Contribution of the Egg Industry to the Haitian Economy
Summary — A consultation report for MARNDR and the BRH on what the egg industry contributes to Haiti's economy, May 2015. It records that intensive egg production quintupled between 2010 and 2015, from a flock of 50,000 layers to 250,000.
Full Description
Prepared by Dr François Dagenais, Henry Chatelain and Jeliel Antoine Darius for MARNDR and the Bank of the Republic of Haiti, and issued in Port-au-Prince in May 2015. Its central finding is a rare instance of rapid measured growth in Haitian agriculture: between 2010 and 2015 intensive egg production quintupled, from a flock of 50,000 laying hens to 250,000, with domestic output of a quality that allowed producers to compete against imported eggs which the report characterises as being in most cases the product of dumping and contraband. The study argues that expansion can continue under MARNDR's leadership provided specified constraints are resolved. It is the analytical basis for the laying-hen recovery plan of December 2016 and one of the few documents here that quantifies a growing sub-sector rather than a declining one.
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RAPPORT
FINAL
DE
LA
CONSULTATION
ÉTUDE
SUR
LA
CONTRIBUTION
DE
L'INDUSTRIE
DES
OEUFS
A
L'ÉCONOMIE
HAITIENNE
POUR
LE
MINISTÈRE
DE
L’AGRICULTURE,
DES
RESSOURCES
NATURELLES
ET
DU
DÉVELOPPEMENT
RURAL
(MARNDR)
ET
LA
BANQUE
DE
LA
RÉPUBLIQUE
D’HAÏTI
(BRH)
PAR:
Dr.
François
Dagenais
Henry
Chatelain
Jeliel
Antoine
Darius
PORT
AU
PRINCE,
Mai
2015
RÉSUMÉ
EXÉCUTIF
De
2010
à
2015
en
Haïti,
la
production
intensive
des
œufs
a
quintuplé
en
passant
d’un
troupeau
de
50,000
pondeuses
à
un
troupeau
de
250,000.
La
production
haïtienne
offre
une
qualité
de
produits
très
avantageuse.
Les
producteurs
arrivent
à
compétitionner
les
œufs
importés
qui
sont
dans
la
majorité
des
cas
le
résultat
de
dumping
et
de
contrebande.
La
présente
étude,
étude
démontre
que
le
pays
sous
le
leadership
du
MARNDR
peut
continuer
cette
expansion
de
la
production
pour
le
bénéfice
de
la
population
à
la
condition
de
résoudre
certaines
contraintes.
La
première
des
contraintes
est
reliée
au
respect
des
normes
commerciales
établies
au
niveau
de
la
frontière
Haïti-‐Dominicaine.
Tant
que
les
œufs
importés
ne
seront
pas
déclarés
aux
organismes
de
l’État
haïtien,
il
y
aura
des
problèmes
pour
réaliser
des
investissements
en
Haïti.
La
seconde
contrainte
concerne
les
aspects
économiques
de
certains
maillons
de
la
filière
à
savoir
plus
particulièrement
la
production
de
reproducteurs
afin
d’approvisionner
le
marché
en
œufs
fertiles
nécessaires
dans
la
production
des
poussins,
la
production
de
moulée
pour
les
poules
pondeuses
à
partir
de
maïs-‐grain
et
tourteaux
produits
localement
et
une
plus
grande
efficacité
du
système
de
commercialisation.
Afin
de
maximiser
les
effets
multiplicateurs
d’une
augmentation
de
la
production
des
œufs
en
Haïti,
il
faut
que
la
majorité
des
intrants
soient
produits
localement,
cela
est
possible,
sinon
la
majorité
des
bénéfices
seront
exportés
à
l’étranger.
La
troisième
contrainte
se
réfère
aux
besoins
de
crédit
pour
réaliser
les
investissements
nécessaires
dans
les
différents
maillons
de
la
chaine.
Un
des
éléments
cruciaux
ici
concerne
plus
particulièrement
les
taux
d’intérêts
appliqués
sur
les
prêts
(ceux-‐ci
peuvent
varier
de
10%
à
48%
selon
le
montant
du
prêt
et
le
prêteur).
Les
taux
peuvent
surement
être
réduits
par
rapport
à
la
situation
actuelle
si
des
montants
de
prêts
plus
importants
sont
consentis
et
si
les
prêts
sont
assurés
contre
les
pertes
qui
pourraient
intervenir.
En
plus,
pour
lever
toutes
ces
contraintes
il
est
nécessaire
que
les
agro-‐entrepreneurs
de
la
filière
bénéficient
de
conseils
techniques
et
financiers
qui
proviendront
soit
du
secteur
privé,
soit
du
gouvernement
ou
soit
de
consultants
privés
qui
appuieront
des
groupes
de
producteurs
et
commerçants.
Ces
contraintes
seront
mieux
résolues
si
tous
les
partenaires
de
la
filière
arrivent
à
coordonner
leurs
actions
au
sein
de
mécanismes
de
discussion
et
de
collaboration
sous
le
leadership
du
Ministère
de
l’Agriculture
Des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
(MARNDR).
Si
après
analyse
des
conclusions
et
recommandations
de
ce
rapport
au
sein
de
groupes
de
concertation
regroupant
toute
la
filière
des
actions
adaptées
au
contexte
actuel
sont
prises
il
est
possible
d’envisager
une
augmentation
substantielle
de
la
production
d’œufs
pour
atteindre
80%
d’auto-‐approvisionnement
du
marché
domestique.
Enfin,
il
serait
très
profitable
pour
Haïti
de
préparer
un
projet
de
développement
de
la
filière
avicole
qui
inclurait
la
participation
de
l’État,
des
agro
entrepreneurs,
des
institutions
financières
et
différents
donateurs.
LISTE
DES
ACRONYMES
ET
ABREVIATIONS
• A-‐A:
Auto-‐Approvisionnement.
• BRH:
Banque
de
la
République
d’Haïti.
• CFI: Centre
de
Facilitation
pour
les
Industrie.
• Gds:
Gourdes
• IICA:
Institut
Interaméricain
de
Coopération
pour
l’Agriculture.
• MAECD:
Ministère
des
Affaires
Extérieures
du
Commerce
et
du
Développement
du
Canada.
• MARNDR:
Ministère
de
l’Agriculture
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural.
• SYFAAH:
Système
de
Financement
et
d’Assurances
Agricoles
en
Haïti
• TCA:
Taxe
Sur
Chiffres
d’Affaires.
• USAID:
United
States
Agency
for
International
Development.
• $US:
Dollar
des
États-‐Unis.
TABLE
DES
MATIÈRES
Pag.
Avant-‐propos
et
remerciements………………………………………………………………………
10
Le
client…………………………………………………………………………………………………………….
12
1-‐Introduction…………………………………………………………………………………………………..
13
2-‐Objectifs
de
l'étude………………………………………………………………………………………..
14
3-‐Grandes
Orientations
qui
sous-‐tendent
cette
étude……………………………………...
14
4-‐Méthodologie,
Contexte
de
l'étude,
principales
étapes
et
documentation
utilisée…………………………….…………………………………………………….
15
4.1-‐Méthodologie………………………………….…………………………………………………..
15
4.2-‐Contexte
dans
lequel
se
déroule
l’étude……………………………………………..
18
4.3-‐Les
étapes
de
cette
étude…………………………………………………………………….
19
4.4-‐Principales
statistiques,
documents
et
études
antérieures
utilisées…….
19
5-‐Principaux
concepts
économiques
et
techniques
relatifs
au
développement
de
la
filière
œufs
en
Haïti
et
leur
application……………………….
20
5.1-‐Activité
économique…………………………………………………………………………….
20
5.2-‐Multiplicateurs
d’activité
économique
………………………………………………….
21
5.3-‐Emplois
créés………………………………………………………………………………………..
22
5.4-‐Besoins
en
crédit…………………………………………………………………………………..
22
5.5-‐Rentabilité
des
entreprises
dans
la
production
et
la
commercialisation..
25
5.6-‐Besoins
en
assistance
technique
et
administrative………………………………..
28
5.7-‐Augmentation
des
importations……………………………………………………………
28
5.8-‐Revenus
gouvernementaux
et
importations………………………………………….
30
5.9-‐Les
subventions
et
leur
coût………………………………………………………………….
33
5.10-‐Impact
du
développement
de
la
filière
sur
les
hommes
et
les
femmes……………………………………………………………………………………..
36
6
6-‐Résultats
:
réponses
aux
différentes
questions
des
termes
de
référence……..
37
6.1-‐
Rôle
du
gouvernement
et
du
secteur
privé
dans
la
filière
avicole………….
37
6.2-‐Fourniture
des
intrants…………………………………………………………………………..
38
6.3-‐Conditions
pour
démocratiser
l’accès
du
crédit
au
bénéfice
des
aviculteurs………………………………………………………………………………………………
46
6.4-‐Amélioration
des
circuits
de
commercialisation……………………………………..
52
6.5-‐Matériels
d’emballage……………………………………………………………………………
58
6.6-‐Accès
à
l’eau………………………………………………………………………………………….
59
6.7-‐Infrastructures
à
renforcer……………………………………………………………………..
59
6.8-‐Besoins
en
électricité……………………………………………………………………………..
63
6.9-‐Cadre
macro-‐économique………………………………………………………………………
63
6.10-‐Impacts
des
variables
économiques……………………………………………………..
65
6.11-‐Impacts
du
renforcement
de
la
production
des
œufs
sur
le
PIB
et
le
PIBa………………………………………………………………………………………………..
66
6.12-‐Impact
du
renforcement
de
la
production
des
œufs
sur
la
malnutrition
et
la
sécurité
alimentaire…………………………………………………..
67
6.13-‐Effets
multiplicateurs
du
renforcement
de
la
production
des
œufs……...
68
6.14-‐Compétitivité
du
commerce
extérieur
et
renforcement
de
la
production
des
œufs………………………………………………………………………….
75
6.15-‐Conditions
des
prêts
pour
les
institutions
financières
et
les
agro-‐entrepreneurs
afin
des
réaliser
des
investissements
dans
la
production
des
œufs…………………………………………………………………….…….
77
6.16-‐Conditions
de
la
maximisation
des
résultats
du
développement
de
la
production
des
œufs
sur
les
filières
connexes.......
78
6.17-‐Santé
animale…………………………………………………………………………………......
78
6.18-‐Modèles
de
production
(artisanal,
semi
intensif
et
intensif)
en
production
autonome
ou
en
intégration…………………………………………….
79
7-‐Stratégies
du
Gouvernement
d’Haïti……………………………………………………………..
84
8-‐Stratégies
pour
les
différents
partenaires
de
la
filière
œufs
et
accords
de
filière…………………………………………………………………………..
86
9-‐Conclusions………………………………………………………………………………………….………..
87
10-‐Recommandations
………………………………………………………………………………………
90
Annexe
A……………………………………………………………………………………………………………..
92
Annexe
B……………………………………………………………………………………………………………..
94
Annexe
C…………………………………………………………………………………………………………..
95
7
LISTE
DES
TABLEAUX
Page
Tableau
#
1:
Investissement
(bâtisses
et
équipements)
à
prévoir
au
démarrage
pour
passer
de
la
situation
actuelle
à
un
taux
d'A-‐A
de
40%
à
80%
dans
la
production
des
œufs.
Tableau
#
2:
Fonds
de
roulement
prévu
pour
les
entreprises
qui
ont
démarré
pour
passer
de
la
situation
actuelle
à
un
taux
d'A-‐A
de
40%
à
80%
dans
la
production
des
œufs,
poulettes
et
commercialisation.
Tableau
#
3:
Analyse
des
conditions
pour
le
financement
de
la
production
des
œufs.
Tableau
#
4:
Marge
nette
à
l'unité
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs.
Tableau
#
5:
Marge
nette
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs:
avec
subvention
1-‐de
maïs-‐grain-‐
moulée
;
et
2-‐
de
bonus
sur
intérêts
bons
payeurs.
Tableau
#
6:
Marge
nette
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs:
avec
les
2
subventions
additionnées
(subvention
de
maïs-‐grain-‐moulée
et
de
bonus
sur
intérêts
bons
payeurs).
Tableau
#
7:
Importations
supplémentaires
en
plus
au
démarrage
en
gourdes
et
en
$US.
Tableau
#
8:
Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US;
situation
actuelle.
Tableau
#
9:
Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US;
avec
production
locale
de
grains.
Tableau
#
10:
Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US
si
la
production
locale
de
maïs-‐grain
et
tourteau
remplie
100%
des
besoins
de
la
moulée.
Tableau
#
11:
Revenus
gouvernementaux
sur
les
produits
importés
en
%
de
la
valeur
Tableau
#
12:
Revenus
gouvernementaux
tirés
des
importations
supplémentaires
en
plus
au
démarrage
en
gourdes
et
en
$US.
23
23
24
y
46
25
27
27
29
29
29
30
31
32
Tableau
#
13:
Revenus
gouvernementaux
tirés
des
importations
supplémentaires
en
plus
en
régime
de
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US
par
année.
Tableau
#
14:
Coûts
des
subventions
à
l'investissement
et
à
la
production
locale
de
moulée.
35
32
8
35
Tableau
#
15:
Subvention
moulée
avec
production
locale
de
maïs-‐
grain
sur
5
ans
décroissant
de
5000,
4000,
3000,
2000,
1000
gourdes
par
an
par
tonne
produite
(50%
aux
producteurs
de
grain
50%
aux
producteurs
d'œufs).
Tableau
#
16:
Nombre
d'entreprises
créées
en
régime
annuel
de
production.
39
Tableau
#
17:
Comparaison
du
coût
des
grains
et
de
la
moulée
selon
la
provenance.
38
43
Tableau
#
18:
Comparaison
de
la
qualité
de
la
protéine
des
tourteaux
44
Tableau
#
19:
Prix
des
œufs
fertiles
mars
2015
à
la
caisse
et
à
l’unité.
44
Tableau
#
20:
Prix
des
poussins
mars
2015.
48
Tableau
#
21:
Analyse
des
conditions
pour
le
financement
de
la
production
des
œufs.
Tableau
#
22:
Répartition
spatiale
de
la
production
des
œufs
et
de
la
population.
52
53
Tableau
#
23:
Prix
au
producteur,
au
consommateur
et
marges.
55
Tableau
#
24:
Typologie
et
taille
des
élevages.
57
Tableau
#
25:
Analyse
de
la
compétitivité.
Tableau
#
26:
Coût
des
bâtisses
et
des
équipements
pour
pondeuses.
61
Tableau
#
27:
Importance
de
la
filière
œuf
dans
le
PIB
et
le
PIBa.
67
Tableau
#
28:
Contribution
économique
de
l’industrie
canadienne
des
œufs.
68
Tableau
#
29:
Impact
économique
élevage
dont
les
œufs
en
Colombie
Britannique,
Canada.
69
Tableau
#
30:
Estimation
des
besoins
en
alimentation.
Tableau
#
31:
Travaux
de
génie
civil.
Tableau
#
32:
Activités
économiques
locales
et
importées
directes,
générées
au
démarrage
par
les
investissements.
71
72
72
9
Tableau
#
33:
Activités
économiques
locales
et
importées
directes
et
indirectes,
générées
au
démarrage
par
les
investissements.
Tableau#
34:
Activités
économiques
directes
locales
et
importées,
générées
en
régime
de
production
annuelle.
72
73
Tableau#
35:
Activités
économiques
locales
et
importées
directes
et
indirectes,
générées
en
régime
de
production
annuelle.
73
Tableau
#
36:
Création
d'emplois
directs
et
indirects
au
démarrage
et
en
régime
annuel
de
production
74
Tableau
#
37:
“Defense
measures
applied
by
various
countries”
Tableau
#
38:
Caractéristiques
des
modèles
de
production
artisanale,
semi
intensive,
et
intensive.
76
79
10
AVANT
PROPOS
ET
REMERCIEMENTS
L’équipe
de
consultants
qui
a
effectué
cette
étude
tient
à
remercier
le
Ministère
de
l’Agriculture
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
(MARNDR)
pour
la
confiance
qu’il
a
manifestée
envers
notre
groupe.
Le
Secrétaire
d’État
à
la
Production
Animale
du
MARNDR
a
su
se
rendre
disponible
pour
répondre
à
toutes
les
interrogations
des
consultants
et
il
doit
être
reconnu
ici
pour
son
dynamisme
et
ses
analyses
très
pertinentes.
De
même,
l’équipe
souhaite
remercier
le
coordonnateur
de
cette
étude
au
sein
du
MARNDR
qui
a
appuyé
le
groupe
dans
ses
démarches
administratives,
l’organisation
des
réunions
avec
les
membres
de
la
filière
et
la
cueillette
des
informations.
Les
consultants
ayant
participé
à
cette
étude
sont
les
seuls
responsables
des
erreurs
qui
pourraient
être
intervenues
au
cours
des
analyses
effectuées
et
aussi
sont
responsables
des
conclusions
et
recommandations
produites.
L’équipe
de
consultants
a
pu
discuter
et
rencontrer
les
principaux
intervenants
dans
la
production
des
œufs
en
Haïti
et
aussi
plusieurs
représentants
d’institutions
financières.
Cela
a
contribué
à
une
meilleure
compréhension
du
mode
de
fonctionnement
de
cette
filière
en
Haïti
et
aussi
à
une
meilleure
cueillette
de
l’information.
Enfin,
il
est
important
de
mentionner
l’appui
dont
l’équipe
de
consultants
a
bénéficié
de
la
part
de
l’IICA
et
de
son
représentant
en
Haïti.
Cet
appui
s’est
manifesté
principalement
par
l’octroi
de
locaux
et
d’appui
logistique
qui
nous
ont
permis
d’avoir
un
meilleur
contact
avec
les
représentants
de
la
filière
avicole
du
pays.
Cependant,
les
membres
de
l’équipe
de
consultants
sont
les
seuls
responsables
des
analyses
produites
dans
cette
étude
et
en
assument
les
erreurs
qui
pourraient
involontairement
s’y
être
glissées.
L’ÉQUIPE
DE
CONSULTANTS
L’équipe
de
consultants
était
composée
d’un
agroéconomiste
canadien,
d’un
spécialiste
en
aviculture
et
d’un
macro-‐économiste,
ces
deux
derniers
provenant
d’Haïti
:
Agro-‐économiste
:
Dr.
François
Dagenais,
Il
a
terminé
des
études
en
agronomie
à
l’Université
McGill
et
détient
un
doctorat
en
Sciences
Économiques
de
l’Université
de
Montpelier.
Il
a
effectué
de
très
nombreuses
missions
et
études
dans
plus
de
vingt
pays
au
cours
de
sa
longue
carrière.
Il
a,
entre
autres,
travaillé
pour
un
groupement
de
producteurs
agricoles
au
Québec,
l’UPA,
a
été
sous-‐ministre
adjoint
au
Ministère
de
l’Agriculture
du
Québec
et
a
travaillé
plusieurs
années
comme
directeur
du
Financement
Externe
et
des
Projets
d’Investissements
au
sein
de
l’Institut
Interaméricain
de
Coopération
pour
l’Agriculture.
Spécialiste en Aviculture : Henry Chatelain
11
Il
a
étudié
les
sciences
agronomiques
à
la
Faculté
d’Agronomie
et
de
Médecine
Vétérinaire
(FAMV),
en
HAITI.
Puis
il
a
suivi
une
formation
en
production
avicole
en
République
Dominicaine
à
POLLO
CIBAO
et
MOLINOS
DEL
YAQUE.
Il
a
été
Directeur
Général
Adjoint
de
la
PRINSA,
entreprise
intégrée
dans
la
production
de
poulet
de
chair.
Il
a
fondé
et
dirigé
sa
propre
entreprise
de
production
d’œufs
de
table
(Jaune
D’or).
Il
est
membre
fondateur
de
l’Association
Haïtienne
Pour
la
Promotion
de
l’Elevage.
Il
est
conseiller
en
matière
avicole
auprès
d’entreprises
privées,
du
SEPA,
de
l’IICA,
de
la
FAO,
du
PDLH.
Macro-‐économiste
:
Jeliel
Antoine
Darius
Il
détient
un
Diplôme
d’Études
Supérieures
en
Économie
Quantitative
Appliquée
au
Centre
de
Techniques
de
Planification
et
d’Économie
Appliquée
(CTPEA,
Haïti),
une
maîtrise
en
économie
de
la
Bénemérita
Universidad
Autonoma
de
Puebla
(BUAP,
Mexico)
et,
grâce
à
une
bourse
de
Fulbright-‐LASPAU,
a
initié,
à
l’University
of
Connecticut
(UConn,
USA)
des
études
de
doctorat
en
économie
avec
spécialisations
en:
économie
du
travail,
organisation
industrielle
et
théorie
des
jeux.
De
retour
en
Haïti
en
juillet
2012,
il
a
intégré
le
Ministère
du
Commerce
et
de
l’Industrie,
(MCI)
avec
pour
mission
de
concevoir
un
Centre
pour
le
Développement
de
l’Entreprise
et
de
l’Entreprenariat
(CDEE).
Il
occupe
depuis
octobre
2012
le
poste
de
Coordonnateur
Général
de
ce
Centre,
travaille
comme
consultant
indépendant
à
temps
partiel
et
enseigne
la
macroéconomie,
la
théorie
des
jeux
et
la
recherche
opérationnelle.
LE
CLIENT
L’équipe
de
consultants
a
travaillé
prioritairement
en
collaboration
avec
le
Ministère
de
l’Agriculture,
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
(MARNDR).
Cependant,
la
Banque
de
la
République
12
d’Haïti
(BRH)
a
participé
à
la
définition
des
termes
de
référence
et
au
financement
de
cette
étude
et
est
considérée
comme
un
des
clients
de
cette
étude.
Enfin
les
banques
commerciales
d’Etat
et
les
entrepreneurs
œuvrant
dans
le
secteur
agricole
sont
considérés
comme
des
clients
bénéficiaires
et
pourront
tirer
profit
des
informations
et
recommandations
qui
sont
présentées
ici.
Selon
les
termes
de
référence
proposés
par
le
MARNDR
cette
étude
est
faite:
«En
vue
d’améliorer
les
mécanismes
de
financement
et
de
trouver
des
réponses
à
ces
questions,
les
responsables
du
Ministère
de
l’Agriculture
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
ont
approché
la
Banque
de
la
République
d’Haïti
et
les
banques
commerciales
d’État
et
ont
initié
une
série
de
discussions
avec
ces
entités.
Les
discussions
ont
montré
que
l’industrie,
à
l’état
actuel,
ne
dispose
pas
d’informations
de
manière
structurée
qui
puissent
convaincre
un
banquier
ou
un
autre
créancier
à
s’y
lancer.
En
outre,
il
n’y
a
pas
suffisamment
de
réflexions
mettant
en
évidence
l’impact
du
cadre
macroéconomique
global
sur
l’industrie
des
œufs.
Forte
de
ce
constat,
le
Ministère
de
l’Agriculture,
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
(MARNDR),
avec
le
support
de
la
Banque
de
la
République
d`Haïti
(BRH),
se
propose
de
réaliser
une
étude
-‐
analyse-‐approfondie
sur
les
conditions
nécessaires
à
l’amélioration
de
la
compétitivité
de
l’industrie
des
œufs
en
Haïti
et
sur
l’apport
de
cette
industrie
à
l’économie
nationale»
13
1-‐INTRODUCTION
Comme
il
le
sera
démontré
au
cours
de
cette
étude,
à
partir
des
citations
présentées,
la
problématique
concernant
le
faible
développement
de
la
production
des
œufs
en
Haïti
est
très
bien
connue
et
bien
expliquée.
Nous
nous
baserons
donc
sur
les
écrits
existants
pour
présenter
cette
problématique
et
nous
allons
plutôt
chercher
à
calculer
les
effets
d’un
nouveau
développement
de
la
filière
œufs
en
Haïti
et
mesurer
les
coûts
et
les
bénéfices
de
ce
développement
si
tous
les
partenaires
de
la
filière
participent
à
cette
entreprise
aux
retombées
très
intéressantes.
Les
principaux
problèmes
dans
la
filière
œufs
en
Haïti
sont
connus
et
la
majorité
de
ceux-‐ci
sont
présentés
sur
la
page
web
du
Ministère:
«La
production
intensive
d’œufs
à
partir
de
pondeuses
(de
lignées
hybrides
de
types
industriels)
ne
s’est
jamais
développée
à
grande
échelle
dans
le
pays.
Le
nombre
de
pondeuses
installées
a
toujours
stagné
autour
de
80
000
à
100
000
têtes,
alors
que
la
demande
pour
les
œufs
de
table
n’a
cessé
de
croître.
Pourtant
la
production
intensive
d’œufs
de
table
est
une
option
intéressante
pour
produire
localement
des
protéines
d’origine
animale
de
qualité
à
un
prix
accessible
aux
petites
bourses
qui
représentent
l’essentiel
du
marché.
Les
consommateurs
et
négociants
préfèrent
les
œufs
produits
localement;
car
ils
sont
généralement
plus
frais
et
sont
plus
facilement
disponibles.
La
production
semi-‐intensive
ou
intensive
d’œufs
de
table
est
totalement
dépendante
d’intrants
extérieurs:
pondeuses,
tourteau
de
soja,
céréales,
médicaments
et
emballage.
Le
prix
des
œufs
provenant
de
la
production
semi-‐intensive
ou
intensive
est
fonction
du
prix
d’achat
des
intrants.
Les
pondeuses
proviennent
actuellement
de
poussins
qui
ne
sont
pas
produits
en
Haïti.
Un
approvisionnement
à
l’extérieur
rend
le
pays
tributaire
du
bon
vouloir
des
fournisseurs
à
l’étranger.
De
plus
l’importation
de
poussins
d’un
jour,
soit
des
USA
peut
s’avérer
délicate,
avec
un
risque
de
pertes
importantes.
L’approvisionnement
en
poussins
en
Haïti
peut
se
faire
par
la
préparation
de
pondeuses
à
partir
d’œufs
fertiles
qui
seront
incubés
sur
place
(cela
s’est
fait
ainsi
depuis
la
fin
des
années
70
jusqu‘en
1998).
Mais
il
faudra
qu’il
y
ait
des
fermes
grands
parents
de
pondeuses
en
Haïti,
soit
du
côté
de
l’Etat
ou
par
un
partenariat
public-‐privé
pour
la
production
des
œufs
fertiles»1
1
Extrait
de
la
page
web
du
MARNDR.
14
2-‐OBJECTIFS
DE
L’ÉTUDE
L’objectif
général
de
ce
travail
est
de
réaliser
une
étude-‐analyse
sur
l’industrie
des
œufs
en
Haïti
en
mettant
en
exergue
les
conditions
nécessaires
à
l’amélioration
de
la
compétitivité
de
cette
industrie
et
d’établir
l’apport
de
cette
industrie
à
l’économie
nationale.
Les
objectifs
spécifiques
sont
:
Dans
son
dernier
bilan
du
secteur
élevage
en
Haïti,
le
MARNDR
mentionne
pour
le
secteur
élevage:
"Les
investissements
publics
pour
appuyer
le
développement
des
filières
de
productions
animales,
de
pêche
et
d’aquaculture
ont
comme
objectifs
de
contribuer
à:
1. L’augmentation
de
l’offre
des
produits
d’origine
animale;
2. L’augmentation
des
revenus
des
familles
rurales
qui
représentent
60%
de
la
population
;
3. La
gestion
durable
de
l’environnement.
Pour
atteindre
ces
objectifs,
l’approche
filière
mise
en
place
exige
des
interventions
à
trois
niveaux:
1. Augmentation
de
la
productivité.
2. Promotion
de
la
transformation
et
la
conservation
pour
augmenter
la
valeur
ajoutée.
3.
Amélioration
de
l’accès
aux
marchés»2
Les
objectifs
spécifiques
de
l’étude,
selon
les
termes
de
référence,
sont
reliés
à:
1-‐L’environnement
macroéconomique
alternatif
à
créer
pour
dynamiser
la
production
d’œufs;
2-‐
Les
conditions
à
créer
pour
supporter
la
compétitivité
de
l’industrie
des
œufs;
3-‐
La
contribution
de
cette
industrie
aux
Produits
intérieurs
bruts
agricole
et
global
(création
de
valeurs
ajoutées
différentielles
directes
et
indirectes);
4-‐
La
contribution
de
cette
industrie
à
l’amélioration
des
indicateurs
commerciaux
(balance
commerciale,
taux
de
couverture,
termes
de
l’échange,
la
balance
des
paiements…)
d’Haïti;
5-‐
La
contribution
de
cette
industrie
en
termes
de
création
d’emplois
directs
et
indirects
dans
l’économie
haïtienne;
6-‐
La
participation
de
cette
industrie
dans
la
création
et
à
la
distribution
de
revenus
dans
le
pays
en
considérant
le
nombre
de
bénéficiaires
directs
et
indirects
et
les
effets
secondaires
(effets
de
consommation/relance
de
la
demande)
sur
les
autres
secteurs
de
l’économie;
7
-‐Les
relations
causes/effets
entre
les
différents
scénarii
possibles
et
les
résultats
simulés»
3-‐GRANDES
ORIENTATTIONS
QUI
SOUS-‐TENDENT
CETTE
ÉTUDE
L’approche
retenue
par
l’équipe
de
consultants
cherche
à:
1-‐Favoriser
la
plus
grande
création
d’entreprises
rentables,
sur
la
majorité
du
territoire
national.
2
Voir
bilan
des
réalisations
MARNDR,
Bureau
du
Secrétaire
d'État
à
la
Production
Animale
janvier
2015,
p.4.
15
2-‐Favoriser
la
plus
grande
création
d’emplois
à
court
et
long
terme.
3-‐Choisir
un
système
qui
va
diminuer
les
coûts
de
transport,
des
intrants
et
des
œufs.
4-‐Favoriser
un
modèle
qui
va
créer
un
savoir-‐faire
haïtien.
5-‐Favoriser
l’entreprenariat
à
partir
de
modèles
de
production
rentables
afin
de
rembourser
les
emprunts
contractés.
6-‐Avoir
recours
aux
subventions
seulement
pour
le
démarrage
et
comme
mécanisme
de
stabilisation
si
nécessaire
par
la
suite.
7-‐Planifier
des
politiques
commerciales
à
court
et
long
terme
afin
de
s’assurer
des
conditions
favorables
à
l’implantation
de
cette
industrie.
8-‐Favoriser
la
qualité
du
produit
en
insistant
sur
sa
fraîcheur
grâce
à
la
proximité
entre
le
producteur
et
le
consommateur.
9-‐Favoriser
des
choix
qui
vont
permettre
le
développement
autant
des
femmes
que
des
hommes.
10-‐D’aller
chercher
chez
les
partenaires
d’Haïti,
lorsque
cela
est
intéressant
pour
le
pays,
les
technologies,
le
savoir-‐faire,
les
techniciens,
les
races
de
poules,
les
brevets
et
le
financement
qui
sont
nécessaires
au
démarrage
et
la
croissance
de
la
filière
en
Haïti.
11-‐Constituer
des
regroupements
d’entrepreneurs
indépendants,
hommes
et
femmes,
à
partir
de
structures
associatives
de
diverses
formes
qui
permettront
un
développement
plus
rapide
et
plus
stable
de
ces
mêmes
entreprises
Ce
que
cette
approche
ne
garantit
pas
à
court
terme:
12-‐Le
prix
de
vente
le
plus
bas
des
œufs,
en
tout
temps.
13-‐La
maximisation
totale
des
profits
des
entreprises.
14-‐Qu’il
ne
soit
pas
nécessaire
de
modifier
les
ententes
commerciales
en
agriculture
avec
les
pays
partenaires.
15-‐Une
croissance
rapide
et
sans
efforts
de
la
filière
œufs
en
Haïti.
