Environmental and Climate Change Assessment for Haiti (IFAD COSOP 2013-2018)
Summary — IFAD's environmental and climate change assessment for Haiti, prepared by Joseph Ronald Toussaint in May 2012 to underpin the fund's country strategic opportunities programme for 2013-2018.
Full Description
Prepared by Joseph Ronald Toussaint for the International Fund for Agricultural Development and dated May 2012, this main report is the environmental and climate change assessment produced to inform IFAD's Country Strategic Opportunities Programme for Haiti covering 2013-2018, filed as EECC No. 3217-HT under the Latin America and Caribbean Division and the Environment and Climate Division. Its function is that of a diagnostic underpinning a donor's multi-year country strategy, so it states the environmental and climate constraints IFAD expected its Haiti portfolio to work within. The corpus also holds the MARNDR-IFAD baseline study of the Nippes from the same programme cycle.
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements
Climatiques
Pour la préparation du Programme d’Options Stratégiques pour
le Pays 2013-2018 du FIDA
Rapport Principal
Date du document:
Mai 12
EECC No.
3217-HT
Division Amérique latine et Caraïbes
Département gestion des programmes
Division Environnement et Climat
Préparé par: Joseph Ronald Toussaint
Le présent rapport a été établi par le personnel du Fonds international de développement agricole (FIDA) et les résultats et les
conclusions qui y sont exprimés ne reflètent pas nécessairement les opinions de ses États membres ou celles de leurs
représentants au sein du Conseil d’administration. Le FIDA ne garantit pas l’exactitude des données figurant dans ce document.
Les désignations utilisées et la présentation de matériel dans cette publication n’impliquent pas l’expression, de la part du FIDA,
d’une quelconque opinion concernant le statut juridique d’un pays, d’un territoire, d’une ville ou d’une zone, ou de leurs autorités,
ou concernant le tracé de leurs frontières ou limites. Les désignations “pays développé” ou “pays en développement” répondent à
un souci de commodité statistique et n’expriment pas nécessairement un jugement sur le stade atteint par un pays ou une zone
donnés dans le processus de développement.
© 2010 pour le Fond International pour le Développement Agricole (FIDA)
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Table des matières
Annexes et Appendices
v
Sigles et Abréviations
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RÉSUMÉ ANALYTIQUE
viii
I.
INTRODUCTION
12
A.
Raisons d’être et objectifs de l’évaluation environnementale stratégique
12
II.
LE CONTEXTE DU PAYS
14
A.
Économie, agriculture et pauvreté rurale
14
B.
Environnement et pauvreté
16
C.
Régime de climat et mise en regard avec les risques et désastres naturels
16
III.
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LE SECTEUR ARD EN HAÏTI
18
A.
Vulnérabilité d’Haïti au changement climatique: les facteurs structurels impliqués
et les tendances observées et projetées
18
B.
Impacts du changement climatique sur le secteur ARD
19
C.
Gouvernance climatique, politiques, plans, programmes et projets en lien avec
l’adaptation
20
D.
Stratégie de pays et portefeuille actuel du FIDA
21
E.
Réponses des partenaires de la coopération au développement
25
F.
Réponses des agriculteurs et stratégies d’adaptation pour faire face au
changement climatique dans le secteur ARD
26
IV.
CONSTATS, ANALYSE DES POLITIQUES ET PROGRAMMES DU GOUVERNEMENT, DE
LA STRATÉGIE DE PAYS ET DU PORTEFEUILLE DU FIDA ET DES INITIATIVES DES
PARTENAIRES AU DÉVELOPPEMENT SOUS L’ANGLE DE L’INTÉGRATION DU
CHANGEMENT CLIMATIQUE
27
A.
Constats, analyse des politiques et programmes du gouvernement dans le
domaine de l’adaptation et de la résilience climatique
28
Constats, analyse des initiatives des partenaires de la coopération au
développement
32
Constats, analyse du COSOP/Haïti et mise en regard des objectifs et
activités supportés par le FIDA avec l’adaptation et la résilience climatique
33
B.
C.
A.
33
D.
La question de l’influence du Fonds sur la politique agricole du MARNDR.
35
E.
Synergie avec d’autres partenaires de la coopération au développement et
avantages comparatifs du FIDA
36
V.
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS.
37
A.
Principes directeurs
37
B.
Les leçons clés dégagées et défis à prendre en compte
40
C.
Les priorités à préconiser pour le secteur ARD
42
D.
Ciblage géographique, priorités à préconiser pour le FIDA et mesures de
bonification du COSOP 2013-2018 dans une perspective d’adaptation, de
résilience climatique, d’ENGRN, de GRD et de problématique hommes-femmes
45
iii
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
E.
Objectifs stratégiques et contributions au cadre logique et aux indicateurs
48
F.
Besoins de recherche changement climatique–secteur ARD
50
G.
Méthodologie pour la gestion du savoir
51
H.
Considérations opérationnelles
52
V.
BIBLIOGRAPHIE
53
iv
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Annexes et Appendices
Annex 1:
Annex 2:
Contexte géophysique, socioéconomique et environnemental du pays en liaison avec le secteur
agriculture et développement rural (ARD)
Coopération du développement en lien avec l’adaptation et la résilience climatique entre
différentes institutions sur le territoire haïtien
v
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Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Sigles et Abréviations
ACDI: Agence Canadienne pour le Développement International
AEC: Association des Etats de la Caraibe
AFOLU: Agriculture, Forestry and Land Use
ANDH: Autorité Nationale Désignée d’Haiti
ARD: Agriculture et Développement Rural. Pour des raisons pratiques, le document a préféré
utiliser son sigle anglais correspondant à Agricuture and Rural Development
AusAid: Australian Agency for International Development
BID (IDB): Banque Inter-Américaine de Développement/Inter American development bank
BMD: Banque Multilatérale de Développement
BME: Bureau des Mines et de l’Energie
CANARI: Caribbean Natural Resources Institute
CARICOM: Caribbean Community
CATIE : Centre Agronomico Tropical de Investigación y Enseñanza Tropical
CCCC: Climate Change Caribbean Centre
CCUNCC: Convention Cadre des Nations Unies pour les Changements Climatiques
CDEMA: Caribbean Disaster Emergency Management Agency
CEHI: Caribbean Environment Health Institute
CEPALC: Commission Economique pour l’Amérique Latine et les Caraibes
CIAT: Comité Interministériel pour l’Aménagement du Territoire
CNM: Centre National de Météorologie
CNIGS: Centre National d’Information Géo-Spatiale
CNSA: Commission Nationale pour la Sécurité Alimentaire
COSOP: Options et Stratégies d’Intervention de Pays. Par extension désigne le Programme de
Pays de FIDA
COU: Centre d’Opérations d’Urgences
CPM: Country Programme Manager
CSI: Cadre Stratégique Intégré des Nations Unies en Haiti
DDC: Direction de Développement et de la Coopération Suisse
DPC: Direction de la Protection Civile
DPRCC: Direction de Prévention des Risques et de la Lutte contre les Changements Climatiques
DRI: Disaster Risk Index/ Indice de Risque de Désastre
EDD: Environnement et Développement Durable
EES: Evaluation Environnementale Stratégique. Désignée souvent dans le document par la
Mission
ENGRN: Environnement et Gestion des Ressources Naturelles
ENSO: El Nino Southern Oscillation. Par extension El Niño/ENSO désigne généralement des
anomalies à grande échelle, liées à l’augmentation des températures de la surface de l’Océan
Pacifique
ESMAP: Energy Sector Management Assistant Programme
GEF (FEM): Global Environment Facility/Fonds pour l’Environnement Mondial
GFDRR: Global Facility For Disaster Reduction and Recovery
FAES: Fonds d’Ássistance Economique et Sociale
FAO: Food Agriculture Organization
FIC: Fonds d’Investissement du Climat
FIDA (IFAD): Fonds International de Développement Agricole/International Funds for Agriculture
and Development. Le document emploie alternativement FIDA ou le Fonds
FNURA: Fonds National d’Urgences de Recapitalisation et d’Adaptation Agricoles
FSC: Fonds Stratégique pour le Climat
GBV: Gestion des Bassins Versants
GCCA: Global Climate Change Alliance
GES: Gaz à Effet de Serre
GIEC (IPCC): Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat/Intergouvernemental Panel on
Climate Change
GIZM: Gestion Intégrée des Zones Côtières et Marines
vi
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Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
GPL: Gaz Pétrole Liquéfié
GRD: Gestion des Risques et Désastres
GRN: Gestion des Ressources Naturelles
IDH: Indice de Développement Humain
IHSI: Institut Haitien de Statistiques et d’Informatique
IICA: Institut Inter-Américain de Coopération Agricole
IIED: International Institute for Environment and Development
IMSET: Instituto Meteorologia de Cuba
MARDNR: Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MARP: Méthode Accélérée de Recherche Participative
MDE: Ministère de l’Environnement
MDP: Mécanisme de Développement Propre
MICT: Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
MPCE: Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
MTPTC: Ministère des Travaux Publics, Transport et Commuincation
NOAA: National Oceanic and Atmospheric Administration
NORAD: Coopération Norvégienne
OCB: Organisations Communautaires de Base
OMD: Objectifs du Millénaire pour le Développement
ONEV: Observatoire de l’Environnement et de la Vulnérabilité
ONPES: Observatoire National de la Pauvreté et de Lutte Contre l’Exclusion Sociale
OPA: Opérateurs Privés Agricoles
OPS: Opérateurs Prestataires de Services
PAE: Plan d’Action pour l’Environnement
PAM (WFP): Programme Alimentaire Mondial/World Food Programme
PAN-LCD: Programme National d’Action pour la Lutte Contre la Désertification
PASAC: Programme d’Actions pour la Sécurité Alimentaire
PDA: Politique de Développement Agricole
PEID (SIDS): Petits Etats Insulaires en Développement/Small Islands Development States
PIB: Produit Intérieur Brut
PMA: Pays Moins Avancé
PNGRD: Plan National pour la Gestion des Risques et des Désastres
PNUD (UNDP) : Programme des Nations Unies pour le Développement/United Nations
Development Programme
PNUE (UNEP): Programme des Nations-Unies pour l’Environnement/United Nations Programme for
Environment
PPCR: Pilote Programme for Climate Resilience
PRG: Potentiel de Réchauffement Global
PSDH: Plan Stratégique pour le Développement d’Haiti
PTRA: Programme Triennal de Relance Agricole
RCG: Réchauffement Climatique Global
RRC(RDD): Réduction de Risque de Catastrophe/Réduction de Risque de Désastre
SPGRD: Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et Désastres
SNGR: Système National pour la Gestion des Risques
TEM: Traités Environnementaux Multilatéraux
TDRs: Termes de Référence
UEH: Université d’Etat d’Haiti
USAID: United States Agency for International Development
USD: US Dollars
UWI: University West Indies
vii
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Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
RÉSUMÉ ANALYTIQUE
Le mandat. La question du changement climatique constitue le défi économique et humain le plus
important auquel Haïti, pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, doit faire face en matière de
développement. La connexion (le nexus) entre le changement climatique et le secteur agriculture et
développement rural (ARD) et les différentes menaces posées par ce phénomène et à surmonter pour
un secteur ARD haïtien pouvant s’adapter de manière durable, vibrant et résilient représentent le thème
viii
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
central de ce travail. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) qui intervient depuis 1978
dans le pays est impliqué dans le processus de formulation du programme d’options stratégiques pour le
pays (COSOP) axé sur les résultats, pour lequel il a requis une mission d’évaluation environnementale
stratégique.
Quatre objectifs précis ont été assignés à la mission: i) détailler les opportunités et défis
environnementaux et du changement climatique influençant le secteur ARD, avec une attention
particulière portée sur les ruraux pauvres et les groupes marginalisés; ii) évaluer les politiques sousrégionales et nationales, les programmes et plans en réponse aux défis et opportunités liés à
l’environnement et au changement climatique dans une perspective d’alignement des interventions du
FIDA aux cadres de planification du pays et aux propres politiques du Fonds concernant
l’environnement, le changement climatique, la réduction du risque et des désastres et la problématique
hommes-femmes; iii) identifier les lacunes et les priorités de la politique actuelle concernant
l’environnement et le changement climatique, les cadres programmatiques et de planification liés au
secteur ARD pour articuler les problèmes clés et domaines de dialogue dans lesquels le FIDA pourrait
s’engager; et iv) définir les interventions de développement environnementalement durables et sensibles
aux questions de climat pour remédier aux problèmes de pauvreté, de vulnérabilité au changement
climatique et aux désastres naturels.
L’approche méthodologique. Elle prend appui sur la démarche du Fonds qui est à l’interface de quatre
principaux points de convergence dans une perspective d’adaptation et d’accroissement de la résilience
climatique du secteur ARD : i) ARD-convergence changement climatique; ii) ARD-convergence
environnement; iii) ARD-convergence risque et désastres; iv) ARD-convergence problématique hommesfemmes.
La vulnérabilité d’Haïti au changement climatique. Outre la question du changement climatique, 96% de
la population du pays vit dans des zones à risque, et avec un tel pourcentage, Haïti figure à la première
place sur l’indice de la vulnérabilité aux cyclones parmi les petits États insulaires en développement (avec
une note de 12,9 sur une échelle de 13 points). Ceci dérive directement des conditions de vulnérabilité
physiques, sociales et économiques et d’aggravation des problèmes environnementaux (déforestation,
dégradation des bassins versants, etc.).
Il a été projeté pour le pays une augmentation de température variant de - 0,8 à 1 degré pour l’année
2030 et de 1,5-1,7 degré pour l’année 2060 avec de plus grands pics d’augmentation en juin pour 2030
et en juin-juillet pour l’année 2060. Une nette tendance à la baisse du régime des précipitations est
prévue selon divers scénarios. Les projections établies vont de - 5,9% à - 20,0% pour l’année 2030 alors
qu’en 2060 elles varieront de - 10,6% à - 35,8%. La plus grande baisse des précipitations est prévue
durant le mois de juillet pour l’année 2030 et durant le mois de juin
Impacts du changement climatique sur le secteur ARD. Les risques climatiques sont devenus de
plus en plus des facteurs aggravants pour le secteur ARD. L’agriculture fait, de plus en plus de nos
jours, les frais du déséquilibre climatique qui s’observe depuis plus d’une décennie dans le pays. Le
changement climatique multiplie en particulier les risques liés à la faim et a une forte incidence sur la
vie et les moyens de subsistance des communautés les plus vulnérables et les plus exposées à
l’insécurité alimentaire en particulier les ruraux pauvres. On estime actuellement que 6,6 millions de
personnes, sur une population totale de 10,2 millions, souffrent d’insécurité alimentaire, dont 4,1 millions en
milieu rural et 2,6 millions en milieu urbain. Sur ce total, 5,2 millions de personnes souffrent d’insécurité
alimentaire modérée et 1,5 million d’insécurité alimentaire sévère et celle-ci affecte 52% des femmes.
La gouvernance climatique en place en liaison avec l’adaptation du secteur ARD dans une
perspective de réduction de la pauvreté. La gouvernance institutionnelle à ce niveau est partagée
entre plusieurs institutions bien que le Ministère de l’environnement fasse figure d’institution de référence
ix
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Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
en raison des responsabilités qui lui incombent pour le suivi, en première ligne, de la conformité en
matière d’obligations d’Haïti dans le cadre des Traités environnementaux multilatéraux post-Rio.
Il existe certes un Programme d’action national d’adaptation (PANA) mais prévalent, en particulier, des
politiques apparentées en lien direct avec l’adaptation dont les plus pertinentes sont le Plan stratégique
de développement d’Haïti, le Plan d’action pour l’environnement, le Document national de croissance et
de réduction de la pauvreté, le Plan national de gestion des risques et des désastres, la Politique de
développement agricole, le Programme national de lutte contre la désertification, etc.
Les constats sur les politiques, plans, programmes, projets du gouvernement et les initiatives
des partenaires de la coopération. La Gestion des risques et désastres et l’alerte précoce relatives à
l’insécurité alimentaire représentent les points de mire des progrès du Gouvernement Haïtien en matière
d’adaptation. Au niveau des partenaires de la coopération, il y a lieu de reconnaître que l’accent mis en
ce qui concerne la porte d’entrée, privilégié par le Cadre stratégique intégré des Nations Unies en Haïti (CSI)
est de bonne augure pour l’adaptation au changement climatique mais représente tout de même un
retrait nominal en relation à la problématique de l’adaptation en raison de quelques nuances
fondamentales qui existent entre les deux démarches. À part le CSI, la thématique relative à l’adaptation
se retrouve de plus en plus dans le champ d’action d’autres partenaires de la coopération. Cependant,
cette “ruée vers l’adaptation” risque de produire des effets pervers en matière de chevauchement et de
duplication.
Conclusion et recommandations.
Les priorités à préconiser pour le secteur ARD. Il y a lieu de retenir: i) la reconnaissance impérieuse
par les Ministères clés dont le MARNDR que le changement climatique nuit et handicape sérieusement
les performances du secteur ARD; ii) la nécessité d’une collaboration stratégique, technique et
opérationnelle entre les ministères et agences gouvernementales clés pour une stratégie nationale
concernant le changement climatique ciblant le secteur agriculture; iii) l’affirmation du leadership du
gouvernement dans le domaine de l’adaptation; iv) la nécessité d’accorder une plus grande importance
au transfert du risque via des mécanismes financiers porteurs en soutien à l’adaptation ; v) la création
d’un Fonds national d’urgences de recapitalisation et d’adaptation agricoles (FNURA), suivant l’approche
fiduciaire, comme mécanisme de transformation durable et de soutien à l’adaptation et à la résilience
climatique du secteur ARD; vi) la reconnaissance du savoir traditionnel paysan et de pratiques relevant
de l’agrobiodiversité en matière d’adaptation; vii) le renforcement de l’instrumentation météorologique et la
production d’un atlas du climat pour Haïti; viii) la mise à profit du Cadre stratégique intégré des
Nations Unies pour l’application du mode opérationnel: “Unis dans l’action ou Delivering as One” en
matière d’adaptation et de résilience du secteur ARD en Haïti. Le FIDA pourrait être le fer de lance
d’un tel plaidoyer avec le PNUD, le PAM, la FAO pour l’application de la logique “Unis dans l’action ou
Delivering as One” en matière d’adaptation et de résilience climatique du secteur ARD.
Ciblage géographique, priorités à préconiser pour le FIDA et mesures de bonification du COSOP.
Donnant priorité à l’inclusion, le ciblage regroupera en réalité divers critères et devra être raisonné par
recoupement de ceux-ci: socioéconomiques, physico-techniques, institutionnels, organisationnels avec
importance majeure accordée aux critères socioéconomiques. À la lumière de ceci, la mission préconise
que la portion congrue des ressources financières du projet PPI-3 soit plutôt affectée à la région des
Nippes. Le projet PPI-3 pourrait aussi inclure par extension l’île de la Gonâve (département de l’Ouest)
comme zone d’intervention. Cette île adjacente située en zone aride est dans le collimateur de la
Commission nationale pour la sécurité alimentaire (CNSA) comme zone prioritaire de haute importance en
relation à l’insécurité alimentaire. Le département du Sud-Est devrait également sérieusement peser dans
le choix des sites d’interventions du nouveau COSOP car le tableau départemental de classification de
la pauvreté multidimensionnelle du Ministère de la planification et de la coopération externe (MPCE) et la
dernière carte des priorités concernant l’insécurité alimentaire de la CNSA en ont fait une zone
névralgique hautement prioritaire eu égard aux problèmes aigus de pauvreté et d’insécurité alimentaire
x
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
qui y sévissent. D’autres priorités se rapportent à: i) une stratégie concernant la problématique hommesfemmes; ii) une méthodologie d’intégration de la dimension changement climatique dans la planification locale,
etc.
Autres considérations opérationnelles: i) partenariats additionnels avec le gouvernement. Le Fonds
devra, en plus du MARNDR et de ses clients habituels, étendre son partenariat avec deux autres
ministères clés: le Ministère de l’environnement (MDE) et le Ministère de l’intérieur et des collectivités
territoriales (MICT); ii) adaptation dans les autres poches de concentration géographique. En plus de
l’extension du PPI-3 vers l’île de la Gonâve, un potentiel projet d’adaptation pourrait être conçu pour
le Sud-Est. Ce projet dans le Sud-Est pourrait cibler la réhabilitation de périmètres, le financement à petite
échelle de travaux d’adaptation pour la prévention des désastres et la réduction de la vulnérabilité des
communautés, l’introduction d’outils méthodologiques et techniques intelligents face au climat, la
promotion d’approches locales de paiement pour les services écosystémiques, etc.
Objectifs stratégiques et contributions au cadre logique et aux indicateurs. Trois objectifs
stratégiques clés, avec des résultats et des étapes importantes (milestones) à atteindre, sont proposés pour
que le nouveau COSOP aboutisse à des résultats intelligents face au climat. Le choix de ces objectifs
répond aux soucis de: i) porter aux échelons politiques et décisionnels les plus élevés la dimension du
changement climatique en vue d’influencer le dialogue politique au niveau du secteur ARD; ii) favoriser
le "mainstreaming" d’une gestion des ressources naturelles (GRN) sensible au changement climatique;
iii) refléter l’option prise en matière d’adaptation et de résilience à l’échelon territorial.
xi
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
I.
INTRODUCTION
A. Raisons d’être et objectifs de l’évaluation environnementale stratégique
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) est impliqué, pour Haïti, dans le
processus de formulation du programme d’options stratégiques pour le pays (COSOP) axé sur les
résultats, le, au stade d’ébauche en mars 2013. Le COSOP doit définir le cadre stratégique de
partenariat entre le FIDA et le Gouvernement Haïtien pour les cinq prochaines années (2013–
2018). À la requête du siège et en collaboration avec les Divisions environnement et climat et
Amérique latine et Caraïbes, une mission chargée de l’élaboration de l’évaluation
environnementale stratégique (EES) du programme a été commanditée par le FIDA et confiée
à un consultant national.
Cadre et but de la mission. Ce cadre, fixé dans les termes de référence, vise à analyser les
défis et opportunités auxquels sont exposées les communautés locales en Haïti dans le
domaine de l’environnement et du changement climatique pour rendre plus durables les
investissements du FIDA dans le secteur agriculture et développement rural (ARD); l’idée est
que l’EES fournisse des éléments d’analyse et des informations nécessaires pour s’assurer que
la stratégie pour le pays axée sur les résultats soit sensible aux questions du climat et de
l’environnement. La mission doit notamment refléter un ensemble d’orientations politiques clés
du Fonds: environnement et gestion des ressources naturelles (ENGRN), changement climatique,
gestion des risques et désastres (GRD), problématique hommes-femmes dont les différents aspects
sont cristallisés au titre d’une compréhension détaillée du mandat en annexe I.
Les objectifs. La mission poursuit donc quatre objectifs: i) détailler les opportunités et défis
environnementaux et du changement climatique influençant le secteur ARD, avec une attention
particulière portée sur les ruraux pauvres et les groupes marginalisés; ii) évaluer les politiques
sous-régionales et nationales, les programmes et plans en réponse aux défis et opportunités
liés à l’environnement et au changement climatique dans une perspective d’alignement des
interventions du FIDA aux cadres de planification du pays et aux propres politiques du Fonds
concernant l’environnement, le changement climatique, la réduction du risque et des désastres et
la problématique hommes-femmes; iii) identifier les lacunes et les priorités de la politique
actuelle concernant l’environnement et le changement climatique, les cadres programmatiques et
de planification liés au secteur ARD pour articuler les problèmes clés ainsi que les domaines de
dialogue dans lesquels le FIDA pourrait s’engager; et iv) définir les interventions de
développement environnementalement durables et sensibles aux questions de climat pour
remédier aux problèmes de pauvreté, de vulnérabilité au changement climatique et aux
désastres naturels.
Approche et méthodologie. En conformité avec les directives méthodologiques du FIDA,
l’œuvre à accomplir s’applique à une stratégie de pays axée sur les résultats en cours de
finalisation où les éléments, d’analyse et de recommandation à dégager, serviront à ce que les
dimensions environnementales liées à la question centrale d’un climat changeant soient
correctement prises en compte dans la dite stratégie . Les premières ébauches du COSOP ont
été préparées sur une base largement participative, ce qui a permis au FIDA d’identifier les
objectifs précis de l’EES et le rôle que celle-ci est appelée à jouer dans le programme de
pays final.
Le processus de réalisation de l’EES est passé par les moments clés décrits ci-après en ce qui
concerne les méthodes de collecte, d’analyse de l’information et de rédaction du rapport:
i) une revue documentaire assez exhaustive, très large au début, suivie d’une plus sélective et
approfondie mais néanmoins très diverse , examinant les documents pertinents et leur portée en
vue d’identifier les problèmes à considérer au niveau de l’EES tenant compte du contexte
12
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
spécifique, incluant le secteur et le cadre global institutionnel et légal et ses alternatives dans lesquels
le programme-pays est susceptible d’être mis en œuvre.
La bibliographie consultée, à cet égard, par la mission de l’EES est très abondante. Il s’agit
de documents de stratégies et de politique de base du FIDA liés à la portée de l’étude; de
documents se rapportant à une meilleure compréhension de la philosophie, de la culture
d’interventions, du modus opérandi du Fonds en relation aux enjeux de l’évaluation, sa
stratégie et ses opérations en Haïti (COSOP, projets financés directement); de rapports d’autres
entités sur la thématique du climat traitant ses relations avec le secteur ARD et publiés par
les instances internationales et régionales compétentes [Groupe intergouvernemental sur l’évolution
du climat (GIEC ou IPPC sigle anglais); Convention-cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques (CCNUCC); Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO);
Banque mondiale; Groupe consultatif du dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes
et de redressement (GFDDR); Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD);
Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE); Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE); ONG internationales pertinentes, Centre communautaire
caribéen sur le changement climatique de la CARICOM; Banque interaméricaine de développement,
etc.]. Enfin, la mission, au niveau national, a tiré parti des publications du Gouvernement Haïtien
et des partenaires potentiels du FIDA dans les solutions à apporter à la problématique sous
examen.
ii) la rédaction du premier jet du rapport dont une première version très dense a été
communiquée avec beaucoup de retard soit le 13 mai 2013 à la responsable de supervision
de l’étude (Mme Elisa Distefano) suivie d’une deuxième version, réduisant la taille du document
principal, suite à ses premières observations. Une version consolidée intégrant ses remarques
sur la forme et sur le fond fût soumise au bureau de pays du FIDA aux fins de commentaires
et de finalisation du rapport.
iii) une analyse environnementale stratégique du programme de pays et un regard rapide sur
le portefeuille de programmes/projets en cours. Normalement, une EES de programme de
pays n’a pas à scruter le portefeuille de projets de par sa nature englobante dépassant
l’addition des appréciations des projets individuels. Mais il était important pour la mission de
s’y attarder un peu pour comprendre l’esprit de la première ébauche du COSOP à partir des
projets appuyés par le Fonds. Ensuite, l’analyse environnementale stratégique a été effectuée
au regard des indications et orientations consignées dans les termes de référence, notamment
par le renforcement de la prise en compte du changement climatique et des domaines
connexes apparentés au niveau de la stratégie de pays. Cette analyse a également pris appui
sur une visite de terrain des unités de gestion des projets supportés par FIDA ( Plateau
Central, Nord-Est et Nord-Ouest) et sur des entretiens avec les représentants des communautéscibles des opérations (annexe VII , liste des personnes rencontrées incluant le personnel des
projets et les acteurs communautaires des projets du Fonds). Cette visite de terrain, non prévue
au départ mais suggérée par la nouvelle chargée de programme de pays (CPP) (Mme Esther
Kasalu Coffin) et le chargé de programme (M. Marcelin Norvilus) du bureau de pays du Fonds, a
été très utile et a permis de générer des observations pertinentes sur les activités des projets
en liaison avec le présent mandat et de conforter voire renforcer des leçons, des constats et
recommandations que la révision documentaire laissait déjà entrevoir.
Structure du document. Le présent rapport décrit, selon un canevas de rédaction proposé
par le FIDA mais réajusté pour prendre en compte certaines spécificités locales, les résultats
de cette EES qui a été effectuée dans le cadre de la formulation du COSOP/Haïti. Il est
structuré en cinq sections. La section I, la partie introductive, situe le cadre, précise les objectifs
et décrit la méthodologie utilisée. La section II renseigne sur le contexte du pays servant de
médium où s’implantera le COSOP. La section III décrit les scénarios établis pour la variabilité
et le changement climatique en Haïti, la vulnérabilité du pays face à ce phénomène, notamment
la sérieuse menace qu’il constitue, et représente les importants défis qu’il entraȋne pour les
systèmes de production de nourriture et par conséquent sur les conditions d’existence et la
sécurité alimentaire de millions d’haïtiens qui dépendent du secteur ARD pour vivre, et
également comment il contribue à exacerber la pauvreté. La section III fournit aussi un aperçu
13
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
sur le cadre institutionnel et légal, des politiques/programmes/projets dans lequel s’insérera,
particulièrement en matière d’adaptation et de résilience climatique, la proposition du
programme de pays en cours de finalisation ainsi que les initiatives des partenaires de la
coopération tout en projetant un éclairage sur les réponses des agriculteurs et les stratégies
paysannes d’adaptation. Les résultats de la mission sont particulièrement déclinés dans les
sections IV et V avec des constats, des analyses et des recommandations aux fins d’intégration
et de valorisation par le FIDA dans le cadre du processus de finalisation du COSOP/Haïti.
II.
LE CONTEXTE DU PAYS
Une description plus complète et détaillée du contexte du pays est présentée en annexe I.
Cette section s’attachera plutôt à résumer de manière sélective les aspects les plus importants
à faire apparaître dans la partie centrale du document en matière de fil directeur et de suites
logiques dans le raisonnement.
A. Économie, agriculture et pauvreté rurale
Une économie sous tension en raison d’une pauvreté latente et endémique, de l’explosion
démographique, de facteurs structurels et d’une situation post-séisme 2010 extrêmement
2
délicate. Avec une superficie de 27 750 km et située dans le bassin des Caraïbes en pleine
trajectoire des cyclones, Haïti, qui partage l’ȋle d’Hispaniola avec la République dominicaine, est le
pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, et le seul pays moins avancé (PMA) de la région.
Haïti est l’un des pays les plus pauvres dans le monde dont près de 80% de sa population vit endessous du seuil de la pauvreté, soit exactement 77% vit avec moins de 2 USD/jour et 52% avec
moins d’1 USD/jour. Avec un revenu per capita de 726 USD en 2010, Haïti est classé comme un pays
à bas revenu. La population est estimée à 10,265 millions d’habitants avec plus de 52% de
femmes, Haïti est l’ȋle la plus densément peuplée des Caraïbes avec des pics de densité
2
démographique pouvant aller jusqu’à 40 000 habitants/km à Port-au-Prince, la capitale. La
jeunesse est aussi une autre caractéristique importante de cette population puisque plus de la
moitié d’entre elle a moins de vingt et un ans.
L’économie haïtienne a été marquée, pendant la décennie 2000-2010, par une politique
macroéconomique de réduction de la dette publique et de l’inflation. Celle-ci se situait endessous du seuil de 10% de 2007 à 2011 sauf pour 2008 où elle a atteint 15,5%. L’économie a
été aussi caractérisée par une agriculture stagnante sinon en déclin mais qui reste néanmoins la
principale source de revenus pour la majorité de la population. Le gouvernement issu des élections
de 2011, a poursuivi une politique de préservation de la stabilité macroéconomique. Jusqu’au premier
trimestre 2013, l'inflation demeurait à un seul chiffre, bien qu’elle ait atteint 7,6% fin 2012, en raison
principalement d'une hausse des prix alimentaires sur le marché international et d'une réduction de
l'approvisionnement alimentaire national causée par les cyclones Isaac et Sandy qui ont frappé le
pays en 2012. Le PIB a connu une évolution en dents de scie (voir annexe I pour de plus amples
informations) et une contraction de 5,4% due aux effets du séisme du 12 janvier 2010. Le FMI
prévoit cependant une croissance de 6,5% du PIB en 2013 grâce à une certaine consolidation
de l’économie malgré le rythme de la reconstruction postséisme et la reprise économique lentes.
Cependant, on remarque des faiblesses administratives, un manque de capacité d'absorption, la
persistance des tensions sociopolitiques, la situation sécuritaire difficile et l'environnement
économique fragile (Communiqué du FMI: www.imf.org).
Répartition inéquitable des bénéfices de la croissance et indice de développement humain.
Les inégalités sociales et de revenus, qui du reste sont importantes en Haïti avec un
coefficient de Gini de 0,59, constituent un réel obstacle à l'atteinte d'un indice de
développement humain acceptable. Haïti occupe la 161e position sur 187 pays et se place
dans le groupe des pays à "développement humain faible" au vu du dernier Rapport
mondial sur l'indice de développement humain (IDH) publié par le PNUD en mars 2013. Les
programmes d’aide sociale initiés par le Gouvernement Haïtien depuis fin 2011 basés sur des
14
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
"cash transfers" ou transferts en espèces destinés aux familles nécessiteuses (voir annexe III pour
plus de détails) etc., ne semblent pas encore avoir des retombées positives sur l’indice établi
par le PNUD.
L’agriculture et l’économie rurale. L’activité agricole, en tant que processus naturel et
économique, constitue le principal fondement de la vie rurale et de la vie en général dans le
pays. Elle constitue la cheville ouvrière de l’économie d’Haïti vu que 60% de la population
tire ses revenus de l’agriculture. Cette agriculture, à dominante pluviale, est caractérisée par la
prédominance de petites exploitations. La tenure foncière se caractérise par l’importance de
l’indivision à l’origine d’un morcellement aigu des terres (ce qui complique les possibilités de
mécanisation), la multiplicité des statuts des terres exploitées par le même individu et la
présence de terres de l’État au statut mal défini (environ 10% de la superficie cultivée). Les
céréales (sorgho, maïs et riz), la banane et les tubercules représentent les principales cultures
emblavées à des fins d’autoconsommation. Les exportations agricoles restent dominées par le
café, le cacao, les haricots, la mangue (variété francisque surtout) et le vétiver (Vetiver vetiveria).
Il existe toutefois un potentiel porteur, notamment au niveau du Plateau Central, pour les
produits biologiques comme le poulet et la pintade créoles et le cabri (exportation annuelle de
50 000 caprins en République dominicaine pour 2 millions d’USD, MARNDR 2011). L’élevage joue
un rôle essentiel dans les activités de production agricole car il constitue une trésorerie et un
capital pour les investissements importants. Les filières d’élevage doivent cependant faire face
à des insuffisances d’infrastructures de production, de transformation et de commercialisation.
