(FY2006) Annual Report 2006
Summary — Growth reached 2.30 percent, the highest since 1999, with consumption the main engine, achieved despite a year of kidnappings in the capital.
Key Findings
- Real GDP grew 2.30 percent against 1.80 percent in 2005, the highest rate since 1999, though slightly below the 2.50 percent target agreed with the IMF and below population growth of 2.50 percent.
- Inflation fell to 12.41 percent in September.
- Consumption grew 3.94 percent and remained the main engine of growth.
- Exports grew 3.09 percent against 3.38 percent in 2005, while import growth accelerated by two percentage points to 4.60 percent.
- The overall balance surplus allowed external debt arrears to be cleared and net reserves strengthened, though these still covered only one month of imports in September 2006.
- World growth accelerated from 4.90 to 5.40 percent, with emerging and developing economies averaging 7 percent.
Full Description
The Bank of the Republic of Haiti's annual report for fiscal year FY2006, covering 1 October 2005 to 30 September 2006: the conduct of monetary policy and its instruments, the real sector, prices and the exchange rate, public finances and the balance of payments, the state of the banking system the BRH supervises, and the central bank's own operations and audited financial statements. Growth reached 2.30 percent, the highest since 1999, with consumption the main engine, achieved despite a year of kidnappings in the capital.
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2005
CONSEIL D’ADMINISTRATION
RAYMOND MAGLOIRE
Gouverneur
PHILIPPE W. LAHENS
Gouverneur-Adjoint
CHARLES CASTEL
Directeur Général
RÉMY MONTAS
Membre
GEORGES HENRY FILS
Membre
TABLE DES MATIÈRES
A. L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE EN 2006
I. LE SECTEUR RÉEL
14
I.I Valeur ajoutée par secteur d'activité
16
I.2 Le comportement des prix en 2006
21
I.3 Salaires et la situation de l'Emploi
25
II LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE
28
II.1 La politique monétaire en 2006
29
II.2 Les instruments de politique monétaire en 2006
29
II.3 Les résultats
34
II.4 Évolution des agrégats monétaires
39
II.5 Contreparties de M3 et financement de l’économie
40
III.LES FINANCES PUBLIQUES
42
III.1 Recettes
43
III.2 Dépenses
46
IV. LA BALANCE DES PAIEMENTS
50
IV.1 L e solde des transactions courantes en 2006
52
IV.2 Les mouvements de capitaux
56
IV.3 Le financement de la balance des paiements
56
V. LA DETTE PUBLIQUE EXTERNE
58
V.1 Encours de la dette publique externe
58
V.1.1. Les Créances bilatérales
59
V.1.2. Les Créances Multilatérales
59
V.1.3 La structure de l'encours en devises
59
V.1.4 Répartition de l'encours par secteur économique
60
V.2. Décaissements, Service de la dette et arriérés de paiements
61
V.3. Situation d’Haïti dans le cadre des initiatives des pays pauvres très endettés 62
B. ÉVOLUTION DU SYSTÈME BANCAIRE EN 2006
VI. LE SYSTÈME BANCAIRE : VUE D’ENSEMBLE
65
VI.1 Le système bancaire
67
VI.1.1 Établissements et environnement concurrentiel
67
VI.2 Structure du système bancaire
68
VI.3 Distribution du crédit
71
VI.4 Parts de marché individuelles
74
VII. LES ACTIVITÉS ET RÉSULTATS DU SYSTÈME BANCAIRE
77
VII.1 Activités bancaires
77
VII.2 Structure financière et qualité de l’actif
86
VII.3 Résultats
90
VIII. LA SURVEILLANCE DES BANQUES
98
VIII.1 Les activités de surveillance
98
VIII.2 Autres
98
C. LA BRH EN 2006
IX. GESTION DES AVOIRS EXTERIREURS DE LA BRH
102
IX.1- Composition des avoirs extérieurs de la BRH
103
IX.1.1- Rendement du Portefeuille
103
IX.1.2- Rendement des fonds placés sur le marché du loyer
au jour le jour (Repos)
104
X. LA MONNAIE FIDUCIAIRE ET LA MONNAIE SCRIPTURALE
106
X.1 Billets divisionnaires
106
X.1.1 Émission, destruction et remplacement de monnaie
106
X.1.2 La circulation fiduciaire au sens strict
107
X.1.3 La Circulation Fiduciaire au sens large
107
X.1.4 La composition de l’encours par coupure de billets
107
X.1.5- Billets contrefaits retenus aux guichets de la BRH
108
X.2 Les chèques
108
X.3 Dépôts et tirages des banques commerciales
110
X.4 Services à l’État
111
X.5 Résultats des efforts liés à la mise en œuvre de la politique monétaire
115
X.5.1 Évolution du taux de change (HTG/USD)
d’octobre 2005 à septembre 2006
115
XI. Développement et entretien du système des NTI de la BRH
119
XI.1 Le système d’information financier
119
XI.1.1 Intranet
119
XI.1.2 Gestion des Immobilisations
119
XI.1.3 Web AIBF
119
XI.1.4 Les réserves internationales nettes
119
XI.1.5 l’application GRH
120
XI.1.6 Système de Paiement Interbancaire Haïtien (SPIH)
120
XI.1.7 Tableau de bord RTF
120
XI.2 Projets techniques
120
XI.2 .1 Réseaux télématique financier (RTF)
120
XI.2 .2 Réseau informatique interne
121
XI.2 .3 Internet
121
XI.2 .4 Réseau VSAT
121
XI.2 .5 Centre de Technologie
121
XI.3 Gestion des équipements électroniques
121
XI.3 .1 Production d’énergie
121
XI.3 .1.1 Démantèlement de l’ancienne centrale
122
XI.3.1.2 Groupe de location
122
XI.3.1.3 Implantation de la nouvelle centrale
122
XI.3.2 Alimentation des charges critiques
122
XI.3.3 Climatisation
123
XI.4 Sécurité
123
XII. LES ACTIVITES D’INSPECTION GÉNÉRALE DES CAISSES POPULAIRES 125
XIII. LES RESSOURCES HUMAINES DE LA BRH EN 2006
126
D. ÉTATS FINANCIERS ET ANNEXE JURIDIQUE
XIII ÉTATS FINANCIERS
ANNEXE JURIDIQUE
TABLEAUX
1 Salaire réel
27
2 Recettes interne par institution
45
3 Structure des recettes (en %)
46
4 Évolution du déficit du gouvernement central financé par la BRH
49
5 Résumé de la balance des paiements d’Haïti
51
6 Résumé de la situation de l’allègement de la dette d’Haïti
63
7 Indicateurs financiers clés
66
8 Établissements bancaires fonctionnant en Haïti
67
9 Nombre des succursales et agences autorisées par établissement bancaire
68
10 Évolution du nombre de succursales autorisées par établissement bancaire
68
11 Poids des principaux établissements bancaires
69
12 Poids des différentes catégories d’établissements bancaires
70
13 Indicateur de concentration Herfindhal-Hirschman
71
14 Répartition de l’encours des prêts par secteur d’activité
72
15 Répartition de l’encours des prêts par tranche(prêts de 75 000 gdes ou plus) 73
16 Répartition du nombre de prêts par emprunteur
74
17 Parts de marché et en termes d’actif total et portefeuille de prêts bruts 75
18 Parts de marché et rang en termes de dépôts totaux et en dollars ÉU
76
19 Bilan du système bancaire
77
20 Principaux postes du bilan du système bancaire (variation en %)
77
21 Composition des postes du bilan système bancaire
78
22 Composition des Liquidités du système bancaire
79
23 Liquidités du système bancaire
80
24 Position nette interbancaire
80
25 Variation en pourcentage des dépôts du système bancaire
81
26 Composition des dépôts du système en MG et en pourcentage
82
27 Évolution des dépôts en dollars ÉU
82
28 Évolution du nombre de compte de dépôts et des déposants
en pourcentage de la population adulte
83
29 Évolution de la qualité des actifs au niveau du système bancaire
83
30 Respect des normes de suffisance de fonds propres
87
31 Prêts improductifs du système bancaire
88
32 Taux d’improductifs par catégorie de prêts du système
88
33 Couverture des prêts improductifs bruts par les provisions
pour créances douteuses
89
34 Prêts improductifs en pourcentage des fonds propres
89
35 Importance des prêts accordés aux apparentés
90
36 Revenus net d’intérêt en MG pour l’exercice terminé au 30 septembre
92
37 Produits nets bancaires
93
38 Coefficient d’exploitation pour l’exercice terminé au 30 septembre
93
39 Rémunération moyenne des dépôts pour l’exercice terminé au 30 septembre
95
40 Rendement moyen des prêts
95
41 Rendement moyen des prêts productifs
96
42 Productivité par employé
97
43 Destruction, remplacements et émission de la monnaie
107
44 Résultat de la compensation par banque des chèques en gourdes
109
