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Strategic Plan for Agricultural and Rural Development of the Grand'Anse Department

Strategic Plan for Agricultural and Rural Development of the Grand'Anse Department

Association des Maires de la Grand'Anse (AMAGA) 2011
Summary — The Grand'Anse mayors' association strategic plan for agricultural and rural development of the department, January 2011, with a named drafting committee and field enumerators.
Full Description
Produced by the Association des Maires de la Grand'Anse and dated January 2011, this is the strategic plan for agricultural and rural development of the Grand'Anse department. Its drafting and steering committee is named in full: Guims Germain as study lead, Gilles Maréchal and Lambian Pierre as technical advisers, and four field enumerators. The authorship matters: this is a plan produced by the department's elected mayors collectively rather than by the ministry or a donor, which makes it one of the few documents in the corpus articulating an agricultural strategy from local government upward, and a useful counterpoint to the MARNDR-authored Grand'Anse material of the same period.
Topics
AgricultureRural DevelopmentGovernanceEconomy
Geography
Grand'Anse Department
Keywords
Grand'Anse, AMAGA, Association des Maires de la Grand'Anse, plan stratégique, développement agricole et rural, Guims Germain, Gilles Maréchal, Lambian Pierre, enquêteurs, admin1:HT08
Full Document Text

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ASSOCIATION DES MAIRES DE LA Grand’ ANSE (AMAGA) Plan stratégique de développement agricole et rural du département de la Grand’ Anse Comité de rédaction et de pilotage : GERMAIN Guims, responsable de l’étude MARECHAL Gilles, Conseiller technique PIERRE Lambian, Conseiller technique CENAL Olfintz, enquêteur CHERY Berthony, enquêteur Cezar K. Fabio, enquêteur Morose Jean Fritzner, enquêteur Janvier 2011 Table des matières Liste des tableaux 3 Liste des figures 3 Liste des sigles 4 Remerciements 5 1. Justification et contexte de réalisation 6 2. Approche méthodologique 7 2.1. La recherche bibliographique 7 2.2. Collecte des données sur le terrain 7 2.3. Phase de redaction du document 8 3. Généralité sur le département de la Grand’ Anse 9 3.1. Division et limites géographiques du département 9 3.2. Estimation de la population 9 3.3. Migration 10 3.4. Topographie 10 3.5. Climat 11 3.6. Réseau hydrographique 11 3.7. Les vents 12 3.8. Géologie 12 4. Présentation des résultats 13 4.1. Les principaux secteurs d’activités 13 4.1.1. Agriculture 13 4.1.1.2. L’organisation du travail agricole 15 4.1.1.3. Les problèmes liés á l’organisation du travail agricole 16 4.1.1.4. Les informations relatives á la production agricole 17 4.1.1.5. Analyse de la répartition de la production agricole 23 4.1.2. Elevage 23 4.2. Le cadre institutionnel 26 4.3. Infrastructures de transport 28 4.4. Commercialisation des produits 29 5. Interprétation des résultats 31 6. Les éléments á préconisations dans le cadre de ce plan 35 6.1. La dynamisation de la production par des services de proximité 36 6.1.1. L’assistance technique 37 6.1.2. Le crédit 38 6.1.3. Les semences et plants 38 6.1.4. L’expérimentation, la diffusion, la démonstration 39 6.2. La structuration de l’économie agricole et rurale 41 6.2.1. Un plan de transports alimentaires pour la Grande Anse 41 6.2.2. L’amélioration des dispositifs de commercialisation 42 6.2.3. La diversification des activités 43 6.3. L’organisation territoriale du développement agricole et rural 44 Liste des tableaux Table 1.-Division du département de la grand’ anse 9 Table 2.- Estimation de la population du département de la Grand’ Anse en 2010 10 Table 3.-Concentration spatiale des principales espèces fruitières dans la Grande Anse 19 Table 4.-Calendrier de disponibilité des fruits dans la Grande Anse 20 Table 5.-Caractéristiques des variétés d'igname les plus couramment cultivées dans la Grande Anse 22 Table 6.-Répartition des espèces animales dans les différentes communes de la Grand’ Anse 24 Table 7.-Contraintes et atouts identifiés pour les différents élevages de la Grand’ Anse 25 Table 8.- État des principaux axes routiers 28 Table 9.-Tableau récapitulatif du diagnostic agricole du département de la Grande Anse 31 Liste des figures Figure 1.-Cartographie des pentes du département de la Grand’ Anse 10 Figure 2.-Pluviométrie en basse altitude 11 Figure 3.-Pluviométrie en altitude moyenne 11 Figure 4.-Pluviométrie en haute altitude 11 Liste des sigles AMAGA  : Association des Maires de la Grand’ Anse BAC  : Bureau Agricole Communale BID  : Banque Américaine de Développement CRS  : Catholic Relief Service COUD  : centre D’opération d’urgence Départementale DDA GA  : Direction Départementale Agricole Grand’ Anse DSDS  : Direction des Statistiques Démographiques et Sociales FAO  : Organisation Mondiale pour l’Agriculture FNGA : Fondation Nouvelle Grand’ Anse GRADEL : Groupe d’Action et de recherche en Développement Local IDAI  : Institut de Développement Agricole et Industriel IHSI  : Institut Haïtienne de Statistique et d’Informatique KPGA  : Kombite Paysan Grand’ Anse MEF : Ministère Economie et des Finances ONG  : Organisation Non-gouvernemental PISAGA  : Plate-forme des Institutions du Secteur Agricole de la Grand’ Anse ROPAGA  : Réseaux d’Organisation de Producteurs agricoles Grand’ Anse Remerciements Il est toujours difficile de remercier toutes les personnes ayant de près ou de loin participé à la réalisation d’un travail de portée générale et d’utilité pratique. Le Comité de Rédaction et l’Association des Maires de la Grand’ Anse (AMAGA) expriment sa sincère gratitude à celles et à ceux ayant rendu possible l’élaboration de ce document appelé à contribuer à la relance de la production agricole au niveau du département de la Grand’ Anse à ce moment dramatique de son histoire. Le Conseil général des Côtes d'Armor, grâce à son soutien financier et opérationnel par la mise à disposition d'un agent, a créé les conditions favorables pour la production de ce document. Nous adressons nos sincères remerciements aux représentants des organisations et institutions privées et étatiques particulièrement les représentants des collectivités territoriales qui ont participé aux différents focus groups. Leur apport a été considérable pour la compréhension du milieu par les enquêteurs. Ces discussions nous ont permis de formuler des recommandations à la hauteur des problématiques spécifiques de la région de la Grande Anse. Enfin, nous manifestons notre gratitude envers les producteurs, les éleveurs et associations paysannes, les commerçants, en un mot, tous ceux qui ont consacré leurs journées aux discussions et aux ateliers communaux nous permettant ainsi d’avoir une meilleure compréhension de la réalité. 1. Justification et contexte de réalisation Dans un contexte de pression démographique, de forte urbanisation et de faible productivité, le modèle de croissance agricole en vigueur dans le département de la Grand’ Anse se révèle tout simplement contre-productif, voire désastreux. Il conduit à l’effondrement de la productivité des terres et à la dégradation accélérée des ressources naturelles. Les équilibres écologiques anciens qui permettaient de maintenir la fertilité des sols sont rompus dans de multiples situations sous le double effet de l’action des hommes et des femmes confrontés à la densité croissante (pression foncière) et aux changements climatiques: diminution de la pluviométrie et augmentation de sa variabilité spatiale et temporelle. En dépit de la faible productivité et des retards accumulés par rapport à d’autre département du pays, le secteur agricole occupe une place importante dans l’économie des familles grandanselaises. Environ 60% de la population vit en milieu rural. L’agriculture est non seulement l’activité qui mobilise une bonne partie de la population qui n’a pas de capital culturel et social pour travailler dans d’autre secteur d’activité, mais elle est également la branche d’activité économique qui unit le paysan à son espace vert et participe à la construction de son imaginaire et de son parcours identitaire. L’agriculture est à la fois une priorité sociale et une priorité économique pour le département de la Grand’ Anse. Investir dans l’agriculture c’est investir dans l’insertion socioprofessionnelle d’une catégorie de la population active, c’est assurer la sécurité intérieure tout en réduisant le flux migratoire et c’est aussi participer aux efforts de remodelage du paysage grandanselais. Toutefois, cet investissement doit se faire suivant un plan bien défini pour qu’il y ait de la synergie dans les actions entreprises par les intervenants. C’est dans cette ligne d’idée que l’Association des maires de la Grand’ Anse (AMAGA) a pris l’initiative d'élaborer, avec l'appui du Conseil général des Côtes d'Armor nouveau partenaire de coopération, un plan stratégique de développement agricole qui tient compte des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces à la fois biophysiques et socio-économiques des différentes zones agro-climatique du département. De même, tout en faisant l’objet d’un large consensus de la part des acteurs intéressés, le plan s’inscrit dans un cadre de développement économique qui vise á récupérer le marché intérieur et dégager des surplus pour l’exportation. Ce qui demande à ce que l’on puisse imaginer de nouvelles dynamiques d’aménagement des espaces ruraux et repenser la place de l’agriculture dans ces espaces. 2. Approche méthodologique Pour l’élaboration de ce document une méthodologie très simple a été adoptée. Elle comporte trois phases distingues qui sont : la phase de recherche bibliographie suivie d’une phase de collecte de données sur le terrain et en dernier lieu on a procédé á une phase d’analyse des données en utilisant des outils statistiques et économiques. 2.1. La recherche bibliographique Au cours de cette phase de l’élaboration du plan nous avons procédé á la consultation de tous les documents ayant rapport avec le sujet traité. C’est ainsi des documents traitant la question de démographie, de pédologie, de l’infrastructure, des activités agricoles au niveau du département de la Grand’ Anse et tous les autres thèmes prioritaires pour l’élaboration de ce plan ont été consulté. Donc, une sélection des documents les plus pertinents a été faite. 2.2. Collecte des données sur le terrain Pour la phase de collecte des données des enquêteurs ont effectués des visites préalables sur le terrain afin de prendre connaissance des ressources humaines de la zone. Apres cette phase de planification on a procédé à des rencontres au niveau des sections communales pour la prise des informations. Pour ce faire, des focus groups ont été réalisés dans chacune de ces zones. La participation effective et réelle de tous les groupes sociaux et professionnels intéressés est l’élément de base de la démarche de travail adoptée. Ainsi, ont été impliqués à toutes les phases du travail, les différents acteurs du milieu : les instances étatiques, organisations de base, organisations professionnelles, autorités locales et autres partenaires du développement (ONG, secteur privé, etc.). L’expression des groupes sociaux spécifiques (femmes, jeunes, catégories les plus défavorisées de la population) est prise en compte. La méthodologie adoptée dans le cadre de ces focus groups a favorisés la recherche du consensus le plus large possible au niveau des organisations et institutions, du secteur privé, des élus locaux et les représentants des services déconcentrés de l’État. Les informations collectées lors de ces focus groups ont été repartis en quatre ordre ou partie. Nous avons les informations d’ordre descriptif où les participants identifient les grands ensembles qui caractérisent leurs zones (Zonage agro-écologique) ainsi que les différentes formes de mise en valeur. La description porte aussi sur les infrastructures de base, le paysage institutionnel et organisationnel ainsi que l’environnement socio-économique de la production à savoir : les systèmes d’approvisionnement en intrants et de commercialisation de la production, la question foncière, l’accès au crédit agricole. Puis une partie analytique où les participants identifient les principaux problèmes auxquels sont confrontés les agriculteurs et autres acteurs du secteur ainsi que les contraintes les plus importantes au développement de l’agriculture. En troisième partie, les informations d’ordre prospectif ont été recueillies, dans cette partie les participants identifient les atouts ou opportunités ainsi que les filières porteuses qui peuvent constituer la base d’un développement de l’agriculture de la région. Les grandes orientations ainsi que les principales actions sont précisées à ce stade. Enfin, les principaux éléments de stratégie de mise en œuvre des actions identifiées ont été étudiés dans ces focus groups. Photo 1: Focus group de Grand Vincent, commune des Roseaux 2.3. Phase de rédaction du document Pour la rédaction de ce document il a eu un staff de professionnel diversifié venant de Guadeloupe et de Bretagne (France) pour apporter leur contribution. C’est ainsi, un ensemble de données a été traité de façon à permettre l’élaboration d’une première ébauche de cadre de développement. A partir de l’analyse du fond documentaire disponible et des différentes rencontres réalisées ainsi que des observations directes sur le terrain, des hypothèses sur les éléments moteurs susceptibles de conditionner le développement agricole du département ont été formulées. Un effort important est fait à ce stade pour comprendre les principaux éléments-clés autour desquels devrait s’articuler un plan de développement. Puis des exemplaires du document ont été envoyés aux différents expertes internationaux afin qu’ils puissent donner leur point de vue. Le document ainsi finalisé est envoyé au directoire de l’AMAGA pour leur approbation. 3. Généralité sur le département de la Grand’ Anse 3.1. Division et limites géographiques du département La Grand’ Anse est située dans la partie nord-ouest de la presqu’île du Sud. Elle est limitée au nord par le golfe de la Gonâve, au sud par le département du Sud duquel il est séparé par le massif de la Hotte, à l’est par le département des Nippes, et à l’ouest par la mer (au niveau du canal de la Navase). Ce département est divisé en 12 communes et 47 sections communales. La disposition en dents de peigne de ces communes fait que 75% d’entre elles ont un accès sur la mer d’un côté, et une zone d’altitude, de l’autre. Seules 3 communes, à savoir Chambellan, Moron et Beaumont ne disposent d’aucun accès sur la mer. Table 1.-Division du département de la grand’ anse Département Arrondissement Commune Section Superficie (Km2) Grand’ anse Jérémie Jérémie 9 445,16 Corail 4 107.53 Bombon 1 36,56 Moron 3 185.8 Chambellan 2 61.25 Anse-d’hainault Anse-d’hanault 4 102.59 Dame-marie 5 114.59 Irois 3 131.62 Corail Corail 5 209.94 Roseaux 4 218.44 Beaumont 1 86.13 Pestel 5 312.35 IHSI, 1996 3.2. Estimation de la population Au cours d'une année donnée, l'évolution de la population d'une zone géographique résulte en effet de deux facteurs : le solde naturel et le solde migratoire. En prenant ces deux facteurs en compte le Ministère Economie et des Finances (MEF), l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) et la Direction des Statistiques Démographiques et Sociales (DSDS) ont réalisés une perspective de la population du département de la Grand’ Anse en 2010, dont les chiffres ont été repris dans le tableau qui va suivre. Table 2.- Estimation de la population du département de la Grand’ Anse en 2010 Arrondissement/ Commune POPULATION URBAINE RURALE TOTALE JEREMIE 49488 170686 220174 Jérémie 39778 84364 124142 Abricots 1150 33671 34821 Bonbon 1467 6493 7960 Moron 3119 25678 28797 Chambellan 3974 20480 24454 ANSE D'HAINAULT 28935 62124 91059 Anse d'Hainault 11926 21717 33643 Dame Marie 9826 25986 35812 Irois 7183 14421 21604 CORAIL 15493 106100 121593 Corail 3816 14267 18083 Roseaux 1800 31247 33047 Beaumont 5114 24074 29188 Pestel 4763 36512 41275 ENSEMBLE 93916 338910 432826 Source: Tendances et Perspectives de la Population d’Haïti au niveau des Départements et Communes ‘MEF-IHSI-DSDS’ 3.3. Migration La Grand’ Anse avait l’habitude de recevoir des travailleurs agricoles venant du département du Sud. Ces derniers se logeaient chez un exploitant pendant quelques temps et lui vendaient leur force de travail. Mais depuis plus d’une décennie cela ne se fait plus. Mais, depuis le séisme du 12 janvier 2010 le département a accueillit un fort pourcentage des déplacés provenant de la capitale du pays. Bien qu’il y ait beaucoup de ces rescapés qui sont déjà de retour sur la métropole de Port-au-Prince. 3.4. Topographie Le département de la Grand’ Anse est caractérisé par un relief accidenté, ce qui le rend difficilement accessible par voie terrestre. La vallée de la grand’ anse, située dans les communes de Jérémie, Moron, Chambellan, est l’une des régions les plus riches du département sur le plan agricole. La représentation graphique qui va suivre fait la cartographie des pentes du département de la Grand’ Anse. Figure 1.-Cartographie des pentes du département de la Grand’ Anse Source : GRADEL, 2005 3.5. Climat Le département de la Grand’ Anse a un climat chaud dans les zones côtières et frais dans les zones d’altitude. En décembre, janvier et février, il fait plus frais tandis qu’en aout, septembre, il fait plus chaud. La saison pluvieuse varie d’une région à une autre. Elle est généralement divisée en deux périodes: avril-mai et septembre-décembre. Le volume des précipitations varie dépendant de l’altitude. Dans les zones de basse altitude, les précipitations annuelles se trouvent dans une fourchette de 800 à1300 mm3. Dans les zones de moyenne altitude, ce volume varie entre 1900- 2000 mm3. Dans les hauteurs, ce volume varie entre 2500 et 3500 mm3. Figure 2.-Pluviométrie en basse altitude Figure 3.-Pluviométrie en altitude moyenne Figure 4.-Pluviométrie en haute altitude 3.6. Réseau hydrographique Le réseau hydrographique du département de la Grand’ Anse est assez dense. La majorité des rivières prend sa source dans la partie occidentale du massif de la Hotte. La rivière de la Grand’ Anse (deuxième rivière du pays) a un débit de 27 m3/s et un bassin de 550km2. Ce département est aussi doté de nombreux cours d’eau dont ce des plaines des Abricots qui possède des aménagements qui sont utilisés à des fins d’irrigation. Toutefois, les structures de ces canaux d’irrigation ne sont pas trop utilisés en raison de manque d’entretien et manque d’appropriation du terrain. 3.7. Les vents Deux types de vent soufflent sur le département : • Les alizés ou vents d’Est qui soufflent pendant presque toute l’année dans la direction Sud-est / Nord-ouest. Ce sont ces derniers qui influencent le plus la pluviométrie de la région. Ces vents peuvent devenir violents en août –septembre • Les Nordés soufflent de novembre à janvier et parfois jusqu’en mars. Ces vents peuvent provoquer des raz-de-marée. 3.8. Géologie Sur le plan géologique, le sous sol du département de la Grand’ Anse est dominé par deux grandes catégories de roches : les roches calcaires et les roches basaltiques. Ces roches sont évidemment à l’origine des différents types de sols rencontrés dans tout le département. Les roches calcaires sont en autres des roches récifaux organisés en terrasse, des crétacés affleurant et qui sont de couleurs variées (blanche, crème, marron, grise), des roches calcaires crayeux à lits et rognons et des roches Calcaires stratifiés. A côté des roches calcaires, il existe aussi les roches basaltiques (basaltes et dolérites crétacés) liées à des éruptions volcaniques de l’antiquité. On estime que ces roches représentent près de 15% du sous sol du département. 4. Présentation des résultats Le département de la Grand’ Anse possède de fortes potentialités agricoles et une grande richesse halieutique mais à cause de l’absence des techniques appliquées et aussi à cause de la complication liée à la commercialisation (transport, route), ces potentialités n’ont pu être exploitées. Les habitants s’adonnent de préférence à une stratégie d’autosubsistance, laissant tomber ainsi la culture des denrées d’exportation pour adopter la culture de vivres alimentaires. Le faible niveau de revenu conduit les agriculteurs à des mouvements migratoires et aussi à la coupe de bois pour la fabrication du charbon ou du bois d’œuvre servant à la construction ou à l’ameublement. Toutefois, cela n’empêche pas que l’agriculture représente un secteur d’activité très important parmi tant d’autre. 4.1. Les principaux secteurs d’activités 4.1.1. Agriculture L’agriculture constitue le pôle de développement potentiel le plus important dans la région et le plus réaliste. Avec un climat favorable caractérisé notamment par une pluviométrie abondante et bien répartie sur l’année, une couverture boisée encore appréciable, une densité de population encore relativement faible, la Grande Anse dispose d’une marge de rationalisation et d’intensification du secteur agricole. 4.1.1.1. Généralité sur le secteur agricole Au niveau du département de la Grand’ Anse l’agriculture se caractérise majoritairement par la présence de petites exploitations familiales qui s’étale généralement sur une superficie qui se situe entre un minimal de ½ carreau et un maximal de 1 carreau de terre. Pour gérer l’aspect foncier qui constitue un problème majeur pour cette agriculture souvent qualifiée de subsistance, plusieurs stratégie sont mise en place par les agriculteurs. C’est ainsi au niveau du département de la Grand’ Anse on trouve les modes de faire valoir indirect (fermage, métayage) et direct (les terres en propriétés). Le mode de tenure le plus fréquent est l’exploitation des terres en propriété. C’est le mode de tenure le plus sécuritaire puisque l’agriculteur n’a de compte à rendre à personne sinon qu’à lui-même. Le sol bénéficie aussi d’un meilleur traitement de la part de ce dernier. Le fermage est un aussi un mode de tenure très pratiqué puisque beaucoup de grands propriétaires résident soit dans les villes, soit à l’étranger laissant leurs propriétés entre les mains de fermiers sous contrat. Les contrats ont généralement une durée d’un an renouvelable. Le métayage communément appelé « demwatye » ou « sosye », est aussi très pratiqué dans la Grand’ Anse, le propriétaire laisse à l’agriculteur le soin de travailler sa propriété ou une portion de celle-ci pour bénéficier du tiers de la récolte à la fin de chaque campagne agricole. Certaine fois, il y a des propriétaires qui font des contrats suivant lequel le métayer devrait travailler un tiers du foncier au profit du propriétaire. Dans ce cas, ils font appel á une personne externe pour effectuer la division de la propriété. En raison d’une absence totale de cadastre au niveau du département nous sommes dans l’incapacité de dire la portion exacte de terre allouée aux différents modes de tenure. NB.- Une autre caractéristique de la Grand’ Anse est une présence importante de terres de l’État. Ces terres se trouvent regroupées en blocs importants dans quatre types de situation : • Dans la zone forestière de Macaya, la majorité des terres est propriété de l’État haïtien. Ces terres constituent la réserve de biodiversité de Macaya, • Sur la bande côtière entre Jérémie et Roseaux, il existe de vastes terrains appartenant à l’État. Une partie de ces terrains a été acquise par l’IDAI pour la réalisation de projets liés à la culture du coton, • Dans la vallée de la Grand’ Anse, il existe plusieurs grandes propriétés appartenant à l’État, particulièrement dans l’Axe Jérémie/Marfranc/Moron • Dans la région de l’Anse d’Hainault (ferme Francklin), et de Dame Marie (ferme Lesson), il existe d’anciennes plantations transformées en fermes d’État de plusieurs milliers de carreaux. Toutefois, nous observons un manque d’accès á la terre des petits exploitants qui est dû á une absence de financement. Au niveau de toutes les sections communales les agriculteurs déclarent une absence totale de financement rural encore plus de crédit agricole. Donc, par manque d’accompagnement financier les agriculteurs sont laissés á eux-mêmes pour faire reproduire leur exploitation agricole, ce qui engendre l’utilisation d’un outillage très rudimentaire pour les pratiques agricoles. Faute de moyen économique les agriculteurs du département de la Grand’ Anse sont contraints á utiliser des outils agricoles comme la houe, la machette, la pioche qui diminue la productivité de la main d’œuvre agricole. Le problème de financement n’a pas d’incidence négative uniquement sur le système d’outillage, l’approvisionnement en intrants agricoles se fait très difficilement en raison du manque de moyen financier. Au niveau de toutes les communes du département de la Grand’ Anse il n’y a pas vraiment une régularité dans l’approvisionnement en intrant agricole. Les agriculteurs ne trouvant pas de semences améliorées, utilisent des semences a très faible pouvoir germinatif et avec un rendement á l’hectare très bas. Il y a très peu d’institution qu’interviennent dans la fourniture d’intrant agricole. Ce sont en autres la FAO, la Direction départementale agricole de la Grand’ Anse, le CRS/ Caritas et le ROPAGA qui font des interventions á des fréquences non régulières. 4.1.1.2. L’organisation du travail agricole Au niveau du département de la Grand’ Anse le travail agricole est organisé de sorte qu’il y a les modes d’association du travail dit traditionnel et les organisations communautaires de travail qui sont beaucoup plus récentes. Toute fois, les grands types de main-d’œuvre existant restent la main-d’œuvre familiale et la main-d’œuvre salariée. Les associations traditionnelles de travail Au niveau de différentes communes du département de la Grand’ Anse, nous rencontrons des noms divers : « escouade, sori, attribution, corvée, société, combit » pour les associations traditionnelles de travail, et les nuances locales sont nombreuses à travers le département. Ces associations de travail visent deux objectifs principaux : l’entraide ou solidarité et la recherche de revenu monétaire. L’entraide et la solidarité impliquent que les uns appuient les autres dans le travail agricole et que l’association apporte de l’aide aux membres qui connaissent des difficultés. Les membres vendent leur force travail, pour gagner de l’argent. Les deux objectifs n’ont pas toujours le même poids pour tous les membres. Et selon le type d’association considéré la durée de vie variée et les champs d’action aussi, par exemple la corvée et les attributions s’occupent non seulement des travaux agricoles mais aussi celles des constructions de maisons ou de travaux para-agricoles et leur effectif peut atteindre une centaine de personnes contrairement aux escouades et sori. De plus, ce sont des associations permanentes dont l’existence peut atteindre plusieurs dizaines d’années et leur fonction solidarité est plus importante que celle de génération de revenus monétaires et elles assurent des fonctions liées à ce qu’on pourrait appeler une sécurité sociale, car elles prennent en charge des frais de maladie ou même de catastrophes (incendies, inondation, etc.) D’ailleurs, la plupart d’entre elles développent des stratégies d’épargne et de capitalisation pour répondre à des besoins différés dans le temps. Funérailles, fêtes de fin d’année, etc. Par contre, en ce qui concerne les attributions elles permettent aux agriculteurs de différer le paiement des travaux agricoles dans le temps. Car les gens faisant partie de ces associations vendent généralement leurs services á crédit. Les adhérents de ces associations travaillent toute l’année, pour recevoir leur du à la fin du mois de décembre. Ils se partagent la valeur reçue en tenant compte du travail fourni par chaque membre. Généralement à partir de l’argent reçu, ils achètent un bœuf qu’ils abattent pour se partager la chair. Ils peuvent même offrir un morceau de bœuf à un fidèle utilisateur des services de l’association. Ainsi, généralement, tous les membres disposent de provisions pour organiser les festivités de fin d’année ou de nouvel an. Les organisations communautaires Ce sont les coopératives, les organisations paysannes, les organisations de développement etc. Leurs objectifs sont, comme le nom l’indique, de travailler pour l’amélioration du bien-être de la collectivité. Elles interviennent dans l’agriculture, dans la protection de l’environnement, l’élevage, la santé communautaire, la santé animale, la commercialisation de produits agricoles, le crédit et l’appui aux petits commerces, l’aménagement de voies de pénétration, l’éducation civique ... Généralement ces organisations communautaires bénéficient l’appui de certaines ONG. Tout leur espoir repose sur l’exécution des projets. Chaque groupe essaie d’avoir des projets pour les exécuter avec ses membres. Il en résulte une sorte de compétition entre les organisations. La méfiance s’installe. Les préoccupations communautaires, invoquées pour obtenir les projets, s’amenuisent. Dans ces conditions, les projets n’apportent pas grande chose aux populations. Des groupes accusent d’autres de bénéficier de faveurs. Des groupes pensent à certain clientélisme ou même une connivence au niveau des organismes qui approuvent les projets. La politique des petits projets sans concertation entre les bailleurs ou entre les promoteurs semble contribuer à développer cet état d’esprit. 