Full Document Text
Extracted text from the original document for search indexing.
REVUE DÉVELOPPEMENT
DE
CONNAISSANCES & COMPÉTENCES
FINANCIÈRES
JUILLET 2025
RDCCF-VOL.IV
SOMMAIRE
VUE D’ENSEMBLE
L’ALLIANCE COOPÉRATIVE INTERNATIONALE : UNE VISION
ET DES FAITS
DES PRÉSENCES STRATÉGIQUES ET UN APERCU CHIFFRÉ
LE SECTEUR COOPÉRATIF : AU DELÀ DES PRINCIPES
LA GOUVERNANCE INSTITUTIONNELLE DANS LES
COOPÉRATIVES
DE LA GOUVERNANCE AUX RÉSULTATS DE TERRAIN: DES
MODÈLES QUI PARLENT
LE PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT : COOP4DEV
DE LA DIVERSITÉ À L ’INCLUSION : LES COOPÉRATEURS
INNOVENT
DES INITIATIVES INSPIRANT : L’EXPÉRIENCE D’UNE
RÉUSSITE EXPORTÉE
LE COOPÉRATIVISME EN HAITI : DES REPÈRES
IMPORTANTS
LES CEC EN HAÏTI : UN CADRE LÉGAL RÉGIT LE SECTEUR
DE LA STRUCTURATION GLOBALE DU MOUVEMENT DES
CEC
DE LA REPRÉSENTATIVITÉ DE LA BRH DANS LES RÉGIONS
AU 2ÈME NIVEAU : LES CEC S’IMPOSENT
DES SYNERGIES ET UNE COORDINATION RENFORCÉE
............................................................................................... Page 12
........................................................................................................ Page 13
....................... Page 14
................................. Page 15
................................................................................................... Page 16
..................................................................................... Page 17
........................ Page 18
............................................................................................................. Page 19
......................................................................................... Page 20
...................................................................................................... Page 21
......................... Page 23
........................................................................................................................ Page 24
....................... Page 26
.......................................................... Page 27
................................ Page 28
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
13
14
15
SOMMAIRE
L’OFFRE DE SERVICES FINANCIERS AU NIVEAU DU SECTEUR
FORMER POUR MIEUX GOUVERNER : L’ÉDUCATION
FINANCIÈRE UN PRODUIT PHARE DES COOP
LE PORTRAIT FINANCIER DU SECTEUR AU 30 SEPTEMBRE
2024
CROISSANCE DES ACTIFS DES CEC PAR DÉPARTEMENT AU
30 SEPTEMBRE 2024
RÉPARTITION DE LA CROISSANCE ANNUELLE DES DÉPÔTS
DES MEMBRES PAR DÉPARTEMENT AU 30 SEPTEMBRE
2024
SITUATION DE LA DISTRIBUTION DU CRÉDIT PAR
DÉPARTEMENT AU 30 SEPTEMBRE 2024
SITUATION DU PORTEFEUILLE DE CRÉDIT PAR SECTEUR
D’ACTIVITÉ AU 30 SEPTEMBRE 2024
RÉPARTITION DE LA DISTRIBUTION DU CRÉDIT PAR GENRE
AU 30 SEPTEMBRE 2024
CONCLUSION
................. Page 30
................................................ Page 31
...................................................................................................................... Page 33
......................................................................................... Page 35
...................................................................................................................... Page 36
....................................................... Page 37
.............................................................. Page 38
................................................................................... Page 39
....................................................................................................... Page 41
16
17
18
19
20
21
22
23
24
FIGURES
FIGURE 1 : LA STRUCTURE ORGANISATIONNELLE DE L’ACI
FIGURE 2 : DES PRÉSENCES INSTITUTIONNELLES STRATÉGIQUES
FIGURE 3 : QUELQUES CHIFFRES DE L’ACI
FIGURE 4 : LES 7 PRINCIPES COOPÉRATIFS
FIGURE 5 : LES ORGANES ESSENTIELS QUI PILOTENT LA
GOUVERNANCE DES COOPÉRATIVES
FIGURE 6 : LES AXES STRATÉGIQUES DU PROGRAMME
« COOP4DEV »
FIGURE 7 : COOPÉRATIVE PAR NATURE D’ACTIVITÉS
FIGURE 8 : COOPÉRATIVE PAR FONCTION ÉCONOMIQUE
FIGURE 9 : REPÈRES LIÉS À L’EXPANSION DU MOUVEMENT
COOPÉRATIF EN HAITI
FIGURE 10 : STRUCTURATION GLOBALE DU SECTEUR DES
COOPÉRATIFS
FIGURE 11 : LES 5 GRANDS OBJECTIFS DU PROJET ACOOPECH
FIGURE 12 : ORGANIGRAME DE LA STRUCTURE DE LA
SUPERVISION DES CAISSES
FIGURE 13 : NOUVELLE CONFIGURATION DU SOUS-SECTEUR
COOPÉRATIF
FIGURE 14 : FAMILLES DE PRODUITS OFFERTS PAR LES CEC
.......................... Page 13
........... Page 14
....................................................... Page 14
.................................................... Page 15
................................................................ Page 16
...................................................................................................... Page 18
..................................... Page 19
............................ Page 20
........................................................................................ Page 21
....................................................................................................... Page 23
................... Page 24
............................................................................... Page 26
.......................................................................................................... Page 27
...................... Page 30
GRAPHES
GRAPHE 1 : CROISANCE DES ACTIFS DES CAISSES AGRÉÉES POUR
LES QUATRE DERNIÈRES ANNÉES
GRAPHE 2 : SITUATION DES DÉPÔTS DES MEMBRES DANS LE
SECTEUR
GRAPHE 3 : RÉPARTITION DE CRÉDIT BRUT PAR DÉPARTEMENT
(30 SEPT . 2024)
GRAPHE 4 : SITUATION DU PORTEFEUILLE DE CRÉDIT PAR
SECTEUR D’ACTIVITÉ
GRAPHE 5 : RÉPARTITION DES PRÊTS PAR GENRE ET PAR
SECTEUR D’ACTIVITÉ (30 SEPT . 2024)
.................................................................... Page 35
................................................................................................................ Page 36
.................................................................................................... Page 37
........................................................................................... Page 38
.............................................................. Page 39
01
02
03
04
05
TABLEAU
TABLEAU 1 : PRINCIPAUX INDICATEURS D’ACCÈS ET D’UTILISATION......... Page 3301
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
.
ACI
ANACAPH
BIT
BRH
CEC
CNC
DCCF
DID
DIGCP
FAO
KNFP
ODD
OIT
ONU
PNEF
RDCCF
SNIF
USAID
ALLIANCE COOPÉRATIVE INTERNATIONALE
ASSOCIATION NATIONALE DES CAISSES POPULAIRES HAÏTIENNES
BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL
BANQUE DE LA RÉPUBLIQUE D’HAITI
COOPÉRATIVE D’ÉPARGNE ET DE CRÉDIT
CONSEIL NATIONAL DES COOPÉRATIVES
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES ET COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL DESJARDINS
DIRECTION DE L’INSPECTION GÉNÉRALE DES CAISSES POPULAIRES
ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE
KONSÈY NASYONAL FINANSMAN POPILÈ
OBJECTIF DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL
ORGANISATION DES NATIONS UNIES
PLAN NATIONAL D’ÉDUCATION FINANCIÈRE
REVUE DE DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES ET DE COMPÉTENCES FINANCIÈRES
STRATÉGIE NATIONALE D’INCLUSION FINANCIÈRE
AGENCE INTERAMÉRICAINE POUR LE DÉVELOPPEMENT
VUE D’ENSEMBLE
Après l’initiative du Secrétaire général Ban Ki-moon en 2012, les Nations Unies mettent
une nouvelle fois en lumière la contribution des coopératives au progrès économique
et social dans le monde. Par ailleurs, lors de la conférence internationale de l’Alliance
Coopérative Internationale (ACI), en Inde, en novembre 2024, elles ont proclamé pour la
deuxième fois, 2025 « Année Internationale des Coopératives ». (ACI, 2024), (Résolution
des Nations-Unies, A/RES/78/289). Cette reconnaissance internationale souligne l’impor-
tance des coopératives dans la lutte contre la pauvreté, la réalisation des Objectifs de
Développement Durable (ODD) et le soutien aux groupes vulnérables.
La Banque de la République d’Haïti, pour marquer cette 103 ème journée internationale
des coopératives, célébrée, depuis 1923, durant la première semaine du mois de juillet
(Résolution des Nations-Unies, A/RES/49/155), souhaite mettre à l’honneur le secteur
coopératif. En consacrant le Volume IV de la Revue Développement des Compétences
et Connaissances Financières (RDCCF) à la thématique des coopératives, l’institution
entend mettre en lumière leur rôle déterminant dans la lutte contre l’exclusion financière
et rappeler leur importance pour la résilience économique et financière du pays.
Aussi, la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF) reconnaît l’importance
stratégique des institutions financières de proximité, telles que les Fintechs, les institutions
de microfinance non mutualistes et les Coopératives d’Épargne et de Crédit (CEC),
aux côtés des banques commerciales, dans l’amélioration de l’accès de la population
aux services financiers formels. Dans cette perspective, le Plan National d’Éducation
Financière (PNEF, 2020) intègre les avancées significatives de ces coopératives et
préconise leur valorisation dans les dispositifs de sensibilisation et d’éducation financière
déployés à l’échelle nationale.
Dans un contexte marqué par des crises multiples à caractère économique, financier,
sécuritaire, social et environnemental, le coopérativisme apparaît encore une fois
aujourd’hui comme une réponse tangible et durable aux défis auxquels font face les
particuliers, les ménages et les entreprises haïtiennes.
À cette occasion, la BRH vous invite à raviver cet esprit coopératif en mettant à votre
disposition des outils pratiques portant sur les fondamentaux du mouvement coopératif,
des guides actualisés concernant la reconnaissance légale ainsi que des indications sur
les démarches de structuration. Elle partagera également avec vous des informations
essentielles sur la situation actuelle du sous-secteur des Coopératives d’Épargne et
de Crédit (CEC) dans le pays. L’objectif est de vous permettre de mieux naviguer, vous
encadrer dans vos choix, vous organiser et vous aider à prospérer durablement au sein
de cet important écosystème.
12 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DE L’ALLIANCE COOPÉRATIVE INTERNATIONALE :
UNE VISION ET DES FAITS
Le mouvement coopératif a émergé en Europe au XIXᵉ siècle, dans un contexte marqué
par de profondes inégalités économiques et sociales. L’Alliance Coopérative Internationale
(ACI), lors de son 31ème congrès sur l’identité coopérative, définit les coopératives comme
« des associations autonomes de personnes volontairement unies pour satisfaire leurs
aspirations et répondre à des besoins économiques, sociaux et culturels communs au
moyen d’une entreprise collective et contrôlée démocratiquement. » (ACI, 1995).
À l’échelle internationale, les intérêts du mouvement coopératif et la promotion de ses
valeurs fondamentales sont portés par l’ACI, fondée en 1895. En 2025, cette organisation
dont le Secrétariat général est basé à Bruxelles (Belgique), célèbre ses 130 ans d’existence
au service du développement coopératif. La structure organisationnelle de l’institution est
présentée dans le schéma ci-dessous. (ACI, 2024).
