(2015-2020) National Child Protection Strategy, Haiti, 2015-2020
Summary — This national strategy defines Haiti's multisectoral child-protection framework for July 2015 through June 2020. Led by MAST and IBESR, it sets objectives, institutional roles, strategic actions, coordination arrangements and monitoring mechanisms for protecting children.
Key Findings
- Sets Haiti's child-protection strategy for July 2015 to June 2020.
- Assigns coordination to MAST and technical implementation to IBESR with six key ministries.
- Links child protection to social protection and the Strategic Development Plan of Haiti.
- Defines strategic objectives on state commitment, norms, services, community capacity and monitoring.
Full Description
The strategy responds to child-protection vulnerabilities in Haiti by setting a common national vision for state institutions, civil society and partners. It links child protection to social protection and the Strategic Development Plan of Haiti, defines vulnerability categories, assigns implementation roles to key ministries and details objectives covering state commitment, legal and normative frameworks, basic services, community and family capacity, and monitoring and evaluation.
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STRATÉGIE NATIONALE
DE PROTECTION DE L’ENFANT
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST)
Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR)
Ce document présente la Stratégie Nationale quinquennale
de Protection de l’Enfant (SNPE) en Haïti couvrant la période de Juillet 2015 à Juin 2020.
CETTE PUBLICATION REPRODUIT FIDÈLEMENT LE CONTENU DU DOCUMENT OFFICIEL
Septembre 2015
TABLE DES MATIÈRES
Acknowledgments....................................................................................... Error! Bookmark not defined.
Abbreviations .............................................................................................. Error! Bookmark not defined.
1. Introduction ............................................................................................................................................... 1
1.1 Généralités .......................................................................................................................................... 1
1.2 Justification pour une Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant ................................................. 1
1.3 Processus d’élaboration ...................................................................................................................... 2
2. Le Contexte du pays et la situation de la protection de l’Enfant en Haiti ................................................. 3
2.1 Contexte du pays ................................................................................................................................. 3
2.1 Les questions de protection de l’Enfant .............................................................................................. 5
2.3 Le Cadre actuel de Protection de l’Enfant .......................................................................................... 7
2.3.1 L’engagement politique – la Coordination – la Collaboration entre les acteurs .......................... 7
3. Définitions............................................................................................................................................... 11
3.1 Définitions générales ........................................................................................................................ 11
3.2 Définitions de la vulnérabilité des enfants ........................................................................................ 12
4. La Stratégie Nationale de Protection – Généralités ................................................................................ 14
4.1 Nature de la SNPE ............................................................................................................................ 14
Approches ........................................................................................................................................... 15
4.2 Grands axes de la SNPE ................................................................................................................... 16
Le lien avec la protection sociale ........................................................................................................ 16
4.3 Les acteurs de la mise en œuvre de la SNPE .................................................................................... 18
4.4 Opérationnalisation de la SNPE ........................................................................................................ 21
5. La Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant.................................................................................... 21
5.1 Vision, Principes Fondamentaux et Objectifs de la SNPE ............................................................... 21
5.2 Les Objectifs de la SNPE :................................................................................................................ 24
6. Objectifs, Sous Objectifs et Actions Stratégiques de la SNPE ............................................................... 24
Objectif 1 : Formaliser et renforcer l’engagement de l'État dans la mise en œuvre de la SNPE et dans
la protection de l’enfant dans son ensemble ....................................................................................... 24
Objectif 2 : Compléter et appliquer le cadre normatif concernant la protection de l’enfant - des lois,
normes, standards, régulations ............................................................................................................ 27
Objectif 3 : Renforcement des services de base par rapport aux questions de protection de l’enfant 28
Objectif 4 : Renforcer les connaissances et capacités des communautés, des familles et des enfants
par rapport à la protection de l’enfant ................................................................................................. 32
Objectif 5 : Etablir un système de suivi et évaluation......................................................................... 34
7. Coordination et collaboration : Gestion de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant ................. 36
8. Suivi et Evaluation .................................................................................................................................. 38
Annex A. Cadre Logique de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant Haïti, 2015 – 2020 ............ 40
iii
1. INTRODUCTION
1.1 Généralités
Ce document présente la Stratégie Nationale quinquennale de Protection de l’Enfant (SNPE) en Haïti
couvrant la période de Juillet 2015 à Juin 2020.
La SNPE guidera et informera la réponse nationale, multisectorielle, interdisciplinaire et décentralisée de
protection des enfants en Haïti.
La SNPE vise à donner une vision commune pour tous les intervenants dans le domaine de la protection
de l’enfant. Ceci en reconnaissant le caractère transversal de la protection de l’enfant.
La SNPE stipule la volonté de divers ministères de travailler ensemble dans un partenariat plus ample qui
inclut la société civile et des autres acteurs concernés.
La SNPE encourage tous les acteurs de la protection de l’enfant à aligner et harmoniser leurs réponses
avec ses priorités. De telles expériences étant basées sur leurs propres expériences et ressources. Elle
les encourage à exécuter leurs interventions de manière à contribuer aux résultats et objectifs soulignés
dans ledit document.
La SNPE sera coordonnée par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST). La mise en œuvre
technique de la SNPE sera assurée par l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR) et
exécutée en collaboration et coopération avec six autres ministères clés, notamment le MAST, le
Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), le Ministère de l’Education
Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de
l’Action Civique (MJSAC), le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) et le Ministère de
la Santé Publique et de la Population (MSPP).
La SNPE cherche à s’inscrire dans le Plan Stratégique de Développement d’Haïti, en particulier la
composante protection sociale dudit plan.
1.2 Justification pour une Stratégie Nationale de Protection de
l’Enfant
Le République d’Haïti a ratifié la convention internationale relative aux droits des enfants (CDE) en 1995
et ainsi s’engage à respecter les droits des enfants. Ces droits sont déterminés dans plusieurs articles de la
CDE. Concernant les enfants en situation difficile, l’article 19 de la CDE oblige l’Etat partie à prendre :
« toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour
protéger l'enfant contre toute forme de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou
mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris la
violence sexuelle, pendant qu'il est sous la garde de ses parents ou de l'un d'eux, de son ou ses
représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié.”
Ces mesures de protection comprendront en outre :
1
« des procédures efficaces pour l’établissement de programmes sociaux visant à fournir l’appui
nécessaire à l’enfant et à ceux à qui il est confié, ainsi que pour d’autres formes de prévention, et
aux fins d’identification, de rapport, de renvoi, d’enquête, de traitement et de suivi pour les cas
de mauvais traitements de l’enfant décrits ci-dessus, et comprendra également, selon qu’il
conviendra, des procédures d’intervention judiciaire. » 1
Le droit à la protection des enfants est aussi inscrit dans la constitution haïtienne en son article 261 qui
stipule que: “ la loi assure la protection à tous les enfants. Tout enfant a droit à l'amour, à l'affection, à la
compréhension et aux soins moraux et matériels de son père et de sa mère.”
La SNPE est plus spécifiquement justifiée par le fait que:
1. Les intervenants du secteur de la protection de l’enfant agissent dans l’absence d’une politique et
d’un cadre national y relatif ;
2. Les nombreuses initiatives et actions en faveur de la protection de l’enfant sont fragmentées et
mises en œuvre par différents acteurs et institutions ;
3. La coordination entre les acteurs étatiques, la société civile et les bailleurs de fonds est limitée.
Elle n’est pas formalisée ;
4. La présence des acteurs concernés n’est pas uniforme et limitée par rapport à la couverture
territoriale et à la qualité des services de protection de l’enfant ;
5. Les financements publics du secteur de protection de l’enfant sont inadéquats et ne correspondent
pas aux besoins.
1.3 Processus d’élaboration
La SNPE a été élaborée suite à l’examen du cadre de protection existant en Haïti. Le processus de cet
examen a été participatif et concerté, consistant en un atelier national et des consultations individuelles
avec un grand nombre d’intervenants dans le domaine de la protection de l’enfant.
Les étapes d’élaboration de la SNPE:
Revue documentaire: collecte et analyse des rapports, des études, des statistiques, des documents
disponibles ainsi que la collecte et analyse des textes législatifs nationaux ;
Entretiens avec des acteurs dans la protection de l’enfant et des personnes ressources ;
Animation d’un atelier national de travail avec les intervenants dans le domaine de la protection
de l’enfant ;
Présentations et discussions au Groupe de Travail de Protection de l’Enfant (GTPE) ;
Présentations et discussions avec des représentants départementaux de l’IBESR ;
Partage de la première ébauche de la SNPE avec les membres du Comité Technique (IBSER,
UNICEF, USAID, HPP/AKSE/Futures Group) ;
Atelier participatif avec des enfants pour inclure l’opinion des enfants sur des questions de la
protection ;
Consultations individuelles additionnelles sur l’ébauche de la SNPE ;
Consultations avec des groupes sectoriels techniques sur l’ébauche de la SNPE ;
1
D’autres dispositions de la CDE consacrent le droit à la protection pour des enfants particulièrement vulnérables,
comme les enfants handicapés (art. 23), réfugiés (art. 22), ceux faisant partie des minorités et populations indigènes
(art.30), les enfants exposés aux situations de travail (art. 32), à l’exploitation sexuelle (art 34), en conflit avec la loi
et en détention (art. 40), victimes de trafic et de la traite, ceux privés d’un milieu familial (art 20) ou affectés par les
conflits armés (art 38). L’article 39 prévoit que « les Etats prennent toutes les dispositions appropriées pour faciliter
la réadaptation physique et psychologique et la réinsertion sociale » des enfants vulnérables.
2
Atelier national sur l’ébauche de la SNPE ;
Revue de la SNPE par le Comité Technique ;
Finalisation du document SNPE.
En particulier, des représentants des intervenants suivants ont été consultés:
- Les autorités nationales et départementales de l’IBESR ;
- Des représentants du MAST, du MCFDF, du MENFP et du MJSAC ;
- La Brigade de Protection des Mineurs (BPM) ;
- L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) ;
- Les organisations non gouvernementales internationales et nationales travaillant dans le domaine de la
protection des enfants ;
- Les Magistrats assis et debout ;
- Les groupes sectoriels sur des enfants en situation de rue et sur les familles d’accueil ;
- Les ONGs travaillant avec les OEV;
- Des représentants de l’Ambassade de France en Haiti ;
- L’UNICEF, l’UNHCR et l’OIM ;
- La MINUSTAH ;
- L’ICRC ;
- Les enfants.
2. LE CONTEXTE DU PAYS ET LA SITUATION DE LA PROTECTION
DE L’ENFANT EN HAITI
2.1 Contexte du pays
La population d’Haïti est d’environ 10,413, 211 habitants constituée de 35% de moins de 15 ans et 58.4%
entre 15 et 64 ans 2 avec un taux de naissance de trois enfants par femme en milieu urbain et quatre
enfants par femme en milieu rural. La population haïtienne est presque également répartie entre les zones
urbaines (49,5%) et les zones rurales (50,5%), conséquence d’une migration urbaine croissante 3 liée à
plusieurs facteurs incluant l’absence d’infrastructures et de services en milieu rural 4. La distribution
spatiale de la population manifeste de fortes inégalités. Trois départements (Ouest, Artibonite et Nord)
absorbent 62,5% de la population totale, en particulier, Port-au-Prince abrite 45,9% de la population totale
et le département des Nippes est le moins peuplé (3,1%) 5.
Plus des trois quarts de la population (77%) haïtienne vivent dans la pauvreté, avec moins de 2 US$ par
2
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), Janvier 2012,
http://www.ihsi.ht/produit_demo_soc.htm, 16/01/2014
3
IHSI, 2012
UNICEF, Situation des Enfants et des Femmes en Haiti, 2013
5
IHSI, 2012
4
3
personne par jour en 2005 et plus de la moitié (56%) sont affectés par la pauvreté extrême, avec un revenu
de moins de USD$1 par jour 6. Le coefficient de Gini (0,65) reflète des disparités frappantes. Le quintile le
plus riche bénéficie de 70% du revenu national, tandis que les plus pauvres doivent se contenter de 1,5%
seulement 7 du même revenu. Les ménages dirigés par les femmes constituent 45% de la population des
ménages. Ces ménages sont bien plus pauvres que ceux dirigés par les hommes et 62% de ménages
ruraux dirigés par les femmes vivent en-dessous du seuil de pauvreté 8.
Le pays est aussi caractérisé par des profondes inégalités dans l’accès aux services et aux moyens de
production qui affectent 80% de la population 9. Finalement, il existe une privation de fait des services
essentiels: plus de 60% de la population n'ont pas d’accès à l’énergie. Au niveau global, un peu moins de
quatre ménages sur dix (38 %) disposent de l’électricité: 86 % dans l’aire métropolitaine de la capitale, 55
% dans les autres villes et 15 % en milieu rural 10. L’offre de services en matière d’éducation est à la fois
insuffisante et inégale. La majorité (90%) des services est administrée par le secteur non-public. Près de
huit enfants de 6 à 11 ans, sans disparité entre les filles et les garçons, sur dix (77 %) fréquentent l’école
primaire 11. Selon l’IHSI, dans un recensement de 2003, l’analphabétisme parmi les personnes de 10 ans et
plus est à 61%.
Lié à sa situation géographique, Haïti est vulnérable aux désastres naturels, incluant les séismes,
ouragans, inondations et sécheresses, une vulnérabilité qui est accrue par la dégradation environnementale
causée par la déforestation. Ces désastres naturels, surtout le séisme du 12 Janvier 2010, ont exacerbés et
vont continuer à aggraver les difficultés socio-économiques du pays.
Il est aussi fondamental de considérer les aspects anthropologiques et culturels par rapport à l’enfance en
Haiti, même si l’intérêt pour une anthropologie de l’enfance en Haïti est peu manifeste dans les études
disponibles. Néanmoins, la portée symbolique et sociale de l’enfance au sein de la société haïtienne
ressort dans des proverbes et adages qui méritent une analyse socioculturelle dans le cadre de la
protection, en considérant leur impact sur le devenir des programmes à mettre en place.
Le discours social tenu sur l’enfance nous interpelle et commande des interventions sur bien des aspects.
Il faut rompre avec la conception culturelle qui consiste à prendre l’enfant comme un être passif qui ne
réfléchit pas sur sa condition. Il est considéré comme un petit animal : timoun se ti bèt (l’enfant est un
petit animal). La nécessité d’agir sur de telles représentations chez les parents et les adultes en général
suppose des changements de comportements au niveau des familles. Un travail sur la représentation des
adultes de l’enfance est un élément majeur dans la détermination d’une stratégie qui tient compte des
mentalités culturelles et sociales qui de toute manière traduit une évaluation de la condition de l’enfance
qui mérite d’être changée à bien des égards.
Il appert tout aussi fondamental de consolider les sentiments culturels positifs vis- à- vis de l’enfance, car
il existe bien des choses qui traduisent un certain nombre d’aspects à renforcer. On entend dire souvent :
« les enfants sont l’avenir du pays ». Une appréciation du positif et une mise en analyse du négatif en ce
qui concerne la portée culturelle de la détermination de l’enfance en Haïti, demeure une donnée
fondamentale à intégrer dans les politiques publiques.
6
Egset, Willy and Pal Sletten. La pauvreté en Haïti: profil de la pauvreté à partir de données de l’ECVH, Juin
2005
7
Egset, Willy and Pal Sletten (2005)
8
Egset, Willy and Pal Sletten (2005)
9
Oxfam and UNICEF (2012). Mapping of Social Protection Services in Haiti
10
EMMUS V
11
EMMUS V
4
2.1 Les questions de protection de l’Enfant
Quelles sont les situations que les enfants perçoivent comme des menaces ou des atteintes à leur
protection ? ? 12
Les enfants en situation de rue, les enfants travailleurs (essuyeurs de voitures, porteurs de charge dans
les marchés, etc.), la domesticité, la misère criante qui affecte les familles, la violence, les
manifestations violentes qui les empêchent d’aller librement et en toute sécurité à l’école, les enfants
en conflit avec la loi, les enfants dont les parents sont en prison, les enfants des femmes folles, la
promiscuité, la mauvaise planification familiale, l’accès à la drogue et à l’alcool etc.
Les violations du droit à la protection de l’enfant constituent depuis longtemps une préoccupation en
Haïti. Le séisme de 2010 a encore exacerbé les violations préexistantes, notamment la séparation,
l’abandon et la négligence, les pratiques d’abus et d’exploitation sexuelles, le nombre d’enfants orphelins
et chefs de foyer et les enfants exposés aux pires formes de travail, incluant la traite et le trafic
d’enfants 13. D’après l’UNICEF, environ 1,26 million d’enfants, plus de 10 % de la population du pays,
ont été affectés par le tremblement de terre, dont un million se retrouve orphelin de père ou de mère.
Peu d’information actualisée existe sur les différentes formes des violations et les chiffres existants ne
sont pas toujours valables. Cette section de la SNPE, ne peut donc pas et ne vise pas à donner une image
complète des violations du droit à la protection des enfants. Ladite section ne tient pas compte de toutes
les vulnérabilités identifiées en Haiti de manière exhaustive. Ce qui sera présenté plus bas dans le cadre
des définitions de la vulnérabilité des enfants en Haïti.
Les résultats de l’enquête sur la violence contre les enfants de 2012 14 indiquent que cette forme de
violation est très répandue en Haïti. La prévalence de la violence physique et des châtiments corporels
reste particulièrement importante : 60,5 % des femmes et 57,2 % des hommes âgés de 18 à 24 ans ont été
victimes de violence physique avant l’âge de 18 ans. Selon cette enquête, 25,7% des filles et 21,2% des
garçons ont été exposés à la violence sexuelle et 34,6% des filles et 27,2% des garçons à la violence
psychologique. Les violences ont lieu au sein des familles et communautés mais aussi au sein des
institutions telles que l’école.
Une des plus grandes préoccupations dans la protection des enfants en Haïti est le nombre très élevé des
institutions pour enfants. Selon le décret-loi du 22 septembre 1971, ces institutions incluent : « les
institutions publiques ou privées, laïques ou religieuses, habilitées à recevoir et prendre en charge les
enfants orphelins, abandonnés, irréguliers d’ordre physique ou mental ». Ces institutions, pour la plupart,
ne sont pas enregistrées et interviennent par conséquent en dehors du suivi et du contrôle de l’Etat. Ils
hébergent des enfants, qui, dans la majorité des cas ne sont ni des orphelins, ni des enfants abandonnés,
ceux-ci vivant en institution uniquement pour des raisons socio- économiques. En 2010, l’IBESR, avec
l’accompagnement de ses partenaires de protection, a initié le recensement des enfants vivant en
institutions. Après l’évaluation de ces institutions, l’IBESR a estimé qu’environ 30,000 enfants vivent en
institution et plus de 80% d’entre eux ne sont orphelins ni de père et ni de mère 15. Les raisons du
placement des enfants en institution incluent d’un côté la pauvreté et le manque d’appui aux familles
vulnérables et de l’autre l’existence d’une multitude d’institutions qui se proposent de prendre en charge
12
Les opinions des enfants reflétés dans ce document sont issues de discussions menées dans le cadre d’un atelier
avec la participation de 37 enfants et adolescents de 7 à 17 ans dont 26 filles et 11 garçons.
13
World Vision, “Le Système de Protection de l’Enfant en Haiti”, 2012
14
Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Enquête sur la Violence contre les Enfants en Haiti, 2014
15
IBESR, Dispositif de Placement en Famille d’Accueil, 2013
5
des enfants. En 2012, un répertoire a été élaboré, faisant état de 775 maisons d’enfants 16, dont 484
uniquement à Port-au-Prince, avec moins de la moitié respectant les standards minimums de prise en
charge. Entre 2011 et 2013, l’IBESR a fermé 45 de ces structures pour maltraitance et négligence grave.
