Characterisation of the Coffee Value Chain in Haiti
Summary — ANDAH's characterisation of the Haitian coffee value chain, by Béhal Joseph, September 2007, funded by the European Commission. It sets out to present the chain in its entirety, covering every category of actor and the macroeconomic setting they work in.
Full Description
Produced by the Association Nationale des Agro-Professionnels Haïtiens with European Commission funding and dated September 2007, this report characterises the Haitian coffee chain as it then stood. Its preamble is explicit about method: rather than treating one segment, it attempts to present the chain in full, accounting for the whole set of actors and the macroeconomic framework within which they operate, and its proposals are framed to cover every category of participant in the coffee sector - producers, producer organisations, and the intermediaries and processors that follow them. Because it predates the INCAH diagnostic update of 2014 and the national coffee recovery plan of 2015 by several years, it is the baseline against which the deterioration those later documents record can be measured.
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Association Nationale Des Agro-Professionnels Haïtiens
(ANDAH)
Caractérisation de la filière du
café en Haïti
Béhal Joseph
Septembre 2007
Préambule
Le présent document constitue le rapport de la caractérisation de la filière du café en Haïti dans
ses états actuels. Elle est réalisée par l’ANDAH avec un financement de la Commission
Européenne. En réalisant cette étude, il y a un effort de présenter la filière dans son intégralité
en tenant compte de l’ensemble des acteurs et du cadre macro économique dans lequel ils
évoluent. Les propositions tiennent compte de l’ensemble des intervenants du secteur caféier en
Haïti. Il s’agit :
□ Des producteurs,
□ Des Organisations de producteurs,
□ Des Torréfacteurs,
□ Des Exportateurs,
□ Les ONG et Institution évoluant dans le secteur.
Ce travail a pu être accompli grâce aux focus groupes réalisés avec les producteurs de Thiotte, de
Cahos, de la région Nord, de Baptiste et de Beaumont. C’est aussi à l’aide des entrevus avec des
personnes suivantes qui ont fournies gracieusement des informations et/ou des documents. Ce
sont :
Mr. Homère Auguste membre de la FACN et président de l’Association de Cassanette à
Beaumont,
Mr. Joseph Renard Moncher Président de la FACN et Agr. Bellot à Marmelade,
Mr. Eddy Victor, Responsable de Contrôle de qualité a RECOCARNO,
Mr. Jean Marc Vital, Directeur de la FACN,
Mme Cassandre B. Jérôme, Membre du Conseil de Direction du PCH,
Mr. Julien Schwartz Responsable de Inter Aid à cahos,
Mme Yveline Leon et Mr David Lassale de COHIMRU dans la Grand Anse,
Mr. Julien Etienne, Coordonateur de l’Institut National du Café d’Haïti,
Mr. Douglas Wiener de la Maison Wiener,
Mr. Gilbert Gonzales de la Maison REBO
La relecture du texte par a été assurée par David Nicolas.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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SOMMAIRE
Résumé Exécutif……………………………………………………………...………………….……..7
I-
Introduction………………………………………….……………………………………….10
1.1 Contexte et justification………………………………….………………………………11
1.2 L’objectif poursuivi…………………………………………….………………………..12
1.3 La méthodologie adoptée………………………………………….……………………..12
II-
La production du café……………………………………………………….……………….14
2.1-Les zones de culture et les superficies……………………………………...……………17
2.2- Les variétés cultivées………………………………………………..…………………..19
2.3- Les rendements……………………………………………………………….…………19
2.4- La rentabilité de la production………………………………………………….……….20
2.5- Les contraintes à la production……………………………………………...…………..21
2.5.1- Contraintes techniques……………………………………………………….……22
2.5.2- Contraintes socio-économiques…………………………………………….……..23
2.6- Les retombées des contraintes……………………………………………………..……23.
2.6.1- Economiques……………………………………………………….…………….23
2.6.7- Environnementales………………………………………………….….…………24
III- Le secteur de la commercialisation………………………………………………………….…….24
3.1- Les coopératives, associations et réseaux d’organisations…………………………….…26
3.2- La rentabilité au niveau des associations, réseaux et coopératives…………………..….26
3.3- Le circuit informel de la commercialisation……..………………………………….…..27
3.4- Le Secteur de l’exportation …………………………………………………….………. 32
3.4.1- Rendement et la rentabilité au niveau de l’exportation traditionnelle………….………34
3.4.2-Le cadre légale de l’exportation………………………………………………….……..35
IV- Le secteur de la Torréfaction………………………………………………………..……….……36.
4.1- Le rendement et la rentabilité……………………………………………………………..….36
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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V- Les autres acteurs du secteur du café………………………………………….……………..……..38
5.1- Les ONG et les institutions non étatiques… ………...……………………………………..38
5.2- La coordination de la campagne de sensibilisation pour le café…………………………….39
5.3- L’INCAH…………………………………………………………...………………………..39
VI -Les Marchés et les Prix……………………………………………………………………….…….40
6.1- Le marché traditionnel……………………………………………………….……………….40
6.2- Le marché Equitable……………………………………………………….………………..42
6.3- Les marchés gourmets……………………………………………………………………….42
VII- La législation relative au secteur du café…………………………………………...………..……42
VIII- Conditions d’évolution du secteur caféier haïtien…………………………….………..…43
IX- La compétitivité économique du café Haïtien…………………………….…………………45
X- Eléments pour un cadre de politique nationale du café en Haïti …………………….……………47
XI- Conclusion…………………………………………………………………………………………50
Tableaux
1-- Production du café en Haïti 1996- 2006……………………………………………..…………….…14
2- Distribution des terres plantées en café et Superficies…………………………………………...……17
3- Carte des principales zones de café en Haïti…………………………….……………………... .18
4- Rendement à l’hectare selon les zones………………………….……….…………..………..19
5- Exemple de rentabilité sur un hectare de café à Thiotte ………………………….….……..………….21
6-Les Coopératives, Réseaux de coopératives, Associations et Fédération d’Associations et leurs
Zones d’action………………………………………………………………………….………..26
7- Carte de Répartition géographique des associations…………………………………………27
8- Quantité de marmites de cafés cerises collectée pour les coopératives et associations pour la
Campagne 2006-2007……………………………………………………………………………28
9- Prix de revient moyen d’une marmite de café dans les coopératives et associations…………..…....29
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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10-Rentabilité de la marmite du café pour un rendement de 60% au niveau des organisations…30
11- Volume officiel des exportations de café d’Haïti……………………………………………33
12- Utilisation de la production en Pourcentage…………………………………………………37
13- Les ONG et Institutions et leurs zones d’Intervention………………………………………38
14- Moyennes mensuelles des prix du café sur la Bourse de New York…………………….…..41
Graphes
1- Evolution de la production mondiale du café……………………….………………...…15
2- Evolution de la production du café en Haïti………………………………………..……15
3- Répartition des exportations officielles et informelles………………………………......34
4- Part des différentes utilisations de la production du café……………………………….37
Figure
1- Principaux circuits de la commercialisation du café en Haïti……………………………25
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Liste des Sigles
APCAB : Association des Planteurs de Café de Belle Anse,
BID : Banque Interaméricaine de Développement,
CAB : Coopérative Agro-Commerciale de Baptiste,
CACVA : Coopérative Agricole Caféière de Vachon
COHIMRU : Centre Œcuménique haïtien d’intervention en Milieu Rural et Urbain,
COOPACVOD : Coopérative des Producteur Agricole Vincent Ogé de Dondon,
COOPCAB : Coopérative des Planteurs de Café de L’Arrondissement de Belle Anse,
FACN : Fédération Nationale Des Associations Caféières Natives,
FLM : Fédération Luthérienne Mondiale,
FLO : Fair-trade Labelling Organisation
FMI : Fonds Monétaire International,
FOB : Free On Board
ICEF : Institut de Consultation, d’Evaluation et de Formation,
INCAH : Institut National du Café d’Haïti,
MARNDR : Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural,
MCI : Ministère du Commerce et de l’Industrie,
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique
OIC : Organisation International du Café,
OMC : Organisation Mondiale du Commerce,
PACCHA : Projet d’Appui à la Compétitivité du café d’Haïti,
PCH : Productive Coopérative Haïti,
RECOCARNO : Réseau des Coopératives caféières de la Région Nord,
UCOCAB : Union des Coopératives Caféières de Baptiste,
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Résumé Exécutif
La filière du café, en Haïti, est caractérisée par une baisse continue de la production. Cette chute
a été enclenchée depuis plus de 50 ans. Selon les estimations de l’OIC, pour l’année 2006 la
production d’Haïti est de 350 000 sacs de 60 kilos et représente environ 0,2% de la production
mondiale évaluée à 121, 157,930 sacs.
Avec plus de 65 % des familles munis de moins de 2 ha, le système de production correspond au
“jardin créole” caractéristique des agricultures paysannes d’Haïti, qui comprend plusieurs
associations et strates de cultures en plus du café : strate arborée d’ombrage, banane, igname,
mirliton, et autres cultures vivrières. Les investissements nécessaires à l’entretien du café et le
prix de vente mettent les planteurs face à une situation qui crée chez eux une ambivalence de
choix ; investir temps et moyens dans la culture du café ou dans d’autres cultures jugées plus
rentables. Dans la plupart des cas, le choix est porté sur les cultures vivrières.
La vieillesse des plantations, l’absence de fertilisation et d’entretien, les maladies et insecte, le
manque d’investissement, sont autant de facteurs qui contribuent à faire baisser les rendements.
L’attaque du scolyte du caféier réduit la valeur marchande tandis que les pourridiés détruisent
catégoriquement les plants attaqués.
La conséquence économique est le déclin des exportations et le manque de rentrée de devise
pour le pays entrainant
ainsi une érosion de l’économie nationale et familiale
et une
accentuation de la misère rurale.
