(2018) Building to Learn: ECDAN Symposium, Haiti
Summary — The Haiti ECDAN symposium on school environments and learning, 2018. Text extraction is sparse — the document is largely presentation slides.
Full Document Text
Extracted text from the original document for search indexing.
ECDAN ‐ Réseau d’action pour le développement de la petite enfance en Haïti
Symposium, février 2018
Construire et aménager les espaces de prise en charge
des jeunes enfants pour faciliter le développement des apprentissages
Evelyn Margron, Educatrice
Christian Ubertini, Architecte
UNE RÉFLEXION PAR DEUX PROFESSIONNELS
PRÉOCCUPÉS PAR LA QUALITÉ
Evelyn, éducatrice de jeunes enfants, et Christian, architecte,
spécialiste en infrastructure scolaire
Leurs échanges ont alimenté une réflexion
sur l’impact du bâti scolaire sur les apprentissages…
POINT DE DEPART :
LA THÉORIE DES INTELLIGENCES MULTIPLES
Howard Gardner (1980): Il existe plusieurs formes d’intelligence.
Le défi des éducateurs d’aujourd‘hui est de trouver en quoi /
comment les enfants sont intelligents et comment alimenter,
encourager, développer ces intelligences multiples dans le cadre
d’espaces sociaux et physiques donnés.
Comment la conception et la construction des espaces éducatifs peuvent
favoriser l’épanouissement de ces diverses formes d’intelligence ?
INTELLIGENCES ET ESPACES PHYSIQUES BATIS
Les intelligences s’expriment et se développent dans des espaces
physiques, naturels ou bâtis, qui, comme les espaces sociaux,
influencent leur développement.
« Un espace n’est jamais neutre. Il suscite
des sentiments, il incite à des attitudes, il
provoque des comportements […].
En classe, plus encore que dans une maison,
l’aménagement de l’espace est au service de
ce que l’on veut faire. Il traduit la pédagogie
de l’enseignant-e, son attitude dans la
relation avec les enfants, sa conception de
l’apprentissage.”
Jacqueline Caron, Montréal 1994
Éditions de la Chenelière
1.
INTELLIGENCE KINESTHESIQUE ET BATI SCOLAIRE
Les enfants adorent tous courir, être en mouvement. Comment les
espaces qui leur sont consacrés (ici, les écoles) peuvent‐ils tenir
compte de cette caractéristique et encourager le développement de
l’intelligence kinesthésique ?
Suggestion:
Ici, l’architecte cherchera à inciter le mouvement, notamment par des
surfaces libres (courbes et non planes) qui peuvent s’obtenir de diverses
manières nécessitant plus ou moins de moyens et d’espaces.
ECOLE DE GANDO, BURKINA
ARCH. FRANCIS KERE
2.
INTELLIGENCE INTERPERSONNELLE ET BATI SCOLAIRE
Ils aiment aussi à certains moments, se rassembler tranquillement en petits groupes, pour
discuter, échanger, se chicaner, etc. Ce qui implique l’usage de l’intelligence
interpersonnelle.
Suggestion:
L’image qui pourrait servir de référence ici est celle de l’arbre « anba piye bwa », qui offre
un espace à l’air libre et ombragé favorable au regroupement. Dans l’enceinte de l’école,
l’architecte cherchera à exploiter au maximum les espaces à l’air libre et couverts, les
éventuelles zones arborisées, pour y créer les conditions minimales pour que les gens
puissent s’asseoir (propreté, banquette, etc.).
Il faudra aussi privilégier des espaces en cuvettes qui incitent naturellement à « descendre
dans la place », plutôt que des espaces surélevés qui sont plus exclusifs et réservés à ceux
qui peuvent « monter sur le piédestal ».
ECOLE DE GANDO, BURKINA
ARCH. FRANCIS KERE
REGROUPEMENT
DESCENDRE DANS LA PLACE
MONTER SUR UN PIEDESTAL
3.
INTELLIGENCE INTRAPERSONNELLE ET BATI SCOLAIRE
Ils aiment parfois être seul, ou juste a coté d’un ami, pour réfléchir, feuilleter un livre, pleurer, se
consoler, etc. utiliser l’intelligence intrapersonnelle
Suggestion :
Ici, ce qui vient à l’esprit c’est l’image de la grotte ou de la niche, qui offre un dos protecteur et une
atmosphère stable avec une lumière appropriée. Ces espaces sont difficiles à trouver dans la
conception standard des salles de classes et des écoles. Il faudra les créer. Pour ce faire, l’architecte
essayera d’aménager des espaces en marge, dans lesquels il contrôlera la forme de l’espace (plus de
murs que d’ouvertures), la lumière (indirecte et tamisée) et les couleurs des parois (couleur chaudes). Il
privilégiera également l’utilisation de matériaux naturels (bois, pierre, terre cuite).
Une attention particulière devra être portée afin que ces espaces ne deviennent pas
« claustrophobiques ». L’astuce architecturale qui consiste à ne pas monter les murs jusqu'au plafond
(voir cliché plus loin) et qui décloisonne l’espace, permettra d’éviter cette sensation non‐souhaitée.
ECOLE AU BANGLADESH
ARCH. ANNA HERINGER
ECOLE AU BANGLADESH
ARCH. ANNA HERINGER
ESAPCE ENTRE MUR ET PLAFOND
QUI DECLOISONNE L’ESPACE
ECOLE DE GANDO, BURKINA
ARCH. FRANCIS KERE
4.
