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Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH)
RAPPORT DU RNDDH SUR LES ELECTIONS SENATORIALES PARTIELLES
Juin 2009
RESUME
Le processus ayant conduit à la formation du Conseil Electoral Provisoire (CEP)
était vicié à la base parce-que les représentants des différents secteurs étaient
choisis selon un nouveau modèle mis en place par le Président de la République.
La Loi Electorale actuellement en vigueur est considérée comme l’œuvre du CEP,
du Pouvoir Exécutif et du Parlement car les propositions faites par les différents
secteurs de la vie nationale n’ont pas été prises en compte comme par exemple,
l’organisation par ce CEP des élections indirectes.
Cent-cinq (105) candidats dont dix (10) indépendants se sont lancés dans la
course électorale. Parmi eux, plusieurs ont été décriés en raison de leur
implication dans des actes de corruption et de violation des droits humains.
Soixante-dix-neuf (79) ont été agréés par le CEP.
En dépit des failles enregistrées, force est de constater que le CEP a consenti des
efforts considérables pour la réalisation du scrutin du 19 avril 2009. Les
membres des bureaux de vote ont majoritairement répondu à l’appel. Nombre
d’entre eux ont dû la veille, dormir dans les centres de vote, dans des conditions
difficiles.
Le profil des candidats, le comportement répréhensible des élus, la campagne au
boycotte des partisans du parti Fanmi Lavalas exclu de la course électorale
ainsi que la stratégie utilisée par le CEP et le gouvernement pour sécuriser le
scrutin du 19 avril 2009 ont porté la population haïtienne à bouder les élections.
Malgré toutes les mesures prises pour éviter des dérapages, plusieurs incidents
se sont produits le jour du scrutin, les uns plus regrettables que les autres,
portant le CEP à prendre des mesures dont entre autres, l’annulation des
élections dans le département du Centre où quatre (4) candidats se sont rendus
coupables des actes de violence enregistrés. Il s’agit de Willot JOSEPH de
l’UCCADE, Adher MARCELIN de LESPWA, Grégory CHEVRY de la Fusion des Sociodémocrates et Rubens SAINT GERMAIN de LAAA.
Pour adresser les différents problèmes enregistrés et porter la population
haïtienne à avoir confiance dans le processus électoral, des mesures doivent être
prises par le CEP en vue d’appliquer strictement la Loi Electorale et d’acheminer
les dossiers des responsables des actes de violence par devant les autorités
judiciaires.
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
1
SOMMAIRE
PAGES
INTRODUCTION………………………………………………………………………………... 3
I. PROCESSUS AVANT LE SCRUTIN…………………………………………………..
3
II. CANDIDATS AGREES……………………………………………………………….
4
III. LE SCRUTIN : OBSERVATIONS DU RNDDH……………………………………..
9
A. Observations générales……………………………………………………....... 9
B. Centres et bureaux de vote …………………………………………………. 10
C. Personnel électoral…………………………………………………………….. 10
D. Matériels de vote …………………….……………………………………………10
E. Campagne électorale au jour du scrutin…………………………………….11
F. Mandataires……………………………………………………………………….. 11
IV. INCIDENTS ENREGISTRES LE JOUR DU SCRUTIN………………………………..
12
A. Département de l’ouest…………………………………………………………. 12
B. Département du Sud……………………………………………………………. 12
C. Département du Nord-est……………………………………………………… 12
D. Département
…….. 13
du
Centre
…………………………………………………
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS……………………………………………………. 17
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
2
INTRODUCTION
Par décret présidentiel du 11 décembre 2007, le Conseil Electoral Provisoire (CEP)
dirigé par Max MATHURIN a été révoqué. Le 12 décembre 2007, un nouveau CEP
composé de neuf (9) membres est installé avec pour objectifs principaux, selon
l’article 2 de l’arrêté de nomination des membres de ce Conseil, l’organisation des
élections pour combler les postes vacants au Sénat de la République et la
réalisation des élections indirectes pour la mise en place des collectivités
territoriales.
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a, dès le début,
observé le processus électoral et se propose de partager avec l’opinion nationale
et internationale ses conclusions.
I. PROCESSUS AVANT LE SCRUTIN
1. Le 25 juillet 2008, une nouvelle Loi électorale est publiée. Celle-ci a soulevé
maintes controverses dans les différents secteurs de la vie nationale quant
au processus ayant abouti à son élaboration. Ce processus est nettement
différent de celui ayant donné naissance aux lois électorales antérieures.
En effet, le projet de loi électorale a été rédigé par le CEP et le Pouvoir
Exécutif avant d’être transmis au Parlement. Les propositions faites par les
différents secteurs n’ont pas été prises en compte comme par exemple,
l’incorporation dans cette Loi de l’organisation des élections indirectes pour
la mise en place des collectivités territoriales devant aboutir à la formation
du Conseil Electoral Permanent. Par ailleurs, d’aucuns pensent que cette
loi est élitiste parce que le montant exigé pour les postes à pourvoir est trop
élevé et ne permet pas aux personnes évoluant dans les milieux ruraux,
désireuses de se porter candidates, de se faire inscrire. De plus, le
montage-même de l’actuel CEP a été questionné car, dans les années
antérieures, les secteurs devant être représentés au sein du CEP
désignaient eux-mêmes leur représentant et communiquaient les noms au
Pouvoir Exécutif. Pour la formation de ce CEP, le Pouvoir Exécutif a exigé
de chaque secteur la désignation d’au moins deux (2) membres desquels il
choisit le représentant du secteur. L’Exécutif s’est aussi permis d’intégrer
d’autres secteurs au sein du CEP.
