accordé par notre précédent avis inséré au
Journal officiel du 26 novembre 1890, n" 48 bis, est périmé
depuis le 22 du présent mois. En conséquence, à partir du
\." mars prochain, seront poursuivis avec toutes les rigueiii's
de la loi to'us ceux qui se trouveront en contravention avec
les dispositions de la loi sur la matière.
RAPPORT riS
N° IG.
Port-au-IM-ince, le G gjanvier 1891, an LXXXVIIP de l'Imlépeii
dance.
SECTION DE LA COKRESPONDANCE SUPÉRIEURE
RAPPORT
LE SECRÉTAIRE D'ETAT AU DÉPARTEMENT
J)E L'INSTRUCTION PUBLIQUE
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT D'HAÏTI
Président.
J'ai l'honneur de vous adresser, en conformité de la Cir-
culaire de Votre Excellence en date du 15 décembre de
l'année expirée, mon premier Rapport sur la marche du Ser-
vice relevant du département que vous avez confié à mon
dévouement et à mon patriotisme.
Votre Excellence me permettra d'embrasser dans mon
Exposé tout ce qui a eu lieu pendant les trois premiers mois
de l'année budgétaire en cours, — car, pour arriver à Vous
fixer. Président, sur les opérations du mois de décembre, il
me faut rappeler sommairement les instructions qu'il m'avait
fallu transmettre aux fonctionnaires sous mes ordres, au
sujet des allocations qu'ont accordées les Chambres à mon
budget.
Dès le mois d'octobre dernier, je me suis empressé de
54 RAPPORT
faire connaître à MM. les inspecteurs do l'Instruction
publique et aux administrateurs des linances, en leur expé-
diant des copies certifiées de ce budget, quels étaient les
changements opérés dans l'enseignement depuis la dernière
session législative et quelles sont les nouvelles charges qu'as-
sume l'Btat, en vue de développer l'instruction le plus effica-
cement possible.
D'abord il y avait à notifier à ces fonctionnaires les déci-
sions du Corps législatif relatives à la création de nouvelles
bourses on faveur du collège Jean-Jacques du Cap-Haïtien,
du Lycée national des Gonaïves et de l'institution de MM. Jean-
Jacques et Léon, des Cayes. Mes instructions à cet égard
étaient à peine transmises aux administrateurs que je dic-
tais aux inspecteurs le mode à suivre pour la distribution
de ces bourses, créées surtout en vue de favoriser dans nos
écoles d'enseignement secondaire le développement intellec-
tuel des enfants de la classe nécessiteuse qui se distingue-
raient dans les écoles primaires et qui, faute de moyens, se
verraient forcés de renoncer au désir de pousser leurs études
plus loin. Or, d'après ce qui a été arrêté, il y a quelque
temps, en Conseil des Secrétaires d'Etat, tenu sous la haute
présidence de Votre Excellence, j'ai formellement interdit
aux inspecteurs d'accorder des bourses entières aux enfants
dont les parents habitent les chefs-lieux des circonscriptions
scolaires. En partant de ce principe, il a été fait un prorata
équitable entre les chefs-lieux de circonscription et les com-
munes qui en relèvent, de telle sorte que celles-ci bénéficient
d'un nombre suffisant de bourses entières. C'est ainsi que,
sur le total des vingt bourses accordées au collège Jean-
Jacques et Léon des Cayes et les vingt autres données au
Lycée national des Gonaïves, le tiers environ a été réservé
aux deux chefs-lieux, et les enfants qui ont été appelés à en
jouir ne sont admis dans ces établissements qu'à titre de demi-
pensionnaires, ce qui permet d'entretenir deux enfants par
chaque bourse. J'ai l'honneur, Président, de soumettre à
Votre Excellence, à l'appui de cette assertion, un tableau
RAPPORT o5
comportant les noms des pensionnaires et demi-pension-
naires reçus dans nos Lycées et Collèges subventionnés.
VA\e verra que les villes de l'intérieur ont eu toute la sollici-
tude de mon département, qui n'a rien négligé pour leur
donner les avantages auxquels elles ont droit le plus qu'il
m'était possible de le faire.
La preuve de ce (jue j'avance, c'est que, pour répondre
aux nombreuses demandes qui m'ont été faites dans la pro-
vince, j'ai fait distribuer toutes les bourses du collège Jean-
Jacques aux enfants des villes autres que le Gap et qui ont
été recommandés à mon attention. C'est, d'ailleurs, ainsi que
ce Service marchera toujours, et je donne l'assurance à Votre
Excellence que rien ne sera négligé, sous mon administra-
lion, pour répandre le pain de l'instruction dans toutes les
communes éloignées des centres et où se fait sentir le besoin
• de combattre l'ignorance, cette lèpre de l'esprit humain.
Depuis le 15 octobre de l'année dernière, toutes les
dépenses de mon département ont été ramenées au cadre
des prévisions budgétaires. Cependant, dans quelques cir-
conscriptions, et là seulement où la nécessité s'en faisait
sentir, j'ai dû permettre de maintenir le personnel ensei-
gnant de certaines écoles tel qu'il a toujours figuré sur
les états d'émargement des exercices précédents. En agissant
ainsi, j'entends plutôt servir les intérêts de la jeunesse
que ceux des personnes qui occupent ces fonctions, cai-,
toutes les fois que j'ai eu à accorder un professeur en
plus, je me suis attaché à savoir par les inspecteurs s'il y
avait nécessité absolue de continuer un traitement à un
fonctionnaire dont la charge ne serait qu'une sinécure. C'est
sur la réponse affirmative des inspecteurs, plus à môme de
me renseigner sur l'importance et les besoins d'un établis-
sement scolaire, que je prends la détermination de conserver
le fonctionnaire ou de recommander quelqu'un à l'agrément
de Votre Excellence pour combler le vide signalé. Les dé-
penses auxquelles donnent lieu ces nouvelles créations
trouvent leur justification dans le libellé du budget lui-
o6 RAPPORT
même ; dans ce documenl. elles sont classées au chapitre des
prévisioijs.
En sorte que le Ministère ne donne naissance à aucun
extra-budgétaire, lorsqu'il juge à propos de faire ces nomi-
nations ; il reste dans les limites du droit budgétaire.
L'année scolaire, en vertu des dispositions prises depuis fort
longtemps déjà, part du 1"' septembre de l'aimée en cours
pour finir au 15 juillet de l'année suivante, de sorte que les
examens de fin d'année scolaire n'ont lieu aujourd'hui qu'à
l'époque des fortes chaleurs, où les grandes vacances soûl de
beaucoup plus profitables pour la santé des enfants. Et c'est
à ce moment que se fera désormais la distribution des ré-
compenses aux lauréats des écoles, récompenses qui se don-
naient naguère à l'approche des fêtes de Noël. Déjà plusieurs
institutions ont suivi ce système nouveau ; nous pouvons,
en effet, citer le Lycée national de Port-au-Prince, le Pen-
sionnat des Sœurs de Sainte-Rose de Lima, l'Institut des
Frères, qui ont couronné leurs lauréats au moment de ren-
voyer dans leurs familles les jeunes gens qui les fréquentent.
Les écoles qui n'ont point encore pris l'habitude de fixer
leur fête scolaire à la saison d'été, bien qu'elles y aient placé
de préférence les grandes vacances, vont sûrement, cette
année, se ranger aux exigences de la discipline. Nous verrons
donc le Pensionnat national de demoiselles, le Petit-Sémi-
naire-Collège, l'Institution subventionnée de M""" Belmour-
Lépine, qui ont tour à tour réuni les familles dans le covirs
du mois de décembre, se conformer en juillet à la résolu-
tion prise par tou* les autres établissements.
Les examens ont été faits dans toutes les écoles, il y a
déjà six mois, et les derniers Rapports des inspecteurs adres-
sés au département à la fin du quatrième trimestre de
l'exercice 1890-1891 font ressortir que les études n'ont pas
été négligées et qu'il y a lieu d'espérer — le dévouement
des maîtres et l'assiduité des enfants le faisant concevoir —
que l'enseignement national reprendra dans un avenir pro-
chain sa splendeur passée. Cette heureuse situation, qui est
RAPPORT 5'7
due aux conslanls oflbrls du Gouvernemcnl et à réncrgi(iue
surveillance du département que je dirige, permet de fonder
de légitimes espérances sur l'avenir de ce Pays, si souvent et
si malheureusement éprouve. Aussi je mets tout en œuvre
pour maintenir une telle situation, et j'ose affirmer à Votre
Excellence que nos écoles répondront à l'attente du Pays, tant
je me propose de me montrer rigide envers le personnel en-
seignant de ces écoles en appliquant envers et contre tous
les pénalités de la loi sur l'instruction publique et des règle-
ments qui on découlent.
Jusqu'au 31 décembre, toutes les institutions scolaires de
la République avaient reçu les envois de fournitures qui
leur ont été faits par l'intermédiaire des inspecteurs. Il a été
aussi pourvu aux besoins des classes de tout ce qui est né-
cessaire pour que les études ne souffrent d'aucun inconvé-
nient. J'ai fait également pourvoir le plus grand nombre de
ces institutions d'un matériel convenable. Des inspecteurs de
la Capitale, aussi bien que de ceux des autres localités de la
République, j'ai reçu des Rapports sur les visites qui ont eu
lieu dans les écoles pendant les derniers jours de l'année 1890.
Je suis heureux de porter à votre connaissance que rien n'a
été changé dans le travail des écoles tant urbaines que rurales ;
au contraire, les inspecteurs se plaisent, un peu partout, à
m 'exprimer la satisfaction qu'ils ont éprouvée de voir s'allier
à la discipline la plus rigoureuse une exquise bonne volonté
de la part de MM. les éducateurs, en môme temps qu'ils
prenaient la ferme résolution de faire progresser leurs élèves,
tant ils sentent la nécessité de s'élever à la hauteur d'une
charge aussi délicate. Je n'ai eu que fprt peu de reproches à
adresser et à ceux qui se sont montrés plutôt irrésolus qu'in-
ditlérents à la tâche. Mais j'espère que mes remontrances,
que transmettront les inspecteurs auxquels je les ai commu-
niquées, auront raison de la défaillance des uns et des
autres.
Le nombre des écoles rurales s'est accru depuis que les
Chambres en ont porté le chiffre à 5()4. De tous les points de
58 RAPPORT
la R(''piibli(ine il m'est venu des demandes tendant à en ins-
taller dans certains quartiers. J'ai accédé à plusieurs de ces
demandes après m'ètre assuré s'il existait déjà des locaux
pour recevoir ces écoles ou si l'autorité en poursuivait la
construction.
Il est à espérer que ces nouvelles écoles viendront rendre
d'utiles services à nos paysans, parce que j'ai entouré ces ins-
titutions de tout ce qui peut les rendre prospères. Toute ma
sollicitude se dirige vers les campagnes et j'attache un prix
spécial à leur expansion par l'instruction.
L'épidémie de fièvre qui sévissait, il y a quelques semaines,
avait rendu infructueuses ou impossibles, dans certaines
écoles, les visites réglementaires des fêtes. Néanmoins, il a
été fait, ce qui était possible, et les classes, quoiqu'elles aient
diminué par le fait des maladies, n'ont pas été moins bril-
lantes sous le rapport des études. Quelques écoles, qui ont
été forcées d'entrer en congé avant le temps prescrit par les
lois, vont reprendre le 12 janvier courant leur activité ordi-
naire.
A cette époque, le département va avoir à s'occuper de
la situation qui sera faite à l'Ecole polymathique par la mort
de son directeur, le regretté M. Coupaud. Au dernier Conseil,
jai communiqué à Votre Excellence et à mes collègues
la lettre par laquelle M"^ V'* Coupaud demande au Gouver-
nement de continuer à l'Ecole polymathique sa sollicitude
et les boursiers. A ce propos, il a été décidé que le départe-
ment de l'Instruction publique fera ce qui sera le mieux
pour la marche de l'établissement, dont la direction provi-
soire est confiée à M. Bonamy. J'aurai l'œil ouvert sur cet
établissement.
Enfin, je suis arrivé à ce point de mon Rapport où il m'est
bien agréable de vous parler du personnel de mes bureaux,
qui remplit ses devoiis à ma satisfaction. Du chef de division
au dernier élève du Ministère, chacun fait ce qui est dans
ses attributions pour ne jamais encourir mes reproches.
Je n'ai qu'à me féliciter de tous, et je ne pense pas qu'il
RAPPORT o9
puisse se Irouver un seul employé sous mes ordres pour me
donner à regretter d'avoir fait leur éloge.
Dans les premiers jours de novembre, M. Ducis Viard avait
reçu la mission d'aller visiter, au nom du département, les
écoles des trois circonscriptions du Nord et du Nord-Ouest.
Rendu au ('ap dès le 10 novembre, il s'est empressé d'entre-
prendre sa besogne, et j'ose affirmer, d'après les Rapports
élogieux qui m'ont été adressés, que le chef de division a tout
fait pour mener sa tâche à bonne fin. En toute circonstance,
il s'est inspiré des sentiments du Gouvernement pour l'ins-
truction des masses ; et, partout, il n'a agi qu'en faisant res-
sortir aux yeux des populations les dispositions actuelles du
Pouvoir à lancer le Pays dans la voie du progrès, par le tra-
vail, l'ordre et l'instruction publique, ce flambeau qui doit
dissiper les ombres de l'ignorance et révéler à l'homme les
secrets de son bonheur. Si, Président, j'ai confié une telle
mission à M. Viard, c'est que je sais quel est son dévouement
à votre personne et quelle vive sympathie l'attache à votre
Gouvernement. Je vous en donne ici l'assurance, Président,
et j'ose dire que je ne pourrais placer mieux ma confiance.
Mais, parti à l'époque des pluies, le chef de division n"a pu
achever sa tournée selon ses instructions. Les autorités
locales elles-mêmes lui ont donné le salutaire conseil de
remettre à la bonne saison l'accomplissement de sa tâche,
s'il voulait faire qu'elle produisît de bons fruits. C'est cet
avis qui l'a déterminé à laisser le Cap à la fin de novembre
dernier. Revenu depuis peu, M. Viard recommencera l'inspec-
tion des écoles incessamment, et, avant son départ, d'accord
avec Votre Excellence, je lui donnerai de nouvelles instruc-
tions sur ce qu'il aura à faire.
Je ne terminerai pas, Président, sans vous annoncer que le
département a reçu par le dernier bateau de la ligne alle-
mande, le vapeur Va/esia, le solde des fournitures classiques
que j'ai été autorisé, par décision du Conseil, à commander
à l'Etranger. Dans ce lot sont arrivés des articles d'une
grande utilité pour les écoles rurales de la République. — Le
60 RAPPORT
magasin de rÉlal a louL fait entrer dans ses dépôts, et
j'espère, avec ces fournilures, donner satisfaction à toutes les
circonscriptions du pays.
Permettez-moi de porter à la connaissance de Votre
Excellence que, sur les allocations fixées à mon budget, j'ai
su réaliser, pendant le l*' trimestre 1891-1892, des économies
se chiffrant à G. 12.000 environ. Voulant puissamment contri-
buer à vous aider dans cette voie d'ordre, je ferai tout ce qui
dépendra de moi pour toujours utiliser avec profit les
sommes que les Chambres ont volées pour le Service.
C'est pénétré des hautes obligations de ma charge que je
m'engage à servir loyalement les intérêts de mon Pays.
Daignez agréer. Président, l'hommage respectueux de
mon profond dévouement.
D.-S. Rameau.
REPONSE . 61
iN" 1"
Port-aii- Prince, le 16 janvier 1801, an LXXXVIH* de l'Indépta-
dance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 93
RÉPONSE
[lYPPOLITE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Au Secrétaire d'Etat de Vhistruction publique
Monsieur le Secrétaire d'État,
Je vous accuse re'ception du Rapport daté du 6 du courant,
n" 99, que vous m'avez adressé sur la marche du Service
relevant de votre département ministériel.
Cette pièce a été l'objet de ma plus sérieuse attention, et
son contenu bien noté. Je désire que, par votre prochain
Rapport, vous me fassiez connaître le nombre des écoles
rurales existant actuellement dans la République et me ren-
seigniez sur le fonctionnement de ces écoles.
En attendant, je vous salue, Monsieur le Secrétaire d'Ktat,
avec une considération distinguée.
Hyppolite.
(J2 RAPPORT
N" 18.
Port-au-Prince, le 7 février 18U1. an LXXXVIII* do l'indôpen-
dance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. — is" 20
RAPPORT
SEGRÉTAIRERIE D'ÉTAT DES TRAVAUX PUBLICS
ET DE L'AGRICULTURE
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Président,
Dans le courant du mois de janvier dernier, le département
des Travaux publics, dont Votre Excellence a bien voulu me
confier la direction, a fait, dans la mesure des allocations
budgétaires dont il dispose, tout ce que la nécessité lui im-
posait dans les différentes branches du Service qui en
dépendent, afin de répondre aux besoins les plus urgents de
nos intéressantes populations.
Les commandes que, en conformité d'une décision du Con-
seil des Secrétaires d'Etat, le département a faites aux États-
Unis pour le service de la Fonderie nationale, la Forge du
Forl-Ilet et la Distribution d'eau, sont arrivées ces jours-ci.
Elles consistent en un outillage et en matériaux les plus
indispensables à ces deux premiers établissements et en
tuyaux et accessoires pour la conduite de l'eaii au Fort
national.
RAPPORT 63
Le Service de la distribution d'eau s'occupe en ce moment
de la pose des tuyaux dont l'acquisition a été faite sur la
place par le département des Travaux publics pour l'alimen-
tation, sans interruption, de l'Hôpital militaire et de la Fon-
derie.
Par suite de la sécheresse qui sévit actuellement avec "
quelque intensité, le débit de nos sources est devenu très
faible, et, naturellement, l'alimentation de la ville s'en res-
sent.
La question d'eau, aux Gonaïves et au Cap-Haïtien, ne
cesse de préoccuper l'attention du département. Dans un
Rapport spécial, j'aurai l'honneur de soumettre prochaine-
ment à la haute appréciation de Votre Excellence les études
qui auront été faites à ce sujet.
Le personnel technique, faute de certains instruments de
précision, ne peut entreprendre l'étude de plusieurs ques-
tions dont l'importance ne saurait nous échapper. Pour
obvier à cet inconvénient préjudiciable à la bonne marche du
département, je présenterai à l'agrément du Conseil une liste
de ces instruments dont la commande sera faite aux Etats-
Unis.
Des demandes d'outils nécessaires à l'exécution des travaux
de réparation des routes publiques arrivent au département
de tous les points de la République; désireux de donner
satisfaction aux agents du Gouvernement, je ne manquerai
pas d'entretenir le Conseil à ce sujet.
Ainsi que Votre Excellence le sait, Président, il est inscrit
sur le budget en cours une allocation pour l'établissement de
cinq ponts métalliques sur cinq de nos principales rivières.
Si le département n'a pas pu exécuter jusqu'ici cette déci-
sion du Corps législatif, c'est qu'il n'a pas encore recueilli
tous les renseignements qu'il croit nécessaire de réunir
avant d'en faire la commande.
L'ingénieur, que j'avais envoyé en mission dans le Nord
pour s'occuper notamment du montage du pont en fer du
Cap-Haïtien, arrivé en septembre dernier, et des études pré-
64 RAPPORT
liminaires des Iravaux de réparation qni doivent être exé-
cutés à la route qui mène du Cap-Haïtien à la Petite-Anse,
est de retour à la Capitale. J'attends le rapport qu'il doit
me fournir sur sa mission.
Les études pour les travaux de la dérivation du « Bois-
Chêne », à Port-au-Prince, et de la source « Meyer », à Jac-
mel, se poursuivent activement. En temps, j'en saisirai le
Conseil.
Le département attend (|u'il soit en possession des devis
([u'il fait dresser pour utiliser le crédit applicable à la répa-
ration et à la construction de nos principaux wharfs.
Je ne saurais vous le dissimuler, Président, il reste encore
beaucoup à faire dans la République, en ce qui concerne les
travaux de construction et de réparation de nos édifices.
Le département, en présence de la modicité des fonds dont
il dispose, est obligé do procéder avec sagesse.
D'après les dispositions que j'ai prises avec l'autorisation
du Conseil des Secrétaires d'État, les travaux du Palais de la
Chambre des députés et du bâtiment des Cinq-Ministères
''seront bientôt achevés. Un Rapport y relatif sera fait à
Votre Excellence.
Le département a reçu les devis qu'il avait demandés pour
le Trou, les travaux de réparation à exécuter à la Douane,
à la Prison et à l'Imprimerie nationale du Cap-Haïtien, à la
Prison des Gonaïves, à celle du Mole, etc. Je soiunettrai in-
cessamment ces pièces à l'appréciation du Conseil.
J'ai en portefeuille divers projets pour l'établissement de
chemins de fer. Dès que j'aurai fini de les étudier, je les
soumettrai également au Conseil des Secrétaires d'Etat.
M. Holfeld, représentant de la Société Française des Télé-
graphes sous-marins, hésite à exécuter le contrat voté pour
l'établissement du réseau télégraphique, et cela à cause, dit-
il, des modifications qui y ont été apportées par le Pouvoir
législatif. Il m'a adressé hier un mémoire à ce sujet, mé-
moire dont j'entretiendrai prochainement le Conseil.
Le département des Travaux publics, en dépit. Président,
RAPPORT 65
de rimpatienci' des uns et des exigences outrées des auties,
restera dans les obligations que la loi lui fait.
Placf'' par Votre excellence à la tête de ce département,
je m'évertuerai à faire dans cette sphère de mes attributions
tout le bien qu'Elle rêve pour notre chère Patrie. Pour
atteindre un but si désirable, je ferai, quoi qu'on puisse dire,
quoi qu'on puisse faire, mon devoir et tout mon devoir, tant
pour répondre à la haute confiance de Votre Excellence qu'à
l'attente de la Nation.
Daignez agréer, Président, rhoni'.nage de mon profond
respect et de mon entier dévouement.
II. r.KCHAUD.
60 RÉPONSE
N° 19.
Port-aù-Prince, le 12 février 1891, an LXXXVHI" <le l'Indépen-
dance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 365
RÉPONSE
HYPPOLITE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Au Secrétaire d'Etat des Travaux publics
Monsieur le Secrétaire d'État,
Je vous accuse réception de votre Rapport du 7 courant,
n° 29, dont le contenu a eu toute mon attention.
J'ai pris bonne note des renseignements divers que vous
m'avez donnés sur la marche du service de votre départe-
ment pendant le mois expiré.
Vous m'avez annoncé que la plupart des travaux à exécu-
ter sont soumis à des études préliminaires. Il y a plus de
quatre mois depuis qu'a commencé l'année administrative
en cours. Je désire que ces études soient achevées le plus
tôt possible, et les Rapports des ingénieurs remis à votre dé-
partement, afin que vous puissiez, une bonne fois, faire
mettre partout la main à l'œuvre.
Je ne voudrais pas que les Chambres se réunissent sans
que les travaux divers qu'elles ont votés à la dernière session
soient en bonne voie d'exécution.
J'espère que vous déploierez à cette fin tout le zèle et
toute la bonne volonté dont vous êtes capable, et vous renou-
velle, Monsieur le Secrétaire d'Etat, l'assurance de ma con-
sidération distinguée.
IIVPPOLITE.
RAPPORT 67
N" 20.
Port-au-Prince, le 11 février 1801, an LXXXVIII' de l'Indépendance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE
RAPPORT
l.E SECRETAIRE D'ETAT DE L'AGRICULTURE
ET DES TRAVAUX PUBLICS
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Président,
J'ai rhonneur de soumettre à Votre Excellence le Rap-
port concernant la situation agricole de la République et la
marche du Service rural durant le mois de janvier expiré.
Si rinformation que j'ai donnée à Votre Excellence à la
date du 31 décembre dernier, au sujet de la négligence des
officiers ruraux dans leur service, a été tardive, comme Elle
m'en fait le reproche, c'est que je n'ai pu me rendre compte,
en grande partie, de cet état de choses qu'en confrontant les
états d'émargement d'octobre, novembre et décembre, docu-
ments qui m'ont éclairé sur les causes de l'apathie de beau-
coup d'officiers ruraux dans l'accomplissement de leurs
devoirs.
En effet, Président, des chefs de section, portés sur les
états d'émargement d'octobre, ne figurant pas dans les mois
postérieurs. Ceci provient de changements effectués dans
ce corps sans que le département en soit avisé. D'un autre
côté, le nombre d'officiers ruraux commissionnés par Votre
68 RAPPORT
ILxcellence n'est, au 31 janvier, que de 150; les 350 non
commissionnés, nVtant que provisoirement charges de leurs
sections, et n'étant pas certains de conserver leurs positions,
deviennent nonchalants dans l'exercice de leurs devoirs.
Je vais écrireaux commandants desarrondissements d'avoir
à me fournir, une fois pour toutes, des candidats sérieux et
définitifs, afin qu'ils puissent être commissionnés par Votre
Excellence. De cette façon je crois que le département pourra
réprimer des abus qui existent dans le paiement des appoin-
tements de ces serviteurs de l'Etat.
Le département, selon les désirs exprimés par Votre
Excellence, va chercher à développer à la Marmelade, au
Dondon et sur les plateaux élevés du Pays, la culture des
fruits et des légumes exotiques, dont Kenskoff sera la pépi-
nière et leur procurera des sujets.
Je ne manquerai pas de réitérer principalement aux Com-
mandants des arrondissements du Trou et du Fort-Liberté
d'avoir à porter les cultivateurs à s'adonner à la culture du
cotonnier. Dans l'arrondissement du Fort-Liberté, les nom-
breux terrains de l'État, naguère couverts de campôche,
sont très favorables à la plantation de cet arbuste qui, géné-
ralisé, pourra procurer le bien-être à la population.
Veuillez me permettre, Président, de vous demander s'il
ne conviendrait pas de fixer la date du 1"' mai prochain
pour la distribution des primes accordées aux habitants les
plus méritants. La fête de l'Agriculture, pour laquelle une
valeur de P. 4.320 est allouée pour sa célébration dans le>
quatre-vingt-six communes, sera, j'estime, embellie par la
répartition des P. 20.000. Je vais faire remplir les mille neuf
diplômes qui, au retour de la tournée que Votre Excellence
va entreprendre. Lui seront présentés pour être revêtus de
sa signature.
Passant aux phases par lesquelles a passé l'Agriculture
durant les mois de janvier, j'ai l'honneur, Président, de vous
annoncer que, comme je le prévoyais dans mon dernier Rap-
port, l'état climatérique a été satisfaisant, presque sur tous
RAPPORT 60
les points du Pays, aux plantations de rarrièrc-saison. —
L'Ouest et l'Artibonile ont eu, il est vrai, une dernière quin-
zaine de sécheresse dans les endroits non arrosés, ce qui n'a "
pas empêché que les vivres aient été assez abondants. Dans
le dernier département où la sécheresse a été plus intense, on
a eu une forte récolte de pelit-mil, principale nourriture de la
population de ces régions, et celle du riz a été aussi assez favo-
rable. D'après les nouvelles qui me parviennent, la récolte
du cotonnier, qui va commencer, sera belle. Celle du cacao,
qui se poursuit, est belle dans la Grande-Anse et à Tiburon ;
la qualité est supérieure à celle de l'année passée. Une maison
d'ici compte établir dans ces localités des usines qui pour-
ront donner à cette denrée une valeur de 40 0/0 en plus,
comme déjà l'ont obtenu, à Dame-Marie et à Jérémie, le ci-
toyen Aubert Saint-Cloud et M. Muller, étranger. Le dépar-
tement de l'Agriculture favorisera de tout son pouvoir les
essais qui pourront enrayer la déconsidération qui pèse sur
nos denrées d'exportation. La récolte du café, qui est presque
terminée dans le Sud, se poursuit dans une partie de l'Ouest;
elle a été assez brillante dans ces deux départements.
Le vent du Nord, qui depuis bien longtemps ne fréquen-
tait plus les départements du Nord et du Nord-Ouest, surtout
accompagné de pluies presque journalières, va fertiliser ces
régions depuis longtemps privées d'une saison normale. —
Le seul inconvénient que cette saison pluvieuse occasionne
dans ces départements consiste dans le mauvais état des
roules publiques, dans la lenteur que mettent les habitants
dans la cueillette de leurs cafés et dans la préparation défec-
tueuse de cette fève qui ne peut s'effectuer faute de soleil.
Les plantations effectuées, celles qui vont l'être avec le beau
temps et la forte floraison des cafiers qui résultera de cette
température, vont compenser largement les pertes qu'ont
éprouvées les cultivateurs de cafiers pour les fèves tombées,
faute d'être cueillies à temps, et le plus souvent gâtées par
l'humidité du sol.
Dans le département du Sud, les vivres alimentaires, plus
70 RAPPORT
favorisés que dans les autres régions à cause <les grains assez
soutenus qui ont humecté son sol, ont donné de beaux
résultats. — De fortes plantations ont eu lieu durant ce
mois de janvier et beaucoup de terres sont préparées pour
celles du printemps, qui, il faut l'espérer, commenceront
bientôt sur tous les points du Pays. La première floraison des
cafiers, qui a lieu en ce moment dans ce département, est
d'un bon augure pour la récolte de 1891.
Le département de l'Agriculture, comprenant que le mau-
vais état des voies de communication contrarie beaucoup
l'habitant pour le transport de ses denrées, a consacré, pour
le mois de février, une somme de 1 .000 gourdes devant servir
à la réparation de mauvais pas dans les communes de FAr-
cahaie,de Saint-Marc et de Dessalines; dans ces deux dernières,
ce sont les digues de l'Artibonite qui ont surtout été visées.
Dans le prochain décret de répartition, le département
demandera au Conseil une valeur pour venir en aide à
d'autres localités.
Veuillez compter, Président, que j'emploierai tout mon
zèle à l'accomplissement de mes devoirs, et que tout ce qui a
trait surtout à l'Agriculture aura ma plus large sollicitude.
Ce sera pour moi l'occasion de justifier de plus en plus la
confiance que Votre Excellence a placée en moi.
Daignez, Président, agréer l'hommage de mon entier
dévouement et de mon plus profond respect.
H. Lechaud.
REPONSE
N" 21.
Port-au-Prince, le 17 février 1891. an LXXXYlll' de i'Indépeii-
(iiinrc.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. — n" 102
REPONSE
HYPPOLITE, PRÉSIDENT D'HAÏTI
Au Secrétah^e d'Etat de l'Agriculture
Monsieur le Secrétaire d'État.
Je vous accuse réception du Rapport du 11 du courant,
sans numéro, que vous m'avez adressé sur la marche du
département de l'Agriculture durant le mois de janvier
expiré.
Je crois ce que vous me dites des causes de la négligence
des officiers ruraux, et je compte sur l'efficacité des mesures
que vous allez prendre pour remédier à ce malheureux état
de choses.
J'apprends avec plaisir que, selon mes instructions, vous
allez chercher à développer la culture des fruits et des
légumes exotiques à la Marmelade, au Dondon, enfin sur
les plateaux élevés du Pays, et réitérer l'ordre aux Comman-
dants des arrondissements du Trou et du Fort-Liberté de
porter les cultivateurs de leurs circonscriptions militaires à
s'occuper sérieusement de la culture du coton.
J'approuve la date du 1" mai prochain que vous avez fixéfr
72 REPONSE
pour la distribution des primes accordées aux plus méri-
tants des habitants, espérant que, d'ici là, j'aurai achevé la
tournée que je vais entreprendre bientôt dans le département
du Sud.
Les renseignements que vous m'avez donnés sur l'état de
la culture dans les différentes parties de la République, ont
été notés avec le soin que méritent des questions de cette
importance.
Je suis heureux de savoir que la récolte du cacao et du
café sera excellente cette année.
Vous avez bien fait, Monsieur le Secrétaire d'Etat, de
consacrer une somme de 1 .000 gourdes à la réparation des
routes dans les communes de l'Arcahaie, de Saint-Marc et de
Dessalines ; j'aime à espérer que, comme vous me l'annoncez,
vous ne manquerez pas, pour le prochain arrêté de répar-^
tition, de demander au Conseil des Secrétaires d'Etat ime
autre valeur pour être en mesure d'aider aux travaux du
même genre dans d'autres localités du Pays.
Me reposant sur votre zèle et votre patriotisme, pour
encourager, améliorer, développer dans la plus large mesure
possible notre Agriculture, source principale de la fortune
nationale, je vous réitère. Monsieur le Secrétaire d'Etat, les
assurances de ma considération la plus distinguée.
Hyppolite.
AVIS 73
AVIS
segretairerip: di':tat des finances et du commerce
Il est rappelé aux courtiers et agents de change les pres-
criptions de l'article 16, ainsi conçu, de la loi du 25 sep-
tembre 1890:
« Art. 16. — Sur tous les effets de commerce devront être
« apposés des timbres mobiles, suivant les dispositions de la loi
« du 7 octobre 1880. sous peine d'une amende de 10 gourdes
« pour chaque pièce non timbrée, dont est passible le créan-
« cier, aussi bien que le débiteur, quoique le droit du timbre
(( soit à la charge du dernier.
« Est également passible de la même pénalité tout agent
« de change ou courtier qui aura accepté, pour être négociés,
« des effets sans être revêtus du timbre. »
Port-au-Prince, le 4 mars 1891.
74 CIRCULAIRE
Port-au-Prince, le 3 mars 1891, an LXXXVIII' de l'Indépendance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE GÉNÉRALE. n" 4
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DE L'INTÉRIEUR
Aux Conseils communaux de la République
Messieurs,
A propos du trafic illicite auquel se livrent les colporteurs
étrangers sur votre place, je vous ai adressé différentes Cir-
culaires pour attirer votre attention sur ce fait, qui constitue
une infraction à la loi sur la régie des impositions directes^
et pour vous inviter en même temps à prendre les mesures
tendant à le faire cesser.
Il paraît que les prescriptions de mes Circulaires n'ont point
été exécutées, puisque ces étrangers continuent à circuler
impunément dans nos villes, en faisant le colportage au
mépris de la loi sur la matière et au détriment des intérêts
de la communauté.
C'est à ce point que le Président de la République m'a
écrit pourm'entretenir de cette question, sur laquelle je pen-
sais n'avoir plus à revenir.
Le département de l'Intérieur regretterait beaucoup de se
voir obligé de vous dénoncer à qui de droit pour cause d'in-
différence ou d'incurie.
Accusez-moi réception de la présente et recevez, Messieurs,
l'assurance de ma parfaite considération.
Par autorisation :
Le chef de Division,
Ph. Curiel.
ARRÊTE 75
N° 24.
SECRETAIRERIE D'ÉTAT
DE L'INTÉRIEUR ET DE LA POLICE GÉNÉRALE
ARRETE
Attendu que la loi internationale confère à chaque État
indépendant le droit d'expulser de son territoire les étrangers
dont les agissements sont un danger pour la tranquillité et
l'ordre publics ;
Considérant que le sieur Petit-Pierre Pélion s'est immiscé
dans les questions de politique intérieure par une propagande
contre l'ordre de choses établi ;
De i'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
Arrête :
Art. 1". — Le sieur Petit-Pierre Pélion est expulsé du
territoire de la République d'Haïti et sera embarqué à bord
du premier bateau en partance pour l'Étranger.
Art. 2. — Le chef de la Police administrative de la Capi-
tale est chargé de l'exécution du présent Arrêté.
Fait à Port-au-Prince, à la Secrétairerie d'État de l'Intérieur et de
la Police générale, le 12 février 1891, an LXXXVIIl» de l'Indé-
pendance.
Le Secrétaire d'Etat de V Intérieur et de la Police générale,
Nemours Pre-Louis Aîné.
76 RAPPORT
N» 25.
Porl-aii-Priiu-f, le Kl janvier 18'.)1, an LXXXVIIP de l'Imlépen-
tlance.
SECTION DR LA CORRESPONDANCI-: SUPÉRIEURE. >° 20
RAPPORT
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT DE LA JUSTICE
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DHAITI
Président,
Me conformant à la Dépêche-Circulairo que Votre Excellence
m'a adressée en date du 15 décembre de l'année dernière, au
n" 3759, j'ai l'honneur de Lui exposer les faits suivants :
Des Rapports qui me sont régulièrement adressés par les
commissaires du Gouvernement de la République, il ressort
que les Tribunaux fonctionnent régulièrement et que l'ordre
et la tranquillité régnent dans tout le Pays.
Durant le mois de décembre écoulé, Votre Excellence a
daigné signer, sur mes recommandations, vingt-deux commis-
sions en faveur de divers fonctionnaires et employés relevan
de mon département. A cet effet, les formalités d'usage ont
été observées.
Par la Dépêche en date du 26 décembre expiré, n" 3852,
Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'annoncer que, pour
avoir donné lieu à un scandale public, elle avait définitive-
ment révoqué M. G.-x\. Voyard, substitut du commissaire
RAPPORT 77
du Goiivernenioiil de Jacmel. Je me suis empresse d'en faire
part au chef du parquet du lieu, qui n'a pas manqué de noti-
tier cette décision à son substitut. J'aurai l'honneur de pro-
poser des candidats à Votre Excellence pour combler ce vide,
après avoir reçu les renseignements que j'ai demandés à ce
sujet.
Votre Excellence, Président, sur une dénonciation grave
(lu commandant de l'arrondissement du Borgne, a aussi frappé
de révocation le juge de paix de l'Anse-à-Voleur. J'ai eu
l'honneur de proposer à l'agrément de Votre Excellence, pour
combler ce vide, le citoyen Helvétius Emmanuel que, selon
le désir de Votre Excellence, je fais examiner au préalable.
Tel est. Président, le Rapport que je me fais le devoir
d'adresser à Votre Excellence pour le mois expiré, en Lui
renouvelant l'hommage de mon profond respect et de mon
entier dévouement.
Le Secrétaire d'Étal de la Justice^
D. Tnoi'iLLOT. -
78 REPONSE
N» i6.
Port-au-Prince, le 17 janvier 1891, an LXXXVHl» de llndépen-
dance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 124
REPONSE
HYPPOLITE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Au Secrétaire d'Etat de la Justice
Monsieur le Secrétaire d'État,
J'ai reçu votre Dépêche du 16 du counint, n° 20, dont le
€ontenu a eu toute mon attention. Par la mienne, du 10 dé-
cembre dernier, au n° 3749, je vous ai demandé un Rapport
général sur la marche du Service de votre département minis-
tériel, mais tel n'est pas celui que vous m'avez fait et dans
lequel vous ne m'avez rien appris qui ne fût déjà à ma con-
naissance.
Les quelques faits qui y sont mentionnés ne sauraient cons-
tituer tout le service relevant du département dontvous avez
ia haute direction ; j'espère que, vous conformant aux pres-
criptions de ma sus-dite Dépêche, vous me ferez tenir pro-
chainement un Rapport détaillé, comme je le désire.
En attendant, je vous réitère, Monsieurle Secrétaire d'Etat,
l'assurance de ma considération distinguée.
Hyppolite.
AVIS 79
N°27.
SECRÉTAIUERIE D'ÉTAT DE LLNTÉRIEUR
AVIS
Conformément à la loi du 6 octobre 1881, les Conseils com-
munaux étant élus pour une période de trois ans et les
magistrats et leurs suppléants nommés pour le même temps,
il n'y avait pas lieu de procéder à la nomination de nouveaux
magistrats ni de leurs suppléants à la suite des élections du
10 janvier 1891 qui ont complété les Conseils dont les magis-
trats déjà nommés n'avaient pas vu expirer leur mandat
triennal.
Les nouvelles nominations des magistrats communaux et
de leurs suppléants n'ont pu se faire légalement que dans
les Communes où les Conseils ont été entièrement renou-
velés, et dans celles où il n'y avait pas eu d'élections en
janvier 1890.
La Constitution actuelle dicte le modo de nomination des
magistrats communaux et de leurs suppléants ; mais elle ne
prévoit pas la durée de leur mandat ; il y avait donc lieu de
suivre la loi de 1881 qui n'a pas été abrogée.
En conséquence, les nominations des magistrats et leurs
suppléants, faites en remplacement de ceux qui étaient en
fonctions, n'étant pas conformes à la loi, demeurent nulles,
et les mêmes magistrats et leurs suppléants doivent conti-
nuer leur mandat jusqu'à l'expiration de trois années, con-
formément à la loi du 6 octobre 1881 en vigueur.
Jéréinie, 18 murs 1891.
80 RAPPORT
N» 28.
.It'iriukN le 21 février 1891, anLXXXVIIl de l'Iudepciidance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N" 322
RAPPORT
LE SECRETAIRE D'ETAT AU DEPARTEMENT DE L'INTERIEUR
ET DE LA POLICE GÉNÉRALE
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT D'HAÏTI
Président,
J'ai l'honneur de porter à la connaissance de Votre Excel-
lence que je viens d'être saisi d'une plainte du magistrat
communal du Cap-Haïtien, M. T. Guillaumette, me deman-
dant de faire annuler la décision du Conseil qui, dans une
de ses séances, a mis fin à ses fonctions avant le terme que
lui assigne la loi.
Et j'ai appris que, dans d'autres communes de la Répu-
blique, les Conseils communaux ont procédé de la môme
façon à l'égard de leurs magistrats.
La conduite de tous ces Conseils communaux me semble
contraire à la législation en vigueur. — Votre Excellence en
jugera. Président, par l'exposé que je vais lui faire de l'état
de cette législation.
Lorsque, se conformant au vœu de la Constitution de 1867,
le législateur de 1872 eut attribué aux Conseils commu-
naux la nomination des magistrats communaux qui, sous
RAPPORT SI
l'ompire de la loi de l'année 1866, appartenait au Président
do la République, il modifia aussi la durée du mandat de ces
fonctionnaires et la réduisit à une année avec droit de réélec-
tion. — Cette législation régla, jusqu'en 1879. la nomination
des magistrats communaux, et, jusqu'en 1881, la durée de
leurs fonctions. — La Constitution de 1879 remit au Chef de
l'hâtât le droit de nomination, et la loi du 6 octobre 1881,
modifiant par son article, l'article 12 de la loi dû 21 juin 1872,
donna aux fonctions des magistrats communaux une durée
de trois années.
Voici le texte des articles de ces deux lois, relatif à la
question :
u Art. 12 (loi du 21 juin 1872). — Les fonctions du magis-
« trat communal et de ses suppléants durent un an.
« Les magistrats et les suppléants communaux sont rééli-
« gibles. »
« Art. 10 (loi du 6 octobre 1881). — Us (les Conseils
« communaux) sont élus pour trois ans et sont indéfiniment
<( rééligibles. »
« Art. 12 (môme loi). — Les magistrats et les suppléants
« sont nommés par le Président d'Haïti et sont choisis parmi
« les membres du Conseil.
« Leurs fonctions seront de la nnhne durée que celles des
« Conseils communaux. »
Le 1*"^ paragraphe du dernier article a été modifié comme
suit par le second paragraphe de l'article 123 de la Consti-
tution du 9 octobre 1889 :
« Art. 123. — Le Président d'Haïti nomme les présidents
« des Conseils d'arrondissements, mais il ne peut les cboisir
« que parmi les membres desdits Conseils.
" Les magistrats communaux et les suppléants sont élus
« par les Conseils communaux et parmi les membres des-
« dits conseils. »
De ce qui précède il ressort : 1" que la loi du 6 octobre 1881
est celle — la dernière et la seule — qui règle actuel-
lement la durée des fonctions des magistrats communaux
82 R.VPPORT
ol de leurs suppléants qu'elle a fixée à trois années ; 2" que
l'article 123 de la Constitution en vigueur a changé le mode
de nomination de ces fonctionnaires, mais qu'il n'a rien
décidé — pas plus qu'aucun autre texte constitutionnel —
sur la durée de leurs fonctions qui, conséquemment, reste
de trois années, comme le dispose l'article 12 de la loi du
f) octobre 1 ÎSS I .
Or. puisque la durée des fonctions des magistrats com-
munaux et des suppléants est légalement de trois années, et
qu'elle n'a été modifiée ni par la Constitution ni par aucune
loi postérieure, ceux de ces fonctionnaires qui ont été élus
à la fin de 1889, ou au commencement de 1890, n'ont donc
pas atteint encore le terme légal de leur mandat; et les Con-
seils communaux qui ont procédé à leur remplacement avant
l'expiration de ce terme ont, par conséquent, enfreint la
loi, — commis un excès de pouvoir bien caractérisé, — agi,
en un mot, hors de leur compétence légale.
C'est le cas du Conseil communal du Cap-Haïtien qui s'est
arrogé le droit de remplacer le magistrat communal de cette
ville.
L'article 28 de la loi du 6 octobre 1881 déclare nulle
toute délibération du Conseil communal prise hors de sa
compétence légale, et l'article 29 de la môme loi dispose que
la nullité sera prononcée par arrêté du Président d'Haïti sur
le rapport du Secrétaire d'Etat de l'Intérieur.
C'est pourquoi. Président, en soumettant à Votre Excel-
lence la décision incompétemment prise par le Conseil com
munal du Cap-Haïtien, je viens Lui demander de prendre un
Arrêté qui, en déclarant la nullité, contienne dans le cercle
de leurs attributions et oblige au respect de la loi lès Con-
seils communaux qui seraient tentés d'imiter la conduite de
celui du Cap.
Daignez agréer. Président, le respectueux hommage de
mon entier dévouement.
N. PiEnnE-Louis Aîné.
ARRETE 8."}
N" -29.
ARRÊTÉ
IIyppolite, [)résidcnt d'Haïti,
Considérant ([ii'aiix lormos do l'article 12 do la loi du
6 octobro 1881 les fonctions des magistrats communaux ot
de leurs suppléants durent trois années;
Que, contrairement à cette disposition encore en pleine
vigueur, le Conseil communal du Cap-Haïtien a, dans sa
séance du 15 janvier dernier, délibéré et remplacé dans ses
fonctions de magistrat communal, le citoyen Turenne Guil-
laumette qui n'avait alors qu'une année environ d'exercice;
Considérant qu'en procédant de la sorte le Conseil com-
munal du Cap-Haïtien a enfreint la loi et dépassé les limites
de sa compétence légale ;
Vu les articles 12, 2S et 29 de la loi du 6 octobre 1881 ;
Sur le rapport du Secrétaire d'État de l'Intérieur;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
Arrête ce qui suit :
Art. 1". — Est et demeure annulée la décision du Conseil
communal du Cap-Haïtien du 15 janvier dernier, qui a relevé
de ses fonctions de magistrat communal le citoyen Turenne
Guillaumetto et appelé à le remplacer le citoyen Rodolphe
Hobinson.
Art. 2. — Immédiatement après la publication du présent
Arrêté, le citoyen Turenne Guillaumetto reprendra les rênes
de l'Administration communale du Cap-Haïtien, qu'il con-
tinuera à gérer comme avant la décision illégale du
15 janvier.
Art. 3. — Le présent Arrêté sera imprimé, publié ot
exécuté à la diligence du Secrétaire d'Etat de l'Intérieur.
Donné au Palais national, à .Jérémie, le_19 mais 18'Jl. an LXXXVIII"
lie rimlcpendanoe.
Hyppolite.
DEPECHE
N° 30.
Port-au-Prince, le 1 mars 1891, an LXXXVIli' de rindépend.mce
DÉPÊCHE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Au Cotnmissaire du Gouvernement prè,s' la Banque
Nationale d'Haïti
Monsieur le Commissaire,
Déjà je vous ai remis, annulés, pour être expédiés à la
Banque, plusieurs contre-bons émis en faveur de divers
départements ministériels.
Comme il existe encore en la possession des payeurs
d'autres contre-bons, dont ci-joint l'état montant à la somme
de G. 184.376,08, je leur adresse à l'instant une dépêche
pour les inviter à me les faire tenir sans aucun retard. En
attendant que je sois mis à même de vous les envoyer pour
être également acheminés à la Banque, conformément aux
instructions que vous avez précédemment reçues de mon
Département, je vous autorise à passer des écritures dans
vos livres en annulation de ces pièces et à inviter le direc-
teur dudit établissement à faire la même chose.
Recevez, Monsieur le Commissaire, les assurances dfr
ma parfaite considération.
A. FiRMIN.
DEPECHE 85
xN» 31.
Port-au-Prince, le 17 mars 1891, au LXXXVllP de l'Indépendance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 1076
DÉPÊCHE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Au Directeur de la Banque Nationale d'Haïti
Monsieur le Directeur,
J'ai en ma possession votre lettre du 24 du mois dernier,
n° 504, du pli de laquelle j'ai retiré deux états des contre-
bons, en circulation jusqu'au 15 février 1891, dont l'un de
l'Administration déchue, que vous m'avez expédiés. L'état
relatif aux contre-bons émis sous l'ex-président Salomon et
sous le Gouvernement actuel a eu ma meilleure attention, et
de la vérification qui m'a été scrupuleusement faite j'ai
relevé les erreurs suivantes que je vous prie de rectifier, à
savoir :
Montant de l'état sus-mentionné G. 352.258,99
A déduire:
1" Solde du contre-bon du 17 mai 1890, n» 2205,
faveur du département des Travaux publics, payé
le 12 juillet 1890, soit G. 825,75
2° Solde du contre-bon du 13 sep-
tembre 1890, n° 2246, faveur de
M. Capré-Staco, payé le 12 no-
vembre 1890 1 .000 »
Areporte)\ . . . G. 352.258,99
86 DEPECHE
Report G.3o^2.2oS,ÎM>
3° Solde du contre-bon du 31 jan-
vier 1891, n° 2281. faveur de
M. Férère, payé le 14 février 1891 . 1 . 165 »
\" Solde du contre-bon du 16 fé-
vrier 1888, n° 1663, de G. 8. 181,
faveur des Sœurs de Saint-Joseph
de Cluny à valoir, compté le
14 février 1891 1.400 « 4.390,75
G. 347.868,24
De ce chiffre de G. 347.868,24 il y a à défalquer, par des
écritures d'annulation, que je vous autorise à passer, en
attendant qu'ils vous parviennent par l'intermédiaire du
commissaire du Gouvernement près la Banque, les contre-
bons portés dans la note que ledit Commissaire a ordre de
vous remettre, après en avoir pris copie et fait le nécessaire
en conséquence, s'élevant ensemble à G. 184.576,08; d'où
balance des contre-bons représentant des valeurs qui seraienl
dues en feuilles d'appointements, de pensions, d'indemnités
ou du solde, déjà réglées soit par des transactions avec
rh]tat, soit par conversion en la dette consolidée.
Je saisis l'occasion pour vous prier de me fixer sur la
valeur réelle du contre-bon n° 1619, du 14 janvier 1888.
faveur du département de la Guerre, lequel figure dans votre
précédent état pour G. 9.917,17, tandis que dans le dernier
il est porté pour G. 9.915,17.
Recevez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma par-
faite considération.
A. FiRMIX.
CIRCULAIRE 87
N" 32.
P()it-.ui-l'iifW(\ 1,' I iri.ii-s 18'Jl, an lAXXVIU dr I Imiri.cudaiic.'.
Si:CT10N Dl" COMMENCE. — n" 1323
CIRCULAIRE
LE SECHi-rPAIRE D'ÉTAT AU DKPAHTEMEXT DES EIXAXCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Firmiices de In République
Monsieur l'Administrateuh,
Dans ma Circulaire du 28 janvier dernier, n" 969, rela-
tive aux marchandises expédiées de votre port ou qui y
arrivent par la voie du cabotage, je vous disais entre
autres choses : Ce ne sera pas trop d'ajouter à ces formalités
renvoi régulier à mo/t département de toutes les expéditions
des marchandises arrivées par la voie du cabotaç/e^ en men-
tiomiant le nom du caboteur et celui du destinataire de ces
murchandises.
Je ne m'explique pas que jusqu'ici vous ne vous soyez
pas conformé à celte prescription, ([uand surtout des mar-
chandises arrivent dans votre port ou en sont journellement
expédiées par cette voie.
Vous auriez dû comprendre, d'après le sens même de ma
Circulaire susdite, que je vous ai prescrit cette formalité en
vue d'arriver à découvrir le mobile auquel obéissent les
commerçants qui ont adopté cette habitude, d'autant j)lus
88 CIRCULAIRE
suspecte qu'on ne s'explique pas qu'ils aient consenti de
gaieté de cœur à ajouter au prix de revient de leurs mar-
chandises les frais du cabotage.
Outre l'exécution de cette importante formalité, je vous
invite à relire la Circulaire susdite dont tous les points
doivent être rigoureusement observés.
Accusez-moi réception de la présente et agréez, Mon-
sieur lA'dministrateur, l'assurance de ma considération
distinguée.
A. FiRMIN.
PROGRAMME 89
N" 33.
PROGRAMME
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DE L'AGRICULTURE
Du i" mai 1891
Jeudi, 30 du courant, au coucher du soleil, le fort Alexandre
annoncera la fête par une salve de dix-sept coups de canon,
qu'il répétera le lendemain au lever du soleil.
Vendredi matin, à quatre heures, l'assemblée sera battue.
A six heures, le Commandant de l'arrondissement fera
prendre aux troupes de la garnison et à la garde nationale
leur ligne de bataille sur la place Pétion.
L'artillerie prendra position à l'ouest de cette place.
A six heures et demie, ordre sera donné par la même auto-
rité de diriger les habitants agriculteurs sur ladite place,
accompagnés de la police rurale.
