(2014) Financing Plan for Communal Public Services in Cap-Haïtien
Summary — This financing plan sets out priority communal public-service investments for Cap-Haïtien and links them to municipal revenue mobilization. It was prepared through a participatory process under LOKAL+/USAID support.
Key Findings
- Documents Cap-Haïtien's 2014 communal public-service financing priorities.
- Connects service improvements to municipal fiscal mobilization and local revenue.
- Uses a participatory planning approach with local authorities and civil society.
- Complements the commune's later 2022-2027 PCD in the corpus.
Full Description
Prepared for the commune of Cap-Haïtien, the PFC identifies service-delivery priorities and explains how local financing, fiscal mobilization and participatory planning can support municipal investment. It complements the later Cap-Haïtien PCD already held in the territorial-planning series.
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LOKAL+
incitatif qui indique, comme co-
les autorités locales et les représen-
Capoises dans le cadre d’un déve-
rollaire, aux administrés pourquoi
tants des secteurs de la société civile.
loppement durable.
contribuer.
PL A N DE FIN A NCEM ENT
DES S ERVICES PUBLICS
COMMUNAUX (PFC)
Octobre 2014
G
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des services publics aux Capois et
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planification participative entre
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Le P F C est un document
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Son objectif est d’améliorer l’offre
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Le PFC est le fruit d’un exercice de
ca
PFC
MAIRIE DU CAP-HAÏTIEN
P L A N D E F I N A N C EM EN T
D ES S ER V I C ES P U B L I C S
COMMUNAUX (PFC)
Octobre 2014
République d’Haïti
Département du Nord
Commune du Cap-Haïtien
Table des matières
iv
iv
v
Liste des tableaux
Liste des photos
Liste des sigles et abréviations
1
1
Chapitre 1 Introduction
Le PFC, la mobilisation fiscale et le budget communal
annuel
Le PFC, le Plan communal de Développement (PCD)
et le Schéma d’Aménagement communal
Les grandes lignes de l’élaboration du PFC
Limite et structure du PFC
2
3
6
7
7
9
11
11
15
17
Chapitre 2 Présentation de la commune
Profil historique
Localisation, découpage, limites et caractéristiques
géographiques
Autres caractéristiques
Les services sociaux de base
Environnement socio-organisationnel de la commune
Environnement économique de la commune
19
19
20
21
21
30
41
Chapitre 3 Présentation sommaire de l’état des
services municipaux
L’organigramme actuel de la mairie
Brève présentation de la situation actuelle des directions
et services de la mairie
Chapitre 4 Présentation des idées de projets et
fiches signalétiques des projets prioritaires
Tableau récapitulatif des idées de projets proposées
Fiches signalétiques des projets prioritaires
43
43
Chapitre 5 Nature des interventions
prioritaires, stratégies de financement,
mesures d’accompagnement
Nature des interventions prioritaires et estimations
financières globales
Stratégies de financement
Mesures d’accompagnement
45
Chapitre 6 Conclusion
42
iii
Liste des tableaux
22
28
Tableau 1> Idées de projets par domaines de
compétences de la municipalité
Tableau 2> Liste des 31 projets prioritaires
42
Tableau 3> Nature des interventions prioritaires et estimation financière globale
Liste des photos
vi
L’utilisation quotidienne du charbon comme source d’énergie
à la cuisson des aliments, des bois pour la construction
des maisons et des meubles oblige les populations
à procéder à une destruction régulière des arbres.
24 Les rues demandent un entretien régulier.
27 Une des idées de projets retenues est la subvention de
la mairie aux sapeurs-pompiers.
29 Les bidonvilles construits sur les bassins versants de
Haut-du-Cap sont des zones à haut risque de glissements de terrain en période de pluie.
31 Absence totale des normes d’hygiène dans la commercialisation et l’abattage du bétail.
32 Une camionnette chargée de voyageurs.
33 Les activités économiques nocturnes augmentent
lorsqu’il y a de l’éclairage.
34 Le marché de la place de la rue 3 actuellement.
38 Une fillette traverse la rue inondée après les fortes
averses du 9 novembre 2012.
40 Élaboration de fiches de projet pour le PFC.
41 Des agents de la mairie pendant le recensement des
propriétés bâties en septembre 2014.
41 Un contribuable s’acquitte de ses impôts à la DGI du Cap.
43 Le comité communal de participation citoyenne, réuni le
8 août 2014 à la mairie du Cap-Haïtien, pose pour une
photo de groupe.
44 Panoramique de la ville du Cap sur la baie.
iv
Plan de financement des Services publics communaux
Ateliers des comités techniques mixtes, à gauche celui de
protection civile, à droite celui d’infrastructures, le 21
mai 2014, à la Villa Cana.
4 La raporteuse de l’atelier urbanisme présente en plénière
la liste des projets sélectionnés.
5 Le rapporteur de l’atelier économie, en plénière, présente
une fiche de projet le 22 mai 2014.
6 Un des projets prioritaires retenus pour le Plan de
financement des services publics dans le domaine de
l’environnement est la stabilisation des berges et le drainage de la rivière Haut-du-Cap.
12 Le Cap-Haïtien, capitale régionale du couloir Nord/
Nord-Est, CIAT 2012
14 Un projet de décharge intermunicipale est mis sur pied
pour desservir le Cap et les communes environnantes.
16 Le bureau de la DGI et le tribunal de paix du Cap côte
à côte.
17 Une librairie proposant des services d’impression.
17 Un restaurant emblématique de la vie culturelle capoise.
17 Un magasin d’informatique avec un hôtel à l’étage.
18 Bâtiment de l’hôtel de ville du Cap, situé à la rue H.
21 Processus de vote pendant la priorisation des
idées de projets pour le PFC du Cap-Haïtien,
le 24 septembre 2013.
22 La valorisation du monument de Vertières est une des
idées de projets.
23
Liste des sigles et abréviations
AGIL
ASEC
BID
CASEC
CCC
CDS
CNIGS
CFPB
Programme d’Appui à la
Gouvernance et à l’Investissement local
Assemblée de la Section
communale
Banque interaméricaine de
Développement
Conseil d’Administration de la
Section communale
Comité consultatif communal
Centre pour le Développement et
la Santé
Centre national de l’Information
géo-spatiale
Contribution foncière des
Propriétés bâties
CIAT
EDH
IHSI
LOKAL+
MENFP
MINUSTAH
MSPP
MTPTEC
Commission interministérielle de
l’Aménagement du Territoire
Électricité d’État d’Haïti
Institut haïtien de Statistique et
d’Informatique
Limiyè ak Òganizasyon pou
Kolektivite yo Ale Lwen
Ministère de l’Éducation nationale et
de la Formation professionnelle
Mission des Nations unies pour
la Stabilisation d’Haïti
Ministère de la Santé publique et
de la Population
Ministère des Travaux
Publics, Transport, Énergie et
Communication
OCB
ONG
OSC
OXFAM
PCD
PFC/PFSPC
PNH
SAC
SIG
SMCRS
USAID
Organisation communautaire de Base
Organisation non gouvernementale
Organisation de la Société civile
Oxford Commitee for Famine Relief
Plan communal de
Développement
Plan de Financement des Services
publics communaux
Police nationale d’Haïti
Schéma d’Aménagement communal
Système d’Information
géo-spatiale
Service Métropolitain de Collecte
des Résidus Solides
United States Agency for
International Development
Ateliers des comités techniques mixtes,
à gauche celui de protection civile, à droite celui
d’infrastructures, le 21 mai 2014, à la Villa Cana.
Chapitre 1
Introduction
L
e projet LOKAL+ (Limiyè ak Òganizasyon pou Kolektivite
yo Ale Lwen), dont l’adjudication date de janvier 2013, est
financé par l’Agence américaine pour le développement
international (USAID) avec pour objectif général de contribuer
au renforcement de la capacité des communes haïtiennes à fournir
des services publics de manière durable. Le projet établira des
relations de partenariat avec des entités gouvernementales nationales et six à dix communes cibles situées dans les trois corridors
(Cul-de-Sac, Saint-Marc, Nord) prioritaires de développement
identifiés d’un commun accord entre les gouvernements haïtien
et américain. Plus précisément, LOKAL+ appuiera l’amélioration
des services publics (dans les communes cibles) par la réalisation
de cinq objectifs interdépendants :
1> renforcement de la capacité des autorités locales
à fournir des services communaux ;
2> augmentation durable des recettes locales ;
3> amélioration de l’accès aux services déconcentrés et
aux fonds du gouvernement central par les communes ;
4> amélioration du cadre légal en faveur de la décentralisation et des services déconcentrés ;
5> augmentation de la transparence, du contrôle et la
responsabilité des collectivités locales et des prestataires de services déconcentrés.
Le leitmotiv de LOKAL+ est d’appuyer les administrations
communales cibles afin d’améliorer leur capacité à fournir des
services publics de proximité priorisés avec les communautés
et appelés à être cofinancés par celles-ci, notamment par la
motivation des contribuables.
1 Introduction
Ce chapitre présente la définition du Plan de financement des services publics, explique son rapport avec la
mobilisation fiscale et décrit les six différentes phases de
l’élaboration du PFC du Cap-Haïtien.
Définition et importance du
PFC du Cap-Haïtien
Le PFC, la mobilisation fiscale
Le Plan de financement des services publics
(PFC) est le fruit d’un exercice de planification participative entre les autorités locales
et les représentants des différents secteurs de
la société civile. Ce mécanisme participatif
multisectoriel lui confère une représentativité
certaine et engage toutes les composantes de la
société à identifier des interventions qui inciteront les autorités locales à porter leurs efforts
vers les actions qui permettent d’améliorer
le milieu et l’offre des services publics aux
citoyens et aux citoyennes de leur commune.
Le PFC est comme un carrefour engageant la
municipalité et les contribuables sur la double voie
de la mobilisation fiscale et des investissements
publics pour l’amélioration de l’offre des services
menant au changement et au développement. C’est
un couloir privilégié de vulgarisation de la volonté
d’action de la mairie et un outil stratégique pour
optimiser les résultats attendus de sa démarche de
mobilisation fiscale. En effet, depuis juin 2014, la
mairie du Cap-Haïtien a renforcé son processus de
mobilisation fiscale au niveau de la commune.
Ce plan permettra à la mairie de mieux établir et
vulgariser sa vision pour la commune et la partager avec les différents secteurs de la communauté,
l’État central, les bailleurs de fonds, les agences
internationales et autres institutions de développement. Il lui facilitera la réalisation des objectifs
fixés dans le cadre d’un développement durable
à travers un gouvernement local travaillant à la
transformation des réalités du milieu, s’adonnant
au service de la communauté, se consacrant au
bien-être de la population afin de mieux justifier le grand effort de mobilisation fiscale
sollicité des contribuables.
et le budget communal annuel
Les investissements prioritaires issus du PFC
et financés en partie par les recettes publiques,
en plus d’améliorer le cadre physique de vie
et de faciliter l’accès à des services publics de
proximité, contribueront à l’édification d’infrastructures économiques et inciteront d’autres
formes d’investissements producteurs de richesse
et d’emplois qui doivent augmenter substantiellement le volume des affaires des entrepreneurs
et, par la suite, élargir l’assiette fiscale.
Le PFC est donc un document incitatif qui
indique aux administrés, comme corollaire,
pourquoi contribuer.
1
Le PFC, le Plan communal de Développement (PCD) et le Schéma d’Aménagement communal
Autorités locales, organismes
déconcentrés de l’État,
OCB, OI et société civile
Plan de Financement
des Services publics communaux
Plan communal de
Développement
5
20
ans
ans
Mobilisation fiscale, subven-
Investissements publics et
tions administration centrale et
investissements communau-
fonds externes
taires et privés
Amélioriation
de l’offre
des services
publics
2
Production de
biens et services publics
ou marchands
Le Plan de Financement des Services publics communaux (PFC), le Plan communal de Développement (PCD) et le Schéma d’Aménagement de la Commune
se rejoignent sur l’espace géographique de leurs interventions et font appel
à la même méthodologie participative impliquant les autorités locales
et la société civile dans une approche technico-sociale. L’ensemble de ces outils
se réfère à une vision de développement de la commune s’inspirant des besoins
exprimés collectivement par les différents secteurs et des opportunités à saisir
dans ce contexte de plaidoirie pour le développement et le progrès.
Par ailleurs, le PFC prend ses assises sur les investissements publics
relevant de la compétence de la mairie, en se basant d’abord sur les prévisions
de recettes internes à obtenir à la faveur d’un processus de mobilisation fiscale qui doit amener à l’obtention d’une masse critique de recettes,
ensuite sur les subventions de l’administration centrale et enfin sur
la recherche de fonds externes à mobiliser pour le cofinancement de
dépenses d’investissements infrastructurelles. Par contre, le Plan communal
de développement (PCD) vise tant les investissements publics que
les investissements communautaires et privés ; ces derniers portant
sur la production de biens et services marchands dans une perspective de
croissance économique, ils ignorent l’effort fiscal à effectuer par la communauté en vue de la prise en charge de certains services publics relevant de la
compétence des collectivités territoriales.
Néanmoins, que ce soit le PFC ou le PCD, les exigences du schéma d’aménagement doivent être prises en compte en vue d’une bonne répartition spatiale
des activités et de la garantie d’une politique cohérente de rénovation
communale dans la perspective d’une croissance économique et de sécurité
de la population.
Par conséquent, il serait idéal que le PFC soit inscrit dans un schéma d’aménagement communal. Voilà pourquoi, même si cet outil n’existe pas, il est
nécessaire que la préoccupation de la pertinence territoriale soit présente dans
la localisation des infrastructures et services publics du PFC.
Plan de financement des Services publics communaux
Les grandes lignes de l’élaboration du PFC
Le Plan de Financement des Services publics communaux du Cap-Haïtien est le résultat des efforts
conjoints des autorités locales et des représentants
des différents secteurs de la société civile désireux de
doter leur municipalité d’un outil de planification des
dépenses d’investissements publics permettant d’améliorer l’offre des services et répondant aux desiderata
de la population. En effet, les acteurs impliqués dans
le processus ont pris part à six ateliers utilisant
une méthodologie participative au cours desquels ils
ont identifié les besoins de la communauté et
proposé des solutions sous forme d’idées de projets.
C’est donc un plan d’action qui traduit non seulement
les préoccupations de la population mais aussi les
ambitions de l’équipe municipale engagée dans ce
processus innovant, en vue du développement durable
de leurs communautés locales. L’essentiel des six ateliers a eu lieu au cours de la période allant de février
à août 2014. En effet, le premier atelier a été réalisé le
20 février 2014, à la mairie du Cap-Haïtien, avec la
participation des membres du Conseil municipal, des
délégués de ville et CASEC, du directeur général de
la Mairie, des cadres de la Mairie, et des représentants
de l’USAID, de LOKAL+ et de l’institution d’appui
technique (Group Intell Consult). Cette rencontre a
permis de présenter la méthodologie du processus, d’établir un calendrier, d’identifier les critères de
sélection des acteurs ainsi que leur profil et de définir
le nombre ainsi que les catégories de participants aux
ateliers du processus.
