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Courrier diplomatique : Édition spéciale, Bicentenaire de l'ordonnance royale du roi Charles X, avril 2025

Courrier diplomatique : Édition spéciale, Bicentenaire de l'ordonnance royale du roi Charles X, avril 2025

Résumé — Édition spéciale du Courrier diplomatique sur le bicentenaire de l'ordonnance du roi Charles X du 17 avril 1825, 34 pages. Elle reproduit le communiqué de la Présidence et les discours de Fritz Alphonse Jean et de Leslie Voltaire, l'arrêté créant le Comité national haïtien de restitution et de réparation, la déclaration du président Macron annonçant une commission mixte d'historiens, une proposition de résolution de l'Assemblée nationale française sur la double dette et une revue de presse.
Constats Clés
Description Complète

Le mot du ministre dit qu'Haïti réclame la restitution de la rançon, présentée comme un acte de vérité et de justice, et que le ministère poursuivra le dialogue avec la France. À la cérémonie du 17 avril à la Villa d'Accueil, Fritz Alphonse Jean a décrit les 150 millions de francs-or imposés en 1825, soit environ dix années de recettes fiscales pour un territoire ravagé par la guerre, payables en cinq ans, et l'emprunt de 30 millions de francs lancé à Paris, adjugé au consortium Laffitte à 800 francs pour chaque obligation de 1 000 francs, d'où l'expression « double dette ». Il a dit qu'Haïti avait porté ce fardeau pendant 125 ans. Leslie Voltaire a évalué la rançon à environ 30 milliards de dollars actuels, ramenée en 1838 à 90 millions de francs, soit environ 20 milliards de dollars, dit qu'elle était appuyée par 14 navires de guerre portant plus de 500 canons, que le paiement s'était étalé jusqu'en 1952, et demandé restitution et réparation. Il a rappelé qu'Haïti a rejoint la revendication de réparations de la CARICOM le 5 août 2024, rendu hommage à la demande du président Aristide en 2003 et pris acte de la note de l'Élysée.

L'édition publie le Moniteur spécial du 17 avril avec l'arrêté du 14 avril créant le Comité national haïtien de restitution et de réparation (CNHRR). Composé de 21 membres, rattaché au rectorat de l'Université d'État d'Haïti, il travaille avec le ministère des Affaires étrangères et doit compléter les études et les calculs, informer le public et représenter Haïti à la Commission des réparations de la CARICOM. Une commission distincte du 15 avril nomme Gusti-Klara Gaillard Pourchet à une commission mixte franco-haïtienne sur la dette. L'édition reproduit ensuite la déclaration de l'Élysée du 17 avril, qui crée une commission d'historiens français et haïtiens, coprésidée par Yves Saint-Geours et Gaillard Pourchet, chargée d'examiner deux siècles d'histoire commune, y compris l'impact de l'indemnité de 1825. Les articles de presse reproduits notent que la déclaration n'évoque pas de réparation financière. La proposition de résolution no 1267 de l'Assemblée nationale française, enregistrée le 9 avril 2025, demande la reconnaissance, le remboursement et la réparation de la double dette. Les dernières pages reprennent des articles du Monde et de l'AFP, d'ONU Info et du Devoir.

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Période Couverte
2025-04-09 — 2025-04-19
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Texte extrait du document original pour l'indexation.

HAÏTI COURRIER DIPLOMATIQUE MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DES CULTES Edition spéciale Bicentenaire de l’Ordonnance royale du roi Charles X 5 A, Delmas 60, Musseau, Port-au-Prince, Haïti Tel: 2813-1197 / 2813-1470 | Email:bulletin.mae@diplomatie.ht SOMMAIRE 3 Le mot du Ministre 4 Bicentenaire de l’Ordonnance royale du roi Charles X : Communiqué de la Présidence 5 Discours du Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Son Excellence Monsieur Fritz Alphonse Jean 8 Discours du Conseiller-Président, Son Excellence Monsieur Leslie Voltaire, à l’occasion du 17 avril 2025 11 Arrêté portant création du Comité National Haïtien de réstitution et de réparation (CNHRR) 17 Déclaration du Président français sur la relation entre la France et Haïti 18 Proposition de résolution visant à la reconnaissance au remboursement et à la réparation par la France de la double dette d'Haïti 24 Communiqué de la Présidence 25 Revue de la presse internationale Edition spéciale Courrier Diplomatique LE MOT DU MINISTRE L e jeudi 17 avril 2025 marque le bicentenaire de l’ordonnance du Roi Charles X exigeant à Haïti le versement d’une forte somme en échange de la reconnaissance de son indépendance acquise, pourtant, par le sacrifice de nos ancêtres. En cette journée, un peu partout à travers le monde des artistes, des scientifiques, des associations et même des orga-nisations internationales ont donné leur voix pour montrer comment le paiement de cette rançon a contribué à plonger notre pays dans une spirale de pauvreté. Je leur exprime, au nom du peuple haïtien, un profond sentiment de reconnaissance. En Haïti, cependant, l’attention a été surtout portée sur le message, en des termes clairs, venant du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) : « Haïti réclame la restitution de cette rançon et la réparation des torts causés par l’esclavage reconnu depuis des années comme un crime contre l'humanité ». Cela dit, chaque fille et chaque fils de notre nation, à des niveaux différents de responsabilité, doit travailler pour que ces sommes versées soient restituées à Haïti, et cela sans esprit de revanche mais comme un acte de vérité et de justice. En ce sens, au Ministère des Affaires étrangères et des Cultes, nous croyons fermement que le temps est venu d'engager le dialogue, de négocier sans acrimonie et de bonne foi de manière à inscrire dans la réalité la nouvelle relation fondée sur l’écoute, le respect et la solidarité, selon ce qui est ardemment souhaité en Haïti aussi bien en France. Je suis également conscient dans un pareil contexte que notre diplomatie doit poursuivre, mais de manière plus rationnelle, ses efforts pour faire reconnaitre sur le plan international l’ampleur des conséquences de cette rançon imposée à notre pays au XIXe siècle. Il s’agit aussi d’arriver à faire accepter notre dur passé colonial comme une responsabilité à assumer par la France mais aussi collectivement par la communauté internationale. Cela exige, bien sûr, un travail assidu fait d’échanges, de rencontres et de communications. Nous commençons déjà avec ce numéro spécial du « Courrier diplomatique » puisqu’il est consacré à la publication des principaux discours, annonces, actes et déclarations adoptés dans le cadre de cette commémoration. Bonne lecture! Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste Ministre des Affaires étrangères et des Cultes 3 Edition spéciale Courrier Diplomatique 17 AVRIL 2025 Bicentenaire de l’Ordonnance royale du roi Charles X : Communiqué de la Présidence Le Conseil Présidentiel de Transition L
