(2010) Haiti Tomorrow: Territorial Objectives and Strategies for Reconstruction
Summary — A strategic territorial planning document outlining reconstruction objectives for Haiti after the 2010 earthquake, focusing on decentralization and regional development. The plan proposes transforming the catastrophe into an opportunity through balanced territorial development and reduced vulnerability.
Key Findings
- 600,000 people left Port-au-Prince after the earthquake, creating an opportunity for territorial deconcentration.
- The capital region lost 800,000 inhabitants, reducing its population weight from overwhelming dominance.
- Port-au-Prince population doubled in 20 years (1.5 to 2.8 million), showing unsustainable concentration.
- Three regional solidarities proposed: North (47%), Capital (29%), South (24%) of national population.
- Reconstruction must address extreme territorial vulnerability through integrated approaches.
Full Description
This comprehensive territorial planning document presents Haiti's reconstruction strategy following the devastating 2010 earthquake. The plan emphasizes transforming the catastrophe into an opportunity for national transformation through three central objectives: reducing social inequalities, rebalancing the national territory by diminishing Port-au-Prince's dominance, and stopping environmental degradation to reduce vulnerability to natural hazards.
The document proposes organizing Haiti into three major regional solidarities: the North region (47% of population) centered around agricultural plains and less vulnerable to seismic risks; the Capital region (29% of population) requiring qualitative reconstruction focused on risk management; and the South region (24% of population) with high tourism, agricultural and environmental potential. The strategy leverages the massive population displacement of 600,000 people from the capital as an opportunity for territorial deconcentration.
The reconstruction approach is structured around four timeframes: vital emergency response, transitional period, structural projects (10-year horizon), and generational social transformation (20-year vision). The plan emphasizes creating 'virtuous chains' of interconnected projects rather than sectoral approaches, with particular focus on education system reconstruction, infrastructure development, and environmental protection.
Key strategic elements include developing a primary road network to support decentralization, integrated watershed management, and trigger projects that demonstrate state presence while linking short-term urgency with long-term transformation goals.
Full Document Text
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HAITI DEMAIN
MARS 2010
OBJECTIFS ET STRATEGIES
TERRITORIALES
POUR LA RECONSTRUCTION
REPUBLIQUE D'HAITI
Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire
CIAT
2
3
CIAT - HAÏTI DEMAIN
SOMMAIRE
OBJECTIFS
ET STRATEGIES
TERRITORIALES
POUR LA
RECONSTRUCTION
REPUBLIQUE D'HAÏTI
1. Transformer la catastrophe en opportunité
2. Les nouvelles solidarités régionales - La région Nord
- La région Capitale
- La région Sud 3. Le réseau routier - Un outil stratégique pour donner forme à une nouvelle identité nationale
- Un réseau primaire matérialisant les enjeux de la décentralisation
- Un rôle distributeur vers un réseau secondaire
- Un réseau tertiaire de routes stratégiques 4. Les ports et aéroports - Les équipements stratégiques d’une démarche territoriale
- Le transport maritime
- Les aéroports 5. La spirale de vulnérabilité - Un constat alarmant 6. La gestion intégrée des bassins versants - Un projet global
- Une chaîne vertueuse associée aux stratégies de reconstruction 7. Les cités en réseau
8. Les économies régionales
9. La question urbaine 10. Typologies du bâti et projets déclencheurs - Les lieux de rencontre et de sociabilité
- Les lieux d’échange
- Les pôles de développement
- Les projets intégrés
- Les centres villes
- Le front de mer
- L’architecture symbolique 11. Quels outils pour la reconstruction ?
12. Maquette des projets
" le présent du passé, c’est la mémoire
le présent du présent, c’est l’action
le présent du futur, c’est l’attente " Paul Ricoeur
p. 5
p. 11
p. 14
p. 18
p. 23
p. 29
p. 35
p. 39
p. 47
p. 51
p. 66
p. 68
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5
CIAT - HAÏTI DEMAIN
TRANSFORMER LA
CATASTROPHE EN
OPPORTUNITÉ
Fait rarissime dans l’histoire, un séisme majeur
a frappé le cœur d’un pays. Cette catastrophe
naturelle a détruit sans discernement les symboles
de l’Etat, les bâtiments publics, le patrimoine bâti,
les constructions des quartiers formels comme des
quartiers informels.
Si les coûts humains et économiques sont aussi
élevés, c’est aussi parce que les bâtiments à toutes les
échelles de la pyramide sociale n’étaient pas aptes à
résister aux eff ets d’un séisme.
Cette nouvelle situation met en évidence l’état d’ex-
trême vulnérabilité d’un territoire qui s’est déstruc-
turé au fi l du temps, dans sa dimension urbaine
comme dans sa dimension environnementale. Dans
le cas présent, la notion de faute humaine s’ajoute
à celle d’une nature hostile ; ce seul fait nouveau
devrait être le support d’un sursaut national permet-
tant de restaurer la confi ance de la population.
Redonner le goût de l’action collective et du bien
commun est l’un des enjeux de la reconstruction.
Ce n’est plus l’objet d’un débat mené en vain depuis
trop longtemps, c’est maintenant une nécessité
vitale. Construire une économie forte et durable,
encadrée par un Etat responsable et décentralisé,
était un objectif avant le séisme. Par la nécessité de la
situation, il va devoir se réaliser dans l’urgence, avec
une conséquence directe : le projet de reconstruction
sera le support de la transformation de l’Etat, et non
l’inverse.
Cette situation inédite est sans doute une
opportunité si l’on sait construire un fi l conducteur
reliant la mosaïque d’actions qui vont se concrétiser
dans les prochaines années. Ce fi l conducteur sera
articulé autour de trois objectifs centraux :
-Réduire les inégalités sociales (éducation,
habitat)
-Rééquilibrer le territoire national en diminuant
le poids de la région de Port-au-Prince ;
-Enrayer le processus de dégradation environne-
mentale pour sortir le pays de son état d’extrême
vulnérabilité aux aléas naturels.
Utiliser les déplacements de
population comme un levier pour
la déconcentration de l'Etat. Un fait nouveau transforme maintenant la vision que
l’on peut avoir de ces objectifs : 600 000 personnes
sont parties de la capitale après le séisme et Port-au-
Prince a perdu 800 000 habitants.
Cette situation dramatique est aussi une opportunité
pour l’avenir si l’on sait articuler entre elles des
temporalités diff érentes qu’il faudra conjuguer.
Quatre temps peuvent être considérés :
- Le temps de l’urgence vitale
- Le temps « transitionnel »
- Le temps des projets structurants
- Le temps de la transformation sociale
En commençant par ce dernier temps, on peut dire
qu’il s’agit d’une échelle « générationnelle». Un
tel projet va se construire sur 20 ans et va se situer
au croisement d’une autre mutation : celle de
l’avènement des sociétés mondialisées.
L’intrusion rapide du téléphone portable, détachée
d’une sélection par le niveau de vie, en est une
expression actuelle. Haïti, par sa diaspora, est
aussi une société mondialisée avant l’heure et cette
particularité est un atout pour l’avenir.
Le temps des projets structurants, qui commence
par les grandes infrastructures, peut s’imaginer sur
une période de 10 ans. Cet horizon rejoint aussi
l’échéance de la loi Hope II et les objectifs de la
communauté internationale.
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
Concevoir les actions de la
reconstruction comme des chaînes
vertueuses et non comme une
simple addition de logiques
sectorielles. A tous les niveaux de l'action territoriale et urbaine,
il faudra relier les projets entre eux pour garantir la
pérennité des actions entreprises et leur faculté à
changer le cours des choses.
On peut par exemple citer l’idée de garantir un coût
de l’énergie domestique en proposant des alternatives
à l’utilisation du charbon de bois, associées ensuite à
un programme de reboisement qui s’appuierait sur
la création eff ective de trois parcs nationaux.
Ces parcs renforceraient eux-mêmes une politique de
développement touristique et serviraient de support
à la création d’une police de l’environnement. Les projets déclencheurs : un lien
entre l'urgence et le long terme. La construction de chaînes de projets prendrait aussi
la forme de « projets déclencheurs » matérialisant
la présence publique sur le territoire, faisant le
lien avec les populations urbaines par le biais des
associations de quartier et donnant au plus vite un
sens et une visibilité aux actions de reconstruction.
Il est important, pour restaurer la confi ance de la
population dans l’action publique, que la présence
de l’Etat soit renforcée et perceptible.
En s’appuyant sur des relais locaux, l’Etat pourra
démultiplier ses moyens d’actions.
La tâche va être complexe et les intervenants
nombreux. L’action publique devra être précise
pour générer des projets simples, quantifi ables et
maîtrisables dans le temps.
Ces projets doivent aussi devenir les leviers de la
transformation économique et sociale par une bonne
articulation entre les diff érents objectifs poursuivis.
L'enjeu, dans le contexte actuel, sera de construire les
liens transversaux permettant de sortir d’une simple
addition de logiques sectorielles, qui pourrait être la
conséquence naturelle de l’urgence.
CARTE OCHA
Le temps « transitionnel » est le plus délicat à prendre en compte. C’est dans les deux ans à venir que va se jouer la transformation du pays autour de la question du comportement des populations déplacées.
C’est un mouvement de population considérable
qui s’est engagé. Donner le choix à ces populations
de concevoir un autre plan de vie en participant
dans les régions à la reconstruction nationale est
maintenant un enjeu essentiel.
Leur off rir un logement et un travail est un premier
cadre de réponse. Il faudra pour cela organiser de
façon spécifi que des chantiers à haute intensité
de main d’œuvre dans les domaines des routes, de
l’assainissement et de l’environnement. Reconstruire un système
d'éducation: un enjeu immédiat Dans l’urgence actuelle, on peut ajouter une
considération particulière qui touche à la question
de l’éducation. Hormis le nombre inacceptable des
victimes, la destruction de milliers d’écoles de l’aire
métropolitaine de Port-au-Prince est sûrement le fait
le plus révoltant et le plus injuste. Les populations
déplacées intègrent beaucoup de jeunes scolarisés
et d’étudiants dont les é coles ont été détruites ou
ne sont plus en état de fonctionner. S’il y a un sens
immédiat à donner à la reconstruction, c’est autour
de la mise en œuvre d’une structure d’éducation
associée à une politique de santé qu’il faut le situer.
La création d’une telle structure, décentralisée et non
plus concentrée dans la capitale, serait le symbole
du renouveau du pays. La diaspora haïtienne, qui
contribue largement au fi nancement des études
et dont les racines sont par nature réparties sur
le territoire, pourrait être le support d’une telle
action mise en œuvre avec l’aide de la communauté
internationale.
Cette structuration du projet par les temporalités
de l’action doit concerner aussi à tous les actes de
l’aménagement du territoire et de l’urbanisme.
Ces sciences, connues pour s’appliquer sur le
long terme et dans un monde formel, doivent ici
être repensées dans l’urgence et l’informel. Cela
implique d’articuler entre elles des décisions simples
et opérationnelles permettant de créer les bases d’un
ensemble de « chaînes vertueuses » compréhensibles
par la population.
LE QUARTIER DE TURGEAU
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
LES NOUVELLES
SOLIDARITÉS
RÉGIONALES
La région Capitale
Cet ensemble est recentré sur le département de
l’Ouest. C’est la région touchée par le séisme où a
été localisée l’immense majorité des victimes.
C’est aussi la région qui a subi dans les dernières
décennies un affl ux de population considérable;
dans les 20 dernières années la population de
Port-au-Prince a doublé, passant 1,5 à 2,8 millions
d’habitants. Cette situation, directement liée à la
dégradation des conditions de vie dans le reste du
pays et à une concentration anormale des activités
et des services de base dans la capitale, a entraîné
ensuite la dégradation de la capitale elle-même,
une situation révélée maintenant par l’ampleur des
dégâts et le nombre des victimes du séisme.
