(2001) Long-Term Programme of Support for Haiti: Report of the Secretary-General (E/2001/67)
Summary — Secretary-General's report to ECOSOC on Haiti covering the disputed 2000 elections, President Aristide's return to office, economic recession, MICAH's institutional support work and progress on the CCA, UNDAF and poverty reduction strategy.
Key Findings
- The May 2000 elections drew roughly 60 percent turnout, the highest since 1990, but a flawed Senate seat calculation, uncorrected despite OAS objections, compromised the process; Fanmi Lavalas won 18 of 19 contested Senate seats and 72 of 83 deputy seats, and Aristide won the boycotted November presidential vote with an official 92 percent. The year 2000 was marked by recession, a budget deficit of 1,950 million gourdes financed by the central bank at more than two and a half times the level agreed with the IMF, and inflation rising from about 10 percent to over 18 percent. The political stalemate blocked ratification of new international loans, and the World Bank cut its permanent presence to a liaison officer based in the Dominican Republic. MICAH nevertheless delivered technical support across police, justice and human rights, and preparation of the CCA, UNDAF and interim PRSP advanced as building blocks of a long-term support programme.
Full Description
This report of the Secretary-General on the long-term programme of support for Haiti reviews national developments and UN activities during 2000 and early 2001. It recounts the May and July 2000 legislative, municipal and local elections, marked by a contested Senate seat calculation that the OAS observation mission called a grave error, the opposition boycott of the November 2000 presidential election won by Jean-Bertrand Aristide with an official 92 percent of votes, and the polarized standoff between the new government and the Convergence démocratique, with repeated OAS mediation. Economically, 2000 brought recession features: GDP growth of about 2.2 percent, a budget deficit of 1,950 million gourdes financed by the central bank, inflation rising from around 10 percent to over 18 percent, near-absent foreign investment and reduced World Bank presence. The report details the results of MICAH's police, justice and human rights pillars and the proposed UNDP post-MICAH transition programme, the coordination role of the resident coordinator, agency activities, and progress on the common country assessment, the UNDAF 2002-2006 and the interim poverty reduction strategy paper, noting that the political impasse constrained development cooperation.
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Nations Unies E/2001/67
Conseil économique et socialDistr. générale
11 mai 2001
Original: français
01-37035 (F) 290501 060601
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Session de fond de 2001
Genève, 2-27 juillet 2001
Point 7 f) de l’ordre du jour provisoire*
Questions de coordination, questions
relatives au programme et autres questions :
programme à long terme d’aide à Haïti
Programme à long terme d’appui à Haïti
Rapport du Secrétaire général
Table des matières
Paragraphes Page
Introduction.......................................................... 1–4 3
I. Situation nationale et contexte économique................................ 5–24 3
A. Résultats des processus électoraux de l’année 2000...................... 5–19 3
1. Élections législatives, municipales et locales de mai et juillet 2000.... 5–11 3
2. Élections présidentielles du 26 novembre 2000..................... 12–14 4
3. L’entrée en fonctions du Président Aristide et d’un nouveau
Gouvernement
................................................ 15–17 4
4. Appui des Nations Unies au processus électoral
.................... 18–19 5
B. Situation économique générale et aide au développement depuis l’été 2000
.. 20–24 5
II. Principales activités des agences du système de développement des Nations
Unires durant l’année 2000
.............................................. 25–46 6
A. Activités de la Mission internationale civile d’appui en Haïti (MICAH) en
matière de renforcement institutionnel et de promotion des droits de
l’homme et programme du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) de transition post-MICAH
..................... 25–40 6
1. Principaux résultats obtenus par la MICAH
........................ 25–35 6
* E/2001/100.
2 n0137035.doc
E/2001/67
a. Pilier police........................................... 25–26 6
b. Pilier justice
........................................... 27–30 6
c. Pilier droits de l’homme
................................... 31–35 6
2. Proposition de programme du PNUD de transition post-MICAH
....... 36–40 7
B. Rôle du coordonnateur résident
...................................... 41–43 8
C. Principales activités des agences du système des Nations Unies
........... 44–46 8
III. Progrès enregistrés dans le cadres de l’élaboration d’un programme d’appui à
long terme
........................................................... 47–63 10
A. Le processus du Bilan commun de pays (BCP) [Common Country
Assessment (CCA)]
................................................ 47–54 10
B. Progrès enregistrés dans le cadre de la formulation du Plan-cadre des
Nations Unies pour l’aide au développement (UNDAF) pour la période
2002-2006
....................................................... 55–59 11
C. Banque mondiale, Fonds monétaire international et Cadre stratégique de
lutte contre la pauvreté (CSLP/PRSP)
................................. 60–62 12
D. Liens entre le CCA/UNDAF et le CSLP/PRSP
......................... 63 13
IV. Observations
......................................................... 64–66 13
n0137035.doc 3
E/2001/67
Introduction
1. Dans sa résolution 1212 (1998) du 25 novembre
1998, le Conseil de sécurité, tout en prorogeant le
mandat de la Mission de police civile des Nations
Unies en Haïti (MIPONUH), a reconnu le rôle indis-
pensable joué par l’aide internationale pour promou-
voir le développement durable en Haïti et a invité les
organismes et institutions des Nations Unies, en parti-
culier le Conseil économique et social, à contribuer à
l’élaboration d’un programme à long terme d’aide à
Haïti. Par la suite, le Conseil économique et social a,
dans sa résolution 1999/4 du 7 mai 1999, créé un
Groupe consultatif ad hoc sur Haïti, qui a entrepris une
mission d’évaluation dans ce pays, tenu de vastes
consultations et présenté des recommandations
(E/1999/103) au Conseil à sa session de fond de 1999.
Ces recommandations visaient à assurer que l’aide au
développement fournie par la communauté internatio-
nale au Gouvernement haïtien était suffisante, cohé-
rente, bien coordonnée et efficace.
2. Donnant suite aux recommandations du Groupe
consultatif ad hoc, le Conseil économique et social a
adopté le 27 juillet 1999 la résolution 1999/11, dans
laquelle il priait le Secrétaire général, en consultation
avec le Gouvernement haïtien, de « prendre les mesu-
res nécessaires à la mise au point à titre prioritaire
d’une stratégie et d’un programme à long terme d’aide
à Haïti ». Le paragraphe 2 de la résolution énumérait
les principaux secteurs de développement devant béné-
ficier du programme d’aide, à savoir l’éducation, la
consolidation de la paix, l’élimination de la pauvreté,
l’intégration sociale, l’emploi productif, le commerce,
le redressement durable et le développement durable.
La stratégie d’ensemble envisageait le renforcement
des capacités au niveau tant des institutions gouverne-
mentales que de la société civile.