A sept heures, les élèves des Ecoles nationales et particu-
lières, accompagnés de leurs directeurs et professeurs, etc.,
le Lycée national, l'Ecole de Médecine, les officiers de l'Etat-
Major, tous les employés et fonctionnaires du Gouvernement,
les courtiers-agents de change, le commerce national et
étranger, les membres du Corps judiciaire, la Chambre des
Comptes, les Sénateurs et les Députés, se rendront sur la
place Pétion.
A huit heures un quart, le Président de la République,
accompagné des Secrétaires d'État et des officiers généraux,
se. rendra sur ladite place.
L'autel de la Patrie sera occupé par le Président d'Haïti,
les Secrétaires d'Etat, les membres du Corps législatif, ceux
tlu Corps judiciaire et ceux du Conseil communal.
90 PROGRAMME
Une salve de dix-sept coups de canon sera Urée après les
discours ; puis, les troupes, sous les ordres du Commandant
de l'arrondissement, iront prendre leur ligne de bataille vis-
à-vis de la cathédrale, où le cortège se rendra dans l'ordre
suivant :
Les cultivateurs en tête ;
Un piquet de la cavalerie de la garde du Président d'Haïti ;
Un corps de musique ;
Les élèves des Ecoles nationales et particulières, accom-
pagnés de leurs directeurs et professeurs, etc.;
Le Lycée national ;
Les officiers de l'Etat-Major général, les aides de camp
des généraux et les officiers qui ne sont attachés à aucun
corps ;
Le chef des mouvements du port et ses adjoints ;
Les officiers de la Marine et les médecins du port ;
Les courtiers-agents de change ;
Le commerce ;
Le directeur de la Maison centrale, le directeur de la Fon-
derie nationale et le directeur de l'Arsenal, avec leurs
adjoints, employés et personnel ;
L'P]cole de Médecine, le directeur de l'Hôpital militaire,
les officiers du Service de Santé, le médecin en chef, le chi-
rurgien en chef et le pharmacien en chef de l'Hôpital mili-
taire ;
Le directeur des Archives générales; le directeur du
Timbre, le chargé de la direction du Magasin central de
l'Etat, et leurs employés ;
Le directeur du Moniteur, le directeur de l'Imprimerie
nationale, le directeur principal de l'Enregistrement, l'entre-
preneur général des postes aux lettres, et leurs employés ,
Le chef du Service du Bureau du Contrôle ;
Les chefs de division, les chefs de bureau et les employés
des Secrétaireries d'Etat, le personnel des ingénieurs civils,
les employés et les élèves attachés au Service de la Dii-ec-
tion générale des Travaux publics ;
PROGRAMME 01
Le directeur de la Banque nationale d'Haïti, le fondé dr
pouvoirs, le commissaire spécial près de ladite Banque et le
personnel de rétablissement:
L'administrateur principal des Finances, le directeur et les
inspecteurs de la Douane avec leurs employés;
Les inspecteurs et sous-inspecteurs de l'Instruction ])u-
bli.que, le Jury médical ;
La Commission communale et ses employés;
La Chambre des Comptes ;
Le secrétaire du Conseil des Secrétaires d'Etat;
Le chef du Cabinet particulier du Président d'Haïti et ses
employés;
L'Ordre des Avocats, les juges de paix et leurs suppléants,
le Tribunal de Commerce et le Tribunal civil;
Le Tribunal de Cassation ;
Les Sénateurs et Représentants ;
Les Secrétaires d'Etat ;
Les Officiers généraux;
Le Président d'Haïti.
La haie sera formée par des détachements de rinfanteric
de la garde du Gouvernement et par la police administrative.
Un piquet de la cavalerie de la garde du Président d'Haïti
fermera le cortège.
A l'église cathédrale, où se rendra Son Excellence le Pré-
sident d'Haïti, des places seront réservées aux membres du
Corps législatif et à ceux du Corps diplomatique et du Corps
consulaire.
Des maîtres de cérémonie conduiront chaque Corps ou
dignitaire à la place qui lui sera destinée.
Arrivé à l'église, le Président d'Haïti sera reçu et placé
par le clergé.
A son entrée, le Chef de l'Etat sera salué par une salve de
dix-sept coups de canon. — Pareille salve sera tirée à la (con-
sécration, au Tp Deum et à la sortie du Président.
La cérémonie de l'église terminée, le cortège se rendra à
l'Hôtel communal, où les agriculteurs seront reçus par le
92 PROGRAMME
Conseil communal, et où aussi se fera la distribution dos
récompenses.
Le soir, il y aura illumination générale et réjouissances
publiques.
Port-au-Prince, le 29 avril 1861.
Le Secrétaire d'Etal de V Agriculture^
H. Lechaud.
ARRÊTÉ 93
N° 34.
SECRÉTAIRERIE D'ÉTAT
DE L'INTÉRIEUR ET DE LA POLICE GÉNÉRALE
ARRETE
Attendu que la loi internationale confère à chaque État
indépendant le droit d'expulser de son territoire les étran-
gers dont les agissements sont un danger pour la tranquil-
lité et l'ordre publics ;
Considérant que le sieur Emile Audain a, par un écrit
publié dans le journal le Zinglin, du 25 de ce mois, cherché
à égarer l'opinion publique sur les affaires du Pays et à dis-
créditer aux yeux du peuple le Gouvernement que, dans sa
souveraineté, la Nation s'est librement donné;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'État,
Arrête :
Art. 1". — Le sieur Emile Audain est expulsé du terri-
toire de la République d'Haïti et sera embarqué à bord dii
premier bateau en partance pour l'Étranger.
Art. 2. — Le chef de la police administrative de la Capi-
tale est chargé de l'exécution du présent Arrêté.
Fait à la Secrétairerie d'État de riiitérieiir et de la Police géné-
rale, le 2 mai 1891, an LXXXVill" de l'Indépendance.
Le Secrétaire d'État de l'Intérieur et de la Police Générale,
Nemours P. -Louis aîné.
,94 CIR CUL. VIRE
N° 35.
Port-aii-Princc, le 2 mai ISDl, an LXXXNIII' de riiulrpcndancc.
SECTION DE LA CORKESPONDANCE GÉNÉRALE. N° :i46
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DE L'INTÉRIEUR
Aux Commandants
des Arrondisseuients de la République
Général,
L'ordre et la régularité que le Gouvernement de Son
Excellence le Président Hyppolite a pu apporter dans la ges-
tion des affaires publiques, les sages et utiles réformes qu'il
a introduites dans toutes les branches de l'Administration et
qu'il poursuit activement pour le plus grand bien du Pays,
les grands travaux de réparation et de construction qu'il
entreprend partout et qui se traduisent par un bien-être
général pour les populations, tous ces efforts, sans cesse répé-
tés, et qui ne tendent qu'au relèvement de la Patrie par le
travail et la liberté, n'ont pu satisfaire les fauteurs de troubles,
qui se sont empressés de recourir à leur ruse habituelle : la
calomnie.
Tous ces oisifs qui, heureusement, ne sont pas nombreux,
habitués à vivre, sans travailler, aux dépens du Peuple, ne
peuvent supporter l'idée que la régularité et la probité qui
régnent maintenant dans la gestion des deniers de l'Etat les
CIRCULAIRE 05
forceronl désormais à chercher dans le travail les olénicnts
de leur existence. Aussi, se sont-ils plu, en désespoir de
cause, à semer par tout le Pays ces bruits ridicules et
dénués de toute apparence de vérité qui circulent depuis
quelque temps.
L'œuvre malsaine que ces ennemis de la Patrie trament
dans l'ombre contre le Gouvernement n'a eu, je me plais à le
constater, aucune influence sur la tranquillité publique, et la
propagande a misérablement échoué devant le bons sens de
la Nation. Les populations, tant à la Capitale que sur tous les
autres points du territoire, sont partout à la paix et montrent
une confiance inébranlable dans la sagesse et le patriotisme
des Gouvernants qu'elles ont choisi pour réparer les maux
dont elles ont souff"ert dans les derniers événements qui ont
bouleversé le Pays. Cette confiance s'appuie sur l'infatigable
activité que le Gouvernement a déployée dans l'accomplisse-
ment de l'immense tâche qui lui est dévolue et sur les bien-
faits dont il a doté la République en moins de deux ans.
L'achèvement des Cinq-Ministères, la prompte édification
d'un Palais pour la Chambre des députés; les réparations
failes à la Douane de la Capitale et les nouveaux aménage
meuts qui y ont été introduits ; le reliement de la Capitale au
Môle-Saint-Nicolas et au monde civilisé par le câble ; l'inlrn-
ductiondu téléphone dans le Pays; la construction, sur difle-
renls points du territoire, de grands ponts destinés à per-
mettre, en tout temps, le passage de nos principaux cours
d'eau et à faciliter par là la circulation intérieure, si néces
saire au développement de l'agriculture ; les nouveaux mar-
chés qui doivent être édifiés au Gap et à la Capitale, à l'inslar
des contrées les plus avancées, et tant d'autres travaux, Ions
également utiles, entrepris partout à la fois, qu'il serait troj)
long d'énumérer ici, témoignent à un haut degré et d'une
façon indiscutable du dévouement que le Président Hyppolile
a consacré au relèvement de la chose publique.
Bien que les menées des propagandistes qui cherchent à
déconsidérer le Gouvernement aux yeux du Peuple n'aien!
96 CIRCULAIRE
eu aucun succès, il importe cependant d'en prévenir au })lus
toi les eflets pernicieux, afin d'empêcher qu'à la longue ils
n'arrivent à inquiéter les populations et à paralyser le tra-
vail.
Leur dada favori est la question de l'affermage aux Étals-
Unis d'un terrain au Môle pour dépôt de charbon.
Vous savez, par la note insérée au Moniteur du 25 du
mois écoulé, que cette question a été réglée par le refus
du Gouvernement de céder ou d'atlermer un pouce de notre
territoire.
En conséquence, je vous invite à redoubler de surveillance
pour mettre la main sur ces perturbateurs et les livrer à
Faction de la justice, qui leur appliqueia dans toute leur sévé-
rité les dispositions des lois de sûreté.
Le Gouv^ernement compte sur votre dévouement, votre
activité et votre énergie pour préserver de toute inquiétude
les populations dont les intérêts et la tranquillité sont confiés
à votre honneur militaire, et vous recommande de veiller
nuit et jour à ce que la paix ne soit pas troublée.
Agréez, Général, Tassurance de ma haute considération.
Nemours P. -Louis aîné.
DISCOURS 97
N» :{7.
DISCOURS
Dr Si:CRKTAlRE D'ÉTAT DE LAGRICULTURE
ET DU MA(;iSTI{AT COMMUNAL DE PORT-AU-PRINCE
SLK l'aLTEL de la PATRIE
1«'' mai 1891
Concitoyens,
« Ce n'est pas une vaine et inutile cérémonie que celle
qui, chaque année, à pareille date, nous réunit tous ici : la
fête du V mai est la fête du travail agricole, et l'agriculture
est la principale source de notre richesse nationale ; — la
pompe avec laquelle se célèbre la fête est donc en raison de
l'importance que le Pays attache à l'agriculture.
« A toutes les époques, l'agriculture a mérité l'attention
des Pouvoirs publics, et, s'il n'a pas été fait pour elle tout ce
que réclame son état, il ne faut en accuser que la force des
choses; — l'industrie agricole, comme toutes les autres
industries, a besoin, pour se développer, de la paix, de la
sécurité.
« Le moment est venu oîi le Pays tout entier doit s'asso-
cier à la pensée du Gouvernement pour le relèvement de
notre agriculture ; — il faut que tous nous concourrions avec
lui au maintien de cette paix, de cette sécurité, afin qu'il
puisse donner au laboureur paisible les facilités qui lui sont
nécessaires et les garanties auxquelles il a droit.
« Dans l'état actuel, il y a beaucoup à faire pour arriver
à ces fins ; le Gouvernement ne reculera plus devant les dif-
ficultés ; il voudrait étahlit' au plus tôt, dans les parties du
98 DISCOURS
Pays où un pareil progrès est possible, des voies ferrées
pour l'exploitation de nos produits; il a en vue la recons-
truction de toutes nos routes publiques, Tendiguement de
nos principales rivières, l'établissement, dans nos princi-
paux centres de production, d'écoles agricoles ; il voudi-ail,
enfin, introduire dans nos campagnes les perfectionnements
qui, en augmentant la production, en améliorant la qualité
des produits, faciliteront en môme temps le travail et don-
neront le bien-être au producteur : le Gouvernement désire
faire toutes ces choses, le Pays les réclame ; elles viendront
graduellement, successivement, si nous consentons à être
sages et patients.
<( Le Gouvernement, vous le voyez, ne perd pas de vue ce
qu'il doit faire pour le développement de l'agriculture ; il
emploiera, avec mesure et discrétion, les moyens qui lui
paraîtront les plus propres pour l'obtention du but à atteindre,
et il compte sur la bonne volonté de tous pour l'aider.
« Maintenant, des récompenses vont être distribuées aux
deux habitants qui, dans chacune des sections rurales de
l'arrondissement, ont le mieux travaillé. Puisse cet encou-
ragement exciter parmi vous tous une salutaire émulation
et hâter le jour où, avec la diversité et la bonne préparation
de nos produits, nous pourrons instituer les concours agri-
coles ! »
Après M. le ministre H. Lechaud, le magistrat communal
de la Capitale, M. Jules Saint-Macary, s'adresse aux agricul-
teurs en ces termes :
{< Citoyens Agriculteurs,
(( Vous êtes tous témoins de la sollicitude éclairée du Gou-
vernement du général Hyppolite pour le relèvement de
l'agriculture, cette source principale de la richesse publique.
« Déjà, par les soins vigilants et patriotiques du Chef de
l'Etat, une Commission agricole a été formée pour étudier
DISCOURS 99
VOS produits et pour dislribuer des primes d'encouragement
à ceux d'entre vous qui se sont le plus distingués dans celle
branche de Tlndustrie nationale.
« Cette heureuse innovation, qui a été accueillie avec tant
d'enthousiasme, doit jeter l'émulation parmi vous et pro-
duire assurément les meilleurs résultats pour la prospérité
du Pays.
« Comptant toujours sur la fécondité de votre sol, vous
avez souvent négligé d'employer les principes de la science
agricole, pour vous contenter seulement des moyens empi-
riques que vous a transmis la tradition.
« Aujourd'hui, il importe que vous abandonniez ces
anciennes pratiques et que vous vous mettiez à la hauteur
des progrès qui ont été réalisés pendant ce siècle, en vous
appropriant les belles inventions des agronomes modernes
et celles que la mécanique met à votre disposition.
« Le Gouvernement entend que vous entriez dans une voie
nouvelle d'avancement, afin que vous occupiez la position
sociale qui vous revient comme producteurs laborieux. Il
désire vous pousser activement au développement de votre
production, et, pour atteindre ce but, il compte vous procu-
rer les moyens de perfectionner vos denrées et d'entre-
prendre de nouvelles cultures.
« Quelle grande mission la Providence ne vous a-t-Elle
pas réservée, Citoyens agriculteurs, en faisant de vous les
nourriciers de vos concitoyens, que dis-je, les nourriciers
de l'Humanité !
v< En effet, saus vous les pauvres citadins pâtissent, sans
vous le commerce ne peut prospérer; vous êtes donc la base
de toutes choses dans l'Univers.
« En raison de la tache importante que vous êtes appelés
à remplir, les Gouvernements ne doivent cesser de vous
accorder toute leur protection ; c'est ce que comprend si bien
celui du général Ilyppolite, dont le programme ne tend à
rien moins qu'à vous aider à marcher de l'avant.
« Ainsi, pour mieux s'occuper des améliorations à intro-
100 DISCOURS
(luire dans notre système agricole, le Chef <le FElal a tenu
à la création des départements spéciaux de l'Agriculture et
des Travaux publics. Ce dernier Ministère, comme vous le
savez, doit vous être d'un grand concours en vous facilitant
les voies de communication et, par suite, l'écoulement de
vos produits.
<( En attendant la réalisation complète des grandes idées
de l'Administration supérieure à votre endroit, le Conseil
communal ne peut s'empêcher d'attirer votre sérieuse atten-
tion sur les transformations inattendues qui ont été entre-
prises depuis le rétablissement de la paix : la Capitale est
reliée au monde entier par le câble sous-marin ; une ligne
téléphonique vient d'être établie ; de beaux édifices publics
ont été construits et sont en construction. Bientôt un marché
couvert empêchera de se détériorer, sous les rayons ardents
du soleil, les produits que vous apportez en ville, et vous
abritera contre les intempéries.
i< Tout vous présage donc un avenir meilleur que vous
prépare le patriotisme éprouvé du Gouvernement. Ayez con-
liance en lui ; montrez-vous empressés de répondre à sa
haute sollicitude, et redoublez d'ardeur dans vos nobles tra-
vaux des champs pour le bonheur de la Patrie.
« Pénétrés des sentiments généreux du Chef de l'Etat à
votre égard, vous comprendrez la puissante nécessité de
l'aider énergiquement à maintenir la paix.
« Demandons tous ensemble que Dieu favorise les idées
élevées et civilisatrices du Gouvernement, au moyen des-
quelles le Pays prendra son essor dans la voie du progrès.
Demandons-lui encore de répandre ses bénédictions sur la
Patrie, et crions tous ensemble :
« Vivent l'Agriculture, la Paix et l'Union!
« Vive le Président d'Haïti ! »
ARRÊTÉ 101
N" 38.
ARRÊTÉ
Hyppolitk, président d'Haïti ;
Vu l'article 98 de la Constilution ;
Arrête ce qui suit :
Art. 1". — La démission du citoyen Antenor Firmin.
secrétaire d'Etat des Finances, du Commerce et des Rela-
tions Extérieures, est acceptée.
Art. 2. — Le Secrétaire d'Etat des Travaux publics et de
l'Agriculture demeure provisoirement chargé des porte-
feuilles des Finances, du Commerce et des Relations Exté-
rieures.
Art. 3. — Le présent Arrêté sera imprimé, publié et
exécuté.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 3 mai 1891,
an LXXXVUP de l'Indépendance.
Hyppolite.
102 ARRÊTE
A'o 39.
ARliÉTÉ
Uyppolite, président d'Haïti ;
Vu l'article 190 de la Conslitution, et la loi du 13 avril 1880
sur l'état de siège ;
Considérant que les circonstances actuelles commandent
impérieusement de prendre des mesures promptes et éner-
giques, afin d'assurer la paix publique, que des perturba-
teurs essaient de troubler ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat;
Arrête :
Art. 1". — La ville et l'arrondissement de Port-au-Prince
sont déclarés en état de siège.
Art. 2. — Les gardes nationales de cet arrondissement
sont mobilisées et appelées sans retard sous les armes.
Art. 3. — Le présent Arrêté sera imprimé, publié et exé-
cuté à la diligence des Secrétaires d'Etat, chacim en ce qui
le concerne.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 3 mai 1891,
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat de V Intérieur,
Nemours P. -Louis aîné.
Le Secrétaire d'État de la Guerre et de la Marine^
Béliard jeune.
Le Secrétaire d'Etat des Travaux publics et de
V Agriculture, chargé provisoirement des porte-
feuilles des Finances, du Commerce et des Rela-
tions Extérieures,
H. Lechaud.
Le Secrétaire d'État de la Justice et des Cidtes,
D. Trouillot.
Le Secrétaire d'État de l'Instruction, publique,
D. Rameau.
CORRESPONDANCE 103
j\'° 40. — TlîADUCTlON.
Purt-aii-Princc, 21 avril IS'Jl.
CORHKSPONDANCIi
MOiNSlEUIl LE MlINISïHi:,
Nous référant à notre entrevue avec vous, ce matin,
entrevue durant laquelle nous eûmes l'occasion de vous
donner avis et communication d'un document signé par le
Président des Etats-Unis, et nous investissant de pleins pou-
voirs de conférer avec toutes personnes revêtues de la
même autorité par Haïti pour faire une convention entre
les deux Gouvernements, nous avons l'honneur de vous
envoyer, ci-inclus, une copie officielle dudit document.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de
notre très haute considération.
Signé: Fred. Douglass, Bancroft Gherahui.
Honorable \. Firmin,
Secrétaire d'État des Affaires Étrangères.
Port-au-Prince.
104 DOCUMENT
N^' 41. — Traduction.
DOCUMENT
Bp:njamin Harrisson, Président des États-Unis d'Amé-
rique,
A tous ceux à qui ces présentes parviendront, salut !
J'investis, par ces présentes, Frederick Douglass, ministre
résident et consul général des Etats-Unis d'Amérique en
Haïti, et Bancroft Gherardi, contre-amiral dans la Marine
des Etats-Unis, du plein pouvoir de conférer avec telles
personnes qui peuvent être autorisées de la part d'Haïti et
de conclure, sauf l'avis et la sanction du Sénat des Etats-
Unis, une convention pour assurer aux Etat-Unis l'usage
du Môle-Saint-Nicolas comme station navale.
En foi de quoi, j'ai ordonné que le sceau des Etats-Uni&
y soit apposé.
Donné sous notre seinj,' et notre sceau, dans la ville de Washing-
ton, le 9 mars de l'année 1891, et la GXV" de l'Indépendance des
États-Unis.
Signé: Benj. Harrisson.
Par le Président :
iSïV/Hé." James-G. Blaine,
Secrétaire d'État.
Certifié le document ci-dessus comme une copie sincère
de l'original.
Signé : Fred. Douglass, Bancroft Gherardu
RÉPONSE 105
N» 4-2.
Porl-aii-Princc, le 22 avril 1891.
RÉPONSE
Messieurs les plémpotentiaires,
J'ai l'honneur d'accuser réception à Vos Excellences de
votre Dépêche du 21 de ce mois, par laquelle vous avez bion
voulu m'adresser une copie officielle du document signé par
Son Excellence le Président des Etats-Unis et vous investis-
sant de pleins pouvoirs pour conférer avec toutes personnes
revêtues des mêmes pouvoirs par Haïti, afin de négocier
une convention entre les deux Gouvernements.
En examinant ce document, et me référant à l'entrevue
que j'eus l'honneur d'avoir avec Vos Excellences le jour
même de la réception de votre Dépêche, je dois inférer que
vos pleins pouvoirs se rapportent à la demande faite le
7 février dernier, au Gouvernement d'Haïti par l'honorable
amiral Ghreardi, en qualité de commissaire spécial des États-
Unis, d'exprimer son consentement d'accorder au Gouverne-
ment de l'Union Américaine l'affermage du Môle-Saint-
Nicolas, afin d'y établir une station de charbon pour les
navires de la Marine des Etats-Unis.
En effet, par sa lettre du 10 février dernier, ce départe-
ment avait exprimé à l'honorable amiral le désir du Gou-
vernement d'Haïti d'avoir, préalablement à toute délibéra-
tion : 1° les détails ou conditions de l'atTermage désiré;
2° copie des pleins pouvoirs qui lui auraient été conférés
par son Excellence le Président des iiltats-Unis, et dont
106 REPONSE
l'original sérail présenté — s'il y a lieu — au moment de
la signature du bail à ferme, (jiii fait l'objet de sa demande.
L'honorable amiral m'a fait l'honneur de me fournir, par sa
lettre du 12 février, tous les détails désirables, en me laissant
une copie certifiée des instructions qu'il avait reçues du
département d'Etat de Washington, et, après une entrevue
que nous eûmes le même jour, il a été convenu qu'il écrirait
à son Gouvernement pour avoir les pleins pouvoirs. C'est
donc ce document que vous avez reçu en commun et qui m'a
été communiqué, de sorte que le Gouvernement d'Haïti est
mis à même de répondre, en toute règle, à Vos Excellences.
Comme j'ai eu l'honneur de le dire à Vos Excellences,
dans notre entrevue d'hier, dès que je sus l'arrivée en cette
rade d'une nouvelle escadre de la Marine américaine, et que
j'eus appris que des pleins pouvoirs vous étaient expédiés,
je fis une dépèche très circonstanciée au Président d'Haïti et
au Conseil des Secrétaires d'Etat en tournée dans le départe-
ment du Sud. Le Président d'Haïti et mes collègues, réunis
en Conseil des Secrétaires d'Etat, m'ont ordonné de vous
répondre comme il suit :
« Après avoir bien considéré les conditions dans les-
quelles le Gouvernement des Etats-Unis désire obtenir
l'affermage du Môle-Saint-Nicolas pour y établir une station
navale, ils n'auraient peut-être point d'objection à y faire,
si vos instructions ne contenaient pas la clause suivante :
« En vue de la préservation et de l'affermissement des
« relations (des deux pays), le Président désire que, aussi
« longtemps que les États-Unis peuvent être les fermiers du
« Môie-Saint-Nicolas — s'il doit être affermé — le Gou-
« vernement d'Haïti n'atTerme aucun port ou autre portion
« de son territoire, ni n'en dispose autrement, n'y accordant
« aucun privilège spécial ou droits d'usage, à aucun autre
« Pouvoir, Etat ou Gouvernement. »
L'acceptation de votre demande avec une telle clause
serait, aux yeux du Gouvernement d'Haïti, un outrage à la
souveraineté nationale de la République et une violation
RÉPONSE 107
llagraute de rarlicle 1°' de noire Gonstilution; cai\ ou ronoii-
(;ant au droit de disposer de son territoire, il en aurait cou-
senti Taliénation tacite.
Dans sa lettre du 12 février dernier, l'honorable amiral
Gherardi a cité la France, le Brésil, l'Espagne, le Pérou, le
Mexique, Haïvai, le Portugal, l'Italie, le Japon et d'autres
nations qui ont accordé, un moment ou l'autre, des stations
de charbon à la Marine des Etats-Unis. Le Gouvernement
d'Haïti n'est pas moins bien disposé envers l'Union Améri-
caine que ces diverses nations ; mais il se trouve lié par
notre droit public intérieur qu'il ne peut violer sans rendre
caduc tout engagement pris dans de telles conditions.
Ces considérations sont d'une importance telle, que Vos
Excellences seront, sans doute, les premières à reconnaître
Timpossibilité dans laquelle se trouve le Gouvernement
haïtien d'accorder à celui des Etats-Unis le bail du Môle-
Saint-Nicolas aux conditions que ce dernier le désire. Mais
à cette difficulté constitutionnelle doivent encore s'ajouter
des considérations politiques, qui sont de la plus haute
importance pour le Gouvernement haïtien.
L'arrivée en ce port de deux escadres américaines, ren-
fermant les plus puissants vaisseaux de guerre de la Marine
des Etats-Unis, a fait une impression des plus malheureuses
au Pays entier, qui s'en alarme ou s'en inquiète. En suppo-
sant même que la Constitution nationale ne fût pas un obs-
tacle à l'acceptation de la demande présentée par vos Excel-
lences, au nom du Président des Etats-Unis, le Gouvernement
haïtien ne pourrait guère, dans les circonstances présentes,
entrer en négociations pour l'atTermage du Môle-Saint-Nicolas,
sans paraître céder à une pression étrangère et compro-
mettre, ipso facto, notre existence de peuple indépendant;
d'autant plus que plusieurs journaux américains, dans un but
iudevinable, font une propagande mensongère, tendant à faire
accroire qu'il y a eu des engagements signés, entre le Prési-
dent d'Haïti et les Etats-Unis d'Amérique, pour la cession de
cette même baie du Môle-Saint Nicolas que Son Excellence
108 RÉPONSE
le Président lianisson désire avoir comme station navale à
l'usage de la Marine américaine.
Profondément confiant dans votre loyauté et votre senti-
ment d'équité, j'ose espérer que Vos Excellences saisiront
parfaitement que le refus d'accorder aux Etats-Unis l'affer-
mage du Môle-Saint-Nicolas pour une station navale n'est
pas, de la part du Gouvernement Haïtien, un acte de méfiance
ou de mauvaise volonté. Il est la conséquence d'un double
empêchement devant lequel a dû fléchir notre vive sympa-
thie et notre sincère attachement à la plus glorieuse et la
plus généreuse république du Nouveau Monde et peut-être
du Monde Moderne.
Veuillez agréer, Messieurs les Pléni[»otentiaires, les assu-
rances de ma très haute considération.
Le Secrétaire d'État des Relations Extérieures.
Signé : A. Fikmin.
Honorable Frederick Douglas,
Ministre Résident et Consul général des Etats-Unis
en Haïti.
Bancroft Ghepardi,
Contre- Amiral de la Marine des Etats-Unis,
Plénixiotentiairc, etc.
Port-au-Prince.
REPONSE 109
N" 43. — Thaduction.
RÉPONSK
A LA DKPKCIin: 1)1 DEI'AHTEMHNT T)I-S HELATFONS KXTKRIEUlîES
Porl-au-Princc (Haïti), l'i avril !,S!)1.
Honorable A. Fiiimin,
Secrétaire (TÈlat des Affaires -Etrangères d'Haïti.
MONSIEIK,
Nous avons l'honneur de vous accuser réception de votre
lettre du 22 courant, répondant à la demande du Président
des Etats-Unis, présentée par nous au Gouvernement d'Haïti
pour le bail du Môle-Saint-Nicolas comme une station de
charbon à l'usage des forces navales des Etats-Unis.
Nous regrettons que le Gouvernement d'Haïti se voie dans
la nécessité de faire un refus à la demande amicale du Pré-
sident, d'autant plus que nous avons lieu de craindre que ce
refus ne soit pas accepté par le Gouvernement des États-
Unis, comme un témoignage des sentiments amicaux qui
doivent exister entre les deux Républiques et gouverner leurs
relations.
Tout en étant obligés de vous exprimer notre désappoin-
tement du terrain sur lequel s'est placé le Gouvernement
d'Haïti, permettez-nous de vous présenter, Monsieur le
Ministre, l'expression de notre plus haute estime et de
notre plus haute considération.
Signé : Fredkiuck Douglass.
Bancroft Gherardi.
Dans l'après-midi du 24, le ministre Douglass a eu avec
moi une entrevue officielle, dans le but de me demander si
je considérais les négociations comme fermées, d'après notre
dernière correspondance. Je lui ai répondu affirmativement,
cl il s'est déclaré satisfait de ma réponse.
110 RAPPORT
N» Ai.
Port-au-Prince, le li février 18!) 1, an LXXXVIII" de rindépcnclance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 247
RAPPORT
.E SECRETAIRE D'ETAT AU DEPARTEMENT DE LTNSTRUCTIUN
PIIRLTQUE
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Président,
Dans mon rapport du 8 janvier dernier, j'ai eu l'honneur
de mettre Votre Excellence au courant de ce qui s'est fait
dans le Service de mon Département pendant le mois de
décembre de l'année expirée.
Rien de bien saillant n'étant survenu depuis, je me fais le
devoir de vous confirmer toutes les promesses que je vous ai
déjà faites à l'égard des obligations qui m'incombent.
La rentrée des classes a eu lieu, selon les dispositions du
nouveau règlement de l'année scolaire, dès le 12 janvier.
Seul le Petit-Séminaire a cru devoir fixer la reprise de ses
cours au 12 février courant; je prends les mesures néces-
saires pour obtenir de la direction de ce Collège qu'elle
observe, à partir de cette année, ce qui est prescrit à l'en-
droit de toutes les institutions scolaires de la République.
L'Exposé que je vous ai adressé le mois dernier fait pressentir,
du reste, à Votre Excellence que mon intention est bien
RAPPORT m
arrêtée à cet égard, lorsque j'enîends que l'année scolaire se
compte du l"' septembre de l'année en cours au IT) juillet
de Tannée suivante.
D'après les rapports qui me sont parvenus, la construction
des locaux des écoles rurales est en pleine voie d'exécution.
Les commandants d'arrondissements ont prêté main-forte au
Département qui peut compter que, sous peu, les écoles
rurales seront logées. Je n'ai, pour ma part, que des félici-
tations à leur adresser, ainsi qu'à leurs subalternes, les com-
mandauts de communes et les officiers de la police rurale, qui
n'ont pas négligé de remplir leurs obligations respectives en
la circonstance, avec beaucoup de dévouement et de patrio-
tisme. En m'inspirant des sentiments du Gouvernement et
des vôtres en particulier, je poursuis avec persévérance la
dilTusion des lumières dans les replis de nos campagnes.
J'espère que le travail que j'entreprends dans ce sens don-
nera de bons résultats au Pays. Du reste, j'étudie chaque
jour la question, afin d'arriver, au plus tôt, à être fixé sur la
méthode la meilleure à adopter dans les écoles rurales pour
les rendre utiles et prospères, en dépit des nombreuses dif-
ficultés qui peuvent se trouver sur mon chemin.
Le budget de mon Département fixe à 504 le nombre des
écoles rurales. Jusqu'ici je n'ai point atteint ce chiffre, mal-
gré les dernières écoles installées. Il faut espérer que, dans
le cours de cette année, le cadre budgétaire sera rempli ;
mais de nombreuses difficultés ne permettent pas à toutes
ces écoles de fonctionner selon le désir du Gouvernement ;
cependant beaucoup d'entre elles répondent à l'attente du
Département. Des mesures énergiques étant prises pour en-
rayer les causes qui neutralisent les études dans celles qui
sont encore à l'état d'embryon, il faut espérer que, sous peu
je pourrai dans un rapport vous donner l'assurance du fonc-
tionnement régulier de toutes ces institutions primaires.
Je notais dans mon précédent rapport un chiffre de
G. 12.000 d'économie ; mais, ainsi que mon Collègue des
Finances l'a rapporté à Votre Excellence, ce chitfre est plu-
112 RAPPORT
lot de G. 25.UU0 cJ "après un nouvel examen de mes comptes.
Pendant le mois de janvier j'ai pu encore faire bénéficier la
Caisse publique d'une somme de G. 3.000 sur mon douzième
de ce mois.
Des fournitures classiques ont été expédiées à toutes les
circonscriptions scolaires pour le nouveau trimestre. J'y ai
joint un nombre suffisant de tableaux de lecaiie pour es
besoins des écoles primaires, urbaines et rurales, de chacune
des circonscriptions.
Par le dernier steamer allemand, j'ai reçu pour compte
de mon Département et par l'intermédiaire de mon Collègue
de l'Intérieur à qui les a envoyés M. Alfred Box, notre pléni-
potentiaire à Paris, des ouvrages classiques pour l'enseigne-
ment secondaire. Je destine ces livres aux Lycées de la Répu-
blique dans lesquels je compte établir une seconde suivant les
programmes des Lycées de France que nous avons adoptés.
Je les répartirai bientôt entre ces Lycées.
Les inspecteurs me présentent régulièrement leurs rapports
trimestriels sur les tournées qu'ils sont obligés de faire dans
l'étendue de leurs circonscriptions respectives. Ces rapports
sont généralement satisfaisants, et pendant la prochaine
tournée de Votre Excellence dans le Sud, je contrôlerai tout
ce qui m'est signalé soit à l'avantage, soit au détriment des
écoles inspectées. J'aurai donc l'honneur, dans le cours de ce
voyage, de communiquer à Votre Excellence mon opinion sur
la valeur réelle de ces rapports. En attendant, je crois devoir
vous soumettre, Président, les ouvrages manuels des écoles
primaires de demoiselles de Tiburon, que l'inspecteur m'a
fait parvenir pour appuyer ses assertions.
Je termine ici mon second Rapport en priant Votre Excel-
lence d'y accorder sa meilleure attention.
Daignez agréer, Président, l'expression nouvelle de mon
profond respect.
D.-S. Rameau.
RÉPONSE 113
N" 45.
Port-au-Prince, le 20 février 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 442
REPONSE
HYPPOLITE, PRÉSIDENT D'HAÏTI
Au Secrétaire d'Etat de V Instruction publiciue
Monsieur le Secrétaire d'État,
J'ai accordé ma meilleure attention à votre Rapport du 14 du
<;ourant, n° 247, sur la marche du Service du Département de
l'Instruction publique, durant le mois de janvier écoulé.
En répondant à votre Rapport du mois dernier, je vous avais
exprimé le désir d'être renseigué sur le nombre des écoles
rurales existant et sur la façon dont elles fonctionnent. Ces
renseignements qui m'étaient nécessaires pour contrôler ceux
que, de mon côté, j'avais recueillis sur ces écoles, vous ne
me les avez pas donnés aussi amplement que je désirais les
avoir, et j'en conçois la cause. Rien des inspecteurs ne
visitent pas toutes les écoles des campagnes et s'en rap-
portent aux Commissions locales de surveillance qui les
inspectent encore moins; de sorte que les rapports que vous
recevez sur la marche de ces établissements sont souvent
bien loin d'être l'expression de la vérité. Les renseignements
que je me suis procurés à une autre source sont assurément
plus exacts, et je crois nécessaire de vous les communiquer,
114 REPONSE
espérant qu'ils vous seront de quoique utilité dans la réor-
ganisation, que vous devez entreprendre, de cette branche
du Service de votre Département.
Je vous les envoie donc, sous ce couvert, tels que je les
ai tirés des rapports des commandants d'arrondissements qui
me les ont fournis.
Je suis heureux de noter que vous ne manquez pas d'expé-
dier, chaque fois que l'occasion s'en présente, des ouvrages
classiques aux directeurs des Ecoles, afin de faciliter la tâche
des maîtres et les études des élèves.
Les 28.000 gourdes que vous avez pu économiser sur les
douzièmes des mois de décembre et de janvier sont une
preuve de l'ordre et de la régularité que vous avez introduits
dans l'Administration de votre Département. Je vous en
félicite.
Je vous retourne, avec la présente, les ouvrages manuels
des écoles primaires de demoiselles de Tiburon, que vous
m'avez envoyés, et je vous charge d'exprimer ma satisfaction
aux directrices de ces établissements.
Les autres informations, que contient votre Rapport, ont
été notées avec tout le soin qu'elles méritent.
Comptant sur le zèle et le dévouement que vous avez
constamment apportés dans l'exercice de vos pénibles et
délicates fonctions, je vous renouvelle. Monsieur le Secré-
taire d'État, les assurances de ma considération la plus dis-
tinguée.
H
YPPOLITE.
STATISTIQUE 113
STATISTIQUE
ARRONDISSEMENT DE HINCHE
Commune de Hinche
Première section : Juanaria. — Nombre d'élèves, 15. —
Directeur passable ; pas de local.
Deuxième section : Marmont. — Nombre d'élèves, 15. —
Directeur passable et régulier; pas de local.
Troisième section: Cerca. — Nombre d'élèves, 22. — Direc-
teur passable ; pas de local.
Quatrième section: Aguahiediondé. — Nombre d'élèves, 19.
— Directeur incapable ; pas de local.
Commune de Maïssade
Première section : Harrang. — Nombre d'élèves, 25. —
Directeur passable.
Observation à Maïssade : pas d'écoles primaires ; c'est
l'école rurale qui fonctionne au bourg.
ARRONDISSEMENT DE SAINT-MARC
Commune de Saint-Marc
Première section : Mont-Rouis. — 2 écoles; nombre
d'élèves, 25 et 19. — Directeur capable ; local en bon
état.
Deuxième section : Mont-Rouis. — Nombre délèves, 26. —
Directeur capable ; local en bon état.
Troisième section: Grande-Montagne. — Nombre d'élèves,
25. — Directeur capable ; local en bon état.
HG STATISTIQUE
Quatrième soction : Ifaiit-de-Saint-Marc. — Nombre
<1'élèves, 25. — Direclonr capable ; local en bon état.
Cinquième section : Artibonite. — Nombre d'élèves, 3i-.
— Directeur capable ; local en bon état.
Sixième section : Fonds-Gandole. — Nombre d'élèves, 2G.
— Directeur capable ; local en mauvais état.
Commune des Verretles
Première section : Payen. — Nombre d'élèves, 20. — Direc-
teur capable ; local en bon état.
Deuxième section: Moreau-Dezil. — Nombre d'élèves, 29.
— Directeur capable ; local en bon état.
Troisième section: Drouin. — Nombre d'élèves, 37. —
Directeur capable ; local en bon état.
Quatrième section: Désarbres. — Nombre d'élèves, 31. —
Directeur passable ; local en bon état.
Cinquième section : Roue-Gabrouet. — Nombre d'élèves,
22. — Directeur passable ; local en bon état.
Sixième section: Descombres. — Nombre d'élèves, 26. —
Directeur passable; local en voie de construction.
Observation : Le 1*'' de ce mois (décembre), a eu lieu
l'installation de l'école rurale de Pont-Sondé : Directeur
•capable.
Coynmune de la Chapelle
Pas d'écoles rurales dans les sections.
ARRONDISSEMENT D'AQUIN
Commtme d'Aquin
Première section. — Nombre d'élèves, 35. — Directeur
capable; local en bon état, mais sans portes.
Deuxième section. — Nombre d'élèves, 30. — Directeur
irrégulier; local en mauvais état.
Troisième section. — Nombre d'élèves, 40. — Directeur
STATISTIQUE 117
régulier, mais négligent; local en bon état, mais sans fer-
rures.
Quatrième seclion. — Nombre d'élèves, 40. — Directeur
irrégulier ; local en bon état, mais sans portes.
Cinquième section. — Nombre d'élèves, 32. — Directeur
iri'égulier et incapable ; local en bon état, mais sans portes.
Sixième section. — Nombre d'élèves, 45. — Directeur
irrégulier et sans discipline; local en bon état, mais sans
portes.
Septième section. — Nombre d'élèves, 57. — Directeur
régulier; local inachevé.
Huitième section. — Nombre d'élèves, 43. — Directeur
irrégulier ; local en bon état, mais sans portes.
Neuvième section. — Nombre d'élèves, 52. — Directeur
régulier; local en bon état, mais sans portes.
Dixième section. — Nombre d'élèves, 35. — Directeur
régulier; local inachevé.
Onzième section. — Nombre d'élèves, 40. — Directeur
régulier ; local en bon état, mais sans portes.
Douzième section. — Nombre d'élèves, 24. — Directeur
sous le coup de la justice; local inachevé.
Commune de Cavaillon
Six écoles rurales, 2 dans la première section, dont l'une
fonctionne passablement, et l'autre, celle de la Baie-des-
Flamands, est logée par l'Etat. — Tous les directeurs irré-
guliers, locaux inachevés.
Commune de Saint-Louis-du-Sud
Ecoles rurales fonctionnent très bien ; locaux inachevés.
ARRONDISSEMENT DE JAGMEL
Commune de Jacmel
Première section : Fond-Melon. — Nombre d'élèves, 60.
— Pas de local.
118 STATISTIQUE
Deuxième section : La Vallée-No. — Nombre d'élèves, 63,
— Pas de local.
Troisième section : Cochon-Gras. — Nombre d'élèves, 50.
Quatrième section : La Vallée-No. — Nombre d'élèves, 43.
— Pas de local.
Cinquième section : Grande-Rivière. — Nombre d'élèves,
31. — Pas de local.
Sixième section : La Montagne. — Nombre d'élèves, 25.
— Pas de local.
Septième section : Bas-Cap-Rouge. — Nombre d'élèves,
27. — Pas de local.
Huitième section : Montagne-la- Voûte. — Nombre
d'élèves, 26. — Pas de local.
Neuvième section : Goq-Qui-Chante. — Nombre d'élèves,
26. — Pas de local.
Dixième section : Morne-à-Brùler. — Pas de local : école
ouverte le 1" décembre 1890.
La conduite des directeurs ne laisse rien à désirer.
Observation : Pas d'écoles rurales dans les sections 11,
12, 13, 14.
Commune des C6tes-de-fer
Première section : Mayette. — Nombre d'élèves, 28. —
Pas de local.
Deuxième section : Boucan-Bélier. — Nombre d'élèves,
21. — Pas de local.
Troisième section : Jamais-Vu. — Nombre d'élèves, 22.
— Pas de local.
Quatrième section : Bras-Gauche. — Nombre d'élèves,
33. — Pas de local.
Cinquième section : Amazones. — Nombre d'élèves, 25.
— Pas de local.
Sixième section : La Biche. — Nombre d'élèves, 31. —
Pas de local.
Septième section : Gris-Gris. — Nombre d'élèves, 22. —
Pas de local.
La conduite des directeurs ne laisse rien à désirer.
STATISTIQUE 119
Commune de Bainet
Première section : Brésilienne. — Nombre d'élèves, 45.
— Pas de local.
Deuxième section : Orangers. — Nombre d'élèves, 37, —
Pas de local.
Troisième section : Bas de Gris-Gris. — Nombre d'élèves,
33. — Pas de local.
Quatrième section : Bras-de-Gauche. — Nombre d'élèves,
52. — Pas de local.
Cinquième section : Troumahot. — Nombre d'élèves, 40.
— Pas de local.
Sixième section : Haut-Gaudou. — Nombre d'élèves, 47.
— Pas de local.
Septième section : Bras-de-Groix. — Nombre d'élèves,
30. — Pas de local.
Huitième section : La Vallée. — Nombre d'élèves, 41. —
Pas de local.
Neuvième section : Bas-de-Gaudou. — Nombre d'élèves,
42. — Pas de local.
La conduite des directeurs ne laisse rien à désirer.
Commune de Maingol
Première section : Ravine-Normande. — Nombre d'élèves,
26. — Pas de local.
Deuxième section : Grande-Rivière-Fèles. — Nombre
d'élèves, 37. — Pas de local.
Troisième section : Gorail-Soult. — Nombre d'élèves, 28.
— Pas de local.
Quatrième section : Macary-Fèles. — Nombre d'élèves,
26. — Pas de local.
Cinquième section : Cayes-Jacmel. — Nombre d'élèves,
22. — Pas de local.
Sixième section : Fond-Jean-Noël. — Nombre d'élèves,
45. — Pas de local.
120 STATISTIQUE
Septième section : Savane-Dubois. — Nombre d'élèves^
32. — Pas de local.
Huitième section : Gaillard. — Nombre d'élèves, 34, —
Pas de local.
La conduite des directeurs ne laisse rien à désirer, excepté
celle de M. Dubuche, directeur de l'Ecole de la cinquième
section, qui vient de passer quelques mois en prison.
ARRONDISSEMENT DE VALLIÈRE
Pas d'écoles rurales dans aucune des sections de cet arron-
dissement : excepté le quartier de Mombin-Crochu, où se
trouvent une école de garçons et une de demoiselles, qui
fonctionnent très bien.
ARRONDISSEMENT DU TROU
Commune du Trou
Deux écoles rurales dans la section de Roucou et de Roche-
Plate.
Commune de Terrier-Rouge
Deux écoles rurales dans les sections de Fonds-Rlanc et de
Grand-Rassin.
Commune de Caracol
Une école rurale dans la section de Caracol.
Cotwnune de Sainte-Suzanne
Une école rurale dans la section de Côtelette.
Ces écoles rurales laissent beaucoup à désirer. Pas de
locaux. Les directeurs d'une incapacité notoire.
Observations du commandant de l'arrondissement du Trou:
« L'établissement connu sous le nom d'école rurale de « Fond-
« Rlanc » est plutôt l'école de Jacquesy, puisque le Fond-
STATISTIQUE 121
« Blanc proprement dit n'en bénéficie pas. Serait de toute
« nécessité d'ouvrir une école spéciale à Jacquesy, devenu
u poste militaire, et en raison de sa population; et de faire
« placer l'école de P'ond-Blanc à l'endroit appelé Polotte,
<( qui est le centre le plus populeux de cette section. »
ARRONDISSEMENT DE LA GRAND-ANSE
Commune de Jérémie
Les 17 écoles rurales des sections de cette commune fonc-
tionnent assez bien; les directeurs s'acquittent bien de leurs
devoirs.
Pour les locaux, plusieurs sont déjà achevés, les autres en
construction.
Cominune de Pestel
Les 5 écoles rurales des sections de cette commune fonc-
tionnent assez bien; les directeurs s'acquittent bien de leurs
devoirs.
Pour les locaux, plusieurs sont déjà achevés, les autres
en construction.
Commune de Corail
Les 6 écoles rurales des sections de cette commune fonc-
tionnent assez bien ; les directeurs s'acquittent bien de leurs
devoirs.
Pour les locaux, plusieurs sont déjà achevés, les autres en
construction.
Commune des Abricots
Les 5 écoles rurales des sections de cette commune fonc-
tionnent assez bien; les directeurs s'acquittent bien de leurs
devoirs.
Pour les locaux, plusieurs sont déjà achevés, les autres
en construction.
122 STATISTIQUE
ARRONDISSEMENT DE MIREBALAIS
Commune de Mirebalais
Première section : Sarazins. — Nombre d'élèves, 30. —
Directeur régulier; local en construction.
Deuxième section : Savannette. — Nombre d'élèves, 21.
— Directeur régulier ; local en bon état.
Troisième section : La Gascogne. (Cette école est fermée
par suite de la mort du directeur.)
Quatrième section : Crête-Brûlée. — Nombre d'élèves, 20.
— Directeur régulier ; local en bon état.
Cinquième section : Grand-Boucan. — Nombre d'élèves,
31. — Directeur régulier; local en bon état.
Sixième section : Rivière Canot. (Ecole fermée, pas de
directeur.)
Septième section : La Selle. — Nombre d'élèves, 23. —
Directeur régulier; local en bon état.
Huitième section: Coupe-Mardi-Gras. — Nombre d'élèves,
26. — Directeur régulier; local en bon état.
Neuvième section : Montagne-Terrible. — Nombre d'élèves,
24. — Directeur régulier; local en bon état.
Dixième section: Bayes. — Nombre d'élèves, 16. — Direc-
teur régulier ; local en bon état.
Onzième section : Boucan-Carré. — Nombre d'élèves, 22.
— Directeur régulier ; local neuf.
Douzième section : Petite-Montagne. — Nombre d'élèves,
29. — Directeur régulier; local en bon état.
Commune de Grand-Bois
Section Génipaillé. — Nombre d'élèves, 30. — Directeur
régulier ; local en bon état.
Section Plaine-Céleste. — Nombre d'élèves, 19. — Direc-
teur régulier ; local en bon état.
Section Boucan-Bois-Pin. (Cette école dirigée par l'officier
de l'état civil actuel de Grand-Bois.)
STATISTIQUE 123
Section Trou-d'Eaii. — Nombre d'élèves, 22. — Directeur
régulier ; local en bon état.
Observation : Le commandant de l'arrondissement déclare
que la surveillance des écoles laisse beaucoup à désirer et que
les locaux, quoique en bon état, manquent de portes et de fer-
rures.
ARRONDISSEMENT DE LA GRANDE-RIVIÈRE-DU-NORD
Commune de la Grande-Rivière-du-Nord
Section Grand-Gilles. — Nombre d'élèves, 26. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; local en voie de construc-
tion.
Section Selon. — Nombre d'élèves, 26. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; local en voie de construc-
tion.
Section Cormier. — Nombre d'élèves, 25. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; local en voie de répara-
tion.
Section Joly-Trou. — Nombre d'élèves, 19. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; pas de local.
Section Caracol. — Nombre d'élèves, 30. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; pas de local.
Section Rois-Pin. — Nombre d'élèves, 21. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; pas de local.
Section Rail-Rahen. — Nombre d'élèves, 40. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs; local en construction.
Section Montagne-Noire. — Nombre d'élèves, 25. —
Directeur s'acquittant bien de ses devoirs; local au corps de
garde de la section.
Section Gambade. — Nombre d'élèves, 25. — Directeur
peu régulier, étant toujours malade; point de local.
Section Rail-Mahon (Demoiselles). — Nombre d'élèves, 40.
— Directrice s'acquittant très bien de ses devoirs, et digne de
félicitations; local en bon état.
124 STATISTIQUE
COMMUNE DE DONDON
Section Matador. — Nombre d'élèves, 16. — Directeur
régulier ; local en construction.
Section Laguille. — Nombre d'élèves, 26. — Directeur
régulier, un des meilleurs de la commune ; local en cons-
truction.
Section Bassiii-Caïman. — Nombre d'élèves, 20. — Direc-
teur régulier; local en réparation.
Section Haut-du-Trou. — Nombre d'élèves, 20. — Dii'ec-
teur régulier, local en réparation.
Section Bostage. -— Nombre d'élèves, 11. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; local en construction.
COMMUNE DE SAINT-RAPHAEL
Section Bois Neuf. — Nombre d'élèves, 35. — Directeur
remplissant bien sa tâche ; local en construction.
Section Bon-Yaha. — Nombre d'élèves, 25. — Directeur
digne de félicitations ; local en construction.
Section Maturin. — Nombre d'élèves, 20. — Directeur
remplissant bien ses devoirs ; local en construction.
Section San-Yago. — Nombre d'élèves, 28. — Directeur
remplissant bien ses devoirs ; local en construction.
Quartier Pignon-Saint-Raphaël
Section Savanelle. — Nombre d'élèves, 15. — Directeur
remplissant bien ses devoirs; local en construction.
Section La-Belle-Mère. — Nombre d'élèves, 28. — Direc-
teur régulier ; local en réparation.
COMMUNE DE RANQUITTE
Section La Sourde. — Nombre d'élèves, 15. — Directeur
négligent: maison en construction.
STATISTIQUE 125
Section Bois-dc-Lance. — Nombre d'élèves, 28. — Direc-
teur négligent; local en construction,
ARROxXDISSEMENT DE LÂSCAHOBAS
Commune de Lascahobas
Seclion Petit-Fond. — Nombre d'élèves, 27 (Le comman-
dant de la commune déclare n'avoir vu aucun élève présent).