La retombée sur l’environnement est la destruction de l’écosystème caféier en remplaçant le
café par les cultures sarclées (haricot, mais, légumes, tubercules, riz).
Concernant la commercialisation, les flux vont du producteur aux coopératives (café lavé) aux
spéculateurs, aux intermédiaires, aux revendeuses, aux torréfacteurs ou même directement au
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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marché de la République Dominicaine. Les destinations finales sont le marché international
traditionnel, les marchés internationaux des cafés spéciaux (Equitable et Gourmet), le marché de
la République Dominicaine et la consommation locale. Cette dernière passe par la torréfaction
industrielle, artisanale ou familiale.
Sur une production de 350000 sacs en 2006, la
consommation nationale est estimée à 64. 26 %. Les exportations officielles représente 7.13% et
le marché de la République Dominicaine 28.39%. Les recettes officielles d’exportations sont
passées de 25 300 000 dollars US en 1995 pour atteindre 4 684 801 dollars US en 2006.
Le marché traditionnel ou le prix est contrôlé par la bourse de New York oscille, actuellement,
entre 0.90 et 1.13 dollars. Le marché équitable, principale destination du café des coopératives,
avec 1.26 dollars US par livre, dont 0.05 centimes pour des investissements sociaux, n’a pas
permis de couvrir les frais où le prix de revient moyen de la marmite de café est de 44 gourdes.
Pour cela, les Organisations se sont mis à la recherche d’autres marchés plus payant ou font des
alliances avec la FACN pour pouvoir vendre des proportions de café répondant aux critères du
label Haitian blue.
Les faiblesses enregistrées au niveau de la filière se trouvent renforcé par la situation ou le
marché du café en Haïti est contrôlé par une compagnie dominicaine qui fait monter et descendre
les prix à volonté. L’achat du café avec un niveau de qualité très bas anéantisse les efforts pour
de la qualité qui se font au niveau des organisations et crée une rareté du produit pour les
torréfacteurs et exportateurs nationaux.
Quoiqu’insuffisant, des investissements sont déjà consentis dans la filière du café, à travers les
fonds STABEX, ONG et les organismes de coopération internationale. Ces investissements ne
rentrent pas dans le cadre d’une politique globale pour soutenir le secteur du café.
A l’heure des reformes économiques, Haïti a signé des accords de libéralisation économique
susceptible à empêcher l’état de s’engager dans la prise en charge des secteurs vitaux de
l’économie nationale. Toutefois par son importance pour l’environnement, la rentrée de devise et
la création d’emploi, le caféier demeure une culture stratégique pour le pays.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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L’ANDAH en tant qu’association d’Agro professionnel est encouragé à présenter un cadre de
politique avec des propositions d’actions de grandes envergures et engager un plaidoyer a côté
d’autres secteurs organisés et intéressés pour son acceptation et son application. Cette politique
doit tenir compte, globalement, de l’ensemble des acteurs de la filière. L’opérationnalité de
L’INCAH doit être à la base de cette politique en vue de le ramener à une dimension lui rendant
apte à exécuter une politique nationale du café.
Les grands axes de cette politique seraient les suivantes :
L’établissement d’un cadre légal pour la filière,
La production,
Le renforcement l’accompagnement des organisations paysannes,
Les infrastructures routières,
La protection de l’environnement,
Le financement du secteur,
la Recherche/Développement/ et Formation,
Le marketing,
L’amélioration de la compétitivité.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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I-
Introduction
En dépit du déclin sans cesse croissant de la caféiculture haïtienne, ce sous secteur de l’agriculture
demeure important, non seulement, pour l’économie nationale mais aussi pour un grand nombre de
producteurs, et autres acteurs à tels que les torréfacteurs, les exportateurs et tous les intermédiaires vivant
tout au long de la chaine. Les résultats des études les plus récentes s’accordent sur le fait que le café est
une source monétaire pour plus de 200 000 familles et fait circuler une somme estimée à près de 1000
000 000 de gourdes annuellement.
Sur le plan environnemental, le pourcentage de couverture boisée estimé en 2000 à 1,5%, se trouvait dans
les zones ou le café résistait encore. Dans le contexte haïtien, la couverture arborée est un élément
incontournable dans l’écosystème caféier. La destruction des arbres entraine le déséquilibre de
l’écosystème et la déchéance des caféiers. Réciproquement, le retrait du caféier implique la disparition
des arbres au profit des espaces de cultures sarclées. Cette couverture arborée contribue à la protection
des étages écologiques par son implantation sur les reliefs montagneux ou prenne naissances des sources
et des rivières. Dans les zones les plus fragiles, les sols subissent les effets de l’érosion conduisant à leur
aridité et la sédimentation du littorale. De plus, il existe une demande du café haïtien sur le marché
international et la consommation nationale est en augmentation.
Malgré ces importances et atouts, la filière du café est dans un processus accéléré de dégradation et la
plupart des familles des zones caféières se caractérisent par une situation économique précaire.
Sensibilisée par la problématique du secteur caféier haïtien, l’ANDAH l’Association Nationale des Agro
professionnel Haïtien, à travers le ‘’Projet d’Appui au Renforcement de la filière du café en Haïti’’, veut
contribuer au renforcement et à la dynamisation de la filière du café. Le projet de l’ANDAH cherche à
élaborer un cadre ou une politique nationale et renforcer les acteurs qui sont censés faire de ce cadre de
politique leur principal outil de revendication. Pour ce faire ANDAH a commandité deux études, dont,
celui qui fait l’objet de ce présent rapport titré : Caractérisation de la filière du café dans ses états actuels.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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1.1 -Contexte et justification de l’étude
L’Association des Agro Professionnels Haïtiens (ANDAH) exécute le projet ‘’ Appui au renforcement
de la filière café de qualité en Haïti ‘’ avec un financement de la commission européenne. Celui-ci,
d’une dimension Nationale concerne, particulièrement, les 6 sous régions du pays où se concentre la
majeure partie de la production du pays.
D’une manière générale les objectifs recherchés sont de :
● Contribuer au renforcement et à la dynamisation de la filière du café de qualité,
● Augmenter la capacité d’accord et de position des organisations paysannes impliquées dans
cette filière en Haïti.,
● Elaborer un cadre de politique nationale pour le sous secteur du café.
Les activités du projet sont regroupées suivant 3 axes :
Axe -1 : Activités visant le renforcement des différents réseaux de coopératives caféières,
Axe -2 : Activités visant la constitution de la plate forme nationale des organisations de producteurs de
café,
Axe- 3 : Activités visant à
l’élaboration du cadre de politique sous sectoriels largement diffusé.
Pour atteindre les résultats attendus, il est important de bien dimensionner les actions en accord avec la
problématique, le potentiel existant et aussi en fonction de ce qui se fait par les différents acteurs de la
filière. Une bonne compréhension du secteur se révèle indispensable d’où la nécessite du travail de
caractérisation de la filière du café dans ses états actuels.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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I.2- L’objectif poursuivi
Fournir un état des lieux actualisé de la filière en Haïti dans tous ses aspects.
Spécifiquement, il s'agit de :
Analyser les évolutions récentes des cours de café sur le marché international et les facteurs
expliquant ces évolutions.
Compiler toutes les informations disponibles sur le secteur café en Haïti (études réalisées,
Statistiques sur les surfaces, rendement, production, projet d’appui en cours)
Actualiser (jusqu’à la campagne de commercialisation 2006-2007) , certaines statistiques clés à
partir d’une enquête auprès des réseaux exportant du café de qualité, auprès des torréfacteurs
locaux et auprès des exportateurs traditionnels,
Identifier
et
analyser
les
principales
contraintes
techniques,
socio-économiques,
environnementales, organisationnelles de la filière dans son état actuel,
Analyser l’impact des accords commerciaux en vigueurs signé par Haïti en lien directement ou
indirectement avec la filière.
Analyser la compétitivité du café Haïtien : rentabilité des différents maillons de la filière, état de
la concurrence régionale et internationale, opportunité de marché.
I.3- La méthodologie adoptée
Selon la compréhension du mandat et les termes de références, la méthodologie suivante a été adoptée.
□ Recherches bibliographiques,
□ Enquête au près des responsable des réseaux, des producteurs, des torréfacteurs et exportateur,
□ Rencontres avec les Institutions, ONG travaillant dans le secteur du café,
□ Rencontre avec des membres des coopératives, des associations, des réseaux de coopératives et
fédération d’associations,
□ Visite au niveau des ports (à Port- au -Prince et dans le Nord),
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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□ Visite et rencontre avec des institutions et organisations de la zone frontalière,
□ Recherche au niveau du Ministère du Commerce,
□ Traitement des informations,
□ Rédaction de rapport.
Une grande partie de la méthodologie a été appliquée sur le terrain pour la réalisation des enquêtes
légères avec les réseaux, les producteurs et aussi pour la visite des lieux. Sont touchées par ce travail les
zones suivantes:
Thiotte, Baptiste, Les cahos, Dondon, Marmelade, Pilate, Beaumont, Roseaux. Un échantillonnage assez
significatif qui donne une idée générale de la situation des zones de production. Les rencontres sont
menées sur base d’enquêtes légères. Un formulaire a servi de guide.
L’application méthodologique nous a conduits aux résultats suivants.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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II-
La production caféière
Pendant que la production du café au niveau mondial augmente, celle d’Haïti a connu une baisse depuis
plus de 50 ans et ne cesse de détériorer. Même s’il y a des années de plus forte production que d’autres,
elle a atteint en 2006 un total estimé à 350 000 sacs de soixante kilos. Ce qui représente moins de 0,28%
de la production mondiale évaluée à 121, 157,930 sacs. Le tableau (1) montre la tendance à la baisse de
la production sur la dernière décade.