2. Les Règlements Généraux définissant le fonctionnement du CEP ont été
élaborés et publiés dans l’arrêté présidentiel du 18 janvier 2008. Les
attributions de la Direction Générale du CEP ont été redéfinies, dans la
section 2, articles 23 à 28 des Règlements Généraux. Ceci a contraint l’exDirecteur Général de l’institution, Monsieur Jacques BERNARD à
démissionner le 24 janvier 2008. Un nouveau Directeur Général PierreLouis AUPONT a été nommé par l’Exécutif et est entré en fonction le 6 mars
2008. Le 29 décembre 2008, dans un arrêté présidentiel, le peuple haïtien
est convoqué dans ses comices. Dans cet arrêté, le 19 avril 2009 a été
retenu pour la tenue du scrutin et la période de dépôt de candidature, fixée
du 16 au 23 janvier 2009.
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
3
II. CANDIDATS AGREES
3. A la date de la fermeture du dépôt de candidature, le 23 janvier 2009, cent
cinq (105) candidats se sont inscrits, parmi lesquels figuraient des
criminels et des trafiquants de drogue décriés par la clameur publique et
recherchés par la Police Nationale d’Haïti (PNH). De ces cent cinq (105)
candidats, quatre-vingt-quinze (95) se sont inscrits sous la bannière de
vingt (20) partis politiques dont les noms suivent :
1. PEP
2. OPL
3. LESPWA
4. FRN
5. FUSION
6. RESPE
7. UCCADE
8. PSR
9. MIDH
10. PONT
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
LAAA
UNION
FANMI LAVALAS
PUN
MIRN
KONBA
MODEHLPRH
PSH
ALAH
RDNP
4. Dix (10) autres candidats se sont inscrits sous la rubrique
« INDEPENDANT ». De plus, le parti Fanmi Lavalas s’est scindé en deux
(2) branches qui ont distinctement présenté leurs candidats. Le tableau
suivant présente les noms de tous les candidats inscrits :
NOM
PRENOM
I. ARTIBONITE
Frantz
Jean Willy
François Fouchard
François Anick
Manus
Luckner
Rigaud
Paul André
Billy
Amanus
Luvens
Michel
Michelet
II. CENTRE
Emmanuel Mc Grégore
Louis
Francisco
Willot
Dieuseul Simon
Rubens
Adher
Sauveur
III.GRAND-ANSE
PARTI POLITIQUE
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
4
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
Geffrard
Jean Baptiste
Bergrome
Joseph
Acceus
Désir
Saint-Pierre
Garçonnet
Racine
Maette
Guerrier
Fortuné
Louis
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
21.
Chevry
Estiverne
Delacruz
Joseph
Desras
St Germain
Marcelin
Delva
PEP
LAAA
LAAA
OPL
UNION
UNION
LESPWA
LESPWA
FANMI LAVALAS
FANMI LAVALAS
FRN
PUN
INDEPENDENT
FUSION
UNION
OPL
UCADDE
FANMI LAVALAS
LAAA
LESPWA
MIRN
22.
23.
24.
25.
26.
27.
28.
29.
Philippe
Bellefleur
Frédérick
Laplanche
Gilles
Revange
Roumer
Pleteau
30.
31.
32.
33.
34.
35.
36.
37.
38.
39.
Tropnas
Janty
Frantz
Privert
Barbier
Vilson
Gaspard
Mazile
Volcy
Noël
40.
41.
42.
43.
44.
45.
46.
Mompremier
Nawoon
Jean René
Charles
Moïse
Samson
Bell
47.
48.
49.
50.
51.
52.
53.
54.
55.
56.
57.
58.
Saint-Jacques
Pierre
Marital
Pierre Louis
Elie
Charles Pierre
Joachim
Laveau
Dorsaint
Rozefort
Joazile
Florestal
59.
60.
61.
62.
63.
64.
65.
Hyppolite
Duroseau
Jeannot
Sainvil
Fleurinord
Desamours
Charles
66.
67.
Cheron Bernard
Emmanuel
Guy
Marie Aurore Laine
Jean Lavaud
Jean Fritz
Louis Gérald
Fritz
Jean Maxime
Larousse
IV. NIPPES
Wilfrid
Jean William
Robert Monde
Jocelerme
Anthony
Louberson
Serge Delva
Garry Joseph
Assad
Chrisnet
V. NORD
Marie Gislène
Marcellus
Laguerre
Elusca
Jean Charles
Antoine Rene
Angelot
VI. NORD-EST
Bind
Jean René
Chena Pierre
Derex
Altagrace
J. A. Karl
Armand
Herns
Etheart
Fritz Gérald
Jean Rodolph
Paulin
VII. NORD-OUEST
Mélius
Flaubert
Jacques Palmira
Lucas
Lucas
Henry
Saturné
VIII. OUEST
Evelyne
Joseph Wesner
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
FRN
FUSION
RESPÈ
OPL
FANMI LAVALAS
UNION
LESPWA
FANMI LAVALAS
UNION
KONBA
LAAA
INDEPENDANT
FUSION
LESPWA
FANMI LAVALAS
RESPE
UCADDE
INDEPENDENT
FUSION
FANMI LAVALAS
MODELH PRDH
OPL
LESPWA
UNION
FANMI LAVALAS
KONBA
INDEPENDANT
FANMI LAVALAS
LESPWA
UNION
OPL
OPL
LAAA
FANMI LAVALAS
FANMI LAVALAS
FUSION
INDEPENDANT
OPL
FANMI LAVALAS
FUSION
LESPWA
MIRN
RDNP
UNION
MIDH
INDEPENDANT
5
68.
69.
70.
71.
72.
73.
74.
75.
76.
77.
78.
79.
80.
81.
82.
83.
84.
85.
86.
87.
88.
89.
Jacques Jean
Garnier
Edouard
Claude
André
Louidor
Doran
Brutus
David
Delatour
Rudolph
John
Saint Jean
Beaubrun
Viau
Jean Reynold
Fils Aimé
Julio
Chéry
Gilles
Labissiere
Pierre
90.
91.
92.
93.
94.
95.
96.
97.
98.
99.
Mathelier
Jeamot
Banatte
Benoit
Comeau
Exile
Georges
Claude
Exius
Rousseau
100.