45 Résultat de la compensation mensuelle des chèques en gourdes
109
46 Résultat de la compensation par banques des chèques en devises
110
47 Résultat de la compensation mensuelle des chèques en devises
110
48 Tirage des banques commerciales sur leurs comptes en gourdes à la BRH
111
49 Impression mensuelle de chèques en 2006
111
50 Nombre de chèques certifiés en 2006
112
51 Ordre de virement en milliers de gourdes et en million de dollars ÉU
113
52 Évolution des soldes des comptes des institutions financières
113
53 Nombre de dépôts captés dans le système bancaire sur une base mensuelle
114
54 Quantité de chèques traités pour l’exercice fiscal 2006
114
55 Ventilation du nombre de chèques honorés et montants correspondant
115
56 Cours moyen de la gourde par rapport au dollar ÉU (HTG /ÉU)
117
57 Variation du cours moyen de la gourde par rapport au dollar ÉU (en%)
118
58 Effectif de la BRH en 2006
126
59 Mouvement du personnel de la BRH en 2006
126
60 Répartition de l’effectif des employés actifs et réguliers par ancienneté
127
61 Rotation du personnel de la BRH en 2006
127
GRAPHIQUES
1 Évolution Produit Intérieur Brut (PIB) réel
14
2 Valeur ajoutée des secteurs d’activité
18
3 Taux moyens pondérés (TMP) des bons BRH de différentes maturités
30
4 Composition de l’encours total des bons BRH
31
5 Coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en monnaie locale
32
6 Coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en monnaie étrangère
33
7 Position moyenne de réserve
33
8 Les Composantes de la base monétaire
36
9 Taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales (instruments en gdes)
38
10 Taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales (instruments en dollars)38
11 Évolution du taux de change (G/$)
39
12 Évolution des agrégats monétaires
40
13 Les contreparties de M3
41
14 Financement Monétaire du déficit budgétaire
43
15 Répartition des Investissements du Gouvernement par ministères en 2006
48
16 Le solde courant de la balance des paiements d’Haïti
52
17 La balance commerciale d’Haïti en 2006
53
18 Parts relatives des principales importations
54
19 Parts relatives des principales exportations
55
20 Réserves officielles nette de change en mois d’importations
57
21 Encours de la dette publique externe
58
22 Composition du portefeuille de la dette externe par type de devises (%)
60
23 Répartition de la dette externe totale par secteur économique
60
24 Évolution des Décaissements et des arriérés de paiement
61
25 Évolution simultanée du service de la dettes,
des décaissements amortissements, et flux nets
62
26 Répartition en pourcentage et selon l’échéance de l’encours
des prêts de 75 000 gourdes ou plus (+)
74
27 Liquidités du système bancaire au 30 septembre
795
28 Croissance des dépôts du système bancaire au 30 septembre
81
29 Portefeuille de prêts bruts du système bancaire
84
30 Volume des achats et des ventes de dollars ÉU
85
31 Position nette en devises du système bancaire
en pourcentage des fonds propres
86
32 Évolution des fonds propres du système bancaire
87
33 Évolution du bénéfice net
90
34 Rendement de l’actif (ROA)
91
35 Rendement de l’avoir des actionnaires (ROE)
91
36 Évolution des autres revenus
92
37 Évolution des dépenses d’exploitation et de leurs composantes
94
38 Évolution du nombre d’employés du système bancaire
96
39 Évolution des intérêts versées sur les bons BRH
99
40 Évolution des réserves brutes de change de la BRH
102
41 Remplacement de billets et composition de l’encours par coupure
108
41 Évolution du taux de référence moyen mensuel (HTG/$EU)
116
42 Évolution du spread du taux de change sur le marché bancaire en 2006
117
43 Répartition par zone géographique des caisses populaires
inspectées en 2006
125
L’activité économique en 2006
La reprise de l’activité économique entamée en 2005 (1,80% de croissance) s’est renforcée en
2006. En effet, le PIB réel a affiché un taux de croissance de 2,30 %, soit le taux le plus élevé
depuis 1999. Cette accélération de la croissance doit être interprétée comme un résultat
satisfaisant bien que ce taux soit légèrement inférieur à l’objectif fixé par le gouvernement haïtien
(2,50%) dans le programme d’AUAC II signé avec le FMI. Cette performance de l’économie
haïtienne s’est réalisée dans un contexte macroéconomique interne plus ou moins favorable et
un environnement international marqué par le dynamisme du commerce mondial et un faible taux
d’inflation, malgré la flambée des prix des matières premières notamment du pétrole et des
métaux. Toutefois, ce taux de croissance, légèrement inférieur à celui de la population (2,50 %),
s’est obtenu dans un contexte socio-politique difficile, caractérisé surtout par des actes de
kidnapping dans la capitale haïtienne durant tout l’exercice.
Sur le plan interne, les conditions macroéconomiques ont été favorables à la croissance
consécutivement à la hausse de la demande intérieure. En effet, malgré la baisse de 6,30 % du
3
portefeuille du crédit réel mis à la disposition du secteur privé par le système bancaire en 2006,
l’investissement global ne s’est accru que de 2,18 %. Les apports de capitaux étrangers,
notamment dans le secteur des télécommunications, ont soutenu les investissements privés, qui
ont compensé la baisse des investissements publics. Ces derniers ont chuté de 9,37 % en 2006
4
par rapport à l’année précédente, en dépit de l’augmentation de leur poids dans le budget de
l’État. Parallèlement, la consommation a progressé de 3,94 %, demeurant ainsi le principal
moteur de la croissance. Par ailleurs, les exportations ont crû de 3,09 % cette année contre
3,38 % en 2005, tandis que le rythme de croissance des importations s’est accéléré de 2 points
de pourcentage pour s’établir à 4,60 %.
L’économie mondiale a connu un essor robuste dans un environnement de faible inflation, en
dépit de la hausse des prix du pétrole pendant l’exercice. La croissance économique mondiale
s’est accélérée, passant de 4,90 % en 2005 à 5,40 % en 2006. Cette évolution favorable provient
particulièrement de la croissance du PIB réel dans les pays émergents et en développement, soit
7 % en moyenne. Aux États-Unis, l’activité économique a progressé de 3,30 % en 2006 contre
3,20
%
l’année
précédente,
malgré
les
difficultés
du
secteur
immobilier
américain.
Conséquemment, les échanges internationaux de biens et de services ont progressé de 8 % en
2006 contre 6,50 % en 2005, favorisant la demande pour les produits haïtiens. Les recettes
d’exportation se sont accrues de 24,68 %, en raison principalement de l’accroissement (26,88 %)
des exportations de produits industriels, en particulier des articles manufacturés (37,41 %) et des
3/ En termes nominal, le crédit au secteur privé a progressé de 5,30 % en 2006 par rapport à 2005
4/ Les dépenses d’investissements ont représenté 18 % du budget en 2006 contre 12 % en 2005
12
produits de la petite industrie (52,63 %). La valeur des importations totales a enregistré un
accroissement de 32,32 %, imputable surtout à celui des importations de produits alimentaires,
des produits pétroliers et des machines et matériels de transport.
L’excédent enregistré au niveau de la balance globale a permis de liquider les arriérés de
paiements sur la dette externe et de renforcer les réserves nettes de change, lesquelles
représentent, néanmoins, un mois d’importations en septembre 2006.
13
I- Le secteur réel
L’amélioration de la situation macroéconomique d’Haïti observée en 2005 s’est consolidée en
2006. En effet, le produit intérieur brut en volume a progressé de 2,30 % contre 1,80 % en 2005,
l’inflation a chuté à 12,41 % en septembre 2006 contre 14,80 % un an plus tôt. La poursuite de
cette expansion macroéconomique en 2006 s’est réalisée dans un contexte socio-politique fragile
et un environnement international caractérisé par la flambée des prix des produits pétroliers.
