(2019-06) Bulletin de l'ISPAN, No 39: Port-Royal, Port-Républicain, Port-au-Prince: the capital city two hundred and seventy years on, with the ordinance of 13 June 1749
Summary — The Bulletin de l'ISPAN, No 39, of June 2019. The issue covers Port-Royal, Port-Républicain, Port-au-Prince: the capital city two hundred and seventy years on, with the ordinance of 13 June 1749. The Bulletin is the publication of Haiti's national heritage institute, which documents the country's built heritage monument by monument, its state of conservation and the work carried out on it. 21 pages.
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The Bulletin de l'ISPAN, No 39, of June 2019. The issue covers Port-Royal, Port-Républicain, Port-au-Prince: the capital city two hundred and seventy years on, with the ordinance of 13 June 1749. The Bulletin is the publication of Haiti's national heritage institute, which documents the country's built heritage monument by monument, its state of conservation and the work carried out on it. 21 pages.
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• Archives : Bibliothèque nationale de France
Port- Royal, Port Républicain, Port-au-Prince :
la Ville-Capitale, deux cent soixante-dix ans après...
• Plan du PortRoyal
BULLETIN DE L’ISPAN, No 39, 21 pages
Sommaire.........................
Ordonnance de Messieurs de
Conflans et Maillard en date du 13
juin 1749
page 13
Chronique sur la place Port-au-Prince
de Paris
• Editorial
• Port‐ Royal, Port Républicain,
Port‐au‐Prince : la Ville‐
Capitale deux cent
soixante‐dix ans après...
• Ordonnance de Messieurs de
Conflans et Maillard en date du
13 juin 1749
• Chronique sur la place Port‐au‐
Prince de Paris
page 20
BULLETIN DE L’ISPAN est une publication de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National destiné à
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EDITORIAL
révèle un caractère méticuleux et
passionné par le sujet, d’où ce résultat
époustouflant
d’un
travail
de
recherches approfondies par des
années de labeur intense.
•Georges Convington (1926 2013)
L
’historien Georges CORVINGTON
(1926-2013) a repris à juste titre
les propos de l’urbaniste Pierre
LAVEDAN (1885-1982) disant que
« les villes ont une âme » pour
décrire les charmes et l’attrait de la
Ville-Capitale qu’est Port-au-Prince.
En effet, l’année 2019
ramène les deux cent soixante-dix
ans (270) ans de la fondation de la
ville capitale de la République
d’Haïti
qu’est
Port-au-Prince.
L’écrivain Georges CORVINGTON
nous tient en haleine dans ses
ouvrages intitulés « Port-au-Prince
Au Cours Des Ans ». Il nous relate
non seulement la fondation
laborieuse de cette cité dès 1743,
mais
surtout
les
multiples
soubresauts de cette ville meurtrie
à plusieurs reprises.
Port-au-Prince se retrouve
au centre de ses préoccupations, sa
posture d’intellectuelle, la justesse de
ses récits avec un luxe de détails nous
Alors, l’ISPAN, par le biais
du numéro 39 de son Bulletin,
rend un hommage posthume à cet
historien
fascinant
qu’est
GEORGES CORVINGTON pour
ce legs inestimable. Ce sera donc
un survol historique et urbanistique
des interventions structurantes de
la ville capitale à travers ce numéro
qui s’inspire d’une part de ses écrits
« Port-au-Prince au cours des ans »
et d’autre part de documents et
d’archives
dont
disposent
l’institution.
La France métropolitaine a
consenti beaucoup d’efforts pour la
fonder officiellement en 1749, ce,
en vue de prendre le contrôle total
de la colonie de St-Domingue au
millieu du XVIIIe siècle. En 1949,
dans le but de donner une touche
de modernité à la ville-capitale pour
son bicentenaire, le gouvernement
du Président Dumarsais ESTIME l’a
dotée d’infrastructures immobilières
adéquates et d’un boulevard
périphérique
de
quatre
(4)
kilomètres environ sur son front de
mer. De sa fondation jusqu’à nos
jours, le principal atout de cette
ville-capitale est constitué d'une
baie immense et les 200 kilomètres
de côte entre les villes de St-marc
au Nord et le Petit-Goâve au Sud.
Tout en rendant hommage
à cet éminent historien de la ville
de Port-au-Prince, ce numéro est
destiné à susciter une réflexion
collective sur l’avenir du centre-ville
historique neuf ans (9) après le
tremblement de terre dévastateur
du
12
Janvier
2010
qui
l'endommagea.
Il ne s’agit surtout pas
d’étudier la ville dans sa complexité
globale, mais de pointer du doigt
ces extentions non planifiées qui lui
ont ravi son charme historique, ses
potentiels touristiques et pardessus tout la singularité de son
espace urbain. Ces réflexions
permettront sans doute de
conscientiser les décideurs et les
citadins sur l’utilité de reconstruire
et d’entretenir le pont historique
entre le passé et le futur de leur
ville qui se joue au présent.
Direction générale / ISPAN
Angle des Rues Magny et Capois
Port-au-Prince, Haïti
Téléphone : (509) 3600-8709
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BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
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Port- Royal, Port Républicain, Port-au-Prince :
la Ville-Capitale deux cent soixante-dix ans après...
CONTEXTE ET PRÉSENTATION
SUCCINCTE
D
e sa fondation en juin
1749 au tremblement de
terre meurtrier du 12
Janvier 2010, cette ville, qui au
départ (5 Km2) est ordonnée et
planifiée s’est transformée en
pieuvre géante. L’explosion
marchés publics à ciel ouvert,
l’insalubrité, ainsi qu’un maillage
routier inadéquat sont les reflets
d’un espace territorial urbain qui
échappe à tout contrôle.