Source : Alliance Coopérative Internationale, 2018
Figure 1 : : : : : La structure organisationnelle de l’ACI
Assemblée régionale
Comité Exécutif
Comité d’Audit et de
contrôle des Risques
Conseil d’Administration
Directeur Régional
Adhésion
Développement
coopératif
Comités
Sectoriels
Comités
Thématiques
Administration
et comptabilité
Comités et Réseaux
L’Alliance Coopérative Internationale (ACI) valorise l’économie sociale et solidaire et
défend les intérêts des coopératives auprès des grandes instances internationales
comme l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Organisation Internationale du Travail
(OIT) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Elle
facilite également des partenariats multipartites avec divers organismes publics, des
établissements d’enseignement et de recherche, ainsi que d’autres groupes et réseaux
coopératifs (ACI 2024).
13REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DES PRÉSENCES STRATÉGIQUES ET UN APERCU
CHIFFRÉ
La contribution du mouvement coopératif mondial est reconnue comme un levier
important dans la lutte contre l’exclusion économique et financière dans le monde. Pour
mieux s’adapter aux spécificités locales, l’Alliance Coopérative Internationale (ACI) s’est
structurée en représentations régionales. Cette structuration par blocs géographiques
facilite la coordination de ses actions. Aussi, elle favorise les échanges entre coopératives
confrontées à des réalités similaires et permet d’ajuster les stratégies de promotion et de
défense du modèle coopératif aux enjeux locaux (ACI, 2024). Le schéma qui suit permet
de visualiser comment cette représentation s’applique aux différentes régions du monde.
Source : Alliance Coopérative Internationale, 2024
Figure 2 : : : : : Des présences institutionnelles stratégiques
Des présences
institutionnelles
stratégiques
Représentation régionale de l’Alliance : Coopérative des
Amériques
Nombre de Coop-membres : 94
Répartition : USA-73, Brésil-12, Canada-7, Argentine-2
Objectifs : Favoriser le repositionnement du modèle
coopératif dans le nouvel environnement global.
Représentation régionale de l’Alliance : Alliance coopérative
internationale-Afrique
Nombre de Coop-membres : 43
Répartition : 21 pays Africains
Objectifs : promouvoir le mouvement coopératif en Afrique
pour un développement équitable et durable.
Représentation régionale de l’Alliance : Alliance coopérative
internationale-Asie-Pacifique
Nombre de Coop-membres : 108
Répartition : 29 pays dans la région Asie-Pacifique
Objectifs : Réunir, promouvoir et développer les entreprises
coopératives dans tous les secteurs d’activité en Asie et
dans le Pacifique.
Représentation régionale de l’Alliance : Alliance Coopérative
Europe
Nombre de Coop-membres : 84
Répartition : 33 pays Européens
Objectifs : Promouvoir et développer les entreprises
coopératives dans tous les secteurs d’activité de la région
européenne.
AméricainAsie-Pacifique
AfriqueEurope
Selon le Bureau International du Travail (BIT), le secteur coopératif rassemble près de
10 % de la population mondiale (BIT, 2019). Les données et indicateurs présentés dans
le schéma ci-dessous illustrent clairement le poids du mouvement coopératif dans la
création d’emplois durables, la réduction des inégalités et l’amélioration des conditions de
vie dans de nombreux cas.
Figure 3 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Alliance Coopérative Internationale, 2024
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 3 : : : : : Quelques chiffres de l’ACI
ti I t ti l 2024
Création ACI : 1895
Année d’existence : 130 ans
3 millions de coopératives
Fonds de roulement : 2,409.41 billions de dollars ÉU
Emplois créés : 280 millions soit 10 d’emplois mondiaux
110 pays
1.1 milliards de membres
ACI
Présentes dans 110 pays et desservant 1,1 milliard de membres (ACI, 2024), les
coopératives jouent un rôle central dans les dynamiques locales. Le choix de ce secteur
repose sur la valorisation de l’esprit d’initiative et privilégie la recherche de solutions
collectives aux défis communs.
14 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE SECTEUR COOPÉRATIF : AU DELÀ DES PRINCIPES
Intégrés aux principes fondamentaux de l’ACI, le schéma ci-après présente les sept (7)
principes coopératifs promus par l’Alliance Coopérative Internationale. Ils constituent les
repères qui guident les Coopératives dans l’application de leurs valeurs.
02
Contrôle
démocratique
exercé par
les membres
01
Adhésion
volontaire
et
ouverte à tous
06
Coopération
entre
coopératives
04
Éducation,
formation et
information
05
Autonomie
et
indépendance
07
Engagement
envers
la communauté
03
Participation
économique
des membres
Figure 4 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Alliance Coopérative Internationale, 2015.
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 4 : : : : : Les 7 principes coopératifs
De manière générale, et conformément aux principes définis plus haut, les coopératives
se distinguent des autres entreprises par une gestion démocratique, transparente et
participative, ainsi qu’une répartition équitable des bénéfices entre leurs membres, sous
forme de ristournes ou de réserves (ACI, 2024).
La formation et particulièrement l’éducation financière ainsi que l’information constituent
le cinquième pilier du mouvement coopératif. Ce pilier soutient le bon fonctionnement des
structures coopératives en garantissant que les sociétaires disposent des connaissances
appropriées et des outils nécessaires pour s’impliquer de manière éclairée dans les
processus décisionnels et la gestion de leur entreprise collectivement. De plus, cet axe
constitue un atout majeur permettant aux coopératives de rester compétitives dans un
environnement marqué par la concurrence.
Dans le cas d’Haïti, cette approche de formation des acteurs de l’écosystème financier est
appuyée par le Plan National d’Éducation Financière (PNEF, 2020) supporté par la BRH.
Elle vise à renforcer la santé financière des participants et à favoriser un système plus
stable et résilient.
Selon le troisième principe et dans une optique d’indépendance économique, le capital
financier des Coopératives provient principalement des parts sociales de leurs membres.
Toutefois, ce capital varie selon le type de coopérative. Fidèle aux principes démocratiques
du mouvement coopératif, chaque membre dispose d’une voix, quel que soit le nombre de
parts détenues (ACI, 2024).
15REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LA GOUVERNANCE INSTITUTIONNELLE DANS LES
COOPÉRATIVES
Selon le Bureau International du Travail (BIT), la gouvernance des coopératives repose
sur un cadre organisationnel structuré et une orientation éthique, garantissant l’efficacité,
la cohérence et le respect des valeurs (BIT, 2019).
Le schéma ci-dessous illustre les organes essentiels qui pilotent la gouvernance des
coopératives, conformément à l’identité coopérative définie par l’Alliance Coopérative
Internationale (ACI).
Figure 5 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Alliance Coopérative Internationale, 2025.
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 5 : : : : : Les organes essentiels qui pilotent la gouvernance des coopératives
Composés du président, d’un vice-président, d’un secrétaire,
d’un trésorier et selon les règlements du directeur général
Suivi de la performance
du modèle
Élus par l’Assemblée
Générale
Les dirigeants Les Comités Le Conseil d’Administration
Les Instances de Gouvernance dans les Coopératives
Assemblée des membres
Dans le secteur coopératif, la bonne gouvernance est fondée sur les principes d’égalité
et de démocratie, conformément aux principes d’égalité, de dignité et de représentativité
consacrés par la Charte des Nations Unies et la déclaration universelle des droits de
l’homme (ONU,2012).
Cependant, selon le Conseil mondial des coopératives d’épargne et de crédit (WOCCU),
“le système de gouvernance dans les coopératives doit viser à assurer la “double viabilité”
de l’organisation à savoir la viabilité globale et la viabilité indépendante” (WOCCU, 2008).
Ces viabilités peuvent être compromises par des différentiels de pouvoir engendrés
par la divergence d’intérêts des différentes parties prenantes incluant les membres, les
dirigeants, les élus Conseil d’Administration (CA), Comité de Crédit (CC), Comité de
Surveillance (CS), le personnel, les partenaires externes et les fournisseurs telles que
définies par le WOCCU (WOCCU, 2008).
Dans les coopératives, l’assemblée générale détient le pouvoir souverain, chaque membre
disposant d’une voix égale. Ces principes ont été réaffirmés dès la première déclaration
sur l’identité coopérative de l’ACI. Cependant, il est important d’examiner régulièrement les
éventuels problèmes d’aléa morale et de conflits d’intérêts, suivant la théorie de relation
d’agence, afin d’identifier et de trouver des solutions qui garantissent la pérennisation
financière des activités des entreprises coopérativistes (CGAP, 2005).
16 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DE LA GOUVERNANCE AUX RÉSULTATS DE
TERRAIN : DES MODÈLES QUI PARLENT
Nées de dynamiques sociales locales, les coopératives sont vulgarisées comme des
structures solidaires et inclusives, offrant des solutions adaptées à l’exclusion économique
et financière des populations vulnérables (BIT, 2019).
Le mouvement coopératif s’est progressivement affirmé comme une solution durable
pour soutenir les artisans, les petits producteurs et les migrants, qui restent des groupes
prioritaires de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF) (BRH, 2024).
Les coopératives, agiles et résilientes face aux défis majeurs, participent activement
au développement économique, la cohésion sociale et l’inclusion financière à l’échelle
mondiale (ONU, 2024).
En Amérique Latine et dans les Caraïbes (ALC), les coopératives jouent un rôle important
dans l’inclusion de nouveaux acteurs dans les chaînes de valeur, avec plus de 108 000
structures actives. Parmi elles, les coopératives agricoles occupent une place importante,
représentant 28 000 entités et regroupant plus de 6 millions de membres (FAO, 2024).
Certaines initiatives exemplaires témoignent de leur impact.
La Fédération Uruguayenne de Coopératives
de Logement pour l’Aide Mutuelle (FUCVAM)
soutient les coopératives d’habitation en innovant
dans la réponse aux problématiques de logement,
notamment dans les zones caractérisées par
la précarité de l’habitat. Cette initiative s’est
progressivement diffusée dans plus de 20
pays, particulièrement dans les zones urbaines
industrielles confrontées à des pénuries de
logements (AFD, 2020).
En Haïti, dans le cadre de la promotion de
l’économie coopérative, il a été créé par arrêté
présidentiel l’Institut National du Café d’Haïti
(INCAH). Ce dernier a pour mission de soutenir les
réseaux de coopératives agricoles évoluant dans
la filière du café. Il favorise leur professionnalisa-
tion en renforçant leur capacité organisationnelle
et en les aidant à accéder aux marchés ( Journal
le Moniteur nº 14).
La diversité des coopératives haïtiennes, reflétant
leurs domaines d’intervention et contextes socio-
économiques, constitue une force majeure qui
leur permet de s’adapter aux réalités locales et de
relever les défis du monde rural (BIT, Sept 2019).
Le Saviez Vous?
Selon l’ ar/g415cle 15 de l a loi du 26 juin
2002, t oute s les Coopéra/g415ves d ’Épargne
et d e Crédit ( CE C) e n Haï/g415 d oivent
main te nir au moins 25 % de l eurs d épôts
sous fo rme de l iquidi té s. C ela inclut l e
numéraire, les eff ets à recouvrement
immédiat et l es d épôts à vue dans des
in s/g415 tu/g415ons financières ou auprès d e
leur fédéra/g415on. Pourquoi? Pour garan/g415r
qu’ elles puissent répondre à to ut
moment aux besoins d e retrait ou d e
rembourse- ment de leurs membres.
Mais ce n’est pas tout !
Le niveau d'encaisse op/g415mal ne doit
pas dépasser 9 % des dépôts, afin
d'évit er une accumula/g415on de f onds
improduc/g415fs.
Les dépôts à vue dans les banques
doivent représen te r au moins 9 % des
dépôts t ot aux.
Les dépôts à terme doiven t être placés
à court t erme (12 mois maximum) et
représen te r au moins 7 % du to ta l des
dépôts.
