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LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
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LES COMPTES ECONOMIQUES EN 2023
DIRECTION DES STATISTIQUES ÉCONOMIQUES (DSE)
Décembre 2023
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
2
SOMMAIRE
I- RÉSUMÉ : NOUVELLE CONTRACTION DE L’ECONOMIE EN 2023 - 4
II- ANALYSE SECTORIELLE DU PIB ------------------------------------------------ 11
2.1-
Baisse continue de l’Agriculture (CITI 01 – 03) ------------------------------------------------------------------ 11
2.2-
Chute des Industries Extractives (CITI 05 – 09) ----------------------------------------------------------------- 12
2.3-
Recul des Industries Manufacturières (CITI 10 – 33) --------------------------------------------------------- 13
2.4Régression des Services de Base --------------------------------------------------------------------------------------- 13
2.4.1- Electricité (CITI 35) ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 14
2.4.2- Eau (CITI 36-39) --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 15
2.5-
Baisse du secteur de la Construction (CITI 41-43) ------------------------------------------------------------- 16
2.6-
Nouvelle contraction des branches Commerce (CITI 45–47), Transport et Entreposage (CITI
49-53), Hébergement et Restauration (CITI 55-56) ---------------------------------------------------------- 16
2.7-
Tendance haussière de la branche Communication (CITI 58-63) --------------------------------------- 17
2.8-
Augmentation des activités financières et d’assurances (CITI 54-66) --------------------------------- 17
2.9-
Diminution des activités immobilières (CITI 68) --------------------------------------------------------------- 19
2.10- Hausse des services non marchands (CITI 84-94)-------------------------------------------------------------- 20
2.11- Léger accroissement des branches Education (CITI 85), Santé et Action Sociale (CITI 86-88)
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 20
2.12- Autres Activités de Services (CITI 69-75; 77-82; 90-96; 97-98) ------------------------------------------ 21
III- OFFRE ET DEMANDE GLOBALES -------------------------------------------- 21
IV-
PERSPECTIVES ------------------------------------------------------------------------ 25
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
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I-
RÉSUMÉ : NOUVELLE CONTRACTION DE L’ECONOMIE
EN 2023
Dans un contexte national marqué par l’instabilité sociopolitique, l’aggravation du
« fléau » de l’insécurité et l’exode massive de la population vers d’autres cieux à la
recherche d’un mieux-être, l’économie haïtienne, comme on pouvait s’y attendre, n’a pas
pu renouer avec la croissance au cours de l’exercice fiscal 2022-2023, s’enfonçant
davantage dans la récession pour une cinquième année consécutive. En effet, le Produit
Intérieur Brut (PIB), qui avait déjà décru de 1,7% en 2022, a atteint au cours de l’année
fiscale 2023 un montant de 592,7 milliards de gourdes en valeur constante, contre 604,0
milliards en 2022, accusant ainsi une nouvelle chute, en volume, de 1,9%.
Hormis les contraintes structurelles, plusieurs facteurs négatifs sont à l’origine du
déclin des activités économiques dans le pays en 2023. On peut citer entre autres :
•
Accentuation de la crise sécuritaire due notamment à la prolifération continue des
gangs armés
Les regroupements de civils armés se sont multipliés un peu partout dans le pays
pendant l’année fiscale 2023, accaparant ainsi beaucoup plus d’espace pour réaliser leurs
forfaits criminels au grand dam des agents économiques en particulier et de toute la
population en général. Avec une relative concentration dans l’Aire Métropolitaine de Portau-Prince, occupant notamment les principaux axes routiers reliant la capitale économique
au reste du pays, les activités des gangs armés ont réduit énormément la libre circulation
des gens et des marchandises, avec évidemment des conséquences incalculables sur les
activités économiques.
En effet, certaines zones au niveau de l’Aire Métropolitaine et d’autres régions du
pays réputées paisibles ont été envahies par les gangs armés. C’est le cas, par exemple, de
Carrefour-Feuilles, de plusieurs quartiers de la Plaine du Cul de Sac, du prolongement de
la Nationale #1 de Canaan jusqu’aux confins des Sources Matelas, de la Nationale #2
incluant Martissant et Fontamara, du tronçon de Morne à Cabri menant dans le Bas
Plateau Central, du Bas Artibonite, la principale région rizicole du pays, etc. Ce
« cataclysme humain » que constitue le fléau de l’insécurité a provoqué des déplacements
massifs et désordonnés des riverains, un véritable sauve qui peut, occasionnant la
détérioration des conditions de vie déjà précaires de la population. Ainsi, pour une nouvelle
année consécutive, le phénomène de l’insécurité a été l’un des principaux obstacles ayant
plombé l’économie haïtienne.
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• Persistance de l’instabilité politique
La crise sociopolitique qui perdure n’est pas non plus sans conséquence sur
l’atterrissage « violent » que l’économie a connu en 2023, avec comme toile de fond une
nouvelle contraction du PIB et la ténacité de l’inflation à deux chiffres. Il est vrai que,
contrairement aux périodes précédentes, la crise sociopolitique n’a pas charrié, cette année,
derrière elle, les manifestations géantes et violentes auxquelles on est habitué. Ceci devrait
être un atout favorable à la relance des activités et par conséquent à la croissance. Par
contre, les agents économiques n’ont pas su mettre à profit ce calme apparent des rues, en
raison justement du panorama sociopolitique délétère marqué par la hausse vertigineuse
des cas de kidnapping.
Par ailleurs, les investisseurs, particulièrement étrangers, exigent habituellement un
minimum de garanties institutionnelles afin de minimiser les risques associés à leurs
investissements. A cet égard, l’absence prolongée des institutions prévues par la
constitution, à cause de la persistance de la crise sociopolitique, se révèle être un très
mauvais message envoyé aux nouveaux investisseurs potentiels qui pourraient être
intéressés au marché haïtien.
•
Attentisme et instinct de survie de certains agents économiques en raison de la
dégradation continue du climat des affaires
Face au pourrissement de la situation sécuritaire du pays, beaucoup de gens du
milieu des affaires se retrouvent être la proie des bandits qui leur extorquent de fortes
sommes d’argent pour qu’ils puissent continuer à fonctionner, à demeurer dans les zones
qui sont sous leur contrôle ou, tout simplement, pour pouvoir écouler leurs marchandises
d’un point du territoire à un autre. Fort de tout cela, ces agents économiques n’avaient
d’autre choix que de s’abstenir de se lancer dans de nouveaux projets d’investissements
dont le risque d’enregistrer des pertes énormes était très élevé. Cette passivité, guidée par la
prudence et l’instinct de survie qui ont caractérisé le comportement des agents
économiques en 2023, de toute évidence, n’a pas contribué à booster l’économie.