e Conseil Présidentiel de Transition (CPT), a commémoré, ce jeudi 17 avril 2025, à la Villa d'Accueil, le bicentenaire de l’ordonnance du roi Charles X, reconnaissant l’Indépendance de la République d’Haïti, publiée le 17 avril 1825. La cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, des membres de son gouvernement, du Commandant en chef des Forces Armées d’Haïti, le Lieutenantgénéral Derby Guerrier, du Directeur général a.i. de la PNH, Rameau Normil, ainsi que du recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Dieuseul Prédélus. Le Président du CPT, Son Excellence Monsieur Fritz Alphonse Jean, dans son discours de circonstance, a fait mention des différentes démarches des autorités françaises ayant abouti à l’ordonnance du roi Charles X, reconnaissant l’Indépendance d’Haïti et contraignant le pays à payer une rançon d’environ 150 000 000 de Francs-or. Pour lui, c’était un moyen de punir Haïti après avoir ouvert la voie à la liberté au sein de l’humanité. Le Coordonnateur du Conseil a aussi parlé du rapport du Président Emmanuel Macron qui interpelle l’État haïtien, à avoir de bonnes et nouvelles collaborations, à plusieurs niveaux, avec la France. Il est urgent de travailler à la lumière du sacrifice de nos Ancêtres pour le bien du pays. 4 Dans son intervention, le Conseiller-Président Leslie Voltaire a adressé un message à la communauté internationale, appelant à la restitution de la rançon imposée à Haïti ainsi qu’à la réparation des torts causés par le régime esclavagiste qui a duré plusieurs siècles. Il a également invité tous les fils et filles du pays, en Haïti comme dans la diaspora, à élever la voix pour réclamer cette restitution. Toutefois, le Conseiller-Président a indiqué avoir pris acte de la note publiée par l’Élysée à l’occasion de cette journée. Quant au Secrétaire général du Conseil des ministres, M. Odilien Charles, il a lu l’arrêté officiel de la création du Comité national haïtien de restitution et de réparation. Il se compose de 21 membres et est rattaché spécialement au rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH) et le ministère des Affaires étrangères et des Cultes. Il a également lu l’arrêté nommant Mme GustiKlara Gaillard, comme membre du Comité mixte franco-haïtien sur la dette. La commémoration des 200 ans de l'ordonnance du roi Charles X, reconnaissant l'Indépendance d'Haïti, renforce l'engagement du CPT à continuer les dialogues avec la France en vue d'avoir la restitution de la dette de l'Indépendance et la réparation des torts causés au pays. Edition spéciale Courrier Diplomatique 17 AVRIL 2025 Discours du Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Son Excellence Monsieur Fritz Alphonse Jean Considérations autour du Rapport du baron de Mackau à l’occasion des deux cents ans de l’Ordonnance du Roi Charles X pour leur perte de propriété à la suite de la révolte de 1791 et de la proclamation de l’Indépendance de 1804. Un rapport qui nous permet de mieux comprendre le contexte qui conduisit l’Etat monarchique français à imposer en 1825 à Haïti un lourd tribut de 150 millions de franc-or. Juste une parenthèse, en 1814, le roi Louis XVIII envoya 3 agents dans l’ile, Dauxion Lavaysse, Draverman et Franco Medina pour traiter avec les Haïtiens sur leur retour sous la domination française. Tandis que le premier fut reçu par Pétion, Christophe fit enfermer le troisième comme étant coupable d’espionnage. Pendant 4 ans, il fut enfermé dans la prison du Cap ; après ce temps, on n’entendit plus parler de lui. Fermons Le Président du Conseil Présidentiel de Transition, Son Excellence Monsieur Fritz Alphonse Jean C
hers Collègues du Conseil Présidentiel de Transition, Monsieur le Premier ministre, Honorable Juge de la Cour de Cassation, Monsieur le Chef d’Etat-major des Forces Armées d’Haïti, Monsieur le Directeur General de la Police Nationale, Mesdames, Messieurs, les ministres du Gouvernement , Monsieur le Recteur de l’Université, Mesdames, Messieurs, chers (es) invités (es), (Mes propos sont tirés essentiellement de mon introduction du livre sur le rapport du Baron de Mackau) En 1825, le baron de Mackau est envoyé en Haïti par Charles X pour fixer le montant et les modalités de l’indemnité dans le but de compenser les anciens propriétaires d’esclaves la parenthèse. La publication du rapport Mackau jette un éclairage sur un pan de notre histoire économique obscurci à dessein pour mieux asseoir dans les esprits un discours de pessimisme anthropologique. Certes, la mauvaise gouvernance, les querelles intestines, les crises récurrentes, somme toute les aléas d’un Etat en gestation, ont retardé la structuration de son économie au détriment du bien-être collectif. Le prix du sang n’aura donc pas suffi pour libérer les africains sur l’île de Saint-Domingue du joug de l’esclavage. Comme une forme de négation de notre contribution exceptionnelle à l’histoire de l’humanité, le nouvel État haïtien, né de la glorieuse bataille de Vertières du 18 novembre 1803 , a dû se plier aux exigences de l’ordonnance de Charles X, parue le 17 avril 1825. L’indemnité de 150 millions de francs-or, imposée pour la reconnaissance de l’Indépendance d’Haïti, représentait 10 années »»»» suite page 6 5 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 5 durablement l’accumulation de capitaux et la modernisation de l’appareil productif. En effet, il faut situer la révolution haïtienne dans le contexte du commerce triangulaire qui constituait jusque-là une source significative de revenus pour les budgets de grandes métropoles européennes. Pour ce faire, un déplacement important de population, entre 11 et 12,7 millions d’africains , s’est opéré dans les conditions les plus abjectes. De gauche à droite, Le Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, le Viceprésident de la Cour de cassation, Monsieur Jean-Claude Theogène et le Ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Son Excellence Monsieur Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste de recettes fiscales pour ce territoire ravagé par la guerre et devait être payée en 5 ans à la Caisse des Dépôts et de Consignation pour le compte des anciens colons français. De plus, le ministre de la Marine, le comte de Chabrol, précise pour le porteur de l’ordonnance d’insister que l’emprunt pour honorer l’indemnité soit réalisé en France. Cette sommation doit se lire aujourd’hui comme la réparation pour des préjudices causés aux colons par cette révolution de libération. Le Baron missionné par Charles X arriva en Haïti avec de savants tableaux lui permettant d’expliquer au président haïtien Jean-Pierre Boyer que l’indemnité exigée ne représentait pas grandchose par comparaison aux pertes véritables des colons. Il avait surtout avec lui une solide canonnière, et c’est clairement sous la menace militaire que les dirigeants haïtiens acceptèrent le « compromis proposé ».