Au plan de l’hydraulique agricole, entre 135 000 et 180 000 hectares peuvent recevoir une
forme incomplète d’irrigation mais on estime que seulement 80 000 sur 90 000 hectares
aménagés seraient effectivement irrigués avec des insuffisances en système de drainage et en
entretien. En ce qui concerne le sous-secteur de la pêche, on estime que plus de 300 000
habitants dépendant des revenus issus des ressources de la mer. La valeur de la production
de ce sous-secteur serait de l’ordre de 85 millions d’USD.
Profil de la pauvreté avec les femmes comme archétype du phénomène et disparités
régionales en la matière. La pauvreté demeure un phénomène majoritairement rural en Haïti.
Le profil de la pauvreté établi par FAFO 2005 et cité par le Ministère de la planification et de la
coopération externe (DSCNRP 2007) montre que le milieu rural (63% de la population) est un
réservoir important où se manifeste la pauvreté extrême. Sur 100 personnes affirmant ne pas
pouvoir satisfaire leurs besoins alimentaires dans le pays, 77 habitent en milieu rural, 9 en
zone métropolitaine et 14 dans les autres villes. Dans une perspective prenant en compte la
problématique hommes-femmes, l’incidence de la pauvreté extrême dans les ménages ayant une
femme comme principal contributeur (58%) est sensiblement plus élevée que dans ceux ayant un
homme (53%), selon les statistiques fournies par le Ministère de la planification reprenant les
données d’une enquête sur les conditions de vie en Haïti. Dans l’enquête concernant le budget de
consommation des ménages de 2000, près de 48% des inégalités de consommation s’expliquent par
le sexe du chef de ménage. La consommation moyenne est ainsi plus faible pour les ménages dont le
principal contributeur est une femme et les inégalités dans leur dimension sociale et de capacité
paraissent plus favorables aux hommes qu’aux femmes.
Les zones pauvres d’Haïti sont nettement différenciées en fonction de critères géographiques tels,
que les besoins fondamentaux de base ne sont pas réparties de façon égale sur tout le territoire
haïtien. Le classement établi par le MPCE (voir annexe III, Tableau de pauvreté
multidimensionnelle par région géographique) révèle une forme de hiérarchisation géographique
du phénomène en fonction du degré de pauvreté pour cinq des dix départements géographiques
que compte le pays: i) zones de concentration de la population en situation de pauvreté sévère: 1)
département du Centre (61%); 2) Grande Anse (45,4%); 3) Artibonite (40,3%); Nippes (38,8%); SudEst (39,6%); ii) zones de concentration de la population vulnérable à la pauvreté: 1) Sud (24,2%); 2)
Nippes (24.1%); 3) Sud-Est (23%); 4) Nord-Est (21,5%); 5) Nord-Ouest (20,7). Il convient de noter
que les départements des Nippes et du Sud-Est apparaissent comme une constante dans cette
hiérarchisation géographique de la pauvreté et reviennent à chaque fois indépendamment du
critère de pauvreté sévère et de vulnérabilité à la pauvreté.
15
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
B. Environnement et pauvreté
L’environnement, base d’existence des pauvres. L’environnement et les conditions
d’exploitation des ressources du milieu naturel revêtent une grande importance pour les
populations qui vivent dans la pauvreté en Haїti particulièrement en milieu rural. Leur bienêtre est intimement lié à l’environnement en ce qui concerne de leurs moyens d’existence, leurs
conditions de santé, leur cadre de vie, leur vulnérabilité aux chocs et stress environnementaux et
leur développement. Il existe une relation réciproque et interdépendante entre ces différentes
dimensions du développement.
Liens avec le secteur ARD. L’environnement rural haïtien est en dégradation accélérée (voir
annexe I pour de plus amples informations), avec pour principale incidence le déboisement et
l’érosion qui est l’un des facteurs principaux de la dégradation des sols en Haïti. L’impact
indirect est significatif, reflété par une diminution de la productivité agricole (décroissement entre
0,5 et 1,2% par an durant les dix dernières années). En outre, la pression démographique
conduit à la mise en culture de terres inaptes à l’agriculture (20% à 30% des terres cultivées).
Les principales conséquences de cette mise en valeur anarchique sont la disparition du
couvert boisé, la surexploitation des bassins versants, l’érosion accélérée, la perte de fertilité
des sols et les modifications des régimes hydrauliques des rivières qui affectent la productivité
du secteur agricole. À cela, il faudrait ajouter: i) la vulnérabilité face aux risques climatiques; ii) la
diminution de la productivité des écosystèmes côtiers et marins.
C. Régime de climat et mise en regard avec les risques et désastres naturels
Position géographique et aggravation des risques. Localisé en pleine trajectoire des
cyclones ou ouragans, subissant fréquemment les épisodes chauds de El Niño/ENSO et situé sur
une zone de failles tectoniques majeures séparant les plaques Caraïbes et Amérique du Nord,
le pays est soumis à d’importantes ondes, perturbations tropicales et est exposé aux
phénomènes naturels extrêmes qui engendrent souvent des catastrophes d’envergure
(inondations, sécheresses, tremblements de terre). La position géographique d’Haïti rend ainsi le
pays très sensible à ces aléas et augmente les facteurs de risque.
Caractéristiques du climat et faible résistance aux évènements naturels. Haïti, située au
Nord de la Caraïbe, connait un climat tropical chaud et humide avec des températures
journalières pouvant osciller entre 19 degrés et 28 degrés en hiver mais qui peuvent chuter
jusqu’ à 8 degrés et 10 degrés et même plus bas dans les sommets des parcs nationaux de
Macaya et de La Visite. La température varie entre 23 degrés et 33 degrés au cours de l’été.
La saison des pluies s’étend d’avril à juin, et s’intensifie d’août à novembre où s’intercale la
saison cyclonique prenant effet généralement en juin jusqu’à la fin du mois de novembre.
D’une manière générale, le climat est caractérisé par: i) un ensemble non homogène marqué
par une diversité de zones climatiques; ii) des sécheresses récurrentes sous l’influence d’El
Niño/ENSO. En raison de ses caractéristiques géophysiques, environnementales et
socioéconomiques, Haïti offre une résistance très faible aux évènements naturels. Haïti, à travers
son histoire, est un pays marqué par de multiples aléas (Tableau 1). Il se trouve, en effet,
confronté à un large spectre de menaces naturelles d’origine hydrométéorologique (cyclones,
sècheresses) et sismique (tremblements de terre, tsunamis) et, de par sa topographie escarpée,
est sujet à une géodynamique particulièrement accentuée, ce qui provoque de fréquentes
inondations, glissements de terrain et éboulements. Donc indépendamment du changement
climatique, les menaces liées à la variabilité climatique sont donc fréquentes en Haïti et
dérivent de différents types de processus atmosphériques tropicaux et sous-tropicaux, avec
des intensités variables dans l’espace et dans le temps.
e
Tableau 1 – Les aléas naturels les plus destructifs en Haïti depuis le 18 siècle
16
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Aléas
Hydrométéorologiques
Sécheresses
Séismes et tsunamis
Glissements de terrain
et flux de débris
torrentiels
TOTAL
Nbre
évènements
97
20
13
10
%
%
69,29
14,29
9,29
7,14
Nbre
décès
19 262
235 952
635
140
100,00
255 849
100,00
7,53
92,22
0,25
Nbre pers.
affectées
5 363 876
2 668 000
3 721 730
10 509
%
45,60
22,68
31,64
0,09
11 764
100,00
115
Sources: Observatoire du Petit Séminaire Saint Martial (1701-1963 in Mora 1986); Croix-Rouge
haïtienne (1968-1985); OPDES (1983 – 1997); DPC (2000-2010); CRED (2002-2008). Cité par Dilley
e
et al 2005, Banque Mondiale. Période manquante ou sans information complète et fiable: 15
e
jusqu’au 19 siècle; septembre 1997 à octobre 2000; octobre 2000-avril 2003.
17
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
III.
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LE SECTEUR ARD EN HAÏTI
1.
Les risques climatiques et les catastrophes naturelles sont, de nos jours, étroitement
corrélés au progrès et à l’évolution du secteur ARD et représentent, comme on le verra
dans cette section, une grande menace pour les acquis et les efforts d’investissement
enregistrés dans ce contexte.
A. Vulnérabilité d’Haïti au changement climatique: les facteurs structurels impliqués et les
tendances observées et projetées
L’un des pays les plus exposés au
monde. Haïti compte parmi les 10 pays les
plus exposés au monde, le sixième plus
exactement, comme pays accusant un indice
climatique mondial des plus élevés (figure 1
Germanwatch 2012). Au-delà du changement
climatique, 96% de sa population vit dans
des zones à risque, et avec un tel
pourcentage, Haïti a la plus haute côte de
vulnérabilité en matière de cyclones parmi
les petits États insulaires en développement
(12,9 sur une échelle de 13). Ceci dérive
directement des conditions de vulnérabilité
physiques, sociales et économiques et
d’aggravation
des
problèmes
environnementaux (déforestation, dégradation
Figure 1. Map of countries according to the climate risk index
des bassins versants, etc.) qui font d’Haïti l’un
developed by Germanwatch (published November 2011; source:
des pays les plus vulnérables et les plus www.germanwatch.org/cri
hautement exposés aux aléas naturels multiples. Ces constats et tendances sont aussi
confirmés au niveau régional puisque Haïti est le pays le plus vulnérable de la région
Amérique latine et Caraïbes. Sa résilience est la plus faible au regard des chocs et stress
environnementaux issus des risques et désastres naturels. Une étude sur l’impact des désastres
en Amérique latine et Caraïbes réalisée par la Commission économique pour l’Amérique latine et les
Caraïbes (CEPALC) montre en effet que la région accuse en moyenne 3 490 morts chaque année et
de ce chiffre on estime que la moitié est enregistrée pour Haïti ( Ricardo Zapata-Marti/CEPALC
2007).
Exacerbation des risques et désastres par le changement climatique, augmentation de la
température et diminution du régime des pluies. Le changement
Figure 2. Projection d’augementation de la
climatique, combiné à la mosaïque de vulnérabilité à laquelle est
température
déjà confronté le pays, exacerbe les effets de ces désastres en
augmentant le nombre, la fréquence et l’intensité des évènements
météorologiques extrêmes. Il a été projeté pour le pays une
augmentation de température (figure 2) variant de –0,8 à 1 degré pour
l’année 2030 et de 1,5-1,7 degré pour l’année 2060 avec de plus
grands pics d’augmentation en Juin pour 2030 et en juin-juillet pour
l’année 2060.
Ces résultats sont corroborés par le modèle PRECIS (Providing REgional Climates for Impact
Studies) qui prévoit que cette augmentation de température se
Figure 3. Projection relative a la baisse du
ressentira durant la majorité des mois de l’année. Une nette
régime des précipitations
tendance à la baisse du régime des précipitations (figure 3) est
prévue selon divers scénarios. Les projections établies vont de 5,9% à -20,0% pour l’année 2030 alors qu’en 2060 elles varieront
de -10,6% à -35,8%. La plus grande baisse de précipitations est
prévue durant le mois de juillet pour l’année 2030 et durant le
mois de juin pour l’année 2060.
18
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
B. Impacts du changement climatique sur le secteur ARD
Agriculture, secteur le plus vulnérable au changement climatique. L’agriculture est le
secteur le plus vulnérable au changement climatique en raison de sa grande dépendance à
l’égard du climat et du temps et parce que les gens impliqués dans le secteur sont plus
pauvres comparés aux résidents urbains. Les risques climatiques sont donc devenus de plus en
plus des facteurs aggravants pour le secteur ARD au vu: i) de la façon dont le phénomène
affecte le régime des pluies, la température et la disponibilité en eau pour l’agriculture dans les
zones vulnérables; ii) des effets d’évènements météorologiques extrêmes et intenses, à savoir,
l’accentuation de la sécheresse et la récurrence d’inondations dévastatrices consécutives aux
fréquences et intensités des tempêtes tropicales et cyclones observés dans le bassin de la
Caraïbe et dues au changement climatique. L’agriculture fait, de plus en plus de nos jours, les
frais du déséquilibre climatique qui s’observe depuis plus d’une
décennie dans le pays.
Le changement climatique multiplie en particulier les risques liés
à la faim et a une forte incidence sur la vie et les moyens de
subsistance des communautés les plus vulnérables et les plus
exposées à l’insécurité alimentaire en particulier les ruraux
pauvres. Ceci handicape, de beaucoup, la voie de réalisation, pour
Haïti, du premier des Objectifs du Millénaire pour le
développement qui vise à réduire l’extrême pauvreté et la faim.
Ses impacts se sont ainsi traduits par des dommages causés
Figure 4 – Carte des communes vulnérables: effets cumulatifs des
aux cultures sur pied, aux avoirs productifs/infrastructures
chocs liés aux évènements climatiques extrêmes de 2012
(périmètres irrigués entre autres), lesquels se manifestent par
des pénuries alimentaires au niveau des ménages, des collectivités et entraînent une réduction
drastique de la sécurité des moyens d’existence et par conséquent des problèmes
d’alimentation pour les ménages pauvres. On estime actuellement à 6,6 millions de personnes
(population totale 10,2 millions) la population souffrant d’insécurité alimentaire dans le pays dont
4,1 millions en milieu rural et 2,6 millions en milieu urbain. De ce total, 5,2 millions souffrent
d’insécurité alimentaire modérée et 1,5 million d’insécurité alimentaire sévère et celle-ci affecte
52% des femmes (CNSA 2012, OCHA 2013). La carte de priorisation des communes vulnérables
préparée par la CNSA (figure 4) fournit un aperçu sur les endroits à suivre de près en ce qui
concerne les portions du territoire du pays qui devront faire face à une situation sérieuse au plan de
l’insécurité alimentaire consécutivement aux chocs climatiques de 2012.
L’ensemble des chocs climatiques extrêmes qui ont frappé le pays en 2012 auront coûté une
somme importante de 254 millions d’USD à l’agriculture dont 80 millions d’USD de perte rien
que pour les cultures de bananes et 34 313 289 USD pour les céréales et haricots. Signalons
que sur le plan géographique, le département du Sud-Est a payé un lourd tribut avec le
passage du cyclone de Sandy: 471 millions de gourdes soit environ 11 214 000 USD; ce
département du pays étant l’une des zones les plus critiques considérées comme hautement
prioritaire par la CNSA au plan de l’insécurité alimentaire pour 2013.
Le tableau 2 permet d’avoir une meilleure idée de l’impact des désastres exacerbés par le
changement climatique sur le PIB d’Haïti. Il est à signaler que ce tableau ne prend pas en compte
les effets économiques des quatre cyclones de 2008 (Ann, Fay, Ike, Gustav) évalués à 12% du
PIB dont 200 millions d’USD pour l’agriculture et du séisme (même s’il n’est pas lié au climat) du
12 janvier 2010 estimé à 120% du PIB. Les cyclones Sandy et Issac de 2012 devraient
ponctionner 7% du PIB de 2012 selon la Banque de la République d’Haïti.
Tableau 2: PIB et pertes causées par les désastres naturels exacerbés par le changement
climatique en Haïti (millions de USD)
19
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Source: Gouvernement de la République d’Haïti, 2008
Stress sur les ressources en eau et les écosystèmes côtiers et marins. D’autres impacts des
changements climatiques sur le secteur ARD pour ce qui concerne les ressources en eau
font état d’une augmentation des besoins en eau atteignant des pics de 36% pour le maïs et
7% pour le riz, deux importantes cultures rentrant dans le régime alimentaire des haïtiens. En
ce qui concerne les écosystèmes côtiers et marins, l’un des impacts les plus notoires réside
dans le blanchissement corallien en raison de l’augmentation de température de la surface de
la mer des Caraïbes. Quant aux mangroves, on relève en Haïti en certains endroits une
intrusion marine vers les côtes qui perturbe l’écologie et provoque des changements dans les
processus physico-chimiques (augmentation de la salinité) de leur médium de vie original et
elles tendent à dépérir.
Aggravation de la situation des pêcheries. Le secteur des pêches contribue en Haïti à la
sécurité alimentaire et à l’allègement de la pauvreté en fournissant d’importantes sources de
protéines et de revenus à des milliers de gens, spécialement dans les communautés rurales.
L’augmentation du niveau de la mer des Caraïbes, la fréquence et l’intensité des tempêtes et
cyclones tropicaux associés au changement climatique tendent à faire de la pêche une activité
dangereuse dans le pays avec des pertes énormes annuelles répétées au niveau du soussecteur. Par exemple, le cyclone Sandy qui a balayé le pays en 2012 a détruit les matériels
et équipements de plusieurs milliers de pêcheurs). Comme le changement climatique a une
incidence négative sur les coraux, altère les régimes des eaux qui, à leur tour, influencent les
conditions biologiques, biogéochimiques et hydrologiques des zones humides, ceci a une
conséquence délétère sur la production des poissons sur l’ensemble du pays en général.
C. Gouvernance climatique, politiques, plans, programmes et projets en lien avec
l’adaptation
Une gouvernance institutionnelle faisant intervenir plusieurs entités. La gouvernance
institutionnelle à ce niveau est partagée entre plusieurs institutions. Toutefois, le Ministère de
l’environnement fait figure d’institution de référence en raison des responsabilités qui lui
incombent pour le suivi, en première ligne, de la conformité en matière d’obligations d’Haïti
dans le cadre des Traités environnementaux multilatéraux post-Rio (post 1992) en particulier la
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et le
Protocole de Kyoto. En dehors de ce ministère, les ministères les plus importants sont le
Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), le
Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (MICT), le Ministère des travaux publics,
transport et communication, le Ministère de la planification et de la coopération externe
(MPCE). Il existe, au niveau régional, un ensemble de politiques qui influent sur la question
au niveau national dont la plus importante est la Stratégie régionale Caribéenne sur
l’adaptation et la résilience climatique À l’échelle nationale, n’existe pas de politique complète à
20
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
proprement dit concernant le changement climatique. Des grandes lignes d’une approche sur la
question laissent entrevoir que l’adaptation revêt diverses formes avec plusieurs clés d’entrée:
la reforestation, l’adaptation et la résistance au climat des ressources en eau, des
écosystèmes côtiers et marins, des pêcheries, de l’agriculture, des infrastructures et des
services de soins de santé, la création et la gestion effective des aires protégées, la gestion
intégrée des bassins versants et des zones côtières, la gestion des risques et désastres (GRD).
Le PANA et une kyrielle de politiques apparentées. Il existe certes un Programme d’action
national d’adaptation (PANA) mais prévalent, en particulier, des politiques apparentées en lien
direct avec l’adaptation dont les plus pertinentes sont le Plan stratégique de développement
d’Haïti, le Plan d’action pour l’environnement, le Document national de croissance et de
réduction de la pauvreté, le Plan national de gestion des risques et des désastres, la Politique
de développement agricole, le Programme national de lutte contre la désertification, etc. En
raison de la nature complexe et transversale de la problématique environnementale, rares sont les
documents qui sont réellement soumis, présentés et validés en Conseil des ministres
Cadre législatif national. Le concept “changement climatique” n’est pas nommément consacré
par la législation environnementale haïtienne. Il a, par contre, trouvé une résonance implicite
avec plutôt une attention portée sur les questions connexes et apparentées recoupant pêlemêle de manière indirecte, atténuation (mitigation), adaptation et résilience. Les avancées
majeures sur la question trouvent cependant leur illustration dans le dernier-né des
instruments juridiques en matière de législation environnementale, le Décret sur la Gestion de
l’environnement et de régulation de la conduite des citoyens de 2006 (voir annexe V pour plus
d’informations).
Actions et mesures gouvernementales effectives en matière d’adaptation. Les ministères les
plus en vue mettent en œuvre des actions portant sur le contrôle des crues, la gestion des
bassins versants (GBV) et la gestion des risques et désastres (GRD). D’autres mesures
susceptibles d’avoir une incidence positive sur la problématique de l’adaptation et de la
résilience climatique concernent: i) l’Observatoire national de la sécurité alimentaire chargé
notamment: a) d’appuyer la coordination des politiques et programmes se rapportant à la
sécurité alimentaire; b) de fournir des outils nécessaires à la connaissance et à la
compréhension de la situation concernant la sécurité alimentaire et aux décisions à prendre
en situation de crise alimentaire; ii) l’Observatoire de la vulnérabilité; iii) le Système d’alerte
précoce contre les inondations; iv) le Système de gestion des savoirs agricoles haïtiens à base
de technologie Google appelé à améliorer l’efficacité du système de gestion des savoirs
agricoles, sa transparence et sa réactivité aux besoins des agriculteurs et du Gouvernement
haïtien; v) l’Observatoire des échanges agricoles entre Haïti et la République dominicaine; vi)
l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale qui suit, à partir d’indicateurs
clés établis, l’évolution de la situation de la pauvreté, de l’exclusion sociale et des Objectifs du
Millénaire pour le développement ; vii) le Système national de spatialisation des informations du
développement du centre national d’information géospatiale.
D. Stratégie de pays et portefeuille actuel du FIDA
39. Une longue tradition d’interventions dans le pays. Depuis 1978, le FIDA a soutenu huit
programmes et projets de développement rural pour un montant total de 153,1 millions d’USD
desquels 84,3 millions d’USD sont représentés par des prêts. Le Fonds est le deuxième bailleur
du Gouvernement haïtien dans l’agriculture (Alfredo Mena/IICA 2013, Communication orale). Il a
établi un bureau de pays avec à sa tête une CPP, participe activement aux discussions du
Groupe sectoriel agricole réunissant les bailleurs de fonds impliqués dans le développement
rural en vue d’harmoniser leurs stratégies et de développer des synergies et complémentarités
dans leurs interventions. Il est aussi impliqué dans les réunions formelles de la Table
sectorielle agricole animée par le MARNDR. Depuis 1978, l’ensemble de ses interventions a
touché plus de 155 065 ménages en tant que bénéficiaires directs. La première génération de
projets jusqu’au milieu de la décennie 1990 mettait l’accent sur le développement rural, la
production intensive de cultures vivrières et l’irrigation. Faisaient partie de cette catégorie
quatre opérations clôturées, à savoir, les projets de remise en état de petits réseaux d’irrigation,
de développement rural de la région Nord, d’intensification des cultures vivrières, d’irrigation et
21
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
de développement rural du Cul-de-sac, essentiellement dans le Nord, Nord-Ouest, Nord-Est, le
Centre, l’Ouest et la Côte Sud du pays.
40. La deuxième génération de projets, qui est présentement en cours et dont certains d’entre eux
sont en phase finale ou déjà clôturés, porte sur des activités visant à: i) promouvoir durablement
l’agriculture, en particulier grâce à une meilleure gestion des terres; ii) revitaliser la production
agricole en facilitant l’accès des petits producteurs aux facteurs de production; iii) moderniser
l’infrastructure
rurale, notamment
s’agissant
de
l’irrigation; iv) revitaliser
le
secteur
agroalimentaire en appuyant les microentreprises rurales; v) appuyer l’élaboration d’une nouvelle
stratégie commerciale; vi) renforcer les structures d’aide à la production en consolidant les
organisations rurales; vii) financer le développement agricole en soutenant la création de
services financiers ruraux; viii) réduire la vulnérabilité additionnelle causée au secteur ARD par
les désastres naturels.
Le FIDA a toujours été, depuis plus de 30 ans, aux cotés du peuple haïtien même dans les
moments les plus difficiles. En 2010, suite au séisme du 12 janvier, le Fonds a dégagé
rapidement un don de 3,2 millions d’USD pour venir en aide à 12 000 familles (9 000 affectées
par le séisme et 3 000 déplacées de Port-au-Prince, la capitale) confrontées aux effets désastreux
du séisme sur le secteur agricole. Le don a été mis à profit pour mettre sur pied le
Programme d’appui à la sécurité alimentaire (PASAC), implémenté par l’Institut interaméricain de
coopération pour l’agriculture (IICA), dans 10 communes des départements de l’Ouest et des
Nippes en vue d’améliorer la production alimentaire, de relancer la productivité du secteur en
fournissant des intrants agricoles (semences et outillage), de créer des emplois à haute intensité
de main-d’œuvre et d’appuyer la création de microentreprises rurales.
41. L’accompagnement du gouvernement pour la réduction de la pauvreté, le
développement agricole, l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’approche participative
et concernant l’égalité des sexes au cœur de la stratégie d’interventions et de coopération
du Fonds avec Haïti. La priorité du gouvernement, telle qu’elle se lit à travers le PSDH et le
DSCNRP pour le secteur ARD, est de lutter contre la pauvreté en milieu rural en développant
des pôles de croissance régionaux capables d’impulser le développement économique régional
autour de filières stratégiques (voir PDA du MARNDR), en se fondant sur les avantages régionaux
et l’instauration de partenariats public-privé. Le FIDA œuvre, en appuyant le gouvernement et en
s’alignant sur sa politique, pour que les populations rurales pauvres haïtiennes se libèrent de la
pauvreté, en collaboration avec d’autres bailleurs et partenaires. Fort de cette ligne
stratégique, le Fonds, à la faveur d’une approche participative et communautaire, travaille avec des
communautés rurales qui se caractérisent par: i) un isolement géographique et des moyens de
communication rudimentaires; ii) une dépendance vis-à-vis de l’agriculture de subsistance et une
intégration limitée dans une économie locale essentiellement informelle; iii) un manque d’appui de
la part des institutions du secteur public; et iv) une présence limitée d’opérateurs privés dans tous
les secteurs. Les initiatives soutenues participent à des approches harmonisées de manière à
mettre des services financiers ruraux décentralisés à la disposition des pauvres, et couvrent
l’organisation et le cofinancement régulier d’activités et de manifestations consacrées à
l’apprentissage et au partage des savoirs. Le Fonds met également l’accent sur la croissance de
la production agricole (au sens large, y compris la transformation, la conservation et la
commercialisation des produits) qui demeure une arme essentielle dans la lutte contre la
pauvreté en milieu rural. De même est promue la diversification des sources de revenus.
Enfin, les femmes et la problématique hommes-femmes sont au centre des préoccupations dans les
opérations du Fonds à travers le renforcement des capacités des partenaires et des associations
des femmes pour que celles-ci influent sur les processus de décision au même titre que les
hommes.
42. Transition vers un COSOP: présentation du portefeuille en cours. En réalité, ce n’est
qu’au premier trimestre de 2012 que le Fonds, à la demande du Ministre de l’agriculture de
l’époque préconisant l’évolution du portefeuille des projets du FIDA en Haïti vers un
programme-cadre unique, semble être passé d’une approche de projets à une approche
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
formelle de programme stratégique de pays que le nouveau COSOP 2013-2018 devrait
concrétiser. Deux programmes/projets sont actuellement en cours dans le cadre de cette
période de transition avant la mise en route effective du COSOP 2013-2018:
42 a) Le Programme d’appui aux initiatives productives (PAIP) en milieu rural. D’une portée
nationale en matière de dialogue politique et institutionnel avec le gouvernement mais régionale en ce
qui concerne le financement d’initiatives communautaires, le PAIP, d’une enveloppe globale de 38,03
millions d’USD, intervient dans les zones rurales les plus pauvres et isolées dans les départements
du Nord-Est, Nord-Ouest, du Plateau Central (Haut Plateau). Il est exécuté par le Fonds d’assistance
économique et sociale (FAES) et devrait être achevé en décembre 2014. Les objectifs spécifiques du
programme consistent à: i) renforcer les capacités locales et nationales de planification
communautaire et de gestion du développement économique et social, y compris la finance rurale; ii)
appuyer les initiatives productives des communautés ainsi que les activités à forte valeur ajoutée,
telles que la réduction des coûts de transport, l’amélioration de l’accès aux informations sur les
marchés et le développement de microentreprises rurales; iii) faciliter l’accès durable aux
services financiers ruraux, en particulier pour les femmes, les paysans sans terre et les jeunes.
42. b) Le Projet de développement de la petite irrigation - Phase II (PPI-2). Réorienté à partir des
enseignements tirés du Projet de remise en état de petits réseaux d’irrigation achevé en 2006, le
PPI-2 d’un montant global de 26,9 millions d’USD dont 13 millions d’USD du FIDA et 8 millions
d’USD fournis par l’OPEP, opère dans les départements du Nord-Est, du Nord-Ouest et du Plateau
Central (Haut Plateau) qui sont parmi les zones les plus pauvres d’Haïti. Exécuté par le MARNDR et
devant arriver à son terme en 2015, son groupe cible comprend 15 000 ménages représentant
les ruraux les plus vulnérables n’ayant qu’un faible accès aux services publics et privés, voire
inexistant et travaillant des terres dégradées. Les objectifs du projet consistent à: i) intensifier et
accroître durablement la production agricole par une gestion efficace de l’eau et la consolidation de
l’agriculture irriguée, au niveau collectif mais aussi individuel; ii) élaborer des systèmes de production
agricole et d’autres activités productives et génératrices de revenus; et iii) renforcer les capacités de
planification, d’organisation et de gestion des communautés afin de faciliter les échanges avec les
marchés et l’accès aux services financiers.
PPI-2, au titre des mesures de remédiement environnemental a développé dans le Nord-Ouest
des partenariats prometteurs avec l’ONG Agro Action Allemande pour des actions de gestion
conservative des eaux et du sol qui ont produit des résultats probants dans les micro bassins
versants surplombant les périmètres irrigués. Le projet voudrait étendre et diversifier ce type
de partenariat à d’autres institutions (Elgo Eugène, communication orale) comme le Programme
alimentaire mondial (PAM).
43. L’ébauche du COSOP/Haïti 2013-2018. La version provisoire du COSOP/Haïti 2013-2018,
que la mission EES a analysée, ne formule pas un objectif général clair pour le COSOP mais situe
plutôt la coopération du Fonds avec Haïti dans le prolongement du DSCNRP et s’alignant sur la
PDA du MARNDR. Le document préconise que le Fonds articule ses actions selon trois objectifs
stratégiques (OS): i) OS1: renforcer la participation des organisations rurales au processus de
développement et les capacités d’accompagnement des institutions d’appui; ii) OS2: améliorer la
gestion durable des ressources naturelles et des investissements productifs au niveau des petites
exploitations agricoles; iii) OS3: améliorer l’accès des petits producteurs aux services financiers et
aux marchés.
43 a) Selon le document, les résultats attendus dans le cadre de l’OS1 sont: i) la mise en place
d’organisations rurales, disposant d’organes de gestion et de plans d’action concrets; ii) l’émergence
d’institutions de proximité devant accompagner ces organisations rurales; iii) l’offre de services de
qualité de la part des organisations rurales à leurs membres. L’OS 2 devra déboucher sur: i)
l’aménagement de petits périmètres irrigués et des bassins versants proches de manière intégrée et
dans une perspective de gestion conservative des eaux et du sol et de protection des infrastructures
vis-à-vis des risques naturels; ii) l’adoption de stratégies et procédures de gestion durable des terres;
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
iii) l’augmentation de la production alimentaire et de la disponibilité alimentaire au niveau des
ménages ruraux pauvres. L’OS3 s’attachera, pour sa part, à obtenir: i) l’amélioration de l’accès des
ruraux pauvres aux ressources financières; ii) l’augmentation des revenus monétaires des petits
producteurs.
43 b) Quant au ciblage des pauvres, le document précise que “ la question reste un thème
difficile à aborder en Haïti. D' une part, parce qu'en milieu rural la pauvreté touche des
segments très importants de la population et que par conséquent les mesures de ciblage
peuvent apparaître comme un exercice superflu, car toute initiative touche de fait une très
large part de population pauvre.”
44. Les premiers projets identifiés dans l’ébauche du COSOP/Haïti 2013-2018. Dans
l’ébauche du COSOP en examen, un premier document complet de projet a été développé
tandis qu’un avant-projet ou note de conception (Project identification Formulation) a été identifié
pour un autre. Il s’agit de:
44 a) Projet de développement de la petite irrigation et de l’accès aux marchés dans les Nippes
et la région goavienne (PPI-3). Capitalisant sur les acquis du PPI-2 (mêmes objectifs, composantes
opérationnelles, approche participative et responsabilisation, renforcement des capacités des
organisations paysannes de base, etc.) et du PASAC (efficacité opérationnelle du destinataire,
réponses à l’urgence, méthodologie de gestion du MARNDR, etc.), le PPI-3, financé à hauteur de
16,55 millions d’USD (dont 80% provenant du FIDA et 12% du gouvernement) et exécuté par l’IICA,
interviendra sur des ensembles périmètres irrigués/bassins versants (environ 2 400 hectares) dans
cinq communes dont trois dans le département des Nippes (Miragoane, Anse à Veau, Petite Rivière
de Nippes) et deux dans la région goâvienne (Grand Goâve et Petit Goâve) dans le département de
l’Ouest. Le projet, en phase de démarrage, ciblera 28 000 familles soit 130 000 personnes dont 50%
de femmes et plus de 4 000 familles appartenant aux groupes de population rurale les plus
vulnérables.
44 b) Le projet poursuit comme objectifs spécifiques: i) l’accroissement durable de la base
productive par l’optimisation de la gestion de l’eau et la consolidation de l’agriculture irriguée
au moyen d’installations collectives ou individuelles; ii) l’amélioration de la valorisation des produits
de l’agriculture irriguée et de l’accès des producteurs aux marchés et à des services
financiers adaptés de manière à augmenter les revenus des familles les plus pauvres; et iii) le
renforcement des capacités de planification et de structuration des communautés, en incluant
les groupes les plus vulnérables. Quatre composantes charpentent la mise en œuvre du projet:
1) développement de l’irrigation; 2) appui aux activités productives et à l’accès des producteurs
aux marchés et à des services financiers; 3) renforcement des capacités des acteurs; 4)
coordination et gestion. Les composantes sont déclinées en sous-composantes. La composante
relative au développement de l’irrigation comporte par exemple une sous-composante liée à la
gestion des ressources naturelles et à l’adaptation au changement climatique avec déclinaison d’un
ensemble d’actions.
44 c) Avant-projet: Utilisation durable et protection environnementale des hautes terres de la
région goavienne et des Nippes. Cet avant-projet, qui est à un stade très embryonnaire, envisage
de mobiliser les ressources du Fonds pour les pays les moins avancés géré par le Fonds pour
l’environnement mondial (FEM) dans le cadre de la CCNUCC. Appelé à se greffer sur le PPI-3
comme ligne de base en vue de maximiser ses impacts, cet avant-projet se donne comme objectif
de promouvoir des pratiques intelligentes d’utilisation des terres face au climat, dans la partie
supérieure des bassins versants pour protéger les communautés et les périmètres agricoles irrigués
en aval dans les départements de l’Ouest et des Nippes d’Haïti. Deux composantes sont pour
l’instant identifiées: i) formulation et mise en œuvre des plans intégrés d’aménagement de bassins
versants; ii) amélioration des pratiques d’utilisation des terres dans la partie supérieure des bassins
versants pour la conservation des eaux et du sol. Une démarche d’endossement de l’initiative a
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
été effectuée auprès du MDE qui gère, pour Haïti, l’affectation des fonds du FEM mais la
mission ignore comment le dossier a évolué à ce jour.