4-‐MÉTHODOLOGIE,
CONTEXTE
DE
L’ÉTUDE,
PRINCIPALES
ÉTAPES
ET
DOCUMENTATION
UTILISÉE
4.1-‐MÉTHODOLOGIE
Après
avoir
fait
une
analyse
des
statistiques
disponibles
sur
la
filière
des
œufs
en
Haïti
et
compte
tenu
de
leur
carence,
nous
avons
décidé
de
construire
l’analyse
macro-‐économique
et
financière
à
partir
de
l’élaboration
de
modèles
de
production
(fiches
techniques)
et
de
commercialisation
des
œufs.
Ces
modèles
sont
basés
sur
la
réalité
haïtienne
en
l’ajustant
aux
coûts
des
investissements
actuels
et
à
partir
des
critères
actuels
d’efficacité.
16
Cinq
modèles
de
production
(70,
1000,
10,000,
20,000
poules
et
10,000
poulettes)
et
deux
modèles
de
commercialisation
(Agri-‐distributeur
moulée-‐œufs
et
commerçant
de
gros
dans
les
œufs)
sont
proposés.
Ces
modèles
de
production
existent
sous
différentes
formes
en
Haïti
et
les
critères
techniques
ainsi
que
les
prix
des
intrants
nous
ont
été
fournis
par
le
spécialiste
en
aviculture.
Les
deux
modèles
de
commercialisation
peuvent
faire
partie
de
systèmes
actuels
de
commercialisation
mais
ne
sont
pas
aussi
bien
définis
que
dans
les
modèles
proposés
ici.
Les
modèles
de
base
de
production
et
commercialisation
des
œufs
et
des
poulettes
sont
divisés
en
4,
5
ou
7
sections
selon
le
cas
et
ces
sections
sont:
1
-‐
Dépenses
aliments
(+
transport)
et
alvéoles.
2
-‐
Dépenses
mensuelles.
3
-‐
Rotation
des
poules
pondeuses.
4
-‐
Calcul
des
coûts,
revenus
et
marge
bénéficiaire.
5
-‐
Investissements,
emprunts
et
intérêts.
6
-‐
Données
techniques.
7-‐
Analyse
des
importations
avec
ou
sans
maïs-‐grain
et
tourteaux
importés.
Ces
modèles
de
production
et
commercialisation
ont
servi
à
construire
un
tableau
Excel
afin
de
calculer
les
INDICATEURS
D'ANALYSE
(FINANCIERS
ET
MACRO-‐ÉCONOMIQUES)
POUR
LE
MODÈLE
CONSOMMATION
ET
PRODUCTION
D'ŒUFS,
HAITI
2015
Ce
tableau
Excel
est
divisé
en
neuf
sections:
Section
1-‐
MARCHÉ
ET
CONSOMMATION
Section
2-‐CALCUL
DU
NOMBRE
D’ENTREPRISES
NÉCESSAIRES
POUR
SATISFAIRE
40%,
60%
OU
80%
d'A-‐A,
POULES
ET
POULETTES
Section
3-‐MODÈLES
DE
PRODUCTION
ET
#
D’ENTREPRISES
Section
4-‐PRIX
AU
PRODUCTEUR,
AU
CONSOMMATEUR
ET
MARGES
Section
5:
CRITÈRES
D'ACTIVITÉS
(INVESTISSEMENTS)
AU
DÉMARRAGE
POUR
LA
PRODUCTION
DES
ŒUFS
Section
6:
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUES
PRODUCTION
DES
OEUFS
Section
7:
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUES
POULETTES
Section
8:
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUES
COMMERCIALISATION
DE
LA
MOULÉE
ET/OU
DES
OEUFS
Section
9:
TABLEAUX
DE
SYNTHÈSE
Les
différentes
sections
donnent
un
aperçu
assez
précis
de
la
production
des
œufs
qu’il
faut
atteindre
pour
chacun
des
niveaux
d’autosuffisance
allant
de
40%
de
la
consommation
des
œufs
en
Haïti
à
80%.
Dans
chacune
des
sections
il
sera
possible
de
voir
quels
seront
les
besoins
en
investissement,
en
crédits
faits
par
les
institutions
financières,
la
création
d’emplois
directs
et
indirects,
le
niveau
des
importations
et
enfin
les
quantités
de
subvention
nécessaires
pour
dynamiser
le
développement
de
la
filière,
si
les
subventions
proposées
sont
retenues.
Une
des
sections
se
basant
sur
les
coûts
de
production
présentés
dans
les
modèles
17
de
base
antérieurs
donne
un
aperçu
de
la
rentabilité
des
différents
modèles
de
production
et
commercialisation
choisis
selon
les
taux
d’intérêts
payés
sur
les
emprunts
allant
de
9%
à
19%
l’an.
Dans
la
section
#
9,
il
y
a
21
tableaux:
1-‐Tableau
#
1:
Investissement
(bâtisses
et
équipements)
à
prévoir
au
démarrage
pour
passer
de
la
situation
actuelle
à
un
taux
d'A-‐A
de
40%
à
80%
dans
la
production
des
œufs;
2-‐Tableau
#
2:
Fonds
de
roulement
prévu
pour
les
entreprises
qui
ont
démarré
pour
passer
de
la
situation
actuelle
à
un
taux
d'A-‐A
de
40%
à
80%
dans
la
production
des
œufs,
poulettes
et
commercialisation;
3-‐Tableau
#
4:
Marge
nette
dégagée
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs;
4-‐Tableau
#
5:
Marge
nette
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs:
avec
subvention
1-‐de
maïs-‐grain-‐moulée
et
2-‐
de
bonus
sur
intérêts
bons
payeurs;
5-‐Tableau
#
6:
Marge
nette
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs:
avec
les
2
subventions
additionnées
(subvention
de
maïs-‐grain-‐moulée
et
de
bonus
sur
intérêts
bons
payeurs);
6-‐Tableau
#
30:
Activités
économiques
locales
et
importées
directes
générées
au
démarrage
par
les
investissements;
7-‐Tableau
#
31:
Activités
économiques
locales
et
importées
directes
et
indirectes
générées
au
démarrage
par
les
investissements;
8-‐Tableau
#
32:
Activités
économiques
directes
locales
et
importées
générées
en
régime
de
production
annuelle;
9-‐Tableau
#
33:
Activités
économiques
locales
et
importées
directes
et
indirectes
générées
en
régime
de
production
annuelle;
10-‐Tableau
#
7:
Importations
supplémentaires
en
plus
au
démarrage
en
gourdes
et
en
$US;
11-‐Tableau
#
8:
Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US;
12-‐Tableau
#
9:
Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US
production
locale
de
mais-‐grain;
13-‐Tableau
#
10:
Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US
si
la
production
locale
de
maïs-‐grain
et
tourteau
remplit
100%
des
besoins
de
la
moulée;
14-‐Tableau
#
13:
Coûts
des
subventions
à
l'investissement
et
à
la
production
locale
de
moulée;
15-‐Tableau
#
14:
Subvention
moulée
avec
production
locale
de
maïs-‐grain
sur
5
ans
décroissant
de
5000,
4000,
3000,
2000,
1000
gourdes
par
an
par
tonne
produite
(50%
aux
producteurs
de
grains
-‐
50%
aux
producteurs
d'œufs)
et
Subvention
commercialisation
qualité
des
œufs;
16-‐Tableau
#
34:
Création
d'emplois
directs
et
indirects
au
démarrage
et
en
régime
annuel
de
production;
18
17-‐Tableau
#
15:
Nombre
d'entreprises
créées
en
régime
annuel
de
production;
18-‐Tableau
#
11:
Revenus
gouvernementaux
tirés
des
Importations
supplémentaires
en
plus
au
démarrage
en
gourdes
et
en
$US;
19-‐Tableau
#
12:
-‐Revenus
gouvernementaux
tirés
des
Importations
supplémentaires
en
plus
en
régime
de
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US
par
année;
20-‐ Tableau
#
11a:
Revenus
gouvernementaux
sur
les
produits
importés
en
%
de
la
valeur;
21-‐ Tableau
#
21:
Prix
au
producteur,
au
consommateur
et
marges.
Les
informations
qui
composent
ces
tableaux
proviennent
des
différentes
sections
(8)
présentées
antérieurement,
lesquelles
proviennent
des
modèles
de
production
et
commercialisation
et
coûts
de
production
plus
haut
mentionnés.
La
modification
en
+
ou
en
-‐
du
niveau
d’un
élément
technique
ou
financier
dans
les
coûts
de
production
va
entrainer
automatiquement
sa
modification
dans
les
sections
1
à
8
et
dans
les
21
tableaux
synthèses.
Les
modèles
et
tableaux
ont
été
élaborés
de
telle
sorte
que,
à
la
suite
de
quelques
modifications,
les
tableaux
puissent
être
présentés
en
Gourdes
ou
en
dollars
américains.
Les
stratégies
proposées
pour
le
Gouvernement
d’Haïti
et
pour
les
partenaires
dans
la
filière
œufs
ont
été
élaborées
et
évaluées
en
utilisant
ces
différents
modèles
et
tableaux
synthèses.
Il
est
certain
que
tous
les
chiffres
qui
sont
présentés
ici
n’ont
pas
un
degré
de
certitude
à
100%
lorsqu’appliqués
à
une
entreprise
particulière
car,
nous
parlons
ici
de
moyennes.
Donc,
les
résultats
dans
une
ferme
peuvent
être
en
plus
ou
en
moins
de
ce
qui
est
présenté
ici.
Les
indicateurs
techniques
et
financiers
peuvent
changer
à
cause
de
la
qualité
des
intrants,
du
climat,
de
chaque
entrepreneur
et
du
marché.
Mais
l’un
dans
l’autre
nos
chiffres
sont
suffisamment
exacts
pour
servir
à
prendre
des
décisions
très
éclairées
et
respectent
des
critères
rigoureux
d’estimation
et
d’analyse
des
résultats.
4.2-‐CONTEXTE
DANS
LAQUELLE
SE
DÉROULE
L’ÉTUDE
Récemment,
en
février
2015,
le
MARNDR
a
publié
un
bilan*
pour
la
période
2011-‐2015
du
secteur
avicole
en
Haïti.
Les
enjeux
et
les
objectifs
pour
le
secteur
de
la
production
sont
clairement
indiqués:
Les enjeux
La
production
avicole
actuelle
est
trop
faible
pour
satisfaire
la
demande
locale
et
le
marché
est
depuis
longtemps
envahi
par
des
produits
importés
(30-‐40
millions
d’œufs
par
mois
représentant
50
millions
de
dollars
américains
par
an,
et
65
millions
de
dollars
américains
en
morceaux
de
poulets
congelés
par
an).
Les
restrictions
sanitaires
mises
sur
l’importation
des
œufs
dominicains
et
les
changements
apportés
à
la
politique
tarifaire
par
le
gouvernement
haïtien
depuis
2011
créent
un
momentum
favorable
pour
la
relance
de
l’aviculture
haïtienne
et
la
récupération
progressive
du
marché
local
par
les
entrepreneurs
haïtiens.
L’élevage
traditionnel
des
poules
créoles
représente
un
chiffre
d’affaires
estimé
à
plus
de
50
millions
de
dollars
américains
par
an.
Avec
un
programme
plus
efficace
de
vaccination
contre
la
maladie
de
Newcastle
19
(Lafyèv
poul)
et
autres
améliorations
techniques,
ce
chiffre
d’affaires
pourrait
doubler.
Les
objectifs
du
MARNDR
•
«
Depuis
2011,
le
MARNDR
devait
créer
les
conditions
pour
le
développement
de
la
filière
œufs,
en
vue
de
faire
passer
le
nombre
de
pondeuses
qui
était
de
50
000
à
un
million
en
2017,
ceci
devant
permettre
de
satisfaire
75
%
de
la
demande
actuelle
en
œufs»3
4.3-‐LES
ÉTAPES
DE
CETTE
ÉTUDE
L'étude
sur
le
terrain
a
commencé
le
mardi
3
février
2015
par
une
discussion
avec
le
Secrétaire
d'État
à
la
Production
Animale
au
MARNDR
et
le
coordonnateur
de
l'étude
au
MARNDR;
puis
par
la
rencontre
des
trois
consultants
composant
l’équipe
et
ensuite
par
une
rencontre
des
consultants
avec
certains
intervenants
de
la
filière
et
des
visites
sur
le
terrain.
Au
cours
de
ces
rencontres,
des
discussions
ont
eu
lieu
avec
le
personnel
de
SYFAAH
pour
analyser
avec
eux
les
instruments
financiers
qu’ils
ont
préparés
pour
faire
l’analyse
des
entreprises
qui
seraient
susceptibles
de
bénéficier
d’un
prêt
de
la
part
des
Institutions
financières.
Le
coordonnateur
a
exécuté
trois
missions
en
Haïti
la
première
au
début
février
2015,
la
seconde
au
début
mars
2015
et
la
troisième
au
début
mai
2015.
Les
deux
consultants
locaux
ont
participé
à
toutes
ces
missions
et
ont
fourni
la
partie
du
rapport
tel
que
spécifié
dans
leurs
termes
de
référence.
PHASE
1
–
Quête
des
informations
et
consultation
des
acteurs
de
la
filière
des
œufs
en
Haïti.
PHASE
II
–
Préparation
et
présentation
d’un
premier
rapport
d’étape
au
MARNDR.
Phase
III
–
Discussion
de
ce
rapport
avec
le
MARNDR,
dans
un
premier
temps,
puis
avec
les
représentants
de
la
filière,
les
institutions
financières
et
autres
organisations
en
Haïti
intéressées
par
la
production
des
œufs.
4.4-‐PRINCIPALES
STATISTIQUES
DOCUMENTS
ET
ÉTUDES
ANTÉRIEURES
UTILISÉES
1)-‐(IHSI)-‐
Institut
Haïtien
http://www.ihsi.ht/produit
de
Statistique
et
D’Informatique.
(statistique
économique
2)-‐
(BRH)-‐Banque
de
la
République
d’Haïti.
Indicateur
Macro-‐économique.
Rapport
sur
le
produit
intérieur
brut
par
secteur
http://www.brh.net/pibsecteur.pdf
3)-‐(MARNDR)-‐
Ministère
de
l’Agriculture,
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural,
2010.
Programme
de
développement
de
l’aviculture
en
HAITI
2010-‐2014.
4)-‐(MARNDR)-‐
Ministère
de
l’Agriculture,
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural,
2010.
Plan
National
D’Investissement
Agricole.
5)-‐
Base
de
données
FAOSTAT
http://wwwfaostat.org,
3
Aviculture
en
Haïti,
Bilan
2011-‐2015
publication
du
MARNDR,
février
2015
20
6)-‐
Conférence
des
Nations
Unies
sur
le
Commerce
et
le
Développement,
Genève.
Rapport
sur
le
Commerce
et
le
Développement,
2013.
Page
25.
7)-‐Étude
de
Caractérisation
de
la
Filière
Avicole
en
Haiti.
H
.
Chatelain,
2012.
8)-‐
http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_multiplicateur
9)-‐
Pêches
et
Océans
Canada
:
http://www2.mar.dfo-‐mpo.gc.ca/pande/ecn/pei/f/pei19-‐f.asp
10)-‐
HAITI
(Haïti
Broilers).
11)-‐
USA
(www.egg
cite
/Dr
Simon
Shane).
12)-‐
DR
(
Agrifeed).
13)-‐
LMH
(Jamie
Marks).
14)-‐
Système
des
Nations
Unies:
PIR,
Mars
2013.
15)-‐
Aviculture
en
Haïti
Bilan
2011-‐2015
Publication
du
(MARNDR).
Février
2015.
16)-‐Source
:
IICA
Poulailler
Construit
à
Arreguy,
Jacmel.
17)-‐Les
producteurs
d’œufs
du
Canada.
18)-‐
British
Columbia
:
http://bcdairy.ca/uploads/bcdairy/DairyFarmerIndustry/BCDEPI_2013_report_-‐
_WEB_3255-‐01_BC_DEPI_2012_June_3_2013.pdf
19)-‐
Ohio:
http://www.ohpoultry.org/fastfacts/docs/generalFactSheet.pdf
20)-‐
Source
(CPA)-‐
Caribbean
Poultry
Association.
21)-‐Source
:
Les
moulins
d’Haïti.
Jamie
Marks.
11
/3/15.
22)-‐Source
PIB:
http://fr.tradingeconomics.com/haiti/gdp-‐per-‐capita
5-‐PRINCIPAUX
CONCEPTS
ÉCONOMIQUES
RELATFS
AU
DÉVELOPPEMENT
DE
LA
FILIÈRE
ŒUFS
EN
HAÏTI
ET
LEUR
APPLICATION
5.1-‐ACTIVITÉ
ÉCONOMIQUE
Pour
mesurer
les
effets
économiques,
en
Haïti,
d'une
augmentation
de
la
production
des
œufs
sur
les
principaux
éléments
qui
composent
cette
filière,
nous
avons
démarré
avec
l'établissement
de
modèles
de
production
des
œufs,
des
poulettes
et
de
la
commercialisation
des
œufs.
Par
la
suite,
nous
avons
multiplié
chacun
de
ces
modèles
par
le
nombre
d'entreprises
nécessaires
pour
que
chaque
groupe
de
producteurs,
(modèle
de
production
70,
1000
et
10
000
poules
pondeuses
ensuite
de
10
000
poulettes
et
des
modèles
de
commercialisation
agro-‐distributeur
moulée-‐œufs
et
commerçant
de
gros),
selon
leur
contribution
atteigne
un
niveau
d’A-‐A
allant
de
40
à
80%
de
la
consommation.
Les
montants
obtenus
en
gourde
ou
en
dollars
21
américains
indiquent
l'activité
directe
supplémentaire
créée.
Pour
obtenir
l'activité
totale
obtenue
il
a
fallu
multiplier
la
valeur
monétaire
de
la
nouvelle
production
par
un
multiplicateur
qui
représente
les
activités
indirectes
générées
dans
toute
l'économie.
5.2-‐MULTIPLICATEUR
D'ACTIVITÉ
ÉCONOMIQUE
Ce
terme
est
utilisé
principalement
dans
l'analyse
des
tableaux
d'échanges
inter
industriel
(input-‐output)
et
signifie
que
lorsque
un
élément
situé
à
l’entrée
(input)
du
système
économique
varie
il
y
a
un
effet
multiplicateur
qui
se
produit
sur
l’ensemble
du
système
et
qui
se
mesure
à
la
sortie
(output)
;
cet
effet
est
plus
important
à
la
sortie
qu’à
l’entrée
Les
composantes
de
l’exemple
suivant,
utilisé
par
Pêches
et
Océans
Canada,
peut
s’appliquer
à
la
filière
des
œufs
en
Haïti.
Pêches
et
Océans
Canada
en
rapport
avec
une
étude
de
l'industrie
de
la
pêche
à
l'Ile
du
Prince
Edouard
mentionne:
Contributions
ou
retombées
directes
Les
contributions
directes
sont
les
activités
économiques
«
premières
»
qui
contribuent
au
PIB,
aux
salaires
et
à
l'emploi.
Il
peut
s'agir
autant
de
l'investissement
dans
la
construction
ou
l'agrandissement
d'une
usine
de
transformation
du
poisson
ou
des
salaires
versés
aux
personnes
qui
travaillent
directement
à
des
activités
liées
à
l'océan.
Contributions
ou
retombées
indirectes
Les
contributions
indirectes
sont
les
activités
économiques
«
subséquentes
»
qui
contribuent
au
PIB,
aux
salaires
et
à
l'emploi.
Ces
activités
ne
sont
pas
directement
liées
à
l'activité
océanique,
mais
résultent
des
activités
directement
liées
à
l'océan.
Un
bon
exemple
serait
les
entrées
requises
pour
construire
un
bateau
de
pêche.
L'investissement
dans
le
bateau
de
pêche
est
une
activité
directement
liée
à
l'océan
qui
contribue
au
PIB
(investissement).
L'augmentation
subséquente
de
la
demande
de
bois
scié
(scieries)
et
la
demande
accrue
de
bois
d'œuvre
(exploitation
forestière)
contribuent
indirectement
au
PIB.
Ces
contributions
indirectes
englobent
également
les
«contributions
induites»
Contributions
ou
retombées
induites
Les
contributions
induites
mesurent
l'activité
économique
associée
à
la
nouvelle
dépense
des
salaires
payés
dans
le
cadre
de
l'activité
directe,
l'activité
indirecte
et,
dans
une
moindre
mesure,
les
cycles
précédents
d'activité
induite.
«Les
multiplicateurs
de
l'emploi
(basé
sur
les
sorties)
relient
l'emploi
supplémentaire
par
changement
des
sorties»
4
5.3-EMPLOIS CRÉÉS
4
Pêches
et
Océans
Canada.
http://www2.mar.dfo-‐mpo.gc.ca/pande/ecn/pei/f/pei19-‐f.asp
22
Lors
de
la
préparation
des
modèles
de
production
et
commercialisation
nous
avons
indiqué
la
quantité
de
main
d'œuvre
supplémentaire
requise
pour
chaque
entreprise,
chaque
modèle
et
chaque
niveau
d'autosuffisance.
Une
fois
ces
nombres
multipliées
par
le
nombre
de
nouvelles
entreprises
à
créer
pour
atteindre
les
niveaux
de
40%,
60%
et
80%
d’A-‐A,
le
total
a
donné
le
nombre
directs
d'emplois
créés.
Les
emplois
créés
ont
été
divisés
en
deux
sections
:
la
première
se
rapporte
aux
investissements
de
démarrage
et
la
seconde
aux
emplois
en
régime
annuel
de
production.
Par
la
suite,
ces
niveaux
d'emplois
directs
ont
été
multipliés
par
le
multiplicateur
pour
obtenir
les
emplois
directs
et
indirects
obtenus
pour
chaque
niveau
d'autosuffisance
de
40
à
80%.
Les
mêmes
calculs
ont
été
faits
en
ce
qui
concerne
les
investissements
nécessaires
au
démarrage
pour
chacun
des
modèles
et
taux
d'autosuffisance
pour
obtenir
un
chiffre
total
d'emplois
et
d'activité
économique
générée
au
démarrage.
5.4-BESOINS EN CRÉDIT
Le
développement
des
entreprises
dans
la
filière
œufs
pour
atteindre
un
taux
d’A-‐A
entre
40%
et
80%
suppose
un
programme
de
financement
de
ces
entreprises
pour
leur
démarrage
et
aussi
pour
leur
fonds
de
roulement
en
production
annuelle.
Il
faut
donc
s’assurer
au
départ
que
le
système
financier
haïtien
dispose
des
liquidités
nécessaires
et
ensuite
que
la
rentabilité
des
entreprises
avec
ou
sans
programmes
d’appui
aux
investissements
vont
inciter
les
institutions
financières
à
prêter
à
ces
entrepreneurs.
À
ces
conditions
vont
s’ajouter
les
besoins
en
assistance
technique
pour
garantir
la
permanence
de
cette
rentabilité
et
les
conditions
de
mise
en
marché
pour
faciliter
l’écoulement
des
nouveaux
produits
sur
le
marché
haïtien.
A
partir
des
modèles
de
production
et
de
commercialisation
il
a
été
possible
d'établir
les
besoins
en
crédit
dans
chaque
type
d’entreprise
et
ensuite
de
multiplier
ces
chiffres
par
le
nombre
d'entreprise
dans
chaque
modèle
en
comparaison
avec
les
niveaux
d’A-‐A
de
40%,
60%
et
80%;
ce
qui
nous
a
fourni
les
besoins
en
crédit
totaux
aussi
bien
lors
du
démarrage
qu'en
régime
de
production
annuelle
pour
ces
différents
taux
d’A-‐
A.
Tableau
#
1-‐Investissement
(bâtisses
et
équipements)
à
prévoir
au
démarrage
pour
passer
de
la
situation
actuelle
à
un
taux
d'A-‐A
de
40%
à
80%
dans
la
production
des
œufs
En
gourdes
A-‐A
40%
A-‐A
60%
En
dollars
américains
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
23
1.1-‐Production
d'œufs
338,337,435
611,788,238
885,239,042
7,198,669
13,016,771
18,834,873
1.2-‐Production
des
poulettes
109,265,903
202,964,855
296,663,807
2,324,806
4,318,401
6,311,996
1.3-‐Activités
de
commercialisation
66,760,079
100,140,118
133,520,157
1,420,427
2,130,641
2,840,854
119,265,889
178,898,834
238,531,778
2,537,572
3,806,358
4,495,912
23,500,000
28,200,000
32,900,000
500,000
600,000
700,000
35,250,000
70,500,000
105,750,000
750,000
1,500,000
2,250,000
10,000,000
20,000,000
30,000,000
212,766
425,532
638,298
1.4-‐Activités
de
mais-‐grain
semi
mécanisé
(Bâtisses
et
équipement
$1,000/ha
et
fonds
de
roulement
$1200/ha)
1.5-‐Investissements
pour
reproductrices
grand-‐mères
1.6-‐Usines
d'abattage
de
poules
réformées
1.7-‐Activités
couvoirs
et
œufs
d'incubation
702,379,306
1,212,492,045
1,722,604,784
14,944,241
25,797,703
36,071,933
TOTAL
1.8-‐Prêts
bancaires
nécessaires
si
561,903,445
969,993,636
1,378,083,827
11,955,392
20,638,162
28,857,546
80%
des
investissements
est
consenti
en
prêts
au
démarrage
Tableau
#
2-‐Fonds
de
roulement
prévu
pour
les
entreprises
qui
ont
démarré
pour
passer
de
la
situation
actuelle
à
un
taux
d'A-‐A
de
40%
à
80%
dans
la
production
des
œufs,
poulettes
et
commercialisation
En
gourdes
A-‐A
40%
A-‐A
60%
2.1-‐Fonds
de
roulement
pour
207,775,311
375,703,303
production
d'œufs
2.2-‐Fonds
de
roulement
pour
39,157,391
72,736,087
production
des
poulettes
2.3-‐Fonds
de
roulement
pour
activités
30,345,490
45,518,235
de
commercialisation
2.4-‐Fonds
de
roulement
pour
activités
de
mais-‐grain
semi
mécanisé
(Bâtisses
et
166,972,245
250,458,367
équipement
$1,000/ha
et
fonds
de
roulement
$1200/ha)
2.5-‐Activités
couvoirs
et
œufs
0
0
d'incubation
TOTAL
2.6-‐Prêts
bancaires
nécessaires
si
80%
des
besoins
de
fonds
de
roulement
est
consenti
en
prêt.
2.7-‐Prêts
bancaires
pour
investissements
et
pour
fonds
de
roulement
(#1.8
+
#2.6)
En
dollars
américains
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
543,631,294
4,420,751
7,993,687
11,566,623
106,314,783
833,136
1,547,576
2,262,017
60,690,981
645,649
968,473
1,291,297
333,944,489
3,552,601
5,328,901
7,105,202
0
0
0
0
444,250,438
744,415,992
1,044,581,547
9,452,137
15,838,638
22,225,139
355,400,350
595,532,794
835,665,237
7,561,710
12,670,911
17,780,111
917,303,795
1,565,526,430
2,213,749,064
19,517,102
33,309,073
46,637,658
Après
avoir
établi
les
besoins
en
crédit
il
est
important
de
voir
si
ce
que
peuvent
offrir
les
institutions
financières
sous
forme
de
programme
de
prêts
peut
correspondre
aux
besoins
des
emprunteurs
dans
ce
cas-‐
24
ci,
principalement
les
producteurs
d’œufs
et
de
poulettes
ainsi
que
les
entreprises
qui
pourraient
être
mises
sur
pied
pour
la
commercialisation
des
moulées
et
des
œufs.
Selon
les
deux
tableaux
précédents
(#
1
et
#
2),
il
faudra
prévoir
des
besoins
en
crédit
équivalent
à
917
millions
de
gourdes
ou
19
millions
de
dollars
américains
pour
un
taux
de
40%
d’A-‐A.
Pour
un
taux
de
80%
il
faut
prévoir
des
crédits
de
2,2
milliards
de
gourdes
ou
47
millions
de
dollars
américains
pour
financer
les
investissements
de
démarrage
et
les
fonds
de
roulement
de
la
production
supplémentaire
en
œufs,
en
poulettes,
en
œufs
d’incubation,
en
couvoir,
en
abattage
de
poules
réformées,
en
commercialisation
des
œufs
et
en
nouvelle
production
de
céréales
pour
alimenter
les
poules
et
les
poulettes.
Les
conditions
de
crédit
souhaitées
par
les
agro-‐entrepreneurs
sont
présentées
dans
le
tableau
suivant:
Tableau
#
3:
Analyse
des
conditions
pour
le
financement
de
la
production
des
œufs
70
poules
Conditions
souhaitées
par
les
agro
entrepreneurs
1000
poules
10,000
poules
20,000
poules
1
Types
de
prêts:
court,
moyen
et
long
terme
Court
Moyen
Moyen
Long
2
Durée
du
prêt
18
mois
36
mois
36
à
60
mois
60
mois
et
+
3
Minimum
et
maximum
des
prêts
Période
de
grâce
au
début
Garanties
bancaires
à
offrir
Min.
Min.
Max.
Min.
Max.
5,000,00
50
100
100
1,000,000
0
Max.
10,000,00
0
Min.
10,000,00
0
Max.
20,000,00
0
3
mois
3
mois
6
mois
12
à
18
mois
Avaliseur
Avaliseur,
mobilier
Collatéral,
véhicule,
immobilier
Collatéral,
véhicule,
immobilier
6
Garanties
contractuelles:
poulettes,
moulées,
vétérinaire
et
mise
en
marché
Non
Non
Si
possible
Si
possible
7
Taux
d’intérêt
24%
18%
12
à
14%
8
à
12
%
Stabilité
économique
Stabilité,
protection
douanière
Stabilité,
incitatifs,
protection
douanière
Stabilité
économique,
incitatifs,
protection
douanière
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Pas
nécessaire
Pas
nécessaire
4
5
8
9
1
0
Conditions
macro
économiques
Appuis
techniques
Expérience
et
formation
des
agro-‐
entrepreneurs
25
Accompagnement
Accompagnement
étatique
en
cas
de
étatique
en
cas
de
maladies,
dumping
maladies,
dumping
1 Gestion
des
1
risques
saisonnière
en
saisonnière
en
réponse
réponse
au
dumping
au
dumping
des
pays
des
pays
étrangers
étrangers
Subvention
des
Subvention
des
Subvention
des
1 Appuis
du
Subvention
des
intrants
2
gouvernement
intrants
intrants
intrants
Accompagneme Accompagnemen
nt
étatique
en
t
étatique
en
cas
cas
de
maladies,
de
maladies,
Refinancement
Refinancement
5.5-RENTABILITÉ
DES
ENTREPRISES
DANS
LA
PRODUCTION
ET
LA
COMMERCIALISATION
Après
avoir
établi
les
besoins
de
crédit
pour
financer
les
investissements,
il
est
important
de
savoir
si
les
conditions
de
rentabilité
des
entreprises
peuvent
garantir
le
remboursement
des
prêts
consentis
par
les
institutions
financières.
A
partir
des
modèles
de
production
et
de
commercialisation,
nous
avons
calculé
le
taux
de
rentabilité
des
entreprises
qui
s’installeraient
dans
un
proche
avenir
avec
les
conditions
actuelles
du
marché
en
utilisant
des
taux
d’intérêt
sur
les
prêts
se
situant
à
9%,
14%
et
19%
par
année.