— Local en construction.
Section lampas. — Nombre d'élèves, 14. — Local en
réparation.
Section Riombès. — Nombre d'élèves, 13 (Le comman-
dant de la commune déclare n'avoir pas vu un élève présent).
— Directeur régulier; local en bon état.
Quartier Belladère. — Dans cette école, le commandant
de la commune n'a trouvé ni élève, ni directeur. Le direc-
teur, qui n'a que deux mois depuis qu'il a été appelé à la
direction de cette école, est malade et se trouve dans une
autre section. — Local inachevé, faute de clous.
Section Rovo-Seco. — Nombre d'élèves, 16. — Directeur
régulier; dans une maison privée.
Section Lahoye. — Nombre d'élèves, 15. — Directeur
régulier ; local en voie de construction.
Section Ihiamuscady. — Pas d'école, bien qu'il y ait un
directeur de nommé.
Quartier de Thomonde. — Nombre d'élèves, 63, dont
23 malades. — Directeur régulier, et donnant aussi des
leçons à 5 demoiselles ; local en voie de construction ;
demande d'un professeur qui, disent les autorités, est de
toute nécessité.
ARRONDISSEMENT DE DESSALINES
Commune de Dessalines
Section Fossé-Nabotte. — Nombre d'élèves, 28.
Deuxième section. — Nombre d'élèves, 46.
126 STATISTIQUE
Section Savanne-Brûlée. — Nombre d'élèves, 43.
Quatrième section. — Nombre d'élèves, 45.
Section Petit-Cahos. — Nombre d'élèves, 35.
Sixième section. — Nombre d'élèves, 50.
Tous les directeurs, à l'exception de ceux de la première
et de la quatrième section, s'acquittent bien de leurs devoirs ;
les locaux sont, les uns en construction, les autres en répa-
ration.
Commune de la Petite -Rivière de V Artihonite
Section Barc-Toussaint. — Nombre d'élèves, 40.
Deuxième section. — Nombre d'élèves, 30.
Section Deshaut. — Nombre d'élèves, 34.
Quatrième section. — Nombre d'élèves, 50.
Section Grand-Gahos. — Nombre d'élèves, 49.
Sixième section. — Nombre d'élèves, 37.
Tous les directeurs, à l'exception de celui de la quatrième
section, s'acquittent bien de leurs devoirs; la plupart des
locaux sont, les uns en construction, les autres en répa-
ration.
Com^nune de la Grande-Saline
Pas d'écoles rurales dans cette commune.
Au quartier de Desdunes se trouvent deux écoles : l'une de
garçons, fréquentée par 34 élèves, et dont le directeur est
capable ; l'autre de demoiselles, nouvellement installée, fré-
quentée par 6 élèves ; la directrice s'occupe bien de ses
devoirs; locaux en construction.
ARRONDISSEMENT DU BORGNE
Co'inmune du Borgne
Section Margot. — Nombre d'élèves, 2. — Pas de local ;
cette école ne fonctionne pas.
STATISTIQUE 127
Poste militaire du Petit-Bourg. — Nombre d'élèves, 23.
— Directeur régulier ; local en bon état.
Poste militaire du Petit-Bourg. — Demoiselles : nombre
d'élèves, 21. — Directrice régulière; local en bon état.
Section Boucan-Michel. — Nombre d'élèves, 10. — Direc-
teur irrégulier: local en bon état.
Section Trou-d'Enfer. — Nombre d'élèves, 9. — Directeur
irrégulier : il laisse l'école sous la direction d'un maréchal ;
local en bon état.
Section Champagne. — Nombre d'élèves, 18. — Directeur
régulier ; local en bon état.
Section Molas. — Nombre d'élèves, 11. — Directeur irré-
gulier; local en bon état.
Section Fond-Lagrange. — Nombre d'élèves, 18. — Direc-
teur irrégulier; local en bon état.
Section Côtes-de-Fer. — Cette école ne fonctionne pas.
Commune de Port-Margol
Section Grande-Plaine. — Nombre d'élèves, 19. — Direc-
teur régulier ; local en bon état.
Section Corail. — Nombre d'élèves, 35. — Directeur régu-
lier; local en bon état.
Section Petit-Borgne. — Nombre d'élèves, 20. — Directeur
régulier ; local en bon état.
Section Bas-du-Quartier. — Nombre d'élèves, 15. —
Directeur irrégulier ; local en bon état.
Section Bras-Gauche. — Cette école ne fonctionne pas,
faute d'un directeur.
Section Quartier-de-Petit-Bourg. — Nombre d'élèves, 40.
— Directeur régulier ; local en bon état.
Quartier de Petit-Bourg. — Nombre d'élèves, 22. — Direc-
trice régulière; local en bon état.
Quartier Bord-de-Mer-de-Port-Margot. — Nombre d'élèves,
14. — Directeur régulier; local en bon état.
Quartier de Petit-Bourg. — Demoiselles : nombre d'élèves,
19. — Directrice régulière ; local en bon état.
128 STATISTIQUE
Commune de tAnse-à- Voleur
Section Méyence. — Nombre d'élèves, 14. — Directeur
régulier, provisoire; pas de local.
Section Bas-de-Sainte-Anne. — Nombre d'élèves, 22. —
Directeur régulier ; pas de local.
Section Pointe-d'Icaque. — Nombre d'élèves, 23. — Direc-
teur provisoire, régulier ; pas de local.
ARRONDISSEMENT DE PORT-AU-PRINCE
Commune de Port-au-Prince
Sur 23 écoles rurales que possède cette commune, il n'y
en a que 40 qui fonctionnent ; ce sont :
Première section : Belle-Vue. — Nombre d'élèves, 35. —
Directeur s'acquittant bien de ses devoirs ; local en voie de
construction.
Deuxième section. — Nombre d'élèves, 40. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; local en construction.
Section Saint-Martin. — Nombre d'élèves, 25. — Directeur
s'acquittant bien de ses devoirs ; local à réparer.
Section des Varreux. — Nombre d'élèves, 38. — Direc-
teur s'acquittant bien de ses devoirs ; local en construction.
Section Turgeau. — Nombre d'élèves, 23. — Directeur
faisant bien son devoir; local en construction.
Section Morne-Hôpital. — Nombre d'élèves, 21. — Direc-
teur faisant bien son devoir ; local en construction.
Section Martissant. — Nombre d'élèves, 20. — Directeur
faisant bien son devoir ; local en construction.
Section Thor. — Nombre d'élèves, 19. — Directeur faisant
bien son devoir ; local en construction.
Section Morne-à-Bateau. — Nombre d'élèves, 34. — Direc-
teur faisant bien son devoir ; local, une maison privée.
Section Platon-Dufrénée. — Nombre d'élèves, 27. — Direc-
teur s'acquittant bien -de son devoir ; local en construction.
STATISTIQUE 129
Les 13 écoles qui ne fonctionnent pas sont celles des sec-
tions de Pont-Rouge, Bizoton, Rivière-Froide, Corail, Tlior.
Morne-Chandelle, Taifer, Laval, Grande-Rivière, Byrly,
Procy, Bourvier, Bongard et Malanga.
Commune de Pétion-Ville
Section Frères. — Nombre d'élèves, 134. — Directeur fai-
sant bien son devoir ; école logée.
Section Frères. — Nombre d'élèves, 125. — Demoiselles;
directrice faisant bien son devoir; local en construction.
Section Étang-de-Jonc. — Nombre d'élèves, 57. — Direc-
teur faisant bien son devoir ; école logée.
Section Grands-Fonds. — Nombre d'élèves, 20. — Direc-
teur ne remplissant pas bien son devoir ; local en voie de
construction.
Section Sourçailles. — Nombre d'élèves, 35. — Directeur
ne remplissant pas bien son devoir; local en construction.
Section Montagne-Morve. — Nombre d'élèves, 46. — Direc-
teur ne remplissant pas bien son devoir; local en voie de
construction.
Section des Cadets. — Nombre d'élèves, 25. — Directeur
ne faisant pas son devoir ; local en voie de construction.
Section Duval. — Nombre d'élèves, 35. — Directeur fai-
sant bien son devoir ; école logée.
Section Nouvelle-Touraine. (Cette école ne fonctionne pas. )
Commune de VArcahaie
Section Boucassin. — Nombre d'élèves, 19. — Directeur
remplissant bien son devoir; local en voie de construction.
Deuxième section : Boucassin. — Cette école ne fonctionne
pas.
Section des Vases. — Nombre d'élèves, 25. — Directeur
faisant bien son devoir; local en voie de construction.
Section Fond-Blanc. — Nombre d'élèves, 33. — Directeur
faisant bien son devoir ; école logée.
130 STATISTIQUE
Section des Délices. — Nombre d'élèves, 14. — Directeur
faisant bien son devoir ; école logée.
Section Des Matheux. — Cette école ne fonctionne pas.
Section Fond-Bapliste. — Cette école ne fonctionne pas.
Section Mont-Rouis. — Local en voie de construction,
imais cette école ne fonctionne pas.
Commune de Thomazeati
Section Cottard. — Nombre d'élèves, 8. — Directeur ne
faisant pas son devoir ; école logée.
Section .Joanneau. — Nombre d'élèves, 16. — Directeur
aveugle; école logée.
Section des Orangers. — Nombre d'élèves, 17. — Direc-
teur ne faisant pas son devoir.
Section Fond-Parisien. — Nombre d'élèves, 40. — Direc-
teur faisant son devoir; école logée.
Section des Crochus. — Nombre d'élèves, 25. — Direc-
teur faisant bien son devoir ; école logée.
Section Bourg-de-Thomazeau. — Nombre d'élèves, 16. —
Directeur incapable ; école logée.
Commune de la Crolx-des-Bouquels
Section Petit-Bois. — Nombre d'élèves, 26. — Direc-
teur incapable ; local en construction.
Section Noailles. — Nombre d'élèves, 50. — Directonr
faisant son devoir ; local en voie de construction.
Section Borgella. — Nombre d'élèves, 12. — Directeur
faisant bien son devoir ; local en voie de construction.
Section Lasserre. — Nombre d'élèves, 27. — Directeur
faisant bien son devoir ; local en voie de construction.
Section Vaudreuil. — Nombre d'élèves, 22. — Directeur
incapable ; local en voie de construction.
Section Bellanton. — (Cette école ne fonctionne pas.)
Section Destrée. — Nombre d'élèves, 40. — Directeur
faisant bien son devoir ; école en voie de construction
STATISTIQUE 131
Section Ganthier. — Nombre d'élèves, 39. — Directeur
faisant bien son devoir ; local en voie de construction.
Section Ganthier. — Demoiselles : nombre d'élèves, 30.
— Directrice faisant bien son devoir ; local en voie de cons-
truction.
Section Pont-Bedette. — Nombre d'élèves, 28. — Direc-
teur incapable; local en voie de construction.
Section Robert. — Nombre d'élèves, iS. — Directeur
faisant son devoir ; école lo2:ée.
Section Trou-Coucou. — Nombre d'élèves, 51. — Direc-
teur faisant son devoir ; local en voie de construction.
ARRONDISSEMENT DES GONAIVES
Commune d'Ennery
Ecole nationale de garçons: local en très mauvais état et
manque de matériel et de fournitures classiques.
Ecole nationale de demoiselles ; local en bon état, mais
manque de matériel et de fournitures classiques.
La première section rurale, seule, a une école dont le
local n'a pas de portes.
Commune de Gros-Morne
11 n'y a pas une seule école. Des locaux sont préparés dans
sept sections.
Commune de Terre-Neuve
Cinq écoles rurales, dont les directeurs remplissent bien
leurs devoirs. Les locaux n'ont pas de portes. La première
section mériterait d'avoir deux écoles, à cause de son éten-
due et de sa population.
ARRONDISSEMENT DE PORT-DE-PAIX
Commune de Port-de-Paix
Sur 11 sections rurales, les première, deuxième, troi-
sième et quatrième, seulement, ont leurs écoles. — Les
132 STATISTIQUE
directeurs ne sont pas bien capables, mais ont de la bonne
volonté ; pas de locaux.
Comtnune de Saint-Louis-du-Nord
Six écoles rurales, dont les directeurs sont comme les pré-
cédents ; pas de locaux.
Quartier de la Baie-des-Moustiques
Une école nouvellei]jient instituée; pas de local,
ARRONDISSEMENT DE PLAISANCE
CommAine de Plaisance
Les 10 sections rurales ont leurs écoles. — Ces écoles
sont pourvues de locaux, et leurs directeurs sont réguliers.
— Les 6 dernières sections, nouvellement érigées, n'ont pas
encore leurs écoles.
ARRONDISSEMENT DU LIMRÉ
Commune du Limbe
Les 8 sections rurales ont leurs écoles. — Les directeurs
des écoles des première, deuxième, troisième et quatrième
sections, s'acquittent très mal de leurs devoirs. — Une
école nouvellement créée au poste militaire du Bas-de-
Limbé.
L'école de garçons du Poste militaire de Camp-Coq,
l'école de demoiselles du Bas-du-Limbé, l'école de demoi-
selles de Camp-Coq : toutes marcbent très bien ; les direc-
teurs et les directrices sont de bonnes vie et mœurs.
ARRONDISSEMENT DU MOLE-SAINT-NICOLAS
Commune du Môle
Des 3 sections rurales, la première seule a son école,
dont le directeur s'acquitte très bien de ses devoirs ; pas de
locaux.
STATISTIQUE 133
Commune de Jean-Rabel
Des 8 sections, la quatrième et la sixième seules ont leurs
écoles qui sont dirigées ; pas de locaux.
Commune de Bombardopolis
Des 3 sections, la deuxième et la troisième ont leurs écoles.
— Les directeurs remplissent très bien leurs devoirs ; pas
de locaux.
Commune de la Baie-de-Henne
Pas une école rurale. — H y a deux écoles urbaines: une
de garçons ; une, de demoiselles. Ces écoles marchent très
bien.
Toutes les écoles de cet arrondissement sont privées de
matériel et de fournitures classiques.
ARRONDISSEMENT DE LA MARMELADE
Commune de la Marmelade
Les 3 écoles rurales fonctionnent. — Pas de locaux.
Commune de Saint -Michel
Les 7 sections ont leurs écoles, dont les directeurs font
leurs devoirs. — Mais pas de locaux ni de matériel.
LIGNE MILITAIRE DE SALTROU
Commune de Saltrou
Pas d'écoles rurales. — Les locaux sont construits, et on
attend la nomination des directeurs.
Commune de Grand-Gosier
Pas d'écoles rurales, ni de directeurs. — Locaux prêts.
Poste militaire des Anses-à-Pitre ; pas d'écolo.
134 STATISTIQUE
ARRONDISSEMENT DE NIPPES
Commun^ de t Anse-à-Veau
Les 8 sections rurales ont leurs écoles. Les directeurs des
première et septième ne sont pas réguliers ; les autres t'ont
bien. — Les locaux dos première et troisième sections sont
en mauvais état.
Commune de la Petite-Rivière-de- Nippes
Quatre écoles rurales. — Directeurs des trois premières
s'acquittent bien ; celui de la quatrième (qui n'a que
6 élèves) laisse à désirer. — Pas de locaux.
Com,mune de Petit- Trou-de-Nippes
Des 8 sections rurales, les troisième et huitième (6 élèves)
seules ont leurs écoles. — Directeurs des troisième et
huitième sont réguliers; celui delà huitième est incapable.
— Pas de locaux.
Commune de Baradères
Cinq écoles rurales. — Les directeurs des première,
deuxième, troisième et cinquième, s'acquittent bien; le qua-
trième est incapable. — Pas de locaux.
Com,mune de Mirayoâne
Six écoles rurales. — Les directeurs s'acquittent très
bien de leurs devoirs. — La deuxième seule n'en a pas. —
Pas de locaux pour les première, quatrième, cinquième et
huitième écoles.
ARRONDISSEMENT DE LÉOGANE
Commune de Léo y âne
Sur 15 sections et 2 postes militaires, il n'y a que 7 écoles
rurales dans les 7 premières sections. Les directeurs sont
STATISTIQUE 135
réguliers. L'école de la sixième seclion n"a pas d'élèves ; le
directeur, très irrégulier.
Commune du Grand- Goâve
Sept écoles rurales. — Directeurs des première, deuxième,,
troisième, quatrième, sixième et septième s'acquithml bien
de leurs devoirs. — L'école de la cinquième section n'a pas-
d'élèves.
Commune du Pe(U-Goâve
Sur 12 sections rurales, 9 écoles, dans les première,
deuxième, quatrième, cinquième, septième, huitième, neu-
vième, dixième et onzième. — Le directeur de l'école de
la première section est incapable.
136 CIRCULAIRE
N» Al.
Piiit-au-Princc, le 12 uiui 1891. nii LXXXVIIl- de rindépendance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE (iÉNÉRALE. — N« 1069
CIRCCLAIRE
I.E SECRÉTAIRE D'ÉTAT INTÉRIMAIRE
AU DÉPARTEMENT DES FINANCES ET DU COMMERCE
Aux Coyisuls et Agents consulaires d'Haïti
Monsieur,
D'après ce qui m'est parvenu, il paraît que le règlement des
frais de visa consulaire parles capitaines de navires de com-
merce en partance pour nos ports ne se fait pas sans certaines
difficultés. Pour y mettre fin, je crois devoir vous transcrire
les articles ci-dessous de la loi du 22 octobre 1881, modi-
fiant en partie celle du 2H août 1877, en vous invitant à en.
donner connaissance aux intéressés et à me signaler les fac-
tures qui n'auront pas été présentées à votre visa.
« Art. 1"'. — A partir du V décembre prochain (1881),
les consuls et agents commerciaux de la République seront
tenus de viser gratuitement les factures tant d'espèces mon-
nayées que des marchandises à destination des ports d'Haïti,
sans que ces visas cessent d'être obligatoires sur les triples
copies de ces factures, ainsi que cela a été prévu à l'article 3
de la loi du 23 août 1877.
« Continue à être aussi obligatoire la déclaration par acte
CIRCULAIRE 137
authentique au rapport d'un notaire, dans les ports étran-
gers où il ne se trouve point d'agents haïtiens.
« Art. 2. — Le défaut des visas ci-dessus ou de la déclara-
lion authentique entraînera une pénalité fixée à la somme de
50 piastres.
« Art. 3. — Les frais de visa des manifestes, des billets
de santé des navires, des passeports, de légalisation de
signatures, des certificats provisoires, de naturalisation et de
tous autres documents non prévus, continueront à être per-
çus conformément à l'article 1^"^ de la loi du 23 août 1877.
(Voir ci-contre le tarif fixé par cet article.)
« Art. 4. — Les consuls et agents n'auront droit à aucun
prélèvement sur ces frais de visa. Ils en rendront compte au
Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce, etc. »
Ce dernier article. Monsieur, vous concerne spécialement
et, pour que ses prescriptions soient fidèlement remplies, je
vous invite à m'expédier, en même temps que les autres
documents, un état de ces frais de visa, lesquels frais vous
garderez, bien entendu, au crédit de mon département, car
ils pourront venir en déduction des frais de bureau qui vous
sont accordés.
Accusez-moi réception de la présente et agréez, Monsieur,
l'assurance de ma considération distinguée.
H. Lechaud.
TARIF FIXÉ PAR l' ARTICLE PREMIER DE LA LOI DU 23 AOUT 1877
Pour le manifeste de chaque port d'expédition. ... P. 5
Pour le billet de santé de chaque navire 5
Pour le passeport 2
Légalisation de signature ou tous autres documents. 2
Certificat provisoire de naturalisation, délivré à un
navire acheté par un Haïtien à l'Étranger. .... 2
138 PROCLAMATION
N° M.
PROCLAMATION
Ali -Peuple et à V Armée
HYPPOLITE, PRÉSIDENT D'HAÏTI
/ Citoyens et Soldats,
Les ennemis de l'ordre, interprétant à leur manière la
modération du Gouvernement, ont osé lever la tête aujour-
d'hui. — Ce matin, à neuf heures environ, pendant que j'as-
sistais aux cérémonies religieuses de la Fête-Dieu, quelques
brigands, conduits par l'infâme général Sully Guerrier, ont
envahi le poste de la prison et ont libéré les prisonniers. —
Ceux-ci, s'étant organisés sous la direction du général
Badère, de ce même Badère que la pitié du Gouvernement a
épargné ces jours passés, — ont marché sur l'Arsenal et
les autres positions de la ville ; mais les forces du Gouver-
nement, quoique surprises, les ont vigoureusement repous-
sés, les lâches ! et partout nous sommes restés maîtres de la
situation.
Rassurez-vous, citoyens paisibles de la République ! Je
vous ai promis de maintenir la paix, je tiendrai ma promesse
au péril de ma vie.
Tant pis pour les fauteurs de troubles, je serai sans pitié
pour eux !
Plusieurs d'entre les assaillants ont été pris et passés par
les armes, l'Autorité est à la recherche des autres.
PROCLAMATION ' 139
Concitoyens !
Ayez confiance dans la sagesse du Gouvernement, mais
soyez aussi persuadés qu'il ne reculera devant aucun sacri-
fice pour vous donner la paix. — Les esprits, un moment
inquiets, se sont vite rassurés par l'attitude énergique du
Gouvernement, et, en quelques heures, le calme s'est par-
faitement rétabli à la Capitale.
Fait à Port-au-Prince, au Palais national, le 28 mai iS'.ii,
an LXXXVllI'^^ de l'Indépendance.
Hyppolitr.
140 ' ARRÊTÉ
N° 48.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 190 de la Constitution et l'Arrêté du 3 mai 1891
mettant la ville et l'arrondissement de Port-au-Prince en
état de siège ;
Attendu que, malgré cette mesure, les ennemis de l'ordre
public se sont manifestés, ce matin, par une attaque insensée
de la prison;
Attendu que, pour maintenir la sécurité dans les villes
du département de l'Ouest qui pourraient leur servir de
refuge, il importe d'étendre cette disposition rigoureuse à
tout ce département;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat ;
A arrêté et arrête ce qui suit : "^
Art, 1". — Le département de l'Ouest est déclaré en état
de siège.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera imprimé, publié et exé-
cuté à la diligence des Secrétaires d'Etat, chacun en ce qui
le concerne.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 28 mai 1891,,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État de t Intérieur,
Nemours Pierre-Louis aîné.
ARRETE 141
Le Secrétaire d'État de la Guerre et de la Marine,
Béliard jeune.
Le Secrétaire d'État de la Justice et des Cultes,
D. Trouillot.
Le Secrétaire d'État des Travaux publics^ chargé par
intérim des Départements des Finances, du Commerce
et des Relations Extérieures,
H. Lechaud.
Le Secrétaire d'État de V Instruction publique,
D,-S. Rameau.
142 ORDRE DU JOUR
N° 49.
ORDRE DU JOm
HYPPOLITE, PRÉSIDENT DHAITI
Ait Peuple et à V Arrêtée!
ClTOYEiNS ET SOLDATS,
Après avoir, dans la triste journée du 28, à la tête de
quelques brigands de son espèce, troublé l'ordre public et
déchaîné contre la société les voleurs, les assassins et les
incendiaires que renfermaient les cachots de la Capitale, le
nommé Sully Guerrier avait pu un instant se soustraire aux
recherches de l'Autorité. Il a été retrouvé, hier matin, au
Morne-à-Tuf, dans la maison d'une dame Charmantine Mon-
délice, en compagnie d'un de ses principaux complices, l'offi-
cier François Gratia, de la Garde du Gouvernement, et des
nommés Léger Cauvin, Labédoyère Cauvin, Horatius Fran-
cion, Alcindor Cazeau, Horace Alexandre, Victor Antoine et
Hippolyte Dieuserment, ses adhérents.
Sully Guerrier et François Gratia, les plus coupables
d'entre eux, ont payé de leur tête leur criminelle entre-
prise. Les sept autres sont déposés dans les prisons de cette
ville pour être livrés à leurs juges naturels.
Citoyens et soldats, j'ai pris envers le Pays l'engagement
solennel de lui donner la paix. Soyez calmes et confiants !
Le Gouvernement saura toujours faire son devoir sans défail-
lance et sans faiblesse.
Fait au Palais national de Port-au-Prince, le 31 mai 1891, an LXXXVIIP
de l'Indépendance.
H
YPPOLITE.
ARRETE \VA
ARRÊTÉ
Hyppoltte, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860 sur l'exercice du droit de grâce et de commu-
tation de peine ;
Sur le Rapport du Secrétaire d'Etat do la Justice;
Arrête ce qui suit :
Art, l*^ — Grâce pleine et entière est accordée, à partir
de ce jour, les droits des tiers réservés, au citoyen Rubens
Charles, condamné à six mois d'emprisonnement par le
Tribunal civil du Cap-Haïtien.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'État de la Justice.
Doiiiiù au Palais national du Port-au-Prince, le 27 mai 18!» I,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Hyppomte,
Par le Président :
Le Secrétaire d'État au Département de la Justice^
D. Trouili.ot.
144 ARRÊTÉ
N" 51.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 162 de la Constitution ;
Vu les articles 1 et 2 de la loi du 30 septembre 1884 ;
Vu également les articles 4, 25, 26 et 27 de la loi du
19 novembre 1864 sur les pensions civiles;
Vu les demandes présentées et les pièces produites à
Fappui;
Sur le Rapport du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce ;
Arrête :
Art. 1"". — Sont approuvées les liquidations des trois
pensions civiles ci-après indiquées séievant, par mois, à la
somme de 110 gourdes^ savoir :
Nicolas Léger, des Cayes, sénateur de la République,
ti'cnte-neuf ans de service P. 50
Alexis-Jacques Simon, des Gonaïves, chef de bureau à
l'Administration des Finances des Gonaïves, qua-
rante-deux ans de service 10
Duverneau-Trouillot, de Port-au-Prince, suppléant-
juge au Tribunal de Cassation, trente-deux ans de
service 50
Total P. 110
Art. 2. — Ces pensions seront inscrites au Grand-Livre
des Pensions civiles tenu à la Secrétairerie d'Etat des
Finances, pour extrait en être délivré à chaque pensionnaire
ARRETE i4&
et les arrérages en être payés, à partir du jour qui sera
déterminé dans l'inscription, conformément aux prescriplious
de la loi sur les pensions civiles.
Art. 3. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à
la diligence du Secrétaire d'Etat des Finances et du Com-
merce.
Donné au Palais natiunal de Port-au-Prince, le 26 mai 18!M.
an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire (TElal des Finances et du Commerce,
jtar intérim,
H. r^ECHAUD.
10
14t) CIRCULAIRE
Port-au-Prince, le .'iO mai 1891, an LXXXVIIi" de rindcpendanco.
SECTION DE LA MAKINE. — N° 753
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DE LA MARINE
Aux Chefs des ^noiwements des ports de la République
Général,
II est parvenu à ma connaissance que, fort souvent, cer-
taines gens en partance pour l'Etranger y emportent du café,
caché dans leurs malles ou ailleurs.
Ce procédé illicite privant le fisc d'une bonne partie de ses
revenus, je vous exhorte à redoubler de surveillance et
d'énergie pour qu'il soit entièrement abandonné.
Faute par vous d'y réussir, je me dispense de vous dire
combien peu vous auriez justifié la confiance du Gouverne-
ment et quelle mesure je me verrais forcé de prendre en
l'occurrence.
Mais je compte plutôt sur votre bonne volonté. Général, et
vous salue avec une parfaite considération.
Béliard jeune.
ARRÊTE 147
SECRÉTAIREIUE I) ÉTAT DE L'INTÉRIEUR
ARRKTÉ
Vu TAiTèté du Pivsident d'Haïti du 28 courant qui met le
département de l'Ouest en état de siège, par suite de la mani-
festation armée des ennemis de l'ordre ;
Considérant que les circonstances actuelles commandent
au GQUvernement de prendre toutes les mesures nécessaires
pour le rétablissement de l'ordre et le maintien de la paix
publique ;
Considérant que tous les bons citoyens doivent concourir
avec le Gouvernement pour assurer cette paix et déjouer les
projets infâmes des perturbateurs, en veillant sur leurs
familles et leurs propriétés ;
A arrêté et arrête ce qui suit :
Art. 1^'. — Tous les citoyens de la Capitale en état de
porter les armes qui n'appartiennent à aucun corps sont
invités à se choisir un poste et à s'y rendre tous les soirs.
Art. 2. — Ceux qui n'obtempéreront point à cette invita-
tion seront considérés comme ennemis de l'ordre de choses
établi et poursuivis comme tels avec toutes les rigueurs de la
loi.
Donné à la Secrétairerie d'État de l'Intérieur et de la Police Géné-
rale, le 31 mai 1891, an LXXXVIII» de l'Indépendance.
Nemours Pierre-Louis aîné.
148 ARRÊTÉ
N° 54.
SÉCRÉTA IRERIE D'ÉTAT DE l/INTÉRIEUR
ARRÊTÉ
Considérant que Tordre est rétabli à la Capitale et que le-
Gouvernement, appuyé sur le dévouement de l'armée et le
concours de la majorité des citoyens, est maître de la situa-
tion ;
Considérant qu'il y a lieu d'empêcher la continuation des
exécutions sommaires que la légitime défense autorisait au
moment de l'action ;
Le Secrétaire d'Etat de l'Intérieur et de la Police Générale,
avec l'assentiment de Son Excellence le Président d'Haïti,
ai'rête ce qui suit :
Art. l"'^ — Il est formellement défendu à toute Autorité ou
à tout fonctionnaire de faire aucune exécution des criminels
de l'attentat du 28 mai dernier qui seront arrêtés.
Art. 2. — Tout fonctionnaire ou toute Autorité qui aura
enfreint cet ordre sera déféré à la justice.
Donné à la Secrétairerie d'État de l'Intérieur et de la Police Géné-
rale, le 2 juin 1891, an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Nemouks p. -Louis aîné.
ARRÊTÉ 1-49
N" 53.
ARRKTE
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 97 de la Constitution ;
Vu les articles 6, 10, H, 12, 14, 23, 2i., 26, et les titres II
■et V de la loi du 4 novembre 1864 sur les pensions mili-
taires, remise en vigueur par celle du 24 septembre 1884 ;
Vu les demandes présentées conformément aux disposi-
tions de cette loi à la Commission de vérification instituée
par le département de la Guerre ;
Sur le rapport du Secrétaire d'État de la Guerre ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A arrêté et arrête ce qui suit :
j^jjT 1" — gQj^j^ approuvées et admises les liquidations
<les pensions militaires ci-après indiquées, s'élevant à la
somme de 731 gourdes 35 centimes 2/3 par mois, soit par
an 8.776 gourdes 24 centimes.
Gourdes
1. Cassius Jacques, cinquante ans de service 15 »
2. Georges Michel, cinquante ans de service 15 »
3. Millien Laurent, cinquante ans de service i5 »
4. E. -Joseph Baille, cinquante ans de service 13 »
3. Océan Bazile, cinquante ans de service 13 »
6. Siméda Simon, cinquante ans de service 15 ^>
7. Innocent Victor, cinquante ans de service 13 »
5. Bellevue Abel, quarante ans de service 13,33 1/3
150 ARRÊTÉ
12. Laveau Galbort, quarante ans de service l,'i,33 1/3
13. Joachim Joseph, quarante ans do service 13,33 1/3
14. Aurélien Eu<^ène, quarante ans de service 13,33 1/3
15. Alexandre Désiré, quarante ans de service. . . . 13,33 1/3,
16. Jean-Louis Zamor, quarante ans de 'service. . . . 13,33 1/3
17. Jacques-Antoine Dig'O, quarante ans de ser-
vice 13,33 1/3
18. Maximeau Cadet, quarante ans de service 13,33 1/3
19. Théogé Génesté, quarante ans de service 13,33 1/3
20. Aurélien Jeanty, trente ans de service 7, .50
21. Fortunal Bernard, trente ans de service 7,50
22. Blanc Richard, trente ans de service 7,50
23. Moréna Dulièpe, trente ans de service 7, .50
24. Roméus Brutus, trente ans de service 7,50
25. Thézan Compère, trente ans de service. ...... 7,50
26. Edma Castor, trente ans de service 7,50
27. Dumai Douville, trente ans de service 7,50
28. Laurent Gousse, trente ans de service 7,50
29. Sully Guerrier, trente ans de service 7,50
30. Raymond Jean-Charles, trente ans de service. . 7, .50
31. Cadet Toussaint, trente ans de service 7, .50
32. Auguste Valcin Georges, trente ans de service. 7,50
33. Thésalus Pierre-Etienne, trente ans de service. 7,50
34. Duclosel Alerte, trente ans de service 7,50
35. Tibérius Zamor, trente ans de service 7.50
36. Miailles Jean-Jacques, trente ans de service. . . 7,50
37. Dorléus Valentin, trente ans de service 7,50
38. Edmond Fonvil, vingt ans de service 7,03
39. E.-Jean François, vingt ans de service 7,03
40. Marcellus Moïse, vingt ans de service 7,03
41. Dessources Duplessis, vingt ans de service. . . . 7,03
42. Jean-Jacques Dessalines, vingt ans de service. . 7,03
43. Termeau Cameau, vingt ans de service 7,03
44. Cadet Gratien, vingt ans de service * 7,03
45. Issna Marcelin, vingt ans de service 7,03
46. Linus Brevat, vingt ans de service 7,03
47. Victor Delcome, vingt ans de service 7,03
48. Richard Napoléon, vingt ans de service 7,03
49. Jean-Louis Lindor, vingt ans de service 7,03
50. Radama Mondésir, vingt ans de service 7,03
51. Bonaparte Marc, vingt ans de service 7,03
9. Joseph Bazile, quarante ans de service 13,33 1/3
10. Fatras Badio, quarante ans de service 13,33 1/3
11. Mentor Amitié, quarante ans de service 13,33 1/3
ARRETE 151
5:2. Bataille Faustin, vin^t ans de service 7,03
53. Joseph-Armand D'Hiver, vingt ans de service. . 7,03
3i. Yoyo Jean-Baptiste, brig-ade, cinquante ans de
service 11 »
55. Edouarcia Jean-Pierre, brigade, quarante ans
de service 10 »
50. Augustin Jean-Baptiste, brigade, quarante ans
de service 10 »
57. Ernest Registre, brigade, trente ans de service. 5,50
58. Dorival Charlemagne, brigade, trente ans de
service 5,50
50. Ismon Desvallons, brigade, trente ans de ser-
vice 5, .50
(50. Joseph Laplaine, brigade, trente ans de ser-
vice 5,.50
61. Chosil Saint-Laurent, brigade, trente ans de ser-
vice 5,50
02. Saint-Louis Dadaille, brigade, trente ans de
service 5,50
63. Joseph Tuffet, brigade, trente ans de service.. . 5,50
64. Blanc-Charles, brigade, trente ans de service. . 5,50
65. Julmisse Bazile, brigade, vingt ans de service. . 5,31
66. Petit-Frère Belgarde, brigade, vingt ans de
service 5,31
67. Josselin Hérard, brigade, vingt ans de service. 5,31
68. Joseph Julmisse, brigade, vingt ans de service. 5,31
69. Nordilus Cétoute, brigade, vingt ans de ser-
vice 5,31
70. Nézius Mitton, brigade, vingt ans de service.. 5,31
71. Dorsainvil Jean Laurent, brigade, vingt ans de
service 5,31
72. Prény Thimoté, adjudant général, quarante ans
de service 5 »
73. Ambreville Magny, adjudant général, trente ans
de service 3,50
74. Médélus Charles, adjudant général, trente ans
de service 3,50
75. Eugène Athius, adjudant général 3,43
76. Joseph Jean-Mary, adjudant général, vingt ans
de service 3,43
77. Bienàimé Joseph, vingt ans de service 3,43
78. Exanthus Jean-Philippe, vingt ans de service. . 3,43
79. Rinvil Jacques, vingt ans de service 3,43
80. Léandre Denis, vingt ans de service 3,43
i'rl ARRÊTÉ
81. Cazeau Pierre, vingt ans de service 3,43
8:2. Alexis Louis, vingt ans de service 3,43
83. Lacéus Pierre, vingt ans de service 3,43
84. Placide Larose, colonel, cinquante ans de ser-
vice 5,50
85. Télamour Franjeune, quarante ans de service., 4,86 2/3
86. Alcinoiis Jean, colonel, quarante ans de service. 4,86 :2/3
S7. Lolo Jean-Paul, colonel, trente ans de service. . 2,75
88. Léonçois François, colonel, trente ans de ser-
vice 2,75
89. Présumé Jean, colonel, trente ans de service.. . 2,75
90. Philogène Lamothe, colonel, vingt ans de ser-
vice 2, »
91. Ménélas Bondix, colonel, vingt ans de service. 2, »
92. Prosper Némorin, colonel, vingt ans de service. 2, »
93. Louissaint Louis-Charles, colonel, vingt ans de
service 2, »
94. Beaubrun fils, colonel, vingt ans de service. ... 2, »
95. Gilles Gilné, commandant, quarante ans de ser-
vice •. 3,35 1/3
96. Alfred Antoine, commandant, trente ans de ser-
vice 2 »
97. Anasthase Sanon, commandant, trente ans de
service 2 »
98. misse Lalée, commandant, vingt ans de service. 1 «
99. Henry fils, capitaine, trente ans de service 1 »
100. Déjean Jean, capitaine, trente ans de service.. 1 »
7il,35 2/3
101. Dasney Chevallier, accroissement de pension
d'après l'article 21 delà loi du 24 novembre 1864. 20 »
Total G. 731,38 2/3
- Art. 2. — Le général de division Dasney Chevallier, réunis-
sant toutes les conditions exigées par rarticle 21 du titre IV
de la loi sur les pensions militaires, a droit à l'accroisse-
ment de pension qui figure dans le tableau ci-dessus.
Art. 3. — Ces pensions inscrites au registre des pensions
militaires tenu à la Secrétairerie d'Etat de la Guerre, le seront
également sur le Grand-Livre tenu à la Secrétairerie d'Etat
des Finances, pour extrait en être délivré à chaque pension-
ARRÊTÉ 133
naire, conformément aux dispositions des articles 29,
deuxième alinéa, et 27 de la loi sur les pensions militaires.
Art. 4. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'État de la Guerre et de celui des
Finances.
Donné au Palais national du Port-au-Princo, le 2fi mai 1891,
an LXXXVIII" de rindépendance.
Hyppoliïe.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État de la Guerre,
Béliard jeune.
Le Secrétaire d'Etat provisoire au département des Finances, etc.,
H. Lechaud.
154 ARRETE
N" 50.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860, sur l'exercice de grâce et de commutation de
peines ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etal de la Justice;
Arrête ce qui suit:
Art. V. — Est commuée en deux mois la peine de trois
mois d'emprisonnement prononcée contre les nommés Sa-
muel-Joseph Vilard et Jude-Joseph Vilard, par jugement du
Tribunal correctionnel de Port-de-Paix. rendu le 8 mai de
cette année.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'État de la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le n juin 18'Jl,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etal an Déparlemeyit de la Justice,
D. Trouillot.
ARRÊTE i 5:>
SECRÉTAIRERIE D'ÉTAT DE LTNTÉRIEUR ET DE LA POLICE
GÉNÉRALE
ARRETE
Considérant que, malgré les Arrêtés émanant du départe-
ment de l'Intérieur et de la Police Générale, annonçant le
rétablissement de l'ordre et appelant tous les citoyens, à se.
rallier au Pouvoir exécutif, pour la consolidation de cet état
de choses, des individus qui ne sont nullement inquiétés con-
tinuent à se réfugier dans les Consulats, au lieu de répondre
à l'appel patriotique du Gouvernement;
Considérant que ces individus ont pris cette résolution par
le fait de la malveillance qui répand le bruit que le Gou-
vernement, dans un but unique de persécution, recherche
des citoyens inoffensifs ;
Considérant qu'après le calme qui est complètement revenu
à la Capitale la liberté individuelle ne peut être autre chose,
de la part des autorités constituées, que l'objet du plus pro-
fond respect ;
Le Secrétaire d'Etat de l'Intérieur et de la Police Générale,
x\rrête :
Art. 1"'. — Les individus actuellement réfugiés dans les
Consulats, affolés par la propagande, sont invités à rentrei'
chez eux sous la garantie du Gouvernement.
Art. 2. — Tout individu qui sera convaincu d'avoir semé
le bruit que le Gouvernement, par des poursuites injustes, a
156 ARRETE
occasionné le retrait dans un Consulat de citoyens inotîen-
sifs. qu'il a pour devoir de rassurer et de couvrir de sa pro-
tection, sera arrêté et livré à la justice.
Donné à la Serrétairerie d'État de l'Intérieur et de la Police
Générale, le 20 juin 1891, an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Nemours P. -Louis aîné.
ARRETE 157
N" 58.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution, et la loi du 20 sep-
tembre 1860 sur l'exercice du droit de grâce et de commu-
tation de peines ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice ;
Arrête ce qui suit :
Art. 1". — Grâce pleine et entière est accordée, à partir
de ce jour, au nommé Petit Innocent-Charles, condamné à
trois ans d'emprisonnement par jugement du Conseil spécial
militaire de l'arrondissement d'Aquin, rendu le 3 du présent
mois.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat de la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 18 juin 1891.
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Hyppoute.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat au Département de la Justice^
D. Trouillot.
158 ARRÊTÉ
N" M».
ARRETE
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 162 de la Constitution ;
Vu les articles 1 et 2 de la loi du 30 septembre 1884 ;
Vu les articles 4, 25, 26 et 27 de la loi du 19 novembre
1864 sur les pensions civiles;
Vu également la demande présentée et les pièces pro-
duites à l'appui ;
Sur la proposition du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
Arrête :
Art. 1". — Est approuvée la liquidation de la pension
civile ci-après indiquée, s'élevant par mois à la somme de
60 gourdes, savoir :
Etienne-Charles Laforestrie, secrétaire d'État des
Finances, du Commerce et des Relations Exté-
rieures, trente ans de service G. 60
Total G. 60
Art. 2. — Cette pension sera inscrite au Grand-Livre des
Pensions civiles tenu à la Secrétairerie d'Etat des Finances,
pour extrait en être délivré audit pensionnaire et les arré-
rages en être payés, à partir du jour qui sera déterminé dans
l'inscription, conformément aux prescriptions de la loi sur
les pensions civiles.
ARRÊTÉ 159
Aht. 3. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat des Finances et du Com-
merce.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 1') juin 1891,
an LXXXVIll" de l'Indépendance.
IIyppolme.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etal des Finances et du Commerce, par intérim,
H. Lechaud.
160 ARRÊTÉ
N" 60.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de l'a Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860 sur l'exercice du droit de grâce et de commuta-
tion de peines ;
Vu le rapport du doyen du Tribunal civil et du commis-
saire du Gouvernement de Jérémie ;
Sur la proposition du Secrétaire d'Etat de la Justice;
Arrête ce qui suit :
Art. 1"'. — (Iràce pleine et entière est accordée à partir
de ce jour, les droits des tiers réservés, au nommé Abé-
lard R. Dalencourt, condamné à trois années de réclusion par
jugement du Tribunal criminel de Jérémie, rendu le 13 mars
dernier.
Akt. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat de la Justice.
Donné au Palais Mational du Port-au-Prince, le 23 juin 1891,
an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat au Département de la Justi ey
D. Trouillot.
J
ARRÊTÉ 161
.\" (il.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïli,
Vu les articles 98 et 113 de la Constitution;
Considérant qu'il y a lieu de réformer le Conseil des Secré-
taires d'P]tat ;
Arrête ce qui suit :
Art. 1"'. — Le citoyen Jean- Joseph (^liancy est nommé
Secrétaire d'Etat des Travaux publics et de l'Agriculture en
remplacement du citoyen Hugon Lechaud, appelé à d'autres
fonctions.
Ap.t. 2. — Le citoyen Hugon Lechaud, secrétaire d'Etat
des Travaux Publics et de l'Agriculture, est nommé Secré-
taire d'Etat de la Justice et des Relations Extérieures.
Art. 3. — Le citoyen Dantès Hameau, secrétaire d'Etat de
l'Instruction Publique, est, en outre, chargé de la direction
du département des Cultes.
Art. 4. — Le citoyen P. -A. Stewart, député du Peuple,
«'st nommé Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce.
Art. 5. — Le présent Arrêté sera imprimé, publié et
exécuté.
Donnr au Palais national à Port-au-Prince, le l" juillet 1891,
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
H
YPPOLITE.
Il
162 LOI
N° 6-2.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti.
Vu Tacte d'échange passé devant M^ Valcour Frédérique et
son collègue, notaires publics à Port-au-Prince, le 12 mars
dernier, entre M. le Secrétaire d'Etat de l'Intérieur, agis-
sant pour l'Etat, et l'évèque Jacques-Théodore Holly, les
MM. François-L.-A. Elie, Eug. Barthélémy, Polux Hyppo-
lite, N. Espert et P. Déjean, membres de la Congrégation.
au profit de l'Eglise épiscopale orthodoxe haïtienne établie
en cette ville, d'un emplacement du Domaine national, rue
des Casernes, ancien Palais de la Chambre des Représen-
tants, échangé contre une propriété située dans la môme
rue où était bâtie l'église dont M. Th. Holly est l'évèque ;
En vertu de l'article 69 de la Constitution ;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A proposé,
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. l^*". — L'acte d'échange, passé entre le Gouvernement
et les membres du Comité de la Congrégation de l'Eglise
épiscopale orthodoxe haïtienne, d'un emplacement de l'Etat,
rue des Casernes, oii se trouvait le Palais de la Chambre
des Représentants, contre la propriété située dans la môme
rue ofi était bâtie l'Eglise épiscopale orthodoxe haïtienne
de cette ville, est et demeure sanctionné.
Art. 2. — La présente loi, qui abroge toutes lois ou dispo-
LOI 163
sillons de lois qui lui sont contraires, sera exécutée à la
diligrence du Secrétaire d'État de l'Intérieur.
Donné à la Chambre des Représentants, le 25 septembre liS9l),
an LXXXVll" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Guillaume.
Les Secrétaires,
P. -P. Damas, Barbot.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 2') juin 1891,
an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
Archin.
Les Secrétaires,
D.-Jn. Louis, St.-L. Hectoh.
Au nom de la République:
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 2G juin 18'.>1,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
IIyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat de la Guerre et de la Marine,
chargé par intérim du 'portefeuille de l'Intérieur,
Béliard jeune.
104 1.01
N" 03 .
Par-devanI M' Valcour Fi'édériqiie, notaire du Gouverne-
ment, et son confrère, à la résidence du Port-au-Prince, juri-
diction du Tribunal civil de ce ressort, département de
rOuest, soussignés,
Ont comparu :
M. le général Saint-Martin Dupuy, secrétaire d'Etat au
département de Tlntérieur, demeurant en cette ville, lequel,
agissant pour TKtat, en vertu de la loi sur la vente, les
échanges et les baux temporaires du Domaine national, et
de celle qui remet à ce Département toutes les attributions
de cette branche d'administration, et suivant la dépèche
spéciale qu'il a expressément adressée audit M" Valcour
b'rédérique, l'un des notaires soussignés, en date du 7 jan-
vier courant, au n° 37, section des Domaines, pour l'auto-
riser à dresser ces présentes, en conformité de la décision
du Conseil des Secrétaires d'Etat, et qui est demeurée
annexée à la minute desdites présentes, d'une part ;
Et l'évèque Jacques-Théodore Holiy, de l'Eglise épiscopale
orthodoxe haïtienne, de MM. François L.-A. Elie, Eug. Bar-
thélémy. Polux Hyppolite, N. Expert, P. Déjean, membres
du Comité de la Congrégation de ladite Eglise, demeurant
en cette ville, d'autre part ;
Lesquelles parties comparantes agissant en leurs qualités
respectives et susdites, ont arrêté les conventions suivantes:
M. le Secrétaire d'b^tat de l'Intérieur cède et abandonne
flès maintenant et à toujours, à titre d'échange, en s'obli-
geant à toutes garanties de fait et de droit,
Audit évoque Jacques-Théodore Holly, assisté des membres
ci-dessus désignés du Comité susdit, à ce présent, acceptant
LOI 163
au prolil de l'I^glise épiscopale orlliodoxe haïtienne, établie à
Port-au-Prince, savoir :
Un emplacement de l'Etal, sis en cette ville de Port-au-
Prince, façade nord de la rue des Casernes, où se trouvait
le Palais de la Chambre des Représentants qui a été incen-
dié le 4 juillet 188S, lequel emplacement est de la conte-
nance de lOO pieds sur ladite façade, sur 12n de profondeur,
borné : au nord, par la propriété des héritiers Duval et de
celle de M"" Elmine Méda, veuve Isidore et ses enfants ; au
sud, par ladite rue ; à l'est, par les propriétés de la dame
Elmirène Séraphin, de MM. Petit Volly Ismaël, Jean Charles
et de M"*" Servilie Servain ; et à l'ouest, par la propriété des
héritiers de feu le sieur Vil Cuvier, de celle de M. Doucet et
de celle des héritiers Exavier ;
Et, en contre-échange, l'évèque Jacques-Théodore lloUy,
assisté comme dit est, pour et au nom de l'Eglise épiscopale
orthodoxe haïtienne, cède et abandonne également dès à
présent et à toujours, au même titre et sous la même obli-
gation de garantie de fait et de droit,
A l'Etat, représenté légalement par le Secrétaire d'Etat de
l'Intérieur, à ce présent, qui accepte, savoir :
Un emplacement sis en cette ville de Port-au-Prince,
façade sud de la même rue des Casernes, de la contenance
de 55 pieds 8 pouces sur ladite façade, sur 120 pieds de
profondeur, borné : au nord, par la susdite rue des
Casernes ; au sud, par la propriété des héritiers Décossard ;
à l'est, par une portion d'emplacement des héritiers Sabou-
rin ; et à l'ouest, par une portion d'Ephestion Sabourin.
Ainsi qu'il résulte de l'examen qui a été fait des plans et
procès-verbaux d'arpentage des deux immeubles, dont ceux
du premier, dressés par M. Turenne Devesin, ci-devant
arpenteur de cette juridiction, en date du 29 mars 1874,
lequel procès-verbal qui accompagne le plan est enregistré
le 30 du même mois et de la même année, au droit de
1 gourde; — ceux du second, dressé par M. Alexis Hilaire
Bruno, ci-devant arpenteur également de ce ressort, en da!e
160 LOI
du 4 janvier 1868, le procès-verbal relatif au plan est
dûment enregistré le 12 février' suivant, au droit de
1 gourde ;
Ainsi que ces deux immeubles et leurs dépendances se
poursuivent et comportent, sans aucune exception ni réserve,
et dont il n'est fait plus ample désignation à la demande
des parties qui déclarent parfaitement connaître lesdits
immeubles échangés.
L'État est propriétaire de l'emplacement qu'il donne pré-
sentement en échange à l'Église épiscopale orthodoxe haï-
tienne pour l'avoir acquis en deux portions distinctes: la
première, de M"' Marie-Catherine Dégand, veuve Charle-
magne, par acte passé au rapport de M' Guillaume-Charles-
Maximilien Laforest, ci-devant l'un des notaires du Gouver-
nement et son confrère, à la résidence en cette ville, en date
du 31 mars 1874, enregistré le 7 avril suivant, gratis ; — et
la seconde, de M""" Jeanne-Elisabeth Thézan, dite Elmire,
veuve Félix Roumain, suivant acte passé devant le même
notaire susdit, en date du 16 juin 1866, enregistré le 6 juil-
let de la même année, gratis.
L'Église épiscopale orthodoxe haïtienne, dont le sieur
Jacques-Théodore Holly est l'évêque, et assisté comme il
est ci-devant dit, est maîtresse de l'emplacement donné et
abandonné à l'État, en contre-échange, pour l'avoir acquis
par adjudication, suivant procès-verbal dressé en faveur
dudit évêque, es qualité qu'il agit, par acte au rapport dudit
M' Guillaume-Charles-Maximilien Laforest et son confrère,
en date du 18 février 1868, enregistré le 16 mars de la même
année, au droit de 601 gourdes.
Cet emplacement avait appartenu aux héritiers de feu
M. André-Dominique Sabourin, et l'adjudication en a été
ordonnée en vertu d'une délibération de conseil de famille
des mineurs Octavie et Dantès Sabourin, tenu sous la prési-
dence du juge de paix de Port-au-Prince, section Sud, en
date du 13 janvier 1878, enregistrée, et dûment homologuée
par un jugement rendu par le Tribunal civil de cette ville,
LOI 167
en date du 20 du même mois de janvier ; ainsi que le lout est
relaté dans la teneur dudit procès-verbal d'adjudication.
Les expéditions des actes ci-dessus énoncés nous ont été
communiquées par les échangistes.
Pourront lesdits échangistes, à compter de ce jour et en
vertu des présentes, jouir, faire et disposer des emplacements
échangés, chacun en ce qui le concerne, comme de chose
lui appartenant.
Le présent échange est fait à la charge des échangistes
qui s'y obligent respectivement :
1° De prendre lesdits emplacements échangés dans l'état
où ils se trouvent actuellement ; 2° de souffrir les servitudes
passives, apparentes ou occultes, qui pourraient grever les-
dits biens, sauf à s'en défendre, et à faire valoir celles
actives, s'il y en a, ainsi que chacun d'eux avisera, à ses
risques et périls, et sans recours contre son échangiste, et
sans que la présente clause puisse conférer aux tiers plus de
droits qu'ils n'en auraient en vertu des titres réguliers non
prescrits ou de la loi.