C’est ainsi que deux cent
soixante-dix ans après sa fondation,
elle s'étend vers des agglomérations
telles que Kenscoff situé à 28
kilomètres au sud-est, Gréssier situé
sous-sol. Les détritus de toutes
sortes sont soit drainés vers la baie
en saison de pluie, soit brulés à ciel
ouvert.
Toutes ces pratiques entrainent
des bouleversements qui ont certes
une incidence directe sur la qualité
de l’air, de l’eau, le niveau sonore, la
salubrité de la mer, bref la qualité
de vie des citadins en général. Ces
bouleversements occasionnent fort
souvent la destruction de tous les
monuments, sites et ensemble
historiques se trouvant dans ces
quartiers privant ainsi le lieu d’un
ancrage indispensable l’attachant à
son passé. Certaines fois, il n’y a de
référence que la toponymie,
dissociée d’éléments tangibles, et
dès lors, vide de sens. D’où
l’importance de planifier, de
conserver, et de sauvegarder
l’historicité des lieux tout en les
harmonisant avec les nouveaux
espaces urbains.
•PortauPrince situé dans le département de l’ouest
démographique hors de ses limites
primitives vers la fin du XIXème
siècle, l’absorption
de ses
faubourgs immédiats au sein d’une
communauté urbaine gigantesque,
la prolifération des quartiers
spontanés et marginaux (bidon
ville), les voies de communication
étroites et sinueuses, l’inadéquation
de la distribution de l’eau potable,
du courant électrique et du réseau
de drainage des eaux usées, la
surpopulation, la densification du
tissus urbain, la multiplication des
à 16.4 kilomètres au sud-ouest, la
plaine du Cul-de-Sac, Croix-desMissions et Croix-des-Bouquets
située à 17.2 kilomètres au nordest et Cabaret situé à 30.3
kilomètres au Nord. En repoussant
sans cesse ses limites, la superficie de
ses greniers immédiats s'amenuisent
par l'extension des nouveaux
quartiers résidentiels. Les cours d’eau
avoisinants s’assèchent, ainsi les citadins
mettent-ils à contribution la nappe
phréatique, entrainant inexorablement
une baisse de niveau de l’eau en
HISTORIQUE ET RECHERCHE
DU SITE IDEAL
Chaque ville étant dotée de
sa personnalité propre, il n’est donc
pas superflu d’évoquer une fois de
plus la magnificence du site de Portau-Prince, qui, sans doute était
occupé par les premiers habitants
(Tainos) de l’île. Les vastes plaines
au nord (Cul-de-Sac) passent par
ce site et se prolongent vers
l’Ouest pour former la plaine de
Léogane. A l’Est se dressent des
BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
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collines à faible pente ( Vers
Bourdon / Pétion-ville / Kenscoff /
l’hôpital ) et au Sud le puissant
massif montagneux du morne La
Selle
dominant le site. Cette
portion de territoire constitue un
vaste
grenier
parcouru
par
différentes rivières ayant des débits
importants, ainsi que des sources
d’eau potable susceptibles de
couvrir le besoin en eau de la ville.
Aussi, la proximité des ressources
naturelles en fait-elle un lieu idéal
pour l’approvisionnement et le
développement d’une agglomération.
Cependant cette vaste
étendue de terrain plat et peu
vallonné présente un inconvénient
majeur, elle est très vulnérable à
cause
de
la
topographie
défavorable à sa défense militaire
maritime et terrestre. Or, il ne faut
pas perdre de vue qu’à ce
moment, toutes les principales
villes coloniales sont d’immenses
entrepôts gorgés de produits
destinés à l’exportation vers la
métropole.
De plus, les conflits et la
position antagonique des nations
colonialistes européennes se sont
aussi transplantées dans la région.
Il est donc impérieux pour
toutes les nations colonisatrices de
protéger leurs intérêts dans le
nouveau monde en édifiant des
• Archives : Bibliothèque nationale de France
De plus, ce site est baigné
par un golfe majestueux aux eaux
claires et limpides, parsemées de
multiples récifs, donc, sans aucun
doute, très poissonneuses. A
l’entrée de sa baie, telle une
sentinelle, est postée l’ile de la
Gonâve à 45.35 milles nautiques.
Elle amplifie encore davantage
l’extraordinaire beauté du lieu
destiné à abriter la future villecapitale. Cette dernière est
géographiquement placée dans une
position centrale, à la jonction des
axes Nord et Ouest, où elle
articule deux portions de territoire
tels deux bras ouverts et
accueillants.
ouvrages militaires défensifs le long
des côtes à proximité des villes et
agglomérations, car le danger venait
surtout de la mer.
D'autant que la colonie
française de St-Domingue subit
constamment la menace de
l’Espagne et de l’Angleterre et fait
l’objet de convoitise permanente
de cette dernière qui attaque le 19
Mars 1748 les établissements
français de St-Louis du Sud. De ce
fait, Il faut à tout prix réduire la
vulnérabilité du site en accord avec
un plan général de défense
maritime et terrestre, d’où les
multiples prospections rendant ainsi
l’établissement de la ville très
laborieux.
En effet, les différentes
réflexions pour le choix d’une villecapitale se porte tantôt sur le PetitGoâve, tantôt sur la ville de
Léogâne, ou encore la fondation du
Port Royal dans la zone de
Martissant, l’historien de la ville,
Georges Corvington, nous relate ce
qui suit :
« Ainsi, le projet d’établissement
d’une ville-capitale dans une position
centrale, stratégique et salubre est
dans l’air ; mais on ne s’est encore
fixé sur aucun point du territoire, et
pour l’instant, Léogane continue
d’étendre sa suprématie sur la
colonie entière.
