(2020) National Food Sovereignty, Food Security and Nutrition Policy and Strategy (PSNSSANH), Volume I: Policy
Summary — Volume I of Haiti's national policy on food sovereignty, food security and nutrition, issued by the Prime Minister's office on 25 September 2020. This volume sets the policy itself: the diagnosis, the principles, and the commitment to make family farming the centre of the response. It follows a wide consultation the Primature relaunched, and builds on the food-security work CNSA has carried since 1996. Volume II carries the strategy that operationalises it.
Full Document Text
Extracted text from the original document for search indexing.
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
PRIMATURE
POLITIQUE ET STRATÉGIE NATIONALES DE SOUVERAINETÉ ET SÉCURITÉ
ALIMENTAIRESET DE NUTRITION EN HAÏTI (PSNSSANH)
DOCUMENT DE POLITIQUE
VOLUME I
Port-au-Prince, 25 septembre 2020
i
Toute politique publique pour Haïti qui fait sens, devrait
avoir comme objectif de rendre justice à l’agriculture
familiale pour tout ce qu’elle a apporté à la vie du pays,
depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, au lieu de la
détruire. Toute politique agricole pertinente en Haïti doit
reconnaître l’agriculteur/agricultrice pratiquant l’agriculture
familiale comme citoyen/citoyenne à part entière qui
mérite respect et qui doit recevoir l’accompagnement de
l’Etat.
Déclaration de la société civile en faveur d’une politique publique
pour réformer et renforcer l’agriculture familiale paysanne en Haïti,
GREPAF, 2018.
ii
TABLE DES MATIÈRES
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
vii
1.
INTRODUCTION
1
2.
ANALYSE DE CONTEXTE
Constats
Dérégulation des marchés agricoles
Catastrophes naturelles
Cercle vicieux de la dépendance alimentaire, la faim et la malnutrition
4
4
6
7
7
3.
CHOIX STRATÉGIQUES FONDAMENTAUX
Quatre décisions stratégiques
Dynamique vertueuse de la souveraineté et sécurité alimentaires et de la nutrition
9
9
9
4.
PRINCIPES DIRECTEURS
10
5.
VISION, BUTS, OBJECTIFS GÉNÉRAUX ET SPÉCIFIQUES
Vision
Buts du document de PSNSSANH
Objectifs généraux
Objectifs spécifiques
11
11
12
12
12
6.
STRATÉGIE DE MISE EN ŒUVRE
Actions institutionnelles prioritaires
Actions sectorielles prioritaires
14
14
15
7.
PRINCIPAUX IMPACTS ATTENDUS
17
8.
FINANCEMENT
19
9.
ARCHITECTURE INSTITUTIONNELLE
Niveaux politique et stratégique
Niveaux administratif et opérationnel
20
20
20
10.
COORDINATION DE L’AIDE EXTERNE
23
ANNEXE I - Cibles et indicateurs d’impact
24
ANNEXE II - Mesures, Programmes Nationaux et principaux échéanciers de mise en œuvre
de la PSNSSANH
26
iii
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
La vision d’Haïti est celle d’un pays économiquement émergent à l’horizon 2030 (PSDH)1. Pourtant, le
pays est confronté à une poignante réalité : la croissance économique reste résolument plombée par
une agriculture en régression depuis les années 1980 ainsi qu’une population dont le capital humain
s’érode en raison de la prévalence élevée de la pauvreté, la faim et la malnutrition. La définition
d’une Politique et Stratégie Nationales de Souveraineté et Sécurité Alimentaires et de Nutrition en
Haïti (PSNSSANH) est une condition sine qua non pour orienter la mise en œuvre d’interventions
(mesures et Programmes Nationaux) à même de déverrouiller le potentiel économique et humain de
la nation sur lesquels la vision d’un pays émergent pourra être atteinte. Le présent document de
PSNSSANH est le fruit de plusieurs années de travail consultatif. La finalisation a été accélérée par la
nécessité d’institutionnaliser les actions SSAN de la Caravane du Changement et d’aligner ces actions
sur les Objectifs de Développement Durables, en particulier l’ODD 2 « Faim Zéro ».
L’atteinte de la vision du PSDH nécessite une rupture avec les politiques commerciales, le profil
tarifaire et la politique budgétaire actuels qui sont les sources mêmes de la pauvreté, de la faim et de
la malnutrition affectant la majorité de la population du pays. La présente politique repose sur
quatre décisions stratégiques fondamentales :
A.
Rebalancer progressivement la dominance des politiques favorisant le commerce international
en faveur de politiques visant à atteindre la souveraineté et sécurité alimentaires et la nutrition.
B.
S’appuyer sur l’agriculture familiale et l’agro-industrie, comme secteur moteur de la relance de
l'économie haïtienne et de l’élimination de la faim et la malnutrition ;
C.
Investir dans les filets sociaux ainsi que la disponibilité et l’accès aux services de base de qualité
nécessaires à la sécurité nutritionnelle, afin que personne ne soit laissée de côté du
développement socio-économique de la nation ;
D.
Renforcer les capacités nationales nécessaires à la bonne mise en œuvre de la PSNSSANH et
spécifiquement d’un ‘budget programme SSAN’ conformément à la loi LEELF.
Les orientations de la PSNSSANH constituent un changement de paradigme en ce qui concerne les
acteurs clés des filières agricoles qui ont été écartés des politiques publiques, soit les exploitants
agricoles pratiquant l’agriculture familiale et les Madan Saraqui assurent la commercialisation et la
transformation des produits locaux. La PSNSSANH est construite autour de 4 axes stratégiques :
➢ Axe 1. Politique. Le premier Axe traite des questions de l’environnement dans lequel évoluent la
souveraineté et sécurité alimentaires et la nutrition.
➢ Axe 2. Opérationnel. Le deuxième Axe traite des biens et services dont la population a besoin, en
temps normal et en situation d’urgence suite à un choc, pour l’atteinte de la souveraineté et
sécurité alimentaires et la nutrition.
➢ Axe 3. Institutionnel. Le troisième Axe traite du renforcement des institutions et des capacités
nationales nécessaire à la bonne mise en œuvre de la PSNSSANH et d’un budget programme
SSAN.
➢ Axe 4. Transversal. Le quatrième Axe traite des questions transversales telles que
l’aménagement du territoire, le genre et la résilience.
D’un point de vue opérationnel, la PSNSSANH se traduit par 35 Mesures et 25 Programmes
Nationaux dont leur mise en œuvre de façon coordonnée et concertée sur l’ensemble du territoire,
1 MPCE, 2012b.
iv
par 11 Ministères et 12 organismes, constitue une précondition à l’atteinte des Objectifs du PSDH,
du Développement Durable (ODD), de la souveraineté et sécurité alimentaires et de la nutrition.
La PSNSSANH s’appuie sur plusieurs documents de politiques, de stratégies et de plans sectoriels du
Gouvernement, dont notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la protection sociale, de la
santé et nutrition, de l’environnement, du transport, de l’énergie et de l’égalité des genres. La
PSNSSANH s’appuie également sur une riche littérature produite par le Gouvernement Haïtien, en
particulier la CNSA depuis 1996, ainsi que la société civile, les ONG et de nombreux instituts de
recherches.
En termes de souveraineté alimentaire, la mise en œuvre de la PSNSSANH permettra d’atteindre un
taux d’autosuffisance alimentaire de 88% pour les produits vivriers. Ainsi la grande majorité des
aliments consommés seront locaux. Pour atteindre cet objectif, la structure de la consommation
alimentaire, aujourd’hui excessivement basée sur le riz, est appelée à être modifiée. Les analyses et
projections économiques montrent qu’une recapture réaliste des marchés nationaux par la
production nationale permet de réaliser une croissance annuelle du PIB agricole de 6.7% d’ici à 2030.
En termes de création d’emplois, les effets de la croissance agricole sont massifs. Les projections
montrent que, par ses effets directs et multiplicateurs sur l’emploi, une croissance agricole accélérée
permet de créer durablement 3 millions d’emplois à l’horizon 2030. Cette création d’emplois est
suffisante pour remettre au travail la majorité des populations au chômage et inactives de la nation,
estimées à 4 millions à l’horizon 2030 (3.2 millions actuellement). A titre de comparaison, une
croissance de 10% du PIB annuel du secteur de la manufacture, ne créerait que 87,000 emplois à
l’horizon 2030, soit 2% des projections de chômeurs et inactifs.
Ainsi, le secteur agricole est le seul secteur en mesure de ‘nourrir’ la transformation de l’économie
haïtienne. Le secteur agricole est en mesure de libérer le potentiel de croissance économique de la
nation, de réduire les disparités de revenus entre les plus riches et les plus pauvres, de renverser les
tendances migratoires vers les zones rurales, de rééquilibrer les phénomènes d’urbanisation
incontrôlée, de stabiliser la Gourde face aux monnaies étrangères et de réduire l’inflation. L’impact
que l’on peut anticiper de cette création massive d’emplois sur la réduction de la pauvreté et de
l’insécurité alimentaire est majeur et se trouve au cœur de la stratégie de la PSNSSANH.
En lien avec l’Agenda global 2030, la PSNSSANH est alignée sur les Objectifs de Développement
Durables. La PSNSSANH est au cœur de l’ODD 2 ‘faim zéro’, qui agit ici comme le principal ODD
accélérateur en Haïti. Il contribue directement à la réalisation de l’ODD 1 ‘pas de pauvreté’, l’ODD 3
‘bonne santé et bien-être’, l’ODD 4 ‘éducation de qualité’, l’ODD 5 ‘égalité entre sexes’, l’ODD 8
‘travail décent et croissance économique’, l’ODD 9 ‘industrie, innovation et infrastructures’, l’ODD 10
‘inégalités réduites’, l’ODD 11 ‘villes et communautés durables’, l’ODD 15 ‘vie terrestre’ et l’ODD 16
‘paix, justice et institutions efficaces’.
Des ateliers de consultation, formels et informels, avec la société civile et le secteur privé ont été
réalisés durant toutes les étapes d’élaboration de la PSNSSANH. Les partenaires externes ont
participé étroitement à l’élaboration de la PSNSSANH. Plusieurs bailleurs de fonds (UE, USAID,
Canada, Suisse, Espagne) et 4 agences des Nations-Unies (PAM, FAO, UNICEF, OMS) ont activement
appuyé le Gouvernement vers la finalisation de la PSNSSANH en ligne avec les ODD. L’engagement de
toutes les parties prenantes est crucial vers la mise en œuvre de cette politique.
v
1.
INTRODUCTION
La vision d’Haïti est celle d’un pays économiquement
Encadré 1. Objectifs de Développement
émergent à l’horizon 2030 (PSDH)2. Pourtant, le pays
Durable,
est confronté à une poignante réalité : la croissance
ODD 2 « Faim Zéro »
économique reste résolument plombée par une
Les 17 Objectifs de Développement Durables
agriculture en régression depuis les années 1980 ainsi
(ODD), adoptés en septembre 2015 à New
York, sont un appel mondial à agir pour
qu’une population dont le capital humain s’érode en
éradiquer
la pauvreté, protéger la planète et
raison de la prévalence élevée de la pauvreté, la faim
faire en sorte que tous les êtres humains
et la malnutrition. La définition d’une Politique et
vivent dans la paix et la prospérité.