•
Retard dans l’exécution de certains grands projets de construction et de réhabilitation
d’infrastructures publiques
Parmi les mesures qui étaient envisagées à la fin de l’année fiscale 2022 pour
relancer la croissance en 2023, figurait l’exécution d’un certain nombre de grands travaux
d’infrastructures publics, notamment dans le cadre du Plan de Relèvement Intégré de la
Péninsule du Sud (PRIPS). Malheureusement, plusieurs de ces travaux qui étaient de
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nature à créer beaucoup de valeurs ajoutées, n’ont pas pu être concrétisés et d’autres ont
pris du temps pour démarrer. Outre la situation générale du pays qui n’était pas tout à fait
propice à cause de l’insécurité, certaines lourdeurs administratives n’ont pas non plus
facilité l’avancement des dossiers pour l’exécution effective de certains travaux.
•
Réduction importante de la main d’œuvre disponible
La réduction de la main d’œuvre disponible est une autre constante qui vient
s’ajouter à cette multitude de risques auxquels l’économie haïtienne a eu à faire face au
cours de ces cinq dernières années. La forte émigration enregistrée en 2023 parmi les
couches les plus jeunes de la population en âge de travailler peut se révéler néfaste pour
l’économie à court, moyen et long terme. En effet, le départ massif, en un si laps de temps,
de beaucoup de jeunes cadres universitaires et de professions manuelles en Amérique du
Nord et ailleurs, constitue une hémorragie sans précédent, affectant outre mesure la
quantité de main d’œuvre qualifiée disponible dans l’économie. Cette importante exode,
réalisée de manière précipitée et parfois sans aucune planification, peut entrainer des effets
retardés sur l’économie haïtienne, particulièrement au moment d’une relance effective des
activités où on aura besoin d’une masse critique de jeunes cadres universitaires et autres.
Evidemment, contrairement aux attentes de plus d’un, cet environnement général
plutôt hostile n’a pas permis à l’économie haïtienne de reprendre ses droits en 2023. Cette
situation a mis à mal les opérateurs économiques évoluant dans les trois grands secteurs
d’activité. Les facteurs de blocage déjà énoncés n’ont fait que détériorer une économie qui
était déjà en plein marasme après quatre années successives de décroissance, mettant ainsi
les agents économiques dans l’impossibilité d’augmenter la quantité de richesses créées en
2023 par rapport à celles de l’année fiscale 2022.
Ainsi, les trois grands secteurs de l’économie - primaire, secondaire et tertiaire ont
tous vu leur valeur ajoutée contracter au cours de cet exercice, avec des montants respectifs
de 95,6 milliards, 137,1 milliards et 316,2 milliards de gourdes à prix constants en 2023,
contre 101,3 milliards, 142,4 milliards et 325,7 milliards en 2022. Il en est résulté des taux
de croissance négatifs de -5,6%, -3,7% et de -2,9%, respectivement pour les secteurs
Primaire, Secondaire et Tertiaire.
Du côté de l’Offre et de la Demande Globales, presque toutes les composantes du
PIB ont contribué à son repli en 2023. Hormis la Consommation Finale qui a affiché une
tendance haussière, le fléchissement du PIB dérive du déclin de toutes les autres
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composantes, telles que la Formation Brute de Capital Fixe, FBCF (Investissement) et
l’Exportation. Parmi les facteurs qui ont rendu possible la relative hausse de la
Consommation Finale, on peut noter les envois de fonds des travailleurs haïtiens à
l’étranger et les « programmes sociaux du Gouvernement ».
En effet, par rapport à l’année dernière, les envois de fonds des travailleurs haïtiens
à l’étranger ont légèrement décru (1,2%) en 2023, contre une chute (4,9%) relativement
plus substantielle en 2022. On peut ainsi penser que les 3,8 milliards de dollars américains
de cette année ont quand même fourni une bouffée d’oxygène aux ménages. Il y a lieu
aussi de considérer l’apport des flux financiers de plusieurs milliards de gourdes inscrits
dans le cadre du Programme d'Urgence Multisectoriel d'Apaisement et de Réinsertion
Sociales des Groupes Vulnérables (PUMARSGV), mis en place par le Gouvernement et
financé par le Trésor Public.
TABLEAU 1
VALEUR AJOUTEE PAR GRANDS SECTEURS D'ACTIVITE
EN MILLIONS DE GOURDES CONSTANTES
DE 2018-2019 A 2029-2023
BASE 2011-2012
SECTEURS D'ACTIVITE
VARIATION
2022-2023 ANNUELLE
EN 2023
2018-2019
2019-2020
2020-2021
2021-2022
SECTEUR PRIMAIRE
116 735
110 573
106 066
101 277
95 585
-5,6
SECTEUR SECONDAIRE
153 869
146 314
142 731
142 442
137 150
-3,7
SECTEUR TERTIAIRE
343 447
339 375
330 994
325 720
316 233
-2,9
VALEUR AJOUTEE BRUTE TOTALE
614 051
596 261
579 791
569 439
548 968
-3,6
SOURCE : DSE / IHSI
Graphique 1
Repartition du PIB Sectoriel
Prim
17%
Ter
58%
Sec
25%
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
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En ce qui concerne les Prix à la Consommation, cette fameuse inflation à deux
chiffres qui a du mal à refluer continue à éroder le pouvoir de la monnaie, même si au
cours des derniers mois de l’exercice fiscal on a assisté à un certain ralentissement du
rythme de l’inflation, comparé aux pics de croissance de l’année dernière. L’inflation a
terminé l’année fiscale 2023 avec des taux d’accroissement en moyenne et glissement
annuels de 44,1% et de 31,8%, contre respectivement 27,6% et 38,7%. Contrairement à
l’année dernière, cette fois-ci ce sont majoritairement des facteurs internes qui ont
influencé le comportement à la hausse de l’inflation. Parmi ces facteurs on relève :
•
Installation de postes de péage par les groupes armés.
L’existence de postes de péage sur les principaux axes routiers reliant la capitale
économique aux autres départements géographiques du pays est peut-être l’élément le plus
déterminant dans la hausse des prix de revient des marchandises. C’est une situation qui
est hors de tout contrôle et le montant à payer peut-être revu à la hausse d’un jour à l’autre
suivant l’humeur des chefs de gangs. Même si cette mauvaise pratique est susceptible, dans
certains cas, d’impacter les marges des entrepreneurs, il est évident que c’est surtout le
consommateur final qui aura à subir cet accroissement des prix de revient.
