Impact of Coffee Interventions on Producer Incomes at Baptiste
Summary — An evaluation of how coffee interventions at Baptiste - borer control, regeneration and new planting - affected producer incomes, by Roger Charles for MARNDR's DEFI programme, May 2012.
Full Description
This final report by resident agronomist Roger Charles, prepared for MARNDR's Programme de Développement Économique des Filières Rurales and dated May 2012, evaluates the impact on producer incomes of the interventions carried out on coffee in the Baptiste zone: control of the coffee berry borer, regeneration of existing stands, and new planting. Treating the three interventions together and measuring them against income rather than yield is what gives it analytical value - it asks whether the technical work reached producers' pockets. It sits between the 2011 baseline study and the 2014 adaptability study in the DEFI Baptiste sequence.
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REPUBLIQUE D’HAITI
MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DES RESSOURCES NATURELLES
ET DU DEVELOPPEMENT RURAL
(MARNDR)
PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DES FILIERES RURALES
(DEFI)
SUJET : « Impact des Interventions Réalisées sur le Café (lutte contre le
scolyte, régénération et nouvelle plantation) sur les Revenus des Producteurs »
ZONE : BAPTISTE
RAPPORT FINAL
MAI 2012
Roger CHARLES, Ing.-Agr.- Résident
i
REMERCIEMENTS
Mes remerciements s’adressent à tous ceux et toutes celles qui ont contribué
d’une façon ou d’une autre à la pleine réalisation de ce présent travail. Ainsi,
j’exprime ma plus profonde gratitude aux personnes dont les noms suivent, il s’agit :
-
Du Dieu vivant qui m’a donné la force, le courage et la santé nécessaires
pendant la réalisation de ce travail ;
-
Des Hauts Responsables du Programme DEFI en l’occurrence les IngénieursAgronomes Jean Lesky DOMINIQUE et Garry AUGUSTIN qui m’ont
joyeusement accepté d’accomplir ce travail de recherche
dans leur
Programme ;
-
Du Coordonateur de l’ICEF-DA, Ingénieur-Agronome David NICOLAS et du
Coordonnateur adjoint, Ingénieur-Agronome Béhal JOSEPH qui m’ont donné
un superbe encadrement pendant toute la durée de ce travail sans oublier
Agronome ADOLPHE Claude ;
-
Des Agents Agricoles de la ferme de Baptiste tels que : Franck
CASSAGNOL, Israël JEAN, Anil Frito JEAN, José OJISMÉ, Elinor LÉMAT,
Mezadieu JOSEPH qui m’ont toujours accompagné dans la réalisation des
enquêtes exploratoire et formelle ;
ii
-
Du Chauffeur de l’ICEF-DA, Monsieur Roosevelt BRUN, communément appelé
RORO, qui a assuré mes déplacements Baptiste- Port-au-Prince pendant
toute la durée du travail ;
Enfin, mes remerciements vont à l’endroit de tous ceux et toutes celles qui m’ont
aidé à faire de ce travail de recherche une réussite
iii
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENTS……………………………………………………………………………………………………………..i
TABLE DES MATIERES………………………………………………………………………………………………..iii
Liste des Tableaux…………………………..………………………………………………………………………………...v
Liste des Sigles et Abréviations ……………………………………………..………..…….………………..vii
CHAPITRE I : INTRODUCTION…………………………………………………………………………………...1
1.1.-Contexte ...................................................................... 1
1.1.2.-Objectifs de l’étude .................................................... 2
1.1.3.- Compréhension du mandat ............................................. 2
1.1.4.-Hypothèse ............................................................... 3
1.1.5.-Limite de l’étude ........................................................ 3
Chapitre II : REVUE DOCUMENTAIRE…………………………………………………………………..….4
2.1.-Réalisation d’une revue documentaire ...................................... 4
2.1.1-Présentation de la culture du Café ..................................... 4
2.1.2.- Fonctionnement de l’industrie caféière traditionnelle en Haïti .... 5
2.1.3.- Importance du café dans l’économie haïtienne ....................... 7
2.1.4-Années florissantes des exportations du café d’Haïti................. 7
2.2.- Production de café en Haïti ................................................ 7
2.2.1.- Aires de production de café en Haïti ................................ 7
2.2.2.- Coopératives caféières d’Haïti ........................................ 8
2.2.3- Causes du déclin de la production caféière en Haïti ............... 10
2.2.4.- Différentes étapes de préparation du café ........................ 12
2.3.-Synthèse de la revue documentaire ...................................... 12
CHAPITRE III: PRESENTATION DE LA ZONE DE TRAVAIL………………………...13
3.1.- Environnement biophysique ............................................... 13
3.1.1.- Histoire et localisation............................................... 13
3.1.2 Présentation de la zone d’étude et situation géographique .......... 13
3.1.2.- Climat ................................................................. 14
3.1.3.- Topographie ........................................................... 14
3.1.4.- Pédologie .............................................................. 14
3.1.5.- Hydrographie ......................................................... 15
3.1.6.- Couvertures végétales ............................................... 15
3.2.- Environnement socio-économique ......................................... 16
3.2.1.- Statut juridique et administratif ................................... 16
3.2.2.- Population ............................................................. 16
iv
3.2.3.- Moyens de communication............................................ 16
3.2.4.- Electricité............................................................. 17
3.2.5.- Éducation ............................................................. 17
3.2.6.- Santé .................................................................. 17
3.2.7.- Infrastructures financières et économiques ....................... 18
3.2.8.- Principales activités de la zone ..................................... 18
CHAPITRE IV : METHODOLOGIE………………………………………………………………………..…….20
4.1.- Méthodologie .............................................................. 20
4.1.1-Revue documentaire .................................................... 20
4.1.2.- Enquête préliminaire ................................................. 21
4.1.3-Typologie ................................................................ 21
4.1.4-Echantillonnage ......................................................... 22
4.1.5.-Collecte des données .................................................. 25
4.1.6.-Dépouillement des données ........................................... 26
4.3.9.-Analyse, traitement et synthèse des résultats .................... 26
4.10.- Restitution ............................................................... 27
CHAPITRE V : RESULTATS, ANALYSE ET DISCUSSIONS…………………………....28
4.4.1.-Mode d’organisation du travail pour les trois catégories
d’exploitations caféières ...................................................... 29
4.4.2.- Charges variables ou charges opérationnelles ...................... 30
4.4.3.- Charges fixes ou charges de structure ............................ 30
4.4.4.-PRODUIT BRUT ....................................................... 34
4.4.5.-Manque à gagner dû aux scolytes des trois catégories
d’exploitations caféières ...................................................... 38
4.4.6.- Revenu moyen ......................................................... 40
4.5-Degré de satisfaction des objectifs poursuivis et vérification de
l’hypothèse formulée ............................................................. 45
CHAPITRE VI : CONCLUSION ET RECOMMENDATIONS……………………………..….47
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………………………………………………..49
ANNEXES………………………………………………………………………………………………………………………….50
v
Liste des Tableaux
Tableau 1.- Zones de production de café suivant leur potentialité au point de
vue de la qualité du produit de départ.Error!
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Tableau 2.- Les Coopératives, Réseaux de coopératives, Association et
Fédération d'Associations et leurs Zones d'action ....... Error!
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Tableau 3.- Répartition de l’échantillon par catégorie et zone agro-écologique
...................................... Error! Bookmark not defined.
Tableau 4.- Facteurs de production en moyenne des trois catégories pour les
étages II et III ................... Error! Bookmark not defined.
Tableau 5.- Charges fixes,
charges variable et charges totales de la
caféiculture (en gourdes) pour les exploitations caféières de la
première catégorie des étages II et IIIError! Bookmark not
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Tableau 6.- Charges variables, fixes et charges totales de la caféiculture
(en gourdes) pour la deuxième catégorie d’exploitations
caféières des étages I et II ..... Error! Bookmark not defined.
Tableau 7.- Charges variables, fixes et charges totales de la caféiculture
pour les exploitations caféières de la troisième catégorie des
étages II et III. .................. Error! Bookmark not defined.
Tableau 8.- Charge fixes, charges variables moyennes de la caféiculture en
gourdes par catégorie d’exploitations caféières des étages II
et III. .............................. Error! Bookmark not defined.
Tableau 9.- Produit brut moyen annuel du café (en gourdes) et paramètres
de dispersion pour la première catégorie d’exploitations
caféières des étages II et III ... Error! Bookmark not defined.
Tableau 10.- Produit brut moyen annuel du café (en gourdes) et paramètres
de dispersion pour la deuxième catégorie d’exploitations
caféières des étages II et III ... Error! Bookmark not defined.
Tableau 11.- Produit brut caféier moyen annuel (en gourdes) et paramètres
de dispersion pour la Troisième catégorie d’exploitations
caféières des étages II et III ... Error! Bookmark not defined.
Tableau 12.- Calcul du manque à gagner des trois catégories d’exploitations
caféières des étages II et III. .. Error! Bookmark not defined.
vi
Tableau 13- Revenus moyens du café, recettes des autres cultures par an en
unités monétaires (gourdes) des trois catégories des étages II
et III ............................. ..Error! Bookmark not defined.
Tableau 14.- Revenu moyen du café par an en valeur monétaires (gourdes)
et paramètres de dispersion des trois catégories des étages II
et III ............................... Error! Bookmark not defined.
Tableau 15.- Recettes des autres cultures par an en unité monétaire
(gourdes) et paramètres de dispersion des trois catégories des
étages II et III. .................. Error! Bookmark not defined.
Tableau 16.- Revenu moyen du café, des autres cultures (en gourdes) par an
et leur contribution par catégorie au revenu total dégagé dans
les parcelles des trois catégories des étages II et III. Error!
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vii
Liste des sigles et Abréviations
%
: pourcent
0
C
: Degré Celsius
ANDAH
: Association Des Agro professionnels Haïtiens
BRH
: Banque de la République d’Haïti
DEFI
: Programme de Développement Economique des Filières Rurales
Porteuses
DFPEA
: Direction de la Formation et de la Promotion de l’Entreprenariat
FAMV
: Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire
FMI
: Fonds Monétaire International
ICEF-DA : Institution de Consultation, d’Evaluation et de Formation pour le
Développement Agricole
INCAH
: Institut du Café d’Haïti
INESA
: Inter-Entreprise SA
Km
: kilomètre
MARNDR : Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et
Développement Rural
Mm
: millimètre
ONG
: Organisation Non Gouvernementale
SAU
: Surface Agricole Utile
UEH
: Université d’Etat d’Haïti
US
: United States
1
CHAPITRE I : INTRODUCTION
1.1.-Contexte
Bien qu’en régression partout en Haïti, le café représente une culture de
rente qui a rendu et continue de rendre beaucoup de services au pays : Environ 200
000 familles, vivent de cette culture qui représente une source de devises et aide
à la protection de l’environnement.
Malheureusement en octobre 1998, apparait en Haïti le scolyte des drupes
du caféier, Hypothenemus hampei, un ravageur qui entraîne d’énormes dégâts sur
cette culture : diminution considérable de la production, perte de la qualité et de la
valeur marchande du café.