La région capitale pèse 29 % de la population
nationale. Sa reconstruction doit être le lieu d’un
chantier « qualitatif » basé sur la maîtrise des risques
sismiques et environnementaux sans contribuer
pour autant à augmenter à nouveau la population.
Cette modernisation doit concerner le cœur de la
capitale comme le traitement des zones de diff usion
de l’urbanisation nécessaires au relogement des
populations sinistrées.
La région Sud
Les quatre départements des Nippes, du Sud, de
la Grande Anse et du Sud Est pèsent 24 % de la
population. C’est un ensemble vulnérable sur le plan
cyclonique, hydraulique et sismique; c’est aussi un
territoire qui peut devenir un espace à haut potentiel
touristique, agricole et environnemental ouverte sur
le Sud de la Caraïbe et l’Amérique latine.
Ces trois alliances territoriales devraient dans la
prochaine décennie servir de cadre au redéploie-
ment des eff orts de protection environnementale,
permettant de réduire la vulnérabilité des popula-
tions et des biens. Elles seraient le lieu de la mise
en œuvre d’une politique coordonnée de création de
nouvelles infrastructures favorisant un développe-
ment économique équilibré.
C’est l’articulation entre ces enjeux que nous
cherchons à préciser dans le cadre d’une stratégie
d’aménagement du territoire. Dans l’urgence créée
par des conditions exceptionnelles, le cadre des
actions de reconstruction précédera forcément un
projet politique capable de créer les conditions d’une
gouvernance garantissant ces nouveaux équilibres
territoriaux. L’agenda politique devra faire partie de
l’agenda général de la reconstruction.
RESEAU METROPOLITAIN
REGIONS
L’option d’une décentralisation de l’État haïtien,
appuyée sur une meilleure répartition des investis-
sements sur le territoire national, est aujourd’hui
reconnue comme une nécessité.
Si dans cet objectif on croise la carte des mouvements
de population et celle des limites induites par la
géographie, on peut raisonnablement prendre en
considération trois grandes régions.
La région Nord
Le groupement des 5 départements du Nord Ouest,
du Nord, du Nord Est, de l’Artibonite et du Centre,
articulés autour de la plaine agricole de l’Artibonite,
est à ce jour l’ensemble le plus peuplé d’Haïti.
En tenant compte des mouvements de population
après le séisme, il regroupe 4 766 000 habitants, soit
47% de la population.
Ce territoire est moins sensible aux cyclones et aux
risques sismiques que le Sud du pays. Par contre, il
implique un immense chantier de gestion des risques
hydrauliques liés aux bassins versants, avec un point
noir particulier : la ville des Gonaïves.
Cette ville de 300 000 habitants est à la fois le lieu
symbole de l’indépendance, une localisation straté-
gique importante pour l’avenir et un lieu qui néces-
site une politique de protection environnementale
exceptionnelle.
La politique d’investissements dans les infrastructu-
res, associée à la protection de ces dernières, consti-
tue le grand chantier prioritaire pour permettre le
redéveloppement économique du pays.
A cette condition, la plaine de l’Artibonite, la région
de Hinche et la façade maritime Nord autour de Port
de Paix, Cap Haïtien et Fort Liberté peuvent consti-
tuer dans l’avenir des moteurs économiques majeurs
d’Haïti. Plus au Sud, Saint Marc et Mirebalais sont
les points de jonction privilégiés avec la région Capi-
tale et avec la République Dominicaine.
DEMOGRAPHIE ET REGIONS
2
NORD 4 424 482 + 342 000 4 766 000 47%
CAPITALE 3 867 000 -854 000 3 013 000 29%
SUD 2 164 000 +262 000 2 426 000 24% TOTAL
10 455 539 10 206 000
Population avant
séisme
RÉGIONSMouvement de population
(Personnes déplacées et victimes)
Population actuelle
REGION NORD
REGION SUD
REGION CAPITALE
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
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SOLIDARITES REGIONALES
OCEAN ATLANTIQUE
MER DES CARAÏBES
MER DES CARAÏBES
REPUBLIQUE
DOMINIQUAINE
JACMEL
JEREMIE
LEOGANE
PORT AU PRINCE
HINCHE
MIREBALAIS
SAINT MARC
GONAÏVES
PORT DE PAIX
CAP HAÏTIEN
OUANAMINTHE
MIRAGOÂNE
REGION SUD
LES CAYES
REGION NORD
GRAND
GOÂVE
PETIT
GOÂVE
BELLADERE
MÔLE SAINT NICOLAS
ST MICHEL
DE L’ATALAYE
MARCHAND
DESSALINES
PETITE RIVIERE
FORT LIBERTE
GROS MORNE
REGION CAPITALE
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
UN OUTIL STRATÉGIQUE
Depuis de nombreuses années, des fi nancements
internationaux conséquents contribuent à déve-
lopper le réseau routier du pays sous l’autorité
du Ministère des Travaux Publics, Transports et
Communications. Le gabarit retenu pour les projets
routiers structurant tous les grands axes est celui
d’une chaussée de 2 x 1 voie, large de 9m. La route de
Saint Marc qui vient d’être réalisée en est l’exemple
le plus courant. Ce type de route fonctionne correc-
tement dans une logique de débit important et de
vitesse modérée, et est adapté à la réalité locale : la
route est un espace public et un lieu d’échange. Ces
routes deviendront dangereuses s’il y a la possibilité
de rouler à grande vitesse, et deviendront inadaptées
face à une forte augmentation de la motorisation.
Il faudra considérer aussi région par région la
question du développement économique et son
incidence sur la circulation des personnes et des
marchandises. Pour les axes de circulation majeure,
l’évolution à long terme vers des chaussées plus larges
et dès maintenant la création des contournements
des villes devront être imaginées pour répondre à
l’augmentation inévitable du taux de motorisation,
surtout s’il n’y a pas d’autre alternative que la route.
La principale diffi culté actuelle est l’absence de
continuité de ce réseau : la traversée des villes, où
la vie sociale et commerciale semble se déverser sur
la route, est toujours diffi cile et pénalisante pour le
trafi c de transit. Mais au delà d’une constatation
à un moment de l’histoire du pays, deux facteurs
vont conditionner la qualité de l’étape de
reconstruction qui s’engage : la maîtrise des risques
environnementaux et la prise en compte de la gestion
dans le temps de ces infrastructures.
Sans réponse à ce préalable, ces infrastructures
seront détruites aussi vite qu’elles auront été
réalisées. C’est une question aussi grave que celle de
la maîtrise parasismique des bâtiments et c’est une
question récurrente, posée chaque année à la saison
des pluies.
Une carte des priorités, associant les ouvrages réali-
sés aux actions concourant à leur sécurisation et à
leur maintenance, devra être établie à l’échelle du
pays pour en déduire ensuite un ensemble d’actions
concertées articulées entre elles dans le temps.
Un réseau primaire matérialisant les enjeux de
la décentralisation
La création d’un réseau primaire fi able, continu et
protégé est le premier enjeu de la reconstruction.
Ce réseau maillé permet de sécuriser la continuité
du territoire haïtien. En suivant rigoureusement les
LE RÉSEAU ROUTIER 3
tracés des projets engagés actuellement et en restant dans un premier temps sur la typologie d’un plateau routier large à 2 x 1 voie, un tracé prioritaire de 825 km peut être identifi é.
Il se décompose en deux secteurs : la route Sud allant
de Jérémie à Belladère (425 km) et la boucle de
l’Artibonite greff ée sur cette route Sud au niveau de
Mirebalais (400 km).
La route Sud
Le parcours Jérémie, les Cayes, Miragoâne, Léogâne,
Port-au-Prince, Mirebala is, Belladère emprunte le
tracé de la route nationale 2 et ensuite emprunte
la route nationale 3 prolongée vers la République
Dominicaine pour relier Santo Domingo à 260 km
depuis la frontière.
La boucle de l’Artibonite
Depuis Mirebalais elle emprunte une route de
l’intérieur prévue jusqu'à la jonction de Saint Marc
pour utiliser ensuite la route nationale 1 vers
Gonaïves et Cap Haïtien. Elle reprend ensuite la
route nationale 3 vers Hinche et Mirebalais.
Par ce dispositif, la route côtière 1 est protégée des
déplacements des poids lourds et trois parcours
distincts permettent de relier Port-au-Prince à
Cap-Haïtien en équilibrant ainsi la circulation autour
de la plaine agricole. Le tronçon montagneux de
Gonaïves à Cap-Haïtien devra bien sûr être recalibré
pour permettre ainsi la circulation des camions.
Un rôle distributeur vers un réseau secondaire
Ce tracé général jouera le rôle d’un réseau distributeur
concrétisant le statut central de l’Artibonite. Un
réseau secondaire assurerait ensuite les jonctions
vers les villes majeures : Port-de-Paix, Fort Liberté et
Ouanaminthe au Nord et Jacmel sur la côte Sud.
Un réseau tertiaire de routes stratégiques
Le réseau tertiaire prolonge ce premier dispositif
vers les petites villes et les zones rurales du pays. Il
devra être conçu selon une stratégie de mise en œuvre
associée au développement de la production agricole
et aux enjeux environnementaux et énergétiques :
routes nécessaires au reboisement et aux chantiers
de gestion intégrée des bassins versants, accès aux
barrages hydrauliques ou à un parc éolien et solaire
si celui-ci est mis en œuvre.
Concevoir le réseau routier
comme l'élément structurant et
le catalyseur des développements
urbains.
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
OCEAN ATLANTIQUE
MER DES CARAÏBES
MER DES CARAÏBES
REPUBLIQUE
DOMINICAINE
JACMEL
GRAND
GOÂVE
PETIT
GOÂVE
JEREMIE
LEOGÂNE
PORT AU
PRINCE
HINCHE
MIREBALAIS
LA CHAPELLE
PIGNON
St RAPHAEL
DESDUNES
BELLADERE
SAINT MARC
GONAÏVES
PORT DE PAIX
GROS MORNE
MÔLE SAINT NICOLAS
St MICHEL
DE L’ATALAYE
MARCHAND
DESSALINES
PETITE RIVIERE
CAP HAÏTIEN
OUANAMINTHE
MIRAGOÂNE
REGION
SUD
REGION
NORD
LES CAYES
104 km
97 km
96 km
35 km
118 km
1
2
204
2
1
1 109
300
306
206
214
60 km
50 km
55 km
95 km
50 km
86 km
72 km
98 km
125 km
65 km
FORT
LIBERTE
REGION
CAPITALE
PONT SONDE
LE RÉSEAU ROUTIER
BOUCLE
LIAISON STRATEGIQUE
MAILLAGE TERTIAIRE
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19
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LES PORTS ET
AÉROPORTS
Reconstruire la relation à la
mer dans le cadre d'un projet
économique national. Le développement régional, qui sous-tend le cadre de
la reconstruction, passe par un maillage du territoire
en équipements structurants. Ce maillage répond à
un triple objectif :
-Limiter le risque de paralysie du pays en cas de
survenance d’aléas naturels
-Favoriser les déplacements des personnes et des
marchandises dans le pays
-Créer de nouvelles opportunités d’ouverture vers
l’extérieur
Le séisme a montré la nécessité de réduire l’exposi-
tion du pays aux risques naturels et sa dépendance
vis-à-vis des infrastructures aéroportuaire et portuai-
re de Port au Prince. Dans cette logique, outre le fait
de créer une redondance pour augmenter le nombre
de points d’entrées et de sorties du pays par la voie
aérienne ou maritime, il faudra profi ter de la recons-
truction pour mieux protéger ces infrastructures
des risques climatiques. Cet objectif supplémentai-
re peut avoir un impact sur leur localisation, et par
conséquent sur le choix entre renforcer l’existant ou
créer un nouvel équipement.
Le transport maritime
De par sa géographie, Haïti possède une façade
maritime exceptionnelle, ramenée à la superfi cie du
pays. Cette confi guration doit être mise à profi t pour
favoriser les activités maritimes et en premier lieu le
transport. L’ouverture sur les pays voisins des ports
de la côte Nord et de la côte Sud leur donne de plus
une vocation touristique affi rmée.