Tableau 2
Evolution Mensuelle de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC)
au cours des deux derniers exercices fiscaux
2020-2021
2021-2022
2022-2023
Glissement
annuel (%)
Glissement
annuel (%)
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
157.7
158.5
160.1
162
163.7
165.5
167.0
168.7
170.8
174.3
177.9
180.5
188.7
197.5
199.5
200.8
204.9
208.3
211.6
215.6
220.4
227.5
234.9
250.2
277.7
287.4
295.8
299.7
303.6
308.8
312.9
315.7
317.1
317.9
322.4
329.9
19.7
24.6
24.6
24.0
25.2
25.8
26.7
27.8
29.0
30.5
32.0
38.6
47.1
45.5
48.2
49.3
48.2
48.3
47.9
46.4
43.9
39.8
37.3
31.8
Moyenne annuelle
167.2
213.3
307.4
27.6
44.1
MOIS
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
8
•
Anticipation des agents économiques
La situation d’incertitude qui a prévalu porte souvent les agents économiques
(producteurs et ménages) à se livrer à des anticipations qui ont certainement des effets sur
les prix des produits. C’est quasiment une sorte de spirale. Les agents pensent que les prix
vont renchérir, donc, automatiquement ils augmentent leurs prix de vente.
•
Déséquilibre entre l’Offre et la Demande de biens sur le marché
La mauvaise performance de l’agriculture en 2023 ainsi que la baisse des
importations ont provoqué une certaine diminution de l’offre des produits locaux et
importés sur le marché. De même que les difficultés d’approvisionnement liées aux
problèmes rencontrés par les transporteurs sur les axes routiers contrôlés par les bandits
sont souvent à l’origine des raretés de certains produits.
Il convient aussi de noter que, contrairement à l’année dernière, il y a certains
facteurs qui, cette fois-ci, ont plutôt contribué à un certain ralentissement de l’inflation au
cours du deuxième semestre de l’exercice fiscal 2022-2023. On peut mentionner par
exemple :
•
Chute des cours mondiaux
Selon la FAO, l’indice mondial des prix alimentaires qui était de 143,7 en 2022 est
tombé à 124,7 en 2023, soit une chute de 13,3%. Tenant compte du poids relativement élevé
des produits alimentaires importés dans le panier de la ménagère, cette diminution des prix
sur le marché international participe à la décélération observée dans le rythme de
l’inflation en 2023. L’impact de l’inflation importée a été moindre cette année.
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•
Plus grande disponibilité des produits pétroliers sur le marché local.
Par rapport à la crise pétrolière que l’économie haïtienne avait connue l’année
dernière, une nette amélioration a été observée cette année dans la distribution des produits
pétroliers, particulièrement dans l’Aire Métropolitaine de Port-au-Prince. Ceci évite les
hommes d’affaire en particulier et les ménages en général à aller s’approvisionner à prix
fort sur le marché informel, comme c’était le cas l’année dernière.
•
Relative baisse du taux de change.
Même si les niveaux du taux de change (taux de référence de la BRH) en 2023
restent nettement supérieurs à ceux de l’année fiscale 2022, des baisses successives ont été
observées à partir du mois d’avril, passant de 153,3 gourdes pour un dollar à 134,7 gourdes
en septembre. Cette relative stabilisation de la baisse du taux de change au cours du
deuxième semestre de l’exercice fiscal a pu aussi, probablement, influencer le
comportement des agents économiques. Il est à noter qu’il existe, certes, une différence de
niveau entre les taux de référence de la BRH, ceux pratiqués par les banques commerciales
et ceux du secteur informel, mais, généralement, ils épousent la même tendance à la hausse
ou à la baisse.
Tableau 3
Evolution du Taux de change1
au cours des deux derniers exercices fiscaux
2020-2021
2021-2022
2022-2023
Glissement
annuel (%)
Glissement
annuel (%)
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
64.0
64.3
71.3
72.5
74.1
78.1
82.7
88.1
91.2
93.7
96.2
97.4
99.8
98.7
100.1
101.2
102.1
104.4
106.2
109.1
112.6
113.6
121.3
116.5
122.1
135.1
143.1
147.1
149.3
152.6
153.3
143.1
138.1
137.0
135.9
134.7
55.9
53.6
40.5
39.7
37.8
33.6
28.4
23.9
23.5
21.3
26.1
19.6
22.4
36.8
43.0
45.4
46.2
46.2
44.4
31.1
22.7
20.6
12.0
15.7
Moyenne annuelle
81.1
107.1
141.0
32.1
31.6
MOIS
1:Taux de référence de la BRH
SOURCE: IHSI/BRH
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
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Graphique 3
Evolution du taux de change
Variation en glissement annuel
60,0
50,0
En %
40,0
30,0
20,0
10,0
0,0
Variation en 2022
II2.1.-
Variation en 2023
ANALYSE SECTORIELLE DU PIB
Baisse continue de l’Agriculture (CITI 01 – 03)
Après avoir fléchi de 4.5 % en 2022, la branche Agriculture, Sylviculture, Elevage
et Pêche a de nouveau décru en 2023 en accumulant 89,7 milliards de gourdes de valeur
ajoutée à prix constants, contre 95,0 milliards en 2022, soit une chute de 5,6%.
En effet, selon les informations quantitatives et qualitatives en provenance du
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR) ainsi que de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA),
la mauvaise performance de la production agricole est la résultante d’un ensemble de chocs
récurrents et d’autres contraintes tant naturelles, conjoncturelles que structurelles auxquelles
le secteur est encore confronté.
Très sensible aux vulnérabilités du pays, la production de ce secteur a été impactée par
les aléas climatiques qui se sont révélés défavorables à son amélioration au cours de
l’exercice. Les rudes sécheresses de l’année, combinées à certaines périodes avec des
précipitations se situant en marge du niveau de normalités, ont été à la base des déficits de
végétation enregistrés dans plusieurs régions agroécologiques, affectant ainsi la performance
globale des différentes campagnes agricoles.
Cette situation s’est soldée par d’importantes pertes de récoltes de cultures céréalières
et maraîchères, de légumineuses ainsi que de tubercules, principales cultures des exploitants
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
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agricoles du pays. La production de certaines denrées telles que le riz, le maïs, le sorgho ainsi
que les haricots ont fléchi respectivement de -17,2%, -14,5%, -5,8% et de -3,8%. De leur côté,
les tubercules ainsi que les cultures maraîchères ont enregistré des accroissements négatifs
atteignant respectivement en moyenne -4,2% et -3,3%.
Hormis les contraintes naturelles qui impactent habituellement la productivité des
cultures, le secteur agricole continue de faire face à toute une panoplie de contraintes et
d’obstacles qui ne sont pas prêts d’être résolus en dépit de multiples efforts entrepris pour les
enrayer. Parmi ces obstacles, on peut citer sur le plan structurel :
a) La défaillance des infrastructures agricoles.
b) Les contraintes liées à la dégradation des espaces cultivables.
c) Les contraintes d’irrigation.
d) Le manque d’investissement dans le secteur.
e) Les contraintes liées à l’insécurité foncière.
f) La décapitalisation des familles et exploitants agricoles.
g) Le manque de crédits en faveur des exploitants agricoles.
h) Les contraintes liées à l’inexistence d’assurance en prévention des pertes et dommages
causés dans les infrastructures agricoles suite aux catastrophes naturelles.