Toutefois, la hausse des prix du pétrole n’a pas eu de grands effets sur la croissance mondiale
qui a légèrement accéléré, s’inscrivant à 5,40 % contre 4,90 % en 2005.
Graphique 1- Évolution du produit intérieur Brut (PIB) en termes réels
%
MG
10.0
13,600
9.0
13,400
13,200
8.0
13,000
7.0
12,800
6.0
12,600
5.0
12,400
4.0
12,200
12,000
3.0
11,800
2.0
11,600
1.0
11,400
0.0
11,200
-1.0
11,000
10,800
-2.0
10,600
-3.0
10,400
-4.0
10,200
-5.0
10,000
1995
1996
1997
1998
1999
2000
Tx. de croiss. annuelle
2001
2002
2003
2004
2005
2006
PIB annuel en volume
L’exercice 2006 a été dominé par les activités électorales. Initialement prévu en décembre 2005,
maintes fois reporté, le premier tour de l’élection présidentielle et des législatives s’est déroulé en
février 2006, et le second tour en avril 2006. La prestation de serment du nouveau président de la
République, en mai 2006, a aussitôt été suivie par l’entrée en fonction d’un nouveau Parlement,
précédant ainsi l’installation en juin d’un nouveau gouvernement. Le report à maintes reprises
des élections a créé des incertitudes quant à leurs réalisations effectives, engendrant un
comportement d’attentisme chez les principaux acteurs économiques au premier trimestre de
l’exercice. La réalisation de celles -ci, suivie des manifestations post-électorales ont totalement
perturbé les activités économiques au cours du deuxième trimestre. Aussi les principaux
14
indicateurs de conjoncture publiés par l’IHSI, notamment l’indice de la production industrielle
(-4,03 au deuxième trimestre contre +8,60 % précédemment), se sont inscrits en baisse en
glissement trimestriel.
Sur le plan sécurité, comme au cours des deux années précédentes, la situation est restée
précaire, accusant, néanmoins, une légère amélioration au premier trimestre. En dépit du
contexte d’agitations sociales ponctuées d’actes de violence et malgré la recrudescence des
enlèvements, on a relevé une quasi-complète reprise des activités commerciales aussi bien dans
la capitale que dans le reste du pays. L’indice de l’activité commerciale a réagi positivement,
progressant, en rythme annuel, de 29,92 % au premier trimestre, de 13,06 % au deuxième
trimestre, et de 43,78 % au troisième.
Sur le plan des politiques économiques, le nouveau gouvernement a maintenu les mesures
d’assainissement des finances publiques et de stabilité macroéconomique entamées par le
précédent gouvernement dans le cadre des accords d’«Assistance d’Urgence Après Conflit
(AUAC I et II)» conclus avec le FMI. Des efforts ont été déployés en vue de définir un cadre
global de politique économique, cohérent et susceptible de garder positivement orientées les
anticipations des agents et de mettre en confiance les investisseurs nationaux et internationaux.
Dès sa prise de fonctions, le nouveau gouvernement a reçu un large appui de la communauté
internationale, aussi bien des pays amis que des institutions multilatérales. Ces derniers ont
exprimé leur désir d’épauler Haïti dans ses efforts pour sortir de la crise par des injections de
capitaux, ainsi qu’il ressort des conférences des bailleurs de fonds. De même qu’ils ont convenu
de proroger jusqu’en décembre 2007 le cadre de coopération intérimaire (CCI), un document de
coordination de l’effort international dont l’orientation sera modifiée pour tenir compte des acquis
des deux premières années du programme et des nouvelles priorités de l’actuel gouvernement.
Par ailleurs, la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International ont officiellement décidé de
l’admissibilité d’Haïti au programme d’allègement de la dette, au titre de l’initiative en faveur des
pays pauvres très endettés (PPTE). Dans le même temps, Haïti a intégré le programme
«PETROCARIBE» du Venezuela qui consiste à fournir un crédit sur des produits pétroliers à un
prix préférentiel dans une perspective de solidarité régionale. Les conditions exceptionnelles
offertes par le Petrocaribe prévoient une période de grâce de 25 ans, le remboursement de 40 %
de la dette sur 25 ans, à un taux d’intérêt de 1 % l’an.
Pour une deuxième année consécutive, l’économie haïtienne a renoué avec la croissance, après
les piètres performances (-1 % en moyenne annuelle) au cours de la première moitié
des
années 2000. De plus, le PIB en volume de cet exercice (13 079 MG) se rapproche de son
niveau de 1999 (13 139 MG), signe que l’économie parvient progressivement à sortir de la
15
récession où elle était empêtrée durant les cinq dernières années. Il convient de souligner que ce
regain de croissance a été réalisé dans une conjoncture de resserrement monétaire et de rigueur
budgétaire, combiné avec un choc occasionné par la vive hausse des prix des produits pétroliers.
Toutefois, des efforts substantiels restent à déployer pour renforcer le cadre macroéconomique et
institutionnel, en vue d’assurer une croissance économique plus forte et soutenable. Cette
dernière reste une condition nécessaire et indispensable à l’amélioration du niveau de vie de la
population et à la réduction de la pauvreté en Haïti.
À l’origine de la croissance, on trouve notamment l’expansion de la consommation 3,94 %,
consécutive à un meilleur niveau du pouvoir d’achat des ménages. Ce résultat est la conjonction
de développement atypique tels l’accroissement de 14 % de la masse salariale dans la fonction
publique, l’augmentation de plus de 20 % des transferts privés sans contrepartie, une moindre
dégradation du pouvoir d’achat des ménages en contrepartie d’une inflation ralentie, qui est
passée de 14,80 % en 2005 à 12,41 % en 2006. Sous l’impulsion de la demande intérieure, le
rythme de croissance des importations de biens et services s’est accéléré, passant à 4,60 % en
2006 contre 2,57% en 2005. En revanche, les exportations en volume ont crû de 3,09 % contre
3,38 % en 2005, de sorte qu’au net les échanges, en 2006, ont contribué négativement à la
croissance. L’activité économique a été aussi tirée par l’évolution de l’investissement global qui a
progressé de 2,18 %, grâce aux apports de capitaux étrangers dans le secteur des
Télécommunications, conjugués à la reprise du crédit bancaire au secteur privé qui a connu une
augmentation nominale de 400 milliards de gourdes (14,89 %).
I.I- Valeur ajoutée par secteur d’activité
Les statistiques confirment l’accentuation des propensions à la tertiarisation de l’économie
haïtienne, ainsi qu’il ressort de la répartition du PIB selon ses composantes. Les secteurs
primaire et secondaire, en perte de vitesse et de poids, contribuent de moins en moins à
l’évolution du PIB et le tertiaire de plus en plus par son poids, en augmentation constante, allié à
une forte croissance, en 2006.
Secteur Primaire
Le secteur primaire a encore perdu en importance cette année, comme l’attestent à la fois son
poids ( de 25,43 % en pourcentage du PIB contre 25,58 % en 2005 ) et la réduction quasiment de
moitié de sa croissance (1,71 % contre 2,60 % en 2005). Au bout du compte, sa contribution à la
croissance du PIB a été divisée par deux, soit 18,92 % en 2006, contre 36,73 % précédemment.
16
Le secteur agricole a connu une situation difficile dès le début de l’exercice, dans la mesure où
beaucoup de parcelles emblavées ont été ravagées par les eaux en furie lors du passage des
dépressions tropicales Wilma et Alpha (22-23 octobre 2005). La région du sud a été la plus
touchée : plusieurs hectares de terre ont été inondées, des têtes de bétail emportées par les
eaux et des bananeraies détruites par le vent. Cette situation a eu des impacts sur la production
de pois Congo qui était au stade de floraison au cours du mois d’octobre. Dans la vallée de
l’Artibonite, les dégâts sont chiffrés à 85 hectares de rizières, 35 hectares d’arachide et 25
5
hectares de patate douce .
Haïti possède deux principales saisons agricoles : la saison de printemps (mars-juin) et la saison
d’automne (octobre-janvier). La première est la plus importante et contribue pour plus de la moitié
dans la production agricole annuelle du pays. La saison agricole du printemps a été marquée
cette année par un grand retard de démarrage, dû à un déficit pluviométrique sévère frappant
environ le tiers du pays. Même les régions les moins affectées telles que le Nord-Est, le Sud-Est
et même le Centre, ont quelques zones qui ont été touchées. Par contre, la pluviométrie et donc
la production agricole ont été quasiment normales dans le reste du pays et pendant le reste de
l’année. De plus, la période cyclonique a apporté des pluies bénéfiques aux activités agricoles.
