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The Economic Accounts in 2022

The Economic Accounts in 2022

Summary — IHSI's annual national accounts analysis for fiscal year 2022, from the Directorate of Economic Statistics, December 2022. Real GDP fell 1.7 percent, a fourth consecutive year of contraction, against a forecast of 0.4 percent. The institute blames insecurity, the fuel crisis and the political climate; annual average inflation reached 27.6 percent.
Key Findings
Full Description

The Haitian Institute of Statistics and Informatics' annual analysis of the national accounts for fiscal year 2022, issued by the Directorate of Economic Statistics in December 2022 and running to 22 pages.

GDP at constant prices fell 1.7 percent in 2022 after falls of 1.7, 3.3 and 1.8 percent in fiscal years 2019, 2020 and 2021, an average contraction of about 2.1 percent a year over four years. The fall was sharper than the 0.4 percent the institute had forecast, which it attributes to the accelerating deterioration of security, the fuel crisis and the political climate, especially in the last two quarters of the fiscal year. The primary, secondary and tertiary sectors produced 101.3, 142.4 and 325.7 billion constant gourdes of value added, down 4.2, 0.2 and 1.6 percent.

Agriculture fell 4.5 percent to 95.0 billion constant gourdes, extractive industries 4.1 percent, electricity 19.3 percent and construction 6.0 percent to 25.6 billion. Manufacturing was among the few branches to grow, by 2.4 percent to 109.3 billion, carried by textiles (9.5 percent) and food manufacturing (10.1 percent). Financial and insurance activities grew 3.6 percent to 20.2 billion.

On the demand side, government final consumption rose 17.6 percent while household consumption fell 1.0 percent and gross fixed capital formation 10.0 percent. Remittances fell 6.6 percent and foreign direct investment 23.2 percent. Inflation reached record levels, 27.6 percent on average and 38.7 percent year on year, and the BRH reference rate averaged 107.1 gourdes to the dollar against 81.1 in 2021.

Sectors
Geography
Time Coverage
2022 — 2022
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LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 1 LES COMPTES ECONOMIQUES EN 2022 DIRECTION DES STATISTIQUES ÉCONOMIQUES (DSE) Décembre 2022 LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 2 SOMMAIRE I- RÉSUMÉ : L’ÉCONOMIE HAITIENNE A ENCORE CHUTÉ EN 2022 ------- 4 II- ANALYSE SECTORIELLE DU PIB --------------------------------------------------------- 9 2.1.- Contraction de la branche agricole (CITI 01 – 03) ------------------------------------------------ 9 2.2- Chute des Industries Extractives (CITI 05 – 09) ------------------------------------------------ 10 2.3- Hausse des Industries Manufacturières (CITI 10 – 33)--------------------------------------- 10 2.4- Baisse des services de base -------------------------------------------------------------------------------- 11 2.4.1Electricité (CITI 35) ----------------------------------------------------------------------------------- 11 2.4.2- Eau (CITI 36-39) ---------------------------------------------------------------------------------------- 12 2.5- Chute du secteur de la Construction (CITI 41 – 43) -------------------------------------------- 13 2.6- Evolution négative des branches Commerce (CITI 45–47), Transport et Entreposage (CITI 49-53), Hébergement et Restauration (CITI 55-56)--------------- 15 2.7- Croissance de la branche Communication (CITI 58-63) ------------------------------------- 16 2.8- Hausse des activités financières et d’assurances (CITI 54-66) --------------------------- 16 2.9- Accroissement des services non marchands (CITI 84-94) ---------------------------------- 17 2.10- Hausse des branches Education (CITI 85), Santé et Action Sociale (CITI 86-88) 17 2.11- Autres Activités de Services (CITI 69-75 ; 77-82 ; 90-96 ; 97-98) ------------------------- 17 III- OFFRE ET DEMANDE GLOBALES ------------------------------------------------------ 18 IV- PERSPECTIVES ---------------------------------------------------------------------------------- 20 LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 3 I- RÉSUMÉ : L’ÉCONOMIE HAITIENNE A ENCORE CHUTÉ EN 2022 L’économie haïtienne en 2022 a affiché pour la quatrième fois consécutive une croissance négative de son Produit Intérieur Brut (PIB). A la suite des régressions successives de 1.7%, 3.3% et 1.8%, respectivement pour les années fiscales 2019, 2020 et 2021, le PIB, à prix constant, a enregistré en 2022 une chute de 1.7%, accusant ainsi une contraction en moyenne annuelle d’environ 2,1% sur les quatre derniers exercices fiscaux écoulés. Outre les problèmes structurels, la chute de 1.7%, nettement plus prononcée que celle de 0,4% qui était préalablement prévue, est due en grande partie à la détérioration accélérée de la situation d’insécurité, de la crise du carburant et du climat politique, notamment au cours des deux derniers trimestres de l’exercice fiscal. En effet, l’économie