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LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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LES COMPTES ECONOMIQUES EN 2022
DIRECTION DES STATISTIQUES ÉCONOMIQUES (DSE)
Décembre 2022
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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SOMMAIRE
I-
RÉSUMÉ : L’ÉCONOMIE HAITIENNE A ENCORE CHUTÉ EN 2022 ------- 4
II-
ANALYSE SECTORIELLE DU PIB --------------------------------------------------------- 9
2.1.- Contraction de la branche agricole (CITI 01 – 03) ------------------------------------------------ 9
2.2-
Chute des Industries Extractives (CITI 05 – 09) ------------------------------------------------ 10
2.3-
Hausse des Industries Manufacturières (CITI 10 – 33)--------------------------------------- 10
2.4- Baisse des services de base -------------------------------------------------------------------------------- 11
2.4.1Electricité (CITI 35) ----------------------------------------------------------------------------------- 11
2.4.2- Eau (CITI 36-39) ---------------------------------------------------------------------------------------- 12
2.5-
Chute du secteur de la Construction (CITI 41 – 43) -------------------------------------------- 13
2.6-
Evolution négative des branches Commerce (CITI 45–47), Transport et
Entreposage (CITI 49-53), Hébergement et Restauration (CITI 55-56)--------------- 15
2.7-
Croissance de la branche Communication (CITI 58-63) ------------------------------------- 16
2.8-
Hausse des activités financières et d’assurances (CITI 54-66) --------------------------- 16
2.9-
Accroissement des services non marchands (CITI 84-94) ---------------------------------- 17
2.10- Hausse des branches Education (CITI 85), Santé et Action Sociale (CITI 86-88) 17
2.11- Autres Activités de Services (CITI 69-75 ; 77-82 ; 90-96 ; 97-98) ------------------------- 17
III-
OFFRE ET DEMANDE GLOBALES ------------------------------------------------------ 18
IV-
PERSPECTIVES ---------------------------------------------------------------------------------- 20
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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I-
RÉSUMÉ : L’ÉCONOMIE HAITIENNE A ENCORE
CHUTÉ EN 2022
L’économie haïtienne en 2022 a affiché pour la quatrième fois consécutive une
croissance négative de son Produit Intérieur Brut (PIB). A la suite des régressions
successives de 1.7%, 3.3% et 1.8%, respectivement pour les années fiscales 2019, 2020 et
2021, le PIB, à prix constant, a enregistré en 2022 une chute de 1.7%, accusant ainsi une
contraction en moyenne annuelle d’environ 2,1% sur les quatre derniers exercices fiscaux
écoulés.
Outre les problèmes structurels, la chute de 1.7%, nettement plus prononcée que
celle de 0,4% qui était préalablement prévue, est due en grande partie à la détérioration
accélérée de la situation d’insécurité, de la crise du carburant et du climat politique,
notamment au cours des deux derniers trimestres de l’exercice fiscal.
En effet, l’économie haïtienne a été une nouvelle fois fortement pénalisée en 2022
par les actions des hommes armés qui ont quasiment pris le pays en otage en s’installant dans
plusieurs régions stratégiques de la capitale économique (Aire Métropolitaine de Port-auPrince) et dans certaines villes de province. Les actes perpétrés chaque jour sont devenus de
plus en plus déstabilisants pour les agents économiques en particulier et pour le commun des
mortels en général. Cette situation alarmante qui a eu pour effet de confiner les opérateurs
économiques dans un attentisme, un immobilisme interminable, n’a certainement pas été de
nature à favoriser la relance de l’économie tant souhaitée en 2022.
La crise du carburant qui a traversé presque toute l’année 2022, évidemment avec
des hauts et des bas, et surtout une accentuation grandissante à partir du troisième trimestre
de l’exercice fiscal, a été, avec le fléau de l’insécurité, l’un des éléments de blocage ayant
anéanti la velléité de renouer avec la croissance en 2022. Il en est résulté pendant plusieurs
mois un ralentissement considérable des activités. Les entreprises fonctionnaient avec un
horaire réduit et certaines ont même dû procéder à la compression de leur personnel afin de
réduire certains coûts fixes et d’éviter ainsi la faillite, comme cela a été le cas pour plusieurs
d’entre elles.
La crise socio-politique, de son côté, avec son lot de manifestations de rue, parfois
émaillées de violences, les journées de grèves et surtout l’opération baptisée pays lock (pays
fermé) constituait également un facteur de blocage au développement des activités
économiques.