Stratégie Nationales de Souveraineté et Sécurité
Haïti est signataire des ODD.
Alimentaires et de Nutrition en Haïti (PSNSSANH) est
Parmi ces Objectifs, l’ODD 2, dénommé ‘Faim
une condition sine qua non pour orienter la mise en
Zéro’, est lié à l’agriculture, la sécurité
œuvre d’interventions (mesures et Programmes
alimentaire et la nutrition.
Nationaux) à même de déverrouiller le potentiel
économique et humain de la nation sur lequel la vision d’un pays émergeant pourra être atteinte.
Le présent document de PSNSSANH est le fruit de plusieurs années de travail consultatif. Le
processus de formulation de la PSNSSANH a débuté en 2012 lors de la création d’une Commission
gouvernementale de stabilisation des prix alimentaires, suites à l’ouragan Sandy. En décembre 2017,
vu la nécessité d’institutionnaliser les actions SSAN pour le Gouvernement du moment, le Secrétaire
Général de la Primature a relancé un processus de large consultation pour la finalisation de la
PSNSSANH. La mise à jour du document a également pris en compte, d’une part l’engagement
d’Haïti, en septembre 2015, sur la réalisation des Objectifs de Développement Durable, en particulier
l’ODD 2 « Faim Zéro », et, d’autre part, les recommandations de l’audit organisationnel de la sécurité
alimentaire et nutritionnelle réalisé par l’OMRH3, soulignant, en particulier, la transversalité de la
thématique SSAN4.
La PSNSSANH constitue une opérationnalisation stratégique du PSDH dans un domaine à portée
multisectorielle. La résolution des thématiques traitées dans ce document de politique, soit la
dépendance alimentaire, l’insécurité alimentaire et la malnutrition, constituent des passages
obligatoires si la vision du PSDH à l’horizon 2030, et au-delà, doit être atteinte. En termes
opérationnels, la PSNSSANH identifie les actions prioritaires, sous forme de mesures et de
Programmes Nationaux5, pertinents à 3 des 4 Grands Chantiers du PSDH, soit la refondation
économique, la refondation sociale et la refondation institutionnelle.
La PSNSSANH est construite autour de 4 axes stratégiques :
➢ Axe 1. Politique. Le premier Axe traite des questions de l’environnement dans lequel évoluent la
souveraineté et sécurité alimentaires et la nutrition.
➢ Axe 2. Opérationnel. Le deuxième Axe traite des biens et services dont la population a besoin, en
temps normal et en situation d’urgence suite à un choc, pour l’atteinte de la souveraineté et
sécurité alimentaires et la nutrition.
➢ Axe 3. Institutionnel. Le troisième Axe traite du renforcement des institutions et des capacités
nationales nécessaire à la bonne mise en œuvre de la PSNSSANH et d’un budget programme
SSAN.
2 MPCE, 2012b.
3Appuyé
par un projet intitulé ‘State Building Contract (SBC)’ financé par l’Union Européenne, Volet réforme de
l’administration publique.
4 OMRH, 2017a.
5 Voir définition au chapitre 2.
1
➢ Axe 4. Transversal. Le quatrième Axe traite des questions transversales telles que
l’aménagement du territoire, le genre et la résilience.
D’un point de vue opérationnel, la PSNSSANH se traduit par 35 Mesures et 25 Programmes
Nationaux dont leur mise en œuvre de façon coordonnée et concertée sur l’ensemble du territoire,
par 11 Ministères et 12 organismes, constitue une précondition à l’atteinte des Objectifs du PSDH,
du Développement Durable (ODD), de la souveraineté et sécurité alimentaires et de la nutrition.
La PSNSSANH s’appuie sur plusieurs documents de politiques, de stratégies et de plans sectoriels du
Gouvernement, dont notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la protection sociale, de la
santé et nutrition, de l’environnement, du transport, de l’énergie et de l’égalité des genres. La
PSNSSANH s’appuie également sur une riche littérature produite par le Gouvernement Haïtien, en
particulier la CNSA depuis 1996, ainsi que la société civile, les ONG et de nombreux instituts de
recherches.
En lien avec l’Agenda global 2030, la PSNSSANH est alignée sur les Objectifs de Développement
Durables. La PSNSSANH est au cœur de l’ODD 2 ‘faim zéro’, qui agit ici comme le principal ODD
accélérateur en Haïti. Il contribue directement à la réalisation de l’ODD 1 ‘pas de pauvreté’, l’ODD 3
‘bonne santé et bien-être’, l’ODD 4 ‘éducation de qualité’, l’ODD 5 ‘égalité entre sexes’, l’ODD 8
‘travail décent et croissance économique’, l’ODD 9 ‘industrie, innovation et infrastructures’, l’ODD 10
‘inégalités réduites’, l’ODD 11 ‘villes et communautés durables’, l’ODD 15 ‘vie terrestre’ et l’ODD 16
‘paix, justice et institutions efficaces’.
En d’autres termes, au-delà de réduire la faim et la malnutrition, la croissance agricole et de l’agroindustrie recherchée par la PSNSSANH permet également de réduire la pauvreté, de créer
massivement des emplois, de stimuler la croissance économique du pays, de stimuler les
investissements dans l’industrie agro-alimentaire et de créer des communautés durables. De
meilleurs revenus dans le secteur agricole permet également de réduire la pression sur les forêts
pour la demande en combustibles et de réduire la mise en culture de terres marginales (fortes
pentes, forêts, etc.). De plus, en conjonction avec la protection sociale, les mécanismes de réponse
aux urgences alimentaires et le renforcement des institutions nationales, la PSNSSANH permet de
réduire les inégalités de revenus, d’investir dans le capital humain des enfants, de diminuer les
inégalités de genre et de favoriser l’émergence d’institutions plus efficaces, afin que personne ne soit
laissée de côté. La figure 6 illustre les relations entre la PSNSSANH et les ODD.
Les partenaires externes ont participé étroitement à l’élaboration de la PSNSSANH. Plusieurs
bailleurs de fonds (UE, USAID, Canada, Suisse, Espagne) et 4 agences des Nations-Unies (PAM, FAO,
UNICEF, OMS) ont activement appuyé le Gouvernement vers la finalisation de la PSNSSANH en ligne
avec les ODD. L’engagement de toutes les parties est crucial vers la mise en œuvre de cette politique.
Encadré 2. Documents de PSNSSANH
La PSNSSANH est constituée de deux documents indissociables ; le premier volume, plus synthétique et
intitulé ‘Document de Politique’, est adressé principalement aux décideurs politiques alors que le
deuxième volume, plus détaillé et intitulé ‘Document de Politique et de Stratégie’, est principalement
adressé aux acteurs planifiant les interventions prévues par la PSNSSANH. L’ensemble du contenu de
l’un et l’autre des documents est reflété, mais avec des niveaux de détails différenciés.
2
Figure 1. Les Objectifs de Développement Durable auxquels la PSNSSANH va répondre
2.
ANALYSE DE CONTEXTE
Constats
La géographie, le potentiel agricole, les ressources naturelles, la culture et l’histoire d’Haïti en font un
pays riche en possibilités. Haïti jouit de nombreux avantages comparatifs, y compris sa proximité et
son accès privilégié à des marchés importants, une population active et jeune, une diaspora
dynamique, et des richesses géographiques, historiques et culturelles non négligeables. Divers
secteurs de l'économie haïtienne présentent des possibilités de développement, en particulier
l’agriculture, l'agro-industrie, la petite industrie et le tourisme. Pourtant, l’atteinte de cette noble
vision est confrontée à une réalité : la croissance économique du pays reste résolument en dessous
de la croissance démographique, en raison d’une agriculture en déclin depuis les années 1980.
Malgré son riche potentiel agricole, Haïti importe aujourd’hui près de la moitié de sa nourriture et
83% du riz consommé dans le pays. Pourtant, en 1985, une année avant l’application des réformes
structurelles sur les marchés agricoles, seulement 8% du riz et 35% de toutes les céréales (inclus le
blé et ses dérivés6) étaient importés7, alors que les exportations agricoles étaient conséquentes8. Le
taux d’autosuffisance9 en riz est aujourd’hui d’environ 17% et de 58% pour l’ensemble des produits
vivriers. Le pays ne produit plus suffisamment pour nourrir toute la population malgré son
potentiel agricole.
6 Le blé n’est pas produit en Haïti.
7 FAOSTAT
8 FAOSTAT, MARNDR, 2010 ; Bureau de la Présidence, 2012.
9 Taux d’autosuffisance = Production / (Production + Importation-Réexportation) x 100.
3
Selon l’enquête de pauvreté de 2012, 59% des Haïtiens restaient pauvres et près du quart (24%)
vivaient dans une extrême pauvreté. Autrement dit, près de 6.3 millions d'Haïtiens sont incapables
de subvenir à leurs besoins fondamentaux, et 2.5 millions ne mangent pas à leur faim. Les taux de
pauvreté et de pauvreté extrême sont beaucoup plus élevés en zones rurales. En effet, plus de 80%
des Haïtiens vivant dans la pauvreté se trouvent en zones rurales, alors que 38% de ces populations
ne sont pas en mesure de manger à leur faim, contre 12% dans les zones urbaines et 5% dans les
zones métropolitaines de Port-au-Prince. Les ménages qui dépendent exclusivement de l’agriculture
sont les plus pauvres parmi les pauvres10.
En corollaire, les richesses produites se sont concentrées dans le quintile le plus riche de la
population dépendant du secteur des importations. En effet, l’indice de Gini des revenus, exprimant
les inégalités monétaires, s’est aggravé. Il est passé de 0.59 en 200611 à 0.61 en 201212. Dans les
zones rurales, les inégalités ont augmenté plus rapidement, passant de 0.50 à 0.56 durant la même
période. Ainsi, aujourd’hui, les 20% les plus riches détiennent plus de 64% de la richesse nationale,
alors que les 20% les plus pauvres en détiennent à peine 1%13. Le 1% de la tranche supérieure de la
population dispose d’un budget 50 fois supérieur à celui des 10% de la tranche inférieure de la
population. Dans le monde, seule l’Afrique du Sud connait plus de disparités (Gini de 63.4), mais
pour un revenu moyen 7 foisplusélevé14.En 2016, avec un IDH de 0.408, Haïti est classé 163ème sur
188 pays15.Le pays est devenu l’un des pays les plus pauvres et inégalitaires du monde.
Les dernières enquêtes de la CNSA de décembre 2016 montrent que, en zones rurales, 77% des
ménages16 déclarent avoir passé au moins un jour et une nuit entière sans manger durant le dernier
mois alors qu’en zones urbaines, 51% des ménages17 se trouvent dans cette situation.L’indice
mondial de la faim a augmenté entre 2009 et 2017, passant de 28.2 à 34.2, ce qui correspond à une
situation ‘extrêmement alarmante’ selon l’IFPRI.18 En 2017, selon la FAO19, Haïti est devenu la nation
où la prévalence des personnes sous-alimentées est la plus élevée (46.8%). La population haïtienne
est celle souffrant le plus de sous-alimentation au monde.