De grandes compagnies de commerce, proté gées par le pouvoir royal, assuraient la livraison des produits tirés des colonies aux ports européens. Le commerce de Saint-Domingue représentait le tiers du commerce de la France. Cette économie d’extraction contribuait à hauteur de 20% au PIB français en 1778. L’émancipation de cette nouvelle république noire y apportait un cran d’arrêt qu’il fallait vite réprimer pour éviter toute contamination des autres territoires. En fait, il fallait faire en sorte que les autres perçoivent l’expérience haïtienne comme le chemin à ne pas emprunter. Ce substantif, haïtianisme ou haïtianité, devait charrier aux yeux des autres rêveurs de liberté des images d’isolement, de pauvreté et de décadence, donc un exemple insignifiant, voire stupide. N’a- t-on pas souvent entendu des inepties telles, les Haïtiens n’étaient pas encore prêts pour la liberté. De grands moyens ont été déployés pour construire cette mémoire alternative de la conquête de liberté des Haïtiens. L’accord sur l’indemnité a été obtenu sous la menace crédible d’une flotte de 14 navires armés de 528 canons Il nous faut, toutefois, bien situer les méfaits de dans la rade de Port-au-Prince, ce que Blancpain la dette issue de cette indemnité scélérate dans qualifie d’« argument diplomatique convaincant la matrice de contraintes au développement de ». Mais le plus effarant furent le montant des cette économie de plantation, jadis florissante, annuités de 30 millions de francs pendant cinq mais ravagée par l’effet des chocs de guerre. ans et les conditions de paiement de la dette Christiane Taubira nous rappelle que cette octroyée pour honorer ces engagements. Une indemnité n’est certes pas la seule cause des analyse sommaire des arrangements financiers retards économiques et sociaux d’Haïti ; mais pour l’octroi de l’emprunt révèle des pots aux elle a incontestablement constitué une ponction roses recelant une volonté délibérée de dépecer financière considérable, handicapant et limitant »»»» suite page 7 6 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 6 cet État déjà affaibli par la guerre.
affres de la guerre, l’accumulation de capital devenait une chimère. D’autant plus que le L’État haïtien a dû recourir au marché financier cours du café, principale ressource du pays avait de Paris pour la levée des fonds par l’émission chuté de 140.50 francs la livre en 1825 à 83.70 d’obligations. Après plusieurs tentatives non francs la livre en 1830 . fructueuses de mise en marché des obligations haïtiennes, à hauteur de 30 millions de francs Tout compte fait Haïti trainera ce fardeau pour la première annuité, elles furent finalement financier pendant 125 ans. adjugées le 3 novembre 1825. Le consortium Laffitte acheta l’emprunt à 800 francs pour Il fallait déconstruire dans l’imaginaire de cette chaque obligation de 1 000 francs émise, soit communauté d’hommes et de femmes de 24 millions de francs. Les 6 millions restant descendance africaine que cette liberté arrafurent versés par le Trésor haïtien à la Caisse chée aux colonisateurs soit source d’une vie des Dépôts. L’expression « la double dette » de paix et de prospérité partagée. La méthode dérive donc de l’ordonnance de l’indemnité à la plus sûre de freiner la propagation de cette payer aux anciens colons, réduite à 126 millions, idéologie était de faire de cette terre libérée, un et la dette de l’emprunt due aux détenteurs des espace de pauvreté incapable même de nourrir obligations de 30 millions de francs . Mais ce sa population. Haïti devait être un État paria ; n’est pas tout. Cet Etat exsangue devait aussi qu’une illusion. Haïti ne devait pas être une consentir une remise de 50 % sur les droits de appellation désignant un pays ou une nation, douane pour tout navire battant pavillon français. mais plutôt un nom renvoyant à la pauvreté, Ces ponctions sur les finances haïtiennes le dénuement, la désolation, malgré ses et l’isolement international concerté par les richesses encore objet de convoitise des uns puissances esclavagistes de l’époque, auront et des autres. Aujourd’hui, ce pari segagne largement handicapé l’insertion de l’économie encore avec certes la complicité de certains haïtienne dans le grand commerce international fils et certaines filles dénaturés (es) de cette et constitué des mécanismes néfastes à nation. Il y a donc là une réalité à assumer, celle l’accumulation du capital. Le consensus Outre- d’une déconstruction programmée. Atlantique était d’étouffer dans l’œuf cette Le rapport Mackau nous interpelle donc émancipation pour éviter la contamination de aujourd’hui à plusieurs niveaux : l’opinion dans les colonies jusqu’alors soumises. 1. La nécessité d’installer une autre converHaïti avait donné le ton, il fallait la réduire au sation avec la France, ce qui fera avec la silence et surtout provoquer l’échec manifeste Commission Mixte. La citoyenne Madame Gustide pareille démarche. Toute une stratégie Klara Gaillard Pourchet a été nommée en Conseil d’isolement a été mise en place pour bloquer son des Ministres le 15 Avril 2025 pour co-présider acceptation dans le concert des nations, et par cette commission ; voie de conséquence, sa capacité à valoriser ses 2. L’obligation de mieux éclairer nos comparessources dans les échanges internationaux. triotes et nos partenaires étrangers sur la vraie De plus, les richesses produites et monétisées nature de la violence qui secoue actuellement les au niveau international par le truchement de fondements de la Nation ; puissances rivales sont frappées des injonctions 3. L’urgence de travailler à l’instauration d’un de l’ordonnance de Charles X, et phagocytées imaginaire collectif à la lumière de la vérité de par la réduction de 50% des droits de douane l’épopée de 1804 et la vérité des sacrifices de pour les navires battant pavillon français. Pour nos ancêtres. cet État-nation en gestation, à peine sorti des Je vous remercie. 7 Edition spéciale Courrier Diplomatique 17 AVRIL 2025 Discours du Conseiller-Président, Son Excellence Monsieur Leslie Voltaire, à l’occasion du 17 avril 2025