haïtienne a été une nouvelle fois fortement pénalisée en 2022 par les actions des hommes armés qui ont quasiment pris le pays en otage en s’installant dans plusieurs régions stratégiques de la capitale économique (Aire Métropolitaine de Port-auPrince) et dans certaines villes de province. Les actes perpétrés chaque jour sont devenus de plus en plus déstabilisants pour les agents économiques en particulier et pour le commun des mortels en général. Cette situation alarmante qui a eu pour effet de confiner les opérateurs économiques dans un attentisme, un immobilisme interminable, n’a certainement pas été de nature à favoriser la relance de l’économie tant souhaitée en 2022. La crise du carburant qui a traversé presque toute l’année 2022, évidemment avec des hauts et des bas, et surtout une accentuation grandissante à partir du troisième trimestre de l’exercice fiscal, a été, avec le fléau de l’insécurité, l’un des éléments de blocage ayant anéanti la velléité de renouer avec la croissance en 2022. Il en est résulté pendant plusieurs mois un ralentissement considérable des activités. Les entreprises fonctionnaient avec un horaire réduit et certaines ont même dû procéder à la compression de leur personnel afin de réduire certains coûts fixes et d’éviter ainsi la faillite, comme cela a été le cas pour plusieurs d’entre elles. La crise socio-politique, de son côté, avec son lot de manifestations de rue, parfois émaillées de violences, les journées de grèves et surtout l’opération baptisée pays lock (pays fermé) constituait également un facteur de blocage au développement des activités économiques. Ces goulots d’étranglement ont anémié les trois grands secteurs de l’économie diminuant leurs capacités d’augmenter relativement la création de richesses dans l’économie haïtienne en 2022. Effectivement, avec des niveaux de valeur ajoutée à prix constant de 101,3, 142.4 et de 325,7 milliards de gourdes en 2022, contre 106.1, 142.7 et 331.0 milliards en 2021, les secteurs primaire, secondaire et tertiaire ont respectivement régressé de 4,2%, 0.2% et 1.6%. LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 4 Graphique 1 Répartition du PIB Sectoriel Primaire 18% Tertiaire 57% Secondaire 25% Concernant l’Offre et la Demande Globales, hormis la Consommation Finale des administrations publiques (+17.6%), quasiment toutes les composantes de la demande interne à savoir la Consommation Finale des Ménages (-1.0%), la Consommation Finale des Institutions Sans Buts Lucratifs au Service des Ménages (-1.0), la Formation Brute de Capital Fixe/Investissements (-10.0%)) sont en recul par rapport à l’année dernière. En attestent, à titre indicatif, la baisse de 6.6% enregistrée dans l’envoi de fonds des travailleurs de la diaspora (généralement utilisés pour financer la consommation finale des ménages), la diminution drastique du pouvoir d’achat consécutive à l’accélération de l’inflation, le repli des investissements globaux des administrations publiques de 38.7%1 en 2022 contre -28.0% en 2021 et la chute de 23.2% des investissements directs étrangers (IDE). 1 Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) – Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE) LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 5 En ce qui a trait aux prix à la consommation, l’inflation a atteint des niveaux record avec des taux d’accroissement en moyenne et en glissement annuels de 27,6% et de 38,7% en 2022, contre 15,9% et 13,1% en 2021. Parallèlement, le dollar américain s’est renchéri avec une hausse, en moyenne annuelle, du taux de référence de la BRH de 32,1%, s’échangeant en moyenne à 107,1 gourdes en 2022 contre 81,1 gourdes en 2021. Plusieurs facteurs externes et internes peuvent être évoqués pour expliquer la hausse vertigineuse des prix à la consommation en 2022. Parmi lesquels on peut citer :  Sur le plan externe, L’envolée des cours mondiaux, notamment du pétrole et des produits de première nécessité (denrées alimentaires et autres) a beaucoup fait rebondir l’inflation importée dans l’économie. En effet, la rareté sur le marché mondial de certains produits de première nécessité, l’augmentation des frets dans le commerce international, provoquées en grande partie par la guerre russo-ukrainienne, ont fait exploser les prix des biens et services sur le marché mondial. Les principaux partenaires commerciaux d’Haïti dont les Etats-Unis d’Amérique et la République Dominicaine ont connu des taux record d’inflation durant l’année 2022. Il en résulte donc une hausse substantielle de l’inflation importée dans l’économie haïtienne.  