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HAÏTI
COURRIER
DIPLOMATIQUE
MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DES CULTES
Edition spéciale
Bicentenaire de l’Ordonnance royale
du roi Charles X
5 A, Delmas 60, Musseau, Port-au-Prince, Haïti
Tel: 2813-1197 / 2813-1470 | Email:bulletin.mae@diplomatie.ht
SOMMAIRE
3
Le mot du Ministre
4
Bicentenaire de l’Ordonnance royale du roi Charles X : Communiqué de la Présidence
5
Discours du Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Son Excellence
Monsieur Fritz Alphonse Jean
8
Discours du Conseiller-Président, Son Excellence Monsieur Leslie Voltaire, à
l’occasion du 17 avril 2025
11
Arrêté portant création du Comité National Haïtien de réstitution et de réparation
(CNHRR)
17
Déclaration du Président français sur la relation entre la France et Haïti
18
Proposition de résolution visant à la reconnaissance au remboursement et à la
réparation par la France de la double dette d'Haïti
24
Communiqué de la Présidence
25
Revue de la presse internationale
Edition spéciale
Courrier Diplomatique
LE MOT DU MINISTRE
L
e jeudi 17 avril 2025 marque le bicentenaire de l’ordonnance du Roi Charles X
exigeant à Haïti le versement d’une
forte somme en échange de la reconnaissance de son indépendance acquise,
pourtant, par le sacrifice de nos ancêtres.
En cette journée, un peu partout à travers le
monde des artistes, des scientifiques, des
associations et même des orga-nisations
internationales ont donné leur voix pour
montrer comment le paiement de cette
rançon a contribué à plonger notre pays dans
une spirale de pauvreté. Je leur exprime, au
nom du peuple haïtien, un profond sentiment
de reconnaissance.
En Haïti, cependant, l’attention a été surtout
portée sur le message, en des termes clairs,
venant du Conseil Présidentiel de Transition
(CPT) : « Haïti réclame la restitution de cette
rançon et la réparation des torts causés
par l’esclavage reconnu depuis des années
comme un crime contre l'humanité ». Cela dit,
chaque fille et chaque fils de notre nation,
à des niveaux différents de responsabilité,
doit travailler pour que ces sommes versées
soient restituées à Haïti, et cela sans esprit de revanche mais comme un acte de vérité et
de justice. En ce sens, au Ministère des Affaires étrangères et des Cultes, nous croyons
fermement que le temps est venu d'engager le dialogue, de négocier sans acrimonie et de
bonne foi de manière à inscrire dans la réalité la nouvelle relation fondée sur l’écoute, le
respect et la solidarité, selon ce qui est ardemment souhaité en Haïti aussi bien en France.
Je suis également conscient dans un pareil contexte que notre diplomatie doit
poursuivre, mais de manière plus rationnelle, ses efforts pour faire reconnaitre sur
le plan international l’ampleur des conséquences de cette rançon imposée à notre
pays au XIXe siècle. Il s’agit aussi d’arriver à faire accepter notre dur passé colonial
comme une responsabilité à assumer par la France mais aussi collectivement par la
communauté internationale. Cela exige, bien sûr, un travail assidu fait d’échanges, de
rencontres et de communications. Nous commençons déjà avec ce numéro spécial
du « Courrier diplomatique » puisqu’il est consacré à la publication des principaux discours,
annonces, actes et déclarations adoptés dans le cadre de cette commémoration.
Bonne lecture!
Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste
Ministre des Affaires étrangères et des Cultes
3
Edition spéciale
Courrier Diplomatique
17 AVRIL 2025
Bicentenaire de l’Ordonnance royale du roi Charles X :
Communiqué de la Présidence
Le Conseil Présidentiel de Transition
L
e Conseil Présidentiel de Transition (CPT), a
commémoré, ce jeudi 17 avril 2025, à la Villa
d'Accueil, le bicentenaire de l’ordonnance
du roi Charles X, reconnaissant l’Indépendance de la République d’Haïti, publiée le 17 avril
1825. La cérémonie s’est tenue en présence
du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, des
membres de son gouvernement, du Commandant
en chef des Forces Armées d’Haïti, le Lieutenantgénéral Derby Guerrier, du Directeur général a.i.
de la PNH, Rameau Normil, ainsi que du recteur
de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Dieuseul
Prédélus.
Le Président du CPT, Son Excellence Monsieur
Fritz Alphonse Jean, dans son discours de
circonstance, a fait mention des différentes
démarches des autorités françaises ayant abouti
à l’ordonnance du roi Charles X, reconnaissant
l’Indépendance d’Haïti et contraignant le pays
à payer une rançon d’environ 150 000 000 de
Francs-or. Pour lui, c’était un moyen de punir Haïti
après avoir ouvert la voie à la liberté au sein de
l’humanité. Le Coordonnateur du Conseil a aussi
parlé du rapport du Président Emmanuel Macron
qui interpelle l’État haïtien, à avoir de bonnes et
nouvelles collaborations, à plusieurs niveaux,
avec la France. Il est urgent de travailler à la
lumière du sacrifice de nos Ancêtres pour le bien
du pays.
4
Dans son intervention, le Conseiller-Président
Leslie Voltaire a adressé un message à la
communauté internationale, appelant à la
restitution de la rançon imposée à Haïti ainsi
qu’à la réparation des torts causés par le régime
esclavagiste qui a duré plusieurs siècles. Il a
également invité tous les fils et filles du pays,
en Haïti comme dans la diaspora, à élever la voix
pour réclamer cette restitution. Toutefois, le
Conseiller-Président a indiqué avoir pris acte de
la note publiée par l’Élysée à l’occasion de cette
journée.
Quant au Secrétaire général du Conseil des
ministres, M. Odilien Charles, il a lu l’arrêté officiel
de la création du Comité national haïtien de
restitution et de réparation. Il se compose de
21 membres et est rattaché spécialement au
rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH) et le
ministère des Affaires étrangères et des Cultes.
Il a également lu l’arrêté nommant Mme GustiKlara Gaillard, comme membre du Comité mixte
franco-haïtien sur la dette.
La commémoration des 200 ans de l'ordonnance du roi Charles X, reconnaissant
l'Indépendance d'Haïti, renforce l'engagement
du CPT à continuer les dialogues avec la France
en vue d'avoir la restitution de la dette de
l'Indépendance et la réparation des torts causés
au pays.