La diminution de la disponibilité de produits alimentaires locaux sur les marchés nationaux,
remplacées par des produits alimentaires importés, a entrainé une diminution de la qualité/diversité
de la consommation alimentaire. En effet, les nombreux produits alimentaires locaux utilisés dans les
recettes traditionnelles sont remplacés par des produits importés, tels que le riz ou le blé20, réduisant
la qualité et la diversité de l’alimentation. Les études ont montré que les produits alimentaires locaux
sont systématiquement plus riches en micronutriments que les produits importés21. Le riz importé a
pris une place prépondérante dans l’alimentation autant en zones urbaines que rurales être présente
aujourd’hui plus de 58% des céréales consommées. De plus, on observe un déplacement de la
consommation de riz importé vers des snacks industriels à très faibles valeurs nutritives ainsi que des
boissons énergétiques. Ceci est dû, d’une part au temps passé hors du lieu de résidence pour le
travail informel et, d’autre part, aux conditions dans lesquels ce travail se déroule. Ainsi, des snacks
10 Banque Mondiale, 2015a.
11 UNDP, 2006.
12 MPCE, 2014.
13 MPCE, 2014.
14 PNB/habitant de USD 12,087 pour l’Afrique du Sud et USD 1,657 pour Haïti.
15 Indice de Développement Humain. PNUD, 2016.
16 CNSA, 2016b.
17 CNSA, 2016a.
18 IFPRI, 2009a, 2012 et 2017 ; EIU, 2012 et 2017.
19FAO, 2009, 2012 et 2017.
20 Utilisés principalement pour la fabrication de pains et de spaghettis/macaronis.
21 PARM, 2014.
4
et boissons énergétiques sont consommés directement sur la voie publique pour étancher le
sentiment de faim, en lieu et place de repas nutritifs. La toxicité d’additifs ajoutés à ces snacks pour
permettre leur préservation, dans les conditions de commercialisation existantes, a également été
soulignée22. Les produits alimentaires locaux et les recettes traditionnelles sont délaissés au profit
de produits importés peu nutritifs.
La malnutrition chronique et aiguë a diminué entre 1995 et 2017 mais reste à des niveaux
inquiétants (22%)23.La malnutrition est aussi inégalitaire ; le nombre d’enfants souffrant de retard de
croissance est 4 fois plus élevée dans le quintile le plus pauvre que dans le quintile le plus riche24.Les
carences en micronutriments sont très élevées et au-dessus des seuils d’alerte ; 66% des enfants de
moins de 5 ans et 49% des femmes de 15 à 49 ans souffrent d’anémie25alors que 32% des enfants
souffrent de carences en vitamine A. La carence en iode touche 72% des enfants de 6-12 ans en
milieu rural et 52% d’entre eux en ville26. Seuls 18% des ménages utilisent du sel iodé (au moins de
15 ppm). Le coût de la faim est très élevé pour la nation en termes de perte de capital humain,
compromettant la croissance économique future du pays.
La mortalité infanto-juvénile est élevée. Sur 1000 enfants nés vivants, 81 décèdent avant de fêter
leur cinquième anniversaire, alors que la moyenne régionale en Amérique latine et dans les Caraïbes
est de 15 décès. La mortalité infantile n’est pas égalitaire ; elle est de 62 pour 1000 naissances
vivantes dans le quintile de bien-être le plus élevé, alors qu’il était de 104 dans le quintile de revenu
le plus bas. La mortalité du quintile le plus riche en Haïti est ainsi deux fois plus élevée que le quintile
le plus pauvre de la Région de l’Amérique latine et des Caraïbes (34‰)27.Toutes les couches de la
population sont affectées, bien que de façon inégalitaire.
Dérégulation des marchés agricoles
La rupture a lieu lorsque deux vagues de réformes structurelles macro-économiques28, l’une en 1986
et l’autre immédiatement après l’embargo en 1995-96, ont redéfini les relations entre l’Etat, les
producteurs agricoles et le marché. Haïti a ainsi appliqué 4 Facilités d’Ajustements Structurels (FAS),
avec chacun leur prêt financier respectif. Ces accords ont ensuite été renouvelés durant la première
décennie de 200029. Ces ajustements se sont accompagnés d’une libéralisation drastique des
marchés, y compris des marchés agricoles, éliminant les barrières tarifaires et non-tarifaires aux
importations et aux exportations ainsi que les subsides et appuis aux productions vivrières30. Les
principales réductions tarifaires ont été les suivantes31 :
•
•
•
•
Riz: de 50 à 3%
Maïs : de 50 à 15%
Blé, sorgho, banane et sucre32 : de 50 à 0%
Porc et poulet : de 40 à 5%
22 Shwartz, T., 2015.
23
IHE, 1995 ; MSPP, 2000, 2007 et 2013.
24 MSPP, 2003.
25 MSPP, 2013a.
26 MSPP & UNICEF, 2006.
27 UNICEF, 2016.
28 Réformes décidées dans le cadre de 4 accords d’ajustements structurels (FAS/FASR) redéfinissant les relations entre
l’Etat, les producteurs et le marché.
29 Jacob S., 2008.
30 MEF, 2016 ; BRH, 2017a ; USAID, 2000 ; IMF, 2001 ; OMC, 2015b ; BID, 2005d; Dupuy, A., 2012 ; Jacob S., 2008 ;
McGuigan, C., 2006; Steckley, M. & Shamsie Y., 2015 ; Schwartz, T., 2008.
31 IRAM et Groupe de Croissance, 1998.
32 Sucre : 0% à partir de 2015. OMC, 2015b.
5
•
Œuf et lait : de 40 à 0%
Cette opération poursuivait le double objectif de transformer Haïti en ; a) un fournisseur de la main
d’œuvre la moins chère de l’hémisphère occidentale pour l’industrie de l’assemblage à la
réexportation, et b) l’un des plus grands importateurs de produits alimentaires dans les Caraïbes33 34.
La sécurité alimentaire devait alors être atteinte par le biais de l’importation de produits alimentaires
moins chers sur les marchés internationaux. Ces deux premiers objectifs sont largement atteints :
•
Haïti est non-seulement le pays avec le salaire minimum le plus bas de l’Amérique Latine et
des Caraïbes, mais l’un des plus bas du monde35 .
•
Haïti est le deuxième importateur de riz des Etats-Unis, après le Mexique, et représente 15%
des ventes américaines.36
Ces politiques ont été appliquées au détriment des intérêts nationaux de souveraineté et sécurité
alimentaires et de nutrition. Très peu de pays dans le monde, si ce n’est quelques pays pétroliers, ont
des tarifs agricoles aussi peu élevés que ceux d’Haïti qui pratique par ailleurs les tarifs les plus bas de
la CARICOM37. Cette libération soudaine de l’économie, couplée avec une aide alimentaire à des
niveaux élevés38 depuis l’embargo de 1991, a entraîné une augmentation exponentielle de produits
alimentaires importés vendus sur les marchés nationaux à des prix inférieurs aux coûts de production
des agriculteurs haïtiens. Cela a peut-être été, dans un premier temps, favorable aux consommateurs
urbains, qui ne constituaient que 20% de la population en 1980, mais cette dérégulation a engendré
une profonde crise de la production agricole et un exode rural. Les politiques budgétaires ont suivi le
mot d’ordre de la dérégulation et, aujourd’hui, seule 1.1 à 1.6% du budget général de la République
est investi dans le secteur agricole39. Concernant les investissements privés, environ 40 % des crédits
formels sont accordés aux secteurs du commerce et des services pour financer les importations,
tandis que l’agriculture en reçoit moins de 0,2%40. Les exploitants agricoles haïtiens pratiquant
l’agriculture familiale se sont ainsi retrouvés, depuis 3 décennies, livrés à eux-mêmes et exposés à
une compétition débridée avec les marchés internationaux approvisionnés par des agricultures des
pays industrialisés à la fois plus performantes et subventionnées. La dérèglementation des marchés
agricoles a ainsi démantelé un système autochtone de production agricole et d’élevage.
Catastrophes naturelles
A ce contexte structurel défavorable, s’ajoute la répétition des graves chocs naturels (tremblements
de terre, ouragans, inondations, sécheresses) dont les impacts affectent le PIB à l’échelle nationale.
Le tremblement de terre de janvier 2010 a engendré la mort de 220,000 personnes ainsi que des
dégâts dans l’économie et les infrastructures, estimés à 120% du PIB41, alors que l’ouragan Mathew a
affecté la croissance économique du pays en 2017, avec une perte estimée à 32% du PIB42, et
compromit la production agricole de la Grande Anse et d’une partie du Sud pour plusieurs années.
Haïti est l’un des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles dans le monde43.
33 Dupuy, A., 2012.
34 Les réformes devaient amener à un redressement de l’économie, une réduction du déficit budgétaire et une baisse de
l’inflation. BRH, 2017a.
35 Selon le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les revenus minimums, sur 110 pays étudiés, seule la
Fédération de Russie ou le Tadjikistan ont un revenu minimum inférieur ; OIT, 2008.
36 Osiris, 2018.
37 IMF, 2001 ; FAO, 2014.
38http://www.wfp.org/fais/
39MARNDR, 2013a ; MARNDR, 2014.
40 Banque Mondiale, 2015a.
41MPCE, 2014.
42 République d’Haïti, 2016.
43 Banque Mondiale, 2015a.
6
Cercle vicieux de la dépendance alimentaire, la faim et la malnutrition
L’analyse de contexte montre que le pays est en proie à un puissant engrenage produisant de la
dépendance alimentaire, de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition. La figure 3
illustre les liens de causalité des différents actes de cet engrenage.
Acte 1. Production agricole en crise : La dérèglementation tarifaire accompagnée de politiques
budgétaires et agricoles défavorables → faibles investissements publics et privés dans l’agriculture →
faible productivité agricole → production agricole familiale en crise → augmentation exponentielle
des importations → diminution de la disponibilité de produits alimentaires locaux → incapacité du
pays à nourrir la population malgré un fort potentiel agricole => tout cela aboutit à la DÉPENDANCE
ALIMENTAIRE(crise de l’offre).
Acte 2. Appauvrissement de l’alimentation : Pertes de revenus des producteurs et faibles revenus en
milieu urbain → augmentation de la pauvreté → migration et urbanisation (bidonvilisation) →
concentration des revenus dans le secteur des importations → prix élevés des aliments sur les
marchés → diminution de la consommation alimentaire vers des produits importés et des snacks peu
nutritifs =>tout cela aboutit à la FAIM (crise de la demande).
Acte 3. Manque de services de base nécessaires à la sécurité nutritionnelle : Baisse de revenus de
l’Etat → dépendance de l’aide externe → réduction de la capacité de fournir les services de base →
manque d’accès aux services de base nécessaires à la sécurité nutritionnelle de la population →
utilisation inadéquate des aliments disponibles => tout cela aboutit à la MALNUTRITION (crise des
services).
