(2018-2023) Communal Development Plan of Port-à-Piment, 2018-2023
Summary — This communal development plan sets the 2018-2023 planning framework for Port-à-Piment in the Sud department. It combines a municipal diagnostic with participatory prioritization, sector analysis and an implementation framework.
Key Findings
- Defines Port-à-Piment's 2018-2023 commune development priorities.
- Uses participatory diagnosis and SWOT-style planning tools.
- Covers basic services, local economy, environment and municipal governance.
- Provides an implementation framework for commune-level projects.
Full Description
The document follows the standard PCD structure: methodology, communal diagnosis, basic social services, economic conditions, environmental and institutional issues, SWOT analysis, planning choices and implementation arrangements. It is a core source for commune-level development priorities in Port-à-Piment.
Full Document Text
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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
DÉPARTEMENT DU SUD
Commune de Port-à‑Piment
PLAN COMMUNAL DE
DÉVELOPPEMENT (PCD)
2018 - 2023
Septembre 2018
Mise en page et graphisme : Mireia Porta Arnau www.bukante.net
Schweizerische Eidgenossenschaft
Confédération suisse
Confederazione Svizzera
Confederaziun svizra
Institut de Formation et de Services
· ·3·
Tabl e d e s matièr e s
Le mot du Conseil municipal
5
5. Milieu social et services sociaux de base
60
Liste des sigles
7
6. Milieu économique
87
Introduction
9
7. Forces, faiblesses, opportunités et menaces
majeures
105
· Première Partie · Méthodologie
13
1. Métodologie
15
· Deuxième partie · Diagnostic
23
2. Organisation et structuration du territoire
communal
25
3. Fonctionnement des collectivités et offre de
services publics
37
4. Milieu physique
47
· Troisième partie · Planification
107
8. Vision de développement de la commune 1 0 9
9. Mesures politiques pour Port-à‑Piment
139
· Quatrième partie · Mise en œuvre
143
10. Mécanisme de mise en œuvre du PCD
144
Annexe
149
· ·5·
Le mot du Conseil municipal
L
a population port-à‑pimentaise rêvait depuis longtemps
d’accéder à la voie moderne de la gestion du développement du territorire de la commune. Certaines initiatives,
activités et projets de développement ont été entrepris
depuis plusieurs années dans la commune, spécialement après
le passage du cyclone Mathieu en 2016. Cependant, un cadre
de planification faisait défaut. Il a fallu donc attendre l’appui
de l’Ambassade de Suisse en Haïti pour enfin se lancer dans
un processus de planification pour la Commune quand, à la
demande des acteurs locaux (autorités et société civile), l’Ambassade a confié à IFOS le mandat d’accompagner les acteurs
locaux dans un processus de planification participative du
développement de la Commune.
À cet effet, la Commune dispose aujourd’hui de son plan de
développement. Ce plan présente de façon claire et précise la
vision globale de la population pour le développement de la
Commune.À bien comprendre l’évolution et l’implication des
différents groupes d’acteurs dans l’animation du processus du
PCD, Il est possible d’avancer que ce plan constitue le socle
novateur d’un nouveau contrat de société pour la commune.
Il est non seulement un instrument d’orientation stratégique
et politique, mais aussi opérationnel à la portée du corps de
gestionnaires et des acteurs locaux s’impliquant dans l’animation du développement socio-économique de la commune. En
ce sens, le PCD représente l’instrument de référence en matière
de développement socio-économique, d’où la démarche volontariste des autorités locales de la commune.
L’élaboration du PCD est un acte qui traduit la marche irréversible du pays sur la voie de la décentralisation qui acte la
responsabilisation progressive des collectivités territoriales
à l’égard de leur population respective non sans difficulté, bien
sûr avec l’appui des autres acteurs, notamment l’Administration centrale et les partenaires techniques et financiers
œuvrant au niveau territorial. Le Conseil municipal de la
commune de Port-à‑Piment s’associe aux Conseils d’Administration et aux Assemblées des Sections communales
respectivement de Paricot et de Balais, aux organisations de
la société civile, en particulier le CONSAP pour exprimer sa
reconnaissance principalement à l’Ambassade de Suisse en
Haïti d’avoir facilité la réalisation de ce processus d’élaboration du PCD.
Le Conseil saisit aussi cette occasion pour remercier les
cadres de l’Administration communale et des Services déconcentrés de l’État, des Organisations non-gouvernementales
(ONG), ainsi que chacun des membres du Comité de Pilotage
(CP) pour leur implication dans le processus d’élaboration
du-dit PCD.
Enfin, le Conseil communal adresse ses vifs remerciements
aux différents techniciens qui ont participé aux travaux de
réflexion et d’élaboration du PCD, elle retient notamment ceux
de l’Institut de Formation et de Services (IFOS) et les animateurs de terrain pour leur enthousiasme à animer le processus
participatif du diagnostic et de la planification du PCD.
Il ne sert pas à grande chose d’avoir un PCD s’il n’est pas
mis en œuvre. À cet effet, la rigueur et la régularité dans sa
mise en œuvre sont indispensables à sa réussite. En ce sens, le
Conseil communal sollicite d’ores et déjà tous les acteurs de
développement de la Commune, qu’ils soient services déconcentrés de l’État, organisations de la société civile, bailleurs de
fonds, diaspora, ONG, Port-à‑Pimentais, Port-à‑Pimentaises,
à collaborer au succès du PCD.
Pour le Conseil municipal :
Raymond Pierre-Louis
Maire principal
· ·7·
Liste des sigles
ALI :
ASEC :
ATA :
AVSI :
BAC :
BDS :
BMPAD :
CAEPA :
CASEC :
CDCSH :
CEAC :
CFPB :
CIA :
CLAC :
CM :
CNIGS :
CONSAP :
CP :
CPCS :
CRS :
CSAL
CT :
DCP :
Agence locale des Impôts
Assemblée de la Section communale
Amplitude thermique annuelle
Association volontaire pour le
Service international
Bureau agricole communal
Bureau du District scolaire
Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement
Comité d’Approvisionnement en
Eau potable et d’Assainissement
Conseil d’Administration de la
Section communale
Centre de Développement de la
Côte Sud d’Haïti
Coopérative électrique de l’Arrondissement des Côteaux.
Contribution foncière sur les Propriétés bâties
Centre international Agape
Centre de Lecture & d'Animation
culturelle
Conseil municipal
Centre national d’Information
géo-spatiale
Conseil des Sages de Port-à‑Piment
Comité de Pilotage
Caisse populaire de la Côte Sud
Catholic Relief Services
Centre de santé à lits
Collectivités territoriales
Dispositif de Concentration de
Poissons
DINEPA :
DV :
FAES :
FFOM :
FGDCT :
FOKAL :
FONKOZE :
IFOS :
IHSI :
IRA :
MARNDR :
MARP :
MAST :
MCI :
MEF :
MENFP :
MICT :
MPCE :
MSF :
Direction nationale de l’Eau Potable
et de l’Assainissement
Délégué de Ville
Fonds d’Assistance économique et
sociale
Forces, faiblesses, opportunités,
menaces
Fonds de Gestion et de Développement des Collectivités territoriales
Fondasyon Konesans ak Libète
Fondasyon Kole Zepol
Institut de Formation et de Services
Institut haïtien de Statistique et
d’Informatique
Infections respiratoires aigües
Ministère de l’Agriculture des
Ressources naturelles et du Développement rural
Méthode accélérée de Recherche
participative
Ministère des Affaires sociales et du
Travail
Ministère du Commerce et de
l’Industrie
Ministère de l’Économie et des
Finances
Ministère de l’Éducation nationale
et de la Formation professionnelle
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales
Ministère de la Planification et de
la Coopération externe
Médecins Sans Frontières
· 8 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
MSPP :
OCB :
ODD :
OMS :
ONG :
ONI :
ONPES :
PCD :
PISUD :
PME :
PMI :
PRODEV :
PRONEC :
Ministère de la Santé publique et de
la Population
Organisations communautaires de
Base
Objectifs de Développement
durable
Organisation mondiale de la Santé
Organisation non gouvernementale
Office national d’Identification
Observatoire national de la Pauvreté
et de l’Exclusion sociale
Plan communal de Développement
Programme d’Intervention dans le
Sud
Petites et Moyennes Entreprises
Petites et Moyennes Industries
Fondation Progrès &
Développement
Programme de Nationalisation des
Écoles communautaires
PSDH :
PSUGO :
RGPH :
SAT :
SC :
SDE :
SSPE :
UCS :
UNICEF :
UPSAC :
USAID :
Plan stratégique de Développement
d’Haïti
Programme de Scolarisation universelle gratuite et obligatoire
Recensement général de la Population d’Haïti
Schéma d’Aménagement du
Territoire
Société civile
Services déconcentrés de l’État
Services de Santé de Premier
Échelon
Unité communale de Santé
Fonds des Nations unies pour
l’Enfance
Université publique du Sud aux
Cayes
United States Agency for International
Development
· Introduction · 9 ·
Introduction
E
n Haïti, la décentralisation est reconnue
comme le mode d’organisation administrative et politique du pays avec la
promulgation de la Constitution du 29 mars
1987 qui a transféré certaines compétences
de l’État aux collectivités territoriales (CT).
Elle a octroyé en effet aux autorités locales
la capacité d’assurer la gestion administrative et la planification du développement de
leur territoire. En d’autres termes, elle leur
donne la possibilité de travailler de manière
autonome à l’amélioration des conditions
de vie des populations locales en accroissant le niveau de desserte en services et en
jetant les bases d’un développement durable,
moyennant que ces transferts de compétences soient accompagnés d’un transfert
de ressources. Il s’agit d’un tournant décisif
dans l’histoire du pays, car les communes
redeviennent un cadre territorial de gestion
à part entière des services publics. Aussi, la
participation des communautés au processus
de développement de leur zone se pose désormais comme une condition indispensable
pour toute intervention visant l’amélioration
des conditions de vie des gens et l’un des
indicateurs de gouvernance locale.
Ce processus de décentralisation connait des
balbutiements depuis le vote de la Constitution
de 1987. La collectivité territoriale communale
fait face à de nombreux défis pour son développement. Et la gouvernance locale est jusqu’à
date mal en point. Il existe très peu d’avancées
réelles qui sont faites en matière de décentralisation et de développement des CT dans le
pays. On aurait tendance à croire que seules
les catastrophes naturelles ou autres semblent
« sensibiliser » les acteurs sur le véritable rôle
des instances locales dans la fourniture de biens
et services aux populations parce qu’elles sont
les plus proches, les plus compétentes mais
dépourvues de moyens.
Le passage du cyclone dévastateur Matthew
dans le Grand Sud du pays et les multiples dégâts importants causés par les vents et les pluies
qui accompagnaient le cyclone ont laissé à nu la
plupart des communes des départements touchés. Et comme c’est souvent le cas, le discours
sur la place des CT dans le développement du
pays, les paroles et prises de position pour la
décentralisation et la gouvernance locale ont
repris le dessus.
Dans cette soi-disant euphorie de beaux discours sur la nouvelle orientation à donner aux
communes pour faire face aux catastrophes et
se développer, les nouvelles autorités municipales de la commune de Port-à‑Piment ont
décidé de saisir cette opportunité qu’offrait
l’aide d’urgence post-Matthew pour discuter,
échanger et chercher des moyens de définir une
vision claire ainsi que des plans stratégiques
et opérationnels pour le développement de
la commune. Ceci répond directement aux
· 10 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
principes de bonne gouvernance locale, qui
veulent, entre autres, la consécration d’une
stratégie d’élaboration de programmes durables
qui ne doivent pas viser seulement le court
terme. Il s’agit donc de choisir d’élaborer un
cadre de référence qui définisse une vision stratégique pour la commune tout en établissant un
consensus entre les différents acteurs locaux
sur l’avenir socio-économique souhaité pour
la collectivité locale.
Dans ce contexte, le Plan communal de Développement (PCD) de Port-à‑Piment, élaboré sur
une période de cinq ans sous le leadership du
Conseil communal et appuyé par le Comité de
Pilotage institué à cet effet, a permis d’impliquer les différents secteurs socio-économiques
de la population à travers une approche hautement participative. L’élaboration du PCD
de Port-à‑Piment, la base de planification de
développement social et économique de la
Commune, fait suite au diagnostic participatif
réalisé à travers les deux sections et le centreville de la Commune. Ce diagnostic prend en
compte la réalité socio-économique de l’ensemble de la Commune. Il a permis d’identifier
les atouts et les contraintes dans plusieurs
secteurs pour mieux cerner la problématique
du développement et aboutir ainsi à la définition des actions prioritaires en vue de leur
réalisation dans le cadre d’une programmation
physique et financière étalée sur une période
de cinq ans.
Ce plan, dont le processus d’élaboration a été
à la fois inclusif et intégrateur, se veut un
cadre de planification et un moyen de mieux
coordonner les différentes actions des divers
acteurs dans l’intérêt de la population. Il permet
aux autorités de mieux discuter avec les bailleurs et avec le gouvernement en ce qui a trait
au développement de Port-à‑Piment.
Ce document de planification est élaboré
sous le leadership du Conseil communal avec
la participation de tous les acteurs locaux et
de toutes les forces vives de la communauté
au niveau des différentes composantes de
la Commune. Cependant, la réalisation des
objectifs du Plan dans le contexte actuel
demeure une utopie sans la conjugaison de
quatre paramètres essentiels :
~~ la volonté politique réelle des autorités et
autres acteurs communaux d’assurer la
mise en œuvre du plan ;
~~ le renforcement de la capacité de l’Administration
communale à assumer et à exercer efficacement leurs fonctions, notamment le
Conseil de Développement communal
qui va être constitué comme une véritable boussole qui donne les orientations
des actions de développement dans la
Commune ;
~~ la capacité d’une société civile organisée
à travers ses différentes composantes
et les différentes commissions mises
en place dans le CDC à proposer aux
autorités municipales de bonnes actions
coordonnées à réaliser au profit de la
communauté ;
~~ enfin, l’alignement des actions des bailleurs et des intervenants extérieurs
à celles de l’administration communale
(parapublics, Gouvernement, ONG,
organisations de la société civile) et aux
grandes orientations de développement
édictées par le PCD.
En termes d’organisation, ce PCD comporte
quatre grandes composantes :
Introduction · 11 ·
1
La vision
stratégique
Un diagnostic
qui dresse un
tableau socioéconomique,
institutionnel et
physique de la
Commune
2
3
La
programmation
La mise en
œuvre
4
En-haut, le coordonnateur de terrain présente le processus et en-bas, atelier de formation des animateurs et animatrices.
· Première partie · Méthodologie · 13 ·
· PREMIÈRE PARTIE ·
MÉTHODOLOGIE
En-haut, lancement du processus au centre-ville, au centre et en-bas, atelier de formation du comité de pilotage.
· Première partie · Méthodologie · 15 ·
1. Métodologie
L
a démarche d’élaboration du Plan communal de Développement (PCD) de la
commune de Port-à‑Piment a suivi la
méthodologie du ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) qui
préconise trois phases : 1) la phase préparatoire,
2) le diagnostic communal et 3) l’élaboration du Plan
communal proprement dit (ou Planification).
Ainsi le PCD s’est réalisé autour de ces trois
phases déclinées chacune en plusieurs étapes.
Dans son ensemble, la démarche s’est accentuée sur la participation des acteurs locaux
dans le processus et la responsabilisation des
élus locaux, porteurs du processus.
1.1 Phase 1 · Préparation
Une fois que l’accord ait été signé avec
l’IFOS pour donner un appui technique
à l’élaboration du PCD, une équipe technique
pluridisciplinaire a été constituée pour mener
le processus. L'IFOS a pris contact avec les
élus locaux particulièrement le Conseil
municipal (CM) et la structure de la société
civile communale, le Conseil des Sages de
Port à Piment (CONSAP), pour échanger sur
le processus d’élaboration du PCD et du rôle
fondamental qu’ils devront jouer pour aboutir
au PCD, qui est un document de planification territoriale. En ce sens, tous les acteurs
(sectoriels et catégoriels) ont été informés
de la décision du Conseil municipal de se
lancer dans le processus et ont été invités
à y participer. Ainsi plusieurs étapes ont été
franchies à cette phase :
66 Lancement du processus et montage, formation
du comité de pilotage : le Conseil municipal
avec l'appui de l'IFOS a fait le lancement
officiel du processus au centre-ville de
Port-à‑Piment où divers acteurs y ont
pris part. Cette cérémonie a réuni près
de 200 personnes au total. Un arrêté
communal indiquant que le Conseil
municipal a choisi de lancer le processus a été élaboré et diffusé dans tous
les espaces publics afin que nul n'en
ignore. Après cette rencontre publique,
l'emphase a été mise sur i) le montage du
Comité de pilotage composé d'acteurs de
différents secteurs de la vie communale
et ii) la formation du comité de pilotage. Cette
formation portant sur la dynamique de
développement local et de la méthode
· 16 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
d'élaboration du PCD a permis au
membres du CP de s'approprier du
processus et de mieux comprendre la
logique du développement local dans
un contexte de décentralisation. Le CP,
constitué de 35 membres et présidé par
le maire principal selon les prescrits de
la loi, est le mécanisme de participation
de manière organisée et structurée. Un
calendrier prévisionnel a été soumis au
CP ainsi qu'un document de participation
qui retrace les grandes lignes d’actions
à entreprendre et le mécanisme de participation des acteurs locaux à chaque
phase et étape du processus.
66 Recrutement d'animateurs/animatrices et sensibilisation autour du processus : compte tenu de
la complexité de l'espace communal en
termes d'accès, six animateurs/animatrices, dont deux pour chaque section
communale et deux pour le centre-ville,
ont été recrutés/es sur concours. Ils sont
tous originaires de la commune. Ils avaient
pour rôle d'organiser des séances de
sensibilisation dans les sections communales avec l'aide des CASEC et ASEC, de
participer dans l'animation des ateliers de
diagnostic participatif et de collecter des
données quantitatives sur les différents
secteurs socio-économiques sur tout le
territoire communal. Pour réaliser à bien
leur travail, ils ont été formés pendant
trois jours sur les méthodes et techniques
d’enquêtes, d’animation de groupe et
sur l’utilisation de quelques outils de la
MARP, particulièrement la FFOM (Forces,
Faiblesses, Opportunités, Menaces),
l’arbre à problèmes, l’arbre à objectifs
et le calendrier saisonnier, qui ont été
utilisés pour le diagnostic participatif. En
plus, ces animateurs et animatrices ont
été formés sur l’utilisation des tablettes
électroniques dans la collecte des données pour une enquête socio-économique
dans la commune à travers une enquête
de ménages sur la base d’un échantillon.
Groupe de travail pendant l'atelier de formation des animateurs et animatrices.
· Première partie · Méthodologie · 17 ·
Six grandes rencontres de sensibilisation (dites
rencontres formelles de sensibilisation réunissant plus
d'une centaine de participants pour certaines),
avec implication des CASEC et ASEC, ont été
réalisées à travers l'ensemble du territoire
communal. Outre ces six rencontres formelles,
plus d'une trentaine de rencontres au niveau
des associations, des groupements communautaires et des églises ont été organisées dans le
cadre de la campagne de sensibilisation.
1.2 Phase 2 · Diagnostic communal
Cette phase a permis, selon une approche
alliant le regard du technicien et la perception
des habitants, d’identifier les atouts du territoire et les grandes faiblesses et contraintes qui
entravent son développement. Le diagnostic
communal a été réalisé en deux étapes déroulées simultanément : le diagnostic technique et
le diagnostic participatif.
1.2.1 Diagnostic technique
Le diagnostic technique a conduit autour de deux actions clés :
66 Consultation documentaire : les membres de
l’équipe technique de l’IFOS affectés à ce
travail ont procédé à une revue de littérature sur la base des documents pertinents
disponibles au niveau local, départemental et national. Ont été priorisés, dans le
cadre de cette revue de littérature, tous
les documents de stratégies régionales
ou nationales, tels la Stratégie de Développement de la Péninsule Sud, le Plan
stratégique de Développement d’Haïti
(PSDH) et d’autres documents, NOTAMment ceux qui décrivent ou présentent le
cadre physique et l'organisation du territoire (limites administratifs, ressources
naturelles et potentialités, contraintes,
équipements et infrastructures, etc.),
des dossiers et rapports administratifs ;
des orientations de développement des
CT préconisées par le pouvoir central ;
le document des résultats du dernier
recensement du secteur agricole ; des
documents et actes légaux relatifs aux
CT, en particulier, à la planification et
la gestion du développement en général.
Des cartes géographiques et thématiques
élaborées par le CNIGS ont été aussi
consultées et analysées pour en tirer des
données utiles.
66 Consultations et entretiens semi-structurés avec des
acteurs clés : chaque technicien de l’équipe a
réalisé une mission de terrain de deux ou
trois jours en vue de rencontrer certains
acteurs clés du secteur sur lequel il travaille afin de tirer des éléments pertinents
en complémentarité aux documents
disponibles. Les acteurs consultés sont
surtout des informateurs clés (leaders
communautaires, notables), des cadres
· 18 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
de l’administration publique au niveau de
la Commune et des élus locaux. Outre les
entretiens semi-structurés avec les acteurs/
informateurs clés, des visites d’observation
ont aussi été réalisées par les professionnels
en gouvernance locale, gestion de risques
et désastres, genre, Éducation, santé et en
questions sociales en vue d’une meilleure
appropriation et appréciation de la situation et du contexte local.
1.2.2 Diagnostic participatif
Cette phase du diagnostic s’est déroulée de
manière simultanée au diagnostic descriptif.
Des ateliers ont été réalisés à deux niveaux
territoriaux ; les deux sections communales et
le bourg. Ces ateliers ont réuni des acteurs clés
des sections communales et du bourg issus de
différents secteurs. Le choix des participants
à ces ateliers a été fait de manière à ce que
toutes les couches sociales soient représentées
en tenant compte de la dimension spatiale.
Pour faciliter la collecte des données et une
meilleure participation, l’outil FFOM a été utilisé
en raison de sa pertinence, mais aussi pour sa
simplicité et la facilité à le manipuler. Seize
secteurs ont été analysés à partir de cet outil. Il
s’agit de : Agriculture - Élevage - Pêche - Éducation - Santé
- Commerce - Sport, loisirs et culture - Tourisme et hôtellerie
- Environnement - Eau, hygiène et assainissement - Energie,
mines et carrières - Communication, routes et transport Organisation - Justice et sécurité - Artisanat - Urbanisme et
habitat. Un atelier de trois jours a été réalisé dans
chaque section communale où chaque secteur
a été analysé par au moins 40 participants. Dans
chaque atelier, les participants ont été répartis
en 4 à 5 sous-groupes de travail constitués en
fonction du secteur d’appartenance de chaque
participant ou de son niveau de maîtrise du
domaine. Le résultat du travail de chaque sousgroupe a été retravaillé en grand groupe en vue
de l’enrichir et le valider par les participants.
Ensuite, un atelier de mise en commun et de
priorisation a été organisé au centre-ville. Les
participants à cet atelier au nombre d'une
quarantaine, ont été choisis par leurs pairs au
moment des ateliers de diagnostic au niveau
des sections communales et du bourg. Il s’agissait dans le cadre de ces ateliers de sortir avec
des FFOM communales pour chaque secteur,
qui sont les résultats d’un travail de mise en
commun et de consensus entre les acteurs du
territoire. L’atelier de priorisation qui a succédé
celui de la mise en commun consistait à réaliser
une FFOM dite FFOM majeure où les plus grandes
forces, faiblesses, opportunités et menaces sont
sélectionnées par les participants par ordre
d’importance. Cet exercice a été très animé
compte tenu des enjeux de chaque catégorie
d’acteurs ont surgi. Il a fallu trouver un consensus ou faire un vote lorsque le consensus était
difficile à trouver.
Les diagnostics technique et participatif ont
permis à l’équipe technique multidisciplinaire
(économie, sociologie, gouvernance et décentralisation, genre, droit, génie rural, etc.) de
l’IFOS de faire une analyse approfondie de la
situation communale en vue de produire le
document de diagnostic. Ensuite, le document
a été distribué à un groupe restreint de personnes ressources et de cadres de la commune
en vue de formuler leurs recommandations et
d'exprimer leurs réserves.
Suite à ces consultations, les recommandations
ont été prises en compte par l’IFOS pour la version considérée comme finale. Le document de
diagnostic constitue le socle et la base des réflexions techniques et politiques pour la phase
« Élaboration du PCD » en mettant l’accent sur
les priorités dégagées..
En-haut, les participants à un atelier de Diagnostic participatif, en-bas travail en groupes sectoriels à Port-à‑Piment.
· 20 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
1.3 Phase 3 · Programmation
La phase de programmation succède le diagnostic et s’appuie sur les éléments clés tirés des ateliers
de priorisation des forces, faiblesses, opportunités et menaces. Cette phase s’est déroulée autour de
plusieurs ateliers avec la participation d’une trentaine de participants constitués majoritairement
des membres du CP.
66 Atelier de vision : cet atelier, déroulé pendant deux jours, avait pour objectif de
définir une vision de développement de
la commune sur une période de vingtcinq ans. Elle se repose sur l’identité
de la commune et ses forces à valoriser
pour la développer. Étant donné que la
vision couvre une période plus longue
que le PCD, un objectif sur les cinq ans
de la durée du PCD a été aussi défini. La
démarche, où la vision a été la synthèse
des travaux des participants répartis en
quatre sous-groupes, a été très participative. Il a fallu des débats et un consensus
pour adopter une vision qui semble être
la plus proche de la réalité de la commune et des vœux de la population.
66 Atelier d’analyse des problèmes : l’analyse des
problèmes a été réalisée à partir de l’outil
Arbres à Problèmes qui permet aux participants d’analyser les causes des problèmes
pour chaque secteur identifié dans les
FFOM majeures. Pour pouvoir réaliser un
travail de qualité, les participants ont été
répartis en quatre sous-groupes de six à huit
personnes selon leurs champs d’action et
leur sensibilité. Chaque problème analysé
a fait l’objet de discussion en plénière afin
d’enrichir l’analyse faite en sous-groupes.
Les principales causes décryptées des
analyses constitueront, soit un sous-programme, soit une action qui apparaîtront
dans le tableau synoptique des programmes,
sous-programmes et actions à entreprendre
dans le cadre du PCD.
66 Atelier de programmation physique (Plan d’Action) :
la programmation physique est en quelque
sorte la mise sous forme de tableau (tableau
synoptique) des programmes, sous-programmes et actions identifiés comme
prioritaires à mettre en œuvre. Les résultats
de l’atelier d’analyse des problèmes (Arbres
à problèmes) ont été le socle de ce travail. Il
s’agissait aussi dans cet atelier de déterminer le lieu d’exécution de chaque action et
les résultats escomptés. Pour s’assurer de
la cohérence entre le PCD et le PSDH, le
tableau de la programmation est structuré
en quatre axes portant sur l’organisation du
territoire, la dynamisation de l’économie,
le renforcement des services sociaux et le
renforcement institutionnel.
66 Atelier de programmation financière : il s’agissait
dans cet atelier d’une journée, de faire
une estimation des coûts des actions qui
sont de la compétence de la commune.
Les coûts de certaines actions ont été
déterminés en groupe tandis que d’autres
ont été déterminés après consultation des
opérateurs de terrain. Compte tenu de la
complexité et de la technicité du travail
de costing, il aurait été difficile que tous
les calculs soient faits en groupe. L’équipe
technique de l’IFOS a finalisé le travail qui,
ensuite, a été validé par les acteurs locaux.
· Première partie · Méthodologie · 21 ·
Un participant s'exprime pendant
l'atelier de vision à Port-à‑Piment.
1.4 Processus de validation
La validation n’a pas été une phase en soi mais
s’est réalisée tout au long du processus. À chaque
atelier, il a été question de reprendre ce qui a été
discuté lors de l’atelier précédent puis on est
passé à sa validation avant de continuer. Cette
stratégie a permis aux participants de mieux
s’approprier du processus et de ne pas perdre le
fil des idées. Cependant, la fin de chaque phase
(diagnostic, programmation) a été sanctionnée
par un document qui a été soumis aux membres
du CP et quelques cadres de la commune
pour formuler leurs recommandations, faire
des ajouts et produire des commentaires. Les
recommandations soumises ont été prises en
compte et ont été intégrées dans la version finale
du PCD. Le PCD, une fois finalisé par l’équipe
technique de l’IFOS selon les commentaires
et recommandations du CP, a été soumis au
MPCE pour validation. C’est après la validation
du MPCE que le PCD a été remis officiellement
au Conseil municipal en présence des membres
du CP et quelques personnalités de référence au
niveau communal ; membres d’OSC/OCB, CASEC,
ASEC et DV.
· Deuxième partie · Diagnostic · 23 ·
· DEUXIÈME PARTIE ·
DIAGNOSTIC
2025000
2020000
Note
Le tracé des lim ites administratives est porté à titre indicatif
sans positionnement géographique précis.
Il est sans valeur juridique.
Projection: UTM, Zone 18N
Référence cartographique: WGS84
Réalisation cartographique : CNIGS
Sources des données : CNIGS
Date réalisation : Fév. 2018
CHARDONNIÈRES
590000
Source : Centre national de
l’Information géo-spatiale
0
#
±
1:65,000
LES ANGLAIS
Localités
Tache urbaine
Lacs
Limites sections
Limites communes
Limite département
0 Chef-lieu commune
#
_Capital
^
.Chef-lieu département
!
Chef-Lieu
Légende
DÉCOUPAGE ADMINISTRATIF
DE LA COMMUNE DE PORT-À-PIMENT
590000
Carte 1 · Carte administrative de la Commune
595000
Dussable
595000
0
#
Dupin
1re Paricot
Nan Dompté
Desravines
Nan Poto
600000
Déboulayé Ca Rocher
Mendos
Marie Jeanne
Saintil
Tamarin
Port-à-Piment
Marguérite
Grande Passe
Potus
Fripo Raton
Nan Cadet
Guillaume
Justable
2e Balais
PORT-À-PIMENT
Philippeaux
Dolian SUD
Valmor
Magasin
Cavase
Pénitence
600000
CÔTEAUX
Désert
Nan Roche
Balais
Cavalier
Policard
Morne Rimbeau
CHANTAL
2025000
2020000
· Deuxième partie · Diagnostic · 25 ·
2. Organisation et
structuration du
territoire communal
2.1 Localisation et limites de la Commune
D
’une superficie de 60,28 km2, la commune
du Port-à‑Piment est située dans le département du Sud d’Haïti et fait partie de
l’arrondissement des Côteaux qui comprend
deux autres communes : Roche-à-Bateau et
Côteaux. La commune de Port-à‑Piment est
bornée, au Nord, par les communes des Chardonnières et de Chantal ; au Sud, par la mer des
Antilles ; à l’Est, par les communes des Côteaux
et de Chantal et, à l’Ouest, par la commune des
Chardonnières. Sur le plan géographique, elle
est comprise entre 18º15’ de latitude Nord et
74º06’ de longitude Ouest. La ville de Port-à‑Piment se situe à environ 266 kilomètres de
Port-au-Prince et à 68 kilomètres des Cayes,
chef-lieu du département du Sud.
Comparativement aux autres communes de
la Presqu'île du Sud, la commune de Port-
à‑Piment a une forme longiligne et elle est
coincée entre le versant sous le vent du massif
de la Hotte et la mer des Caraïbes ou des Antilles. L’altitude peu élevée de la ville par rapport
au niveau de la mer (1 m) la rend vulnérable par
rapport aux ouragans et à la houle cyclonique
d’autant que la commune ne dispose pas de
baie pour la protéger face à l’aléa cyclonique.
Elle possède une grotte pouvant servir d’abri
naturel provisoire en cas de catastrophes liées
aux cyclones et aux inondations. C’est la grotte
Marie Jeanne.
Comme toutes les communes de la bande du
Sud, elle est exposée au risque sismique. Elle est
située à proximité de la faille de Plantain Garden
qui s’étale tout le long du Département du Sud
en passant par Port-au-Prince pour prendre fin
dans les montagnes du Bahoruco en République
dominicaine. Elle a été légèrement touchée lors
du séisme du 12 janvier 2010 dont l’épicentre
se situait dans la ville de Léogane.
Sur le plan hydrographique, la commune de
Port-à‑Piment est cernée par deux rivières qui
sont limitrophes aux communes des Chardonnières et des Côteaux. Il s’agit de la rivière Bras
gauche, aussi appelée rivière des Chardonnières,
et la rivière dite Bras droit. La rivière Bras gauche
· 26 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
prend sa source dans la section communale
de Rendel et se rencontre en affluent avec
la rivière Bras droit pour former la rivière de
Port-à‑Piment. Mise à part les deux grandes
rivières, vingt autres points d’eau sont identifiés
dans la commune parmi lesquels huit ruisseaux
ou ravins, quatre sources, deux étangs et six
lagons. Cumulés à la rivière de Port-à‑Piment,
ils se jettent tous dans la mer des Caraïbes. Il faut
noter que parmi les vingt points ou sources d’eau,
dix ont été captés pour desservir la population
en eau de boisson et de cuisson.
De par sa situation au pied du massif de la Hotte
et les différents mornes ou collines qui l’entourent, la commune de Port-à-Piment jouit
d’un climat tropical. Son amplitude thermique
annuelle (ATA) est de 26ºC. Les données pluviométriques enregistrées dépassent 1 500 mm/
an. Toutefois, la saison sèche peut durer parfois
jusqu’à 5 mois. Cependant, les mois ne sont pas
tout à fait secs, c’est plutôt la quantité de pluie
qui diminue. L’observation a montré que l’année
2017 1 a connu une certaine embellie, car il pleut
quasiment sans cesse toutes les semaines. Cette
pluviosité trouve son explication dans les perturbations atmosphériques enregistrées dans le
bassin des Caraïbes et sur l’océan Atlantique, et
les conditions orographiques de la zone.
Outre le massif de la Hotte, le relief de la
commune est constitué de mornes, collines
et falaises. On doit noter que le Bourg est en
grande partie entouré de quatre mornes ou
montagnes de dimensions moyennes avec
moins de 300 mètres d’altitude. Ce sont : le
morne Plaine cajou où est située la grotte Marie
Jeanne ; le morne Madeleine ; le morne Bois de
Chêne et le morne Plaine Passe Coma. Mis à
part le relief aplani du bourg, la commune ne
comporte pas de plaines. Les sections communales se trouvent dans des zones montagneuses.
Cette disposition du relief influe sur l’organisation sociale et prédispose la population rurale
à un habitat dispersé. Celle-ci est obligée de
venir constamment au bourg pour avoir accès
au peu de services de base qui sont fournis par
les autorités.
L’analyse du diagramme
montre que les mois les plus
pluvieux sont les mois de mai,
de septembre et d’octobre. Vu
sa proximité par rapport à la
mer et le massif de la Hotte,
sa température mensuelle
reste un peu stable tous les
mois de l’année et oscille aux
alentours de 260 C.
Figure 1 · Diagramme ombrothermique de Port-à-Piment.
1 L’année 2017 fut très pluvieuse et plusieurs cyclones majeurs ont été enregistrés sur l’Océan Atlantique et dans la Mer
des Caraïbes.
· Deuxième partie · Diagnostic · 27 ·
2.2 Organisation administrative de la Commune
La commune de Port-à-Piment comprend deux
sections communales et le bourg. Le bourg est un
centre urbain où se concentrent le commerce,
l’administration communale et quelques services
déconcentrés de l’État. Les bâtiments religieux
d’envergure, les écoles secondaires et fondamentales les plus importantes y sont aussi domiciliées.
Près de 45 % de la population vit au bourg.
sont quasi absents. Les sections communales
sont classées dans l’ordre selon la taille de leur
population. Il convient de citer : la première
section Paricot et la deuxième section Balais. Chacune
de ces sections est subdivisée en habitations
,qui elles-mêmes se subdivisent en localités. Le
nombre des habitations et des localités varie
d’une section à l’autre.
Les sections communales jouent peu de rôle
sur le plan administratif. Mis à part les bureaux
des CASEC, les écoles et églises éparpillées çà
et là, les bureaux de services (privés et publics)
D’après les données recueillies auprès de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
(IHSI), la commune du Port-à-Piment dispose
de 21 habitations et de 23 localités.
Tableau 1 · Répartition des habitations et localités de la commune par section communale
Nº
SECTION
COMMUNALE
Ire
Paricot
2e
Balais
NOMBRE
D’HABITATIONS
HABITATION
NOMBRE DE
LOCALITÉS
LOCALITÉ
10
Veillon, Digautry, Nan Besoin,
Nan Roche, Changement, Ka
Dede, Nan Filo, Petite Roque,
Pernélé, Passe Mango
13
Pariste, Guillaume, Sentier, Maillard,
Pinette, Sentiment, Nan Mendos,
Duvette, Jurodo, Ka Damas, L’étang,
Beaulieu, Figuier
11
Cavalier, Nazile, Ka Yaya,
Chariole, Potus, Dolian, Jabouin,
Morne-à-Boeuf, Gauthier, Nan
Mal Faite, Nan Clergé
10
Balais, Marbial, Decidé, Dorvil,
Citadelle, Ibas, Mahotière, Dos Paille,
Dacier, Delmas
Source IHSI. Données recueillies lors du RGPH 2003.
2.3 Bref historique de la Commune
Le site de la ville de Port-à-Piment est fondé
sur l’emplacement d’une forêt appelée jadis
Figuier, nom qu’adopta le premier village à sa
fondation. Il était habité par les Taïnos dans le
caciquat du Xaragua et s’est peu à peu développé en site portuaire sous le gouvernement
· 28 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
· Deuxième partie · Diagnostic · 28 ·
de Nicolas Ovando à l’aube de la colonisation
espagnole. Ce nom est gardé dans la mémoire
et se perpétue de génération en génération.
L’emplacement originel, situé au bourg, porte
encore ce nom.
héroïques durant cette guerre historique. Sur
le plan administratif, le bourg a reçu la visite
de l’empereur Dessalines en octobre 1806,
quelques jours avant son assassinat dans le
cadre de sa tournée d’inspection sur la vérification des titres de propriétés.
Jusqu’au XVIIe siècle, le port de Figuiers fut le
seul sur tout le long de la Presqu'île du Sud. La
mer est peu profonde, ce qui offrait un mouillage
sécuritaire aux galions espagnols et aux corsaires
français. Peu à peu, il se positionna comme un
centre commercial et se développa rapidement.
Sur le plan agricole, la culture du piment prospéra. Les boucaniers s’y approvisionnèrent pour
la salaison de la viande de chasse. Ainsi Figuier
devient Port-à-Piment, lequel nom est passé
dans l’histoire et toujours utilisé par la postérité.
