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Nations Unies E/2014/95
Conseil économique et social
Distr. générale
8 octobre 2014
Français
Original : anglais
14-62236 (F) 241014 271014
*1462236*
Session de 2014
Point 10 d) de l’ordre du jour provisoire*
Questions de coordination, questions relatives
au programme et autres questions : programme
à long terme d’aide à Haïti
Rapport du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti**
Résumé
Le présent rapport met en lumière les principales conclusions que le Groupe
consultatif ad hoc sur Haïti du Conseil économique et social a tirées de ses
déplacements à Washington et en Haïti et des réunions qu’il a tenues à New York. Le
Groupe consultatif se félicite des réels progrès économiques et sociaux faits en Haïti,
qui vont bien au-delà du simple relèvement consécutif au séisme. Il s’inquiète de la
pérennité des initiatives de développement, vu le contexte politique actuel, et
souligne que, pour conserver les acquis en matière de développement, il faut, compte
tenu de la grande vulnérabilité du pays aux catastrophes naturelles et aux chocs
économiques, faire en sorte que les donateurs restent mobilisés. L’aide de
l’Organisation des Nations Unies doit être modulée pour mieux répondre à ces
contraintes, dans le cadre de la transition vers une éventuelle consolidation des
activités de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti
(MINUSTAH). Le Groupe estime également qu ’il faudrait que l’Organisation
applique le principe « Unis dans l’action » dans le cadre des activités qu’elle mène
sur le terrain. Par ailleurs, il invite les autorités haïtiennes à accélérer les réformes en
matière de gouvernance et les donateurs à améliorer et simplifier leurs modalités
d’appui, de façon à renforcer l’efficacité de l’assistance et à créer une nouvelle
dynamique de l’aide au développement dans le pays.
* E/2014/1/Rev.1, annexe II.
** Rapport présenté tardivement pour tenir compte des derniers événements survenus en Haïti.
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I. Introduction
1. Le présent rapport est le dixième que présente le Groupe consultatif ad hoc sur
Haïti depuis sa réactivation en 2004. À l’époque, le Conseil économique et social
avait, à la demande du Gouvernement haïtien, décidé, par sa résolution 2004/52, de
réactiver le Groupe créé en 1999 afin de coordonner l’élaboration d’un programme à
long terme d’aide à Haïti.
Mandat et composition du Groupe consultatif
2. Conformément aux décisions 2004/322, 2009/211, 2009/267, 2011/207,
2011/211, 2013/209, 2014/207, 2014/210 et 2014/221 du Conseil, le Groupe est
composé des Représentants permanents de l’Argentine, des Bahamas, du Bénin, du
Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, d’El Salvador, de l’Espagne, de la
France, d’Haïti, du Mexique, du Pérou, de la Trinité-et-Tobago et de l’Uruguay
auprès de l’Organisation des Nations Unies et du représentant des États-Unis
d’Amérique auprès du Conseil économique et social. Depuis sa première réunion, le
23 novembre 2004, le Groupe est présidé par le Représentant permanent du Canada
auprès de l’Organisation. Ainsi que le prévoit la décision 2004/322, le Président du
Conseil économique et social et le Représentant spécial du Secrétaire général en
Haïti sont invités à participer aux travaux du Groupe.
3. Par sa résolution 2013/15, le Conseil a décidé de proroger le mandat du
Groupe jusqu’à sa session de fond de juillet 2014, afin de suivre la situation de près
et de formuler des conseils concernant la stratégie de développement à long terme
d’Haïti en vue de promouvoir le relèvement, la reconstruction et la stabilité sur les
plans social et économique, en accordant une attention particulière à la nécessité
d’assurer un appui international cohérent et durable à Haïti, compte tenu des
priorités de développement national à long terme, en s’appuyant sur le Plan
stratégique de développement d’Haïti et en veillant à éviter les chevauchements et
les doubles emplois avec les mécanismes existants. Il a demandé au Groupe de lui
présenter un rapport sur ses travaux à sa session de fond de 2014.
Aperçu des activités du Groupe
4. Le présent rapport s’appuie en grande partie sur les conclusions que le Groupe
a tirées à l’issue de ses visites. Le 28 avril 2014, à Washington, ses membres ont
rencontré des hauts responsables de la Banque mondiale, du Fonds monétaire
international, de la Banque interaméricaine de développement et de l’Organisation
des États américains (OEA). Ils ont également participé à un déjeuner de travail
avec des représentants de l’American Jewish Word Service, organisation non
gouvernementale présente en Haïti. Du 12 au 15 mai 2014, à l’occasion de leur
visite annuelle en Haïti, ils se sont entretenus avec le Président Michel Martelli, le
Premier Ministre Laurent Lamothe, le Ministre des affaires étrangères Duly Brutus,
le Président du Sénat Dieuseul Simon Desras ainsi que d’autres membres du
Gouvernement, des représentants de la société civile et un large éventail d’acteurs
du développement. Ils ont également visité les sites de plusieurs projets dirigés par
des organismes des Nations Unies, en particulier le Fonds des Nations Unies pour la
Population (FNUAP) et le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux
projets, ainsi qu’un camp de personnes déplacées géré par l’Organisation
internationale pour les migrations dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
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5. Avant et après ces visites, le Groupe a organisé, en collaboration avec le
Groupe des Amis d’Haïti à New York, des séances de préparation puis
d’information, y compris une réunion avec Albert Ramdin, Secrétaire général
adjoint de l’Organisation des États américains, et une séance de travail avec Robert
Jean, Directeur général du Ministère haïtien de la planification et de la coopération
externe et le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur
résident et Coordonnateur de l’action humanitaire en Haïti.
