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LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
1
INSTITUT HAÏTIEN DE STATISTIQUE ET D’INFORMATIQUE (IHSI)
LES COMPTES ECONOMIQUES EN 2025
DIRECTION DES STATISTIQUES ÉCONOMIQUES (DSE)
Décembre 2025
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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SOMMAIRE
I-
RÉSUMÉ : BAISSE CONTINUE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE EN 2025 __ 4
II-
ANALYSE SECTORIELLE DU PIB _________________________________ 11
2.1.- Déclin continu de l’Agriculture (CITI 01 – 03) ______________________________ 11
2.2- Baisse des Industries Extractives (CITI 05 – 09) ________________________________ 13
2.3- Nouvelle Contraction des Industries Manufacturières (CITI 10-33) _________________ 13
2.4- Recul des Services de Base ______________________________________________ 14
2.4.1- Électricité (CITI 35)______________________________________________________ 14
2.4.2- Eau (CITI 36-39) ________________________________________________________ 15
2.5-
Affaiblissement du secteur de la Construction (CITI 41–43) _________________ 16
2.6-
Chute des branches Commerce (CITI 45-47), Transport et Entreposage (CITI 4953), Hébergement et Restauration (CITI 55-56) ___________________________ 17
2.7-
Accroissement de la branche Information et Communication (CITI 58-63) _____ 19
2.8-
Progression des Activités Financières (CITI 54-66) _______________________ 20
2.9-
Baisse des activités immobilières (CITI 68) _____________________________ 20
2.10- Evolution à la hausse des services non marchands (CITI 84-94)______________ 20
2.11- Régression des branches Éducation (CITI 85), Santé et Action sociale (CITI 86‑88)
21
2.12- Évolution mitigée des Autres activités de services (CITI 69‑75 ; 77‑82 ; 90‑96 ;
97‑98) _____________________________________________________________ 21
III- EVOLUTION DE L’OFFRE ET DEMANDE GLOBALES ________ 22
IV- PERSPECTIVES ECONOMIQUES POUR 2026 ________________________ 26
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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I-
RÉSUMÉ : BAISSE CONTINUE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE EN
2025
Depuis 2019, Haïti enregistre une série ininterrompue de contraction de son
Produit Intérieur Brut (PIB) à prix constants, accusant ainsi une chute, en moyenne
annuelle, de 2,4%. En effet, avec une décroissance du PIB, en volume, de 2,7 %, l’année
fiscale 2025 s’inscrit en droite ligne dans la spirale négative de l’économie haïtienne
amorcée depuis déjà sept ans. La comparaison du niveau du PIB constant de 2025 (552,0
milliards de gourdes) avec celui de 2018 (658,3 milliards de gourdes) révèle que cette
dépression économique a provoqué une diminution de plus de 106 milliards de gourdes
constantes de la quantité de richesse créée dans l’économie, soit une chute cumulée de plus
de 16,0 % du PIB sur la période.
Ces statistiques préoccupantes ne traduisent pas seulement une simple contraction,
récession ou dépression économique abstraite. Elles masquent aussi et surtout des drames
bien réels, notamment la réalité alarmante des conditions de vie durant ces sept dernières
années, car chaque point du PIB perdu correspond, en quelque sorte, à une augmentation
de la précarité des conditions de vie de la population. Cela se traduit, en effet, par la
réduction du nombre d’emplois créés, par moins de revenus générés - et face à une
inflation déjà galopante - par l’érosion du pouvoir d’achat des ménages. Évidemment, tout
cela amène à une augmentation de la pauvreté.
À cet égard, l’un des indicateurs les plus parlants constitue le nombre de personnes
en insécurité alimentaire aiguë qui est passé de 2,3 millions en décembre 2018 pour
atteindre plus de 5,7 millions en septembre 2025 1. Ainsi, parmi les multiples conséquences
de ces années de récession économique, il faut aussi relever ces 3,4 millions de personnes
additionnelles en insécurité alimentaire aiguë, enregistrées de 2018 à 2025.
La septième année consécutive de recul du PIB confirme la trajectoire récessive
prolongée et l’incapacité chronique de l’économie haïtienne à renouer avec la croissance.
Cette contraction cumulée s’inscrit dans un contexte où les chocs sécuritaires, politiques et
sociaux amplifient les vulnérabilités macroéconomiques, accentuent la désarticulation des
secteurs productifs, conduisant ainsi à la dégradation continue des moyens de production.
Les facteurs défavorables qui sont à l’origine de la contraction du PIB en 2025 ne
sont pas tellement différents de ceux des années précédentes. Hormis les contraintes
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Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), Rapport Trimestriel, Septembre 2025
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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structurelles chroniques qui ont toujours marqué l’économie haïtienne, c’est surtout la
crise sécuritaire, sans précédent, avec les goulots d’étranglements subséquents qui
continuent de plomber la relance des activités.
La persistance de la crise sécuritaire, le rançonnage des transporteurs sur les axes
stratégiques, le blocage des routes nationales empêchant la libre circulation des biens et des
personnes, ainsi que la paralysie des principaux marchés publics de Port‑au‑Prince
constituent autant d’obstacles qui ont, énormément, restreint en 2025 les marges de
manœuvres des agents économiques, tant du secteur formel qu’informel.
À toutes ces embûches s’ajoutent, également, les chocs logistiques majeurs liés à la
suspension, depuis en novembre 2024, des vols internationaux de passagers à l’Aéroport
International Toussaint Louverture, le ralentissement marqué des activités au Port
International de Port‑au‑Prince au cours de la même année fiscale.
Ainsi, l’économie haïtienne continue de subir, de plein fouet, les contrecoups de la
crise sécuritaire et les soubresauts de l’instabilité politique et sociale. Cette situation n’a
pas cessé, en 2025 encore, de décapitaliser les agents économiques, de provoquer la
fermeture ou le déplacement des entreprises, d’occasionner la compression ou le
licenciement du personnel, sans compter les déplacements internes. Aucun des trois grands
secteurs de l’économie n’a pu échapper à ces chocs humains internes (violences
caractérisées, migrations forcées, déplacements massifs, crise humanitaire) qui ont, une
nouvelle fois, anéanti toute tentative de relance des activités en 2025. Rarissimes sont les
branches d’activité qui ont pu sortir la tête de l’eau
En effet, le Secteur primaire, comprenant les branches Agriculture et Industries
Extractives, qui avait accusé une chute de 5,7 % en 2024, a poursuivi son recul en 2025
avec une baisse de 4,7% de sa valeur ajoutée à prix constants.
Le Secteur secondaire, qui regroupe les branches des industries manufacturières, de
la Construction et de l’Électricité et Eau, continue aussi de contracter en affichant une
décroissance de 5,1% en 2025, presque le même fléchissement de l’année dernière, soit
5,0 %.