En 1723, le comte Desnotz
de Champmeslin, nanti par le roi du
titre de lieutenant-général, est envoyé
à Saint-Domingue pour réduire une
sédition soulevée par les exigences
de la Compagnie des Indes.
L’effervescence calmée, il fait une
•Plan de la disposition de la ville projetée au PortauPrince
BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
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• Archives : Bibliothèque nationale de France
tournée des différentes parties de la
colonie, et, avant de regagner la
France, prescrit au chevalier d’Aché
d’effectuer un sondage dans la baie
de Port-au-Prince. On songeait depuis
peu à établir sur les bords de cette
baie la capitale administrative de la
colonie ; mais le site exact de la
future ville n’était toujours pas choisi.
Desnotz de Champmeslin
propose la région de l’Hôpital, et plus
précisément la butte de l’habitation
Fortin, désignée aujourd’hui sous le
nom de Bel-Air. La raison principale
qui motivait son choix était que la
nouvelle ville, par sa position, pourrait
facilement contrôler la route côtière
de Léogane et celle du Cul-de-Sac, et
assurer ainsi des liaisons normales
avec l’ensemble de la colonie.
•Carte particulière de la rade du port au Prince
• Archives : Bibliothèque nationale de France
La
proposition
de
Champmeslin presentée en France
ne retint pas l’attention du ministre
de la Marine. Celui-ci préféra même
encourager le gouverneur chevalier
Charles de la Rochalar à transférer le
siège du gouvernement colonial à
Petit Goâve où l’ancien gouverneur
marquis de Sorel avait édifié
d’importantes fortifications. Léogane,
encore une fois, se voyait ravir son
hégémonie au profit de la ville rivale.
• Archives : Bibliothèque nationale de France
•Carte du PortauPrince
•Plan du Petit Goâve et son acul avec un projet pour la défense par la mer et par terre (1752)
BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
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résultat de la tentative de de Fayet
sera l’adoption de ce nom de PortRoyal pour la partie de la rade qui
touche Martissant.
• Archives : Bibliothèque nationale de France
Le 11 novembre 1737,
Charles Brunier, marquis de Larnage,
est officiellement reçu au Petit-Goâve
comme gouverneur-général de SaintDomingue. Port-au-Prince va trouver
en lui son vrai fondateur, car ce sont
ses
éloges
enthousiastes
de
l’emplacement de la future ville et
ses démarches réitérées qui vont
déterminer le gouvernement français
à ratifier le choix suggéré depuis
quatorze ans.
•Plan du fort du Petit Goâve ( avril 1725)
• Archives : Bibliothèque nationale de France
A son tour, le gouverneur
marquis Pierre de Fayet, pressé d’en
finir, reprend la question en main et,
en 1733 après avoir fait relever le
plan de la rade pour l’officier de
marine Beauharnais de Beaumont,
propose d’établir la ville non plus au
morne Fortin, mais sur l’habitation
Ferron, dans la zone de Martissant,
et de l’appeler Port-Royal. Le seul
• Archives : Bibliothèque nationale de France
Mais de la Rochalar, partisan
lui aussi du choix de Champmeslin,
n’entendait pas pour autant renoncer
à cet intéressant projet. En 1729, il
renouvelle en haut lieu la proposition
de l’ancien lieutenant-général :
jusqu’à son rappel en France en
1731, aucune suite ne sera donnée
à ses démarches.
Sitôt installé dans ses
nouvelles fonctions, il entreprend de
visiter les lieux pour enfin se décider
entre Port-Royal et l’Hôpital. Ce qu’il
désirait avant tout, c’était en
prévision d’une guerre européenne
qu’il jugeait inévitable, d’assurer la
sauvegarde de la colonie et de
garantir la sécurité du commerce et
de la culture par la création d’une
capitale susceptible d’être fortifiée…
•Plan de la ville de Leogane et du fort de la Pointe
•)
BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
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la position de l’Hôpital allait combler
ses vœux. »
(Port-au-Prince au cours des ans /
La ville coloniale 1743-1789).
FONDATION OFFICIELLE
ET
ETABLISSEMENT DE LA VILLECAPITALE
Au-delà de la lenteur
administrative et des difficultés
réelles pour l’implantation de la
ville, les dispositions prises par les
différents gouverneurs, généraux,
militaires, arpenteurs du Roy et
administrateurs pour étudier la
côte, la baie, le rivage et les
alentours immédiats du site se sont
révélées payantes. Durant ce laps
de temps, la ville de Léogane,
demeure encore la capitale en
dépit de l’Ordonnance proclamant
Port-au-Prince capitale des Iles
sous le Vent le 13 Juin 1749.
L'acquisition définitive du
terrain est faite. L’ingénieur
Dupont, de son côté est chargé
d’apporter
les
corrections
nécessaires aux ilots jugés trop
étroits. Les terrains sont numérotés
et distribués en fonction du plan
modifié par l’ingénieur Dupont.
Afin de bien marquer la
prépondérance accordée au lieu,
les paroissiens du Trou Bordet et
du bourg du Cul-de-Sac bénéficiant
de concessions sont invités à
prendre possessions des lieux sous
peine de se voir déchus de leurs
droits. Certains règlements pour le
zonage est mis en place, les
emplacements à proximité de la
mer
sont
réservés
aux
commerçants. L’eau potable arrive
en ville à partir de la source de la
Charbonnière qui est captée par le
Sr. Morel pour les activités sur son
habitation. De ce fait, l’historien de
la ville Georges Corvington nous
dit ceci :
« La célérité a donc succède à
l’incertitude. L’ancienne habitation
n’est bientôt plus qu’un grand
chantier. L’activité y bourdonne.