Les
résultats
sont
présentés
dans
les
trois
tableaux
suivants
:
Tableau
#
4:-‐Marge
nette
à
l'unité
des
activités
de
En
gourdes
production
et
commercialisation
des
œufs:
taux
d'intérêts
sur
9%
14%
19%
9%
14%
19%
prêts
Avec
subvention
mais-‐
Sans
subvention
4.1-‐Marge
nette
par
œufs
production
d'œufs
-‐20,000
poules
résultat
par
œuf
-‐0.318
pas
calculé
de
subvention
pour
ce
modèle
0.196
0.019
-‐10,000
poules
résultat
par
œuf
0.110
-‐0.067
-‐0.373
0.22
0.04
-‐0.27
-‐1,000
poules
résultat
par
œuf
0.015
-‐0.115
-‐0.453
0.12
-‐0.01
-‐0.35
-‐0.012
-‐0.094
-‐0.175
0.11
0.03
-‐0.05
-‐38.83
-‐61.90
-‐84.97
-‐26
-‐48.78
-‐71.85
321,500
189,500
57,500
-‐70
poules
(avec
don
équipement;
construction
apport
du
producteur,
financement
des
poulettes)
résultat
par
œuf
4.2-‐Marge
nette
pour
production
des
poulettes
résultat
par
poulette
4.3-‐Marge
nette
activités
de
agri
distributeur
moulée-‐œufs
marge
nette
par
mois
4.4-‐Marge
nette
activités
commerce
de
gros
des
œufs
marge
nette
par
mois
moulée
(50%
chacun)
220,067
88,067
-‐
43,933
26
La
première
constatation
découlant
de
la
rentabilité
de
la
production,
dans
les
conditions
actuelles
sans
subvention
au
Tableau
#
4,
montre
que
la
production
des
œufs
dégage
une
marge
bénéficiaire
positive
pour
des
taux
d’intérêts
de
9%
l’an
dans
tous
les
cas
sauf
pour
la
production
des
poulettes
et
les
70
poules
(voir
colonne
#
2).
Cependant,
pour
connaitre
le
niveau
de
la
rentabilité
par
rapport
au
capital
investi,
il
faudrait
aller
voir
dans
les
modèles
de
coûts
de
production
pour
chaque
niveau
de
production.
Il
apparaît
que
pour
la
production
des
œufs
avec
9%
d’intérêts
le
niveau
de
rentabilité
est
tout
juste
acceptable,
car
le
producteur
de
10
000
poules
peut
payer
ses
intrants
ses
investissements,
ses
intérêts
et
s’octroyer
un
salaire
mensuel
correct
et
se
mettre
de
l’argent
de
côté
pour
financer
cash
après
9
cycles
de
production
(18
mois
par
cycle)
ses
achats
de
poulettes
;
avec
la
subvention
de
50%
d’intérêt
pour
les
bons
payeurs,
il
peut
acheter
ses
poulettes
cash
après
4
cycles
de
production.
Avec
un
taux
d’intérêt
de
14%
l’an
la
rentabilité
est
beaucoup
plus
faible
et
seul
le
producteur
de
20
000
poules
est
rentable,
le
producteur
d’œufs
de
10
000
poules
ne
peut
racheter
cash
ses
poulettes.
A
19%,
les
producteurs
ne
peuvent
jamais
racheter
leurs
poulettes
car
ils
perdent
toujours
de
l’argent.
À
19%
d’intérêt
par
année,
tous
les
modèles
ont
des
résultats
négatifs.
Dans
le
cas
des
70
poules,
nous
avons
considéré
ce
producteur
sous
l’aspect
«
projet
social
»
et
tous
ses
équipements
lui
ont
été
donnés
et
les
constructions
très
rudimentaires
sont
considérées
comme
un
apport
du
producteur,
ce
qui
suppose
aucune
dépréciation
et
très
peu
d’intérêts
à
payer.
Dans
le
cas
contraire,
le
producteur
de
70
poules,
sans
dons
d’équipement
et
sans
sa
contribution
à
100%
sur
les
constructions,
le
producteur
ne
peut
jamais
racheter
cash
ses
poulettes
car
il
perd
toujours
de
l’argent.
Dans
le
contexte
actuel
de
production,
comment
expliquer
que
les
producteurs
de
poulettes
continuent
à
produire
si
le
modèle
indique
qu’ils
font
des
pertes.
Cela
s’explique
de
la
façon
suivante
:
tous
les
modèles
proposés
ici
sont
élaborés
pour
des
nouveaux
producteurs
qui
doivent
financer
des
constructions
et
des
équipements
neufs
avec
des
dépréciations
et
des
remboursements
d’intérêts
élevés.
Sans
ces
remboursements
et
cette
dépréciation
les
producteurs
de
poulettes
actuels
gagnent
41
gourdes
par
poulette
ou
900
000
gourdes
par
an
pour
une
production
de
23
000
poulettes
durant
l’année.
Le
problème
de
la
rentabilité
de
la
production
de
poulettes
va
se
poser
très
rapidement,
une
fois
que
toutes
les
installations
dépréciées
et
non
utilisées
seront
mises
en
production,
car
alors,
il
faudra
investir
dans
de
nouvelles
bâtisses
et
de
nouveaux
équipements.
Nous
pensons,
compte
tenu
des
équipements
actuels
non
utilisés
que
cela
se
produira
lorsque
le
taux
d’A-‐A
atteindra
environ
35%.
Cela
pourra
se
produire
d’ici
un
an
ou
deux
selon
le
taux
actuel
de
la
croissance
de
la
production.
À
moins
qu’une
solution
ne
soit
trouvée,
soit
sur
le
prix
des
poussins,
le
prix
de
la
moulée
ou
les
taux
d’intérêts
il
ne
sera
pas
possible
d’augmenter
la
production
de
poulettes.
Donc,
le
développement
de
la
filière
œufs
ne
pourra
pas
se
poursuivre
avec
une
telle
option.
Comme
l’indiquent
les
Tableaux
#
5
et
#
6,
dans
le
contexte
actuel,
même
avec
les
deux
subventions
(céréales
et
bonus
sur
les
intérêts)
la
production
des
poulettes
avec
de
nouveaux
investissements
n’est
pas
rentable
quel
que
soit
le
taux
d’intérêt.
27
Tableau
#
5:
-‐Marge
nette
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs:
avec
subvention
1-‐de
mais-‐grain-‐moulée
et
2-‐
de
bonus
sur
intérêts
bons
payeurs
taux
9%
14%
19%
9%
14%
19%
d'intérêts
sur
prêts
Avec
subvention
Avec
subvention
(4.5%
du
taux
d'intérêts)
mais-‐moulée
(50%
chacun)
5.1-‐Marge
nette
par
œufs
production
d'œufs
-‐20,000
poules
résultat
par
œuf
bonus
intérêts
bons
payeurs
(marge
nette
modèle
+
subvention)
première
année
Pas
calculé
de
subvention
pour
ce
modèle
-‐10,000
poules
résultat
par
œuf
Pas
calculé
de
subvention
pour
ce
modèle
0.22
0.04
-‐0.27
0.25
0.07
-‐0.23
-‐1,000
poules
résultat
par
œuf
0.12
-‐0.01
-‐0.35
0.12
-‐0.01
-‐0.35
0.11
0.03
-‐0.05
0.06
-‐0.02
-‐0.11
-‐26
-‐49
-‐72
-‐20
-‐43
-‐67
-‐70
poules
(avec
don
équipement;
construction
apport
du
producteur,
financement
des
poulettes)
résultat
par
œuf
5.2-‐Marge
nette
pour
production
des
poulettes
résultat
par
poulette
Source:
nos
calculs.
Tableau
#
6:
-‐Marge
nette
des
activités
de
production
et
commercialisation
des
œufs:
avec
les
2
subventions
additionnées
subvention
de
mais-‐grain-‐moulée
et
de
bonus
sur
intérêts
bons
payeurs
taux
d'intérêts
sur
prêts
9%
14%
19%
Avec
2
subventions:
bonus
intérêts
et
mais-‐moulée
6.1-‐Marge
nette
par
œufs
production
d'œufs
-‐20,000
poules
résultat
par
œuf
-‐10,000
poules
résultat
par
œuf
pas
calculé
de
subvention
pour
ce
modèle
0.36
0.18
-‐0.13
-‐1,000
poules
résultat
par
œuf
0.22
0.09
-‐0.24
-‐70
poules
(avec
don
équipement
et
construction
apport
du
producteur)
résultat
par
œuf
0.18
0.10
0.01
6.2-‐Marge
nette
pour
production
des
poulettes
résultat
par
poulette
-‐7.25
-‐30.32
-‐53.39
Source:
nos
calculs.
Cependant,
si
le
prix
des
poussins
en
Haïti,
($US
1.93
par
poussin
en
mars
2015)
était
seulement
le
double
du
prix
de
celui
de
la
République
Dominicaine
(en
mars
2015,
en
République
dominicaine
le
prix
était
de
$US
0.58
par
poussin
soit
le
double
=
$US
1.16),
ou
seulement
40%
plus
élevé
qu’aux
États-‐Unis
(mars
2015,
prix
28
USA:
$US
0.82,
40%
de
plus
=
$US
1.15),
la
production
de
poulette
serait
rentable
même
avec
un
taux
d’intérêt
de
14%
par
année.
Le
différentiel
à
gagner
avec
ce
nouveau
prix
pour
les
poussins
en
Haïti
donnerait
une
diminution
de
coût
des
poulettes
de
$US
0.78
l’unité.
Au
Tableau
#
5,
présenté
précédemment,
les
pertes
à
l’unité
sont
de
$US
0.26
à
un
taux
d’intérêt
de
9%,
de
$US
0.49
à
14%
et
de
$US
0.72
à
19%.
Cela
voudrait
dire
que
la
production
de
poulette
à
ce
prix
serait
presque
rentable
avec
un
taux
d’intérêt
de
19%
et
tout
cela
sans
subvention.
Or,
Haïti
pourrait
faire
mieux
que
le
double
du
prix
des
poussins
de
la
République
dominicaine
s’il
y
avait
une
production
d’un
troupeau
reproducteur
et
que
la
compétition
favoriserait
l’ouverture
de
ce
marché
des
poussins.
5.6-BESOINS EN ASSISTANCE TECHNIQUE ET ADMINISTRATIVE
Pour
pouvoir
maintenir,
années
après
années,
le
taux
de
ponte
et
de
productivité
des
modèles
proposés
il
faut
que
les
producteurs
de
poules
ou
de
poulettes
puissent
bénéficier
d’une
assistance
technique
régulière
dans
les
trois
domaines
suivants
:
en
santé
animale,
en
techniques
de
production
et
en
appui
financier
et
administratif.
De
plus,
si
les
institutions
financières
font
des
prêts
à
de
nouveaux
producteurs,
nous
proposons
pour
ces
nouveaux
producteurs
qu’ils
soient
obligés
de
bénéficier
de
cet
appui
technique
comme
condition
du
prêt
pour
une
période
de
plusieurs
années.
L’appui
technique
peut
provenir
de
professionnels
indépendants
type
agro-‐distributeurs
de
moulée
et
de
commercialisation
des
œufs
dont
un
modèle
est
présenté
dans
cette
étude,
ou
peuvent
venir
de
contrats
d’intégration
dont
ces
producteurs
sont
liés
à
un
fournisseur
d’intrants
qui
emploie
des
techniciens
reconnus
pour
leurs
compétences
dans
le
domaine
avicole,
ou
à
travers
une
association
de
producteurs
dont
les
employés
techniciens,
ayant
les
compétences
nécessaires
pourraient
proposer
cet
appui
technico-‐
économique.
En
Haïti,
le
modèle
de
SYFAAH
est
une
excellente
base
de
départ
pour
définir
l’appui
technique
dont
devra
bénéficier
le
producteur.
À
l’extérieur
d’Haïti,
les
modèles
jamaïcain,
américain,
canadien
ou
autres
peuvent
servir
de
base
de
comparaison
en
ce
qui
a
trait
à
l’appui
technique
grâce
à
des
contrats
d’intégration
de
la
part
d’entreprises
privées
ou
coopératives.
Si
Haïti
ne
possède
pas
toutes
les
compétences
techniques
pour
offrir
cet
appui
aux
producteurs,
il
ne
devrait
pas
hésiter
à
aller
le
chercher
ailleurs
dans
les
pays
qui
peuvent
le
lui
offrir.
Selon
les
modalités
choisies
par
chaque
groupe
d’intervenants,
les
frais
de
cette
assistance
technique
peuvent
être
facturés
directement
au
producteur
ou
être
payés
via
un
contrat
d’intégration
ou
via
une
augmentation
du
prix
de
la
moulée.
Il
faut
savoir
que
cette
assistance
technique
a
un
coût
mais
en
même
temps
elle
est
très
rentable
pour
le
producteur.
5.7-L’AUGMENTATION DES IMPORTATIONS
Pour
chaque
modèle
de
production
ou
de
commercialisation,
une
estimation
des
importations
supplémentaires
a
été
établie
en
tenant
compte
des
paramètres
actuels
de
la
production
et
de
la
commercialisation.
Le
niveau
total
des
nouvelles
importations
a
permis
de
faire
une
analyse
de
l'impact
de
ces
importations
sur
le
commerce
extérieur
et
les
taux
de
change
de
la
monnaie.
29
Puis,
nous
avons
introduit
certaines
variables
dans
le
niveau
des
importations
en
supposant
qu'une
partie
importante
des
composantes
de
la
moulée
(comme
le
maïs-‐grain
et
les
tourteaux)
serait
produite
sur
place
en
Haïti.
Lors
des
investissements
de
démarrage,
nous
avons
calculé
que
les
importations
seraient
de
$US6
517
427
à
un
taux
de
40%
d’A-‐A
et
de
$US
16
597
850
pour
un
taux
de
80%.
Avec
le
niveau
des
importations
actuelles
de
maïs-‐grain
et
de
tourteau,
en
supposant
un
régime
de
production
annuelle
à
40%
d’A-‐A
les
importations
seraient
de
$US
16
489
926
par
année
;
avec
un
régime
de
production
à
80%
d’A-‐A
les
importations
seraient
de
$34
045
566
(voir
les
Tableaux
#
7,
#
8,
#
9
et
#
10
ci-‐dessous).
Ces
importations
représenteraient
alors,
environ
64%
de
la
valeur
de
la
production
des
œufs
et
des
poulettes
alors
que
si
Haïti
produisait
ses
céréales
et
son
tourteau
les
importations
seraient
seulement
respectivement
de
$US
5
213
472
et
$US
7
233
937
pour
des
taux
d’A-‐A
de
40
et
80%
et
cela
ne
représenterait
que
9%
de
la
valeur
de
la
production
des
œufs
et
des
poulettes.
Donc
il
y
a
un
avantage
très
important
à
mettre
en
place
un
programme
de
production
de
maïs-‐grain
et
de
tourteau
parallèlement
à
la
production
des
œufs
et
des
poulettes.
C’est
la
première
condition
de
succès
pour
maximiser
les
retombées
économiques
en
Haïti.
Tableau
#
7:
-‐Importations
supplémentaires
en
plus
au
démarrage
en
gourdes
et
en
$US
Valeur
des
importations
dans
la
situation
actuelle
en
gourdes
Valeur
des
importations
dans
la
situation
actuelle
en
$US
A-‐A
40%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
4,175,228
USD
1,383,410
USD
7,549,727
USD
2,569,728
USD
1,438,183
USD
11,557,638
USD
10,924,226
USD
3,756,046
USD
1,917,577
USD
16,597,850
USD
7.1-‐Production
d'œufs
7.2-‐Production
de
poulettes
7.3-‐Activités
de
commercialisation
TOTAL
A-‐A
60%
A-‐A
80%
196,235,712
354,837,178
513,438,644
65,020,289
120,777,233
176,534,178
45,063,053
67,594,580
90,126,106
958,788
USD
306,319,054
543,208,991
780,098,928
6,517,427
USD
Tableau
#
8:-‐Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US;
situation
actuelle
Valeur
des
importations
dans
la
situation
actuelle
Valeur
des
importations
dans
la
situation
en
gourdes
8.1-‐Production
d'œufs
en
régime
annuel
8.2-‐Production
de
poulettes
8.3-‐Activités
de
commercialisation
TOTAL
actuelle
en
$US
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
704,495,689
1,056,743,533
1,408,991,377
14,989,270
22,483,905
29,978,540
70,047,714
130,115,833
190,183,953
1,490,377
2,768,422
4,046,467
483,134
724,701
966,268
10,279
15,419
20,559
775,026,536
1,187,584,067
1,600,141,598
16,489,926
25,267,746
34,045,566
Tableau
#
9:
-‐Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US;
quand
production
locale
de
grains
Valeur
des
importations
production
de
mais
local
Valeur
des
importations
si
production
de
en
gourdes
A-‐A
40%
A-‐A
60%
mais
local
en
$US
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
30
9.1-‐Production
d'œufs
en
régime
annuel
9.2-‐Production
de
poulettes
9.3-‐Activités
de
commercialisation
TOTAL
289,364,785
434,047,177
578,729,570
6,156,698
9,235,046
12,313,395
34,001,734
63,159,291
92,316,848
723,441
1,343,815
1,964,188
122,972,302
125,168,236
83,445,491
2,616,432
2,663,154
1,775,436
446,338,821
622,374,704
754,491,908
9,496,571
13,242,015
16,053,019
Tableau
#
10:
-‐Importations
supplémentaires
avec
la
production
annuelle
en
gds
et
en
$US
si
la
production
locale
de
mais-‐grain
et
tourteau
remplie
100%
des
besoins
de
la
moulée
10.1-‐Production
d'œufs
en
régime
annuel
10.2-‐Production
de
poulettes
10.3-‐Activités
de
commercialisation
TOTAL
Valeur
des
importations
si
production
de
mais
et
tourteau
local
en
gourdes
Valeur
des
importations
si
production
de
mais
et
tourteau
local
en
$US
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
104,680,897
157,021,346
209,361,794
2,227,253
3,340,880
4,454,506
17,379,987
32,283,873
47,187,759
369,787
686,891
1,003,995
122,972,302
125,168,236
83,445,491
2,616,432
2,663,154
1,775,436
245,033,186
314,473,454
339,995,043
5,213,472
6,690,925
7,233,937
Source:
nos
calculs.
5.8-‐REVENUS
GOUVERNEMENTAUX
ET
IMPORTATIONS
Les
revenus
gouvernementaux
vont
varier
en
fonction
de
la
production
et
des
investissements
qui
seront
réalisés
pour
obtenir
cette
production.
Lorsque
la
production
passe
d’un
taux
d’A-‐A
de
15%
(situation
actuelle
à
40%,
60%
ou
80%,
les
importations
vont
augmenter
substantiellement
et
les
revenus
du
gouvernement
par
conséquent,
augmenteront
du
même
coup.
Nous
avons
donc
estimé,
pour
les
principales
activités
de
la
filière,
quels
seront
les
revenus
en
provenance
des
droits
appliqués
sur
les
produits
importés
lors
de
la
réalisation
des
investissements
puis
par
la
suite,
sur
les
produits
importés
lors
de
la
production
et
de
la
commercialisation
des
œufs.
Le
Tableau
#
11
présente
tous
les
revenus
gouvernementaux
pour
les
principaux
produits
entrant
dans
les
coûts
de
production
des
œufs,
des
poulettes
et
de
la
commercialisation
de
ces
produits.
Les
pourcentages
mentionnés
dans
ce
tableau
sont
un
résumé
des
principaux
règlements
en
vigueur.
Ces
pourcentages
ont
été
pondérés
avec
la
valeur
de
ce
produit
dans
le
coût
de
production
concerné.
Par
la
suite,
les
Tableaux
#
12
et
#
13
nous
donnent
les
revenus
gouvernementaux,
dans
les
conditions
actuelles
de
technologie
de
production,
obtenus
lors
des
investissements
de
démarrage
(à
80%
d’A-‐A:
$US
3
568
000)
et
ensuite
les
revenus
obtenus
à
chaque
année
par
la
production
régulière
(à
80%
d’A-‐A:
$US
2
897
000)
selon
le
niveau
d’A-‐A.
31
Tableau
#
11
:
Revenus
gouvernementaux
sur
les
produits
importés
en
%
de
la
valeur
Tarif
douanier
Frais
vérifcation,
droits
et
taxes
T.C.A.
Produits
importés
en
relatiion
avec
les
œufs
en
%
en
%
en
%
Achats
de
caisses
plastiques
15%
8%
10%
Achat
véhicule
camion
32%
8%
10%
Boite
isotherme
15%
8%
10%
Achat
container
aménagement
et
isotherme
pour
oeufs
15%
8%
10%
Équip
bureau
15%
8%
10%
Pétrole
et
essence
13%
29%
Huile
graisse
15%
8%
Aliments
des
poules
0
8%
Vitamines
0
8%
Antibiotiques
0
8%
Batisses
et
cloture
15%
8%
10%
Coûts
équipements
0%
8%
Accessoires
0%
8%
Puits
15%
8%
Équipement
poulettes
0%
8%
Génératrice
15%
8%
Machine
à
bec
et
vaccins
0%
8%
Achats
poussins
ou
œufs
d'incubation
au
début
0%
8%
Sur
une
période
de
5
ans
les
revenus
du
gouvernement
en
rapport
avec
les
importations
nécessaires
à
la
production
des
œufs,
avec
la
technologie
actuelle,
pour
passer
de
la
situation
actuelle
d’A-‐A
à
80%,
seraient
aux
environs
de
20
millions
de
dollars
américains.
32
Tableau
#
12:-‐Revenus
gouvernementaux
tirés
des
Importations
supplémentaires
en
plus
au
démarrage
en
gourdes
et
en
$US
Moyenne
pondérée
Moyenne
pondérée
11.9%
Frais
vérification,
droits
et
taxes
œufs
et
poulettes
8%
Tarifs
douaniers
commercialisation
5.6%
Frais
vérification,
droits
et
taxes
commercialisation
8%
10.0%
Revenus
de
la
T.C.A.:
poules
et
poulettes
6.9%
Valeur
des
entrées
gouvernementales
dans
la
situation
actuelle
en
$US
Valeur
des
entrées
gouvernementales
dans
la
situation
actuelle
en
gourdes
LORS
DU
DÉMARRAGE
Tarifs
douanier
œufs
et
poulettes
Revenus
de
la
T.C.A.:
commercialisation
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
42,113,995
60,937,675
495,539
USD
896,042
USD
1,296,546
USD
28,386,974
41,075,092
334,018
USD
8,314,007
12,152,178
95,231
USD
14,334,495
20,952,031
164,191
USD
603,978
USD
176,894
USD
304,989
USD
873,938
USD
258,557
USD
445,788
USD
9,662,179
14,122,734
110,673
USD
205,578
USD
3,102,030
4,653,044
6,204,059
66,001
USD
99,001
USD
300,484
USD
132,001
USD
11.3-‐Activités
de
commercialisation
2,531,320
revenus
des
tarifs
douaniers
3,796,979
5,062,639
53,858
USD
80,787
USD
107,716
USD
revenus
des
frais
droits
et
taxes
à
l'importation
3,605,044
5,407,566
7,210,088
76,703
USD
revenus
de
la
T.C.A.:
30,631,905
54,320,899
78,009,893
115,055
USD
1,155,764
USD
2,482,324
USD
153,406
USD
1,659,785
USD
3,568,436
USD
A-‐A
40%
A-‐A
60%
11.1-‐Production
d'œufs
23,290,315
revenus
des
tarifs
douaniers
revenus
des
frais
droits
et
taxes
à
15,698,857
l'importation
revenus
de
la
T.C.A.:
4,475,836
11.2-‐Production
de
poulettes
7,716,959
revenus
des
tarifs
douaniers
revenus
des
frais
droits
et
taxes
à
5,201,623
l'importation
revenus
de
la
T.C.A.:
TOTAL
Tableau
#
13:
-‐Revenus
gouvernementaux
tirés
des
Importations
supplémentaires
en
plus
en
régime
de
production
annuelle
en
gourdes
et
en
$US
par
année.
65,621,985
116,669,240
167,716,496
651,743
USD
1,396,212
USD
Moyenne
pondérée
Moyenne
pondérée
Tarifs
douanier
œufs
et
poulettes
0.5%
Frais,
vérification,
droits
et
taxes
œufs
et
poulettes
8%
Tarifs
douaniers
commercialisation
0%
Frais
vérification,
droits
et
taxes
commercialisation
26.8%
En
production
annuelle
Valeur
des
entées
gouvernementales
dans
la
situation
actuelle
en
gourdes
Valeur
des
entrées
gouvernementales
dans
la
situation
actuelle
en
$US
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
7,044,957
74,946
USD
112,420
USD
149,893
USD
12.1-‐Production
d'œufs
3,522,478
revenus
des
tarifs
douaniers
5,283,718
33
revenus
des
frais
droits
et
taxes
à
56,359,655
l'importation
12.2-‐Production
de
poulettes
350,239
revenus
des
tarifs
douaniers
revenus
des
frais
droits
et
taxes
à
5,603,817
l'importation
12.3-‐Activités
de
commercialisation
0
revenus
des
tarifs
douaniers
revenus
des
frais
droits
et
taxes
à
129,540
l'importation
TOTAL
65,965,729
1,798,712
USD
2,398,283
USD
7,452
USD
13,842
USD
20,232
USD
15,214,716
119,230
USD
221,474
USD
323,717
USD
0
0
0
USD
0
USD
0
USD
194,310
259,081
2,756
USD
4,134
USD
5,512
USD
1,403,526
USD
2,150,582
USD
2,897,638
USD
84,539,483
112,719,310
650,579
950,920
10,409,267
101,077,357
136,188,984
1,199,142
USD
Source:
nos
calculs.
5.9-LES SUBVENTIONS ET LEUR COÛT
Si
le
gouvernement
d’Haïti
met
en
place
un
programme
de
subvention
pour
appuyer
la
filière
œufs
afin
d’accélérer
son
développement,
cette
politique
ne
devrait
pas
être
considérée
comme
un
repli
du
pays
sur
lui-‐même
mais
plutôt
un
devoir
face
à
sa
population
afin
de
bénéficier
de
toutes
les
possibilités
offertes
par
la
croissance
d’une
filière
prioritaire
pour
le
pays
et
sa
sécurité
alimentaire.
Cet
extrait
du
rapport
de
2013
de
la
Conférence
de
Nations
Unies
sur
le
Commerce
et
le
Développement,
(CNUCED),
explique
très
bien
ce
point
de
vue:
«Or,
si
un
pays
en
croissance
ne
met
pas
à
niveau
ses
capacités
productives
nationales
pour
les
adapter
à
l’évolution
de
la
structure
de
la
demande
intérieure,
l’accroissement
des
dépenses
intérieures
de
consommation
se
solde
en
général
par
une
hausse
des
importations.
Pour
empêcher
que
la
balance
commerciale
ne
se
dégrade
sous
l’effet
conjugué
d’une
croissance
plus
rapide
et
d’un
changement
de
structure
de
la
croissance
de
la
demande
intérieure,
ainsi
que
d’une
plus
faible
croissance
des
exportations,
il
est
fondamental
de
renforcer
l’investissement
intérieur
et
la
dynamique
de
l’innovation
pour
susciter
les
changements
voulus
dans
la
composition
sectorielle
de
la
production
intérieure»5
«Des
mesures
de
soutien
publiques
peuvent
aussi
faciliter
la
coordination
de
la
production
au
sein
des
chaînes
de
valeur,
notamment
un
soutien
budgétaire
et
financier
en
faveur
de
nouvelles
activités
de
production
considérées
comme
stratégiquement
importantes
pour
les
réseaux
de
production
nationaux»6
Lorsqu'une
subvention
a
été
considérée
parmi
les
mesures
de
promotion
de
la
production
ou
de
la
commercialisation
dans
la
filière,
ses
composantes
ont
été
introduites
dans
les
modèles
établis
et
calculée
en
fonction
du
nombre
d'entreprises
qui
devraient
en
bénéficier
selon
chaque
niveau
d'autosuffisance.
Les
niveaux
que
nous
avons
proposés
dans
ces
modèles,
peuvent
varier
grandement
selon
les
capacités
du
gouvernement
ou
selon
les
conditions
du
marché.
Cependant,
ces
subventions
devraient
être
mises
en
place
seulement
pour
une
période
suffisante
pour
lancer
ce
nouveau
segment
de
la
production,
mais
pas
plus.
5
6
CNUCED,
Genève.
Rapport
sur
le
Commerce
et
le
Développement.
2013.
Page
25.
Ibid
p.27
34
Dans
le
cas
où
un
secteur
ne
peut
être
rentable
à
long
terme,
il
serait
préférable
d’analyser
d’abord
quels
sont
les
autres
éléments
qui
handicapent
la
rentabilité
des
entreprises
et
travailler
sur
ces
éléments.
Les
calculs
des
subventions
sont
présentés
dans
les
tableaux
#
14
et
#
15
(ci-‐dessous).
Ils
indiquent
qu’avec
un
taux
d’A-‐A
de
40%
la
subvention
des
bonus-‐intérêts
en
vue
de
promouvoir
les
nouveaux
investissement,
correspondant
à
50%
des
intérêts
sur
des
prêts
portant
un
intérêt
de
9%
l’an
sur
une
période
de
5
ans
serait
de
$US
2
671
000
alors
que
pour
un
taux
de
80%
elle
serait
de
$US
6
803
000.
Il
faut
penser
à
inclure
dans
cette
liste
le
coût
de
l'appui
pour
le
fonds
de
garantie
des
prêts
par
SYFAAH.
Nous
avons
donc
inclus
dans
ce
coût
l’appui
financier
pour
la
création
d’un
fonds
de
garantie
des
pertes
sur
prêts
après
liquidation
des
actifs
des
entreprises
en
faillite.
Dans
le
cas
présent
les
pertes
à
la
suite
des
faillites
ont
été
estimées
à
un
total
de
2%
des
prêts
par
année.
La
moitié
de
ces
pertes
pourrait
être
payées
par
le
gouvernement
et
l’autre
moitié
par
les
producteurs
qui
effectuent
l’ensemble
des
emprunts
bénéficiant
de
garanties.
Sur
une
période
de
5
ans
le
montant
de
la
subvention
gouvernementale
pour
la
garantie
de
prêts
serait,
à
40%
d’A-‐A,
de
$US
975
000
et,
à
80%
d’A-‐A,
de
$US2
332
000.
La
subvention
sur
la
production
de
céréales
(maïs-‐grain
ou
sorgho)
et
la
moulée
d’un
montant
de
5000
gourdes
la
tonne,
divisée
en
deux
parties
égales
entre
les
producteurs
de
maïs-‐grain
et
les
acheteurs
de
moulée
pour
la
production
des
œufs,
serait
de
$US
7
218
000
et
$US
14
198
000
pour
des
taux
de
40
à
80%
d’A-‐A
sur
une
période
de
5
ans.
Enfin
la
subvention
sur
les
équipements
qui
permettraient
d’améliorer
la
qualité
des
œufs
au
cours
de
leur
commercialisation
(mise
en
place
de
facilité
de
transport
et
entreposage
isotherme)
couterait
entre
$US
54
000
et
$US106
000
lors
du
démarrage.
Le
total
des
subventions
pour
la
période
de
5
ans
pourraient
varier
entre
$US
9
944
000
pour
un
taux
d’A-‐A
de
40%
et
$US
21
107
000
pour
un
taux
de
80%
d’A-‐A.
Après
que
les
entreprises
aient
bénéficié
de
telles
subventions
décroissantes
sur
une
période
de
5
ans
les
calculs
produits
dans
cette
étude
montrent
qu’elles
auraient
atteint
une
stabilité
financière
suffisante
pour
poursuivre
leur
croissance
sans
subvention.
35
Tableau
#
14:
Coûts
des
subventions
à
l'investissement
et
à
la
production
locale
de
moulée
Valeur
subventions
selon
le
taux
d'A-‐A
en
Valeur
subventions
selon
le
taux
d'A-‐A
gourdes
total:
5
ans
en
$US
total:
5
ans
13.1-‐Subventions
bonus-‐intérêts
pour
bons
payeurs.