La baisse des revenus de l’Etat engendre également une diminution des investissements publics dans
le secteur agricole, bouclant ainsi la dynamique circulaire. Cette spirale descendante est entretenue
par un environnement politique instable, une gouvernance faible et la récurrence de chocs externes
(fluctuation des prix) et de catastrophes naturelles ainsi que le maintien de politiques budgétaire et
commerciale (tarifaire) fortement défavorables.
Figure 2. Cercle vicieux de la dépendance alimentaire, la faim et la malnutrition
7
Figure 3. Cercle vertueux de la souveraineté et sécurité alimentaires et de la nutrition
8
3.
CHOIX STRATÉGIQUES FONDAMENTAUX
Quatre décisions stratégiques
L’atteinte de la vision du PSDH44, ‘Haïti : pays émergent en 2030’, nécessite une rupture avec les
politiques commerciales, le profil tarifaire et la politique budgétaire actuels qui sont les sources
mêmes de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition affectant la majorité de la population du pays.
Les mêmes causes produiront les mêmes effets, et ainsi les conditions de vie pourraient continuer à
se dégrader, quelles que soient les politiques sectorielles ou les mesures d’accompagnement.
Ainsi, la présente politique repose sur quatre décisions stratégiques fondamentales :
E.
Rebalancer progressivement la dominance des politiques favorisant le commerce
international en faveur de politiques visant à atteindre la souveraineté et sécurité
alimentaires et la nutrition. Les fondamentaux économiques doivent alors être rééquilibrés
pour répondre aux besoins de base de la majorité de la population de la nation. Cela comporte
une redéfinition des relations entre l’Etat, les importateurs, les producteurs et le marché ;
F.
S’appuyer sur l’agriculture familiale et l’agro-industrie, comme secteur moteur de la relance
de l'économie haïtienne et de l’élimination de la faim et la malnutrition ;
G.
Investir dans les filets sociaux ainsi que la disponibilité et l’accès aux services de base de
qualité nécessaires à la sécurité nutritionnelle, afin que personne ne soit laissée de côté du
développement socio-économique de la nation ;
H.
Renforcer les capacités nationales (ressources humaines) nécessaires à la bonne mise en
œuvre de la PSNSSANH.
Les orientations de la PSNSSANH constituent un changement de paradigme, également en ce qui
concerne les acteurs clés des filières agricoles qui ont été écartés des politiques publiques, soit les
exploitants agricoles pratiquant l’agriculture familiale et les Madan Saraqui assurent la
commercialisation et la transformation des produits locaux. Ces choix sont accompagnés de
promotion et d’éducation sur la valeur nutritive des produits locaux (tubercules, maïs, sorgho,
banane plantain, légumes, feuilles, etc…) et les recettes traditionnelles pour encourager la demande
locale et l’atteinte d’une meilleure nutrition. Ils sont également soutenus par des politiques
budgétaires cohérentes dans leurs objectifs, leurs moyens et leurs stratégies, assurant une
convergence vers la présente politique.
Dynamique vertueuse de la souveraineté et sécurité alimentaires et de la nutrition
Les choix fondamentaux de la PSNSSANH constituent la base incontournable de la création d’une
dynamique vertueuse de la souveraineté alimentaire, de la sécurité alimentaire et de la nutrition au
bénéfice de l’ensemble de la population haïtienne.
Les différents actes de cette dynamique idéale sont les suivants :
Acte 1. Rapide croissance de la production agricole familiale : Rééquilibrage tarifaire progressif et
politiques budgétaire et agricole favorables → augmentation des investissements publics et privés
dans l’agriculture → augmentation de la productivité agricole familiale → augmentation de la
disponibilité de produits alimentaires locaux → diminution des importations et de la dépendance
externe → capacité du pays à nourrir la population =>tout cela conduit à la SOUVERAINETÉ
ALIMENTAIRE.
44 MPCE, 2012b.
9
Acte 2. Amélioration de l’alimentation : Amélioration des revenus des producteurs → création
d’emplois dans le secteur non-agricole → diminution de la pauvreté → stabilisation des populations
→ redistribution des revenus → marchés plus compétitifs → stabilisation des prix des aliments sur les
marchés → amélioration de la consommation alimentaire vers les produits locaux=>tout cela conduit
à la SÉCURITÉ ALIMENTAIRE.
Acte 3. Amélioration de la disponibilité et de l’accès aux services de base : Augmentation des
revenus de l’Etat45→ diminution de la dépendance à l’aide externe → augmentation des
investissements à partir des ressources nationales → amélioration de la fourniture des services de
base de qualité → amélioration de l’accès aux services de base nécessaires à la sécurité nutritionnelle
→ meilleure utilisation des aliments disponibles =>tout cela conduit à la SÉCURITÉ NUTRITIONNELLE.
L’accroissement des revenus de l’Etat engendre une augmentation des investissements publics dans
le secteur agricole, bouclant ainsi la dynamique circulaire. L’agriculture familiale est ainsi le ‘moteur
économique’ de cette dynamique vertueuse. Cette spirale ascendante idéale est protégée par un
environnement stable caractérisé par un solide mécanisme de réponse aux chocs, un cadre légal et
de politiques sectorielles adaptés, de bonnes infrastructures ainsi que des politiques budgétaire,
commerciale et tarifaire favorables.
Ce cercle vertueux rappelle également qu’aucune intervention réalisée de façon isolée ne peut
répondre au problème de la faim et encore moins assurer une bonne nutrition de la population. Une
bonne gouvernance accompagnée d’une approche transversale coordonnée est nécessaire afin de
consolider les composantes de la dynamique. Un seul maillon faible le long de la chaîne peut
compromettre l’ensemble de la dynamique. La PNSSANH vise à générer cette dynamique vertueuse
qui est indispensable pour déverrouiller le potentiel économique et humain du pays.
4.
PRINCIPES DIRECTEURS
La mise en application de la PSNSSANH nécessite de procéder à des choix fonctionnels et
opérationnels. La politique s’appuie ainsi sur 10 principes directeurs de base visant à préserver
l’esprit de la présente politique dans les actions sur le terrain. Ces principes directeurs sont ; les
droits humains, l’équité, la production nationale d’abord, le respect et l’encouragement des
habitudes alimentaires traditionnelles, le coût-efficacité, l’autonomisation, l’adaptation, la
gouvernance inclusive, la redevabilité, le genre et l’environnement.
Parmi ces 10 principes directeurs, l’un d’entre eux résume l’esprit fondateur de la PSNSSANH ; ‘la
production nationale d’abord’ :
‘Toutes les interventions, mesures et Programmes Nationaux, mis en œuvre dans le
cadre de la PSNSSANH doivent, avant tout, bénéficier à la production agricole
nationale et encourager les habitudes et la diversité alimentaire traditionnelle du
pays. Ainsi, les politiques commerciale et tarifaire visent à encourager le
développement des économies locales. Les filets sociaux, et la protection sociale
dans un sens plus large, utiliseront systématiquement les produits locaux, lesquels
sont priorisés sur les transferts monétaires (transferts conditionnels et non
conditionnels et alimentation scolaire). Les programmes nutritionnels (prise en
charge et prévention de la malnutrition) seront établis sur la base de produits
manufacturés en Haïti avec une prépondérance de produits agricoles locaux. Les
politiques sectorielles qui seront développées ou mises à jour en aval de la
PSNSSANH prioriseront la production agricole nationale sur le commerce externe.’
45 Le rapport annuel du MEF 2013-2014 souligne l’augmentation sur les recettes de l’Etat, la balance commerciale, et
l’économie que le pays bénéficierait avec un alignement des tarifs sur la CARICOM. MEF, 2015.
10
5.
VISION, BUTS, OBJECTIFS GÉNÉRAUX ET SPÉCIFIQUES
Figure 4. Cadre stratégique de la PSNSSANH (3 Axes stratégiques et 13 Piliers)
Vision
La vision du Gouvernement, à travers 11 Ministères et 12organismes46, et avec l’appui de la société
civile et de la coopération internationale, est de réduire la dépendance alimentaire, la faim et la
malnutrition à un niveau proche de zéro afin qu’elles ne soient plus une barrière au développement
socio-économique de la nation et d’un pays émergent à l’horizon 2030.
46 Organismes autonomes, déconcentrés ou stratégiques du gouvernement.
11
Buts du document de PSNSSANH
Les buts du document de PSNSSANH sont d’une part de donner des orientations générales
concernant la souveraineté et sécurité alimentaires et la nutrition, et d’autre part de mettre à
l’échelle des ‘Mesures’ et des ‘Programmes Nationaux’ (voir encadré 4) priorisés selon l’impact
démontré ou attendu sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la population, à travers une
action concertée de différents Ministères et organismes du gouvernement et avec la participation
active de la société civile, du secteur privé et de la coopération internationale. En particulier, la
PSNSSANH vise à institutionnaliser, élargir et systématiser les actions SSAN entreprises dans le cadre
de la Caravane du Changement.
Objectifs généraux
➢ Créer un environnement favorable et protecteur de la souveraineté et sécurité alimentaires et la
nutrition et permettant aux différents secteurs pertinents à la SSAN de prospérer (Axe 1.
Politique).
➢ Rendre disponibles les biens et les services nécessaires à l’atteinte de la souveraineté et sécurité
alimentaires et de la nutrition à l’ensemble de la population, en temps normal et en situation
d’urgence suite à un choc (Axe 2. Opérationnel).
➢ Renforcer les institutions et les capacités nationales afin qu’elles soient en mesure de financer,
de coordonner et de gérer la mise en œuvre déconcentrée et décentralisée des mesures et
Programmes Nationaux prioritaires des différents secteurs de la SSAN avec des mécanismes
capables d’assurer la redevabilité des investissements (Axe 3. Institutionnel).
Objectifs spécifiques
Axe 1. Politique
➢ Refonder les politiques commerciales et le profil tarifaire de la nation afin qu’ils priorisent les
intérêts de la souveraineté et sécurité alimentaires et de la nutrition sur les intérêts du
commerce international (pilier 1.1- Politique commerciale et profil tarifaire).
➢ Aligner la politique budgétaire de la République d’Haïti sur les objectifs de souveraineté et
sécurité alimentaires et de nutrition (pilier 1.2- Politique budgétaire).
➢ Réviser le cadre légal et formuler les politiques sectorielles afin que les différents secteurs
pertinents à la souveraineté et sécurité alimentaires et à la nutrition disposent d’orientations
claires et portées par des institutions stabilisées (pilier 1.3 - Cadre légal et politiques sectorielles).
➢ Alerter à temps les institutions et la population en cas de chocs climatiques ou sur les prix des
aliments, permettant des réponses d’urgences alimentaires et nutritionnelles rapides et efficaces
grâce à des mécanismes opératoires prédéfinis et bien établis (pilier 1.4 - Système de préparation
aux urgences alimentaires & nutritionnelles).
Axe 2. Opérationnel
➢ Investir dans la production familiale, la commercialisation et la transformation de produits
agricoles afin que le secteur fournisse durablement des aliments diversifiés en quantité et en
qualité suffisante sur des marchés approvisionnés par des aliments locaux de façon efficiente,
permettant ainsi à la population de se nourrir sainement et adéquatement (pilier 2.1 - Production
agricole, transformation et commercialisation).