4.1.1.3. Les problèmes liés á l’organisation du travail agricole Pour les associations traditionnelles par le fait que l’initiative découle généralement d’un individu, ce dernier se réclame du chef de l’association. Donc, tous les membres ne sont pas sur le même pied d’égalité. Surtout dans le cas des associations qui visent l’entraide, le travail agricole est organisé d’une façon qui pénalise les plus pauvres, parce que, quand l’effectif du groupe de travail est élevé, certains membres ne sont même pas assurés de pouvoir bénéficier d’une journée ou d’une demi-journée de travail pendant une campagne agricole car dans l’établissement du calendrier, les plus forts se placent en premières positions. Ceux qui se trouvent á la fin de la liste des bénéficiaires sont généralement les plus pauvres. Et au sein même d’une association de travail le prix n’est pas identique pour tout le monde, il y a une sorte de distorsion qui se pratique au niveau des prix appliqués. Pour ce qui a trait aux associations communautaires récentes, elles ont tendances à voir le jour avec un projet et ne peuvent exister pendant longtemps. Certaines organisations ont tendance à embrasser beaucoup de domaines d’intervention. Généralement les associations appuyées par des ONG n’ont pas la vie longue. Elles sont souvent secouées par des crises, des dénonciations, des vols et détournement de fonds, des divisions. Au cours de nos focus groups, les participants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme le clientélisme pratiqué par les ONG et la méfiance règne assez souvent. 4.1.1.4. Les informations relatives á la production agricole Le département de la Grand’ Anse possède une production agricole assez diversifiée composée de cultures de rente, de cultures céréalières, de cultures vivrières, d’arbres fruitiers, d’arbres forestiers….. Suite á notre travail de terrain, l’état des lieux de quelques productions a été fait dont les principales figurent dans les lignes qui vont suivre. 4.1.1.4.1. La production des cultures de rente • Le café La culture du café s’étend dans les altitudes de 100 mètres jusqu’à celles supérieures à 1800 mètres. Cette culture est présente à la fois dans les zones semi-humides et humides. La majorité de la production se concentre dans les zones humides et très humides d’altitude. Au niveau des communes de Beaumont, de Pestel et de Roseaux, cette production constitue l’une des principales activités agricoles et la principale culture commerciale pour les exploitants. Dans les zones de haute altitude on retrouve une dominance de la culture du café, elle est présente sur 73% des parcelles cultivées, contre 62% en basse altitude. Cultivé le plus souvent en association avec l’igname et la banane, il occuperait 33. 8% de l’espace. Au niveau du département de la Grand’ Anse depuis plusieurs décennies cette production qui représentait la principale source de devises, fait face à un ensemble de difficultés comme par exemple : • Le vieillissement des plantations caféières et manque de travaux d’entretien de ces plantations. Quand ils sont réalisés c’est le plus souvent dans l’objectif de faciliter la croissance des cultures associées au caféier mais non au profit de la culture caféière. • Les itinéraires techniques de conduite des parcelles de café facilitent le développement de certaines maladies cryptogamiques ainsi que des infestations d’insectes (des attaques de scolytes sont déjà remarquées dans certaines zones caféières dans la Grande Anse, notamment du côté de Beaumont), ceci concourt à faire baisser les rendements obtenus par unité de surface. • La fluctuation du prix sur le marché international constitue un facteur de découragement pour les producteurs de café, car ces derniers reçoivent les retombés directs de la diminution des prix internationaux sans aucun facteur d’amortissement. • Le cacao La production cacaoyère s’étale dans les zones de basse et de moyenne altitude ne dépassant pas les 500 mètres avec une pluviométrie moyenne annuelle autour de 1500 mm et une température moyenne avoisinant les 21°C par année, avec une très forte concentration au niveau des communes de Dame Marie, d’Anse d’Hainault et des Irois. Mises à part ces trois communes on retrouve aussi cette denrée sur les versants Est de la Rivière Grande Anse (allant de Chambellan à Marfranc). Il existe une production assez significative de cacao dans les vallées de la Grande Anse, de la Voldrogue et de Guinaudée. D’une manière générale les plantations cacaoyères sont de petites parcelles qui dépassent rarement un hectare. Il en existe très peu qui ont une taille supérieure à deux ou trois hectares. La culture est intégrée dans un système agro-forestier comprenant de grands arbres tels avocatiers, manguiers, sucrins, sâmans, arbre à pain, arbre véritable. Suivant les itinéraires techniques appliqués aux plantations de cacao, on constate que ce système de production bénéficie très peu de fertilisants, le traitement phytosanitaire et les travaux d’entretien sont quasi inexistant. Généralement, il y a deux périodes de récolte dans le département, la première (la plus grande) va d’octobre à janvier et pendant cette période 70 à 80% de la production est réalisée. La deuxième période de récolte concerne la période allant d’avril à juillet où l’on ramasse entre 20 à 30 % de la production. Au niveau du département de la Grand’ Anse on retrouve deux types de cacao qui sont : le cacao peyi qui représente 40 à 50% de cacaoyers présent dans le département. Le cacao blan qui regroupe plusieurs variétés. Toutefois, dans les zones où il y a une concentration de cette production, elle représente á elle seule environ 50 á 70 % de l’ensemble du revenu familial. A l’instar de la culture caféière, la production du cacao est sujette à un ensemble de problèmes comme par exemple : • Le vieillissement et le manque de soins des plantations cacaoyères. • La présence des maladies (pourriture brune, cerelle wilt sont des exemples) et des rongeurs au niveau des plantations 4.1.1.4.2. La production fruitière Le département de la Grand’ Anse possède une vocation arboricole avec des arbres fruitiers qui ont une forte valence écologique. Les espèces fruitières qu’on retrouve sont en autre l’arbre véritable, les manguiers, les agrumes, les avocatiers, les cocotiers, la noix de cajou, le goyavier etc. On y trouve aussi, mais en quantité limitée, d’autres espèces fruitières comme le « djaka», le jaquier, le sapotillier, le cayimitier etc. Cette dernière est en voie de disparition dans la région. Les espèces fruitières jouent un rôle important dans le maintien de l’équilibre de la plupart des autres systèmes (notamment ceux à base de d’igname, de caféier, de cacaoyer etc.). D’une manière générale les fruitiers sont intégrés dans les systèmes agro-forestiers dans lesquels, même si les sols sont utilisés de manière intensive, les espèces pérennes présentes permettent une utilisation des couches profondes du sol. De plus, ces espèces constituent une source importante dans l’alimentation des animaux domestiques et permettent une certaine intégration entre l’agriculture et l’élevage. Et enfin, certaines espèces constituent une source complémentaire de revenus permettant aux planteurs de rémunérer la main-d’œuvre pour l’exécution de certaines activités agricoles (plantation, sarclage. . .) et d’assurer la rentrée scolaire des enfants. Cependant, en comparaison des cultures vivrières et les denrées d’exportation la fruiticulture ne représente pas une activité agricole importante. Voici les deux tableaux qui présentent la distribution spatiale des principales espèces fruitières et leur disponibilité durant l’année. Table 3.-Concentration spatiale des principales espèces fruitières dans la Grande Anse Espèce fruitière Zone agro-écologique Zones de concentration Agrumes Zone de moyenne et de haute altitude (notamment dans les montagnes humides et très humides) Zone de Grand Vincent, Haute Voldrogue, 8° et 9° sections de Jérémie, communes de Pestel, de Beaumont, Corail. Toutes les zones de montagnes humides et très humides. Arbre véritable Du niveau de la mer jusqu’à 800 à 1000 m Vallée Grande Anse, Vallée Voldrogue, Axe Dame Marie-Anse d’Hainault, plaine abricot, en général dans toutes les gorges ou fonds frais entre 0 et 1000 mètres d’altitude. Ananas Zone de basse altitude Au niveau de Roseaux, zone Fond d’Icaque Anacardier Dans les zones de moyenne et de basse altitude Axe Dame Marie - Anse d’Hainault - Les Irois Avocatier Espèce à grande valence écologique. Commune de Beaumont, Vallée de la Grande Anse, Pestel. Citron Basse altitude Pestel, Corail, Roseau, Jérémie Corossol Basse et moyenne Jérémie (zone Fond Rouge), 2ième section de Pestel Cocotier Majoritairement dans les zones de basse altitude, un peu dans les zones de moyenne altitude Bande côtière allant de Pestel aux Irois, Elle est aussi très présente dans les zones intérieures de moyenne altitude. Djaka Basse et moyenne Chambellan, Les Irois Grenadia Basse, moyenne et haute altitude Grenadine Zone de basse altitude et de haute altitude Au niveau de Roseaux, zone Fond d’Icaque Goyave Toutes zones Léon –Despagnes, Beaumont Manguier Zone de moyenne et de basse altitude • Variété « les rois » : Dame-Marie, Anse d’Hainault • Variété « la biche » : Corail, Pestel • Variété « francique & madan blan » : Vallée Grande Anse, vallée Voldrogue ; • Variété « Hill » : Axe Abricot, Bonbon ; En général, le manguier se retrouve un peu partout dans la Grande Anse sauf dans les zones de montagnes très humides. Papaye Basse et moyenne Dans les hauteurs de Léon - Despagnes, 1ière et 4ième sections de Pestel etc.). Quenêpe Basse altitude Jérémie, Bonbon Source: Enquête AMAGA, Novembre 2010 Table 4.-Calendrier de disponibilité des fruits dans la Grande Anse Fruit J F M A M J J A S O N D Arbre véritable Goyave Chadèque Citron Orange Mangue Avocat Corossol Papaye Grenadia Grenadine Cachiman Ananas Noix de coco Source: Enquête AMAGA, Novembre 2010 L’analyse du tableau de disponibilité des fruits fait ressortir que la majorité des fruits sont récoltés pendant la période allant de juin à décembre. Le caractère relativement groupé des récoltes sur environ six mois de l’année pose un certain nombre de problèmes dans une région comme la Grande Anse où la conservation et la transformation sont quasi absentes. De plus, on est dans un contexte de région très enclavée par rapport au reste du pays. Par ailleurs, la production fruitière dans la Grande Anse est confrontée à un ensemble de problèmes majeurs qui méritent d’être examinés: • Il y a le vieillissement de la plupart des peuplements de fruitiers, et au sein d’un même peuplement, il existe une grande hétérogénéité entre les plants au niveau de l’âge et du développement. Notons que la vieillesse des plantations est souvent associée à certaines maladies cryptogamiques qui nuisent non seulement aux espèces fruitières concernées mais parfois à beaucoup d’autres plantes impliquées dans les systèmes agro-forestiers ; • L’application des soins spécifiques aux arbres fruitiers n’est pas toujours évidente du fait qu’il n’existe pas véritablement de verger. Ces arbres sont le plus souvent éparpillés à travers l’exploitation agricole. • Il existe une surproduction saisonnière, donnant lieu à un gaspillage sans égal pendant l’époque de production ; • La qualité de la production est faible compte tenu de la quasi absence de contrôle phytosanitaire (anthracnose sur noix de cajou et sur mangue etc. ), de la non application rigoureuse (peut être par méconnaissance) des techniques culturales comme la taille de formation, la taille de rajeunissement et le greffage qui pourraient permettre d’améliorer la production et/ou la qualité des fruits récoltés, de plus, les moyens utilisés pour la collecte des fruits détériorent leur qualité et font augmenter les pertes avant et pendant leur transport ; • Les soins culturaux ne sont pas souvent destinés aux fruitiers mais aux cultures vivrières ou autres cultures associées. De manière générale, les soins se limitent à l’enlèvement des brindilles desséchées chez les citrus, parfois, l’application de fumier à la base des arbres spécialement les citrus et les cocotiers, le dégarnissage et l’œilletonnage de certains fruitiers herbacés comme l’ananas, la destruction de lianes, ronces et épiphytes parasites colonisateurs. 4.1.1.4.3. La culture de l’igname Dans la Grande Anse, la culture d’igname a une grande importance à la fois sur le plan de la superficie occupée, du revenu généré et de l’alimentation humaine. Cette culture est présente dans toutes les aires agro-écologiques du département, avec une certaine concentration dans les zones de moyenne et de haute altitude. Elle est particulièrement importante à Beaumont, Pestel (en particulier dans la partie haute) Chambellan, Moron, et Dame Marie. La culture d’igname est pratiquée sur une large gamme de types de sols, mais en général, les agriculteurs recherchent des sols relativement profonds. Cependant, selon eux, quelques variétés ont certaines exigences édaphiques et climatiques spécifiques. Par exemple, si l’igname toro s’adapte à tous les types de sol et à toutes les zones agro-écologiques, en revanche, les variétés « igname jaune » et « igname ginen » exigent des sols plutôt bien drainés, bien exposés. Le cycle de production des ignames est d’environ 10 à 12 mois. De manière générale, les semis se font au cours de la première grande saison, particulièrement entre février et mars. Les agriculteurs mettent jusqu’à 2000 buttes de deux semences d’igname par carreau. Les parcelles cultivées comprenant l’igname reçoivent environ deux sarclages pendant le cycle de production (pour les variétés qui sont récoltées après environ un an). L’igname est conduit selon un système semi-extensif : ordinairement, la culture ne reçoit, en dehors des sarclages, aucun traitement phytosanitaire, aucun apport de fertilisant. Les récoltes débutent ordinairement en décembre et se poursuivent jusqu’en mars. Le caractère saisonnier de la production a une conséquence certaine sur la disponibilité du produit et les prix sur le marché. En considérant la valeur ajoutée générée la culture d’igname (avec les cultures associées) vient en troisième position après le café (et cultures associées), la banane (et cultures associées). Dans les zones où le caféier est en régression, l’igname constitue avec le haricot une « alternative immédiate à la réduction des superficies occupée par cette denrée » comme dans la commune de Corail par exemple. Il existe un large éventail de variétés d’igname cultivées au niveau du département de la Grande Anse. Le tableau suivant reprend les variétés les plus couramment cultivées ainsi que certaines de leurs caractéristiques. Table 5.-Caractéristiques des variétés d'igname les plus couramment cultivées dans la Grande Anse Nom local de la variété Couleur Zone agro-écologique où elle est cultivée Durée du cycle Valeur marchande Conservation Yanm toro (ou yanm reyal) Blanc Zone de basse, moyenne & haute altitude 12 mois et plus + Facile à la maison jusqu’à 1 an Yanm jaune Jaune pâle Zone de basse, moyenne & haute altitude Entre 6 et 12 mois ++++ Maximum 8 jours Yanm ginen Blanc Zone de moyenne et de haute altitude Entre 6 et 12 mois +++ Maximum 6 mois Yanm perine Blanc Zone de basse, moyenne & haute altitude 12 mois et plus ++ Jusqu’à 1 an Yanm Kingston Blanc Zone de moyenne et de haute altitude 12 mois +++++ Environ 1 an Source : Enquête AMAGA, Novembre 2010 Comme toute autre culture considérée la production d’igname fait face á certain nombre de problèmes très sérieux avec des répercussions économiques importantes : • Les boutures d’igname utilisées comme semence ne sont pas toujours de qualité et ne sont pas uniformes. • Aucune pratique culturale efficace n’est utilisée contre les attaques causées par le charançon (maroca) qui peuvent réduire la valeur marchande du produit et donc provoquer une perte significative de revenu pour les producteurs; • Les producteurs ne procèdent pas à un quelconque traitement des semences contre des pestes; • Compte tenu de la relative faible disponibilité en terre au niveau des exploitations agricoles, il arrive souvent que deux cultures d’igname se succèdent au niveau de la même parcelle sans une période de jachère. Cela n’est pas sans conséquence sur la dégradation de la fertilité des sols et sur les rendements de l’igname et des cultures en général. 4.1.1.5. Analyse de la répartition de la production agricole Par rapport á la répartition de la production après la récolte une analyse nous montre qu’environ 50% de la production sont généralement consommés sur l’exploitation contre 20 et 10% destinés á la vente, les pertes post récolte et le renouvèlement de stocks. La figure 5 fait l’état des différents niveaux de répartition de la production agricole. Source : Enquête AMAGA, 2010 Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce faible niveau de commercialisation de la production agricole à la fois à l’intérieur de la Grande Anse, vers Port-au-Prince et vers les Cayes : • La précarité des infrastructures de transport routières reliant les différentes communes et les sections communales entre elles. • La périssabilité de certains produits et les forts taux de perte enregistrés lors de leur acheminement vers Port-au-Prince par bateau ou par camion (ces pertes peuvent atteindre jusqu’à 40% dans le cas de la production fruitières) 1, • Forte augmentation de l’offre des produits agricoles au moment de la récolte. • Manque de structure de stockage et transformation • Le faible niveau de revenu des agriculteurs qui les contraint á une agriculture de subsistance. 4.1.2. Elevage L’élevage est de type traditionnel dans la Grand’ Anse. Le terme de gardiennage conviendrait mieux à ce type d’activité. Les espèces rencontrées sont des animaux domestiques de ferme : bovins, ovins, caprins, porcins équins et les volailles (poules, dindes, canards). La répartition des espèces dans les différentes communes est ainsi présentée : Table 6.-Répartition des espèces animales dans les différentes communes de la Grand’ Anse Commune Espèces Bovin Porcin Caprin Ovin Équin Cuniculas Jérémie 14228 14074 10978 6237 8400 45 Moron 11000 10100 8000 6700 7800 107 Corail 10300 6500 9950 7900 5800 10 Irois 3700 2500 6700 1650 2650 20 Pestel 7630 7300 10485 4558 5380 100 Chambellan 2700 6100 3198 2984 2300 610 Beaumont 1000 1700 2050 800 1500 20 Bonbon 2000 3000 2000 400 800 350 Roseaux 5000 3750 4950 3500 2900 0 Anse d’Hainault 4660 2016 2662 3254 1785 106 Dame Marie 8668 7231 5628 9435 5670 425 Abricot 7378 6300 8399 10726 8000 300 Total 78264 68071 75000 58144 51385 2093 Source : Service de Santé animale, DDA GA, 2008 Ces chiffres montrent clairement que l’espèce bovine occupe la première place en termes de quantité de têtes de bétail, ensuite viennent les espèces caprine et porcine. Il y a aussi une étroite relation entre le relief, le climat d’une zone et la prédominance d’une espèce donnée. Par exemple, dans les zones a relief accidenté, il y a une prédominance de l’élevage caprin et ovin. Dans les zones de vallée, de plaine disposant une certaine quantité de fourrages spontanés, l’élevage bovin est prédominant. Deux ans après soit en 2010 les chiffres relatifs au nombre aux têtes de porcines existant au niveau du département doit-être revus á la baisse, car le nombre de porcins a considérablement diminue en raison du passage de la maladie Techen ‘‘ maladie rein cassé’’. Depuis le début du mois de Mai 2010 il y a eu au niveau des communes de Corail et Pestel l’apparition d’une maladie qui attaquait le cheptel porcin. Sans perdre trop de temps cette maladie se disséminait au niveau de tout le département, c’est ainsi á travers toutes les sections communales on assistait á la mort des porcs. Certains éleveurs ont vu mourir tous les porcins de leur parc en moins d’une semaine. La mode de conduite prédominant est la conduite à la corde. Les animaux sont attachés soit à des troncs d’arbre soit à des piquets où ils sont régulièrement déplacés. Par contre, dans les zones où la disponibilité alimentaire est faible, les animaux sont laissés en liberté au cours de la journée pour être ramenés et attachés le soir dans des endroits où ils seront plus en sécurité. Les contraintes sont diverses et varient selon l’espèce : - Pour les bovins, l’accès à l’eau de boisson est difficile, les parasites externes et le charbon bactérien sont les principales causes de maladie. - Pour les porcins, les problèmes sont d’ordre alimentaire. L’alimentation est effet à base de déchets de cuisine et de sous-produits de récolte, ce qui est loin d’être suffisant. De plus, depuis le mois de Mai 2010 il y a une épizootie qui a fait beaucoup de ravages. - Pour les poules, les principaux problèmes rencontrés sont la maladie de new-castle et l’attaque par les rongeurs (chats, mangoustes). - Pour les caprins, les parasites internes et externes sont les principales causes de maladie. Le tableau suivant présente une d’une manière globale les différents atouts et contraintes du système d’élevage dans la Grand’ Anse. Table 7.-Contraintes et atouts identifiés pour les différents élevages de la Grand’ Anse Type d’élevage Atouts Contraintes Bovin Grande immobilisation de capital, source de revenus importante et une forme d’épargne sur pieds immobilisée en prévision des grandes dépenses ; Rôle majeur dans la dynamique d’évolution des exploitations agricoles. Pas toujours accessible aux exploitants les plus démunis; Exigent en espace fourrager ; Problème d’abreuvement notamment dans les zones d’altitude pendant la saison sèche ; Maladie du charbon, notamment à Corail, problèmes de parasites internes et externes, étranglements à la corde dans les parcelles très pentues ; Inexistence d’actions préventives contre les maladies car la prophylaxie des bovins coûte cher ; Races créoles non améliorées ; Problème de marché. Problème de vol (Commun à toutes les espèces) ; Absence de centres de référence pour un élevage plus intensif. Caprin Rusticité, prolificité ; Accessible à un grand nombre d’agriculteurs du fait notamment des moindres exigences en alimentation et du coût moyen moins élevé des animaux ; Source de revenus monétaires mobilisables tout au long de l’année, notamment pour couvrir certaines dépenses courantes (frais de scolarité, dépenses de santé, achat de semences etc.). Existence d’espaces de « rack » adaptés à ce type d’élevage dans beaucoup d’endroits dans la GA. Attaque fréquente par la maladie du charbon ; Races créoles non améliorées (format petit) ; Problèmes de parasites internes et externes ; Grande sensibilité à la pluie notamment pour les plus jeunes ; Absence d’actions préventives contre les maladies ; Attaques de chiens errants détruisant les troupeaux; Gros problèmes de consanguinité limitant le potentiel de cet élevage ; Vols fréquents d’animaux. Porcin Source non négligeable de revenus monétaires en particulier aux moments les plus opportuns pour les agriculteurs ; Espèce valorisant les sous produits agricoles ; Abondante production de fruits dans la région. Caractère saisonnier de la production fruitière (faible disponibilité en nourriture pendant les périodes de soudure) ; Gros problème de commercialisation du porc dans la région; Gros problème d’approvisionnement en son de blé et en concentré (cherté et rareté) ; Race d’animaux non adaptée aux conditions d’élevage des paysans ; Mauvaises conditions d’hygiène favorisant le développement de maladies de toutes les sortes ; Absence de soins préventifs. Équin Permet de palier partiellement le problème de carence dans l’aménagement des routes vicinales reliant les différentes sections communales; Permet de transporter les produits agricoles et le commerce. Exigent en espaces fourragers ; Exigent en temps ; Problème de parasites internes et externes, tétanos ; Absence d’actions préventives ; Blessures sur le garrot, la colonne vertébrale, les hanches et la zone de passage des sangles ; Volailles Commercialisation importante vers Port-au-Prince ; Satisfait les petits besoins monétaires (notamment en période de soudure) ; Peu exigeant en espaces, en alimentation et en travail. Ravage causé par la maladie Newcastle notamment en fin de saison sèche Cherté et rareté des produits d’alimentation Techniques d’élevage archaïques Source : Enquête AMAGA, Novembre 2010 4.2. Le cadre institutionnel Plusieurs secteurs bénéficient de l’encadrement d’institutions nationales ou internationales : Ministère de l’Agriculture à travers la direction départementale Agricole de la Grand’ Anse (DDA-GA), CARE, CARITAS, CRS, OPAGA, KPGA, FNGA etc. Le Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), à travers ses structures déconcentrées (Direction Départementale de l'Agriculture, SDDA, Bureaux Agricoles Communaux, et Centres de recherche/formation) et les structures autonomes sous sa tutelle (parmi lesquelles : Institut National de la Réforme Agraire ; Institut National du Café d’Haïti ; Bureau de Crédit Agricole ; Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire) est naturellement l'acteur étatique le plus impliqué. Les Directions Départementales de l’Agriculture (DDA) coiffent les Bureaux Agricoles Communaux (BAC) censés fournir les services de proximité aux agriculteurs. Les principales difficultés et contraintes du MARNDR peuvent être synthétisées comme suit, selon le MADRN – Plan d'investissement pour la croissance du secteur agricole – Mars 2010: • Un personnel peu adapté aux besoins : Les effectifs du Ministère de l’Agriculture sont surtout composés de personnel de soutien (employés sans qualification) et dans une moindre mesure, d’ingénieurs agronomes. Les cadres de niveau intermédiaire (techniciens), essentiels pour un travail de proximité avec les producteurs, sont en nombre très inférieur aux cadres de niveau supérieur. La pyramide des âges est également très défavorable, avec un nombre élevé de cadres proches voire ayant dépassé l’âge de la retraite; • Un déphasage important entre la mission et les ressources. Depuis la mise en œuvre des programmes d’ajustement structurel dans les années quatre-vingt-dix, le Ministère est positionné principalement comme une instance de régulation et de pilotage du secteur agricole, l’essentiel de la prestation de services et la mise en œuvre d’investissements devant être réalisée par des ONG, des organisations de producteurs ou des structures privées. • Un système de planification et de pilotage particulièrement déficient. Les fonctions de coordination et de suivi-évaluation sont faiblement remplies par les services de l’État. Le manque de cadres spécialisés dans les domaines de la conception et de l’évaluation des politiques sectorielles, l’analyse de donnés, l’analyse de filières et dans le savoir faire informatique en général est considéré comme une grande faiblesse de l’institution; et • Des ressources budgétaires limitées, un sous-équipement en moyens de déplacement et de bureau et un déficit en budget de fonctionnement notamment au niveau des structures déconcentrées (DDA/ BAC) pour pouvoir mener des actions de terrain, d’appui-conseil, Ces constats généraux se confirment dans la situation de la Grande Anse. Le Ministère dispose de 3 agents de niveau encadrement / agronomes. Les agents de terrain, affectés aux Bureaux Agricoles Communaux (BAC) sont au nombre de 7 (1 technicien pour 1 à 3 communes). Il faut ajouter que le personnel est très instable, compte tenu du décalage de rémunération avec les personnels employés par les ONGs, qui incite les agents à préférer un emploi auprès de celles-ci dès que l'occasion se présente. Si la Grande Anse est globalement identifiée comme une région productrice de produits vivriers, elle ne représente pas un enjeu considéré comme national, du fait en particulier qu'elle ne détient que 3% des terres de plaine, considérées comme prioritaires. Il y a une table sectorielle où se réunissent tous les instances travaillant dans ce secteur d’activité. En 2001, plusieurs de ces institutions se sont mises ensemble pour former la Plate-forme des Institutions du Secteur Agricole de la Grand’ Anse (PISAGA) dont l’objectif est de coordonner les interventions dans le secteur agricole afin d’aboutir à une articulation harmonieuse des acteurs et à la rationalisation des investissements. Elle vise aussi la promotion du développement économique et social de la région, en particulier la promotion du développement agricole, le développement de l’élevage, l’entreprenariat rural, la protection de l’environnement. Mais, depuis quelques années cette structure est dysfonctionnelle. Il y a actuellement la participation de la société civile organisée dans les prises de décision pour ce secteur d’activité á travers la chambre agricole de la Grand’ Anse. C’est une structure nouvellement créé qui déjà effectue un grand travail au niveau du département. Pour finir, en cas d’urgence tous les acteurs du secteur se réunissent au centre d’opération d’urgence Départementale (COUD) pour définir les grands axes d’intervention. 