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Chocs de transferts et vulnérabilité macrofinancière en Haïti:
les risques liés au TPS?
Kensley Blaise, Jean Marie Cayemitte & Jean Gardy Victor
Direction Recherche en Economie et Finance (DREF)
Banque de la République d’Haïti (BRH)
Mercredi de Réflexion de la BID
Nouvelles dynamiques migratoires : quelles conséquences sur les transferts privés et
l’économie haïtienne ?
23 septembre 2026
DREF/BRH
Transferts, TPS et stabilité macrofinancière
Mercredi de Réflexion de la BID
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Plan de la présentation
1
Introduction
2
Contexte du TPS et nature du choc
3
Données et cadre empirique
4
Méthodologie empirique
5
Résultats empiriques
6
Implications de politique économique
7
Conclusion
8
Appendice
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Introduction
Les transferts privés de la diaspora représentent environ 16% du PIB haïtien et financent
une large part de la consommation des ménages
Le durcissement du Temporary Protected Status (TPS) accordé par les États-Unis
constitue un facteur de risque direct sur ces flux
Un choc migratoire devient macro-financier via le canal des transferts
Question
Dans quelle mesure une baisse inattendue des transferts affecte-t-elle la stabilité
macrofinancière d’Haïti, et par quels canaux ?
Approche de l’étude :
Analyse du contexte migratoire et institutionnel (TPS)
Identification statistique d’un choc de transferts
Modélisation empirique des effets macrofinanciers (projections locales)
Construction de scénarios de baisse des transferts
Point de méthode : le TPS constitue un facteur de risque potentiel sur les transferts, et non un choc
automatiquement transmis – les migrants disposent de plusieurs marges d’absorption (section 1.4).
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1.1 Mieux comprendre les effets macro-financiers d’un choc sur les
transferts
Dans une économie à faible capacité d’ajustement domestique, les transferts jouent un
rôle de pilier macroéconomique.
Ils alimentent simultanément :
la consommation privée et le revenu des ménages ;
le marché des changes, en tant qu’entrée de devises ;
indirectement, les recettes fiscales liées à la demande intérieure.
Une variation importante de ces flux dépasse donc le seul revenu des ménages.
Message clé
Un choc sur les transferts n’est pas seulement un choc de revenu : c’est potentiellement un
choc de change, de réserves et de finances publiques.
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1.2 Le TPS : un facteur de risque sur les transferts
Reports judiciaires
Renouvellements
2010
2017
2026
Désignation
Annonce
Réduction puis
TPS
de terminaison
terminaison
Une forte dépendance aux transferts en provenance des États-Unis
Malgré 11 renouvellements depuis 2010, les épisodes de durcissement de 2017 et 2025
demeurent préoccupants : Les migrants haïtiens aux États-Unis sont à l’origine d’environ 80%
des transferts reçus par Haïti. Toute réduction durable de leur capacité à travailler ou à résider
légalement aux États-Unis pourrait donc avoir des répercussions macroéconomiques
significatives.
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1.3 Une exposition macroéconomique particulièrement élevée
Dépendance aux transferts : Haïti dans une catégorie à part
Moyenne ALC (n=37 pays) : 5.8 %
26.2 %
Honduras
25.2 %
El Salvador
20.7 %
Nicaragua
Jamaïque
19.9 %
Haïti
19.1 %
Guatemala
18.7 %
Mexique
0%
Haïti reçoit 3.3x la moyenne ALC
4.0 %
5%
Source : Banque mondiale WDI (BX.TRF.PWKR.DT.GD.ZS) | MA 3 ans
Moyenne régionale calculée sur 37 pays ALC (Haïti inclus)
10 %
15 %
20 %
Envois de fonds reçus (% du PIB), moyenne mobile 3 ans
25 %
30 %
Une forte exposition au risque
Les transferts représentent en moyenne 19% du PIB , soit 3,3 fois la moyenne régionale, ce qui
rend l’économie haïtienne particulièrement vulnérable à une baisse de ces flux.