6. Les membres du Groupe tiennent à exprimer leur profonde gratitude aux
autorités haïtiennes, aux représentants de la société civile et aux partenaires de
développement qui, aussi bien en Haïti qu’à Washington, ont pris le temps de leur
expliquer ce qu’ils faisaient et comment ils analysaient la situation. Ils sont
particulièrement reconnaissants aux plus hautes autorités haïtiennes pour l’échange
de vues ouvert et constructif qu’ils ont eu avec elles et remercient également le
Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l’ONU pour son
appui indéfectible, la Représentante spéciale du Secrétaire général et Chef de la
Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), les deux
représentants spéciaux adjoints du Secrétaire général et le Coordonnateur résident et
Coordonnateur par intérim de l’action humanitaire, ainsi que toute l’équipe de pays
des Nations Unies, pour l’aide précieuse qu’ils leur ont apportée pendant leurs
visites. Le Groupe sait gré aux institutions financières internationales et à
l’Organisation des États américains d’avoir collaboré avec lui et de lui avoir fait
part de leurs vues et analyses. Son programme de visite à Washington et en Haïti est
annexé au présent rapport.
II. Donner un nouvel élan au développement
sur le terrain
7. Avec un taux de croissance de 4,3 % en 2013, Haïti est entré dans une nouvelle
phase de développement. Les bons résultats de l’économie et les travaux
d’aménagement réalisés à Port-au-Prince sont particulièrement encourageants. Les
mesures que le Gouvernement a prises pour encourager le secteur privé et stimuler
les investissements ont, à l’évidence, porté fruit et débouché en particulier sur
l’amélioration de l’infrastructure routière, la construction de logements privés et
l’ouverture de nouveaux hôtels et entreprises. Elles avaient, comme l’a noté le
Groupe avec satisfaction, bénéficié de l’appui des organismes du système des
Nations Unies, en particulier du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui
aux projets. Les travaux d’équipement entrepris dans les provinces (notamment la
construction de routes, aéroports et installations portuaires) sont également porteurs
d’espoir. Le Groupe avait déjà constaté des signes nets de reprise en 2013 (voir
E/2013/90, en particulier les paragraphes 8 et 9), mais il a pu constater, à l’occasion
de sa dernière visite, que le pays était maintenant en pleine phase de construction et
de développement et avait laissé loin derrière lui celle de la reconstruction
consécutive au séisme.
8. L’inflation a baissé de 6,5 % à 4,5 % (en une année), parallèlement à une
légère dépréciation de la gourde. Dans ce contexte, le Fonds monétaire international
a jugé encourageants les résultats macroéconomiques de l’exercice 2013 et
globalement satisfaisants les résultats du programme financé au titre de la facilité
élargie de crédit du Fonds. Dans un contexte international marqué par la lenteur de
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la reprise et les problèmes économiques persistants dans de nombreuses régions du
monde, ces résultats globalement positifs d’Haïti méritent d’être soulignés.
9. L’objectif général du Plan stratégique de développement élaboré par le
Gouvernement pour la période 2010-2030 est de faire d’Haïti un pays émergent d’ici
à 15 ans, ce qui suppose d’énormes investissements et une nette augmentation du
revenu moyen de la population, objectif ambitieux que, vu les progrès récents, le
pays semble bien parti pour atteindre s’il continue sur la voie actuelle et ne connaît
pas de nouveaux troubles politiques.
10. Des avancées sociales ont également été faites. La pauvreté aurait diminué de
4 % à 5 % dans les zones urbaines, mais les inégalités restent très présentes. Le
rapport Haïti : un nouveau regard publié par le Gouvernement haïtien et le
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en 2013 indique que
d’importants progrès ont été faits dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour
le développement si l’on en croit la plupart des indicateurs. Depuis 2000, l’extrême
pauvreté a chuté de 31 % à 24 %, et certains objectifs, comme celui de réduire de
moitié le nombre d’enfants présentant une insuffisance pondérale, ont été atteints
avant l’échéance prévue. L’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) a
publié de nouvelles données sur la base d’une enquête sur les ménages, réalisée avec
l’appui de la Banque mondiale, qui font apparaître une amélioration des revenus et
de l’accès aux services.
11. Le Gouvernement accorde davantage attention à l’extrême pauvreté et met en
œuvre plusieurs programmes de versement d’allocations en espèces aux plus
pauvres par l’intermédiaire desquels, par exemple, des aides sont accordées
directement aux écoliers et aux mères pauvres d’enfants scolarisés. Des progrès ont
également été faits dans la réalisation du deuxième objectif du Millénaire qui porte
sur l’éducation : le taux de scolarisation est passé à 88 %. Les programmes d’aide
alimentaire, notamment l’ouverture de restaurants communautaires, sont des
initiatives louables, en particulier dans les zones rurales où l’extrême pauvreté
demeure généralisée et où la production alimentaire locale devrait être davantage
soutenue.
12. De la même façon, la mortalité infantile a diminué de 44 % depuis 1990, plus
rapidement que dans le reste du monde, et 90 % des femmes enceintes ont consulté
au moins une fois pendant leur grossesse, ce qui a considérablement réduit la
mortalité maternelle, estimée à 157 pour 100 000 naissances vivantes d’après les
premières statistiques sur la question publiées par le Ministère de la santé publique
et de la population en 2013. On se souviendra que, selon les conclusions de
l’Enquête mortalité, morbidité et utilisation des services (EMMUS V), de 2012, la
fécondité est tombée de 6,3 enfants par femme en 1987 à 4 en 2006 et 3,5 en 2012,
tendance encourageante qui, si elle se confirme dans les zones rurales, aura des
retombées majeures sur le développement à long terme du pays. Lors de sa visite, le
Groupe a pu constater que le FNUAP et la MINUSTAH fournissaient un appui actif
à une école d’infirmières et de sages-femmes, ainsi qu’aux maternités dans la zone
métropolitaine et il a été impressionné par la participation des professionnels de la
santé haïtiens à la mise en place d’installations qui ont une influence positive sur la
vie des femmes.