Le présent échange est fait sans soulte de part ni
d'autre.
11 est bien entendu que ledit acte d'échange n'aura son
entier effet qu'après la sanction du Corps législatif.
Les parties se sont présentement remis l'une à l'autre les
expéditions des titres d'acquisition des biens échangés, et
elles s'obligent à s'aider réciproquement.
Pour parvenir uniquement à la perception du droil d'en-
registrement, les parties déclarent, et sans que cela puisse
tirer à conséquence entre elles, que la propriété de l'Eglise
épiscopale orthodoxe haïtienne est actuellement d'un revenu
annuel de 50 piastres, attendu qu'elle a été incendiée.
Et, pour l'exécution des mêmes présentes, elles élisent
domicile, savoir : le Secrétaire d'Etat, à la Secrétairerie
d'Etat de l'Intérieur, et l'évêque Jacques-Théodore Holiy, et
les membres du Comité de l'Église épiscopale ortiiodoxe
haïtienne eti leurs demeures respectives en celle ville :
168 LOI
Dont acte :
Fait et passé à Port-au-Prince, à la Secrétaireiie d'Etat de
l'Intérieur, l'an 189U, LXXXVIP de l'Indépendance d'Haïti,
et le 12 mars ; après lecture, les parties ont signé avec nous
notaires, en conformité de la loi. — Ainsi signé à la minute:
Saint-Martin Dlpuy, Jacques-Théodore IIolly, Fuançois
L.-A. Élie, Eug. Barthélémy, PoUux Hyppolite, A. Espert,
P. Déjean, t. Servincent, not. pub., et V. Frédérique, not.
du Gouv., détenteur de ladite minute. — Au bas de laquelle
est écrit: « Enregistré à Port-au-Prince, ce 17 mars 1890,
« f* 301 et 302. V. c. 1017 du registre R, n° 2, des Actes
« civils. Perçu pour droit prop' : 10 gourdes. Pour le
« directeur principal de l'Enregistrement : le commis signa-
« taire {■'<ignr) : Emile Duvet. Vît : Par autorisation du
« contrôleur [signé) : Cyrus Saurel.
Port-au-Prince, le l''' janvier 1890.
LE SECRIÎTAlliE irÉTAT AU DÉPARTEMENT DE LTNTÉRIEUR
A M^ V. Frèdèrique, notaire du Gouveyiiement
Monsieur le Notaire,
En vertu d'une décision du Conseil des Secrétaires d'Etat,
il a été admis qu'il doit y avoir un simple échange de la
propriété située rue des Casernes, où était bâtie l'Église
dont M. T. HoUy est l'évèque, contre celle que l'État pos-
sède dans la même rue, et oii se trouvait le Palais de la
Chambre des Représentants, que l'incendie du 4 juillet 1888
a détruit: en conséquence, je vous autorise à dresser un
acte dans ce sens, et ce, conformément à la loi qui traite de
la matière.
Je vous communique sous ce pli la lettre du Comité de
ladite Eglise.
ARRÊTÉ 1('9
x\" 64.
XMÈÏÈ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution, et la loi du 26 sep-
tembre 1860 sur l'exercice du droit de grâce et de commu-
tation de peines ;
Sur le rapport du Secrétaire d'État de la Justice.
Arrête ce qui suit :
Art, i". — Grâce pleine et entière est accordée, à pai-lir
de ce jour, au nommé Poney François, condamné à trois ans
d'emprisonnement par jugement du Conseil spécial mili-
taire de l'arrondissement de Nippes, rendu au mois de jan-
vier de cette année.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etade la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le i juillet 189t,
an LXXXVTIP de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat au département de la Justice ,
H. Lechaud.
170 ARRETE
X' 05.
AIIKÉTË
Hyppoliïe, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution, et la loi du 26 sep-
tembre 1860, sur l'exercice du droit de grâce et de commu-
tation de peines ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice,
Arrête ce qui suit :
Art. 1". — Est commuée en la peine de dix ans de travaux
forcés celle des travaux forcés à perpétuité prononcée contre
le nommé Herné-Pierre Connonbois, par jugement du Tribu-
nal criminel de Jérémie, rendu le 18 mars de cette année.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'État de la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 15 juillet 1891
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat au Département de la Justice^
H. Lechaud.
ARRKTÉ 171
N° 66.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Considérant que la police des ports et rades s'exerce par
l'Etat, qui en est propriétaire ;
Considérant que tout peuple a le droit de réglementer
l'entrée sur son territoire ;
Considérant qu'il est impossible au médecin du port de
vérifier les papiers et de constater l'état sanitaire des passa-
gers et de l'équipage des navires qui arrivent la nuit;
Vu la loi du 9 octobre 1884, le règlement de police mari-
time, et l'article 97 de h Constitution ;
Sur le rapport du Secrétaire d'État de la Marine ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A arrêté et arrête ce qui suit :
Art. 1". — A partir du 8 août prochain, l'entrée des
ports et rades de la République est interdite à tous navires,
de six heures du soir à six heures du matin.
Art. 2. — Les Secrétaires d'Etat de la Marine, du Com-
merce, de l'Intérieur et des Relations Extérieures sont, cha-
17i ARRETE
cuu en ce qui le concerne, chargés de l'exéculion du pré-
sent Arrêté.
Donaé au Palais natinnni de i'(irl-au-Princc. le 2S juillet IS'Jl,
an LXXXVIII'' de l'Iudépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Étal de la Marine,
Béliard jeune.
Le Secrétaire d'Elat du Commerce^
Stewart.
Le Secrétaire d'Etat de l'Intérieur^
Nemours Pierre-Loiis aîné.
Le Secrétaire d'Etat des Relations Extérieures^
H. Lechal'd.
ARRETE 173
N'07.
ARRETE
HvppoLiïE, président d'Haïti,
V^u l'article 97 de la Constitution ;
Vu les articles 6, 10, 11, 12, 14, 23, 24, 26, et les titres II
et V de la loi du 4 novembre 1864, sur les pensions mili-
taires, remise en vigueur par celle du 24 septembre 188 i,
et celle du 26 juillet 1887, modifiant l'article 23 sus-énoncé :
Vu les demandes présentées, conformément aux disposi-
tions de cette loi, au Département de la Guerre ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat de la Guerre ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A arrêté et arrête ce qui suit :
Art. 1". — Sont approuvées et admises les liquidations
des pensions militaires ci-après indiquées, s'élevant à la
somme de 727 gourdes 42 centimes 1/3 par mois, soit par
an 8.729 (/ourdes 28 centimes.
Gourdes
1. Augustin fils, général de division, cinquante ans
de service 1 o »
2. Pierre Louis Sanou, quarante ans de service. . 13,33 1/3
3. Bazelais Mignon, quarante ans de service 13,33 1/3
4. Fénélon Pluviôse, quarante ans de service 13,33 1/3
o. Vaval aîné, quarante ans de service . 13,33 1/3
6. Jean Georges, quarante ans de service. . 13,33 1/3
7. Alectune Alerte, quarante ans de service 13,33 1/3
8. Stéphen Péralte, quarante ans de service 13,33 1/3
9. Pierre Gilles Gonave, quarante ans de service . 13,33 1/3
174 ARRETE
10. Belly Bellevue, quarante ans de service 13,33 1/3
11. Olibérius Aboile, quarante ans (le service 13,33 i/3
12. Maximilien César, quarante ans de service. . . . 13,33 1/3
13. Renfort Révolus, quarante ans de service 13,33 1/3
14. Antoine Similien, quarante ans de service. ... 13,33 1/3
15. Jeanty Sanon, quarante ans de service 13,33 1/3
IB. Valbrun Levasseur, quarante ans de service.. 13,33 1/3
17. Bonamy Eustache, quarante ans de service. . . . 13,33 1/3
18. Désir fils, quarante ans de service 13,33 1/3
19. Numa Saint-Cyr, quarante ans de service 13,33 1/3
20. Casséus Séjour, quarante ans de service 13,33 1/3
21. Noël Cadet, trente ans de service 7,50
22. Jean-Louis Jn. Charles, trente ans de service. . . 7,50
23. Holmom Poyau, trente ans de service 7,50
24. Louissaint Saint-Louis, trente ans de service. . 7,50
25. Prinville Doizon, trente ans de service 7,50
26. Biaise Bertrand, trente ans de service 7,50
27. Lauréus Brutus, trente ans de service 7,50
28. Pierre-Auguste Joachim, trente ans de service. 7,50
29. Monfiston Jérôme, trente ans de service 7,50
30. Aristide Sillien, trente ans de service 7, .50
31. Pierre-Toussaint-Jean François, trente ans de
service ",50
32. Murât Labissière, trente ans de service 7,50
33. Exantus Desroses, trente ans de service 7,50 .
34. Eugène Amédée, trente ans de service 7,50
35. Louissaint Germain, trente ans de service 7,50
36. Bellevue Renauld, trente ans de service 7,50
37. Léopold Simonis, trente ans de service 7,50
38. Alexandre Célestin, trente ans de service 7,50
39. Fleurette Pideux, trente ans de service 7,50
40. Cénéa Lafontant, trente ans de service 7,50
41. Numa Poisson, trente ans de service 7,50
42. Joseph Auguste, vingt ans de service 7.03
43. Joseph Barras, vingt ans de service 7,03
44. Barthado Leurebours, vingt ans de service. . . . 7,03
45. Paul Goby, vingt ans de service 7,03
46. Nérestant Zamor, vingt ans de service 7,03
47. Rondumar Sonder, vingt ans de service 7,03
48. Chouloute Gérard, général de brigade, cinquante
ans de service 11 "
49. Câlin François, cinquante ans de service H »
50. Cléopha Jean, cinquante ans de service H "
51. Nicolas Lamothe, quarante ans de service 10 »
ARRÊTÉ 11 9
52. Louis Alexandre, quarante ans de service 10 »
53. Cinéas Rampart, quarante ans de service 10 »
54. Jeantus Jn. -Baptiste, trente ans de service . . . 5,50
55. Maître Castor, trente ans de service 5,50
56. Avril Etienne, trente ans de service 5,30
57. Mondé jeune, trente ans de service 5,50
58. Juste Lafontant, trente ans de service 5,50
59. Thénéjuste Jean, ti-ente ans de service 5,50
60. Merisier Charles, vingt ans de service 7,31
61. Smith Louis-Jacques, adju<lant général, cin-
quante ans de service 7 »
62. Louis Lavallée, cinquante ans de service 7 »
63. Petit-Paul Louis, quarante ans de service 5 »
64. Pierre Baptiste, quarante ans de service 5 »
65. Sénatus Michel, trente ans de service 3,50
66. Jérôme Pierre, trente ans de service 3,50
07. Mallete fils, trente ans de service 3,50
68. Alexis Bélisse, vingt ans de service 3.43
69. Acinthe Joàchim, vingt ans de service 3,43
70. Phanor Coicou, adjudant général, vingt ans de
service 3,43
71. Charles Georges, adjudant général, vingt ans
de service 3,43
72. Mirville Léger, adjudant général, vingt ans de
service 3,43
73. Sylvestre André, colonel, cinquante ans de ser-
vice
74. Scutt fils, colonel, quarante ans de service .... 3,65
75. Phanor Barbin, colonel, quarante ans de service. 3,65
76. Lousidor Palo, colonel, quarante ans de service. 3,65
77. Célénus Bernard, colonel, quarante ans de ser-
vice
78. Sainvilus Saint-Surin, colonel, trente ans de
service ^i ' '*
79. Filius Jn-Louis, colonel, trente ans de service. 2,75
80. Dossous Prosper, chef de bataillon, cinquante
ans de service ^ "
81. Clersaint Toussaint, chef de bataillon, trente
ans de service ^ "
82. Déronce fils, trente ans de service 2 »
83. Chériza Zéphir, capitaine, trente ans de service. 1 »
84. Diogène Eugène, capitaine, trente ans de ser-
vice ^ '
85. Juste René, lieutenant, trente ans de service. . . 0,75
5,o0
3,65
9 7:
170 ARRÊTE
Accroissement de pension d'après l'article 21 de la loi du
24 novembre 1864-, sur les pensions militaires :
Gouri
80. Guerrier Polin, g-énéral de division, cx-coiu-
mandant do la place des Coteaux -0
87 Harmony Sylvestre, général de division, ex-
directeur de l'arsenal des Gonaïves, ex-directeur
de la Maison centrale, ex-inspecteur général
d'artillerie -^
88. Joisil Adrien, général de brigade, ex-geôlier
de la prison de l'Anse-d'Hainault 15
89. Mélor Félix, général de brigade, ex-adjoint à
la place et à l'arrondissement de Porl-de-Paix. 15
Total G. 7-27,42 l/li
Art. 2. — Les généraux Guerrier Polin, Harmony Syl-
vestre, Joisil Adrien et Mélor Félix, réunissant toutes les
conditions exigées par Tarticle 21 du titre IV de la loi sur les
pensions militaires, ont droit à l'accroissement de pension qui
ligrure dans le tableau ci-dessus.
Art. 3. — Ces pensions, inscrites au Registre des Pensions
militaires tenu à la Secrétairerie d'Etat de la Guerre, le seront
(''gaiement sur le Grand-Livre tenu à la Secrétairerie d'Etat
des Finances, pour extrait en être délivré à chaque pension-
naire, conformément aux dispositions des articles 26, 2' alinéa,
et 27 de la loi sur les pensions militaires.
Art. 4. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence des Secrétaires d'I^tat de la Guerre et des Finances,
chacun en ce qui le concerne.
Donné au Palais natiunal du Port-au-Prince, le 23 octobre 18!)1,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
HVPPOLIÏE.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etal de la Guerre^
M. Montasse.
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce^
SlEAVART.
LOI 177
N" 08.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu : 1° la loi du 13 juillet 1858 sur rAdministration et la
. Direction des douanes ; 2" la loi du 20 juillet 1859, modifica-
tive de celle du 13 juillet 1858 ;
Considérant que, s'il est fait à l'Administration des
Douanes l'obligation de procéder, sans perte de temps, à
la vérification des cargaisons d'importation, et aux importa-
teurs ou consignataires de ces cargaisons, celle d'obtem-
pérer de suite à toutes réquisitions y relatives, il n'est rien
réglé, quant au mode de procéder à cette vérification, en cas
de négligence ou de refus des importateurs ou consignataires
de déférer auxdites réquisitions ; qu'il y a donc lieu de
combler cette lacune de la loi, préjudiciable tant aux intérêts
du fisc qu'au Service de la Comptabilité des Douanes;
Usant de l'initiative que lui accorde l'article 69 de la
Constitution ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce, et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat ;
A proposé :
Et le Corps législatif a voté la loi suivante :
Art. 1". — Immédiatement après le dépôt en douane du
manifeste de la cargaison d'un steamer ou d'un navire à
voile, le directeur et les autres agents y préposés, procèdent
à la vérification des marchandises portées sur ce manifeste,
les importateurs ou consignataires dûment appelés. Ces
importateurs ou consignataires sont tenus d'obtempérer de
suite aux réquisitions qui leur sont faites à ce sujet.
Faute par eux d'y obtempérer, ces réquisitions seront
12
178 LOI
renouvelées par un simple avis affiché à la principale porte
du magasin du contrevenant, importateur ou consignalaire,
à celles des bureaux de la Douane et de l'Administration des
Finances du lieu.
Art. 2. — Quarante-huil heures après l'affichage de l'avis
sus-mentionné, il sera procédé d'office à la vérification de la
marchandise, en la présence comme en l'absence du pro-
priétaire, importateur ou consignalaire, lequel, dans le der-
nier cas, sera représenté par l'Administrateur des Finances
ou un employé désigné par lui à cet effet.
Art. 3. — Pour les marchandises déclarées à l'exportation,
l'importateur est tenu, dans les huit jours de la déclaration,
d'en demander l'entrée à l'importation dans les formes pres-
crites par l'article 47 de la loi du 13 juillet 1858.
Passé ce délai, ces marchandises seront, quarante-huit
heures après un commandement de l'Administrateur des
Finances resté infructueux, vérifiées comme il est prescrit
en l'article précédent.
Art. 4. — Tout colis ou partie de marchandises vérifié
d'office est frappé d'une amende de 50 piastres fortes qui,
augmentée des frais de la vérification, sera ajoutée aux autres
droits et versée à la Banque nationale d'Haïti, avant l'enlè-
vement de la marchandise.
Art. 5. — Toute marchandise vérifiée d'office dont les
droits, l'amende et les frais de vérification n'auront pas été
intégralement payés quinze jours après cette vérification,
sera, à la diligence du directeur de la Douane, et sans autre
formalité qu'un simple commandement de l'Administrateur
des Finances, signifié cinq jours avant la vente, vendue à la
criée publique par un encanteur désigné par l'Administra-
teur, jusqu'à concurrence des sommes dues à l'Etat, les frais
de vente y compris.
Art. 6. — La vente sera annoncée à son de caisse ou de
cloche trois jours avant l'expiration des quinze jours, et cette
annonce sera répétée chaque jour jusqu'au moment de la
vente.
LOI 17.)
Il est. bien entendu que tous les frais faits depuis le com-
mencement jusques et y compris la vente, qu'elle ait lieu ou
non, sont à la charge du propriétaire, consignataire ou impor-
tateur des marchandises.
Art. 7. — Les dispositions de la présente loi ne préjudicie-
ront en rien à celles de l'article 47 précité concernant les
marchandises déclarées à l'iaiportation, lesquelles, dans tous
les cas, seront frappées des 5 OyO addilionuels prévus audit
article, prélevés sur tous les droits d'importation.
Art. 7. — La présente loi est applicable aux marchan-
dises déposées antérieurement à sa promulgation, dans les
Douanes de la République, et qui n'auront pas été vérifiées
au moment de cette promulgation. — Elle abroge toutes
lois ou dispositions de loi qui lui sont contraires, notam-
ment l'article 4 de la loi du 20 juillet 1859, et sera exécutée
à la diligence du Secrétaire d'Etat des Finances et du Com-
merce.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 20 sep-
tembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président du Sé/iaf,
D. J\-Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
30 septembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétïon Pierre-André.
Les Secrétaires^
J.-M. Grandoit, Br. Bissaixthe.
180 LOI
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée, publiée
et exécutée.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 30 septembre 1891,
an LXXXVIII» de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Étal des Financeslet du Commerce^
Stewart.
CIRCULAIRE ISr
N" 69.
Port-aii-l'ririce, le 17 octobre J1891, an LXXXVIIP de rindépen-
dance.
SECTION DU COMMERCE. N" 146
CIRCULAIRR
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FLXANCES.
ET DU COMMERCE
Auoc Directeurs des Douanes de la République
Monsieur le Directeur,
Dans 'le M oui leur du 7 de ce mois, qui vous a été expé-
dié par le courrier de samedi jpassé, il a été publié la loi
du 30 septembre expiré que vous aurez à mettre immédia-
tement en exécution.
Dans le considérant de cette ^loi, j'ai pris soin de bien
mettre en relief le but qui a présidé à son élaboration, et
tous vos efforts doivent tendre à atteindre ce but, qui est
d'empêcher (l'encombrement de nos Douanes par suite d'un
trop long- séjour des marchandises et, par ainsi, hâter la
perception des revenus du Trésor et la mise à jour de notre
comptabilité.
La rédaction de cette loi me semble suffisamment claire;
mais, pour écarter toute fausse interprétation et tous les
malentendus, je crois devoir la faire suivre de quelques com-
mentaires qui ne peuvent que mieux éclairer votre juge-
ment.
182 CIRCULAIRE
Tel est le sens de rarticlc 1"', que, désormais, la Douane
n'est plus tenue d'attendre que les commerçants, importa-
teurs ou consignataires veuillent bien demander la vérifi-
cation de leurs marchandises. Elle doil, au contraire, pro-
voquer cette aspiration, dès que le manifeste est déposé, et,
si les intéressés ne répondent pas à son appel, elle n'a qu'à
suivre les voies tracées par le 2" paragraphe de cet article.
Lorsque l'affichage prévu à l'articel précédent a lieu,
deux cas peuvent se présenter: ou l'importateur obtempère
aux réquisitions de la Douane, et alors il est immédiate-
ment procédé à la vérification de ses marchandises, ou il
n'siste. Dans cette dernière hypothèse, la Douane attend
(jn'un délai de quarante-huit heures se soit écoulé, et elle
devient libre d'ouvrir les colis et de constater leur contenu.
Seulement, pour mettre en quelque sorte sa responsabilité
à couvert, elle se fait assister de l'Administrateur des Fi-
nances ou d'un employé sous les ordres de celui-ci.
Quant à l'article 3 qui concerne les marchandises décla-
rées à l'exportation, il réserve le principal rôle à l'Adminis-
trateur des Finances. Mais toujours est-il que vous êtes
obligé d'envoyer à ce fonctionnaire, aussitôt après la décla-
ration, une liste de ces marchandises, afin qu'il soit à même
d'agir dans le délai et la forme prescrits par cet article. ~
J'appelle spécialement votre attention sur l'expression véri-
fication d'office, laquelle acquiert une importance de pre-
mier ordre en raison même de l'amende qui en est la consé-
quence. — La marchandise est réputée avoir été vérifiée
d'office dès l'instant que le délai de quarante-huit heures
prévu à l'article 2, pour l'affichage, est périmé, même si le
négociant assiste à cette cérification. Je pense aussi qu'il est
bon de vous édifier sur les termes autres droits et frais de
vérification.
Les autres droits, dont il est question à l'article 4, sont
les droits d'impoj'tation qui affectent la marchandise et le
corps du navire. Les frais de vérification s'entendent des
débours faits pour le transport des colis des halles de la
CIRCULAIRE 183
Douane ù l'exlérieur et vice versa^ pour leur ouverture, etc.
Ces frais, ainsi que les droits d'importation et l'amende, le
négociant, importateur ou consignataire, n'a qu'un délai de
quinze jours pour les acquitter. Mais, à partir du huitième
jour, vous devez, c'est ce que signifient les mots : « à la
diligence du directeur de la Douane », dénoncer à l'Admi-
nistrateur les négociants dont les marchandises sont dans le
cas ci-dessus visé, afm qu'il ait le temps, au dixième jour,
<le signifier son commandement, c'est-à-dire cinq jours
avant la vente à la criée publique, vente qui doit avoir lieu
le seizième jour.
L'article 6 qui dispose que la vente sera annoncée trois
Jou/'s avant l'expiration des quinze jours mentionnés à l'ar-
ticle précédent, a un double but : c'est d'abord de presser
de plus en plus le négociant en l'avertissant que la mesure
contenue dans le commande mf^nt va s'accomplir par la
vente, s'il laisse passer le quinzième jour sans se libérer
envers l'Etat ; c'est, ensuite, d'empêcher que le délai de
quinzaine ne soit dépassé en remplissant dans l'intervalle
même toutes les formalités qui doivent précéder la vente.
Ainsi, pour me résumer, je suppose qu'un navire arrive
dans un port ; le manifeste de la cargaison est déposé en
Douane le 1"' du mois; le directeur invite immédiatement
le propriétaire, importateur ou consignataire de la mar-
chandise, à assister à sa vérification. Si le propriétaire
obtempère à cette seule réquisition, la marchandise est véri-
fiée en sa présence, et il jouit, pour l'enlever, du délai de
trente jours accordé par l'article 3 de la loi du 14 sep-
tembre 1878, délai passé lequel elle est alors vendue jus-
qu'à concurrence des sommes dues à l'Etat.
Si la première réquisition reste sans effet, le directeur de
la Douane invite le négociant de nouveau à venir prendre
part à la vérification de ses marchandises, mais, cette fois,
par un avis public affiché à la porte du magasin de celui-ci
et à celles de l'Administration dès Finances et de la Douane.
Le temps de faire ces deux réquisitions vous amène (tou-
184 CIRCULAIRE
jours par supposition) au quatrième jour de l'affichage de
l'avis; quarante-huit heures après, c'est-à-dire le 7, il est
procédé d'office à la vérification de la marchandise, que le
négociant soit présent ou absent. Un délai de quinze jours
est accordé alors au négociant pour payer ses droits cl enle-
ver sa marchandise, et ce délai qui part du 7 finit le 22.
Mais, le 15 (huitième jour du délai), le directeur de la
Douane doit dénoncer le négociant contrevenant à l'Admi-
nistrateur des finances, et le 17 (dix jours après l'affichage
de l'avis et cinq jours avant la vente), celui-ci fait au négo-
ciant commandement de payer les droits et d'enlever la
marchandise le 22, au plus tard, le prévenant que, passé
cette dernière date, cette marchandise sera vendue. —
Cependant [le négociant pourra croire que la menace du
commandement ne s'accomplira point et s'endormir dans
une dangereuse sécurité. Pour lui retirer toute illusion, le
19 (trois jours avant l'expiration de la quinzaine), l'Admi-
nistrateur des Finances fait annoncer la vente, qu'il fixe au
23, et cette annonce doit être répétée les 20, 21, 22 et 23.
S'agit-il de marchandises déclarées à l'exportation, la décla-
ration faite le l'''', le négociant est tenu, le 9 au plus tard,
d'en demander l'entrée à l'importation. S'il ne s'exécute dans
le délai et que, le 10, l'Administrateur des Finances lui fait
un commandement qui reste infructueux, le 13 il est procédé
à la vérification d'office des marchandises qui seront vendues
à la criée publique dans les délais et avec les formalités ci-
dessus rappelées ; mais, dans ce dernier cas, comme dans le
premier, vous avez pour devoir, Monsieur le Directeur, de
dénoncer le négociant contrevenant à l'Administrateur des
Finances de votre arrondissement, et cela dans les huit jours
de la déclaration à l'exportation, — déclaration dont vous
aurez soin de lui indiquer la date.
Je vous répète que toutes les dates ci-dessus sont arbi-
traires ; elles doivent nécessairement varier avec celles aux-
quelles le manifeste a été déposé, et la marchandise déclarée
à l'exportation.
CIRCULAIRE 185
Jusqu'ici l'on n'avait pas dans nos Douanes une méthode
uniforme pour le prélèvement des 5 0/0 additionnels sur les
marchandises déclarées à l'exportation. — L'article 7 tranche
la question. En stipulant que ces 5 0/0 seront prélevés sur
tous les droits d' importât ion, il comprend sous cette déno-
mination non seulement le wharfage, le pesage, mais les 50
et 33 0/0.
Enfin, les marchandises qui n'ont pas été vérifiées jusqu'au
30 septembre, date de la promulgation de cette loi, doivent
passer par les filières qu'elle trace, tandis que celles qui,
avant cette époque, étaient vérifiées, restent sous l'empire
des articles 2 et 3 de la loi du 14 septembre 1878. Ce sont
donc deux catégories distinctes.
Telles sont les explications que j'ai cru utile de vous
donner sur cette loi au moment où vous allez la mettre en
exécution. Si vous y rencontrez d'autres difficultés, vous
devez vous adresser à moi en toute célérité. Il faut, dans
l'espèce, éviter toute perte de temps.
Je ne finirai pas sans vous dire que je compte sur votre
plus grande énergie pour faire porter à cette loi tous ses
fruits.
Accusez-moi réception de la présente, et agréez, Monsieur
le Directeur, l'assurance de ma considération distinguée.
Stewart.
186 CIRCULAIRE
N* 70.
Port-au-Prince, le 24 octobre 1891, an LXXXVIII" de llndépen-
(lance.
SERVICE SPÉCIAL DE LA COMPTABILITÉ GÉNÉRALE. n" (j
CIRCULAIKE
J.E SECRETAIRE DÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Finances de la République
Monsieur l'Administrateur,
Le Constitution me faisant l'obligation formelle de sou-
mettre aux Chambres, huit jours après l'ouverture de la ses-
sion législative ordinaire, les comptes généraux de la Répu-
blique dans leurs moindres détails et m'imposant en même
temps le devoir de ne pas laisser enfreindre les lois dont
l'exécution m'est confiée, je ne saurais accepter la coutume,
préjudiciable aux intérêts de l'Etat, qu'adoptent certains
agents de l'Administration publique dans l'expédition de leur
comptabilité à mon Département.
La loi vous fait aussi l'obligation d'expédier, dans la quin-
zaine qui suit l'expédition de chaque mois, les comptes de
la gestion du mois expiré, avec tous les documents qui s'y
rattachent ; je serais heureux de n'être pas mis en demeure
d'appliquer contre vous les dispositions sévères et péremp-
CIRCULAIRE 187
toires des articles 1 et 2 de la loi du 15 août 1871, addition-
nelle à celle du 26 août 1870 sur la responsabilité des fonc-
tionnaires publics.
Ces articles s'expriment ainsi :
« Art. 1*'". — Lorsqu'un fonctionnaire tenu d'expédier des
(( pièces de la comptabilité de sa gestion dans les délais
« prescrits par les lois, aura laissé passer ces délais sans se
« conformer à ces formalités, il subira de plein droit, sur ses
« appointements ou indemnités, une retenue égale à la por-
« tion desdits appointements ou indemnités afférente au
<( nombre de jours de retard.
« Une ordonnance de recette sera dressée à cet effet à la
<< réquisition soit de l'autorité à laquelle devait être remise
« la comptabilité en retard, soit delà Chambre des Comptes.
« Art. 2. — Lorsque le retard aura atteint un mois, le
« fonctionnaire sera révoqué de ses fonctions et restera pas-
« sible de toutes restitutions ou réparations qu'il pourra y
« avoir lieu d'exiger contre lui par suite des jugements des
« tribunaux ordinaires. »
Ai-je besoiu de vous dire. Monsieur l'Administrateur, que
je n'entends nullement, sauf le cas de force majeure dûment
constatée, couvrir de ma responsabilité les fonctionnaires
qui se trouveront en retard dans l'expédition de leur comp-
tabilité?
Dès le 15 novembre prochain, vous aurez à faire parvenir
à mon Département les documents suivants, devant former
la comptabilité de chaque mois :
1° Copie exacte de votre Livre-Journal ;
2° Un état détaillé des ordonnances de recettes émises ;
3° Un état détaillé des ordonnances de recettes recou-
vrées, en ayant soin de mettre, en regard du numéro de
chaque ordonnance de recettes, celui du récépissé délivré
par la Banque ;
.4° Un état détaillé des ordonnances de dépenses émises par
Département ministériel;
5° Un état détaillé des ordonnances de dépenses payées,
188 CIRCULAIRE
comportant le numéro de l'ordonnance, le Département, la
date du paiement et le montant;
6" Le relevé général des recettes émises par chapitre et
section ;
7° Le relevé des dépenses émises par Déparlements, cha-
pitre et section, accompagné de toutes les pièces justifica-
tives ;
8° La récapitulation des dépenses de tous les Départe-
ments ministériels.
Pour atteindre le résultat indispensable que s'impose le
Gouvernement, en ce qui concerne l'exercice budgétaire qui
vient de commencer, de faire face au paiement régulier des
appointements, pensions, solde, ration et toutes les autres
dépenses prévues au budget de l'exercice 1891-1892, il vous
est enjoint, Monsieur l'Administrateur, sous votre responsa-
bilité personnelle, de procéder conformément aux lois en
vigueur (notamment celle du 30 septembre 1891 promulguée
au Moniteur du 7 octobre courant, n° 40 bis) au recouvre-
ment intégral de tous les revenus publics, particulièrement
les droits de douane qui forment, comme vous le savez, les
principales ressources de notre Budget des Voies et Moyens.
Pour ce qui a trait au compte de liquidation, le Gouverne-
ment entend que vous fassiez complètement et sans restric-
tion la perception de tous les impôts dus jusqu'au 30 sep-
tembre 1891, ayant à répondre aux lourdes charges de
l'exercice qui vient de prendre fin à cette dernière date.
Je vous rappelle, en conséquence, les dispositions positives
des articles 58 et 59 du règlement pour le service de la tré-
sorerie, ainsi conçus :
« Art. 58. — Toutes les dépenses d'une année administra-
c( tive doivent être liquidées et ordonnancées dans les trois
« mois qui suivent l'expiration de cette année administrative.
« Art. 59. — A l'issue des trois mois accordés pour com-
« pléter les opérations de l'année administrative, il est dressé
« par les Administrateurs principaux des Finances un état
« des soldes à payer sur l'année écoulée. »
CIRCULAIRE 189
J'ospèro, Monsieur l'Administrateur, que par vos etîorts
constants et soutenus vous me mettrez en mesure de donner
pleine satisfaction aux vœux des Pouvoirs législatif et ex«''-
cutif.
Veuillez m'accuser réception de la présente et recevoir
l'assurance de ma parfaite considération.
StEWART.
190 ARRÊTE
N" 71.
ARRÊTÉ
Hyppolitf., président d'Haïti,
Vu les difficultés éprouvées dans l'exécution de TarrtMé
du 2 septembre dernier.
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'État,
Arrête :
Art. 1*'. — L'arrêté du 2 septembre 1890 portant création
dés états d'émargement est et demeure rapporté.
Art. 2. — Le Service des Pensions, Appointements,
Indemnités, Locations, Solde et Ration, se fera comme par
le passé.
Art. 3. — Le présent Arrêté sera exécutoire, à partir du
1^'" octobre prochain, à la diligence du Secrétaire d'Etat des
Finances et du Commerce.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 25 juillet 1891,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
HyPPOLITE.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce,
Stewart.
ARRETE 191
N" 72.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860, sur l'exercice du droit de grâce et de commu-
tation de peines ;
Sur la proposition du Secrétaire d'Etat de la Justice ;
Arrête ce qui suit :
Art. 1". — Est commuée en six mois la peine d'un an
d'emprisonnement prononcée contre le nommé Chouloute
Garçon, par jugement du Tribunal correctionnel du Cap-
Haïtien, rendu le 3 juin de cette année.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat de la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 10 août 18'.)1,
an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État de la Justice,
H. Lechaud.
192 ARRETE
N°73.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860 sur l'exercice du droit de grâce et de commuta-
tion de peines ;
Sur le Rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice,
Arrête ce qui suit :
Art, 1". — Grâce pleine et entière est accordée, à partir
de ce jour, aAix nommés Dubois Millier et Monfleury Saint-
Fleur, condamnés à six mois d'emprisonnement par juge-
ment du Tribunal correctionnel du Cap-Haïtien.
Art. 2i — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat de la Justice.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 10 août 1891,
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président:
Le Secrétaire d'Etat de la Justice,
H. Lechaud.
CIRCULAIRE 193
N'-Ti.
Port-au-Prince, le 12 août 1891, an LXXXVIIl" de l'Indépen-
dance.
SECTION DE LA STATISTIQUE. N° 273
CmCULAIRE
CHAMBRE DES COMPTES
Aux Directeurs des Douanes de la République
Monsieur le Dikecteur,
Par le retard que vous mettez constamment dans l'envoi à
la Section de Statisùqaf de la comptabilité du bureau dont
vous avez la direction, la Chambre des Comptes se trouve
<lans l'impossibilité de faire à temps, au Corps législatif,
son Rapport sur la marche générale du Service des Douanes
de la République.
La Chambre des Comptes vous avise qu'elle a invité
M. l'Administrateur de votre arrondissement à vous rappeler
les formelles dispositions de l'article 9 de la loi d'organisa-
tion de la Chambre des Comptes du 16 septembre 1870 et de la
loi additionnelle à celle sur la responsabilité des fonction-
naires publics du 16 août \S1\.
Elle n'entend plus voir continuer un tel procédé; elle
exige, au contraire, que, désormais, toutes marchandises arri-
vées dans le cours d'un exercice soient vérifiées dans le
délai de la Loi, et les pièces y relatives expédiées à l'Admi-
nistrateur de votre circonscription, car il est pénible à la
13
194 CIRCULAIRE
Chambre des Comptes de remarquer que les droits de-
Douane constatés par vous ne sont point en parfaite concor-
dance avec ceux ordonnancés.
La Chambre des Comptes vous tiendra responsable de la
non-exécution de la présente Circulaire et, au cas échéant,
elle se verra dans robligation de demander contre vous l'ap-
plication des lois sus-parlées.
La Chambre des Comptes vous invite à lui accuser récep-
tion de la présente et vous salue, Monsieur le Directeur,
avec une parfaite considération. .
Le Président de la Chambre des Comptes^
Thomas Mills.
ARRÊTÉ 195
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Considérant que le Cabinet a donné sa démission à la suite
«lu vote émis par la Chambre des Représentants, dans sa
s''ance du 12 du courant mois;
Considérant qu'en conséquence il y a lieu de reconstituer
le Conseil des Secrétaires d'Etat;
Vu les articles 98 et 113 de la Constitution,
A arrêté et arrête ce qui suit :
Art. V. — Le citoyen C. Archin, sénateur de la Répu-
blique, est nommé Secrétaire d'Etat des Relations Exté-
rieures et de la Justice.
Art. 2. — Le général Nemours Pierre-Louis aîné est
nommé Secrétaire d'Etat de l'Intérieur.
Art. 3. — Le général Morin Monpasse, sénateur de la Répu-
blique, est nommé Secrétaire d'État de la Guerre et do la
Marine.
Art. 4. — Le citoyen P. -A. Stewart est nommé Secrétaire
d'État des Finances et du Commerce.
Art. 5. — Le citoyen D. Jean-Joseph, président du Tr'-
bunal de Cassation, est nommé Secrétaire d'État des Travaux
[)ublics et de l'Agriculture.
Art. 6. — Le citoyen Macdonnald Appollon est nomm6
Secrétaire d'Etat de l'Instruction publique et des Cultes.
Art. 7. — Le Secrétaire d'État des Relations Extérieures
et de la Justice est chargé provisoirement du portefeuille
de l'Intérieur, jusqu'au rétablissement de la santé du titu-
laire.
196 ARRÊTÉ
Art. 8. — Le Secrétaire d'Etat des Travaux publics et
de TAgricullure est chargé provisoirement du portefeuille de
l'Instruction publique et des Cultes jusqu'à l'arrivée du titu-
laire.
Art. 9. — Le présent Arrêté sera imprimé, publié et
exécuté.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 19 août 1891,
an LXXXVIIl''de l'Indépendance.
Hyppglite.
RAPPORT 197
N" 70.
Port-au-Priace, le 30 juillet 1891, an. LXXXVlil" de l'Indépendance.
TRAVAUX PUBLICS
SECTION DE LA COKUESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 15
RAPPORT
I-E SECRETAIRE D'ETAT AU DEPARTEMENT DES TRAVAUX PUBLICS
A SON EXCELLENCE LE PRÉSIDENT DHAITI
Président,
Appelé par votre Excellence à la direction du Département
des Travaux publics et voulant répondre à toute la confiance
dont Elle a bien voulu m'honorer en m'invitant ainsi à ra-
vailler à ses côtés au bonheur et à la prospérité du Pays, je
me suis préoccupé, dès mon installation en charge, des
moyens dont je pourrais disposer pour réaliser quelque bien
pendant mon passage au Ministère.
La Lettre-circulaire qu'à la date d'hier vous avez bien voulu
m'adresser, pour me demander des Rapports mensuels sur
les différents services relevant de mes attributions, me donne
une occasion, que je suis heureux de saisir, de vous e^cposer
certaines considérations qui n'ont pas manqué de me frap-
per dès le premier jour, et qui m'ont paru d'une importance
telle qu'elles méritent d'être soumises à votre apprécia-
tion.
Au moment où j'ai eu l'honneur de prendre en mains
l'Administration du Ministère des Travaux publics, un
198 RAPPORT
inlorvalle de deux mois devait s'écouler entre mon arrivée
aux affaires et \è vote du nouveau budget de la République.
Accepter dans de telles conditions de remplir une mission
si importante, c'était plus que prendre l'engagement de
faire pour le mieux avec les ressources disponibles, presque
épuisées déjà ; c'était affirmer la résolution nettement arrê-
tée d'innover, de créer.
Certes, je ne puis émettre cette prétention de pouvoir
réaliser du jour au lendemain une œuvre parfaite ; mais
j'estime que le Département dont j'ai la direction, et qui s'est
nécessairement heurté aux difficultés qui paralysent toute
institution nouvelle, doit désormais, instruit par le passé,
chercher et trouver la voie dans laquelle il doit s'engager
pour justifier toute la confiance que le Pays avait mise dans
sa création.
Je dois vous dire, Président, que mon attention a été, dès
le début, attirée d'une façon toute particulière sur le mode
de contrôle que le Département peut exercer sur les travaux
exécutés en régie ou confiés à l'entreprise. J'ai remarqué,
avec une surprise que je n'essaierai pas de dissimuler, qu'en
dehors de la Capitale les Administrateurs des Finances et
les commandants d'arrondissements sont les suprêmes ar-
bitres qui, seuls et en dernier ressort, se sont jusqu'aujour-
d'hui prononcés sur l'opportunité et la bonne marche des
travaux qu'il y a lieu d'effectuer dans leurs circonscriptions.
11 m'a paru qu'il y avait là une lacune à combler et, vous
ayant entretenu de la question, je suis heureux d'avoir
votre approbation sur la nécessité d'installer dans chaque
chef-lieu de département un ingénieur spécialement chargé
du contrôle et de la surveillance des travaux qu'il y aura
lieu d'exécuter dans chacun de ces départements.
Je me hâte de vous donner l'assurance. Président, que
cette nouvelle organisation du Service sera chose faite, dès
que j'aurai pu soumettre à Votre Excellence et au Conseil
certaines considérations sur les conséquences qu'elle en-
traîne.
RA.PPORT 199
Le personnel qne j'ai trouvé me paraît bon; le service
■est fait d'une façon régulière, bien que le nombre des em-
ployés ne réponde pas à l'importance du travail qui incombe
au bureau. Aussi, dans le projet de budget que je dois
déposer sur les bureaux de la Chambre, ai-je cru devoir
faire porter la création de charges nouvelles telles que,
par exemple, celles d'un comptable adjoint et d'un archi-
viste-secrétaire.
Les différentes branches de Service qui relèvent des Tra-
vaux publics n'ont pas manqué de faire l'objet de ma plus
sérieuse attention. C'est ainsi que, devant composer le per-
sonnel technique de la Forge du Fort-Ilet, j'ai pensé, après
renseignements pris, qu'il y avait lieu, pour économiser
les deniers de l'Etat, de recruter ce personnel parmi les
employés de la Fonderie, qui, étant trop nombreux pour le
service qu'on exige d'eux, émargent mal à propos sur le
budget.
J'attends, d'ailleurs, le retour de M. Lassalle qui, en ^a;
double qualité d'inspecteur de la Marine et de directeur ùe
la Fonderie, sera à même de me donner tous renseigne-
ments à cet égard.
Ce sera pour moi l'occasion de passer au directeur provi-
soire de la Fonderie nationale les instructions nécessaires
pour que cet établissement, convenablement réparé et outillé,
puisse se suffire désormais et n'ait plus à s'adresser à l'Etat
pour les moindres dépenses auxquelles il peut avoir à faire
face.
Le Service hydraulique de la Capitale ne laisse pas de
donner quelque sennuis au Département.
Dans l'Exposé de la situation, les causes ont été expliquées,
qui ont empêché cette Administration d'atteindre le degré
de prospérité qu'au premier abord on se croirait en droit de
trouver chez elle. Des mesures énergiques seront prises
désormais pour que les rentrées de fonds s'opèrent sans
exception et sans délais, ce Service, comme d'ailleurs les
autres qui se trouvaient souches au département, ayant été
200 RAPPORT
directement rattaché aux Travaux publics, d'après décision
du Conseil.
Ce sont là des dispositions pratiques qu'à mon avis il y a
lieu d'adopter seulement pour parer aux difficultés les plus
pressantes. Mais, pour que cette Administration puisse être à
même de marcher sans le secours de l'État, il convient, sui-
vant l'opinion même de l'ingénieur chargé de la diriger,
qu'une mesure radicale soit prise par le Gouvernement, et
que la réfection du système de canalisation actuel soit
ordonnée.
Un Rapport sur cette importante question devra être rédigé
en ce sens par Fingénieur Durochei' pour être soumis au
Conseil.
Ayant remarqué qu'à différentes reprises Votre Excellence
a insisté sur l'urgence qu'il y a de faire mettre la main à la
création d'un Service hydraulique aux Gonaïves et au Cap,
et à la construction du wharf des Gonaïves et du Pont-du-
Cap, je me suis occupé d'une manière toute spéciale de
donner une solution à ces questions.
C'est ainsi que JVl. Latortue, aux Gonaïves, et M. Rutter, au
Cap, ont reçu des instructions particulières pour que des
rapports définitifs me soient remis sur les moyens à
employer pour la création d'une distribution d'eau dans ces
deux villes.
Un arrangement est intervenu, après acceptation du Conseil,
entre le Département et M. Ch. Goën fils pour la reconstruc-
tion en fer du wharf des Gonaïves, le montant du devis
dressé par l'ingénieur du Gouvernement pour l'exécution de
ce travail devant être compté en six mois au concession-
naire.
Pour ce qui a trait au pont de la Petite- Anse, je m'empresse
de donner avis à Votre Excellenceque je viens de télégraphier
au général Nord Alexis pour l'inviter à préparer sans retard
des bois, pierres de taille, chaux, sable, etc., qui pourront
servir au commencement immédiat du travail, l'informant
par la même occasion du départ de M. Cauro, qui sera
RAPPORT 201
cliargo, de concert avec M. Rutter, de dresser les devis,
plans. du cahier des charges pour la reconstruction en
maçonnerie du pont.
Dois-je, en terminant ce rapport, faire ressortir à vos yeux,
Président, la disproportion qui existe entre les travaux à
exécuter et les ressources disponibles? Ce serait, sans doute,
mettre à nu une plaie vive que nous n'avons pas le moyen de
guérir. Le prochain Arrêté que j'aurai l'honneur de sou-
mettre à Votre Excellence et au Conseil vous dira trop, par
l'éloquence des chiffres, ce qui devrait être fait, en regard
de ce qui ne peut être exécute.
Mais vous avez fait l'honneur à un homme jeune et nou-
veau de l'appeler à travailler avec vous à la consolidation du
Gouvernement et à la prospérité de la Patrie, c'est assez pour
que son concours ne vous manque jamais et pour que vous
soyez en droit de compter que, dans la mesure du possible,
tout sera fait pour le mieux.
Daignez agréer, Président, l'hommage de mon profond
respect et de mon entier dévouement.
J.-J. Chancv.
202 RÉPONSE
N" 77.
Port-au-Prince, le 11 août 18'J1, an LXXXVlll' de l'Indépendance
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SLPÉRIEl.RE. — n" 1215 btS
RÉPONSE
HYPPOLITE, PRÉSIDENT DHAITI
Au Secrétaire d'Etat des Travaux Publics
Monsieur le Secrétaire d'État,
Votre Rapport mensuel, en date du 30 juillet dernier, n° 15,
sur la marche des difTérents Services du Département des
Travaux publics a été Vobjet de mon examen attentif.
Si, partout ailleurs qu'à la Capitale, les Administrateurs
des Finances et les commandants d'arrondissements sont,
comme vous l'avez remarqué avec surprise, les suprêmes
arbitres qui, seuls et en dernier ressort, se sont jusqu'au-
jourd'hui prononcés sur l'opportunité et la bonne marche
des travaux qu'il y a lieu d'effectuer dans leurs circons-
criptions, il faut, à mon avis, n'attribuer ces agissements
qu'à l'inexécution des lois sur la matière. En effet, il ressort
de la simple lecture des articles 57 et 58 du Code rural
que l'autorisation des travaux importants ne peut émaner
que de votre Département après l'étude des plans et devis, et
que leur exécution doit être surveillée par un délégué pris
dans le personnel de la Direction générale des Travaux
publics. La loi du 23 août 1877 contient aussi, notamment à
R RPONSE 203
l'article 5, des prescriptions qui, combinées avec les disposi-
lions du Code rural, peuvent aider très efficacement au
contrôle que vous voulez, à bon droit, exercer dans le mode
d'exécution des travaux. L'intervention des Administrateurs
ne doit avoir lieu que dans les limites fixées par ces lois.
Quant aux commandants d'arrondissements, ils })euvent, tout
en se renfermant aussi dans les bornes de leurs attributions,
dans ces questions, être des auxiliaires très utiles.
Je suis satisfait d'apprendre que le personnel de vos
bureaux vous paraît bon, et que le service se fait d'une
façon régulière. La comptabilité et les archives sont, dans le
Département que vous dirigez, des Services d'une telle impor-
tance, que je n'hésite pas à approuver la création des charges
nouvelles de comptable adjoint et d'archiviste secrétaire.
Je ratifie également votre proposition de recruter, par
mesure d'économie, un personnel technique pour la Forge
du Fort-Ilet parmi les employés de la Fonderie, trop nom-
breux, dites-vous, pour le service qu'on exige d'eux. Ceci
m'amène. Monsieur le Secrétaire d'Etat, à vous entretenir
de l'état oii se trouve ce dernier établissement, dont le Pays
s'enorgueillissait, à juste titre, dans les premiers temps de
sa création. Depuis une dizaine d'années, la Fonderie a été
toujours en déclinant; et il faut, sans retard, enrayer cette
désorganisation en employant les mesures les plus éner-
giques pour exiger tous les résultats que l'Etat peut retirer
de cet établissement.
J'appelle votre attention toute particulière sur la compta-
bilité qu'il importe d'y réformer. Un contrôle sérieux doit
exister par la création des livres d'entrée et de sortie des
objets ou pièces à réparer et réparées; les dépenses journa-
lières, ainsi que les recettes, doivent être toutes inscrites et
contrôlées.
Je compte sur votre énergique direction pour cette i"é-
forme, et je vous invite à me faire connaître, par un Rappoit
spécial, les dispositions que vous avez prises à cette fin.
Le Service de la distribution d'eau de la (Capitale, pour
20 'i REPONSE
irrtre plus à charge à TEtat, doit, pensez-vous, ôlrc l'objet
d'une mesuiT radicale qui consisterait dans la réfection du
syslènie de canalisation. Sans nul doute, Monsieur le Secré-
taire d'Iî^tat, si la conduite d'adduction est faite de tronçons
de diamètres inégaux, c'est une des causes du ralentissement
du débit, et le travail que vous signalez est nécessaire. Mais
il Y aura lieu, je crois, de mettre la main simultanément à
d'autres travaux non moins nécessaires. Je veux parler des
travaux de captation des sources abondantes qu'il y a dans
les environs de la Capitale, et de l'établissement d'un ou de
plusieurs réservoirs. Le réservoir deviendra le point de
départ véritable de la distribution qui pourra être facilement
réglée, et il n'y aura plus, sur la conduite d'adduction du
point d'origine, ces prises nombreuses qui épuisent presque
l'eau avant qu'elle n'arrive en ville. Les bouches d'incendie
fourniront une eau jaillissante, et le fléau qui ravage si
souvent la Capitale pourra être, sinon écarté complètement,
mais du moins combattu avec de puissants moyens.
Vous me faites espérer que bientôt les villes des Gonaïves
et du Cap-Haïtien seront aussi dotées d'une distribution
d'eau potable. Je compte donc sur vous. Monsieur le Secré-
taire d'Etat, pour réaliser ces améliorations qui, dans notre
climat chaud, sont pour les populations de nos cités une
question vitale.
Je souhaite que nous puissions avant longtemps faire
construire dans tous nos ports de mer, ouverts au commerce
étranger, des wharfs solides et bien appropriés à leur desti-
nation. Le travail qui va être exécuté aux Gonaïves par
M. Ch. Coën fils devra être soumis à la surveillance active
des ingénieurs de votre Département, et vous devez les tenir
personnellement responsables, aussi bien que le concession-
naire, de la moindre dérogation au cahier des charges. Je
reviendrai avec vous sur les mesures à prendre afin que
l'Etat obtienne la pleine et entière exécutiou des clauses
stipulées dans le cahier, c'est-à-dire l'équivalent des prix très
rémunérateurs qu'il paye.
RÉPONSE 205
La conslriiction d'un pont de maçonnerio à rcnibouchure
de la rivière du Ilaut-du-Gap, en remplacement du pont de
fer ([ui y existe actuellement en mauvais état, est un projet
dont la ville du Cap-Haïtien et les populations du Nord
appellent de tous leurs vœux la réalisation prochaine. Les
devis, plans et cahier des charges, que je vous invite à me
communiquer aussitôt après qu'ils vous seront parvenus,
permettront, par un examen comparatif, d'avoir une idée
nette de l'entreprise et des débours qu'elle doit entrainer.
En attendant, je constate que vous ne perdez pas de temps
pour la mener à bonne fin.
Je n'ignore pas, Monsieur le Secrétaire d'État, que pour
ces grands travaux, si nécessaires au développement du
bien-être, les moyens dont vous pourrez disposer sont bien
faibles ; mais j'ai le bon espoir que nous arriverons bientôt
à trouver des capitaux suffisants. En attendant, je ne doute
pas qu'avec votre concours patriotique il ne soit fait pour le
mieux dans la mesure du possible.
Recevez, Monsieur le Secrétaire d'État, Fassurance de
ma considération très distinguée.
Hyppolite.
2()() DECRET
N° 78.