E. Réponses des partenaires de la coopération au développement
45. Concentration sur la réduction des risques de catastrophes (RRC) dans le Cadre
stratégique intégré des Nations Unies (CSI) pour Haïti. L’adaptation au changement
climatique a été identifiée, entre 2006 et 2010, comme une priorité de développement national
dans les cadres de coopération de l'ONU avec Haïti . En particulier, le Plan-cadre des Nations
Unies pour l’aide au développement (UNDAF) 2006-2010 et le Plan d’action du programme de
pays du PNUD avaient désigné le changement climatique comme une menace majeure pour
le développement du pays. Bien que le Cadre stratégique intégré des Nations Unies de décembre
de 2011 pour Haïti semble marquer un retrait dans la reconnaissance nominale de ce défi de
développement, le CSI/ Haïti 2011-2013 fait de la réduction des risques de catastrophe (RRC)
une thématique majeure de la coopération du système onusien avec le pays. Le CSI, qui s’est
substitué à l’UNDAF, constitue le document de référence principal pour le système des Nations
Unies en Haïti, définit les objectifs stratégiques et les résultats attendus collectivement par
l’Organisation des Nations Unies. Il est conforme au Plan d’action national pour le relèvement et
le développement, au PSDH, et fournit une plateforme pour le réalignement des
programmes/projets de l’équipe des Nations Unies en fonction de ce plan, tenant compte du
mandat spécifique des agences.
46. L’un des objectifs stratégiques du CSI/Haïti est de renforcer la capacité des autorités
locales et du gouvernement à mitiger l’impact des désastres et d’y répondre et élaborer des
plans territoriaux de développement fondés sur l’analyse de la population. Il est spécifié que
dans le cadre d’efforts à long terme, l’ONU continuera d’appuyer la capacité du gouvernement
à prévenir et gérer les risques de désastre, de s’assurer que la RRC soit incorporée dans
tous les secteurs et plans de développement local y compris les systèmes d’alerte rapide.
Parmi les indicateurs de résultats figurent des actions comme: i) le renforcement de la gestion
et de l’aménagement des bassins versants; ii) la relocalisation des populations les plus à
risque; iii) la mise en place d’un système d’alerte rapide pour les zones côtières à travers
l’installation de marégraphes; iv) l’analyse des risques de catastrophe en regard de la
dynamique de la population, y compris les dimensions environnementales; et v) l’actualisation
du cadre législatif de la GRD. De plus, un des principes de mise en œuvre du CSI repose
sur la durabilité environnementale qui constitue une question essentielle pour le système des
Nations Unies en Haïti. L’ONU, selon le CSI, s’engage à développer de nouvelles capacités
parmi les contreparties gouvernementales, à tous les niveaux et dans tous les secteurs
pertinents, afin d’intégrer les préoccupations environnementales et de renforcer la gestion de
l’environnement dans un pays affecté par des catastrophes naturelles récurrentes combinées à
l’érosion.
47. Des appuis significatifs de la part des partenaires de la coopération du
développement en liaison avec l’adaptation et la résilience climatique. En ce qui concerne
les actions concrètes mises en œuvre par des partenaires du FIDA de la coopération au
développement, des initiatives ont été entreprises et/ou sont encore actuellement en cours ou en
voie de planification même s’il faut garder à l’esprit que les démarches relatives au
changement climatique, aussi bien en matière de mitigation que d’adaptation, sont relativement
nouvelles en Haïti. Les domaines de concentration touchent globalement des actions de
restauration de bassins versants dégradés, de sécurité alimentaire, de transfert de technologie
ciblant le secteur ARD, de protection/réhabilitation environnementale, de réduction du risque et
de relèvement post-désastre. Ces actions ont soit des relations directes, apparentées avec
l’adaptation et la résilience climatique ou bien jettent les bases pour une capitalisation. La
coopération au développement entre les différentes institutions opérationnelles en Haïti en lien
avec l’adaptation et la résilience climatique est schématisée dans l’annexe II. Ces tableaux
fournissent, par agences ou groupe d’agences, une vue synoptique des projets/actions en
cours, décrivent si possible les objectifs poursuivis, établissent le lien du projet ou de l’action
avec l’adaptation et la résilience climatique et font ressortir le centre d’intérêt potentiel (par
rapport à l’adaptation et la résilience climatique) ou le/les point (s) de convergence possible pour
une éventuelle synergie avec FIDA dans le contexte du COSOP/Haïti 2013-2018. Le lien du
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
projet ou de l’action est qualifié de : i) direct s’il vise, nommément ou à travers ses objectifs
déclarés, le changement climatique dans ses dimensions premières d’adaptation et de
résilience climatique et secondaires en ce qui concerne l’atténuation; ii) d’apparenté si l’initiative
se rapporte à la GRD, la GRN, la GBV, la GIZM, la conservation et l’utilisation durable de la
biodiversité, la gestion et la création d’aires protégées, de filets de protection sociale comme
réponses aux crises climatiques. Les initiatives directes d’appui à la sécurité alimentaire veulent
jeter les bases sur lesquelles les actions directes d’adaptation et de résilience peuvent capitaliser
et renforcer. Dans cette dernière catégorie, on peut trouver des initiatives du genre filets de
protection sociale enclenchées selon le “business as usual”, les actions de capitalisation ou de
gestion des connaissances, de transfert de technologie et toute autre activité indirecte ayant
un potentiel de pro-adaptation ou de pro-résilience au sens et à la portée de ces concepts
dans le cadre de cette mission. La liste des initiatives présentées dans les tableaux (annexe
VIII) reflète l’état des informations que la mission a pu recueillir et ne prétend pas à
l’exhaustivité.
F. Réponses des agriculteurs et stratégies d’adaptation pour faire face au
changement climatique dans le secteur ARD
48. La réaction aux aléas climatiques: du déjà vu pour les agriculteurs haïtiens mais
l’ampleur des répercussions du changement climatique semble ébranler le système de
résilience façonné depuis des générations. La notion d’adaptation aux aléas climatiques
n’est pas nouvelle pour les agriculteurs haïtiens. Le climat a toujours comporté une part
d’incertitude et la gestion des conditions climatiques contraignantes a souvent fait partie de
l’univers des problèmes à résoudre dans le paysage agricole haïtien et des mécanismes de
gestion du risque climatique se sont développés depuis des générations. Le climat ainsi que
ses perturbations étant ce qu’elles sont, les paysans se sont, pour bien des cas,
“automatiquement adaptés” dans de nombreux domaines d’activités agricoles avant que ce
terme ne soit d’actualité. Suivant les zones et régions, les activités agricoles “ont appris” à
s’adapter, soit à la sécheresse, soit aux pluies (fréquence, intensité). Cependant cette résilience
trouve ses limites du fait de l’ampleur “anormale” des aléas climatiques mais aussi parce que
d’autres changements ont eu lieu et sont entrés en résonance avec le changement climatique
comme la dégradation des ressources naturelles ( déforestation, dégradation des terres), les
problèmes liés au foncier agricole augmentant la pression sur la terre et les ressources, et un
contexte socioéconomique et environnemental défavorable.
49. Un aperçu sur les pratiques et stratégies d’adaptation des agriculteurs haïtiens au
niveau national. Plusieurs mesures ont été prises par les paysans haïtiens au niveau national pour
adapter la vulnérabilité de l’agriculture aux différents stress climatiques comme la sécheresse,
les inondations et les tempêtes tropicales. Il convient de mentionner, à cet effet, le rôle
primordial joué par un certain nombre de systèmes culturaux et de techniques traditionnelles
mises en place par les paysans haïtiens au fil des générations. Dans bon nombre
d’écosystèmes agricoles de haute altitude en Haïti notamment au parc national La Visite (SudEst), il existe des pratiques liées à des mécanismes d’entretien de la fertilité des sols pour
assurer la reproductibilité des modes d’exploitation du milieu.
Ces mécanismes se rapportent à: i) la rotation dans l’espace d’une cuisine en paille
dénommée le “ zèlatè”, utilisée comme filière du compostage pour l’apport en potasse (cendres
issues du brûlage des tiges grossières de la paille) et reconstruite chaque année à un
emplacement différent; ii) la fertilisation organique apportée aux parcelles comme conséquence
du parcage des animaux sur des terrains de culture en saison sèche.
50. Dans d’autres régions, les jardins pluri-étagés de cour où prédomine un système à
composante arbustive et arborée participe aussi de la même logique, avec en plus une
fonction de bocage, jouant le rôle de brise-vent. Ces jardins sont articulés autour de la
production du café et du cacao avec en toile de fond la bananeraie qui remplit un rôle
important d’entretien de la fertilité compte tenu de la quantité de biomasse qu’elle arrive à
produire. Le caféier et le cacaoyer sont associés à des arbres de couverture comme l’Inga
vera (sucrin ou pois doux) qui filtrent la lumière dans des proportions avantageuses pour ces
deux arbustes. Quelques espèces fruitières comme le manguier, le citrus, l’avocatier etc. sont
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
également présentes. Dans la même lignée doit également s’inscrire le système de
polyculture-élevage (cultures associées + élevage) très répandu et marqué par une complexité
de formations végétales, de sols et axé sur une variété de cultures: haricots, ignames, patates
douces, colocases, pois-congo, manioc et l’élevage du gros et menu bétail. Non moindre est
le rôle prééminent joué par les techniques de jachère, de rampes de paille (fascinages), de
cultures sur buttes (concentration de la fertilité), les techniques dites de trois pierres pour la
plantation de haricots en montagne, etc.
51. Perceptions paysannes sur le changement climatique, pratiques et stratégies
d’adaptation des agriculteurs dans les zones d’intervention ( Plateau Central et NordOuest) des projets financés par le Fonds. La perspective paysanne, telle qu’elle a été
ressortie lors de la visite de terrain de la mission à Bohoc (Nord de Hinche) et à Vieille Place (Nord de
Jean-Rabel), attribue comme
caractéristiques
du changement
climatique: i) une baisse
considérable dans la quantité des pluies (la pli-a pa tonbe assez) avec comme conséquences
un ralentissement de la croissance des plantes: plantes chétives (Kilti yo kokobe) avec une
perception d’accentuation du phénomène ces cinq dernières années; ii) un grand retard dans
l’arrivée des premières pluies importantes en mai, mois réputé traditionnellement le plus
pluvieux; iii) une accentuation de la sécheresse marquée par une prédominance de la
poussière (anpil pousyè); iv) une instabilité des calendriers agricoles (confusion sur le début et
la fin des pluies); v) une baisse des rendements en lien direct avec la pluviométrie; vi) un
étirement de la période de soudure ( période dite de faim où la nourriture stockée dans le
grenier traditionnel commence à manquer). La vente de petits ruminants pour les exploitants
agricoles qui en ont, particulièrement le cabri (la chèvre), semble être, sur le plan des réponses, la
stratégie d’adaptation la plus répandue comme source de rentrées monétaires sûres et moyen
de régularisation de la trésorerie des exploitations. Le manguier et la canne à sucre (culture
décimée de plus en plus par le charbon causé par le champignon stilago scitaméneis), sont
aussi fondamentaux pour pallier les difficultés à trouver de quoi se nourrir lors de la période de
soudure.
52. À Hinche, dans le Plateau Central, la stratégie paysanne d’adaptation au changement
climatique fait également intervenir des cultures plus résistantes à la sécheresse ou qui
facilitent un meilleur calage du cycle dans les associations de cultures de première saison,
tout en réduisant au besoin la densité du maïs (culture traditionnellement réputée assez
gourmande en eau). Le maïs, qui constituait la base de l’alimentation familiale, perd ainsi peu à
peu sa place dans les associations de cultures au profit du manioc doux et de certaines
variétés de pois inconnu (Vigna sinensis) comme le “Kaka Chat” pouvant plus facilement
redémarrer leur végétation après une phase de sécheresse. Les paysans compensent
également les manques à gagner de maïs de la première saison de culture en augmentant la
superficie d’emblavement de nouvelles variétés de cycle court, résultat bien souvent de leurs
échanges issus de la migration vers la République dominicaine, de cultures de manioc doux,
de sorgho, de pois-congo (pois d’angole, Cajanus cajan) et d’arachide en deuxième saison.
S’inscrivent alors dans cette logique des variétés plus précoces de manioc doux d’origine
dominicaine comme le “Mantchaw” et le “Mouslin”, et à floraison plus précoce comme les poiscongo “Ti Bòkò et Ti Manbo” et le sorgho non photopériodique M50009 appelé localement “Bout
Ponyèt”.
IV.
CONSTATS, ANALYSE DES POLITIQUES ET PROGRAMMES DU
GOUVERNEMENT, DE LA STRATÉGIE DE PAYS ET DU
PORTEFEUILLE
DU
FIDA
ET
DES
INITIATIVES DES
PARTENAIRES AU DÉVELOPPEMENT SOUS L’ANGLE DE
L’INTÉGRATION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
53. L’examen des politiques et programmes du gouvernement, de la stratégie de pays du
FIDA couplée avec les premières idées de projets ainsi que la déclinaison des initiatives les
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
plus en vue des partenaires de la coopération en liaison avec l’adaptation et la résilience
climatique permet de consigner un certain nombre d’observations que le Fonds pourrait
s’appliquer à regarder de près s’agissant de l’évolution de ses opérations dans le pays:
A. Constats, analyse des politiques et programmes du gouvernement dans le
domaine de l’adaptation et de la résilience climatique
54. Des mesures et actions dans toutes les directions témoignant d’un net engagement,
maintes fois non dit, en faveur de l’adaptation et de la résilience climatique. Un certain
nombre d’initiatives déclinées dans la section précédente et les efforts en cours pour inverser
les disparités sociales mettent en relief la volonté du gouvernement haïtien de satisfaire les
enjeux de développement liés au changement climatique. Même quand il est difficile d’avancer,
ces actions ont pour objectif déclaré la lutte contre le phénomène. Il s’agit, comme on l’a vu, de
mesures qui relèvent de l’adaptation aux changements climatiques et de la réduction des risques
de catastrophe et sont en général dans le domaine de la gestion des risques liés au climat. Elles
comprennent: la conservation des sols et des ressources en eau, la remise en état des bassins
versants, la lutte contre les crues, le reboisement, la relocalisation de certaines couches de la
population dans des zones moins exposées, l'amélioration de l'analyse de la vulnérabilité et des
risques, la mise sur pied de systèmes d'alerte rapide, le renforcement de la capacité institutionnelle
ciblant particulièrement la Direction de la protection civile du MICT. Ces mesures comportent
également la mise en place de filets de sécurité pour les populations touchées par les
catastrophes, parallèlement à des programmes de protection sociale (Ede Pèp, Ti Manman Chérie,
etc.) visant à venir à bout des causes sous-jacentes de la vulnérabilité en particulier la pauvreté
et la faim.
55. Le PANA et la cristallisation de l’adaptation dans la coopération binationale avec la
République dominicaine. Par ailleurs, le pays s’est doté de son PANA qui représente jusqu’ici
le cadre national d’actions pour des mesures d’adaptation prioritaires avec identification de
secteurs et groupes vulnérables. La thématique a été aussi retenue dans les travaux de la
Commission mixte haïtiano-dominicaine qui a été relancée et qui travaille sur plusieurs
dossiers sensibles dont celui de l’immigration et de l’environnement. La mise en œuvre de projets
transfrontaliers, appuyée particulièrement par la Commission européenne et l’Agence
norvégienne de coopération pour le développement, a ainsi trouvé un
accueil institutionnel
favorable dans le cadre de cette commission notamment en matière de gestion des ressources
naturelles. Il est ainsi spécifié que les Gouvernements haïtiens et dominicains œuvreront pour
la mise en place de plans d’intervention commune en ce qui concerne les catastrophes (cyclones,
inondations, raz de marée, mouvements de masse), les systèmes d’alerte, la cartographie des
zones sensibles, les mesures d’adaptation et d’atténuation au changement climatique.
56. Un cadre juridique sur l’adaptation climatique. Même si de la section précédente, il
ressort qu’il n’existe pas en Haïti un cadre législatif satisfaisant traitant spécifiquement de
l’adaptation et de la résilience climatique, il faut cependant reconnaître que les provisions du
Décret-cadre de 2006 sur la gestion de l’environnement faisant de l’incorporation du risque
environnemental et des risques climatiques dans les schémas d’aménagement du territoire et
des plans de développement par ricochet (art. 148 à 151) et l’exigence d’une évaluation
environnementale stratégique (art. 62) quelque chose de légal et d’obligatoire constituent une
avancée énorme dans le domaine. Il s’agit de provisions légales qui sont déjà tout à fait
applicables pour la gestion des impacts des aléas climatiques. Cependant le plus gros
problème demeure l’application de la loi. D’ailleurs une loi spécifique devrait être l’émanation
d’une politique existante or une telle politique n’existe pas comme ceci a déjà été démontré.
57. La GRD et l’alerte précoce relatives à l’insécurité alimentaire, points de mire des
progrès du Gouvernement haïtien en matière d’adaptation. Paradoxalement, le progrès le
plus notoire à signaler en matière d’adaptation réside dans la GRD même si des faiblesses
existent à ce niveau (voir par. 62) et même si le séisme du 12 janvier de 2010 a sérieusement
ébranlé tout le système et qu’avec la répétition en série des catastrophes chaque année et
28
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
les impacts associés se dégage une désagréable impression que les autorités font du “sur
place”. Mais au-delà de cet aspect, le pays a, au cours des dix dernières années, mis en place
une série d’institutions et d’instruments de politique de gestion des risques et désastres visant
la participation et la responsabilisation de tous les acteurs. La politique du Gouvernement haïtien
en matière de GRD a été définie, comme il a été illustré dans la section précédente, par l’adoption en
2001 du PNGRD, avec, en théorie, une nouvelle approche orientée vers la réduction du risque
plutôt que vers la réponse aux désastres. Cette option a été confirmée dans la Politique générale
du gouvernement traduite dans le Document de stratégie nationale pour la croissance et pour la
réduction de la pauvreté (DSNCRP, 2007-2010) et le Plan stratégique de développement d’Haïti
(PSDH) au travers de son chantier de refondation territoriale qui font de la gestion des risques et des
désastres une priorité nationale.
58. De fait, le Ministère de l’intérieur est mandaté légalement pour assurer la protection des
citoyens et des biens à travers la Direction de la protection civile. Un ensemble d’instances
décisionnelles, opérationnelles, et consultatives prévu par le PNGRD à travers un Plan d’action a
conduit, en effet, au renforcement de ladite Direction et du secrétariat permanent pour la gestion des
risques et des désastres (SPGRD), organe intersectoriel d’orientation et de suivi ainsi qu’à la
consolidation de la collaboration entre le gouvernement et la communauté internationale. La DPC
a tout de même pu, malgré certaines limites, réaliser un maillage du territoire par des
structures locales de protection civile. Les comités de protection civile, structures locales uniques,
regroupent les autorités locales, les institutions étatiques et privées et les acteurs de la société
civile. Les dix départements du pays ont un comité départemental de gestion des risques et des
désastres, renforcé par un coordonnateur technique départemental. Au niveau communal, la
couverture est quasi totale tandis que l’on peut compter sur une centaine de comités au niveau
local. Cette assise territoriale est un des atouts de la DPC.
59. L’alerte précoce relative à l’insécurité alimentaire constitue un autre champ où le
gouvernement a montré d’importants progrès en matière d’adaptation et de résilience climatique
où, aux yeux de la mission, la CNSA du MARNDR réalise un travail de sape extraordinaire
en matière de gestion prévisionnelle de l’insécurité alimentaire en dépit d’un contexte difficile.
Depuis près d’une décennie, l’institution fournit, en effet, des appréciations scientifiques et
techniques très pointues et utiles pour les décideurs sur l’évolution de l’agriculture et de la
sécurité alimentaire sous l’effet des coups de boutoir des risques climatiques, avec publication
annuelle de cartes de multirisques pour la sécurité alimentaire. La constante de tous ces états
des lieux réalisés par la CNSA est que l’évolution de la situation de l’agriculture et de la
sécurité alimentaire ne porte pas, malgré les efforts des politiques de redressement du secteur,
à l’optimisme à cause d’un climat en changement. Ce qu’il y a de pire, c’est que pour 2013, les
prévisions du Centre des ouragans de Miami (NOAA) s’orientent de plus en plus vers une
année cyclonique très mouvementée avec probabilité d’occurrence de plusieurs cyclones
majeurs (catégories 3 à 5).
60. Obstacles à franchir, faiblesses à surmonter et déficiences à combler dans l’approche
gouvernementale. Dans les faits, l’adaptation au changement climatique et la résilience en
Haïti sont enclenchées par le gouvernement. L’ensemble des mesures en cours, qu’elles soient
d’ordre politique ou programmatique, montrent sa volonté de réaction face à la problématique du
changement climatique. L’analyse révèle cependant l’existence de nombreux problèmes en
matière d’obstacles, de faiblesses et de déficiences à surmonter pour que de telles mesures
donnent réellement des résultats. La profusion des mesures constatées, pour répondre à
l'augmentation des risques et désastres liés au climat, a un caractère beaucoup trop réactif et
dispersé, il aurait fallu qu’elles soient ordonnées dans un cadre global beaucoup plus cohérent
(absence d’une politique globale dans le domaine).
61. L’absence d’une vision globale conduisant à la dispersion des actions. Le plus
grand problème dans l’approche gouvernementale réside dans l’absence, au niveau national, d’un
cadre de politique structuré et cohérent pour faire face à la problématique du changement
climatique Toutefois, le pays a adhéré à la Stratégie régionale caribéenne d’adaptation au
29
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
changement climatique, et possède un PANA, un brouillon de PPCR, un PAE et d’autres
instruments apparentés comme le PNGRD. Comme il en est déjà ressorti, il n’existe pas à
proprement parler, en Haïti, une Politique nationale sur le changement climatique ou une Stratégie
nationale en réponse au changement climatique (en lien avec les exigences de la CCNUCC et
remédiant à la fois aux problèmes d’adaptation et de mitigation) impulsée par les autorités qui
fournirait des orientations stratégiques et opérationnelles claires pour une intégration du
changement climatique dans les politiques sectorielles: Stratégie nationale d’adaptation et de
mitigation en changement climatique pour le secteur agriculture, Stratégie d’adaptation ou de
gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) etc. Ceci handicape sérieusement la gestion
prévisionnelle en ce qui concerne les réponses adéquates et appropriées à apporter à la
problématique.
62. Le PANA, une "shop liste" de projets relevant du “business as usual”. Si la
formulation du PANA a représenté une étape importante dans les efforts au niveau de
l’adaptation, il convient, cependant, de noter qu’il s’est élaboré dans une période contextuelle
marquée, au plan international, par les premiers balbutiements conceptuels sur la portée et
l’étendue des concepts adaptation, vulnérabilité et résilience. Avec le recul, même les autorités se
sont aperçues que le design du PANA a plus été influencé par une approche orientée vers des
projets (shop liste de projets du genre business as usual) que par celle de programmes ciblant
l’adaptation au sens que le concept revêt aujourd’hui au point qu’à la Conférence des Parties de
la CCNUCC en décembre 2010, Haïti avait joint sa voix à d’autres pays pour réclamer des
ressources financières en vue d’une réactualisation de l’instrument. Le document requiert
visiblement une grande réactualisation pour intégrer, en sur le plan réellement programmatique,
les aspects porteurs liés à l’adaptation comme la réduction du risque et de la vulnérabilité, la
vulnérabilité de plus en plus grande de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de l’eau, la
GRN et les établissements humains non planifiés dans les plaines côtières et alluviales, etc.
63. Un PAE à revisiter et des faiblesses à corriger dans le pilotage politique du
Système national de GRD. Le PAE, est, comme on l’a vu, le principal document de politique qui
fournit une orientation sur tous les aspects de la gestion environnementale. La question du
changement climatique a été effleurée dans ce Plan dont la période de validité court jusqu’à
2015 mais il s’agit ici d’un document qui a été publié depuis 1999. Même si bon nombre d’axes
programmatiques déclinés dans cet instrument de politique sont d’une actualité brûlante, le
document mérite d’être revisité pour fournir des orientations réactualisées où les ministères
responsables pourraient s’engager à respecter les orientations de la CCNUCC sur la gestion
des risques climatiques. D’autres observations sont aussi à consigner en ce qui concerne le
PNGRD. D’une part, ce document ne fait pas référence à la problématique du changement
climatique, d’autre part, le pilotage politique du Système national de GRD montre certaines
insuffisances car dépourvu d’un cadre légal adéquat lui permettant d’assurer pleinement la
coordination interinstitutionnelle. Ce manque de pilotage trouve également son origine dans la
dispersion des responsabilités entre plusieurs autorités en matière de prévention des risques
et de réponse aux urgences.
64. Par ailleurs, la capacité opérationnelle des secteurs en GRD est encore très limitée, tant
en ce qui concerne les ressources que les compétences techniques. Malgré des efforts louables,
les capacités du pays à développer les outils pouvant lui permettre de détecter les aléas de
toute sortes et d’en prévenir leurs conséquences demeurent encore balbutiantes pour les
risques hydrométéorologiques et quasi inexistantes pour les autres à l’exception bien entendu
du suivi de la sécurité alimentaire. Les tentatives de mise en place de Systèmes d’alerte
précoce en matière d’inondation tardent encore à produire tous les résultats escomptés et les
cartes produites au niveau de cette thématique l’ont été à une échelle telle que le degré de
précision ne favorise pas la prise de décision pour les autorités locales. Le déclenchement de
l’alerte précoce a fonctionné seulement dans quelques communes (DDC 2013) malgré un grand
effort accompli pour avoir une couverture satisfaisante du territoire. La coordination des alertes
cycloniques s’est tout de même grandement améliorée au niveau central mais reste
cependant très faible au niveau local (DDC 2013) .
30
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
65. Une attention plus portée sur les désastres que sur la réduction du risque dans le
PNGRD. Il s’agit de l’une des faiblesses de cet instrument de politique où l’accent est, en
réalité, surtout mis sur la prévention/l’intervention lors de désastres que sur la réduction du
risque. Dans une perspective de résilience durable, il est fondamental que le risque soit
étroitement corrélé à d’autres dimensions du développement durable comme le changement
climatique. La réduction du risque devrait entre autres promouvoir une approche thématique
axée sur les mesures visant l’intégration de la résilience climatique en se concentrant sur la
GIZC, la GBV et sur une gestion basée sur les écosystèmes, en vue de renforcer la
résilience des systèmes naturels qui ne peuvent plus jouer, en Haïti, le rôle de protection vis-àvis de la population. L'approche telle que définie, devrait permettre d’aborder les vulnérabilités
socioéconomiques et environnementales, et viser à protéger les vies et moyens de
subsistance.
66. PAN-LCD, PDA et autres instruments associés portant notamment sur l’irrigation, la
sécurité alimentaire et la pêche à élever au rang de politiques publiques. La plupart de
ces documents sont qualifiés abusivement de politiques publiques au sens qu’ils n’ont jamais
été validés en Conseil des ministres pour être opposables à l’ensemble de l’architecture
institutionnelle du pays comme ceci a été démontré dans la section précédente. Il s’agit d’un
obstacle récurrent auquel fait face l’ensemble des ministères et qui est lié aux difficultés
d’apprentissage dans le processus démocratique haïtien. Il y a urgence pour qu’une telle
étape soit franchie par les autorités. C’est un problème que le décret du 17 mai 2005 portant
sur l’organisation de l’administration centrale et qui a créé le Conseil d’orientation stratégique et la
Cellule de coordination et de suivi des politiques publiques pourrait contribuer à résoudre.
67. Chevauchement au niveau du cadre institutionnel et importantes faiblesses en
ressources humaines qualifiées en matière d’adaptation et de résilience climatiques. Si
théoriquement le Ministère de l’environnement représente l’institution phare pilotant la conduite
de l’action gouvernementale en tant que point focal institutionnel s’occupant de la conformité
du pays aux obligations de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto, le cadre institutionnel actuel
de la gouvernance climatique en Haïti est caractérisé par des chevauchements et un manque
de clarté en ce qui concerne les mandats et les missions. Cette situation est aggravée par un
manque de coordination institutionnelle entre les ministères de tutelle et les principales
institutions autonomes concernées par la question. L’administration publique haïtienne a une
tradition de fonctionnement par couloirs. Une stratégie de compartimentage des actions prévaut
en général et la relation de synergie qui devrait prévaloir pour un secteur aussi transversal
que l’adaptation tend à dépendre des bonnes relations de proximité entre les ministres à la
tête des ministères clés concernés par la problématique. Des rivalités interinstitutionnelles,
couplées à une stratégie de surenchère pour la captation des ressources financières vers son
secteur spécifique vient aussi compliquer la donne. Les tentatives d’arbitrage par la création de
nouvelles entités pour harmoniser les politiques et actions ne semblent pas prêtes à produire
des résultats probants et rapides. Par exemple, le CIAT qui a été créé pour harmoniser notamment
la politique de gestion des bassins versants s’est mis, avec un soutien massif des bailleurs de
fonds, dans l’opérationnel et a tendance à remplir des missions qui semblent relever beaucoup
plus des ministères de ligne. Une telle situation ajoute, en dehors de la tradition de
fonctionnement par couloirs de l’administration publique haïtienne, un obstacle de plus à la
synergie nécessaire à une mise en œuvre harmonieuse et efficace des efforts d’adaptation.
68. De plus, une analyse de la situation des institutions concernées par la gestion du
changement climatique (par exemple MDE, MICT, MARNDR et MTPTC) montre que ces
ministères comptent très peu de personnes qualifiées travaillant dans le domaine parmi les
membres de leur personnel. Les cadres techniques sont vieillissants, leurs capacités techniques
limitées dans le domaine de l’adaptation et de la résilience climatique et ne sont pas tout à
fait formés pour faire face aux diverses facettes des risques associés au changement
climatique. En plus d’un personnel inadéquat, il n’y a pas encore l’émergence d’une masse
critique de jeunes ayant reçu une formation minimale en matière d’adaptation au changement
climatique. Le peu d’entre eux qui sont formés dans le domaine ne font pas carrière et
laissent l’administration publique en absence de stratégies de motivation appropriées ou ne
31
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
disposent pas de moyens adéquats pour la formation continue nécessaire capable de leur
fournir de nouvelles compétences à même de les aider à concevoir et à mettre en œuvre
des programmes et projets bien articulés portant sur l’adaptation et la résilience climatiques.
B. Constats, analyse des initiatives des partenaires de la coopération au
développement
69. Le CSI des Nations Unies: une bonne source comme porte d’entrée pour
l’adaptation au changement climatique mais un retrait nominal en relation à la
problématique
de l’adaptation. De l’UNDAF 2006-2010 qui faisait de l’adaptation au
changement climatique une priorité de développement national dans les cadres de coopération
de l'ONU avec Haïti, le système onusien semble avoir opté pour la réduction des risques de
catastrophe (RRC) comme porte d’entrée pour son nouveau mécanisme de coopération en
cours avec le pays, dit Cadre stratégique intégré ou CSI.
Ceci n’est pas mauvais et constitue à la rigueur une très bonne chose compte tenu du fait
que le lien entre la réduction des risques de catastrophe et la notion d’adaptation au changement
climatique est essentiel car en effet, les deux approches visent à réduire les incidences des
chocs subis en prévoyant les risques et en s'employant à réduire les vulnérabilités. La réduction
des risques de catastrophe, du fait qu'elle privilégie le renforcement de la résilience à la variabilité
du climat existante, constitue un bon point de départ pour les politiques d'adaptation, et la
première ligne de défense contre le changement climatique (PAM 2011, Le changement
climatique et la faim: vers une politique du PAM en matière de changement climatique). Toutefois, il
existe des nuances fondamentales entre les deux démarches et la mission de l’EES
commanditée par le Fonds considère que cette option privilégiée par le CSI constitue un pas
en arrière vis-à-vis de l’adaptation compte tenu du grand potentiel d’influence que le système
des Nations Unies peut avoir
sur les autorités nationales pour faire figurer à la fois
l’adaptation au changement climatique et la RRC au sommet de l’agenda national du
développement.
70. Une intégration de plus en plus marquée de l’adaptation climatique dans les
champs de coopération de partenaires individuels de la coopération. La thématique
adaptation se retrouve de plus en plus dans le champ d’action des partenaires de la
coopération. Le caractère transversal de la thématique s’impose davantage et les acteurs de
la coopération internationale semblent prendre conscience que Haïti représente un cas d’école
en matière de liens entre climat–eau–sol–sécurité alimentaire–développement et que l’ampleur
des conséquences du changement climatique et les défis multidimensionnels, nombreux,
inhérents à ce phénomène, nécessitent une approche holistique pour que soient conçues et
appliquées des réponses appropriées. Se retrouvent au créneau surtout les organisations
multilatérales (agences onusiennes comme le PNUD , le PNUE et la FAO,
les banques
internationales et régionales de développement comme la Banque mondiale et la Banque
interaméricaine de développement) mobilisant les ressources financières issues des
mécanismes de financement des traités environnementaux multilatéraux comme le FEM, divers
fonds d’appui au climat et des organisations bilatérales (NORAD, Union européenne). Parmi les
agences du système des Nations Unies, le PNUD, à travers le Projet renforcement des
capacités d’adaptation des communautés côtières en Haïti face aux menaces du changement
climatique sur le développement durable, est le pionnier en matière de coopération dans ce
domaine.
71. D’importants risques de duplication, cependant, au niveau des initiatives des
partenaires en adaptation. La mission de l’EES a recensé au moins cinq initiatives qui ont
une relation directe avec l’adaptation et la résilience tandis que de nombreuses autres
présentent soit une relation apparentée soit jettent les bases pour une capitalisation en
relation avec l’adaptation et la résilience. Ceci augure d’excellentes opportunités pour faire
avancer l’agenda de l’adaptation dans le pays. Cependant, cette “ruée vers l’adaptation” risque
32
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
de produire des effets pervers en matière de chevauchement et de duplication si des
mécanismes d’harmonisation au niveau des partenaires de la coopération au développement
ne sont pas trouvés. Le Gouvernement haïtien risque, compte tenu de son manque de
leadership dans ce domaine, de perdre, à coup sûr, ses repères dans ce dédale de
programmes et projets visant l’adaptation et pourrait expérimenter des difficultés à fournir, à ce
niveau, des orientations en connaissance de cause.