13. Sur le plan politique, le dialogue inter-haïtien a permis plusieurs avancées en
début d’année. L’accord d’El Rancho, négocié grâce à la Conférence des Évêques
d’Haïti, prévoyait l’organisation d’une seule élection d’ici au 26 octobre 2014, pour
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le renouvellement des deux tiers du Sénat de l’ensemble de la Chambre des députés,
des municipalités et des collectivités territoriales. Il prévoyait en outre que le
Collège transitoire du Conseil électoral permanent soit renommé Conseil électoral
provisoire, chacun des trois pouvoirs de l’État pouvant procéder au retrait d’un de
ses membres et pourvoir à son remplacement. À la suite de cet accord, le Conseil
des ministres a été remanié et la Chambre des députés a adopté une loi électorale,
qui doit encore être approuvée par le Sénat. Même s’il n’a pas apaisé les tensions
politiques, en particulier entre le pouvoir exécutif et un groupe de six sénateurs,
l’accord a le mérite d’avoir instauré un dialogue entre les partis politiques, avec
l’appui des acteurs de la société civile, ce qui devrait aider la société à parvenir à
des solutions collectives.
14. Toutefois, ce processus doit être mené à terme grâce à l’organisation
d’élections trop longtemps différées, afin d’éviter que les collectivités locales et
l’Assemblée nationale ne soient privées de toute légitimité et que le Gouvernement
ne se trouve contraint de fixer la date des élections et d’exercer ses autres fonctions
par décret, ce qui risquerait d’entamer la confiance des donateurs et d’avoir des
répercussions sur l’aide au développement apportée à Haïti, sachant que la lassitude
des donateurs est toujours à redouter, même chez les partenaires de longue date. Il
faut donc en priorité garantir le bon fonctionnement des institutions politiques
fondamentales, dans la mesure où le soutien de la communauté internationale
demeure d’une importance cruciale pour la pleine réalisation des objectifs de
développement d’Haïti.
III. Faire en sorte que les donateurs demeurent mobilisés
15. Le développement prend du temps, surtout en Haïti, pays particulièrement
vulnérable aux catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme. L’instabilité
politique qui règne depuis plus de 30 ans peut toujours compromettre l’aide au
développement. À cet égard, les décisions des acteurs politiques haïtiens sont des
facteurs clefs. Toutefois, il existe d’autres risques sur lesquels les Haïtiens ont peu
de prise. Les catastrophes naturelles, en particulier les inondations provoquées par
des ouragans et les tremblements de terre, constituent des obstacles récurrents au
développement et ont dégradé le cadre de vie.
16. En outre, Haïti est un petit pays à l’économie ouverte sur le monde, et est donc
sensible à la conjoncture régionale et mondiale. L’augmentation des prix des
produits de base peut créer des chocs ayant des conséquences directes sur les
secteurs de l’énergie et du transport, par exemple, ce qui pousse le Gouvernement à
en atténuer l’impact à coup de subventions. De même, l’instabilité des prix de
denrées telles que le blé ou le riz a des répercussions directes sur la balance des
paiements du pays.
17. Le secteur de l’énergie est largement considéré comme l’un des maillons les
plus faibles de l’économie haïtienne compte tenu de l’insuffisance des
infrastructures et de leur mauvaise gestion. La remise en état du barrage de Péligre
est prometteuse. Toutefois, la transformation des services d’utilité publique prendra
nécessairement du temps et il est probable que le Gouvernement devra absorber un
déficit pendant assez longtemps avant que la restructuration du système devienne
effective.
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18. Le renforcement des capacités d’Haïti est un processus de longue haleine qui
nécessitera la participation constante de tous les intervenants pour produire des
progrès viables. Le Programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour
la décennie 2011-2020 (Programme d’action d’Istanbul) appelle la communauté
internationale à se mobiliser pour soutenir sans relâche et sous leur direction le
renforcement des capacités de production des pays les moins avancés, dont Haïti fait
partie. Dans le cas d’Haïti, une attention particulière doit être accordée aux secteurs
de l’agriculture, de l’industrie manufacturière et du tourisme.
19. Le relèvement du secteur de l’éducation nécessitera lui aussi beaucoup de
temps. Comme on l’a vu plus haut, des résultats concrets ont été obtenus en ce qui
concerne la construction d’écoles et l’accès à l’éducation, notamment grâce à un
programme spécial de transfert monétaire assorti de conditions financé par un
nouvel impôt. Cependant, tous les acteurs reconnaissent que la qualité de
l’éducation demeure insuffisante et le restera jusqu’à ce que les structures propres à
former les futurs enseignants et à faire respecter les normes d’éducation soient en
place et à la hauteur des besoins du pays.
20. Les progrès accomplis sur le plan de l’environnement sont également très
inégaux. Malgré une augmentation sensible des plantations forestières, la
déforestation ne s’est pas encore inversée (les forêts naturelles ne représentent que
2 % de la superficie du territoire) puisque plus de 90 % des ménages haïtiens
continuent de cuisiner au charbon de bois. Le Groupe a noté que la consommation
de propane avait augmenté, grâce notamment à des incitations fiscales et à des
subventions, et que ce gaz était utilisé dans des maisons reconstruites dans la zone
métropolitaine avec l’appui de l’UNOPS, qu’il avait visitées. Le système des
Nations Unies joue un rôle de catalyseur à cet égard et devrait poursuivre dans cette
voie, notamment à l’aide de son portefeuille de projets et en transposant à plus
grande échelle les innovations qui s’avèrent fructueuses. Il reste encore beaucoup à
faire pour assurer la protection effective de l’environnement, en privilégiant la
protection de la biodiversité et l’assainissement.
21. La réforme de l’État pilotée par le Bureau de la gestion et des ressources
humaines, sous l’égide du Cabinet du Premier Ministre, se veut un exercice à long
terme pouvant prendre jusqu’à 10 ans. Entre-temps, il est crucial que les organismes
des Nations Unies et d’autres partenaires du développement organisent des activités
de mentorat pour développer progressivement les capacités dans la fonction
publique, aussi bien dans l’administration centrale que dans les provinces et les
municipalités, où elles sont particulièrement faibles. Par conséquent, la réalisation
des objectifs de développement ambitieux fixés à juste titre par le Gouvernement
passe impérativement par la participation technique et financière de partenaires,
notamment pour ce qui est du renforcement de l’École nationale d’administration
publique et de la fourniture de matériel et d’installations.