Depuis cette date, beaucoup de travaux ont été
réalisés tant par le
MARNDR que par d’autres institutions : IICA, INCAH, ICEF-DA, … ils vont tous
dans le sens d’une tentative de contrôle du ravageur : campagne de prospection et
de dépistage au niveau national, formation de leaders paysans et de cadres, visite
d’information en République Dominicaine, mise au point de pièges artisanaux,
installation de laboratoires de parasitoïdes, introduction d’un paquet technique «
lutte biologique », mise au point d’itinéraires techniques, essais,…
Dans l’approfondissement des travaux initiés par ICEF-DA dans la zone de
Baptiste, le programme DEFI finance depuis deux ans déjà des programmes de
recherche intégrant des travaux sur l’écosystème caféier qui devraient aboutir au
produit suivant :
-
Une méthodologie de régénération des écosystèmes caféiers et une
méthodologie d’établissement de nouvelles plantations basées
sur des
incitations et validées sur la base de critères technico-économiques.
2
Pour déterminer ‘’ L’impact des interventions réalisées sur le café (lutte contre le
scolyte, régénération et nouvelle plantation) sur les revenus des producteurs’’, le
centre de Baptiste a sollicité le service d’un Ingénieur-Agronome Résident.
1.1.2.-Objectifs de l’étude
Cette étude poursuit les objectifs suivants :
1.-Quantifier les manques à gagner causés par le scolyte dans les trois catégories
d’exploitations caféières par étage agro écologique ;
2.-Quantifier les revenus générés au niveau
des parcelles caféières des trois
catégories d’exploitations caféières par étage agro écologique ;
3.- Déterminer le poids de la caféiculture dans le revenu végétal des exploitations
caféières au niveau des trois catégories.
1.1.3.- Compréhension du mandat
Suite au déclin accéléré de la production caféière due principalement aux attaques
systématiques des ravageurs dont le scolyte, Hypothenemus hampei Ferr., DEFI, le
Programme de Développement Economique des filières Rurales du MARNDR veut
mesurer l’Impact des interventions réalisées sur le café (lutte contre le scolyte,
régénération et nouvelle plantation) sur les revenus des producteurs dans la zone
de Baptiste.
En effet, les pratiques culturales jouent un rôle important sur le rendement et sur
la valeur marchande du café et le prix de vente de ce dernier varie avec sa qualité.
Donc, les cerises saines ont une valeur marchande supérieure à celles scolytées.
Ainsi, cette étude devra permettre de déterminer le manque à gagner enregistré
du fait de la présence de ce ravageur et le revenu dégagé au niveau des
3
exploitations caféières et enfin de déterminer le poids de la caféiculture dans le
revenu des producteurs.
1.1.4.-Hypothèse
Il existe une corrélation entre lutte contre le scolyte, méthodes de régénération
et nouvelles plantations et les revenus des producteurs.
1.1.5.-Limite de l’étude
La réalisation de cette étude a nécessité des données chiffrées et qualitatives,
ces dernières ont été obtenues grâce à la mémoire des exploitants. Vu que les
planteurs ont des difficultés à évaluer leurs parcelles et les exploitations caféières
sont dépourvues de documents comptables, certaines imperfections peuvent y être
glissées.
4
Chapitre II : REVUE DOCUMENTAIRE
2.1.-Réalisation d’une revue documentaire
Des documents relatifs à la caféiculture, à la problématique du scolyte, à la zone
d’étude ont été consultés en vue d’avoir une idée générale sur le travail à réaliser.
Cette revue documentaire nous a beaucoup renseignés sur le milieu physique de
Baptiste, les pratiques culturales et les méthodes de lutte contre le scolyte
adoptées jusqu'à présent, etc.
2.1.1-Présentation de la culture du Café
2.1.1.1- Définition du café
Le mot café désigne les graines du caféier, un arbuste du genre Coffea, et une
boisson psycho active obtenue en versant de l’eau bouillante sur les grains torréfiés
et moulues ou sur la poudre de grains de café solubilisés ou lyophilisés. Il désigne
aussi son lieu de consommation, le café ou bar ou bistro, établissement où l’on sert
des boissons et de la restauration légère. Il sert aussi de lieu de rencontre, de
réunion à des écrivains des artistes, des hommes politiques (café littéraire).
2.1.1.2- Historicité du café
Le Café (Coffea arabica L.) est originaire d’Ethiopie (Forêt Abyssinie) dans la
province de Kaffa. Suivant ce que rapportent
certains chercheurs, les Arabes
cultivent cet arbuste depuis au moins l’an 600 après Jésus-Christ. On dénombre
plusieurs légendes sur la découverte des propriétés alimentaires et gustatives du
café. Celle
la plus répandue veut qu'un berger d'Abyssinie (actuelle Éthiopie),
Kaldi, observe ses chèvres qui consommaient les baies et les feuilles d'un arbre
inconnu. Il remarqua que les chèvres devenaient vives et excitées. Il parla de ces
5
phénomènes aux religieux du monastère voisin qui s'empressèrent d'aller cueillir
ces fruits étranges. Ils les mirent à sécher et les préparèrent en infusion.
L'agitation fébrile qui s'ensuivit fut assimilée à une révélation divine.
D’autre part, on rapporte que lors d'un incendie de forêt, en Abyssinie, les
caféiers en feu libèrent une délicieuse odeur, typique de celle que l'on rencontre
chez les torréfacteurs de café aujourd’hui. Les témoins de cet incendie
récupérèrent les grains brûlés par le feu, les écrasèrent et les firent cuire afin
d'en réaliser un breuvage. Le café était né (ANGRANC, 2008)
2.1.2.- Fonctionnement de l’industrie caféière traditionnelle en Haïti
L’industrie caféière en Haïti comporte tout un ensemble d’éléments permettant
d’assurer son fonctionnement. Enumérons quelques uns :
a) L’organisation de la production
Vu l’état du marché du café actuellement, la production au niveau des exploitations
agricoles s’obtient sans grand investissement : peu de travaux d’entretien, un seul
sarclage annuel au moment de la récolte. Les plantations sont assez obsolètes, la
couverture végétale est très mal entretenue (soit trop dense, soit peu diffuse). Le
sarclage lorsqu’il est réalisé va au préjudice même du café car il s’agit à ce moment
de préparer le sol pour d’autres cultures vivrières telles que le haricot, le maïs.
b) Emergence de nouveaux systèmes de culture
Dans cette situation, les agriculteurs ont développé de nouveaux systèmes de
culture, des associations de cultures (4 à 6 espèces différentes) où prédominent :
les pois, la banane et les tubercules qui constituent plus de 70% des productions
végétales des exploitations agricoles. De plus, ces cultures représentent à elles
seules près des 2/3 des recettes agricoles et contribuent à plus de 70% de la
6
valeur monétaire des produits agricoles autoconsommés. Le café se retrouve de
plus en plus marginalisé dans ces nouveaux systèmes de culture (INESA, 2001).
c) La tenure foncière
En ce qui a trait au mode de tenure foncière, il varie de la propriété privée au
fermage, et au métayage suivant la zone.
d) Les rendements
Les rendements obtenus à l’unité de surface sont assez faibles, soit environ 250
kg/ha (550 livres) de café marchand généralement admis comme moyenne nationale
(INESA, 2001).
e) L’organisation de la récolte
Dans le circuit traditionnel, le café est récolté en une seule cueillette. La cueillette
se fait branche par branche et aucun grain qu’il soit vert, jaune ou cerise n’y
échappe. Le café est alors récolté souvent avec son pédoncule et ceci engendre une
récolte plus élevée à celle que l’on obtiendra à la prochaine campagne. Le café de ce
circuit sera vendu exclusivement aux spéculateurs ou dans certains cas aux deux
circuits : le café cerise faisant partie du lot récolté est vendu au circuit alternatif
ou aux Dominicains. Le reste traité chez le producteur pour être vendu plus tard au
spéculateur.
C’est le café pilé qui est commercialisé dans le circuit traditionnel. Ce café est
généralement d’une qualité peu satisfaisante puisque :
- le café n’est pas récolté à maturité ;
-le café mis à sécher sur glacis incorpore de multiples impuretés lorsqu’il est
récupéré à l’aide d’un balai. De plus, le séchage n’est pas satisfaisant ;
-l’usage du pilon conduit à des brisures.
7
f) Le rôle des femmes dans la production du café
Les femmes jouent un rôle essentiel dans la production du café, tant au moment de
la récolte que du traitement du café pilé.
2.1.3.- Importance du café dans l’économie haïtienne
Le café fut le premier produit d’exportation d’Haïti vers les années 50. Ceci était
dû à l’importance qu’accordaient tous les acteurs de la filière et aux conditions
socio-économiques et environnementales favorables de l’époque.
2.1.4-Années florissantes des exportations du café d’Haïti
Le café est apparu à Saint-Domingue aux environs de 1725. Les exportations de ce
produit ont rapidement progressé au 18
ème
siècle; de 53 000 sacs de soixante kilos
en 1755, elles passent à 580,000 sacs en 1789. Au 19
ème
siècle, le café devient le
premier produit d’exportation d’Haïti suite à la quasi-disparition du sucre de la liste
des produits vendus aux autres pays. Entre 1820 et 1850, les exportations
tournent autour d’une moyenne de 500,000 sacs. Elles atteignent une moyenne de
667,000 sacs entre 1850 et 1880. Ensuite, elles commencent à diminuer jusqu’au
début du vingt et unième siècle. En effet, entre 1890 et 1920, on a enregistré une
moyenne annuelle d’exportation de 508,000 sacs contre une moyenne de 196,404
sacs entre 1987 et 2000 (INESA, 2001). Les exportations per capita ont connu une
tendance encore plus rapide à la baisse avec la croissance de la population
haïtienne.
2.2.- Production de café en Haïti
2.2.1.- Aires de production de café en Haïti
8
Compte tenu des exigences pédoclimatiques du café, ce dernier est cultivé dans
des aires écologiques qui lui permettent d’assurer sa croissance et son
développement. Voici le tableau présentant les différentes zones de production de
café en Haïti.
Tableau 1: Zones de production de café suivant leur potentialité au point de
vue de la qualité du produit de départ.
PRINCIPALES AIRES DE CULTURE DU CAFÉ EN HAITI
Départements
Zones
Zone de café
supérieure
de
qualité
Grande Anse
Sud
Sud Est
Centre
Artibonite
Zones de
moyennes
café
Beaumont, roseaux, Jérémie
Tiburon, les Anglais, Rendel
Thiote, Belle Anse, Marigot
Baptiste, Savanette
Les Cahos
de
qualité
Nord
Dondon, Plaisance, Pilate,
Borgne, Grande Rivière du
Nord, Bahon, Marmelade
Nord Ouest
Saint Louis du Nord, Port de
Paix, Anse à Foleur
Sainte
Suzane,
Vallière,
Carice, Mont Organisé
Nord Est
Nippes
Source : ANGRANC,, 2008
2.2.2.- Les coopératives caféières d’Haïti
L’Asile, Baradères
9
Ces dernières sont très jeunes et datent d'une cinquantaine d'années. Ainsi, les
premières coopératives agricoles auraient vu le jour vers la fin des années 70.
Cependant, il fallait attendre jusqu'aux années 90 pour le développement des
coopératives caféières. Celles-ci appuyées par des ONG, sont
favorisées
particulièrement, par la crise du marché conventionnel du café et le développement
accéléré du commerce équitable dans le monde (ANDAH, 2007, cité par ANTOINE,
2011). Selon la même source, Haïti possédait à cette même époque à travers tout le
pays, trois regroupements de coopératives, une fédération d'associations, une
association et trois coopératives qui sont toutes certifiées équitable pour le café
(voir le tableau suivant).