Nègres et habitants s’affairent à
brasser le mortier et à équarrir les
solives. Une carrière sur la colline
Fortin
fournit
des
moellons
consistants, cependant que des
bâtiments ancres dans la rade
débarquent des tonnes de bois de
construction tirés des forêts de la
Gonâve et des Baradères.
Quelques maisons s’achèvent.
De hauteur égale, couverte les unes en
tuiles, d’autres en ardoises, elles ont
bel air dans leur simplicité. Les
servitudes urbaines imposées par
l’ordonnance du 13 juin ont été
respectées. La cité naissante y gagne
en harmonie et en lignes. Le 26
Novembre 1749, un ordre du roi de
France déclare le Port-au-Prince
capitale des Iles sous le Vent ».
A partir de la publication
de l’acte officiel de fondation de la
ville, il est urgent et nécessaire
d’avoir les représentants de la
métropole ainsi que les services
administratifs et défensifs de la
colonie dans la nouvelle capitale,
dans des locaux qui leur sont
destinés. Maillard, ancien collègue
du gouverneur de Larnage qui est
bien imbu du processus, et à la
base de la fondation de la ville
marchande, prend en charge la
suite des opérations. Il fit donc
l’acquisition d’une vaste habitation
contiguë à la ville marchande au
nom du Roi et y installe les
bureaux du gouvernement. Du
même coup, la superficie de la ville
augmente
considérablement,
servant ainsi la destinée de ce lieu
destiné à être la capitale des Iles
sous le Vent.
Ainsi donc après l’implantation
des premiers établissements, la ville
s’établit en deux sections distinctes. La
première au nord demeurant le
bien propre de la paroisse et des
citoyens, la deuxième au sud est
l'entière propriété du Roi. En fait,
l’actuelle rue pavée, qui, durant la
période coloniale s’appelait rue
d’Aunis ou du Port, est la limite
entre ces deux propriétés.
Principes Régisseurs de la VilleCapitale de Port-au-Prince
Pour donner suite à
l’établissement de la ville, Georges
CORVINGTON nous dit ce qui
suit :
« Conçue à des fins d’expansion et
de valorisation d’un vaste territoire en
état de sous-développement, la
nouvelle capitale devait, sous le
rapport de l’urbanisme, se présenter
comme
une
réussite
de
l’administration
française.
Pour
répondre à ce vœu du gouvernement
de la Métropole, les responsables du
tracé de la ville s’étaient inspirés du
‘’ Traité ’’ de Bélidor, ‘’ qui contenait
toute la science de Vauban et servit
jusqu’à la fin du régime aux
ingénieurs du roi chargés d’élaborer
pour la France et les colonies des
plans de villes et des élévations ou
des façades de monuments '’. Un
produit des nouveaux principes
d’urbanisme préconisés par Bélidor et
que concrétisait le prototype alsacien
BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
• Archives : Bibliothèque nationale de France
• Archives : Bibliothèque nationale de France
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•Plan du PortauPrince pour servir au projet de
la défense par la mer (26 mars 1782)
•Plan du PortauPrince qui constate l'etat de la ville (1751)
de Neuf-Brisach, telle serait
capitale des Iles sous le Vent ».
la
En effet Bernard Forest de
BELIDOR (1697-1761), Colonel
d’Infanterie et Chevalier de l’Ordre
Militaire de St-Louis, Commissaire
Ordinaire de l’Artillerie, élabore un
traité en plusieurs tomes qui
fournit
aux
Arpenteurs
et
Ingénieurs du Roi un ensemble de
principes. Ces derniers prennent en
compte le choix du site,
l’emplacement,
la
conception,
l’approvisionnement
en
eau
potable, la défense et la protection
des voies de communication
terrestre et maritime, jusqu’au
fonctionnement des villes.
A cette époque, il est
important que le choix des sites
répondent aux critères de défense
générale parce qu’elles sont des
places fortes ou sont entreposées
des denrées produites par la
colonie et en attente d’exportation
vers la métropole. Les rues se
coupent à angle droit, et sont tirées
au cordeau, le regard doit se
porter le plus loin possible
(expression de la vison royale). De
plus il convient de protéger les
lieux de production, les rades, et la
navigation maritime dans les baies,
de ce fait, ces dernières sont
étudiées en profondeur afin de
s’assurer du niveau d’eau nécessaire
à la jetée des chaines. Ainsi donc,
La manière de créer les places
fortes est un art qui fait appel à
toute la science des ingénieurs
militaires
tel
que
Vauban,
Montalembert et autres. La
protection et le maintien en service
des voies de communication
terrestre est assurée fort souvent
par des ‘’ block house ’’ ou des
camps militaires.
Les systèmes d’irrigation et
d’approvisionnement des villes en
eau
font
l’objet
d’attention
particulière, parce que l’eau est
considérée comme un produit
stratégique lors des sièges, tout est
donc mis en œuvre pour en avoir
non seulement en qualité mais
surtout en quantité suffisante..
Entre autres, le zonage de la ville
met l’accent sur le regroupement
de l’ensemble des bâtiments
administratifs, en vue de faciliter
leur défense. Les troupes sont
casernées à l’intérieur des villes, les
systèmes d’incendie sont pris en
compte à cause de la nature même
des matériaux de construction.
Cependant la ville est bien
établie, elle évolue et se développe,
le premier règlement urbain émané
des administrateurs, et concernant
Port-au-Prince, est calqué sur une
ordonnance déjà émise pour la
police de la ville de Léogane. Cette
ordonnance prévoit que les rues
devaient être ‘’libres, nettes,
aplanies et disposées de manière à
accélérer l’égout des eaux’’.