D’autres facteurs plutôt d’ordre conjoncturel ont également handicapé la progression
du secteur. On retrouve dans cette catégorie :
a) La rareté ainsi que le coût élevé des semences et engrais.
b) Les actions des gangs armés dans les régions agricoles.
c) La réduction de la main d’œuvre dans le secteur.
d) L’exode des familles agricoles.
e) Les contraintes de déplacements à travers les différentes régions.
Il convient aussi de noter que les retards ainsi que la réduction des projets dans le
cadre des programmes de distribution de kits d’outillage, d’engrais et de semences aux petits
cultivateurs et aux ménages agricoles ont constitué également des entraves à la bonne
performance du secteur.
2.2-
Chute des Industries Extractives (CITI 05 – 09)
La valeur ajoutée des industries extractives, l’autre composante du secteur primaire
dont la production est composée surtout d’extraction de roches, de gravier et de sable dans les
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
12
carrières ainsi que de l’exploitation du sel marin au niveau des marais salants, s’est contractée
de 6,2% en réalisant 5,9 milliards de gourdes en valeur constante contre 6,3 milliards en 2022.
A l’instar d’autres secteurs d’activité, la production de cette branche a été
spécifiquement affectée par le ralentissement des activités dans des secteurs connexes tels
que la Construction et les produits minéraux non métalliques, et de manière générale par la
propagation de l’insécurité qui s’est intensifiée cette année au niveau des zones où se trouvent
les principaux sites des carrières, particulièrement celles qui sont situées dans les hauteurs de
Pétion-Ville, en amont de la plaine du Cul de Sac ainsi que dans la périphérie du Morne à
Cabri.
Le repli de la branche des industries extractives est aussi lié à la baisse des activités
enregistrée dans des branches connexes telles que la Construction et les Minéraux non
Métalliques qui sont également en difficulté face à la situation générale du pays.
2.3- Recul des Industries Manufacturières (CITI 10 – 33)
Contrairement à l’exercice précédent (2021-2022) où l’on avait enregistré une
croissance de 2,4% des industries manufacturières, la valeur ajoutée de celles-ci s’est
rétrécie en 2023 de -2,6% avec seulement 106,4 milliards de gourdes constantes, contre 109,3
milliards l’année dernière.
La baisse observée au niveau de ce secteur provient surtout du fléchissement de 6,9%
de la branche des industries textiles, d’habillement et de cuir qui détient la plus forte
pondération (43,0%) par rapport à l’ensemble du secteur. En attestent les exportations des
industries d’assemblage qui ont atteint 767,81millions de dollars américains en 2023 contre
1073,6 millions en 2022, soit une chute de 28,5%.
Néanmoins, les industries de fabrication de produits alimentaires et de boissons
ainsi que celles évoluant dans la fabrication d’ouvrages en métaux ont réalisé des
accroissements de 0,9% et de 1,2%. Par contre, avec leurs poids respectifs (29,3% et 20,0%)
inférieurs à celui des industries textiles, d’habillement et de cuir, leurs faibles croissances
se révélaient nettement insuffisantes pour inverser la tendance globale du secteur
manufacturier.
2.4-
Régression des Services de Base
Les services de base renferment essentiellement la production et la distribution de
l’eau et de l’électricité. Atteignant globalement 6,8 milliards de gourdes en terme réel à la fin
1
Balance des Paiements_ Banque de la République d’Haïti (BRH)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
13
de l’exercice fiscal 2023, la valeur ajoutée de cette branche a subi un repli de 9,3% par rapport
à l’année antérieure.
Le déclin de cette branche est inhérent à la contre-performance de ses deux
composantes, Electricité et Eau.
2.4.1- Electricité (CITI 35)
Après avoir connu une contraction de 19,3% en 2022, la valeur ajoutée de la branche
Electricité a de nouveau régressé en 2023 avec un montant de 2,2 milliards de gourdes à prix
constants contre 2,6 milliards l’année précédente, soit une chute de 14,4%. Le recul de la
branche Electricité dérive essentiellement des mauvais résultats affichés, à la fois, par la
production thermique et la production hydraulique.
En effet, la production thermique qui représente près de 48% de la production totale de
l’électricité a chuté cette année de 42,6% par rapport à l’année dernière avec 146,4 2 millions
de kWh, contre 255,2 millions de kWh en 2022. Les principaux facteurs à la base de cette
déficience résultent d’un ensemble de contraintes récurrentes qui ont toujours limité la
Compagnie d’Energie Electrique dans ses champs d’intervention. A titre indicatif :
a)
Le dysfonctionnement pendant de longs mois de l’année de certaines centrales
électriques tant au niveau de l’Aire Métropolitaine que dans les villes de province.
b)
Les défaillances enregistrées dans les systèmes de transmission et de distribution à
travers le pays.
c)
Le manque de construction de petits réseaux à travers le pays afin de faciliter
l’accès à l’énergie à une plus large partie de la population.
d)
Le manque d’investissement dans le secteur.
e)
Les contraintes d’approvisionnement en mazout et d’acquisition de pièces de
rechange.
f)
Les contraintes provoquées par le fléau de l’insécurité.
g)
Les prises clandestines qui ne cessent de gagner du terrain.
En ce qui concerne l’énergie hydraulique, la production issue de cette composante qui
représente 52% de la production totale a elle aussi diminué passant de 184,5 millions de kWh
en 2022 à 160,2 millions de kWh en 2023, soit une chute de 13,1% par rapport à 2022.
Le recul de la production de la composante hydraulique est consécutif au
dysfonctionnement depuis plus d’une année des centrales de Caracol, Saut Mathurine, Délugé
Lanzac et Onde Verte ainsi qu’à l’abaissement du niveau d’eau des barrages érigés dans les
2
Tableau de Production_ Electricité d’Haïti (EDH)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
14
lacs et rivières par manque de précipitations de pluie. Toutefois, il faut signaler qu’en dépit de
ces difficultés, la production issue des centrales hydrauliques a été supérieure à celle dérivant
des centrales thermiques.
2.4.2- Eau (CITI 36-39)
A l’instar du secteur de l’Electricité, la sous branche Production et Distribution
d’Eau et Assainissement a connu une fluctuation négative de 6,9% de sa valeur ajoutée
évaluée à 4,6 milliards de gourdes à prix constants en 2023 contre environ 5,0 milliards en
2022.