Le Secteur tertiaire, constitué des différents services, a encore décliné (-2,7%) en
2025, même si c’est à un rythme nettement moins élevé que la forte chute de 3,9 % qui a
été enregistrée en 2024. C’est justement cette baisse relativement moins prononcée du
Secteur tertiaire, combinée avec celle du secteur primaire, qui a contribué à atténuer la
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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contraction globale (-2,7%) du PIB, en 2025, par rapport à celle de l’année dernière qui
était de -4,2%.
TABLEAU 1
VALEUR AJOUTEE PAR GRANDS SECTEURS D'ACTIVITE
EN MILLIONS DE GOURDES CONSTANTES
DE 2020-2021 A 2024-2025
BASE 2011-2012
2020-2021
2021-2022
2022-2023
2023-2024
2024-2025
VARIATION
ANNUELLE
EN 2025
SECTEUR PRIMAIRE
106 066
101 277
95 585
90 153
85 880
-4,7
SECTEUR SECONDAIRE
125 440
124 244
119 171
114 067
108 199
-5,1
SECTEUR TERTIAIRE
348 284
343 919
334 211
320 597
311 957
-2,7
SECTEURS D'ACTIVITE
SOURCE : DSE / IHSI
Graphique 1
Repartition du PIB Sectoriel
Ce ne sont pas là juste des chiffres, c’est le signal que tous les grands secteurs de
l’économie subissent directement ou indirectement les méfaits de la crise sécuritaire. Ils
évoluent, dans une certaine mesure, sous la coupe des gangs armés. D’ailleurs, on a
constaté qu’il suffit d’un simple mot d’ordre de la part de ces hors la loi pour que, pris de
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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peur, la majorité des écoles ne fonctionnent pas et les agents économiques, eux aussi,
décident de fermer boutique le jour indiqué.
De leur côté, presque toutes les composantes de l’Offre et la Demande Globales ont
affiché des tendances baissières en 2025. Par contre, les chutes enregistrées sont
relativement moins élevées que celles de l’année 2024.
Une évolution différenciée a été observée au niveau des deux composantes de
l’Offre Globale. Le PIB qui représente l’offre interne a décru de 2,7% en 2025, contre 4,2%
en 2024. En revanche, l’Importation ou l’offre externe, qui avait contracté de plus de
16,0% en 2024, a progressé, en volume, de 1,5 % en 2025.
La situation du côté de la Demande Globale est, quasiment, pareille avec des
évolutions contrastées. La Consommation Finale totale,
principale composante de la
Demande Globale, a reculé de 1,0%, contre une forte diminution de 4,4% l’année dernière.
En effet, l’augmentation de la Consommation Finale des administrations publiques (9,4%)
et, surtout, celle des transferts sans contrepartie de la diaspora ont contribué à atténuer la
chute de la Consommation Finale totale par rapport à l’année précédente. Les transferts de
la diaspora sont passés de 4 111,22 millions de dollars US, en 2024, à 4 915,52 millions en
2025, soit une hausse de 19,6%, contre 9,5% précédemment 2. Toutefois, malgré
l’importance incommensurable de cette source de revenus, elle n’a pas pu renverser la
tendance négative de la Consommation Finale des ménages qui détient de loin la plus forte
pondération.
En ce qui concerne les autres composantes de la Demande Globale, tout comme
l’année dernière, le déclin de la demande externe (Exportation) s’est poursuivi en 2025
avec une régression, en volume, de 2,2%, contre -31,0% précédemment. Il en est de même
pour la Formation Brute de Capital Fixe (composante principale des Investissements) qui
a continué de décroitre en 2025 (15,3%), mais à un rythme nettement moins accéléré que
la chute de 2024 (36,8%).
À ce propos, il convient de mentionner la hausse spectaculaire, par rapport au bas
niveau de l’année 2024, des dépenses d’investissements publics qui sont passées de 7,9
milliards de gourdes en 2024 à 25,9 milliards en 2025, soit un accroissement de 227,0%3.
Toutefois, le poids des investissements publics n’est pas suffisamment élevé pour pouvoir
2
3
Balance des Paiements (BDP),(2025), Banque de la République d’Haïti (BRH)
Tableau des Opérations Financières de l’État(TOFE) 2025,Mnistère de l’Économie et des Finances (MEF)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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renverser la tendance générale négative enregistrée dans la FBCF pendant cette période de
crise. Par ailleurs, étant donné qu’une bonne partie des investissements publics a été
effectuée au cours du dernier trimestre de l’année fiscale 2025, il se pourrait que leurs
effets retardés sur les principaux secteurs concernés soient surtout ressentis au cours de
l’année fiscale 2026.
Quand on considère l’évolution du PIB et des prix sur le marché, on serait tenté de
dire que la crise économique en Haïti de ces sept dernières années constitue un cas d’école
dans la mesure où elle combine à la fois des éléments de stagflation et de dépression
économiques. Théoriquement parlant, la dépression correspond à une baisse substantielle
et durable de l’activité économique, comme nous le vivons depuis quelque temps, mais
aussi, en raison de la chute de la demande, elle s’accompagne également de la baisse des
prix sur le marché, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement. En revanche, la
stagflation se réfère, à la fois, à une économie stagnante ou avec de légères hausses
(contrairement à la situation du moment où il s’agit plutôt de fortes contractions) et à une
inflation généralisée (comme c’est le cas actuellement).
En effet, les prix se sont accélérés en 2025 avec des variations respectives de
L’Indice Général des Prix à la Consommation (IPC), en glissement et en moyenne annuels,
de 31,9 % et 28,3% en 2025, contre 27,9% et 25,8% en 2024. Cette évolution met en
évidence une intensification des pressions inflationnistes, particulièrement internes.
Tableau 2
Evolution Mensuelle de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC)
au cours des deux derniers exercices fiscaux
2022-2023
2023-2024
2024-2025
Glissement
annuel (%)
(2023/24)
Glissement
annuel (%)
(2024/25)
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
277,7
287,4
295,8
299,7
303,6
308,8
312,9
315,7
317,1
317,9
322,4
329,9
341,1
351,1
358,6
362,5
373,6
391,3
398,2
404,9
408,9
413,3
416,9
421,8
427,5
444,6
460,6
470,3
479,8
489,8
504,7
515,0
525,0
535,8
546,6
556,4
22,8
22,2
21,2
20,9
23,0
26,7
27,3
28,3
28,9
30,0
29,3
27,9
25,3
26,6
28,5
29,7
28,4
25,2
26,8
27,2
28,4
29,6
31,1
31,9
Moyenne annuelle
307,4
386,8
496,3
25,8
28,3
MOIS
Source Bureau des Prix / IHSI
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
8
Graphique 2
Evolution de l'Indice des Prix à la Consommation
Variation en glissement annuel
35,0
30,0
En %
25,0
20,0
15,0
10,0
5,0
0,0
Variation en 2024
Variation en 2025
La tendance haussière de l’IPC, observée en 2025, aurait pu être nettement plus
prononcée, n’était-ce l’évolution favorable de certains déterminants de l’inflation tels que :
(i) la rigidité de la politique budgétaire (zéro financement monétaire) ; (ii) la stabilité du
taux de change et (iii) la meilleure disponibilité et distribution de carburants sur le marché.