Edition spéciale
Courrier Diplomatique
17 AVRIL 2025
Discours du Président du Conseil Présidentiel de Transition
(CPT), Son Excellence Monsieur Fritz Alphonse Jean
Considérations autour du Rapport du baron de Mackau à
l’occasion des deux cents ans de l’Ordonnance du Roi Charles X
pour leur perte de propriété à la suite de la révolte
de 1791 et de la proclamation de l’Indépendance
de 1804. Un rapport qui nous permet de mieux
comprendre le contexte qui conduisit l’Etat
monarchique français à imposer en 1825 à Haïti
un lourd tribut de 150 millions de franc-or.
Juste une parenthèse, en 1814, le roi Louis
XVIII envoya 3 agents dans l’ile, Dauxion Lavaysse,
Draverman et Franco Medina pour traiter avec
les Haïtiens sur leur retour sous la domination
française. Tandis que le premier fut reçu par
Pétion, Christophe fit enfermer le troisième
comme étant coupable d’espionnage. Pendant 4
ans, il fut enfermé dans la prison du Cap ; après ce
temps, on n’entendit plus parler de lui. Fermons
Le Président du Conseil Présidentiel de Transition, Son Excellence Monsieur Fritz
Alphonse Jean
C
hers Collègues du Conseil Présidentiel de
Transition,
Monsieur le Premier ministre,
Honorable Juge de la Cour de Cassation,
Monsieur le Chef d’Etat-major des Forces Armées
d’Haïti,
Monsieur le Directeur General de la Police
Nationale,
Mesdames, Messieurs, les ministres du
Gouvernement ,
Monsieur le Recteur de l’Université,
Mesdames, Messieurs, chers (es) invités (es),
(Mes propos sont tirés essentiellement de mon
introduction du livre sur le rapport du Baron de
Mackau)
En 1825, le baron de Mackau est envoyé en
Haïti par Charles X pour fixer le montant et
les modalités de l’indemnité dans le but de
compenser les anciens propriétaires d’esclaves
la parenthèse.
La publication du rapport Mackau jette un éclairage sur un pan de notre histoire économique
obscurci à dessein pour mieux asseoir dans
les esprits un discours de pessimisme anthropologique. Certes, la mauvaise gouvernance,
les querelles intestines, les crises récurrentes,
somme toute les aléas d’un Etat en gestation,
ont retardé la structuration de son économie au
détriment du bien-être collectif.
Le prix du sang n’aura donc pas suffi pour
libérer les africains sur l’île de Saint-Domingue
du joug de l’esclavage. Comme une forme de
négation de notre contribution exceptionnelle
à l’histoire de l’humanité, le nouvel État haïtien,
né de la glorieuse bataille de Vertières du 18
novembre 1803 , a dû se plier aux exigences
de l’ordonnance de Charles X, parue le 17
avril 1825. L’indemnité de 150 millions de
francs-or, imposée pour la reconnaissance de
l’Indépendance d’Haïti, représentait 10 années
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5
Edition spéciale
Courrier Diplomatique
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durablement l’accumulation de capitaux et la
modernisation de l’appareil productif.
En effet, il faut situer la révolution haïtienne
dans le contexte du commerce triangulaire qui
constituait jusque-là une source significative de
revenus pour les budgets de grandes métropoles
européennes. Pour ce faire, un déplacement
important de population, entre 11 et 12,7 millions
d’africains , s’est opéré dans les conditions les
plus abjectes.
De gauche à droite, Le Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, le Viceprésident de la Cour de cassation, Monsieur Jean-Claude Theogène et le Ministre
des Affaires étrangères et des Cultes, Son Excellence Monsieur Jean-Victor Harvel
Jean-Baptiste
de recettes fiscales pour ce territoire ravagé par
la guerre et devait être payée en 5 ans à la Caisse
des Dépôts et de Consignation pour le compte
des anciens colons français. De plus, le ministre
de la Marine, le comte de Chabrol, précise pour le
porteur de l’ordonnance d’insister que l’emprunt
pour honorer l’indemnité soit réalisé en France.
Cette sommation doit se lire aujourd’hui comme
la réparation pour des préjudices causés aux
colons par cette révolution de libération.
Le Baron missionné par Charles X arriva en
Haïti avec de savants tableaux lui permettant
d’expliquer au président haïtien Jean-Pierre Boyer
que l’indemnité exigée ne représentait pas grandchose par comparaison aux pertes véritables
des colons. Il avait surtout avec lui une solide
canonnière, et c’est clairement sous la menace
militaire que les dirigeants haïtiens acceptèrent
le « compromis proposé ».
De grandes compagnies de commerce, proté
gées par le pouvoir royal, assuraient la livraison des
produits tirés des colonies aux ports européens.
Le commerce de Saint-Domingue représentait le
tiers du commerce de la France. Cette économie
d’extraction contribuait à hauteur de 20% au
PIB français en 1778. L’émancipation de cette
nouvelle république noire y apportait un cran
d’arrêt qu’il fallait vite réprimer pour éviter toute
contamination des autres territoires. En fait, il
fallait faire en sorte que les autres perçoivent
l’expérience haïtienne comme le chemin à ne
pas emprunter. Ce substantif, haïtianisme ou
haïtianité, devait charrier aux yeux des autres
rêveurs de liberté des images d’isolement, de
pauvreté et de décadence, donc un exemple
insignifiant, voire stupide. N’a- t-on pas souvent
entendu des inepties telles, les Haïtiens n’étaient
pas encore prêts pour la liberté.