101.
102.
103.
104.
105.
Lahatte
Jean Pierre
Pierre
Derisier
Lambert
Paul
Marcel
Numa
Ernest Laventure
Marie Denise
Calixte
Schiller
Phélito
Cacsman
Basile
Pierre Paul
Prudent
Joseph Joël
Ronald
Evanns
Mario
Jean Pierre
Charles Henry Raymond
Dorcin
David
Victor
George André
Jena Luckner
IX. SUD
Jacques
Raymond
Cecile Laura
Laguerre
Marie Danielle
Oberdier
Pierre Simon
Bernard
Pierre Francky
Yves
X. SUD-EST
Hebert
Pierre Michel Joseph
Ricard
Yves
Wencesclass
Presler
PSR
PSH
LAAA
FUSION
FRONTCIPH
FANMI LAVALAS
FANMI LAVALAS
MODELH-PRDH
PUN
INDEPENDANT
KONBA
LESPWA
INDEPENDANT
RDNP
UNION
MIRN
PEP
INDEPENDANT
ALAH
PONT
INDEPENDANT
INDEPENDANT
FANMI LAVALAS
RESPE
LAAA
UCADDE
KONBA
ALAH
UNION
OPL
LESPWA
PSR
UNION
RDNP
OPL
FUSION
LESPWA
FANMI LAVALAS
5. Pour des raisons diverses, notamment, le non respect de la Loi Electorale,
vingt-six (26) candidats ont été écartés de la course électorale. Ce nombre
inclut les seize (16) candidats des deux (2) branches de Fanmi Lavalas. En
protestation, la branche du parti Fanmi Lavalas dirigée par le Docteur
Maryse NARCISSE a intenté une action en justice auprès de la juridiction des
référés. En date du 10 mars 2009, un jugement a été rendu, ordonnant la
réintégration du parti Fanmi Lavalas dans la course électorale. Ce
jugement a aussi exigé l’exécution provisoire de la décision par les autorités
électorales si les dossiers particuliers des candidats sont conformes à la
Loi Electorale. Le CEP ne considérant pas la juridiction des référés comme
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
6
étant compétente pour statuer sur un différend électoral, aucune suite n’a
été donnée à cette ordonnance. Parallèlement les partisans de Fanmi
Lavalas ont lancé une opération « porte fermée » le 19 avril 2009 pour
protester contre l’exclusion de Fanmi Lavalas dans la course électorale.
6. Soixante-dix-neuf (79) candidats ont été agréés par le CEP :
NOM
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
Garçonnet
Saint Pierre
Acceus
Désir
Fortuné
Bergrome
Jean Baptiste
Joseph
Louis
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
Marcelin
Estiverne
Chevry
Saint Germain
De La Cruz
Delva
Joseph
17.
18.
19.
20.
21.
Roumer
Revange
Bellefleur
Laplanche
Frédérick
22.
23.
24.
25.
26.
27.
28.
29.
Vilson
Tropnas
Barbier
Jeanty
Monde
Mazile
Assade
Noël
30.
31.
32.
33.
34.
Moïse
Samson
Mompremier
Charles
Laguerre
35.
36.
37.
Pierre-Louis
Elie
Joazile
PRENOM
I. ARTIBONITE
Paul André
Rigaud
Manus
Luckner
Michel
François Fouchard
Jean Willy
François Anick
Michelet
II. CENTRE
Adher
Louis
Emmanuel Mc Grégore
Rubens
Francisco
Sauveur
Willot
III.GRANDE-ANSE
Jean Maxime
Fritz
Marie Aurore Laine
Jean Fritz
Jean Lavaud
IV. NIPPES
Louberson
Wilfrid
Thomas Anthony
Jean William
Frantz Robert
Garry Joseph
Volcy
Chrisnet
V. NORD
Jean Charles
Antoine René
Marie Giselhaine
Elusca
Jean René Jacques
VI. NORD-EST
Lucien Derex
Altagrace
Jean Rodolphe
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
NUM
PARTI
1
1
5
5
31
39
39
41
53
LESPWA
LESPWA
UNION
UNION
PUN
LA.A.A
LA.A.A
OPL
INDEPENDANT
1
5
32
39
41
43
47
LESPWA
UNION
FUSION
LA.A.A
OPL
MIRN
UCADDE
1
5
32
41
44
LESPWA
UNION
FUSION
OPL
RESPE
1
5
32
35
39
44
47
56
LESPWA
UNION
FUSION
KONBA
LA.A.A
RESPE
UCADDE
INDEPENDANT
1
5
32
41
48
LESPWA
UNION
FUSION
OPL
MODELH-PRDH
1
5
32
LESPWA
UNION
FUSION
7
38.
39.
40.
41.
42.
Saint Jacques
Laveaux
Charles-Pierre
Joachim
Pierre
43.
44.
45.
46.
47.
48.
Sainvil
Charles
Desamours
Jeannot
Hyppolite
Fleurinor
49.
50.
51.
52.
53.
54.
55.
56.
57.
58.
59.
60.
61.
62.
63.
64.
65.
66.
John
Viau
Beaubrun
Gilles
Jacques
Basile
Claude
Prudent
Edouard
Jean Pierre
Cheron
Brutus
Fils Aimé
Saint Jean
Emmanuel
Labissiere
Dorcin
Pierre
67.
68.
69.
70.
71.
72.
73.
74.
Exius
Georges
Rousseau
Comeau
Banatte
Bernard
Jameau
Laguerre
75.
76.
77.
78.
79.