Un autre facteur lié à la séparation des enfants de leurs familles et l’expansion des institutions non
contrôlées est l’adoption des enfants. Selon un rapport du Service Social International 17, 1,238 enfants
haïtiens ont été soumis à l’adoption internationale en 2009. En 2010, année du séisme, ce nombre est
passé à 2,601, soit le double de l’année précédente, dont la majorité dans les trois mois suivant le
séisme 18.
Selon les résultats de l’EMMUS V, 50% des enfants entre 5 et 14 ans ont travaillé, dont
51% de garçons et 49,8% de filles, en 2012 en Haïti, avec la proportion des enfants travailleurs plus
élevée en milieu rural (61%) qu’en milieu urbain (32% 19). La domesticité infantile, les enfants envoyés
dans un foyer, souvent de la campagne vers la ville, pour y réaliser des travaux domestiques en échange
de leur prise en charge par le responsable du foyer, a été identifié comme un des thèmes majeurs dans la
protection de l’enfant. En 1999, l’UNICEF estime le nombre d’enfants domestiques en Haïti à 250,000
soit environ 20% des enfants âgés de 7 à 10 ans. En 2002, dans une recherche conduite par la FAFO, trois
critères objectifs sont retenus comme constitutifs du travail des enfants domestiques : une séparation des
enfants de leurs parents, une charge de travail élevée pour l’enfant et un manque ou un retard dans la
scolarité. En utilisant ces critères, l’étude estime à 173,000 le nombre d’enfants domestiques soit 8,2% de
la population infantile âgée de 5 à 17 ans 20.
Peu de données sont disponibles pour évaluer l’ampleur des mouvements d’enfants. En 2010, la Brigade
de Protection des Mineurs (BPM) a retenu 280 enfants sur les 1,200 enfants contrôlés aux points
frontaliers officiels entre Haïti et la République Dominicaine 21. Toutefois, par rapport à la traite et au
trafic des enfants, les données sont encore plus rares, mais on soupçonne, que « des milliers d’enfants
haïtiens sont victimes de traite ou de trafic chaque année » 22.
En 2011 un recensement a trouvé qu’au moins 3,380 enfants et jeunes habitaient dans les rues de Port-auPrince et de Carrefour 23, dont 22% suite au tremblement de terre. Ce problème est également présent
dans les autres centres urbains du pays.
en 2011, dont
Selon des sources gouvernementales, quelques 120,000 enfants vivaient avec un handicap
beaucoup ne jouiraient pas de leurs droits élémentaires, notamment en matière d’éducation et de santé.
En dernier lieu et de manière toute aussi préoccupante, il faut considérer la situation des enfants en
conflit avec la loi. Selon les chiffres du MJSP, il y aurait environ 250 enfants en détention à la fin 2012,
dont 76,2% de condamnés. Les conditions d’incarcération des mineurs ne permettent pas la réalisation de
16
Le décret-loi du 22 septembre 1971 définit une de façon large. La maison d’enfants comprend « les institutions
publiques ou privées, laïques ou religieuses, habilitées à recevoir et prendre en charge les enfants orphelins,
abandonnés, irréguliers d’ordre physique ou mental ».
17
Service Social International, « Haiti “Expediting” intercountry adoptions in the aftermath of a natural disaster...
preventing future harm », 2010
18
UNICEF, Situation des Enfants et des Femmes en Haiti, 2013
19
UNICEF (2013)
20
UNICEF (2013)
21
UNICEF Haiti, Enfance sans enfance – Enfants Haïtiens victimes de la traite et du trafic, 2011
22
UNICEF Haiti, Enfance sans enfance – Enfants Haïtiens victimes de la traite et du trafic, 2011
23
Aide Médicale Internationale, UNICEF, « Enfants et jeunes des rues de Port au Prince », 2011
6
leurs droits. La situation est meilleure au centre «Cermicol» dans le département de l’Ouest, où des
organisations non gouvernementales ont mis en place un programme de soutien aux mineurs incarcérés.
Quelles sont les causes des violations du droit à la protection, du point de vue des enfants ?
Faible moyen économique des parents ; négligence des parents ; pas assez de policiers dans les rue
pour garantir la sécurité des enfants ; Pas de loisir ; Trop de bidonvilles ; Parents, directeurs d’écoles et
professeurs non formés ; chômage des parents ; Non application des lois par l’Etat ; Les pasteurs qui
interdissent aux parents de faire le planning familial; Les enfants n’ayant pas d’acte de naissance (ils
ne connaissent pas leurs pères, l’Etat ignore tout de leur existence) ; Les voisins qui ne protègent plus
les enfants ; Les enfants qui n’ont pas accès à une éducation de qualité ; Toutes les structures établies
par l’Etat pour garantir la protection des enfants ne sont pas complètement fonctionnelles et ne
remplissent pas entièrement leur mission.
2.3 Le Cadre actuel de Protection de l’Enfant
2.3.1 L’engagement politique – la Coordination – la Collaboration entre les acteurs
Le gouvernement haïtien a pris plusieurs mesures qui montrent un engagement envers la protection des
enfants. Parmi elles figurent la volonté politique de développer la présente stratégie et la ratification de la
majorité des principaux instruments juridiques internationaux et régionaux relatifs aux droits des
enfants c’est-à-dire :
-
-
-
La convention internationale relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989, ratifiée par
Haiti le 8 juin 1995 ;
Le protocole facultatif à la convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente
d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène les enfants du 25 mai
2000, ratifié le 30 avril 2014 ;
Le protocole facultatif à la convention relative aux droits de l’enfant concernant les enfants
impliqués dans les conflits armés (2000), ratifié le 30 avril 2014 ;
La convention 138 de l’OIT du 26 juin 1973 ratifiée le 3 juin 2009 ;
La convention 182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants de 1999 ratifiée le 19
juillet 2007 ;
Le protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes
et des enfants, additionnel à la convention des nations unies contre la criminalité transnationale
organisée - Protocole de Palerme (2000), ratifié le 12 mars 2009, promulgué et publié le 19 avril
2011 ;
La convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption
internationale du 29 mai 1993 ratifiée le 1er avril 2014 ;
le pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels (1966) ratifiée le 8
octobre 2013 ;
la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes en
1981 ;
Au niveau régional, Haïti a ratifié la convention interaméricaine sur le trafic international des mineurs en
2003. Hait n’a pas encore ratifié le protocole facultatif à la convention relative aux droits de l’enfant
7
établissant une procédure de plainte (2012), la convention des nations unies sur l’apatridie (1954) et la
convention des nations unies contre la torture (1984).
Le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST), responsable de la coordination des politiques
publiques dans le domaine social, est le Ministère clé dans le domaine de protection de l’enfant. L’Institut
du Bien-Etre Sociale et des Recherches (IBESR), sous l’auspice du MAST, est la principale institution en
charge de la protection des enfants ayant pour responsabilités la protection et la réhabilitation sociale
ainsi que la promotion socioéconomique des familles. L’IBESR joue un rôle majeur dans la coordination
des activités de protection des enfants 24. Il est présent dans les chefs-lieux des dix départements du pays.
Toutefois, l’IBESR manque des ressources humaines et financières 25 qui lui permettraient de s’acquitter
pleinement de sa mission.
Le budget dévoué à la protection de l’enfant est carrément insuffisant. Avec 0,55 % du budget national
(soit 484, 840,082 gourdes), 26 le MAST rencontre des difficultés à répondre de manière efficace aux
besoins de protection de l’enfance. Des chiffres du Ministère de la Planification et de la Coopération
Externe (MPCE) indiquent que 718, 728,000 gourdes (17, 968,200 US$) ont été prévues pour la
protection de l'enfance pour le budget 2011/2012. Un montant de 692, 691,920 gourdes ont été allouées et
658, 145,800 gourdes engagées. Spécifiquement, un montant de 50, 000,000 gourdes (1, 250,000 US$)
est alloué annuellement à l'IBESR pour ses interventions en faveur des enfants depuis 201127.
La Collaboration dans le domaine de la protection des enfants au niveau horizontal, c’est à dire entre les
divers ministères et verticale - entre les niveaux national, départemental et communal est faible. Les
interventions dans le domaine de protection de l’enfant sont caractérisées par une multiplicité des acteurs,
d’institutions et de professionnels publics et privés. Un nombre assez significatif d’ONGs travaillent dans
le domaine de la protection des enfants. Toutefois, leurs objectifs et leurs activités ne sont pas toujours
connus par l’IBESR. Des efforts ont été menés pour améliorer la collaboration entre les acteurs grâce à la
création des Groupes de Travail sur la Protection de l’Enfant (GTPE), au niveau national et au niveau
départemental aussi bien que l’activation de divers groupes thématiques. Cependant, les acteurs sont
principalement des institutions et des organisations de protection de l'enfant très spécifiques et n’incluent
pas systématiquement les autres secteurs, comme le secteur de la santé et de l'éducation. Malgré
l’existence des GTPE et des groupes thématiques, il n’existe pas de mécanismes de coordination formelle
et fonctionnelle sur la protection de l’enfant ni un organe officiellement désigné pour la coordination
multisectorielle. Il n’existe non plus aucune stratégie commune ni une identification des thèmes
prioritaires dans le domaine de la protection de l’enfant.
Le cadre normatif :
Les droits des enfants et la protection de l’enfant sont bien reflétés dans la législation haïtienne. La
constitution d’Haïti de 1987 défini un enfant en son article 16.2 comme tout individu âgé de moins de 18
et assure la protection de l’enfant en son article 261 : « Tout enfant a droit à l'amour, à l'affection, à la
compréhension et aux soins moraux et matériels de son père et de sa mère ».
24
Les questions portant sur la justice pour enfants, la traite et la violence armée ne sont pas coordonnées par
l’IBESR
25
Vision Mondial, rapport pour l’année fiscale 2009-2010, le budget de l’IBESR représentait 0,04 % du budget
national avec 35, 258,257 gourdes. De ce budget, 90 % ont été alloués aux ressources humaines. Ce qui laissait en
2010 un peu plus de 86,344 USD pour les opérations.
26
MPCE (Ministère de la Planification et de la Coopération Externe), Institut Haïtien de l’Enfance et Macro
International Inc., Unité de coordination des activités des ONG, Liste actualisée des ONG actives en Haïti, exercice
fiscal 2011-2012
27
IBESR, Résumé rapport CDE, à l’occasion de la journée des 25 ans de la CDE
8
Au cours des dernières années, plusieurs lois ont été adoptées permettant ainsi de combler de multiples
lacunes antérieurement inventoriées dans le secteur. Il s’agit notamment des dispositions légales dans les
domaines de l'adoption, la traite des enfants et la paternité, la maternité et la filiation. Le Code de
Protection de l'Enfance a été élaboré et soumis au Parlement pour discussion. Un Code de la Famille,
comme le prévoit la Constitution haïtienne n'a pas encore été développé.
Parmi les principales lois régissant la protection de l’enfance en Haïti on peut citer :
-
Le Code du Travail de 1961 et le décret du 24 février 1984 actualisant le Code du Travail du 12
septembre 1961 ;
La Loi interdisant les châtiments corporels contre les enfants promulguée le 1er octobre 2001 ;
La Loi relative à l’interdiction et à l’élimination de toute forme d’abus, de violence, de mauvais
traitements ou traitement inhumains contre les enfants promulguée le 5 juin 2003 ;
La Loi sur la lutte contre la traite des personnes promulguée le 2 juin 2014 ;
La Loi sur la Paternité, Maternité et Filiation promulguée le 4 juin 2014 ;
La Loi réformant l’adoption promulguée le 15 novembre 2013 ;
Le projet de loi réorganisant l’Institut du Bien-Être Social et de Recherche validé par le Conseil
des Ministres le 20 août 2014– non encore voté ;
Le Projet de loi instituant un Code de Protection de l’Enfant, validé par le Conseil des Ministres
le 20 août 2014– non encore voté.
Des efforts ont été faits pour développer des normes minima et des règlements, notamment quant à la
qualité des services et des familles d'accueil. Cependant, des lacunes subsistent, y compris la révision des
directives et standards minima pour les maisons d’enfants. Des mesures administratives ont été arrêtées,
portant notamment sur la désignation et la formation de personnels travaillant dans le domaine de la
protection de l'enfant et sur la création de structures nécessaires à la réalisation des droits protégés par la
CDE. La mesure administrative régulant le voyage des mineurs (2012) et le protocole d’accord entre
l’IBESR, la BPM et la Direction de l’Immigration et de l’Emigration (DIE) a été adopté. Un dispositif
sur les familles d’accueil a été préparé par le MAST/IBESR en 2012/2013.
Même s’il y a encore des lacunes dans la législation par rapport à sa conformité avec la CDE, Haïti
dispose d'un cadre législatif relativement fort pour la protection des enfants. Le défi le plus grand reste
dans l'application des lois. Les tribunaux pour enfants (TPE) sont établis dans deux 28 des cinq cours
d’appel, contrairement aux prescrits de la loi sur la justice des mineurs. En 2009, des juges spécialisés en
matière de justice des mineurs ont été désignés dans 17 des 18 tribunaux de Première Instance 29. Le plus
grand défi est qu’aujourd’hui encore, la justice des mineurs à proprement parler n’a qu’un seul levier,
celui pour traiter des cas d’enfants en conflit avec la loi. Quant aux mineurs recherchant une protection
judiciaire suite à un cas d’abus, de violence ou d’exploitation, leurs dossiers sont présentement traités par
le tribunal de droit commun et non nécessairement par un juge spécialisé dans des questions d’enfants.
Pour pallier à cet état de fait, l’IBESR a initié en étroite collaboration avec l’Ecole de la Magistrature une
série de formation intensive sur la protection de l’enfant à l’intention des magistrats du pays. Un total de
219 acteurs judiciaires et de protection sociale, représentant 7 juridictions du pays ont déjà suivi ce cursus
interdisciplinaire spécialement conçu pour eux par le Projet des politiques de santé Aksyon Kolectif pou
Sekirite kont Explwatasyon (HPP AKSE) financé par l’USAID et mis en œuvre par Futures Group.
Services de protection
28
29
Port-au-Prince et Cap Haïtien
À l’exception du TPI de Mirebalais
9
Les constats au niveau de la prestation des services de base de protection de l’enfant se résument comme
suit : l’absence de services spécialisés tels que les services juridiques et les services psychologiques ; le
manque de qualité dans les services fournis plus particulièrement en dehors de la capitale du pays et en
milieu rural ; la faible utilisation des services offerts soit en raison de leur inaccessibilité ou parce que les
enfants et leurs familles ignorent leurs droits et ne savent ni quand ils sont victimes ni à quoi ils ont droit ;
la méconnaissance des voies et moyens d’accéder à la faible proportion des services existant et le manque
de coordination entre les différents prestataires étatiques et non étatiques de services de protection.
Comme premiers éléments de réponse, l’IBESR, supporté par des partenaires internationaux a initié
différents exercices tels que : un répertoire national de tous les services de base pour les enfants ; une
cartographie des services de protection de l’enfant couvrant cinq départements du pays sur dix (Sud-Est,
Nord, Nord-Est, Plateau-Central, Grand’Anse); le développement d’une carte de vulnérabilité des enfants
dans laquelle les différentes formes de vulnérabilité des enfants sont définies avec des indicateurs
permettant de les mesurer; l’adoption d’un guide pour la fourniture de services de qualité à des EOV
(Enfants orphelins et vulnérables) et plus récemment l’activation de réseaux de services de protection de
l’enfant fonctionnant à partir de protocoles de référence adoptés par les acteurs concernés dans au moins 6
départements du pays 30. Néanmoins, l’IBESR doit systématiser ces apprentissages, les officialiser et les
dupliquer dans toutes les régions du pays. L’IBESR est la principale institution en charge de la protection
des enfants tant au niveau national qu’au niveau départemental.
Selon son Plan d’action de 2012, l’IBESR a déconcentré ses services dans neuf départements. Cependant,
un manque de ressources financières 31 et humaines caractérise la situation actuelle de l’IBESR dans
l’Ouest ou se trouve son siège social, aussi bien que dans les départements où cette structure par
excellence de protection est relayée par des coordinations départementales. En plus, l’IBESR est absente
dans certaines régions difficiles à accéder, comme le Plateau Central et la Gonâve. Au niveau
communal, les Mairies ont des sections en charge des affaires sociales qui ne jouent pas encore un grand
rôle dans le système de protection de l’enfant. La Brigade de Protection des Mineurs (BPM), unité
spécialisée de la police nationale d’Haiti dans la protection de l’enfant traite ses dossiers à partir de quatre
sections : « violence domestique », « mineurs victimes »,
« enquête sociale » et « mineurs en conflit avec la loi ». Elle est un acteur important dans la chaine de
protection des enfants et fait aussi face à des carences en ressources financières, humaines et
d’infrastructure.
Connaissances
Les droits des enfants en général et les droits des enfants à la protection en particulier ne sont pas
suffisamment disséminés et connus par la population. Un besoin fort existe dans le domaine de la
sensibilisation et de l’éducation pour s’assurer que les pratiques positives dans l'éducation des enfants et
la protection de l'enfant sont favorisées par rapport aux attitudes et pratiques négatives.
Plusieurs mécanisme sont sur place qui facilitent la participation des enfants, comme le Parlement des
Jeunes, le Gouvernement d’Enfants, les Clubs d’Enfants et des activités de la Journée de l’Enfant, ainsi
que des consultations des enfants dans les procédures régissant le fonctionnement et l’inspection des
30
Sud-Est (Anse-à-Pitre) Artibonite (Saint-Marc) ; Grand’Anse (Jérémie) ; Plateau Central (Lascahobas
Belladère, Savanette, Thomonde, Cerca-la-Source et Thomassique) ; Nord et Nord-Est
31
Vision Mondial, rapport pour l’année fiscale 2009-2010, le budget de l’IBESR représentait 0,04 % du budget
national avec 35 258 257 gourdes. De ce budget, 90 % ont été alloués aux ressources humaines. Ce qui laissait en
2010 un peu plus de 86 344 USD pour les opérations
10
maisons d’enfants, tous encouragés et appuyés par l’IBESR. Les possibilités de participer aux questions
qui affectent la vie des enfants ne sont pas systématiques. Les enfants ont peu de possibilités de participer
aux questions qui affectent leur vie, que ce soit au sein de la famille, de la communauté, à l'école ou au
niveau politique. La participation des enfants est toujours ad hoc et non systématisée.
Au niveau des réseaux de protection activés, certaines informations clés sur la protection de l’enfant sont
vulgarisées. Les nouvelles législations qui ont récemment renforcé le cadre légal de protection de l’enfant
ont déjà été disséminées auprès des acteurs clés de protection tels que les agents de la BPM, les magistrats
incluant les juges pour enfants, les agents du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes
et bien évidemment ceux de l’IBESR. Certaines communautés ont été touchées. Autant d’interventions
qui devront être systématisées et reproduites dans tout le pays.
3. DEFINITIONS
3.1 Définitions générales
Enfant: Tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de
la législation qui lui est applicable (art 1, CDE). En Haiti, cette majorité est fixé à 18 ans suivant l’article
16.2 de la constitution haïtienne de 1987.
La protection de l’enfant : La protection de l’enfance consiste à prévenir la violence, l’abus, la
négligence et l’exploitation des enfants, d’y répondre et de les éliminer. Cette définition s’appuie sur
l’article 19 de la CDE qui met l’accent sur l’obligation des Etats de prendre toutes les mesures pour
protéger l'enfant.