Tableau 1- Production du café en Haïti 1996- 2006
Années
Production en sacs de 60 Kilos
1996
429 000
1997
432 000
1998
439 000
1999
399 000
2000
420 000
2001
403 000
2002
374 000
2003
374 000
2004
365 000
2005
356 000
2006
350 000
Source : ICO, Historical data
Les graphes 1 et 2 suivants présentent les tendances de l’évolution de la production du café en Haïti et
dans le monde pour les Vingt dernières années. Ils sont élaborés à partir des données de l’Organisation
International du café.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Graphe 1- Evolution de la production mondiale du café en Millier de sacs de 60 kg
(1986-2006)
140000
120000
1986-2006
100000
80000
60000
40000
20000
0
1985
Graphe 2
1990
1995
2000
2005
2010
- Evolution de la production du café en Haiti en Millier de sacs de 60 kg
(1986-2006)
600
500
400
300
200
100
0
1985
1990
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
1995
2000
2005
2010
Page 15
La grande disparité entre les deux groupes de données n’a pas favorisé leurs présentations sur un seul
graphe, ce qui pourrait faciliter une meilleure comparaison. Néanmoins, pour la même période, il faut
remarquer la tendance à la hausse de la production mondiale en 100 000 milliers de sacs (graphe 1)
contre celle à la baisse de la production nationale en 100 milliers de sacs (graphe 2).
Contrairement à d’autres régions d’Amérique Latine et des Caraïbes où les producteurs de café
sont dans une situation économique meilleure que les autres agriculteurs qui n’ont pas accès à ce
produit de rente, en Haïti, malgré l’existence de la culture du café, les familles paysannes se
caractérisent par une situation économique précaire et une forte insécurité quant à l’accès à
l’alimentation.
En effet les exploitations agricoles disposent de surfaces restreintes (plus de 65 % des familles
possèdent moins de 2 ha) et la crise de l’agriculture a engendré une dégradation progressive des
revenus agricoles.
Les systèmes de production correspondent au “jardin créole”, caractéristique de l’agriculture
paysanne d’Haïti, qui comprend plusieurs associations et strates de cultures en plus du café :
strate arborée d’ombrage, banane, igname, mirliton, et autres cultures vivrières. Ce système se
caractérise par une faible productivité et une grande fragilité des écosystèmes. Il faut aussi
préciser que ce couvert végétal diversifié permet de conserver un couvert arboré propice à la
culture du café tout en apportant une diversification des revenus agricoles.
Dans toutes les régions caféières d’Haïti, la culture du café se trouve concurrencée par les
productions vivrières au sein des exploitations. En raison d’une part, du prix payés aux
producteurs trop variables et des difficultés de commercialisation, et d’autre part d’une forte
pression pour couvrir les besoins alimentaires de la famille, les agriculteurs ont tendance à
délaisser leur café, à le remplacer par des cultures alimentaires à cycle court. Cela a pour
conséquence la disparition du couvert végétal, la mise à nu des sols et une forte dégradation du
potentiel productif de l’exploitation qui contribue à renforcer la précarité des économies
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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paysannes à moyen terme. Ce cycle d'appauvrissement de l’exploitation agricole et d'insécurité
alimentaire est dû, principalement, à la crise de la production caféière, qui dans ces systèmes de
production, représentait le pilier de l’économie paysanne.
A l’heure actuelle, à l’exception des zones de Thiotte, Beaumont et de Baptiste ou l’on peut
encore trouver des parcelles où la densité des caféiers est encore importante au sein des
peuplements plurispécifiques
existants, les plantations caféières sont des associations de
plusieurs cultures où le café est plutôt marginal.
2.1- Les zones de plantation et les superficies
Le café se trouve dans les dix départements du pays et est retrouvé dans 78 des 133 communes que
comportait
le pays en 1996 (APROMA, 1996). Les terres plantées sont
évalué par IRAM &
RECOCARNO en 2003 à 100000 hectares. Entre la haute, moyenne et basse altitude confondue, la
superficie par zone est évaluée ainsi :
Tableau 2- Distribution des terres plantées en café et Superficies
Départements
Superficies en hectares
Pourcentage des superficies
Grand’ Anse et Nippes
22000
22
Sud-est
16000
16
Nord
15000
15
Sud
12000
12
Ouest
10000
10
Centre
8000
8
Artibonite
7000
7
Nord-Ouest
6000
6
Nord-est
4000
4
Source : IRAM, 2003
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Si l’on peut toujours admettre que l’on retrouve le café dans tous les départements du pays, les superficies
doivent être revues à la baisse en raison de pression sans cesse grandissante du déboisement et de la
concurrence avec les cultures sarclées. Les principales zones de café sont présentées dans la carte cidessous.
Tableau 3- Carte des principales zones de café en Haïti
Source : Restauration de la compétitivité du secteur du café en Haïti. BID, 2006
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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2.2- Les variétés Cultivées
Contrairement aux autres pays producteurs de café de la zone, le café robusta de la famille des Canephora
n’est pas répandu en Haïti. Toutefois on y trouve l’Arabica et la variété dominante est le typica, la variété
indigène d’Haïti. Elle est remarquable par la hauteur des pieds (plus de 2 mètres), le port oblique de ses
branches, l’étroitesse des feuilles et la couleur violette des jeunes feuilles. Les autres variétés diffusées
dans le courant des années 70, une dizaine au total, considérés comme améliorées, n’ont pas eu tout l’effet
escompté. On a fini par se rendre compte qu’à ces variétés améliorées il leur faut un traitement amélioré
que les planteurs n’ont pas la possibilité d’offrir. Ceci en terme d’entretien et d’application de fertilisant.
A l’heure actuelle, la variété typica compte pour 90% des caféiers d’Haïti et il est très apprécié sur le
marché gourmet Japonais.
2.3- Les rendements
Du fait du manque de suivi technique dans les exploitations caféières, il n’est pas facile de mesurer les
niveaux de rendement, toutefois une extrapolation est toujours possible. Le rendement national confirmé
dans l’étude de la BID, 2006
reste de 250 kilos à l’hectare, mais l’écart est considérable quand on
considère les différentes zones. Par exemple pour les zones de Thiotte, de Beaumont et de Baptiste, le
rendement est 4 à 5 fois plus que la région Nord et le reste de la Grand Anse (tableau 4). La densité de
plantation, trop forte ou trop faible, la faiblesse des itinéraires techniques, l’état du milieu sont autant de
facteurs qui influencent le rendement.
Tableau 4- Rendement a l’hectare selon les zones
Thiotte,-Beaumont -, Baptiste
Région Nord – Reste de la Grand -Anse
1000-1500 marmites de cerises*
150- 300 marmites de cerise
Une marmite de cerise équivaut à 1 livre ou 0.45 Kilos de café vert
Source : Elaboration propre
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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2.4- La rentabilité au niveau de la production
La rentabilité est le rapport mathématique entre un résultat obtenu et les moyens en capital mis
en œuvre pour l'obtenir. Dans le cas qui nous concerne c’est le rapport entre le bénéfice à
l’hectare et les investissements consentis par l’exploitant.
La rentabilité est comprise comme le revenu sous tiré du jardin de café par rapport aux dépenses
effectuées. Même si les planteurs ne disposent pas de cahiers de compte, le café apparait rentable du fait
qu’il le considère quasiment comme une activité de cueillette ou le planteur n’a pas fait trop grand
investissement mise a part un sarclage et le coût de la cueillette. Cependant c’est une rentabilité sans
incitation à l’augmentation de la production et à la création d’emploi. C’est un système d’agriculture
familial de subsistance. Dans certains autres cas, comme Thiotte, par exemple, le café est beaucoup plus
considéré comme une entreprise familiale lorsqu’on considère l’investissement consenti par les planteurs
pour le café. Etant donné qu’il s’agit toujours des associations de cultures, la rentabilité est imputable à
l’ensemble du jardin et non strictement au café. Hors mis l’amortissement de la terre, le tableau (5)
donne un exemple de rentabilité sur une année d’un hectare de café à Thiotte.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Tableau 5-Exemple de rentabilité sur un hectare de café àThiotte (en gourde)
Pour une récolte de 1500 marmites vendues à 30 gourdes par marmite
Rubriques
Dépenses
Sarclage
5000.00
Emondage et Taille
4000.00
Préparation a Engrais
2500.00
Achat d’engrais
10125.00
Application d’engrais
4000.00
Grattage
4000.00
Cueillette
9000.00
Transport
3000.00
Préparation
3000.00
Total Dépenses
44 625.00
Rentrées
Vente de bananes
12000.00
Vente de chadèques
3500.00
Vente de café
45000.00
Total rentrées
60500.00
Marge nette
15875.00
Source : Elaboration propre
Dans cette même zone, la rentabilité de la pomme de terre sur une année est Quatre (4) fois plus élevée
sauf que les risques de perte sont beaucoup plus grands.
2.5- Les contraintes à la production du café
De manière générale, l’handicape à la production du café en Haïti a toujours été le désintérêt de l’Etat
pour cette culture. Les responsables n’ont pas su s’ajuster à la dimension internationale du marché de
cette denrée d’exportation. De plus l’ajustement structurel appliqué au pays provoque le désengagement
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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financier de l’état auprès des planteurs. Cet état de fait a mis les planteurs face à une situation qui crée
chez eux une ambivalence de choix : Investir temps et moyens dans la culture du café ou dans d’autres
cultures jugées plus rentables.