3. Le Conseil économique et social, dans sa résolu-
tion 1999/11, demandait qu’on lui soumette, à sa ses-
sion de fond de l’an 2000, un rapport de synthèse inté-
gré sur l’élaboration et l’exécution du programme à
long terme d’aide à Haïti, avec des observations et des
recommandations sur l’action des organismes compé-
tents des Nations Unies dans leurs domaines de com-
pétence respectifs. Le rapport rendait compte des pro-
grès accomplis et des difficultés rencontrées dans ce
domaine par la communauté internationale, notamment
par les organismes des Nations Unies, depuis
l’adoption de la résolution jusqu’en mai 2000. Il venait
compléter les récents rapports intérimaires de la
MIPONUH et de la Mission civile internationale en
Haïti (MICIVIH) ainsi que les rapports périodiques
présentés à l’Assemblée générale, conformément à la
résolution 54/194. Par cette dernière résolution,
l’Assemblée avait en effet créé la Mission internatio-
nale civile d’appui en Haïti (MICAH) pour remplacer
la MIPONUH et la MICIVIH dont les mandats ve-
naient à expiration le 15 mars 2000.
4. Dans sa décision 2000/235, en date du 27 juillet
2000, le Conseil économique et social prenait note avec
satisfaction du rapport du Secrétaire général sur
l’élaboration et la mise en oeuvre du programme à long
terme d’aide à Haïti et a demandé au Secrétaire général
de faire rapport au Conseil à sa prochaine session de
fond sur les mesures prises par le Gouvernement haï-
tien, le système des Nations Unies et la communauté
internationale pour l’élaboration d’un programme
d’appui à long terme pour Haïti et sur les modalités
pratiques de sa mise en oeuvre.
I. Situation nationale
et contexte économique
A. Résultats des processus électoraux
de l’année 2000
1. Élections législatives, municipales et locales
de mai et juillet 2000
5. Suite à l’accord politique du 5 mars 1999 intitulé
« Résolutions pour une sortie de crise » et aux arrêtés
présidentiels du 16 mars 1999 et du 22 juillet 1999 re-
latifs respectivement à la création du Conseil électoral
provisoire (CEP) et à la publication de la loi électorale,
la date du premier tour de scrutin pour les élections
législatives, municipales et locales, initialement prévue
pour le 28 novembre 1999, a été fixée, après plusieurs
reports, au 21 mai 2000 (arrêté présidentiel du 17 avril
2000).
6. La participation au premier tour de scrutin s’est
élevée à environ 60 %, soit le taux de loin le plus élevé
depuis 1990. Le premier communiqué publié par la
mission d’observation de l’Organisation des États amé-
ricains (OEA) après le scrutin indiquait que selon les
informations préliminaires, les opérations électorales
s’étaient déroulées de façon acceptable et crédible. La
mission signalait néanmoins qu’un nombre
4 n0137035.doc
E/2001/67
d’irrégularités majeures avaient également troublé les
élections dans certains endroits.
7. Le 31 mai 2000, la Mission d’observation électo-
rale de l’OEA (MOE/OEA), dans une lettre au Prési-
dent du CEP, a relevé une grave erreur dans le calcul de
la majorité absolue requise pour les postes au Sénat.
D’après la MOE, si les calculs avaient été effectués en
tenant compte, conformément à la loi électorale, de la
majorité absolue du total des votes valides, un second
tour de scrutin aurait dû être organisé dans huit cas où
les candidats ont été déclarés élus par le CEP dès le
premier tour. La MOE/OEA déclarait également que la
crédibilité de tout le processus électoral serait com-
promise si cette « grave erreur » n’était pas corrigée.
8. Le 14 juin 2000, le Secrétaire général des Nations
Unies affirmait dans un communiqué de presse qu’il
s’attendait à ce que « les autorités électorales haïtien-
nes, dans le décompte des résultats définitifs, se
conforment strictement aux procédures stipulées dans
la loi électorale ».
9. Alors que les autorités nationales refusaient de
recalculer les résultats, le Président du CEP quittait le
pays le 16 juin et annonçait qu’il subissait des pres-
sions et craignait pour sa sécurité. Deux autres mem-
bres du CEP, représentants de l’opposition, démission-
naient également par la suite. Le Président Préval pro-
cédait le 27 juin, sans consultation avec l’opposition, à
la nomination de trois nouveaux membres. Les partis
de l’opposition annonçaient alors leur intention de
boycotter le second tour des élections.
10. Le second tour de scrutin a eu lieu le 9 juillet
2000, uniquement pour la Chambre des députés. La
MOE/OEA décidait de ne pas observer ce second tour,
considérant que les résultats des élections sénatoriales
ne pouvaient « en aucune manière constituer la base
d’un processus électoral juste et crédible ».
11. Les résultats définitifs de ces élections ont été
publiés au journal officiel le Moniteur les 3 juillet
(collectivités territoriales) et 11 août 2000 (sénateurs,
députés, et élections complémentaires partielles), le
parti Fanmi Lavalas remportant 18 des 19 sièges de
sénateurs contestés et 72 des 83 sièges à la Chambre
des députés. L’investiture du nouveau Parlement a eu
lieu le 28 août 2000.
2. Élections présidentielles du 26 novembre 2000
12. Le CEP a été chargé d’organiser les élections pré-
sidentielles du 26 novembre 2000, ainsi que celles
portant sur un tiers des sièges sénatoriaux à renouveler.
13. L’essentiel de l’opposition, regroupée en une al-
liance tactique d’abord connue sous le nom de
« Groupe de convergence » puis de « Convergence dé-
mocratique », a maintenu la position selon laquelle le
scrutin du 21 mai, entaché de fraudes, devait être an-
nulé, un gouvernement provisoire devait être nommé et
de nouvelles élections organisées sous la direction d’un
nouveau CEP. Elle a donc exclu toute participation aux
élections de novembre 2000. En conséquence, seuls
quelques candidats peu représentatifs se sont présentés
contre le candidat du parti Fanmi Lavalas, Jean-
Bertrand Aristide.
14. La période préélectorale s’est déroulée dans un
climat de violence, marqué par l’explosion d’engins
artisanaux dans la capitale. Les élections, organisées
sans assistance ni observation internationale officielle,
ont eu lieu le 26 novembre. Selon le CEP, le taux de
participation était de 60.5 %, tandis que des sources
indépendantes faisaient état d’un taux de 10 à 20 %.
Jean-Bertrand Aristide remportait très largement ces
élections avec, d’après les chiffres officiels du CEP,
92 % des voix. La Fanmi Lavalas remportait également
les neuf sièges de sénateur contestés.