Lambert
Lahatte
Jean Pierre
Derisier
Pierre
Bind
Herns
Jacques André Karl
Armand
Jean René
VII. NORD-OUEST
François Lucas
Saturne
Henry
Jacques Palmira
Melius
Luc
VIII. OUEST
Joseph Joel
Mario
Gerard Jacques Evanns
Victor
Jean Marcel
David
Marie Denise
Rudolph
Ernest L
Jean Reynold
Bernard Evelyne
Cacsman
Raymond
Ronald
Joseph Wesner
Georges André
Julio
Jean Luckner
IX. SUD
Pierre Franky
Pierre Simon
Yves
Marie Danielle
Cecile Marie Laura
Jean Claude
Raymond
Joseph Benoit
X. SUD-EST
Wencesclass
Hebert
Pierre Michel Joseph
Yves
Ricard
35
39
41
41
54
KONBA
LA.A.A
OPL
OPL
INDEPENDANT
1
5
13
32
41
43
LESPWA
UNION
RDNP
FUSION
OPL
MIRN
1
5
13
17
26
31
32
35
39
43
45
48
49
50
51
52
55
57
LESPWA
UNION
RDNP
PONT
PSR
PUN
FUSION
KONBA
LA.A.A
MIRN
MIDH
MODELH-PRDH
PEP
INDEPENDANT
INDEPENDANT
INDEPENDANT
INDEPENDANT
INDEPENDANT
1
5
26
35
39
41
44
47
LESPWA
UNION
PSR
KONBA
LA.A.A
OPL
RESPE
UCADDE
1
5
13
32
41
LESPWA
UNION
RDNP
FUSION
OPL
7. L’opération « porte fermée » a été précédée d’une grève de la faim au local
de la Chambre des Députés. Parallèlement, la population attend la journée
du scrutin avec une peur alimentée par des rumeurs fusant de toutes parts
sur les possibilités de perpétration d’actes de violence le 19 avril 2009. Pour
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
8
ramener la confiance, le Gouvernement, de concert avec le CEP, a adopté
un ensemble de mesures dont entre autres :
Interdiction de circuler aux véhicules de transports publics ;
Interdiction de circuler aux motocyclettes ;
Interdiction de manifester sur la voie publique ;
Annulation temporaire du permis de port d’armes.
8. Parallèlement, le CEP s’est arrangé pour mettre à la disposition de
l’électorat plusieurs possibilités pour s’informer de son lieu de vote. De plus,
la veille du scrutin, dans plusieurs endroits du pays, les membres des
bureaux de vote ont dormi dans les centres de vote après avoir passé la
journée à y suivre un séminaire de formation. Un guide sur le déroulement
du scrutin leur a aussi été distribué.
III.
LE SCRUTIN : OBSERVATIONS DU RNDDH
9. Cinquante (50) observateurs nationaux ont été déployés par le RNDDH en
vue de couvrir le déroulement du vote dans neuf (9) départements du pays :
l’Ouest, le Sud, le Sud-est, les Nippes, l’Artibonite, le Centre, le Nord, le
Nord-est et le Nord-ouest. Les observations du RNDDH portent sur tous les
aspects de la joute électorale du 19 avril 2009.
A.
Observations générales
10. La population haïtienne a boudé les élections. Les raisons semblent
nombreuses. D’une part, parmi les mesures prises par le gouvernement,
l’interdiction de circuler en transport public a eu un impact négatif sur la
participation de la population au scrutin. D’autre part, les menaces à peine
voilées de violence au jour du scrutin, la moralité douteuse de certains
candidats qui n’ont pas su inspirer confiance à la population, la déception
de cette dernière vis-à-vis du comportement des actuels élus tant au niveau
du Pouvoir Législatif, du Pouvoir Exécutif qu’au niveau des Collectivités
Territoriales ne sont pas de nature à inciter la population haïtienne à
exercer son droit de vote. La campagne d’éducation civique menée par les
autorités en place n’a pas donné les résultats escomptés car, les outils
utilisés tels que les spots publicitaires, les affiches n’étaient pas accessibles
à toute la population haïtienne. De plus, le Président de la République a, en
date du 16 avril, prononcé un discours dans lequel il affirma que « si voter
est un devoir, il ne constitue pas une obligation », une déclaration qui a
rendu la population encore plus sceptique qu’elle ne l’était déjà vis-à-vis du
scrutin.
11. D’une manière générale, dans les différents centres visités le personnel des
bureaux de vote était au complet. Cependant, ils manifestaient une certaine
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
9
nonchalance, se déplaçaient fréquemment et inutilement, certains d’entre
eux dormaient, appuyés sur les sièges.
12. La liste électorale était visiblement affichée dans la grande majorité des
centres de vote visités. De plus, dans certains centres de vote, la liste était
affichée à la porte des bureaux et les noms de famille des électeurs admis
aux bureaux étaient classés par ordre alphabétique.
13. La Police Nationale d’Haïti (PNH) s’est mobilisée en vue d’assurer la sécurité
du scrutin. De nombreux agents de la PNH ont été remarqués tant au
niveau des centres de vote que dans les rues. Les quelques rares véhicules
privés qui circulaient ont fait l’objet de fouilles.
B.
Centres et bureaux de vote
14. Plusieurs centres de vote ont été déplacés pour être relocalisés en d’autres
endroits le jour-même du scrutin. Conséquemment les électeurs qui se sont
présentés aux locaux initialement indiqués n’ont pu voter et ont, par dépit,
décidé de rentrer chez eux.
15. L’ouverture des centres de vote oscillait entre 6 heures 30 et 8 heures du
matin. Plusieurs bureaux ont été placés dans une même salle, la plupart
du temps, exigüe. L’exemple le plus frappant est la concentration de sept
(7) bureaux de vote à la salle de réception de la Mairie de Pétion-ville,
éprouvant ainsi le secret du vote.
C.