Ces goulots d’étranglement ont anémié les trois grands secteurs de l’économie
diminuant leurs capacités d’augmenter relativement la création de richesses dans l’économie
haïtienne en 2022. Effectivement, avec des niveaux de valeur ajoutée à prix constant de
101,3, 142.4 et de 325,7 milliards de gourdes en 2022, contre 106.1, 142.7 et 331.0 milliards
en 2021, les secteurs primaire, secondaire et tertiaire ont respectivement régressé de 4,2%,
0.2% et 1.6%.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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Graphique 1
Répartition du PIB Sectoriel
Primaire
18%
Tertiaire
57%
Secondaire
25%
Concernant l’Offre et la Demande Globales, hormis la Consommation Finale des
administrations publiques (+17.6%), quasiment toutes les composantes de la demande
interne à savoir la Consommation Finale des Ménages (-1.0%), la Consommation Finale des
Institutions Sans Buts Lucratifs au Service des Ménages (-1.0), la Formation Brute de
Capital Fixe/Investissements (-10.0%)) sont en recul par rapport à l’année dernière.
En attestent, à titre indicatif, la baisse de 6.6% enregistrée dans l’envoi de fonds des
travailleurs de la diaspora (généralement utilisés pour financer la consommation finale des
ménages), la diminution drastique du pouvoir d’achat consécutive à l’accélération de
l’inflation, le repli des investissements globaux des administrations publiques de 38.7%1 en
2022 contre -28.0% en 2021 et la chute de 23.2% des investissements directs étrangers (IDE).
1 Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) – Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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En ce qui a trait aux prix à la consommation, l’inflation a atteint des niveaux record
avec des taux d’accroissement en moyenne et en glissement annuels de 27,6% et de 38,7%
en 2022, contre 15,9% et 13,1% en 2021. Parallèlement, le dollar américain s’est renchéri
avec une hausse, en moyenne annuelle, du taux de référence de la BRH de 32,1%,
s’échangeant en moyenne à 107,1 gourdes en 2022 contre 81,1 gourdes en 2021. Plusieurs
facteurs externes et internes peuvent être évoqués pour expliquer la hausse vertigineuse des
prix à la consommation en 2022. Parmi lesquels on peut citer :
Sur le plan externe,
L’envolée des cours mondiaux, notamment du pétrole et des produits de première
nécessité (denrées alimentaires et autres) a beaucoup fait rebondir l’inflation importée dans
l’économie. En effet, la rareté sur le marché mondial de certains produits de première
nécessité, l’augmentation des frets dans le commerce international, provoquées en grande
partie par la guerre russo-ukrainienne, ont fait exploser les prix des biens et services sur le
marché mondial. Les principaux partenaires commerciaux d’Haïti dont les Etats-Unis
d’Amérique et la République Dominicaine ont connu des taux record d’inflation durant
l’année 2022. Il en résulte donc une hausse substantielle de l’inflation importée dans
l’économie haïtienne.
Sur le plan interne :
(i) la crise du carburant, un produit transversal utilisé dans tout processus de
production, a fait grimper les prix de tous les biens et services dans l’économie ;
(ii) la hausse du taux de change participe aussi à l’augmentation des prix des produits
importés, puisque les agents économiques ont dû débourser beaucoup plus de gourdes pour
pouvoir se procurer le dollar américain. Cette devise, par moment, se faisait plutôt rare sur
le marché formel, alimentant toutes sortes de spéculation et rendant ainsi de plus en plus
indispensable, pour les agents économiques, le marché informel des changes qui,
généralement, pratique des taux nettement plus élevés que le marché formel ;
(iii) viennent ensuite les difficultés de circulation de personnes et de marchandises
causées par le blocage répété des voies d’accès (routes interdépartementales et communales)
dans le cadre des mouvements sociaux de rues. Cette situation a empêché
l’approvisionnement régulier des marchés publics occasionnant ainsi la rareté de certains
produits et automatiquement la hausse considérable des prix ;
(iv) le problème de l’insécurité qui sévit dans le pays a beaucoup aussi contribué à
l’accroissement des prix sur le marché. Pour pouvoir arriver à destination avec leurs
marchandises, les commerçants étaient souvent obligés de payer des « droits de passage »
exigés par des groupes armés, ce qui augmente considérablement leurs prix de revient et par
conséquent leurs prix de vente.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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Tableau 3
1
Evolution mensuelle du taux de change
Exercice fiscal:2020-2021 et 2021-2022
MOIS
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Moyenne annuelle
2019-2020
2020-2021
2021-2022
92.1
91.7
91.9
92.2
93.8
96.7
99.9
106.3
111.5
116.8
119.7
86.8
99.95
64.0
64.3
71.3
72.5
74.1
78.1
82.7
88.1
91.2
93.7
96.2
97.4
81.1
99.8
98.7
100.1
101.2
102.1
104.4
106.2
109.1
112.6
113.6
121.3
116.5
107.1
Glissement
Glissement
annuel en 2021 annuel en 2022
-30.5
55.9
-29.9
53.6
-22.5
40.5
-21.4
39.7
-21.0
37.8
-19.2
33.6
-17.2
28.4
-17.1
23.9
-18.2
23.5
-19.8
21.3
-19.6
26.1
12.2
19.6
-18.8
32.1
En %
1:Taux de référence de la BRH
SOURCE: IHSI/BRH
70
60
50
40
30
20
10
0
-10
-20
-30
-40
Graphique 3
Evolution mensuelle du taux de change
Variation en glissement annuel
Exercice fiscal: 2020-2021 et 2021-2022
Variation en 2021
Variation en 2022
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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II-
ANALYSE SECTORIELLE DU PIB
2.1.- Contraction de la branche agricole (CITI 01 – 03)
Avec 95,0 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants réalisée en 2022, la
branche Agriculture, Sylviculture, Elevage et Pêche s’est repliée de 4,5% par rapport à
l’exercice antérieur où elle avait accumulé 99,5 milliards de gourdes. Outre le fait qu’à l’instar
de beaucoup d’autres secteurs d’activité, l’Agriculture a également subi les impacts négatifs de
la morosité qu’a connue le pays au cours de l’année fiscale 2022, d’autres facteurs structurels
et conjoncturels ont été également à l’origine de la contre-performance du secteur agricole.
