(2016) Preliminary Reflections on Haiti's School Building Stock (IDB)
Summary — An IDB note thinking through the problem of Haiti's school building stock before the 2017 stocktaking — the framing that shaped what was then measured.
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CHA-EDU
Réflexions préliminaires vers une politique
du développement du parc scolaire public
en Haïti basée sur les expériences et les
leçons apprises
Note pour consultation
25 septembre 2016
Christian Ubertini
Spécialiste en infrastructures scolaires
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Nota
Tous les chiffres présentés dans ce document sont des hypothèses de travail tirées de
l’interprétation des données du recensement 2013-14 de la DPCE. Ils dressent une tendance qui
peut constituer la base d’une vision à moyen terme. Un travail de micro-planification devra
préciser les besoins réels et l’organisation de l’offre scolaire au niveau communal.
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Résumé
Ce document présente les conditions techniques de base pour lancer un possible programme
national sur la construction et la réhabilitation d’infrastructures scolaires dans les dix
départements du pays, à meilleur coût-qualité et en tenant compte des expériences et leçons
apprises.
Il se base sur une hypothèse qui tend à démontrer comment la mise à niveau, selon les standards
9+2 (9 classes du fondamental complet + 2 classes du préscolaire), des seules écoles et institutions
publiques recensées dans le pays, pourrait aboutir au doublement de l’offre publique actuelle et
tendre ainsi vers la parité avec le secteur privé. Ceci en conformité avec les engagements pris par
le pays en matière de taux de scolarisation (réf. Déclaration d’Incheon, 2015) et en matière de
réhabilitation de l’offre publique (Engagement 1, du Pacte National pour une Education de Qualité,
MENFP, 2015).
Pour ce faire, il est nécessaire de définir une politique et des stratégies adaptées afin de relever le
défi de la mise à l’échelle de la construction d’infrastructures scolaires sur l’ensemble du territoire.
D’un point de vue technique, cette stratégie, principalement tournée vers une diversification et une
décentralisation/déconcentration de la maitrise d’ouvrage, peut se résumer en 10 axes basés sur
les expériences et leçons apprises, pour lesquels des plans d’actions devront être élaborés et misen-œuvre. D’un point de vue financier, des alternatives doivent être trouvées pour définir des
mécanismes de financement et des procédures de gestion des fonds adaptés pour permettre un
investissement moyen, selon un scénario minimum, de 800'000 USD par département et par année
sur une période de 10 ans, qui permettrait un rythme de construction minimal de 400 salles de
classes par année dans le pays et 4000 en dix ans.
D’un point de vue politique, le développement et la mise à niveau du parc solaire public doit encore
être mise sur l’agenda des priorités, tant au niveau central du MENFP qu’au niveau des collectivités
territoriales, afin d’engager les moyens adéquats et mobiliser l’ensemble des acteurs vers cet
objectif.
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Le défi de la mise à l’échelle
En termes d’infrastructures, la mise à niveau des écoles existantes dans les standards 9+2,
représenterait, pour le seul parc scolaire public, la construction et la réhabilitation d’environ
18'7671 salles de classes (dont environ 5'420 préscolaires, 6'168 1er et 2e cycle, et 7'129 3e cycle)
sur l’ensemble du territoire avec les équipements annexes associés. Sur ces 18'767 salles de
classes, environ 7'450 (41%) compléteraient les écoles nationales qui fonctionnent déjà dans des
bâtiments plus ou moins normalisés. Le reste, sont des classes pour des effectifs logés
actuellement dans des bâtiments non normalisés (églises, maisons privées, tonnelles, etc.). Des
salles de classe qui devraient être reconstruites et relocalisées en fonction de cartes de microplanification en cours d’élaboration.
Du côté de la performance du secteur, on estime que les récents programmes de construction
d’écoles dites « permanentes », démarrés en 2011-2012 après le tremblement de terre, financés
par les bailleurs et mis en œuvre par les partenaires d’exécution (FAES, UTE, Coopération suisse
DDC, UNICEF, Croix-Rouge espagnole, Fondation Digicel), ont permis de construire et réhabiliter
environ 1’000 salles de classes2 en 5 ans (voir tableau ci-dessous). A ce rythme, les besoins actuels
seront comblés à l’horizon de l’an 2100 !