Sur le plan interne : (i) la crise du carburant, un produit transversal utilisé dans tout processus de production, a fait grimper les prix de tous les biens et services dans l’économie ; (ii) la hausse du taux de change participe aussi à l’augmentation des prix des produits importés, puisque les agents économiques ont dû débourser beaucoup plus de gourdes pour pouvoir se procurer le dollar américain. Cette devise, par moment, se faisait plutôt rare sur le marché formel, alimentant toutes sortes de spéculation et rendant ainsi de plus en plus indispensable, pour les agents économiques, le marché informel des changes qui, généralement, pratique des taux nettement plus élevés que le marché formel ; (iii) viennent ensuite les difficultés de circulation de personnes et de marchandises causées par le blocage répété des voies d’accès (routes interdépartementales et communales) dans le cadre des mouvements sociaux de rues. Cette situation a empêché l’approvisionnement régulier des marchés publics occasionnant ainsi la rareté de certains produits et automatiquement la hausse considérable des prix ; (iv) le problème de l’insécurité qui sévit dans le pays a beaucoup aussi contribué à l’accroissement des prix sur le marché. Pour pouvoir arriver à destination avec leurs marchandises, les commerçants étaient souvent obligés de payer des « droits de passage » exigés par des groupes armés, ce qui augmente considérablement leurs prix de revient et par conséquent leurs prix de vente. LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 6 LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 7 Tableau 3 1 Evolution mensuelle du taux de change Exercice fiscal:2020-2021 et 2021-2022 MOIS Octobre Novembre Décembre Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Moyenne annuelle 2019-2020 2020-2021 2021-2022 92.1 91.7 91.9 92.2 93.8 96.7 99.9 106.3 111.5 116.8 119.7 86.8 99.95 64.0 64.3 71.3 72.5 74.1 78.1 82.7 88.1 91.2 93.7 96.2 97.4 81.1 99.8 98.7 100.1 101.2 102.1 104.4 106.2 109.1 112.6 113.6 121.3 116.5 107.1 Glissement Glissement annuel en 2021 annuel en 2022 -30.5 55.9 -29.9 53.6 -22.5 40.5 -21.4 39.7 -21.0 37.8 -19.2 33.6 -17.2 28.4 -17.1 23.9 -18.2 23.5 -19.8 21.3 -19.6 26.1 12.2 19.6 -18.8 32.1 En % 1:Taux de référence de la BRH SOURCE: IHSI/BRH 70 60 50 40 30 20 10 0 -10 -20 -30 -40 Graphique 3 Evolution mensuelle du taux de change Variation en glissement annuel Exercice fiscal: 2020-2021 et 2021-2022 Variation en 2021 Variation en 2022 LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 8 II- ANALYSE SECTORIELLE DU PIB 2.1.- Contraction de la branche agricole (CITI 01 – 03) Avec 95,0 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants réalisée en 2022, la branche Agriculture, Sylviculture, Elevage et Pêche s’est repliée de 4,5% par rapport à l’exercice antérieur où elle avait accumulé 99,5 milliards de gourdes. Outre le fait qu’à l’instar de beaucoup d’autres secteurs d’activité, l’Agriculture a également subi les impacts négatifs de la morosité qu’a connue le pays au cours de l’année fiscale 2022, d’autres facteurs structurels et conjoncturels ont été également à l’origine de la contre-performance du secteur agricole. Représentant généralement environ 50% de la production agricole totale du pays, la campagne agricole de printemps a été grandement affectée par la sécheresse qui a provoqué des pertes considérables de cultures. En effet, selon les informations quantitatives et qualitatives en provenance du ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) et de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), la mauvaise performance de la production agricole est liée aux effets récurrents d’un ensemble de contraintes naturelles, conjoncturelles et structurelles auxquelles le secteur est toujours confronté. Dépendant dans une large mesure de très bonnes conditions pluviométriques, l’irrégularité de la distribution spatio-temporelle des pluies, observée cette année à travers plusieurs régions agricoles, n’a pas pu garantir le niveau d’humidité des sols nécessaire, affectant ainsi la végétation de certaines cultures à cycle court notamment le maïs, le sorgho et les haricots. Toutefois, d’autres cultures ayant un cycle de végétation plus long, particulièrement l’igname et dans une moindre mesure la patate douce ont pu, malgré tout, résister à ce stress hydrique. La chute de la production agricole est caractérisée principalement par la mauvaise performance de la campagne de printemps. Ainsi, à l’exclusion de la production d’igname, de la patate douce, des citrus et limes qui ont progressé respectivement de 9,2%, 1,3%, 1,7% contre 21,0%, 2,4%, 3,1% par rapport à l’exercice 2021, la quasi-totalité des autres cultures a convergée à la baisse2. On y retrouve les produits céréaliers avec notamment le riz en baisse de 4,6% contre une croissance positive de 6,1% en 2021 ainsi que le maïs et le sorgho qui ont globalement décru de 17,3%, contre -12,9% pour l’exercice antérieur. Parmi les autres cultures qui se sont également inclinées pendant l’exercice fiscal 2022, on dénombre les cultures maraîchères (-5,6%), la banane (-18,7%), les haricots (-14,2%), les autres fruits (-22,1%) contre respectivement (-5,1%), (-16,0%), (-13,0), (-20,7%). 