3. L’entrée en fonctions du Président Aristide
et d’un nouveau gouvernement
15. Jean-Bertrand Aristide est entré en fonctions le
7 février 2001. Moins d’un mois plus tard, le 1er mars,
le Parlement haïtien a approuvé la nomination de Jean-
Marie Chérestal aux fonctions de Premier Ministre
après qu’il ait présenté sa déclaration de politique gé-
nérale et la composition de son gouvernement. Dans le
même temps, de vives tensions ont persisté entre la
nouvelle équipe au pouvoir et la Convergence démo-
cratique.
16. Dans ce contexte politique polarisé, l’OEA a ap-
porté son appui pour faciliter un processus de négocia-
tion entre les protagonistes et la recherche d’un
consensus autour d’un accord politique de sortie de
crise. Dans ce cadre, plusieurs missions de bons offices
ont été organisées. La première d’entre elle, en août
2000, a été conduite par le Secrétaire général de
l’OEA, Monsieur César Gaviria. Entre septembre 2000
et avril 2001, plusieurs missions ont également été
n0137035.doc 5
E/2001/67
conduites par M. Luigi Einaudi, Secrétaire général ad-
joint de l’OEA, sans qu’un accord politique puisse pour
autant être trouvé. Si certaines de ses missions ont eu
un caractère d’information, la plupart ont eu pour ob-
jectif d’assurer une médiation, notamment on octobre
2000.
17. Dans un communiqué de presse en date du
13 février 2001, le Conseil de sécurité des Nations
Unies a par ailleurs « appelé les autorités et les respon-
sables politiques haïtiens à poursuivre activement leurs
efforts de conciliation et à résoudre leurs différends par
le dialogue. Ils ont encouragé l’OEA et en particulier
son Secrétaire général à continuer leurs efforts de mé-
diation entre le Gouvernement et l’opposition ».
4. Appui des Nations Unies au processus électoral
18. Les Nations Unies ont appuyé le processus relatif
aux élections législatives, municipales et locales de
mai/juillet 2000. La coordination politique du proces-
sus a été assurée par le Représentant du Secrétaire gé-
néral, tandis que le Programme des Nations Unies pour
le développement (PNUD) a apporté une assistance
technique au travers d’une équipe d’une quinzaine de
spécialistes électoraux. Une coordination très étroite a
été maintenue, durant toute cette période, avec la Divi-
sion de l’assistance électorale du Département des af-
faires politiques de l’Organisation des Nations Unies.
19. Malgré une demande officielle des autorités haï-
tiennes visant à obtenir une assistance technique pour
les élections présidentielles de novembre 2000, les Na-
tions Unies, suite à une mission de la Division de
l’assistance électorale en septembre 2000, ont estimé
qu’elles ne pouvaient continuer à appuyer le CEP pour
préparer ces élections, compte tenu de la situation po-
litique en Haïti.
B. Situation économique générale et aide
au développement depuis l’été 2000
20. Dans le Rapport mondial sur le développement
humain 2000
1
du PNUD, Haïti occupait la 150e posi-
tion (indicateur du développement humain, tableau 1).
La situation économique durant l’année 2000 a été es-
sentiellement caractérisée par les éléments suivants :
• Le taux de croissance du produit intérieur brut
(PIB) est resté environ le même qu’en 1999, soit
2.2 %, ce qui n’a pas aidé à contrebalancer les
mauvais résultats des finances publiques. En ef-
fet, le déficit budgétaire s’est élevé à 1 950 mil-
lions de gourdes en 2000, et a été financé par la
Banque centrale. Les accords avec le Fonds mo-
nétaire international (FMI) sur le déficit autorisé
ont été dépassés de plus de 2 fois et demie. En
conséquence, l’inflation est passée d’environ
10 % à plus de 18 % à la fin de 2000;
• La balance des paiements a révélé une baisse des
exportations et une augmentation sensible des
importations. Les investissements étrangers ont
été quasi-inexistants. La dette externe a subi
l’impact de la hausse des prix des produits pétro-
liers sur le marché international. Le Gouverne-
ment, qui absorbait la majeure partie de cette
hausse des prix internationaux, a dû passer cette
hausse à la pompe. Dans la foulée, l’Électricité
d’Haïti a doublé le prix du kilowatt, entraînant
une augmentation importante des coûts de pro-
duction dans un secteur industriel déjà mal en
point.
21. D’une manière générale, l’année 2000 a donc été
caractérisée par une baisse des activités, une récession,
un fort déficit budgétaire, une brusque inflation, des
difficultés à gérer la dette publique interne et la fai-
blesse des instruments de la Banque centrale face à des
problèmes complexes. Il en est résulté globalement une
baisse de la qualité de vie des ménages, de leur pouvoir
d’achat et de leur niveau d’emploi. L’aide publique au
développement, à la baisse, n’a pu répondre de façon
suffisante aux trop nombreux besoins du pays.
22. La persistance de la crise institutionnelle et poli-
tique –- exacerbée après les élections du 21 mai – a
placé le pays dans des conditions peu favorables à la
promotion d’un développement durable. Un certain
nombre de réformes fondamentales n’ont pas reçu toute
l’attention requise de la part des autorités nationales,
notamment dans les domaines de la décentralisation,
prévue dans la Constitution de 1987, de la réforme de
l’administration et de la réforme judiciaire.
23. Le blocage de la situation politique a également
continué à avoir des conséquences négatives sur la rati-
fication des nouveaux accords de prêts des institutions
financières internationales. Au mois de décembre 2000,
la Banque mondiale a réduit sa présence permanente en
Haïti, son portefeuille se limitant à trois projets devant
s’achever en 2001. La Banque mondiale est maintenant
représentée par un officier de liaison basé en Républi-
que dominicaine.
6 n0137035.doc
E/2001/67
24. Ce blocage de la situation a également eu des
conséquences négatives sur le niveau total des débour-
sements de l’aide au développement et, par voie de
conséquence, sur le volume des contributions extérieu-
res canalisées par le biais des agences du système des
Nations Unies.
II. Principales activités des agences
du système de développement
des Nations Unies durant
l’année 2000
A. Activités de la Mission internationale
civile d’appui en Haïti (MICAH)
en matière de renforcement
institutionnel et de promotion
des droits de l’homme et programme
du Programme des Nations Unies
pour le développement (PNUD)
de transition post-MICAH
1. Principaux résultats obtenus par la MICAH
a. Pilier police
25. Conformément à un accord entre la Police natio-
nale d’Haïti (PNH) et la MICAH, les conseillers de la
mission ont été déployés tant au niveau central que
départemental pour apporter un appui technique à leurs
homologues de la PNH. Tous les conseillers ont procé-
dé, en coordination avec leurs homologues haïtiens, à
des états des lieux, sur la base desquels ont été déve-
loppés des plans de travail individuels pour chacun
d’entre eux. Ils ont également préparé des rapports de
fin de mission. L’ensemble de ces documents, ainsi que
les différents documents techniques préparés avec
l’appui des conseillers (propositions de règlements et
de procédures notamment), constitueront des éléments
essentiels dans le cadre de la poursuite de la profes-
sionnalisation de la PNH.