Puis, le 19 mars 2014 a été réalisée à Rendez-Vous
Night-Club, la seconde rencontre permettant
de finaliser la première étape du processus. Cette
rencontre a réuni 82 participants dont les autorités
locales ainsi que les représentants des secteurs de la
société civile et visait l’information et la sensibilisation d’un public plus large devant intégrer
cette démarche participative afin d’assurer l’entière
collaboration de tous les acteurs concernés. À cette
fin, l’équipe d’assistance technique firent une mise
en contexte, présentèrent la méthodologie du Plan
de Financement, exposèrent les domaines de compétences des Collectivités territoriales communales et
proposèrent un calendrier de réalisation des ateliers
aux personnes présentes en cette occasion. Ces deux
rencontres ont donc permis de clarifier les objectifs du Plan de Financement des Services publics
communaux, de présenter les résultats attendus de
cette démarche et sa contribution potentielle au
développement de la commune. Cette première
étape a aboutit à la planification des ateliers
de montage du Plan de Financement des Services
publics communaux.
Ensuite, le 10 avril 2014, à Stella Maris, débuta
l’atelier d’identification et de hiérarchisation
des projets d’investissement public qui est la
première des quatre phases de la deuxième étape du
processus. Au nombre des 147 participants figurèrent
des élus locaux, des représentants de certains services
déconcentrés de l’État, des cadres municipaux, des
représentants de tous les secteurs de la société civile,
le secteur privé des affaires, les organismes de développement et les organisations socioprofessionnelles. Lors
de cette rencontre, l’équipe d’assistance technique fit
12345 6
Les étapes et phases de l‘élaboration du PFC
20/02/2014
19/03/2014
10/04/2014
21/05/14
22-23/02/2014
13/08/2014
Mairie du Cap-Haïtien
Rendez-Vous Night-Club
Stella Maris
Villa Cana
Villa Cana
Complexe JMS
Conseil municipal, cadres
de la mairie, Intell, LOKAL+
Acteurs locaux, société civile,
équipe technique (82 pers.)
Élus, État central, société civile,
secteur privé, OI, OCB (147)
Comités techniques mixtes
(60) suivant les 6 domaines
Comités techniques mixtes
(60) suivant les 6 domaines
Tous les acteurs impliqués
(±60 participants)
Planification
des ateliers de
montage du PFC
Rencontre de
sensibilisation
et information
Identification et Formation en Collecte d’in- Restitution et
hiérarchisation élaboration de formations et validation des
des projets (77>9) projets (10 modules) fiches de projets fiches de projet
P L A N I F I C A T I O N MONTAGE DU PLAN DE FINANCEMENT COMMUNAL
1 Introduction
3
un rappel des objectifs du Plan de Financement des services publics communaux, de sa méthodo- Au cours de cet atelier, les différents groupes d’acteurs ont ainsi
logie et des domaines de compétences de la Mairie. Ensuite, tenant compte de la formation des centré leurs discussions sur leurs domaines thématiques, identifiant
participants, de leurs expériences, aptitudes et centres d’intérêt, l’équipe d’assistance technique les au sein de ces derniers les problèmes spécifiques auxquels fait face
subdivisa en six ateliers selon les champs de compétences de la Mairie. En effet, ces groupes de la communauté et les préoccupations les plus pressantes de la
participants travaillèrent chacun sur l’un des six domaines techniques suivants, lesquels regroupent population. Selon les participants, il s’agissait d’enjeux importants
les divers champs de compétences des mairies :
et de défis majeurs au développement économique et social de la
commune. L’analyse en atelier des problématiques identifiées par
³³l’économique,
³³la santé et l’assainissement,
les acteurs a permis de cerner les véritables problèmes confrontés
par les communautés et d’identifier des stratégies d’actions opéra³³l’environnement,
³³l’urbanisme
tionnelles énoncées sous forme d’idées de projets. Dans l’ensemble,
³³les infrastructures,
³³la protection civile
77 projets d’investissement public dans les champs de
compétences de la Mairie ont été identifiés par les participants.
Puis, sur la base de critères tels que la déficience des services publics,
la pertinence des projets et le degré de priorité, les groupes ont
identifié et classé des projets prioritaires pour chacun des domaines
de compétences de la municipalité, à raison de 5 par atelier. À la
fin, 32 idées de projets ont été priorisées, à réaliser dans la
commune durant les 5 prochaines années.
La raporteuse de l’atelier urbanisme présente en plénière la liste des projets sélectionnés.
4
Par la suite, les rapporteurs des 6 ateliers ont présenté en
plénière les idées de projets identifiées et la liste des projets
sélectionnés. Après les séances de débats qui ont permis de
recueillir les avis et commentaires des participants, un scrutin
a été organisé et les participants ont procédé par vote afin de
déterminer la hiérarchisation des idées de projets.
Après dépouillement des bulletins par un comité multipartite,
constitué de représentants des six ateliers, de la Mairie et
de LOKAL+, les 10 projets ayant obtenu le plus de votes
ont été retenus comme les plus prioritaires et présentés aux
participants. Enfin, pour terminer cet atelier, les participants
ont été regroupés en 6 comités techniques mixtes qui ont
été responsables de la collecte des données et ont participé à l’élaboration de l’ébauche des fiches de projets de
leurs domaines respectifs. Ces comités ont été numériquement
composés de 8 membres chacun et constitués de cadres de
Plan de financement des Services publics communaux
la mairie et de personnes ressources de la société civile, suivant
leurs connaissances, aptitudes ou intérêts.
Le rapporteur de l’atelier économie, en plénière, présente une fiche de projet le 22 mai 2014.
Cependant, par la suite, les analyses techniques de l’équipe des
consultants ont donné lieu au retrait de la dixième idée de projets
considérée comme une action, plutôt qu’un projet proprement
dit. Cette modification a ramené la liste des 10 projets priorisés à 9 et celle des 32 projets sélectionnés à 31. Pour
sa part, le Conseil municipal a proposé 5 autres projets d’une
importance capitale pour la Mairie. Or, après examen de l’équipe
technique, cette liste de la Mairie a été réduite à une seule du fait
que les 4 autres projets avaient déjà été identifiés par les représentants de la communauté. Par conséquent, la commune dispose
désormais d’une banque de projets d’investissements publics
riche de 78 projets identifiés par l’ensemble des acteurs au
cours du processus d’élaboration du Plan de Financement des
Services publics communaux.
Puis, le 21 mai 2014, les consultants ont démarré la deuxième phase de l’étape de Montage du Plan de Financement
Communal en organisant, à la Villa Cana, au profit des
membres des comités techniques mixtes, un atelier d’orientation
grâce à un document de formation de base en élaboration
de projets. Cet atelier auquel ont pris part 60 personnes
soutenues par une expertise pluridisciplinaire, n’avait nullement la prétention de fournir une formation approfondie en
élaboration de projets aux acteurs présents ; mais il a
néanmoins permis aux participants d’avoir le même
langage et de maîtriser le vocabulaire propre à la
gestion de projets. Il a aussi facilité la manipulation
des outils de planification stratégique et
le maniement d’instruments de planification opérationnelle qu’exige
l’élaboration des fiches techniques
1 Introduction
de projets. À la fin de la journée, des séances de simulations pratiques ont été organisées sur les
idées de projets dans chaque domaine.
Par la suite, pendant les deux jours suivants, soit les 22 et 23 mai 2014, les comités techniques
mixtes ont collecté des informations et ont travaillé à l’ébauche des fiches de projets
prioritaires que les rapporteurs ont ensuite présenté aux autres participants. À la fin, un comité
d’évaluation formé d’un membre de chaque comité technique a été mandaté pour la présentation
des conclusions du rapport des fiches d’évaluation d’activités qui avaient été remplies par tous
les participants.
Finalement, le 13 août 2014 a eu lieu au complexe JMS la dernière phase de montage du Plan
de Financement des Services publics communaux au cours de laquelle l’ensemble des fiches
de projets ont été présentées à une soixantaine de participants. Ces quatre ateliers de travail
ont ainsi constitué les quatre phases qui ont permis d’achever l’étape de montage du Plan de
Financement des services publics communaux.
5
Limites et structure du PFC
Le PFC n’a ni l’ambition de remplacer le PCD,
le Schéma d’aménagement communal ou le plan
d’urbanisme, ni de porter les acteurs à en faire
l’économie. Au contraire, il est vivement recommandé que ces outils complémentaires voient aussi
le jour. Cependant, il est clair pour tous les acteurs,
tant les élus que la société civile ayant pris part
à l’élaboration du PFC, qu’il y a des besoins si
pressants et si fondamentaux que, quel que soit
le moment de la planification (avant ou après le
Schéma d’aménagement ou le PCD) et quelle
que soit la vision du conseil municipal en place,
ces besoins ressortiraient comme des priorités de
premier degré. C’est en cela que réside la force et
le bien-fondé du PFC.
De plus, cette version ne traite de manière systématique qu’une partie des actions identifiées par les
acteurs, soit 9 interventions sur un total de 31
priorisées dans une liste de 78 identifiées dans les
domaines de l’économie, de l’environnement,
des infrastructures, de l’urbanisme, de la
santé et de l’assainissement, de la protection civile.
Un des projets prioritaires retenus pour le Plan
de financement des services publics dans le
domaine de l’environnement est la stabilisation des berges et le drainage de la rivière
Haut-du-Cap.
Ce PFC se présente en six chapitres, y compris l’introduction. Dans les pages qui suivent, se retrouvent
la présentation de la commune, la présentation
sommaire de l’état de l’administration communale,
la liste complète des projets retenus, les fiches
signalétiques des 9 projets prioritaires, les stratégies
de financement, les mesures d’accompagnement, les
conclusions et recommandations.
Chapitre 2
PRÉSENTATION
DE LA COMMUNE
Après une mise en contexte historique, ce chapitre indique
l’emplacement de Cap-Haïtien, donne un aperçu de sa
démographie, décrit les services sociaux de base, expose
la situation des organisations de la société civile puis introduit les différents acteurs économiques de la commune.
Profil historique
A
ppelée Guarico du temps de la colonisation espagnole, les premiers véritables emplacements de la commune du Cap-Haïtien remontent à 1670 quand des flibustiers venus
de l’île de La Tortue, sous le gouvernement de Bertrand d’Orgeron, se sont établis au
Haut-du-Cap. En 1711, par décret royal, compte tenu de son importance économique pour la
France, elle fut appelée Cap-Français ou Paris de Saint Domingue. Elle ne tarda pas à s’affirmer
comme étant la ville la plus prospère et la plus importante de la colonie, quoiqu’elle fut souvent
victime de séismes. Lors de la révolution haïtienne, elle devint même la capitale de la colonie
de Saint Domingue1.
Après la proclamation de l’indépendance aux Gonaïves en 1804, elle fut baptisée Cap-Haïtien.
Elle garda ce nom jusqu’en 1811 quand Henri Christophe s’est fait couronner roi. Elle reçut alors
le nom de Cap-Henri et elle fut considérée comme la capitale du Royaume de Henri 1er. En 1820,
après la mort du roi Christophe, le président Boyer lui redonna son ancien nom, Cap-Haïtien 2.
La commune du Cap fut le théâtre de divers événements politiques importants qui marquèrent
l’histoire d’Haïti. En 1758, Makandal fut brûlé vif sur la Place d’armes du Cap ; Vincent Ogé
et Jean-Baptiste Chavannes, les principaux chefs du mouvement des affranchis, furent roués de
coups sur la place du Cap-Français en 1791, puis subirent le supplice de la roue. L’éclatement de
la révolte des esclaves en 1791 ; la proclamation de l’affranchissement des esclaves du Nord par
Sonthonax en 1793 ; les couronnements de l’empereur Dessalines en 1804 et du roi Christophe
en 1811, et bien d’autres événements sont tous survenus dans la Métropole du Nord3.
Ville artistique et touristique, le Cap est aujourd’hui la seconde ville d’Haïti. Cap-Haïtien
fut la toute première ville coloniale française à bénéficier d’un tracé moderne. Elle a conservé
1 Haïti historique 1492-1915.
2 Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. http ://fr.wikipedia.org/wiki/cap-haitien
3 http ://www.alliance-haïti.com/societe/ville/cap-haitien.htm
2 Présentation de la commune
après chaque séisme ou incendie, le même tracé architectural.
Surnommée le Paris des Caraïbes, la commune du Cap-Haïtien
est aussi réputée pour la vie mondaine et culturelle qui y régna
jusqu’au 18e siècle. Elle fut le berceau des modes en vogue à
Paris. Aujourd’hui encore, le Cap se distingue par son patrimoine historique, culturel et naturel qui est considéré au niveau
national. Parmi ses sites touristiques, on peut citer les forts de
la Nativité et de Picolet, Saint-Joseph, Magny, les plages de
Cormier et de Labadie, la Place historique (Notre Dame) et
bien d’autres.
Plusieurs personnalités célèbres ont vu non seulement le jour
dans la commune du Cap-Haïtien et ont joué également un rôle
important dans l’histoire du pays. Citons entre autres : Toussaint
Louverture, Sylvain Salnave, Florvil Hyppolite, Nord Alexis,
Tancrède Auguste, Oswald Durand, Anténor Firmin, Jérôme
Adhémar Auguste, Etienne Mathon, Vergniaud Leconte, Louis
Tipenhaur, Rosalvo Bobo, Justin Élie, Luc Grimard, LouisHenry Durand, Juvigny Vaugues, Christian Werleigh, Gérard
de Catalogne, Mauclair Zéphirin, Philomé Obin. Ce sont des
ex-présidents, poètes, écrivains, peintres, avocats, hommes de
théâtre, enseignants, ingénieurs et autres.
Plusieurs fêtes patronales sont célébrées dans la commune. On
peut citer Notre-Dame de L’Assomption célébrée le 15 août,
Saint Jean Bosco célébré le 31 janvier et Sacré-Coeur célébré
au début du mois de juin.
7
République d'Haïti
Département du Nord
Ruines
!
Ruines
La Fague
Cormier Ducroix
Morne Diable
!
!
!
!
!
LIMITES ADMINISTRATIVES
DE LA
COMMUNE DU CAP-HAÏTIEN
Ruines
!
Ruines
Ruines
!
1 Bande-du-Nord
Plateau François
Ruines
re
re
Fort Bely
!
Labadie
Grand-Doco
!
!
Poirier
!
!
!
!
!
!
Saint-Martin
!
!
Vigie
Morne Jean
Pica Morne Lory
Georges
0
!
!
!
!