Représentant généralement environ 50% de la production agricole totale du pays, la
campagne agricole de printemps a été grandement affectée par la sécheresse qui a provoqué des
pertes considérables de cultures.
En effet, selon les informations quantitatives et qualitatives en provenance du
ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR)
et de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), la mauvaise performance
de la production agricole est liée aux effets récurrents d’un ensemble de contraintes naturelles,
conjoncturelles et structurelles auxquelles le secteur est toujours confronté.
Dépendant dans une large mesure de très bonnes conditions pluviométriques,
l’irrégularité de la distribution spatio-temporelle des pluies, observée cette année à travers
plusieurs régions agricoles, n’a pas pu garantir le niveau d’humidité des sols nécessaire,
affectant ainsi la végétation de certaines cultures à cycle court notamment le maïs, le sorgho et
les haricots. Toutefois, d’autres cultures ayant un cycle de végétation plus long,
particulièrement l’igname et dans une moindre mesure la patate douce ont pu, malgré tout,
résister à ce stress hydrique.
La chute de la production agricole est caractérisée principalement par la mauvaise
performance de la campagne de printemps. Ainsi, à l’exclusion de la production d’igname, de
la patate douce, des citrus et limes qui ont progressé respectivement de 9,2%, 1,3%, 1,7% contre
21,0%, 2,4%, 3,1% par rapport à l’exercice 2021, la quasi-totalité des autres cultures a
convergée à la baisse2.
On y retrouve les produits céréaliers avec notamment le riz en baisse de 4,6% contre
une croissance positive de 6,1% en 2021 ainsi que le maïs et le sorgho qui ont globalement
décru de 17,3%, contre -12,9% pour l’exercice antérieur.
Parmi les autres cultures qui se sont également inclinées pendant l’exercice fiscal
2022, on dénombre les cultures maraîchères (-5,6%), la banane (-18,7%), les haricots (-14,2%),
les autres fruits (-22,1%) contre respectivement (-5,1%), (-16,0%), (-13,0), (-20,7%).
2Ministère de l’Agriculture de Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR)
Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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D’autres facteurs structurels encore plus contraignants se retrouvent à l’origine du
manque de dynamisme de la productivité agricole. Il convient d’énumérer :
i)
ii)
iii)
iv)
v)
Le manque d’accès des petits producteurs aux technologies nécessaires et aux
moyens de production essentiels, en particulier l’eau pour l’irrigation ;
Les pertes post-récolte résultant souvent du manque d’installation de stockage et de
transformation entraînant une perte de revenus ;
L’incapacité de certains producteurs à financer d’autres campagnes agricoles par
manque de ressources ;
La défaillance des infrastructures routières ;
L’accès extrêmement limité aux crédits des petits exploitants et ménages ruraux
pour financer leurs activités productives.
Il ne faut pas non plus sous-estimer certains facteurs d’ordre naturel et conjoncturel
qui sont à la base du déclin du secteur en 2022.
a) Le manque de précipitations (chutes de pluie) observé sur plusieurs décades au cours
des principales campagnes agricoles a provoqué des pertes de rendement de plusieurs
cultures
b) Le coût élevé et la mauvaise qualité des intrants
c) Le manque de main d’œuvre agricole qui devient un problème crucial en raison de
l’exode rural, de l’émigration et de l’augmentation du « taxi moto »
d) Le manque d’appui technique aux exploitants agricoles et familles cultivatrices
e) Les retards enregistrés dans l’octroi au profit des paysans de kits d’intrants (semences
et d’outils agricoles), dans le cadre des Programmes d’Intensification Agricole (PIA) et
d’autres projets inclus dans les Programmes Nationaux d’Investissement Agricole
(PNIA)
f) L’insécurité et le blocage des voies de pénétration
g) Les raretés de carburant
h) La faiblesse de l’investissement public dans le secteur.