En dépit de quelques effets dévastateurs de la tempête tropicale Ernesto enregistrés dans la nuit
du 26 au 27 août dans la péninsule sud d’Haïti, les pluies induites par cette activité cyclonique
avaient grandement facilité la reprise de la saison d’automne. Ces pluies ont également aidé à la
semence et au développement de nombreuses cultures à la deuxième saison agricole.
En dépit de quelques difficultés en liaison avec la régularité des précipitations et à leur bonne
répartition géographique, la production agricole 2005-2006 a été légèrement meilleure que celle
de l’exercice précédent. La seule ombre reste le repli (-6,60 %) de la production après sa
stabilisation en 2005. A l’opposé, les principales cultures vivrières ainsi que les denrées
d’exportation ont inscrit des gains de production : riz paddy (+4,76 %), maïs (+2,24 %), cacao
(+25 %), choux
(+55 %), pamplemousse (+5 %), mandarine (+4,35 %), la canne à sucre
(+2,40 %). La production de certaines autres denrées dont le café, le sorgho, la patate douce, les
haricots secs, la pomme de terre, a stagné.
5
CNSA, Flash-Info, septembre-octobre 2005, page 3
17
Graphique 2- Valeur ajoutée par secteur d’activité (en %)
9,42
10,69
10,27
9,57
10,08
10,09
10,29
10,22
11,40
11,09
10,82
10,66
10,75
10,56
10,68
10,62
10,54
11,92
11,97
11,24
11,36
12,18
12,06
12,03
26,23
27,09
27,10
26,06
26,21
26,39
7,47
7,53
7,64
7,68
7,73
8,00
7,77
7,78
25,69
25,26
25,47
25,32
11,46
11,52
24,64
6,21
6,68
8,03
7,58
28,83
1998
25,86
24,96
7,17
27,48
1999
7,29
7,39
7,48
7,56
7,72
26,48
26,72
25,73
2000
Agriculture
Comm., restaur. et hôtels
Autres
2001
2002
2003
Industries manufact
Autr. serv. marchands
2004
2005
10,27
2006
Bâtiments et trav. publ.
Serv. n/ marchands
Les industries extractives ont profité de la bonne tenue de la branche « Bâtiments et Travaux
Publics » qui est restée bien orientée. Ces industries ont affiché une croissance de 7,14 % de
6
leur production , bien qu’en baisse de 55 points de base sur l’année précédente.
Secteur Secondaire
Le poids du secteur secondaire à la production a légèrement diminué en 2006, revenant à
15,90 % contre 16,01 % en 2005. De même, ont ralenti son rythme de croissance (+1,66 après
+2,45% en 2005) ainsi que sa contribution à l’évolution du PIB (11,49% après 21,68%).
Les industries manufacturières sont restées bien orientées, affichant à la fin de l’exercice fiscal
un taux de croissance de 2,31 % après 1,63 % en 2005. Ces industries qui périclitaient depuis
quelques années, ont donné quelques signes de redressement au cours des deux derniers
exercices fiscaux. Les anticipations entretenues par les industriels en perspective d’une
éventuelle ratification de la Loi Hope par le Congrès Américain devraient amener l’investissement
à croître en ligne avec leurs attentes. La promulgation de cette nouvelle législation commerciale à
caractère préférentiel entraînera automatiquement la suppression des tarifs douaniers sur les
exportations aux États-Unis de vêtements fabriqués dans l’industrie de sous-traitance d’Haïti.
6
en valeur ajoutée
18
Dans le sillage de l’application de la loi Hope, étalée sur une période de trois ans renouvelables,
les créations d’emplois à travers l’implantation de zones franches seraient de l’ordre de 95 000
( dont +75 000 en Haïti et +20 000 en République Dominicaine ).
Le dynamisme de la branche Bâtiments et Travaux Publics se confirme ; la croissance au cours
de l’exercice fiscal 2006 s’est établie à +2,87 %, après + 2,95 % pour le précédent exercice.
Cette performance est imputable en grande partie aux investissements du secteur privé, le
secteur public n’ayant que très modérément dépensé dans ce domaine en 2006. Les
importations de ciment et la production de minerais non métalliques, portées par la demande
induite du secteur de la construction ont fortement progressé. Dans le même temps, elles ont
bénéficié de l’appréciation et de la stabilité de la gourde, à l’origine de la baisse des prix du
ciment et du fer notamment, et soutenant la demande de matériaux de construction importés. Au
début du deuxième trimestre, les indices des prix du sac de ciment de 42,50 kg et de la tonne de
fer se sont orientés à la baisse, perdant, respectivement, 0,30 % et 1,50 % à la fin du trimestre,
contre un gain, respectivement, de 4,70 % et 11,10 % au premier trimestre. Dans la foulée, les
ménages ont mis à exécution leurs projets de construction décidés pour cette année. Ainsi,
l’indice de l’activité de construction qui avait fléchi de –0,61 % au premier trimestre, a rebondi au
deuxième trimestre 17,88 %, progressant ensuite sur un rythme plus modeste (+ 5,29 %) au
troisième trimestre.
Le sous-secteur Électricité et Eau dont la croissance au cours des deux dernières années avait
été soutenue par des subventions du gouvernement et d’organismes internationaux, s’est
effondré en 2006 avec une contraction de sa production de 22,67 % après une progression de
11,11 % en 2004 et de 7,14 % en 2005. Cette décélération atypique est une résultante non
seulement de la hausse des prix des produits pétroliers, mais aussi des problèmes d’envergure
technique, administrative, financière, confrontés depuis quelques années déjà par la compagnie
nationale d’électricité (EDH) et qui ont atteint un point critique en 2006.
Secteur Tertiaire
La croissance du secteur tertiaire a été la plus forte des trois, avec une accélération marquée
(+2,74% après +1,30% en 2005), élargissant aussi bien la part du tertiaire dans le PIB à 51,32 %
( une hausse de 21 points de base par rapport à l’année précédente) que sa contribution à
l’évolution du PIB. Cette dernière a été de 60,47% contre 37,17% en 2005, soit plus du triple de
celle du secteur primaire (18,92%) mais près du quintuple de celle du secteur secondaire
(11,49%). À l’origine de ce climat porteur, on trouve la bonne performance des branches
d’activité et notamment les télécommunications, durablement installées sur une pente haussière
19
et rapide, mais aussi, les activités marchandes, en plein redressement, et l’industrie touristique
entrée dans une nouvelle phase de progrès.
La branche Commerce, restaurants, et hôtels a connu une évolution remarquable en 2006
(3,01 %), à l’inverse de la phase de croissance molle des deux dernières années (1,36 % en
2005 après –6,37 % précédemment). Les activités commerciales ont considérablement ralenti en
2004 puis en 2005, sous le coup des turbulences socio-politiques et de la perpétration d’actes de
banditisme qui ont gravement porté atteinte à l’activité dans le centre-ville de la capitale,
considéré comme le poumon de l’économie nationale. Par contre, c’est le secteur qui a le plus
profité de l’amélioration de la sécurité, dans le sillage des dernières élections présidentielle et
législatives. En effet, l’indice de l’activité commerciale a progressé de 29,92 % au premier
trimestre, puis de 8,80 % au deuxième et de 43,79 % au troisième, en glissement annuel.
Parallèlement, dans les domaines de la restauration et de l’hôtellerie la reprise est clairement
engagée. L’augmentation du nombre des touristes, haïtiens ou étrangers, recensés à l’Aéroport
International Toussaint Louverture au cours de la période sous revue, est un indicateur de la
demande étrangère, à l’origine de ce rebond. Les données obtenues de l’Administration
Aéroportuaire National (AAN) font en effet état d’une augmentation de 15 % du nombre de
touristes, en 2006, comparativement à une baisse de 17,38 % en 2005. S’agissant des touristes
haïtiens, alors que, en 2005, évitant l’insécurité au pays, leur nombre avait décru de 89,74%, il
s’est produit, en 2006, un véritable retournement (+57, 70%).
