Plan stratégique de développement agricole et rural du département de la Grand'Anse
- Le jugement d'ouverture du plan est que le modèle de croissance agricole en vigueur dans le département est contre-productif : dans un contexte de pression démographique, de forte urbanisation et de faible productivité, il conduit à l'effondrement de la productivité des terres et à la dégradation accélérée des ressources naturelles, les équilibres écologiques anciens qui maintenaient la fertilité des sols étant rompus dans de multiples situations sous le double effet de la pression foncière et des changements climatiques.
- L'agriculture est défendue comme une priorité sociale autant qu'économique. Environ 60 pour cent de la population du département vit en milieu rural, et le plan soutient que l'agriculture absorbe ceux qui n'ont pas le capital culturel et social nécessaire pour travailler dans d'autres secteurs, tout en liant le paysan à son espace d'une façon qui participe à son identité.
- La présence de l'État est chiffrée, et elle est mince : le ministère dispose de 3 agents d'encadrement ou agronomes dans le département et de 7 agents de terrain répartis dans les bureaux agricoles communaux, soit environ un technicien pour une à trois communes. L'instabilité du personnel est attribuée au décalage de rémunération avec les ONG, qui attirent les agents dès qu'une occasion se présente.
- La marginalité du département dans la planification nationale s'explique par un seul chiffre : la Grand'Anse ne détient que 3 pour cent des terres de plaine que la politique nationale considère comme prioritaires, ce qui explique qu'elle ne soit pas tenue pour un enjeu national bien qu'identifiée comme région productrice de vivres.
- La production est fortement saisonnière et le plan en donne la répartition : la récolte principale va d'octobre à janvier et fournit 70 à 80 pour cent de la production, la seconde va d'avril à juillet pour 20 à 30 pour cent. Toute intervention sur la commercialisation ou le transport doit être bâtie autour de cette concentration.
- L'avantage comparatif proposé est écologique et non volumétrique. L'agroforesterie occupant déjà environ 45 pour cent de la surface selon le rapport du Programme de développement rural, le plan plaide pour construire une équation entre la qualité écologique et paysagère de la Grand'Anse et celle de ses produits, par l'agro-écologie ou l'agriculture biologique, à condition que le paysage soit préservé.
- Les recommandations s'organisent en trois blocs : dynamiser la production par des services de proximité (assistance technique, crédit, semences et plants, expérimentation, diffusion et démonstration) ; structurer l'économie agricole et rurale (un plan de transports alimentaires pour la Grand'Anse, l'amélioration des dispositifs de commercialisation, la diversification des activités) ; et l'organisation territoriale du développement agricole et rural.
- Le plan est un produit municipal et non ministériel. Il a été réalisé par l'association des maires avec un comité de rédaction et de pilotage nommé et quatre enquêteurs de terrain, et le Conseil général des Côtes-d'Armor est crédité du soutien financier et opérationnel, dont la mise à disposition d'un agent, qui l'a rendu possible.
- Une précaution sur le texte stocké : il contient des passages sur l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, les prix du foncier urbain et la répartition nationale des services de santé et d'éducation, avec des artefacts de notes de bas de page, qui se lisent comme provenant d'une autre source que ce plan. Les chiffres tirés de ces passages ne doivent pas être attribués à l'AMAGA sans vérification dans le PDF.
Produit par l'Association des maires de la Grand'Anse et daté de janvier 2011, il s'agit du plan stratégique de développement agricole et rural du département de la Grand'Anse. Son comité de rédaction et de pilotage est nommé en entier : Guims Germain comme responsable de l'étude, Gilles Maréchal et Lambian Pierre comme conseillers techniques, et quatre enquêteurs de terrain. L'attribution importe : c'est un plan produit collectivement par les maires élus du département et non par le ministère ou un bailleur, ce qui en fait l'un des rares documents du corpus énonçant une stratégie agricole depuis les collectivités locales, et un contrepoint utile au matériel Grand'Anse du MARNDR de la même période.
Comment citer
Association des Maires de la Grand'Anse (AMAGA), 2011, Plan stratégique de développement agricole et rural du département de la Grand'Anse, https://agripubhaiti.org/wp-content/uploads/2025/03/GrandAnse-Rapport-du-travail-sur-l-elaboration-du-plan-Agricole-version-validee-Grand-Anse-ND-adds-Repaired.docx