De grands moyens ont été déployés pour
construire cette mémoire alternative de la
conquête de liberté des Haïtiens. L’accord sur
l’indemnité a été obtenu sous la menace crédible
d’une flotte de 14 navires armés de 528 canons
Il nous faut, toutefois, bien situer les méfaits de
dans la rade de Port-au-Prince, ce que Blancpain
la dette issue de cette indemnité scélérate dans
qualifie d’« argument diplomatique convaincant
la matrice de contraintes au développement de
». Mais le plus effarant furent le montant des
cette économie de plantation, jadis florissante,
annuités de 30 millions de francs pendant cinq
mais ravagée par l’effet des chocs de guerre.
ans et les conditions de paiement de la dette
Christiane Taubira nous rappelle que cette
octroyée pour honorer ces engagements. Une
indemnité n’est certes pas la seule cause des
analyse sommaire des arrangements financiers
retards économiques et sociaux d’Haïti ; mais
pour l’octroi de l’emprunt révèle des pots aux
elle a incontestablement constitué une ponction
roses recelant une volonté délibérée de dépecer
financière considérable, handicapant et limitant
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6
Edition spéciale
Courrier Diplomatique
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cet État déjà affaibli par la guerre.
affres de la guerre, l’accumulation de capital
devenait une chimère. D’autant plus que le
L’État haïtien a dû recourir au marché financier cours du café, principale ressource du pays avait
de Paris pour la levée des fonds par l’émission chuté de 140.50 francs la livre en 1825 à 83.70
d’obligations. Après plusieurs tentatives non francs la livre en 1830 .
fructueuses de mise en marché des obligations
haïtiennes, à hauteur de 30 millions de francs Tout compte fait Haïti trainera ce fardeau
pour la première annuité, elles furent finalement financier pendant 125 ans.
adjugées le 3 novembre 1825. Le consortium
Laffitte acheta l’emprunt à 800 francs pour Il fallait déconstruire dans l’imaginaire de cette
chaque obligation de 1 000 francs émise, soit communauté d’hommes et de femmes de
24 millions de francs. Les 6 millions restant descendance africaine que cette liberté arrafurent versés par le Trésor haïtien à la Caisse chée aux colonisateurs soit source d’une vie
des Dépôts. L’expression « la double dette » de paix et de prospérité partagée. La méthode
dérive donc de l’ordonnance de l’indemnité à la plus sûre de freiner la propagation de cette
payer aux anciens colons, réduite à 126 millions, idéologie était de faire de cette terre libérée, un
et la dette de l’emprunt due aux détenteurs des espace de pauvreté incapable même de nourrir
obligations de 30 millions de francs . Mais ce sa population. Haïti devait être un État paria ;
n’est pas tout. Cet Etat exsangue devait aussi qu’une illusion. Haïti ne devait pas être une
consentir une remise de 50 % sur les droits de appellation désignant un pays ou une nation,
douane pour tout navire battant pavillon français. mais plutôt un nom renvoyant à la pauvreté,
Ces ponctions sur les finances haïtiennes le dénuement, la désolation, malgré ses
et l’isolement international concerté par les richesses encore objet de convoitise des uns
puissances esclavagistes de l’époque, auront et des autres. Aujourd’hui, ce pari segagne
largement handicapé l’insertion de l’économie encore avec certes la complicité de certains
haïtienne dans le grand commerce international fils et certaines filles dénaturés (es) de cette
et constitué des mécanismes néfastes à nation. Il y a donc là une réalité à assumer, celle
l’accumulation du capital. Le consensus Outre- d’une déconstruction programmée.
Atlantique était d’étouffer dans l’œuf cette Le rapport Mackau nous interpelle donc
émancipation pour éviter la contamination de aujourd’hui à plusieurs niveaux :
l’opinion dans les colonies jusqu’alors soumises. 1. La nécessité d’installer une autre converHaïti avait donné le ton, il fallait la réduire au sation avec la France, ce qui fera avec la
silence et surtout provoquer l’échec manifeste Commission Mixte. La citoyenne Madame Gustide pareille démarche. Toute une stratégie Klara Gaillard Pourchet a été nommée en Conseil
d’isolement a été mise en place pour bloquer son des Ministres le 15 Avril 2025 pour co-présider
acceptation dans le concert des nations, et par cette commission ;
voie de conséquence, sa capacité à valoriser ses 2. L’obligation de mieux éclairer nos comparessources dans les échanges internationaux. triotes et nos partenaires étrangers sur la vraie
De plus, les richesses produites et monétisées nature de la violence qui secoue actuellement les
au niveau international par le truchement de fondements de la Nation ;
puissances rivales sont frappées des injonctions 3. L’urgence de travailler à l’instauration d’un
de l’ordonnance de Charles X, et phagocytées imaginaire collectif à la lumière de la vérité de
par la réduction de 50% des droits de douane l’épopée de 1804 et la vérité des sacrifices de
pour les navires battant pavillon français. Pour nos ancêtres.
cet État-nation en gestation, à peine sorti des
Je vous remercie.
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Courrier Diplomatique
17 AVRIL 2025
Discours du Conseiller-Président, Son Excellence Monsieur
Leslie Voltaire, à l’occasion du 17 avril 2025
Son Excellence Monsieur Leslie Voltaire
M
onsieur le Président du Conseil
Présidentiel de Transition,
Messieurs les membres du Conseil
Présidentiel de Transition,
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Président de la Cour de Cassation,
Monsieur le Général des Forces Armées d’Haïti ,
Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti ,
Mesdames et Messieurs les membres du
Gouvernement de transition,
Mesdames et Messieurs les membres de la
Presse écrite et parlée,
Mesdames et Messieurs les distingués invités,
chers compatriotes,
Haïtiennes et Haïtiens de toutes origines,
membres de la diaspora, leaders commu-
nautaires, ouvriers, artisans, agriculteurs, et
jeunes bâtisseurs de demain,
Aujourd’hui, notre territoire et notre population connaissent des crises interminables
depuis plusieurs années, et notre avenir est
sérieusement menacé.
L’avenir de notre jeunesse, l’avenir de nos
enfants, principales victimes de la violence
criminelle des gangs armés dans l’Ouest,
l’Artibonite et le Centre est en danger. La nation
haïtienne, dans son écrasante majorité, attend
impatiemment la reconquête des quartiers et
régions que plus d’un million de nos concitoyens
ont dû fuir. Notre responsabilité est grande face
aux attentes d’une population contrainte à vivre
dans la peur et dans les conditions insalubres
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Courrier Diplomatique
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Le Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé et les membres du Gouvernement
des camps de déplacés.
dance d’Haïti. C’est en effet le 17 avril 1825 que
la France, sous la menace des 526 canons de
14 navires de guerre ancrés dans la rade de
Port-au-Prince, a imposé à Haïti le versement
d’une rançon de 150 millions de francs-or
(environ 30 milliards de dollars actuels) pour
indemniser ses colons des 500 mille esclaves
et des plantations perdues. En échange, la jeune
nation serait reconnue par les gouvernements
européens. Ramenée en 1838 à 90 millions de
francs-or (équivalant à environ 20 milliards de
dollars).