Selon les enfants, la définition adoptée en plénière de la protection de l’enfant est :
« une obligation qui est faite à l’Etat, la Société Civile, les Parents et à toutes autres personnes, de
prendre toutes les mesures nécessaires pour supporter, protéger tous les enfants contre toutes les
formes d’abus, de violence, de maltraitance, danger et exploitation, de telle sorte qu’ils puissent vivre
bien et se développer en toute sécurité, dans l’amour, sans peur, quel que soit l’endroit où ils se
trouvent. »
Système de protection de l’enfant: Le système de protection de l’enfant consiste dans l’ensemble des
lois, politiques, règlements et services qui, dans tous les secteurs sociaux, en particulier la protection
sociale, l’enseignement, la santé, la sécurité́ et la justice, permettent de soutenir la prévention et l’action à
mener face aux risques posés 32. Autrement dit : Un système de protection de l'enfant fonctionnel consiste
en :
32
•
Un leadership fort et la bonne gouvernance, y compris des politiques fortes, la législation et la
réglementation ;
•
Une coordination effective pour garantir l'engagement et la collaboration entre les principaux
intervenants, les dirigeants, les secteurs et les services ;
•
Des bons modèles de services et mécanismes de prestation pour l'identification des enfants
vulnérables, en soutenant le bien-être de l'enfant, la prévention et la réponse aux cas d’abus,
d'exploitation, de négligence et de séparation de la famille ;
UNICEF, Strategie de l’UNICEF pour la Protection de l’Enfant, 2008
11
•
Un financement adéquat pour assurer la continuité et la durabilité des services ;
•
Un système effectif de gestion de l’information ;
•
Un personnel performant. 33
3.2 Définitions de la vulnérabilité des enfants
En 2014, dans un processus participatif avec la pleine collaboration des acteurs dans le domaine de la
protection de l’enfant, des définitions communes des vulnérabilités et des indicateurs spécifiques de
mesure de chaque vulnérabilité ont était établis 34 en accord avec la législation haïtienne et les
conventions/traités internationaux en vigueur en Haïti :
Un enfant abandonné : toute personne âgée de moins de 18 ans sur lequel aucun adulte n’exerce
l’autorité parentale, dont la filiation ne peut être connue et dont l’état est constaté comme tel par le juge
compétent.
Un enfant affecté par la violence armée est toute personne âgée de moins de 18 ans qui vit une situation
de violence armée.
Un enfant associé à une bande armée est toute personne âgée de moins de 18 ans utilisée de gré ou de
force par un groupe disposant d’armes dans le but de déstabiliser une situation d’ordre social ou politique,
ce strictement hors d’une situation de conflit interne ou externe internationalement reconnu comme tel.
Un enfant associé à une force armée est toute personne âgée de moins de 18 ans qui est ou a été recrutée
ou employée par une force, quel que soit la fonction qu’il y exerce. Il peut s’agir, notamment mais pas
exclusivement, d’enfants, filles ou garçons, utilisé comme combattants, cuisiniers, porteurs, messagers,
espions ou à des fins sexuelles. Le terme ne désigne pas seulement un enfant qui participe ou a participé
directement à des hostilités.
Un enfant associé à un groupe armé est toute personne âgée de moins de 18 ans qui est ou a été recrutée
ou employée par un groupe armé, quel que soit la fonction qu’il y exerce. Il peut s’agir, notamment mais
pas exclusivement, d’enfants, filles ou garçons, utilisé comme combattants, cuisiniers, porteurs,
messagers, espions ou à des fins sexuelles. Le terme ne désigne pas seulement un enfant qui participe ou a
participé directement à des hostilités25.
Un enfant affecté par une maladie chronique est toute personne âgée de moins de 18 ans atteinte par
une affection de longue durée qui en règle générale, évolue lentement et nécessite de soins de santé
prolongés (plus de 6 mois), souvent associée à une invalidité et à la menace de complications graves. Le
point commun des maladies chroniques est qu’elles retentissent sur les dimensions sociale, psychologique
et économique de la vie du malade.
33
United States Government Action Plan on Children in Adversity, A Framework for International Assistance, 2012
– 2017, December 2012
34
Ce processus a vu l’implication de la BPM et de l’IBESR au niveau national ainsi que départemental et de
beaucoup de partenaires de protection mandatés (plus de 60 personnes, onze institutions/organisations impliquées et
plus d’une dizaine de réunions de travail/ateliers).
12
Un enfant affecté/infecté par le VIH/Sida est toute personne âgée de moins de 18 ans qui est infectée
par le VIH ou souffre d'une maladie liée au VIH/Sida ou est exposé à des risques élevés d'infection ou qui
voit ses parents, ses frères ou sœurs, ses proches ou amis devenir malades où mourir du Sida.
Un enfant apatride est toute personne âgée de moins de 18 ans qu’aucun État ne considère comme son
ressortissant par application de sa législation. L’enfant est « sans nationalité, soit qu’il n’en ait jamais eu,
soit qu’en ayant eu une, il l’ait perdue sans en acquérir une autre ».
Un enfant appartenant à une minorité est toute personne âgée de moins de 18 ans appartenant à « un
groupe numériquement inférieur au reste de la population d'un État, en position non dominante, dont les
membres – ressortissants de l'État – possèdent, du point de vue ethnique, culturel, religieux ou
linguistique, des caractéristiques qui diffèrent du reste de celles de la population et manifestent, même de
façon implicite, un sentiment de solidarité, à l'effet de préserver leur culture, leurs traditions, leur religion
ou leur langue.
Un enfant bénéficiant de protection de remplacement est toute personne âgée de moins de 18 ans dont
la famille, même avec une assistance appropriée, est incapable d’assurer sa prise en charge et pour cette
raison l’enfant est pris en charge par des membres de la famille élargie ou des amis ou d’autres personnes.
« La protection de remplacement peut prendre les formes suivantes:
-
arrangement informel : tout arrangement privé par lequel l’enfant est pris en charge dans un cadre
familial pour une durée déterminée ou indéterminée par des membres de la famille élargie ou des
amis (prise en charge informelle par des proches) ou d’autres personnes à titre personnel, à l’initiative
de l’enfant, de ses parents ou d’une autre personne sans que cet arrangement n’ait été ordonné par une
autorité administrative ou judiciaire ou par un organisme accrédité ;
arrangement formel : toute prise en charge dans un cadre familial ordonnée ou autorisée par une
autorité judiciaire ou administrative compétente ainsi que tout placement dans une institution, y compris
privée, qu’il fasse ou non suite à des mesures administratives ou judiciaires ; ».
Un enfant chef de ménage est toute personne âgée de moins de 18 ans qui, sans soutien parental,
subvient seul à ses propres besoins, aux besoins de ses frères ou sœurs ou aux besoins d’autres membres
de sa famille.
Un enfant en contact avec la loi est toute personne âgée de moins de 18 ans qui entre en contact avec les
systèmes de justice (civile, administrative ou pénale) en tant que victime, témoin ou contrevenants
présumés (en étant en conflit avec la loi) ou pour d’autres raisons lorsqu’une intervention judiciaire est
nécessaire, par exemple en ce qui concerne leur prise en charge, le droit de garde ou leur protection26.
Un enfant en conflit avec la loi est toute personne âgée de moins de 18 ans qui est suspecté, accusé ou
convaincu d'infraction à la loi.
Un enfant en situation de handicap physique, mental, intellectuel ou sensoriel est toute personne âgée
de moins de 18 ans « qui présente des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles
durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective
participation sur la base de l’égalité avec les autres »28.
La convention internationale relative aux droits des personnes handicapées reconnait que « le handicap
résulte de l’interaction entre des personnes présentant des incapacités et les barrières comportementales et
environnementales qui font obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de
l’égalité avec les autres ».
13
Un enfant en situation de rue est toute personne âgée de moins de 18 ans « pour qui la rue est le lieu de
rattachement central, lieu qui joue un majeur dans sa vie quotidienne, son développement et son
identité »30. Un enfant en situation de rue peut aussi vivre dans les divers lieux publics avec sa famille.
Un enfant non enregistré est toute personne âgée de moins de 18 ans dont la naissance n'est pas
enregistrée et qui ne peut obtenir un extrait d'acte de naissance.
Un enfant orphelin est toute personne âgée de moins de 18 ans dont la mère, le père ou les deux parents
sont morts et ce quelle qu’en soit la cause.
Dans le langage courant on dénombre également :
Un enfant parent (autrement dit famille monoparentale de moins de 18 ans) est toute personne âgée de
moins de 18 ans avec un ou plusieurs enfants à sa charge (nées ou à naitre).
Un enfant privé temporairement ou définitivement de protection parentale est toute personne âgée
de moins de 18 ans ne bénéficiant pas de la protection permanente d’au moins un de ses parents, quelles
qu’en soient les raisons et les circonstances.
Un enfant non accompagné est toute personne âgée de moins de 18 ans qui a été séparé de ses deux
parents et d’autres membres de sa famille et n’est pris en charge par aucun adulte à qui la loi ou la
coutume attribue la responsabilité de s’occuper de lui.
Un enfant séparé est toute personne âgée de moins de 18 ans qui a été séparé de ses deux parents ou de
la personne qui était initialement chargée, selon la loi ou la coutume, de subvenir à ses besoins ; il n’est
pas nécessairement séparé d’autres membres de sa famille. Un enfant séparé peut donc être accompagné
par des membres adultes de sa famille.
4. LA STRATEGIE NATIONALE DE PROTECTION – GENERALITES
4.1 Nature de la SNPE
La SNPE se fonde sur la législation nationale, ainsi que sur la CDE et d’autres instruments
internationaux relatifs à la protection de l’enfant, sur des recommandations du Comité de l’ONU sur les
droits des enfants, sur des recommandations pertinentes contenues dans l’Étude des nations unies sur la
violence contre des enfants.
La SNPE traite d’un nombre précis de thèmes liés essentiellement au renforcement d’un système de
protection de l’enfant en Haïti. La présente stratégie ne s’adresse pas à des catégories particulières
d’enfants mais à tous les enfants d’Haïti.
La SNPE tente de lier la protection de l’enfant avec la protection sociale, comme inscrit dans le Plan
Stratégique de Développement d’Haiti ainsi qu’avec des politiques sectorielles de la petite enfance, de la
jeunesse et d’autres plans pertinents à la protection de l’enfant.
La SNPE crée un cadre de référence national pour la protection de l’enfant en Haïti, afin de mieux
coordonner et prioriser des activités étatiques et non étatiques des acteurs dans la protection de l’enfant et
de mettre en œuvre des programmes pertinents à l’échelon national.
14
La SNPE met l’accent sur la prise en compte de la protection de l’enfant dans tous les secteurs. Par
conséquent, même si la SNPE engage directement le gouvernement à travers le MAST et l’IBESR, tous
les autres acteurs qui fournissent des services en faveur des enfants sont concernés, notamment les
institutions qui s’occupent de la justice, de l’éducation, de la santé, des droits des femmes, de l’état civil,
de la formation professionnelle et du travail. Par ailleurs, toutes les autres politiques sectorielles devront
intégrer et prendre en compte les objectifs de protection de l’enfant mentionnés dans la présente stratégie.
La stratégie met l’accent aussi sur le renforcement des capacités du gouvernement et des autres
partenaires et sur la coordination et coopération entre tous les acteurs. Elle souligne l’importance des
partenariats à tous les niveaux, y compris avec les enfants eux- mêmes.
La protection de l’enfant concerne tous les enfants, les familles, les autorités, la société civile et exige une
collaboration entre les divers acteurs.
La SNPE consiste en des actions stratégiques cohérentes pour réaliser ou pour atteindre plusieurs
objectifs:
-
L’engagement politique dans une réponse coordonnée, décentralisée et multisectorielle de protection
de l’enfant.
-
L’harmonisation du cadre normatif - lois, normes, standards, régulations - concernant la protection de
l’enfant avec la CDE et les autres instruments internationaux.
-
Le renforcement des capacités des intervenants.
Le renforcement des connaissances et des capacités des communautés, des familles et des enfants
eux-mêmes par rapport à la protection de l’enfant.
L’établissement d’un système de suivi et d’évaluation.
-
La SNPE sera traduite au niveau opérationnel en plan d'action national et plans d’action départementaux.
Approches :
La création d’un environnement protecteur » : le système de protection et le
changement social
La SNPE d’Haïti n’est pas une stratégie centrée sur des «catégories d’enfants », mais s’applique au
contraire à tous les enfants, car chaque enfant, à n’importe quel moment de son développement, pourrait
être exposé à des facteurs de risques qui pourraient générer une « vulnérabilité » ou un « danger ». C’est
pourquoi cette stratégie vise plutôt à renforcer le système de protection, par le développement et le
renforcement des structures et des mécanismes qui facilitent l'intégration d'un réseau d'interventions et
des politiques pour aborder efficacement de multiples vulnérabilités. C’est à dire, “l’ensemble des lois,
politiques, règlements et services qui, dans tous les secteurs sociaux, en particulier la protection sociale,
l’enseignement, la santé, la sécurité et la justice, permettent de soutenir la prévention et l’action à mener
face aux risques posés.” 35
Un système de protection bien articulé implique aussi de bonnes attitudes de la société en général envers
les enfants. La SNPE se concentre alors sur le renforcement des connaissances sur les questions de
protection, sur les conséquences néfastes des violations du droit à la protection et encourage les attitudes
35
Stratégie de l’UNICEF pour la protection de l’enfance, 20 mai 2008
15
positives existantes qui peuvent faciliter un changement social en faveur du renforcement de la protection
des enfants.
Approche basée sur les droits humains/droits de l’enfant
Le développement de la SNPE et son exécution sont basés sur une approche fondée sur les droits
humains. Les détenteurs d'obligations (prestataires de services), y compris tous les secteurs et parties
prenantes, sont responsables de la prestation des services et les détenteurs de droits (les enfants et leurs
familles) doivent être en mesure de réclamer leurs droits d'accéder et d'utiliser ces services.
La prise en charge familiale
La famille est reconnue comme cellule fondamentale de la société et le contexte naturel de la croissance,
du bien-être et de la protection des enfants. Ainsi les efforts devraient en priorité viser au maintien ou au
retour de l’enfant auprès de ses parents ou, le cas échéant, d’autres membres de sa famille proche.
L’importance du milieu familial pour le développement et la protection de l’enfant est amplement
reconnue par la CDE. Celle-ci stipule l’importance du milieu familial pour les enfants dans son
préambule et son article 20 insiste sur le fait que les Etats portent la responsabilité de fournir une
protection de remplacement à tous les enfants privés de leur milieu familial. La SNPE reconnait aussi
l’importance de considérer le contexte et les besoins des familles dans la protection individuelle de
l’enfant.
Considération de l’âge de l’enfant
L’exécution de la SNPE doit tenir compte de l’âge et du cycle de vie des enfants en prenant connaissance
des besoins spécifiques en fonction de leur âge et du stade de leur développement. Ladite exécution
prendra également en considération les défis et les exigences de développement lors du passage de
l'enfance à l'adolescence et de cette période à l'âge adulte.
L’aspect genre
Les intervenants prendront en compte l’aspect et la dimension de genre entre les garçons et les filles et les
risques et vulnérabilités associés et dépendants du genre dans le développement des réponses respectives.
Multisectorialité
L’approche multi- sectorielle vise à identifier et maximiser les liens entre la protection de l’enfant et les
autres secteurs comme: l'éducation, la santé, la justice et la sécurité, la nutrition, la petite enfance, l'eau et
l'assainissement, l’enregistrement de l’état civil, le VIH / SIDA et la protection sociale.
4.2 Grands axes de la SNPE :
Le lien avec la protection sociale
La SNPE a pour but de créer un lien entre la protection sociale, qui souligne la nécessité de prévenir et de
réduire les vulnérabilités économiques et sociales, et la création d’un environnement protecteur pour les
enfants.
16
Le but de lier la protection sociale avec le système de protection de l'enfant est de faciliter une approche
globale pour le bien-être des enfants. Ceci pour faire face aux vulnérabilités économiques et sociales
causées par la pauvreté et en même temps aux violences, abus, exploitations et négligence envers les
enfants.
Pendant que la protection sociale vise à corriger des vulnérabilités économiques et sociales résultant de la
pauvreté et de la privation, le système de protection de l’enfant vise à corriger des vulnérabilités sociales
spécifiques qui peuvent mener à l'exposition à la violence, l'exploitation, l'abus, la négligence et la
séparation de la famille.
Pendant que les services de protection de l'enfant peuvent directement prévenir et protéger les enfants
contre la violences, l’abus, l’exploitation et la négligences, la protection sociale peut contribuer à la
prévention et la protection en adressant des facteurs de risque sous-jacents de ces violations du droit à la
protection et en même temps augmenter la résilience et la capacité des familles et des communautés à
faire à des difficultés économiques et sociales.
La pauvreté et l'exclusion sociale sont fréquemment des causes de la séparation des enfants de leurs
familles. Des interventions de protection sociale, tels que les transferts sociaux, peuvent améliorer la
capacité des ménages à prendre soin des enfants, prévenir la séparation ou contribuer à la réunification
des familles.
- Assurer un environnement protecteur aux enfants
Un des grands axes de la SNPE est d’assurer un environnement protecteur aux enfants. Les facteurs
contribuant à une protection efficace de l’enfant qui soutiennent un environnement protecteur sont les
suivants 36:
- Engagement des autorités nationales à réaliser le droit à la protection : politiques de protection sociale,
ressources budgétaires appropriées, reconnaissance publique et ratification des instruments
internationaux.
- Législation et mise en œuvre : cadre législatif approprié et application cohérente des lois,
responsabilisation et abolition de l’impunité.
- Services de base et services ciblés: ils consistent à apporter à tous les enfants les services sociaux, les
soins de santé et l’enseignement de base auxquels ils ont droit, sans discrimination, ainsi que des services
ciblés visant à prévenir la violence et l’exploitation. Ils consistent également en une prise en charge, un
appui et une aide à la réinsertion dans les situations de violence, de mauvais traitements et de séparation.
- Capacités des personnes en contact avec les enfants: veiller à ce que les familles, les membres de la
collectivité, les enseignants et les membres des services de santé, des services sociaux et de la police aient
les connaissances, la motivation et l’appui nécessaires pour protéger les enfants.
- Compétences pratiques, connaissances et participation des enfants: impliquer les enfants, garçons et
filles, dans leur propre protection en les informant de leur droit d’être protégés et en leur donnant les
moyens d’éviter les risques et d’y faire face.
36
UNICEF, Stratégie de l’UNICEF pour la Protection de l’Enfance, 2008
17
- Attitudes, traditions, coutumes, comportements et pratiques: normes et traditions sociales condamnant
les pratiques nuisibles et encourageant les pratiques protectrices.
- Débat ouvert associant les médias et les organisations œuvrant en faveur de la protection de l’enfant: le
silence étant un obstacle majeur, il convient d’encourager les pratiques positives et d’assurer la
participation des enfants et des familles.
- Suivi et contrôle: systèmes de contrôle efficaces tels que la collecte de données et le suivi des tendances
et des mesures prises.
- Promotion, prévention, protection/réponse
Toutes les actions de la SNPE se tournent autour de la promotion, la prévention et la réponse des
questions relatives à la protection de l’enfant:
Les mesures de promotion visent à la réduction des risques ;
Les mesures préventives mettent l'accent sur la mitigation des risques;
Les mesures de réponse incluent des mesures de protection qui mettent l'accent sur l'adaptation des
risques.
4.3 Les acteurs de la mise en œuvre de la SNPE
L’atteinte des objectifs de la SNPE dépend de l’efficacité du cadre institutionnel qui dépend, à son tour,
de l’engagement de tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la SNPE.
Les acteurs impliqués dans la protection de l’enfant incluent: le Ministère qui assure le leadership : le
MAST, avec l’IBESR dans le rôle du responsable de la mise en œuvre de la SNPE ; les ministères
sectoriels clés c’est-à-dire le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), le
Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le Ministère à la
Jeunesse, au Sport et à l’Education Civique (MJSAC), le Ministère de la Justice de la Sécurité Publique
(MJSP) et le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). D’autres ministères, notamment:
le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), le Ministère de l’Intérieur et des
Collectivités Territoriales (MICT), le Ministère des Affaires Etrangères et des Cultes (MAE), le Ministère
de la Culture, le Ministère des Travaux Publics, Transports, Communications et Energies (MTPTC) ont
un rôle important à jouer dans le domaine de la protection de l’enfant.