La prépondérance de la branche Transports et communications dans l’activité économique du
pays est bien établie cette année. Cette branche d’activité se démarque des autres par son
rythme de progression soutenue au cours des derniers exercices fiscaux. De plus, elle connaît en
2006 la plus forte croissance, soit 4,47 % contre 3,20 % en 2005 et 0,77 % précédemment. Les
importations de machinerie et d’équipements (+66,16 % par rapport à 2005), qui ont progressé à
un rythme supérieur à celui des produits pétroliers (16,15 %) et de l’alimentation (11,16 %), ont
été tirées par la demande intérieure enregistrée au niveau de la branche Transport et
communications. En 2006, les investissements en machinerie, équipements de transport, et dans
les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont apporté une contribution
importante à la formation brute de capital fixe dans l’économie haïtienne.
Le transport public constitue l’un des secteurs vitaux du pays tant pour son intérêt utilitaire et
social que pour ses contributions à l’activité. D’après une enquête de l’IHSI, les transports
routiers et maritimes, essentiellement constitués d’unités informelles et éparses, avaient réalisé
un chiffre d’affaires évalué à 17 milliards de gourdes, en 2004, recouvrant une valeur ajoutée de
20
l’ordre de 12,7 milliards de gourdes. Tandis que les dépenses effectuées dans l’économie par
ces deux modes de transport s’élèvent à 7,2 milliards de gourdes au cours de la même période.
La branche Télécommunications, portée par une demande intérieure exceptionnellement forte, a
été la locomotive de la croissance en 2006. C’est ainsi que les trois plus grandes sociétés de
téléphonie mobile en Haïti auprès desquelles le fisc a, au cours de l’exercice fiscal 2005-2006,
collecté en impôts un total de 1,3 milliards de gourdes (soit 0,65 % du PIB), se comptent parmi
les six premiers contribuables dans le groupe des 150 plus grands contribuables d’après la
Direction Générale des Impôts. L’une des trois sociétés y occupe le premier rang. De plus, en
2006, les investissements de ce secteur se sont élevés à plusieurs centaines de millions de
dollars américains. Tout ceci ne fait que confirmer que les télécommunications représentent à
l’heure actuelle un secteur d’activité à haut potentiel de croissance et de créations d’emplois. Le
dynamisme de ce secteur a permis à un nombre croissant d’Haïtiens, depuis quelques années,
d’avoir accès à la téléphonie mobile, à l’Internet ainsi qu’aux technologies avancées de
l’information et de la communication. Outre la multiplication des centres d’appels téléphoniques et
d’accès Internet communément appelés cybercafés, des vendeurs ambulants proposent aux
passants des services payants de téléphone sans fil. De plus, l’utilisation des techniques
modernes de l’information et de la communication permet la réalisation de gains de productivité
considérables dans les services.
Le ralentissement de la croissance des services non-marchands est en ligne avec le
resserrement budgétaire. Sous le terme services non-marchands, se trouvent le plus souvent, les
services à caractère public (défense nationale, police, justice, enseignement et culture, santé,
etc.) fournis gratuitement ou à un prix inférieur à celui du marché, sinon au coût de production.
Par souci de demeurer fidèles à ses engagements, relatifs à la gestion des finances publiques en
2006 et en accord avec le programme financier, le gouvernement a choisi d’accumuler des
excédents budgétaires, plutôt que de soutenir la consommation des services publics.
I.2.-Le Comportement des Prix en 2006
En dépit de la flambée des cours du pétrole sur le marché international, l’inflation a continué de
ralentir pour la troisième année consécutive. En glissement annuel, la variation de l’Indice des
Prix à la Consommation (IPC) est revenue à 12,41 % pour l’exercice 2006 contre 14,80 % en
2005, après 22,50 % en 2004, et 38,40 % en 2003. Le taux d’inflation réalisé en 2006 s’est
rapproché de la performance de l’exercice 2002 (10,50 %), période qui a précédé le choc
pétrolier (local) causé par la suppression, en janvier 2003, de toutes formes de subventions de
l’État aux produits pétroliers vendus à la pompe. La désescalade de l’inflation s’est accompagnée
21
d’une volatilité maîtrisée du taux d’inflation, en glissement annuel, mesurée par le resserrement
de l’écart type en pourcentage : 12,18 en 2003, 8,05 en 2004, 3,07 en 2005 et 1,34 en 2006.
Toutefois, il n’en demeure pas moins que de tous les pays de la Caraïbe, Haïti est certainement
l’un des rares pays de l’hémisphère occidental à avoir une inflation à deux chiffres. En 2006, le
taux d’inflation pour la zone Amérique Latine et Caraïbe est de 5,30 % en moyenne annuelle.
L’inflation sous-jacente ou l’inflation fondamentale hors composantes volatiles (produits
alimentaires et énergétiques) a suivi la même tendance que l’inflation totale. Le taux d’inflation
trimestriel annualisé s’est inscrit à 15,50 % au premier trimestre 2006, 15 % au second trimestre,
14,10 % au troisième trimestre, et 12,40 % au quatrième trimestre, ce qui confirme la continuité
du ralentissement de l’inflation sur l’ensemble de l’exercice.
La variation mensuelle en pourcentage de l’indice des prix à la consommation pour l’ensemble de
l’exercice est ressortie à 0,98 % en moyenne, inférieure de 2 points de base à la moyenne
historique de l’inflation mensuelle qui se chiffre à 1 %. La plus forte inflation mensuelle a été
enregistrée en février 2006, un mois qui a été marqué par des perturbations sociales et politiques
causées par la tenue des élections présidentielle et législatives, suivies des manifestations postélectorales. Ces activités socio-politiques ont non seulement engendré des incertitudes, mais ont
aussi provoqué un ralentissement dans l’approvisionnement en denrées alimentaires et autres.
L’insuffisance temporaire de l’offre de produits alimentaires sur les marchés a contribué au
renchérissement de leurs prix et entraîné une accélération de l’inflation en rythmes mensuel et
annuel au cours du mois, vu la forte pondération des produits alimentaires dans l’indice général
(50,35 %). Le taux d’inflation des produits importés a été supérieur à celui des produits locaux
pendant presque tout l’exercice, mais les deux taux ont convergé à la fin de l’exercice pour
s’établir à 12,30 % et 12,36 % respectivement contre 15,45 % et 14,80 % un an plus tôt.
La décélération du rythme de progression de l’IPC en 2006 s’explique largement par le fait qu’un
certain nombre des postes de l’indice ont affiché un déclin du rythme de croissance de ce
dernier, notamment les groupes : Alimentation (–17.67 %), Aménagement et entretien du
logement (–44.68 %), Santé (–26.81 %), Transport (– 78.95 %), et le poste Autres biens et
Services (–33.73 %). Ailleurs par contre, on relève de fortes croissances de prix pour les postes
tels que Habillement (+71.9 %), Loyer (+39.83 %), Loisirs (+67.55 %). Cependant, la décélération
de la croissance des prix des produits alimentaires, renforcée par le poids (50,35 %) de cette
catégorie de produits dans la consommation, a plus que compensé la forte hausse enregistrée au
niveau de ces autres postes, contribuant ainsi à limiter la hausse moyenne de l’indice général.
La baisse des tensions sur les prix alimentaires résulte d’une augmentation de l’offre de denrées
alimentaires sous l’effet conjugué de la bonne tenue de la production agricole du pays et d’une
22
augmentation de ses importations alimentaires. En effet, les informations fournies par le CNSA
dans ses différents bulletins trimestriels, de même que les statistiques agricoles du Ministère de
l’Agriculture ont confirmé une augmentation de la production de denrées alimentaires au cours de
l’exercice. D’un autre côté, les importations alimentaires ont augmenté de 11,16 %, favorisées,
entre autres, par l’appréciation de la gourde par rapport au dollar américain.
Le groupe «Loyer du logement, énergie et eau» a, depuis quelque temps, suivi un mouvement
haussier, reflétant d’abord l’augmentation du coût de l’énergie face à l’envolée des cours des
produits pétroliers, puis la faiblesse de l’offre de logement par rapport à la demande en particulier
dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, à l’origine de l’inadéquation entre l’offre et la
demande, les fortes pressions démographiques qui remontent au début de l’exode rural dans les
années 1980. Cette situation s’est aujourd’hui aggravée par la présence d’un nombre important
d’agence des Nations-Unies, MINUSTHA y compris, payant au prix fort et en dollars américains,
forçant ainsi à la hausse le loyer du logement.