10
Tableau 2- : Les Coopératives, Réseaux de coopératives, Association et
Fédération d'Associations et leurs Zones d'action
SIGLE
Statut
l'association
de Définition des sigles
APCAB
Association
planteurs
café
de
de
CACVA
Coopérative
COOPCAB
Regroupement de
Coopérative
COOPACVOD Coopérative
FACN
Fédération
d'Association
RECOCARNO Regroupement de
Coopérative
UCOCAB
Regroupement de
coopérative
Zones
d'Action
(communes
et/ou
départements)
Association des Planteurs Thiotte, Sud-est
de
Café
de
l'Arrondissement de Belle
Anse
Coopérative Caféière de Camp- Perrin
Vachon
Coopérative des Planteurs Thiotte, Sud' Est
de
Café
de
l'Arrondissement de Belle
Anse
Coopérative
agricole Dondon
Caféière de Vincent Ogé
de Dondon
Fédération
des Sud-est, Artibonite,
Associations
Caféières Grand' Anse, Sud,
Natives
Ouest.
Réseau
Coopérative Nord, Nord- Est
Caféière de la Région
Nord
Union
Coopérative Baptiste, Savanette
Caféière de Baptiste
Source : ANTOINE, 2011
2.2.3- Causes du déclin de la production caféière en Haïti
L’aire caféière est passée de 171.000 hectares en 1950 à moins de 100.000
actuellement, soit une diminution annuelle moyenne de l’ordre de 1 à 1.6% (INCAH,
2007, cité par ANTOINE, 2011). Enumérons
les principales contraintes qui
seraient à la base de ce déclin accéléré de l’industrie caféière :
11
1) Manque de motivation des planteurs dû au bas prix du café en comparaison
avec celui des cultures vivrières (pois, céréales, tubercules, etc.) ;
2) Manque d’entretien des plantations caféières dû à la baisse des revenus tirés
de l’écosystème caféier traditionnel, à la faiblesse de l’encadrement
technique et à la quasi-inexistence des investissements dans le sous-secteur
caféier (intrants, outillage, crédit etc.) ;
3) Détérioration de la qualité du café due à la défaillance des méthodes de
traitement post-récolte utilisées dans la grande majorité des cas ;
4) Manque de vulgarisation de référentiels techniques sur les pratiques de
production et la préparation du café ;
5) Faiblesse structurelle, éducationnelle et financière des organisations de
producteurs (groupements, associations, coopératives, réseaux, fédérations,
etc.) engagées depuis ces dernières années dans la préparation et
l’exportation du café ;
6) Enclavement de nombreuses zones et habitations caféières ;
7) Déboisement accéléré des zones montagneuses, bastion de la production
caféière ;
8) Forte pression parasitaire sur les cafèterais, due principalement aux
pourridiés des racines (Rosellinia, Nectria sp. et autres), au Scolyte des
cerises (Hypothenemus hampei) pour ne citer que ceux-là.
12
En dépit de ces contraintes majeures,
le café conserve encore une place
prépondérante dans l’économie nationale. Il représente une source d’emploi pour
plus de 200 000 familles rurales.
2.2.4.- Différentes étapes de préparation du café
Le café, avant d'être admis sur le marché international, subit un certain nombre de
traitements relatifs aux normes du marché. Ainsi, nous sommes parvenus à
dénombrer plusieurs étapes dans le processus de traitement industriel du
café telles : le dépulpage, la fermentation, le lavage et le séchage. On peut avoir
également, le décorticage, la classification, le triage, et la mise en sacs (ANGRANC,
2008).
2.3.-Synthèse de la revue documentaire
Le café est une denrée stratégique dans une perspective d’amélioration des
conditions de vie des populations rurales et de protection de l’environnement. La
baisse des prix enregistrée dans les années écoulées, la présence de scolyte, le
coup d’état de 1991 sont entre autres des éléments déstabilisateurs de cette
filière. Cependant, la présence de nouveaux marchés à travers les coopératives
régionales et les prix rémunérateurs, la filière caféière commence à se remobiliser.
D’où l’engouement des planteurs à s’y relancer. En outre, les pratiques culturales et
les méthodes de lutte contre le scolyte combinées, seraient intéressantes pour une
réduction significative
du taux d’infestation. Malgré les maigres prix dans les
années antérieures, la valeur des exportations étaient considérables. Donc, une
organisation structurée de la filière caféière serait capable d’inciter les planteurs
à mettre en œuvre toutes les pratiques culturales et les méthodes de lutte contre
le scolyte en vue d’une augmentation de la production de café de qualité.
13
CHAPITRE III : PRESENTATION DE LA ZONE DE TRAVAIL-BAPTISTE
3.1.- Environnement biophysique
3.1.1.- Histoire et localisation
Suite au massacre d’Haïtiens en République Dominicaine au moment de l’installation
de la dictature Truilliste. C’est ainsi qu’en 1933, le gouvernement Dumarsais Estimé
crée sur toute la ligne frontalière des colonies agricoles pour l’installation des
déplacés. C'est dans cette optique
aujourd'hui comme
que fut créé Baptiste qui est considéré
un quartier rattaché à la commune de Belladère et de
Savanette et où se développent des échanges commerciaux importants avec la
République Dominicaine (ICEF-AVSF, 2006, cité par Antoine 2011).
3.1.2 Présentation de la zone d’étude et situation géographique (Baptiste)
Baptiste, un quartier de la commune de Belladère, est situé dans le département
du Centre (Bas Plateau Central), à l'est de la ville de Mirebalais et à 19 km au sud
de Belladère, dans la région montagneuse proche de la frontière de la République
Dominicaine.
Elle est une zone relativement accidentée ayant une altitude qui varie entre 980
et plus de 1500 mètres. Baptiste est constitué de savanes coupées de cours d’eau,
de ravines, de collines et de versants montagneux. Les agglomérations principales
sont localisées aux altitudes les plus élevées et qui atteignent parfois plus de 1500
mètres d’altitude. La distance entre Baptise et Port-au-Prince est de 120 Km
environ.
Les difficultés socio-économiques majeures de la zone sont : l’enclavement, dû au
très mauvais état de la route ; le manque d’eau potable ; le faible taux de
scolarisation des enfants ; les difficultés d’accès aux soins de santé ; les maladies
14
et autres pestes divers dont le scolyte qui attaque les cerises caféières et la
sigatoka noire qui affecte
les bananiers présents dans les parcelles caféières
(Antoine, 2011).
3.1.2.- Climat
Baptiste présente les caractéristiques d'un climat tropical à saison sèche
(montagne humide). Elle n'est pas exposée aux forts vents, contrairement
aux
autres régions caféières du pays. Les perturbations qui soufflent sur la zone
viennent en général de la République Dominicaine, suivant une direction
Est/Nord/Est- Ouest/Sud/Ouest. La pluviométrie annuelle est comprise entre 2
500 mm et 3 000 mm. La saison pluvieuse s’étend généralement du mois d'avril à
octobre et celle dite sèche de novembre à mars. Cependant, on peut remarquer
une légère récession des pluies au milieu de la saison pluvieuse. Les températures
sont comprises entre 18 et 22°C. Les mois les plus chauds sont juin et juillet alors
qu'une baisse de température est constatée en décembre-janvier (PASQUETTI,
2007).
3.1.3.- Topographie
Baptiste a une altitude qui varie de
980 à plus de 1500 mètres environ et son
relief est très accidenté. Il est constitué d’une succession de mornes abrupts et de
plateaux aux pentes plutôt faibles. Son point culminant atteint jusqu'à 1500 mètres
et plus. Entre 700 à 900 mètres d'altitude, on constate des affleurements de
roches calcaires. Le processus d'érosion y est très avancé en raison de
l’accélération de la déforestation (PASQUETTI, 2007).
3.1.4.- Pédologie
15
Les sols sont de type ferralitique ou fersialitique. Ils résultent
du processus
d'évolution des oxydes de fer qui, liés aux argiles, leur confèrent cette couleur
rougeâtre caractéristique. Ces sols riches en sesquioxydes sont assez aptes à
l'agriculture mais présentent tout aussi bien des avantages et des inconvénients.
(PASQUETTI, 2007).
3.1.5.- Hydrographie
La zone est caractérisée par de multiples accidents topographiques, engendrant
ainsi un réseau de drainage important alimentant les rivières de Roche-Plate et de
Las Aguas qui sont des affluents de la rivière Onde Verte. La roche mère étant du
calcaire, perméable et fissurée. Ces caractéristiques de la roche mère aboutissent
à un ruissellement faible et une infiltration abondante. D’où l’émergence des
résurgences dans des zones de plateau sous forme de source.
3.1.6.- Couvertures végétales
Baptiste détient encore une assez bonne couverture végétale en dépit de la
dégradation de l'environnement caractérisée par : la coupe non contrôlée des
arbres, l'érosion des sols. La strate arborée est relativement dense surtout en
zone de plateaux et est constituée généralement de citrus, d'avocatiers, de
sucrins, d'immortels, de trompettes... qui s'associent aux figues bananes et servent
d'abris définitifs
aux caféiers. Par contre, dans les zones de pente, la strate
herbacée est plus présente et est constituée surtout d'herbes de guinée, d'afio,
de balai, de madame Michel...Il faut préciser que dans ces zones, la végétation
arborée est claire ou quasiment inexistante. Les cultures pratiquées par ordre
d’importance sont : le maïs, le chou, le haricot, le taro, l'igname, etc.
16
3.2.- Environnement socio-économique
3.2.1.- Statut juridique et administratif
Baptiste est un
quartier de la commune de Belladère, département du Centre
d’Haïti. Jusqu'en 1990, ce dernier dépendait de Belladère d'un point de vue
administratif et politique. Les habitants de la zone souhaiteraient que Baptiste ait
un statut de commune afin de bénéficier plus directement des services publics
financés par les taxes communales. C’est ce qui porte les gens de la zone à ne pas
payer de
taxes depuis 1991 (Antoine, 2011). Depuis 2004, Baptiste dépend
à
nouveau entièrement de Belladère tant du point de vue administratif que politique
(Antoine, 2011).
3.2.2.- Population
La population de Baptiste-Belladère est estimée à près de 55 000 habitants en
2004, soit une densité de 166 habitants par km2 (IHSI, 2004 et ICEF-AVSF, 2006
cité par Antoine, 2011).
3.2.3.- Moyens de communication
Communication routière : la route conduisant au quartier Baptiste est en mauvais
état; Baptiste est situé à 19 km de Belladère. Il est relié à la capitale par la seule
route passant par Belladère, Lascahobas et Mirebalais construite sous le
gouvernement de Dumarsais ESTIMÉ. Dans les localités avoisinant le bourg de
Baptiste, les voies de communication sont quasiment inexistantes. La plupart des
tracés existant ne peuvent être accessibles que par les piétons et les animaux
suivant que la saison soit sèche ou pluvieuse.
Télécommunications : Dans les années antérieures, il était difficile voire même
impossible de communiquer avec le reste du pays quand on se trouvait à Baptiste.