26. La MICAH a axé ses activités sur les structures
centrales de commandement, de gestion et de contrôle
de la PNH, notamment l’Inspection générale et les
centres départementaux. La mission a également mis
l’accent sur la formation sur le lieu de travail. Elle a
élaboré et mis en place des outils et des procédures
d’administration et de gestion, renforcé les capacités à
l’échelon décentralisé, contribué au lancement d’un
programme permanent de recrutement et rédigé un plan
d’évolution de carrière, élément essentiel pour infléchir
le nombre élevé de démissions enregistrées chez les
policiers. Les nouvelles procédures de rapport, récem-
ment adoptées, devraient contribuer à l’amélioration de
la qualité des enquêtes et faciliter l’élaboration de
stratégies de lutte contre la délinquance.
b. Pilier jstice
27. Suite à la formulation et l’acceptation du pro-
gramme de la MICAH pour les secteurs justice et pri-
son, les conseillers de la MICAH ont également procé-
dé à des états des lieux, à la suite desquels ont été dé-
veloppés des plans de travail individuels. Ces états des
lieux portaient notamment sur le Ministère de la jus-
tice, l’École de la mgistrature et l’Aministration péni-
tentiaire.
28. La MICAH a appuyé la formulation de certains
textes de loi relatifs notamment au statut de la magis-
trature et de l’École de la magistrature, au Conseil su-
périeur de la magistrature, à l’Inspection judiciaire ain-
si qu’à la lutte contre le blanchiment de l’argent et le
trafic de stupéfiants. La MICAH a également appuyé, à
deux reprises, la tenue d’assises de la justice, lors des-
quelles des propositions de textes ont été discutées et
des projets d’amendements formulés.
29. La MICAH a également contribué au développe-
ment de programmes d’assistance judiciaire pour les
plus démunis et à l’amélioration des techniques de
gestion des tribunaux et du Ministère de la justice.
30. En ce qui concerne le secteur des prisons, et au-
delà de la réalisation d’états des lieux, les conseillers
de la MICAH ont apporté une assistance technique aux
cadres de l’Administration pénitentiaire au niveau de
l’administration centrale, du pénitencier national, et de
l’équipe de supervision régionale. Ils ont également
appuyé la réorganisation du Centre de formation de
l’Administration pénitentiaire et la consolidation du
système des greffes pénitentiaires.
c. Pilier droits de l’homme
31. La MICAH a fourni un appui technique à l’Office
du Protecteur du citoyen (OPC) dans le cadre de son
développement institutionnel et du traitement et de
l’analyse des plaintes. Les conseillers de la MICAH ont
en particulier contribué à l’élaboration d’un projet de
loi organique sur l’OPC, et à la formulation d’un plan
de développement révisé, ainsi qu’à la mise en place de
n0137035.doc 7
E/2001/67
procédures et de systèmes informatisés pour l’analyse
et le traitement des plaintes. La MICAH a également
facilité les contacts entre l’OPC et des organisations de
la société civile.
32. Suite à un processus de consultation, la MICAH a
développé un programme de renforcement des capaci-
tés pour des organisations non gouvernementales oeu-
vrant dans le domaine des droits de l’homme. Plusieurs
séminaires ont été organisés dans ce cadre, couvrant
notamment les domaines de la vérification, la gestion
des données, les relations avec les autorités nationales
et internationales, la gestion et la mobilisation des res-
sources. Des activités de promotion des droits de
l’homme ont également été organisées en coopération
avec l’Organisation des Nations Unies pour
l’éducation, la science et la culture (UNESCO), no-
tamment dans le cadre des activités relatives à la
culture de la paix.
33. Suite à des rapports faisant état d’intimidations et
de violence liées à la situation politique et électorale, la
MICAH a mené plusieurs enquêtes. Des conseillers de
la MICAH ont également suivi les procès de Carrefour-
Feuilles et de Raboteau.
34. Des formations en droits de l’homme ont été dis-
pensées aux formateurs de l’Académie de police et du
Centre de formation de l’Administration pénitentiaire.
Des modules de formation spécifiques ont été dévelop-
pés pour les futures promotions.
35. Une compilation de documents relatifs aux droits
de l’homme a été préparée, qui comprend notamment
les documents et matériels de formation et de promo-
tion élaborés par la MICIVIH et la MICAH. Cette der-
nière, le PNUD et l’UNESCO se sont entretenus de
façon préliminaire des modalités de création d’un Cen-
tre de documentation sur les droits de l’homme en
Haïti.
2. Proposition de programme du PNUD
de transition post-MICAH
36. Dans son rapport du 9 novembre 2000 sur la
MICAH (A/55/618), le Secrétaire général soulignait
que « dans ce climat de troubles et d’instabilité politi-
que, et du fait que les partenaires nationaux font sou-
vent défaut ou ont leur attention détournée par des pré-
occupations d’ordre politique, il sera nécessaire de
concevoir de nouvelles formes d’assistance technique
qui permettent mieux aux organismes des Nations
Unies de continuer à aider le peuple haïtien. J’estime
par conséquent que, dans les conditions régnant en
Haïti, il n’est pas indiqué de renouveler le mandat de la
MICAH et c’est avec regret que je recommande que la
Mission prenne fin à l’expiration de son mandat le 6
février 2001. En prévision, le PNUD, la MICAH et les
Amis du Secrétaire général pour Haïti, en consultation
avec d’autres organismes des Nations Unies, ont déjà
entamé des discussions pour élaborer un programme
d’aide à la population haïtienne qui corresponde aux
réalités politiques et à la capacité d’absorption du
pays » (par. 42).
37. Par ailleurs, dans un communiqué daté du 13 fé-
vrier 2001, le Conseil de sécurité des Nations Unies a
« prié les agences de l’Organisation des Nations Unies,
notamment le PNUD, à travailler étroitement avec les
autorités haïtiennes à la réorganisation des forces de
l’ordre et du système judiciaire, et au renforcement des
droits de l’homme ».