Dans des conditions normales, ces atouts internes et externes auraient entraîné un
ralentissement pour ne pas dire une déflation même des prix à la consommation. Mais les
chocs internes à tendance inflationniste, notamment les contraintes sécuritaires et les
perturbations logistiques ont été plus forts et plus directs.
Le renchérissement des prix en 2025 s’explique, principalement, par l’aggravation de la
crise sécuritaire qui a provoqué des perturbations significatives dans les circuits de
distribution, accentuant ainsi les pressions inflationnistes. Pour être plus précis, les
facteurs spécifiques à l’origine de l’accélération des prix en 2025 peuvent ainsi se
résumer :
Rançonnage des marchandises et des passagers par les gangs qui extorquent de
l’argent sur les routes nationales, augmentant, ipso facto, le coût des transports et,
subséquemment, le prix de revient des marchandises.
Blocage des routes stratégiques qui perturbe l’acheminement des produits agricoles
et manufacturés, créant des pénuries locales.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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Montants exorbitants que les agriculteurs et certains entrepreneurs sont forcés de
verser aux groupes armés pour pouvoir exercer leurs activités.
Faiblesse de l’offre interne en denrées alimentaires due, notamment, à la chute de
la production agricole en 2025.
Pénurie d’électricité, consécutive aux sabotages des installations électriques de la
Compagnie Nationale d’Électricité (ED’H), provoquant ainsi une augmentation des
coûts de production des entreprises.
Par ailleurs, au niveau externe, une certaine hausse des cours mondiaux a été
observée. L’Indice FAO a crû de 2,9%, passant de
115,3 en 2024 à 118,6 en 2025.
Toutefois, il y a lieu de noter que, pour certains produits spécifiques, très importés en Haïti,
la tendance a été plutôt à la baisse. C’est le cas par exemple des prix des céréales et du
sucre qui ont chuté, respectivement, de 5,9% et 15,5%4. Cette évolution différenciée des
cours mondiaux, jointe à la stabilité du taux de change observée tout au long de l’année, a
contribué à rendre l’inflation importée moins volatile en 2025. En effet, le taux de change
moyen annuel a été de 130,7 gourdes pour un dollar américain en 2025, contre 131,0
gourdes en 2024.
Tableau 3
Evolution du Taux de change1
au cours des deux derniers exercices fiscaux
2022-2023
2023-2024
2024-2025
Glissement
annuel (%)
(2023/24)
Glissement
annuel (%)
(2024/25)
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
122,11
135,1
143,1
147,1
149,3
152,6
153,3
143,1
138,1
137,0
135,3
134,7
133,6
132,6
132,0
131,6
131,8
132,6
132,3
132,5
132,3
131,8
131,5
131,6
131,3
130,9
130,6
130,2
130,4
130,7
130,5
130,7
130,9
130,9
130,7
130,6
9,4
-1,8
-7,8
-10,6
-11,7
-13,1
-13,7
-7,4
-4,2
-3,9
-2,8
-2,3
-1,8
-1,3
-1,1
-1,1
-1,1
-1,5
-1,4
-1,4
-1,1
-0,7
-0,6
-0,7
Moyenne annuelle
140,9
132,2
130,7
-6,2
-1,1
MOIS
1:Taux de référence de la BRH
SOURCE: IHSI/BRH
4
Annual FAO Food Price Indices,2025
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
10
15,0
Graphique 3
Evolution du taux de change
Variation en glissement annuel
10,0
En %
5,0
0,0
-5,0
-10,0
-15,0
Variation en 2024
II-
Variation en 2025
ANALYSE SECTORIELLE DU PIB
2.1.- Déclin continu de l’Agriculture (CITI 01 – 03)
La valeur ajoutée de la branche Agriculture, Sylviculture, Elevage et Pêche qui se
chiffre à 80,6 milliards de gourdes constantes en 2025, contre 84,6 milliards en 2024, a
enregistré une nouvelle baisse de 4,8%. L’Agriculture qui a beaucoup perdu de sa
contribution au PIB, reste et demeure un pilier de l’économie haïtienne avec une part
significative de 14,4%.
La production globale de céréales (riz, maïs et sorgho), évaluée, respectivement, à
104 000 tonnes, 116 000 tonnes et 64 487 tonnes, poursuit sa tendance baissière. Sur la
période 2020‑2025, les diminutions moyennes sont estimées à 29,0 % pour le maïs, 25,0 %
pour le riz et 14,0 % pour le sorgho 5.
La production totale de riz, estimée à 104 000 tonnes métriques en 2025, a enregistré
une baisse de 19 % par rapport à la moyenne quinquennale (2020–2025). Ce recul s’est avéré
particulièrement prononcé dans plusieurs départements : Nord-Est : –18,0 %, avec une
contribution de plus de 2,5 % à la production nationale ; Nord : -20,0 %, représentant environ
5
Données du Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR),
Coordination Nationale de la Securité Alimentaire (CNSA), de la FAO et du Département de l’Agriculture des
États-Unis (USDA).
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
11
2,2 % ; Sud : -22,0 %, avec une part de 1,2 % ; Nippes : -14,0 %, contribuant à hauteur de
2,8 %. En revanche, le département de l’Artibonite demeure le principal bassin rizicole du
pays, assurant plus de 89,0 % de la production annuelle, bien qu’il ait, lui aussi, subi une
contraction de 19,0 %6.
Le secteur agricole poursuit son déclin malgré les financements accordés à certaines
filières à travers divers projets. Parmi eux figurent, entre autres : (1) le projet Agriculture
Résiliente pour la Sécurité Alimentaire (PARSA), mis en œuvre dans les départements du
Sud, de la Grand‑Anse, des Nippes, du Nord‑Ouest et du Centre ; (2) le Programme
Multisectoriel de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PMSAN), déployé dans les régions
du Nord‑Ouest, du Haut‑Artibonite, du Nord‑Est et de la région des Palmes.
Plusieurs facteurs ont contribué à l’abaissement du secteur agricole :
1)
L’insécurité rurale dans les zones agricoles qui sont affectées par les déplacements
forcés des agriculteurs et éleveurs.
2) Les dérèglements climatiques incluant les sécheresses de plus en plus rudes et
prolongées, les inondations et la dégradation des sols.
3) L’accès limité aux intrants dont les engrais, les semences améliorées et les
équipements.
4) La réduction de la main d’œuvre agricole, consécutive à la migration de la
dépopulation rurale et aux déplacements forcés liés à l’insécurité.
5) La fragmentation des exploitations : prédominance de micro-parcelles peu mécanisées,
souvent en pente ou vulnérables à l’érosion.
6) La dégradation des sols : érosion, déforestation et absence de pratiques de
conservation réduisant la fertilité et la durabilité des terres.
7) Les accès au crédit et aux assurances sont trop faibles : les agriculteurs ne peuvent pas
investir ni se protéger contre les risques climatiques ou économiques.