Son Excellence Monsieur Leslie Voltaire M onsieur le Président du Conseil Présidentiel de Transition, Messieurs les membres du Conseil Présidentiel de Transition, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président de la Cour de Cassation, Monsieur le Général des Forces Armées d’Haïti , Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti , Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement de transition, Mesdames et Messieurs les membres de la Presse écrite et parlée, Mesdames et Messieurs les distingués invités, chers compatriotes, Haïtiennes et Haïtiens de toutes origines, membres de la diaspora, leaders commu- nautaires, ouvriers, artisans, agriculteurs, et jeunes bâtisseurs de demain, Aujourd’hui, notre territoire et notre population connaissent des crises interminables depuis plusieurs années, et notre avenir est sérieusement menacé. L’avenir de notre jeunesse, l’avenir de nos enfants, principales victimes de la violence criminelle des gangs armés dans l’Ouest, l’Artibonite et le Centre est en danger. La nation haïtienne, dans son écrasante majorité, attend impatiemment la reconquête des quartiers et régions que plus d’un million de nos concitoyens ont dû fuir. Notre responsabilité est grande face aux attentes d’une population contrainte à vivre dans la peur et dans les conditions insalubres »»»» suite page 9 8 Courrier Diplomatique Edition spéciale »»»» suite de la page 8 Le Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé et les membres du Gouvernement des camps de déplacés. dance d’Haïti. C’est en effet le 17 avril 1825 que la France, sous la menace des 526 canons de 14 navires de guerre ancrés dans la rade de Port-au-Prince, a imposé à Haïti le versement d’une rançon de 150 millions de francs-or (environ 30 milliards de dollars actuels) pour indemniser ses colons des 500 mille esclaves et des plantations perdues. En échange, la jeune nation serait reconnue par les gouvernements européens. Ramenée en 1838 à 90 millions de francs-or (équivalant à environ 20 milliards de dollars). Contrairement à ce que certains secteurs veulent faire croire, les membres du Conseil, le Premier ministre et les membres du gouvernement se concertent activement pour trouver la meilleure réponse aux attaques des gangs. Certaines de ces réponses peuvent être apportées dans un court délai, tel la neutralisation des gangs. D’autres, comme la réparation des quartiers, le développement économique, la gouvernance politique et l’amélioration des ressources humaines exigent des ressources de grande envergure. Pour s'acquitter de cette dette, Haïti en contractera d’autres à des taux usuraires auprès 1. Mesdames, Messieurs, des banques françaises, et s’efforça tout au long L’esclavage est un crime contre l’humanité du 19ème siècle et d’une bonne partie du 20ème. reconnu par l’État français, et Haïti est l’unique Le traité imposé à Haïti incluait des exigences ancienne colonie française à avoir été contrainte de paiement partiel en café, en sucre, en bois d’indemniser les esclavagistes pour s’être de campêche et autres bois précieux ou de débarrassée de ces derniers au prix du sang de construction, tous à des prix et tarifs douaniers dizaines de milliers de combattants de la liberté. préférentiels. Ce qui a contribué à la destruction de notre environnement et de notre économie. Cette année nous commémorons le bicen- C’est une rançon que le peuple haïtien paiera sur tenaire de l’imposition de la rançon de l’indépen- deux siècles, jusqu'en 1952, date du paiement »»»» suite page 10 9 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 9
nous envoyons un message clair aux différents peuples de la communauté internationale : Haïti exige la restitution de cette rançon et la réparation des torts d’un régime esclavagiste ayant duré plusieurs siècles. C’est pourquoi, depuis le 5 août 2024 notre État a rejoint le CARICOM et sa revendication de réparation et restitution. C’est une nécessité pour que notre nation puisse retrouver la voie de la prospérité et du respect. En ce sens, le Conseil Présidentiel de Transition invite aujourd’hui toutes les associations et organisations internationales, les artistes et citoyens illustres, à travers leurs actions et leurs voix à faire entendre cette exigence. Nous ne saurions terminer sans adresser nos hommages aux efforts du Président Jean Bertrand Aristide qui le premier, en 2003, souleva formellement la question de la rançon Le Commandant en chef des Forces Armées d'Haïti, lieutenant Derby Guerrier et en faisant évaluer son coût cumulatif. Ce qui le Directeur général a.i., Monsieur Normil Rameau entraîna la formation par le Président Chirac de la des derniers intérêts. commission présidée par Régis Debray d’un côté, Malheureusement, le paiement de cette rançon et par le ministre du MHAVE de l’époque. Cette a surtout impacté la paysannerie haïtienne en commission produisit un rapport resté sans suite. l’appauvrissant et a contribué à compromettre Rendons aussi hommage à la Fondation pour la de manière significative le destin et les pers- mémoire de l’esclavage qui est en train de nous pectives de développement de notre jeune aider à construire un pont qui renforcera les liens entre Haïti et la France. nation. Le procès de la consolidation de la dette de 1897 a mis à découvert la corruption et les spéculations malhonnêtes découlant de cette odieuse rançon. Au cours de ce procès ont été dévoilées des pratiques de double paiement, de faux bons du trésor, etc. impliquant de nombreux banquiers, hommes d’affaires étrangers et haïtiens. SI NOU PATAP PEYE DÈT SAA PANDAN PLIS PASE 100 LANE, NOU PATAP AN RETA NAN PWEN SA. Par conséquent, aujourd’hui 17 avril 2025, 10 Un hommage particulier et soutenu à toutes celles et tous ceux qui se sont battus et luttent encore pour la reconnaissance d’une injustice faite à un peuple dont le seul crime fût d’aspirer à la liberté. Finalement nous prenons acte de la note de presse de l’Elysée produite pour marquer la date historique du bicentenaire de l’ordonnance du 17 avril 1825. Le Président Macron a tenu la promesse qu’il nous avait faite le 29 janvier 2025, et nous lui devons notre respect. Je vous remercie Courrier Diplomatique Edition spéciale Arrêté portant création du Comité National Haïtien de réstitution et de réparation (CNHRR) »»»» suite page 12 11 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 11 »»»» suite page 13 12 Courrier Diplomatique Edition spéciale »»»» suite de la page 12 »»»» suite page 14 13 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 13 »»»» suite page 15 14 Courrier Diplomatique Edition spéciale »»»» suite de la page 14 »»»» suite page 16 15 Edition spéciale »»»» suite de la page 15 16 Courrier Diplomatique Courrier Diplomatique Edition spéciale Déclaration du Président français sur la relation entre la France et Haïti 17 Edition spéciale Courrier Diplomatique Proposition de résolution visant à la reconnaissance au remboursement et à la réparation par la France de la double dette d'Haïti »»»» suite page 19 18 Courrier Diplomatique Edition spéciale »»»» suite de la page 18 »»»» suite page 20 19 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 19 »»»» suite page 21 20 Courrier Diplomatique Edition spéciale »»»» suite de la page 20 21 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 21 »»»» suite page 23 22 Courrier Diplomatique Edition spéciale »»»» suite de la page 22 23 Edition spéciale Courrier Diplomatique Communiqué de la Présidence 24