Etablie à 32,5 millions de mètres cubes d’eau en 2022, la production globale de la
branche Eau est tombée à 30,93 millions de mètres cubes à la fin de l’exercice fiscal 2023, soit
un repli de 4,9%.
Les résultats déficients cumulés des deux segments de production à savoir les forages
et les sources sont à l’origine de cette contre-performance. En effet, la production issue des
sites de forages a subi une contraction de 6,7% passant de 20,6 millions de mètres cubes d’eau
en 2022 à 19,3 millions au terme de l’année 2023. Parallèlement, la production provenant des
sources a aussi légèrement régressé en totalisant 11,5 millions de mètres cubes d’eau en 2023
contre 11,9 millions en 2022, ce qui représente une décroissance de 3,2%.
De nombreux facteurs se retrouvent à la base de cette déficience, selon la DINEPA.
On peut mentionner notamment :
a) L’aggravation de la situation sécuritaire du pays.
b) La sécheresse plus rude que d’habitude.
c) L’insuffisance des sources naturelles à travers le pays causant de grandes
difficultés à la DINEPA.
d) Les difficultés de garantir la continuité du service de distribution à partir des
stations de pompage d'eau potable sur toute l'étendue du territoire national.
e) Les troubles sociaux.
f) L’ensablement, la vétusté et la défaillance des canaux de distribution.
g) Les prises clandestines qui provoquent des pertes d’eau sur les réseaux.
h) Les contraintes financières car les bailleurs se montrent plus réticents d’année en
année.
i) L’extension des zones d’influence des gangs armés entraînant des difficultés
d’accès pour la construction ou la réhabilitation des infrastructures hydrauliques
défectueuses, etc.
3
Tableau de Production_ Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
15
2.5-
Baisse du secteur de la Construction (CITI 41-43)
Après une contraction de 6.0% en 2022, la Valeur ajoutée de la branche Construction
(Bâtiments et Travaux Publics, BTP) a de nouveau fléchi au cours de l’exercice fiscal 20222023. Se fixant à 25,6 millions de gourdes à prix constant en 2022, la valeur ajoutée de cette
branche est tombée à 23,9 millions de gourdes cette année, soit une chute de 6,9 %.
A l’instar de l’année fiscale 2022, les dépenses d’investissement public allouées à ce
secteur se sont révélées à nouveau insuffisantes pour dynamiser sa croissance. En dépit d’un
accroissement significatif de l’investissement global, le montant affecté à la Construction, aux
acquisitions de biens d’équipements et de machineries reste relativement faible
L’attentisme du secteur privé en général (entrepreneurs et ménages) provoqué par le
phénomène de l’insécurité qui ne cesse de gagner du terrain a beaucoup contribué à la
nouvelle contraction observée dans le secteur de la construction. Ainsi, certains hommes
d’affaires du secteur privé et d’autres particuliers, notamment les compatriotes de la diaspora
hésitent à se lancer dans des grands chantiers de construction à cause de la conjoncture
hautement risquée du pays. D’autres particuliers qui avaient déjà des constructions en cours
ont dû procéder à la fermeture de leurs chantiers par crainte d’être ciblés.
Les retards enregistrés dans l’exécution d’un certain nombre de travaux de
construction et de réhabilitation d’infrastructures publiques à cause des lourdeurs
administratives et autres contraintes participent aussi de la diminution des activités du secteur
de la Construction en 2023. On pense ici, particulièrement, à ceux qui sont figurés dans les
projets du Plan de Relèvement Intégré de la Péninsule du Sud (PRIPS).
2.6-
Nouvelle contraction des branches Commerce (CITI 45–47), Transport et
Entreposage (CITI 49-53), Hébergement et Restauration (CITI 55-56)
Cumulant 124,9 milliards de gourdes à prix constants à la fin de l’année fiscale 2023,
la valeur ajoutée de ces trois branches d’activité qui représente 39,5% de l’ensemble du
secteur Tertiaire s’est soldée par un recul de 8,3%, contre -7,5% pour l’exercice antérieur.
La branche Commerce de gros et de détail, la plus importante du groupe avec une
pondération d’environ 88,0%, a eu, seulement, 110,0 milliards de gourdes de valeur ajoutée à
prix constants en 2023, contre 119,5 milliards l’année dernière, soit une contraction de -8,0%.
Tributaire, essentiellement, des activités liées à la production nationale ainsi qu’aux
importations de biens et de services, le fléchissement de la branche Commerce dérive, en
partie, de la précarité du secteur agricole et de certaines branches des industries
manufacturières locales dont la production s’est également affaiblie au cours de l’exercice. De
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
16
même, comparées à l’année dernière où elles avaient cru, en volume, de 4,9%, les
importations ont plutôt diminué cette année de 0,4%.
De par sa proximité avec le secteur commercial, la branche Transport et
Entreposage a, elle aussi, épousé une tendance baissière. Avec une valeur ajoutée de 7,2
milliards de gourdes à prix constants, elle s’est considérablement déclinée en affichant une
baisse de 13,0% contre -8,7% par rapport à l’année antérieure. Le secteur Transport a été
aussi l’une des principales victimes de l’insécurité grandissante qui a marqué l’année 2023.
Etant donné que le Transport est un service transversal, on peut dire que son recul découle de
la baisse générale des activités économiques dans le pays.
Dépendant en grande partie des activités commerciales, du transport, du tourisme et
d’un climat sécuritaire propice aux déplacements des gens, la branche Hébergement et
Restauration a également évolué à la baisse. Évaluée à 8,4 milliards de gourdes à prix
constants en 2022, la valeur ajoutée de cette branche est tombée en 2023 à 7,7 milliards, soit
une chute de 8,0%.
Tout comme c’était le cas l’année dernière, cette branche a fait, une nouvelle fois, les
frais des effets néfastes du phénomène de l’insécurité. Pire encore, cette année, beaucoup
d’hôtels de plage ont été mis à sac par les bandits armés. C’est le cas par exemple de plusieurs
de ceux qui se trouvent sur la Côte des Arcadins, une zone qui, il n’y a pas trop longtemps,
était l’une des principales destinations touristiques en Haïti, à la fois pour les Haïtiens et les
étrangers.
2.7-
Tendance haussière de la branche Communication (CITI 58-63)
La
branche
Communication
comporte
la
fourniture
des
services
de
Télécommunication et services connexes proprement dits ainsi que les services résultant de
la production des activités d’Edition et de Diffusion et Programmation.
Après avoir atteint l’année dernière 13,5 milliards de gourdes en termes réels, la valeur
ajoutée de cette macro branche est passée à 13,7 milliards en 2023, soit une progression de
2,1% comparativement à l’exercice antérieur.
En dépit de nombreuses difficultés éprouvées par rapport à la dégradation de
l’environnement sécuritaire et d’autres contraintes auxquelles les compagnies ont eu à faire
face, ce secteur a pu garder la tête hors de l’eau, probablement grâce à l’utilisation de plus en
plus accrue des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) pour
pallier un peu les problèmes de déplacement causés par l’insécurité des rues.