12
➢ Investir dans les filets sociaux et les mécanismes de réponse aux urgences afin que toute la
population ait accès à des produits alimentaires locaux de base leur permettant de se nourrir
adéquatement et de mener une vie saine et active et permettant en particulier aux ultra-pauvres
de sortir du cycle d’exclusion induit par la faim, en temps normal et suite à un choc (pilier 2.2 Accès aux produits alimentaires de base).
➢ Investir dans les services de base prioritaires nécessaires à une bonne utilisation physiologique
des aliments locaux et permettant d’atteindre la sécurité sanitaire et nutritionnelle (pilier 2.3 Services nécessaires à la sécurité sanitaire et nutritionnelle).
➢ Investir dans le réseau routier en milieu rural et le transport maritime de proximité permettant
de désenclaver toutes les zones du pays et de relier les producteurs aux marchés à des coûts de
transport compétitifs durant toute l’année (pilier 2.4 - Infrastructures routières et maritimes).
Axe 3. Institutionnel
➢ Mettre en place une architecture institutionnelle de la SSAN répondant à la nécessité de
promouvoir des formes de gouvernance appropriées à la complexité des enjeux, à la diversité
des acteurs concernés ainsi qu’à la multiplicité des politiques publiques sectorielles (Pilier 3.1 Architecture institutionnelle).
➢ Renforcer la coordination de l’aide externe au niveau des secteurs concernés par la SSAN et au
niveau intersectoriel afin de maximiser les intégrations et les synergies de l’aide externe sur les
priorités et processus nationaux (Pilier 3.2 - Coordination de l’aide externe).
➢ Mettre en place une culture de l’audit et du contrôle interne et externe ainsi qu’un système suivi
et évaluation apte à renforcer la transparence de la gestion et des résultats obtenus avec les
fonds du trésor public (pilier 3.3 - Audit, contrôle et Suivi-Evaluation).
➢ Mettre en œuvre une stratégie de communication permettant aux différents secteurs de la
souveraineté, de la sécurité alimentaire et de la nutrition, ainsi que la population en général, de
comprendre, de souscrire et d’agir favorablement aux actions entreprises dans le cadre de la
PSNSSANH (Pilier 3.4 - Communication autour de la PSNSSANH).
➢ Renforcer les capacités des acteurs de la PSNSSANH en matière d’administration, de gestion et
de finances publiques, afin que tous aient les compétences nécessaires pour exercer les missions
qui leurs sont dévolues (pilier 3.5 - Renforcement des capacités).
L’Annexe I présente les cibles et indicateurs d’impacts de la PSNSSANH. L’Annexe II présente les 35
Mesures et 25 Programmes Nationaux priorisés par la PSNSSANH ainsi que les principaux échéanciers
de mise en œuvre.
Encadré 3. Définitions
‘MESURES’ et ‘PROGRAMMES NATIONAUX’
➢
MESURES : Processus étatiques de nature administrative,
légale ou financière. Les mesures peuvent, en principe, être
mises en place sur le budget de fonctionnement actuel des
structures gouvernementales.
➢
PROGRAMMESNATIONAUX : Mécanismes étatiques de
livraison de biens et de services à l’échelle nationale. La mise à
l’échelle des Programmes Nationaux nécessite des budgets
d’investissement et nécessite la création de nouvelles lignes
budgétaires (exemple : Programme National de Cantine
Scolaire). Les Programmes Nationaux correspondent
administrativement aux ‘sous-programmes’ de la Loi sur
l’Elaboration et l’Exécution de la Loi des Finances (LEELF du 4
mai 2016.
13
6.
STRATÉGIE DE MISE EN ŒUVRE
Le démarrage de la mise en œuvre de la PSNSSANH est crucial. Certains jalons doivent être
immédiatement posés dès l’approbation du document, autant au niveau institutionnel que sectoriel.
La mise en œuvre sera structurée en plans triennaux, en tenant compte de la planification des
actions globales du Gouvernement. Ainsi, 4 plans triennaux couvriront la mise en œuvre de la
PSNSSANH à l’horizon 2030. Les deux premières années de mise en œuvre, d’ici 2022, sont
déterminantes pour le succès des réformes engagées et l’atteinte des cibles. L’annexe II présente les
principaux échéanciers de mise en œuvre de la PSNSSANH.
Actions institutionnelles prioritaires
D’un point de vue institutionnel, les jalons suivants sont indispensables au démarrage de la mise en
œuvre de la PSNSSANH :
A. Inscription du ‘budget programme SSAN’ dès l’année budgétaire 2021/2022 (MESURE 3.1.1 –
Mettre en place un ‘budget programme SSAN’). La première année de l’inscription du ‘budget
programme SSAN’ est ‘expérimentale’ dans le sens où elle n’a pas d’effets sur les budgets des
Ministères. Par contre, une comptabilité analytique du budget de la République est nécessaire
pour identifier/flécher les actions financées existantes qui font partie de la SSAN (MESURE 1.2.1 Comptabilité analytique dans le cadre du budget programme SSAN). Cela permet d’identifier les
ressources pertinentes à la SSAN des différents Ministères concernés par la PSNSSANH et
d’orienter la préparation des documents/FIOP pluriannuels des Programmes Nationaux (MESURE
1.2.2 - Préparation des documents de Programmes Nationaux). Un rythme de formulation et de
démarrage d’au minimum5 Programmes Nationaux par année fiscale, est nécessaire pour le
succès de la PSNSSANH.
B. Création de l’ONASAN pour donner l’ancrage institutionnel à la PSNSSANH (MESURE 3.1.2 Mise
en place progressive de la structure de gouvernance de la SSAN). Toutefois, la création de
l’ONASAN se fera dans un deuxième temps à travers un texte légal portant sur la ‘Souveraineté
et la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle’4748.
C. Formation intensive de cadres à tous les niveaux (PROGRAMME 3.4.1 - Renforcement de
capacités des acteurs de la PSNSSANH (PN-CAPA). Des cours formels, de plusieurs semaines à
plusieurs mois, porteront sur les thématiques de l’administration et la gestion des finances
publiques, la formulation de programmes nationaux avec des cibles vérifiables et la gestion axée
sur les résultats (GAR). Ces formations doivent permettre la création d’un pool d’expertises
indispensable à la mise en œuvre du budget programme SSAN. Ces formations seront réalisées
dans un premier temps sur la base de ressources existantes, mais prendront la forme d’un
Programme National de long terme de renforcement des capacités.
Actions sectorielles prioritaires
D’un point de vue sectoriel, les actions prioritaires de la mise en œuvre de la PSNSSANH doivent être
posées de façon simultanée et concertée, avec la coordination de l’ONASAN, car chaque action se
renforce mutuellement. Dans le cas contraire, la transition ne pourra pas réussir car une action
47Chambre des Députés, 2016 et Sénat, 2014.
48 Il s’agira donc d’un ‘projet’ de loi.
14
réalisée individuellement ne pourra pas permettre les changements nécessaires. Ainsi, le relèvement
des tarifs à l’importation agricole ne peut pas réussir sans investissements effectifs permettant
d’augmenter la production agricole. L’augmentation des tarifs peut causer la hausse des prix sur les
marchés. Pourtant, c’est la production agricole qui permettra de faire baisser le prix de la nourriture.
‘Se pwodiksyon manje ki kafè bese primanje’sou yon tan long. De même, les investissements dans le
secteur agricole ne pourront pas réussir si les tarifs à l’importation agricole ne sont pas relevés afin
de rééquilibrer les fondamentaux économiques de la compétition. Les actions prioritaires sont les
suivantes :
A. Relèvement progressif des tarifs à l’importation des produits agricoles (MESURE 1.1.1 Application graduelle des TEC de la CARICOM). Le relèvement des tarifs doit s’accompagner
d’autres mesures visant à améliorer la compétitivité de la production agricole nationale. Par
exemple, la réduction des coûts d’importations des intrants agricoles et la mise en place d’autres
barrières de protection non-tarifaires des filières nationales sont nécessaires. Ces mesures seront
définies de façon concertée à travers un groupe de travail consultatif (MESURE 1.1.2 - Groupe de
travail consultatif sur les tarifs agricoles). De plus, l’application de tarifs relevés va sans doute
augmenter la pression par certains groupes d’entreprises sur l’administration douanière. Un
renforcement de l’administration douanière en vue d’améliorer sa gouvernance est donc
indispensable (MESURE 1.1.3 - Renforcement de l’administration douanière).
B. Investissements dans la production agricole familiale et le commerce des produits locaux. La
stratégie de croissance agricole de la PSNSSANH vise, dans un premier temps, à recapturer les
parts de marchés nationaux perdus face à l’importation. Ainsi, les mesures macro-économiques
de protection du secteur, doivent, en parallèle, s’accompagner d’interventions visant à lever les
goulots d’étranglement du secteur et à augmenter les investissements publics et privés dans
l’agriculture familiale. L’agriculture familiale est appelée à devenir le moteur de la croissance
économique de la nation, ainsi que le secteur garant de la stabilité de la Gourde face au Dollar.
Les actions prioritaires pour lever les goulots d’étranglements du secteur sont :
➢ Fourniture de crédit rural orienté principalement aux Madan Sara et aux acteurs de la
transformation de produits agricoles ainsi que les services d’appui à l’agriculture tels que les
importateurs, distributeurs & revendeurs (boutik) d’intrants et d’équipements agricoles)
(PROGRAMME NATIONAL 2.1.1 – Crédit rural pour la commercialisation et la transformation
de produits locaux et les services agricoles (PN-CR) ;
➢ Libéralisation du marché des intrants agricoles (engrais, semences, équipements) et réforme
des programmes de subventionnements à l’offre du MARNDR afin de permettre au secteur
privé de se développer. (PROGRAMME NATIONAL 2.1.6 - Bons d’intrants agricoles
subventionnés pour les cultures vivrières (PN-BIAS) ;
➢ Création de centres d’achats institutionnels pour sécuriser les marchés de la production
nationale. (MESURE 2.1.1 - Centres d’achats institutionnels de produits agricoles locaux). Ces
marchés comprennent les filets sociaux tels que la cantine scolaire (PN-CS) ou les bons
alimentaires (PN-BPAL) ainsi que les besoins des services traiteurs d’institutions telles que la
police nationale, les hôpitaux oules orphelinats ;
➢ Encadrement de la production et distribution de plants et semences améliorées de qualité
(PROGRAMME NATIONAL 2.1.10 - Plants et semences (PN-SEM) ;
➢ Construction et réhabilitation de routes et d’infrastructures de cabotage visant à désenclaver
les zones de production agricole et de réduire le coût de commercialisation des produits
locaux (PROGRAMME NATIONAL 2.4.1 - Extension et entretien du réseau routier (PN-ERR),
15
ainsi que des infrastructures d’irrigation (PROGRAMME NATIONAL 2.1.5 - Réhabilitation et
construction de périmètres irrigués (PN-RCPI).