Une nouvelle ordonnance
crée le cimetière de Port-au-Prince.
Comme le veut la tradition, on
choisit à cette fin un emplacement
voisin de l’église (Cimetière Sainte
Anne). Aux nègres, on réserve,
BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
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• Archives : Bibliothèque nationale de France
Air, où réside les riches planteurs
de la plaine et des environs de Portau-Prince.
Sur
cette
butte
constituée de marne blanche, il est
donné à tous de distinguer les
confortables demeures tropicales
de Laurent de Saint-Martin, jean
Baptiste
de
Caradeux,
Prat
Desprez,
Rey
Delmas, François de
la Mardelle, Veuve
Turgeau, Alexandre
Kenscoff,
Charles
Chancerel, Fleuriau
de
Bellevue,
François
Beudet,
Guesdon
de
Monrepos.
La
•Carte du projet de la ville de PortauPrince
plupart sont des
maisons à étage, en
bois,
pourvues
d’immenses
vérandas et de
nombreuses
ouvertures.
Les
commodités sont
destinées à rendre
agréable la vie sous
les tropiques. Le
plus beau, le plus
•NeufBrisach / construit d'après les prescrits de l'ingénieur Vauban
chic quartier de
régime colonial. Ce lieu abominable, Port-au-Prince, le Bel-Air en est
décoré d’une croix du Sauveur, également le plus sain.
s’appellera
la
Croix-Bossale,
(aujourd’hui le plus grand marché
public à ciel ouvert de la capitale).
•Plan et profil du corps de garde et du magasin
pour les ustenciles d'une incendie (1791)
Il est bien ventilé et offre
aujourd’hui encore une vue
imprenable sur la baie de Port-auPrince. Cependant au fil du temps
sa
population
ainsi
que
l’architecture des édifices ont bien
changé.
En 1789, Port-au-Prince ne
compte que 24 rues, dont 9
percées du nord au sud, et 15 de
l’est à l’ouest (1). Marquée dès sa
fondation du sceau de la grandeur,
la ville a hérité de voies larges, tirées
au cordeau. Elles ont toutes, en
effet, de 60 à 70 pieds de largeur. La
rue Royale (Boulevard Jean Jacques
Dessalines) est remarquable par son
étendue parfaitement rectiligne. Elle
mesure deux quarts de lieue
environ. La suit de près, en
longueur, la rue des Capitaines ou
rue Sainte-Claire (rue du Magasin
• Archives : Bibliothèque nationale de France
• Archives : Bibliothèque nationale de France
hors les murs, un terrain
marécageux où souvent les
cadavres mis en terre seront la
pâture des cochons affamés. Le
choix d’un tel endroit pour une si
sainte destination ne s’explique que
par le fond inhumain et pervers du
A la veille de la révolution
de 1789, la ville est protégée par
tout un réseau de fortification, de
vigie, de redoute, de poste et de
camp militaire qui garantisse sa
sécurité, on peut citer par exemple
les forts St-Claire, Le Rebours, Stjoseph, l’Islet Le quartier, le plus select de
la capitale est sans conteste le Bel-
• Les sources turgeau / la Coupe / et Chavannes , Canal de distribution (1774)
BULLETIN DE L’ISPAN • No 39 • Janvier Juin 2019
• Archives : Bibliothèque nationale de France
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•Carte de la ville et des ports du PortauPrince, fait a PortauPrince le 10 juillet 1772
de l’Etat). Le négoce y est très actif
et les propriétés sont très prisées.
A partir de la rue d’Aunis
(rue pavée), ancienne ligne de
démarcation
entre
la
ville
paroissiale de la ville royale,
l’alignement de certaines rues
parallèles à la mer subit une
déviation
ostensible.
Cette
déviation très visible aujourd’hui
encore se situe au niveau des rues
Docteur Aubry et de la Réunion
d’une part. D’autre part on la
remarque entre les rues du peuple
et de l’enterrement. Dans la
nouvelle ville, la rue Royale
(Boulevard Jean Jacques Dessalines)
a des proportions appréciables. Ces
inégalités voulues par les ingénieurs
de l’époque indiquent, on le sait,
l’apparence imposante que ces
derniers entendaient conférer à la
‘’ville du roi’’, acquise des sieurs
Morel et Bretton des Chapelles.
C’est à ces mêmes fins que
la superficie des îlets de la nouvelle
Ville
avait
été
sensiblement
augmentée. Ceux-ci se présentent
effectivement
comme
des
rectangles, tandis que les îlets de
l’ancienne ville ne constituent
presque tous que des carrés
parfaits.
ambiance effervescente, en même
temps
que les turbulences
politiques dans la métropole en
1789. Il se trouve que celles-là
influenceront de manière pérenne
la destinée de la colonie ainsi que
celle de Port-au-Prince… la suite
dans un prochain numéro…
Faisant suite à sa fondation
officielle une quarantaine d’années
auparavant, la ville-capitale se
construit et se développe dans une
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Rue pavée / Limite entre la ville marchande et la ville royale
Rues Aubry et Réunion
Rues du peuple et enterrement
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Ordonnance de Messieurs de Conflans et Maillard
en date du 13 juin 1749
13 juin 1749.
Le chevalier de Conflans chevr de l'ordre royal et militaire de St- Louis, chef d'escadre des armées navales,
gouverneur et lieutenant-général pour le Roy des Isles françoises de l'Amérique sous le Vent et Simon Pierre
Maillard, conseiller du Roy en ses conseils, intendant de justice, police et finances et de la Marine aux dites Isles.