Et t ous les 6 mois, chaque C EC d oit
en voyer un rapport détaillé à la BRH sur
la g es/g415on de s es l iquidi té s, e n précisant
les i ns /g415tu/g415ons où l es f onds sont
déposés.
Pour plus d’informa/g415ons, consultez
le site de la BRH au www.brh.ht
17REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT :
COOP4DEV
Prenant part à l’une des activités marquant le lancement des commémorations de l’année
mondiale des coopératives, M. Carlos Gonzalez Blanco, coordonnateur de « COOP4DEV »,
a salué cette initiative, la qualifiant de « jalon majeur vers une coopération internationale
renforcée et solidaire ». Cet accord pour le développement des initiatives solidaires
vise à renforcer les capacités du secteur coopératif et à accroître sa visibilité dans les
politiques de développement à l’échelle mondiale. Les axes stratégiques du programme
« COOP4DEV » sont présentés dans le schéma ci-dessous, offrant une vue d’ensemble
de ses priorités et domaines d’intervention visant tous à supporter le renforcement de
capacité des coopératives.
Figure 6 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : ACI, 2024
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 6 : : : : : Les axes stratégiques du programme « COOP4DEV »
1 Renforcement
institutionnel
5 Incidence et dialogue
politique
2 Recherche et production
des connaissances
6 Construction d’alliances
avec les acteurs de la
société civile
3 Acquisition de
capacités
7 Visibilité et
communication
4 Mise en réseau
coopérative (networking)
8 Mise en œuvre
de projets
Le programme COOP4DEV vise à ren-
forcer le rôle et la visibilité des coopéra-
tives comme acteurs clés du développe-
ment durable, en intégrant leur repré-
sentation dans les programmes interna-
tionaux et en contribuant à l’Agenda
2030. M. José Alves de Sousa Neto,
président des Coopératives des Améri-
ques, a souligné cet engagement lors
du lancement de l’année internationale
des coopératives au Paraguay, le 24
avril 2025.
La dernière rencontre internationale du
projet COOP4DEV s’est tenue à Punta
Cana, en République Dominicaine, le 16
avril 2025. Les participants ont examiné
des documents clés, dont la résolution
des Nations Unies A/RES/77/281 et
le rapport « Les coopératives dans
le développement social », qui ont
nourri les discussions sur l’avenir du
mouvement coopératif et son rôle dans
une économie inclusive et durable (ACI,
2025).
Le Saviez Vous?
Conf ormémen t aux d isposi/g415ons de l a Circu-
laire 130, la Banque de la R épublique d’Haï/g415( BRH)
entend assouplir l es c ondi/g415ons de fi nancement
applicables au sect eur to uris /g415que. A cet eff et, et
en c ollabora/g415on avec l es i ns /g415tu/g415ons financières
part enaires, un ensemble d e mesures sera m ise
en applica/g415on :
Restructura/g415on des prêts
Les in s/g415 tu/g415ons financières sont aut orisées à
renégocier les condi/g415ons des crédits (t aux d’in té -
rêt, é chéances, amor/g415ssement du capi ta l) a vec
les entreprises du sect eur t ouris /g415que.
Exemp/g415on de réserves obligatoires
Les ressources allouées aux crédits to uris-
/g415ques ne s eront pas soumises aux réserves
obligat oires durant une p ériode d e 12 m ois, c e qui
libère des liquidi tés pour plus de financements .
Financement à taux préféren/g415el
Une ligne d e crédit à t aux réduit es t mise à
disposi/g415on par la BRH, accessible uniquement pour
le refinancement ou l e financement de n ouveaux
projets t ouris /g415ques.
Ces m esures c oncernent les banques, l es IMF,
les c oopéra/g415ves d ’é pargne e t de c rédit, l es
socié té s financières de d éveloppement e t de
crédit -bail, t oute s appelées à s oute nir la r elance
du t ourisme en Haï/g415.
18 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DE LA DIVERSITÉ À L’INCLUSION : LES
CO0PÉRATEURS INNOVENT
Au fil du temps, les coopératives se sont adaptées aux besoins socio-économiques
locaux en se développant dans divers secteurs d’activité. Cette diversité se reflète
dans les nombreuses formes qu’elles prennent, allant des coopératives d’écoles aux
coopératives agricoles, de logement, de pêche, d’artisanat, d’enseignants, de travailleurs,
de consommation, de services, de transport, de production, aux coopératives d’épargne
et de crédit, entre autres.
En Haïti, dans le milieu rural, les boutiques d’intrants, une variante des coopératives
agricoles, rapprochent les intrants des zones de production du monde rural. Elles facilitent
la disponibilité et l’accès à certains outils et à des produits phytosanitaires adaptés aux
besoins des producteurs. Le schéma suivant offre l’opportunité d’explorer cette richesse
et cette diversité à travers les secteurs d’activités couverts et les objectifs économiques
qui sous-tendent ces structures solidaires.
LES DIFFÉRENTES TYPOLOGIES DE COOPÉRATIVES
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Combinaison des sources allant de ACI et DID
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 7 : : : : : Coopérative par nature d’activités
Exemples :
CIRSA
(Communida
Indigena de la
Region de
Simojovel
Allende),
Mexique-
Coopérative de
caféiculteurs
biologiques
Nombre de
membres :
592
Points de
services :
27 Communautés
Exemples :
Coop Suisse,
E.Leclerc
Nombre de
membres :
Coop Suisse = 2,5
M membres
Points de
services :
2 627 points de
vente.
Exemples :
Coop
axi Québec
Nombre de
membres avant
2023 :
8300 et 19000
véhicules.
Poids Coop Taxi
Québec :
20600 emplois
créés.
EExexemm
CICIRSRSAA
(C(C(C(C(C(C(C(Coomm
IIInInnnnnnnnnII didigg
RRRRRRRRReReeegigioo
gg
gg
SSSSSSSSSSSiSiiimomo
gg
AAAAAAAAAAAlAllllelenn
MMMMMMMMMMMMeexxii
CCCCCCCCCCooopop
ccccccccaaaaféféii
pp
pp
bbbbbbbbiiiiololoo
NNNNNNNNNNoomm
mmmmmmmmmmmmeemm
555555595959599922
PPooinintt
sserervvii
Coopératives de production
EExexemmpp
CoCoCC oopp SS
E.E.EEEEE.E.EEEEEEEEEE LeLeLLLLLL ccllee
NNNNNNNNNNNNoooooooooombmb
mmmmmmmmmmmmmmeeeeeeeemmbb
CCCCCCCCCCooooooooopop SS
MMMMMMMMMMMMMM mmmmmmeemm
PPPPPPPoPoininttss
sseervirvicc
Coopératives de consommation
EExexemm
CCoooopp
aaaaaaaxaxaa i i QQ
NNNNNNNNNNoomm
mmmmmmmmmmmememm
222222222200002233
8888888833330000
vvvvvvvvééééééhihicc
PPooiiddss
QQuéuébb
Coopératives de services
Coopératives financières
Exemples :
La Caisse Desjardins
Nombre de membres :
Desjardins Membres :
7.8 M de membres
55290 employés
et 313 administrateurs
Points de services :
199 Caisses ;
579 points de service;
8 espaces dans les
Universités,
70 centres d’entreprises;
1303 guichets automatiques
Cependant, une étude de la Banque mondiale réalisée en 2019, en Haïti, souligne que
l’absence de données consolidées et structurées sur l’ensemble du mouvement coopératif
freine l’établissement de typologies fiables basées sur la taille, le secteur d’activité ou le
modèle institutionnel. Cette situation limite la capacité stratégique à piloter et dynamiser
efficacement le secteur. Toutefois, l’étude estime que le nombre de coopératives actives
dans le pays se situe entre 85 et 180 (Banque Mondiale, 2019).
19REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DES INITIATIVES INSPIRANT : L’EXPÉRIENCE
D’UNE RÉUSSITE EXPORTÉE
Le schéma ci-dessous illustre une typologie des coopératives en fonction de leur rôle
économique. Dans cet environnement, les coopératives d’épargne et de crédit (CEC)
occupent une position stratégique, en particulier dans des pays comme Haïti, où elles
pallient l’insuffisance d’institutions financières accessibles aux populations à faibles
revenus. En favorisant l’inclusion financière, elles offrent une alternative fiable et adaptée
aux pratiques usuraires du secteur informel, tout en proposant à leurs membres des
services répondant à leurs besoins réels.
Figure 8 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Combinaison des sources allant de ACI, INCAH et Le Levier
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 8 : : : : : Coopérative par fonction économique
Exemples :
Mondragón (Espagne),
SCOP (France)
biologiques
Nombre de membres:
289 entreprises
membres dont 110
coopératives
Points de services :
1300
Exemples :
Union des Coopératives
de Café (UCC Haïti),
COSAHEC (Haïti)
Nombre de membres :
Agropur = 3 290
membres
Points de services :
N/A
Exemples :
Exemples : Coop Italia,
Coop Food (UK)
Nombre de membres :
Coop Italia = 6,5 M
member
Points de services :
1600
EExexemm
MoMonnMMMMMMMMMM
SSSSSSSSSSSSCOCO
bbbbbbbbioiolloo
NNNNNNNNNNoomm
22222222228989
mmmmmmmmmmeemm
ccccccccccoooopp
PPPPPPPoPoiinn
13130000
Coopératives de travail associé
ExExeemm
UniUniUUUUUUUUUU oo
ddddddddddeee e CC
CCCCCCCCCCOOOOSSAA
NNNNNNNNNNNNoomm
AAAAAAAAAAAgAgggrroo
mmmmmmmmmmmmmmeemm
PPPPPPPPPPPoPoPoPoiinn
NNNNNNNNNNN/N/AA
Coopératives de producteurs
ExExee
ExeExeEE
CCCCCCCooCooCC
NNNNNNNNoomm
CCCCCCCCoooo
mmmmmmmmee
PPPPPPPoPoiiPP
1111161600
Coopératives ce consommation
Coopératives de crédit
Exemples :
Le Levier
Nombre de membres :
41 caisses fédérées
Points de services :
86
L’économiste Claude Jacquier définit les CEC(s)
comme « des institutions financières démocratiques
à but non lucratif, organisées et contrôlées par leurs
membres, qui s’associent pour regrouper leur épargne
et se consentir mutuellement des prêts à des taux
raisonnables ». Ces structures visent donc à assurer
l’autonomie financière des membres et à renforcer
la solidarité économique au sein des communautés
(Jacquier, 1999).
Fort de 125 ans d’histoire, le modèle de coopérative
d’épargne et de crédit le plus répandu à l’échelle
mondiale demeure celui du Mouvement Desjardins,
au Canada. Actuellement, le Réseau de Caisses
Desjardins compte 7,8 millions de membres, emploie
55 290 employés et est supervisé par 2 313 admi-
nistrateurs élus, avec un actif de 470,9 milliards de
dollars US au 31 décembre 2024. Des surplus générés
par les caisses du réseau, environ 58 millions de
dollars ont été versés à des projets sociaux (Desjardins,
2024). Cette initiative a marqué de manière signifi-
cative le secteur des CEC, tant à l’international qu’en
Haïti.
Le Saviez Vous?
Selon la l oi sur l es c oopéra/g415ves
de 2002, l 'ar/g415cle 41 de l a sec/g415on 6
précise que l ’A ssemblée Générale se
réunit au moins une f ois par an, sur
convoca/g415on du président du Conseil
d’ Admini st ra/g415on, dans les (6) mois
qui suivent la clôture de l ’e xe rcice.
