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Chocs de transferts et vulnérabilité macrofinancière en Haïti : les risques liés au TPS

Chocs de transferts et vulnérabilité macrofinancière en Haïti : les risques liés au TPS

Banque de la République d'Haïti (BRH) • 2026-09 • 38 pages
Résumé — Présentation de la Direction de la recherche en économie et finance (DREF) de la BRH au Mercredi de réflexion de la BID, le 23 septembre 2026. Elle estime l'effet d'une baisse des transferts sur le taux de change, les réserves nettes, le déficit public et les prix, et traite la fin du Temporary Protected Status (TPS) aux États-Unis comme un facteur de risque pour les transferts, et non comme un choc automatique.
Constats Clés
Description Complète

Les diapositives s'ouvrent sur l'exposition : les transferts privés représentent environ 16 % du PIB haïtien dans l'introduction et 19,1 % selon un indicateur de la Banque mondiale (moyenne mobile sur trois ans), soit 3,3 fois la moyenne de l'Amérique latine et de la Caraïbe (5,8 %), et les migrants haïtiens aux États-Unis sont à l'origine d'environ 80 % des transferts reçus. Les auteurs présentent le TPS comme un facteur de risque et non comme un déterminant direct, car les migrants peuvent absorber un durcissement par l'épargne, un autre emploi ou une recomposition des envois, et l'identification repose sur les innovations des transferts, non sur les dates des décisions relatives au TPS. Une transposition mécanique de la baisse d'environ 17 % des transferts mexicains en 2008-2009 est montrée à titre d'illustration seulement, et non comme une prévision.

Le modèle utilise 252 observations mensuelles d'octobre 2004 à septembre 2025 sur les transferts, le taux de change, les réserves nettes, le déficit public et l'indice des prix à la consommation, avec des projections locales. Une baisse des transferts de 10 %, 20 % et 30 % donne, à l'horizon de 24 mois, une dépréciation du taux de change de 0,78 %, 1,65 % et 2,66 % et un recul des réserves nettes de 1,95 %, 3,97 % et 6,03 %. Le déficit se creuse et les prix augmentent de 0,29 %, 0,61 % et 0,97 %, mais la réponse des prix n'est pas statistiquement distincte de zéro. Les auteurs jugent le canal budgétaire le mieux identifié et le plus persistant, l'effet sur le change net entre le cinquième et le treizième mois environ, et le canal des réserves le moins bien identifié. Ils recommandent de défendre la liquidité durant les 90 premiers jours, de plafonner le surajustement du change, de protéger l'ancrage budgétaire, de préparer un financement externe, notamment par les facilités du FMI, d'éviter le financement monétaire du déficit et de reconstituer les réserves ensuite.

Secteurs
Géographie
Période Couverte
2004-10-01 — 2026-09-23
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Chocs de transferts et vulnérabilité macrofinancière en Haïti: les risques liés au TPS? Kensley Blaise, Jean Marie Cayemitte & Jean Gardy Victor Direction Recherche en Economie et Finance (DREF) Banque de la République d’Haïti (BRH) Mercredi de Réflexion de la BID Nouvelles dynamiques migratoires : quelles conséquences sur les transferts privés et l’économie haïtienne ? 23 septembre 2026 DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 1 / 38 Plan de la présentation 1 Introduction 2 Contexte du TPS et nature du choc 3 Données et cadre empirique 4 Méthodologie empirique 5 Résultats empiriques 6 Implications de politique économique 7 Conclusion 8 Appendice DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 2 / 38 Introduction Les transferts privés de la diaspora représentent environ 16% du PIB haïtien et financent une large part de la consommation des ménages Le durcissement du Temporary Protected Status (TPS) accordé par les