Par ailleurs, des ports relais pour le trafi c régional
Caribéen, sans incidence sur le transport maritime
du pays mais générateurs d’activité économique,
pourront être réalisés à l’initiative d’investisseurs
privés, par exemple sur la côte Nord à Môle Saint
Nicolas, ainsi que sur la côte Sud vers Saint Louis
du Sud.
En complément des trois ports principaux, six ports
secondaires complètent l’armature du transport
maritime: Port de Paix, Fort Liberté, Saint Marc,
Miragoâne, Jérémie, Les Cayes et Jacmel.
Dans les autres villes côtières, où le cabotage joue un
rôle important surtout là où il n’existe pas d’alter-
native par la route, une infrastructure plus simple
constituée de quais voire de simples débarcadères,
est suffi sante. Ces aménagements pourraient être
installés dans les villes situées sur la partie Nord de la
presqu’île du Sud, entre Anse-à-Veau et Les Irois , et
sur la cote Sud-Est entre Marigot et Anse-à-Pitre .
Les aéroports
Toujours dans une logique d’équilibre régional et
d’ouverture sur l’extérieur, le trafi c aérien internatio-
nal sera réparti sur trois aéroports principaux situés à
proximité des villes principales : Cap Haïtien, Port-
au-Prince et les Cayes.
Compte tenu du volume de passagers actuels
(900 000/an pour Port-au-Prince), des aéroports
monopiste sont largement suffi sants, même dans une
hypothèse de croissance forte du trafi c. La capacité
de tels aéroports peut en eff et atteindre 9 millions de
passagers/an, à condition de disposer d’un dispositif
de taxiways et de stationnement performant. L’eff ort
devra donc porter sur ces infrastructures ainsi que sur
la modernisation des conditions d’accueil des passa-
gers dans les aérogares et la modernisation des outils
d’aide à la navigation. Il convient de plus d’envisager
un allongement des pistes à 2800 – 3000 m, permet-
tant l’accueil des moyens et longs courriers dans le
respect des normes environnementales actuelles
(bruit et consommation de carburant).
La vulnérabilité de l’actuel aéroport de Cap Haïtien,
situé en zone inondable, conduit à proposer un
nouveau site à Madras, à une vingtaine de km à l’Est
de Cap Haïtien. Cette nouvelle localisation favori-
sera le développement touristique de la côte Nord
Est d’Haïti, autour de Fort Liberté et dans tout le
secteur de l’habitation Dauphin.
Au niveau du fret maritime, Haïti doit se doter de plusieurs ports susceptibles d’accueillir des porte- conteneurs. Ces ports principaux seront situés à Port-au-Prince, Cap Haïtien et aux Gonaïves.
La destruction partielle du port actuel de Port au
Prince, qui concentre 80% du trafi c maritime du pays,
pose dans l’immédiat la question de sa remise en état
pour retrouver un minimum de fonctionnalité. En
revanche, la perspective d’un développement de sa
capacité renvoie à la question de son maintien à plus
long terme sur le site actuel.
En eff et, le blocage quasi permanent des voies de
Port-au-Prince situées le long de la façade maritime
est préjudiciable au fonctionnement urbain mais aussi
à l’effi cacité économique de l’activité portuaire. Un
déplacement des deux ports et une restructuration
du marché de la Croix des Bossales constitue une
option permettant de résoudre cette problématique.
Un site susceptible d’accueillir un nouveau port se
trouve au Nord de la capitale, vers l’île à Cabris, où
le tirant d’eau permet de créer un port permettant
d’accueillir les plus gros porte-conteneurs.
L’hypothèse d’un transfert ouvrirait la possibilité
de créer une nouvelle plateforme économique
performante au Nord Ouest de la capitale. Le
déplacement des installations portuaires libérerait
aussi un site central de Po rt-au-Prince et créerait les
conditions d’une transformation urbaine majeure.
Les deux autres ports principaux du pays off rent
des débouchés maritimes aux pôles économiques
développés dans le cadre de la région Nord,
notamment la production agricole de l’Artibonite.
L’un de ces débouchés est le port de Cap Haïtien,
pour lequel des travaux de dragage réguliers sont
nécessaires pour assurer un tirant d’eau suffi sant.
Outre la question du transport, la création d’un port
majeur aux Gonaïves répond à une problématique
d’aménagement du territoire. Gonaïves, ville
importante du pays, a vu sa population passer de
200 000 à 300 000 habitants après le séisme.
S’il pose la question de la nécessaire restructuration
urbaine de la ville, dans un contexte de vulnérabilité
avérée aux risques météorologiques, ce déplacement
spontané de population s’inscrit dans la logique
de renforcement régional souhaité par l’Etat et
doit autant que possible être pérennisé. L’existence
d’un port d’importance nationale contribuera à la
création d’emplois, critère essentiel pour le maintien
durable des populations.
4
LES ÉQUIPEMENTS STRATÉGIQUES
D’UNE DÉMARCHE TERRITORIALE
LE QUAI CINA
LE PORT DE SAINT MARC
LE PORT DE PORT - AU - PRINCE
LE CABOTAGE SUR LA CÔTE PRÈS DE JÉRÉMIE
20
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
OCEAN ATLANTIQUE
MER DES CARAÏBES
MER DES CARAÏBES
REPUBLIQUE
DOMINICAINE
JACMEL
GRAND
GOÂVE
PETIT
GOÂVE
JEREMIE
LEOGÂNE
PORT AU
PRINCE
HINCHE
BELLADERE
SAINT MARC
PORT DE PAIX
MÔLE SAINT NICOLAS
CAP HAÏTIEN
OUANAMINTHE
MIRAGOÂNE
LES CAYES
FACTORIES
PÊCHE
CABOTAGE
PORT SECONDAIRE
PORT INTERNATIONAL
AÉROPORT INTERNATIONAL
AÉROPORT LOCAL
GONAÏVES
GROS MORNE
PETITE RIVIERE
FORT
LIBERTE
LA CHAPELLE
PIGNON
St RAPHAEL
DESDUNES
MIREBALAIS
St MICHEL
DE L’ATALAYE
MARCHAND
DESSALINES
PONT SONDE
TOURISME
LES PORTS ET LES AEROPORTS
22
23
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LA SPIRALE DE LA
VULNÉRABILITÉ
motivations sociales et économiques. Elle dépasse
le seul cadre de la conservation des eaux et des sols ;
elle considère le reboisement comme un facteur
de développement rural. L’ensemble du territoire
a été cartographié et les travaux d’expertises ont
permis d’élaborer un nombre impressionnant de
programmes d’actions.
Sur le terrain, cette masse de connaissances sur
ce qu’il faudrait faire est en total décalage avec les
réalisations concrètes. Il n’existe toujours pas, par
exemple, de modèle d’un traitement réussi qui
pourrait servir de référence.
Le choc du séisme doit mobiliser le Gouvernement,
le Parlement et les donateurs pour éliminer les
nombreux « ralentisseurs » qui gangrènent les
bonnes volontés. Il faudrait aussi mettre le monde
paysan au cœur du dispositif.
Seuls une démultiplication des actions et un intérêt
mutuel peuvent venir à bout d'un tel chantier.
La déforestation, emblème d’une situation
catastrophique
Le taux de couverture forestière d’Haïti est
aujourd’hui de moins de 2% (contre 47% en
République Dominicaine), tous types confondus
(mangroves, forêts sèches, réserves forestières,
parcs naturels). 30 millions d’arbres sont coupés
annuellement pour couvrir 70% des besoins
énergétiques, sans que parallèlement aucun projet
de reboisement ne vienne les régénérer.
A court terme, l’existant doit être conservé avant
tout. Parallèlement, il faut faire en sorte que les
arbres plantés représentent une valeur patrimoniale
alors qu’actuellement, leur valeur provient de leur
transformation en charbon.
5
Un constat alarmant
Le séisme du 12 janvier 2010 a révélé de manière
extrêmement brutale la très grande fragilité du
pays vis-à-vis des éléments naturels. Les images
spectaculaires liées au tremblement de terre peuvent
momentanément éclipser mais non gommer d’autres
calamités plus récurrentes et tout aussi dévastatrices.
Les inondations des plaines agricoles, des villes
d’estuaires, les glissements de terrains, l’obstruction
de chenaux d’écoulements naturels sont toutes
dues à l’imperméabilisation croissante des sols
liée à la surexploitation des ressources disponibles.
La déforestation spectaculaire a laissé le pays
sans défense face à l’érosion. Même les territoires
classés en « zones protégées » n’échappent pas à la
destruction : la grande forêt des Pins par exemple
a perdu près de 12 000 hectares de forêt de haute
qualité ; sa surface s’est réduite à 4 000 hectares.
Le fait qu’il n’existe pas de loi permettant de conférer
des droits de propriété foncière indiscutables,
conjugué à une forte pression démographique
(qui a augmenté les cultures sarclées requérant une
forte intensité de main d'œuvre au détriment des
cultures à forte intensité de terres, telles que des
plantations d’arbres fruitiers) sont les principales
causes politiques et économiques de cette situation
catastrophique.
Beaucoup d’expertises – peu de réalisations
Les premiers projets d’aménagement des bassins
versants, de reboisement et de conservation des sols,
apparus dans les années 1940 à 1980 se sont souvent
soldés par des échecs car ils accordaient la priorité
à l’aspect physique du processus ; le problème était
considéré comme un problème technique auquel il
fallait apporter des solutions techniques.
Depuis les années 1980, une approche plus réaliste
cherche à intégrer le monde agricole avec ses
24
25
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LA GÉOGRAPHIE DES RISQUES
CAP HAÏTIEN
LES CAYES
OCEAN ATLANTIQUE
MER DES CARAÏBES
MER DES CARAÏBES
GONAÏVES
PORT-AU-PRINCE
BASSIN VERSANT IMPLIQUÉ DANS LES INONDATIONS
ZONES INONDABLES
TRAJECTOIRES D’OURAGANS
FAILLES SISMIQUES
ÉPICENTRE SÉISME DU 12-01-2010
ZONES DE RISQUES
26
27
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LE CAS DES GONAÏVES
BASSINS VERSANTS DE L'ARTIBONITE
Cette ville symbole de l’indépendance est devenue
au fi l du temps la victime de la dégradation écologi-
que des bassins versants. 300 000 personnes vivent
au débouché de cet immense collecteur d’eau que
représente la vallée de l’Artibonite.
Les photos des inondations de 2008 montrent l’am-
pleur d’un désastre qui se reproduira. Les images
actuelles montrent aussi une ville qui n’arrive pas à
se défaire des traces de la boue qui s’est déversée sur
elle.
Le sauvetage de cette métropole, qui a reçu le plus
de réfugiés après le séisme, est une cause nationale.
Il devra être intégré dans une vision plus large : celle
du traitement des bassins versants et d’un nouveau
développement des plaines agricoles.
GONAÏVES
28
29
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LA GESTION INTÉGRÉE
DES BASSINS VERSANTS
Ces projets doivent impérativement être adossés à
un plan de gestion piloté par des structures locales
(organismes de bassin). Ce processus demandera
une durée de 10 ans pour être durablement installé. Traiter comme priorité absolue la
question de l'énergie domestique
pour en fi nir avec la déforestation. Pour faire de la gestion et de l’aménagement des
bassins versants le symbole de la restauration du terri-
toire, deux mesures complémentaires méritent d’être
inscrites dans le programme de reconstruction :
Faire baisser la valeur des arbres coupés en mettant à
la disposition de 700 000 familles des équipements
de cuisson alimentées au gaz propane; parallèlement
les installations des boulangeries, distilleries et
blanchisseries doivent être modifi ées.