De plus, la sec/g415on 4 sur les f onds
propres nous fait comprendre que l a
BRH peut a voir un droit de r egard
sur l’ émission d es parts s ociales
permanent es n on assor/g415es d e droit
de v ot e dans les CEC. La BRH
dé te rmine, par v oie réglemen ta ire
les limit es d es parts p ermanentes
dans la c omposi/g415on du capi ta l
social.
Pour plus d’informa/g415ons, consultez
le site de la BRH.
20 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE COOPÉRATIVISME EN HAÏTI : DES REPÈRES
IMPORTANTS
Le mouvement coopératif en Haïti trouve ses origines au début du XXème siècle, et s’est
progressivement structuré sous l’impulsion de figures politiques et religieuses à travers
des caisses d’entraide et des coopératives agricoles. C’est sous la présidence de Sténio
Vincent (1930-1941) que le mouvement a réellement connu un encadrement officiel. Le
schéma ci-après présente les principaux repères liés à l’expansion du mouvement dans
le pays.
Figure 9 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : BRH-DIGCP, 2025.
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 9 : : : : : Repères liées à l’expansion du mouvement coopératif en Haïti
Actions en faveur du Coopérativisme :
Extension des coopératives dans
plusieurs secteurs (épargne et crédit,
agriculture...).
Objectif : Diversification des modèles
coopératifs locaux.
1950-1970
Actions en faveur du Coopérativisme :
Décret créant le Conseil National des
Coopératives (CNC).
Objectif : Instance officielle d'agrément,
de contrôle et d'encadrement des
coopératives.
1981
Actions en faveur du Coopérativisme :
Extension du Département dédié des Caisses
(DIGCP) au Cayes et au Cap-Haitien.
Objectif : Renforcement du cadre coopératif
national en offrant des services de
règlementation et de supervision de proximité
au secteur.
2014
Actions en faveur du Coopérativisme :
Première loi sur les coopératives sous
la présidence de Sténio Vincent.
Objectif : Autorisation officielle de
création de coopératives en Haïti
1937
Actions en faveur du Coopérativisme :
Nouvelle loi sur les coopératives.
Objectif : Soutenir le développement des
caisses populaires haïtiennes, d'accroître
l'accès aux services financiers pour tous
et de promouvoir la création d'entreprises
et de richesse.
2002
Actions en faveur du Coopérativisme : Création
de la première fédération des caisses populaires
(Le Levier).
Objectif : Soutenir le développement des caisses
populaires haitiennes, d'accroître l'accès aux
services financiers pour tous et de promouvoir la
création d'entreprises et de richesse.
2007
Actions en faveur du Coopérativisme :
Premières coopératives agricoles créées
dans certaines communes rurales.
Objectif : Début opérationnel du
mouvement coopératif sur le terrain.
1947
Actions en faveur du Coopérativisme :
Multiplication des coopératives
d'épargne et de crédit (CEC).
Objectif : Réponse à la faiblesse des
services financiers traditionnels.
2000
21REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
En Haïti, le Conseil National des
Coopératives (CNC), créé en 1981,
est un acteur clé du mouvement
coopératif. En partenariat avec le
Ministère de la Coopération et de
la Planification Externe (MPCE), le
CNC encadre, contrôle, forme les
dirigeants, évalue la santé financière
des coopératives autres que les
caisses populaires et supporte la
recherche de financements.
Le CNC est l’autorité principale
responsable de l’octroi des agréments
pour toutes les coopératives. Cepen-
dant, en ce qui concerne les coopé-
ratives d’épargne et de crédit, une fois
cette étape achevée, la réglementa-
tion et la supervision sont exclusi-
vement assurées par la Banque de la
République d’Haïti (BRH).
Le Saviez Vous?
En Haï/g415, l es c oopéra/g415ves d ’é pargne e t de c rédit
(C EC ), aussi appelées C aisses p opulaires, n e sont pas
de s imples associa/g415ons locales. E lles s ont régies par
une l oi spécifique qui e ncadre leur c ons/g415 tu/g415on,
fo nc/g415onnement, gouvernance et supervision.
Ces c oopéra/g415ves d ’é pargne e t de c rédit ont une
ex is te nce légale reconnue par l e Conseil Na/g415onal d es
Coopéra/g415ves ( CNC) e t la B anque d e la R épublique
d’Haï/g415 (BRH) .
Leur m ission p rincipale est de f acilit er
l’in te rmédia/g415on financière e ntre s ocié ta ires :
c’ est -à-dire r ecevoir l’ épargne et a ccorder des crédits
à des ta ux raisonnables .
Fo ndées sur d es v aleurs humaines fo rt es telles que
la d émocra/g415e, la s olidarit é, l’ égalité et l a
responsabilit é, elles promeuvent é galement l ’é duca-
/g415on économique et coopéra/g415ve.
Les ac/g415vit és d es C EC s ont réservées à leurs
membres e t ne v isen t pas le p rofit, ce qui l es d is /g415ngue
des entreprises commerciales tradi/g415onnelles .
Pour plus d’informa/g415ons, consultez le site officiel
de la BRH : www.brh.ht
22 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LES CEC EN HAÏTI : UN CADRE LÉGAL RÉGIT LE
SECTEUR
Au cours des années 1990-2000, les coopératives d’épargne et de crédit, couramment
appelées Caisses Populaires, se sont développées en parallèle à la montée des institutions
de microfinance non mutualiste en Haïti. Une crise survenue en 2002-2003, provoquée
par des schèmes frauduleux, a entraîné de lourdes pertes pour certains épargnants et a
ébranlé la confiance dans le secteur. Cette situation a également favorisé l’adoption d’une
loi spécifique en 2002 au CEC et aux fédérations de CEC établissant un nouveau cadre
légal visant à encadrer et sécuriser le fonctionnement de ces institutions.
Guidée par la nécessité de renforcer la confiance dans les coopératives, la BRH a accordé
une attention particulière à la supervision et à la règlementation de ce sous-secteur par la
mise en place d’une structure dédiée à la supervision des CEC, la Direction de l’Inspection
Générale des Caisses Populaires (DIGCP).
Aujourd’hui, le fonctionnement des CEC s’appuie sur un dispositif institutionnel et
réglementaire articulé selon le schéma suivant :
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 10 : : : : : Structuration Globale du secteur des coopératifs
Le décret de 1981 et la loi de 2002 sur les
coopératives
en termes de territorialité, 1 CEC ne fonctionne qu'à
l'intérieur d'un département (Art 27 de Loi de 2002)
Assemblée générale, conseils d'administration et
Comités
Banque mondiale, BID, Affaires mondiales Canada.
autres partenaires locaux et internationaux
BRH
Les instances de régulation
et de supervision
Les projets de
renforcement institutionnel
La governance interne des
coopératives
L'organisation territoriale et
sectorielle de coopératives
L'environnement
juridique
Les appuis extérieurs
structurants
ACOOPECH, interventions du WOCCU
Structuration
globale du
secteur
Source : Combinaison des sources allant de la BRH, ACI, DID, WOCCU et Banque Mondiale
La Banque de la République d’Haïti, dans l’une de ses publications, en 2018, relative à
la loi sur les coopératives d’épargne et de crédit, repositionne les coopératives d’épargne
et de crédit comme étant : « Toute association autonome de personnes volontairement
réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux, culturels
communs, au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est
exercé démocratiquement » (Loi 2002 sur les coopératives en Haïti).
23REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DE LA STRUCTURATION GLOBALE DU
MOUVEMENT DES CEC
Plusieurs acteurs internationaux, tels que la Banque mondiale, Affaires mondiales Canada,
la Banque Interaméricaine de Développement (BID), l’Agence des États-Unis pour le
Développement International (USAID), l’Agence Canadienne pour le Développement, le
Bureau International pour le Travail (BIT) et l’Agence Française pour le Développement
(AFD), entre autres, ont supporté le renforcement du cadre légal des coopératives dans
le pays.
Ils ont aussi aidé à la professionnalisation des structures, facilité l’accès au financement
et encouragé l’adoption de mécanismes de gouvernance et de gestion plus efficaces en
faveur du sous-secteur des CEC.
Longtemps perçues comme peu fiables et marginalisées, les coopératives haïtiennes
ont amorcé leur transformation grâce au projet ACOOPECH (2005-2013), financé par
Affaires Mondiales Canada et mis en œuvre par Développement International Desjardins.
(CA-3-A032462001). Ce programme a contribué à améliorer la gouvernance, renforcer la
gestion des risques, accroître la transparence, ainsi qu’à valoriser l’image du secteur des
coopératives d’épargne et de crédit dans le pays. Le schéma suivant présente les grands
objectifs de ce projet réalisé pendant dix ans.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 11 : : : : : Les 5 grands objectifs du Projet ACOOPECH
Source : DID, CA-3-A032462001
Les 5 grands objectifs du
Projet ACOOPECH
Renforcement
institutionnel des
caisses populaires
01
02
Modernisation des
opérations et amélioration
de la gouvernance
Soutien aux
institutions de
régulation
03
Promotion de
l’éducation financière
et de l’inclusion
04
Automatisation des
opérations financières
des caisses populaires
05
De son côté, présent dans 110 pays, le WOCCU s’est activement engagé en Haïti après
le séisme de 2010. Il a contribué à la reconstruction de plusieurs points de service et a
soutenu l’accompagnement humain du personnel de certaines caisses, en leur offrant
un appui psychologique approprié. Par la suite, il a également joué un rôle clé en tant
que promoteur du programme de transferts de fonds à travers RIA (une filiale d’Euronet
Worldwide), lancé en partenariat avec l’une des fédérations des caisses populaires en
24 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Haïti, Le Levier. Il a réalisé l’implémentation du projet Haitian Mobile Money Initiative
(HMMI), financé par l’USAID et la Fondation Bill et Melinda Gates, visant à promouvoir
l’utilisation des services financiers mobiles en Haïti.
Si, à ses débuts, le secteur des CEC fonctionnait de manière informelle et dispersée, il a
connu, au fil des années, un processus de formalisation marqué par l’adoption d’un cadre
légal, la mise en place de structures de supervision et l’appui de partenaires techniques
et financiers (Banque Mondiale, 2019).
25REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Le Saviez Vous?
La Direc/g415on de l’Inspec/g415on Générale
des Caisses Po pulaires (DIGCP) d e la B RH a
été créée en 2 002 à la sui te d e la c rise
provoquée par l a fa illi te d e plusieurs
caisses en H aï/g415. D epuis, e lle joue un rôle
crucial pour p révenir d e te lles c rises, e n
contrôlant e t supervisant les coopéra/g415ves
d’ épargne et de crédit (CE C) du pays.
La D IGCP d ispose d e deux anne xe s
régionales, l’ une au Cap-Haï/g415en e t l’ autre
aux Cayes, p our mieux couvrir le t erri to ire
haï/g415en dans l’inspec/g415on d es c oopéra/g415ves
d’ épargne et de crédit .
Le s ervice d’inspec/g415on sur p ièces de
la D IGCP analyse les rapports financiers
des coopéra/g415ves a vant même d ’e ffe ctuer
des visit es sur l e te rrain. Cela p ermet de
dé te ct er à d is ta nce les signes de r isque o u
d’irrégularit é.
Pour plus d’informa/g415ons,
consultez le site de la BRH à l’adresse
suivante : www.brh.ht.