22. Si le taux de croissance et les nouvelles statistiques de la pauvreté sont
encourageants, nombre des économistes et partenaires de développement que le
Groupe a rencontrés, y compris dans les institutions financières internationales,
pensent qu’il faudra du temps avant que la croissance agisse véritablement sur le
niveau de vie de la population. C’est d’autant plus problématique que l’inégalité de
revenus a augmenté en Haïti : le coefficient de Gini était de 0,66 en 2012, contre
0,61 en 2001. Officiellement, le taux de chômage est de 27 %, mais on estime que
deux tiers des actifs sont au chômage ou sous-employés. Selon le Rapport sur les
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objectifs du Millénaire pour le développement pour 2013, l’emploi ne suffit pas bien
souvent à satisfaire les besoins les plus élémentaires, étant donné que 44,9 % des
personnes qui travaillent vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. La montée de
l’inégalité est un facteur déstabilisant qui ne doit pas être sous-estimé. Il convient
donc de continuer d’investir dans d’autres moyens de réduire la pauvreté en
attendant que les fruits de la croissance soient plus largement partagés.
23. D’après des chiffres récents, près de 90 000 déplacés continuent de vivre dans
des camps, ce qui est nettement inférieur au chiffre de 1,3 million relevé au
lendemain du tremblement de terre. Leurs conditions de vie sont extrêmement
mauvaises, en particulier sur le plan sanitaire. En dépit des activités de formation et
de sensibilisation organisées par l’OIM et d’autres organisations, le Groupe n’a pas
trouvé que la présence nationale et internationale dans ces camps était à la hauteur
des besoins de la population et de la menace que constituent pour ces personnes
vulnérables les maladies, notamment celles qui sont apparues récemment dans le
pays, comme le choléra et le chikungunya. Le Groupe demande donc le maintien de
l’aide humanitaire. Il souligne en outre que l’OIM et le système des Nations Unies
ont un rôle crucial à jouer à cet égard étant donné qu’un grand nombre d’ONG
internationales qui avaient fourni une aide d’urgence juste après le séisme et au
début de l’épidémie de choléra ont cessé d’intervenir dans le pays.
24. Tout en comprenant l’inquiétude des autorités haïtiennes, qui craignent que le
maintien des services n’encourage les déplacés à s’installer durablement dans les
camps, le Groupe souligne qu’il importe d’apporter une aide bien ciblée aux
populations qui vivent dans des conditions aussi précaires, notamment en ce qui
concerne l’accès à l’eau et l’assainissement. Ce type de soutien peut prendre la
forme d’allocations de la relocalisation des déplacés avec démontage des tentes,
comme le Groupe l’a constaté au camp Dahomey, où l’opération a été soutenue par
l’OIM. Les acteurs nationaux devraient rechercher activement des solutions viables,
en demandant l’appui de la communauté internationale au besoin.
25. Haïti est actuellement porté par un élan qui doit être convenablement soutenu.
L’éventualité d’une forte baisse de l’aide internationale préoccupe de nombreux
acteurs travaillant sur le terrain. Elle est également inquiétante pour la viabilité de
l’action des organismes des Nations Unies en Haïti, qui sont en phase de transition.
IV. Adapter l’appui des Nations Unies en phase
de transition
26. L’équipe de pays des Nations Unies se compose de 19 organismes, fonds et
programmes. La taille et le champ de leurs activités ont évolué sensiblement au
cours des dernières années : à savoir une augmentation sensible après le
tremblement de terre de janvier 2010 puis une diminution constante depuis 2012
pour cause de financement réduit, avec en particulier la non-reconstitution des
ressources du Fonds pour la reconstruction d’Haïti créé après le tremblement de
terre. Du fait de ces fluctuations, les organismes des Nations Unies ont du mal à
s’adapter à l’évolution des besoins du pays et ne sont pas à même de prendre en
charge des fonctions de la MINUSTAH, une fois ses activités regroupées. Le
Groupe souligne que l’équipe de pays des Nations Unies joue un rôle important
d’appui aux autorités haïtiennes, en particulier dans la phase de transition de la
présence des Nations Unies, et il invite les donateurs à faire en sorte que les
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priorités du Gouvernement soient financées. En outre, il se félicite de la décision
prise récemment par l’Organisation internationale du Travail de rétablir une
présence permanente en Haïti.
27. L’approche commune et le mécanisme de coopération des organismes, fonds et
programmes des Nations Unies figurent dans le cadre stratégique intégré, tout
comme les activités de la MINUSTAH dans le domaine du développement. L’actuel
cadre stratégique porte sur quatre ans (2013-2016). Il met l’accent non seulement
sur les programmes économiques et sociaux, mais aussi sur l’appui pour l’état de
droit, la gouvernance et la gestion des risques liés aux catastrophes. Il est conforme
au Plan stratégique de développement d’Haïti et a été approuvé par le
Gouvernement.
28. Plus tôt cette année, les chefs des entités des Nations Unies ont décidé
d’avancer l’examen à mi-parcours du cadre stratégique de manière à mieux tenir
compte des éléments nouveaux que sont le possible regroupement des activités de la
MINUSTAH, une programmation à plus long terme, de nouveaux documents
stratégiques du Gouvernement, notamment son plan d’investissement triennal, et de
nouvelles sources de données pour les données de références et les indicateurs. Le
Groupe se félicite de cette initiative et attend avec intérêt d’en savoir plus sur la
nouvelle version du cadre.
29. Dans ce contexte, le Groupe souligne qu’il faut prendre des mesures pour que
les organismes des Nations Unies soient « Unis dans l’action » en Haïti. Le pays
sort de l’étape d’aide humanitaire et de reconstruction pour entamer une véritable
démarche de développement, aussi convient-il de définir des modalités permettant
aux entités du système des Nations Unies de fonctionner de manière plus intégrée.