Edition spéciale Courrier Diplomatique 17 AVRIL 2025 Revue de la presse internationale communiqué. Il n’évoque toutefois pas, à ce stade, une éventuelle réparation financière, telle que réclamée par les autorités haïtiennes. Mercredi, l’Elysée avait assuré que le chef de l’Etat tirerait « toutes les conclusions » à l’issue de ce travail de mémoire. « Double dette » E Le président Francais, Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron © Sarah Meyssonnier / POOL/AFP mmanuel Macron annonce qu’une commission d’historiens français et haïtiens fera des « recommandations » En janvier, le président haïtien par intérim, Leslie Voltaire, a affirmé qu’Emmanuel Macron lui avait évoqué lors d’un entretien le principe d’une « restitution » – que la présidence française n’avait toutefois pas mentionnée dans son compte rendu de cette rencontre. Dans le communiqué, Emmanuel Macron appelle à « reconnaître la vérité de l’histoire », et assure que le travail de la commission doit permettre de « renforcer la coopération éducative et culturelle, et [de] bâtir une relation renouvelée entre la France et Haïti, fondée sur l’écoute, le respect et la solidarité ». L’indemnité décidée par le roi Charles X en 1825 en échange de l’indépendance haïtienne « plaçait alors un prix sur la liberté d’une jeune nation, qui était ainsi confrontée, dès sa constitution, à la force injuste de l’histoire », a estimé le chef de l’Etat. Après la proclamation de l’indépendance, en 1804, à l’issue d’une victoire militaire contre le corps expéditionnaire napoléonien, les nouvelles autorités de Haïti acceptèrent, le 17 avril 1825, sous la menace des canons de la flotte française, de payer 150 millions de francs-or d’indemnité aux anciens propriétaires de terres et d’esclaA l’occasion du bicentenaire de la reconnaissance ves, en échange de la reconnaissance de de l’indépendance d’Haïti, une commission l’indépendance par le roi Charles X. La somme fut franco-haïtienne d’historiens va étudier « l’impact ramenée, en 1838, à 90 millions de francs-or. » sur ce pays des Caraïbes de la « très lourde indemnité financière » imposée par la France à Pour s’acquitter de cette créance, la jeune son ex-colonie en échange de son indépendance, république caribéenne dut s’endetter à des taux et faire des « recommandations », a annoncé très élevés auprès de banques françaises. Le Emmanuel Macron, jeudi 17 avril. règlement de cette « double dette » s’est étalé jusqu’en 1952, date du paiement des derniers Cette indemnité, décidée par le roi Charles X en intérêts. 1825, « plaçait alors un prix sur la liberté d’une jeune nation, qui était ainsi confrontée, dès sa Source : Le Monde avec AFP constitution, à la force injuste de l’histoire », Publié le 17 avril 2025 / CLARENS SIFFROY / a estimé le président français dans un AFP »»»» suite page 26 25 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 25 l’indépendance d’Haïti - d’anciens esclaves - à compenser les perdants - leurs anciens maîtres», a tranché Monique Clesca, une journaliste et activiste d’origine haïtienne, lors d’un débat sur la question de la dette coloniale du pays, au siège des Nations Unies à New York. Le prix de la liberté : la double dette Photo ONU/Mark Garten, des chaînes utilisées pour attacher les victimes de l'esclavage. La dette coloniale haïtienne, 200 ans après : enfin l'heure des comptes ? Deux siècles jour pour jour après l’imposition par la France d’une lourde indemnité à Haïti en échange de son indépendance, une instance onusienne a appelé, jeudi, à restituer la « rançon» extorquée sous la menace des armes à cette nation des Caraïbes, encore aujourd’hui marquée par les crimes du colonialisme et de l’esclavage.
Très vite, cet impôt levé sur la liberté se révèle trop lourd pour la première république noire du monde, prise dans la spirale de l’endettement. « Lorsque nous n’avons plus été en mesure de payer, la France nous a tourné le dos et a poussé ses banques à nous prêter de l’argent : c’est la raison pour laquelle nous parlons de double dette», a expliqué la journaliste haïtienne. En 1914, plus des trois quarts du budget du pays sont toujours siphonnés par le versement des indemnités aux banques françaises. Ce n’est qu’en 1947, plus de 140 ans après son indépendance, qu’Haïti finit par rembourser sa dette. « La France a commis une injustice énorme dont nous ressentons encore les effets aujourd’hui », a dénoncé Mme Clesca. Une enquête approfondie du New York Times, publiée en 2022, révèle que le total versé par Haïti à la France équivaut à 560 millions de dollars actuels. Une somme qui, selon les estimations de certains économistes, aurait ajouté plus de Premier pays à se libérer du joug de l’esclavage 20 milliards de dollars à l’économie haïtienne au par une insurrection victorieuse, Haïti obtient son fil du temps, si elle était restée dans le pays. indépendance de la France en 1804. Mais le prix Haïti aujourd’hui : l’héritage de la dette à payer pour oser défier l’ordre colonial ne se fait pas attendre. Le 17 avril 1825, sous la menace Si Haïti incarne un tournant majeur dans l’histoire des canons de la flotte française, Haïti accepte de l’émancipation humaine, le pays est aujourd’hui de verser une indemnité de 150 millions de en proie à un tourbillon de violences perpétrées francs-or à la puissance européenne. par des gangs armés, qui se partagent 85 % de sa capitale, Port-au-Prince. C’est aussi la nation Officiellement, cette somme vise à dédommager la plus pauvre d'Amérique latine et des Caraïbes, les planteurs français pour les « biens perdus » selon la Banque mondiale. à l’indépendance, mais le montant est en réalité largement supérieur aux pertes subies. De la paralysie institutionnelle, en passant par le trafic d’armes et la corruption, les défis « La France a forcé ceux qui avaient obtenu rencontrés par le pays sont légions. Mais aux »»»» suite page 27 26 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 26 yeux de l’Instance permanente des Nations Unies pour les personnes d’ascendance africaine, les causes de ses difficultés ne font aucun doute : elles ont trait au passé. « Les crises persistantes des droits humains en République d'Haïti [...] trouvent leur origine dans les héritages de l'esclavage, du colonialisme, du paiement de la dette, des menaces et interventions militaires », affirme cet organe consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, créé en 2021, dans une analyse de la situation haïtienne, publiée le mois dernier. Une