CHAMBRE DES REPRESENTANTS
DÉCRET
Le Coups législatif,
Vu l'article 62, 2' alinéa de la Constitution;
Considérant que les Chambres sont saisies de plusieurs
lois importantes, notamment de la loi budgétaire, et qu'elles
ne peuvent se dispenser de les voter avant la clôture de la
session ;
Considérant que le peu de jours qui restent pour compléter
les trois mois de la session ne suffiront pas pour la discussion
de ces lois ;
Le Corps législatif a voté d'urgence le décret suivant :
Art. l"''. — La session législative de 1891, ouverte le
1"' juin, est prolongée d'un mois, jusqu'au 30 septembre
prochain.
Akt. 2. — Le présent Décret sera exécuté à la diligence
du Secrétaire d'Etat de l'Intérieur.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 18 août 1891,
an LXXXVIll" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
C. Archin.
Les Secrétaires,
D. Jn. -Louis, S. Dubuisson fils.
Donné à la Chambre des Représentants, au Port-au-Prince,
le 19 août 1891, an LXXXYUP de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
PiiiioN Pierre- André, avocat.
Les Secrétaires.^
M. Ghandoit, Br. Bisainthe.
DÉCRET 207
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que le Décret ci-dessus du Corps
lég-islatif soit revêtu du sceau de la République, imprimé, publié
et exécuté.
Donné au Palais national, au Port-au-Prince, le 20 août 1891,
an LXXXVIII" île l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État des Relations extérieures et de la Justice,
chargé par intérim du portefeuille de V Intérieur,
C. Archix.
208 AVIS
N» 79.
SECRÉTAIREHIE DKTAT DE L IMKHIEUlt
AVIS
Il est porté à la connaissance des commandants des arron-
dissements et des communes, dans les ports desservis par
les bateaux de la Compagnie du Service accéléré, que les
steamers de cette ligne, faisant un service de cabotage, ne
sont point assujettis aux dispositions de l'Arrêté du Président
d'Haïti, concernant les heures d'entrée des navires dans les
ports ouverts de la République. Ils ne seront donc l'objet
d'aucun empêchement à leur arrivée dans les localités qu'ils
desservent.
Le débarquement des passagers aura lieu sans retard,
moyennant qu'ils seront munis de permis en règle.
DEPECHE 209
N» 80.
Port-au-Prince, le 25 août 1891, an LXXXVIII" de i'Iadépendance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE SUPÉRIEURE. N° 1310
DÉPÊCHE
HYPPOLITE, PRÉSIDENT D'HAÏTI
Au Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce
Monsieur le Secrétaire d'État,
Je vous invite à passer des instructions sévères aux chefs
lies différents Services relevant de votre Département, afin
de remettre en vigueur dans les bureaux publics les tradi-
tions de hiérarchie qu'on y gardait fidèlement autrefois et
qui, maintenant, sont presque effacées et perdues par l'effet
du relâchement et de l'indifférence apportés dans l'observa-
tion des lois et des règlements.
.J'ai la ferme volonté de faire revivre, dans les ditïérentes
branches de l'Administration du Pays, l'esprit de subordina-
tion et de déférence envers les supérieurs hiérarchiques,
parce que là, comme dans l'armée, comme dans toute société
d'hommes, rien n'est possible sans la hiérarchie, sans la
discipline. L'indépendance personnelle du fonctionnaire
n'est nullement diminuée, puisque la loi, en lui recomman-
dant l'obéissance, n'a rien prescrit qui soit contraire à sa
dignité.
Ceux donc qui ne voudront pas se conformer à ces règles,
14
210 DEPECHE
je suis bien décide à les révoquer, quoique élevées que
soient leurs fonctions.
J'ai aussi à vous signaler deux faits dont l'importance ne
vous échappera pas. Il m'est revenu que, dans la plupart de
nos Douanes, la comptabilité du contrôle, au moyen de
laquelle d'excellents résultats avaient été obtenus, est main-
tenant tombée en désuétude. Je désire que vous preniez,
pour la rétablir, de concert avec les directeurs de ces bu-
reaux, les mesures que vous jugerez les plus efficaces.
J'arrive maintenant à l'autre fait. Il suffira de l'énoncer
pour que les abus qu'il fait naître sautent aux yeux : il y a,
m'a-t-on affirmé, dans les Administrations des Finances et
des Douanes, des employés qui sont en même temps des
négociants importateurs. Si, comme je le crois, nos lois
fiscales ne contiennent point de dispositions formelles à cet
égard, le bon sens et la morale commandent de mettre
lin à de pareilles anomalies, et je ferai pour cela les Arrêtés
nécessaires en m'inspirant de l'esprit de ces lois.
Je ne veux pour aujourd'hui m'appesantir c|ue sur les
points susdits, et je vous invite à me faire connaître les
mesures que vous aurez prises pour donner suite à mes
recommandations.
Recevez, Monsieur le Secrétaire d'Etat, l'assurance de ma
considération très distinguée.
Hyppolite.
ARRETE 211
xX» 81 .
ARRETK
Hvi'POLiTE, président d'Haïti,
Vu l'article 162 de la Constitution ;
Vu les articles 1 et 2 de la loi du 30 septembre 1884;
Vu les articles 4, 25, 26 et 27 do la loi du 19 no-
vembre 1864 sur les pensions civiles ;
Vu également les demandes présentées et les pièces pi'o-
duites à l'appui ;
Sur la proposition du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etal,
Arrête :
Art. l"''. — Sont approuvées les liquidations des quatre
pensions civiles ci-après indiquées, s'élevanl par mois à la
somme de 162 ^o^/^'^ev, savoir :
Toussaint Frédérique, de Dessalines, député du peuple,
trente-deux ans de service G. 50
Licsis Proux, de Torbeck, député du peuple, trente-
deux ans de service 50
CiNÉAs César, de Port-au-Prince, substitut en Cassation,
trente-huit ans de service 50
DiEUDONNÉ Arbattre, de l'Acul-du-Nord, juge-suppléant
au Tribunal de paix, trente et un ans de service. ... 12
G. 162
Art. 2. — Ces pensions seront inscrites au Grand-Livre
des Pensions civiles tenu à la Secrétairerie d'Etat des Fi-
nances pour extrait en être délivré à chaque pensionnaire el
212 ARRETE
les arrérages en être payés à partir du jour qui sera déter-
miné dans l'inscription, conformément aux prescriptions de
la loi sur les pensions civiles.
Xkt. 3. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'État des Finances et du Commerce.
'0"^
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le S septembre 1891,
an LXXXYIIP de l'Indépendance.
Hyppolite
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce^
Stewabt.
ARRÊTÉ 213
N" 82.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 103 de la Constitution ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice, chargé
du portefeuille de l'Intérieur, et de l'avis du Conseil des
Secrétaires d'Etat;
A arrêté et arrête :
Art. r"". — Amnistie pleine et entière est accordée à tous
ceux qui ont été appréhendés et sont détenus, pour faits
politiques, dans les prisons de la ville de Jérémie et de celle
de Dame-Marie, lesquels seront immédiatement relaxés.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera imprimé, publié et exé-
cuté dans toute l'étendue du territoire de la République, à
la diligence des Secrétaires d'Etat de la Justice et de l'Inté-
rieur, chacun en ce qui le concerne.
Donné au Palais national du Port-au-Prince, le 11 septembre 1891,
an LXXXVIll- de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat de la Justice^
chargé du portefeuille de l'Intérieur,
C. Abchin.
214 AUliÈTK
AKUÊïfi
HYProLiTK, pi'csidoiil (rilaïli,
Vu Tarticlo de la Conslilulionot la loi du26 septembre 1800
sur l'exercice du droit de grâce et de commutation de peines ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Ktat de la Justice,
Arrête ce (jui suit :
Art. l"'". — Grâce pleine et entière est accordée, à partir de
ce joiu", les droits des tiers réservés, à l'abbé P. -M. Chatte,
curé du Cap-Haïtien, condamné à six mois d'emprisonne-
ment par jugement du Tribunal correctionnel de ce ressort
rendu le 6 août écoulé.
AuT. 2. — Leprésent Arrêté sera publié et exécuté à la dili-
gence du Secrétaire d'État de la Justice.
noniu' iui Palais national, à Port-au-Prinoe, le 2 sei)fcnil;)re 1891,
an LXXXVIII" do l'Indépondanco.
IIyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat de la Justice^
C. AliCHIN.
ARRÊTÉ 215
N" 81.
mmt
Hvpi'OLiTE, [)iosideiit d'ilaïli,
Usant des prérogulives que Lui accorde l'article 103 do lu
Constitution et en conlormité d(! la loi du 20 septembre IS()()
sur Texercice du droit de grâce, etc. ;
Vu la lettre du commandant de la place cl de la com-
mune des Cayes tendant à d(;mander la grâce de l'individu
ci-après désigné ;
Vu le jugement rendu, le 23 juillet 1890, par le Trihimal
criminel des Cayes ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat du Département de la
Justice ;
A arrêté et arrête ce qui suit :
Akt, 1*', — Grâce pleine et entière est accordée, à partir
de ce jour, au nommé llnéus Ilné dit Petit-Massa, con-
damné aux travaux forcés à perpétuité par le jugement sus-
énoncé, sans préjudice des frais et des réparations civiles
auxquels il a pu ôtre condamné.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence dn Secrétaire d'Etat au déparlement de la Justice
Doniir ;ui l'îihiis iiritinii.il du l'ort-uu-l'riiice, le 12 septurnlji-c I8'.)l,
iin LXXXVill" de lliidépendance.
HyI'I'OLITE.
l'.'ir le l'résident :
Le Secrétaire d'Etat au département de ta Justice^
C. AltCHIN.
216 CIRCULAIRE
N» 85.
Port-au-Prince, le 5 septembre 1891, an LXXXVIil'^ de l'Indé-
pendance.
SECTION DE LA CORRESPONDAIN'CE GÉNÉRALE. N° 923
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT
AU DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Auœ commandants des arrondissements de la RëjnibUque
Général,
L'année dernière, le Département que j'ai l'honneur de
diriger vous a longuement entretenu de la nécessité qui
s'impose à l'Administration supérieure de faire construire
des locaux pour loger nos écoles rurales. En vous exprimant
ses sentiments, à cet égard, mon prédécesseur, d'après les
informations que j'ai eues, vous avait positivement confié le
soin de mettre immédiatement ce projet à exécution dans
l'étendue de votre commandement. — Par ses instructions,
qu'il n'avait jamais cessé de vous renouveler, il vous avait
avisé que le Gouvernement, voulant prêter son concours le
plus efficace aux populations des campagnes, se disposait,
par l'intermédiaire de mon Département, à leur fournir les
matériaux indispensables, tels que clous, planches et fer-
rures. Et ainsi bon nombre de localités ont bénéficié de la
mesure. Depuis mon avènement aux affaires, il m'arrive de
CIRCULAIRE 217
tous côtés — des députés du Peuple, des inspecteurs, des
membres de la Commission locale — tant de réclamations
à l'égard des écoles rurales et des maisons qui doivent les
abriter que je me vois dans l'impérieuse nécessité de vous
adresser la présente, pour vous prier de me faire connaître,
par un rapport détaillé, les bâtisses déjà faites, celles en voie
de construction, celles qui restent à entreprendre. Ces
renseignements me sont indispensables pour me permettre
de me rendre un compte exact de l'état actuel de ces cons-
tructions et de ce qu'il faut pour répondre, d'une fa(;on
sérieuse, à la promesse faite par le Gouvernement de venir
en aide à nos modestes habitants^ ces hommes utiles au bien-
être matériel de la communauté, que notre indifférence à
soulager leur sort désignerait comme des déshérités de la
Nation. Assurément non ce n'est pas ce que nous pensons
d'eux, et nous ne devons rien ménager pour les rendre
heureux et civilisés. Veuillez donc, par une estimation, me
faire connaître la quantité de planches et de ferrures néces-
saires aux ouvertures des maisons une fois montées par les
populations elles-mêmes.
Je dois vous dire. Général, que je n'entends nullement
perdre de vue cette question vitale de l'enseignement dans
\q^ mornes et les plaines ; et toutes les fois que l'occasion me
sera offerte de vous écrire à cet égard, je ne cesserai de vous
répéter que c'est par l'éducation populaire que nous parvien-
drons à élever notre Pays à la hauteur de ses aspirations
dans le monde. Si, d'un côté, Messieurs les inspecteurs de
l'Instruction publique ont pour délicate mission d'exercer
leur active suveillance sur les écoles, de l'autre, Général, il
vous incombe de les seconder de vos puissants efforts pour ce
qui regarde le côté principal de leur tâche : mettre les écoles
dans des locaux suffisants pour les approprier dans les
centres populeux de nos campagnes à leur destination parti-
culière. Vous et eux, soyez toujours d'accord sur ce point,
marchez la main dans la main, pour que, profitant des bien-
faits de l'Instruction, les couches sociales s'émancipent de
218 CIRCULAIRE
leur ignorance et que notre race, notre nationalité grandisse
et se fasse respecter.
Klever le peuple, le moraliser, telle est la double mission
qu'il incombe au Gouvernement et à ses auxiliaires de rem-
plir jeligieusement. Le Gouvcrnementa déjà donné la preuve
de son vif désir d'éclairer les masses incultes par l'instruc-
tion publique distribuée avec largesse à tous les degrés ; aux
inspecteurs, aux Corps surveillants et à vous, tous ensemble
ses auxiliaires, de contribuer, chacun dans sa sphère d'ac-
tion, à rendre efficaces les mesures qu'il met en œuvre,
d'accord avec le Corps législatif, pour arriver à réaliser le
but désiré.
Plein de confiance dans votre dévouement à la cause de
nos frères des campagnes, j'ose espérer que vous ne négli-
gerez rien pour répondre à mon attente et me permettre
ainsi de justifier la haute confiance que le Chef de l'Etat a
placée en moi par son arrêté du 10 août dernier.
Recevez, Général, l'assurance de ma considération dis-
tinguée.
P. -M. Apollon.
CIRCULAIRE 219
N°86.
Port-au-Prince, le 12 septembre 1891, an LXXXVllI" de 1 Indépen-
dance.
SIXTÎON DE LA CORRESPONDANCE DES INSPECTEURS. — N 938
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT
AU DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Aux Inspecteurs
des écoles des circonscriptions de la République
Monsieur l'Inspecteur,
Par le courrier delà semaine dernière, j'ai adresséaux com-
mandants des arrondissements de la République une Circu-
laire dont le but est de leur rappeler les instructions de mon
Département au sujet de la construction des locaux destinés
aux écoles rurales, instructions que mon prédécesseur n'avait
jamais cessé de leur renouveler. Cette Circulaire, dont vous
trouverez ci-joint une copie, établit de la façon la plus pré-
cise les devoirs et les obligations réciproques de tous les
fonctionnaires qui doivent concourir avec moi à la marche
régulière du service, que Son Excellence le premier Magis-
trat de la République a bien voulu confier à mes soins pa-
triotiques. Les commandants d'arrondissement, dans leur
sphère d'action, peuvent largement faciliter dans les cam-
pagnes l'exercice de vos délicates fonctions, parce que d'abord
ils sauront contraindre leurs subordonnés à entretenir les
2'20 CIRCULAIRE
maisons destinées anx écoles rurales et ensuite obliger les
populations, par les mesures que la loi met à leur disposi-
tion, à y envoyer leurs enfants régulièrement. Comme vous
le verrez, d'ailleurs, dans ma Circulaire, je me suis attache''
à leur faire comprendre leur rôle, qui ne s'étend qu'à cette
seule tâche, et qu'il y a pour eux de brillants lauriers à
cueillir, si eux et vous, tous ensemble les auxiliaires du
Département, vous marchez d'accord, la main dans la main,
pour entreprendre de réaliser les vues du Gouvernement
en faveur de nos frères des campagnes qu'il faut moraliser
et instruire.
11 y a longtemps que nous nourrissons l'espoir de développer
les facultés intellectuelles de l'homme des champs; mais,
malgré nos continuels efforts, nous sommes encore loin des
résultats que nous devrions obtenir pour le placer à la hau-
teur de ses aspirations dans le monde. Chaque année, l'Etat
s'impose de lourds sacrifices dans son budget, et, cependant,
nous sentons chaque jour le besoin, l'impérieux besoin de
nous remettre en besogne pour favoriser le développement
de l'éducation populaire. Quelles sont les causes qui rendent
infructueuses nos combinaisons? Faut-il attribuer nos insuc-
cès à l'organisation de l'enseignement chez nous, ou devons-
nous cette situation précaire, inexplicable, à l'indifférence de
ceux qui sont chargés de distribuer le pain sacré de l'ins-
truction? Devant tant de questions qui se présentent à mon
examen, je ne puis m'empêcher de reconnaître que, malgré
toutes les peines que se donne le Gouvernement pour confier
les écoles à des mains habiles, il y a partout des défaillances
dans le corps de l'enseignement qui font beaucoup de tort à
la jeunesse. Il ne dépend que de la volonté des hommes pré-
posés à l'amélioration du sort des masses pour travailler à
leur expansion. Vous êtes de ceux-là, et je compte ferme-
ment sur vos lumières pour m'aider à réformer les vieilles
coutumes, en me dénonçant dans vos rapports trimestriels
les défectuosités de l'enseignement national.
L'instruction primaire, trop longtemps négligée, doit être
CIRCULAIRE ^21
aujourd'hui l'objet de vos soins particuliers. Etant la base
de l'éducation, il ne peut point vous échapper qu'elle doit
être répandue dans toutes les couches de la société haïtienne
avec autant de discernement que de science. C'est vous qui
devez, dans votre circonscription, rechercher pour les détruire
les causes qui nuisent à la diffusion des lumières, et c'est
encore vous qui, pour arriver à ce résultat, avez la mission
de porter le coup fatal à tout ce qui entrave le développe-
ment de la première éducation : vieux préjugés, méthodes
erronées, principes démodés. Les programmes officiels de
l'enseignement primaire doivent être suivis à la lettre, et
jamais il ne peut être permis à un enfant de passer à un
cours secondaire, s'il n'a fourni à l'école primaire le temps
nécessaire pour en épuiser le programme, et s'il n'a répondu
à toutes les exigences d'un examen de fin d'études. Je m'en
remets donc entièrement à vous pour l'observance de ces
j)rescriptions, et j'ose espérer qu'on en retirera de bons fruits.
Enfin, Monsieur l'Inspecteur, passant à un autre ordre
d'idées, je me plais à vous recommander de vous inspirer,
autant qu'il vous sera possible, des bonnes dispositions des
collégiens, pour offrir à leur jeune imagination tout ce qui
devra les diriger vers les choses utiles au Pays. L'instruc-
tion primaire ne suffit pas pour élever le niveau moral des
couches sociales ; il faut encore leur inculquer des connais-
sances variées qu'il est important, à l'enfant qui débute, de
savoir. Car vous constatez, comme moi, la tendance de
notre époque de diriger le jeune homme, au sortir des
chxsses, vers les emplois de l'Etat, en délaissant les profes-
sions qui étaient autrefois en grand honneur chez nous. Eh
bien! le sentez-vous, une nation ne peut point marcher de
cette façon. Or, c'est dès le jeune âge qu'il faut faire goûter
à l'enfant les précieux avantages qu'il peut retirer de l'exer-
cice d'une carrière. Et en attendant qu'il soit possible d'intro-
duire dans l'école l'enseignement industriel et professionnel
sur les bases des Facultés étrangères, nous devons nous
évertuer de les habituer, dès les classes primaires, aux
222 CIRCULAIRE
notions élémentaires de sciences appliquées, soit en adop-
tant comme livres de lecture les ouvrages qui traitent do
ces matières, soit en consacrant une partie des heures régle-
mentaires à les entretenir de ces notions indispensables.
Tout en récréant le collégien, on lui apprendra à s'assimiler
les connaissances sans lesquelles l'homme le plus lettré
reste bien au-dessous du rôle qu'il lui est dévolu de remplir
dans la société.
C'est dans cette voie qu'il nous faut entrer carrément. Je
vous y convie, Monsieur l'Inspecteur, et j'aime à espérer que
je vous trouverai toujours bien disposé, sur ce terrain, à
seconder mes vues qui doivent être celles de tout homme
dévoué au bonheur de son Pays.
Pour terminer cette Circulaire déjà trop longue, je fais
appel à votre patriotisme éclairé et à votre dévouement pour
exécuter ponctuellement vos obligations envers le Départe-
ment et envers le Pays. Transmettez mes instructions à vos
subordonnés, et rappelez-leur qu'ils auront mérité de la
Patrie et de l'Humanité en redoublant de zèle, d'ardeur et
d'énergie à l'Instruction publique.
C'est dans ces sentiments que j'ai riionneur de vous
saluer. Monsieur l'Inspecteur, avec une considération dis-
tinguée.
P. -M. Apollon.
CIRCULAIRE 228
N^ 81
Port-au-Prince, le 18 septeml)re 1891, an LXXXVIIP de l'Indépen-
dance.
SECTION DE LA POLICE GÉNÉRALE. n" 232
CmCULAIRK
LE SECRETAIRE D'ETAT
AU DÉPARTEMENT DE L'INTÉRIEUR (PAR INTÉRIM)
Ai'.x Commissaires du Gouvernement de la République
Monsieur le Commissaire,
Les différentes Circulaires que j'ai adressées aux Conseils
communaux et les divers avis insérés dans le Journal officii-l
pour empêcher le trafic illicite auquel se livrent les colpor-
teurs étrangers dans nos villes et nos campagnes, n'ayant
produit aucun résultat satisfaisant jusqu'à ce jour, je me
suis déterminé à prendre, conformément à la dépêche de
Son Excellence le Président d'Haïti, en date du 31 août der-
nier, au n° 1364, les mesures suivantes de rigueur, tendant à
mettre fin à cet abus trop souvent signalé.
Je vous enjoins donc d'appliquer dans toute sa sévérité,
contre ces colporteurs étrangers, les peines édictées par la loi
sur l'imposition directe et nos règlements de police.
L'exécution de cette mesure devient indispensable et même
nécessaire pour la sécurité publique, car il est revenu au
Gouvernement que ces mêmes étrangers, sous prétexte de
faire ce commerce, reconnu d'ailleurs illicite, servent aussi
224 CIRCULAIRE
d'intermédiain» aux onnomis du Pays et font, dans linlorieur
de la République, une active propagande contre l'ordre des
choses établi.
C'est donc une raison de plus pour attirer sur eux l'atten-
tion des autorités qui sont placées, par la nature de leurs
fonctions, pour aider le Gouvernement dans les efforts qu'il
fait pour le maintien de la paix et de nos institutions.
Veuillez passer, en conséquence, vos instructions à vos
subordonnés, particulièrement aux Juges de Paix relevant
de votre juridiction, afin que cette mesure ait son plein
effet.
Recevez, Monsieur le Commissaire, rassurance de ma
parfaite considération.
C. Archin.
LOI
LOI
Hyppolitk, président d'Haïli,
Vu l'cirticle 69 de la Constitution;
Considérant ([ue les allocations budgétaires votées au
Département des Finances et du Commerce pour l'exercice
1890-1891, aux comptes des chapitres et sections ci-après
énumérés, ont été dépensées ou Dépassées, eu égard aux
sommes déjà payées et à celles qui doivent être acquittées
pour les trois derniers mois dudit exercice;
Considérant ([ue, tout en réservant le jugement ulté-
rieur du Corps législatif sur les dépenses susdites qui ont
absorbé les valeurs votées pour ce Département, il importe
de ne pas arrêter ni entraver la marche du service public ;
Sur le rapport du Secrétaire d'État des Finances et du
Commerce ;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A proposé.
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. 1". — Un crédit supplémentaire de 44.222 gourdes
2 centimes est accordé au Secrétaire d'Etat des Finances et
du Commerce, comme suit :
Au chap. i", sect. V% Pension P. 11 . 743,38
Au chap. i", sect. 3^ Indemnités 8.482,45
.\u chap. u^ sect. -2\ Matériel 23.996,19
Total P. 44.222,02
Akt. 2. — Le crédit précité sera couvert par les recettes
ordinaires de l'exercice 1890-1891.
15
226 LOI
Art. 3. — La présente loi sera publiée, imprimée, exécu-
e à la dil
Commerce.
lée à la diligence du Secrétaire d'État des Finauces et du
Donné .i la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 11 septembre 1891,.
an LXXXVIII* de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D.-Jx. Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants au Port-au-Prince, le-
18 septembre 1891. an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétion Pierre-André.
Les Secrétaires,
M. Grandoit, Bk. Bissainthe,
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 22 septembre 189L
an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire des Finances et du Commercey
Stewart.
CIRCULAIRE
N" 89.
Port-au-Prince, le 11 septembre 1891, an LXX.WIir de riail(''[)en-
dance.
SECTION DU CONTROLE DES DOUANES. N" 1 :Vi
CiaCULAIRE
LE SECRETAIRE DETAT AU DEPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Finances de In Républi'iue'
Monsieur l'Administrateur,
La nécessité de ramener la comptabilité administrative,
dans toutes ses parties, à l'ordre et à la régularité qui sont
les plus sûrs fondements de toute prospérité, me fait le
devoir de vous donner les instructions qui suivent :
Vous aurez, à partir du 1" octobre prochain, à ne plus
permettre qu'il soit versé, à la succursale de la Banque de
chez vous, des valeurs pour droits approximatifs à régler à
l'importa tion, pour toutes les espèces de marchandises qui
auraient été soumises à la vérilication à la Douane de votre
port.
Les seules marchandises, pour lesquelles leurs importa-
teurs pourront continuer à jouir de cette faculté, sont celles
désignées ci-après, dont les unes sont considérées, à diffé-
rents titres, comme étant périssables, et les autres comme
pouvant, par leurnalure inflammable,devenir un danger pour
228 CIRCULAIRE
le local (le la Douane, ainsi ([uc pour toutes les autres mar-
ehandisos qui y sont abritées.
Les marchandises de Tune et de l'autre catégorie men-
tionnées plus haut, dont quelques-unes, dans l'intérêt bien
entendu du Commerce et de l'Administration, doivent
séjourner le moins possible même dans les abords de la
Douane, sont celles qui suivent :
Ail, en macornes ou en grenier;
Articles en poterie, en grenier;
Bière, en barils et en caisses ;
Cidre, en barriques ;
Ciment, en barils ;
Dames-jeannes vides, de toutes les dimensions;
Fèves, en barils ;
Figues, en barils, caisses ou paniers;
Fromage de toutes qualités ;
Harengs, en barils;
Harengs-saurs, encaisses;
Huile de kérosine inpjjjlosible, en barriques ou en caisses;
Jambon, en barils ou en caisses;
Oignons, en macornes ou en grenier ;
Pâte alimentaire, en caisse ou en panier ;
Pois à manger de toutes sortes, en sacs, caisses ou barils;
Pommes, en barils;
Pommes de terre, en paniers, caisses ou barils ;
Porter, en barils ou en caisses;
Riz, en sacs ou barils ;
Saucissons non confits, en caisses, barils ou jarres ;
Saumon, en barils ou en boquittes ;
Viande salée, en caisses ou en barils sans saumure;
Vins blancs et rouges, en barriques^ dames-jeannes ou
caisses ;
Allumettes ;
Drogues assorties ou acides pour les composer (articles
de pharmacie) ;
Esprit-devin, en barriques ou dames-jeannes ;
CIRCULAIRE 229
Essence de térébcnlhine ;
Fusées et pétards, ainsi que toutes les matièn»s non prolii-
bées et susceptibles de s'enflammer facilement.
l*our toutes les autres marchandises, vous voudrez vous
conformer strictement aux prescriptions de la loi du 1 1 sep-
tembre 1878, dont l'article l""" est ainsi conçu :
« Art. 1*'". — Les marchandises étrangères soumises au
tarif des droits d'importation répondant intégralement du
paiement de ces droits, aucun colis ne sera remis aii récla-
mant s'il ne justifie du paiement intégral au Trésor public
par bonne et valable quittance des droits y afférents. »
Accusez-moi réception des présentes instructions, que vous
communiquerez sans retard au Directeur de la Douane de
votre port, et agréez, Monsieur l'Administrateur, l'assu-
rance de ma parfaite considération.
Stewart.
J230 CIRCULAIRE
N" 90.
Port-au-Prince, le 12 septembre t8!»l, an LWWIIl'de lln(Jé
pendance.
SKCTKKN DU CONTROLE DES DOVAMCS. n" lijij
CmCULAlKK
.E SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Directeurs de!< Douanes de la Rèpuhliq^ue
Mois SIEUR le Directeur.
En conformité des instructions contenues dans ma J.etlre-
circulaire adressée, en date de ce jour, sous le n° 134, aux
Administrateurs des Finances, aux fins de fixer, une fois
pour toutes, les seules marchandises pour lesquelles leurs
importateurs pourront continuer, pour les retirer de la
Douane, à verser, au préalable, à la succursale de la Banque,
des valeurs pour droits approximatifs, instructions qui
doivent vous être communiquées sans aucun retard, je vous
invite à me faire tenir chaque semaine, par dépêche spé-
ciale, un état appuyé des doubles des bordereaux que vous
aurez dressés à la vérification des marchandises de cette
catégorie qu'on aurait fait sortir de la Douane en remplis-
sant la formalité exigée.
La remise que vous aurez faite à mon Département de ces
documents ne vous dispense nullement de lui remettre,
CIRCULAIRE 231
<îomme il doit être établi, l'état de tous les bordereaux pour
droits définitifs que vous aurez expédiés à l'Administrateur
des Finances pour être ordonnancés en recettes. — Ce
second état devant comprendre, en général, tous les bor-
dereaux définitifs qui auraient été dressés pour toutes les
marchandises vérifiées, notamment celles délivrées pai-
droits approximatifs, vous voudrez bien, contre les numéros
donnés aux bordereaux définitifs émis pour ces dernières
marchandises, placer une accolade réunissant dans ses courbes
les divers numéros des bordereaux primitifs qui avaient
permis leur sortie de la Douane par droits approximatifs.
Il va sans dire, Monsieur le Directeur, que les bordereaux
aux marchandises délivrées par droits approximatifs devront
être puisés du registre affecté aux vérifications et que cha-
cune de ces vérifications devra être signée, selon le vœu de
la loi, du réclamant ou de son agent, ainsi que de tous les
fonctionnaires de la Douane qui l'auraient opérée.
Je compte, Monsieur le Directeur, sur votre intelligente
activité pour imprimer à ce Service la direction nécessaire à
son parfait développement, et vous salue avec une haute
considération.
Stewart.
232 CIRCULAIRE
N° 01
Port-au-Pi'inco. le 18 septembre IS'.ll, an l.XXXVIIi" de l'Indépen-
dance.
SECTION DU CONTRÔLE DES DOUANES. N° 145
CIRCLlAlliE
LE SECRETAIRE DETAT AU ItKPARTEMENT DES FINANCES
ET Dl COMMERCE
Alu: Directeurs- des Douanes de la Rèp.iblique
MONSIKLI! T.E DlRECTElR,
Ayant eu lieu de remarquer que les bordereaux de droits
de Douane, émis contre les commerçants de votre place, ne
sonl pas dressés, comme le veut la loi, sur papiei- limbré,
je vous invite à ne plus permettre qu'il soit fait aucun bor-
dereau de droits sur papier libre.
Pour y parvenir, vous refuserez de signer tout bordereau
de droits dressé sur papier libre, qui vous serait présenté,
alors même que ce bordereau serait accompagné du papier
timbré du type voulu par la loi.
Il est peut-être nécessaire que je vous remette également
sous les yeux les ditîérentes taxes établies par les lois des
4 novembre 1876 et 7 octobre 1880 sur le timbre, qu'il vous
incombe, sous votre responsabilité personnelle envers le
lise, de faire observer :
CIRCULAIRE 233
LOI DU 4 NOVEMBUE 1876
Actes de Commerce. — Droits fixes
Pennis de douane, embarquement, débarquement
pour le commerce extérieur 0,05 la feuille.
Bordereau de droits 0,35 —
Rôle d'équipage de bâtiment allant à l'Étranger 0,35 —
Rôle des caboteurs 0,10 . —
Acquits à caution, permis d'un embarquement. . 0,0o —
LOI DL ' OCTOBKE d880
Sur le timbre mol)ilc
Timbre rose, connaissement à l'Intérieur 0,20 la feuille.
Timbre jaune, connaissement à réexportation 0,70 —
Espérant que ces instructions, dont vous m'accuserez
réception, recevront leur entière exécution, je vous salue,
Monsieur le Directeur, avec une parfaite considération.
S'
TKAVAlîT.
^
234 CIRCULAIRE-
N° 92.
Poi1-;iu-Prince, le I!» septejiibre 18'Jl, iiii LXXXVIll' de lliulrpcn-
dance.
SECTION DU CONTRÔLE DES DOUANES. — N" 146
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Directeurs des Douanes de la République
MONSIELH LE DIRECTEUR,
Comme complément des instructions contenues dans la
Circulaire à vous adressée, en date d'hier, au n° 145, je vous
fais celle-ci pour vous dire que vous aurez à faire consi-
gner au bas des états, appuyés dédoubles, de bordereaux, tant
à l'Importation qu'à l'Exportation, que vous aurez à me
fournir, pour la section du Contrôle des Douanes, un petit
<''tat résumant la quantité de papiers timbrés employés à la
confection des bordereaux de droits que vous aurez expé-
diés à l'Administrateur des Finances pour être ordonnancés
en recettes, en ayant soin de faire ressortir, en regard de la
quantité employée, la valeur dépensée par les réclamants à
l'acquittement de l'impôt sur les timbres.
Veuillez notei' que vous aurez aussi à faire figurer, sur le
petit état qui devra se trouver au bas de l'état à l'Exporta-
tion, la valeur formée par les timbres mobiles apposés sur
CIRCULAIRE 235
Jes coniiaissoments émis pour l'Exporlalioii, (jiii aiiraiont
■ô\é soumis à votre visa.
En vous invitant à donner communication do celle Circu-
laire, ainsi que de celle qu'elle complète, à l'Administrateur
des Finances de votre arrondissement, je vous salue, Mon-
sieur le Directeur, avec une parfaite considération.
Stewaht.
236 CIRCULAIRE
N" 03.
Port-au-Prince, le 1'» seplonihie 18!Jl. an lAXWIll- ilc liiulr'p.'n-
dance.
SECTION DU CONTRÔLE DES DOIANLS. — N° 1 iT
CIKCILAIRE
F.E SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Finances de la République
Monsieur l'Administrateur,
Appelé par vos attributions à être mieux renseigné que
la plupart des fonctionnaires de l'Administration sur les
engagements contractés par l'Etal, vous avez dfi déjà sentir
comme moi, avec le désir de remplir ponctuellement ces
engagements, la nécessité de réprimer tous les abus qui
peuvent s'opposer à l'accomplissement de votre devoir et
par lesquels on arrive à frustrer l'Etat des valeurs qui lui
appartiennent.
C'est dans ces intentions que mon département a adressé
au Directeur de la Douane de votre port les Circulaires des
18 et 19 de ce mois, aux n"' 145 et li6, dont ce fonction-
naire vous donnera communication.
Vous êtes invité, pour me permettre de contrôler l'exé-
cution des ordres que j'ai donnés par les dépêches sus-men-
tionnées, à faire consigner au bas des états que vous aurez
CIRCULAIRE 2;{7
à me fournir pour les ordonnances émises à la recotte, tant,
à l'importation (|u'à l'exportation, un petit (Hat résumant
la quantité de bordereaux de Douane au moyen des([uels
vous avez opéré la recelte et qui vous sont parvenus dressés,
comme le veut la loi, sur papier timbré. Vous aurez soin
de faire ressortir, en regard de la quantité de papiers tim-
brés employés, la valeur dépensée par les parties versantes
à l'acquittement de l'impôt dn timbre.
Comptant sur votre patriotisme éclairé, partant sur le bon
vouloir qui vous anime, assurément, de contribuer avec
mon Département au redressement de tout ce qui peut
nuire à la bonne marche du service public, je vous salue,
Monsieur l'Administrateur, avec une parfaite considéra-
tion.
StK\VA!!T.
23H LOI
N" 9'
LOI
QUI al:(;mi-:me les appointeme.\ts des fcinctio.n.n aires
ET EMPLOYÉS DU POUVOIR JUDICIAIRE
Vu l'article 69 de la Constitution ;
Considérant que la rémunération des fonctionnaires et
employés publics doit être en rapport avec l'importance des^
services qu'ils rendent et avec le rang qu'ils occupent dans-
l'État ;
Que le traitement actuel des membres et employés du
pouvoir judiciaire est bien au-dessous de ce rapport, surtout
quand on le compare à celui des fonctionnaires et employés
de l'ordre administratif;
Que cependant il n'est guère possible de compter sur une
bonne administration de la justice, si ceux qui doivent y
concourir ne sont pas mis au-dessus des besoins de chaque
jour et en mesure de se consacrer tout entiers aux impor-
tants devoirs de leurs charges, comme à ces hautes et déli-
cates études qui ne laissent point de loisir aux magistrats
soucieux de leur rôle dans la société ;
Que l'insuffisance du traitement, qui rend si difficile le
recrutement convenable des juridictions actuellement exis-
tantes, est un obstacle réel à l'établissement des cinq tribu-
naux d'appel institués par les articles 39 et 132 de la Cons-
titution dans les départements du Nord, du Nord-Ouest, de
l'Artibonite, de l'Ouest et du Sud ;
Que les Pouvoirs publics, qui n'ont pas le droit d'éluder
l'exécution de ces textes conditionnels, doivent lever l'obs-
tacle en accordant aux magistrats une rémunération sufti-
sante ;
LOI 239
La Chambre dos Représentants a proposé.
Et le (^orps législatif a voté la loi suivante :
Art. 1"^ — A partir du 1"' octobre de cette année, les
fonctionnaires et employés de l'ordre judiciaire seront rétri-
bués conformément au tableau ci-annexé :
TABLEAU
Tribunal de Cassation de la Répiildir/ue
1 Président P. 250
1 Vice-président 210
12 Jugées, à P. 200 chacun 2 . 400
1 Greffier 100
2 Commis-gTefïïer, à P. 70 chacun 140
2 Huissiers-audienciers, à P. 40 chacun 80
1 Hoqueton 17
Parquet de ce tribunal
1 Commissaire du Gouvernement 250
2 Substituts, à P. 200 chacun 400
1 Commis du Parquet. 80
TRIBUNAUX CIVILS
Tribunal civil de Port-ati-Prinee
1 Doyen 225
3 Juges, d'instruction, à P. 180 chacun 540
5 Juges, à P, 160 chacun 800
2 Suppléants de service, à P. 80 chacun 160
1 Grether 90
7 Commis-grefTiers, à P. 60 chacun. 420
3 Huissiers-audienciers, à P. 30 cliacun 90
1 Hoqueton 16
Parquet de ce tribunal
1 Commissaire du Gouvernement 225
3 Substituts, à P. 180 chacun 540
3 Commis, à P. 60 chacun 180
1 Hoqueton 16
no
LOI
Tribunaux civils du Cap-IIatlien, des Gouaices^ de Jacrnel
des Cayes et de Jérémie
5 Doyens, à P. 200 chacun 1 .000
0 Jug-es d'instruction, à P. 160 cliacun 9(10
10 autres Juges, à P 150 chacun 2.400
o Suppléants de service, à P. 75 chacun 375
5 Greffiers, à P. 75 chacun ;37o
13 Commis-greffiers, à P. 50 chacun 650
6 Huissiers-audienciers, à P. 25 chacun 150
5 Hoquetons, à P. 16 chacun 80
Parquets de ces tribunaux
5 Commissaires du Gouvernement, à P. 200 chacun . 1.000
6 Substituts, à P. 150 chacun 900
6 Commis, à P. 75 chacun i50
5 Hoquetons, à P. 16 chacun 80 .
Tribunaux de Port-de-Paix, de Saint-Marc, d'Aquin
el de VAnse-à- Veau [Civil)
4 Doyens, à P. 160 chacun 640
4 Jnges d'instruction, à P. 120 chacun 480
12 autres Juges, à P. 110 chacun 1.320
4 Suppléants de service, à P. 56 chacun 224
4 Greffiers, à P. 56 chacun 224
8 Commis-greffiers, à P. 40 chacun 320
4 Huissiers-audienciers, à P. 20 chacun 80
4 Hoquetons, à P. 16 chacun 64
Parquets de ces tribunaux
4 Commissaires du Gouvernement, à P. 160 chacun. 640
4 Substituts, à P. HO chacun 440
4 Commis, à P. 56 chacun 224
4 Hoquetons, à P. 14 cliacun 56
TRIBUNAUX DE COMMERCE
Tribunal de Commerce de Port-au-Prince
1 Greffier
2 Commis-greffiers, à P. 40 chacun.
80
80
LOI 241
l Huissier-audiencier ïlO
1 Hoquèton 16
Tribunaux de Commerce du Cap-Haïtien^ Gonaîves, CayeSy
Jacmel^ Jérémie
5 Greffiers, à P. 60 chacun 300
0 Commis-greffiers, à P. 30 chacun 150
o Huissiers-audienciers, à P. 20 chacun 100
5 Hoquetons, à P. 16 chacun 80
TRIBUNAUX DE PAIX
Port-au-Prince
2 Juges de paix, à P. 120 chacun 240
2 Suppléants de service, à P. 60 chacun 120
2 Greffiers, à P. 60 chacun 120
2 Commis-greffiers, à P. 2o chacun 50
2 Huissiers-audienciers, à P. 15 chacun 30
2 Hoquetons, à P. 10 chacun 20
Cap-Haïtien^ Gonaîves, Jacmel, Cayes et Jérémie
5 Juges de paix, à P. 90 chacun 450
5 Suppléants de service, à P. 45 chacun 223
5 Greffiers, à P. 43 chacun 225
3 Commis-greffiers, à P. 24 chacun 120
5 Hoquetons, à P. 8 chacun. -^ 40
Port-de-Paix, Saint-Marc, Miragonne, Aquin, Anse-à-Veai',
Anse-d' HainauU
6 Juges, à P. 80 chacun 480
•6 Suppléants de service, à P. 40 chacun 240
6 Greffiers, à P. 40 chacun 240
6 Hoquetons, à P. 10 chacun 60
Fort-Liberté, Grande- Rioière^ Trou, Saint-Michel de l'Atalaye^
Dessalines, Petite- Rivière-de-C Artibonite, Mirebalais, Léogane^
Petit-Goâve, Coteaux, Hinche.
11 Juges, à P. 60 chacun 660
11 Suppléants de service, à P. 30 chacun 330
11 Grelfiers, à P. 30 chacun 330
M Hoquetons, à P. 6 chacun 66
16
2i2 i^oi
Pétion-Ville, Croix-des-Bouquets, ThomazeaUy Arcahaie, Grand-
Goâve, Dainel, Marigot, Côles-de-Fer, Sallrau, Grand-Gosier,
Petile-Rivière-de-Nippes, Baradères, Abricots, Corail, Peslel,
Dame-Marie, Tiburon, Saint-Louis-du-Sud, Cavaillon, Les
Anglais, Port- à- Piment, Chardonnières, Port-Salut, Torbeck,
Grand-Bois, Las-Gahobas, Terre-Neuve, Gros-Morne, Ennery,
Verrettes, Grande-Saline, Marmelade, La Chapelle, Maïssade,
Milot, Acul-du-Nord, Plaine-du-Nord, Quarlier-Morin, Limo-
nade, Sainte-Suzanne, Terrier-Rouge, Cerca-la-Source, Vallière,
Caracol, Carice, Dondon, Saint- Raphaël, Ranquitte, Ouana-
minthe. Perches, Acul-Samedi, Limaé, Plaisance, Pilale,
Borgne, Port-Margot, Anse-à-Voleur , Sainl-Louis-du-Sud,
Môle - Saint- Nicolas, Jean-Rabel, Bombardopolis, Baie-de-
Hanne, Ville-Bonheur, Cabaret, Thomonde, Thomassico, Anse-
Rouge, Pignon, Ferrier-Lassale , Mont-Organisé, Petit-Bourg
de Port-Margot, Port-à-VÉcu, Belladaire, Grand-Bassin, Baie-
des- Mous tiques, La Tortue, La Cahouane, Petit-Trou de Nippes.
78 Juges de Paix, à P. 56 chacun P. 4.368
78 Greffiers, à P. 28 chacun 2.18i
78 Suppléants de service, à P. 28 chacun 2.184
78 Hoquetons, à P. 6 chacun 468
Art, 2. — La présente loi qui abroge l'article 6 de celle
(lu 30 juillet 1877 sera publiée et exécutée à la diligence des
Secrétaires d'État de la Justice et des Finances, chacun en
ce qui le concerne.
Donné à la Maison nationale du Sénat, ce jour 17 septembre 18'Jl,
an LXXXVllI" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D.-Jn. Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants, ce jour 18 septembre 18;H,
an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétion Pierre-André.
Les Secrétaires,
M. Grandoit, Br. Bissainthe,
LOI 243
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à PorL-au-Princc. lé 22 septembre 1891,
an LXXXVllI' de l'Indépendance.
Hyppoliïk.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce^
STEWAnX.
Le Secrétaire d'Etat de la Justice,
C. Archin.
^U LOI
JS" 95.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu le contrat passé sous la date du 29 juillet 1890, enfre
le Secrétaire d'État de l'Intérieur et M. Alfred Deetjen, pour
l'établissement d'une usine pour la fabrication du savon au
Cap-Haïtien,'
A proposé,
lEt le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. 1". — Est approuvé et sanctionné avec les modili-
cations des articles 1, 3, 5, 6 ci-dessous, le contrat ci-
dessus cité, accordant à M. Alfred Deetjen le privilège exclu-
sif, pendant une durée de quinze ans, d'établir, dans la ville
du Cap-Haïtien, une usine pour la fabrication du savon de
ménage :
« Art. l"'. — Le sieur Alfred Deetjen s'engage, dans l'es-
pace d'une année, à partir de la date de la sanction du pré-
sent contrat, à établir, dans la ville du Cap-Haïtien (dépar-
tement du Nord), une usine pour la fabrication du savoîi,
et cette usine réunira tous les avantages que comporte
l'exploitation de cette industrie à l'Étranger ; passé ce délai
d'un an et faute par lui de remplir cet engagement, il sera
déchu, de plein droit, de la concession.
« Art. 3. — Les matériaux pour bâtisses, machines,
matières premières indispensables pour la manufacture de
savon, telles que suif de bœuf, carbonates de potasse et de
soude, huile, résine, alcali, emballages et articles néces-
saires à la fabrication et livraison du savon et ne devant
LOI 245 •
servir à d'autres usages, entreront francs de droits dans la
Douane du Cap-Haïtien. Pour la vente de ses produits, le
concessionnaire est assimilé à un négociant-consignataire
étranger, pour ce qui concerne le droit de patente et des
impositions directes.
« Des avis de rAdministrateui' des Finances du Cap-
Haïtien, insérés au Journal Officiel et renouvelables selon
les progrès de l'industrie en question, fixeront tant la nature
que la quantité des matériaux à atîranchir.j
« Les contestations qui peuvent s'élever à ce sujet entre
le fabricant et l'administrateur seront connues et tranchées
p;ip le Conseil des Secrétaires d'Etat.
'< Le concessionnairQ sera tenu de faire aboutir, tous les
six mois, à l'Administrateur desTinances du Cap-Haïtien, le
relevé certifié 'en double des quantités énoncées en poids de
savon livré au commerce, à la responsabilité de celui-ci de
le faire acheminer au département des Finances pour être
publié dans le Journal Officiel; sans cette formalité, aucun
affranchissement de droit ne! sera effectué en faveui- de la
t:>l)rique.
« Art. 5. — A l'expiration de la durée ci-dessus mentionnée,
s'il ne convenait pas au sieur A. Deetjen de continuer à
bénéficier des clauses de la présente concession, en cas que
le Gouvernement veuille acheter les usines en question, sur
le désir exprimé par le concessionnaire de s'en défaire, la
préférence de cette acquisition sera accordée au Gouverne-
ment.
« En cas de renouvellement du contrat, après les quinze
années sus-fixées, il sera prélevé 10 0/0 sur les bénéfices
nets de l'entrepreneur, contrôlés par un agent de l'Exécutif.
« Art. 6. — Il est facultatif au concessionnaire de trans-
férer, s'il y a lieu ; mais la personne qui accepte ce transfert
doit être agréée par le Gouvernement. »
Article 6 du contrat devenu article 7 :
(( Art. 7. — Et pour l'exécution du présent contrat, les
parties élisent domicile : le Ministre intérimaire de l'Intérieur
246 LOI
au départomonl ilc l'Iiit('riciir, et M. A. Dootjen chez un
notaire, quinze jours après le vote du contrat. »
Art. 2. — La présente loi h laquelle sera annexé ledit
contrat avec les clauses et conditions telles qu'elles ont été
notées, sera exécutée à la diligence du Secrétaire d'Etat de
l'Intérieur.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le. 18 sep-
tembre 1891, an LXXXVIIT" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat^
D.-Jn. Louis.
Les Secrétaires^
A. Roland, Cadestin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants, au Port-au-Prince, le
21 septembre 1891, an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétion p. -André.
Les Secrétaires,
M. Ghandoit, Br. Bissainthe.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps légis-
iaiif soit revêtue du sceau de la République, imprimée, publiée
et exécutée.
Donnéau Palais national, à Port-au-Prince, le 23 septembre 1891,
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Hyppolite,
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat de V Intérieur par intérim^
C. Archin.
CONTRAT 247
COATKAT
Entre M. Daiitès-S. Rameau, secrétaire d'Etat au départe-
ment de rinstruction publique, chargé du portefeuille de
l'Intérieur, agissant pour l'Etat, eu vertu d'une délibération
du Conseil des Secrétaires d'Etat, en date du
d'une part ;
Et M. Alfred Deetjen, sujet dominicain, demeurant à Santo-
Domingo, domicilié à Port-au-Prince, de l'autre part;
Il a été convenu et arrêté ce qui suit, sauf la sanction du
Corps législatif :
Art. 1". — Le sieur Alfred Deetjen s'engage, dans l'es-
pace de deux années, à partir de la date de la sanction du
présent contrat, à établir dans la ville du Cap-Haïtien
(département du Nord) une usine pour la fabrication du
savon, et cette usine réunira tous les avantages que com-
porte l'exploitation de cette industrie à l'Etranger; passé ce
délai de deux ans, et faute par lui de remplir cet engcige-
ment, il sera déchu de plein droit de la concession.
Art. 2. — Le Gouvernement de la République accorde à
M. Alfred Deetjen le privilège exclusif d'exploiter cette
industrie dans le département du Nord, pendant quinze
années consécutives, à compter du jour de la susdite sanc-
tion, aux clauses et conditions suivantes :
Art. 3. — Les matériaux pour bâtisses, machines, matières
premières, indispensables pour la manufacture de savon,
telles que suifs de bœuf, carbonates de potasse et de soude,
huile, résine, alcali, emballage et articles nécessaires à la
fabrication et livraison du savon et ne pouvant servir à
d'autres usages, entreront francs de droits dans la douane du
248 CONTRAT
Cap-Haïtien, cl le concessionnaire sera exempt de loiit droit
de patente, ainsi que de tout autre impôt, droit locatif, en ce
qui concerne l'objet de la présente concession pendant les
quinze années consécutives de sa durée.
Art. 4. — Il ne sera employé dans l'usine qu'un tiers
d'ouvriers étrangers. — Toute contestation qui pouiiait se
soulever entre le Gouvernement et le concessionnaire, en ce
qui concerne une ou plusieurs clauses qui font l'objet du
présent contrai, r sera réglé par des arbitres nommés en égal
nombre de part et d'autre, et ceux-ci pourront nommer un:
tiers arbitre pour les départagerj au besoin, et leur déci-
sion sera sans appel, et aucune des parties contractantes ne
pourra, n aucun cas, "nterjeter appel, faire opposition, se
pourvoir en cassation, ni revenir d'aucune manière sur leur
décision. Toute intervention diplomatique est interdite.
Art. 5. — Il est facultatif au concessionnaire de transférer,,
s'il y a lieu.
Art. (3. — Et pour l'exécution du présent contrat, les
parties élisent domicile: le Ministre intérimaire de l'Inté-
rieur, au Ministère de l'Intérieur; et le sieur Alfred Deetjen,.
à la Légation dominicaine, en cette ville.
Fait en double, au Port-au-Prince, le 2G juillet 1890, an LXXXVll'
de l'Indépendance.
D.-S. Rameau.
A. Deetjen.
ARRÊTÉ 249
N" 97.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vil l'article 63 de la Constitution;
Attendu qu'il y a nécessité urgente de réunir le Corps légis-
latif avant l'époque fixée par le Pacte Fondamental et ce,
pour pouvoir obtenir de Lui les mesures financières que
réclame le bien de la République ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A arrêté et arrête :
Art. V. — Le Corps législatif est convoqué à l'extraordi-
naire pour la date du lundi 5 octobre courant.
Art. 2. — Le présent Arrêté, qui sera signé de tous les
Secrétaires d'Etat, sera imprimé, publié et exécuté à la dili-
gence du Secrétaire d'Etat de l'Intérieur.
Donnéau Palais national de Port-au-Prince, ce jour 3 octobre 1891 ,
an LXXXVIIl' de l'Indépendance.
;' [Hyppolite.