D’après le quatrième recensement général de la population et du logement réalisé en Janvier
2003, près de deux tiers de la population urbaine du pays, soit 37 % de la population totale
résident dans le seul département de l’Ouest, avec Port-au-Prince pour capitale du pays (IHSI,
e
Bureau du Rec ensement, Résultats définitifs du 4 recensement Général de la Population et de
l’Habitat, Mars 2005, Page 42). Cette forte pression démographique a élargi l’écart entre l’offre de
logements, qui demeure rigide face à une demande très dynamique, entraînant ainsi à la hausse
le coût du loyer. La hausse des loyers devrait stimuler en quelque sorte l’activité de construction
et de rénovation. Cependant, le manque d’infrastructures allié à la rareté des espaces propres à
la construction dans la capitale, le coût des matériaux et du transport, en plus des conditions non
accommodantes du crédit hypothécaire, constituent autant de freins au développement du
secteur immobilier.
Les indices des prix pour les postes «Habillement, tissus, et chaussures», d’une part, «Loisirs,
spectacles, enseignement, et culture», d’autre part ont affiché une forte croissance en 2006. Il
convient de mentionner que les indices des prix pour certains articles de ces groupes de produits
ont enregistré une progression significative en 2006, les livres scolaires dont les prix ont crû de
38,70 % contre –34,10 % en 2005. La hausse des prix des ouvrages scolaires est attribuable à
un choix réduit des livres scolaires bénéficiant des subventions habituellement accordées par
l’État lors de la réouverture des classes.
La progression de l’indice des prix du transport a été atténuée par la baisse des prix des produits
pétroliers sur le marché international. Après une forte poussée amorcée début mars 2006, le
23
cours du Brent a frôlé un pic à 80 dollars américains le baril, avant de revenir à 60 dollars,
imprégnant un mouvement similaire au profil des prix à la pompe des principaux produits
pétroliers consommés en Haïti, notamment la gazoline 95, la gazoline 91, le gasoil, le kérosène.
D’autres facteurs fondamentaux sont également à la base des bons résultats obtenus pour
l’inflation en 2006 : d’une part, la mise en œuvre d’une politique budgétaire et d’une politique
monétaire orientées vers l’atteinte des objectifs fixés dans le cadre du programme conclu avec le
FMI, et d’autre part, l’évolution du taux de change.
L’évolution du déficit budgétaire est considérée comme l’une des principales sources
d’anticipations des tensions inflationnistes, d’où le poids déterminant de la politique fiscale dans
la stabilisation macroéconomique. En 2006, pour une troisième année consécutive, les finances
publiques ont enregistré une excellente performance comme l’attestent les excédents globaux
réalisés, soit près d’un milliard de gourdes à la fin de l’exercice 2006. Cette capacité de
financement du trésor public a rendu possible la réduction concomitante de son niveau
d’endettement envers la Banque centrale et du financement monétaire, ce qui concorde avec
l’objectif de maîtrise de l’inflation à moyen et à long termes.
L’objectif ultime de la politique monétaire reste le maintien de la stabilité des prix, entendue
comme une progression annuelle limitée et graduelle de l’indice des prix à la consommation. Les
autorités monétaires haïtiennes ont resserré les conditions monétaires dès le début de l’exercice,
en relevant les taux directeurs, c’est-à-dire les rendements des bons BRH, passés de 11 % à
14 % pour les émissions à 7 jours, de 13,10 % à 16,20 % pour les 28 jours, et de 15,60 % à
18,90 % pour les 91 jours. Cette décision a été prise dans le but de contrecarrer les tendances à
la résurgence des tensions inflationnistes. L’alerte avait été donnée, en 2005, en raison d’une
accélération de l’inflation à 14,84 % en septembre, après 12,60 % en mai, avait été observée en
glissement annuel. Cependant, malgré le fléchissement de l’inflation depuis mars 2006, les
autorités monétaires ont convenu de maintenir les taux d’intérêt élevés tout au long de l’exercice
pour confirmer leur détermination à contenir l’inflation. Finalement, l’appréciation de la gourde
suivie de la stabilité du taux de change ont apporté leur contribution dans la baisse des pressions
inflationnistes, tenant compte de la relation de causalité bidirectionnelle existant entre l’inflation et
le change en Haïti. En effet, la devise américaine s’est dépréciée à l’échelle internationale, d’où
le passage du taux de change de 43,47 gourdes pour un dollar en janvier, à 43,37 gourdes en
mars pour clôturer l’exercice à 39,12 gourdes, après une période de stabilité de plus d’un
trimestre.
24
I.3- Salaires et Situation de l’Emploi
L’évolution de l’emploi au cours de la période sous revue est restée, dans l’ensemble,
positivement orientée, malgré les pertes d’emplois dans le secteur bancaire.
Au 30 septembre 2006, 19 759 personnes sont employées dans l’industrie de la Sous-traitance,
soit 2 251 de plus (+12,75%) qu’à fin septembre 2005. Socle de l’industrie haïtienne depuis
plusieurs décennies, la Sous-traitance en est aussi un grand pourvoyeur d’emplois, aujourd’hui
placée dans un contexte de poursuite de redressement : en effet, on assiste à une remontée de
l’emploi, qui atteignait 33 607 personnes à fin septembre 1991, mais guère plus que 18 502 en
2002 et 17 508 en 2005. L’année 1991 fut témoin de la mise en place d’un embargo économique
et commercial qui ne sera pas levé avant 1994. Très florissante dans la première moitié des
années 1980, la Sous-traitance allait connaître, début 1986, d’importantes difficultés liées à la
tournure prise par la situation socio-politique au pays : sa situation empirant, les pays concurrents
d’Haïti et notamment la République dominicaine tournèrent la situation à leur avantage. Avec
une activité en baisse la production et l’emploi reculèrent.
Traditionnellement, la majorité des emplois se trouvent dans le textile. Un total de 23 entreprises
implantées dans la zone franche à proximité de l’Aéroport international Toussaint Louverture se
spécialisent dans la confection et la réexportation de vêtements et autres produits connexes. En
2006, le textile à lui seul fournit 83,18 % des emplois de l’industrie, suivi des sports (4,10 %) et de
l’électronique (3,27 %).
À la fin de septembre 2006, la fonction publique haïtienne comprend 48 758 employés, soit une
progression de 2,30 % par rapport à 2005. Ce total recouvre à la fois les fonctionnaires de l’État
et tous ceux liés à l’État par un contrat de service (contractuels). Parmi les trois pouvoirs de
l’État, l’exécutif constitué des ministères, du bureau du premier ministre et de celui de la
présidence, occupe une très forte proportion des fonctionnaires de l’État (91,57 %) comparée à
celle du pouvoir judiciaire (4,04 %) et du pouvoir législatif (1,20 %). Les autres administrations
regroupant la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, l’Université d’État
d’Haïti, le Conseil Électoral Provisoire et l’Office de la Protection du citoyen ne possède que
3,17 % des employés de la fonction publique.
Le secteur bancaire a enregistré une perte d’emplois au cours de l’exercice 2006, estimée à près
de 4,75 % de son effectif. C’est pour la première fois depuis plus de dix ans que l’emploi dans ce
secteur a rompu avec sa tendance qui a été assez vigoureuse depuis la deuxième moitié de la
décennie 1990. Le recul de l’emploi dans les établissements bancaires en 2006 peut être
25
expliqué d’abord par le ralentissement ou tout simplement l’arrêt du processus d’expansion du
système bancaire qui n’a plus augmenté ses succursales depuis quelques années, et ensuite par
les difficultés qu’ont connu certaines banques du système au cours de l’exercice, notamment la
Socabank et la Promobank. Il faut toutefois noter que dans l’ensemble, le système bancaire a
continué à jouir d’une bonne santé financière et a réalisé des profits intéressants en 2006.
L’évolution positive de l’emploi a été consolidée dans le secteur de la construction en 2006. En
effet, l’indice du nombre de salariés affectés à l’activité de construction a progressé
considérablement au cours de l’exercice, passant en moyenne de 2,83 % à 5,22 % en rythme
annuel.
Les données sur les offres d’emplois collectées dans les deux principaux journaux de la capitale
haïtienne révèlent une progression de 34,26 % à 1 305 postes pour l’année 2006.