38. Suite à la recommandation du Secrétaire général,
et en consultation avec le Département des affaires po-
litiques, la MICAH et le Groupe des Amis du Secré-
taire général pour Haïti, le PNUD a donc formulé une
proposition de programme post-MICAH visant à
consolider les acquis de la Mission et de celles qui
l’avaient précédée. S’appuyant sur les programmes en
cours au PNUD dans le domaine de l’état de droit, cette
proposition comporte cinq objectifs principaux, à sa-
voir a) le renforcement des capacités nationales dans le
secteur de la justice; b) l’appui au processus participa-
tif de réforme de la justice; c) l’amélioration de l’accès
à la justice; d) la consolidation du développement ins-
titutionnel des principales institutions garantes de la
sécurité publique, à savoir la Police nationale d’Haïti et
l’Administration pénitentiaire; et e) le renforcement
des capacités nationales en matière d’observation et de
promotion des droits de l’homme. Dans le cadre de
cette proposition, il est également envisagé de déve-
lopper un partenariat avec les autres agences spéciali-
sées du système des Nations Unies, notamment avec le
Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)
(justice des mineurs, promotion des droits fondamen-
taux et équité du genre), l’UNESCO (culture de paix et
promotion des droits fondamentaux), le Fonds des Na-
tions Unies pour la population (FNUAP) (promotion de
l’équité du genre et du droit à la reproduction),
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO) (problématique du foncier) et le
Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de
l’homme.
8 n0137035.doc
E/2001/67
39. Compte tenu des préoccupations exprimées par
les bailleurs de fonds quant à la poursuite de l’aide in-
ternationale aux secteurs les plus sensibles, le PNUD a
également défini et présenté au Gouvernement un cer-
tain nombre de critères d’engagement et/ou conditions
préalables, à la lumière desquels les partenaires inter-
nationaux pourront déterminer leur participation au
programme.
40. Le PNUD a déjà, sur la base de ses ressources
financières limitées, procédé au lancement de certaines
activités essentielles du programme post-MICAH et au
recrutement de certains des anciens conseillers techni-
ques de la MICAH. La mise en oeuvre de l’ensemble
du programme dépendra des financements qui lui se-
ront accordés. À cet égard, le PNUD a organisé une
réunion des bailleurs de fonds à New York le 11 avril
2001.
B. Rôle du coordonnateur résident
41. Dix organismes résidents, dont les institutions de
Bretton Woods et l’Organisation internationale pour les
migrations (OIM), sont chargés des activités opération-
nelles du système des Nations Unies en faveur du dé-
veloppement en Haïti. Au cours de ces deux dernières
années, la coordination des activités s’est progressive-
ment améliorée dans le cadre de la mise en oeuvre du
programme de reforme du Secrétaire général, notam-
ment grâce aux pistes ouvertes par le processus Bilan
commun de pays (BCP)/Plan-cadre des Nations Unies
pour l’aide au développement (UNDAF).
42. Pour assurer une étroite collaboration entre les
organismes résidents et la Mission, et la complémenta-
rité de leurs travaux, l’Assemblée générale, dans sa
résolution 54/193, du 17 décembre 1999, a recomman-
dé que le coordonnateur résident des Nations Unies
continue d’exercer les fonctions d’adjoint du représen-
tant du Secrétaire général/chef de la MICAH, ce qui a
été le cas jusqu’à la fin de la Mission le 6 février 2000.
43. Le coordonnateur résident a participé également
aux réunions du Groupe de contact organisées par la
Banque mondiale, tant à Port-au-Prince qu’à Washing-
ton. Il a dans ce cadre informé les partenaires de la
communauté internationale des progrès réalisés dans le
cadre du processus du Bilan commun et de l’UNDAF,
de la situation du point de vue du processus électoral,
et de la coordination entre les activités des agences de
développement du système des Nations Unies, en parti-
culier le PNUD et la MICAH, dans le domaine de
l’État de droit. Le Coordonnateur résident a également
encouragé les bailleurs de fonds, dans le cadre de ces
rencontres, à utiliser les capacités opérationnelles,
techniques et de gestion, des agences du système des
Nations Unies, pour la mise en oeuvre de programmes
et projets de coopération internationale.
C. Principales activités des agences
du Système des Nations Unies
44. En fonction de leurs mandats, les agences du
système des Nations Unies en Haïti ont poursuivi du-
rant l’année 2000 l’exécution de leurs programmes res-
pectifs, régulièrement par le biais d’initiatives coor-
données interagences. Les domaines d’interventions
plus particulièrement ciblés ont été les suivants :
• Appui au processus de la justice (MICAH,
PNUD);
• Appui institutionnel à la Police nationale d’Haïti
(MICAH, PNUD);
• Promotion des droits humains (MICAH, PNUD,
UNICEF, FNUAP);
• Construction de la paix, prévention des conflits
(MICAH, UNESCO);
• Plaidoyer pour les droits des enfants (UNICEF);
• Renforcement des capacités en matière de statis-
tiques (FNUAP, UNICEF, Bureau international du
Travail (BIT), PNUD);
• Promotion de l’emploi productif et lutte contre
l’exclusion sociale (BIT, PNUD);
• Appui au processus électoral (PNUD, MICAH,
Département des affaires politiques);
• Appui au processus de réforme administrative et
décentralisation [(PNUD, Fonds d’équipement
des Nations Unies (FENU)];
• Définition des politiques financières et fiscales
(FMI);
• Gestion environnementale et préparation d’un
Plan national de gestion des risques et désastres
[PNUD, UNICEF, Programme alimentaire mon-
dial (PAM), FAO, Organisation mondiale de la
santé/Organisation panaméricaine de la santé
(OMS/OPS)];
n0137035.doc 9
E/2001/67
• Renforcement des services de santé reproductive,
mortalité maternelle (FNUAP, OMS/OPS);
• Programme de vaccination contre la rougeole
(OPS/OMS, UNICEF);
• Prévention et lutte contre l’épidémie du virus de
l’immunodéficience humaine/syndrome d’immu-
nodéficience acquise (VIH/sida) Programme
commun des Nations Unies sur le virus
d’immunodéficience humaine et le syndrome
d’immunodéficience acquise (ONUSIDA);
• Programme de cantines scolaires pour les plus
démunis (PAM);
• Programme d’alphabétisation et formation profes-
sionnelle pour les jeunes et les enfants les plus
défavorisés (UNESCO);
• Migration (OIM, UNESCO);
• Développement rural durable (FAO, PAM);
• Renforcement de la sécurité alimentaire dans les
zones les plus sensibles (PAM, FAO).