L’obligation pour les planteurs de faire face à la
baisse tendancielle des prix internationaux, les
fluctuations des cours internationaux et les termes de l’échange défavorables sont autant de facteurs
décourageant la production. Ce qui reste de la production doit faire face, spécifiquement, aux problèmes
suivants :
2.5.1- Contraintes techniques
En dépit de la production de bon nombre de plantules, les plantations sont restées vielle. Les pratiques
culturales comme le contrôle de l’ombrage, la taille sont ignorées. Dans la majorité des cas un seul
sarclage est pratiqué. Ce dernier vise à débarrasser les tiges de lianes afin de favoriser la récolte. Les
sarclages nécessaires au grossissement des grains sont ignorés de la plupart des planteurs.
■Fertilisation
A cause de la fermeture des poulaillers, la fertilisation se fait, de manière prédominée,
à l’aide
d’engrais chimique, particulièrement l’urée, le 16-10-20 ou le 15-15-15. Le sac de 100 livres se vend
entre 750 et 1000 gourdes. Naturellement, l’utilisation d’engrais chimique n’est pas trop réputée dans
toutes les zones caféière.
A Beaumont, il est utilisé dans 6 % des plantations et environ
1% à Baptiste. Par contre à Thiotte, la
majeure partie des producteurs de café utilisent l’engrais chimique ou un mélange de ce dernier avec de
l’engrais naturel constitué à partir d’un mélange de composte. Dans cette zone, la production parait
inconcevable sans de l’engrais chimique ou même un mélange avec du composte ou de la pulpe du café.
Sur les 5 dernières années, la montée fulgurante du prix de l’engrais de 350 gourdes le sac à 1000
gourdes, suite au retrait de l’état dans la commercialisation de l’engrais,
a abouti à la réduction
significative de la pratique de la fertilisation dans les zones caféières.
■ Les maladies et Insectes
Quant aux maladies et pestes, ils sont nombreux les ennemies de la production du café en Haïti.
Toutefois, à l’heure actuelle, deux sont les plus redoutables. Il s’agit du scolyte du caféier (Stephanedores
hampei) et les pourridiés racinaires. Deux champignons identifiés comme
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Rosellinia bunodes et
Page 22
geococcus coffea seraient responsables des cas de pourritures racinaires .L’un attaque les racines
et
l’autre, affecte, spécifiquement, le collet.
Sans aucune forme de lutte, le scolyte endommage 60% des récoltes et quant aux attaques des pourridiés,
le caféier est catégoriquement détruit. Ces cas sont très fréquents dans toutes les zones caféières à
l’exception de Thiotte où les cas de pourridiés est à un niveau moindre en raison, parait il, du contrôle
de l’ombrage et de l’excès d’humidité sur certaines parcelles.
2.5.2- Contraintes Socio-économiques
Lorsqu’on considère le tableau de la rentabilité du café, l’on comprend que l’obtention de la récolte
nécessite un niveau investissement. Ce que la majorité des planteurs ne sont pas en mesure de consentir
sans apport d’un crédit ou une forme quelconque de support financier. Les cultures sarclées qui ne
demande pas autant d’investissement, donnent plusieurs récoltes
annuelles, qui par les revenus
correspondant améliore de façon significative le flux de trésorerie du planteur.
Autre facteur non moins important qu’on peut souligner et qui influence négativement sur la production
du café, c’est la situation des exploitations après la mort du chef de la famille. Que ce soit dans le cas
d’une agriculture familiale de subsistance ou une agriculture familiale marchande, le fonctionnement de
l’exploitation est liée strictement au chef de la famille. En général, dans les familles, les enfants vont à
l’école dans les grandes villes et la mère habite avec eux. Le père, le plus souvent le chef, de son côte
reste sur place avec un ou des gardiens en plus de ses clients travailleurs. La succession n’ayant pas
assuré, après la mort du père, les terres sont abandonnées ou vendues en lopin. Par cet état de faite on a
assisté dans certaines zones du pays, à la rupture de l’effort de faire passer une partie de la caféiculture
haïtienne d’un système extensif à un niveau intensif. Cette menace pèse encore sur le secteur de la
production.
Il faut aussi signaler l’inexistence d’infrastructure routière, l’état des routes menant aux zones caféières
sont des pistes à peines carrossables quand ce ne sont pas du tout praticable.
2.6- Les retombées des contraintes
2.6.1- Les retombées économiques
La conséquence économique est
le déclin des exportations entrainant automatiquement le
manque de rentrée de devise pour le pays. Les exportateurs traditionnels y compris ceux de la
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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filière cafés spéciaux n’arrivent pas à honorer leur intention de vente en termes de quantité. Un
acheteur français a dû changer le nom d’une gamme de café pour manque de matière première
en provenance d’Haïti. Du nom de ‘’Café d’Haïti,’’ la gamme porte, actuellement le nom de
‘Café de l’Ile d’Haïti ‘’ pour avoir été obligé d’intégrer du café en provenance de la République
Dominicaine.
Il y a
un déplacement d’exportateurs vers d’autres secteurs d’exportation
entrainant un retrait de liquidités dans la filière. Cette déstructuration a pour conséquence
l’érosion de l’économie nationale et familiale, et
l’accentuation de la misère rurale.
2.6.2- Les retombées environnementales
Sur le plan environnemental, La retombée principale est la destruction de l’écosystème caféier en
remplaçant le café par les cultures sarclées (haricot, mais, légumes, tubercules, riz) .Ce
changement qui s’opère de manière anarchique provoque la destruction de la biomasse et
l’appauvrissement des sols. L’abattage des arbres qui servaient d’abri pour les caféiers conduit à
l’érosion des terres et à l’ensablement des côtes marines.
III-
Le secteur de la Commercialisation
Les principaux acteurs de la commercialisation sont les
producteurs, les spéculateurs, les
Coopératives/Associations, les petites revendeuses, les torréfacteurs, les exportateurs et les
consommateurs locaux. Après la récolte, le café peut prendre diverses destinations.
Suivant le type de préparation, on distingue le café pilé estimé à 85 % et le café lavé à 15 %.
Lorsqu’il s’agit de café lavé, une partie de la récolte est acheminé vers les coopératives, une
deuxième partie est vendue aux voltigeurs pour le marché de Saint Domingue et une troisième
peut être préparé par le planteur et stockée pour vendre plus tard soit sur les marchés locaux, soit
à un exportateur-client ou à un intermédiaire du marché dominicain.
La quantité reçue par les coopératives/associations est préparée et vendu sur des marchés
spéciaux. Le café de seconde qualité de ces organisations est vendu soit à des torréfacteurs
nationaux ou sur le marché dominicain (figure 1).
Le café pilé est acheté par les exportateurs et torréfacteurs haïtiens et de plus en plus par les
intermédiaires dominicains.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Figure 1- Circuits principaux de Commercialisations du café
Producteurs
Spéculateurs
Cooperatives/
Association
Exportateurs
Intermédiaires/
Voltigeurs
Marché
International
Conventionel
Revendeuses
Torréfacteurs
Artisanaux
Marché
International de
cafés spéciaux
Torréfacteurs
Industriels
Marché de la République
Dominicaine
Marché Local
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 25
3.1- Les Coopératives, Association et les réseaux de Coopératives
Le mouvement coopératif date plus d’une soixantaine d’année dans le pays. Il existe une cinquantaine de
coopératives et/ou pré- coopératives crée sous l’initiative de projet de développement ou des religieux.
Depuis 1958, il existait déjà, le bureau de la réglementation des coopératives devenu depuis tantôt,
Conseil National des Coopératives (CNC)
et qui relève du Ministère de la Planification et de la
Coopération Externe (MPCE.)
Au cours des années 90, les coopératives caféières ont pris une autre dimension. Certaines d’entre elles, à
échelle
régional, se sont mises ensemble dans le but de promouvoir une alternative au système
traditionnel de commercialisation du café. La montée de ces initiatives appuyées par des ONG est
favorisée, particulièrement, par la crise du marché conventionnel du café et la montée du Commerce
Equitable dans le monde. A l’heure actuelle, on compte à travers le pays, Trois (3) regroupements de
coopératives, Une (1) fédération d’associations, Une (1) association et Trois (3) coopératives qui sont
tous certifiés Equitable pour le café. Exception faite à UCOCAB dont le processus est en cours. Certaines
coopératives, membre de réseaux ont eu leur certification avant bien même l’existence du regroupement.
C’est las de la Coopérative Agro Commerciale de Baptiste (CAB).
Tableau 6- : Les Coopératives, Réseaux de coopératives, Association et
Fédération
d’Association et leur Zones d’action.
SIGLE
Statut
Définition
Zones d’Action
Association
Thiotte, Sud-est
FACN
Fédération
d’Association
Association des Planteurs de
Café de l’Arrondissement de
Belle Anse
Coopérative Caféière de
Vachon
Coopérative des Planteurs
de Café del’Arrondissement
de Belle Anse
Coopérative agricole
Caféière de Vincent Ogé de
DonDon
Fédération des Association
Caféière Natives
RECOCARNO
Regroupement de
Coopérative
Réseau Coopérative
Caféière de la Région Nord
Nord, Nord- Est
UCOCAB
Regroupement de
coopérative
Union Coopérative Caféière
de Baptiste
Baptiste, Savanette
APCAB
CACVA
COOPCAB
COOPACVOD
Coopérative
Regroupement de
Coopérative
Coopérative
Camp- Perrin
Thiotte, Sud’ Est
Dondon
Sud-est, Artibonite,
Grand’ Anse, Sud,
Ouest.
Source : Elaboration Propre
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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En période de récolte, une fois que le café est arrivé au centre de lavage, la coopérative a la
responsabilité de la préparation jusqu’à la vente du produit fini. Les étapes de la préparation
sont : le dépulpage, la fermentation, le lavage et le séchage. Une autre étape c’est le traitement
sec qui consiste en le décorticage, classification, triage, mise en sac.