4.3. Infrastructures de transport Les routes reliant les différentes communes sont dans un état déplorable et, selon les agents économiques, elles constituent un blocage à la livraison des produits Table 8.- État des principaux axes routiers Axes Longueur en Kms Remarques spécifiques Jérémie/Bonbon/Abricot 25 Mal drainé et défoncé par endroit surtout sur le tronçon Bonbon Abricot Actuellement il y a la rénovation qui se fait au niveau du tronçon Bonbon /Abricot suite á un financement de l’Union Européenne. Jérémie/Moron/Chambellan/Dame-Marie 48 Nécessité un entretien périodique surtout au niveau du tronçon reliant les hauteurs de Chambellan à Dame Marie. Toutefois, il y a une nouvelle percée reliant Abricot et Chambellan. Dame Marie/Anse d'Hainault/ Irois 28 Tronçon en bon état nécessitant de petites réparations par endroit surtout entre Anse d’ Hainaut et Irois. Jérémie/Roseaux/Carrefour Charles/Corail 42 - Tronçon rocailleux mal drainé entre Carrefour Charles et Corail (la route sert de canaux de drainage par endroit) - Tronçon Roseaux Carrefour Charles nécessitant une réhabilitation Beaumont/ Pestel 18 En très mauvais état. Corail –Pestel 14 - Problème de drainage sur les 3 derniers kilomètres avant d’atteindre Corail, - Sols friables nécessitant des bandes maçonnées ne dépassant pas 1km de longueur Jérémie/Cayes 92 Ce tronçon est actuellement en construction par une firme brésilienne (OAS) suite á un cofinancement de BID et du Canada. Source : Enquête AMAGA, Novembre 2010 4.4. Commercialisation des produits Il existe 94 marchés dans le département de la Grand’ Anse qui se divisent en marchés de concentration, de relais et locaux. Les marchés de concentration se retrouvent au niveau de Léon, Marfranc, Chambellan, Beaumont Corail, Roseaux, Jérémie, Pestel, Abricots, Irois. Les marchés permettent un premier regroupement de produits vers les marchés de concentration. Ce sont : les marchés de Kalèm, de Grand Vincent, Castillon, Prévilé, Latibolière, Moron, Sassier, Dériveaux et de Carrefour Zaboka. Les marchés locaux disséminés à travers tout le territoire de la Grand’Anse. Ces marchés permettent des échanges restreints de produits. Cependant, diverses contraintes s’interposent : - Les liaisons terrestres sont difficiles - Absence de structures au niveau des marchés (absence d’abattoir, conditions d’insalubrité au centre même des marchés…) - Insuffisance des moyens de transport. 5. Interprétation des résultats Table 9.-Tableau récapitulatif du diagnostic agricole du département de la Grande Anse Approche productive Approche économique et commerciale Approche environnementale Approche foncière Forces Diversité des potentiels agro-pédo-climatiques Cultures étalées sur toute l'année Productions de qualité Potentiel productif important Disponibilités globales en eau Connaissances en cultures associées Motivation pour des techniques nouvelles (igname) Insertion des exploitations dans les marchés : intermédiaires faibles pour les productions vivrières Productions de qualité Diversité des produits Existence de marchés locaux ou points de vente reconnus => circulation de l'information Milieu plus préservé que les autres territoires d'Haïti Agriculture saine (par force) Régénération rapide du couvert végétal possible Disponibilités en eau Existence de zones peu exposés à risques environnementaux et climatiques Grande propriété peu présente Règles et « droit coutumier du sol » existants et respectés Pas de violence agraire ouverte Faiblesses Peu de terres de plaines et vallées Productivité du travail et de l'espace faibles et déclinantes Pas de semences de qualité Manque d'outillage et de mécanisation Pas de mécanisme de gestion de la fertilité (déclin de l'élevage) Peu d'organisations collectives hors projets Pertes post-récolte Peu de transformation / stockage Concurrence consommation immédiate / stocks et semences Réseau routier inexistant ou en mauvais état : enclavement Moyens de transport limités (mulets, ânes) Marchés en nombre jugé limité et peu organisés Effets d'offre surabondante certaines périodes Produits peu transformés : peu de valeur ajoutée Beaucoup d'intermédiaires sur certains produits (café) Monopoles sur cultures de rente Peu d'organisations collectives Pas de cadre légal récent ni de mise en application sur l'environnement Forêt recours face à la décapitalisation Pas de gestion des terres suivant leur vocation Métayage : peu d'incitations à une bonne gestion environnementale Peu d'alternatives énergétiques / charbon de bois Pas d'alternatives pour le mobilier et la construction Certaines zones exposées au raz de marée et glissements de terrain Peu d'éducation à l'environnement Émiettement extrême du foncier Terres en indivision : incertitude sur l'avenir Position fragile des métayers et fermiers Terres non cultivées : absentéisme, pas de vocation agricole Pas de gestion des terres suivant leur vocation Absence de cadastre Fort attachement sentimental à la terre même non mise en valeur : restructuration difficile Pas de protection physique des terres agricoles (clôtures) Opportunités Agriculture agro-écologique / biologique possible directement Possibilité d'associer production vivrière et cultures de rente / exportation Demande intérieure potentiellement importante (solvabilité). Possibilités de marchés d'exportation nationaux ou proches (Jamaïque, Antilles françaises) Situation géographique potentiellement favorable, 9 communes côtières Existence de quelques unités de transformation Existence de quelques fournisseurs d'intrants (outils, silos) Mise en avant de la qualité environnementale en lien avec tourisme Valorisation de la qualité des paysages agraires de polyculture Lien littoral / arrière-pays Développement d'alternatives au bois (bambou) Systématisation du recyclage et du compostage Menaces Rendements en chute : main d'œuvre, fertilité Exode rural Apparition de maladies et ravageurs Eventuelle perte de savoir-faire Tendance à la réduction de la diversité (moins d'élevage et de maraichage) Changement d'habitudes alimentaires Concurrence des produits importés et de l'aide humanitaire Milieu convoité par l'extérieur pour son patrimoine forestier et coupes croissantes pour charbon de bois et bois d'œuvre Erosion, pollution, perte de diversité (espèces endémiques en disparition) Diminution des liens avec la nature (exode rural) Changement climatique et catastrophes naturelles Menaces sur disponibilités en eau, divagation du lit des rivières Utilisation croissante de matières synthétiques Pas de frein au morcellement Résistances sociales au changement dans le domaine foncier Éléments transversaux Impacts sociaux Différenciation des producteurs : propriétaires / métayers / ouvriers Coûts au consommateur Lien entre cours/ écoulement des produits et autoconsommation Pauvres encore plus exposés Importance culturelle et sentimentale de la terre Financement Système de crédit pas accessible ou taux très élevés Besoin financier pour la préparation des sols: importance des périodes de paiement Pas de capacité d'investissement Pas de système de crédit Pas de capacité d'investissement pour la transformation Pas de système de crédit Pas d'investissement environnemental Pas de système de crédit Résistance au changement en cas de tenure incertaine Organisation Kombits, corvées, attributions, escouades, sori Groupes de femmes apparaissent Marchés pas vraiment gérés par les communes Pas d'organisation collective hors rares groupes de femmes Pas de notion de territoire partagé Gestion purement individuelle même dans l'indivision Formation Lien à faire entre diffusion des savoirs et savoir-faire, assistance technique et formation Thèmes : produits vivriers, agroforesterie, semences, élevage, activités liées à filières organisées, innovation et savoirs locaux, compostage Lien à faire avec les radios locales ou communautaires pour la diffusion Thèmes : amont (outillage, mécanique, matériels stockage) et aval (transformation, vente, hygiène, stockage) Agroforesterie spontanée partiellement connue à diffuser Formation sur les alternatives énergétiques et la valorisation des ressources Place des femmes Apparition de groupes de femmes (maraîchage) Femmes dominantes dans la commercialisation Apparition de groupes de femmes (transformation) Question : place des femmes dans les processus fonciers ? 6. Les éléments de préconisations dans le cadre de ce plan Suite aux enquêtes qui ont été réalisées, un ensemble d’éléments ont été révélés prioritaires dans le cadre d’un plan de développement agricole. Mais, avant d’arriver aux différentes préconisations, il a été tenu compte d’un certain nombre de présupposés dans le cadre de ce plan de développement : • le moyen terme se définit sur une durée de 10 ans • le milieu rural se caractérise par une prédominance des activités agricoles mais aussi des activités liées • parmi la disponibilité des facteurs de production : seule la main d’œuvre est potentiellement abondante • la productivité des facteurs de production est mal connue : il existe une productivité socioculturelle qui interfère avec la productivité économique, voire la domine dans certains cas (corvées). • la polyculture en place peut s’améliorer : vision d’évolution, pas de rupture • l’approche décentralisée s’appuyant sur l’organisation communale est possible et souhaitable Finalité du plan de développement agricole Dynamiser les zones rurales de la Grande Anse • en assurant la souveraineté alimentaire du département et la sécurité alimentaire de sa population • en créant des activités agricoles et rurales génératrices de revenu monétaire par des ventes de biens et services vers l’extérieur Stratégie á mettre en place 1. s’appuyer sur les connaissances et les pratiques existantes en matière de polyculture-élevage pour les raisons suivantes : utilisation optimale du facteur abondant (main d’œuvre), sécurité face aux aléas de production et résilience, épargne par l’élevage, intérêt environnemental potentiel des systèmes utilisés, mise en œuvre existantes de techniques d’associations de cultures et d’agroforesterie, besoin de matière organique, faible part de terres de plaine et vallée, faible proportion de terres mécanisables (environ 5% de façon classique et 5% pour une petite mécanisation), image de la Grande Anse pour les acheteurs externes mais aussi les Grandanselais. Le rapport du Plan de Développement Rural de 2007 estime que « compte tenu des classes de pentes des sols et de l’abondance pluviométrique dont jouit le département, l’évolution des modes d’occupation de l’espace vers des systèmes où dominent les cultures sarclées serait une dérive grave pouvant engendrer des conséquences désastreuses pour l’environnement de la région ». 2. mettre en place un système de soutien au développement des activités agricoles et rurales décentralisé et de proximité. 3. favoriser l’exportation (nationale et caraïbe) des productions de filière de la Grande Anse (café, cacao, igname) et le tourisme par une image de qualité liée à l’environnement et à l’authenticité 6.1. La dynamisation de la production par des services de proximité Beaucoup de productions sont considérées en déclin, sans qu’une cause principale puisse être dégagée. Parmi les explications avancées ou envisagées • le décalage entre l’accroissement de la population et celui de la production agricole • la baisse de la productivité des sols, pour des raisons liées à la qualité des plants et semences, l’épuisement de la fertilité et les menaces environnementales (catastrophes climatiques, déforestation, sécheresse) • le manque de main d’œuvre qualifiée, la génération des «émigrés» revenus en Grande Anse ne maîtrisant pas les techniques de production • la faible productivité apparente du travail liée à l’outillage et l’absence de mécanisation, mais aussi à des pratiques sociales complexes et structurantes Il importe donc de relever les quantités produites, à la fois pour que les disponibilités du territoire puissent répondre aux besoins, mais aussi pour qu’un surplus monétisable devienne disponible. 6.1.1. L’assistance technique Elle est actuellement faible numériquement et peu accessible. Elle repose principalement sur les Bureaux Agricoles Communaux (BAC) faiblement dotés en personnel (1 technicien pour 1 à 3 communes). Les personnels dépendent du Ministère de l’Agriculture, qui dispose d’une direction départementale. Tous les acteurs rencontrés considèrent opportun de renforcer la présence sur le terrain d’uns système d’accompagnement des producteurs fondé sur la proximité et la connaissance des conditions locales. L’échelon communal peut en être le socle, avec un renforcement des personnels affectés à ces tâches, aujourd’hui limités aux agents des BAC. On peut imaginer la systématisation dans les communes de la Grande Anse de centres communaux de développement agricole et rural, en forte interaction avec les BAC, qui seraient le garant de la cohérence de l’action à l’échelle des sections et le dispensateur de services, à commencer par l’assistance technique. Il convient cependant de considérer que le Ministère de l'Agriculture souhaite s'orienter vers une responsabilité thématique plutôt que territoriale de ses conseillers. Les systèmes de production agricole ne sont pas figés et peuvent évoluer. Ainsi le rapport du Plan de Développement Rural de 2007 a identifié que « la polyculture avec jachère courte constitue une évolution récente des systèmes d’exploitation des milieux dans la Grande Anse et, il faut le reconnaître, n’a aucune pertinence par rapport aux caractéristiques de la région sur le plan agro-géo-morpho-pédo-climatique. Ce ne sont pas des systèmes durables. » L'objectif majeur qui peut être assigné porte sur l'augmentation de la productivité du travail. A ce titre le rapport du Plan de Développement Rural note que « l’agriculture de la Grande Anse est une agriculture paysanne de très faible niveau technologique. Les itinéraires techniques de conduite des cultures sont simples. L’agriculture est pratiquée comme elle l’a été depuis déjà plus de 100 ans». Mais l'accroissement de la productivité du facteur terre doit aussi être recherchée. Selon ce rapport « les rendements sont en deçà des potentiels autorisés par les milieux concernés ». Ces affirmations méritent d'être confrontées à la réalité de terrain, compte tenu des compétences mobilisées pour la gestion des systèmes agro forestiers et de la difficulté à évaluer un « rendement » dans ces conditions. 6.1.2. Le crédit Tous les acteurs signalent le manque d’un système de crédit accessible aux paysans. Celui-ci devrait permettre de répondre à divers besoins. • des crédits de campagne permettant de faire face aux échéances du calendrier agricole, en interaction avec le budget familial par exemple pour l’école : période de préparation des sols, période de paiement des corvées en décembre, période creuse de la production fruitière (concentrée de juin à décembre). • des crédits d’investissement pour des équipements productifs (équipements, temps de latence pour les productions pérennes). La place des femmes sera à considérer avec une attention particulière pour au moins deux raisons • dans le système en place, elles sont responsables du système de commercialisation et production, qui génère des besoins de financement externe • parmi les expériences citées, il semble que les expériences les plus concluantes aient été menées par des groupes féminins Le mode d’organisation et de gestion du crédit ne peut pas s’appuyer sur des exemples aboutis. Il semblerait que des systèmes reposant sur une dotation collective, le groupe administrant les prêts individuels, puisse être adéquat. Si les mairies ne peuvent prendre la charge de l'administration d’un système de crédit, l’échelon communal semble pertinent pour une organisation de proximité. 6.1.3. Les semences et plants Le manque d’accès à des semences de qualité ou des plants indemnes de maladies fait partie des récriminations les plus fréquentes. Diverses modalités de diffusion de semences améliorées sont tentées • soit à partir de ressources issues des circuits commerciaux externes (FAO) • soit à partir d’échanges entre paysans à l’échelle locale (CRS/Caritas) Il semble que ni l’un ni l’autre ne donne entière satisfaction. La question des semences est en forte interaction avec la précarité de l’alimentation, puisque les ménages sont amenés à arbitrer entre la consommation immédiate et la conservation pour la campagne suivante. Les enquêtes menées permettent d’avancer une estimation grossière de l’affectation des récoltes • 5 dixièmes seraient affectés à la consommation du ménage • 2 dixièmes seraient commercialisés • 2 dixièmes seraient perdus après récolte • 1 dixième serait conservé sous forme de semences Des centres communaux de développement agricole et rural peuvent à terme prendre en charge l’organisation de l’accès à des semences améliorées. La diffusion de plants pour régénérer les cultures fruitières revêt une importance stratégique puisque les fruitiers constituent le pivot des systèmes de mise en valeur agricole de la Grande Anse et constituent une garantie en termes de protection des sols contre l’érosion et notamment contre la dégradation de leur fertilité. Outre leur fonction de couverture, ils sont utilisés comme tuteurs pour des productions comme l'igname. 6.1.4. L’expérimentation, la diffusion, la démonstration Le retrait de la formation agricole de la Grande Anse fait qu’il n’existe aujourd’hui plus de lieux consacrés à l’expérimentation et la diffusion de techniques et ressources nouvelles. En harmonie avec un système d'assistance technique organisé à l’échelle communale, il est nécessaire de mettre en place un système d’appui conçus à deux échelles • à l’échelle communale, pour des parcelles ou des exploitations de démonstration, analysant et valorisant les meilleures pratiques locales, où peuvent être organisées des rencontres et formation de terrain. Elles sont indispensables pour montrer aux paysans les résultats concrets sur le principe de «je crois ce que je vois» • à l’échelle du département, pour un système d’appui plus global, qui comprendrait les éléments suivants : • Un ou deux centres d’expérimentation et de diffusion sur les techniques agricoles. Il est important qu’au moins un centre soit organisé en se fondant sur les techniques de polyculture-élevage en vigueur, de façon à appréhender la complexité des systèmes culturaux et les particularités économiques d’une exploitation à revenus multiples. Par exemple, « le café, pris isolément, ne constitue plus qu’occasionnellement une culture rentable. Pour le rentabiliser, il faut approcher le système caféier et développer une stratégie de valorisation de l’ensemble du système, c'est-à-dire les arbres de couverture, le café lui-même et les autres espèces associées comme la banane, l’igname, le malanga, le mirliton. Toute approche centrée essentiellement sur le café et qui chercherait à ne valoriser que cette culture est vouée à l’échec ». Les programmes pédagogiques à destination de techniciens utilisés en France sous la dénomination « analyse et conduite des systèmes d'exploitation » pourrait avoir une pertinence particulière. Une attention soutenue devrait être portée aux systèmes agro forestiers. Le rapport du Plan de Développement Rural souligne « Il est important de noter que ces systèmes agro-forestiers en général, constituent la forme de mise en valeur dominante dans la Grande Anse. Ils constituent le pivot de la production des denrées d’exportation (café, cacao : source importante de revenu pour les exploitants). C’est aussi dans ces systèmes que provient l’essentiel de la production de banane, d’igname, de la mazombelle et du malanga. Par ailleurs, ces systèmes sont les plus durables à la fois sur les plans agronomique, environnemental et les plus cohérents avec la réalité de la région sur le plan géo-morpho-pédoclimatique.» ; • 1 centre focalisé sur la transformation et la commercialisation et par extension les activités où les femmes sont particulièrement impliquées. Par élargissement, il pourrait également s'intéresser aux questions de mécanisation ; • 1 centre de formation initiale à destination des jeunes se destinant à l’agriculture et aux métiers liés (transformation alimentaire, conseil). Il semble que le site de Lesson soit adapté à ces besoins ; • 1centre axé sur la formation des formateurs, en particulier sur les questions d’accompagnement et de conseil pour des interactions de qualité avec les groupes et individus concernés. Pour cette raison, Marfranc semble une localisation indiquée, compte tenu de la présence des ressources humaines de l’école normale sur place. Des considérations logistiques (situation centrale et accès facile, existence de locaux pour l’hébergement et la restauration, alimentation électrique) militent également dans ce sens. Le site offrant toute la gamme des strates écologiques, de la vallée de la Grande Anse aux mornes, il pourrait également avoir une orientation spécifique en matière d’éducation à l’environnement et de lutte contre la déforestation. 6.2. La structuration de l’économie agricole et rurale La simple augmentation de quantités produites n’est pas suffisante. Des chutes de prix sont signalées pendant les périodes des récoltes abondantes. Les amortisseurs liés au stockage et à la transformation n’étant pas disponibles, elles sont marquées. Simultanément, on constate la diminution notable de certaines productions sous l’effet de conditions commerciales défavorables (cours structurellement déprimés, effets d’oligopoles voire de monopole). L’appareil de transformation est plutôt en déclin, du moins pour les unités de dimension industrielle. Il existe pourtant une économie de la transformation qui peut être vivante, comme en témoigne l’abondance des distilleries dans la zone cannière de la vallée de la Grande Anse. 6.2.1. Un plan de transports alimentaires pour la Grande Anse L’AMAGA en tant que telle, ni ses partenaires, n’a pas les moyens de mettre en œuvre un plan de transports, ou un plan routier, en élargissant aux autres besoins en particulier sanitaires. Il n’empêche qu’elle peut, et selon nous doit être le lieu de concertation et de réflexion où se définirait un plan global. Une vision à l’échelle du département doit s’articuler avec des approches communales, en particulier pour affronter la difficulté du transport des marchandises. Il existe un réseau dynamique de marchés dans les communes et les sections, qui même s’il est parfois jugé insuffisant est un atout fort du territoire si on le compare à d’autres. Or, les paysans sont condamnés à limiter leurs ventes à ce qu’ils peuvent transporter à dos d’âne, voire sur la tête. Une amélioration du réseau de transport est donc un impératif autant pour les besoins internes au territoire (rappelons l’estimation de 20 % de pertes post-récolte) que pour les exportations. Ce facteur est crucial pour les activités liées à la production fruitière. La réalisation d’un tel plan, dont la mise en œuvre dépendra d’acteurs extérieurs, sonne en complète cohérence avec la responsabilité des élus locaux, détenteurs de la connaissance fine des besoins du territoire. Il devra prendre en considération les effets élargis. La déforestation liée à la production de charbon de bois atteint déjà des niveaux inquiétants. Or, il est connu que l’ouverture d’axes routiers ouvre la porte à de nouveaux fronts de coupe par l’accessibilité donnée aux engins lourds. 6.2.2. L’amélioration des dispositifs de commercialisation Il n'existe pas à l'échelle départementale de marché de gros, ce qui explique l'importance de la livraison en petites quantités. Il existe cependant une hiérarchisation entre les marchés, quatre d'entre eux (Léon, Marfranc, Chambellan et Beaumont) jouant le rôle de marchés de concentration. L'importance de la commercialisation semble sous-évaluée par les acteurs agricoles qui « ne semblent pas avoir pleinement conscience de l’acuité des problèmes liés à la commercialisation et de la nécessité de développer des actions et de mobiliser des ressources importantes. Elles ne mesurent pas l’impact à court terme d’une amélioration de la commercialisation sur le niveau de revenu de la population, sur la réduction des pertes agricoles, la sous-valorisation de la production, la protection de l’environnement. » Les marchés tels qu’ils existent aujourd’hui ne sont ni fonctionnels, ni conformes à une image de qualité que la Grande Anse pourrait vouloir donner, auprès des jeunes qui ont connu des standards urbains en matière d’hygiène et de présentation et ne veulent pas rester sur place, et auprès d’acheteurs extérieurs. Il n’est donc pas anecdotique socialement et culturellement de lancer un programme d’amélioration des marchés, qui sont dénués d'infrastructures de concentration, pré-conditionnement, entreposage, conservation ou réfrigération. Les pertes, physiques et économiques, s'en trouvent multipliées, en particulier pour les produits périssables. Outre les considérations sanitaires, il convient de prendre en compte l’importance fondamentale des marchés comme lieux d’échange d’information et de sociabilité. Un atout du milieu agricole de la Grande Anse est que les paysans, et tout particulièrement les femmes, ne sont pas déconnectés de la formation et de la réalité des prix de marché. Ils disposent d’une capacité de raisonnement économique qui ne se rencontre pas toujours dans des conditions comparables. Un marché neuf est en cours de construction à Anse d’Hainault, avec l’appui de Cuba. Il semble important d’assurer un suivi-évaluation renforcé de ce projet, pour en tirer des enseignements généralisables à l’ensemble du département. Compte tenu du manque d'information sur le fonctionnement pratique des marchés, une étude de l'existant, prenant en compte les différences locales, semble nécessaire. Les marchés étant sous responsabilité communale, une telle initiative relève de la compétence de l’AMAGA. Il pourrait en complément être intéressant de creuser d’autres pistes permettant d’améliorer le système commercial. Le niveau des prix n’est pas seul à prendre en compte, leur stabilité et leur prévisibilité pouvant également être des arguments forts. De nombreux pays d’Amérique Latine s’engagent dans des politiques de dynamisation de l’agriculture par l’achat public, en particulier des cantines. La prédominance de denrées importées financée par l’aide internationale fausse considérablement le jeu. Mais il faut être conscient qu’un nombre croissant d’ONG, de toute nationalité, est de plus en plus sensible aux avantages de l’achat local, grâce aux effets d'entraînement. Des pratiques existantes, comme l'achat en collectif d'un animal grâce à l'épargne des corvées, se rapprochent de cette conception. Beaucoup d'acheteurs du commerce équitable valorisent l'authenticité des productions locales. Il semble probable que la discrimination des produits, aujourd'hui positive (j'achète de préférence des produits écologiques et authentiques), se transforme en discrimination négative (je refuse d'acheter les produits qui ne peuvent garantir un mode de production « propre »). Des labels comme Rain Forest se diffusent largement. En parallèle, il peut relever de la responsabilité des collectivités d’organiser un réseau de stockage, voire d’entrepôts frigorifiques. Cette fonction est particulièrement cruciale pour le secteur de la pêche. 