(50%
sur
A-‐A
40%
intérêt
de
9%)
5
ans
13.2-‐Production
d'œufs
(prêts
d'une
durée
de
7
ans)
13.3-‐Production
de
poulettes
(
prêts
d'une
durée
de
7
ans)
13.4-‐Cout
de
l'appui
pour
le
fonds
de
garantie
des
prêts
par
SYFAAH
total
des
prêts
dans
tableau
9.2
voir
ligne
9.2.7
et
multiplier
par
4%
par
année
X
5
ans
SOUS-‐TOTAL
A-‐A
60%
A-‐A
40%
A-‐A
80%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
1,334,359
USD
360,864
USD
2,412,814
USD
670,317
USD
3,491,269
USD
979,770
USD
975,855
USD
1,665,454
USD
2,331,883
USD
125,540,709
223,183,490
319,737,315
2,671,079
4,748,585
6,802,922
62,714,892
113,402,271
164,089,649
16,960,627
31,504,898
46,049,169
45,865,190
78,276,321
109,598,496
Tableau
#
15:-‐Subvention
moulée
avec
production
locale
de
mais-‐grain
sur
5
ans
décroissant
de
5000,
4000,
3000,
2000,
1000
gourdes
par
an
par
tonne
produite
(50%
aux
producteurs
de
grain
50%
aux
producteurs
d'œufs)
Valeur
subventions
selon
le
taux
d'A-‐A
en
Valeur
subventions
selon
le
taux
d'A-‐A
gourdes
total:
5
ans
A-‐A
60%
A-‐A
40%
A-‐A
80%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
14.3-‐Producteurs
de
mais-‐grain
2,869,731
4,304,596
5,620,173
USD
USD
USD
739,446
1,109,169
1,478,891
34,753,950
52,130,925
69,507,900
USD
USD
USD
169,631,301
254,446,952
333,656,047
3,609,177
5,413,765
$
7,099,065
$
SOUS-‐TOTAL
339,262,603
508,893,904
667,312,094
7,218,353
14.4-‐Subvention
commercialisation
qualité
des
œufs
Valeur
des
subventions
selon
le
taux
d'A-‐A
en
gourdes
Valeur
des
subventions
selon
le
taux
d'A-‐A
en
$US
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
14.5-‐Subvention
qualité
des
œufs-‐
commercialisation
2,547,639
3,761,459
4,975,278
54,205
USD
80,031
USD
Total
des
subventions
pour
5
ans
467,350,951
735,838,853
992,024,687
9,943,637
15,656,146
21,106,908
$
$
14.1-‐Production
des
œufs
14.2-‐Production
de
poulettes
Source:
nos
calculs.
A-‐A
40%
en
$US
total:
5
ans
134,877,351
202,316,027
264,148,147
10,827,530
14,198,130
$
$
105,857
USD
36
5.10-‐IMPACT
DU
DÉVELOPPEMENT
DE
LA
FILIÈRE
SUR
LES
HOMMES
ET
LES
FEMMES
Si
on
regarde
toute
la
filière
des
œufs,
depuis
l'incubation
des
œufs
pour
produire
les
poussins
jusqu’à
la
commercialisation,
il
y
a
probablement
autant
d'hommes
que
de
femmes
qui
y
travaillent.
Par
exemple,
dans
la
production
des
œufs
les
hommes
sont
plus
présents
dans
les
poulaillers
alors
que
les
femmes
le
sont
plus
dans
la
classification
et
l'emballage
;
dans
la
commercialisation,
les
hommes
le
sont
plus
dans
le
transport
et
les
femmes
le
sont
plus
dans
l'achat
et
la
vente,
surtout
sur
les
marchés
de
détail.
Vendeuse
motorisée
Les
fonctions
occupées
par
les
femmes
et
les
hommes
sont
différentes
dans
la
filière
œufs.
Dans
l’éventualité
de
la
préparation
d’un
projet
à
être
présenté
à
des
donateurs,
il
serait
important
d’étoffer
les
rôles
des
hommes
et
des
femmes
et
d’indiquer
comment
développer
des
activités
qui
vont
favoriser
chacun
des
groupes.
37
6-‐RÉSULTATS
:
RÉPONSES
AUX
DIFFÉRENTES
QUESTIONS
DES
TERMES
DE
RÉFÉRENCE
DU
MARNDR
Les
termes
de
référence
de
cette
étude
présentaient
une
série
de
questions
qui
devaient
être
adressées
dans
le
rapport
à
être
produit;
nous
présentons
ces
questions
avec
les
réponses
que
nous
y
avons
apportées.
Le
coordonnateur
et
les
deux
autres
consultants
membres
de
l'équipe
sont
responsables
d’apporter
des
réponses
aux
inquiétudes
soulevées
dans
les
termes
de
référence
de
l’étude
commanditée
par
le
MARNDR.
Cependant,
il
nous
a
paru
utile
de
mentionner
comment
seront
divisées
les
responsabilités
entre
les
différents
experts.
Pour
cette
raison,
au
début
de
chaque
réponse
le
ou
les
responsables
seront
mentionnés.
6.1-‐
ROLE
DU
GOUVERNEMENT
ET
DU
SECTEUR
PRIVÉ
DANS
LA
FILIÈRE
AVICOLE
Responsables
:
(
Economiste
et
Spécialiste
Financier)
Dans
cette
étude
il
faut
que
le
secteur
privé
qui
représente
les
agro-‐entrepreneurs,
les
commerçants
et
les
institutions
financières,
ainsi
que
les
institutions
gouvernementales
haïtiennes
soient
d’accord
sur
le
rôle
que
chacun
sera
appelé
à
jouer
dans
le
développement
de
la
filière
œufs,
sinon
des
incompréhensions
et
possiblement
des
conflits
coûteux
économiquement
interviendront
à
période
régulière.
«Les
résultats
obtenus
dans
le
développement
des
filières
animales
et
de
la
pêche
ont
été
possibles
grâce
au
renforcement
des
investissements
privés
par
les
investissements
publics,
au
système
de
crédit
naissant,
et
à
la
mise
en
place
de
partenariats
productifs
avec
les
organisations
de
producteurs,
les
ONG,
les
collectivités
territoriales
et
le
secteur
privé»7
-‐Relations
entre
le
secteur
privé
et
public
«Les
connaissances
locales
des
entreprises
nationales
pour
ce
qui
est
de
développer
les
nouveaux
produits,
les
réseaux
de
distribution
et
les
stratégies
de
commercialisation
qui
conviennent
peuvent
s’avérer
un
atout
précieux
dans
la
compétition
avec
les
fournisseurs
étrangers
de
biens
analogues»8
Les
meilleurs
alliés
du
MARNDR
dans
ses
efforts
pour
augmenter
la
production
des
œufs
sont
les
entreprises
du
secteur
privé
qui
souhaitent
investir.
Il
faut
penser
à
utiliser
les
connaissances
existantes
et
s’appuyer
sur
celles-‐ci
pour
poursuivre
le
développement
envisagé
comme
cela
est
mentionné
dans
le
Rapport
du
CNUCED.
7
8
Rapport
du
MARNDR.
2015.
Ibid
CNUCED.
Rapport
2013.
p.
25
38
Cependant,
certaines
conditions
doivent
être
mises
en
place
et
se
maintenir
pour
que
les
entrepreneurs
investissent,
comme
l’indique
l’enquête
sur
le
crédit
présenté
plus
loin
dans
ce
texte,
dont:
- La
stabilité
politique,
sociale
et
économique
dans
le
pays;
- la
durée
et
la
permanence
des
conditions
légales
et
économiques;
- l’assurance
de
l’obtention
des
autorisations
légales
et
réglementaires
pour
les
opérations
de
la
filière;
- l’appui
du
gouvernement
dans
les
contrôles
phyto-‐zoo
sanitaires
à
l’intérieur
du
pays
et
à
la
frontière;
Les
appuis
gouvernementaux
nécessaires
pour
le
développement
de
la
filière
œufs
auront
besoin
d’ajustements
avec
les
partenaires
commerciaux
d’Haïti.
Cependant,
pour
que
ces
ajustements
portent
leurs
fruits
il
faudra
que
les
entrepreneurs
locaux
profitent
au
maximum
des
possibilités
qui
leur
seront
offertes.
«Le
cas
échéant,
cette
adaptation
devra
exploiter
pleinement
la
marge
d’action
dont
disposent
encore
les
pays
appliquant
les
accords
commerciaux
du
Cycle
d’Uruguay
et
divers
accords
régionaux
et
bilatéraux
sur
le
commerce
et
l’investissement.
Par
ailleurs,
certains
des
accords
en
question
devront
éventuellement
être
révisés
pour
mieux
tenir
compte
des
intérêts
des
pays
en
développement,
par
exemple
en
leur
permettant
un
degré
plus
important
de
protection
temporaire
pour
certaines
industries
naissantes»9
Tableau
#
16:
-‐Nombre
d'entreprises
créées
en
régime
annuel
de
A-‐A
A-‐A
A-‐A
production
40%
60%
80%
15.1-‐Production
d'œufs
319
478
638
15.2-‐Production
de
poulettes
11
21
30
15.3-‐Activités
de
commercialisation
20
30
40
SOUS-‐TOTAL
350
529
709
Source:
nos
calculs.
Il
pourrait
y
avoir
aux
environs
de
700
entreprises
créées
si
le
pays
atteint
80%
d’A-‐A.
6.2-‐FOURNITURE
DES
INTRANTS
Comment
faciliter
l’accès
aux
intrants
aux
producteurs?
Doit-‐on
importer
ou
est-‐ce
préférable
de
produire
sur
place
?
Quels
types
de
partenariat
sont
nécessaires?
Responsables
:
(
Economiste,
Spécialiste
Avicole)
9
CNUCED.
Rapport
2013.
Ibid
p.26.
39
A-‐
Fourniture
des
intrants:
A.1-‐
La
moulée
La
moulée
est
de
loin
le
principal
intrant
utilisé
dans
la
production
des
œufs.
Elle
peut
être
produite
sur
place
en
Haïti
avec
des
produits
importés
ou
des
produits
locaux,
elle
peut
être
aussi
importée
toute
préparée
de
l’extérieur.
Cependant,
pour
l’instant
comme
il
n’y
a
pas
suffisamment
de
production
de
maïs-‐grain
et
de
tourteau
sur
place,
la
production
de
moulée
est
difficilement
envisageable
à
partir
des
produits
locaux.
Tableau
#
17:
Comparaison
du
coût
des
grains
et
de
la
moulée
selon
la
provenance.
LES
MOULINS
D’HAITI
USA
HAITI
BROILER
DR
Prix
valable
pour
plus
de
5000
tonnes
(prix
à
la
bourse)
MAIS
en
grain
U$
330/T
U$
230/T
U$
137.50/T
U$
228.69/T
SOYA
U$
674/T
U$
480
/T
U$
353.70/T
U$
520/T
-‐-‐-‐
U$236/T
U$
360
/T
MOULEE
U$
580/T
Source
:
-‐
HAITI
(Haïti
broilers)
-‐
USA
(www.egg
cite
/Dr.
Simon
Shane)
-‐
DR
(
Agrifeed)
-‐LMH
(Jamie
Marks)
A.2-‐Comment
faciliter
l’accès
à
la
moulée
:
volume/coût.
Le
coût
de
la
moulée
varie
selon
:
-‐
Le
volume
à
importer
(minimum
5000
tonnes
dans
le
cas
des
grains
importés
par
bateau)
-‐
L’emballage
(sac,
container,
vrac).
-‐
Le
tarif
douanier.
-‐
Dans
le
cas
des
céréales
locales
/leur
rendement
à
l’hectare.
Pour
bénéficier
d’une
réduction
du
coût
du
transport
maritime,
il
faudrait
commander
les
matières
premières
(soya
/maïs)
par
lot
de
5000
tonnes
minimum.
Or,
il
n’existe
pas
de
cheptel
suffisant
pour
consommer
ce
volume
en
moins
de
3
mois
(délais
requis
pour
maintenir
la
qualité
du
produit).
Le
même
problème
se
pose
si
on
doit
importer
la
moulée
toute
préparée.
Elle
sera
emballée
en
sac,
transportée
par
container
($US
6000/container),
et
sera
soumise
à
un
tarif
de
33%
de
droit
à
l’importation.
Le
prix
de
revient
de
la
moulée
importée
sera
identique
au
prix
de
revient
des
matières
premières
importées.
Les
matières
premières
sont
exonérées
de
TCA,
tandis
que
la
moulée
à
l’importation
sera
soumise
à
10%
de
TCA.
40
La
réduction
du
coût
de
la
moulée
passe
obligatoirement
par
la
modernisation
et
la
croissance
de
tous
les
élevages
(la
production
animale
dans
son
ensemble)
dans
le
but
de
bénéficier
des
effets
d’économie
d’échelle.
Elle
dépend
également
de
la
modernisation
et
de
l’efficacité
de
la
production
locale
de
maïs,
de
sorgho
ou
de
tourteau
en
provenance
du
Jatropha
ou
autre
produit
qui
proviendrait
d’Haïti.
Les
éleveurs
utilisent
très
peu
le
maïs
produit
localement.
Celui-‐ci
est
destiné
à
la
consommation
humaine,
étant
plus
cher
que
le
maïs
importé
en
raison
du
faible
rendement
à
l’hectare
du
maïs
local
(0.8/t/ha).
Il
faut
prévoir
le
développement
de
la
production
de
céréales
(maïs-‐grain
et
sorgho)
qui
seraient
destinées
à
la
consommation
animale.
Toute
incitation
à
la
modernisation
des
pratiques
culturales
céréalières,
qui
ferait
passer
le
rendement
à
l’hectare
au-‐dessus
de
4
tonnes,
pourrait
avoir
une
incidence
sur
la
réduction
du
coût
de
la
moulée.
A.3-‐Partenariats
à
considérer
Dans
les
zones
céréalières
performantes
(>4
tonnes/ha),
créer
des
unités
de
pré-‐mélanges
de
concentrés
avec
les
céréales
locales;
Favoriser
des
associations
entre
éleveurs
et
producteurs
de
céréales
et
réduire
ainsi
les
coûts
de
transport.
La
moulée
étant
constituée
de
30%
d’aliments
concentrés
et
de
70%
de
céréales,
on
verrait
ainsi
se
développer
dans
les
zones
céréalières
des
petites
unités
de
mélangeuse
céréales/concentré.
Le
fournisseur
de
l’aliment
concentré
indiquerait
les
proportions
à
appliquer
pour
les
mélanges.
Source:
Atelier
Ecole
de
Camp-‐Perrin.
Petite
mélangeuse
manuelle
pour
préparer
la
moulée
dans
les
zones
céréalières
(pour
des
élevages
de
moins
de
500
pondeuses).
Les
aliments
concentrés
sont
des
pré-‐mélanges,
(tourteau
de
soya
(ou
autre
selon
les
possibilités
de
Haïti),
oligo-‐éléments,
vitamines)
principale
source
de
protéines
et
de
minéraux,
constituant
30%
de
la
ration.
Le
reste
des
70%
est
fait
de
céréales.
La
stratégie
proposée
au
gouvernement
dans
ce
document
inclut
la
mise
en
place
d’un
mécanisme
de
signature
de
contrats
de
production
et
approvisionnement
entre
producteurs
de
maïs-‐grain
et
éleveurs
afin
de
maximiser
l’utilisation
des
grains
locaux.
Cette
mesure
serait
accompagnée
d’un
mécanisme
de
péréquation
annuelle
des
prix
des
grains
et
de
la
moulée.
A.4-‐Potentialité
de
production
de
céréale
et
de
protéine
en
Haïti
1)-‐
localisation
de
la
production
céréalière
41
2)-‐les
rendements
à
l’hectare
3)-‐les
prix
4)-‐impact
sur
l’emploi
5)-‐
les
mesures
d’accompagnement
pour
atteindre
ces
objectifs
6)-‐
le
jatropha
comestible
comme
source
de
protéine
1) LOCALISATION
DE
LA
PRODUCTION
CÉRÉALIÈRE
Alors
que
la
riziculture
en
Haïti
n’occupe
que
45
000
hectares
sur
la
saison
principale
et
75
000
ha
sur
les
deux
saisons,
la
production
céréalière
(Maïs-‐Sorgho)
couvre
en
maïs
333
000
ha
(printemps),
et
390
000
ha
(sur
les
2
saisons).
Pour
le
Sorgho,
elle
occupe
67
000
ha
sur
la
saison
principale
(automne),
et
126
000
sur
les
deux
saisons.
Le
grenier
d’Haïti
est
le
Haut
Plateau
Central,
polygone
Hinche
-‐
Maissade
-‐
St
Michel
-‐
St
Raphael.
A
cause
de
ses
grands
espaces
et
de
son
climat
favorable
à
la
culture
céréalière,
cette
région
présente
un
très
fort
potentiel
pour
la
production
de
maïs
et/ou
de
sorgho
(maïs
de
printemps
et
sorgho
en
automne
par
exemple).
Le
département
du
Nord-‐Est
serait
une
zone
idéale
pour
les
variétés
de
Sorgho
à
cycle
court,
qui
s’adaptent
parfaitement.
Possibilité
de
faire
un
sorgho
en
contre-‐saison
pendant
la
saison
sèche
sur
les
sols
argileux
(Limonade
et
Terrier
Rouge).
La
plaine
des
Cayes
est
plutôt
favorable
à
la
culture
du
maïs
à
cause
de
ses
sols
argileux
et
de
sa
pluviométrie
abondante.
La
plaine
du
Cul-‐De-‐Sac,
avec
la
récupération
des
anciens
espaces
plantés
en
canne-‐à-‐sucre,
devrait
favoriser
la
culture
du
Sorgho
plutôt
que
celle
du
maïs,
à
cause
de
ses
sols
sablonneux
et
à
forte
teneur
en
sel
qui
ne
conviennent
pas
au
maïs.
2) LES
RENDEMENTS
À
L’HECTARE.
Les
rendements
sont
faibles,
en
moyenne
1
tonne/hectare,
en
raison
principalement
des
pratiques
culturales,
et
aussi
dans
certaines
régions
de
problèmes
liés
aux
choix
de
variétés.
La
mauvaise
densité
de
plantation
en
est
aussi
la
cause,
l’agriculteur
mettant
trop
de
semences
par
poquet
et
laissant
trop
d’espace
entre
les
poquets.
Les
rendements
à
l’hectare
pourraient
croître
de
100%
si
l’on
améliorait
certaines
pratiques
culturales.
On
peut
évaluer
le
potentiel
de
production
céréalière
du
Haut
Plateau
central
à
environ
500
000
tonnes/an.
3)
LES
PRIX
42
Le
Sorgho
dans
la
région
de
Saint-‐Michel,
en
récolte,
se
vend
à
25
gds
la
marmite,
somme
équivalant
plus
ou
moins
à
9.25
gds/kg,
soit
$US
197/tonne,
tandis
que
dans
les
autres
régions
il
se
vend
à
35
gds
/marmite,
soit
l’équivalent
de
$US
275
/tonne.
Le
maïs
se
vend
à
$US
350
/tonne.
La
multitude
d’intermédiaires
entre
les
producteurs
et
les
utilisateurs
de
grains,
et
l’absence
de
moyens
de
stockage
adéquats,
laissent
la
place
à
d’énormes
spéculations.
Une
meilleure
organisation
de
la
filière
céréale
post
récolte,
pourrait
rendre
les
grains
compétitifs
face
aux
grains
importés,
comme
c’est
déjà
le
cas
pour
le
sorgho
à
St
Michel
(en
ce
qui
concerne
les
achats
faits
en
Janvier).
4) IMPACT
SUR
L’EMPLOI
A
tous
les
deux
hectares
exploités
de
manière
intensive,
correspond
un
emploi
à
temps
plein,
en
milieu
rural.
La
production
céréalière
de
manière
directe
représente
près
de
170
000
à
200
000
emplois.
5) LES
MESURES
D’ACCOMPAGNEMENT
POUR
ATTEINDRE
CES
OBJECTIFS.
La
région
céréalière
la
plus
performante
en
termes
de
rendement
à
l’hectare
est
la
plaine
des
Cayes.
Ce
résultat
est
lié
aux
interventions
de
multiples
ONG
dans
la
région
telles
ORE,
la
mission
Taïwanaise
et
bien
d’autres.
La
région
obtient
jusqu'à
5
tonnes
/ha
pour
le
maïs.
Dans
d’autres
régions,
avec
un
certain
encadrement,
on
arrive
à
3
tonnes/ha
pour
le
Sorgho
(exemple
du
programme
Smash/Brana
dans
la
plaine
du
Cul-‐de-‐Sac).
L’exemple
de
ce
programme
démontre
que
des
mesures
d’accompagnement
adéquates
peuvent
avoir
un
impact
appréciable
sur
les
rendements:
a)-‐le
traitement
des
semences.
b)-‐la
sélection
de
variété
adaptée.
c)-‐
la
densité
de
plantation
(60
000
plantes/ha)
avec
une
plante
par
poquet.
L’introduction
de
la
mécanisation
à
l’aide
de
motoculteurs
pourrait
être
un
facteur
supplémentaire
d’amélioration
du
système.
6)
LE
JATROPHA
COMESTIBLE
COMME
NOUVELLE
SOURCE
DE
PROTEINE
La
protéine
la
plus
utilisée
dans
l’élevage
de
poulet
est,
habituellement,
le
tourteau
de
soya.
Parfois,
celui-‐
ci
est
remplacé
par
la
farine
de
poisson.
Des
essais
menés
depuis
quelques
temps
par
la
fondation
CHIBAS
en
collaboration
avec
l’université
Quisqueya
et
le
MARNDR
ont
prouvé
que
l’utilisation
du
tourteau
de
jatropha
comestible,
à
100%
de
substitution,
ne
présentait
aucune
différence
significative
dans
la
courbe
de
croissance
des
poulets
de
chair
(digestibilité
et
performance
technique
similaire
pour
le
tourteau
de
soja
ou
de
jatropha).
Chez
les
pondeuses,
les
essais
se
poursuivent
jusqu'à
la
fin
du
cycle
vital
des
oiseaux,
mais
jusqu'à
présent,
on
ne
note
aucune
différence
significative
ni
dans
le
taux
de
ponte
et
la
qualité
de
la
coquille,
ni
dans
la
coloration
du
jaune
de
l’œuf.
43
Tableau
#
18:
Comparaison
de
la
qualité
de
la
protéine
des
tourteaux
Farine
de
poisson
Tourteau
de
jatropha
(totalement
dégraissé)
Tourteau
de
soya
%
protéine
63.5
%
lysine
40.9
%méthionine
16
Source:
Entretien
avec
Gael
Pressoir.
65.5
21.5
10.4
47.1
29.1
6.2
Une
méthode
d’extraction
peu
couteuse,
qui
permet
d’obtenir
un
tourteau
à
52%
de
protéine,
(pourcentage
plus
élevé
que
pour
le
tourteau
de
soja),
a
été
mise
au
point.
Après
extraction
de
l’huile
par
traitement
thermique,
92
%
d’huile
est
récupérée
et
le
tourteau
obtenu
conserve
8%
de
gras.
Les
zones
de
prédilection
pour
la
culture
du
jatropha
comestible
sont
:
la
péninsule
du
Sud,
la
région
de
Saut
d’Eau
et
la
région
de
Verrettes.
Le
rendement
à
l’hectare
du
jatropha
comestible,
(rendement
potentiel
des
nouvelles
variétés
développées
par
le
CHIBAS)
est
de:
1)
3.5
tonnes
/hectare
en
graine
2)
1
tonne
de
tourteau
3)
1
tonne
d’huile
Compte
tenu
de
sa
forte
teneur
en
protéine,
la
ration
à
base
de
jatopha
utilisera
12%
de
tourteau
de
moins
que
celle
à
base
de
soya,
ce
qui
laisse
déjà
présager
une
réduction
possible
de
l’ordre
de
17%
du
coût
de
la
ration
à
base
de
jatropha.
La
recherche
sur
l’utilisation
du
tourteau
de
jatropha
comestible
dans
l’alimentation
des
poules
est
en
phase
très
avancée.
Cependant,
pour
finaliser
le
processus
de
multiplication
de
la
variété
de
jatropha
comestible,
il
faudra
encore
attendre
deux
ans.
Un
financement
supplémentaire
de
ces
travaux
de
recherche
permettrait
de
diffuser
plus
rapidement
cette
nouvelle
technologie
(développée
en
Haïti
par
une
équipe
de
recherche
haïtienne).
B-‐Les
œufs
fertiles
Lorsqu‘importés
des
États-‐Unis,
le
coût
des
œufs
fertiles,
selon
le
tableau
#
19,
varie
en
fonction
du
moyen
de
transport:
-‐Par
air
($US
0.68
/lb).
La
caisse
d’œufs
fertiles
pèse
en
moyenne
50
livres.
Le
fret
aérien
coûte
$US
34/caisse,
donc,
plus
cher
que
les
œufs
eux-‐mêmes.
-‐
Par
mer
($US
6000
/container
réfrigéré)-‐L’œuf
fertile
ne
peut
pas
être
stocké
plus
de
8
jours,
car
le
taux
de
fertilité
décroit
en
fonction
du
temps
de
stockage.
-‐
L’idéal
serait
de
les
produire
sur
place.
44
Tableau
#
19:
Prix
des
oeufs
fertiles
mars
2015
à
la
caisse
et
à
l’unité.
Œufs
fertiles
/caisse
de
30
dz
USA
DR
HAÏTI
U$69
U$
80
U$167
Coût
unitaire/œuf
0.19
cts
0.22
cts
0.46
cts
Source:
Haïti
Broilers;
www.Egg
Citel
(Dr.
Simon
Shane);
Incubadora
Molinos
del
Yake.
L’accès
aux
œufs
fertiles
pose
un
problème
assez
particulier.
Le
cheptel
avicole
à
renouveler
en
permanence
est
d’environ
120
000
poulets
de
chair
par
mois,
et
d’environ
350
000
poussins-‐pondeuses/an.
Ce
faible
volume
de
production
ne
justifie
pas
d’investir,
pour
le
moment,
dans
l’implantation
d’un
élevage
de
reproductrices
pour
la
production
d’œufs
fertiles.
Cependant,
à
partir
d’une
production
de
plus
de
750
000
poulettes,
l’implantation
d’un
élevage
de
4000
reproductrices
devrait
être
envisagée
pour
reduire
le
coût
des
oeufs
fertiles.
Tout
en
étant
d’accord
avec
la
mesure
d’interdiction
des
produits
avicoles
dominicains,
il
y
a
toutefois
lieu
de
réfléchir
au
coût
d’opportunité
de
flexibiliser
cette
mesure
en
permettant
certaines
activités
qui
ne
mettraient
pas
en
cause
la
santé
animale
en
Haïti,
comme
l’importation
puis
la
production
des
œufs
fertiles
de
la
République
dominicaine.
Car,
si
on
analyse
le
tableau
ci-‐dessus
comparant
le
prix
des
œufs
fertiles
dans
la
région,
le
coût
de
l’œuf
fertile
en
Haïti
est
plus
du
double
comparé
à
celui
de
la
région.
Cela
induit
un
prix
des
poussins
plus
de
trois
fois
plus
élevé
qu’en
République
dominicaine
et
plus
de
deux
fois
plus
élevé
du
prix
des
États-‐Unis.
C-‐Les
poussins
Ils
sont
produits
localement.
Leur
coût
est
indexé
au
coût
du
transport
de
l’œuf
fertile,
ainsi
qu’au
coût
de
l’énergie
pour
son
incubation.
L’unique
avantage,
est
que
les
poussins
produits
localement
subissent
moins
de
stress,
comparés
aux
poussins
qui
arrivent
en
avion,
parfois
plus
de
36
heures
après
leur
éclosion.
Tableau
#
20
:
Prix
des
poussins
mars
2015.
USA
DR
HAITI
Poussin
U$
0.82
Source: nos calculs.
U$
0.58
U$
1.93
D-‐
Poulettes
prêtes
à
pondre
45
Après
la
moulée,
le
coût
des
poulettes
est
le
second
intrant
le
plus
important
dans
la
production
des
œufs.
La
production
des
poulettes
de
remplacement
constitue
à
elle
seule
une
entreprise
de
production
viable
dépendant
des
conditions
de
marché
et
des
investissements
nouveaux
à
effectuer.
Elle
est
vendue
aux
éleveurs
entre
$US
9.5
et
$US
10.5
l’unité.
Leur
coût
est
directement
lié
au
coût
de
la
moulée
et
du
poussin.
Pour
les
producteurs
d’œufs
le
facteur
limitant
est
:
l’indisponibilité
des
poulettes
(pas
assez
de
poulettes
correspondant
à
la
demande).
Le
coût
élevé
de
la
poulette
constitue
un
facteur
limitant
la
croissance
des
petits
producteurs
qui
n’arrivent
pas
à
déprécier
la
poulette
en
18
mois.
Pour
accroître
la
production
de
pondeuses
aujourd’hui,
il
faut
augmenter
l’approvisionnement
des
incubateurs
qui
sont
en
quantité
suffisante
et,
aussi
permettre
une
augmentation
de
la
capacité
à
produire
les
poulettes.
E-‐Equipements
et
médicaments
-‐
Ils
sont
tous
importés
par
petit
volume.
-‐
Il
y
aurait
intérêt
à
regrouper
les
achats
afin
de
bénéficier
de
prix
de
gros.
-‐
Cependant,
ces
prix
de
gros
sont
inaccessibles
aux
petits
producteurs
à
moins
de
se
regrouper
ou
de
travailler
avec
une
entreprise
d’intégration
privée
ou
Coop
à
ce
moment
cela
devient
très
intéressant.
F-‐
Services
vétérinaires
Ils
sont
difficiles
à
offrir
à
moins
que
les
producteurs
soient
regroupés
sur
un
territoire
raisonnable.
Il
serait
idéal
de
concentrer
la
production
dans
des
zones
spécifiques
pour
faciliter
l’accès
aux
services
vétérinaires.
La
mise
en
place
d’entreprises
intégrées
à
tous
les
niveaux
de
la
filière
rendrait
le
service
vétérinaire
abordable
et
pourrait
être
gratuit
si
inclus
dans
une
stratégie
de
fidélisation
des
producteurs
à
leurs
fournisseurs
d’intrants.
G-‐L’intégration*
L’intégration
peut
être
considérée
comme
une
solution
économique
pour
les
élevages
aux
environs
de
10
000
pondeuses.
1)-‐
L’intégrateur,
le
plus
souvent
un
fournisseur
d’intrants
(les
entreprises
de
poussins,
nourriture,
poulettes,
etc.),
travaillerait
avec
des
fermiers
sous
contrat,
en
leur
fournissant
les
poulettes,
la
nourriture,
l’assistance
technique,
et
même
en
récupérant
les
œufs,
pour
les
revendre
sur
des
marchés
plus
rémunérateurs.
L’avantage
pour
le
petit
producteur
serait:
l’assistance
technique
fournie,
des
prix
de
gros
et
la
réduction
de
ses
coûts
de
transport
et
pour
l’intégrateur,
la
fidélisation
de
ses
producteurs.
2)-‐
La
semi
intégration:
ce
modèle
ferait
intervenir
un
agro-‐distributeur
de
produits
avicoles
qui,
lui,
aurait
sous
sa
supervision
une
vingtaine
de
petits
producteurs
de
500
à
1000
pondeuses
en
milieu
rural.
Il
aurait
à
sa
charge
la
livraison
de
la
moulée
et
la
récupération
des
œufs.
Il
assurerait
lui-‐même
la
supervision
des
éleveurs
(assistance
technique
et
conseil
administratif).