INTELLIGENCE NATURALISTE ET BATI SCOLAIRE
Les jeunes enfants sont toujours curieux de tout, ont besoin de voir, d’observer, de
toucher, de comprendre. Comment entretenir cet outil (la curiosité naturelle), essentiel
pour le développement de l’intelligence naturaliste ?
Suggestion:
Ici, on cherchera à entretenir la curiosité et à inciter l’observation en mettant le spectateur
en condition d’observer tout et rien.
Il n’est ici pratiquement pas question d’infrastructures, mais d’avantage de mise‐en‐scène
des éléments qui se trouvent déjà sur le site. Ainsi, un trou dans un mur, un escalier autour
d’un arbre suffiront déjà à découvrir par l’observation.
En matière d’observation, les ressources de la nature (faune et flore) sont intarissables.
L’aménagement de petits jardins potagers, de mini‐étangs, etc. dans l’enceinte de l’école
CURIOSITE
permettrait d’entretenir à moindre coûts, la curiosité des enfants.
INCITER L’OBSERVATION
JARDIN D’ENFANT AU JAPON
ARCH. TEDYUKA ARCHITECTS
5.
PARENTS ET BATI SCOLAIRE
Comment refléter l’importance que doit accorder l’école aux parents et à la communauté ?
Suggestion:
L’implication des parents et de la communauté commencent dans le processus même de
conception et de construction de l’école. L’architecte deviendra l’architecte de la communauté,
et la communauté, sera son client. Un client qui pourra aussi mettre « la main à la pâte » lors
des travaux de construction.
Si, pour des raisons techniques, les parents ne peuvent pas participer directement aux travaux
de construction (standards, risques, etc.), l’architecte peut les impliquer différemment. Par
exemple, en les faisant participer dans l’aménagement des espaces extérieurs, dans la
conception et la fabrication des jeux ou dans l’amélioration des chemins d’accès à l’école, etc.
En matière d’infrastructure, l’architecte veillera aussi à aménager un espace de rassemblement
pour les parents en dehors des heures de cours, qui peut être le même que celui utilisé par les
enfants la journée.
ECOLE DE GANDO, BURKINA
ARCH. FRANCIS KERE
6.
CREATIVITE ET BATI SCOLAIRE
Les enfants sont spontanément créatifs. Comment livrer un bâtiment créatif à la mesure de leur
propre créativité et qui nous inspire ?
Réponse :
Cette question de comment mieux concevoir des bâtiments scolaire pour la petite enfance, en
amène une autre : QUI ? pour concevoir ce type d’espace. Des architectes ? des pédagogues ? des
parents? des artistes ? des bricoleurs ?
Probablement un peu de tout ça.
L’architecte doit pouvoir s’entourer d’une équipe pluridisciplinaire et démontré une sensibilité
particulière pour développer des projets avec un grand soucis des détails (matériaux, couleurs,
lumière, sons, etc.).
En effet, ici plus qu’ailleurs, les détails ont une importance capitale pour susciter des sentiments,
inciter des attitudes et provoquer des comportements.
L’ECOLE COMME UN ESPACE DE DECOUVERTE
JARDIN D’ENFANT AU JAPON
ARCH. TEDYUKA ARCHITECTS
SOUS-ESPACES
MIXITE DES MATERIAUX
SIMPLICITE / PROPRETE
ECOLE A KIGALI, RWANDA
ARCH. MASS DESIGN GROUP, BOSTON
ECOLE DE LA DIGNITE A JACMEL
ARCH. ARCHITECTS FOR HUMANITY
SOINS DES DETAILS
MISE EN SCENE
COULEUR / AMBIANCE / MATERIAUX
ECOLE MATERNELLE A AGADIR, MAROC
ARCH. COLLECTIF MAMOTH ET AUTRES
LE DOSAGE DES COULEURS
ECOLE NATIONALE DE BERQIN A MIRAGOANE, HAITI
DE L’IMPORTANCE D’EXPERIMENTER LE CHANGEMENT
L’ambition de la Qualité est aussi une ambition de changement. L’architecture et
l’Education étant deux domaines relevant de l’émotion, ils sont, part essence,
résistants aux changements.
Pourtant, les évolutions et les changements sont possibles, même dans ces
domaines émotifs, même en Haïti. Nous pouvons citer ici l’exemple des
nouveaux plans‐types du MENFP pour les écoles fondamentales, qui proposent
une conception de salle de classe « ouverte et lumineuse » en opposition aux
salles de classes traditionnellement fermées et sombres.
Cette plus‐value de confort expérimentée par les utilisateurs, de plus est dans
les écoles publiques, peut être considéré comme un premier pas significatif
vers le changement souhaité.
SALLE DE CLASSE SELON
PLANS‐TYPES DU MENFP
ECOLE NATIONALE DE BERQIN A MIRAGOANE, HAITI
PLANS‐TYPES DU MENFP
QUELQUES INSPIRATIONS
Complexe scolaire de Gando, 2001
Diébédo Francis Kéré, Burkina
Fuji kindergarden, Tokyo, 2007
Tezuka Architects
Ecole Maternelle d’Aknaibich au
Maroc. Collectif Mamoth et all.
Learn move playground, Vittoria
Capresi / Barbara Pampe, 2013
School in Rudrapur, Bangladesh
Arch. Anna Heringer
Eline Deleval, Architecture scolaire
et pédagogie, 2016