6.2.3. La diversification des activités Le renforcement d’une agriculture fondée sur l’agro-écologie (version latino-américaine) ou l’agriculture biologique (terme mieux identifié dans les pays industrialisés), avec des pratiques comme l’agroforesterie qui occupe environ 45% de la surface selon le rapport du Programme de Développement Rural, doit permettre de construire une équation entre la qualité écologique et paysagère de la Grande Anse (à condition qu’elle soit préservée) et celle de ses produits. Une image favorable, fondée sur des pratiques productives à la fois authentiques, écologiques et modernes, peut servir de points d’appui pour le développement d'activités liées • un tourisme de découverte, permettant de valoriser les atouts patrimoniaux mais aussi culturels, et de satisfaire la curiosité sur la production agricole. Il génère des revenus sous forme d’hébergement, de repas, de services pour l’accompagnement des activités et de ventes de produits connexes (artisanat souvenir par exemple) ; • la production de produits de niche et de spécialités, qualifiés pour leurs propriétés intrinsèques (par exemple le cacao de variétés nobles) ou à terme par leur «image Grande Anse». On peut penser à des stratégies d’échelle départementale, par exemple pour les plantes médicinales, et des stratégies locales (par exemple le gingembre à Anse d’Hainault). L'importance de la production de fruits, associés par les consommateurs à une image de santé et de vitalité, concourt à la réputation que peut acquérir la Grande Anse ; • la transformation des produits, allant au-delà de la conservation pour éviter les aléas des périodes de surproduction. Une double qualification par les qualités intrinsèques des produits (qualités gustatives, différenciation écologique du mode de production) et par la qualité territoriale «Grand’ Anse» serait recherchée. L'innovation dans les systèmes agricoles doit viser au remplacement des pratiques les plus nuisibles à l'environnement comme la polyculture à jachère longue, basée sur l'écobuage, pour lesquels le rapport du Plan de Développement Rural note que « l'analyse de ces systèmes de mise en valeur du milieu montre qu’ils sont parmi ceux qui menacent le plus l’environnement de la Grande Anse. Non seulement ils sont mis en place sur des sols à forte pente et ayant une profondeur relativement faible, mais les espèces végétales (annuelles) utilisées exigent des pratiques culturales qui sont, par essence, érosives. De plus, malgré le caractère fragile de ces milieux, l’agriculture est pratiquée en absence de toute mesure de conservation des sols. » 6.3. L’organisation territoriale du développement agricole et rural Les préconisations présentées rejoignent, en adoptant une optique plus centrée sur le rôle des collectivités, celles du rapport pour le Plan de Développement Rural, en particulier quand il affirme que « les investissements stratégiques en aval de la production et qui visent à améliorer et sécuriser la demande, donc le marché, sont plus susceptibles de jouer un rôle de levier de développement que les investissements directs dans le domaine de la production ». Il est ici proposé un schéma organisationnel en 3 strates, destiné à donner un cadre à l’action de l’AMAGA, et plus largement de tous les partenaires qui accepteraient d’être partie prenante d’un plan de développement agricole et rural. Le rapport pour le Plan de Développement Rural souligne le rôle des collectivités en affirmant que « les collectivités territoriales ont un rôle essentiel à jouer dans la mise en œuvre du plan, dans la perspective d’une décentralisation effective. » L’essentiel repose sur une action d’assistance technique de proximité, organisée dans les communes et les sections. Il s’agit de renforcer et mobiliser la capacité d’action des collectivités, aujourd’hui très réduite tant sur le plan financier que sur celui des ressources humaines. Par effet d’entraînement, il sera tenté de susciter l’adhésion d’autres acteurs, privés, associatifs ou publics. Des centres communaux de développement agricole et rural pourraient en être l’épine dorsale, avec une montée en régime progressive au fur et à mesure que se renforceraient les ressources humaines : assistance technique dans un premier temps, puis diffusion de semences adaptées et améliorées, puis crédit. C’est également à l’échelle communale que doivent être pensés des investissements en matière de commercialisation, réfrigération, stockage, ce qui ne préjuge pas d’une maîtrise d'ouvrage publique. Des interventions privées ou associatives doivent utilement s’insérer dans un tel schéma. Enfin, des paysans ou planteurs particulièrement qualifiés ou innovants doivent être invités à participer à un réseau communal de démonstration, articulant approche globale de l’exploitation de polyculture-élevage et approches techniques par produit. Le second niveau doit être pensé à l’échelle départementale. Il s’agit d’un système d’appui permettant au premier niveau de progresser, de produire de nouvelles connaissances, de se coordonner, de se dynamiser, de se recycler, de s’évaluer, d’imaginer l’avenir. Il comprend une coordination des agents techniques de terrain et un réseau de centres d’expérimentation, diffusion et formation. Une proposition de schéma général a été faite dans le paragraphe correspondant. Enfin, un troisième niveau où la politique s’impose. A l’échelle départementale, il doit viser à la réflexion collective, à l’évaluation des politiques mises en place, à l’adaptation des pratiques aux événements, à la mobilisation des acteurs de la Grande Anse. L’AMAGA peut se trouver au cœur de ce dispositif, mais ne peut s’y trouver seule : elle devra se coordonner avec des acteurs d’autres niveaux de gouvernance (Etat), la société civile organisée (organisations paysannes, ONG, chambre agricole) et les entreprises. Le rayonnement et la capacité de lobbying collectif d’une telle plateforme de concertation est la clé pour faire aboutir des plan sectoriels (par exemple pour le transport) dont la mise en œuvre dépasse la capacité des acteurs départementaux mais dont la définition ne peut bien se faire sans eux. Sous forme de schéma, l’organisation proposée serait la suivante Niveau départemental politique Niveau départemental technique Niveau communal Dans le but de décrocher mon Diplôme d'Études Supérieures (DES) en planification au CTPEA, je présente ce travail de recherche qui est l'étude des causes et conséquences socio-économiques de l'expansion des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. J'ai choisi de traiter ce thème en raison de ma préoccupation face au phénomène de bidonvilisation dont la solution devra passer par la planification urbaine et régionale qui est l'un des domaines privilégiés du planificateur. De plus, ce travail à caractère empirique, devra me permettre d'enrichir mes connaissances dans ce domaine. Sans faux- fuyants, ce mémoire n'aurait pas pu être réalisé sans l'appui de bon nombre de personnes qui m'ont beaucoup supporté pendant les quatre années d'études passées au CTPEA. En ce sens, je tiens à remercier notamment mon directeur de recherche le professeur TRISTANT Hosval qui a toujours été très patient avec moi pendant toute la durée de l'élaboration du travail. Je veux témoigner mes reconnaissances à tous les éminents professeurs du CTPEA qui ont contribué à ma formation en planification. Je présente mes remerciements à Mlle NAPOLEON Nadine et M. NAPOLEON Wagner pour leur aide à la préparation du questionnaire d'enquête, à M. MICHEL Wilfrand qui m'a beaucoup aidé dans l'opération de cueillette de données sur le terrain et aussi à tous mes camarades d'études en particulier M. NERLEY Mitial et M. DESIR Johnson pour leur aide quant à la saisie et le traitement des données de l'enquête de terrain. J'étends mes remerciements à: M. JOSEPH Jacksonn, M. JEAN-PHILIPPE Ramon's Claude, M. NOEL Wilner, M. Yves Roblin, M. DESIR Alex, M. THERASME Kelogue, M. ISRAEL Abdon et M. JEAN Robert pour l'aide et l'encouragement qu'ils m'ont apportés chaque jour en m'incitant à finaliser le document. Enfin, que tous ceux et toutes celles qui, à un titre ou un autre, ont contribué à la réalisation de ce mémoire acceptent mes sincères remerciements. PAUL Eliccel TABLE DES MATIERES Titre Dédicace AVANT- PROPOS 1 TABLE DES MATIERES 2 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 2 LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS UTILISÉS 2 LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHES 2 INTRODUCTION 4 0.1- Justification du thème de recherche 4 0.2.- Problématique de l'étude 4 0.3.- Objectifs de l' étude 4 0.4.- Hypothèses de travail 5 0.5.- Approche méthodologique 5 5 0.5.1.- La recherche documentaire 6 0.5.2.- Enquêtes de terrain et choix de l'échantillon 6 0.5.3.-Représentation, traitement et analyse des données 6 0.5.4.- Limites de la méthodologie 7 0.5-6.-Présentation des différentes parties de l'étude 7 CHAPITRE 1- CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE 8 1.1.- Définition des différents concepts utilisés 8 1.1.1 Bidonville 8 1.1.2.- Zone marginale 9 1.1.3.- Ménage 9 1.1.4.- Maison 9 1.1.5.- Ville 9 1.1.6.- Ville primatiale 10 1.1.7.- Aire métropolitaine 10 1.1.8.- Région métropolitaine 11 1.1.9.- Urbanisation 11 1.1.10.- Macrocéphalie urbaine 12 1.1.11.- Logement sous-normal 12 1.1.12.- Planification urbaine 12 1.2.- Présentation des différentes théories d'appui 12 1.2.1.- La théorie de HOOVER 13 1.2.2.-La théorie du développement de Arthur Lewis 13 1.2.3.-Le modèle de Harris et Todaro (1970) 13 1.3.-Approche théorique retenue 13 13 CHAPITRE 2 -PRINCIPALES CAUSES DE LA BIDONVILISATION DE L'AIRE MÉTROPOLITAINE DE PORT-AU-PRINCE 14 2.1.- L'exode rural 14 2.1.1.- Le salaire minimum dans les industries à Port-au-Prince et le salaire agricole 14 2.1.2.- La détérioration du niveau de vie de la population rurale 14 2.1.3.- La concentration à Port-au-Prince des services administratifs 15 2.1.4.-Concentration à Port-au-Prince des services sociaux de base 15 15 15 2.1.4.1- Le service d'éducation 15 2.1.4.2.- Les soins sanitaires 15 2.1.4.3.- L'eau potable 16 2.1.4.4.- Télécommunication et électricité 17 2.2.- Le faible niveau d'investissement dans les milieux ruraux 17 2.3.- Le déséquilibre sur les marchés du foncier et du logement 17 2.4.- La non application d'un plan directeur d'urbanisme 18 2.5.- L'inexistence d'un véritable système de promotion immobilière 18 2.6.- La non application du plan cadastral 18 2.7.- Échec de tentative d'amélioration du problème de logement 19 CHAPITRE 3 - IMPACT DE L'EXTENSION DES BIDONVILLES SUR LE MODE DE VIE DES HABITANTS DE L'AIRE MÉTROPOLITAINE DE PORT-AU-PRINCE 20 3.1.- Impact sur l'environnement urbain de Port-au-Prince 20 3.2.- Impact sur le marché de l'emploi 20 3.3.- Le développement du secteur informel 20 3.4.- Impact sur la fourniture des biens et services sociaux 21 3.5.- Impact sur l'offre de transport urbain 21 3.6.- Le phénomène de banditisme, la prostitution et la propagation des MST 21 CHAPITRE 4 - PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS DE L'ÉNQUETE: CAS DE LA SALINE 22 4.1.- Généralités sur le quartier La Saline 22 4.2 Aspects démographiques 22 4.3.- Aspects migratoires 23 4.4.- L'habitat et le foncier à La Saline 24 24 4.4.1.- Type d'habitat à la saline 24 4..4.2.- Le mode de tenure des parcelles de terrains 25 4.4.3.- Le mode d'occupation des logements 26 4.5.- Le genre de vie des habitants de La Saline 28 4.5.1.- Aspect sanitaire 28 4.5.2.- Le domaine de l'éducation 28 4.5.3.- Eau potable et télécommunications 29 4.5.4.- Aspects économiques 30 4.6.- Causes de la localisation de La Saline dans cette partie de la capitale 31 31 4.6.1.- Causes sociologiques et migratoires 31 4.6.2.- Causes économiques 32 4.7.- Conséquences de l'existence du quartier de la saline dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince 32 SYNTHESE: VÉRIFICATION DES HYPOTHESES 33 CONCLUSION 34 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 35 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ANNEXES LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS UTILISÉS TPTC : Travaux publiques transport et communication BCI : Banque de Crédit Immobilier BCA : Banque de Crédit Agricole PNUD  : Programme des Nations Unies Pour le Développement PIB  : Produit Intérieur Brut IHSI : Institut Haïtien de Statistiques et d`Informatique MPCE  : Ministère de la Planification et de la Coopération Externe ED'H : Électricité d'Haïti PIB : Produit Intérieur Brut PNB : Produit National Brut D.A.R.D : Division d'Analyse et de Recherche Démographique MTPTC : Ministère des Travaux Publics Transport et Communication EPPLS : Entreprise publique de promotion de logements sociaux. LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHES Tableau # 1.- Évolution du taux de croissance du secteur primaire de 1991 à 1999 Tableau # 1.2.- Répartition en pourcentage des agents de la santé publique par département, année 1995. Tableau # 1.3.- Distribution du nombre de lits pour 1000 habitants selon le département. Tableau # 1.4. Taux de couverture en eau potable période 1980-1996 Tableau # 4.- Répartition des chefs de ménage selon le nombre d'enfants Tableau # 4.1.- Répartition des chefs de ménage selon le lieu de naissance Tableau # 4.2.- Répartition des chefs de ménage selon la cause de migration à Port-au-prince. Tableau # 4.3.- Répartition des chefs de ménage selon le sexe Tableau # 4.4.- Répartition des chefs de ménages selon l'année de migration à Port-au-Prince Tableau # 4.4.1. Répartition des logements selon ; la nature du toit, du mur et du parquet. Tableau # 4.4.2. Répartition en % des ménages selon le mode de tenure des parcelles de terrains. Tableau # 4.4.3. Répartition des ménages selon le mode d'occupation des logements Tableau # 4.4.3. Répartition des ménages selon le coût semestriel du loyer par pièce de logement. Tableau # 4.4.5. Répartition des ménages selon la dotation des logements en petite cour et en latrines. Tableau # 4.4.6. Répartition des logements selon le nombre de pièces Tableau # 4.4.7. Répartition des membres de ménage selon leur niveau d'étude Tableau # 4.4.8: Répartition des chefs de ménage selon leur métier Tableau # 4.4.9: Répartition des ménages selon la dotation des logements en téléphone et en eau potable Tableau # 4.4.10.Répartition des chefs de ménage selon leur occupation Tableau # 4.4.11.Répartition des ménages selon la taille et le nombre de personnes rentrant un revenu. Tableau # 5.- Répartition en pourcentage des chefs de ménage selon la tranche de revenu en gourdes et la taille du ménage Tableau # 6.- Répartition de ménages selon la tranche de revenu et le nombre de pièces de leur maison Tableau # 7: Répartition en pourcentage des chefs de ménages selon la cause de leur localisation à La Saline. Graphe # 2.- Evolution du taux de croissance des secteurs primaire et secondaire de 1992 à 1999 INTRODUCTION 0.1- Justification du thème de recherche Pendant les dernières décennies, la plupart des grands centres urbains des Pays en développement ont connu une explosion démographique inquiétante. Les populations rurales sont séduites par les attraits des grandes villes qui ont enregistré un niveau élevé de développement économique, ce qui les motive à fuir la campagne pour aller gonfler les grandes villes en quête d'emploi et de mieux être. De nombreux spécialistes du développement urbain comme HENRY Cisneros, font remarquer que l'afflux des gens vers la capitale a des conséquences désastreuses tant sur l'environnement économique, social que physique. Car les gens qui viennent s'y installer, loin de réaliser leurs rêves, connaissent de préférence une qualité de vie moins bonne que dans les zones rurales. Port-au-Prince souffre d'une concentration de plus en plus élevée de gens à faible revenu et qui font pression sur les services sociaux tels que les soins de santé, l'éducation, le transport urbain, l'énergie électrique, le téléphone, l'eau potable, le logement et le foncier. La ville de Port-au-Prince offre, apparemment, une attraction découlant de son niveau plus élevé de développement économique et social. Cette disparité régionale débouche sur une migration intense des populations rurales vers Port-au-Prince, la ville primatiale du réseau urbain haïtien. C'est ainsi que la population urbaine de Port-au-Prince est passée de 120.000 habitants en 1950 à environ deux (2) millions en l'an 2000, (BERNADIN, 1995). Cependant, les nouveaux migrants sont confrontés à bon nombre de problèmes les empêchant de vivre décemment. Etant donné qu'ils ne peuvent pas intégrer le marché de l'emploi à cause de l'étroitesse du marché d'une part et d'autre part leur faible niveau de qualification, ils se trouvent au chômage et dans l'impossibilité de se doter d'un logement décent, faute de moyens financiers. Dès lors, ils se dirigent vers les zones périphériques pour se créer leur propre bidonville composé des maisons de fortune privées d'infrastructures et du minimum en termes de normes de construction. Par conséquent, la bidonvilisation de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince est devenue de plus en plus inquiétante. Fort de ce constat, nous jugeons qu'il est utile de mener cette étude afin de déceler certaines causes engendrant la prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Pour nous, attaquer ce phénomène crucial, consiste en tout premier lieu à effectuer des études spécifiques relatives aux différentes causes et conséquences dudit phénomène. Ainsi, pour apporter notre contribution, aussi modeste qu'elle puisse paraître, nous avons décidé de porter cette étude sur le quartier "La Saline" qui est une des grandes zones marginales de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Donc, il est impératif aujourd'hui d'effectuer l'étude, non seulement parce qu'il est d'extrême nécessité de s'informer de la situation socio-économique de cette catégorie de gens, mais aussi, de proposer des éléments de solution permettant de pallier cette situation. 0.2.- Problématique de l'étude La population urbaine de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince est estimée à un million neuf cent dix neuf mille six cent soixante dix huit (1919678) habitants, alors que pour l'ensemble du pays elle est estimée à deux millions huit cent trente cinq milles quatre cent trente trois (2835433). En d'autres termes la population de l'aire métropolitaine représente 67.70% de la population urbaine totale du pays et elle croit à un rythme annuel de l'ordre de 4.16% (IHSI, almanach 2002). Cet accroissement de la population disproportionné par rapport au taux de croissance de l'économie, à la fourniture des services sociaux de base et aux infrastructures conduit à l'expansion des bidonvilles de l'aire métropolitaine de Port-au-prince et la création de certains autres. L'absence des services sociaux dans les milieux ruraux engendre l'exode rural qui est à la base de la "bidonvilisation" de nos principales villes en particulier la ville de Port-au-Prince. Ces services sociaux de base, considérés d'ailleurs par le paysan comme symbole de la vie urbaine, n'étant pas rendus disponibles dans les milieux ruraux, on voit les paysans laisser la campagne pour aller vivre en ville. Le pire, c'est que la migration de ces gens ne leur procure pas une promotion sociale. Confrontés au chômage et aux exigences de la vie urbaine, ils seront forcés d'aller grossir les bidonvilles. Loin de résoudre leurs problèmes, l'exode rural ne fera que changer le milieu de leur misère et exacerber le dilemme de la "bidonvilisation". Ainsi, régulièrement chaque année, un flux de migrants des zones rurales estimé à environ 13.000 sont arrivés dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince en provenance de toutes les régions du pays, ce qui fait que dans certains bidonvilles, la densité de la population est estimée à environ 40 000 habitants au km². Il en résulte une pression insupportable sur les infrastructures sociales de la ville, des problèmes de transport difficiles à gérer, et des phénomènes d'insécurité et de pollution grandissants. L'exode rural contribue également de manière importante à l'urbanisation effrénée de la région métropolitaine de Port-au-Prince et à l'augmentation du taux de chômage qui gravite autour de 65% (rapport de la Banque Mondiale de 1998). L'explosion démographique des gens à faible revenu dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince a engendré des zones de peuplement à haute densité et exercé d'importantes pressions sur les rares services de base et l'infrastructure limitée. Ainsi, une étude du comité de coordination Inter-agences santé, réalisée en 1995, a révélé que moins de 40% des habitants de Port-au-Prince ont accès à l'eau potable et celle-ci est contaminée par des micro-organismes infectieux. Les systèmes d'assainissement des eaux usées sont extrêmement limités en Haïti et les canaux de drainage charrient des excréments humains et d'autres déchets à l'air libre. Une large proportion de la population n'a pas accès aux latrines, généralement trop utilisées et mal entretenues. L'occupation spontanée et illicite des terrains et la faiblesse des institutions publiques ainsi que l'absence de cadastre font qu'il est très difficile de protéger les propriétaires légitimes et les terrains publics. Ces migrants, à cause de leur faible niveau de revenu, procèdent soit par l'invasion des terrains écologiquement déficients dans les zones périphériques, ou dans les littoraux, ou bien ils procèdent par affermage des terrains pour se constituer des espaces insalubres où les logements sont de bas standard, sans hygiène et surpeuplés. La plupart des familles habitant dans ces bidonvilles, vivent dans une pièce. Ces modes d'occupation des terrains encouragent également les modes déréglés de construction. Aujourd'hui, assistons-nous à l'expansion anarchique de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince qui est devenue un ensemble de bidonvilles très insalubres. Presque tous les beaux quartiers sont couronnés de bidonvilles, c'est la dégradation du genre de vie des habitants de Port-au-Prince. La non application d'un plan d'urbanisme et l'insécurité foncière ont facilité la construction anarchique des habitats précaires, sans respecter les normes d'urbanisme et de salubrité. Cette grande proportion de gens défavorisés n'ont pas bénéficié d'un système de promotion immobilière qui leur permettrait de vivre décemment dans un logement normal. Cet état de faits anime le processus de bidonvilisation de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince qui se révèle très préoccupant. On a vu que non seulement les bidonvilles les plus anciens sont surdensifiés, mais aussi presque tous les espaces verts de Port-au-Prince sont en train d'être bidonvilisés par des migrants de faible revenu. Port-au-Prince déborde actuellement vers les zones périphériques plus précisément dans les hauteurs, dans les littoraux et dans les flancs de colline, ce qui engendre la dégradation de l'environnement et rend vulnérable l'avenir des habitants de Port-au-Prince. 0.3.- Objectifs de l' étude Il faudrait admettre que dans ce travail de recherche, on ne pourra pas répondre à toutes les questions qui peuvent tourner autour du thème sous étude. Toutefois, nous entendons d'une manière générale arriver à : v Attirer l'attention des différents acteurs socio-économiques sur les véritables causes et conséquences de l'expansion des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Ainsi, de manière plus spécifique nous voulons arriver à : v Esquisser le mode de fonctionnement des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince v Dégager des éléments pouvant expliquer la prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. 0.4.- Hypothèses de travail Tenant compte de la problématique évoquée et des objectifs poursuivis, nous avons énoncé l'hypothèse fondamentale suivante: Les bidonvilles qui se sont formés dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince sont le résultat du phénomène de l'exode rural et du faible niveau de revenu des ménages composés des gens fraîchement arrivés à Port-au-Prince. De cette hypothèse fondamentale découlent les deux hypothèses spécifiques énumérées ci-après. v Le phénomène de l'exode rural est la conséquence du différentiel de salaire entre le milieu urbain et le milieu rural et la concentration des principaux services sociaux de base à Port-au-Prince. v Les ménages qui habitent dans les bidonvilles de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince subissent l'influence de la configuration et la disponibilité des espaces vacants, l'accessibilité à l'emploi et au centre ville, le prix du logement et un certain degré du lien de parenté. 0.5.- Approche méthodologique Ce point a pour but d'exposer la démarche méthodologique qui a été retenue pour la réalisation du travail. 0.5.1.- La recherche documentaire Pour rédiger ce rapport de recherche qui est à la fois d'un caractère descriptif et analytique, une importante documentation nous a servi d'appui et l'on peut retenir entre autres quelques travaux traitant de l'urbanisation, de l'habitat et de la marginalité à Port-au-Prince. En 1988, une enquête fut menée par l'Institut Haïtien de Statistiques et d'Informatique (IHSI) dans les sept plus grands quartiers défavorisés de l'aire métropolitaine de Port- au- Prince, il s'agit de la Saline, Tokyo, Saint Martin, Pont Rouge, Bréa/pape, et Fort Mercredi. On y retrouve un certain nombre d'indicateurs socio-économiques qui nous ont servi d'indicateurs d'appui lors de la recherche exploratoire. Parmi les documents de base que nous avons consultés, on peut citer entre autres le travail de recherche réalisé par le Centre de Techniques de Planification et d'Economie Appliquée (CTPEA) sous la direction du professeur THEOPHILE Roche intitulé: l'organisation interne et les caractéristiques socio-économiques et physiques des zones marginales de Port-au-Prince. Ce document qui a paru en 1990, présente des éléments de synthèse, des résultats d'études déjà réalisées dans certaines zones marginales de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince1(*). A part les réalisations en matière de l'urbanisation que nous avons mentionnées plus haut, il y a le schéma d'aménagement du territoire qui a été publié en mars 1981 par la secrétairerie d'Etat du plan et ensuite, le plan de développement de Port-au-Prince et de sa région métropolitaine. Notre travail de recherche, de façon très spécifique, essaie de mettre en exergue certaines causes et conséquences socio-économiques de la prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Il présente sous la base des données empiriques et de documentation une analyse des problèmes qui méritent une attention beaucoup plus soutenue de la part des acteurs socio-économiques évoluant dans l'espace urbain de Port-au-Prince. 0.5.2.- Enquêtes de terrain et choix de l'échantillon Pour réaliser ce travail, nous avons mené une enquête basée sur l'échantillonnage. Nous nous sommes servi de la recherche documentaire, non seulement pour repérer les données disponibles, mais aussi, pour pouvoir choisir parmi l'ensemble, le bidonville ayant : v Un nombre plus élevé d'ajoupas, de taudis et de logement dont la toiture est en tôle, leur parquet en terre battue et qui sont construits avec des véritables matériaux de construction récupérables, v Un taux élevé d'insalubrité et de promiscuité. Compte tenu de notre critère de choix, le bidonville retenu est «La Saline». Nous y avons choisi, de manière aléatoire, un échantillon de quatre vingt (80) ménages pour être fait l'objet de l'étude. Ce procédé aléatoire consiste à lancer un dé à chaque début de ruelle, le numéro qui est apparu est considéré comme l'ordre selon lequel les ménages ont été choisis. Par exemple si le numéro est 3, on ne choisit pas les trois premières maisons, mais la quatrième, la septième ainsi de suite. 0.5.3.-Représentation, traitement et analyse des données Après avoir collecté les données sur le terrain, nous avons utilisé le logiciel SPSS version 8.0 pour traiter les informations. Le logiciel EXCEL a été également utilisé dans le but de faire des représentions graphiques et d'autres calculs à des fins utiles. En effet, les données sont présentées sous forme de tableaux de synthèse et de contingence. Ces tableaux nous ont servi d'éléments indispensables à l'analyse des données. 0.5.4.- Limites de la méthodologie Toute méthodologie de la recherche basée sur l'enquête de terrain admet à quelque degré que ce soit des limitations, donc celle-ci n'en saurait être exempte. Il faut dire que ce travail dont l'enquête a été faite sur un échantillon de 80 ménages devrait non seulement tenir compte d'un échantillon de plus grande taille, mais aussi s'étendre sur plusieurs autres bidonvilles. Cependant, des contraintes d'ordre financier et logistique nous empêchent de satisfaire ces exigences. En outre, le manque de littérature sur le quartier La Saline constitue un handicap quant à la présentation du quartier. C'est pourquoi, nous n'avons pas pu disposer de certaines informations qui pourraient être recueillies dans d'autres types de recherche. Mais, malgré la faiblesse de cette approche méthodologique, elle est, néanmoins, la seule piste pouvant nous permettre d'atteindre les objectifs poursuivis et cerner le thème sous étude selon les hypothèses susmentionnées. 