Les autres acteurs incluent également les organisations travaillant en faveur de la protection des enfants,
les parlementaires, les partenaires techniques et financiers, les autorités locales, les médias, les réseaux
communautaires et les groupes cibles bénéficiaires.
Le principal responsable pour l’exécution de la SNPE est l’État, avec les obligations suivantes :
- Respecter ses engagements internationaux parmi lesquels la CDE et ses protocoles ainsi que les autres
conventions relatives aux droits des enfants ;
- Sensibiliser et éduquer sur les principes et les dispositions de la CDE ;
- Harmoniser le cadre légal national avec les conventions signées et ratifiés et remplir les vides
juridiques ;
18
- Prendre des mesures pour garantir l’application effective des lois et règlements ;
- Mettre en place des mécanismes de coordination, de planification, de suivi et d’évaluation pour la
protection de l’enfant ;
- Mobiliser et rendre disponible les ressources nécessaires à la mise en œuvre de la SNPE ;
- Assurer le développement de stratégies spécifiques de protection des enfants ;
- Assurer la qualité des services de protection notamment le renforcement des capacités du personnel y
travaillant ;
- Contrôler les établissements qui prennent les enfants en charge pour assurer leur protection en
conformité aux normes fixées par les autorités.
Les ministères clés ont un rôle déterminant à jouer notamment en assurant un appui au MAST/IBESR
dans la mise en œuvre de la SNPE et dans le suivi de la prise en compte de la protection de l’enfant dans
les programmes, projets et budgets de leurs secteurs.
A cet effet, un point focal de protection de l’enfant sera nommé dans chaque ministère qui sera membre
du CTNPE/GTPE. Il sera responsable de la promotion de l’intégration du thème de la protection de
l’enfant au sein de son ministère respectif.
Les ministères doivent s’engager pour que toutes les politiques sectorielles intègrent et prennent en
compte les objectifs de protection de l’enfant mentionnés dans la présente stratégie. L’objectif est de
soutenir l’intégration effective de la protection de l’enfant dans les interventions des tous les secteurs et
de favoriser la synergie des interventions en faveur de la protection des enfants en Haïti.
Les enfants voient les principaux acteurs responsables comme des acteurs traditionnels et des
acteurs non-traditionnels :
« Par acteurs traditionnels nous voyons ceux qui, en général, sont identifiés comme directement
impliqués dans la protection des enfants et par acteurs non traditionnels, ceux que l’on a tendance à
oublier ou dont on minimise le rôle dans ce domaine.
Les acteurs traditionnels : l’Institut du Bien-Etre Social et de Recherches ; le Ministère de la Justice, le
Ministère de l’Education Nationale ; Le Ministère de la Santé Publique ; Le Ministère à la Condition
Féminine et aux Droits de la Femme; le Bureau du Secrétaire d’Etat à l’Intégration des Personnes
Handicapées, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique ; les parents, professeurs,
les leaders religieux, les enfants, les jeunes et les média etc.
Les acteurs moins traditionnels : Le Ministère des Travaux Publics pour la question de l’accessibilité
des trottoirs, de transports adaptés (enfants handicapés), le Ministère du Commerce pour la question
liée à la sécurité économique des familles à travers l’accès au crédit pour financer des micros
entreprises ; le Ministère de la Communication pour la question de la programmation des stations de
télévision par rapport à la diffusion de programmes appropriés aux enfants etc.
À côté des ministères sectoriels, la Police Nationale d’Haïti (PNH), surtout la Brigade de Protection des
Mineurs (BPM), la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP) et les tribunaux jouent un rôle
majeur dans la protection de l’enfant. Il en est de même du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire
(CSPJ), l’organe qui contrôle et supervise le travail des juges.
19
Le Parlement
Les députés et les sénateurs sont des partenaires potentiels dans le plaidoyer pour la promotion du droit à
la protection des enfants et la mobilisation des ressources. Le Comité des Affaires Sociales des deux
chambres peut s’impliquer dans la mise en œuvre de la SNPE et jouer un rôle déterminant dans le
plaidoyer au sein de l’Assemblée Nationale et du Sénat afin de faire voter d’autres textes légaux adéquats
en faveur de la protection de l’enfant.
L’Office de la Protection du Citoyen (OPC)
L'Office de Protection du Citoyen d'Haïti est l'institution nationale indépendante de promotion et de
protection des droits humains. L’OPC comporte une unité de protection de l’enfant. Tout individu ou
groupe peut saisir l’OPC par lettre, téléphone, fax ou email. L’OPC peut aussi s’autosaisir d’un dossier.
Les enfants ont ainsi la possibilité de dénoncer les cas d’abus directement à l’OPC.
Les Organisations Non- gouvernementales de Droits Humains et de la protection de l’Enfant
Les ONGs, OBCs et associations travaillant dans le domaine de la protection de l’enfant, en partenariat
avec l’IBESR et les autres ministères impliqués, seront au cœur de l’exécution de la SNPE dans le cadre
du partenariat qui va s’établir autour de sa mise en œuvre à partir de protocoles qui seront établis entre
l’IBESR et ces organisations de la société civile.
Les Partenaires Techniques et Financiers
L’ampleur des objectifs et des résultats attendus de la SNPE et l’insuffisance des ressources de l’Etat
requièrent une collaboration étroite avec la communauté internationale pour un appui technique et
financier indispensable à l’exécution de la SNPE.
Le CNCPE sera le cadre de coordination et de concertation pour les partenaires qui vont intervenir dans la
mise en œuvre de la SNPE et surtout dans l’appui technique et la mobilisation des ressources nécessaires
à la réalisation des actions du Plan d’Action National de Protection de l’Enfant.
Les Autorités Locales ASEC/CASEC et les Mairies
Les collectivités locales et les mairies, de concert avec les services techniques déconcentrés, auront un
rôle déterminant à jouer dans la planification, la budgétisation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation
des actions de protection de l’enfant au niveau départemental et communal.
Les Comités/les Réseaux de Protection de l’Enfant
Les Comités/les Réseaux de Protection de l’Enfant, entités communautaires, établies pour assurer la
promotion et la sensibilisation sur les droits des enfants et leur protection, jouent un rôle déterminant au
niveau local dans la prévention des violences, d’abus, d’exploitation et de négligence et dans la réponse
aux violations.
Les médias
Les médias seront des partenaires pour informer et sensibiliser la population. Ceci à travers le plaidoyer
auprès des autorités politiques et des leaders d’opinion pour un changement de comportement et la
création d’un environnement protecteur pour les enfants en Haïti.
Les Universités
20
Les universités seront des partenaires dans l’intégration des questions de la protection de l’enfant dans les
curricula de leurs facultés. Ainsi la Faculté des Sciences Humaines (FASH), la Faculté d’Ethnologie et la
Faculté de Droit et des Sciences Economiques auront à contribuer par l’enseignement et la recherche à la
mise œuvre de la SNPE. Une étroite collaboration est envisagée avec la FASH dans le cadre du
renforcement des ressources humaines de l’IBESR.
Les autres acteurs
La responsabilité de la protection des enfants incombe également à toutes les structures non étatiques,
institutions et professionnels, comme les infirmières et les écoles de formation des enseignants ainsi que
des institutions qui travaillent pour et avec les enfants, comme les écoles supérieures de jardinières
d’enfant. Cette responsabilité s’étend aux parents et à la famille élargie, au secteur privé, aux
communautés religieuses et à la société civile.
Tous ces acteurs jouent un rôle en appui aux obligations étatiques. Leurs contributions doivent donc être
facilitées et soutenues par l’Etat, sous réserve du respect de l’adoption des standards, des normes et
protocoles de qualité et d’efficacité.
4.4 Opérationnalisation de la SNPE
Plan opérationnel national et plans opérationnels départementaux
La SNPE est complétée par un Plan d’Action National de Protection de l’Enfant (PANPE) et des Plans
d’Action Départementaux de Protection de l’Enfant (PADPE).
Budget
La mise en œuvre de la stratégie devra s’accompagner d’engagements budgétaires pour attribuer les
financements nécessaires afin de réaliser les activités soulignées dans les plans d’action. Cela impliquera
un travail de plaidoyer auprès de chaque ministère concerné ainsi qu’auprès de l’ensemble des bailleurs
de fonds internationaux.
Suivi et évaluation
La réalisation de la SNPE sera accompagnée par un mécanisme de suivi et d’évaluation, tel que décrit
dans le cadre logique et exécuté par les Comités de Coordination de Protection de l’Enfant (CCPE, les
GTPEs) au niveau national, départemental et communal.
5. LA STRATEGIE NATIONALE DE PROTECTION DE L’ENFANT
5.1 Vision, Principes Fondamentaux et Objectifs de la SNPE
La Vision de la SNPE est la suivante :
« La création d’un environnement protecteur qui garantit le développement et l’épanouissement de tous
les enfants »
Les rêves des enfants :
21
7-12 ans
Nous rêvons d’une Haiti où tous les enfants sans discrimination, trouvent l’accompagnement dont ils
ont besoin, la sécurité, où la paix règne, tous les enfants vont à l’école, les élections se font
différemment, une Haiti où il fait bon vivre, dans un environnement sain, fleuri, reboisé et où les
enfants jouent…
13-14 ans
Nous rêvons d’une Haïti où il y a assez de centre de santé- une Haïti où il y a moins de chômage afin
que les parents puissent prendre en charge et protéger leurs enfants ; une Haïti où l’Etat applique les
lois contre les médecins qui trafiquent les organes des enfants, ceux qui refusent de donner des soins
aux enfants et contre tous ceux qui violent les droits des enfants ; une Haiti où les enfants ont
l’opportunité de mettre leurs talents en valeur ; Une Haiti où les abus disparaissent et où la joie, le
respect et l’amour règnent ; une Haiti respectée de toutes les autres nations et qui respecte les droits
de ses enfants.
15-16 ans
Nous rêvons d’une Haiti où tous les enfants vont à l’école, où il n’y a plus aucun enfant dans les rues,
les enfants vivent en sécurité et jouissent tous des mêmes droits, qu’ils soient handicapés ou pas, riches
ou pauvres ; où les enfants ont accès aux soins de santé, où il y a des programmes visant à faire
respecter le droit des enfants, un pays où il y a de belles places publiques pour que les enfants
s’amusent, où la violence n’existe pas et où les enfants vivent dans leur famille, pour qu’il n’y ait plus
de domesticité.
17 ans
Nous rêvons d’une Haïti où les enfants vivent dans la joie, où les enfants ne sont plus considérés
comme les jouets des adultes, où leurs droits sont respectés et où leur voix est entendue dans toutes les
décisions qui concernent le développement du pays.
Les principes fondamentaux et valeurs des intervenants :
La SNPE est guidée par sept principes fondamentaux, qui doivent être prises en considération par tous les
acteurs dans le domaine de protection de l’enfant. Ces principes incluent:
Les 4 principes de la CDE:
Principe 1: La non-discrimination
La non-discrimination, qui garantit tous les droits énoncés dans la CDE à tout enfant relevant de leur
juridiction, sans distinction aucune, indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe,
de langue, de religion, d'opinion politique ou autre de l'enfant ou de ses parents ou représentants légaux,
de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur incapacité, de leur
naissance ou de toute autre situation.
Principe 2: Intérêt supérieur de l’enfant
L’article 3 de la CDE prévoit que « L’Intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale
dans toutes les mesures qui affectent les enfants.” Le Comité́ des droits de l’enfant des nations unies
renforce la compréhension et l’application du droit de l’enfant à ce que son intérêt supérieur soit évalué́ et
soit une considération primordiale. L’objectif global de l’article 3 est de promouvoir un véritable
changement dans les attitudes, qui favorise le plein respect de l’enfant en tant que titulaire de droits.
Dans son “observation générale” du comité, l’article 3 de la CDE fixe un cadre comportant quatre types
différents d’obligation pour les États parties:
22
a) L’élaboration de toutes les mesures d’application que les gouvernements prennent;
b) Les décisions sur des cas individuels rendues par les autorités judiciaires ou administratives ou par des
entités publiques par l’intermédiaire de leurs agents qui concernent un ou plusieurs enfants déterminé́ (s);
c) Les décisions adoptées par des entités de la société́ civile et par le secteur privé, notamment des
organisations commerciales et des organisations à but non lucratif fournissant des services qui concernent
les enfants ou ont une incidence sur eux;
d) Les lignes directrices relatives aux actions menées par les personnes qui travaillent avec et pour les
enfants, notamment les parents et les pourvoyeurs de soins 37
Principe 3: Survie et Développement
Le droit à la vie est un droit universellement reconnu pour tous les êtres humains. Pour les enfants, le
droit à la vie, prévu dans l’article 6 de la CDE, est la chance de pouvoir vivre sa vie d’enfant et avoir la
possibilité de grandir, se développer et devenir adulte. Ce droit comporte deux aspects essentiels : le droit
d’avoir sa vie protégée dès la naissance et le droit de pouvoir survivre et se développer convenablement 38.
Principe 4: Participation de l’enfant
L’article 12 de la CDE donne aux enfants le droit d’avoir un rôle actif dans leur propre vie et de participer
aux décisions les concernant. De plus, le droit à la participation est aussi un moyen pour obtenir justice et
pour dénoncer les abus. Ainsi, la participation permet aux enfants de s’opposer aux violations de leurs
droits et d’entreprendre des actions pour pro- mouvoir et protéger ces droits. En ratifiant la CDE, les Etats
parties garantissent à l'enfant qui est capable de discernement le droit d'exprimer librement son opinion
sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment prises en considération eut égard à
son âge et à son degré de maturité.
CONTRIBUTION DES ENFANTS DANS LE PROCESSUS
Les enfants ont droit à la Protection mais sont aussi des acteurs dans leur propre protection. Les
participants ont ainsi identifiés des actions que les enfants peuvent mettre en œuvre afin de participer
au processus visant à garantir un environnement protecteur aux enfants. De ces actions citons:
1) S’organiser et faire du plaidoyer par devant les autorités afin de les porter à respecter leurs
engagements et à en prendre d’autres en faveur du respect des droits des enfants, notamment
la mise en œuvre de la stratégie en développement ;
2) Dénoncer les cas d’abus et de violence contre les enfants en exigeant le respect de la
37
confidentialité
Comité́ des
droits de ;l’enfant, Convention relative aux droits de l’enfant, Distr. Générale 29 mai 2013,
Observation
générale
no 14
(2013) sur le avec
droit les
de l’enfant
pour queavec
son leurs
intérêtparents
supérieur
soit unemembres
considération
3) Partager leurs
connaissances
autres enfants,
et autres
de
primordiale (art.3, par1)
leur communauté ;
4) Etre eux-mêmes des modèles pour les autres enfants, en respectant les autres et en prenant
38
leurs responsabilités ;
http://www.humanium.org/fr/comprendre-2/droit-a-la-vie/
5) Faire de la sensibilisation dans leur communauté ;
6) Faire du volontariat dans les centres hébergeant les enfants ;
7) Participer dans le suivi de la mise en œuvre de la SNPE.
23
Trois principes additionnels étaient déterminés par les acteurs impliqués dans la protection de l’enfant :
Principe 5: L’engagement des tous les acteurs dans la protection de l’enfant
L’engagement pour les enfants et leur protection à été identifié comme primordial par les acteurs de la
protection de l’enfant dans leur travail quotidien.
Principe 6: Le respect pour tous les droits des enfants
Comme les droits humains sont tous interdépendants et indivisibles, le droit de protection de l’enfant
dépend aussi du respect des autres droits de l’enfant, comme élaborés dans la CDE. Tous les droits,
sociaux, culturels, économiques, civils et politiques, sont indivisibles et interdépendants, tous et chacun
d'entre eux étant inhérents à la dignité humaine de l'enfant.
Principe 7: La participation des communautés et des familles
La participation des familles et des communautés dans la protection des enfants, leur implication comme
acteurs informés dans la planification et l’implémentation ainsi que dans le suivi et l’évaluation des
activités, projets et programmes pour la protection des enfants est reconnue par les acteurs.
5.2 Les Objectifs de la SNPE :
Objectif 1
Formaliser et renforcer l’engagement de l'État dans la mise en œuvre de la SNPE et dans la
protection de l’enfant dans son ensemble
Objectif 2
Compléter et appliquer le cadre normatif concernant la protection de l’enfant
Objectif 3
Renforcer les services de protection
Objectif 4
Renforcer les connaissances et capacités des communautés, des familles et des enfants
Objectif 5.
Etablir un système de suivi et évaluation
6. OBJECTIFS, SOUS OBJECTIFS ET ACTIONS STRATEGIQUES DE
LA SNPE
Objectif 1 : Formaliser et renforcer l’engagement de l'État dans la mise en œuvre de la
SNPE et dans la protection de l’enfant dans son ensemble
L'engagement de l’Etat à promouvoir, respecter, protéger et réaliser le droit de l'enfant à la protection est
un élément clés de l’environnement protecteur. L’État haïtien a montré son engagement politique, entre
autre, par la ratification des instruments internationaux, le renforcement des lois nationales, son
24
engagement de développer et exécuter la SNPE.
La SNPE vise à formaliser le leadership dans la coordination et le cadre de coopération avec des
différents secteurs et acteurs ainsi que l’intégration de la protection dans les politiques des autres secteurs
et la sécurisation d’un budget pour l’exécution de la SNPE.
Résultat 1 : Les acteurs dans la protection collaborent et s’engagent sous le leadership de
MAST /IBESR dans une programmation et une réponse coordonnée, décentralisée et
multisectorielle en protection de l’enfant avec un budget doté selon l’identification des
besoins
Sous-Objectif
Actions stratégiques:
Sous Objectif 1.1
Renforcer le Groupe de Travail sur la Protection de l’Enfant (GTPE)
pour remplir son rôle en matière de protection de l’enfant
Formaliser le
Etablir des mécanismes de coordination au niveau départemental
leadership et la
coordination dans la
protection de l’enfant Etablir des mécanismes de coordination au niveau communal
Renforcer la coordination des groupes techniques/thématiques,
stratégiques
Renforcer des groupes stratégiques
Sous Objectif 1.2
Engager les
ministères clés
(MAST, MCFDF,
MENFP, MJSP,
MSPP, MJSAC)
dans la mise en
œuvre de la SNPE
Clarifier les rôles et responsabilités de tous les ministères concernés
par la protection de l’enfant
Nommer un point focal de protection de l’enfant dans chaque
ministère qui sera membre du CTNPE/GTPE
Développer des Protocoles de Coopération
Mettre en place un Comité Interministériel
Inclure/intégrer les questions de protection de l’enfant dans les
documents stratégiques, les politiques sectorielles et les Plans d’Action
des Ministères clés
Établir des liens entre la SNPE et la protection sociale et assurer une
considération des enfants et familles vulnérables dans la Politique de
Protection Sociale de l’Etat
Officialiser le Comité Intra-Institutionnelle de lutte contre la Traite des
personnes
Etablir un Comité Exécutif sur l’implémentation du Plan de
Désinstitutionalisation des Enfants
25
Enregistrement des naissances : Établir la coopération entre les
Ministères (Intérieur, Justice, Culture) et l’IBESR
Sous Objectif 1.3
Mobiliser et rendre
disponible des
ressources pour la
mise en œuvre des
activités comme
présentées dans le
cadre du Plan
d’Action budgétisé
Sous Objectif 1.4
Planifier et budgétiser des actions en matière de protection de l’enfant
(Plan d’Action budgétisé)
Faire le Plaidoyer pour l’allocation d’un budget de fonctionnement et
de programmation au MAST et dans les différents ministères
concernés pour la gestion et la coordination de la SNPE,
Développer un plan de mobilisation de ressources alternatives
Rendre disponible les ressources pour la protection de l’enfant
Développer des stratégies/Plans d’Action spécifiques pour les
questions de protection les plus urgentes
Développer des
stratégies spécifiques Renforcer la question de la protection de l’enfant dans le plan inter
pour les questions de agences de préparation pour l’urgence
protection de l’enfant
les plus urgentes
Sous Objectif 1.5
Développer un cadre
de coordination des
interventions de la
société civile dans la
protection des
enfants
Créer un comité d’évaluation et de priorisation des projets de
protection de l’enfant
Renforcer des entités au sein du gouvernement qui supervise des
organisations de la société civile travaillant dans protection de l'enfant
(ONG, associations/fondations)
Développer des protocoles de coopération standardisée
Rédiger et signer des protocoles de coopération avec tous les
partenaires
Développer une législation sur les associations
Sous Objectif 1.6
Ratifier des
instruments
internationaux
Ratifier des instruments internationaux non encore ratifiés par Haïti :
(3ième Protocole à la CDE, Convention de NU sur l’Apatridie,
Convention des NU sur la Torture)
26
Objectif 2 : Compléter et appliquer le cadre normatif concernant la protection de
l’enfant - des lois, normes, standards, régulations
Un cadre normatif solide - une législation et des normes, standards et règles en harmonie avec des
instruments internationaux - et l’application de ce cadre normatif sont des éléments fondamentaux pour
protéger les enfants.