8) Le manque d’infrastructures agricoles: irrigation, stockage, routes agricoles et marchés
de proximité sont insuffisants ou dégradés.
9) Le vieillissement de la main-d’œuvre agricole : désintérêt des jeunes pour
l’agriculture.
6
Données du Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR),
Coordination Nationale de la Securité Alimentaire (CNSA), de la FAO et du Département de l’Agriculture des
États-Unis (USDA).
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
12
2.2- Baisse des Industries Extractives (CITI 05 – 09)
Constituées essentiellement d’extraction de roches, de gravier et de sable dans les
carrières ainsi que de l’exploitation du sel marin au niveau des marais salants, les industries
extractives dont la valeur ajoutée était évaluée à 5,5 milliards de gourdes à prix constant
l’année précédente, est tombée à 5,3 milliards en 2025, accusant ainsi une chute, en volume,
de 4,5% de sa valeur ajoutée.
Ce recul des industries extractives est, probablement, lié à diverses contraintes
opérationnelles et sécuritaires.
1) Les perturbations logistiques ou sécuritaires dans les zones minières.
2) La baisse des investissements dans la construction.
3) L’insécurité généralisée où la majorité des sites de carrières (sable, gravier, roches, sel
marin) se trouvent dans des zones sous l’influence des groupes armés, ce qui limite
l’exploitation.
4) La demande affaiblie dans les secteurs connexes tels que la Construction et les
minéraux non métalliques.
5) Les investissements insuffisants incluant le manque de financement pour moderniser
les équipements et sécuriser les sites.
6) Les contraintes logistiques liées aux difficultés d’accès aux carrières et hausse des
coûts de transport.
On se souvient encore de l’époque où les compagnies Reynold’s et SEDREN
exploitaient respectivement la bauxite du côté de Paillant (Miragoâne) et le cuivre aux
Gonaïves. À l’époque. le secteur extractif, à lui seul, représentait environ 2,0 % du PIB
Haïtien, un poids relativement important qui était supérieur à celui du Tourisme (0,2 %), du
secteur financier (0,2%) et identique à la branche Transports et Communications (2,0 %).
2.3- Nouvelle Contraction des Industries Manufacturières (CITI 10-33)
Le secteur Manufacturier (Activités de Fabrication) enregistre une nouvelle chute de sa
valeur ajoutée pour la troisième année consécutive traduisant ainsi un malaise grandissant au
niveau de ce secteur. On dirait que le cœur de l’industrie manufacturière en Haïti fonctionne
au ralenti, ces dernières années, et qu’il mériterait d’être en soins intensifs. Après une
contraction de 3,4% en 2024, la valeur ajoutée de la branche a régressé de 4,3% en 2025,
atteignant seulement 81,7 milliards de gourdes à prix constant, contre 85,4 milliards l’année
précédente.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
13
La quasi-totalité des principales branches des industries manufacturières a décliné, à
l’exception de celles relatives à la Fabrication de produits alimentaires, de boissons et
tabac, à la Fabrication de bois et d’articles en bois et à la Fabrication de meubles qui ont
enregistré des hausses respectives de 2,2%, de 1,3% et de 1,6%.
La décroissance observée au niveau dudit secteur découle surtout de l’abaissement de
8,%, contre 6,9% par rapport à l’année précédente, de la branche des industries textiles,
d’habillement et de cuir. À noter que cette branche a été modifiée, conformément aux
dernières recommandations de la sixième édition du « Manuel de la Balance des Paiements et
de la Position Extérieure Globale ». Elle a été diminuée des montants relatifs à la distribution
des salaires dans la sous-traitance pour être reclassés de préférence dans le secteur des
services.
2.4- Recul des Services de Base
Les services de base regroupent la production et la distribution de l’eau et de
l’électricité. Au terme de l’exercice fiscal 2025, la valeur ajoutée de cette branche s’est
établie à 5,8 milliards de gourdes constantes, marquant une contraction de 11,2%. Cette baisse
reflète une dynamique récessive au sein de la branche, attribuable à la contre-performance
simultanée de ses deux composantes, à savoir l’électricité et l’eau.
2.4.1- Électricité (CITI 35)
En 2025, la valeur ajoutée réelle de la branche
Électricité est estimée à 2,0
milliards de gourdes constantes, enregistrant ainsi un repli de 14,3 %, après une progression
de 5,6% en 2024. Cette baisse témoigne, encore une fois, des difficultés de ce secteur,
affectant directement la contribution de l’électricité au processus de production nationale.
En effet, la production globale d’électricité a atteint 273,2 millions de kWh en 2025,
soit une régression de 20,0 % par rapport à 2024, où elle s’élevait à 345,3 millions de kWh 7.
Cette baisse est attribuable aux difficultés rencontrées par les deux principales composantes
de l’électricité (hydro-électrique et thermique) ainsi que d’autres facteurs d’ordre structurel et
conjoncturel.
Sur les plans structurel et conjoncturel, la branche continue de faire face à des
obstacles majeurs, notamment :
7
Données provisoires, Tableau de Production d’Electricité(2025), Electricité d’HaÏti (EDH)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
14
1)
Le retard dans la réalisation d’ouvrages stratégiques au niveau de certaines centrales.
2)
La dégradation des infrastructures de production et de distribution, limitant l’efficacité
du réseau.
3)
Le manque d’investissements dans la réhabilitation des équipements, compromettant
la fiabilité et la résilience du système électrique.
4)
La fermeture de la principale centrale hydroélectrique (Péligre) du pays par les
Mirebalaisiens, en signe de protestation contre l’envahissement de leur commune par
les gangs armés.
Ces éléments confirment la fragilité structurelle et conjoncturelle du secteur électrique,
dont la performance reste tributaire d’une amélioration significative des capacités techniques,
de la gouvernance énergétique et de la sécurité des installations.
2.4.2- Eau (CITI 36-39)
À l’image du fléchissement constaté dans le secteur de l’énergie, la valeur ajoutée,
à prix constant, de la branche Production et Distribution d’Eau et Assainissement, a décru
de 9,6% en 2025 après une baisse déjà prononcée de 8,6% l’année dernière. L’insécurité qui
met à mal le fonctionnement des principaux sites stratégiques (sources et forages), alimentant
la population, constitue la cause majeure de la dégradation de la production et distribution
d’eau, particulièrement dans les zones contrôlées par les gangs. Cette évolution négative
reflète également les défis persistants du secteur, notamment en matière de financement,
d’accès universel aux services, et de résilience face aux aléas climatiques et institutionnels.
La production globale du secteur de l’eau, qui s’élevait à 39,9 millions de m³ en 2024, a
reculé à 37,4 millions de m³ en 2025, traduisant une contraction de 6,3%. Représentant plus
de 73% dans la production totale d’eau, la région métropolitaine a subi une baisse de 5,5% en
totalisant un volume d’eau de 27,5 millions de mètres cube en 2025, contre 29,1 millions au
cours de la période précédente8.
