Étude sur la contribution de l'industrie des œufs à l'économie haïtienne
- Dimensionne le marché que l'industrie nationale de l'œuf cherche à disputer : une demande locale de 495,6 millions d'œufs par an, pour une valeur de 2 612 millions de gourdes au prix consommateur, dont des importations estimées à 35 millions d'œufs par mois.
- Retient ce que les entrepreneurs avicoles sont effectivement prêts à emprunter, contrainte déterminante : les fermes de 70 à 1 000 poulettes, plus habituées aux caisses populaires et aux coopératives d'épargne et de crédit, acceptent des prêts de 50 000 gourdes à 1 million sur 18 à 36 mois à des taux de 18 à 24 % l'an.
- Propose deux instruments précis plutôt qu'un appui général : un fonds de garantie partiel sur le modèle du Fonds salvadorien de garantie, et des programmes de cofinancement à taux très bas pour faire baisser le taux moyen payé par les entrepreneurs avicoles et augmenter le montant des prêts.
- Trace le taux de change plutôt que l'inflation comme canal de transmission, le maïs, le soja, les vitamines et les alvéoles étant importés et entrant directement dans le coût de la moulée, et énonce que l'effet réel de l'inflation et des taux d'intérêt est par ailleurs difficile à isoler.
- Retient les taux des bons à 90 jours de la BRH comme référence historique des taux locaux, jusqu'à 28 % en 2003, et note que la performance de la politique monétaire n'a pas eu les effets escomptés sur le taux de change de la gourde.
- Pose l'argument nutritionnel avec les données SMART de février 2012 : malnutrition chronique à 23,4 % au niveau national, avec le Nord-Est à 32,9 %, la Grand'Anse à 27,6 % et le Nord à 27 %, et malnutrition chronique sévère à 7,1 %.
- Note un rendement à l'éclosion d'environ 86 % pour la production de poussins de chair, référence technique sur laquelle repose le dossier d'investissement.
Préparé par le Dr François Dagenais, Henry Chatelain et Jeliel Antoine Darius pour le MARNDR et la Banque de la République d'Haïti, et publié à Port-au-Prince en mai 2015. Son constat central est un cas rare de croissance rapide mesurée dans l'agriculture haïtienne : entre 2010 et 2015, la production intensive d'œufs a quintuplé, passant d'un troupeau de 50 000 pondeuses à 250 000, avec une production nationale d'une qualité permettant aux producteurs de concurrencer les œufs importés, que le rapport décrit comme résultant dans la majorité des cas du dumping et de la contrebande. L'étude soutient que l'expansion peut se poursuivre sous le leadership du MARNDR à condition de résoudre certaines contraintes. C'est la base analytique du plan de relance de la filière poules pondeuses de décembre 2016.
Comment citer
Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR); Banque de la République d'Haïti (BRH), 2015, Étude sur la contribution de l'industrie des œufs à l'économie haïtienne, https://agripubhaiti.org/wp-content/uploads/2025/03/Oeufs-Rapport_final_haiti_oeufs_fd_4_juil_2015-b.pdf