45. Les agences des Nations Unies ont également
poursuivi durant l’année 2000 leurs efforts pour répon-
dre de manière concertée aux objectifs fixés par les
conférences mondiales. Sont cités ci-après quelques
exemples d’activités menées conjointement par le sys-
tème des Nations Unies en appui à ces objectifs, tels
que rapportés dans le rapport annuel du coordonnateur
résident pour l’année 2000 :
• Dans le cadre du suivi de la Conférence mondiale
sur l’éducation pour tous, l’UNICEF et
l’UNESCO ont soutenu la participation de la dé-
légation haïtienne aux réunions régionales de
Saint-Domingue et de Dakar ainsi qu’au sommet
des Amériques à Washington sur la détermination
des indicateurs de qualité en matière d’éducation;
• Le groupe thématique « genre » du système des
Nations Unies a fourni l’appui technique et finan-
cier nécessaire à la préparation du rapport sur
l’examen approfondi et l’évaluation de
l’application du Programme d’action de la qua-
trième Conférence mondiale sur les femmes
2
, à sa
validation et à sa présentation lors de la session
spéciale de l’Assemblée générale des Nations
Unies;
• Dans le cadre du suivi du Sommet mondial pour
les enfants, le Gouvernement et l’UNICEF ont
participé à la cinquième réunion ministérielle des
Amériques sur l’enfance, dont le but était de faire
le point sur les objectifs de la décennie en matière
de survie, de protection et de développement de
l’enfant;
• Dans le cadre du suivi des résolutions et recom-
mandations du Sommet mondial de
l’alimentation, la FAO a travaillé avec le Gouver-
nement sur plusieurs volets, notamment la prépa-
ration du profil nutritionnel d’Haïti;
• Des progrès significatifs ont été enregistrés dans
le cadre du suivi de trois des principales conven-
tions relatives à l’environnement, à savoir celles
relatives à la biodiversité (Convention sur la di-
versité biologique
3
), aux changements climati-
ques (la Convention-cadre des Nations Unies sur
les changements climatiques
4
) et, dans une moin-
dre mesure, à la désertification (Convention des
Nations Unies sur la lutte contre la désertification
dans les pays gravement touchés par la sécheresse
et/ou la désertification, en particulier en Afri-
que)
5
, grâce à la définition de stratégies de mise
en oeuvre insérées dans le Plan national d’action
pour l’environnement;
• Enfin, l’étude commanditée dans le cadre du Bi-
lan commun de pays pour faire le point sur le sui-
vi, au niveau national, des grandes conférences
des Nations Unies et des conventions internatio-
nales ratifiées par Haïti, a été achevée.
46. Par ailleurs, Mr. Adama Dieng, Expert indépen-
dant de la Commission des droits de l’homme sur la
situation des droits de l’homme en Haïti, a présenté ses
rapports à l’Assemblée générale (A/55/335) et à la
Commission (E/CN.4/2001/106). Le 15 mars 2001, M.
Dieng a présenté sa démission pour assumer de nou-
velles fonctions et, à ce jour, la Commission n’a pas
nommé de nouvel expert indépendant.
10 n0137035.doc
E/2001/67
III. Progrès enregistrés dans le cadre
de l’élaboration d’un programme
d’appui à long terme
A. Le processus du Bilan commun de pays
(BCP) [(
Common Country Assessment
(CCA)]
47. Le document du Bilan commun de pays (BCP) a
été finalisé en octobre 2000. Le Premier Ministre et le
coordonnateur résident ont souligné, dans l’avant-
propos du document du BCP, que « le Gouvernement et
le système des Nations Unies visaient, en initiant le
processus du Bilan commun, un double objectif, à sa-
voir d’une part trouver un consensus entre le Gouver-
nement, le système des Nations Unies, la société civile
et la communauté des bailleurs de fonds sur la situation
actuelle de développement d’Haïti, sur les principales
contraintes à ce développement et sur l’orientation gé-
nérale à donner aux efforts subséquents; et d’autre part
fournir une base d’orientation pour l’élaboration im-
médiate par le Gouvernement d’un cadre stratégique de
développement à long terme, et par le système des Na-
tions Unies d’un Cadre d’assistance au développement
pour la période 2002-2006. De toute évidence, le pro-
cessus qui a permis l’élaboration du document répond à
ce double objectif ».
48. Processus participatif par excellence, le BCP
d’Haïti a impliqué environ 200 personnes représentant
les principaux secteurs des partenaires de développe-
ment d’Haïti. La confrontation des points de vue, prin-
cipalement entre les représentants de l’État, de la so-
ciété civile et du secteur privé au sein des 18 groupes
élargis de réflexion (GER), a permis de mieux com-
prendre les obstacles au progrès, de mettre en lumière
les questions primordiales et d’ouvrir de nouvelles
pistes pour y répondre.
49. Le document du BCP comprend : a) une première
partie de diagnostic et d’analyse : le bilan en tant que
tel; b) une seconde partie qui dégage les questions
clefs, les axes stratégiques et les points d’entrée dans
un cadre global d’intervention à définir ultérieurement;
et c) une troisième partie méthodologique orientée vers
la réflexion stratégique et systémique des travaux des
GER.
Première partie : Bilan
50. Le bilan porte sur les principaux domaines
d’organisation de la société haïtienne, à savoir : la gou-
vernance, l’économie, la problématique population-
espace-ressources naturelles, la culture et les services
sociaux de base. Il passe également en revue, après une
présentation de la crise politique, économique et so-
ciale que traverse le pays dans un contexte de transition
démocratique, les mutations de la société haïtienne afin
de situer l’analyse dans une perspective dynamique.
Cette première partie s’achève par une analyse de thè-
mes transversaux mais néanmoins centraux, à savoir :
la précarité du développement humain, la pauvreté et
les inégalités sociales; les droits de la personne;
l’équité de genre; les droits de l’enfant; la question
linguistique; et le suivi-évaluation des actions de dé-
veloppement.
Deuxième partie : questions clefs,
axes stratégiques et points d’entrée
51. Cette seconde partie du document vise à a) faire
une synthèse des questions clefs qui ressortent de
l’analyse effectuée dans le Bilan proprement dit;
b) identifier les axes stratégiques prioritaires découlant
de ces questions clefs; et c) formuler les points d’entrée
pour le Cadre stratégique. L’identification des axes
stratégiques et la formulation des points d’entrée se
sont révélées être les points les plus importants dans
l’évolution du document pour mieux comprendre les
choix qui ont été faits par la suite dans le cadre de
l’UNDAF.
52. Les 10 axes stratégiques prioritaires identifiés
dans le cadre du Bilan commun sont les suivants :
1. Éducation pour tous, valorisation et mail-
lage des ressources humaines;
2. La gouvernance démocratique : mise en
place et renforcement des institutions clefs
de l’État de droit et reconnaissance de la
condition de citoyen;
3. La capitalisation et la diffusion des expé-
riences réussies et des bonnes pratiques en
matière d’actions collectives;
4. Partir de l’existant pour la mise en valeur
des potentialités individuelles et collectives;
n0137035.doc 11
E/2001/67
5. Une stratégie de croissance économique
intensive en emplois et une répartition des
fruits de la croissance;
6. Insertion de la lutte contre la pauvreté dans
la problématique, les politiques et les ac-
tions d’amélioration du niveau et de la qua-
lité de vie;
7. Le développement rural durable et la sécu-
rité alimentaire;
8. La protection et la valorisation des ressour-
ces de l’environnement et l’utilisation dura-
ble de l’espace;
9. Culture de paix et ouverture sur la région;
10. La définition d’un Cadre stratégique de dé-
veloppement à long terme et d’un plan di-
recteur de la coopération internationale.