2.8-
Augmentation des activités financières et d’assurances (CITI 54-66)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
17
Après avoir progressé de 3,6% en 2022, la branche des activités financières et
d’assurances a crû de nouveau en 2023. Se chiffrant à 21,1 milliards de gourdes au terme de
l’année fiscale 2023, la valeur ajoutée globale de cette macro branche a augmenté en volume,
de 4,6% comparativement à l’exercice antérieur où elle atteignait 20,2 milliards. Toutes les
composantes du secteur financier ont concouru à sa croissance.
Le secteur bancaire a vu sa valeur ajoutée augmenter, en volume, de 3.5% contre 4.0%
l’année précédente. S’agissant des micros finances ainsi que des autres institutions de crédit,
elles ont enregistré un accroissement moyen de 2,7% de leur valeur ajoutée à prix constant,
contre 4,0% précédemment.
De son côté, la valeur ajoutée du secteur des assurances a également évolué à la hausse
passant de 7,8 milliards de gourdes en 2022, à 8,0 milliards en 2023, soit une progression en
volume de 2,6%.
TABLEAU 4
VALEUR AJOUTEE PAR BRANCHES D'ACTIVITE
EN MILLIONS DE GOURDES CONSTANTES
DE 2018-2019 A 2022-2023
BASE 2011-2012
CODE
CITI
BRANCHES D'ACTIVITE
2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023
SECTEUR PRIMAIRE
Agriculture, sylviculture et pêche
Activités extractives
116 735
109 692
7 043
110 573
103 760
6 813
106 066
99 473
6 593
101 277
94 954
6 323
95 585
89 655
5 930
SECTEUR SECONDAIRE
Activités de fabrication
Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et climatisation
Distribution d’eau; réseau d’assainissement; gestion des déchets et remise
153 869
113 269
5 105
146 314
108 515
3 818
142 731
106 696
3 194
142 442
109 281
2 576
137 150
106 447
2 204
Construction
5 603
29 891
5 415
28 566
5 563
27 278
4 955
25 631
4 628
23 871
45-47
SECTEUR TERTIAIRE
Commerce de gros et de détail, réparation de véhicules automobiles et de
343 447
145 231
339 375
140 986
330 994
129 597
325 720
119 541
316 233
109 993
49-53
Transport et Entreposage
14 368
10 893
9 048
8 263
7 193
55 - 56
Activites d'Hebergement et de Restauration.
9 124
8 838
8 608
8 418
7 741
12 578
18 937
26 213
32 878
28 627
22 801
32 689
12 633
19 016
26 512
34 477
29 240
23 597
33 182
12 896
19 485
26 820
35 366
30 157
25 207
33 810
13 463
20 190
27 097
35 800
31 325
26 573
35 050
13 750
21 119
25 536
37 247
32 043
26 952
34 659
VALEUR AJOUTEE
614 051
596 261
579 791
569 439
548 968
IMPOTS NETS DES SUBVENTIONS
32 892
29 297
34 518
34 537
43 751
PIB
646 943
625 558
614 309
603 976
592 719
-1,7
-3,3
-1,8
-1,7
-1,9
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
18
01-03
05-09
10-33
35
36-39
58-63
Information et Communication
64 - 66
Activités Financières et d'Assurances
68
Activites Immobilieres
84
Administation publique et défense; sécurité sociale et obligatoire
85
Education
86 - 88
Santé et Action Sociale
69-75; 77-82; 90-96; 97-98 Autres Activités de Services
TAUX DE CROISSANCE DU PIB
SOURCE : DSE / IHSI
Graphique 4
Evolution du PIB
Taux de croissance annuel
30
25
En %
20
15
10
5
0
2018-2019
2019-2020
2020-2021
2021-2022
2022-2023
-5
Valeur
2.9-
Volume
Diminution des activités immobilières (CITI 68)
Contrairement à l’exercice passé où l’on avait dénoté une croissance, quoique légère,
de la valeur ajoutée du secteur immobilier, celle-ci a en effet accusé une contraction
relativement importante, passant de 27,1 milliards de gourdes en 2022 à 25,5 milliards en
2023, soit une baisse, en volume, de 5,8%.
Après avoir réalisé un taux d’accroissement moyen annuel de 1,5% durant les cinq
dernières années (de 2018 à 2022), c’est la première fois que ce secteur s’est retrouvé en
déclin depuis la chute de 1,3% qu’il avait connu en 2017. Cela traduit en quelque sorte une
certaine résilience dudit secteur face aux multiples chocs que l’économie haïtienne a connus
ces temps derniers.
La chute de cette année peut être inscrite dans le contexte de la crise sécuritaire aigue
et de ses corollaires dont :
a)
Le déplacement massif des familles abandonnant leurs maisons ou la fuite des zones à
risque envahies par des bandits.
b) L’émigration d’un nombre incalculable de gens vers des pays étrangers.
c)
L’accaparement et même l’incendie parfois de beaucoup de bâtiments par des bandits
armés.
d) Forte pression de la demande sur les bâtiments disponibles dans les quartiers
considérés comme étant moins risqués.
e)
Décapitalisation de certains agents économiques évoluant dans le secteur immobilier.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
19
2.10- Hausse des services non marchands (CITI 84-94)
Le secteur des Services Non Marchands regroupe, essentiellement, les Institutions
qui fournissent, gratuitement ou quasi gratuitement, des biens et services à la population. On
y retrouve l’Administration Publique (APU), la Sécurité Sociale, les Collectivités Territoriales
ainsi que les Institutions sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM).
De 35,8 milliards de gourdes, en termes réels, réalisés en 2022, la valeur ajoutée de ce
secteur est passée à 37,2 milliards en 2023, soit un accroissement de 4,0% contre une hausse
de 1,2% par rapport à l’année précédente.
La hausse des Services Non Marchands est compatible avec l’augmentation de 17,2%4
du montant total de la masse salariale enregistré dans l’Administration Publique, passant de
63,0 milliards de gourdes en 2022 à 73,8 milliards en 2023.
2.11-
Léger accroissement des branches Education (CITI 85), Santé et Action
Sociale (CITI 86-88)
La macro branche Education, Santé et Action Sociale a progressé de 1,9% en 2023
avec 59,0 milliards de gourdes constantes de valeur ajoutée contre une croissance nettement
plus élevée en 2022, soit 4,6% pour un montant évalué à 58,0 milliards de gourdes constantes.
Avec une valeur ajoutée équivalant à un peu plus de 32,0 milliards de gourdes à prix
constants en 2023, la branche Education a enregistré un accroissement de 2,3%, un peu
inférieur par rapport à la hausse de 3,9% de l’année dernière où la valeur ajoutée avait atteint
31,3 milliards de gourdes.