États-Unis constitue un facteur de risque direct sur ces flux Un choc migratoire devient macro-financier via le canal des transferts Question Dans quelle mesure une baisse inattendue des transferts affecte-t-elle la stabilité macrofinancière d’Haïti, et par quels canaux ? Approche de l’étude : Analyse du contexte migratoire et institutionnel (TPS) Identification statistique d’un choc de transferts Modélisation empirique des effets macrofinanciers (projections locales) Construction de scénarios de baisse des transferts Point de méthode : le TPS constitue un facteur de risque potentiel sur les transferts, et non un choc automatiquement transmis – les migrants disposent de plusieurs marges d’absorption (section 1.4). DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 3 / 38 1.1 Mieux comprendre les effets macro-financiers d’un choc sur les transferts Dans une économie à faible capacité d’ajustement domestique, les transferts jouent un rôle de pilier macroéconomique. Ils alimentent simultanément : la consommation privée et le revenu des ménages ; le marché des changes, en tant qu’entrée de devises ; indirectement, les recettes fiscales liées à la demande intérieure. Une variation importante de ces flux dépasse donc le seul revenu des ménages. Message clé Un choc sur les transferts n’est pas seulement un choc de revenu : c’est potentiellement un choc de change, de réserves et de finances publiques. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 4 / 38 1.2 Le TPS : un facteur de risque sur les transferts Reports judiciaires Renouvellements 2010 2017 2026 Désignation Annonce Réduction puis TPS de terminaison terminaison Une forte dépendance aux transferts en provenance des États-Unis Malgré 11 renouvellements depuis 2010, les épisodes de durcissement de 2017 et 2025 demeurent préoccupants : Les migrants haïtiens aux États-Unis sont à l’origine d’environ 80% des transferts reçus par Haïti. Toute réduction durable de leur capacité à travailler ou à résider légalement aux États-Unis pourrait donc avoir des répercussions macroéconomiques significatives. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 5 / 38 1.3 Une exposition macroéconomique particulièrement élevée Dépendance aux transferts : Haïti dans une catégorie à part Moyenne ALC (n=37 pays) : 5.8 % 26.2 % Honduras 25.2 % El Salvador 20.7 % Nicaragua Jamaïque 19.9 % Haïti 19.1 % Guatemala 18.7 % Mexique 0% Haïti reçoit 3.3x la moyenne ALC 4.0 % 5% Source : Banque mondiale WDI (BX.TRF.PWKR.DT.GD.ZS) | MA 3 ans Moyenne régionale calculée sur 37 pays ALC (Haïti inclus) 10 % 15 % 20 % Envois de fonds reçus (% du PIB), moyenne mobile 3 ans 25 % 30 %
Une forte exposition au risque Les transferts représentent en moyenne 19% du PIB , soit 3,3 fois la moyenne régionale, ce qui rend l’économie haïtienne particulièrement vulnérable à une baisse de ces flux. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 6 / 38 1.4 Du TPS au choc de transferts : une chaîne non automatique Durcissement du TPS Statut de séjour et emploi Revenu disponible des migrants Capacité de transfert Transferts vers Haïti Facteurs d’atténuation : épargne, emploi alternatif, maintien des envois ou recomposition des transferts À chaque maillon de cette chaîne, les migrants cherchent, et trouvent souvent, des mécanismes d’absorption – épargne, emploi alternatif, recomposition des envois – qui réduisent l’impact effectif sur les transferts : la transmission n’est ni instantanée ni proportionnelle. Le durcissement du TPS ne se traduit donc pas nécessairement en choc de transferts : c’est un facteur de risque potentiel, et non un déterminant direct des transferts. Précision méthodologique Le TPS motive les scénarios, mais l’identification économétrique repose sur les innovations des transferts, et non sur la chronologie des décisions migratoires. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 7 / 38 1.5 Un précédent international : le Mexique après la récession américaine Précédent : impact de la récession US 2008-2009 sur les transferts mexicains A. Mexique : choc des transferts 2008-2009 B. Mexique : taux de croissance des transferts Récession US 50% 40% 50 40 Reprise 2016 (9 ans) Sommet : 27.5 G$ 30 Croissance annuelle (%) Transferts (milliards $ US) 60 Creux : 22.8 G$ (-17 %) 20 30% 20% 10% 0% -10% 10 2000 2005 2010 Année 2015 2020 2000 2005 -15.5% 2010 Année 2015 2020 Chute des transferts : 27,5 à 22,8 milliards USD entre 2007 et 2010 (-17,3%), retour au niveau pré-crise après 9 ans. Une comparaison à interpréter avec prudence : la nature du choc diffère – contraction mexicaine cyclique (récession américaine) contre révocation du TPS institutionnelle, largement indépendante du cycle américain, sur fond de degrés d’intégration aux chaînes d’approvisionnement mondiales très différents. Ce précédent est donc davantage un ordre de grandeur historique qu’un véritable contrefactuel pour Haïti. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 8 / 38 1.6 Trois canaux de transmission domestique Baisse des transferts Taux de change Entrées de devises ⇒ Pression à la dépréciation (Krugman, 1979 ; Dornbusch, 1976) Réserves internationales Si la BRH amortit la Finances publiques Revenu ↓ ⇒ consom- dépréciation ⇒ Ponc- mation ↓ ⇒ Recettes tion sur les réserves fiscales ↓ ⇒ déficit ↑ Des canaux interdépendants La dépréciation renchérit les importations, la perte de réserves réduit la capacité future d’intervention et la détérioration budgétaire accroît les besoins de financement. Ces effets peuvent se renforcer et produire une dynamique cumulative de second tour. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 9 / 38 1.7 Un scénario naïf : transposer le précédent mexicain à Haïti Impact révocation TPS (juillet 2026) : précédent récession US 2008-2009 (Sources : BRH + FMI WEO avril 2026) A. Haïti : projection du choc des transferts Transferts (milliards $ US) 4.0 2.5 Historique (BRH) Scénario TPS (patron Mexique 2009) 3.5 3.0 2.5 2.0 Décision TPS juillet 2026 1.5 Impact PIB (points de pourcentage) 4.5 B. Amplification macro : même choc, impact différent -1.9pp PIB 2.0 5x amplification 1.5 1.0 0.5 1.0 -0.4pp PIB Transferts/PIB = 11 % Transferts/PIB = 2.3 % 2000 2005 2010 2015 Année 2020 2025 2030 0.0 Sources : BRH (transferts) | FMI WEO avril 2026 (PIB) | Choc : patron Mexique 2009 Mexique (2009 réel) Haïti (TPS scénario)
Une illustration du risque, et non une prévision La transposition mécanique du précédent mexicain suggère qu’une baisse d’environ 17% des transferts pourrait produire un effet macroéconomique beaucoup plus important en Haïti, compte tenu du poids élevé de ces flux dans le PIB. Cet exercice ne provient pas de notre modèle économétrique (sections 2–4) : c’est une transposition mécanique à titre illustratif, à lire avec la même prudence que la comparaison précédente – la nature institutionnelle, plutôt que cyclique, du choc TPS limite sa valeur prédictive pour Haïti. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 10 / 38 1.8 Un risque potentiellement plus persistant pour Haïti Persistance du choc : le Mexique a récupéré en 5 ans ; Haïti prendrait plus longtemps 100 Transferts (indice, pré-choc = 100) Niveau pré-choc (100) 95 90 85 Creux projeté Haïti : 78 (t+3) 80 Mexique (réel 2008-2009) Haïti (historique BRH) Haïti (projection, choc TPS) Choc (t=0) 75 Sources : BRH (transferts Haïti) | Banque mondiale WDI (Mexique) Projection Haïti = patron Mexique avec récupération 30 % plus lente (pas de relance ALÉNA, réinsertion marché du travail US plus difficile) 4 2 0 2 4 Creux Mexique : Années depuis le choc (t=0 = juillet 2026) 72 (t+-3) 6 8 Le caractère institutionnel du choc pourrait ralentir la reprise Contrairement à la récession américaine, qui constituait principalement un choc cyclique, la révocation du TPS serait un choc institutionnel potentiellement plus durable. Le retour des transferts à leur niveau initial pourrait donc être plus lent – à lire comme un ordre de grandeur illustratif, construit sur l’hypothèse d’une récupération 30% plus lente qu’au Mexique, et non comme une prévision chiffrée. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 11 / 38 2.1 Les données 252 observations mensuelles, octobre 2004 – septembre 2025. Cinq séries : transferts, taux de change, réserves nettes, déficit public et IPC. Variable Moyenne Médiane Écart-type Asymétrie Aplatissement Transferts Taux de change Réserves nettes Déficit public IPC (indice) 166,73 67,77 569,47 -1 462,50 130,06 132,49 47,20 645,49 -588,34 72,23 96,41 34,46 371,68 3 414,56 121,34 0,79 0,99 -0,05 -1,45 1,88 -0,52 -0,43 -1,21 4,95 2,61 Source : BRH. Le taux de change, les transferts et l’IPC entrent en logarithme, les réserves nettes en sinus hyperbolique inverse, le déficit en niveau (milliers HTG). L’IPC est ajouté comme cinquième série, en réponse aux remarques formulées lors de la relecture interne et de la présentation des Vendredis de la BRH (28 août 2026). DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 12 / 38 2.2 — Séries temporelles Déficit public -01 -01 24 20 20 20 -01 16 -01 04 20 -01 -01 24 20 20 IPC 10 6.0 5 5.5 0 08 12 16 20 24 20 20 20 20 20 -01 04 20 -01 24 20 -01 20 20 -01 16 20 -01 12 20 -01 08 20 -01 04 20 -01 3.5 -01 4.0 20 -01 4.5 15 -01 5.0 5 10 -01 20 -01 -01 16 20 -01 12 20 -01 08 20 04 20 -01 -01 24 20 20 20 -01 -01 16 20 -01 12 20 08 20 20 04 -01 3.50 -01 3.75 12 4.00 4.0 -01 4.25 4.5 20 4.50 5.0 08 4.75 5.5 Réserves nettes 8 6 4 2 0 2 4 6 20 Taux de change 5.00 20 Transferts 6.0 Source : BRH. Transferts, taux de change, IPC (log) et réserves nettes (arcsinh), déficit public (milliers HTG), données mensuelles 2004–2025. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 13 / 38 2.3 Identification du choc de transferts Innovation autorégressive εt (erreur) = ∆ log(remt ) − 6 X ρ̂j ∆ log(remt−j ) j=1
εt : résidu d’un AR(6) sur la croissance mensuelle des transferts – la part non prévisible à partir de leur propre dynamique récente. Fenêtre de 6 mois : capte le cycle budgétaire trimestriel et une partie de la saisonnalité des envois. Traitement en bloc exogène (Cushman-Zha) : la décision américaine sur le TPS est indépendante des conditions macroéconomiques haïtiennes. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 14 / 38 3. Approche empirique Objectif : mesurer l’effet dynamique d’un choc de transferts sur les variables macrofinancières haïtiennes. Méthode : projections locales à la Jordà. Erreurs-types : Newey-West, troncature = h (horizons chevauchants). Spécification simplifiée wt+h − wt−1 = τh εt + Γh Xt−1 + ηt+h wt+h : taux de change, réserves nettes, déficit public ou IPC ; εt : choc de transferts identifié (section 2.3) ; horizon : 0 à 23 mois. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 15 / 38 4.1 Résultat principal : le canal budgétaire domine Après un choc de transferts, les trois canaux macrofinanciers réagissent dans le sens attendu : dépréciation, perte de réserves, creusement du déficit. Le canal budgétaire se distingue par la meilleure identification statistique et par sa persistance. L’IPC, ajouté comme quatrième variable de réponse, affiche un signal directionnel cohérent avec la théorie (inflation importée) mais non significatif (section 4.5). Interprétation La baisse du revenu des ménages comprime la consommation et les recettes fiscales ; cet effet se déploie avec un délai propre et ne se résume pas à sa dynamique de court terme. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 16 / 38 4.2 Réponses macrofinancières au choc de transferts Fonctions de réponse par projections locales à une innovation négative unitaire de t Transferts 0.0 Taux de change 0.2 0.4 0.6 0.8 Réponse centrée 1.0 0 5 10 15 Horizon (mois) 20 Déficit public 6 4 2 0 2 4 6 8 0.30 0.25 0.20 0.15 0.10 0.05 0.00 0.05 0.10 Réponse centrée Intervalle à 90% 0 5 10 15 Horizon (mois) 20 Réserves nettes 3 2 1 0 1 2 3 4 Réponse centrée Intervalle à 90% 0 5 10 15 Horizon (mois) 20 IPC 0.20 Réponse centrée Intervalle à 90% 0.15 0.10 0.05 0.00 0.05 Réponse centrée Intervalle à 90% 0 5 10 15 Horizon (mois) 20 0.10 0 5 10 15 Horizon (mois) 20 Notes : Projections locales, innovation négative unitaire de εt (baisse des transferts), horizon 24 mois, bandes de confiance à 90% (le cadran des transferts n’en comporte pas – réponse exacte du processus AR sous-jacent). DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 17 / 38 4.3 Le canal du taux de change : significatif mais modéré La réponse du change devient statistiquement nette entre le 5e et le 13e mois environ, plutôt que dès le premier trimestre. Ce délai laisse une fenêtre d’observation aux autorités avant que la pression ne devienne la plus vive. Lecture économique La dynamique du change est progressive, pas instantanée – elle offre un espace d’action à la BRH avant le pic de pression. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 18 / 38 4.4 Le canal des réserves : le moins bien identifié L’intervalle de confiance à 90% n’exclut zéro qu’à quelques mois isolés sur l’ensemble des horizons testés. L’intensité de ce canal dépend fortement du comportement effectif de la BRH (arbitrage flexibilité du change / mobilisation des réserves). Prudence de lecture L’ampleur statistiquement établie de la pression sur les réserves reste, à ce stade de l’identification, plus incertaine que celle sur le change ou le budget. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 19 / 38
4.5 L’IPC : un signal directionnel, non significatif Réponse centrale positive à l’ensemble des vingt-quatre horizons – cohérente en signe avec le mécanisme d’inflation importée (dépréciation ⇒ renchérissement des biens échangeables). Ampleur croissante jusqu’à un maximum de 0,066 point de log vers le vingtième mois. Aucun coefficient n’est statistiquement distinguable de zéro : |t| < 1,2 à tous les horizons rapportés. Lecture Un signal qualitativement cohérent avec la théorie, mais qui n’est pas assez précisément estimé pour justifier, à lui seul, un arbitrage de politique monétaire ; il renforce plutôt l’argument en faveur d’une défense précoce du change. Les tests de stationnarité (annexe A9) invitent en outre à une lecture prudente au-delà des premiers mois. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 20 / 38 4.6 Résultats chiffrés des scénarios Scénario ∆ change ∆ réserves ∆ déficit ∆ IPC −10% −20% −30% +0,78% +1,65% +2,66% -1,95% -3,97% -6,03% -36,8 HTG -78,1 HTG -124,9 HTG +0,29% +0,61% +0,97% Écart moyen à la référence, horizon de 24 mois. Dépréciation positive ; réserves négatives = déplétion ; déficit négatif = élargissement ; IPC positif = inflation par rapport à la référence (signal non significatif, cf. 4.5). Effet quasi-linéaire dans l’ampleur du choc – pas de rupture de régime imposée artificiellement. Magnitudes plus modérées qu’un calibrage libre ne le suggérerait : une identification resserrée produit des effets plus conservateurs, mais plus défendables. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 21 / 38 4.7 — Prévisions par scénario Prévisions par projections locales 26 26 27 27 27 27 20 20 20 20 20 20 -10 26 20 -07 26 -04 25 20 -10 20 -07 27 20 -04 27 20 -01 27 20 -10 26 20 27 26 20 20 26 20 26 25 20 Déficit public 17500 20 27 20 -10 27 20 -10 27 20 -07 27 20 -04 26 20 -01 26 20 -10 26 20 -07 26 20 -04 25 20 -01 130 -10 132 260 -07 134 280 -01 136 -04 300 -01 -10% -20% -30% Référence 320 -10 138 340 Réserves nettes 2200 2000 1800 1600 1400 1200 1000 -07 Intervalle à 90 % (-30 %) -04 Taux de change 140 360 -01 380 -10 Transferts IPC (inflation) 575 18000 570 18500 27 20 -10 27 20 -07 27 20 -04 27 20 -01 26 20 -10 26 20 -07 26 20 -04 26 -10 25 27 20 20 27 20 -10 27 20 20 27 20 -07 26 20 -04 26 20 -01 26 20 -10 26 20 -07 25 20 -04 555 -01 560 20000 -10 19500 -01 565 19000 Notes : référence à niveaux constants et trois scénarios de choc (-10%, -20%, -30%), cinq variables dont l’IPC. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 22 / 38 4.8 Synthèse des résultats Résultat central Même un choc modéré de transferts a un effet mesurable sur l’économie haïtienne, et le canal budgétaire – pas seulement le change – doit être au cœur de la lecture du risque. La dépréciation se construit progressivement (pic vers le dixième mois). Les réserves reculent, mais ce canal reste le moins bien identifié. Le déficit se creuse avec un délai propre et une persistance confirmée par le test de surrogacité (section 5.3 du document). L’IPC suit un signal directionnel cohérent, sans significativité statistique. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 23 / 38 5.1 Séquencement de la réponse 1 Défendre la liquidité durant les 90 premiers jours – préserver la confiance, réduire le risque de ruée. 2 Plafonner le surajustement du change – éviter un ajustement désordonné. 3 Protéger l’ancrage budgétaire – canal le mieux identifié et le plus persistant. 4 Préparer en amont un filet de sécurité financier externe – notamment via les facilités du FMI afin de disposer de ressources mobilisables en cas de forte contraction des transferts 5 Reconstituer les réserves une fois la stabilisation acquise.
Priorité opérationnelle Agir dès les premiers mois : la fenêtre de décision pertinente est le premier trimestre suivant le choc. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 24 / 38 5.2 Suivi et intégration dans les exercices de résilience Les chocs de transferts augmentent la demande de devises et peuvent accélérer l’érosion des réserves si la BRH intervient. Ils justifient l’intégration de scénarios migratoires dans : les prévisions macrofinancières ; les exercices de stress test externe ; la surveillance de la balance des paiements. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 25 / 38 5.3 Le canal budgétaire : une priorité de crédibilité La perte de recettes fiscales contraint directement les options de financement du gouvernement. Une monétisation du déficit affaiblirait la monnaie et compromettrait l’ancrage nominal. Orientation Éviter le financement monétaire du déficit et préserver la crédibilité budgétaire, plutôt que de concentrer toute la réponse sur la seule défense du taux de change. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 26 / 38 Conclusion Un choc de transferts, même modéré, a des effets mesurables et multi-canaux sur l’économie haïtienne. Le canal budgétaire – le mieux identifié et le plus persistant – doit être au cœur de la réponse de politique économique. L’horizon de décision pertinent est le premier trimestre suivant le choc. Une réponse coordonnée s’impose : liquidité, défense mesurée des réserves, crédibilité budgétaire, financement externe préarrangé. Le TPS reste une source potentielle de risque sur les transferts, plutôt qu’un choc causal directement identifié : la prudence s’impose autant sur l’ampleur que sur le calendrier de matérialisation. Message final Pour Haïti, un durcissement du TPS peut, via les transferts, devenir un choc de taux de change, de réserves et de stabilité budgétaire – mais rien ne garantit que la transmission soit automatique ni immédiate. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 27 / 38 Fin Merci. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 28 / 38 A1 — Une lecture néo-keynésienne du choc Bloc canonique xt = Et xt+1 − σ1 (it − Et πt+1 − rtn ) + χ τt πt = β Et πt+1 + κ xt + λ qt it = ϕπ πt + ϕx xt + ϕq qt τt : choc de transferts (négatif en cas de baisse) ; qt : taux de change réel, avec qt ≈ −ψ τt . Le choc agit comme un choc de demande négatif (χτt ) tout en alimentant l’inflation importée (λqt ) – configuration stagflationniste. Cadre à la Galí et Monacelli (2005), utilisé ici pour l’intuition, pas pour l’estimation. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 29 / 38 A2 — Fonctions de réponse détaillées h 0 5 8 11 14 23 Change (log) τ̂h t -0,006 -0,163 -0,133 -0,131 -0,067 -0,026 -0,46 -2,11* -2,28* -1,91 -1,36 -0,56 Réserves (arcsinh) τ̂h t +0,240 +0,950 +0,024 +0,447 +0,279 -1,559 +0,54 +1,66 +0,05 +0,49 +0,31 -1,90 Déficit (kHTG) τ̂h t -0,879 -1,962 +0,204 +3,219 +6,189 -0,526 -0,69 -1,61 +0,18 +2,38* +3,88* -0,31 IPC (log) τ̂h t -0,000 -0,013 -0,018 -0,041 -0,052 -0,039 -0,02 -0,59 -0,55 -1,07 -1,06 -0,51 * significatif à 5%. Réponse à une surprise positive de +1 sur εt ; le signe attendu pour un choc négatif est l’opposé. Erreurs-types de Newey-West, troncature = h. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 30 / 38 A3 — Test de robustesse : la surrogacité Barnichon et al. (2026) : la réponse de court terme résume-t-elle l’essentiel de la trajectoire à deux ans ? Appliqué aux trois canaux macrofinanciers ; l’IPC, ajouté comme quatrième variable de réponse, n’est pas soumis à ce test. Variable Taux de change Réserves nettes Déficit public Rejets (s = 6) |t| max Lecture 0/18 1/18 5/18 1,24 2,07 4,59
Condition acceptée Acceptée, pour l’essentiel Rejetée à plusieurs horizons Message clé Le canal budgétaire est déjà le mieux identifié – il est aussi celui dont l’effet se déploie le plus loin dans le temps. Les deux résultats se renforcent mutuellement. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 31 / 38 A4 — Instrument narratif : la chronologie du TPS Date Événement 2010-01 2017-05 2017-11 2019-04 2021-08 2025-02 2025-07 Désignation initiale du TPS pour Haïti (post-séisme) Kelly n’accorde que 6 mois au lieu de 18 Duke annonce la terminaison du TPS Le juge Kuntz bloque la terminaison Biden/Mayorkas redésigne pour 18 mois Noem annonce l’écourtement à août 2025 Avis officiel de terminaison, effectif le 2 sept. 2025 Signe +2 -1 -2 +1 +2 -2 -2 13 décisions recensées entre janvier 2010 et septembre 2025 (liste complète abrégée ci-dessus). Seulement 2 véritables épisodes de durcissement majeur : novembre 2017 et février–septembre 2025. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 32 / 38 A5 — Force de l’instrument narratif Fenêtre de cumul 1 mois 3 mois 6 mois 12 mois Coefficient Statistique F +0,0122 -0,0037 -0,0141 -0,0074 0,19 0,05 1,47 0,72 Diagnostic La statistique F ne dépasse jamais 1,5, très en deçà du seuil conventionnel de robustesse de 10 (Staiger et Stock, 1997) : l’instrument narratif est trop faible pour être retenu comme identification principale. L’identification par l’innovation autorégressive εt (section 2.3) reste donc la stratégie retenue. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 33 / 38 A6 — Une extension non retenue : prior hiérarchique par panel Idée : emprunter de la force statistique à un panel de pays comparables par leur dépendance aux transferts (Salvador, Honduras, Guatemala, Jamaïque, Mexique). Objectif : ancrer les élasticités transferts → change, transferts → réserves, transferts → déficit sur une base plus large que l’échantillon haïtien seul. Pourquoi ce n’est pas mis en œuvre Le solde budgétaire mensuel est rarement publié pour ces pays comparables – une mise en œuvre complète laisserait le canal budgétaire, pourtant le mieux identifié ici, sans bénéfice comparable. Piste : accès institutionnel direct de la BRH aux bases de données du FMI (IFS). DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 34 / 38 A7 — Construction des scénarios : détail technique Convolution causale min(h,6) d = dev h X ek τ̂h−k+1 k=1 Choc cumulé de s% atteint progressivement sur 6 mois puis stabilisé → séquence de surprises mensuelles e1 , . . . , e6 . Référence fixée aux derniers niveaux observés (change : 130,64 ; réserves nettes : 1 342,75 ; déficit : -18 641,84 HTG ; transferts : 376,21), maintenus constants. L’échantillon se termine à des extrêmes historiques (réserves proches d’un sommet, déficit proche d’un creux) – d’où le choix d’une référence plate plutôt qu’une projection inconditionnelle. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 35 / 38 A8 — Écarts à la référence, les cinq variables Écart à la référence, taux de change Écart à la référence, réserves nettes -10% -20% -30% 6 -10% -20% -30% 400 250 0 250 0 2 500 200 750 0 8 40 6 60 -10 27 20 -07 27 20 -04 27 20 -01 27 20 -10 26 20 -07 26 20 -04 26 20 -01 26 20 -10 25 20 -10 -07 27 20 -04 27 20 -01 27 20 -10 27 20 -07 26 20 -04 26 20 -01 Écart à la référence, IPC (inflation) 10 20 26 26 20 Écart à la référence, transferts 20 25 20 -10 27 20 -10 27 20 -07 27 20 -04 27 20 -01 26 20 -10 26 20 -07 26 20 -04 26 20 -01 25 20 -10 1000 0 -10% -20% -30% 4 80 2 -10% -20% -30% -07 -10 27 27 20 -04 27 20 -01 27 20 -10 26 20 -07 26 20 -04 26 20 -01 26 20 -10 25 20 -10 27 20 -07 27 20 -04 27 20 -01 27 20 -10 20 -07 26 20
26 20 -04 26 20 -01 26 20 -10 0 25 100 20 -10% -20% -30% 500 200 4 Écart à la référence, déficit public 750 Trajectoires d’écart à la référence pour les cinq variables – dont les transferts (trajectoire imposée, non estimée) et l’IPC – pour les trois scénarios de choc (-10%, -20%, -30%). DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 36 / 38 A9 — Tests de stationnarité (nouveaux tests économétriques) ADF, KPSS et Phillips-Perron sur les niveaux et premières différences des cinq séries. Pour les quatre séries du corps du texte : diagnostic cohérent entre les trois tests – aucune ne rejette la racine unitaire en niveau, toutes rejettent nettement la racine unitaire en première différence. Pour l’IPC : diagnostic mixte en première différence – l’ADF ne rejette pas la racine unitaire (p = 0,26) alors que le PP la rejette nettement et que le KPSS rejette la stationnarité. Implication Cette ambiguïté invite à traiter avec prudence les résultats mobilisant l’IPC (sections 4.5 et 4.6), en particulier au-delà d’un horizon de quelques mois. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 37 / 38 A10 — Sélection du nombre de retards Critère Système à 4 var. Système à 5 var. (avec IPC) AIC BIC HQIC FPE 16 2 12 16 17 2 12 17 Retenu (justification économique) 6 Les quatre critères d’information ne convergent pas vers un ordre commun (2 à 17 mois selon le critère). P = 6 retenu pour des raisons institutionnelles – cycle budgétaire trimestriel et délai plausible de transmission – plutôt que par optimisation statistique pure. DREF/BRH Transferts, TPS et stabilité macrofinancière Mercredi de Réflexion de la BID 38 / 38

Comment citer

Banque de la République d'Haïti (BRH), 2026, Chocs de transferts et vulnérabilité macrofinancière en Haïti : les risques liés au TPS, https://www.brh.ht/publications/publications-speciales/

Titulaire des droits
Banque de la République d'Haïti (BRH)