Saint-Martin
Patasson
!
Légende
Lieux-dits
!
Barrière Bouteille
Fort Durocher
Chefs-lieux communes
!
!
Morne Cabane
Station Haut-du-Cap
Routes
!
Réseau hydrographique principal
Réseau hydrographique secondaire
Sections communales Cap-Haïtien
!
2ee Haut-du-Cap
La-Petite-Anse
Camp-Fort
La Coupa Brada
!
!
Limites communales
!
Vertières
!
Charut
La Voûte
!
!
Charrier
La Voûte
Charrier
!
Picard
!
!
2
kilomètres
CAP-HAÏTIEN
Bel-Air
!
Échelle : 1:60000
0,5
1
Bréda
!
Haut-du-Cap
!
!
Limites Département du Nord
!
3ee Petite-Anse
!
Madeline
!
Bruno
Localisation de la commune
du Cap-Haïtien en Haïti
Localisation, découpage, limites et
Données démographiques et migratoires
caractéristiques géographiques
Suivant les dernières statistiques de 2012, la population de la commune du Cap-Haïtien
est passée à 261 864 habitants, après le séisme du 12 janvier 2010. Les femmes sont restées
en supériorité numérique et représentaient alors 53,6 % de la population totale. Le rapport
de masculinité aurait augmenté, passant à 86 hommes pour 100 femmes. Le nombre de
résidents en milieu rural diminue encore à 1,93 %.
C’est donc une commune côtière dont le relief dominant est
la plaine et le climat tropical. Quelques 260 km la séparent de
la capitale du pays, Port-au-Prince.
Pour le même territoire communal exactement : 54,18 km 2 (suivant un calcul automatique
réalisé à partir des données SIG officielles du CNIGS), et pour sa nouvelle population, la
densité communale est passée à 4 833 hab/km 2, répartie à la fois en milieu rural et urbain.
Coordonnées de la commune
Milieu de résidence de la
Aires des sections communales
2
population
du Cap-Haïtien (hab)
du Cap-Haïtien (en km )
3e Petite-Anse
rural
Valeurs
(intervalle)
Z (altitude en m) 0 – 700 m (± 50 m)
Coordonnées
Latitude
N 19° 42’ 15” –
N 19° 47’ 30”
géographiques
Longitude
W 72° 09’ 30” –
W 72° 16’ 15”
14,16
2 e Haut du Cap
19,08
1e Bande du Nord
20,94
TOTAL
261864
Les limites géographiques de la commune du Cap-Haïtien
sont : au Nord, l’Océan Atlantique ; au Sud, les communes de
Quartier-Morin, de Milot et de la Plaine du Nord ; à l’Est, la
commune de Quartier-Morin et l’Océan Atlantique et à l’Ouest,
l’Océan Atlantique et la commune de la Plaine du Nord.
TOTAL 54,18
Elle est constituée de 3 sections communales. Elle possède un
quartier, Petite-Anse, qui relève de la section communale du
même nom. La commune du Cap-Haïtien a au moins 8 localités
et 28 habitations.
En 2005, la population de la commune du Cap-Haïtien était estimée à 225 740 habitants.
Les femmes étaient en supériorité numérique. Elles représentaient 54,8 % de la population
totale de la commune. Le rapport de masculinité pour la commune était de 82 hommes pour
100 femmes. Seulement 3,4 % de la population réside en milieu rural. Pour une superficie de
54 km 2, la densité de la commune était de 4 219 hab/km 2. C’est la commune la plus dense
du département du Nord. Pendant la période intercensitaire, 1982-2003, la population de
la commune a connu un taux moyen d’accroissement annuel de 5,1 %. La répartition de la
population de la commune du Cap-Haïtien par grand groupe d’âges présentait à ce moment
la structure suivante : 33,6 % de la population âgée de moins de 15 ans, 63,0 % ayant entre
15- 64 ans, et 3,4 % ayant de 65 ans et plus.
La commune du Cap-Haïtien est la plus importante du
Département du Nord, qui comprend dix-neuf communes.
Suivant le mode de découpage des limites administratives d’Haïti,
elle se situe et appartient à l’arrondissement du même nom.
5056
urbain
261864
Source : estimations réalisées par la Direction des Statistiques démographiques et sociales, IHSI, 2012.
2 Présentation de la commune
9
792400.000000
795400.000000
2191000.000000
789400.000000
2191000.000000
786400.000000
RISQUE D’INONDATION PAR RAPPORT AU PENTES NATURELLES
DE LA COMMUNE DU CAP-HAÏTIEN
Classe de pentes
Ruines
2188000.000000
Fort Bely
1 Bande-du-Nord
Labadie
Grand-Doco
0
20
Vigie
300
0m
m
Patasson
200
m
Morne Jean
Pica Morne Lory
Georges
60
Saint-Martin
km
km2 0,41
12,09 km2 7,58
0,76%
13,99%
22,31%
Plateau François
Ruines
m
Poirier
m
100 m
Saint-Martin
16,76 km2
17,34 km2 30,93%
32,01%
Ruines
Ruines
20
0m
Ruines
La Fague
re
re
0
CAP-HAÏTIEN
00
500 m 6
Barrière Bouteille
0
40
m
La-Petite-Anse
Camp-Fort
La Coupa Brada
Vertières
Charrier
La Voûte
Picard
Haut-du-Cap
Bréda
3 Petite-Anse
Courbes de niveau 100 m
Réseau hydrographique principal
CLASSES DE PENTES
0 - 2%
5 - 12%
12 - 30%
Sections communales Cap-Haïtien
Limites communales
Bruno
ee
Routes
30 60%
Charut
La Voûte
Charrier
Chef-lieux commune
Haute plaine
Basse plaine
Plaine alluviale
2185000.000000
0m
60
2185000.000000
7
Légende
Lieux-dits
Réseau hydrographique secondaire
RISQUE D’INONDATION PAR ZONE
2ee Haut-du-Cap
m
2
kilomètres
Morne Cabane
Station Haut-du-Cap
00
Échelle : 1:60000
0,5
1
2
Bel-Air
m
600 Fort Durocher
Commune du Cap-Haïtien
Ruines
2188000.000000
Cormier Ducroix
Morne Diable
République d'Haïti
Département du Nord
Limites Département du Nord
Madeline
TOTAL 54,18 km2
Risque d’inondation par zone
Plaine alluviale 5,07 km2
Haute Plaine 0,04 km2
Basse Plaine 7,64 km
2
786400.000000
789400.000000
792400.000000
795400.000000
2182000.000000
2182000.000000
Localisation de la commune
du Cap-Haïtien en Haïti
Autres caractéristiques
l‘espace urbain. Ceci est dû, non seulement au style
architectural des bâtis construits pour la plupart
Le relief de la commune du Cap-Haïtien est assez sur plusieurs niveaux, mais aussi, par rapport à la
accidenté, avec une morphologie majoritairement proportionnalité volumétrique même de l’habitat
caractérisée par des plaines et aussi des montagnes (plusieurs niveaux, logique de pyramide inversée
assez abruptes. Les pentes varient de 0 - 12 % sur (le niveau inférieur, plus proche du sol offre souvent
près de la moitié de l’aire communale.
une surface moindre que celui supérieur) hauteur
plancher - plafond relativement grand pour un faible
De part sa configuration géomorphologique, Cap- coefficient d’occupation du sol (emprise au sol de la
Haïtien est une commune assujettie à tout une maison), le tout par rapport à un réseau viaire mal
panoplie de risques naturels : inondations, ébou- développé (étroitesse des voies, trame viaire inextrilements, glissements de terrain, séismes, tsunamis.
cable ou non rectiligne).
En effet, sur le plan géographique, la commune du
Cap-Haïtien, et en particulier la ville du même nom,
se situe dans la partie septentrionale du pays ou de
l’île, ce qui la soumet aux assauts directs et fréquents
des vents du Nord-Est (le Nordé), rencontrés dans
la région, et aux vagues de la mer des Caraïbes,
prenant le relais aux vagues continentales de l’océan
Atlantique. La localisation de la ville dans sa baie
ne fait pratiquement qu’atténuer les effets de ces
vecteurs (vents et vagues) pouvant occasionner des
inondations en cas de cyclones, tsunamis ou même
des épidémies.
Par ailleurs, sur le plan démographique, la ville du
Cap-Haïtien est située sur les flancs d’un massif
montagneux, ce qui limite les possibilités d’extension
de la ville originelle à pratiquement le piémont de la
montagne limitrophe, ce qui favorise une densification anarchique de l’espace bâti. C’est dire que, sur
le plan urbanisation, le territoire communal offre
l’image d’une trame urbaine fragile et complexe,
favorisant potentiellement des encombrements de
2 Présentation de la commune
Sur le plan géologique, la présence de la faille
septentrionale qui traverse d’est en ouest toute l’île
Hispaniola explique à elle seule la fragilité sismique
de la zone et, en particulier, du Cap-Haïtien.
Les services sociaux de base
En tant que chef-lieu départemental, le Cap-Haïtien
est privilégié en ce qui concerne les services de
santé et éducatifs. Le MENFP y est représenté par
sa direction départementale ; on dénombre dans
la commune cinq universités privées, huit écoles
professionnelles et sept écoles supérieures ; au niveau
secondaire, cinq écoles publiques et plus de soixante
cinq écoles privées et congréganistes ; finalement, au
niveau primaire on trouvera près d’une trentaine
écoles publiques et plus de cent quarante cinq écoles
privées et congréganistes, ainsi que plus de deux
douzaines de maternelles. De manière semblable,
la direction départementale du MSPP y est relativement bien soutenue par un hôpital, un asile, deux
dispensaires et quatre centres de santé.
Le foncier
Signalons les rapports anecdotiques faisant état
d’un profond malaise à ce niveau : de nombreux
terrains privés auraient été squattérisés par la
population au cours des deux décennies écoulées,
notamment le long des berges et sur les terres où
s’étendent actuellement les quartiers périphériques
de la ville. Des problèmes semblables auraient surgi
depuis quelques années sur les terrains collinaires
entourant la ville, qui connaissent un envahissement anarchique ayant à moyen et long terme des
conséquences sérieuses sur l’aggravation des risques
d’érosion, d’éboulements et d’inondations pour la
ville. En ce qui concerne les terres du Domaine de
l’État, les documents concernant le foncier du CapHaïtien sont détenus par la Direction générale des
Impôts. Leur gestion, manquant de transparence,
s’appuie sur un système d’affermage, et le temps
d’acquisition d’un terrain est long et difficilement
estimable.
Le plan d’occupation des sols, élaboré il y a de cela
des décennies, est tombé en désuétude et ne peut
donc être utilisé comme référence. Pour l’instant c’est
le Plan directeur du ministère du Tourisme qui sert
de base de réflexion à la Mairie et aux principaux
intervenants extérieurs quant au schéma d’aménagement de la municipalité. Au niveau des incidences
sur le foncier, le rôle de la Mairie se limite ainsi pour
l’instant à l’octroi de patentes et à celui, occasionnel,
des permis de construction. Signalons néanmoins les
efforts entrepris par la Mairie avec la coopération de
l’Université de la Sorbonne et de l’Agence française
de Développement, en vue de protéger et valoriser
le patrimoine architectural de la vieille ville.
11
Le CIAT aura abordé les éléments de base d’un éventuel schéma d’aménagement du territoire
municipal. La carte qui suit en présente les données constitutives.
CAPITALE RÉGIONALE DU NORD
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
Développer
le tourisme
Redévelopper
les infrastructures
portuaires dans
Protéger le
la baie
centre historique
Structurer et consolider les
quartiers précaires
construits dans les pentes
Mi
lot
Vers Quartier
Morin
Développer la liaison RN1/
RN3/RN6 et une gare routière
Ve
rs
n
lai
P
rs
Ve
Légende
route nationale
autre route
limite
communale
sentier
limite sections
rivière
communales
Élargir la RN3
et restructurer
le quartier de
la Petite Anse
rd
No
CAP-HAÏTIEN
INSTITUT HAÏTIEN DE STATISTIQUES ET D’INFORMATIQUE
Constuire un pont et réhabiliter
le front de mer
Retrouver les berges
du fleuve et le lien à
la bande littorale
u
ed
DÉPARTEMENT DU NORD
commune
0
1
kilomètres
Préserver la plaine agricole
Le Cap-Haïtien, capitale régionale du couloir Nord/ Nord-Est, CIAT 2012
2
Protection civile : gestion des risques &
catastrophes
Située en bord de mer, le Cap-Haïtien est une ville naturellement à risque. Au long de son histoire, la ville a déjà été frappée
par de graves catastrophes dont un tremblement de terre, des
inondations et des glissements de terrain. Il existe, certes, des
structures de protection civile départementales et municipales,
et le corps des pompiers du Cap-Haïtien est sans doute l’un des
meilleurs du pays. Mais l’on peut avancer sans se tromper que
les politiques, procédures, systèmes et structures spécifiques en
matière de gestion des risques et catastrophes, demeurent encore
très faibles et demanderaient à être renforcées. Les principaux
partenaires du Bureau départemental de la Protection civile demeurent pour l’instant la MINUSTAH, la PNH, la Croix-Rouge,
les sapeurs-pompiers, l’Oxfam et la mairie du Cap-Haïtien.
Services urbains de base
Deuxième ville du pays, le Cap-Haïtien, ne fait pas partie des
communes les mieux desservies en matière de distribution et accessibilité à l’eau potable ou courante. Au niveau assainissement,
dans les quartiers périphériques en particulier, les équipements
sont quasi inexistants et les populations font généralement leurs
besoins à l’air libre. Dans d’autres cas, les équipements sont
mal construits, sans système de ventilation et d’évacuation des
effluents. Par ailleurs, la vétusté et l’insuffisance des infrastructures de drainage rendent difficile l’écoulement des eaux usées
et des excrétas. La situation sanitaire très déficiente crée ainsi
un environnement malsain et insalubre.
Environnement et Assainissement
Les problèmes environnementaux du Cap-Haïtien sont divers et
relativement complexes à résoudre ; ils ont de sérieuses répercussions
sur la qualité de vie des habitants, et font partie des revendications
prioritaires de la population depuis le milieu des années 80.