0.5-6.-Présentation des différentes parties de l'étude Ce mémoire, aussi limité qu'il soit, devra aider les décideurs et planificateurs à mieux traiter les problèmes de l'urbanisme et de la planification régionale. Pour ce faire, nous l'organisons en quatre chapitres. Dans le chapitre I, nous avons présenté le cadre conceptuel et théorique qui tient compte de la définition des concepts et de la présentation des théories d'appui. Au chapitre II, l'accent a été mis sur les différents facteurs de la concentration de la population dans l'aire métropolitaine de Port-au-prince. En ce qui concerne le Chapitre III, nous y avons exposé l'impact de l'existence des bidonvilles sur le mode de vie des habitants de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Enfin, le chapitre IV a présenté l'étude de cas de La Saline. CHAPITRE 1- CADRE CONCEPTUEL ET THÉORIQUE 1.1.- Définition des différents concepts utilisés La définition des concepts suivants devra aider à clarifier le texte. 1.1.1 Bidonville En général, un bidonville est un quartier qui se caractérise par un développement physique spontané, non contrôlé par les institutions publiques. Les conditions d'hygiène et de sécurité sont précaires et ces quartiers, dans la majorité des cas, privés d'infrastructures et de services sociaux. En Haïti, les bidonvilles présentent les spécificités suivantes. v Délabrement des unités de logement; v La promiscuité excessive des habitats; v Carence en infrastructures de base et de services tels voiries, électricité, eau potable, installations sanitaires, centre d'enseignement scolaire, centre de formation professionnelle et centre de santé, etc; v La non connexion au réseau de canalisation pour l'évacuation des eaux usées et pluviales; v L'insalubrité et l'étroitesse des ruelles de desserte intérieure; v Taux élevé de chômage ; v Misère, pauvreté absolue ; v Faible niveau de revenu ; v Chômage déguisé; v Prolifération du micro commerce et toutes sortes d'activités économiques du secteur informel; v Surdensification du logement.   1.1.2.- Zone marginale La notion de zone marginale est utilisée pour décrire un espace géographique écologiquement pauvre ne bénéficiant pas d'infrastructures et de services urbains, c'est une zone d'exclusion dans l'armature urbaine. Les maisons sont de très bas standard, ce sont des taudis, des ajoupas, mal équipés et se caractérisent par l'insalubrité des terrains parfois marécageux ou exposés au bord des ravines sur lesquels sont érigées des maisons de fortune habitées par des gens à faible revenu. 1.1.3.- Ménage On entend par ménage, l'ensemble des personnes habitant un même logement qu'elles aient ou non des liens de parenté et qui ont leur repas ensemble. Mais, il est admis également qu'une seule personne peut constituer un ménage. Ainsi, on peut trouver plusieurs typologies de ménage, entre autres: les ménages familiaux composés des gens ayant des liens de parenté entre eux et les ménages non familiaux c'est- à- dire composés des gens n'ayant aucun lien de parenté entre eux. 1.1.4.- Maison Il sera utilisé la notion de maison comme étant toute unité de construction sur un espace délimité en longueur, en largeur et en hauteur, utilisant une certaine quantité de matériaux capables de rendre le milieu vivable. Une maison peut avoir plusieurs logements qui sont habités par des ménages différents, ce qui constitue une unité de voisinage. Le voisinage permet aux ménages de pratiquer entre eux l'échange et l'entraide dans la recherche des solutions de leurs problèmes quotidiens. 1.1.5.- Ville La notion de ville fait l'objet de diverses réflexions sur les plans social, culturel, politique et économique. Chaque groupe d'auteurs, dépendamment de sa discipline scientifique, produit une définition du concept de ville, qu'il s'agisse de l'historien, du sociologue, du philosophe ou de l'économiste urbain. Le sociologue conçoit la ville comme une société complexe de fort volume dont la base géographique restreinte donne lieu à une forte densité. C'est un espace géographique dans lequel la culture et le mode de vie ne sont pas les mêmes qu'en milieu rural. Quant aux philosophes ils considèrent la ville comme un milieu géographique et social composé d'un ensemble de constructions dont les habitants travaillent, pour la plupart aux secteurs commerce, industrie et à l'administration. Les historiens quant à eux, croient que la ville est la transformation de la cité antique à travers l'histoire. Au cours de son processus de développement, elle multiplie ses fonctions, s'étend dans l'espace environnemental et subit des transformations spatiales pour se constituer en métropole ou mégalopole. Les urbanistes conçoivent la ville est comme un agent économique spécifique capable de décision. Elle est un bloc de facteurs productifs, une source d'externalités, un centre de formation et de distribution de valeur à la fois. Pour la suite de notre recherche, nous retenons la définition présentant la ville comme une agglomération urbaine occupant une position administrative importante. Elle renferme une multitude de maisons très rapprochées dotées d'infrastructures et d'équipements sociaux. Elle a une population d'au moins 2.500 habitants et ses principales activités économiques sont l'industrie, l'artisanat, le commerce, les professions libérales et toutes les autres activités tertiaires et quaternaires. 1.1.6.- Ville primatiale La ville primatiale est conçue comme la ville la plus peuplée de l'armature urbaine qui exerce un pouvoir de domination sur les autres villes de second rang lorsqu'on applique la loi rang- dimension ou principe de la continuité de la taille des villesn(*). La ville primatiale est ordinairement mieux dotée en infrastructures et en services administratifs et connaît généralement un plus haut taux de croissance par rapport à celui des autres villes. 1.1.7.- Aire métropolitaine La notion d'aire métropolitaine se réfère à l'extension des villes dans l'espace physique du territoire. Elle est souvent utilisée pour expliquer l'expansion rapide d'une grande ville sur des aires contiguës qui reçoivent une utilisation urbaine du sol. C'est une zone plus ou moins étendue qui embrasse la capitale d'un pays, la métropole d'une région ou une grande ville pour constituer le lieu de concentration de certaines activités et de certains phénomènes. L'aire métropolitaine est aussi une partie d'espace bi-dimentionnel comprenant plusieurs sous régions de second rang du point de vue administratif ( communes et sections communales). Une grande ville est considérée comme métropole dans la mesure où elle présente des fonctions complexes et un certain niveau économique et social par rapport au reste de la région. Elle comprend un noyau central qui peut être une ville, une métropole régionale ou la capitale d'un pays ayant le monopole politique, administratif, industriel et commercial d'une part et d'autre part plusieurs autres agglomérations urbaines de rang inférieur. La population de l'aire métropolitaine s'est constituée à partir de la migration campagne-ville et compte au moins 400.000 habitants. Cette population est souvent confrontée à des problèmes de toutes sortes dont logements, services sociaux et équipements urbains. 1.1.8.- Région métropolitaine La notion de région métropolitaine correspond à un phénomène de complication des concepts de métropole qui a donné naissance à des expressions comme ville-région et région urbaine. Donc, le terme région métropolitaine fait référence aux divers problèmes métropolitains causés par l'affrontement entre les limites socio-économiques de la ville et ses limites administratives. Toutefois, les géographes urbains définissent la région métropolitaine comme un espace urbain regroupant la métropole et son aire d'influence contiguë pour former un ensemble présentant un fort degré d'interaction et d'interdépendance sociale interne. 1.1.9.- Urbanisation L'urbanisation est un processus de transformation d'une population rurale en une population urbaine, en un changement de mode de vie, un changement démographique et spatial ayant des impacts sur la vie de la société en général du point de vue culturel, politique, social et économique. Elle est censée suivre le processus d'industrialisation qui exige un minimum d'agglomération urbaine pour satisfaire ses besoins en main d'oeuvre. Selon les géographes, l'urbanisation est considérée comme les divers processus par lesquels se structure un ensemble urbain. Pour l'essentiel, nous retenons qu'il faut faire une approche sectorielle afin de mieux cerner le phénomène d'urbanisation au niveau des pays en développement. Normalement, elle devrait être le signe du développement. Cependant, celle-ci ne s'accompagne pas d'une croissance économique équilibrée pouvant déboucher sur un développement intégré. C'est la désarticulation du secteur agricole et le faible niveau d'industrialisation. Donc, elle se heurte plutôt à un processus d'industrialisation avortée dans son état embryonnaire. 1.1.10.- Macrocéphalie urbaine Les capitales des pays en développement ont souvent connu une croissance démographique accélérée, la concentration du pouvoir politique et les principales activités économiques génératrices d'emploi. Cette concentration urbaine entraîne l'accentuation du chômage et de la pauvreté, et la détérioration des conditions de vie de la majorité de la population. Une ville présentant ses caractéristiques est considérée comme macrocéphale, car elle est parasite et dysfonctionnelle. 1.1.11.- Logement sous-normal Le logement sous normal est celui dont les murs et la toiture sont construits avec des matériaux de récupération de mauvaise qualité et dont le parquet est souvent en terre battue. 1.1.12.- Planification urbaine Le terme planification urbaine fait référence aux divers moyens de contrôle de la croissance urbaine. C'est un acte délibéré des autorités municipales ou du gouvernement central en vue de l'organisation anticipée de l'accroissement des variables urbaines. Dépendamment du système politique, elle peut être purement impérative ou indicative. 1.2.- Présentation des différentes théories d'appui Il serait très difficile pour ne pas dire impossible d'appréhender le phénomène de bidonvilisation sans passer en revue les différentes théories traitant de l'urbanisation. En ce sens, nous comptons présenter quelques unes d'entre elles dans les lignes qui vont suivre. 1.2.1.- La théorie de HOOVER Cette théorie explique la localisation des différentes activités au coeur de la ville par un processus de codétermination de proche en proche. En ce sens, les gens à faible revenu se placent à coté des zones d'emploi et industrielles, les activités industrielles se localisent auprès des noeuds de communication tandis que les gens à haut revenu se localisent dans les zones exposées au soleil et au vent doux situées à la périphérie de la ville. 1.2.2.-La théorie du développement de Arthur Lewis Arthur Lewis a présenté, au cours des années 1950, un modèle économique qui tient compte des mouvements de population. Il présente l'économie des pays en développement comme un système dualiste avec un secteur traditionnel (agricole) dont la productivité marginale du travail est proche de zéro et un secteur moderne (industriel) où la productivité marginale du travail est strictement positive et croissante en raison de l'accumulation rapide de capital et du progrès technique. Donc, le salaire industriel est supérieur au salaire agricole, ce qui aboutit au transfert du surplus de main d'oeuvre agricole vers le secteur industriel afin d'établir le plein emploi dans le cadre de l'équilibre général Walrasien. Et, cette mobilité parfaite du facteur travail devra permettre d'exclure toute possibilité de chômage. 1.2.3.-Le modèle de Harris et Todaro (1970) Haris et Todaro viennent avec un modèle dualiste et statique expliquant la migration croissante campagne-ville en dépit du chômage urbain croissant. Étant donné que le salaire urbain est supérieur au salaire rural, les gens laissent le milieu rural pour migrer vers le milieu urbain. Mais, contrairement au modèle de Arthur Lewis qui admet qu'on peut atteindre l'équilibre Walrasien1(*) avec la migration campagne- ville, ce modèle explique cette migration malgré le chômage et la migration même engendre le chômage urbain. En d'autres termes, le modèle est prédictif et révèle que plus le taux de création d'emplois urbain sera élevé plus les taux de chômage et de migration augmenteront. Le salaire minimum crée une distorsion sur le Marché de l'emploi urbain en empêchant la confrontation entre l'offre et la demande, ce qui crée du chômage. C'est la conciliation entre le chômage et la migration. 1.3.-Approche théorique retenue Parmi les différentes théories d'appui du travail, le modèle de développement économique de Harris et de Todaro expliquant l'exode rural malgré le chômage urbain, représente le fondement du travail étant donné que l'exode rural constitue l'une des principales causes engendrant l'expansion des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Vient ensuite la théorie de Hoover selon laquelle le développement spatial de Port-au-Prince subit l'influence des enjeux économiques et sociaux et explique la localisation des différentes zones composant l'espace urbain de Port-au-Prince. Même si depuis quelques années, les bidonvilles ont tendance à suivre le déplacement des quartiers des gens aisés et s'étendent jusqu'à leurs frontières à tel point qu'on dit aujourd'hui que chaque quartier des gens à haut revenu a son propre bidonville. Mais la rigueur de cette théorie tient encore, car les gens à haut revenu continuent encore de s'abriter dans les zones périphériques où le transport en commun est pratiquement inexistant, les zones industrielles s'accrochent encore aux noeuds de circulation et la plupart des gens à faible revenu habitent auprès des zones commerciales. CHAPITRE 2 -PRINCIPALES CAUSES DE LA BIDONVILISATION DE L'AIRE MÉTROPOLITAINE DE PORT-AU-PRINCE Ce chapitre vise à faire ressortir les causes de la concentration démographique de l'espace urbain de Port-au-Prince. Il fait état du phénomène de l'exode rural et de la concentration à Port-au-Prince de presque toutes les activités génératrices de revenu, de biens et de services nécessaires à l'existence humaine. 2.1.- L'exode rural La fin des années 70 est marquée en Haïti par le phénomène inquiétant de l'exode rural. Ce dernier va continuer à s'aggraver tout au cours de la première moitié de la décennie 1980. C'est ainsi qu'annuellement plus de vingt milles (20,000)2(*) personnes laissent leur milieu natal pour s'acheminer vers Port-au-Prince. Les gens envahissent la capitale, le seul pôle d'attraction du pays, dans le but de trouver un emploi leur garantissant un mieux être économique et social. Il faut signaler que l'aire métropolitaine de Port-au-Prince connaît ses plus grandes étapes de bidonvilisation surtout à partir des trois importantes vagues migratoires: v L'inauguration des travaux du bicentenaire en 1949 attirant des visiteurs paysans et qui, pour la plupart, ne sont pas retournés en province; v Les gens qui devaient venir à Port-au-Prince pour fêter les 22 septembre de chaque année de 1957 à 1970 v La dernière et la plus importante vague migratoire s'opère à partir de l'installation à Port-au-Prince des industries de sous-traitance au cours des années 70 qui offrent des salaires plus intéressants, alors que le secteur agricole faisait face à de sérieux problèmes. L'exode rural se fait parfois en deux grandes étapes. D'abord, les gens transitent dans les grandes villes comme Cayes, Cap Haïtien et Gonaïves, ensuite débarquent à Port-au-Prince. Les gens qui déferlent sur la capitale se dirigent vers des parents ou des proches en attendant leur installation définitive dans l'un des bidonvilles de la capitale. Les nouveaux migrants se font accompagner également de certains membres de leur famille venant encore de la province pour constituer des ménages de très grande taille. L'aire Métropolitaine de Port-au-prince voit son taux d'urbanisation passé de 52.3% en 1971 à 64.2% en l'an 2000. Les gens qui s'acheminent vers la ville primatiale proviennent des différents départements géographiques du pays. Les départements de la Grand' Anse, du Sud, et du reste de l'Ouest ont fourni respectivement : 22,81% ; 19,02% ; 16,60% des migrants à la population de Port-au-Prince3(*). De nombreux éléments accentuent le phénomène de l'exode rural vers la ville primatiale. Ce sont, pour la plupart, des facteurs socio-économiques qui ont contraint les gens à abandonner la campagne. Ainsi, dans les lignes subséquentes, nous ferons ressortir les facteurs- clé engendrant l'exode rural. 2.1.1.- Le salaire minimum dans les industries à Port-au-Prince et le salaire agricole Avec l'arrivée des industries de sous-traitance à Port-au-Prince au cours des années 70, le salaire minimum était déjà supérieur au salaire agricole. Le secteur industriel grâce à sa caractéristique capitalistique, utilise les nouvelles technologies, alors que le secteur agricole en Haïti utilise encore des techniques rudimentaires de production. Il en résulte une plus forte productivité au niveau du secteur industriel, c'est ce qui crée le différentiel de salaire entre les deux secteurs. Vers les années 80, on assiste à la détérioration de l'économie paysanne, source de revenu des 70% de la population totale du pays, qui s'exprime par la décroissance de la valeur ajoutée du secteur primaire (VAP) soit une baisse de 2% par rapport à l'année 1979. La tendance à la baisse du taux de croissance du secteur primaire, de 3.3% en 1991 qui est passé à -11.2% en 1994 et aboutit à 1.7% en 19994(*), s'explique par le faible poids de l'investissement dans ce secteur. Il en résulte un salaire inférieur au niveau du secteur agricole par rapport au secteur industriel. Ce différentiel salarial existant entre les deux secteurs, ajouté aux multiples problèmes rencontrés par le secteur agricole, mettait les paysans dans une situation de pauvreté aiguë. A rappeler que l'économie haïtienne est un système dualiste selon la théorie du développement de Arthur Lewis. C'est que l'évolution du salaire minimum appliqué dans les industries à Port-au-Prince est à la hausse alors qu'il n'est pas appliqué dans le secteur agricole. Cela a engendré la migration des paysans vers la capitale. Même si en l'an 2000, le salaire agricole bat un record en passant de 10 gourdes à 20 gourdes par jour, mais ce salaire est toujours inférieur à celui offert par les industries à Port-au-Prince (le salaire minimum 36 par jour)11(*). Le constat auquel nous assistons aujourd'hui, fait référence au modèle de harris et Todaro portant une explication au phénomène de l'exode rural en dépit du chômage urbain. Une telle situation attire les gens à venir grossir le nombre à la capitale pour constituer des bidonvilles où habitent, pour la plupart, les migrants chômeurs à faible revenu. 2.1.2.- La détérioration du niveau de vie de la population rurale Vers la fin des années 70, le secteur agricole englobant l'essentiel des activités du monde paysan haïtien, est confronté déjà à de nombreuses difficultés d'ordre socio-économique. La valeur ajoutée du secteur primaire a chuté de 2 %. Des lors, la pauvreté commence par frapper les paysans de façon très sérieuse. Les 48% des ménages du pays qui en 1976 avaient un revenu inférieur au seuil de pauvreté sont passés à 75% en 1982. L'économie paysanne ( secteur primaire) a affiché, au cours de l'année 1993, un taux de croissance annuel négatif de l'ordre de -8.9,3 % tandis que le secteur industriel enregistrait un taux de croissance de 3.4%. Mais, à partir de l'année 1994, les taux de croissance des deux secteurs continuaient encore de baisser jusqu'à -11.2 % pour le secteur primaire et -0.7 % pour le secteur secondaire. A signaler qu'au cours de la période 1992-1999, le secteur primaire a enregistré un taux de croissance négatif de l'ordre de -4.03% l'an, alors que le secteur secondaire a affiché un taux de croissance positif de l'ordre de 6.64% l'an. Toutefois, notons que le secteur primaire a fait un bond en 1998, soit 2.2 % pour retomber en 1999 à 1.7 %8(*). Le graphe suivant montre l'évolution des taux de croissance des secteurs primaire et secondaire pour la période 1992-1999. Source: Recueil de statistiques sociales Vol. II, IHSI, août 2000. L'économie paysanne devient encore plus vulnérable avec l'abattage du porc créole qui constituait la principale source de revenu du paysan haïtien. C'est l'appauvrissement total du monde rural. Maintenant, ils devaient recourir à l'abattage systématique des arbres pour être transformés en charbon de bois en vue de gagner un revenu pour faire face aux multiples besoins quotidiens. La conséquence de cette coupe effrénée des arbres est l'érosion qui appauvrit les sols et les rend infertiles. Dès lors, il n'y a plus d'espoir d'amélioration de la qualité de la vie des paysans dont le revenu reposait essentiellement sur les produits agricoles. Avec la chute progressive de productivité dans ce secteur, le revenu percapita a considérablement baissé. En 1990, le secteur agricole, le plus grand sous- secteur du primaire, fournissait à lui seul 67% des emplois pour l'ensemble du pays .Alors que depuis 1983, on constate que la tendance des investissements au niveau du secteur agricole est à la baisse. Ce faisant, les infrastructures agricoles dont les canaux d'irrigation se détériorent. A noter que le porc haïtien représentait la principale source de revenu des paysans. Après l'abattage des "cochons créoles", les paysans abattent également les arbres pour être transformés en charbon de bois qui est devenu leur principale source de revenu. Ceci a provoqué la perte progressive des terres arables suite à l'érosion, un effet direct du déboisement . L'on peut assimiler cette baisse de productivité du secteur agricole à un certain nombre de goulots d'étranglement. Parmi ces contraintes, on peut noter entre autres : v Le problème d'analphabétisme des paysans v Le manque d'apport technique au secteur; v La répartition inégale des terres cultivables; v L'émiettement excessif des terres; v L'exploitation des paysans par les spéculateurs agricoles. 2.1.3.- La concentration à Port-au-Prince des services administratifs Au niveau de l'administration publique, paradoxalement, la disparité en termes de distribution des services sociaux est très effrayante. Port-au-Prince est le centre de décision et de fourniture de services administratifs. Même s'il existe des annexes dans certaines villes secondaires du pays, le problème de concentration persiste encore. Ainsi, on a pu vérifier en 1990, que 70% des fonctionnaires publics se trouvent dans l'aire métropolitaine de Port -au -Prince qui reçoit à elle seule plus de 72.% des masses salariales, 80% du budget national5(*). De telles disparités ne pouvaient que contribuer à l'affluence massive des gens à Port-au-Prince. La capitale devient de plus en plus agglomérée, ses installations en équipements sociaux et les infrastructures sont devenues tout à fait insuffisantes pour desservir la population. L'inexistence presque totale des services sociaux de base dans les milieux ruraux constitue l'une des causes fondamentales de la migration urbaine. 2.1.4.-Concentration à Port-au-Prince des services sociaux de base Parmi les différents services de base, certains se révèlent indispensables à l'existence humaine. Ainsi, on se propose d'analyser l'état de ces services sociaux dans les milieux ruraux. 2.1.4.1- Le service d'éducation La disparité est aussi flagrante dans le secteur de l'éducation puisque l'aire métropolitaine de Port-au-Prince retient à elle seule presque la totalité des centres d'enseignement primaire, secondaire, universitaire et professionnel. D'après les statistiques officielles du MENJS, la plupart des centres d'enseignement professionnel et plus de la moitié des centres d'enseignement secondaire soit 63.52% de l'effectif global se trouvent dans le département de l'Ouest. En effet, très peu d'écoles primaires et secondaires existent dans les milieux ruraux et celles-ci sont dépourvues d' infrastructures scolaires. Elles ont une capacité d'accueil très restreinte où 49.5% des gens seulement sont alphabétisés alors que le taux est de 85.1 % pour l'aire métropolitaine de Port-au-Prince1(*). La demande sociale d'éducation est complètement supérieure à l'offre scolaire. Après les deux premiers cycles de l'enseignement fondamental ou le baccalauréat (1ere et 2ème parties), les gens doivent se rendre à Port-au-Prince pour poursuivre leurs études professionnelles ou supérieures. Depuis les années 1980, selon les statistiques officielles de l'IHSI, une grande disparité est observée dans le répartition de l'offre scolaire entre zone urbaine et zone rurale du pays. En effet, le taux net de scolarisation était de 19.5% en milieu rural contre 78.1% entre milieu urbain en 1989. Cette disparité se maintient jusqu'en 1992 où plus de 62% des salles de classe se trouvent dans les milieux urbains. A noter que 82.47% des écoles publiques et 75% des écoles supérieures et facultés se trouvent à Port-au-Prince1(*). On voit que le milieu rural est nettement défavorisé en matière d'éducation. Même si les paysans sont pour la plupart analphabètes, mais ils se soucient beaucoup de l'éducation de leurs enfants parce qu'ils finissent par comprendre que l'avenir de leurs enfants ne peut être assuré que par l'éducation. Voilà pourquoi, ils manifestent une volonté accrue de fournir à leurs enfants cet instrument de combat. Donc, toutes les villes les mieux dotées en équipements scolaires, en particulier la ville de Port-au-Prince, devront accueillir la population scolarisable. 2.1.4.2.- Les soins sanitaires C'est encore le même constat lorsqu'on considère la façon dont la santé est distribuée dans le pays. Les soins de santé sont quasi inexistants dans les milieux ruraux et les équipements sanitaires y sont très rares. Les dispensaires, quand ils existent, sont très mal équipés non seulement en matériels, mais aussi, en ressources humaines. Les médecins qui sont affectés aux centres hospitaliers n'y travaillent pas de façon régulière. En effet, on peut dire que ce sont les médecins traditionnels non encadrés qui soulagent le sort des paysans en matière de soins de santé sans oublier également le rôle combien important des femmes sages dans les zones reculées. En 1995, on a vu qu'au niveau de la distribution des institutions de santé, le département de l'Ouest en est mieux doté par rapport aux autres départements. Ainsi, il est révélé qu'en 1998, le département de l'Ouest détient à lui seul 88.47% du nombre de médecins, 67% du nombre des infirmières, 37% des auxiliaires6(*) et plus de 50% des centres hospitaliers se concentrent à Port-au-Prince2(*) . Ce qui prouve encore que le département de l'Ouest a le monopole des services sociaux de base jusqu'en 1998. Il faut souligner aussi que le nombre de lits pour 1000 habitants est vraiment inquiétant, car là encore le département de l'ouest en est beaucoup mieux pourvu par rapport aux autres départements. Ainsi, on voit que le département de l'ouest où se trouve l'aire métropolitaine de Port-au-Prince possède 12.7 lits pour 1000 habitants, viennent ensuite les départements du Nord avec 9.9, le département du Sud avec 8.7, et 23.4 pour l'ensemble des autres départements (Voir annexe, tableau # 1.3). C'est pourquoi qu'en 1994-1995, on constate que 91.0% des accouchements dans le milieu rural ont eu lieu hors d'un centre hospitalier contre 48.6% dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince et 68.8% dans les autres villes. Par ces faits, on comprend bien les difficultés rencontrées par les paysans dans la recherche des soins de santé. 2.1.4.3.- L'eau potable Les milieux ruraux ne sont pas couverts en eau potable, les paysans doivent parfois parcourir quatre (4) à cinq (5) kilomètres pour trouver de l'eau, soit dans des rivières ou dans des puits à part quelques rares zones qui sont dotées d'une fontaine publique ou d'un captage d'eau de source. Il est révélé qu'en 1980, seulement 8.0% du milieu rural était couvert en eau potable contre 48% dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince et les autres villes secondaires en étaient couvertes à 47.0%. En 1996, on voit que 41.0% du milieu rural est couvert en eau potable contre 48.0% dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Le tableau suivant présente le taux de couverture en eau potable selon le milieu, de 1980 à 1996. Tableau # 1.4 : Taux de couverture en eau potable période 1980-1996 Milieu Taux de couverture 1980 1990 1995 1996 Aire métro. 