➢ Mise en place de programmes de recherches appliquées indispensables au maintien de la
croissance agricole (amélioration de la productivité) et de cursus de formations destinés à
compléter la formation d’agro-professionnels, techniciens et agents de vulgarisateurs
professionnels sur des paquets technologiques spécifiques et destinés aux jeunes agroentrepreneurs intéressés à investir dans le secteur (PROGRAMME NATIONAL 2.1.15 Recherche, formation et innovation technologique (PN-RFIT).
C. Investir dans les filets sociaux et la nutrition. La PSNSSANH ne laissera personne de côté du
développement socio-économique de la nation. Ainsi, la priorité dans la mise en œuvre portera
sur les actions suivantes :
➢ Mise à l’échelle des modalités de cantines scolaires basées exclusivement sur des produits
locaux (PROGRAMME NATIONAL 2.2.1 - Cantine scolaire basée exclusivement sur des
produits locaux (PN-CS) ;
➢ Mise en place du Programme National de bons de produits alimentaires destiné à la couche
la plus pauvre et la plus en difficulté de la population (PROGRAMME NATIONAL 2.2.2 - Bons
de produits alimentaires locaux destinés aux ‘ultra-pauvres’ et RUB (PN-BPAL) ;
➢ Mise en place du Programme National de nutrition avec un focus sur la période des 1000
premiers jours de la vie (PROGRAMME NATIONAL 2.3.1 - Nutrition (PN-NUT) et mise en
œuvre de la loi sur la fortification promulguée le 2 février 2017, rendant obligatoire la
fortification ; a) du sel fortifié en iode, b) des farines de blé fortifiées en fer, acide folique,
zinc et vitamines B ; et c) des huiles végétales fortifiées en vitamine A.
D. Préparation et réponses aux urgences. La PSNSSANH posera des actions dès son démarrage afin
de se préparer aux urgences. En particulier, la priorité portera sur les actions suivantes :
➢ Création d’un stock alimentaire de contingence au BMPAD (MESURE 1.4.1 -Stock alimentaire
de contingence (SAC) ;
➢ Renforcement du Système National d’Alerte Précoce (SNAP) pour la sécurité alimentaire et la
nutrition (MESURE 1.4.2 - Système National d’Alerte Précoce (SNAP) ;
➢ Mise en place des mécanismes de réponse aux urgences, en particulier pour faire face aux
besoins alimentaires suite à un choc à travers des transferts de vivres (PROGRAMME
NATIONAL 2.2.3 - Transferts alimentaires d’urgence aux ménages fortement affectés par un
choc (PN-TAU), ainsi que la réhabilitation des infrastructures agricoles endommagées après
un choc climatique (PROGRAMME NATIONAL 2.1.16 - Réhabilitation des infrastructures
rurales suite à un choc par des travaux HIMO (PN-HIMO).
E. Campagnes de communication autour de la mise en œuvre de la PSNSSANH (MESURE 3.4.1 Promotion du manje lokal). Une stratégie de communication soutenue est essentielle à la
réussite des transitions entreprises dans plusieurs secteurs à travers la mise en œuvre des
mesures et Programmes Nationaux prioritaires. Le choix de la thématique du manje lokal est
gagnante dans le sens où, autour de cette thématique d’intérêt national, cela permet
d’appréhender une communication claire, simple et compréhensible pour l’ensemble de la
population autour du bien-fondé de tous les mesures et Programmes Nationaux mis en œuvre
par la PSNSSANH.
16
7.
PRINCIPAUX IMPACTS ATTENDUS
Les tableaux 1 et 2 comparent les projections de souveraineté alimentaire à l’horizon 2030 pour le
scénario où la PSNSSANH ne serait pas mise en œuvre (0% de croissance agricole) et le scénario où la
PSNSSANH est pleinement mise en œuvre (7.3% de croissance annuelle des produits vivriers et 6.0%
de croissance des produits d’origine animale).
En termes de souveraineté alimentaire, le taux d’autosuffisance alimentaire en produits vivriers
s’améliorera pour atteindre 88% (58% actuellement) et ainsi la grande majorité des produits vivriers
consommés seront locaux. La structure de la consommation alimentaire, aujourd’hui excessivement
basée sur le riz, est toutefois appelée à être modifiée. Une croissance accélérée de la production
vivrière orientée sur les marchés nationaux nécessite une diminution significative de la
consommation de riz dans la diète alimentaire, en faveur des produits traditionnellement
consommés, tels que le maïs, le sorgho et les tubercules. A l’horizon 2030, la part du riz ne devrait
pas représenter plus de 30% des céréales consommées (58% actuellement). Toutefois, la moitié du
riz consommé restera importée avec un taux d’autosuffisance projeté à près de 50%.
Pour les produits d’origine animale, le taux d’autosuffisance passera pour la viande à 87% (55%
actuellement), pour les œufs à 89% (29% actuellement), pour les produits de la pêche et aquaculture
à 78% (46% actuellement) et pour les produits laitiers à 49% (24% actuellement).
La consommation des produits vivriers et en protéines animales s’améliorera quantitativement de
9%, alors que la diète alimentaire sera plus diversifiée, contribuant ainsi à réduire la sousalimentation ainsi que les autres formes de malnutrition. L’annexe I présente les cibles et indicateurs
d’impact au niveau de la Vision, des Axes (objectifs généraux) et des Piliers (objectifs spécifiques) de
la PSNSSANH.
Tableau 1. Taux d’autosuffisance alimentaire (souveraineté alimentaire) en produits vivriers
Situation actuelle
2030 – 0% de croissance
agricole
2030 – 7.3% de croissance
agricole
EC
58
47
Maïs
88
80
Sorgho
100
90
Riz
17
13
Pois
71
53
Plantains
100
74
Tubercules
100
84
88
100
100
50
100
100
100
Tableau 2. Taux d’autosuffisance alimentaire (souveraineté alimentaire) en produits d’origine animale
Situation actuelle
2030 – 0% de
croissance agricole
2030 – 6.0% de
croissance agricole
Situation actuelle
2030 – 0% de
croissance agricole
2030 – 6.0% de
croissance agricole
Viandes
total
55
46
Bœufs
Porcs
Poulet
intensif
6
4
Volailles
traditionnelles
100
100
Equins
Lapins
75
60
Caprins/
ovins
100
100
97
79
75
75
100
100
87
97
86
100
77
100
79
100
Œufs
total
29
24
Œufs
intensifs
25
20
Œufs
traditionnels
100
100
Pêche
total
46
37
Pêche
maritime
42
35
Pêche eaux
douces
93
76
Produits
laitiers
24
20
89
89
100
78
71
100
49
17
Les analyses et projections économiques réalisées dans le cadre de la PSNSSANH montrent qu’une
recapture réaliste des marchés nationaux par la production nationale permet de réaliser une
croissance annuelle du PIB agricole de 6.7% d’ici à 2030.En termes de création d’emplois, les effets
de la croissance agricole sont massifs. Les projections montrent que, par ses effets directs et
multiplicateurs sur l’emploi, une croissance agricole accélérée de 6.7% annuellement permet de
créer durablement 3 millions d’emplois à l’horizon 2030 (graphique 1). Cette création d’emplois est
suffisante pour remettre au travail la majorité des populations au chômage et inactives de la nation,
estimées à 4 millions à l’horizon 2030 (3.2 millions actuellement). Le chapitre 5 de la PSNSSANH49
présente les fondamentaux de création d’emplois générés par la croissance agricole. A titre de
comparaison, une croissance de 10% du PIB annuel du secteur de la manufacture, ne créerait que
87,000 emplois à l’horizon 2030, soit 2% des projections de chômeurs et inactifs.
Ainsi, le secteur agricole est le seul secteur en mesure de ‘nourrir’ la transformation de l’économie
haïtienne. Le secteur agricole est en mesure de libérer le potentiel de croissance économique de la
nation, de réduire les disparités de revenus entre les plus riches et les plus pauvres, de renverser les
tendances migratoires vers les zones rurales, de rééquilibrer les phénomènes d’urbanisation
incontrôlée, de stabiliser la Gourde face aux monnaies étrangères et de réduire l’inflation. L’impact
que l’on peut anticiper de cette création massive d’emplois sur la réduction de la pauvreté et de
l’insécurité alimentaire est majeur et se trouve au cœur de la stratégie de la PSNSSANH. Les cibles de
l’ODD 2 ‘faim zéro’ seront atteintes alors que la PSNSSANH contribuera significativement à 10 autres
ODD (voir introduction), dont l’ODD 1 ‘‘pas de pauvreté’ et l’ODD 10 ‘inégalités réduites’.
La vision d’une Haïti émergente à l’horizon 2030 (PSDH) est ainsi possible. Cependant, pour atteindre
ces résultats, une mise en œuvre immédiate des mesures et Programmes Nationaux priorisés par la
PSNSSANH est nécessaire ainsi qu’une gouvernance rigoureuse de l’ensemble de la thématique
SSAN. La PSNSSANH vise d’une part à créer les conditions macro-économiques nécessaires à la
prospérité de l’agriculture familiale et d’autre part de faciliter les investissements publics et privés
dans les opportunités identifiées. Les réformes et investissements à consentir sont à la dimension
des résultats à obtenir.
Graphique 1. Effet sur l’emploi de la croissance du PIB agricole
49Chapitre sur les choix stratégiques fondamentaux du ‘document de politique et de stratégie’ de la PSNSSANH, p. 39-48.
18
8.
FINANCEMENT
La création de ‘budget programme’ dans le cadre de la Loi du 4 mai 2016 sur l’Elaboration et
l’Exécution de la Loi des Finances (LEELF)50 apporte une opportunité unique pour positionner la
politique publique PSNSSANH. La structuration du budget en programme et la gestion budgétaire sur
la base du programme visent à renforcer le lien entre le budget et les politiques publiques, à fournir
un cadre pour le suivi de la performance et à renforcer la redevabilité à l’égard du Parlement et des
citoyens. La mise en œuvre de la LEELF implique un processus ‘pilote’, étant donné la complexité de
la budgétisation sur la base de ‘résultats’ (budget programme avec des résultats attendus), plutôt
que la programmation actuelle sur les ‘moyens’ (budget attribué aux structures). La LEELF constitue
une opportunité pour rénover la gestion financière et optimiser les opportunités offertes par les PTF.
Cette opportunité est saisie par la PSNSSANH.
La mise en place d’un ‘budget programme SSAN’, ventilé en Programmes Nationaux de la PSNSSANH
(dénommé ‘sous-programmes’ dans le cadre de la LEELF), permet les arbitrages nécessaires pour le
financement des actions priorisées par la politique. La mise en place d’un fond spécial pour la SSAN
n’est donc pas nécessaire.
Les bailleurs de fonds peuvent se rattacher au financement de la PSNSSANH à trois niveaux :
✓ Le MEF, pour ce qui concerne l’appui budgétaire avec une labélisation ‘SSAN’ ;
✓ L’Office National de la Souveraineté et Sécurité Alimentaires et de la Nutrition (ONASSAN)51,
pour ce qui concerne l’appui technique et financier au ‘budget programme SSAN’ ;
✓ Les Unités de Gestion des Programmes Nationaux (UGPN)52, pour ce qui concerne l’appui
technique et financier aux ‘Programme Nationaux’.