Ce programme devrait être achevé à la fi n de la
période de « l’urgence transitionnelle » et bénéfi cier
de crédits liés à la reconstruction du pays. Aucune
politique de reboisement n’est durable sans une
politique ambitieuse en matière d’énergie. Trois parcs nationaux mis sous
l'autorité des plus hautes instances
de l'Etat. Modifi er la politique de protection des zones
naturelles. Les zones protégées actuelles doivent
être sanctuarisées et gardées par une police
environnementale. Mais cette mesure doit être
amplifi ée pour marquer les esprits par la mise en
place de trois grands parcs nationaux sur le modèle
de la République Dominicaine.
Ces parcs englobent les plus beaux paysages au Nord
et au Sud du pays et donnent un signe fort sur la
volonté de reconstruire le système naturel du pays.
Dans l’attente d’une réforme des structures de l’Etat,
ces trois grands parcs devraient être directement
rattachés aux plus hautes autorités de l’Etat.
6
UN PROJET DE DÉVELOPPEMENT Le terme « gestion des bassins versants » est un concept qui a beaucoup évolué au fi l du temps.
D’un sujet technique, il est devenu tout un
programme avec de multiples facettes visant à créer
une cogestion de la ressource. L’idée de base est
que les arbres jouent un rôle fondamental dans la
conservation des sols, la préservation des ressources
en eau et des écosystèmes. Pour cette raison, le
reboisement ne peut avoir de véritables impacts
s’il n’est pas inséré dans un plan de développement
économique et social et si des dispositions ne sont
pas prises pour remplacer le bois de feu, le charbon
de bois et le bois de construction par des matériaux
de substitution. Dans ce pays, où 80% du territoire
est situé dans des zones à forte pente, les mauvaises
pratiques culturales créent des dégâts considérables
en faisant disparaître la terre végétale, aggravant
ainsi le risque en milieu urbain. Les dégâts annuels
tous risques confondus sont évalués à 1,6 milliard
USD. Inscrire la politique des
bassins versants dans une
vision ambitieuse en termes
d’aménagement du territoire. Pour casser cette spirale, le bassin versant doit faire
l’objet d’un traitement autour de certaines fi lières
agricoles comme le café, le cacao, la plantation
d’arbres fruitiers pour créer de nouvelles richesses.
30
31
CIAT - HAÏTI DEMAIN
UNE CHAINE VERTUEUSE
ASSOCIÉE AUX STRATÉGIES
DE RECONSTRUCTION
L’URGENCE VITALE
Les grandes annonces en
matière environnementale
Importation de charbon et
de bois de construction
Substitution des équipe-
ments de cuisson dans des
maisons endommagées
Utilisation d’une partie de
Cash for Work pour des
travaux environnementaux
d’urgence
Sanctuarisation des zones
protégées en créant une
police environnementale.
L’URGENCE
TRANSITIONNELLE
Institution de droits de propriété
indiscutables
Mise en place du programme
national de substitution au
charbon de bois
Renforcement des structures
publiques en matière d’agriculture
et d’environnement
Traitement des bassins versants
prioritaires
Campagne de sensibilisation de
l’importance du reboisement.
Lancement du système éducatif à
tous les niveaux
Études de programmation de
trois grands parcs nationaux.
Mise en plan de pépinières et
production de plantules
LES PROJETS
STRUCTURANTS
Traitement des bassins versants
liés aux parcs nationaux.
Développement d’une
industrie du tourisme dans les
zones protégées.
Protection des ouvrages issus
du programme de recon-
struction
Mise en place des structures de
gouvernance décentralisées des
zones traitées.
Mise en place progressive des
parcs nationaux sous l’égide des
plus hautes instances de l'Etat.
LE TEMPS
GÉNÉRATIONNEL
Atteindre un niveau de
boisement identique à la
République Dominicaine :
50%
Faire de l’activité agricole
une économie prospère.
Atteindre un niveau
de développement
permettant de réduire
très sensiblement la
vulnérabilité du pays aux
phénomènes naturels.
SUBVENTION DES ÉQUIPEMENTS DOMESTIQUES DE
CUISSON AU GAZ PROPANE
AUGMENTATION DES SURFACES DE FORÊTS SÈCHES
(JATROPHAS …)
NOUVELLE POLITIQUE DE GESTION INTÉGRÉE DU RISQUE
DÉVELOPPEMENT DE L’ÉNERGIE SOLAIRE ET DE
L’ÉOLIEN
DÉVELOPPEMENT ET STRUCTURATION DES FILIÈRES
AGRICOLES PERMETTANT LA POROSITÉ DES SOLS
(CACAO, VÉTIVER, ARBRES FRUITIERS …)
CRÉATION DE DROITS DE PROPRIÉTÉ FONCIÈRE
INDISCUTABLES
RÉDUCTION DE LA PRESSION DÉMOGRAPHIQUE SUR
LES TERRES
GRANDE POLITIQUE D’ÉDUCATION
CRÉATION DE TROIS PARCS NATIONAUX INTÉGRANT LES
ZONES PROTÉGÉES
INONDATIONS
DÉFORESTATION
GLISSEMENTS DE
TERRAINS
PROGRAMME
NATIONAL DE
SUBSTITUTION
AU BOIS ET AU
CHARBON DE BOIS
PROGRAMME
NATIONAL DE
REBOISEMENT
CAMPAGNE DE
SENSIBILISATION
SUR L’IMPORTANCE
DU TRAITEMENT
RESPECTUEUX DE LA
NATURE
Subventionner l’achat d’un kit propane et fi xer le prix de cette énergie domestique est un acte essentiel
pour stopper la consommation de charbon de bois. Associer cet usage quotidien au téléphone portable
est une évolution intéressante vers un principe de mobilité compréhensible pour tous.
LA FORÊT DE LA GRANDE ANSE
LA PLAINE DU CENTRE
LE DELTA DE L'ARTIBONITE
32
33
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LE PROJET FORESTIER ET AGRICOLE
PORT-AU-PRINCE
CAP HAÏTIEN
LES CAYES
OCEAN ATLANTIQUE
MER DES CARAÏBES
MER DES CARAÏBES
GONAÏVES
LOCALISATION DES 3 PARCS NATIONAUX
PLAINE AGRICOLE ETAT PROJETE
PLAINE AGRICOLE ETAT ACTUEL
ZONE A REBOISER
CULTURE CACAO & CAFE
LIMITE PARCS NATIONAUX
PARC DE LA HOTTE
PARC DE LA SELLE
PARC DE LA CITADELLE
34
35
CIAT - HAÏTI DEMAIN
Ces ensembles seront conçus à partir des villes
existantes :
Les Gonaïves, en allant vers Marchand Dessalines
serait le premier ensemble. Sa réalisation permettrait
de dynamiser les Gonaïves et d’aborder autrement la
question de la vulnérabilité de la ville ;
Saint Marc, Pont Sondé et Petite Rivière formeraient
le deuxième ensemble urbain ;
Mirebalais et La Chapelle auront un rôle parti-
culier en contact direct avec Port-au-Prince et sur la
route menant à Santo Domingo. Cette localisation
et la présence d’une nouvelle université en feront un
secteur particulièrement attractif.
Hinche et Pignon formeront les cités de la plaine
centrale.
Saint Michel de l’Attalaye et Saint Raphaël au
Nord complèteront ce dispositif qui intègrerait une
seconde université.
La boucle, connectée par deux grands axes au Cap
Haïtien, est de nature à donner à la capitale du Nord
une véritable dimension caribéenne.
Les plaines du Centre et de l’Artibonite sont les
grandes régions agricoles et d’élevage d’Haïti. Un
dispositif urbain nouveau, reposant sur une route
connectée aux ports de conteneurs des Gonaïves, de
Cap Haïtien et de Port-au-Prince (quand ce dernier
sera déplacé vers l’Ouest) rejoignant facilement
la République Dominicaine, permettrait de créer
des zones attractives destinées aux industries de
transformation. Disposer ensuite un ensemble de
zones franches le long de ce parcours accélèrerait son
développement.
Historiquement, l’agriculture et les activités
urbaines ont été dissociées en occasionnant un
sous-équipement des plaines agricoles au profi t des
villes. Partout dans le monde, on cherche maintenant
à mixer les économies industrielles et urbaines pour
off rir aux populations un cadre de vie agréable et un
même niveau d’équipement.
C’est le pari que l’on peut faire en Haïti pour
développer les industries de transformation, moder-
niser et redynamiser l’agriculture tout en off rant un
autre choix de vie aux populations qui se sont concen-
trées dans les villes, avec pour conséquence la création
de grandes zones de pauvreté.
Après le séisme, les départements de l’Artibonite et
du Centre atteignent une population de 2,6 millions
d’habitants. Cette boucle de 300 km (en passant par
Saint Michel de l’Attalaye) off re une grande marge de
développement tout en restant proche de la nature et
en évitant les grandes concentrations urbaines.
LES CITÉS EN RÉSEAU Le développement du réseau routier va progressive- ment réduire les temps de parcours et les rendre plus fi ables. Cette maîtrise du temps autorisera une répar-
tition plus rationnelle des fonctions urbaines sur le
territoire. Elle permettra aussi de générer des modèles
urbains sortant de la logique de prolifération des villes
à partir de leur centre. Ce processus a progressivement
asphyxié Port-au-Prince en multip liant les problèmes
sociaux et sanitaires. L’assainissement, l’espace public,
les services et les équipements n’ont pu suivre cette
extension anarchique de la population.
Le développement de la mobilité associé au
développement rapide des moyens de communication
virtuels vont changer les comportements des habitants.
Les villes en réseau sont un modèle contemporain
intéressant quand les territoires s’y prêtent.
La « boucle » du Centre et de l’Artibonite peut être
pensée sur un tel modèle à l’image d’une sorte de
« Randstat haïtienne ». En Hollande, à une échelle
comparable, plus de 7 millions d’habitants sont
disposés le long de cette cité linéaire presque continue
entourant une grande plaine agricole.
Autour des plaines du Centre et de l’Artibonite, des
ensembles habités pourraient être conçus à partir
des villes existantes, en bénéfi ciant d’un réseau
d’équipements et de services hiérarchisés et répartis
dans les diff érents secteurs urbains.
L’ouverture sur la mer aux Gonaïves, à Cap-Haïtien et
à Saint Marc, les universités à proximité de Mirebalais
et Saint Michel de l’Attalaye, les marchés et les gares
routières répartis sur les nœuds d’échanges principaux
et tous les autres équipements (santé, adminis-
tration, écoles, etc.) seraient mutualisés à une échelle
permettant leur optimisation. Un transport collectif
fi able et cadencé circulerait sur cette boucle dans les
deux sens selon une vitesse commerciale garantie, en
faisant le lien avec les transports traditionnels mieux
structurés dans chaque ensemble urbain.
Sur cette base d’équipements communs, on peut
imaginer cinq conurbations développées sur des
distances de 30 km environ (tous les services seraient
à moins d’une demi-heure des lieux résidentiels).
RANDSTAT HOLLANDAISE
BOUCLE DU CENTRE ET DE L'ARTIBONITE
7
Construire des réseaux de
villes pour mutualiser les
équipements et les services et
enrayer la constitution de grandes
concentrations urbaines.
Associer dans un même
projet économique et
sur un même territoire
l'agriculture et les industries
de transformation.