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1.4 Du TPS au choc de transferts : une chaîne non automatique
Durcissement
du TPS
Statut de séjour
et emploi
Revenu
disponible
des migrants
Capacité
de transfert
Transferts
vers Haïti
Facteurs d’atténuation : épargne, emploi alternatif,
maintien des envois ou recomposition des transferts
À chaque maillon de cette chaîne, les migrants cherchent, et trouvent souvent, des
mécanismes d’absorption – épargne, emploi alternatif, recomposition des envois – qui
réduisent l’impact effectif sur les transferts : la transmission n’est ni instantanée ni
proportionnelle.
Le durcissement du TPS ne se traduit donc pas nécessairement en choc de transferts :
c’est un facteur de risque potentiel, et non un déterminant direct des transferts.
Précision méthodologique
Le TPS motive les scénarios, mais l’identification économétrique repose sur les innovations
des transferts, et non sur la chronologie des décisions migratoires.
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1.5 Un précédent international : le Mexique après la récession américaine
Précédent : impact de la récession US 2008-2009 sur les transferts mexicains
A. Mexique : choc des transferts 2008-2009
B. Mexique : taux de croissance des transferts
Récession US
50%
40%
50
40
Reprise
2016
(9 ans)
Sommet : 27.5 G$
30
Croissance annuelle (%)
Transferts (milliards $ US)
60
Creux : 22.8 G$
(-17 %)
20
30%
20%
10%
0%
-10%
10
2000
2005
2010
Année
2015
2020
2000
2005
-15.5%
2010
Année
2015
2020
Chute des transferts : 27,5 à 22,8 milliards USD entre 2007 et 2010 (-17,3%), retour au niveau pré-crise
après 9 ans.
Une comparaison à interpréter avec prudence : la nature du choc diffère – contraction mexicaine cyclique
(récession américaine) contre révocation du TPS institutionnelle, largement indépendante du cycle américain,
sur fond de degrés d’intégration aux chaînes d’approvisionnement mondiales très différents. Ce précédent est
donc davantage un ordre de grandeur historique qu’un véritable contrefactuel pour Haïti.
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1.6 Trois canaux de transmission domestique
Baisse des transferts
Taux de change
Entrées de devises ⇒
Pression à la dépréciation
(Krugman, 1979 ; Dornbusch, 1976)
Réserves internationales
Si la BRH amortit la
Finances publiques
Revenu ↓ ⇒ consom-
dépréciation ⇒ Ponc-
mation ↓ ⇒ Recettes
tion sur les réserves
fiscales ↓ ⇒ déficit ↑
Des canaux interdépendants
La dépréciation renchérit les importations, la perte de réserves réduit la capacité future
d’intervention et la détérioration budgétaire accroît les besoins de financement. Ces effets
peuvent se renforcer et produire une dynamique cumulative de second tour.
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1.7 Un scénario naïf : transposer le précédent mexicain à Haïti
Impact révocation TPS (juillet 2026) : précédent récession US 2008-2009
(Sources : BRH + FMI WEO avril 2026)
A. Haïti : projection du choc des transferts
Transferts (milliards $ US)
4.0
2.5
Historique (BRH)
Scénario TPS
(patron Mexique 2009)
3.5
3.0
2.5
2.0
Décision TPS
juillet 2026
1.5
Impact PIB (points de pourcentage)
4.5
B. Amplification macro : même choc, impact différent
-1.9pp PIB
2.0
5x
amplification
1.5
1.0
0.5
1.0
-0.4pp PIB
Transferts/PIB
= 11 %
Transferts/PIB
= 2.3 %
2000
2005
2010
2015
Année
2020
2025
2030
0.0
Sources : BRH (transferts) | FMI WEO avril 2026 (PIB) | Choc : patron Mexique 2009
Mexique (2009
réel)
Haïti (TPS
scénario)
Une illustration du risque, et non une prévision
La transposition mécanique du précédent mexicain suggère qu’une baisse d’environ 17% des transferts pourrait
produire un effet macroéconomique beaucoup plus important en Haïti, compte tenu du poids élevé de ces flux
dans le PIB. Cet exercice ne provient pas de notre modèle économétrique (sections 2–4) : c’est une
transposition mécanique à titre illustratif, à lire avec la même prudence que la comparaison précédente – la
nature institutionnelle, plutôt que cyclique, du choc TPS limite sa valeur prédictive pour Haïti.
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1.8 Un risque potentiellement plus persistant pour Haïti
Persistance du choc : le Mexique a récupéré en 5 ans ; Haïti prendrait plus longtemps
100
Transferts (indice, pré-choc = 100)
Niveau pré-choc (100)
95
90
85
Creux projeté Haïti :
78 (t+3)
80
Mexique (réel 2008-2009)
Haïti (historique BRH)
Haïti (projection, choc TPS)
Choc
(t=0)
75
Sources : BRH (transferts Haïti) | Banque mondiale WDI (Mexique)
Projection Haïti = patron Mexique avec récupération 30 % plus lente
(pas de relance ALÉNA, réinsertion marché du travail US plus difficile)
4
2
0
2
4
Creux Mexique : Années depuis le choc (t=0 = juillet 2026)
72 (t+-3)
6
8
Le caractère institutionnel du choc pourrait ralentir la reprise
Contrairement à la récession américaine, qui constituait principalement un choc cyclique, la révocation du TPS
serait un choc institutionnel potentiellement plus durable. Le retour des transferts à leur niveau initial pourrait
donc être plus lent – à lire comme un ordre de grandeur illustratif, construit sur l’hypothèse d’une
récupération 30% plus lente qu’au Mexique, et non comme une prévision chiffrée.
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2.1 Les données
252 observations mensuelles, octobre 2004 – septembre 2025.
Cinq séries : transferts, taux de change, réserves nettes, déficit public et IPC.
Variable
Moyenne
Médiane
Écart-type
Asymétrie
Aplatissement
Transferts
Taux de change
Réserves nettes
Déficit public
IPC (indice)
166,73
67,77
569,47
-1 462,50
130,06
132,49
47,20
645,49
-588,34
72,23
96,41
34,46
371,68
3 414,56
121,34
0,79
0,99
-0,05
-1,45
1,88
-0,52
-0,43
-1,21
4,95
2,61
Source : BRH. Le taux de change, les transferts et l’IPC entrent en logarithme, les réserves nettes en sinus
hyperbolique inverse, le déficit en niveau (milliers HTG). L’IPC est ajouté comme cinquième série, en réponse
aux remarques formulées lors de la relecture interne et de la présentation des Vendredis de la BRH (28 août
2026).
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2.2 — Séries temporelles
Déficit public
-01
-01
24
20
20
20
-01
16
-01
04
20
-01
-01
24
20
20
IPC
10
6.0
5
5.5
0
08
12
16
20
24
20
20
20
20
20
-01
04
20
-01
24
20
-01
20
20
-01
16
20
-01
12
20
-01
08
20
-01
04
20
-01
3.5
-01
4.0
20
-01
4.5
15
-01
5.0
5
10
-01
20
-01
-01
16
20
-01
12
20
-01
08
20
04
20
-01
-01
24
20
20
20
-01
-01
16
20
-01
12
20
08
20
20
04
-01
3.50
-01
3.75
12
4.00
4.0
-01
4.25
4.5
20
4.50
5.0
08
4.75
5.5
Réserves nettes
8
6
4
2
0
2
4
6
20
Taux de change
5.00
20
Transferts
6.0
Source : BRH. Transferts, taux de change, IPC (log) et réserves nettes (arcsinh), déficit public (milliers HTG),
données mensuelles 2004–2025.
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2.3 Identification du choc de transferts
Innovation autorégressive
εt (erreur) = ∆ log(remt ) −
6
X
ρ̂j ∆ log(remt−j )
j=1
εt : résidu d’un AR(6) sur la croissance mensuelle des transferts – la part non prévisible à
partir de leur propre dynamique récente.
Fenêtre de 6 mois : capte le cycle budgétaire trimestriel et une partie de la saisonnalité
des envois.
Traitement en bloc exogène (Cushman-Zha) : la décision américaine sur le TPS est
indépendante des conditions macroéconomiques haïtiennes.
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3. Approche empirique
Objectif : mesurer l’effet dynamique d’un choc de transferts sur les variables
macrofinancières haïtiennes.
Méthode : projections locales à la Jordà.
Erreurs-types : Newey-West, troncature = h (horizons chevauchants).
Spécification simplifiée
wt+h − wt−1 = τh εt + Γh Xt−1 + ηt+h
wt+h : taux de change, réserves nettes, déficit public ou IPC ;
εt : choc de transferts identifié (section 2.3) ;
horizon : 0 à 23 mois.
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4.1 Résultat principal : le canal budgétaire domine
Après un choc de transferts, les trois canaux macrofinanciers réagissent dans le sens
attendu : dépréciation, perte de réserves, creusement du déficit.
Le canal budgétaire se distingue par la meilleure identification statistique et par sa
persistance.
L’IPC, ajouté comme quatrième variable de réponse, affiche un signal directionnel
cohérent avec la théorie (inflation importée) mais non significatif (section 4.5).
Interprétation
La baisse du revenu des ménages comprime la consommation et les recettes fiscales ; cet effet
se déploie avec un délai propre et ne se résume pas à sa dynamique de court terme.
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4.2 Réponses macrofinancières au choc de transferts
Fonctions de réponse par projections locales à une innovation négative unitaire de t
Transferts
0.0
Taux de change
0.2
0.4
0.6
0.8
Réponse centrée
1.0
0
5
10
15
Horizon (mois)
20
Déficit public
6
4
2
0
2
4
6
8
0.30
0.25
0.20
0.15
0.10
0.05
0.00
0.05
0.10
Réponse centrée
Intervalle à 90%
0
5
10
15
Horizon (mois)
20
Réserves nettes
3
2
1
0
1
2
3
4
Réponse centrée
Intervalle à 90%
0
5
10
15
Horizon (mois)
20
IPC
0.20
Réponse centrée
Intervalle à 90%
0.15
0.10
0.05
0.00
0.05
Réponse centrée
Intervalle à 90%
0
5
10
15
Horizon (mois)
20
0.10
0
5
10
15
Horizon (mois)
20
Notes : Projections locales, innovation négative unitaire de εt (baisse des transferts), horizon 24 mois, bandes
de confiance à 90% (le cadran des transferts n’en comporte pas – réponse exacte du processus AR sous-jacent).
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4.3 Le canal du taux de change : significatif mais modéré
La réponse du change devient statistiquement nette entre le 5e et le 13e mois environ,
plutôt que dès le premier trimestre.
Ce délai laisse une fenêtre d’observation aux autorités avant que la pression ne devienne la
plus vive.
Lecture économique
La dynamique du change est progressive, pas instantanée – elle offre un espace d’action à la
BRH avant le pic de pression.
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4.4 Le canal des réserves : le moins bien identifié
L’intervalle de confiance à 90% n’exclut zéro qu’à quelques mois isolés sur l’ensemble des
horizons testés.
L’intensité de ce canal dépend fortement du comportement effectif de la BRH (arbitrage
flexibilité du change / mobilisation des réserves).
Prudence de lecture
L’ampleur statistiquement établie de la pression sur les réserves reste, à ce stade de
l’identification, plus incertaine que celle sur le change ou le budget.
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4.5 L’IPC : un signal directionnel, non significatif
Réponse centrale positive à l’ensemble des vingt-quatre horizons – cohérente en signe
avec le mécanisme d’inflation importée (dépréciation ⇒ renchérissement des biens
échangeables).
Ampleur croissante jusqu’à un maximum de 0,066 point de log vers le vingtième mois.
Aucun coefficient n’est statistiquement distinguable de zéro : |t| < 1,2 à tous les horizons
rapportés.
Lecture
Un signal qualitativement cohérent avec la théorie, mais qui n’est pas assez précisément estimé
pour justifier, à lui seul, un arbitrage de politique monétaire ; il renforce plutôt l’argument en
faveur d’une défense précoce du change. Les tests de stationnarité (annexe A9) invitent en
outre à une lecture prudente au-delà des premiers mois.
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4.6 Résultats chiffrés des scénarios
Scénario
∆ change
∆ réserves
∆ déficit
∆ IPC
−10%
−20%
−30%
+0,78%
+1,65%
+2,66%
-1,95%
-3,97%
-6,03%
-36,8 HTG
-78,1 HTG
-124,9 HTG
+0,29%
+0,61%
+0,97%
Écart moyen à la référence, horizon de 24 mois. Dépréciation positive ; réserves négatives = déplétion ; déficit
négatif = élargissement ; IPC positif = inflation par rapport à la référence (signal non significatif, cf. 4.5).
Effet quasi-linéaire dans l’ampleur du choc – pas de rupture de régime imposée
artificiellement.
Magnitudes plus modérées qu’un calibrage libre ne le suggérerait : une identification
resserrée produit des effets plus conservateurs, mais plus défendables.
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4.7 — Prévisions par scénario
Prévisions par projections locales
26
26
27
27
27
27
20
20
20
20
20
20
-10
26
20
-07
26
-04
25
20
-10
20
-07
27
20
-04
27
20
-01
27
20
-10
26
20
27
26
20
20
26
20
26
25
20
Déficit public
17500
20
27
20
-10
27
20
-10
27
20
-07
27
20
-04
26
20
-01
26
20
-10
26
20
-07
26
20
-04
25
20
-01
130
-10
132
260
-07
134
280
-01
136
-04
300
-01
-10%
-20%
-30%
Référence
320
-10
138
340
Réserves nettes
2200
2000
1800
1600
1400
1200
1000
-07
Intervalle à 90 % (-30 %)
-04
Taux de change
140
360
-01
380
-10
Transferts
IPC (inflation)
575
18000
570
18500
27
20
-10
27
20
-07
27
20
-04
27
20
-01
26
20
-10
26
20
-07
26
20
-04
26
-10
25
27
20
20
27
20
-10
27
20
20
27
20
-07
26
20
-04
26
20
-01
26
20
-10
26
20
-07
25
20
-04
555
-01
560
20000
-10
19500
-01
565
19000
Notes : référence à niveaux constants et trois scénarios de choc (-10%, -20%, -30%), cinq variables dont l’IPC.
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4.8 Synthèse des résultats
Résultat central
Même un choc modéré de transferts a un effet mesurable sur l’économie haïtienne, et le canal
budgétaire – pas seulement le change – doit être au cœur de la lecture du risque.
La dépréciation se construit progressivement (pic vers le dixième mois).
Les réserves reculent, mais ce canal reste le moins bien identifié.
Le déficit se creuse avec un délai propre et une persistance confirmée par le test de
surrogacité (section 5.3 du document).
L’IPC suit un signal directionnel cohérent, sans significativité statistique.
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5.1 Séquencement de la réponse
1
Défendre la liquidité durant les 90 premiers jours – préserver la confiance, réduire le
risque de ruée.
2
Plafonner le surajustement du change – éviter un ajustement désordonné.
3
Protéger l’ancrage budgétaire – canal le mieux identifié et le plus persistant.
4
Préparer en amont un filet de sécurité financier externe – notamment via les
facilités du FMI afin de disposer de ressources mobilisables en cas de forte contraction des
transferts
5
Reconstituer les réserves une fois la stabilisation acquise.
Priorité opérationnelle
Agir dès les premiers mois : la fenêtre de décision pertinente est le premier trimestre suivant le
choc.
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5.2 Suivi et intégration dans les exercices de résilience
Les chocs de transferts augmentent la demande de devises et peuvent accélérer l’érosion
des réserves si la BRH intervient.
Ils justifient l’intégration de scénarios migratoires dans :
les prévisions macrofinancières ;
les exercices de stress test externe ;
la surveillance de la balance des paiements.
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5.3 Le canal budgétaire : une priorité de crédibilité
La perte de recettes fiscales contraint directement les options de financement du
gouvernement.
Une monétisation du déficit affaiblirait la monnaie et compromettrait l’ancrage nominal.
Orientation
Éviter le financement monétaire du déficit et préserver la crédibilité budgétaire, plutôt que de
concentrer toute la réponse sur la seule défense du taux de change.
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Conclusion
Un choc de transferts, même modéré, a des effets mesurables et multi-canaux sur
l’économie haïtienne.
Le canal budgétaire – le mieux identifié et le plus persistant – doit être au cœur de la
réponse de politique économique.
L’horizon de décision pertinent est le premier trimestre suivant le choc.
Une réponse coordonnée s’impose : liquidité, défense mesurée des réserves, crédibilité
budgétaire, financement externe préarrangé.
Le TPS reste une source potentielle de risque sur les transferts, plutôt qu’un choc
causal directement identifié : la prudence s’impose autant sur l’ampleur que sur le
calendrier de matérialisation.
Message final
Pour Haïti, un durcissement du TPS peut, via les transferts, devenir un choc de taux de
change, de réserves et de stabilité budgétaire – mais rien ne garantit que la transmission soit
automatique ni immédiate.
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Fin
Merci.
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A1 — Une lecture néo-keynésienne du choc
Bloc canonique
xt = Et xt+1 − σ1 (it − Et πt+1 − rtn ) + χ τt
πt = β Et πt+1 + κ xt + λ qt
it = ϕπ πt + ϕx xt + ϕq qt
τt : choc de transferts (négatif en cas de baisse) ; qt : taux de change réel, avec
qt ≈ −ψ τt .
Le choc agit comme un choc de demande négatif (χτt ) tout en alimentant l’inflation
importée (λqt ) – configuration stagflationniste.
Cadre à la Galí et Monacelli (2005), utilisé ici pour l’intuition, pas pour l’estimation.
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A2 — Fonctions de réponse détaillées
h
0
5
8
11
14
23
Change (log)
τ̂h
t
-0,006
-0,163
-0,133
-0,131
-0,067
-0,026
-0,46
-2,11*
-2,28*
-1,91
-1,36
-0,56
Réserves (arcsinh)
τ̂h
t
+0,240
+0,950
+0,024
+0,447
+0,279
-1,559
+0,54
+1,66
+0,05
+0,49
+0,31
-1,90
Déficit (kHTG)
τ̂h
t
-0,879
-1,962
+0,204
+3,219
+6,189
-0,526
-0,69
-1,61
+0,18
+2,38*
+3,88*
-0,31
IPC (log)
τ̂h
t
-0,000
-0,013
-0,018
-0,041
-0,052
-0,039
-0,02
-0,59
-0,55
-1,07
-1,06
-0,51
* significatif à 5%. Réponse à une surprise positive de +1 sur εt ; le signe attendu pour un choc négatif est
l’opposé. Erreurs-types de Newey-West, troncature = h.
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A3 — Test de robustesse : la surrogacité
Barnichon et al. (2026) : la réponse de court terme résume-t-elle l’essentiel de la
trajectoire à deux ans ?
Appliqué aux trois canaux macrofinanciers ; l’IPC, ajouté comme quatrième variable de
réponse, n’est pas soumis à ce test.
Variable
Taux de change
Réserves nettes
Déficit public
Rejets (s = 6)
|t| max
Lecture
0/18
1/18
5/18
1,24
2,07
4,59
Condition acceptée
Acceptée, pour l’essentiel
Rejetée à plusieurs horizons
Message clé
Le canal budgétaire est déjà le mieux identifié – il est aussi celui dont l’effet se déploie le plus
loin dans le temps. Les deux résultats se renforcent mutuellement.
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A4 — Instrument narratif : la chronologie du TPS
Date
Événement
2010-01
2017-05
2017-11
2019-04
2021-08
2025-02
2025-07
Désignation initiale du TPS pour Haïti (post-séisme)
Kelly n’accorde que 6 mois au lieu de 18
Duke annonce la terminaison du TPS
Le juge Kuntz bloque la terminaison
Biden/Mayorkas redésigne pour 18 mois
Noem annonce l’écourtement à août 2025
Avis officiel de terminaison, effectif le 2 sept. 2025
Signe
+2
-1
-2
+1
+2
-2
-2
13 décisions recensées entre janvier 2010 et septembre 2025 (liste complète abrégée
ci-dessus).
Seulement 2 véritables épisodes de durcissement majeur : novembre 2017 et
février–septembre 2025.
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A5 — Force de l’instrument narratif
Fenêtre de cumul
1 mois
3 mois
6 mois
12 mois
Coefficient
Statistique F
+0,0122
-0,0037
-0,0141
-0,0074
0,19
0,05
1,47
0,72
Diagnostic
La statistique F ne dépasse jamais 1,5, très en deçà du seuil conventionnel de robustesse de
10 (Staiger et Stock, 1997) : l’instrument narratif est trop faible pour être retenu comme
identification principale.
L’identification par l’innovation autorégressive εt (section 2.3) reste donc la stratégie
retenue.