Une telle approche garantirait l’utilisation optimale des ressources et pourrait en
outre encourager le Gouvernement à élaborer des programmes nationaux communs à
tous les ministères et à se tourner vers le système des Nations Unies pour obtenir un
financement conjoint. Grâce à sa clarté et à sa souplesse accrues, elle aiderait aussi
les donateurs à canaliser leurs aides dans le système des Nations Unies. Le Groupe
demande au Coordonnateur résident en Haïti de prendre des mesures énergiques
dans ce sens et il encourage les organismes des Nations Unies présents sur le terrain,
y compris le PNUD, à participer à ces efforts.
30. Le Groupe a constaté la valeur ajoutée des efforts conjoints de plusieurs
entités des Nations Unies lors de sa visite à la nouvelle École nationale des
infirmières sages-femmes, construite par des unités du génie de la MINUSTAH et
dont la dotation en matériel et en fournitures, la révision des programmes
d’enseignement et l’appui technique aux opérations sont assurés par le FNUAP. Le
nouvel établissement, situé dans la plus grande maternité d’Haïti, a ouvert ses portes
à 80 élèves sages-femmes après une interruption de deux ans due à l’effondrement
du bâtiment dans le tremblement de terre. Le Groupe a également visité à Port-au-
Prince une maternité et un centre de planification familiale établis en partie grâce au
FNUAP, en collaboration avec l’UNOPS et le Programme des Volontaires des
Nations Unies. Il encourage le système des Nations Unies à développer ce type
d’activités dans les provinces, compte tenu de la nécessité de continuer à améliorer
la santé maternelle dans tout le pays.
31. De même, le Groupe rappelle l’existence d’un programme intégré appelé
« Initiative Côte Sud », exécuté par plusieurs organismes (le PNUD, le Programme
des Nations Unies pour l’environnement et l’UNOPS, avec l’aide de l’Organisation
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pour l’alimentation et l’agriculture et d’autres), qu’il a pu observer lors d’une visite
en 2013. Ce projet, qui vise à promouvoir le développement durable du département
du Sud, applique l’initiative « Unis dans l’action » au niveau local. D’autres projets
de plus grande ampleur du système des Nations Unies pourraient s’en inspirer.
32. Le Groupe a noté avec satisfaction que le système des Nations Unies mettait
l’accent sur le renforcement des capacités nationales. Par exemple, dans le secteur
de la santé, l’Organisation mondiale de la Santé et le système des Nations Unies
appuient le plan du Gouvernement, et le Secrétaire général lui-même a lancé la
deuxième phase d’une grande campagne de vaccination contre le choléra ainsi
qu’une opération d’assainissement dans le département du Centre, en collaboration
avec le Premier Ministre. Les entités du système des Nations Unies fournissent
également un appui considérable aux structures haïtiennes chargées de prévenir et
de gérer les catastrophes.
33. Les travaux des organismes spécialisés des Nations Unies en Haïti ne sont pas
toujours très visibles car ils sont axés sur le renforcement des capacités, ce qui
nécessite l’encadrement des structures nationales sur le long terme afin d’appuyer
les ministères sectoriels. Il est cependant très important d’augmenter la capacité
d’absorption des institutions haïtiennes.
34. Comme l’a indiqué le Secrétaire général dans son rapport au Conseil de
sécurité (voir S/2014/617), le regroupement des activités et la transition de la
MINUSTAH devraient déboucher sur une réduction de la présence physique et des
effectifs de la Mission, et pas seulement des contingents militaires. Il est donc
probable que la Mission se désengage progressivement des domaines relatifs au
renforcement des institutions. Dans son rapport de l’an dernier au Conseil
(E/2013/90), le Groupe a admis que le transfert progressif des activités de la
MINUSTAH aux organismes des Nations Unies dans des domaines tels que la
gouvernance, les droits de l’homme et la préparation en prévision des catastrophes
pourrait s’avérer difficile en raison des contraintes budgétaires. Il faudra donc faire
des efforts particuliers pour maintenir l’appui du système des Nations Unies dans les
domaines connexes à celui de la consolidation de la paix.
35. Le Groupe est favorable au projet de plan de transition détaillé réunissant la
MINUSTAH, les organismes, fonds et programmes des Nations Unies, le
Gouvernement haïtien et les donateurs qui appuient l’action du système des Nations
Unies sur le terrain. La solution passe notamment par le resserrement de la
coopération entre les différentes entités des Nations Unies en vue d’optimiser
l’utilisation des ressources, dans l’esprit de l’initiative « Unis dans l’action ». La
mobilisation conjointe des ressources incitera également les donateurs à participer.
Tout au long de cette démarche, les organismes des Nations Unies devraient fournir
à leurs bureaux en Haïti le soutien et les moyens adaptés à leurs besoins dans ces
circonstances exceptionnelles.
36. Bien qu’il semble y avoir un consensus général quant au maintien d’une solide
composante de police de la MINUSTAH, il faut aussi étudier la question d’un plan
de rechange pour les activités humanitaires et de développement des Nations Unies
en cas de réduction importante de la présence de la Mission. En effet, l’appui qui a
été fourni à la Police nationale d’Haïti devrait être maintenu à un niveau élevé, au
moins jusqu’à ce que l’objectif de 15 000 policiers fixé pour 2016 soit atteint. Lors
de l’établissement du présent rapport, l’effectif de la Police nationale s’élevait à
environ 11 000 agents (dont moins de 19 % étaient des femmes), d’où la nécessité
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de poursuivre les recrutements et la formation des débutants. Les donateurs doivent
garder à l’esprit que le bon fonctionnement de la Police nationale est primordial
pour instaurer l’état de droit en Haïti et maintenir les acquis de développement, et
que les deux vont de pair.
V. Accroître l’efficacité de l’aide
37. Depuis que le mandat de la Commission intérimaire pour la reconstruction
d’Haïti a pris fin, en octobre 2012, les relations entre le Gouvernement haïtien et ses
partenaires de développement s’appuient sur le Plan stratégique de développement
d’Haïti, qui définit une vision à plus long terme et lie les trois dimensions du
développement durable et la nécessité d’une réforme de la gouvernance. Ce plan
stratégique est traduit dans des plans d’investissement triennaux successifs qui
mettent l’accent sur l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté et
qui doivent être incorporés dans la loi de finance annuelle.