Contrairement à ce que certains secteurs
veulent faire croire, les membres du Conseil,
le Premier ministre et les membres du
gouvernement se concertent activement pour
trouver la meilleure réponse aux attaques des
gangs. Certaines de ces réponses peuvent être
apportées dans un court délai, tel la neutralisation des gangs. D’autres, comme la réparation
des quartiers, le développement économique,
la gouvernance politique et l’amélioration des
ressources humaines exigent des ressources de
grande envergure.
Pour s'acquitter de cette dette, Haïti en
contractera d’autres à des taux usuraires auprès
1. Mesdames, Messieurs,
des banques françaises, et s’efforça tout au long
L’esclavage est un crime contre l’humanité du 19ème siècle et d’une bonne partie du 20ème.
reconnu par l’État français, et Haïti est l’unique Le traité imposé à Haïti incluait des exigences
ancienne colonie française à avoir été contrainte de paiement partiel en café, en sucre, en bois
d’indemniser les esclavagistes pour s’être de campêche et autres bois précieux ou de
débarrassée de ces derniers au prix du sang de construction, tous à des prix et tarifs douaniers
dizaines de milliers de combattants de la liberté. préférentiels. Ce qui a contribué à la destruction
de notre environnement et de notre économie.
Cette année nous commémorons le bicen- C’est une rançon que le peuple haïtien paiera sur
tenaire de l’imposition de la rançon de l’indépen- deux siècles, jusqu'en 1952, date du paiement
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nous envoyons un message clair aux différents
peuples de la communauté internationale : Haïti
exige la restitution de cette rançon et la réparation des torts d’un régime esclavagiste ayant
duré plusieurs siècles. C’est pourquoi, depuis le
5 août 2024 notre État a rejoint le CARICOM et
sa revendication de réparation et restitution.
C’est une nécessité pour que notre nation puisse
retrouver la voie de la prospérité et du respect.
En ce sens, le Conseil Présidentiel de Transition
invite aujourd’hui toutes les associations et
organisations internationales, les artistes et
citoyens illustres, à travers leurs actions et leurs
voix à faire entendre cette exigence.
Nous ne saurions terminer sans adresser nos
hommages aux efforts du Président Jean
Bertrand Aristide qui le premier, en 2003, souleva formellement la question de la rançon
Le Commandant en chef des Forces Armées d'Haïti, lieutenant Derby Guerrier et
en faisant évaluer son coût cumulatif. Ce qui
le Directeur général a.i., Monsieur Normil Rameau
entraîna la formation par le Président Chirac de la
des derniers intérêts.
commission présidée par Régis Debray d’un côté,
Malheureusement, le paiement de cette rançon et par le ministre du MHAVE de l’époque. Cette
a surtout impacté la paysannerie haïtienne en commission produisit un rapport resté sans suite.
l’appauvrissant et a contribué à compromettre Rendons aussi hommage à la Fondation pour la
de manière significative le destin et les pers- mémoire de l’esclavage qui est en train de nous
pectives de développement de notre jeune aider à construire un pont qui renforcera les liens
entre Haïti et la France.
nation.
Le procès de la consolidation de la dette de
1897 a mis à découvert la corruption et les
spéculations malhonnêtes découlant de cette
odieuse rançon. Au cours de ce procès ont été
dévoilées des pratiques de double paiement, de
faux bons du trésor, etc. impliquant de nombreux
banquiers, hommes d’affaires étrangers et
haïtiens.
SI NOU PATAP PEYE DÈT SAA
PANDAN PLIS PASE 100 LANE,
NOU PATAP AN RETA NAN PWEN
SA.
Par conséquent, aujourd’hui 17 avril 2025,
10
Un hommage particulier et soutenu à toutes
celles et tous ceux qui se sont battus et luttent
encore pour la reconnaissance d’une injustice
faite à un peuple dont le seul crime fût d’aspirer
à la liberté.
Finalement nous prenons acte de la note de
presse de l’Elysée produite pour marquer la date
historique du bicentenaire de l’ordonnance du 17
avril 1825. Le Président Macron a tenu la
promesse qu’il nous avait faite le 29 janvier 2025,
et nous lui devons notre respect.
Je vous remercie
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réstitution et de réparation (CNHRR)
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entre la France et Haïti
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remboursement et à la réparation par la France de la double
dette d'Haïti
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Communiqué de la Présidence
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17 AVRIL 2025
Revue de la presse internationale
communiqué.
Il n’évoque toutefois pas, à ce stade, une
éventuelle réparation financière, telle que
réclamée par les autorités haïtiennes. Mercredi,
l’Elysée avait assuré que le chef de l’Etat tirerait
« toutes les conclusions » à l’issue de ce travail
de mémoire.
« Double dette »
E
Le président Francais, Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron
© Sarah Meyssonnier / POOL/AFP
mmanuel Macron annonce qu’une commission d’historiens
français et haïtiens fera
des « recommandations »
En janvier, le président haïtien par intérim, Leslie
Voltaire, a affirmé qu’Emmanuel Macron lui avait
évoqué lors d’un entretien le principe d’une «
restitution » – que la présidence française n’avait
toutefois pas mentionnée dans son compte
rendu de cette rencontre. Dans le communiqué,
Emmanuel Macron appelle à « reconnaître la
vérité de l’histoire », et assure que le travail de
la commission doit permettre de « renforcer la
coopération éducative et culturelle, et [de] bâtir
une relation renouvelée entre la France et Haïti,
fondée sur l’écoute, le respect et la solidarité ».
L’indemnité décidée par le roi Charles X
en 1825 en échange de l’indépendance
haïtienne « plaçait alors un prix sur la
liberté d’une jeune nation, qui était ainsi
confrontée, dès sa constitution, à la force injuste
de l’histoire », a estimé le chef de l’Etat.
Après la proclamation de l’indépendance, en
1804, à l’issue d’une victoire militaire contre le
corps expéditionnaire napoléonien, les nouvelles
autorités de Haïti acceptèrent, le 17 avril 1825,
sous la menace des canons de la flotte française,
de payer 150 millions de francs-or d’indemnité
aux anciens propriétaires de terres et d’esclaA l’occasion du bicentenaire de la reconnaissance ves, en échange de la reconnaissance de
de l’indépendance d’Haïti, une commission l’indépendance par le roi Charles X. La somme fut
franco-haïtienne d’historiens va étudier « l’impact ramenée, en 1838, à 90 millions de francs-or.