Un nombre important d’emplois temporaires ont été créés en 2006 par diverses institutions tant
publiques que privées. Le Conseil Electoral Provisoire (CEP) a retenu les services de plusieurs
milliers d’individus à travers le pays pour les besoins des opérations électorales. Dans le cadre
de son Programme d’Apaisement Social (PAS), le nouveau gouvernement a créé plusieurs
dizaines de milliers d’emplois (près de 40 000 suivant les sources gouvernementales) dans des
travaux à haute intensité de main d’œuvre à travers les 140 communes de la République, pour
alléger la situation économique des couches les plus vulnérables de la population. La Fondation
Yélé Haïti en partenariat avec l’USAID, poursuivant le même objectif, en a aussi créés à travers
son programme d’assainissement de la capitale. De plus, le lancement des opérations de la
nouvelle compagnie de téléphonie mobile (DIGICEL) au cours du mois de mai 2006, avec
l’ouverture de plus de 220 magasins répartis sur toute l’étendue du territoire national, a
occasionné la création d’environ 4 000 emplois.
L’évolution du pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages est une grandeur
macroéconomique qui rapporte l’évolution de la masse de revenus au déflateur des dépenses de
consommation des ménages qui est le plus souvent l’indice des prix à la consommation (IPC).
Le tableau suivant fournit des indications sur l’évolution du pouvoir d’achat du salarié haïtien
calculé à partir du salaire minimum (référence) de 70 gourdes fixé par les autorités haïtiennes
depuis 2003 et de l’indice des prix à la consommation. Il en ressort que sur la base du salaire
minimum, le pouvoir d’achat s’est détérioré de 11,40 % en 2006 après sa régression de 12,93 %
au cours de l’exercice précédent. Le ralentissement de la dégradation du pouvoir d’achat de
l’ouvrier haïtien est dû à la bonne tenue de l’inflation depuis l’exercice 2004 qui est passée de
21,69 % à 12,41 % entre 2004 et 2006.
26
Tableau 1- Évolution du salaire réel
Salaire
Taux de
Indice des prix à
Taux d'inflation
nominal
Salaire réel
croissance du
Années
la consommation*
(en %)
(gourdes)
(gourdes)
salaire réel (%)
2001
55.00
36.00
65.45
2002
60.80
10.55
36.00
59.21
-9.54
2003
84.15
38.40
70.00
83.18
40.49
2004
102.40
21.69
70.00
68.36
-17.82
2005
117.60
14.84
70.00
59.52
-12.93
2006
132.20
12.41
70.00
52.95
-11.04
Source: IHSI, BRH - MAE/SMAC
Le salaire réel est calculé par le ratio (Salaire nominal sur IPC)*100
*Base 100 Août 2004
27
II. LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE
L’exercice fiscal 2006 s’est déroulé dans un environnement relativement tendu, caractérisé par
des troubles socio-politiques qui ont perturbé la bonne marche des activités économiques
pendant les deux premiers trimestres. Toutefois, comparé à l’exercice 2004-2005, les impacts
des tensions sociales ont été moins importants sur l’ensemble du système productif. En matière
de politiques publiques, les autorités ont maintenu les conditions monétaires relativement serrées
et poursuivi l’assainissement des finances publiques tout en consolidant les améliorations du
cadre macroéconomique entamées depuis la fin de 2004. Au premier trimestre 2006, un déficit
global de 341,7 MG a été dégagé sur les opérations financières du gouvernement central et un
financement de 936 MG lui a été accordé par la BRH qui, à partir du début de l’exercice, a ajusté
à la hausse les taux d’intérêt sur les bons BRH des différentes maturités. Néanmoins, le
redressement de la situation financière de l’État vers la fin du deuxième trimestre ainsi que la
rigueur maintenue jusqu’en août a permis au Trésor de fermer l’exercice 2006 avec une capacité
de financement de l’ordre de 1,39 milliard de gourdes.
Sur le plan des résultats, la plupart des fondamentaux de l’économie se sont améliorés,
notamment, en matière d’inflation, de change et de croissance. En effet, malgré les incertitudes
qui ont entouré le déroulement des activités durant une bonne partie de l’exercice, la reprise
enregistrée en 2005 s’est renforcée avec une progression du Produit intérieur brut (PIB) de
2,30 % en termes réels contre 1,84 % un an plus tôt. En réponse à une politique monétaire
adaptée aux conditions du marché et en étroite coordination avec la politique fiscale, le taux
d’inflation a reculé de plus de deux points de pourcentage et la gourde s’est appréciée d’environ
8 % en rythme annuel à la fin de 2006.
28
II.1- La politique monétaire en 2006
La politique monétaire a été conduite dans le contexte de l’application du programme AUAC II
«Assistance d’Urgence Après Conflit » dans lequel sont définis les grands objectifs et l’orientation
de la politique macroéconomique du gouvernement. Ce nouveau programme approuvé par le
Fonds Monétaire International (FMI) devait s’échelonner sur la période allant d’octobre 2005 à
septembre 2006. En plus des réformes dans le domaine de la bonne gouvernance, il visait à
renforcer l’assainissement du cadre macro-économique et financier et dynamiser l’activité
économique, tout en améliorant l’approvisionnement des services sociaux de base et les
investissements en infrastructures. Les critères quantitatifs de performance ont été établis pour
l’ensemble de l’exercice mais une évaluation du programme a été prévue et réalisée par une
mission du FMI à Port-au-Prince au cours du mois de mai 2006.
Sur le plan de la mise en œuvre de la politique monétaire, les autorités ont pris en compte des
paramètres externes liés principalement au cours mondial des produits pétroliers ainsi que les
réajustements des taux directeurs de la « Federal Reserve » aux États Unis. Au niveau interne, la
BRH, dans le souci d’une gestion efficace des excédents de liquidités disponibles dans le
système bancaire, a, dès la fin de 2005, mis un terme à sa politique de détente des taux d’intérêt
initiée fin 2004. Aussi, les taux d’intérêt moyens pondérés sur les bons BRH de 7, 28 et 91 jours
ont été relevés à 13,24 %, 14,12 % et 18,42% en octobre 2005 contre respectivement 5,05 %,
5,60 % et 9,07 % quatre mois plus tôt (juin 2005). En novembre 2005, les taux directeurs de la
BRH ont été fixés à 14,03 %, 16,20 % et 18,86 % respectivement pour les différentes maturités
sus-mentionnées, niveaux auxquels ils resteront jusqu’au mois de mai 2006. Conséquemment,
ces titres devenant plus attractifs, les banques commerciales ont été portées à accroître leurs
soumissions, agissant ainsi sur l’encours total de ces bons qui est passé de 5,5 milliards de
gourdes en septembre 2005 à 7,1 milliards en mai 2006, soit une hausse de 29,09 % en 8 mois.
A partir du mois de juin 2006, les excédents successifs dégagés par le trésor public ont confirmé
la préférence du gouvernement central pour une position budgétaire tout au moins équilibrée, ce
qui a permis à la Banque Centrale de procéder à un certain relâchement des conditions
monétaires. Aussi, les taux d’intérêt sur les bons BRH de 7 et 91 jours se sont-ils établis à
13,04 % et 17,76 % à partir d’août 2006 jusqu’à la fin de l’exercice, soit des baisses respectives
de 31 et 44 points de base.
II.2- Les instruments de la politique monétaire en 2006
II.2.1- Les Bons BRH
Les bons BRH sont demeurés le principal instrument de politique monétaire, à côté d’autres
mesures discrétionnaires prises par la banque centrale. Comme pour l’exercice antérieur, la
29
courbe des rendements des bons BRH s’est aplatie sur une bonne partie de l’année, en
découplage avec le relèvement signalé en tout début d’exercice. En effet, passé novembre 2005
et pour les six mois suivants, les rendements sont restés inchangés, ce qui a traduit, dans la
position adoptée par les autorités monétaires, une perception de risques plutôt faibles dans un
contexte de résilience des finances publiques, à quoi n’ont été étrangers ni les efforts par ailleurs
hautement récompensés des organes de perception d’impôts ni les concours de la communauté
internationale au gouvernement central en appui au budget. Mais à partir du mois de juin 2006,
les émissions à 7 et à 91 jours, qui sont les plus demandées, ont vu la courbe de leurs
rendements s’inverser vers le bas, pour rejoindre des niveaux légèrement inférieurs à ceux
d’octobre 2005 (voir graphiques ci-dessous).