48.0 53.2 35 48.0 Villes sec. 47.0 58.6 45.0 43.0 Rural 8.0 33.5 39.0 41.0 Ensemble 18.0 39.5 39.0 43.0 Source : recueil de statistiques sociales vol II, IHSI Août 2000 A cause de l'absence de latrines, les gens font leur besoin à même le sol, ce qui pollue l'eau à chaque chute de pluie7(*) . 2.1.4.4.- Télécommunication et électricité Les services de télécommunication et d'électricité sont, eux aussi, quasi inexistants dans le monde paysan. L'aire métropolitaine de Port-au-Prince accapare à elle seule 80% du potentiel de l'énergie électrique8(*)8, 75% des lignes en service et 67.34% des lignes téléphoniques disponibles pour tout le pays1(*)1. Ces deux (2) services deviennent, de nos jours, de plus en plus indispensables à l'épanouissement de l'être humain parce qu'ils sont des outils puissants d'information, et de formation en général que ce soit l'énergie électrique pour allumer un poste de radio et de télévision, ou encore les services de télécommunication permettant d'échanger les informations en temps réel. En 1995, il est révélé que 92.3 % des ménages de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince disposent du service d'électricité alors que pour les villes de province, 50.7 % des ménages en sont pourvus et seulement 3.9 % des ménages ruraux ont accès au service d'électricité. Tout ceci constitue des disparités régionales graves en matière de service électrique et qui peuvent accentuer le phénomène de l'exode rural. Les gens qui sont informés du mode de vie des habitants de Port-au-Prince ont rapidement opté pour l'abandon des milieux ruraux en vue de se rendre à la capitale à la recherche d'une meilleure condition d'existence8(*). 2.2.- Le faible niveau d'investissement dans les milieux ruraux Les industries naissantes veulent profiter des avantages que la ville de Port-au-Prince offre en matière d'infrastructures de télécommunication, d'électricité et de services administratifs qu'elles ne trouvent pas dans les villes de province. Il est plus facile d'établir des contacts avec les fournisseurs étrangers à cause des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires installées à Port-au-Prince. L'aire métropolitaine de Port-au-Prince concentre 70% des industries manufacturières et tous les nouveaux investissements destinés à ce secteur3(*). Cela montre déjà un déséquilibre entre la ville de Port-au-Prince et le reste du pays dans lequel vivent plus de 70% de la population. Cette concentration confère immédiatement à Port-au-Prince le rôle de ville primatiale. Cette ville offre tous les avantages économiques et sociaux, donc tout semble sourire aux migrants, que ce soit dans le secteur informel, dont le micro- commerce ou dans les industries manufacturières; leur situation semble améliorée, mais il s'agit d'une simple illusion puisqu'en fait leur niveau de vie au contraire se dégrade de jour en jour. 2.3.- Le déséquilibre sur les marchés du foncier et du logement L'accès à un habitat décent est considéré comme l'une des plus légitimes aspirations de tout être humain. Cependant on assiste, de nos jours, à une inadéquation entre l'offre et de la demande de logement qui peut être due à la flambée des prix sur les marchés des matériaux de construction, du foncier et du marché financier. Cette situation fait qu'à tous les niveaux, la structure d'accueil de la capitale parait largement inadéquate pour satisfaire la demande produite par l'arrivée d'un grand nombre de migrants qui sont presque dépourvus de tout. Le stock de logement disponible est bien loin insuffisant pour répondre à la demande produite par les habitants de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. L'offre de terrain étant très limitée, il résulte un mode déréglé d'occupation du sol dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. A noter que la plupart du stock de terrains sont constitués de dimensions allant de 500 mètres carrés et 1000 mètres carrés. Mais, ces terrains lotis sont accessibles seulement aux groupes de gens à revenu élevé et aux gens à moyen revenu. Pour ce qui concerne les gens à revenu modeste, les dimensions de terrain qui leur sont accessibles sont de l'ordre de 6 à 15 mètres carrés. Les procédures légales par lesquelles on peut accéder aux terrains sont les suivantes. v L'héritage successoral qui donne droit aux plus proches parents d'un défunt d'avoir le titre de propriété, ou à quelqu'un d'autre qui est muni d'un acte testamentaire. v L'achat qui est un moyen par lequel un individu peut procéder pour faire l'acquisition d'un terrain. Pour ce faire, l'acquéreur doit disposer d'un capital financier lui permettant de payer le terrain . A noter que les terrains qui se trouvent au centre ville sont plus onéreux que ceux se trouvant dans certaines zones périphériques. Les terrains qui se trouvent dans les zones périphériques habitées par les gens aisés sont devenus très onéreux au cours de cette dernière décennie au point que les terrains se vendent seulement en dollars US. v Le bail à ferme est l'acte par lequel un propriétaire foncier donne droit à quelqu'un d'occuper un espace foncier à des fins de construction ou autre. Le plus souvent, ce sont les ménages à faible et moyen revenu qui ont recours à l'affermage d'une parcelle de terrain. En général, les contrats se font sur une base annuelle. Le contrat peut être à condition d'achat qui admet que le bénéficiaire paye un montant fixe lors de l'acquisition du terrain (le terrain est payé au prix qu'il pourrait être vendu lors de la conclusion du contrat) . si le contrat n'est pas à condition d'achat, l'acquéreur doit payer le prix courant. A signaler qu'aucun de ces trois procédés n'est vraiment accessible aux gens à faible revenu, ce qui les pousse à recourir à d'autres types de procédés irréguliers leur permettant d'avoir accès à un terrain. v En ce qui a trait au marché informel du foncier, on assiste, au cours de ces dernières décennies, à de formes irrégulières de transactions du foncier surtout dans les quartiers défavorisés. Tout d'abord, il existe un certain nombre de spéculateurs fonciers profitant des situations de litige entre les différents « ayant droit » des domaines restant indivis. A cet effet, ils s'accaparent de ces terrains et les afferment à leur profit au groupe de gens à revenu modeste. v L'autre cas qui est devenu très fréquent durant ces dernières décennies, c'est la jouissance des terrains du domaine de l'Etat ou appartenant à des propriétaires absentéistes qui sont parfois des exilés politiques ou à des partisans des régimes politiques qui se sont succédé au pouvoir. L'émiettement exacerbé de ces terrains permet aux prédateurs de faire des profits élevés et encourage la prolifération des bidonvilles. v Enfin, on a une dernière forme d'occupation illégale de terrain qui s'est librement manifestée depuis l'année 1986. C'est que les gens envahissent carrément certains terrains vacants qui se trouvent dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Il est révélé que cette dernière forme irrégulière d'occupation de terrain par les gens à faible revenu soit plus fréquente durant ces dernières décades. Il faut signaler qu'aucun de ces trois derniers procédés illégaux d'acquisition de terrain ne garantit aux gens une sécurité foncière. Par crainte d'être déguerpis et aussi n'ayant pas les moyens financiers nécessaires, ils construisent des taudis avec des matériaux de récupération de mauvaise qualité et entraîne la prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Le mode d'occupation des terrains a une incidence néfaste sur le marché du logement. Le stock de terrain disponible n'est pas accessible au groupe de gens défavorisés et l'offre de logement étant très limitée, on y enregistre une flambée des prix sur le marché . Il devient alors beaucoup plus difficile pour les petites bourses d'acquérir un terrain. C'est en ce sens que bon nombre de gens à moyen revenu s'entassent dans les bidonvilles où ils vivent dans des conditions infra humaines. Les démunis envahissant les terrains appartenant tant au secteur public qu'au secteur privé pour se construire des habitats considérés comme sous-normaux, sont frappés par le coût élevé des matériaux de construction. Etant donné que leurs revenus sont faibles, ils ne peuvent se construire un habitat normal. Un autre facteur expliquant l'état de délabrement des habitats dans les bidonvilles est l'insécurité foncière. Puisque les terrains sur lesquels les gens érigent des maisons de fortune ne leur appartiennent pas, c'est l'une des raisons qui explique qu'ils utilisent des matériaux récupérables de mauvaise qualité, car pensent-ils, on peut les déguerpir à n'importe quel moment. Donc, cela a beaucoup contribué à l'état précaire des habitats se trouvant dans les bidonvilles. En somme, il n'existe pas jusqu'à présent un marché foncier structuré qui permette à cette catégorie de gens d'avoir accès à un terrain pour se construire un logement décent. Le marché, tel qu'il fonctionne maintenant, favorise seulement les gens à haut et moyen revenu et punit les gens de petites bourses. 2.4.- La non application d'un plan directeur d'urbanisme Tout processus de planification urbaine devrait avoir comme base l'application d'un plan d'urbanisme en vue d'orienter le développement physique de la ville. C'est important non seulement pour des raisons d'ordre architectural, mais aussi, pour des raisons de convivialité, d'assainissement et de circulation intérieure. Un tel plan devrait indiquer clairement où construire et ne pas construire, quelle zone qui peut avoir une orientation industrielle, commerciale ou résidentielle. La ville de Port-au-Prince se développe sans aucune planification véritable. C'est ce qui explique qu'à part quelques quartiers exposés dans certaines zones périphériques dont leurs logements sont normaux, ce sont pour la plupart des quartiers d'habitats précaires que l'on retrouve presqu' à travers toute l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Globalement, ces quartiers sont très insalubres et aucun travail de ramassage d'ordures n'y est effectué. A chaque chute de pluie, la situation devient pire puisque les riverains en profitent parfois pour évacuer les immondices et les ordures. En fait, on peut dire que Port-au-Prince, dans sa globalité, donne l'allure d'un ensemble de bidonvilles. 2.5.- L'inexistence d'un véritable système de promotion immobilière On aurait pu avoir une autre configuration de la ville de Port-au-Prince s'il avait existé une véritable promotion immobilière. Que ce soit au niveau de l'État ou au niveau du secteur privé, il devrait exister quelque part des firmes qui viseraient à construire des maisons pour les vendre à crédit suivant un échéancier plus ou moins long aux gens de petites bourses. N'étant pas ainsi, on a vu que même les gens à moyen revenu n'arrivent pas à se procurer un logement répondant aux normes d'un logement normal, car eux aussi, ils sont frappés par l'incapacité d'acquérir un terrain au coût du marché. 2.6.- La non application du plan cadastral L'application du plan cadastral peut faciliter la construction de nombreuses unités de logements sociaux. Ceci consiste toutefois, à identifier tous les terrains appartenant à l'Etat qui, éventuellement, procède au remembrement pour l'augmentation de la production de logement ou les utiliser à des fins de projet de logements sociaux. Or légalement, il existe plusieurs lois ou décret-loi traitant de litige foncier en Haïti. Nous pouvons nous contenter seulement de considérer les deux dernières lois qui se trouvent dans les codes civils et de lois usuelles. Voici les deux lois qui sont restées jusqu'à date lettre morte. v Décret-loi du 6 Avril 1977 sur le lotissement v La loi sur le cadastre qui date de 1974 . On comprend bien qu'une ville dépourvue des plans directeur et cadastral ne pourrait prendre d'autre allure qu'un ensemble de bidonvilles. 2.7.- Échec de tentative d'amélioration du problème de logement Les quelques rares institutions qui offrent le crédit immobilier ne sont pas accessibles aux catégories de gens de petites bourses. Ces institutions exigent trop de conditions auxquelles cette catégorie de gens ne peut satisfaire. La seule opportunité qui leur reste, c'est de se procurer un logement sous-normal pour les mêmes raisons que nous avons évoquées plus haut. Les banques commerciales qui offrent le service de crédit visent seulement la catégorie des gens solvables et au taux d'intérêt élevé allant jusqu'à 30% l'an, suivant un échéancier très court variant entre 24 et 60 mois. Pour pallier ces contraintes financières en matière de logement, les décideurs ont créé en 1985 la BCI qui est une banque de crédit immobilier dont l'objectif principal était d'assurer le financement des projets d'immobilier et le développement du secteur de la construction. C'est ainsi que malgré le désintérêt du secteur privé vis à vis du secteur de la construction, on a pu répertorier une série de projets qui ont été exécutés comme par exemple : v La construction du village des Meems réalisée par la MARKA. v Le village ULDEKA situé à Delmas 33 (zone Charbonnières) v Le projet du village TECINA. v Le morcellement des terrains des grandes villas des zones du Juvenat, de Turgeau, de Chemin des dalles pour ériger des unités d'habitation. Ce sont les gens à haut et moyen revenu qui ont pu bénéficier de ces constructions. Mais les gens à faible revenu constituant le véritable problème, continuent d'utiliser les terrains marécageux, situés dans les flancs de colline à titre d'affermage ou bien des terrains qu'ils envahissent pour se construire des habitats précaires. Aujourd'hui, il est vrai qu'on reconnaît l'existence de quelques institutions comme la SOGEBEL qui finance des projets de logement, mais là encore, les gens à faible revenu ne font pas partie de leur clientèle, car ils ne remplissent pas les conditions de garantie exigées par ces institutions. L'une des premières conditions de garantie suppose que l'on travaille dans le secteur formel des activités économiques, alors que la plupart des gens appartenant à cette catégorie sociale mènent une vie d'expédient ou des activités dans le secteur informel qu'on appelle couramment en Haïti, le business. Donc, au départ, ces gens là sont déjà écartés. On peut dire entre autres, que le secteur privé n'a pas travaillé assez dans le sens d'un développent harmonieux de la ville de Port-au-Prince du point de vue de logement. Le secteur public a pour sa part créé, depuis les années 50, un office d'administration des cités ouvrières (OACO). Cet organisme devait être restructuré au début des années 1965 pour devenir l'Office National du Logement chargé de pouvoir et d'autonomie pour agir avec délibération dans le domaine de logement selon le programme du gouvernement haïtien. Un fait saillant qui a marqué cet organisme, c'est que le budget qui lui était alloué ne lui permettait pas de remplir sa mission convenablement. Ce qui fait que l'office est réduit à un simple agent distributeur de terrain aux ménages défavorisés. Mais vers l'année 1976, l'Etat haïtien a élaboré un plan de développement pour la ville de Port-au-Prince. En ce sens, deux projets ont pu être exécutés : v La réhabilitation du quartier de St Martin (1970-1982 ), 879 logements avaient été construits (financement FENU). v Cité soleil (projet Drouillard 1982 -1986), 754 logements (financement FENU) et l' EPPLS. On a vue que les différentes tentatives d'amélioration de la situation, n'ont pas empêché la bidonvilisation de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Les anciens quartiers au contraire se dégradent pour devenir des zones insalubres. Et même les cités construites par le secteur public, n'ont pas pris beaucoup de temps pour devenir des bidonvilles, c'est le cas du projet Drouillard par exemple. Les efforts qui ont été consentis dans le but de créer des organismes pour résoudre le problème de logement n'ont pas pu accomplir leur mission. Le gros problème reste encore non résolu, parce que les bidonvilles de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince continuent à proliférer et d'autres sont en train de naître. Toutefois, il faut admettre que malgré l'état critique de la situation du logement à Port-au-prince, des tentatives louables ont été faites en vue de stopper la prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. CHAPITRE 3 - IMPACT DE L'EXTENSION DES BIDONVILLES SUR LE MODE DE VIE DES HABITANTS DE L'AIRE MÉTROPOLITAINE DE PORT-AU-PRINCE La prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince a des incidences néfastes sur la vie des gens et sur l'environnement. Ainsi, on se propose dans les lignes qui vont suivre de relater ces différents impacts. 3.1.- Impact sur l'environnement urbain de Port-au-Prince La configuration de la ville de Port-au-Prince se modifie au fur et à mesure que s'accentue le processus de bidonvilisation de l'aire métropolitaine. Les habitats nouvellement érigés posent problème, à cause de leur bas standard et les ménages qui les habitent sont confrontés à toutes sortes de problèmes. La ville devient de plus en plus insalubre, de par ses caractéristiques physiques désagréables, et aussi, l'absence de ramassage d'ordures et d'immondices. Les installations des équipements sociaux deviennent de plus en plus inadéquates par rapport à l'extension de la population. L'absence des travaux de curage au niveau du système de canalisation rend l'évacuation des eaux usées impossible et entraîne l'inondation à chaque chute de pluie. Les eaux pluviales et usées non évacuées constituent des flasques d'eaux considérés comme très dangereux pour la santé de la population. Donc, Port-au-Prince qui est la ville primatiale dans le réseau urbain haïtien présente l'aspect d'une ville attractive en termes d'activités économiques comparativement aux autres villes secondaires, mais très insalubre aussi à part quelques quartiers retirés dans les zones périphériques habités par les gens aisés gardant encore leur état de salubrité. La plupart des quartiers résidentiels de Port-au-Prince se voient entourés par des bidonvilles. Cela est un constat, les zones d'habitats précaires suivent le déplacement des quartiers des gens aisés. Tout ceci engendre la dégradation de l'environnement physique de Port-au-Prince. 3.2.- Impact sur le marché de l'emploi Les bidonvilles sont pour la plupart constitués des gens sans métiers provenant des milieux ruraux à la recherche d'un mieux être. L'arrivée de ces gens ne fait qu'augmenter le nombre de personnes qui se trouvaient déjà au chômage. Etant donné que les migrants ne peuvent pas s'insérer facilement sur le marché de l'emploi, il devient encore plus difficile pour ce groupe de gens de se procurer les biens et services nécessaires pour leur survie. Même s'il existe certaines industries de sous-traitance qui pourraient les embaucher, mais frappés par l'analphabétisme, ils n'arrivent pas à trouver un emploi. Ce qui fait qu'on a un taux de 65% de chômage dans les milieux urbains dont 45% des hommes et 55% des femmes 1(*)4. La situation des nouveaux migrants est souvent très délicate, ils se trouvent dans l'impossibilité d'envoyer leurs enfants à l'école. Plusieurs de ces ménages font beaucoup d'efforts pour empêcher que leurs enfants connaissent cette situation d'extrême pauvreté en leur procurant une formation professionnelle, mais l'explosion démographique entraîne le gonflement de l'armée de réserve de main d'oeuvre, ce qui conduit à la stagnation ou à la décroissance du taux de salaire. C'est l'application même de la courbe de Philips qui montre que « plus le chômage est élevé plus les salaires sont bas». Donc, l'on peut comprendre que même les gens qui travaillent dans les industries d'assemblage se trouvent en situation de chômage déguisé avec un salaire dérisoire, ne leur permettant même pas de subvenir à leurs besoins primaires. Cette situation rend le marché de plus en plus inaccessible pour cette catégorie de gens à faible revenu. 3.3.- Le développement du secteur informel Les ménages qui habitent dans les bidonvilles de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, sont confrontés à de sérieuses difficultés dont la question de logement. Puisqu'ils sont dans l'impossibilité d'intégrer le marché formel de l'emploi, ils sont obligés de s'adonner à toutes sortes d'activités économiques du secteur informel en vue de trouver le pain quotidien. C'est ainsi qu'on assiste au développement rapide du secteur informel composé de petits commerçants, de pacotilleurs et des marchands ambulants. Le secteur informel devient un handicap majeur pour la qualité de la vie des gens de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Non seulement l'existence des petits marchés presque à travers toutes les rues de la capitale entrave la circulation, mais cette situation contribue aussi à rendre la capitale plus insalubre qu'elle n'a été avant. D'un coté, l'on retrouve les mécaniciens qui envahissent certaines rues de la capitale pour mener leurs activités de garage ou du commerce de démolissage de voiture. A chaque jour nouveau, de nouveaux marchés naissent dans les différentes artères au niveau de tous les coins et recoins de la capitale, ce qui a souvent causé de l'embouteillage. Il se produit également une flambée de prix sur le marché du logement à cause de la présence du secteur informel. Parce que la plupart des ménages à faible revenu et même certains éléments de la classe moyenne cherchent, à tout bout de champ, à se procurer une activité économique dans le secteur du commerce. Or le plus souvent, il s'agit d'une série de petites entreprises individuelles fonctionnant dans l'informel. Cela a beaucoup influé sur le prix du logement en ce sens que les gens qui veulent se créer ces genres d'activités économiques doivent louer une maison pour loger l'activité, donc en raison du prix offert par ces derniers, les propriétaires en profitent pour augmenter leur loyer. Le développement du secteur informel a de nombreuses conséquences sur la vie de l'ensemble de la population que ce soit au niveau de l'embouteillage causé par les marchés qui s'installent dans les rues ou la présence des marchands ambulants qui ne mènent leurs activités que dans les rues. On admet que le micro commerce est la principale caractéristique du secteur informel, mais il touche à presque tous les secteurs d'activités socio-économiques du pays. L'informel est considéré comme tremplin pour les chômeurs qui ne voient l'amélioration de leur sort que dans des activités du micro-commerce absorbant près de 60% du stock de main d'oeuvre disponible. Ce secteur génère de très faible revenu et ne permet pas l'accumulation du capital pouvant augmenter la productivité, ce qui fait que le revenu percapita des ménages pauvres qui était de mille quatre vingt sept (1087) gourdes en 1980, est passé à huit cent quarante cinq (845) gourdes en 1988, soit une diminution de 22.26%1(*)5. En effet, le secteur informel est très peu productif et désarticulé, ce qui revient à dire que les gens qui s'y retrouvent sont dans une situation de chômage déguisé. C'est l'une des conséquences immédiates de l'existence des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Leur présence contribue, pour la plupart, à la dégradation du niveau de vie des gens. 3.4.- Impact sur la fourniture des biens et services sociaux L'agglomération de la ville de Port-au-Prince a une incidence négative sur la fourniture des services sociaux de base tels: l'éducation, les soins de santé, l'eau potable, la télécommunication et l'électricité. L'éducation, avant l'arrivée des migrants qui composent les bidonvilles, il était plus facile d'accéder aux centres d'établissement scolaire du secteur public parce que tout simplement, l'écart entre l'offre et la demande d'éducation était plus faible. La présence des bidonvilles favorise l'augmentation de la demande d'éducation alors que l'offre stagne. La capacité d'accueil des centres scolaires incitant les gens à venir à Port-au-Prince devient, tout à fait, inadéquate pour la nouvelle population scolarisable de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. La demande en éducation est fortement influencée par l'accroissement de la population. Or, la pauvreté et l'analphabétisme sont deux facteurs concomitants et même le corollaire de la surpopulation de Port-au-Prince. Les soins de santé, on voit que l'accès aux soins de santé devient de plus en plus difficile avec l'arrivée de nouveaux migrants à Port-au-Prince. Les équipements et installations sanitaires se révèlent inadéquats face à la montée vertigineuse de la population. Etant donné qu'il n'y a pas de nouveaux investissements sérieux dans le domaine médical, c'est la pénurie des soins médicaux qui plane sur la population de Port-au-Prince pendant les dernières décennies. L'existence de ces quartiers insalubres dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince influe sur la santé des gens. En outre, ces quartiers très insalubres provoquent la pollution non seulement à l'intérieur de ces quartiers, mais aussi, au niveau de Port-au-Prince. L'eau potable, l'aire métropolitaine de Port-au-Prince devra faire face à de nombreux problèmes au niveau de la distribution d'eau potable. En raison du faible revenu de la plus forte proportion de la population, les gens n'arrivent pas à se payer ce service reconnu comme très indispensable. Compte tenu du coût d'approvisionnement en eau potable, les gens les plus démunis n'arrivent pas à se brancher légalement sur le réseau de la CAMEP. Mais, étant donné que les circuits hydrauliques qui desservent les gens à revenu élevé traversent, pour la plupart, les quartiers des gens pauvres, ils s'y font connecter. Leur connexion entraîne beaucoup de problèmes, en ce sens que cela aboutit au gaspillage et à la contamination de l'eau qui est déjà insuffisante pour satisfaire la demande existante. En vue d'obvier à cette insuffisance, les gens à haut revenu se sont créé d'autres sources d'approvisionnement comme l'achat de camion d'eau, mais les gens à bas et à moyen revenu demeurent pour la plupart privés de ce service. L'électricité, Malgré la concentration à Port-au-Prince des 80% de l'énergie électrique du pays, la prolifération des bidonvilles a un impact négatif sur la fourniture de ce service. Car, les gens qui vivaient à la campagne une fois arrivés dans les bidonvilles, se font connecter clandestinement sur le réseau électrique de l'ED'H. Dès lors, une inadéquation criante se fait déjà sentir entre l'offre et la demande. Ce constat va entraîner une montée des prix du kilowatt heure, car les gens à haut et moyen revenu doivent supporter la charge causée par les démunis sinon l'ED'H doit en supporter les frais elle-même. Cet état de faits conduit à la diminution de la capacité de l'entreprise à fournir ce service au point qu'aujourd'hui, en l'an 2000, elle ne dispose pas de quantité de mégawatts suffisante pour toute l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Comme conséquences, les habitants de Port-au-Prince, pour la plupart, sont privés d'électricité. La télécommunication, c'est le même cas de figure au niveau de ce service. La migration campagne-ville n'a fait qu'augmenter le nombre de personnes désireuses d'avoir une ligne téléphonique. Cette situation va aboutir au prix élevé du service et rend la situation plus difficile. Le service téléphonique devient quelque chose de luxe et que seules les catégories sociales à haut et à moyen revenu peuvent s'en procurer. Aujourd'hui il existe de nombreuses compagnies privées qui offrent le service téléphonique à des prix faramineux. Malgré tout, l'on voit l'engouement manifesté par les gens pour avoir ce moyen de communication. Les gens à faible revenu sont toujours écartés de la consommation du service téléphonique, car se sont les mêmes personnes qui sont abonnées à la téléco qui possèdent encore les nouveaux moyens de communication. Donc, en dépit de la présence des compagnies privées de télécommunication, le problème reste entier. 3.5.- Impact sur l'offre de transport urbain Il est évident qu'avec la présence des nouveaux migrants, la demande de transport urbain dans l'aire métropolitaine de Port-au-prince a plus que triplé. Il se produit un phénomène de congestion urbaine, puisque les voies de communication intra-urbaines restent presque les mêmes, du moins, elles diminuent dans leur qualité. Alors que, dans un laps de temps, on assiste à l'expansion du parc automobile desservant l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Or, l'offre de transport urbain ne comprend pas seulement le parc automobile, mais aussi des infrastructures routières. C'est ce qui explique l'existence des embouteillages sur toutes les artères de la capitale. De plus, on assiste à une flambée des prix de transport en commun, ce qui fait que les conditions mêmes du transport en commun se sont détériorées dans tout le pays en général et dans l'aire métropolitaine en particulier. 