Personnel électoral
16. Aux membres des bureaux de vote, aux agents de sécurité électorale et aux
superviseurs, le CEP a décidé d’ajouter des orienteurs chargés d’aider les
électeurs à remplir leur devoir civique. Une attention soutenue a été portée
aux personnes à déficiences physiques et aux analphabètes. Par ailleurs,
plusieurs membres de bureau de vote n’ont reçu ni maillots, ni badges en
vue de les différencier des autres personnes devant fréquenter les centres
de vote. Si les agents de sécurité électorale faisaient convenablement leur
travail, ces membres de bureau auraient dû être interdits d’accès aux
centres de vote. Les agents de sécurité électorale n’avaient à leur
disposition aucun matériel de travail, sinon un maillot les identifiant
comme tel. Il est important de souligner que les membres des bureaux de
vote ont eux-aussi boudé le scrutin.
D.
Matériels de vote
17. Dans la matinée-même du scrutin, les matériels sensibles ont été livrés
dans les centres de vote par des agents de la Mission des Nations-Unies
pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Cependant, ces derniers ont
remis les matériels à la première personne trouvée sur les lieux, sous seule
réserve que celle-ci affirme être un des membres de bureau.
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
10
18. De plus, dans les neufs (9) départements du pays où le RNDDH a observé le
scrutin, plusieurs bureaux affichaient un manque de bulletins. Citons à
titre d’exemple le Lycée Fito Gracia de Grand-Goave, le Lycée Henry
Christophe de Diquini, la mairie de Carrefour, l’Ecole Nationale de Faucher,
le Collège Georges Muller du Nord-est.
E.
Campagne électorale au jour du scrutin
19. De manière générale, au jour du scrutin, des affiches de campagne
électorale et des graffitis ont été constatés dans les centres de vote ou à
leurs environs. De plus, certains proches de candidats se sont rendus dans
les centres de vote, munis de posters de leur candidat et incitant les
électeurs à voter pour eux. Dans d’autres centres de vote, ce sont les
candidats eux-mêmes qui se sont rendus sur les lieux aux fins de
convaincre les électeurs. A titre d’exemples :
a) Au Lycée de Carrefour-Feuille, un proche du candidat Mario VIAU muni
d’un poster de ce dernier essayait de sensibiliser les électeurs.
b) Les membres de bureau des centres de vote situés dans la localité Bouzi,
première section communale de Fonds des Nègres, dans le département
des Nippes, ont été choisis dans d’autres zones, en dépit du fait que des
jeunes de la population aient manifesté leur volonté de faire partie du
processus. En protestation, l’électorat de la localité a décidé de bouder
en bloc le scrutin du 19 avril. Ayant été informé de cet état de fait, le
candidat du parti UNION, Wilfrid TROPNAS s’est rendu à Bouzi le jour du
scrutin en vue de sensibiliser la population sur l’importance d’exercer
son droit de vote. Parallèlement, le candidat de l’UCADDE pour le
département des Nippes, Assad VOLCY s’est lui aussi rendu à Bouzi et
invitait la population à voter en sa faveur. Pour avoir rappelé à ce dernier
que la campagne électorale est fermée, Wilfrid TROPNAS a été agressé par
un des gardes du corps qui accompagnaient Assad VOLCY.
c) Au lycée National de Terrier Rouge situé dans le département du Nordest, dans les bureaux de vote 11 et 12, des mandataires du parti
LESPWA essayaient de convaincre des électeurs de voter pour leur
candidat. Les mandataires du parti Fusion des Socio-démocrates se
sont insurgés contre ce comportement. Il s’en est suivi une vive
discussion qui a perturbé momentanément le vote.
F.
mandataires
20. Les mandataires des partis politiques n’ont pas consenti le déplacement par
conséquent, tous les bureaux de vote n’étaient pas pourvus de mandataires.
Et, ceux présents sur les lieux n’ont pas semblé bien imbus de leur mission.
Parfois, ils ne savent pas quel parti ils représentent et n’assistent pas au
déroulement du processus. Dans au moins un (1) bureau de vote, le
président, après avoir procédé au dépouillement des bulletins de vote,
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
11
cherchait le mandataire du parti en tête de classement en vue de lui
remettre le procès-verbal des résultats mais, ce dernier n’était pas joignable.
IV.
INCIDENTS ENREGISTRES LE JOUR DU SCRUTIN
21. En divers endroits du pays, des situations de tension se sont développés le
jour du scrutin. Les exemples sont nombreux :
A. Département de l’Ouest
a) Dans le département de l’Ouest, les responsables du centre de vote de la
Mission Baptiste de Fermathe, ont tenté de remplacer les membres de
bureau de vote retardataires par d’autres personnes, provoquant ainsi la
perturbation du centre. N’était-ce l’intervention du responsable du
Bureau Electoral Communal de Kenscoff, exhortant les superviseurs à
surseoir sur cette décision, la situation aurait perduré ; à CarrefourFeuilles, des jeunes de la zone ont pris d’assaut plusieurs bureaux de
vote pour exiger leur emploi immédiat en tant que membres de bureau.
Pour éviter une situation conflictuelle, les responsables des centres
placés dans cette zone ont dû procéder à la nomination de ces jeunes,
en remplacement des membres de bureau absents ; Par ailleurs, des tirs
nourris ont été enregistrés la veille du scrutin à la quatrième avenue
Bolosse, à Carrefour-Feuilles ;
b) Sur la route nationale # 2, à l’entrée de Faucher, des barricades
enflammées ont été entreposées.
B. Département du Sud
a) Au centre de vote placé à l’Ecole Notre Dame du Sacré-Cœur d’Aquin,
dans le département du Sud, il était aux environs de dix (10) heures du
matin, le jour du scrutin lorsque le Magistrat Montelus CONSTANT,
accompagné de ses partisans, a investi le centre de vote, muni de la
photo du candidat de LESPWA, Pierre Franky EXIUS en vue de porter les
électeurs à voter pour lui.