« Vu la requête à nous présentée par les habitans et négocians du Bourg du Cul-de-Sac, et à nous adressée par
M. de la Caze lieutenant du Roy commandant dud. quartier, en datte du cinq de ce mois, tendante a ce qu'il
nous plut, attendu le danger que Led. Bourg vient d'essuyer par le débordement de la Grande Rivière,
d'ordonner l'exécution du projet pour changer led. Bourg, ce qui n'avoit été suspendu que par les
représentations qui nous avoient ci devant été faites par les mêmes habitans, par une précédente requête de
leur part, sur la circonstance de la guerre et autres considérations y contenu auxquelles nous aurions en égard.
Vu aussi le procès verbal d'arpentage en date du quinze mars mil sept cent quarante trois, par le Sr du
Colombier, en conséquence de nos ordres, et de ceux donnés au Sr Herbert ingénieur du Roy, par lequel
procès verbal il constate que le terrain qui doit être acheté au Sr Morel, destiné pour l'emplacement du nouveau
Bourg au Port au Prince contient suivant le plan y annexé mille pas de haut, chassant d'ouest en est, sur six cent
pas de large allant du nord au sud, le tout non compris dans les cinquante pas du Roy 1.
Vu pareillement nos ordonnances, des six février et trois juin mil sept cent quarante trois, qui autorisent lesd.
habitans a s’assembler pour parvenir à l'arrangement nécessaire tant pour la vente du terrain sur lequel sont
actuellement bâtis l'Eglise, le presbitère, et le Bourg du Cul de Sac que de l'achat de celui du S. Morel pour
placer le nouveau bourg au Port au Prince, et de la vente de celui de la paroisse du Trou Bourdet qui doit être
réunie à celle du Port au Prince, en conséquence de laquelle première ordonnance lesd. habitans du Cul de Sac
ont accepté dans leur Assemblée du dix-huit juin mil sept cent quarante trois, l'offre faite par la Dame Veuve
Damien de la somme de quarante mil livres pour le prix et payement dud Terrain, laquelle vente a été aussy
acceptée par lad. De Damien par le même acte, et pour lad. somme de quarante mil livres, payables sçavoir :
vingt mille livres comptant après l'omologation dud. acte, et pareille somme lorsque lad. Dame acquéreure seroit
mise en possession dud. terrain ; mais sur les représentations présentement a nous faites par le Sr Drouillart,
fondé de la procuration, de lad. De Damien, partie pour France, de l'impossibilité ou il est de satisfaire à ce
payement, dans les termes ci-devant stipulés, avec lad. Dame, à cause les autres engagemens qu'elle a fait depuis
ce tems, pour son départ, et d'autres dette qu'elle a été dans le cas d'acquiter, contre le dérangement
considérable que cette habitation vient d'essuyer par ce dernier débordement, nous lui avons accordé pour ledit
payement deux années à commencer du premier janvier de l'année prochaine mil sept cent cinquante, payables
de six mois en six mois à raison de dix mille livres à commencer dud. jour auxquels termes et payement le Sr
Morel a consenti, lad. somme devant être payée en son acquit aux héritiers Rodot, attendu leurs hipotèques sur
la totalité de l'habitation acquise par le Sr Morel, dont le susd. terrain fait partie.
Et sur les représentations du Sr Drouillard en sa qualité, que lad. De Damien n'avoit acquise à ce prix de
quarante mil livres le terrain que pour jouir de l'avantage de l'eau de la rivière de la passe, tant pour arroser ce
même terrain que celuy de son habitation ou elle pourroit la conduire, et que sur les mêmes par elle faites à feu
M. de Larnage, il lui auroit répondu par sa lettre du…. mil sept cent quarante six, qu'il étoit juste de luy faire
droit sur l'eau de cette Rivière ; c'est en cette considération que nous ordonnons par la présente que par deux
experts qui seront nommés par led. Sr Drouillart en sa qualité et par les autres intéressés qui jouissent
actuellement de cette même eau, et qui sont opposant à la prétention de lad. Dame pour l'entière jouissance de
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la rivière, et en présence du S. Duport, Simon d'office par M. de la Caze commandant aud. quartier, il sera
dressé procès-verbal des raisons de toutes les parties pour connoître la portion qu'il convient d'en accorder aux
uns et aux autres, et si c'est même une nécessité absolue que ces autres prétendans tirent une portion de cette
même eau.
Ordonnons qu'en conséquence de nos précédentes ordonnances des six février et trois juin mil sept cent
quarante trois, il sera aussi procédé par les marguilliers du Trou Bordet à l'achat du susd. terrain du S. Morel sur
le pied de quarante deux mil livres conformément aux conventions dud. S. Morel, et à la vente du terrain de
l'Eglise et presbitère du Trou bordet, suivant la convention ci devant faite avec le s. Letort pour la somme de dixhuit mil livres par lui actuellement acceptée, non compris dans cette vente les Batimens qui s'y trouvent
actuellement, lesquels seront remis aux marguilliers de la paroisse du Port au Prince, pour être destinés et
employés à ceux nécessaires à la nouvelle paroisse ; lad. somme de dix huit mil livres payable en sucre brut ou
argent au choix dud. S. Letort,. scavoir neuf mil livres dans trois mois, et l'autre moitié dans un an du jour de
l'acte de vente, laquelle dite somme sera déposée entre les mains des marguillers pour être employée suivant
nos ordres ; et sur ce qui nous a été représenté par led. S. Letort qu'ayant acquit du S. de Crameuil un terrain
sur lequel se trouve la source de la Mahotière pour l'eau de laquelle il est en discussion avec, les héritiers
Robiou, qui prétendent que partie de l'eau de cette source qui les avoisine, leur est indispensable pour leur
moulin, et qu'ils prétendent en avoir l'usage dans tous les tems, nous ordonnons, que par deux experts qui
seront nommés par les parties, sinon d'office par M. de la Caze commandant dud. quartier, et en présence du s.
