Politique et stratégie nationales de souveraineté et sécurité alimentaires et de nutrition en Haïti (PSNSSANH), Volume I : politique
- Repose sur quatre décisions stratégiques, la première étant de rebalancer la dominance des politiques favorisant le commerce international vers la souveraineté alimentaire, et désigne les politiques commerciales, le profil tarifaire et la politique budgétaire actuels comme sources de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition.
- Se traduit par 35 mesures et 25 programmes nationaux relevant de 11 ministères et 12 organismes, avec la création par voie légale d'un office, l'ONASAN, comme structure de mise en œuvre.
- Retient un taux d'autosuffisance en riz d'environ 17 % et de 58 % pour l'ensemble des produits vivriers, contre 8 % du riz importé en 1985, un an avant les réformes structurelles des marchés agricoles, et 83 % du riz consommé importé aujourd'hui.
- Relève que l'agriculture reçoit 1,1 à 1,6 % du budget général et moins de 0,2 % des crédits privés.
- Projette une croissance du PIB agricole de 6,7 % par an d'ici à 2030 créant durablement 3 millions d'emplois, contre 87 000 pour une croissance annuelle de 10 % du PIB manufacturier, et une autosuffisance en produits vivriers portée à 88 %.
- Porte la mention DRAFT sur sa dernière page : à citer comme document de politique et non comme instrument adopté.
Volume I de la politique nationale haïtienne de souveraineté et sécurité alimentaires et de nutrition, publié par la Primature le 25 septembre 2020 au terme de plusieurs années de travail consultatif. La dernière page porte la mention DRAFT, ce qu'il vaut mieux savoir avant de le citer comme une politique adoptée.
La prémisse de la politique est que la croissance haïtienne est plombée par une agriculture en régression depuis les années 1980 et par un capital humain qui s'érode, et que les politiques commerciales, le profil tarifaire et la politique budgétaire actuels sont eux-mêmes les sources de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition. Elle repose sur quatre décisions stratégiques : rebalancer la dominance des politiques favorisant le commerce international vers la souveraineté alimentaire, s'appuyer sur l'agriculture familiale et l'agro-industrie comme secteur moteur, investir dans les filets sociaux et les services de base, et renforcer les capacités nationales pour un budget-programme SSAN conforme à la loi LEELF. Elle s'organise en quatre axes, politique, opérationnel, institutionnel et transversal, et se traduit par 35 mesures et 25 programmes nationaux à mettre en œuvre par 11 ministères et 12 organismes, avec la création par voie légale d'un office, l'ONASAN, comme structure de mise en œuvre.
C'est le diagnostic qui porte les chiffres. Le taux d'autosuffisance en riz est d'environ 17 % et de 58 % pour l'ensemble des produits vivriers, alors qu'en 1985, un an avant l'application des réformes structurelles sur les marchés agricoles, seuls 8 % du riz étaient importés ; 83 % du riz consommé l'est aujourd'hui. L'enquête de pauvreté de 2012 relevait 59 % d'Haïtiens pauvres et 24 % en extrême pauvreté, près de 6,3 millions incapables de subvenir à leurs besoins fondamentaux et 2,5 millions ne mangeant pas à leur faim, plus de 80 % des pauvres vivant en zones rurales. Les 20 % les plus riches détiennent plus de 64 % de la richesse nationale, les 20 % les plus pauvres à peine 1 %. L'agriculture reçoit 1,1 à 1,6 % du budget général et moins de 0,2 % des crédits privés. Face à cela, le scénario de la politique fait croître le PIB agricole de 6,7 % par an d'ici à 2030, créant durablement 3 millions d'emplois, là où une croissance annuelle de 10 % du PIB manufacturier n'en créerait que 87 000, et porte l'autosuffisance en produits vivriers à 88 %.
Comment citer
Primature de la République d'Haïti, 2020, Politique et stratégie nationales de souveraineté et sécurité alimentaires et de nutrition en Haïti (PSNSSANH), Volume I : politique, http://agriculture.gouv.ht/wp-content/uploads/2026/07/PSNSSANH_Volume-1-2-decembrebre-2020.pdf