Le nom de Port-à-Piment est lié à la lutte de
l’Indépendance d’Haïti. Le général de division
Laurent Férou, l’un des héros de la guerre de
l’Indépendance et signataire de l’Acte du même
nom y est originaire. Il est né à Pinette, localité
de la première section de Paricot. Bien que la
ville des Côteaux 2 le considère comme l’un de
ses fils naturels, cela n’empêche nullement que
les Port-à-Pimentais soient fiers de ses actions
Ce fut le 7 juin 1872, sous la présidence de
Nissage Saget que Port-à-Piment fut élevée au
rang de commune. La ville de Port-à-Piment
fut aussi l’une des victimes des luttes fratricides
pour le pouvoir en Haïti. Ces luttes que l’on
appelle communément Guerre civile. Le 7 avril
1846, les Piquets s’emparent du Port, mais ils
ont été écrasés par les commandants de la
place Petit Jean et Paul François. En 1869, en
rébellion contre Sylvain Salnave, une flottille
adverse bombardait le Port. Entrée en rébellion
contre le gouvernement de Nord Alexis, la ville
fut bombardée par le bateau Le Vertière le 26
novembre 1908.
On doit mentionner enfin le nom du député
Henri Gattereau à qui la commune doit son
premier centre de santé. Ce dernier a aussi fait
don d’un carreau de terre pour la construction
d’une école nationale.
2.4 Démographie et répartition de la population
Selon les estimations de l’IHSI en mars 2015, la
population de la commune de Port-à‑Piment
était de l’ordre de 18 922 habitants dont 9 697
hommes pour 9 225 femmes. En pourcentage
les hommes sont de 51,24 %. Le nombre de ménages enregistrés est de 3 687 et la population
de 18 ans et plus cumulait à 9 021 personnes. Sa
population est donc relativement jeune.
Lors du recensement général de la population
d’Haïti (RGPH) en 2003, la population de la
commune était de 15 449 personnes. Sur une
période de 12 ans, elle a donc connu un taux
d’accroissement de 20%. Ce qui est énorme
à l’échelle communale, car cela sous-entend que
les besoins en nourriture, en services sociaux de
base et en scolarisation ont augmenté de 20%.
2 Jusqu’en 1872, Port-à-Piment fut un quartier rattaché à la ville des Côteaux.
· Deuxième partie · Diagnostic · 29 ·
Tableau 2 · Répartition de la population par entité géographique et administrative en 2015
Dénomination
Milieu
Bourg
Urbain
8 438
1 711
3,38 km2
2 496 h/km2
1re section Paricot
Rural
3 952
764
20,87 Km2
189 h/km2
2e section Balais
Rural
6 532
1 212
36,03 km2
181 h/km2
18 922
3 687
50,20 km2
314 h/km2
TOTAL
Population Totale
Nombre de ménages
Superficie en km2
Densité
Source : Population totale, de 18 ans et plus, ménages et densités estimés en 2015_MEF/IHSI
L’analyse du tableau montre que la population
de la commune de Port-à-Piment est foncièrement rurale. Le pourcentage d’habitants
vivant dans les sections communales est
de 55,40 %. Ce qui sous-entend que la plus
grande partie de celle-ci n’a pas accès aux
services sociaux de base. Le bourg héberge
44,6 % de la population. C’est donc un cas de
macrocéphalie au niveau de la Commune et
ceci s’explique par la concentration de tous
les services sociaux de base.
Comparativement à la densité moyenne de
la République d’Haïti (403 h/km2) et celle du
Département du Sud (292 h/km2), la commune
de Port-à-Piment est densément peuplée avec
314 h/km2. Cela s’explique par l’attrait de cette
ville pour les habitants des communes environnantes qui s’y établissent.
2.5 Urbanisme et habitat
La ville de Port-à-Piment était dans le passé
un centre administratif important qui abritait
un sous-district militaire et une préfecture.
Ces deux entités étaient classées à un niveau
très élevé dans la hiérarchie administrative de
l’époque. Cette importance administrative lui
a favorisé aussi une sorte de dynamique économique de par son attractivité. L’architecture des
anciennes maisons témoigne en quelque sorte
de la valeur de cette ville pour la zone.
Avec le déclin des activités économiques, cette
ville a perdu son dynamisme, ce qui a diminué
son importance au niveau régional. En dépit
d’une migration intense de ses habitants, son
solde migratoire est positif en raison de la forte
migration ruralo-urbaine, elle-même imputable à la forte dégradation des conditions de
vie dans les sections communales. Étant très
pauvre, la demande de logements créée par
cette strate dans cette ville à très faible capacité
d’accueil a provoqué son extension. On assiste
au fur à mesure à son développement spontané.
Selon l’IHSI3, deux bidonvilles ont vu le jour
en moins de 5 ans au début des années 2000.
Il s’agit des cités Raymond et Robert, respectivement érigées en 2002 et 2003. Au regard
3 IHSI, Inventaire des Ressources et Potentialités des Communes d’Haïti, 2005.
· 30 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Au centre-ville, l’architecture des anciennes maisons témoigne une importance administrative dans le passé.
· Deuxième partie · Diagnostic · 31 ·
de son taux d’urbanisation, il est clair que le
processus d’urbanisation continue à s’accroître
et cette extension se fait en général à l’ouest
du centre-ville, particulièrement autour de la
route départementale.
Il est vrai que la partie historique de la ville est
tramée avec des maisons alignées, étagées dans
certains cas et d’un niveau standard, mais les
zones d’extension font fi des normes d’urbanisme. Ces logements sont plus précaires et
sont connectés au petit réseau routier existant
par des voies en terre battue et non drainées.
La ville revêt trois fonctions principales avec
des séparations non étanches dans tous les
cas. Les bâtiments se trouvant autour de la
rue principale logent résidence et activités
commerciales et de service tandis que la rue
du Port abrite la mairie, le commissariat et
la place publique. Les autres rues ou franges
de territoires font office de résidence ou de
commerce informel. Le standing est différencié
d’une portion de la ville à une autre. L’habitat du
centre-ville a un niveau plus ou moins standard
que celui des zones d’extension.
2.6 Le foncier
Le problème de l’irrespect de la propriété de
l’État semble ne pas trop se poser à Port-àPiment puisque aucune violation des terres de
son domaine n’est signalée. Par contre, ceci ne
semble pas être le cas pour la propriété privée
car les cas d’envahissement des propriétés privées se sont multipliés après l’ouragan Matthew.
En dépit de l’absence d’instruments légaux
de gestion du territoire, les administrations
communales semblent bien gérer l’intégrité des
espaces appartenant à l’État. L’ouragan Matthew
a causé la destruction de la plupart des maisons
situées en bordure de mer et occasionné le
déplacement de dizaines de personnes. À noter
que la plupart des victimes ont rebâti leur maison sur le littoral à leur place précédente.
2.7 Communications et téléphonie mobile
2.7.1 Médias et téléphonie mobile
La commune de Port-aà-Piment possède une
station de radio appelée Port-à-Piment Inter.
Celle-ci est située à la rue Calvaire, mais elle
ne fonctionne qu’une partie de la journée et
couvre uniquement le centre-ville. De plus,
d’autres signaux de radios sont captés avec
beaucoup de difficulté, particulièrement
Radio Guinen, Radio Caraïbes, Radio Lumière
· 32 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
de Port-au-Prince, ainsi que Radio Macaya
et Men Kontre des Cayes. Aucune chaîne de
télévision locale ou nationale n’y est captée.
Cependant quelques personnes utilisent les
services de Canal Sat qui leur permettent de
recevoir certaines chaînes par satellite.
D’autres services de communication comme
la poste et les journaux, ne sont pas utilisés
dans la commune. Très peu de personnes sont
abonnées au quotidien Le Nouvelliste et aucune
personne à Le National. Quelques cybercafés
offrent encore des services d’internet, mais
ils fonctionnent au ralenti à cause de la mauvaise qualité du signal d’internet et de l’accès
généralisé de ce service via les compagnies de
téléphonie.
Vues de quelques antennes de la ville
Pour la téléphonie mobile, les deux grandes
compagnies qui fonctionnent sur le territoire
haïtien sont présentes, à savoir, la Digicel et la
Natcom. Les principaux services offerts par ces
dernières sont les appels et l’internet. Mais, ils
sont de mauvaise qualité et ne répondent pas
aux attentes des utilisateurs. De plus, ils ne sont
pas disponibles dans les sections communales,
hormis certaines zones comme Paricot et Dolian.
Il importe de souligner que la Natcom, qui offrait des services internet via la fibre optique
frappés par l’ouragan Matthew, a restauré
ces services.
· Deuxième partie · Diagnostic · 33 ·
2.7.2 Réseaux routiers
Port-a-Piment est relié aux autres communes
par le prolongement de la route nationale
Nº 2. La distance qui sépare Port-à-Piment de
Côteaux mesure environ 6 km. Sur ce tronçon,
la route est en bon état sauf à l’entrée de la ville
où la chaussée est rongée par les débordements
de la mer pendant l’ouragan Matthew.
Certaines rues du centre-ville sont adoquinées.
Ce sont les rues qui bordent la mairie, la place
publique et l’église catholique. Cet embryon
de rues aménagées est prolongé par l’avenue
7 février, qui est pavée sur toute sa longueur en
partant de la route nationale Nº 2 jusqu’à sa limite à Grande Passe. Toutes les autres rues sont
en terre battue, que ce soit la rue du Commerce,
qui loge la plupart des activités économiques
de la commune ou celle qui donne accès à la
grotte Marie Jeanne.
La communication par voie terrestre entre le
centre-ville et les sections communales est
très difficile. La distance entre le centre-ville
et Paricot est de 5 km environ. La section est
accessible par deux voies à partir de la localité
de Figuier, située à l’entrée du centre-ville.
La première voie est un sentier montagneux.
Aucun véhicule ne peut y accéder. Elle n’est
pas tracée à certains endroits et le voyageur
doit savoir se frayer un chemin pour arriver
à destination. La seconde voie d’accès emprunte la ravine de Port-à-Piment, toujours
par Figuier et est pratiquement inaccessible
en véhicule.
Un tronçon de la route départementale qui longe la côte rongé par les débordements de la mer pendant l'ouragan Matthew.
2025000
2020000
Projection: UTM, Zone 18N
Référence cartographique: WGS84
Réalisation cartographique : CNIGS
Sources des données : CNIGS
Date réalisation : Fév. 2018
CHARDONNIÈRES
Note
Le tracé des lim ites administratives est porté à titre indicatif
sans positionnement géographique précis.
Il est sans valeur juridique.
590000
Source : Centre national de
l’Information géo-spatiale
0
#
±
1:65,000
LES ANGLAIS
Chef-Lieu
0 Chef-lieu commune
#
Localités
Réseau routier
Route nationale
Route dépatementale
Route communale
Autres routes
Lacs
Limites sections
Limites communes
Limite département
Légende
RÉSEAU ROUTIER DE LA COMMUNE
DE PORT-À-PIMENT
590000
595000
Dussable
595000
0
#
Fripo
Tamarin
Port-à-Piment
Marguérite
Guillaume
Justable
2e Balais
Déboulayé
Nan Poto
Saintil
Mendos
Desravines
Marie Jeanne
1re Paricot
Nan Dompté
Raton
Pernele
600000
Ca Rocher
PORT-À-PIMENT
Philippeaux
Nan Cadet
Potus
SUD
Dupin
Cavase
Grande Passe
Dolian
Valmor
Magasin
Pénitence
600000
Nan Roche
CÔTEAUX
Désert
Balais
Cavalier
Policard
Morne Rimbeau
CHANTAL
2025000
2020000
Carte 2 · Réseau routier de la commune de Port-à-Piment
· 34 · Plan communal de développement de Port-à‑Piment ·
· Deuxième partie · Diagnostic · 35 ·
Ci-dessus, un tronçon de route menant à Balais (gauche), à Guillaume (droite) et, ci-dessous, à Paricot.
Une distance environ 10 km sépare Balais du centre-ville. En période pluvieuse, la route est praticable
jusqu'à Grande Passe. En saison sèche, les véhicules peuvent traverser le bras de rivière Grande Passe
pour se rendre jusqu'à Sentiment ou Mango Gwo Po. À partir de là, on doit continuer pendant environ
deux heures à pied pour arriver jusqu'à Balais. Les grands obstacles dressés sur cette route sont : la
rivière Grande Passe, la rivière Bras gauche venant de Randel et la rivière Bras droit venant de Balais
en passant par Guillaume, Sentiment et Potus.
· 36 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
2.8 Bâtiments et travaux publics
Après les dégâts causés par l’ouragan Matthew,
certains logements et quelques bâtiments endommagés ont été réhabilités. Cela a engendré un
certain dynamisme dans la branche des bâtiments
et travaux publics. Mais, cette performance aurait
pu s’accélérer si les travaux de réhabilitation ou
reconstruction des infrastructures détruites
avaient été entrepris. Au regard du faible essor
des infrastructures et de la lenteur de la reconstruction des logements et bâtiments détruits lors
de l’ouragan Matthew, cette branche pourrait
constituer un pilier fondamental de la relance
durable de l’économie de Port-à-Piment. Il reste
beaucoup à faire dans le secteur tant au niveau
de la reconstruction des logements et bâtiments
privés que de la reconstruction ou réhabilitation
des bâtiments publics.
Outre les bâtiments publics, il faut mentionner le mauvais état du système de drainage
du centre-ville qui nécessite des travaux de
construction et de réfection.
2.9 Énergie et potentialités
Parmi les trois composantes du secteur secondaire (industries, électricité & eau, bâtiments
et travaux publics), la branche de l'électricité
et l'eau apporte une contribution négligeable
à l’économie communale en raison du mauvais comportement de ses deux composantes.
La sous-branche de l'eau potable est à l’état
embryonnaire et peine à se lancer tandis que
le réseau électrique ne couvre qu’une infime
partie de la Commune, le centre urbain.
À l’état actuel, cette branche ne peut contribuer
à la relance économique et réclame de grands
investissements pour la dynamiser. Sa contre-performance a accentué la détérioration des
conditions de vie surtout à la suite des dommages
enregistrés après le passage de l’ouragan Matthew
dans cette commune. Les sources d’énergie alternative (solaire et éolienne) restent sous-exploitées.
Le bois et le charbon de bois restent la source
énergétique la plus utilisée par les ménages pour
la cuisson des aliments, ce qui rend la production
de charbon de bois très répandue dans les sections
communales. L’abattage des arbres en amont des
sections communales réduit considérablement
la couverture végétale et aggrave la situation de
vulnérabilité de la Commune face aux catastrophes
naturelles. Une partie du parc Macaya se trouvant
sur le territoire de la Commune fait aussi l’objet
d’exploitation clandestine d’arbres destinés à la
fabrication de charbon de bois.
Il est à remarquer que le gaz propane n’est
utilisé que par des familles plus ou moins aisées
en raison de son inaccessibilité sur place et de
son coût prohibitif pour la grande majorité de
la population. Seulement les ménages ayant un
revenu stable se servent du propane.
· Deuxième partie · Diagnostic · 37 ·
3. Fonctionnement des
collectivités et offre
de services publics
3.1 Administration communale
L
’administration communale de Port-àPiment fonctionne avec 85 employés
répartis en 5 services divisés en plusieurs
sections. Elle présente un organigramme qui
définit la position de chaque service et le rôle
des employés à l’intérieur des services. Il est à
rappeler que cette nouvelle organisation de
Figure 2 · Organigramme de la
mairie de Port-à-Piment
Conseil
d'administration
Direction générale
Service
financier
>> Comptabilité
>> Fiscalité
l’administration a été mise en place lors du
programme d’investissement PISUD, un programme de renforcement des capacités de onze
communes du département du Sud initié par le
MICT. La figure ci-dessous présente l’organigramme de la mairie avec ses différents services.
Service
administratif
>> Assistant
administratif
>> Secrétaire
général
Conseiller juridique
Service
des affaires sociales
>> Affaires sociales
>> Animateur
socio-culturel
Source : Diagnostic participatif des services administratifs et techniques de la Mairie de Port-à-Piment
Service
technique
>> Urbanisme
>> Équipements
collectifs
· 38 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
3.2 Fonctionnement de la mairie
La mairie de Port-à-Piment est située au cœur
de la ville dans un endroit stratégique à l’angle
de la rue principale. Visiblement, elle montre le
visage d’une institution qui marche difficilement.
Elle est logée dans le complexe administratif de
la ville qui a été épargné par les effets du cyclone
Matthew sur la commune. Les services de l'administration municipale avaient été redynamisés
par le recrutement de certains cadres, mais ces
derniers ne disposaient pas suffisamment de
matériels de travail avant que la Coopération
suisse, dans le cadre du PURPOS, ait aidé au
renforcement des capacités logistiques de la
Mairie. La commune de Port-à-Piment est située
au 3e degré suivant le classement établi par le
ministère de l’Intérieur, en raison de ses recettes
relativement faibles. Le fonctionnement de
l’administration communale dépend en grande
partie d’une subvention de 418 000 gourdes versée mensuellement par le ministère de l’Intérieur
et des Collectivités territoriales (MICT).
Outre les techniciens clés des principaux services,
la plupart des employés donnent leur service à
l’Administration et gagnent un très bas salaire en
raison du nombre trop élevé d’employés. L’administration municipale emploie 85 personnes qui,
pour la plupart, manquent de qualification et le
nombre dépasse de loin la capacité de cette mairie
dite de 3e catégorie. À cela s’ajoute l’inexistence
d’un manuel de procédures ou de documents de
référence permettant de contrôler le rendement
des différents services pour un suivi interne.
Toutefois, une bonne partie du personnel a été
évalué lors du PISUD en 2015. Cependant, aucun
suivi n’a été fait en ce sens en vue d’apprécier
l’évolution des performances et de diagnostiquer
les insuffisances pour un renforcement des capacités. Une simple évaluation de performance
est insuffisante car, avec le processus de la décentralisation en cours, les mairies ont désormais
leur destinée en main et se doivent de se doter de
moyens (humains, mobiliers et immobiliers) pour
leur propre développement conformément aux
textes régissant le fonctionnement des communes.
Il s’agit plutôt de mettre en place une stratégie
de renforcement des capacités des services de la
Mairie face au nouveau défi de développement
dans ce contexte de décentralisation. Une stratégie basée sur la réorganisation des services
techniques ayant pour fondement la disposition
de ressources humaines qualifiées permettra à
la Commune d’exercer ses compétences et de
promouvoir le développement local.
Outil d'analyse réalisé pendant les ateliers de renforcement
des capacités du personnel municipal dans le cadre du PURPOS.
· 39 ·
3.3 Les différents services communaux
A l’issue d’une réorganisation qui a été réalisée
au sein de son organigramme, l’administration
municipale de Port-à-Piment compte quatre
services (financier, administratif, affaires sociales, service technique) divisés en sections.
Ainsi donc, le service financier est responsable de
la gestion des entrées et sorties de fonds au sein
de l’administration. Ce service compte deux
sections : la comptabilité et la fiscalité, qui sont totalement distinctes dans leur fonctionnement.
Le service administratif de la Mairie a un effectif de
trois personnes dont un assistant administratif,
un secrétaire et le responsable de la section des
archives. Ce service gère les courriers de la Mairie, le contrôle de la présence des employés et
tout ce qui a rapport avec l’administration dans
son ensemble. Ce service travaille en étroite
collaboration avec la direction générale.
Les affaires sociales est l’un des piliers de l’administration municipale qui gère les questions
culturelles, le mouvement et la dynamique des
associations. Ce service regroupe deux sections
clés, à savoir : les affaires sociales proprement
dite et l’animation culturelle. Quant au service technique, nouvellement institué dans le cadre du
programme pilote PISUD, il est très important
dans la Mairie. Il s’occupe de l’aménagement
du territoire à travers sa section d’urbanisme et
gère les équipements collectifs au sein de la Mairie.
3.4 Les relations administratives entre CM, CASEC et ASEC
Les CASEC et les ASEC sont des élus locaux les
plus proches de la population. Cette proximité
aurait dû être considérée, en principe, comme
une opportunité pour assurer une meilleure
gestion de leur territoire. Cependant, le constat
est que ces organes n’existent que de nom au
niveau des deux sections de la commune de
Port-à-Piment. Ils ne disposent pas de moyens
· 40 · Plan communal de développement de Port-à-Piment
pour apporter les services les plus élémentaires à
la population. Les CASEC ont un personnel très
restreint et l'administration arrive difficilement à
payer un secrétaire et une ménagère à partir de la
subvention du MICT. Depuis leur arrivée à la tête
de la section, les membres des CASEC n’avaient
pas encore reçu de formation sur leur rôle, voire
même sur la fonction de CASEC avant que l’IFOS,
dans le cadre du PURPOS, ait réalisé un atelier de
formation sur les compétences des collectivités
territoriales à leur intention et à celles des organisations de la société civile en avril 2018.
Étant donné que les services de l’État ne sont
pas présents dans les sections communales, les
CASEC sont appelés à jouer des rôles multiples
qui sont souvent sources de conflits ou de
mésententes avec le CM et les CASEC.
Malgré les problèmes que confrontent les CASEC,
ils ont pris certaines initiatives en mettant en
place un système de collecte de taxes. Tel est le
cas du CASEC de la 2e section qui collecte des
taxes sur le marché de Sous-bois, par exemple,
et livre des laissez-passer pour la vente de bétail.
Aucun contrôle de l'État n'est mis sur ces dispositifs de collecte de taxes. Selon les prescrits
légaux, la collecte de taxes sur les marchés publics
est plutôt une compétence de la Commune. La
mainmise des CASEC sur la taxe du marché de
Sous-bois constitue probablement la pomme de
discorde entre la Mairie et les membres du CASEC
de la deuxième section. Cette décision ne plaît pas
aux autorités municipales et risque d’envenimer
leurs relations qui, déjà, n’étaient pas cordiales.
Les membres des ASEC et les délégués de ville
(DV) qui représentent le pouvoir de contrôle
n’ont jamais eu la possibilité d'exercer ce
pouvoir. Comme les membres des CASEC, ils
n’ont pas eu de formation depuis leur élection
et ignorent totalement leur rôle. Cela crée une
situation de confusion de rôles et une sous-
valorisation de la fonction ASEC et DV.
3.5 Développement institutionnel et les pratiques
de gouvernance
Les institutions publiques et privées présentes
dans la commune ont pour rôle de garantir la
prospérité sociale et économique du territoire.
Elles doivent favoriser l’amélioration du cadre de
vie des gens. Les services déconcentrés ne sont pas
nombreux mais ils sont suffisants, vue la taille de la
population. Cependant, la qualité du service qu’ils
fournissent reste à prouver et ils sont localisés
seulement au centre-ville, ce qui pose un problème
sérieux pour les habitants des sections et des zones
reculées, qui ne peuvent pas en bénéficier.
La commune possède des ressources inexploitées. Il est vrai que l’administration témoigne
de la volonté à faire de cette commune une
référence, selon le responsable du service de
la fiscalité, mais les mesures politiques dépendent de l’action du Conseil municipal, qui
doit développer des synergies avec les conseils
d’administration des sections communales et
les services déconcentrés afin qu’ils se coordonnent sur les moyens à mettre en œuvre pour
valoriser les potentiels de l'espace communal.
· Deuxième partie · Diagnostic · 41 ·
3.6 Gouvernance et leadership communaux
De grosses lacunes sont observées au niveau de
la gouvernance et du leadership. Tout d’abord,
la Mairie, qui est censée être le chef d’orchestre,
n’a pas pu jouer son rôle de coordination des actions des ONG sur le territoire et, encore moins,
un contrôle sur la mise en œuvre des projets
au niveau de la commune. Les cadres recrutés
dans le cadre du PISUD devraient être évalués
en vue de tester leurs niveaux de performance ;
ce qui n’a pas été fait jusqu’ici. Les structures
de concertation, qui sont des mécanismes de
participation, ne sont pas mises en place. Autant
d'éléments qui caractérisent la gouvernance et
le leadership communal comme étant faibles.
grande attention de la part des autorités de tutelle par la mise en place de moyens matériels et
humains afin d'offrir de meilleurs services aux
usagers. Un besoin de recyclage de ces cadres
des services déconcentrés se fait sentir, ainsi
que des séances sur l'éthique professionnelle.
En ce qui concerne l’administration municipale, la réorganisation de l’organigramme avec
l’établissement des postes clés est un facteur
susceptible d’apporter un nouveau souffle dans
la gestion des services. Toutefois, il a été observé
un nombre trop élevé d’employés au niveau des
services qui, semble-t-il, dépasse la capacité
d’absorption et de rémunération de cette mairie.
De plus, les services déconcentrés de l’État,
présents dans la commune demandent une plus
3.7 Services déconcentrés de l’État
La commune de Port-à-Piment fait partie des
territoires pilotes qui ont bénéficié de l’appui
du MICT dans le cadre de la mise en œuvre de
PISUD, qui est un programme de renfoncement
de certaines communes du Grand Sud. Ce programme a permis à la Commune de renforcer
certaines institutions, en particulier, la Mairie,
en intégrant certains postes clés au sein de
l’administration municipale. Cette commune
a des services déconcentrés qui fonctionnent
sur la base des instructions de leurs directions
hiérarchiques au niveau départemental ou de
leur ministère de tutelle. Ils sont, pour la plupart,
logés dans le complexe administratif de la ville.
Les services déconcentrés de l’État dénombrés
sont les suivants : le Bureau agricole communal
(BAC), l’Agence locale des Impôts (ALI), l’Office
nationale d’Identification (ONI), l’Unité communale de Santé (UCS), la justice à travers le tribunal
de paix, l’Inspection scolaire, le commissariat de
police et finalement le service de l’office d’état
civil. Globalement, des institutions existent mais
leurs principales difficultés sont liées à la faiblesse
de leur capacité, faute de moyens humains et de
matériels. Si au niveau de la ville, les gens ont
accès à un minimum de service des institutions
· 42 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
déconcentrées, au niveau des sections communales, ces institutions sont totalement absentes.
Les habitants des sections communales sont obligés de se rendre en ville en parcourant plusieurs
kilomètres pour se procurer de ces services. La
plupart des institutions, particulièrement le BAC,
l’UCS, la Police, le tribunal de paix méritent d'être
renforcées en matériels et en personnel.
3.8 Les recettes communales
La Contribution foncière sur les Propriétés bâties
(CFPB) représente la plus grosse part des
recettes de la Commune bien qu’elle soit
sous-exploitée. La CFPB accuse un taux
de recouvrement relativement faible vue
la quantité de maisons imposables dans la
ville. Cette faiblesse témoigne du fait que,
d’une part, tout le potentiel existant n’est
pas réellement exploité, et d’autre part, les
services et structures impliqués dans cette
opération au départ ne sont pas suffisamment performants. Malgré tout, elle a évolué
au cours des exercices 2015 à 2017.
La patente, de son côté, reste particulièrement
faible en raison du nombre restreint d’activités
économiques répertoriées. Elle a quand même
augmenté sur les deux derniers exercices. La
Commune a enregistré un fort taux de recouvrement des recettes fiscales entre 2015 et 2017, même
si celles-ci ne représentent pas une part
significative dans les recettes budgétaires
(voir le tableau ci-après). Cette performance
témoigne de la vitalité des services des impôts
de la Commune pendant cette période. Par
ailleurs, les recettes non fiscales ont connu
une légère baisse pendant cette même période
Tableau 3 · Évolution des recettes communales sur les cinq années
Recette\Année fiscale
2012-1013
2013-2014
2014-2015
2015-2016
2016-2017
CFPB
100 000
150 000
100 000
250 000
250 000
Patente
10 000
50 000
15 000
35 000
35 000
Autres recettes fiscales
114 300
116 400
123 759
307 000
307 000
Recettes non fiscales
32 000
33 200
34 200
24 000
24 000
350000
Autres recettes fiscales
300000
CFPB
250000
Patente
200000
150000
100000
50000
0
2012-2013
2013-2014
Source : Données fournies par la mairie – novembre 2017
2014-2015
2015-2016
2016-2017
· Deuxième partie · Diagnostic · 43 ·
3.9 Budget communal
Assistée par le contrôleur financier du MICT,
la Mairie de Port-à-Piment élabore son budget
prévisionnel annuel. Le budget est réparti en trois
grandes rubriques dont les recettes, les dépenses
et les investissements. Les recettes de la Mairie
s’articulent autour de la CFPB, appelée impôt
locatif, la patente, les autres recettes fiscales et
non-fiscales. L’ensemble de ces recettes, appelé
recettes propres, totalise un montant de 157 959 HTG.
La valeur totale 100 000 HTG de la recette de la
CFPB est la plus grande part des recettes collectées dans la commune, soit 1,31% du budget
total (voir le tableau ci-dessous). La patente et
les autres recettes représentent respectivement
0,20 % et 0,56% du budget total. Le ratio des
recettes par habitant témoigne de la faiblesse de
l’assiette fiscale de la Mairie.
En qui concerne les dépenses, le personnel
consomme la plus grande part du budget. Il
absorbe un montant de l’ordre de 3 680 400 HTG,
soit 46,08 % du montant total. La somme de la
masse salariale et des frais de fonctionnement
atteint un montant de 5 257 714 HTG. Ce qui représente plus que le double du budget alloué
aux investissements. Pour mieux apprécier les
éléments dans cette analyse, il faut simplement
comparer les ratios de dépenses de fonctionnement
par habitant, qui est de 277 HTG contre celui d’investissement par habitant, qui est de 126,86 HTG. En
conclusion, le budget est très déséquilibré et inégalitaire. Il revient aux responsables de la Mairie de
faire une meilleure répartition des ressources
et de mettre en place une vraie politique fiscale
susceptible d’élargir son assiette fiscale en vue
d'offrir de meilleurs services aux habitants.
Tableau 4 · Ventilation du budget communal
Recettes
CFPB
Patente
Autres recettes fiscales
Recettes non fiscales
Recettes en capital
Total recettes propres
Dotation FGDCT
Total recettes ordinaires
Total recettes extraordinaires
Total recettes
Depenses
Dépenses personnel
Dépenses de services et charges
Dépenses de consommation
Autres dépenses de fonctionnement
Total dépenses de fonctionnement
Total dépenses d’investissement
Total dépenses
Montants
100 000
15 000
8 759
34 200
157 959
7 500 000
7 657 959
7 657 959
Montants
3 680 400
514 300
145 000
918 014
5 257 714
2 400 245
7 657 959
Source : Données fournies par la Mairie – Novembre 2017
Valeurs en %
1,31
0,20
0,11
0,45
2,066
97,94
100
100
Valeurs en %
48,06
6,72
1,99
11,99
68,66
31,34
100
Ratio en gourdes/hab
CFPB/hab
Patente/hab
Autre recettes fiscales
Recettes non fiscales
Recettes en capital
Total recettes propres/hab
Dotation FGDCT/hab
Total recettes ordinaires/hab
Total recettes extraordinaires/hab
Total recettes/hab
Ratio en gourde par hab
Dép. personnel/hab
Dép. de services et charges/hab
Dép. de consommation/hab
Autres dép. de fonctionnement/hab
Total dép. de fonctionnement/hab
Total dép. d’investissement/hab
Total dépenses/hab
5,28
0,79
0,46
1,81
8,35
396,36
404,71
404,71
194,50
27,18
7,66
48,52
277,86
126,85
404,71
· 44 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
3.10 Mobilisation fiscale
La nouvelle administration entend faire de la
mobilisation fiscale son cheval de bataille pour
agrandir l’assiette fiscale dans le souci d’améliorer
l’image de la commune, selon le responsable de
cette section. Les dates retenues pour lancer la
campagne sont connues et la Mairie cherche
les moyens à mettre en œuvre pour y arriver.
Les canaux de communications utilisés pour
faire passer les messages invitant les gens
à s’acquitter de leurs devoirs sont généralement
les crieurs, des annonces dans les églises, les
rencontres publiques. Il n’y a pas de radios
dans la commune fonctionnant à temps plein,
ce qui constitue un obstacle pour les responsables, qui ont parfois du mal à faire passer les
informations. Après la réorganisation du service,
la section a été renforcée avec la présence de
plusieurs agents qui sillonnent les rues pour
motiver les gens à payer leurs taxes. Malgré
ce déploiement d'agents fiscaux, les résultats
ne sont pas jusqu'à date satisfaisants, notamment la CFPB n’a jamais atteint la barre de 300
000 HTG au regard du nombre de maisons de
valeur existant dans la ville. Le scepticisme du
côté des habitants à payer les taxes est dû à la
mauvaise perception qu'ils ont de l'État, couplé
du faible niveau de leurs revenus.
Pour l’instant, les principales sources qui permettent à la Mairie de collecter des fonds pour
élargir son assiette fiscale sont : le permis de
construire, les échoppes tonnelles, la CFPB et
la grotte Marie Jeanne, qui est très fréquentée
par les visiteurs locaux et les touristes étrangers.
D'autres sources de collecte de ressources sont
envisagées par la Mairie comme, par exemple,
le marché de la ville, dont la construction est
sur le point d’être lancée et le cimetière, dont
les conditions sont pratiquement réunies pour
y collecter des taxes et redevances
FFOM de la section des équipements collectifs des services techniques
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Disponibilité d’un espace de bureau adéquat >> Insuffisance de matériels, d’équipements
>> Programme
>> Retards
et approprié aux besoins du service ;
et non-disponibilité d’engins lourds pour le
PURPOS de la
de
>> existence d’équipements collectifs
fonctionnement du service ;
Coopération
paiede nature diverse : places publiques,
>> manque de formation du personnel ;
suisse facilitant
ments ;
espaces de marché, port, grotte, etc. ; >> manque de connaissance et de maîtrise des
la formation
>> démoti>> existence de matériels de bureau pour le
attributions du service par le personnel ;
du personnel et
vation du
fonctionnement du service ;
>> irrégularité de paiement des salaires du personnel ;
l’équipement du
person>> service fonctionnel disposant de cadres >> équipements collectifs non construits et en
service ;
nel ;
techniques disponibles et d’un personnel
mauvais état ;
>> Appui du MTPTC, >> néglide support dynamique pour la gestion
>> moyens financiers insuffisants pour l’aménagedu MICT et de la
gence et
des équipements collectifs et les travaux
ment et l’entretien des équipements collectifs ;
protection civile
absence
d’assainissement
>> mauvaise gestion des équipements collectifs.
en matériels et
du
équipements
personnel ;
Source : Diagnostic participatif des services administratifs et techniques de la mairie de Port-à‑Piment, juin 2018
· Deuxième partie · Diagnostic · 45 ·
FFOM de la section d’urbanisme des services techniques
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Affectation d’un ingénieur municipal et présence >> Absence de l’ingénieur municipal dans le >> Intervention de >> Conflits
politiques ;
d’un technicien urbaniste adjoint au service ;
service ;
la Coopération
>> bandi>> personnel formé, performant et régulier ;
>> non-disponibilité de moyens économiques
sisse dans la
tisme et
>> existence de quelques matériels de bureau ;
pour financer les mesures de redresseformation du
violence ;
>> autodiagnostic du service et montage d’un plan
ment du service, les activités et les projets
personnel ;
>> incivisme.
d’actions annuel ;
du plan d’actions annuel ;
>> Coopération
>> disponibilité de documents contenant les lois >> inexistence de matériels, d’équipements
avec des
en matière de construction ;
appropriés et de moyens de déplacement
conseillers
>> organisation d’activités de sensibilisation de la
pour les activités de terrain ;
juridiques,
population, de formation pour les techniciens >> absence de moyens contraignants pour le
partenariat
en matière de constructions parasismiques et
recouvrement total des droits de construction ;
avec les
anticycloniques ;
>> irrégularité dans le paiement des salaires ;
autorités
>> capacité de manipulation, d’exécution, de
>> non-disponibilité des outils d’aménajudiciaires et
contrôle des plans d’architecture et délivrance
gement du territoire et de gestion de
policières pour
d’autorisation de construction ;
l’espace communal (Plan d’urbanisme,
la sécurisation
>> mobilisation des contribuables pour le
Plan de zonage) ;
des visites de
paiement du CFPB et apport à l’augmentation >> pas d’adressage des rues et de numéroterrain.
de l’assiette fiscale.
tage des maisons.
Source : Diagnostic participatif des services administratifs et techniques de la mairie de Port-à‑Piment, juin 2018
FFOM du service de l’administration
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Personnel compétent, expérimenté et dynamique ;
>> Non
>> Projets de
>> Démotivation du
>> disponibilité de matériels et d’équipements appropriés au travail ;
accessibilité à
renforcement
personnel a cause
>> espace de bureau attrayant ;
l’internet ;
des services du
de l’irrégularité
>> accessibilité continue à l’énergie électrique ;
>> manque de
PCD ;
du paiement des
>> fourniture de services de qualité et accueil chaleureux des
formation
>> formation
salaires ;
contribuables ;
pour quelques
continue des
>> déstabilisation et
>> bonne classification des documents et archives sécurisées ;
membres du
cadres par
changement du per>> sens de leadership, du management et bonne coordination du
personnel ;
le MICT, le
sonnel administratif
fonctionnement des autres services ;
>> inexistence de
MPCE, le MEF
après les élections
>> bonne relation avec les maires et bonne collaboration avec les
manuels de
et autres
municipales ;
autres services ;
procédures
ministères ;
>> incivisme et viola>> organigramme de la Mairie bien défini et termes de référence
administra>> partenariat de
tion des principes
des services disponibles ;
tives ;
l’administrade l’administration
>> services identifiés et cahier de présence disponible ;
>> salaires
tion avec la
par des gens de
>> expression de satisfaction des OCB, des notables et des
insuffisants
Coopération
mauvaise éducation
contribuables pour les services fournis ;
et payroll
suisse et l'IFOS
>> bons rapports avec la société civile et bonne collaboration avec
irrégulier.
le Comité de pilotage pour la construction de la place publique.
Source : Diagnostic participatif des services administratifs et techniques de la mairie de Port-à‑Piment, juin 2018
· 46 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Services financiers : comptabilité et fiscalité
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Personnel formé, compétent et régulier ; >> Insuffisance de moyens contraignants et de mesures
>> Intervention >> Collusion ;
>> disponibilité d’un espace de fonctionnede la
coercitives pour le recouvrement forcé du CFPB, de la
>> détournement et de matériels de bureau ;
Coopération
patente, des taxes et redevances ;
ment de
>> utilisation des documents légaux en >> non-disponibilité des logiciels comptables et fiscaux ;
suisse et
fonds ;
>> absence de moyens de déplacement disponibles pour le
matière de fiscalité ;
d’IFOS dans >> vol ;
service ;
>> élaboration d’un inventaire annuel
la formation >> malversapour l’actualisation de la liste des >> absence d’adressage des rues et de numérotage des
du personnel,
tion ;
maisons ;
contribuables ;
fourniture
>> mauvaise
>> manque de communication et de synergie entre le service
>> bonne relation et contact permade matériels
gestion ;
et les acteurs clés comme la DGI, la BNC, la PNH pour la
nent avec les contribuables pour la
et l’accès à >> conflits
mobilisation des recettes fiscales ;
CFPB et la patente ;
une source
politiques.
>> irrégularité dans le paiement des salaires ;
>> bon accueil des contribuables et
d’énergie
fourniture de services de qualité ; >> collecte des recettes fiscales inefficace pour répondre aux
autonome ;
besoins de fonctionnement et d’investissement de la Mairie ; >> support du
>> utilisation d’outils de suivi de la
collecte des recettes (Resèt Nèt) ; >> non-perception de recettes sur quelques activités
MICT.
imposables et des sites historiques exploitées dont les
>> participation du service à l’élaboramines et la grotte Marie-Jeanne.
tion du budget annuel de la Mairie.