C. Département du Nord-est
a) Dans le département du Nord-est, le jour du scrutin, il était aux
environs de dix (10) heures du matin lorsque des hommes armés à la
solde du candidat parti Fusion des Socio-Démocrates, Jean Rodolphe
JOAZIL ont investi le centre de vote du Collège Georges Muller situé à
Ouanaminthe. Arrivés au bureau de vote # 13, ils se sont emparés d’une
boite de bulletins et d’une urne. Le Président du Bureau Electoral
Communal Abdonel JEAN ainsi que le Secrétaire Général s’y sont
opposés. Une vive dispute s’en est suivie, au cours de laquelle ces deux
(2) derniers ont dégainé leur arme. Dans la foulée, des jets de pierres et
des tessons de bouteille sont lancés, un agent de l’Unité
Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO), Harold DORCIUS,
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
12
affecté au Commissariat de Ouanaminthe, a reçu une pierre à la tête. Les
autorités du Bureau Electoral Communal ont décidé d’annuler le scrutin
au niveau du bureau # 13 susmentionné. Dans la foulée, la PNH a
procédé à l’arrestation de trois (3) personnes. Par la suite, le candidat
susmentionné a été arrêté avec en sa possession une boite de bulletins.
Il fut libéré après quelques minutes.
b) Au lycée National de Terrier-Rouge, le Vice-Président du bureau de vote
# 4, Bens ANGRAND, a été giflé par Wilner FRANCISQUE, un partisan du
candidat de LESPWA, Derex Lucien PIERRE-LOUIS, pour avoir refusé de
confier à son agresseur un lot de bulletins préalablement signés.
D. Département du Centre
a) Certains candidats du département du Centre décriés à cause de leur
passé douteux, avaient suscité, dès le début du processus électoral, de
sérieuses préoccupations quant à la réalisation des élections dans ce
département. Cependant, quatre (4) d’entre eux, lourdement armés,
avaient sous leur férule, des zones bien déterminées. Willot JOSEPH de
l’UCCADE, contrôlait les communes de Maïssade et de Hinche ; Adher
MARCELIN de LESPWA, la commune de Hinche et une partie de la
commune de Mirebalais, Grégory CHEVRY de la Fusion des Sociodémocrates avait sous sa coupe la commune de Mirebalais tandis que
Rubens SAINT GERMAIN de LAAA avait la mainmise sur la commune de
Lascahobas.
b) La veille des élections, Grégory CHEVRY, circulant à bord d’un véhicule et
accompagné de personnes lourdement armées se rendait à Hinche.
Arrivés à Inquite, première section communale de Juanaria, Willot
JOSEPH est intervenu pour le porter à rebrousser chemin. Il s’en est suivi
une vive dispute au cours de laquelle un agent de la PNH aurait été giflé
par Willot JOSEPH. N’était-ce l’intervention du directeur départemental
du Centre de la PNH, portant les deux (2) antagonistes à baisser leurs
armes, un bain de sang aurait été provoqué. Grégory CHEVRY est
retourné à Mirebalais et Willot JOSEPH, chez lui.
c) A Maïssade, le jour du scrutin, aux environs de trois (3) heures du
matin, le candidat Willot JOSEPH s’est rendu chez les membres des
bureaux de vote, les a forcés à monter à bord de son véhicule pour
procéder à la signature de plusieurs bulletins de vote en sa possession.
Ensuite, Willot JOSEPH et ses partisans ont rempli tous les bulletins de
vote de Maïssade, au point qu’à sept heures quarante du matin (7 : 40
am), aucun électeur de Maïssade n’a pu trouver un bulletin disponible
pour voter.
d) Le même jour, plusieurs hommes lourdement armés dont Molet CELESTIN
et Michel-Ange JEUNE, accompagnés de Me Jean René MICHEL, ancien
Commissaire du Gouvernement, partisan farouche de Willot JOSEPH,
avocat de l’UCCADE, pilotant un véhicule Land Cruiser de couleur
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
13
blanche se sont rendus au centre de vote de l’Ecole Normale de Papaye.
Ils ont investi le centre de vote susmentionné et ont rempli les urnes au
profit de Willot JOSEPH. Ils en ont profité pour prendre un lot de bulletins
vierges et le véhicule a mis le cap sur Los Palis. Dans cette commune, la
PNH a procédé à l’arrestation de deux (2) jeunes, Conty BAUDELAIRE et
Joham PIERRE, en possession de plusieurs lots de bulletins de vote
remplis pour le compte de Willot JOSEPH et identifiés comme faisant
partie de l’UCCADE. Ils furent conduits au Commissariat de Hinche. Sur
requête du chargé de Mission du Ministère de l’Intérieur et des
Collectivités Territoriales, Denis PIERRE, contresignée par Me Jean
René MICHEL, ces deux (2) jeunes ont été libérés par le Commissaire du
Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Hinche, Me
Pierre Harry ALEXIS qui a ordonné leur libération parce qu’il se sentait en
danger. Dans cette requête, Me Jean René MICHEL et Pierre DENIS se sont
portés garants de la présentation de ces deux (2) jeunes, le lundi 20 avril
2009 au Parquet près le Tribunal de Première Instance de Hinche.
Cependant, à la date susmentionnée, ils ne s’y sont pas rendus.
e) Pour prouver leur mécontentement face aux événements enregistrés au
centre de vote de l’Ecole Normale de Papaye, les partisans du candidat
de LESPWA sont intervenus dans le centre de vote susmentionné, ont
brutalisé les membres des bureaux de vote et les électeurs, déchiré les
bulletins de vote et écrasé les urnes, en violation de l’article 199 de la
Loi électorale qui stipule ce qui suit :
« Est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans le
fait par toute personne :
a) D’empêcher ou tenter d’empêcher le fonctionnement d’un
bureau de vote ;
b) ….
c) De troubler l’ordre par voies de fait ou violence, ou par toutes
autres manœuvres portant atteinte au processus électoral. »
f) A Lascahobas, Rubens SAINT GERMAIN, candidat sous la bannière de
Ayiti An Aksyon pour le département du Centre, accompagné d’un
groupe d’individus armés a pris en otage des centres de vote, forcé les
électeurs, les mandataires et les membres des bureaux de vote à sortir,
ce pour leur permettre de remplir les urnes. Le censeur du Lycée
Salnave ZAMOR, Richardson JACOB, représentant de l’OPL dans cette
commune, a été agressé au sein-même du centre de vote situé dans le
Lycée susmentionné, et son portable a été saisi par les partisans de
Rubens SAINT-GERMAIN. Des correspondants des stations de radio Vision
2000, Métropole, Kiskeya ont eux aussi été agressés. Le
magnétophone du correspondant de Radio Métropole a été saisi et la
cassette brisée.