Au cours des dernières années, l’État haïtien a démontré de grands efforts pour adopter un cadre normatif
en harmonie avec la législation internationale.
La SNPE vise à compléter ce cadre normatif, fournir à la population haïtienne des informations sur ce
cadre et assurer l’application de la législation, des normes, standards et règlementations par les acteurs.
Résultat 2 : Le cadre normatif concernant la protection de l’enfant - des lois, normes,
standards, règlementations – est harmonisé avec la CDE et les autres instruments
internationaux, sont connus par la population et les acteurs et appliqués
Sous-Objectif
Actions stratégiques:
Sous Objectif 2.1
Analyser la législation nationale par rapport à la protection de
l’enfant pour identifier les divergences entre la constitution, les
instruments internationaux de protection de l’enfant ratifiés, les lois
et les décrets
Harmoniser le cadre
normatif concernant
la protection de
l’enfant avec les
instruments
internationaux des
droits de l’homme
ratifiés par Haïti et
la constitution
haïtienne
Compléter la réforme législative en cours en vue de s’assurer que la
protection de l’enfant soit toujours garantie
Faire le plaidoyer pour l’adoption du Code de Protection de l’Enfant
auprès des partis politiques, du Parlement et des parlementaires de la
50e législature
Responsabiliser les acteurs pertinents à élaborer et faire le plaidoyer
pour adopter le Code de la Famille auprès des partis politiques et
des parlementaires de la 50e législature
Développer et adopter une loi cadre sur les familles d’accueil
Développer et adopter les décrets d’application nécessaires
Réviser le décret de 1971 et développer des standards minima
Développer des procédures opérationnelles et standards pour la
gestion des vulnérabilités les plus importantes
Uniformiser les lignes directrices pour l’évaluation de la situation de
l’enfant
27
Sous Objectif 2.2
Vulgariser les
législations/le cadre
normatif en vigueur
Sous Objectif 2.3
Renforcer et former
le personnel requis à
leur mise en ouvre
Diffuser, vulgariser et sensibiliser sur les instruments légaux
nationaux et internationaux et tout le cadre normatif relatifs à la
protection de l’enfant auprès de tous les professionnels et
intervenants et dans les communautés
Analyser les difficultés dans l’application de la législation, des
normes, et standards, etc. /identifier les besoins en formation
Développer des partenariats avec les institutions de formation
(universités, école de la magistrature)
Renforcer le lien entre les différents acteurs judiciaires et la police
et assurer la formation de ceux-ci sur le nouveau cadre légal de
protection
Assurer la formation des juges et magistrats, avocats et huissiers
Augmenter les ressources humaines dans les juridictions (un juge
des enfants pour chaque juridiction)
Disséminer/former sur /intégrer/appliquer des standards par rapport
aux enfants en conflit avec la loi
Développer un protocole d’accord entre les barreaux, le Ministère de
la Justice et le CSPJ pour l’assistance légale des enfants.
Objectif 3 : Renforcement des services de base par rapport aux questions de protection
de l’enfant
La prestation des services de base, y compris les services sociaux, médicaux et juridiques 39, ainsi que la
protection sociale est généralement faible et par rapport aux services destinés aux enfants dans le cadre de
la protection de l’enfant, cette faiblesse est éclatante.
La SNPE vise à apporter à tous les enfants les services sociaux, psycho-sociaux, médicaux et juridiques
visant à prévenir et répondre à la violence, l’abus, l’exploitation. Elle vise également une prise en charge
efficace et un appui à la réinsertion des enfants. La stratégie vise finalement à renforcer le secteur
éducation, les enseignants et les directeurs d’écoles dans la protection de l’enfant en mettant le
renforcement des capacités des intervenants au centre de ses actions stratégiques. Une attention spéciale
est également mise sur la nécessité de renforcer la protection sociale.
La SNPE a aussi comme but d’améliorer l’efficacité des mesures de promotion, prévention et réponse aux
violations du droit à la protection en renforçant les synergies et complémentarités d’interventions.
Puisque la séparation familiale est une des questions et préoccupations les plus ardentes, le centre d'intérêt
de ce sous objectif porte sur la réforme du système de prise en charge des enfants, incluant la prise en
charge alternative.
39
Les services juridiques sont traités dans l’Objectif 2 de la SNPE
28
Résultat 3: Les structures et services gouvernementaux et ceux des organisations œuvrant en
faveur de la protection de l’enfant sont dotés de capacités techniques et sont opérationnels
en vue de prévenir et répondre aux violations du droit à la protection de l’enfant
Sous-Objectif
Sous Objectif 3.1
Restructurer et
renforcer des
services de l’ IBESR
pour assurer une
couverture cohérente
et de qualité de la
protection des
enfants
Actions stratégiques:
Plaidoyer pour l’adoption de la Loi Cadre de l’IBESR
Voter, promulguer et mettre en œuvre la Loi Cadre de l’IBESR
Exécuter un audit interne au niveau de l’IBESR/diagnostic
organisationnel et professionnel
Faire le plaidoyer pour un renforcement des ressources financières et
matérielles
Renforcer les ressources humaines en augmentant le nombre du
personnel technique alloué à l’IBESR
Systématisation des profils de poste des agents de l’IBESR
Développer des profils de poste spécifiques aux travailleurs sociaux
et autres professionnels de la protection de l’enfance, cela dans
chacun des cadres d’intervention
Revoir les formations en travail social proposées par l’Université
d’Etat d’Haiti (UEH) – (à développer en conjonction avec les besoins
de la réforme de l’IBESR)
Faire un plaidoyer auprès de l’UEH pour l’adoption de cursus plus
pertinents en fonction de l’évolution de l’IBESR
Renforcement des capacités par des formations systématiques et
concrètes sur le terrain pour les acteurs clés
Décentraliser les services de l’IBESR dans tous les départements
Renforcer les liens entre l’IBESR et le service des affaires sociales
au niveau des Mairies et les rendre opérationnels par rapport à la
protection des enfants et assurer les mécanismes de coordination
avec les cellules de protection communautaire
Intégrer la protection de l’enfant dans les plans de développement
communal
Développer des outils standardisés pour tous les agents de terrain
Mettre en place un service de famille d’accueil au sein de l’IBESR
Développer un Code de Conduite pour tous les acteurs intervenants
29
dans la protection de l’enfance
Finaliser le travail sur les procédures d’opérations standard pour la
réduction des vulnérabilités
Sous Objectif 3.2
Faire un plaidoyer pour rendre opérationnel 7 jours sur 7 le numéro
d’urgence de l’IBESR
Institutionnaliser des formations sur la protection de l’enfant pour
tous les agents de la PNH
Renforcer le personnel de la BPM au niveau des départements
Renforcer les
services de la PNH
Assurer des formations thématiques spécifiques : alternatives à
par rapport à la
protection de l’enfant l’incarcération, justice restauratrice, accueil et entretien avec les
enfants
Renforcer les capacités de soutien psychosocial
Sous Objectif 3.3
Renforcer des
services de :
- la coordination
départementale du
MCFDF
- la santé,
- l’éducation,
- l’enregistrement à
la naissance,
- l’OPC
Renforcer les mécanismes de contrôle dans les zones frontalières
Développer des stratégies de renforcement des services de protection
dans tous les secteurs
Renforcer les mécanismes existants à travers les ASECS et les
organisations à base communautaire
Renforcer la coordination départementale du MCFDF par rapport aux
questions de la protection de l’enfant
Renforcer les services de santé par rapport aux questions de la
protection de l’enfant
Renforcer les services d’accueil de l’Organisation Nationale des
Migrations (ONM) par rapport à la protection des enfants rapatriés
par rapport à la
protection de l’enfant et/ou victimes de traite des enfants
Renforcer les services d’enregistrement à la naissance
Renforcer les écoles/directeurs/enseignants par rapport aux questions
de la protection de l’enfant
Systématiser l’appui psychologique et psycho-sociale dans tous les
départements
Renforcer l’OPC et disséminer des informations sur le rôle de l’OPC
Vulgariser les services sociaux et de protection du MAST et
régulariser l’application des normes
Sous Objectif 3.4
Renforcer la couverture et la qualité des services de protection sociale
auprès des familles et des enfants en difficulté et/ou à risque
30
Développer des
programmes
d’activités de
protection sociale
pour les enfants des
familles vulnérables
(familles d’accueil et
biologique)
Sous Objectif 3.5
Développer un
système de référence
entre les services
Développer un système de renforcement économique des familles
vulnérables (Associations d’Epargne et Crédit et/ou transfert en
espèces, associations de production et coopératives).
Développer et maintenir/actualiser une cartographie des intervenants /
des services des intervenants
Clarifier les rôles et responsabilités des intervenants et leur
collaboration et coordination au niveau local
(IBESR/BPM/Justice/MCFDF/Santé, comités de protection, ONG et
OBC
Renforcement des actions intersectorielles entre les services
Renforcer/formaliser le système de référence
Développer un protocole de référencement
Développer, avec les institutions et organisations existantes dans la
protection de l’enfant, des partenariats pour mettre en place un
système de signalement des cas
Mettre en œuvre le principe de la non séparation familiale
Sous Objectif 3.6
Renforcer le principe de la priorité de la réunification familiale
Reformer le système
de prise en charge
des enfants
Renforcer le principe de la non-institutionnalisation dans le travail de
l’IBESR
Régulariser/ clarifier le processus de placement d’enfant en urgence
temporaire (Etablir un dispositif de placement en urgence).
Établir des services d’urgence/maison d’hébergement au niveau de
chaque département
Créer et renforcer des formes de prise en charge alternatives : prise en
charge par des proches/ la famille élargie ; famille d’accueil ; Modes
de vie indépendants, sous supervision
Adoption : promouvoir l’adoption nationale, respecter le processus
établi par la loi réformant l’adoption, renforcer la cellule
pluridisciplinaire et le service d’adoption de l’IBESR
Fermer progressivement les maisons d’enfants
Pour les institutions : assurer le respect des standards minima de prise
31
en charge institutionnelle
Intégrer les enfants handicapés dans les services ordinaires et
faciliter leurs accès vers des services spécialisés
Objectif 4 : Renforcer les connaissances et capacités des communautés, des familles et
des enfants par rapport à la protection de l’enfant
La capacité des familles et des communautés de protéger leurs enfants est une autre composante
essentielle de l'environnement protecteur. Cette capacité est influencée par les attitudes à travers des
enfants, des connaissances sur les questions de la protection et des capacités et ressources pour agir en
faveur des enfants. Dans ce contexte, il est également fondamental, que les enfants eux-mêmes aient des
connaissances et capacités de participer dans toutes les questions qui affectent leur vie et d’impliquer les
enfants dans leur propre protection.
La SNPE vise à organiser des campagnes et des séances d’information et de sensibilisation et de
renfoncement des capacités des familles, des communautés et des leaders communautaires ainsi que des
enfants. Le renforcement des connaissances et capacités inclut aussi des habilitations sur la prise en
charge des enfants. Le renforcement de la participation des enfants est reconnu comme une des éléments
clés de la SNPE. Ceci est reflété dans un des principes fondamentaux de cette stratégie.
Résultat 4 : Les familles, communautés et enfants ont des connaissances et capacités
d’être des acteurs proactif dans la protection
Sous objectif
Action stratégique
Sous Objectif 4.1
Mener une enquête pour identifier les besoins/les défis majeurs par
rapport aux nécessités de renforcement des capacités
Renforcer les
connaissances des
intervenants en
matière de
protection de
l’enfant
Développer une stratégie de communication sur des questions de
protection de l’enfant
Organiser des campagnes sur les droits des enfants/la protection des
enfants au niveau communautaire durant des
occasions/journées spéciales
Développer des campagnes spécifiques
Sensibiliser sur des questions de la protection de l’enfant
Sensibiliser les médias sur les questions de protection
Promouvoir la participation de l’enfant
Mener des études périodiques: attitudes à travers des enfants et
changement des attitudes
32
Sous Objectif 4.2
Renforcer les
capacités des
leaders
communautaires,
religieux et des
comités de
protection
Mener une enquête pour identifier les besoins/les défis majeurs par
rapport aux nécessites de renforcement des capacités
Renforcer des capacités des leaders communautaires et religieux
d’adresser des questions de protection
Renforcer des capacités des comités/réseaux de protection pour faciliter
la mobilisation sociale
Renforcer des capacités dans la communication, le plaidoyer, la
mobilisation sociale et pour une participation réelle et significative
Sous Objectif 4.3
Renforcer les
capacités des
familles et
communautés dans
la protection et la
prise en charge des
enfants (appui aux
parents, familles
d’accueil et
familles élargies)
Organiser une enquête pour identifier les besoins/les défis majeurs par
rapport aux nécessités de renforcement des capacités
Assister à l’établissement/organisation des installations et activités
communautaires/scolaires
Mettre en œuvre des programmes d’éducation parentale et de prise en
charge
Assurer aux familles vulnérables un meilleur accès à la protection
sociale
Renforcer les capacités des familles et des communautés à répondre aux
besoins psychosociaux des enfants vulnérables et de leurs responsables.
Supporter l'autonomisation économique par des moyens de subsistance
durable
Sous Objectif 4.4
Identifier les structures de jeunes et des enfants existantes
Assurer la
participation de
l’enfant, ses
connaissances,
compétences de vie
et résilience
Mener une enquête sur le niveau de connaissance des enfants en
matière de droits et protection de l’enfant
Développer des stratégies pour impliquer les enfants dans toutes les
initiatives qui les concernent
Développer des outils de communication adaptés aux enfants/jeunes
selon les tranches d’âge
Sensibiliser les enfants sur leurs droits/des questions de protection à
travers les écoles
Sensibiliser sur des questions de violence dans les écoles (« safe
school »)
Etablir, au niveau national et départemental des pools des enfants
formés sur leurs droits, les techniques de plaidoyer et les pratiques de
33
communication de base
Rendre le Parlement des Enfants opérationnel et effectivement
représentatif, au niveau central et local
Assurer, faciliter la participation des enfants à la conception et au suivi
des activités/projets/programmes de protection de l'enfant
Aider les enfants et les adolescents à gérer les risques et les défis
Renforcer ou créer les clubs de jeunes, les clubs de débat, les clubs de
discussion en ce qui a trait à la protection de l’enfant
Faciliter la création des comités des enfants comme point de leadership
des enfants par rapport à la protection des enfants en milieu scolaire
Former des pairs éducateurs
Incorporer des propositions des enfants dans les plans
gouvernementaux et municipaux
Objectif 5 : Etablir un système de suivi et évaluation
La multitude des acteurs et des activités dans la protection de l’enfant en Haïti ainsi que le manque d’un
cadre unique de suivi et d’évaluation contribuent actuellement à la difficulté de suivre toutes les activités
réalisées dans le domaine de protection de l’enfant et d’évaluer leurs résultats.
La SNPE favorise un suivi et des évaluations régulières des activités décrites dans la présente stratégie et
dans son plan d’action annuel. Ce plan facilitera l’harmonisation, la coordination, le suivi et l’évaluation
des interventions de protection de l’enfant entre les différents acteurs de la protection. En ce sens, le plan
d’action de la SNPE permet la réalisation d’un cadre de suivi fiable et périodique des avancements dans le
domaine de la protection de l’enfant. La stratégie vise aussi à renforcer des capacités des intervenants
pour mener le suivi et des évaluations.
Résultat 5 : Le Système de collecte et gestion des données est renforcé et la planification et
la réalisation des programmes, projets et activités sont basées sur l’évidence, le suivi et
l’évaluation
Sous Objectif 5.1
Veiller à la mise en
œuvre effective et
efficace de la SNPE
et à la
responsabilisation
de tous les acteurs
Faire le suivi des actions et programmes de protection de l’enfant à tous
les niveaux
Suivi au niveau départemental, communal et local :
- la coordination de la mise en œuvre des activités selon les plans
d’action
- la collecte et l’analyse des données
- la préparation des rapports
34
impliqués
Sous Objectif 5.2
Développer un
système de suivi et
d’évaluation
harmonisé
Identifier les besoins en information de l’Etat en matière de suivi et
d’évaluation de la protection de l’enfant
Identifier les besoins en information de l’IBESR à partir des documents
existant au niveau de l’IBESR
Consolider des diagnostiques, les sources de données existantes à partir
des différents rapports d’étude disponibles à l’IBESR
Mener des études spécifiques
Création d’un « dépôt/banque » (stock/ collection) des études /un site
web
Renforcement de l’intégration des indicateurs sur la protection de
l’enfant dans les enquêtes nationales… (IHSI, EMMUS) 40
Mettre en place un système harmonisé de collecte et de rapportage des
données sur la protection de l’enfant au sein du MAST et coordonné par
un département de recherches au sein de l’IBESR 41
Définir et/ou harmoniser les indicateurs de services servant à mesurer
les activités/interventions de l’IBESR à tous les niveaux (central,
départemental, communal et communautaire)
Créer des mécanismes de surveillance au niveau des départements
Rendre accessible et disséminer des données
Sous Objectif 5.3
Renforcer les
capacités des
acteurs pour la
gestion du système
de suivi et
d’évaluation
Renforcer les capacités de collecte, reportage, analyse et gestion des
données
Renforcer les capacités en suivi et évaluation
Renforcer les capacités en suivi et évaluation dans des situations
d’urgence
40
IHSI: Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique, EMMUS : Enquête Mortalité Morbidité et Utilisation des
Services
41
Ceci à travers un dispositif de gestion des technologies de l’information et de la communication, avec un logiciel
adapté à cet effet, pour une meilleure gestion de base de données.
35
Des pistes des solutions pour mieux protéger les enfants, identifiés par des enfants :
- Augmenter le budget relatif aux programmes de protection de l’enfant dans les différents ministères
concernés
- Mettre en place une institution étatique qui a la responsabilité de s’assurer que toutes les lois
concernant les enfants sont appliquées (contrôle)
- Rendre accessible aux enfants les informations concernant les programmes mis en œuvre et les lois les
concernant
- Programme de sensibilisation pour inciter les parents à pratiquer une méthode de planification familiale
- Mettre en œuvre un programme de sensibilisation contre la drogue et l’alcool dans les écoles
- Mettre en œuvre un programme contre la violence faites aux enfants handicapés
- Mettre en place une brigade spéciale aux abords des écoles pour surveiller les prédateurs (zo kiki)
- Inclure la gestion de conflit dans le curriculum des enfants
- Exercer un contrôle systématique des maisons d’enfants et sanctionner celles qui encouragent les
parents à abandonner leurs enfants
- Mettre en œuvre un programme de réinsertion sociale et de rééducation effectif pour les enfants en
conflit avec la loi
- Installer et/ou réhabiliter des lampadaires dans les rues et réguler l’alimentation en électricité.
Renforcer les capacités des acteurs suivant leurs besoins
7. COORDINATION ET COLLABORATION : GESTION DE LA
STRATEGIE NATIONALE DE PROTECTION DE L’ENFANT
La coordination entre les acteurs étatiques et non étatiques du secteur de la protection de l’enfant est
garantie au niveau national, départemental et communal.