72. La mission a noté par exemple qu’une caractéristique commune à la plupart de ces
initiatives porte sur l’intégration de l’adaptation dans les politiques, plans, programmes et
projets: ce qu’envisage de faire le PPCR de la Banque mondiale et de la BID est déjà prévu
par le projet du PNUD et cette dimension préconisée par le GCCA de l’Union européenne
fait déjà partie des options privilégiées en ce sens par le PPCR et on pourrait continuer
l’analogie à n’en plus finir. Le “mainstreaming” de l’adaptation et de la résilience climatique est
un objectif et une visée nobles que plusieurs partenaires de la coopération peuvent avoir en
commun: là n’est pas le problème. Il existe cependant plusieurs portes d’entrée pour cristalliser
l’adaptation et la résilience: les évaluations environnementales, les projets locaux etc. Les
partenaires de la coopération se doivent de lever ce flou et le Gouvernement haïtien devrait
les soutenir pour leur indiquer les clés d’entrée appropriées pour matérialiser l’adaptation. À
défaut, ces partenaires peuvent étendre et appliquer à l’adaptation certains mécanismes
subsidiaires qu’ils se sont eux-mêmes donnés dans leur assistance au Gouvernement haïtien
à travers le système national de GRD comme le Groupe d’appui de la communauté
internationale ou le Groupe d’appui informel des bailleurs au SNGRD.
73.
Une plus-value indéniable en GRD, GBV et en sécurité alimentaire. Le gros lot des
initiatives des partenaires de la coopération tombe dans la catégorie de programmes/projets dits
apparentés et à bonne base en matière de potentiel de pro-adaptation ou de pro-résilience.
Bien qu’il soit prématuré de se faire une idée exacte des retombées des initiatives ciblant
directement l’adaptation, là où, selon la mission, la communauté internationale semble apporter
présentement une plus-value nette, tangible et visible en ce qui concerne les bonnes pratiques,
le savoir-faire et l’amélioration de la gestion prévisionnelle dans le domaine de l’adaptation se
rapporte aux actions de GRD, de GBV et de suivi de la sécurité alimentaire. Ce qui a été
décrit dans ce rapport comme les points de mire des progrès du gouvernement en adaptation
aurait été quasiment impossible sans l’appui renforcé et systématique des partenaires de la
coopération pour le développement. Ceci constitue en même temps une grande force et une
faiblesse pour le gouvernement: i) force, au sens où l’on constate, grâce à cette assistance,
une grande amélioration au niveau des réponses; ii) faiblesse, car sans cet appui le SNGRD,
au vu de la réalité économique à laquelle font face les autorités, ne serait pas opérationnel,
la DPC serait complètement dépassée par les évènements et la CNSA aurait été difficilement
en mesure de produire ces états des lieux périodiques et systématiques si utiles en matière
de planification relative au suivi de la sécurité alimentaire.
C.
Constats, analyse du COSOP/Haïti et mise en regard des objectifs et activités
supportés par le FIDA avec l’adaptation et la résilience climatique
A.
74.
La revue de l’ébauche du COSOP et l’analyse des interventions mises en œuvre dans
les projets montrent que les opérations passées et celles qui se profilent à la lumière du nouveau
cycle d’engagement du FIDA représentent une bonne base pour un appui concerté et
cohérent du Fonds au Gouvernement haïtien en matière d’adaptation du secteur ARD au
changement climatique. Il y a cependant un certain nombre de réajustements à apporter pour
que cet appui soit “plus pertinent au regard du changement climatique” et reflète mieux la
philosophie, les valeurs, la culture d’interventions, les méthodes d’approche et les politiques
préconisées par le Fonds dans ce domaine. Les éléments les plus probants qui méritent d’être
signalés sont les suivants:
75. La diversification économique, la réduction de la vulnérabilité, la lutte contre la
pauvreté, l’amélioration durable de la sécurité alimentaire et le renforcement des
33
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
capacités au cœur d’une approche d’appui du Fonds à l’adaptation. L’ébauche du COSOP
actuel et les opérations soutenues par le Fonds en Haïti présentent cette caractéristique mais
celle-ci n’est pas clairement spécifiée et formulée au regard de l’adaptation; elle ne se révèle
que de manière implicite à la lecture du document. Les résultats attendus des objectifs
stratégiques du document supportent cette assertion par: i) le caractère stratégique de la mise en
place d’infrastructures structurantes du potentiel productif agricole, notamment en matière
d’irrigation; ii) l’appui à la production par la mise en place d’un cadre d’accès à différents
services essentiels, tels que les intrants de base, le crédit et les technologies et infrastructures
de production efficaces au profit des petits agriculteurs; iii) le renforcement des capacités des
acteurs impliqués dans la mise en œuvre des projets pour lutter contre la pauvreté rurale
que complique le changement climatique; iv) l’accent mis sur la gestion des bassins versants
surplombant les périmètres irrigués des zones d’intervention du Fonds et la perspective de
remise sur pied des communautés rurales et de reconstitution des moyens de subsistance des
agriculteurs après une catastrophe; v) l’amélioration durable de la sécurité alimentaire et des
revenus des petits producteurs et la création d’emplois pour les ruraux.
76. L’ébauche du COSOP actuel ou le passage d’une sensibilité au climat à une
sensibilité au changement climatique. L’examen des éléments d’actions révélés dans des
projets qui commencent à prendre corps dans le sillage du COSOP actuel – comme le PPI-3
en instance de
démarrage
et
l’avant-projet intitulé Utilisation
durable
et
protection
environnementale des hautes terres de la région goavienne et des Nippes – traduit une volonté
du Fonds de passer d’une démarche où les actions présentaient une certaine pertinence par
rapport à la sensibilité du climat (maîtrise de l’eau) vers une approche plus complète en
relation au changement climatique particulièrement l’adaptation. Rappelons que la composante
relative au développement de l’irrigation du PPI-3 comporte une sous-composante liée à la
gestion des ressources naturelles et à l’adaptation au changement climatique.
La seule chose est que les activités décrites, au titre de cette sous-composante de PPI-3,
devraient être davantage renforcées pour mieux refléter les trois domaines d’intervention
préconisés par le Fonds à savoir: i) appuyer les approches innovantes pour aider les petits
exploitants agricoles à bâtir leur résilience par rapport au changement climatique; ii) aider les
petits exploitants agricoles à tirer profit des stimulants d’atténuation au changement climatique
et de financement disponibles; iii) promouvoir un dialogue plus cohérent sur le changement
climatique, le secteur ARD et la sécurité alimentaire. Par ailleurs, il est important de souligner
que le fait pour le Fonds de commanditer cette EES laisse augurer, dans ses futures opérations,
l’avènement, dans le pays, d’une troisième génération de projets devant prendre en compte
systématiquement (mainstreaming) au niveau du secteur ARD la dimension changement
climatique dans ses aspects d’adaptation et de résilience au niveau des interventions des
institutions en Haïti.
77. L’importance d’une référence claire à l’adaptation au changement climatique dans la
formulation de l’objectif stratégique portant sur la gestion des ressources naturelles
dans le COSOP actuel. Le COSOP se fixe comme deuxième objectif stratégique d’améliorer
la gestion durable des ressources naturelles et des investissements productifs au niveau des
petites exploitations agricoles. Une telle formulation semble être conforme à la stratégie concernant
le changement climatique du Fonds reconnaissant l’importance de l’environnement, de la gestion
des ressources naturelles dans la construction d’une résilience du secteur ARD face au
changement climatique. Cependant, cet objectif stratégique mériterait d’être reformulé pour
refléter de manière claire et parfaitement caractérisée l’adaptation au changement climatique
pour la simple et bonne raison que dans le contexte haïtien ne sont pas encore perceptibles,
pour les professionnels du secteur ARD, les implications programmatiques supplémentaires à
prendre en compte dans le cadre d’une GRN appliquée à l’adaptation. Une GRN relevant du
"business as usual" est une GRN ciblant l’adaptation au changement climatique et comportant
des nuances opérationnelles différentes qu’il importe de prendre en compte.
34
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
78. Une stratégie de ciblage en retrait, à la rigueur non conforme à la philosophie, la
culture, l’approche et la politique d’interventions du Fonds. La stratégie de ciblage du
COSOP telle que formulée apparaît, aux yeux de la mission de l’EES, extrêmement éloignée des
principes et approches d’interventions du Fonds. Cette stratégie de ciblage met dans le même
panier pauvres et non pauvres avec pour justification que toute initiative de développement en
Haïti touche obligatoirement de fait une très large part de la population pauvre. Or, le ciblage
ne prend nullement en compte la question de la problématique hommes-femmes, fondamentale
dans la stratégie d’interventions de FIDA.
Rappelons que l’accompagnement du gouvernement pour la réduction de la pauvreté, et
l’approche participative ainsi que la problématique hommes-femmes, entre autres, sont au cœur de
la stratégie d’interventions et de coopération du Fonds avec Haïti. Cependant, le ciblage
préconisé dans le COSOP constitue une forme d’injustice faite aux ruraux pauvres et “sacrifie” les
groupes vulnérables comme les femmes, leur autonomisation ainsi que la problématique hommesfemmes, questions qui sont au centre de la stratégie du Fonds pour répondre au changement
climatique. D’ailleurs, rappelons qu’en matière de climat, le Fonds reconnaît que les risques
associés au changement climatique amplifient: i) les inégalités existantes entre femmes et
hommes; et ii) les différences dans leurs capacités à faire face.
D. La question de l’influence du Fonds sur la politique agricole du MARNDR.
79. Cette influence n’est pas évidente à la lecture des différents brouillons de documents de
politique produits par ce ministère et ne semble pas non plus à la hauteur de l’appui du
Fonds qui est tout de même le deuxième contributeur du secteur pour le Gouvernement
haïtien. La question relève d’une certaine délicatesse politique et diplomatique et n’est pas
facile à résoudre. Le nouveau COSOP devrait cependant examiner comment l’infléchir et une
approche possible serait de regarder de près le niveau, dans la hiérarchie de l’institution, des
fonctionnaires appelés à diriger les futurs projets et/ou de procéder à la publication régulière et
systématique d’énoncés de politique (sorte de "policy briefs") capturant les leçons clés et
savoirs générés par les projets du Fonds et destinés aux plus hautes autorités décisionnelles du
MARNDR.
80. Synergie avec les actions du gouvernement et avantages comparatifs du FIDA. Une
bonne porte d’entrée pour une synergie avec les actions du gouvernement est représentée
par: i) les projets en lien avec l’adaptation (lutte contre les inondations, GBV, GRD) inscrits dans
les plans d’intervention des ministères clés comme le MARNDR, le MDE et le MICT; ii) les activités
décrites au titre des réponses du secteur ARD et d’inventaire effectif des réponses d’adaptation
portant sur les observatoires et les différents dispositifs de suivi, de spatialisation des
informations et de gestion des savoirs agricoles haïtiens. En ce sens, le Fonds dispose d’un
certain nombre d’avantages comparatifs qu’il peut faire valoir pour un engagement avec le
gouvernement autour des initiatives ciblant l’adaptation et la résilience climatique du secteur
ARD.
81. Ces avantages tiennent à cinq aspects complémentaires du programme du FIDA: i) une
mission de base ciblant la pauvreté rurale exacerbée par le changement climatique et
coïncidant avec la priorité du gouvernement. On sait que la pauvreté demeure un phénomène
majoritairement du milieu rural où se concentre 63% de la population haïtienne et que la
priorité du gouvernement est de lutter contre la pauvreté en milieu rural en développant des
pôles de croissance régionaux capables d’impulser le développement économique autour des
filières stratégiques. Il a été démontré dans ce rapport qu’en matière d’impacts du changement
climatique sur le secteur ARD en Haïti, le phénomène compte parmi les facteurs déterminants
de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire. Or, la mission de base du Fonds est justement
d’habiliter les ruraux pauvres à surmonter la pauvreté à travers des activités visant à
35
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, à augmenter leurs revenus et accroître leur
résilience; ii) l’existence d’une stratégie concernant le changement climatique s’attaquant à la
pauvreté rurale et préconisant des partenariats avec les gouvernements. Il convient de
rappeler ici que le but de la stratégie globale du Fonds en ce qui concerne le changement
climatique est de maximiser l’impact des opérations du FIDA sur la pauvreté rurale dans un
climat changeant. Ce qui revient à considérer le changement climatique comme une
thématique transversale où l’action du Fonds est raisonnée en matière de synergie, de
complémentarité, et d’avantages comparatifs avec le gouvernement; iii) un accompagnement
continu du peuple haïtien non sujet aux aléas et fluctuations politiques de l’octroi de l’aide
internationale. Il s’agit d’un argument de taille vu la longue tradition d’interventions du Fonds
dans le pays de manière continue et ininterrompue malgré les difficultés politiques que le pays
a traversé; iv) une orientation régionale et une base territoriale déterminée par la prévalence et
la prédominance de la pauvreté. Les projets du Fonds ont une orientation régionale et une
base territoriale dont le choix des sites est largement influencé par la prédominance de la
pauvreté et de l’insécurité alimentaire. C’est un grand atout pour le Fonds car il permet de
créer des liens très forts entre le niveau local et le niveau régional ou départemental, facilitant
l’intégration de zones isolées; v) le développement économique des zones rurales
marginalisées. Le Fonds dispose d’une expérience précieuse en permettant à des zones
rurales marginalisées d’accéder au développement économique grâce à des projets de
développement rural comme le PAIP et le PPI-2 dans le Plateau Central, le Nord-Est et le NordOuest.
E. Synergie avec d’autres partenaires de la coopération au développement et
avantages comparatifs du FIDA
82. Les défis multidimensionnels inhérents au changement climatique commandent l’adoption
de solutions intégrées et la mise en commun de ressources, d’expertise et de savoir-faire,
bref de partenariats porteurs de synergies et susceptibles d’aborder la dimension transversale
du changement climatique. Un ensemble d’opportunités existent dans le pays pour une
collaboration stratégique, technique et opérationnelle du Fonds avec les partenaires de la
coopération au développement au travers des accords stratégiques et des mémorandums
d’entente et de collaboration sur les questions de climat. Il apparaȋt que les projets , soutenus
par les partenaires de la coopération, présentés dans ce rapport comme ayant un lien direct
avec l’adaptation dont le centre d’intérêts pour le Fonds a été passé en revue dans l’annexe
préparé à cet effet (voir présentation tabulée des initiatives de la coopération), représentent non
seulement une niche intéressante mais s’imposent comme le premier point d’entrée d’un tel
partenariat.
83. Dans ce contexte, la recherche d’une collaboration partenariale immédiate du Fonds avec
le PNUD (adaptation au niveau national et communautaire) et avec l’Union européenne via le
Programme GCCA dont le financement est déjà acquis et le démarrage prévu pour 2014
revêt une importance capitale pour FIDA, sans oublier les relations organiques de proximité
avec les institutions onusiennes basées à Rome/Italie comme la FAO et le PAM. Toutefois, la
mission n’a pu avoir accès aux informations relatives aux activités d’adaptation du PAM en
Haïti. Tout aussi important pour le Fonds, le développement de relations partenariales avec
quelques projets clés qualifiés d’apparentés avec l’adaptation comme: i) les programmes/projets
du PNUD/PNUE relatifs à la création d’un Système national d’aires protégées, la réduction des
conflits d’utilisation d’eau dans le bassin versant binational de l’Artibonite, corridor biologique de
la Caraïbe et le renforcement du suivi de la sécurité alimentaire; ii) les programmes/projets de
la BID se rapportant au PMDN (Programme de mitigation des désastres naturels), à la
protection de la partie supérieure des bassins versants de la zone du parc national de
Macaya dans le Massif de la Hotte, au transfert de technologies aux petits agriculteurs, au
développement de la filière d’approvisionnement rural; iii) les projets de la Banque mondiale
relatifs à la GRD à travers le GFDRR, pour la relance de l’agriculture à travers le
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
renforcement des services publics de l’agriculture (Phase II); iv) les initiatives de l’USAID comme
la stratégie pluriannuelle intitulée "Haiti: Feed the Future" et le projet WINNER.
84. La plupart des avantages comparatifs du Fonds décrits antérieurement, dans ses
relations de synergie avec le gouvernement, sont aussi valables pour les partenaires de la
coopération. Il y a lieu cependant d’inclure d’autres avantages comparatifs en ce qui concerne
la synergie avec des partenaires du développement: i) l’existence d’une approche
institutionnelle vis-à-vis du changement climatique. Un certain nombre de documents
d'orientation du FIDA constituent l’épine dorsale d'une approche institutionnelle du Fonds vis-àvis du changement climatique. Il s'agit notamment de la Stratégie "changement climatique" et
des politiques portant sur l’environnement, la GRN, la GRD et la problématique hommesfemmes; ii) la préoccupation constante, en matière de développement, pour les zones pauvres
et groupes vulnérables pas toujours prioritaire chez les autres bailleurs. Toutes les
interventions du Fonds dans le pays sont en effet axées sur le développement des activités
productives dans les zones vulnérables, avec les groupes vulnérables, une préoccupation qui
n’est pas toujours partagée par les autres bailleurs; iii) une forte présence, couplée d’un
engagement à long terme, dans les territoires les plus sujets à la pauvreté et les plus
exposés aux aléas climatiques, ce qui permet au Fonds de toucher les personnes les plus à
risque dans ce cadre; iv) une longue expérience d’interventions dans le pays touchant à la
lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Ceci confère au Fonds des avantages
multiples, notamment au niveau du renforcement de la résilience des communautés; v)
l’emphase systématique sur la gestion des savoirs et la dissémination des innovations. La
gestion des savoirs joue un rôle important dans tout programme de pays du Fonds au sens
qu’elle influe sur le mode de faire des institutions bénéficiaires pour améliorer la prise de
décision, l’innovation et participe d’une approche systématique en vue de s’assurer de
l’utilisation pleine et entière du savoir organisationnel telles que les leçons utiles et meilleures
pratiques combinées aux compétences et habiletés individuelles et aux idées. Peu de bailleurs
font un usage systématique d’une telle démarche.
V. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS. Le changement climatique: un
sérieux défi pour le secteur ARD en Haïti
85. Cette EES a démontré que le changement climatique pose un défi majeur pour le
secteur ARD en Haïti. Étant donné le rôle de l’agriculture dans l’emploi, le développement
économique et la sécurité alimentaire dans le pays, les impacts pervers du phénomène sur
l’agriculture représentent une préoccupation de premier chef. Les contre-performances de
l’agriculture liées à un climat changeant dans la plupart des départements du pays ont pour
conséquences la hausse des prix des produits alimentaires, de nombreuses limitations dans la
disponibilité, l’approvisionnement et l’accès à la nourriture spécialement parmi les pauvres.
Ceci augmente le nombre de gens souffrant de la faim malgré les efforts louables du
gouvernement de mettre en place des initiatives d’intensification agricole, des filets de
protection sociale et la stratégie du Fonds en appui à la politique du gouvernement. Ceci
plaide pour le renforcement d’un agenda pro-croissance et pro-pauvre venant en appui à la
durabilité de l’agriculture et incluant un meilleur ciblage des impacts du changement climatique
et qui devra améliorer la résilience et l’adaptation au changement climatique du secteur.
A. Principes directeurs
86.
Les principes ci-après devraient guider, pour Haïti, la mise en œuvre du COSOP:
87. La continuation par le Fonds de sa démarche d’adaptation portant sur le
remédiement de la vulnérabilité des pauvres dans un cadre de durabilité des moyens
37
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
d’existence. La démarche d’adaptation du Fonds, pour Haïti, est pertinente et elle devrait être
maintenue. Il est bien connu et des études l’ont démontré (In DFID et al 2012 Linking Poverty
Reduction and Environmental Management: Policy Challenges and Opportunities), que si les
personnes pauvres ont peu de revenus, elles ont des actifs et des capacités qui peuvent être
renforcées pour réduire leur vulnérabilité aux changements climatiques. Ce "capital" se décline en
capital social, naturel, physique, humain et financier. D’ailleurs, le Fonds reconnaît que la pauvreté
n’est pas juste une question de manque, de privation par rapport à un minimum d’argent
requis pour vivre mais la pauvreté fait également intervenir la vulnérabilité aux chocs externes
et du point de vue de l’adaptation au changement climatique c’est extrêmement important.
88.
La réduction de la vulnérabilité passe d’abord par une amélioration des revenus et c’est
ce qu’a compris le Fonds et c’est ce qui transperce dans l’ébauche du COSOP actuel même si
le document nécessite un “nettoyage “ conséquent pour refléter les valeurs et les méthodes
d’approche de l’institution. Ce qui revient à dire que toutes les actions qui concourent à
améliorer le niveau de vie des familles agricoles, notamment les plus pauvres et les plus
vulnérables, interagissent de fait avec la capacité des exploitations à faire face aux aléas
climatiques croissants à travers divers mécanismes. L’augmentation et la diversification de la
production contribuent également à cette consolidation économique, mais aussi à la possibilité
d’obtenir de meilleurs prix et débouchés pour les produits, et à satisfaire les besoins primaires
en alimentation à un coût abordable. Le FIDA, à travers notamment le PAIP, renforce les
mécanismes traditionnels de partage des risques et les réseaux informels de "solidarité"
fondés sur le capital social, comme la mise en commun des actifs. Le Fonds met également en
place des actions: le renforcement des capacités, les mesures de récupération et de
relèvement au profit des agriculteurs et des femmes pauvres après le séisme du 12 janvier
2010 à l’image du Projet PASAC qui a été exécuté, l’appui-conseil et la diffusion des
innovations viennent renforcer la démarche. Néanmoins, les fonds alloués à la gestion du capital
naturel sont minimes.
89. Il s’agit ici de mesures privilégiant la mise en place de conditions et de structures de
soutien stables visant à assurer une plus grande résistance des actifs tangibles et intangibles
des ruraux pauvres haïtiens aux changements climatiques et qui renforcent leurs possibilités
d'accéder aux ressources, de créer des actifs et de diversifier leurs activités économiques, afin
d'accroître leur capacité d'adaptation aux aléas climatiques.
90. L’incorporation des “mesures sans regret” dans les interventions du COSOP et
une vigilance accrue par rapport aux écueils de la mauvaise adaptation. Le manque
d’indicateurs adaptés à l’évaluation des stratégies d’adaptation, ajouté aux aspects spécifiques
des mesures (surtout locales) qui en découlent et à l’incertitude liée aux changements
climatiques et à ses impacts devrait conduire le Fonds à accorder une certaine priorité, en
Haïti, aux mesures dites “sans regret ” dans le cadre de la mise en œuvre du COSOP.
Rappelons qu’une mesure d’adaptation est considérée “sans regret” si la décision n’est pas
regrettée même si le risque contre lequel elle a été élaborée ne se matérialise pas. Ce qui
signifie que la mesure a d’autres raisons que l’adaptation d’être exécutée. Par exemple, la
réduction des émissions de gaz à effet de serre pour atténuer les impacts des changements
climatiques est une mesure sans regret. Ceci peut recouvrir, entre autres dans le contexte
haïtien, la démocratisation de l’accès des femmes aux foyers améliorés utilisant le gaz
propane liquéfié, l’appui à la conversion technologique des petites et moyennes entreprises
rurales ou périurbaines utilisant le bois aux fins de diminution de la pression sur les maigres
ressources forestières d’Haïti, la gestion intégrée des pestes et des maladies et la promotion
de biodigesteurs pour la récupération du méthane (GES persistant encore plus dangereux que
le CO2) en riziculture irriguée, boisements intensifs et reforestation pour le piégeage de
carbone moyennant une méthodologie appropriée, etc.).
38
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
91. De même, le Fonds devrait se montrer très sensible à la mauvaise adaptation qui peut
affecter la durabilité de ses interventions dans le contexte du nouveau COSOP. La mauvaise
adaptation consiste à mettre en place des mesures d’adaptation qui s’avèrent inefficaces une
fois les changements climatiques matérialisés (OCDE, 2009). Ces mesures sont en général très
coûteuses par rapport à leur bénéfice constaté et se produisent souvent dans le cadre d’une
approche d’adaptation dure, c’est-à-dire impliquant la construction de lourdes infrastructures.
C’est le cas par exemple de la déviation de la trajectoire d’un cours d’eau de son lit
normal en dehors d’une ville pour protéger la population de celle-ci mais qui peut rendre
inopérant un périmètre irrigué déjà construit en aval.
92. Une plus grande emphase sur la gestion du capital naturel et une meilleure prise
en compte des biens et services écosystémiques notamment l’eau comme consolidation
des efforts d’adaptation et point de départ du testage des approches dites de paiement
pour les services écosystémiques. Ce principe, qui a tout l’air d’une recommandation, apparaît
en filigrane dans le COSOP mais il mérite d’être réaffirmé sans ambages dans le contexte
haïtien. Sont certes reconnus de manière implicite l’importance des fonctions hydrologiques des
bassins versants notamment pour la recharge des eaux souterraines, l’alimentation en eau des
périmètres, l’atténuation des crues ainsi que les liens inextricables qui existent entre les
ressources aquatiques et les plaines irriguées. Mais dans les opérations passées du Fonds et
celles en cours, les implications budgétaires d’une telle option, qui sont en fait le meilleur
indicateur pour apprécier si c’est une priorité ou non, n’ont pas été à la hauteur des
ambitions affichées au titre des actions de remédiement environnemental.
93. Il y a lieu de noter dans le contexte haïtien, que les institutions bénéficiaires des projets
du COSOP travaillent avec les communautés pour les amener à voir en l’eau, un bien, un
service fourni par un écosystème. Le bassin versant ne contient pas que des jardins (champs
agricoles) mais abrite généralement un ou plusieurs écosystèmes (une petite forêt, une zone
humide, une petite prairie, etc.). Les personnes pauvres sont souvent directement tributaires des
biens fournis ou des services rendus par les écosystèmes, qu'il s'agisse de leur source de
nourriture principale ou secondaire (l’eau pour l’irrigation, microclimats particuliers pour la
production maraîchère par exemple), de fourrage pour le bétail, de matériaux de construction
ou de combustible.
94. Les changements dans la composition des écosystèmes ou dans les biens et services
qui y sont liés ont déjà de vastes répercussions économiques. Les changements climatiques
altèrent leurs fonctionnements et leurs qualités, réduisant ainsi leurs capacités à remplir leurs
rôles de milieux vitaux (cas du blanchissement corallien par exemple). Certainement, les actions
peuvent être raisonnées: i) au niveau du champ, par la réhabilitation, en favorisant sur les
parcelles et en accord avec la décision des agriculteurs la reprise des processus écologiques
nécessaires à la production agricole (gestion conservative des eaux et du sol, bonne gestion
de la matière organique, respect du cycle hydrologique, non-rupture de la chaine alimentaire, etc.)
mais elles doivent aussi être pensées ii) au niveau de l’écosystème, pour accroître la résilience
des communautés à s’adapter aux changements climatiques, à atténuer les impacts des
désastres naturels, à s’assurer que le stock des ressources naturelles, de la biodiversité ne
soit pas hypothéqué et soit toujours disponible pour satisfaire les besoins des communautés.
Ainsi, on s’assure à ce niveau que le bassin versant sera en mesure de fournir les biens et
les services écologiques nécessaires au bien-être de la population qui y vit.
95. Ceci devrait ouvrir la voie à l’essai, dans le cadre du nouveau COSOP, d’approches
innovantes comme le paiement pour les services écosystémiques qui – par leurs fonctions de
support, d’approvisionnement, de régulation et culturel – constituent non seulement des éléments
constitutifs du bien-être (CBD/UNEP 2010 Ecosystems Goods and Services in Development
Planning) en matière de progrès pour la réduction de la pauvreté mais se posent également
comme une forme de démocratie solidaire, par la relation amont-aval qu’elles sous-tendent.
Ceci responsabilisera les acteurs locaux dans la mobilisation de leurs capacités productives
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
personnelles au profit d’actions de développement local en soutien aux efforts de restauration
des sols et des écosystèmes dégradés.
96. La primauté à l’adaptation mais avec une ouverture pour certaines formes de
mesures de mitigation. L’adaptation au changement climatique devrait constituer, dans le
contexte du nouveau COSOP, la centralité des efforts du Fonds en matière de
“mainstreaming”. Mais le Fonds peut montrer une certaine ouverture notamment comme on l’a
vu précédemment pour les mesures de mitigation dites “sans regret” moyennant qu’elles
reflètent les perspectives des bénéficiaires-cibles et que les coûts de leur mise en place
soient raisonnables.
B. Les leçons clés dégagées et défis à prendre en compte
97. Ce qui suit recoupe quelque huit leçons clés qui émergent et sont couplées à certains
défis en matière d’adaptation et de résilience aux risques climatiques et au changement
climatique pour le contexte haïtien:
98. Leçon 1: En dépit de l’inexistence d’une politique/stratégie nationale sur le
changement climatique en Haïti, l’adaptation se raisonne d’abord au niveau local et les
territoires communaux devraient constituer le lieu d’intégration et de cristallisation des
activités d’adaptation et de résilience au changement climatique. Si au niveau national, la
politique sur le changement climatique devrait édicter des orientations sectorielles globales à
suivre, la mise en place de mesures d’adaptation demande, cependant, à gérer en premier
lieu leur dimension localisée de par le caractère éminemment local de la vulnérabilité des
communautés rurales pauvres au changement climatique. Cette vulnérabilité est, d’ailleurs,
déterminée par une conjugaison de facteurs locaux: la nature des productions agricoles, le
contexte socioéconomique et environnemental, la nature des aléas climatiques (sécheresses,
inondations, etc.) et leurs impacts sur les ressources locales. Il s’ensuit que les bénéfices des
mesures d’adaptation se ressentiront beaucoup plus à l’échelle locale et que c’est au niveau
décentralisé qu’il faut les raisonner. Les actions, à l’échelle locale sur des territoires ruraux,
destinées à mieux comprendre les déterminants de la vulnérabilité en vue de dériver des
réponses concrètes pour la réduire, devraient recevoir la primauté des attentions. Il y a donc
lieu de privilégier une approche territoriale en matière d’adaptation et les collectivités
territoriales les plus sujettes à la pauvreté et les plus exposées aux aléas climatiques devront
représenter, dans le contexte haïtien un échelon – incontournable, si ce n’en est le principal –
de mise en œuvre de telles mesures.
99. Leçon 2: Il est impérieux que des
projections climatiques communales ou
intercommunales soient élaborées
comme outils d’aide à la décision. Comme
conséquence de la leçon 1, l’aspect local de l’adaptation rend nécessaire d’avoir des
projections climatiques à l’échelle des territoires parce que la difficulté de standardisation des
mesures oblige à adapter chaque territoire à des impacts climatiques particuliers par des
mesures ad hoc. Le cas d’école que représente Haïti en matière de liens entre climat–eau–
sol–sécurité alimentaire–développement incite à adopter des mesures d’adaptation proactives
faisant intervenir une adaptation planifiée. L’adaptation proactive nécessite, en effet, de
disposer d’informations sur les indicateurs hydroclimatiques pertinents et leurs évolutions
futures à l’échelle départementale ou communale, les impacts biophysiques, les vulnérabilités
socioéconomiques, les options d’adaptation possibles et les barrières qui empêchent leur mise
en œuvre. Il faut donc le développement des simulations utilisant des modèles à petite
échelle spatiale comme outil d’aide à la décision dans le cadre de mesures d’adaptation. Il
peut s’agir, pour Haïti , de modèles climatiques communaux ou par groupe de communes. Une
université régionale réputée (Université West Indies ou CATIE) pourrait alors remplir le rôle de
partenaire de modélisation climatique en étroite collaboration avec l’université d’État d’Haïti
(Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire et/ou Faculté des sciences).
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
100. Leçon 3: Les stratégies de réponses paysannes en matière d’adaptation au
changement climatique se révèlent de plus en plus inopérantes. La présente mission a
démontré que les systèmes traditionnels d'adaptation à la variabilité du climat mettent en
œuvre, pour Haïti, tout un éventail de stratégies de survie individuelles et collectives, depuis
les mécanismes d'épargne, de vente de bétails, de systèmes de culture particuliers jusqu'à
l’expérimentation propre de cultivars précoces venus d’ailleurs sur la base de propres contacts
de la paysannerie. Il s’agit en règle générale de mécanismes dictés par la dureté ou non des
périodes de soudure ou des problèmes sociaux particuliers (maladies, mariage, etc.). Ces
mécanismes traditionnels de réponse ne fonctionnent pas efficacement face aux catastrophes
d'ordre climatique, dans la mesure où celles-ci affectent généralement tous les ménages à la
fois. La situation n'est pas comparable au choc qu'affronte un ménage en cas de maladie, de
perte d'emploi ou de décès de la personne qui assurait le revenu principal, car, dans le
risque climatique, tous ceux qui pouvaient être d’un certain secours sont frappés par la même
calamité. Les stratégies traditionnelles de réponse se révèlent ainsi inopérantes face au risque
de voir augmenter l'échelle de variabilité du climat. Les fluctuations qui se produisent ou se
produiront sous l'effet des changements climatiques tendent à dépasser l'amplitude autour de
laquelle les stratégies traditionnelles se sont construites. Ce qui plaide pour une évolution de
cette résilience traditionnelle en vue de l’inscrire dans une démarche proactive plus
systématique et structurée lorsqu’on se réfère à la signification actuelle du concept
d’adaptation et à ses diverses implications.
101. Leçon 4: Le changement climatique et la lutte contre la pauvreté sont
indissociables et représentent une réalité incontournable pour le Gouvernement haïtien.
En Haïti, le changement climatique représente – au vu de ses impacts sur les systèmes
naturels, socioéconomiques et humains – des éléments importants dans le tissu complexe des
facteurs qui influent sur les moyens d'existence de la population haïtienne. La prise en compte
systématique du dossier climatique dans les politiques nationales de développement, par le
Gouvernement haïtien, constitue une garantie de cohérence entre les besoins de l'adaptation
et ceux de la lutte contre la pauvreté. Si on sépare les deux processus, on court le risque de
voir des politiques d'adaptation entrer involontairement en conflit avec des politiques de
développement ou de lutte contre la pauvreté, ou inversement, des politiques de développement
accroître par mégarde la vulnérabilité aux facteurs climatiques. Cette problématique est
essentielle à l'éradication durable de la pauvreté et doit être placée au centre des processus
nationaux de développement.
102. Leçon 5: Une meilleure prise de conscience du gouvernement dans la prise en
considération des changements climatiques dans les projections macroéconomiques et
plus d’efforts pour leur intégration dans le processus budgétaire sont nécessaires. Le
rythme et le profil de la croissance économique sont un élément déterminant pour l'élimination
de la pauvreté, et les facteurs climatiques pèsent lourdement sur eux. En Haïti, les dommages
subis, en proportion du PIB, à cause des désastres naturels exacerbés par le changement
climatique, sont énormes. Pourtant, la prise en compte de l'impact des changements climatiques
dans les projections macroéconomiques est totalement ignorée. Il importe de donner à la
gestion économique de meilleurs moyens de faire face aux conséquences des chocs externes,
et notamment des phénomènes extrêmes, en incluant dans la programmation budgétaire des
provisions pour risques climatiques. L'établissement du budget national est, en effet, un
processus fondamental pour l'identification et le financement des priorités de développement.