Selon certains responsables, des initiatives entreprises par le Ministère de l’Education
Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) ont contribué en partie à
l’amélioration des activités du secteur. Par exemple (i) la réhabilitation et la construction
d’infrastructures scolaires notamment dans la Péninsule du sud dans le cadre des projets de la
Fondation Carlos Slim de concert avec l’UNICEF (ii) la distribution de livres gratuits et (iii)
la fourniture de cantines scolaires, pour ne citer que celles-là.
En ce qui concerne la branche Santé et Action Sociale sa valeur ajoutée se chiffre à
27,0 milliards de gourdes constantes en 2023, contre 26,6 milliards en 2022, soit un
accroissement de 1,4%.
4
Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE)_Ministère de l’Economie et des Finances (TOFE)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
20
2.12- Autres Activités de Services (CITI 69-75; 77-82; 90-96; 97-98)
Les Autres Activités de Services renferment toutes les autres branches d’activités
couvrant les codes (69-75; 77-82; 90-96; 97-98) de la Classification Internationale par Type
d’Industries (CITI). Elles font principalement référence aux institutions de services qui
viennent en appui à d’autres secteurs. A titre indicatif, on peut citer les producteurs de
Services juridiques et comptables, les producteurs de Services d’activité d’appui aux
entreprises, les producteurs de Services d’activités d’enquête et de sécurité, etc.
La valeur ajoutée à prix constant de cette macro branche qui se chiffrait à 35,1
milliards de gourdes en 2022 est passée à 34,7 milliards en 2023, soit une contraction, en
volume, de 1,1%.
III-
OFFRE ET DEMANDE GLOBALES
L’Offre Globale qui est égale à la Demande Globale n’a atteint que 840,9 milliards de
gourdes constantes à la fin de l’année fiscale 2023, contre 853,0 milliards en 2022, soit une
décroissance, en volume, de -1,4%. Tout comme le PIB qui a chuté en 2023, l’Importation,
l’autre composante de l’Offre Globale a légèrement diminué, en volume, de 0,4%, totalisant
un montant de 248,1 milliards de gourdes au terme de l’année fiscale 2023, inférieur à celui
de 2022 qui était de 249,1 milliards.
Parmi les produits les plus importants dans la structure des importations haïtiennes, ce
sont surtout les produits comestibles minéraux (-8,5%)5, les produits chimiques (-16,3%) et
les articles manufacturés (-9,0%) qui ont le plus régressé en 2023. Par contre, les produits
alimentaires qui représentent environ 17,0% du total des importations ont augmenté de 39,
9%, atteignant 1087,9 millions de dollars américains en 2023, contre 777,7 millions en valeur
nominale.
5
Balance des Paiements Banque de la République d’Haïti (BRH)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
21
TABLEAU 5
OFFRE & DEMANDE GLOBALES
EN MILLIONS DE GOURDES COURANTES
De 2018-2019 A 2022-2023
BASE 2011-2012
AGREGATS
2018-2019
2019-2020
2020-2021
2021-2022
2022-2023
PRODUIT INTERIEUR BRUT (PIB)
1 249 213
1 547 377
1 699 208
2 168 222
2 798 324
IMPORTATION
429 690
398 049
508 604
635 088
713 985
1 678 904
1 945 427
2 207 812
2 803 312
3 512 309
1 311 336
1 513 810
1 780 244
2 302 433
2 977 146
1 195 947
1 374 547
1 615 216
2 110 774
2 756 432
CONSOMMATION FINALE DES APU
90 854
106 016
126 575
149 697
173 966
CONSOMMATION FINALE DES ISBLM
24 534
33 246
38 452
41 961
46 747
FORMATION BRUTE DE CAPITAL FIXE (FBCF)
234 184
330 076
306 674
343 926
387 671
EXPORTATION
133 384
101 540
120 893
156 952
147 491
DEMANDE GLOBALE
1 678 904
1 945 427
2 207 812
2 803 312
3 512 309
OFFRE GLOBALE
CONSOMMATION
CONSOMMATION FINALE DES MENAGES
SOURCE : DSE / IHSI
TABLEAU 5 (Suite)
OFFRE & DEMANDE GLOBALES
EN MILLIONS DE GOURDES CONSTANTES
De 2018-2019 A 2022-2023
BASE 2011-2012
AGREGATS
2018-2019
2019-2020
2020-2021
2021-2022
2022-2023
PRODUIT INTERIEUR BRUT (PIB)
646 942
625 814
614 309
603 976
592 718
IMPORTATION
283 925
232 029
237 439
249 114
248 145
OFFRE GLOBALE
930 868
857 844
851 748
853 090
840 864
CONSOMMATION
745 856
724 138
738 011
745 222
748 425
CONSOMMATION FINALE DES MENAGES
675 815
645 981
653 370
648 760
649 846
CONSOMMATION FINALE DES APU
55 875
62 071
68 101
80 088
82 771
CONSOMMATION FINALE DES ISBLM
14 165
16 085
16 539
16 372
15 807
FORMATION BRUTE DE CAPITAL FIXE (FBCF)
127 888
98 249
69 962
63 052
51 934
EXPORTATION
57 123
35 456
43 774
44 815
40 504
DEMANDE GLOBALE
930 868
857 844
851 748
853 090
840 864
SOURCE : DSE / IHSI
LES COMPTES ECONOMIQUES 2023
22
30
Graphique 5
Evolution de l'Offre et de la Demande Globales
Taux de croissance annuel
25
20
En %
15
10
5
0
-5
2018-2019
2019-2020
2020-2021
2021-2022
2022-2023
-10
Valeur
Volume
En ce qui concerne la Demande Globale, hormis la Consommation Finale Totale qui a
crû de 0,4% en 2023, toutes les autres composantes de la demande interne et externe ont
affiché une tendance baissière. La hausse de la Consommation Finale Totale résulte du
comportement différencié des différentes consommations finales. Celles des Ménages et de
l’Administration Publique ont relativement progressé, alors que celle des ISBLSM a chuté.
En effet, la Consommation Finale des Ménages a affiché une croissance positive de
0,2%, en réalisant 649,8 milliards de gourdes, en termes réels, contre 648,8 milliards en 2022.
Cette légère hausse peut être attribuée à l’apport des envois de fonds de la diaspora qui,
quoique légèrement diminué par rapport à 2022, a probablement contribué à tirer la
Consommation Finale des Ménages. Evidemment, en faisant l’hypothèse que, tenant compte
de la situation particulière que la population haïtienne a vécue en 2023, contrairement aux
années précédentes, la totalité des transferts sans contrepartie ou presque a été exclusivement
utilisée à des fins de consommation finale.