Ce repli résulte de la contre-performance combinée des deux segments constitutifs du
secteur (sources et sites de forages). Plusieurs facteurs défavorables sont à la base de cette
chute :
8
Production d'eau potable (volume en mètre cube)(2025), Observatoire National de l'Eau Potable et de
l'Assainissement (ONEPA), Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
15
1) Accès limité aux sites de captage, aux réseaux de distribution et aux stations de
traitement, souvent situés dans des zones contrôlées par des groupes armés.
2) Chocs climatiques provoquant les sécheresses prolongées, les inondations et les
glissements de terrain qui endommagent les infrastructures hydrauliques et réduisent
la disponibilité des ressources en eau.
3) Les
blocages de routes qui ralentissent l’acheminement des équipements et la
maintenance des réseaux.
4) Le vieillissement et la dégradation des infrastructures : les réseaux vétustes, les fuites
importantes, les stations de traitement obsolètes.
5) La faible couverture nationale.
6) Le manque de financement durable : la dépendance aux projets ponctuels.
7) La pression démographique et l’urbanisation non planifiée : la croissance rapide des
quartiers informels sans réseaux d’eau ni assainissement.
8) La pollution et la déforestation : la dégradation des bassins versants, la contamination
des nappes phréatiques, absence de traitement des eaux usées.
2.5-
Affaiblissement du secteur de la Construction (CITI 41–43)
Le secteur de la Construction, ci-devant, Bâtiments et Travaux Publics (BTP),
considéré comme un levier fondamental de toute économie nationale, traverse, à l’instar des
autres secteurs, une période prolongée de contraction des activités. La valeur ajoutée du
secteur continue de régresser en 2025, toutefois, à un rythme moins marqué, comparé à la
période précédente. Atteignant 20,7 milliards de gourdes de valeur ajoutée à prix constant
durant l’année fiscale 2025, le secteur de la construction a chuté de 6,4%, contre une
décroissance de 7,5% en 2024.
La crise sociopolitique et sécuritaire a engendré un climat d’incertitude qui a fortement
démotivé les acteurs économiques à se lancer dans de grands ouvrages de construction. Ainsi,
la dynamique du secteur de la Construction semble de plus en plus conditionnée par des
facteurs exogènes. Les agents économiques, souvent confrontés à des actes d’extorsion
perpétrés par des groupes armés, adoptent une posture attentiste, freinant ainsi les initiatives
de construction, tant au niveau entrepreneurial que domestique.
En somme, la dégradation continue du climat sécuritaire et l’absence de signaux
clairs de redressement économique ont contribué à accentuer la fragilité du secteur de la
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
16
construction. Sans une amélioration significative de la sécurité et une relance des
investissements privés et publics, ce secteur stratégique risque de poursuivre son
effondrement, compromettant davantage les perspectives de relance effective et durable de
l’économie haïtienne.
2.6-
Chute des branches Commerce (CITI 45-47), Transport et Entreposage
(CITI 49-53), Hébergement et Restauration (CITI 55-56)
La valeur ajoutée cumulée de ces trois branches, représentant 34,5 % du secteur
tertiaire, a atteint seulement 103,8 milliards de gourdes à prix constants, contre 114,1
milliards en 2024, soit un déclin de 8,3 %, après celui de 7,5 % de l’année précédente.
La branche Commerce de gros et de détail, qui concentre près de 89.0 % de la
pondération de ce groupe de trois, a généré 93,1 milliards de gourdes constante de valeur
ajoutée, contre 100,8 milliards en 2024, soit une contraction de 7,7 %. La branche Commerce
continue ainsi de pâtir des multiples contraintes inhérentes à la crise sécuritaire. La
fragilisation du secteur agricole et l’affaiblissement de certaines branches manufacturières ont
aussi accentué la chute du Commerce.
La branche Transport et Entreposage, étroitement corrélée au commerce, a
également suivi une trajectoire récessive. Sa valeur ajoutée, évaluée à 5,3 milliards de gourdes
en termes réels, a régressé de 15,4%, après une chute de 8,3 % en 2024. Ce secteur,
transversal par nature, a été, particulièrement, affecté par l’aggravation de l’insécurité et de
ses corollaires.
De son côté, la branche Hébergement et Restauration, tributaire aussi du tourisme et
surtout
d’un
environnement
sécuritaire
favorable,
a
également
enregistré
une
contre-performance sans précédent. Sa valeur ajoutée est passée de 7,0 milliards de gourdes
en 2024 à 5,3 milliards en 2025, soit une chute de 21,1 %. Comme l’année précédente, ce
secteur a subi les effets délétères de l’insécurité, aggravés en 2025, par la suspension, depuis
novembre 2024, des vols internationaux de passagers à l’Aéroport International de Port-auPrince. Ceci a, quasiment, réduit à néant les flux de visiteurs dans la capitale économique du
pays. Le tourisme local a été aussi, grandement, affecté en raison des difficultés de transport
et de la fermeture forcée ou de la mise à sac des hôtels de plage.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
17
TABLEAU 4
VALEUR AJOUTEE PAR BRANCHES D'ACTIVITE
EN MILLIONS DE GOURDES CONSTANTES
DE 2020-2021 A 2024-2025
BASE 2011-2012
CODE
CITI
BRANCHES D'ACTIVITE
2020-2021 2021-2022 2022-2023* 2023-2024** 2024-2025***
01-03
05-09
SECTEUR PRIMAIRE
Agriculture, sylviculture et pêche
Activités extractives
106 066
99 473
6 593
101 277
94 954
6 323
95 585
89 656
5 930
90 153
84 612
5 541
85 880
80 586
5 294
10-33
35
36-39
SECTEUR SECONDAIRE
Activités de fabrication
Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et climatisation
Distribution d’eau; réseau d’assainissement; gestion des déchets et remise en état
Construction
125 440
89 405
3 194
5 563
27 278
124 244
91 083
2 576
4 955
25 631
119 171
88 468
2 204
4 628
23 871
114 067
85 432
2 327
4 230
22 078
108 199
81 719
1 995
3 825
20 660
348 284
SECTEUR TERTIAIRE
45-47
Commerce de gros et de détail, réparation de véhicules automobiles et de motocycles 129 597
9 048
49-53
Transport et Entreposage
8 608
55 - 56
Activites d'Hebergement et de Restauration.