SAINT MARC
3637
CIAT - HAÏTI DEMAIN
KOMBIT SANT LATIBONIT
CAP HAITIEN
FORT LIBERTE FORT LIBERTE
MADRAS MADRAS
OUANAMINTHE OUANAMINTHE
HINCHE HINCHE
SAINT MARC
GONAIVES
MONTAGNES NOIRES MONTAGNES NOIRES
MASSIF DE MASSIF DE
TERRE NEUVE TERRE NEUVE
MASSIF MASSIF
DU NORD DU NORD
MASSIF MASSIF
DU NORD DU NORD
CORDILLERE CORDILLERE CENTRALE CENTRALE
CHAINE DES MATHEUX CHAINE DES MATHEUX
MONTAGNES MONTAGNES
DE TROU D’EAU DE TROU D’EAU
CANAL DE ST MARC
BELLADERE BELLADERE
GROS MORNE GROS MORNE
St MICHEL St MICHEL
DE L’ATTALAYE DE L’ATTALAYE
MARCHAND MARCHAND DESSALINES DESSALINES
DESDUNES DESDUNES
PETITE PETITE RIVIERE RIVIERE
MIREBALAIS MIREBALAIS
St RAPHAEL St RAPHAEL
PIGNON PIGNON
PONT PONT
SONDE SONDE
LA CHAPELLE LA CHAPELLE
GOLFE DE LA GONAVE
OCEAN ATLANTIQUE
FACTORIES
UNIVERSITÉS - CLUSTER
BARRAGES
ZONES AGRICOLES
INTENSITÉS URBAINES
PÊCHE
CABOTAGE
PORT SECONDAIRE
PORT INTERNATIONAL
AÉROPORT INTERNATIONAL
AÉROPORT LOCAL
LIMBÉ LIMBÉ
C
38
39
CIAT - HAÏTI DEMAIN
- le tourisme de nature et de découverte dans la zone
située entre Borgne et Anse-à-Foleur, prolongée vers
Port de Paix et l’Ile de la Tortue.
Ces zones seraient le prolongement naturel des
installations de la côte Nord de la République
Dominicaine (Monte Christi et Puerto Plata).
La pointe du Môle Saint Nicolas est très bien placée
pour la réalisation d’un hub maritime international
de conteneurs, mais elle off re aussi un réel potentiel
touristique.
La région Capitale
Elle tirera naturellement profi t de sa reconstruction et
de sa modernisation. En eff et, son poids, même réduit
au profi t des autres régions, restera considérable.
Dans la situation actuelle de réduction de la
population, il n’y a pas forcément d’intérêt à imaginer
de grandes extensions de la capitale. La reconstruction
du centre est le premier enjeu, associée à la relocali-
sation des populations sinistrées (450 000 environ)
dans de nouveaux quartiers fragmentés. Le véritable
développement satellite au Nord doit être mis en
œuvre sur le nouveau pôle urbain de Mirebalais, qui
sera sans doute le lieu symbole de la décentralisation.
La côte des Arcadins débarrassée de la circulation
lourde retrouvera aussi sa vocation touristique liée
directement à la capitale.
La région Sud
Sur la côte Nord de la péninsule, Miragoâne fera le
lien avec le réseau de villes situées dans la zone d’in-
fl uence de Port-au-Prince : Léogâ ne, Grand Goâve et
Petit Goâve.
Les côtes Ouest et Sud, de Jérémie aux Cayes et à
Jacmel, devraient redevenir l'espace d'excellence natu-
relle et agricole qu’elles étaient. Pour cela, la bande
côtière devra être confortée et protégée par le trai-
tement des massifs. La création de deux parcs natio-
naux, à partir des seuls massifs boisés existant encore,
est pour cela une action préalable. La recomposition
du paysage et la formation d’une police de l’environ-
nement seront menées de front dans un tel cadre.
Cette côte Sud tournée vers la Jamaïque, le Sud de la
Caraïbe et l’Amérique Latine peut retrouver sa place
dans l’off re mondiale du « tourisme de nature ».
Il y a aussi la place sur cette côte pour un autre port.
Des projets privés existent, qui sont peut-être viables
dans le cadre d’un environnement restauré.
Le développement des fi lières de pêche est une action
engagée autour d'un ensemble de villages côtiers.
Elle devra être développée d'une façon rationnelle
sur l'ensemble du littoral par des méthodes de pêche
allant au - delà du plateau continental.
LES ÉCONOMIES
RÉGIONALES
Les infrastructures principales vont redessiner le
territoire haïtien. Autour des nouvelles dessertes par
les ports, les aéroports et les routes, des économies
régionales vont pouvoir se renforcer et concrétiser
un principe d’attractivité qui ne soit plus concentrée
seulement à Port-au-Prince.
Cet objectif pour le futur trouve sa racine dans la
nouvelle carte de répartition des populations constatée
un mois et demi après le séisme :
47% pour la région Nord
29% pour la région Capitale
24% pour la région Sud
Ces poids relatifs de la population donnent déjà une
indication pour une répartition possible des eff orts
d’aménagement du territoire dans le futur.
La phase de reconstruction va constituer un eff et de
levier dans ce sens, avec trois axes prioritaires :
-le traitement des zones sinistrées
-la prise en compte des 600 000 habitants qui ont
trouvé refuge hors de la région capitale
-l’accélération des chantiers environnementaux
et agricoles pour permettre la sécurisation des
populations et des nouvelles infrastructures.
La région Nord
On peut considérer que la région Nord, et
particulièrement le Centre et l’Artibonite, constituera
dans le futur la meilleure chance pour structurer
l’économie nationale. C’est aussi le seul endroit
où un modèle de développement original mixant
l’agriculture, l’élevage et les activités de transformation
peut être imaginé à partir de la structuration d’un
réseau de villes moyennes.
La côte Nord (Port de Paix, Cap Haïtien, Fort Liberté,
Ouanaminthe) est aussi une zone à fort potentiel de
développement. Un nouvel aéroport international
réalisé sur le site de Madras ouvrirait la possibilité
de développer une zone touristique de grand intérêt
conçue selon trois axes :
- le tourisme de masse mis en œuvre sur le secteur
de l’habitation Dauphin, avec au centre la baie de
Fort Liberté propice à la construction d’une grande
marina d’hivernage pour les bateaux de plaisance
- le tourisme historique concentré autour de la citadelle
et de Cap Haïtien
8
L'ÎLE À VACHE
LE BARRAGE DE PELIGRE
LA CITADELLE
JACMEL
40
CIAT - HAÏTI DEMAIN
41
REGION NORD
CAP HAITIEN
PORT DE PAIX
FORT LIBERTE
MADRAS
OUANAMINTHE
SAINT MARC
GONAÏVES
ILE DE LA TORTUE
ILE DE LA GONAVE
MONTAGNES NOIRES
MASSIF DE
TERRE NEUVE
MASSIF
DU NORD
MASSIF
DU NORD
CORDILLERE
CENTRALE
CHAINE DES MATHEUX
MONTAGNES
DE TROU D’EAU
CANAL DE St MARC
GOLFE DE LA GONAVE
OCEAN ATLANTIQUE
BAIE DE
PORT-AU-PRINCE
BELLADERE
GROS MORNE
MÔLE SAINT NICOLAS
PONT
SONDE
MIREBALAIS
HINCHE
PETITE
RIVIERE
LA CHAPELLE
PIGNON
St RAPHAEL
DESDUNES
St MICHEL
DE L’ATTALAYE
MARCHAND
DESSALINES
FACTORIES
UNIVERSITÉ - CLUSTER
BARRAGES
ÉOLIEN
PLAINES AGRICOLES
ÉTAT PROJETÉ
CULTURE CACAO & CAFÉ
PÊCHE
CABOTAGE
PORT SECONDAIRE
PORT INTERNATIONAL
AÉROPORT INTERNATIONAL
AÉROPORT LOCAL
TOURISME
42
CIAT - HAÏTI DEMAIN
43
REGION CAPITALE
LÉOGÂNE
ILE DE LA GONAVE
CHAINE DE LA SELLE
MER DES CARAÏBES
BAIE DE
PORT-AU-PRINCE
CANAL DE St MARC
CANAL DE LA GONAVE
JACMEL
PORT-AU-PRINCE
HINCHE
SAINT MARC
MIRAGOÄNE
GRAND
GOÂVE
PETIT
GOÂVE
MIREBALAIS
BELLADERE
MARCHAND
DESSALINES
PETITE
RIVIERE
St MICHEL
DE L’ATTALAYE
GONAIVES
LA CHAPELLE
PIGNON
DESDUNES
PONT SONDE
FACTORIES
UNIVERSITÉ - CLUSTER
BARRAGES
ÉOLIEN
PLAINES AGRICOLES
ÉTAT PROJETÉ
CULTURE CACAO & CAFÉ
PÊCHE
CABOTAGE
PORT SECONDAIRE
PORT INTERNATIONAL
AÉROPORT INTERNATIONAL
AÉROPORT LOCAL
TOURISME
44
45
CIAT - HAÏTI DEMAIN
REGION SUD
JEREMIE
DETROIT DE JAMAIQUE
MIRAGOÂNE
LES CAYES
MER DES CARAÏBES
CANAL DE LA GONAVE
CANAL St MARC
ILE DE LA GONAVE
GRAND
GOÂVE
PETIT
GOÂVE
BAIE DE PORT
AU PRINCE
PORT-AU-PRINCE
MIREBALAIS
LÉOGÂNE
CHAINE DE LA SELLE
JACMEL
MASSIF DE LA HOTTE
FACTORIES
UNIVERSITÉ - CLUSTER
BARRAGES
ÉOLIEN
PÊCHE
CABOTAGEPORT SECONDAIRE
PORT INTERNATIONAL AÉROPORT INTERNATIONAL
AÉROPORT LOCAL
PLAINE AGRICOLE
ÉTAT PROJETÉ
CULTURE CACAO & CAFÉ
BELLADERE
SAINT MARC
LA CHAPELLE
TOURISME
46
47
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LA QUESTION URBAINE
Chaque type d’organisation du logement, depuis
les bidonvilles jusqu’aux damiers des centres villes
justifi era de trouver une méthode d’intervention
adaptée. Depuis les modèles d’intervention indiens,
comme ceux qui ont été adoptés pour la ville de
Gujurat jusqu’aux plans d’aménagement urbain de
type européen, il n’y aura pas une solution, mais un
ensemble de solutions permettant de stabiliser la
ville et réguler son développement.
Jusqu’au 12 janvier, le risque sismique ne faisait pas
partie de la réalité haïtienne. Il faut maintenant le
prendre en compte et c’est l’occasion pour tous
d’entretenir un autre rapport à la modernité.
La reconstruction de Port-au-Prince sera le lieu
de cette prise de conscience. Il faudra reconstruire
selon des règles parasismiques garantissant l’avenir,
mais surtout il faudra en fi nir avec le laisser-aller
qui génère un habitat précaire installé sur des sites
dangereux. Une politique du logement sera nécessaire
et il faut l’entreprendre dans le cadre du chantier de
réinstallation des familles qui ont perdu leur maison,
qu’elles veuillent rester à Port-au-Prince ou qu’elles
acceptent de vivre dans d’autres régions.
Par contre, les habitants des quartiers défavorisés
ont le droit d’accéder à un niveau minimum de
services de base, que l’on peut atteindre grâce des
actions ponctuelles menées en partenariat avec eux.
Les associations de quartier structurant la vie sociale
sont les interlocuteurs qui peuvent donner un sens
diff érent à « l’action urbaine » dans un contexte où
le sous-équipement en moyens humains et fi nanciers
empêche de construire une véritable politique
d’urbanisme. Les réactions des habitants, qui se sont
organisés dans la crise par des comités d’urgence
souvent spontanés, sont les prémices d’une telle
organisation qu’il faut renforcer et à laquelle il
faudrait donner un cadre légal.
9 Adapter les démarches urbaines
aux réalités du pays pour reprendre
progressivement la maîtrise des
villes. Le pays vit depuis de nombreuses années sur un mode
où la survie prime sur toute autre considération.
Le déboisement et sa cohorte de conséquences
dramatiques en est l’expression première. L’affl ux
des populations vers les villes a eu ensuite pour
eff et d’accentuer la bidonvilisation des territoires
urbains. La nation comme les villes sont dans un
processus de désintégration et dans un état de grande
vulnérabilité.
Le royaume de l’informel et de l’absence de contrôle
explique l’ampleur du drame actuel. Le séisme
n’était pas inscrit dans l’imaginaire des haïtiens.
Il agit maintenant comme un révélateur d’une
situation générale.