2Ministère de l’Agriculture de Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 9 D’autres facteurs structurels encore plus contraignants se retrouvent à l’origine du manque de dynamisme de la productivité agricole. Il convient d’énumérer : i) ii) iii) iv) v) Le manque d’accès des petits producteurs aux technologies nécessaires et aux moyens de production essentiels, en particulier l’eau pour l’irrigation ; Les pertes post-récolte résultant souvent du manque d’installation de stockage et de transformation entraînant une perte de revenus ; L’incapacité de certains producteurs à financer d’autres campagnes agricoles par manque de ressources ; La défaillance des infrastructures routières ; L’accès extrêmement limité aux crédits des petits exploitants et ménages ruraux pour financer leurs activités productives. Il ne faut pas non plus sous-estimer certains facteurs d’ordre naturel et conjoncturel qui sont à la base du déclin du secteur en 2022. a) Le manque de précipitations (chutes de pluie) observé sur plusieurs décades au cours des principales campagnes agricoles a provoqué des pertes de rendement de plusieurs cultures b) Le coût élevé et la mauvaise qualité des intrants c) Le manque de main d’œuvre agricole qui devient un problème crucial en raison de l’exode rural, de l’émigration et de l’augmentation du « taxi moto » d) Le manque d’appui technique aux exploitants agricoles et familles cultivatrices e) Les retards enregistrés dans l’octroi au profit des paysans de kits d’intrants (semences et d’outils agricoles), dans le cadre des Programmes d’Intensification Agricole (PIA) et d’autres projets inclus dans les Programmes Nationaux d’Investissement Agricole (PNIA) f) L’insécurité et le blocage des voies de pénétration g) Les raretés de carburant h) La faiblesse de l’investissement public dans le secteur. 2.2- Chute des Industries Extractives (CITI 05 – 09) Les Industries Extractives qui sont constituées d’extraction de sable, de roches et de gravier ainsi que de la production de sel marin ont enregistré, en volume, une baisse de 4,1% après avoir totalisé 6,3 milliards de gourdes contre 6,6 milliards en 2021. La chute de cette branche est consécutive au ralentissement des activités dans les carrières et dans les marais salants en grande partie affectée par les raretés de carburant et de l’insécurité grandissante dans les zones où ces activités sont les plus répandues. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit là d’une branche connexe au secteur de la construction qui, elle aussi, a été en difficulté pendant l’année 2022. 2.3- Hausse des Industries Manufacturières (CITI 10 – 33) Après avoir subi un recul de 1,7% l’année dernière, les industries manufacturières sont parmi les rares branches d’activité qui ont pu garder la tête hors de l’eau dans cette conjoncture économique extrêmement difficile en 2022. Elles ont progressé de 2,4% en LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 10 totalisant 109,3 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants contre 106,7 milliards en 2021. Les sous branches qui ont le plus contribué à la croissance des industries manufacturières sont les industries textiles et celles de fabrication alimentaire qui ont pu tirer leurs épingles du jeu avec des hausses respectives de 9,5% et de 10,1% par rapport à l’année fiscale 2021. La hausse enregistrée par les industries textiles est compatible aux exportations des articles manufacturés qui ont atteint 420,93 millions de dollars américains en 2022 contre 362,8 millions en 2021, soit une augmentation de 16,0%. Parmi les autres sous-branches, hormis le secteur des industries de fabrication de meubles et d’articles en bois qui ont pu garder une tendance haussière de 1.6%, toutes les autres ont évolué à la baisse. 2.4- Baisse des services de base Les services de base renferment essentiellement la production et la distribution d’électricité et d’eau. Accumulant globalement 7,5 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants en 2022, ces deux sous-branches ont contracté de 14,0%, contre –5,2% en 2021 où elles avaient atteint au total 8,8 milliards de gourdes. 2.4.1- Electricité (CITI 35) Après avoir subi une contraction de 16,4% en 2021, la valeur ajoutée de la sous-branche distribution d’électricité s’est détériorée davantage avec l’accumulation de seulement 2,6 milliards de gourdes en valeur constante réalisée en 2022, contre 3,2 milliards en 2021, soit une baisse de 19,3%. Le recul de cette sous-branche est consécutif au déclin de la production des deux grandes composantes du secteur de l’énergie en l’occurrence la composante thermique et la composante hydraulique. En effet, représentant environ 73% de la production totale d’électricité, la production thermique qui est estimée à 339,14 millions de kWh a chuté de 17,6% par rapport à l’année antérieure où elle avait atteint 411,5 millions de kWh. Les principaux facteurs expliquant la chute de la production thermique en 2022 sont plutôt récurrents. Ils ne sont pas tellement différents de ceux observés durant les années antérieures et ce, en dépit des multiples efforts entrepris par les responsables de la Compagnie pour limiter les contraintes. Parmi ces facteurs, on peut notamment évoquer sur le plan structurel : 3Banque de la République d’Haïti (BRH) - Balance des Paiements (BDP) 4 Electricité