17
Le seul centre de télécommunication installé en 1990 par la TELECO, est
dysfonctionnel depuis plusieurs années. Ce problème est remédié depuis mai 2007
avec l'arrivée de la compagnie de téléphonie mobile : la Digicel. La ferme agricole,
le presbytère de la zone et le bureau de l'UCOCAB sont les seuls endroits de la
zone où l’internet est disponible. La presse, sous toutes ses formes, est
inexistante. Toutefois, des ondes venant de la commune de Hinche, de Port-auPrince et de la République Dominicaines peuvent être captées.
3.2.4.- Electricité
Baptiste est électrifié à partir d’une
centrale hydro-électrique installée sur la
rivière Onde Verte. Donc, une gestion efficace de cette ressource s'avère
indispensable au développement durable de la zone.
3.2.5.- Éducation
Au niveau du bourg de Baptiste, on dénombre plusieurs écoles privées,
presbytérales et une école nationale construite sous le gouvernement de Dumarsais
ESTIMÉ en août 1948 et réhabilitée en 2008. Actuellement, l'enseignement
secondaire y atteint le niveau du bacc I. On mentionne également la présence d'un
lycée au sein de l'école nationale. Étant donné que l'éducation constitue un levier
essentiel dans la mobilité sociale, la scolarisation devient un impératif pour le
développement de la zone. Cependant, le prix d'inscription augmente parfois avec
le niveau de scolarisation. Les résultats scolaires sont faibles. Ceci ne s'explique
que par la formation inadéquate des maîtres, le manque d'encadrement familial, la
concurrence d'autres activités, les interruptions ponctuelles voire définitives de
scolarité (ANTOINE, 2011).
3.2.6.- Santé
18
Baptiste dispose d’un seul centre de santé nouvellement réhabilité par ZANMI LA
SANTE en janvier 2008. Ce dernier est sous la dépendance du MSPP. Ce centre est
muni d'une salle de chirurgie, de maternité, d'accouchement, de consultation
générale et d'un pavillon pour les résidents.
3.2.7.- Infrastructures financières et économiques
Baptiste n’attire pas beaucoup d'investisseurs en raison de son enclavement et sa
distance par rapport à Port-au-Prince. Toutefois, quelques ONG notamment Oxfam
Québec, Zanmi Lasante, … sont présentes. Aucune présence de banques
commerciales n'est remarquée dans la zone. Cependant, l'ICEF-DA arrive à
structurer de nombreuses organisations de producteurs de la zone. Le projet mené
par ICEF-DA appuie techniquement et financièrement sept coopératives qui
travaillent dans le développement agricole, et plus spécifiquement dans le café.
3.2.8.- Principales activités de la zone
L’agriculture représente l'activité principale des habitants de Baptiste, ce qui lui
confère cette appellation ‘’zone agricole’’. Les denrées agricoles cultivées dans la
zone sont : le café, le haricot, le maïs, le chou, le bananier, l'igname, le mirliton, les
fruitiers (citrus, avocatiers...) ; mais les cultures de café (Coffea arabica), le
bananier (Musa sp.) et l'igname (Dioscorea bulbifera) sont considérés comme des
cultures de rente car les conditions agropédoclimatiques du milieu favorisent bien
le développement de ces cultures qui occupent une place prépondérante dans les
activités agricoles. En plus de l’agriculture, les exploitations agricoles s'adonnent
également aux activités commerciales. Le petit commerce occupe une place
secondaire dans les activités économiques des gens de la zone.
19
Au niveau de la zone, les instruments aratoires tels que : pioche, houe, machette,
serpette, etc sont généralement les plus
utilisés dans l’accomplissement des
travaux agricoles. Les maladies des plantes cultivées constituent un véritable
goulot d’étranglement pour les exploitations agricoles. La variété figue- banane
n'est pas résistante à la sigatoka noire ; mais la variété banane musquée noire
l'est. De plus, les caféiers sont attaqués souvent par les scolytes, les pourridiés
racinaires, la rouille orangée. Il faut souligner que les agriculteurs ne disposent pas
de moyens phytosanitaires et techniques pour le traitement des sols.
20
CHAPITRE IV : METHODOLOGIE
4.1.- Méthodologie
Pour pouvoir atteindre les objectifs fixés, la méthodologie retenue a été
la
suivante :
Revue documentaire
Enquête préliminaire
Typologie
Echantillonnage
Collecte des données
Dépouillement des données
Traitement et synthèse des données.
Résultats, analyse et discussions
Restitution
4.1.1-Revue documentaire
Bon nombre de documents relatifs à la zone sous étude ont été examinés. Ces
derniers ont fourni une idée globale sur la problématique de la zone et de la culture
en question. Ils ont facilité aussi de comprendre le fonctionnement d’une
exploitation agricole en milieu rural et de dénombrer les différentes localités à
potentielle caféière. En effet, cette recherche documentaire a permis d’obtenir
des informations relatives au milieu rural haïtien (plus précisément sur la zone de
Baptiste)
aussi de renseigner sur la culture considérée (café) et cet insecte
dévastateur le ‘’scolyte’’.
21
4.1.2.- Enquête préliminaire
Cette enquête a permis de compléter les informations obtenues auparavant dans les
ouvrages relatifs à l’étude et d’établir un lien avec la réalité de la zone étudiée.
Pour y parvenir, des notables de la zone, des personnes âgées (environ 20), et
certaines autorités locales ont été contactés. Cette enquête cherchait à obtenir
un certain nombre d’informations (les différents étages agro-écologiques de
production de café dans le quartier de Baptiste, les pratiques culturales mises en
œuvre par les caféiculteurs, les taux d’infestation par le scolyte, etc.) et doit
infirmer ou confirmer la corrélation existant entre les ITK pratiqués et le taux
d’infestation par le scolyte d’une part, entre celui-ci et le rendement d’autre part.
Sur cette base une typologie sommaire des producteurs de café a été établie.
4.1.3-Typologie
A partir de l’enquête préliminaire, on a pu relever 3 (trois) éléments discriminants,
et ces derniers sont d’ordre structurel et fonctionnel : Surface Agricole Utile,
Gestion de Main d’œuvre, nombre de sarclage. Les autres pratiques culturales et
récoltes sanitaires ne sont pas discriminantes, même si parfois certaines
catégories en procèdent généralement pour des raisons économiques, et non pour
des raisons de lutte contre le scolyte des drupes du caféier (ex : ramassage et
ratissage) (source de l’auteur). Et pour éviter de fausses interprétations, on a dû
laisser tomber la fertilisation qui semblerait être discriminante, vu que l’engrais
que ces planteurs utilisent viennent souvent des dons octroyés le plus souvent par
l’état haïtien à travers les activités de recherche du Programme DEFI/ICEF-DA.
Catégorie I : celle-ci regroupe les exploitations caféières de moins de 1.5
hectare de terre, avec un sarclage, et l’exploitation caféière utilise la maind’œuvre associée ou familiale, avec une prédominance en culture vivrière et
22
maraichère par rapport à la culture du café ; cette catégorie fonctionne
dans une stratégie de survie (satisfaction des besoins en calorie et en
protéine dans l’immédiat) (Source de l’auteur) ;
Catégorie
II : cette catégorie renferme les exploitations caféières
comprises entre 1.5 hectares et 3 hectares, avec 2 (deux) sarclages, achat
de main-d’œuvre, et/ou main-d’œuvre familiale, avec une prédominance
vivrière par rapport à la culture du café. Les exploitations de cette
catégorie évoluent dans une logique d’autosubsistance et de
dégager du
surplus pour le marché (source de l’auteur) ;
Catégorie III : elle regroupe les exploitations caféières de plus de 3
hectares de terre, avec 3 sarclages, achat de main-d’œuvre, avec une
stratégie de maximisation de profit, avec une prédominance caféière par
rapport aux vivriers. Les exploitants de cette catégorie sont pour la plupart
des doubles actifs (source de l’auteur).
4.1.4-Echantillonnage
L’échantillonnage de l’étude s’est fait sur les étages agro écologiques qui
comportent des plantations caféières. Ainsi, nous avons pu identifier les
différents étages agro-écologiques du Quartier Baptiste. Notre échantillon a été
réparti sur 2 étages agro écologiques qui sont pourvus de plantations caféières,
c’est-a-dire les étages II et III. En effet, à partir d’un échantillonnage stratifié
aléatoire, 18 exploitations caféières (unité statistique) ont été passées en revue.
Les principaux étages agro écologiques du quartier Baptiste sont les suivants :
Etage I : marqué par une succession de pente assez raide, très érodé, avec
affleurement rocheux dans certains endroits. Il se trouve à moins de 900 mètres
23
d’altitude et a une température plus élevée que les autres étages (diminution 1°C de
la température à chaque 100 mètres d’altitude). Dans cet étage, Fond d’Enfer, les
cultures semi-annuelles sont dominantes telles que : le maïs, le sorgho, le haricot
etc. Pourtant, la culture du café est présente en faible quantité dans cette zone. La
végétation arbustive est marquée par des arbres fruitiers. On peut citer entre
autre : l’avocatier, le manguier, kòdok (cachiman), et quelques pieds de citrus
(Source de l’auteur).
Etage II : situé entre 900 et 1400 mètres d’altitude, le milieu biophysique est très
diversifié avec des pentes, des bas fonds, des plateaux et des cuvettes, et des sols
rouges (fertisols) varient suivant la géomorphologie du milieu. Il a une température
moindre que l’étage I et plus élevée que les étages III et IV. L’étage II contient
quatre grandes zones : Totoye, Plateau Baptiste, Roche Plate et Trassahaie. Cette
dernière produit beaucoup plus de café que les autres zones du Quartier Baptiste,
et cette culture représente la culture dominante des exploitants de la zone. La
caféiculture se fait normalement sous couverture végétale, et les arbres de
couverture sont pour la plupart : sucrin, mortel, banane, avocatier, citrus, bois
villea, trompette. Les autres cultures pratiquées dans cet étage sont : la banane, le
haricot, le mirliton, le maïs, la mazombelle, le chou, la canne-à-sucre, le taro,
l’igname, la patate douce etc. L’élevage est peu pratiqué, seulement des petits
foyers d’élevage de basse-cour (poule, canard, dinde, pintade) et de petits bétails
comme la chèvre. La végétation arbustive est dominée par les arbres de couverture,
avec une grande concentration d’avocatier à Plateau Baptiste, des palmistes, kòdok ;
il y a aussi la présence de manguiers dans certains endroits, mais ils sont rabougris.
La pite, le vétiver, l’herbe éléphant sont les herbes les plus fréquentes dans cet
étage (Source de l’auteur).
24
Etage III : situé entre 1400 et 1500 mètres d’altitude, n’est pas trop différente
de l’étage II en
termes
de culture et de végétation. Toutefois, il diffère de
l’étage II en raison de sa pluviométrie et sa basse température. Cette différence
climatique crée une irrégularité dans la date de récolte du café au niveau du
Quartier Baptiste, car les caféiers de l’étage II fleurissent avant tandis que ceux
de Louimé connaissent une floraison tardive. Donc, les caféiers de l’étage II sont
plus précoces que ceux de l’étage III, ceci s’explique par le besoin en somme de
température du café pour arriver à la floraison. Cet étage renferme des pentes
assez douces et aussi des pentes raides où des affleurements de la roche mère
peuvent être constatés. Au niveau de cet étage, quelques pieds de pin ont été
observés. Cette zone de transition marque la fin de la culture du café au profit des
cultures sarclées (haricot, chou, maïs, canne à sucre) (source de l’auteur).