Mise à part, RECOCARNO et COOPACVOD, le traitement sec et l’expédition est un service
offert par la FACN. En dépit du fait que COOPCAB et FACN (Marmelade) dispose de matériels
de préparation, le café collecté en 2006 à Thiotte et à Marmelade a été, quand même, transporté à
l’usine de la FACN à Tombe Gâteau, soit pour le traitement final soit pour l’exportation du
produit. Cette situation contribue à augmenter les frais de transport et à réduire les marges
bénéficiaires des Associations.
Tableau 7- Carte de Répartition géographique des associations
RECOCARNO
COOPCACVOD
DD
FACN
FACN
UCOCAB
FACN
FACN
CACVA
APCAB
FACN
COOPCAB
Source : Coordination Haïtienne des Organisations Certifiées Equitable
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 27
3.2- Rentabilité au niveau des Coopératives et Associations
L’un des faiblesses du système est l’incapacité de collecter des volumes importants à cause,
principalement, du manque d’infrastructure et de l’état d’enclavement des zones de production
par rapport au centre de lavage et du manque de fonds de roulement pour la collecte des cerises.
Pour la campagne 2006-2007, les Associations confondues ont collecté 829 404 marmites de
cerise, soient l’équivalent 6283 sacs de 60Kg. de café vert. Ceci représente
1.8 % de la
production du pays pour la même période.
Tableau 8 -Quantité de marmites de cafés cerises collectée pour les coopératives et
associations pour la Campagne 2006-2007
Organisations APCAB/
COOPCAB
COOPACVOD
FACN
RECOCARNO
UCOCAB
CACVA
79000
87000
257700
225218
36186
1000
FACN
Qte de
marmite
143300
La rentabilité à ce niveau dépend de différents facteurs tels que :
■ Le prix d’achat du café de la marmite,
■ Le coût de la préparation,
■ Le coût du transport,
■ Le coût du crédit
■ Le rendement à l’usinage
■ Le prix de vente
Le rendement est considéré comme la quantité de café exportable obtenu dans la marmite de cerise en
considérant le poids de la paille (20%) et celui du rejet. Le taux de rejet admis se situe entre 6 et 10%,
tandis qu’à cause des problèmes causés par le scolyte du caféier et de la gestion de la qualité, le taux de
rejet accuse parfois 37% dans certaines coopératives. Dans ces cas, la quantité qui peut être exportée
n’est que de 43% du café décortiqué. A ce moment, le reste est vendu à perte sur le marché local
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Les coopératives n’ayant pas le plein contrôle des facteurs, n’arrivent pas encore à un niveau de
rentabilité leur permettant d’atteindre leur autonomie.
Ceci, en dépit d’importants investissements
consentis par des institutions d’appui (ONG, Coopération Internationale).
Tableau 9- Prix de revient moyen d’une marmite de café dans les coopératives et associations
Rubrique
Coût en gourdes
Achat de la marmite de café
30.00
Préparation au niveau de la coopérative
4.00
Transport (vers coopératives et usine Tombe
Gâteau)
2.00
Paiement de crédit
2.00
Frais de Traitement Final et Expédition
6.00
Total
44 gourdes
Si le rendement est de 60% exportable à partir de la marmite, cette dernière étant 1.25 lb de
parche, cela voudrait dire qu’il y ait 0.75 lb à exporter et 0.25 lb de rejet.
Sur le marché équitable, principal marché des coopératives, avec 1.21 USD/ lb ou 42 gourdes et
le rejet à 25 gourdes sur le marché local, la marmite rapporte:
(0.75 x 42) + (0.25 x 25) = 37.75 gourdes
Autrement dit, dans ces conditions, il y a une perte de 6.25 gourdes a chaque fois que les
associations vendent une marmite de café sur le marché Equitable. .C’est pourquoi elles se sont
obligées de se lancer à la recherche d’autre
d’autres marchés pour au moins améliorer la
moyenne du prix de vente de la marmite. Certaines coopératives font des accords avec la FACN
pour vendre du café répondant aux critères du label Haitian Blue. A ce moment elles payent un
frais « royalties » de 25 % du prix de vente de la livre.
La FACN n’ayant pas arrivé pas à écouler tout son produit à un même prix sur ce marché
gourmet a pratiqué une moyenne de prix par livre de $ 2.3. En déduisant les frais, les
organisations qui traitent avec la FACN reçoivent
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
$ 1.72 par livre. Cette somme serait
Page 29
intéressante si la coopérative ou l’association pouvait vendre la totalité de son produit dans cette
condition. La réalité est tout autre parce que les proportions y compris leurs destinations de
marché varient d’une organisation à l’autre, d’une année à l’autre. En ce sens le prix de vente
et la rentabilité de la marmite dépendent du rendement, de la destination de marché, du prix du
rejet et même du taux du dollar.
Tableau 10- Rentabilité de la marmite du café pour un rendement de 60% au niveau des
organisations.
Proportion aux
marchés
Prix de revient
Vente
Bénéfices ou perte
100% Equitable
44 gourdes
37.75 gourdes
(6.25)
70% Equitable/
44 gourdes
41.85
(2.15)
44 gourdes
44.70 gourdes
0.70
44 gourdes
47.38 gourdes
3.38
44 gourdes
52.18 gourdes
8.18
30% Haitian Blue
50% Equitable/
50% Haitian Blue
70% Haitian Blue
30% Equitable
100% Haitian Blue
RECOCARNO et COOPACVOD sont dans une situation légèrement différente. Elles font leur
traitement sec elles mêmes et ne sont pas obligé à acheter le café 30 gourdes en raison d’une
compétition moins agressive dans leurs zones d’action.
En dépit du fait que les coopératives et associations restent une alternative en construction vers
l’émergence d’entreprises autonomes et dynamiques, elles sont caractérisées par les faiblesses
suivantes :
Manque de confiance des membres dans le système,
Manque de Volume,
Incapacité de financement.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 30
3.3- Le Circuit informel de la commercialisation
Ce circuit est alimenté par du café naturel (café coque et café tchoka) acheté par les revendeuses
et le
marché de la République Dominicaine et du café rejet acheté également
par les
revendeuses et par les Maison de torréfaction. Les principaux acteurs sont les intermédiaires,
spéculateurs
et les exportateurs. Ce circuit est contrôle par la compagnie dominicaine
INDUBAN qui détient le monopole du café torréfié en République Dominicaine et occupe une
bonne part du marché national. Le café passant par les intermédiaires dominicains lui est
essentiellement acheminé. Selon F. Pierre, 2005, ces intermédiaires obtiennent des marges
comprises entre 25 et 29 %. L’agressivité de cette compagnie pour la satisfaction du marché
touristique et d’exportation crée certaines difficultés aux acteurs haïtiens dans la collecte du café.
Beaucoup de produits s’échangent sur la frontière haïtiano-dominicaine au mépris des lois
haïtiennes régissant le commerce des denrées agricoles sur le territoire haïtien. Dans le cas du
café, cela risque de provoquer une déstructuration complète de la filière caféière en Haïti. Les
investissements consentis pour l’amélioration de la qualité du café exportable sont en péril à
cause de la capacité des acheteurs dominicains de faire monter et descendre les prix du café à
volonté.
Au cours des années 2004 et 2005, cette concurrence illégale a soulevé beaucoup de débats et les
opinions restent partagées. Les réflexions de premier laissent voir que c’est une bonne chose que
le café ait vendu plus cher. Bien qu’il soit vrai, l’analyse approfondie fait voir qu’il ya une
histoire sur la frontière en ce qui a trait au commerce du café. Apres la perte de la clientèle par
les acheteurs haïtiens, le marché dominicain sera en situation de monopsone et les prix baisseront
considérablement comme cela a été le cas au cours des années 1990.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 31
3.4- Le secteur de l’exportation
A l’heure actuelle, le secteur de l’exportation est partagé entre les circuits de marchés spéciaux
(juste et gourmet) et le circuit traditionnel du marché d’exportation.
Les acteurs alternatifs comprennent la FACN, RECOCARNO et COOPACVOD. En attendant
l’obtention du permis d’exportation des autres Organisations qui en font la demande, leurs cafés
sont expédiés par la FACN.
Les actuelles maisons traditionnelles
d’exportation, Wiener, Baptiste et Vital, sont des
entreprises familiales qui possèdent un savoir-faire séculaire dans la gestion de cette activité.
Ces maisons qui étaient une trentaine durant les années 1950 se réduisaient à quatre au cours des
5 dernières années. Actuellement elles ne sont que 3. Les autres sont en retrait, provisoirement
pour certains et définitifs pour d’autres. La disparition de ces acteurs de la filière seraient dû aux
causes suivantes :
- La crise de prix sur le marché international,
-La baisse de la production,
-La dégradation du niveau de la qualité due aux attaques du scolyte du caféier. 60% des
lots collectes sont piqués par ce ravageur,
-L’agressivité du marché de la République Dominicaine,
-La présence des coopératives dans l’exportation.
Le tableau (11) renseigne sur les volumes officiels d’exportation pour la période de
1990-2006 et les sommes rapportées en dollars.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 32
Tableau 11- Volume officiel d’exportation de café d’Haïti (1990-2006)
Années
Volume en sac de 60 Kg
Valeur en US
1990
160 700
15 300 000
1991
196 800
18 300 000
1992
143 300
10 200 000
1993
155 000
9 300 000
1994
97 900
7 000 000
1995
266 300
25 300 000
1996
252 600
24 000 000
1997
159 200
19 100 000
1998
194 800
21 700 000
1999
205 300
18 000 000
2000
157 700
13 4000 000
2002
38 965.05
2 930 194
2003
39 939.83
3 376 806
2004
28 487.2
2 929 842
2005
26 148.95
3 787 785
2006
25 642.23
4 684 801
Sources : BRH 1995, 1997, 2000 ; Ministère du Commerce et de l’Industrie, 2007
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 33
Pour l’année 2006 les exportations des coopératives et associations sont de 6084 sacs
représentant ainsi 23,72 % des exportations officielles et 4.86 % du volume de café laissant le
pays (officiel et non formel).