On peut aussi supposer que les milliards de gourdes inscrits dans le cadre du
Programme d'Urgence Multisectoriel d'Apaisement et de Réinsertion Sociales des Groupes
Vulnérables (PUMARSGV), mis en place par le Gouvernement et financé par le Trésor
Public, ont permis aux ménages d’atténuer un peu l’impact de l’inflation sur leur pouvoir
d’achat et par conséquent d’acquérir un certain nombre de biens et services sur le marché.
La Consommation finale de l’Administration Publique (APU) s’est aussi accrue, en
volume, totalisant 82,8 millions de gourdes constantes en 2023, contre 80,1 millions en 2022,
soit une hausse de 3,3%. Ces dépenses de consommation finale ont été, en partie, rendues
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possibles grâce aux performances appréciables des organismes de perceptions fiscale et
douanière qui ont pu obtenir une importante hausse (56,5%)6 des recettes de l’Etat au cours de
cette année.
S’agissant de la formation Brute de Capital Fixe, FBCF (Investissement), un recul
considérable de cette composante de la demande interne a été observé. Chiffrés à 51,9
milliards de gourdes constantes en 2023, contre 63,1 milliards en 2022, elle a ainsi affiché une
forte chute de 17,6% par rapport à l’exercice antérieur.
Contrairement aux deux années précédentes, la demande externe, plus précisément
l’Exportation, a subi une forte contraction au point même où l’on pourrait considérer cet
indicateur comme un thermomètre qui donne une idée du bas niveau de l’état de santé de
l’économie haïtienne en 2023. En effet, après la hausse record (23,5%) des exportations en
2021, celle relativement faible de l’année dernière (2,4%), les exportations, en valeur
constante, ont fortement chuté (-9,6%) en 2023. Elles se chiffrent à 40,5 milliards de gourdes,
contre 44,8 milliards en 2022.
Par ailleurs, l’analyse du panier des exportations d’Haïti en 2023 indique que
l’exportation des articles manufacturés (produits d’assemblage), représentant près de 35,0%
du total des exportations, a considérablement baissé par rapport à 2022, tombant à 329,96
millions de dollars américains en 2023, contre 449,34 millions en 2022, soit une contraction
de 26,6%. Cette baisse des activités, notamment dans le secteur textile, n’est pas sans
conséquence sur la masse ouvrière de la sous-traitance qui, de septembre 2022 à septembre
2023, avait déjà perdu 11262 emplois, passant d’un total de 53387 pour tomber à 42125, soit
un recul de plus de 21,1%7.
Quelques informations récentes recueillies, au moment de la rédaction de
« Les Comptes Economiques en 2023 », indiquent que la situation du pays continue
d’impacter la bonne marche des entreprises. Les pertes d’emplois seraient nettement plus
prononcées au premier trimestre de l’année fiscale en cours. Par exemple, toujours au niveau
de la sous-traitance, on était déjà en octobre 2023 à environ 39624 emplois, soit une perte de
2501 emplois en un mois, c’est-à-dire de septembre à octobre. Certains établissements
industriels très connus, et qui sont quasiment des « entreprises témoins » de leurs branches
d’activité respectives, sont obligées de fermer leurs portes sous la pression des groupes armés.
Cependant, toujours concernant les industries d’exportation, une lueur d’espoir a été
perçue comme une sorte d’éclaircie dans la grisaille, car certains produits ont pu, malgré tout,
tirer leur épingle du jeu dans cette conjoncture extrêmement morose. C’est le cas par exemple
Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE)_Ministère de l’Economie et des Finances (MEF)
Bulletin Rapport d’emplois de l’ADIH
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(i) des huiles essentielles avec 35,4 millions de dollars en 2023 contre 23,4 en 2022, soit une
hausse de 51,2%, ou (ii) des fruits de mer avec 16,6 millions de dollars en 2023, contre 12,4
en 2022, soit un accroissement de 34,1%8.
IV- PERSPECTIVES
De nombreuses incertitudes sur l’avenir immédiat du pays tant sur le plan politique,
social qu’économique règnent toujours dans les esprits de la population en général et des
opérateurs économiques en particulier. Selon eux, il est fort probable que les mêmes obstacles
qui ont prévalu en 2023 seront toujours présents en 2024. Cet état d’esprit est de nature à faire
perdurer l’attentisme qui a caractérisé les agents économiques en 2023 et qui, naturellement,
ne joue pas du tout en faveur d’une relance véritable des activités économiques.
Ces dernières années, outre les bouleversements sociopolitiques, l’insécurité a été
considérée comme étant la cause majeure de l’enlisement de la quasi-totalité des secteurs
d’activité. Comme on a pu le constater, durant ces cinq dernières années, l’économie a été
prise en otage par la crise politique et son corollaire que constitue le fléau de l’insécurité. Plus
d’un se demande quand est ce que l’économie haïtienne finira-t-elle par reprendre ses droits ?
La réponse est entre les mains des différents secteurs de la vie nationale qui doivent
définitivement converger vers une solution consensuelle à la crise sociopolitique afin de
résorber le problème de l’insécurité. Par exemple :
Ce sera difficile d’obtenir le reflux de l’inflation à un seul chiffre, c’est-à-dire à un
niveau qui permettrait d’éviter des dysfonctionnements majeurs dans l’économie ainsi que
l’érosion considérable du pouvoir d’achat des ménages. En effet, contenir l’inflation à un seul
chiffre paraît problématique à cause, entre autres, de l’augmentation continue du prix de
revient des marchandises, due à la persistance de l’existence de postes de péage installés par
les gangs armés sur les principaux axes routiers reliant la Capitale économique au reste du
pays.
De même, il est prévu une croissance de 1,5% du PIB en 2024. Qu’il s’agisse d’une
relance de l’économie par la Demande ou par l’Offre, la résolution de cette crise
multidimensionnelle reste et demeure un passage obligé pour pouvoir atteindre cet objectif et
fournir ainsi aux opérateurs économiques le climat propice aux affaires qui fait tant défaut.
À la fin du premier trimestre de l’année fiscale 2024, on serait tenté de dire qu’il est
encore temps pour les divers secteurs de la vie nationale de prendre toutes les dispositions
appropriées afin de trouver un modus operandi pour voir, par analogie avec le titre d’un vieux
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Tableau du secteur externe de la BRH
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film, « Comment sauver le Soldat Économique ». Néanmoins, ils doivent se dépêcher parce
que l’économie n’est pas une science exacte et la temporalité est un paramètre indispensable
dont on doit inévitablement tenir compte afin d’obtenir les résultats escomptés. Autrement dit,
il faut agir vite pour pouvoir véritablement se donner la probabilité de concrétiser l’objectif de
croissance fixé pour l’exercice fiscal 2023-2024.
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