46
3)-‐
Au-‐delà
de
10
000
pondeuses,
les
producteurs
jouissent
de
leur
autonomie,
leur
permettant
de
choisir
eux
même
leurs
fournisseurs
et
leur
propre
marché
ayant
un
volume
suffisant
pour
se
payer
les
services
techniques
et
bénéficier
de
prix
de
gros.
(*)
L’intégration
signifie
ici
qu’il
y
aurait
un
lien
contractuel
entre
le
producteur
d’œufs
et
l’intégrateur,
dans
le
cas
d’une
intégration
complète,
elle
porterait
sur
la
fourniture
des
pondeuses,
des
aliments
du
bétail,
des
soins
vétérinaires,
de
l’assistance
technique
et
de
la
commercialisation
des
œufs
auprès
du
producteur
agricole,
ce
dernier
fournissant
la
main
d’œuvre
et
les
installations
physiques.
D’autres
formes
d’intégration
seraient
basée
sur
la
fourniture
de
1
ou
2
intrants,
sur
une
base
contractuelle.
Voir
Annexe
A
pour
le
cas
de
la
Suisse.
6.3-‐CONDITIONS
POUR
DÉMOCRATISER
L’ACCÈS
DU
CRÉDIT
AU
BÉNÉFICE
DES
AVICULTEURS
Quelles
sont
les
conditions
de
prêts
à
réunir
pour
démocratiser
l’accès
au
crédit
au
bénéfice
des
aviculteurs?
Responsables
:
(
Economiste
et
Spécialiste
en
Finances)
Les
Tableaux
#
3
et
#
21
présentent
les
résultats
d’une
enquête
sur
les
conditions
d’accès
aux
crédits
souhaitées
par
les
entrepreneurs
agricoles
et
les
conditions
existantes
actuellement
dans
les
institutions
financières
locales.
Tableau
#
3:
Analyse
des
conditions
pour
le
financement
de
la
production
des
œufs
70
poules
Conditions
souhaitées
par
les
agro
entrepreneurs
1000
poules
10,000
poules
20,000
poules
1
Types
de
prêts:
court,
moyen
et
long
terme
Court
Moyen
Moyen
Long
2
Durée
du
prêt
18
mois
36
mois
36
à
60
mois
60
mois
et
+
3
4
5
Minimum
et
maximum
des
prêts
Période
de
grâce
au
début
Garanties
bancaires
à
offrir
Min.
Min.
Max.
Min.
Max.
5,000,00
50
100
100
1,000,000
0
Max.
10,000,00
0
Min.
10,000,00
0
Max.
20,000,00
0
3
mois
3
mois
6
mois
12
à
18
mois
Avaliseur
Avaliseur,
mobilier
Collatéral,
véhicule,
immobilier
Collatéral,
véhicule,
immobilier
47
6
Garanties
contractuelles:
poulettes,
moulées,
vétérinaire
et
mise
en
marché
Non
Non
Si
possible
Si
possible
7
Taux
d’intérêt
24%
18%
12
à
14%
8
à
12
%
Stabilité
économique
Stabilité,
protection
douanière
Stabilité,
incitatifs,
protection
douanière
Stabilité
économique,
incitatifs,
protection
douanière
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Pas
nécessaire
Pas
nécessaire
8
9
1
0
Conditions
macro
économiques
Appuis
techniques
Expérience
et
formation
des
agro-‐
entrepreneurs
Accompagnement
Accompagnement
Accompagneme Accompagnemen
étatique
en
cas
de
étatique
en
cas
de
nt
étatique
en
t
étatique
en
cas
maladies,
dumping
maladies,
dumping
1 Gestion
des
1
risques
cas
de
maladies,
de
maladies,
saisonnière
en
saisonnière
en
réponse
Refinancement
Refinancement
réponse
au
dumping
au
dumping
des
pays
des
pays
étrangers
étrangers
Subvention
des
Subvention
des
Subvention
des
1 Appuis
du
Subvention
des
intrants
2
gouvernement
intrants
intrants
intrants
Source:
nos
entrevues
Les
agro
entrepreneurs
des
fermes
de
70
à
1000
poulettes,
plus
habitués
aux
caisses
populaires
et
coopératives
d’épargne
et
de
crédit,
sont
prêts
à
accepter
des
prêts
de
50
000
à
1
million
de
gourdes
pour
une
durée
de
18
à
36
mois
et
avec
des
taux
d’intérêts
de
18
à
24%
l’an.
Pour
ce
faire,
ils
sont
prêts
à
donner
des
garanties
morales
et
physiques,
comme
des
avaliseurs
et
les
biens
et
équipements
qu’ils
possèdent.
En
contrepartie,
ces
derniers
souhaiteraient
aussi
recevoir
des
appuis
techniques,
de
la
formation
un
accompagnement
ou
des
possibilités
de
refinancement
des
poulettes
en
cas
de
maladies
et
des
subventions
pour
l’achat
d’intrants
comme
les
vaccins
et
la
moulée.
De
leur
côté,
les
agro
entrepreneurs
des
exploitations
de
10
000
à
20
000
poulettes
aspirent
à
un
crédit
plus
proche
de
celui
du
système
bancaire,
pour
des
prêts
de
5
millions
à
20
millions
de
gourdes,
des
périodes
de
grâce
pouvant
aller
jusqu’à
18
mois,
des
taux
d’intérêts
qui
varient
entre
8
à
14%,
avec
un
délai
de
remboursement
supérieur
ou
égal
à
5
ans.
48
Tableau
#
21:
Analyse
des
conditions
pour
le
financement
de
la
production
des
œufs
Conditions
des
Institutions
Financières
Locales
Caisses
populaires,
cooperatives,
micro
credit
Autres
Institutions
Financières
Locales
1
Types
de
prêts:
court,
moyen
et
long
terme
Court
et
Moyen
Court,
Moyen
et
Long
2
Durée
du
prêt
12
à
36
mois
12
à
120
mois
3
Minimum
et
maximum
des
prêts
4
Période
de
grâce
au
début
Non
Jusqu’à
36
mois
5
Garanties
bancaires
à
offrir
Avaliseurs
;
mobiliers
;
cash
collatéral
;
stock
de
marchandises
;
mobiliers
et
immobiliers
Mobiliers
et
immobiliers
;
stock
de
marchandises;
gage
sur
équipements
;
dépôts
à
terme
6
Garanties
contractuelles:
poulettes,
moulées,
vétérinaire
et
mise
en
marché
Un
atout
mais
pas
nécessaire
Un
atout
mais
pas
nécessaire
7
Taux
d’intérêt
30
à
48%
10
à
24
%
8
Conditions
macroéconomiques
Absence
de
problèmes
phytosanitaires
(épidémie,
grippe
aviaire,
…)
Environnement
macroéconomique
stable
et
favorable
à
l’activité
;
absence
de
problèmes
phytosanitaires
(épidémie,
grippe
aviaire,
…)
Oui
via
le
SYFAAH
Formation
et
Coatching
en
Gestion
d'entreprise
et
comptabilité
via
leur
direction
de
service
non
financier
Expérience
et
formation
des
agro-‐entrepreneurs
Expérience
oui,
formation
académique
pas
nécessaire
Expérience
et
formation
académique
appropriées
de
l’entrepreneur,
de
ses
partenaires
ou
membres
de
son
équipe
sont
une
condition
nécessaire
Gestion
des
risques
Suivi
après
décaissement,
cash
collatéral,
Assurance
du
porte
de
crédits
avec
le
SYFAAH
cofinancement
avec
d'autres
Intitutions
Financières
Locales;
fonds
de
garantie
du
portefeuille;
assurance
vie
sur
l'entrepreneur
9
10
11
12
Appuis
techniques
Appuis
du
gouvernement
Min.
30
Max.
2,000,000
Min.
1,000,000
Max.
50,000,000
Un
appui
du
gouvernement
à
Un
appui
du
gouvernement
à
l’emprunteur
l’emprunteur
est
un
atout
mais
est
un
atout
mais
pas
un
facteur
pas
un
facteur
déterminant
pour
déterminant
pour
l’octroie
du
prêt
l’octroie
du
prêt
Comme
le
montre
le
tableau
#
3,
les
aspirations
des
entrepreneurs
agricoles
opérant
des
fermes
de
10
000
49
à
20
000
poulettes
sont
plus
susceptibles
d’être
réalisées
dans
le
système
financier
formé
par
les
banques
et
les
institutions
financières
autres
que
les
caisses
populaires
ou
les
coopératives
de
crédit.
Toutefois,
il
est
essentiel
de
souligner,
que
dans
le
cadre
de
cette
enquête
seulement
deux
des
institutions
financières
visitées
octroient
du
crédit
aux
entreprises
naissantes
en
phase
de
démarrage.
Pour
les
autres
institutions
il
faut
démontrer
une
préexistence
dans
l’activité
en
question.
En
ce
qui
concerne
les
entrepreneurs
des
exploitations
avicoles
de
capacités
inférieures
ou
égales
à
10
000
poulettes,
les
caisses
populaires
et
les
coopératives
de
crédit
répondent
beaucoup
mieux
à
leurs
ambitions,
sauf
pour
les
aspects
relatifs
aux
taux
d’intérêts
et
les
périodes
de
grâce.
Toutefois,
certaines
caisses
populaires
agencent
les
périodes
de
remboursement
aux
calendriers
de
production.
Ceci
n’est
pas
une
période
de
grâce
au
sens
propre
du
terme
mais
constitue
une
forme
d’alternative
pour
les
productions
cycliques.
Au-‐delà
des
aspirations
des
entrepreneurs
avicoles
et
de
la
réalité
actuelle
du
système
financier
haïtien,
il
existe
des
conditions
financières
obligatoires
pour
assurer
la
rentabilité
financière
de
la
filière
avicole
en
Haïti.
Nous
avons
présenté
dans
les
deux
derniers
tableaux
ces
conditions
pour
les
agro-‐entrepreneurs
comme
pour
les
institutions
financières.
Cette
analyse
aura
donc
permis
de
mettre
à
jour
le
gap
existant
entre
les
aspirations
des
entrepreneurs,
les
réalités
actuelles
du
système
financier
haïtien
et
les
exigences
financières
pour
la
production
et
la
commercialisation
des
œufs
et
des
poulettes.
• Seulement
deux
institutions
financières
haïtiennes
accordent
des
prêts
aux
entreprises
naissantes;
• Les
9%
de
taux
d’intérêt
nécessaires
pour
garantir
la
rentabilité
financière
des
exploitations
avicoles
de
10
000
poulettes
et
plus
sont
à
la
limite
inférieure
des
taux
d’intérêts
pratiqués
par
les
institutions
financières,
et
encore,
il
faut
pour
cela
que
le
prêt
soit
libellé
en
dollars
américains;
• Il
n’existe
pratiquement
pas
de
produits
financiers
dans
le
secteur
de
la
micro
finance
qui
soient
adaptés
aux
besoins
des
exploitations
avicoles
de
1000
poulettes
et
moins;
Il
est
évident
que
le
système
financier
tel
qu’il
existe
actuellement
ne
permettra
pas
de
répondre
aux
besoins
de
financement
pour
atteindre
les
taux
de
A-‐A
analysés
sans
un
accord
entre
l’État
et
les
institutions
financières
pour
mitiger
les
risques
associés
au
financement
des
industries
naissantes
et
aux
problèmes
structurels
liés
à
la
filière
avicole.
C’est
à
cette
seule
condition
que
les
banques
pourront
accepter
de
prendre
des
risques
et
baisser
par
la
même
occasion
leur
taux
d’intérêt.
Un
accord
entre
l’État
et
les
institutions
financières
pourraient
porter
sur:
• La
mise
en
place
d’un
fonds
de
garantie
partiel
de
même
type
que
le
Fonds
salvadorien
de
garantie
(FSG).
• Le
développement
de
programme
de
cofinancement
avec
des
taux
d’intérêt
très
bas
afin
de
diminuer
le
taux
d’intérêt
moyen
payé
par
les
entrepreneurs
avicoles
et
augmenter
par
la
même
occasion
le
montant
total
de
chacun
des
prêts.
Il
est
important
de
souligner
que
le
cofinancement
des
prêts
est
un
produit
financier
qui
existe
actuellement
au
Fonds
de
Développement
Industriel
(FDI).
Le
gouvernement
pourrait
donc
envisager
de
renforcer
ce
programme
ou
de
développer
des
produits
similaires
dans
les
banques
étatiques
comme
la
Banque
nationale
de
Crédit
(BNC)
et
la
Banque
populaire
haïtienne
(BPH).
50
• Le
développement
d’un
programme
de
prime
de
récompense
pour
les
entrepreneurs
avicoles
qui
paient
à
temps
leurs
crédits.
Cette
forme
de
subvention
aura
le
mérite
de
diminuer
le
coût
réel
du
crédit
et
d’encourager
de
bonnes
pratiques
financières
chez
les
entrepreneurs
qui
pourront
ainsi
construire
un
bon
historique
de
crédit.
Les
informations
tirées
de
cette
enquête
doivent
être
mises
en
corrélation
avec
la
présentation
de
la
CNUCED
dans
son
rapport
annuel
2013
sur
le
développement
et
voir
comment
les
institutions
financières
peuvent
jouer
un
rôle
moteur
dans
le
développement
de
leur
pays.
«Pour
adapter
leurs
capacités
productives
à
l’évolution
de
la
structure
de
la
demande
globale,
les
pays
en
développement
et
les
pays
en
transition
ont
besoin
que
leurs
producteurs
disposent
d’un
accès
fiable
et
de
faible
coût
aux
ressources
financières
pour
réaliser
des
investissements
productifs.,
car
un
contexte
financier
international
instable,
des
systèmes
bancaires
nationaux
fragiles
et
des
institutions
financières
nationales
déficientes
constituent
souvent
un
obstacle
à
l’investissement.
D’où
un
certain
nombre
d’enjeux
pour
la
politique
financière
des
pays
en
développement
et
des
pays
en
transition:
en
premier
lieu,
ils
doivent
protéger
leurs
systèmes
financiers
nationaux
des
aléas
de
la
finance
internationale;
en
deuxième
lieu,
les
décideurs
doivent
tirer
les
bonnes
leçons
des
crises
financières
passées,
notamment
le
fait
qu’un
système
financier
non
réglementé
est
souvent
porteur
d’instabilité
économique
et
d’allocation
défectueuse
des
ressources;
en
troisième
lieu,
l’objectif
doit
être
de
rendre
les
systèmes
financiers
nationaux,
en
particulier
les
systèmes
bancaires,
plus
favorables
à
l’investissement
dans
les
capacités
productives
réelles
Ainsi,
la
dynamique
de
croissance
est
liée
de
façon
décisive
à
l’existence
de
volumes
suffisants
de
crédit
bancaire
à
un
coût
compatible
avec
la
rentabilité
attendue
des
projets
d’investissement.
Le
système
bancaire
dans
son
ensemble
peut
fournir
des
crédits
pour
l’investissement
même
sans
qu’il
existe
au
préalable
un
volume
correspondant
d’épargne
financière.
La
banque
centrale
peut
soutenir
cette
création
de
crédit
en
fournissant
les
liquidités
nécessaires
au
système
bancaire
et
en
maintenant
ses
taux
directeurs
aussi
bas
que
possible.
Au-‐delà,
l’intervention
publique
peut
faciliter
l’accès
au
crédit,
notamment
pour
les
secteurs
et
les
entreprises
dont
les
activités
ont
une
importance
stratégique
pour
la
transformation
structurelle
et
la
croissance
de
l’économie.
Une
possibilité
peut
consister
à
offrir
des
bonifications
d’intérêt
pour
le
financement
de
l’investissement
dans
des
domaines
d’activité
jugés
d’importance
stratégique;
une
autre
est
d’influencer
le
comportement
du
système
bancaire
pour
ce
qui
est
de
l’allocation
du
crédit.
Système
bancaire
et
orientation
du
crédit.
L’intervention
publique
dans
l’apport
de
crédit
bancaire
revêt
une
importance
particulière
dans
les
pays
en
développement
dont
l’objectif
est
de
consolider
le
ressort
interne
de
la
croissance,
étant
donné
la
rareté,
même
en
période
de
prospérité,
des
prêts
à
long
terme
pour
l’investissement
et
l’innovation,
ainsi
que
des
prêts
aux
microentreprises
et
aux
PME.
.
Les
banques
pourraient
être
incitées,
ou
obligées
à
accepter
un
degré
de
transformation
des
échéances
plus
acceptable
que
ce
n’a
été
le
cas
jusqu’à
présent.
Des
garanties
publiques
relatives
au
crédit
bancaire
commercial
pour
le
financement
de
projets
d’investissement
privé
peuvent
inciter
les
banques
commerciales
privées
à
prêter
davantage
pour
ce
type
d’emploi.
De
tels
mécanismes
atténueraient
le
risque
de
défaut
et
donc
également
la
prime
de
risque
associée
aux
prêts
d’investissement
à
long
terme.
L’abaissement
du
coût
des
intérêts
ainsi
obtenu
pour
les
investisseurs
réduirait
encore
la
probabilité
de
pertes
liées
aux
prêts
et
donc
celle
de
devoir
solliciter
les
pouvoirs
publics
pour
couvrir
ces
pertes
au
moyen
de
mécanismes
de
garantie.
De
même,
dans
le
cadre
d’une
politique
industrielle
intégrée,
le
cofinancement
par
les
banques
centrales,
qui
ont
une
optique
microéconomique,
et
par
des
institutions
financières
publiques
agissant
tant
dans
l’intérêt
de
toute
la
société,
pourrait
contribuer
à
ce
que
les
projets
d’investissement
soient
viables
commercialement
tout
en
s’inscrivant
dans
une
stratégie
de
transformation
structurelle
à
l’échelle
de
toute
l’économie.
51
On
dispose
de
nombreux
exemples
de
cas
où
une
politique
de
crédit
a
été
appliquée
avec
le
concours
de
diverses
institutions
publiques,
semi-‐publiques
et
coopératives
qui
ont
financé
des
investissements
agricoles
et
industriels
de
PME
à
des
taux
préférentiels»
10
.
Cette
citation
de
cet
Organisme
des
Nations
Unies,
résume
très
bien
l’approche
qui
devrait
être
utilisée
par
le
gouvernement
face
au
secteur
agro-‐alimentaire
en
Haïti.
6.4-‐AMÉLIORATION
DES
CIRCUITS
DE
COMMERCIALISATION
Comment
améliorer
les
circuits
de
commercialisation
des
œufs?
10
CNUCED).
Rapport
Annuel.
2013.
Ibid
p
25
52
(Responsables
(Economiste
et
Spécialiste
Avicole)
A-Situation actuelle des circuits de commercialisation des œufs.
Tableau
#
22:
Répartition
spatiale
de
la
production
des
œufs
et
de
la
population
Département
géographique
Nombre
de
pondeuses
(000)
%
de
%
pondeuses/département
population/département
Ouest
38,058
88,19%
36%
+187,420=225,478
(Port-‐au-‐Prince)
Sud
14,05
5,49%
7%
(cayes)
Nord
6,5
2,54%
10%
(Cap-‐Haitien)
Grande-‐anse
3,0
1,52%
7%
(Jérémie)
Nord-‐ouest
200
0,07%
6%
(port
de
paix)
Centre
1,5
0,58%
7%
(hinche)
Nord-‐est
1,4
0,54%
4%
(ouanaminthe)
Sud-‐est
1,2
0,46%
7%
(jacmel)
Nippes
-‐
-‐
(miragoane)
Artibonite
1,41
0,55%
16%
(Gonaïves)
Total
255.644
100%
100%
Source:
IHSI
Haïti
Broilers
Il
existe
une
concentration
de
la
production
des
œufs
dans
le
département
de
l’Ouest
(Port
au
Prince)
avec
88%
de
la
production
(selon
le
Tableau
22),
alors
que
la
population
du
département
représente
seulement
36%
de
la
population
des
zones
considérées.
Sans
vouloir
à
tout
prix
obtenir
une
répartition
semblable
entre
la
production
des
œufs
et
la
population,
il
serait
important
de
favoriser
l’implantation
de
nouveaux
producteurs,
en
plus
grande
importance,
dans
l’Artibonite,
le
Sud-‐Est,
le
Centre,
le
Nord-‐Ouest,
la
Grand’
Anse
et
le
Nord.
Les
subventions
qui
sont
recommandées
dans
cette
étude
devraient
favoriser
cette
distribution.
53
Le
prix
des
œufs
payés
au
producteur,
Tableau
#
23,
et
sur
les
marchés
de
Port
Au
Prince
en
Mars
2015
sont
ceux
présentés
au
tableau
suivant.
La
marge
pour
la
commercialisation
représente
35,7%
du
prix
vendu
au
consommateur.
Tableau
#
23:
-‐Prix
au
producteur,
au
consommateur
et
marges
21.1-‐Prix
des
œufs
au
producteur
(mars
2015,
1900
gourdes/caisse)
21.2-‐Marge
au
commerçant
21.3-‐Prix
au
consommateur
(#3.18
+
#3.19)
sur
la
rue
PAP
(par
3)
Darius
$US/œuf
%
du
prix
entre
producteur
Gds/œuf
et
commerçant
0.112
5.27
64.3%
1900
0.062
2.93
35.7%
0.174
8.20
100.00%
2956
Prix
par
caisse
2952
Source:
Haïti
Broilers
;
Ferme
les
délices
SA
;
Super
marché
de
PV.
Même
si
la
protéine
provenant
des
œufs
est
la
moins
chère,
elle
n’est
pas
accessible
à
tous
les
citoyens
haïtiens
sur
une
base
régulière
car
:
«La
malnutrition
chronique
reste
un
défi
majeur
en
Haïti.
Le
taux
de
malnutrition
chronique
en
Haïti
est
le
plus
élevé
de
ceux
observés
en
Amérique
Latine
et
dans
les
Caraïbes
après
le
Guatemala*
Il
est
aussi
sept
fois
plus
élevé
parmi
les
enfants
vivant
dans
les
familles
appartenant
au
quintile
le
plus
pauvre.
En
effet,
les
données
nutritionnelles
de
l`enquête
SMART
Février
2012
montrent
que
la
prévalence
de
la
malnutrition
chronique
est
de
23.4%
avec
les
départements
du
Nord-‐est
(32.9%),
la
Grande-‐Anse
(27.6%)
et
le
Nord
(27%)
;
tandis
que
la
malnutrition
chronique
sévère
est
de
7.1%.
Selon
l’enquête
nutritionnelle
départementale
de
décembre
2008
–
mars
2009,
le
taux
de
malnutrition
chronique
varie
de
18%
à
32%.
(référence
NCHS)»11
B)
Analyse
du
circuit
de
commercialisation
des
œufs:
Il
existe
plusieurs
circuits
de
commercialisation
selon
la
provenance
des
œufs.
B.1)-‐Oeufs
importés
des
États-‐Unis/Brésil
-‐
Sont
vendus
dans
les
marchés
niche
(grandes
surfaces,
hôtels,
restaurants,
clientèle
étrangère
huppée,
pâtisseries).
-‐
Sont
maintenus
constamment
dans
la
chaine
de
froid.
-‐
Sont
livrés
en
camion
réfrigéré.
11
Plan
stratégique
de
Nutrition
2013-‐18,
République
de
Haïti.
P.3.
54
B.2)-‐Oeufs
importés
de
la
République
dominicaine
-‐
Les
œufs
sont
achetés
(à
crédit
15
jours)
dans
les
villes
frontalières
dominicaines,
traversent
la
frontière
illégalement,
et
sont
entreposés
dans
des
dépôts
dans
tous
les
marchés
communaux
du
pays.
-‐
Mauvaise
condition
d’emballage.
-‐
Mauvaise
condition
de
stockage
(sans
chaine
de
froid).
-‐
Sont
vendus
sur
les
places
publiques.
-‐
La
qualité
n’est
pas
assurée.
Le
réseau
de
distribution
comporte
5
étapes:
a)
-‐-‐-‐Importateur
(contrebande).
b)
-‐-‐-‐Marché
communal.
c)
-‐-‐-‐Petite
épicerie
de
quartier.
d)
-‐-‐-‐Vendeuse
ambulante
(vend
par
plateau
de
30
unités).
e)
-‐-‐-‐Petite
détaillante
de
proximité
(vend
par
unité
dans
les
quartiers
populaires).
En
mars
2015,
en
moyenne,
chacun
de
ces
5
intermédiaires
retenait
une
marge
de
200
gourdes
par
opération,
soit
un
total
de
1000
gourdes
par
caisse
pour
la
commercialisation
entre
le
producteur
et
le
consommateur.
Ref. B) Dépôt dans les Marchés
Communaux
55
Tableau
#
24:
Typologie
et
taille
des
élevages
Taille
de
l’élevage/pondeuses
Nombre
d’éleveurs
%
des
éleveurs
dans
la
catégorie
➢
100
000
0,89%
1
➢
10
000
0,89%
1
➢
5000
1,78%
2
<
1000
&
5000>
16,78%
19
1500
8,0%
9
<
500
16,07%
18
<100
9
8,0%
Source:
Haïti
Broilers
février
2015.
B.3)-‐Les
œufs
produits
localement
Haïti
Broilers
a
recensé
à
travers
le
territoire
112
éleveurs
de
pondeuses
depuis
2013.
Actuellement
seulement
59
sont
en
activité.
B.3.1-‐En
dessous
de
5000
pondeuses
Les
œufs
sont
vendus
à
la
ferme
à
1900
gds
la
caisse.
Avantage:
-‐
Pas
de
frais
de
vente.
-‐
Pas
de
coût
d’emballage
-‐
Vente
réalisée
au
comptant.
Inconvénients:
-‐
Marge
plus
faible.
-‐
Clientèle
de
proximité
qui
exige
l’œuf
frais
du
jour
au
prix
de
l’œuf
dominicain.
-‐
Les
petits
élevages
rudimentaires
non
performants
n’arrivent
pas
à
accumuler
suffisamment
d’argent
pour
renouveler
leur
cheptel
même
lorsque
le
premier
groupe
de
poulettes
leur
a
été
donné.
56
Vendeuse
ambulante
sortant
de
chez
un
petit
éleveur
57
B.3.2-‐Les
élevages
de
plus
de
5000
pondeuses
1)-‐
Ils
satisfont
d’abord
le
marché
niche
des
grandes
surfaces,
restaurants,
pâtisseries,
hôtels.
(Leurs
œufs
ne
sont
pas
réfrigérés)
car
c’est
le
marché
dont
les
prix
sont
les
plus
élevés
:
a)-‐
Ces
éleveurs
sont
plus
compétitifs
face
aux
œufs
importés
des
États-‐Unis
et
du
Brésil
qui
reviennent
plus
chers
à
cause
du
transport
réfrigéré
et
des
tarifs
douaniers
qui
leur
sont
imposés.
b)-‐
Ils
utilisent
le
même
réseau
de
distribution
que
les
œufs
dominicains
en
vendant
leur
produit
dans
les
dépôts
des
marchés
communaux.
Pour
arriver
à
écouler
ses
œufs
sur
le
marché
haïtien
le
producteur
national
doit
être
très
compétitif
car
son
prix
de
moulée
représente
29
cents
la
livre
de
moulée
alors
que
son
prix
au
producteur
est
de
11
cents
l’œuf.
Pendant
ce
temps
aux
États-‐Unis
le
prix
de
la
moulée
est
de
12
cents
la
livre
alors
que
le
prix
de
l’œuf
au
producteur
est
de
10
cents.
En
République
dominicaine
le
prix
de
la
livre
de
moulée
est
de
18
cents
alors
que
le
prix
de
l’œuf
au
producteur
est
de
8
cents.
Tableau
#25:
Analyse
de
la
compétitivité
Prix
de
vente
Prix
de
vente
d’un
de
l’œuf/U$
à
œuf/a
la
ferme
la
ferme
Coût
de
l'aliment/tonne
Coût
de
la
moulée/livre
USA
U$
236
/tonne
cts
0.12
Cts
0.10
cts
0.10
DR
U$
360tonne
Cts
0.18
3.60
pesos
cts
0.08
HAÏTI
U$
580
/tonne
Cts
0.29
5.27
gourdes
cts
0.11
Source:
nos
calculs
2)
Alternatives
possibles
à
introduire
dans
les
circuits
de
commercialisation.
-‐
L’idéal
serait
de
remplacer
les
dépôts
des
marchés
communaux
par
des
points
de
distribution
ayant
pignon
sur
rue,
plus
accessibles
au
grand
public,
à
l’instar
des
points
de
distribution
des
boissons
gazeuses,
ou
des
marchés
aux
fruits.
En
plus,
il
faudrait
garantir
une
qualité
de
premier
choix
pour
les
œufs
des
producteurs
haïtiens.
Sans
entrer
dans
le
transport
et
l’entreposage
réfrigéré
des
œufs,
il
serait
important
de
promouvoir
le
transport
et
l’entreposage
avec
des
systèmes
isothermes
et
évacuation
de
la
chaleur
par
une
ventilation
motorisée
à
base
d’énergie
solaire.
Enfin,
il
serait
important
de
mettre
en
place
un
système
léger
d’identification
de
la
provenance
des
œufs
haïtiens
type
:
58
OEUFS
HAITI
D’ORIGINE:
O
H
O
Logo
qui
serait
collé
sur
les
boites
des
camions,
les
lieux
d’entreposage
et
les
boites
de
plastiques
servant
au
transport
des
œufs.
Dans
ce
cadre
nous
considérons
qu'un
agent
de
commercialisation
motorisé
avec
camion
et
boite
isothermique
mais
non
réfrigérée
pourrait
collecter
les
œufs
tous
les
avant-‐midi
et
faire
la
distribution
ou
la
vente
à
partir
de
son
entrepôt
l'après-‐midi
ou
certains
jours
de
la
semaine.
Ce
type
de
commerçant
pourrait
prendre
la
place
de
deux
intermédiaires
avec
une
efficacité
accrue
et
nécessiter
une
marge
inférieure
de
commercialisation
(par
exemple
300
gourdes
au
lieu
400
gourdes
(2
fois
200
gourdes)
tout
en
lui
permettant
un
revenu
net
par
année
très
intéressant
(voir
le
tableau
#
4).
6.5-‐MATÉRIELS
D’EMBALLAGE
Quelles
sont
les
conditions
d’approvisionnement
en
matériels
d’emballage
?
59
Responsable
:
(
Spécialiste
Avicole)
Matériel
d’emballage
Le
matériel
d’emballage
est
disponible
chez
tous
les
distributeurs
de
produits
avicoles.
Il
comprend
:
-‐
Les
plateaux
de
30
unités
en
carton.
-‐
Les
emballages
de
12
unités
en
carton
(les
emballages
en
polystyrène
(styrofoam)
sont
interdits).
-‐
Les
caisses
en
carton
de
30
dz,
qui
ne
sont
utilisées
que
pour
emballer
les
œufs
vendus
dans
les
marchés
niche.
Les
plateaux
(alvéoles)
sont
importés
mais
pourrait
être
produit
en
Haïti
dès
que
la
demande
sera
suffisante.
Dans
cette
étude,
nous
recommandons
des
caisses
en
plastique
pour
transporter
les
œufs
du
producteur
au
marchand
de
gros
et
du
marchand
de
gros
aux
divers
marchés
urbains.
Ces
caisses
seraient
consignées
et
lavées
à
chaque
fois
avant
d’être
retournées
chez
le
producteur.
Elles
seraient
la
propriété
de
l’agro-‐
distributeur
ou
du
marchand
de
gros.
Leur
utilisation
et
leur
coût
a
été
intégré
dans
le
modèle
agro-‐
distributeur
et
commerçant
de
gros.
6.6-‐ACCÈS
À
L’EAU
Comment
améliorer
l’accès
à
l’eau
pour
faciliter
la
production
?