Graphe 3 - Répartition des exportations officielles et informelles
En 2006
Cooperatives et
Associations : 4.86%
Maisons d'Exportation :
15.64%
Exportation s Informelles :
79.63%
Sources: Elaborée à partir des données du MCI, de la Coordination des Organisations Certifiées
Equitable et Estimation propre.
3.4.1- Le rendement et la rentabilité au niveau de l’exportation traditionnelle
Le rendement moyen au niveau de l’exportation traditionnelle se situe entre 40 et 50%. Les taux
de scolyte qui atteint parfois 60% dans certains lots et le taux d’humidité de 20% largement
supérieur à la normale sont à la base de ce faible rendement. La torréfaction est une stratégie
adoptée chez la Maison Wiener pour valoriser le café non exportable. La marge bénéficiaire
estimée à 18 % en 2005 par F. Pierre montre une tendance à la baisse. Les exportateurs qui
s’approvisionnent au pris du marché local par l’intermédiaire d’un spéculateur (11% de marge)
doivent revendre au prix de la bourse de New York. Avec des difficultés de constituer de
volumes importants empêchant des économies d’échelles,
l’on comprend pourquoi les
exportateurs se sont retirés progressivement du secteur.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 34
3.4.2-Le cadre légal de l’exportation
Il n’existe pas un manuel de procédures claires pour l’exportation du café en Haïti. Cela rend
parfois difficile l’obtention des différents documents et allonge ainsi les échéances. Dans la
plupart des cas les rôles se renvoient entre le Ministère du Commerce et le Ministère de
l’Agriculture. Les séquences des étapes ne sont pas systématisées. De manière pratique, après
avoir disposé d’un permis d’exportation émis par le Ministère du Commerce, les actions en vue
de l’exportation sont les suivantes :
● Prendre le certificat sanitaire au service des végétaux du MARNDR,
● Réclamer le certificat d’origine au Ministère du Commerce qui renseigne sur la
provenance du café,
● Préparation par l’expéditeur du Shipping lot contenant des informations sur la qualité
du café et sur l’acheteur,
● Acheminer ces papiers a la douane qui, après analyse, ordonne le départ du bateau
d’une compagnie maritime préalablement choisie par l’expéditeur,
● Les papiers, sortis de la douane, vont à la compagnie maritime y compris l’avis de
départ.
La compagnie, avant le départ du bateau, délivre le Bill of Loading. Pour pouvoir dédouaner la
marchandise, l’acheteur doit être en possession d’un lot de document contenant:
Bill of loading
Facture
Certificat Phytosanitaire
Certificat d’origine
Avis de la douane
Par manque de systématisation des procédures, des lots de café laissent le pays parfois sans le
certificat phytosanitaire. Conséquemment à cette situation, un lot de café a été bloqué en Italie,
durant l’année 2006 pour présence d’Ochratoxine. De tel incident dû à des faiblesses
institutionnelles nuit à l’image du pays et aux cafés haïtiens.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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IV-Le secteur de la torréfaction
La torréfaction en Haïti est assurée par 6 torréfacteurs industriels qui sont REBO, Marabou,
Tchoka, Pidy, Claudja, Wiener. La quantité de café utilisé par ce créneau serait de 20000 sacs de
60Kg annuellement. Plus de 10000 torréfacteurs artisanaux sont recensés en 2004 au niveau du
pays. Toutefois, la plus grande partie de la consommation locale est assurée par la
‘’torréfaction’’ familiale communément appelé ‘’ grillé café ‘’.
4.1-Le rendement et la rentabilité
A cause du scolyte du caféier, le rendement de café apte a la torréfaction industrielle par rapport
à la quantité acquis et de 30 à 60% suivant la gamme. Dans ce cas la livre de café torréfié qui se
vend à 110 gourdes revient à 85 gourdes non compris la taxe. Dans le prix de revient, la matière
première et l’emballage sont les plus coûteux. La marge au niveau de la torréfaction artisanale
serait de l’ordre de 80%.
Les contraintes de la torréfaction industrielle
Mauvaise qualité du café impliquant de faible rendement,
Consommation seulement par des couches aisées de la société,
Compétition avec la torréfaction artisanale qui est exempt du coût de l’emballage
et de taxe,
Problème d’énergie,
Disparition de savoirs et de savoir-faire dans le secteur,
Importation de café torréfié,
La majorité des ménages fait leur propre torréfaction ‘’grillé café’’
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Si l’estimation de la quantité de café utilisée par la torréfaction industrielle serait respectée pour
l’année 2006, le tableau de l’utilisation de la production se présenterait ainsi :
Tableau 12- Utilisation de la production en Pourcentage
Utilisations
Types
Exportations
Coopératives
Maison d’Exportation
Informelle (RD)
Sous -Total
Consommation locale
Torréfaction
Industrielle
Torréfaction
artisanale et familiale
Sous-Total
Total
Volume (sacs de
60 kg)
6084
19558
99358
125000
20000
Pourcentage de la
production
1.74
5.59
28.39
35.74
5.71
205000
58.57
225000
350000
64.26
100%
La figure suivante est la représentation graphique du tableau 12
Graphe 4
- Pourcentage des différentes utilisations de la production en
2006
Exportations Cooperative
Exportations Maisons
d'Exportation
Exportations Informelles
Consommation Locale
Torrefaction Ind.
Consommation Locale T
orrefaction Art. Et Fam.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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V-Les autres acteurs de la filière
Outre les acteurs économiques de la filière, d’autres n’ont pas manqué d’influencer le secteur.
On peut citer les ONG et Institutions non étatiques, la Coordination de la campagne de
sensibilisation pour le café et l’Institut National du Café, INCAH.
5.1- Les ONG et Institutions non étatiques
Avec la crise du prix sur le marché international et les périodes de turbulence politique d’après
1986, la filière du café, en Haïti, a connu une certaine déstructuration. L’intervention des ONG
dans la filière a été favorisée, particulièrement, par la montée du Commerce Equitable qui traite
directement avec les organisations. L’un des critères d’éligibilité a été la structuration et le
fonctionnement démocratique. Ces institutions se donnent pour taches l’accompagnement de ces
organisations paysannes dans le travail de structuration et se portent garant devant les institutions
de financement (Fonds STABEX et autres) et par devant des acheteurs internationaux. Cette
initiative a débuté avec l’Oxfam dans le Nord, FLM et Action Aid dans le Sud Est, ICEF dans le
bas plateau Central. Et depuis, d’autres initiatives se sont suivies. Leurs principaux objectifs
sont l’Amélioration de la capacité de collecte et de la qualité du café, le renforcement
organisationnel et institutionnel des structures paysannes.
Tableau 13- Les ONG et Institutions intervenants da la filière du café et leurs zones
d’Intervention
Institutions
Oxfam GB
FLM, Action Aid
ICEF
Inter Aid
PCH
COHIMRU
Source : Elaboration propre
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Zones d’intervention
Nord et Nord Est
Sud Est
Baptiste / Savanette
Les Cahos
Fond Baptiste
Roseaux,
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5.2- La Coordination de campagne de Sensibilisation pour le café
C’est une instance de plaidoyer formée par des Institutions et les Organisations Paysannes
intéressant au café. C’est une initiative supportée par Oxfam GB et ICEF. Sa création en 2001 a
coïncidé avec la campagne internationale d’Oxfam qui attendait les résultats suivants :
1) Paiement d’un prix décent pour le café par les Torréfacteurs Internationaux
2) Réduction des stocks de café dans le monde,
3) Création d’un fonds de diversification
4) Augmentation du volume manipulé dans le cadre du commerce équitable
La Campagne Nationale a pour Objectif de :
a) Renforcer les réseaux
b) Obtenir l’élaboration et la mise en place de politique favorisant le développement d’un
café de qualité pour permettre aux producteurs de bénéficier des opportunités des niches
de marchés spéciaux,
c) Promouvoir la perspective de genre pour une intégration valorisante des femmes dans la
filière du café,
d) Sensibiliser la population en général sur l’importance du café dans l’économie nationale
afin d’accroitre sont intérêt à appuyer les producteurs et productrices et à consommer
beaucoup plus de café haïtien.
L’un des effets de la campagne nationale a été la création de la l’Institut National du Café
Haïtien, INCAH. Actuellement la Coordination appuie la création de la Plateforme Nationale des
Producteurs de Café. C’est une instance de solidarité et de partage entre les producteurs, elle sera
aussi utilisée pour faire passer leur revendication.
5.3- L’INCAH
En vue de doter le secteur caféier de l'assise légale et institutionnelle qui intègre les différents
intervenants impliqués dans la filière caféière, il fut créé par arrêté présidentiel en date du 7
février 2003, un organisme autonome placé sous la tutelle du MARNDR et dénommé« Institut
National du Café d'Haïti (INCAH) dont la mission principale est de veiller à la mise en œuvre et
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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au respect de la politique caféière nationale définie par le Gouvernement. Un « Fonds National
de Café» (FONACAFÉ) associé à l'INCAH à titre de principal outil financier fut aussi créé.
L’'INCAH fait face à des handicaps majeurs à cause de l'inadéquation de l'instrument légal choisi
pour le créer, l'arrêté du 7 février 2003 en effet ne permet pas son inscription au budget de l'Etat.
Par ailleurs, l’institut est coiffé par un Conseil d'Administration au sein duquel sont représentés
l'Etat, le secteur agroindustriel, les associations de producteurs, l'université et les organisations
socioprofessionnelles de l’Agriculture. Pour résoudre le problème relatif au fonctionnement de
cette Institution, la loi portant la création de l’INCAH est, maintenant, déposée au parlement
pour ratification.
