Rapport 2016 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti
- Le vodou est enregistré depuis 2003, mais le gouvernement ne reconnaissait toujours pas les mariages ni les baptêmes vodou.
- Le Ministère des Affaires étrangères et des Cultes n'a ni statué ni motivé son silence sur une demande d'enregistrement de l'islam, obligeant les musulmans à recourir au mariage civil.
- Au titre du concordat de 1860, l'État versait une allocation mensuelle aux prêtres catholiques et finançait l'entretien d'églises catholiques et de certaines écoles catholiques ; la Fédération protestante a déclaré en mai que ce soutien restait fermé aux autres groupes.
- Des capacités institutionnelles limitées restreignaient les services religieux offerts aux détenus musulmans, surtout hors de Port-au-Prince.
- Une foule a décapité un houngan à Toman en mai, le croyant responsable de deux décès, et aucune poursuite n'a été engagée.
Le chapitre Haïti du rapport du Département d'État des États-Unis sur la liberté religieuse dans le monde pour 2016, établi par le Bureau de la démocratie, des droits de l'homme et du travail et transmis au Congrès en application de l'International Religious Freedom Act de 1998.
Il expose le cadre juridique : la constitution garantit le libre exercice de toutes les religions et protège contre l'appartenance forcée à un groupe religieux. Le Ministère des Affaires étrangères et des Cultes administre les lois relatives aux groupes religieux et son Bureau des cultes enregistre les édifices religieux, les clercs et les missionnaires. L'enregistrement ouvre la capacité d'ester en justice, l'exonération fiscale et douanière, et la reconnaissance civile des certificats de mariage et de baptême. Le concordat de 1860 conclu avec le Saint-Siège reste en vigueur : le Vatican approuve et désigne un nombre déterminé d'évêques avec l'accord du gouvernement, et l'État verse une allocation mensuelle aux prêtres catholiques.
Sur la pratique gouvernementale, le rapport relève que le vodou, enregistré depuis 2003, ne voyait toujours pas ses mariages et baptêmes reconnus ; que le ministère n'a ni statué ni motivé son silence sur une demande d'enregistrement de l'islam, obligeant les musulmans à recourir au mariage civil alors que les clercs chrétiens célébraient des cérémonies reconnues ; que l'État continuait de financer l'entretien d'églises catholiques et de certaines écoles catholiques, la Fédération protestante déclarant en mai que ce soutien restait fermé aux autres groupes ; et que les capacités institutionnelles limitaient les services religieux offerts aux détenus musulmans, surtout hors de Port-au-Prince.
Sur le respect sociétal, il rapporte qu'une foule a décapité un houngan à Toman en mai, le croyant responsable de deux décès, sans qu'aucune poursuite soit engagée. Les responsables vodou font état d'une stigmatisation sociale persistante, et la Confédération nationale des vaudouisants haïtiens indique que des enseignants et des directeurs d'écoles catholiques et protestantes condamnaient parfois ouvertement la culture vodou comme contraire à la Bible.
La dernière section décrit la politique des États-Unis : les responsables de l'ambassade ont rencontré le ministre des Affaires étrangères et des Cultes pour plaider l'égalité de traitement et l'enregistrement des groupes ayant achevé la procédure, ainsi que des organisations non gouvernementales confessionnelles et des responsables protestants, catholiques et vodou.
Comment citer
Département d'État des États-Unis, 2017, Rapport 2016 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti, https://www.state.gov/reports/2016-report-on-international-religious-freedom/haiti/
- Titulaire des droits
- United States Department of State