Responsable
:
(Spécialiste
Avicole)
Accès
à
l’eau
Le
réseau
hydraulique
en
Haïti
n’atteint
pas
les
zones
rurales
où
se
pratique
l’élevage.
Les
grandes
entreprises
de
plus
de
5000
pondeuses
possèdent
leur
propre
forage
et
sont
autonomes
pour
leur
approvisionnement
en
eau.
Dans
certaines
localités,
les
élevages
se
trouvent
à
proximité
d’une
fontaine
publique.
Dans
des
conditions
normales,
les
besoins
en
eau
pour
70
pondeuses
seraient
de
4
gallons/jour,
ou
60
gallons/jour
pour
1000
pondeuses.
L’accès
direct
à
l’eau
est
un
facteur
limitant
l’expansion
des
élevages.
Il
est
impensable
de
compter
sur
l’eau
de
rivière
pour
alimenter
les
poules.
Dans
les
régions
où
la
nappe
phréatique
est
à
moins
de
20
pieds
de
profondeur,
l’État
pourrait
contribuer
à
installer
des
pompes
à
bras,
ou
au
besoin
des
petites
pompes
solaires.
6.7-‐INFRASTRUCTURES
À
RENFORCER
Quels
sont
les
efforts
à
faire
en
termes
d’infrastructures
pour
renforcer
la
production
?
Responsable
:
(
spécialiste
avicole)
60
Infrastructures
à
renforcer
A-‐Logement
75
%
des
problèmes
de
production
sont
résolus
quand
le
bâtiment
devant
abriter
les
poules
est
bien
orienté
dans
le
sens
EST-‐OUEST,
bien
aéré
avec
des
ouvertures
laissant
accès
à
une
bonne
circulation
de
l’air,
bien
construit
avec
une
hauteur
suffisante
pour
éloigner
les
poules
de
la
radiation
de
la
chaleur
provenant
de
la
toiture
.
On
recommande
la
pratique
de
l’élevage
en
batterie
plutôt
que
l’élevage
des
poulettes
au
sol,
pour
des
raisons
d’hygiène,
d’innocuité
alimentaire,
et
de
coût.
Pour
des
élevages
de
plus
de
5000
pondeuses,
on
pourrait
recommander
les
bâtiments
surélevés
dans
le
but
de
gérer
plus
efficacement
la
litière.
La
pondeuse
excrétant
¼
de
livre/jour,
une
accumulation
de
litière
dans
le
bâtiment
s’accompagne
d’une
augmentation
du
niveau
d’ammoniaque,
ce
qui
rend
l’air
irrespirable
et
provoque
s’il
y
a
exposition
prolongée,
la
cécité
chez
les
oiseaux
et
un
inconfort
pour
les
travailleurs.
De
plus
l’élevage
en
batterie
occupe
moins
d’espace,
et
simplifie
le
travail
du
responsable.
Pour
les
petits
élevages
de
moins
de
1000
pondeuses,
on
privilégie
les
bâtiments
de
type
tropicaux,
de
22
pieds
de
large,
dans
le
but
de
bénéficier
de
la
ventilation
naturelle.
Elevage de pondeuses dans un bâtiment surélevé
Pour
des
élevages
de
plus
de
5000
poules
on
pourra
opter
pour
les
bâtiments
de
30
pieds
de
largeur
maximum.
61
B-‐Équipements
La
batterie
d’élevage
de
type
A
sur
3
niveaux
devrait
coûter
environ
$US
3.50/pondeuse.
Loger
1000
pondeuses
en
batterie
coûterait
environ
$US
3500
pour
l’acquisition
des
batteries
d’élevage.
Le
tableau
suivant
ne
prend
pas
en
compte
le
coût
de
la
clôture
ainsi
que
des
autres
bâtiments
annexes
(dépôt,
logement
du
personnel,
etc.).
Cependant,
dans
les
modèles
calculés,
tableaux
Excel,
pour
les
coûts
de
production
nous
avons
inclus
ces
éléments.
Tableau
#26:
Coût
des
bâtisses
et
des
équipements
pour
pondeuses
Type
d’élevage
Au
sol
En
batterie
Bâtiment
surélevé
U$
92.04
U$
92.04
U$
178.15
Coût
du
mètre
carré
de
construction
Densité
5poule/m2
Densité
Densité
20
poules
/m2
20
poules
/m2
U$
3.50
U$
3.50
Coût
de
l’équipement/poule
U$
1
Coût
du
logement
par
pondeuse
Source:
nos
calculs.
$
4.77/
poule
$18.60/poule
$
12.40/poule
62
Poulailler
Arreguy
500
pondeuses.
-‐Par
unité
de
poule
à
loger,
une
pondeuse
au
sol
coûte
plus
cher
à
élever
qu’en
batterie.
63
C-‐Les
capacités
d’incubation
Un
autre
facteur
limitant
le
développement
de
la
filière
œuf
est
la
capacité
à
produire
les
poussins
de
un
jour.
Pour
les
œufs
poulettes
et
poulets
de
chair,
la
capacité
d'incubation
des
œufs
est
de
500
000
œufs
par
mois,
soit
6
000
000
par
année.
Dans
le
cas
de
la
production
de
poussins
de
chair
le
rendement
à
l’éclosion
est
en
général
de
86
%.
Après
avoir
enlevé
du
total
les
1
200
000
poussins
pour
les
poulets
de
chair
il
reste
une
capacité
de
4
800
000
œufs
à
incuber.
Dans
celui
de
la
production
de
pondeuses,
il
tombe
à
43%
à
cause
de
la
nécessité
de
faire
une
sélection
des
poussins
femelles.
Apres
avoir
considéré
ces
besoins
il
y
a
suffisamment
de
capacité
en
Haïti
pour
atteindre
un
taux
de
80%
d’A-‐A
sans
ajout
de
nouvelles
capacités.
6.8-‐BESOINS
EN
ÉLECTRICITÉ
Quels
sont
les
besoins
à
satisfaire
en
termes
d’électricité
en
vue
de
renforcer
la
production?
Responsable
:
(
Spécialiste
Avicole)
-‐Besoins
en
électricité
La
poulette,
pour
atteindre
le
maximum
de
ses
performances,
a
besoin
de
17
heures
de
luminosité
par
jour.
C’est
un
animal
sensible
à
la
photopériode,
c’est-‐à-‐dire
à
la
longueur
du
jour.
Chez
nous,
sous
les
tropiques,
la
longueur
du
jour
varie
de
11,40
à
12,30
heures
selon
la
saison.
Il
est
donc
impératif,
pour
améliorer
la
productivité
des
oiseaux,
de
leur
fournir
5
heures
de
lumière
artificielle
additionnelle
(intensité
lumineuse
variant
entre
30/40
LUX).
Tout
en
tenant
compte
de
la
possibilité
d’accès
à
l’eau
courante,
la
capacité
à
fournir
ces
cinq
heures
de
lumière
additionnelle,
soit
par
énergie
solaire,
soit
à
l’aide
de
génératrice,
devra
être
considérée
comme
critère
de
sélection
dans
le
choix
des
éleveurs.
6.9-‐CADRE
MACRO-‐
ÉCONOMIQUE
Quel
est
le
cadre
macroéconomique
à
mettre
en
place
pour
supporter
la
production
des
œufs?
Responsables
:
(
Economiste
et
Spécialiste
en
Finances)
En
dépit
du
fait
que
les
objectifs
de
croissance
annuelle
de
3,6%
pour
l’exercice
fiscal
2013-‐2014
n’ont
pas
été
atteints,
le
Produit
Intérieur
Brut
(PIB)
a
tout
de
même
connu
une
croissance
de
2,8%
en
glissement
annuel
pour
l’exercice
en
question.
Cette
faible
performance
de
l’économie
haïtienne
par
rapport
à
l’exercice
fiscal
précédent
(4,2%
de
croissance)
est
due
non
seulement
à
la
performance
du
secteur
primaire
qui
a
connu
un
taux
de
croissance
négatif
de
-‐1,42%
en
2014
contre
4,36%
en
2013
mais
aussi
à
celles
des
secteurs
secondaires
et
tertiaires
qui
ont
respectivement
affichés
des
taux
de
croissance
de
5,27%
et
3,61%
en
2014
contre
5,85%
et
3,65%
en
2013.
En
ce
qui
a
trait
au
taux
d’inflation
de
5,3%
enregistré
à
la
fin
de
l’exercice
fiscal
2013-‐2014,
soit
une
64
augmentation
de
0,8%
en
glissement
annuel,
il
est
le
résultat
d’une
politique
monétaire
restrictive12
de
la
Banque
de
la
République
d’Haïti
qui
cherchait
à
maintenir
un
niveau
acceptable
de
l’indice
des
prix
à
la
consommation
(IPC)
de
manière
à
ne
pas
nuire
au
bon
fonctionnement
de
l’économie.
Cette
augmentation
de
l’IPC
s’explique
à
43%
par
l’évolution
de
l’indice
des
prix
des
produits
alimentaires,
qui
a
connu
une
augmentation
de
18,43%
en
septembre
2014
en
glissement
annuel.
Cependant,
cette
performance
de
la
politique
monétaire
n’a
pas
eu
les
impacts
escomptés
sur
le
taux
de
change
de
la
gourde
par
rapport
au
dollar
américain.
En
effet,
la
dépréciation
de
la
gourde
par
rapport
au
dollar
américain
s’est
accentuée
avec
une
augmentation
de
4,1%
en
glissement
annuel
en
septembre
2014,
contre
3,4%
en
septembre
2013.
Selon
le
site
«
fr.exchangerates.org.uk
»
le
taux
de
change
était
de
45
gourdes
par
dollar
américain
en
mai
2014
et
de
46,5
en
mai
2015.
Il
est
indéniable
que
ce
cadre
macro-‐économique,
marquée
par
une
croissance
continue
du
PIB,
une
augmentation
acceptable
du
taux
d’inflation
et
une
diminution
considérable
du
taux
d’intérêt
directeur
de
la
Banque
de
la
République
d’Haïti,
a
une
influence
importante
sur
le
développement
de
la
production
des
œufs.
La
stabilité
macroéconomique
qui
caractérise
l’économie
haïtienne
depuis
2011,
les
actions
du
gouvernement
pour
contrer
la
contrebande
des
œufs
importés
de
la
République
dominicaine
et
pour
promouvoir
la
production
locale
d’œufs
et
de
poulets
de
chair
ont
été
certes
bénéfiques
à
la
filière
avicole.
Une
politique
économique
garantissant
la
stabilité
macroéconomique
et
la
croissance
de
la
demande
interne
devraient
favoriser
les
anticipations
positives
des
potentiels
investisseurs
dans
la
filière
avicole.
Il
est
donc
très
important
de
favoriser
la
demande
intérieure
comme
le
mentionne
le
rapport
2013
du
CNUCED:
«Etant
donné
l’état
actuel
de
l’économie
mondiale,
la
croissance
de
la
demande
intérieure
devrait
contribuer
davantage
aux
anticipations
des
investisseurs
potentiels
concernant
la
demande.
L’aptitude
de
ces
derniers
à
renforcer
les
capacités
productives
tient
pour
beaucoup
à
l’existence
de
moyens
de
financement
à
long
terme
dont
le
coût
soit
abordable
et
à
un
taux
de
change
compétitif,
ce
qui,
dans
une
large
mesure,
est
déterminé
par
la
politique
de
la
banque
centrale
et
la
structure
et
le
fonctionnement
du
système
financier
intérieur»13
L’aptitude
des
agro
entrepreneurs
à
bénéficier
de
ce
cadre
macroéconomique
favorable
dépendra
aussi
de
la
disponibilité
du
système
financier
à
octroyer
des
crédits
avec
un
coût
abordable
et
des
conditions
adaptées
aux
besoins
de
cette
filière.
Elle
est
aussi
dubitative
de
la
mise
en
place
par
le
gouvernement
et/ou
les
institutions
financières
d’un
système
d’appui
technique
et
de
formation
à
l’intention
des
entrepreneurs
agricoles.
6.10-‐IMPACTS
DES
VARIABLES
ÉCONOMIQUES
Quels
sont
les
impacts
de
variables
comme
le
taux
de
change
et
l’inflation
et
le
taux
d’intérêt
sur
la
12
«La
politique
monétaire
expansionniste
consiste
en
une
expansion
de
la
masse
monétaire
et
en
une
réduction
des
taux
d’intérêt.
Un
accroissement
des
moyens
de
paiement
dans
l’économie
stimule
la
dépense
et
une
diminution
du
loyer
de
cet
argent
en
favorise
l’utilisation.
Au
contraire,
une
politique
monétaire
restrictive
cherche
plutôt
à
freiner
la
dépense
dans
l’économie
et
elle
est
mise
sur
une
réduction
de
la
masse
monétaire
et
sur
une
hausse
des
taux
d’intérêt
pour
atteindre
son
but» finances.grandquebec.com
13
CNUCED,
Rapport
Annuel.
2013.
Ibid.
p.19
65
production
d’œufs?
Responsables
:
(
Economiste
et
Spécialiste
en
Finances)
La
production
des
œufs
est
supposée
être
tributaire
des
variables
comme
le
taux
de
change,
l’inflation
et
le
taux
d’intérêt
qui
ont
des
conséquences
directes
sur
les
coûts
de
production
des
œufs
comme
le
prix
de
la
moulée,
le
prix
du
carburant,
les
salaires
et
les
taux
des
intérêts
pour
les
crédits
contractés.
Cependant,
il
est
difficile
de
faire
ressortir
les
impacts
réels
de
ces
variables
sans
une
étude
économétrique
appropriée.
Hormis
le
taux
de
change
qui
agit
directement
sur
le
prix
du
maïs,
du
soja
et
des
vitamines
et
des
alvéoles
qui
sont
importés
et
utilisés
dans
la
production
de
la
moulée,
il
est
difficile
de
déceler
l’impact
réel
de
l’inflation
et
du
taux
d’intérêt.
Une
baisse
du
taux
de
change
Gourde/$US
fait
augmenter
d’autant
le
prix
du
maïs-‐grain
en
provenance
des
États-‐Unis
et
donc
le
coût
de
production
des
œufs
en
Haïti.
La
même
chose
se
produit
face
aux
œufs
importés
de
la
République
dominicaine,
lorsque
le
taux
de
la
gourde
augmente
face
à
la
devise
de
la
République
dominicaine
le
prix
des
œufs
augmentent
en
Haïti.
En
ce
qui
concerne
le
taux
d’inflation,
il
peut
être
soit
bénéfique
ou
préjudiciable
à
la
production
des
œufs
et
des
poulets
de
chair.
Dans
le
cas
de
la
filière
avicole
étant
donné
que
les
producteurs
sont
en
sous
production
par
rapport
à
leur
capacité
productive
une
augmentation
du
taux
d’inflation
pourrait
faire
augmenter
les
prix
des
œufs
et
booster,
par
la
même
occasion,
la
production
locale.
Cependant,
avec
la
concurrence
des
œufs
en
provenance
de
la
République
dominicaine
il
est
difficile
d’affirmer
qu’une
augmentation
du
taux
d’inflation
aura
une
répercussion
directe
sur
les
prix
des
œufs.
Le
prix
des
œufs
en
Haïti
étant
plus
le
reflet
du
prix
des
importations
en
provenance
de
la
République
dominicaine
que
la
situation
en
Haïti.
D’autre
part,
l’inflation
peut
être
néfaste
à
la
croissance
quand
elle
agit
sur
les
coûts
de
production
et
le
pouvoir
d’achat
des
ménages.
Là
encore,
il
n’est
pas
facile
de
dire
si
l’inflation
haïtienne
a
eu
un
impact
réel
sur
les
coûts
de
production
des
œufs
et
des
poulets
de
chair
en
Haïti.
Les
subventions
du
gouvernement
sur
le
pétrole,
la
stabilité
des
coûts
du
transport
et
la
rigidité
des
salaires
dans
la
filière
ne
permettent
pas
de
démontrer
une
répercussion
de
l’inflation
sur
les
coûts
de
productions
des
œufs
et
des
poulets
de
chair.
Pour
ce
qui
est
des
taux
d’intérêts,
il
a
été
démontré
qu’il
est
impossible
d’être
financièrement
rentable
avec
les
taux
d’intérêt
qui
se
pratiquent
actuellement
sur
le
marché
financier.
Ce
qui
est
inexplicable,
par
contre,
sont
les
raisons
macroéconomiques
justifiant
de
tels
taux
d’intérêt
dans
le
secteur
de
la
microfinance
en
Haïti
et
donc,
difficiles
à
expliquer.
Avant
l’année
2007
les
taux
d’intérêt
pratiqués
par
la
BRH
pour
les
bons
de
90
jours,
qui
pouvaient
se
chiffrer
jusqu’à
28%
en
2003,
étaient
utilisés
par
les
économistes
pour
expliquer
les
taux
d’intérêts
pratiqués
par
les
institutions
financières
locales.
Il
y
avait
effectivement
une
corrélation
positive
entre
les
taux
de
rémunération
de
ces
bons
et
les
taux
pratiqués
sur
le
marché
financier.
Les
banques
commerciales
préféraient
acheter
les
bons
de
la
BRH
au
lieu
de
prêter
de
l’argent
à
l’économie.
Il
y
avait
donc
un
certain
effet
d’éviction
du
secteur
productif
au
profit
de
la
Banque
centrale
à
moins
que
les
producteurs
fussent
disposés
à
payer
des
taux
d’intérêt
de
33%
à
48%
l’an
pour
leur
projet
d’investissement.
Cependant,
cet
argument
est
inutilisable
de
nos
jours
quand
les
taux
d’intérêt
pratiqués
dans
le
secteur
de
la
microfinance
en
particulier
restent
pratiquement
les
mêmes
alors
que
les
taux
directeurs
de
la
Banque
centrale
ont
considérablement
diminué
depuis
2007
pour
se
stabiliser
à
3%
pendant
toute
la
période
allant
de
janvier
2011
à
mars
2014.
La
solution
que
pose
le
problème
du
financement
de
la
filière
des
œufs
en
particulier
et
du
secteur
productif
en
général
devra
passer
d’abord
par
une
étude
de
la
structure
des
coûts
du
crédit
dans
le
secteur
financier
haïtien
en
tenant
compte
du
poids
des
variables
tant
économique,
politique
et
structurelle
comme
le
taux
de
change,
les
opportunités
alternatives
de
placement
sur
le
marché
international,
la
politique
fiscale,
les
faiblesses
du
pouvoir
judiciaire
et
les
problèmes
de
cadastre
pour
n’en
66
citer
que
cela.
6.11-‐IMPACTS
DU
RENFORCEMENT
DE
LA
PRODUCTION
DES
ŒUFS
SUR
LE
PIB
ET
LE
PIBa
Quels
seront
les
impacts
d’un
renforcement
de
l’industrie
des
œufs
sur
le
PIB
agricole
et
sur
le
PIB
global?
Responsables
:(
Economiste
et
Spécialiste
en
Finances)
La
part
de
la
valeur
ajoutée
du
secteur
primaire
dans
le
PIB
global
du
pays
a
été
de
21,6%
en
2014.
Ce
secteur
qui,
depuis
les
quinze
dernières
années
contribue
à
hauteur
de
25%
en
moyenne
dans
la
performance
de
l’économie
haïtienne
a
été,
en
2014,
dominé
par
les
activités
agricoles,
de
sylviculture,
d’élevage
et
de
pêche
à
hauteur
de
99,5%
;
les
0,5%
restant
constituent
la
contribution
des
industries
extractives
au
secteur
primaire.
Selon
le
bilan
avicole
2011-‐2015
du
Ministère
de
l’Agriculture
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
(MARNDR)
la
production
locale
en
2014
a
été
de
6,3
millions
d’œufs
par
mois.
En
ajoutant
à
cette
quantité
une
importation
estimée
à
35
millions
d’œufs
par
mois,
toujours
selon
le
même
bilan
du
MARNDR,
la
demande
locale
a
été
de
495,6
millions
d’œufs
par
an,
soit
une
valeur
totale
en
prenant
le
prix
au
consommateur
de
2,612
millions
de
gourdes.
Mais
pour
comparer
l’importance
de
la
production
des
œufs
dans
le
PIB
agricole
il
faut
prendre
le
prix
à
la
consommation
(8,20
GDES/œuf)
multiplié
par
la
production
annuelle
de
Haïti
(75,6
mi.
œufs/an),
ce
qui
dans
ce
cas
représente
620
millions
de
gourdes
comparé
au
PIBa
et
au
PIB
du
pays.
En
2014,
le
PIB
d’Haïti
était
environ
$US
8,46
milliards
comme
le
PIBa
représente
25,15%
ce
qui
nous
donne
aux
environs
de
100
milliards
de
gourdes)
pour
le
PIB
agricole.
Donc,
la
contribution
de
la
production
des
œufs
actuellement
serait
environ
(620
millions
de
gourdes/100
milliards
de
gourdes),
0,6%
du
PIB
agricole
et
0,16%
du
PIB
général.
Dans
le
cas
où
le
degré
d’auto
approvisionnement
des
œufs
passerait
à
100%
avec
une
production
locale
de
céréales
et
de
tourteau,
la
production
des
œufs
représenterait
environ
4,06%
du
PIBa
et
1,02%
du
PIB
total.
67
Tableau
#
27:
Importance
de
la
filière
œuf
dans
le
PIB
et
le
PIBa
valeur
du
PIB,
2014
en
gourdes
397,620,000,000
valeur
du
PIBa,
2014
en
gourdes
100,000,000,000
PIBa
en
%
du
PIB
prix/œuf:
25.15%
8.20
A-‐A
actuel
25.1-‐Nombre
d'œufs
produits
localement
75,600,000
198,240,000
297,360,000
396,480,000
495,600,000
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
A-‐A
100%
25.2-‐valeur
de
la
production
des
œufs
(prix
consommateur,
mars
2013,
619920000
1,625,568,000
2,438,352,000
3,251,136,000
4,063,920,000
8,20gdes)
25.3-‐output
œufs/PIB
en
%
0.16%
0.41%
0.61%
0.82%
1.02%
25.4-‐output
œufs/PIBa
en
%
0.62%
1.63%
2.44%
3.25%
4.06%
source
PIB:
http://fr.tradingeconomics.com/haiti/gdp-‐per-‐capita
L’autosuffisance
actuelle
pour
la
production
des
œufs
est
autour
de
15
%.
Si
ce
taux
devait
passer
à
80%,
le
pays
générerait,
tenant
compte
des
effets
multiplicateurs,
2918
millions
de
gourdes
d’activités
économiques
additionnelles
pour
un
investissement
additionnel
de
1378
millions
de
gourdes,
soit
la
création
de
1264
nouveaux
emplois
directs
et
indirects
et
de
703
nouvelles
entreprises.
Cet
investissement
inclurait
toutes
les
activités
additionnelles
de
la
filière
dont
la
production
de
céréales
et
du
tourteau
localement
;
il
faudrait
produire
40
601
tonnes
additionnelles
de
céréales
et
mettre
en
exploitation
5075
hectares
de
terre.
Cependant
en
incluant
les
effets
du
multiplicateur
d’activité
économique
estimé
pour
Haïti
à
1,6
l’activité
supplémentaire
annuelle
serait
de
4668
millions
de
gourdes
dans
la
situation
actuelle
mais
d’environ
7000
millions
de
gourdes
si
les
céréales
et
les
tourteaux
étaient
produits
localement
(effets
multiplicateurs
2,4).
6.12-‐IMPACT
DU
RENFORCEMENT
DE
LA
PRODUCTION
D’ŒUFS
SUR
LA
MALNUTRITION
ET
LA
SÉCURITÉ
ALIMENTAIRE
Quelle
est
la
contribution
de
l’industrie
des
œufs
à
la
réduction
de
la
malnutrition
et
à
la
sécurité
alimentaire
?
Responsables
:
(Economiste
et
Spécialiste
en
Finances)
Haïti
a
besoin
d’une
plus
grande
production
de
nourriture
pour
accroitre
sa
sécurité
alimentaire.
Il
faut
donc
augmenter
la
production
des
produits
végétaux
et
animaux.
Dans
ce
contexte
la
production
d’œufs
fournit
un
apport
protéinique
de
qualité
et
bon
marché
pour
les
consommateurs
haïtiens.
Afin
de
ne
pas
perturber
le
marché
du
mais
de
consommation
humaine,
il
est
proposé
ici
de
produire
du
maïs-‐grain
à
haut
rendement
seulement
destiné
à
la
préparation
des
aliments
pour
animaux.
6.13-‐EFFETS
MULTIPLICATEURS
DU
RENFORCEMENT
DE
LA
PRODUCTION
D’ŒUFS
68
Quels
seront
les
effets
multiplicateurs
sur
les
autres
filières,
sous-‐secteurs
et
secteurs
de
l’économie?
Responsables
:
(Economiste,
Spécialiste
Avicole
)
Dans
le
cas
du
Canada.
Tel
que
le
montre
le
tableau
suivant,
les
recettes
monétaires
agricoles
découlant
des
œufs
en
2014
étaient
de
$771
millions
alors
que
la
contribution
au
PIB
est
de
$1,4
milliards
;
ce
qui
correspond
à
un
multiplicateur
de
2
dans
l’économie
totale.
Le
cas
du
Canada
et
de
nombreux
autres
pays
ayant
des
secteurs
agro-‐industriels
bien
développés
les
favorisent
car
la
très
grande
majorité
des
intrants
reliés
à
l’aviculture
sont
produits
localement,
principalement
les
grains.
Tableau # 28: Contribution économique de l’industrie canadienne des œufs
Source:
producteurs
d’œufs
du
Canada,
Ottawa.
Cependant,
le
cas
d’Haïti
est
différent
puisque
60%
des
intrants
sont
importés
actuellement
dans
le
secteur
des
œufs.
Il
faut
donc
réduire
d’au
moins
60%
la
partie
du
multiplicateur
qui
est
importée
et
nous
obtenons
69
alors
la
production
directe
qui
est
de
100%
plus
100%-‐60%
de
l’effet
multiplicateur
qui
devient
40%
de
la
seconde
unité
du
multiplicateur
canadien
de
2
;
donc
la
première
partie
soit
100%
plus
le
40%
de
la
deuxième
partie
nous
donne
140%
ou
un
multiplicateur
de
1.4.
Dans
le
cas
de
l’Ohio
présenté
en
annexe
B,
à
la
fin
de
ce
document,
les
effets
indirects
demeurent
dans
le
pays
puisque
les
États-‐Unis
produisent
tous
leurs
intrants
localement,
le
multiplicateur
dans
ce
cas
se
rapproche
plus
de
3
car
la
valeur
des
œufs
est
de
$US523
mi.,
alors
que
la
contribution
au
output
est
de
$US1,4
milliards.
Ce
qui
voudrait
dire
qu’en
appliquant
la
règle
des
60%
des
intrants
importés
dans
le
cas
de
Haïti,
il
y
aurait
un
effet
multiplicateur
de
1,8
(100
+
2,0
X
40%
=
180%).
Dans
cette
étude
nous
utilisons
donc
un
taux
de
1,6
dans
la
situation
actuelle
(la
moyenne
entre
le
Canada
et
les
États-‐Unis)
et
dans
le
cas
où
Haïti
produirait
ses
grains
on
pourrait
utiliser
un
taux
multiplicateur
aux
environs
de
2,4.
Dans
le
cas
de
la
Colombie
Britannique
du
Canada
les
effets
multiplicateurs
seraient
un
peu
plus
élevés
que
dans
le
cas
de
l’Ohio
mais
nous
avons
préféré
utiliser
ces
chiffres
seulement
comme
référence
et
non
pas
dans
nos
calculs.
Tableau
#29:
Impact
économique
élevage
dont
les
oeufs
en
Colombie
Britanique,
Canada
en
dollars
canadiens.
Impact
Direct
Indirect
Induced
Total
GDP
(value-‐added)
552.582
922.911
148.764
1,624,257
Wages
&
Salaries
341.828
495.298
80.686
917.812
Taxes
94.217
76.861
52.067
223.145
Employment
(FTE)
6.944
22.427
2.355
31.726
Economic
impact
of
British
Columbia’s
dairy,
chicken,
turkey,
hatching
egg
and
table
egg
industries
–
2011
results
http://bcdairy.ca/uploads/bcdairy/DairyFarmerIndustry/BCDEPI_2013_report_-‐_WEB_3255-‐
01_BC_DEPI_2012_June_3_2013.pdf
Voir
en
annexe
C
à
la
fin
de
ce
document
le
texte
qui
accompagne
ce
tableau.
A
la
suite
de
ces
trois
présentations,
du
Canada,
de
l’Ohio
et
de
la
Colombie
Britannique
nous
avons
cherché
à
montrer
par
des
exemples
concrets,
les
effets
directs
et
indirects
de
l’augmentation
de
la
production
des
œufs
sur
l’économie
haïtienne.
Exemples
concrets
d’effets
multiplicateurs
du
renforcement
de
la
production
des
œufs
en
Haiti.
-‐Objectif
d’autosatisfaction
en
œufs
de
table
:
1,5
million
de
pondeuses.
Ce
que
cela
va
nécessiter
en
investissement,
construction,
besoin
de
financement:
1)-‐750
000
poulettes
de
remplacement
à
élever
/69
000
poulettes/mois
pendant
22
mois,
coût
direct
de
production
estimé
à
$US
5.5
soit
$US
4
125
000
à
disposer
pour
élever
les
poulettes.
70
2)-‐164
705
œufs
fertiles
soit
457
caisses
à
incuber/mois.
Ceci
justifie
d’investir
dans
une
ferme
de
8000
reproductrices,
et
d’avoir
12
incubateurs
opérationnels.
(Il
en
existe
5
aujourd’hui).
Modèle:
soit
une
entreprise
avec
3
bâtiments
de
4000
reproducteurs
chacun
soit
2400
mètres
carrés
de
construction
pour
la
production
d’œufs
fertiles.
(Coût
estimatif
$US
500
000
pour
l’installation
de
la
ferme).
3)-‐plus
de
fermes
d’élevage
de
poulettes
de
remplacement
(60
700
mètres
carrés
de
fermes
d’élevage
de
poulettes
à
construire
valeur
estimative:
$US
10
804
600.
4)-‐plus
de
fermes
de
production
d’œufs
(75
000
mètres
carrés
de
fermes
à
construire,
valeur
estimative
$US
13
361
250).
5)-‐16
000
batteries
d’élevage
de
forme
A,
à
3
étages
superposés,
à
importer
($US
4
000
000).
6)-‐Médicaments
(vaccins,
antibiotiques,
seringues,
machine
à
débecquer).
Le
coût
des
vaccins
à
appliquer
aux
pondeuses
est
estimé
à
environ
$1
/poule.
En
y
ajoutant
les
vitamines
et
les
antibiotiques,
le
marché
des
médicaments
s’élève
à
environ
$US
2
millions/an.
7)-‐
Plus
d’aliment
(céréales
et
touteau)
71
Tableau
#30:
Estimation
des
besoins
en
alimentation
750,000
1,500,000
Poulettes
Pondeuses
Moulée
11
250
tonne
/an
60
225
tonnes/an
2,250,000
Evaluation
du
cheptel
71
475
tonnes/an
Céréales
7,815
42,157
50,032
3375
tonnes/an
18
067
tonnes/an
21
442
tonnes/an
Tourteau
de
soya
(Source
:
Les
moulins
d’Haïti,
Jamie
Marks
11
/3/15)
Les
besoins
en
céréales
sont
estimés
à
50
032
tonnes/an.
Avec
deux
récoltes
mécanisées
par
an
et
un
rendement
moyen
de
4
tonnes/hectare,
la
superficie
à
emblaver
serait
6254
hectares.
Cela
représente
du
travail
pour
environ
37
524
personnes/jour,
à
raison
de
6
hommes/jour,
par
hectare.