3.6.- Le phénomène de banditisme, la prostitution et la propagation des MST Il est très difficile d'accepter l'idée selon laquelle, la concentration urbaine de Port-au-prince ou plus précisément la présence des bidonvilles aurait un impact sur la montée de l'insécurité. Mais, tout au moins, un nombre important d'analystes reconnaissent que la montée de l'insécurité est liée avec le niveau du chômage endémique auquel sont confrontés les habitants des bidonvilles de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince au cours des deux dernières décennies. Nous ne pouvons nous empêcher de souligner le phénomène de "zenglindisme" auquel nous assistons aujourd'hui. Il s'agit des gens qui, se trouvant en situation de chômage et végétant dans la misère, s'adonnent à des opérations marginales ou de vol à mains armées aux fins de satisfaire leurs besoins de toutes sortes. La situation des bidonvilles engendre la prostitution. A cause du chômage cuisant qui plane sur la population des bidonvilles, les jeunes filles comme les adultes pratiquent la prostitution comme moyen de gagner un revenu en vue de satisfaire leurs besoins1(*). Par voie de conséquences, elles permettent la propagation des maladies sexuellement transmissibles. Le véritable problème est le fait que les gens sont analphabètes, elles ne sont pas qualifiées pour intégrer le marché de l'emploi et professant la prostitution, ils ne peuvent pas se protéger centre les MST. CHAPITRE 4 - PRÉSENTATION ET ANALYSE DES RÉSULTATS DE L'ÉNQUETE: CAS DE LA SALINE 4.1.- Généralités sur le quartier La Saline La Saline est un quartier populaire très ancien qui se situe au Nord de la ville de Port-au-Prince à quelques centaines de mètres des centres d'affaires. Elle est limitée au Sud par le quartier Portail Saint Joseph, au Nord par le tronçon reliant le Boulevard La Saline à la nationale # 2 ( carrefour Aviation) à l'Est par la route nationale # 1 et à l'Ouest par le Boulevard La saline. Ce quartier est aussi traversé par la rue du Magasin de l'Etat qui, elle, débouche sur le tronçon reliant le Boulevard La Saline à la nationale # 2. Cette zone est l'un des plus grands quartiers infects de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Les principales artères ne sont pas recouvertes. Elles sont étroites, et pour la plupart, en terre battue. La Saline n'est pas connectée au réseau de drainage pour l'évacuation des eaux usées et pluviales. Le ramassage d'ordures et d'immondices ne se fait presque pas, ce qui explique en partie l'état d'insalubrité de cette zone et qui n'offre aucun agrément sanitaire pour loger des êtres humains. 4.2 Aspects démographiques La population de la saline est très jeune. En effet, 70 % des gens ont moins de 50 ans. La Saline dénote une population laborieuse, mais une main d'oeuvre peu qualifiée. Selon la taille moyenne des ménages (6.56), il est révélé aussi que c'est une population féconde. On a vu que 36.2 % des chefs de ménage ont entre trois et cinq enfants et 42.5% d'entre eux ont 5 enfants et plus. Le tableau ci-après présente la distribution des chefs de ménage selon le nombre d'enfants. Tableau # 4 : Répartition des chefs de ménage selon le nombre d'enfants Nombre d'enfants 1-3 3-5 5et plus Total Nombre 17 29 34 80 % 21.3 36.2 42.5 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 4.3.- Aspects migratoires Les habitants de La Saline sont des gens qui laissent leur milieu natal pour venir s'installer à Port-au-Prince à la recherche d'un mieux être. En effet, l'enquête a révélé que la plupart d'entre eux sont des migrants qui viennent des différents départements géographiques du pays. Le tableau suivant indique que 71.2 % des chefs de ménages proviennent des milieux ruraux et des villes de province, des différents départements géographiques du pays et 27.5 % sont des natifs de Port-au-Prince. Tableau # 4.1 : Répartition des chefs de ménage selon le lieu de naissance Lieu de provenance Nombre Pourcentage Port-au-Prince 22 27.5 Province 57 71.2 Autres 1 1.3 Total 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Ces gens proviennent en majorité des départements de la Grand'Anse, du Nord et du Nord Ouest. A noter que le phénomène migratoire accentué vers les années 70 constitue la principale source d'accroissement de la population de La Saline. Comme pour tous les autres bidonvilles, les gens qui viennent des milieux ruraux ne vont pas toutefois directement dans les bidonvilles, Ils transitent dans d'autres quartiers marginaux de l'aire métropolitaine de Port -au- Prince avant de se fixer définitivement à La Saline. Selon cette enquête, les gens ont migré à Port-au-Prince pour diverses raisons. Ainsi, on voit que 68.43 % des gens laissent la campagne pour raison économique et 24.56 % pour manque d'écoles. Le tableau suivant présente la répartition des chefs de ménage selon leur cause de migration. Tableau # 4.2 : Répartition des chefs de ménage selon la cause de migration à Port-au-Prince. Causes Education Travail Autres Total Nombre 14 39 4 57 % 24.56 68.43 7.01 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Il est révélé aussi que 53.8 % des chefs de ménage sont des hommes, et 46.2 % des femmes, qu'on retrouve dans tous les secteurs d'activité économique, ce qui fait que même dans les ménages dont le chef est un homme, les femmes jouent un rôle très important dans la recherche de solutions aux problèmes économiques auxquels est confronté le ménage. Tableau # 4.3 : Répartition des chefs de ménage selon le sexe Sexe Nombre Pourcentage Femme 37 46.2 Homme 43 53.8 Total 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 La plupart de ces migrants ( 52.63%) débarquent à Port-au-Prince entre les années 1957 et 1986. Les dernières vagues de migration sont observées entre les années 1987 et 1990, soit 22.81%. Ces vagues migratoires campagne-ville semblent correspondre aux bouleversements socio-économiques et politiques qui ont concouru dans le pays sous les différents régimes politiques qui se sont succédé au pouvoir au cours de ces différentes périodes. La plupart des chefs de ménage qui ont migré à Port-au-Prince durant les décennies 1950-1990 sont répartis entre propriétaires et locataires , mais plus l'année de migration est récente, plus le ménage est locataire. Tableau # 4.4 : Répartition des chefs de ménages selon l'année de migration à Port-au-Prince Année <1957 1957-1986 1987-1990 1991-1994 >1994 Total Nombre 3 30 13 7 4 57 % 5.26 52.63 22.81 12.28 7.02 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Il y a une migration interne qui s'effectue entre les bidonvilles de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Les premiers habitants de la Saline ont souvent migré vers d'autres bidonvilles qui se trouvent dans des zones périphériques de Port-au-Prince, ou à côté des zones industrielles. Le processus est tel que ceux qui connaissent la moindre amélioration de leur niveau de revenu laissent le bidonville le plus insalubre et se dirigent vers un autre espace en friche. 4.4.- L'habitat et le foncier à La Saline la situation du foncier et de l'habitat dans le quartier La Saline peut nous aider à mieux cerner la qualité de la vie de la population qui y vit. 4.4.1.- Type d'habitat à la saline A l'image de tous les bidonvilles du pays, La Saline se caractérise par un type d'habitat précaire construit avec des matériaux de récupération. C'est ainsi que l'enquête que nous avons réalisée en mars 2001 a révélé que le faible niveau de revenu des ménages les contraint à construire anarchiquement en utilisant des matériaux de récupération. On a vu que 87.5% des habitats ont leur toiture en tôle et 28.8% des logements en débris. Il est important de souligner qu'un pourcentage non négligeable de logement ont leur parquet en terre battue soit 8.8 % des maisons et 28.8 % des logements en débris ( bois, plywood et tôle de mauvaise qualité) . Cet état critique de l'habitat dans le quartier La Saline nous montre que la situation est très inquiétante pour d'éventuels cas d'incendies d'autant plus que ces habitats sont construits en majorité en tôle et en bois. Voir le tableau suivant. Tableau # 4.4. 1 : Répartition des logements selon ; la nature du toit, du mur et du parquet. Toiture Mur Parquet Total Tôle Béton Débris Total bloc Débris Total Terre Béton Nbre 70 4 6 80 57 23 80 7 73 80 % 87.5 5.0 7.5 100.0 71.2 28.8 100.0 8.8 91.2 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 La mauvaise qualité des matériaux utilisés dans la construction de l'habitat à La Saline présente une vue désagréable au quartier. Les statistiques que nous venons de présenter plus haut dénotent une population très mal lotie et marginalisée qui vit dans des conditions infra- humaines. Le logement est considéré comme un abri pour se protéger contre les intempéries. C'est un des éléments indispensables à l'existence humaine, alors qu'il constitue un véritable danger pour toute la zone en raison de leur mauvais état. Les unités de logement qui se trouvent dans ce quartier expriment l'état de pauvreté d'une catégorie de gens qui croupissent dans la misère extrême et qui cherchent à se créer leur propre logement. Eu égard à leur faible capacité financière, leur habitat devient tout à fait inapproprié pour loger un être humain. Se procurer son propre logement est considéré comme le premier souci de tous les humains quelle que soit leur catégorie sociale. C'est ce qui, justement, a porté les habitants de La Saline à construire leur propre habitat, peu importe l'état précaire de ces logements. L'état physique du quartier s'est détérioré au fur et à mesure que les logements déjà construits avec des matériaux de mauvaise qualité vieillissent. En effet, l'habitat dans le quartier La Saline est caractérisé par un état de délabrement totalement dépourvu d 'infrastructures et de services sociaux de base. Il se présente plutôt comme un bâtiment érigé sur une parcelle de terrain occupée illicitement au profit de certains spéculateurs fonciers n'offrant aucune garantie en matière de sécurité. Tous ces faits que nous venons de relater plus haut montrent que les gens se trouvent dans une situation incertaine quant à l'avenir de leur habitat. Cette situation leur porte à utiliser les matériaux récupérables de faible qualité, ce qui leur facilite tout déplacement en cas d'éventuels déguerpissements. 4..4.2.- Le mode de tenure des parcelles de terrains Les habitants de La Saline sont frappés par le coût élevé des terrains. C'est ce qui explique en partie leur localisation dans cette zone. Ce sont pour la plupart des envahisseurs de terrains appartenant soit au domaine privé de l'Etat ou à des particuliers. Les premiers occupants illégaux construisent leur logement pour y habiter en attendant le moindre changement de leur niveau de vie économique. Les ménages qui connaissent une amélioration dans leur situation financière, laissent le quartier le plus insalubre pour se diriger vers un autre moins insalubre où la propriété foncière est plus ou moins garantie. Mais, ces gens gardent leur contact avec le quartier en raison de l'avantage économique que leur offre le marché de la croix des bossales. Parmi les différents modes de tenure foncière utilisés par les habitants des bidonvilles, on peut citer entre autres: l'affermage et l'occupation illicite. En ce qui a trait à La Saline plus précisément, 72.55 % des ménages possédant leur propre maison occupent leurs parcelles de terrains illicitement et 21.25 % afferment leur parcelle. Tableau # 4.4.2 : Répartition en % des ménages selon le mode de tenure des parcelles de terrain. Mode de tenure Affermé Illicite Autres Total Pourcentage 21.25 72.5 6.25 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 4.4.3.- Le mode d'occupation des logements Le mode d'occupation des logements qui prédomine est le loyer. En effet 52.5% des ménages sont dans le fermage sous une base semestrielle ou annuelle et 47.5% des ménages sont propriétaires1(*). Le tableau suivant montre la répartition des ménages selon leur mode d'occupation des logements. Tableau # 4.4.3 : Répartition des ménages selon le mode d'occupation des logements Mode d'occupation Nombre % Propriétaire 38 47.5 Locataire 42 52.5 Total 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Les ménages qui se trouvent dans le loyer sont encore plus vulnérables avec leur faible niveau de revenu. La durée du fermage est fixée généralement à six (6) mois. En effet, l'enquête révèle que 16.66 des ménages payent entre milles (1000) et deux milles (2000) gourdes et 71.43 % des ménages payent entre 3000 et 4000 gourdes pour leur logement. En ce sens, ils doivent allouer une bonne partie de leur revenu au loyer. Le tableau suivant montre la répartition des ménages selon le coût du loyer semestriel. Tableau # 4.4.4 : Répartition des ménages selon le coût semestriel du loyer par pièce de logement. (Montant en gourdes) Coût du loyer <1000 1000-2000 3000-4000 5000 et plus Total Nombre 3 7 30 2 42 % 7.14 16.66 71.43 4.77 100.0 Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Or, le logement n'est pas seulement considéré comme un bâtiment érigé sur un terrain quelconque, mais inclut de nombreux services connexes à une vie décente. A cet effet, il convient de signaler que d'après le tableau ci-dessous, 72,5% des logements ne disposent pas d'une petite cour et aucun de ces logements ne possède une fosse d'évacuation d'eaux usées. Les logements sont dépourvus de tout, il révèle que 96.2 % ne disposent pas de chambre de bain, 72.5 % de latrines. A noter que le ménage n 'ayant pas de latrines, ne possède non plus une petite cour. Tableau # 4.4.5 : répartition des ménages selon la dotation des logements en cour et en latrines. Chambre de bain Latrines Petite cour % Nombre % Nombre % Nombre Oui 3 3.8 22 27.5 22 27.5 Non 77 96.2 58 72.5 58 72.5 Total 80 100.0 80 100.0 80 100.0 Sources Enquêtes de terrain, février- mars 2001 A noter que 73.75 % des ménages disposent du courant électrique, mais il s'agit d'une prise clandestine. Dans le quartier La Saline, la plupart des maisons contiennent une ou deux pièces. Ainsi, selon le tableau suivant, 58.8 % des logements ont une seule pièce et 27.4 % sont des logements de deux (2) pièces. Cette situation explique l'état de pauvreté des habitants de La Saline, puisque 7 à 10 personnes vivent dans une seule pièce de logement. Tableau # 4.4.6 : Répartition des logements selon leur nombre de pièces 1 pièce 2 pièces 3- 5 pièces Total Nombre 47 22 11 80 % 58.8 27.4 13.8 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 4.5.- Le genre de vie des habitants de La Saline A ce niveau, on se propose de relater la situation des gens en termes de dotation en services sociaux de base. 4.5.1.- Aspect sanitaire La situation n'est pas différente dans le domaine de la santé. On dirait de préférence, le constat est plus inquiétant encore pour la santé des gens. Presque toutes les conditions sanitaires sont à leur plus faible niveau. L'insalubrité et la pollution sont très remarquables dans cette zone avec la présence d'immondices, d'ordures et de flasques d'eaux. Selon tout constat, pour avoir accès aux soins de santé, les gens doivent consacrer une bonne partie de leur faible revenu à cet effet. A la Saline, il existe un seul centre de santé mal équipé qui n'est pas forcément à but lucratif, mais le peu qu'il réclame ( 25 gourdes par consultation) dépasse la capacité financière des gens, ce qui maintient la population dans des conditions très vulnérables en matière de santé. 4.5.2.- Le domaine de l'éducation La population accuse un taux élevé d'analphabétisme. En effet, 51.43 % des membres du ménage sont analphabètes, 35.62 % ont atteint le niveau primaire, 12.38% accèdent au niveau secondaire et trois (3) seulement d'entre eux ont atteint le niveau universitaire. Il existe dans le quartier La Saline un certain nombre de centres d'enseignement scolaire très mal équipés et qui n'offrent pas un enseignement de qualité. Malgré leur état de pauvreté, les parents ont consenti d'énormes sacrifices pour envoyer leurs enfants à l'école. Le tableau suivant présente la répartition des ménages selon le niveau d'étude des membres. Tableau # 4.4.7 : Répartition des membres du ménage selon le niveau d'étude Niveau d'étude Total Analphabète Primaire Secondaire Universitaire Nombre 270 187 65 3 525 Pourcentage 51.43 35.62 12.38 0.57 100.00 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 L'enquête que nous avons réalisée a aussi révélé que 47% des enfants ont été à l'école. La majorité de ces enfants (87%) ont accès à un centre d'enseignement privé. A noter que les gens ne trouvent pas beaucoup d'aide ( seulement 5%), mais le peu qu'ils en trouvent, c'est dans le domaine d'éducation. Cette aide provient des parents vivant à l'étranger et de certains organismes privés oeuvrant soit dans le pays ou à l'étranger (voir annexe, tableau # 4.4.7.1). Au niveau professionnel, ils sont presque des gens sans métiers et ceux qui en ont, sont pour la plupart, des gens de petits métiers. C'est ainsi qu'il est révélé que 30 % des gens sont des mécaniciens, électriciens, tailleurs, instituteurs, dactylographes, forgerons, portefaix, cireurs de bottes etc, 52.5% des gens n'ont aucun métieri(*). Tableau # 4.4.8 : Répartition des chefs de ménage selon leur métier Profession Sans métier Petit métier Autres Total % 52.5 30 17.5 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Les gens qui arrivent à se doter d'un petit métier sont le plus souvent très peu qualifiés et par conséquent ne s'intègrent pas sur le marché de l'emploi. En effet, au niveau de l'éducation en général, on peut dire que la situation est très criante et même inquiétante pour le devenir de cette catégorie de gens qui patauge déjà dans une situation de misère aiguë. 4.5.3.- Eau potable et télécommunications Le service d'eau potable est l'un des éléments indispensables à l'existence humaine. Peu importe la qualité de l'eau, on en fait usage pour satisfaire les besoins de lessive et de cuisine. En effet, selon ce qui est exposé dans le tableau suivant, le quartier La Saline n'est pas couvert par le système d'adduction potable de la CAMEP. Donc l'eau y est très rare, car 97.5 % des ménages doivent acheter le sceau d'eau jusqu'à 2.5 gourdes. Là, on peut comprendre que compte tenu du faible niveau de revenu de ces ménages, le problème d'eau potable demeure très crucial. C'est le même constat pour le service de téléphone, car les statistiques sont les mêmes pour ces deux services. Tableau # 4.4.09 : Répartition des ménages selon la dotation des logements en téléphone et en eau potable Téléphone Eau potable Nombre Pourcentage Nombre Pourcentage Oui 2 2.5 2 2.5 Non 78 97.5 78 97.5 Total 80 100.0 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 A noter que tout logement qui possède un téléphone ( portable) dispose également de l'eau potable. Les ménages disposant de l'eau potable sont ceux qui font le commerce d'eau, donc ils en autoconsomment une partie. 4.5.4.- Aspects économiques La population de La Saline est composée de gens à faible revenu qui n'arrivent pas à satisfaire leurs besoins primaires et mènent vie de misère. L'étude révèle que la population affiche un taux élevé d'occupation dans le secteur informel. Ainsi , selon le tableau suivant, 60 % des chefs de ménage mènent une activité de petit commerce, 23.8 % sont des gens de petit métier et 10 % fonctionnent comme travailleurs indépendants. A noter qu'il y a 6.2% des gens dont le métier n'a pas été révélé. La plupart de ces travailleurs indépendants sont des gens s'adonnant à la prostitution, la magie, la mendicité et aux activités marginales dans certaines administrations publiques. Tableau # 4.4.10 : Répartition des chefs de ménage selon leur occupation Occupation Total Petits métiers Petit commerce Travailleurs indépendants Autres Nbre 19 48 8 5 80 % 23.8 60.0 10.0 6.2 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Il importe de signaler que la plupart des personnes actives qui se livrent à toute sorte d'activités économiques pour assurer la survie de leur ménage sont des gens sans métier. En termes de valeur nominale, les migrants gagnent un plus haut revenu comparativement à ce qu'ils gagnaient en province. Mais, le milieu urbain demande qu'on effectue plus de dépenses pour garder un niveau de vie plus ou moins décente. Selon ce qui est décrit dans le tableau suivant, 68.8 % des ménages dont la taille est entre 4 et 8 membres contiennent 1 à 3 personnes qui font une activité génératrice de revenu, 2.5 % des ménages de 9 à 12 personnes ont entre 4 et 5 personnes qui gagnent un revenu. Comme on peut le remarquer paradoxalement, les ménages de plus grande taille ont moins de personnes qui gagnent un revenu. Tableau # 4.4.11 Répartition des ménages selon la taille et le nombre De personnes gagnant un revenu. Nombre de pers. Gagnant un revenu. Taille du ménage Total 4 – 8 9 - 12 13 - 15 1 - 3 68.8% 10.0% 3.8% 82.6% 4 - 5 12.5% 2.5% 15.0% 6 et plus 1.2% 1.2% 2.4% Total 82.5% 13.7% 3.8% 100.0% Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 D'après ce qui est présenté dans le tableau suivant, 55,0 % des ménages de 4 à 8 personnes ont un revenu mensuel de 1000 à 3000 gourdes, 16.2 % se trouvent dans la tranche de revenu mensuel de 4000 à 5000 gourdes, alors que pour les ménages de 9 et 12 personnes, seulement 6.3 % ont leur revenu entre 4 000 et 5000 gourdes et plus. La tendance est qu'au fur et à mesure que le ménage est de plus grande taille, les revenus sont faibles. C'est ce que décrit le tableau ci-contre. Tableau # 5 : Répartition en pourcentage des chefs de ménage selon leur tranche de revenu en gourdes et la taille du ménage Tranche de revenu Taille du ménage Total 4 - 8 9 - 12 13 - 15 < 1000 6.3 6.3 1000-3000 55.0 5.0 60.0 4000-5000 16.2 6.3 2.5 25.0 6000 et plus 5.0 2.5 1.2 8.7 Total 82.5 13.8 3.7 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Cette distribution de revenu permet de déceler que 55.5 % des ménages dont la taille se trouve entre 4 et 8 personnes gagnent entre 1000 et 3000 gourdes. Compte tenu du coût élevé de la vie, les ménages de 6 personnes arrivent difficilement à satisfaire même leur ration alimentaire journalière voire le paiement du loyer et de l'écolage des enfants. La plupart de ces ménages vivent dans des conditions infra humaines. Cette tendance est maintenue lorsqu'on compare le revenu mensuel avec le type et le nombre de pièces de logement occupés par un ménage. Ainsi, on a pu voir que tant que le revenu des ménages est faible moins est le nombre de pièces de leur logement. Le tableau ci-dessous montre que les 80.0% des ménages qui gagnent moins de mille (1000) gourdes vivent dans une seule pièce de maison, et aucun des ménages se trouvant dans cette tranche de revenu ne vit dans trois ou cinq pièces de maison. Par contre, on voit que parmi les ménages qui gagnent six (6) milles gourdes et plus, c'est seulement 14.2 % d'entre eux qui vivent dans une seule pièce de logement et 42.90% vivent dans deux ou trois pièces. Tableau # 6.- Répartition de ménages selon leur tranche de revenu et le nombre de pièces de leur maison Tranche de revenu Nombre de pièces <1000 1000- 3000 4000-5000 6000 et + 1 80.00% 70.80% 40.00% 14.20% 2 20.00% 18.8% 45.00% 42.90% 3-5 10.40% 15.00% 42.90% Total 100.00% 100.00% 100.00% 100.00% Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Les gens mènent un mode de vie qui témoigne de l'extrême pauvreté dans laquelle ils végètent. Mais, cela est vraiment criant quand tous ces gens ne disposent pas de latrines et doivent payer jusqu'à deux (2) gourdes à chaque fois qu'ils doivent satisfaire ce besoin. Bref, on peut dire que même les gens qui arrivent à se doter d'une activité économique dans le micro commerce sont confrontés au problème de financement. Ainsi, ils n'ont recours qu'aux emprunts à des taux usuraires. Tout devient sombre en ce qui concerne l'avenir économique et social des habitants de La Saline avec une population qui ne cesse de croître de façon vertigineuse. Les habitants de ce bidonville acceptent de mener n'importe quel type d'activité économique pour faire face aux multiples besoins quotidiens de leur famille. En outre, il est à signaler que 85% des gens ont avoué avoir gagné un revenu supérieur à ce qu'ils avaient lorsqu'ils étaient en province. Mais, leur situation ne s'est pas améliorée pour autant (voir annexe, tableau # 6.1). 4.6.- Causes de la localisation de La Saline dans cette partie de la capitale Cette partie de l'étude va tenter de démontrer les causes entraînant la localisation du quartier La Saline dans cette partie de la capitale. 4.6.1.- Causes sociologiques et migratoires Les gens qui sont fraîchement arrivés à la capitale prennent parfois l'habitude de dormir dans les camions, sous les galeries des magasins constituant leur centre de refuge provisoire. Ce sont, pour la plupart, ces gens se trouvant dans une situation économique délicate qui envahissent les terrains vacants pour se constituer un logement de bas standard. Ces nouveaux migrants s'orientent le plus souvent vers les zones déjà habitées par des gens à faible revenu. Ce choix est souvent fait en fonction, du lien de parenté entre les gens, du moins par ce qu'ils sont originaires d'une même province. En effet, le tableau suivant indique que 96.5% des ménages sont composés des gens provenant d'une même province et 85% des ménages sont composés de gens ayant entre eux des liens de parenté. Donc, du point de vue sociologique et migratoire, La Saline va continuer encore à s'agglomérer tant que l'extrême pauvreté des familles rurales ne soit atténuée. Tableaux # 8: Répartition des membres du ménage selon qu'ils viennent d'une même province et le lien de parenté entre eux. Lien entre les membre du ménage Même province Famille Amitié Total Oui Non Total % 85 15 100 96.5 3.5 100 Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 4.6.2.- Causes économiques La localisation de La Saline dans un rayon estimé à environ un (1) kilomètre des centres d'affaires, du marché de la croix des bossales, de l'autorité portuaire nationale, des principales stations de véhicule de transport des villes de province et des industries de sous-traitance constitue un effet d'attraction pour les gens nouvellement arrivés à Port-au-prince. Les gens qui s'installent dans le quartier La Saline bénéficient de la proximité du marché de la croix des bossales pour mener leurs activités économiques. Comme dans tous les bidonvilles, ce sont des gens qui entreprennent des activités économiques dans le secteur informel. Donc, ces migrants qui n'arrivent pas à intégrer le marché du travail sont obligés de se localiser dans cette zone à côté des principaux centres d'activités économiques. Le tableau suivant montre que 81% des ménages enquêtés se sont localisés dans le quartier la Saline pour raison d'accessibilité à leurs activités économiques. Tableau # 7: Répartition en pourcentage des chefs de ménages selon la cause de leur localisation à La Saline. Causes Total Accessibilité aux activités Disponibilité du sol Loyer favorable Autres % 81 13 3 4 100 Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Comme on peut le remarquer, la question de loyer ne joue pas un rôle primordial dans les causes de localisation des habitants de La Saline. C'est dû aux avantages économiques qu'ils tirent de cette localisation qui les place tout près des zones d'activités économiques du centre ville. 4.7.