38. Le Plan stratégique fait explicitement référence à l’efficacité de l’aide au
développement, notamment au contrôle réel de ses politiques de développement par
le pays bénéficiaire, à la coordination de l’aide et à la nécessité pour les donateurs
de s’aligner sur les stratégies du pays.
39. Dans la pratique, la coordination des donateurs en Haïti est favorisée par le
G12+, enceinte informelle qui réunit 15 acteurs bilatéraux et multilatéraux au moins
une fois par mois sous la présidence du Représentant spécial adjoint du Secrétaire
général, Coordonnateur résident et Coordonnateur de l’action humanitaire, dont le
Bureau assure les services de secrétariat. En outre, le Directeur de pays du PNUD a
le statut d’observateur au G12+. Le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti se félicite
du rôle considérable que joue le système des Nations Unies dans le cadre de cette
initiative d’appui aux autorités haïtiennes et à l’ensemble des donateurs.
40. Le G12+ a participé activement à la création du Cadre de coordination de
l’aide externe au développement d’Haïti, le nouveau dispositif encadrant l’aide
extérieure depuis novembre 2012 afin que l’aide au développement corresponde
mieux aux priorités nationales. En mars 2014, la première rencontre nationale du
Comité sur l’efficacité de l’aide, un organe du Cadre, a réuni un grand nombre de
participants et abouti à une déclaration commune sur l’application d’une feuille de
route conjointe.
41. Ces mécanismes pourront fonctionner grâce aux unités de planification et
d’étude mises en place dans tous les ministères concernés. Ces unités jouent un rôle
crucial dans la mise au point, la planification et le suivi des projets ainsi que dans la
coordination des activités des partenaires, et elles soutiennent les tables sectorielles
et thématiques. Ces dernières sont des instances auxquelles participent tous les
acteurs et toutes les ONG travaillant dans un secteur donné, sous la direction d’un
ministère spécifique. Dans la pratique, elles restent faibles et leur renforcement
dépend de la volonté de chaque ministère de procéder à des réformes et de les
utiliser. Il faut encourager les ministères à utiliser ces mécanismes afin de renforcer
l’application du principe de responsabilité, la confiance des donateurs et l’efficacité
de l’aide. Les tables sectorielles et thématiques, qui ont donné des résultats mitigés,
devraient également être utilisées de façon beaucoup plus systématique.
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42. Par ailleurs, l’aide fournie pourrait mieux correspondre aux priorités et
stratégies du Gouvernement. Les attentes des autorités haïtiennes à cet égard sont
considérables. Afin de faire des progrès tangibles dans ce domaine, il faudra
préparer la mise en œuvre des plans d’investissement triennaux, qui visent à
exécuter le Plan stratégique, en consultation avec les partenaires et avec la
participation active des ministères concernés, et pas seulement du Ministère de la
planification.
43. Si l’on veut que l’aide soit plus efficace, il faudra accroître la transparence sur
divers fronts. Les donateurs doivent jouer la transparence en informant de leurs
activités le Ministère de la planification, qui est chargé de contrôler les versements
effectués au titre de l’aide. En retour, ils attendent du Gouvernement un certain
nombre de réformes institutionnelles dans la gestion des finances publiques,
l’administration publique et les procédures de passation des marchés. À cet égard, le
Groupe se félicite de l’élaboration d’une nouvelle loi sur la corruption. Il convient
également de consolider les organes de surveillance, dont la Cour supérieure des
comptes et du contentieux administratif, et de communiquer toutes les informations
disponibles au Parlement. Il s’agit aussi d’éviter les contrats de gré à gré et de veiller
à remplir et à conserver comme il se doit les dossiers de passation des marchés. Ces
réformes sont susceptibles d’amener certains donateurs à accroître leur soutien
budgétaire direct. Le Groupe demande instamment à tous les acteurs de faire plus
d’efforts pour réaliser pleinement les engagements qu’ils ont pris à cet égard.
44. Les acteurs du développement d’Haïti continuent de demander aux donateurs
de simplifier leurs procédures de décaissement afin d’accélérer l’exécution des
projets. Plusieurs interlocuteurs du Groupe ont reconnu que des progrès avaient été
accomplis à cet égard, grâce notamment à l’augmentation du nombre de consultants
haïtiens en mesure d’exécuter les activités planifiées dans le cadre de ces projets. La
question de la perception de l’aide au développement par ses bénéficiaires haïtiens
étant fondamentale, ces procédures devraient être régulièrement revues afin de
renforcer l’efficacité de l’aide.
45. L’absence de budget national approuvé par le Parlement pour l’année en cours
a entamé l’efficacité de l’aide, étant donné que le Gouvernement fonctionne avec le
budget de l’année précédente. Ce budget est encore financé pour plus de moitié par
l’aide internationale. Le Gouvernement bénéficie aussi au titre de l’alliance
Petrocaribe de fonds qui représentent une part importante des recettes nationales et
contribuent à financer les transferts en espèces et d’autres programmes. Haïti et tous
ses partenaires de développement pourraient utilement se consulter régulièrement au
sujet des incidences budgétaires de l’aide internationale afin de rendre les
ressources plus prévisibles et les mécanismes de financement plus viables.