Source : Diagnostic participatif des services administratifs et techniques de la mairie de Port-à‑Piment, juin 2018
FFOM du service des affaires sociales
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Bonne planification et exécution >> Inexistence de centres d’organisation d’activités
>> Appui en
>> Délindes activités du service ;
socioculturelles ;
équipements
quance
>> Personnel majoritairement
>> Manque de formation pour certains membres du personnel ;
de football du
juvénile ;
formé, compétent et disponible ; >> Activités organisées peu nombreuses et peu diversifiées ;
MJSAC et du
>> Violence ;
>> Excellente expérience
>> Absence de plan d’activités annuelles dans le service ;
MICT ;
>> Conflits
d’organisation d’activités
>> Ressources économiques insuffisantes pour le financement >> Intervention de
polisocioculturelles tels des chamdes activités planifiées ;
la Coopération
tiques .
pionnats de football, des
>> Absence de matériels adéquats et d’un système de
Suisse dans la
séances de danses, des courses
sonorisation pour l’organisation et l’animation des activités
formation du
et d’autres types d’activités.
socioculturelles
personnel .
Source : Diagnostic participatif des services administratifs et techniques de la mairie de Port-à‑Piment, juin 2018
· Deuxième partie · Diagnostic · 47 ·
4. Milieu physique
4.1 Climat
P
ort-à-Piment a un climat tropical. La
température est de 26,3 °C en moyenne.
Sur l'année, elle varie de 3,0 °C. Le mois
de juillet est le plus chaud de l'année avec une
température moyenne de 27,6 °C et 18,4 jours
pendant lesquels la température dépasse les
30 °C. Tandis que le mois de janvier est le plus
froid avec une température moyenne de 24,6 °C
et seulement 3,2 jours dépassant les 30 °C de
température. Les nuits les plus froides sont
celles du mois de mars, par contre les jours les
plus chauds sont ceux des mois de juin à août.
pluies avec des pics de pluviométrie en mai et
en octobre. La période pluvieuse s’étend d’avril
à octobre, par contre la saison de sécheresse
s’étale entre les mois de septembre et de mars.
Avec une moyenne de 1,4 jour d’ensoleillement, le
mois d’octobre est le moins ensoleillé et le plus
nuageux. Par contre, le mois de décembre est le
plus ensoleillé durant ces 30 dernières années
pour une moyenne d’ensoleillement de 8,2 jours,
mais le mois de février reste le moins nuageux
avec une moyenne de 20 jours de nuage.
Des précipitations importantes sont enregistrées
toute l'année, y compris lors des mois les plus secs.
Elles sont maximales en octobre avec 283 mm
pour une moyenne de 27,5 jours de pluies et
minimales en février où elles atteignent 69 mm
pour moins de 16 jours de pluies en moyenne. La
variation des précipitations entre le mois le plus
sec et le mois le plus humide est de 214 mm. Sur
l'année, la pluviométrie moyenne est de 1 657 mm.
La commune a une distribution bimodale des
La vitesse du vent ne dépasse pas généralement
les 38 km/h dans la commune de Port-a-Piment.
Les mois ayant le plus grand nombre de jours de
forts vents sont ceux de novembre à mars. Par
ailleurs, les vents sont plus calmes entre avril et
octobre. Durant toute l’année, les vents prennent
généralement la direction sud-ouest vers le nordest. Ce qui rend la navigation des voiliers plus
difficile pour les traversées du Sud vers le Nord
et d’Ouest en Est.
Tableau 5 · Température et précipitations
Jan.
Fév.
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil.
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Température moyenne (°C)
24,6
24,7
25,5
26,2
26,8
27,4
27,6
27,6
27,3
27
25,9
24,9
Température minimale (°C)
19
19,4
20,7
21,7
22,4
23,2
23,2
23,1
22,8
22,7
21,1
20,3
Température maximale (°C)
30,2
30,1
30,3
30,7
31,2
31,6
32,1
32,2
31,9
31,4
30,8
29,5
Précipitations (mm)
79
69
76
143
189
133
115
153
197
283
137
83
Source :
En-haut, la ville adossée à une succession de chaînons qu'enfante
le massif de la Hotte. En-bas, le relief tourmenté caractéristique.
4.2 Relief et morphologie
Port-à-Piment est une commune à relief dominant de montagne. La ville est adossée à une
succession de chaînons qu'enfante le massif de
la Hotte, ce qui fait d'elle un territoire pratiquement accidenté. À l'intérieur des terres, on peut
remarquer quelques petites plaines que l’érosion
exhausse, ce qui facilite l'amoncellement de la
couche de terre arable. La ville de Port-à-Piment
est dominée par un bassin versant comprenant
deux sous-bassins d’une superficie d’environ 100
km2 entouré par des montagnes escarpées au Nord,
à l’Est et à l’Ouest. Elle est caractérisée par des
pentes extrêmement raides sur des montagnes où
l’élévation atteint environ 2 000 mètres d’altitude.
À Cavalier, à plus de 500 m d'altitude, on peut
observer que Port-à-Piment présente un relief
tourmenté, presque sans plaine, avec des montagnes étranglées, squelettiques et dénudées.
L'écorce terrestre est dégradée par l'action dévastatrice des eaux de pluie, agent principal de I‘érosion.
Le relief actuel est la résultante d'actions
opposées dont l'effort se poursuit sans cesse,
tantôt par l'action de l'homme, tantôt sous
l'effet de forces naturelles, avec une lenteur
qui les rend actuellement inappréciables. On
peut remarquer, d’une part, des mouvements
d'exhaussement de la côte qui longe Mon Pè
jusqu'au cimetière de Port-à-Piment. D’autre
part, on observe des mouvements orogéniques
tourmentés, dûs à la destruction des sommets
pour la plupart karstiques, donc facilement
friables, pour être corrodés par les eaux de
ruissellement déjà chargées d'acide carbonique.
Une évaluation de base du paysage de la commune a identifié les défis les plus évidents liés
à l'absence d'une végétation pérenne sur les
pentes très raides qui forment la majeure partie
du paysage. Les forêts ne couvrent actuellement
que 5% du bassin versant. Ce manque de couvert
forestier indique que la disponibilité de plusieurs
services écosystémiques est extrêmement menacée. Arbres et arbustes y compris, la végétation
ligneuse qui reste dans le paysage n’est pas de
nature à protéger le sol, réguler les inondations,
ou fournir du bois de feu en quantité suffisante
pour la cuisson ou la production de charbon de
bois, endémique à tout le bassin versant.
En effet, les pentes raides du bassin versant
de Port-à-Piment sont presque entièrement
utilisées pour la production agricole, pour la
plus grande partie des cultures annuelles. Seuls
14% de l'ensemble du paysage sont couverts de
végétation ligneuse, arbres ou arbustes, dont
5% seulement sont de la forêt à canopée fermée.
L'analyse de la distribution des pentes pour
l’ensemble du bassin versant montre que seuls
14% de la superficie sont considérés comme
plaines (0-16% de pente), et adaptés aux cultures
annuelles, moyennant des apports de nutriments
ou d'irrigation, mais sans investissements importants dans des pratiques de conservation des sols.
Les pentes modérées (16-30%) représentent 23%
du paysage. Ces pentes peuvent être productives
pour les cultures annuelles, mais le fait de ne pas
avoir recours à des pratiques de conservation
des sols leur fera courir un risque d'érosion des
sols et des éléments nutritifs. La majorité des
pentes du bassin versant, près de 64%, sont
considérées comme abruptes (30-130%), et ne
sont pas appropriées pour les cultures annuelles.
Ces pentes courent un risque important d'érosion si elles sont laissées nues pendant quelque
période (saison des pluies).
2025000
2020000
590000
Source : Centre national de
l’Information géo-spatiale
0
#
CHARDONNIÈRES
Note
Le tracé des lim ites administratives est porté à titre indicatif
sans positionnement géographique précis.
Il est sans valeur juridique.
Projection: UTM, Zone 18N
Reference cartographique: WGS84
Sources des Données : CNIGS
Date Réalisation : Fév. 2018
±
Zone propice à l'inondation
Lacs
Limites sections
Limites Communes
1:65,000
Limite Département Réalisation Cartographique : CNIGS
LES ANGLAIS
Chef-Lieu
0Chef-lieu commune
#
Localités
Réseau routier
Route départementale
Route communale
Autres routes
Rivieres
Principale
Secondaire
Légende
RÉSEAU HYDROGRAPHIQUE
DE LA COMMUNE DE PORT-À-PIMENT
590000
595000
0
#
Tamarin
Port à Piment
Marguérite
Grande Passe
Fripo
Pernele
Déboulayé
Desravines
Nan Poto
Saintil
Mendos
1re Paricot
Nan Dompté
Raton
Mare Jeanne
Nan Cadet
Justable
2e Balais
600000
600000
Ca Rocher
PORT-À-PIMENT
Pénitence
Philippeaux
Dupin
Cavase
Potu
SUD
Valmor
Magasin
Dolian
Dussable
595000
Nan Roche
CÔTEAUX
Désert
Balais
Cavalier
Policard
Morne Rimbeau
CHANTAL
2025000
2020000
Carte 3 · Cours d’eau, rivières et sources dans la commune de Port-à‑Piment
· 50 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
· Deuxième partie · Diagnostic · 51 ·
Il y a des preuves importantes de grave érosion
dans l’ensemble du bassin versant. Le ravinement
a été observé sur 22% du paysage, principalement
sur des pentes abruptes et des terres cultivées.
Partout dans le bassin versant, la couche arable
s'est érodée, de sorte que les sols sont pauvres
en matière organique du sol et en azote.
Tant que la question des cultures annuelles qui se
pratiquent même sur le terrain le plus escarpé du
bassin versant, ne sera pas traitée, celles-ci continueront à causer une érosion sévère des sols et
une sédimentation destructrice en aval. L'érosion
continue des sols finira par limiter la profondeur
d'enracinement et épuiser les éléments nutritifs
nécessaires à la productivité des cultures. Les indicateurs de l'érosion des sols suggèrent qu’elle est
une cause primaire de la réduction de leur fertilité,
diminuant ainsi la productivité des cultures dans
la majeure partie du bassin versant.
4.3 Hydrographie et ressources en eaux
Port-à-Piment est extrêmement riche en
ressources hydriques. L'hydrographie de la
commune est essentiellement caractérisée par
la présence de rivières et cours d'eau de nature
diverse et variée. En effet, l’inventaire des ressources et des potentialités réalisé par l’IHSI
en 2005 fait mention de vingt points d’eau
dans la commune de Port-à-Piment répartis
en huit rivières, quatre sources, deux étangs et
six lagons.
Vue de Grande Passe & de la rivière de Port-à-Piment.
Certaines de ces rivières prennent naissance
dans un bassin versant riche en biodiversité
qui borde le parc national du Pic Macaya
abritant une forêt primaire considérée comme
l’un des derniers peuplements restants de
forêt contigüe dans le pays. Ces rivières sont
fortement saisonnières et sont infranchissables pendant certaines périodes de la saison
des pluies, tandis qu’à d’autres moments de
l’année elles sont réduites à des ruisseaux. La
· 52 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
plus importante d’entre elles est la rivière qui
porte le nom de la commune elle-même. Cette
rivière prend sa source dans les hauteurs du
parc Macaya, dans la région appelée Batichon.
dépit des 450 mètres linéaires de mur de gabions
érigé sur sa rive gauche. Paradoxalement, très
peu de ces cours d'eau servent véritablement à
l'agriculture et autres activités économiques.
En période de grande crue, la rivière de Port-à-Piment cause de sérieux problèmes aux plantations
environnantes, provoque des pertes importantes
de bétail et des soucis pour les élèves venus des
rives en amont et même en aval de la ville pour se
rendre en classe. Cette situation persiste malgré
la présence du pont érigé sur la route mais qui
ne couvre pas la totalité du lit de la rivière et en
La tendance actuellement observée est l'assèchement de la rivière de Port-à-Piment, à cause
de la coupe intensive des arbres dans les localités
situées en amont, situation vraiment délicate
en saison sèche. Par ailleurs, la commune de
Port-à-Piment possède, comme autre ressource
hydrique de surface, un remarquable étang à
vocation multiple : l'étang de Pernélé.
4.4 Géologie et sols
La géologie de Port-à-Piment porte à distinguer deux phénomènes dont l'un est
d'origine externe qui tire son énergie du sol
par l'intermédiaire de vents et de la pluie. II est
responsable des différents types d'érosion et de
sédimentation. L'autre phénomène, à l'inverse
du précédent, tire son énergie de la chaleur
interne du sol et est constructeur de relief.
La commune fait partie du substratum de la
Presqu'île du Sud, constitué d’un empilement
de coulées basaltiques le plus souvent sous-marines et qui apparaissent en fenêtres ou en
intercalation dans les formations sédimentaires.
Leur âge varie de 61 à 100 millions d’années.
En majeure partie, les sols sont eux d'origine
sédimentaire. Par contre, le socle du territoire
communal est constitué de roches ignées et
métamorphiques, apparues depuis le Crétacé.
Le calcaire constitue la presque totalité des
massifs montagneux de la zone et est partout
présent dans les montagnes de Port-à-Piment.
Ce type de sol est à l'origine des grottes dont
Marie-Jeanne, la plus grande cavité connue du
bassin des Caraïbes.
Les faciès sont des dépôts essentiellement
terrigènes, conglomérats et calcaires. Ils
appartiennent à l’ère du crétacé. Le sol est sablo-limoneux. Sous la couche de terres arables,
le sous-sol est une couche d’argiles dont les
couleurs varient d’une profondeur à l’autre.
· Deuxième partie · Diagnostic · 53 ·
4.5 Exposition aux risques et désastres
Le changement climatique, les mauvais comportements environnementaux, la situation
géographique et la configuration géomorphologique de la commune l’expose à toute une
série de désastres naturels. Ceux-ci associés aux
faibles moyens de subsistance des autochtones
Les sections communales sonttrès gravement exposées
aux risques et désastres.
créent une situation de risque constant et
grandissant. Sans toutefois négliger les risques
sismiques, les cyclones, les marées hautes, les
inondations, les glissements de terrain, les éboulements et la sécheresse sont les causes majeures
des catastrophes naturelles dans la commune.
4.5.1 Sismicité
la commune est exposée aux secousses sismiques,
car elle se trouve sur la grande faille active méridionale qui traverse la Presqu'île du Sud. Elle est
située dans une zone à sismicité très forte avec
une valeur supérieure à 56 (zone inscrite de rouge
à vert dans la carte illustrée ci-dessous).
Carte 4 · Carte de risques environnementaux de la Commune de Port-à‑Piment
Port-à‑Piment
Ci-dessus aléa sismique. Considérer les zones rouge à vert
(valeurs supérieures à 56) comme « très forte sismicité »,
turquoise (valeurs entre 40 et 56) comme forte sismicité et
bleues (inférieures à 40) comme sismicité modérée
Ci-dessus vents cycloniques. Préciser la zone I, la plus
faible, la zone IV, la plus forte.
Source : Direction de la Protection civile
4.5.2 Perturbations atmosphériques, vents cycloniques, ouragans et tempêtes
En termes de risque cyclonique, la commune
est dans la zone IV de la carte des vents illustrée
ci-avant, donc très fortement exposée aux
vents cycloniques, tempêtes et ouragans. En
témoignent les importants dégâts matériels,
les nombreuses pertes en vies humaines, la
disparition de milliers de têtes de bétail et les
dommages aux plantations enregistrés lors du
passage de l’ouragan Matthew en 2016. Néanmoins, les menaces les plus fréquentes sont les
inondations, les éboulements et les glissements
de terrain.
4.5.3 Inondations, marées montantes et tsunamis
À quelques mètres d’altitude, le centre-ville de
Port-à-Piment, la plaine irrigable de Potus et une
partie de la première section Paricot sont coincés
entre la mer, la rivière et les montagnes. Ce qui les
rend topographiquement très vulnérables face
aux inondations et marées hautes survenues lors
des périodes de perturbations météorologiques
et de cyclones. Par ailleurs, le rythme effréné de
· Deuxième partie · Diagnostic · 55 ·
la coupe des arbres dans les hauteurs et les mauvaises pratiques culturales dans les zones à fortes
pentes contribuent à l’érosion des terres et à la
destruction des couches arables.
L’absence de couverture végétale adaptée réduit
progressivement l’infiltration des eaux de pluie et
exacerbe le ruissellement des eaux dont l’intensité
devient incontrôlable. Cette situation provoque
un élargissement du lit de la rivière car ses berges
ne parviennent plus à résister aux sapements
subséquents. Le centre-ville et les zones environnantes sont sous la menace constante de la rivière
qui est en crue à la moindre averse.
Par ailleurs, trois ravines principales posent de
sérieux problèmes aux habitants du centreville. À la moindre averse, elles causent des
inondations, la destruction de maisons, des
dégâts matériels, l’encombrement des rues et
de la route départementale. Il s’agit de la ravine
Charles Christ parcourant l’avenue 7 février et
inondant le centre-ville, la ravine Plaine Cajou
prenant naissance dans les mornes à proximité
de la grotte Marie Jeanne et envahissant Tomarin
et les quartiers limitrophes de l’église catholique
ainsi que la ravine Macato venant de Paricot et
descendant dans les quartiers de la zone de Figuier
à l’entrée de la ville de Port-a-Piment.
4.5.4 Éboulements et glissements de terrain
La deuxième section Balais est sujette, spécifiquement, à des éboulements en raison de la
prédominance du calcaire en tant que matériau
constitutif de son relief montagneux. Toutefois,
les mornes des deux sections, connaissent
généralement des phénomènes de glissement
de terrain compte tenu de la pression anthropique susmentionnée exercée sur les ressources
ligneuses à ce niveau.
4.5.5 Sécheresse
Le changement de climat déstabilise le cycle des
saisons et augmente la fréquence ainsi que la
durée des épisodes de sécheresse. La sécheresse
est très fréquente et la commune de Port-àPiment est exposée dans son intégralité aux
conséquences du phénomène climatique régional
« El niño ». La sécheresse, étalée sur une période
de 5 à 7 mois par an, provoque un réchauffement
atypique, des températures élevées et une réduction de la pluviométrie. Le niveau d’humidité
des sols devient bas et les pluies enregistrées
très rares. Il s’ensuit une baisse du niveau d’eau
dans les rivières rendant les cultivateurs et les
populations rurales très vulnérables.
Carte 5 · Menace de mouvements de terrains – Glissement, Eboulement.
· 56 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
· Deuxième partie · Diagnostic · 57 ·
4.6 Végétation et occupation des sols en milieu
urbain et en milieu rural
La végétation naturelle de la commune de
Port-à-Piment est caractérisée par différents
types d'arbres à vocation diverse. On y trouve
des manguiers, des orangers, des avocatiers,
des chênes, des citrus et des bananiers. La ville
elle-même est dominée par une aire de forêt
qui forme une véritable ceinture de protection
contre les vents de direction.
L’utilisation des sols agricoles dans la zone
est extensive. L’agriculture se pratique
à petite échelle par des familles en quête de
subsistance. La taille des parcelles varie de
moins d’un à trois hectares et sont souvent
emblavées de haricots, manioc, patates, canne
à sucre, bananes et manguiers.
L'occupation des sols en milieu rural est surtout caractéristique du mode d'économie et
d'agriculture pratiquée. Les pratiques agricoles
donnent lieu au phénomène de dispersion
de l'habitat d'une part et d'un regroupement
autour des jardins, d’autre part.
Vue de la couverture végétale de la Commune.
II y a lieu aussi de mettre en évidence la gravité
d'une certaine bidonvilisation qui s'est installée
depuis quelques temps, et qui tend à se développer.
Cependant, il convient de relever que les espaces à
vocation agricole ne sont pas totalement touchés.
Durant les vingt dernières années, il est
à constater les vagues de migration des habitants des sections communales vers la ville de
Port-à-Piment. Ce phénomène s’est accentué
après l’ouragan Matthew. La concentration des
services publics, l'absence d'un plan d'urbanisation ont largement contribué à aggraver un
certain désordre provoqué par le phénomène
migratoire. Ainsi, l’occupation spontanée de
l’espace urbain ne tient pas compte de certains
paramètres comme l’augmentation de la taille
de la population et la disponibilité de services.
Ce qui engendre l’absence d’une différenciation
en matière de bonification où écoles, églises,
résidences privées, marchés et cimetières se
donnent volontiers la main dans une sorte de
cohabitation généralement acceptée ou subie.
2025000
2020000
CHARDONNIÈRES
590000
Lits fluviaux et alluvions récentes
Affleurement de roches et sols nus
Savanes avec présence d'autres
Systèmes agroforestiers denses
Cultures agricoles moyennement denses
Cultures agricoles denses
Urbain continu
Projection: UTM, Zone 18N
Reference cartographique: WGS84
Sources des données : CNIGS
Date réalisation : fév. 2018
595000
0
#
Tamarin
Port à Piment
Marguérite
Grande Passe
Fripo
Pernele
Déboulayé
Desravines
Nan Poto
Saintil
Mendos
1re Paricot
Nan Dompté
Raton
Mare Jeanne
Nan Cadet
Justable
2e Balais
600000
600000
Ca Rocher
PORT-À-PIMENT
Pénitence
Philippeaux
Dupin
Cavase
Potu
SUD
Valmor
Magasin
Dolian
Dussable
595000
Source : Centre national de
l’Information géo-spatiale
Note
Le tracé des lim ites administratives est porté à titre indicatif
sans positionnement géographique précis.
Il est sans valeur juridique.
Occupation des Sols
0
#
±
1:65 000
LES ANGLAISRéalisation cartographique
: CNIGS
Chef-Lieu
0Chef-lieu commune
#
Localités
Réseau routier
Route dépatementale
Route communale
Autres routes
Lacs
Limites sections
Limites communes
Limite département
Légende
OCCUPATION DES SOLS
DE LA COMMUNE DE PORT-À-PIMENT
590000
Nan Roche
CÔTEAUX
Désert
Balais
Cavalier
Policard
Morne Rimbeau
CHANTAL
2025000
2020000
Carte 6 · Occupation des sols de la Commune de Port-à‑Piment
· 58 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
· 59 · Plan communal de développement des Chardonnières ·
· Deuxième partie · Diagnostic · 59 ·
4.7 Exploitation des mines et carrières
Les ressources minières de la commune de
Port-à-Piment sont essentiellement liées à la
construction. À Balais, dans la zone de Cavalier,
on retrouve l’argile utilisée principalement dans
la poterie et l’artisanat. On trouve également
le tuffe et le sable de rivière employés dans la
maçonnerie, sans toutefois oublier le calcaire
transformé en chaud vive. Dans la première
section Paricot, on transforme aussi le calcaire
en chaud et le tuffe est extrait à des fins de
construction. Par contre, dans le centre-ville
de Port-à-Piment, on retrouve une gigantesque
mine de roches, de sable et de gravier au niveau
de la rivière de Port-a-Piment.
Argile, roches et gravier retrouvés dans la Commune.
Cette richesse est exploitée de manière artisanale dans les sections communales sur les
hauteurs. Les matériaux puisés dans le lit de la
rivière et au niveau de l’embouchure sont utilisés dans la construction, dans le revêtement
des chaussées des routes, dans l’érection de
murs secs et le gabionnage, mais le matériel
et l’équipement utilisés sont inadéquats pour
une exploitation efficace de ces ressources.
L’exploitation n’est pas contrôlée et ne se fait
pas suivant les normes. Et souvent, certains
matériaux récupérés sont de mauvaise qualité.
· 60 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
5. Milieu social et services
sociaux de base
L
a Commune de Port-à-Piment ne dispose
pas de toutes les structures et infrastructures nécessaires pour offrir à sa population
une bonne qualité de vie. Les conditions de vie
sont précaires pour une grande majorité de
personnes. Pour avoir accès à certains services,
la population est obligée de se rendre aux Cayes
ou vers Port-au-Prince. Il n’y a pas de succursales de banque. Si la présence de deux écoles
professionnelles est dénotée, par contre il n’y
a pas de centres universitaires. Le transport
en commun est assuré dans des conditions
difficiles par certains particuliers disposant
d’autobus ou par les taxis-motos. Dans les
sections communales, les paysans utilisent les
animaux de bât pour leur déplacement.
Quelques services de transfert de la Commune.
Cependant, il existe plusieurs institutions publiques et non publiques qui offrent leurs services
à la population. Sur le plan sanitaire, la commune
possède deux dispensaires et une clinique qui
offrent des soins de santé à la population. La
Direction nationale de l’Eau potable (DINEPA) est
représentée par le Comité d’Approvisionnement
en Eau potable et d’Assainissement (CAEPA). Il
faut souligner également la présence de l'Agence
locale d’Impôts de la DGI, du Bureau agricole
communal (BAC), des services de transfert à travers Moncash, Unitransfer et la Caisse populaire
de la Côte Sud (CPCS).
En outre, elle possède plusieurs écoles fondamentales et secondaires, publiques et privées dont le
Lycée qui a bénéficié d’une construction moderne.
· Deuxième partie · Diagnostic · 61 ·
5.1 Rapports entre hommes et femmes
À Port-à-Piment, c’est la distribution classique et
historique des rôles sexuels. Les femmes restent
à la maison et s’occupent des tâches domestiques
contrairement aux hommes qui investissent les
espaces publics (professionnels, culturels, espaces
de loisir et autres). À l’image de l’ensemble du pays
surtout en milieu rural, les Port-à‑Pimentaises
mettent plus de temps à s’occuper de leurs
enfants, réaliser des tâches ménagères et le petit
commerce. Les travaux plus ou moins techniques
sont réservés aux hommes.
~~ les instances judiciaires placées pour
régler ces types de problèmes semblent
méconnues par les victimes ;
Au niveau des relations entre couples et les
modes d’alliance, c’est le concubinage qui
prime par rapport au mariage. Alors que c’est
le mariage qui est considéré comme un élément
protecteur, une assurance tant économique que
légale pour les femmes dans la mesure où seules
les femmes mariées sont protégées par la loi.
Toutefois, ce n’est pas le type de relation le plus
pratiqué au niveau de la commune. Le concubinage est souvent en défaveur de la femme et
considéré comme un facteur déterminant de la
violence économique faite aux femmes. Outre
les violences économiques liées aux formes
d’alliance dans les couples, il faut aussi noter
que les femmes de Port-à-Piment sont victimes
de toutes les formes de violences (physiques 4,
verbales, psychologiques et économiques). Des
cas de viols de jeunes filles qui vont chercher de
l’eau à une distance très longue ou aux jardins
ont été recensés. Cette situation est loin d’être
inversée en raison de plusieurs facteurs :
La scolarisation des filles n’est plus négligée par
les parents. Cependant, d’autres entraves, telles
la grossesse précoce, la discrimination et la
marginalisation des filles-mères, les empêchent
de terminer leur scolarité et, par ricochet, elles
sont moins préparées pour le marché du travail.
Ainsi, au niveau de Port-à-Piment, les fonctions
de secrétaire dans les directions d’école et
d’enseignante au primaire sont occupées par les
femmes. Par contre, les hommes occupent des
fonctions considérées comme étant plus valorisantes comme, par exemple, directeurs d’école
et professeurs. Ce déséquilibre est aussi constaté
au niveau des organisations de la société civile et
de la politique. Les femmes militent dans des organisations mixtes, des organisations féminines
et des partis politiques au même niveau que les
hommes. Cependant, leur pouvoir de décision
dans les organisations mixtes est très faible et limité. Il est encore moindre dans le cas des partis
politiques. Leur chance pour représenter leurs
organisations de base ou leur parti politique
dans les élections sont minimes compte tenu
qu’elles ne possèdent pas assez de moyens pour
financer leurs campagnes électorales et du fait
~~ les agresseurs sont rarement appréhendés ou, si appréhendés, ils sont relâchés
peu de temps après ;
4 Plus répandues.
~~ les victimes, déjà moralement affaiblies, ne
bénéficient pas d’accompagnement spécial ;
~~ une tendance à banaliser les cas de viols
et à les garder en secret.
· 62 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
qu’elles ne peuvent pas faire face aux vagues de
violences qui caractérisent les élections.
Étant bénéficiaires du décret électoral de
2015 qui exige 30% de femmes au moins dans
les cartels pour les postes de maires, CASEC,
ASEC et DV, tous les cartels ont au moins une
femme comme l’exige la loi. Cependant, les
femmes élues font face à de grandes difficultés
qui sont liées à leur condition sexuelle. Hormis
le cartel de délégué de ville, qui est dirigé par
une femme, aucune autre femme n’est coordonnatrice de CM, CASEC et ASEC et, parfois,
elles sont manipulées et marginalisées, soit par
méconnaissance de leur rôle ou par peur de
revendiquer. D’une manière générale, au niveau
de Port-à-Piment, plus un poste est important,
moins on y rencontre une femme.
La population de la commune de Port-à-Piment
s’attache aux valeurs patriarcales en adoptant
de manière tacite une répartition de tâches et
de rôles qui, souvent, pénalise les femmes ou
les met dans des positions peu valorisantes. Au
niveau de l’élevage, par exemple, les femmes
sont propriétaires des petits ruminants (cabris
et moutons) et de volailles (poules, dindes)
contrairement aux hommes qui possèdent les
gros bétails. Ce même cas de figure est observé
au niveau de la pêche où les femmes sont plutôt
marchandes (commerçantes) ou vendeuses
(vente pour le compte de leur mari) de poissons tandis que les hommes sont de préférence
propriétaires de canots de pêche ou pêcheurs.
5.2 Mouvements migratoires
La population de la commune de Port-à-Piment
n’a pas connu de fortes vagues migratoires
jusqu’au passage du cyclone Matthew en octobre 2016. Les déplacements de la population
entraient dans le cadre des mouvements obligatoires (mouvements dits pendulaires) pour
satisfaire les besoins quotidiens. C’étaient des
déplacements qui amenaient les habitants vers
les Cayes ou Port-au-Prince pour des achats
de marchandises, pour régler des questions
administratives ou pour les études. D’autres
personnes émigraient vers l’étranger dans un
cadre légal pour le regroupement familial ou
en quête d’opportunités.
Depuis octobre 2016, la migration a pris un certain élan au niveau de la commune. Dépouillés
de tous leurs biens suite à la houle cyclonique
et les vents de tempête provoqués par l’ouragan
Matthew, de plus en plus de gens laissent les
sections communales vers le bourg et la commune vers d’autres villes ou l’étranger. Il s’ensuit
que ce mouvement se fait à l’intérieur du pays
aussi bien qu’à l’extérieur.
· Deuxième partie · Diagnostic · 63 ·
5.2.1 Migration interne
Depuis le passage de Matthew, le phénomène
de l’exode rural a pris de l’ampleur au bourg de
Port-à-Piment. Beaucoup de gens ayant laissé
les zones rurales de la commune et d’autres
communes limitrophes s’installent dans les
périphéries du bourg en construisant des taudis.
Ce fait nouveau crée une situation de promiscuité où les gens vivent dans l’insalubrité la plus
complète et où les immondices pullulent. La
Mairie ne dispose pas de matériels adéquats
ni d’assez de moyens financiers pour faire la
collecte des immondices. Les zones squattérisés deviennent des zones de non-droit, ce qui
augmente l’insécurité générale dans la ville.
Dans un autre registre, on doit aussi considérer
la migration vers les Cayes et Port-au-Prince.
Elle se fait soit pour les études ou pour rechercher du travail. Outre le Lycée, quelques
collèges et deux écoles professionnelles, la
commune de Port-à-Piment ne dispose pas
d’écoles supérieures. Les jeunes sont dans
l’obligation de se déplacer pour trouver la
formation ailleurs. Il n’existe pour l’heure
aucune statistique sur le nombre de départs,
mais ils sont nombreux à partir d’après certains
notables de la ville.
5.2.2 Migration externe
La commune de Port-à-Piment n’est pas épargnée de la vague migratoire que connait le pays
durant ces dernières années. De plus en plus
de jeunes émigrent vers le Brésil et le Chili en
quête d’opportunités. D’après les informations
recueillies auprès des autorités locales (Directeur général de la Mairie et Mairesse assesseure
de la Commune), beaucoup de jeunes ont déjà
laissé la commune après le passage du cyclone
Matthew. Pour réaliser ces voyages, certains
parents sont obligés de s’endetter ou de vendre
le peu de biens qu’ils possèdent.
D’autres poches de migrants port-à-pimentais se trouvent en Amérique du Nord,
notamment les États-Unis et le Canada. Ces
deux pays comportent 50% du flux migratoire
port-à-pimentais.
Il convient de souligner toutefois l’apport
de ces migrants à l’économie locale. Par les
transferts qu’ils envoient, ils répondent aux
besoins des parents restés sur place et donnent
un certain élan à l’économie locale. Ils sont
à l’origine de la création de plusieurs activités
sociaux-économiques (night-club, boutiques,
maison de transfert, transport, construction
de maisons, etc.) dans la commune.
Enfin, ils participent à des activités de développement, notamment dans le domaine de
l’éducation. C’est grâce aux transferts reçus des
émigrants que les frais de scolarité sont payés
dans les écoles privées.
· 64 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
5.3 Éducation
5.3.1 Le niveau de l'offre en éducation
Au niveau du fondamental, la Commune compte
sept écoles publiques totalisant 1 889 élèves
pour l’année scolaire 2017-2018 et treize écoles
du secteur privé totalisant environ 1 342 élèves
L'offre de l'éducation dans la commune de Portà-Piment est relativement satisfaisante compte
tenu du nombre d'écoles existant sur l'ensemble
du territoire communal.
Tableau 6 · Répartition des écoles fondamentales de Port-à-Piment selon le secteur et sa capacité d’accueil
Listes des écoles de la Commune
1. École Acte des Apôtres
2. École communautaire Sainte Thérèse de Picot
3. École mixte Tabernacle
4. École nationale de Cavalier
5. École nationale de Potus
6. École évangélique baptiste de Port-à-Piment
7. École Saint François de Balais
8. École Sainte Famille de Cavalier
9. Centre Siloé de Guillaume
10. École évangélique baptiste de Chariole
11. École Union des Jeunes de Jaboin
12. Centre éducatif de l’Enfant Jésus
13. École Bon Samaritain de Cavalier
14. École Saint Vincent de Paul
15. École Jardin Vert
16. EFACAP de Port-à-Piment
17. École Notre Dame du Rosaire
18. École nationale de Figuiers
19. École nationale de Guillaume
20. École nationale de Dolian
Secteur
Privé
Privé
Privé
Public
Public
Privé
Privé
Privé
Privé
Privé
Privé
Privé
Privé
Privé
Privé
Public
Public
Public
Public
Public
Effectif élèves
Garçons
Filles
90
114
215
82
176
121
108
60
80
336
147
138
91
51
Total
76
75
183
150
194
197
130
85
92
105
78
89
85
???
148
631
229
314
212
159
Effectifs
Professeurs
4
3
6
8
8
3
3
4
4
4
3
6
6
Source : Enquête socio-économique effectuée dans le cadre du montage du PCD de Port-à-Piment
Il est important de souligner que, sur les sept écoles
du secteur public, seulement deux écoles, l’EFA
de Port-à-Piment et Notre Dame du Rosaire, se
trouvent au centre-ville de Port-à-Piment. Parmi les
écoles publiques, seule l’EFA de Port-à-Piment a une
capacité d’accueil assez importante avec 631 élèves.
L’établissement qui vient juste après est l’École
nationale de Figuiers avec 314 élèves. Selon les
données du district scolaire, le pourcentage d’enfants qui n’ont pas accès à l’enseignement de base
est estimé à 30% au centre-ville de Port-à-Piment
et 50% au niveau rural. Les faibles taux d’accès à
l’éducation des enfants de la commune s’expliquent
par trois raisons fondamentales : i) le manque d’écoles
· Deuxième partie · Diagnostic · 65 ·
publiques pouvant accueillir tous les enfants en âges
scolarisable ; ii) le faible niveau économique des parents,
qui n’ont pas de moyens pour prendre en charge les
coûts de l’éducation dans les écoles privées et, iii) le
passage de l’ouragan Matthew, qui a terriblement appauvri
les parents d’élèves et diminué la capacité d’accueil
de beaucoup d’écoles.
L’EFACAP de Port-à-Piment avec une capacité d’accueil de 631 élèves
Tous ces faits contribuent à augmenter le
nombre d’analphabètes, la délinquance juvénile
et à établir durablement le travail précoce des
enfants. La plupart des enfants non scolarisés
sont obligés de suivre leurs parents dans les
champs en milieu rural. En ville, ils s’adonnent
au vagabondage et à la délinquance. C’est enfin
l’une des causes principales de la grossesse
précoce enregistrée au niveau de la commune.
5.3.2 L’enseignement secondaire et professionnel
La commune de Port-à-Piment possède un
lycée et deux collèges, le Collège évangélique
baptiste et le Collège Rood C. Damas. Le lycée
contient huit salles de classe d’une capacité
d’accueil d’environ 700 élèves ; mais il ne
reçoit qu’un effectif de 382 pour l’année scolaire 2017-2018. Les deux collèges reçoivent
respectivement pour l’année 2017-2018 environ 300 et 150 élèves. Cependant certains
parents envoient leurs enfants faire leurs
études secondaires aux Cayes, le chef-lieu du
département, à la recherche d’une éducation
de meilleure qualité.
Il existe au niveau de la commune deux écoles
professionnelles, le Centre Esther Blondin
situé à la rue Siberil et le Centre de Développement de la Côte Sud d’Haïti (CDCSH) situé
à Grand-Passe. Le Centre Esther Blondin est
fondé et dirigé par les sœurs de la congrégation
de Sainte Anne. Il reçoit une cinquantaine de
postulants et donne des formations en art
culinaire et couture tandis que le CDCSH est
une initiative de la Mission évangélique baptiste
du Sud d’Haïti (MEBSH). Il est fréquenté par
une centaine d’élèves et comporte des filières
en maçonnerie, ébénisterie et ferronnerie. Les
deux centres techniques reçoivent des jeunes
venant un peu partout de la région compte
tenu de l’absence d’écoles professionnelles du
secteur public sur la côte Sud, voire dans la
commune de Port-à-Piment.
5.3.3 L’enseignement supérieur
Quant à l'enseignement supérieur, aucune institution de ce type n'est recensée dans la zone
appelée Côte Sud d’Haïti, de Port-Salut à Tiburon. Tous les jeunes désireux de poursuivre
· 66 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
leurs études supérieures doivent se rendre soit
aux Cayes, soit à Port-au-Prince. L’absence
de cette possibilité de se former davantage
dans la région oblige aussi bien les jeunes
que les adultes qui souhaitent parfaire leurs
connaissances soit à se déplacer (ce qui n’est
pas toujours facile), soit à abandonner l’idée de
formation (ce qui ralentit le développement de
la région). De plus, ceux qui se déplacent pour
se former aux Cayes ou à Port-au-Prince, ne
reviennent pas toujours dans leur commune
respective, qui ne leur fournit pas des opportunités d’emplois.