Encadré 4. Définition
‘BUDGET PRORAMME’
Un programme budgétaire regroupe les crédits destinés à mettre en œuvre une action
ou un ensemble cohérent d'actions représentatif d'une politique publique clairement
définie dans une perspective de moyen terme.
À ces programmes budgétaires sont accordés des objectifs précis, arrêtés en fonction
de finalités d'intérêt général et les résultats attendus. Ces résultats, mesurés
notamment par des indicateurs de performance auxquels sont assignées des cibles,
font l'objet d'évaluations régulières et donnent lieu à un rapport de performance
élaboré en fin d'exercice par les ministères et les institutions concernées.
Les programmes budgétaires peuvent être déclinés en sous-programmes budgétaires
relevant d'entités administratives de second rang dépendant d'entités administratives
de premier rang. Ils peuvent également être communs à plusieurs entités
administratives de premier rang, auquel cas l'entité la mieux dotée budgétairement
assure la coordination entre les entités concernées, sauf décision contraire du Premier
ministre.
Chaque entité administrative de premier rang dispose au minimum d'un programme
budgétaire de gouvernance générale qui encadre ses fonctions de pilotage et
d'administration (article 31 de la LEELF).
50Le Moniteur, 2017b.
51 Voir Axe 3.
52 Voir Axe 3.
19
9.
ARCHITECTURE INSTITUTIONNELLE
La mise en œuvre de la politique sera assurée par l’ONASAN qui sera un organisme autonome sous
tutelle à caractère administratif. En ce sens, il y aura deux niveaux d’actions :
Niveau politique et stratégique
Les aspects politique et stratégique seront adressés à travers le Conseil d’Administration de
l’ONASAN.
Niveau administratif et opérationnel
Les aspects administratif et opérationnel seront assurés par la Direction Générale de l’ONASAN dans
ses attributions techniques et administratives à travers les organes qui seront mis en place.
20
21
Figure 2. Structure de gouvernance de la Souveraineté, de la Sécurité Alimentaires et nutritionnelles
Structures de gouvernance
CONSEIL
D’ADMINISTRATION de la SAN
Instance
responsable
Ministres
membres du
CA
Membres
Secrétariat
Principales attributions
Fréquence
- Définition des grandes
orientations stratégiques
Les Ministres
DC des Ministres
- Rapport au Gouvernement
avec une large consultation des
forces vives de la nation
Echéanciers
2020-2021
2
rencontres/an
(Conseillers
dès 2020)
- Mise en œuvre de la
PSNSSANH
Directeur
Général
ONASAN
ONASAN
Direction ONASAN
Direction Technique et
Administrative de
l’ONASAN
- Harmonisation des actions du
Gouvernement en matière de
SSAN
En
permanence
2020
- Gouvernance du ‘budget
programme SSAN’
22
L’ONASSAN est créé en tant qu’organisme autonome sous tutelle. Dans le champ d’action de la
PSNSSANH, il coordonne les actions de SAN des entités concernées, soit les Ministères et les
organismes53 et approuve les documents de Programmes Nationaux soumis pour autorisation de
financement.
D’un point de vue stratégique, afin de permettre au MARNDR en tant que Président du Conseil
d’Administration de l’ONASAN de garantir la participation de tous les secteurs, intervenant dans le
domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, un Conseil Consultatif est mis en place à
l’initiative du Ministre. Il sera constitué exclusivement d’institution œuvrant dans le domaine.
10.
COORDINATION DE L’AIDE EXTERNE
Les bailleurs de fonds et les partenaires techniques peuvent appuyer directement la mise en œuvre
de la PSNSSANH à partir de 4 modalités :
✓ Alignement des modalités de mise en œuvre des opérations des partenaires. Les partenaires
techniques, agences techniques et les ONG alignent leurs opérations sur les modalités
opérationnelles de chaque Programme National. A titre d’illustration, pour le Programme
National de cantine scolaire (PNCS), les partenaires du programme et les opérateurs, alignent
leurs opérations sur le Manuel d’Opération du PNCS.54
✓ Appui technique et financier aux ‘Programmes Nationaux’. Les Unités de Gestion des
Programmes Nationaux (UGPN)55, détenant le pouvoir d’ordonnancement pour la mise en œuvre
des Programmes Nationaux, peuvent recevoir les contributions financières et techniques des
partenaires.
✓ Appui technique et financier au ‘budget programme SSAN’. L’ONASAN, détenant le pouvoir
d’ordonnancement du budget SSAN, peut recevoir la contribution de l’aide externe en appui au
‘budget programme SSAN’ et les attribue aux ‘Programmes Nationaux’ éligibles.
✓ Appui budgétaire avec une labélisation ‘SSAN’. Les contributions se font à travers le MEF et les
mécanismes du ‘budget programme SSAN’, le Conseil d’Administration de l’ONASAN et la
Direction Générale de l’ONASAN assurent la coordination interne sur l’utilisation des ressources
financières.
Afin de permettre l’opérationnalisation de l’une ou l’autre des modalités, les bailleurs de fonds
aligneront leurs financements sur les orientations fixées par la PSNSSANH. Pour chaque modalité
d’appui direct à la mise en œuvre de la PSNSSANH, des mécanismes de coordination seront mis en
place.
Tableau3. Vue synthétique des mécanismes de coordination pour chaque modalité d’appui direct des
partenaires à la mise en œuvre de la PSNSSANH
Modalité d’appui à la
PSNSSANH
➢
➢
Alignement des modalités
de mise en œuvre des
opérations
des
partenaires
➢
Appui
technique
financier
➢
et
aux
Mécanismes de coordination
Niveau central
Niveau départemental
Groupes
de
concertation
des
‘Programmes
➢ Tables sectorielles
Nationaux’
et/ou
départementales
Tables sectorielles
Niveau communal
➢
Tables de
concertations
Tables sectorielles
53 Organismes autonomes, déconcentré ou stratégique du gouvernement.
54 MENFP, 2017a.
55 Voir Axe 3.
23
➢
➢
‘Programmes Nationaux’
Appui
technique
et
financier
au
‘budget
programme SSAN’
Appui budgétaire avec
une labélisation ‘SSAN’
➢
Table thématique
➢
Comité d’efficacité de
l’aide
➢
Tables de
concertations
La traduction ‘territoriale’ de la mise en œuvre de la PSNSSANH se concrétisera par la préparation de
plans départementaux de la SSAN (PDSSAN). Les partenaires techniques et financiers participeront
activement à la rédaction des PDSSAN.
24
ANNEXE I – CIBLES ET INDICATEURS D’IMPACT
Tableau 4. Cibles et indicateurs au niveau de la Vision, des Axes (objectifs généraux) et des Piliers (objectifs spécifiques)
VISION, AXES et PILIERS
VISION
AXE 1. POLITIQUE
1.1 - Politiques commerciales et
profil tarifaire
1.2 - Politique budgétaire
1.3 - Cadre légal et politiques
sectorielles
1.4 - Système de préparation aux
urgences
AXE 2. OPÉRATIONNEL
2.1 - Production agricole familiale,
transformation et
commercialisation
Cibles
✓ 4% de croissance annuelle du PIB
✓ PIB/habitant de 1500 USD
✓ Augmentation de 0.1 point de l’IDH
✓ Taux de souveraineté alimentaire de 88% (autosuffisance)
✓ Faim Zéro
Indicateurs
✓ % de croissance du PIB
✓ PIB/habitant
✓ IDH
✓ Taux de souveraineté alimentaire (autosuffisance)
✓ Prévalence de la sous-nutrition
✓ Prévalence de l’insécurité alimentaire modérée, basé
sur l’échelle de l’expérience d’insécurité alimentaire
✓
Niveau de protection du secteur agricole au moins égal à celui
de la CARICOM
35% des investissements du trésor public destinés à l’agriculture
(15%), la protection sociale (5%), les services de base pour la
nutrition (15%), l’environnement et aux infrastructures de
transport
80% des lacunes légales de la thématique SSAN comblées par
des textes
80 % du volume de stock de contingence réalisés
26 analyses IPC nationales réalisées
✓
Niveau de protection du secteur agricole
✓
% des investissements du trésor public destinés à
l’agriculture, à la protection sociale, aux services de
base, à l’environnement et aux infrastructures de
transport
% des lacunes légales comblées par des textes
Nombre de textes promulgués
% du volume de stock de contingence réalisé
Nombre d’analyses IPC nationales réalisées
Nombre de bulletins d’alerte précoce
6% de croissance annuelle du PIB agricole (inclus élevage et
pêche)
Tripler la productivité agricole et les revenus des exploitants
agricoles
500 ressources génétiques végétales agricoles conservées
30% des superficies agricoles semées/plantées avec des
semences/plants de bonne qualité des variétés adaptées
✓
✓
Réduction de 80% de l’insécurité alimentaire modérée des ultrapauvres
Réduction de 60% de la sous-nutrition chez les enfants scolarisés
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
2.2 - Accès aux produits
alimentaires de base
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
% de croissance du PIB agricole
Volume de production par unité de travail, par classe
de taille d’exploitant agricole
Revenus moyens des petits producteurs, selon le sexe
et le statut indigène
Nombre de ressources génétiques végétales agricoles
conservées
Quantité de semences/nombre de plants de qualité
produits et mis à la disposition des agriculteurs
% d’insécurité alimentaire des ultra-pauvres et les
enfants scolarisés
% de sous-nutrition chez les enfants scolarisés
25
✓
2.3 - Services de base nécessaires
à la sécurité sanitaire et
nutritionnelle
✓
✓
✓
2.4 - Infrastructures routières et
maritimes
AXE 3. INSTITUTIONNEL
3.1 - Architecture institutionnelle
3.2 - Coordination de l’aide
externe
3.3 - Audit, contrôle et SuiviEvaluation
3.4 - Communication autour de la
PSNSSANH
3.5 - Renforcement des capacités
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
AXE 4. THÉMATIQUE TRANSVERSALE
4.1 - Capital humain
✓
✓
4.2 - Aménagement du territoire
✓
4.3 - Genre et autres formes
d’inégalités sociales
✓
4.4 - Résilience
✓
80% des populations affectées par un choc ont leurs besoins
alimentaires couverts
40% de réduction du retard de croissance chez les enfants de
moins de 5 ans
50% de réduction de l’anémie ferriprive chez les femmes en âge
de procréer (15-49 ans)
Maintien de la prévalence de la malnutrition aigüe sous le seuil