reconnaissance tardive En réponse à de telles accusations, le président de la France, Emmanuel Macron, a annoncé, jeudi, la création d’une commission d’historiens franco-haïtiens pour évaluer l’impact de l'indemnité haïtienne. Cette commission sera ensuite chargée de formuler des recommandations. Tout en saluant cette annonce, Martin Kimani, un membre de l’Instance permanente, a estimé que l’efficacité de la nouvelle commission dépendrait de sa volonté de reconnaître pleinement l’ampleur des conséquences de la dette imposée par la France. « Nous appelons à une restitution des sommes financières et à des mesures réparatrices pour remédier au sous-développement d’Haïti », a insisté M. Kimani, lors du débat au siège de l’ONU, organisé dans le cadre de la journée de clôture de la quatrième session de l’Instance permanente, qui avait lieu cette semaine. Demande de restitution des fonds Selon la presse, le chef de l’État français n’évoque pas, à ce stade, une éventuelle réparation financière, telle que réclamée non seulement par l'Instance permanente, mais également par les autorités haïtiennes. « Le passé colonial impose des responsabilités
qui doivent être assumées collectivement par la France et la communauté internationale », a ainsi estimé Pierre Ericq Pierre, le Représentant permanent d'Haïti auprès de l’ONU, venu participer au débat. Pour l’ambassadeur haïtien, les racines structurelles des inégalités persistantes dans le pays sont bien liées à son histoire coloniale et à l’imposition de cette dette, que les Haïtiens qualifient plus communément de « rançon ». Il est donc naturel à ses yeux que les sommes versées soient restituées à Haïti. « Ce n’est pas une revanche », a-t-il affirmé. « C’est un acte de vérité et de justice ». Justice réparatrice Le peuple haitien mérite en effet une vie sans violence et un niveau de développement adéquat, a estimé de son côté Gaynel Curry, également membre de l’Instance permanente. Outre la restitution de la dette coloniale par la France, Mme Curry a appelé à la création d’un fond international de réparation pour Haïti, ainsi que l’organisation d’un débat au sein du Conseil des droits de l’homme en vue d’établir une commission d'enquête internationale indépendante sur la question de la justice réparatrice pour le pays. Selon Verene Albertha Shepherd, la viceprésidente du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale, qui participait elle aussi à la discussion, de telles mesures permettrait de régler une autre dette celle que les personnes d’ascendance africaine ont envers les révolutionnaires haïtiens. « Ces combattants de la liberté ont inspiré la peur à tous les esclavagistes », a-t-elle rappelé. Plus de deux siècles après l’indépendance d’Haïti, l’heure est désormais venue de leur rendre justice. Source: https://news.un.org/frstory/2025/ 04/1154861 »»»» suite page 28 27 Edition spéciale Courrier Diplomatique »»»» suite de la page 27
une session spéciale du Forum permanent des personnes d’ascendance africaine Il s’est dit beaucoup de choses ces avait été prévue sur le sujet. Ericq Pierre, dernières semaines, dans l’espace public représentant d’Haïti, a avancé que « le québécois, sur l’arrivée potentielle de montant imposé à Haïti fut un mécanisme nouveaux demandeurs d’asile d’origine de reconquête symbolique, destiné à haïtienne. Au ministre de l’Immigration, de affaiblir durablement Haïti et à dissuader la Francisation et de l’Intégration, Jean- d’autres peuples colonisés d’emprunter François Roberge, qui a lancé que le Québec la même voie ». Il a rappelé que l’État ne pouvait accueillir « toute la misère du haïtien avait accepté dès ses débuts les monde », Dany Laferrière a répondu que demandeurs d’asile fuyant l’esclavage et ces personnes constituent aussi « toute la l’oppression partout dans les Amériques, richesse du monde ». J’aimerais contribuer et que le sort d’Haïti était lié aux luttes de tous les peuples pour la reconnaissance, la à ce recadrage politique important. réparation et la dignité. Le jeudi 17 avril marquait le 200e anniversaire de la « dette de l’indépendance Carlos Rosero, ministre de l’Égalité et de », ou ce que les Haïtiens appellent l’Équité de la Colombie, a ensuite rappelé souvent la rançon de l’indépendance. Le que la jeune république haïtienne avait 17 avril 1825, la France a imposé à Haïti, appuyé militairement Simon Bolivar dans sous menace d’invasion militaire, de la « son combat pour l’indépendance de la Borembourser » pour la valeur de sa « propriété livie, la Colombie, l’Équateur, le Panama, perdue » dans l’abolition de l’esclavage le Pérou et le Venezuela — un appui et l’indépendance du pays. Cette double conditionnel à ce que l’esclavage soit aboli dette — parce qu’il a fallu aussi emprunter dans tous ces pays. Sur le plancher des aux banques françaises à fort intérêt pour Nations unies, il a annoncé un fonds pour 7 rembourser la France même — a cannibalisé la réparation et le développement d’Haïti, et les ressources financières du jeune État encouragé tous ses vis-à-vis de la région à haïtien pendant près d’un siècle. En bref, on y contribuer. a tué la République d’Haïti dans l’œuf. Plusieurs pays des Caraïbes ont pris la Jeudi, à l’occasion du bicentenaire, la parole pour renchérir. Pour la Barbade, « Haïti France a pour la toute première fois est un membre de CARICOM qui occupe une reconnu cette partie de l’histoire. L’Élysée place très spéciale dans nos cœurs, parce reconnaît notamment que Haïti « était que nous sommes tous conscients que la ainsi confrontée, dès sa constitution, à la révolution haïtienne est la fondation même force injuste de l’Histoire ». Le président de notre propre liberté face à l’esclavage. Emmanuel Macron a annoncé la création […] Nous avons tous une immense dette d’une commission mixte franco-haïtienne « envers Haïti ». Antigua-et-Barbuda, la chargée d’examiner notre passé commun ». Guyane, Cuba, la Bolivie et la Jamaïque y sont allées de messages de reconnaissance Ma traduction : ne pensez pas revoir votre similaires. argent demain, mais on peut réfléchir C’est alors que Bob Rae,représentant ensemble. permanent du Canada aux Nations Aux Nations unies, où j’étais cette semaine, unies, président du Conseil économique La dette du monde »»»» suite page 29 28 Courrier Diplomatique Edition spéciale »»»» suite de la page 28 et social de l’ONU, et président du comité ad hoc sur Haïti du Conseil de sécurité, a pris la parole. Après avoir rappelé la gravité de la situation actuelle à Port-auPrince, il s’est lancé dans un délicat mais important exercice diplomatique. « travailler avec Haïti et les pays de CARICOM au processus de vérité, et au processus de réconciliation ».