Déficit salles de classe secteur public (estimatif)
18000
Nb de salles construites depuis 2012 (projections)
1800
Nb de salles construites depuis 2012 (effectif)
1200
0
4000
8000
12000
16000
20000
Tableau 1: Panorama 2013-2014 tous secteurs confondus
L’écart entre les besoins et les performances du secteur montre clairement les limites de
l’approche actuelle, caractérisée par une maitrise d’ouvrage et une maitrise d’œuvre centralisée.
Si cette approche se révèle pertinente pour des projets ponctuels, complexes ou en milieu urbain,
elle se révèle en revanche moins performante voire inadaptée pour une construction, d’édifices
plus simples, sur l’ensemble du territoire. Une observation large permet de constater que,
aujourd’hui, l’obstacle n’est plus tant d’ordre technique – celui-ci, a été en partie comblé à travers
la mise à disposition de plans-types, de procédures pour le contrôle qualité et autres formations
contextualisées3 – mais d’avantage d’ordre stratégique, et politique aussi.
1 Tous les chiffres sont des hypothèses de travail, tirées de l’interprétation des données du recensement 2013-14 de la
DPCE. Voir tableau 3 plus bas.
2 Ces chiffres sont des estimations à partir d’une enquête faite auprès des principaux bailleurs de la construction
scolaire en 2015.
3 Documents disponibles sur site du MENFP : http://menfp.gouv.ht/normes_en_matière_d_infrastructures.html
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A ce niveau, il devient urgent de définir un cadre opérationnel et des plans d’actions pour la
construction à l’échelle de la des infrastructures scolaires. Ceci impliquera des réflexions
multiples notamment sur la diversification et la décentralisation de la maitrise d’ouvrage, la
structuration du marché de la construction au niveau des provinces, la participation active des
collectivités et communautés locales, les mécanismes et les modalités de financement, et la
création d’une réelle capacité de coordination et de pilotage. Il s’agit là également des dernières
étapes manquantes à la logique de régulation et de normalisation des infrastructures scolaires qui
a démarré en 2011.
Etat du processus
à mi-2016
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Hypothèses sur la mise à niveau du parc scolaire public
Panorama
Selon les données de l’annuaire statistique 2013-2014 de la DPCE, le pays compte environ 2’710
institutions publiques dispensant un enseignement fondamental à environ 690'000 élèves, soit
environ 24% des effectifs scolarisés pour cette catégorie pendant la période du recensement
(2'889’557). A cela s’ajoute quelques 815 institutions publiques qui offrent une éducation
préscolaire à environ 44'000 pupilles, soit environ 8% de l’offre préscolaire au niveau du pays.
Comme ses consœurs du secteur privé, la majorité de ces 2’710 écoles publiques, env. 88% (2393),
fonctionne encore selon le système traditionnel à 2 cycles (6+0). Seule une petite partie, env. 12%
(317), offre aujourd’hui un enseignement fondamental complet (9+0) avec les 3 cycles regroupés.
Quelque part entre ces deux catégories, figurent les quelques 120 nouvelles écoles construites à
travers les récents programmes d’infrastructures scolaires financés par les Bailleurs, qui incluent,
en plus des 9 salles du fondamental, 2 salles de préscolaire pour atteindre le standard de base 9+2.
Institutions
Total Dont public
13'281 2'393
3'755 317
17'036 2'710 (16%)
10'836 815 (8%)
17’828* ?
Panorama
Fondamental à 2 cycles (6+0)
Fondamental à 3 cycles (9+0)
Total Fondamental
Préscolaire
Grand total
Elèves
Total Dont public
2'498'706 569'289
390’851 119'588
2'889’557 688'877 (24%)
617'888 43'725 (7%)
3'508'075 732'602 (21%)
* le total d’institutions n’est pas la somme des niveaux (une institution peut regrouper plusieurs niveaux)
Tableau 2: Panorama 2013-2014 tous secteurs confondus
Parc scolaire public
Parmi les 2’710 écoles publiques (cycle fondamental), un peu plus de la moitié (1'682, 62%)
fonctionne dans une infrastructure construite comme école avec des locaux plus ou moins
normalisés. Il s’agit là d’un premier groupe qui, en termes d’infrastructure, forme le socle du parc
scolaire public. Le reste des écoles publiques (1'028, 38%), fonctionne dans des espaces non
normalisés (maisons privées, églises, tonnelles, etc.). Ces institutions font partie d’un deuxième
groupe car ces écoles devraient être, en principe, entièrement reconstruites et/ou relocalisées.