Eu égard à leur importance croissante pour le processus de développement, il conviendrait
d'incorporer les mesures d'adaptation au climat dans le cadre budgétaire. Cela garantira que
les interventions seront financées de manière adéquate sur le long terme, intégrées aux
priorités sectorielles pertinentes et mises en balance avec les priorités concurrentes.
L'intégration systématique des effets climatiques devrait permettre ainsi, d'éviter que des
moyens déjà excessivement limités ne soient engloutis dans des opérations de secours et de
réhabilitation, et par conséquent perdus pour les priorités de développement à long terme. Les
processus budgétaires devraient, en conclusion, servir de support à l'identification et à la
gestion des risques climatiques, afin de ménager une souplesse suffisante face à l'incertitude
du climat.
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
103. Leçon 6: Il prévaut une exacerbation de la féminisation de la pauvreté par le
changement climatique. Comme problème sérieux de développement, le changement
climatique présente la particularité d’aggraver davantage la situation de certains groupes déjà
vulnérables. En Haïti, le risque climatique tend à exacerber la féminisation de la pauvreté. D’où
l’intérêt de consolider le travail sur l’autonomisation des femmes dans les programmes et
projets de lutte contre la pauvreté à travers une plus grande importance accordée à la
problématique hommes-femmes.
104. Leçon 7: Les progrès en adaptation au changement climatique sont tributaires de
l’amélioration de la gouvernance en environnement, en gestion durable des ressources
naturelles et en gestion des risques et désastres. Des progrès dans des domaines comme
la gouvernance, les ressources humaines, les structures institutionnelles, la part du budget
consacrée à l’environnement, à la gestion durable des ressources naturelles et à la gestion des
risques et désastres dans les finances publiques permettraient de renforcer les mécanismes
d'adaptation. De tels progrès façonneraient la résistance du pays, des communautés et des
ménages à tous les types de chocs, y compris les effets des changements climatiques. Avec
de tels acquis, on limiterait au maximum les échecs et contre-performances pour un
développement durable ainsi que les mauvaises adaptations.
105. Leçon 8: L’information climatique et les systèmes d’alerte précoce sont de nature
à renforcer les mécanismes d’adaptation. Les changements climatiques présentent des
risques multiples et complexes pour des groupes et des secteurs variés, à des horizons
temporels différents, dans des zones géographiques très diverses. Le préalable de toute
démarche d'adaptation est d'informer la population sur les changements climatiques, les
conséquences que cela entraîne pour elle et les mesures envisageables pour s'y préparer. La
réussite d'une intervention dépend fondamentalement de la qualité des informations disponibles
pour une prise de décision éclairée. Une meilleure information et des systèmes d'alerte
précoce à destination des exploitants agricoles peuvent réduire la vulnérabilité aux variations
climatiques interannuelles et favoriser des réponses proactives, et pas seulement réactives.
106. Défis et obstacles: Il s’agit globalement et pour l’essentiel de défis liés au cadre
politique et institutionnel déjà énoncés en matière d’obstacles du document et portant sur: i)
l’absence d’une politique et d’une vision globale qui conduisent à la dispersion des actions; ii)
l’absence de coordination et de suivi des activités orientées vers l’adaptation; iii) l'insuffisance de
diffusion des techniques innovatrices et résultats de la recherche; iv) les faibles capacités
d'intervention des ministères clés; v) l’absence de leadership du gouvernement dans le domaine;
vi) le réflexe de fonctionnement par couloirs de l’administration publique haïtienne (logique de
cloisonnement institutionnel), le chevauchement et l’absence d’une réelle synergie; vii) les
risques élevés de duplication dans les initiatives impulsées par les partenaires de la
coopération internationale. Tous les obstacles mentionnés ci-dessus ont un problème sous-jacent
fondamental qui est le manque d'éducation, de sensibilisation du public sur l'aggravation des
menaces climatiques, sur la manière de s'adapter à ces menaces et d'avoir des mécanismes
financiers appropriés disponibles pour faire face aux problèmes.
C. Les priorités à préconiser pour le secteur ARD
107. La reconnaissance impérieuse par les ministères clés dont le MARNDR que le changement
climatique nuit et handicape sérieusement les performances du secteur ARD: une condition sine
qua non pour tout effort sérieux en matière d’adaptation et de résilience de l’agriculture dans
le pays. Au rythme où évolue le changement climatique actuel avec les dernières nouvelles
dans les médias (édition Al Jazeera du 10 mai 2013) faisant état que la concentration
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
atmosphérique de C02 a atteint le niveau emblématique de 400 ppm (N.B.: cette concentration
était de 368 ppm en 2000), Haïti , catalogué parmi les 10 pays les plus exposés au monde
en terme d’indice de risque climatique global, continuera à être disproportionnellement impacté
par le changement climatique. Le secteur ARD, déjà en première ligne au niveau des
conséquences de ce phénomène, verra, indubitablement, sa situation s’aggraver. Il est urgent
que les plus hautes autorités décisionnelles du Ministère de l’agriculture reconnaissent que le
changement climatique constitue un facteur aggravant des contre-performances du secteur et
que son adaptation est d’une importance primordiale et qu’elle devrait figurer au sommet de
l’agenda de leurs actions pour une meilleure résilience, des réponses adéquates à
l’accroissement de l’insécurité alimentaire et de lutte contre la faim dans le pays. Ceci
représente le point de départ et une condition sine qua non, avant toute recommandation
technique, de toute stratégie efficace de "mainstreaming" et de feuille de route pertinente en
matière d’adaptation et de résilience climatique du secteur. Il n’est pas évident que les hautes
autorités du pays intériorisent le fait que les désastres naturels récurrents qui frappent
d’année en année le secteur sont exacerbés en réalité par le changement climatique. La
vulnérabilité de l’agriculture, quand elle est posée comme contrainte, l’est en matière d’érosion
des sols.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
108. Une collaboration stratégique, technique et opérationnelle entre les ministères et agences
gouvernementales clés pour une stratégie nationale concernant le changement climatique
ciblant le secteur agriculture. Un décloisonnement des logiques institutionnelles ciblant une
approche coordonnée et des mécanismes conjoints s’avère nécessaire entre les ministères et
agences gouvernementales clés en première ligne sur la question du changement climatique
pour une collaboration stratégique, technique et opérationnelle en vue d’élaborer une stratégie
nationale concernant le changement climatique pour le secteur agriculture qui sera déclinée en
programmes d’actions . La centralité d’une telle stratégie sera l’adaptation et la résilience.
Néanmoins, une place de choix devrait être également consacrée à la mitigation compte tenu
du rôle non négligeable du secteur dans les émissions de GES au niveau du pays même s’il
faut reconnaître globalement que l’agriculture haïtienne est par nature favorable au climat en
raison de son penchant prononcé pour le biologique.
Suggestions et orientations en matière de financement: financement additionnel à mobiliser
109. L’affirmation du leadership du gouvernement dans le domaine de l’adaptation. Si la
profusion des initiatives qui se dessinent à l’heure actuelle en matière d’adaptation de la part
des partenaires de la coopération est à saluer et symptomatique d’une volonté affichée de la
communauté internationale d’assister durablement le pays et de lui permettre d’y faire face et
de récupérer des répercussions perverses du changement climatique, les autorités
gouvernementales doivent monter au créneau pour faire valoir la perspective nationale dans
le domaine et montrer une forme de leadership pour une meilleure coordination des actions.
Dans ce contexte, les bailleurs de fonds et les agences de coopération doivent s’abstenir d’être
prescriptifs et éviter de dicter, en raison de la faiblesse de l’État haïtien, au gouvernement
quelle institution doit avoir le leadership dans la conduite des opérations.
110. Une plus grande importance au transfert du risque via des mécanismes financiers
porteurs en soutien à l’adaptation. Le changement climatique aggrave les conditions de
vulnérabilité physique, sociale et économique d’Haïti et ce n’est pas sans raison que le pays
est catégorisé comme l’un des pays les plus vulnérables et les plus hautement exposés aux
aléas multiples naturels au monde et dont la résilience est la plus faible en relation aux
chocs et stress environnementaux issus des risques et désastres naturels et exacerbés par le
changement climatique. Cette vulnérabilité élevée amène à considérer tout bonnement qu’une
situation de post-catastrophe dans un endroit particulier du territoire n’est en réalité que le
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
présage d’une pré ou prochaine catastrophe pour les mois , sinon les jours, à venir pour la
simple et bonne raison qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour agir de manière
significative et massive sur les facteurs de la vulnérabilité. Ainsi donc, avec la vulnérabilité
structurelle accentuée du pays et de l’homme haïtien face à la transformation de son
environnement, l’impact financier et économique des catastrophes naturelles tend à dépasser
de mille coudées les capacités de l’État haïtien à faire face aux conséquences de ces
évènements météorologiques extrêmes. Les problèmes de réserve et de liquidités deviennent
énormes pour Haïti qui fait partie des pays les moins avancés. Dorénavant, il est de plus en plus
important de décider quelle fraction du risque peut être retenue/ affrontée, ou transférée vers
des instruments et mécanismes financiers. La question du transfert de risques au travers des
mécanismes d’assurance pour des secteurs économiques qui commencent à prendre corps
avec l’appui de la coopération internationale devrait être poursuivie et appliquée pleinement au
secteur ARD en vue de faciliter l’accès aux marchés financiers internationaux pour s’assurer
contre les risques de catastrophes naturelles.
Suggestions et orientations en matière de financement: financement additionnel et synergie avec les
partenaires de la coopération
111. Un Fonds national d’urgences de recapitalisation et d’adaptation agricoles (FNURA),
suivant l’approche fiduciaire, comme mécanisme de transformation durable et de soutien à
l’adaptation et à la résilience climatique du secteur ARD. Le FNURA pourra être créé comme
mécanisme financier qui devra répondre immédiatement aux soucis d’assurer la préparation, la
réponse aux urgences, la reconstruction en cas de désastre et un appui sous forme de
crédits de capital aux agriculteurs qui auront perdu leurs récoltes, leurs têtes de bétail,
facilitant la reconstitution de leur capital semencier en vue de leur permettre de s’adapter. Ce
Fonds renforcerait les mesures qui visent la réduction du risque et l’atténuation des effets
des désastres notamment sur les infrastructures de production comme les périmètres irrigués.
Le gouvernement devrait grandement contribuer à le constituer pendant qu’en même temps
l’appui des bailleurs serait sollicité initialement pour aider aux premiers efforts de capitalisation
et s’estomperait une fois que le Fonds commence à prendre sa vitesse de croisière. Il
fonctionnerait selon les principes d’un fonds fiduciaire c’est-à-dire un fonds où le capital serait
placé sur le marché financier pour générer des revenus destinés à financer les activités de
gestion des risques et désastres naturels. Il s’agira en fait de faire fructifier un capital à l’abri
d’aucun grignotement et dont les revenus seront utilisés pour financer les opérations. Ce fonds
serait créé par une loi comme l’exige la législation haïtienne. Il serait, en fait, une institution
dotée de manuels de procédures et de règlements avec une gestion mixte selon un
partenariat public-privé et un Conseil d’administration avec les représentants des agences ou
bailleurs internationaux ayant contribué à la capitalisation du Fonds.
Suggestions et orientations en matière de financement: financement additionnel à mobiliser et
plaidoyer auprès d’autres partenaires de la coopération pour une conjugaison des efforts autour
de la matérialisation de la recommandation
112. La reconnaissance du savoir traditionnel paysan et de pratiques relevant de l’agrobiodiversité
en matière d’adaptation. En dehors de situations d’extrême crise qui malheureusement se
répètent trop souvent ces dix dernières années, les paysans haïtiens ont montré qu’ils ont de
l’imagination pour des solutions propres face aux effets du changement climatique à travers
diverses stratégies incluant les systèmes d’association de cultures et d’autres pratiques relevant de
l’agrobiodiversité. Rappelons que la biodiversité agricole est une sous-composante de la
biodiversité et est à la base du développement de toute production alimentaire.
L’agrobiodiversité comprend les cultures et animaux domestiqués ainsi que leur parents
sauvages. Elle comprend également les espèces non récoltées dont dépend l’agriculture, tels
que les pollinisateurs et les bactéries du sol. Les professionnels impliqués dans le secteur
ARD en Haïti doivent être conscients de l’importance de ce savoir traditionnel et du rôle qu’il
peut jouer en matière d’adaptation. Il s’agira donc de reconnaître et de consolider ces
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
innovations issues de ce type de savoir et de créer/renforcer les conditions de leur diffusion
lorsqu’il s’avère qu’elles sont pertinentes.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018
113. Le renforcement de l’instrumentation météorologique et la production d’un atlas du
climat pour Haïti. Il y a lieu de renforcer les capacités techniques pour l’instrumentation
météorologique et faciliter l’acquisition de nouveaux instruments et technologies qui
amélioreraient considérablement l’efficacité de la collecte de données au niveau du CNM. La
production d’un atlas du climat pour le pays est d’une importance primordiale car elle faciliterait la
planification en matière d’adaptation et comprendrait toutes les données des bases SIG
illustrant la climatologie, la variabilité et les scénarios. Un tel atlas serait l’œuvre d’un groupe
d’études sur le climat relevant de l’université et travaillant étroitement avec des entités
gouvernementales comme le CNIGS, l’ONEV et la CNSA.
Suggestions et orientations en matière de financement: financement additionnel à mobiliser et
plaidoyer auprès notamment de l’Organisation météorologique mondiale.
114. La mise à profit du Cadre stratégique intégré des Nations Unies pour l’application du
mode opérationnel dit “Unis dans l’action ou Delivering as One)” en matière d’adaptation et
de résilience du secteur ARD en Haïti. Comme reconnu par le système des Nations Unies
dans le contexte de la coopération multilatérale, le changement climatique se caractérise par
un défi sans précédent mais présente également une excellente opportunité pour les agences
de ce système, chacune dans le cadre de son domaine d’expertise et dans les limites des
ressources disponibles, d’aborder ensemble ses causes sous-jacentes dans un souci de
maximiser les synergies existantes, d’éliminer, par une meilleure coordination, la duplication et le
chevauchement et d’optimiser l’impact de l’effort collectif du système. Depuis 2008, les Nations
Unies, face au changement climatique, évoluent dans la logique opérationnelle dite “Unis dans
l’action ou Delivering as One” ( UN 2008 – Acting on Climate Change: the UN system Delivering as
One). En Haïti, le Cadre stratégique intégré des Nations Unies représente un important
mécanisme pour intégrer, compte tenu du prestige et de l’influence du système onusien en
matière d’assistance au pays, la problématique et les priorités de l’adaptation du secteur ARD
dans la planification du développement selon ladite logique. Le FIDA pourrait être le fer de
lance d’un tel plaidoyer avec le PNUD, le PAM, la FAO pour l’application de la logique “Unis
dans l’action ou Delivering as One” en matière d’adaptation et de résilience climatique du
secteur ARD.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
D. Ciblage géographique, priorités à préconiser pour le FIDA et mesures de
bonification du COSOP 2013-2018 dans une perspective d’adaptation, de
résilience climatique, d’ENGRN, de GRD et de problématique hommes-femmes
115. Les déterminants objectifs du ciblage géographique dans le COSOP 2013-2018. Le
COSOP 2013-2018, en tant que programme cadre appelé à devenir, à terme, l’unique
instrument d’intervention du Fonds dans le pays, privilégiera une stratégie de ciblage reposant
sur une progression géographique pour refléter les nouvelles réalités révélées par l’insécurité
alimentaire et la pauvreté tout en se penchant sur une démarche de concentration
géographique dans un souci d’efficacité et de maximisation de l’impact. Donnant priorité à
l’inclusion, le ciblage regroupera divers critères et devra être raisonné par recoupement de ceux-ci:
socioéconomiques (tableau et carte de classification départementale de la pauvreté
multidimensionnelle du MPCE, carte de priorisation de l’insécurité alimentaire produite par la
CNSA, situations combinées de l’éloignement, de l’enclavement avec de nombreuses déficiences
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
et carences en matière de services sociaux, situation des femmes et des jeunes, importance
de la migration, population active dans le secteur ARD, etc.); physico-techniques (existence d’un
potentiel aménageable, proximité d’un marché local ou régional, potentiel d’intensification de
filières porteuses à impact direct sur la sécurité alimentaire et l’accroissement des revenus
pour les petits producteurs, opportunités de débouchés, bonne faisabilité et possibilité de pistes
de désenclavement des zones de production, projets actuels du FIDA, etc.); institutionnels
(dynamisme des collectivités territoriales et leur engagement pour le développement de leurs
mandants, zones prioritaires dans le plan de développement national et répondant aux
méthodes d’approche du Fonds, etc.); organisationnels (présence d’OPS, d’organisations de
femmes solides, d’organisations de producteurs et portant sur la gestion des ressources naturelles,
etc.). Les critères socioéconomiques devraient avoir une importance majeure dans la stratégie de
ciblage.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
116. Les zones à retenir, les réajustements à faire et l’inclusion d’autres poches
prioritaires de concentration géographique. À la lumière de ce qui vient d’être avancé en
matière de déterminants à considérer pour le ciblage géographique du COSOP 2013-2018, les
départements d’implantation des projets PPI-2 et PAIP soutenus par le Fonds à savoir le
Plateau Central, le Nord-Est et le Nord-Ouest correspondent encore, au vu de l’indice de pauvreté
et du pourcentage de population en situation de pauvreté sévère, aux zones où la pauvreté
rurale est la plus marquée malgré les progrès. Toutes choses étant égales par ailleurs (ceteris
paribus) et en fonction des nouvelles ressources que le Fonds pourra mobiliser dans cette
nouvelle période d’engagement, ces départements géographiques peuvent être retenus pour le
développement de nouveaux projets dans le contexte du COSOP 2013-2018.
117. Par ailleurs, les cartes régulières d’évolution de la situation concernant l’insécurité
alimentaire de la CNSA, dont la dernière en date relative aux priorités (carte de priorisation),
appellent à certains réajustements et à l’inclusion d’autres poches prioritaires de concentration
géographique en matière de ciblage. Le ciblage géographique, retenu par exemple pour le
prochain PPI-3, soulève, aux yeux de la mission, des doutes raisonnables et ceci sous toute
réserve (la mission n’ayant pas eu accès aux études socioéconomiques de base ayant
alimenté la conception du projet) notamment pour l’une des deux régions choisies: la région
goâvienne en ce qui concerne les critères socioéconomiques liés à la pauvreté et à
l’insécurité alimentaire. Des critères physico-techniques (présence des périmètres irrigués de
Barette et de Dlo Pitit, proximité avec le grand marché de Port-au-Prince entre autres) ,
institutionnels et organisationnels ont été sans doute privilégiés pour la région goâvienne mais
certainement pas les critères socioéconomiques s’il faut se fier aux documents officiels
publiés par le MPCE et la CNSA.
Par contre, le problème ne se pose pas pour les Nippes. La mission préconise en ce sens que
la portion congrue des ressources financières dans ce projet soit plutôt affectée à la région
des Nippes. Le projet PPI-3 pourrait aussi inclure par extension l’île de la Gonâve (département
de l’Ouest) comme zone d’intervention. Cette île située en zone aride est dans le collimateur
de la CNSA comme zone prioritaire de haute importance en relation à l’insécurité alimentaire.
Bien que dépourvue de périmètres irrigués, l’île peut offrir au Fonds l’opportunité d’élargir ses
horizons en matière d’approche classique d’interventions en envisageant la maîtrise de l’eau
en dehors des périmètres irrigués (Plaine Mapou entre autres). Le Département du Sud-Est
devrait également sérieusement peser dans le choix des sites d’interventions du nouveau
COSOP car le tableau départemental de classification de la pauvreté multidimensionnelle du
MPCE et la dernière carte des priorités concernant l’insécurité alimentaire de la CNSA en ont
fait une zone névralgique hautement prioritaire eu égard aux problèmes aigus de pauvreté et
d’insécurité alimentaire qui y sévissent. Le Sud-Est détient un potentiel irrigable intéressant
(réhabilitation de périmètres détruits, construction de nouveaux et extension de ceux existants,
etc.) au niveau des communes de Bainet, Côte de Fer et Anse-à-Pitre).
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
118. Une stratégie prenant en considération la problématique hommes-femmes appelant à
l’entrée en lice de femmes cadres s’occupant de l’autonomisation dans la mise en œuvre
des composantes et projets du nouveau COSOP en soutien à l’adaptation des groupes
les plus vulnérables. En vue d’une prise en compte efficace des questions concernant la
problématique hommes-femmes (sexes, âges et statuts) dans la mise en œuvre des différents
composantes et projets du COSOP, le Fonds devra exiger, en soutien à l’adaptation des
groupes les plus vulnérables, la présence d’une femme cadre universitaire ayant un profil lié
aux sciences sociales, (sociologue, anthropologue, géographe, etc.) expérimentée et imbue de la
problématique hommes-femmes et capable d’opérer un filtrage dans les activités du programmecadre sur la base de la prise en charge des intérêts suivant les sexes, et statuts des
bénéficiaires. La mission privilégie l’hypothèse que la stratégie d’autonomisation devrait
connaître beaucoup plus de progrès si elle est impulsée par des femmes au sein des
équipes locales de projets. Par ailleurs, à un niveau très local dans les projets, le Fonds devra
également exiger qu’il y ait des activités d’animation pour que les femmes et les jeunes
postulent et participent aux instances de gouvernance.
La présence effective et constatée des jeunes et des femmes dans les organisations de
producteurs et leurs instances de gouvernance pourra compter parmi les indicateurs pour
l’évaluation des performances en matière d’autonomisation. La mission est d’avis qu’une telle
option stratégique faciliterait mieux: i) le financement prioritaire d’activités qui auront un impact
direct sur les conditions de vie des femmes et des jeunes pour les aider à s’échapper de la
précarité; ii) la désagrégation par sexe et par âge de tous les indicateurs de suivi-évaluation
du programme, chaque fois que cela s’avère pertinent.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
119. Une méthodologie d’intégration de la dimension changement climatique dans la
planification locale à court terme et à moyen terme des profils climatiques territoriaux
soutenus par des plans locaux d’adaptation intégrés appropriés dans la ligne de base
des projets portés par le COSOP. Une révision du cadre conceptuel et opérationnel dans la
formulation des projets généralement exigée par le Fonds est obligatoire dans la ligne de
base des projets que portera le nouveau COSOP en vue de mieux planifier la mise en œuvre
de mesures d’adaptation de manière à réduire la vulnérabilité des territoires-cibles aux
variabilités du climat. La première démarche à entreprendre dans ce cadre est la mise à
disposition, dans un premier temps, par le FIDA aux bénéficiaires des projets du COSOP, des
outils méthodologiques et techniques d’intégration de la dimension changement climatique dans
la planification locale c’est-à-dire dans les plans locaux de développement. Ceci devrait pouvoir
favoriser, au niveau des équipes locales des projets: i) une prise de conscience de l’enjeu des
changements climatiques pour le développement local; ii) une évaluation du niveau de
vulnérabilité des communes cibles et l’identification des possibilités d’adaptation et de mitigation.
Dans un second temps, des profils climatiques territoriaux plus pointus soutenus par des plans
d’adaptation intégrés seront nécessaires. Il faudra prévoir, pour la matérialisation de tout cela,
une stratégie d’accompagnement couvrant la formation, les échanges de savoir-faire et de
bonnes pratiques au niveau régional ou dans les pays francophones, etc.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
120. D’autres mesures et actions pour un COSOP plus intelligent face au climat. Elles
concernent en particulier:
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Le "mainstreaming"d’une GRN ciblant l’adaptation au changement climatique c’est-à-dire
devant se montrer sensible: i) aux activités de préparation aux désastres et de
relèvement en envisageant des mesures de réduction de l’exposition au risque, de
réduction de la vulnérabilité et de renforcement des capacités de récupération telles: la
planification et réglementation de l’utilisation des sols dans le bassin versant, la
cartographie du risque et de la vulnérabilité, la formation sur l’utilisation des systèmes
d’alerte précoce existants, la formulation de plans de gestion locale du risque incluant
des mesures de protection des infrastructures productives comme les périmètres
irrigués, l’éducation à la gestion écologique, à l’utilisation des ressources en eau et à la
planification de l’occupation des sols, etc.; ii) à la valorisation des stratégies paysannes
de réponses à l’adaptation;
Des actions de maîtrise de l’eau hors des périmètres irrigués pour englober la
construction de retenues collinaires, d’impluvia et de citernes familiales en appui à des
filières porteuses comme le maraîchage;
La promotion, dans une perspective d’économie de l’eau et au cas par cas, de
l’irrigation goutte-à-goutte et la formation des artisans locaux aux technologies
appropriées à cet effet;
La promotion de la filière canne à sucre, canne de bouche et canne pour la transformation
artisanale en rapadou (sucre brun compacté), sirop et alcool comme culture performante de
contrôle de l’érosion (en raison de sa biomasse qui est importante) susceptible de favoriser
l’infiltration des pluies et de freiner le ruissellement dans les sols lourds situés dans les
bassins versants et également comme pourvoyeuse d’emplois en période de soudure. Le
Fonds devrait pour cela appuyer des mesures de recherche-action articulées autour de
variétés résistantes et tolérantes, de souche Formose (Taïwan), à la maladie du charbon et
qui ont déjà fait leurs preuves dans certaines régions du pays comme à Maissade, une
commune du Haut Plateau Central.
La promotion, en liaison avec les universités ou centres de recherche appropriés, de
l’approche reposant sur les biens et services écosystémiques comme canal pour réduire la
pauvreté;
L’utilisation de l’économie verte comme moyens d’adaptation et de mitigation au
changement climatique comme des mesures sans-regret déjà explicitées, la mise à profit
de la filière biologique de l’agriculture haïtienne pour des intensifications de niches
appropriées et la mise en relation des agriculteurs avec le mécanisme de commerce
équitable, la protection des infrastructures écologiques comme les mangroves et d’autres
zones humides d’importance.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
E. Objectifs stratégiques et contributions au cadre logique et aux indicateurs
121. Trois objectifs stratégiques clés sont proposés pour que le nouveau COSOP aboutisse à
des résultats intelligents face au climat. Leur choix (voir tableau 3) répond aux soucis de: i)
porter aux échelons politiques et décisionnels les plus élevés la dimension changement
climatique en vue d’influencer le dialogue politique au niveau du secteur ARD; ii) favoriser le
"mainstreaming" d’une GRN sensible au changement climatique; iii) refléter l’option prise en
matière d’adaptation et de résilience à l’échelon territorial.
Tableau 3- Cadre de résultats pour un COSOP/Haïti intelligent face au climat
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Objectifs Stratégiques
Résultats en prévision de
l’atteinte des objectifs
Contribuer
à
intégrer
systématiquement
le
changement climatique dans
les politiques et stratégies propauvres visant le secteur ARD
Réunions stratégiques au sein
du système des Nations Unies
et avec le Gouvernement
haïtien sur les enjeux du
"mainstreaming" de l’adaptation
dans le secteur ARD
Promouvoir une gestion des
ressources
naturelles
intelligente face au climat à
travers des technologies et des
pratiques agricoles adaptées au
changement climatique
Aligner localement les projets
territoriaux avec les impératifs
de l’adaptation et de la
résilience climatique
Étapes importantes vers
l’atteinte des objectifs
(Milestones)
Document
de
conception
(Concept paper) d’un plan
d’action concerté entre FIDA,
PNUD, PAM, FAO autour du
“Delivering
as
One”
en
adaptation du secteur ARD
Processus national enclenché
avec notamment l’appui du
Fonds sur la formulation d’une
stratégie de réponse complète
au changement climatique du
secteur ARD
Lignes directrices avec les
autres agences partenaires
mentionnées ci-dessus sur une
marche à suivre pour la
formulation,
par
le
gouvernement,
d’une stratégie de réponse
complète
au
changement
climatique du secteur ARD
Investissements et initiatives du
secteur ARD sensible au
changement climatique
Relations partenariales entre
les ministères clés favorisant
une GRN intelligente face au
climat
Un certain nombre de politiques
apparentées
comme
le
PNGDR, la PDA, le PAE, le
PAN-LCD sont réactualisées à
la
lumière
de
l’objectif
stratégique
Préoccupations de l’adaptation
et de la résilience reflétées
dans la ligne de base des
projets
o
N de projets appliquant des
outils
méthodologiques
et
techniques favorables au climat
o
N de projets formulés sur la
base de profils climatiques
territoriaux et de plans locaux
d’adaptation appropriés
o
N de périmètres irrigués dont
les dommages sont en baisse
suite aux mesures d’adaptation
et de résilience
o
N de jardins mis en valeur avec
des
semences
précoces,
résistantes à la sécheresse et
avec des technologies adaptées
o
N
de petits producteurs
pauvres reportant une baisse
des pertes et dommages dans
les jardins suite aux mesures
d’adaptation
49
Projets de GRN sensibles à
l’adaptation formulés avec le
gouvernement
Recherche-action
sur
un
inventaire local de stratégies
paysannes
pertinentes
en
matière d’adaptation et de
résilience
Utilisation des résultats de la
recherche-action
sur
les
stratégies paysannes dans les
interventions privilégiées par le
COSOP
Guide
méthodologique
du
"mainstreaming" de l’adaptation
à
la
disposition
des
bénéficiaires des projets du
COSOP
Formation des bénéficiaires des
projets à l’utilisation du guide
méthodologique.
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
F. Besoins de recherche changement climatique–secteur ARD
122. Les éléments suivants peuvent faire partie d’un agenda de recherche en ce qui concerne la
relation changement climatique-secteur ARD s’agissant du contexte haïtien:
Recherche-action sur les stratégies paysannes pertinentes de réponse à consolider au
niveau local face au changement climatique;
Recherche-action sur les besoins en renforcement des capacités des communautés
pour s’adapter et construire leur résilience face aux chocs externes résultant des
désastres naturels et des risques climatiques;
Développement, testage, validation et dissémination et constitution d’un référentiel de
cultivars précoces, résistants à la sécheresse, la salinité et aux pics de température;
Impacts localisés du changement climatique sur les groupes les plus vulnérables
notamment les femmes, incluant la recherche sur les technologies dites sensibles à la
problématique hommes-femmes comme celles ciblant l’énergie et l’efficience en eau, la
promotion de la résilience face à un climat changeant et à d’autres risques et les solutions
aux défis spécifiques auxquels font face les femmes, les hommes et les enfants au niveau du
dialogue politique en lien avec le changement climatique et le "mainstreaming" effectif des
réponses dans les politiques, programmes et projets;
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
Projets pilotes innovateurs sur l’estimation des valeurs économiques de biens et services
environnementaux, à savoir le développement de modèles qui estiment la valeur
économique de la régulation et des services culturels de la biodiversité. De tels
modèles devraient comprendre une analyse des effets du changement climatique sur
ces valeurs.
L’analyse des études de cas qui démontre une bonne pratique en ce qui concerne le
lien entre la conservation et le bien-être humain. L’analyse devrait inclure les manières
selon lesquelles les impacts prévus du changement climatique affecteront les conditions
socioéconomiques et environnementales, avec des recommandations pour la
formulation de stratégies d’adaptation appropriées.
L’analyse des impacts du changement climatique sur les services écosystémiques qui
supportent les activités de pêche. Cela pourrait être, à titre d’exemple, une analyse des
changements de la capacité des récifs coralliens et/ou mangroves à fournir
continuellement des ressources halieutiques, et également une étude des coûts et
bénéfices de stratégies diverses d’adaptation.
Le testage et l’évaluation d’approches de communication selon l’efficacité avec laquelle
elles aident à modifier les comportements et attitudes face au changement climatique.
Suggestions et orientations en matière de financement: financement additionnel et synergie avec
les partenaires de la coopération.
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Bilan carbone des projets du COSOP en faisant une estimation rigoureuse de l’impact
des actions de reboisement, de création des périmètres de protection, d’augmentation
des surfaces irriguées, etc.;
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
G. Méthodologie pour la gestion du savoir
123. Contours et ossature de la méthodologie et considérations opérationnelles. La
mission se contentera d’élaborer ici le profil et les éléments constituant l’ossature d’une telle
méthodologie. Il s’agira d’une méthodologie qui devra être nécessairement en cohérence et
s’aligner avec le document de stratégie du savoir élaboré par le Fonds en 2007 portant
notamment sur: i) le renforcement des processus d’apprentissage et de partage des
connaissances; ii) la mise en place d’une infrastructure d’appui à l’apprentissage et au partage
des connaissances; iii) la promotion de partenariats pour un apprentissage et un partage des
connaissances élargis; iv) la promotion à l’appui d’une culture d’apprentissage et de partage
du savoir. À ceci pourrait s’ajouter une dimension communication grand public.
124. Une correction à apporter dans ce qui apparait aux yeux de la mission comme une
grande faiblesse dans ce domaine d’intervention du Fonds en Haïti et que le COSOP devrait
résoudre de toute urgence est la non-implication des entités importantes du MARNDR comme
la Direction de planification et de suivi et les services de vulgarisation du MARNDR au
niveau central dans la mise en œuvre des opérations de FIDA en Haïti. Ces entités doivent
être parties prenantes et en première ligne de tout dispositif d’arrangement institutionnel
concernant les actions relatives à la gestion des savoirs, une approche fondamentale dans
toute stratégie d’intervention du Fonds. Et ceci même si les projets viennent à être exécutés
par un bénéficiaire autre que le MARNDR.
125. Le recrutement d’un/e spécialiste en communication et en information au niveau du
COSOP est également nécessaire. La mission recommande en outre l’organisation par le
Fonds, avec l’appui de la Division Amérique latine et Caraïbes, d’un atelier soit binational
FIDA/Haïti-FIDA/République dominicaine, soit régional du type l’atelier régional de Lusaka/Zambie
organisé en 2011 par le FIDA au profit des pays de l’Afrique de l’Est et du Centre sur les
aspects suivants: i) comment développer une stratégie intégrée de gestion du savoir; ii)
comment l’institutionnaliser; iii) comment capturer l’information et l’analyser conséquemment; iv)
comment communiquer l’apprentissage et la gestion du savoir et convaincre le gouvernement,
les autorités locales et les petits producteurs; v) comment créer une culture d’innovations et de
partage des connaissances; vi) comment développer, sur une base durable, la gestion des
savoirs et l’apprentissage? Cet atelier devrait pouvoir permettre également aux bénéficiaires des
projets du COSOP de préparer un véritable plan d’actions avec comme extrant principal un
cadre logique de résultats en relation avec la gestion des savoirs et qui devrait comprendre
des énoncés d’objectifs, de résultats, d’indicateurs, de ligne de base, de cibles annuelles, de
moyens de vérification et indiquer les responsabilités.