2.2-
Chute des Industries Extractives (CITI 05 – 09)
Les Industries Extractives qui sont constituées d’extraction de sable, de roches et de
gravier ainsi que de la production de sel marin ont enregistré, en volume, une baisse de 4,1%
après avoir totalisé 6,3 milliards de gourdes contre 6,6 milliards en 2021.
La chute de cette branche est consécutive au ralentissement des activités dans les
carrières et dans les marais salants en grande partie affectée par les raretés de carburant et de
l’insécurité grandissante dans les zones où ces activités sont les plus répandues. Il ne faut pas
oublier qu’il s’agit là d’une branche connexe au secteur de la construction qui, elle aussi, a été
en difficulté pendant l’année 2022.
2.3-
Hausse des Industries Manufacturières (CITI 10 – 33)
Après avoir subi un recul de 1,7% l’année dernière, les industries manufacturières
sont parmi les rares branches d’activité qui ont pu garder la tête hors de l’eau dans cette
conjoncture économique extrêmement difficile en 2022. Elles ont progressé de 2,4% en
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
10
totalisant 109,3 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants contre 106,7 milliards
en 2021.
Les sous branches qui ont le plus contribué à la croissance des industries
manufacturières sont les industries textiles et celles de fabrication alimentaire qui ont pu tirer
leurs épingles du jeu avec des hausses respectives de 9,5% et de 10,1% par rapport à l’année
fiscale 2021. La hausse enregistrée par les industries textiles est compatible aux exportations
des articles manufacturés qui ont atteint 420,93 millions de dollars américains en 2022 contre
362,8 millions en 2021, soit une augmentation de 16,0%.
Parmi les autres sous-branches, hormis le secteur des industries de fabrication de
meubles et d’articles en bois qui ont pu garder une tendance haussière de 1.6%, toutes les
autres ont évolué à la baisse.
2.4-
Baisse des services de base
Les services de base renferment essentiellement la production et la distribution
d’électricité et d’eau. Accumulant globalement 7,5 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix
constants en 2022, ces deux sous-branches ont contracté de 14,0%, contre –5,2% en 2021 où
elles avaient atteint au total 8,8 milliards de gourdes.
2.4.1- Electricité (CITI 35)
Après avoir subi une contraction de 16,4% en 2021, la valeur ajoutée de la sous-branche
distribution d’électricité s’est détériorée davantage avec l’accumulation de seulement 2,6
milliards de gourdes en valeur constante réalisée en 2022, contre 3,2 milliards en 2021, soit une
baisse de 19,3%.
Le recul de cette sous-branche est consécutif au déclin de la production des deux grandes
composantes du secteur de l’énergie en l’occurrence la composante thermique et la composante
hydraulique.
En effet, représentant environ 73% de la production totale d’électricité, la production
thermique qui est estimée à 339,14 millions de kWh a chuté de 17,6% par rapport à l’année
antérieure où elle avait atteint 411,5 millions de kWh.
Les principaux facteurs expliquant la chute de la production thermique en 2022 sont
plutôt récurrents. Ils ne sont pas tellement différents de ceux observés durant les années
antérieures et ce, en dépit des multiples efforts entrepris par les responsables de la Compagnie
pour limiter les contraintes.
Parmi ces facteurs, on peut notamment évoquer sur le plan structurel :
3Banque de la République d’Haïti (BRH) - Balance des Paiements (BDP)
4 Electricité d’Haïti (EDH) – Tableau de Production
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
11
a) Les obstacles relatifs à la construction d’infrastructures énergétiques ainsi qu’à la
réhabilitation de la capacité de production des centrales thermiques existantes et qui
sont défaillantes.
b) Les défis en rapport à la réhabilitation des réseaux de transmission et de distribution
tant au niveau de l’aire métropolitaine que dans les grandes villes de province.
c) Les difficultés éprouvées par la Compagnie pour réduire les pertes, compte tenu des
prises clandestines sur les réseaux de distribution.
d) Les contraintes relatives à l’acquisition d’équipements et de matériels nécessaires pour
les engins et moteurs tombés en panne.
e) Les contraintes financières, etc.