de 5%
50% des femmes allaitant exclusivement
50% d’amélioration de l’accès à l’eau potable et l’assainissement
Amélioration de l’accès à la planification familiale
30% de réduction du coût de transport moyen
✓
100% des structures institutionnelles en fonction
80% de l’aide externe de la thématique concernée est
coordonnée dans le cadre de la PSNSSANH
70 % des audits, contrôles et suivi-évaluations prévus, effectués
✓
✓
70 % de la population familière avec les objectifs et les
principales actions de la PSNSSANH
80% du personnel participants dans la mise en œuvre de la
PSNSSANH en mesure de réaliser leurs tâches avec satisfaction
✓
Amélioration de 50% des niveaux d’instructions primaires,
secondaires et supérieures
Amélioration de 50% des niveaux d’instruction des filles en
milieu rural
80% des planifications de la PSNSSANH intégrée dans une
approche d’aménagement du territoire
Augmentation de 50% de la participation des femmes dans les
plateformes de planification et de concertations de la PSNSSANH
✓
Augmentation de 50% du niveau de résilience des ménages, des
communautés à l’insécurité alimentaire et la malnutrition
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
% populations affectées par un choc dont leurs besoins
alimentaires sont couverts
Prévalence du retard de croissance (taille pour l’âge <2 écart type) chez les enfants de moins de 5 ans
Prévalence de l’anémie (hémoglobine < 12 g/dl pour
femmes non enceintes et < 11 g/dl femmes enceintes)
chez les femmes en âge de procréer (15-49 ans)
Prévalence de la malnutrition aigüe (poids pour la
taille<-2 écart type) chez les enfants de moins de 5 ans
% des femmes allaitant exclusivement
% des femmes ayant accès aux services de PF
% de réduction du coût de transport moyen
% des structures institutionnelles en fonction
% de l’aide externe de la thématique concernée est
coordonnée dans le cadre de la PSNSSANH
% des audits, contrôles et suivi-évaluations prévus,
effectués
% de la population familière avec les objectifs et les
principales actions de la PSNSSANH
% du personnel participants dans la mise en œuvre de
la PSNSSANH en mesure de réaliser leurs tâches avec
satisfaction
% population ayant atteint un niveau d’instruction
primaire, secondaire et supérieur
% des filles en milieu rural ayant atteint un niveau
d’instruction primaire, secondaire et supérieur
% des planifications de la PSNSSANH intégrées dans
une approche d’aménagement du territoire
% participation des femmes dans les plateformes de
planification et de concertation de la PSNSSANH
Niveau de résilience des ménages, des communautés à
l’insécurité alimentaire et la malnutrition
26
ANNEXE II – Mesures, Programmes Nationaux et principaux échéanciers de mise en œuvre de la
PSNSSANH
2018
2020
2025
2030
Ancrage
institutionnel
X
X
X
X
X
X
X
MCI
X
X
X
MEF /
Douane
AXE 1. POLITIQUE
1.1 - Politiques commerciales et profil tarifaire
MESURE 1.1.1 Application graduelle des TEC de la
CARICOM
MESURE 1.1.2 Groupe de travail consultatif sur les tarifs
agricoles
MESURE 1.1.3 Renforcement de l’administration
douanière
MESURE 1.1.4 Création d’un volet exportation et
intelligence économique
1.2 - Politique budgétaire
MESURE 1.2.1 Comptabilité analytique dans le cadre du
‘budget programme SSAN’
MESURE 1.2.2 Préparation des documents de
Programmes Nationaux (5/année)
MESURE 1.2.3 Consolidation des actions intraministérielles autour des Programmes Nationaux
prioritaires de la PSNSSANH
MESURE 1.2.4 Accroissement de l’assiette fiscale pour
financer le développement du pays et la PSNSSANH
X
X
X
X
X
X
X
X
ONASAN
X
X
MEF / DGI
MEF
ONASAN
X
X
1.4 - Système de préparation aux urgences
MESURE 1.4.1 Stock alimentaire de contingence (SAC)
Système National d’Alerte Précoce
MCI / CFI
X
1.3 - Cadre légal et politiques sectorielles
MESURE 1.3.1 Groupe de travail sur le renforcement du
cadre légal et de politiques sectorielles
MESURE 1.3.2 Mise à jour de la politique nationale de
développement agricole et de sécurisation foncière
MESURE 1.3.3 Formulation d’une politique nationale de
sécurité sanitaire des aliments
MESURE 1.3.4 Formulation d’une politique nationale de
protection et promotion sociales
MESURE 1.3.5 Formulation d’une politique nationale de
l’environnement et du changement climatique
MESURE 1.3.6 Formulation d’une politique nationale de
transport
MESURE 1.3.7 Formulation de la politique nationale de
l’énergie et du changement climatique
MESURE 1.4.2
(SNAP)
Primature /
BACOZ
X
Primature
X
MARNDR
X
CICDA
X
MAST
X
MDE
X
MTPTC
X
Primature
X
X
X
MEF /
BMPAD
X
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
AXE 2. OPÉRATIONNEL
2.1 - Production agricole familiale, transformation et commercialisation
MESURE 2.1.1 Centres d’achats institutionnels de
X
X
produits agricoles locaux
MESURE 2.1.2 Revalorisation du travail des exploitants
agricoles et des Madan Sara par des concours
27
MESURE 2.1.3 Loi limitant la perte des plaines fertiles et
encourageant la mise en culture des terres agricoles
MESURE 2.1.4 Création d’une unité stratégique de
développement rural et de politique agricole
MESURE 2.1.5 Création de Commissions Nationales pour
les groupes de filières prioritaires
PROG. NAT. 2.1.1Crédit rural pour la commercialisation et
la transformation de produits locaux et les services
agricoles (PN-CR)
PROG. NAT. 2.1.2Stockage des aliments (PN-STOCK)
PROG. NAT. 2.1.3Construction de marchés et de points
d’abattage (PN-CMPA)
PROG. NAT. 2.1.4Mise en place de Micro-parcs (PNMPARC)
PROG. NAT. 2.1.5Réhabilitation et construction de
périmètres irrigués (PN-RCPI)
PROG. NAT. 2.1.6Bons d’intrants agricoles subventionnés
pour les cultures vivrières (PN-BIAS)
PROG. NAT. 2.1.7Promotion de l’arboriculture
commerciale et de l’horticulture (PN-PACH)
PROG. NAT. 2.1.8Promotion de l’élevage (PN-EL)
PROG. NAT. 2.1.9Promotion de la pêche et aquaculture
(PN-PAQ)
PROG. NAT. 2.1.10Plants et semences (PN-SEM)
PROG. NAT. 2.1.11Lutte phyto et zoo-sanitaires raisonnée
(PN-LPZS)
PROG. NAT. 2.1.12Promotion de la mécanisation (PN-MEC)
PROG. NAT. 2.1.13Jadenlakou urbains et ruraux (PNLakou)
PROG. NAT. 2.1.14Conservation des ressources génétiques
des plantes cultivées et forestières (PN-ARBO)
PROG. NAT. 2.1.15Recherche, formation et innovation
technologique (PN-RIT)
PROG. NAT. 2.1.16Réhabilitation des infrastructures
rurales suite à un choc par des travaux HIMO (PN-HIMO)
2.2 - Accès aux produits alimentaires de base
PROG. NAT. 2.2.1Cantine scolaire basée exclusivement sur
des produits locaux (PN-CS)
PROG. NAT. 2.2.2Bons de produits alimentaires locaux
destinés aux ‘ultra-pauvres’ et RUB (PN-BPAL)
X
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
X
MARNDR
X
X
X
BRH
X
X
X
X
MARNDR
MICT /
Mairies
X
X
MARNDR
X
X
X
X
MTPTC / CNE
X
X
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
MARNDR
X
X
MCFDF
X
X
MDE
X
X
X
MARNDR
X
X
X
MARNDR
X
X
X
X
MENFP /
PNCS
X
X
X
X
MAST
X
X
MICT / DPC
X
X
MSPP
X
X
MSPP
X
X
X
X
X
X
MSPP
MTPTC /
DINEPA
MCFDF
X
X
MTPTC / FER
X
X
X
X
X
PROG. NAT. 2.2.3Transferts alimentaires d’urgence aux
ménages fortement affectés par un choc (PN-TAU)
2.3 - Services de base nécessaires à la sécurité sanitaire et nutritionnelle
MESURE 2.3.1 Mise en œuvre de la loi sur la fortification
X
X
MESURE 2.3.2 Participation à la coordination sectorielle
X
et intersectorielle SSAN
PROG. NAT. 2.3.1 Nutrition (PN-NUT)
X
X
PROG. NAT. 2.3.2 Eau et Assainissement (PN-H2O)
PROG. NAT. 2.3.3 Aide au planning familial (PN-APF)
2.4 - Infrastructures routières et maritimes
PROG. NAT. 2.4.1Extension et entretien du réseau de
routier (PN-ERR)
X
28
PROG. NAT. 2.4.2Amélioration des infrastructures de
cabotage (PN-AIC)
X
X
MTPTC /
SEMANAH
AXE 3. INSTITUTIONNEL ET RENFORCEMENT DES CAPACITÉS NATIONALES
3.1 - Architecture institutionnelle
MESURE 3.1.1 Mise en place un ‘budget programme
SSAN’, comprenant des plans triennaux de mise en œuvre
MESURE 3.1.2 Mise en place progressive de la structure
de gouvernance de la SSAN
3.2 - Coordination de l’aide externe
Mesure 3.2.1
Mise en place de la Table thématique
SSAN et des groupes de concertation
Mesure 3.2.2
Actualisation des Plans Départementaux
SSAN
X
X
X
X
MEF
X
X
X
X
Primature
X
X
X
ONASAN
X
X
X
ONASAN
X
X
MEF, MPCE
X
X
ONASAN
X
3.3 -Audit, contrôle et Suivi-Evaluation
MESURE 3.3.1 Renforcement du système d’audit, de
contrôle, suivi-évaluation de l’Administration publique
pour la SSAN
MESURE 3.3.2 Harmonisation et mise en place du
système d’information SSAN
3.4 - Communication autour de la PSNSSANH
MESURE 3.4.1 Promotion du manje lokal
3.5 - Renforcement des capacités
PROG. NAT. 3.4.1Renforcement de capacités des acteurs
de la PSNSSANH (PN-CAPA)
X
X
X
X
ONASAN
X
X
X
X
Primature /
OMRH
X
X
MENFP
X
X
MPCE
X
X
MCFDF,
MAST
X
X
ONASAN
AXE 4. TRANSVERSAL
4.1 - Capital humain
MESURE 4.1.1 Rationalisation du budget du MENFP et
inclusion de l’alimentation scolaire dans le plan
opérationnel
4.2 - Aménagement du territoire
MESURE 4.2.1 Intégration de la PSNSSANH avec les
schémas d’aménagement du territoire et de gestion des
bassins versants
4.3 - Genre et autres formes d’inégalités sociales
MESURE 4.3.1 Intégration du MCFDF et du MAST à tous
les niveaux de la planification des actions réalisées dans le
cadre de la PSNSSANH
4.4 - Résilience
MESURE 4.4.1 Intégration d’indicateurs de résilience
dans le système de suivi et évaluation de la PSNSSANH
29
ANNEXE III – Texte légal créant l’Office National de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle dont le
sigle est ONASAN
La structure de mise en œuvre de la politique de Souveraineté, de Sécurité Alimentaires et
Nutritionnelles sera l’ONASAN, un organisme autonome à caractère administratif placé sous la
tutelle du MARNDR avec pour mission l’orientation, la coordination et l’harmonisation des
actions.
Un texte légal sera élaboré pour procéder à la création de cette structure.
30
DRAFT
31