12
Plan de financement des Services publics communaux
792400.000000
795400.000000
RISQUE D’ÉROSION
DE LA COMMUNE DU CAP-HAÏTIEN
Ruines
Labadie
Grand-Doco
Saint-Martin
Ruines
Ruines
Pica Morne Lory
Patasson
CAP-HAÏTIEN
NIVEAU DU RISQUE D’ÉROSION
Barrière Bouteille
Risque nul ou très faible
Risque moyen
2 Haut-du-Cap
Camp-Fort
La Coupa Brada
La-Petite-Anse
Vertières
Charrier
Charrier
Haut-du-Cap
Madeline
795400.000000
Risque très grave
Limites Département du Nord
Localisation de la commune
du Cap-Haïtien en Haïti
2182000.000000
792400.000000
Risque grave
Limites communales
Bruno
2182000.000000
Bréda
3e Petite-Anse
Risque élevé
Sections communales Cap-Haïtien
Charut
789400.000000
Routes
Réseau hydrographique secondaire
La Voûte
786400.000000
Chef-lieux commune
Réseau hydrographique principal
Morne Cabane
Station Haut-du-Cap
e
Picard
Légende
Lieux-dits
Bel-Air
Fort Durocher
La Voûte
2
kilomètres
Vigie
Morne Jean
Échelle : 1:60000
0,5
1
Plateau François
Ruines
Georges
Saint-Martin
0
2188000.000000
Fort Bely
Commune du Cap-Haïtien
Ruines
La Fague
1re Bande-du-Nord
Poirier
République d'Haïti
Département du Nord
Ruines
2185000.000000
2188000.000000
Cormier Ducroix
Morne Diable
2185000.000000
2191000.000000
789400.000000
2191000.000000
786400.000000
³³ Le réseau d’égouts, dont une partie remonte à l’époque coloniale, est
sérieusement déficient et incomplet, et les ressources financières requises
ne serait-ce que pour son entretien régulier, semblent généralement absentes.
Les canaux d’évacuation demanderaient également un curage régulier, ce
qui n’est pas le cas, tandis que certains d’entre eux sont complètement bouchés.
³³Dans les quartiers populaires, l’on peut relever une absence
claire et quasi complète d’installations sanitaires, tant au niveau
collectif que résidentiel. Quelques petites fondations se consacrent à cette
problématique depuis une dizaine d’années et ont un impact effectif au
Cap-Haïtien. Cependant, cet effort devrait probablement être au moins
décuplé. En attendant, la population de ces quartiers se débarrasse de
leurs besoins quotidiens en les jetant dans des sachets de plastique dans
la baie ou sur les piles d’ordures ménagères.
³³Quoiqu’il y ait eu récemment des efforts visibles dans les services de collecte
des déchets, grâce aux efforts du SMCRS en particulier, il faut bien reconnaître qu’en l’état des choses, les services municipaux ne seraient aucunement
en mesure de prendre en charge cette responsabilité de manière autonome
à court terme. Depuis des années, les ordures ménagères récoltées étaient
tout simplement jetées à la mer dans les zones décroissantes de mangroves
protégeant la baie : c’est essentiellement sur ces remblais que se sont développés
au fil des ans les bidonvilles de la périphérie
sud-est de la ville. Notons néanmoins les
efforts entrepris en vue de maintenir en
fonction une table sectorielle municipale
de concertation sur
l’assainissement.
Dans ce cadre,
et avec l’assis-
tance technique de l’Agence française de Développement et de la ville sœur
française de Suresnes, la mairie du Cap a pu mettre sur pied le projet d’une
décharge intermunicipale pouvant desservir les communes du CapHaïtien, de Limonade et de Caracol, et celui de doter le Cap de centres de
regroupement des ordures ménagères à travers les divers quartiers de la ville,
ainsi que d’un centre de transit. Ce projet a su attirer l’attention de la BID, et
des études d’impact environnemental sont en cours en vue de la concrétisation
sous peu de cet ambitieux projet.
³³Un travail en profondeur devrait être fait au niveau du curage des ravines,
de la réhabilitation et protection des bassins versants et berges
de la ville. L’on peut observer un envahissement très net sur les mornes
ceinturant la ville de constructions anarchiques, qui devraient être
rapidement stoppées, ces zones devant de toute priorité être protégées.
³³La forte densité démographique de la ville y entraîne une dégradation
certaine de la qualité de vie. Des marchés publics devraient être
construits et aménagés en périphérie afin de contribuer à décongestionner
le centre-ville, tandis qu’une étude des flux de circulation devrait permettre
de reconfigurer les gares routières et sens des rues, au moins dans le
centre-ville. Des petits parcs et aires communes devraient être aménagés
à travers les différents quartiers.
Il y a une forte
³³
pollution de l’air dans
le centre ville, à cause
de la centrale à mazout installée sur le
port, qui est en
outre à risque de
toute secousse
sismique
majeure.
Un projet de décharge intermunicipale est
mis sur pied pour desservir le Cap et les
communes environnantes.
14
Environnement socio-organisationnel de la commune
La commune du Cap-Haïtien, chef-lieu du département du Nord, connaît une extension de plus
en plus accélérée depuis la fin des années 80. Cette
extension charrie avec elle une surpopulation
des zones urbaines et péri-urbaines de la commune.
Centre des activités économiques de la région du
Nord et Nord-Est, le Cap-Haïtien concentre toutes
les organisations, institutions et projets qui œuvrent
dans la vie socio-économique, politique et culturelle
de cette région. Il y a donc une dynamique socioorganisationnelle plutôt dense et multiforme
dans la commune.
En juillet 2013, un recensement non exhaustif
a donné plus de 400 organisations de la
société civile (OSC) et organisations
communautaires de Base (OCB) de divers
types dans la commune. De type formel et informel,
beaucoup de ces OSC/OCB interviennent sur toute
l’étendue de la commune, c’est-à-dire les 3 sections
communales, le centre ville et des quartiers en « développement » comme Vaudreuil et Madeline. Au point
de vue sectoriel, ces organisations interviennent dans
l’assainissement, le curage des égouts, les activités
socio-culturelles, l’agriculture et l’élevage, l’eau
potable, le commerce et le microcrédit, la couture et
l’artisanat, le développement communautaire, la vie
socio-politique, la protection de l’environnement, le
développement local, la défense des droits humains,
etc. Il faut souligner que divers projets qui ont œuvré
à l’assainissement des « cités » périphériques de la ville par le pavage ou l’adoquinage
des rues, la canalisation des eaux de pluie et des eaux
2 Présentation de la commune
usées ont favorisé la formation, pour les besoins de la
cause, de nombreuses organisations communautaires
dans ces quartiers.
Les réflexions et le travail qui sont en cours sur le
secteur de l’eau et assainissement ont conduit
notamment à la mise en place d’une table sectorielle qui regroupe des ONG, des structures de
l’État, des organisations de la société civile et le secteur
privé de la ville du Cap-Haïtien. Cette dynamique de
constitution de tables sectorielles touche plusieurs
autres domaines de la vie socio-économique
de la commune tels la petite enfance, patrimoine et
culture, sécurité, etc. La table sectorielle sur l’eau et
l’assainissement est la plus dynamique.
Cap-Haïtien est aussi le siège de la quasi-totalité des
projets et ONG qui interviennent dans les départements du Nord et du Nord-Est. Ce qui semble
donner un coup de pouce à la dynamique sociale et
économique de la commune.
Historiquement, l’ensemble des informations
disponibles révèlent que les OSC/OCB ont été
formées surtout à partir des années 80, plus précisément après 1986. Cependant on a dénombré
six organisations communautaires de base qui ont
été créées entre 1971 et 1986 qui existent et fonctionnent encore dans la commune. Au Cap-Haïtien
aussi comme ailleurs, les OSC/OCB ont été créées
par suite d’initiatives collectives pour donner une réponse aux besoins identifiés dans leur communauté.
Même s’il y a un certain nombre des OSC/OCB
qui choisissent de cibler des aspects plus spécifiques
comme combattre la violence faite aux femmes et
l’encadrement des enfants, seulement deux d’entre
elles se distinguent des autres tant par l’ampleur de
leurs activités que par leur zone d’intervention. Elles
ont également l’objectif de lutter contre la pauvreté
pour changer les conditions de vie de l’enfance, des
femmes et des jeunes-filles.
Les organisations pour la plupart extériorisent les
carences liées au manque de structuration, au
déficit de représentativité et à une faible capacité dans la gouvernance. Leur existence semble
liée au financement extérieur. Leur opérationnalité
correspond à la disponibilité d’un financement pour
une activité donnée, limitée dans le temps, jusqu’à
l’obtention d’une nouvelle opportunité.
L’une des faiblesses des organisations de la société
civile réside dans l’absence d’objectifs précis
et réalistes : il en découle une certaine difficulté
à cibler à la fois leurs secteurs d’intervention et leurs
bénéficiaires directs. La plupart exécute des activités
qui ne rentrent pas dans leur secteur d’intervention.
Il semblerait que les interventions soient en fonction des objectifs du bailleur ou de l’opportunité
à saisir et non de leur mission. Les informations
montrent qu’il y a un manque d’action à travers une
stratégie cohérente d’intervention et une approche
tournée vers les résultats. Il n’y pas de méthode
d’évaluation interne et externe, Cependant, comme
le prouve l’élaboration de ce PFC, un minimum
d’encadrement suffit à unifier la société ci15
vile sur une vision commune. Les responsables communales et la société civile de la commune du
des OSC manifestent un grand besoin d’avoir une Cap-Haïtien. Cependant, il faut excepter les organiorganisation mieux structurée, plus opérationnelle. sations de base dans les sections communales rurales
Leur désir est d’avoir des formations dans tous les sont plus proches des autorités locales (CASEC,
domaines possibles, mais les plus relatés concernent ASEC) dont elles sont, en général, issues.
le leadership et l’organisation interne. L’un de leur
souci est de savoir comment obtenir un finance- Récemment, la mairie du Cap-Haïtien a pris l’iniment pour leur fonctionnement.
tiative de mettre en place un comité communal
de participation citoyenne (dit « Conseil
Concernant le développement de partenariat entre consultatif communal ») à la suite d’un processus
les acteurs de la société civile, l’on constate que les de concertation et d’échanges entre les divers secteurs
OSC tant formelles que non formelles n’ont pas et acteurs socio-économiques de la commune. Ce
encore vraiment compris le besoin de travailler comité est composé de représentants de divers
ensemble pour atteindre des objectifs, sauf pour secteurs tels l’agriculture, les ONG locales et
des actions ponctuelles ou quand c’est demandé internationales, la presse, les syndicats, l’éducation,
par un projet ou un organisme de financement ou l’environnement, la santé, le secteur privé des affaires,
d’encadrement.
Les acteurs expliquent qu’il devient difficile de
travailler dans un seul champ, quand on est à la
recherche de fonds. Ils sont obligés d’accepter les
conditions des bailleurs qui acceptent de donner un
peu de financement. Les organisations de la société
civile rencontrent ainsi des contraintes objectives
à se spécialiser dans un domaine bien déterminé.
les femmes, les handicapés, etc. Au total, 41 représentants sectoriels forment cette structure
communale qui doit travailler aux côtés de la Mairie
pour la promotion de la transparence et de la bonne
gouvernance de la commune en vue d’améliorer la fourniture des services municipaux tant en
quantité qu’en qualité à la population. Cependant,
malgré le travail de consultation et d’information
mené par la Mairie, certains secteurs importants de
la vie de la commune hésitent encore à intégrer ce
comité communal de participation citoyenne.
Soulignons enfin que la quasi-totalité des ministères sont représentés dans la commune (Finances,
Planification, Santé, Travaux publics, Tourisme,
Éducation, Agriculture, Affaires sociales, etc.)
Le bureau de la DGI et le
tribunal de paix du Cap côte
à côte.
Pour les relations de travail entre les OSC/OCB
et les autorités locales, il y a lieu de conclure
qu’en général, les relations entre les organisations
de la société civile et les autorités communales sont
plutôt en dents de scie et dépendent grandement de
l’approche de gouvernance de tel ou tel conseil ou
commission communale. Il n’y a aucune dynamique formelle, établie et définie de collaboration,
de consultation et de partenariat entre les autorités
16
Plan de financement des Services publics communaux
Un magasin d’informatique avec un hôtel à
l’étage.
Environnement économique de la commune
Cap-Haïtien vit essentiellement des activités du secteur
tertiaire, mais la plus grande partie de la population travaille
dans le secteur informel. La branche d’activité dominante
est le commerce (tous commerces de produits primaires et
manufacturés confondus). Quoique les tarifs en vigueur ont un
impact négatif sur la compétitivité internationale et régionale
du port du Cap-Haïtien, il demeure qu’une activité importante
d’import-export de produits de tous ordres y est établie.
Le commerce, interne dans l’ensemble, se fait quotidiennement
au niveau des six marchés publics, animé aussi par des
supermarchés et des boutiques.
Dans le secteur de l’industrie et des services, la commune dispose
de plusieurs stations d’essence, des salons de coiffure, environ
42 hôtels et plus d’une trentaine de restaurants, dont 14 sont
intégrés à des hôtels. Cependant, le secteur industriel n’est pas
développé. Dans le domaine de la transformation, il existe à peu
près cinq unités dans la ville et les sections communales, plus
d’une vingtaine de boulangeries et des entreprises artisanales. La
commune compte également six banques commerciales, plusieurs
institutions financières et près d’une dizaine de bureaux de change.
Signalons finalement l’importance du secteur touristique
grâce à la station balnéaire de Labadie, port de croisière des navires
de la Caribbean Cruise Lines : c’est autour des escales hebdomadaires de ces navires que se dessinent les projets en cours d’excursions
organisées aux divers points historiques d’intérêt de la région (tels
le Bois Caïman au Morne Rouge ; la Citadelle Henri Christophe
et le Palais Sans-Souci près de Milot ; le Monument de Vertières ;
Fort Picolet, Fort de la Nativité, Fort Magny, Fort-aux-Dames, Fort
Belly, Habitation Bréda, etc. ou encore ceux relatifs à l’aménagement
de la vieille ville et du bord de mer comme destination touristique.
2 Présentation de la commune
Une librairie proposant des services
d’impression.
Un restaurant emblématique de la vie culturelle capoise.
17
Il faut relever aussi certains facteurs qui sont
favorables au développement économique de la
commune du Cap-Haïtien. On peut citer :
³³le confinement géographique de la ville dans
une baie relativement protégée et encadrée
par les montagnes avoisinantes ;
³³la proximité de la ville et de la commune par
rapport à d’autres, pour la plupart des sites
historiques d’importance ou des lieux de
plaisance (Citadelle, Bois-Caïman, Labadie,
Cormier…) ;
³³la connectivité de la ville par terre, mer et air
et son relatif bon niveau ;
³³un maillage routier développé autour d’un
tracé régulier du centre-ville en damier, favorisant l’accessibilité des lieux.
³³les échanges commerciaux qui s’opèrent au
niveau de la frontière haïtiano-dominicaine
et le développement des activités de tourisme
et académiques dans la région ;
³³l’identité culturelle régionale ;
³³la présence d’un aéroport international ;
³³la beauté naturelle du site communal : de
son espace physique encore verdoyant et
relativement boisé.
18
Bâtiment de l’hôtel de ville
du Cap-Haïtien, situé à la
rue H.