Sur le plan conjoncturel, c’est surtout l’insécurité ainsi que les difficultés
d’approvisionnement en carburant, particulièrement le mazout, qui ont plombé la productivité
de la composante thermique du secteur de l’énergie.
Parallèlement, la production hydraulique évaluée à 126,3 millions de kWh en 2022 a
fléchi de 5,4% contre une baisse de 6,7% enregistrée pour l’exercice antérieur. Cette réduction
de la production de la composante hydraulique résulte essentiellement de l’abaissement du
niveau d’eau des barrages érigés dans les lacs et rivières nécessaires au fonctionnement des
turbines par manque de précipitations de pluie ainsi que d’un manque à gagner issu des
Centrales de Délugé, Lanzac et de Onde Verte.
2.4.2Eau (CITI 36-39)
À l’instar du secteur de l’énergie, la branche Production et Distribution d’Eau et
Assainissement a enregistré globalement une chute de 10,9% par rapport à l’année fiscale 2021.
Avec une valeur ajoutée équivalant à 5,6 milliards de gourdes à prix constants en 2021, elle est
passée à 5,0 milliards au terme de l’exercice fiscal 2022.
En effet, après avoir atteint 34,7 millions de mètres cubes d’eau en 2021, la production
globale du secteur de l’eau est passée à 32,55 millions de mètres cubes en 2022, soit une
contraction de 6,3% par rapport à l’année 2021. Cette mauvaise performance du secteur de l’eau
résulte de la baisse observée au niveau de ses deux composantes.
En réalisant 20,6 millions de mètres cubes d’eau en 2022, la production des sites de
forage a enregistré une diminution de 5,3% par rapport à l’année 2021 où elle avait atteint 21,8
millions de mètres cubes.
Selon des informations qualitatives recueillies du Service de production de la
Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), à l’exclusion des
problèmes structurels qui limitent continuellement la Compagnie dans ses champs d’action et
qui constituent des défis à relever, les principaux facteurs à la base de cette déficience
demeurent :
5 Direction Nationale de l’Eau et de l’Assainissement (DINEPA) – Tableau de Production
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
12
a) La dégradation de l’environnement sécuritaire du pays ;
b) Les difficultés de garantir la continuité du service de distribution à partir des stations de
pompage d'eau potable sur toute l'étendue du territoire national ;
c) Les difficultés de transportation de carburant pour les groupes électrogènes des stations
de pompage ;
d) L’impossibilité pour certains techniciens et vanniers de sortir de chez eux pour faire
fonctionner les différentes stations de pompage à partir des gros groupes électrogènes ;
e) Les troubles sociaux ;
f) Les pénuries de carburant.
Toutefois, ils reconnaissent que la situation serait plus catastrophique s’il n’y avait pas
les autres Systèmes d’Alimentation en Eau Potable (SAEP) qui fonctionnent par gravité ne
nécessitant pas de carburant diesel ainsi que les stations de pompage photovoltaïques (solaires)
qui ont continué à desservir les villes et communautés à travers les 10 départements
géographiques du pays.
La production des sources, à l’instar de celle issue des sites de forage, s’est de nouveau
abaissée passant de 12,9 millions de mètres cubes d’eau en 2021 à 11,9 millions de mètres cubes
en 2022, soit une décroissance de 8,0%.
À l’origine de la déficience de ce segment de production, on retrouve les principaux
obstacles suivants :
a)
b)
c)
d)
La vétusté et la défaillance de canaux de distribution ;
Les prises clandestines qui provoquent des pertes en eau au niveau du réseau ;
Les contraintes financières ;
L’extension des zones d’influence des gangs armés entraînant des difficultés d’accès
pour la construction ou la réhabilitation des infrastructures hydrauliques défectueuses,
etc.
En dehors de ces obstacles, les raretés d’eau, provoquées par manque de pluie
provoquant la diminution du débit à partir des points de captage, sont considérées comme les
principales causes du recul de la production d’eau en provenance des sources.
2.5-
Chute du secteur de la Construction (CITI 41 – 43)
Accumulant 25,6 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants à la fin de
l’exercice fiscal 2022, la branche Construction (Bâtiments et Travaux Publics, BTP) s’est
inclinée à -6,0% contre une croissance négative de 4,5% en 2021.
La baisse des importations de matériaux de construction, particulièrement du ciment et
du fer qui sont des intrants très importants, constituaient déjà un bon indicateur de la tendance
baissière dudit secteur.