Actuellement, l’INCAH exécute le PACCHA, projet d’Appui à la Compétitivité du café d’Haïti
avec un financement de la BID qui s’élève à 80% du budget.
En dépit de l’atout que devrait représenter l’INCAH, il n’arrive pas encore à s’imposer comme
régulateur de la filière.
VI- Les Marchés et les Prix
6.1- Le Marché Traditionnel
Le marché mondial du café a connu une crise caractérisé par une offre en augmentation, une
consommation stable, et un lot en stock estimé à 45 millions de sacs. Le déséquilibre entre
l’offre et la demande a maintenu les prix à un niveau assez bas. Dans cette tendance à la baisse il
y a des courtes périodes de prix relativement hauts favorisés par des intempéries (sécheresse,
grêle) causant une diminution de l’offre excédentaire des pays producteurs, particulièrement, le
Brésil. La dite tentative de l’OIC à régulariser le marché a échoué en 1989 avec la caducité de
l’Accord International du Café, (AIC) suite au retrait des Etat Unis. Cet accord, entre les pays
producteurs et pays consommateurs, attribuait aux pays producteurs des quotas de production et
de vente.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Sur le marché traditionnel, les prix de l’Arabica sont définis à partir de la bourse de New York.
Durant les Vingt dernières, il varie de $ 2,04 la livre à $ 0,41. Alors que le prix le plus élevé,
pour la période, date de 1986, celui du plus bas a été en 2001. Depuis les deux dernières années
le prix de la bourse de New York oscille entre 0.90 et 1.13 dollars.
Le tableau suivant présente les moyennes mensuelles du prix de l’arabica à l’échelle
internationale pour les vingt dernières années.
Tableau 14- Moyenne mensuelle du prix du café en Centimes de Dollars par livre sur la
bourse de New York (1986-2007).
Jan
Feb
Mar
Apr
May
Jun
Jul
Aug
Sep
Oct
Nov
Dec
1986 204.02 195.11 204.23 191.73 176.92 151.14 149.12 154.38 181.45 163.21 149.42 130.41
1987 118.39 115.52 100.81 104.33 111.45 101.59 96.17 98.38 104.93 111.45 115.53 115.14
1988 115.07 120.76 117.75 116.31 116.35 118.72 113.65 107.11 113.80 113.92 114.03 124.06
1989 126.69 118.04 117.36 117.55 115.89 104.52 76.67 69.05 69.23 61.10 62.07 61.90
1990 62.75 67.01 75.25 75.34 73.30 69.91 68.36 74.10 75.55 73.89 70.10 72.83
1991 69.38 70.55 72.47 71.45 67.47 65.58 64.31 63.34 66.86 62.83 64.30 63.07
1992 61.12 55.51 56.48 53.64 49.27 48.13 48.70 45.89 47.11 52.88 57.49 64.00
1993 58.14 57.32 54.76 51.38 54.18 54.54 60.61 67.69 71.64 67.78 70.03 71.50
1994 69.17 72.37 76.11 81.19 108.42 127.91 191.44 181.53 202.39 185.64 168.12 149.14
1995 152.08 152.24 162.73 159.59 155.96 141.66 132.71 141.70 124.76 120.02 117.99 99.57
1996 100.33 110.50 105.89 107.09 110.24 105.79 99.97 102.73 96.52 98.56 97.14 90.04
1997 100.03 121.89 137.47 142.20 180.44 155.38 135.04 132.63 132.51 121.09 118.16 130.02
1998 130.61 130.78 119.93 119.66 114.23 103.84 97.32 101.25 95.82 95.01 98.26 100.73
1999 97.63 92.36 89.41 85.72 89.51 86.41 78.21 77.22 71.94 76.36 88.22 95.63
2000 82.15 76.15 73.49 69.53 69.24 64.56 64.09 57.59 57.31 56.40 52.18 48.27
2001 49.19 49.39 48.52 47.31 49.39 46.54 43.07 42.77 41.17 42.21 44.24 43.36
2002 43.46 44.30 49.49 50.19 47.30 45.56 44.70 42.79 47.96 50.79 54.68 51.68
2003 54.04 54.07 49.61 51.87 53.19 48.90 50.89 52.22 54.10 51.72 49.81 52.44
2004 58.69 59.87 60.80 58.80 59.91 64.28 58.46 56.98 61.47 61.10 67.74 77.72
2005 79.35 89.40 101.44 98.20 99.78 96.29 88.48 85.31 78.79 82.55 85.93 86.85
2006 101.20 97.39 92.76 94.20 90.00 86.04 88.57 95.78 95.98 95.53 103.48 108.01
2007 105.81 104.18 100.09 99.30 100.09 107.03 106.20 107.98 113.20
n/a
n/a
n/a
Source: Historical data, ICO
Parallèlement au marché traditionnel, il existe des petits marchés de
qualité supérieure et
d’autres de qualité hautement supérieure.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 41
6.2- Le Marché Equitable
Le marché Equitable est une initiative des fondations Max Havelaar de l’Europe qui ont pu crée
un marché alternatif labellisé et géré par une structure basé en Allemagne, Fair-trade Labelling
Organisation (FLO). Ce marché qui, a apparu très prometteur en Haïti à la fin des années 1990, a
atteint sa limite à partir du contexte de changement du marché local. Dans les zones frontalières,
de 8 gourdes en 2000, la marmite du café est collectée à 35 gourdes en 2005. Le 1.21 US n’arrive
pas à couvrir les frais de préparation. De plus, dépendamment du rendement, les proportions du
café vert sont valorisées différemment. Rappelons que le prix par livre est de 1.26 avec 5 cents
pour des investissements sociaux. Il est prévu pour la prochaine saison de payer la livre de café
vert à 1.31 US en faisant passer la prime sociale à 10 cents.
6.3- Le marché gourmet
C’est un café de haute gamme préparé a partir des cafés de haute altitude, avec un niveau
admissible de défauts physiques et présentant les qualités à la tasse en terme d’arôme et de goût.
Des coopératives et réseaux vendent du café sur les marchés gourmets en Europe, USA et Japon
mais le produit gourmet labellisé reste le Haitian Bleu de la FACN. Les prix des marchés
gourmets vont de 1.41 à 3 dollars US.
VII- La filière du café et la législation haïtienne
Mise à part des conditions à remplir pour une exportation classique, cette filière évolue en dehors
de touts règlements ou plutôt en dehors de toutes applications de règlement. Le code du café
devenu loi en 1958, et qui n’a jamais été abrogé, a été conçu pour réglementer la filière.
L’entretien des champs à la récolte en passant par le transport, les obligations légales des
intermédiaires,
le traitement, le conditionnement jusqu’au procédés technico-légaux pour
l’exportation, ont été pris en compte par le code. Les notions de base du contrôle de la qualité
ont été codifiées et des pénalités sévères ont été réservées aux contrevenants. Le code du café,
malgré ses faiblesses, avait comblé un vide qui aujourd’hui, fait défaut et qui mérite d’être
adressé.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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VIII- Conditions d’évolution du secteur caféier haïtien
Haïti a une population estimée à Huit Millions d’habitants. Selon les données du Fonds
Monétaire International, le PIB par habitant, pour l’année 2006, est évalué à 528.00 dollars
contre
3654.00
dollars pour la République Dominicaine. Alors que les deux tiers de la
population vivent en dessous du seuil de pauvreté, Haiti est le seul Pays Moins Avancé des
Amériques. A l’heure de la mondialisation, la production caféière représente, moins de 0,3% de
la production mondiale du café. Membre de la Communauté Caribéenne (CARICOM), Haïti
faisait partie des pays qui s’entendaient pour la
Zone commune de libre échange de
l'Amérique(ZLEA), et est signataire des accords généraux sur le commerce (GATT) aujourd’hui
organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Alors que le pays vit encore une crise d’investissement privé, le régime économique étatique
est, particulièrement, caractérisé par la privatisation des entreprises publiques et la réduction des
dépenses de l’état dans l’économie nationale.
D’un autre coté, le négoce international du café met en présence un grand nombre de pays en
développement et de pays du tiers monde face a un nombre restreint de pays développes.
Les pays producteurs regroupent environ 80 pays exportant le café vert. Pour la plupart leurs
économies dépendent largement des recettes à l’exportation du café. Pour la période de 1995 à
2006 le café représente 7.8% des recettes totales des exportations d’Haïti estimées, selon les
données de base de l’OCDE, à 1,748.81 Millions de dollars. Les recettes des exportations des
produits agricoles, pour la même période, sont de 453.84 Millions de dollars dont celles
provenant du café compte, au premier rang, pour 30%. Néanmoins, depuis l’année 2000, les
recettes à partir du café sont en régression et à tendance à se positionner en troisième place après
la mangue et les huiles essentielles. L’intensification du commerce au niveau de la frontière
Haïtiano-Dominicaine est un élément à prendre en compte dans la compréhension de cette baisse
de rentrée.
Les pays consommateurs concentrent les activités de conditionnement et de la torréfaction
générant la grosse part des valeurs ajoutées de l’industrie caféière. D’après l’Organisation
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Internationale du Café (OIC), pour l’année 2005, le chiffre d’affaires des pays consommateurs
est estimé à plus de 50 milliards de dollars, tandis que les activités de production et de
préparation ne génèrent que 8 milliards de dollars dans les pays en voie de développement.
La volatilité des prix mensuels dans la bourse de New York et de Londres est reconnue par la
Banque Mondiale comme une cause majeure de déstabilisation de l’économie des pays
producteurs et de l’appauvrissement de la majorité de leurs populations rurales. Une réalité qui
persiste en dépit même de la prise en charge, par les pays, de ce sous secteur de leur économie.