Par le Président:
Le Seo'étaire d'Etat de la Justice et des Relations Extérieures,
chargé par intérim du portefeuille de V Intérieur,
G. Archin.
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce,
Stewart.
Le Secrétaire d'État de la Guerre et de la Marine,
M. Montasse.
Le Secrétaire d'Etat de l'Instruction Puhlique et des Cultes,
P. -M. Apollon.
Le Secrétaire d'État des Travaux Publics et de V Agriculture,
D.-Jn. Joseph.
230 LOI
i\'° 98.
LOI
QUI ÉTABLIT Al MINISTÈRE DES FINANCES ET DU COMMERCE
UN BUREAU DITNSPECTION GÉNÉRALE ET DE CONTROLE DES
FINANCES ET DES DOUANES DE LA RÉPUBLIQUE
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 69 de la Constitution ;
Considérant que les ressources financières de la République
proviennent, en majeure partie, de ses Douanes; qu'il importe,
dès lors, d'exercer un contrôle sérieux sur le versement des
droits de Douanes tant à l'importation qu'à l'exportation, et
-d'en surveiller soigneusement le recouvrement;
Considérant que l'examen des pièces documentaires reçues
dés Consuls et des Administrations financières, comme le
prescrit la loi du 25 septembre 1885, est insuffisant pour
établir ce contrôle et empêcher les intérêts du fisc d'être
frustrés sur la quantité, la qualité et le poids des marchan-
dises déclarées aux manifestes des navires ;
Considérant que, pour prévenir, dans ce cas, la fraude
et sauvegarder efficacement le fisc, il faut, non seulement
suivre la marchandise du jour de son départ du port d'em-
barquement à celui du versement des droits à la Banque
nationale d'Haïti, mais pouvoir encore atteindre les délin-
quants par un contrôle de visu et le plus souvent inattendu ;
Considérant que l'exportation exige aussi un contrôle spé-
cial et sévère ;
Considérant que l'article 89 de la loi du 29 juillet 1858 sur
l'Administration et la Direction des Douanes rend facultatif
au Gouvernement l'établissement d'une Inspection générale
des Douanes ;
LOI 251
Considérant que celle inspection et ce contrôle ne peuvent
(jue faciliter la lâche si grande et si sérieuse de la (Jliambre
des Comptes qui doit, dans un rapport annuel aux Chambres
législatives, dire son dernier mot sur les recettes et I(>s
dépenses de la Républi(|ue ;
Sur le rapport du Secrétaire d'L^lat des Finances et du Com-
merce,
Et de Tavis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A proposé,
Et le Corps législatif a voté la loi suivante :
Aht. T'. — Il est établi à la Secrétairerie d'Etat des
Finances et du Commerce, sous les ordres du chef de ces
Départements, un bureau de Contrôle et d'Inspection générale
des Finances et des Douanes de la République.
Art. 2. — Ce bureau se compose de quatre inspecteurs
généraux, de deux inspecteurs de 1'" classe, de sept comp-
tables, d'un employé afl'ecté à la Statistique et de trois employés
expéditionnaires.
Le Secrétaire d'Etat des Finances désigne un des inspec-
teurs généraux comme chef du bureau d'Inspection et de
Contrôle.
Art. 3. — Les inspecteurs composant ce bureau sont cons-
tamment aux ordres du Secrétaire d'Etat des Finances pour
les missions que ce grand fonctionnaire peut avoir à faire
remplir.
Ils sont tenus, en outre, sur la désignation du Secrétaire
d'État, de faire tous les mois, ou pour le moins tous les deux
mois, à tour de rôle, une visite d'inspection et de contrôle,
dans chaque département, aux différentes Administrations
et Douanes de la République.
Art. 4. — En arrivant dans une localité, l'inspecteur qui
est délégué est le représentantdu Secrétaire d'Etat des Finances
et du Commerce. II a, sous ses ordres, tous les fonctionnaires
relevant de ces deux départements. Il examine les compta-
bilités de l'Administration et de la Douane en les comparant.
Il constate si les droits dus^ à l'Etat ont été ordonnancés et
252 LOI
versés à la Banque ; il assiste aux vérificalions et indique la
taxe à payer ; il examine la complabilité des payeurs, des
préposés d'Administrations, des bureaux, du Timbre, des
directeurs et receveurs de l'Enregistrement, des conservateurs
des Hypothèques, des agents administratifs des Ports oii le
droit d'échelle est établi ; il constate si les sommes provenant
des greffes, du Service des Domaines, de la vente des timbres
mobiles et de postes, et, en général, de toutes les branches
de recettes de la République, sont versées régulièrement à
la Banque ou dans ses agences, par les administrateurs et
fonctionnaires à ce préposés.
A son retour à la Capitale, l'inspecteur adresse au Secrétaire
d'Etat des Finances et du Commerce un Rapport détaillé sur
la marche du service dans les différentes branches d'admi-
nistration soumises à son contrôle et sur les aptitudes des
fonctionnaires et employés relevant de ces départements.
Art. 5. — Ceux des inspecteurs qui ne sont point en
tournée contrôlent, à la Secrétairerie d'Etat, les pièces docu-
mentaires reçues des Consuls et des diverses Administra-
tions, comparent les manifestes de bord accompagnés de
connaissements et les factures consulaires avec les mani-
festes dressés par les interprètes ; vérifient les bordereaux
de Douane, signalent au Moniteur, sous forme d'avis du
Département des Finances, les erreurs et fraudes commises.
11 font ouvrir par les comptables un compte courant où
chaque Administration des Finances est débitée du montant
mensuel des bordereaux reçus de la Douane et créditée des
sommes ordonnancées et versées, chaque mois, à la Banque,
d'après les talons reçus des administrateurs.
Ils comparent les écritures de ce compte courant avec les
extraits, remis au commencement de chaque mois par les
administrateurs et les directeurs de Douanes, d'un livre de
même nature, oii chaque importateur est séparément débité
du montant détaillé des droits dus à l'Etat sur toutes les
marchandises importées dans le courant du mois précédent
et crédité du montant de ces droits versés à la Banque, selon
LOI "253
les récépissés dûment visés soumis à rAclministrutonr des
Finances et déposés à la Douane avant ronlèvement dos
marchandises.
Ils surveillent le travail de statistique et exigent la remise
mensuelle des états des droits locaux.
Art. 6. — En cas de réclamation sur les droils de
Douanes à prélever, le bureau de l'Inspection et du Con-
trôle prononce en dernier ressort et iixe la taxe applicable
qu'il généralise en la rendant, par circulaire, uniforme dans
toutes les Douanes de la République.
Art. 7. — Pour le contrôle d'exportation, les directeurs
des Douanes expédient au bureau de l'Inspection générale
le manifeste de sortie de chaque navire, steamer ou voilier
avec les marques, quantité, qualité des denrées embarquées,
et le montant des droits payés. Pour cela, ils exigent des
capitaines des voiliers, selon les dispositions de l'article 80
de la loi du 13 juillet 1858, ainsi que des agents de stea-
mers, la présentation des connaissements et manifestes de
ces navires, connaissements et manifestes qu'ils viseront
avant la remise de la carte de sortie ; et le capitaine ou
l'agent de Compagnie qui aura refusé de se soumettre à cette
obligation ou essayé de s'en affranchir d'une manière quel-
conque, sera passible d'une amende de 1.000 piastres, or
américain, dont l'exportateur, le consignataire et l'agent de
la Compagnie seront solidairement responsables envers la
caisse publique.
Art. 8. — Les consuls d'Haïti à l'Etranger doivent éga-
lement remettre par chaque packet, au Secrétaire d'Etat des
Finances, pour le bureau du Contrôle, les manifestes des
navires expédiés de tous les ports d'Haïti, manifestes dressés
et publiés dans les journaux par les courtiers maritimes sur
les connaissements, avec marques, quantités, qualités et
poids des denrées embarquées.
Art. 9. — Le bureau d'Inspection et de Contrôle compare
les manifestes de sortie reçus des Douanes avec les niiini-
festes d'arrivée au port de destination, signale les ditîérences
Toi LOI
OU fraudes au Monilrur par avis do la Socrétairerie d'Ktat
des Finances et demande, s'il y a lieu, au Secrétaire d'État,
de faire dresser des ordonnances de receltes contre les délin-
quants, nonobstant les peines qui pourraient ètn^ infligées
aux fonctionnaires coupables.
Art. 10. — Le bureau d'Inspection et de Contrôle est tenu
de dresser et de l'emettre, tous les trois mois, au Secrétaire
d'Etal, pour être publiés au Moniteur^ les états trimestriels
des droits locaux au rendement des Douanes, avec valeur
des importations par nationalité et un état séparé conte-
nant le rendement des autres impots, tels que droits de
timbre, d'enregistrement et d'hypothèque, produits des
domaines et des greffes, etc.
A la fm de l'année budgétaire, il résume, dans un seul
état, toutes les recettes de l'année, et le fait également
publier au Moniteur.
Art. il. ' — De même que pour les recettes, le bureau
d'Inspection exerce à la Secrétairerie d'Etat des Finances, le
haut contrôle et la surveillance sur la comptabilité de
chaque Administration financière pour ce qui est des
dépenses. A cet effet, il exige les états mensuels des
dépenses, recueille tous les renseignements nécessaires, et
dresse, tous les trois mois, l'état trimestriel des dépenses
qu'il remet au Secrétaire d'Etat des Finances pour être
inséré dans le Moniteur.
A la fin de l'année budgétaire, les dépenses générales de
la République sont aussi résumées dans un seul état qui
est rendu public par la voie du Journal Officiel.
Akt. 12. ~- Les inspecteurs généraux reçoivent mensuel-
lement :
Chacun P. ioO
Les inspecteurs de X"^ ordre, chacun ^00
Les comptables, chacun 150
L'employé à la statistique 125
Les employés expéditionnaires, chacun 50
LOI 253
Art. 13. — Les inspecteurs recevi-ont, en outre, pour frais
de tournée, une indemnité qui varie de 50 à 100 piastres
par mois, suivant l'importance et la durée de la tournée.
Art, 14. — Le Service d'Inspection générale et de Con-
trôle est placé sous la surveillance immédiate des chefs de
division aux départements des Finances et du Commerce.
Art. 15. — La présente loi abroge toutes lois ou disposi-
tions de loi qui lui sont contraires, notamment la loi du
25 septembre 1885. Elle sera exécutée à la diligence du
Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce.
Donné à la Gliambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
14 septembre 1891, an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Le Président de ta Chambre,
Pétion p. André.
Les Seet^étaires,
M. Grandoit, Br. Bissainthe.
Donné à la Maison nationale du Sénat, à Port-au-Prince, le
29 septembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat ^
D. Jx. -Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robert.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 29 sep-
tembre 1891, an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce,
Stewart.
256 LOI
N" 99.
L0[
Hyppolite, président d'Haïti,
Considérant que l'insuffisance des moyens de la commune
des Gayes ne lui permet pas de créer des établissements
d'utilité publique réclamés dans l'intérêt de la population de
cette intéressante cité;
Vu l'article 72 de la loi du 6 octobre 1881 ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice et des
Relations Extérieures, chargé par intérim du portefeuille
de l'Intérieur ;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A proposé,
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. 1*'. — La commune des Cayes est autorisée à con-
tracter, aux conditions les plus avantageuses, un emprunt
de cent mille gourdes (G. 100. OOU), dont les intérêts seront
garantis par le Gouvernement, lesquelles valeurs seront
employées à créer les établissements d'utilité publique sus-
<lits dont le besoin se fait vivement sentir.
Art. 2. — Ces établissements se borneront à Térection,
dans cette ville, d'un marché public, d'un Hôtel communal
et d'une distribution d'eau, sous la réserve expresse que le
contrat à intervenir soit approuvé par le Conseil communal,
ai que ledit contrat soit soumis à la haute sanction du Pou-
voir exécutif.
Art. 3. — La présente loi sera exécutée à la diligence
LOI 2o7
des Secrétaires d'Etat de l'Intérieur et des Finances, chacun
en ce qui le concerne.
Donné ù la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
26 septembre 18U1, an LXXXVIII» de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre^
Pktiox Pieuue-Andrk.
Les Secrétaires,
M. GnANDon, Br. Bissaixthe.
Dunné à la Maison nationale, à Port-au-Prince, le 28 sep-
tembre 1891, an LXXXVlll" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D.-Jn. Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robeht.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée ^
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, h; 29 septembre 1891,
an LXXXVlll" de l'Indépendance,
H
YPPOLITE.
Le Secrétaire d'Etat de la Justice, chargé par intérim
du portefeuille de l'hitérieur^
C. Ahchin.
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce,.
Stewart.
258 CIRCULAIRE
N° 100.
Port-au-Prince, le H septembre 1891, an LXXXVIlI'de llndépen-
dance.
SECTION DES FINANCES. N° 49
CIRCILAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ETAT AU DEPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Finances de la République
Monsieur l'Administrateur,
Au 1'^'' octobre prochain commencera l'exercice 1891-1892.
Le service des différents bureaux placés sous vos ordres doit
se faire de manière à assurer désormais la régularité dans
les opérations de l'Administration financière de la Répu-
blique. Ce résultat peut être facilement obtenu par l'obser-
vance rigoureuse, dans ces bureaux, des lois et règlements
actuellement en vigueur.
Les recettes générales, telles qu'elles figurent au budget
des voies et moyens, sont les seules ressources qui per-
mettent à l'Etat d'acquitter les dépenses publiques réguliè-
rement autorisées par le Corps législatif; il importe qu'elles
soient intégralement recouvrées en leur temps.
Droits de Douanes. — Jusqu'ici, les droits tant à l'importa-
tion qu'à l'exportation ont constamment mérité votre atten-
CIRCULAIRE 259
tion; mais, dans bien dos Douanes, nos lois fiscalos ne sont
pas observées dans leurs prescriptions comme elles devraient
l'être. Je suis convaincu que leur exécution assurerait, à la
lin de chaque exercice, une plus-value de nos recettes. C'est
à vous qu'il appartient, en votre qualité de représentant du
chef du Département des Finances, de veiller à ce que les
intérêts de l'Etat, sous aucun prétexte, ne soient frustrés.
Vous y parviendrez certainement si, en exigeant que les
fonctionnaires et employés de la Douane de votre port rem-
plissent consciencieusement leurs devoirs, vous vous efforcez
de justifier la confiance du Gouvernement,
Papiers timbrés. — Cette branche de recettes, qui est d'une
importance absolue, laisse beaucoup à désirer. Dans les
derniers temps, le Département des Finances a eu à consta-
ter des déficits considérables dans les caisses des agents pré-
posés à la vente des papiers timbrés. Cela tient à l'inexécution
de la loi sur la matière. Si le Service était fait régulièrement,
le montant des ventes effectuées serait versé dans le délai
prescrit, et ces déficits, qui remontent à plusieurs années,
n'auraient pas atteint le chiffre total de G. 36.296,78.
Pour empêcher que de pareils faits ne se reproduisent,
j'ai décidé qu'une Commission formée du commissaire du Gou-
vernement, du doyen du Tribunal civil, du magistrat com-
munal, du commandant de la place, et présidée par vous,
vérifiera chaque mois la caisse du Timbre de votre arron-
dissement et vous adressera ensuite son rapport, dont vous
m'enverrez une copie certifiée, avec vos observations s'il y a
lieu. Il arrive que vous m'adressez quelquefois des ordon-
nances de recettes et de dépenses qui ne sont pas accompa-
gnées des timbres exigés. Cela ne doit plus se renouveler,
étant préjudiciable aux intérêts du fisc.
Timbres mobiles. — Sur tous les effets de commerce, ainsi
le prescrit la loi du 7 novembre 1880, doivent être apposés
des timbres mobiles. Ces formalités, dans bien des communes
260 CIRCULAIRE
de la République, ne sont pas remplies religieusement, et on
se croit le plus souvent autorisé à s'en atïVanchir, Il peut
y avoir là des recettes au-dessus de la prévision budgétaire.
Pénétrez-vous bien des prescriptions de cette loi, et prenez
vos dispositions pour que les fraudes constatées soient rele-
vées et les contrevenants frappés des pénalités qui y sont
édictées.
Bipiis domaniaux. — Depuis peu, les droits de fermage ne
sont point recouvrés par le fait de l'incurie des fonction-
naires appelés à en ordonner la prescription. C'est là une
recette qui ne doit pas être négligée et dont le rendement
peut atteindre un chiffre très élevé. N'oubliez pas que la loi
vous charge spécialement de ce Service.
EnregistrentPiit. — Dans certains points de la République,
les droits d'enregistrement ne sont pas versés à la Caisse
publique dans le délai voulu. C'est ainsi que, tout récem-
ment, un directeur de l'Enregistrement ne s'est décidé à
régler la valeur encaissée pour compte de l'Etat, depuis
plusieurs mois, que sur l'ordre formel de mon Département.
A l'avenir, ceux qui se trouveront dans ce cas seront dénon-
cés à la justice pour être poursuivis conformément à la loi,
sans préjudice des mesures administratives que pourra prendre
le Département.
Produits des gi'cfffs. — Il y aà constater que cette branche
de recettes est complètement abandonnée, quand, en réalité,
elle peut donner des résultats très satisfaisants. Je vous
invite, en conséquence, à vous en occuper très sérieusement.
Recettes diverses. — Sous cette dénomination sont ordon-
nancées et encaissées des valeurs non comprises dans la caté-
gorie des recettes sus-parlées. Je citerai, pour exemple, les
sommes revenant à l'Etat dans le produit des ventes à la
criée publique. C'est pour moi l'occasion de vous dire que,
CIRCULAIRE 261
depuis des années entières, vous n'avez ordonne le règle-
ment d'aucune recette de cette nature.
Passons maintenant aux dépenses et à la comptabilité.
Émission cV ordonnances de dépenses. — Les ordonnances
doivent être appuyées de toutes les pièces justificatives qui
seules en garantissent la validité; ces pièces doivent ètic
énoncées en toutes lettres dans le libellé de l'ordonnateur
qui est appelé à observer les chapitres et les sections du bud-
get pour le classement des dépenses, (l demeure entendu
que je placerai sous votre responsabilité personnelle toute
émission d'ordonnances faite après l'épuisement des alloca-
tions budgétaires.
Pensions. — Appointements. — Indemnités. — Des états
nominatifs sont dressés mensuellement pour le paiement des
pensions, appointements et indemnités. Vous avez pour mis-
sion de veiller à ce qu'aucune valeur n'y figure si le nom de
l'ayant droit n'est porté en regard de la somme à dépenser.
En cas de nomination d'un pensionnaire à une charge, ou de
son décès constaté, de mort ou de démission d'un employé,
vous devez m'en donner avis dans les vingt-quatre heures
au plus tard.
Locations. — Les valeurs payées chaque mois sous cette
rubrique ne peuvent être augmentées. C'est bien à tort que
certains fonctionnaires pensent que le Département des
Finances peut leur accorder un chiffre plus élevé que celui
alloué pour location de leurs bureaux. A moins d'une néces-
sité absolue reconnue par mon Département, je tiens à rester
dans les limites des allocations do mon budget.
Fournitures de bureau. — Je n'entends pas qu'il soit porté
à des prix autres que ceux généralement connus des articles
revenant à votre Administration et aux bureaux qui en
relèvent.
262 CIRCULAIRE
Lorsqu'il s'agit d'acquisition de fournitiii'cs à faire j)our
compte de l'Etat, vous pouvez, avec mon autorisalion préa-
lable, vous dispenser des formalités du concours quand le
chiffre à dépenser ne dépasse pas 1000 gourdes ; dans ce cas,
il vous est enjoint de procéder au mieux des intérêts du fisc,
en cherchant à obtenir ces fournitures à des prix réellement
réduits. Pour une valeur plus élevée, le concours est exigible.
Matériel. — Chaque semaine, je reçois des demandes de
matériel des préposés d'Administration. Je ne puis pas croire
qu'il n'existe pas d'articles de matériel dans les bureaux
administratifs des communes. H y a plutôt lieu de penser
que MM. les préposés désirent changer ceux qui sont actuel-
lement à leur service. Fournie mettre à même de contrôler
ces demandes, vous m'enverrez un état du matériel des
bureaux de votre circonscription financière, avec mention
des objets qui manquent et de ceux dont la réparation est
nécessaire.
Visa des feuilles. — Service de paiement. — Suivant les
dispositions de l'Arrêté de Son Excellence le Président d'Haïti,
en date du 24 juillet expiré, le Service de paiement se fera
comme par le passé. A partir du mois prochain, vous repren-
drez en vos bureaux le travail du visa des feuilles, lesquelles
doivent vous être présentées dans les conditions les meil-
leures de régularité, c'est-à-dire revêtues de toutes les signa-
tures exigées pour être visées et présentées ensuite à l'ac-
quittement. Le payeur est tenu de se trouver en son bureau
aux heures réglementaires, aJin de donner pleine et entière
satisfaction aux porteurs de ces etTets, dès la réception des
chèques, pour le paiement des pensions, appointements,
indemnités, solde, ration, etc. Aussi bien que la caisse du
Timbre, la commission sus-parlée vérifiera la caisse du payeur
de votre arrondissement, le premier de chaque mois.
Elle se rendra compte des valeurs reçues, des effets payés
au moyen de ces valeurs et de la balance existant en caisse.
CIRCULAIRE 263
Les irrégularités constatées me seront signalées immédia-
tement.
Comptabilitc . — A la date de ce jour je vous ai adressé
une Dépêche-circulaire relativement à ce service; je vous
confirme les instructions qui y sont contenues. Suivant les
règlements de l'Administration, ainsi que je vous l'ai dit, les
livres seront arrêtés au 30 septembre et ouverts à nouveau
au 1" octobre. Il existera certainement, après le 30 sep-
tembre, des valeurs à recouvrer et des dépenses à effectuer ;
des écritures supplémentaires seront passées pour ces opé-
rations et seront arrêtées définitivement au 31 décembre. A
cette date, vous dresserez, pour m'être acheminé, un état
général de toutes les ordonnances émises par votre Adminis-
tration au compte de l'exercice périmé et non encore payées,
afin que je puisse aviser aux moyens de les acquitter en
me conformant aux prescriptions du règlement pour le Ser-
vice de la Trésorerie.
Les livres doivent être tenus avec la plus grande régula-
rité. Passez des instructions dans ce sens aux fonctionnaires
qui dirigent les bureaux relevant de votre Administration.
Rappelez-vous que le délai pour l'envoi des pièces de comp-
tabilité au Ministère des Finances est fixé par la loi addi-
tionnelle à celle sur la responsabilité des fonctionnaires, et
toute infraction à cet égard sera sévèrement punie.
Le Département des Finances est heureux de penser que
vous examinerez scrupuleusement les différents points du
Service général de l'Administration sur lesquels il attire tout
particulièrement votre attention, et que vous ferez tous vos
efforts pour aider le Gouvernement dans l'œuvre entreprise
pour la réorganisation de nos finances. En cette circonstance,
je compte sur votre patriotisme et votre dévouement à la chose
publique.
En terminant, je crois devoir placer sous vos yeux l'ar-
ticle 150 du Gode pénal, ainsi conçu :
« Art. 150. — Tout fonctionnaire public, soit civil, soit mi-
264 CIRCULAIRE
litaire, tout agent ou préposé du Gouvernement, de quelque
état et grade qu'il soit, qui aura enfreint ou laissé enfreindre
une loi qu'il était, par la nature de ses fonctions ou emploi,
spécialement appelé à exécuter ou faire exécuter, sera puni
des peines suivantes :
« 1° De la destitution et de six mois à une année d'empri-
sonnement, lorsqu'il s'agira de lois sjjéciales portant des
prescriptions pour la garantie de la bonne gestion de la for-
tune publique.
« 2° De trois à six mois d'emprisonnement lorsqu'il s'agira
de toutes autres lois dont l'infraction n'est pas déjà punie
par le présent Code. Le tout sans préjudice des réparations et
dommages-intérêts auxquels l'infraction aura pu donner
lieu. »
Accusez-moi réception de la présente , et recevea ,
Monsieur l'Administratenr, les assurances de ma considé-
ration distinguée.
Stewart.
MESSAGE 265
N° 101.
HYPPOMTE, PRÉSIDENT D'HAÏTI
MESSAGE
Messieurs les Sénateurs,
Par suite des fréquentes agitations dont le Pays a été le
théâtre, de cruelles et inévitables nécessités y ont fait revivre
le papier-monnaie. — Ce fâcheux expédient financier dont
notre Nation s'était déjà atTranchie par de lourds et pénibles
sacrifices, en s'imposant de nouveau à notre Administration,
a encore produit dans la marche générale des affaires tant
publiques que privées les effets ordinaires qui y sont fatale-
ment attachés, et causé, par l'élévation subite et exagérée du
change, de graves et regrettables perturbations dans les for-
tunes particulières et dans la fortune de l'État.
Dès mon avènement au Pouvoir, mes deux grandes et
incessantes préoccupations ont été de rétablir et do mainte"
nir sur des bases aussi solides que durables la paix si néces-
saire et si indispensable à la République pour accomplir ses
destinées dans le concert des peuples civilisés, après les
grandes et instructives commotions dont elle a été la vic-
time, et ensuite d'ouvrir au travail et à l'industrie natio-
nale de nouvelles sources de production et d'alimentation
qui nous permettent, en équilibrant nos budgets par un
plus grand rendement des impôts établis, de réédifier nos
édifices publics en ruines et de nous doter désormais de
meilleures routes publiques que celles que nous possédons
présentement, en même temps que nous puissions nous
266 MESSAGE
efforcer de nous approprier et d'acclimater sur notre sol,
d'une exceptionnelle fertilité, tous les engins et toutes les
inventions que la science a créés pour lancer les peuples
dans la voie salutaire des progrès qu'enfante graduellement
la civilisation.
Ayant réussi, grâce à votre haut et patriotique concours
et à celui de mes fidèles lieutenants et de tous les bons
citoyens, à mettre la paix publique à l'abri de toute atteinte
sérieuse, j'ai pensé, Messieurs, que le moment était venu de
travailler avec vous à l'amélioration de notre situation
financière, et, par des mesures radicales, sagement combi-
nées et fermement exécutées, de débarrasser définitivement
le Pays du papier-monnaie dont il subit les désastreux effets
depuis bientôt dix ans, afin de lui permettre de favoriser
par tous les moyens possibles l'Agriculture et le Commerce,
sources premières de la richesse des nations, et de procu-
rer aux populations laborieuses de nos villes, de nos bourgs
et de nos campagnes, le bien-être tant matériel que moral
auquel elles ont légitimement droit par le courage, la
patience et la résignation avec lesquels elles ont subi et sup-
porté les rudes épreuves de la guerre civile.
C'est, Citoyens Législateurs, bien pénétré du devoir
civi([ue de réparer pour le peuple les maux considérables
qu'a enfantés ce lamentable état de choses, que je vous ai
convoqués en session extraordinaire, selon le vœu de la
Constitution, pour vous demander, par le moyen d'un
emprunt dont la Chambre des Représentants est déjà saisie
de la demande d'autorisation, et de toutes autres mesures
financières qui vous seront présentées, le retrait immédiat
du papier-monnaie en circulation, l'exécution et l'acquitte-
ment du coût des grands travaux hydrauliques du Cap et des
Gonaïves, et de la réparation du wharf du Port-au-Prince
déjà entrepris ; enfin, le vote des crédits supplémentaires
déjà sollicités du Corps législatif pour subvenir aux dépenses
extrabudgétaires des départements de la Guerre et de la
Marine, de l'Intérieur pour la police générale et des Rela-
MESSAGE 267
lions Extérioures, aussi bien qiio pour le Département des
Travaux publics.
J'ose espérer, Messieurs les Sénateurs, que votre haut et
puissant concours pour l'obtention de semblables résultats
ne me fera pas défaut.
J'y compte fermement, et je vous le demande avec instance
au nom de la Patrie tant éprouvée.
Dans cette attente, je vous prie, Messieurs, de vouloir
bien agréer la nouvelle assurance de ma plus haute consi-
dération.
IIyppolitk.
Par le Président :
Le Secrélaire d'Etal des Finances et du Commerce,
Steavart.
Le Secrétaire d'Etal des Relations Extérieures et de la Justice,
chargé par intérim du portefeuille de V Intérieur ,
C. Archin.
Le Secrétaire d'Etat de la Guerre et de la Marine,
M. Montasse.
Le Secrétaire d'Etat des Traoaux Publics et de l'Agriculture,
D.-Jn. Joseph.
Le Secrétaire d'Etat de C Instruction Publique et des Cultes,
P. -M. Apollon.
268 LOI
N° 102.
LOI
HvppoLiTE, président d'Haïti,
Vu l'article 20 de la Constitution ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice, chargé
du portefeuille de l'Intérieur, et de l'avis du Conseil des
Secrétaires d'Etat ;
Considérant que la Constitution, en abolissant la peine de
mort en matière politique, prononcée par le Code pénal, a
promis de la remplacer par une autre peine, et que celle-ci
doit être en rapport avec la civilisation et les mœurs
actuelles ;
Considérant qu'il y a lieu, par conséquent, de combler
cette lacune dans la législation en substituant à la peine de
mort, irréparable de sa nature, dans tous les cas où elle est
établie et prononcée en matière politique, une autre peine
moins rigoureuse, mais non moins efficace pour prévenir et
punir à la fois toutes entreprises et toutes tentatives crimi-
nelles contre la sûreté de l'Etat, la Constitution et les lois de
la République, en tout ce qui peut concerner les crimes
politiques ;
A proposé.
Et le Corps législatif a rendu d'urgence la loi suivante :
Art. 1". — La peine de mort, dans tous les cas où elle est
établie et prononcée par les lois en vigueur pour crimes
politiques, est remplacée par celle de la détention dans une
prison pendant trois à six ans.
Art. 2. — La présente loi, qui abroge toutes lois ou dispo-
sitions de lois, décrets et arrêtés qui lui sont contraires, sera
LOI 269
imprimée, publiée et exécutée dans toute l'étendue du terri-
toire de la République par les Secrétaires d'Etat de la Jus-
tice et de l'Intérieur, chacun en ce qui le concerne.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 24 sep-
tembre 18!)1, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D. Jn-Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
30 septembre 18iU. an LXXXVIIl"' de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétion Pierre- André.
Les Secrétaires,
M. Grandoit, Br. Bissainthe.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le .j octobre 1891,
an LXXXVIIl' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Étal de la Justice et des Relations extérieures,
C. Archin.
270 LOI
N» io;i.
LOI
INTERPRÉTATIVE DE L'ARTICLE 30
DE LA LOI DU :{0 SEPTEMBRE 1884, SUR LA PENSION CIVILE
La Chambre des RepréseiNtants,
Vu l'article 70 de la Constitution ;
Considérant qu'il y a lieu, afin d'éviter toute équivoque,
de fixer le sens de l'article 36 de la loi modificative du
30 septembre i88i-, sur la pension civile;
Usant de l'initiative que lui accorde l'article 69 de la Cons-
titution ;
A proposé:
Et le Corps législatif a rendu d'urgence la loi interpréta-
tive suivante :
Art. l*"''. — Les termes premier douzième d'entrée en
fonction., ou de nomination, s'appliquent à ceux qui, pour
la première fois, occupent une fonction dans l'État.
Art. 2. — Les termes premier douzième d'augmentation
de traitement.^ ou à^ appointements, s'appliquent aux fonc-
tionnaires actuels ou anciens nommés à une nouvelle charge
plus rémunérée que la dernière qu'ils ont occupée.
Art. 3. — Sont exceptés de cette dernière retenue les
grands fonctionnaires qui ont des indemnités constitution-
nelles, et non pas des traitements ou appointements, tels
que les Députés, les Sénateurs, les Secrétaires d'Etat et le
Président de la République.
Les employés inférieurs qui n'ont pas droit à une pension
ne doivent point supporter de retenues.
LOI 271
Art. 4. — La présente loi abroge toutes lois et dispo-
sitions qui lui sont contraires et sera exécutée à la diligence
du Secrétaire d'Etat des Finances et du Conimeice.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 30 sep-
tembre 1891, an LXXXVllI" de l'indépendance.
Le Président du Sénat,
D. Jn-Louis.
Les Secrétaires,
Roland, Cadestin Roijeut.
Donné à la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
30 septembre 1891, an LXXXVIIl" de Tlndépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétion Pierre-André.
Les Secrétaires,
M. Grandoit, Br. Bissainthe.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 5 octobre 1891,
an LXXXYUP de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce,
Stewaiit.
272 LOI
N° 104.
LOI
QUI REMPLACE LA COMPTABILITÉ EX PARTIE SIMPLE
DE L'ADMINISTRATION PUBLIQUE
PAR LA COMPTABILITÉ EN PARTIE DOUBLE
Le Sé:sat,
Considérant que, pour mettre de l'ordre dans l'Adminis-
tration de la République, il faut une méthode uniforme de
comptabilité ;
Vu l'article 164, 3* alinéa de la Constitution;
A proposé :
Et le Corps législatif, usant du privilège que lui accorde
Tarticle 69 de la Constitution, a rendu la loi suivante :
Art. 1"''. — La comptabilité en partie simple est remplacée
par la comptabilité en partie double dans toutes les branches
de l'Administration.
Art. 2. — Il sera, par le Secrétaire d'Etat des Finances
et du Commerce, établi en ses règlements d'Administration
publique les prescriptions et, en général, toutes les déci-
sions en vertu desquelles les livres de la Banque nationale
et ceux de tous les comptables publics doivent être tenus
selon un mode uniforme.
Art. 3. — Les livres relatifs au Service de la Trésorerie
auquel est obligée la Banque seront propres et exclusifs à
l'Administration publique d'Haïti, de façon à pouvoir faire
retour à celle-ci à l'expiration des stipulations contrac-
tuelles.
Ces livres, de même que tous les documents y relatifs,
seront soumis à l'examen et au contrôle du commissaiie du
LOI 273
Gouvernement près la Banque, toutes les fois qu'il le
requerra.
Art. 4. — La prosente loi sera exécutée à la diligence du
Secrétaire des Finances.
Donnô au Sénat de la République, le 29 septembre 18'Jl,
an LXXXVIII° de l'Indépendance.
Le Président du Sénat ^
D. Jn. -Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
30 septembre 1891, an LXXXVIIl" de l'Indépendaoce.
Le Président de la Chambre,
Pétion Pierre-André.
Les Secrétaires,
M. Grandoit, Biî. Bissainthe.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 5 octobre 1891,
an LXXXVllI"' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce,
Stewaut.
18
274 LOI
N° 105.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce ;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A proposé :
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. 1^''. — Dos crédits sont ouverts jusqu'à la concur-
rence de la somme de G. 7.967.516,11 (sept millions neuf
cent soixante-sept mille cinq cent seize gourdes, onze cen-
times), savoir :
1. — Aux Services courants
Du compte de liquidation de l'exercice 1890-1891, comme
suit :
Département de rinstniction publique :
Chap. II, sect. 1'^'^: Location G. 3.000 »
Chapitre ii, section 2^ : Ma-
tériel et fournitures 901,79
Chapitre m, section i^ :
Frais extraordinaires ... 5.300 « G. 9.201,79
Département des Relations
Extérieures : Exercicel891-
1892 : (D) 135.530 »
Département des Finances et
du Commerce : (E) 694.550,96
Département de la Guerre: {F). 1.147.242,47
Départementde la Marine : (C). 187.148 »
ri reparler G. 9.201,79
LOI 275
Report C. 9.201,79
Département de l'Intérieur et
de la Police Générale : (H). 1.171.184,46
Département des Travaux
Publics: (I) 574.125,40
Département de l'Agricul-
ture : (K) 361.574 »
Département de l'Instruction
Publique : (L) 981.816 »
Départementdela Justice: (M). 486.817,92
Département des Cultes: (N). 89.158,08 5.829.1 47, 2!>
I. — Aux services de la Dette publique : (B). 1.954.316,67
III. — Au service de la Banque nationale
d'Haïti : IC) 174.850,36
G. 7.967.516,11
Art. 2. — L'encaisse formant la réserve du Trésor se
compose :
1" Par reports anciens jusqu'au 1*"" octobre
(à fixer)
2° Par excédent de la recette de l'exercice
1889-90 (sauf rectification) G. 351. 481,40
3° Par emprunt du 22 juillet 1891 633.180 »
Ensemble G. 984.66L40
A retrancher :
Service de la Dette publique, valeur employée
au rachat des coupons d'intérêts de
juin 1889 de la Dette intérieure 78.829,50
Encaisse provisoire G. 905.831,90
(Pour mémoire)
Balance en recette de l'exercice 1890-1891 . .
A en défalquer : crédits supplémentaires au
Département des Finances et du Com-
merce. — Voir loi du. . . septembre 1 890.
Soit: G. 44.222,02.
Excédent de la recette du présent exercice
1891-1892 sur la dépense g'énérale. . .
1" octobre 1892, encaisse définitive
276 LOI
AnT. 3. — Il sera pourvu aux (I(''[j(mis('s nK'iilifUHK'cs eu
rarliclc P' de la présculo lui par les ['oies cl Moi/cns (A)
de rexercice 1891-1892.
Art. 4. — Il sera, sous la rcsponsabililé persouuclle du
Secrétaire d'État des Fiuauces et du Gommei'ce, imputé
chaque mois, sur le moulant de la Recette, uu douzième
au plus du chilTre alloué aux divers Départements.
Aht. 5. — Aux termes des lois autéri(>ures, aucun paie-
ment ne sera efTectué que pour rac(|uittenient d'un Service
fait, ui aucune sortie de fonds ])our dépenses publi(|ues ne
pourj'a avoir lieu qu'au préalable ait été dressée Fordon-
uance de dépense accompagnée de pièces justificatives.
Aht. 0. — Les suppléments de crédits nécessaires pour
subvenir à rinsufiisance dûment justifiée des fonds atïectés
à un Service porté au budget ne i)euvenl être accordés que
par une loi. sauf le cas de prorogation de la Chambre.
En dehors de la session législative, il est pourvu aux
dépenses ci-dessus mentionnées par le F^'ésident d'Haïti, de
l'avis du Secrétaire d'Etat des Finances, au moyen des fonds
disponibles du Trésor.
La môme disposition est applicable aux crédits extraor-
dinaires, c'est-à-dire aux allocations concernant des Services
qui ne pourraient être prévus et réglés par le budget.
Art. 7. — Est également accordée an Président d'Haïti,
en cas de graves atteintes portées à la sûreté publique, la
faculté d'ouvrir, par arrêtés contresignés de tous les Secré-
taires d'Etat, des crédits extraordinaires pour subvenir aux
dépenses nécessitées poui' ces circonstances imprévues.
Art. s. — Le Secrétaire d'Etat des Finances poui'ra, avec
l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat, et sous la responsa-
bilité collective du Conseil, et seulement dans le cas d'ur-
gence prévu à l'article 7 ci-dessus, contracter, si les fonds
du Trésor étaient insuffisants, des emprunts réglables au
mieux des intérêts de l'Etat. Les emprunts se feront par
voie d'adjudication; ils seront annoncés par insertion au
Journal Officiel ; leurs résultats y seront également publiés.
LOI 277
AuT. 9. — Los arrôlcs concernant les crédits supplémon-
tairos, de môme que les arrêtés relatifs aux crédits extra-
ordinaires et aux emprunts sont envoyés à la Chambre des
Comptes avec les pièces justificatives y afférentes ; et compte
en est rendu par le Socrclaire d'Etat des Finances au Corps
h'gislatif dès son ouverture.
Art. 10. — Ont force de lois les articles 3, 58, 50, 60
et 61 du Règlement pour le Service de la Trésorerie en
date du 26 juillet 1881. En conséquence, le Secrétaire
d'Etat des Finances présente avec les comptes généraux,
dès l'ouverture des Chambres, le compte qui clôt définiti-
vement l'exercice budgétaire. Ce compte fait connaître la
balance en recette ou en dépense.
Art. 11. — La présente loi, dans tous ses détails, états
annexés, pièces justificatives qui l'accompagnent, sera sans
retard publiée.
Elle sera exécutée à la diligence des Secrétaires d'Etat,
chacun en ce qui les concerne.
Donné à la Cluunbro des Représentants, à Port-au-Prince, le
:]0 septembre 18'Jl, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pktion Pierre-André.
Les Secrétaires,
M. Grandoit, Br. Bissainthe.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 30 septembre 18'Jl,
an LXXXVIII° de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D. Jn. -Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland. Cadestix Robert.
278 LOI
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à PoiL-an-Prince, le 1'' nclobre 18D1,
an LXXXYHl* de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire (TElat des Finances et du Commerce,
Stewart.
Le Secrétaire dÉtat de la Guerre et de la. Marine^
M. Montasse.
Le Secrétaire d'Etat des Relations Extérieures
et de la Justice, chargé du portefeuille de V Intérieur,
C. Archin.
Le Secrétaire d'Etat de T Agriculture et des Travaux Publics,
Dr.-Jn. Joseph.
Le Secrétaire d'État de V Instruction publique et des Cultes,
P.-M. Apollon.
LOI 279
N" i06.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
Sur le rapport du Socrétairo d'Etat des Finances et du
Commerce ;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat ;
A proposé,
Et le Corps législatif a voté la loi suivante:
Art. 1", — La perception de l'impôt pour l'exercice
1891-1892 sera faite conformément aux dispositions des lois
existantes.
Art. 2. — Les voies et moyens de l'exercice 1891-1892
sont évalués à la somme de (sept millions huit cent quatre-
vingt-six mille six cent trente-deux gourdes) G. 7.886.632.
Art. 3. — Pour les droits d'exportation, le Secrétaire d'Etat
demeure et est autorisé à les régler, soit en espèces, soit en
traites appuyées de connaissements en due forme, dans les
intérêts du fisc et selon les besoins de l'Etat.
Ces traites seront centralisées à la Banque nationale d'oij
elles seront expédiées pour être employées aux besoins du
service public. II est expressément défendu au Secrétaire
d'Etat d'en recevoir directement des négociants ou d'en dis-
poser sans l'intermédiaire de ladite Banque.
Art. 4. — Toutes contributions directes ou indirectes,
autres que celles a/utorisées par les lois existantes, à quelque
titre et sous quelque dénomination qu'elles se perçoivent,
sont formellement interdites, à peine contre les autorités qui
les ordonneraient, contre les employés qui confectionneraient
les rôles et tarifs, et ceux qui enferaient les recouvrements,
280 LOI
d'être poursuivis comme concussionnaires, sans préjudice
de l'action en répétition des dommages-intérêts, et sans
que, pour exercer cette action devaiit les tribunaux, il soit
besoin d'autorisation préalable.
Art. 5. — La présente loi, avec son état annexé, sera
publiée à la diligence du Secrétaire d'P]tat des Finances et
du Commerce.
Donné h la Chambre des Représentants, au Port-au-Prince, le
iSO septembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétion Pierre-André.
Les Secrétaires,
J.-M. Grandoit, Br. Bissainïhe.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 30 sep-
tembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D. Jn. -Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestin Robeht.
Au nom de la République :
Le Président d'Ha'ïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 1" octobre 1891,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce,
Stewart.
LOI 281
N° 107.
fA)l
PORTANT SANCTION DU CONTRAT PASSE AVEC M. EUGENE POUILH
POUR LA CONSTRUCTION A JACMEL
DE DEUX WHARFS EN FER ET D'UN HANGAR
La Chambre des Représentants
A proposé,
Et le Corps Législatif,
Vu le contrat passé sous la date du 19 juillet 1891, entre
le Secrétaire d'Etat des Travaux publics et M. Eugène Pouilh,
pour la construction à Jacmel de deux wharfs en fer et d'un
hangar, contrat recommandé à la sanction des Chambres
par le Pouvoir exécutif;
Usant des prérogatives que lui accorde l'article 69 de la
Constitution, a rendu la loi suivante:
Art. 1"'. — Le contrat passé entre le Secrétaire d'Etat
des Travaux publics et le sieur Eugène Pouilh, sous la date
du 19 juillet dernier, pour la construction, à Jacmel, de
deux wharfs en fer et d'un hangar, est et demeure sanc-
tionné, sauf les modifications apportées au premier para-
graphe, aux articles 4 et 5, et l'addition des articles 6 et 7
ci-dessous :
« Paragraphe T'. — Et M. Eugène Pouilh, Haïtien, de-
meurant et domicilié à Port-au-Prince.
« Art. 4. — Le Gouvernement concède à M. Eugène
Pouilh, pour l'exécution desdits travaux, le droit d'extraire
les pierres qui lui sont nécessaires, des rochers et montagnes
avoisinant le port de Jacmel c^t appartenant à l'État, et d'uti-
liser également les graviers rejetés par la mer.
282 LOI
« Art. 5. — Le GouvcrnomenI raulorisc, on paiement
(les susdites constructions, à percevoir le droit de wharfage
du port de Jacmel. jusqu'à concurrence de (G. 200.000)
deux cent mille piastres.
« Il pourra, après qu'un matériel et outillage d'exécution
d'une valeur au moins de 40.000 francs sera rendu sur les
lieux et employé à l'entreprise, commencer cette perception
qui se fera trimestriellement sur un rapport ou attestation
de l'Administrateur des Finances de Jacmel ou d'un ingé-
nieur du Gouvernement prouvant la bonne marche des tra-
vaux dans les conditions requises.
« Art. 6. — Le concessionnaire est exonéré de tous droits
de Douane pour ce qui est seulement des articles devant
être employés à la construction et à l'entretien des wharfs
et du hangar susdits.
« La nomenclature des objets à importer sera arrêtée,
quant à leur qualité et à leur quantité, entre le Gouverne-
ment et le concessionnaire, dans le délai d'un mois, au
moins, après la ratification de la présente convention,
« Art. 7. — L'entrepreneur se soumettra à toutes les
prescriptions de la loi du 23 août 1877 sur l'exécution des
travaux publics. »
Art. 2. — La présente loi, à laquelle restera annexé
ledit contrat avec les clauses et conditions telles qu'elles
ont été votées, sera exécutée à la diligence des Secrétaires
d'Etat des Travaux publics et des Finances, chacun en ce
qui le concerne.
Donné ùla Maison nationale, au Port-au-Prince, le 30 septembre 1891,
an LXXXYIII" de Tlndépendance.
Le Président, du Sénat, D. Jn-Louis.
Les Secrétaires, A. Roland, Cadestin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
30 septembre 1891, an LXXXVUI" de l'Indépendance.
Le Président de la. Chambre, Pétion Pierre-André.
Les Secrétaires, M. Grandoit, Br. Bissainthe.
LOI 283
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
DoniK'' .111 Palais national de Port-aii-Piiucc. le ."l ncluhre 1S!I1.
an lAXW!!]" de rindrpendance.
Hyppolitk.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État des Traxmuœ publics,
D.-Jn. Joseph.
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce,
Stewafît.
284 CONTRAT
N° 408.
CONTRAT
Entre M. J.-J. Chancy, secrétaire d'Etat des Travaux
publics et de l'Agriculture, agissant au nom du Gouverne-
ment haïtien, avec l'assentiment du Conseil des Secrétaires
d'Etat, d'une part, et M. Eugène Pouilh, demeurant à Port-
au-Prince, d'autre part:
Il a été arrêté et convenu ce qui suit:
Art. P^ — M. Eugène Pouilh, à qui M. Alcibiade Pom-
mayrac a cédé les plans ainsi que la proposition qui ont
fait l'objet de la pétition de la ville de Jacmel aux Chambres
législatives, au sujet des wharfs dont ladite ville sollicite la
construction, s'engage à construire, à Jacmel, deux wharfs
en pilotis en fer de 20 centimètres de diamètre, adhérant
l'un à l'autre : ces deux wharfs seront remblayés en pierres
et auront: l'un d'eux, 110 pieds de longueur sur 30 pieds
de largeur; l'autre, 165 pieds de longueur sur 30 pieds éga-
lement de lai'geur. Ils seront reliés par un remblai en
pierres jusqu'à 60 pieds du rivage, de manière à ne former,
jusque-là, qu'un seul wharf de 120 pieds de largeur.
A partir de cette distance, ils seront construits parallè-
lement, laissant entre eux un bassin de 60 pieds de largeur
sur 145 de longueur. Comme il est démontré dans le plan
ci-annexé, la tète du wharf le plus long sera tournée à
l'ouest, de nuinière que le bassin formé entre les wharfs
soit complètement abrité conti'e le vent et la mer qui
CONTRAT 285
viciincnl toujours du sud-csi. A l'cxli-éniilo do ce wharf,
s'élèvoi'a uu ,fou de port; des bornes d'anuirrage seront pla-
cées de distance en distance sur les deux wharfs ; des esca-
liers en fer ou en [)ieires en facililcronl raccès, et des
g'jMies eu fer y seront établies.
Aux. 2. — M. Eugène Pouilh s'engage à construiiv éga-
lemen!, en face de la Douane et des deux wliai'fs, un hangaj'
en fer entoure'' de grilles en fer, fermant à clef, del2<)[)ieds
de longueur sur 1U5 de largeur et de 10 pieds au moins de
hauteui- de coté, lequel liangar est destiné à abriter les den-
j'ées et les marcliandises.
Airr. 3. — M. Eugèiu' Pouilli s'engage à livrer lesdits
travaux complètement achevés, sauf cas de force majeure,
dans le délai de deux ans à partir de la date de la ratifica-
ti(ui de la présente convention par les Chambres législa-
tives.
AuT. 4. — Le Gouvei'uement concède à M. Eugène
Pouilh, pour l'exécution desdits travaux, le droit d'extraire
les pierres qui lui seront nécessaires des rochers et mon-
tagnes qui avoisiiu'ut le [)oi't de Jacnud et d'utiliser égale-
ment les graviei's rejetés par la mer.
Ai5T. 5. ~ Le (îouvernement l'autoi'ise, en paiement des
susdites constructions, à percevoir, pendant quinze ans
consécutifs, le di'oil de wharfage du p(U't de Jacmel. Il
poui'ra, après ([u'un matériel e! outillage d'exécution d'une
valeui' au moins de 3(0.()()O francs sei-a rendu sur les lieux,
commencer cette perception qui se fera trimestriellement sur
un rapport ou attestation de l'Administrateur des Finances
de Jaeniel ou tie l'ingénieui' du (iiouvei'iu'ment, prouvant
la bonne luarche des travaux dans les conditions requises.
Akt. 6. — En cas de contestation sur l'interprétation
des clauses et conditions du présent contrat ou pour n'im-
porte (juel autre motif, les ai'luti'es seront nommés par le
Gouvernement et pai" rentrej)reneur pour en décider. S'il y
a partage, les arbitres nommés désigneront uu tiers arbitre
pour les départager, et en cas de non-entente sur le choix
286 CONTRAT
(le ce tiers arbitre, il sera iiomiïK'' par le doyen du Tribunal
civil de Port-au-Prince.
Fait (idulilf à Port-au-Prince, le 1'.» jiiillel 18!)1.
{Sirjnè): Eue. Polilh, A. Pommayiiac, J.-J. Chancy,
Pour copie conforme :
Le Secrétaire- Archiviste ,
A. ViLMENAY.
CIRCULAIRE 287
N° 109.
Port-au-Prince, le 2!) octobre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépen-
dance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE GENERALE. n" 28H8
CIRCULAÏKK
HYPPOLITE, PRÉSIDENT D'HAIÏI
Aux Commandants des ary^ondissements
de la Rèi:)uhlique
Général,
Dans la plupart des pays, l'Administration supérieiiro
publie, tous les ans, dans des documents émanés ordinaire-
ment du Département de l'Agriculture, les prévisions du
rendement de la récolte des diverses productions du sol.
Chez nous, le manque d'un cadastre et l'imperfection encore
bien grande de notre système d'inspection des cultures nous
privent des moyens de constater directement le développe-
ment ou la diminution de nos richesses agricoles. Le Code
rural vous prescrit, il est vrai, ainsi qu'aux commandants
des communes et aux chefs des sections, des tournées d'ins-
pection et de surveillance.
Ce sont les dispositions des articles 68, 69, 70, 71, 72, 73
et 74 de ce Gode. Mais j'ai remarqué que, presque toujours,
les observations que contiennent ces rapports se résument
en des formules banales, sans enseignement jiour l'Adminis-
tration supérieure.
288 CIRCULAIRE
Jo crois que, sans rien changer aux dispositions de la loi,
mais en portant votre attention particulière sur une des
branches de la culture, sur le café, par exemple, il ne vous
serait pas impossible, avec l'aide de vos auxiliaires, d'éta-
blir une statistique à peu près véritable de la récolte de
chaque année.
Le café, vous le savez, est notre principale production;
c'est la denrée dont la vente sur les marchés étrangers nous
procure ces produits que nous consommons pour nous
nourrir et nous vêtir. Pourtant, jusqu'à présent, ce n'est
qu'au moyen delà constatation indirecte des exportations que
nous estimons imparfaitement les récoltes de cette denrée ;
les quantités absorbées par la consommation intérieure, nous
ne saurions les dire au juste, car l'évaluation qu'on en a faite
à 12.000.000 de livres n'est basée sur aucune statistique.