Plan de financement des Services publics communaux
Chapitre 3
PRÉSENTATION SOMMAIRE DE L’ÉTAT DES
SERVICES MUNICIPAUX
L’organigramme actuel de la mairie
L
a commune du
Cap-Haïtien s’étend
sur la ville, le
quartier de Petite-Anse, et
les sections communales
de Bande-du-Nord, Hautdu-Cap et Petite-Anse. La
Mairie compte actuellement
236 employés. Son
organigramme présente le
Conseil municipal appuyé
par des services du Juridique
et des Communications.
La Direction générale
chevauche 5 directions administratives et techniques
de base (Affaires administratives et financières ; Affaires
sociales ; Planification et
Développement urbain ;
Protection civile et Sécurité),
qui se sous-divisent
à leur tour en 11 services et
4 sous-services.
Figure 1> Organigramme de la Mairie du Cap-Haïtien
Service
communications
Direction
de la Sécurité
Direction administrative
& financière
¯¯Service des Archives
¯¯Service de la Comptabilité
¯¯Service des Ressources fiscales
¯¯Service des Ressources
humaines
¯¯Service des Ressources
matérielles
CONSEIL MUNICIPAL
Maire principal
Maire adjoint
Maire adjoint
Service juridique
/contentieux
Direction de
la Protection
DIRECTION GÉNÉRALE
civile
Direction des Affaires
sociales
Direction de la Planification &
du Développement urbain
¯¯Service des Affaires
culturelles
¯¯Service Éducation & Formation
¯¯Service de l’État civil
¯¯Service de l’Action Sociale
Service Urbanisme,
Architecture & Patrimoine
Service Gestion / Développement
communautaire
³³ Service de la Collecte des
déchets et Propreté
³³ Service de l’Environnement &
des Équipements Urbains
³³ Service de la Voirie & Réseaux
divers
Service du Centre d’Interprétation de
l’Architecture et du Patrimoine (CIAT)
3 PRÉSENTATION SOMMAIRE DE L’ÉTAT DES SERVICES MUNICIPAUX
19
Brève présentation de la situation actuelle des directions et services de la mairie
L’administration communale du Cap-Haïtien, a réalisé en juin 2014 un diagnostic des fonctions
effectives de la Mairie (en distinction aux directions
et services figurant dans l’organigramme). Les résultats
de cette évaluation des capacités fonctionnelles de l’organisation dans ses fonctions principales sont présentés
suivant quatre critères : 1) compétences du personnel
et capacités organisationnelles, 2) politique/
procédures, 3) outils technologiques et système
standard et 4) engagement citoyen.
En effet, 5 fonctions principales furent ainsi identifiées, s’appuyant en partie sur les directions formelles
existant au sein de la Mairie, mais regroupant au
besoin divers services ou en élevant en importance
d’autres : (1) affaires administratives et financières ;
(2) affaires sociales ; (3) planification et développement urbain ; (4) protection civile ; et (5) ressources
fiscales. Par conséquent, l’analyse s’est portée sur ces
5 fonctions essentielles.
Cette première étape de diagnostic fournit ainsi une
idée partagée de la situation actuelle du niveau de
fonctionnement de la Mairie du Cap-Haïtien.
En ce qui concerne la direction des affaires
administratives et financières, le personnel
est compétent mais nécessite beaucoup plus de
formation ciblée. Les politiques et procédures
administratives n’existent que sur le papier. Il faut
noter également l’inexistence physique d’un service
d’archives. Cette direction aurait ainsi besoin d’un
20
appui ciblé et soutenu afin de renforcer son efficacité. En termes d’engagement citoyen, peu de
sur un minimum de politiques et procédures partagées.
Cependant, les besoins de soutien et d’assistance techdispositions existent au sein de cette fonction, mais nique traversent l’ensemble de cette fonction. Il faut
ceci ne représente pas un problème majeur puisque tout particulièrement noter l’auto-évaluation faite ainsi
l’ouverture de l’institution municipale à la commu- qu’une faible interaction avec la communauté au
nauté de manière à inviter et susciter l’engagement sein de cette fonction pourtant éminemment publique.
citoyen dans les affaires publiques locales est surtout Toutefois, une certaine volonté de transparence des autonécessaire au niveau des autres fonctions de la mairie. rités dans la gestion de la chose publique a été constatée.
La fonction de finances locales affiche une performance de base acceptable en termes de compétences
du personnel, notamment. Mais cette fonction
institutionnelle de la mairie aurait besoin d’assistance
technique ciblée et soutenue en vue du renforcement et de la standardisation des systèmes
et procédures administratifs relevant de son
champ de responsabilité. Il en est de même en ce
qui concerne la mise en place et application d’outils
et systèmes reliés aux technologies de l’information,
afin de moderniser et accroître l’efficacité des services.
Enfin, une assistance technique et soutien ciblé fournis aux agents du service de la fiscalité devraient viser
à accroître leurs compétences professionnelles, particulièrement en ce qui a trait aux outils technologiques
pouvant être mis à leur disposition à court et moyen
terme. En ce qui concerne l’engagement citoyen, un
soutien important serait nécessaire, afin entre autres
de permettre la sensibilisation de la communauté en
ce qui a trait à ses obligations fiscales.
La fonction des affaires sociales semble pourvue
de cadres relativement compétents, pouvant s’appuyer
Pour la fonction de planification et de développement urbain, si un minimum de compétences
professionnelles de base existe, toutes les dimensions
examinées nécessitent un appui important et soutenu.
On peut citer entre autres, les besoins de formation du personnel en planification urbaine, en
aménagement du territoire, en système d’information
géo-spatiale (SIG). Le personnel gagnerait a bénéficier
d’une formation accrue en gestion des équipements
collectifs, en gestion du patrimoine, en gestion et
protection des bassins versants, etc.
Ce constat est presque identique en ce qui concerne
la fonction de protection civile, qui dispose d’une
structure minimale en termes de compétences du
personnel et de politiques organisationnelles, mais
des faiblesses palpables existent en ce qui a trait à l’absence d’outils technologiques appropriés et à
la mobilisation et participation de la communauté.
En somme, toutes les fonctions de base de la
mairie du Cap-Haïtien exigeraient un appui et une
assistance technique plus ou moins soutenus.
Plan de financement des Services publics communaux
Chapitre 4
PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS
ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS
PRIORITAIRES
Tableau récapitulatif des idées de projets proposées par les ateliers
L
e PFC de la commune de Cap-Haïtien est élaboré dans
une conjoncture dominée par des indices révélateurs d’une
dégradation des conditions de vie, une situation de grande
déficience des services sociaux de base et une conjoncture caractérisée
par la volonté de l’État central de développer la Métropole du
Nord dans le cadre de la création du nouveau pôle de développement économique du couloir Nord – Nord-Est. C’est
aussi et surtout la période de mise à exécution du Plan stratégique de
Développement d’Haïti (PSDH) dont les fondements sont, d’une
part, la refondation du territoire et de l’économie, et d’autre part
la refondation sociale et institutionnelle. Ce contexte a donc guidé
les réflexions des participants dans le choix des projets communaux.
Processus de vote pendant la priorisation des
idées de projets pour
le PFC du Cap-Haïtien,
le 24 septembre 2013.
Ainsi, le 10 avril 2014, 147 personnes d’horizons divers ont pris part
aux ateliers conduisant au choix des idées de projets municipaux
de la commune du Cap-Haïtien. Après le rappel des objectifs du
PFC, de la méthodologie générale et des domaines de compétences
de la mairie, les participants ont été invités à travailler en atelier.
6 ateliers à raison de un par domaine de compétence regroupée de
la mairie ont été organisés sur les thématiques suivantes :
³³l’économie,
³³l’environnement,
³³les infrastructures,
� la santé et l’assainissement,
� l’urbanisme,
� la protection civile.
78 idées de projets ont été identifiées par les participants en
fonction des domaines de compétences de la mairie que nous
présentons dans le tableau des pages suivantes :
4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES
21
Tableau 1> Idées de projets par domaines de compétences de la municipalité
Domaine
Compétence communale
Idées de projets proposées
É c o n o m i q u e Établissement et exécution de plans de lo- 1> Identification des terres du domaine public.
tissement (de terrains relevant du domaine
communal ou du celui de l’État) et logement.
Construction de marchés publics.
2> Restructuration du marché de Champin
3> Restructuration du marché de Petite-Anse
4> Restructuration du marché de Fort St-Michel
5> Restructuration du marché de Cluny
6> Restructuration du marché de Cité du Peuple
Construction d’abattoirs publics.
7> Modernisation de l’abattoir communal de Petite-Anse
8> Construction d’un abattoir dans les deux autres sections communales
9> Construction d’un complexe abattoir-marché à bétail à Petite-Anse.
Construction et entretien des sites des gares 10> Construction d’une gare routière dans la section de Haut-du-Cap
routières.
11> Modernisation de la gare routière de Pont-Neuf
Construction et gestion des infrastructures
culturelles, sportives, archives communales
musées et bibliothèques communaux, sites
et monuments historiques ; promotion d’activités culturelles, sportives et de jeunesse.
12> Construction d’un centre socio-culturel dans le centre-ville
13> Valorisation des sites historiques de Vertières
14> Valorisation du site de Bréda
15> Valorisation du site de Picolet
16> Valorisation du site de Butte Charrier
17> Valorisation des autres sites
18> Construction d’un centre d’archives communales
19> Construction d’un musée
20> Construction d’une bibliothèque municipale
21> Promotion d’activités sportives pour les jeunes filles
La valorisation du monument de Vertières est une des idées de projets.
22
Plan de financement des Services publics communaux
Domaine
Compétence communale
Environnement Construction d’infrastructures
d’assainissement.
Idées de projets proposées
22> Correction de ravines à Belle Hôtesse, Man Malherbe, Haut-du-Cap,
Charrier, Marchand-Les-Dames, Blue Hill, ODN.
23> Drainage des quartiers inondables et vulnérables de la commune.
24> Protection de berges et drainage de la rivière de Haut-du-Cap.
(reprofilage des berges de la rivière de Haut-du-Cap).
Enlèvement des déchets solides résidentiels 25> Collecte et valorisation de déchets au niveau du centre-ville, Hautdu-Cap, Petite-Anse, Bande-du-Nord et Marchand-Les-Dames
et commerciaux.
Établissement et gestion des décharges 26> Création d’une zone de décharge de déchets (création d’un site
municipales.
intermunicipal de décharge de déchets à Limonade).
Délivrance d’autorisations de coupe d’arbres 27> Reboisement au niveau des mornes de Haut-du-Cap et du Capsur le territoire communal.
Haïtien (projet de reboisement des mornes surplombant les sections
de la commune du Cap-Haïtien) ;
28> Protection des mangroves du bassin Odeau à Cité du Peuple.
L’utilisation quotidienne du charbon comme source d’énergie à la cuisson des aliments, des bois pour la construction
des maisons et des meubles oblige les populations à procéder à une destruction régulière des arbres.
Domaine
Compétence communale
Idées de projets proposées
Infrastructures Construction et entretien de rues.
29> Projet de réhabilitation des tronçons de rues à Haut-du-Cap,
Céramiques Center, Village historique, cité Chauvel et ruelle Chez
Vous.
30> Projet de curage d’ouvrages et d’entretien des tronçons de rues
de Petite-Anse, rues Christophe, Immaculée Conception, av. Guy
Malary et rue Dufort.
31> projet de captage et de distribution d’eau à Haut-du-Cap et
Camp-Fort.
Construction des places publiques et d’es- 32> Construction d’un marché public moderne à Petite-Anse.
paces de loisir (stades, piscines, etc.).
33> Construction d’un nouveau marché public moderne et relocalisation
des marchands de la place de rue 3.
34> Réhabilitation de la place Toussaint Louverture.
Localisation et construction d’écoles com- 35> Construction d’une école technique agricole et artisanale
munales, écoles secondaires publiques,
à Bande-du-Nord.
lycées, centres de formation technique et 36> Construction d’une école technique agricole et artisanale
professionnelle.
à Haut-du-Cap.
37> Construction d’une école technique et professionnelle (artisanat et
sérigraphie).
Mise en place et gestion d’asiles communaux, 38> Rénovation du dortoir de l’asile communal de cité Lescot.
d’orphelinats publics et de centres de rééducation de jeunes.
Les rues demandent un entretien régulier.
Domaine
Compétence communale
Idées de projets proposées
Santé et
assainissement
Construction de centres de santé ou de
centres materno-infantiles
39> Construction d’un centre de santé au Haut-du-Cap.
40> Construction d’un centre de santé à Petite-Anse.
41> Réhabilitation du centre de santé de Fort Bourgeois.
42> Rénovation, équipement et maintenance du centre de santé de Labadie.
Contrôle de la qualité de l’eau.
43> Mise en place d’un service d’inspection et de contrôle des infrastruc-
tures d’approvisionnement en eau.
44> Campagnes de sensibilisation et d’accompagnement de la population
sur les méthodes de traitement et d’assainissement de l’eau.
Adduction d’eau, construction de puits et de
fontaines publiques.
45> Extension du système d’adduction d’eau de Bel-Air.
46> Extension du système d’adduction d’eau de Petite-Anse.
47> Mise en place de puits communautaires et de fontaines publiques
dans les quartiers défavorisés.
Inspection de la date d’expiration des médicaments et des produits alimentaires.
48> Mise en place d’un service de contrôle de la qualité des produits de
Mise en place du service d’hygiène et de
police sanitaire.
49> Création d’un corps de police sanitaire.
50> Extension du projet d’établissement d’urinoirs publics dans les zones
consommation.
urbanisées.
51> Campagnes de sensibilisation sur l’hygiène publique.
52> Construction de latrines familiales dans les quartiers vulnérables de
la commune.
4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES
25
Domaine
Compétence communale
U r b a n i s m e Éclairage des rues et des places publiques.
Idées de projets proposées
53> Éclairage des rues de Barrière Bouteille à Vertières (Sans-Raison,
Sainte-Philomène, ODN).
54> Éclairage des rues de Fort Saint-Michel à Petite-Anse (rue Dufort,
rue Jérusalem, École nationale Fort Saint-Michel).
55> Éclairage des rues à Bande-du-Nord (route principale, Champde‑Mars, marché Gales).
Embellissement de la ville.
56> Restructuration de Shada I et II.
57> Création d’un pôle touristique à la rue 24 Boulevard.
58> Achèvement des travaux de construction de la place de Rival.
59> Construction et aménagement de la place de Calvaire Sainte Thérèse.
60> Restructuration de la place de la rue 3.
Réglementation de la circulation urbaine.
61> Création de sites de stationnement urbain et péri-urbain pour les
tap-tap et les motocyclettes.
62> Construction de passerelles pour piétons au rond-point de Samarie,
au rond-point du Centre Médico, au carrefour Krazezo et au carrefour Tabernacle.
63> Établissement et maintenance de panneaux de signalisation.