« Plus jamais cela » est le slogan le plus entendu en
ce moment. Il peut s’appliquer à la construction de
nouveaux territoires urbains mis en œuvre dans le
cadre de la reconstruction. Il peut s’appliquer à la
reconstitution des zones « formelles » qui ont été
démolies comme le centre de Port-au-Prince où une
démarche de bonnes pratiques peut être envisagée.
La question sera plus compliquée pour tous les
quartiers informels qui ont résisté au séisme mais qui
présentent maintenant les mêmes lacunes qu’avant
le 12 janvier.
Agir directement sur l’ensemble de ces territoires
est une tâche insurmontable dans le temps court. Il
faudra imaginer d’autres mouvements de population
vers des régions développées dans le cadre d’une
nouvelle politique d’aménagement du territoire,
pour pouvoir reconquérir ensuite les quartiers
d’habitats indignes qui subsistent aujourd’hui.
AVANT
APRÈS
VILLE DE GUJURAT EN INDE
Un principe de bonne pratique adapté à l'habitat défavorisé
48
49
CIAT - HAÏTI DEMAIN
LE FONCIER Une question récurrente qui est
devenue un fr ein à l'action et au
développement des villes. Dans les diff érentes temporalités de la reconstruc-
tion, la mise en œuvre de chaque projet nécessite une
action foncière qui dépendra fortement du contexte
urbain.
Les enjeux fonciers de l’urgence
Sur les sites détruits par le séisme, l’Etat est amené
à prendre rapidement position, pour autoriser ou
non la reconstruction in situ, en fonction de la
vulnérabilité aux risques sismiques et climatiques.
Derrière cette première priorité se profi le
immédiatement la question foncière. En eff et, si
un site est déclaré inconstructible, il faut trouver
des terrains appropriés pour reloger les habitants.
Dans ces actions d’urgence, la maîtrise du foncier
ne doit pas être un obstacle, et dès lors qu’un site de
relogement est trouvé, l’État doit pouvoir en prendre
possession rapidement si nécessaire par une décision
d’occupation temporaire.
Bien entendu, un tel dispositif d’urgence ne peut se
concevoir que si l’indemnisation des propriétaires
est eff ective.
Les actions foncières dans le monde de
l’informel
L’omniprésence de l’informel en Haïti, qui se traduit
notamment par l’occupation foncière temporaire ou
permanente, pose la question du droit des sols et des
dysfonctionnements dans ce domaine.
Une part signifi cative de la forme urbaine existante
en Haïti provient en eff et d’un mécanisme
d’occupation informelle des terrains. Les habitants
s’installent sans titres sur des terrains et y réalisent
leur logement en auto-construction. L’Etat, faute de
moyens de contrôle appropriés, n’a pas été en mesure
d’empêcher cette occupation auto-organisée et
illégale, alors que dans le même temps les propriétaires
fonciers concernés restent généralement passifs.
Il en résulte une situation complexe, où se
superposent des intérêts contradictoires, avec d’un
côté les propriétaires offi ciels disposant de droits et
de l’autre des habitants aspirant à être régularisés et
à devenir propriétaires après 20 ans d’occupation de
fait. Cette situation constitue un équilibre fragile,
avec une tension sociale latente. Une rupture du statu
quo privilégiant le droit, et donc les propriétaires
offi ciels, au détriment des occupants informels,
comporte un risque social certain. A l’inverse, le
fait de régulariser l’occupation informelle pose la
question de l’indemnisation des propriétaires.
Dans la période de l’urgence transitionnelle, un
projet déclencheur comme la création de services
publics dans des quartiers informels permettra de
montrer aux habitants que l’Etat est bien présent,
mais ne règlera pas cette question délicate, sur
laquelle l’Etat aura à prendre position dans le temps
de la reconstruction.
Dans un autre registre, les projets déclencheurs
portant sur les lieux d’échange visent à canaliser
l’occupation souvent anarchique du domaine
public par les activités marchandes, et à redonner
à la voirie un minimum d’effi cacité dans sa fonction
de transport. Ces projets nécessitent de disposer
d’emprises foncières situées dans les villes pour créer
des espaces d’échanges (marchés, gares routières). Il
sera sans doute diffi cile de recourir à l’utilité publique
dans ce cas et le foncier devra être acquis à l’amiable,
avec éventuellement un dispositif de préemption
urbaine en appui.
Les projets dans un contexte urbain structuré
Pour les projets déclencheurs tels que la création de
pôles de développement, la réalisation de projets
intégrés, la reconstruction d’un damier situé en
centre-ville ou la reconquête de la bande littorale,
les options en matière d’action foncière publique
dépendent de la complexité du parcellaire et de la
motivation des propriétaires fonciers concernés par
l’opération.
Pour mettre en œuvre ces projets, la puissance
publique pourra adopter plusieurs stratégies
possibles:
• Partir d’une emprise foncière publique, et le cas
échéant agréger des terrains complémentaires pour
atteindre une taille suffi sante. C’est typiquement
la stratégie pour la mise en œuvre des pôles de
développement dans les villes moyennes.
• Laisser l’initiative de la reconstruction aux
propriétaires et imposer uniquement des directives
d’urbanisme. Pour simplifi er et accélérer la mise en
œuvre, l’Etat peut de plus pousser les propriétaires à
se regrouper dans une association foncière urbaine.
Eventuellement, l’Etat pourrait aussi décider
d’intervenir ponctuellement, en acteur de
substitution, lorsque des propriétaires souhaitent
sortir de l’opération. Il rachèterait alors le foncier,
avec l’option de devenir membre de l’association
foncière urbaine ou de le porter temporairement
avant de le revendre à un autre investisseur.
Ce mode d’intervention est adapté à une
confi guration foncière complexe de type quartier en
damier.
• dans un registre d’intervention plus fort, l’État
peut décider d’assumer un rôle de régulateur
foncier: un outil opérationnel public assure alors
le remembrement de toute l’opération et pilote
une opération publique d’aménagement. Les
propriétaires privés présents dans l’opération
peuvent y rester et recevoir des droits à construire
en échange de l’apport de leur terrain, ou sortir
du projet moyennant compensation monétaire.
Ce mode d’intervention est adapté à des projets
intégrés ou d’une certaine envergure se déroulant
sur une durée longue, comme la reconquête d’une
façade littorale.
Les infrastructures
Compte tenu de leur durée de réalisation et s’agissant
d’investissements publics, une anticipation foncière
est possible, avec des outils simples :
- L’inscription d’emprises réservées dans les docu-
ments d’urbanisme
- Un droit de préemption permettant de constituer
les réserves foncières
- La déclaration d’utilité publique et l’ expropriation
Disposer de compétences en matière d’action
foncière
Que ce soit dans les actions d’urgence d’aujourd’hui,
dans l’urgence transitionnelle des mois et années
à venir, ou dans la mise en œuvre des projets
d’infrastructures, l’Etat est et sera confronté à la
problématique du foncier.
Il a donc besoin de se doter de compétences
spécifi ques; à cet eff et, la création d’un outil public
dédié à l’action foncière, organisé avec l’objectif
d’une effi cacité opérationnelle maximale, tout en
capitalisant le savoir-faire, est une piste intéressante.
La mise en œuvre des projets pose de plus le postulat
que l’Etat saura faire respecter un droit des sols
lisible, basé sur le respect du domaine public comme
de la propriété privée, et intégrant les prérogatives
d’intérêt général.
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
L'ESPACE BÂTI ET LES
PROJETS DÉCLENCHEURS
Pour agir dans l’urgence générée par le séisme et selon
des temporalités graduées, il faudra conjuguer cette
démarche avec celle de « projets déclencheurs »,
permettant de mener des actions identifi ées et
maîtrisées.
Ces projets poursuivent 3 objectifs :
• Matérialiser sur le terrain la présence de la
puissance publique et créer des points de contact
avec la population
• Apporter à la population un minimum de
services pour éviter l’idée d’une reconstruction à
deux vitesses.
• Constituer des chantiers pilotes ou prototypes, en
incluant dans leur mise en œuvre une pédagogie des
risques et des bonnes pratiques de construction.
Ces projets peuvent se situer à diff érentes échelles et
poursuivre des objectifs diff érents. Ils seront répartis
sur le territoire selon une programmation à établir.
Les projets prototypes d’une telle démarche devront
être associés à des sites touchés par le séisme.
Dans l’urgence et en restant lié à la notion de
dommages qui est l’un des fondements de la
reconstruction, les 7 chantiers suivants illustrent
l’idée de ces projets déclencheurs :
1- Les lieux de rencontre et de sociabilité : points de
services intégrés aux quartiers informels.
2- Les lieux d’échange : structuration des grands
marchés et des pôles d’intermodalité dans les
villes.
3- Les pôles de développement (un exemple) : le site
du lycée de Léogâne.
4- Les projets intégrés : le secteur du parc de
Martissant des mornes à la mer
5- L’urbanisme et l’habitat formel : reconstruction
du « damier » de Port-au-Prince.
6- La question de la bande littorale : reconstruction
de la frange maritime de Port-au-Prince.
7- L’architecture symbolique : reconstruction du
Champ de Mars.
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1 - LES LIEUX DE RENCONTRE
ET DE SOCIABILITÉ
Le premier type de projet déclencheur consisterait à
concevoir un ensemble de micro-équipements col-
lectifs insérés en bordure des quartiers défavorisés.
Ils ont pour objectif d’apporter aux populations un
minimum de services collectifs, de construire les ba-
ses de maison des « comités de quartier » et d’ins-
taller la présence publique pour favoriser ensuite
la transformation de ces quartiers. De nombreux
exemples existent qu’il faudra adapter ensuite à cha-
que situation.
Au Maroc, dans les quartiers de logements sociaux,
ce sont les fours à pain et les bains (Hammam) qui
sont les équipements de base de ces programmes. En
Colombie, à Medelin et Bogota, ce sont de petites
médiathèques qui sont associées à des lieux de ser-
vice.
Dans les villes haïtiennes, des lavoirs publics relayés
par des bornes fontaines et par des restaurants de rue
bien structurés seraient des équipements nécessai-
res.
On pourrait aussi penser à intégrer systématique-
ment les points de distribution du propane et des
cartes de téléphone portable. Une association avec
les industriels de ces secteurs essentiels devrait être
envisagée pour créer ces liens.
On peut ensuite penser à associer ces équipements
à un plateau libre (un terrain de football) servant de
lieu de sport et de fête, mais aussi de lieu de rassem-
blement dans les situations de crise.
Les locaux de la maison de quartier deviendraient
alors des PC de crise naturels.
Des terrains de 8 000 à 10 000 m2 associés à des bâti-
ments de quelques centaines de m2 suffi raient à rem-
plir ce rôle de points de références pour des quartiers
défavorisés de plusieurs milliers d’habitants.
Pour tous ces projets, l'appui des associassions de
femmes sera recherché.Exprimer la présence publique
dans les quartiers défavorisés.
Donner un cadre formel aux
relations avec les représentants des
habitants.
EQUIPEMENTS DE QUARTIER À MEDELLIN ET BOGOTA EN COLOMBIE
QUARTIER HISTORIQUE TRAMÉQUARTIER INFORMEL STABILISÉ
BIBLIOTECA PARQUE ESPANA_GIAN CARLOS MAZZANTI, MEDELLIN
PLACE INTERMODALE, PUNTO DE ENCUENTRO ,
LAS AGUAS, BOGOTA BIBLIOTECA LEON DE GRIEFF, GIAN CARLOS MAZZANTI, MEDELLIN
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
2 - LES LIEUX D’ÉCHANGE « La route est le salon du peuple» .
C’est une réalité physique et culturelle, les routes
constituent l’espace public majeur du pays. Les trans-
ports collectifs nombreux et colorés rythment la vie
de ces routes. Ils sont certes peu performants mais
rendent un service adapté à une situation écono-
mique. Ils associent la mobilité à la sociabilité et à
une esthétique pour constituer une culture et une
tradition.
La constitution d’une classe moyenne ajoute à
cette situation un autre paramètre : la fonction de
« drive-in » attribuée à la route dans les secteurs
urbains. Cette fonction d’échange commerciaux
entre les automobilistes et les marchands arrive à
son paroxysme aux abords des marchés jusqu’à la
thrombose générale de l'espace.