12 896
58-63
Information et Communication
19 485
64 - 66
Activités Financières et d'Assurances
26 820
68
Activites Immobilieres
35 366
84
Administation publique et défense; sécurité sociale et obligatoire
30 157
85
Education
25 207
86 - 88
Santé et Action Sociale
51 101
69-75; 77-82; 90-96; 97-98 Autres Activités de Services
343 919
119 541
8 263
8 418
13 463
20 190
27 097
35 800
31 325
26 573
53 248
334 211
109 993
7 193
7 741
13 750
21 119
25 536
37 247
32 043
26 952
52 638
320 597
100 849
6 216
7 004
13 955
21 791
23 945
38 542
31 394
25 721
51 178
311 957
93 062
5 260
5 528
14 441
23 021
23 039
43 418
29 801
24 585
49 802
VALEUR AJOUTEE
IMPOTS NETS DES SUBVENTIONS
PIB
579 791
34 518
614 309
569 440
34 537
603 977
548 968
43 751
592 719
524 817
43 097
567 914
506 035
46 472
552 507
TAUX DE CROISSANCE DU PIB
-1,8
-1,7
-1,9
-4,2
-2,7
SOURCE : DSE / IHSI
Notes : * Définitifs - ** Semi-définitifs- *** Provisoires
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
18
Graphique 4
Evolution du PIB
Taux de croissance annuel
35,0
30,7
27,9
30,0
28,1
25,0
20,0
17,2
16,2
En %
15,0
10,0
5,0
0,0
-5,0
-1,8
-1,7
2020-2021
2021-2022
-1,9
2022-2023
-4,2
2023-2024
-2,7
2024-2025
-10,0
En Valeur
2.7-
En Volume
Accroissement de la branche Information et Communication (CITI
58-63)
La valeur ajoutée de cette macro branche est constituée des services de
Télécommunication et des activités d’Edition, de Programmation et Diffusion. Comme
cela a été le cas l’année dernière, la branche Information et Communication est l’une des
rares qui a pu sortir la tête de l’eau en 2025.
Après s’être établie à 14,0 milliards de gourdes, en volume, l’année précédente, la
valeur ajoutée de cette macro-branche a atteint 14,4 milliards en 2025, enregistrant ainsi une
progression de 3,5 % par rapport à l’année antérieure. Ce secteur, malgré la crise, a pu
profiter de l’engouement des gens pour les nouvelles technologies de l’information et de
communication (NTIC). Avec les difficultés de circuler en toute liberté à travers le pays,
finalement, les NTIC se révèlent être une bonne alternative pour plein de personnes et
d’institutions, d’où une hausse de la demande en 2025 pour ces genres de services.
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
19
Progression des Activités Financières (CITI 54-66)
2.8-
Un autre secteur qui a fait preuve de résilience et qui a pu, une nouvelle fois, tirer son
épingle du jeu, est la branche des Activités Financières. En effet, malgré la crise économique
et sécuritaire sévère, la macro branche des Activités Financières et d’Assurances,
notamment le secteur bancaire a crû, en volume, de 5,6% en 2025, après la hausse de 3,2% en
2024. La valeur ajoutée de ladite branche qui était évaluée à 21,8 milliards de gourdes
constantes l’année dernière, est passée à 23,0 milliards en 2025.
2.9-
Baisse des activités immobilières (CITI 68)
Le secteur des activités immobilières, à l’instar du secteur de la construction, a
encore fléchi de 3,8%, en accumulant 23,0 milliards de gourdes à prix constant en 2025 contre
23,9 milliards en 2024. Cette baisse peut s’expliquer par une combinaison de facteurs
défavorables, notamment les multiples exactions des gangs armés qui poussent les ménages à
fuir certains quartiers, réduisant, à la fois, l’offre et la demande de logements dans ces
quartiers. En revanche, parallèlement, les zones jugées relativement sécuritaires subissent une
pression énorme provoquant ainsi un grand déséquilibre entre l’offre et la demande de
logement dans ces zones-là. Ainsi, l’incertitude créée par cette situation délétère décourage
les investissements dans le secteur
2.10- Evolution à la hausse des services non marchands (CITI 84-94)
Le secteur des services non marchands regroupe principalement les institutions qui
assurent la fourniture gratuite ou quasi gratuite de biens et services à la population. Il inclut
l’Administration publique (APU), la Sécurité sociale, les Collectivités territoriales ainsi
que les Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM).
En termes réels, la valeur ajoutée de cette branche se chiffre à 43,4 milliards de
gourdes constantes en 2025, contre 35,5 milliards en 2024, soit une envolée de 12,6 %, après
une hausse de seulement 3,5 % l’année précédente.
Cette dynamique est cohérente avec l’expansion de la masse salariale de
l’Administration Publique, qui a enregistré une augmentation, en valeur nominale, de 22,0 %,
passant de 74,9 milliards de gourdes en 2024 à 91,6 milliards en 2025 9. Cet accroissement de
la masse salariale peut-être attribué, entre autres, aux recrutements réalisés dans
9
Tableau des Opérations Financières de l’État(TOFE),(2025), Ministère de l’Economie te des Finances (MEF)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
20
l’Administration Publique, en particulier de contractuels, pour pallier, dans une certaine
mesure, le départ à l’étranger et à la retraite de nombreux employés de l’État.
2.11-
Régression des branches Éducation (CITI 85), Santé et Action sociale
(CITI 86 ‑88)
Cette macro‑branche occupe une place significative dans le secteur des services,
représentant environ 18,5 % de l’ensemble. Sa valeur ajoutée, estimée à 57,1 milliards de
gourdes constantes en 2024, est évaluée à 54,2 milliards en 2025, révélant ainsi une nouvelle
régression, en volume, de 4,8 %, après la baisse de 3,2% l’année précédente.
Si l’on considère les branches séparément, l’Éducation a généré en 2025, une valeur
ajoutée, à prix constant, de 29,8 milliards de gourdes, soit une baisse de 5,1 % par rapport à
l’exercice 2024, où elle s’était fixée à 31,3 milliards. Cette chute peut être imputée à la
destruction ou à la fermeture forcée de plusieurs établissements scolaires par les groupes
armés, diminuant ainsi, considérablement, l’offre scolaire en 2025.
De son côté, la branche Santé et Action sociale a enregistré une chute de 4,4 %,
atteignant 24,6 milliards de gourdes constantes à la fin de l’exercice 2025, contre 25,7
milliards en 2024. Cette évolution reflète un affaiblissement marqué de l’offre des services
sociaux et sanitaires, face à une demande de plus en plus accrue de prestations publiques et
privées.
2.12- Évolution mitigée des Autres activités de services (CITI 69‑75 ; 77‑82 ;
90‑96 ; 97‑98)
Les Autres activités de services regroupent l’ensemble des branches relevant des
codes précités de la Classification Internationale Type, Par Industries (CITI), avec une
nouveauté cette année : la nouvelle branche intitulée « Services de fabrication fournis sur
des intrants physiques du secteur textile-sous-traitance ».
Conformément aux recommandations de la « sixième édition du Manuel de la
balance des paiements et de la position extérieure globale », c’est dans cette branche que
se trouvent, désormais, enregistrées les données relatives à la distribution des salaires dans le
textile du secteur d’assemblage. Cette activité n’est plus considérée comme une
fabrication de bien, mais plutôt comme la fourniture de services. Par conséquent, ses
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
21
valeurs sont déduites de la branche textile des industries manufacturières ou des activités de
fabrication pour être reclassées dans la nouvelle branche ci-dessus mentionnée.