DE LA REPRÉSENTATIVITÉ DE LA BRH DANS LES
RÉGIONS
Dans un souci de proximité et d’efficacité dans la supervision du sous-secteur des Caisses
Populaires, la BRH a instauré un dispositif de suivi territorialisé. Outre son bureau central
à Port-au-Prince, elle a mis en place ses deux annexes dans les départements du Nord et
du Sud afin d’assurer une présence permanente auprès des caisses d’épargne et de crédit
agréées. Le schéma qui suit résume l’organigramme de la structure de la supervision des
caisses.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 12 : : : : : Organigramme de la structure de la supervision des caisses
Source : BRH, 2025
DIGCP
Service Inspection sur Pièces
Service Inspection sur Place
Succursale Nord
Succursale Sud
Cette organisation décentralisée permet
non seulement d’assurer un suivi rappro-
ché et adapté aux réalités locales, mais
aussi de réagir de manière proactive aux
éventuels risques financiers et opération-
nels dans le sous-secteur. Elle favorise
également une meilleure collaboration
entre les autorités de supervision et les
coopératives, dans une dynamique de
renforcement de la gouvernance et la
gestion des risques du secteur.
Grâce au cadre légal mis en place, au-
delà des principes coopératifs, la BRH
impose des normes prudentielles aux
coopératives d’épargne et de crédit pour
assurer la stabilité financière et renforcer
la gouvernance dans le sous-secteur des
Caisses Populaires. Ces règles encadrent
notamment l’ouverture de succursales et
la gestion des risques propres au secteur
(BRH, 2007).
26 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AU 2ÈME NIVEAU : LES CEC S’IMPOSENT
L’adoption de la loi de 2002 sur le fonctionnement des coopératives d’épargne et de crédit,
a marqué un tournant décisif pour le secteur en Haïti, en ouvrant la voie à la création de
fédérations, d’associations et de regroupements coopératifs. Cette réorganisation a permis
de mutualiser les ressources, de renforcer la supervision et d’améliorer la gouvernance
du sous-secteur.
Grâce à un cadre légal concis, le secteur s’est réorganisé par la formation, en 1998, de
la première association de caisses populaires haïtiennes (ANACAPH), suivi en 2007 par
la mise en place d’une première fédération des caisses populaires haïtiennes (FECAPH)
dit Le Levier, et en 2017, par la constitution d’une deuxième fédération : la Société
Coopérative communément appelée, Le Sociétaire. La nouvelle configuration du sous-
secteur est reprise dans le schéma ci-dessous.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 13 : : : : : Nouvelle configuration du sous-secteur coopératif
Création en 2007
36 entités affiliées et
6 entités associées
avec plus de 700 000
membres
Représentation,
assistance technique
Support informatique
Gestion de la liquidité
Le Levier
ANACAPH
Le Sociétaire
AHFI
Partenaire
Facilité
centrale de
financement
Source : Banque Mondiale, 2019, BRH, 2025.
Création en 1998
56 entités affiliées
avec plus de 600 000
membres
Représentation,
renforcement des
capacités et
assistance technique
Création en 2017
2 structures affiliés
Premier niveau
Deuxième niveau
Jusqu’a 180 coopératives financières Entre 40 et 120 entités
non affilées
Aujourd’hui, le sous-secteur coopératif d’épargne et de crédit en Haïti se structure autour
de deux types de coopératives : les caisses de premier niveau, en contact direct avec les
sociétaires, et les fédérations de second niveau, qui leur apportent des services mutualisés.
Ce niveau de structuration favorise la professionnalisation des caisses, renforce la stabilité
du sous-secteur, améliore l’accès aux services financiers pour les populations vulnérables
et promet une réponse coordonnée à l’exclusion financière (Banque Mondiale, 2019).
27REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DES SYNERGIES ET UNE COORDINATION
RENFORCÉE
L’émergence des fédérations de coopératives telles que Le Levier et le Sociétaire dans le
paysage financier traduit la croissance et la capacité du mouvement coopératif haïtien à se
renforcer et à s’imposer. Aussi, elle illustre également l’aptitude des structures mutualistes
à s’adapter à un environnement économique et réglementaire en mutation, favorisant
ainsi l’inclusion financière, en particulier dans les zones rurales et les milieux défavorisés
(Banque mondiale, 2019).
Dans cette dynamique de réduction de l’exclusion financière, plusieurs initiatives ont été
mises en œuvre afin de renforcer la résilience du secteur. Ces actions se sont appuyées
sur des partenariats institutionnels stratégiques, qui ont permis de relancer et de soutenir
la mise en œuvre de plusieurs projets structurants, notamment en réponse aux différentes
crises traversées par le pays.
L’année 2015 a marqué une étape
déterminante dans le processus de mo-
dernisation du système financier coopé-
ratif avec l’admission de Le Levier, par
la BRH, à la chambre de compensation
des chèques.
Cette phase s’inscrit dans l’application
de l’article 111 de la loi de 2002
régissant les Caisses Populaires dites
CEC, permettant ainsi aux coopératives
affiliées d’intégrer le système de
paiement et d’être en mesure d’offrir
des services financiers modernes à
leurs membres renforçant ainsi leur
participation au système financier
national et contribuant à l’inclusion
financière.
Parallèlement, des actions de promotion
et de valorisation des Caisses d’Épar-
gne et de Crédit sont menées annuel-
lement, notamment à l’occasion du
sommet international de la finance.
Ces initiatives visent à mettre en avant
les coopératives les plus performantes
du pays. Certaines d’entre elles ont
été honorées du titre de « Caisse de
l’année », en reconnaissance de leur
solidité financière et de leur impact
Le Saviez Vous?
Av ant d’ ex is te r légalemen t, t out e
Caisse d’Épargne et d e Crédit ( CE C) e n Haï/g415
doit être c réée par un acte c ons /g415tu/g415f e n
bonne et due f orme, précisant sa
dénomina/g415on, ses fondat eurs, son capi ta l,
ses organes de gouvernance, et s es
opéra/g415ons (Art. 25).
Cet acte doit être authen/g415fié ou
déposé che z un not aire d u lieu de son siège
social (Art. 26), avec des frais plaf onnés à 5%
du capit al minimum.
Le siège social d’ une CE C est son
domicile légal et doit se s ituer dans le
départ ement correspondant à s a zone
d’in te rven /g415on (Art. 27).
Pour c hanger d’ adresse dans le m ême
départ ement, l’ avis d e la BRH et du CNC est
obligat oire, ainsi qu’ une publica/g415on
officielle 15 jours à l’ avance (Art. 28).
Et pour ouvrir une succursale ou
transf érer son siège, il faut l ’aut orisa/g415on
préalable du CNC après avis favorable de l a
BRH, qui évalue l a perf ormance financière
de la CE C (Art. 29–30).
Une CE C n’ est donc pas un simple
regroupemen t d’ épargnants : c ’e st une
st ructure r églementée, encadrée à chaque
étape de sa vie ins/g415tu/g415onnelle .
Pour toute informa/g415on
supplémentaire, visitez : www.brh.ht
28 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
social au sein de leurs communautés. À ce jour, environ dix (10) caisses fédérées, dont
quatre (4) se situent respectivement dans les départements de l’Artibonite, de l’Ouest,
du Nord-Ouest et du Sud-Est, ont franchi le seuil symbolique d’un milliard de gourdes
d’actifs. De ce groupe de CEC “milliardaire”, trois (3) ont une taille de bilan dépassant 2
milliards de gourde.
Par, ailleurs, cinq ans après l’intégration des CEC à la chambre de compensation, en
2020, la BRH a procédé au lancement du Fonds de Soutien aux Coopératives (FSC)
destiné à accompagner les institutions du secteur en difficulté. Alimenté par l’ensemble
des caisses agréées, qu’elles soient fédérées ou non, ce fonds vise à faciliter les relations
avec le secteur coopératif et à appuyer leur plan d’expansion ainsi que le financement de
projets porteurs initiés par les institutions bénéficiaires et préserver leur stabilité (BRH,
2020).
Ce Fonds de Soutien dont le compte est domicilié à la BRH, continue d’être alimenté par
les cotisations des CEC. Il est disponible pour toutes les CEC agréées qui font face à un
besoin de financement. Sa gestion est assurée par la BRH conformément aux dispositions
de la loi du 26 juin 2002.
En 2024, le Conseil d’Administration a adopté une résolution visant à établir une structure
organisationnelle dotée d’un personnel dédié pour gérer le fonds.
29REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
L’OFFRE DE SERVICES FINANCIERS AU NIVEAU
DU SECTEUR
En Haïti, les Coopératives d’Épargne et de Crédit (CEC) proposent principalement deux
catégories de services financiers : l’épargne et le crédit.
Selon les principes coopérativistes, l’accès au crédit dans les CEC est étroitement lié
au niveau d’épargne détenu par les membres au sein de l’institution. Cette assertion
est confirmée par WOCCU, affirmant que les CEC fournissent une grande variété de
services grâce notamment à leur capacité de mobilisation de l’épargne des membres, ce
qui représente sans doute un avantage majeur sur les autres institutions engagées dans
la microfinance (WOCCU, 2008).
Selon les règlements de la Fédération Le Levier, un seuil de 33 % d’épargne par rapport au
montant du prêt sollicité est souvent exigé pour l’octroi des premiers crédits. Ce principe
limite le risque de non-remboursement et encourage chez les sociétaires une culture de
l’épargne préalable avant l’endettement. Le schéma ci-dessous présente les différents
produits et services financiers disponibles dans le secteur.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 14 : : : : : Famille de produits offerts par les CEC
Source : Rapports internes de la BRH
Produits d’épargne Produits de crédit Formation financière et
accompagnement technique
Services de transfert d’argent
(locaux et internationaux)
Accès à des plateformes numériques ou mobiles
(dans certaines coopératives de départements
de l’Ouest et du Nord-ouest)
Compension de chèques Carte de retrait ou de débit
(experience dans l’Ouest et Nord-ouest CEC)
Le développement de produits de crédit destinés à la consommation et/ou à l’investis-
sement soutient les besoins des sociétaires et le financement d’activités économiques
locales. Toutefois, il convient de souligner que cette offre reste largement dominée par le
microcrédit, dont les montants plafonnent généralement autour de quatre (4) millions de
gourdes (Le Levier, 2024).
En complément, les CEC développent des partenariats avec d’autres institutions pour
fournir des services tels que les transferts de fonds et les produits digitaux mais
actuellement aucun produit d’assurance n’est développé par le secteur. L’offre relative
aux produits digitaux reste très limitée bien que certaines caisses offrent une carte de
débit (ANACAPH, 2022).
30 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
FORMER POUR MIEUX GOUVERNER : L’ÉDUCATION
FINANCIÈRE UN PRODUIT PHARE DES COOP
Étroitement liées aux fondements du modèle coopératif, l’éducation et la formation
occupent une place essentielle dans la vie des coopératives. Elles se font de manière
continue. L’éducation financière, combinée à la transmission des valeurs et des principes
de coopération, constitue un levier indispensable pour garantir une gouvernance efficace
et renforcer la résilience des coopératives face à de nombreux défis (BIT, 2019).
Dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs du secteur coopératif, plusieurs
initiatives existent afin d’outiller les gestionnaires et leaders du mouvement associatif face
aux exigences en matière de gouvernance et de gestion financière des coopératives dans
le pays.
À travers son Institut de formation, la
BRH propose un ensemble de forma-
tions adaptées aux besoins spécifiques
du secteur financier. Depuis 2020, elle
a également lancé le Plan National
d’Éducation Financière (PNEF), élaboré
en concertation avec les parties prenan-
tes du secteur. Ce plan constitue un
cadre de référence définissant les lignes
directrices pour le développement de
formations complémentaires à l’intention
des acteurs du système.