64> Établissement de parkings publics.
65> Réglementation de la circulation des poids lourds.
Adresse (numérotage des maisons et
identification des rues).
26
66> Numérotage et identification des habitations de Bande-du-Nord,
Petite-Anse et Haut-du-Cap.
67> Création d’une nouvelle ville.
Plan de financement des Services publics communaux
Une des idées de projets retenues est la subvention de la
mairie aux sapeurs-pompiers.
Domaine
Compétence communale
Protection civile et Lutte contre l’incendie et les calamités.
sécurité publique
Idées de projets proposées
68> Subvention de la mairie au budget de fonctionnement des sapeurs-
pompiers du Cap-Haïtien.
69> Renforcement du service des garde-côtes de la PNH a) mise sur pied
d’une brigade maritime, b) formation des maîtres-nageurs et plongeurs.
70> Préparation d’un plan de contingence (prévention et réponse en cas
d’urgence).
71> Mise en place de la police administrative municipale.
72> Renforcement du service des affaires sociales de la mairie.
Prévention des catastrophes, risques et 73> Programme de formation au niveau des écoles de la commune en
désastres
matière de prévention des catastrophes naturelles.
74> Campagnes de sensibilisation massive du grand public contre les
risques et désastres.
75> Mise en place d’un service de protection des bassins versants au
niveau de la Mairie.
Mise en place et gestion d’asiles communaux, 76> Réhabilitation et extension de l’asile communal à Sainte-Philomène.
des orphelinats publics.
77> Création d’un centre d’accueil au profit des groupes vulnérables.
Mise en place et gestion des centres de 78> Création d’un centre de formation des jeunes au niveau de la commune.
rééducation de jeunes.
4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES
27
Tableau 2> Liste des 31 projets prioritaires
31 idées de projets ont
été sélectionnées par
les différents ateliers
sur un total de 78
identifiées, sur la base
des critères tels que la
déficience des services
publics, la pertinence
des projets et le
degré de priorité. Les
groupes ont identifié
et classé des idées de
projets prioritaires pour
chacun des domaines
de compétences de la
municipalité.
Le tableau qui suit
dresse la liste complète
des 31 projets
prioritaires sélectionnés
par les participants
au niveau des ateliers
thématiques lors de la
phase d’identification
et de hiérarchisation
des projets d’investissement public. Ce
tableau traduit l’attente
de la population de la
commune par rapport
aux compétences de
la Mairie en matière
d’équipements et de
services publics.
28
Domaine
Idées de projets
É c o n o m i e 1> Construction d’un complexe abattoir-marché à bétail à Petite-Anse.
2> Construction d’un marché moderne à Petite-Anse.
3> Construction d’une gare routière à Haut-du-Cap.
4> Construction d’un centre socio-culturel dans le centre-ville.
5> Valorisation du site touristique de Picolet.
E n v i r o n n e m e n t 6> Reboisement au niveau des mornes de Haut-du-Cap et du Cap-Haïtien.
7> Protection de berges et drainage de la rivière de Haut-du-Cap.
8> Collecte et valorisation de déchets au niveau du centre-ville, Haut-du-Cap, Mangrove et
Marchand-Les-Dames.
9> Correction des ravines de Haut-du-Cap, Belle Hôtesse, Charrier, Blue-Hill et ODN.
10> Création d’une zone de décharge de déchets.
Infrastructures 11> Projet de réhabilitation des tronçons de rues à Haut-du-Cap, Céramiques Center, Village
historique, cité Chauvel et ruelle Chez Vous.
12> Projet de captage et de distribution d’eau à Haut-du-Cap et Camp-Fort.
13> Construction d’un nouveau marché public moderne et relocalisation des marchands de la
place de Rue 3.
14> Projet de curage d’ouvrages et d’entretien des tronçons de rues de Petite-Anse, rues
Christophe et Immaculée Conception, av. Guy Malary et rue Dufort.
15> Construction de deux écoles techniques agricoles et artisanales à Bande-du-Nord et
Haut-du-Cap.
U r b a n i s m e 16> Éclairage de rues de Barrière Bouteille à Vertières (Sans-Raison, Sainte-Philomène et ODN).
17> Restructuration de Shada I et II (enlèvement d’ordures, aménagement) ;
18> Valorisation du site de Vertières ;
19> Réhabilitation de la plage Rival ;
20> Construction de passerelles pour piétons au rond-point de Samarie, au rond-point de
Centre Médico, à carrefour Krazezo et à carrefour Tabernacle.
21> Numérotage et identification des habitations de Bande-du-Nord, Petite-Anse et Haut-du-Cap ;
22> Création d’une nouvelle ville moderne à Géni Paye pour décongestionner la ville du
Cap-Haïtien.
Plan de financement des Services publics communaux
Santé et
assainissement
23> Construction d’un centre de santé à Haut-du-Cap.
24> Construction de latrines familiales dans les quartiers vulnérables de la commune.
25> Extension des systèmes d’adduction de la commune.
26> Extension du projet d’établissement d’urinoirs publics dans les zones urbanisées.
27> Création d’un corps de police sanitaire.
Protection civile et 28> Campagnes de sensibilisation de la population en matière de prévention des risques et
sécurité publique
désastres.
29> Préparation d’un plan de contingence (prévention et réponse en cas d’urgence).
30> Création d’un centre d’accueil au profit des groupes vulnérables.
31> Renforcement du garde-côte de la PNH a) brigade maritime, b) formation des maîtres-
nageurs et plongeurs.
Les bidonvilles construits sur les bassins
versants de Haut-du-Cap sont des zones
à haut risque de glissements de terrain en
période de pluie.
Après les débats et les
commentaires, les participants ont procédé à
la hiérarchisation des
idées de projets. Ainsi,
les 9 projets ayant reçu
le plus de votes ont été
retenus comme étant
les plus prioritaires.
Nous présentons ici les
fiches signalétiques de
ces projets.
Fiches signalétiques des projets prioritaires
1> Construction d’un centre de santé communautaire à Haut-du-Cap
Localisation
Le centre de santé communautaire sera localisé à
Haut-du-Cap, deuxième section de la commune du
Cap-Haïtien, dans le département du Nord.
Coût estimatif du projet
43 947 000 gourdes
Justification
La section communale de Haut-du-Cap compte
à elle seule près de 145 000 habitants, soit plus de
54 % de la population de la commune. Seulement
six cliniques médicales sont identifiées dans
cette section et deux points de rassemblement. Pas
d’hôpital, ni de centres de santé, ni de dispensaires
privés ou publics dans ce conglomérat constitué de
près de 20 bidonvilles et cités. Le rayon moyen
d’action des établissements de proximité dépasse
10 km pour les agglomérations situées au Sud de la
section (Rapport Carte sanitaire du Nord_2011).
Cette situation explique que presque tous les patients
ont le réflexe de se rendre au centre CDS de
La Fossette ou à l’Hôpital universitaire
Justinien même pour un simple rhume ou une
fièvre banale. Ces deux établissements sont souvent
dépassés par le nombre de patients qui affluent
pour des cas médicaux-chirurgicaux mineurs.
L’excèdent de patients est obligé d’aller voir ailleurs
ou de retourner très tôt le lendemain si leurs moyens
économiques ne leur permettent pas de consulter
un médecin privé.
30
De plus, cette section étant située à l’entrée Sud
de la ville et contenant de nombreuses agglomérations dépourvues des infrastructures
de base, ses habitants se déplacent continuellement
vers le centre-ville dans des tap-taps inadaptés et
sur un réseau routier très étroit. Le trafic devient
logiquement très lent et, du même coup, cela
occasionne souvent des embouteillages importants
de Barrière Bouteille à la rue 10. Ces bouchons
constituent de véritables handicaps à la circulation
d’ambulances et rendent ainsi les infrastructures de
santé, essentiellement situées au cœur de la ville,
difficilement accessibles aux urgences.
Or, les besoins en soins de santé de base se font de
plus en plus sentir. À l’instar du reste du pays, la
population fait de plus en plus face à de nouvelles
épidémies comme le choléra, le chikungunya et la
fièvre dengue. En conséquence, les patients aux faibles
moyens, pour se payer des soins de santé, parcourent
de longues distances pour y accéder, beaucoup de
malades pratiquent de plus en plus l’automédication,
la plupart des gens se tournent vers la médecine
traditionnelle et les « tradipraticiens ». Il en résulte
un faible dépistage des pathologies chroniques, des
complications de cas de maladies, la chronicité de
pathologies banales et guérissables. Il s’ensuit l’augmentation de la prévalence des maladies, la persistance
des croyances qui attribuent à la mort des causes
surnaturelles, la propagation rapide des épidémies,
des taux élevés d’anémie, la malnutrition infantile, la
sous-vaccination des femmes et des enfants.
Ainsi, la mairie se propose de venir
en appui au MSPP en construisant
cette infrastructure sanitaire.
Résultats attendus
³³La section communale de Haut-du-Cap sera
dotée d’une infrastructure sanitaire de premier
échelon ;
³³les habitants de la zone auront accès à des
soins de santé de proximité et de qualité ;
³³un système électrique à énergie renouvelable
est installé et fonctionnel. Un laboratoire
d’analyses médicales moderne est fonctionnel
au niveau du centre de santé ;
³³des ressources suffisantes sont allouées au
centre par le MSPP ;
³³des professionnels de santé et des cadres
administratifs qualifiés et disponibles sont
affectés par le MSPP au centre et assurent la
prestation des soins à la population ;
³³le partenariat entre les secteurs public et privé.
Plan de financement des Services publics communaux
2> Construction d’un complexe abattoir-marché à bétail à Petite-Anse
Localisation
Petite-Anse, Cap-Haïtien, département Nord d’Haïti.
Coût estimatif du projet
37 186 000 gourdes
Justification
La commune du Cap-Haïtien joue un rôle d’importance capitale dans la commercialisation du bétail
pour les autres communes du département du Nord
et Nord-Est. Cependant, l’absence d’un marché à bétail moderne et organisé dans la commune constitue
un handicap sérieux à l’accueil des animaux et à la
commercialisation du bétail.
Pour ces différentes raisons, les membres de la communauté du Cap-Haïtien, en assemblée consultative,
dans le cadre de l’élaboration du Plan de Financement
des Services publics communaux, ont décidé de mettre
en place dans la commune un établissement spécialement construit à cet effet et soumis à une surveillance
sanitaire constante. Ce complexe est composé d’un
abattoir industriel et d’un marché à bétail.
Malgré cela, la commune dispose d’un espace à Gatape
où l’abattage des animaux se fait en l’absence totale des
normes prévues en la matière et sans un officier sanitaire.
Par ailleurs, le faible niveau d’équipement des bouchers,
l’absence d’aires d’abattage structurées, sans compter
l’abattage clandestin, rendent insalubre le produit
mis à la disposition des populations et les risques de
transmission de zoonoses ne sont pas à exclure.
La construction de cette infrastructure permettra
de regrouper les activités de commercialisation et
d’abattage du bétail au niveau d’un centre unique
bien localisé en périphérie rurale (dans la section communale de Petite-Anse, au Cap-Haïtien). L’existence
de ce complexe conduira à une meilleure qualité de
viande répondant aux normes de qualité préservant
la santé de la population.
Résultats attendus
³³Un complexe abattoir-marché à bétail d’une
superficie de 3 900 m2 avec des bureaux et
services connexes est construit ;
³³ le complexe abattoir-marché à bétail de
petite anse est entièrement opérationnel
et les consommateurs sont assurés d’un
approvisionnement régulier en viande propre
et saine provenant d’animaux abattus dans des
conditions hygiéniques ;
³³ le complexe abattoir-marché à bétail est équipé ;
³³une meilleure organisation du secteur ;
³³ les recettes de la commune augmentent ;
³³ la qualité hygiénique de la viande vendue
dans la commune du Cap-Haïtien est
améliorée.
NB : ce projet a récemment bénéficié d’une subvention de plus de 16 millions de gourdes du projet AGIL de l’Union Européenne.
Absence totale des normes d’hygiène dans
la commercialisation et l’abattage du bétail.
3> Construction d’une gare routière à Haut-du-Cap
Localisation
Haut-du-Cap, commune Cap-Haïtien, département
Nord d’Haïti
31 460 000 gourdes
taires de voitures ou de camions (plusieurs dizaines)
stationnent leurs véhicules sur les deux côtés de la
chaussée. D’autres occupent carrément les trottoirs,
entravant ainsi la circulation des piétons. Cette zone
est devenue un véritable casse-tête pour les chauffeurs
et les piétons qui l’empruntent chaque jour.
Justification
Avec l’accroissement démographique, le problème
des transports devient crucial au Cap-Haïtien. Les
embouteillages sont nombreux, les chauffeurs de
camions stationnent n’importe comment et n’importe
où et la circulation automobile est mise à rude épreuve,
au niveau de plusieurs points du centre-ville. En effet,
à Barrière Bouteille, l’unique accès pour se rendre
à l’intérieur de la ville à partir du Sud, les proprié-
Le transport des voyageurs est confronté à plusieurs
contraintes comme : l’insuffisance des lieux de stationnement dans la commune, l’augmentation du
nombre de véhicules de transport, les stationnements
anarchiques, les embouteillages, le mauvais comportement de certains chauffeurs, la mauvaise qualité
des services rendus aux usagers, l’inorganisation du
secteur et l’existence de plusieurs lieux non aménagés
servant de gares routières improvisées.
Coût estimatif du projet
Afin de remédier à tous ces problèmes, la création
d’une gare routière à Haut-du-Cap est absolument
indispensable pour le développement harmonieux
du transport en commun de cette ville. Cette gare
routière permettrait de recevoir les habitants de
Haut-du-Cap et de ses périphéries, et peut être
certains circuits de transport des autres communes
du département.
La construction de cette infrastructure permettra une
meilleure organisation et fonctionnement du secteur
de transport routier de voyageurs. Cette situation
conduira à une fluidité de la circulation urbaine et
à une diminution de la forte concentration d’activités diverses au centre ville. De plus, la concurrence
sera véritablement saine entre les transporteurs.
Une camionnette chargée de voyageurs.
Résultats attendus
³³Une gare routière moderne est construite et
fonctionnelle à Haut-du-Cap ;
³³les conditions de travail des transporteurs sont
améliorées ;
³³la fluidité du trafic entre Barrière Bouteille et
la rue 15 L est fortement améliorée ;
³³de nouveaux emplois sont créés à Haut-du-Cap ;
³³les recettes de la municipalité augmentent
grâce à la perception de droits et redevances ;
³³La circulation dans le centre-ville du CapHaïtien devient plus fluide.
4> Mise en place de 150 lampadaires solaires dans des zones de forte
agglomération de trois sections communales du Cap-Haïtien.
Localisation :
Quelques sites pré-identifiés pour l’installation des
150 lampadaires solaires dans les sections communales du Cap-Haïtien.