Etage IV : Source Rouge, situé à plus de 1500 mètres d’altitude, est la zone la plus
haute du Quartier Baptiste. Cet étage est très différent des autres, un plateau
plus ou moins uniforme pourvu d’un sol très rouge, dépourvu de plantation caféière
(les pieds café observés servent de clôture
pour les maisons), avec de vaste
domaine de plantation de pomme de terre. Les principales cultures rencontrées par
ordre d’importance dans cet étage sont les suivantes : la pomme de terre, le haricot
et le pois Congo, le chou. Dans cette zone, on pratique l’élevage de bovin, équin,
basse-cour et de caprin. La végétation est constituée de : avocatier, sucrin, pelle,
immortel etc.
Cette zone
représente la frontière entre Baptiste (Haïti) et la
République Dominicaine où des échanges commerciaux informels de toutes sortes
sont réalisés (source de l’auteur).
25
Tableau 3 : Répartition de l’échantillon par catégorie et zone agro-écologique
Etages
agro
Catégories
Echantillon
écologiques
II
III
Altitude
en mètre
I
3
II
3
III
3
I
3
II
3
III
3
900-1400
14001500
Source de l’auteur.
4.1.5.-Collecte des données
Un questionnaire d’enquête élaboré en regard des objectifs du travail pour mieux
recueillir les données recherchées
a été
utilisé. Celui-ci ne renferme que des
questions formulées et ajustées en vue de répondre aux exigences du travail à
réaliser. Ainsi, les données quantitatives et qualitatives qui ont été recueillies sont
les suivantes :
Données qualitatives :
Tenure foncière, type de main-d’œuvre, espèces cultivées, cultures pratiquées,
fertilisation des parcelles caféières, ramassage, ratissage, récolte éliminatoire,
contrôle couvert, mise à distance.
Données quantitatives :
26
Quantités de produits récoltés, prix unitaires de vente, prix unitaires des
intrants (engrais, semences, pesticides,), cycle de production, quantités intrants
utilisés, superficies cultivées.
4.1.6.-Dépouillement des données
Les données recueillies aux mois de février et avril sur le terrain ont permis de
mieux comprendre la réalité environnante et
ont servi comme base pour la
discussion des résultats obtenus. Aussi, des données quantitatives et qualitatives
ont facilité les différents calculs ont été dépouillées.
4.3.9.-Analyse, traitement et synthèse des résultats
Pour arriver à des conclusions relatives au sujet à l’étude, la phase d’analyse des
données traitées et synthétisées s’avère importante.
Des calculs sur les données jugées nécessaires ont permis d’une part de
quantifier les manques à gagner causés par le scolyte et, d’autre part de
déterminer les revenus générés au niveau des parcelles caféières dans la
région de Baptiste.
Quantité scolytée = quantité cerise récoltée - quantité cerise saine
Manque à gagner= (quantité cerise totale récolté * prix moyen de la marmite
cerise saine) – (quantité recoltée scolytée* prix moyen de la marmite cerise
scolytée + quantité recoltée saine* prix moyen de la marmite cerise saine)
ou
Manque à gagner = produit brut idéal café- produit café sans les recettes du
ramassage
27
Produit brut idéal café= quantité totale recoltée * prix moyen de la marmite
cerise café saine ;
Produit brut café = (quantité cerise saine recoltée * prix de vente de
la marmite cerise saine) + (quantité cerise scolytée * prix de vente de
la marmite cerise scolytée) + les recettes du ramassage;
Revenu du café = (produit brut café – charges réelles du café) ;
Charges variables imputables au café =
main d’œuvre salariale +
fertilisation ;
Recettes autres cultures= quantité physique recoltée* prix unitaire de
vente ;
Charges fixes imputables au café = fermage + amortissement des
outils + main d’œuvre temporaire + intérêt sur emprunt;
Revenu total = Revenu café + Revenu autre cultures ;
Part du café dans le Revenu total = (Revenu café/ Revenu total)* 100.
4.10.- Restitution
Une séance de restitution a été organisée avec les représentants des planteurs des
différentes zones de Baptiste. Cette séance a permis non seulement de confirmer
avec les habitants de la zone les différentes informations recueillies, de mieux
approfondir les points d’ombre mais aussi d’appréhender les attentes de la
population en matière de caféiculture.
28
CHAPITRE V : RESULTATS, ANALYSE ET DISCUSSIONS
Tout processus de recherche est sujet à des résultats, analyse et discussions qui
permettent à des décideurs d’apporter les solutions nécessaires. D’où l’importance
de cette partie dans le travail de recherche.
Etant donné que notre travail s’étend sur les étages agro écologiques qui
contiennent des écosystèmes caféiers importants, ces données qui vont être
analysées et discutées concernent uniquement les étages agro écologiques II et
III qui ont été retenus dans notre protocole.
Tableau 4.-Facteurs de production en moyenne des trois catégories pour les
étages II et III
Facteurs
Etage agro écologique II
de
Catégorie
Catégorie
Categories Catégorie Categorie Catégorie
I
II
III
I
II
III
en 1,08333
2,67
6
0,83
2,17
3,83
3,33
6,67
11
5
6,67
7,33
6,67
3,33
2,33
5
4
3
production
en
Etage agro écologique III
moyenne
Terre
hectare
Outils
agricoles
Nombre
d’actif
Source : calcul de l’auteur, Mars, Avril, 2012
Comme le tableau 4 l’a bien souligné, la quantité de terre en café progresse de
catégorie I à III, ce qui signifie que les moyennes de ce facteur de production des
29
trois catégories sont respectivement 1.08333, 2.67, 6 hectares pour l’étage II et
0.83, 2.17, 3.83 pour les caféiculteurs de l’étage III. Les outils agricoles que
possèdent les caféiculteurs varient d’une catégorie à une autre suivant la quantité
de terre que dispose l’exploitation caféière. Ainsi, le nombre d’outils agricoles que
possèdent les trois catégories d’exploitations caféière en
moyenne est
respectivement 3.33, 6.67, 11 pour les caféiculteurs de l’étage II et 5, 6.67, 7.33
pour ceux de l’étage III. Plus l’exploitation caféière dispose de terre en café, plus
elle possède de moyen financier suffisant pour l’acquisition d’outils agricoles. Il
faut préciser que tous les planteurs des trois catégories possèdent les outils
agricoles suivants : houe, marchette, digo, piquoir, serpette, mais seuls
planteurs des catégories II et III possèdent ces outils :
les
perle et brouette.
Cependant, le nombre d’actif agricole au sein des exploitations caféières évolue en
sens inverse de la quantité de terre en exploitation. Les exploitations caféières de
la première catégorie disposent d’un plus grand nombre d’actif que celles des deux
autres catégories. Ce qui nous montre que le nombre d’actif agricole diminue avec
la surface agricole utile en café.
4.4.1.-Mode d’organisation du travail pour les trois catégories d’exploitations
caféières
La main-d’œuvre est essentiellement salariale pour les planteurs de la troisième
catégorie vu l’importance de leurs parcelles tandis que la première catégorie utilise
fortement la main-d’œuvre familiale pour la quasi-totalité des pratiques culturales
effectuées dans les parcelles caféières. Pourtant, la deuxième catégorie utilise les
deux (main-d’œuvre familiale et salariale) dans des proportions diverses. Le coût
des opérations dépend,
d’une part
du type d’opération et, d’autre part de la
30
superficie cultivée. En plus de la rémunération en espèce des travailleurs, la
nourriture et les boissons (café, clairin) sont sous la responsabilité du propriétaire
de la parcelle.
4.4.2.- Charges variables ou charges opérationnelles
Elles sont liées à l’utilisation des facteurs variables et varient avec le volume des
opérations. En effet, elles sont formées par l’incorporation d’un ensemble
d’éléments bien défini suivant la constitution de l’opération. Ainsi, les charges
variables liées à la caféiculture sont les suivantes : sarclage, taille, mise à distance,
ramassage, contrôle couvert, ratissage, récolte éliminatoire, récolte proprement
dite, engrais chimique.
4.4.3.- Charges fixes ou charges de structure
Ces charges ne varient pas avec le volume des opérations. Elles ont pour
caractéristique d’être immuables et sont calculées sur une base annuelle. Elles sont
liées à l’emploi des facteurs fixes. De même pour les charges variables, les charges
fixes renferment un ensemble d’éléments bien définis suivant la nature de
l’opération en question. Par conséquent, pour la caféiculture on dénombre ceci :
amortissement des équipements.
Le tableau ci-après renferme les données quantitatives liées à la caféiculture pour
les 6 exploitations caféières de la première catégorie des deux étages agro
écologiques. Ces données illustrent respectivement :
charges variables, charges
fixes et charges totales pour la caféiculture ainsi que leur moyenne.
31
Tableau 5.- Charges fixes, charges variable et charges totales de la
caféiculture (en gourdes) pour les exploitations caféières de la première
catégorie des étages II et III
Etage II
Etage III
#
CF
CV
CT
#
CF
CV
CT
1
166.66
11370
11536.66
1
266.66
11300
11566.66
2
108.33
13300
13408.33
2
100
23625
23765
3
100
7250
7350
3
183.33
13305
13488.33
Total
374.99
31920
32294.99 Total
549.99
48230
48819.99
CFM
CVM
CTM
CFM
CVM
CTM
124.9967
10640
10765
183.33
16076.67 16273.33
Source : enquête et calcul de l’auteur, Mars, Avril 2012
Les Abréviations :
CF : Charges fixes ; CV : Charges variables ; CT : Charges totales ;
CFM : Charges Fixes Moyennes ; CVM : Charges Variables Moyennes ;
CTM : Charges Totales Moyennes
Il est à remarquer que les charges variables sont plus élevées que les charges fixes
pour quiconque caféiculteur pris en compte. La faiblesse des charges fixes ne peut
s’expliquer que par l’obsolescence de l’outillage agricole et le faible niveau
d’investissement au sein des exploitations caféières pour l’achat d’outils agricoles
pouvant faire l’objet d’un amortissement important.
32
Tableau.6.- Charges variables, fixes et charges totales de la caféiculture
(en gourdes) pour la deuxième catégorie d’exploitations caféières des étages II
et III
Etage II
Etage III
#
CF
CV
CT
#
CF
CV
CT
1
400
49945
50345
1
216.66
57276
57492.66
2
516.66
63650
64166.66
2
200
60032
60232
3
416.65
61850
62266.65
3
316.66
35756
36072.66
Total
1333.31
175445
176778.3
Total
733.32
153064
153797.3
CFM
CVM
CTM
CFM
CVM
CTM
444.4367
58481.67
58926.1
244.44
51021.33 51265.77
Source : enquête et calcul de l’auteur, Mars, Avril 2012
Les Abréviations :
CF : Charges Fixes ; CV : Charges Variables ; CT : Charges Totales ;
CFM : Charges Fixes Moyennes ; CVM : Charges Variables Moyennes ;
CTM : Charges Totales Moyennes
Comme le tableau 6 le témoigne, les charges variables
caféières
sont de loin
supérieures aux charges fixes caféières. Les exploitations caféières de cette
catégorie allouent beaucoup plus de ressources financières aux différentes
pratiques culturales, à l’achat d’engrais chimique qu’à l’achat d’équipements pouvant
alourdir les amortissements. C’est ce qui explique le poids des charges variables par
rapport aux charges fixes dans les dépenses de ces exploitations caféières.
