Rapport d'enquête autour de l'assassinat de John Billy Alexis survenu le 20 mars 2011
- Dix-sept témoins et responsables nommés ont été rencontrés, de la police et de la justice à la famille du défunt.
- Le réseau conclut que les partisans du candidat en tête au centre n'avaient aucun intérêt à le saboter et que ceux de l'autre camp ont été pris à y semer la pagaille.
- Un policier s'est rendu en uniforme, le jour du scrutin, dans une juridiction qui n'était pas la sienne, apparemment pour faire campagne.
- Un homme a été incarcéré le jour même et au moins quatre mandats ont été émis sur la foi du récit d'un seul camp.
Le second tour du 20 mars 2011 s'est déroulé dans le calme sur l'ensemble du territoire, hormis des incidents ayant coûté la vie à deux personnes, et le réseau a ouvert cette enquête parce que les informations qui circulaient sur l'une d'elles, l'assassinat de John Billy Alexis à Mare-Rouge, commune du Môle Saint-Nicolas, se contredisaient. Dix-sept personnes ont été rencontrées et sont nommées : des policiers de Mare-Rouge et de Port-de-Paix, le greffier du Tribunal de paix de Mare-Rouge, le commissaire du gouvernement, son substitut et le doyen ad interim de Port-de-Paix, des observateurs électoraux, le père, la mère et la tante du défunt, des employées d'un bar-restaurant, des partisans des deux candidats à la députation et un détenu de la prison civile de Port-de-Paix.
La conclusion est que les partisans d'un candidat n'avaient aucun intérêt à saboter le centre de vote de l'Ecole nationale de Mare-Rouge, puisque son adversaire y menait, et que des partisans de l'autre ont été pris en flagrant délit en train d'y semer la pagaille. Le réseau relève aussi qu'un policier a enfreint la loi en se rendant en uniforme, le jour du scrutin, dans une juridiction qui n'était pas la sienne, apparemment pour des activités électorales. Les suites judiciaires vont en sens inverse : un homme a été arrêté et incarcéré le jour même sur la foi des informations d'un camp et au moins quatre mandats ont été émis contre des partisans de l'autre. Le réseau demande à l'appareil judiciaire de faire preuve d'impartialité, de se transporter sur les lieux pour reconstituer les faits, d'identifier et de juger les véritables auteurs et co-auteurs de l'assassinat, de relâcher le détenu s'il n'est retenu pour autres causes, et de cesser d'être au service de la plate-forme INITE.
Comment citer
Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Rapport d'enquête autour de l'assassinat de John Billy Alexis survenu le 20 mars 2011, https://web.rnddh.org/wp-content/uploads/2012/04/Rapport-Mare-Rouge-2011.pdf
- Titulaire des droits
- Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)