» sur ce pays des Caraïbes de la « très lourde
indemnité financière » imposée par la France à Pour s’acquitter de cette créance, la jeune
son ex-colonie en échange de son indépendance, république caribéenne dut s’endetter à des taux
et faire des « recommandations », a annoncé très élevés auprès de banques françaises. Le
Emmanuel Macron, jeudi 17 avril.
règlement de cette « double dette » s’est étalé
jusqu’en 1952, date du paiement des derniers
Cette indemnité, décidée par le roi Charles X en intérêts.
1825, « plaçait alors un prix sur la liberté d’une
jeune nation, qui était ainsi confrontée, dès sa Source : Le Monde avec AFP
constitution, à la force injuste de l’histoire », Publié le 17 avril 2025 / CLARENS SIFFROY /
a estimé le président français dans un AFP
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l’indépendance d’Haïti - d’anciens esclaves - à
compenser les perdants - leurs anciens maîtres»,
a tranché Monique Clesca, une journaliste et
activiste d’origine haïtienne, lors d’un débat sur la
question de la dette coloniale du pays, au siège
des Nations Unies à New York.
Le prix de la liberté : la double dette
Photo ONU/Mark Garten, des chaînes utilisées pour attacher les victimes de
l'esclavage.
La dette coloniale haïtienne,
200 ans après : enfin l'heure
des comptes ?
Deux siècles jour pour jour après l’imposition
par la France d’une lourde indemnité à Haïti en
échange de son indépendance, une instance
onusienne a appelé, jeudi, à restituer la « rançon»
extorquée sous la menace des armes à cette
nation des Caraïbes, encore aujourd’hui marquée
par les crimes du colonialisme et de l’esclavage.
Très vite, cet impôt levé sur la liberté se révèle
trop lourd pour la première république noire du
monde, prise dans la spirale de l’endettement.
« Lorsque nous n’avons plus été en mesure de
payer, la France nous a tourné le dos et a poussé
ses banques à nous prêter de l’argent : c’est
la raison pour laquelle nous parlons de double
dette», a expliqué la journaliste haïtienne.
En 1914, plus des trois quarts du budget du
pays sont toujours siphonnés par le versement
des indemnités aux banques françaises. Ce
n’est qu’en 1947, plus de 140 ans après son
indépendance, qu’Haïti finit par rembourser
sa dette. « La France a commis une injustice
énorme dont nous ressentons encore les effets
aujourd’hui », a dénoncé Mme Clesca.
Une enquête approfondie du New York Times,
publiée en 2022, révèle que le total versé par
Haïti à la France équivaut à 560 millions de dollars
actuels. Une somme qui, selon les estimations
de certains économistes, aurait ajouté plus de
Premier pays à se libérer du joug de l’esclavage 20 milliards de dollars à l’économie haïtienne au
par une insurrection victorieuse, Haïti obtient son fil du temps, si elle était restée dans le pays.
indépendance de la France en 1804. Mais le prix
Haïti aujourd’hui : l’héritage de la dette
à payer pour oser défier l’ordre colonial ne se fait
pas attendre. Le 17 avril 1825, sous la menace Si Haïti incarne un tournant majeur dans l’histoire
des canons de la flotte française, Haïti accepte de l’émancipation humaine, le pays est aujourd’hui
de verser une indemnité de 150 millions de en proie à un tourbillon de violences perpétrées
francs-or à la puissance européenne.
par des gangs armés, qui se partagent 85 % de
sa capitale, Port-au-Prince. C’est aussi la nation
Officiellement, cette somme vise à dédommager
la plus pauvre d'Amérique latine et des Caraïbes,
les planteurs français pour les « biens perdus »
selon la Banque mondiale.
à l’indépendance, mais le montant est en réalité
largement supérieur aux pertes subies.
De la paralysie institutionnelle, en passant
par le trafic d’armes et la corruption, les défis
« La France a forcé ceux qui avaient obtenu
rencontrés par le pays sont légions. Mais aux
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26
Edition spéciale
Courrier Diplomatique
»»»» suite de la page 26
yeux de l’Instance permanente des Nations Unies
pour les personnes d’ascendance africaine, les
causes de ses difficultés ne font aucun doute :
elles ont trait au passé.
« Les crises persistantes des droits humains en
République d'Haïti [...] trouvent leur origine dans
les héritages de l'esclavage, du colonialisme,
du paiement de la dette, des menaces et
interventions militaires », affirme cet organe
consultatif du Conseil des droits de l’homme
de l’ONU, créé en 2021, dans une analyse de la
situation haïtienne, publiée le mois dernier.
Une reconnaissance tardive
En réponse à de telles accusations, le président
de la France, Emmanuel Macron, a annoncé,
jeudi, la création d’une commission d’historiens
franco-haïtiens pour évaluer l’impact de
l'indemnité haïtienne. Cette commission
sera ensuite chargée de formuler des
recommandations.
Tout en saluant cette annonce, Martin Kimani, un
membre de l’Instance permanente, a estimé que
l’efficacité de la nouvelle commission dépendrait
de sa volonté de reconnaître pleinement
l’ampleur des conséquences de la dette imposée
par la France.
« Nous appelons à une restitution des sommes
financières et à des mesures réparatrices pour
remédier au sous-développement d’Haïti », a
insisté M. Kimani, lors du débat au siège de l’ONU,
organisé dans le cadre de la journée de clôture de
la quatrième session de l’Instance permanente,
qui avait lieu cette semaine.
Demande de restitution des fonds
Selon la presse, le chef de l’État français n’évoque
pas, à ce stade, une éventuelle réparation
financière, telle que réclamée non seulement par
l'Instance permanente, mais également par les
autorités haïtiennes.
« Le passé colonial impose des responsabilités
qui doivent être assumées collectivement par
la France et la communauté internationale », a
ainsi estimé Pierre Ericq Pierre, le Représentant
permanent d'Haïti auprès de l’ONU, venu
participer au débat.
Pour l’ambassadeur haïtien, les racines
structurelles des inégalités persistantes dans
le pays sont bien liées à son histoire coloniale
et à l’imposition de cette dette, que les Haïtiens
qualifient plus communément de « rançon ». Il
est donc naturel à ses yeux que les sommes
versées soient restituées à Haïti. « Ce n’est pas
une revanche », a-t-il affirmé. « C’est un acte de
vérité et de justice ».
