(2016-07) 100 paysans reçoivent les papiers d'arpentage de leur parcelle
Resume — Compte rendu du CIAT sur la cérémonie tenue à Rolin, commune de Camp-Perrin, le 9 juillet 2016, où cent paysans ont reçu les procès-verbaux d'arpentage de leurs parcelles. C'est le point d'aboutissement du programme de sécurisation foncière rurale documenté ailleurs dans cette collection.
Constats Cles
- Cent paysans ont reçu des procès-verbaux d'arpentage à Rolin, Camp-Perrin, le 9 juillet 2016.
- Un procès-verbal n'est pas un titre, mais dans un contexte d'indivision non documentée il améliore nettement la position du détenteur.
- Il fixe date, lieu et nombre sur une intervention décrite ailleurs au futur.
Description Complete
Ce bref compte rendu referme une chaîne que le reste du matériel de Camp-Perrin ouvre. Le profil communal d'août 2015 décrivait le territoire à enregistrer ; la note de janvier 2015 documentait la vérification des parcelles par les propriétaires au bureau local du CIAT ; et le 9 juillet 2016, à Rolin, cent paysans se sont vu remettre les procès-verbaux d'arpentage de leurs terres. Un procès-verbal d'arpentage n'est pas un titre de propriété, et la distinction doit rester nette, mais dans un pays où la plupart des tenures rurales reposent sur des successions non écrites et indivises, un relevé formel nommant un détenteur et une limite améliore substantiellement sa position. La valeur de ce document pour la bibliothèque est probatoire : il fixe une date, un lieu et un nombre sur une intervention que les textes de programme décrivent par ailleurs au futur.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
100 PAYSANS REÇOIVENT LES PAPIERS D’ARPENTAGE DE LEUR PARCELLE
Le CIAT veut rendre aux paysans le plein droit de leurs
parcelles.
La localité de Rolin de la commune de Camp-Perrin a accueilli le 9 juillet 2016 la cérémonie de remise de
100 procès-verbaux d’arpentage aux paysans. Cette initiative du Comité interministériel
d’aménagement du territoire (CIAT), supportée par la Banque interaméricaine de développement (BID),
vise à garantir aux paysans le plein droit de leurs parcelles, également d’empêcher un tiers de les en
déposséder à l’avenir.
À en croire la secrétaire exécutive du CIAT, Michèle Oriol, cette journée est l’aboutissement d’un long
processus amorcé il y a quatre ans pour la sécurisation foncière en milieu rural grâce à un prêt non
remboursable de la BID au gouvernement haïtien. Selon elle, la commune de Camp-Perrin a été choisie
comme commune pilote pour la mise au point de la méthodologie de réalisation du plan foncier de
base. « Les travaux de terrain sont aujourd’hui terminés : 2 mille 200 parcelles sur 17 mille 400 hectares
ont été relevées et documentées. Les travaux continuent pour finir les planches foncières et le registre
cadastral », a expliqué madame Oriol qui s’est félicitée de la réussite de la première étape du projet
tout en invitant les paysans un peu inquiets à s’inscrire dans cette démarche. « J’en profite pour dire aux
paysans que ce n’est pas un travail où l’État vient vous déposséder de vos terres, mais, c’est plutôt un
travail ou l’État, grâce aux procès-verbaux d’arpentage vous permet d’avoir la garantie que personne ne
peut vous déposséder de vos terres », a-t-elle rassuré.
Le représentant de la Banque interaméricaine de développement, Gilles Damais, a de son côté, reconnu
la complexité de la situation foncière en Haïti rappelant que le problème foncier repose sur la tradition
de propriété privée et sur une généralisation de la petite propriété individuelle et familiale. Une
situation, pour lui, entrainant une désorganisation de l’État et un problème de référence de la propriété
privée. « Sans cadastre et sans administration forte pour encadrer et diriger l’aménagement du
territoire, l’insécurité foncière dans le pays constitue un problème important », a martelé Gilles Damais.
Ce dernier dit renouveler l’engagement de la BID à faire du problème son cheval de bataille. Il a
paradoxalement invité les riverains à engager des discussions avec leurs représentants au parlement
afin de voter des lois en souffrance et revoir les lois désuètes relatives à la sécurité foncière.
Dans son intervention en la circonstance, le ministre de l’Économie et des Finances, Yves Romain Bastien
dit croire qu’une fois le problème foncier résolu, la population rurale arrivera à tirer profit de ses
biens. « Cette régularisation des titres de propriété servira à la création de la richesse et d’emplois dans
les collectivités. Certains pourraient affermer les terres à des chefs d’entreprises nationales ou
internationales pour la construction de grandes entreprises. D’autres pourraient faire des prêts à la
banque pour travailler leurs terres », a auguré le ministre.
« Une démarche qui permettra à la direction générale des impôts d’assurer pleinement la transcription
des actes translatifs de droit de propriété à travers un registre numérisé et indexé – de
faire l’enregistrement rapide des transactions foncières. Rendre disponible sous forme numérique le
plan foncier de base dans tous les chefs-lieux de district fiscal et maîtriser le domaine public et privé de
l’État » a fait savoir Muradin Normil, titulaire de la DGI, prévoyant de ne pas ménager ces efforts pour
garantir à tous les citoyens le droit de propriété.
Joseph Norvil Blanc, 60 ans. D’un sourire béat se montre très heureux d’être bénéficiaire de cette
initiative. Le sexagénaire laisse à qui veut le voir les papiers d’arpentage de la terre que ses parents
occupent depuis des décennies. « Je suis heureux d’être le propriétaire légal de ma parcelle. Des gens
ont tenté à maintes reprises de s’en approprier. Aujourd’hui, j’ai les moyens de les poursuivre en
justice », a lâché le paysan d’un air soulagé.