Connexe à la branche des industries extractives et à celle relative à la fabrication des
ouvrages minéraux non métalliques, le secteur de la Construction a affiché une tendance
baissière à l’instar de ces deux branches qui ont aussi régressé en 2022.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
13
Soutenue généralement par les programmes d’interventions publiques dans le cadre des
travaux d’infrastructure, la branche Construction/BTP a été particulièrement plombée par les
divers goulots d’étranglement ayant marqué l’année fiscale 2022. Beaucoup de grands travaux
de construction et de réhabilitation d’infrastructures ont pâti de cette conjoncture extrêmement
difficile, notamment les grands chantiers, qui devraient être entrepris dans la Péninsule du Sud
afin de réparer les dégâts provoqués par le tremblement de terre du 14 Août 2021 et de booster
le développement économique de la zone.
Beaucoup d’entrepreneurs et de particuliers (y compris les gens de la diaspora) ont
également hésité à se lancer dans de grands travaux de construction en raison de la situation
délétère.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
14
2.6- Evolution négative des branches Commerce (CITI 45–47), Transport et
Entreposage (CITI 49-53), Hébergement et Restauration (CITI 55-56)
Dans l’ensemble, la valeur ajoutée de ces trois branches d’activité dans le secteur des
services (secteur tertiaire) est estimée en 2022 à 136,2 milliards de gourdes en terme réel, soit
une baisse de 7,5% contre -8,4% pour l’exercice fiscal antérieur. Il faut préciser qu’en dehors
de ces branches dont le poids équivaut à environ 42% du secteur tertiaire, tous les autres services
ont obtenu des hausses relatives en 2022, mais pas suffisamment pour compenser la chute des
branches Commerce, Transport, Entreposage et Hébergement et Restauration et permettre du
coup au secteur tertiaire d’afficher globalement une croissance positive.
La branche Commerce de gros et de détail, à hauteur de 119,5 milliards de gourdes
constantes comme valeur ajoutée, est en baisse de 7,8% par rapport à l’année 2021 où elle avait
enregistré également une croissance négative de 8,1%.
Tributaire essentiellement des activités liées à la production locale et aux importations,
le fléchissement de la branche Commerce dérive en partie de la contre-performance observée
du secteur agricole et de certaines branches des industries manufacturières locales dont la
production a aussi chuté en 2022
Par sa proximité avec le secteur commercial, la branche Transport et Entreposage a,
elle aussi, épousé une tendance baissière. Avec une valeur ajoutée de 8.3 milliards de gourdes
à prix constants, contre 9.1 en 2021, elle a décru de 8,7%.
Le recul de cette branche, plutôt transversale, est lié à la diminution de l’ensemble des
activités économiques dans le pays. Le Transport a été, en effet, l’un des secteurs les plus
directement touchés par les difficultés majeures causées par les pénuries de carburant et les
mouvements des groupes armés, notamment la situation qui prévaut à l’entrée Sud et à l’entrée
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
15
Nord de la capitale, sans compter dans d’autres régions de l’Aire Métropolitaine de Port-auPrince.
La branche Hébergement et Restauration qui est également en rapport avec l’activité
commerciale, le transport et le tourisme a, elle aussi, évolué à la baisse, subissant les effets
induits desdites branches. Evaluée à 8.6 milliards de gourdes à prix constants en 2021, la valeur
ajoutée de cette branche est tombée en 2022 à 8.4 milliards, soit un recul de 2,2%. Tout comme
l’année dernière, cette branche a fait encore les frais des effets néfastes du phénomène de
l’insécurité sur les déplacements des gens et des biens dans le pays.
En attestent le nombre de touristes de séjour arrivés dans le pays qui sont passés de
148 355 visiteurs en 2021 à seulement 37 0966 au terme de l’année fiscale 2022, soit une chute
considérable de 75.0%.
2.7-
Croissance de la branche Communication (CITI 58-63)
La branche Communication comporte les services de Télécommunication proprement
dits et également ceux résultant de la production des activités d’Edition et de Diffusion et
Programmation. Elle fait partie des rares activités qui ont relativement crû en 2022.
En effet, après avoir atteint 12,9 milliards de gourdes en terme réel en 2021, la valeur
ajoutée de cette branche est passée à 13,5 milliards en 2022, soit une progression de 4,4%.
En dépit de nombreuses difficultés éprouvées par rapport à la dégradation de
l’environnement sécuritaire et des contraintes d’approvisionnement en carburant, ce secteur,
dans une certaine mesure, a pu profiter de l’utilisation à outrance des communications à distance
faites par tout un chacun, justement pour contourner un peu les contraintes de déplacement des
personnes liées aux problèmes d’insécurité et de carburant.
2.8-
Hausse des activités financières et d’assurances (CITI 54-66)
Établie à 20,2 milliards de gourdes au terme de l’année fiscale 2022, la valeur ajoutée de
la branche des activités financières et d’assurances a crû, en volume, de 3,6%, comparativement
à l’exercice antérieur où elle avait atteint 19,5 milliards.