Zone
Hautdu-Cap
1> Barrière Bouteille à Vertières
2> Sans-Raison
3> Sainte-Philomène
4> ODN
Zone
PetiteAnse
5> Fort Saint-Michel à Petite-Anse
6> École nationale Fort
Saint-Michel
7> Rue du Fort
8> Ruelle Jérusalem
commune donne une opportunité très particulière
de mettre en place un projet de mise en œuvre d’un
système d’éclairage qui permettra aux habitants de
développer une vie nocturne. Naturellement, la
commune du Cap-Haïtien, du fait de sa situation
géographique et historique, représente un véritable
pôle de développement et, connue comme un grand
centre de commercialisation du pays, est aussi considérée comme un endroit ou une zone de transit reliant
principalement le plus grand axe routier du pays.
Dans le secteur d’éclairage, il y a environ plus d’une
décennie, le ministère des Travaux Publics de Transport
de l’Énergie et de la Communication (MTPTEC),
l’Électricité d’État d’Haïti (EDH) et la population
ont entrepris ensemble des démarches en vue de la
Zone
9> Rue principale
Bande- 10> Champ-de-Mars
du‑Nord 11> Marché Gal
Dans l’esprit d’apporter une réponse particulière
à cette situation chaotique et inhumaine de manque
d’éclairage des rues, les membres de la population
de ces trois sections communales, Haut-du-Cap,
Petite-Anse et Bande-du-Nord, ont priorisé au cours
des ateliers participatifs de l’élaboration du Plan de
Financement des services publics, ce projet pilote de
lampes à panneaux solaires dans le but de :
££ permettre une augmentation des activités
nocturnes dans les trois sections ciblées
££ réduire les cas de viols, vols, et accidents de
circulation ;
££ donner la possibilité à la population de ces trois
sections communales de se recréer le soir.
Coût estimatif du projet
15 285 000 gourdes
Justification
Les trois sections communales de la commune
du Cap-Haïtien, département du Nord, ont une
superficie dense qui s’estime à 80 % sur l’ensemble
du territoire de la commune. Dans ces trois sections
vivent environ 88,8 % de la population de la commune. Le contexte de manque d’électricité dans la
modernisation du système d’éclairage dans le pays.
Cette nouvelle attitude facilite l’éclairage des zones
d’agglomération et offre d’autres opportunités quant
à la circulation et aux activités économiques nocturnes.
Les activités économiques nocturnes augmentent lorsqu’il y a de l’éclairage.
Résultats attendus
³³150 lampadaires sont installés dans la
commune à raison de 50 lampes par section
communale ;
³³des activités économiques nocturnes (en
particulier commerciales) se développent ;
³³les riverains – en particulier, des jeunes – se
divertissent le soir autour des lampadaires ;
³³le taux d’insécurité nocturne diminue ;
³³la circulation des véhicules le soir est facilitée.
4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES
33
5> Construction d’un nouveau marché public moderne pour la relocalisation
des marchands de la place de la rue 3
Localisation
Petite-Anse, habitation Petite-Anse I, commune Cap-Haïtien.
Justification
Le marché de la rue 3 occupe actuellement la place publique et les rues adjacentes.
La présence du marché en cet espace est tout à fait inappropriée et
inadaptée. En ce sens, les habitants de la ville jugent qu’il est important de le
déplacer et de le relocaliser en un autre espace convenable. Ce déplacement se
justifie par : l’impossibilité aux véhicules qui fréquentent la zone de circuler
correctement, la perte de la vocation fondamentale de la place publique d’être
un espace de loisir, l’augmentation des actes de banditisme dans la zone, etc.
De par son importance tant du point de vue démographique et touristique, la
ville du Cap-Haïtien mérite bien un traitement plus digne de son nom. En
l’occurrence, Petite-Anse est la zone retenue par les habitants pour la relocalisation du marché de la rue 3. C’est une localité située dans la troisième section
communale du Cap-Haïtien également appelée Petite-Anse. Considérant le
niveau actuel de fréquentation du marché par les acheteurs de la ville et des
zones environnantes et tenant compte aussi des prévisions démographiques de
l’IHSI, nous pensons qu’un marché de type urbain couvert est requis.
Coût estimatif du projet
30 000 000 gourdes
Ce marché de 3 000 places comprendra les infrastructures suivantes : aires de
circulation aux alentours du marché, parking acheteurs et marchands, aire de
débarquement de marchandises, aire ou comptoir de vente pour marchands,
allées de circulation interne du marché, blocs sanitaires séparés pour filles et
garçons, douches pour le bain des utilisateurs, points d’eau pour le lavage des
mains, point d’eau pour les poissonniers et les bouchers, réseau d’évacuation des
eaux provenant des aires de services, boîtes ou bennes à ordures régulièrement
espacés, lampadaires tous les 15-25 m aux alentours du marché. La construction
de ce marché entraînera une amélioration des conditions de vente des produits
et redonnera à la place publique de la rue 3 ses fonctions initiales d’espace de
loisir et de lieu de détente pour les usagers.
Résultats attendus
³³La place publique de la rue 3 reprend ses fonctions de loisir, les rues
adjacentes sont décongestionnées, le trafic est rétabli ;
³³un nouveau marché urbain de 6000 m 2 offre des services de vente de
produits dans des conditions hygiéniques ;
³³les recettes fiscales de la mairie augmentent.
Le marché de la place de la rue 3 actuellement.
6> Réhabilitation des rues au Haut-du-Cap
Localisation
Ces tronçons de rues sont localisés au Haut-du-Cap, habitation Charrier,
2e section communale Haut-du-Cap. Les informations basiques relatives à ces
4 tronçons de rue sont consignées dans le tableau qui suit :
Nom des rues
Longueur (m) Largeur (m) Revêtement
Céramique Center
1500,00
8,00
En terre
Jean-Jacques Dessalines
(Village historique)
2200,00
12,00
En terre
Chez vous
2000,00
10,00
En terre
Vaillant (cité Chauvel)
387,50
10,30
En terre
Coût estimatif du projet
194 340 000 gourdes
Justification
Ces quatre tronçons de rue sus-cités sont localisés dans la région Haut-du Cap.
Selon les dires des riverains et des utilisateurs de ces rues, en temps pluvieux, elles
présentent d’énormes difficultés de circulation. À partir des visites exploratoires
des rues en question, nous avions remarqué qu’elles n’ont pas de revêtement. La
poussière monte à chaque passage de véhicules, la vitesse sur ces routes est faible
à cause de leur état de délabrement. Ces tronçons de rue sont considérés comme
des routes collectrices de trafic et de desserte. En tant que tel, l’aménagement
de ces rues doit tenir compte des profils en zone urbaine.
La réhabilitation proposée vise à revêtir la chaussée existante avec du béton
hydraulique et à construire des ouvrages de drainage pour la gestion des eaux de
surface. Ces ouvrages de drainage, sans trop entrer dans les détails techniques,
sont les caniveaux et les files de buses qui vont drainer les eaux en dessous de
la chaussée vers les exutoires identifiés. Du point de vue circulatoire, le tracé
existant sera adapté selon les normes techniques et de la circulation. Pour les
rues transversales non identifiées par la population, il se pose un problème
majeur, car les eaux de pluie provenant de ces rues doivent être traitées de
manière à éviter les dépôts d’alluvions et la dégradation trop rapide des rues
fraîchement réhabilitées. Ces travaux vont certainement entraîner la prise en
charge d’autres rues non identifiées, surtout celles qui seront raccordées aux
rues fraîchement construites.
De plus, les riverains seront plus enclins à investir dans la restauration et
l’embellissement de leurs résidences. Aussi, il existe une forte probabilité pour
que des activités économiques se développent dans ces quartiers.
Résultats attendus
³³Les quatre tronçons de rue assurant la circulation de véhicules sont
correctement réhabilités selon les normes établies pour les travaux publics ;
³³les risques d’inondation des zones concernés par le projet sont réduits ;
³³les tronçons de route impraticables en temps pluvieux sont devenus
imperméables à cause du revêtement en béton hydraulique (bh) ;
³³les possibilités d’accidents de circulation en temps pluvieux sont réduites ;
³³des investissements dans le secteur commercial sont constatées ;
³³les propriétés bâties, les terrains de ces quartiers prennent de la valeur.
4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES
35
7> Conservation de sol et reboisement dans les zones d’altitude des sections communales
Bande-du-Nord et Haut-du-Cap
Localisation
Bande-du-Nord et Haut-du-Cap, respectivement 1re et 2e sections de la commune du Cap-Haïtien.
Justification
Dans les zones d’altitude de la commune du CapHaïtien, particulièrement au niveau des habitations/
localités Marchand-Les-Dames, Ti Fent, Haut ODN,
Morne Charrier et Morne Pica situées sur les versants
de Bande-du-Nord (1re section) et Haut-du-Cap
(2e section), les rares espaces boisés identifiés sont
confinés dans les fonds de vallées communément
appelés « gorges », car avec le temps on a assisté à une
dégradation progressive de l’environnement de ces
sections, caractérisée surtout par le phénomène de
déboisement des versants dans les zones d’altitude
qui s’articule autour d’une logique d’exploitation à
court terme par les paysans pour répondre à leurs
besoins économiques les plus urgents.
responsables des bassins versants, ce qui augmente les
risques de désastres pour les citadins en contre-bas et
creuse l’antagoniste ville – campagne. Ainsi, en temps de
pluie, les habitations/localités de Bas Ravive, Cimetière
juif, Champ-de-Mars, centre-ville et Bas-Confort font
face à des inondations répétées entraînant des pertes matérielles et humaines. Des dépôts de sédiments de toutes
sortes au niveau de la route nationale affectent également
la circulation à l’entrée principale de la ville du CapHaïtien. La viabilité de certaines infrastructures mises
en place au niveau du centre-ville peut être sérieusement
affectée si la dégradation dans les mornes continue selon
le même rythme, d’où l’intérêt de prendre des mesures
de prévention pour inverser la tendance actuelle.
En effet, l’action érosive des pluies, renforcée par les
mauvaises pratiques culturales, l’utilisation intensive de
charbon de bois comme ressource énergétique, la coupe
anarchique des arbres pour la construction et la fabrication des meubles, l’absence de politiques cohérentes
en matière d’aménagement du territoire, d’énergie et
de protection de l’environnement entraînent une dégradation parfois irréversible des sols et la diminution
de la productivité agricole provoquant à son tour une
diminution des revenus tirés du travail agricole, obligeant
en bout de ligne les paysans à poursuivre et accélérer
le déboisement. Ce cycle d’exploitation empêche les
paysans de gérer leurs terres en tant qu’occupants
Dans le souci d’apporter une réponse à cette
situation, les membres de la communauté vivant
tant en milieu rural (les sections communales) et
urbain (ville du Cap-Haïtien) se sont entendus pour
suggérer aux dirigeants une intervention qui puisse
contribuer à réduire l’incidence de ce phénomène
sur les conditions de vie de la population de deux
sections communales concernées et celle du centreville. C’est en ce sens qu’ils ont proposé, au cours de
l’atelier participatif autour de l’élaboration du Plan
de Financement des Services publics communaux
du Cap-Haïtien, ce projet de conservation de sols
et de reboisement au niveau des 1re et 2e sections.
36
Coût estimatif du projet
21 650 000 gourdes
Résultats attendus
³³Près de 30 % des parcelles cultivables et des
ravines dans les localités choisies sont identifiées et aménagées ;
³³300 planteurs ont reçu de la formation
et ont une bonne connaissance sur tout le
paquet agrosylvicole (structures mécanique
et biologique) ;
³³ deux pépinières sont installées et fonctionnelles ;
³³250 000 arbres forestiers et 150 000 arbres
fruitiers sont produits et plantés dans les aires
des sous-bassins versants en vue d’assurer une
meilleure rétention des sols et des eaux ;
³³environ 25 000 mètres linéaires de structures
biologiques et mécaniques sont érigées ;
³³des points critiques des principales ravines
sont corrigés et traités ;
³³environ 50 agents agricoles sont formés sur
la gestion d’une pépinière ;
³³des emplois sont créés dans la commune
pendant l’exécution des travaux ;
³³la responsabilité ville – campagne dans la
gestion des bassins versants est promue.
Plan de financement des Services publics communaux
8> Stabilisation des berges et drainage de la rivière Haut-du-Cap et correction de la ravine Belle Hôtesse
Localisation
Bande-du-Nord et Haut-du-Cap (particulièrement
localités Marchand-Les-Dames, Zo Vincent, Bas
Vertières, cité du Peuple, Champin)
Coût estimatif du projet
22 100 000 gourdes
Justification
La commune du Cap-Haïtien fait face à la dégradation accélérée de son écosystème, consécutive
à la coupe anarchique d’arbres et une mauvaise
occupation de l’espace. Ce problème prend chaque
jour des proportions de plus en plus alarmantes avec
comme corollaire le danger constant d’inondations et
de glissements de terrain qui menace les habitants de
la commune, particulièrement ceux de certaines localités des sections Haut-du-Cap et Bande-du-Nord.
Ces zones sont densément peuplées. Les dégâts
des crues concernent surtout les habitations.
L’urbanisation actuelle prend peu en compte le risque
de destruction par les crues et, par ailleurs, l’aléa
inondation et glissements de terrain a augmenté.
Alors qu’auparavant les ravines ne divaguaient dans
les zones de dépôts que lors des crues très exceptionnelles, elles le font maintenant même pour des
crues de moindre importance. En effet, la fréquence
des débordements de la ravine Belle Hôtesse traversant les localités Ti Fent, Cimetière Juif, Marché
Galan, Marchand, Bas Vertières, Champin, Cité du
Peuple, etc. a augmenté, le rythme du balayage de
sa cône de déjection s’est accéléré. Sur son parcours
d’environ 2 km, cette ravine est alimentée par un
réseau de ravines moyennes dont ravine Mando,
Ravine Kòkòlò, Ravine Tanga, Ravine Sezare.
Les dégâts provoqués par les débordements concernent aussi les cultures et les habitations qui sont
plus souvent détruites qu’auparavant, du fait de
l’augmentation de la fréquence des divagations.
De plus, à cause de la faiblesse de l’autorité de l’État,
la mauvaise pratique des gens vivant dans les zones
des ravines consiste à y jeter les ordures au moment
des pluies. Cela aggrave la situation car des tas d’immondices restent sur la chaussée après l’écoulement
des eaux, bloquant fréquemment la circulation
à l’entrée principale de la ville du Cap-Haïtien.
Ces inondations dévastatrices sont aussi favorisées par
la rivière du Haut-du-Cap, la plus importante rivière
qui prend naissance au niveau de cette section et qui
parcourt un ensemble de localités jusqu’au Centre Ville.