En conséquence des considérations qui précèdent, je vous
invite, Général, à donner aux autorités sous vos ordres les
instructions nécessaires pour dresser, sans retard, la liste
nominative de toutes les plantations caféïères de votre arron-
dissement, avec l'inscription du rendement annuel de chaque
plantation en regard du nom qui la désigne. Le chef de la
section qui, le plus souvent, est né et a grandi dans la lo-
calité, sait, à peu de chose près, ce que produit chaque habi-
tant. Le commandant de la commune, à son tour, vérifiera
sur place et par tous les moyens dont il dispose, l'exactitude
de ces premiers renseignements.
Et vous, Général, dans les deux inspections que la loi vous
prescrit, vous vous assurerez si vos ordres ont été bien com-
pris et exécutés, et le rapport que vous m'adresserez con-
tiendra le tableau récapitulatif dressé sur les rapports des
différents commandants de communes qui relèvent de vous.
Dès la réception de la présente Circulaire, les comman-
dants des communes, selon des ordres que vous donnerez à
cet effet, se réuniront aux chefs-lieux des arrondissements, afin
de se concerter avec vous sur la marche à suivre. Cela fait,
les commandants des communes convoqueront les chefs des
CIRCULAIRE 289
sections el leur expliqueront le but que poursuit le Gouver-
nement qui veut, par là, se rendre compte du progrès ou du
ralentissement des plantations nouvelles de café et de la
production générale de cette fève.
Je compte sur votre intelligente initiative pour entre-
|))'en(lre et mener à bonne fin ce travail dont je suivrai atten-
tivement l exécution, en y revenant souvent avec vous.
Vous voudrez bien m 'accuser réception de la présente Cir-
culaire.
Recevez, Général, mes salutations distinguées.
Hyppolite.
19
290 ARRETE
N°110.
ARRÊTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article '103 de la Constitution et la loi du 26 sep-
tembre 1860 sur l'exercice du droit de grâce et de commu-
tation de peines, etc., etc.;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat de la Justice,
Arrête ce qui suit :
Art. 1". — Grâce pleine et entière est accordée, à partir
de ce jour, les droits des tiers réservés, si aucuns sont, au
nommé Emile Saint-Rome, condamné par jugement du Tri-
bunal correctionnel de Saint-Marc, en date du 7 juillet
dernier, à six mois d'emprisonnement.
Art. 2. — Le présent Arrêté sera inséré au Journal
Officiel^ et le Secrétaire d'Etat au Département de la Jus-
tice est chargé de son exécution.
Donné au Palais national du Port-au-Prince, le 24 octobre 1891,
an LXXXVIIl' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etat du département de la Justice^
C. Archin.
CIRGUL\IRK "201
N° i\l.
Port-au-Piince, le 27 octobre 18i)l. ,ui LXXXVIII' de ria(Jé[)en
ilanoe.
SECTION DE LA GUERRE. N" :)29
CIRCULAIHE
l.E SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DE LA GUERliE
Aux Médecins des Hôpitaux militaires
de la République
Monsieur le Médecin,
Pour la bonne marche du Service dont vous avez la direc-
tion, vous me ferez parvenir, à la date du 1"' novembre de
celte année, un inventaire général de tous les médicaments
et instruments de chirurgie que vous possédez dans votre
établissement, en ayant bien soin d'indiquer les quantités de
chaque article. Tous les mois, vous aurez désormais à me
faire parvenir un rapport semblable.
Pour ce qui a trait aux autres rapports hebdomadaires et
mensuels que vous avez pour coutume de fournir à mon
Département, vous veillerez à ce que tous les détails et
renseignements nécessaires y soient consignés, tels que :
nature des maladies, détails des médicaments fournis à
chaque malade, numéros et dates des ordonnances ou pres-
criptions en vertu desquelles ces médicaments ont été four-
292 CIRCULAIRE
nis, motifs des sorties (décès, guérison, translation, évasion,
incurabilité, etc.), dates d'entrées et de sorties, etc.
Je compte sur votre zèle et votre dévouement pour
répondre à mon attente.
Agréez, Monsieur le Médecin, l'assurance de ma parfaite
considération.
M. Montasse.
LOI 29:j
N" 112.
LOI
POHTAM SANCTION DU CONTRAT A. MALLET
l'OUU I.KTAni.ISSEMENT DISINES A DÉCORTIQUER LE CAFÉ
Hyppolite, président d'Haïti.
Usant des prérogatives que lui accorde l'article 69 de la
Constitution ;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat;
A proposé,
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. 1". — Le contrat passé à la date du 13 septembre 1890
entre le Secrétaire d'État de l'Intérieur et M. A. Mallet, com-
merçant français, pour l'établissement de huit usines dans les
arrondissements de Jacmel et de Salti-ou, est et demeure
sanctionné, sauf les modifications apportées par le Corps
législatif aux articles 1, 2, 4, 5, 7, 12 et 13 de la présente
loi.
Art. 2. — Sont modifiés comme suit :
<( Art. 1*'. — Le Gouvernement accorde à M. A. Mallet,
pour une période de vingt années, à partir de la date de sanc-
tion du présent contrat, le droit et privilège d'établir dans
tout l'arrondissement de Jacmel et aux Anses-à-Pitre (limite
frontière) des usines mues par la vapeur ou par l'eau pour la
préparation mécanique des cafés.
(( Art. 2. — M. A. Mallet jouira de la franchise des droits de
294 LOI
Douane des mali'riaux destinés à la construction des usines
devant servir à la préparation mécanique des cafés, de
même que poui" les matières oléagineuses et combustibles,
nécessaires au fonctionnement des usines mues par la
vapeur.
« Les quantités de matériaux nécessaires à l'installation
de ces usines, tels que fer, bois de construction, ciment
hydraulique, carreaux, pavés de barsacs, tôles, tuiles et
tous autres matériaux généralement quelconques servant à
la construction, ne pouvant être, dès à présent, précisées,
il est entendu et convenu que le concessionnaire soumettra
ultérieurement au Secrétaire d'Etat de l'Intérieur une liste
de ces différents matériaux, afin de fixer cette quantité sui-
vant la dimension des usines.
« Art. 4. — Le Gouvernement fait concession à M. A. Mal-
let, pendant l'époque ci-dessus mentionnée, des terrains
appartenant à l'État et nécessaires à l'installation desdites
usines, environ un carreau de terre pour chaque établisse-
ment.
« (x^tte concession sera déterminée par le Département de
l'Intérieur.
« Art. 5. — Le concessionnaire, ou ses agents, devra payer
au Gouvernement un loyer pour lesdites usines, et un impôt
sera prélevé sur les bénéfices de l'entrepreneur. Ce loyer
ou fermage sera fixé par le Département de l'Intérieur.
« Art. 7. — Il ne sera admis dans les usines qu'un tiers
au plus d'ouvriers et d'employés étrangers de tous ordres,
préférence devant être faite et accordée aux citoyens de la
République; et, dans le cas où le Gouvernement arriverait
à constater que le fait contraire se produit, il aura le droit de
provoquer la résiliation du contrat.
« Il est entendu formellement que les ouvriers et employés
étrangers admis dans lesdites usines et qui doivent être, au
préalable, agréés par le Gouvernement, restent soumis aux
lois du Pays et ne peuvent, en aucun cas, réclamer l'interven-
tion diplomatique. Il en sera de même du règlement des
LOI 295
M3ontestations qui pourraient s'élever entre le concessionnaire
et le Gouvernement.
« Toute contestation qui pourrait s'élever entre le Gou-
vornement et le concessionnaire en ce qui concerne une ou
plusieurs clauses qui font l'objet de la présente concession,
sera réglée par les arbitres nommés en nombre égal de part
cl d'autre, et ceux-ci pourront nommer un tiers arbitre pour
les départager. En cas de non-entente sur le choix du tiers
arbitre, il sera nommé par le doyen du tribunal civil de
Jacmcl; leur décision sera sans appel, et aucune des parties
contractantes ne pourra, en aucun cas, se pourvoir en
cassation, ni revenir d'aucune manière sur la décision
ai'bitrale.
« AuT. 10. — M. A. Mallet a la faculté de mettre en son
lion et place, et avec l'agrément du Gouvernement, à la
tète des usines créées par lui, telles ou telles personnes qu'il
jugera convenables.
« Ces personnes, pour compte du concessionnaire, béné-
ficieront des clauses contenues dans la présente concession
et devront se conformer à leurs prescriptions.
« Art. 12. — L'Etat ne réclamant rien de M. A. Mallet
durant le cours de sa concession en retour des avantages
qui lui sont concédés par le présent contrat, il est et demeure
arrêté que toute demande d'indemnité de sa part ou de ses
ayants cause sera de plein droit nulle et non avenue, quel que
soit le cas.
« Art. 13. — Il est accordé au concessionnaire du pré-
sent contrat un délai de trois années pour arriver à l'éta-
blissement complet des huit usines, et cela à partir de trois
mois après la notification par le Ministre de l'Intérieur de
la sanction du présent contrat par le Corps législatif; passé
le délai de trois ans, et sans autres formes de justice, ce
contrat deviendra nul de plein droit, et M. Mallet sera
forclos. »
Art. 3. — Les articles 3 et 4 sont et demeurent supprimés.
Art. 4. — La présente loi sera exécutée à la diligence
296 LOI
des Secrétaires d'Etat do riiitéricur et des Finances, chacun
en ce qui le concerne.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 26 seo-
tembre 1891. an LXXXVill" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat ,
AUBRY D.-M.
Les Secrétaires^
T. Chalviré, St-Lucien Hector.
Donné à la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
30 septembre 1891, an LXXXVIII» de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétiox Pierre- André.
Les Secrétaires,
Br. Bissaixthe, J.-M. Grandoit.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 22 septembre 1891
an LXXXVIIl' de l'Indépendance.
HVPPOLITE.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État de t Intérieur par intérim,
C. Archix.
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce,
STE^VART.
CONTRAT 297
N° 113.
SECRÉ'IARIAT DE LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS
CONTRAT
Entre les soussignés M. D. Trouillot, secrétaire d'État de
la Justice et chargé par intérim du département de l'inté-
rieur et de la Police générale, demeurant et domicilié à
Port-au-Prince, agissant pour et au nom de la République
d'Haïti, avec l'approbation du Conseil des Secrétaires d'Etat;
et M. A. Mallet, commerçant français, demeurant à Jacmel
(Haïti) et domicilié à Bordeaux (France), il a été arrêté et
convenu ce qui suit, sauf la sanction du Corps législatif:
Art, 1"'. — Le Gouvernement accorde à M. A. Mallet,
pour une période de quinze années, à partir de la date de
sanction du présent contrat, le droit et privilège d'établir
dans tout l'arrondissement de Jacmel et aux Anses-à-Pitre
(limite frontière) des usines mues par la vapeur ou par
l'eau, pour la préparation mécanique des cafés.
Art. 2. — M. A. Mallet jouira de la franchise des droits
de Douane des matériaux destinés à la construction des
usines devant servir à la préparation mécanique des cafés,
de même que pour les matières oléagineuses et combus-
tibles, nécessaires au fonctionnement des usines mues par
la vapeur.
La quantité de matériaux nécessaires à l'installation de
ces usines, tels que fer, bois de construction, ciment hydrau-
lique, briques, carreaux, pavés de barsacs, tôles, tuiles et
tous autres matériaux généralement quelconques servant à
la construction, ne pouvant être dès à présent précisée, il
298 CONTRAT
est entendu et convenu que le concessionnaire soumet Ira
ultérieurement au Secrétaire d'État de l'Intérieur une liste
de ces difîérenis matériaux, afin de fixer cette quantité sui-
vant la dimension des usines.
Art. 3. — Les droits d'exportation ou tous autres seront
pour les cafés provenant des u-sines les mêmes que pour les
cafés d'Haïti.
Art, 4. — Le Gouvernement fait concession à M. A. Mallet
pendant l'époque ci-dessus mentionnée, soit quinze années,
des terrains appartenant à l'Etat et nécessaires à l'installa-
tion desdites usines, environ un carreau de terre par chaque
établissement.
Cette concession sera déterminée par le Ministre de
l'Intérieur.
Art. 5. — A l'expiration de la durée ci-dessus mentionnée,
s'il ne convenait pas à M. A. Mallet de continuer à bénéfi-
cier des clauses de la présente concession, en cas que le
Gouvernement veuille acheter les usines en question, sur
le désir exprimé par le concessionnaire de s'en défaire, la
préférence de cette acquisition sera accordée au Gouver-
nement.
En cas de renouvellement du contrat, après ces quinze
années sus-fixées, le concessionnaire ou ses ayants droits
devra payer au Gouvernement un loyer pour les terrains
sur lesquels seront installés lesdites usines, et un impôt
sera prélevé sur les bénéfices de l'entrepreneur.
' Ce loyer ou fermage sera fixé par le Département de
l'Intérieur.
Art. 6. — 11 est facultatif à M. A. Mallet d'acheter le
café en coque du producteur ou de prélever un pourcen-
tage en nature, conformément à son tarif, lequel sera
débattu entre lui et ceux qui trouveraient bon de jouir du
bénéfîce^des usines en question ; néanmoins, l'habitant reste
libre d'agir comme il lui conviendra et de suivre l'ancien
système, s'il lui parait plus profitable, et de vendre son café
comme bon lui semblera.
CONTRAT -299
Art. 7. — Il ne sera admis, dans les usines, qu'un (iers
au plus d'ouvriers et d'employés étrangers, préférence de-
vant être faile et accordée aux citoyens de la République,
et dans le cas où le Gouvernement arrivei'uit à constater
que le fait contraire se produit, il aura le droit de provo-
([uer la résiliation du présent contrat.
11 est entendu fornu^llement que les ouvriers et employés
étrangers admis dans lesditos usines, et (|ui doivent être
au préalable agréés par le Gouvernement, restent soumis
aux lois du pays, et ne peuvent en aucun cas réclamer
l'intervention diplomati([ue. Il en sera de même du règle-
ment des contestations qui pourraient s'élever entre le con-
cessionnaire et le Gouvernement.
Toute contestation qui pourrait s'élever enti'e le Gouver-
nement et le concessionnaire, en ce qui concerne une ou
plusieurs clauses qui font l'objet de la présente concession,
sera réglée par des arbitres nommés en nombre égal de
part et d'autre, et ceux-ci pourront nommer tm tiers arbitre
pour les départager ; leur décision sera sans appel, et aucune
des parties contractantes ne pourra, en aucun cas, se pour-
voir en cassation, ni revenir d'aucune manière sur la déci-
sion arbitrale.
Art. s. — Le Gouvernement couvrira de son entière
protection toutes les personnes employées dans les usines.
Art. 9. — M. A. Mallet a la faculté de mettre en son
lieu et place, et avec l'agrément du Gouvernement, à la tête
des usines créées par lui, telles ou telles personnes qu'il
jugera convenables. Ces personnes, pour compte du conces-
sionnaire, bénéficieront des clauses contenues dans la pré-
sente concession.
Art. 10. — L'installation des usines se faisant sous la
haute protection du Gouvernement, les autorités civiles et
militaires leur devront leur concours toutes les fois qu'il
s'agira de mettre l'ordre, quand elles seront légalement
requises.
Art. il. — Les usines pour la préparation mécanique
300 CONTRAT
des cafés dcvi'onl être au nombre de liuil et réparlios comme
suit :
1° Une usine à l'Anse-à-Piln' (limile fi'onlière; ;
2° Une usine à Salh'ou, dans la commune;
3° Une usine à Marigot, dans la commune:
4° Deux usines à Jacmel, dans la commune;
5" Deux usines à Bainet, dans la commune ;
6° Une usine aux Côtes-de-Fer, dans la commune.
Art. 12. — L'Etat ne réclamant rien de M. A. Mallet en
retour des avantages qui lui sont concédés par le présent
contrat, il est et demeure arrêté que toute demande d'in-
demnité de sa part sera de plein droit nulle et non avenue,
quel que soit le cas.
Art. 13. — Il est accordé au concessionnaire du présent
contrat un délai de trois années pour arriver à l'établisse-
ment complet des huit usines, et cela à partir de trois mois
après la notification par le Ministre de l'Intérieur de la
sanction du present contrat par le Corps législatif; passé le
délai de trois mois, ce contrat deviendra nul de plein droit,
et M. A. Mallet sera forclos.
Art. 14. — Six mois avant l'expiration de la présente
concession, M. A. Mallet sera tenu de faire savoir au Gou-
vernement son intention de continuer ou de ne pas conti-
nuer à jouir de son contrat.
Si le Gouvernement, dans le même délai ci-dessus, ne
notifiait pas au concessionnaire son intention formelle de
continuer, le contrat serait résilié de plein droit et sans
autre formalité.
Fait en double au Département de rintérieur, le 13 septembre 1890,
an LXXXVIII'' de l'Indépendance.
Signé :
D. TuouiLLOT, A. Mallet, Chkvalier de Dambre.
Pour copie conforme :
Le Secrétaire-archiviste ^
A. ViLMENAV.
LOI .{(Il
.\ lit.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu le contrat passé sous la date du 16 septembre 1891,
entre le Secrétaire d'Etat des Travaux publics et M. Justi-
nien Etienne pour l'établissement d'un service de distribu-
tion d'eau au Cap-Haïtien,
A proposé.
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante:
Art. V. — Est approuvé et sanctionné, avec les modifica-
tions des articles 6 et 7 ci-dessous, le contrat ci-dessus cité,
accordant à M. Justinien Etienne la faculté d'établir un ser-
vice de distribution d'eau au Cap-Haïtien.
« Art. 6. — Les matériaux qui devront servir à l'exécu-
tion des travaux seront exonérés de tous droits de Douane ;
ils seront, quant à leur quantité et à leur qualité, spécifiés
dans une nomenclature qui sera arrêtée d'un commun accord
entre le Gouvernement et le concessionnaire, dans le délai
de deux mois au plus, après la sanction du présent contrat
par le Corps législatif.
« Art. 7. — Le concessionnaire recevra de l'Etat pour tous
frais généralement quelconques :
« 1° A l'arrivée du matériel et des matériaux au complet,
c'est-à-dire tuyaux, plomb, cordes goudronnées, ciment,
outils, etc., etc., un premier versement de 50.000 dollars ;
« 2° Lorsque la moitié des travaux, objet de la concession,
sera réputée faite, de l'avis de l'Ingénieur de l'Etat chargé
du contrôle, un second paiement de 50.000 dollars;
« 3° A l'achèvement complet des travaux après mise en
302 LOI
train dos tuyaux pour des essais qui scronl prolongés un
mois, h' solde. En cas de retard de paiement, il sera tenu
compte au concessionnaire d'un intérêt de 6 0/0 l'an sur les
sommes dues.
« S'il est établi par le métrage que le chiffre de
150.000 dollars est dépassé, le Gouvernement ayant tenu
compte au concessionnaire des 10 0/0 prévus par la loi
sur les grands travaux publics, l'exploitation du service
d'abonnement sera concédée à M. Justinien Etienne pour une
durée proportionnelle à rexçédent d<» dépense, au rapport
probable de l'abonnement et à l'intérêt de l'argent.
« Le projet de dérivation et de distributicm adopté avec
plans et profils à l'appui, avant le commencement des tra-
vaux et avant tout paiement, sera soumis à l'approbation de
l'Ingénieur de l'Etat, chargé du contrôle des travaux.
(( Les œuvres d'art, les travaux courants de fontaineric
seront exécutés en se conformant au cahier des charges
dressé par le Département des Travaux Publics.
Art. 2. — La présente loi, à laquelle sera annexé ledit
contrat avec les clauses et conditions telles qu'elles ont été
votées, sera exécutée à la diligence des Secrétaires d'Etat des
Travaux Publics, des Finances et du Commerce, et de l'Inté-
rieur, chacun en ce qui le concerne.
Donné à la Chambre des Représentants, au Port-au-Prince. Ir
28 septembre 1891, an LXXXVIll' de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre.,
Pktion Pierre- André.
Les Secrétaires.,
B. BiSSAINTHE, J.-M. GrANDOIT.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le oO sep-
tembre 1891, an LXXXVlII" de l'Indépendance.
Le Président du Sénats
D.-Jn. Louis.
Les Secrétaires.,
A. Roland, Cadestin Robeut.
LOI
303
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée
publiée et exécutée.
Donné au Palais national de Port-au-Prince, le 22 septembre 1891,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président:
Le Secrétaire cVÈlat des Travaux Publics,
Dr.-Jn Joseph.
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce,
Stewart.
Le Secrétaire d'État de l'Intérieur par intérim,
C. Archin.
304 CONTRAT
COXTHAT
1°M. D.-Jean Joseph, secrétaire d'I^^tat aux Départements
des Travaux Publics et de l'Agriculture, agissant au nom do
l'Etat, en vertu de l'autorisation du Conseil des Secrétaires
d'État, d'une part ;
2° M. Justinien Etienne, propriétaire, receveur gérant
de l'Union postale, demeurant au Cap-Haïtien, d'autre
part ;
Il a été convenu et arrêté ce qui suit, sauf la sanction du
Corps législatif :
Art. 1"''. — Le sieur Justinien Etienne s'engage, dans un
délai de deux ans, à partir de la promulgation du présent
contrat, à établir au Cap-Haïtien un service de distribution
d'eau pouvant suffire à la consommation générale de la popu-
lation de la ville, consommation dont l'estimation, temps
moyen, sera de 300 litres par tête et par jour.
Art. 2. — Les travaux comprennent :
1° La captation et la dérivation des sources dont le nombre
et l'orientation seront déterminés contradictoirement, et qui
seront amenés par des tuyaux en fonte aux réservoirs déter-
minés comme pour les sources ;
2° L'établissement du réseau de distribution en tuyaux de
fonte, à cordon et à emboîtement, joints en plomb, d'un dia-
mètre convenable, en tenant compte de la pente et de la
consommation, réseau s'étendant sous toutes les rues de la
ville ;
3" L'installation de bornes-fontaines ou coffres à incendie
dans les quartiers oii l'utilité en sera reconnue.
CONTRAT 305
Art. 3. — Le sieur Justini(>n Etienne s'engage aussi à
remettre en bon état les fontaines de la ville, celle de la
Marine comprise, et à alimenter, libres de toutes taxes, les
établissements publics, tels que le Bureau de la Place, celui
de l'Arrondissement, le Palais national, le Poste de la Police,
le Lycée national, le Conseil communal, l'Hospice, etc.
Art. 4. — Les matériaux qui devront servir à l'exécution
des travaux seront exonérés de tous droits de Douane ; ils
seront spécifiés dans une nomenclature qui sera arrêtée d'un
commun accord entre le Gouvernement et le concession-
naire.
Art. 5. — Le Gouvernement, pour assurer la réalisation
du présent contrat, donnera tout son concours au sieur Jus-
tinien Etienne et fera exproprier, aux frais de l'Etat, dans
le plus bref délai possible, toutes les sources d'eau l'econ-
nues nécessaires au complet approvisionnement de la Ville,
sans préjudice toutefois de la stricte quantité d'eau à laquelle
les propriétés rurales auront droit, et cela, d'après détermi-
nation à faire par les ingénieurs des deux parties contrac-
tantes.
Art. 6. — Le Gouvernement évalue à 150.000 dollars or
le coût des travaux à faire.
Dans tous les cas, pour éviter de léser les intérêts d'au-
cune des deux parties, le règlement définitif sera basé :
1" Sur la valeur déterminée par une expertise pour les
réservoirs ; |
2° Un métrage rigoureux des travaux de captation et de
canalisation ;
3° Une évaluation aussi juste que possible de Toutillage
des matériaux et du matériel restant. — L'expertise, le
métrage et l'évaluation seront faits par l'ingénieur de l'Etat
chargé du contrôle~des travaux, un ingénieur choisi [par le
concessionnaire et une tierce personne compétente nommée
par les deux ingénieurs.
Le prix de base pour l'évaluation sera :
20
306
CONTRAT
Conduite en fonte, cordon, emboitement
posé à O", 7, environ sous terre, joints
en plomb.
1.-5 O!
b' 3
° g.
S 'Z
■à °
o
ï i
.~ oc
.2 =
Q
= i
£ a.
'i "I
.5 o
O
o
0 3
O
O Q.
1 'g
5
ï i
o
a a.
E 3
îS z.
a
Prix du mètre Hnaire :
Tous frais compris. ... P.
Plus-value pour les tubu-
lures
or
7 »
3.50
0.75
or
5.75
3 >.
0.60
or
4.50
2.30
0.30
or
3 »
2 »
0.30
or
2 ))
0.15
0.50
Prix des robinets-vannes
mis en place
Prix d'un coffre à incendie
Art. 7. — Le concessionnaire recevra de l'État pour tous
frais généralement quelconques :
1" A l'arrivée du matériel et des matériaux au complet,
c'est-à-dire tuyaux, plans, cordes goudronnées, ciment,
outils, etc., etc., un premier versement de 50.000 dollars ;
2° Lorsque la moitié des travaux, objet de la concession,
sera réputée faite, de l'avis de l'ingénieur de l'Etat, chargé
du contrôle, un second paiement de 50.000 dollars;
3° A l'achèvement complet dés travaux, après mise en
train des tuyaux pour des essais qui seront prolongés un
mois, le solde ; en cas de retard de paiement, il sera tenu
compte au concessionnaire d'un intérêt de 6 0/0 l'an sur les
sommes dues.
S'il est établi par le métrage que le chiffre de 150.000 dol-
lars est dépassé, l'exploitation du service d'abonnement sera
concédée à M, Justinien Etienne pour une durée propor-
tionnée à l'excédent de dépenses, au rapport probable de
l'abonnement et à l'intérêt de l'argent.
Ce projet de dérivation et de distribution adopté avec plans
et profils à l'appui, avant le commencement des travaux et
avant tout paiement, sera soumis à l'approbation de l'ingé-
nieur de l'Etat, chargé du contrôle des travaux.
Les œuvres d'art, les travaux courants de fontaineric
CONTRAT 307
seront cxéculés en se conforniiiiil au caliicr des charges
dressé par le Département des Travaux Publies.
Art. 8. — Le prix (l(*s abonnements s(>ra réglé par le
tarif suivant.
Tout local rap|)()i"taiil aiiiiuclIenKMil jus([u'à :
P. 240 paiera par mois P. 1
P. de 241 à 299 — — P. l,oU
P. de 300 à 479 — — P. 2
P. de 480 k 719 — — P. 3
P. de 720 à 1199 — — P. 4
P. de 1200 à 1719 — — P. 5
P. de 1800 à 2400 et au dessus P. G
AuT. 9. — Passé le délai de deux ans stipulé en Tar-
tiele 1'^'', si le Service hydraulique n'était pas entièrement
établi dans la ville du Cap-Haïtien, le présent contrat sera
nul et de nul effet, à moins d'un cas de foi'ce majeure
dûment constaté, et alors tous les matériaux importés pour
lesdits travaux et tous les ouvrages commencés ou terminés
seront, de plein droit et sans aucune indemnité, la pi'opriété
de l'État.
Art. 10. — Toute contestation à propos de l'exécution
d'une ou de plusieurs clauses de la présente concession sera
jugée par des arbitres nommés en nombre égal de part et
d'autre, et leur jugement sera en dernier ressort, sans que
l'une des parties puisse en appeler ni se pourvoir en cassa-
tion.
En cas de partage d'avis, il sera nommé, à la majoi'ilé
des arbitres, un tiers arbitre pour les départagej".
En cas de non-entente sur le choix du tiers arbitie, ce
dernier sera nommé par le doyen du Tribunal civil siégeant
à Port-au-Prince.
Art. 11. ^ Pour l'exécution des présentes, les parties
contractantes élisent domicile, le Secrétaire d'Etat des Tra-
vaux publics et de l'Agriculture au bureau de la Sécrétai-
:}08 CONTRAT
rerie d'État, et le sieur Justinien Etienne en son domicile au
^ap-Haïtien.
Fait en double à Port-au-Prince, le 18 septembre 1891.
D. Ji\. -Joseph.
J. Etienne.
Copie conforme :
Le Secrélaire-Arch iviste,
VlLMENAY.
CIRCULAIRE 309
N" Jio.
Port-au-Prince, le 21 octobre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépen-
dance.
N'* 13
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Finances de la République
Monsieur l'Administrateur,
En raison de l'exiguïté des locaux servant de Douanes
dans les différents ports ouvertsj au commerce étranger
dans la République, vous êtes invité à ajouter à la nomen-
clature de marchandises pouvant[être enlevées de la Douane
par droits approximatifs, que orte ma Circulaire du
11 septembre écoulé, au N" 134, les articles dont vous avez
ci-après la note :
)
Aissantes et ardoises,
Beurre en caisse.
Bière de gingembre .
Eau-de-vie f Toutes les boissons non
Genièvre | prohibées en caisse,
Vermouth /
Bœuf salé.
Bois de construction.
Briques,
Chaises montées,
Chaudière, en grenier, caisse, boueaut,
Carreaux, — — —
Faïence en panier,
Farine en baril,
310 CIRCULAIRE
Fer en barres,
Feuilles de tôle, en g-renier, caisse,
Huile d'olive, en caisse,
Maïs, en baril, sac,
Mantègue, en caisse, barrique.
Maquereaux, en baril, boquitle,
Morue en caisse, boucaut.
Porc en baril,
Savon en caisse.
Sucre en boite, caisse.
Suif, en caisse.
Tètes de cochons, en baril.
Tuiles, en grenier, caisse.
Toutes les foi-malités prescrites par nos lois à propos des
vérifications à opérer par îâ~15c)uane doivent être observées
avant la livraison des marchandises par droits approxi-
matifs.
Afin de ne pas contrarier le développement qui s'opère
dans notre commerce d'importation, tout en réprimant les
abus qu'on serait disposé à y introduire, je dois vous dire,
Monsieur l'Administrateur, que je compte sur l'empresse-
ment qui sera mis dans vos bureaux à la confection des
mandats d'encaissement pour donner toute satisfaction aux
commerçants soucieux de se libérer envers FEtat de leurs
droits de Douane, et que je vous enjoins de refuser les
mêmes facilités à tout commerçant qui n'aurait pas, à cette
date, réglé définitivement avec la succursale de la Banque
ses bordereaux antérieurs pour dioits approximatifs.
Accusez-moi réception de la présente Circulaire et agréez,
Monsieur l'Administratevir, Fassurance de ma parfaite
considération.
Stewart.
LOI 311
N" 117.
LOI
Hyppolite, prôsideni d'Haïti,
Vu le contrat passé sous la date du 25 septembre 1891,
entre le Secrétaire d'État des Travaux Publics et M. Lanoue
Sterlin, pour l'établissement d'un service de distribution
d'eau aux Gonaïves ;
A proposé,
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art, l''^ — Est approuvé et sanctionné avec les modifica-
tions des articles i, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 et 10 ci-dessous, le
contrat ci-dessus cité, accordant à M. Lanoue Sterlin la
faculté d'établir un service de distribution d'eau aux
Gonaïves .
(( Art. 1"'". — Le sieur Lanoue Sterlin s'engage, dans un
délai de deux ans, à partir de la promulgation du présent
contrat : 1" à ériger dans la ville des Gonaïves sur la place
dite Champ-de-Mars, une Tontaine monumentale et à placer
des bornes-fontaines en nombre suffisant dans les différents
quartiers de la ville; 2° et à ériger ensuite au marché, au
bord de la mer, au « Raboteau », ainsi que du côté de
<( Soleil », quatre petites fontaines.
« Art. 2. — Les travaux comprennent : 1" la captation et
la dérivation des sources ou cours d'eau voisins de la Ville
dont le nombre et l'orientation seront déterminés contradic-
toirement par l'ingénieur du Gouvernement et celui du con-
cessionnaire, et qui sei'ont amenés par des conduites consis-
tant en canal en maçonnerie et tuyaux de fonte à filet et
312 LOI
eml)oitomcTit, jointes en plomb, d'un diumèlre convenable,
à des bassins de lillrage et à un bassin de réserve; 2" l'c'la-
blissement du réseau de distribution s'étendant pai- Irois
lignes dont la principale sera dirigée sur le Champ-de-Mars.
d'où, par un embranchement, elle continuera vers le rivage
de la mer en deux voies : l'une suivra la rue (( Louverture »,
et l'autre la rue « Lavaud », alimentant au passage les con-
duites secondaires de distribution ; 3° et l'installation des
bornes-fontaines ou coffres à incendie dans les quai-tiers
où l'utilité en sera reconnue.
« Art. 3. — Le sieur L. Sterlin s'engage aussi à alimenter
d'eau, libres de toute taxe, les établissements publics tels
que : le Bureau de l'Arrondissement, celui de la Place,
le Poste de Police, le Conseil communal, l'Hospice, la Pri-
son, etc.
« Art. 4. — Les matériaux nécessaires à l'exécution des-
dits travaux seront exonérés de tous droits de Douane. Le
navire qui en sera porteur sera exonéré des droits de ton-
nage en ce qui concerne cesdits matériaux. La quantité et
la qualité des matériaux à importer, tels que ciment,
briques, barsacs, goudrons, tuyaux, etc., seront spécifiés dans
un état qui sera arrêté entre le Gouvernement et le C(mces-
sionnaire.
« Art. 5. — Le Gouvernement s'oblige à payer, pour les
travaux ci-dessus énumérés, la somme de 150.000 piastres
or. Le paiement de cette valeur sera échelonné de la
manière suivante : 1° un tiers à l'arrivée au complet du
matériel et des matériaux à employer à l'exécution desdits
travaux ; 2° un deuxième tiers lorsque la moitié des travaux
sera exécutée, de l'avis de l'ingénieur de l'État chargé du
contrôle; 3° et le solde à l'achèvemenl complet des travaux.
« En cas de retard dans le paiement, il sera tenu compte
au concessionnaire d'un intériM de 6 0 0 l'an sur les valeurs
dues.
« Art. 6. — Le Gouvernement, pour assurei- la réalisation
du présent contrat, donnera tout son concours au sieur
LOI :m3
Lanoue Sterlin et fera exproprier aux frais de l'Etat, dans
\o délai de trois mois au plus, après la ratification du présent
contrat par le Corps législatif, toutes les sources et tous les
cours d'eau reconnus nécessaires au complet approvisionne-
ment de la ville, sans préjudice toutefois de la stricte quan-
tité d'eau à laquelle les propriétés rurales auront droit, et
cola, d'après la détermination à faire par les ingénieurs des
deux parties contractantes.
« Art. 7. — S'il est établi par les comptes de dépenses,
dûment contrôlés par l'ingénieur du Gouvernement, que la
somme de 150.000 piastres or a été dépassée, le Gouverne-
ment ayant tenu compte au concessionnaire des 10 0/0 pré-
vus pour les grands travaux publics, l'exploitation du Ser-
vice d'abonnement à la distribution d'eau sera concédée au
sieur Lanoue Sterlin pour un laps de temps proportionné a
l'excédent de ses dépenses, au rapport probable de l'abonne-
ment et à l'intérêt de l'argent.
« Art. 9. — Passé le délai de deux ans stipulé en l'ar-
ticle 1"'", si la fontaine monumentale, les bornes-fontaines et
les quatre petites fontaines, à moins de cas de force majeure,
n'étaient pas installées, le présent contrat sera nul et de nul
etTet, et alors tous les matériaux importés pour lesdits tra-
vaux et tous les ouvrages commencés ou terminés seront
de plein droit, sans aucune indemnité, la propriété de l'Etat.
« Art. 10. — Toute contestation, à propos d'une ou de
plusieurs clauses de la présente concession, sera jugée par
des arbitres nommés en nombre égal de part et d'autre, et
leur jugement sera en dernier ressort, sans que l'une des
parties puisse en appeler ni se pourvoir en cassation.
« En cas de partage d'avis, il sera nommé, à la majorité
des arbitres., un tiers arbitre pour les départager. En cas de
non- entente sur le choix du tiers arbitre, il sera nommé par
le doyen du Tribunal de Port-au-Prince. »
Art. 2. — La présente loi, à laquelle sera annexé ledit
contrat avec les clauses et conditions telles qu'elles ont [été
notées, sera exécutée à la diligence des Secrétaires d'Etat des
314 LOI
Travaux Publics, des Finances et du Commerce, et de l'In-
térieur, chacun en ce qui le concerne.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 30 sep-
tembre 1891, an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Le Président du Sénat^
D. Jn. -Louis.
Les Secrétaires^
A. Roland, Cadiîstin Robert.
Donné à la Chambre des Représentants, au Port-au-Prince, le
oO septembre 1891, an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
Pétion Pierre-André.
Les Secrétaires^
J.-M. Grakdoit, Rr. Rissainthe.
Au nom de République :
Le Présidentd'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps légis-
latif soit revêtue du sceau de la République, imprimée, publiée et
exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 7 octobre 1891,
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État des Travaux Publics^
Dr.-Jn. Joseph.
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce,
Stewart.
Le Secrétaire d'Etat de t Intérieur, par intérim,
C. Archin.
CONTRAT 315
N" 1 18.
CONTRAT
POIH l.i-: SKliVICI-: de la niSTHIIUjTKt.N D'EAU
DE I.A VII.EE DES (iO.XAIVES
Entre les soussignés :
r M. D.-.Iean Joseph, Secrétaire d'Etat aux départements
des Travaux Publics et de l'Agriculture, agissant au nom de
l'État, en vertu de l'autorisation du Conseil des Secrétaires
d'État, d'une part ;
2° Et M. Lanoue Sterlin, commerçant et propriétaire, de-
meurant et domicilié à Gonaïves, d'autre part;
Il a été arrêté et convenu ce qui suit, sauf la sanction du
Corps législatif.
Art. 1". — Le sieur Lanoue Sterlin s'engage, dans un
délai de deux ans à partir de la promulgation du présent
contrat: 1° à ériger dans la ville des Gonaïves, sur la place
dite Ghamp-de-Mars, une fontaine monumentale, et à placer
des bornes-fontaines en nombre suffisant dans les différents
quartiers de la ville; 2" et à établir ensuite un service de dis-
tribution d'eau à domicile pouvant suffire à la consomma-
tion générale de la population, consommation dont l'estima-
tion, temps moyen, sera de soixante-quatre litres par tète
et par jour.
Art. 2. — Les travaux comprennent:
1° La captation et la dérivation des sources ou cours d'eau
voisins de la ville dont le nombre et l'orientation seront
déterminés contradicloirement par l'ingénieur du Gouverne-
ment et celui du concessionnaire, et qui seront amenés par des
conduites consistant en canal en maçonnerie et tuyaux de fonte,
316 CONTRAT
filet et emboîtement, jointes en plomb, d'un diamètre con-
venable, à des bassins de iiltrage et à un bassin de réserve;
2° l'établissement du réseau de distribution s'étendant [)ar
trois lignes dont la principale sera dirigée sur le Champ-
de-Mars, d'oii, par un embranchement, elle continuera vers
le rivage de la mer en deux voies : l'une suivra la rue
Louverlure^ et l'autre la rue Lavaud^ alimentant au passage
les conduites secondaires de distributions ; 3° et l'installa-
tion de la fontaine monumentale et des bornes-fontaines ou
coffres à incendie dans les quartiers où l'utilité en sera recon-
nue.
Art. 3. — Le sieur L. Sterlin s'engage aussi à alimenter
d'eau, libres de toutes taxes, les établissements publics tels
que : le Bureau de l'Arrondissement, celui de la Place, le
Poste de Police, le Conseil communal, l'Hospice, etc.
Art. 4. — Les matériaux nécessaires à l'exécution desdils
travaux ainsi que le navire qui en sera porteur seront exo-
nérés de tous droits de Douane ; la quantité de chacune
des espèces d'articles : briques, ciment, barsacs, goudrons,
tuyaux, etc., etc., sera spécifiée dans un état qui sera
débattu et arrêté entre le Gouvernement et le concession-
naire.
Art. 5. — Le Gouvei'nement, pour assurer la réalisation
du présent contrat, donnera tout son concours au sieur
Lanoue Sterlin, et fera exproprier aux frais de l'Etat, dans
le plus bref délai possible, toutes les sources et tous les
cours d'eau reconnus nécessaires au complet approvisionne-
ment de la ville, sans préjudice toutefois de la stricte quan-
tité d'eau à laquelle les propriétés rurales auront droit, et
cela, d'après la détermination à faire par les ingénieurs des
deux parties contractantes.
Art. 6. — Le Gouvernement s'oblige à payer, pour tous les
travaux ci-dessus énumérés, la somme de iïh:. 000 piastres
en or. — Le paiement de cette valeur sera échelonné de la
manière suivante : 1° un tiers à l'arrivée du matériel et des
matériaux au complet, c'est-à-dire de la fontaine monu-
CONTRAT 317
mentale, des tuyaux, plomb, cordes, ciment, outils, etc. ;
2° un deuxième tiers, lorsque la moitié des travaux, objet
de la concession, sera réputée exécutée, de l'avis des ingé-
nieurs de l'Etat chargés du contrôle ; 3° et le solde à rachè-
vement complet des travaux. En cas de retard dans le paie-
ment, il sera tenu compte au concessionnaire d'une
commission de retard de 2 1/2 0/0, et d'un intérêt de
6 0/0 l'an sur les valeurs dues.
Art. 7. — S'il est établi par les comptes de dépenses,
dûment contrôlés par l'ingénieur du Gouvernement, que la
somme de HA. 000 piastres or a été dépassée, l'exploitation
du Servic(# d'abonnement à la distribution d'eau sera concé-
dée au sieur Lanoue Sterlin, pour un laps de temps pro-
portionné à l'excédent de ses dépenses, au rapport probable
de l'abonnement et à l'intérêt de l'argent.
Akt. 8. — Le prix des abonnements sera réglé d'après le
tarif suivant :
Tout local rapportant annuellement jusqu'à :
G. 240 paiera par mois G. 0,75
G. de 241 à 299 — — l,2o
G. de 300 à 479 — — 1,75
G. de 480 à 719 — — 2,50
G. de 720 à 1199 — — 3,50
G. de 1200 à 1799 — — 4,50
G. de 1800 à 2400 et au dessus 5,50
Art. 9. — Passé le délai de deux ans stipulé en l'ar-
ticle 1^', si la fontaine monumentale et les bornes-fontaines
n'étaient pas installées dans la ville des Gonaïves, et le
Service hydraulique en bonne voie de fonctionnement, le
présent contrat sera nul et de nul effet, à moins de cas de
force majeure dûment constaté, et alors tous les matériaux
importés pour lesdits travaux et tous les ouvrages commencés
ou terminés seront de plein droit, sans aucune indemnité,
la propriété de l'Etat.
Art. 10. — Toute contestation à propos d'une ou de plu-
318 CONTRAT
sieurs clauses de la présente concession sera jugée par des
arbitres nommés en nombre égal de part et d'autre, et leur
jugement sera en dernier ressort, sans que l'une des parties
puisse en appeler ni se pourvoir en cassation. En cas de
partage d'avis, il sera nommé à la majorité des arbitres un
liers arbitre pour les départager. En cas de non-entente sur
le choix des arbitres ou du tiers arbitre, le doyen du Tribu-
nal civil de Port-au-Prince informera.
Art. 11. — Pour l'exécution des présentes, les parties
contractantes élisent domicile, le Secrétaire d'Etat des Tra-
vaux Publics, au bureau de la Secrétairerie d'Etat, et le
sieur Lanoue Sterlin en son domicile à Gonaïves.
Fait double et de bonne foi à Port-au-Prince, le 2o sep-
tembre 1891.
Dr.-Jn. Joseph, Langue Sterlin.
Article additionnel. — Les œuvres d'art, les travaux cou-
rants de fontainerie seront exécutés en conformité du cahier
des charges dressé par le Département des Travaux Publics.
Dr.-Jn. Joseph, Lanoue Sterlin.
Pour copie conforme:
Le Sécréta ire- A rch ivisle ,
A. ^ ilmenay.
LOI . 319
N° 119.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A proposé.
Et le Corps législatif a voté la loi suivante :
Art. 1"'. — Les lois des 27 et 31 octobre 1876 sur la régie
des impositions directes et la fixation des quotités de l'im-
position locative et de l'impôt des patentes sont prorogées
pour l'année 1891-1892.
Art. 2. — Les Secrétaires d'Etat des Finances et du Com-
merce et de l'Intérieur sont chargés, chacun en ce qui le
concerne, de l'exécution de la présente loi.
Donné à la Chambre des Représentants, au Port-au-Prince, le
30 septembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre^
Pétion Pierre- André.
Les Secrétaires^
J.-M. Grandoit, Br. Bissainthe.
Le Président du Sénat,
D. Jn-Louis.
Les Secrétaires,
A. Roland, Cadestix Robert.
3-20 LOI
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif" soit revêtue du sceau de la République, imprimée,
publiée et exécutée.
Donné au Palais national, à Porl-aii-Prince. le ... septembre 18'J1,
an LXXXVlll" de l'indépendauce.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Étal de Vlntérieur par intérim^
C. AncHiN.
Le Secrétaire d'Etal des Finances et du Commerce^
STE^VART.
CIRCULAIRE SM
N° 120.
Port-au-Prince, le 10 novembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indé-
pendance.
SECTION DU COMMERCE. N° 378
CIRCULAIRE
LE SECRETAIRE D'ETAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Alix Directeurs des Douanes de la République
Monsieur le Directeur,
Par les 2" et 3^ paragraphes de son article 5, la loi du
29 septembre expiré, qui crée au Ministère des Finances et
du Commerce un bureau d'Inspection générale et de Con-
trôle des Finances et des Douanes, vous fait l'obligation
d ouvrir désormais dans votre établissement un livre dit de
« compte-courant ».
Dans ce compte-courant, vous débiterez séparément chaque
importateur du montant détaillé des droits dus à l'Etat sur
toutes les marchandises qu'il a importées pendant le mois,
et au fur et à mesure de leur vérification. Puis, ces mêmes
importateurs seront crédités du montant des droits qu'ils
auront versés à la Banque : ce qu'il vous sera facile de cons-
tater par les récépissés dûment visés de l'Administrateur
qu'ils sont tenus de vous remettre, avant de pouvoir enlever
leurs marchandises.
Au commencement de chaque mois, vous m'enverrez des
21
322 CIRCULAIRE
extraits de ce compte-courant. Il y aura autant d'extraits
que d'importateurs, chacun devant avoir un compte spécial.
Je n'ai pas besoin de vous demander de mettre le plus
grand soin dans la tenue de ce compte-courant, et la con-
fection de ces extraits, qui doivent être l'objet de l'examen
le plus scrupuleux du bureau d'Inspection des Finances et
des Douanes.
Les instructions contenues dans cette dépêche, dont vous
m'accuserez réception, doivent être mises immédiatement
en exécution, pt le compte-courant sera ouvert par le mois
d'octobre, qui commence F exercice.
Accusez-moi réception de la présente, et agréez, Mon-
sieur le Directeur, l'assurance de ma considération dis-
tinguée.
Stewart.
CIRCULAIRE 323
N° 121
Port-au-Prince, le 10 novembre 1891. an LXXXVIII" de Tlndi'-
pendaïice.
SECTION DU COMMERCE. — N° 379
CIRCULAIRE
F.E SECRETAIRE D'ETAT AU DEPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aîix Administrateurs des Finances de la République
Monsieur l'Administrateur,
La loi du 29 septembre expiré, qui crée au Ministère des
Finances et du Commerce un bureau d'Inspection générale
et de Contrôle des Finances et des Douanes de la République,
vous fait l'obligation, dans les 2" et 3* paragraphes de son
article 5, d'ouvrir désormais, dans votre bureau, un livre
dit de « compte-courant ».
Dans ce compte-courant, chaque importateur doit être
débité séparément du montant détaillé des droits dus à l'Etat
sur toutes les marchandises qu'il a importées dans le cou-
rant du mois : ce qu'il vous sera aisé de faire à l'aide des
bordereaux que vous expédiera la Douane pour être ordon-
nancés. Puis, vous créditerez ces mêmes importateurs du
montant des droits qu'ils auront versés à la Banque, appert
les récépissés qu'ils vous soumettront pour être visés, et
qu'ils déposeront à la Douane avant qu'ils puissent enlever
leurs marchandises.
324 CIRCULAIRE
Au commencement de chaque mois, vous m'enverrez, en
môme temps que les talons, des extraits de ce compte-cou-
rant. 11 doit y avoir autant d'extraits qu'il y aura d'importa-
teurs, chacun devant avoir un compte spécial.
Je n'ai pas besoin de vous recommander de mettre le plus
grand soin dans la tenue de ce compte-courant, et dans la
confection des extraits, qui doivent être l'objet de l'examen
le plus scrupuleux du bureau d'Inspection des Finances et des
Douanes de la République.
Les instructions contenues dans cette Dépêche, dont vous
m'accuserez réception, doivent être mises immédiatement en
exécution, et le compte sera ouvert par le mois d'octobre , qui
commence l'exercice en cours.
Agréez, Monsieur l'Administrateur, l'assurance de ma
considération distinguée.
Stewaut.
CIRCULAIRE 325
N» 122.
Port-au-Prince, le 11 novembre 1891, an LXXXVIIl" de l'Indépen-
dance.
SECTION DU COMMERCE. n" 385
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Agents des lignes de steamers à Port-au-Prince
Monsieur l'Agent,
Pour le besoin d'un contrôle effectif à l'exportation, la loi
du 29 septembre expiré, qui crée un bureau d'Inspection au
Ministère des Finances et du Commerce, fait, dans son article 7,
aux directeurs de Douanes, l'obligation de m'expédier régu-
lièrement les manifestes de sortie des steamers ou voiliers.
Elle leur prescrit, comme moyen d'atteindre ce but, d'exiger
des agents de steamers la présentation des connaissements
et manifestes de ces navires, documents qui doivent être
visés par lesdits fonctionnaires, et mentionner les marques,
quantité et qualité des denrées embarquées.
Ces formalités, Monsieur l'Agent, doivent être, de votre
part, l'objet d'une sérieuse attention, en raison même de la
pénalité qui est la conséquence de leur non-exécution.
Il est dit, en effet, dans le même article 7, que le capitaine
ou l'agent de Compagnie qui aura refusé de se soumettre à
cette obligation, ou essayé de s'en affranchir d'une manière
326 CIRCULAIRE
quelconque, sera passible d'une amende de l.OOÛ piastres,
or amc^ricain, dont l'exportateur, le consigna taire et l'agent
de la Compagnie seront solidairement responsables envers la
Caisse publique.
Je vous prie de porter ces faits à la connaissance des repré-
sentants do votre ligne dans les autres localités, et de m'accuscr
réception de la présente.
Agréez, Monsieur l'Agent, l'assurance de ma considéra-
Stewart.
tien distinguée.
CIRCULAIRE 327
No 123.
Port-au-Prince, le 11 novembre 1891, an LXXXVlIb de l'Indépen-
dance.
SECTION DL" COMMERCE. — n" 386
CmCULAIRE
LE SECRETAIRE DETAT AU DEPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Directeurs des Doitmies de la Bépithlique
Monsieur le Directeur,
En vertu de l'article 7 de la loi du 29 septembre expiré, il
vous incombe d'expédier au bureau d'Inspection générale,
que cette loi vient de créer au Ministère des Finances et du
Commerce, le manifeste de sortie de chaque navire, steamer
ou voilier, avec les marques, quantité et qualité des denrées
embarquées, et le montant des droits payés.
C'est ici l'occasion de vous inviter à convertir en colis ou
sacs la quantité de livres de café ou cacao embarquée, afin
que le contrôle puisse se faire plus facilement avec les pièces
que nous envoient nos consuls à l'Etranger.
Pour pouvoir m'expédier le documentdontjevousaiparlé,
vous exigerez des capitaines de voiliers et des agents de
steamers la présentation des connaissements et manifestes
de ces navires, — pièces que vous viserez avant la remise
de la carte de sortie. C'est, d'ailleurs, une disposition qui est
prévue à l'article 80 du tarif en ce qui concerne les voiliers.
328 CIRCULAIRE
Ce même article 7 porte avec lui sa sanction pénale. Aussi
bien, il y est dit que le capitaine ou l'agent de Compagnie qui
aura refusé de se soumettre à cette obligation, au essayé de
s'en affranchir d'une manière quelconque, sera passible d'une
amende de 1.000 piastres, or américain, dont l'exportateur,
le consignataire et l'agent de la Compagnie seront solidaire-
ment responsables envers la Caisse publique.
Comme le Département désire que ce contrôle à l'exporta-
tion se fasse sans interruption, je vous prescris de m'envoyer
les manifestes en question chaque fois que vous en aurez et
qu'il se présentera une occasion, au lieu de les accumuler
dans votre bureau, comme c'en est l'habitude dans certaines
Douanes pour les documents d'importation.
Tenez la main ferme à l'exécution de la présente, dont
vous m'accuserez réception, et agréez, Monsieur le Directeur,
l'assurance de ma considération distinguée.
Stewart.
CIRCULAIRE 329
N" 124.
Port-au-Prince, le 1 novembre 1891, an LXXXVllI" de l'Indépen-
dance .
SECTION DE LA CORRESPONDANCE GÉNÉRALE
CmCULAlRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DE L'AGRICULTURE
Aux CoTnmandants
des arrondissements de la République
Général,
La Circulaire de Son Excellence le Président d'Haïti, en
date du 29 octobre dernier, transcrite au Mo/iifeur du 31
même mois et 4 courant, me donne l'occasion, en première
ligne, de rendre hommage à l'heureuse pensée du Chef de
l'Etat d'appeler particulièrement l'attention des comman-
dants des arrondissements sur l'état exact de la culture du
café, notre principale denrée, comme dit très bien Son
Excellence, et d'ordonner de Lui adresser un rapport détaillé
des plantations de cette denrée. La Circulaire du Président
cite avec beaucoup de précision les articles du Code rural
(08 à 74), qui donnent les règles générales sur la matière.