Les universités les plus proches de la commune
de Port-à-Piment se trouvent donc dans la ville
des Cayes, le chef-lieu du Département du Sud.
On y trouve heureusement plusieurs centres
universitaires dont une université publique,
l’Université publique du Sud aux Cayes (UPSAC)
avec une capacité d'accueil de 1 000 élèves
maximum. La demande annuelle au niveau de
l'université publique est de plus de 5 000 en 1re
année des trois facultés existantes (Sciences
de l’éducation, Sciences administratives et
Sciences juridiques) dont 500 environ seront
recrutés sur concours. Les demandes d’inscription au niveau du département, voire la région
sont donc importantes alors que les offres de
services sont limitées.
Comme il n’existe pas de centre d’enseignement
supérieur dans la région, l’idéal serait de mettre
une annexe de l’Université publique sur la zone
côtière du département du Sud en vue d’éviter
trop de déplacement des jeunes vers les grandes
villes. La mise en place de cette décision favoriserait, d’une part, la formation supérieure sur
place de beaucoup plus de jeunes qui ne sont
pas en mesure de se déplacer, et d’autre part,
la rétention des jeunes qui sont formés dans la
région. Cette annexe de l’Université publique
serait placée à un point central, soit à Portà-Piment ou aux Côteaux en vue de faciliter
l’accès de tous les jeunes de la zone côtière.
Cependant, en mettant cette annexe, il serait
important d’identifier les filières à développer
en tenant compte du potentiel de la région sans
oublier le mécanisme de formation à développer (formation de courte/formation de longue
durée ; formation pendant la journée/formation en fin d’après-midi ; formation durant la
semaine/formation en fin de semaine, etc.).
Dans le cas où l’annexe de l’Université publique
tarde à se mettre en place, il est nécessaire
d’augmenter la capacité d’accueil de l’Université
publique du Sud aux Cayes (UPSAC) dans le but
de faciliter l’accès à la formation universitaire
à beaucoup plus de jeunes ayant terminé les
études classiques.
5.3.4 Qualité de l’éducation
La qualité de l’encadrement pédagogique
dont bénéficie l’école joue un rôle important
dans le rendement et la réussite scolaire des
élèves. Toutefois, il est important de souligner
que pour les vingt écoles de la commune de
Port-à-Piment, le Ministère de l’Éducation
nationale et de la Formation professionnelle
(MENFP) ne dispose seulement que d’une
inspectrice pour l’encadrement de ces écoles
situées à la fois dans le centre-ville et dans les
sections communales. Les moyens dont dispose
le district scolaire ne permettent pas aux responsables de faire des visites régulières dans les
écoles et, du coup, l’encadrement pédagogique
réel que reçoivent les vingt écoles est en deçà
de la moyenne. Outre la faible fréquence des
visites, il faut aussi souligner qu'elles sont
réduites à des simples visites de collecte d'informations, particulièrement dans les écoles
publiques
· Deuxième partie · Diagnostic · 67 ·
5.3.5 Efficacité interne au niveau de la Commune
Trois aspects au moins méritent d’être abordés
au niveau de l’efficacité interne. Le premier
est la capacité de faire progresser les élèves dans
le temps qu’il faut sans redoubler les classes,
le second est la capacité de retenir les élèves à
l’école sans abandonner le cycle d’études fondamentales et le troisième est le phénomène des
surâgés surtout observé dans les écoles situées
en milieu rural.
Le redoublement dans les écoles est un outil qui
permet d’avoir un regard sur l’efficacité interne
du système. Malheureusement, les informations
dont nous disposons ne nous permettent pas de
fournir les détails sur le redoublement dans les
écoles de la commune. Cependant, l’inspectrice
de la zone explique qu’il n’est pas étonnant
d’avoir dans une classe le tiers des élèves qui
redouble les classes chaque année. Le redoublement des classes est lié soit à l’efficacité interne
de l’école, soit à des paramètres externes. Au
niveau interne, il faut questionner le processus
enseignement-apprentissage, tandis qu’au niveau externe, il y a lieu de questionner, d’une
part, la culture scolaire des parents d’élèves ou
encore la capacité des parents d’accompagner
les activités académiques de leurs enfants, et
d’autre part, la distance d’une école par rapport
à la maison de l’élève.
Il est difficile, au niveau de la commune de
Port-à-Piment, d’estimer le taux des enfants qui
abandonnent le cycle d’études fondamentales
avant la fin du cycle. Il n’existe malheureusement pas un système qui permet de suivre le
mouvement d’un élève d’une école à l’autre au
niveau de la commune, voire au niveau du département ou du pays. Les timides tentatives du
MENFP n’ont pas permis d’instituer ce système.
Les inspecteurs expliquent que l’un des facteurs qui influence l’abandon des élèves dans
certaines écoles est l’irrégularité des professeurs. Certains professeurs du secteur public,
le fait qu’ils ne reçoivent pas leurs salaires ne
vont à l’école que une à deux fois par semaine.
C’est le cas de l’École nationale de Cavalier et
l’École nationale de Dolian. Les professeurs
peuvent passer plus d’une année sans avoir leur
salaire et, en conséquence, ils sont très irréguliers. Dans ce contexte de grande irrégularité
des enseignants, beaucoup d’élèves peuvent
abandonner l’école. Pour ces cas d’abandon,
certains parents cherchent d’autres écoles
mieux organisées, mais d’autres choisissent
de garder leurs enfants à la maison. Un autre
facteur qui influence l’abandon des élèves
est la question de proximité de l’école avec
l’habitation des parents d’élèves. Étant donné
qu’il existe très peu d’écoles dans les sections
communales, compte tenu du lieu d’habitation
des enfants, certains élèves doivent marcher
pendant plusieurs kilomètres pour atteindre
l’école nationale la plus proche.
Le dernier paramètre, le phénomène des surâgés dans les écoles, est le décalage de niveau
de l’enfant par rapport à son âge. Ce phénomène
est très répandu dans les communes et surtout
dans les sections communales. Il est produit
soit à cause des inscriptions tardives, soit à
cause des redoublements répétés des classes,
soit à cause de l’éloignement de l’école par rapport à l’habitation des parents. Les acteurs du
système au niveau de la commune expliquent
que les écoles de la commune enregistrent
beaucoup d’enfants surâgés dans les classes.
Le problème des sur-âgés doit-être résolu au
niveau de la commune car il est inconcevable
que des enfants de 6 ans côtoient dans une
même salle de classe des adolescents de 15 ans
et plus. Ils n’ont pas le même niveau de développement psychomoteur et les mêmes capacités
· 68 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
cognitives. La pédagogie d’apprentissage se
différencie à chaque catégorie d’âge et à chaque
étape. Les adolescents peuvent empêcher aux
plus petits de s’épanouir et les entraîner tout
bonnement vers des choses qui dépassent leur
niveau de compréhension.
5.3.6 La gouvernance du système
On assiste à un phénomène très répandu actuellement dans certaines écoles publiques. Il s’agit des
enseignants dans des écoles nationales récemment
créées qui peuvent passer plus d’une année sans
avoir reçu leur salaire. Les inspecteurs se plaignent
du cas de plusieurs écoles publiques de la commune qui sont dans cette délicate situation. Parfois
plusieurs enseignants, voire tous les enseignants
d’un établissement scolaire sont dans cette
situation qui affecte leur régularité. Ces derniers
peuvent voir passer plusieurs années scolaires sans
recevoir leurs salaires. Ils sont découragés, peu
motivés et les élèves en paient les conséquences.
Dans certaines écoles, notamment les écoles du
Programme de Scolarisation universelle gratuite
et obligatoire (PSUGO,) au lieu de faire un travail
définitif, pour faire la nomination de l’enseignant,
l’État haïtien signe plutôt un contrat annuel avec
l’enseignant. Ces contrats sont honorés très irrégulièrement. Parfois, tous les enseignants d’une
école nationale sont contractuels alors que l’école
est définitive. L’école devient alors très dysfonctionnelle avec des enseignants contractuels qui
ne reçoivent leurs salaires que chaque deux ou
chaque trois ans. C’est le cas de l’École nationale
de Cavalier où ni les enseignants, ni le directeur
ne sont nommés. Ils sont tous des contractuels.
Quant à l’École nationale de Dolian, seul le directeur a une lettre de nomination. Aucun enseignant
n’est nommé.
Un deuxième problème de gouvernance est le fait
que dans une même école, deux enseignants de
même catégorie peuvent avoir des salaires différents. C’est le cas de l’EFACAP de Port-à-Piment
où les salaires des enseignants sont différents les
uns des autres alors que le travail fourni est le
même. Certains enseignants sont ainsi découragés et démotivés dans l’accomplissement de leurs
taches d’enseignement.
La commune de Port-à-Piment dépend du
Bureau du District scolaire (BDS) des Côteaux.
Chaque BDS est sensé être dirigé par un inspecteur principal et dispose de plusieurs inspecteurs
de zone qui sont chargés d’accompagner un
groupe d’écoles. Les vingt écoles de la commune
de Port-a-Piment sont inspectées par une seule
Inspectrice détenant très peu de moyens pour
réaliser son travail et faisant face à de nombreuses
difficultés dans l’exercice de ses fonctions.
De plus, le BDS ne possède pas de matériels et
de moyens permettant aux inspecteurs de réaliser leurs missions dans les écoles du district et
notamment dans les écoles de la commune de
Port-à-Piment. Il est important de signaler que
les ressources humaines commencent à vieillir.
L’inspecteur principal ainsi que l’inspectrice
de zone affectée à Port-à-Piment attendent
leur retraite. Ils ont tous les deux plus de
trente-cinq ans d’expérience. Ils souhaitent
vivement que le MENFP alimente le BDS avec
des ressources plus jeunes et crée ainsi une
autre dynamique au sein du Bureau.
La gouvernance scolaire laisse á désirer. On peut
se douter de l’application réelle du Programme
officiel (PO), le niveau de formation des maîtres
et les compétences acquises par les élèves. Un
plaidoyer est donc à faire auprès de la Direction
départementale d’Education du Sud (DDES) afin
d'augmenter le nombre d’inspecteurs pour une
supervision globale et effective des écoles.
· Deuxième partie · Diagnostic · 69 ·
5.3.7 Effets de l’ouragan Matthew sur le système
L’ouragan Matthew a infligé des dommages
physiques importants au secteur de l’éducation.
Certaines évaluations font état de 3 452 écoles
qui ont été endommagées et 521 qui ont été
complètement détruites dans l'ensemble. Portà-Piment a été parmi les communes les plus
touchées par cet ouragan. Parmi les sept écoles
publiques de cycle fondamental, seulement
trois n’ont pas été totalement détruites (EFA
de Port-à-Piment, nationale de Figuiers et nationale congréganiste Notre Dame du Rosaire)
tandis que les quatre autres l’ont été totalement.
Le lycée, situé au centre-ville, a été sévèrement
touché. Sa toiture a été complètement emportée par les vents violents. Les écoles privées ont
été, comme les écoles publiques, totalement ou
partiellement détruites. Pour certaines écoles,
il y a eu un début de réhabilitation (qui s'arrête
en cours de route) juste pour les élections de
2016, pour d’autres, certains partenaires ont
commencé des travaux de réhabilitation, mais
il reste beaucoup à faire pour mettre toutes les
écoles détruites ou endommagées en état de
fonctionnement normal. Le passage de l’ouragan a affecté toute la communauté éducative
avec ses composantes : parents, enseignants,
élèves, bâtiments scolaires, mobilier et matériel
scolaire. Les interventions au niveau de la commune doivent non seulement tenir compte des
dégâts de l’ouragan, mais aussi permettre de se
préparer contre toute éventuelle catastrophe
naturelle qui pourrait se présenter.
Un aspect important à considérer dans le
secteur c'est la perception des habitants de la
commune du système éducatif. Voici le tableau
de résumé :
Tableau 7 · Perception du secteur éducation par les habitants
Éducation
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Existence d’écoles à faibles coût dont
plusieurs écoles nationales, des écoles
communautaires, un lycée et d’un centre
professionnel à quatre options ;
>> présence d’une inspectrice et de
professeurs qualifiés dans la zone ;
>> grande motivation des parents en matière
de scolarisation de leurs enfants et
regroupement des professeurs et des
parents dans une association ;
>> bons résultats évalués à 70% obtenus par
les enfants aux examens d’état.
>> Insuffisance de matériels
didactiques dans les
écoles ;
>> absence de cantine
scolaire ;
>> insuffisance d’écoles
nationales ;
>> manque d’encadrement des
écoles ;
>> irrégularités dans le
paiement des professeurs.
Interventions d’organisations dans le secteur
éducatif :
>> MENFP (Réhabilitation
de bâtiments scolaires,
distribution de matériels
et d’équipements
scolaires),
>> CRS / UNICEF (Formation des professeurs,
distribution de kits
scolaires).
>> Délinquance
juvénile ;
>> absentéisme ;
>> grève ;
>> corruption.
Source : Ateliers de diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD de Port-à‑Piment
· 70 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
5.4 Santé
L’offre de la santé dans la commune a connu une
avancée significative vers l’amélioration des services disponibles et la satisfaction des besoins de la
population. Depuis l’ouragan Matthew, la gratuité
des services offerts, l’accès aux intrants de base et
médicaments essentiels, la disponibilité d’un plus
grand nombre de personnel et sa diversification
technique ont une incidence positive sur l’accessibilité aux soins de santé primaire et l’amélioration
de l’état de santé de la population sur la région en
général et la côte Sud en particulier.
Cependant, la commune de Port-a-Piment ne
dispose pas d’une unité communale de santé
(UCS) fonctionnelle. Elle dispose d’un centre
de santé à lits (CSAL). C’est une institution
publique assistée par l’ONG Médecins Sans
Frontières. Elle a donc le statut d’institution
sanitaire mixte de niveau primaire et de premier
échelon. Néanmoins, ce statut est incompatible avec les moyens techniques, financiers
et opérationnels conjoints de MSF et du MSPP
qui pourraient fournir des soins hospitaliers
de niveau secondaire à la population et rendre
fonctionnelle, dans le cadre d’un partenariat
durable, une nouvelle UCS pour une meilleure
articulation du fonctionnement des établissements de santé de la sous-région.
Par conséquent, l’offre de soins ne répond pas
suffisamment aux besoins de santé spécifiques
et spécialisés de la population. Il y a une perte
d’efficience des services due au fait qu’on n’exploite pas encore suffisamment la potentialité
de l’institution. Il s’ensuit une duplication des
services dans certains établissements rapprochés. Aussi, le manque d’uniformité dans la
politique de prestation des soins et l’absence
d’articulation entre des institutions de santé
géographiquement proches nuit-elle à la complémentarité des différents niveaux de soins et
favorise-t-elle le manque de continuité et de
globalité. Cela se traduit par des pics moyens de
80 patients par jour au Centre de Santé à Lits de
Port-à-Piment alors que celui de Côteaux, par
exemple, en est pratiquement dépourvu.
5.4.1 Equipements de santé
Le Centre de Santé à Lits, situé dans la ville de
Port-à-Piment, est en passe d’être transformé
en Hôpital communautaire de Référence.
Depuis quelques temps, l’établissement de
santé fait l’objet de travaux d’extension dans la
perspective de le transformer en une structure
de prestation de soins hospitaliers de niveau
secondaire. C’est une construction neuve
à deux niveaux constituée de plusieurs compartiments réservés aux archives, aux urgences, aux
consultations générales, aux accouchements,
à l’hospitalisation, la vaccination, la pharmacie,
le laboratoire, les pansements et la planification
familiale. Il est pourvu d’un système d’énergie
autonome et possède son propre système
d’approvisionnement d’eau.
Le Centre de Santé est largement pourvu des
matériels et équipements nécessaires pour une
structure de son niveau. Cependant, beaucoup
reste à faire pour que l’institution puisse fournir
des soins de base en obstétrique, pédiatrie,
médecine interne et chirurgie. Il n’est pas suffisamment équipé par rapport aux standards
· Deuxième partie · Diagnostic · 71 ·
qu’exigent les soins de niveau secondaire dispensés dans les Hôpitaux communautaires de
Référence (HCR), face aux besoins en services
de santé spécialisés ainsi qu’à la demande de
soins de santé spécifiques de la population de
Port-à-Piment et des zones avoisinantes.
Les matériels sont modernes, l’équipement
médico-technique est amplement suffisant,
l’approvisionnement en intrants et médicaments permet de répondre aux besoins et
à certaines urgences. Le service de radiologie
est très bien équipé et fonctionne à plein temps.
Le laboratoire dispose d’assez de matériels qui
permettent de réaliser les examens de routine,
à l’exception des examens de chimie sanguine
qui doivent être réalisés ailleurs. La chaîne de
froid dispose de réfrigérateurs appropriés pour
la conservation des vaccins, mais il n’existe pas
de service ambulancier propre à l’institution, ce
qui nuit la prestation de services à domicile et
entraîne quelques difficultés pour le transfert
de certains cas de maladies.
Si au niveau du centre-ville, il existe un centre
de santé bien équipé en matériels, par contre,
il n’existe aucune autre structure de santé
fonctionnelle desservant les habitants des deux
sections communales. Ces derniers reçoivent des
prestations et services ambulatoires de santé très
limités ou du moins ils sont obligés de se rendre
au centre-ville pour accéder aux soins de santé.
5.4.2 Encadrement médico-technique
Le personnel médical est constitué de trois
médecins dont le directeur et deux médecins en
service social ainsi que trois auxiliaires qui sont
du ressort du ministère de la Santé publique.
Par ailleurs, huit médecins, 25 infirmières et dix
auxiliaires seraient un apport de Médecins Sans
Frontières au plateau technique du centre de
santé. Le personnel technique reste incomplet
à cause de l’absence de chirurgien dentiste et
de médecins pour des soins de base spécialisés.
Les femmes sont très bien représentées dans
l’ensemble. On y trouve 41 femmes, soit plus de
83% du personnel et huit hommes représentant
environ 16%. Le personnel paramédical est
constitué de six personnes (deux pharmaciens,
un aide pharmacien, deux laborantins, un
technicien en radiologie) et celui de l'administration en compte cinq (un administrateur, une
secrétaire, une caissière, un archiviste et une
régisseuse). Le personnel de soutien quant à lui
comporte 38 personnes dont quatre gardiens,
25 ménagères et neuf agents de sécurité.
Le personnel ambulatoire assure la continuité
de certains services en dehors du centre de
santé, particulièrement les soins préventifs, tels
l’éducation sanitaire, la vaccination, la prévention de maladies transmissibles, la surveillance
épidémiologique et certains soins au niveau
de points fixes et de postes de rassemblement.
Ils sont neuf agents de santé et deux officiers
sanitaires. On ne note pas la présence de
matrones rattachées au centre de santé ni de
collaborateurs volontaires.
Selon les données recueillies lors d’interviews
semi-structurés dans le cadre du montage du
PCD de Port-à-Piment, environ 109 personnes
travailleraient pour la fourniture de services et
de soins au niveau du centre de santé. 23 d’entre
elles seraient des employés du MSPP, soit un
pourcentage d’environ 21,10 %. Les 86 autres
seraient des contractuels5 et représentent près
de 78,90 % du personnel.
5 Le terme contractuel désigne les contractuels qui sont engagés par le MSPP et les employés de Médecins Sans Frontières..
· 72 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Ratio de personnel médical par habitant : Par rapport
aux normes de l’Organisation Mondiale de la
Santé (OMS) et du ratio national, les habitants
de la commune de Port-à-Piment ont un encadrement médico-technique plus ou moins
satisfaisant. L’effectif combiné des médecins,
du personnel infirmier et des sages-femmes est
de 49. Ce qui est le double de l’effectif minimal
exigé par les normes de l’OMS. Mais on note
aussi un déficit remarquable de matrones et
de techniciens de laboratoire.
Vu sous cet angle, la couverture communale
en médecins, infirmières et auxiliaires dépasse
de loin la moyenne nationale. Cependant, ce
semblant de conformité aux normes internationales et de supériorité du ratio communal
par rapport au ratio national reste donc provisoire et très volatil. En effet, seulement 12 %
du personnel, soit six personnes ont un statut
d’employés permanents du MSPP. Tandis que
88 % d’entre eux, soit 43 personnes sont des
contractuels de MSF qui se déchargera de la
gestion du Centre de Santé au profit du ministère de la Santé publique d’ici la fin de 2018.
Tableau 8 · Ratio personnel de santé par habitants
Catégorie de personnel
Effectif de personnel
Ratio communal
Ratio national
Médecin
Infirmière
Auxiliaire
Agents de santé
Matrones
Technicien/ne de laboratoire
11
25
13
9
0
2
1 / 1 720
1 / 757
1 / 1 455
1 / 2 102
0 / 18 922
1 / 9 461
1 / 3589
1 / 3469
1 / 3482
1 / 1600
1 / 4807
Source : Enquête socio-économique effectuée dans le cadre du montage du PCD de Port-à-Piment
5.4.3 Praticiens traditionnels
La médecine traditionnelle est assurée par
neuf guérisseurs communément appelés
médecins-feuilles et de 23 gangas et mambos.
Ces praticiens sont surtout répertoriés dans
les sections communales avec une plus grande
concentration dans la section de Paricot qui
en compte vingt contre huit seulement pour
Balais et quatre pour le centre-ville. Les femmes
exercent, au même titre que les hommes le
métier de médecin-feuilles et de mambo. Sur
neuf médecins-feuilles de la commune, on
dénombre cinq femmes et quatre hommes. Les
hommes sont en majorité à exercer le métier
de gangas, soit seize hommes gangas et sept
femmes mambos.
Tableau 9 · Répartition des praticiens traditionnels sur le territoire communal
Zone
Centre-ville
Paricot
Balais
Total
Sexe
Homme
Femme
Homme
Femme
Charlatans
Médecins feuilles Ganga / mambo
3
1
Total
1
3
Homme
Femme
-
-
-
-
-
2
10
5
3
2
3
0
3
9
23
12
8
5
3
32
· Deuxième partie · Diagnostic · 73 ·
Les guérisseurs traditionnels et les hougans/
mambos sont sollicités pour divers cas de maladies qui auraient dû être traités dans le Centre de
Santé. Malheureusement, il n’y a aucune relation
qui est établie entre les médecins du système
conventionnel et les praticiens traditionnels.
5.4.4 Indicateurs de santé
Au niveau de la fréquentation, le centre de santé
accuse un taux moyen de 82 patients vus en
consultations générales par jour. Ce taux varie
de 69 au cours du mois de janvier, qui fut le moins
affluent, à un pic de 108 pour le mois de juin, qui
fut le plus affluent pour la période considérée.
Le centre est situé à Port-à-Piment et dessert
principalement cette commune ; mais la spécificité et la singularité des services offerts au regard
des autres institutions de santé, de Tiburon
à Roche-à-Bateau, ainsi que la gratuité de ses
soins font qu’il soit une destination privilégiée
des patients en quête de soins dans un rayon
de sept communes dont : Les Anglais, Tiburon,
Les Chardonnières, Port-à-Piment lui-même,
Chantal, Les Côteaux et Roche-à-Bateau.
À défaut de données désagrégées pour les
consultations générales et celles sur la prise
en charge des cas de maternité et les hospitalisations pour les mois de janvier à août, celles
disponibles montrent que les patients viennent
majoritairement par ordre d'importance de Portà-Piment, Les Chardonnières, Les Côteaux, Les
Anglais et Roche-à-Bateau. Il faut noter que, sur
l’ensemble des patients de Port-à-Piment, un
nombre imposant de 242 viennent de la première
section Paricot, soit un pourcentage de 26,79 %
de l’ensemble des patients6.
Le centre de santé à lits de Port-à-Piment.
Tableau 10 · Provenance des patients fréquentant le Centre de Santé de Port-à-Piment
Zones
Port-à-Piment Chardonnières Coteaux
Chantal
Roche-à-Bateau Les Anglais
Autres lieux
Total
Maternité
106
78
70
-
9
39
23
325
Hospitalisation
172
156
92
-
19
108
31
578
Total
278
234
162
-
28
147
54
903
%
30,78
25,91
17,94
3,10
16,27
5,98
100
Source : rapport statistique du Centre de santé de Port-à-Piment, de janvier à septembre 2017.
6 Source : rapport statistique du Centre de santé de Port-à-Piment, de janvier à septembre 2017.
· 74 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Carte 7 · Carte sanitaire de la commune
Source : Enquête socio-économique effectuée dans le cadre du montage du PCD de Port-à-Piment
Selon cette étude de cohorte effectuée sur un
échantillon de 14 105 patients vus de janvier
à août 2017, les 10 maladies les plus rencontrées
sont les infections aigües des voies respiratoires
supérieures (14,32 %), les affections gastriques
(11,40 %), les infections du tractus urinaire (8,40
%), les infections cutanées (8,05 %), l’hypertension
artérielle (7,92 %), le paludisme confirmé (6,58 %),
les maladies intestinales parasitaires (5,45 %), les
infections aiguës des voies respiratoires inférieures
(5,28 %) ainsi que les cas obstétricaux et gynécologiques (4,33 %).
À noter que le Centre de Santé offre des services
divers comme la prise en charge des urgences,
le planning familial, les consultations pre- et
post-natales, les accouchements, les vaccinations,
la nutrition, la physiothérapie et, finalement, le
service de santé mentale, qui était dysfonctionnel
au moment du Diagnostic.
· Deuxième partie · Diagnostic · 75 ·
Tableau 11 · Perception des habitants du secteur santé
Santé
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Existence d’un centre de
santé à lits offrant des
soins gratuits avec service
ambulancier ;
>> existence d’un personnel
médical diversifié constitué
de 11 médecins, 25
infirmières, 13 auxiliaires,
1 laborantin, 9 agents de
santé, 2 officiers sanitaires,
des kòlvòl et des matrones.
>> Absence d’hôpital et de
médecins spécialistes ;
>> insuffisance de centres
de santé au niveau de la
commune ;
>> manque de formation
et de matériels pour les
agents de santé et les
matrones ;
>> absence de programme
nutritionnel.
Intervention d’organismes, d’institutions et
d’ONG dans le secteur de la santé :
>> MSF (prise en charge et de gestion du
CSAL),
>> CRS / MSPP (Formation des agents de
santé),
>> UNICEF / MSPP / MSF (Vaccination
contre Cholera),
>> Groupe 72 (Approvisionnement annuel en
matériels et équipements du CSAL).
>> Épidémies et
maladies ;
>> retrait du
MSF ;
>> risques liés
à la vente
libre de
médicaments
dans les rues.
Source : Ateliers de Diagnostics participatifs organisés dans le cadre du montage du PCD de Port-à-Piment
5.5 Hygiène publique, eau et assainissement
Les facteurs environnementaux font indubitablement partie des déterminants qui influencent
de façon positive ou négative l’état de santé de
la population. L’hygiène publique constitue par
conséquent un élément non négligeable du paquet
minimum de services de santé. Certaines maladies
sont causées par de mauvaises conditions de vie
liées à la gestion des déchets, l’évacuation des
déjections et l’assainissement du milieu.
5.5.1 Gestion des déchets
Il existe au niveau de la Mairie un service de
voirie qui s’occupe du nettoyage des rues, du
ramassage des ordures et de la collecte des
déchets. Quelques matériels sont disponibles
à cet effet ; mais ils sont insuffisants. Des efforts
sont déployés pour favoriser l’émergence de
bonnes conditions d’hygiène et encourager des
comportements liés au civisme et à l’hygiène
Décharge sauvage sur la plage.
environnementale. C’est ainsi que quelques
équipements de collecte des déchets ont été
implantés. Parmi eux, on dénombre deux (2)
poubelles au centre-ville dont les artères sont
relativement propres. Aucun tas d’immondices
n'est répertorié. Cependant, il existe un dépôt
sauvage de détritus aux abords du centre-ville.
· 76 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
5.5.2 Habitat et évacuation des déjections
Une petite enquête de terrain a révélé l’existence d’environ 531 latrines sèches dans la
commune, soit 513 au centre-ville et 18 à
Balais. Il n’en existerait pas dans la première
section Paricot. Or le nombre de ménages
estimés est de 3 687, selon les projections
démographiques de 2015 de l’IHSI. Ce qui fait
qu’environ 3 156 ménages ne disposeraient pas
de blocs sanitaires. Ceci représente un fort
pourcentage de 85,60 %. Cette forte proportion de la population se soulage donc en pleine
nature. Il en résulte une situation de péril fécal
qui est un risque imminent de contamination
des eaux de boissons, des légumes et autres
produits alimentaires. En effet, les sections
communales sont des foyers épisodiques
d’éclosion de l’épidémie de choléra et de
gastro-entérites comme la fièvre typhoïde.
5.5.3 Drainage et évacuation des eaux usées
Des efforts sont visiblement déployés pour
l’aménagement de l’espace urbain de la commune ; mais sans plan directeur d’aménagement
du territoire, la plupart des rues sont en terre
battue. Quelques tronçons sont pavés et pourvus de système de drainage et d’évacuation
des eaux usées. La plupart des caniveaux sont
nettoyés et les canaux généralement curés et
relativement bien entretenus.
Plusieurs plans d’eau stagnante sont identifiés
dans la commune. On compte trois mares d’eau
dont une au centre-ville et deux à Balais dans
les localités de Potus et de Kayaya. Deux étangs
sont inventoriés au niveau de la première
section Paricot et un autre dans la deuxième
section Balais. De plus, douze lagons sont
identifiés dont deux à Paricot et dix à Balais.
Les activités d’aspersion et de fumigation de
ces plans d’eau, qui avaient été effectuées après
l’ouragan Matthew, n’ont pas été poursuivies.
Une telle situation pourrait favoriser la formation de gites larvaires donnant naissance à des
moustiques vecteurs de maladies parasitaires
comme la malaria, la fièvre dengue, le chikungunya et le zika. En effet, le paludisme a une
forte morbidité dans la commune et occupe
la sixième place (6,58 %) parmi les maladies les
plus diagnostiquées en consultations générales.
5.5.4 Conditionnement des aliments dans les marchés publics
La commune ne possède aucun marché
construit. Seulement trois espaces d’échanges
commerciaux communément appelés marchés
sont identifiés, soit un au centre-ville, un à
Guillaume et un à Cavalier. Les principaux jours
de marché sont les lundis et samedis pour le
centre-ville, les jeudis pour la première section
à Guillaume et les lundis pour la deuxième
section à Cavalier. Seuls quelques marchands
et marchandes du centre-ville possèdent des
étalages communément appelés tonnelles ou
de petites tables en bois pour exposer leurs
produits. Elles sont à peu près 150 marchandes
à en posséder.
Par contre, la grande majorité des commerçants
et commerçantes du centre-ville, et ceux
et celles des sections communales étendent
leurs marchandises à même le sol ou sur un
petit tapis. Dans la plupart des cas, ce sont des
· Deuxième partie · Diagnostic · 77 ·
denrées agricoles,
des vivres et des produits alimentaires exposés à
la poussière et vulnérables aux vecteurs de maladies. Il n’y pas de structure
appropriée pour l’abattage des animaux qui se fait
généralement à la maison ou dans un coin de rue. Ensuite
la viande est vendue au marché exposée au soleil et à la merci de la
poussière et des mouches. Outre ces denrées, les fruits, les légumes
et certains produits qui seront consommés sans cuisson sont aussi mal
conditionnés et exposent davantage les consommateurs à certaines maladies.
Vue de quelques tonnelles du marché du centre-ville.
5.5.5 Gestion des tombes et cimetières
Le cimetière de Port-à-Piment est comme séparé
en deux par la route départementale. La partie
est qui donne sur la ville est entièrement clôturée, mais dépourvue de barrière d’entrée. Elle
est relativement structurée et bien entretenue.
Cependant la partie ouest qui donne sur le littoral
conserve quelques pans de murs qui la séparent
de la route. Cet espace est géré par deux employés
de la Mairie, un gardien et un inspecteur. Mais
curieusement le cimetière est devenu le théâtre
d’un phénomène plutôt rare et inhabituel, sinon
dangereux et mortel, du moins inhumain et
dévalorisant. En effet, quand ce ne sont pas des
taudis construits au beau milieu du cimetière, ce
Partie est du cimetière de Port-à-Piment.
· 78 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Ci-dessus, puit artésien à Figuier, ci-dessous et ci-contre, quelques fontaines de la commune.
· Deuxième partie · Diagnostic · 79 ·
sont des tombeaux qui sont débarrassés de leurs
ossements et simplement aménagés en maison
d’habitation. Le cimetière est littéralement
transformé en un petit quartier ou se côtoient les
vivants et les morts dans une suite de tombes et
de maisonnettes de fortune. Ce phénomène serait
une conséquence de l’exode rural et des vagues
migratoires des populations des deux sections
communales vers la ville de Port-à-Piment à partir de 1986. Avant l’ouragan Matthew, le nombre
de cabanes identifiées s’élevaient à 47 ; mais
après l’ouragan le nombre a substantiellement
augmenté aux alentours de 60 et 70.
Selon les participants aux ateliers, cette situation est due aux faibles moyens économiques
des populations migrantes venant des sections
communales et à l’appauvrissement extrême
de couches marginalisées de la population. La
plupart des occupants vivants du cimetière seraient aussi des descendants des communautés
rurales qui vivaient dans la domesticité et qui
ont légué à leurs enfants l’héritage de la misère
et la pauvreté, faute de moyens de leur fournir
l’accès aux moyens de subsistance de base,
à l’éducation et à la formation professionnelle.
5.5.6 Approvisionnement en eau
Il n'y a pas de système d’adduction d’eau potable
fonctionnel au centre-ville de Port-à‑Piment.
Le système qui existait jadis est détruit à chaque
période de mauvais temps parce que les lignes
conductrices du captage passent par le lit de la
rivière. Des études sont en cours par la DINEPA
pour rénover le système et sécuriser les lignes
de conduction d’eau. Par ailleurs, de petits captages permettent l’approvisionnement de l’eau
dans les sections communales. Il y aurait une
vingtaine de sources d’eau captées au niveau de
la deuxième section. Dans la localité de Balais
en particulier, deux sources captées sont inventoriées dont une fonctionnelle depuis neuf
ans et pour l’autre le système est défectueux.
Ainsi une intervention a-t-elle été faite par MSF,
entre janvier et février 2017, pour le captage
d’une source permettant l’approvisionnement
en eau par gravitation de la localité de Nan Kade,
toujours dans la deuxième section. Tandis qu’à
Paricot il existe un petit système construit par
CARE, localisé à tête source qui permet l’approvisionnement en eau à Guillaume, quoique
en mauvais état de fonctionnement. Il contient
quatre réservoirs et alimente dix-sept kiosques,
six fontaines et neuf douches publiques. Cette
même source approvisionnerait environ huit
localités de la deuxième section Balais, telles que :
Chariole, Flipo, Nan Sivèt, Potus, Kamadantwenn,
Nan Kade et Anba Tannis. Après le passage de plusieurs cyclones, dont Matthew, les infrastructures
se sont dégradées et l’eau ne coule plus dans les
robinets des fontaines publiques.
· 80 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Tableau 12 ·Perception des habitants de l’eau, l’hygiène et l’assainissement
Eau potable, hygiène publique et assainissement
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Existence de 10 sources
d’eau captées ;
>> niveau d’implication
des citoyens dans les
travaux de nettoyage et
d’assainissement ;
>> activités de sensibilisation
de la population sur
l’hygiène et le traitement
de l’eau réalisées par les
agents de santé.
>> Système d’approvisionnement
d’eau non fonctionnel ;
>> absence de blocs sanitaires
dans beaucoup de maisons et
les espaces publics, tels que
les marchés, les écoles, les
gaguères ;
>> absence de poubelles et de
décharge publique.
Intervention d’organisations dans le
secteur :
>> MSF (distribution de kits
d’hygiène, captage et réhabilitation des périmètres de sources,
forage de puits artésiens),
>> ACTED (distribution de kits
d’hygiène),
>> Croix Rouge / fondation Macaya
(Formation sur l’hygiène).
>> Epidémies et
maladies liées à
l’eau et à l’assainissement, tels
le choléra et les
gastro-entérites ;
>> péril fécal ;
>> cyclones et
inondations.
Source : ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD de Port-à-Piment
5.6 Culture et religion
Sur le plan artistique et culturel, la commune de
Port-à-Piment a deux groupes musicaux et une
fanfare. Parmi les groupes musicaux, l’un joue
le compas (le groupe Fidel Compas) et l’autre
le rap (le groupe Benzawa). En outre, on doit
signaler la présence d’un groupe de Scouts. Les
informations recueillies montrent qu’il n’y a pas
pour l’instant de groupes de théâtre ni de clubs
littéraires à Port-à-Piment. Il y en a eu dans
le passé, mais ils sont dysfonctionnels pour
l’instant. Ce fait est dû au départ de certains
cadres de la commune vers l’extérieur ou d’un
certain désintéressement pour la culture fine
constaté chez les jeunes, lesquels sont plutôt
versés dans la musique rap et le rabòday.
Sur le plan religieux, vingt-et-une églises ou
temples7 ont été inventoriés dans la commune.
Ceux de confession catholique (six) ou pentecôtiste (neuf) sont les plus nombreux. Les
confessions baptiste et adventiste sont les
moins répandues tandis que la confession pentecôtiste est la plus répandue. Cela s’explique
par le fait que cette confession est beaucoup
moins rigide par rapport aux critères pour la
sélection des pasteurs, d’où la prolifération
des églises pentecôtistes. On doit souligner
également la présence de cinq péristyles. Cela
va sans dire que la proximité de la grotte Marie
Jeanne donne un élan particulier au développement du culte vodou. Les vodouisants sont
présents et participent à toutes les activités de
développement initiées à travers la commune.
7 Se dit des églises de construction moyenne, des chapelles et des péristyles.
· Deuxième partie · Diagnostic · 81 ·
D’autre part, la commune possède un patrimoine culturel que constitue la grotte Marie
Jeanne. C’est un point très attractif dans le
sens qu’elle rapporte des revenus à celle-ci.
Des dispositions sont prises pour sa gestion
et sa valorisation. Ainsi sous l’égide du Comité des Sages, un comité devant assurer sa
bonne gestion est mise en place. Grâce à un
financement du gouvernement norvégien,
l’aménagement intérieur est en cours. Il s’agit
de reconstruire l’escalier endommagé. L’aménagement extérieur qui consiste à construire
le Centre d’accueil pour les visiteurs suivra
sous peu. Le financement de la construction
sera assuré par la Banque mondiale après
soumission d’un projet.
Entrée à la grotte Marie Jeanne où un aménagement intérieur est en cours.
· 82 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
5.7 Dynamiques associatives et liens entre les
différents groupes sociaux
Un nombre de 41 associations ont été dénombrées et enregistrées par la Mairie. Cependant, la
grande majorité d’entre elles ne sont pas reconnues au niveau du ministère des Affaires sociales et
du Travail (MAST).