Tous ces facteurs nient toute maîtrise du temps,
un fait qui va s’aggraver avec l’augmentation de la
motorisation individuelle et qui s’oppose physi-
quement à l’idée d’un développement économique
maîtrisé sur le territoire.
Les plateaux routiers de 9 m qui président à la réali-
sation des réseaux inter-urbain majeurs répondent
aux besoins dans la situation actuelle et il y répon-
dront d’autant mieux quand des alternatives de
parcours seront créées sur les axes majeurs du pays.
Par contre pour garantir sur les longues distances
une vitesse réelle de l’ordre 50 à 60 km/h il faudra
mettre en œuvre une politique systématique de
contournement des villes.
Ce sera l’occasion d’un projet urbain basé sur le
déplacement et la rationalisation des marchés associé
à la création de gares routières et de pôles de services.
Sans changer la logique des « TAP TAP » ce dispo-
sitif permettrait de mettre en œuvre des réseaux de
bus à horaires fi xes sur les grands axes d’échanges
créés dans le cadre de la reconstruction.
Construire de nouveaux lieux
d'échange autour des marchés et
des gares routières.
Associer ces projets aux nouveaux
réseaux routiers en protégeant la
fl uidité du trafi c.
LE MARCHÉ DE PORT AU PRINCE
ROUTE NATIONALE 1 DANS LA TRAVERSÉE DE SAINT MARC
POINT DE VENTE DE CARTES TÉLÉPHONIQUES
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
3 - LES PÔLES DE DÉVELOPPEMENT De nombreuses écoles ont été détruites par le séisme.
Il y a maintenant l’urgence et la nécessité de recons-
truire ce réseau d’éducat ion à Port-au-Prince bien
sûr mais aussi dans tout le pays pour équilibrer les
services en fonction de la nouvelle carte démogra-
phique d’Haïti. C’est un préalable à toute hypothèse
de régionalisation.
Si la construction des écoles est une première
nécessité on peut aussi utiliser cette situation pour
construire un nouveau réseau de lieux publics
intégrant d’autres fonctions et devenant les lieux
de référence de la reconstruction et de la gestion
des crises.
La réduction de la vulnérabilité climatique sera
longue et le pays doit vivre et se reconstruire en
intégrant le risque. Les pôles de développement
pourraient avoir comme mission complémentaire
l’expérimentation et la diff usion du savoir dans une
forme accessible à la population.
Le site du lycée de Léogâne construit par l’archi-
tecte Mangonès et détruit par le séisme peut être le
prototype d’un tel dispositif public étendu ensuite
aux principales villes du territoire.
Le terrain de 3 hectares, bien situé en bordure de la
RN1 comprend encore des logements et un grand
amphithéâtre qui ont résisté au séisme.
Il intègre aussi de beaux espaces plantés et un terrain
de football transformé en site d’accueil pour un
camp de toile. Ces lieux sécurisés intégrant des struc-
tures de télécommunication modernes et fi ables et
construits selon les règles de sécurité transmissibles
à la population et aux constructeurs, pourraient être
les vitrines de bonnes pratiques constructives.
Ils affi rmeraient dans le pays une maîtrise de la
modernité indissociable d’un tel eff ort de recons-
truction.
Associer des programmes
d’équipement et de service sur des
sites stratégiques (3 hectares).
En faire des lieux symboliques
de la reconstruction, intégrant la
pédagogie des risques.
LE SITE DU LYCÉE
LE CENTRE DE LÉOGÂNE
LE LYCÉE DE LÉOGÂNE
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
4 - LES PROJETS INTÉGRÉS Associer dans des projets pilotes les questions
environnementales, sociales, culturelles et urbaines
sera l’un des axes de la reconstruction. S'ils sont
inscrits dans des périmètres bien défi nis et maîtrisés,
ils peuvent servir de laboratoires méthodologiques
et opérationnels pour la transformation urbaine.
Le site du parc de Martissant situé à l’ouest de
Port-au-Prince exprime parfaitement cette famille
de projets. Un décret d’utilité publique a déjà été
promulgué autour du parc regroupant l’habitation
Leclerc et les résidences Dunham et Mangonès.
La gestion de ce projet environnemental et culturel
a été confi ée à l’ONG FOKAL qui a géré la concer-
tation pour le relogement des familles qui occupaient
l’ancien hôtel.
La question maintenant serait de prolonger l’emprise
du décret jusqu’à la mer pour développer le projet
selon 5 axes de travail :
Le traitement hydraulique et paysager des mornes 1.
qui surplombent le parc.
L’aménagement de ce magnifi que espace boisé
2.
qui témoigne à lui seul de la luxuriance oubliée
de l’île par le saccage systématique des espaces
boisés.
La restructuration des quartiers collinaires et des
3.
ravines qui entourent le parc
Le traitement spécifi que de ce secteur de la route
4.
Nationale 2 que l’on peut resituer dans le cadre
général de l’amélioration de la sortie ouest de
Port-au-Prince.
L’éradication de l’habitat indigne qui occupe
5.
une ancienne décharge sur la bande côtière et le
réaménagement de ce secteur.
Une ou plusieurs structures d’exécution pourraient
dans un temps maîtrisé (10 ans) mener à bien la trans-
formation de cette zone d’aménagement concertée.
3
1
2
4
5
L'ANCIEN HÔTEL DE L'HABITATION LECLERC
LE PARC DE L'HABITATION
LES SECTEURS D'HABITAT ENTOURENT LES RAVINES DU PARC
Introduire dans des sites identifi és
et maîtrisés la notion de projets
concertés.
Associer des problématiques et des
méthodologies adaptées à chaque
type d'enjeu.
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61
CIAT - HAÏTI DEMAIN
5 - LES CENTRES VILLES Les damiers orthogonaux sont les symboles de la
structuration historique des villes.
Celui de Port-au-Prince s’est progressivement
paupérisé. Certaines rues étant envahies par des
corporations comme c’est le cas pour les garagistes.
C’est maintenant un champ de ruines peu de
bâtiments ayant résisté au séisme.
Un urbanisme maîtrisé inscrit dans un parcellaire
identifi é peut exprimer dans ces situations l'esprit
d'un renouveau urbain.
C’est l’occasion de fi xer les règles d’un grand projet
urbain réalisé rapidement, établi par une maîtrise
d’ouvrage unique et associant les propriétaires des
terrains dans une structure adaptée en leur laissant
le choix de céder leur bien ou de le valoriser dans le
cadre d’un projet collectif.
La maille régulière des rues de 15m de largeur
orientées Nord Sud et Est Ouest devrait être
conservée mais ces rues doivent être équipées de
façon diverses depuis les voies piétonnes jusqu’aux
rues passantes. L’esprit de cette nouvelle cité sera
donnée par la proportion des façades limitées sans
doute à 3 niveaux avec un rez-de-chaussée haut
bordé par une arcade continue. Ce rez de chaussée
sera divisible en fonction des besoins commerciaux.
Les cœurs d’îlots remplis au fi l du temps devraient
être libérés pour aménager des jardins et des passages
sur lesquels pourraient s’ouvrir des bâtiments
légèrement plus hauts 5 à 6 niveaux n’impactant pas
le front des rues mais apportant la diversité physique
et fonctionnelle à la ville. Certains cœurs d’îlots
pourraient aussi être restructurés pour accueillir
selon des règles claires et en toute sécurité les corpo-
rations qui ont progressivement occupé les rues.
Certains îlots devraient être repensés pour intégrer
des squares publics ou des équipements collectifs.
La reconstruction du damier de Port-au-Prince
serait ensuite le support pour une vaste réfl exion sur
la restauration et la mise à niveau des centres d’un
réseau de villes historiques : Les cayes, Jacmel, Port-
au-Prince, Port de Paix, Cap Haïtien, etc.
PORT AU PRINCE : OCCUPATION DES COEURS D'ÎLOT AVANT LE SÉISME
LE DAMIER DE JACMEL
LE DAMIER DE JÉRÉMIE
Restaurer les centres villes.
Utiliser la reconstruction du
damier de Port-au-Prince comme
laboratoire méthodologique.
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
6 - LA QUESTION DE LA BANDE
LITTORALE La question des fronts de mer se pose dans toutes les
villes. La population haïtienne tourne le dos à la mer
et a négligé cette façade jusqu’à en faire un nouveau
drame environnemental.
Le parc du bicentenaire après la dernière guerre a été
la dernière tentative pour reconquérir cette façade.
L’extension du Port et la bidonvilisation générale
de la bande côtière a détruit ces eff orts. Le rapport à
la mer va forcément évoluer. La diaspora Haïtienne
induit d’autres comportements par une relation liée
à l’idée des vacances. La jeune génération de plus en
plus mondialisée par les moyens de communication
virtuelle intégrera naturellement d’autres standards
de vie.
La reconstruction de Port-au-Prince et de son centre
ne peut pas se faire sans aborder cette question de
façon radicale. La ville doit à nouveau s’ouvrir sur
la mer.
La réhabilitation des quais du port est une nécessité
mais son déplacement vers le secteur de l’île à Cabris
doit être étudiée en même temps que la restauration
des quais.
Ces plateformes libérées off riront pour l’avenir une
zone d’aménagement nouvelle à traiter bien sûr
en fonction d’une évaluation claire de la prise en
compte des risques sismiques.
Le déplacement ou la forte restructuration du marché
doit s’intégrer dès maintenant à cette réfl exion pour
construire une promenade de bord de mer digne de
la capitale d’un état. Depuis les terrains de l’alliance
française jusqu’au quai sud du Port une réfl exion
d’aménagement doit être entreprise dès maintenant
et menée dans le même temps que la reconstruction
du damier.
Ce travail doit être l’occasion d’une réfl exion générale
sur la maîtrise de la façade littorale dans toutes les
agglomérations de façon à éradiquer défi nitivement
l’occupation des ces sites par un habitat indigne.
LES CAYES SAINT MARC
LA COTE DE PORT-AU -PRINCE
LE PARC DU BICENTENAIRE
Rétablir des liens physiques
et écologiques avec la mer.
Reconquérir la bande littorale en
commençant symboliquement par
la capitale.
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
7 - L’ARCHITECTURE SYMBOLIQUE
légende du plan :
1- PALAIS PRÉSIDENTIEL
2 - PALAIS DES MINISTÈRES
3 - PALAIS DE JUSTICE
4 - DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS
5 - HÔPITAL GÉNÉRAL
6 - CASERNES DES SALINES
Le Champ de Mars est le centre symbolique de
l’Etat. La destruction a touché tous les bâtiments
publics, le palais présidentiel, les ministères , le par-
lement, le palais de justice, la DGI, la cathédrale et
bien d’autres bâtiments.
A cette échelle, c’est une véritable refondation qui
est possible en réorganisant fondamentalement la
structure de ce lieu.
L’espace public et une nouvelle conception du réseau
routier seront les premiers actes de cette transforma-
tion. C’est l’architecture monumentale qui donnera
ensuite son sens à la modernisation de l’Etat.
Le débat est lancé sur les principes de reconstruction
du palais présidentiel. La masse imposante de ce
monolithe blanc fait partie du lieu, bien qu’il ait
déjà été reconstruit cinq fois au cours de l’histoire.
Faut-il le reconstruire à l’identique ou concevoir un
projet complètement nouveau ? Dans tous les cas,
ce sera l’objet d’un grand concours international
et l’exemple qui peut à ce stade éclairer le débat est
celui du Reichstag à Berlin où une coupole contem-
poraine est venue couronner le bâtiment historique
réhabilité.
Au-delà de ce cas symbolique, le renouveau d’une
politique architecturale dans la capitale comme dans
tout le pays sera un acte fort de la reconstruction.