Nous savons très bien que le peuple haïtien, c’est la première communauté des Amériques à déclarer l’indépendance, à insister sur l’importance de reconnaître la vraie nature de leur pays et de leur expérience, et qui comme résultat de cette expérience, a dû faire l’expérience de grandes difficultés pendant des décennies. Nous savons très bien que maintenant, Haïti est dans cette position à cause de toute l’Histoire qu’ils ont vécue. Emile Nicolas Anthropologue, l’autrice est chroniqueuse au «Devoir», à RadioCanada et à CBC. Source : ledevoir.com / 19 avril 2025 Il fallait voir le visage de la représentante de la France pour comprendre ce qui se passait. Ma traduction du propos : « Si les Le Canada a traversé au cours des dernières Canadiens en sont capables, les Français en années […] une reconnaissance de la nature sont capables aussi. » Venant d’un pays du de notre propre Histoire, de la nature de notre G7, la déclaration, même posée en douceur, expérience comme pays où le colonialisme a porté. a imposé la plus grande des blessures aux Rencontré quelques heures avant son peuples autochtones. discours, Bob Rae a expliqué que le Conseil Vous croyez que c’est hors sujet ? Restez de sécurité devra se pencher dans les patients. prochains jours sur l’avenir de la mission de l’ONU en Haïti, qui manque encore de moyens Bob Rae parle alors du processus de vérité pour arriver à sécuriser Port-au-Prince. et réconciliation dans lequel s’est avancé le Canada, et donne des exemples concrets La date qui plombe Haïti, c’est le 30 de réparations et de restitutions qui ont septembre, la fin de l’année budgétaire des engagé le gouvernement du Canada dans États-Unis. Après cette date, on fera face à sa relation avec les Premiers Peuples. un trou immense dans le budget des efforts L’ambassadeur rappelle ensuite que « le internationaux pour la sortie de crise — Canada est aussi le pays de 1,5 million de ainsi qu’à une importante fragilisation de personnes d’ascendance africaine ». toutes les instances internationales — à moins que d’autres pays prennent le relais Nous faisons partie de cette histoire. […] et leurs… responsabilités. C’est une histoire qui inclut l’esclavage. C’est une histoire qui inclut le travail forcé. Ce matin-là, avant son discours, il ne m’a C’est une histoire qui inclut des injustices pas parlé de la dette du monde envers Haïti. profondes. […] Nous sommes tous les Si vous permettez, ce sera ma manière bien héritiers de ce passé impérialiste, de personnelle de comprendre aussi le sens du différentes façons. […] mot « responsabilité ». Bob Rae a terminé en s’engageant à 29 COORDONNÉES DES AMBASSADES D'HAÏTI À L'ÉTRANGER Argentine (Ambassade d’Haïti) Avenida. Figueroa Alcorta Pte. 3297 Buenos Aires, C1425 CKL, C1425AAM Téléphone: (5411) 48 07 02 11, 48 02 59 79 / 48 05 55 99 (L.D.) Fax: (5411) 48 02 39 84 Email: amb.argentine@diplomatie.ht Allemagne (Ambassade d’Haïti) Adresse: Uhlandstrasse 14, 10623 Berlin Téléphone: (0049)308-855-4134 / 308-862-4279 / 308-862-4278 Fax: (0049)308-855-4135 Email: amb.allemagne@diplomatie.ht Bahamas (Ambassade d’Haïti) Shirley Street and Sears Road P.O. Box N-3036 Nassau, Bahamas Téléphone: (242) 326-0325 / 356-5598 / Fax: (242) 326-3288 / 331-0073 Email: amb.bahamas@diplomatie.ht Canada (Ambassade d’Haïti) 85, Rue Albert , bureau 1110 Ottawa, Ontario, k1P 6A+4, K1P5G2 Téléphone: (613)238-1628/ 238-1629 / (613)693-1051 Fax: (613)238-2986 Site Web: http://ambassade-haiti.ca/ Email: amb.canada@diplomatie.ht Chili (Ambassade d’Haïti) General del Canto 324, Providencia. Santiago, CP7500579 Téléphone: (56) 2 22 31 33 64 / (56) 2 22 31 17 76 Site Web: http://www.embajadahaiti.cl/ Email: amb.chili@diplomatie.ht Cuba (Ambassade d’Haïti) No. 4402 Calle 7ma. esquina 44 Havana, Cuba Téléphone: (537) 204-5421 / 204-5422 Fax: (537) 204-5423 E-mail: embhaiti@yahoo.com
Belgique (Ambassade d’Haïti) 139 Chaussée de Charleroi B-1060 Bruxelles, Belgique Téléphone: (322)649-6247 / 649-7381 /5331144 (L.D) Fax: (322)322-640-6080 Email: amb.belgique@diplomatie.ht Brésil (Ambassade d’Haïti) SHIS QI 15 – CHÁCARA 27 – LAGO SUL – BRASILIA – DF – BRASIL – CEP: 71600-750 Téléphone: (+5561) 32486860 / (+5561) 3248-1337 Site Web: http://ambassadehaitibresil.org/ E-mail: amb.bresil@diplomatie.ht 30 Espagne (Ambassade d’Haïti) Paseo de la Castellana 15, 3 B 28046, Madrid Téléphone: (0034)91-575-2624 Fax: (0034)91-431-4600 Email: amb.espagne@diplomatie.ht Etats-Unis d’Amérique (Ambassade d’Haïti) 2311 Massachusetts Avenue NW Washington D.C. 20008 Téléphone: (202)332-4090 /(240)426-1301 Fax: (202)745-7215 / 470-3359 Site Web: https://www.haiti.org/ E-mail: amb.washington@diplomatie.ht France (Ambassade d’Haïti) 10, Rue Théodule Ribot, 75017 Paris, France Téléphone: (331) 4763-4778 / (336) 1864-3999 Fax:( 331) 4227-0205 Site Web: http://www.ambassadehaitifrance.org/ Email: amb.france@diplomatie.ht Italie (Ambassade d’Haïti) Via di Villa Patrizi, 700161 Roma, Italia Téléphone: (39) 06 44 25 41 06 /(39)06 44 25 41 07 Fax: (39)06 44 25 42 08 E-mail: amb.italie@diplomatie.ht Equateur (Ambassade d’Haïti) alle Francisco, Robles E 8-62 entre avenida 6 de diciembre y Leonodas Plaza Quito E Téléphone: 005932547565 Fax: 005932234152 Email: amb.equateur@diplomatie.ht Japon (Ambassade d’Haïti) 8 Kowa Building # 