Les principales composantes de cette branche d’activité ont toutes affiché une évolution
positive de leur valeur ajoutée. Pour sa part, le secteur bancaire a affiché une progression d’un
peu plus de 4.0% de sa valeur ajoutée. De leur côté, les institutions de micro-finance ainsi que
les autres institutions de crédit ont enregistré un accroissement moyen similaire de 4,0% de leur
valeur ajoutée.
La valeur ajoutée du secteur des assurances a également évolué à la hausse, passant de 7,6
milliards de gourdes à 7,8 milliards, soit une progression en volume de 2,9%.
Léger accroissement des activités immobilières (CITI 68)
6Ministère du Tourisme et des Industries Créatives (MTIC) – Tableau d’arrivée des touristes de séjour et des
croisiéristes
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
16
Après avoir enregistré une croissance positive de 1,2% en 2021, la valeur ajoutée de la
branche immobilière a de nouveau progressé en atteignant 27,1 milliards de gourdes contre 26,8
milliards pour l’exercice antérieur réalisant ainsi, en volume, une hausse de 1,0%.
En dépit du ralentissement des activités du secteur proche de la construction,
l’accroissement de la valeur ajoutée de ce secteur pourrait être attribué à l’effet de
l’augmentation de la demande de logements résultant de la migration d’une bonne partie de la
population fuyant certains quartiers réputés à risque notamment Martissant, Cité soleil et qui
s’est largement amplifiée cette année avec l’extension des conflits dans d’autres zones,
particulièrement : Croix des Bouquets, Pernier, Laboule, Canaan, Torcelle pour ne citer que
celles-là.
2.9-
Accroissement des services non marchands (CITI 84-94)
Le secteur des Services Non Marchands regroupe essentiellement les Institutions qui
fournissent gratuitement ou quasi gratuitement des biens et services à la population. On y
retrouve l’Administration Publique (APU), la Sécurité Sociale, les Collectivités Territoriales
ainsi que les Institutions sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM).
De 35,4 milliards de gourdes, en terme réel, réalisés en 2021, la valeur ajoutée de ce
secteur est passée à 35,8 milliards en 2022, soit une progression de 1,2% contre 2,6% par
rapport à l’année précédente.
2.10- Hausse des branches Education (CITI 85), Santé et Action Sociale (CITI
86-88)
Cette macro-branche a un poids relativement important dans le secteur des services, soit
environ 18%. Sa valeur ajoutée qui était évaluée à 55,4 milliards de gourdes constantes l’année
dernière, est passée à 57,9 milliards en 2022, réalisant ainsi une augmentation de 4,6%.
Avec 31,3 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants, la branche Education
a progressé de 3,9% par rapport à l’année fiscale 2021 où elle avait enregistré une croissance
de 3,1% pour 30,2 milliards de gourdes.
Parallèlement, la valeur ajoutée de la branche Santé et Action Sociale a globalement
enregistré une hausse de 5,4% en réalisant 26,6 milliards de gourdes en valeur constante à la
fin de l’exercice fiscal 2022, contre 25,2 milliards en 2021.
2.11- Autres Activités de Services (CITI 69-75 ; 77-82 ; 90-96 ; 97-98)
Les Autres Activités de Services renferment toutes les autres branches d’activités
couvrant les codes (69-75 ; 77-82 ; 90-96 ; 97-98) de la Classification Internationale par Type
d’Industries (CITI). Etablie à 33,8 milliards de gourdes en 2021, leur valeur ajoutée est passée
à 35,0 milliards de gourdes en 2022, soit une progression, en volume, de 3,7%.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
17
III- OFFRE ET DEMANDE GLOBALES
Après une légère contraction de 0,7 % en 2021, l’Offre Globale qui renferme le Produit
Intérieur Brut et les importations totales de biens et services a enregistré une très faible hausse,
Passant de 851,7 milliards de gourdes en 2021, elle a atteint 853,1 milliards en 2022, soit un
accroissement, en volume, de 0,2% par rapport à l’année antérieure. Cette hausse est due surtout
à l’augmentation des importations puisque le PIB, lui, a chuté. En effet, les importations de
biens et services ont progressé en atteignant, à prix constants, 249,1 milliards de gourdes au
terme de l’année fiscale 2022, soit une hausse de 4,9%
L’analyse de la structure des importations montre que ce sont surtout les articles
manufacturés (20.0%), les produits alimentaires (11.0%) et les combustibles minéraux (5.2%)
qui ont été à l’origine de la hausse globale des importations7.
Du côté de la Demande Globale, hormis la Consommation Finale de l’Administration
Publique et les exportations qui sont en hausse, ses autres composantes ont toutes affiché une
certaine décroissance par rapport à l’année 2021.