Groupe 1
Construit pour école
1'365
317 (?)
1’682 62 %
557 68%
Lieux d’accueil (public)
Fondamental à 2 cycles (6+0)
Fondamental à 3 cycles (9+0)
Total Fondamental
Préscolaire
* Eglises, maisons d’habitation, tonnelles, etc.
Tableau 3 : Lieux d’accueil secteur public
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Groupe 2
Autres*
1'028
0 (?)
1’028 38%
258 32%
Mise-à-niveau dans le standard 9+2
Le tableau suivant montre le déficit de salles de classe des écoles de ces deux groupes par rapport
aux standards 9+2, et le nombre de places-élèves correspondant. Pour les 1’682 écoles du premier
groupe, on estime le déficit de salle de classe à env. 4’095 pour le fondamental auquel il faut
ajouter env. 3'364 salles pour les 2 niveaux de préscolaire. La capacité d’accueil des écoles de ce
premier groupe serait ainsi augmentée de 204'750 places/élèves pour le fondamental et de 84'100
places/élèves pour le préscolaire à raison respectivement de 504 et 25 places par salle de classe.
Pour les 1’028 écoles du deuxième groupe, dont la majorité fonctionne dans des espaces en
dehors de toutes normes, nous partons du principe qu’elles devront être relocalisées et
reconstruites, ce qui représenterait environ 11'308 classes à construire avec les annexes associés.
La capacité d’accueil des écoles de ce deuxième groupe serait alors augmentée de 462’600
places/élèves pour le fondamental et de 51'400 places/élèves pour le préscolaire à raison
respectivement de 50 et 25 places par salle de classe.
Mise à niveau 9+2
Fond à 2 cycles (6+0)
Fond à 3 cycles (9+0)
Préscolaire
Total
Groupe 1
Mise à niveau
cl. à créer pl. créées
4'095 204'750
Groupe 2
A reconstruire
cl. à créer pl. créées
6'168 308'400
cl. à créer pl. créées
10'263 513'150
- -
3'084 154'200
3'084 154'200
3'364 84'100
7'459 288'850
2'056 51'400
11'308 514'000
5'420 135'500
18'767 802'850
Total
Tableau 4 : Mise à niveau dans les standards 9+2 des écoles et institutions du secteur public
Potentiel d’accueil du secteur public
La mise aux normes des écoles de ces deux groupes, permettrait une hausse significative du
pourcentage d’accueil au sein du secteur public, estimée à 44% tous niveaux confondus contre
21% actuellement. Ces projections ambitieuses peuvent également être atteintes
progressivement, soit en se concentrant sur les écoles du premier groupe (potentiel d’accueil de
31% contre 21% actuellement), soit en se concentrant sur le niveau fondamental complet (9+0)
qui permettrait d’atteindre le 47% des effectifs pays pour ce niveau. Si on compte que certaines de
ces écoles en milieu urbain fonctionnerait en double vacation, on pourrait aisément tendre vers la
parité avec le secteur privé.
Même s’il s’agit ici de projections macros, par hypothèses de calcul sur des données du
recensement, ce tableau dresse une tendance qui peut constituer la base d’une vision à moyen
terme. Un travail de micro-planification devra préciser les besoins réels et l’organisation de l’offre
scolaire au niveau du district scolaire, et une stratégie pays devra fixer les priorités d’intervention.
4 Il a été choisi ici de conserver un ratio de 50 élèves par salle de classe, contrairement aux 40 places par salle de classe
préconisés par la DGS dans la dernière version des normes, juin 2014.