8)
Transport
spécialisé
:
-‐poussin
–poulette-‐-‐œuf
-‐aliment
–abattoir-‐congelé
Chacun
de
ces
produits
nécessite
un
type
de
véhicule
particulier.
L’augmentation
de
la
production
aux
différents
échelons
de
la
filière
aura
un
effet
multiplicateur
sur
les
besoins
en
transport.
Rien
qu’en
considérant
le
déplacement
des
céréales
des
champs
vers
les
usines
d’aliment,
puis
des
usines
vers
les
fermes,
on
peut
envisager
la
nécessité
d’avoir
environ
17
camions
de
10
tonnes
additionnels,
ceux-‐
ci
générant
à
peu
près
411
emplois
directs.
9)-‐
Abattoir
La
durée
de
vie
économique
de
la
pondeuse
est
de
18
mois.
Le
délai
pour
le
nettoyage
et
le
vide
sanitaire
est
de
30
jours.
Le
renforcement
de
la
filière
œuf,
pour
83
000
pondeuses
à
abattre
chaque
mois,
aura
un
impact
positif
sur
la
justification
à
investir
dans
un
abattoir
à
volaille.
Des
petites
unités
de
4000/jour
devraient
être
construites
dans
les
zones
de
concentration
de
pondeuses.
Tableau
#31:
Travaux
de
génie
civil.
Reproductrices
poulettes
Pondeuses
Usines
total
72
Mètre
carre
Valeur
monétaire
2,4
$500,000
Source: nos calculs.
60,7
75
5
143,1
$10,804,600
$13,361,250
$2,250,000
$26,915,850
11)-‐
Emballage
1,5
million
de
pondeuses
en
production
vont
créer
une
demande
pour
le
matériel
d’emballage
des
œufs.
En
effet
pour
récolter
1,2
million
d’œufs
chaque
jour,
il
faudra
40
000
plateaux
de
30
unités/jour,
soit
14
600
000/an,
valeur
estimative
$US
0.12
soit
un
marché
de
$US
1,8
millions
/an.
Activités
économiques
directes
générées
au
démarrage
par
les
investissements
Tableau
#
32:-‐Activités
économiques
locales
et
importées
directes
générées
au
démarrage
par
les
investissements
A-‐A
40%
a-‐Production
d'œufs
338,337,435
611,788,238
885,239,042
b-‐Production
de
poulettes
109,265,903
202,964,855
296,663,807
c-‐Activités
de
commercialisation
66,760,079
100,140,118
133,520,157
TOTAL
en
gourdes
TOTAL
en
$US
514,363,417
914,893,211
1,315,423,006
10,943,902
19,465,813
27,987,724
A-‐A
60%
A-‐A
80%
Tableau
#
33:
-‐Activités
économiques
locales
et
importées
directes
et
indirectes
générées
au
démarrage
par
les
investissements
Correction
du
facteur
de
multiplication
total
pour
tenir
compte
des
importations
1.4
1.4
60.0%
Activités
économiques
directes
et
indirectes
générées
au
démarrage
par
les
investissements
A-‐A
40%
a-‐Production
d'œufs
473,672,409
856,503,534
1,239,334,658
b-‐Production
de
poulettes
152,972,265
284,150,797
415,329,330
c-‐Activités
de
commercialisation
93,464,110
140,196,165
186,928,220
720,108,784
1,280,850,496
1,841,592,208
15,321,463
27,252,138
39,182,813
TOTAL
en
gourdes
TOTAL
en
$US
Source
:
nos
calculs.
A-‐A
60%
A-‐A
80%
73
Tableau
#
34:
-‐Activités
économiques
directes
locales
et
Activités
économiques
directes
générées
en
régime
de
production
annuelles
importées
générées
en
régime
de
production
annuelle
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
a-‐Production
d'œufs
1,086,066,627
1,629,099,940
2,172,133,254
b-‐Production
de
poulettes
113,220,800
210,311,200
307,401,600
c-‐Activités
de
commercialisation
(35,6%
du
prix
au
consommateur
pour
commerce
X
activité
générée
selon
modèle
X
2
(car
modèle
représente
50%
du
commerce)
219,593,397
329,390,095
439,186,793
1,418,880,823
2,168,801,235
2,918,721,647
30,188,954
46,144,707
62,100,461
TOTAL
en
gourdes
TOTAL
en
$US
Source
:
nos
calculs.
Tableau
#
35:
-‐Activités
économiques
locales
et
importées
directes
et
indirectes
générées
en
régime
de
production
annuelle
correction
du
facteur
de
multiplication
total
pour
tenir
compte
des
importations
situation
actuelle
SITUATION
AVEC
PRODUCTION
EN
HAITI
DE
CÉRÉALES
ET
DU
TOURTEAU
SITUATION
ACTUELLE
1.6
42.0%
1.6
2.5
89.0%
2.5
Activités
économiques
directes
et
indirectes
générées
en
régime
de
production
annuelle
Activités
économiques
directes
et
indirectes
générées
en
régime
de
production
annuelle
A-‐A
40%
A-‐A
40%
a-‐Production
d'œufs
1,737,706,603
2,606,559,904
3,475,413,206
2,715,166,567
4,072,749,851
5,430,333,134
b-‐Production
de
poulettes
c-‐Activités
de
commercialisation
(35,6%
du
prix
au
consommateur
pour
commerce
X
activité
générée
selon
modèle
X
2
(car
modèle
représente
50%
du
commerce)
A-‐A
60%
A-‐A
80%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
181,153,280
336,497,920
491,842,560
283,052,000
525,778,000
768,504,000
351,349,434
527,024,152
702,698,869
548,983,491
823,475,237
1,097,966,983
2,270,209,317
3,470,081,976
4,669,954,635
3,547,202,058
5,422,003,088
7,296,804,117
TOTAL
en
gourdes
48,302,326
73,831,531
99,360,737
75,472,384
115,361,768
155,251,151
TOTAL
en
$US
Source
:
nos
calculs.
74
La
création
d’emplois,
dans
le
tableau
#
36,
a
été
divisée
en
deux
sections
:
la
première
fait
référence
aux
emplois
créés
lors
du
démarrage
et
ils
ne
sont
pas
récurrents.
Ils
se
chiffrent
entre
210
et
754
selon
que
le
taux
d’A-‐A
est
de
40%
ou
80%
;
deuxièmement,
la
seconde
fait
référence
aux
emplois
permanents
créés
par
la
production
annuelle
des
œufs
qui
varie
de
848
à
1696
selon
que
le
taux
est
de
40%
ou
80%
d’A-‐A.
Tableau
#
36:
Création
d'emplois
directs
et
indirects
au
démarrage
et
en
régime
annuel
de
production
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
Pour
les
investissements
de
démarrage
34.1-‐Créations
d'emplois
directs
au
démarrage
34.2-‐Production
d'œufs
176
318
461
34.3-‐Production
de
poulettes
34
62
293
SOUS-‐TOTAL
DIRECTS
210
381
754
34.5-‐Créations
d'emplois
directs
et
indirects
après
multiplicateur
au
démarrage
34.6-‐Production
d'œufs
250
509
737
0
0
0
250
509
737
En
régime
de
production
annuelle
34.8-‐Créations
d'emplois
directs
en
régime
de
production
annuelle
A-‐A
40%
A-‐A
60%
A-‐A
80%
34.9-‐Production
d'œufs
435
653
870
34.10-‐Production
de
poulettes
96
144
192
34.12-‐Activités
de
commercialisation
101
152
202
TOTAL
REGIME
ANNUEL
DE
PRODUCTION
EMPLOIS
DIRECTS
632
948
1264
34.13-‐Créations
d'emplois
directs
et
indirects
après
multiplicateur
en
production
annuelle
34.14-‐Production
d'œufs
696
1044
1392
34.15-‐Production
de
poulettes
(INCLUS
DANS
LE
MULTIPLICATEUR
PRODUCTION
D'OEUFS)
0
0
0
34.16-‐Activités
de
commercialisation
152
228
303
TOTAL
REGIME
ANNUEL
DE
PRODUCTION
EMPLOIS
DIRECTS
ET
INDIRECTS
848
1272
1696
34.7-‐Production
de
poulettes
(inclus
dans
les
indirects
de
la
production
d'œufs)
TOTAL
DEMARRAGE
DIRECTS
ET
INDIRECTS
Source
:
nos
calculs.
75
6.14-‐COMPÉTÉTIVITÉ
DU
COMMERCE
EXTÉRIEUR
ET
RENFORCEMENT
DE
LA
PRODUCTION
D’ŒUFS.
Quelle
est
la
contribution
d’un
renforcement
de
l’industrie
des
œufs
nationale
sur
les
indicateurs
de
compétitivité
du
commerce
extérieur
du
pays
(Balance
commerciale,
taux
de
ouverture,
la
Balance
des
paiements,
termes
de
l’échange…..)?
Responsables
:
(
Economiste
et
Spécialiste
en
Finances)
Est-‐il
possible
de
parler
de
commerce
extérieur
quand
la
contrebande
des
œufs
représente
97%
des
importations
totales
d’œufs,
82%
de
la
consommation
totale,
2,5%
du
PIB
agricole
et
0,6%
du
PIB
total?
Il
est
inutile
de
parler
de
compétitivité
entre
Haïti
et
la
République
dominicaine
si
Haïti
continue
d’acheter
les
intrants,
comme
le
maïs,
le
soja
et
les
vitamines
de
la
République
dominicaine.
La
production
de
la
viande
de
poulets
coûte
1
dollar
américain
la
livre,
aux
Etats-‐Unis
d’Amérique.
La
poitrine
et
les
ailes
de
poulets,
considérées
comme
un
produit
premium
sur
le
marché
américain,
se
vend
à
3
dollars
américains
la
livre.
Le
producteur
américain
n’a
donc
aucun
problème
à
vendre,
sur
les
marchés
des
pays
étrangers,
les
cuisses
et
les
pieds
de
poules
à
55
centimes
la
livre.
C’est
la
raison
pour
laquelle
des
pays,
comme
le
Canada,
la
Jamaïque,
le
Costa
Rica,
la
Colombie,
et
le
Guatemala,
pour
ne
citer
que
ceux-‐là,
ont
décidé,
et
cela
depuis
plusieurs
années,
qu’il
fallait
protéger
leur
marché
contre
cette
forme
de
dumping
américain
avec
des
tarifs
douaniers
supérieurs
à
200%.
En
Haïti,
le
taux
global
pratiqué
sur
les
morceaux
de
volailles
et
les
œufs
est
43.86%.
76
Tableau
#
37:
Defense
measures
applied
by
various
countries,
Source:
CARIBBEEAN
POULTRY
ASSOCIATION
Import
Tariffs
Country
CET
Other
Tariffs
Total
Import
Tariff
Barbados
40
144
184
Belize
40
70
110
Plus
Import
Permit
Guyana
40
60
100
Jamaica
40
240
280
Exemption
for
Back
&
Necks
Russia
30
US$335/Ton
Plus
Import
Quotas
which
for
2011
is
less
than
50%
of
2010.
Costa
Rica
Guatemala
Dominican
Rep.
Colombia
Venezuela
China
233
257
99
209
135
105.4
Canada
5%
TRQ
256
5%
TRQ
at
5%
Import
Duty
NOTES
CET
:
Common
External
Tariff
TQR
:
Tariff
Rate
Quota
Source
CPA
,
CARIBBEAN
POULTRY
ASSOCIATION
Si
par
compétitivité
du
commerce
extérieur
on
entend
la
capacité
de
produire
localement
à
un
prix
compétitif
par
rapport
prix
des
pays
étrangers,
alors
les
frais
de
douanes,
qui
sont
aussi
une
variable
de
l’équation,
doivent
être
pris
en
comptes.
La
simple
fait
que
des
producteurs
avicoles
haïtiens
continuent
d’exister
dans
des
conditions
actuelles
est
un
indicateur
de
compétitivité
et
le
renforcement
de
la
production
d’œufs
est
inutile
sans
une
politique
commerciale
appropriée.
77
6.15-‐CONDITIONS
DES
PRÊTS
POUR
LES
INSTITUTIONS
FINANCIÈRES
ET
LES
AGRO-‐
ENTREPRENEURS
AFIN
DE
RÉALISER
DES
INVESTISSEMENTS
DANS
LA
PRODUCTION
DES
ŒUFS.
A
la
suite
de
rencontres
avec
les
institutions
financières,
il
est
opportun
de
définir
les
conditions
qui
permettraient
à
ces
institutions
de
faire
des
prêts
aux
entrepreneurs
du
secteur
avicole
qu’ils
soient
petits,
moyens
ou
gros
avec
ou
sans
appui
du
gouvernement.
Responsables
:
(
Economiste
et
Spécialiste
en
Finances)
Les
conditions
des
prêts
varient
selon
que
l’on
regarde
l’aspect
agro-‐entrepreneur
ou
le
point
de
vue
de
l’institution
financière.
A
partir
des
tableaux
présentés
précédemment
on
peut
indiquer
que
les
agro-‐
entrepreneurs,
selon
leur
taille
de
production
souhaitent
:
-‐Des
prêts
allant
de
18
mois
(70
poules)
à
plus
de
60
mois
(20
000
poules);
-‐des
prêts
minimum
et
maximum
adaptés
à
leurs
besoins;
-‐des
prêts
avec
une
période
de
grâce
allant
de
3
mois
à
12
mois;
-‐avec
des
garanties
bancaires
soit
d’un
avaliseur
soit
sur
collatéral,
véhicules
et
immobilier;
-‐ils
acceptent
pour
les
plus
petits
des
taux
d’intérêt
de
24
%
l’an
alors
que
les
plus
gros
souhaitent
des
taux
de
8
à
12%
l’an;
-‐ils
souhaitent
une
stabilité
économique,
des
incitatifs
et
une
protection
douanière;
-‐toutes
souhaitent
un
appui
technique;
-‐ils
souhaitent
une
meilleure
gestion
des
risques
en
cas
de
perte
de
troupeau
et
aussi
en
cas
de
dumping
saisonnier;
-‐tous
souhaitent
des
subventions
sur
les
intrants.
Par
ailleurs
les
conditions
des
institutions
financières
se
résument
de
la
façon
suivante:
-‐Les
caisses
populaires
et
les
banques
sont
prêtes
à
offrir
des
prêts
à
court
et
moyen
terme
alors
que
les
banques
peuvent
offrir
du
crédit
à
long
terme;
-‐la
durée
des
prêts
varierait
ainsi
de
12
à
60
mois
selon
les
institutions;
-‐le
maximum
des
prêts
chez
les
caisses
populaires
serait
de
2
millions
de
gourdes
alors
qu’il
serait
de
50
millions
de
gourdes
dans
le
cas
des
banques;
-‐les
caisses
ne
souhaitent
pas
accorder
de
période
de
grâce
alors
que
les
banques
pourraient
aller
jusqu’à
36
mois;
-‐la
gamme
des
garanties
bancaires
demandées
couvrirait
tout
ce
qui
est
possible
de
prendre
en
garantie;
-‐les
garanties
contractuelles
seraient
un
atout
mais
pas
obligatoires;
-‐les
taux
d’intérêt
varient
de
30
à
48%
l’an
pour
les
caisses
et
de
10
à
24%
l’an
pour
les
banques;
-‐les
institutions
financières
souhaitent
des
conditions
phyto
sanitaires
adéquates
et
une
stabilité
macro-‐
économique;
-‐un
appui
technique
est
souhaité
que
ce
soit
à
travers
le
SYFAAH
ou
autre
mécanisme;
-‐les
caisses
souhaitent
que
les
investisseurs
aient
de
l’expérience
mais
pas
nécessairement
une
formation
78
académique
alors
que
les
banques
souhaitent
une
formation
académique
de
l’entrepreneur
ou
un
membre
de
son
équipe;
-‐la
gestion
des
risques
doit
être
faite
après
le
décaissement
tout
au
long
du
prêt
soit
par
les
mécanismes
de
SYFAAH
soit
par
des
garanties
de
prêts;
-‐l’appui
du
gouvernement
à
l’emprunteur
est
un
atout
mais
pas
un
facteur
déterminant.
6.16-‐CONDITIONS
DE
LA
MAXIMISATION
DES
RÉSULTATS
DU
DÉVELOPPEMENT
DE
LA
PRODUCTION
DES
ŒUFS
SUR
LES
FILIÈRES
CONNEXES.
Responsable
:
(
Spécialiste
Avicole)
Selon
les
politiques
de
développement
adoptées
pour
le
développement
de
la
filière
œufs
et
selon
les
investissements
effectués
par
les
agro
entrepreneurs
dans
ce
secteur,
des
effets
plus
ou
moins
importants
pourront
être
observés
sur
la
production
des
grains,
le
secteur
financier,
les
emballages,
le
transport
des
produits,
la
commercialisation
des
intrants
et
le
secteur
de
la
construction.
Une
analyse
détaillée
a
été
effectuée
pour
ces
filières
connexes
que
ce
soit
pour
les
investissements
au
démarrage,
les
besoins
financiers,
les
emballages
et
autres.
Il
existe
un
domaine
qui
pourrait
être
couvert
dans
une
autre
étude
technico-‐financière
et
ce
serait
les
avantages
de
la
construction
des
cages
sur
place
en
Haïti.
Comme
nous
n’avons
pas
les
connaissances
dans
la
construction
des
équipements
métalliques
nous
avons
préféré
réserver
nos
commentaires.
6.17-‐SANTÉ
ANIMALE
Responsable
:
(
Spécialiste
Avicole)
En
aviculture,
il
est
d’usage
de
pratiquer
les
méthodes
préventives
de
protection
de
la
santé
des
animaux.
Dans
le
cas
des
pondeuses,
au
cours
de
l’élevage
des
poulettes,
celles-‐ci
sont
vaccinées
contre
cinq
maladies
virales
et
deux
maladies
bactériennes.
Ces
procédés
de
vaccination
assureront
un
renforcement
du
système
immunitaire
de
l’animal
pendant
les
dix-‐huit
mois
de
ponte
qui
suivent.
La
santé
des
poules
a
une
incidence
financière
très
importante
sur
la
rentabilité
de
la
production
et
le
revenu
des
producteurs.
Il
sera
donc
important
d’assurer
un
contrôle
et
une
supervision
efficace
chez
les
producteurs
de
poulettes.
Les
poulettes
devraient
provenir
de
fermes
certifiées
par
les
instances
étatiques,
et
le
contrôle
de
la
qualité
sanitaire
de
la
production
avicole
devrait
être
conditionné
à
toute
forme
de
crédit
bancaire.
Le
rapport
du
MARNDR,
sur
sa
page
WEB,
concernant
la
maladie
de
NEW
CASTLE,
fait
état
de
l’élevage
de
volaille
indigène
élevée
en
liberté
et
ne
concerne
en
aucun
cas
l’élevage
intensif
de
poulettes
élevées
en
cage.
79
Des
mesures
strictes
de
biosécurité
devront
être
imposées
à
tous
comme
condition
d’éligibilité
pour
les
prêts.
On
peut
citer
:
la
connaissance
de
l’historique
sanitaire
de
la
zone
concernée,
la
nécessité
d’une
clôture,
l’existence
de
pédiluve
à
l’entrée
des
bâtiments,
le
contrôle
de
la
circulation
des
employés,
le
port
de
vêtements
de
protection
pour
d’éventuels
visiteurs,
l’interdiction
de
la
présence
d’autres
volailles
sur
la
ferme,
le
contrôle
des
oiseaux
sauvages,
la
défense
d’élever
des
porcs
sur
l’exploitation.
Les
pathologies
affectant
les
pondeuses
sont
bien
contrôlées
par
la
vaccination
préventive.
Des
animaux
provenant
de
fermes
certifiées,
le
respect
strict
des
normes
de
bio
sécurité
et
d’hygiène,
la
formation
des
éleveurs
en
ce
qui
concerne
les
risques
sanitaires,
sont
autant
d’éléments
à
prendre
en
compte
dans
le
calcul
du
risque
sanitaire.
6.18-‐MODÈLES
DE
PRODUCTION
(70,
1000,
10
000,
20
000
POULES,
10
000
POULETTES,
AGRO-‐DISTRIBUTEUR
MOULÉE-‐ŒUFS
ET
COMMERÇANT
D’ŒUFS
EN
GROS)
EN
PRODUCTION
AUTONOME
OU
INTÉGRÉE*
INDIVIDUELLEMENT
OU
EN
GROUPE
ET
ANALYSE
ÉCONOMIQUE
BASÉE
SUR
LES
RÉSULTATS
OBTENUS
EN
PROVENANCE
DES
MODÈLES
DE
BASE
DE
PRODUCTION.
Responsables
:
(Economiste,
Spécialiste
Avicole)
Le
tableau
#
38
présente
un
résumé
la
situation
actuelle
et
les
conditions
favorables
à
l’extension
de
la
production
des
œufs
en
Haïti.
De
plus
amples
discussions
seraient
nécessaires
pour
le
compléter
lors
d’une
première
table
ronde
sur
la
filière
œufs
lorsque
celle-‐ci
sera
mise
en
place.
Tableau
#38:
Caractéristiques
des
modèles
de
production
artisanal,
semi
intensif,
et
intensif
Production
d’œuf
Caractéristiques
Artisanal
70
poules
Semi
intensif
1000
poules
poulettes
Intensif
10
000
poules
1)-‐localisation
des
producteurs
d’œufs
Partout
en
milieu
rural,
en
général
si
financé
par
une
ONG
2)-‐formation
de
l’agro
entrepreneur
formation
par
la
ONG
en
groupe
de
producteurs
Niveau
brevet
Universitaire
ou
technicien
Universitaire
ou
technicien
Elevage
au
sol
Etre
propriétaire
du
terrain,
cages
type
A
Etre
propriétaire
du
terrain
,
éevage
en
batterie
avec
bâtiment
surélevé
Elevage
au
sol
3)-‐construction
nécessaire
Partout,
généralement
En
milieu
péri
urbain,
proximité
d’un
marché
proche
des
grandes
villes
communal
Intensif
10
000
poulettes
2.3
fois/an
Proche
des
incubateurs
80
4)-‐en
production
autonome
avantages
et
inconvénients
Plus
grande
possibilité
de
prise
de
décision
par
le
producteur
même
même
même
5)-‐besoin
de
crédit
pour
financer
les
investissements
autonomes
Source
de
financement
ONG
Intégration
ou
organisation
en
groupe
puis
Institution
financière
Institution
financière
80/20
Institution
financière
80/20
6)-‐en
intégration
avantages
et
inconvénients
Répartition
des
risques
dans
les
fonctions
réalisées
par
chacun
Même
+
assistance
technique
Même
+
assistance
technique
Même
+
assistance
technique
Financement
partagé
entre
intégrateur
et
producteur
selon
entente
7)-‐besoin
en
crédit
pour
financer
les
investissements
en
intégration
8)-‐condition
de
prêt
par
institution
financière
9)-‐qualité
des
poulettes
Supervision
obligatoire
par
une
institution
de
l’état
10)-‐alimentation
des
animaux
11)-‐santé
animale
et
appui
vétérinaire
Vétérinaire
payé
par
intégrateur
Même
ou
fourni
par
le
groupe
de
producteurs
Vétérinaire
fourni
par
le
vendeur
de
moulée
ou
payé
par
le
producteur
Contrôle
par
l’état
12)-‐
approvisionnement
en
eau
Fontaine
publique
Fontaine
publique
forage
Forage
/autonome
13)-‐
approvisionnement
en
Si
pas
d’accès,
solaire
électricité
Génératrice
et
solaire
Génératrice
et
solaire
Génératrice
Vendu
au
détail
/recyclage
d’emballage
Vendu
en
vrac
/par
plateau
de
30
unités
amballage
avec
logo
Pas
de
stockage
Pas
de
stockage
Conditionnés
en
dépôt
isotherme
Les
œufs
sales
sont
lavés
14)-‐emballage
des
œufs
15)-‐conservation
des
œufs
16)-‐nettoyage
des
œufs
81
17)-‐valorisation
des
œufs
cassés
Consommé
par
le
producteur
Vendus
à
moitié
prix
Vendus
à
moitié
prix
18)-‐transport
des
œufs
Vente
directe
à
la
ferme
au
détail
Transportés
à
la
main
par
des
intermédiaires
Transportés
en
camion
vers
les
marchés
19)-‐vente
des
œufs
sur
les
marchés
Vente
à
la
ferme
Vente
à
la
ferme
Livrés
aux
grandes
surfaces,
hôtels,
pâtisseries
et
dépôts
des
marchés
communaux
20)-‐commercialisation
des
poules
reformées
Vendu
dans
les
marchés
ruraux
Même
Vendu
à
des
intermédiaires,
ou
à
un
abattoir
Le
fumier
est
vendu
aux
producteurs
de
culture
maraîchère
125
gds
/sac
de
45lbs
21)-‐aspect
environnementaux
:
fumier,
odeur,
eaux
usées
22)-‐Estimés
des
coûts
de
production
et
de
la
rentabilité
Rentable
si
projet
social
et
don
des
équipements
Non
rentable
Rentable
à
un
taux
Rentable
à
un
taux
sans
subvention
d’intérêt
de
9%
mais
ne
d’intérêt
de
9%
mais
ne
même
à
un
taux
peut
racheter
les
peut
racheter
les
d’intérêt
de
9%
poulettes
comptant
poulettes
comptant
avant
dans
les
avant
5,6
cycles
de
4
cycles
de
production.
conditions
production.
actuelles.
23)-‐coût
de
commercialisation
et
possibilité
d’amélioration
de
la
productivité
Coûts
de
Coûts
de
Difficile
d’estimer
les
commercialisation
commercialisation
couts
de
pourraient
être
diminués
si
commerçant
commercialisation
car
diminués
si
intègre
agro-‐ de
gros
offre
de
fidéliser
les
ventes
se
font
distributeur
qui
le
producteur
et
satisfaire
principalement
à
la
commercialise
les
œufs
2
étapes
de
ferme
des
producteurs
en
commercialisation
d’un
groupe.
produit
de
qualité.
82
83
Vendeur
ambulant
Nous
avions
proposé
au
début
un
modèle
de
production
de
50
poules.
Cependant,
nous
nous
sommes
rendu
compte
que
les
cages
en
vente
sur
le
marché
pour
ce
type
de
producteurs
sont
d’une
capacité
minimum
de
70
poules.
Donc,
nous
avons
augmenté
notre
nombre
à
70.
Enfin,
il
serait
recommandable
de
mettre
sur
pied
des
groupements
de
producteurs
qui
auraient
chacun
1000
poules
en
production
(avec
décalage
dans
les
achats
de
poulettes
pour
garantir
un
approvisionnement
régulier)
pour
concentrer
un
minimum
de
10
000
pondeuses
et
ainsi
s’assurer
de
l’assistance
technique
nécessaire
et
des
prix
pour
les
intrants
moins
élevés
qui
sont
octroyés
(prix
de
gros)
à
partir
de
10
000
pondeuses.
Nous
considérons
que
les
producteurs
individuels
ou
groupement
de
10
000
pondeuses
devraient
avoir
une
politique
de
croissance
afin
d’atteindre
des
seuils
de
production
plus
élevés
et
pouvoir
bénéficier
des
économies
d’échelle
et
des
gains
de
productivité.
84
7-‐STRATÉGIES
DU
GOUVERNEMENT
D’HAÏTI
Le
Gouvernement
de
Haïti
et
en
particulier
son
Ministère
de
l’Agriculture
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
se
rendent
compte
de
l’importance
de
la
demande
intérieure
comme
source
de
développement
du
pays
lorsqu’ils
considèrent
établir
les
meilleures
politiques
souhaitables
pour
le
développement
de
plusieurs
filières
agro-‐alimentaires
dont
en
particulier
celle
des
œufs
en
Haïti
;
cette
orientation
récente
du
gouvernement
haïtien
est
expliquée
et
confirmée
par
la
CNUCED:
«
…les
pays
négligent
souvent
l’importance
cruciale
de
la
demande
intérieure
en
tant
que
facteur
majeur
d’industrialisation.
L’accroissement
de
la
demande
intérieure
est
à
l’origine
des
trois
quarts
environ
de
la
hausse
de
la
production
industrielle
nationale
dans
les
17
grands
pays
et
d’un
peu
plus
de
la
moitié
dans
les
petits.
Une
stratégie
qui
sera
davantage
axée
sur
la
demande
intérieure
devra
viser
à
trouver
le
bon
équilibre
entre
la
hausse
de
la
consommation
des
ménages,
l’investissement
privé
et
les
dépenses
publiques.
Ces
trois
composantes
de
la
demande
intérieure
sont
en
effet
étroitement
liées.
L’augmentation
des
dépenses
publiques
peut,
à
son
tour,
créer
davantage
de
revenus
pour
les
ménages
et
pour
les
entreprises
et
améliorer
les
conditions
de
l’investissement
privé
qui
est
indispensable
pour
accroître
les
capacités
intérieures
en
matière
d’offre
et
ainsi
limiter
les
déperditions
de
la
demande
intérieure
au
profit
des
importations»14
-‐Les
facteurs
qui
font
varier
le
plus
la
capacité
de
remboursement
des
entreprises
productrices
d’œufs
ici
analysées
sont
:
1-‐prix
de
la
moulée
;
2-‐le
taux
de
ponte
des
poules
et
cela
est
influencé
par
la
qualité
de
la
moulée
et
les
conditions
sanitaires
;
3-‐le
prix
des
poulettes
qui
est
lui-‐même
influencé
par
le
prix
de
la
moulée
et
le
prix
des
poussins
;
4-‐une
meilleure
efficacité
dans
la
commercialisation
des
œufs
pourrait
donner
une
marge
plus
élevée
aux
producteurs
;
5-‐un
meilleur
contrôle
de
la
qualité
de
la
part
de
l'industrie
et
du
gouvernement
favoriserait
de
meilleurs
prix
en
donnant
une
prime
qualité-‐fraicheur
pour
les
œufs
domestiques.
Donc,
la
stratégie
d’Haïti
dans
le
domaine
de
la
production
des
œufs
devrait
viser
à
utiliser
tous
les
moyens
à
sa
disposition
pour
satisfaire
la
plus
grande
proportion
de
la
consommation
nationale.
Les
instruments
mis
à
la
disposition
du
pays
proviennent
aussi
bien
des
moyens
économiques,
politiques,
règlementaires,
de
contrôle
à
la
frontière,
de
nouvelles
ententes
commerciales,
d’appuis
par
de
la
recherche,
de
la
formation
et
de
l’assistance
technique
que
d’incitations
à
travers
de
subventions,
diminution
des
droits
d’importation,
entente
de
filière
entre
les
différents
partenaires
et
enfin
la
mise
à
la
disposition
des
producteurs
de
mesures
de
crédit
qui
seront
canalisées
par
les
institutions
financière
du
pays
et
autres
moyens.
S’il
veut
avoir
du
succès
le
gouvernement
devra
utiliser
tous
les
moyens
mais
en
calculant
le
coût
de
chacun
et
donner
le
plus
d’importance
à
ceux
qui
lui
paraîtront
les
plus
efficaces.
14
CNUCED,
Rapport
Annuel.
2013.
page
18.
85
Il
faut
aussi
considérer
que
la
plupart
des
stratégies
proposées
dans
le
prochain
tableau
doivent
être
initiées
en
même
temps
car
les
résultats
de
chaque
stratégie
sont
interdépendants
des
autres
stratégies.
Il
n’est
pas
possible
de
mettre
en
place
une
subvention
bonus-‐intérêts
sans
mettre
en
place
une
politique
de
crédit
agricole
pour
ces
agro-‐entrepreneurs.
Pour
développer
la
production
des
œufs
au-‐delà
de
35%
d’A-‐A
il
faut
penser
à
une
augmentation
des
nouvelles
capacités
de
production
des
poulettes
qui
elle
est
dépendante
de
la
production
des
poussins,
des
œufs
d’incubation
et
aussi
d’un
troupeau
de
reproducteurs.