Duport, il sera dressé procès-verbal de la quantité d'eau indispensable pour faire rouler leur moulin, en
examinant en même temps, si celle que les héritiers Robiou peuvent tirer de la Rivière Froide ne doit pas
diminuer la quantité de celle qu'ils prétendent tirer de la source de la Mahotière, en sorte que led. s. Letort ait la
jouissance et la propriété de toute la portion d'eau provenant de lad. source qui sera superflue pour l'usage du
moulin à l'eau des héritiers Robiou, et pour le partage de laquelle il sera étably un Bassin de division dans
l'endroit le plus convenable pour le s. Letort pour l'arrosement du terrain acquis du s. de Crameuil de celui du
presbitère et de son autre habitation.
En conséquence de la réunion ordonnée des deux paroisses du Cul de Sac et du Trou Bordet n celle du Port au
Prince, et attendu l'éloignement dont s'en trouveroient les habitans qui sont situés de l'autre côté de la Grande
Rivière, nous ordonnons que pour leur commodité il sera construit une Eglise convenable dans le lieu appelé la
Croix du Bouquet, dont les héritiers Berichon prétendent avoir droit, sur lesquels nous nous réservons l'examen
de cette prétention pour y faire droit en sorte que les habitans situés au delà de la GrandeRivière du Lamentin,
et tous ceux en deçà de la Grande Rivière du Cul de Sac seront réputés de la paroisse du Port au Prince ; et les
habitans au delà de la Grande Rivière du Cul de Sac seront tous de l'autre paroisse située sur le terrain de la
Croix du Bouquet, mais les uns et les autres seront tenus d'acquiter les droits du Roy et publics entre les mains
du Receveur établi au lieu principal du Port au Prince et comme notre intention est d'augmenter et peupler le
lieu principal du Port au Prince et que des établissements particuliers sur le terrain de la Croix du Bouquet
seroient nuisible a cet objet important, nous défîendons à tout particulier d'y établir des logemens, a l'exception
néanmoins d'un chirurgien, un machoquet, un charron, un sellier, et un cabaretier qui tiendra aussi la Boulangerie
et un étal de Boucherie que les Fermiers seront tenus d'y entretenir : Lesquels pourront en acquérir les
emplacemens convenables, après la discussion que nous avons réglé sur la propriété dud. Terrain : Nous
ordonnons aussi qu'il sera ouvert un canal de quatre pouces en quarré de la grande Rivière dans l'endroit le plus
convenable pour en conduire l'eau sur le terrain appelé la Croix du Bouquet pour l'usage du presbitère et des
magasiniers qui auront permission de s'y établir. Entendons aussi que les matériaux de l'Eglise et presbitere du
actuel du Cul de Sac ou le produit d'iceux s'il sont vendus, seront employés à la construction de l'autre paroisse
et du presbitère de la Croix du Bouquet et pour la construction desquels nous autorisons les marguilliers et
habitans à s'assembler en présence de M. de la Caze pour délibérer sur les moyens les plus prompts et pour
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faire la répartition du surplus des deniers nécessaires pour les d. constructions ce qui sera par nous omologué.
Etant aussi important de procurer à la ville du P. au P. toutes les eaux qu'il sera praticable d'y conduire pour les
différens usages de la ville et de la Rade, outre celle de la Charbonnière qui y est déjà destinée, nous ordonnons
que le S. Duport arpenteur dont l'expérience en ce genre nous est connue et qui a été commis par notre
précédente ordonnance du trois octobre mil sept cent quarante quatre, pour les différentes dispositions qui
concernent l’etablissement de la ville du P. au P. ; fera la visite et l'examen des eaux des environs qui pourront y
être conduites pour l'utilité et l’avantage de lad. ville, dont il fera les nivellement, les plans et devis nécessaires
entre autres de la source située sur les terrains des Sieurs Le Roy et des rivières qui passent chez les Srs Salé et
Ferrou pour le tout à nous rapporté être ordonné ce qu'il appartiendra.
Et afin d'accélérer le prompt établissement de la nouvelle ville du P. au P. nous ordonnons que led. S. Duport se
transportera incessament sur le terrain acquis pour led. emplacement, pour y tracer conformément au plan du S.
du Coudreau ci-devant ingénieur en chef, les islets et y former les rues en observant néanmoins que les
emplacemens qui ont ensuite été tracés sur led. Islets nous paraissant trop étroits pour chaque logement pour la
commodité de ceux qui en obtiendront les concessions, seront par luy rectifiés, surtout ceux les plus proches de
la mer, destinés de préférence aux négociants, correspondant de France, et dont les faces ayant vingt pieds
chacune autant que le terrain et les rues le permettront, en observant aussi que les Islets qui sont à, l'intérieur et
les derniers de la ville ne méritent pas les mêmes considérations, il observera aussi de donner plus d'étendue au
quay qui doit être formé sur le bord de la mer pour le déchargement des marchandises, réservant à M. de la
Caze commandant dud. quartier de faire ensuite sur led. plan la distibution de chaque emplacement d'abord par
préférence aux négocians qui sont propriétaires d'autres terrain dans le bourg actuel du Cul de Sac et ensuite à
chaque habitant et négociant particulier qui en ont en propriété, et les autres emplacemens restans, après ces
premiers propriétaires remplis seront par luy accordés à d'autres particuliers mais toujours par préférence aux
négocians et marchands qui se présenteront, et attendu qu'il y a eu ci-devant des concessions accordées à
quelques particuliers sur le précédent plan et que le changement qui sera fait dans le nouveau causeroit de la
confusion, nous annulons les précédentes concessions, ordonnons à ceux qui les ont de les rapporter au S.