La Consommation Finale des Ménages, la plus importante du groupe (76%), a chuté de
-1,0% en réalisant 648,8 milliards de gourdes, en terme réel, contre 653,4 milliards en 2021. Ce
repli peut être attribué en partie à la diminution des envois de fonds des travailleurs de la
diaspora qui sont passés de 4,0 milliards de dollars américains en 2021 à 3,78 milliards en 2022,
soit une baisse de 6,6%.
7
Banque de la République d’Haïti (BRH) – Balance des Paiements (BDP
8Banque de la République d’Haïti (BRH) – Balance des Paiements (BDP)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
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De leur côté, la Consommation Finale des Institutions sans But Lucratif au
Service des Ménages (ISBLSM) et les Investissements (deux autres composantes de la
demande interne) ont également évolué à la baisse, en accumulant respectivement, en volume,
16,3 et 63,1 milliards de gourdes en 2022, contre 16,5 et 69,9 milliards en 2021, soit des
contractions respectives de 1,0% et de 10,0%.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2022
19
La baisse des Investissements est toutefois compatible au recul du montant global des
Investissements publics qui ont chuté en valeur nominale de 38,7%9 contre 28,0% en 2021.
Parallèlement, le fléchissement de la Consommation Finale des ISBLSM peut être lié au départ
de certaines organisations non gouvernementales qui se sont retirées du pays ou tout au moins
ont réduit leurs zones d’intervention à cause de l’insécurité.
La composante de la demande externe, en l’occurrence les exportations globales,
s’élève à 44,8 milliards de gourdes, en terme réel, contre 43.8 en 2021, obtenant ainsi un
accroissement de seulement 2,4%, nettement inférieur à celui de 23,5% réalisé en 2021
La structure des exportations haïtiennes en 2022 révèle, tenant compte de leurs poids,
que ce sont surtout les articles manufacturés (industries d’assemblage) qui ont tiré la croissance
globale des exportations avec une hausse de plus de 11.7%. Viennent ensuite d’autres produits
avec des hausses beaucoup plus prononcées, certes, mais ayant des poids relativement faibles
tels que le café qui a crû de 25.9%, les fruits de mer dont les langoustes et les anguilles (29.4%)
et la petite industrie (27.6%)10.
IV- PERSPECTIVES
En raison de nombreuses incertitudes qui pèsent sur l’évolution de la situation politique,
sociale et sécuritaire du pays, il n’est pas trop évident de dégager des perspectives pour
l’économie haïtienne en 2023. Il y a trop de variables inconnues dans l’équation.
Cependant, on est déjà au terme du premier trimestre de l’année fiscale 2023. Les signaux
observés, jusqu’à présent, sont plutôt préoccupants quant à la bonne performance de l’économie
haïtienne en 2023. Les goulots d’étranglement précédemment mentionnés ont atteint des points
culminants au cours de ce trimestre. En effet, que ce soit la crise du carburant, le problème de
l’insécurité ou la crise socio-politique, tous ces facteurs de blocage ont quasiment paralysé
l’ensemble des activités pendant une bonne partie du premier trimestre de l’exercice fiscal
2022-2023, entraînant ainsi des conséquences désastreuses sur l’économie.
En témoignent, à titre indicatif, le renchérissement accéléré des prix à la consommation
qu’on a connu en octobre et le dérapage du taux de change de la devise américaine par rapport
à la monnaie nationale au cours du mois de décembre. Evidemment, si ces éléments
annonciateurs n’augurent pas une économie performante en 2023, cela ne veut pas dire non plus
qu’il n’y a plus moyen de permettre à l’économie de se rattraper durant les trois trimestres
restants, afin d’espérer un minimum de croissance sinon d’éviter au moins une chute plus
prononcée en 2023.
9Ministère de l’Economie et des finances (MEF) – Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE)
10
Banque de la République d’Haïti (BRH) –Balance des Paiement (BDP)
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Toujours est-il que ce sont quasiment les mêmes mots qui reviennent dans cette
conjoncture particulière, à savoir le renouement avec la croissance économique passe
indubitablement par, entre autres :
(i)
(ii)
(iii)
(iv)
(v)
Le rétablissement d’un climat propice aux affaires ;
Le retour à la libre circulation des personnes et des marchandises ;
La fin de la crise du carburant ;
La solution au fléau de l’insécurité ;
La solution à la crise socio-politique, donc aux problèmes liés à l’instabilité.
La liste n’est pas exhaustive, mais elle permettra au moins une reprise normale des
activités des grandes, moyennes, petites et micros entreprises. Il s’agit là d’un passage obligé
vers le retour à la croissance, et ce, indépendamment des problèmes structurels auxquels
l’économie haïtienne se trouve confrontée.
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