126. D’autres aspects du contour de la méthodologie pourront englober: i) une approche plus
systématique de mesure et de révision des résultats avec plan de suivi; ii) la participation
dans les évènements de partage des connaissances; iii) la mise en place d’un portail actif de
HAITI/FIDA adaptation; iv) la création d’alliances et la mise en relation des bénéficiaires des
projets du COSOP avec des réseaux d’échange; v) la publication périodique d’un cahier
d’actions du FIDA mettant en relief la nouvelle approche d’intervention y compris la publication
de "policy briefs" comme mécanisme pour influencer la politique agricole du MARDNR; vi) le
développement de capacités et compétences en suivi-évaluation; vii) un processus de suivi
rapproché des activités d’apprentissage et de gestion de savoirs visant les équipes locales du
COSOP; viii) la production régulière de matériels d’information et de communication.
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
H.
Considérations opérationnelles
127. De nombreux aspects passés ici en revue au titre de cette section constituent autant
d’éléments opérationnels pour étoffer le COSOP. Cette partie va néanmoins faire ressortir
quelques considérations pour des aspects pertinents non couverts jusqu’ici.
128. Partenariats additionnels avec le gouvernement et les partenaires de la coopération
au développement. En matière d’efficacité et de maximisation de l’impact, il est dans l’intérêt
des opérations supportées par le COSOP que la CNSA, la Direction de planification et de suivi
et les services de vulgarisation du Ministère de l’agriculture soient au premier plan de
l’approche de renforcement institutionnel du Fonds quelque soit le bénéficiaire choisi pour la
mise en œuvre des projets. L’implication de la CNSA en particulier est fondamentale et
devrait permettre de fournir un éclairage pertinent et en connaissance de cause des impacts
des interventions du Fonds, sur le recul de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté dans
ses zones de concentration géographique. La CNSA devrait se voir confier notamment, à ce
sujet, des applications thématiques au niveau de la démarche suivi-évaluation du COSOP
intégrant bien entendu les questions des échelles d’intervention, le volume de l’offre en produits
agricoles générés grâce aux projets et les gains et avancées tangibles et substantielles en
matière de développement et d’allègement de la pauvreté sur la population cible à partir
évidemment des lignes de base (baselines) qui auront été établies avant les interventions. Le
Fonds devra, en plus du MARNDR et de ses clients habituels, étendre son partenariat avec
deux autres ministères clés: le MDE et le MICT. En matière de gestion de savoirs, un
partenariat spécifique est souhaitable avec deux projets de la Banque mondiale et de la BID:
1) Relance de l’agriculture: renforcement des services publics agricoles – phase II; 2) Transfert
de technologie aux petits agriculteurs, tous deux à financement du Programme mondial sur
l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSF).
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
129. Adaptation dans les autres poches de concentration géographique. Un potentiel
projet d’adaptation pourrait être conçu pour le Sud-Est ciblant la réhabilitation de périmètres, le
financement à petite échelle de travaux d’adaptation pour la prévention des désastres et la
réduction de la vulnérabilité des communautés, l’introduction d’outils méthodologiques et
techniques intelligents face au climat, la promotion d’approches locales de paiement pour les
services écosystémiques, etc.
Suggestions et orientations en matière de financement: à appuyer par le FIDA dans le cadre de
la présente période d’engagement pour le COSOP 2013-2018.
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HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
V.
BIBLIOGRAPHIE
1. Documents de FIDA y compris ceux provenant des programmes/ projets soutenus
par le Fonds
Non dâté – Adressing Climate Change in Latin- America and the Caraibbean
Non dâté – Climate Change: building the resilience of poor rural communities
Non dâté – 10 Core Guiding Principles
Non dâté –IFAD’s response to Climate Change through support to adaptation and related actions
Portail web – Oeuvrer pour que les populations rurales pauvres se libèrent de la pauvreté en Haiti
www.ifad.org/operations/policydocs.htm Policy on Gender Eaqulity and Women’s Empowerment
2001 – Haiti: Programme d’Appui aux Initiatives Productives en Milieu Rural (PAIP) – Rapport final de
pré-évaluation
2007 – Knowledge Management Strategy
2008 – IFAD Learning Notes. Version January 2008
2009 – Community-driven development decision tools for rural development programmes
2009 – Gestion de l’Environnement et développement durable – Procédures d’Evaluation
Environnementale et Sociale du FIDA
2009 – Présentation du Projet PPI-2- version actualisée
2010 – Climate Change Strategy
2011 – IFAD’s Environment and Natural Resources Management Policy: resilient livelihoods through
the sustainable use of natural assets
2011 – IFAD Guidelines for Disaster Recovery
2011 – Updated guidelines and Sourcebook for Preparation and Implementation and of a ResultBased Country Strategic Opportunities Programme (RB-COSOP) – Volume 1: Guidelines
2012 – Aide-Mémoire Haiti- PAIP – Mission de supervision du 18 au 30 Juin 2012
2012 - Aide-Mémoire Haiti- PAIP – Mission de supervision du 11 au 23 Novembre 2012
2012 – Haiti : Projet de Développement de la Petite Irrigation et de l’Accès aux marches
dans les Nippes et la Région Goâvienne (PPI-3) – Conception finale du Projet- Rapport
principal et Annexes
2012 – Haiti : Sustainable Land Use and environmental Protection of Uplands in the region
Goâvienne and Nippes – Project Identification Form
2012 – Policy on Gender Equality and Women’s Empowerment
2013
– Haiti – Options Stratégiques de Pays (COSOP) – Version proviso ire. Draft 1
2. Autres documents de FIDA
FIDA AFRIQUE/AFRACA/PICO 2010 – Africa
Regional Knowledge Management Planning
Workshop – Operationalising Knowledge Management into Projec/Programme Activities- Adis Ababa,
Ethiopia
FAO/IFAD 2010 - Principles for Responsible Agricultural Investment that Respects Rights,
Livelihoods and Resources
Johannes F. Linn et al 2010 – Scaling-up the fight against rural poverty: an institutional review of
IFAD’s approach
FIDA AFRIQUE/AFRACA/PICO 2011 – Africa Regional Knowledge Management Follow-up
Workshop – Lusaka, Zambia
FIDA/IICA/MARNDR/CEPAHPE/FONHDILAC 2010 – Programme d’Appui à la Sécurité Alimentaire
et à la Génération d’Emplois en Milieu Rural en Réponse au Tremblement de Terre du 12 Janvier
2010 (PASAC)
FIDA/IICA/MARNDR/CEPAHPE/FONHDILAC 2012 – Rapport d’achèvement du PASAC
FIDA/IICA 2012 – Le PASAC, une réponse concertée au séisme du 12 Janvier dans les zones
rurales. Présentation Power Point
Muschler Reinhold 2012 – Report of CATIE for the review of the 2009-2012 COSOP of Haiti
3. Documents du Gouvernement haitien
53
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
MDE 1999 – Plan d’Action pour l’Environnement (PAE)
MARNDR/MDE/MPCE/MICT 2000 – Actes de l’Atelier de Concertation Interministérielle pour la
Gestion des Bassins Versants
MDE 2000 – Première Communication Nationale sur les Changements Climatiques
MDE/MARNDR 2000 – Etude de la Vulnérabilité d’Haiti au Changement Climatique
MDE/FAMV/BME 2000 - Inventaire des gaz à Effet de Serre – Sources et Puits
MICT 2000 – Plan National de Gestion des Risques et des Désastres ( PNGRD)
MDE 2001 - Evaluation Préliminaire de l’Impact des Changements Climatiques sur l’Agriculture
et les Forêts
Gouvernement d’Haiti 2004 – Cadre de Coopération Intérimaire
MDE 2004 – Haiti – Programme National d’Adaptation au Changement Climatique (PANA)
MDE/CCI 2004 – Haiti – Rapport Thématique sur l’Environnement
MDE 2007 – La Réhabilitation de l’Environnement et la Réduction de la Pauvreté en Haiti
MPCE 2007 - Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la
Pauvreté – DSCNRP 2008-2010
Gouvernement d’Haiti 2008 - Rapport d’Evaluation des Besoins Post- Désastres: Cyclones Fay,
Gustav, Hanna, Ike
MDE 2008 – Vulnerability of Haiti to Climate Change. Présentation Power Point
MARDNR 2009 – Politique de Développement Agricole 2010-2020 (PDA)
MDE 2009 – En route pour le Sommet de Copenhague sur les changements Climatiques:
perspectives et participation haitiennes sur les négociations Post-Kyoto
MDE 2009 - Présentation de la vision du Ministère de l’Environnement sur la Gestion des Bassins
versants en Haiti. In Atelier USAID/DEED – Vers une politique cohérente sur la Gestion des Bassins
versants en Haiti
MDE 2009 – Projet de Position de l’Etat haitien dans le cadre du Dialogue Politique de Haut Niveau
sur les Changements Climatiques organisé par l’Association des Etats de la Caraibe
MPCE 2009 – Premier Rapport Annuel de Mise en Oeuvre du DSNCRP (2007-2008): Pour réussir le
Saut Qualitatif
Commission Mixte Haitiano-Dominicaine 2010 – Aide-Mémoire des Travaux de la Souscommission Agriculture-Santé-Environnement
Gouvernement d’Haiti 2010 – Haiti – Post Disaster Needs Assessment
MARNDR 2010 - Plan National d’Investissement Agricole- Développement des Infrastructures
Agricoles – Document Principal
MARNDR 2010 - Plan National d’Investissement Agricole- Développement des Infrastructures
Agricoles- Annexe I – Composante Aménagement des Bassins Versants
MARNDR 2010 - Plan National d’Investissement Agricole- Développement des Infrastructures
Agricoles- Annexe II – Composante Irrigation
MDE 2010 – Haiti-NAPA Country Case Study – Project Design – UNFCCC Workshop - Popular
Democratic Republic of Lao – Présentation Power Point
MDE/MICT 2010 – Evaluation des Besoins Post-Désastre, Séisme du 12 Janvier 2010 – Rapport du
Groupe Environnement/ gestion des Risques et Désastres
MARDNR/BECSFAR 2011 – PPI-2 – Plan de Développement et de Gestion du Périmètre Irrigué de
Bélier
CNSA 2012 – Rapport d’Evaluation d’Urgence des Impacts du Cyclone Sandy sur la Sécurité
Alimentaire
MDE 2012 – Exposé des Motifs, Textes Législatifs et Réglementaires proposés par le Ministère de
l’Environnement
MDE 2012 – Guide Méthodologique pour la Gestion des Bassins Versants en Haiti
MPCE 2012 – Plan Stratégique de Développement d’Haiti pour le Relèvement National et pour
un Pays Emergent en 2030 (PSDH)
CIAT 2013 – Haiti – Programme Stratégique de Résilience Climatique
CNSA 2013 - Haiti-Etat de la Sécurité Alimentaire et Perspectives
MARNDR 2013 – Programme Triennal de Relance Agricle – Présentation Power Point
MDE 2013 - Plan Triennal d’Interventions en Environnement
4. Publications conjointes Gouvernement Haitien – Partenaires de la Coopération
MDE/BID 1999 – Programme de Formulation de la Politique en Eau – Plan d’Action pour la
Gestion des Ressources en Eau
54
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
MDE/UNEP/GEF 2002 Haiti – Integrated Watershed Watershed and Coastal Resources
Management – IWCAM Regional Project
MPCE/PNUD 2005 – Etat des lieux des Savoirs sur la Pauvreté en Haiti des années 1970 à nos jours
MPCE/PNUD 2006 - Inégalités et Pauvreté en Haiti – Jean – Robert Joseph, Marie-France
Laleau, fatima Léonne C. Prophète
ESMAP/MDE/BME 2007 - Stratégie pour l’Allègement de la Pression sur les Ressources
Ligneuses Nationales par la Demande en Combustibles
CEPALC/MDE/PNUD 2008 – Impact Socio-Economique de la Dégradation des Terres en Haiti
et Interventions sur la Réhabilitation du Milieu Cultivé
CEPALC/MDE/PNUD 2009 – Etude des Impacts Socio-Economiques des Changements Climatiques
en Haiti et Réponses d’Adaptation
MDE/PNUD/GTZ 2009 - Progamme National de Lutte Contre la Désertification (PAN-LCD)
Gouvernement Haitien/Banque Mondiale/ GFDRR/BID/ Système Nations Unies 2010 Analyse des Menaces Naturelles Multi-Risques en Haiti- Sergio Mora et al
MDE/PNUE/2010 – GEO-HAITI: Etat et Perspectives de l’Environnement
MDE/PNUE/GEF 2013 – Deuxième Communication Nationale sur les Changements Climatiques
5.
Documents des Partenaires de la Coopération sur Haiti
Banque Mondiale 1991 - Gestion des Ressources Naturelles en Haiti. BDPA
PNUD 1998 - La Gestion de l’Environnement en Haiti: Réalités et Perspectives
PNUD 2005 - Situation Economique et Sociale d’Haiti en 2005
IDB 2006 – Haiti – Proposal for a Loan for a Rural Supply Chain Development Programme
IMF 2007 – Growth in the Dominican Republic and Haiti: Why has the Grass Been Green on
One Side of Hispaniola? Laura Jaramillo and Caneite Sansack
USAID 2007 – Environmental Vulnerability in Haiti: Findings and Recommendations – Glenn
Smucker, Mike Bannister, Heather D’Agnes, Yves Gossin, Marc Potnoff, Joel Timyan, Scot Tobias,
Toussaint J. Ronald
IDB 2008 – Haiti – Natural Disaster Mitigation Programme in Priority Watersheds
World Bank 2008 - Climate Change Aspects in Agriculture – Haiti Country Note
FAO 2009 – Resilience of Rural Communities to Climatic Accidents: A need to Scale-Up SocioEnvironmental Safety Nets ( Haiti, Madagascar) – Lowis Bockel
UNDAF 2009 – Haiti – Plan cadre des Nations Unies pour l’Aide au Développement
AusAid/PNUD/GEF/SGP – 2010 – Haiti – Programme d’Adaptation Communautaire à la Base aux
Changements Climatiques – Stratégie du Programme Pays
World Bank/GFDRR 2010 – Disaster Risk Management in Latin America and the Caribbean –
GFDRR Country Notes - Haiti
IADB 2011 - Haiti – Proposal for a Non Reimbursable Financing for the Project: Technology
Transfer to Small Farmers
IFC/World Bank Group 2011 – Taking Haitian Agriculture to the Clouds: Implementing Google
Aps for Government at the Ministry of Agriculture
PNUD 2011 - Haiti - Projet de Renforcement des Capacités d’Adaptation des Communautés
Côtières en Haiti pour aborder les Menaces du Changement Climatique sur les Stratégies de
Développement Durable
Système des Nations Unies 2011 – Haiti – Cadre Stratégique Intégré
USAID 2011 - Haiti – Feed the Future – FY 2011-2015 Multi-Year Strategy
World Bank 2011 - Disaster Risk Management: Building a Safe and Resilient Future for Haiti
World Bank/GRASP 2011 – Haiti – Relauchning Agriculture – Strengthening Agriculture Public
Services II Project
FAO 2012 – Haiti- GIEWS Country Briefs
FAO 2012 – Updated Briefing Note on Haiti and FAO in Haiti
GFDRR 2012 – Haiti Country Update
DDC ( Coopération Suisse) 2013 – La GRD en Haiti: Cartographie des Acteurs en GRD en Haiti
– Proposition des Lignes Stratégiques pour les Futures Activités en GRD de la Direction de
Développement et de Coopération Suisse
OCHA/GTSAN 2013 – Haiti-Apercu de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition
6. Autres Documents des Partenaires de la Coopération
55
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
OCDE non dâté – Pauvreté et Changement Climatique: Réduire la Vulnérabilité des Populations
Pauvres par l’Adaptation
PNUE non dâté – Les Femmes sont en Première Ligne du Changement Climatique – Risques
Sexo-spécifiques et Espoirs – Evaluation Rapide de la Situation
UNU 2002 – Human Development and Environment – Hans Van Ginkel et al
PNUD 2004 - La Réduction des Risques de Catastrophe: Un Défi pour le Développement. Un
Rapport Mondial
FAO 2007 – Adaptation to Climate Change in Agriculture, Forestry and Fisheries: Perspective,
Framework and Priorities
FAO 2011 - Resilient Livelihoods – Disaster Risk Reduction for Food and Nutrition Security
Framework Programme
GTZ 2008 – Water and Adaptation to Climate Change – Consequences for developing countries
UN 2008 - Acting on Climate Change: the UN Deliverying As One
EC 2009 - Building a Global Climate Change Alliance between the European Union and Poor
Developing Countries Most Vulnerable to Climate Change
EC 2009 (a) – EC Cooperation: Responding to Climate Change
EC 2009 (b) – Guidelines on the Integration of Environment and Climate Change in
Development Cooperation
EC 2009 (c) - Supporting a Climate for Change: the EU and Developing Countries Working
Together
FAO 2009 – Food Security and Agricultural Mitigation in Developing Countries: Options for
Capturing Synergy
OECD 2009 - Integrating Climate Change Adaptation into Development Co-operation: Policy
Guidance. OECD Publishing
GFDRR 2009 - Stratégie de Partenariat du GFDRR 2009 - 2012
World Food Programme 2009 – Climate Change and Hunger: Responding to Challenge
WMO/UNEP 2007 – Climate Change: Impacts, Adaptation and Vulnerability
PNUE et al 2009 – Climat en Péril
GFDRR/WORLD BANK/ISDR 2010 – Integrating Disaster Risk Reduction and Climate Adaptation
into the Fight Against Poverty
UNDP 2010 – The Poverty-Environment Nexus (PEN) in Trinidad and Tobago: Evaluation of UNDP
Contributions to Environmental Management for Poverty Reduction – Glenn Smucker and
Toussaint J. Ronald
PNUD 2010 – Approche Locale et Territoriale du Changement Climatique dans les Pays Arabes
UNDP/UNFA/UNICEF/WFP 2010 – Les Changements Climatiques et leurs Conséquences sur le
Développement
World Bank 2010 (a) – Development and Climate Change – World Bank Development Report 2010
World Bank 2010 (b) – The Cost to Developing Countries of Adapting to Climate Change
PAM 2011 - Le Changement Climatique et la Faim: Vers une Politique du PAM en Changement
Climatique
PNUD 2011 – Elaboration de Stratégies pour un Développement Résilient au Climat et Sobre en
Emissions – Résumé pour les Décideurs
WFP 2011 - WFP Policy on Disaster Risk Reduction and Management : Building Food Security and
Resilience
PNUD/AECID 2012 – Intégration du Changement Climatique dans les processus Nationaux de
Développement et de Programmation de Pays des Nations-Unies
PNUD 2013 - Rapport sur le Développement Humain – l’Essor du Sud: le Progrès Humain dans
un Monde Diversifié
7. Documents régionaux ( Amérique Latine et Caraibes) y compris ceux de l’Alliance des
Petits Etats Insulaires en Développement (AOSIS)
CARICOM 2002 – Caribbean Risk Management Guidelines for Climate Change Adaptation
Decision Making
UWICED 2002 - Vulnerability and Small Islands Development States
CANARI 2008 - Les Impacts du Changement Climatique sur la Biodiversité des Îles de la Caraibe.
Rapport No 386
CARICOM/UNEP 2008 - Climate Change in the Caribbean and the Challenge of Adaptation
IMSET/CARIBBEAN CLIMATE CHANGE CENTRE 2008 – Workbook on Climate Change Impact
Assessment in Agriculture
56
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Ramon Bueno et al, Tusfts University 2008 - Vulnerability, Risk Management and Adaptation:
Responding to Climate Challenges in the Commonwealth Caribbean
CARIBBEAN CLIMATE CHANGE CENTRE 2009 – Climate Change and the Caribbean – A Draft
Regional Strategy for Achieving Development Resilient to Climate Change 2008 – 2015
CARIBBEAN CLIMATE CHANGE CENTRE 2009 (a) – Climate Change in the Caribbean: The Costs
of Inaction
Collymore, Jeremy 2009 - Climate Change and Disaster Risk Management : A Caribbean
Perspective – Discussion Paper
AOSIS 2010 - Vulnerability and Small Islands Development States
IDB 2010 – Climate Change: Agriculture, Forestry and Other Land Use (AFOLU) for Addressing
Climate Change Mitigation and Adaptation in the Latin America and Caraibbbean Region – Olivier
Gardi and al
8. Documents
d’Organisations
intergouvernementales,
d’ONG
et
institutions
internationales de renom dans le domaine de l’Environnement, du Développement
et du Changement Climatique
OMM/PNUE 1997 – Rapport Spécial du GIEC – Incidences de l’Evolution du Climat dans les
Régions – Evaluation de la Vulnérabilité
DFID and al 2002 – Linking Poverty Reduction and Environmental Challenges: Policy Challenges and
Opportunities
CBD /UNEP 2003 - Interlinkages between Biological Diversity and Climate Change – CBD Technical
Series No 10
IPCC 2007 - Climate Change 2007 – Synthesis Report – Contribution of Working Group I to the
Fourth Assessment Report
CBD/UNEP 2010 - Ecosystems Goods and Services in Development Planning
OXFAM 2010 – Haiti: A once-in-a-Century Chance for Change – Beyond Reconstruction:
Reenvisioning Haiti with Equity, Fairness and Opportunity
IUCN/CEM 2010 - Building Resilience to Climate Change: Ecosystem-based Adaptation and
Lessons from the Field
9. Ressources en ligne
IPCC Web site
http://www.ipcc.ch/index.htm
UNFCC Web site
http://unfccc.int/2860.php
Global Facility for Disaster Reduction and Recovery
http://www.gfdrr.org/gfdrr/
UNDP, University of Oxford CC Country Profile
http://www.geog.ox.ac.uk/research/climate/projects/undp-cp/
World Bank CC Knowledge Portal
http://sdwebx.worldbank.org/climateportal/index.cfm
Adaptation Learning Mechanism (UNDP, GEF, UNFCCC, WB, UNEP)
http://www.adaptationlearning.net/
We Adapt
http://weadapt.org/
Local Climate Estimate Tool
www.fao.org/nr/climpag/data_5_en.asp
Global Climate Map
http://www.fao.org/nr/climpag/climate/index_en.asp
Participatory Vulnerability Analysis (Action Aid)
www.actionaid.org.uk/doc_lib/108_1_participatory_vulnerability_analysis_guide.pdf
57
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Climate Vulnerability and Capacity Analysis (CARE)
www.careclimatechange.org/index.php?option=com_content&view=article&id=25&Itemid=30
Community-based Risk Screening Tool – Adaptation and Livelihood (CRYSTAL, IISD, SEI,
IUCN, Inter Cooperation). http://www.iisd.org/cristaltool/
Rapports Nationaux PANA http://unfccc.int/national_reports/napa/items/2719.php)
Participation
au
Mécanisme
de
Développement
Propre
http://cdm.unfccc.int/Statistics/index.html)
Country Note on Climate Change Aspects in Agriculture www.worldbank.org/lacagccnotesHaiti
Climate
Risk
and
Adaptation
Country
Profile
www.gfdrr_climate_change_countryprofile_forHTI-Haiti
Caribbean Perspective on Climate Change and Dissaster Risk Management
www.caribank.org
Communiqué du FMI sur l’évolution du PIB d’Haiti www.imf.org
Adapting to Climate Change in the Caribbean www.caribbeanclimate.org
Information
sur
les
Ministères
www.mtptc.gouv.ht;
www.marndr.gouv.ht;
;
www.mpce.gouv.gouv.ht
10. Autres documents et informations
Evans Emmanuel 2000 – Eau en Haiti: Besoins, Ressources et Gestion. La République d’Haiti
ème
souffrira-t-elle d’une pénurie d’eau au 21
siècle? Draft
Villeneuve Claude et Francois Richard 2001 – Vivre les Changements Climatiques: L’Effet de Serre
expliqué
Plan Haiti 2004 - Manuel de Formation des Formateurs pour la Gestion des Risques et Désastres
dans le Nord-Est d’Haiti – Toussaint J. Ronald et Vernet Joseph
Toussaint J. Ronald 2004 – Evaluation Finale du Projet de Prévention des Inondations à FondsVerettes/Haiti – Helpage International et ASODLO
Toussaint J. Ronald 2004 – Haiti – Les Cyclones Gustav, Fay, Hanna et Ike: Quelles leçons retenir
pour Haiti et quelle Stratégie face à de telles catastrophes?
Ricardo Zapata – Marti 2007 – L’évaluation du risque comme instrument pour la définition des
politiques de développement durable
Toussaint J. Ronald 2007 - Dispositif Institutionnel et Montage Financier pour la Mise en Place de
l’Observatoire de l’Environnement et de la Vulnérabilité, ONEV – Diagnostic, Analyse et
Recommandations
BRIDGE/ Institute of Development Studies/University of Sussex 2008 - Gender and Climate
Change: mapping the Linkages. A Scoping Study on Knowledge and Gaps
FOPROBIM ( Fondation pour la Promotion de la Biodiversité Marine) 2009 - Rapid
Assessment of the Economic Value of Ecosystems Services Provided by Mangroves and Coral
Reefs and Steps Recommended for the Creation of a Marine Protected Area, Caracol Bay, Haiti
Louis Bockel 2009 – Increasing Economic Resilience of Agriculture Sector to Climate Change
AVSF 2012 – Le Changement Climatique et les Projets de “ carbone forestier”: Quelles
Orientations pour AVSF?
CERFAS 2012 - Passage du Cyclone Sandy et Intempéries dans le Nord: Interrogations de
l’Observatoire des Politiques Publiques et de la Communauté Internationale face à cette
Nouvelle Urgence
Javier Saborio 2012 - Bilan Hydrique pour Haiti et Zones de Vie
Alfredo Mena 2013/IICA, Commuication Orale sur FIDA comme deuxième contributeur du
Gouvernement haitien à l’Agriculture
Elgo Eugène 2013/Coordonnateur Régional PPI-2 Nord-Ouest – Commuication Orale sur les
Bonnes Pratiques et Leçons du Projet au Niveau Local
Jacques Thomas/Ministre MARNDR 2013 – Communication Orale sur les Implications
Budgétaires du Passage du Cyclone Sandy pour le MARNDR
Jean Wienner/FOPROBIM 2013 - Communication Orale sur les Zones Marines affectéés par le
Blanchissement Corallien en Haiti
Stanley Jean Baptiste 2013/ Coordonnateur Régional PAIP/Plateau Central - Commuication
Orale sur les Bonnes Pratiques et Leçons du Programme au Niveau Local
TV Al – Jazeera 2013 - Edition de Nouvelles du 10 Mai 2013 annoncant le cap emblématique
de 400 ppm de Co2 atteint en terme de concentration de GES dans l’atmosphère
58
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements
Climatiques
Pour la préparation du IFAD’s Country Strategic Opportunities
Programme 2013-2018
Annexes et Appendices
Date du document:
Mai 12
EECC No.
3217-HT
Division Amérique latine et Caraïbes
Département gestion des programmes
Division Environnement et Climat
Préparé par: Joseph Ronald Toussaint
Le présent rapport a été établi par le personnel du Fonds international de développement agricole (FIDA) et les résultats et les
conclusions qui y sont exprimés ne reflètent pas nécessairement les opinions de ses États membres ou celles de leurs
représentants au sein du Conseil d‟administration. Le FIDA ne garantit pas l‟exactitude des données figurant dans ce document.
Les désignations utilisées et la présentation de matériel dans cette publication n‟impliquent pas l‟expression, de la part du FIDA,
d‟une quelconque opinion concernant le statut juridique d‟un pays, d‟un territoire, d‟une ville ou d‟une zone, ou de leurs autorités,
ou concernant le tracé de leurs frontières ou limites. Les désignations “pays développé” ou “pays en développement” répondent à
un souci de commodité statistique et n‟expriment pas nécessairement un jugement sur le stade atteint par un pays ou une zone
donnés dans le processus de développement.
© 2010 pour le Fond International pour le Développement Agricole (FIDA)
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Annexes et Appendices
Sigles et Abréviations
ii
Annexes I : Contexte géophysique, socio-economique et environnemental du pays en liaison avec le
secteur agriculture et développement rural
4
Annexes II : Coopération du développement en lien avec l‟adaptation et la résilience climatique
entre différentes institutions sur le territoire haïtien.
17
i
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Sigles et Abréviations
ACDI: Agence Canadienne pour le Développement International
AEC: Association des Etats de la Caraibe
AFOLU: Agriculture, Forestry and Land Use
ANDH: Autorité Nationale Désignée d‟Haiti
ARD: Agriculture et Développement Rural. Pour des raisons pratiques, le document a préféré
utiliser son sigle anglais correspondant à Agricuture and Rural Development
AusAid: Australian Agency for International Development
BID (IDB): Banque Inter-Américaine de Développement/Inter American development bank
BMD: Banque Multilatérale de Développement
BME: Bureau des Mines et de l‟Energie
CANARI: Caribbean Natural Resources Institute
CARICOM: Caribbean Community
CATIE : Centre Agronomico Tropical de Investigación y Enseñanza Tropical
CCCC: Climate Change Caribbean Centre
CCUNCC: Convention Cadre des Nations Unies pour les Changements Climatiques
CDEMA: Caribbean Disaster Emergency Management Agency
CEHI: Caribbean Environment Health Institute
CEPALC: Commission Economique pour l‟Amérique Latine et les Caraibes
CIAT: Comité Interministériel pour l‟Aménagement du Territoire
CNM: Centre National de Météorologie
CNIGS: Centre National d‟Information Géo-Spatiale
CNSA: Commission Nationale pour la Sécurité Alimentaire
COSOP: Options et Stratégies d‟Intervention de Pays. Par extension désigne le Programme de
Pays de FIDA
COU: Centre d‟Opérations d‟Urgences
CPM: Country Programme Manager
CSI: Cadre Stratégique Intégré des Nations Unies en Haiti
DDC: Direction de Développement et de la Coopération Suisse
DPC: Direction de la Protection Civile
DPRCC: Direction de Prévention des Risques et de la Lutte contre les Changements Climatiques
DRI: Disaster Risk Index/ Indice de Risque de Désastre
EDD: Environnement et Développement Durable
EES: Evaluation Environnementale Stratégique. Désignée souvent dans le document par la
Mission
ENGRN: Environnement et Gestion des Ressources Naturelles
ENSO: El Nino Southern Oscillation. Par extension El Niño/ENSO désigne généralement des
anomalies à grande échelle, liées à l‟augmentation des températures de la surface de l‟Océan
Pacifique
ESMAP: Energy Sector Management Assistant Programme
GEF (FEM): Global Environment Facility/Fonds pour l‟Environnement Mondial
GFDRR: Global Facility For Disaster Reduction and Recovery
FAES: Fonds d‟Ássistance Economique et Sociale
FAO: Food Agriculture Organization
FIC: Fonds d‟Investissement du Climat
FIDA (IFAD): Fonds International de Développement Agricole/International Funds for Agriculture
and Development. Le document emploie alternativement FIDA ou le Fonds
FNURA: Fonds National d‟Urgences de Recapitalisation et d‟Adaptation Agricoles
FSC: Fonds Stratégique pour le Climat
GBV: Gestion des Bassins Versants
GCCA: Global Climate Change Alliance
GES: Gaz à Effet de Serre
GIEC (IPCC): Groupe Intergouvernemental sur l‟Evolution du Climat/Intergouvernemental Panel on
Climate Change
GIZM: Gestion Intégrée des Zones Côtières et Marines
GPL: Gaz Pétrole Liquéfié
GRD: Gestion des Risques et Désastres
ii
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
GRN: Gestion des Ressources Naturelles
IDH: Indice de Développement Humain
IHSI: Institut Haitien de Statistiques et d‟Informatique
IICA: Institut Inter-Américain de Coopération Agricole
IIED: International Institute for Environment and Development
IMSET: Instituto Meteorologia de Cuba
MARDNR: Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MARP: Méthode Accélérée de Recherche Participative
MDE: Ministère de l‟Environnement
MDP: Mécanisme de Développement Propre
MICT: Ministère de l‟Intérieur et des Collectivités Territoriales
MPCE: Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
MTPTC: Ministère des Travaux Publics, Transport et Commuincation
NOAA: National Oceanic and Atmospheric Administration
NORAD: Coopération Norvégienne
OCB: Organisations Communautaires de Base
OMD: Objectifs du Millénaire pour le Développement
ONEV: Observatoire de l‟Environnement et de la Vulnérabilité
ONPES: Observatoire National de la Pauvreté et de Lutte Contre l‟Exclusion Sociale
OPA: Opérateurs Privés Agricoles
OPS: Opérateurs Prestataires de Services
PAE: Plan d‟Action pour l‟Environnement
PAM (WFP): Programme Alimentaire Mondial/World Food Programme
PAN-LCD: Programme National d‟Action pour la Lutte Contre la Désertification
PASAC: Programme d‟Actions pour la Sécurité Alimentaire
PDA: Politique de Développement Agricole
PEID (SIDS): Petits Etats Insulaires en Développement/Small Islands Development States
PIB: Produit Intérieur Brut
PMA: Pays Moins Avancé
PNGRD: Plan National pour la Gestion des Risques et des Désastres
PNUD (UNDP) : Programme des Nations Unies pour le Développement/United Nations
Development Programme
PNUE (UNEP): Programme des Nations-Unies pour l‟Environnement/United Nations Programme for
Environment
PPCR: Pilote Programme for Climate Resilience
PRG: Potentiel de Réchauffement Global
PSDH: Plan Stratégique pour le Développement d‟Haiti
PTRA: Programme Triennal de Relance Agricole
RCG: Réchauffement Climatique Global
RRC(RDD): Réduction de Risque de Catastrophe/Réduction de Risque de Désastre
SPGRD: Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et Désastres
SNGR: Système National pour la Gestion des Risques
TEM: Traités Environnementaux Multilatéraux
TDRs: Termes de Référence
UEH: Université d‟Etat d‟Haiti
USAID: United States Agency for International Development
USD: US Dollars
UWI: University West Indies
iii
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Annexes I : Contexte géophysique, socio-economique et environnemental du
pays en liaison avec le secteur agriculture et développement rural
A. Le contexte géophysique, socio-économique
l’agriculture et la pauvreté rurale
et
environnemental
en
lien
avec
1. Cadre géophysique et situation économique. La République de Haïti occupe le tiers ( 27750
2
km ) occidental de l‟Ile d‟Hispaniola, la deuxième plus grande île de la Caraïbe après Cuba,
qu‟elle partage avec la République Dominicaine qui en occupe les deux tiers. Elle s‟étend entre
18˚ et 20º latitude Nord et 71˚30 et 74˚ 30 longitude Ouest. Elle est bordée au Nord par l‟Océan
Atlantique, à l‟Ouest et au Sud par la Mer des Caraïbes à l‟Est par la République Dominicaine (
Fig: Haïti dans la Caraïbe). En dehors de la partie continentale ( la Grande Terre), le pays
2
2
comprend aussi cinq îles satellites: La Gonave ( 670 km ), La Tortue ( 180 km ), Ile-à-vache
2
2
2
(52km ), Cayémites (45km ) et La Navase ( Navassa island : 7 km ). Localisé en pleine
trajectoire des cyclones ou ouragans, subissant fréquemment les épisodes chaudes de El
Nino/ENSO et situé sur une zone de failles tectoniques majeures séparant les plaques Caraibes
et Amérique du Nord, le pays est soumis à d‟importantes ondes et de pertubations tropicales et
exposé aux phénomènes naturels extrêmes qui engendrent souvent des catastrophes
d‟envergure (inondations, sécheresse, tremblement de terre). La position géographique de Haiti
rend ainsi le pays très sensible à ces aléas et augmente les facteurs de risque. Le changement
climatique les accentue en perturbant les températures et les régimes de précipitations.