En Haïti, mise à part les possibilités de prix sur les marches spéciaux à tarif nominalement fixe
,et qui représente seulement, pour l’année 2006, 4.86 % du volume exporté (Exportations
officielles et non formelles) et 1.74 % de la production, les prix sont régularisés sur la base
concurrentielle de l’économie de marché. Toutefois, dans la formation interne du prix, avec la
suppression de la taxe à l’exportation en 1988 l’état n’est pas un acteur rémunéré. Cela a permis,
quand même, d’augmenter la part du planteur de la vente du produit. Selon l’étude de
l’INESSA, 2001, la proportion de revenu du planteur est passée de
atteindre
56 %
en
1987 pour
69 % en 1994.
En définitif, le cadre macro-économique tel qu’il se présente aujourd’hui n’est pas favorable à la
relance de la filière caféière. Orienté vers les grandes reformes, l’environnement économique
est incitatif plutôt à la consommation qu’à la production. La culture de café est en régression
depuis plus d’une cinquantaine d’années et, depuis, aucune politique agricole ou caféière ne
s’attaque pas à cette problématique avec une volonté réelle de stabilisation ou d’inversion de la
tendance.
L ’Institut du café Haïtien (INCAH), crée en 2003, sur la pression des organisations de planteurs
et des ONG, devrait être l’outil d’exécution de cette politique. Entre autres causes, par absence
de cette politique, la présence de l’INCAH, n’a pas encore eu d’effet marqué sur le secteur
caféier haïtien.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 44
IX- La compétitivité économique du café Haïtien
La compétitivité économique est une notion économique qui s'applique à un produit, entreprise,
un secteur économique ou un territoire. Elle désigne la capacité d'une telle entité à vendre
durablement un ou plusieurs biens ou services marchands sur un marché donné en situation de
concurrence.
C’est la capacité à réussir économiquement dans un environnement concurrentiel, en innovant,
en croissant et en réalisant des bénéfices.
On distingue la compétitivité –prix ou de quantité et la compétitivité hors- prix ou de qualité
La compétitivité-prix est une des formes de compétitivité qu'une entreprise peut choisir
d'utiliser pour son produit pour pouvoir vendre plus. Elle repose sur la diminution du
prix des biens qu'elle produit, pour lui permettre d'écouler plus vite et plus facilement ses
stocks.
La compétitivité hors-prix est une forme de compétitivité moins visible que le prix de
vente, mais qui joue un rôle important dans la rentabilité d'une entreprise. Elle repose sur
la capacité d'innovation et l'amélioration constante de la productivité et de la qualité.
Cette forme de compétitivité entraîne généralement une hausse des prix de vente par
unité
A l’heure actuelle, Haïti ne dispose pas l’offre de café nécessaire qui pourrait induire
une baisse du prix de la vente de la livre par rapport aux autres pays producteurs. Dans
les coopératives et associations, le volume manipulé par rapport aux coûts de cette
production n’est déjà pas compétitif sur le marché juste (Fair Trade). Alors que le tarif
est fixe de $1.26 us, supérieur au prix du marché conventionnel depuis son labellisation à
la fin des années 1990.
Par rapport aux caractéristiques intrinsèques du café haïtien : Acidité moyenne, Corps
moyen et Arome excellent, qui sont des distinctifs recherchés par les acheteurs de cafés
spéciaux,
Haïti pourrait se faire une place sur ces créneaux
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
de marchés plus
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rémunérateurs. Dans de tel cas, il y aurait un déficit de marketing à combler et les
concernés devraient être plus responsable dans le respect des normes de qualité, la
stabilité de livraisons des volumes et dans la conformité des produits livrés par rapport
aux échantillons offerts.
Considérant l’état de la production caféière caractérisée par le manque d’entretien des
plantations, l’absence de fertilisation,
le taux élevé d’attaque de scolyte ajouté aux
limitations des infrastructures, aux coûts de préparation et à la faiblesse des services
périphériques, il est quasiment clair que le surplus d’effort pour la qualité n’est pas
proportionnellement compensé par le gain de prix obtenu. De plus, la demande du café
de qualité y compris sa valeur ne sont pas indéfiniment élastique par rapport à la qualité.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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X- Eléments pour un cadre de politique nationale du café
Considérant l’état actuel de la filière du café en Haïti, et tenant compte de son triple importance
pour l’environnement, la création d’emploi et de rentrées de devises, il s’avère urgent de
proposer un cadre de politique nationale pour le secteur du café. Par rapport au grand défi que
représente ce secteur, tant sur le plan national qu’international, il est clair que cette politique
n’aura d’effet que si elle est exécutée sur la base d’une volonté réelle de relance de la filière.
Ce cadre général devra permettre :
L’opérationnalité de l’INCAH avec des moyens lui permettant d’exécuter la
politique adoptée,
Etablissement d’un cadre de fonctionnement pour les acteurs de la filière
(Producteurs, Organisation de producteurs, Torréfacteurs, Exportateurs et ONG)
Le garantissement des partenariats entre Producteurs et Exportateurs nationaux,
entre Producteurs et Torréfacteurs Nationaux ou Producteurs, Torréfacteurs et
Exportateurs,
Ajustement du code du café au nouveau contexte de production et de marché.
Les Actions par Axe seraient les suivantes :
Axe de la production
Replantation des Zones caféières,
Réhabilitation de l’écosystème caféiers,
Modernisation de la caféiculture,
Culture semi intensive en association avec arbre fruitier et vivrier,
Culture intensive pure avec association temporaire de vivrier.
Installation dans les zones caféières des techniciens dynamiques et ayant l’expérience de
la culture du café,
Mettre a disposition de la production de l’intrant, particulièrement de l’engrais dans les
zones qui ont la nécessité,
Lutter efficacement contre le scolyte à travers les pièges et les guêpes.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Axe Organisationnel
Favoriser la structuration des Organisation caféières existantes,
Favoriser la montée d’autres organisations dans les autres zones,
Garantir les groupes pour l’octroi de fonds de roulement,
Pouvoir à l’encadrement des associations.
Axe Recherche / Développement et Formation
Intensifier les investigations sur la rouille,
Intensifier les investigations sur les pourridiés racinaires
Faire des essais comparatifs sur les variétés,
Former des jeunes techniciens sur la pratique de la culture du café
Formation des producteurs sur l’entretien de cafèterai
Axe Infrastructure
Réhabilitation des axes routiers desservant les zones caféières,
Aménagement des pistes de pénétration,
Percement de nouvelles voies de pénétration.
Axe de Protection de l’Environnement
Entretien des écosystèmes caféier,
Développement de l’Agro foresterie,
Mise en place des structures antiérosive,
Aménagement des canaux de contour,
Correction des ravines,
Favoriser des sources alternatives d’énergie pour les guildives, les boulangers et
les blanchisseries.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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Axe de Marketing
Travailler pour l’amélioration de la qualité du café et pour plus d’espace au
niveau des Niches de Marché,
Disposer dans les pays de meilleure opportunité de marché, particulièrement,
USA, Japon, Italie, des agents de marketing pour promouvoir le café Haïtien,
Renforcer le label de la FACN, Haitian Blue, avec des conditions avantageuses
pour les planteurs, notamment la réduction des frais de royalties,
Disposer au Ministère du Commerce et au Service de protection des végétaux des
moyens de dépistage de l’ochratoxine.
Systématiser les procédures de l’exportation.
Axe Amélioration de la compétitivité
Nonobstant les facteurs du marché qu’on ne peut pas contrôler, rendre le café Haïtien
compétitif supposerait une double action progressive et simultanée :
la mise à profit de l’opportunité de la bonne qualité intrinsèque du café soutenu
par la rigueur dans l’application des normes ;
un investissement dans la production du café et dans les autres infrastructures
corollaires de manière à bénéficier d’une économie d’échelle et à être
concurrentiel sur le marché boursier.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
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XI- Conclusion
Considérant son état actuel, la filière du café en Haïti nécessite de grands
investissements et une politique sérieuse orientée vers sa relance. Lorsqu’on considère la vitesse
avec laquelle chute la production, on est amené à croire que, sans une politique nationale
applicable et appliquée , Haïti risque, dans les 50 prochaines années, de se retirer au tableau des
pays producteurs de café et devenir un importateur net de ce produit.
Lorsqu’on considère l’ensemble des réalisations consenties par l’Etat haïtien à travers les fonds
STABEX, par les ONG et par les organismes de coopération internationale, lorsqu’on observe la
construction des usines de traitement du café dans le Nord, à Tombe gâteau, à Marmelade, à
Thiotte et dans plusieurs autres zones de café du pays, l’on ne peut affirmer qu’il n’y a pas eu
d’investissement dans le secteur. Toutefois, ces investissements, quoique insuffisants ne rentrent
pas dans le cadre d’une politique articulée, engagée et soutenue par l’état haïtien. Le constat est
que les résultats sont maigres et la filière périclite. Par rapport à l’importance du café pour le
pays, il est indispensable de proposer à l’Etat Haïtien un cadre de politique caféière et engager un
plaidoyer pour son acceptation et son application. Cette politique devra considérer la filière dans
sa globalité en tenant compte des différents acteurs, de leur inter relation et du contexte des
marchés.
Caractérisation de la filière du café en Haïti / ANDAH
Page 50
Références Bibliographiques
■ AGRICORP S.A, Analyse des opportunités pour une relance de la production et de la
commercialisation du café de qualité dans la Grand Anse.
■ APROMA, Haïti : Etude de structuration des filières de denrées d’exportation, 1996.
■ Allen Henry et Rénald Clérismé, L’Agriculture haïtienne dans l’impasse des nouvelles
négociations à l’OMC, 2005.
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