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
14
g) A Mirebalais, il était une heure du matin lorsque des tirs nourris ont été
entendus aux environs des centres de vote situés à Ledier, 3ème section
communale de Sarazin. De plus, dans la localité de Sarazin, section
communale de Sarazin, il était aux environs de trois heures du matin
(3 :00 am) lorsque des individus armés essayaient de créer la confusion
en vue de s’approprier des bulletins de vote qu’ils croyaient être placés
au centre de vote situé à l’Ecole Nationale de Sarazin. Lorsqu’ils ont
appris que les bulletins étaient plutôt entreposés au dispensaire de
Sarazin, ils s’y sont rendus. Pour s’être opposé aux individus armés,
Alnor FILS-AIME, le superviseur principal affecté au centre de vote de
l’Ecole Nationale de Sarazin, a reçu un projectile au visage, non loin de
la bouche. Ces mêmes individus armés ont forcé l’agent de sécurité
électorale, Euël VIXAMAR à transporter les bulletins jusque dans leur
véhicule. Parallèlement, les partisans de Grégory CHEVRY candidat du
parti Fusion des Socio-démocrates dont la plupart sont venus de Portau-Prince, lourdement armés, ont investi plusieurs centres de vote,
battu des membres de bureaux et des électeurs et brisé des matériels de
vote.
h) Au centre-ville de Mirebalais, vers six heures du matin (6 : 00 am), des
partisans du parti LESPWA ont fait irruption dans le centre de vote
placé au Lycée de Mirebalais, menacé les membres des bureaux de vote
arguant que le scrutin ayant été interrompu à Sarazin, il doit aussi l’être
au centre-ville de la commune de Mirebalais. Quelques minutes plus
tard, les partisans de la Fusion des Socio-démocrates ont investi le
local du Lycée susmentionné, y ont pris les bulletins et les urnes et les
ont jeté par terre.
i) Des individus armés circulant à bord d’un pick-up gris, affecté au
service de l’Etat, ont tiré sur le centre de vote EFACAP. Par la suite, tout
en clamant la victoire de leur candidat, les partisans de la Fusion des
Socio-démocrates ont investi le centre de vote de l’EFACAP, déchiré les
bulletins et ont gagné les rues de Mirebalais, manifestant avec violence,
saccageant le bureau électoral communal de Mirebalais, tentant de
mettre le feu au pick-up gris susmentionné qui a été épargné sur
intervention du Maire Principal de Mirebalais Lochard LAGUERRE. Notons
que l’actuel Maire de Mirebalais Lochard LAGUERRE était membre
fondateur d’une organisation armée dénommée Mete lòd nan dezòd,
proche du pouvoir Lavalas, qui opérait à Mirebalais au cours de la
période allant de 1995 à 2000. Suite à l’arrestation de l’un des leurs qui,
torse nu, conduisait un véhicule, les membres de cette organisation ont
fomenté, le 5 février 1998, une attaque armée contre le commissariat de
Mirebalais. Cette attaque s’est soldée par l’assassinat de Rucelin
DORNEUS, commissaire de police responsable d’alors du commissariat et
de Jean MERISIER, un passant.
j) Pour avoir été empêché d’incendier le pick-up gris, en représailles, les
manifestants ont brisé la vitre du véhicule de Lochard LAGUERRE. De
plus, ils ont brisé la vitre d’un véhicule stationné chez un citoyen du
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
15
nom de Grégory JOSEPH avant de se diriger vers le Wozo Hotel,
propriété du Ministre de l’Agriculture et des Ressources Naturelles,
Joanas GUE, en menaçant de l’incendier.
k) Vers huit heures du matin (8 :00 am), la PNH a procédé à Savanne La
Coupe, Bayasse, une habitation de la section communale de Sarazin, à
l’arrestation de Eddy PIERRE NOËL, qui pilotait un Nissan Patrol gris,
immatriculé AA03774, appartenant au deuxième Sénateur du
département du Centre, Wilber JEAN JACQUES. Selon la PNH, des armes
et des bulletins de vote ont été retrouvés dans le véhicule.
l) A Saut–d’eau, vers neuf heures du matin (9 :00 am), un commando
armé est intervenu. Ces individus se sont rendus au centre de vote placé
à l’Ecole Nationale D’Estaing-ville, section communale La Selle et ont
semé la pagaille, portant les membres des bureaux de vote ainsi que les
électeurs à s’enfuir.
m) La PNH était dépassée par les événements survenus le 19 avril 2009 au
département du Centre. Un policier seulement était affecté à chaque
centre de vote. Les agents de la MINUSTAH, pour leur part, ont brillé par
leur indifférence. Selon les riverains, la MINUSTAH n’est intervenue que
pour sécuriser le bâtiment logeant le Wozo Hôtel situé à Mirebalais,
lorsque la foule en délire a menacé de l’incendier.