Dans le cadre de leur mission, des struc-
tures faîtières telles que la Fédération
Le Levier, l’ANACAPH et le KNFP orga-
nisent régulièrement des formations au
profit du secteur coopératif. En complé-
ment, des firmes privées comme Group
Croissance, Haïti Efficace et DGD
apportent leur soutien et participent
activement à la diffusion des principes
de bonne gouvernance au sein de ce
secteur.
Parmi les outils disponibles pour renfor-
cer les capacités des coopératives en
Haïti, le programme MY .COOP : Gérez
votre coopérative agricole, développé
par le Bureau International du Travail
(BIT) et l’organisation Agriterra, s’impo-
se comme une référence.
Le Saviez Vous?
Conf ormément à l'ar/g415cle 14, d e la l oi
de 2002 régissant le f on/g415onnement d es
CE C, L a BRH règlemen te l es o péra/g415ons
et l es a c/g415vité s des CE C not amment e n
ma/g415ère de dépôt, de crédit et d e
placement. Elle peut dé te rminer :
1- l ’objet e t les limit es dans lesquelles,
en pourcent age d es f onds propres,
le crédit peut être c onsen/g415 ou le
placement réalisé,
2- le délai maximum des échéances,
3- dans le c as des opéra/g415ons de c rédit,
les types et m on ta nt d es sûret és
requises,
4- l es plaf onds individuels ou collec/g415fs
des diff éren te s catégories d’ opéra-
/g415ons de crédit ou de placemen t
ainsi que les monnaies en cours.
Pour plus d’informa/g415ons, consultez
le site de la BRH à l’adresse
suivante : www.brh.ht
31REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Ce programme, promu par certaines structures locales, propose des sessions de formation
structurées autour de quatre modules thématiques. Aussi, ces sessions adaptées
permettent aux participants membres de coopératives issus de divers secteurs, tels que
la pêche, l’agriculture et l’artisanat, de consolider leurs connaissances et de développer
des compétences pratiques en gestion coopérative, gouvernance et fonctionnement des
coopératives agricoles.
Ce type de programme contribue non seulement à l’amélioration des pratiques de gestion
au sein des coopératives, mais également au renforcement de leur résilience économique
et organisationnelle, dans un contexte où les pratiques demeurent souvent informelles
(BIT, 2019).
32 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE PORTRAIT FINANCIER DU SECTEUR AU 30
SEPTEMBRE 2024
Aujourd’hui, le sous-secteur coopératif d’épargne et de crédit en Haïti célèbre ses 79 ans
d’existence. Il compte officiellement 60 caisses agréées par la Banque de la République
d’Haïti (BRH). Toutefois, le nombre total d’institutions opérant sur le territoire reste mal
documenté, en raison de l’existence de structures informelles ou non régularisées (Banque
Mondiale 2019).
Le tableau ci-dessous permet de mieux analyser les principaux indicateurs relatifs au
niveau d’accès aux services financiers dans ce sous-secteur, ainsi que le rôle des CEC
dans le financement de certaines activités de l’économie réelle, au 30 Septembre 2024.
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 1 : : : : : Principaux indicateurs d’accès et d’utilisation
Nombre total de sociétaires
Indicateurs Valeur
Hommes
Femmes
Personnes morales
Nombre de points de service
Volume total d’épargne
Portefeuille de crédit net
Pourcentage de prêts octroyés aux hommes pour le commerce
Poids des prêts au secteur commercial
Prêts aux personnes morales pour le commerce
Prêt aux femmes dans le secteur commercial
54,47 %
1,440,000
36,69 %
2,85 %
74
23 164 millions de gourdes
14 687 millions de gourdes
63,15 %
44,96 %
64 %
46 %
Source : BRH
Les données du tableau 1, extraites des rapports internes de la BRH et portant sur
les indicateurs relatifs aux 60 caisses, dont les détails figurent en annexe du présent
document, révèlent que :
Le nombre de sociétaires s’élève à 1.44 millions dont 54,47 % hommes, 39,69%
femmes et 2,85 % Personnes Morales.
Le nombre de points de service est de 74.
Le volume d’épargne se structure autour de 23 164 millions de gourdes.
Le Portefeuille de crédit net s’évalue à 14 687 millions de gourdes.
Le pourcentage de prêts octroyés aux hommes est estimé à 63,15%.
33REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Le poids des prêts au secteur du commerce demeure prédominant, représentant
44,96 % du portefeuille avec une majorité de bénéficiaires constituée de personnes
morales (plus de 64 %) et de femmes (plus de 46 %).
Vingt-trois (23) ans après la mise en place du cadre légal, les données présentées ci-
dessus illustrent non seulement la tendance sur la présence des institutions sur l’ensemble
du territoire national, mais reflètent également une progression encore lente du secteur
coopératif haïtien au regard des besoins d’inclusion financière de la population.
Par ailleurs, en comparaison avec les autres pays de la Caraïbe et au regard du taux élevé
d’exclusion financière en Haïti, estimé à plus de 46 %, ces données mettent en évidence
la nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation et de promouvoir la structuration
progressive des acteurs opérant dans l’informel.
34 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
CROISSANCE DES ACTIFS DES CEC PAR
DÉPARTEMENT AU 30 SEPTEMBRE 2024
Le graphique présenté ci-après synthétise les principaux indicateurs liés à la croissance
des actifs dans le sous secteur des CEC, pour les quatre (4) dernières années.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersGraphe 1 : : : : : Croisance des actifs des caisses agréées pour les quatre dernières années
Source : BRH
30 %
25%
20 %
15 %
10 %
5 %
0 %
Artibonite
30-Sep-21 30-Sep-22 30-Sep-23 30-Sep-24
Centre Grand-Anse Nippes Nord Nord-Est Nord-Ouest Ouest Sud Sud-Est
L’analyse des données, ci-dessus, relatives aux actifs des Caisses, indiquent que les
CEC localisées dans le département de l’Artibonite occupent une part importante dans
le secteur, concentrant plus d’un quart des actifs. Toutefois, leur position a légèrement
régressé au fil des deux (2) dernières années, passant de 26,59 % en 2021 à 25,39 %,
puis à 23,24 % en 2024. Cette baisse pourrait s’expliquer par une certaine désinclusion
financière touchant une partie de la population, conséquence directe de la dégradation
de la situation sécuritaire dans le département de l’Artibonite depuis tantôt trois (3) ans.
À l’inverse, dans les départements, moins touchés par la crise, comme la Grande-Anse,
le Nord et le Sud, les Caisses affichent une dynamique plus positive, avec une croissance
progressive de leurs actifs au cours des dernières années.
Par ailleurs, les Caisses du département du Centre se démarquent par une augmentation
des actifs sur les trois dernières années. Cette performance pourrait s’expliquer en partie
par sa situation géographique stratégique, exposant le département, particulièrement,
au commerce transfrontalier avec la République Dominicaine, stimulant ainsi l’activité
économique locale et les services financiers.
Il importe de préciser que la situation s’est nettement dégradée au cours des derniers mois
dans ce département du Centre, laissant présager des impacts négatifs sur les activités
financières dans la région
35REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RÉPARTITION DE LA CROISSANCE ANNUELLE DES
DÉPÔTS DES MEMBRES PAR DÉPARTEMENT AU
30 SEPTEMBRE 2024
Le graphique #2 ci-après présente les dépôts accumulés par les 60 caisses pour la
période 2021-2024. Les chiffres relatifs aux dépôts montrent une croissance marquée,
particulièrement dans le Sud et le Nord, traduisant un renforcement de l’inclusion financière
et une confiance croissante dans le système coopératif d’épargne et de crédit dans les
départements cités.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersGraphe 2 : : : : : Situation des dépôts des membres dans le secteur
Source : BRH
30 %
25%
20 %
15 %
10 %
5 %
0 %
30-Sep-21 30-Sep-22 30-Sep-23 30-Sep-24
ArtiboniteC entre Grand-Anse Nippes Nord Nord-Est Nord-Ouest Ouest Sud Sud-Est
Dans la Grande-Anse, la part des dépôts mobilisée par les Caisses reste relativement
faible, mais montre une légère amélioration au cours des deux (2) dernières périodes.
Après avoir chuté à 1,32 % en 2022, elle remonte progressivement pour atteindre 1,45 %
en 2024. Cette reprise, bien que modeste, pourrait s’expliquer par les interventions
des partenaires financiers internationaux, engagés dans l’amélioration de l’accès aux
services financiers et dans la digitalisation des opérations, notamment en réponse aux
conséquences des séismes survenus en juin 2021 et en août 2023. Cette progression
lente révèle des opportunités à saisir pour renforcer la mobilisation de l’épargne locale.
Les opérations dans les Caisses du département du Sud présentent une tendance
clairement haussière, passant de 12,17 % en 2021 à 13,20 % en 2024. Cette croissance
dans les transactions reflète probablement le développement progressif des activités
économiques, notamment grâce aux effets d’anticipation liés à la mise en place du
port de Saint-Louis du Sud et à une utilisation plus importante de l’aéroport des Cayes,
facilitant ainsi de nouvelles opportunités économiques et entraînant une augmentation
des transactions et des dépôts financiers.
Dans le département du Nord, la part des dépôts progresse également de façon continue,
passant de 7,68 % en 2021 à 8,32 % en 2024. Cette évolution positive peut être attribuée
à la revalorisation de certaines villes du département, en partie liée à l’insécurité dans
le département de l’Ouest, qui a entraîné une relocalisation de certaines activités
économiques vers la région du grand Nord. Le renforcement du secteur commercial et
l’extension de certains services financiers dans les zones rurales peuvent aussi contribuer
à cette dynamique.
36 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
SITUATION DE LA DISTRIBUTION DU CRÉDIT PAR
DÉPARTEMENT AU 30 SEPTEMBRE 2024
L’analyse de la répartition du portefeuille de crédit brut par département sur la période
2021-2024 révèle une concentration des prêts dans les départements de l’Artibonite, du
Sud, du Sud-Est et de l’Ouest. À elles seules, ces quatre (4) régions captent plus de
60 % du portefeuille total de crédit. En revanche, les départements de la Grand’Anse et
des Nippes demeurent faiblement desservis, leur part respective restant inférieures à
3 %. Il convient toutefois de noter, selon les données du graphique #3, que les départements
du Centre et du Nord-Ouest affichent une certaine progression sur la période.
Selon les résultats de l’étude Finscope MPME, Haïti 2023, la majorité des MPME du pays
est concentrée dans trois départements : l’Artibonite, l’Ouest et le Sud. Environ 23 %
d’entre elles sont localisées dans le département de l’Artibonite.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersGtraphe 3 : : : : : Répartition de crédit brut par département (30 sept. 2024)
Source : BRH
30 %
25%
20 %
15 %
10 %
5 %
0 %
Artibonite
30-Sep-21 30-Sep-22 30-Sep-23 30-Sep-24
Centre Grand-Anse Nippes Nord Nord-Est Nord-Ouest Ouest Sud Sud-Est
En se référant aux disparités d’accès au crédit, qu’elles soient liées aux profils des
bénéficiaires ou à leur situation géographique, il serait opportun, dans le cadre de l’Année
Spéciale des coopératives, de mener des actions ciblées à travers l’initiative DEV4Coop.
Ces interventions pourraient favoriser le renforcement des synergies entre les coopératives
non financières et le secteur coopératif financier, en vue de stimuler l’expansion du crédit
dans les zones les plus stables.