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Potentiel d’accueil
Fondamental complet
Préscolaire
Total
Groupe 1
Mise à niveau
Accueil % pays
893'627 31%
127'825 21%
1'021'452 29%
Groupe 2
A reconstruire
Accueil % pays
1'151'477 40%
95'125 15%
1'246'602 36%
Total par niveau
Accueil
1'356'227
179'225
1'535'452
% pays
47%
29%
44%
Tableau 5 : potentiel d’accueil des écoles du secteur public après mise à niveau 9+2
Présc.
Privé
16%
Fond.
Public
20%
Présc.
Privé
12%
Pésc.
Public
1%
Fond.
Privé
44%
Fond.
Privé
63%
Potentiel avec
double vacation
Repartition actuelle des effectifs
au niveau pays
Fond.
Public
39%
Pésc.
Public
5%
Répartion potentielle après
réhabilitation du parc scolaire plublic
Scenario et coûts indicatifs
La mise à niveau des écoles publiques aura un coût. A ce stade, aucune estimation précise ne peut
être formulée. En continuant dans la logique des hypothèses émises plus haut, et si l’on prend un
coût moyen pondéré de USD 20'000 par salle de classe ajoutée à une école existante (groupe 1 du
tableau 2), et environ USD 50'000 pour une école à reconstruire (groupe 2), on peut estimer le
coût de la mise à niveau des 2’710 écoles et institutions publiques à au moins 600 Millon de USD
soit USD 747 par places-élèves créées (802'850). Sur une période de 10 ans, et ventilés par
Département, ces chiffres deviennent plus compréhensibles et peuvent constitués une base de
discussion pour la mise sur pied d’un futur programme de construction de salle de classe à
l’échelle du territoire.
Ainsi, un scénario minimum pourrait concerner les 4000 salles de classes à créer pour compléter
les écoles 6+0 du groupe 1. Avec un coût moyen de USD 20'000 par salle de classe, cela reviendrait
à investir en moyenne 1.5 M USD par année et par département sur une période de 10 ans, pour
construire environ 750 salles de classe par année sur l’ensemble du pays.
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Ce scenario peut être combiné avec la reconstruction complète de certaines institutions du groupe
2 en fonction des besoins identifiés par les cartes de micro-planification. Cependant, vu le volume
de construction que cela représenterait, 9000 salles de classes soit environ 800 écoles, il est
illusoire de penser pouvoir reconstruire l’ensemble de ces institutions dans la période en question.
Pour les institutions du groupe 2, des réflexions plus larges devront être menées sur les
standards de l’infrastructure afin de trouver des solutions adéquates permettant aux élèves
scolarisés dans ces institutions de bénéficier d’un cadre digne avec un minimum de confort à
même de favoriser leurs processus d’apprentissage.
Groupe 1
Groupe 2
Scénario et coûts indicatifs
Mise à niveau
A reconstruire
Nombre de classes à construire
Coût estimatif par salle de classe
7’500 classes
20’000* USD
10’000 classes
50’000* USD
Total
Ventilation des coûts :
Par année sur une période de 10 ans
Par département et par année
150 M USD
500 M USD
15 M USD
1.5 M USD
= 75 classes
50 M USD
5 M USD
= 100 classes
500 USD
950 USD
Coût par place créée
* base : plan-type MC, construction seul, sur site accessible
Tableau 6 : scénario indicatifs
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Un plan d’action en 10 points à définir dans la stratégie
1. Micro-planification (cartes scolaires)
En tout premier lieu, il sera nécessaire de procéder à une analyse précise des besoins au niveau
local, traduite dans des cartes de micro-planification scolaire. Ces cartes, basées sur les projections
démographiques de la zone proposeront le déploiement de l’offre d’Education dans une logique
d’optimisation et de continuum entre les différents niveaux du système éducatif.
Des cartes scolaires pilotes sont actuellement en élaboration avec une méthodologie qui servira
de modèle à appliquer par les services de planification des DDE sous la coordination de la
Direction de la Planification et de Coopération Externe (DPCE) du ministère. Ces cartes scolaires
pilotes seront disponibles avant la fin de l’année 2016.
Point 1 : Systématiser et pérenniser la tâche d’élaboration et de mise-à-jour des cartes scolaire au
niveau communal, en formant et équipant les cellules techniques des DDE et en renforçant la
capacité de coordination au niveau central par la DPCE.