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A6 — Une extension non retenue : prior hiérarchique par panel
Idée : emprunter de la force statistique à un panel de pays comparables par leur
dépendance aux transferts (Salvador, Honduras, Guatemala, Jamaïque, Mexique).
Objectif : ancrer les élasticités transferts → change, transferts → réserves, transferts →
déficit sur une base plus large que l’échantillon haïtien seul.
Pourquoi ce n’est pas mis en œuvre
Le solde budgétaire mensuel est rarement publié pour ces pays comparables – une mise en
œuvre complète laisserait le canal budgétaire, pourtant le mieux identifié ici, sans bénéfice
comparable.
Piste : accès institutionnel direct de la BRH aux bases de données du FMI (IFS).
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A7 — Construction des scénarios : détail technique
Convolution causale
min(h,6)
d =
dev
h
X
ek τ̂h−k+1
k=1
Choc cumulé de s% atteint progressivement sur 6 mois puis stabilisé → séquence de
surprises mensuelles e1 , . . . , e6 .
Référence fixée aux derniers niveaux observés (change : 130,64 ; réserves nettes :
1 342,75 ; déficit : -18 641,84 HTG ; transferts : 376,21), maintenus constants.
L’échantillon se termine à des extrêmes historiques (réserves proches d’un sommet, déficit
proche d’un creux) – d’où le choix d’une référence plate plutôt qu’une projection
inconditionnelle.
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A8 — Écarts à la référence, les cinq variables
Écart à la référence, taux de change
Écart à la référence, réserves nettes
-10%
-20%
-30%
6
-10%
-20%
-30%
400
250
0
250
0
2
500
200
750
0
8
40
6
60
-10
27
20
-07
27
20
-04
27
20
-01
27
20
-10
26
20
-07
26
20
-04
26
20
-01
26
20
-10
25
20
-10
-07
27
20
-04
27
20
-01
27
20
-10
27
20
-07
26
20
-04
26
20
-01
Écart à la référence, IPC (inflation)
10
20
26
26
20
Écart à la référence, transferts
20
25
20
-10
27
20
-10
27
20
-07
27
20
-04
27
20
-01
26
20
-10
26
20
-07
26
20
-04
26
20
-01
25
20
-10
1000
0
-10%
-20%
-30%
4
80
2
-10%
-20%
-30%
-07
-10
27
27
20
-04
27
20
-01
27
20
-10
26
20
-07
26
20
-04
26
20
-01
26
20
-10
25
20
-10
27
20
-07
27
20
-04
27
20
-01
27
20
-10
20
-07
26
20
26
20
-04
26
20
-01
26
20
-10
0
25
100
20
-10%
-20%
-30%
500
200
4
Écart à la référence, déficit public
750
Trajectoires d’écart à la référence pour les cinq variables – dont les transferts (trajectoire imposée, non estimée)
et l’IPC – pour les trois scénarios de choc (-10%, -20%, -30%).
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A9 — Tests de stationnarité (nouveaux tests économétriques)
ADF, KPSS et Phillips-Perron sur les niveaux et premières différences des cinq séries.
Pour les quatre séries du corps du texte : diagnostic cohérent entre les trois tests – aucune ne
rejette la racine unitaire en niveau, toutes rejettent nettement la racine unitaire en première
différence.
Pour l’IPC : diagnostic mixte en première différence – l’ADF ne rejette pas la racine unitaire
(p = 0,26) alors que le PP la rejette nettement et que le KPSS rejette la stationnarité.
Implication
Cette ambiguïté invite à traiter avec prudence les résultats mobilisant l’IPC (sections 4.5 et 4.6), en
particulier au-delà d’un horizon de quelques mois.
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A10 — Sélection du nombre de retards
Critère
Système à 4 var.
Système à 5 var. (avec IPC)
AIC
BIC
HQIC
FPE
16
2
12
16
17
2
12
17
Retenu (justification économique)
6
Les quatre critères d’information ne convergent pas vers un ordre commun (2 à 17 mois
selon le critère).
P = 6 retenu pour des raisons institutionnelles – cycle budgétaire trimestriel et délai
plausible de transmission – plutôt que par optimisation statistique pure.
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