Une telle dynamique contribuerait à limiter le risque d’accentuation des inégalités
territoriales en matière de développement économique et d’inclusion financière, en
assurant une meilleure répartition des opportunités au sein des différentes régions du
pays, notamment dans la grande région du Sud.
37REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
SITUATION DU PORTEFEUILLE DE CRÉDIT PAR
SECTEUR D’ACTIVITÉ AU 30 SEPTEMBRE 2024
Au 30 septembre 2024, les données issues des 60 caisses d’épargne et de crédit
agréées par la BRH indiquent que le commerce demeure le secteur prédominant dans le
portefeuille de crédit, représentant 44,96 % de l’ensemble des prêts octroyés. Cette
prédominance se retrouve dans toutes les catégories de sociétaires.
L’analyse des données montre que 64,39 % des prêts commerciaux sont attribués aux
personnes morales, 46,70 % aux femmes, et 41,44 % aux hommes. En deuxième position
figure le secteur du logement, qui représente environ 25,99 % du portefeuille total de
crédit. La forte orientation des financements vers le secteur commercial pourrait s’expliquer
en grande partie par la place centrale occupée par le secteur informel dans l’économie
nationale, où de nombreux acteurs, notamment les micro-entrepreneurs, exercent une
activité économique réelle tout en évoluant en dehors des circuits d’enregistrement formel.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersGraphe 4 : : : : : Situation du portefeuille de crédit par secteur d’activité
Source : BRH
100 %
80 %
60 %
40 %
20 %
0 %
Hommes Femmes Personnes morales Poids par secteurs
Consommation Logement Commerce Production (non agricole) Agricole Autres Total
Par ailleurs, selon les résultats des enquêtes FinScope MPME, Haïti 2023, les micro-
entreprises, qui représentent plus de 71 % des entreprises recensées dans le pays,
constituent avant tout une activité économique de survie pour de nombreuses familles
haïtiennes. (FinScope MPME, Haïti 2023). Selon leurs propriétaires, environ 55 % de ces
micro, petites et moyennes entreprises (MPME), impliquées dans le secteur commercial,
épargnent encore de manière informelle, souvent en dehors des circuits financiers
formels. Il est à noter que, près de 83 % de ces entreprises n’empruntent pas auprès
des institutions financières formelles, en raison notamment des contraintes d’accès, des
exigences de garanties élevées et de la faible bancarisation de certaines zones
De plus, il en ressort que les MPME opérant dans le secteur du commerce disposent d’un
accès au crédit relativement plus facile que celles des autres secteurs d’activité, même
si cet accès reste majoritairement informel. Toutefois, les propriétaires des entreprises
interrogés dans le cadre de l’enquête indiquent que le caractère majoritairement informel
de leurs activités constitue un frein à l’accès aux financements structurés et aux services
financiers adaptés à leurs besoins.
Toutefois, dans le portefeuille destiné au secteur du commerce qui est le principal
secteur financé, les femmes représentent plus de 46 % des bénéficiaires. Ces tendances
pourraient indiquer une inégalité d’accès au crédit sur l’ensemble des secteurs et des
montants alloués où les prêts aux femmes sont souvent de montants inférieurs et orientés
vers des activités de micro-entreprises.
38 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RÉPARTITION DE LA DISTRIBUTION DU CRÉDIT
PAR GENRE AU 30 SEPTEMBRE 2024
De façon plus spécifique, le graphique ci-dessous illustre la répartition du financement
par catégorie de sociétaires à savoir les personnes morales, les femmes et les hommes à
travers les différents produits financiers proposés dans les CEC agréés, au 30 Septembre
2024. Il permet ainsi de mieux comprendre la dynamique d’accès au crédit et son utilisation
selon le profil des bénéficiaires et les disparités en matière de genre dans l’accès au crédit
dans le pays.
Par ailleurs, les données disponibles au niveau des tableaux relatifs à la situation du
portefeuille de crédits révèlent certains contrastes, malgré les avancées enregistrées en
matière d’égalité de genre au sein des Caisses d’Épargne et de Crédit (CEC). En effet,
les statistiques présentées en annexe du document indiquent que, malgré une présence
relativement forte des femmes dans le secteur du commerce, où elles bénéficient de
46,70 % des prêts, leur part demeure nettement plus faible dans d’autres domaines avec
seulement 13,69 % dans le financement à la consommation, entre 22,16 % et 23,81 %
dans le crédit au logement, entre 7,29 % et 30,30 % dans le secteur agricole, selon les
indicateurs considérés, et à peine 5,04 % dans le crédit à la production non agricole.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersGraphe 5 : : : : : Répartition des prêts par genre et par secteur d’activité (30 sept. 2024)
Source : BRH
100 %
80 %
60 %
40 %
20 %
0 %
Hommes Femmes Personnes morales Poids par secteurs
Consommation Logement Commerce Production (non agricole) Agricole Autres Total
Le secteur du commerce, bien qu’étant le plus accessible aux femmes en Haïti, ne présente
qu’un écart de 5,26 points de pourcentage en leur faveur par rapport aux hommes, ce qui
reste modeste au regard des besoins en autonomisation économique des femmes. Par
contraste, dans le secteur de la production non agricole, l’écart s’inverse, avec 10,07 %
des crédits alloués aux hommes contre seulement 4,51 % pour les femmes, traduisant
une inégalité plus marquée dans l’accès au financement productif.
39REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
L’analyse de la répartition du financement par catégorie de sociétaires dans les CEC
au 30 septembre 2024 met en évidence des inégalités importantes dans l’accès au
crédit pour les femmes. Les données montrent que ces dernières ne représentent que
27,92 % de l’ensemble des bénéficiaires de crédit, toutes activités confondues. Des
chiffres qui témoignent une forte exclusion féminine dans l’accès au crédit dans les CEC.
Dans ce contexte particulier, et en raison de la crise actuelle, les données suggèrent de
mettre en place des initiatives ciblées de sensibilisation et de développer des produits
financiers adaptés aux besoins spécifiques des femmes entrepreneures dans les CEC.
Ces actions contribueraient non seulement à maintenir leur intérêt pour l’entrepreneuriat,
mais également à favoriser une augmentation progressive de l’adhésion féminine dans le
secteur, dans une perspective de relance économique.
Par ailleurs, les femmes constituent un groupe transversal à l’ensemble des cibles de
la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF). Selon l’Alliance pour l’Inclusion
Financière (AFI), il est important de reconnaître que la notion de genre recoupe plusieurs
segments de la population, et que les femmes ne forment pas un groupe homogène. Elles
appartiennent à diverses catégories souvent vulnérables, telles que les MPME, les jeunes,
les personnes âgées, les particuliers en situation d’handicap, les personnes déplacées
de force ou encore les communautés rurales. Chacun de ces segments présente des
besoins spécifiques et des comportements financiers distincts, nécessitant des approches
politiques différenciées pour atteindre une inclusion financière effective (AFI,2024).
Dans cette perspective, les CEC, en tant qu’institutions financières de proximité, ont un
rôle important à jouer dans la réalisation de la vision 2030 où personne ne peut être
laissée de côté. Pour renforcer leur impact en matière d’inclusion financière, les CEC
doivent pouvoir adapter leurs stratégies commerciales et de communication en tenant
compte de cette grande diversité. Cela implique une meilleure compréhension des réalités
de ce groupe et une segmentation structurée des sociétaires, afin de répondre de manière
ciblée aux besoins des différentes catégories de femmes évoquées par AFI.
40 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
CONCLUSION
Grâce à leur ancrage endogène, les coopératives sont aujourd’hui reconnues comme
des acteurs incontournables du développement économique et de l’inclusion financière à
l’échelle mondiale. Dans des contextes régionaux similaires à celui d’Haïti, notamment en
Amérique latine et en Afrique, on observe une forte densité d’institutions coopératives, qui
contribuent activement à la dynamisation de l’économie de proximité en facilitant l’accès
au crédit, à l’épargne et à des services financiers solidaires.
Aujourd’hui, après plus de 79 ans d’introduction du modèle en Haïti, il est difficile de
quantifier de manière précise le secteur des coopératives en général dans le pays.
Certaines études mentionnent 180 coopératives d’épargne et de crédit mais les données
restent parcellaires pour le secteur global. Cette situation démontre que, malgré l’intérêt
manifeste des populations pour ces services alternatifs et l’ancienneté du secteur en Haïti,
des obstacles structurels et institutionnels freinent encore son expansion.
Pourtant, des données fiables sur le secteur coopératif permettraient de mieux cerner
l’impact réel et d’identifier ses besoins dans les différents domaines d’intervention. La
création d’une base de données nationale sur les coopératives se présente comme un
levier important, non seulement pour renforcer la structuration et la visibilité du secteur,
mais aussi pour appuyer et orienter la formulation de politiques publiques plus inclusives
et efficaces. Sa mise en œuvre pourrait être facilitée par le développement de partenariats
stratégiques ciblés, notamment dans le cadre du programme COOP4Dev.
Sous l’impulsion de la Banque Centrale et de divers partenaires techniques, le mouvement
des Coopératives d’Épargne et de Crédit en Haïti est passé d’un ensemble dispersé à
un secteur progressivement mieux structuré, outillé et encadré (CIDA, 2018). Toutefois,
si l’on considère le niveau d’exclusion financière et le nombre d’institutions financières
disponibles pour 10 000 habitants selon la nomenclature de la Banque mondiale l’offre
demeure largement insuffisante.
L’ensemble des données sur la répartition des prêts par genre et par secteur, pour les 60
Caisses Populaires agréées par la BRH, révèle que, malgré la présence des femmes dans
plusieurs domaines du portefeuille de crédit des CEC, celles-ci demeurent globalement
sous-représentées en matière d’accès au financement dans tous les secteurs d’activité
répertoriés, pour la période 2021-2024. Pourtant, selon les résultats de l’enquête FinScope
MPME, Haïti 2023, plus de 67 % des micro-entreprises sont dirigées par des femmes.
Le croisement des données, provenant des différents graphiques et des enquêtes
Finscope MPME, Haïti 2023, révèle une contradiction majeure et souligne l’urgence de
renforcer les efforts visant à intégrer davantage d’entrepreneures dans les circuits formels
de financement. Ce constat est d’autant plus pertinent dans le cadre de l’Année spéciale
consacrée aux coopératives, qui coïncide avec les commémorations des 60 ans de la
Déclaration de Pékin sur les droits des femmes. Ce double contexte offre une opportunité
stratégique pour intensifier les initiatives en faveur de l’inclusion financière des femmes
et de promouvoir leur participation active au sein des structures coopératives ainsi qu’aux
instances de gouvernance.
41REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
De plus, dans le cadre des célébrations de cette année internationale des coopératives,
il paraît opportun de dynamiser et de moderniser davantage ce secteur. Cette dynamique
passe non seulement par un renforcement de l’accompagnement technique et l’adoption
d’un cadre de supervision plus inclusif, mais également par l’intégration accélérée des
outils numériques et des services financiers digitaux au sein des coopératives.
En effet, la digitalisation représente aujourd’hui un levier stratégique pour améliorer
l’accessibilité, optimiser la gouvernance et étendre les services financiers aux populations
exclues, notamment dans les zones rurales et réculées. Faciliter l’accès au statut agréé
pour les coopératives performantes et digitalement outillées permettrait non seulement
d’accroître le nombre d’institutions financières formelles, mais aussi de renforcer leur
capacité à jouer un rôle plus important dans l’inclusion financière et la réalisation des
Objectifs de Développement Durable (ODD).
Toutefois, un cadre de protection des consommateurs financiers doit être en place pour
encadrer cette transition des caisses populaires vers le numérique, afin de garantir la
sécurité, la transparence et l’inclusion financière et digitale de tous les usagers.