d’Haïti (EDH) – Tableau de Production LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 11 a) Les obstacles relatifs à la construction d’infrastructures énergétiques ainsi qu’à la réhabilitation de la capacité de production des centrales thermiques existantes et qui sont défaillantes. b) Les défis en rapport à la réhabilitation des réseaux de transmission et de distribution tant au niveau de l’aire métropolitaine que dans les grandes villes de province. c) Les difficultés éprouvées par la Compagnie pour réduire les pertes, compte tenu des prises clandestines sur les réseaux de distribution. d) Les contraintes relatives à l’acquisition d’équipements et de matériels nécessaires pour les engins et moteurs tombés en panne. e) Les contraintes financières, etc. Sur le plan conjoncturel, c’est surtout l’insécurité ainsi que les difficultés d’approvisionnement en carburant, particulièrement le mazout, qui ont plombé la productivité de la composante thermique du secteur de l’énergie. Parallèlement, la production hydraulique évaluée à 126,3 millions de kWh en 2022 a fléchi de 5,4% contre une baisse de 6,7% enregistrée pour l’exercice antérieur. Cette réduction de la production de la composante hydraulique résulte essentiellement de l’abaissement du niveau d’eau des barrages érigés dans les lacs et rivières nécessaires au fonctionnement des turbines par manque de précipitations de pluie ainsi que d’un manque à gagner issu des Centrales de Délugé, Lanzac et de Onde Verte. 2.4.2Eau (CITI 36-39) À l’instar du secteur de l’énergie, la branche Production et Distribution d’Eau et Assainissement a enregistré globalement une chute de 10,9% par rapport à l’année fiscale 2021. Avec une valeur ajoutée équivalant à 5,6 milliards de gourdes à prix constants en 2021, elle est passée à 5,0 milliards au terme de l’exercice fiscal 2022. En effet, après avoir atteint 34,7 millions de mètres cubes d’eau en 2021, la production globale du secteur de l’eau est passée à 32,55 millions de mètres cubes en 2022, soit une contraction de 6,3% par rapport à l’année 2021. Cette mauvaise performance du secteur de l’eau résulte de la baisse observée au niveau de ses deux composantes. En réalisant 20,6 millions de mètres cubes d’eau en 2022, la production des sites de forage a enregistré une diminution de 5,3% par rapport à l’année 2021 où elle avait atteint 21,8 millions de mètres cubes. Selon des informations qualitatives recueillies du Service de production de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), à l’exclusion des problèmes structurels qui limitent continuellement la Compagnie dans ses champs d’action et qui constituent des défis à relever, les principaux facteurs à la base de cette déficience demeurent : 5 Direction Nationale de l’Eau et de l’Assainissement (DINEPA) – Tableau de Production LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 12 a) La dégradation de l’environnement sécuritaire du pays ; b) Les difficultés de garantir la continuité du service de distribution à partir des stations de pompage d'eau potable sur toute l'étendue du territoire national ; c) Les difficultés de transportation de carburant pour les groupes électrogènes des stations de pompage ; d) L’impossibilité pour certains techniciens et vanniers de sortir de chez eux pour faire fonctionner les différentes stations de pompage à partir des gros groupes électrogènes ; e) Les troubles sociaux ; f) Les pénuries de carburant. Toutefois, ils reconnaissent que la situation serait plus catastrophique s’il n’y avait pas les autres Systèmes d’Alimentation en Eau Potable (SAEP) qui fonctionnent par gravité ne nécessitant pas de carburant diesel ainsi que les stations de pompage photovoltaïques (solaires) qui ont continué à desservir les villes et communautés à travers les 10 départements géographiques du pays. La production des sources, à l’instar de celle issue des sites de forage, s’est de nouveau abaissée passant de 12,9 millions de mètres cubes d’eau en 2021 à 11,9 millions de mètres cubes en 2022, soit une décroissance de 8,0%. À l’origine de la déficience de ce segment de production, on retrouve les principaux obstacles suivants : a) b) c) d) La vétusté et la défaillance de canaux de distribution ; Les prises clandestines qui provoquent des pertes en eau au niveau du réseau ; Les contraintes financières ; L’extension des zones d’influence des gangs armés entraînant des difficultés d’accès pour la construction ou la réhabilitation des infrastructures hydrauliques défectueuses, etc. En dehors de ces obstacles, les raretés d’eau, provoquées par manque de pluie provoquant la diminution du débit à partir des points de captage, sont considérées comme les principales causes du recul de la production d’eau en provenance des sources. 2.5- Chute du secteur de la Construction (CITI 41 – 43) Accumulant 25,6 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants à la fin de l’exercice fiscal 2022, la branche Construction (Bâtiments et Travaux Publics, BTP) s’est inclinée à -6,0% contre une croissance négative de 4,5% en 2021. La baisse des importations de matériaux de construction, particulièrement du ciment et du fer qui sont des intrants très importants, constituaient déjà un bon indicateur de la tendance baissière dudit secteur. Connexe à la branche des industries extractives et à celle relative à la fabrication des ouvrages minéraux non métalliques, le secteur de la Construction a affiché une tendance baissière à l’instar de ces deux branches qui ont aussi régressé en 2022. LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 13 Soutenue généralement par les programmes d’interventions publiques dans le cadre des travaux d’infrastructure, la branche Construction/BTP a été particulièrement plombée par les divers goulots d’étranglement ayant marqué l’année fiscale 2022. Beaucoup de grands travaux de construction et de réhabilitation d’infrastructures ont pâti de cette conjoncture extrêmement difficile, notamment les grands chantiers, qui devraient être entrepris dans la Péninsule du Sud afin de réparer les dégâts provoqués par le tremblement de terre du 14 Août 2021 et de booster le développement économique de la zone. Beaucoup d’entrepreneurs et de particuliers (y compris les gens de la diaspora) ont également hésité à se lancer dans de grands travaux de construction en raison de la situation délétère. LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 14 2.6- Evolution négative des branches Commerce (CITI 45–47), Transport et Entreposage (CITI 49-53), Hébergement et Restauration (CITI 55-56) Dans l’ensemble, la valeur ajoutée de ces trois branches d’activité dans le secteur des services (secteur tertiaire) est estimée en 2022 à 136,2 milliards de gourdes en terme réel, soit une baisse de 7,5% contre -8,4% pour l’exercice fiscal antérieur. Il faut préciser qu’en dehors de ces branches dont le poids équivaut à environ 42% du secteur tertiaire, tous les autres services ont obtenu des hausses relatives en 2022, mais pas suffisamment pour compenser la chute des branches Commerce, Transport, Entreposage et Hébergement et Restauration et permettre du coup au secteur tertiaire d’afficher globalement une croissance positive. La branche Commerce de gros et de détail, à hauteur de 119,5 milliards de gourdes constantes comme valeur ajoutée, est en baisse de 7,8% par rapport à l’année 2021 où elle avait enregistré également une croissance négative de 8,1%. Tributaire essentiellement des activités liées à la production locale et aux importations, le fléchissement de la branche Commerce dérive en partie de la contre-performance observée du secteur agricole et de certaines branches des industries manufacturières locales dont la production a aussi chuté en 2022 Par sa proximité avec le secteur commercial, la branche Transport et Entreposage a, elle aussi, épousé une tendance baissière. Avec une valeur ajoutée de 8.3 milliards de gourdes à prix constants, contre 9.1 en 2021, elle a décru de 8,7%. Le recul de cette branche, plutôt transversale, est lié à la diminution de l’ensemble des activités économiques dans le pays. Le Transport a été, en effet, l’un des secteurs les plus directement touchés par les difficultés majeures causées par les pénuries de carburant et les mouvements des groupes armés, notamment la situation qui prévaut à l’entrée Sud et à l’entrée LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 15 Nord de la capitale, sans compter dans d’autres régions de l’Aire Métropolitaine de Port-auPrince. La branche Hébergement et Restauration qui est également en rapport avec l’activité commerciale, le transport et le tourisme a, elle aussi, évolué à la baisse, subissant les effets induits desdites branches. Evaluée à 8.6 milliards de gourdes à prix constants en 2021, la valeur ajoutée de cette branche est tombée en 2022 à 8.4 milliards, soit un recul de 2,2%. Tout comme l’année dernière, cette branche a fait encore les frais des effets néfastes du phénomène de l’insécurité sur les déplacements des gens et des biens dans le pays. En attestent le nombre de touristes de séjour arrivés dans le pays qui sont passés de 148 355 visiteurs en 2021 à seulement 37 0966 au terme de l’année fiscale 2022, soit une chute considérable de 75.0%. 2.7- Croissance de la branche Communication (CITI 58-63) La branche Communication comporte les services de Télécommunication proprement dits et également ceux résultant de la production des activités d’Edition et de Diffusion et Programmation. Elle fait partie des rares activités qui ont relativement crû en 2022. En effet, après avoir atteint 12,9 milliards de gourdes en terme réel en 2021, la valeur ajoutée de cette branche est passée à 13,5 milliards en 2022, soit une progression de 4,4%. En dépit de nombreuses difficultés éprouvées par rapport à la dégradation de l’environnement sécuritaire et des contraintes d’approvisionnement en carburant, ce secteur, dans une certaine mesure, a pu profiter de l’utilisation à outrance des communications à distance faites par tout un chacun, justement pour contourner un peu les contraintes de déplacement des personnes liées aux problèmes d’insécurité et de carburant. 2.8- Hausse des activités financières et d’assurances (CITI 54-66) Établie à 20,2 milliards de gourdes au terme de l’année fiscale 2022, la valeur ajoutée de la branche des activités financières et d’assurances a crû, en volume, de 3,6%, comparativement à l’exercice antérieur où elle avait atteint 19,5 milliards. Les principales composantes de cette branche d’activité ont toutes affiché une évolution positive de leur valeur ajoutée. Pour sa part, le secteur bancaire a affiché une progression d’un peu plus de 4.0% de sa valeur ajoutée. De leur côté, les institutions de micro-finance ainsi que les autres institutions de crédit ont enregistré un accroissement moyen similaire de 4,0% de leur valeur ajoutée. La valeur ajoutée du secteur des assurances a également évolué à la hausse, passant de 7,6 milliards de gourdes à 7,8 milliards, soit une progression en volume de 2,9%. Léger accroissement des activités immobilières (CITI 68) 6Ministère du Tourisme et des Industries Créatives (MTIC) – Tableau d’arrivée des touristes de séjour et des croisiéristes LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 16 Après avoir enregistré une croissance positive de 1,2% en 2021, la valeur ajoutée de la branche immobilière a de nouveau progressé en atteignant 27,1 milliards de gourdes contre 26,8 milliards pour l’exercice antérieur réalisant ainsi, en volume, une hausse de 1,0%. En dépit du ralentissement des activités du secteur proche de la construction, l’accroissement de la valeur ajoutée de ce secteur pourrait être attribué à l’effet de l’augmentation de la demande de logements résultant de la migration d’une bonne partie de la population fuyant certains quartiers réputés à risque notamment Martissant, Cité soleil et qui s’est largement amplifiée cette année avec l’extension des conflits dans d’autres zones, particulièrement : Croix des Bouquets, Pernier, Laboule, Canaan, Torcelle pour ne citer que celles-là. 2.9- Accroissement des services non marchands (CITI 84-94) Le secteur des Services Non Marchands regroupe essentiellement les Institutions qui fournissent gratuitement ou quasi gratuitement des biens et services à la population. On y retrouve l’Administration Publique (APU), la Sécurité Sociale, les Collectivités Territoriales ainsi que les Institutions sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM). De 35,4 milliards de gourdes, en terme réel, réalisés en 2021, la valeur ajoutée de ce secteur est passée à 35,8 milliards en 2022, soit une progression de 1,2% contre 2,6% par rapport à l’année précédente. 2.10- Hausse des branches Education (CITI 85), Santé et Action Sociale (CITI 86-88) Cette macro-branche a un poids relativement important dans le secteur des services, soit environ 18%. Sa valeur ajoutée qui était évaluée à 55,4 milliards de gourdes constantes l’année dernière, est passée à 57,9 milliards en 2022, réalisant ainsi une augmentation de 4,6%. Avec 31,3 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constants, la branche Education a progressé de 3,9% par rapport à l’année fiscale 2021 où elle avait enregistré une croissance de 3,1% pour 30,2 milliards de gourdes. Parallèlement, la valeur ajoutée de la branche Santé et Action Sociale a globalement enregistré une hausse de 5,4% en réalisant 26,6 milliards de gourdes en valeur constante à la fin de l’exercice fiscal 2022, contre 25,2 milliards en 2021. 2.11- Autres Activités de Services (CITI 69-75 ; 77-82 ; 90-96 ; 97-98) Les Autres Activités de Services renferment toutes les autres branches d’activités couvrant les codes (69-75 ; 77-82 ; 90-96 ; 97-98) de la Classification Internationale par Type d’Industries (CITI). Etablie à 33,8 milliards de gourdes en 2021, leur valeur ajoutée est passée à 35,0 milliards de gourdes en 2022, soit une progression, en volume, de 3,7%. LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 17 III- OFFRE ET DEMANDE GLOBALES Après une légère contraction de 0,7 % en 2021, l’Offre Globale qui renferme le Produit Intérieur Brut et les importations totales de biens et services a enregistré une très faible hausse, Passant de 851,7 milliards de gourdes en 2021, elle a atteint 853,1 milliards en 2022, soit un accroissement, en volume, de 0,2% par rapport à l’année antérieure. Cette hausse est due surtout à l’augmentation des importations puisque le PIB, lui, a chuté. En effet, les importations de biens et services ont progressé en atteignant, à prix constants, 249,1 milliards de gourdes au terme de l’année fiscale 2022, soit une hausse de 4,9% L’analyse de la structure des importations montre que ce sont surtout les articles manufacturés (20.0%), les produits alimentaires (11.0%) et les combustibles minéraux (5.2%) qui ont été à l’origine de la hausse globale des importations7. Du côté de la Demande Globale, hormis la Consommation Finale de l’Administration Publique et les exportations qui sont en hausse, ses autres composantes ont toutes affiché une certaine décroissance par rapport à l’année 2021. La Consommation Finale des Ménages, la plus importante du groupe (76%), a chuté de -1,0% en réalisant 648,8 milliards de gourdes, en terme réel, contre 653,4 milliards en 2021. Ce repli peut être attribué en partie à la diminution des envois de fonds des travailleurs de la diaspora qui sont passés de 4,0 milliards de dollars américains en 2021 à 3,78 milliards en 2022, soit une baisse de 6,6%. 7 Banque de la République d’Haïti (BRH) – Balance des Paiements (BDP 8Banque de la République d’Haïti (BRH) – Balance des Paiements (BDP) LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 18 De leur côté, la Consommation Finale des Institutions sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM) et les Investissements (deux autres composantes de la demande interne) ont également évolué à la baisse, en accumulant respectivement, en volume, 16,3 et 63,1 milliards de gourdes en 2022, contre 16,5 et 69,9 milliards en 2021, soit des contractions respectives de 1,0% et de 10,0%. LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 19 La baisse des Investissements est toutefois compatible au recul du montant global des Investissements publics qui ont chuté en valeur nominale de 38,7%9 contre 28,0% en 2021. Parallèlement, le fléchissement de la Consommation Finale des ISBLSM peut être lié au départ de certaines organisations non gouvernementales qui se sont retirées du pays ou tout au moins ont réduit leurs zones d’intervention à cause de l’insécurité. La composante de la demande externe, en l’occurrence les exportations globales, s’élève à 44,8 milliards de gourdes, en terme réel, contre 43.8 en 2021, obtenant ainsi un accroissement de seulement 2,4%, nettement inférieur à celui de 23,5% réalisé en 2021 La structure des exportations haïtiennes en 2022 révèle, tenant compte de leurs poids, que ce sont surtout les articles manufacturés (industries d’assemblage) qui ont tiré la croissance globale des exportations avec une hausse de plus de 11.7%. Viennent ensuite d’autres produits avec des hausses beaucoup plus prononcées, certes, mais ayant des poids relativement faibles tels que le café qui a crû de 25.9%, les fruits de mer dont les langoustes et les anguilles (29.4%) et la petite industrie (27.6%)10. IV- PERSPECTIVES En raison de nombreuses incertitudes qui pèsent sur l’évolution de la situation politique, sociale et sécuritaire du pays, il n’est pas trop évident de dégager des perspectives pour l’économie haïtienne en 2023. Il y a trop de variables inconnues dans l’équation. Cependant, on est déjà au terme du premier trimestre de l’année fiscale 2023. Les signaux observés, jusqu’à présent, sont plutôt préoccupants quant à la bonne performance de l’économie haïtienne en 2023. Les goulots d’étranglement précédemment mentionnés ont atteint des points culminants au cours de ce trimestre. En effet, que ce soit la crise du carburant, le problème de l’insécurité ou la crise socio-politique, tous ces facteurs de blocage ont quasiment paralysé l’ensemble des activités pendant une bonne partie du premier trimestre de l’exercice fiscal 2022-2023, entraînant ainsi des conséquences désastreuses sur l’économie. En témoignent, à titre indicatif, le renchérissement accéléré des prix à la consommation qu’on a connu en octobre et le dérapage du taux de change de la devise américaine par rapport à la monnaie nationale au cours du mois de décembre. Evidemment, si ces éléments annonciateurs n’augurent pas une économie performante en 2023, cela ne veut pas dire non plus qu’il n’y a plus moyen de permettre à l’économie de se rattraper durant les trois trimestres restants, afin d’espérer un minimum de croissance sinon d’éviter au moins une chute plus prononcée en 2023. 9Ministère de l’Economie et des finances (MEF) – Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE) 10 Banque de la République d’Haïti (BRH) –Balance des Paiement (BDP) LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 20 Toujours est-il que ce sont quasiment les mêmes mots qui reviennent dans cette conjoncture particulière, à savoir le renouement avec la croissance économique passe indubitablement par, entre autres : (i) (ii) (iii) (iv) (v) Le rétablissement d’un climat propice aux affaires ; Le retour à la libre circulation des personnes et des marchandises ; La fin de la crise du carburant ; La solution au fléau de l’insécurité ; La solution à la crise socio-politique, donc aux problèmes liés à l’instabilité. La liste n’est pas exhaustive, mais elle permettra au moins une reprise normale des activités des grandes, moyennes, petites et micros entreprises. Il s’agit là d’un passage obligé vers le retour à la croissance, et ce, indépendamment des problèmes structurels auxquels l’économie haïtienne se trouve confrontée. LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 21 LES COMPTES ECONOMIQUES 2022 22

How to cite

Haitian Institute of Statistics and Informatics (IHSI), The Economic Accounts in 2022, https://budget.gouv.ht/storage/app/uploads/public/63a/a24/901/63aa2490187ad312120265.pdf

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