Le tableau ci-après contient les données chiffrées liées à la caféiculture pour les 6
exploitations caféières de la troisième catégorie des étages II et III. Elles
33
représentent respectivement :
charges variables, charges fixes et charges
totales pour la caféiculture et également leur moyenne.
Tableau.7.- Charges variables, fixes et charges totales de la caféiculture pour
les exploitations caféières de la troisième catégorie des étages II et III.
Etage II
Etage III
#
CF
CV
CT
#
CF
CV
CT
1
2000
143000
1450000
1
250
83908
84158
2
966.65
76550
77516.65
2
233.33
95396
95629.33
3
776.66
100150
100926.7
3
316.65
74558
74874.65
Total
3743.31
319700
323443.31 Total
799.98 253862
254662
CFM
CVM
CTM
CFM
CVM
CTM
1247.77
106566.7
107814.43
266.66
84620.67
84887.33
Source : enquête et calcul de l’auteur, Mars, Avril 2012
Les Abréviations :
CF : Charges Fixes ; CV : Charges Variables ; CT : Charges Totales ;
CFM : Charges Fixes Moyennes ; CVM : Charges Variables Moyennes ;
CTM : Charges Totales Moyennes
Le constat qui a été fait pour les catégories précédentes est toujours de mise pour
la troisième catégorie en ce qui a trait aux dépenses. Ainsi, les charges variables
caféières sont très largement supérieures aux charges fixes vu que les
exploitations caféières
sont dépourvues de matériels et d’outils pouvant faire
l’objet d’un amortissement important, et le fermage n’est pas pratiqué pour les
caféiculteurs faisant partie de notre échantillon.
34
Le tableau 8 indique clairement que les exploitations caféières de Baptiste des
catégories II et III
attribuent beaucoup plus
d’importance à la caféiculture
qu’aux autres activités. Elles décaissent beaucoup plus de fonds dans la conduite
des parcelles caféières que celles des autres cultures. Ainsi, les charges
progressent de catégorie (I à III) disposant d’une SAU faible en café vers les
catégories pourvues d’une SAU élevée en café. Par conséquent, les charges totales
peuvent être mesurées avec la superficie cultivée en café. Il faut mentionner que
le sarclage, la récolte
et
l’engrais chimique
contribuent le plus aux charges
variables des catégories II et III. De plus, les charges fixes caféières des
catégories II et III sont plus élevées que celles de la catégorie I. Ceci ne peut
s’expliquer qu’en raison de l’achat d’outils agricoles faisant l’objet d’amortissement
dans les calculs économiques de ces dernières, contrairement à la catégorie I qui
possède des outils agricole désuets.
Tableau 8.-Charge fixes, charges variables moyennes de la caféiculture en
gourdes par catégorie d’exploitations caféières des étages II et III.
Catégorie
Etage II
Etage III
Charges
Charges
Charges
Charges Charges
Charges
fixes
variables
totales
fixes
variables
totales
I
124.9967
10640
10765
183.33
16076.67
16273.33
II
444.4367
58481.67
58926.1
244.44
51021.33
51265.77
III
1247.77
106566.7
107814.4
266.66
84620.67 84887.33
Source : enquête et calcul de l’auteur, mars, Avril 2012
4.4.4.-PRODUIT BRUT
35
Puisque les parcelles caféières constituent la base de notre travail, c’est pourquoi
toutes les données ont été recueillies au niveau de celles-là. De plus, les parcelles
caféières ne sont pas homogènes en termes de végétation. D’autres plantes telles
que : banane, arbre fruitier ont été retrouvées,
sont prises en compte dans le
calcul du revenu des parcelles caféières. Ainsi, Le produit brut c’est la valeur
totale en unités monétaires de tout ce qui a été produit sur la parcelle dans un
exercice de production bien déterminé. Alors, la quantité physique produite sur la
parcelle par le prix d’une unité physique de produit donne le produit brut végétal
de la parcelle.
Le tableau 9 Indique le produit brut du café des exploitations caféières de la
première catégorie de même que les paramètres de dispersion. Ces derniers sont
utilisés pour mesurer le niveau de risque lié à une activité économique. Etant donné
que l’agriculture est une activité économique où l’on travaille sur des convertisseurs
biologiques (plante), elle est sujette à des risques. Donc, le volume d’investissement
que fait l’exploitation caféière est sujet à des risques liés, aux insectes dont le
scolyte, aux conditions climatiques défavorables dont les vents forts au moment de
la floraison caféière, à la mauvaise cueillette affectant grandement la prochaine
récolte. L’écart-type permet la répartition des valeurs autour de la moyenne et le
coefficient de variation traduit la variabilité par rapport à la moyenne. Ainsi, moins
les paramètres de dispersion sont élevés, moins le risque est élevé. Donc, le risque
lié aux vents forts serait moins élevé pour les caféiculteurs de cette catégorie de
l’étage II que l’étage III vu que les paramètres de dispersion n’accusent pas des
valeurs importantes.
36
Tableau 9.-Produit brut moyen annuel du café (en gourdes) et paramètres de
dispersion pour la première catégorie d’exploitations caféières des étages II et
III
Etage II
Etage III
#
PBCS
PBCP
RKR
PBC
1
42225
9350
0
2
33750
7500
3
36600
Total
112575
#
PBCS
PBCP
RKR
PBC
51575
1
3320
0
4550
2250
400000
2800
44050
2
5600
0
8750
2250
67000
8100
1250
45950
3
2240
0
4125
3000
29525
24950
4050
14157
5
Total
11160
0
1742
5
7500
136525
PBM
CS
PBCP
RMK
R
PBMC
3720
0
5808
.333
2500
45508.
33
PBMCS
PBCP
RMKR
PBMC
37525
8316.6
7
1350
47191
.67
Ecar
ttype
3913
.146
CV
en
%
8.2
9%
Ecarttype
CV
en %
19335.
21
42.4
8 %
Source : enquête et calcul de l’auteur, mars, avril 2012
Les Abréviations :
PBCS : Produit Brut Café Sain ; PBCP : Produit Brut Café Piqué ; RKR : Recettes
(kafe Rat) ; PBC : Produit Brut Café ; PBMCS : Produit Brut Moyen Café Sain;
PBMCP : Produit Brut Moyen Café Piqué; RMKR : Recettes Moyennes (kafe Rat) ;
PBMC : Produit Brut Moyen Café ; CV : Coefficient de Variation.
Le produit brut du café est ainsi constitué de la somme des produits bruts café
sain, cafés piqué, et les recettes du (kafe rat). Le tableau 10 illustre le produit
brut moyen du café et également les paramètres de dispersion pour la deuxième
catégorie d’exploitations caféières des étages II et III. En le considérant, il est
montré que les paramètres de dispersion accusent des valeurs plus importantes au
37
niveau de l’étage II que l’étage III. En effet, l’on peut conclure en considérant le
résultat de l’écart-type et le coefficient de variation que le risque lié aux attaques
du scolyte serait plus élevé pour les caféiculteurs de l’étagé II de la deuxième
catégorie que pour ceux de l’étage III de cette même catégorie.
Tableau 10.- Produit brut moyen annuel du café (en gourdes) et paramètres
de dispersion pour la deuxième catégorie d’exploitations caféières des étages
II et III
Etage II
Etage III
#
PBCS
PBCP
RKR
PBC
1
87000
14500
1905
2
13507
5
23950
4230
3
13162
5
24750
Total
35370
0
Ecar
ttype
#
PBCS
PBCP
RKR
PBC
110655
1
130640
18240
7500
156380
163255
2
101040
16620
7200
124860
1250
157625
3
94320
14460
6000
114780
63200
7385
431535
Total
326000
49320
20700
396020
PBCS
M
PBCP
M
RKRM
PBCM
PBCSM
PBCPM
RKRM
PBCM
11790
0
21066
.67
2461.
667
143845
108666
.7
16440
6900
132006
.7
2888
0.9
CV
20.
07
%
Ecar
ttype
CV
2170
1.29
16.4
3
Source : enquête et calcul de l’auteur, mars, avril 2012
Les Abréviations :
PBCS : Produit Brut Café Sain ; PBCP : Produit Brut Café Piqué ; RKR : Recettes
(kafe Rat) ; PBC : Produit Brut Café ; PBMCS : Produit Brut Moyen Café Sain;
PBMCP : Produit Brut Moyen Café Piqué; RMKR : Recettes Moyennes (kafe Rat) ;
PBMC : Produit Brut Moyen Café
De la même façon qu’on a procédé pour les deux premières catégories, le tableau 11
présente le produit brut moyen annuel du café de la troisième catégorie et les
paramètres de dispersion. Toute activité économique est pourvue de risque et
celui-ci est évalué par les paramètres de dispersion à savoir l’écart-type et le
38
coefficient de variation. Ainsi, on a pu constater que ces paramètres seraient plus
élevés pour les caféiculteurs de la troisième catégorie de l’étage II par rapport à
ceux de l’étage III. Donc, le risque lié aux conditions climatiques défavorables et
aux scolytes serait moins élevé pour la troisième catégorie de l’étage III que pour
celle de l’étage II.
Tableau 11.-Produit brut caféier moyen annuel (en gourdes) et paramètres de
dispersion pour la Troisième catégorie d’exploitations caféières des étages II
et III
Etage II
Etage III
#
PBCS
PBCP
RM
PBC
1
295200
43200
18750
358300
Ecart-
CV
type
en %
#
PBCS
PBCP
RM
PBC
1
22016
26880
10500
25754
0
2
336000
52500
10300
398800
2
22032
232500
38750
7200
278450
3
Total
863700
134450
36250
1035550
Total
19168
29160
9000
27360
6750
83400
26250
287900
PBMCP
RMM
PBMC
PBMC
S
P
27800
12083
345183.
61237.
17.7
21072
67
.33
3
78
4
0
7.52
25848
22579
74181
0
PBMC
44816.
en %
0
0
PBMCS
-type
0
0
63216
CV
0
0
3
Ecart
RMM
PBMC
8750
24727
18608.
0
16
Source : enquête et calcul de l’auteur, mars 2012
Les Abréviations :
PBCS : Produit Brut Café Sain ; PBCP : Produit Brut Café Piqué ; RKR : Recettes
(kafe Rat) ; PBC : Produit Brut Café ; PBMCS : Produit Brut Moyen Café Sain ;
PBMCP : Produit Brut Moyen Café Piqué ; RKRM : Recettes (kafe Rat) Moyennes ;
PBMC : Produit Brut Moyen Café
4.4.5.-Manque à gagner dû aux scolytes des trois catégories d’exploitations
caféières
39
Les attaques du scolyte ‘’Hypothenemus hampei’’ causent des dégâts dans les
jardins caféiers à Baptiste. Ces dégâts engendrent non seulement une diminution de
la production caféière mais aussi une diminution de la valeur marchande du café.
C’est ce qui nous incite à déterminer ce manque à gagner causé par cet insecte. En
effet, le manque à gagner s’obtient par la différence entre le produit brut idéal du
café et le produit du café. Le produit brut idéal du café s’obtient en multipliant la
vente de toute la production caféière (saine, piquée) récoltée par le prix de vente
de la marmite du café sain tandis que le produit brut café s’obtient en multipliant
la vente de la partie récoltée scolytée par le prix unitaire de la marmite de ce café
scolyté, puis on ajoute la quantité recoltée saine qui est multipliée par le prix de
vente de la marmite du café sain et en ajoutant les recettes du (kafe rat).