Justice réparatrice
Le peuple haitien mérite en effet une vie sans
violence et un niveau de développement adéquat,
a estimé de son côté Gaynel Curry, également
membre de l’Instance permanente.
Outre la restitution de la dette coloniale par la
France, Mme Curry a appelé à la création d’un
fond international de réparation pour Haïti, ainsi
que l’organisation d’un débat au sein du Conseil
des droits de l’homme en vue d’établir une commission d'enquête internationale indépendante
sur la question de la justice réparatrice pour le
pays.
Selon Verene Albertha Shepherd, la viceprésidente du Comité des Nations Unies pour
l'élimination de la discrimination raciale, qui
participait elle aussi à la discussion, de telles
mesures permettrait de régler une autre dette
celle que les personnes d’ascendance africaine
ont envers les révolutionnaires haïtiens.
« Ces combattants de la liberté ont inspiré la peur
à tous les esclavagistes », a-t-elle rappelé. Plus de
deux siècles après l’indépendance d’Haïti, l’heure
est désormais venue de leur rendre justice.
Source: https://news.un.org/frstory/2025/
04/1154861
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Edition spéciale
Courrier Diplomatique
»»»» suite de la page 27
une session spéciale du Forum permanent
des personnes d’ascendance africaine
Il s’est dit beaucoup de choses ces avait été prévue sur le sujet. Ericq Pierre,
dernières semaines, dans l’espace public représentant d’Haïti, a avancé que « le
québécois, sur l’arrivée potentielle de montant imposé à Haïti fut un mécanisme
nouveaux demandeurs d’asile d’origine de reconquête symbolique, destiné à
haïtienne. Au ministre de l’Immigration, de affaiblir durablement Haïti et à dissuader
la Francisation et de l’Intégration, Jean- d’autres peuples colonisés d’emprunter
François Roberge, qui a lancé que le Québec la même voie ». Il a rappelé que l’État
ne pouvait accueillir « toute la misère du haïtien avait accepté dès ses débuts les
monde », Dany Laferrière a répondu que demandeurs d’asile fuyant l’esclavage et
ces personnes constituent aussi « toute la l’oppression partout dans les Amériques,
richesse du monde ». J’aimerais contribuer et que le sort d’Haïti était lié aux luttes de
tous les peuples pour la reconnaissance, la
à ce recadrage politique important.
réparation et la dignité.
Le jeudi 17 avril marquait le 200e anniversaire de la « dette de l’indépendance Carlos Rosero, ministre de l’Égalité et de
», ou ce que les Haïtiens appellent l’Équité de la Colombie, a ensuite rappelé
souvent la rançon de l’indépendance. Le que la jeune république haïtienne avait
17 avril 1825, la France a imposé à Haïti, appuyé militairement Simon Bolivar dans
sous menace d’invasion militaire, de la « son combat pour l’indépendance de la Borembourser » pour la valeur de sa « propriété livie, la Colombie, l’Équateur, le Panama,
perdue » dans l’abolition de l’esclavage le Pérou et le Venezuela — un appui
et l’indépendance du pays. Cette double conditionnel à ce que l’esclavage soit aboli
dette — parce qu’il a fallu aussi emprunter dans tous ces pays. Sur le plancher des
aux banques françaises à fort intérêt pour Nations unies, il a annoncé un fonds pour 7
rembourser la France même — a cannibalisé la réparation et le développement d’Haïti, et
les ressources financières du jeune État encouragé tous ses vis-à-vis de la région à
haïtien pendant près d’un siècle. En bref, on y contribuer.
a tué la République d’Haïti dans l’œuf.
Plusieurs pays des Caraïbes ont pris la
Jeudi, à l’occasion du bicentenaire, la parole pour renchérir. Pour la Barbade, « Haïti
France a pour la toute première fois est un membre de CARICOM qui occupe une
reconnu cette partie de l’histoire. L’Élysée place très spéciale dans nos cœurs, parce
reconnaît notamment que Haïti « était que nous sommes tous conscients que la
ainsi confrontée, dès sa constitution, à la révolution haïtienne est la fondation même
force injuste de l’Histoire ». Le président de notre propre liberté face à l’esclavage.
Emmanuel Macron a annoncé la création […] Nous avons tous une immense dette
d’une commission mixte franco-haïtienne « envers Haïti ». Antigua-et-Barbuda, la
chargée d’examiner notre passé commun ». Guyane, Cuba, la Bolivie et la Jamaïque y
sont allées de messages de reconnaissance
Ma traduction : ne pensez pas revoir votre similaires.
argent demain, mais on peut réfléchir
C’est alors que Bob Rae,représentant
ensemble.
permanent du Canada aux Nations
Aux Nations unies, où j’étais cette semaine, unies, président du Conseil économique
La dette du monde
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28
Courrier Diplomatique
Edition spéciale
»»»» suite de la page 28
et social de l’ONU, et président du comité
ad hoc sur Haïti du Conseil de sécurité,
a pris la parole. Après avoir rappelé
la gravité de la situation actuelle à Port-auPrince, il s’est lancé dans un délicat mais
important exercice diplomatique.
« travailler avec Haïti et les pays de CARICOM
au processus de vérité, et au processus de
réconciliation ».
Nous savons très bien que le peuple
haïtien, c’est la première communauté
des Amériques à déclarer l’indépendance,
à insister sur l’importance de reconnaître
la vraie nature de leur pays et de leur
expérience, et qui comme résultat de
cette expérience, a dû faire l’expérience de
grandes difficultés pendant des décennies.
Nous savons très bien que maintenant, Haïti
est dans cette position à cause de toute
l’Histoire qu’ils ont vécue.
Emile Nicolas
Anthropologue, l’autrice est
chroniqueuse au «Devoir», à RadioCanada et à CBC.