Tableau 13 ·Les associations de la Commune
Organisation de Base
Sigle
Personne de contact
1. Groupe Initiative pour un Port-à-Piment nouveau
GIPPN
Yvette Marsan
2. Plante Plus
PP
Julnor Vital
3. Mouvement paysan de Cavalier
MOPAC
Adrien Luccé
4. Organisation pour le Développement de Cavalier
OPDEC
Ilerès Nordeus
5. Òganizasyon Fanm Vanyan
OFV
Juliette Damas
6. Konbit pou Pòtapiman
KPP
Frantz Jean
7. Groupe d’Initiative pour l’Avancement de Port-à-Piment
GIAP
Joacin Guerrier
8. Association d’Aide volontaires aux Exclus
AVE
Aguilnaire Seide
9. Association des Jeunes compétents pour un Port-à-Piment nouveau
AJCPPN
Junior Blaise
10. Òganizasyon Mouvman Peyizan Gotye
OMPG
—
11. Òganizasyon Peyizan Balè
OPB
—
12. Òganizasyon Peyizan Danyèl
OPD
—
13. Òganizasyon Fanm Vanyan Balè
OFVB
Anounoule Guerrier
14. Òganizasyon Peyizan Jistal
OPJ
Michel Nordeus
15. Òganizasyon Peyzan Agrikòl Pòtapiman
OPAP
Adeline Musac
16. Asosyasyon Peyizan Figye
APF
Laurette Borgella
17. Association des Irrigants de Port-à-Piment-Sèche
AIPS
Frantz Merette
18. Òganizasyon Peyizan Dokan
COPDK
Mayard Andre
19. Espwa Fanm Kavalye
EFK
Vesta Nordeus
20. Alternatives des Femmes organisées de Port-à-Piment
ALTERFOP
Rose Ange Damas
21. Fédération des Organisations populaires de Port-à-Piment
FOPP
Marc Brumaire
22. Konbit Pou Devlopman Kot Sid
KODEKOS
Richard Oswald
23. Maison Pour Tous
MPT
Révérend Benoit Jean
24. Fondasyon Menm Papa
FMP
Ermine Merolan
· Deuxième partie · Diagnostic · 83 ·
Organisation de Base
Sigle
Personne de contact
25. Union des Paysans de Gran Passe
UPG
Sorel Pascal
26. Avenir de Cadet
ADEC
—
27. Association Heduc Zoggi
AHZ
Saint Cyr Modin
28. Association des Éleveurs de Potus
AEP
Denis Renel
29. Rassemblement des Paysans pour Combattre le Chômage
RPCC
Cerel Gustuve Sereyel
30. Fanm Pa Chita
FPC
Mme Leopold Damas
31. Association des Paysans pour le Développement de Port-à-Piment
APDP
Laurole Edmond
32. Òganizasyon Peyizan Fanm Kaya
OPKFK
Carole
33. Action des Jeunes en Lutte pour le Développement de Port-à-Piment
AJLDP
—
34. Organisation Femmes en Développement pour l’Avancement de Port-à-Piment
OFEDAP
Télémaque Smath &
Chrislande Dorissant
35. Caisse Populaire de la Côte Sud
CPCS
Pierre Marie Gatereau
36. Coopérative électrique de l'Arrondissement des Côteaux
CEAC
Bain Pierre Wakens
37. Mouvement pour un Environnement largement innové et naturel
MELINA
Phedo Lubin
38. Conseil des Sages de Port-à-Piment
CONSAP
Aguilnaire Seide
39. Fondation Guerrier Rendel
FGR
Jean Rony Rendel
40. Union de Gens de Port-à-Piment
UGP
Alex Douilly
41. Centre international Agape
CIA
Yolaine Joseph
Source : Mairie de Port-à-Piment et enquête socio-économique effectuée dans le cadre du montage du PCD
L’analyse de la liste des 41 associations enregistrées par la Mairie montre que celles-ci se
divisent en sept catégories bien distinctes : les
organisations communautaires de base proprement dites ou OCB qui sont au nombre de neuf ;
seize organisations agricoles ou paysannes ; sept
organisations de femmes ; deux associations religieuses ; deux coopératives et quatre fondations.
Il est aussi à noter la présence d'une structure de
concertation locale, le Conseil des Sages, qui est
constitué de notables de la Commune. La plupart
d’OCB ont été créées après le cyclone Matthew
et elles n’ont pas de statuts ni de règlements
intérieurs prouvant le bon fonctionnement
d’une association. Cependant, elles sont toutes
enregistrées au niveau de la Mairie, qui leur
délivre des permis de fonctionnement. Il leur
reste l’étape de la légalisation au ministère des
Affaires sociales et du Travail.
Catégories d’Associations
Nombre
Organisation communautaire de Base
Organisation socio-professionnelle
Association agricole ou paysanne
Association de femmes
Protection de l’environnement
Associations religieuses et éducatives
Association de pèche
Structure de concertation
Coopérative
Fondation
9
0
16
7
0
2
0
1
2
4
Source : Mairie de Port-à-Piment et enquête socio-économique
effectuée dans le cadre du montage du PCD
D’autre part, le tableau ci-dessus a montré que
les paysans et agriculteurs de Port-à‑Piment
sont très engagés dans la recherche de solutions
pour améliorer le rendement agricole dans la
· 84 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Ci-dessus, terrain de football à Grande Passe. Ci-dessous,
terrain de basket-ball.
· Deuxième partie · Diagnostic · 85 ·
commune. L’eau ne manque pas dans la zone
et elle se gaspille par le déversement dans la
mer. Leur objectif est la recherche de solutions
alternatives pour l’irrigation des espaces qui
peuvent l’être. Plus de quinze associations sont
créées pour l’épanouissement de ce secteur.
5.8 Sport et loisirs
Les activités sportives sont très peu développées
à Port-à-Piment. Il manque les infrastructures
et les moniteurs de sport qualifiés pour aider
à l’épanouissement physique et sportif des
jeunes. Le football est le sport le plus pratiqué
et viennent après le basket-ball et le volley-ball.
La commune dispose d’un espace qui tient lieu
de terrain de foot qui est en cours d’aménagement et sera clôturé sous peu. Dans le cadre des
travaux de construction de la place publique
de Port-à‑Piment, des travaux d’aménagement
d’un terrain de basket-ball est en cours. Cette
construction rentre dans le plan de la Mairie de
créer plus d’espaces de loisir pour les jeunes.
Concernant le football, on doit noter que plusieurs clubs sont affiliés à la ligue communale.
Port-à-Piment a une sélection qui la représente
dans le championnat régional du Sud. De plus,
l’un des attaquants de la Sélection haïtienne de
Football y est originaire. Il s’agit du joueur international Will Donald Guerrier. Il a joué pour l’America
des Cayes (saisons 2011-2013) avant d’aller au Wista
de Cracovie (2013-2016) pour passer à l’Alanyaspor
de Turquie pour la saison 2016-2017. Depuis septembre 2017, il joue au Qarabag Agdam d’Azerbaidjan.
Avec ce parcours de Donald Guerrier, les jeunes
voient dans le football une opportunité qu’ils
peuvent utiliser comme créneau pour gagner leur
vie. Il peut leur offrir des opportunités à l’instar
de Donald Guerrier.
Chaque année, durant la période de vacances,
des championnats dits Soccer, sont organisés
partout dans la ville. Il s’agit d’un championnat
de football sur espace réduit avec de petites
cages. L’ambiance de ce championnat est festive,
car on engage des DJ pour assurer l’animation.
Dans sa politique d’encourager l’épanouissement de la population et pour la retransmission
des matchs internationaux, la Mairie met en
place des kiosques de téléviseur grand écran
avec antenne de Canal Sat. Ce qui permet
aux jeunes de trouver une distraction saine
et d’éviter de s’adonner au banditisme et à la
violence. C’est dans ce cadre qu’elle organise
aussi chaque année au mois de décembre
un concours dénommé Konkou Chante Nwèl. Ce
concours est ouvert à tout le monde, jeunes et
vieux de la commune.
Par le passé, il y avait plusieurs resto/disco qui
fonctionnaient au bourg durant le week-end.
L’ouragan Matthew les a complètement détruits.
À cause de cette situation la Fête des Retrouvailles8 n’a pas eu lieu en 2017.
8 Ainsi appelée la fête organisée annuellement durant les vacances et où sont réunis les membres de la diaspora port-à-pimentaise et tous les gens habitant aux Cayes et à Port-au-Prince. À cette fête on fait venir un groupe musical de renom
pour assurer l’ambiance.
· 86 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
La commune possédait deux bibliothèques9
dans un passé récent. Cependant elles ont été
fermées sans suite et personne ne sait ce qu’il
en est advenu des ouvrages.
Outre ces activités conventionnelles de sports
ou loisir, la population s’adonne au cours de
l’année à des activités de loisir qui sont inscrites
dans la culture locale. Il s’agit des gaguères, des
baignades de mer et des groupes de rara qui
mettent de l’animation en période pascale.
Ces activités permettent à la population de se
recréer et de chasser le stress quotidien que
leur apportent les mauvaises conditions de vie.
Tableau 14 ·Perception des habitants du sport, loisir et culture
Sport, loisir et culture
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Disponibilité d’espaces pour les activités
>> Insuffisance de terrains de jeu et
>> Intérêt de
>> Stress et
culturelles, le sport et les loisirs (tels que
non-aménagement des terrains existants ;
touristes
maladies ;
terrains de football, de basket-ball, de
>> absence d’encadrement des équipes
locaux et
>> délinvolley-ball, la grotte Marie Jeanne, l’étang
locales ;
internationaux
quance
Pemele, trois places publiques, des plages, sept >> mauvais état des bâtiments abritant les
pour la grotte ;
juvénile ;
espaces de projections cinématographiques, six
péristyles, les églises, les discothèques et >> financement
>> catasdiscos, plusieurs églises et péristyles, la rivière
les espaces de projection de films ;
du projet de
trophes
de Port-a-Piment et des sources d’eau) ;
>> manque d’organisation du secteur vodou ;
réhabilitation
naturelles
>> existence d’une équipe de football féminine,
>> non-aménagement des places publiques et
de la Place
d’une équipe masculine et de plusieurs clubs ;
accès difficile de la grotte Marie-Jeanne ;
d’armes et de
>> existence d’une fanfare, d’environ vingt groupes >> manque de promotion, recherches
l’organisation
de rara et de plusieurs troupes de théâtre pour
spéléologiques inachevées et manque de
de la fête
l’animation des activités de culture et de loisir ;
structures mises en place au niveau de la
patronale par
>> organisation d’activités culturelles telles la
grotte Marie Jeanne.
le ministère du
fête patronale, la Fête des Retrouvailles et les
Tourisme
danses de vodou.
Source : Ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD
Une des trois places publiques de la commune.
9 Source IHSI : données provenant de l’inventaire des ressources et potentialités d’Haïti
· Deuxième partie · Diagnostic · 87 ·
6. Milieu économique
P
ort-à-Piment est une commune à grandes
potentialités tant économiques que naturelles sur lesquelles pourrait reposer son
essor. Mais ses ressources n’étant pas mises
en valeur, son territoire souffre de problèmes
chroniques en matière de développement. Ses
principales composantes territoriales (sections
communales) sont enclavées et dépourvues
d’activités économiques rentables. Son centre
urbain, de son côté, est dans l’incapacité de
jouer le rôle d’organisation et de structuration
de son espace. Tout ceci a imprimé une commune très faiblement organisée, désarticulée
et qui peine à se structurer.
Très enclavées, ses sections communales n’entretiennent pas des relations d’échange pouvant
favoriser l’émergence de grands marchés devant
faciliter la commercialisation de leurs produits,
mais surtout la multiplication et l’amplification
des activités économiques, ce qui aurait pu
donner lieu à la création de places centrales
ou d’un noyau à concentration d’activités
dynamiques, susceptibles de les structurer.
La localité de Cavalier, son principal grenier,
entretient toutefois des rapports commerciaux
privilégiés avec la commune de Chantal, qui lui
est limitrophe et dispose d’un espace de vente
intéressant au centre-ville.
La vie économique est organisée autour de trois
principaux marchés : Port-à-Piment, Guillaume
et Cavalier, lieux d’écoulement du surplus de
biens agricoles produits par les ménages. En
dépit de leur importance, ces derniers sont
connectés aux zones de production par des
sentiers animaliers ou piétons. Ce qui constitue
une contrainte majeure à l’échange, car il faut
de 30 min à 2 h suivant le lieu de production
pour y accéder difficilement. La circulation des
biens et des personnes est donc limitée.
La ville qui devrait jouer le rôle de pôle économique contient très peu d’activités de services
et ne peut, par conséquent, desservir les zones
rurales de son ressort. Elle n’est en fait qu’un
satellite gravitant autour de son chef-lieu
de département, Les Cayes, principal centre
polarisant du Sud. La fourniture de services
(bancaires, administratifs, universitaires) à cette
communauté est assurée par ce dernier qui lui
est très éloigné. La commune entretient donc
une relation de dépendance totale avec son
chef-lieu départemental même pour certains
services basiques.
Au niveau de l’échange de biens, les communes
de Chantal et des Cayes offrent de grandes
opportunités. Ces communes représentent
non seulement des débouchés pour les biens
agricoles, mais surtout un espace d’approvisionnement pour les marchands venus de
Port-à‑Piment. Une grande partie des produits
agricoles de la commune sont vendus non
seulement sur le marché de Randel, grenier
des Chardonnières et abritant un marché
La majeure partie de la superficie des sections communales est consacrée aux cultures agricoles.
· Deuxième partie · Diagnostic · 89 ·
d’importance régionale ; mais aussi sur celui de
Ducis (de Chantal). Les ménages et commerçants
s’approvisionnent notamment sur le marché des
Cayes et de Port-au-Prince en biens semi-finis
(produits manufacturés) et agro-alimentaires.
L’économie de Port-à-Piment est très peu dynamique et diversifiée. Les secteurs secondaire et
tertiaire, considérés comme les moteurs de l’économie moderne sont en gestation ou très faiblement
développés. Aucune entreprise de grande taille n’a
été créée. Les activités rurales traditionnelles, à
savoir l’agriculture, la pêche et l’élevage, sont par
contre prédominantes. Ces dernières représentent
dans les deux sections communales les principales
sources de création de richesses et d’emplois et
absorbent l’essentiel de la main d’œuvre.
Avec, pour pilier, une branche économique dépendant du caprice du climat et jouissant de très
faibles investissements, cette économie peine
à être relancée et s’embourbe dans un marasme.
Pour mieux appréhender dans ses différentes
facettes une telle problématique, il importe
d’analyser les différentes branches des secteurs
économiques et son système productif rural.
6.1 Agriculture
6.1.1 Système de production et principales cultures
Le système de production est un concept essentiel
dans les économies rurales qui se réfère à
un agencement particulier des facteurs de
production, des choix techniques et à une
combinaison des productions.
En plus de la main d’œuvre, la terre demeure
le seul facteur de production accessible aux
paysans, car la majeure partie de la superficie
des sections communales est consacrée aux
cultures agricoles. En 2009, le ratio de terres
agricoles utilisées par rapport à la superficie des
sections se chiffrait autour de 70 %. Toutefois,
aujourd’hui ce taux peut diminuer à cause de
l’indivision ne cessant de s’amplifier avec le
temps et la dégradation des terres agricoles.
L’indivision donne lieu à des lopins de terre de
10 MARNDR, Recensement général agricole, 2009.
taille insuffisante au développement du secteur
(moins de 1 ha) alors que la dégradation est
liée aux mauvaises pratiques culturales (brûlis
des terres, cultures non pérennes en zones
abruptes) et au déboisement intensif des
versants des mornes. Les parcelles agricoles
sont érodées et ont subi une forte pression,
ce qui réduit leur rendement au point que de
nombreux agriculteurs ont abandonné leurs
parcelles. À ce propos, dans les deux sections
communales, il a été observé un taux d’abandon
élevé en 2009 10 mais avec une tendance à la
baisse ; ainsi le taux se trouve dans la fourchette
0 % et 10 %. La première section Paricot avait
affiché le plus fort taux d’abandon, soit 20%
par rapport à sa superficie, contre 15% pour la
deuxième section Balais.
· 90 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Concernant la main d’œuvre, il importe de
souligner qu’elle est vieillissante en raison de
la congruence de la forte migration des jeunes
ruraux et leur conversion dans d’autres activités économiques. Avec une agriculture peu
rentable, les jeunes s’y intéressent de moins
en moins et préfèrent évoluer dans d’autres
activités comme la moto-taxi ou migrer vers
la ville des Cayes, la capitale ou vers l’étranger,
particulièrement le Chili.
Dans la commune de Port-à-Piment, les
cultures les plus répandues sont : le maïs, le
petit mil, la patate douce, l’igname, la banane,
le manioc et dans une moindre mesure les
cultures maraîchères, plus exigeantes en eau
et en temps de travail. Si la commune cultivait
les cultures de rente comme le café et le cacao
dans le temps, on observe aujourd’hui une diminution considérable de ces types de cultures,
qui sont remplacées par d’autres.
Joint au fait que les investissements sont rares
et se résument à ceux des pauvres paysans, les
obstacles relatifs aux facteurs de production
constituent des freins pour l’essor du secteur
et alimentent le cercle vicieux de pauvreté,
gangrenant ses dépendants qui y consacrent
leurs maigres ressources.
La commercialisation des produits agricoles
bute sur de nombreux écueils, particulièrement
l’absence de structures de conditionnement et
l’enclavement des zones agricoles. Des pertes
considérables sont enregistrées lors du transport
des biens agricoles vers les marchés.
Il n’existe aucun périmètre irrigué dans la
commune et l’outillage utilisé par les agriculteurs est rudimentaire 11 (houes, machettes,
pioches). Tributaire de la pluviométrie évaluée
entre 800 mm et 1 200 mm de pluie avec une
saison sèche couvrant une période d’environ
six mois, la réussite des campagnes agricoles
est aléatoire même en période de pluie. Dépendant des caprices de la nature, ce secteur est
exposé au risque de sécheresse. De plus, il est
souvent dévasté par des inondations et de forts
vents engendrés par des cyclones et ouragans.
L’ouragan Matthieu occasionnant des dégâts
énormes dans les plantations agricoles illustre
bien cette situation.
La production agricole est surtout marquée par
un manque substantiel d’infrastructures d’irrigation,
d’un outillage rudimentaire (houes, machettes,
pioches) et d’une main d’œuvre vieillissante et fatiguée. Avec une agriculture peu rentable et moins
rassurante pour les agriculteurs, les jeunes
s’y intéressent de moins en moins et préfèrent se
livrer à d’autres activités comme la mototaxi ou
migrer vers la ville des Cayes, la capitale ou vers
l’étranger, particulièrement vers le Chili. Ce secteur, étant déjà vulnérable aux aléas climatiques,
a été sévèrement touché par l’ouragan Matthew,
classé catégorie 4 sur l’échelle Saphir-Simson en
octobre 2016. Le passage de l’ouragan Matthew
ayant des effets directs sur les sols cultivables
en pente par la réduction de leur capacité de
production a encore aggravé la situation des
producteurs agricoles.
11 Le relief dominant de montagne de la commune ne favorise pas l’utilisation de matériels mécanisés dans la préparation
des sols et la récolte. La main d’œuvre est très prépondérante dans le labourage des terres et la récolte.
· Deuxième partie · Diagnostic · 91 ·
Tableau 15 · Calendrier agricole des principales cultures
Types de Culture Opérations culturales
Mois
J
F
M
A
M
Préparation de sol
Maïs
Semis
Sarclage
Récolte
Préparation de sol
Semis
Pois noir
Sarclage
Récolte
Préparation de sol
Petit mil
Semis
Sarclage
Récolte
Préparation de sol
Semis
Pois Congo
Sarclage
Récolte
Préparation de sol
Patate
Semis
Sarclage
Récolte
Préparation de sol
Semis
Pistache
Sarclage
Récolte
Source : : Ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD
J
J
A
S
O
N
D
Les bêtes de somme comme l’âne sont utilisées comme
principal moyen de transport de marchandises en milieu rural.
· Deuxième partie · Diagnostic · 93 ·
Tableau 16 ·Perception des habitants de l’agriculture
Agriculture
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Existence de terres fertiles et
d’eau pour l’irrigation ;
>> organisation des agriculteurs
en associations et en regroupements pour le travail agricole ;
>> existence du BAC.
>> Manque d’encadrement technique
et financier pour les agriculteurs ;
>> absence de crédits et de boutiques
d’intrants agricoles ;
>> absence de systèmes d’irrigation ;
>> manque d’outils et d’équipements.
Intervention d’ONG et d’institutions telles que :
>> FAO / MARNDR / ORE
(distribution de semences, et
formation),
>> MARNDR (achat de bœufs de
charrue, de motoculteurs).
>> Cyclones et
inondations ;
>> sécheresse ;
>> insectes
ravageurs ;
>> exode rural.
Source : Ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD
6.2 Élevage
L’élevage est, après l’agriculture, l’activité la
plus importante pour les habitants de Portà-Piment. Considéré comme une activité
complémentaire à l’agriculture, il est pratiqué
sur toute l’étendue de la commune par plus
de 80% d’agriculteurs et représente, pour la
grande majorité des cas dans le pays, l’épargne
des habitants et source de sécurité financière.
Il constitue un moyen de financement des
activités sociales et économiques, telles :
écolage, frais funéraires, maladies, subsistance,
financement des plantations agricoles et du
démarrage de petites entreprises.
Il n’est pas recensé de ferme moderne où les
animaux sont à l’abri des vents et des intempéries et des vols dans les sections communales.
L’élevage libre est pratiqué en opposition
à l’agriculture provoquant pas mal de conflits
entre agriculteurs et éleveurs.
12 MARNDR, Recensement général agricole, 2009
Le cheptel est composé majoritairement de
caprins, bovins, volailles, particulièrement de
poules et de porcs. On y trouve aussi des bêtes
de somme comme le cheval, l’âne et la mule,
utilisées comme principal moyen de transport
de marchandises en milieu rural. Dans la première section Paricot, l’effectif des bovins et des
caprins varient entre 2 000 et 5 000, les ovins
de 1 000 à 2 000, les porcins de 500 à 1 000, les
équins de 100 à 500 et 6 ruches y sont recensées.
Par contre, dans la deuxième section Balais, la
population des bovins, des ovins et des porcins
oscille entre 1 000 et 2 000 et celle des ovins
entre 2 000 à 5 000. Plus de 5 000 cabris y ont
été dénombrés12. D’après ces statistiques, les
bovins et les caprins sont les types de bétail les
plus répandus dans la commune.
Au cours des cinq années précédant le recensement, toutes les espèces ont enregistré une
baisse de plus de 10% dans la section Paricot.
Par contre, dans la section Balais, les bovins
· 94 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
ont connu une augmentation variant entre
0% et 10%. Les autres espèces ont affiché une
diminution se trouvant dans la fourchette
0% et 10%, à cause surtout d’épidémies. Tout
considéré, avec une telle tendance baissière, la
situation du cheptel est alarmante.
Dans la commune, il existe dix-huit agents
vétérinaires et une pharmacie. L’effectif de ces
agents est insuffisant pour arriver à endiguer
et éradiquer les maladies qui frappent le bétail,
d’autant qu’ils sont très mal équipés en matériels et en médicaments. Malgré la présence
d’un BAC, les éleveurs bénéficient de très peu
de formation. L’ONG VETERIMED a essayé de
suppléer à travers des programmes de formation, mais cela ne suffit pas pour les outiller afin
d’affronter ce problème. Les éleveurs ne maîtrisent pas assez les techniques de conservation
fourragère servant d’aliments aux animaux. Cela
constitue un handicap majeur dans la croissance physique des animaux, surtout en période
de sécheresse. Cependant, le MARNDR réalise
des campagnes de vaccination de bétail, mais à
des rythmes inadéquats selon les éleveurs. Tout
ceci a provoqué l’enchérissement des soins de
santé dont les coûts vacillent entre 75 gourdes
et 1 500 gourdes13. Les prix varient ainsi : entre
250 et 1 500 gourdes pour un bœuf, entre 75 et
150 gourdes pour un cabri, 150 et 1500 gourdes
pour un porc, 250 et 1500 gourdes pour un
cheval.
La catastrophe occasionnée par le passage de
l’ouragan Matthieu ne fait qu’aggraver la situation des éleveurs, car ce phénomène climatique
a engendré la mort de milliers de têtes de bétail
dans tout le département du Sud. N’ayant pas
d’abris pour les animaux, ces derniers sont
exposés aux chiens sauvages et vulnérables aux
catastrophes naturelles (comme cyclones, vents
violents, chaleur, grosses pluies).
Il est à souligner que les éleveurs ont été aussi
appuyés après le passage de l’ouragan Matthew
par un ensemble d’institutions, notamment : la
Coopération suisse (dons de cabris), 410 Bridge
(dons de poules), la FAO (dons de médicaments)
et le CIA (dons de cabris et de moutons).
Tableau 17 ·Perception des habitants de l’élevage dans la Commune de Port-à‑Piment
Élevage
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Existence de pâturages et
d’eau pour la pratique de
l’élevage ;
>> présence de vétérinaires et
d’associations d’éleveurs ;
>> pratique de l’élevage à la
corde et dans des enclos.
>> Absence de races améliorées
et insuffisance des têtes de
bétail ;
>> absence de formation des
éleveurs ;
>> absence de boutiques
d’intrants ou pharmacies
pour l’achat de médicaments
destinés au bétail.
Intervention d’organisations
dans le secteur de l’élevage,
telles que :
>> VETERIMED (formation des
éleveurs),
>> Coopération suisse / BID
(distribution de chèvres),
>> MARNDR (vaccination des
animaux).
>> Maladies des animaux ;
>> vols ;
>> attaques par des
chiens ;
>> éboulements et
glissements de terrain.
Source : ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD
13 Enquête IFOS, mars 2018.
· Deuxième partie · Diagnostic · 95 ·
6.3 Pêche
La vie de nombreux habitants des côtes de la
commune de Port-à-Piment dépend de la pêche
dont le potentiel est relativement intéressant
avec sa vaste étendue de mer. La pratique de la
pêche étant rudimentaire, du coup très peu développée en haute mer. Le plateau continental,
plus accessible aux pêcheurs ne disposant pas
de matériels adaptés à une pêche industrielle,
est surexploité. Par conséquent, les prises
sont constituées essentiellement de poissons
juvéniles qui n’ont pas eu le temps d’atteindre
le stade de maturité, voire de reproduction.
Délaissée, la pêche enregistre de très faibles
investissements en matière d’équipements.
Il n’y a pas de dispositif de concentration de
poissons (DCP) propre à la commune. Les pêcheurs utilisent ceux installés à proximité des
communes de Côteaux et des Chardonnières.
Les engins de déplacement utilisés sont majoritairement artisanaux et surannés. Ils sont
de trois ordres : les pirogues monoxyles dites
bois fouillé ou bois rond, les canots en bois
mus à la voile ou aux avirons, les barques en
bois avec moteur hors-bord. On peut rajouter
une dernière catégorie récemment introduite
par des projets, celle des canots en fibre de
verre fonctionnant uniquement au moteur
permettant aux pêcheurs d’aller un peu plus
loin dans la mer. Cependant, la persistance
des techniques de pêche traditionnelles ne
favorise pas une amélioration considérable
de rendement.
14 IFOS, résultats d’enquêtes économiques et sociales, 2018.
Les techniques de pêche généralement utilisées sont : les pièges (nasses et palangre), la
pèch trèn (avec hameçon), des sennes de plage
dans les embouchures et la lance. En termes
de matériels de capture, les pêcheurs utilisent
des moyens artisanaux très rudimentaires :
nasses, simples lignes avec quelques hameçons,
filets maillants, quelques sennes de plage. Ces
matériels de pêche sont achetés aux Cayes et
à Port-au-Prince14.
Les variétés de poissons capturées sont
multiples et de toutes sortes. Les fruits de
mer sont vendus sur place ou sur les marchés
avoisinants comme à Randel, aux Cayes, au
marché de Ducis. Le prix de la livre varie entre
50 gourdes et 350 gourdes, selon les résultats
des enquêtes réalisées en 2018. à certains
moments de l’année, les produits halieutiques
sont rares sur le marché.
En dépit du potentiel du secteur, la pêche reste
une activité marginale et menée généralement par
des gens qui n’ont pas d’autres alternatives. On
constate, dans le secteur, un grand nombre de
pêcheurs qui n'ont pas de canots. Ces derniers
travaillent avec d’autres pêcheurs associés ne
recevant qu’une partie des poissons capturés.
Le revenu d’un tel pêcheur ne lui permet pas
de se procurer un canot et d’être autonome
dans son activité. Ajouté à cela, les pêcheurs
sont obligés de vendre rapidement les poissons
du fait qu’ils ne disposent pas de moyens de
· 96 · PCD de Port-à-Piment·
Quelques matériels de
pêche et embarcations
de Port-à‑Piment.
· Deuxième partie · Diagnostic · 97 ·
conservation qui auraient permis de les garder
un peu plus longtemps.
Étant déjà tributaires de l’activité de pêche
avec de faibles revenus, les pêcheurs ne respectent aucun règlement en matière de pêche.
Ils ont adopté des pratiques de pêche destructive
comme l'utilisation de filets de petite maille
ou la pêche bat dlo, où toutes les espèces sont
pêchées à tout moment de l’année et quel que
soit leur taille. Cette situation est le résultat
de l’absence de contrôle, d’encadrement et
de suivi de l’État, particulièrement du BAC
sur l’activité de pêche. Il faut aussi noter que
l’absence d’organisations de pêcheurs bien
structurées pouvant faire l’interface aux acteurs publics et non publics est un handicap
majeur pour le secteur. La seule organisation
de pêcheurs, dénommée APP (Association des
Pêcheurs de Port-à-Piment), pas enregistrée
dans la Marie, doit être renforcée pour mieux
jouer son rôle d’interlocuteur et de défense
des intérêts des pêcheurs. En effet, l’activité
de pêche est moins productive, en particulier,
au cours des mois de janvier, février, mai,
juin, juillet ainsi que pendant les périodes de
forts vents et de houles. Par contre, elle est la
plus productive pendant les mois d’août, de
septembre et la période dite de Carême qui
correspond aux mois de mars et d’avril.
Tableau 18 · Perception des habitants de la pêche
Pêche
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Diversité des zones
et des activités de
pêche pratiquées
dans la mer, l’étang
Pernélé et la rivière de
Port-a-Piment ;
>> existence d’une
association de pêcheurs
à Port-à-Piment
(APP : Association des
Pécheurs de Port-àPiment) ;
>> existence de matériels
tels que : canots, filets,
sennes, zen, paniers,
fils et fusils de pêche.
>> Insuffisance des matériels de pêche tels que fly
boat à moteur, DCP, batteries, filets bleus, nasses,
canots et zen ;
>> absence de formation pour pratiquer la pêche dans
l’étang Pernélé ;
>> absence de chambres froides pour la conservation
des fruits de mer ;
>> absence d’encadrement technique et de formation
pour les pêcheurs ;
>> espèces d’oiseaux et de poissons en voie de
disparition ;
>> absence d’espaces construits pour la vente des
produits de pêche ;
>> insuffisance d’équipements de pêcheurs et des
chasseurs ;
>> absence de contrôle sur les activités de pêche et
de chasse.
Intervention d’organisations et d’institutions
étatiques sur le secteur
de la pêche telles :
>> MSF (mtériels de
pêche),
>> MARNDR (ensemencement de
l’étang Pernélé) ;
>> projet de
renforcement de la
pêche artisanale du
MARNDR.
>> Déboisement ;
>> inondations ;
>> cyclones ;
>> sécheresse ;
>> vols de
matériels ;
>> manque de
cohésion
parmi les
pêcheurs
menaçant
la survie de
l’association
existante.
Source : Ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD
· 98 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
6.4 Industrie, commerce et entrepreneuriat
Le développement local s’appuie sur le dynamisme économique incarné par la création de
richesses, c’est-à-dire, la croissance de toutes
sortes d’entreprises. À ce titre, il repose sur
l’entreprenariat local15. En d’autres termes, les
initiatives locales demeurent le nec plus ultra du
décollage économique local. Il est vrai qu’à
Port-à-Piment, en dépit de la faiblesse de son
économie, toutes les entreprises recensées
sont des initiatives haïtiennes, mais les entrepreneurs sont en général des citoyens munis
uniquement d’un esprit de débrouillardise et
disposant d’un faible capital, ce qui a donné
lieu à la prolifération des entreprises individuelles
de taille réduite. Cela a conduit au fait que 96%
des entreprises sont individuelles contre 4%
en nom collectif 16.
présence des établissements commerciaux (22
unités). Cependant, il est difficile de déduire
qu’il y ait un accroissement considérable des
PME. Toutefois, les données permettent de
comprendre que les PME, en 2005, était constituées majoritairement de micro-entreprises
commerciales (45,5% de petites boutiques et
provisions alimentaires) et industrielles (petites
boulangeries, moulins de maïs et d’arachides).
Ce que les résultats du recensement du MCI
ont confirmé, car 62,25% des entreprises recensées
évoluent dans le commerce (achats/ventes de biens et
services), bien que ce ne soit pas dans la même
proportion. Il faut souligner que le recensement
du MCI aurait dénombré tous les petits marchands et activités qui ne sont pas forcément
des entreprises.
Tenant compte de la taille des activités et de
l’importance économique de cette collectivité
(petite commune à dominance rurale), il est
clair que son économie est conduite par des
micros et petites entreprises à très faible chiffre
d’affaires. Le terme généralement utilisé pour
les désigner dans la littérature économique est
PME17et dans cet espace celles-ci évoluent dans
tous les secteurs d’activités et jouent malgré
tout un rôle d’intégrateur économique et social.
Les entreprises ont fait face spécifiquement à
de grands obstacles, particulièrement : non-
remboursement des clients (161 entreprises
en faisaient face), faibles ventes/expiration des
produits (70) et insécurité/vol (30), en plus des
problèmes structurels (accès au crédit, encadrement, cadre légal inadapté, etc.)
En effet, dans la commune, les résultats du
recensement de 2013 du MCI font état de l’existence de 408 unités alors qu’en 2005, 33 unités ont
été inventoriées par l’IHSI18 dénotant une forte
Avec la catastrophe du 3 octobre 2016 occasionnée par l’ouragan Matthew, la situation
des marchands et autres micro-entrepreneurs
se détériore et leur effectif pourrait diminuer,
étant donné que la plupart d’entre eux sont
décapitalisés et seulement 0,7% sont couverts
par une compagnie d’assurances. De plus,
15 L’entreprenariat local se définit empiriquement comme une activité liée à la formation de nouvelles entreprises sur un
territoire donné.
16 MCI, recensement des entreprises, 2013.
17 Il importe de souligner que ce terme se rapporte à tous les types d’activités, qu’elles soient commerciales, industrielles
et de services. Toutefois, un autre concept, à savoir PMI, a émergé pour désigner les industries de petite et moyenne taille.
18 IHSI, Ressources et potentialités des communes d’Haïti, 2005.
· Deuxième partie · Diagnostic · 99 ·
l’environnement créé par le désastre est hostile
à la reprise des activités sans une intervention
de l’État visant à faciliter la reconstruction de
la ville et des localités fortement frappées.
D’après un dénombrement partiel fait par la
Mairie, 44 petites et moyennes entreprises
fonctionnent suite à cette catastrophe. Par
contre, selon les recensements réalisés en 2018
par l’IFOS, il existe 96 entreprises opérant dans
la transformation, les services et le commerce,
sans compter les borlettes qui sont au nombre
de 28. Bon nombre des entreprises dénombrées
ne sont pas assez rentables pour exiger le paiement de patente.
À la lumière de ce constat, un fait demeure,
les PME ne peuvent pas être le socle du
développement de la commune vu que leur
capacité à générer des richesses et leur niveau
de structuration sont trop faibles, en dehors
des préjudices considérables provoqués par
les catastrophes naturelles, notamment l’ouragan Matthew et les problèmes structurels à
l’ensemble de l’économie du pays (manque d’infrastructures de base, de services publics, etc.)
L’informalité demeure l’une des contraintes
majeures à leur essor.
Enfin, elles ont un accès limité au marché
financier, surtout au crédit bancaire. Généralement, les banques sont réticentes à accorder
des prêts même aux entrepreneurs munis d’un
bon plan d’affaires, voire à des entreprises
faiblement structurées. Il est vrai que les
programmes de micro-crédit touchent de nombreux marchands et petits entrepreneurs, mais
les prêts octroyés se font sur le court terme et
ne peuvent pas, par conséquent, faciliter leur
structuration. Ces prêts octroyés à des taux
très élevés, soit 36% l'an, et considérés comme
prohibitifs par les débiteurs, n’alimentent que
leur fonds de roulement.
Tableau 19 ·Perception des habitants du secteur commerce
Commerce
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Présence d’institutions de crédits
et de prêts, tels la CPCS ;
>> regroupement des commerçantes
en mutuelle solidarité ;
>> existence de petites entreprises
telles que des boulangeries, des
moulins de céréales et de grains.
>> Non-aménagement des espaces d’échanges et de
ventes ;
>> taux d’intérêt exorbitant ;
>> manque d’encadrement financier et de formation
pour les marchandes ;
>> mauvaise conditions de vente des produits ;
>> port non aménagé et non fonctionnel ;
>> fonctionnement illégal de certaines entreprises.
>> Prêts
accordés aux
marchandes
par des
entreprises
telles que :
FONKOZE et
CAPOSUD.
>> Insécurité
et vols ;
>> inondations ;
>> décapitalisation des
marchandes.
Source : ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD
Le port, dysfonctionnel et non aménagé, ne favorise pas les échanges commerciaux.
Une boutique à Rendel.
· 101 · Plan communal de développement de Port-à‑Piment ·
· Deuxième partie · Diagnostic · 101 ·
6.5 Tourisme, hôtellerie et restauration
Port-à-Piment possède un potentiel appréciable
au niveau touristique. Elle ne possède pas de
grandes fortifications, de vestiges historiques et
des monuments patrimoniaux qui pourraient
attirer des visiteurs, mais, elle abrite la plus grande
grotte maritime de la Caraïbe et la plus longue
d’Haïti, la grotte Marie Jeanne, lieu de culte du
peuple tainos, dont la beauté émerveille les touristes. Elle est un véritable labyrinthe de quatre
kilomètres de galeries étagées sur plusieurs niveaux
et compte une cinquantaine de caves portant
des noms historiques, bibliques, mythologiques
et poétiques. Cette merveille naturelle attire de
nombreux visiteurs dans la commune et est une
source de recettes pour la Mairie.
Baignée par la mer des Caraïbes, la commune de
Port-à-Piment possède également des plages
naturelles attrayantes et comme toutes les
contrées d’Haïti, elle a une riche culture et des
fêtes patronales qui attirent beaucoup de visiteurs,
particulièrement les natifs de la commune.
Cependant, en dépit de son potentiel éco-
géologique, en dehors des visites de la grotte,
les activités touristiques sont quasi inexistantes
à Port-à-Piment. Aujourd’hui, il existe deux hôtels
dotés d’une dizaine de chambres dont le niveau
de service reste très faible ; un petit restaurant et
dix petits espaces faisant office de cinéma et ne
possédant pas un cadre approprié. Il y a un manque
criant d’infrastructures et d’équipements de base
ou en support à l’économie, ce qui rend le niveau
d’accès de la ville et des localités aux services
de base (eau potable, assainissement, etc.) très
faible et dans certains cas, il est nul (l’électricité,
· 102 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
par exemple, dans les sections communales). La
mobilité dans la commune est très limitée, car son
niveau de connectivité est médiocre.