Tableau 12.- Calcul du manque à gagner des trois catégories d’exploitations
caféières des étages II et III.
Etage II
Cat
PBIMC
Etage III
PBMC*
égor
Manque à
SAU
Manque à
Catégori
gagner
moyen
gagner
es
ne
par
par
hectare
hectare
ies
I
51350
47191.6
4158.33
1.083
3838.57
I
7
II
151961.7
143845
10533.33
2.67
3945.06
II
PBIMC
PBMC*
46293.3
43008.3
3
3
130586.
Manque
SAU
Manque
à gagner
moyenne
à gagner
3285
0.8333
3942.15
125106.7
5480
2.17
2525.34
238520
9266.67
3.83
2419.50
7
III
367591.
345183
7
.3
22408.33
6
3734.72
III
247786.
7
Source : enquête et calcul de l’auteur, mars, avril 2012
Les Abréviations :
PBMC* : Produit Brut Moyen Café sans les recettes du ramassage
PBIMC : Produit Brut Idéal Moyen Café; PBMC : Produit Brut Moyen Café
40
Comme l’indique le tableau 12, au niveau de l’étage II, le manque à gagner par
hectare est légèrement plus élevé pour les caféiculteurs des catégories I et II
que pour ceux de la catégorie III vu que les taux d’infestations sont plus élevés
pour ces catégories. Contrairement à la catégorie III où le manque à gagner est
plus faible par rapport à celui des autres
en raison du taux d’infestation
relativement bas. Tandis qu’au niveau de l’étage III, le manque à gagner par hectare
diminue de catégorie I à III. Ainsi, il est de l’ordre de 3942.15, 2525.34, 2419.50
gourdes respectivement pour les catégories I, II et III pour l’étage III. En
revanche, les manques à gagner par hectare des trois catégories I, II, III de
l’étage II sont respectivement 3838.57, 3945.06, 3734.72
gourdes. Cette
différence de manque à gagner constatée entre les catégories est due d’une part
aux soins ou traitements que les caféiculteurs des catégories II, III accordent à
leurs parcelles puisque les pratiques culturales ont des effets
sur les taux
d’infestations et, d’autre part, aux conditions pédoclimatiques puisque les étages
II et III évoluent dans des écosystèmes caféiers différents.
4.4.6.- Revenu moyen
Le revenu s’obtient par la différence entre le produit brut et les charges réelles
d’opérations d’une activité. Ainsi, il est le reliquat après avoir enlevé du produit
brut toutes les charges réelles.
Le tableau 13 illustre les revenus moyens dégagés dans les parcelles caféières.
Selon le contenu du tableau ci-dessous, la caféiculture procure un revenu moyen
plus élevé que la vente des autres cultures (y compris les fruits) et ceci est vrai
pour les trois catégories. Toutefois, les revenus moyens du café ne font
qu’accroître des catégories I à III dans les deux étages. Ceci est dû au volume
41
d’investissement que les caféiculteurs
d’engrais, la mise en œuvre
font dans leurs parcelles pour l’achat
des pratiques culturales
telles que : sarclage,
ramassage, contrôle couvert, ratissage, canaux de contour. Il faut mentionner
également que
les autres cultures présentes dans les parcelles caféières
procurent une recette monétaire qui croît des catégories I à III toujours dans les
étages II et III. Donc, plus la surface agricole utile en café est importante, plus
elle contient des pieds de figue-banane et d’arbre fruitiers particulièrement les
citrus, c’est ce qui explique cette différence marquante au niveau des recettes des
autres cultures dans les parcelles caféières des trois catégories. Cependant, pour
les mêmes catégories I, II et III des étages II et III, on a pu constater une
différence marquante dans les revenus moyen du café. Ceci est du à l’ écart
prononcé des moyennes de superficies emblavées en café.
Tableau .13- Revenus moyens du café, recettes des autres cultures par an en
unités monétaires (gourdes) des trois catégories des étages II et III
Etage II
Catégorie
I
II
III
Etage III
caféiculture
AC
PBMC
CTMC
RMC
RAC
47191.67
10765
36426.67
17480
143845
345183.3
58926.1
107814.4
84918.9
248578.9
27430
38943.33
Catégorie
I
II
III
Caféiculture
AC
PBMC
CTMC
RMC
RAC
45508.
16273.
29235.
3453.3
33
33
01
3
132006
51265.
80740.
7533.3
.7
77
89
3
24727
84887.
162382
10380
0
33
.7
Source : enquête et calcul de l’auteur, mars, avril 2012
42
Les Abréviations : PBMC : Produit Brut Moyen Café ; CTMC : Charges Totales
Moyennes Café ; RMC : Revenu Moyen Café ; RAC : Recettes Autres Cultures ; AC :
Autres Cultures
Tableau .14.- Revenu moyen du café par an en valeur monétaires (gourdes) et
paramètres de dispersion des trois catégories des étages II et III
Etage I
Etage II
Catégorie
RMC
Ecart-type
CV
Catégorie
RMC
Ecart-type
CV
I
36426.67
5061.312
13.89
I
29235.01
13616.86
46.57%
II
84918.9
21393.38
25.19
II
80740.89
17219.96
21.32%
III
248578.9
93809.67
37.73
III
162382.7
11240.63
6.92%
Source : enquête et calcul de l’auteur, Mars, Avril 2012
Les Abréviations : RMC : Revenu Moyen du Café ; CV : Coefficient de Variation
Selon le tableau 14, le revenu moyen du café de la première catégorie est moins
élevé que celui des catégories II et III tandis que celui de la troisième catégorie
est plus élevé que celui des deux autres catégories dans les deux étages agro
écologiques (II et III). De plus, au niveau l’étage II, les paramètres de dispersion
accusent des valeurs plus importantes pour les deux dernières catégories (II et
III) que ceux de la première catégorie. Donc, le volume d’investissement que les
caféiculteurs des catégories II et III ont consenti dans la mise en œuvre des
pratiques culturales serait plus risqué aux attaques du scolyte que ceux de la
catégorie I. En revanche, au niveau de l’étage III, le risque lié aux attaques du
scolyte serait moins élevé pour les caféiculteurs des catégories II, III que pour
ceux de la première catégorie. Ceci ne peut s’expliquer qu’en raison de la période
43
d’exécution des pratiques culturales et des conditions pédoclimatiques que les
parcelles caféières de cet étage évoluent. De plus, les catégories II et III
fonctionnent dans une logique de générer le maximum de profit possible
contrairement aux caféiculteurs de la première catégorie qui fonctionnent dans une
logique d’autosubsistance, ceci est vrai pour les deux étages.
A l’intérieur du tableau 15, on illustre les recettes moyennes des autres cultures
ainsi que leurs paramètres de dispersion pour les trois catégories d’exploitations
caféières des étages II et III. Une déduction de ce tableau montre que les
recettes moyennes des autres cultures pour la troisième catégorie sont nettement
supérieures à celles des deux autres catégories, et celles de la deuxième catégorie
sont plus élevées que les recettes de la première. De plus, en considérant les
paramètres de dispersion, les valeurs sont dispersées autour de la moyenne. Cette
différence marquante constatée entre les recettes des autres cultures des trois
catégories des étages II et III est due au nombre de pied de figue-banane,
d’arbre fruitier et à la qualité des régimes et fruits obtenus dans les parcelles
caféières. Tandis que la différence constatée entre les recettes des autres
cultures des étages II et III est due aux conditions pédoclimatiques de l’étage III
qui ne sont pas tout à fait favorable (dit le paysan : tè a frèt) au développement de
certaines espèces fruitières comme l’avocatier.
44
Tableau .15.- Recettes des autres cultures par an en unité monétaire
(gourdes) et paramètres de dispersion des trois catégories des étages II et
III.
Etage II
Etage III
Catégorie
RMAC
Ecart-type
CV
Catégorie
RMAC
Ecart-type
I
17480
2333.324
13.34
I
3453.333 1270.643
36.79%
II
27430
3805.089
13.72
II
7533.333 2247.962
29.84%
III
38943.33
14168.05
36.38
III
10380
47.06%
4885.151
CV
Source : enquête et calcul de l’auteur, Mars, avril 2012
L’abréviation : RMAC : Recettes Moyennes Autres Cultures ; CV : Coefficient de
Variation
Le tableau 16 nous permet de faire les commentaires suivants :
Le revenu moyen du café croît avec la taille de l’exploitation ;
La part de la caféiculture est plus élevée que celle des autres cultures au niveau
des trois catégories et la part du café dans les des exploitations caféières
disposant d’une grande plantation caféière est encore plus élevée dans le revenu
végétal obtenu dans les parcelles caféières des étages II et III. Ainsi, au niveau
des étages II et III, les recettes dégagées par les autres cultures (y compris les
fruits) sont plus importantes pour les catégories disposant d’une SAU en café
élevée. Donc, les recettes des autres cultures progressent des catégories I à III.
Par contre, les recettes dégagées par les autres cultures dans les parcelles
caféières de l’étage III sont moins élevées par rapport à celles de l’étage II. ceci
ne peut s’expliquer qu’en raison des conditions climatiques qui engendrent un sol
très humide
empêchant ainsi le
développement des espèces fruitières et
bananières comparativement aux conditions climatiques des parcelles caféières de
45
l’étage II qui comportent en plus du café d’autres espèces telles que : banane,
pamplemousse, avocat, orange douce et amère.
Tableau .16.- Revenu moyen du café, des autres cultures (en gourdes) par an
et leur contribution par catégorie au revenu total dégagé dans les parcelles
des trois catégories des étages II et III.
Etages II
Catégori
Etage III
RMC
RMAC
RT
% RC
%RAC
es
I
III
RMC
RMAC
RT
% RC
%RAC
29235.
3453.3
32688.
88.43
11.57
01
3
35
%
%
80740.
7533.3
88274.
91.46
8.54%
89
33
22
%
162382.
10380
172762.
94.%
es
36426.
17480
67
II
Catégori
84918.9
27430
53906.
67.57
32.43
67
%
%
112348.
75.58
24.42
9
%
%
248578
38943.
287522
86.45
13.55
.9
33
.2
%
%
I
II
III
7
6%
7
Source : enquête et calcul de l’auteur, Mars 2012
LES Abréviations : RMC : Revenu Moyen du Café ; RMAC : Recettes Moyennes
Autres Cultures ; RT : Revenu total ; %RC : Revenu Café en pourcent ; % RAC :
Recettes Autres Cultures en pourcent.
4.5-Degré de satisfaction
l’hypothèse formulée
des
objectifs
poursuivis
et
vérification
de
L’accomplissement de ce travail a exigé quatre (4) objectifs et ces derniers ont
été bel et bien poursuivis. Deux types d’enquêtes ont été réalisés. Des informations
chiffrées et qualitatives ont été collectées sur les exploitations caféières plus
précisément sur les parcelles caféières. Ces dernières ont permis de calculer le
revenu généré par la caféiculture, les autres cultures (y compris les arbres
fruitiers) associées à la culture café. Tout ceci a permis de déterminer le manque
46
à gagner causé par le scolyte, le revenu que les parcelles caféières ont généré, la
part de la caféiculture au revenu végétal des parcelles caféières des trois
catégories d’exploitations caféières définies dans la typologie et à confirmer que
la Surface Agricole Utile a influencé positivement le revenu imputable à
caféiculture
la
et les recettes des autres cultures. Donc, tous les objectifs de
l’étude ont été bel et bien satisfaits.