Source : ledevoir.com / 19 avril 2025
Il fallait voir le visage de la représentante
de la France pour comprendre ce qui se
passait. Ma traduction du propos : « Si les
Le Canada a traversé au cours des dernières Canadiens en sont capables, les Français en
années […] une reconnaissance de la nature sont capables aussi. » Venant d’un pays du
de notre propre Histoire, de la nature de notre G7, la déclaration, même posée en douceur,
expérience comme pays où le colonialisme a porté.
a imposé la plus grande des blessures aux
Rencontré quelques heures avant son
peuples autochtones.
discours, Bob Rae a expliqué que le Conseil
Vous croyez que c’est hors sujet ? Restez de sécurité devra se pencher dans les
patients.
prochains jours sur l’avenir de la mission de
l’ONU en Haïti, qui manque encore de moyens
Bob Rae parle alors du processus de vérité pour arriver à sécuriser Port-au-Prince.
et réconciliation dans lequel s’est avancé
le Canada, et donne des exemples concrets La date qui plombe Haïti, c’est le 30
de réparations et de restitutions qui ont septembre, la fin de l’année budgétaire des
engagé le gouvernement du Canada dans États-Unis. Après cette date, on fera face à
sa relation avec les Premiers Peuples. un trou immense dans le budget des efforts
L’ambassadeur rappelle ensuite que « le internationaux pour la sortie de crise —
Canada est aussi le pays de 1,5 million de ainsi qu’à une importante fragilisation de
personnes d’ascendance africaine ».
toutes les instances internationales — à
moins que d’autres pays prennent le relais
Nous faisons partie de cette histoire. […] et leurs… responsabilités.
C’est une histoire qui inclut l’esclavage.
C’est une histoire qui inclut le travail forcé. Ce matin-là, avant son discours, il ne m’a
C’est une histoire qui inclut des injustices pas parlé de la dette du monde envers Haïti.
profondes. […] Nous sommes tous les Si vous permettez, ce sera ma manière bien
héritiers de ce passé impérialiste, de personnelle de comprendre aussi le sens du
différentes façons. […]
mot « responsabilité ».
Bob Rae a terminé en s’engageant à
29
COORDONNÉES DES AMBASSADES D'HAÏTI
À L'ÉTRANGER
Argentine (Ambassade d’Haïti)
Avenida. Figueroa Alcorta Pte. 3297 Buenos Aires,
C1425 CKL, C1425AAM
Téléphone: (5411) 48 07 02 11, 48 02 59 79 / 48 05
55 99 (L.D.)
Fax: (5411) 48 02 39 84
Email: amb.argentine@diplomatie.ht
Allemagne (Ambassade d’Haïti)
Adresse: Uhlandstrasse 14, 10623 Berlin
Téléphone: (0049)308-855-4134 / 308-862-4279 /
308-862-4278
Fax: (0049)308-855-4135
Email: amb.allemagne@diplomatie.ht
Bahamas (Ambassade d’Haïti)
Shirley Street and Sears Road P.O. Box N-3036
Nassau, Bahamas
Téléphone: (242) 326-0325 / 356-5598 /
Fax: (242) 326-3288 / 331-0073
Email: amb.bahamas@diplomatie.ht
Canada (Ambassade d’Haïti)
85, Rue Albert , bureau 1110 Ottawa,
Ontario, k1P 6A+4, K1P5G2
Téléphone: (613)238-1628/ 238-1629 /
(613)693-1051
Fax: (613)238-2986
Site Web: http://ambassade-haiti.ca/
Email: amb.canada@diplomatie.ht
Chili (Ambassade d’Haïti)
General del Canto 324, Providencia. Santiago,
CP7500579
Téléphone: (56) 2 22 31 33 64 / (56) 2 22 31 17 76
Site Web: http://www.embajadahaiti.cl/
Email: amb.chili@diplomatie.ht
Cuba (Ambassade d’Haïti)
No. 4402 Calle 7ma. esquina 44 Havana, Cuba
Téléphone: (537) 204-5421 / 204-5422
Fax: (537) 204-5423
E-mail: embhaiti@yahoo.com
Belgique (Ambassade d’Haïti)
139 Chaussée de Charleroi B-1060 Bruxelles,
Belgique
Téléphone: (322)649-6247 / 649-7381 /5331144 (L.D)
Fax: (322)322-640-6080
Email: amb.belgique@diplomatie.ht
Brésil (Ambassade d’Haïti)
SHIS QI 15 – CHÁCARA 27 – LAGO SUL –
BRASILIA – DF – BRASIL – CEP: 71600-750
Téléphone: (+5561) 32486860 / (+5561)
3248-1337
Site Web: http://ambassadehaitibresil.org/
E-mail: amb.bresil@diplomatie.ht
30
Espagne (Ambassade d’Haïti)
Paseo de la Castellana 15, 3 B 28046, Madrid
Téléphone: (0034)91-575-2624
Fax: (0034)91-431-4600
Email: amb.espagne@diplomatie.ht
Etats-Unis d’Amérique
(Ambassade d’Haïti)
2311 Massachusetts Avenue NW
Washington D.C. 20008
Téléphone: (202)332-4090 /(240)426-1301
Fax: (202)745-7215 / 470-3359
Site Web: https://www.haiti.org/
E-mail: amb.washington@diplomatie.ht
France (Ambassade d’Haïti)
10, Rue Théodule Ribot, 75017 Paris, France
Téléphone: (331) 4763-4778 / (336) 1864-3999
Fax:( 331) 4227-0205
Site Web: http://www.ambassadehaitifrance.org/
Email: amb.france@diplomatie.ht
Italie (Ambassade d’Haïti)
Via di Villa Patrizi, 700161 Roma, Italia
Téléphone: (39) 06 44 25 41 06 /(39)06 44
25 41 07
Fax: (39)06 44 25 42 08
E-mail: amb.italie@diplomatie.ht
Equateur (Ambassade d’Haïti)
alle Francisco, Robles E 8-62 entre avenida 6 de
diciembre y Leonodas Plaza Quito E
Téléphone: 005932547565
Fax: 005932234152
Email: amb.equateur@diplomatie.ht
Japon (Ambassade d’Haïti)
8 Kowa Building # 906, 4-12-24 Nishi Azabu,MinatKu Tokio 106, Japon
Téléphone: (003)3486 7096 / 3486-7169 /305 728
4761
Fax: (003)34 86 7070
Site Web: www.ahaitijapon.org
Email: amb.japon@diplomatie.ht
Mexique (Ambassade d’Haïti)
Presa Don Martén No. 53 (Irrigacién), Delegacién
Miguel Hidalgo 11500 México, D. F.