Autant de facteurs qui se combinent pour expliquer,
entre autres, la grande fragilité écologique de la commune du Cap-Haïtien sur le plan environnemental.
Conscient des dangers que ce problème représente
pour l’économie de la commune, et pour la vie de ses
habitants, la population, en particulier les cultivateurs,
les riverains et les autorités locales pensent que des
interventions majeures doivent être faites dans le
domaine de l’environnement afin de réduire l’impact
de ce phénomène sur le bien être de la population et
les plantations agricoles. C’est en ce sens qu’ils ont
proposé, au cours de l’atelier participatif autour de
l’élaboration du Plan de Financement des Services
publics communaux du Cap-Haïtien, ce projet de
protection des berges de la rivière Haut-du-Cap et la
correction de la ravine Belle Hôtesse.
Résultats attendus
³³Environ 750 mètres linéaires de ravines
corrigées ;
³³ le lit de la rivière Haut-du-Cap est reprofilé et
certains points critiques de ses berges stabilisés ;
³³10 ha de terres sont aménagés ;
³³près de 60 % des parcelles cultivables et des
ravines moyennes dans les localités choisies
sont identifiées et conservées ;
³³des emplois sont créés pendant l’exécution
des travaux.
9> Sensibilisation de la population de la commune du Cap-Haïtien par rapport à la
gestion des risques et désastres
Localisation
Le projet aura lieu dans la commune du Cap-Haïtien. Toutefois, une emphase
sera mise sur les populations vivant dans les zones à risques tels les endroits
proches des ravines et réputés inondables, ainsi que les flancs de montagne. On
peut citer à titre indicatif les zones suivantes : Laurier, Shada, La Fossette, Bandedu-Nord, Cité du Peuple, Blue Hills, Barrière Bouteille, Champin, Petite-Anse,
Labori, Madeline, Carrenage, Zo Vincent, etc.
Coût estimatif du projet
15 000 000 gourdes
Justification
De part sa configuration géomorphologique, Cap-Haïtien est une commune
assujettie à tout une panoplie de risques naturels : inondations, éboulements,
glissements de terrain, tremblements de terre, tsunamis. Située en bord de mer,
Cap-Haïtien est une ville naturellement à risque. Tout au long de son histoire,
la ville a déjà été frappée par de graves catastrophes dont un tremblement de
terre (1842), des inondations et des glissements de terrain. On peut rappeler
certaines dates récentes :
££ novembre 2000 : inondation de la plupart des quartiers de la ville ;
££ 2004 : inondation au niveau de toute la commune en particulier à PetiteAnse et Haut-du-Cap ;
££ 2009 : inondation encore de la plupart des quartiers de la ville ;
££ novembre 2012 : glissement à Laviolette, Bel Air.
Tous ces événements ont occasionné des pertes importantes en vies humaines,
en bétail, en production agricole et la destruction de maisons.
De plus, sur le plan démographique, la ville du Cap-Haïtien est située sur les
flancs d’un massif montagneux, ce qui limite les possibilités d’extension de la
ville originelle à pratiquement le piémont de la montagne limitrophe, ce qui
38
favorise une densification anarchique de l’espace bâti. C’est dire que,
sur le plan de l’urbanisation, le territoire communal offre l’image d’une trame
urbaine fragile et complexe, favorisant potentiellement des encombrements de
l‘espace urbain.
Sur le plan géologique, la présence même de la faille septentrionale qui traverse
d’Est en Ouest toute l’île Hispaniola explique à elle seule la fragilité sismique
de la zone et, du coup, en particulier du Cap-Haïtien.
Il est donc de première importance de penser à renforcer les dispositifs de
prévention, s’assurer de la praticabilité des bonnes méthodes, s’instruire des
leçons déjà apprises, dans le cadre d’une politique de développement communal axé sur la gestion des risques et désastres, pour pouvoir pérenniser les
investissements potentiels et inhérents au développement. C’est en ce sens que
les membres de la communauté ont proposé au cours de l’élaboration du Plan
de Financement des Services publics communaux, ce projet de sensibilisation de
la population par rapport à la gestion des risques et désastres.
Résultats attendus
³³Les pratiques à risques pour l’environnement sont inventoriées et les
mesures de redressement, identifiées ;
³³un plan de contingence est élaboré, diffusé et appliqué par la mairie en
cas de catastrophes naturelles ;
³³la population est sensibilisée et avisée sur les attitudes et comportements
à adopter en cas de catastrophes naturelles ;
³³des mesures concrètes sont prises par les autorités locales pour la protection
de l’environnement.
Une fillette traverse la rue inondée après les fortes averses du
9 novembre 2012. Source : Logan Abassi UN/MINUSTAH
Plan de financement des Services publics communaux
4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES
39
Élaboration de
fiches de projet pour
le PFC.
40
Plan de financement des Services publics communaux
Chapitre 5
NATURE DES INTERVENTIONS PRIORITAIRES,
STRATÉGIES DE FINANCEMENT, MESURES
D’ACCOMPAGNEMENT
L
a collaboration étroite entre les autorités des collectivités territoriales et les secteurs de
la société civile a abouti à l’élaboration du Plan de Financement des Services publics
communaux du Cap-Haïtien. Ce plan permet de définir un programme d’actions à travers
un ensemble de projets rattachés aux services publics. Sur une base consensuelle, l’administration
communale, les élus locaux et la population, appuyés par une équipe d’assistance technique,
ont priorisé neuf idées de projets. Elles sont l’expression des besoins les plus pressants de la
population en matière de services publics et des solutions proposées pour répondre à leurs
desiderata. Ces idées de projets deviennent donc, à travers les fiches techniques, les grands
chantiers de placement des ressources financières municipales et des instruments
de planification des investissements du Conseil communal. Ces projets guident ainsi
leurs efforts vers des actions qui permettront d’améliorer le milieu et l’offre des services publics
dans les prochaines années.
Ces investissements à court, moyen et long terme doivent tenir compte d’abord
du budget communal et ensuite d’autres sources de financement. Or, entre
2009-2010 et 2011-2012, les recettes du Cap-Haïtien varient entre 17 et 23 millions de
gourdes. La plus grande part, de 15 à 17 millions, est fournie par l’impôt locatif (CFPB).
Durant la même période, le montant collecté pour la patente a subi une baisse, passant de
4 à 3,7 millions de gourdes. Pendant ce temps, le potentiel fiscal de la CFPB est de
726 millions de gourdes selon certaines estimations. À ces 726 millions de gourdes, il
faudrait ajouter encore au moins la moitié pour la patente, soit environ 363 millions
de gourdes. Cette estimation pour la patente n’est pas une fiction dans la mesure où
le nombre d’entreprises implantées au Cap a été estimé à 15 000 par la DGI, pour une
contribution moyenne de patente de 24 000 gourdes par entreprise. Ainsi, le Cap à lui
seul représente une manne fiscale de plus d’un milliard de gourdes. Pour augmenter
ses recettes, réallouer 70 % de ses ressources financières aux investissements et trouver les
fonds nécessaires au financement des projets, la Mairie s’est engagée donc dans un grand
effort de mobilisation fiscale pour augmenter progressivement les recettes fiscales de
la commune.
Des agents de la mairie pendant le recensement des
propriétés bâties en septembre 2014.
Un contribuable s’acquitte de ses impôts à la DGI du Cap.
4 PRÉSENTATION DES IDÉES DE PROJETS ET FICHES SIGNALÉTIQUES DES PROJETS PRIORITAIRES
41
Nature des interventions
Tableau 3> Nature des interventions prioritaires et estimation financière globale
prioritaires et estimations
financières globales
Projets
Montant total (G
/)
Les interventions prioritaires du PFC sont présentées dans le tableau ci-contre où sont exposées les
prévisions des dépenses prévues pour les
neuf projets qui ont été priorisés et élaborés au cours
du processus.
1> Construction d’un centre de santé communautaire
Vu les faibles niveaux de recettes estimées pour les
deux premières années de la mobilisation
fiscale, la mairie du Cap-Haïtien se trouvera
logiquement dans l’obligation de rechercher du
cofinancement pendant cette période pour la
mise en œuvre surtout de certains projets comme
la réhabilitation des voies urbaines, la construction
d’un marché et d’un abattoir industriel, de la gare
routière, d’un centre de santé.
3> Construction d’une gare routière à Haut-du-Cap
31 460 000
4> Mise en place de 150 lampadaires solaires dans des zones
15 285 000
Enfin, il est à noter que ces projets visent
non seulement la mise en place des infrastructures mais aussi leur mise en fonction.
Comme exemple, en plus des coûts de construction, on prévoit également la prise en charge des
coûts de fonctionnement. Néanmoins, pour avoir
une idée plus claire de la structure des dépenses de
ces projets, il faut consulter les tableaux récapitulatifs des budgets des fiches techniques de projets
développés séparément.
Le tableau suivant donne une idée de la nature des
actions prioritaires ainsi qu’une estimation globale
des fonds à mobiliser pour la mise en œuvre de
ces projets.
42
43 947 000
à Haut-du-Cap
2> Construction d’un complexe abattoir-marché à bétail
37 186 000
à Petite-Anse
de forte agglomération de trois sections communales du
Cap-Haïtien
5> Construction d’un nouveau marché public moderne pour la
30 000 000
relocalisation des marchands de la place de la rue 3
6> Réhabilitation des rues au Haut-du-Cap
194 340 000
7> Conservation de sols et reboisement dans les zones d’altitude
21 650 000
des sections communales Bande-du-Nord et Haut-du-Cap
8> Stabilisation des berges et drainage de la rivière Haut-du-Cap
22 100 000
et correction de la ravine Belle Hôtesse
9> Sensibilisation de la population de la commune du Cap-
15 000 000
Haïtien par rapport à la gestion des risques et désastres
Total
410 968 000
Plan de financement des Services publics communaux
Stratégies de financement
Mesures d’accompagnement
Des sources de financement diverses seront mises à contribution
pour assurer la mise en œuvre du présent PFC. Entre autres,
on peut signaler :
L’étape de la mise en œuvre comprend les différentes démarches à entreprendre en vue d’opérationnaliser le PFC. Cette phase d’opérationnalisation comporte trois étapes principales : l’exécution,
le suivi et l’évaluation.
³³le financement par la commune sur la base des recettes
fiscales de l’exploitation des bâtis et des équipements
marchands. La municipalité s’est donc engagée depuis
juin 2014 dans une stratégie de mobilisation fiscale
efficace permettant de répondre aux besoins de financement du PFC. La population, en tant que bénéficiaire et
utilisatrice des infrastructures et des services, devra aussi
s’engager aux côtés de la Mairie ;
³³la contribution des agences internationales, des
partenaires techniques et financiers, des ONG, des
projets nationaux de développement ;
³³le financement par le budget national à travers les
subventions de l’État central ;
³³l’octroi de ressources financières par la coopération
décentralisée avec les mairies d’outre-mer.
Pour la mise en œuvre des projets, un cadre institutionnel doit être mis en place. Le conseil municipal
est responsable de leur exécution. Toutefois, d’autres secteurs évoluant dans la commune peuvent de
concert avec le conseil municipal exécuter des projets émanant du PFC au bénéfice de la population.
Pour suivre l’évolution de la mise en œuvre du PFC et s’assurer de sa bonne coordination, un comité
communal de participation citoyenne dit « Conseil consultatif communal » (CCC) a été
mis en place par la mairie à la suite d’un processus de concertation et d’échanges entre les divers
secteurs et acteurs socio-économiques de la commune. Ce comité est composé de représentants
de divers secteurs tels l’agriculture, les ONG locales et internationales, la presse, les syndicats,
l’éducation, l’environnement, la santé, le secteur privé des affaires, les femmes, les handicapés. Au total,
41 représentants sectoriels forment cette structure qui doit travailler aux côtés de la mairie pour la
promotion de la transparence et de la bonne gouvernance de la commune en vue d’améliorer
la fourniture des services publics communaux tant en quantité qu’en qualité à la population.
De ce fait, durant les deux premières années de l’exécution du
PFC, la Mairie devra rapidement développer une stratégie de
mobilisation de ressources en direction de chacune des
sources de financement citées ci-dessus. Cette stratégie comportera, selon les cas, des actions de plaidoyer, de lobbying, de
recherche et négociation de financement, en vue de l’obtention
de lettres d’intention pour les projets pour lesquels un appui
financier a été sollicité.
Enfin, une évaluation de la mise en œuvre du PFC devra se faire lors de l’élaboration des budgets
annuels de la commune. Cela donnera lieu à des ajustements et devrait améliorer la performance
de mise en œuvre de cette tâche annuelle.
Le comité communal de participation citoyenne, réuni le
8 août 2014 à la mairie du Cap-Haïtien, pose pour une
photo de groupe.
Le conseil municipal devra aussi rechercher l’implication des acteurs techniques et financiers
dans la mise à exécution des projets. Il devra aussi élaborer un plan de communication pour la
promotion de leur PFC.
Panoramique de la ville du Cap sur la baie.
Chapitre 6
CONCLUSION
L
e Plan de Financement des Services publics com- Son élaboration a respecté une démarche par-
munaux (PFC) est un outil de planification ticipative qui a largement pris en compte les
qui permet de définir un programme d’actions préoccupations de la population.
à travers des projets liés aux services publics. C’est
un cadre de référence devant orienter le conseil communal pour des investissements à court, moyen et long
terme en tenant compte d’abord du budget communal
et ensuite d’autres sources de financement.
Enfin, les collectivités, le secteur privé, les organisations de la société civile et la population doivent
prendre leur responsabilité et s’unir autour
de ce plan afin d’arriver à mettre en œuvre les
actions prioritaires identifiées dans les différents
Sa préparation a permis aux différents acteurs domaines de compétences de la commune en ma(conseil municipal, les CASEC, les ASEC, la popu- tière d’équipements et de services publics en vue
lation, institutions d’appui-conseil) de porter leurs de changer et d’ améliorer les conditions
efforts vers les actions qui permettent d’améliorer de vie de la population .
le milieu et l’offre de services publics aux citoyens
et citoyennes de la commune.
6 Conclusion
45
© Tous droits réservés
Mise en pages et graphisme : Mireia Porta Arnau
mireiaporta@acett.org
Octobre 2014
LOKAL+
incitatif qui indique, comme co-
les autorités locales et les représen-
Capoises dans le cadre d’un déve-
rollaire, aux administrés pourquoi
tants des secteurs de la société civile.
loppement durable.
contribuer.
PL A N DE FIN A NCEM ENT
DES S ERVICES PUBLICS
COMMUNAUX (PFC)
Octobre 2014
G
n
des services publics aux Capois et
ie
planification participative entre
ït
Le P F C est un document
ha
Son objectif est d’améliorer l’offre
p-
Le PFC est le fruit d’un exercice de
ca
PFC
MAIRIE DU CAP-HAÏTIEN