La coordination vise à assurer la mise en œuvre efficace et effective de la SNPE, incluant la planification,
le suivi et l’évaluation cohérente des interventions dans le domaine de la protection de l’enfant et une
meilleure mobilisation et utilisation des fonds pour la protection de l’enfant.
Mécanisme de coordination au niveau national:
Le Comité National de Coordination de Protection de l’Enfant (CNCPE)
Au niveau national le Groupe de Travail Protection de l’Enfant (GTPE) national remplira son rôle en
36
matière de protection de l’enfant en fonction d’un CNCPE, assumant la responsabilité première des
actions de protection des enfants. Il va jouer un rôle essentiel dans la coordination, le suivi et l’évaluation
de la mise en œuvre de la SNPE.
Le CTNPE sera présidé par un représentant du MAST et co-présidé par le Directeur Général de IBESR,
qui prend la responsabilité de coordonner l’action de tous les intervenants dans la mise en œuvre de la
SNPE. Les ministères et les intervenants dans la protection de l’enfant seront représentés au sein du
CNCPE.
Le CNCPE se réunit une fois par mois et assure :
- la coordination de la mise en œuvre efficace et effective de la SNPE ;
- la responsabilité du suivi des actions dans le domaine de protection de l’enfant comme établi dans le
plan d’action ;
- l’établissement d’un mécanisme de suivi budgétaire en ce qui concerne la protection de l’enfant pour
mettre en évidence les allocations budgétaires nécessaires à la protection ;
- la rédaction des rapports annuels d’avancement de la SNPE ;
- la facilitation de l’atelier national annuel d’évaluation de la mise en œuvre de la SNPE.
Le Secrétariat pour la mise en œuvre de la SNPE
Le Secrétariat du CNCPE aura la mission de:
-
Déterminer les priorités d’actions de la SNPE
-
Garantir la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre de la SNPE
-
Assurer une bonne communication entre les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la SNPE
-
Assurer le suivi et l’évaluation des interventions de la SNPE et en mesurer les résultats
-
Rende compte au CNCPE, au gouvernement et aux partenaires des résultats atteints
Le Secrétariat se réunit une fois par mois. D’autres rencontres seront envisagées et tenues de manière
ponctuelle suivant les besoins dictés par le contexte de mise en œuvre.
Mécanisme de coordination au niveau départemental :
Le Comité Départemental de Coordination de Protection de l’Enfant (CDPE)
Les GTPE départementaux sont les responsables de coordination et de suivi de la mise en œuvre de la
SNPE et fonctionnent ainsi comme CTCPE. Ils seront présidés par un responsable de l’IBESR au niveau
du département. Tous les intervenants dans la mise en œuvre de la SNPE au niveau du département seront
représentés au sein du CDCPE.
Le CDCPE se réunit une fois par mois et assure :
37
-
la coordination de la mise en œuvre des programmes, des projets et activités de la protection de
l’enfant au niveau départemental ;
-
la collecte et l’analyse des données au niveau départemental ;
-
Le suivi des actions dans le domaine de protection de l’enfant comme établi dans le plan d’action
départemental ;
- la rédaction des rapports semestriels sur l’état d’avancement des programmes
seront adressés au Secrétariat du CNCPE.
initiés
qui
Mécanisme de coordination au niveau des communes :
Les Comités Communaux de Coordination de Protection de l’Enfant (CCCPE), liés aux sections des
affaires sociales des mairies seront responsable de :
- la coordination de la mise en œuvre des programmes, projets et activités communautaires relatifs à la
protection de l’enfant
- la collecte et l’analyse des données au niveau des communes
- la préparation des rapports semestriels sur l’état d’avancement des programmes, projets et activités
initiés qui seront adressés aux CDCPE.
8. SUIVI ET EVALUATION
La réalisation de la SNPE sera accompagnée par un mécanisme de suivi et d’évaluation, tel que décrit
dans le cadre logique et exécuté par les Comités de Coordination de Protection de l’Enfant (CCPE, les
GTPEs) aux niveaux national, départemental et communal.
Le suivi de la SNPE sera une activité continue, effectuée au niveau national, départemental et communal.
Au niveau national, le suivi se concentrera davantage sur les questions de plaidoyer, l'application des lois
et des politiques, la mobilisation des ressources et l’identification des tendances en ce qui concerne les
questions de protection de l'enfant et de violations du droit à la protection.
Au niveau départemental, les efforts seront principalement déployés sur la mise en œuvre des plans
d’action départementaux y compris leur alignement avec les politiques et les services fournis au niveau
national.
Au niveau communal, le suivi se concentrera sur les mêmes questions traités par les départements, mais
adaptés au contexte communal.
L’évaluation de la SNPE sera effectuée après la première et la deuxième année de mise en œuvre du plan
d’action. Au cours de la troisième année, en 2018, une évaluation à mi-parcours sera effectuée. Celle-ci se
concentrera principalement sur l'efficacité de la réponse à mi-parcours et permettra la rédaction du plan
d'action pour les deux dernières années de la mise en œuvre de cette stratégie.
38
Une évaluation en fin de parcours sera réalisée en Juin 2020. Cette évaluation permettra d'évaluer
l’atteinte ou non des résultats et objectifs stratégiques. Dans le cas où les résultats ne seraient pas atteints,
l’évaluation en déterminera les causes et fera des propositions en ce sens.
Le suivi et l’évaluation seront effectués par l’IBESR. Les capacités en suivi et évaluation de l’IBESR
doivent donc être renforcées avec des ressources humaines qualifiées en la matière. Ceci à travers le
recrutement de nouvelles compétences et le renforcement des ressources humaines existantes. Le soutien
financier et l’apport technologique sont tout aussi fondamentaux.
39
ANNEX A. CADRE LOGIQUE DE LA STRATEGIE NATIONALE DE PROTECTION DE
L’ENFANT HAÏTI, 2015 – 2020
Code
Sous Objectif
(SO)
Effets (E)
Extraits
Code
stratégie
Actions Stratégiques
Résultat 1 : Les ministères clés et les autres acteurs étatiques et les acteurs de la société civil
dans la protection de l’enfant (PE) collaborent et s’engagent sous le leadership de
MAST/IBESR
Indicateurs
Sources/mécanisme de
reportage
Risques et
Mesure de
mitigation
-Existence de termes du GTPE
dans lesquels sont clairement
définis les rôles et
responsabilités du GTPE dans
la mise en œuvre de la SNPE ,
en particulier ceux du MAST.
- TDR
- PE est une
priorité au
niveau
nationale et des
différents
secteurs/et
Ministères
piliers
- MAST/IBESR préside les
réunions du GTPE
- Nombre et fréquence des
réunions du GTPE.
-Nombre et fréquence des
réunions du GTPE entre les
membres du GTPE.
-Disponibilité des ressources
40
- Notes des réunions
- Rapports budgétaires
- rôles et
responsabilités des
membres reflétés dans
les PA des différents
sections au niveau
départementale (santé,
justice, police,
MCFDF,…)
- Allocation des
ressources
1.1
Formaliser le
leadership et la
coordination
dans la PE
Le leadership
de
MAST/IBESR
est promu
1.1.1
Renforcer le Groupe de Travail
Protection de l’Enfant (GTPE) :
Inclure dans les Termes de Référence
du GTPE national sa responsabilité par
rapport à la SNPE
Les
mécanismes de
coordination
sont établis
aux niveaux
national,
départemental
et communal
Les thèmes
urgents de la
PE sont traités
par des
groupes de
travaux
Tous les acteurs
dans la protection
de l’enfant
collaborent sous le
leadership et sous
la coordination de
MAST/IBESR
Les questions
de la PE sont
considérées
dans le plan de
préparation
pour urgences
1.1.2
1.1.3
1.1.4
Etablir des mécanismes de
coordination au niveau
départemental (Comité
Départemental de Coordination de
PE, CDCPE)
Inclure dans les Termes de Référence
des GTPE départementaux leurs
responsabilités dans la mise en œuvre
de la SNPE
Revue et standardisation des TdR des
GTPE départementaux
Etablir des mécanismes de
coordination au niveau communal
(Comite Communal de Coordination
de PE, CCCPE) au niveau des Mairies,
ASEC/CASEC
Renforcer la coordination des groupes
technique (GT)
41
TdR, renforcés et reflétant le rôle
du MAST, IBESR et des
membres du GTPE dans
l’exécution de la SNPE
TdR
# des membres du GTPE qui
participent dans les réunions du
GTPE
Liste des participants
TdR, renforcés et reflétant le rôle
des membres du GTPE dans
l’exécution de la SNPE
TdR
Notes des réunions des
GTPEs
TdR de tous les GTPE
départementaux
TdR standardisé
Notes des réunions des
GTPEs
Volonté
politique
Volonté des
membres du
GTPE
Volonté
politique
Volonté des
membres du
GTPE
Liste des participants
TdR, des mécanismes
communaux, reflétant le rôle des
membres du GTPE dans
l’exécution de la SNPE
TdR
TdRs standardisé
Liste des participants
Les TdR des GT sont formulés
TdR des GT
Nombre de réunions des GT se
tiennent régulièrement pour
atteindre leurs buts. Nombre
d’actions initiés/menés par les GT
Rapport des réunions
Notes des réunions des
GTPEs
Volonté des
Mairies,
ASEC/CASEC
Volonté des
acteurs dans la
PE
1.1.5
1.1.6
Renforcer des groupes stratégiques (Le
GTPE au haut niveau avec la
participation des Directeurs Généraux
(DG) d’autres ministères/ et des
financeurs; membres du Groupe de
Montréal) 42
Faciliter la participation active de
l’IBESR à la coordination des urgences
de la DPC
Nombre de réunions tenues
Nombre de participants
Nombre d’activités
initiées/menées
Rapport des activités
/projets
Notes des réunions
Volonté
politique
Liste des participants
Rapport des activités
Nombre de réunions de la
coordination d’urgence avec la
participation de l’IBESR
Rapports de la DPC
Volonté
politique
Rapports de IBESR
1.2
Engager les
ministères clés
(MAST,
MCFDF,
MENFP, MJSP,
MSPP, MJSAC)
dans la mise en
œuvre de la
SNPE
1.1.7
GTPE à traiter/inclure les questions
relatives aux urgences en PE
Nombre de composantes liées à
la protection de l’enfance incluses
dans le dans le plan de
préparation pour urgences (niveau
national et niveau Départemental
Plan de préparation pour
urgences (niveau
national et niveau
Départemental ;
Volonté des
membres du
GTPE
1.1.8
Faire le plaidoyer pour l’intégration de
la PE dans le Plan Stratégique de
Développement d’Haïti (PSDH)
Le PSDH est complété par des
points relatifs à la protection de
l’enfant.
Existence d’un PSDH
complet
Des Protocoles
avec des
Ministères clés
déterminent
les
responsabilités
dans la PE
1.2.1
Nombre de Ministères clés ayant
signé un protocole dans le cadre
de la mise en œuvre du GTPE
Existence de protocoles
Comite établi
TdR du Comité
Les documents
stratégiques
des Ministères
clés incluent
des questions
de PE
1.2.3
Clarifier des rôles et responsabilités de
tous les ministères concernés par la PE
et/Développer des Protocoles de
Coopération
Mettre en place ’un comité
interministériel constituer des
ministères piliers du secteur
protection, 43
Nominer un point focal de PE (PFPE)
dans chaque ministère qui sera membre
du CTNPE/GTPE
Inclure/intégrer les questions de la PE
dans les documents stratégiques, les
politiques sectorielles et les Plans
Volonté
politique/des
membres du
GTPE
Volonté
politique
# des ministères ayant un PFPE
Nomination des PFPE
1.2.2
1.2.4
# des documents incluant la PE
42
43
Education ; Santé ; Affaires Sociales ; Condition Féminine et Droits des Femmes ; Justice
42
TdR des PF
Existence de documents
stratégiques, politiques
sectorielles, Plans
Volonté
politique
Volonté
politique
d’Action des Ministères clés
1.2.5
1.2.6
Les ministères
clés sont engagés
dans la PE
1.2.7
1.2.8
1.2.9
1.3
Mobiliser et
rendre disponible
des ressources
pour la mise en
œuvre des
activités comme
présentées dans
le cadre du Plan
d’Action
budgétisé
Le budget
nécessaire pour
l’exécution du
PANPE est
disponible
Les besoins
dans la PE
sont identifiés,
définis et
budgétisés
1.3.1.
1.3.2
Établir des liens entre la SNPE et la
protection sociale par le développement
et le renforcement des programmes
sociaux et d’aide financière des familles
vulnérables
Considérer des dispositions en faveur
des enfants et familles vulnérables dans
l’élaboration de la Politique de
Protection Sociale de l’Etat: Ex. dans le
cadre de la réunification familiale, aux
familles d’accueil, familles vulnérables
à la séparation familiale
Etablir le Comité Intra-Institutionnelle
de la Traite
Nombre de programmes sociaux
et d’aide financière pour des
familles vulnérables
Etablir un Comité Exécutif pour
l’implémentation du Plan de
Désinstitutionalisation des Enfants
Établir des partenariats pour
l’enregistrement rapport à
l’enregistrement des naissances entre
les Ministères (Intérieur, Justice,
Culture) et IBESR
Finaliser le Plan d’Action budgétisé
Comité Exécutif est établi
Faire le Plaidoyer pour l’allocation d’un
budget pour la SNPE/ le PNPE
Nombre de familles vulnérables
La Politique de Protection Sociale
considère des enfants et familles
vulnérables
d’Action des Ministères
clés
Programmes sociaux
incluant les familles
vulnérables
Document « Politique de
Protection Sociale »
Volonté
politique
Ressources
financiers
Volonté
politique
Ressources
financières
Le Comité Intra-Institutionnelle
de la Traite est établi
Protocole de coopération
TdR du Comité
Notes des réunions
TdR du Comité
Notes des réunions
Protocole de
Coopération
Volonté
politique
Volonté
politique
Volonté
politique
Nombre des réunions
Notes des réunions
Le Plan d’Action départementale
(PADPE) est budgétisé et
actualisé régulièrement
Nombre de plaidoyers conduits
- PAD budgétisé
- PAD actualisé
annuellement
Plaidoyer
Volonté des
membres du
GTPE
Volonté
politique
Notes des Plaidoyers
1.3.3
Rendre disponible les ressources pour
la PE
- au niveau des départements et
- au niveau des différents ministères
sectoriels impliqués dans la mise en
43
% du montant du budget alloué de
l’état alloué à la protection de
l’enfant.
Rapports Budgétaires
Volonté
politique
œuvre de la SNEP
1.4
Développer des
stratégies
spécifiques pour
les questions de
PE les plus
urgentes
Stratégies pour
les questions/
thèmes
protection les
plus urgents
existent
1.4.1.
Développer des stratégies/Plans
d’Action (PA) spécifiques :
- La prévention de la séparation
familiale et la prévention de
l’institutionnalisation
- la désinstitutionalisation des enfants
- la protection de remplacement (mise
en œuvre du Dispositif de placement en
famille d’accueil, réforme du processus
de gestion des adoptions)
- la traite des enfants
Nombre de stratégies et Plans
d’action développés
Documents des
stratégies et PA
Ressources
financières et
humaines
Le plan actualisé est disponible
Plan de contingence
inclue question de PE
Volonté
politique
Comité est créé
TdR
Volonté
politique
Nombre d’entités renforcées.
Notes des réunions
TdR des entités
- les enfants en contact avec la loi
- les enfants en domesticité
Les stratégies pour
les questions de
PE les plus
urgentes sont
définies
- les enfants en situation de rue
- lutte contre les violences faites aux
enfants
- protection des enfants en mouvement
(incluant les thèmes: l’expulsion,
rapatriement et déportation)
-les enfants handicapés
-les enfants non accompagnés
1.4.2
1.5
Développer un
cadre de
coordination des
interventions de
la société civile
dans le secteur
PE
Des protocoles
de coopération
sont
systématisés
1.5.1
1.5.2
- lutte contre le châtiment corporelle et
des autres violences faites aux enfants
en milieu scolaire
Renforcer la question de la PE dans le
plan inter agences de préparation pour
l’urgence
Créer un comité d’évaluation et de
priorisation des projets de PE
Renforcer des entités gouvernementales
de supervision des interventions des
organisations de la société civile dans
la protection de l’enfant.
44
Volonté
politique
1.5.3
Les interventions
de la société
civile dans la PE
sont coordonnées
1.6
Ratifier des
instruments
internationaux
relatif a la PE
Etablir un lien entre le Ministère de la
Planification et de la Coopération
Externe à travers l’unité de
coordination des ONG (l’UCONG)
impliquant l’IBESR
Développer des protocoles de
coopération standardisée
Lien est établi
Existence d’un protocole
Volonté
politique
Nombre de protocoles élaborés
suivant les standards
Protocoles
1.5.5
Rédiger et signer des protocoles de
coopération avec tous les partenaires
Nombre des protocoles relatifs
aux partenaires
Protocoles
1.5.6
Développer une législation sur les
associations
Plaidoyer pour ratifier des instruments
internationaux non encore ratifiés par
Haïti :
3ième Protocole à la CDE, Convention
de NU sur l’Apatridie, Convention des
NU sur la Torture
Ratifier des instruments internationaux
non encore ratifiés par Haïti
Législation développée et adoptée
Législation
Nombre de plaidoyers conduits
Plaidoyers
Volonté des
acteurs dans la
PE
Volonté des
acteurs dans la
PE
Volonté
politique
Volonté
politique
Nombre instruments ratifiés dans
le cadre de la mise en œuvre de la
CDE
Ratification
1.5.4
Ratification
des
instruments
internationaux
1.6.1
Pour compléter
1.6.2
Les trois
instruments
protocoles
additionnels à la
Convention des
Nations Unies
relative aux droits
de l’enfant déjà
ratifiées par Haiti.