n) L’appareil judiciaire, déjà en faiblesse dans le département du Centre n’a
fait montre d’aucune rigueur en ce qui a trait aux événements, en dépit
du fait que la permanence aux niveaux des parquets et des tribunaux de
paix ait été déclarée. Plusieurs magistrats, à divers niveaux, sont
dénoncés comme étant partisans inconditionnels de Willot JOSEPH. De ce
fait, les nombreux individus armés, à la solde de ce dernier ainsi que
Willot JOSEPH lui-même bénéficient d’une permissivité illimitée dans le
département. Suite aux événements survenus dans le département du
Centre, quatre (4) plaintes ont été enregistrées au niveau des Tribunaux
de Première Instance de Hinche et de Mirebalais. Deux (2) d’entre elles
faisaient état de coups et blessures et de tortures infligées à l’encontre
de Nobert POMPEAL et d’Ezechias POINCY. Le Parquet près le Tribunal de
Première Instance de Hinche a aussi reçu des deux (2) plaignants
susmentionnés, deux (2) citations au correctionnel. La troisième plainte
a été déposée par la Sénateur Edmonde SUPPLICE. La quatrième plainte,
déposée par Marie Louise Paulas MORETTE contre le candidat du parti
LAAA Rubens SAINT-GERMAIN a donné lieu, le 7 mai 2009, à un jugement
au correctionnel. Me Sorel DUMORNAY, doyen du Tribunal Civil de
Mirebalais, siégeant au jour du jugement, a rendu une ordonnance de
dépôt de pièce pour statuer. Cependant, la plaignante ne s’est pas
présentée. De plus, Eddy PIERRE NOËL, accusé de fraudes électorales au
préjudice de l’Etat Haïtien a été reconnu coupable par le tribunal
correctionnel de Mirebalais qui l’a condamné à une amende de quinze
milles (15.000) gourdes et à deux cent cinquante (250) gourdes de frais
envers l’Etat.
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
16
22. Le candidat du parti LESPWA, Adher MARCELIN, a revendiqué dans
plusieurs médias du pays, les actes de violence qui ont été perpétrés dans
le département du Centre. Le lendemain du scrutin, plusieurs candidats
dans différents départements du pays se sont autoproclamés vainqueurs
des élections avant même la publication des résultats.
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
23. Les stratégies utilisées par le Pouvoir Exécutif tant pour la formation de
l’actuel CEP que pour l’adoption de la Loi Electorale n’ont pas été inclusives.
Additionné aux mesures prises par les autorités au jour du scrutin, la
population haïtienne a boudé les élections en raison du mauvais
comportement affiché par les actuels parlementaires, le manque de
confiance dans le processus électoral, les suspicions envers des candidats
impliqués dans des assassinats spectaculaires, des actes de blanchiment
des avoirs, de trafic illicite de stupéfiants et de violation de droits humains.
24. De manière générale, les murs et les places publiques étaient couverts de
posters de candidats, de graffitis et d’affiches électorales le jour du scrutin
alors que la campagne électorale était fermée.
25. Nombreux sont les candidats et leurs partisans qui sont intervenus dans
les centres de vote, ont volé ou tenté de voler des urnes et des bulletins à
des fins répréhensibles, au mépris total de la Loi Electorale notamment des
articles 200 et suivants de cette Loi. Plusieurs candidats, bénéficiant de
l’appui du pouvoir en place s’estiment au-dessus de la Loi.
Conséquemment, ils ont fait campagne avant et au jour du scrutin avec des
hommes lourdement armés et se sont rendus coupables de plusieurs actes
de violence, en dépit des articles 211.2 et 211.3 de la Loi électorale qui
punissent ces infractions. Au vœu de l’article 211.2, les candidats
impliqués dans des actes de violence doivent tout simplement être écartés.
En effet, cet article dispose que :
« S’il s’agit d’un candidat qui, au cours des élections auxquelles il
participe en cette qualité, a commis un des crimes ou délits ci-dessus
mentionnés, il ne pourra briguer aucune fonction élective ni occuper
aucune fonction de l’Etat que cinq (5) années après l’expiration du
temps pendant lequel ont été suspendus ses droits civils et politiques
et de famille. »
26. Dans le département du Centre, le Député Willot JOSEPH, se retranchant
derrière son immunité parlementaire, Grégory CHEVRY, Rubens SAINTGERMAIN et Adher MARCELIN sont les principaux auteurs des actes de
violence survenus le 19 avril 2009. Ces actes de violence auraient pu être
évités si le CEP avait pris en considération les différentes recommandations
relatives à la mise à l’écart des candidats décriés en raison de leur
implication dans des actes répréhensibles. Si certains candidats se sont
affichés, il n’en reste pas moins que la majorité des candidats du
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
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département du Centre avaient leur plan pour gagner les élections, ce, non
par les urnes mais, par des manœuvres déloyales. Seuls les candidats
Estiverne LOUIS et Delva SAUVEUR ne semblent pas être impliqués dans les
actes de violence enregistrés dans le département du Centre.
27. Fort de tout ce qui précède, le RNDDH recommande au CEP :
D’afficher dans un délai de trente (30) jours avant les élections, dans les
BEC et dans les BED, la liste des électeurs, tel que prescrit par la Loi
Electorale ;
De mettre à jour les listes électorales générale et partielles ;
De sécuriser tous les centres de vote du pays et de les communiquer au
public ;
D’identifier clairement les membres des bureaux de vote ;
D’interdire à l’avenir, aux parlementaires en fonction de faire campagne
pour des candidats en course électorale ;
D’interdire aux candidats de se faire escorter d’hommes armés pour
assurer leur sécurité et porter la PNH à mettre un policier à leur
disposition ;
De porter les candidats à notifier à la PNH, au moins vingt-quatre (24)
heures à l’avance, toute rencontre qu’ils comptent réaliser avec la
population ;
D’appliquer strictement la Loi Electorale vis-à-vis de tous les candidats
impliqués dans les actes de violence ayant entrainé l’annulation des
élections dans le département du Centre, notamment, le candidat de
l’UCCADE, Willot JOSEPH, le candidat de la Fusion des Socio-démocrates,
Grégory CHEVRY, le candidat d’Ayiti An Aksyon, Rubens SAINT-GERMAIN et
de transférer leurs dossiers au Parquet de leur juridiction respective pour
la mise en mouvement de l’action publique à leur encontre.
Rapport du RNDDH sur les élections sénatoriales partielles
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