Après la catastrophe d’octobre 2016, ce panorama est devenu de plus en plus sombre. Les
infrastructures existantes ont été endommagées
ou détruites. Les logements et les activités ont subi
les préjudices de l’ouragan. Cela rend la ville moins
attrayante et a écorché sa capacité d’attirer des
visiteurs tant haïtiens qu’étrangers.
En fait, à Port-à-Piment, la contribution réelle
apportée par la sous-branche tourisme et restauration est trop faible pour la relance de son économie,
mais si des investissements appréciables sont
consentis dans les infrastructures et les services
liés à cette branche, celle-ci peut à elle-seule
favoriser son essor économique et social.
Tableau 20 ·Perception des habitants du secteur tourisme et hôtellerie
Tourisme et hôtellerie
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Existence d’attraits
touristiques comme la
grotte Marie Jeanne, une
partie du parc Makaya,
l’étang Pènele ;
>> célébration de la Fête
des Retrouvailles et
disponibilité de chambres
d’hôtels au coin du Sud
et à Bergerie Hôtel.
>> Mauvais état du centre d’accueil
de la grotte Marie Jeanne et
des routes d’accès aux sites
touristiques ;
>> nombre de guides touristiques
insuffisants et manque de
matériels et d’équipements
pour l’exploration de la grotte ;
>> manque de structures d’accueil
dans les hôtels.
>> Financement de la restauration de la
grotte par le Programme des Nations
Unies pour l’Environnement ;
>> intérêt d’alpinistes et de spéléologues étrangers pour l’exploration et
la cartographie de la grotte ;
>> financement de la Fête des Retrouvailles par le ministère du Tourisme,
le ministère de l’Environnement et
le MICT par l’intermédiaire du GIPPN.
>> Insécurité ;
>> délinquance
juvénile ;
>> cyclones et
inondations ;
>> bidonvilisation
du bourg.
Source : ateliers de Diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD
6.6 Organisation du travail et la main d'œuvre
La main d’œuvre communale est caractérisée
par sa jeunesse, sa ruralité et sa faible qualité.
Peuplée de près de 20 000 habitants, sa population relativement jeune est un atout important
à son essor. Les habitants de plus de 18 ans
représentent 63,67% de la population totale en
2015, soit 9021 habitants. Or, on sait que dans
le monde rural les jeunes de 10 à 18 ans participent également à la production agricole, ainsi
que les gens de plus de 60 ans. Alors, la main
d’œuvre de la commune peut être supérieure à
la tranche d’âge 18 ans et plus.
La main d’œuvre se concentre dans la section
communale Paricot dans laquelle s’est implantée la ville : près de 65,33% y demeure. Il
importe de souligner que la majeure partie de
· Deuxième partie · Diagnostic · 103 ·
la main d’œuvre (18 ans et plus), soit 55,6%, est
rurale.
De plus, en raison du faible accès à l’éducation professionnelle et universitaire, la main
d’œuvre disponible est très faiblement spécialisée et n’est pas en mesure de constituer un
potentiel pouvant favoriser une diversification
de l'économie et des corps de métier.
6.7 Emploi
Le marché de l’emploi est un système multidimensionnel subissant les effets de nombreux
facteurs économiques et sociaux. Au niveau
communal, eu égard au caractère rural de
l’économie, il est évident que les activités
traditionnelles absorbent la majeure partie
de sa main d’œuvre. Selon le Recensement
général agricole, l’agriculture à elle seule a
engagé la majeure partie de la main d’œuvre
locale disponible, soit plus de 95% des ménages.
L’apport des autres secteurs en termes de
création d’emplois est faible en raison du fait
que les entreprises existantes sont de taille très
réduite et créent en général un ou deux emplois,
hormis la branche de construction et travaux
publics, qui a connu un essor considérable
après le passage de l’ouragan.
Il est vrai que le commerce est la deuxième
plus grande activité, mais sa quantité d’emplois
générés n’est pas significative tenant compte de
l’incapacité des établissements commerciaux
constitués essentiellement de petites boutiques
et de marchands établis sur la voirie de générer
un grand nombre d’emplois.
D’après l’enquête réalisée dans le cadre de
l’élaboration du PCD, les entreprises identifiées
dans les différentes sections communales ont
créées seulement 87 emplois. Cela ne fait que
corroborer la prévalence des secteurs traditionnels dans l’économie communale. De plus,
ces chiffres confirment la petitesse de la taille
de cette économie, car les petites boutiques
représentant l’activité la plus répandue ne
créent que 45 emplois.
Vu leur taille et leur faible capacité de générer
des emplois, un fait reste indéniable ; les activités non agricoles créent très peu d’emplois qui
ne sont pas en mesure d’absorber notamment
les chômeurs urbains. Cela a conduit à accentuer le processus de migration vers les grandes
villes, notamment Les Cayes et Port-au-Prince.
Les travaux de
réhabilitation après
l'ouragan Matthew
ont créé des emplois
dans la commune.
· 104 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Un animateur présente les forces majeures
de la commune par priorité.
Source : Atelier de diagnostic participatif réalisé par IFOS - novembre 2017
· Deuxième partie · Diagnostic · 105 ·
7. F o r c e s , f a i b l e s s e s ,
opportunités et
menaces majeures
Le diagnostic se clôture par un atelier spécifique pour déterminer les FFOM majeures de la Commune qui serviront de base pour les choix des grandes orientations stratégiques de développement
(voir photos ci-contre et de la page suivante). Ces FFOM majeures sont issues de débats où les enjeux
de chaque catégorie d’acteurs ont été pris en compte. Elles constituent les priorités communales en
matière de développement.
Tableau 21 ·Les FFOM majeures de la commune de Port-à‑Piment
FFOM majeures priorisées
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
>> Existence d’une biodiversité et
d’attraits touristiques diversifiés tels
que : la grotte Marie Jeanne (plus
grande grotte des Caraibes), une
partie du versant est du parc Macaya
(plus grande forêt primaire d’Haïti
et patrimoine mondial de l’UNESCO),
l’étang Pernélé, plus de 3,5 Kilomètres
de littoral ainsi que les chutes Nan So,
la rivière de Port-à-Piment et les chutes
de Balais ;
>> existence de terres fertiles, de
ressources en eau pour l’irrigation,
d’un BAC et organisation traditionnelle
des agriculteurs en associations et en
regroupements pour le travail agricole ;
>> Absence d’études sur le
réseau routier communal et
non-aménagement des voies de
communication et d’échanges
menant vers les sections
communales ;
>> insuffisance d’équipements et de
matériels de pêche tels que fly
boat à moteur, DCP, batteries,
filets bleus, nasses, canots,
hameçons et de chambres froides
pour la conservation des fruits de
mer ;
>> système de production d’énergie
électrique limité et manque de
moyens pour l’exploitation des
sources d’énergie ;
>> Intervention de diverses
ONG et institutions
sur la commune telles
que : MSF, CRS MSPP,
UNICEF, ACTED, MENFP,
FONKOZE, CAPOSUD,
FAO, MARNDR, ORE,
VETERIMED, BID, AVSI,
BID, MICT, MJSP, PNH,
DCPJ, CIA, GIPPN,
ministère du Tourisme,
ministère de l’Environnement, Délégation
départementale, Croix
Rouge / Fondation
Macaya, Digicel et
Natcom ;
>> Catastrophes
naturelles ;
>> injustice
et
corruption ;
>> epidémies et
maladies ;
>> changements
climatiques ;
>> insécurité.
· 106 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
FFOM majeures priorisées
Forces
Faiblesses
Opportunités
>> existence d’une association de pécheurs,
diversité des zones et des activités de
pêche pratiquées dans la mer, l’étang
Pernélé et la rivière de Port-à-Piment
>> existence d’un fort potentiel en eau et
de dix sources d’eau captées ;
>> existence d’écoles à faibles coûts dont
plusieurs écoles nationales, des écoles
communautaires, d’un lycée, et d’un
centre professionnel à quatre options ;
>> existence d’un centre de santé à lits
offrant des soins gratuits avec service
ambulancier ;
>> transit d’un tronçon de la route
départementale par le centre-ville de
Port-à-Piment.
>> absence de plan de zonage,
non-identification des rues
et d’adressage des maisons,
mauvaise construction dans les
zones à risques et établissement
de petites maisons de pailles et
de batch le long du littoral après
l’ouragan Matthew ;
>> manque d’encadrement des
établissements de formation
existants et insuffisance d’infrastructures d’éducation scolaire
et professionnelle ;
>> absence d’hôpital et insuffisance de
centres de santé dans la commune ;
>> environnement non sécuritaire.
>> le potentiel touristique ;
>> projet d’extension du
reseau electrique de
Port-à-Piment par la
CEAC ;
>> réseau de télécommunication de la Digicel et la
Natcom.
Source : Ateliers de diagnostic participatif organisés dans le cadre du montage du PCD.
Des participants discutent des opportunités du tableau FFOM majeur avec un expert de l'IFOS.
Menaces
· Troisième Partie · Planification · 107 ·
· TROISIÈME PARTIE ·
PLANIFICATION
Le Maire de Port-à-Piment et d'autres participants analysent en groupe les différents points pour élaborer la vision de la commune.
· Troisième Partie · Planification · 109 ·
8 . V i s i o n d e d é v e l o p p e m e n t
de la commune
L
e Diagnostic communal a donné aux acteurs
la possibilité de mesurer la dimension des
dysfonctionnements sectoriels de la commune tout en révélant des potentialités qui
peuvent constituer de véritables leviers pour
son développement. L’analyse de cette problématique leur a permis de prendre conscience
que des actions spécifiques conjuguées peuvent
induire des changements significatifs qui leur
permettront d’avoir dans le temps la commune
de leur rêve.
C’est ainsi que les autorités locales et les représentants des secteurs de la société civile
se sont réunis pour dégager cette vision de
la commune :
En 2043, Port-à-Piment est une destination touristique de référence avec des
services sociaux de base équitables, satisfaisants et des activités économiques
florissantes basées sur l’agriculture, la pêche à travers un territoire bien aménagé
facilitant les relations entre le centre ville et les sections communales dans un
environnement sain et sécuritaire.
Cette vision est formulée à partir des facteurs
internes et externes relevés dans la problématique de développement de la commune
et s’appuie sur les aspirations communes
des citoyens. Elle prend aussi ses assises sur
les principales orientations nationales et
s’inspire de la vision de développement du
pays qui est :
« la refondation de la nation haïtienne en transformant la catastrophe du 12 janvier
2010 en une opportunité pour qu’Haïti devienne un pays émergent d’ici 2030 ».
· 110 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
8.1 Orientations stratégiques
Pour guider les actions identifiées par les acteurs
et atteindre la vision de développement de la
commune dans 25 ans, des orientations stratégiques sont nécessaires. Dans les ateliers, sur la
base des facteurs positifs et négatifs identifiés
au cours du Diagnostic, les autorités locales
et les représentants des secteurs de la société
civile ont indiqué les directions à prendre
pour atteindre les objectifs de développement.
À travers les orientations, ils ont fait le choix
des domaines d’intervention prioritaires et
déterminé les principaux champs d’action des
acteurs tout, en tenant compte des orientations
stratégiques au niveau national.
8.1.1 Orientations nationales
Le Plan stratégique de Développement d’Haïti a identifié
huit orientations stratégiques sur la base desquelles
des actions seront menées pour transformer
Haïti en pays émergeant en 2030. À travers
ces orientations stratégiques, ils ont fait un
ensemble de choix dont la création de richesse
et d’emplois par le secteur privé au niveau des
régions et des chefs-lieux d’arrondissement,
l’offre des services de base à la population et
l’inclusion sociale sous toutes ses formes, une
stratégie de croissance économique forte et
durable par la construction d’un État fort,
déconcentré et décentralisé.
Ces différentes orientations s’articulent à travers quatre grands chantiers ou refondations
identifiées dans le Plan pour le Relèvement et
le Développement d’Haïti, lesquelles sont la
refondation territoriale, la refondation économique, la
refondation sociale et la refondation institutionnelle.
8.1.2 Orientations communales
La catastrophe du 12 janvier 2010 a provoqué un
tournant dans notre histoire de peuple et a stimulé
les autorités nationales à prendre des décisions
en vue de la planification d’interventions pour
la refondation de la nation haïtienne. Environ
six ans plus tard, soit en octobre 2016, l’ouragan
Matthew qui a dévasté la côte Sud du pays est
devenu, pour la population de Port-à-Piment, un
élément déclencheur d’initiatives diverses visant
la restructuration de leur commune.
Cette restructuration revêt une forme qui
se matérialise à travers les actions qui sont
définies dans la programmation physique du
PCD. Elle prend aussi des directions précises,
qui sont déterminées par les orientations
stratégiques. C’est ainsi qu’au cours de la phase
de planification, les autorités locales et la société civile ont identifié quatre axes majeurs
d’intervention en articulation avec les grands
chantiers du PSDH.
· Troisième Partie · Planification · 111 ·
Tableau 22 ·Articulation entre le PCD et le PSDH de Port-à-Piment
Chantier du PSDH
Orientations stratégiques du PCD
>>
Refondation territoriale
>>
Aménagement du territoire communal
>>
Refondation économique
>>
Dynamisation de l’économie locale
>>
Refondation sociale
>>
Accès aux services sociaux de base
>>
Refondation institutionnelle
>>
Appuyer institutionnel
Orientation stratégique 1 · Organiser l’espace territorial par une meilleure gestion de
l’espace et de l’environnement. Cette orientation s’assoit sur les lignes d’actions stratégiques
de quatre piliers sectoriels dont la communication, l’environnement, l’énergie et l’aménagement
du territoire.
Dans le secteur de la communication, routes et
transport, les priorités se portent sur une plaidoirie et des actions en vue de l’amélioration
des services de téléphonie mobile et d’accès
au réseau d’internet, la continuité du territoire
et l’ouverture de l’espace communal par le
développement du réseau routier et des infrastructures de communication intégrée. Ce
qui permettra le désenclavement des sections
communales et des grandes habitations, ainsi
que l’amélioration de la circulation dans le
centre-ville et les zones urbanisées. De plus,
la commune possède une baie protégée et les
vestiges d’un ancien port qui sera rénové en vue
de raviver le transport maritime.
En matière d’environnement et de développement
durable, il est prévu la réhabilitation des espaces
verts, la préservation des ressources naturelles,
la protection des écosystèmes terrestres et
aquatiques grâce au remembrement des bassins
versants, la structuration des aires terrestres
et aquatiques protégées, l’assainissement du
littoral, la protection des sources d’eau, la
réhabilitation des pentes érodées et le reboisement des zones à fortes pentes. La commune
s’engagera dans la lutte contre la pollution et le
changement climatique, la promotion des énergies renouvelables, une meilleure gestion des
déchets et la diminution de la dépendance des
consommateurs domestiques et commerciaux
par rapport aux combustibles ligneux.
Pour ce qui est de l’énergie, il est question de
l’extension du réseau de la coopérative électrique CEAC, la réhabilitation de l’ancien réseau
électrique et la mise en place de petites unités
de production d’énergie hors réseau dans les
sections communales afin de mieux pourvoir
aux besoins. Il est aussi indiqué l’exploitation
de l’énergie solaire par l’utilisation de panneaux
photovoltaïques.
En ce qui a rapport avec l’aménagement du territoire,
la trame urbaine et l’espace communal seront
valorisés par le développement et la mise en
œuvre d’outils de planification stratégique et
de gestion du territoire à l’échelle communale,
· 112 ·
Ci-dessus, un participant explique les différents projets du secteur de l'aménagement du territoire, ci-dessous, le groupe qui
travaille sur le volet du tourisme a des membres de tous les âges…
· Troisième Partie · Planification · 113 ·
le renforcement des capacités de régulation et
de contrôle de l’évolution du centre-ville en
vue de la maîtrise de la croissance des zones
d’extension, la construction et la rénovation des
équipements collectifs, la relocalisation et le
relogement des sinistrés de l’ouragan Matthew.
Ce qui permettra de contrôler les constructions
anarchiques et limiter la bidonvilisation de
certains quartiers. Le cadre de vie deviendra
plus attractif par le drainage du centre urbain,
l’installation de poubelles, la mise en place d’un
site de décharge et l’assainissement du littoral.
fondamental. La Mairie s’alliera avec ses
élus du parlement pour avoir une meilleure
audience auprès des ministères et institutions
comme le MTPTC, le MICT, le MPCE, le MDE,
le CIAT, le CONATEL afin de faciliter l’intégration des interventions de son budget dans
les lois de finances annuelles et bénéficier
des dépenses de transfert allouées à leurs
réalisations. La Mairie instituera un bon dialogue avec les services déconcentrés afin de
stimuler leurs ministères de tutelle à prendre
en charge les interventions qui dépendent de
leurs compétences.
Sur cet axe, l’équilibre entre les champs de
compétences et les intérêts politiques est
Orientation stratégique 2 · Dynamiser l’économie locale par le développement des
secteurs porteurs. Elle se définit à travers les lignes d’actions stratégiques de trois grands
piliers sectoriels embrassant le tourisme, l’agriculture et la pêche.
Pour le tourisme, il s’agit d’exploiter le potentiel de
la commune à travers l’aménagement et la facilitation de l’accès aux sites touristiques depuis
la plage jusqu’au parc Macaya, la réhabilitation
des structures d’accueil et d’accès à la grotte
Marie Jeanne, la promotion et le développement
d’un tourisme écologique intercommunal en
construisant de petits villages éco-touristiques
au parc. Cette nouvelle donne et la mise à profit
commun des atouts touristiques entre Portà-Piment et Chardonnières pourra diversifier
le parcours, renforcer le menu des activités
touristiques et attirer une autre catégorie de
touristes à Port-à-Piment. D’autant plus que la
commune possède des avantages comparatifs
intéressants offerts par l’accès à la grotte Marie
Jeanne qu’on reconnaît comme la plus grande
de la Caraïbes et le parc naturel Macaya, qui est
la dernière réserve de forêt primaire du pays et
une grande réserve en termes de biodiversité.
Il faut aussi souligner la rentabilisation des
activités liées au tourisme et la professionnalisation du secteur par la formation de guides
touristiques et des ressources humaines en
hôtellerie. Cette stratégie facilitera la standardisation des services hôteliers et un meilleur
accueil aux usagers. Les artisans pourront tirer
profit de l’affluence des visiteurs. Ils bénéficieront d’un encadrement technique et financier
par la formation, l’accès au crédit incitatif et
exploiteront la construction d’infrastructures
pour l’exposition et la vente de produits
artisanaux.
De façon spécifique, pour le tourisme, la Mairie
positionnera Port-à-Piment sur les destinations préférentielles en mettant en exergue ses
atouts en la matière et en exploitant judicieusement ses relations avec des professionnels
du secteur, ses rapports avec le ministère du
Tourisme et particulièrement l’internet. La
coopération avec un operateur dans le cadre
d’un partenariat public-privé est à envisager
afin de tirer le maximum de profit du secteur
sur la base d’une bonne gestion. Des engagements en termes de sécurisation seront pris et
· 114 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
des garanties pour l’exploitation des sites avec
retour sur investissement seront données.
En matière d’agriculture, le cap est mis sur la recapitalisation des exploitations agricoles par la recherche
de subventions et une plaidoirie pour l’octroi
de crédits à des taux acceptables, qui permettront des investissements dans le secteur. Les
intervenants seront formés en techniques
agricoles modernes et sensibilisés à regrouper
leurs parcelles en moyennes propriétés et à se
constituer en coopératives de producteurs
agricoles en vue de faciliter la modernisation
du système de production grâce à l’acquisition d’outils et d’équipements mécaniques
modernes adaptés aux espaces de cultures. La
réhabilitation et l’aménagement des systèmes
d’irrigation, la mise en place de lacs collinaires
et la construction de complexes d’impluviums
et de bassins de rétention favoriseront la production de denrées à une plus grande échelle, le
Discussions animés autour du secteur de l'agriculture.
développement et l’intensification des cultures
de rente et des filières porteuses. L’optimisation
de la productivité et du rendement stimuleront
la création de petites unités de transformation
et de conservation qui apporteront une valeur
ajoutée aux activités agricoles.
Pour la pêche, il s’agit de financer les associations de
pêcheurs et des commerçantes de fruits de mer, soit par
des subventions de l’État grâce à une plaidoirie
du BAC à travers le MARNDR, soit par l’octroi
de crédits à des taux préférentiels par le secteur
privé des affaires à travers les coopératives.
C’est un secteur vital pour l’économie des zones
côtières. Cela aurait un impact direct sur le niveau de vie des populations habitant le long des
côtes. Ce financement pourrait passer d’abord
par la formation et la sensibilisation des pécheurs à se
constituer en coopératives. Ensuite l’encadrement pourrait intéresser l’achat et l’installation
d’équipements facilitant la pêche en haute mer,
· Troisième Partie · Planification · 115 ·
l’ensemencement de lacs collinaires et de l’étang
Pernélé, la mise en place de chaînes de froid, le développement de petites unités de conservation
des fruits de mer, la formation entrepreneuriale
des marchandes de poissons, la conquête et la
consolidation des marchés d’écoulement.
Pour que le secteur économique prenne ces
orientations, la Mairie jouera un rôle d’accompagnatrice des acteurs dans plusieurs domaines.
D’abord, des initiatives seront prises pour
attirer les investissements privés dans les différents
secteurs économiques de la commune. Du
lobby pour les potentialités de Port-à-Piment
sera fait auprès des membres de la Chambre
de commerce régionale, des ressortissants
étrangers et de la diaspora. Des négociations
seront entreprises et des mesures incitatives
seront entamées comme des rabattements sur
les redevances des entreprises. Puis, il faudra
transformer les travailleurs et travailleuses du
secteur de la pêche, de l’élevage et de l’agriculture en véritables hommes et femmes d’affaires.
Cela consistera à les mettre en contact avec de
potentiels investisseurs et faciliter l’accès à la
formation et l’information. Cela passera par
l’alphabétisation, l’alphanétisation, l’acquisition
de savoir-faire en entreprenariat, en montage
de plan d’affaires et un accompagnement
direct pour la reconnaissance légale des PME.
Cette démarche pourrait être appuyée par le
MARNDR à travers le BAC.
Ensuite la Mairie entreprendra, avec l’appui
du MEF, des démarches pour faciliter l’accès au
capital financier en instituant un dialogue avec les
institutions de crédit à des taux préférentiels
au niveau local, national et international au
profit des entrepreneurs. Sur le plan local, il
faut négocier avec les coopératives et caisses
populaires pour diminuer les taux exorbitants,
qui avoisinent les 36% l’an. Au niveau national,
la Mairie veillera à approcher l’ONA, qui donne
un crédit pour les activités productives et
pour les femmes à un taux d’intérêt peu élevé.
Parallèlement, des démarches peuvent être
entreprises auprès de certaines banques étrangères, comme la FDI, qui finance des activités
économiques à des taux d’intérêts intéressants.
Pour l’écoulement des produits, le marché existe
déjà dans un pays qui utilise les denrées agricoles, la viande, les fruits de mer et autres qui
proviennent majoritairement de l’importation.
Le rôle de la Mairie consistera, dans un premier
temps, à mettre en place les infrastructures marchandes et, dans un second temps, à aider les
producteurs à identifier les zones d’écoulements
et se mettre en réseau avec d’autres producteurs.
Orientation stratégique 3 · Favoriser le développement humain par l’amélioration et
l’accès aux services sociaux prioritaires. Il s’assoit, pour les cinq prochaines années, sur
deux piliers sectoriels comprenant l’éducation et la santé.
Dans le cadre de l’éducation, une emphase particulière sera mise sur la lutte contre l’analphabétisme
et la non-scolarisation des enfants. Il s’agit, entre
autres, d’augmenter l’offre scolaire, de créer
des centres d’alphabétisation innovants avec
des méthodes d’apprentissage adaptées, de développer des filières de professionnalisation par
la construction d’infrastructures de proximité,
de réhabiliter les établissements scolaires
endommagés par l’ouragan Matthew et d'offrir
des formations techniques et professionnelles.
Parallèlement les conditions d’apprentissage seront améliorées par le recyclage du personnel
enseignant, l’intégration de thématiques liées
à l’orientation professionnelle, la sexualité
et le civisme, la disponibilité de matériels
· 116 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
didactiques, le support psychosocial, un meilleur encadrement pédagogique ainsi que la
mise en place d’infrastructures récréatives et
sportives afin de contribuer à la réduction du
taux de délinquance juvénile.
En ce qui a trait avec la santé, l’amélioration du
système de soins par rapport aux besoins de la
population commencera par l’intégration de
la commune dans une unité communale de santé
fonctionnelle avec comme corollaire la construction d’infrastructures de proximité dans les
sections communales, la transformation du
centre de santé à lits en hôpital communautaire de
référence et la revitalisation du système de soins
ambulatoires. Ensuite le système sera renforcé
par l’amélioration des services de santé grâce
à la disponibilité du paquet minimum de
services à tous les citoyens de la commune, la
permanence du personnel prestataire de soins
et l’accessibilité aux intrants.
Tout cela ne peut être fonctionnel que par la
mise en place d’une table de concertation sectorielle qui regroupe la Mairie et les instances
locales de représentations des ministères de
l’Éducation, de la Santé et des Sports. Une
synergie peut être créée pour une plaidoirie
commune de ces instances pour faciliter l’accès de la Mairie aux fonds dédiés par la loi et
le budget national pour l’éducation et la santé.
Ainsi la Mairie pourra-t-elle s’engager pour la
construction de certaines infrastructures et les
ministères sectoriels assureront leur gestion et
leur fonctionnement.
Dans ce champ d’interventions, des efforts
seront aussi consentis pour assurer le bien-être
de la population par l’accès aux autres services
sociaux. En dehors des secteurs priorisés, des
efforts seront déployés pour faciliter l’accès de
la population à l’eau par la mise en place d’infrastructures conjointes avec la DINEPA dans
Présentation des programmes, sous-programmes et actions du secteur de la santé.
· Troisième Partie · Planification · 117 ·
une perspective de transfert de compétences à
la Mairie. Les activités de sport, culture, loisir sont
aussi dans la ligne de mire de la municipalité
afin de faciliter l’épanouissement des jeunes.
En la matière, la municipalité peut se faire
une vocation pour le sport mondial et pour le
septième art en comptant sur l’orientation et
l’expérience de ses ressortissants qui sont de
véritables ambassadeurs pour le pays dans leurs
domaines spécifiques, comme Donald Guerrier
pour le football et Raoul Peck pour la culture.
Orientation stratégique 4 · Améliorer la gouvernance par le renforcement des
capacités organisationnelles des institutions municipales, l’appui aux organisations
de la société civile, et l’harmonisation des relations entre les instances locales.
Les principaux services ciblés sont la fiscalité, l’urbanisation et les équipements collectifs. Le bon
fonctionnement de ces derniers est indispensable à la réalisation des interventions pour l’amélioration
des services publics.
Un accent particulier sera mis sur la formation,
l’encadrement technique des ressources humaines, l’accompagnement et l’équipement des
services. Pour la société civile, les organisations
communautaires de base et le Conseil des Sages
seront renforcés et bénéficieront de formations
spécifiques notamment à travers les structures
du CDC pour une meilleure collaboration avec
les autorités locales et la bonne gouvernance de
la commune.
Sur cet angle, la Mairie choisit et décide de
faire la promotion de la démocratie participative
par l’information régulière de la population sur
la gestion de la chose publique et la décision
d’intégrer la société civile dans les prises de
décisions en matière de développement à travers
le Conseil de Développement communal.
Orientations stratégiques transversales · Promouvoir la justice sociale et l’équité
de genre par la lutte pour la protection des citoyens et la dignité humaine. Cette
orientation est l’expression des principes à la base de la charte des Nations unies dans la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ils sont des normes qui doivent diriger
toutes les actions de développement de la commune. La Mairie prendra les dispositions nécessaires pour
que les toutes les interventions, depuis la conception jusqu’à l’évaluation, prennent en compte les droits
de la personne et du citoyen.
En ce sens, la Mairie luttera contre toute forme
d’exclusion, qu’elle soit liée à son lieu d’origine,
à sa religion, au sexe ou à son appartenance
politique. Elle veillera à l’encadrement et
l’intégration économique, sociale, politique
des personnes exclues et des couches marginalisées de la population, en particulier les
orphelins et les personnes handicapées. Elle
prendra fait et cause pour l’équité de genre
par la sensibilisation et des actions contre la
déperdition scolaire des filles, le sexisme, les
grossesses précoces et non désirées, les violences faites aux femmes, le harcèlement et les
agressions sexuelles. Toute intervention doit
prendre en compte les besoins spécifiques des
collectifs de la population : des rampes pour
les personnes à mobilité réduite, des toilettes
adaptées aux besoins des femmes, par exemple.
· 118 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
La Mairie veillera que les recommandations du
Plan de Contingence soient prises en compte
dans la nature, le positionnement, le fonctionnement des interventions surtout en matière
d’urbanisme, de logements, d’infrastructures
marchandes, de routes, de transports, de production agricole, de communication. Ainsi, des
mesures seront-elles prises pour renforcer le
comité de protection civile, sensibiliser et informer les citoyens pour diminuer l’exposition
de la population aux risques, réduire l’impact
des désastres et lutter contre les calamités.
L’accent sera aussi mis sur la promotion de
toute action qui favorisera la lutte contre
l’insécurité alimentaire et la protection des
citoyens contre les maladies.
8.2 Objectifs de développement de la commune
Au regard des orientations stratégiques, l’objectif global du PCD pour les cinq prochaines
années est d’améliorer les conditions de vie
sociale, économique et environnementale de la
population. Par ailleurs, l’analyse des problèmes
aux niveaux sectoriels et les lignes d’actions
stratégiques permettent de définir l’objectif
suivant : ‘’Améliorer la qualité de vie de la
population par la dynamisation de l’économie
locale et l’amélioration de la performance
des services sociaux de base et des services
municipaux’’
Cet objectif est à atteindre dans les cinq prochaines années en mettant en œuvre les actions
définies dans le tableau de programmation.
8.3 Programmation
Élaboration du tableau sur la priorisation des projets de la Commune.
OSP1 · Valorisation et exploitation des atouts touristiques
Actions
Zone
Résultats/Extrants
L é g e n d e ·
C ommune
S ection
communale
R1 · Les sites touristiques sont réhabilités et aménagés
R2 · Des villages écotouristiques sont construits et fonctionnels au parc Macaya et dans les
sections communales.
R3 · Des messages sont diffusés sur le site d’internet de la Mairie, à travers les réseaux
sociaux et des brochures sont conçues et distribuées.
R4.1 · Des activités artisanales sont développées et créées ;
R4.2 · Des kiosques d’exposition et de vente de produits artisanaux sont construits.
R5 · Les artisans ont reçu de l’encadrement technique et l’accès au financement est facilité.
R6.1 · Des conditions favorisant l’investissement privé sont créées.
R6.2 · Le nombre d’entreprises privées a augmenté d’au moins de 30%.
V ille
A1 · Structurer et aménager les sites touristiques dont l’étang Pernélé,
la grotte Marie Jeanne, la plage et le parc Macaya.
A2 · Promouvoir et appuyer la mise en place de villages écotouristiques
au parc Macaya et dans les sections communales.
A3 · Faire de la promotion pour le tourisme local à travers la diffusion
de messages sur le site d’internet de la Mairie, à travers les réseaux
sociaux et des brochures élaborées à cet effet.
A4 · Développer les activités artisanales et construire des kiosques
d’exposition et de vente de produits artisanaux.
A5 · Encadrer techniquement et faciliter le financement des activités des
artisans.
A6 · Mettre en place des conditions et des avantages comparatifs
favorisant les investissements privés et le partenariat public-privé
dans le secteur et appuyer la recherche de financement des acteurs
économiques.
A7 · Augmenter les capacités d’accueil des touristes par le réaménagement et la construction d'hôtels, de restaurants et des infrastructures de
loisir respectant les normes et les standards internationaux.
Programme 1 · Dynamisation de l’économie locale et développement des secteurs économiques porteurs
Objectif gral Améliorer les conditions de vie sociale, économique et environnementale de la population
programmes
Sous-
Tableau 23 · Tableau synoptique des programmes, sous-programmes et actions du PCD de la commune de Port-à‑Piment de 2018 à 2023
8.3.1 Programmation physique
· Troisième Partie · Planification · 119 ·
SP2 · Renforcement du secteur agricole et amélioration de la
productivité des parcelles
programmes
Sous-
L é g e n d e ·
C ommune
A1 · Mettre en place une école moyenne d’agriculture avec des filières
de formation de techniciens agricoles, d’agents forestiers, d’agents
vétérinaires.
A2 · Former les agriculteurs sur les techniques agricoles modernes et
l’amélioration des pratiques culturales.
A3 · Sensibiliser les propriétaires d’espaces cultivables et appuyer les
agriculteurs à l’entreprenariat, à l’association en coopératives agricoles
et au regroupement des parcelles en fermes d’élevage et d’exploitation
agricole.
A4 · Renforcer le Bureau agricole Communal en personnel, matériels et
équipements modernes appropriés (motoculteurs, tracteurs et autres)
au profit des associations de planteurs et au service des campagnes
agricoles et de réhabilitation de l’environnement.
A5 · Mettre en place des boutiques d’intrants agricoles et banques
de semences de cultures résilientes adaptées aux bouleversements
climatiques et changements de saisons.
A6 · Mettre en place après étude des systèmes d’exploitation des eaux de
surface et construire des canaux d’irrigation.
A7 · Renforcer les capacités organisationnelles et financières des
associations de planteurs et d’agriculteurs.
Actions
S ection
communale
R1 · Une école moyenne d’agriculture est mise en place et fonctionnelle.
R1.2 · L’agriculture est pratiquée par des techniciens formés dans le domaine.
R2 · Des agriculteurs formés sur les techniques agricoles modernes ont amélioré leurs
pratiques culturales.
R3 · Des campagnes de sensibilisation sont réalisées et un appui fourni aux agriculteurs
pour l’entreprenariat, l’association en coopératives agricoles et le regroupement des
parcelles en fermes d’élevage et d’exploitation agricole.
R4.1 · Le Bureau agricole Communal est renforcé.
R4.2 · Des campagnes agricoles et d’accompagnement des agriculteurs sont menées à
temps.
R5 · Des boutiques d’intrants agricoles et des banques de semences de cultures résilientes
sont mises en place et facilitent l’accès aux intrants agricoles.
R6.1 · Les eaux de surface sont exploitées.
R6.2 · Des canaux d’’irrigation sont construits, l’accès à l’eau est facilité et le rendement
des parcelles est augmenté
R7 · Les capacités organisationnelles et financières des associations de planteurs sont
renforcées.
Résultats/Extrants
V ille
Zone
· 120 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
SP4 · Diversification et amélioration de la production halieutique
SP3 · Renforcement et développement
des micro-entreprises et des activités de
commerce
programmes
Sous-
L é g e n d e ·
C ommune
S ection
communale
R1 · Des matériels et équipements d’exploitation de la pêche en haute mer et de conservation des produits halieutiques sont octroyés aux pêcheurs.
R1.2 · La pêche est rentable.
R2.1 · Des bassins piscicoles et lacs collinaires sont mis en place et ensemencés.
R2.2 · L’étang Pernélé est ensemencé et garantit une disponibilité de poissons dans la zone.
R3.1 · Des pêcheurs/pisciculteurs sont sensibilisés, formés et encadrés.
R3.2 · Des pêcheurs sont formés et sensibilisés pour la protection de l’environnement
maritime et la maîtrise des techniques de pêche améliorée.
R4.1 · Les marchandes de produits de pêche sont formées.
R4.2 · Des circuits de commercialisation avantageux sont développés.
R5.1 · La pêche est règlementée.
R5.2 · Des campagnes de sensibilisation sur la protection de la flore et de la faune
aquatique sont réalisées.
R1.1 · Des unités de stockage, de conservation et de transformation des produits agricoles
sont mises en place.
R1.2 · Des unités de stockage, de conservation et de transformation des produits
halieutiques et d’élevage sont mises en place.
R1.3 · Les pertes post-récolte ont diminué.
R2 · Des infrastructures marchandes d’échanges et d’écoulement des produits sont
construites.
R2.2 · Les marchés du centre-ville, de Guillaume et de Cavalier sont construits.
R3 .1 · Un dispositif de plaidoyer est créé.
R3.2 · Des conditions incitatives à l’entreprenariat sont créées.
R4.1 · Un système de crédit agricole au taux préférentiel est mis en place.
R4.2 · Les cultures de rentes, les activités de pêche et d’élevage sont subventionnées.
R4.3 · Le secteur primaire de l’économie a évolué.
Résultats/Extrants
V ille
A1 · Doter les petits pêcheurs de matériels et équipements d’exploitation
de la pêche en haute mer, de conservation des produits halieutiques tels
DCP ou fly boat.
A2 · Mettre en place et ensemencer des bassins piscicoles, des lacs
collinaires et l’étang Pernélé.
A3 · Sensibiliser, former et encadrer les pêcheurs/pisciculteurs sur l’élevage de poissons, la protection des plans d’eau et de l’environnement
maritime, les techniques de pêche améliorée, l’utilisation de matériels
de pêche modernes, la maintenance des équipements et les techniques de
conservation des produits halieutiques.
A4 · Encadrer les marchandes de produits de pêche par la formation et le
développement de circuits de commercialisation avantageux.
A5 · Réglementer la pêche et sensibiliser les pêcheurs/pisciculteurs sur la
protection de la flore et de la faune aquatique.
A1 · Appuyer et mettre en place des unités de stockage, de conservation
et de transformation des produits agricoles, halieutiques et d’élevage.
A2 · Construire les infrastructures marchandes d’échange et d’écoulement des produits : construction des marchés du centre-ville, de
Guillaume, de Cavalier, etc.
A3 · Plaidoyer et créer des conditions incitatives à l’investissement privé
et à entrepreneuriat parmi les associations de pêcheurs/pisciculteurs.
A4 · Mettre en place un système de crédit agricole au taux préférentiel et
subventionner les cultures de rentes, les activités de pêche et d’élevage.
Zone
Actions
· Troisième Partie · Planification · 121 ·
SP1 · Amélioration de la qualité, de l’accès et du niveau de l’éducation
programmes
Sous-
L é g e n d e ·
Zone
Résultats/Extrants
C ommune
S ection
communale
R1.1 · Le Bureau du District scolaire est renforcé.
R1.2 · Les écoles publiques et privées sont restructurées.
R1.3 · Les écoles publiques et privées sont dotées en matériels et équipements.
R1.4 · La performance des écoles est améliorée.
R2.1 · Un programme de formation continue des inspecteurs, directeurs et professeurs est
mis en place.
R2.2 · La performance des élèves est améliorée.
R2.3 · La performance des écoles est améliorée.
R3.1 · Des centres d’alphabétisation fonctionnelle sont mis en œuvre.
R3.2 · Un centre de formation professionnelle est mis en place.
R4.1 · Des écoles nationales complémentaires sont construites.
R4.2 · Les capacités d’accueil des écoles existantes sont renforcées.
R4.3 · Le personnel enseignant est renforcé.
R4.4 · Le taux de scolarisation des enfants a augmenté.
R5.1 · Les réfectoires et cantines sont mis en place dans les établissements scolaires.
R5.2 · Des campagnes de sensibilisation des élèves sur la nutrition et l’hygiène sont
réalisées.
R5.3 · Les principes d’hygiène et les règles en matière de nutrition et d’alimentation sont
assimilés par les élèves.
R6.1 · Des comités mixtes de professeurs et de parents sont mis en place et encadrés.
R6.2 · Un meilleur encadrement pédagogique des élèves est observé.
R7 · Des cours d’orientation professionnelle sont insérés dans les curriculums des écoles.
R7.2 · Des alternatives de carrière pour les élèves en difficulté sont mises en place.
R7.3 · Des cours d’éducation sexuelle sont insérés dans les curriculums des écoles.
R7.4 · La scolarisation des élèves au niveau fondamental a augmenté.
V ille
Programme 2 · Amélioration et accès aux services sociaux de base
A1 · Renforcer le Bureau du District scolaire, restructurer et appuyer les
écoles publiques et privées en matériels didactiques, équipements et kits
scolaires.
A2 · Mettre en place un programme de formation continue pour le
recyclage et la formation des inspecteurs et inspectrices, des directeurs
et directrices et des professeurs d’écoles.
A3 · Mettre en place des centres d’alphabétisation fonctionnelle et un
centre de formation professionnelle pour les métiers de construction,
de pâtisserie, de couture, d’artisanat, de tourisme, d’informatique,
de dépannage de téléphones, les filières porteuses de l’économie et
spécifiques aux filles et aux femmes.
A4 · Construire des écoles nationales complémentaires, renforcer le
personnel enseignant et les capacités d’accueil des écoles existantes dans
le centre-ville et les localités éloignées des sections communales.
A5 · Mettre en place des réfectoires et cantines dans les établissements
scolaires et sensibiliser les élèves sur les bonnes habitudes alimentaires
et hygiène de vie.
A6 · Promouvoir, sensibiliser, encadrer et mettre en place des comités
mixtes de professeurs et de parents pour la bonne scolarisation des
enfants et un meilleur encadrement pédagogique des élèves.
A7 · Plaidoyer pour l’insertion de cours d’orientation professionnelle
dans les curriculums des écoles, la mise en place d’alternatives de
carrière pour les élèves en difficulté, l’éducation sexuelle, la prise en
charge des élèves suragés et la gratuité effective des écoles de niveau
fondamental.
Actions
· 122 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
SP3 · Mise en place d’un cadre propice
à la créativité culturelle, la promotion
de la pratique du sport et des loisirs
SP2 · Amélioration de la qualité et de l’accès aux soins de santé
programmes
Sous
A1 · Recruter, former, recycler et équiper des agents de santé ou agents
polyvalents, les matrones et des collaborateurs volontaires.
A2 · Mettre en place une table sectorielle pour des plaidoyers en faveur
de l’insertion de la commune dans une unité communale de santé
délimitée et fonctionnelle, l’augmentation des fonds alloués au secteur,
l’accès à un système d’assurance santé et l’orientation des interventions
des acteurs vers les besoins fondamentaux de la population en santé et
des priorités identifiées dans le PCD.
A3 · Renforcer l’Hôpital communautaire de Référence nouvellement
aménagé en personnel du secteur public, médicaments, matériels et
équipements appropriés aux soins de base, d’urgence et hospitaliers
(médecine interne, chirurgie, maternité, pédiatrie, dentisterie, etc.)
A4 · Mettre en place des centres de santé à lits avec dortoir pour le
personnel dans les sections communales.
A5 · Doter les établissements de santé en personnel approprié, en
matériels nécessaires pour les soins ambulatoires et mettre en place un
parc ambulancier communal.
A6 · Sensibiliser la population sur les comportements de consommation
et d’hygiène bénéfiques à la santé et promouvoir le planning familial et
l’utilisation de préservatif.
L é g e n d e ·
C ommune
S ection
communale
R1.1 · Les activités de promotion de la culture, de développement des sports et des loisirs
sont encadrées.
R1.2 · Les activités de loisir et de sport ont augmenté.
R2 · L’équipe de football communale et les championnats sportifs sont encadrés et
supportés.
R3 · Le terrain de football du centre-ville est construit et clôturé.
R4.1 · Un CLAC et des unités de loisir dans les grandes localités des sections communales
sont mis en place.
R4.2 · Les activités de loisir ont augmenté.
R1 · Des agents de santé ou agents polyvalents, des matrones et des collaborateurs
volontaires sont recrutés, formés et équipés.
R1.2 · La performance des agents polyvalents ou agents de santé est améliorée.
R2.1 · Une table sectorielle de santé est mise en place.
R2.2 · La commune est intégrée dans une unité communale de santé.
R3.1 · L’Hôpital communautaire de Référence est renforcé.
R3.2 · Le niveau d’accès au soin de santé a augmenté.
R4.1 · Des centres de santé à lits avec dortoir pour le personnel sont mis en place et
fonctionnels.
R4.2 · L’accès aux soins de santé de base a augmenté.
R5.1 · Les établissements de santé sont dotés en matériels et personnel appropriés.
R5.2 · Un parc ambulancier communal est mis en place.
R5.3 · La qualité des soins de santé est améliorée.
R6.1 · Des campagnes de sensibilisation sur les comportements de consommation et
d’hygiène sont réalisées.
R6.2 · La natalité et la fécondité ont diminué.
Résultats/Extrants
V ille
A1 · Encadrer les activités de promotion de la culture, de développement
des sports et des loisirs.
A2 · Encadrer et supporter l’équipe communale et les championnats
sportifs.
A3 · Construire et clôturer le terrain de football du centre ville.
A4 · Mettre en place un CLAC dans le centre-ville et des unités de loisirs
dans les grandes localités des sections communales (Cavalier 2e Kayaya 2e,
Dolian 2e, Sentiment 1re, Chariol 2e, Guillaume 1re, Balais 2e, 3e Division 1re,
Dessert 1re, Massé 1re, Jabouin 2e, Gauthier 2e).
Zone
Actions
· Troisième Partie · Planification · 123 ·
SP1 · Facilitation de l’accès
à l’information et de la mobilité des personnes et des biens
programmes
Sous-
Zone
Résultats/Extrants
L é g e n d e ·
C ommune
S ection
communale
R1 · Des études pour la construction du réseau routier communal et la réhabilitation du
port de Port-à-Piment sont réalisées.
R2 · Les routes menant à Balais et Paricot sont construites.
R3 · Les routes d’accès aux sites touristiques sont construites et aménagées.
R4 · les rues du centre-ville sont construites ou réhabilitées.
R5 · Les routes vicinales menant aux grandes habitations sont construites en terre battue.
R6.1 · Le tronçon dégradé de la route départementale est réhabilité.
R6.2 · L’autre moitié du pont menant aux Chardonnières est reconstruite.
R7.1 · Le port de Port-à-Piment est réhabilité.
R7.2 · Un service douanier est mis en place.
R8 · Les activités et transport maritime sont dynamisés.
R9.1 · Des plaidoyers pour l’amélioration de la qualité du service d’internet et de
communication par téléphone sont réalisés.
R9.2 · La qualité du service de téléphonie mobile et du service d’internet est améliorée.
R.10 · Les zones d’habitations ne sont plus inondées en périodes pluvieuses.
V ille
Programme 3 · Organisation de l’espace communal et aménagement du territoire
A1 · Réaliser des études pour la construction du réseau routier communal et la réhabilitation du port de Port-à-Piment.
A2 · Construire les routes menant à Balais et Paricot.
A3 · Construire et aménager les routes d’accès aux sites touristiques :
grotte Marie Jeanne, étang Pernélé, parc Macaya.
A4 · Construire et réhabiliter les rues du centre-ville.
A5 · Construire en terre battue les routes vicinales menant aux grandes
habitations.
A6 · Réhabiliter le tronçon dégradé de la route départementale et finaliser la construction du pont reliant Port-à-Piment et Les Chardonnières.
A7 · Réhabiliter le port de Port-à-Piment et mettre en place un service
de douane.
A8 · Appuyer les investisseurs privés et dynamiser les activités
portuaires ainsi que le transport maritime.
A9 · Plaidoyer auprès des opérateurs de service de téléphonie
mobile pour l’amélioration de la qualité du service d’internet et de
communication par téléphone et l’installation de matériels favorisant la
communication avec les sections communales.
A10 · Drainer et corriger les ravines d’importance de la commune
(Charles Christ, Plaine Cajou et Macato, etc.)
Actions
· 124 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
SP3 · Réhabilitation de l’environnement et préservation des
ressources naturelles
SP2 · Amélioration de l’accès à
l’énergie et de l’utilisation des
énergies renouvelables
programmes
Sous-
L é g e n d e ·
C ommune
A1 · Aménager les bassins versants par la mise en place de structures
de conservation de sols, l’implantation de lots boisés dans les zones
dénudées, de micro-forêts énergétiques et le recouvrement des zones
côtières en mangroves et vétiver.
A2 · Réglementer l’élevage libre et appliquer les dispositions légales en
la matière.
A3 · Délimiter, réglementer, aménager et préserver les aires protégées.
A4 · Recruter et former des agents forestiers.
A5 · Mettre en place des comités locaux d’aménagement et de protection
de l’environnement.
A6 · Mettre en place des pépinières communales, organiser des
campagnes régulières de reboisement et sensibiliser la population et
les élèves au civisme et à la préservation des écosystèmes terrestres et
aquatiques : espaces verts, flore aquatique, zones côtières, etc.
A7 · Mettre en place et subventionner des activités génératrices de
revenus et alternatives aux commerces dérivés de la coupe des arbres.
A1 · Mettre en place des systèmes d’alimentation électrique hors réseau
dans les sections communales.
A2 · Éclairer les zones de circulation stratégique par la mise en place de
lampadaires à énergie solaire.
A3 · Sensibiliser les acteurs privés sur l’accord de crédit d’énergie.
A4 · Sensibiliser la population sur la nécessité de protéger les
lampadaires.
A5 · Mettre en place un dispositif de subvention d’équipements d’exploitation d’énergies renouvelables et alternatives au charbon de bois et
autres combustibles fossiles.
S ection
communale
R1 · Les bassins versants sont aménagés.
R2.1 · L‘élevage libre est règlementé.
R2.2 · Des dispositions légales en matière d’élevage sont mises en application.
R3 · Des aires protégées sont préservées.
R4 · Des agents forestiers sont recrutés et formés.
R5 · Des comités locaux d’aménagement et de protection de l’environnement sont mis en place.
R6.1 · Des pépinières communales sont mises en place.
R6.2 · Des campagnes régulières de reboisement sont organisées.
R6.3 · Des campagnes de sensibilisation au civisme et à la préservation des écosystèmes
terrestres et aquatiques sont organisés.
R6.4 · Des aires sont reboisées.
R7 · Des activités génératrices de revenus et alternatives aux commerces dérivés de la
coupe des arbres sont subventionnées et mises en place.
R1.1 · Des systèmes d’alimentation électrique hors réseau dans les sections communales
sont mis en place.
R1.2 · La population des sections communales a accès à l’électricité.
R2 · les zones de circulation stratégique sont éclairées.
R3.1 · Des campagnes de sensibilisation sur le crédit d’énergie sont menées.
R3.2 · Le crédit d’énergie est accessible.
R4 · Des campagnes de sensibilisation sur la protection des lampadaires sont menées.
R4.1 · Un dispositif de subvention d’équipements d’exploitation d’énergies renouvelables
et alternatives au charbon de bois et autres combustibles fossiles est mis en place.
R4.2 · Des équipements subventionnés sont mis en place.
Résultats/Extrants
V ille
Zone
Actions
· Troisième Partie · Planification · 125 ·
SP1 · Renforcement des capacités
et amélioration de la performance
des services techniques municipaux
SP4 · Aménagement qualitatif du territoire et renforcement de la gestion de l’espace
programmes
SousR1 · Les outils d’aménagement et de gestion du territoire sont élaborés.
R2 · Les rues sont identifiées et les maisons numérotées.
R3 · La mobilisation fiscale est réalisée.
R4 · Les terrains du domaine public sont recensés.
R5.1 · Les systèmes d’approvisionnement en eau potable sont fonctionnels.
R5.2 · La population a accès à l’eau potable.
R6.1 · Un système de collecte et de traitement de déchets organiques et de recyclage des
résidus solides est mis en place.
R6.2 · La population a accès à un système de collecte et de traitement de déchets
organiques.
R7.1 · Des campagnes de sensibilisation sont réalisées.
R7.2 · Les maisons et les espaces publics sont pourvus de blocs sanitaires.
R7.3 · Les déjections sont mieux gérées et l’environnement est moins pollué.
R8 · Une place publique est construite et un monument historique est érigé en hommage
à Laurent Férou.
Résultats/Extrants
L é g e n d e ·
C ommune
A1 · Renforcer les capacités techniques et opérationnelles du personnel
de l’administration communale et des services de la Mairie (Urbanisme,
Fiscalité, Voirie, Affaires sociales, Équipements collectifs, etc.)
A2 · Mettre en place une structure de promotion et de formalisation
de relations d’intercommunalité et de coopération décentralisée en vue
du partenariat, du transfert de compétences, de la mutualisation des
ressources dans une logique de développement régional.
S ection
communale
R1.1 · Les capacités techniques et opérationnelles du personnel de l’administration
communale et des services de la Mairie sont renforcées.
R1.2 · La qualité des services techniques est améliorée.
R2.1 · Une structure de promotion et de formalisation des relations d’intercommunalité et
de coopération décentralisée est mise en place.
R2.2 · Des initiatives intercommunales ont augmenté.
V ille
Programme 4 · Amélioration de la gouvernance et renforcement des capacités organisationnelles des institutions municipales et de la société civile
A1 · Élaborer les outils d’aménagement du territoire et de contrôle
de l’espace : Plan d’Urbanisme et règlements d’urbanisme, Plan de
Zonage et règlements de zonage, Plan de lotissement et règlements de
lotissement.
A2 · Réaliser l’adressage des rues et le numérotage des maisons.
A3 · Mobiliser les ressources financières locales.
A4 · Recenser les terrains du domaine public et sécuriser les propriétés
et les biens.
A5 · Réhabiliter les systèmes d’approvisionnement en eau potable.
A6 · Mettre en place un système de collecte et de traitement de déchets
organiques et de recyclage des résidus solides (zones côtières).
A7 · Sensibiliser et appuyer la population pour la mise en place de blocs
sanitaires, la lutte contre le péril fécal, l’assainissement des côtes et du
littoral.
A8 · Construire une place publique moderne avec un monument d’hommage à Laurent Férou au niveau de Paricot (Pinette).
Zone
Actions
· 126 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
C ommune
S ection
communale
R1.1 · Le service de protection civile et de la croix rouge est renforcé et assisté.
R1.2 · Les décès dus aux accidents et catastrophes ont diminué.
R2 · Les sinistrés et personnes victimes de l’ouragan Matthew sont relogés et accompagnés.
R3.1 · Les organisations de femmes sont encadrées.
R3.2 · La famille est promue.
R4.1 · Le système de justice et de l’état civil est renforcé et étendu.
R4.2 · L’accès de la population des sections communales aux services de justice et d’état
civil est amélioré.
R1
composantes
favorisant
le dialogue
entre lesentre
acteurs
R1 ·: Le
Le CDC
CDCetetses
sesdifférentes
différentes
composantes
favorisant
le dialogue
leset la
mise
en
œuvre
du
PCD
sont
mis
en
place.
acteurs et la mise en œuvre du PCD sont mis en place
R2
formation
pourpour
les autorités
locales locales
est mis en
R2 ·: Un
Un dispositif
dispositifdede
formation
les autorités
estplace.
mis en place
R2.1
·
La
performance
des
autorités
locales
est
améliorée.
R2.1 : la performance des autorités locales est améliorée
R3.1
communication
est créée.
R3.1 ·: Une
Unecellule
celluledede
communication
est créée
R3.2
·
Un
espace
de
dialogue,
de
rencontre
et d’échanges
entre lesentre
élus et
autorités
R3.2 : Un espace de dialogue et de rencontres
d’échanges
leslesélus
et les
policières
et
judiciaires
est
organisé.
autorités policières et judiciaires est organisé
R4
d’implications
de lade
société
civile dans
lesdans
décisions
sont mis ensont
place.
R4 ·: Des
Des mécanismes
mécanismes
d’implications
la société
civile
les décisions
mis
enunplace
R5.1 ·
système de reddition de comptes est mis en place,
R5.1
un gestion
système
reddition de
compte est
mis enestplace
R5.2 :· La
desderessources
financières
communales
améliorée.
R5.2 : La gestion des ressources financières communales est améliorée
R1.1 · Les capacités organisationnelles et d’action des organisations de la société civile
sont renforcées.
R1.2 · Des initiatives de développement se sont accrues.
R2 · Des campagnes de sensibilisation de la population au civisme et à la citoyenneté sont
organisées.
Résultats/Extrants
V ille
A1 · Renforcer et assister le service de protection civile et de la Croix
rouge.
A2 · Accompagner et reloger les sinistrés et personnes victimes de
l’ouragan Matthew.
A3 · Plaidoyer pour la promotion de la famille et encadrer les organisations de femmes et de luttes féministes.
A4 · Renforcer le système de justice et de l’état civil et étendre ces
services dans les sections communales.
L é g e n d e ·
A1
favorisantlele
A1 ·· Mettre
Mettre en
en place
place le
le CDC
CDC et
et les
les différentes
différentes composantes
composantes favorisant
dialogue
entre
les
acteurs
et
la
mise
en
œuvre
du
PCD.
dialogue entre les acteurs et la mise en œuvre du PCD.
A2
A2 ·· Mettre
Mettre en
en place
place un
un dispositif
dispositif de
de formation
formation pour
pour les
les autorités
autorités locales
locales
notamment
les
Maires,
CASEC,
ASEC,
les
DV
embrassant
notamment les Maires, CASEC, ASEC, les DV embrassant les
les domaines
domaines de
de
leurs
leurs compétences
compétences au
au regard
regard de
de la
la loi.
loi.
A3
organiserun
unespace
espacede
de
A3 ·· Créer
Créer une
une cellule
cellule de
de communication
communication et
et organiser
dialogue
et
de
rencontres
d’échanges
entre
les
élus
locaux,
les
parlemendialogue et de rencontres d’échanges entre les élus locaux, les parlementaires,
taires, les
les autorités
autorités policières
policières et
et judiciaires.
judiciaires.
A4
·
Impliquer
la
société
civile
dans
A4 · Impliquer la société civile dans les
les prises
prises de
de décision
décisionsetetdans
danslalamise
en
œuvre
des
projets
de
développement.
mise en œuvre des projets de développement.
A5
A5 ·· Mettre
Mettre en
en place
place un
un système
système de
de reddition
reddition de
de comptes
comptes sur
sur la
la gestion
gestion
de
l’administration
communale,
de
dialogue
avec
la
population
de
de l’administration communale, de dialogue avec la population etetde
promotion
de
la
transparence.
promotion de la transparence.
A1 · Renforcer les capacités organisationnelles et d’action des organisations de la société civile.
A2 · Organiser des campagnes de sensibilisation de la population au
civisme et à la citoyenneté.
Zone
Actions
SP3
SP3 ·· Harmonisation
Harmonisation des
des relations
relations entre
entre les
les
institutions
institutions municipales,
municipales, les
les autorités
autorités et
et la
la
société
société civile
civile
SP4 · Promotion de la justice
sociale, de la sécurité et de
l’équité de genre
SP2 · Appui aux
structures organisées
de la société civile
programmes
Sous-
· Troisième Partie · Planification · 127 ·
· 128 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
8.3.2 Répartition des interventions suivant les compétences légales ou
orientations des acteurs
Le principe d’un État déconcentré et décentralisé mais unitaire implique la répartition
de compétences spécifiques au regard de
prescrits légaux entre des acteurs assurant la
gouvernance politique à différents niveaux
d’organisation du territoire dans une logique
commune de développement économique
et social. Ces compétences légales donnent
des indications qui, même si elles ne sont pas
toujours claires et précises, définissent les
prérogatives et le niveau de responsabilité de
chaque acteur face aux actions identifiées et
aux sources de financement indiquées.
Dans le PCD, les actions identifiées sont de
nature diverse et tombent sous la responsabilité
de différentes catégories d'acteurs intervenant
dans la commune dont l’administration centrale,
la Mairie, les CASEC et les entrepreneurs. Les
parlementaires et les partenaires techniques et
financiers sont des acteurs suppléants. Le PCD
étant un outil de développement territorial
à l’échelle communale, il est évident que la
Marie, qui a la charge légale de la gouvernance
de cette entité territoriale, est responsable de
la mise en œuvre du PCD.
Donc, dans ce rôle central de coordination
et de chef d’orchestre, certaines actions sont
de la responsabilité directe de la Mairie, qui
doit en assurer la mise en œuvre, soit à partir
de fonds propres dérivés de la mobilisation
fiscale, soit à partir de fonds externes issus des
allocations, des subventions et transferts de
l’administration centrale, du financement de
partenaires de la coopération internationale,
des dons de membres de la Diaspora ou éventuellement des emprunts.
Pour les autres interventions, la Mairie doit
prendre des mesures politiques, mettre en
œuvre des stratégies et mobiliser des efforts
afin de convaincre les autres acteurs, soit
à prendre leurs responsabilités, soit à participer
à l’effort de développement de la commune.
En conséquence, les projets tombant sous la
responsabilité des sections communales feront
l’objet de plaidoyers des CASEC auprès des
ministères sectoriels et directions autonomes
de l’État central.
Quand aux projets qui sont de la compétence
de l'administration centrale, ils donneront lieu
à des plaidoyers, des démarches et des revendications de la part du Conseil municipal. Et
finalement, les projets de production de biens
et services marchands feront l'objet de lobbying
auprès des entrepreneurs et de dialogue avec
les institutions de finances locales, nationales
ou internationales et les maisons d'assurance
afin de faciliter l’accès au crédit incitatif au
niveau communal.
Néanmoins, il n’y a pas de cloisonnement étanche
entre certaines responsabilités des acteurs. L’attribution d’une action est strictement liée au
niveau estimé de responsabilisation. Par ailleurs, la
commune étant une personne morale, elle peut
bien entreprendre des projets d’investissement public
ou de partenariat public-privé. Tout comme certaines
interventions qui devraient être des initiatives
privées sont prises en charge par l’État du fait
de la déficience des acteurs économiques. Au
regard de ces différenciations, les tableaux suivants définissent les responsabilités de chacun
de ces groupes d’acteurs.
· Troisième Partie · Planification · 129 ·
Tableau 24 ·
Actions du PCD de Port-à‑Piment relevant de la compétence de l’État central.
Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des compétences de l’État central
Sous-programmes
Actions
P1 · Dynamisation de l’économie locale et développement des secteurs économiques porteurs
SP1 · Valorisation et exploitation
des atouts touristiques
1. Former, encadrer techniquement et faciliter le financement des activités des artisans ;
développer les activités artisanales et construire des kiosques d’exposition et de vente
de produits artisanaux.
SP2 · Renforcement du secteur
agricole et amélioration de la
productivité des parcelles
2. Mettre en place une école moyenne d’agriculture avec des filières de formation de
techniciens agricoles, d’agents forestiers, d’agents vétérinaires.
3. Former les agriculteurs sur les techniques agricoles modernes et l’amélioration des
pratiques culturales.
4. Renforcer le Bureau agricole communal en personnel, matériels et équipements
modernes appropriés (motoculteurs, tracteurs et autres) au profit des associations de
planteurs et au service des campagnes agricoles et de réhabilitation de l’environnement.
5. Mettre en place après étude des systèmes d’exploitation des eaux de surface et
construire des canaux d’irrigation.
6. Renforcer les capacités organisationnelles et financières des associations de planteurs et
d’agriculteurs.
SP3 · Renforcement et développement des micro-entreprises et des
activités de commerce
7. Mettre en place un système de crédit agricole au taux préférentiel et subventionner les
cultures de rentes, les activités de pêche et d’élevage.
8. Doter les pêcheurs de matériels et équipements d’exploitation de la pêche en haute mer,
de conservation des produits halieutiques tels DCP ou fly boat.
9. Mettre en place et ensemencer des bassins piscicoles, des lacs collinaires et l’étang Pernélé.
10. Sensibiliser, former et encadrer les pêcheurs/pisciculteurs sur l’élevage de poissons,
la protection des plans d’eau et de l’environnement maritime, les techniques de pêche
SP4 · Diversification et amélioration
améliorée, l’utilisation de matériels de pêche modernes, la maintenance des équipede la production halieutique
ments et les techniques de conservation des produits halieutiques ;
11. Encadrer les marchandes de produits de pêche par la formation et le développement de
circuits de commercialisation avantageux.
12. Réglementer la pêche et sensibiliser les pêcheurs/pisciculteurs sur la protection de la
flore et de la faune aquatique.
· 130 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des compétences de l’État central
Sous-programmes
Actions
P2 · Amélioration et accès aux services sociaux de base
13. Renforcer le Bureau du District scolaire, restructurer et appuyer les écoles publiques et
privées en matériels didactiques, équipements et kits scolaires.
14. Mettre en place un programme de formation continue pour le recyclage et la formation
des inspecteurs et inspectrices, des directeurs et directrices et des professeurs d’école.
15. Mettre en place des centres d’alphabétisation fonctionnels et construire un centre de
formation professionnelle pour les métiers de construction, de pâtisserie, de couture,
d’artisanat, de tourisme, d’informatique, de dépannage de téléphones, les filières
SP1 · Amélioration de la qualité, de
porteuses de l’économie et spécifiques aux filles et aux femmes.
l’accès et du niveau de l’éducation 16. Construire des écoles nationales complémentaires, renforcer le personnel enseignant et
les capacités d’accueil des écoles existantes dans le centre-ville et les localités éloignées
des sections communales.
17. Mettre en place des réfectoires et cantines dans les établissements scolaires et
sensibiliser les élèves sur les bonnes habitudes alimentaires et hygiène de vie.
18. Promouvoir, sensibiliser, encadrer et mettre en place des comités mixtes de professeurs
et de parents pour la bonne scolarisation des enfants et un meilleur encadrement
pédagogique des élèves.
SP2 · Amélioration de la qualité et
de l’accès aux soins de santé
19. Recruter, former, recycler et équiper des agents de santé ou agents polyvalents, les
matrones et des collaborateurs volontaires.
20. Renforcer l’Hôpital communautaire de Référence nouvellement aménagé en personnel
du secteur public, médicaments, matériels et équipements appropriés aux soins de
base, d’urgence et hospitaliers (médecine interne, chirurgie, maternité, pédiatrie,
dentisterie, etc.).
21. Mettre en place des centres de santé à lits avec dortoir pour le personnel dans les
sections communales.
22. Doter les établissements de santé en personnel approprié, en matériels nécessaires pour
les soins ambulatoires et mettre en place un parc ambulancier communal.
23. Sensibiliser la population sur les comportements de consommation et d’hygiène
bénéfiques à la santé, et promouvoir le planning familial et l’utilisation de préservatif.
P3 : Organisation de l’espace communal et aménagement du territoire
SP1 · Facilitation de l’accès à
l’information et de la mobilité des
personnes et des biens
24. Réaliser des études pour la construction du réseau routier communal et la réhabilitation
du port de Port-à-Piment.
25. Construire et interconnecter les routes menant à Balais et Paricot.
26. Construire et aménager les routes d’accès aux sites touristiques : grotte Marie Jeanne,
étang Pernélé, parc Macaya.
27. réhabiliter le tronçon dégradé de la route départementale et construire l’autre moitié du
pont menant aux Chardonnières.
28. Réhabiliter le port de Port-à-Piment et mettre en place un service de douane.
29. Appuyer les investisseurs privés et dynamiser les activités portuaires et le transport maritime.
· Troisième Partie · Planification · 131 ·
Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des compétences de l’État central
Sous-programmes
Actions
P3 : Organisation de l’espace communal et aménagement du territoire (suite)
SP2 · Amélioration de l’accès à
l’énergie et de l’utilisation des
énergies renouvelables
30. Sensibiliser les acteurs privés sur l’accord de crédit d’énergie.
31. Mettre en place un dispositif de subvention d’équipements d’exploitation d’énergies
renouvelables et alternatives au charbon de bois et autres combustibles fossiles.
SP3 · Réhabilitation de l’environnement et préservation des
ressources naturelles
32. Aménager les bassins versants par la mise en place de structures de conservation de
sols, l’implantation de lots boisés dans les zones dénudées, de micro-forêts énergétiques et le recouvrement des zones côtières en mangroves et vétiver.
33. Délimiter, réglementer, aménager et préserver les aires protégées ; recruter et former
des agents forestiers ; mettre en place et subventionner des activités génératrices de
revenus et alternatives aux commerces dérivés de la coupe des arbres.
SP4 · Aménagement qualitatif du
territoire et renforcement de la
gestion de l’espace
34. Réhabiliter les systèmes d’approvisionnement et les infrastructures d’accès à l’eau
potable.
P4: Amélioration de la gouvernance et renforcement des capacités organisationnelles des institutions municipales et de la société civile
SP4 · Promotion de la justice sociale, 35. Renforcer et assister le service de protection civile et de la croix rouge ;
36. Renforcer le système de justice et de l’état civil et étendre ces services dans les sections
de la sécurité et de l’équité de
communales.
genre
Tableau 25 · Actions du PCD de Port-à-Piment relevant de l’administration communale et des CASEC
Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des compétences de la commune
Sous-programmes
Actions
P1 · Dynamisation de l’économie locale et développement des secteurs économiques porteurs
SP1 · Valorisation et exploitation
des atouts touristiques
1. Structurer et aménager les sites touristiques dont l’étang Pernélé, la grotte MarieJeanne, la plage et le parc Macaya.
2. Faire de la promotion pour le tourisme local à travers la diffusion de messages sur le site
d’internet de la mairie, à travers les réseaux sociaux et des brochures élaborées à cet effet.
3. Mettre en place des conditions et des avantages comparatifs favorisant les investissements privés et le partenariat public-privé dans le secteur et appuyer la recherche de
financement des acteurs économiques.
SP2 · Renforcement du secteur
agricole et amélioration de la
productivité des parcelles
4. Sensibiliser les propriétaires d’espaces cultivables et appuyer les agriculteurs
à l'entrepreneuriat, à l’association en coopératives agricoles et au regroupement des
parcelles en fermes d’élevage et d’exploitation agricole.
SP3 · Renforcement et développement des micro-entreprises et des
activités de commerce
5. Construire les infrastructures marchandes d’échanges et d’écoulement des produits :
construction des marchés du centre-ville, de Guillaume, de Cavalier, etc.
6. Plaidoyer et créer des conditions incitatives à l’investissement privé et à l'entrepreneuriat parmi les associations de pêcheurs/pisciculteurs.
· 132 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des compétences de la commune
Sous-programmes
Actions
P2 · Amélioration et accès aux services sociaux de base
SP1 · Amélioration de la qualité, de
l’accès et du niveau de l’éducation
7. Plaidoyer pour l’insertion de cours d’orientation professionnelle dans les curriculums
des écoles, la mise en place d’alternatives de carrière pour les élèves en difficulté,
l’éducation sexuelle, la prise en charge des élèves suragés et la gratuité effective des
écoles de niveau fondamental.
SP2 · Amélioration de la qualité et
de l’accès aux soins de santé
8. Mettre en place une table sectorielle pour des plaidoyers en faveur de l’insertion de la
commune dans une Unité Communale de Santé délimitée et fonctionnelle, l’augmentation
des fonds alloués au secteur, l’accès à un système d’assurance santé et l’orientation des
interventions des acteurs vers les besoins fondamentaux de la population en santé et des
priorités identifiées dans le PCD.
9. Encadrer les activités de promotion de la culture, de développement des sports et des
loisirs.
10. Encadrer et supporter l’équipe communale et les championnats sportifs.
SP3 · Mise en place d’un cadre
propice à la créativité culturelle, la 11. Construire et clôturer le terrain de football du centre-ville.
promotion de la pratique du sport 12. Mettre en place un CLAC dans le centre-ville et des unités de loisir dans les grandes
localités des sections communales (Cavalier 2e Kayaya 2e, Dolian 2e, Sentiment 1e,
et des loisirs
Chariole 2e, Guillaume 1e, Balais 2e, 3e Division 1e, Desert 1e, Massé 1e, Jabouin 2e,
Gauthier 2e).
P3 : Organisation de l’espace communal et aménagement du territoire
SP1 · Facilitation de l’accès à
l’information et de la mobilité des
personnes et des biens
SP2 · Amélioration de l’accès à
l’énergie et de l’utilisation des
énergies renouvelables
13. Construire et réhabiliter les rues du centre-ville.
14. Construire en terre battue les routes vicinales menant aux grandes habitations.
15. Plaidoyer auprès des opérateurs de service de téléphonie mobile pour l’amélioration de la
qualité du service d’internet et de communication par téléphone et l’installation de matériels
favorisant la communication avec les sections communales.
16. Drainer et corriger les ravines d’importance de la commune (Charles Christ, plaine Cajou,
Macato, etc.)
17. Éclairer les zones de circulation stratégique par la mise en place de lampadaires
à énergie solaire.
18. Sensibiliser la population sur la nécessité de protéger les lampadaires.
19. Réglementer l’élevage libre et appliquer les dispositions légales en la matière.
20. Mettre en place des pépinières communales, organiser des campagnes régulières de
SP3 · Réhabilitation de l’environnereboisement et sensibiliser la population et les élèves au civisme et à la préservation
ment et préservation des ressources
des écosystèmes terrestres et aquatiques : espaces verts, flore aquatique, zones
naturelles
côtières, etc.
21. Mettre en place des comités locaux d’aménagement et de protection de l’environnement
· Troisième Partie · Planification · 133 ·
Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des compétences de la commune
Sous-programmes
Actions
P3 : Organisation de l’espace communal et aménagement du territoire (suite)
SP4 · Aménagement qualitatif du
territoire et renforcement de la
gestion de l’espace
22. Élaborer les outils d’aménagement du territoire et de contrôle de l’espace : plan
d’urbanisme et règlements d’urbanisme, plan de zonage et règlements de zonage / plan
d’occupation des sols, plan de lotissement et règlements de lotissement.
23. Réaliser l’adressage des rues et le numérotage des maisons.
24. Mobiliser les ressources financières locales.
25. Recenser les terrains du domaine public et sécuriser les propriétés et les biens.
26. Mettre en place un système de collecte et de traitement de déchets organiques et de
recyclage des résidus solides (zones côtières).
27. Sensibiliser et appuyer la population pour la mise en place de blocs sanitaires, la lutte
contre le péril fécal, l’assainissement des côtes et du littoral.
28. Construire une place publique moderne avec un monument d’hommage à Laurent Férou
dans la section communale de Paricot (Pinette).
P4: Amélioration de la gouvernance et renforcement des capacités organisationnelles des institutions municipales et de la société civile
29. Renforcer les capacités techniques et opérationnelles du personnel de l’administration
communale et des services de la Mairie (Urbanisme, Fiscalité, Voirie, Affaires sociales,
SP1 · Renforcement des capacités et
Équipements collectifs, etc.)
amélioration de la performance des
30. Mettre en place une structure de promotion et de formalisation de relations d’intercommuservices techniques municipaux
nalité et de coopération décentralisée en vue du partenariat, du transfert de compétences,
de la mutualisation des ressources dans une logique de développement régional.
SP2 · Appui aux structures organisées de la société civile
31. Renforcer les capacités organisationnelles et d’action des organisations de la société civile.
32. Organiser des campagnes de sensibilisation de la population au civisme et à la citoyenneté.
SP3 · Harmonisation des relations
entre les institutions municipales,
les autorités et la société civile
33. Mettre en place le CDC et ses différentes composantes favorisant le dialogue entre les
acteurs et la mise en œuvre du PCD.
34. Mettre en place un dispositif de formation pour les autorités locales, notamment les
Maires, CASEC, ASEC, les DV embrassant les domaines de leurs compétences au regard
de la loi.
35. Créer une cellule de communication et organiser un espace de dialogue et de rencontres
d’échanges entre les élus locaux, les parlementaires, les autorités policières et
judiciaires.
36. Impliquer la société civile dans les prises de décisions et dans la mise en œuvre des
projets de développement.
37. Mettre en place un système de reddition de compte sur la gestion de l’administration
communale, de dialogue avec la population et de promotion de la transparence.
SP4 · Promotion de la justice sociale, 38. Accompagner et reloger les sinistrés et personnes victimes de l’ouragan Matthew.
39. Plaidoyer pour la promotion de la famille et encadrer les organisations de femmes et de
de la sécurité et de l’équité de
luttes féministes.
genre
· 134 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Tableau 26 · Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des interventions/initiatives du secteur privé
Actions du PCD de Port-à-Piment relevant des compétences de la commune
Sous-programmes
Actions
P1 · Dynamisation de l’économie locale et développement des secteurs économiques porteurs
SP1 · Valorisation et exploitation des atouts
touristiques
1. Promouvoir et appuyer la mise en place de villages éco-touristiques au parc
Macaya et dans les sections communales.
2. Augmenter les capacités d’accueil des touristes par le réaménagement et
la construction des hôtels, des restaurants et infrastructures de loisirs
respectant les normes et les standards internationaux.
SP2 · Renforcement du secteur agricole et
amélioration de la productivité des parcelles
3. Mettre en place des boutiques d’intrants agricoles et banques de semences
de cultures résilientes adaptées aux bouleversements climatiques et
changements de saisons.
4. Appuyer et mettre en place des unités de stockage, de conservation et de
SP3 · Renforcement et développement des
transformation des produits agricoles, halieutiques et d’élevage.
micro-entreprises et des activités de commerce
8.3.3 Plan d’investissement quinquennal
Tableau 27 ·Plan d’investissement quinquennal
Plan d’investissement quinquennal PCD de la commune de Port-à‑Piment 2018-2023
Programmes/Sous-programmes/Actions
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023
Total
P1 · Organisation et aménagement du territoire communal
SP1.1 · Aménagement et gestion du territoire communal
A1 · Élaboration des outils d’aménagement et de gestion
du territoire
-
2 000 000
2 000 000
-
- 4 000 000
A2 · Adressage des rues et numérotage des maisons
-
500 000
500 000
-
- 1 000 000
100 000
-
-
-
-
-
1 000 000
-
-
- 1 000 000
A5 · Mise en place d’un système de collecte et de
traitement de déchets organiques et de recyclage des
déchets solides (zones côtières)
2 000 000
2 000 000
2 000 000
-
- 6 000 000
A6 · Lutte contre le péril fécal et la pollution des côtes
par la sensibilisation et l’appui à la population pour
la mise en place de blocs sanitaires dans les zones
défavorisées et les villages limitrophes au littoral
100 000
100 000
100 000
100 000
-
400 000
A7 · Identification des propriétés bâties et des
bâtiments commerciaux
100 000
-
-
-
-
100 000
A3 · Recensement des terrains du domaine public
A4 · Accompagnement et relogement des sinistrés /
Récupération et sécurisation des espaces privés squattés
après le passage du cyclone Matthew
100 000
· Troisième Partie · Planification · 135 ·
Plan d’investissement quinquennal PCD de la commune de Port-à‑Piment 2018-2023
Programmes/Sous-programmes/Actions
A8 · Construction d’une place publique moderne avec un
monument d’hommage à Laurent Férou à Paricot (Pinette)
Total SP1.1
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023
Total
-
5 000 000
-
-
- 5 000 000
2 300 000
10 600 000
4 600 000
100 000
- 17 600 000
SP1.2 · Facilitation de l’accès à l’information et de la mobilité des personnes et des biens
A1 · Construction/réhabilitation des rues du centre-ville
-
3 000 000
3 000 000
-
- 6 000 000
A2 · Construction/réhabilitation des routes vicinales
menant aux grandes habitations
-
1 000 000
1 000 000
1 000 000
1 000 000
4 000 000
A3 · Plaidoyer auprès des opérateurs de service de téléphonie mobile pour l’amélioration des qualités des services et
l’extension des réseaux dans les sections communales
100 000
100 000
-
-
-
200 000
A4 · Drainage et correction des ravines d’importance de la
commune (Charles Christ, plaine Cajou et Macato, etc.)
1 000 000
2 000 000
-
1 000 000
4 000 000
Total SP1.2
1 100 000
6 100 000
4 000 000
2 000 000
1 000 000 14 200 000
SP1.3 · Amélioration de l'accès à l'énergie électrique renouvelable
A1 · Éclairage des zones de circulation stratégique
(lampadaires solaires)
500 000
500 000
500 000
500 000
500 000
2 500 000
A2 · Sensibilisation de la population sur la nécessité de
protéger les lampadaires
50 000
50 000
50 000
50 000
50 000
250 000
Total SP1.3
550 000
550 000
550 000
550 000
550 000
2 750 000
SP1.4 · Réhabilitation et protection de l’environnement
A1 · Mise en place de pépinières dans les sections communales
-
200 000
200 000
-
-
400 000
A2 · Développement de périmètres boisés et de forêts
énergétiques dans les zones dénudées et vulnérables à
forte utilisation du charbon de bois et reboisement des
zones côtières en mangroves et vétiver
100 000
150 000
200 000
200 000
200 000
850 000
A3 · Campagnes de sensibilisation sur la protection de
l'environnement, la préservation des espaces verts et la
conservation des sols
75 000
75 000
75 000
75 000
75 000
375 000
A4 · Séances d'éducation au civisme et la formation
écologique des jeunes dans les établissements scolaires pour
la préservation des écosystèmes terrestres et aquatiques
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
500 000
A5 · Campagnes trimestrielles citoyennes de reboisement et 1er mai à l'échelle communale
400 000
400 000
400 000
400 000
400 000
2 000 000
A6 · Montage de comités locaux d’aménagement et de
protection de l’environnement
50 000
-
-
-
-
50 000
A7 · Mise en place d'un site de décharge/centre
d’enfouissement technique
3 000 000
-
-
-
- 3 000 000
A8 · Renforcement du service de la voirie
200 000
200 000
-
-
-
400 000
Total SP1.4
3 925 000
1 125 000
975 000
775 000
775 000
7 575 000
TOTAL P1
7 875 000
18 375 000 10 125 000
3 425 000
2 325 000 42 125 000
· 136 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Plan d’investissement quinquennal PCD de la commune de Port-à‑Piment 2018-2023
Programmes/Sous-programmes/Actions
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023
Total
P2 · Dynamisation de l'économie locale et développement des secteurs économiques porteurs
SP2.1 · Valorisation et exploitation des atouts touristiques
A1 · Structuration et aménagement des sites touristiques
1 000 000
1 000 000
1 000 000
1 000 000 1 000 000 5 000 000
A2 · Promotion du tourisme local à travers le site d'internet
de la Mairie, les réseaux sociaux et des brochures
100 000
100 000
100 000
100 000
Total SP2.1
1 100 000
1 100 000
1 100 000
1 100 000 1 100 000 5 500 000
100 000
500 000
SP2.2 · Renforcement et développement des micro-entreprises et des activités de commerce
A1 · Construction des infrastructures marchandes
d'échange et d'écoulement des produits
- 3 000 000
2 000 000
3 000 000 3 000 000 11 000 000
Total SP2.2
- 3 000 000
2 000 000
3 000 000 3 000 000 11 000 000
SP2.3 · Amélioration de la production du secteur agricole
A1 · Plaidoyer et sensibilisation des propriétaires d’espaces
cultivables à s'impliquer dans les activités agricoles
200 000
-
-
-
A2 · Sensibilisation des propriétaires terriens et des
planteurs à s'associer en coopératives agricoles
200 000
200 000
200 000
200 000
200 000 1 000 000
A3 · Sensibilisation des propriétaires et des planteurs à
regrouper les parcelles en fermes agricoles
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
Total SP2.3
500 000
300 000
300 000
300 000
300 000 1 700 000
-
200 000
500 000
SP2.4 · Amélioration de la productivité de la pêche
A1 · Plaidoyer pour la création de conditions incitatives
à l'investissement privé et l'entrepreneuriat parmi les
associations de pêcheurs/pisciculteurs
100 000
100 000
-
-
-
200 000
Total SP2.4
100 000
100 000
-
-
-
200 000
SP2.5 · Structuration et organisation de l'élevage
A1 · Plaidoyer pour le subventionnement, l'acquisition
et la distribution d'espèces animales améliorées
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
500 000
A2 · Plaidoyer pour la subvention publique des associations
d'éleveurs et l'encouragement d'investissement privé
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
500 000
A3 · Sensibilisation sur la formation d'associations, de
coopératives d'élevage et d'espaces de pâturages collectifs
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
500 000
A4 · Mise en place de fermes/parcs à bestiaux
600 000
600 000
600 000
600 000
600 000 3 000 000
A5 · Campagne d'identification des animaux
300 000
300 000
300 000
300 000
300 000 1 500 000
A6 · Réglementation de l’élevage libre
200 000
-
-
-
Total SP2.5
1 400 000
1 200 000
1 200 000
1 200 000 1 200 000 6 200 000
TOTAL P2
3 100 000
5 700 000
4 600 000
5 600 000 5 600 000 24 600 000
-
200 000
· Troisième Partie · Planification · 137 ·
Plan d’investissement quinquennal PCD de la commune de Port-à‑Piment 2018-2023
Programmes/Sous-programmes /Actions
2018-2019
2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023 Total
P3 · Amélioration de l’accès aux services sociaux de base
SP3.1 · Amélioration de la qualité, de l'accès et du niveau de l'éducation
A1 · Plaidoyer pour l'insertion de cours d'orientation
professionnelles dans les curriculums des écoles
50 000
50 000
50 000
50 000
50 000
250 000
Total SP3.1
50 000
50 000
50 000
50 000
50 000
250 000
SP3.2 · Amélioration de l'accès aux soins de santé de qualité
A1 · Mise en place d'une table sectorielle pour des
plaidoyers en faveur de la santé
Total SP3.2
-
-
200 000
-
-
200 000
-
-
200 000
-
-
200 000
SP3.3 · Mise en place d'un cadre propice à la créativité culturelle, la promotion de la pratique du sport et des loisirs
A1 · Encadrement des activités de promotion de la culture,
de développement des sports et loisirs
200 000
200 000
200 000
200 000
200 000 1 000 000
A2 · Encadrement de l'équipe communale et des championnats sportifs
300 000
300 000
300 000
300 000
300 000 1 500 000
- 3 000 000
-
-
- 3 000 000
A3 · Construction et clôture du terrain de football du centre-ville
A4 · Mise en place d'un CLAC dans le centre-ville et
d’unités de loisirs dans les grandes localités des sections
communales
Total SP3.3
2 000 000
2 000 000
2 000 000
2 000 000
2 000 000 10 000 000
2 500 000
5 500 000
2 500 000
2 500 000
2 500 000 15 500 000
Total P3
2 550 000
5 550 000
2 750 000
2 550 000
2 550 000 15 950 000
Le terrain de football du centre-ville de Port-à‑Piment va
être clôturé.
· 138 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Plan d’investissement quinquennal PCD de la commune de Port-à‑Piment 2018-2023
Programmes/Sous-programmes/Actions
2018-2019
2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023 Total
P4 · Amélioration de la gouvernance et renforcement des capacités organisationnelles des institutions
municipales et de la société civile
SP4.1 · Renforcement des capacités et amélioration de la performance des services techniques municipaux
A1 · Renforcement des capacités techniques du personnel
de l'Administration Communale et des services techniques
A2 · Mise en place d'une structure de promotion et de
formalisation de l'intercommunalité
400 000
-
200 000
-
-
-
600 000
200 000
-
-
-
200 000
-
500 000
A3 · Appui technique et formation du personnel
500 000
-
-
-
A4 · Mobilisation fiscale
200 000
200 000
200 000
200 000
200 000 1 000 000
Total SP4.1
1 100 000
600 000
200 000
200 000
200 000 2 300 000
P4.2 · Appui aux structures organisées de la société civile
A1 · Renforcement des capacités organisationnelles et
d'actions de la société civile
-
200 000
200 000
-
-
400 000
A2 · Campagnes de sensibilisation au civisme et à la
citoyenneté
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
500 000
Total P4.2
100 000
300 000
300 000
100 000
100 000
900 000
SP4.3 · Harmonisation des relations entre les institutions municipales, les autorités et la société civile
A1 · Mise en place du CDC et ses différentes composantes
100 000
-
-
-
-
100 000
A2 · Mise en place d'un dispositif de formation pour les
autorités locales
150 000
150 000
150 000
150 000
150 000
750 000
A3 · Mise en place d'une cellule de communication et d ;
un espace de dialogue entre les autorités
-
300 000
100 000
-
-
400 000
A4 · Implication de la société civile dans les prises
de décision et la mise en œuvre des projets de
développement
150 000
150 000
150 000
150 000
150 000
750 000
A5 · Mise en place d'un système de reddition de compte
100 000
-
-
-
-
100 000
A6 · Plaidoyer pour la promotion de la famille
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
500 000
A7 · Encadrement des organisations de femmes et de
luttes féministes
100 000
100 000
100 000
100 000
100 000
500 000
Total SP4.3
700 000
800 000
600 000
500 000
500 000 3 100 000
Total P4
1 900 000
1 700 000
1 100 000
800 000
800 000 6 300 000
Total Plan d’investissement (P1+P2+P3+P4)
15 425 000 31 325 000 18 575 000 12 375 000 11 275 000 88 975 000
· Troisième Partie · Planification · 139 ·
9. M e s u r e s p o l i t i q u e s
pour Port-à‑Piment
I
l demeure que la réalisation des objectifs du
Plan dans le contexte actuel ne sera qu’une
utopie sans la conjugaison de paramètres
essentiels dont la volonté politique réelle des
autorités locales et centrales. Au niveau de la
commune, cette volonté se traduit par la mise
en application d’une série de mesures de politiques orientées vers le développement
fréquence des rencontres, de soumission de
rapports et leurs contenus.
Outre le CDC, la Mairie mettra en place un forum
des élus composé du CM, des ASEC, des CASEC et
des DV dont le pilotage sera assuré par le Conseil
municipal. Cet espace de dialogue entre élus locaux travaillera pour que la commune, à travers
ses élus, parle d’une seule voix après concertation.
66 Mesure 1 : coordonner les actions de
développement
La coordination des interventions sur le territoire communal se fera par la mise en place
d’une structure de concertation communale
qui est le Conseil de Développement communal (CDC).
Cette structure sera rendue opérationnelle
avant même que le PCD soit validé. Il sera
adopté d’une part les règlements intérieurs du
CDC spécifiant sa composition, ses responsabilités, ses attributions au regard à la mise
en œuvre du PCD. Les règlements intérieurs
viendront spécifier les prescrits légaux et le
mode de fonctionnement du CDC. Cette structure de concertation aura pour rôle principal
de chercher à harmoniser les différentes actions des
opérateurs de développement. Il sera fait l’obligation
aux opérateurs de fournir leurs rapports sur
leurs actions au niveau de la commune. Les
règlements intérieurs du CDC préciseront la
66 Mesure 2 : encourager l’investissement et
le développement du commerce dans la
commune
Le développement de la commune passera
aussi par le volume d’investissements privés
susceptibles de créer une vraie dynamique économique et des emplois stables. La mairie devra
créer des conditions pour attirer des investisseurs
locaux, nationaux et étrangers. Elle utilisera tous les
moyens de communication possibles (réseaux
sociaux, site web, brochures entre autres) pour
communiquer avec l’extérieur sur les potentialités
majeures de la commune, notamment les filières
porteuses de l’économie comme le tourisme, la
pêche, l’agriculture et l’élevage. La communauté
de la diaspora issue de la commune devra être
mobilisée spécifiquement en ce sens.
· 140 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
De plus, la Mairie travaillera pour créer des
facilités d’accès au crédit pour les investisseurs.
En ce sens, elle explorera les possibilités d’accès
de crédit à l’ONA, le FDI et autres institutions
financières (banques ou institutions de micro-finance). Ensuite, la mairie se donnera pour
mission d’appuyer les initiatives économiques
locales, particulièrement, celles initiées par de
jeunes entrepreneurs, en mettant en place un
dispositif d’accompagnement pour l’acquisition
de statut légal de leurs entreprises.
Des mesures seront prises pour la diminution
du paiement des taxes, des droits ou des redevances fiscales pendant la première année de
fonctionnement des entreprises nouvellement
installées. En outre, la Mairie entreprendra un
dialogue et des négociations conjointement
avec les coopératives locales et les institutions
d’aide multilatérale pour que l’appui aux organisations communautaires de base passe aussi par
la création d’un fonds spécial d’aide aux PME
sous forme de prêts à des taux préférentiels.
66 Mesure 3: créer l’harmonie entre les différents pouvoirs politiques à l’échelle
communale
Le Diagnostic a révélé que le problème majeur
qui alimente les conflits entre les différents
élus est dû à une mauvaise interprétation des
compétences légales de chacun des élus et un
manque, voire une absence catégorique de
communication et de dialogue à deux niveaux
alimentée par les luttes de clans et ayant pour
corollaire la mauvaise gouvernance de la
commune. La Mairie est consciente de cette
situation et entend prendre des dispositions
pour y remédier.
Pour ce faire, la Mairie devra s’assurer du bon
fonctionnement du CDC qui réunira tous les
secteurs de la vie communale (les élus locaux,
les SDE, la SC) dont elle assurera la coordination. D’autres initiatives qui faciliteront le
dialogue entre les différents acteurs étatiques
pourront être prises pour aplanir les différends,
définir le cadre de travail et s’entendre sur la
poursuite de la vision de la commune et des
objectifs du PCD.
Il s’agit, entre autres, de créer des espaces de
dialogue qui faciliteront les échanges entre autorités (élus locaux, parlementaires, SDE) sur
les actions en cours et en perspective. Ces dispositifs faciliteront le partage des informations
et des prises de décisions avec l’approbation
de toutes les instances concernées. Ce sera un
atout pour une meilleure communication et
une meilleure articulation des interventions
entre le pouvoir local, le pouvoir législatif et
l’administration centrale à travers les SDE.
Cela facilitera la conjugaison commune des
efforts en vue du financement des actions
et la réalisation des interventions du PCD. Il
facilitera aussi les plaidoyers et les négociations auprès des ministères sectoriels pour le
transfert de fonds de financement des actions
du PCD et la prise en charge des interventions
tombant sous leurs compétences.
66 Mesure 4 : mobiliser des ressources financières locales
Pour répondre à ses obligations de fonctionnement et mieux fournir les services publics qui
relèvent de sa compétence, la Mairie doit pouvoir mobiliser les fonds nécessaires. La collecte
de fonds propres passe par la mobilisation fiscale.
Les citoyens seront sensibilisés et informés sur
leurs obligations fiscales : payer leurs impôts,
en particulier, la CFPB, la patente, les droits de
construction et toutes autres redevances exigées par la loi. Cette sensibilisation sera suivie
· Troisième Partie · Planification · 141 ·
d’une enquête sur les potentialités fiscales de
la commune et d’une phase de recouvrement à
travers la DGI. Par ailleurs, la Mairie se fera aider
des CASEC dans le recouvrement des taxes au
niveau des sections communales en mettant des
dispositifs qui les garantissent une répartition
équitable des ressources.
Pour le dernier exercice fiscal, les recettes propres
de l’administration communale ont atteint
157 959,00 gourdes pour des prévisions de dépenses
de fonctionnement et d’investissement de l’ordre de
7 657 959,00 gourdes. Donc, des efforts vigoureux
seront déployés et une politique d’implication
citoyenne forte sera menée afin d’élargir progressivement l’assiette fiscale.
Pour répondre à ses dépenses, un montant de
7 500 000,00 gourdes est alloué à la Mairie par le MICT
dans le FGDCT. Ce qui rapporte les recettes à un
montant de 7 657 959,00 gourdes. Un total de
5 257 714,00 sont alloués au fonctionnement, soit
68,66 % tandis que seulement 31,34% sont
alloués aux investissements. Consciente que
cette situation est l’inverse des exigences
légales, la Mairie se décide à mener une politique d’austérité administrative orientée vers
la compression des postes de responsabilité
en vue de revoir à la baisse ses dépenses de
fonctionnement et réaffecter cette partie des
ressources à l’investissement et au financement
des services publics.
La Mairie entend aussi instituer un dialogue
constructif avec le pouvoir central et les ministères sectoriels afin de tirer une meilleure
partie des fonds destinés aux collectivités
territoriales, du Programme d’Investissement
public, des dépenses de transfert et allocations
de l’administration centrale
66 Mesure 5 : communiquer et rendre compte
La gestion de la chose publique doit être une
affaire publique. D’autant plus que la lutte contre
la corruption passe par la transparence et la
reddition des comptes, qui sont des attributs
de la bonne gouvernance. À cet effet, la Mairie
entreprendra des consultations lors de l’élaboration des budgets prévisionnels annuels de
la Municipalité en vue de la participation des
citoyens de la commune.
Elle organisera des audiences publiques selon
un calendrier trimestriel ou semestriel pour
faciliter le dialogue entre les autorités locales
et la société civile. Cet espace permettra aussi
de présenter des rapports à la fin de chaque
exercice fiscal pour la reddition des comptes
aux contribuables. Ces dispositions encourageront la transparence dans la gestion de
l’administration communale.
Un citoyen sensibilisé et bien informé est
mieux habile à participer aux activités de
développement de sa communauté. La Mairie
organisera de façon régulière des campagnes
de sensibilisation, des séances d’information
et des activités d’éducation civique sur les
droits et devoirs du citoyen, la protection de
l’environnement et tout sujet d’engagement
citoyen. Ces mesures permettront de lutter
contre l’incivisme et l’évasion fiscale.
66 Mesure 6 : promouvoir le partenariat,
l’intercommunalité et la coopération
décentralisée
Les maigres ressources dont dispose la Mairie ne lui permettent pas de fournir tous les
services et, encore moins, des services de
qualité. Si certains services pourront être
· 142 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
garantis par une seule mairie, d’autres ne le
seront pas et demandent un effort concerté. La
Mairie, consciente de ses limites financières,
prendra des dispositions pour dialoguer avec
les communes voisines dans l’éventualité
d’une mutualisation de ressources et de
compétences pour fournir certains services.
Aussi, s’engagera-t-elle dans des démarches
qui pourront aboutir à des partenariats avec
d’autres collectivités territoriales étrangères
qui prendront la forme de jumelage et de coopération décentralisée.
66 Mesure 7 : Favoriser la paix, la stabilité et la
cohésion sociale
La Mairie prendra des dispositions pour
démarcher au niveau de l’État central pour
la déconcentration de certains services tels l’État
civil, le tribunal de paix, le commissariat et
autres, pour mieux répondre aux besoins des
populations des sections communales dans
une logique de restructuration du territoire
par une meilleure répartition des services
publics. La Mairie entend aussi entreprendre
des démarches pour l’encadrement et la relocalisation des sinistrés de l’ouragan Matthew.
Cela permettra de protéger les propriétés du
domaine privé et public, récupérer une partie
du littoral, relocaliser, reloger et assister
les habitants qui prennent domicile dans
le cimetière. Et finalement, il est prévu la
recherche de moyens en vue de l’encadrement
technique et financier des organisations communautaires de base et autres structures organisées
de la société civile. Il est à consentir des efforts pour diminuer la vulnérabilité des plus
pauvres et de faciliter l’intégration sociale
des jeunes.
La Mairie cherchera à déconcentrer certains services comme le commissariat.
· Troisième Partie · Planification · 143 ·
· QUATR IÈME PARTIE ·
MISE EN ŒUVRE
· 144 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
10. Mécanisme de mise en
œuvre du PCD
L
a portée plurielle et la diversification des actions identifiées dans le PCD font que sa mise
en œuvre exige la participation et l’engagement des acteurs intervenant dans la Commune.
Ces exigences renforcent d’ailleurs les mesures
légales et les dispositions méthodologiques en
la matière qui définissent le cadre institutionnel
de la mise en œuvre du PCD. Par ailleurs, un
ensemble de mécanismes est nécessaire, sinon
indispensable pour atteindre les objectifs du PCD
et réaliser les programmes et projets qui y sont
inscrits. Il s’agit entre autres de mettre en place
une stratégie de communication, des stratégies
de mobilisation des ressources, des mécanismes
de financement des actions, des mesures de suivi
et d’évaluation. Cependant, il est important que
la mise en œuvre du PCD s’inscrive dans un cadre
institutionnel tant au niveau stratégique qu’au
niveau opérationnel.
66 Niveau stratégique : suivant les prescrits
de la loi cadre sur la décentralisation
de 2006, le montage du PCD est une
initiative des autorités municipales qui
ont la responsabilité de son exécution.
Néanmoins, sa mise en œuvre fait appel
à une instance beaucoup plus large et
participative : le Conseil de Développement
communal (CDC), qui jouera le rôle de
veille dont la mise en œuvre du PCD lui
incombe.
66 Niveau opérationnel : Le CDC, dirigé par
un comité exécutif, devra se doter d’un
secrétariat qui en assure l’animation. Le
Conseil exécutif devra aussi et surtou
t rechercher l’implication des acteurs
techniques et financiers dans la mise à
exécution des projets. Sous le leadership
du Conseil communal, le Comité exécutif
du CDC devra :
>> planifier les actions à entreprendre ;
>> négocier les modalités des interventions ;
>> rechercher et mobiliser les sources de
financement ;
>> orienter les investissements ;
>> coordonner la mise en œuvre ;
>> prendre des mesures qui s’imposent
pour les corrections.
· quatrième partie · mise en œuvre · 145 ·
10.1 Communiquer et mobiliser les acteurs
La nature même du PCD lui
confère indubitablement
un caractère communicatif,
qui est un attribut essentiel
sinon nécessaire à la responsabilisation des acteurs et à
la mise en œuvre des actions
identifiées. Leur appropriation et leur collaboration
passent, d’abord, par une
bonne connaissance des
actions à travers un système
de vulgarisation du PCD
supportée par des stratégies
multiples de communication
active, attractive, continue
et efficace.
Le but ultime de ce système
de ommunication est d’informer et d’assurer la participation
active de tous à l’exécution
du plan, de négocier avec
d’autres acteurs pouvant
contribuer à la mobilisation
des ressources nécessaires au
financement des programmes
et projets. La communication
autour du PCD pourra être
réalisée par :
~~ la mise en place d’une structure conjointe réunissant le service socioculturel de la Mairie et l’unité de communication
du CDC pour la vulgarisation du contenu du document ;
~~ l’organisation d’un atelier réunissant toutes les forces vives
de la commune pour la validation et la popularisation du PDC ;
~~ l’utilisation de la radio locale à ses heures de fonctionnement
et d’autres stations communautaires captées dans la commune
aux fins de promotion et de vulgarisation de masse du Plan ;
~~ la création d’un site web, qui peut être utilisé non seulement
pour la promotion des sites touristiques ; mais aussi pour le PCD.
Ce dispositif a plusieurs avantages comme la sensibilisation
des Portapimentais de toutes parts, la consultation en ligne
du document, la mobilisation de partenaires techniques et
financiers, la communication des avancées effectuées, etc. ;
~~ l’élaboration de dépliants, de brochures et d’une version allégée du PCD
pour faciliter sa consultation et favoriser la diffusion de son contenu;
~~ la mise en place d’un forum des élus et des autorités réunissant
la Mairie, les ASEC, les CASEC, le député, les sénateurs du
département et autres, en vue du partage du contenu du PCD, de
la recherche de financement, de la planification des actions et de
l’évaluation des interventions ;
~~ l’organisation de rencontres d’information et de plaidoirie
auprès des ministères sectoriels redevables à travers le budget
national et directement concernés par la réalisation de
certaines interventions au regard de leurs compétences et
des dispositions légales correspondantes ;
~~ la planification de séances d’information et de lobbying avec
les représentants des organisations non gouvernementales, des
partenaires techniques et financiers, des agences de coopération
internationale, en vue de l’obtention de lettre d’intention pour
la réalisation de certaines interventions ou le financement de
certaines actions ;
~~ la création d’une plateforme de communication permanente
avec des entrepreneurs, des investisseurs, la chambre de
commerce départemental dans une logique de lobbying,
de négociation en vue d’attirer des investissements pour les
projets de production de biens et de services marchands ;
~~ l’organisation d’audiences publiques trimestrielles ou semestrielles sur l’état d’avancement du PCD et la reddition de compte.
· 146 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
10.2 Mobilisation de ressources et mécanisme de
financement
~~ les recettes fiscales communales, notamment le CFPB et la patente ;
~~ le financement par le budget national et l’administration centrale
à travers les subventions des entités de l’État central, les
dépenses de transfert et le dégel de fonds destinés aux
collectivités territoriales ;
~~ la contribution des agences internationales, des ONG, des institutions étrangères d’aide au développement, des projets
locaux, régionaux et nationaux ;
~~ le cofinancement par des partenaires techniques et financiers pour
les actions de développement ;
~~ la mobilisation commune de ressources de nature diverse
dans le cadre de la coopération intercommunale ;
~~ le partage d’expertises et de ressources matérielles, financières et
humaines dans le cadre de la coopération décentralisée avec les
mairies d’outre-frontière et d’outre-mer ;
Atelier de validation du PCD de Port-à-Piment ~~ la Commune pourra aussi contracter des prêts auprès des
le 27 juillet 2018.
banques pour des projets d’investissement.
Le coût estimatif d’opérationnalisation de ces
interventions spécifiques se
chiffre à 88 975 000,00 gourdes.
Ce coût brut traduit les besoins en termes de ressources
nécessaires au financement
des actions du PCD relevant des compétences de la
Commune. Par conséquent,
plusieurs sources de financement seront mobilisées pour
assurer la mise en œuvre du
présent PDC tels :
quatrième partie · mise en œuvre · 147 ·
10.3 Stratégies de mobilisation des ressources
Au vu des besoins de financement des actions du présent
PCD, la Mairie devra donc
s’engager rapidement dans
un véritable marathon de
mobilisation de ressources
internes et externes. À cet
égard, les recettes fiscales
de la Municipalité sont très
maigres. L’augmentation des
ressources internes passe nécessairement par la mobilisation
fiscale bien que la Commune
dispose d’un potentiel fiscal
apparemment faible.
Par conséquent, l’accroissement significatif et progressif
des ressources budgétaires
passent nécessairement par
la valorisation des potentialités,
le développement d’activités
génératrices de revenus ainsi que
la mise en place des infrastructures et services socio-économiques
prévues dans le PCD comme
la construction des routes,
l’exploitation des sites touristiques, l’extension du réseau
électrique, qui sont autant
de facteurs de croissance
économique qui contribueront en retour à l’accroissement
des recettes et l’élargissement de
l’assiette fiscale. La mobilisation
des ressources financières
pour la mise en œuvre du
PCD suppose un ensemble
d’actions:
~~ sensibiliser et mobiliser continuellement les potentiels investisseurs afin de les porter à être intéressés à investir dans la
commune ;
~~ entreprendre des démarches aux fins de bénéficier des allocations et subventions prévues par la loi pour le développement
des collectivités territoriales, notamment le Fonds de Gestion
des Collectivités territoriales à travers le MICT et le MEF, le
Fonds d’Allocation aux Collectivités territoriales inscrit
dans le Budget de la République, le Fonds d’Investissement
des Collectivités territoriales alimenté conjointement par
le FED et l’État Haïtien, les subventions du BMPAD et les
allocations du FNE à travers les ministères sectoriels ;
~~ mobiliser les ressortissants de la commune afin d’identifier
et de négocier des partenariats aux fins de la coopération
décentralisée avec des mairies d’outre-mer sur des projets
de renforcement des capacités institutionnelles ou de
développement de la voirie ;
~~ négocier la réalisation de projets à caractère intercommunal
ou d’intérêt régional comme le tourisme avec les communes
voisines de part et d’autre de la Presqu’île du Sud, principalement les Chardonnières et Côteaux ;
~~ rechercher, motiver et négocier avec les organismes de
développement et les ONG afin qu’ils exécutent des projets du
PCD qui sont dans leurs champs d’action ou dans leurs
domaines d’intervention ;
~~ concerter avec les parlementaires pour que leurs projets
soient discutés au niveau du CDC avec les élus locaux et
qu’ils rentrent dans la logique du PCD.
· 148 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
10.4 Dispositif de suivi et d’évaluation
Le suivi et l’évaluation constitue un mécanisme
cyclique qui permet non seulement d’apprécier
l’évolution de la réalisation des actions mais
aussi d’évaluer les faiblesses en vue d’apporter
les corrections nécessaires et d’améliorer la
performance de la mise en œuvre. Il permet
en ce sens d’évaluer les résultats, de mesurer
les effets, d’estimer les impacts et d’apprécier
les changements provoqués par les différentes
interventions sur l’espace communal et sur les
groupes socio-économiques. C’est un instrument
de mesures qualitatives et quantitatives qui nécessitent
l’utilisation d’outils appropriés, d’expertise technique et la participation des parties prenantes.
Il s’agit, à partir des indicateurs d’objectifs, des
fiches de suivi et d’évaluation, des fiches de bilan
d’impact de comparer les résultats obtenus et les
changements observés par rapport à la situation
de départ.
Le CDC est le principal organe de suivi et évaluation du PCD. Il devra s’assurer :
~~ d’un suivi technique réalisé par le secrétariat
et par les commissions thématiques ou
sectorielles ;
~~ d’un suivi et évaluation participative en
consultant les habitants et les OCB
à travers des forums, des groupes de
discussion et des audiences publiques.
Ce dispositif de consultation donnera
chance aux citoyens d’exprimer leur niveau d’appréciation des actions réalisées
dans le cadre du PCD.
· quatrième partie · mise en œuvre · 149 ·
Annexe
Tableau 28 ·Comité de pilotage de Port-à-Piment
Tableau 29 · Liste des animateurs de Port-à-Piment
Nom
Prénom
Adler
1. Germeil
Elie-Gayony
2. Avril
Marie Maurine
2. Guerrier
Clarhens
3. Blaise
Pierre Smith
3. Joseph
Roll-Andy
4. Brumaine
Marc Antoine
4. Letang
Osnomme
5. Charles
Rody
6. Denis
Jean Dit Marco
5. Louis
6. Moise
Judith Marie Carole
Gary
7. Despagne
Rainand
8. Estélon
Maxime
9. Fortuné
Marc
Tableau 30 · Autorités locales de la commune de Port-à-Piment
10. Francois
Violette Moise
Nom
Prénom
Sexe Fonction
11. Guerrier
Antoine
1. Alcindor
Albert
CASEC
12. Jean
Junal
13. Joseph
Yolaine
2. Baptiste
3. Clervil
Mona
Luckner
ASEC 2e section
ASEC
14. Joseph
Michelet
4. Denis
Jean dit Marco
Délégué ville
15. Justable
Antoine
5. Joseph
Célicie
ASEC 2
16. Louis
Gedmaer
17. Lubin
Phédo
18. Luxcé
Adrien
19. Marette
Frantz
6. Laurole
7. Legeon
8. Mareth
9. Théodore
Roselaine
Franilia
Franzia
Patrick
CASEC
CASEC
Déléguée Ville
DG
20. Marsan
Marc Antoine
10. Toussaint
Benony
CASEC
21. Oréel
Paule-Edeline
22. Pierre Louis
Jean Raymond
23. Potus
Roselande
24. Prezèvil
Piè Pol
25. Reymé
Lynda Chermeil
26. Théodore
Patrick
Nom
Prénom
1. Alexis
Sexe
Sexe
· 150 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Tableau 31 · Liste des participants aux différents ateliers
Nom
Prénom
Adelise
Patito
Nom
Prénom
1. Abraham
Genty
38. Dominique
39. Dorilas
2. Ajuin
Jonel
40. Dorival
Roméus
3. Aladin
Clarely
41. Doyen
Saint-Jacques
4. Alcindor
Albert
42. Dumesle
Raynold
5. Alcindor
Jacques
43. Elie
Garal
6. Alexandre
Musset
7. Alexis
Adler
44. Estelon
45. Estélon
Marinette
Maxime
8. Alexis
Audelyn
46. Fanor
Bien-Aimé
9. Altero
Robenson
10. Altidor
11. Arestil
Paulette
Jeannot
47. Fontus
48. Fortuné
Saintilia
Cary
49. Fortuné
Démitaine
12. Auguste
Gertha
13. Auguste P Dit Jean Marc
50. Fortuné
Estanel
51. Fortuné
Marc
14. Augustin
Manold
15. Avril
16. Avril
17. Bernier
Myrlande
Marie Maurine
Ednold
18. Bernier
Kénold
19. Blaise
Jean Dominique
52. Fortuné
53. Fortuné
54. Francois
55. Francois
56. Francois
57. Gédenere
Rodna
Sainfilia
Guerdy
Modyn
Yrolette M.
Jean
20. Blaise
Pierre Smith
58. Gédéon
Antoine
21. Blaise
Ricardo
22. Borgelas
Edrick
23. Borgelas
Joseph
59. Gédéon
60. Gentil
61. Germain
Camila
Marie Roselene
Vanel
24. Borgellas
Inan
25. Brézou
Vionel
62. Germeil
63. Germeil
Clermanite
Elie-Gayony
26. Brumaire
Marc Antoine
64. Germeil
Dieusseul
27. Charles
Rody
65. Guerrier
Clarens
28. Charles
Luckner
66. Guerrier
Atoine René
29. Charles
30. Checau
31. Chérismé
Ste Rose
Lucien
Landdy
67. Guerrier
Valéry
68. Hilaire
69. Hyppolite
Sévanite
Clarel
32. Chérizar
Kénon
70. Hyppolite
Jean Evens
33. Chermeil
34. Clervil
Linda Reymé
Lucner
71. Hyppolite
72. Hyppolyte
Marie Carolle
Hérold
35. Damas
36. Damas
Juliette
Jean Claude
73. Hyppolyte
Sauchet
74. Jasmey
Daniel
37. Despagne
Rainand
75. Jean Baptiste
Eliovil
Sexe
Sexe
· quatrième partie · mise en œuvre · 151 ·
Nom
Prénom
76. Jean Baptiste
Sexe
Nom
Prénom
Julnor
114. Lubin
Amos
77. Jean Denis
Jean Lemenn
115. Lubin
Phédo
78. Jean Denis
Stéphane
116. Lucien
Daniel
79. Jean Pierre
Unique
80. Jean-Baptiste
Emmanuel
117. Luxama
118. Luxcé
Roseline
Adrien
81. Jeaboin
Valmort
119. Luxcé
Joel
82. Jeune
83. Joint
84. Joseph
Francoise
Carl Néhémie
Ernst
120. Mareth
Mario
121. Marette
Frantz
85. Joseph
Paul Harry
86. Joseph
Roll-Andy
87. Joseph
Michelet
88. Joseph
89. Joseph
90. Josselyn
Seramaine
Yolaine
Borgella
122. Marette
123. Martil
124. Moise
125. Moise
126. Moise
127. Moise
Frantzia
Marie
Laurida
Rose-Ardelle
Suzette
Gary
128. Musac
Nixon
91. Julien
Augustin
129. Musac
Sainceleo
92. Justable
Antoine
130. Muselin
Gulet
93. Juste
Denizé
131. Orcel
Lambert
94. Lajoie
Hosner
132. Oréel
Pierre
95. Lajoie
96. Lapeine
97. Larochelle
Valine
Merlyne E.
Marco
133. Oréel
Pierre Marie
98. Laurole
99. Laurole
Claudine
Edmond
134. Oréel
135. Orphé
136. Pascal
Paule-Edeline
Elmicia
Sorel
137. Paul
Frednol
100. Laurole
Elivin
138. Petit-Homme Steves M.
101. Laurole
Jeandy
139. Petitt-Frère
Favier
102. Laurole
103. Laurole
104. Legéon
105. Letang
Paulaine
Roselaine
Franilia
Marc-Dony
140. Philippe
Jimmy
141. Pierre
Claudy
142. Pierre
Eximé
143. Pierre
Jean Paul
106. Letang
Osnomme
144. Pierre
Isaac
107. Letang
108. Louis
Rose Sandra
Judith Marie Carole
145. Pierre
Marc -Elie
146. Pierre
Rémy
109. Louis
Gedmaer
147. Pierre Louis
Jean Raymond
110. Louis
Odney
148. Pierre Louis
Ronald
111. Louis
112. Louis
Yvenette
Jacques
149. Pierre Louis
150. Pierre-Louis
Suzanne
Marcelin
113. Louis-Jean
Rochelin
151. Piquart
Jean Gary
Sexe
· 152 · Plan communal de développement de Port-à-Piment ·
Nom
Prénom
152. Potus
153. Potus
Roselande
Malebranche
154. Potus
Besner
155. Préservil
Pierre Paul
156. Régis
157. Régiste
158. Résumé
Ginna Bonne A.
Faunise
P.Michel
159. Richemond
Sexe
Nom
Prénom
168. Semé
Frenel
169. Sénat
170. Stanis
Erlande
Mathurin
171. St-Til
172. Sully
Mie Bernette L.
Lucene
173. Sylvain
Roger
174. Théard
Bénold
Renard
175. Théodore
Claudel
160. Rodney
Aunol
176. Théodore
Patrick
161. Roger
Sylvain
177. Toussaint
Benony
162. Sainuma
Ernest
178. Toussaint
Ernest
163. Sandaire
Jean dit Nozael
179. Toussaint
Lucien
164. Sandaire
Ketner
180. Toussaint
Ylis
165. Sandaire
Vilarson
181. Unique
Jean Pierre
166. Seide
167. Séide
Marie Colette
Aguilnaire
182. Wacleche
Robenson
183. Wacleche
Kesnel
Sexe