46. Durant l’année écoulée, le Gouvernement a pris des mesures pour renouveler
son partenariat avec des ONG. Le 8 octobre 2013, à la suite d’un engagement pris un
an plus tôt à une réunion tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations
Unies, le Premier Ministre a ouvert le Forum national des ONG, chargé d’examiner
le rôle des ONG dans le développement. Plus de 500 ONG sont maintenant
enregistrées et reconnues légalement par le Ministère de la planification. Le Groupe,
qui a toujours rencontré des représentants de la société civile lors de ses visites, se
félicite de cette évolution. Il félicite les entités des Nations Unies en Haïti des
efforts qu’elles déploient pour promouvoir la participation de la société civile aux
mécanismes de coordination de l’aide, notamment les tables sectorielles, bien que la
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contribution des ONG ait en fait été inégale. Il faudra clarifier et simplifier les
règlements et procédures applicables aux ONG qui travaillent en Haïti, et le Groupe
demande que le projet de loi élaboré à cet effet soit retravaillé dans le cadre d’un
processus ouvert et participatif afin de relancer la collaboration entre le
Gouvernement et les ONG.
47. Des mécanismes visant à améliorer considérablement l’efficacité de l’aide sur
le plan qualitatif sont en place en Haïti. Ils doivent être pleinement mis à profit pour
promouvoir la responsabilité et écrire un nouveau chapitre dans les relations du pays
avec la communauté des donateurs. Le Gouvernement est aux commandes et a mis
au point des instruments qui guident tout le processus de développement du pays. Il
doit les faire connaître aux donateurs de façon à ce que ces derniers travaillent de
concert avec les divers ministères. Il faut renforcer l’application du plan d’action du
Centre de coordination de l’aide externe, notamment par une plus grande
participation des dirigeants haïtiens. La contribution des partenaires, des plus
classiques aux acteurs de la coopération Sud-Sud est également primordiale pour la
pertinence de la démarche. Le Groupe demande au Gouvernement haïtien et à tous
ses partenaires de faire de cet exercice une priorité.
VI. Conclusions et recommandations
48. Le Groupe consultatif ad hoc a été témoin de l’amélioration constante de
la situation économique et sociale en Haïti depuis le tremblement de terre
dévastateur de janvier 2010. Si, par le passé, il s’est déclaré préoccupé par
l’absence de perspective de développement du pays à moyen et à long terme,
l’existence d’outils de planification définissant un programme ambitieux et des
objectifs de développement concrets pour Haïti lui semble à présent un signe
encourageant. Le Groupe salue également des progrès tangibles réalisés sur le
terrain sur le front économique et social et félicite tous les acteurs du
développement d’Haïti d’avoir travaillé d’arrache-pied pour amener le pays à
la prochaine étape de son histoire.
49. Aussi concrets que puissent être ces progrès, le Groupe continue de
s’inquiéter pour la viabilité du processus de développement dans les
circonstances politiques actuelles. Au moment de l’établissement du présent
rapport, la tenue des élections, qui n’a que trop tardé, demeure incertaine et les
tensions politiques persistent sans que se manifeste la volonté de trouver des
solutions acceptables. Ces querelles politiques reflètent les faiblesses des
organismes de réglementation, notamment des systèmes judiciaire et
pénitentiaire, et montrent combien l’état de droit demeure fragile en Haïti. La
volonté de se conformer à des normes définies par écrit et de mettre en place les
structures administratives et judiciaires requises pour les faire respecter ne
semble pas avoir encore pris racine d’où la nécessité de continuer à encadrer et
soutenir les institutions haïtiennes. Le Groupe est d’avis que la capacité de
fournir une assistance aux institutions haïtiennes devrait être renforcée dans la
mesure où la présence des effectifs de maintien de la paix des Nations Unies se
réduit, un rôle important devant revenir tant à la MINUSTAH qu’à l’équipe de
pays des Nations Unies. Un tel appui de l’ONU est essentiel pour maintenir les
acquis de développement et porter à l’étape suivante la dynamique présente sur
le terrain.
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50. Compte tenu de la fragilité persistante d’Haïti et des besoins économiques
et sociaux caractéristiques d’un pays comptant parmi les moins avancés, les
partenaires de développement d’Haïti devraient maintenir leur collaboration
avec le Gouvernement, dans le cadre d’un partenariat véritable où le dialogue
et la transparence prévalent des deux côtés. Le Groupe encourage le
Gouvernement et ses partenaires à avancer dans cette voie et à envisager de
formuler un pacte définissant les attentes des parties et les objectifs à moyen
terme. Par souci de commodité, les principales recommandations figurant dans
le corps du rapport sont résumées ci-après, pour examen par toutes les parties
prenantes et par le Conseil.
51. Afin de soutenir le processus de développement, le Groupe encourage les
partenaires de développement d’Haïti à :
a) Prendre une part active aux mécanismes de coordination des
donateurs, notamment au Cadre de coordination de l’aide externe au
développement d’Haïti, et œuvrer à la mise en œuvre des engagements conjoints
en collaboration avec les donateurs traditionnels et les partenaires du Sud;
b) Prendre des mesures visant à garantir que l’appui est conforme aux
priorités et programmes définis par le Gouvernement haïtien, tels qu’ils
figurent dans le Plan stratégique de développement d’Haïti, le Plan
d’investissement triennal et d’autres documents de suivi et, à cette fin, rester en
liaison avec les ministères sectoriels compétents;
c) Appuyer le développement des capacités de production d’Haïti dans
des secteurs clefs tels que le tourisme, l’agriculture et l’industrie
manufacturière, conformément aux décisions du Gouvernement;
d) Continuer de simplifier les procédures de décaissement afin
d’accélérer l’exécution des projets;
e) Envisager de fournir un appui budgétaire direct, en utilisant autant
que possible les voies gouvernementales, et inclure systématiquement un volet
renforcement des capacités dans leurs activités;
f) Accroître l’appui au développement dans les provinces, notamment
dans les communautés rurales, et associer les autorités locales et la société civile
à ces activités;
g) Fournir un appui continu à la Police nationale d’Haïti et à son plan
de développement pour la période 2012-2016, tout en accroissant l’assistance à
l’appareil judiciaire et autres institutions clefs de l’état de droit;
h) Répondre aux appels lancés par les entités des Nations Unies pour le
financement d’activités humanitaires visant à répondre aux besoins des
personnes les plus vulnérables, notamment celles qui vivent encore dans des
camps, ainsi qu’aux appels à l’aide alimentaire et à l’amélioration des secteurs
de la santé et de l’assainissement;
i) Appuyer des activités de renforcement des capacités menées par
l’équipe de pays des Nations Unies et la MINUSTAH et leur fournir les moyens
de poursuivre ces activités à moyen et à long terme.