Téléphone: (5255)55 80 24 87/ 55 57 20 65 / 55 80
22 59
Fax: (5255) 53 95 16 54
Email: amb.mexique@diplomatie.ht
République Dominicaine
(Ambassade d’Haïti)
33, Calle Juan Sénchez Ramérez Santo
Domingo, Rép. Dominicaine
Téléphone: (809) 686-4148 / 686-7115
Fax: (809) 686-6096 / 6865137
Site Web: Ambassade d’Haïti en République
Dominicaine (ambassadehaiti.org)
Email: amb.saintdomingue@diplomatie.ht
Republique de Chine Taiwan
(Ambassade d’Haïti)
8 Floor, No 9-1, Lane 62, Tien Mu West
road, 111Taipei, Taiwan Roc
Téléphone:(866)2876-6718
Fax: (866)2876-6719
Email: amb.taiwan@diplomatie.ht
Venezuela (Ambassade
d’Haïti)
QTA San Rafael, Octova transversal, entre
cuarta avenida y tercera bis, URB
Téléphone: (0058)212 262 1194
Fax: (0058)212 261 9068
Email: amb.venezuela@diplomatie.ht
Vietnam (Ambassade d’Haïti)
D5A-16 Vuon Dao,679 Lac Long Quan ,Phu
Thuong Ward,Tay Ho Hanoi,Vietnam
Téléphone: 02473045599
Site Web:http://www.vietnamhaitiembassy.org
E-mail: amb.vietnam@diplomatie.ht
Royaume-uni (Ambassade
d’Haïti)
21 Bloomsbury Way, London, WC1A2TH
Téléphone: 02037711427
Site Web: http://haitianembassy.org.uk/
Twitter: https://twitter.com/
embassyhaitiuk
E-mail: amb.royaumeuni@diplomatie.ht
31
Afrique du sud
(Ambassade d’Haïti)
826-830 Governement Ave. East Wod Pretoria
Téléphone: (0027)123-420-192 / (+27) 124-320-980
Fax: (0027)123-420-194
E-mail: amb.afriquedusud@diplomatie.ht
Colombie (Ambassade d’Haïti)
Carrera 10 No. 97 A-13 Edificio Bogota Trade
Center P.H Torre B Officina 207 Bogota D.C.
Téléphone: (571) 520 2531 / (571) 520 3716 / 0881
/ 7729 (571) 61 3185
E-mail: amb.colombie@diplomatie.ht
Panama (Ambassade d’Haïti)
Area Bancaria Calle Manuel Maria ICAZA, Edificio
de Lesseps, Piso, Panama
Téléphone: (507) 269 3443
Fax: (507) 223 1767
E-mail: amb.panama@diplomatie.ht
Qatar (Ambassade d’Haïti)
Bldg 10, Saha 31, Zone 66
Doha, Qatar
Téléphone(s): +974 4404-3431 / +974 3133-2215
Fax : +974 4490-1742
Email: ambhaiti.qatar@diplomatie.ht
Maroc (Ambassade d’Haïti)
E-mail: ambhaiti.maroc@diplomatie.ht
SAINT SIÈGE / VATICAN (Ambassade
d’Haïti près le Saint Siège)
5/ B Via di Villa Patrizi 00161 Roma RM, Italia
Téléphone: (39) 06 44-24-2746 / 06 44-24-2749
Fax: (39)06 44-23-6637
E-mail: saintsiege@diplomatie.ht
Qatar (Ambassade d’Haïti)
P.O. Box: 10812 – Doha, Qatar Embassy of the
Republic of Haiti
Téléphone: +974 3133 2215
+974 7731 2852
E-mail: ambhaiti.qatar@diplomatie.ht
Délégation Permanente
DPH / UNESCO (Délégation permanente
d’Haïti auprès de l’UNESCO) / OIF
Maison de l’UNESCO bureaux B6.27 /28 /29
1, rue Miollis Paris Cedex 15 75732
Téléphone: 01 45 68 25 19
Fax: 01 45 68 25 17
Site Web:https://ayitiunesco.org
E-mail: dph.unesco@diplomatie.ht
32
Bureau de Développement
Commercial
BEIJING/ BUREAU COMMERCIAL (Bureau de
Développement Commercial d’Haïti à Beijing)
Jing Run Gaden Villas – D 16 18 Xiaoyun
Road, 100123 Beijing China PRC
Téléphone: (8610) 6460-8307
Fax: (8610) 6463-7141
E-mail: bc.pekin@diplomatie.ht
Missions Permanentes
MPH /OEA / DISTRICT OF COLUMBIA (Mission
permanente d’Haïti à l’OEA)
MPH / ONU / NEW YORK (Mission permanente
d’Haïti à New York)
2311 Massachusetts Ave, N.W. Washington, D.C.
20008
Téléphone: (202) 469-2911 / 332-4092
Fax: (202) 745-7215 / (202) 578-8742
Site Web: http://www.missionhaiti-oea.org/
Email: mphoea.doc@diplomatie.ht
815 Second Ave, 6th floor, New York, NY, United
States, New York
Téléphone: (212) 370-4840
Fax: (212) 661-8698
Email: mphonu.newyork@diplomatie.ht
Site Web: mphonu.ht
MPH / ONU / GENEVE (Mission permanente
d’Haïti à ONU Genève)
MPH / OMC / GENEVE (Mission permanente
d’Haïti à OMC Genève )
Rue de Monthoux 64 1201 Genéve, Suisse
Téléphone: (4122) 732 76 28 /738 3474
Fax: (4122)732 5536
Email: mphonu.geneve@diplomatie.ht
Rue de Berne # 9 1201, Geneve, Suisse
Téléphone: (4179) 374-9883 / (212) 370-4840
Fax: (4122) 715-4993 / 715-4998
Site Web:http://haitigeneve.org/
E-mail: mphomc.geneve@diplomatie.ht
33
Numéro d’urgence; Ambassade d’Haīti aux États-Unis d’Amérique et
Postes Consulaires
Les compatriotes en difficulté peuvent contacter l’Ambassade au 240641-0359. Ce numéro est disponible pour toute situation nécessitant
une assistance immédiate dans le cadre des questions migratoires.
Consulat général à Boston : (617) 375-9217; (617) 375-9324
Consulat général à Chicago : (872) 360-2753; (872) 360-2774; (872) 305-1545
Consulat général à Miami : (305) 897-0891; (305) 897-0892
Consulat général à New York : (347) 862-9192
Consulat général à Orlando : (407) 987-0540; (407) 987-8789
Consulat général à Atlanta : (404) 438-2738; (707) 983-8940
5A, Delmas 60, Musseau, Port-au-Prince, Haïti
Tel: 2813-1197 / 2813-1470 | Email:bulletin.mae@diplomatie.ht
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