ÉLÉMENTS DE LA STRATÉGIE GOUVERNEMENTALE
Production des œufs
production des moulées
Stratégies prioritaires dans la
production et à implanter en parallèle
et en même temps
production des
poulettes
a)production du maisgrain local
b)production de
tourteaux local
c)Augmentation de la
production de poulettes
a.1-Programme de promotion du
mais-grain
b.1-Identification des sources de
tourteau
c.1-Approvisionnement de
poussins de qualité à un prix
compétitif
a.2-Programme de mise en place
contrats
a.3-Programme d'assurance
récolte mais-grain
financement
santé animale
d)financement de la
production
d.1-Discussions avec les
institutions financières sur les
conditions de prêts
d.2-Analyse des liquidités dans le
c.2-Analyse d'une entente avec le pays et priorités du
b.2-Promotion des achats locaux
secteur privé pour le démarrage Gouvernement
de touteau
d'un troupeau grand-mère
b.3-Mise en place de contrats
d'approvisionnement
c.3-Discussions en vue d'une
d.3-Programme de subvention
entente avec entreprise
sur bonus-intérêts pour bons
étrangère pour cette implantation payeurs.
a.4-Programme de subvention de
la production de mais-grain et de
péréquation annuelle avec les
éleveurs de poules.
d.4-Mise en place du fonds de
garantie perte sur prêts par
SYFAAH
a.5-Supervision du programme de
subvention
d.5-Supervision et contrôle du
programme bonus-intérêts
commercialisation des moulées et des œufs
commercialisation des moulées
stratégies prioritaires dans la
commercialisation
commercialisation des œufs
f)Assistance technique g)Formation des agro
h)financement
et commercialisation
distributeurs
i)établissement d'un
programme de qualité j)financement
des œufs
f.1-discussions avec les fabricants
de moulée, les Universités et
SYFAAH pour la mise en place des
agro distributeurs de moulée
h.1-financement des agro
distributeurs
i.1-identification des éléments du
j.1-financement de ces
programme à être appuyé par le
nouvelles entreprises
MARNDR
h.2-contrats avec les fabricants
de moulée et les producteurs
d'œufs
i.2-formation des nouveaux
commercants
g.1-Formation technique et
financière
j.2-Etablissement d'un cahier
des charges et supervision
86
8-‐STRATÉGIES
POUR
LES
DIFFÉRENTS
PARTENAIRES
DE
LA
FILIÈRE
ŒUFS
ET
ACCORDS
DE
FILIÈRE
«C’est
pourquoi
il
est
indispensable
de
rééquilibrer
les
moteurs
de
la
croissance
au
profit
de
la
demande
intérieure.
C’est
un
formidable
défi
pour
tous
les
pays
en
développement,
qui
sera
plus
difficile
à
relever
pour
certains
que
pour
d’autres
dit
qui,
dans
tous
les
cas,
exige
une
réévaluation
complète
des
salaires
et
du
secteur
public
dans
le
développement»15
Les
différents
partenaires
de
la
filière
doivent
accepter
de
collaborer
ensemble
pour
participer
à
un
plan
de
développement
de
la
production
et
commercialisation
des
œufs
en
Haïti,
en
investissant
dans
tous
les
domaines
où
des
possibilités
existent
dont
celui
d’un
troupeau
de
reproductrices
pour
la
production
d’œufs
fertiles,
la
production
de
poulettes,
la
production
de
maïs-‐grain
et
tourteaux,
la
production
des
œufs
à
partir
d’unités
de
production
rentable,
la
participation
à
des
groupes
de
producteurs
d’au
moins
10
000
poules
par
groupe
afin
de
bénéficier
d’assistance
technique
de
haut
niveau
et
de
prix
de
gros
pour
les
intrants
et
la
commercialisation
des
œufs
par
des
unités
efficaces.
Un
tel
plan
de
développement
ne
peut
garantir
le
succès
de
la
filière
à
moins
que
tous
les
éléments
critiques
soient
considérés
dans
leur
ensemble
et
trouvent
une
solution
conjointement.
Ces
transformations
et
ajustements
supposeront
des
efforts
spéciaux
de
la
part
des
institutions
financières
au
niveau
des
taux
d’intérêts
en
autant
que
les
plans
d’affaires
proposés
par
les
entrepreneurs
assurent
la
rentabilité
des
entreprises
et
que
les
prêts
bénéficient
d’assurances
sur
les
pertes
éventuelles.
Le
gouvernement
quant
à
lui
doit
premièrement
maintenir
la
stabilité
économique
pour
les
futurs
investisseurs
et
aussi
garantir
une
protection
du
marché
haïtien.
Il
doit
aussi
mettre
en
place
les
subventions
nécessaires
à
l’expansion
de
la
production
à
partir
du
budget
de
l’État
et
/ou
de
l’appui
des
donateurs
internationaux.
Les
différents
partenaires
doivent
accepter
de
participer
à
une
table
ronde
sectorielle
permanente
;
de
discuter
des
différentes
contraintes
de
la
filière,
du
financement
des
entreprises
nécessaires
pour
cette
expansion,
de
la
taille
des
entreprises,
du
financement
du
coût
de
l’assistance
technique,
du
contrôle
des
importations,
du
rôle
de
l’État
et
enfin
de
l’appui
qu’il
faudra
aller
chercher
à
l’extérieur
pour
combler
les
lacunes
internes
que
ce
soit
au
niveau
humain,
financier,
technique
ou
administratif.
15
CNUCED,
Genève.
Rapport
Annuel.
2013.
p.5.
87
9-‐CONCLUSIONS
C.1-‐
L’augmentation
de
la
production
des
œufs
en
Haïti
pour
atteindre
un
niveau
d’auto
approvisionnement
élevé,
est
possible
et
aussi
souhaitable
pour
l’économie
haïtienne.
La
rentabilité
des
entreprises
impliquées
dans
cette
démarche
dépend,
dans
un
premier
temps,
en
grande
partie
du
prix
de
la
moulée,
des
taux
d’intérêts
sur
les
prêts
et,
dans
un
deuxième
temps,
du
prix
des
poussins
dans
un
premier
temps
et,
dans
un
deuxième
temps,
de
la
capacité
du
système
financier
d’octroyer
les
prêts
aux
producteurs,
aux
commerçants,
aux
agents
impliqués
dans
la
commercialisation
de
la
moulée
et
des
œufs
et
d’en
faire
le
suivi
par
la
suite,
et
en
troisième
lieu,
de
l’expansion
et
la
diffusion
de
toute
la
technologie
nécessaire
à
mettre
en
place
dans
cette
filière
et
quatrièmement
de
la
capacité
de
maintenir
l’appui
aux
producteurs
en
services
techniques,
administratifs,
financiers
et
sanitaires.
C.2-‐
Le
gouvernement
ne
doit
pas
hésiter
au
travers
du
Ministère
de
l’Agriculture
des
Ressources
Naturelles
et
du
Développement
Rural
et
de
la
Banque
Centrale
à
appuyer
par
des
programmes
de
soutien
financier
et
technique
au
développement
des
sections
les
plus
faibles
de
cette
filière
lorsque
cela
est
nécessaire.
C.3-‐
Le
développement
de
la
filière
œufs
doit
être
planifié
en
s’assurant
que
les
retombées
directes
et
indirectes
induites
par
une
augmentation
de
sa
valeur
économique
resteront
en
grande
majorité
en
Haïti,
ce
qui
n’est
pas
le
cas
actuellement.
Dans
ce
contexte
le
facteur
le
plus
important
à
considérer
est
la
production
en
Haïti
de
grains
pour
la
fabrication
de
la
moulée
à
partir
du
maïs-‐grain
et
de
tourteaux
locaux.
C.4-Il
existe
une
concentration
de
la
production
des
œufs
dans
le
département
de
l’Ouest
(Port
au
Prince)
avec
88%
de
la
production
alors
que
la
population
du
département
représente
seulement
36%.
Sans
vouloir
à
tout
prix
obtenir
une
répartition
semblable
entre
la
production
des
œufs
et
la
population
il
serait
important
de
favoriser
l’implantation
de
nouveaux
producteurs
en
plus
grande
importance
dans
l’Artibonite,
le
Sud-‐
Est,
le
Centre,
le
Nord-‐Ouest,
Grande
Anse
et
le
Nord.
Les
subventions
qui
sont
recommandées
dans
cette
étude
devraient
favoriser
cette
distribution.
C.5-‐
Ce
sont
les
capacités
entrepreneuriales
et
les
conditions
de
marché
et
de
production
qui
devraient
déterminer
les
types
d’entreprises
à
mettre
sur
pied.
Le
gouvernement
intervenant
seulement
pour
favoriser
celles
qui
ont
besoin
d’une
incitation
au
démarrage
pour
être
rentables
par
la
suite
ou
pour
l’introduction
de
nouvelles
productions
comme
celles
du
maïs-‐grain,
du
sorgho
et
du
jatropha
qui
entreront
dans
la
fabrication
de
la
moulée
pour
les
poules
pondeuses
et
poulettes.
C.6-‐
Le
Gouvernement
a,
jusqu’à
présent,
appuyé
à
sa
façon
le
développement
de
cette
filière,
cependant,
pour
accélérer
son
développement
il
faudra
mettre
en
place
des
mécanismes
plus
dynamiques
et
aussi
s’assurer
en
collaboration
avec
la
BRH
que
des
crédits
sont
disponibles
à
des
conditions
acceptables
pour
les
entrepreneurs
désireux
d’y
investir.
Le
montant
de
la
subvention
moyenne
annuelle,
pour
obtenir
une
filière
œufs
rentable
et
compétitive
fournissant
de
60
à
80%
d’Auto-‐Approvisionnement
des
œufs
dans
le
pays
et
une
nouvelle
production
maïs-‐grain,
varierait
entre
$US
3
mi
et
$US4
mi.
C.7-‐
Le
Gouvernement
doit
appuyer
la
préparation
et
mise
en
place
des
ententes
entre
partenaires
de
la
filière
nécessaires
pour
son
développement.
Il
serait
important
pour
le
développement
du
secteur
de
pouvoir
compter
à
travers
une
table
de
concertation
sur
la
collaboration
entre
le
secteur
privé
et
le
secteur
public
et
entre
les
différents
partenaires
de
la
filière
en
considérant
que
leurs
intérêts
sont
convergents
en
ce
qui
a
trait
au
succès
de
la
filière
mais
que
le
partage
des
revenus
entre
les
différents
acteurs
sera
toujours
88
en
négociation.
Les
premières
ententes
à
négocier
devraient
être
avec
les
producteurs
de
moulée,
les
producteurs
de
poussins,
de
nouvelles
facilités
d’abattage
et
les
institutions
financières.
C.8-‐Dans
le
cas
où
un
projet
serait
préparé
pour
le
développement
de
cette
filière,
ce
que
nous
recommandons
fortement,
il
faudrait
bien
inclure
toutes
les
composantes
de
la
filière
et
en
premier
toutes
celles
où
existent
des
contraintes
susceptibles
de
limiter
son
développement
en
créant
des
goulots
d’étranglement
comme
celui
mentionné
en
regard
à
la
production
des
poulettes
ou
des
œufs
fertiles
pour
l’incubation
et
des
poussins.
C.9-Si
Haïti
ne
possède
pas
certaines
des
compétences
techniques
essentielles
pour
offrir
cet
appui
aux
producteurs,
il
ne
devrait
pas
hésiter
à
aller
le
chercher
ailleurs
dans
les
pays
qui
peuvent
les
lui
offrir.
C.10-‐
Il
y
a
un
avantage
très
important
à
mettre
en
place
un
programme
de
production
de
maïs-‐grain
et
de
tourteau
parallèlement
à
la
production
des
œufs
et
des
poulettes.
C’est
la
première
condition
de
succès
pour
maximiser
les
retombées
économiques
en
Haïti.
C.11-‐
Si
le
prix
des
poussins
en
Haïti,
($US
1.93
par
poussin
en
mars
2015)
était
seulement
2
fois
plus
élevé
que
celui
de
la
République
dominicaine
(en
mars
2015,
le
prix
était
de
$US
0,58
par
poussin
soit
le
double
=
$US
1.16),
ou
environ
40%
plus
élevé
qu’aux
États-‐Unis
(mars
2015,
prix
USA:
$US
0.82,
40%
de
plus
=
$US
1.15),
la
production
de
poulette
serait
rentable
avec
un
taux
d’intérêt
de
9%
par
année
C.12-Pour
arriver
à
écouler
ses
œufs
sur
le
marché
haïtien
le
producteur
national
doit
être
très
compétitif
car
son
prix
de
moulée
représente
29
cents
la
livre
de
moulée
alors
que
son
prix
au
producteur
est
de
11
cents
l’œuf
pendant
ce
temps
aux
États-‐Unis
le
prix
de
la
moulée
est
de
12
cents
la
livre
alors
que
le
prix
de
l’œuf
au
producteur
est
de
10
cents
et
qu’en
République
Dominicaine
le
prix
de
la
livre
de
moulée
est
de
18
cents
alors
que
le
prix
de
l’œuf
au
producteur
est
de
8
cents.
C.13-‐
Si
une
nouvelle
négociation
des
ententes
commerciales
internationales,
signées
par
Haïti,
devrait
s’avérer
nécessaire,
le
Gouvernement
ne
devrait
pas
hésiter
à
le
faire
afin
de
garantir
le
développement
de
cette
filière.
C.14-‐Cette
analyse
aura
donc
permis
de
mettre
à
jour
le
gap
existant
entre
les
aspirations
des
entrepreneurs,
les
réalités
actuelles
du
système
financier
haïtien
et
les
exigences
financières
pour
la
production
et
la
commercialisation
des
œufs
et
des
poulettes.
• Seulement
deux
institutions
financières
haïtiennes
accordent
des
prêts
aux
entreprises
naissantes;
• les
9%
de
taux
d’intérêt
nécessaires
pour
garantir
la
rentabilité
financière
des
exploitations
avicoles
de
10
000
poulettes
et
plus
sont
à
la
limite
inférieure
des
taux
d’intérêts
pratiqués
par
les
institutions
financières,
et
encore,
il
faut
pour
cela
que
le
prêt
soit
libellé
en
dollars
américains;
• il
n’existe
pratiquement
pas
de
produits
financiers
dans
le
secteur
de
la
micro
finance
qui
soient
adaptés
aux
besoins
des
exploitations
avicoles
de
1000
poulettes
et
moins;
• il
est
évident
que
le
système
financier
tel
qu’il
existe
actuellement
ne
permettra
pas
de
répondre
aux
besoins
de
financement
pour
atteindre
les
taux
de
A-‐A
analysés
sans
un
accord
entre
l’Etat
et
les
institutions
financières
pour
mitiger
les
risques
associés
au
financement
des
industries
naissantes
et
aux
problèmes
structurels
liés
à
la
filière
avicole.
C’est
à
cette
seule
condition
que
les
banques
pourront
accepter
de
prendre
des
risques
et
baisser
par
la
même
occasion
leur
taux
d’intérêt.
89
C.15- Sur
une
période
de
5
ans
les
revenus
du
Gouvernement
en
rapport
avec
les
importations
nécessaires
à
la
production
des
œufs,
avec
la
technologie
actuelle,
pour
passer
de
la
situation
actuelle
d’A-‐A
à
80%,
seraient
aux
environs
de
$US
20
mi
alors
que
les
subventions
recommandées
pour
la
même
période
seraient
de
$US
28
mi.
C.16-‐
Dans
deux
ans
lorsque
les
études
sur
le
jatropha
seront
terminés
intégrer
les
résultats
dans
l’analyse
de
filière
principalement
sur
les
coûts
d’approvisionnement
et
les
quantités
disponibles
à
moyen
terme.
90
10-‐RECOMMENDATIONS
R.1-‐
Haïti
devrait
favoriser
l'implantation
de
plusieurs
poulaillers
sur
l’ensemble
du
territoire
le
plus
près
possible
des
centres
de
consommation
tout
en
respectant
les
normes
environnementales
et
une
saine
distribution
géographique.
R.2-‐
Le
MARNDR
devrait
baser
le
développement
de
sa
filière
œufs
sur
l’implantation
de
producteurs
ou
groupes
de
producteurs
formés
en
association
ayant
une
capacité
égale
ou
supérieure
à
10
000
poules
dont
l’objectif
serait
de
croître
par
la
suite
de
leur
implantation.
R.3-‐
Haïti
devrait
proposer
une
négociation
avec
ses
partenaires
commerciaux
dont
la
République
Dominicaine,
principalement
dans
le
domaine
de
la
production
des
poussins
et
des
poulettes
afin
de
bénéficier
de
la
technologie
et
de
l’expérience
des
entrepreneurs
qui
œuvrent
dans
cette
filière
depuis
de
très
nombreuses
années.
Si
certains
entrepreneurs
dominicains
décidaient
de
participer
au
développement
de
cette
filière
en
Haïti,
le
développement
de
ce
nouveau
marché
pour
eux
les
inciteraient
probablement
à
vouloir
le
protéger
contre
du
dumping
qui
pourrait
venir
de
ce
pays.
R.4-‐
Les
fonctions
occupées
par
les
femmes
et
les
hommes
sont
différentes
dans
la
filière
œufs.
Dans
l’éventualité
de
la
préparation
d’un
projet
à
être
présenté
à
des
donateurs,
il
serait
important
d’étoffer
les
rôles
et
l’importance
de
chacun,
et
d’indiquer
comment
développer
des
activités
qui
vont
favoriser
chacun
des
groupes.
R.5-‐
Dynamiser
une
table
de
concertation
filière
œufs
où
le
MARNDR
jouerait
le
rôle
de
leader.
Une
des
premières
fonctions
de
cette
table
de
concertation
serait
la
discussion
d’un
plan
et
projet
de
développement
de
la
filière
y
incluant
la
stratégie
que
le
Gouvernement
souhaite
proposer.
R.6-‐
Il
faut
s’assurer
que
le
système
financier
Haïtien
dispose
des
liquidités
nécessaires
et
ensuite
que
la
rentabilité
des
entreprises
avec
ou
sans
programmes
d’appui
aux
investissements
vont
inciter
les
institutions
financières
à
prêter
à
ces
entrepreneurs.
Le
Système
de
Crédit
et
Assurances
Agricoles
(SYFAAH)
est
un
instrument
précieux
qui
devrait
être
utilisé
à
sa
pleine
capacité.
R.7-‐
Lorsque
les
institutions
financières
feront
des
prêts
à
de
nouveaux
producteurs
nous
recommandons,
pour
ces
nouveaux
producteurs,
qu’ils
soient
obligés
d’avoir
une
assistance
technique
et
financière
comme
condition
du
prêt
pour
une
période
de
plusieurs
années.
R.8-‐
Les
subventions,
lorsque
nécessaires,
devraient
être
mises
en
place
seulement
pour
une
période
suffisante
pour
lancer
ce
nouveau
segment
de
la
production
mais
pas
plus.
Dans
le
cas
où
un
secteur
ne
peut
être
rentable
à
long
terme,
il
serait
préférable
d’analyser
d’abord
quels
sont
les
autres
éléments
qui
handicapent
la
rentabilité
des
entreprises
et
travailler
sur
ces
éléments.
Le
niveau
des
subventions
ne
devrait
pas
être
trop
élevé
afin
de
ne
pas
attirer
des
entrepreneurs
qui
ne
chercheraient
que
des
subventions.
91
R.9-‐
Dans
les
zones
céréalières
performantes
(>4
tonnes/ha),
créer
des
unités
de
pré-‐mélanges
de
concentrés
avec
les
céréales
locales.
Favoriser
des
associations
entre
éleveurs
et
producteurs
de
céréales
et
réduire
ainsi
les
coûts
de
transport.
La
moulée
étant
constituée
de
30%
d’aliments
concentrés
et
de
70%
de
céréales,
on
verrait
ainsi
se
développer
dans
les
zones
céréalières
des
petites
unités
de
mélangeuse
céréales/concentré.
R.10-‐
L’assistance
technique
et
financière
de
qualité
devrait
être
offerte
soit
par
des
entreprises
d’intégration
ou
des
professionnels
privés
ou
le
personnel
de
groupements
de
producteurs.
Le
cahier
des
charges
de
cette
assistance
technique
devrait
être
discuté
à
la
table
de
concertation.
R.11-‐
Il
est
recommandé
que
des
efforts
soient
faits
pour
améliorer
le
système
de
commercialisation
en
rendant
plus
efficace
certaines
fonctions
de
distribution
des
œufs,
de
formation
des
intervenants
pour
un
meilleur
contrôle
de
la
qualité
et
enfin
une
identification
des
œufs
de
qualité
produits
en
Haïti.
R.12-‐
Lorsque
le
programme
céréales-‐moulée
sera
mis
en
place,
il
est
recommandé
de
permettre
un
ajustement
dans
la
politique
des
importations
des
grains
pour
toutes
les
entreprises
qui
signeront
des
contrats
de
production
de
maïs-‐grain
ou
autre
grain
utilisé
dans
les
moulées
en
vue
de
favoriser
l’entrée
en
vigueur
de
ce
nouveau
programme
d’une
façon
harmonieuse.
R.13-‐
Un
accord
entre
l’Etat
et
les
institutions
financières
devrait
porter
sur
:
• La
mise
en
place
d’un
fonds
de
garantie
partiel
de
même
type
que
le
Fonds
Salvadorien
de
Garantie
(FSG);
• Le
développement
de
programmes
de
cofinancement
avec
des
taux
d’intérêt
compétitifs
et
augmenter
par
la
même
occasion
le
montant
total
de
chacun
des
prêts.
Il
est
important
de
souligner
que
le
cofinancement
des
prêts
et
autres
produits
financiers
qui
existent
actuellement
au
Fonds
de
Développement
Industriel
(FDI).
Le
gouvernement
pourrait
donc
envisager
de
renforcer
ce
programme
ou
de
développer
des
produits
similaires
dans
les
banques
étatiques
comme
la
Banque
Nationale
de
Crédit
(BNC)
et
la
Banque
Populaire
Haïtienne
(BPH);
• Le
développement
d’un
programme
de
prime
de
récompense
pour
les
entrepreneurs
avicoles
qui
paient
à
temps
leurs
crédits.
Cette
forme
de
subvention
aura
le
mérite
de
diminuer
le
coût
réel
du
crédit
et
d’encourager
de
bonnes
pratiques
financières
chez
les
entrepreneurs
qui
pourront
ainsi
construire
ainsi
une
bonne
historique
de
crédit.
92
ANNEXE
A
Situation
contractuelle
en
Suisse
«Démarrage
de
la
production
sous
contrat
Malgré
la
limitation
partielle
de
liberté
d’entreprise,
la
production
sous
contrat
présente
de
nombreux
avantages
pour
l‘aviculteur
–
plus
particulièrement
la
garantie
d’écoulement
des
produits
ainsi
qu’une
situation
comparativement
stable
au
niveau
du
marché
et
des
prix.
Cela
garantit
à
son
tour
au
producteur
d’avoir
un
revenu
stable
pour
son
travail,
ce
qui
lui
permet
d’amortir
à
long
terme
les
investissements
élevés
consentis
pour
la
construction
du
poulailler.
D’après
le
volume
de
vente
qu’ils
réalisent
et
la
situation
générale
du
marché,
les
acheteurs
déterminent
s’ils
peuvent
développer
leur
production
en
ayant
des
producteurs
ou
des
unités
avicoles
supplémentaires.
Cela
a
l’avantage
de
ne
produire
que
la
quantité
pouvant
être
absorbée
par
le
marché.
D’un
autre
côté,
cela
limite
le
nombre
de
nouveaux
producteurs.
Avant
de
se
lancer
éventuellement
dans
l’aviculture,
il
faut
dans
tous
les
cas
se
renseigner
sur
les
possibilités
de
production
auprès
des
acheteurs
potentiels
(voir
listes
ci-‐dessous).
Après
une
première
étude
sur
la
situation
de
l’exploitation
(effectif
d’animaux
possible,
besoins
de
financement
etc.),
il
faut
mettre
sur
pied
une
collaboration
contractuelle
avec
l’acheteur.
La
production
sous
contrat
peut
être
caractérisée
dans
les
grandes
lignes
de
la
façon
suivante:
L’écoulement
des
produits
(œufs,
poulettes,
volailles
de
chair)
est
garanti
dans
le
cadre
d’une
convention
de
livraison
(la
durée
des
conditions
contractuelles
est
variable).
C’est
l’acheteur
qui
s’occupe
de
la
planification
de
la
production
et
des
troupeaux
conforme
aux
besoins
du
marché,
ce
qui
signifie
que
les
dates
de
mise
en
place
des
séries
(poussins,
poulettes)
et
de
sortie
(poulettes,
poules
de
réforme,
volailles
de
chair)
sont
fixées
par
l’acheteur
ou
d’un
commun
accord.
Le
contrat
comporte
différentes
conditions
de
production
et
exigences
de
qualité
telles
que:
les
exigences
applicables
à
la
détention
qui
dépassent
les
exigences
légales
(en
particulier
dans
la
production
label
et
en
plein
air);
les
conditions
à
respecter
en
matière
de
fournisseurs
d’animaux
et
d’aliments;
prescriptions
concernant
les
programmes
d’éclairage,
d’alimentation
et
de
vaccination
dans
l’élevage
de
poulettes.
Les
prix
aux
producteurs
sont
en
général
négociés
une
fois
par
année
(si
nécessaire
plusieurs
fois)
entre
les
acheteurs
et
les
organisations
de
producteurs
–
sur
la
base
des
éventuelles
modifications
des
coûts
de
production.
L’augmentation
du
prix
des
aliments
entraîne
ainsi
en
général
aussi
une
augmentation
du
prix
des
œufs
ou
de
la
volaille
–
et
inversement,
ce
qui
permet
de
réaliser
un
revenu
relativement
stable.
Les
situations
dans
lesquelles
l’écoulement
93
est
difficile
(par
ex.
crise
de
la
grippe
aviaire
en
2005/06),
ne
provoquent
en
général
pas
un
effondrement
des
prix,
mais
une
réduction
de
la
production
(par
ex.
abattage
anticipé
des
poules
pondeuses,
suppression
de
séries
dans
les
exploitations
d’engraissement).
L’aviculteur
est
encadré
et
conseillé
pour
les
questions
techniques
concernant
la
production,
que
ce
soit
par
le
service
de
conseil
de
l’acheteur
(organisations
d’engraissement
et
d’élevage)
ou
les
fournisseurs
de
poulettes
et/ou
d’aliments
(production
d’œufs).
Ce
soutien
est
important
–
surtout
pour
ceux
qui
viennent
de
se
lancer
–,
et
diminue
le
risque
de
commettre
des
«erreurs
de
débutant»
dans
la
production.
Le
soutien
aux
producteurs
comprend
parfois
des
prestations
de
service
telles
que
la
fourniture
d’agents
de
production
et
de
produits
de
désinfection
etc.
Les
partenaires
contractuels
couvrent
parfois
une
large
part
de
la
chaîne
de
production.
Les
organisations
d’élevage
de
poulettes
ont
ainsi
souvent
leurs
propres
exploitations
de
souches
parentales
et
leur
propre
couvoir
ou
travaillent
en
étroite
collaboration
avec
des
partenaires
équipés
en
conséquence.
Les
organisations
d’engraissement
s’occupent
de
la
transformation
des
animaux
de
boucherie
dans
leur
propre
abattoir
et
livrent
aussi
les
poussins
de
chair
aux
engraisseurs
(provenant
le
plus
souvent
de
leurs
propres
exploitations
de
souches
parentales
et
couvoirs)».
http://www.aviforum.ch/downloads/FC_21_Aviculture_branche_d_exploitation_15.pdf
94
ANNEXE
B
Ohio’s
Egg,
Chicken
and
Turkey
Farms
Economic
Impact
on
the
State
Agriculture
is
Ohio’s
number-‐one
economic
contributor
($105
billion).
And,
Ohio’s
egg,
chicken
and
turkey
farms
contribute
significantly
to
that
number,
providing
valuable
jobs
and
economic
benefits
to
the
state’s
rural
communities.
TOTAL
IMPACT
OF
OHIO’S
EGG,
CHICKEN
AND
TURKEY
FARMS
•
Ohio’s
egg,
chicken
and
turkey
farms
create
more
than
14,600
jobs
annually
generating
$412
million
in
annual
earnings
to
the
state’s
economy.
•
The
combined
market
value
of
egg,
turkey
and
chicken
production
in
Ohio
was
$786
million
annually
from
2008-‐2012.
•
Additionally,
the
sectors
contribute
$1.5
billion
in
indirect
economic
impact
for
a
total
contribution
of
$2.3
billion
in
output*
to
Ohio.
•
In
2011,
the
egg,
chicken
and
turkey
sectors
paid
more
than
$3
million
in
state
income
and
commercial
activity
taxes.
•
In
2008,
Ohio’s
egg,
chicken
and
turkey
farmers
used
33
million
bushels
of
the
state’s
corn
crop
and
16.2
million
bushels
of
Ohio’s
soybean
crop.
At
an
average
price
of
$4.21/bushel
of
corn
and
$10.30/bushel
for
soybeans,
this
amounts
to
expenditures
totaling
$305.8
million.
Egg
Production
•
Ohio
ranks
2nd
in
the
nation
in
egg
production,
only
behind
Iowa,
with
more
than
7.6
billion
eggs
produced
in
2012.
•
The
total
value
of
eggs
produced
in
2012
was
more
than
$523
million.
•
From
2008-‐2012,
Ohio’s
egg
sector
contributed
$1.4
billion
in
output
to
Ohio.
•
Egg
production
is
responsible
for
the
creation
of
9,388
jobs
annually
and
$255
million
in
earnings.
*The
direct
economic
impact
of
the
egg,
chicken
and
turkey
sectors
in
Ohio
is
measured
by
the
increased
income,
employment
and
value
of
output
generated
by
the
industry
itself.
The
indirect
and
induced
economic
impact
of
the
sectors
is
the
result
of
“economic
multiplier
effects.”
Multiplier
effects
are
the
result
of
additional
expenditures
made
by
those
who
are
suppliers
to
the
poultry
community
in
Ohio,
as
well
as
from
purchases
made
by
those
who
derive
income
directly
or
indirectly
from
the
poultry
sector.
Calculations
by
Driscoll
&
Fleeter
Source:
http://www.ohpoultry.org/fastfacts/docs/generalFactSheet.pdf
95
Annexe
C
BC
table
egg
value
chain
The
economic
impact
of
the
BC
table
egg
industry
is
summarized
in
Table
3
below.
Similar
to
previous
years,
the
BC
table
egg
industry
accounts
for
a
relatively
modest
portion
of
the
overall
aggregate
impacts
at
8%
of
estimated
BCDEPI
aggregate
output;
8%
of
estimated
BCDEPI
generated
GDP;
8%
of
employment;
9%
of
salaries
and
wages;
and
8%
of
tax
revenue.
In
total,
the
BC
table
egg
industry
generates
approximately
$440.6
million
in
economic
output,
including
$130.1
million
in
GDP.
The
GDP
total
includes
$60.5
million
from
egg
graders
and
breakers,
$32.2
million
from
table
egg
producers,
and
$37.4
million
from
other
related
and
induced
economic
activity.
Approximately
2,185
jobs
are
supported
directly
by
table
egg
producers
and
processors,
with
a
further
314
in
related
industries.
Finally,
approximately
$18.8
million
in
taxes
are
generated
directly
and
indirectly
by
the
table
egg
industry.
http://bcdairy.ca/uploads/bcdairy/DairyFarmerIndustry/BCDEPI_2013_report_-‐_WEB_3255-‐
01_BC_DEPI_2012_June_3_2013.pdf