Haiti dans la Caraïbe
2
Haïti est le pays le plus pauvre pays de l‟Hémisphère occidental, du reste le seul Pays Moins
Avancé (PMA) de la région, et l‟un des plus pauvres dans le monde comptant grosso modo près de 80%
de sa population vivant en- dessous du seuil de la pauvreté soit exactement 77% de celle-ci vivant avec
1
moins de $ US 2/jour et 52% avec moins d‟1 $ US/jour. Avec un revenu per capita de 726 $ US en 2010 ,
Haiti est classé comme un pays à bas revenu. La population est estimée à 10.265 millions d‟habitants
avec plus de 52% représentées par les femmes. Il s‟agit du pays le plus densément peuplé de la Caraibe
1
World Bank/GFDDR 2010- Disaster Risk Management in LAC Region – Haiti Country Notes
4
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
2
avec des pics de densité démographique pouvant aller jusquà 40,000 habitants/km rien qu‟à Port-au7
2
Prince, la capitale bien que la densité moyenne soit d‟environ 363 habitants/km . La jeunesse est aussi
une autre caractéristique importante de cette population puisque plus de la moitié d‟entre elle ont moins
de vingt et un (21) ans.
3.
L’économie haitienne a été marquée, pendant la décennie 2000-2010, par une politique macro2
économique de réduction de la dette publique et de l‟inflation. Celle-ci se situait en-dessous du seuil de
3
10% de 2007 à 2011 sauf pour 2008 où elle a atteint 15,5% en 2008 . L‟économie a été aussi
caractérisée par une agriculture stagnante sinon en déclin mais qui reste néanmoins la principale source
de subsistance pour la majorité de la population. Le gouvernement, issu des élections de 2011, a
poursuivi cette politique de préservation de la stabilité macroéconomique. Jusqu‟au premier trimestre
4
2013, l'inflation demeure à un seul chiffre, bien qu'il ait atteint 7,6% fin 2012 , en raison principalement
d'une hausse des prix alimentaires sur le marché international et d'une réduction de l'approvisionnement
alimentaire national causée par les cyclones Isaac et Sandy qui ont frappé le pays en 2012. Le PIB a
connu une évolution en dents de scie ( Fig 1) et une contraction de 5,4% dûe aux effets du séisme du 12
Janvier 2010. Cependant, selon le FMI, l‟activité économique a progressé de 5,6% en termes réels pour
l‟exercice 2011 pour connaître un net ralentissement à 2,8% en 2012, reflétant une sécheresse de
printemps, l'impact du cyclone Isaac, et les retards dans la mise en oeuvre de grands projets
d'investissement public post-séisme 2010. Le FMI prévoit une croissance de 6,5% du PIB en 2013 avec
une consolidation de l’économie à travers notamment des progrès significatifs dans les secteurs agricole
et industriel même si le Fonds reconnaît que le rythme de la reconstruction post-séisme et la reprise
économique a été lent, en raison des faiblesses administratives et de la capacité d'absorption, la
persistance des tensions socio-politiques, la situation sécuritaire difficile et l'environnement économique
fragile.
Fig 1 – Evolution du PIB de 1995 à 2007. Source IHSI 2008
4. Développement humain. L‟application dans les faits de de la gratuité de l‟enseignement
primaire et les programmes d‟aide sociale initiés par le gouvernement haitien depuis fin 2011
basés sur des cash-transferts destinés aux familles nécessiteuses tels Ti-manman chérie, Kore
5
granmoun, Kore etidyan, Panye solidarite etc ne semblent pas encore avoir des retombées
2
In COSOP/HAITI 2013 – La dette publique, en $ US courant, est passée de 1,173 milliard en 2000 à 491 millions en 2010.
3 Cité par COSOP/HAITI 2013.
4 Communiqué du Fonds Monétaire International: www.imf.org
5
Termes créoles désignant différentes initiatives de lutte contre la pauvreté et d’aide sociale du gouvernement en appui à divers groupes sociaux
(mères, vieillards, étudiants etc)
5
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
positives sur l‟Indice du Développement Humain (IDH) établi par le Programme des NationsUnies. Les inégalités sociales et de revenus, qui du reste sont importantes en Haiti avec un
coefficient de GINI de 0,59%, constituent un réel obstacle à l'atteinte d'un indice de
développement humain acceptable. Ces programmes sociaux, inspirés des pays qualifiés de
revenus moyens comme la République Dominicaine ou d‟émergents à l‟instar du Mexique,
peuvent réduire ces inégalités s'ils ciblent les plus vulnérables. Mais leurs répercussions sur le
ème
bien-être des haitiens ne se sont pas encore fait sortir puisque Haïti occupe la 161
position sur
187 pays et placé dans le groupe des pays à « développement humain faible » au vu du dernier
rapport mondial sur l'indice de développement humain (IDH) publié par le PNUD en Mars
2013. Selon ce rapport, «Entre 1980 et 2012, l'IDH de Haïti a augmenté de 1.8% par an, passant
de 0.335 à 0.456 en 2013. L'IDH de l'Amérique Latine et de la Caraibe en tant que région a
passé de 0.574 en 1980 à 0.741 pour la même période, plaçant Haïti en-dessous de la moyenne
régionale»
5.
Agriculture incluant la pêche et pauvreté rurale. L‟activité agricole, en tant que processus
naturel et économique, constitue le principal fondement de la vie rurale et de la vie en général dans le
pays. Elle constitue la cheville ouvrière de l‟économie d‟Haïti vu que 60% de la population tire ses
revenus de l‟agriculture. La production agricole haitienne a connu une longue période de stagnation et
de déclin, pratiquement pendant près de 50 ans avec un taux de croissance moyen de la production
agricole inférieur à 1% (CNSA 2012) ( sauf pour 2006 qui a enregistré un taux de croissance de 1,7% et
2007 un taux de 2,9% en raison des conditions climatiques favorables) comptant pour 25%-26% du PIB
en 2010-2011 alors qu‟elle contribuait pour 65% de la richesse nationale au début des années 1990. Les
sols agricoles sont distribués sur un territoire partagé entre montagnes, plaines, vallées et plateaux. Les
2
superficies nettes cultivées représenteraient, en 1991, 44% du territoire soit 11900 km . Les données
6
statistiques relatives à l‟occupation des sols sur l‟ensemble du pays à l‟époque montraient que sur une
2
superficie totale de 27750 km , près de 80% de l‟espace étaient utilisés par l‟agriculture au sens large
dont 62 % pour le domaine agricole proprement dit et 18 % pour le paysage agro-pastoral ( Agriculture +
élevage). Malgré la réduction de la part relative du secteur agricole dans la formation du PIB, cette part
représente quand même 51% de l’emploi total, 66% de l’emploi dans les zones rurales et 75% de
l’emploi dans les ménages à faible revenu pour le pays (MPCE/DSCNRP 2007, BID citée par CIAT
2013).
6.
Sécurité alimentaire mise à mal. La conséquence du long déclin de l‟agriculture en Haïti est que
7
les besoins alimentaires globaux estimés à 1,73 million de tonnes (équivalent céréales, estimation 2008 )
sur la base de 2260 calories par personne et par jour ne sont couverts depuis bien des années qu‟à
moins de 50 % par la production alimentaire nationale. Parmi les indicateurs sociaux de la pauvreté se
distingue l‟insécurité alimentaire se manifestant par l‟insuffisance des quantités globales d‟aliments
disponibles pour la consommation. Cette insécurité atteind des niveaux effarants. Haïti projette, en effet,
l‟image d‟un pays qui vit dans un “piège d’insécurité alimentaire endémique et permanent”. C‟est que, en
dehors des goulots d‟étranglement auxquels doit faire face le secteur agricole, la croissance
exponentielle de la population exerce une pression de 2% sur la demande annuelle en nourriture alors
que l‟approvisionnement en celle-ci s‟est uniquement accru de 0,4% créant une forte dépendance sur les
importations en matière de sécurité alimentaire. Haiti importe, en effet, plus de 55% de ses besoins en
8
nourriture . Déjà avant le séisme dévastateur du 12 janvier 2010,Haïti était l‟un des pays les plus touchés
par la faim et la malnutrition dans l‟Hémisphère occidental. Malgré les importations et l‟aide
internationale, environ 3,8 millions de personnes, soit 40 % des ménages, vivaient en dessous du seuil
de pauvreté et n‟avaient pas les moyens de couvrir les besoins alimentaires de base. 30 % des enfants
6
World Bank 2011 Gestion des Ressources Naturelles en Haiti. BDPA.
Les besoins en nourriture sont à l’heure actuelle beaucoup plus importants avec une population de 10,265 millions; 14 CNSA 2007 – Enquête
compréhensive de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité en milieu rural haitien.
8 USAID 2011 – Haiti Feed the Future 2011-2015 USAID Multi-Year Strategy
7
6
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
souffraient de malnutrition chronique, ce qui représente un coût économique d‟au moins 1,2 milliards $
US, soit 30 % du PIB. (PDNA 2010). Le pays ne dispose pas de programmes intégrés en agriculture et
en sécurité alimentaire à grande échelle.. Ce qui pose indubitablement la question du développement du
secteur agricole au coeur des efforts de long terme du pays pour faire croître son économie, réduire la
9
pauvreté et la faim, et favoriser l’émergence d’une population en bonne sante .
7.
Grandes caractéristiques de l’agriculture haitienne. Cette agriculture, à dominante pluviale, est
caractérisée par la prédominance de petites exploitations : environ 1 million d‟exploitations de faible
superficie (1,5 ha en moyenne). 1,5 million d‟hectares seraient, par ainsi, cultivés de nos jours alors que
la surface à vocation agricole est estimée à 770 000 ha. Les grandes exploitations (250 ha en moyenne)
ne représenteraient que 1 % environ de la superficie du pays et sont pratiquement toutes situées dans
les zones à fort potentiel en terres agricoles. La tenure foncière se caractérise par l‟importance de
l‟indivision à l‟origine d‟un morcellement aigu des terres (ce qui complique les possibilités de
mécanisation)), le problème de l‟insécurité de la tenure, la multiplicité des statuts des terres exploitées
par le même individu et la présence de terres de l‟Etat au statut mal défini (environ 10 % de la superficie
cultivée) Les céréales (sorgho, mais et riz), la banane et les tubercules représentent les principales
cultures emblavées à des fins d‟autoconsommation. Les exportations agricoles restent dominées par le
15
café, le cacao, les haricots, la mangue ( variété francisque surtout) et le vétiver( Vetiver vetiveria) bien
qu‟il existe un potentiel porteur, notamment au niveau du Plateau central, pour les produits organiques
comme le poulet et la pintade créoles et le cabrit (exportation annuelle de 50,000 caprins en République
Dominicaine pour 2 millions $ US, MARNDR 2011). L‟élevage joue un rôle de poids dans les activités de
production agricole de par ses fonctions de trésorerie et de capital sur pied pour les investissements
importants. Les filières d‟élevage doivent cependant faire face à des insuffisances d‟infrastructures de
production, de transformation et de commercialisation.
8. Au plan de l‟hydraulique agricole, entre 135,000 et 180,000 ha peuvent recevoir une forme
incomplète d‟irrigation mais on estime que seulement 80, 000 sur 90,000 ha aménagés seraient
effectivement irrigués avec des insuffisances en système de drainage et en entretien. Malgré cet
effort pour augmenter la surface en irrigué, on estime que l‟eau pour l‟irrigation constitue 80% de
la demande d‟eau nationale (MDE 2001).L‟irrigation, comme outil important d‟intensification de la
production en terrains plats, pourrait permettre de réduire la pression sur les terres des
versants.Mais il faut prendre en compte que les investissements requis pour l‟irrigation sont
énormes et leur amortissement garanti si unensemble de facteurs sont réunis pour contenir les
coûts et les risques et augmenter la productivité et la valeur de la production. Selon CEPALC/
PNUD/MDE 2009, il s‟agit d‟un investissement initial généralement de l‟ordre de U.S. $ 5.000 à
$10.000 par hectare. L‟extension des infrastructures d‟irrigation sur 50.000 hectares
supplémentaires pourrait ajouter annuellement 200 à 300.000 Tonnes d‟aliments à l‟offre
nationale et augmenter le bien-être de plus de 300.000 ruraux. Cependant, ceci représenterait en
même temps un investissement de l‟ordre de 250 à 500 millions de dollars. La durée de vie des
infrastructures d‟irrigation et le coût de l‟entretien des systèmes sont des facteurs déterminants
de leur rentabilité. L‟érosion des sols de montagne réduit la première et augmente le second.
9. La pression démographique conduit à la mise en culture de terres inaptes à l‟agriculture (20 % à
30% des terres cultivées). Les principales conséquences de cette mise en valeur anarchique sont
la disparition du couvert boisé, la surexploitation des bassins-versants, l‟érosion accélérée, la
perte de fertilité des sols et les modifications des régimes hydrauliques des rivières qui affectent
la productivité du secteur agricole. A celà, il faudrait ajouter: (i) la vulnérabilité face aux risques
9
Haiti est le premier exportateur mondial de cette huile essentielle avant le Mexique.
7
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
10
climatiques ; (ii)les rapports fonciers définis par la structure sociale haitienne quifreinent les
investissements, en particulier en matière de reboisement et de conservation de sols; (iii) la
tombée en désuétude, malgré certains efforts récents de redressement, du minimum
d‟infrastructure de recherche scientifique et de vulgrarisation dont disposait le pays à la fin des
années 1980 et avec pour conséquences plus d‟une vingtaine de pestes et maladies qui
pénalisent les performances du secteur; (iv) la déperdition du matériel génétique agricole en
17
raison de l‟effritement de la biodiversité , des pestes et maladies; (v) le manque d‟accès aux
services financiers ( prêts saisonniers, crédit- stockage, prêts d‟urgence etc) et aux intrants en
raison de la faible pénétration des institutions de micro-finance en milieu rural et du peu d‟attrait
que le crédit agricole représente pour les financiers ( experience malheureuse dans le temps de
la Banque de Crédit Agricole); (vi) le manque d‟accès aux marchés rémunérateurs associé à une
segmentation et une inorganisation des filières.
10. Déclin de la pêche. Le littoral haïtien s‟étend sur 1771 km soit l‟équivalent de près de 20% des
2
surfaces terrestres et comprend un plateau continental relativement étroit de 5000 km .. Le potentiel
économique de ces espaces côtiers et marins est significatif et encore largement sous-exploité sous
certains aspects et ce en dépit de certaines avancées (vulgarisation des dispositifs de concentration de
poissons). On estime que plus de 50.000 habitants sont impliqués dans les activités de pêche à temps
plein ou à temps partiel (IRAM-INESA/Gilles Damais, 2007). On compterait en plus environ 20.000
intermédiaires impliqués dans la commercialisation des produits de la pêche, soit au total plus de
300.000 habitants dépendant des revenus issus des ressources de la mer. La valeur de la production du
sous- secteur serait de l‟ordre de US. $ 85 Millions (IRAM-INESA, 2007). Les zones littorales à fort
potentiel de pêche sont aussi celles où débouchent des cours d‟eau importants. L‟importance des
transports de sédiments dans ces cours d‟eau affecte directement l‟environnement marin et son potentiel
productif pour la pêche. De larges étendues côtières subissent en effet actuellement un processus
d‟hyper sédimentation dû à l‟érosion des bassins versants.
11. Au niveau de ces zones littorales, la dégradation des sols affecte donc l‟ensemble des activités
économiques actuelles ou potentiellement génératrices de revenus futurs. Le problème se pose
également pour les eaux intérieures. Pour le lac de Péligre, qui supporte une activité de pêche d‟eau
douce significative, on estime que la concentration de sédiments en suspension est de l‟ordre de 1600
mg./l. Elle est donc supérieure de plus de 30% à la concentration recommandée pour la faune aquatique
(CRC-OXFAM, 2006). Dans le Lac Azuei, les problèmes de turbidité des eaux sont accentués par la
présence de carrières exploitant du sable pour la construction sur les rives.
12. Le milieu rural et les femmes : archétypes de la pauvreté. La pauvreté demeure un phénomène
majoritairement rural en Haiti. Le profil de la pauvreté établi par FAFO 2005 et cité par le Ministère de la
Planification et de la Coopération Externe (DSCNRP 2007) montre que le milieu rural (63% de la
population) est un réservoir important où s‟observe la pauvreté extrême. Sur 100 personnes affirmant ne
pas pouvoir satisfaire leurs besoins alimentaires dans le pays, 77 habitent le milieu rural, 9 la zone
11
métropolitaine et 14 dans les autres villes. Les travailleurs indépendants, particulièrement les
travailleurs agricoles, sont plus fortement concernés par l‟extrême pauvreté, situation illustrant la
faiblesse des opportunités en milieu rural, le bas niveau de productivité dans l‟agriculture dû à la faible
10
Risque climatique:: probabilité de pertes possibles ( déecès, blessures, dommages lies à la propriété et à l‟environnement ou perturbation du
mode de vie et des activités „economiques ou autres consequences néfastes causes pasr l‟interaction entre les aléas naturels d‟origine climatique
et un état de vulnérabilité (PNUD/AECID 2012); 17 Pour ne citer qu‟un exemple réel peu connu, la grande diversité de variétés de haricot à grains
rouges en Haïti a permis à des centres de recherche internationaux d‟isoler, entre autres, des plants présentant des gènes de résistance à
certaines races d‟anthracnose, une maladie courante sur cette culture ( MDE/CEPALC/PNUD 2009). L‟érosion actuelle du pool génétique de
haricot rouge peut ainsi avoir des conséquences négatives sur l‟économie des ménages.
11
Sous cette expression regroupent Port-au-Prince, la capitale, et où gravitent les communes de Pétion-Ville, Delmas, Carrefour,
Croix des Bouquets, Cité Soleil et Tabarre.
8
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
taille des exploitations, au manque d‟accès au crédit et aux intrants, à un outillage rudimentaire, à
l‟enclavement et au manque d‟infrastructures.
13. Comme le montre le tableau suivant, l‟incidence de la pauvreté et de l‟extrême pauvreté se manifeste
de manière beaucoup plus importante en milieu rural. Pour la pauvreté extrême, elle est presque trois fois
plus élevée que dans l‟aire métropolitaine. La grande majorité des pauvres du pays (74%) vit en milieu
rural où l‟agriculture est la principale activité et les services de base quasi-inexistants. Les activités
agricoles emploient 69% des actifs ruraux occupés dont 25% interviennent dans le tertiaire (commerce,
services).
Tableau 1 – Incidence de la pauvreté en Haiti par milieu de résidence
Milieu de
résidence
Aire
métropolitaine
Autre milieu
urbain
Milieu rural
Total
Incidence de
la pauvreté
extrême
23
Incidence de
la pauvreté
générale
45
Contribution à
la pauvreté
extrême
9
Profondeur de
la pauvreté
Indice de GINI
0.10
0.523
57
76
14
0.33
0.639
67
56
88
77
77
100
0.37
0.31
0.629
0.653
Source – Profil de la pauvreté. FAFO 2005 cité par MPCE 2007
14.Dans une perspective de genre, l‟incidence de la pauvreté extrême dans les ménages ayant une
femme comme principal contributeur (58%) est sensiblement plus élevée que dans ceux ayant un homme
(53%), selon les statistiques fournies par le Ministère de la Planification reprenant les données d‟une
Enquête sur les Conditions de Vie en Haiti. Dans l‟enquête Budget consommation des ménages de 2000,
près de 48% des inégalités de consommation sont expliquées par le sexe du chef de ménage. La
consommation moyenne est ainsi plus faible pour les ménages dont le principal contributeur est une
femme et les inégalités dans leur dimension sociale et de capacité paraissent plus favorables aux
hommes qu‟aux femmes.
15. Disparités régionales dans le domaine de la pauvreté. Si la pauvreté est un phénomène
majoritairement rural, les zones pauvres de Haiti sont nettement différenciées en fonction de critères
géographiques tels que les besoins fondamentaux de base, l‟accès aux services de base et ne sont pas
égalitairement réparties sur tout le territoire haitien. Le tableau ci-après révèle une forme de
hiérarchisation géographique du phénomène en fonction du degré de pauvreté pour cinq (5) des dix (10)
Départements géographiques que compte le pays . (i) Zones de concentration de la population en
situation de pauvreté sévère : 1) Département du Centre (61%); 2) Grande Anse (45,4%); 3)
Artibonite (40,3%) ; Nippes (38,8%); Sud-Est (39,6%); (ii) Zones de concentration de la population
vulnérable à la pauvreté : 1) Sud (24,2%) ; 2) Nippes (24.1%); 3)Sud-Est (23%); 4) Nord-Est (21,5%); 5)
Nord-Ouest (20,7). Il convient de noter que les Départements de Nippes et du Sud-Est apparaissent
comme une constante dans cette hiérachisation géographique de la pauvreté et qui reviennent à chaque
fois indépendamment du critère pauvreté sévère et vulnérabilité à la pauvreté.
B. Défis, problèmes environnementaux clés et pauvreté en Haiti
16. Inextricabilité des liens entre Environnement-Pauvreté. Depuis près d‟une trentaine d‟années ,
Haïti fait face à une situation environnementale qualifiée de catastrophe écologique où tous les
9
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
indicateurs ont dépassé leur seuil d‟alerte, qu‟il s‟agisse du taux de déforestation, de la dégradation des
bassins versants et des zones côtières, des urgences engendrées par les inondations fréquentes, de
l‟effritement de la biodiversité, de la sédimentation des rivières, de la pollution urbaine. L‟environnement
et les conditions d‟exploitation des ressources du milieu naturel revêtent une grande importance pour les
gens qui vivent dans la pauvreté en Haїti. Leur bien-être est intimement lié à l‟environnement en termes
de leurs moyens d‟existence, de leurs conditions de santé, de leur cadre de vie, de leur vulnérabilité aux
chocs et stress environnementaux et de leur développement. Il existe une relation réciproque et
interdépendante entre ces différentes dimensions du développement.
Tableau 2 Pauvreté multidimensionnelle par région géographique en Haïti
17. Articulation de la dégradation de l’environnement avec le secteur ARD. Les haїtiens pauvres,
particulièrement ceux vivant dans le monde rural, dépendent souvent sur une variété de ressources
naturelles ( biodiversité) et des services des écosystèmes ( eau, microclimats favorables à la production
agricole, paysages scéniques comme lieux de culte et de génération de revenus comme Saut d‟Eau par
exemple etc) comme source directe de leurs moyens d‟existence. La dégradation des ressources
naturelles et la perte de la biodiversité représentent une constante menace pour les conditions
d‟existence de la population en général avec des conséquences désastreuses sur les systèmes agricoles
qui mettent à mal toute stratégie de sécurité alimentaire pour réduire la faim et la pauvreté.
18. La déforestation a pratiquement réduit l‟espace forestier haïtien en une peau de chagrin. Même si les
statistiques divergent sur la portion du territoire occupée par les forêts, tous les spécialistes s‟accordent à
reconnaître que l‟ampleur de la régression de l‟espace forestier n‟a jamais été aussi alarmante. En effet,
on estime par exemple que la couverture forestière est passée de 20% au début des années 1960 à
moins de 10 % dans les années 1980/1990 et aujourd‟hui celle-ci ne dépasserait pas 1,5 % du territoire
national. Entre 30 et 50 millions d‟arbres sont coupés chaque année en Haïti. Ceci représente environ 5,4
millions de tonnes de bois. De cette quantité, 4 millions de tonnes servent comme bois de feu tandis que
10
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
le reste (1,4 million) est transformé en charbon de bois (250 000 tonnes de masse finale). La productivité
actuelle du couvert forestier haïtien est évaluée à près d‟un million de tonnes de bois. Le stock de bois
sur pied est estimé à environ 26 millions de tonnes et son taux de croissance est de 3,8 % (ESMAP,
2007; CEPALC, 2005). Le prélèvement du bois est de loin très supérieur à la productivité annuelle des
formations forestières et agroforestières.
19. Environnement rural haitien, déforestation et dégradation des terres. L‟environnement rural
haïtien est en dégradation accélérée, avec comme résultats les plus directs le déboisement comme
illustré en paragraphe 37 et l‟érosion, un des facteurs principaux de la dégradation des sols en Haïti.
L‟impact indirect est significatif, reflété par une diminution de la productivité agricole (la productivité
agricole a décru entre 0,5 et 1,2 % par an durant les dix dernières années). Le niveau de la production
agricole est très faible, comparé à la croissance accélérée de la population. La topographie particulière
du pays (52 % de la surface du pays se retrouve sur des pentes de 40 % et plus) et la pluviométrie (1 400
mm de pluie en moyenne, avec des pointes à 4 000 mm, concentré sur une période de six mois) sont des
facteurs prédisposant à l‟érosion des sols. Conjugué à la déforestation massive, cet état ne fait que
s‟aggraver. Il est estimé que plus de 42 millions de mètres cubes de sols sont lessivés annuellement
(équivalant à 12 000 hectares sur 20 cm d‟épaisseur (ou 36,6 millions de tonnes (ESMAP, 2007)). Cette
situation, qui se poursuit année après année a des conséquences majeures. A l‟échelle nationale, les
pertes de production dues à l‟érosion des sols en montagne pourraient être, selon une étude du Ministère
de l‟Environnement, de la CEPALC et du PNUD en 2009 de l‟ordre de 4 à 5 millions de dollars américains
par an en valeur actuelle. Ces pertes résulteraient pour plus de 80% de la mise en culture de sols à pente
supérieure à 50% et dans la capacité réduite des bassins versants à emmagasiner de l‟eau .
20. Dégradation des bassins versants-changement dans le cycle hydrologique des rivièresdiminution de la productivité des écosystèmes côtiers et marins. Les bassins versants présentent
logiquement une unité terrestre de drainage topographiquement définie allant très souvent jus qu‟à la
mer et sur laquelle peuvent se baser les activités de gestion de l‟environnement et de
développement durable du pays. Le territoire est découpé en 33 bassins versants et zones
hydrographiques dont 25 des 30 principaux bassins sont en voie de dégradation accélérée selon le Plan
d‟Action pour l‟Environnement formulé en 1999 par l‟Etat haïtien. Les sols agricoles localisés dans ces
bassins versants sont sujets à des phénomènes accélérés et généralisés d‟érosion qui diminue le
rendement agricole des terres et représente une grande menace pour la sécurité alimentaire du pays.
Comme conséquences, le cycle hydrologique a changé, et les niveaux de rivière atteignent
rapidement de dangereux pics après des chutes de pluie lourdes ou prolongées tragiquement
illustrés par les eaux déferlantes de la Rivière La Quinte aux Gonaïves et les évènements de Fonds
Verette et de Mapou en 2004. En contrepartie, le régime d‟étiage c‟est-à-dire de plus basses eaux
est drastiquement réduit au moment où les pluies sont faibles et les besoins en eau des plantes dans
les aires irriguées sont les plus importants ; ce que les techniciens haïtiens désignent avec gravité par
le phénomène des rivières sèches, avec un impact négatif sur les projets d‟irrigation et les niveaux
des sources. Par exemple dans l’Artibonite selon le Ministère de l’Environnement, la CEPALC et le
PNUD, le manque d’eau a pour résultat que près de 5.000 hectares sont laissés en friche à chaque début
d’année et que la production agricole est fortement réduite sur 5.000 hectares supplémentaires. Dans les
zones côtières et marines, cette dégradation des unités de drainage a également un impact négatif
sur la diversité biologique marine, vu que le sédiment des rivières prive de l‟oxygène les récifs
coralliens et les couches d‟herbiers marins. En effet, les écosystèmes côtiers et marins sont en voie de
dégradation accélérée non seulement à cause de la surpêche dans les zones les plus accessibles et de
la surexploitation des mangroves mais aussi en raison de la pollution d‟origine tellurique (sédimentation,
déchets domestiques et industriels) consécutive de la dégradation des bassins versants.
21. Vulnérabilité environnementale aggravée par les changements climatiques. Les haїtiens
pauvres sont de plus en plus exposés aux effets des catastrophes naturelles en raison de la forte densité
de la population et de son accroissement important, des migrations, de l‟urbanisation aveugle, de la
11
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
12
dégradation du milieu et des changements climatiques. Selon le MDE , il existe une fracture
environnementale claire et évidente, liée aux risques et désastres naturels qu‟exacerbent les
changements climatiques, et qui affecte le pays en plus des problèmes liés aux crises sociales et
politiques depuis 1986. En effet, les principaux facteurs de vulnérabilité en Haïti sont directement liés aux
conditions de pauvreté et aux processus de dégradation de l‟environnement. En particulier, les facteurs
de vulnérabilité physique dérivent des hautes densités de populations dans des zones à risques (Morne
L‟Hôpital, ravines au-dessus de Port au Prince, bidonvilles en zone de littoral comme Carrefour, Cité
l‟Éternel, Cité Soleil, Jalousie et Dézermite à Pétion Ville, La Fossette au Cap-Haїtien, Raboteau sur le
littoral des Gonaїves et Sainte Hélène à Jérémie), et de populations soumises à des risques quotidiens
(pollution, risques sanitaires, incendies). A ces nouveaux risques s‟ajoutent des risques complexes liés à
la vulnérabilité sociale dû aux conditions d‟indigence et d‟incapacité de prévenir et d‟atténuer les risques.
Ces conditions de vulnérabilité sociale n‟ont pu que s‟aggraver lors des évènements de Février 2004 (
inondation des Gonaives et destruction de la ville de Fonds Verettes) et du 12 Janvier 2010 ( séisme
dévastateur), à cause des problèmes de gouvernance et de manque de maîtrise de l‟espace rural et
urbain.
C. Le régime de climat du pays et considérations spécifiques liées aux risques et aux
désastres naturels
ème
22. Le changement climatique est manifestement le plus grand défi au développement du 21
siècle.
On prévoit qu‟il aura des conséquences graves voire catastrophiques à court et moyen terme dans les
différents secteurs de développement ( notamment l‟agriculture) si les mesures ne sont pas prises pour
réduire significativement les émissions de Gaz à Effet de Serre par rapport à leurs niveaux de 1990 et
incorporer les réponses prioritaires en matière d‟adaptation au changement climatique afin d‟atténuer les
risques potentiels liés au développement et d‟exploiter les opportunités. Les risques climatiques et les
catastrophes naturelles sont, de nos jours, étroitement corrélés au progrès et à l’évolution du secteur
ARD et représentent une grande menace pour les acquis et les efforts d’investissement enregistrés dans
ce contexte. Cette section du rapport fournit, pour plus de clarté, un apercu sur la situation de référence
en terme de régime climatique et de manifestation des risques et désastres naturels qui prévaut en Haïti
avant de décliner ce qui tient lieu d‟exacerbation apportée par le changement climatique, d‟analyser les
nouveaux défis qu‟il pose et de définir des interventions de développement appropriées conformément au
mandat de cette EES.
23. Un climat tropical soumis à des processus atmosphériques et sous-tropicaux et à des
systèmes polaires et convectifs locaux. Haïti, située au Nord de la Caraïbe, connait un climat tropical
chaud et humide avec des températures journalières pouvant osciller entre 19º et 28º C en hiver mais qui
peuvent chuter jusqu‟à 8º et 10º C et même plus bas dans les sommets des Parcs Nationaux de Macaya
et de La Visite. La température varie entre 23º et 33º C au cours de l‟été. La saison des pluies s‟étend
d‟avril à juin, et s‟intensifie d‟août à novembre où s‟intercale la saison cyclonique prenant effet
généralement de juin jusqu‟à la fin du mois de novembre. Le climat de Haïti est le résultat de la position
du pays dans les Caraïbes et sa physiographie montagneuse (Le nom Haïti dérive d‟ailleurs d‟un mot
Améridien qui signifie terre Montagneuse). Le climat des plaines et des régions montagneuses basses
est originairement de type tropical de mousson tandis qu‟en montagne il est subtropical (18 – 20 degré
Latitude Nord, modéremment chaud et tempéré). Les vents dominants, porteurs d‟eau, sont de direction
Nord et Nord-Est. Comme résultat, les écosystèmes humides se retrouvent généralement sur les
versants montagneux exposés au vent et les écosystèmes sub-humides dans la partie moins arrosée de
l‟exposition sous le vent. La plupart des précipitations sont le fait des Alizés du Nord-Est et à un degré
moindre des vents venant de l‟Est. Pendant l‟hiver boréal, l‟influence des fronts polaires peuvent aussi
apporter des pluies importantes notamment au niveau de la Presqu‟île du Sud.
12
MDE 2013 – Plan triennal d‟interventions en Environnement
12
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
24.
Au cours de la saison des pluies; les processus atmosphériques peuvent être intenses et
engendrer soit des déficits importants dans le bilan hydrique (i.e. sécheresses), soit des fortes
précipitations suivies d‟inondations, de glissements de terrains et de coulées torrentielles de débris,
souvent meurtrières et dévastatrices. Pendant cette période, comme pour l‟ensemble de la Caraibe, Haïti
est principalement soumis à des perturbations tropicales (orages plus ou moins organisés), parfois
influencés par la Zone de Convergence Intertropicale, et véhiculées d‟Est en Ouest par les alizés
(circulation moyenne de l‟atmosphère) et les ondes tropicales. Ces perturbations de basse pression
peuvent évoluer et donner naissance à des systèmes cycloniques générateurs d‟abondantes
précipitations et de vents intenses. Au-delà de ces perturbations, le pays peut également être affecté par
des systèmes frontaux polaires et orographiques-convectifs (orages) à l‟échelle locale (renforcé par les
effets locaux : reliefs, cap exposés, etc.), pouvant être aussi à l‟origine d‟inondation et de mouvements
de terrains liés à de fortes precipitations. Ce qui donne donc lieu à des pluies locales spécifiques
influencées, pour la plupart, par les facteurs orographiques ( liés à la topographie, en particulier l‟effet de
Foehn).
25. Un ensemble non homogène caractérisé par une diversité de zones climatiques.En général,
les schémas de distribution de pluie varient de moins de 400 mm dans le Nord-Ouest à plus de 3000 mm
dans les montagnes du Sud-Ouest. Les zones côtières arides et semi-arides reçoivent moins de pluie.