53. Le Bilan propose ensuite trois fondements d’un
futur Cadre stratégique, qui constituent des éléments de
référence pour l’action. Situés à la jonction du Bilan et
du Cadre stratégique, ces éléments se présentent à la
fois comme des points de sortie du Bilan et comme des
points d’entrée du Cadre stratégique. Ces points
d’entrée sont les suivants :
1. L’état de droit;
2. Les droits humains;
3. Le développement humain.
Troisième partie : pour une lecture systémique
du Bilan
54. Cette troisième partie vise à présenter la méthode
suivie, à savoir une approche systémique, qui s’est avé-
rée riche d’enseignements pour la réflexion stratégique.
B. Progrès enregistrés dans le cadre
de la formulation du Plan-cadre
des Nations Unies pour l’aide
au développement (UNDAF)
pour la période 2002-2006
55. Suite à l’exercice du Bilan commun de pays,
l’équipe de pays du système des Nations Unies s’est,
dès septembre 2000, engagée dans la formulation de
l’UNDAF pour la période 2002-2006, sur la base des
termes de référence préparés conjointement par
l’équipe de pays des Nations Unies.
56. La première activité entreprise dans le cadre du
processus UNDAF fut l’organisation, en septembre
2000, et avec l’appui du Bureau du Groupe de déve-
loppement (DGO) des Nations Unies et du Centre in-
ternational de formation de l’OIT (Turin), d’un atelier
ayant pour objectifs : a) d’apprendre à mieux planifier,
gérer et exécuter le processus CCA/UNDAF de ma-
nière participative; et b) de travailler plus efficacement
en équipe. Un atelier de formation sur la gestion axée
sur les résultats et le cadre logique a également été or-
ganisé avec l’appui du FNUAP.
57. Trois groupes thématiques interagences ont par la
suite été constitués dans le cadre de la formulation de
l’UNDAF, à savoir :
• Groupe Gouvernance/État de droit;
• Groupe Sécurité alimentaire/Développement rural
durable;
• Groupe Éducation pour tous/Services sociaux de
base.
58. Les groupes thématiques ont travaillé intensément
au cours du quatrième trimestre 2000. À la suite d’un
processus de réexamen et de validation, leurs trois rap-
ports ont été finalisés et remis à un consultant chargé
de faciliter la rédaction du document UNDAF. Ce do-
cument a été finalisé en avril 2000.
59. La structure finale de l’UNDAF a été définie,
dans ses lignes générales, de la manière suivante :
•
L’objectif global de l’UNDAF, devant servir
d’orientation à l’aide apportée par le système des
Nations Unies en Haïti au cours de la période
2002-2006, est de « promouvoir le développe-
ment humain durable par le biais de la lutte contre
la pauvreté et l’exclusion sociale, le renforcement
de l’état de droit, et la protection, le respect et la
réalisation des droits humains »;
•
Deux axes stratégiques intégrateurs ont égale-
ment été identifiés, à savoir la lutte contre la pau-
vreté et « l’éducation, moteur du développe-
ment »;
•
Deux cibles communes seront spécifiquement
visées par les actions entreprises dans le cadre de
l’UNDAF, à savoir les groupes vulnérables dont
les droits ne sont pas respectés, parmi lesquels les
12 n0137035.doc
E/2001/67
femmes, les enfants et les habitants de zones ru-
rales particulièrement défavorisées, et les respon-
sables de l’application et du respect de leurs
droits;
•
Quatre thèmes intégrés devront également être
pris en compte dans le cadre de la formulation des
programmes liés à l’UNDAF, à savoir : VIH/sida,
équité de genre, prévention des conflits et pré-
vention, préparation et réponse aux désastres;
•
Trois domaines d’intervention prioritaires, à
savoir Gouvernance; Services sociaux de base; et
Sécurité alimentaire/développement rural durable,
avec, pour chacun de ces domaines, les objectifs
et principaux effets visés suivants :
• Gouvernance :
Objectif : participer aux efforts du pays visant
la démocratisation de la société tant au niveau
national qu’à l’échelle locale;
Effets visés : a) renforcer les capacités de ré-
gulation des institutions clefs de l’État (y com-
pris les relations entre les pouvoirs); b) contri-
buer à la décentralisation et à la déconcentra-
tion des pouvoirs centraux; c) améliorer la per-
formance et l’accès à la justice; et d) accroître
la cohésion sociale, nationale, locale et régio-
nale, et promouvoir l’exercice des droits fon-
damentaux;
• Services sociaux de base (SSB) :
Objectifs : a) contribuer à l’élévation du ni-
veau d’éducation et de formation de la popula-
tion haïtienne par une amélioration du système
éducatif; b) appuyer l’intégration économique
et sociale de la population à travers l’emploi
productif et la protection sociale; c) contribuer
à l’amélioration de l’état de santé de la popu-
lation haïtienne dans les domaines de la santé
de la reproduction, de la santé sexuelle et in-
fantile et d’infections sexuellement transmissi-
bles (ISTs)/sida; et d) promouvoir le droit aux
services sociaux de base;
Effets visés : a) améliorer la performance du
système éducatif haïtien; b) rendre performant
et accessible le système de protection sociale;
c) favoriser les conditions nécessaires à la
création de richesses nationales durables, pas-
sant par l’emploi productif; et d) améliorer la
performance du système de santé;
• Sécurité alimentaire et développement rural
durable :
Objectif : contribuer à la sécurité alimen-
taire de la population dans le cadre d’un dé-
veloppement rural durable;
Effets visés : a) contribuer à relancer la ré-
forme agro-foncière; b) contribuer à la mise
en place d’une gestion intégrée et participa-
tive des bassins versants pour une meilleure
occupation de l’espace; c) contribuer au dé-
veloppement de filières bio-alimentaires
(traditionnelles et modernes) et à la produc-
tion d’énergies alternatives; d) faciliter
l’accès des groupes vulnérables, en particu-
lier des femmes, aux services financiers ru-
raux privés et publics; e) renforcer les capa-
cités de l’État dans son rôle de planification
et de suivi-évaluation du développement ru-
ral, de la sécurité alimentaire et de la ges-
tion des ressources naturelles.
C. Banque mondiale, Fonds monétaire
international et Cadre stratégique
de lutte contre la pauvreté
(CSLP/PRSP)
60. Parmi les initiatives lancées à la suite du BCP,
figure la préparation par le Gouvernement d’une straté-
gie de réduction de la pauvreté devant être consignée
dans un Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté
(CSLP) [Poverty Reduction Strategy Paper (PRSP)],
conformément aux recommandations du Conseil des
gouverneurs de la Banque mondiale et du FMI en sep-
tembre 1999.