Or, il est de mon devoir d'insister après le Président et
de concourir à la bonne exécution des instructions que Lui
a inspirées sa haute sollicitude pour l'agriculture en ce
pays.
Cette communication, du même coup, viendra corroborer
330 CIRCULAIRE
les recommandations répétées que contient ma correspon-
dance de chaque semaine adressée tant à vous-même qu'aux
commandants des communes.
En etTet, Général, et comme vous l'indique si judicieuse-
ment le Président d'Haïti, c'est d'abord l'article 68 du Code
rural qu'il faut considérer, lequel résume les attributions
générales de haute inspection et de surveillance que vous
exercez dans les campagnes.
Il résulte de cette grande autorité dont vous revêtent la
loi et le Chef de l'Etat, que l'ordre public et la prospé-
rité générale dépendent de votre vigilance, de vos soins
actifs, attentifs et intelligents.
Le Président fait observer que le plus souvent les rapports
que prescrit l'article 69 après chaque inspection semes-
trielle, et les observations qu'ils contiennent, se résument
en des formules banales et sans enseignement.
Votre rapport, en effet, par suite de la tournée que vous
devez faire en personne, doit être détaillé et exposer la situa-
tion réelle et fidèle de la culture de votre arrondissement.
C'est ce que prescrit formellement l'article 70, ainsi conçu :
« Ce rapport semestriel indiquera notamment :
« 1° La quantité d'habitations de chaque section qui sont
cultivées et la quantité d'habitations non cultivées ; 2" la
nature des cultures, les progrès ou le dépérissement de ces
cultures ; 3° les causes de dépérissement et les moyens d'y
remédier ; 4° l'état des routes et chemins publics ; 5" l'état
<les cours d'eau, digues et canaux d'irrigation ; 6° des obser-
vations sur la situation des travaux, sur l'état moral, le
bien-être et les besoins des populations et l'exécution des
lois. ))
Vous remarquerez que ces dispositions sont impératives ;
toutes les énonciations indiquées doivent se trouver dans
les rapports ; plus, tous les détails et autres observations
que vous jugerez à propos de faire parvenir à l'Adminis-
tration supérieure.
Après avoir dit, conformément à la loi, la situation exacte
CIRCULAIRE 331
des cultures, il ne vous est pas interdit, il convient même
de noter, s'il y a lieu, les réformes et améliorations que
vous pourriez juger nécessaires ou que vous indiquerait
l'opinion générale.
Ceci est livré à l'appréciation que vous en ferez avec le
tact et Fà-propos requis en pareille circonstance.
Je ne saurais trop vous recommander, comme cadre et
modèle, la formule n" 24 intitulée : « Rapport d'inspection
générale », qui se trouve à la fin de l'édition du Gode rural
publié avec commentaires et ofliciellement distribué aux
commandants d'arrondissements et de communes ; bien en-
tendu, au besoin, avec les changements, c'est-à-dire les
additions ou modifications que comporte la grande variété
des circonstances de temps et de lieux.
Et, si vous vouliez vous inspirer de l'exemple de vos
devanciers qui, il faut leur rendre cette justice, mettaient
tout le sérieux nécessaire dans les actes d'administration de
l'époque, vous trouverez aussi comme modèles et exemples
bons à suivre, les rapports et tableaux que les divers com-
mandants d'arrondissements adressaient au Gouvernement
vers 1839 et 1840. C'est au tome YII des Lois et Actes de
la République, pages 139 et suivantes.
C'est dé cette façon et par l'observation des règles géné-
rales que je viens de rappeler, que vous remplirez les vues
de Son Excellence le Président d'Haïti, qui vous les a fait
connaître par ses instructions particulières au café, notre
principale production, et tendant à lui faire avoir : « La
« liste nominative de toutes les plantations cafières de
« votre arrondissement, avec l'inscription du rendement
« annuel de chaque plantation en regard du nom qui la
« désigne. Et aussi, le rapport que vous adresserez con-
« tiendra le tableau récapitulatif dressé sur les rapports des
« différents commandants de communes qui relèvent de
« vous. »
Les inspecteurs de culture, dans les tournées hebdoma-
daires que la loi leur ordonne, pourront arriver à aider les
332 CIRCULAIRE
commandants de communes à vous fournir, le plus tôt pos-
sible, les renseignements que vous demande le Chef de
rÉtat.
Veuillez, Général, m'accuser réception de la présente
Circulaire et recevoir l'assurance de ma considération dis-
tinguée.
Dr. Jn. -Joseph.
LOI 333
N° 125.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti
Vu l'article 69 de la Constitution ;
Considérant que les allocations budgétaires votées au
Départenienl des Travaux Publics pour l'exercice 1890-1891
aux comptes des chapitres et sections ci-après énumérés,
ont été dépensées ou dépassées : eu égard aux sommes déjà
payées et à celles qui doivent être acquittées pour les deux
derniers mois dudit exercice ;
Considérant que, tout en réservant le jugement ultérieur
du Corps législatif sur les dépenses susdites qui^ont absorbé
les valeurs votées pour ce Département, il importe de ne
pas arrêter, ni entraver la marche du service public ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat des Travaux Publics;
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat ;
A proposé,
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. 1". — Un crédit supplémentaire de 20.600 gourdes
est accordé au Secrétaire d'Etat des Travaux Publics, comme
suit :
Au chapitre ii, section 1, Constructions, embelHsse-
ments et réparations des édifices publics P. 18.000
Réparations des routes publiques 2.600
P. 20.600
Art. 2. — Le crédit précité sera couvert par les recettes
ordinaires de l'exercice 1890-1891.
Art. 3. — La présente loi sera publiée, imprimée et exé-
334 LOI
cutéeà la diligence des Secrétaires d'État des Travaux Publics,
des Finances et du Commerce, chacun en ce qui le con-
cerne.
Donné à la Maison nationale, A Port-au-Prince, le onovcmhre 18!ll,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D. Jn. -Louis.
Les Secrétaires,
L. Barau, Plésance.
Donné à la Chambre des Représentants, à Port-au-Prince, le
9 novembre 1891, an LXXXV1I1° de l'Indépendance.
Le Préside7it de la Chambre,
J. Rameau.
Les Secrétaires,
Figaro, Marius Nicolas.
Au' nom de la République :
Le Président d'Ha'ïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée, publiée
et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 12 novembre IS'.tl,
• an LXXXVIll' de l'Indépendance.
Hyppolite.
Par le Président :
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce,
Stewart.
Le Secrétaire d'Etat des Travaux Publics.
D. Jx. -Joseph.
LOI 33f
NM26.
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 69 de la Constitution;
Considérant en fait et d'après les états à l'appui, que les
allocations budgétaires votées aux Départements de Ylntp-
rieur et de la Police Gént'ralc, de la Guerre et de la Marine
et des Relations Extérieures^ pour l'exercice 1890-1891,
aux comptes des chapitres et sections ci-après énumérés,
ont été complètement épuisées ou dépassées et que, pour
arriver à ne point faire souffrir le service public et à clore
constitutionnellement ledit exercice, il devient urgent et
indispensable de régulariser lesdites dépenses par un crédit
supplémentaire ;
Considérant que, tout en réservant le jugement ultérieur
du Corps législatif sur les dépenses susdites qui ont absorbé
les valeurs votées pour ces Départements, il importe de ne
pas arrêter ni entraver la marche du service public;
Sur le rapport des Secrétaires d'Etat des Départements sus-
désignés et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat;
A proposé,
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Art. 1". — Un crédit supplémentaire de 625.931 gourdes
91 centimes est accordé aux Secrétaires d'Etat sus-dénommés
pour les chapitres et sections ci-après :
Intérieur el Police Générale
Chap. IV, sect. 1... P. 3.706
— vi — 2... 165.774,30 or. P. 13.200
— VIII — 3... 6.266,67 5.300
— VIII — '(. . . 5.800 »
— VIII — .^i... 4.720,13 1.862,68 18.500 204.767,10
336
LOI
Chap. I, sect.
— II —
Relations Extérieures
P. 3.958 .) or. 1.113,75
20.652,62 20.642.20 37.193,83
20.642,20 38.337,58 58.979,78
Guerre et Marine
Chap.
Guerre
I,
Sect.
2.
. P. 33.767,53
I,
—
3..
108.511,35
I',
—
!..
13.258,15
m,
—
2. .
38.788,68
III,
—
3..
58.967,22
III,
—
4..
27.483,70
IV,
—
3..
6.183,32
V,
~
2. .
3.650 » 290.609,85
Marine
VI,
Sec.
2.
. P. 250 »
VI,
—
4..
15.713,16
VI,
—
5. .
41.750,40
VI,
4..
13.861,62 71.575,18
Ensemble
Chap.
362.185,03
625.931,91
Akt. 2. — Le crédit précité sera couvert par les recettes
ordinaires de l'exercice 1890-1891.
Art. 3. — La présente loi sera publiée, imprimée et exé-
cutée à la diligence des Secrétaires d'Etat, chacun en ce qui
le concerne.
Donné à la Maison nationale à Port-au-Prince, le o novembre 1891,
an LXXXVIII" de l'Indépendance
Le Président du Sènat^
D. Jn. -Louis.
Les Secrétaires,
h. Barau, Plksance.
Donné à la Chambre des Représentants, au Port-au-Prince, le
9 novembre 1891, an LXXXVIU" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
J. Rameau.
Les Secrétaires,
Figaro, Marius Nicolas.
LOI 337
Au nom de la République:
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée, publiée
et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 12 novembre 1891,
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Hyppolitk.
Par le Président :
Le Secrétaire d'Etal de la Guerre et de la Marine^
M. Montasse.
Le Secrétaire d'Etat de la Justice et des Relations E.rtérieures^
chargé par intérim du portefeuille de l'Intérieur,
C. AuCHIN.
Le Secrétaire d'Etat des Finances et du Coynmerce,
Stewart.
.338 GIRCULAIUE
N" 127.
Port-au-Prince, le !) novciiiJ)re 18'.>1. aii I>.\XX\ III' île rimlépen-
dance.
. SECTION DE LA CORRESPONDANCE GÉNÉHALE. — N° Vô
CÏIÎCULAIHK
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DEPARTEMENT
DES TRAYAI'X PUBLICS
A Monseigneur l'Evêque du Cap-Haïtien
A l'Administrateur de l'Archevêché de Port-au-Prince
et à V Administrateur du diocèse des Cayes
Messieurs,
Je suis heureux de vous donner connaissance qu'une
somme importante a été votée par les Chambres, sous le
titre de secours aux églises et presbytères .
Il est certain qu'en cette matière l'autorité ecclésiastique
est autant et mieux que personne, en mesure de connaître
les besoins réels des paroisses et le degré respectif ou l'ur-
gence relative de ces besoins.
Donnant donc suite à ma dépêche, en réponse à la lettre
de M. l'abbé Morice, présentant une liste des œuvres diocé-
saines ou paroissiales qui se recommandent le plus à la sol-
licitude du Gouvernement, je viens proposer à l'Archevêché
de Port-au-Prince, à ^M.l'Évêque du Cap-Haïtien et à M. l'Ad-
ministrateur du diocèse des Cayes, de contribuer, person-
CIRCULAIRE 339
nellement ou par représentation, à former, avec le concours
d'un sénateur et d'un député, une Commission de cinq
membres, qui fera la répartition de la somme de (P. 80.000)
qtiatre-vinyt mille gourdes, affectée pour le moment aux
églises et presbytères catholiques de la République.
Les valeurs, en espèces ou en matériaux, seront délivrées
au fur et à mesure du règlement des douzièmes budgé-
taires.
En attendant votre bonne réponse, j'ai l'honneur, Mes-
sieurs, de vous présenter les assurances de ma considé-
ration très distinguée.
Dr. Jn. -Joseph.
340 LOI
LOI
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 69 de la Constitution;
Considérant que le budget des dépenses de l'exercice 1891-
1892, comparé à celui des recettes du môme exercice, pré-
sente un excédent de dépenses de P. 131.189,11 ; qu'il importe
d'équilibrer ces deux budgets pour ne laisser en souflrance
aucune partie du service public au cours dudit exercice ;
Considérant, d'autre part, qu'il a été consenti aux contrats
votés parles Chambres, à la dernière session ordinaire, pour
les distributions d'eau des Gonaïves et du Cap-Haïtien, une
somme de 50.000 yourdcs pour le premier terme d'exécu-
tion de chacun de ces travaux ; mais que cette somme, qui
doit être payée au cours de l'exercice actuel, ne figure point
au budget des dépenses du Département des Travaux Pu-
blics ;
Que, de même, il n'est porté au budget du Département
de l'Intérieur aucune allocation pour les indemnités des
députés du Peuple pendant la présente session extraordi-
naire ;
Considérant qu'il y a lieu de pourvoir à ces dépenses
imprévues, afin de faciliter foxécution, si vivement récla-
mée, des distributions d'eau sus-parlées, et d'assurer aux
mandataires de la Nation une rémunération qui leur est
légitimement due en retour du service nouveau qui leur est
réclamé ;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce ;
LOI 341
Et de l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat,
A proposé,
Et le Corps législatif a rendu la loi suivante :
Aut. l''^ — Des crédits extraordinaires sont ouverts aux
Secrétaires d'Etat ci-après désignés jusqu'à concurrence de
la somme de P. 286.989,11 pour être répartis comme suit:
Au Secrétaire d'Etat des Finances et du Commerce, un
crédit de P. 131.189,11 pour servir à équilibrer le budget
général de la République ;
Au Secrétaire d'Etat des Travaux Publics un crédit de
P. 100.000, applicable à l'amortissement du premier terme
d'exécution des travaux de distribution d'eau des Gonaïves
et du Cap-Haïtien ;
Au Secrétaire d'Etat de l'Intérieur un crédit de P. 55.800,
pour subvenir aux dépenses nécessitées par la présente ses-
sion extraordinaire, pour deux mois d'indemnité aux dépu-
tés du Peuple.
Art. 2. — Les crédits mentionnés en l'article précédent
seront couverts au moyen d'un emprunt de P. 286.989,11,
que le Secrétaire d'Etat des Finances est autorisé à contrac-
ter au mieux des intérêts de l'Etat, et dont l'émission et le
résultat seront rendus publics, conformément aux lois exis-
tantes.
Art. 3. — La présente loi abroge toutes les lois ou dispo-
sitions de lois qui lui sont contraires, et sera exécutée à la
diligence des Secrétaires d'Etat des Finances, des Travaux
Publics et de l'Intérieur, chacun en ce qui le concerne.
Donné au Palais de la Chambre des Représentants, au Port-au-
Prince, le 19 novembre 1891, an LXXXVIII" de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre, J. Rameau.
Les Secrétaires, Figaro, Marius Nicolas.
Donné à la Maison nationale, au Port-au-Prince, le 19 no-
vembre 1891, an LXXXVIIl" de l'Indépendance.
Le Président du Sénat, D. J. Louis.
Les Secrétaires,]^. Barau. Plésance.
342 -LOI
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatif soit revêtue du sceau de la République, imprimée, pu-
bliée et exécutée.
Donné au Palais national, à Port-au-Prince, le 29 novembre 1891,
an LXXXVIII» de l'Indépendance.
HyI'POLITE.
Par le Président:
Stewart.
Le Secrétaire d'État des Travaux Publics^
Dr. Jn. -Joseph.
Le Secrétaire d'État de la Justice et des Relations
Extérieures, chargé par intérim du portefeuille de
l'Intérieur et de la Police Générale.
C. Archin.
CIRCULAIRE 343
N" 129.
Port-au-Prince, le 2o novembre 1891, an LXXXVIIP de l'Indépendance.
SECTION DU COMMEKCE. — N" 593
CIKCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Administrateurs des Finances de la République
Monsieur l'Administrateur,
Bien que Farticle 97 du Tarif prescrive aux préposés
d'Administration de ne connàitrp sous aucun prétexte^ pour
expédier les bâtiments caboteurs ou recevoir leurs déclara-
tions^ que des citoyens haïtiens^ j'ai appris que, dans bien
des ports de votre circonscription, des bâtiments destinés
à ce genre de navigation et dont les capitaines sont étran-
gers, obtiennent journellement et sans encombre leurs expé-
ditions.
Cette infraction à une disposition de loi si claire et si for-
melle n'a pas laissé de donner lieu à des abus incalculables.
Aussi, il est plus qu'urgent que vous rappeliez ces prescrip-
tions aux préposés de votre circonscription, en les rendant
responsables de leur observance sous peine de révocation.
De plus, comme les caboteurs sont obligés de remettre
aux ports d'arrivée .les expéditions qu'ils ont obtenues aux
ports de départ, vous prescrirez aux préposés de votre cir-
'AU CIRCULAIRE
conscription Je vous envoyer celles qui seront signées en
violation dudit article, et vous me les expédierez, alin qu'il
soit pris contre l'employé douanier ou le préposé coupai)! e
de l'infraction telle mesure que de rigueur.
Accusez-moi réception de la présente, et agréez, Mon-
sieur l'Administrateur, l'assurance de ma considération
distinguée.
SïEWART.
CIRCULAIRE 345
N° 130.
Porf-au-Prince, le 25 novembre 1891, an LXXXVIIl" de l'Indépendance
SECTION DU COMMERCE. — N° 'o90
CIIiCULAIRE
I.E SECRETAIRE D'ETAT AU DEPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Aux Directeurs des Douanes de la République
Monsieur le Directeur,
L'article 97 du Tarif dispose : « Les bâtiments faisant le
« cai)otage ne pourront être montés que par des Haïtiens,
« et les douaniers ou préposés d'Administration ne connaî-
« tront sous aucun prétexte pour les expédier, ou pour re-
« cevoir leurs déclarations, que des citoyens du l^ays. »
Cependant j'ai appris que, dans certains ports, des bâti-
ments caboteurs dont les capitaines sont étrangers — ce
qui, par parenthèse, est une infraction à l'article 1" du
décret du 10 août 1843 — obtiennent constamment et sans
difficulté leurs expéditions. Je n'ai pas besoin de vous dire
à quels abus cette pratique a donné lieu. Aussi il est plus
qu'urgent que vous rappeliez à votre employé préposé au
cabotage les prescriptions ci-dessus, en le rendant respon-
sable de leur observance, sous peine de révocation.
Enfin, comme le navire caboteur est obligé de remettre à
son port d'arrivée l'expédition du port de départ, vous près-
346 CIRCULAIRE
ci'irez audit employé de vous romedrc ceux de ces docu-
ments qui seraient délivrés en violation de l'article sus-cité,
et vous, de votre côté, vous me les enverrez, afin qu'il soit
pris contre les employés-douaniei's ou préposés telle mesure
que de rigueur.
Accusez-moi réceplion de la présente, et agréez, Mon-
sieur le Directeur, l'assurance de ma considération distin-
guée.
STE^VART.
LOI 347
N° 131.
LOI
La Chambre des Représentants,
Usant de rinitiativo que lui accorde l'article 69 de la
Constitution ;
Considérant que le citoyen Darius Denis avait, de son
vivant, réuni toutes les conditions nécessaires à la liquida-
tion de sa pension de grand fonctionnaire, et que, une
raison de force majeure s'y étant opposée, il mourut en exil
en exerçant la noble profession d'instituteur à l'Etran-
ger ;
Considérant que le citoyen Darius Denis a bien mérité de
la Patrie, et qu'en mourant il n'a pu laisser à ses enfants
que son nom honorable et l'exemple de ses vertus civiques ;
Considérant que feu Elie Dubois a aussi rendu de grands
services au Pays et que l'état précaire où se trouve sa
veuve, atteinte par l'âge et la maladie, mérite l'attention
des Grands Pouvoirs de l'Etat.
A proposé.
Et le Corps législatif a rendu d'urgence la loi sui-
vante :
Art. 1*". — La Nation décerne une bourse de 50 gourdes
par mois aux enfants mineurs de feu Darius Denis ; cette
somme sera servie à sa veuve pour contribuer à l'entretien
desdits enfants jusqu'à leur majorité.
Art. 2. — Si la veuve Darius Denis survit à la majorité
des enfants, cette valeur lui sera laissée à titre de rente
viagère.
Art. 3. — Une rente viagère de 50 piastres par mois est
accordée à la veuve de feu Elie Dubois.
348 LOI
Aht. 4. — Ces dépenses seront ajoutées au budget de
loxercice en cours et seront puisées au chapitre de la
Pension cirilc, sur la somme accordée en prévision.
Art. 5. — La présente loi sera exécutée par le Secrétaire
d'Klat des Finances.
Donne' à la .Maison nationale, à Port-au-Prince, le 24 novembre IS'Ii ,
an LXXXVIII' de l'Indépendance.
Le Président de la Chambre,
J. Rameau.
Les Secrétaires^
FiGAiio, Marius Nicolas.
Donné à la Maison nationale, à Port-au-Prince, le 24 novembre 1891,
an LXXXVIIP de l'Indépendance.
Le Président du Sénat,
D. J. -Louis.
Les Secrétaires,
L. Bakau, Plésanck.
Au nom de la République :
Le Président d'Haïti ordonne que la loi ci-dessus du Corps
législatifsoit revêtue du sceau delà République, imprimée, publiée
et exécutée.
Hyppolite.
Par le Président:
Le Secrétaire d'État des Finances et du Commerce,
Stewart.
CIRCULAIRE 349
N" 132.
Port-aii-Piiuce. le décembre 1891, an LXXXVIII» de l'iridépen-
dance.
SECTION DU CONTRÔLE DES DOUANES. N° 113
CIRCULAIRE
F.E SECRÉTAIRE D'ÉTAT AU DÉPARTEMENT DES FINANCES
ET DU COMMERCE
Auo) Administrateurs des Finances de la République
MoNSiEUH l'Administrateur,
Il s'est introduit dans l'Administration du Pays une cou-
tume qui admet la remise en franchise de droits de Douane
des articles reçus comme échantillons, et par échantillon on
comprend les articles qui ne sont d'aucune valeur et ne
peuvent être d'aucun usage.
Cette coutume, qui n'est nullement conforme à la loi sur
la direction et l'administration des Douanes de la République,
a pris depuis quelque temps une telle proportion que des
marchandises, quelles que soient leur quantité et leur qualité,
sont remises dans les conditions sus-parlées.
Devant ces faits, qui frustrent l'Etat d'une grande partie de
seâ ressources, et pour rester d'accord avec la loi, je me vois
dans la nécessité de vous défendre d'autoriser la remise en
franchise de droits d'aucun article importé sous la dénomi-
nation d'échantillon.
Vous passerez des instructions à cette tin au directeur de
la Douane de votre port, qui demeure personnellement
responsable de toutes les infractions aux instructions conte-
nues dans la présente Circulaire, dont vous m'accuserez
réception.
Agréez, Monsieur l'Administrateur, l'assurance de ma
parfaite considération.
StEWA-IîT.
350 CIRCULAIRE
N° 133.
Portsui-Priiice. le 8 décembre 1891, an LXXXVllI" de l'Indiipen
dance.
SECTION DE LA CORRESPONDANCE GÉNÉRALE
CIRCULAIRE
LE SECRÉTAIRE D'ETAT AU DEPARTEMENT DE L'INTERIEUR
Aux Commissaires du Gouvernem.ent
des différentes circonscriptions judiciaires de la République
Monsieur le Commissaire,
En conformité de la Dépêche que m'a adressée le Prési-
dent d'Haïti, a la date d'hier, n" 2019, je vous invite à faire
observer rigoureusement les prescriptions de l'article 8 de
la loi du 5 décembre 1860, qui dit que les étrangers ne
peuvent exercer le commerce qu'en qualité de négociants-
consignataires et seulement dans les ports ouverts au com-
merce.
Veuillez tenir la main à rexécution de ces dispositions, et
recevez en même temps l'aseurance de ma parfaite considé-
ration.
NfiMouns Pierre Louis aîné.
ARRÊTE 351
N» 134.
ARRÊTÉ
Hyppolite, présicleiil d'Haïti,
Considérant que, à la suite des événements politiques qui
ont agité le Pays avant et pendant l'Administration actuelle,
des Haïtiens, en assez grand nombre, ont gagné la terre
étrangère, soit pour se soustraire au châtiment des lois, soit
<lans la seule crainte d'être recherchés, tandis (jue d'autres
ont été arrêtés et. livrés à la justice répressive;
Considérant que, si le besoin impérieux de la paix et la
nécessité, non moins impérieuse, d'assurer la sécurité des
familles, font le devoir au Gouvernement d'être énergique et
sévère lorsque l'ordre public est attaqué à force ouverte, le
patriotisme commande, le calme revenu, de proclamer l'oubli
du passé, et de travailler, par l'apaisement et le rapproche-
ment des esprits, au retour de l'union et de la concorde
entre les enfants d'une même Patrie;
Vu l'article 103 de la Constitution ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat ;
Arrête ce qui suit :
Akt. 1". — Amnistie pleine et entière est accordée à tous
les citoyens que les événements politiques accomplis de 1888
à ce jour ont éloignés du Pays.
Hs peuvent y entrer en toute sécurité, à la seule condition
de se conformer aux lois et de se soumettre au Gouverne-
ment légal de la République.
Akt. 2. — Sont compris (hms la même mesure les
citoyens qui ont été recherchés pour crimes ou délits poli-
tiques, et qui sont actuellement détenus dans les prisons de
352 ARRETE
la Capitale cl do Jacnicl, allciidaiil la drcision des tribunaux
de répression.
Aht. 3. — Les Secrétaires d'Etat sont chargés, chacun en
ce qui le concerne, de l'exécution du présent Arrêté ([ui
sera imprimé el publié.
Donné an Palais national, à Port-au-I'rince, le 10 décembre 1S!)1,
an LXXXVIII" de l'Indépendance.
IIyppolite,
Par le Président :
Le Secréiaire cVÈtat de T Intérieur el de la Police Générale^
Nemours Pierre Louis aîné.
Le Secrétaire d'Etat de la Justice et des Relations extérieures^
C. Archin.
Le Secrétaire d'État de la Guerre et de la Marine,
M. Montasse.
Le Secrétaire d'Etat de l' Listruction Publique et des Cultes,
P. -M. Apollon.
Le Secrétaire d'Etat des Travaux Publics et de t Agriculture,
Dr. .In. -Joseph.
Le Secréiaire d'Etat des Finances et du Commerce,
Steavart.
ORDRE DU JOUR A l'aRMEE 353
N" \X6.
OHDRE DU JOUR A L'AKMKE
HYPPOLITE, PKÉSIDENT DHAITl
Officiers, Sous-Officiers et Soldats,
C'est une satisfaction pour le Gouvernement de remettre
en vos mains les nouveaux étendards qui doivent remplacer
ceux à l'ombre desquels vous avez servi la Patrie avec un
courage et une fidélité dont je suis heureux de vous féliciter
en cette solennelle circonstance. C'est aussi l'occasion pour
moi de vous donner quelques conseils que je vous recom-
mande de graver bien profondément dans vos cœurs.
Soldats,
N'oubliez jamais tout ce que ces enseignes réclament de
courage et de dévouement pour la défense de l'État. Sou-
venez-vous que le Régiment, c'est à la fois la Patrie et la
Famille, que le Drapeau doit être pour vous le symbole du
Devoir et de l'Honneur.
Rappelez-vous aussi que l'emblème des vertus guerrières
et patriotiques, dont s'honore le vrai soldat, doit planer à
vos yeux au-dessus de tous les périls, de toutes les tenta-
tions, de toutes les défaillances, pour vous inspirer, partout
et toujours, les héroïques sacrifices que le bonheur du Pays
exige de votre intrépidité.
Suivre partout votre Drapeau, le défendre contre toutes
souillures et au milieu de tous les dangers, tel est votre
23
é54 Ordre du jour a l'armée
devoir ; l'abandonner ou le laisser flétrir serait pour vous
un (loslioiinour qu'aucune action d'éclat ne pourrait eiïacer
dans la suite, et dont la honte ternirait toute Vdlre gloire.
Ayez constamment les yeux fixés sur votre Drapeau, et
vous resterez les fermes soutiens du (louvernement, les gar-
diens fidèles de la Paix et les protecteurs dévoués du Travail
et de la Civilisation.
Port-au-Prince, le 27 décembre 1891, an LXXXVlll" de l'Indépen-
dance.
Hyppolite.
ARRETE è8'o
ARKÉTÉ
Hyppolite, président d'Haïti,
Vu l'article 162 de la Constitution;
Vu les articles 1 et 2 do la loi du 30 septembre 188 i;
Et également les articles 4-, 25, 26 et 27 de la loi du
19 novembre 1864 sur les pensions civiles ;
Vu les demandes présentées et les pièces produites à
l'appui;
Sur le rapport du Secrétaire d'Etat des Finances et du
Commerce ;
De l'avis du Conseil des Secrétaires d'Etat ;
•Arrête :
Art. 1". — Sont approuvées les liquidations des cinq
pensions civiles ci-après indiquées, s'élevant par mois à la
somme de 250 gourdfs.
Savoir :
Constantin Kerlegrand, de Jérémie, sénateur de la Ré-
publique, trente -trois ans de service G. 50
Duval Némorin, de Limonade, représentant du Peuple,
trente-cinq ans de service oO
Bellevue Maximilien Laforest, de Chardonnières, repré-
sentant du Peuple, trente ans de service 50
Cléoméus Guillaume, de Port-au-Prince, représentant
du Peuple, trente ans de service 50
Irénée Annoual, de Port-au-Prince, représentant du
Peuple, trente ans de service 50
G. 25Ô"
Art. 2. — Ces pensions seront inscrites au Grand-Livre
des Pensions civiles tenu à la Secrétairerie d'État des
356 ARRÊTÉ
Finances, pour oxtraiten être délivré à chaque pensionnaire
et les arrérages en être payés à partir du jour qui sera dé-
terminé dans l'inscription, conformément aux prescriptions
de la loi sur les pensions civiles ;
Art, 3. — Le présent Arrêté sera publié et exécuté à la
diligence du Secrétaire d'Etat des Finances et du Com-
merce.
Donné au Palais national de Purt-au-Prince, le 26 décembre 1891,
an LXXXVllI" de llndépendance.
Hyppolite.
Par le Président ;
Le Secrétaire d'Etal des Finances et du Commerce^
Stewart.
PROGRAMME 337
N" 137.
PROGRAMME
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DE L'LNDÉPENDANCE
NATIONALE ET DE SES HÉROS
\^' janvier 1892
Jeudi 31 décembre, à trois heures de l'après-midi, le Pré-
sident d'Haïti, à l'occasion du renouvellement de l'année,
recevra, au Palais national: le Clergé, le Corps diplomatique
et le Corps consulaire, les Corps constitués, les Autorités
civiles et militaires ainsi que les diverses Institutions et
Ecoles de la Capitale.
Le même jour, au coucher du soleil, une salve de dix-
sept coups de canon, tirée du fort Alexandre et répétée par
les autres fortifications de la ligne annoncera le quatre-
vingt-neuvième anniversaire de l'Indépendance nationale ;
cette salve sera renouvelée le lendemain, au lever du
soleil.
Vendredi l" janvier 1892, à minuit précis, après le coup
de canon de réveil, la générale sera battue.
A six heures, le commandant de l'arrondissement fera
prendre aux troupes de la garnison, à la Garde nationale et
au Corps de pompiers, leur ligne de bataille sur la place
« Pétion ».
L'artillerie prendra position à l'ouest de cette place.
A huit heures, les élèves des écoles nationales et parli-
culières, accompagnés de leurs directeurs, professeurs, etc.,
le Lycée national, l'Ecole de Médecine, les officiers de
l'Etat-Major et tous les employés et fonctionnaires du Gouver-
âb8 PROGRAMME
nement, le Commerce national et le Commerce étranger, les
membres du Corps judiciaire, la Chambre des Comptes, les
membres du Corps diplomatique et ceux du Corps con-
sulaire, les Sénateurs et Députés présents à la Capitale,
se rendront sur la place Pétion.
A huit heures ot demie, le Président do la République,
accompagné des Secrétaires d'État et des officiers de son Etat-
Major, se rendra sur ladite place.
L'Autel de la Patrie, décoré pour la solennité, sera occupé
par le Président de la République, les Secrétaires d'Etat, les
Représentants des Puissances étrangères, les Sénateurs et les .
Représentants présents à la Capitale, la INIagistrature et le
Conseil communal.
Une salve de dix-sept coups de canon sera tirée après le dis-
cours du Chef de l'Etat; puis, les troupes, sous les ordres
du commandant de l'arrondissement, défileront pour aller
prendre leur ligue de bataille en face et aux abords de la
Cathédrale, oii le cortège se rendra dans l'ordre suivant :
Un piquet de la cavalerie de la garde du Président d'Haïti ;
Un corps de musique ;
Les élèves des Ecoles nationales et particulières, accom-
pagnés de leurs directeurs et professeurs ;
Le Lycée national ;
Les officiers de l' État-Major général, les aides de camp des
généraux et les officiers qui ne sont attachés à aucun corps ;
Les geôliers des prisons de la Capitale ;
Le chef des mouvements du port et ses adjoints;
Les officiers de la Marine et les médecins du port ;
Le Commerce ;
La Presse ;
Le directeur de la Maison Centrale, le directeur de la
Fonderie nationale, le directeur de l'Arsenal avec leurs ad-
joints, employés et personnel ;
L'École de Médecine;
L'École de Droit ;
Le directeur de l'Hôpital militaire;
PROGRAMME 359
Les officiers du Service de santé, le médecin en chef, le
chirurgien en chef et le pharmacien en chef de l'hôpital
militaire ;
Le directeur des Archives générales ;
Le directeur du Bureau central du timbre ;
Le directeur du timbre ;
Les Grands Magasins Généraux de l'Etat et leurs employés ;
Le directeur du Moniteur^ le directeur de l'Imprimerie
nationale, le directeur principal de l'Enregistrement ; l'en-
trepreneur général des Postes aux lettres et leurs employés ;
Le chef du Service du Bureau du Contrôle ;
Les chefs de division, les chefs de bureau, les employés des
Secrétaireries d'Etat et le personnel des Ingénieurs civils ;
Les généraux attachés au Secrétaire d'Etat de la Police
générale ;
Le directeur de la Banque nationale d'Haïti, le commis-
saire spécial du Gouvernement près ladite Banque et le per-
sonnel de l'Etablissement ;
L'administrateur principal des Finances, le directeur et
les inspecteurs de la Douane avec leurs employés ;
Les inspecteurs et sous-inspecteurs de l'Instruction pu-
blique;
Le Jury médical ;
Le Conseil communal et ses employés ;
La Chambre des Comptes et ses employés ;
Le chef du Cabinet particulier du Président d'Haïti et ses
employés ;
Le secrétaire du Conseil des Secrétaires d'Etat ;
L'ordre des avocats, les notaires, les juges de paix et leurs
suppléants, les officiers de l'Etat civil, le Tribunal de Com-
merce et le Tribunal civil ;
Le Tribunal de Cassation ;
Les Sénateurs et les Députés ;
Les Secrétaires d'Etat ;
Le Président de la République ;
Les officiers de son Etat-Major;
360 PROGRAMME
La haie sera formilo par des détachements de \n Garde du
Gouvernement et de la Police administrative ;
Arrivé à léglise, le Président de la République sera reçu
et placé par le Clergé.
Des maîtres de cérémonie conduiront chaque Corps ou
dignitaire à la place qui lui est destinée. Des sièges seront
réservés dans le chœur pour les membres du Corps diplo-
matique, ceux du Corps consulaire et du Corps législatif.
L'entrée du Chef de l'Etat à l'Eglise sera saluée par une
salve de dix-sept coups de canon, qui sera répétée à la
consécration, au 2> Deutn et à la sortie du Président.
La cérémonie terminée à l'Eglise, les hauts dignitaires,
les fonctionnaires et employés ci-dessus énumérés, se ren-
dront au Palais national où ils seront reçus par le Chef de
l'État.
Le soir, il y aura illumination générale et réjouissances
publiques.
A cinq heures, la clôture de la fête se fera par une salve
de dix-sept coups de canon.
Port-au-Prince, le 29 décembre 1891.
Le Secrétaire cVÉtat au Département de V Intérieur
et de la Police générale,
Nemours Pierre-Louis aîné.
TABLE DES MATIÈRES
N»' Pages.
1. Discours prononcé, le l*"" janvier 1891, sur l'Autel de la Pairie
parle Président d'Haïli à l'occasion de la Fêle do l'Indépen-
dance nationale l
2. Arrêté du Président d'Haïti autorisant la Société anonyme
formée à Port-au-Prince sous la dénomination de « Société
coopérative internationale de consommation » 4
3. Avis.de la Secrétairerie d'État des Finances relatif à l'accep-
tation de 300.000 gourdes de feuilles à oO 0/0 11
4. Rapport du Secrétaire d'État des Finances au Président d'Haïti
sur la marche du service pendant le mois de décembre 1890. 6
"). Réponse du Président d'Haïli 10
6. Circulaire du Secrétaire d'État des Finances aux Administra-
teurs des Finances relative aux marchandises expédiées par
voie du cabotage 13
7. Arrêté de grâce au profit d'Abel François I îi
8. Note de la Secrétairerie d'État de l'Intérieur concernant la
frasque du général Merisier Jeannis dans une des sections
rurales de l'arrondissement de Jacmel 16
9. Rapport du Secrétaire d'État de l'Agriculture au Président
d'Haïti 18
1 0. Réponse du Président d'Haïti 23
11. Arrêté de commutation de la peine de mort prononcée contre
le nommé Orélus Charles 2o
12. Avis du commandant de l'arrondissement du Port-au-Prince
concernant les incendies 20
13. Rapport du Secrétaire d'État des Travaux Publics au Président
d'Haïti 27
14. Réponse du Président d'Haïti 46
13. Avis de la Secrétairerie d'État des Finances concernant les
courtiers et agents de change 32
10. Rapport du Secrétaire d'État de l'Instruction publique au Pré-
sident d'Haïli 53
17. Réponse du Président d'Haïti 61
18. Rapport du Secrétaire d'État des Travaux Publics au Président
d'Haïti 62
19. Réponse du Président d'Haïti 66
362 TABLE DES MATIERES
N"' Pages,
20. Rapport du Secrétaire d'État des Travaux Publics au Président
d'Haïti 1 C7
21. Réponse du Président d'Haïti 71
22. Avis de la Secrétairerie d'État des Finances à l'adresse des
courtiers concernant l'apposition des timbres mobiles sur les
effets à négocier 73
23. Dépêche-Circulaire du Département de l'Intérieur aux Conseils
communaux concernant les colporteurs étrangers 74.
24. Arrêté d'expulsion du sieur Petit-Pierre Pélion 7.t
25. Rapport du Secrétaire d'État de la Justice au Président d'Haïti. 70
26. Réponse du Président d'Haïti 78
27. Avis de la Secrétairerie d'Etat de l'Intérieur relatif aux élec-
tions communales 70
28. Rapport du Secrétaire d'État de l'Intérieur au Président d'Haïti
sur le même objet 80
29. Arrêté du Président d'Haïti qui annule comme illégale la nomi-
nation d'un nouveau Magistrat communal au Cap-Haïtien ... 83
30. Dépêche du Secrétaire d'Etat des Finances aux Commissaires
du Gouvernement près la Banque nationale d'Haïti concer-
nant l'annulation de plusieurs contre-bons émis sous le Gou-
vernement de l'ex-Président Salomon et sous le Gouverne-
ment actuel 84
31. Dépêche du même au Directeur de la Banque nationale recti-
fiant quelques erreurs glissées dans les états relatifs auxdits
contre-bons 86
32. Circulaire du même aux Administrateurs des Finances leur
rappelant ses instructions du 28 janvier précédent concernant
le service du cabotage 87
33. Programme pour la célébration de la Fête de l'Agriculture . . 89
34. Arrêté du Secrétaire d'État de l'Intérieur qui expulse du pays
le sieur Emile Audain, journaliste étranger 93
33. Circulaire du même aux commandants des arrondissements
leur prescrivant de veiller activement au maintien de l'ordre. 94
37. Discours du Secrétaire d'État de l'Agriculture et du Magistrat
communal du Port-au-Prince, le 1^'' mai 1891, sur l'Autel
de la Patrie 97
38. Arrêté du Président d'Haïti portant acceptation de la démission
de M. Firmin, secrétaire d'État des Relations Extérieures .. 101
29. Arrêté du Président d'Haïti qui déclare la ville et l'arrondisse-
ment du Port-au-Prince en état de siège 102
40 à 43. Correspondance échangée entre Frédéric Douglas, Bancroft
Ghérardi, munis des pleins pouvoirs du Président des États-
Unis de l'Amérique du Nord, et M. le Secrétaire d'État des
Relations Extérieures relativement au Môle-Saint-Nicolas . . 103
44. Rapport du Secrétaire d'État au Département de l'Instruction
» publique au Président d'Haïti sur les écoles rurales 110
45. Réponse du Président d'Haïti 113
46. Statistique 115
Table des matières 363
N" _ _ Pages.
47. Circulaire du Secrétaire d'État des Finances, n° 1060, aux
Consuls et Agents consulaires concernant les frais de visa . . 136
47 bis. Proclamation du Président d'Haïti à propos de l'aifaire du
28 mai (mise en liberté des prisonniers politiques détenus
dans la prison du Port-au-Prince) 1.38
48. Arrêté qui déclare eu état de siège le déparlement de l'Ouest. 140
49. Ordre du jour annonçant le dénomment de l'affaire du 28 mai 142
50. Arrêté de grâce pris en faveur de Rubens Charles, condamné
à l'emprisonnement par le tribunal correctionnel du Cap-
Haïtien 143
51. Arrêté du Président d'Haïti qui approqve la liquidation des
pensions civiles de Nicolas Léger et de deux autres citoyens. 144
52. Circulaire du Secrétaire d'État de la Marine aux chefs des
mouvements des ports, concernant la fraude de certaines per-
sonnes qui, en partant pour l'Étranger, cachent du café dans
leurs malles 146
53. Arrêté du Secrétaire d'État de l'Intérieur qui assigne des
postes à tous les citoyens en état de porter les armes 147
54. Arrêté du même interdisant à toute autorité ou fonctionnaire
de faire des exécutions des complices de l'attentat du 28 mai. 148
55. Arrêté du Président d'Haïti approuvant la liquidation de cent
une pensions militaires 149
56. Arrêté du Président d'Haïti par lequel il commue la peine de
trois mois d'emprisonnement prononcée contre les Vilard . . 154
57. Arrêté du Secrétaire d'État de l'Intérieur qui invite les
citoyens réfugiés dans les consulats à rentrer dans leurs
pays 1 55
58. Arrêté de grâce pris en faveur d'Innocent Charles, d'Aquin. . . 157
59. Arrêté du Président d'Haïti qui approuve la liquidation de la
pension civile du citoyen Etienne-Charles Laforestrie 158
60. Arrêté de grâce en faveur du nommé Abélard R. d'Alen-
court, de .1 érémie 1 60
61. Arrêté de nomination du citoyen Jean-Joseph Chancy comme
Secrétaire d'État des Travaux Publics et de l'Agriculture.. . . 161
62. Loi de sanction de l'acte d'échange, passé entre le Gouverne-
ment et les membres du Comité de la Congrégation de
l'Église épiscopale orthodoxe haïtienne, de la propriété où se
trouvait, rue des Casernes, le Palais de la Chambre des
Représentants 162
63. Ledit acte d'échange 164
64. Arrêté de grâce au bénéfice de Poney François, de Nippes ... 169
65. Arrêté de commutation de peine au profit de Herné-Pierre
Connonbois, de Jérémie 170
66. Arrêté du Président d'Haïti qui interdit l'entrée des navires
dans les ports de la République, de six heures du soir à six
heures du malin 171
67. Arrêté du Président d'Haïti qui approuve la liquidation de
quatre-vingt-neuf pensions militaires 173
36i TABLE DES MATIERES
N- Pages.
68. Loi concernant le mode de procrder à la vérification des car-
gaisons de marchandises importées, en cas de négligence ou
de refus des importateurs ou consignataires 1 77
09. Circulaire du .Secrétaire d'État des Finances aux Directeurs
de Douane explicative de la présente loi 18i
70. Circulaire du même aux Administrateurs des Finances rela-
tive à l'expédition de la comptabilité 180
71. Arrêté du Président d'Haïti qui rapporte celui du 2 sep-
tembre 1890 portant création des états d'émargement 190
72. Arrêté de commutation de peine pris au bénéfice de Ghouloute
Garçon t91
73. Arrêté de grâce en faveur de Dubois Millier et Montfleury
Saint-Fleur 192
74. Circulaire de la Chambre des Comptes aux Directeurs des
Douanes relative au service de la statistique 19.3
75. Arrêté de nomination du Ministère Archin 195
76. Rapport du Secrétaire d'État des Travaux publics sur les dilTé-
rentes branches du service au Président d'Haïti 197
77. Réponse du Président d'Haïti 202
78. Décret de prorogation d'un mois de la session législative 206
79. Note explicative de la Secrétairerie d'État de l'Intérieur à
l'égard de l'heure de rentrée des navires; ceux de la Com-
pagnie du service accéléré qui font seulement le service de
cabotage sont exemptés de la mesure 208
80. Dépèche du Président d'Haïti au Secrétaire d'État des Finances
traitant de la hiérarchie à faire observer dans son adminis-
tration et de la façon de recruter le personnel des adminis-
trations des Finances et des Douanes composé souvent de
négociants importateurs 209
8t. .\rrèté du Président d'Haïti approuvant la liquidation de
quatre pensions civiles 211
82. Arrêté du Président d'Haïti portant amnistie pleine et entière à
tous ceux qui ont été appréhendés et sont détenus pour faits
politiques dans les prisons de la ville de Jérémie et de celles
de Dame-Marie 213
83. Arrêté de grâce au profit de l'abbé P. M. Chatte, curé du Cap-
Haïtien condamné à emprisonnement correctionnel 214
84. Arrêté de grâce en faveur du nommé Ilnéus Une dit Petit Massa. 21o
85. Circulaire du Secrétaire d'État de l'Instruction publique aux
commandants d'arrondissement concernant la construction
des locaux affectés aux écoles rurales 210
86. Circulaire du même aux Inspecteurs des écoles concernant le
même objet et appelant leur attention sur la surveillance
des enfants et des conseils constants à leur donner 219
87. Circulaire du Secrétaire d'État de l'Intérieur aux Commissaires
du Gouvernement relative au trafic illicite des colporteurs
étrangers 223
88. Loi ouvrant un crédit supplémentaire au Secrétaire d'État des
Finances pour le service des pensions, indemnités et matériel . 225
TABLE DES MATIERES 365
N<" Pages.
89. Circulaire du Secrétaire d'État des Finances aux Adniinis-
lateurs des Finances concernant le dépôt tiors du local des
Douanes, des objets inflammables et des marchandises sus-
ceptibles de décomposition 227
90. Circulaire du même aux Directeurs des Douanes relative aux
bordereaux dressés pour droits approximatifs 2;}0
91. Circulaire du même aux mêmes interdisant de dresser les
bordereaux sur papier libre 2;{2
92. Circulaire du même aux mêmes relative à la confection des
états de bordereaux à l'importation et à l'exportation
adressés aux Administrateurs des Finances et aux timbres
mobiles employés 2;J4
93. Circulaire du même aux Administrateurs des Finances con-
cernant le même objet 2;{6
94. Loi qui augmente les appointements des membres et em-
ployés du Corps judiciaire 238
95. Loi qui sanctionne le contrat passii entre le Secrétaire
d'État de l'Intérieur et M. Alfred Deetjen pour l'établisse-
ment d'une usine pour fabrication de savon au Cap-Haïtien. 244
96. Ledit contrat 247
97. Arrêté de convocation extraordinaire du Corps législatif .. . 249
98. Loi instituant un bureau d'inspection générale et de con-
trôle des Finances 2oO
99. Loi autorisant la commune des Cayes à contracter un
emprunt de 100.000 gourdes pour la création d'établis-
sement d'utilité publique 2b6
100. Circulaire dn Secrétaire d'État des Finances et du Commerce
aux Administrateurs des Finances prescrivant d'observer
la régularité et l'ordre dans toutes les opérations financières
de la République 258
loi. Message du Président d'Haïti au Sénat pour lui expliquer le
" motif dé la convocation cxtraordinair e 265
102. Loi qui remplace la peine de mort en matière politique par
une détention en prison de trois à six ans 268
103. Loi interprétative de l'art. 36 de la loi du 30 septembre 1884
sur la pension civile 270
104. Loi qui remplace la comptabilité en partie simple de l'Admi-
nistration publique par la comptabilité en partie double . . . 272
105. Loi ouvrant des crédits à divers services publics 274
106. Loi concernant la perception des impôts pour l'exerciicc
1891-1892 279
107. Loi portant sanction du contrat passé avec M. Eugène Pouilh
pour la construction à Jarmel de deux wharfs en fer et d'un
hangar 281
108. Le contrat y relatif 284
109. Circulaire du Président d'Haïti aux commandants des arron-
dissements de la Hépubliquc concernant la statistique de
la production du café 287
^é6 l'AELE DES MATIERES
^r., _ Pages.
1 10. Arrêté de grâce au profi t de Emile Saint-Rome 290
111. Girucuiaire du Secrétaire d'État du département de la
(îuerre aux médecins des hôpitaux militaires relative à
l'inventaire et au rapport hebdomadaire à lui adresser . . 291
112. Loi portant sanction du contrat A. Mallet pour l'élablisse-
ment à Jacmel et à Saltrou de huit usines à décortiquer le
cale 293
113. Le dit contrat 207
114. Loi de sanction du contrat Justimien Etienne pour la distri-
bution d'eau à domicile au Cap-Haïtien 301
1 lij. Ledit contrat 304
116. Circulaire du Secrétaire d'État des Finances aux Adminis-
trateurs des Finances désignant de nouvelles marchandises
pouvant être enlevées de la Douane par droits approxi-
matifs 309
117. Loi de sanction du contrat Lanoue Sterlin pour une distribu-
lion d'eau à la ville des Gonaïves 311
118. Ledit contrat 315
1 19. Loi qui proroge les lois des 27 et 31 octobre 1876 sur la régie
des impositions directes, etc 319
120. Circulaire du Secrétaire d'État des Finances aux Directeurs
des Douanes relative à l'ouverture d'un compte-courant
dans leur comptabilité 321
121. Circulaire du même aux Administrateurs des Finances con-
cernant le même compte-courant 323
122. Circulaire du même aux Agents des lignes de steamers pour
leur rappeler les dispositions pénales de l'art. 7 de la loi
qui crée un bureau d'inspection et de contrôle au Ministère
des Finances 32o
123. Circulaire du même aux Directeurs de Douanes sur le même
sujet 327
124. Circulaire du Secrétaire d'État de l'Agriculture aux comman-
dants des arrondissements rappelant la pensée du Président
d'Haïti en ce qui concerne l'exécution du Gode rural 329
12b. Loi qui ouvre un crédit extraordinaire au Secrétaire d'État
des Travaux Publics pour constructions, embellissements,
réparations des édifices publics et des routes publiques. . . . 333
126. Loi qui ouvre un crédit extraordinaire aux Secrétaires d'État,
vu l'insuffisance des allocations budgétaires 33o
127. Circulaire du Secrétaire d^Élat des Travaux Publics par
laquelle est désignée une Commission chargée de répartir
la somme de 80.000 gourdes affectée aux églises et pres-
bytères catholiques d'Haïti 338
128. Loi qui ouvre de nouveaux crédits extraordinaires à plusieurs
Secrétaires d'État 340
129. Circulaire du Secrétaire d'État des Finances aux Administra-
teurs des Finances pour leur enjoindre de ne connaître, pour
expédier les bâtiments caboteurs, ou recevoir leurs déclara
lions, que des citoyens Haïtiens , * < . * 34i3
TABLE DES MATIERES ^61
130. Circulaire du même aux Directeurs de Douanes, de même
teneur 345
131. Loi qui décerne une bourse de oO piastres aux enfants
mineurs de feu Darius Denis et à la veuve de feu Elie Dubois. 347
132. Circulaire du Secrétaire d'État des Finances aux Adminis
trateurs des Finances sur l'interdiction d'accorder l'entrée
en franchise de droits, des échantillons. 349
133. Circulaire du Secrétaire d'État de l'Intérieur aux Commis-
saires du Gouvernement leur rappelant que l'étranger ne
peut exercer le Commerce qu'en qualité de négociant-
consignataire, et seulement dans les ports ouverts au com-
merce • 350
134. Arrêté qui accorde amnistie pleine et entière à tous les
citoyens que les événements politiques, ont éloigné du pays,
depuis 1888, etc 3.ol
1 35. Ordre du jour du Président d'Haïti à l'armée 3o3
136. Arrêté d'approbation de la liquidation des pensions civiles
du citoyen Kerlegrand et de quatre autres citoyens 355
137. Programme pour la célébration de la Fête de l'Indépendance
nationale et de ses héros (t""" janvier 1892) 357
Tours. — Irap. Deslis F'réres.
0 030 230 174.8