La valeur ajoutée des Autres activités de services, qui s’élevait à 51,2 milliards de
gourdes en 2024, est tombée à 49,8 milliards en 2025, soit une décroissance, en volume, de
2,7%. Avec un poids relatif de près de 29,0 % de cette macro-branche, les Services de
fabrication fournis sur des intrants physiques du secteur textile-assemblage deviennent la
plus importante du groupe. Sa valeur ajoutée réelle a nettement régressé en 2025 (-13.2%),
passant de 16,7 milliards de gourdes en 2024 à 14,5 milliards cette année. Selon certains
responsables de ce secteur, trois causes majeures, parmi d’autres, seraient à l’origine de cette
descente aux enfers : l’instabilité politique ou plus précisément l’insécurité qui n’en finit pas,
le manque de commande des donneurs d’ordre et le retard enregistré dans le renouvellement
de la loi Hope Help.
III-
EVOLUTION DE L’OFFRE ET DEMANDE GLOBALES
L’Offre Globale de l’économie s’articule autour de deux éléments fondamentaux :
l’offre interne, représentée par le PIB et l’offre externe, constituée des importations de biens
et services. En 2025, l’Offre Globale, équivalente à la Demande Globale, s’est contractée à
763,6 milliards de gourdes à prix constants, contre 776,0 milliards en 2024, soit une
régression, en volume, de 1,6 %.
Contrairement au PIB, la composante « Importations » a rebondi affichant une valeur
de 211,0 milliards de gourdes constantes en 2025, contre 208,0 milliards l’année précédente,
ce qui correspond à un accroissement de 1,5%. Les données de la Balance des Paiements
confirment cette tendance : les importations de biens et services sont passées de 4 011,61
millions de dollars américains en 2024 à 4 597,02 millions en 2025, soit un rebond marqué de
14,5 %. Il faut aussi souligner que toutes les composantes des importations telles : les produits
alimentaires, les combustibles minéraux, les produits chimiques, les articles manufacturés, les
machines et matériels de transport ont progressé respectivement de 2,5%, de 2,1%, de 8,8%,
de 29,0% et de 52,1% au cours de l’exercice fiscal 2025 10.
10
Tableau des importations totales d'Haïti par Catégories de Produits, 2025, Banque de la Republique d’Haiti (BRH)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
22
TABLEAU 5
OFFRE & DEMANDE GLOBALES
EN MILLIONS DE GOURDES COURANTES
De 2020-2021 A 2024-2025
BASE 2011-2012
AGREGATS
2020-2021
2021-2022
2022-2023*
2023-2024** 2024-2025***
PIB
IMPORTATION
OFFRE GLOBALE
1 683 841
489 322
2 173 163
2 153 177
556 818
2 709 996
2 759 093
608 333
3 367 427
3 206 302
527 896
3 734 198
4 192 187
600 552
4 792 739
CONSOMMATION
CONSOMMATION FINALE DES MENAGES
1 795 434
1 631 605
2 283 746
2 093 179
2 896 058
2 677 955
3 274 760
3 035 502
4 221 781
3 920 985
CONSOMMATION FINALE DES APU
125 656
148 845
171 909
190 077
231 658
CONSOMMATION FINALE DES ISBLM
38 173
41 722
46 194
49 182
69 138
FORMATION BRUTE DE CAPITAL FIXE (FBCF)
304 446
341 967
383 088
389 206
505 560
EXPORTATION 1/
73 283
2 173 163
84 282
2 709 996
88 280
3 367 427
70 232
3 734 198
65 397
4 792 739
DEMANDE GLOBALE
SOURCE : DSE / IHSI
1/ note: Données révisées conformément aux dernières recommandations du Manuel de la Balance des Paiements et de la Position Extérieure Globale, 6ᵉ édition (BPM6).
Notes : * Définitifs - ** Semi-définitifs- *** Provisoires
OFFRE & DEMANDE GLOBALES
EN MILLIONS DE GOURDES CONSTANTES
De 2020-2021 A 2024-2025
BASE 2011-2012
AGREGATS
2020-2021
2021-2022
PIB
614 309
603 977
592 719
567 914
552 507
IMPORTATION
OFFRE GLOBALE
237 439
851 748
249 114
853 091
248 145
840 864
208 027
775 940
211 048
763 556
CONSOMMATION
738 011
745 221
748 426
715 172
708 349
CONSOMMATION FINALE DES MENAGES
653 370
648 759
649 847
615 853
602 263
CONSOMMATION FINALE DES APU
68 101
80 089
82 771
84 099
91 981
CONSOMMATION FINALE DES ISBLM
16 540
16 373
15 808
15 221
14 104
FORMATION BRUTE DE CAPITAL FIXE (FBCF)
69 962
63 053
51 934
32 833
27 821
EXPORTATION
43 775
851 748
44 817
853 091
40 504
840 864
27 935
775 940
27 386
763 556
DEMANDE GLOBALE
2022-2023* 2023-2024** 2024-2025***
SOURCE : DSE / IHSI
Notes : * Définitifs - ** Semi-définitifs- *** Provisoires
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
23
35,0
Graphique 5
Evolution de l'Offre et de la Demande Globales
Taux de croissance annuel
30,0
25,0
En %
20,0
15,0
10,0
5,0
0,0
-5,0
2020-2021
2021-2022
2022-2023
2023-2024
2024-2025
-10,0
En Valeur
En volume
En ce qui concerne la Demande Globale, l’évolution demeure contrastée. La
Consommation Finale Totale s’est repliée de 1,0 % en 2025, tombant à 708,3 milliards de
gourdes à prix constants, contre 715,4 milliards en 2024. Ce recul traduit le comportement
différencié des composantes de la Consommation Finale.
La Consommation Finale des Ménages a enregistré une chute de 2,2%, totalisant 602,3
milliards de gourdes en termes réels, contre 615,9 milliards en 2024. Cette contraction aurait
été encore plus brutale sans l’apport des transferts de la diaspora (transferts personnels), en
2025, qui ont amorti la baisse en soutenant considérablement le pouvoir d’achat des ménages.
Les transferts ont augmenté de 19,6 %, passant de 4 111,22 millions de dollars US en 2024 à
4 912,52 millions en 202511.
En plus de la bouffée d’air que constitue les transferts de la diaspora, les ménages ont
pu aussi bénéficier des ressources mobilisées dans le cadre du Programme Multisectoriel pour
11
Balance des Paiments (BDP), 2025, Banque de la Republique d’Haïti (BRH)
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l’Apaisement et la Réinsertion Sociale des Groupes Vulnérables (PMARSGV) mis en place
par le Gouvernement. Ces ressources ont permis aux ménages de résister partiellement aux
pertes d’emplois, aux effets de l’inflation et de maintenir un minimum d’accès aux biens et
services.
La Consommation Finale de l’Administration Publique (APU) s’est envolée,
atteignant 92,0 millions de gourdes constantes en 2025, contre 84,1 millions en 2024, soit une
hausse substantielle de 9,4%. Cette progression a été soutenue par les performances des
administrations de perception, qui ont fait progresser les recettes de l’État de 15,312 % au
cours de l’année.