- Conséquences de l'existence du quartier de la saline dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince Au vu de tout le monde, la présence du quartier La Saline pose problème à l'environnement. Etant donné que c'est un quartier très insalubre et qui souffre de graves déficiences de drainage et d'assainissement, son existence produit une incidence négative sur l'environnement. La situation critique de ce bidonville est la conséquence des 72.5% des ménages ne disposant pas de latrines et des 96.3% de chambre de bain. En effet, les gens doivent se payer les services de latrines ou bien satisfaire ce besoin à l'air libre dans tous les coins de la zone. Des deux côtés, il se produit des effets effrayants. C'est que les latrines commerciales existant ne sont ni en quantité suffisante ni en bon état pour satisfaire la demande, ce qui produit de la pollution excrémentielle et une odeur nauséabonde dans la zone qui, non seulement, nuit à la santé des habitants du quartier, mais aussi à celle de toute la population. En effet, Le quartier La Saline et le marché de la croix des bossales produisent des tonnes de détritus constituant des problèmes majeurs pour l'environnement et même pour la santé des gens. Puisque d'un côté, il y a des immondices qui empêchent aux gens de respirer et de l'autre côté les produits alimentaires étalés à même le sol. A rappeler que ce marché est le plus grand centre d'approvisionnement de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. En outre, l'existence de ce bidonville représente une charge pour toute la société. Que ce soit au niveau de la consommation d'eau potable, d'électricité et de la pollution de l'environnement, il contribue à la dégradation du cadre de vie de la population. SYNTHESE: VÉRIFICATION DES HYPOTHESES Pour les besoins de compréhension du travail, nous procédons à la vérification des hypothèses: v la première partie de l'hypothèse fondamentale a été vérifiée aux chapitres II et IV où nous avons vu que 71.2% des chefs de ménage sont des migrants. Nous avons vu que l'exode rural est le principal facteur de la formation des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Cette situation est due non seulement au faible niveau de revenu des paysans exprimé par la baisse du taux de croissance de la valeur ajoutée du secteur primaire et l'absence des principaux services sociaux de base dans les milieux ruraux, mais aussi à la disparité existant entre le salaire agricole et le salaire minimum offert dans les industries à Port-au-prince. Cela a créé un effet d'attraction et conduit la masse paysanne à migrer vers Port-au-Prince et doté celui-ci de presque tous les avantages socio-économiques qui font de lui la principale destination des paysans rongés par la misère . (voir le tableau # 4.1) v La première hypothèse spécifique a été vérifiée au chapitre II où nous avons vu que malgré l'augmentation du salaire agricole qui a même doublé en passant de 10 gourdes à 20 gourdes par jour en l'an 2000, le salaire industriel qui est égal à 36 gourdes par jour est nettement supérieur au salaire agricole. De plus, le tableau # 4.2 indique que c'est la recherche du travail qui pousse les 68.43% des gens à migrer vers Port-au-Prince. Nous avons vu aussi que l'aire métropolitaine de Port-au-Prince concentre à elle seule 70 % des industries manufacturières, 2/3 des banques, 80% de la capacité électrique, 35 % des écoles primaires et secondaires, 75 % des écoles supérieures et facultés, plus de 50% des centres hospitaliers9(*) et 67.34% des lignes téléphoniques disponibles pour tout le pays. Donc, le différentiel de salaire entre les deux secteurs et la concentration des services sociaux de base à Port-au-Prince constituent la principale motivation qui conduit les gens à abandonner le milieu rural au profit de la capitale. v La deuxième hypothèse a été vérifiée aussi au niveau des chapitres II et IV où il a été révélé dans le Tableau # 7 que 81% des ménages habitent dans le quartier "La Saline" en raison de l'accessibilité aux activités économiques du centre ville. Il a été aussi démontré que la plupart des ménages pauvres de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince qui possèdent leur propre habitat précaire occupent illicitement leur parcelle de terrain et le plus souvent de très faible qualité situés aux flancs de colline et dans les littoraux. Plus précisément, nous avons vu que parmi les ménages du quartier "La Saline" possédant leur propre habitat, 72.5% ont procédé par l'envahissement de terrains comme mode d'occupation foncière (cf. Tableau # 4.4.2). Le plus souvent, ces gens cherchent à habiter plus près que possible du centre ville afin de mener leurs activités économiques dans le secteur informel. Bien évidemment, c'est la question des prix de logement et du foncier qui contraint ces gens à habiter dans des espaces infra urbains de Port-au-Prince. En outre, le point 4.6.1 du chapitre IV nous permet de voir que 85% des ménages sont composés des gens ayant des liens de parenté entre eux, 96.5% des membres du ménage proviennent d'une même province, ce qui vérifie la dernière partie de la deuxième hypothèse (voir Annexe, tableau # 8). En effet, tenant compte de l'approche théorique retenue, nous avons vu que les gens aisés habitent dans des beaux quartiers situés dans les hauteurs comme La Boule et Montagne Noire. Pour des raisons économiques, de proximité et de la disponibilité du sol, certains bidonvilles se localisent à côté de ces quartiers car ce sont eux qui travaillent comme gardiens et servantes chez les gens aisés. Par contre, dès qu'il y a des activités industrielles ou commerciales dans une zone, les gens s'y agglomèrent. Et, étant donné que les revenus qu'ils y gagnent sont le plus souvent très faibles, cela crée de bidonvilles ou des zones de densification. Voilà pourquoi La Saline, un des plus grands bidonvilles de l'aire métropolitaine, se localise à côté du marché de la croix des bossales et à proximité de la zone industrielle qui commence depuis la HASCO jusqu'à l'Aéroport. De plus, il a été démontré que les habitants de La Saline sont des gens de très faible revenu, leurs habitats sont précaires et sont pour la plupart des migrants. La Saline présente effectivement les caractéristiques du type de bidonville qui correspond à notre approche théorique retenue, car elle se localise presqu'au centre des plus grandes zones commerciales et industrielles de l'aire m'aire métropolitaine de Port-au-Prince. CONCLUSION Cette étude se proposait de relater les causes socio-économiques expliquant l'expansion des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince avec une étude de cas sur le quartier "La Saline". En toute modestie, elle n'a pas la prétention d'être exhaustive. Toutefois, l'approche analytique et descriptive qui a été utilisée nous permet de parvenir aux conclusions suivantes eu égard aux hypothèses qui ont été formulées. Nous venons de présenter certaines causes ayant entraîné la prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince dont l'exode rural, et analyser les conséquences de l'existence des quartiers insalubres sur la vie économique et sociale de la population de Port-au-Prince en général et sur celle de la Saline en particulier. Et, nous avons vu que les bidonvilles qui se sont localisés dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince se sont constitués à partir de la détérioration du niveau de vie de la population tant en milieu urbain qu'en milieu rural. C'est que les différents flux de migrants, exercent une pression considérable sur l'aire métropolitaine de Port-au-Prince en termes de demande de logement et du foncier. Cette situation a développé un nouveau mode d'occupation foncière débouchant sur un morcellement effréné du sol urbain et conduit à la prolifération des bidonvilles. Toujours est-il que le phénomène de bidonvilisation de l'aire métropolitaine de Port-au-prince mérite une attention particulière. A cet effet, il est d'extrême urgence de restructurer l'économie paysanne en dynamisant le secteur agricole et de pratiquer une politique de décentralisation en vue d'améliorer la fourniture de services sociaux de base dans les milieux ruraux. Il ne s'agit pas tout simplement de faire des propositions ponctuelles qui ne peuvent pas attaquer véritablement le problème. Il est temps qu'on opte pour une approche proactive dans la gestion urbaine. Poser des actions visant à éradiquer le phénomène de bidonvilisation c'est aller en amont, c'est- à- dire, essayer de résoudre les problèmes qui ont motivé les gens à migrer vers Port-au-prince. Car, bon nombre d'analystes du développement urbain et régional se sont mis d'accord pour soutenir que le phénomène de bidonvilisation est une urbanisation dénaturée et due surtout à l'exode rural. Il va falloir résoudre tout d'abord le problème du marasme économique dans lequel patauge toute la population rurale haïtienne. Une fois qu'on serait parvenu à atténuer le déséquilibre régional en matière de développement socio-économique, les gens ne seront plus intéressés à migrer vers Port-au-Prince puisque leur véritable cause d'abandon du milieu rural est de trouver un mieux être économique. D'autant plus que nous l'avons démontré, tant que les chances de trouver un emploi en milieu urbain sont supérieures à celles de trouver ce même emploi dans les milieux ruraux, le phénomène migratoire s'accélèrera et il y aura toujours du chômage dans les milieux urbains. A rappeler qu'on avait déjà essayé de résoudre certains problèmes de logement dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, mais on n'a pas abouti aux résultats escomptés. Le problème n'est pas une simple crise de logement, c'est l'une des conséquences du marasme économique qui sévit dans le pays au cours de l'histoire qu'il faudra combattre afin de résoudre véritablement le problème de l'expansion des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. On devrait être plus réaliste face aux conséquences d'un tel phénomène de bidonvilisation résulté d'une forte agglomération et de concentration des principales activités économiques dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Comme conséquence, on a eu une capitale insalubre composée d'un ensemble de quartiers infects. En vue d'arriver à une solution du problème, nous suggérons que soient prises les mesures suivantes: v Qu'on entreprenne tout d'abord des travaux d'assainissement du milieu ambiant en envisageant des activités de réhabilitation et de canalisation pour l'évacuation des eaux pluviales et usées. Dans un second temps, on devra trouver d'autres espaces pouvant être utilisés dans le cadre des projets de logements sociaux pour la population montante. v Élaborer des politiques de logement en utilisant les terrains appartenus à l'Etat pour construire des unités de logement afin de loger les gens les plus démunis avec un plan de suivi, v Inciter le secteur privé formel à investir davantage dans les villes de province, élaborer des politiques de micro-crédit en faveur des paysans, ce qui permettra l' amélioration de leur situation économique. Dès lors, on pourra Combattre la migration et l'exode rural par la dynamisation du secteur agricole, la déconcentration des services publiques dans les villes de province et la décentralisation du pouvoir central, v Élaborer des politiques de promotion immobilière accessibles même aux petites bourses, v Qu'on revisite la législation foncière haïtienne afin permettre l'évolution du secteur logement, v Élaborer des stratégies et politiques économiques visant à résorber le chômage en appuyant directement le secteur privé informel par le biais des programmes de formation, d'appui technique et du financement de manière à promouvoir les petites et moyennes entreprises, ce qui faciliterait les gens à faire face aux exigences des marchés du foncier et de logement et améliorer leur mieux être, v Élaborer des projets de construction de latrines publiques dans les bidonvilles de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, en particulier dans le quartier La Saline, v Envisager un projet d'adduction d'eau potable au profit des zones défavorisées. 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Que sais-je? 206p. 30-MORAL, Paul, Le paysan haïtien, Paris, Maisonneuve et Larose, 1969, 378p. 31-MTPTC (Ministère des travaux publics Transport et Communication), Plan directeur d'urbanisme de Port-au-Prince, Sept 1988, dossier No 49834. 32-PADCO, plan de développement de Port-au-Prince et de sa région métropolitaine, Tome II, Rapport sectoriel, condensé, 1977, 132p. 33-PIERRE-CHARLES, Gérard, L'économie Haïtienne et sa voie de développement, Paris, Maisonneuve 1967, 270p. 34-PIERRE-CHARLES, Gérard, Le Système économique haïtien, CRESFED, 3ème édition, Janvier 1994,59p. 35- PIERRE-LOUIS, Claude, Haïti 2000, réforme agraire et modernisation rurale, Port-au- prince, 1987, 138p. 36- Ronceray H. De, sociologie du fait haïtien, les presses de l'université du Québec Montréal, 1979, 270p. 37- THEOPHILE Roche, l'organisation interne et les caractéristiques socio-économiques Et physiques des zones marginales de Port-au-Prince, 1990, 80p. 38- HOOVER E.M., (1936), The measurement of industrial localization. Review of economics and statistics, vol. 18, pp. 162-71. 39-HOOVER E.M., (1937), Location theory and the shoe and leather industries. Cambridge, Harvard university press, 323 p. DOCUMENTS DIVERS 1- DESTIN, René, Note de cours d'économie urbaine et régionale, CTPEA, 1998, (Document polycopié) 2- DUROSIER, Amos, Notes de cours d'économie haïtienne, CTPEA, Port-au-Prince Nombre 1997-Mars 1998, (document Polycopié). 3- GARDINER, Raymond, cours de statistique descriptive, CTPEA, Nov 1994-Avril 1995, (Document polycopié) 4- IHSI, population de 18 ans et plus, ménages et densités en 1999, DARD, Juin 1999. 5- IHSI, Population totale par sexe estimée en 1998, ( document polycopié) 6- IHSI, Haïti en chiffres, Port-au-Prince, Janvier 1996, pp. 30-36 7- MALEBRANCHE, Sabine, Notes de cours d'aménagement du territoire, CTPEA, Nov 1997- Mars 1998, (document polycopié). 8- MAMBROISE, Patrick, Cours de sondage: Théorie de l'échantillonnage, CTPEA, Mai 1992, ( Document polycopié). REFERENCES ELECTRONIQUES 1- BERNARDIN Ernst, http://www.cybergeo.presse.fr/geoappl/texte1/bernardi.htm 2- BOUCAR Camboni, Le mal être au quatidien, http://www.geocities.com/agence_anfani/html/artic21.htm 3- DEFDT. ASP, Courbe de A.W. Phillips, http://www.libres.org/asp/defdt.asp?mot=COURBE%20DE%20PHILLIPS&nom=Table_C 4- ETHAN Forum, Environnement et ressources naturelles, http://www.ht.undp.org/pnud-hai/UNDAF/CD%20PNUD/Bilan%20commun%20de%20pays/Environnement/2e%20texte%20environnement-%20env.%20et%20ressources.htm 5- Initiative pour le changement en Haïti, plan pour le changement économique et social en Haïti, http://www.lecontact.com/chapitre_vi_du_plan_dICH.htm 6- PNUD, http://www.ht.undp.org/pnud-hai/haiti/portrait.html 7- Université notre dame de Haïti: Projet de recherche et de développement social Port-au-Prince, Haïti, http://www.fiuc.org/ccrprojects/Haiti/haitiproject.html 8- SICRAD-Haïti, Haïti: Les gens d'en dehors, http://www.rehred-haiti.net/membres/mde/pae-haiti/referenc/env-urbain.htm ANNEXESANNEX I QUESTIONNAIRE D"ENQUETE SOCIO-ÉCONOMIQUE RÉALISÉE DANS LE QUARTIER LA SALINE EN VUE DÉTERMINER LE MODE DE VIE DES HABITANTS Nom de l'enquêteur......................................................Fiche # ......... IDENTIFICATION DU MENAGE (1) nombre d'enquêtés dans le ménage (2) Non et prénom (3) Sexe 1. Féminin 2. Masculin (4) âge (an) 1: 0<3 2: 3-5 3: 6-14 4: 15-49 5: 50 et+ (5) Niveau d'étude 1. Aucun 2. Alphabétisation 3. Primaire 4. Secondaire 5. Universitaire/prof. (6) No des enquêtés 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 Note: Portez * en face du nom du chef du ménage. Q1.-Information sur l'enquêté Les questions Crochez l'information correcte Q1.1-Sexe 1? Féminin 2? Masculin Q1.2-Lieu de naissance 1? P.AU-P 2? Province 3? Autre Q1.2.1- Parmi les membres du ménage combien qui viennent d'une même province? 1? 2 2? 3 3? 4 4? 5 5? 6 6? 7 7? 8 et + Q1.3-Age 1? 15-49 ans 2? 50 ans et plus Q1.4-Situation matrimoniale 1? Célibataire 2? Marié (e) 3? Plaçage 4? Divorcé (e) 5? Séparé (e) 6? veuf (ve) 7? Autre Q1.5-nombre d'enfants du chef de ménage? 1? 0 2? 1 3? 2 4? 3 5? 4 6? 5 et + Q1.5.1- Nombre d'enfants total du ménage 1? 0 2? 1 3? 2 4? 3 5? 4 6? 5 7? 6 8? 7 9? 8 et + Suite de la question Q1 Q1.5.2- Nombre d'enfants qui sont à l'école? 1? 0 2? 1 3? 2 4? 3 5? 4 6? 5 7? 6 8? 7 9? 8 et + Q1.6-Niveau d'étude 1? Aucun 2? Alphabétisation 3? primaire 4? secondaire 5? Univ. Q1.7-Profession 1? 2? 3? 4? 5? 6? 7? 8? 9? 10? Q1.8- Lien des membres du ménage avec le chef du ménage 1? chef du ménage 2? Son marri 3? Sa femme 4? Son fils ou sa fille 5? autre parent 6? son ami Q1.9-Année de migration à P-au-P 1? <1957 2? 1957-1986 3?1987-1990 4? 1991-1994 5? Apres 1994 Q1.9.1Pourquoi migrez-vous à P-au-P 1? cause économique 2? cause d'éducation 3? Cause de santé 4? Autre Q.2.1- Mode d'Occupation du logement 1? Propriétaire 2? Locataire >>12 3? Gratis >>13 Q2 Situation économique, occupation du logement Les Questions Crochez l'information correcte Q2.1-mode d'occupation foncière 1? Acheté 2? Affermer 3? Héritier 4? Autre façon Q2.2-Loyer annuel 1? <1000 Gdes 2? 1000- 2000 Gdes 3? 3000-4000 Gdes 4? 5000 et + Q2.3-Nombre de pièces de maison 1? 1 Pièce 2? 2 Pièces 3? 3-5 Pièces Q2.4- La toiture de la maison 1? paille, carton, résidu 2? Tôle 3? Béton 4? Autre Q2.5-Le mur de la maison 1? Bois, débris, tôle 2? Bloc 3? Autre Q2.6-Le pavée de la maison 1? Terre battue 2? Béton 3? Mosaïque, céramique Suite de la question Q2 Les questions crochez Q2.7- La maison dispose-t-elle? 17.1- D'une petite cour 1? oui 2? Non 17.2- D'un Trou pour jeter de l'eau 1? oui 2? Non 17.3- de Chambre de bain 1? oui 2? Non 17.4- d'une cuisine 1? oui 2? Non 17.5- De Latrines 1? oui 2? Non 17.6- Du courant électrique 1? oui 2? Non 17.7- de téléphone 1? oui 2? Non Suite de la question Q2 Q2.8- Où trouvez-vous de l'eau pour servir 1? Dans la maison 2? dans le voisinage 3? Dans la fontaine publique 4? Acheté 5? Dans les puits Q2.9-Nombre de personne rentrant un revenu 1? 0 2? 1 3? 2 4? 3 5? 3-5 6? 5 et + Q2.10- Le Revenu du dernier mois 1? < 1000 Gdes 2? 1000<3000 Gdes 3? 3000<5000 Gdes 4? 5000 Gdes et + Q3. Occupation des gens, la scolarisation des enfants Les questions Crochez Q3.1- Occupation des gens Ecrivez ici l'occupation des gens 1? 2? 3? 4? 5? 6? 7? 8? 9? 10? Q3.2- Gagnez-vous d'argent maintenant que lorsque vous étiez en province? 1? moins d'argent 2? Même quantité 3? Plus d'argent 4? Ne sait pas Q3.3- vivez -vous plus bien maintenant que lorsque vous étiez en province? 1? Oui 2? Non Suite de la question Q3 Q3.4- Dans quelle école se trouvent vos enfants 1? L'Etat 2? Privée 3? autre Q3.5- Trouvez-vous de l'aide? 1? Oui 2? Non 3? pas de réponse Q3.6- Qui est ce qui vous donne de l'aide? 1? L'Etat 2? Parent en province 3? Parent à l'étranger 4? Autre Q3.7- Dans quel domaine trouvez-vous de l'aide? 1? Santé 2? Education 3? Eau potable 4? nourriture 5? vêtement 6? Autre Q4- Causes de la localisation des ménages Vous habitez à La Saline parce que: 1? C'est tout près de vos activités 2? c'est plus accessible à vous 3?: Le loyer est plus favorable 4?: Autres Vous habitez à La Saline parce que: Q5. Questions d'ordre général sur le quartier. b) Nombre d'école public..................privé.......................autres............................... c) Les Ruelles sont étroites 1? en asphalte, 2? en béton , 3? en adoquin, 4? en terre battue. d) Y-a-t-il de flasques d'eau dans les ruelles ? Oui, ? Non ANNEXE II TABLEAUX DE SYNTHESE Tableau # 1.3 : Distribution du nombre de lits pour 1000 habitants selon le département. Départements Artibonite Centre G-Anse Nord Nord-Est Nord-Ouest Ouest Sud Sud-Est Pays entier Lits/1000h 5.4 4.0 6.4 9.9 4.4 5.9 12.7 8.7 3.7 8.6 Source :Recueil de statistiques sociales vol1 IHSI, 2000 Tableau # 1.4 : Taux de couverture en eau potable période 1980-1996 Milieu Taux de couverture 1980 1990 1995 1996 Aire métro. 48.0 53.2 35 .48.0 Villes sec. 47.0 58.6 45.0 43.0 Rural 8.0 33.5 39.0 41.0 Ensemble 18.0 39.5 39.0 43.0 Source : recueil de statistiques sociales vol II, IHSI Août 2000 Tableau # 4 : Répartition des chefs de ménage selon le nombre d'enfants Tranche Nombre d'enfants Total 1<3 3<5 5et plus Nombre 17 29 34 80 % 21.3 36.3 42.5 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.1 : Répartition des chefs de ménage selon le lieu de naissance Lieu de provenance Nombre Pourcentage Port-au-Prince 22 27.5 Province 57 71.2 Autres 1 1.3 Total 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.2 : Répartition des chefs de ménage selon la cause de migration à Port-au-Prince. Cause Education Travail Autres Total Nombre 14 39 4 57 % 24.56 68.43 7.01 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.3 : Répartition des chefs de ménage selon le sexe Sexe Nombre Pourcentage Femme 37 46.2 Homme 43 53.8 Total 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4 : Répartition des chefs de ménages selon l'année de migration à Port-au-Prince Année <1957 1957-1986 1987-1990 1991-1994 >1994 Total Nombre 3 30 13 7 4 57 % 5.26 52.63 22.81 12.28 7.02 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4. 1 : Répartition des logements selon ; la nature du toit, du mur et du parquet. Toiture Mur Parquet Total Tôle Béton Débris Total Bloc Débris Total Terre Béton Nbre 70 4 6 80 57 23 80 7 73 80 % 87.5 5.0 7.5 100.0 71.2 28.8 100.0 8.8 91.2 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.2 : Répartition en % des ménages selon le mode de tenure des parcelles de terrain. Mode de tenure Affermé Illicite Autres Total Pourcentage 21.25 72.5 6.25 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.3 : Répartition des ménages selon le mode d'occupation des logements Mode d'occupation Nombre % Propriétaire 38 47.5 Locataire 42 52.5 Total 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.4 : Répartition des ménages selon le coût semestriel du loyer. (Montant en gourdes) Coût du loyer <1000 1000-2000 3000-4000 5000 et plus Total Nombre 3 7 30 2 42 % 7.14 16.66 71.43 4.77 100.0 Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.5 : répartition des ménages selon la dotation des logements en cour et en latrines. Chambre de bain Latrines Petite cour % Nombre % Nombre % Nombre Oui 3 3.8 22 27.5 22 27.5 Non 77 96.2 58 72.5 58 72.5 Total 80 100.0 80 100.0 80 100.0 Sources Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.6 : Répartition des logements selon leur nombre de pièces 1 pièce 2 pièces 3 - 5 pièces Total Nombre 47 22 11 80 % 58.8 27.4 13.8 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.7 : Répartition des membres du ménage selon leur niveau d'étude Niveau d'étude Total Analphabète Primaire Secondaire Universitaire Nombre 270 187 65 3 525 Pourcentage 51.43 35.62 12.38 0.57 100.00 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.7.1 : Répartition des enfants de La Saline selon qu'ils soient à l'école ou non et la catégorie d'école qu'ils fréquentent. Enfants scolarisés Enfants non scolarisés Total Privé Publique Total % 47 53 100 87 13 100 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.8 : Répartition des chefs de ménage selon leur métier Profession Sans métier Petit métier Autres Total % 52.5 30 17.5 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.9 : Répartition des ménages selon la dotation des logements en téléphone et en eau potable Téléphone Eau potable Nombre Pourcentage Nombre Pourcentage Oui 2 2.5 2 2.5 Non 78 97.5 78 97.5 Total 80 100.0 80 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.10 : Répartition des chefs de ménage selon leur occupation Occupation Total Petits métiers Petit commerce Travailleurs indépendants Autres Nbre 19 48 8 5 80 % 23.8 60.0 10.0 6.2 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 4.4.11 Répartition des ménages selon la taille et le nombre de personnes gagnant un revenu. Nombre de pers. Gagnant un revenu. Taille du ménage Total 4 - 8 9 - 12 13 - 15 1 - 3 68.8% 10.0% 3.8% 82.6% 4 - 5 12.5% 2.5% 15.0% 6 et plus 1.2% 1.2% 2.4% Total 82.5% 13.7% 3.8% 100.0% Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 5 : Répartition en pourcentage des chefs de ménage selon leur tranche de revenu en gourdes et la taille du ménage Tranche de revenu Taille du ménage Total 4 - 8 9 - 12 13 - 15 < 1000 6.3 6.3 1000-3000 55.0 5.0 60.0 4000-5000 16.2 6.3 2.5 25.0 6000 et plus 5.0 2.5 1.2 8.7 Total 82.5 13.8 3.7 100.0 Source : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 6.- Répartition de ménages selon leur tranche de revenu et le nombre de pièces de leur maison Nombre de pièces Tranche de revenu <1000 1000- 3000 4000-5000 6000 et + 1 80.00% 70.80% 40.00% 14.20% 2 20.00% 18.8% 45.00% 42.90% 3-5 10.40% 15.00% 42.90% Total 100.00% 100.00% 100.00% 100.00% Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableaux # 6.1: Répartition des chefs de ménage selon qu'ils gagnent ou non un revenu supérieur à ce qu'ils gagnaient en province. Plus haut revenu Plus bas revenu Total % 85 15 100 Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableau # 7: Répartition en pourcentage des chefs de ménages selon la cause de leur localisation à La Saline Causes Total Accessibilité aux activités Disponibilité du sol Loyer favorable Autres % 81 13 3 4 100 Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 Tableaux # 8: Répartition des membre du ménage selon qu'ils viennent d'une même province et le lien de parenté. Lien entre les membre du ménage Même province Famille Amitié Total Oui Non Total % 85 15 100 96.5 3.5 100 Sources : Enquêtes de terrain, février- mars 2001 A ma femme PAUL L. Marie Astride et ma fille PAUL Duter Leyna pour la joie et le support moral qu'elles m'ont procurés. A tous les membres des Familles PAUL, PETION, NAZERE, CHERY et LOUISSAINT, notamment mes frères et soeurs PAUL Elvéus, PAUL Guilbert et PAUL Miselène, à Ma Tante Mme Alvercius Exilus qui ma comblé de toutes affections maternelles, à mon cousin M. NAZERE Ludière qui m'a toujours été un père, à mon beau père Louissaint Aramice et ma belle mère Mme Louissaint Aramice. Merci Jésus pour la réalisation de ce mémoire. * 1 THEOPHILE Roche, l'organisation de l'espace interne et les caractéristiques socio-économiques et physiques des zones marginales de Port-au-Prince, 1990, 80p.) * n Note: La loi rang- dimension permet d'arriver à cette fin. Elle se définit comme suit: G(x)=AX-a, G(x): rang de la ville en question, X: Population de la ville donnée, a: constante A: Constante qui correspond à la population de la ville primatiale. * 1 1 La situation d'équilibre général du marché de Léon Walras est que, les m(m-1) prix qui règlent l'échange de m marchandises deux à deux sont implicitement déterminés par les m-1 prix qui règlent l'échange de m-1 quelconques d'entre ces marchandises avec la meme. Autrement dit on peut définir complètement la situation du marché en situation d'équilibre général en rapportant les valeurs de toutes les marchandises à la valeur de l'une d'entre elles. cette dernière marchandise s'appelle numéraire. » * 2 MPCEF, livre blanc octobre 1990 * 3 IHSI, résultats échantillon 2.5% extrapolé recensement de 1982 ( Avril 1984) * 4 1 IHSI, Recueil de statistiques sociales vol I, Août 2000. note: la journée de travail dans les industries est de 8h A.M à 4h P.M et toutes heures supplémentaires sont rémunérées alors que la journée de travail agricole est de 5h A.M à 6 h P.M. * 1 1 Proletariat Rural et Servitude Agricole Proletariat Rural et Servitude Agricole, http://www.geocities.com/CapitolHill/2539/francais/2_luttes/td1.htm Note: les prix des outils aratoires de base montent jusqu'à plus que tripler (grosses houes de 60 à 200 Gdes, petites houes de 30 à 125 Gdes, machettes de 20 à 60 Gdes, pics de 25 à 100 Gdes, haches de 35 à 125 Gdes, scies de 300 à 1000Gdes!)5. C'est un goulot d'étranglement pour ce secteur * 8 8 IHSI, Recueil de statistiques sociales Vol. II, Août 2000. * 5 MPCEF, livre blanc octobre 1990. * 1 1 IHSI, Enquête budget consommation des ménages, 1999-2000 * 1 1 Ernst Bernardin, la planification régionale en Haïti, 1995 * 6 IHSI, Recueil de statistiques sociales vol. I, Août 2000. * 2 2 Ernst Bernardin, la planification régionale en Haïti, 1995 * 7 IHSI-PNUD, Recueil de statistiques sociales vol II, AOUT 2000. * 88 8 Ernst Bernardin, la planification régionale en Haïti, 1995 * 11 11 IHSI, Almanach statistique 2002 * 8 * 3 3 Ernst Bernardin, la planification régionale en Haïti, 1995 * 14 14 IHSI, recueil de statistiques sociales vol II, 2000. Note: Pour la relation de Philips, le taux de variation des salaires est une fonction décroissante de la variation du taux de chômage mesurée par le pourcentage, plus il y a de chômeurs par rapport à la population active plus l'accroissement des salaires est faible. * 15 15 IHSI, résultats échantillon 2.5% extrapolé recensement de 1982, Avril 1984 * 1 1 Dans le quartier La Saline, Certaines jeunes filles et des femmes adultes ont déclaré avoir vendu des pièces comme leur profession, c'est à dire elles font de la prostitution. * 1 1 Certains propriétaires de ces maisons sont ceux qui les habitaient dans un premier temps, ayant trouvé d'autres espaces vacants dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, les louent aux nouveaux ménages pour aller se construire d'autres Habitats précaires * i i Il y a 17.5% des gens qui sont des pote faix, des cireurs de botte, des laveurs et des chargeurs de voiture et des prostituées. * 9 Ernst Bernardin, La planification régionale en Haïti 1995 Top of Form Rechercher sur le site: Bottom of Form © Memoire Online 2000-2013