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52. Plus spécifiquement, le système des Nations Unies est invité à :
a) Examiner le cadre stratégique intégré en vue de promouvoir
l’approche « Unis dans l’action » dans les activités du système des Nations
Unies pour le développement et combiner la planification, la collecte de fonds et
l’exécution des programmes;
b) Planifier une transition sans heurt dans le cadre du regroupement
des activités de la MINUSTAH, de manière à assurer le maintien de l’assistance
fournie par le système des Nations Unies dans les domaines liés à la
consolidation de la paix tels que la gouvernance, le renforcement des
institutions et les questions relatives aux droits de l’homme, et déterminer
comment l’ONU peut appuyer au mieux les efforts de consolidation de la paix
en Haïti, notamment par une éventuelle participation de la Commission de
consolidation de la paix, si le Gouvernement haïtien en fait la demande;
c) Veiller à ce que les bureaux de pays des organismes du système des
Nations Unies reçoivent de la part du Siège un soutien et un appui financier
suffisants pour fonctionner correctement dans la phase de transition;
d) Multiplier les activités de développement en dehors de Port-au-
Prince et prendre des mesures concrètes pour renforcer les capacités des
autorités locales et de la société civile dans les provinces;
e) Affirmer son rôle de promoteur de l’efficacité de l’aide en assurant le
secrétariat du Groupe des Douze plus et en participant activement au Cadre de
coordination de l’aide externe.
53. Le Groupe souhaite également appeler l’attention des autorités haïtiennes
sur la nécessité de :
a) Prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que les
élections sénatoriales, municipales et locales se déroulent sans plus tarder et
que des autorités locales légitimes, crédibles et efficaces soient mises en place;
b) Améliorer le dialogue entre les branches exécutive et législative de
l’État au sujet du budget national, en vue de son adoption rapide;
c) Élargir l’assiette fiscale et renforcer les capacités de faire respecter la
législation fiscale, entre autres mesures visant à renforcer les structures
administratives à la fois dans les ministères et au niveau décentralisé;
d) Rendre pleinement opérationnel le Cadre de coopération de l’aide
externe et ses mécanismes, conformément à la feuille de route adoptée au début
de l’année, notamment par la mise en place de groupes de planification et
d’étude dans les principaux ministères d’exécution et l’activité des tables
sectorielles et thématiques dirigées par les ministères haïtiens;
e) Accélérer les réformes relatives à la gestion des finances publiques et
des procédures de passation des marchés en vue d’accroître la transparence de
l’aide au développement;
f) S’employer à rendre la Cour supérieure des comptes et du
contentieux administratif opérationnelle et appliquer la nouvelle loi contre la
corruption;
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g) Approfondir le dialogue avec la société civile et accélérer
l’élaboration d’un projet de loi sur le statut et le fonctionnement des
organisations non gouvernementales;
h) Continuer d’investir dans des programmes sociaux visant à réduire
les inégalités et d’apporter une aide humanitaire à ceux qui en ont le plus
besoin;
i) Continuer d’investir dans le renforcement de la Police nationale, de
l’appareil judiciaire, du système pénitentiaire et des institutions qui s’emploient
à instaurer l’état de droit en Haïti.
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Annexe
Programme des visites du Groupe consultatif ad hoc
sur Haïti à Washington et en Haïti
Visite à Washington (29 avril 2014)
10 heures Rencontre avec des représentants des institutions financières internationales
M. Agustin Aguerre
Directeur, Département pour Haïti,
Banque interaméricaine de développement
M. Joseph Ntamatungiro
Économiste principal pour Haïti
Fonds monétaire international
M
me
Michelle Keane
Chargée de programme principale pour Haïti
Banque mondiale
13 heures Déjeuner de travail
Orateur invité : M. Ian Schwab,
Directeur adjoint des activités de plaidoyer
American Jewish World Service
15 heures Rencontre avec des représentants de l’Organisation des États
américains (OEA)
Débat avec des membres du groupe restreint de l’OEA pour Haïti
et les administrateurs de l’OEA
Visite en Haïti, 12-15 mai 2014
Lundi 12 mai
12 heures Arrivée à l’aéroport international Toussaint Louverture
12 h 45 Rencontre avec M. Ramiz Alakbarov
Coordonnateur résident et Coordonnateur par intérim de l’action humanitaire
14 heures Rencontre avec M
me
Sandra Honoré
Représentante spéciale du Secrétaire général pour Haïti
et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation
en Haïti (MINUSTAH)
16 heures Rencontre avec M. Duly Brutus
Ministre des affaires étrangères d’Haïti
18 h 30 Réception offerte par la Représentante spéciale du Secrétaire général
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Mardi 13 mai
9 heures Visite du camp Dahomey, camp de déplacés géré par l’Organisation
internationale pour les migrations
11 heures Visite de l’école d’infirmières, de la maternité Isaie Jeanty et d’un centre
de santé maternelle
15 h 30 Rencontre avec l’équipe de pays des Nations Unies
19 heures Dîner avec le Groupe des Douze plus (groupe des donateurs)
Mercredi 14 mai
8 heures Petit-déjeuner avec les représentants de la société civile
10 heures Visite d’un projet de reconstruction de logements à Morne Hercule,
géré par l’UNOPS
12 heures Rencontre avec le Président de la République d’Haïti Michel Martelly
15 h 30 Rencontre avec M. Simon Dieuseul Desrat
Président du Sénat, et d’autres parlementaires
19 heures Cocktail offert par l’ambassade du Canada
Jeudi 15 mai
9 heures Rencontre avec M. Laurent Lamothe
Premier Ministre d’Haïti et Ministre de la planification et de la coopération
externe
11 heures Bilan de la visite avec le Coordonnateur résident par intérim
13 heures Départ pour New York