Deux chaînes dans la partie méridionale du pays - le Massif de la Hotte et le Massif de la Selle incluant
Pic la Selle ( le plus haut pic du pays à 2,684 mètres au-dessus du niveau de la mer) – représentent les
points les plus humides de Haïti. Il y a lieu, cependant, de reconnaître que le pays est caractérisé par une
diversité de zones climatiques qui fait de lui un ensemble non homogène d‟un point de vue de microclimats et de la disponibilité des ressources hydriques.L‟absence de données systématisées et
répertoriées sur une longue période à travers tout le territoire empêche de s‟aventurer à présenter des
moyennes de précipitation annuelle pour tout le pays malgré les tentatives de modélisation numérique et
d‟extrapolation à partir de cartes d‟hysoyètes du pays de certains auteurs ( Voir Javier Saborio 2012Bilan Hydrique pour Haiti et Zones de Vie). La carte de la figure 2 présente par contre, de manière
schématique, les zones climatiques d‟Haïti, classées par leur exposition aux précipitations, ainsi que les
principaux facteurs météorologiques associés. L‟ensemble du pays est soumis à des précipitations
fréquentes et importantes sur les reliefs (effet orographique et convection renforcé). Les valeurs situées
dans la zone s‟étendant de Grande Anse au Sud-Est sont également influencées par une exposition
renforcée aux ondes tropicales de l‟Est et aux perturbations venant du Sud-Ouest ( Sergio Mora et al
2011). Le Nord peut connaitre l‟influence des passages des systèmes frontaux (dépressions
extratropicales froides reprises dans le flux d‟ouest). La totalité du pays est exposée aux tempêtes et aux
cyclones tropicaux.
26. Des sécheresses récurrentes sous l’influence de El Niño/ENSO. Selon Sergio Mora et al 2011,
des déficits prolongés dans le bilan hydrique se sont présentés de manière récurrente en Haïti. Pendant
ème
le 20
siècle, les documents historiques montrent des épisodes en 1923-24, 1946-47, 1958-59, 196668, 1974-1977, 1981-1985 (Mora 1986 ; NOAA). Ces périodes de sécheresse se sont accompagnées, à
plusieurs reprises, des baisses considérables de productivité agricole de d‟approvisionnement d‟eau
13
potable conduisant à des conditions de vulnérabilité alimentaire voire des famines . L‟origine des
sécheresses en Haïti peut être rattachée et corrélée avec les épisodes « chauds » d‟El Niðo/ENSO
((Condition climatique générant des anomalies à grande échelle, liées à l‟augmentation des températures
de la surface de l‟Océan Pacifique).
27. La carte de la figure 3 (Banque Mondiale, BID, GFDDR 2011) montre les zones les plus touchées
par les sécheresses avec l‟insertion d‟un encart montrant les régions les plus touchées, de manière
chronique par des périodes d‟augmentation de la vulnérabilité alimentaire (FAO, 2002). Donc
indépendamment du changement climatique, les menaces liées à la variabilité climatique sont donc
13
La famine la plus notoire et la plus médiatisée est celle qui s‟est produite en 1976 et qui a affecté plus particulièrement le NordOuest du pays où certaines familles, pour survivre, ont dû, selon les reportages des stations de radios de l‟époque, consommer
des boues d‟argile. 450,000 personnes ont été touches dans le Nord et le Nord-Ouest. Port-de-Paix, le chef-lieu du Dépatement
du Nord-Ouest avait alors recu 50% de la normale des pluies.
13
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
fréquentes en Haïti et dérivent de différents types de processus atmosphériques tropicaux et soustropicaux, avec des intensités variables dans l’espace et dans le temps; le phénomène ne fera
qu’accentuer et exacerber ces menaces.
Figure 2. Sources principales des précipitations et zonage climatique (D’après Centre National de
Météorologie)
28. Un pays à risques naturels multiples et l’un des plus exposés au monde. En raison de ses
caractéristiques géophysiques, environnementales et socio-économiques , Haïti offre une résistance aux
évènements naturels très faible. Haïti, à travers son histoire, est un pays marqué par de multiples aléas (
Tableau 3). Il se trouve, en effet, confronté à un large spectre de menaces naturelles d‟origine
hydrométéorologique (cyclones, sècheresses) et sismique (tremblements de terres, tsunami) et, de par
sa topographie escarpée, est sujette à une géodynamique particulièrement accentuée, ce qui provoque
de fréquentes inondations, glissements de terrain et éboulements.
14
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Figure 4. Carte des régions les plus exposées aux sécheresses. L’encart montre les régions les
plus touchées par l’insécurité alimentaire.
15
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
ème
Tableau 3 – Les aléas naturels les plus destructifs en Haiti depuis le 18
siècle
Aléas
Nbre
%
Décès
%
Affectées
%
Evènements
Hydrométéorologiques
97
69.29
19,262
7.53
5,363,876
45,60
Sécheresses
20
14.29
2,668,000
22.68
Séismes et
13
9,29
235,952
92.22
3,721,730
31.64
Tsunamis
Glissements de
10
7.14
635
0.25
10,509
0.09
terrain et flux de
débris torrentiels
TOTAL
140
100.00
255,849
100.00
11,764,115
100.00
Sources: Observatoire du Petit Séminaire Saint Martial (1701-1963 in Mora 1986); Croix-Rouge Haitienne
(1968-1985); OPDES (1983 – 1997); DPC (2000-2010); CRED (2002-2008). Cité par Dilley et al 2005,
Banque Mondiale. Période manquante ou sans information complète et fiable: 15~eme jusqu‟au 19ème
siècle; Septembre 1997 àOctobre 2000; Octobre 2000-Avril 2003.
29. Dans son Rapport Mondial sur la Réduction des Risques de Désastres, publié en 2004, le PNUD
propose un Indice des Risques de Désastres (DRI), qui compare les différents pays du monde quant à
leur degré d‟exposition aux aléas naturels et les pertes de vies humaines qui en découlent. Ce rapport
part du constat que des pays confrontés à des menaces comparables affichent des pertes différenciées
en vies humaines dûes aux désastres. A en juger par ces données, pratiquement 96% de la population
haïtienne est exposée aux cyclones tropicaux, qui ont une récurrence en moyenne d‟une fois tous les
trois ans. Avec un pourcentage aussi élevé de sa population vivant dans des zones à risque, Haïti a la
plus haute côte de vulnérabilité en termes de cyclones parmi les Petits États Insulaires en
Développement (12,9 sur une échelle de 13). Mais plusieurs autres pays de la région Caraïbes sont
soumis aux mêmes menaces, mais toutefois affichent des taux moindres de mortalité. Ceci dérive
directement des conditions de vulnérabilité physiques, sociales et économique qui font de Haïti un des
pays les plus vulnérable et les plus hautement exposés aux aléas naturels multiples au monde selon une
étude de la Banque Mondiale sur les zones névralgiques de désastre naturel ( Dilley et al 2005). Ces
constats et tendances sont aussi confirmés au niveau régional puisque Haïti est le pays le plus
vulnérable de l’Amérique Latine et les Caraibes et dont la résilience est la plus faible en relation aux
chocs et stress environnementaux issus des risques et désastres naturels. Une étude sur l‟impact des
désastres sur l‟Amérique Latine et les Caraïbes réalisée par la CEPALC montre que la région accuse en
moyenne 3,490 morts chaque année et de ce chiffre on estime que la moitié est enregistrée pour Haïti (
Ricardo Zapata-Marti/CEPAL 2007).Ces désastres, cumulés, provoquent les pertes constantes d‟acquis
du développement et contribuent à perpétuer le cercle vicieux de la pauvreté- risques climatiquesvulnérabilité en Haïti.
30. L‟ampleur des catastrophes en série frappant le pays avec leur lot de pertes en vies humaines et
de destruction des infrastructures pose la problématique de la gestion du risque et de désastres naturels
comme l‟un des plus importants et complexes défis environnementaux que la population haïtienne doit
ème
affronter au cours de ce 21
siècle. La question du risque et de désastres naturels interpèlle, par ainsi
les politiques publiques, et se pose de plus en plus comme le catalyseur d’une prise de conscience de
l’urgence des enjeux environnementaux liés à ces processus physiques terrestres aggravés et exacerbés
par le changement climatique. La fracture environnementale, la vulnérabilité plurielle aggravée par le
changement climatique à laquelle sont exposées les couches les plus pauvres de la population hatienne
compromettent donc le développement durable du pays dans son ensemble avec le secteur ARD en
première ligne.
16
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Annexes II : Coopération du développement en lien avec l’adaptation et la résilience climatique entre
différentes institutions sur le territoire haïtien.
Tableau 1 – Liste non exhaustive de programmes/projets des partenaires de la coopération du développement en lien avec
l’adaptation et la résilience climatique.
Agenc
es
Prog/projet
Objectif
Lien avec
adaptation
et résilience
climatique
d
i
r
e
c
t
PNUD,
GEF,
Fonds
PMA
Projet
Renforcem
ent
des
capacités
d‟adaptatio
n
des
communaut
és côtières
en
Haïti
pour
aborder les
menaces
du
changemen
t climatique
sur
les
Renforcer
la capacité
du pays à
intégrer les
politiques
d‟adaptation
au
changemen
t climatique
dans
les
plans
de
développement local
et national
X
Activités saillantes en
lien avec adaptation et
résilience
Potentiel centre
d’intérêt pour
FIDA
Observa-tions
Réseau de partage
de données pour des
informations
climatiques
pertinentes
aux
producteurs agricoles;
outils de planification
pour
adapter
le
secteur agricole à
l‟augmentation de la
fréquence
des
évènements
climatiques extrêmes,
intégration
de
la
gestion des risques
climatiques dans les
Intégration du
change-ment
climatique dans
les politiques,
plans et projets;
outils et supports
méthodologiques pour
prise en compte
adaptation au
niveau local;
analyse et
énoncés
d‟orienta-tions
stratégiques sur
la facon dont
Partenaire d‟implémentation: MDE;
autres partenaires:
CNSA, CNIGS,
DINEPA, CIAT;
financé avec les
fonds PMA/GEF;
Montant total:
13,280,000
millions USD;
période d‟exécution: 2010-2014
a Base
p pour
p adapt
a ation
r
et
e résili
n ence
t
é
17
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
strategies
de
développe
ment
durable
Unio
n
Euro
péen
ne
Projet
d‟Appui à la
prise en
compte du
changemen
t climatique
dans le
développe
ment
national
d‟Haïti
Réduire la
vulnérabilité d‟
Haïti face
au
changemen
t climatique
en
renforcant
la capacité
du
gouvernement à
intégrer la
viabilité
environnementale
et
l‟adaptation
au
changemen
t climatique
dans les
politiques,
stratégies,
programme
X
cadres
d‟investissement
humanitaires et
développement.
l‟adaptation peut
renforcer la
sécurité
alimentaire,
réduire la
pauvreté et
contribuer au
développement
durable;stratégie
s locales
d‟adapta-tion et
de mitigation
Renforcement des
mécanismes
institutionnels, de
capacités et de
moyens en gestion
environnementale;
démonstration et
testage de pratiques
et techniques à faible
impact environnemental et grand
potentiel
d‟accroissement de la
resilience au
changement et aux
aléas climatiques;
prise en compte du
changement
climatique dans la
planification et la mise
en oeuvre;
applications en terme
de surveillance,
contrôle et prévisions
climatiques;
Vulgarisa-tion de
techniques et
pratiques
innovantes
applicables à la
sécurité
alimentaire au
niveau
communau-taire;
formation en
stratégie et
techniques
d‟adapta-tion
innovantes
applicables au
secteur ARD;
consolida-tion de
la résilience des
bassins versants
et des
infrastructures
hydro-agricoles
vulnérables aux
désastres
naturels
18
Le projet: une
application du
GCCA à l‟échelle
nationale;
Partenaire
d‟implémentation:
Bureau de
l‟Ordonna-teur
National; autres
partenaires: MDE(
ONEV,
DPRCC); CNIGS
Montant global: 6
millions Euros;
Période d‟exécution:
2014-2018
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
et projets
de
développement
d‟Haïti
Banque
Mondial
e, BID,
FSC (
Fonds
Stratégi
-que
pour le
Climat),
FIC (
Fonds
d‟Invest
issement
pour le
Climat)
PPCR/Haiti
Intégrer les
politiques
d‟adaptatio
n au
changemen
t climatique
dans la
stratégie et
les
programme
s de
développement;
proposer
des projets
pilotes
d‟investisse
ment
d‟adaptatio
n au
changemen
t climatique
dans les
programme
s
sectoriels
X
Formulation d‟un
cadre de stratégie de
résilience climatique;
integration du
changement
climatique aux
themes Agriculture et
sécurité alimentaire,
zones côtières,
reconstruction,
renforcement des
institutions nationales
19
Capitalisa-tion au
cas où les concepts
de projets identifiés
dans le plan
d‟investis-sement
viendraient à être
mis en oeuvre
Le programme:
une application
nationale du
PPCR régional; un
draft du cadre de
stratégie de
résilience est en
circulation; Quatre
concepts de
projets
d‟investissement
ont été identifies:
1) Améliora-tion de
la résilience
climatique
Artibonite-Centre;
2) Gestion côtière
et adaptation
climatique dans la
section côtière
Léogane-St Marc
3) renforce-ment
de la gestion des
données
hydrométéorologiq
ues et climatiques
et de la ressource
en eau; Renforcement des
capacités,
génération et
dissémina-tion de
connais-sance,
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
PNU
D,
GEF,
AusA
id
Programme
d‟Adaptatio
n
Communau
taire à la
Base aux
Changeme
nts
Climatiques
(CBA)
Améliorer
la capacité
d‟adaptatio
n aux
changemen
t et
variabilité
climatiques
des
communautés
locales par
des
mesures
communaut
aires
susceptible
s
d‟accroître
la résilience
des
systèmes
et des
écosystèm
es de
subsistance
FAO,
Fond
s
PMA
Projet
Renforcem
ent de la
résilience
Réduire
l‟impact de
la variabilité
et du
X
X
Promotion de
systèmes intensifs de
production de
production agricole
par amelioration des
pratiques culturales et
l‟utilisation des eaux
de surface et
d‟irrigation à moindres
coûts; promotion de
l‟intensification de
l‟élevage par
l‟introduction
d‟animaux adaptés et
améliorés; promotion
de techniques et de
technologies
adéquates pour la
valorisation des
produits forestiers
non ligenux
technologies;
vulgarisation
d‟espèces
agroforestières
porteuses en matière
de resilience;
vulgarisation de
pratiques de pêche
plus responsables.
Identification,
validation et
introduction
appropriée de
20
Lecons apprises
des projets
d‟adapta-tion
com-munautaire
au changement
climatique et
intégration
desdites lecons
dans les
inititatives
régionales du
FIDA (Nord-Est
en particulier);
renforce-ment
des capacités
des OCB dans la
préparation et la
soumission, aux
fins de financement, de projets
communautaires
d‟adapta-tion au
changement
climatique
Consolida-tion
de la résilience
des systèmes de
culture, des
dialogue autour
des politiques
publiques en lien
avec la résilience
au changement
climatique
CBA: Stratégie du
Programme de
Pays ( Small
Grants
Programme ou
Microfinan-cement
du GEF); Supporté
par le Gouvernement Australien
(AusAid);
Période
d‟exécution: 20102015; zone d‟intervention: Nord-Est;
Montant du CBA:
non précisé
Des “ malentendus” sur les
arrange-ments
institution-nels
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Banq
ue
Mon
diale/
GRA
SP
(Glo
bal
Agricultu
re
and
Food
Secu
rity
climatique
et réduction
du risque
de
désastre en
agriculture
pour
améliorer la
sécurité
alimentaire
dans l‟Haiti
post-séisme
changemen
t climatique
sur les
groupes
d‟agriculteu
rs
vulnérables
en
mitigeant
l‟impact sur
les
ressources
naturelles
vitales en
vue de
garantir la
durabilité
de la
production
agricole et
de
contribuer à
la sécurité
alimentaire
ProjetRelance de
l‟Agriculture
:
Renforcem
ent des
Services
Publics de
l‟Agriculture
-Phase II
Renforcer
la capacité
du
MARNDR
pour définir
et
implémentter la
Stratégie
Nationale
de
Vulgarisation en vue
d‟accroître
l‟accès des
X
semences, de
systèmes de cultures,
de cultivars et
amélioration de
pratiques
traditionnelles
d‟adaptation ;
agroforesterie;
pratiques de gestion
durable des terres et
de l‟eau;
renforcement des
institutions locales et
associations pour
encourager
l‟information,
l‟éducation et
dissemination de la
gestion du risque liée
au climat et désastre
régional
bassins versants
et des infrastructures
hydroagricoles;
consolida-tion de
la résilience des
populations
vulnérables aux
chocs; réponses
climatiques
pertinentes
ciblant les
exploitants
agricoles
avaient retardé le
démarrage de ce
projet;
Source de
financement: 2
millions USD du
Fonds PMA/GEF
Réformes
organisationnel-les et
institutionnelles à
différentes échelles
géographiques
Appui aux services
d‟extension et
d‟innovations
agricoles à travers la
mise en place d‟un
Dispositif d‟Appui aux
marches
Réserves de
contingence pour des
Réponses d‟Urgences
Synergie en
gestion de
savoirs et
promotion d‟une
culture d‟apprentissage
Finance-ment: 10
millions USD
21
Appropriation par
les entités organiques du Ministère
de l‟Agricul-ture des
savoirs générés par
les projets
Vulgarisa-tion et
dissémina-tion des
Période d‟exécu-tion:
3 ans ( 2012-2015)
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Prog
ram
me)
BID/
GRA
SP
ProjetTransfert de
Technologi
e aux Petits
Agriculteurs
petits
agriculteurs
aux
services de
vulgarisation
agricole…
et fournir
l‟assistance
financière
en cas
d‟urgences
survenues
dans le
secteur
agricole
Contribuer
à améliorer
durablement le
revenu des
petits
agriculteurs
et la
sécurité
alimentaire
pour
environ
30,000
agriculteurs
dans le
Nord et le
Nord-Est à
tavers
l‟accès aux
services
agricoles
améliorés
et
l‟investisse
X
et de Risque Agricole
savoirs
Systèmes
d‟informa-tion sur le
secteur agricole
Réserve de
contingence pour
des réponses
d‟urgence
Support financier pour
l‟adoption de paquets
technologiques pour
les agricul-teurs
éligibles
Renforcement du
Service National
Semencier à travers
le renforcement des
capacités pour le
contrôle et la
régulation des
semneces,
l‟installation de
laboratoires de
contrôle de la qualité
des semences et la
formation
professionnelle
Synergie en
gestion de
savoirs et
promotion d‟une
culture d‟apprentissage
22
Appropriation par
les entités organiques du Ministère
de l‟Agricul-ture des
savoirs générés par
les projets
Vulgarisa-tion et
dissémina-tion des
savoirs
Systèmes
d‟informa-tion sur le
secteur agricole
Réserve de
contingence pour
des réponses
d‟urgence
Finance-ment: 40
millions USD
Période d‟exécu-tion:
5 ans ( 2011-2016)
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
ment
23
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Tableau 1 (a) – Liste non exhaustive de programmes/projets des partenaires de la coopération du développement en lien
l’adaptation et la résilience climatique (Suite).
Agenc
es
Programme/
projet
Objectifs
Lien avec
adaptation
et resilience
climatique
d
i
r
e
c
t
BID
Programm
e de
Mitigation
des
Désastres
Naturels
(PMDN)
Réduire sur le
long-terme la
vulnérabilité
au désastre
naturel de
360,000
personnes
vivant sur une
superficie de
162,500 ha
dans 3
bassins
versants à
travers la
préparation
au désastre
et des actions
de mtigation
X
Activité saillante
en
lien avec
adaptation et
resilience
Potentiel centre
d’intérêt pour
FIDA
Observation
Travaux de
protection des
infrastructures
appui direct à
l‟agriculture
durable dans
les bassins
versants;
édification de
capacities pour
la gestion
durable des
bassins
versants;
reduction des
pertes
économiques
resultant des
crues
Gouvernance locale
pour la gestion des
bassins versants;
cadre réglementaire
pour la gestion des
bassins versants
dans un context de
reduction de la
vulnérabilité au
désastre naturel;
promotion de
pratiques agricoles
durables; recherche
appliquée sur les
techniques
d‟agriculture durable;
approche
contractualisée avec
les agriculteurs pour
Partenaire
d‟implémentation:
MARNDR; autres
partenaires: MDE,
CNIGS; montant du
financement: 30 millions
USD; période
d‟exécution: 2010-2015:
a Base
p pour
p adapt
a
ar
tion
e
et
n résili
t ence
é
24
avec
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
la diffusion de
l‟innovation et de
techniques agricoles
Gestion des bassins
versants selon
l‟approche fondée sur
les écosystèmes en
soutien à l‟adaptation;
gouvernance bassins
versants
PNUD
, GEF,
FAO,
ACDI
X
Réduction
des conflits
d‟utilisation
d‟eau dans
le bassin
versant
binational (
HaitiRépublique
Dominicaine)
du Fleuve
Artibonite à
travers le
développem
ent et
l‟adoption
d‟un
Programme
d‟Action
Multifocal
Etablir un cadre
binational pour
la gestion
intégrée du
bassin versant
de l‟Artibonite
capable de
promouvoir des
réformes
comprehensives à travers
l‟approche par
écosystème et
des projets de
démonstration
Programme
d‟Action
Stratégique
(PAS); plans
nationaux de
gestion intégrée
du basin versant
en appui au PAS;
intégration des
structures de
marché pour les
cultures de fruits
biologiques pour
un environnement durable;
gestion durable
des terres et des
systèmes de
production par
l‟adoption de
pratiques
25
Phase terminale du projet:
2014; Montant de
financement: 11,486,000
millions USD dont
3,080,000 du GEF,
4,643,000 de l‟ACDI;
agence d‟exécution:
OXFAM/Québec; Comité
de pilotage: les Ministères
de l‟Environnement et de
l‟Agriculture des deux pays
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
agricoles
compatibles avec
la fonctionnalité
de l‟écosystème
PN
UD,
PN
UE,
NO
RA
D(
Coo
pér
ation
Nor
végien
ne)
Revégétali
sation et
Gestion
des
Ressource
s
Naturelles
Transfronti
ères au
niveau
des
Bassins
Versants
de
Massacre
et de
Pédernale
s ( NordEst, SudEst
d‟Haiti),
(Program
me
Frontera
Verde)
Création d‟un
environneme
nt favorable
pour restaurer
les
écosystèmes
transfrontalier
s et réduire la
vulnérabilité
au
changement
climatique en
ameliorant les
conditions de
vie des
populations
d‟Haiti et de
la République
Dominicaine
spécialement
celles
habitant dans
les bassins
versants le
long de la
frontière entre
les deux pays
X
Reforestation
et
agroforesterie;
démonstration
des conditions
d‟existence
durable à
travers la
production de
modèles de
gestion
intégrée de la
ressource eau
et
assainissement
de base et de
gestion du
risque;
renforcement
des capacities
institutionnelles
du secteur
public et des
organisations
locales des
deux cotés de
la frontière;
renforcement
de la
cooperation
26
Modèle de
coopération
binationale ciblant
l‟adaptation au
changement
climatique à travers
une entrée par la
gestion des bassins
versants communs
entre Haiti et la
République
Dominicaine;
approche HIMO
utilisant des brigades
communau-taires en
appui à la
reforestation; suivi
géoréférencé des
efforts de
reforestation;
intensification de
l‟agriculture à travers
des serres
écologiques; irrigation
goutte à goutte pour
un egestion efficiente
de l‟eau
Partenaire d‟implémentation: MDE; autres
partenaires: MARNDR,
Collectivités Territoriales;
montant total: 4 millions
USD; une nouvelle
phase d‟extension du
projet est en négociation.
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
technique
binationale
USAID
Projet
WINNER
Gérer
durablement les
ressources
naturelles afin
de réduire la
vulnérabilité des
populations des
bassins
versants de la
Plaine du Cul de
Sac et de la
Chaîne des
Matheux
(Département
de l‟Ouest)
X
Développement
de filières
économiques
basées sur des
mécanismes de
marchés; gestion
durable des terres
supportée par des
plans
d‟aménagement
de bassins
versants;
protevction et
restauration des
systèmes
naturels;
éducation
environnementale
27
Les modèles de Centres
de Développement
Durable; mécanismes
de marchés dans une
perspective
d‟augmentation des
revenus des agriculteurs
et de lutte contre la
pauvreté
Entité principale
d‟exécution: Firme
Chemonics; Agence
étatique principale:
MARNDR; autre partenaire:
MDE, Collectivités
territoriales, OPS
nationaux; montant de
l‟enveloppe: 150 millions
USD; période d‟exécution:
2010-2015
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
et sensibilisation;
institutionnalisatio
n de la GBV;
établissement de
Centres de
Développement
Durable
BID,
NORA
D
Projet de
Protection
de la
partie
supérieure
des
bassins
versants
de la zone
du Parc
National
de
Macaya
Etablir
effectivement
et légalement
le Parc
national de
Macaya par la
mise en place
de mesures
efficacies et
durables de
politiques de
preservation
de la
biodiversité,
de la
couverture
forestière et
des sols et
d‟amélioration
des
conditions
d‟existence
des
populations
dans
l‟ensemble
des bassins
versants du
Massif de la
Hotte
X
Renforcement
gouvernance
collectivités
territoriales
Adoption de
techniques de
gestion agrosylvo-pastorale et
de
développement
des filières
économiques
durables
Renforcement du
cadre juridique
Sécurisation
foncière
Bases
méthodologiques
pour l‟accès au
marché credit
carbone
28
Rôle des écosystèmes
dans la consolidation de
l‟adaptation et de la
résilience
14 millions USD
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
PNUD
/GEF
Projet de
creation
d‟un
Système
National
d‟Aires
Protégées
X
Créer les
conditions
favorable à
l‟expansion
future du
système
d‟Aires
Protégées
(AP) pour
couvrir en
Haiti des
ecosystems
et habitats
sous
représentés
dans une
optique de
conservation
de la
biodiversité
Bases
institutionnelles
pour la
durabilité des
AP
Stratégie de
gestion
finacière et
plans d‟affaires
pour le
financement
des AP
Outils et
methodologies
pour des
standards de
planification de
gestion à
l‟intérieur des
AP
Importance pour la
reduction de la
vulnérabilité et le
renforcement des
strategies
d‟adaptation
8,5 Millions USD dont 3
millions du GEF
GRN sensible au climat
et à l‟adaptation
Méthodes d‟approche
en GBV
Modèles de
renforcement des
Minstères à l‟échelle
départementale
14,731,760 millions USD
Opportunités
d‟emplois pour les
zones tampons
PNUD
Programm
e de
Réduction
de la
Vulnérabili
té de la
population
et des
infrastruct
ures dans
le
Départem
ent du
Sud
Amélioration
des conditions
de vie de la
population du
Département du
Sud et réduire
sa vulnérabilité
économique et
environnemental
e
X
Accroissement
couvert arboré
Gestion de l‟eau
Correction de
ravines et
reprofilage des
berges des
rivières
Cartes
d‟inondation et
d‟utilisation des
terres
Installation de
pluviographes et
29
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
de limnigraphes
Guide
méthodologique
pour la gestion
des bassins
versants
Uni
on
Eur
opée
nne
Projet de
soutien à
la sécurité
alimentair
e et au
développe
ment rural
Renforcer la
sécurité
alimentaire de
300,000
ménages
ruraux vivant
dans les
grands
bassins
versants du
Département
du Nord-Est
du pays à
travers la
reintroduction
de la culture
ancienne de
la patate
douce et le
développement de
nouvelles
cultures
intensives
autour des
lacs
collinaires
X
Réhabilitation
des systèmes
irrigués
Valorisation des
lacs collinaires
Amélioration de la
productivité de la
culture de la
banane
Vulgarisation de
cultivars adaptés en
matière de stratégie
d‟adaptation
Financement: 40 millions
Euros
Maîtrise de l‟eau et
techniques d‟intensification agricole hors
périmètres irrigués
Développement
de la production
maraîchère,
fourragère et
piscicole
Tableau 1c – Liste non exhaustive de programmes/projets des partenaires de la coopération du développement en lien avec
l’adaptation et la résilience climatique.
30
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
Agenc
es
Prog/projet
Objectif
Lien avec adaptation
et résilience
climatique
d a
i p
r p
e a
c r
t e
n
t
é
BID
Programme
de
Développe
ment de la
Filière
d‟Aprovisio
n-nement
Rural
Augmenter
les revenus
du ménage
rural haitien
à travers
l‟accroissement de
gains nets
comme
valeurs
ajoutées le
long des
filières
prioritaires
d‟approvisi
onnement
rural
Activités
saillantes en
lien avec
adaptation
et
résilience
Potentiel centre
d’intérêt pour
FIDA
Observa-tions
Recherche
agricole
adaptée et
transfert
de savoirs
à travers
la
réhabilitati
on des
centres de
recherche
et de
vulgarisati
on, la
creation
de
collections
botaniques
pour les
espèces à
haut
potential
économiqu
Approche et
méthodologie pour
la gestion de
savoirs et la
dissémina-tion des
connais-sances
Finance-ment : 18,464,000
millions USD
Base pour
adaptation
et résilience
X
31
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
e, café
barnd, la
production
d‟huiles
essentielle
s etc
Protection et
Santé
animale et
végétale (
surveillance
des pestes et
contrôle,
surveillance
phytosanitair
e, services
de
quarantaine,
systèmes de
certification
et de
tracabilité
Gestion
stratégique
des
investisseme
nts publics
Gestion de
l‟information
Renforcemen
t
institutionnel
USAI
D
Haiti- Feed
the Future
Accroître la
sécurité
alimentaire
dans les
X
Accroisse
ment de la
productivit
é agricole
32
Vulgarisa-tion de
techniques et
pratiques
innovantes
Il s‟agit d‟une stratégie pluriannuelle appellee à coiffer
des program-mes et projets
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
corridors
géographiques
Port-auPrince- Cul
de Sac,Saint Marc;
Nord et
Nord-Est
dans les
plaines par
accroisse
ment de la
disponibili
é et et de
l‟accès
aux
technologi
es
agricoles
appropriée
s;
amélioratio
n ou
expansion
des
systèmes
d‟irrigation
Stabilisation
des bassins
versants
surplombant
les plaines
sélectionnée
s: contrôle et
gestion du
ruissellement
à travers des
mesures de
conservation
Renforcemen
t des
mécanismes
de marché;
rehabilitation
des routes
rurales, agro-
33
applicables à la
sécurité
alimentaire au
niveau
communau-taire;
consolida-tion de la
résilience des
bassins versants et
des infrastructures
hydro-agricoles
vulnérables aux
désastres naturels
De futurs travaux
sont attendus pour
conduire une
analyse sur l‟impact
du changement
climatique sur le
secteur ARD et
intégrer les résultats
dans les activités
stratégiques
Pas d‟inform-ation sur le coût
de la stratégie
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
transformatio
n, promotion
de valeurs
ajoutées au
niveau des
filières
PNUD
PNU
D
Projet d‟appui
pour renforcer
le Suivi de la
Sécurité
Alimentaire en
Haiti (ARSSA)
Programme
pour le
Développe
ment du
Système
Contribuer à
r‟eduire
l‟insécurité
alimentaire et
la pauvreté en
Haiti à travers
la diffusion
d‟informations géoréferencées et
l‟harmonisatio
n des
programmes
de sécurité
alimentaire
Améliorer
les moyens
de
subsistence
des
Promotion
d‟activités
nutritionnelle
s
Améliorati
on des
outils de
prise de
d‟ecision
en sécurité
alimentaire
et
publication
des
informatio
ns sur une
base
régulière
X
X
Renforcemen
t des
mécanismes
de
consultation
pluri-acteurs
pour
améliorer la
coordination
Mise en
oeuvre de
projets et
d‟activités
participativ
34
Capitalisa-tion sur
les informa-tions
produites pour
réajuster les
intervene-tions du
COSOP
Mains-treaming
de l‟approche RRC
ou RRD dans la
GRN appliquée à
l‟adaptation
Pas d‟information
disponible sur le coût du
Programme
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
National
des
Risques et
des
Désastres
GFD
RR,
Banq
ue
Mon
diale,
PNU
D
Programme
d‟Intégratio
n
Systématiq
ue
(mainstrea
ming) de la
GRD et
Renforcem
ent de
capacités
populations
cibles à
travers la
mitigation
des
désastres
et la
reduction
de la
vulnérabilit
é
Fournir des
lignes
directrices
et de la
formation
pour le
mainstreaming
de la GRD
au niveau
des
Ministères
clés
es à
impact
rapide sur
la
réduction
des
risques
Renforcemen
t des
institutions et
acteurs
impliqués
dans le
SNGRD
X
Intégration
systématique
du risqué
dans le
PSDH
Renforcem
ent du
mécanism
e de
coordinatio
n des
bailleurs
Actualisati
on de la
politique et
du cadre
légal de la
GRD
Système
d‟évaluation
et de suivi
de la RRD
35
Les instruments
utilisés pour le
main-streaming de
la GRD et leur
potential
application au
secteur ARD
Cas intéressant pour
l‟applica-tion de la
logique Delivery As
One
Finance-ment: 1 million
USD
Période d‟exécution: 20122014
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
PNU
E,
Com
missi
on
Euro
péen
ne
Programme
d‟implantati
on du
Corridor
Biologique
de la
Caraibe
Créer un
Corridor
Biologique
dans les
montagnes
d‟Hispaniol
a ( Haiti +
République
Dominicain
e) et de
l‟Est de
Cuba à
travers le
renforceme
nt d‟un
réseau
d‟aires
protégées,
le
développe
ment
d‟alternativ
es
économiqu
es comme
mesures
pour
réduire la
pression
sur la
biodiversité
et lutter
contre la
pauvreté
X
Etablissem
ent de
centres de
propagatio
n végétale
communa
utaire (
produits
forestiers
et fruitiers,
germoplas
me)
Développem
ent de
sources
alternatives
d‟énergie au
profit des
communauté
s pilotes
Delimitation
du corridor
Projets
pilotes de
demonstratio
n des terres
degrades et
de
développeme
nt
d‟alternatives
économiques
Partenariat
secteur
privé-
36
Approche
adaptation basée
sur les écosystèmes
Testage de mesures
“ sans regret”
Finance-ment: 4,5 millions
Euros
Bureau tripartite du
Programme basé à Baharona/
République Domini-caine
HAΪTI
Évaluation Environnementale et des Changements Climatiques
communauté
s
Etudes
d‟inventaires
biologiques
sur les aires
protégées
37