Résultat 2 : Le cadre normatif concernant la protection de l’enfant est connu par la population
et les acteurs et est appliqué
Nombre des cas de violations
amenés au tribunal
Nombre des cas traités par le
tribunal en faveur de la
protection de l’enfant
-Décisions en faveur
des enfants rendues
par les tribunaux
documentés
- Volonté
politique
- Volonté
politique
- Environnement
favorable à la
dénonciation des
cas de violation
des droits de la
PE
- Capacités des
intervenants
45
2.1
Harmoniser le
cadre normatif
concernant la
PE avec les
instruments
internationaux
des droits de
l’homme
ratifiés par
Haïti et avec la
Constitution
haïtienne
Le cadre
normatif se
trouve en
harmonie avec
les instruments
internationaux
des droits de
l’homme ratifiés
par Haïti et avec
la Constitution
haïtienne
Législation est
modifiée et
adoptée
2.1.1
Analyser la législation nationale par
rapport à la protection de l’enfant
Rapport de l’Analyse
Rapport de l’Analyse
2.1.2
Compléter la réforme législative en
cours en vue de s’assurer que la
protection de l’enfant est toujours
garantie
Faire le plaidoyer pour l’adoption du
Code de Protection de l’Enfant
Nombre de modifications
législatives en faveur des enfants
Loi modifiée
Nombre de de actions de
plaidoyer auprès des
parlementaires
Notes plaidoyer/
Plaidoyers élaborés
Volonté
politique
Publication du loi
Volonté des
acteurs clés dans
la PE
Volonté des
acteurs clés dans
la PE
Volonté
politique
Volonté
politique
Volonté
politique
Des décrets sont
adoptés
POS sont
développés
2.1.3
Code de PE est adopté
2.1.4
2.1.5
2.1.6
2.1.7
2.1.8
2.1.9
Responsabiliser les acteurs pertinents à
élaborer et faire le plaidoyer pour
adopter le Code de la Famille
Développer une loi cadre sur la famille
d’accueil (FDA)
Adoption du projet de Loi sur la
Nationalité
Développer et adopter des décrets
d’application Traite, Adoption,
Maternité, paternité et filiation
Révision du Décret 1971
Nombre de plaidoyer
Plaidoyer
Loi cadre FdA développée
Publication de la loi
Loi sur la Nationalité adoptée
Publication de la loi
Adoption des 3 décrets
Publication des décrets
Décret 1971 est révisé
Développer des Procédures
Opérationnelles Standards (POS)
pour
- la fermeture des maisons d’enfants
- la prévention et la réponse aux
situations de vulnérabilités dans les
urgences
- la prise en charge des enfants
46
# des POS développés
Publication du décret
POS disponibles
Ressources
financières et
humaines
Volonté
politique
Ressources
financiers et
humaines
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
2.1.10
2.2
Vulgariser les
législations/
le cadre
normatif en
vigueur
Les violations du
droit de la
protection sont
amenées au
tribunal
2.3
Renforcer et
former le
personnel
requis a leur
mise en ouvre
Les violations du
droit de
protection sont
traitées
adéquatement
par les tribunaux
Les
professionnels/
intervenants et
la population
sont bien
informés sur le
cadre
législatif/normat
if
La population
est formée et
informée
Le matériel
standardisé de
formation est
développé
Les ressources
humaines sont
augmentées
Les intervenants
(juges,
magistrats,
avocats,
paquets,
huissiers, juge
délégué) est
2.2.1
victimes de violences sexuelles
- la prise en charges des enfants
victimes des pires formes de travail
- la prise en charge des enfants en
contact avec la loi
Uniformiser les lignes directrices pour
l’évaluation de la situation de l’enfant
Les lignes directrices pour
l’évaluation de la situation de
l’enfant
Document des lignes
directrices
Diffuser, vulgariser et sensibiliser sur le
cadre normatif relatif à la protection de
l’enfant auprès de tous les
professionnels et intervenants
Nombre des sessions de
sensibilisation
Diffuser, vulgariser et sensibiliser sur le
cadre normatif relatif à la protection de
l’enfant dans le secteur ainsi que les
communautés
Nombre des sessions de
sensibilisation
Analyser les difficultés dans
l’application du cadre normatif/
Identifier les besoins de formations
Développer des partenariats avec les
institutions de formation (Universités,
école de la magistrature)
Analyse réalisé
Rapport de l’Analyse
Nombre de protocoles de
partenariats
Protocoles
2.3.3
Elaborer des guides de formation
Nombre et qualité des guides
Guides de formation
2.3.4
Assurer la formation sur le cadre
normatif relatif à la protection de
l’enfant aux juges, magistrats, avocats,
paquets, huissiers, juge délégué
Nombre de formations de qualité,
approuvé par l’Ecole de la
Magistrature des différentes
catégories de personnel
Modules de formation
2.2.2
2.3.1
2.3.2
Matériels de
sensibilisation
Ressources
financières et
humaines
Ressources
financières et
humaines
Rapport des sessions de
sensibilisation
Matériels de
sensibilisation
Ressources
financières et
humaines
Rapport des sessions de
sensibilisation
Rapports des formations
Evaluations des
formations
47
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Volonté
politique et
volonté des
institutions
Ressources
financières et
humaines
Ressources
financières et
humaines
formé pour
appliquer le
cadre normatif
2.3.5
Augmenter les ressources humaines
dans les juridictions
Un juge des enfants pour chaque
juridiction est nominé
Nomination des juges
2.3.6
Renforcer le lien entre les différents
acteurs judiciaires et la police
Nombre des réunions conjointes
Nombre d’actions conjointes
Rapports réunions
Nombre d’info partagé
2.3.7
Développer un protocole
Protocole d’accord
d’accord entre les Barreaux, le
Ministère de la Justice et le CSPJ
pour l’assistance légale des
enfants
Résultat 3 : Les services de base de IBESR, de la sante, de la justice/de la police, de la
coordination départementale du MCFDF, de l’OPC sont renforcés par des capacités,
ressources et des mécanismes de coopération et de référence en place pour prévenir et
répondre aux violations de droit de PE
3.1
Restructurer et
renforcer des
services de l’
IBESR
pour assurer la
couverture
cohérente et de
qualité de la PE
à l’échelle
nationale
Le cadre
législatif de
IBESR est en
place
3.1.1
3.1.2
3.1.3
Les ressources
humaines sont
renforces/augme
ntes et formés
dans la PE
3.1.4
Nombre de personnel
qualifié/formé à IBESR avec un
contrat régulier
Plaidoyer pour l’adoption de la Loi
Cadre de IBESR
Voter le Loi Cadre de IBESR
Promulguer et mettre en œuvre la Loi
Cadre de IBESR
Faire un Audit Interne au niveau de
IBESR
48
Ressources
financières et
humaines
Volonté des
acteurs
Rapports des actions
conjoints
Protocole d’accord
Volonté des
acteurs
- Contrats
- Volonté
politique/des
différents
secteurs
- Rapports des
formations
% du personnel formé dans la
PE dans les services de bases
- Cas documentés
Nombre des cas de violation du
droit de PE par service traités
- Protocoles de
référence
Nombre de cas référés entre les
services
- Cas référés
Nombre de plaidoyers conduits
Plaidoyers
La loi cadre de l’IBESR est
adoptée et publié
Publication de la loi
Un audit est réalisé
Rapport du Audit
- Ressources
alloués
- PE est une
priorité au
niveau
nationale et des
différents
secteurs au
niveau des
Départements
Volonté
politique
Volonté
politique
Volonté
politique
Ressources
financiers et
humaines
Les ressources
financières sont
disponibles
3.1.5
Faire un diagnostic organisationnel et
professionnel au niveau de l’IBESR
Diagnostic est réalisé
Des services de
IBESR sont
disponibles dans
les
départements et
communes
3.1.6
Systématisation des profils de poste des
agents de l’IBESR
Profil des postes
3.1.7
Mettre en place un Service Famille
d’Accueil
Service est établi
Les plans
communaux
intègrent les
questions de la
PE
3.1.8
Faire le plaidoyer pour un renforcement
des ressources financières et matérielles
Les ressources sont rendues
disponibles
Service est établi
Volonté
politique
(auprès du gouvernement – Ministère des
Finances, Union Européenne, Bureau de
Monétisation des Programmes d’Aide au
développement, partenaires techniques et
financiers)
3.1.9
IBESR offre des
services, de base
et de qualité par
rapport à la PE
Rapport du diagnostic
Volonté
politique
Ressources
financiers et
humaines
Ressources
financiers et
humaines
Ressources
financiers et
humaines
3.1.10
3.1.11
3.1.12
Renforcer les liens entre l’IBESR et le
service des Affaires Sociales au niveau
des Mairies
Rendre opérationnel le service des
Affaires Sociales et le service de
protection des enfants au niveau des
Mairies
Intégrer la PE dans les plans de
développement communal
Pourcentage des services des
Affaires sociales ayant un lien
avec IBESR départementale
49
Nombre de diplômés de la
FASH/FE intégrés chaque année
Volonté
politique
Interactions documentés
Volonté des
acteurs
Nombre d’échanges/interactions
entre les services
Nombre des activités par rapport
à la PE
Nombre des Plans intégrants la
PE
Renforcer des ressources humaines en
augmentant le nombre du personnel
technique alloué à l’IBESR
(Renforcement du nombre du staff avec
notes de réunions
Ressources
financières et
humaines
Plans
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Protocole de coopération
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Contrats
3.1.13
3.1.14
3.1.15
La PNH est
renforcé avec
personnel formé
dans la PE
Module du cursus
Volonté
politique
Formation en travail social
intégrant les besoin de l’IBESR
Module des formation
Ressources
financières et
humaines
#des formations réalisés
3.1.17
Développer des outils standardisés pour
tous les agents de terrain
Outils standardisés sont
développés
Outils standardisés
3.1.18
Rendre opérationnel le numéro
d’urgence de l’IBESR 7 jours sur 7
Nombre de cas reçu par le
numéro d’urgence
Liste/archive de IBESR
3.1.19
Renforcer des
services de la
PNH par
rapport à la
protection de
l’enfant
Le cursus est adapté
Renforcer des capacités par des
formations systématiques et
concrètes sur le terrain pour les acteurs
clés
Développer un Code de Conduite pour
les intervenants dans la protection
3.1.16
3.2
des diplômés de la Faculté des Sciences
Humaines (FASH) et de la Faculté
d’Ethnologie (FE) et leur intégration
progressive dans les services de
IBESR)
Faire un plaidoyer auprès de l’
l’Université d’Etat d’Haiti (UEH) pour
l’adaptation de cursus plus pertinents en
fonction de l’évolution de l’IBESR
Revoir les formations en travail social
proposées par UEH - à développer en
conjonction avec les besoins de la
réforme de l’IBESR
3.2.1
Finaliser le travail sur les procédures
d’opération standard pour la réduction
des vulnérabilités
Institutionnaliser des formations sur la
protection de l’enfant pour tous les
agents de la PNH / dans le curriculum
pour la police
50
Code de conduite est développé
Pourcentage de cas ayant un
suivi
Rapport finalisé
Nombre de formation de qualité
base sur un module reconnu
- Modules
- Rapport des formations
- Evaluations des
formation
Code de Conduite
Ressources
financières et
humaines
Ressources
financières et
humaines
Ressources
financières et
humaines
Rapport/document
disponible
Modules
Rapport des formations
Pourcentage de la PNH forme en
PE
Volonté de la
UEH
Ressources
financières et
techniques
Evaluations des
formation
Ressources
financiers et
techniques
Le personnel de
la BPM a
augmenté
3.2.2
3.2.3
La PNH prévient
et réponde aux
violations du
droit de la PE
3.2.4
3.2.5
3.2.6
Assurer des formations thématiques
spécifiques: alternatives à
l’incarcération/justice restauratrice et
autres
Faire un plaidoyer auprès du
commandement de la police pour une
rotation contrôlée des policier/ières
affectées à la BPM et une augmentation
des fonds alloues
Renforcer le personnel de la BPM au
niveau des départements
Renforcer des capacités de soutien
psychosocial de la BPM
Renforcer les mécanismes de contrôles
dans les zones frontalières
Nombre des formations de qualité
base sur un module reconnu
Modules
Rapport des formations
Nombre de personnel touché
Plaidoyers
Evaluations des
formations
Notes des plaidoyers
Augmentation de l’effectif de la
BPM
Rapports ressources
humaines PNH
Nombre de formations
Modules
Nombre de cas bénéficiant d’un
appui psychosocial
Rapport des formations
# de BPM stationnes a la frontière
(# augmenté
Evaluations des
formation
Rapport ressources
humaines
Ressources
financiers et
techniques
Volonté
politique
Volonté
politique
Ressources
financières et
techniques
Volonté
politique
Ressources
financiers et
techniques
Volonté
politique
Ressources
financières
3.3
Renforcer des
services de :
- la
coordination
départementale
de MCFDF
- la santé,
- l’éducation,
l’enregistremen
t à la naissance,
Ressources
humaines par
rapport à la PE
dans les services
de bases sont
augmentés
Ressources
humaines
formées dans la
PE
3.3.1
La coordination Départemental de la MCFDF
Augmentation du nombre du staff
Nombre de staff additionnel
Rapport ressources
humaines
Volonté
politique
Ressources
financières
Assurer des formations en protection de
l’enfant
Nombre des formations de qualité
réalisées
Modules
Volonté
politique
Rapport des formations
Nombre de personnel atteint
51
Ressources
- l’OPC
par rapport à la
protection
Le personnel
des services de
base est formé
en appui
psychosocial
3.3.2
financières
Modules
Volonté
politique
Les services de santé :
Assurer des formations en protection de
l’enfant pour le personnel des services
de santé
Nombre de formations de qualité
réalisées
Rapport des formations
Nombre de personnel touché
L’enregistremen
t des naissances
augmenté dans
les hôpitaux
Renforcer des capacités de personnelle
des services de santé dans le soutien
psychosocial
Politique de
« sauf garde »
des enfants
appliquée dans
les écoles
Nombre des formations de qualité
réalisées
Evaluations des
formation
Modules
Ressources
financiers
Ressources
financiers
Rapport des formations
Nombre de personnel touché
Systématiser l’appui psychologique aux
enfants au niveau des structures de
santé
Renforcer/assurer que les hôpitaux à
fournir des certificats d’attestation de
naissance
Renforcer la capacité du Département
du Registre National Civil afin
d'améliorer l'efficacité des processus du
système d'enregistrement des
naissances
3.3.3
Les services de
base de sante, de
l’éducation et
des femmes
mènent des
Evaluation des
formations
Pourcentage des structures ayant
un service d’appui psychologique
Nombre des appuis offerts aux
enfants
Nombre des certificats
d’attestation de naissances
données
Pourcentage d’enfants enfants
enregistrés
Evaluations des
formation
Rapports des services de
santé
Rapports des hôpitaux
Registre civil
Archives des Ministères
de la Justice
Ressources
financières
Volonté
politique
Ressources
humaines
Volonté
politique
Ressources
financières et
humains
L’éducation et les écoles
Faciliter l’Expansion du Commission
Municipale d’Education (CME)
Formation sur le Code de Conduit pour
tout personnel ou volontaire des écoles
Nombre de formations réalisées
Nombre de personnes touchées
Rapport des formations
Evaluation/connaissance
s sur le Code
52
Volonté
politique
Volonté
politique
Ressources
financières et
actions en faveur
de la PE
humains
Appliquer la politique « sauf garder les
enfants »
Renforcer les capacités des directeurs et
des enseignants par rapport à la PE à
l’école
Nombre d’écoles exécutant la
politique
Nombre de formations de qualité
réalisée
Nombre de formations de qualité
réalisées
Sensibiliser les responsables des écoles
sur la gestion des risques et des
désastres
Impliquer les Conseils des écoles dans
la vigilance de PE en milieu scolaire
Evaluations des
formation
Modules
Rapport des formations
Nombre de directeurs et
enseignants touchés
Organiser des causeries dans les écoles
sur les droits des enfants, et la
protection, les droits civils, la santé de
reproduction
Modules
Rapport des formations
Nombre de directeurs et
enseignants atteints
Former les directeurs et enseignants sur
les approches disciplinaires positives et
non violentes
Rapports des écoles
Ressources
financières et
humaines
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Nombre de causeries organisées
Evaluations des
formation
Modules
Nombre d’étudiants touchés
Rapport des causeries
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Matériel de
sensibilisation
Volonté
politique
Ressources
humaines
Rapport des
sensibilisations
Volonté
politique
Nombre de sensibilisations
Nombre de responsables
touchées
Nombre des conseils d’écoles
impliqués des écoles
Nombre des actions des conseils
Evaluation des
formations
Rapports écoles
Ressources
financières et
humaines
Volonté
politique
53
Mettre en œuvre un system formel de
rapportage des violences contre les
enfants au seine de l’école
3.3.4
3.3.5
3.3.6
3.4
Développer des
programmes
d’activités de
protection
sociale pour les
enfants des
familles
vulnérables
Programmes
d’activités de
protection
sociale sont
développés
Programmes
d’activités de
protection
sociales sont
développés
3.4.1
3.4.2
3.4.3
OPC : Renforcer l’OPC et disséminer
des informations sur le rôle de l’OPC
Renforcer les mécanismes existants à
travers les ASECS et les OBC
MAST Vulgariser les services du
MAST et régulariser l’application les
normes
Renforcer la couverture et la qualité des
services de protection sociale auprès
des familles et des enfants en difficulté
et/ou à risque
Offrir des services de qualité de la
protection sociale pour des familles et
des enfants en difficulté et/ou à risque
Faciliter des services/assurance gratuite
par les familles d’accueil
Développer un système du
renforcement économique des familles
vulnérables (Associations d’Epargne et
Crédit et/ou transfert en espèces,
associations de production et
coopératives)
54
Nombre des écoles avec le
système établi
Documentation du
système
Nombre des cas/réponses aux
violences
Cas documentés
Nombre de cas suivis par l’OPC
Informations disponibles
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Rapports des formations
Volonté
politique
Ressources
financières et
humaines
Nombre /Pourcentage de ASECS
et OBC recevant des formations
Ressources
financières et
humaines
Volonté
politique
Volonté
politique
Nombre de familles et enfants
vulnérables bénéficiant des
services de protection sociale de
qualité
Liste des bénéficiaires
Nombre/Pourcentage des familles
d’accueil recevant des services
gratuits
Liste des bénéficiaires
Nombre/Pourcentage des familles
vulnérables bénéficiant
d’assistance économique
Volonté
politique
Rapports des activités
Rapports des activités de
services
Liste des bénéficiaires
Rapports des activités de
services
Volonté
politique
Volonté
politique
3.5
Développer un
système de
référence entre
les services
Les services ont
des protocoles
de référence en
place
Le système de
référence est
appliqué par les
services de
(santé, police,
justice, IBESR,
ONGs relevant)
pour les
questions de PE
3.6
Reformer le
système de prise
en charge y
incluses les
alternatives de
prise en charge
des enfants
Les enfants sont
prises en charge
dans un milieu
familial
3.5.1
Développer un système de référence
des cas
3.5.1
Maintenir/actualiser la cartographie des
intervenants / des services des
intervenants
Clarifier des rôles et responsabilités des
intervenants et leur collaboration et
coordination au niveau local
(IBESR/BPM/Justice/MCFDF/Santé,
comites de protection, ONGs et OBC)
Renforcer/formaliser le système de
signalement et de référence entre les
services
Développer un Protocol de Référence
3.5.2
3.5.3
3.5.5
Document du système
#des cas signalés et référés
Cartographie actualisée
annuellement
Cartographies révisées
Protocole de coopération
Protocole
Termes de référence des services
Termes de référence
Protocole de référence
Protocole
Protocole de référence
Termes de référence
Protocole de référence
Les enfants sont
réinsérés dans
leurs familles ou
dans les familles
d’accueil
3.6.1
Les familles
d’accueil sont
identifiées et
suivi
régulièrement
3.6.2
Etablir un dispositif de placement en
urgence
Dispositif développé
Dispositif
3.6.3
Diffuser les informations sur le
dispositif
Outils de diffusions
Outils
Nombre d’occasion de diffusion
Rapports des
méthodes/des sessions
de diffusions
Service
3.6.3
3.6.4
Renforcer des services de bases
communautaires pour les enfants et des
familles
Le système est établi
Établir des services d’urgences/maison
d’hébergement au niveau de chaque
département
Réinsertion des enfants dans leurs
familles
55
Nombre de services de base
renforcés
Nombre des personnes touchées
Nombre de départements ayant
un service d’urgence/maison
d’hébergement
Nombre de personnel
formé/disponible
Nombre d’enfants réinsérés dans
leurs familles
Nombre de suivi des enfants
réinsérés/des familles réalisées
Nombre de rapports des
services de bases
communautaires
Ressources