Duport qui leur expédiera un certificat pour en obtenir de nouvelles qui leur seront expédiées gratis s'ils ont
payés les droits des premières. Et à l'égard de ceux qui n'ont point encore obtenu de concessions, elles ne leur
seront délivrées qu'en payant 3 1. par chaque pied de face et les droits ordinaires d’expédition et
d'enregistrement en sus de l'exception des propriétaires des magasins du Cul de Sac qui seront dispensés de
cette contribution.
Nous voulons que les d. Bâtiments et magasins pour l’embellissement dud. lieu soient uniformes sur les faces des
rues pour les alignements et hauteurs suivant le plan qui en sera dressé par led. S. Dufort ; sauf en distributions
de l'intérieur au gré des propriétaires qui seront néanmoins tous tenus de couvrir lesd. habitations en essentes,
ardoises ou thuiles pour éviter les inconvénients du feu.
Il sera aussi choisi par M. de la Caze un endroit convenable dans les derrières de la ville pour y loger les nègres
de la maréchaussée et autres négresses et mulâtres connus de bonnes vies qui peuvent être utiles aux gens de
mer et étrangers en observant néanmoins de n’en pas trop multiplier le nombre, lesquels seront aussi tenus de
les couvrir au moins d'essentes.
Pour satisfaire à l'empressement que les habitants nous ont marqué par leur requête pour ce prompt
changement de résidence attendu le grand danger du dernier débordement et du préjudice qu'ils en ont
souffert, nous ordonnons que sans aucun retardement M. de la Caze, commandant, résidera sur le lieu et dans la
maison Rodot comprise dans la vente du sr Morel, que le curé destiné pour lad. paroisse s'y transportera aussi
en même tems, ainsy que le notaire garde-nottes et les boucheries, pour par leur résidence y attirer les autres
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habitans à qui nous ordonnons sans différer de s'y transporter aussi pour y former leurs nouveaux établisemens,.
à peine d'être déchus des concessions qu'ils en auraient obtenues après le délai de six mois à compter du jour
de la publication de la présente ; et en attendant qu'on ait pu pourvoir à la construction d'une église neuve et
presbitère, nous ordonnons suivant la première disposition cy-devant faite que les marguilliers feront faire aussi
sans retardement les réparations ci devant reconnues necessaires à la sucrerie Rodot comprise dans l'achat dudit
terrain pour servir jusques là de paroisse, et qu'il sera aussi par eux pourvu au logement du curé en y
transportant les matériaux de celuy du Trou-Bordet.
Et pour parvenir plus promptement à cet établissement il est aussy nécessaire de rendre plus praticables les
chemins depuis le Trou-Bordet et celuy du Cul de Sac au Port-au-Prince, nous ordonnons en conséquence que
par M. de la Caze il sera commandé un nombre de nègres suffisant à chaque habitant desd. quartiers pour y
travailler. Mandons à M. de la Caze, lieutenant de Roy, commandant aud. quartier de tenir la main à l'exécution
des présentes et tous autres en droit soy de se conformer aux clauses et conditions y insérées, lorsqu'elles
seront enregistrées en « nôtre » greffe où seront aussi déposés tous les plans, devis, contrats ou expéditions
d'iceux pour y avoir recours au besoin, lue et publiée partout où il appartiendra.
Donné à Léogane sous les cachets de nos armes et les contre seings de nos secrétaires, le treize juin mil sept
cent quarante neuf..
DE CONFLANS
MAILLARD.
Par monseigneur Lax... (illisible)
Par monseigneur Duclerc. ? (illisible)
A été enregistrée la présente ordonnance au greffe de l'intendance des isles françaises de l'Amérique sous le
vent par moi soussigné greffier de lad. intendance au Petit Goave le seize juin mil sept cent quarante neuf.
Delangle
Enregistrement :
Greffier, gratis.
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• Terrain vendu par Mr Morel à la paroisse et aux citoyens, pour construire la ville de PortauPrince
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• Tracé des premiers établissements / ville marchande (1749)
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• Plan d'une extension progetée de la ville Port Republicain
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Chronique sur la place PortauPrince de Paris
L
e 29 juin 1961, les assemblées de la ville de Paris et du Département de la Seine ont baptisé la place
publique dénommée précédemment M 13, place de Port-au-Prince en hommage à la ville fondée en
1749 par les français qui allait devenir la capitale d’Haïti. Ci-dessous une coupure du bulletin municipal
paru le 10 août 1961.
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La place PortauPrince de Paris
Comité de rédaction :
• Sabry ICCENAT
Communicateur ISPAN
• Yvenel JEAN-PIERRE
Historien ISPAN
• Jean Patrick DURANDIS,
D.G / ISPAN
Architecte de Monument
Recherche historique et
photographique :
• Vanessa DARBOUZE
Architecte ISPAN
www.ispan.gouv.ht
• Jean Patrick DURANDIS,
D.G / ISPAN
Architecte de Monument
• Esdras JULES
Correction, Avis et relecture :
• Rhoddy Attilus (ISPAN)
Membre du jurry des prix Deschamps
• Henry Jolibois
Architecte de Monument consultant ISPAN
Graphiste:
• Roberson ETIENNE
Ingénieur Informaticien ISPAN
Supervision :
• Jean Patrick DURANDIS,
D.G / ISPAN
Architecte de Monument
Distribution :
Service de promotion
Architecte / Cartographe ISPAN
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