2. Evaluation de l’infrastructure et suivi des interventions par les DDE
Il sera d’abord nécessaire d’avoir des données précises sur l’état des infrastructures de chaque
école et d’élaborer un plan de mise-à-niveau pour atteindre progressivement les standards 9+2,
suivant les cartes de micro-planification scolaire en cours d’élaboration (voir plus bas). Cette
évaluation devra permettre de classer les écoles dans des catégories distinctes, comme suit :
Catégorie I : Les écoles pouvant être reconstruites et/ou mise-à-niveau sur le site existant
Catégorie II : Les écoles pouvant être reconstruites et/ou mise-à-niveau sur le site existant
moyennant une extension du terrain
Catégorie III : Les écoles devant être entièrement reconstruites et relocalisées
Catégorie IV : Les écoles dont la réhabilitation et/ou l’extension requiert des compétences
d’exécution et de supervision plus élevées (exemple bâtiment à multi-étages)
Un projet pilote pour l’évaluation de l‘infrastructure des écoles publiques dans les départements
du Nord et du Nord-Est, est déjà engagé par le MENFP avec un financement de la BID. Ces
évaluations seront faites par les ingénieurs des Directions Départementales d’Education (DDE)
avec un accompagnement technique externe. A terme, les ingénieurs DDE devront être en
mesures d’assurer un suivi des constructions dans leur département respectif de manière
autonome mais sous la coordination de la DGS.
Point 2 : Systématiser et pérenniser la tâche d’évaluation et de suivi de l’infrastructure à
l’ensemble des DDE, en formant et équipant les ingénieurs des DDE et en renforçant la capacité de
coordination au niveau central par la DGS.
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3. La question foncière
La disponibilité et la qualité des terrains est, aujourd’hui, l’un des principaux obstacles qui
empêche la mise aux normes des constructions scolaires. Trop d’écoles sont situées sur des
terrains inappropriés ou trop petits, hérités d’un cadastre obsolète en décalage avec les besoins
actuels et futurs. Cette situation est particulièrement dramatique dans les milieux urbains où la
majorité des écoles existantes, déjà surpeuplées, ne peuvent être mises à niveau sans une
extension substantielle de leur terrain. Les sites se densifient inexorablement au détriment des
circulations, des cours et des espaces extérieurs qui permettent à la fois aux élèves d’accomplir les
activités de loisirs, mais qui garantissent avant tout leur sécurité en cas d’évacuation d’urgence.
Il s’agit là surtout d’une question de planification du territoire qui ne relève pas du MENFP et doit
être gérée à un niveau interministériel (MICT, MTPTC et MEF en tête). Il ne fait aucun doute que
des mesures fortes et contraignantes devront être envisagées pour remédier à ce problème.
Point 3 : Prendre des mesures pour l’extension des terrains des écoles existantes ou la mise à
disposition de terrains adéquats pour celles devant être relocalisées. Par exemple, en donnant
mandat à la DGI en coordination avec la Mairie de prendre toutes les mesures légales pour
sécuriser ces terrains dans une période donnée.
4. Diversification de la maitrise d’ouvrage et chaine de responsabilité
Les récentes expériences de constructions scolaires ont mis en évidence les forces et les faiblesses
d’une maitrise d’ouvrage centralisée. Si celle-ci se révèle pertinente pour des projets ponctuels,
complexes ou en milieu urbain ou péri-urbain facile d’accès, elle se révèle en revanche moins
performante, voire inadaptée, pour une construction à l’échelle, d’édifices plus simples et dans
des zones plus difficile d’accès. Pour atteindre les objectifs d’une construction à l’échelle, il est
nécessaire de diversifier les approches selon le contexte et la complexité des projets, et favoriser
une décentralisation de la maitrise d’ouvrage dès que possible. A ce titre, les plans-types du
MENFP en Maconnerie Chaînée (MC) et en Ossature Bois (OB), ont spécialement été conçus afin
de permettre une approche décentralisée de la maitrise d’ouvrage.