humaines et
financiers
Ressources
humaines et
financières
Volonté des
acteurs
Volonté des
acteurs
Volonté
politique
Volonté
politique
Ressources
humaines et
financières
Volonté
politique
Ressources
humaines et
financières
Volonté
politique
Maison d’hébergement
- Rapports de suivi
(dossiers de gestion de
cas)
Ressources
humaines et
financières
Volonté des
intervenants
- Volonté des
familles
- Volonté des
enfants
Ressources/capa
cités techniques
3.6.5
Créer et renforcer des formes de prise en charge alternative
Prise en charge par / la famille élargie
Nombre d’enfants séparés
intégrés dans des familles élargies
Registre de l’IBESR
Volonté des
familles
Volonté des
enfants
Placement en famille d’accueil
Nombre de familles d’accueil
identifiés
Liste des familles
d’accueil
Nombre d’enfants insérés dans les
familles d’accueil
Rapports de suivi
(dossiers de gestion de
cas)
Ressources/
capacités
techniques
Volonté des
intervenants
Volonté des
familles
Nombre d’enfants insérés et suivi
dans les familles d’accueil
Volonté des
enfants
Assister à établir/organiser le contrôle
d’accueil des adolescents supervisée
pour des adolescentes hors du milieu
familiale
Nombre de placements en famille
d’accueil suivi
Ressources/
capacités
techniques
Volonté des
enfants
Systématiser des visites des familles
d’accueil, des familles vulnérables, des
familles identifies par les travailleurs
sociaux
Promouvoir l’adoption nationale et le
Nombre de visites par famille
d’accueil
Rapports de suivi
(dossiers de gestion de
cas)
Ressources/
capacités
techniques
Ressources/
capacités
techniques
Nombre/Pourcentage d’ adoptions
Registre de IBESR
Volonté
56
Liste des cohabitations
Rapports de suivi
(dossiers de gestion de
cas)
3.6.5
bon processus selon l’Arrêté sur les
procédures de l’adoption
Établir, renforcer la cellule
multisectorielle
Maisons d’Enfant/Institutions
nationaux
Cellule est établie
Existence de termes de référence
Termes de référence de
la cellule
Volonté
politique
Établir un plan stratégique pour la
désinstitutionalisation
Publication d’un moratoire interdisant
l’ouverture de nouveaux centres/
orphelinats ou maisons pour enfants
Plan stratégique pour la
désinstitutionalisation développé
Publication et dissémination du
moratoire
Plan stratégique
Volonté
politique
Volonté
politique
Fermer progressivement les maisons
d’enfants -140 institutions « rouges »
dans les premiers 3 années
politique
Publication du moratoire
Outils de dissémination
Nombre de Comités d’enfant
constitués par les
ASEC/CASEC/mairies ayant une
Connaissance du moratoire
Nombre de maisons d’enfant
fermés par année
Volonté
politique
Assurer une certification official de
IBESR expose par l’institution
Développer des mécanismes pour
dénoncer institutions pas reconnues par
IBESR
Faciliter l’évaluation régulièrement (2
fois par an) de toutes les institutions
Certification
Certificat
Nombre d’institutions dénoncées
Registre IBESR
Nombre d’institutions évaluées 2
fois par an
Rapports IBESR
Contrôles réguliers (mensuelle) par
IBESR
Nombre d’institutions contrôlés
mensuellement
Rapports IBESR
Renforcer la capacité de surveiller les
institutions et famille d’accueil
Nombre formations conduites
Manuel
Nombre de personnel formés
Rapports formations
Intégrer les enfants handicapés dans les
services ordinaires et faciliter leurs
accès vers des services spécialisés
Promouvoir les activités a l’extérieur
57
Nombre/Pourcentage des enfants
handicapés intégrés
Nombre/Pourcentage des enfants
Evaluations
Rapports des services
Rapports des services
Ressources
humaines
Volonté
politique
Volonté
politique
Ressources
humaines et
techniques
Ressources
humaines et
techniques
Ressources
humaines
Volonté des
acteurs
Volonté des
pour les enfants placés en institution
(écoles, églises et autres)
Résultat 4 : Les communautés, familles et enfants ont des capacités pour mieux prévenir et
répondre aux violations du droit de protection de l’enfant
participants a des activités
régulièrement
Nombre d’activités de PE dans les
communautés, avec parents, avec
enfants
acteurs
- Matériel de
sensibilisation
- Volonté des
intervenants
- Matériel de formation
- Volonté des
communautés,
familles et
enfants
-Nombre de participants
Nombre de cas traités en faveur
de la PE
- Rapports des
tribunaux, de IBESR et
autres intervenants
- Ressources
humaines,
techniques et
financières
Nombre d’enfants participants
dans décisions aux différents
niveaux
Nombre de visites/ utilisation des
services
4.1
Renforcer des
Connaissances
des familles,
communautés
en matière de
PE
Les
communautés,
familles et
enfants savent
comment
prévenir et
répondre aux
violations du
droit de
protection
Les besoins des
communautés
sont connus
Les
communautés,
familles et
enfants sont
sensibilise dans
les questions de
PE
4.1.1
Organiser une enquête pour identifier
les besoins/les défis majeurs par rapport
aux nécessités de renforcement des
capacités
4.1.2
Développer une stratégie de
communication sur des questions de
protection de l’enfant et changements
comportementaux
Organiser des campagnes sur les droits
des enfants/la PE au niveau
communautaire
Organiser des campagnes sur les droits
des enfants/la PE/ aux occasions/
journées spéciales
Développer des campagnes
spécifiques :
Campagne en pro/sur les bénéfices de la
prise en charge parentale
4.1.3
4.1.4
4.1.5
58
Nombre de dénonciations des
violations
Enquête menée
Rapport de l’enquête
Ressources
humaines,
techniques et
financières
Stratégie développé
Stratégie
Nombre de séances de
sensibilisation
et
Nombre de participants
Matériels de
sensibilisation
Ressources
humaines,
techniques et
financières
Ressources
financières et
capacités
techniques
Nombre de journées célébrées
et
Nombre des participants
Nombre d’enfants
Rapport des sessions de
sensibilisation
4.1.6
4.1.7
4.2
Renforcer des
capacités des
leaders
communautaire
s, religieux et
des comités de
protection
Les leaders
communautaires,
religieux savent
comment
prévenir et
répondre aux
violations du
Les leaders
communautaires
, religieux et des
comités de
protection ont
des
connaissances
dans la PE
Les leaders
communautaires
, religieux et des
comités de
protection on t
des
connaissances
sur la protection
sociale
Campagne sur l’importance de
l’enregistrement a la naissance
Campagnes d’élimination de la violence
contre les femmes et les filles à la
maison, à l’école, dans la collectivité et
dans la société
Sensibiliser des médias sur les
questions de protection
Promouvoir la participation de l’enfant
Nombre de séances de
sensibilisation
Matériel de
sensibilisation
Nombre de participants
Liste de participation
Ressources
humaines et
capacité
technique
Nombre des séances de
sensibilisation
Rapports sur des séances
Matériel de
sensibilisation
Capacités
techniques
Nombre de participants
Liste de participation
4.1.8
Mener des études périodiques: attitudes
a travers des enfants et changement des
attitude
Nombre d’études
Rapports sur des séances
Rapport des études
4.2.1
Organiser une enquête pour identifier
les besoins/les défis majeurs par rapport
aux nécessites de renforcement des
capacités
Renforcer des capacités des leaders
communautaires et religieux d’adresser
des questions de protection
Enquête menée
Rapport de l’enquête
Nombre de séances conduites
Rapports des ateliers
4.2.2
4.2.3
4.2.4
Renforcer des connaissances sur des
questions de protection sociale et
juridique, dans la communication, le
plaidoyer, la mobilisation sociale
Renforcer des capacités des
comités/réseaux de protection pour
faciliter la mobilisation sociale
59
Nombre de participants
Nombre de séances
Rapports
Nombre de participants
Nombre de comités/ membre des
comités formées par année
Modules de formation
Rapports des formations
Volonté des
acteurs
Ressources
financières et
capacités
techniques
Ressources
financières et
capacités
techniques
Ressources
financières et
capacités
techniques
Implication des
leaders
Ressources
financières et
capacités
techniques
Ressources
financières et
capacités
droit de
protection
4.3
Renforcer des
capacités des
familles et
communautés
dans la
protection et la
prise en charge
des enfants
(appui aux
parents,
familles
d’accueil et
familles
élargies)
Les familles et
communautés
ont des
connaissances et
ressources pour
prendre en
charge et
protéger leurs
enfants
techniques
Les familles et
communautés
ont les
connaissances
pour mieux
protéger les
enfants
4.3.1
Des familles et
communautés
ont les moyens
pour mieux
protéger les
enfants
4.3.3
4.3.2
Assurer la
participation
des enfants,
leurs
connaissances,
compétences de
vie et résilience
Enquête
Nombre d’espaces crées
Espaces
Nombre de personnel formés
Rapport des espaces
Nombre de sessions de
sensibilisation et des formations
réalisées
Matériels de
sensibilisation
Rapport des sessions de
4.3.4
4.3.5
4.3.6
4.4
Organiser une enquête pour identifier
les besoins/les défis majeurs par rapport
aux nécessités de renforcement des
capacités
Assister à l’établissement/organisation
des crèches communautaires, Centres
Juvéniles, Centres Culturelles, espace
pour les jeunes
Mettre en œuvre des programmes
d’éducation parentale et de prise en
charge
Evaluations des
formations
Rapport de l’enquête
4.4.1
4.4.2
Assurer aux familles vulnérables un
meilleur accès à la protection sociale a
travers des programmes de la protection
sociale
Renforcer les capacités des familles et
des communautés à répondre aux
besoins psychosociaux des enfants
vulnérables
Supporter l'autonomisation économique
par des moyens de subsistance durable
(Transfer de cash, Micro crédit, VSLA
Association Village de Epargne et de
Prêts
Identifier les structures des jeunes et
des enfants existantes
Organiser une enquête sur le niveau de
connaissance des enfants en matière de
droits et protection de l’enfant, pour
examiner comment impliquer les
enfants toutes initiatives qui les
concernent
60
Nombre des participants
sensibilisation
Nombre des familles ayant un
accès a la protection sociale
Liste des bénéficiaires
Ressources
financières et
capacités
techniques
Ressources
financières et
capacités
techniques
Ressources
financières et
capacités
techniques
Ressources
financières
Rapport sur l’assistance
Volonté
politique
Nombre des familles vulnérables
bénéficiant des activités
génératrices revenues
Rapports de suivi
Nombre de structures identifiées
Liste, Rapports des
structures
Rapport de l’enquête
Enquêtes menées
Liste de familles
bénéficiaires
Ressources
financières et
capacités
techniques
Ressources
humaines
Ressources
financières et
capacités
techniques
4.4.3
4.4.4
4.4.5
4.4.6
4.4.7
4.4.8
4.4.9
Développer des outils de
communication adaptés aux
enfants/jeunes selon les tranches d’âge
(portes d’entrée : familles, écoles,
hôpital, centres de santé, églises,
évènement culturel et sportif).
Sensibiliser les enfants sur leurs
droits/des questions de protection à
travers les écoles (intégration dans le
curriculum), clubs de jeunes etc.
Sensibiliser sur des questions de
violence dans les écoles et en route à/de
l’école (« safe school »)
Etablir, au niveau national et
départemental des pools des Enfants
formes sur leurs droits, les techniques
de plaidoyer, et les pratiques de
communication de base
Rendre le Parlement des Enfants
opérationnel et effectivement
représentatif, au niveau central et local
et assurer la participation égale pour
tous les enfants au parlement et au
gouvernement des enfants
Assurer, faciliter la participation des
enfants à la conception et au suivi des
activités/projets/programmes de
protection de l'enfant
Programmes scolaires pour aider aux
enfants/ados à aborder différents
aspects de la violence sexuelle,
physique et psychologique, aider les
61
Outils
Outils
Ressources
financières et
capacités
techniques
Nombre de séances de
sensibilisation sur la protection
Matériels de
sensibilisation
Disponibilité du
matériel
Rapport des sessions de
sensibilisation
Capacités
techniques
Nombre de sessions
sensibilisation
Matériels de
sensibilisation
Volonté
politique
Disponibilité du
matériel
Nombre d’écoles atteints
Rapport des sessions de
sensibilisation
Matériel de formation
Nombre de pools des enfants
avec des enfants formés
Capacités
techniques
Disponibilité du
matériel
Rapports
Nombre d’enfants des participants
Liste de membres
Nombre d’enfants des différents
Capacités
techniques
Volonté
politique et de
tous les acteurs
Nombre d’enfants vulnérables
Nombre d’enfants des familles
vulnérables
Nombre/Pourcentage d’activités
projets/programmes avec
participation des enfants
Nombre de Programmes scolaires
Rapports de
activités/projets/program
mes
Volonté des
acteurs
Matériels de
sensibilisation
Volonté
politique
Nombre d’enfants participants
Liste de participants
enfants et les adolescents à gérer les
risques et les défis
4.4.10
4.4.11
4.4.12
Renforcer ou créer les clubs de jeunes,
les clubs de débat, les clubs de
discussion en ce qui a trait à la
protection de l’enfant
Faciliter la création des comités des
enfants (comme structure de base du
développement des Conseil Ecole)
Nombre de clubs existants
Rapport des sessions de
sensibilisation
Liste des participants
Nombre de débats
Rapports
Nombre de comités d’enfants
dans les écoles
Liste des comités/des
enfants
Former des pairs éducateurs
Nombre de pairs éducateurs
Rapport des écoles
Module
Nombre de formations
Nombre des propositions
incorporées
Liste de participation
Plans gouvernementaux
et municipaux
Volonté
politique
- Un Plan de Suivi et
d’Evaluation est mise en place
- Plan de suivi et
d’évaluation
- Volonté
politique
- La SNPE est évaluée
annuellement selon le Plan
- Evaluations annuelles
- PE est une
priorité au
niveau
nationale et des
différents
secteurs au
niveau du
Département
4.4.13
Incorporer des propositions des enfants
dans les plans gouvernementaux et
municipaux
Résultat 5 : Un system de suivi et d’évaluation est sur place et appliqué
Volonté
politique
Volonté
politique
Capacités
techniques
- Ressources
sont alloués/
Ressources
financiers et
techniques
5.1
Veiller à la mise
en œuvre
effective et
efficace de la
SNPE et à la
responsabilisati
Un comité pour
faciliter
l’exécution du
PNPE est établi
5.1.1
Suivre des actions et programmes de
protection de l’enfant aux niveaux
départementaux, communaux et
locaux:
Coordonner et mettre en œuvre des
activités selon le Plans d ‘Action
62
Comité de coordination établi
TdR du Comité
Volonté des
membres du
on de tous les
acteurs
impliqués
et fonctionnelle
Nombre des Plans d’Action
départementaux et communaux
Notes des réunions
Nombre des Plans d’Actions mis
à jour
Plans d’Actions
Collecter et analyser des données
relatives aux indicateurs des Plans
d’Action
Nombre de départements,
communes collectant des données
Données partages/
disponibles
Capacité
technique
Préparer des rapports biannuelle
Nombre des départements .,
communes soumettant des
rapports
Rapports
Capacité
technique
Les activités du
PNPE sont suivi
et évalué
régulièrement
Le PANPE est
exécuté comme
prévu
GTPE
Nombre des rapports par
département / commune/par
année
5.1.2
5.2
Développer un
système de suivi
et d’évaluation
harmonisé
Le système de
suivi et
évaluation est
fonctionnelle
incluant
l’information
partagé,
5.2.1
Suivre au niveau national
(GTPE/CNCP):
Coordonner et mettre en œuvre du Plan
d’Action National de Protection
Le plan de suivi et évaluation est
suivi
Plan Suivi et Evaluation
Volonté des
membres du
GTPE
Mettre en place d’un mécanisme de
suivi budgétaire
Le plan de suivi et évaluation est
budgétisé
Plan Suivi et Evaluation
budgétisé
Capacité
technique
Rédiger des rapports annuels
d’avancement de la PANPE
Organiser d’un atelier national annuel
d’évaluation de la mise en œuvre de la
PN PE
Identifier les besoins en information de
l’Etat en matière de suivi et d
évaluation de la PE/ identifier les
besoins en information de l’IBESR à
partir des documents existant au niveau
de l’IBESR
Rapports annuels disponibles
Rapport
Atelier national mené
Rapport de l’Atelier
Diagnostique des besoins
Liste des participants
Rapport diagnostique
Capacité
technique
Volonté des
membres du
GTPE
Disponibilités
des partenaires
Capacités
techniques
Ressources
63
Un système
harmonisé de
collecte et de
rapportage des
données sur la
Protection de
l’Enfant, au sein
du et coordonné
par le
Département de
Recherches de
l’IBESR
documenté,
systématisé et
analysé
financières
5.2.2
5.2.3
Consolider des diagnostiques des
sources de données existantes à partir
des différents rapports d’étude
disponibles à l’IBESR
Consolidation des informations
Mener des études spécifiques en
collaboration
Les enfants en mouvement
Etudes sont menées et disponibles
Rapport
Rapports des études
Capacités
techniques
Ressources
financières
Disponibilités
des partenaires
Capacités
techniques
L’apprentissage professionnel
Le cadre familial
Ressources
financiers
Les enfants en contact avec la loi
Les enfants en situation de rues
Enfants en institutions
5.2.4
5.2.5
5.2.6
44
Création d’un « dépôt « (stock/
collection) des études /un site web
Renforcer de l’intégration des
indicateurs sur la protection de l’enfant
dans les enquêtes nationales… (IHSI,
EMMUS, ….) 44
Mettre en place un système harmonisé
de collecte et de rapportage des données
sur la Protection de l’Enfant, au sein du
et coordonné par le Département de
Un dépôt est créé est accessible
Nombre d’enquêtes nationales
avec des indicateurs précis
Un Système est mis en place
IHSI: Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique, EMMUS : Enquête Mortalité Morbidité et Utilisation des Services
64
Dépôt/collection des
études
Capacités
techniques
Méthodologie des
enquêtes
Rapports des enquêtes
Volonté des
acteurs
Volonté
politique et des
acteurs
Données sont collectés
est accessible
Capacités
techniques
Volonté
politique et des
acteurs
5.2.7
Recherches de l’IBESR 45 par l’IHSI,
intégrant les données de l’IBESR, du
MAST, de la Santé, de la Justice
(enregistrement des naissances,
arrestations, détention,)
Définir et/ou harmoniser les indicateurs
servant à mesurer les
activités/interventions de l’IBERS à
tous les niveaux (Central,
départemental, communal et
communautaire)
Réviser et harmoniser les outils de
collecte, analyse, évaluation et partage
Créer des procédures standard
d’opération de gestion de
l’information/PSOGI (Elaboration et
gestion des fichiers des intervenants et
des interventions, …)
5.2.8
5.2.9
5.3
Renforcer des
capacités des
acteurs pour la
gestion du
système de suivi
et d’évaluation
Les capacités
dans le suivi et
l’évaluation
sont renforcées’
5.3.1
Au niveau des départements :
Créer des mécanismes de surveillance
au niveau des départements en
association avec les organismes et les
instituts de recherches départementaux
Rendre accessible et disséminer des
données
Renforcer les capacités de collecte,
reportage, analyse et de gestion des
données
Capacités
techniques
Nombre d’indicateurs définis et
harmonisés
Un ensemble harmonisé
d'indicateurs prioritaires
Nombre de Départements avec
des indicateurs harmonisés
Les outils sont développés
Document définissant
les indicateurs
Volonté
politique et des
acteurs
Capacités
techniques
Outils
Capacités
techniques
Capacités
techniques
PSOGI
Nombre de formulaires des
Fichiers
L’ensemble des formulaires
standardisés et appliqués
PSOGI
Fichiers
Mécanismes créés
Termes de référence
Volonté
politique
Dissémination
Dissémination
Nombre de formations
Modules
Nombre de participants
Rapports de formations
Volonté des
acteurs
Ressources
humaines et
financières
Evaluations des
formations
45
A travers un dispositif de gestion des technologies de l’information et de la communication, avec un logiciel adapté à cet effet, pour une meilleure gestion de
base de données.
65
Des actions de
suivi sont
menées
Les acteurs font
un suivi et des
évaluations
réguliers
Nombre
d’activités/
projets/
programs
évalués
5.3.2
5.3.3
Renforcement des capacités en suivi et
évaluation
Renforcement des capacités des acteurs
suivant leurs besoins
Nombre de formations
Modules
Nombre de participants
Rapports des formations
Nombre d’activités/projets
évalués / projets/
programs évalués
Nombre de formations
Evaluations des
formations
Nombre des participants
Rapports des formations
Modules
Evaluations des
formations
66
Ressources
humaines et
financières
Ressources
humaines et
financières
For more information, contact:
Health Policy Project
Palladium (formerly Futures Group)
1331 Pennsylvania Avenue NW, Suite 600
Washington, DC 20004
Tel: (202) 775-9680
Fax: (202) 775-9694
Email: policyinfo@futuresgroup.com
www.healthpolicyproject.com