(2016-01) Summary of the CSCCA judgment of 2016-01-19: Recours exercé contre l’ONA par le sieur Ronald Bazile pour fautes administratives graves, prises à son encontre par le directeur général de l’Office
Summary — The court's published summary of its judgment of 2016-01-19 in the following case: Recours exercé contre l’ONA par le sieur Ronald Bazile pour fautes administratives graves, prises à son encontre par le directeur général de l’Office National d’Assurance Vieillesse (ONA) Monsieur Bernard Degraff. The court sat in its administrative jurisdiction. The summary gives the facts, the texts applied and the operative ruling. The court publishes these summaries rather than the judgments themselves, and they are most of what is publicly available of Haitian financial and administrative case law.
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RÉSUMÉ DES ARRÊTS DE LA COUR SUPÉRIEURE DES COMPTES ET DU
CONTENTIEUX ADMINISTRATIF
Recours exercé contre l’ONA par le sieur Ronald Bazile pour fautes
administratives graves, prises à son encontre par le directeur général de
l’Office National d’Assurance Vieillesse (ONA) Monsieur Bernard Degraff
ARRÊT DU 19 JANVIER 2016
Dans son arrêt rendu, en ses attributions administratives, en audience ordinaire et publique du
19 janvier 2016, la Cour a décidé sur la mise à la retraite inopinée du sieur Ronald Bazile le 27
mars 2013 et sur sa révocation pour fautes administratives graves le 3 avril 2013, par le Directeur
Général de l’ONA. Dans les deux cas, il s’agit de mesures âprement disputées par les parties,
prises en transgression de la loi par l’autorité administrative dont s’agit. Il faut avoir fourni 25 ans
de services et avoir 55 ans d’âge pour être appointé à faire valoir ses droits à la retraite. Ce n’était
pas le cas pour le sieur Ronald Bazile. Quant à la mesure de révocation, elle n’a pas été prise pour
sanctionner des cas d’abandon de poste, de condamnation à une peine afflictive et infamante,
d’enrichissement illicite comme le prescrit la loi. La volonté du DG de l’ONA d’écarter par des
moyens irréguliers – dont le contrat d’adhésion –le sieur Ronald Bazile fonctionnaire de 24 ans
de carrière à cette institution, est manifeste.
L’auditorat et le conseiller instructeur ont respectivement étudié le dossier et affirmé
l’incompétence rationae materiae de la Cour arguant que l’ONA est un organisme autonome à
caractère financier, commercial et industriel ; que les litiges dans lesquels il s’implique avec ses
employés relèvent des tribunaux ordinaires – Les parties défenderesses, l’Etat haïtien et l’ONA,
ont plaidé également l’incompétence de la Cour à connaitre de cette affaire. Se référant à la
requête de saisine du sieur Ronald Bazile datée du 17 juin 2013 qui reconnaît la compétence de
la Cour en l’espèce et à la loi organique du Ministère des Affaires Sociales et du Travail stipulant
que l’Office National d’Assurance –Vieillesse est un organisme technique et administratif doté
d’une personnalité juridique propre, il est établi que l’ONA, aux termes de l’article 122 du décret
portant organisation de l’Administration Centrale de l’Etat est régi par les règles de droit
administratif, que son contentieux relève des juridictions administratives.
Ainsi la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif connaît des recours en
annulation exercés par les administrés contre les décisions des autorités administratives ainsi
que des recours formés par les fonctionnaires et les contractuels de l’Administration contre les
décisions de ces mêmes autorités.
La Cour, après examen des pièces, des différents chefs de demande, des procédures, s’est
déclarée compétente pour connaître du recours en annulation, exercé dans le délai prévu par
l’article 31 du décret du 4 novembre 1983, par le sieur Ronald Bazile contre la décision de
révocation, prise à son encontre, par le Directeur Général de l’ONA... maintient la décision
d’annulation de la décision de mise à la retraite prise par le Directeur Général de l’ONA en date
du 27 mars 2013, dit et déclare que la révocation du 3 avril 2013 du sieur Ronald Bazile par le
Directeur Général de l’ONA est illégale ; annule cette décision ; ordonne la réintégration du sieur
Ronald Bazile dans ses fonctions de Directeur des opérations et réseaux de l’ONA avec toutes les
prérogatives y attachées ; condamne l’ONA au paiement des avocats poursuivants, des
honoraires de 20% du montant des indemnités dues au requérant ainsi qu’aux frais et dépens de
la procédure. C’est droit. Ce qui sera exécuté.
La formation de jugement constituée aux fins de l’arrêt se présente comme suit : Me Marie
France H. Mondésir, Présidente, Mes Rogavil Boisguené et Méhu Milius Garçon, membres, juges
administratifs. -