On distinguerait ainsi deux types de projets :
a) Les projets en milieux urbains et périurbains avec des sites faciles d’accès, qui utiliseront
de préférence le modèle Béton Armé à étages (BA), requérant des moyens, des
compétences d’exécution et un niveau de supervision supérieurs. Les projets de cette
catégorie continueraient à être réalisés selon l’approche actuelle, en déléguant la maitrise
d’ouvrage à des agences d’exécution nationales et en ciblant des entreprises de
construction et de supervision à hautes qualifications.
b) Les projets de mise à niveau utilisant exclusivement les modèles à 1 niveau, Maconnerie
Chainée (MC) et Ossature Bois (OB), dont la construction et la supervision pourront être
gérées au niveau départemental (voire le cas échéant au niveau communal) et réalisées
avec des entreprises locales accréditées (voire des contremaitres accrédités), avec une
supervision de la cellule technique des DDE sous la coordination de la DGS centrale.
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Cette dernière approche aura nécessairement des répercutions sur la chaine de responsabilité, et
il sera nécessaire de revoir les mandats des différents organes en charge de la régulation et du
suivi des infrastructures. Cette révision doit amener les DDE à prendre plus de responsabilités
opérationnelles de suivi pour une appropriation totale des interventions sur le parc scolaire
départemental. En conséquence, les mandats des directions techniques centrales (DGS en tête)
doivent être recentrés sur des aspects de coordination, de stratégie et d’évaluation.
Dans le détail, la chaine de responsabilité devra également tenir compte des différences relatives
aux deux types d’approche préconisées ci-dessus. Le rôle des collectivités locales (mairies,
communauté scolaire, comité d’école, etc.), devra être précisé, en cherchant, là-aussi, une plus
grande implication de leur part.
Point 4 : Révision de la chaine des responsabilités pour la gestion et supervision de projets pour les
deux catégories décrites ci-dessus. Réévaluation des mandats des Directions techniques vers une
plus grande implication opérationnelle des DDE et vers un recentrage de la DGS dans une capacité
de coordination et d’évaluation (annexe 2).
5. Organisation du marché vers un registre restreint de firmes
La construction à l’échelle d’infrastructures scolaires passera obligatoirement par la possibilité de
faire réaliser les travaux par des petites et moyennes entreprises (PME) locales, formées et
accréditées pour la construction de modules de classes du type Maconnerie Chaînée. Des
modalités devront également être mises-en-places pour permettre à ces PME d’accéder à ce
marché et gérer des enveloppes entre USD 100’000 et USD 200’000. Ceci permettra également
une politique de maîtrise des coûts et une simplification des procédures de passation de marché.
Point 5 : Mettre en place un système permettant la création d’un réseau restreint de firmes
certifiées (pour la construction et pour la supervision) et une politique de maitrise des coûts. Mettre
en place des procédures de gestion et supervision de projets en conséquence.
6. Mécanismes et sources de financement
Un mécanisme financier devra être mis sur pied selon un modèle innovant, ou ayant fait ses
preuves dans un contexte de maitrise d’ouvrage décentralisée. Il devra favoriser un système avec
des modalités de paiements le plus direct possible, en petites quantités, mais réguliers et
conditionnés à l’avancement des travaux selon un modèle du type « cash ». La gestion des fonds
doit être évaluée et proposée en fonction du contexte. Les sources de financement devront
également être proposées avec comme point central, la participation consistante de l’Etat. Le rôle
des DDE et des communautés doit être central dans ce processus, comme celui de certains
intermédiaires comme les banques locales par exemple.
Point 6 : Définir une stratégie de financement avec participation substantielle de l’Etat et des
mécanismes innovants et adaptés à une maitrise d’ouvrage décentralisée, impliquant les
communautés et sous la supervision technique des DDE.
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7. Capacité de coordination et pilotage
La diversification de la maitrise d’ouvrage et la décentralisation de certaines compétences au
niveau départemental et communal, doivent s’accompagner d’un renforcement de la capacité de
coordination et de pilotage au niveau central. La structure en charge de cette coordination devra
être placée à un niveau qui lui permette de jouer un rôle de liaison entre les différentes
institutions et parties prenantes (MENFP, MICT (Mairies), MTPTC, bailleurs etc.). Elle devra être
composée de la DGS et autre institutions compétentes pour, entre autres : gérer les données de
suivi des projets d’infrastructure ; analyser et valider les fiches techniques de projets ; et produire
des évaluations régulières des processus.
Point 7 : Mise en place d’une structure centrale interinstitutionnelle en charge de la coordination et
du pilotage des interventions sur le parc scolaire public.
8. Plan de contingence en cas de nouvelles catastrophes
Une des tâches de la stratégie sera également d’élaborer un plan de contingence en cas de
nouvelle catastrophe. Car aussi bizarre qu’il puisse paraitre, si une nouvelle catastrophe devait
toucher demain les infrastructures scolaires comme ce fût le cas lors du séisme de 2010, aucun
plan d’intervention n’est aujourd’hui disponible. Les expériences de la mise en place des écoles
provisoires de qualité très variable et de la gestion désordonnée de la phase de reconstruction,
doivent permettre au MENFP de tirer les leçons apprises afin de mieux préparer une telle
éventualité.
Point 8 : Elaborer un plan de contingence pour la reconstruction des infrastructures en cas de
catastrophe basé sur les leçons apprise. Développer un modèle-type qui puisse être utilisé de
manière uniforme et dans une logique de faciliter le passage du provisoire au permanent.
9. Entretien (SAQ)
L’entretien des écoles est une tâche qui incombe à la Direction de l’école. Cette question est
actuellement traitée dans le cadre de la mise en place d’un Système d’Assurance Qualité dans les
écoles par le MENFP. Ce système évaluera sur la durée les performances de l’école dans plusieurs
domaines, dont l’entretien. D’une manière plus générale, l’ensemble de la stratégie devra tenir
compte des mécanismes mis en place au niveau de l’école à travers le SAQ.
Point 9 : La stratégie devra intégrer le protocole d’entretien en tenant compte des mécanismes mis
en place par le SAQ qui cible les organes de gestion de l’école (Directeur et comité de parents).
10. Suivi, évaluation, communication
Enfin, un système de suivi et d’évaluation devra être mis-en-place. Une stratégie de
communication envers le public pourrait accompagner un tel programme de mise à niveau du parc
scolaire public.
Point 10 : Définir un système de suivi et d’évaluation du programme et réfléchir à une stratégie de
communication envers le public.
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Tableau 7 : illustration des axes principaux de la stratégie
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Annexes
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Activités sous contrats
Centrale d’achat et
livraison matériaux
Etudes
partielles
PME
Max. 60’000 US$
Par contrats
Registre de PME
locale
Approche décentralisée pour
travaux d’extension d’école
LIGNE VERTE
Consultant ou
frimes certifiés
Formation et
Supervision
UNITE
EXECUTION
LIGNE BLEUE
Firmes certifiées
(max. 2 écoles)
Etudes
complètes
Approche centralisée pour travaux
de reconstruction d’école
Contre supervision
DGS / DDE / MENFP
Proposition de modalités d’exécution
Annexe 3
Organigramme simplifié du MENFP et des DDEs
BUGEP
DEF
DES
DESRS
DFP
DCQ
RTE
UEP
BUNEXE
DAEPP
UIT
DPCE
DGS
DSS
DRH
DAA
Directions techniques centrales
Dir. Petite Enfance
Dir. Enseignement Fondamental
Dir. Enseignement secondaire
Dir. Enseignement Supérieur
Dir. Formation & Perfectionnement
Dir. Curricula & Qualité
Radio Télé Educative
Unité d’Etudes et Programmation
Bureau national des Examens d’Etat
Dir. d’Appui au Partenariat
Unité information Technologie
Dir. Planification et Coopération Externe
Dir. Génie Scolaire
Dir. Santé Scolaire
Dir. Ressources Humaines
Dir. Affaires Adminitsrative
SEP
SEF
SES
Principaux services départementaux
Service de la Petite Enfance
Service de l’Enseignement Fondamental
Service de l’Enseignement secondaire
BUDEXE
SAEPP
Bureau départ. Des Examens d’Etat
Service d’Appui au Partenariat
UPGS
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