61. Le CSLP/PRSP représente la conditionnalité
d’accès à des financements pour les pays pouvant béné-
ficier du Fonds pour la croissance et la réduction de la
pauvreté [Poverty Reduction and Growth Facility
(PRGF)] du FMI et de l’Association internationale de
développement (AID)-Banque mondiale, ainsi que pour
les pays désirant obtenir un allègement de la dette au
titre de l’Initiative « Pays pauvres très endettés
(PPTE) » [Heavily indebted poor countries (HIPC)].
62. Le Gouvernement haïtien a donné le coup d’envoi
pour la préparation du CSLP/PRSP en constituant un
n0137035.doc 13
E/2001/67
groupe de travail dont les membres devaient être les
interlocuteurs techniques de la mission exploratoire du
FMI et de la Banque mondiale initialement prévue pour
l’été 2000. Compte tenu de la rareté des statistiques
sociales en Haïti et du temps nécessaire pour en élabo-
rer et être ainsi capable de définir les indicateurs dé-
taillés et les « jalons » (benchmarks) du CSLP, le FMI
et la Banque mondiale ont estimé que la formulation
complète du CSLP ne serait véritablement possible que
dans deux ans, après la réalisation d’une « Évaluation
de la pauvreté » (Poverty assessment) afin de dégager
les données de base. Le Gouvernement, le FMI et la
Banque mondiale se sont déjà mis d’accord pour élabo-
rer un CSLP intérimaire qui appuiera les activités de
collecte et de traitement de l’information nécessaire à
la formulation d’un CSLP complet. Le CSLP intéri-
maire pourrait donner accès à des financements dans le
cadre du PRGF.
D. Liens entre le CCA/UNDAF
et le CSLP/PRSP
63. Le CSLP/PRSP est un instrument prospectif cen-
tré sur l’élaboration d’un cadre macroéconomique et
d’une matrice de politiques économiques liés à des in-
dicateurs spécifiques de performance axés sur la ré-
duction de la pauvreté. À l’instar du BCP, le CSLP est
conçu pour être élaboré avec la participation de la so-
ciété civile, des principaux donateurs, et des institu-
tions financières internationales. Il doit de plus être
conforme aux objectifs concertés de développement
international. Dans le cas d’Haïti, le CSLP, l’UNDAF
et le plan stratégique à moyen terme du Gouvernement
prendront source dans les analyses du BCP, particuliè-
rement pour ce qui a trait aux défis que pose la néces-
saire conjonction d’une croissance rapide et d’une ré-
duction accélérée de la pauvreté. Le CSLP prendra en
compte les programmes des divers partenaires, en par-
ticulier au sein du système des Nations Unies, afin de
mettre à jour les statistiques sociales et d’aider à la
préparation du recensement de la population prévu à la
fin de 2001. Lors de la rencontre informelle des dona-
teurs tenue à la Banque mondiale à Washington, D.C.,
le 4 mai 2000, les donateurs avaient exprimé leur vo-
lonté de participer activement, dès le début, au proces-
sus d’élaboration du CSLP. Ils ont insisté pour que le
CSLP se base sur les travaux du BCP tels qu’ils ont été
menés par les Nations Unies en Haïti.
IV. Observations
64. La résolution de la crise politique, électorale et
institutionnelle prévalant en Haïti depuis 1997 apparaît
comme une condition nécessaire à la formulation et à la
mise en oeuvre d’un programme de développement à
long terme avec le Gouvernement. Dans une lettre da-
tée du 9 mars 2001 et qui est parvenue au Secrétariat le
3 avril, le Président Aristide a exprimé le désir de voir
maintenu le poste de Représentant du Secrétaire géné-
ral des Nations Unies avec pour mandat de faciliter le
dialogue entre les acteurs politiques et de contribuer à
promouvoir la paix. Le Secrétaire général entreprend
actuellement des consultations avec ses différents in-
terlocuteurs, en particulier les pays amis d’Haïti et
l’OEA, afin d’évaluer la meilleure façon de répondre à
cette demande. À cet égard, le rapport du Secrétaire
général de l’OEA au Conseil permanent de
l’Organisation constituera un document important pour
envisager les moyens de renforcer le processus démo-
cratique en Haïti.
65. Néanmoins, dans le cadre de la mise en oeuvre du
programme de réforme du Secrétaire général, des pro-
grès importants ont été enregistrés en terme
d’élaboration d’instruments contribuant à une meilleure
coordination des activités opérationnelles du système
des Nations Unies avec le Gouvernement haïtien.
L’équipe de pays a terminé son Plan-cadre des Nations
Unies pour l’aide au développement (UNDAF) au mois
d’avril 2001. Cet exercice de programmation de
l’ensemble des agences du système des Nations Unies a
été entrepris sur la base des constats établis par le BCP.
Parallèlement, le Gouvernement haïtien a concentré ses
efforts sur la formulation de son Cadre stratégique de
développement à moyen et long terme en utilisant no-
tamment le BCP comme source de données et de pistes
pour la planification des programmes de développe-
ment du pays.
66. Dans le cadre du renforcement de la coopération
bilatérale et multilatérale avec le Gouvernement haï-
tien, le coordonnateur résident joue un rôle central en
terme d’appui à la définition d’une vision globale du
développement à long terme. Le processus nécessaire à
la production de l’UNDAF ainsi que celui qui a été
amorcée dans le cadre de la préparation du CSLP/PRSP
a contribué à créer une dynamique de concertation et à
retenir l’attention des partenaires de la communauté
internationale. Cependant, force est de constater que la
crise politique a limité les travaux liminaires du CSLP
14 n0137035.doc
E/2001/67
(amorcés conjointement par la Banque mondiale et le
PNUD). L’importance de cet exercice va sans dire et
requiert un processus aussi participatif que celui du
CCA/UNDAF afin de renforcer l’action internationale
grâce à une stratégie homogène et complémentaire, et
d’assurer l’appropriation de ce document-cadre par les
autorités haïtiennes et les acteurs internationaux. Le
coordonnateur résident continuera à assurer le travail
de plaidoyer nécessaire à une démarche favorisant les
liens opérationnels entre le système des Nations Unies,
les institutions de Bretton Woods et la communauté des
bailleurs de fonds.
Notes
1
New York, Oxford University Press, 2000.
2
Rapport de la quatrième Conférence mondiale sur les
femmes, Beijing, 4-15 septembre 1995 (publication des
Nations Unies, numéro de vente : F.96.IV.13), chap. I,
résolution 1, annexe II.
3
Voir Programme des Nations Unies pour
l’environnement, Convention sur la diversité biologique
(Centre d’activité du Programme pour le droit de
l’environnement et les institutions compétentes en la
matière), juin 1992.
4
United Nations, Twenty Series, vol. 1771, No 30822.
5
Ibid., vol. 1954, No 33480.