Suivant les résultats obtenus à partir des calculs, il existe une forte corrélation
entre les pratiques culturales pratiquées et les revenus générés qui conduit à la
validation de l’hypothèse émise. Donc, les catégories disposant d’une SAU en café
plus élevée et qui allouent beaucoup plus de ressources financières dans la mise en
œuvre des pratiques culturales relative à la caféiculture obtiennent un revenu
beaucoup plus intéressant que celles qui ne le font pas. Ainsi, les revenus annuels
tirés du café sont respectivement 36426.67, 84918.9, 248578.9 gourdes pour les
catégories I, II, III de l’étage II et 29235.01,
respectivement pour les catégories I, II et
80740.89, 162382.7 gourdes
III de l’étage III ; les revenus
obtenus des autres cultures (y compris les fruits) sont respectivement 17480,
27430, 38943.33 gourdes pour les catégories I, II, III de l’étage II et 3453.33,
7533.333, 10380 gourdes des catégories I, II et III de l’étage III. Tandis que les
revenu totaux générés par les parcelles caféières sont respectivement 53906.67,
112348.9, 287522.2 gourdes des catégories I, II et II de l’étage II et 32688.35,
88274.22, 172762.7 gourdes respectivement pour les catégories I, II et III de
l’étage III.
47
CHAPITRE VI : CONCLUSION ET RECOMMENDATIONS
En ce qui a trait au programme de travail proposé par DEFI, l’on peut déduire que le
travail a atteint ses objectifs qui ne consistaient
qu’à déterminer le manque à
gagner causé par le scolyte et les revenus générés dans les parcelles caféières des
trois catégories d’exploitations caféières au niveau des deux étages
agro
écologiques (II et III). Il est donc montré que les revenus générés par la
caféiculture sont respectivement 36426.67, 84918.9,
catégories I, II, III de l’étage II et 29235.01,
respectivement pour les catégories I, II, et
248578.9 gourdes pour les
88274.22, 172762.7 gourdes
III de l’étage III. En effet, les
différences de revenu constatées au sein des trois catégories des deux étages
agro écologiques ne peuvent s’expliquer qu’en raison de la taille de l’exploitation,
les pratiques culturales et les conditions agropédoclimatiques. Cependant, pour le
manque à gagner, il est de l’ordre 3838.57, 3945.06, 3734.72
gourdes
respectivement pour les catégories I, II et III de l’étage II
3942.15,
2525.34, 2419.50
et
gourdes respectivement pour les catégories I, II et III de
l’étage III.
De ce fait, les résultats obtenus prouvent que l’objectif du travail est atteint et
permettent la vérification de la seule hypothèse formulée. Il serait bon si l’Etat
continue à s’occuper de la situation caféière à Baptiste, car le café est une culture
de rente pour toutes les exploitations caféières qui s’y adonnent.
Toutefois, des éléments de recommandations relatifs au programme de travail
proposé sont formulés en vue de satisfaire les aspirations des planteurs café de
Baptiste. En voici quelques-uns :
48
Encourager les planteurs à effectuer les travaux de régénération dans leurs
parcelles caféières en pratiquant le contrôle couvert, la taille, la mise à
distance, la fertilisation;
Inciter les planteurs à reboiser les versants nus et trop clairs pour faciliter
de nouvelles plantations caféières;
Cadastrer les parcelles des planteurs pour que ces derniers puissent savoir la
valeur effective de leurs terres.
Former les planteurs pour qu’ils soient capables d’élaborer eux-mêmes un
compte d’exploitation par culture, ceci leur permettrait d’enregistrer toutes
les dépenses et recettes de l’exploitation. Ainsi, on aurait des données plus
précises lors des enquêtes;
Faciliter les planteurs à bénéficier des intrants comme : engrais, outils
agricoles, pour la fertilisation des parcelles caféières et la mise en œuvre
des pratiques culturales en vue d’une augmentation de rendement caféier ;
Mise en place d’une banque de crédit agricole dans la zone pour les planteurs
pour que ces derniers puissent assurer convenablement les dépenses
relatives aux pratiques culturales caféières ;
Aider les planteurs à produire un café de bonne qualité pour qu’ils puissent
vendre à des prix très intéressants ;
Remédier aux problèmes phytosanitaires (la maladie sigatoka noire, les
nématodes, etc..) dont sont victimes les
bananiers présents dans les
parcelles caféières par l’adoption des pratiques culturales appropriées ou par
l’introduction de variétés résistantes adaptées au goût des planteurs ;
Améliorer les espèces fruitières (citrus, avocatiers) présentes dans les
parcelles caféières pour qu’elles soient beaucoup plus productives.
49
BIBLIOGRAPHIE
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Médecine vétérinaire de l'Université d'Etat d'Haïti.
CAZEAU, H. (1995), Analyse des performances économiques des systèmes de
cultures à base caféière dans la commune de Thiotte. Mémoire de fin d'études.
FAMV.
GIORDANENGO Philippe (1992) Biologie, éco-éthologie et dynamique des
populations du Scolyte des grains de café, Hypothenemus hampei Ferr. (Coleoptera,
Scolytidae), en Nouvelle-Calédonie. Thèse de Doctorat, UNIVERSITE DE RENNES
I.
ICEF-DA (Septembre 2011), Etude sur la situation de départ sur la lutte contre le
scolyte du caféier à Baptiste.
IHSI (2004), Institut Haïtien de Statistiques et d'Informatique ; démographie de
la commune de Belladère.
INESA, 2001, LE CAFÉ EN HAÏTI: SITUATION ACTUELLE ET PLAIDOYER
POUR UNE AMÉLIORATION DE LA SITUATION SOCIO-ECONOMIQUE DES
PRODUCTEURS.
LARHEDO (2004), Enquête sur le commerce informel du café en provenance
d'Haïti vers la République Dominicaine ;
PASQUETTI, C. (2007), Diagnostic agraire de la zone de Baptiste, Plateau
Central, Haïti. Thèse de Master 2, INAP-G, Agro Paris Tech ;
PIERRE, A 2011, Analyse de la Rentabilité Financière des Centres de Traitement du
Café dans la Région de Baptiste-Belladère;
50
ANNEXES
i
Questionnaire d’enquête
Date de l’interview :
--------------/--------------/----------Zone d’enquête :…………………………...
Commune :………………………………...
Section communale :………………………
Localité :…………………………………..
Informations relatives à l’exploitant
1- Nom et prénom du chef d’exploitation
2- Age………………….
Sexe : 1- M
2- F
3- L’exploitant est-il alphabétisé ?
1-Oui
2- Nom
4- Si Oui, niveau scolaire arrivé :
……..
5.- nombre de personne a charges :…………………………
6.- Cultures pratiquées sur l’exploitation agricole :
1- café 2- banane 3- maïs 4- Banane 5-Patate 6-Pois Congo 7-Igname 8Manioc 9- Haricot 10-canne-à-sucre
11- Autres (à préciser)………………………………………………………………….
7Nombre de personnes de l’exploitation qui y offrent leur force de travail :
Adultes :……………………….
Enfants :……………………………………….
8- Nombre d’heures de travail par jour en moyenne:…………………….
9- Type de main d’œuvre
a)
Familiale b) salariale
c) a et b
10-A) Combien coûte le sarclage d’un carreau ? Rep : …………..
Nombre de sarclage par an :
11- Est-il facile de trouver la main d’œuvre dans les périodes de pic :
1- Oui
2- Non
12-Qu’en est-il le plus difficile dans l’année de trouver la main d’œuvre
nécessaire ?
Rep : ………………………………………………………………………………
13-Quelle est la cause de ce problème, d’après vous ?
Rep : ………………………………………………………………………………
14-Le prix de la main d’œuvre est-il le même tant pour le café que pour les
autres cultures ?
1- Oui
2- Non
15-Si non, expliquer.
………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………
Situation du chef de l’exploitation agricole
16- 1- Pratiquez-vous l’agriculture à temps plein ? Oui
Non
ii
2- Exercez-vous une autre activité parallèle ou secondaire à l’agriculture ?
Oui
Non
Si Oui, quel type d’activité ?
Rep :………………………………………………..Lieu :…………………………………
17-Taille de l’exploitation caféière :……………………………ha
18-Superficie cultivée en café en hectare : ………. dont :
1. Superficie possédée en propre :………………….ha
2. Superficie prise en fermage :………………….....ha
3. Superficie prise en métayage………………….....ha
19-Cycle du café cultivé (en mois) :
Variété……………………….....................Variété………………………………………….
20Avez-vous recours à l’emprunt ?
Oui ou non :…………………..
Si oui auprès de qui et à quel taux ?
Rép
Tableau 1 : localisation et condition d’exploitation des parcelles caféières
No de
parcelle
Localisation
Superficie
en
hectare
Mode de
tenure
Condition
Cultures
1
2
3
Tableau 2 : outils agricoles
Type
Quantité
Valeur
résiduelle
Mode
d’acquisition
Prix à
l’acquisition
Durée de
vie
iii
Tableau 2.- Dépenses de l’exploitation caféière
Date
Description de
Fréquence
l’opération
sarclage
Contrôle couvert
Taille
Mise à distance
Fertilisation
Ramassage
Ratissage
Récolte éliminatoire
Mise à distance
Récolte
affermage
Total
Dépenses en
gourdes
iv
Tableau 3.- Rentrées de l’exploitation caféière
Produits
Quantités
Prix
Qté vendue
Qté stocké
Qté
Rente en
récoltés
en VMG
consommée
VMG
unitaires
de vente
café
sain
piqué
VMG : Valeur Monétaire en Gourde
en VMG
en VMG
Total
v
Liste des Personnes formellement enquêtées
Noms
des
enquêtées
Etage I
personnes Zone
Noms des
enquêtées
Etage II
personnes Zone
Catégorie I
saint Nois libérus
Elie Jean Pierre
Mirano Désilus
Catégorie I
Alcius Sanon
Tortoye
Franck Noel
Tortoye
Roche plate MonteroLouimé
Louimé
Louimé
Louimé
Catégorie II
Adler Verdile
Lonise Estera
Edmond Alexandre
Catégorie II
Trassahaie Stephen Monias Casséus
Roche plate Mesinord Casseus
Trassahaie Leratil Pauleus
Louimé
Louimé
Louimé
Catégorie III
Nélien Edouard
Mme Jean Marie
Félistène Altiné
Baptiste
Baptiste
Baptiste
Catégorie III
Ténord Carvil
Jonas Osias
Thermilor Maocilus
Louimé
Louimé
Louimé
Sur la recommandation du Responsable de suivi du Programme DEFI, Agr. Garry
Augustin, j’ai pu enquêter 10 planteurs ayant des parcelles de régénération de ½
hectare. Selon les informations recueillies, il n’y a pas de manque à gagner dû à la
régénération. Au contraire, après la régénération on constate qu’il y a de
préférence une augmentation de la production.
Voici les noms de ces 10 planteurs café formellement enquêtés à ce sujet:
Dufrène Gesner
Dumarsais Altenor
Paul samson
Verdyl Odeny
Celijene Exilus
Darius Dieudonné
Hibert Petit-Frère
Léma Charles
Stephen Monias Casséus
Franck Noël