De son côté, la chute de la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) a été moins élevée
en 2025 qu’en 2024, soit une contraction, en volume, de 15,3%, contre 36,8% précédemment.
La baisse de la FBCF globale s’est un peu atténuée cette année grâce au rebond remarquable
des investissements publics qui sont passés de 7,9 milliards de gourdes en 2024 à 25,6
milliards en 2025, soit un pic de 227.0%, contre une chute de 47,8% en 202413.
Toutefois, étant donné le poids relativement faible des investissements publics dans la
FBCF totale, malgré leur hausse impressionnante, ils étaient insuffisants pour renverser la
tendance générale négative du total des investissements du secteur privé en cette période de
crise. En effet, comme on le sait, l’investissement privé a horreur du flou. Aussi longtemps
que cette situation délétère perdure, il sera difficile de trouver des mesures incitatives qui
puissent effectivement attirer des investisseurs locaux ou étrangers. Car l’un des plus grands
méfaits de cette crise sécuritaire, c’est qu’elle véhicule, parmi les investisseurs potentiels,
quelque chose d’encore plus corrosif pour l’économie : l’incertitude.
À l’inverse, la Demande Externe, représentée par les exportations, a de nouveau
affiché une régression, confirmant son rôle de
baromètre des fragilités structurelles et
conjoncturelles de l’économie haïtienne. Toutefois, sa contraction a nettement diminué cette
année. En effet, après la chute record de 31,0% en 2024, les exportations ont diminué, en
volume, de 2,2% en 2025, pour s’établir à 27,4 milliards de gourdes constantes, contre 27,9
milliards en 2024.
L’analyse du panier des exportations révèle une tendance plutôt différenciée dans le
comportement des produits. Si les fruits de mer, les autres produits alimentaires et la petite
12
13
Tableau des Operations Financières de l’Etat (TOFE), 2025, Ministère de l’Economie et des Finances (MEF)
Tableau des Operations Financières de l’Etat (TOFE), 2025, Ministère de l’Economie et des Finances (MEF)
LES COMPTES ECONOMIQUES 2025
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industrie ont décliné respectivement de 28,7%, de 6,9% et de 41,1% au cours de l’exercice
fiscal 2025, d’autres produits ont plutôt affiché des tendances haussières 14.
En effet, malgré ce climat très morose, quelques produits d’exportation ont pu quand
même afficher des résultats positifs. C’est le cas, par exemple, des huiles essentielles qui,
avec une part de 38,8% du panier des exportations, ont crû de 25,9 %, atteignant 54,09
millions de dollars US en 2025, contre 42,97 millions en 2024. De même, représentant 11,7%
des exportations totales, le cacao a fait un saut spectaculaire de 32,4 %, passant de 11,59
millions de dollars US en 2024 à 16,38 millions en 2025. Pour leur part, contribuant à 7,6%
dans les exportations totales, les autres produits industriels ont connu également un
accroissement extraordinaire de 131,1%, contre une chute de 49,1% l’année précédente,
passant ainsi de 10,63 millions de dollars US en 2024 à 40,60 millions en 202515. Ces
performances isolées, certes, constituent quand même une lueur d’espoir, démontrant que
certains créneaux peuvent encore résister et s’affirmer malgré la crise systémique.
Par contre, les « exportations des Services de fabrication fournis sur des intrants
physiques détenus par des tiers, Sous-traitance (textile) » n’ont cessé de décroitre en 2023,
2024 et 2025, avec respectivement des baisses de 26,3%, 20,1% et 12,2%16. Une évolution
qui reflète la situation extrêmement difficile que traverse ce secteur qui, il n’y a pas
longtemps, représentait, après l’Etat, l’un des plus grands pourvoyeurs d’emplois de
l’économie formelle avec plus de 60 milles emplois. Aujourd’hui, selon les derniers chiffres
de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH), le nombre d’emplois dans le secteur du textile
pour l’année 2025 a été évalué à seulement 24 85217 .
IV-
PERSPECTIVES ECONOMIQUES POUR 2026
Au-delà des réformes, en profondeur, qu’il faudra, de toute façon, à un moment donné,
entreprendre pour adresser les principaux problèmes structurels de l’économie haïtienne, le
retour à un seuil de sécurité acceptable reste et demeure un passage obligé pour toutes
tentatives sérieuses de reprise de l’activité économique.
En effet, il y a un certain nombre d’initiatives qui ont été prises cette année,
notamment en région. Si les conditions optimales sont réunies, si la situation ambiante le
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Tableau sur les exportations de biens (2025), Banque de la République d’Haïti (BRH)
Tableau sur les exportations de biens (2025), Banque de la République d’Haïti (BRH)
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Tableau sur les exportations de services, (2025), Banque de la République d’Haïti (BRH)
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Données provisoires, Rapport Trimestriel ADIH, Juillet 2025
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permet, ces initiatives peuvent commencer à avoir des retombées économiques assez
intéressantes en 2026, puis à moyen et long termes. On peut citer à titre indicatif :
l’Ouverture du Port du Sud au commerce extérieur, depuis février 2025;
le démarrage, en novembre 2025, des vols internationaux de passagers et de cargo
à l’Aéroport International Antoine Simon des Cayes.
Ces deux infrastructures constitueront des atouts incontournables pour le
développement économique du Grand Sud, particulièrement avec des effets multiplicateurs
dans les filières touristiques, agricoles, commerciales, industrielles, du secteur informel, etc.
l’augmentation substantielle des investissements publics, particulièrement au cours du
dernier trimestre de l’année fiscale 2025, peut aussi générer des effets bénéfiques
retardés pour l’économie en 2026.
Si elle arrive effectivement à se matérialiser dans toute l’acception du terme, l’idée de
la départementalisation du budget de 2026, lancée par le Ministre de l’Économie et
des Finances, peut aussi constituer une bonne bouffée d’oxygène pour les
départements géographiques. Cette mesure permettrait de faire une meilleure
allocation des ressources pour les infrastructures locales (routes, irrigation, écoles,
santé, etc), de dynamiser un peu les économies locales, de réduire les disparités
territoriales et, par ricochet, de contribuer à booster l’économie nationale.
Cependant, au risque de se répéter une nouvelle fois, force est de reconnaitre que tout
éventuel renouement à la croissance du PIB en 2026 devra indubitablement passer par la
résolution de la crise sécuritaire qui conditionne l’efficacité de tous les leviers visant la
relance de l’économie. Parallèlement à tout cela, les élites du pays, toutes catégories
confondues (élites politique, économique, intellectuelle, religieuse, culturelle…) devraient
cesser de chercher à « paître plutôt qu’à paraître ». C’est-à-dire, elles doivent s’atteler à
prioriser davantage le bien-être collectif au lieu de l’intérêt individuel, pour la construction
d’une société plus juste et moins inégalitaire. Ce changement de comportement constitue aussi
un préalable quasiment indispensable à l’installation d’un environnement sécuritaire sûr et
nécessaire à la survie de la nation haïtienne.
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