LE REICHSTAG À BERLIN, NORMAN FOSTER ARCHITECTE
4
2
1
3
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6
PALAIS PRÉSIDENTIELPALAIS DE JUSTICEPALAIS DES MINISTÈRES
Faire de la qualité architecturale et
technique (maîtrise parasismique)
un symbole du renouveau du pays.
Utiliser la reconstruction du
Champ de Mars comme vitrine de
cette politique.
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CIAT - HAÏTI DEMAIN
11 QUELS OUTILS POUR LA
RECONSTRUCTION ?
La vision prospective proposée dans le présent
dossier conjuguée au travail d'évaluation des besoins
après désastre (PDNA) permet d'aborder l'avenir en
sachant d'où l'on vient et où on souhaite aller. Reste
à savoir comment.
La création d'une ou plusieurs entités spécifi ques est
évoquée et il est vrai qu'un contexte aussi exceptionnel
peut justifi er la mise en place d'outils exceptionnels.
La défi nition précise de cette ou ces entités sort du
strict cadre du présent document mais un certain
nombre de principes et quelques pistes d'organisation
peuvent néanmoins contribuer à donner rapidement
un socle à la future organisation.
Quelques principes
Le processus de reconstruction doit être l'occasion de
refonder et de renforcer l'Etat. Toutes les structures
nationales impliquées dans la reconstruction doivent
donc être pilotées par les autorités nationales.
Ce processus doit aussi permettre à la décentralisation
de franchir une étape signifi cative : les collectivités
territoriales devront donc nécessairement y être
étroitement associées.
Comme on l'a vu l'eff ort de reconstruction
démarre dans l'urgence vitale (immédiat), suppose
d'importantes réalisations dans le temps court
(deux ans) et doit se prolonger dans le moyen terme
(dix ans) et même le long terme (vingt ans). Toute
structure mise en place doit intégrer a minima les
trois premières temporalités et donc être rapidement
eff ective et effi cace mais aussi robuste et proactive.
L'eff ort de reconstruction suppose des moyens
humains et fi nanciers très importants dont une partie
sera apportée par la communauté internationale.
Il est souhaitable que ces moyens puissent être mis
à disposition de façon très effi ciente : procédures
accélérées et harmonisées (fonds unique ou
guichet unique). S'agissant des moyens fi nanciers,
l'ambition décrite dans le présent document dépasse
très largement les capacités de l'aide sous forme de
subvention. Ce constat et l'attente forte de nombreux
acteurs à tous les niveaux de l'échelle sociale
conduisent à imaginer un appui complémentaire
sous forme de prêt selon des mécanismes à préciser.
Pour être conséquent, l'État doit lui aussi prendre un
certain nombre d'engagements vis-à-vis des citoyens
et des partenaires et mettre en place un dispositif
lisible, transparent et effi cace.
Quelques pistes
En adéquation avec les quelques principes présentés
ci-dessus, l'Etat haïtien doit se doter des outils
adaptés aux contraintes des chantiers à mener
Aménagement du territoire et développement
régional :
▪ conception et réalisation de grandes infrastructures
routières, portuaires et aéroportuaires, ainsi que
de grands équipements structurants en matière de
santé et d'éducation
▪ conception et réalisation de zones d'activités
économiques profi tant du nouveau cadre
d'aménagement et contribuant à son
renforcement
▪ réalisation d'une partie de ces infrastructures et
équipements en partenariat avec le secteur privé
national et international
Pour atteindre ces objectifs, un fonds spécial
d'aménagement du territoire pourrait être mis en
place. Il fl ècherait de façon claire et volontariste un
pourcentage des fi nancements vers la province (avec
si possible une progression dans le temps aboutissant
a minima à un équilibre 50-50 entre la capitale et le
reste du pays à horizon trois ans).
Développement local
▪ réalisation de projets déclencheurs au niveau
des communes pour entraîner une urbanisation
ordonnée, le développement des services de
base à la population, l'amélioration de l'habitat,
la protection et la mise en valeur des richesses
naturelles et patrimoniales
▪ mise en place de structures de gestion adaptées à
chacun de ces projets pour leur permettre de se
maintenir dans la durée
Pour atteindre ces objectifs, un fonds de
développement local pourrait être créé.
Question du foncier
Rien de sérieux ne pourra se réaliser sans une
prise en compte de l’enjeu foncier. La question de
l’absence de cadastre constituait déjà un handicap
pour toute politique d’aménagement. Il faut y
remédier par la mise en place rapide d’outils qui,
dans un premier temps pourront être simplifi és. Ce
travail, interministériel par nature doit être lancé
rapidement par le CIAT.
La situation créée par le séisme dans la région de
Port-au-Prince et dans plusieurs villes importantes
rend par ailleurs possible le portage foncier de zones
stratégiques par la puissance publique. Il ne faut pas
manquer cette occasion de maîtriser la planifi cation
de leur aménagement et de leur développement
futur.
Une agence foncière pourrait être créée dans cet
esprit. Elle pourrait émarger, suivant la nature
des projets, au Fonds spécial d'aménagement du
territoire ou au Fonds de développement local
Protection des espaces naturels et politique de
reboisement
▪ création de trois parcs naturels et mise en place
simultanée d’une police de l’environnement
▪ mise en œuvre d’une politique de reboisement
Cette politique hautement stratégique pourrait être
placée directement sous l’autorité du Président de la
République et émarger aux deux fonds évoqués ci-
dessus
Education, formation, communication
Le grand chantier de la reconstruction constitue le
laboratoire en grandeur réelle de la réaction d’un
Etat à une catastrophe naturelle de grande ampleur.
La culture du risque et la réduction des vulnérabili-
tés serviront de référence si la mise en œuvre de l’en-
semble des projets et programmes est accompagnée
par une politique d’éducation et de formation ainsi
que par une politiq ue de communication
Ces quelques pistes permettent de dessiner les
contours des outils opérationnels et de pilotage à
mettre en place ou à consolider.
Au niveau opérationnel, afi n de mettre en œuvre
très rapidement et de façon cohérente l’ensemble du
programme, une entité unique pourrait être créée
dont la vocation serait :
▪ d’assurer la réalisation eff ective du programme
national d’aménagement du territoire et de
développement régional en mettant en œuvre
directement ou avec l’appui des unités d’exécution
existantes (UTE du MEF, UCE du MTPTC
notamment) le Fonds spécial d’Aménagement du
Territoire
▪ d’accompagner les projets de développement
local par une ingénierie spécialisée et par un
appui aux ressources humaines locales en mettant
en œuvre le Fonds de Développement Local.
Pour ce volet, l’entité nationale devrait être
fortement décentralisée dans sa structure et son
fonctionnement.
▪ de contribuer à la création d’une agence foncière
ou en assumant les missions d’une telle agence
▪ de préparer les conditions techniques et
juridiques permettant de mettre en place dans les
meilleurs délais les parcs naturels et la politique de
reboisement
▪ de contribuer à la mise en place des politiques
d’éducation, formation et communication
Une entité de ce type présenterait les avantages
suivants :
- point d’entrée unique pour tous les bailleurs au
niveau opérationnel pour réaliser le programme
de reconstruction défi ni par le Président de la
République et le Premier Ministre en accord avec
les pays donateur;
- développement des outils institutionnels
nécessaires à la mise en place de ce programme
- souplesse dans la mise en œuvre des projets ;
- moyens d’études et d’analyse de très haut niveau
par la mutualisation ;
- pilotage de l’assistance technique extérieure ;
- faculté d’être rémunéré pour cette mission de
maîtrise d’ouvrage déléguée ;
- lutte contre la corruption plus effi cace par des
audits externes et internes réguliers ;
- recrutement à des salaires internationaux
d’Haïtiens de la diaspora ;
- création de compétences et de ressources nécessaire
à un renforcement de l’Etat.
- vision pluridisciplinaire des projets ;
- possibilité de montage fi nancier innovant (prêts,
partenariat avec des privés…) ;
- possibilité de mener des opérations d’aménage-
ment fi nancées sur des prêts concessionnels à long
terme.
En matière de pilotage, les responsabilités doivent
être clairement assumées au plus haut niveau de
l’Etat et du gouvernement.
L’ensemble du gouvernement doit ensuite
être directement impliqué dans ce chantier
d’envergure nationale. Le Comité Interministériel
d’Aménagement du Territoire (éventuellement
élargi) pourra ici, conformément à son mandat, jouer
pleinement son rôle d’impulsion et de coordination
ainsi que de lien avec les partenaires techniques et
fi nanciers pour la préparation à l’amont des décisions
stratégiques à proposer.
68
69
CIAT - HAÏTI DEMAIN
12 MAQUETTE
DES PROJETS
Routes
Réseau principal à déterminer
Port au Prince - Mirebalais
à déterminer
•
Réseau régionalà déterminer Traversée de Port au Prince
à déterminer
•
à déterminer
Région capitale
à déterminer
•
Région sud
à déterminer
•
Réseau stratégique et Urbainà déterminer
•
Ports
Réaménagement port de Port-au-Prince à déterminer
•
TftdPtdPtPi
àdét i
Structurant
Boucle Sud
à déterminer
à déterminer
Boucle de l'Artibonite
Région Nord
I
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Urgence Transitionel
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T
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P
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ince
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dé
term
iner
•
Réaménagement port des Gonaives à déterminer
•
Réaménagement port du Cap Haitien à déterminer
•
Port de Paix à déterminer
•
Fort Liberté à déterminer
•
Saint Marc à déterminer
•
Miragoanes à déterminer
•
Les Cayes à déterminer
•
Jacmel à déterminer
•
Ports de cabotage et Embarcadère à déterminer
•
Aéroports
Restructuration aéroport de Port-au-Prince à déterminer
•
Madras - Cap Haitien à déterminer
•
Les Cayes à déterminer
•
Structurant Investissement
USD
Urgence Transitionel
Environnement
Cash for Work pour plantation des zones
agricoles
à déterminer
•
Rattachement du traitement des Bassins
Versants à la Présidence ou à la Primature
à déterminer
•
Subvention des équipements domestiques de S
u
b
ven
ti
on
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es
é
qu
ipemen
t
s
d
omes
ti
ques
d
e
cuisson
à déterminer
•
Traitement de quatre bassins versants
prioritaires
à déterminer
•
Conversion des installations artisanales ou
industrielles
à déterminer
•
Renforcement du système de gouvernance
public
à déterminer
•
Organisation et structuration des filières
agricoles
à déterminer
•
Mise au point d'un système éducatif à déterminer
•
Renforcement des sites protégés et extensions à déterminer
•
Traitement de tous les bassins versants à
risque
à déterminer
•
Création de trois parcs nationaux à déterminer
•
Réformes constitutionnelles à déterminer
•
Questions Urbaines et Projets Déclencheurs
Projets de reconstruction dans l'aire
métropolitaine
à déterminer
•
métropolitaine Acquisition de foncier stratégique
à déterminer
•
Reconstruction du Centre de Port-au-Prince à déterminer
•
Reconstruction du Front de mer à déterminer
•
Reconstruction du Champ de Mars à déterminer
•
Reconstruction des quartiers des autres
communes de l'agglo
à déterminer
•
Projets structurants dans les quartiers d'habitat
spontané
à déterminer
•
Projets dans les villes de provinceà déterminer
•
Projets déclencheurs à déterminer
•
Acquisition de foncier stratégique à déterminer
•
Structuration des grands marchés et des pôles
d'intermodalité
à déterminer
•
Projets structurants dans les quartiers d'habitat
spontané
à déterminer
•
la route sud
Développement Régional Développement
Régional
Centre universitaire de la Chapelle à déterminer
•
Centre universitaire de St Michel de l'Atalaye à déterminer
•
Bernard Reichen
Architecte-Urbaniste
Reichen et Robert & Associés
SETEC
Bureau d'ingénierie
Dossier fi nancé
par la Banque Mondialeavec l'appui de :
OBJECTIFS ET STRATEGIES
TERRITORIALES
POUR LA
RECONSTRUCTION
REPUBLIQUE D'HAITI
Dossier réalisé par :