42 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
BIBLIOGRAPHIE
Agence Canadienne de Développement International (ACDI). (2008), Coopératives et
Microfinance, le cas d’Haiti. Haïti.
Alliance Française pour le Développement (AFD). (2013). Artisan du monde pour un
monde équitable. France.
Alliance Française pour le Développement (AFD). (2020). AVilles et Communautés
Durables. France.
Alliance Coopérative Internationale (ACI). (2023,2024). Rapports annuels. Manchester :
ACI.
Alliance Coopérative Internationale (ACI). (1995). Déclaration sur l’identité coopérative.
Manchester : ACI.
Alliance pour l’Inclusion Financière (AFI). (2024) Modèle de politique pour le genre et
l’inclusion financière, Malaisie.
Banque Mondiale.(2020), Cooperative financial institutions: A review of the literature 2020,
Washington.
Banque Mondiale. (2019). Financial Cooperatives in Haiti; A diagnostic Review of the
Sector and its Regulatory and Supervisory Framework, Washington.
Banque Mondiale. (2019). Financement agricole en Haiti ; Diagnostic et recommandations,
Washington.
Banque de la République d’ Haïti, ( 2023), FinScope MPME, Haïti 2023, Haïti.
Banque de la Republique d’Haiti. (2007). Normes prudentielles pour le secteur haitien des
coopératives d’épargne et de crédit, DIGCP.
Banque de la République d’Haïti (2020, 25 juin). Plan national d’éducation financière
(PNEF) 2020–2025.
Banque de la République d’Haïti. (2014). Stratégie nationale d’inclusion financière.
Port-au-Prince : BRH.
Banque de la République d’Haïti. (2002). Loi n° 002/2002 du 2 février 2002 portant
dispositions applicables aux coopératives d’épargne et de crédit (Moniteur, Nº
spécial, 10 juillet 2002).
Banque de la Republique d’Haiti. (2002). Loi sur les coopératives d’épargne et de crédit
« Le Moniteur » 10 juillet 2002.
Bureau international du Travail (BIT) (2024), Recommandation n°193 et les études
renfonçant l’inclusion féminine et informelle. Article en ligne consule le 24 mai 2025
43REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Bureau international du Travail (BIT) (2005), le manuel de formation au leadership à
l’intention des dirigeantes de coopératives
Bureau international du Travail (BIT) (2019), Haïti-Coopération de OIT.
Bureau international du Travail (BIT), (Novembre 2024), « Cooperatives build a better
world »
Burke, Brian. J., Thimothy Finan, Vásquez-León, Marcela. (2017). Cooperatives,
grassroots development, and social change: Experiences from rural Latin America.
University Press of Florida.
DIGCP/BRH, (2023, 2024) Rapport interne d’analyse de situation des CEC, BRH.
Frederic Wayama (2014) Cooperatives and the Sustainable Development Goals : A
contribution to the post-2015 development debate, ILO, Genève.
Gabriele Cardullo & al, (2024). On the emergence of cooperative industrial and labour
relations,” British Journal of Industrial Relations, London School of Economics, vol.
62.
Jacquier, Claude. (1999). Épargne et crédit solidaires : pratiques et enjeux pour le
développement local. Paris : Éditions Charles Léopold Mayer.
Mouvement Desjardins, Rapport annuel (2024). Consulte le 2 Mai 2025. Moniteur nº 14,
20 février 2003,p 1-6, creation de l’Incah.
Nonais Dérisier. (2015). LA FEDERATION DES CAISSES LE LEVIER ADMISE A LA
CHAMBRE DE COMPENSATION DE LA BRH, article en ligne consulté le 25 Mai
2025.
Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), (2020)
Promoting social and solidarity economy ecosystems.
Organisation des Nation-Unies (ONU), (2024), Etude mondiale sur les coopératives,
Nation-Unie, Genève.
Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) (2024).
Coopératives et associativité , La FAO en Amérique latine et aux Caraïbes.
Pierre-Olivier Maheux. (automne 2018). Cap-aux-Diamants La revue d’histoire du Québec,
La caisse populaire Un « prélude » ,(135), 18–21.
Root Capital. (2013). Rapid Impact Evaluation: COOPCAB. Haïti.
Zeller, Manfred, et Manohar Sharma. (1998). Rural Finance and Poverty
AlleviationWashington, D.C. : International Food Policy Research Institute (IFPRI).
44 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
SITES ET PUBLICATIONS CONSULTÉS
Alliance Coopérative Internationale (ACI). Plusieurs articles consultés sur www.ica.coop,
en mai et juin 2025.
ANACAPH. Site officiel : www.ancaph.org, consulté en 30 mai et juin 2025.
Le Levier. Informations consultées sur www.lelevier.coop, en mai 2025.
Banque Mondiale (2019). Rapport sur le développement dans le monde.
WOCCU (World Council of Credit Unions). Articles et données consultés en mai 2025 sur
www.woccu.org.
Desjardins. Rapports annuels 2023 et 2024, consultés sur www.desjardins.com.
Organisation des Nations Unies (ONU). Résolution A/RES/49/155 sur le rôle des
coopératives dans le développement social, consultée en mai 2025 sur www.un.org.
Organisation Internationale du Travail (BIT). Déclaration : « Les coopératives construisent
un monde meilleur », 2024. Document consulté sur www.ilo.org.
Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). (2012). Les
coopératives agricoles : clé pour nourrir le monde (2012) et autres ressources
consultées sur www.fao.org, en mai 2025.
45REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ANNEXE 1 :
LES CEC EN CHIFFRES AU 30 SEPTEMBRE 2024
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 1 : : : : : % Actif par rapport au secteur
Département 30 Septembre 2021 30 Septembre 2022 30 Septembre 202430 Septembre 2023
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
26,59%
6,68%
1,85%
2,19%
8,44%
4,13%
6,48%
19,57%
12,13%
11,95%
26.19%
8.01%
1.80%
2.09%
7.93%
5.10%
7.05%
18.32%
12.29%
11.22%
25,39%
8,99%
1,80%
2,33%
8,23%
5,38%
7,15%
16,82%
13,03%
10,88%
23,24%
10,21%
1,88%
1,72%
8,59%
5,46%
7,99%
16,37%
12,80%
11,75%
Source : BRH
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 2 : : : : : % Dépôts des membres par rapport au secteur
Département 30 Septembre 2021 30 Septembre 2022 30 Septembre 202430 Septembre 2023
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
28,11%
6,44%
1,38%
2,40%
7,68%
4,05%
6,30%
19,90%
12,17%
11,58%
26.20%
7.96%
1.32%
2.14%
7.71%
4.80%
6.86%
19.71%
12.32%
10.98%
25,44%
8,91%
1,38%
2,31%
7,94%
5,28%
6,93%
18,10%
13,14%
10,57%
23,68%
10,08%
1,45%
1,72%
8,32%
5,41%
7,88%
16,93%
13,20%
11,33%
Source : BRH
46 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 3 : : : : : % Portefeuille de crédit brut par rapport au secteur
Département 30 Septembre 2021 30 Septembre 2022 30 Septembre 202430 Septembre 2023
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
25,85%
7,90%
2,48%
1,85%
7,21%
4,02%
7,33%
17,30%
10,78%
15,28%
11.18
8.44%
2.30%
1.74%
7.57%
5.41%
7.07%
16.58%
11.18%
14.05%
23,45%
9,96%
2,54%
2,09%
7,99%
5,94%
7,51%
14,42%
11,94%
14,16%
23,33%
11,13%
2,48%
1,78%
7,70%
5,48%
8,68%
13,20%
12,33%
13,88%
Source : BRH
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 4 : : : : : Répartition des prêts par secteur d’activité et par genre (30 sept. 2024)
Secteurs d’activités
Consommation
Logement
Commerce
Production (non agricole)
Agricole
Autres
Hommes
15,83%
29,04%
41,44%
6,51%
6,89%
0,30%
Femmes
13,69%
22,16%
46,70%
10,07%
7.57%
0,09%
Personnes morales
5,04%
16,40%
64,39%
4,51%
3,72%
6,03%
Poids par secteur
14,27%
25,99%
44,96%
7,32%
6,72%
0,75%
Total 100% 100% 100% 100%
Source : BRH
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 5 : : : : : Répartition des prêts par genre et par secteur d’activité (30 sept. 2024) - réf. graphe 5
Secteurs d’activités
Consommation
Logement
Commerce
Production (non agricole)
Agricole
Autres
Hommes
70,05%
70,56%
58,21%
56,13%
64,75%
4,96%
Femmes
26,79%
23,81%
29,00%
38,37%
30,30%
4,32%
Personnes morales
3,16%
5,64%
12,80%
5,50%
4,95%
71,61%
Total - secteur
100%
100%
100%
100%
100%
100%
Total - genre 63,15%2 7,92% 8,93% 100%
Source : BRH
47REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 6 : : : : : % Portefeuille de crédit brut par département
Département 30 Septembre 2021 30 Septembre 2022 30 Septembre 202430 Septembre 2023
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
25,85%
7,90%
2,48%
1,85%
7,21%
4,02%
7,33%
17,30%
10,78%
15,28%
25,67%
8.44%
2.30%
1.74%
7.57%
5.41%
7.07%
16.58%
11.18%
14.05%
23,45%
9,96%
2,54%
2,09%
7,99%
5,94%
7,51%
14,42%
11,94%
14,16%
23,33%
11,13%
2,48%
1,78%
7,70%
5,48%
8,68%
13,20%
12,33%
13,88%
Source : BRH
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 7 : : : : : Situation du portefeuille de crédit par secteur d’activité - réf. graphe 4
Secteurs d’activités
Consommation
Logement
Commerce
Production (non agricole)
Agricole
Autres
Hommes
15,83%
29,04%
41,44%
6,51%
6,89%
0,30%
Femmes
13,69%
22,16%
46,70%
10,07%
7,29%
0,09%
Personnes morales
5,04%
16,40%
64,39%
4,51%
3,72%
6,03%
Poids par secteur
14,27%
25,99%
44,96%
7,32%
6,72%
0,75%
Total 100% 100% 100% 100%
Source : BRH
48 REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ANNEXE 2 :
DES DÉFINITIONS POUR UNE MEILLEURE APPRÉCIATION DES STRUCTURES
Figure 9 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : La Coopérative de développement régional du Québec
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 9 : : : : : Les types de coopératives
Une coopérative de consommateurs vise à offrir
des biens et services à ses membres pour leur
usage personnel, tout en leur permettant de
participer aux décisions afin de mieux répondre à
leurs besoins.
coopérative
de consommateurs
La coopérative de producteurs permet à ses
membres d’obtenir collectivement les biens et
services nécessaires à leur activité
professionnelle, tout en renforçant leur pouvoir
économique grâce à la force du groupe.
coopérative
de producteurs
La coopérative de travail vise à fournir de
l’emploi à ses membres, qui en sont à la
fois propriétaires et gestionnaires,
favorisant ainsi autonomie, productivité et
qualité de vie.
coopérative
de travail
La coopérative de travailleurs actionnaire permet
à ses membres d’investir dans l’entreprise qui les
emploie, renforçant leur engagement dans son
développement et sa pérennité.
coopérative
de travailleurs actionnaire
La coopérative de solidarité réunit travailleurs,
utilisateurs et membres de soutien autour d’un
projet commun pour répondre à leurs besoins
collectifs dans divers secteurs de services de
proximité.
coopérative
de consommateurs
Les types de coopératives
49REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES