FRICS: Rural Solidarity Investment and Credit Fund - A Tool to Finance and Develop Rural Haiti
Summary — KNFP's proposal for a Rural Solidarity Investment and Credit Fund (FRICS), framed as a post-earthquake urgency. Version 6, modified 7 December 2010.
Full Description
Issued by the Konsèy Nasyonal Finansman Popilè, Haiti's national popular-finance council, this document sets out the case for a Rural Solidarity Investment and Credit Fund as, in its own words, a post-earthquake urgency. The version held is version 6 as modified on 7 December 2010, eleven months after the January quake. Its framing quotes the government's own March 2010 agricultural sector investment plan: that the new reality created by the 12 January catastrophe requires a medium- to long-term programme whose actions work toward a significant and durable increase in national agricultural production, consistent with national agricultural development policy. It is the rural-finance counterpart to the reconstruction planning of that year, and comes from a Haitian popular-finance network rather than a donor or ministry, which makes it one of the few documents in this collection written from that position.
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K O N S È Y N A S Y O N A L F I N A N S M A N POPILÈ
FONDS RURAL D’INVESTISSEMENT ET DE CRÉDIT SOLIDAIRES
FRICS
« UN OUTIL POUR FINANCER ET DEVELOPPER LE MONDE RURAL »
UNE URGENCE D’APRES TREMBLEMENT DE TERRE
VERSION 6 MODIFIEE DU 07 DECEMBRE 2010
7A rue légitime, Delmas 95 jacquet ToTo, Haiti
info@knfp.org
www.knfp.org
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« La réalité nouvelle créée par la
catastrophe du 12 janvier impose donc la
construction d’un programme à moyen-long
terme dont les actions s’inscrivent dans
une perspective structurante d`augmentation significative et durable de la
production agricole nationale en conformité avec la politique de développement
agricole nationale ».
REPUBLIQUE D’HAÏTI, Plan d'investissement
du secteur agricole, mars 2010
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SOMMAIRE
SOMMAIRE ........................................................................................................... 3
1. INTRODUCTION .................................................................................................. 5
2. LE KNFP........................................................................................................... 8
Présentation ...................................................................................................... 8
Quelques implications du KNFP dans la réflexion sur le financement rural ............................ 9
3. CONTEXTE ET ENVIRONNEMENT .............................................................................. 11
Environnement rural physique ............................................................................. 11
Les acteurs du monde rural ................................................................................ 12
Environnement financier.................................................................................... 12
4. LA CONSTRUCTION D’UN OUTIL DE FINANCEMENT RURAL, OPERATEUR DE PROMOTION DU MONDE
RURAL ............................................................................................................... 14
Principes de construction ..................................................................................... 14
Vision d’ensemble du mécanisme financier proposé ...................................................... 16
Objectifs du fonds .............................................................................................. 18
Organigramme ............................................................... Error! Bookmark not defined.
Le comité de pilotage du département financement................................................... 18
Le personnel du FONDS ........................................................................................ 21
Les modalités de financement ................................................................................ 22
Avec quelles ressources financer ? ........................................................................ 22
Quoi financer ? ............................................................................................... 23
Comment financer ? ......................................................................................... 24
Qui financer ?................................................................................................. 25
Quels produits financiers ? ................................................................................. 25
Où financer ? ................................................................................................. 26
Quelle sécurité pour les financements ?.................................................................. 26
CONCLUSION ....................................................................................................... 39
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ABREVIATIONS ET ACRONYMES
ANACAPH
Association nationale des Caisses Populaires haïtiennes
BC
Banque communautaire
BCA
Bureau de Crédit Agricole
BRH
Banque de la République de Haïti
BSR
Bureau de Service et de Renforcement
CTA
Centre technique pour l’agriculture
EPER
Entraide Protestante Suisse
FAHF
Fonds Haïtien d'Aide à la Femme
FRICS
Fonds rural d’investissement et de cré&dit solidaire
G
Gourde
IFIP
institutions de financement populaire
IMOFOR
Institut mobile de formation
KNFP
Conseil National de financement populaire
MARNDR
Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement
rural
MEF
Ministère de l’économie et des finances
MER
Maison des entrepreneurs ruraux
MG
Million de gourdes
MUSO
Mutuelle de solidarité
OPA
Organisations de Producteurs Agricoles
SFD
Société financière de développement
SIDI
Solidarité Internationale pour le développement et l’investissement
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1. INTRODUCTION
Et il y eut le 12 janvier 2010. La terre a sérieusement tremblé à Port-au-Prince mais aussi à
Gressier, Léogane, Grand Goâve, Petit-Goâve, aux Palmes, à Jacmel et dans des dizaines
d’autres lieux en milieu rural. Les morts se sont comptés par centaines de milliers. Il s’en est
suivi un fort exode inversé (de la capitale vers la campagne) mettant les campagnes dans une
obligation d’accueillir plus d’un million de migrants de l’intérieur alors qu’elles n’avaient pas
les moyens pour nourrir, loger, éduquer ces nouveaux arrivants.
La vie en milieu rural est porteuse de pauvreté tout en étant assise sur de la richesse. Les
problèmes d’exploitation agricole, du maintien de l’agriculture familiale, sont autant dus aux
difficultés d’accès au fonds d’investissement et d’exploitation qu’aux problèmes de canaux
d’écoulement et de libéralisation des marchés. Ces difficultés ont comme conséquence la
disparition de certaines filières agricoles autrefois porteuses. Ainsi, la pauvreté s’accroît chaque
jour en Haïti.
Les expériences des membres du KNFP, ainsi que celles de partenaires montrent qu’au-delà des
actions de financement, il faut l’accompagnement, la formation pour un savoir faire adéquat
devant permettre une meilleure prise en main des exploitations agricoles ou de transformation par
les jeunes et autres adultes. Démarche qui permettrait la création d’emplois dans les zones rurales.
Sinon, il faut reconnaître que le financement du monde rural, basé sur une approche bancaire
classique, ne peut être viable car les conditions de production sont très mauvaises.
En effet, en tenant compte de la sécheresse, ou des inondations, des problèmes d’accès routiers ou
des débouchés en matière de commercialisation, du manque d’équipement et/ou de savoir faire
pour l’entretien de ces équipements il parait évident qu’il s’agit d’un milieu très fragile. Les
banques partant de ce principe et aussi l’échec de la stratégie du BCA et de ses ancêtres, refusent
d’investir dans ce milieu où le taux de risque est très élevé.
Le KNFP s’intéresse au financement du monde rural parce que cette problématique est intrinsèque
à l’essence même du KNFP dans son acte constitutif et qui l’a prouvé en créant l’IMOFOR (Institut
mobile de formation) et le BSR, deux entités très actives, l’une pour la formation, l’autre pour
l’accompagnement des associations de producteurs et d’autres acteurs de l’économie rurale . Plus
de 3000 personnes ont été formées dans les 7 années d’existence de l’IMOFOR dont plus de 100
animatrices et animateurs ruraux.
Le réseau constitué par les membres du KNFP est d’une densité incomparable et va jusqu’au fin
fond des mornes. Des milliers de mutuelles de solidarité et de banques communautaires
rassemblent les ruraux, appuyés par des animateurs formés. Cette structuration du monde rural est
le résultat d’un travail de 12 années mené par 9 institutions de financement populaire (IFIP).
Financer le rural est le cœur du métier du KNFP et de ses membres.
La période est propice au changement et à la créativité en matière de financement rural. Le peuple
haïtien avait tiré les leçons de la tornade morale, politique et économique qu’il avait traversée.
Mais ce qu’il vient de vivre avec le tremblement de terre a une nouvelle fois affaibli les esprits tout
autant que l’intégrité physique des biens et des personnes. L’aide a montré ses défaillances, son
inadaptation fréquente à la réalité haïtienne. Il faudra chercher à mobiliser plus de capital
haïtien et des partenaires solidaires autres que le système d’aide classique.
L’Etat ne peut déroger à son devoir de développer le monde rural qui rassemble la majorité de la
population. Il s’en préoccupe aujourd’hui autour de la mise en place d’une loi d’orientation agricole
incluant une réponse à la grande question sur le financement rural. Récemment, il a produit un
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texte intitulé « Plan d'investissement du secteur agricole ». Les composantes du plan se déclinent
de la manière suivante :
(i) Développement des infrastructures rurales
- Aménagement des bassins versants et foresterie
- Irrigation
(ii) Production et développement des filières
- Elevage
- Aquaculture et pêche
- Accès aux intrants et outils agricoles
- Agriculture urbaine et périurbaine
- Développement des filières et de la commercialisation
- Crédit rural
- Production locale et opérations humanitaires (achats locaux)
(iii) Services agricoles et appui institutionnel
- Vulgarisation par les « Champs écoles »
- Accès à la terre et sécurité de la tenure
- Appui institutionnel aux services publics agricoles (Recherche, Formation, Protection zoo et
phytosanitaire, Renforcement institutionnel)
Le plan d’investissement agricole a défini des zones d’actions prioritaires reproduites sur la carte
ci-dessous :
Figure 1. Zones affectées par le tremblement de terre, zones prioritaires et zones irriguées
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Dans son travail de plaidoyer, le KNFP a commencé à approcher l’Etat, partenaire incontournable,
pour la construction d’un système de financement rural opérationnel. Les collectivités locales, une
fois constituées, devront être partie prenante de la construction de systèmes de financement ruraux
dans leurs régions.
Pour un financement efficace et efficient, il faut :
1. confirmer la capacité de production des ruraux ainsi que de leur savoir faire. Mais il
ressort depuis quelques années la difficulté qu’ils ont à vivre du produit de leur travail.
L’une des causes de ce phénomène est liée au système de commercialisation en vigueur en
Haïti, basé sur une intermédiation à outrance pénalisant ainsi tant les producteurs (prix bord
champ très bas) et les consommateurs (prix de détail très élevés et donc vie chère) ; et
d’autre part la libération des marchés qui permet aux produits extérieurs de se vendre à prix
nettement inférieur au prix de production des marchandises dans leurs pays d’origine.
2. Plus les ruraux pourront stocker ou transformer leurs produits, plus ils gagneront de la
valeur ajoutée et donc amélioreront leurs revenus ;
3. Pour que les ruraux puissent produire dans les meilleures conditions et avec rendement il est
nécessaire qu’ils aient accès à des semences de qualité et aux intrants. Toutefois, ces
intrants doivent respecter l’environnement et ne pas nuire à la santé publique ;
4. Vu les changements climatiques, vu les changements sociaux dans le milieu rural (les
femmes cheffes de famille sont majoritaires en milieu rural), vu la jeunesse de la population
rurale et vu la dégradation de l’environnement, il est nécessaire de compléter le savoirfaire des ruraux par de la formation et de l’accompagnement ;
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5. Quelles que puissent être les difficultés du milieu rural, le KNFP affirme qu’il recèle plein de
potentialités inexploitées, tant dans le domaine agricole et agroalimentaire que dans
d’autres secteurs (tourisme par exemple). La pauvreté, forte en milieu rural, est la
résultante d’absences de politiques cohérentes pour le monde rural. Elle n’est pas
inéluctable ;
La complexité des problèmes du monde rural et le niveau de dégradation atteint tant en matière de
conditions de vie que d’environnement est tel que toutes les forces vives doivent être associées à
la construction de ce nouvel outil de financement rural : Etat, secteur de la finance populaire,
secteur privé, associations paysannes, aide internationale. Ce n’est qu’à cette seule condition que
des capitaux à la mesure des enjeux pourront être réunis, que les solutions techniques seront
trouvées pour créer de nouvelles activités susceptibles d’accroître la production et la productivité
tout en respectant l’environnement, que les paysans pourront être mieux organisés pour être de
vrais interlocuteurs. L’alliance à réaliser pour construire un nouveau système de financement rural
doit être de type gagnant – gagnant (win - win). La ville a besoin de la campagne, l’Etat a besoin
d’exporter pour trouver des ressources pour assumer ses fonctions, les ruraux ont besoin des savoir –
faire des grands entrepreneurs privés pour valoriser leur production, les structures de financement
populaires ont besoin de partenaires techniques, financiers pour concrétiser les valeurs et la vision
qu’elles portent.
Il reste qu’il faut changer de paradigme. La banque dite « universelle » n’est pas le modèle à
reproduire. Dans certains pays du Nord, les structures de financement ont compris que financer la
paysannerie nécessite d’autres pratiques : report d’échéances possibles, prise en compte de
l’exploitation familiale dans son intégralité et diversité, mise en place de systèmes de garantie
contre les calamités etc.
On se souviendra qu’en Haïti les bonnes idées ne manquent pas. Il est urgent de les mettre en
pratique si on veut stopper la croissance de la pauvreté rurale, la dégradation de l’environnement
et son corollaire la bidonvillisation effrénée des grandes villes qui génère son cortège de violences,
de viols, de déchéance morale, de maladies. Il est urgent de passer à l’acte.
2. LE KNFP
Présentation
Le KNFP est un réseau de neuf institutions de financement populaire, fondé officiellement en
octobre 1998. Il a le statut d’association reconnue d’utilité publique.
Le manifeste rédigé par les trois membres fondateurs en mars 1998 accorde le mandat suivant au
KNFP :
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Promouvoir des concertations régulières pour arriver à un maillage du territoire en termes
de structures de financement décentralisé ;
Se porter garant des membres des réseaux signataires suite à un travail de contrôle régulier
et transparent des différentes structures ;
Aider à une meilleure distribution des ressources de refinancement de l’Etat
Analyser avec les responsables de l’Etat les besoins de financement des filières de
production et tenter d’apporter des réponses satisfaisantes ;
Apporter des contributions à la mise en place d’une loi sur le financement populaire,
indispensable pour éviter des comportements anarchiques en matière de finances et pour
permettre à des groupes de base d’être des réceptacles reconnus et agréés de
refinancement.
Au cours de l’élaboration de son plan stratégique 2004-09, les membres ont reconfirmé la vision du
KNFP de faire du financement un outil de développement et aussi de reconnaître le rôle des
structures de base et des organisations paysannes dans la construction d’un système de financement
populaire. Ces mêmes dispositions sont reprises dans le plan stratégique 2010-15.
Le KNFP constitue avec l’Association Nationale des Caisses populaires haïtiennes(ANACAPH) les deux
grands réseaux d’appui à la finance sociale en Haïti parce que constitués de structures à but non
lucratif et qui placent philosophiquement la personne humaine au centre de leurs démarches.
Depuis sa création, le KNFP mène un plaidoyer pour la reconnaissance des principes du financement
populaire. Parallèlement, à travers son Institut Mobile de Formation (IMOFOR), il forme les membres
des groupes de base, les leaders paysans et les cadres des institutions de financement populaire
(IFIP) sur la problématique et les enjeux du financement populaire tout en aidant au renforcement
de ces groupes et institutions pour mieux les habiliter à jouer leur rôle dans toute nouvelle
construction d’un système de financement.
Le BSR (Bureau de Service et de Renforcement, autre département du KNFP) aide les organisations
paysannes à se donner une vision, une stratégie à moyen terme et à construire des projets
d’investissement pour la valorisation de leurs produits. Le BSR appuie également les IFIP membres
et non membres du KNFP de même que les BC/M1USO et les micros et petites entreprises par des
services divers (recherche de financement, appui en gestion, etc.).
Le KNFP s’inscrit dans le concept d’économie sociale et solidaire. L’objectif au cours des prochaines
années est de renforcer cette démarche vers une économie sociale et solidaire plus performante en
termes d’augmentation des revenus des ruraux et de leur bien-être.
Quelques implications du KNFP dans la réflexion et l’action sur le financement
rural
En 1999, lors du séminaire organisé par le MARNDR et le KNFP, est affirmée la nécessité du
renforcement des capacités et compétences des acteurs du financement populaire. En 2003, en
réponse à cette recommandation, le KNFP créait l’IMOFOR (Institut Mobile de Formation) avec
1
BC/MUSO : Banque communautaire et Mutuelle de Solidarité. Ce sont des groupes
très localisés formés généralement de petits-tes paysans-nes. Leur taille varie
entre 15 à 50 personnes. Elles collectent la cotisation des membres, se font des
crédits (Caisse verte), apportent une assistance en cas de coups durs (Caisse rouge)
et peuvent recevoir des crédits externes (Caisse bleue). Le groupe sert aussi de
lieu pour discuter sur des problèmes collectifs.
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l’appui financier du MARNDR, de la SIDI2, du Ministère des Affaires étrangères français et de l’Union
Européenne.
Un peu plus tard, en novembre 2003, un nouveau séminaire organisé par le KNFP, appuyé par des
partenaires extérieurs dont le CTA3 et une banque commerciale haïtienne, permettait d’approfondir
l’analyse de l’état du financement rural aujourd’hui. Il a souligné la nécessité d’un partenariat
étroit entre les structures de financement populaire et des organisations paysannes renforcées pour
mieux assurer le financement rural. Le KNFP s’est depuis engagé dans ce travail et a consolidé ses
relations avec un grand nombre d’organisations paysannes du pays dont 14 évoluant dans des filières
diverses, sont en train de renforcer un espace de discussion, d’échange et de construction commune
de bonnes pratiques de gestion. (voir annexe 1).
En août 2004, le KNFP organisait un atelier de discussion et d’échanges sur les questions liées aux
conditions de financement (accès, coûts) et à la relance de l’activité et auquel ont participé des
représentants du MARNDR et du MEF, de la BRH, du secteur bancaire, des affaires, de la
microfinance, d’organisations rurales, etc. En 2005, lors d’une table ronde, une proposition d’un
système de financement rural est présentée au MARNDR et au grand public. Cette même proposition
a été présentée en 2006 à l’Association Nationale des Agro professionnels Haïtiens (ANDAH).
En mai 2009, après une consultation des acteurs de développement en décembre 2008, le KNFP
créait le FRICS (Fonds Rural d’Investissement et de Crédit Solidaires) comme département
expérimental du KNFP. Grâce à certains de ses partenaires financiers il a déjà octroyé plusieurs
financements à titre expérimental :
1. Financement des besoins de fonds de roulement des laiteries Lèt a gogo dans le Nord et
Nord- Est pour un montant de 12,240 US$ (10,200 €, 489,600 HTG) avec le concours d’OXFAM
GB ;
2. Financement de l’acquisition d’attelages au profit de AFLIDEPA et APWOLIM à Limonade
pour 35 000 US$ (25 914 €, 1.368.560 HTG) avec un concours financier de VSF/AECID
(coopération espagnole) ;
3. Financement des producteurs et productrices de mangues à Gros Morne avec une
enveloppe de 4 millions de gourdes. Cette opération se réalise via une IMF et les fonds sont
obtenus grâce à un financement du projet HIFIVE de USAID
En septembre 2010 le KNFP a été invité à faire trois interventions au colloque international sur la
microfinance organisé par le ministère de l’Economie et des Finances afin d’élaborer une politique
nationale de microfinance. A été monté un comité de pilotage pour préparer le séminaire dans
lequel le KNFP était membre. L’intervention en question est tout particulièrement axée sur la
politique de financement rural. La même sollicitation a été faite au KNFP par la BRH en 2005 pour
le séminaire sur le crédit agricole et par le BCA en 2008.
2
Solidarité Internationale pour le Développement et l’investissement
3
Centre technique de coopération agricole et rurale
Page 11
3. CONTEXTE ET ENVIRONNEMENT
En dépit de ces initiatives et de bien d’autres, publiques et privées, l’état de faiblesse du
financement rural reste aujourd’hui extrêmement préoccupant. Les conditions de valorisation des
productions rurales, agricoles en particulier, entament la capacité des ruraux à mener une vie
décente. A cela se sont ajoutées, ces dernières années, les crises et autres catastrophes naturelles
qu’a connu le pays. Fragilisés, entraînés pour nombre d’entre eux dans une spirale de
décapitalisation et d’appauvrissement, recourant au crédit mais de plus en plus souvent incapables
de rembourser, les ruraux ont besoin, plus que jamais, de ressources et de conditions nouvelles
pour sortir de ce cercle vicieux de la pauvreté. Par ricochet, les structures de financement
populaire qui financent les ruraux sont elles aussi dans des situations financières extrêmement
difficiles. La dégradation des portefeuilles4, le niveau des impayés, qui résultent de ce contexte
adverse, les empêchent de répondre comme il conviendrait aux besoins manifestés et mettent en
cause jusqu’à la pérennité des institutions.
Environnement rural physique
FAIBLESSES
Plusieurs villes de la presqu’île du Sud et la capitale ont été ravagées par le tremblement de
terre du 12 janvier
85% des bassins versants sont dégradés5;
de bonnes terres agricoles de plaines irriguées ou humides sont utilisées dans le cadre d’une
urbanisation inconsidérée ;
70% des besoins énergétiques sont satisfaits par du bois local dans un contexte de couverture
forestière estimée à seulement 1.25% du territoire national ;
les problèmes de sécurité alimentaire sont aigus avec des indicateurs alarmants (malnutrition de
23% des enfants de moins de 5 ans, etc.) et la couverture des besoins est assurée seulement à
41% par des produits locaux, le reste est importé;
le potentiel d’irrigation est faiblement et mal exploité (moins de 60,000 ha irrigués sur un total
de 150 000 ha pouvant l’être), les systèmes d’irrigation existant font face à d’énormes
problèmes d’entretien et de gestion ;
le réseau routier est défaillant et les frais de transport prohibitif ;
des surcoûts sont enregistrés dus à l’insuffisance et l’inadéquation des facilités logistiques tels
les ports (de Jérémie à Port-au-Prince), les entrepôts (insécurité) dans les grands marchés
terminaux ;
l’ouverture de l’économie depuis 1987 n’a pas donné les résultats escomptés de réduction des
prix des produits alimentaires et d’encouragement à l’exportation ;
4
/ A titre d’exemple le FHAF signalait en mars 2010 qu’il estime que suite au
tremblement de terre il y avait peu de chances de recouvrer le portefeuille situés
à 77% dans les zones affectées par le tremblement de terre.
5
/ L’essentiel des données statistiques de cette partie a été fourni par la firme
haïtienne AGRICORP.
Page 12
FORCES
le marché local est porteur et est soutenu par un volume croissant de transfert provenant de la
diaspora, le montant formel enregistré en 2006 est de 1,65 milliard de dollars US, 77% servent à
l’achat de produits de première nécessité et une partie arrive en nature constituée d’aliments
importés susceptibles d’être convertis en produits locaux ;
la production agricole haïtienne est essentiellement naturelle sans engrais ni pesticides
chimiques et pourrait gagner des parts du marché mondial (en pleine expansion) de produits
biologiques estimé aujourd’hui à 40 milliards de dollars : voir notamment la banane, l’ananas, la
mangue, etc.
il est possible d’intensifier dans les terres humides des cultures comme la banane, l’igname, et
d’autres tubercules pour une offre locale de produits devant arriver à couvrir 70% des besoins
alimentaires nationaux ;
il existe d’importantes opportunités dans l’élevage avec le renforcement des services de santé
animale existants pour arriver à l’agrotransformation du lait, de la viande dans toutes les
communes du pays ;
Les acteurs du monde rural
FAIBLESSES
700 000 exploitants agricoles (certaines estimations vont jusqu’à 1 400 000) vivent avec des
revenus dérisoires (moins de 1$US/jour par tête pour plus de 56%) en mettant en valeur
1 500 000 hectares de terre dont seulement 770 000 ha sont considérés comme cultivables dans
un pays au trois quarts montagneux où l’insécurité foncière est quasi généralisée ;
le nombre de cadres techniques de niveau moyen et élevé est de plus en plus réduit au service
des agriculteurs et agricultrices ;
100 000 jeunes sont à installer chaque année et l’habitat rural est d’une grande indigence ;
FORCES
de nombreuses ONG interviennent dans le monde rural, parfois avec succès. Toutefois, leurs
interventions sont la plupart du temps ponctuelles avec peu d’engagement dans la durée, peu
de suivi des réalisations ;
Les ruraux créent de plus en plus d’associations paysannes mais le mouvement paysan est encore
faiblement structuré ;
Il existe de nombreux cadres haïtiens de haut niveau, au sein du KNFP mais aussi en dehors qui
ont à la fois une connaissance très profonde du monde rural de la problématique du financement
rural et un engagement personnel fort pour leur pays ;
Par son travail des 5 dernières années le KNFP a formé plus d’une centaine d’animateurs ruraux
prêts à parcourir les mornes pour appuyer les ruraux à construire leurs mutuelles de solidarité
ou leurs banques communautaires et à partager avec eux la vision d’un autre développement.
Environnement financier
FAIBLESSES
Les institutions financières, en particulier celles qui sont membres du KNFP ont été gravement
affectées par le tremblement de terre et leur portefeuille pourrait être difficilement
recouvrable. On risque d’assister à une disparition de certaines institutions financières ;
Page 13
en matière de crédit, les besoins sont loin d’être satisfaits, le peu de crédit existant est à très
court terme et est octroyé à des taux dépassant souvent les 3% par mois, servant beaucoup plus
dans le petit commerce souvent de produits importés ;
le milieu rural a été et est encore l’objet de prélèvements importants sans contrepartie qui ont
été et sont le fait de l’Etat et d’intermédiaires peu soucieux de la production des agents
économiques impliqués dans les systèmes de production de base (café, cacao, charbon, etc.)
les enclaves minières et agroindustrielles qui donnaient des emplois diversifiés dans le milieu
rural ont disparu ; des décisions légères et unilatérales ont été prises concernant l’élimination
de la subvention d’intrants (engrais, labours, semences, etc.) ;
Les dépenses d’investissement public totalisant 2 113 MG ont régressé de 42,20 % en 2005 par
rapport à l’année précédente. Du montant total, 1,72 % seulement a été affecté aux
programmes d’appui à la production agricole6.
L’Etat, au travers du BCA, n’a pas su mettre en place une politique efficace de financement du
milieu rural. Il faut dire aussi que bon nombre de ses clients institutionnels n’ont pas su ou voulu
tenir leurs engagements.
L’instabilité relative de la gourde ces dernières années a limité les prêts de partenaires
extérieurs. Une certaine tendance à la stabilité est observable ces derniers temps.
Aucune structure de financement importante ne prête une attention à l’investissement et au
crédit à long terme en milieu rural.
FORCES
L’ANACAPH et les membres du KNFP ont réussi à créer un réseau dense de structures de
financement dans tous les départements du pays. Ces deux réseaux ont su traverser la crise
apportée par les « coopératives 10% ».
Aujourd’hui, des milliers de paysans sont organisés dans les mutuelles de solidarité, réfléchissent
sur leur environnement et comprennent mieux les mécanismes de financement.
6
/ Rapport BRH 2005
Page 14
4. LA CONSTRUCTION D’UN OUTIL DE FINANCEMENT
RURAL, OPERATEUR DE PROMOTION DU MONDE
RURAL
Vu la complexité de la question rurale, on ne peut prétendre à quelque résultat que ce soit sans
combiner des actions de financement à des actions de formation, de recherche et d’une manière
générale à des actions d’accompagnement. Il est cependant couramment admis qu’une structure de
financement doit nécessairement « se rentabiliser », ce qui l’empêche de prendre en charge un
travail de développement.
Etant donné les problèmes de réseau routier, les contacts sont difficiles tant pour le financement
que pour les actions de développement. Pour y remédier, un réseau décentralisé d’acteurs s’impose.
D’une manière générale les réponses suivantes doivent être apportées pour le développement des
ruraux.
1. Afin de garantir la réussite dans les actions, il faut deux (2) types de structures
complémentaires: des structures pour le financement et des structures pour le
développement (formation, recherche, accompagnement, production d’études de
faisabilité…).
2. Parce que les transports coûtent cher, parce qu’un financement implique une bonne
connaissance du milieu, les décideurs en matière de financement doivent être proches du
terrain. Tel est le garant de la réussite du programme avec les membres du KNFP, le réseau
des mutuelles de solidarité et des banques communautaires répartis à travers tous les
départements du pays.
3. En matière d’appui au développement, (formation, recherche, accompagnement, production
d’études de faisabilité…), il existe une multitude d’ONG sur lequel le système de
développement rural peut s’appuyer, à condition que celles-ci définissent leur politique en
fonction des besoins du terrain. Il est important de signaler la présence des 100 animateurs
formés par IMOFOR résidant dans les régions du pays et travaillant généralement7 au sein des
IFIP8.
4. Les deux types de structures (Financement et Développement) auront à présenter chacune
séparément leurs états financiers.
Principes de construction
Financer le rural plus particulièrement les activités rurales sera un élément essentiel dans la
reconstruction de Haïti. Le KNFP après des périodes de plaidoyer intense, s’y attèle. Sachant que la
structure de financement ainsi créée ne pourra tout faire et que le KNFP veut l’inscrire dans son
approche d’économie sociale et solidaire, il estime que des principes clairs doivent réunir les
promoteurs de ce projet et en modeler la vision et les grandes orientations. Ces principes sont les
suivants.
7
Si l’on tient compte des formations à la carte, dans l’ensemble IMOFOR a formé
environ 200 animateurs et animatrices.
8
/ IFIP : Institution de financement populaire.
Page 15
La priorité de l’action est l’amélioration du revenu des ruraux pour l’amélioration de leurs
conditions de vie, par le financement d’activités agricoles ou non agricoles ;
1. Améliorer l’environnement, en rétablir les équilibres naturels est une priorité du KNFP et
de ses membres ;
2. La création d’emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes, est un axe
stratégique fort pour le KNFP. L’emploi doit être créé aussi bien dans les secteurs agricole
et agroalimentaire que dans d’autres secteurs non agricoles ;
3. Les Haïtiens sont très attachés à leur région d’origine. De ce fait, il est possible de mobiliser
un actionnariat populaire dans une région donnée pour la développer. Le système de
financement rural prendra en compte cette potentialité forte de la réalité humaine de Haïti ;
4. Vu l’état du monde rural (gravité des problèmes) ce n’est pas en empruntant aux pratiques
bancaires habituelles ni à la micro finance que les réponses aux problèmes seront trouvées.
Il faut inventer à la haïtienne, en construisant une approche qui fait à la fois recours à
l’engagement, à la connaissance du terrain (humaine, agronomique, sociale), à la rigueur de
gestion. Tout système de financement rural doit être intuitif et souple tout en assurant
sa rentabilité.
5. On ne bâtit pas un nouveau système de financement rural avec des acteurs (IFIP,
associations paysannes, muso/bc, entrepreneurs privés) non fiables (dans la parole, dans les
chiffres, dans le respect des engagements) et qui ne partagent pas les principes, valeurs et
vision des promoteurs du système de financement rural.
6. Selon une logique évidente, construire le financement rural se fait à partir de la
campagne. Localiser la prise de décision à Port-au-Prince revient à plomber les comptes de
résultats par des dépenses en temps, en carburant inutiles et improductives.
7. On ne peut tout faire, tout de suite et partout. La mise en place d’un système de
financement rural se fera par département, avec une sélection en fonction de la qualité des
acteurs locaux (IFIP, muso/BC, collectivités locales) des potentialités de la région et des
ressources financières complémentaires qui peuvent y être trouvées.
8. L’entreprise privée est un des lieux les plus efficaces pour la création d’emplois et donc
le KNFP cherche à nouer des alliances avec le secteur privé qui partagent les convictions du
KNFP en matière de développement ;
9. Une bonne politique de financement rural passe par le renforcement d’entreprises existant
déjà dans le milieu rural, quel que soit le statut de leurs détenteurs mais à condition que les
emplois qu’elles ont créés soient dignes et rémunérateurs. Toutefois, il manque des maillons
essentiels pour la valorisation des produits des ruraux, que ce soit par transformation ou
commercialisation. L’amélioration des revenus des ruraux, la création d’emplois pour les
jeunes exige d’envisager la création de nouvelles entreprises à porter par le mécanisme
de financement rural auquel il faudra adjoindre des promoteurs privés intéressés.
10. Améliorer le revenu des ruraux peut aussi passer par la création d’entreprises en ville : La
ville vit de la campagne et vice versa puisque la ville offre les principaux débouchés pour les
ruraux. Le mécanisme de financement rural n’hésitera pas à créer des entreprises en ville
pour autant qu’elles servent directement ou indirectement les intérêts des ruraux, sans
conduire ceux-ci à émigrer vers les villes ;
11. Pour se développer, l’entreprise a besoin de prêts mais a surtout besoin de fonds propres qui
sont apportés par la prise de participation. Le système de financement rural aura à cœur
de prendre des participations là ou c’est possible ; la prise de participation présente
l’avantage de ne pas plomber d’avance l’entreprise rurale avec des charges (intérêts) mais
de rémunérer l’apporteur des capitaux en fonction des résultats.
Page 16
12. L’offre de financement doit comprendre le financement à long terme afin de rendre
l’investissement accessible aux ruraux. Il doit en outre, nécessairement et structurellement,
être accompagné de subventions offertes par l’Etat qui manifestera ainsi son souci de
restaurer l’environnement rural ;
13. Le financement doit se faire à proximité des ruraux (diminuer les charges indirectes liées
au crédit comme les frais de déplacement). A ce titre, les IFIP jouent un rôle clef dans tout
mécanisme de financement rural qui ne peut être conçu sans en faire une pièce maîtresse ;
14. Les dossiers doivent pouvoir être montés de manière simple
15. Les conditions du financement doivent être compatibles avec la rentabilité des activités
financées ; le financement du long terme ne supporte pas des taux élevés ;
16. La durée des financements doit être souple et s’adapter aux aléas climatiques et aux
fluctuations des prix des produits des ruraux ; le système de financement rural prend
garde de ne pas créer ses propres impayés parce qu’il n’aura pas compris la réalité de la
production rurale ; il veille à permettre aux ruraux de rembourser quand ces derniers
peuvent vendre leur production au meilleur prix ;
17. Une des tâches premières du financement rural doit être de libérer les ruraux de la dette
structurelle qui les lie aux usuriers ;
18. En définitive, toute politique de financement rural doit financer la personne humaine, la
famille, l’entreprise dans la globalité de leurs activités. Le financement rural doit
s’adapter aux réalités rurales et ne pas prétendre faire entrer les réalités rurales dans un
carcan calqué sur l’approche bancaire par « produit » ou « type de crédit ». Ceci contraint
les acteurs du financement rural à avoir une connaissance de l’activité globale de la
personne, de la famille, de l’entreprise.
Vision d’ensemble du mécanisme financier proposé
Le KNFP avec le Fonds se divise en deux entités : LE FRICS (le FRICS) et KNFP DEVELOPPEMENT. En
fait sera créée seulement la division Financement car celle de développement correspond à la
structure actuelle du KNFP. En 2009, c’est le statut légal d’association du KNFP qui servit de
chapeau aux deux entités, ce qui est tacitement accepté par la BRH dans la mesure où il n’y a
aucun appel à l’épargne du public. C’est le cas de beaucoup IMF telles ACME,GRAIFSI,etc.
KNFP FINANCEMENT, s’appelle Fonds Rural d’Investissement et de Crédit Solidaires (FRICS), il est
aussi désigné par le FONDS dans ce document. Dans le court terme, il cherchera à se doter du statut
de société financière de développement (SFD) qui intervient en prises de participation, en prêts
(court terme pour le fonds de roulement, moyen terme et long terme pour l’investissement).
Le statut de société financière de développement est très intéressant à plus d’un titre9 :
1. il permet la prise de participation (cf principe 12 ci-dessus) ;
2. le capital exigé est raisonnable (5 millions de gourdes)
3. la SFD peut recevoir des subventions de l’étranger ;
4. la SFD peut faire des crédits à long terme ;
5. la SFD peut faire de la location vente ;
6. la SFD est exonérée d’impôt (sur le revenu, les bénéfices d’exploitation, les bénéfices non
distribués) pendant 10 ans ;
9
/loi du 30 août 1982, Moniteur n° 70 du jeudi 7 octobre 1982
Page 17
7. Les apports des actionnaires sont déductibles des impôts pendant 5 ans ;
Le FRICS prête à des IFIP10 qui partagent la vision et offrent des garanties de fiabilité. Pour être
financées, ces IFIP doivent être auditées et ne pas avoir de dettes impayées avec des tiers. Le
FONDS prête aussi en direct à des Organisations de Producteurs Agricoles (OPA) , à des entreprises
rurales privées ou collectives à partir d’un montant minimum supérieur à 500 000 de gourdes 11.
Chaque fois que possible, le FONDS privilégie la prise de participation.
Le FONDS cherche à drainer de l’actionnariat populaire en son sein mais aussi vers les
entreprises rurales soutenues.
En outre et compte tenu de la situation actuelle du pays, qui a engendré un flux massif d’aide,
le KNFP a conscience que le crédit sera un outil difficile à manier dans un contexte où bien des
familles ont tout perdu, sauf leur savoir-faire. Il souhaite donc disposer d’un outil financier qui
permettra aux entreprises rurales de ne pas tout supporter à crédit mais de bénéficier de
« seed capital » qui pourrait être mis en œuvre sous forme de prise de participation, certes
risquée, dans de nouvelles entreprises rurales. Le crédit pourra venir par la suite, une fois que
les entreprises auront démarré et que la situation d’aide massive sera moins flagrante en Haïti.
Pour disposer de cet outil risqué dans le contexte actuel, il serait bénéfique que le FRICS puisse
disposer de subventions importantes de la part de ses partenaires.
Pourront faire des apports financiers au FONDS, les membres du KNFP, l’Etat haïtien, mais aussi des
banques qui le souhaiteraient, des bailleurs de fonds qui portent intérêt au monde rural, des
investisseurs privés, des membres de la diaspora, des partenaires extérieurs comme la SIDI, l’EPER,
OXFAM, etc 12 . Ces partenaires seront choisis parce qu’ils partagent la vision du FONDS et pas
seulement parce qu’ils apportent des capitaux. Une des qualités souhaitée des partenaires est de
rechercher le développement du pays, la construction d’entreprises aidant au développement des
ruraux et non pas une rentabilité immédiate et exagérée.
Aux niveaux départemental et communal, le FONDS utilisera, outre les guichets des membres de
KNFP, les services des caisses populaires et autres IMF qui jouent le jeu du financement rural et
populaire. Si tel n’est pas le cas, le FRICS ouvrira à terme ses propres guichets.
KNFP DEVELOPPEMENT regroupe tous les services actuels de KNFP. Il joue le rôle d’agence de
développement rural. Son action est ciblée progressivement sur un département, puis un autre, puis
un autre. Elle peut être représentée localement par un de ses partenaires ou avoir des antennes
locales.
KNFP DEVELOPPEMENT gère des subventions pour l’accompagnement utile aux projets financés ou
aux filières ou au développement local mais aussi finance de la formation, des études de marché,
des études de faisabilité pour de nouveaux projets dans le milieu rural. Elle agit directement à
travers les structures existantes (BSR, IMOFOR) pour lesquelles elle recherche des financements ou
passe des contrats avec des organisations spécialisées quand c’est nécessaire. Ce département
assure enfin des fonctions clefs pour les différentes entreprises créées ou soutenues (comptabilité,
gestion financière, gestion du personnel, éventuellement transport) afin de diminuer les charges
10
IFIP = Institutions financières de proximité.
11
Le Comité de pilotage en accord avec le Conseil d’ Administration du KNFP peut
réviser ce montant selon les circonstances. L’ajustement se fera en fonction de la
taille des prêts des IFIP. L’idée est que le Fonds ne concurrence pas les IFIP.
12
SIDI : Solidarité Internationale pour le
(France), EPER : Entr’Aide Protestante Suisse
Développement
et
l’Investissement
Page 18
fixes des entreprises. L’antenne locale encourage l’actionnariat populaire local pour les entreprises
populaires locales.
Compte tenu de l’urgence et de l’ampleur de la reconstruction après les terribles tremblements de
terre du mois de janvier 2010, KNFP DEVELOPPEMENT sera doté d’un Fonds d’étude remboursable
(FER). Le fonds d’étude remboursable servira à préfinancer les études de faisabilité des entreprises
rurales.
KNFP DEVELOPPEMENT disposera ou recherchera également la mise en place d’un fonds de calamité
afin de couvrir des risques exceptionnels encourus sur les crédits ruraux. Le mécanisme de ce fonds
fera l’objet d’une note particulière.
Les ressources de KNFP DEVELOPPEMENT proviennent de subventions d’ONGs internationales, de
l’Etat, de partenaires de développement, de donateurs privés mais aussi de la rémunération des
services rendus aux entreprises et aux acteurs du d et aux acteurs du développement.
Objectifs généraux du fonds
Dans la construction, le FRICS et KNFP DEVELOPPEMENT poursuivront 3 objectifs communs :
1. Financer et accompagner des projets qui valorisent les produits des ruraux et permettre à
ceux-ci d’accroître sensiblement leurs revenus ;
2. Créer de l’emploi digne et rémunérateur pour les jeunes. Une attention particulière sera
également apportée à l’emploi et aux revenus des femmes.
3. Développer l’utilisation et la production des énergies renouvelables.
Ces trois objectifs déterminent les orientations des financements et des accompagnements à mettre
en place.
Structuration en phase de lancement
Les deux départements du KNFP (Développement et Financement) étaient dirigés par le
coordinateur-du KNFP sous la supervision du Conseil d’Administration du KNFP. A partir d’octobre
2010 il est piloté par un comité de lancement du FRICS.
A terme, le département financement prend son autonomie statutaire sous forme de société
financière de développement.
Le comité de lancement du FRICS
Le comité de lancement du FRICS est une préfiguration du conseil d'administration mis en place
lorsque la société financière de développement sera effectivement constituée.
Le comité de lancement est essentiel pour que le démarrage du FRICS soit approprié par une équipe
et pour épauler le(la) futur(e) responsable du FRICS.
Le comité de lancement se réunira au moins une fois tous les quinze jours à date fixe sur
convocation de la présidente du conseil d'administration du KNFP qui pilote la construction du FRICS.
Le mandat du comité de lancement est de suivre la réalisation du plan stratégique et des protocoles
de décisions, de trouver des actionnaires pour le Fonds et d’aider la présidente du KNFP dans les
démarches administratives de création.
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Sa composition est la suivante :
Tableau 1. Composition du comité de lancement
PRENOM
NOM
INSTITUTION
FONCTION
Carine
CLERMONT
FRICS/KNFP
Présidente CONSEIL
D'ADMINISTRATION KNFP
Lionel
FLEURISTIN
KNFP
Coordinateur KNFP
Francine
CELESTIN
FHAF/KNFP
Trésorière CA KNFP
Rosanie
MOISE
VETERIMED
Directrice VETERIMED
Fritz
JEAN
Indépendant,
banquier
Christophe
Taléus
Représentant des OPA
ancien
Page 20
Figure 2. Organigramme KNFP avant lancement FRICS
Assemblée Générale
Conseil d’administration
Comité de lancement
du FRICS
Direction
Coordination
KNFP
DEVELOPPEMENT
KNFP
FINANCEMENT
Département
Développement
Bureau de Service et
de Renforcement
(BSR)
Unité d’appui aux IFIP
Unité
d’appui
aux BC/MUSO
Institut Mobile
de Formation
(IMOFOR)
Unité d’appui
aux OPA
Recherche
Plaidoyer
Unité d’appui
aux PME
Page 21
Le personnel du FONDS en phase de démarrage
Le FONDS après avoir été porté au départ par le personnel du KNFP, est aujourd’hui opérationnel
avec son personnel propre. En effet, avec les urgences du 12 janvier, la pression exercée sur le
Fonds par les demandes des membres et partenaires a poussé à une mise en place d’une structure
de fonctionnement minimal. Un-e directeur-trice, une assistante administrative et financière
responsable de portefeuille, un-e comptable / agent de terrain logés dans les locaux du KNFP.
La direction a entre autres mandats de faire le lien avec la Coordination et les services de KNFP
DEVELOPPEMENT. Il est également envisagé à court terme, la présence d’analystes de projets dans
les régions de forte intervention. Ces analystes devront être équipés de scanners et d’Internet pour
pouvoir transmettre quand ce moyen le permet, les dossiers à la direction de KNFP Financement.
Les frais de ces analystes seront pris en charge par subvention par KNFP DEVELOPPEMENT dans la
mesure où ils auront aussi comme mission d’aider les ruraux à monter leur projet ce qui est l’une
des missions du BSR (Bureau de Service et de Renforcement). LE FRICS ne fera pas comme les
banques qui attendent des projets tout ficelés.
La situation issue du tremblement de terre du 12 janvier 2010 nécessite de changer les
perspectives si nous voulons que le fonds soit rapidement plus opérationnel, à la mesure de la
catastrophe qui s’est abattue sur Haïti et de l’effort nécessaire de reconstruction. En particulier
1. l’équipe doit être complétée dans le court terme, avec une assistante administrative et
financière responsable de portefeuille, les analystes de dossier ;
En outre, un appui de consultant pour deux mois est nécessaire pour que le FRICS puisse avoir un
statut de Société Financière de Développement. Un autre consultant devra travailler pendant deux
mois pour finaliser les procédures du fonds.
Structuration en SFD
Quelles que soient les contraintes actuelles, le FRICS, du fait de l’expérience de 12 ans du KNFP
avec les IFIP, les MUSO et quatorze organisations paysannes13 est immédiatement opérationnel
et peut agir sans tarder pour la reconstruction du pays.
KNFP organise déjà la collecte du capital sur un compte bloqué qui doit atteindre le montant
minimal de 5 MG statutaire pour les SFD. A partir de ce stade il sera demandé au MEF
l’autorisation de créer formellement le FRICS.
LES ORGANES DU FRICS
L’Assemblée générale
Conformément à la loi l’assemblée générale est l’organe suprême de la SFD. Composée des
actionnaires, elle se réunira une fois par an. L’assemblée générale est organisée en collèges. Les
collèges sont les suivants :
1. Le KNFP et ses membres ;
2. Les organisations paysannes ;
3. Les accompagnateurs du développement ;
4. Les entreprises sociales ;
5. Les partenaires internationaux ;
6. Les investisseurs individuels ou autres personnes morales.
13
/ Voir liste en annexe XXX
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La gestion courante sera supervisée par un conseil d'administration de 7 membres : un par collège
sauf le collège du KNFP qui sera représenté par deux personnes : un représentant du KNFP qui est le
porteur du FRICS et l’accompagnateur des entreprises financées et un représentant d’IFIP membre
du KNFP.
LE PERSONNEL DU FONDS DANS LA SFD
Le FRICS est dirigé par un(e) directeur/directrice exécutif/exécutive. Le personnel comprend les
personnes du tableau suivant :
Tableau 2. Personnel du FRICS
EFFECTIFS FRICS (SIEGE + AGENCES)
Directeur
Secrétaire comptable
Chauffeur messager
Analyste
Responsable agences
Agent de terrain
ANNEE 1
1
1
1
1
4
4
ANNEE 2
1
1
1
1
4
4
ANNEE 3
1
1
1
1
5
5
ANNEE 4
1
1
1
1
6
6
ANNEE 5
1
1
1
1
6
6
LA RELATION ENTRE LE FRICS ET LE KNFP
1. Le KNFP est membre de droit du conseil d'administration du FRICS. Avec un de ses membres
il est représenté dans son collège par deux personnes ;
2. Le KNFP est apporteur d’affaires au FRICS du fait de l’intense réseau d’entrepreneurs et
d’organisations paysannes qu’il a créé depuis 10 ans ;
3. Via le BSR le KNFP assure les études de faisabilité des entrepreneurs qui le souhaitent et
gère le Fonds d’étude renouvelable.
Les modalités de financement
Nous détaillons ci-dessous les modalités de financement d’un bon système de financement rural
efficace en matière de développement. Il faudra se démarquer des pratiques des banques
commerciales pour se rapprocher des pratiques des banques agricoles dans les pays occidentaux :
bonification des taux d’intérêt, reports d’échéances prévus dans le contrat, planning de
remboursement glissant en fonction de l’évolution des prix du marché, etc.
Avec quelles ressources financer ?
A son démarrage, le FONDS s’est appuyé sur les dotations en capital sous forme de dons, de
subvention ou d’accord de gestion avec certains partenaires qui veulent atteindre le monde rural.
Déjà, citons la subvention de OXFAM GB , Coopération espagnole et le projet HIFIVE Deux comptes
bancaires (HTG et USD) sont déjà ouverts à la BNC .
Toutefois, pour notre crédibilité et pour notre indépendance, et pour avoir des ressources
financières substantielles, un appel à l’actionnariat populaire est lancé, sur base d’actions de
faibles montants pour ne pas écarter des Haïtiens aux ressources limitées. Le montant de l’action
est fixé à 2000 gourdes.
Dès annonce officielle du FRICS, un compte bloqué de SFD en formation et rémunéré sera ouvert à
la BNC. Les souscripteurs potentiels sont invités à déposer l’argent sur ce compte. L’argent ne
pourra y être retiré que par transfert au capital de la société financière de développement. Au cas
où celle-ci ne serait pas créée, l’argent sera rendu aux souscripteurs potentiels.
Page 23
Le montant minimum de capital de départ est de 5 millions de gourdes. Pour constituer son capital
en passant au statut de SFD , les actionnaires apporteront leurs fonds propres. En outre, des
apports en capital seront recherchés auprès de :
1. la diaspora ;
2. Les entrepreneurs privés ;
3. les bailleurs de fonds étrangers (Banque Mondiale, BID, FAO, FIDA, Union européenne,
coopérations bilatérales…) ;
4. l’Etat haïtien ;
5. les OSI internationales de solidarité ;
A PROPOS DE LA DIASPORA
La diaspora fait chaque mois des transferts importants en direction de la famille restée au pays.
D’aucuns rêvent que ces transferts aillent vers des objectifs de développement mais de fait, pour
l’instant, ils restent utilisés pour organiser la survie et soutenir la consommation.
Loin de la réalité haïtienne, la communauté haïtienne à l’étranger a des réserves sur le devenir du
pays, la possibilité d’y construire. Elle évoque la corruption le détournement d’argent etc. et
exprime souvent le sentiment qu’envoyer de l’argent pour le développement de Haïti revient à
jeter de l’eau dans la mer.
Par contre, les membres de la diaspora ont un attachement réel à leur région d’origine. Souvent les
gens d’Aquin ou de Camp Perrin ou encore de Gros Morne vivant à l’étranger constituent des
associations de ressortissants pour soutenir leur région d’origine. Souvent les habitants de Port-auPrince font de même.
Les membres de ces associations pourraient se laisser séduire par une société financière de
développement qui les appellerait à placer leur argent en vue de financer des investissements
productifs dans leur région d’origine.
A PROPOS DES O.S.I.
La SIDI, partenaire historique du KNFP depuis sa fondation, est disposée à entrer en matière
rapidement sous forme de prêt qui sera transformé en actions et en acompte en compte courant
d’associés dès que la société financière de développement sera créée.
Quoi financer ?
UNE GRANDE OUVERTURE EN TERMES D’OBJETS DE FINANCEMENT
En théorie, nous proposons que le FONDS finance TOUTES les activités économiques du milieu rural
qu’elles soient agricoles ou non agricoles. Toutefois, il faudra tenir compte que la question des
débouchés pour les produits des ruraux et de la commercialisation est cruciale pour inciter la
production et assurer que les producteurs aient des revenus.
En pratique et puisque les ressources ne sont pas illimitées, des priorités devront être données en
fonction de :
1. la politique agricole de l’Etat ;
2. la recherche d’effets de leviers dans une région donnée ;
3. le volume d’emplois créés, notamment parmi les jeunes ;
4. la maîtrise de l’investissement par le promoteur ;
Page 24
5. l’existence d’une dynamique de développement local existant en un lieu donné et devant
être renforcée.
Sur cette question, l’articulation entre le FRICS et KNFP DEVELOPPEMENT prend tout son sens. D’un
côté, KNFP DEVELOPPEMENT a établi une relation étroite avec nombre d’organisations paysannes
mais celles-ci peuvent avoir des projets de PME (transformation) sans pour autant avoir la capacité
de gestion. Le fonds pourra cependant financer s’il a la certitude d’un accompagnement de KNFP
DEVELOPPEMENT.
PRIORITÉ AUX FONDAMENTAUX DU DÉVELOPPEMENT RURAL : L’EAU ET L’ÉNERGIE
En ces temps de dérèglement climatique, les paysans auront du mal à augmenter production et
revenus sans maîtrise de l’eau. Soutenir la construction de puits collectif, aménager des sources,
financer la micro irrigation sera une priorité du FRICS.
Pour transformer les matières premières locales, mais aussi pour réduire la dépense familiale en
kérosène, l’énergie solaire est indispensable. Le FRICS accordera une priorité à ce secteur,
notamment en finançant l’investissement de départ mais aussi la création d’ateliers solaires qui
permettront de créer des installations aux normes dans les habitations14.
Comment financer ?
La prise de participation sera privilégiée quand le fonds aura atteint un certain niveau de
développement. Le FONDS deviendra actionnaire, généralement minoritaire, d’entreprises rurales.
Eventuellement la prise de participation sera complétée par un prêt sous forme d’acompte en
compte courant d’associés (ACCA).
Un taux d’intérêt à deux chiffres n’est pas supportable pour le crédit de long terme. Il sera autant
que possible recherché que les crédits de long terme soient en dessous de 10% sur le capital restant
dû (dégressif).
Les crédits fonds de roulement peuvent être à un taux plus élevé. Nous proposons qu’ils ne soient
pas uniformes et varient en fonction de la rentabilité du secteur financé : la rentabilité de la pêche
n’est pas la même que celle de la mangue ou celle du lait. Cette remarque suppose que les
employés du FONDS soient très au fait de la rentabilité des activités rurales, agricoles ou non
agricoles.
Afin d’éviter une concurrence malsaine entre les IFIP et le FRICS :
1. LE FRICS assurera tous les crédits d’investissements à long terme ;
2. laissera une partie des crédits fonds de roulement aux IFIP jusqu’à leur montant maximal de
plafonds individuel autorisé.
Le KNFP accordera une attention particulière sur ce point. Pour le bon fonctionnement des
investissements financés, il est indispensable que les IFIP :
a) aient les disponibilités suffisantes pour assurer cette fonction ;
b) répondent à temps aux besoins de mise en place des fonds de roulement ;
c) pratiquent des taux compatibles avec la rentabilité des entreprises financées ;
d) interviennent effectivement dans la zone de résidence de l’entrepreneur financé.
14
A noter
haïtienne
que
des
premiers
contacts
ont
été
pris
avec
ENERSA,
une
société
Page 25
Si ces conditions ne sont pas remplies, le FRICS devra revoir ce partage des tâches, d’autant que le
FRICS doit avoir un renouvellement de ces ressources financières pour satisfaire le plus grand
nombre.
Qui financer ?
Avant toute autre considération, le fonds sera attentif à la qualité des acteurs promouvant un
projet à financer : qualités morales, engagement dans le développement, respect du personnel et
de la qualité des produits.
En outre, le FRICS financera en priorité les entrepreneurs engagés dans une même dynamique de
développement local.
Si la qualité des acteurs est prouvée, le fonds pourra financer les opérateurs économiques suivants :
1. Entreprises existantes qui valorisent les produits des ruraux, à condition que cela se fasse
sans exploitation outrancière.
2. Entreprises à créer sur initiative de promoteurs privés ou sur initiative du Fonds pour
autant qu’elles répondent aux objectifs ;
3. Coopératives, organisations paysannes ou autres formes d’organisations de production et
de commercialisation qui font preuve d’une bonne gestion ;
4. Entrepreneurs individuels ayant des projets dans le milieu rural, agricoles ou non agricoles
(si ces derniers sont créateurs d’emplois) ;
5. IFIP (refinancement) pour leurs crédits aux ruraux, aux Mutuelles de solidarité (MUSO),
aux Banques communautaires (BC), et autres structures similaires à condition que leurs
règles financières soient compatibles avec les réalités rurales.
6. les collectivités locales qui font preuve de dynamisme, de rigueur de gestion et qui ont
des projets utiles pour l’activité économique de leur zone : construction de marchés,
adduction d’eau, fourniture d’énergie.
Quels produits financiers ?
Alors que les IFIP offriront directement des crédits aux exploitants, le Fonds se concentrera
essentiellement sur le refinancement de ces IFIP et aussi à la satisfaction de certaines demandes
d’une certaine taille provenant d’organisions paysannes ou de PME.
Nous donnons, à titre indicatif, un tableau des différents produits financiers qui seront offerts en
fonction de la qualité des acteurs. Nous rappelons cependant qu’une grande attention sera donnée
dans le fonds à un souci nécessaire de souplesse pour adapter les produits financiers aux réalités
rurales et aux besoins réels des entreprises.
CATÉGORIES BÉNÉFICIAIRES OU CLIENTS
TYPES DE PRODUITS (Non exhaustifs)
1. IFIP membres KNFP et autres IMF dont caisses
populaires pour leurs crédits aux ruraux, aux
BC/MUSO à condition que leurs règles financières
soient compatibles avec les réalités rurales.
Crédit d’une durée de 1 à 3 ans pour
permettre aux IFIP ou IMF de refinancer les
BC/MUSO, les campagnes agricoles,les
petites entreprises, etc
2. Entreprises existantes qui valorisent les produits Crédit d’investissement >500,000 HTG,
des ruraux, à condition que cela se fasse sans Prise
de
participation,
Garantie,
exploitation outrancière.
Acompte en compte courant d’associés
3. Entreprises à créer sur initiative de promoteurs Prise de participation (capital risque),
privés ou sur initiative du FRICS pour autant qu’elles Acompte en compte courant d’associés
répondent aux objectifs ;
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CATÉGORIES BÉNÉFICIAIRES OU CLIENTS
TYPES DE PRODUITS (Non exhaustifs)
4 Coopératives de production, organisations Crédit de fonds de roulement, crédit
paysannes ou autres formes d’organisations de d’investissement,
production et de commercialisation qui font preuve
d’une bonne gestion ;
5. Entrepreneurs individuels ayant des projets dans le Crédit de fonds de roulement
milieu rural, agricoles ou non agricoles (si ces d’investissement > 500,000 HTG
derniers sont créateurs d’emplois.
ou
En outre, pour des entreprises implantées localement, le FRICS cherchera à susciter un
actionnariat populaire en se fondant sur le fait que les personnes sont souvent attachées au
développement de leur région d’origine.
Soucieux de profiter de la situation actuelle pour stabiliser les populations retournées en milieu
rural le FRICS tentera à titre expérimental de construire des maisons des producteurs, sorte de
mini parcs industriels dans des zones où le développement local est porté à la fois par les
collectivités locales, les organisations paysannes et les ONG. Ces maisons des entrepreneurs
pourront mettre des locaux à disposition des entrepreneurs ruraux, avec le minimum de commodités
(eau, électricité, capacité de froid et de stockage). Ces locaux seront loués aux entrepreneurs dans
un premier temps ou cédés en location vente.
Où financer ?
L’approche sera progressive. Une action sera entreprise dans un département puis dans un autre.
Les quatre départements du Grand Nord (Nord, Nord-Ouest, Nord-Est, Artibonite) sont déjà
pressentis mais cette liste n’est pas limitative. Le FONDS pourra rechercher si nécessaire des
partenariats avec des initiatives régionales en cours.
Mais avant tout le KNFP s’inscrit dans une logique de développement local. LE FRICS ne
déterminera pas ses zones d’intervention d’abord en fonction de découpages administratifs mais en
fonction de la qualité des acteurs et de leur capacité, dans une zone donnée, de se mobiliser
ensemble pour construire le développement local. LE FRICS soutiendra la politique de
développement initiée par le KNFP avec le concept de Makòn15. Là où des Makon seront créés et
seront opérationnels, LE FRICS accompagnera en matière de financement de l’investissement.
Il sera toutefois possible de faire des investissements dans la capitale ou les grandes villes pour
soutenir une production régionale donnée (par exemple : magasins en ville pour commercialiser les
produits des ruraux).
Quelle sécurité pour les financements ?
Les banques ont l’habitude de prendre des garanties pour sécuriser les prêts, quitte même à ne pas
étudier le fonds du dossier. Cette pratique est un facteur grave de blocage des financements ruraux,
les habitants des mornes et les jeunes entrepreneurs ayant rarement ces types de garantie.
La première sécurité prise par LE FRICS sera la qualité des porteurs de projet et des projets euxmêmes. KNFP DEVELOPPEMENT et LE FRICS inciteront les promoteurs à faire des prévisions
15
Makòn réfère à un espace communal où les acteurs du financement populaire
(organisations de producteurs et productrices, entrepreneurs-res,IFIP, Institutions
d’accompagnement…) se rencontrent pour mieux se connaître afin de développer des
synergies pour offrir de meilleurs services .Une expérience pilote est en cours à
Gros Morne dans le département de l’Artibonite.
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financières réalistes, sachant que sur papier les promoteurs ont toujours tendance à sous estimer
les aléas et contre temps qui peuvent entraver leur production.
Les équipements et le bétail financés seront nantis. En outre, le portefeuille sera assuré auprès
d’une compagnie d’assurance pour couvrir les risques de mortalité des promoteurs ou des animaux
financés.
Dans la mesure du possible, la vente de la production des entreprises financées passera par un
compte BNC 16 de LE FRICS qui rendra le solde de la valeur de la vente, déduction faite des
remboursements attendus sur le prêt.
KNFP DEVELOPPEMENT assurera ou s’impliquera dans la comptabilité des entreprises financées et de
ce fait aura une visibilité au jour le jour de l’évolution de la situation de l’entreprise. KNFP
DEVELOPPEMENT sera rémunéré pour ce service.
Lorsque les demandes de financement seront élevées, LE FRICS cherchera des partenaires bancaires
pour monter des crédits en consortium.
Le dernier élément de sécurité sera assuré par une clef de répartition indicative du portefeuille
qu’on a schématisé en page suivante.
Deux clefs de répartition en trois tiers seront recherchées en permanence, sans rigidité17 :
La première clef a trait aux secteurs d’intervention : nous proposons une répartition en trois
secteurs :
a) production agricole (y compris la pêche)
Ce secteur est vital mais particulièrement risqué dû fait des aléas climatiques,
des risques de surproduction, d’obstruction par l’aide alimentaire étrangère
etc. Il faut y aller mais avec prudence. Une attention particulière sera donnée
à la production de semences, rares dans le pays et à la mise en valeur de tout
ce qui est production bio.
b) Stockage, commercialisation et transformation agricole
C’est là que les ruraux peuvent obtenir de la valeur ajoutée et qu’on peut
attendre de la création d’emplois. Ce secteur est fondamental, d’autant que
dans le pays, l’intermédiation, hypertrophiée, achète les produits agricoles à
bas prix pour les revendre à des prix élevés aux consommateurs des villes,
créant la vie chère.
Changer les systèmes de commercialisation, trouver des circuits courts entre
producteurs et consommateurs, gagner des marchés où les produits des ruraux
sont achetés à des prix équitables sera une priorité de LE FRICS.
c) Production, transformation et commercialisation rurales mais non agricoles
L’amélioration du revenu des paysans passent par la valorisation de leur
production agricole mais aussi par la disponibilité de biens et services de
qualité à meilleurs coûts que les conditions existantes. Trouver des fournitures
scolaires à bon prix, disposer d’équipements solaires, s’approvisionner en biens
de première nécessité, disposer de biens et de services à proximité,
16
BNC :Banque Nationale
désignées à cet effet.
17
de
Crédit
ou
toutes
autres
institutions
financières
/ Pas question d’introduire des quotas. Pour vivre le FRICS doit assurer des
financements et aussi savoir saisir les bons projets qui se présentent.
Page 28
permettrait de diminuer les dépenses des ruraux et donc d’améliorer leur
revenus.
Le financement des IFIP pour refinancer les mutuelles de solidarité entrera
dans cette catégorie dans la mesure où les membres des muso utilisent leurs
crédits pour les activités diversifiées, généralement liées au petit commerce.
La deuxième clef de répartition concerne les types d’entreprises financées. Là encore nous
distinguons trois catégories, avec une répartition par tiers souhaitée :
a)
Des entreprises existantes qui ont fait leurs preuves ;
Nous avons en tête LET A GOGO par exemple. On peut objecter que ces
entreprises ont déjà accès à des financements. Mais de telles entreprises
jouent un rôle vital dans la valorisation de la production des éleveurs.
L’extension de son réseau de laiterie est vitale pour le pays.
Par ailleurs, LE FRICS aura besoin de sécurité dans son portefeuille. La seconde
catégorie est indispensable pour le développement rural mais présente des
risques élevés.
b) Des entreprises à créer ;
LE FRICS ne jouerait pas son rôle si la société financière écartait la création
d’entreprises. Toutefois il faut se souvenir que les années les plus difficiles
d’une entreprise sont les premières années et que le taux de faillite est élevé
au niveau des entreprises récemment créées.
Les créations d’entreprises ne devront pas représenter plus de 30% du
portefeuille et n’être financées que si elles bénéficient d’un accompagnement
strict de KNFP DEVELOPPEMENT.
c) Des entreprises ayant des effets de levier particulièrement importants dans le
développement rural.
Ce concept sera une originalité de LE FRICS : supposons que LE FRICS aient des
financement importants dans la pêche et se rendent compte à un moment
donné que le goulot d’étranglement de l’activité pêche ait l’absence de
chambre froides ou d’usine à glace. Alors LE FRICS pourra décider que cette
activité de fabrication de chambres froides est prioritaire. Dans ce cas LE FRICS
cherchera des entrepreneurs se livrant à ce type de production et s’ils
n’existent pas, cherchera à en susciter, voire à créer elle-même une entreprise
dans ce secteur.
On pourrait avoir la même approche sur des financements stratégiques comme
le solaire, les emballages, la production de semences, des structures hôtelières
etc.
Dans tous les cas, LE FRICS ne mettra pas plus de 10% de ses fonds propres dans une entreprise
financée. Si le besoin est supérieur, elle cherchera à trouver d’autres partenaires financiers.
Page 29
Entreprises existantes
ayant fait leurs preuves
Entreprises ayant des
effets de leviers
fondamentaux pour le
rural
secteur agricole :
Production (dont
pêche, semences...)
secteur agro
alimentaire :
transformation,
commercialisation...
Création d'entreprises
secteur non agricole :
artisanat, écotourisme,
énergie
Catégories d’entreprises à financer par KNFP Financement
Page 30
5.PLAN STRATEGIQUE
Page 31
LES OBJECTIFS GENERAUX
Ils ont été définis précédemment. Nous les rappelons ici pour mémoire :
1. Financer et accompagner des projets qui valorisent les produits des ruraux et permettre à
ceux-ci d’accroître sensiblement leurs revenus ;
2. Créer de l’emploi digne et rémunérateur pour les jeunes. Une attention particulière sera
également apportée à l’emploi et aux revenus des femmes.
3. Développer l’utilisation et la production des énergies renouvelables.
LES OBJECTIFS SPECIFIQUES
Ils sont au nombre de 4 :
1. Mettre en place une SFD pérenne et durable ;
2. Créer les conditions pour le financement durable des entreprises rurales ;
3. Accompagner les entrepreneurs pour la réussite de leur projet ;
4. Communiquer sur le lancement et la vocation du FRICS
Nous déclinons ci-dessous les différents objectifs spécifiques en actions.
OBJECTIF 1. Mettre en place une SFD pérenne et durable
L’objectif consiste à bien réussir le lancement de la société financière de développement ce qui
signifie :
1. Respecter les contraintes de la législation ;
2. Recruter un personnel compétent et adhérant aux principes et valeurs du FRICS ;
3. Doter l’entreprise d’outils de gestion fiables.
ACTION 1. METTRE EN PLACE LE COMITÉ DE LANCEMENT DU FRICS
ACTION 2. ORGANISER LA MISE EN PLACE DU FRICS
Sous action 2.1. Rassembler les ressources de la SOCIETE FINANCIERE DE DEVELOPPEMENT
APPORTS EN CAPITAL
Dans un premier temps, le FRICS recherchera des actionnaires capables d’apporter les 5 millions de
gourdes nécessaires à la création de la société financière de développement sans que chacun ne
détiennent plus de 10% du capital conformément à la loi du 30 aout 1982 modifiant les dispositions
du décret du 10 octobre 1979 sur les sociétés financières de développement.
Les promoteurs du FRICS ont sollicité des institutions et partenaires
Au 20 septembre 2010 le capital est déjà quasiment rassemblé comme en témoigne le tableau
suivant :
Page 32
Tableau 3. Première liste d’actionnaires potentiels du FRICS au 20 septembre 2010(liste non limitative)
APPORTEURS
TYPE DE
FINANCEMENT
TOTAL
CAPITAL SOCIAL
PROBABILITE
MONTANT
EUROS
MONTANT MONTANT
DOLLARS GOURDES
105 769
141 026
5 500 000
COLLEGE
SIDI
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION AVANCEE
9 615
12 821
500 000
PARTENAIRES INTERNATIONAUX
CONCERTACTION
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION DEBUTANTE
4 808
6 410
250 000
ACCOMPAGNATEURS DU
DEVELOPPEMENT
FILACTION
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION AVANCEE
9 615
12 821
500 000
PARTENAIRES INTERNATIONAUX
EPER
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION A ENTAMER
4 808
6 410
250 000
PARTENAIRES INTERNATIONAUX
CLES
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION DEBUTANTE
9 615
12 821
500 000
ENTREPRISES SOCIALES
FHAF
KOFIP
GRAIFSI
FIDES
ACLAM
CRS
FOBNO
KNFP
VETERIMED
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
CAPITAL SOCIAL
ENCAISSE
ENCAISSE
ACQUIS
ACQUIS
NEGOCIATION AVANCEE
NEGOCIATION AVANCEE
ACQUIS
ACQUIS
NEGOCIATION AVANCEE
4 808
4 808
4 808
4 808
4 808
4 808
4 808
9 615
4 808
6 410
6 410
6 410
6 410
6 410
6 410
6 410
12 821
6 410
250 000
250 000
250 000
250 000
250 000
250 000
250 000
500 000
250 000
ITECA
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION A ENTAMER
4 808
6 410
250 000
KNFP ET MEMBRES
KNFP ET MEMBRES
KNFP ET MEMBRES
KNFP ET MEMBRES
KNFP ET MEMBRES
KNFP ET MEMBRES
KNFP ET MEMBRES
KNFP ET MEMBRES
ENTREPRISES SOCIALES
ACCOMPAGNATEURS DU
DEVELOPPEMENT
ORGANISATIONS
PAYSANNES
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION A ENTAMER
9 615
12 821
500 000
ORGANISATIONS PAYSANNES
INDEPCO
CAPITAL SOCIAL
NEGOCIATION DEBUTANTE
4 808
6 410
250 000
ENTREPRISES SOCIALES
Toutefois et conformément à la loi, un certain nombre d’actionnaires ont choisi de libérer la moitié
des actions souscrites, ce qui a des incidences sur le capital de démarrage.
APPORTS D’AUTRES RESSOURCES
Dans son travail de promotion du FRICS le KNFP a multiplié les contacts et a obtenu déjà des
résultats puisque les ressources rassemblées autre que le capital social pourraient s’élever à M G
comme le montre le tableau suivant :
Page 33
Tableau 4. Autres ressources potentielles du FRICS au 20 septembre 2010
APPORTEURS
TYPE DE
FINANCEMENT
TOTAL
ACCA OU
CREDIT
PROBABILITE
MONTANT
EUROS
MONTANT MONTANT
DOLLARS GOURDES
OBJET
LIEU
COMMENTAIRES
558 972
745 296
30 570 000
CCFD
SIDI
SUBVENTION CIBLEE
ACCA
NEGOCIATION AVANCEE
NEGOCIATION AVANCEE
75 000
86 472
100 000
115 296
3 900 000
6 000 000
Activités générales du FRICS
National
EPER
CREDIT CIBLE
NEGOCIATION DEBUTANTE
225 000
300 000
11 700 000
financement PME, agriculture, BC
Petit Goâve KNFP fait étude du mécanisme
EPER
CREDIT CIBLE
NEGOCIATION DEBUTANTE
150 000
200 000
7 800 000
financement PME, agriculture, BC
JEREMIE
KNFP fait étude du mécanisme
-
Formation à analyse de projet
Port-auPrince
-
ND
ND
VETERIMED POUR LET A GOGO
National
Avoir le montant et plus de
précisions
Voir mail reçu par BT et transmis
à Carine
20% du risque à charge de FRICS
FILACTION
SUBVENTION CIBLEE
NEGOCIATION AVANCEE
BID
A DETERMINER
NEGOCIATION A ENTAMER
OXFAM GB
CREDIT CIBLE
NEGOCIATION AVANCEE
AFD
A DETERMINER
NEGOCIATION A ENTAMER
HIFIVE
SUBVENTION CIBLEE
NEGOCIATION AVANCEE
FONDS SPECIAL
CARICOM
A DETERMINER
NEGOCIATION A ENTAMER
22 500
30 000
1 170 000
75 000
100 000
Bon accueil de LF à Paris.
Reprendre contact avec AFD Haïti
3 900 000
-
-
Info donnée par Paul Duret. Voir
la Caribean bank qui passe via
SOFIDES
A ces ressources s’ajoutent les subventions potentielles du KNFP dont certaines sont appelées à
appuyer indirectement les entrepreneurs financés par le FRICS.
Il reste toutefois un travail important à faire auprès de grandes institutions comme le Fonds spécial
CARICOM et l’Agence française de Développement.
Sous action 2.2. Concevoir les outils de gestion
Les outils de gestion qui seront élaborés ou recherchés sont les suivants :
1. Le manuel de financement ;
2. Le logiciel comptable et de gestion des financements ;
3. Le règlement intérieur ;
4. Le règlement de gestion du personnel ;
5.
Sous action 2.3. Organiser l'assemblée générale constitutive
Le FRICS prévoit de réunir son assemblée générale constitutive en avril 2010 avec tous les
actionnaires qui auront souscrit au capital. Une solide politique de communication sera mise en
œuvre pour cette occasion afin de bien faire connaître aux actionnaires, partenaires et
entrepreneurs potentiels, les valeurs principes et la vraie nature du FRICS.
L’assemblée générale devra nommer deux commissaires aux comptes conformément à la législation.
Sous action 2.4. Constituer la société
Elle interviendra dès la fin de l’assemblée générale constitutive dans le respect strict des
dispositions légales.
Sous action 2.5. Recruter le personnel du FRICS
Le personnel a été défini en page 22. Il devra être nécessairement recruté sur base d’un appel
d’offres. Le personnel sera choisi par le conseil d'administration du FRICS sur base d’une proposition
de la direction exécutive déjà identifiée par les promoteurs du FRICS.
Page 34
Sous action 2.6. Démarrage effectif des activités du FRICS
Le démarrage effectif du FRICS est prévu pour octobre 2011. A cette date là, le FRICS sera en
mesure d’effectuer ses premières transactions en tant que SFD.
OBJECTIF 2. Créer les conditions pour le financement durable des entreprises
rurales
ACTION 1. DÉFINIR UNE POLITIQUE DE FINANCEMENT SOUPLE ET ADAPTÉE AU CONTEXTE DES
ENTREPRENEURS RURAUX
Cette action est déterminante. Le FRICS ne saurait être une banque comme une autre et reproduire
les pratiques qui ont fait que le financement rural en général et le financement agricole en
particulier sont réduit à leur plus simple expression et pèsent très peu dans les statistiques.
Nous avons donné en page 24 les grandes orientations de la politique de financement. Le manuel
devra définir en détail les modalités de financement en prenant en compte les points d’attention
suivants :
1. En matière de crédit agricole le FRICS privilégiera le financement de l’exploitation familiale
plutôt que la multiplication des crédits de campagne ou des crédits élevage ;
2. Compte tenu des calamités naturelles qui frappent fréquemment Haïti, les crédits agricoles
couvriront nécessairement plusieurs saisons culturales ;
3. Dans tous types de crédit des modalités seront prévues pour répondre aux difficultés
objectives rencontrées par les ruraux dans leur situation économique : (possibilités quasi
automatique d’une ou plusieurs échéances dans une année, crédit à durée variable…
4. Il ne sera pas demandé aux agriculteurs de rembourser à la récolte mais dans la période où les
prix leur sont plus favorables.
5. Le FRICS mettra un point d’honneur à donner le taux effectif global de ces crédits avec
mention du coût du crédit en valeur nominale.
Une importance sera donnée au« Seed capital » ou « capital semencier ». Il s’agira de prises de
participation du FRIC au côté de l’entrepreneur. Dans cette période où beaucoup d’intervention en
subventions sont pratiquées il sera préférable de privilégier la prise de participation au prêt.
ACTION 2. INSTALLER DES BUREAUX DÉCENTRALISÉS POUR UN SERVICE DE PROXIMITÉ
ACTION 3. CONCEVOIR ET METTRE EN PLACE LE FONDS DE CALAMITÉ
ACTION 4. CONCEVOIR AVEC LE KNFP UNE POLITIQUE DE COMMERCIALISATION DES PRODUITS DES
RURAUX ET METTRE EN PLACE LES OUTILS FINANCIERS AD HOC
Page 35
OBJECTIF 3. Accompagner les entrepreneurs pour la réussite de leur projet
CONCEVOIR ET CRÉER AVEC LE KNFP LE FONDS D'ÉTUDE REMBOURSABLES
DÉFINIR LE CONCEPT DE MAISON DES ENTREPRENEURS
INSTALLER 2 MAISONS TEST DES ENTREPRENEURS
EVALUER LES MAISONS TEST DES ENTREPRENEURS
ETENDRE LE PROGRAMME DE MAISON TEST DES ENTREPRENEURS
DONNER LES MOYENS AUX COLLECTIVITÉS LOCALES DE CONSTRUIRE UN ENVIRONNEMENT FAVORABLE
POUR LES PRODUCTEURS RURAUX
1. Communiquer sur le lancement et la vocation du FRICS
CAMPAGNE DE PUBLICITÉ POUR LANCEMENT
ASSURER LA COMMUNICATION POUR LE LANCEMENT DU FRICS
Conférence de presse pour lancement
CRÉATION DU JOURNAL DU FRICS
Page 36
CRÉATION ET MAINTENANCE DU SITE WEB
ACTION DE COMMUNICATION EN DIRECTION DES PARTENAIRES DE DÉVELOPPEMENT
ACTION DE COMMUNICATION EN DIRECTION DE LA DIASPORA
Page 37
CONCLUSION
L’environnement humain, écologique d’Haïti a été gravement perturbé par le tremblement de terre
du 12 janvier. Il a rajouté une couche sur les problèmes antérieurs du pays. Mais il n’a pas trouvé
une population inactive et inorganisée. Des organisations comme le KNFP et d’autres mènent depuis
des années un travail remarquable d’accompagnement des populations à la base. Dans un contexte
préoccupant de déficit de politiques économiques.
Ce réseau dense de partenaires locaux donne la force au KNFP de poursuivre son action, reconnue
de tous. Mais le KNFP sollicite de ses partenaires des moyens additionnels afin de pouvoir faire
du FRICS un instrument qui jouera un rôle essentiel dans la reconstruction/refondation du pays.
Il est notamment important de permettre au KNFP de faire du « seed capital » dans de nouvelles
entreprises, de disposer d’un fonds d’études renouvelable, de mettre en place un fonds de
calamité et de renforcer son équipe. Ces moyens font partie des réponses que le KNFP, avec le
FRICS, a trouvées pour mieux répondre à l’urgence dramatique de cette année 2010.
Des prévisions financières avaient été réalisées avant l’évènement du 12 janvier 2010. De nouvelles
prévisions ont été produites dans le présent document pour adapter le FRICS aux nouvelles
perspectives.
La réponse à la situation actuelle ne saurait se limiter à des déclarations publiques ou du « cash for
work ». Haïti a besoin d’outils financiers pour développer l’activité économique et l’entreprise,
quelle que puisse être son statut. Les partenariats sont donc attendus.
Page 38
ANNEXES
Page 39
ANNEXE 1. LES ORGANISATIONS PAYSANNES PARTENAIRES DU KNFP
ORGANISATIONS
DEFINITION DU SIGLE
ZONE D’INTERVENTION
DEPARTEMENT
NOMBRE DE
MEMBRES
DOMAINE D’INTERVENTION
OPMAGAT
Organisation des planteurs de
Mailloux, Gaëtan et Toirac.
Camp-Perrin
Sud
MPGM
Mouvement Paysan de Gros- Morne
Gros- Morne
Artibonite
FOBNO
Fédération des organisations du Bas
Nord-Ouest.
Jean-Rabel, Bombardopolis,
Baie-de-Henne, Môle SaintNicolas
RPM
Rassemblement Paysan de Miot.
Miot
MOPP
Mouvement des Organisations
Paysans de Plaisance.
Plaisance
Nord
2 500
Crédit, élevage, transformation de
produits agricoles, production de
mangue, appui à la production
agricole.etc.
RACPABA
Réseau
des
Associations
Coopératives
pour
la
Commercialisation et la Production
Agricole du Bas Artibonite.
Petite
rivière
de
l’Artibonite, Grande-saline,
Dessalines,
Verrettes,
Desdunes et l’Ester,
Artibonite
2 000
Crédit, Production, transformation
et commercialisation de riz,
PIOD
Plate-forme Unité des Organisations
de Désarmes.
Verettes (Désarme)
Artibonite
2 000
Crédit, élevage, apiculture
GWOFLA
Gwoup Fanm Lazil. : Groupe des
Femmes de l’Azile
L’Azile
Nippes
380
Crédit, transformation
agricoles, artisanat, etc.
AFL
Association
Lascahobas.
Lascahobas
Centre
400
Crédit, transformation fruit etc.
AFLIDEPA
Association
des
Femmes
de
Limonade pour le Développement,
la Production et l’Artisanat
Limonade
Nord
250
Elevage, transformation du lait,
crédit, appui à la production
agricole, animation sociale
APWOLIM
Association des producteurs de lait
de Limonade
Limomade
Nord
280
Elevage, transformation du lait,
crédit, appui à production agricole
OFAT
Organisation des Femmes
l’Avancement de Thomonde
Thomonde
Centre
153
Transformation canne à sucre
des
Femmes
de
pour
Nord
441
Transformation
agricoles, crédit
de
produits
12 000
Crédit, transformation de produits,
environnement
et
production
mangues
4 500
Crédit, élevage, transformation de
produit agricole, production de
mangue etc.
525
Élevage, artisanat
produits
Page 40
ORGANISATIONS
DEFINITION DU SIGLE
ZONE D’INTERVENTION
DEPARTEMENT
Réseau des Coopératives caféières
de la région Nord
Dondon, Borgne,
Plaisance,Carice et Mont
Organisé
Nord et Nord Est
KOPKOMFG
Coopérative de Production et de
Commercialisation de la Mangue
Francique à Gros Morne
Gros Morne
Artibonite
Total
14 organisations paysannes
RECOCARNO
NOMBRE DE
MEMBRES
6 000
DOMAINE D’INTERVENTION
Production et commercialisation du
café
Diversification agricole, Crédit
1 000
32 429
membres
Production et commercialisation de
la mangue
Page 41
ANNEXE 2. A PROPOS DES MAISONS DES ENTREPRENEURS RURAUX
Pourquoi une maison des entrepreneurs ruraux ?
Les petits entrepreneurs ont du mal à trouver des lieux de travail de stockage de leurs matières
premières. Souvent victimes des fréquentes coupures d’électricité, ils n’ont pas les moyens de
s’acheter des groupes électrogènes ou de les alimenter en carburant.
La maison des entrepreneurs ruraux (MER) se donne comme objectif de mettre des locaux à
disposition des entrepreneurs et de les accompagner en comptabilité via les services du BSR du
KNFP. En outre sera logée dans la MER l’agence locale du FRICS qui ainsi pourra mieux financer les
petits entrepreneurs.
Description provisoire de la maison des entrepreneurs ruraux
Le concept de « maison des entrepreneurs ruraux » (MER) est en cours de formulation. Mais l’idée
du KNFP est la suivante :
1. Une maison des entrepreneurs qui peut loger 6 ateliers environ de 9 m2 ;
2. L’infrastructure offerte est envisagée sous forme de deux scénarios :
a. Des ateliers simples sur une dalle de ciment et un toit en paille posé sur des poutrelles
métalliques. Les artisans complètent à leur façon. Prix de revient estimatif : 1250
US$ le m2 soit 11 250 US$ l’espace ainsi aménagé.
b. Des ateliers de 9 M2 avec murs de séparation. Mais dans bien des projets de ce type
l’expérience a montré que les entrepreneurs veulent souvent aménager à leur façon
leurs locaux ; coût estimatif : 15 000 US $ soit 1 667 US $ le m2.
c. Dans tous les cas la conception des ateliers doit leur permettre d’être modulables en
fonction des besoins d’espace des entrepreneurs ;
d. Un groupe électrogène servira à faire fonctionner les machines de tous les ateliers
tandis que l’éclairage sera assuré avec du solaire.
3. Lorsque le KNFP aura finalisé l’étude prévue sur la commercialisation des fruits et légumes, il
pourra être envisagé qu’à terme les MERS accueillent des boutiques de commercialisation de
fruits et légumes et de produits de première nécessité pour les ruraux ;
4. Les locaux sont amortis sur une base de 10 ans ;
5. Les entrepreneurs paieront un loyer, non en fonction des prix du marché mais en fonction de
leur chiffre d’affaires. Nous avons retenu une base moyenne de 120 US$ (4 680 gourdes) pour
les locaux non aménagés et de 150 US$ (5850 gourdes) pour les locaux aménagés avec murs ;
6. L’agence locale du FRICS serait dans l’enceinte de la MER ;
7. Le programme sera connu en lien avec les municipalités. A ce titre il n’y aura de MER que si
les collectivités locales mettent un terrain gracieusement à la disposition du FRICS.
8. Le KNFP veut faire de ces MERS des vitrines de l’action du FRICS dans les régions. Aussi tout
un travail de conception sera réalisé et il sera fait appel à des architectes et paysagistes
pour concevoir ces lieux.
Page 42
Tableau 5. Hypothèses pour la création des MER
LIBELLES
US$
Coût de conception
gourdes
US$
Cout de la construction par atelier
gourdes
Nb ateliers accueillis dans la MER
Nombre
Nb de mètres carrés moyen par atelier
Nombre
US$
Prix au mètre carrés
gourdes
US$
Prix du groupe électrogène
gourdes
US$
Prix énergie solaire
gourdes
US$
Coût total MER y compris énergie
gourdes
US$
Coût amortissement mensuel MER sur 10 ans
gourdes
US$
Coût amortissement par atelier
gourdes
US$
Loyer mensuel
gourdes
HYP BASSE HYP HAUTE
2 000
2 000
78 000
78 000
11 250
15 000
438 750
585 000
6
6
9
9
1 250
1 667
48 750
65 000
9 000
9 000
351 000
351 000
2 000
2 000
78 000
78 000
78 700
103 000
3 069 300
4 017 000
779
967
30 388
37 700
130
161
5 065
6 283
150
180
5 850
7 020
COMMENTAIRES
Amorti dans les calculs sur construction 10 MER
Ateliers modulables
A base de lampes led pour l'éclairage
Hypothèse haute retenue dans prévisions
Voir détail amortissement dans tableau ad hoc
estimation moyenne
estimation moyenne
TAUX ET CALCUL DES VALEURS D'AMORTISSEMENT
INVESTISSEMENTS
TOTAL ANNUEL
Coût de conception
Construction
groupe électrogène
énergie solaire
TOTAL MENSUEL PAR MER
TOTAL MENSUEL PAR ATELIER
TAUX
20%
10%
20%
20%
VALEUR
GOURDES
364 650
15 600
263 250
70 200
15 600
30 388
5 065
VALEUR
GOURDES
452 400
15 600
351 000
70 200
15 600
37 700
6 283