906, 4-12-24 Nishi Azabu,MinatKu Tokio 106, Japon Téléphone: (003)3486 7096 / 3486-7169 /305 728 4761 Fax: (003)34 86 7070 Site Web: www.ahaitijapon.org Email: amb.japon@diplomatie.ht Mexique (Ambassade d’Haïti) Presa Don Martén No. 53 (Irrigacién), Delegacién Miguel Hidalgo 11500 México, D. F. Téléphone: (5255)55 80 24 87/ 55 57 20 65 / 55 80 22 59 Fax: (5255) 53 95 16 54 Email: amb.mexique@diplomatie.ht République Dominicaine (Ambassade d’Haïti) 33, Calle Juan Sénchez Ramérez Santo Domingo, Rép. Dominicaine Téléphone: (809) 686-4148 / 686-7115 Fax: (809) 686-6096 / 6865137 Site Web: Ambassade d’Haïti en République Dominicaine (ambassadehaiti.org) Email: amb.saintdomingue@diplomatie.ht Republique de Chine Taiwan (Ambassade d’Haïti) 8 Floor, No 9-1, Lane 62, Tien Mu West road, 111Taipei, Taiwan Roc Téléphone:(866)2876-6718 Fax: (866)2876-6719 Email: amb.taiwan@diplomatie.ht Venezuela (Ambassade d’Haïti) QTA San Rafael, Octova transversal, entre cuarta avenida y tercera bis, URB Téléphone: (0058)212 262 1194 Fax: (0058)212 261 9068 Email: amb.venezuela@diplomatie.ht Vietnam (Ambassade d’Haïti) D5A-16 Vuon Dao,679 Lac Long Quan ,Phu Thuong Ward,Tay Ho Hanoi,Vietnam Téléphone: 02473045599 Site Web:http://www.vietnamhaitiembassy.org E-mail: amb.vietnam@diplomatie.ht Royaume-uni (Ambassade d’Haïti) 21 Bloomsbury Way, London, WC1A2TH Téléphone: 02037711427 Site Web: http://haitianembassy.org.uk/ Twitter: https://twitter.com/ embassyhaitiuk E-mail: amb.royaumeuni@diplomatie.ht 31 Afrique du sud (Ambassade d’Haïti) 826-830 Governement Ave. East Wod Pretoria Téléphone: (0027)123-420-192 / (+27) 124-320-980 Fax: (0027)123-420-194 E-mail: amb.afriquedusud@diplomatie.ht Colombie (Ambassade d’Haïti) Carrera 10 No. 97 A-13 Edificio Bogota Trade Center P.H Torre B Officina 207 Bogota D.C. Téléphone: (571) 520 2531 / (571) 520 3716 / 0881 / 7729 (571) 61 3185 E-mail: amb.colombie@diplomatie.ht Panama (Ambassade d’Haïti) Area Bancaria Calle Manuel Maria ICAZA, Edificio de Lesseps, Piso, Panama Téléphone: (507) 269 3443 Fax: (507) 223 1767 E-mail: amb.panama@diplomatie.ht Qatar (Ambassade d’Haïti) Bldg 10, Saha 31, Zone 66 Doha, Qatar Téléphone(s): +974 4404-3431 / +974 3133-2215 Fax : +974 4490-1742 Email: ambhaiti.qatar@diplomatie.ht Maroc (Ambassade d’Haïti) E-mail: ambhaiti.maroc@diplomatie.ht SAINT SIÈGE / VATICAN (Ambassade d’Haïti près le Saint Siège) 5/ B Via di Villa Patrizi 00161 Roma RM, Italia Téléphone: (39) 06 44-24-2746 / 06 44-24-2749 Fax: (39)06 44-23-6637 E-mail: saintsiege@diplomatie.ht
Qatar (Ambassade d’Haïti) P.O. Box: 10812 – Doha, Qatar Embassy of the Republic of Haiti Téléphone: +974 3133 2215 +974 7731 2852 E-mail: ambhaiti.qatar@diplomatie.ht Délégation Permanente DPH / UNESCO (Délégation permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO) / OIF Maison de l’UNESCO bureaux B6.27 /28 /29 1, rue Miollis Paris Cedex 15 75732 Téléphone: 01 45 68 25 19 Fax: 01 45 68 25 17 Site Web:https://ayitiunesco.org E-mail: dph.unesco@diplomatie.ht 32 Bureau de Développement Commercial BEIJING/ BUREAU COMMERCIAL (Bureau de Développement Commercial d’Haïti à Beijing) Jing Run Gaden Villas – D 16 18 Xiaoyun Road, 100123 Beijing China PRC Téléphone: (8610) 6460-8307 Fax: (8610) 6463-7141 E-mail: bc.pekin@diplomatie.ht Missions Permanentes MPH /OEA / DISTRICT OF COLUMBIA (Mission permanente d’Haïti à l’OEA) MPH / ONU / NEW YORK (Mission permanente d’Haïti à New York) 2311 Massachusetts Ave, N.W. Washington, D.C. 20008 Téléphone: (202) 469-2911 / 332-4092 Fax: (202) 745-7215 / (202) 578-8742 Site Web: http://www.missionhaiti-oea.org/ Email: mphoea.doc@diplomatie.ht 815 Second Ave, 6th floor, New York, NY, United States, New York Téléphone: (212) 370-4840 Fax: (212) 661-8698 Email: mphonu.newyork@diplomatie.ht Site Web: mphonu.ht MPH / ONU / GENEVE (Mission permanente d’Haïti à ONU Genève) MPH / OMC / GENEVE (Mission permanente d’Haïti à OMC Genève ) Rue de Monthoux 64 1201 Genéve, Suisse Téléphone: (4122) 732 76 28 /738 3474 Fax: (4122)732 5536 Email: mphonu.geneve@diplomatie.ht Rue de Berne # 9 1201, Geneve, Suisse Téléphone: (4179) 374-9883 / (212) 370-4840 Fax: (4122) 715-4993 / 715-4998 Site Web:http://haitigeneve.org/ E-mail: mphomc.geneve@diplomatie.ht 33 Numéro d’urgence; Ambassade d’Haīti aux États-Unis d’Amérique et Postes Consulaires Les compatriotes en difficulté peuvent contacter l’Ambassade au 240641-0359. Ce numéro est disponible pour toute situation nécessitant une assistance immédiate dans le cadre des questions migratoires. Consulat général à Boston : (617) 375-9217; (617) 375-9324 Consulat général à Chicago : (872) 360-2753; (872) 360-2774; (872) 305-1545 Consulat général à Miami : (305) 897-0891; (305) 897-0892 Consulat général à New York : (347) 862-9192 Consulat général à Orlando : (407) 987-0540; (407) 987-8789 Consulat général à Atlanta : (404) 438-2738; (707) 983-8940 5A, Delmas 60, Musseau, Port-au-Prince, Haïti Tel: 2813-1197 / 2813-1470 | Email:bulletin.mae@diplomatie.ht 34 34

Comment citer

Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes (MAE), Courrier diplomatique : Édition spéciale, Bicentenaire de l'ordonnance royale du roi Charles X, avril 2025, https://mae.gouv.ht/category/bulletin/

Titulaire des droits
Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes (MAE)