Graphique 3- Taux moyens pondérés (TMP) sur les bons BRH des différentes maturités
20%
18%
16%
14%
12%
10%
TMP 7 jours
TMP 28 jours
Sep-06
Aug-06
Jul-06
Jun-06
May-06
Apr-06
Mar-06
Feb-06
Jan-06
Dec-05
Nov-05
Oct-05
8%
TMP 91 jours
30
7 jours
28 jours
96.7%
Sep-06
3.3%
99.5%
99.3%
Jul-06 0.7%
Aug-06 0.5%
99.7%
Jun-06 0.3%
97.4%
2.6%
May-06
95.0%
1.6%
3.4%
Apr-06
Mar-06 0.3%
0.3%
0.9%
99.4%
97.6%
1.5%
Feb-06
97.6%
1.0%
0.5%
1.4%
Jan-06
99.5%
Dec-05
Nov-05
2.5%
1.4%
97.4%
1.6%
1.0%
Oct-05
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
96.1%
Graphique 4- Composition de l'encours des bons BRH en %
91 jours
II.2.2- Les taux de réserves obligatoires
Les coefficients de réserves obligatoires en vigueur depuis le 16 juin 2005 (voir circulaire 86-12A)
sont restés inchangés jusqu’au 31 janvier 2006. Cette circulaire avait fixé à 31 % le coefficient de
réserves obligatoires pour les banques créatrices de monnaie (BCM) et à 19,50 % celui des
banques d’épargne et de logement (BEL), tant pour les passifs en gourdes qu’en dollars ÉU. De
même, la structure de la couverture des passifs en dollars ÉU a été stable, à 30 % en monnaie
locale et 70 % en monnaie étrangère. Au cours de l’année 2006, en raison de certaines
fluctuations ponctuelles et à la hausse enregistrée au niveau du taux de change, quatre
circulaires ont été émises par les autorités monétaires concernant la constitution des réserves
obligatoires sur les passifs en monnaies étrangères :
o
er
1 ) à partir du 1 février 2006, avec la circulaire # 86-12B, les réserves obligatoires sur les
passifs libellés en monnaies étrangères ont été constituées de 40 % en monnaie nationale et à
60 % en monnaie étrangère, tant pour les banques commerciales que pour les banques
d’épargne et de logement;
o
er
2 ) la circulaire # 86-12C a fait obligation à ces banques, à compter du 1 mars 2006, de
constituer les réserves obligatoires sur les passifs libellés en monnaie étrangère à raison de 35 %
en monnaie nationale et 65 % en monnaies étrangères ;
31
o
3 ) la circulaire # 86-12D a fixé les réserves pour ces mêmes passifs à 32,50 % en monnaie
locale et 67,50 % en monnaie étrangère, à partir du 16 avril 2006 ;
o
er
4 ) la circulaire # 86-12E, à compter du 1 mai 2006, a modifié cette structure pour la ramener au
même format que celle de la circulaire 86-12A, soit 30 % en monnaie nationale et 70 % en
monnaie étrangère.
De l’avis des autorités monétaires, ces mesures, devaient permettre d’endiguer les risques de
voir se reproduire une nouvelle dépréciation, aussi soudaine que brutale, de la gourde, et que
viendrait compenser, immédiatement après, une revalorisation tout aussi rapide. Tout s’est joué
dans le courant du mois de janvier 2006, le dollar grimpant de 43 à 45 gourdes dans un premier
temps, plongeant de 45 à 43 dans un second temps, ce qui a fait suspecter les banques
commerciales d’agissements spéculatifs. Avec les nouvelles circulaires, non seulement les
tensions avaient disparu du marché des changes, mais encore la gourde s’est appréciée, le
dollar glissant sous la barre des 43 gourdes, voire jusque dans les parages de 38 gourdes à la
mi-mai 2006. D’ici à fin septembre 2006, la gourde conserva son acquis d’appréciation sur les
mois antérieurs, les hausses et les baisses de cours se compensant sur le restant de l’exercice.
Par ailleurs, les indicateurs de la position moyenne de réserves en gourdes signalent que la BRH
a bien mené sa politique de réglage de la liquidité bancaire, aussi bien en gourde qu’en dollar.
Graphique 5- Coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en monnaie locale
35%
30%
25%
20%
Passifs en gourdes BEL
sept. 06
août 06
juil.06
juin.06
mai.06
avril.06
mars.06
fev.06
jan.05
dec.05
nov.05
oct. 05
15%
Passifs en gourdes banques com.
32
Graphique 6- Coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en monnaies
étrangères
Passifs en devises BEL
sept. 06
août 06
juil.06
juin.06
mai.06
avril.06
mars.06
fev.06
jan.05
dec.05
nov.05
oct. 05
33%
31%
29%
27%
25%
23%
21%
19%
17%
15%
Passifs en devises banques com.
La position moyenne de réserve (PMR) a évolué dans une fourchette de –878,7 MG à 457,4 MG,
avec une moyenne mensuelle de –297,4 MG. Les PMR elles-mêmes présentent une grande
volatilité d’un trimestre à l’autre; après 32,7 MG en tout début d’exercice, elles se sont inscrites
en baisse: –380,1 MG fin décembre 2005, –437,2 MG fin mars 2006, –668,4 MG fin juin, –768,1
MG fin août. Le mois de septembre 2006 dégage une PMR de 457,4 MG. Globalement, la
position moyenne de réserve du système bancaire a été déficitaire pour la plus grande partie de
l’exercice 2005-2006.
457,377.70
Graphique 7- Position moyenne de réserves en millions de
gourdes
600,000
200,000
32,712.5
400,000
-22,097.2
May-06
Jun-06
Jul-06
-579,801.5
-390,905.6
Apr-06
Aug-06
Sep-06
-768,123.40
-1,000,000
Mar-06
-668,355.9
-800,000
Feb-06
-495,113.5
-600,000
Jan-06
-489,072.1
-400,000
Dec-05
-156,463.8
-200,000
Nov-05
-185,186.2
Oct-05
-41,876.5
0
33
II.2.3- Intervention de la BRH sur le marché des changes
Par ailleurs, les interventions de la BRH sur les marchés de change se situent au niveau de
l’achat de devises, soit un total 64,8 millions de dollars américains en 2006 (+ 24,1 millions sur
2005). Comme il est d’usage, quand la BRH se procure des devises sur le marché, c’est en
général soit pour reconstituer ses propres réserves de change en conformité avec des
engagements souscrits dans le cadre du programme économique et financier conclu avec le FMI,
soit pour exécuter des paiements à l’étranger, pour son propre compte ou pour celui du
gouvernement.
II.3- Les Résultats
Les actions des autorités au cours de 2006, en matière de resserrement, ont eu comme résultats
de ralentir le rythme de croissance des agrégats monétaires, notamment la monnaie en
circulation dont la progression en glissement annuel s’est inscrite à 5,80 % en 2006 contre
21,43 % un an plus tôt. La masse monétaire au sens large (M3) a, pour sa part, crû en rythme
annuel de 10 % contre 20,30 % en 2005. Par ailleurs, le comportement de l’inflation au cours de
l’exercice 2005-2006 aura confirmé l’existence, dans l’économie haïtienne, d’un problème de
dominance fiscale, dans la mesure où le taux d’inflation a évolué au rythme de la posture des
autorités fiscales au niveau de la gestion des finances publiques, qui somme toute, porte la BRH
à orienter sa politique monétaire dans un sens ou dans l’autre. En général, l’inflation a été
contenue dans une fourchette allant de 12,20 % et 15,93 % en glissement annuel, terminant
7
septembre 2006 à 12,40 % contre 14,84 % un an plus tôt. En variation mensuelle, l’inflation a
évolué suivant une tendance relativement stable, avec une moyenne de 0,98 %. Le taux mensuel
le plus élevé a été enregistré en février 2006 (1,70 %) tandis que le taux le plus bas a été
observé en juin (0,20 %).
Enfin, grâce à l’efficacité de leur bonne gestion des finances publiques en général, et plus
particulièrement,
pour
avoir
su
adopter
les
mesures
qui
s’imposaient
sur
le
plan
macroéconomique en 2006, les autorités haïtiennes ont renforcé leur crédibilité aux yeux tant des
acteurs de la communauté nationale des affaires que de la communauté internationale. Dans ce
contexte, elles ont participé avec les bailleurs de fonds à des séances de travail, comme celle de
juillet 2006, tenue au ‘‘Karibe Convention Center’’ à Port-au-Prince, sur la question de l’aide en
perspective pour Haïti. Aussi, l’évaluation satisfaisante du programme AUAC II en fin d’exercice
devrait habiliter le pays à bénéficier auprès du FMI de l’accès à la «Facilité pour la réduction de
la pauvreté et pour la croissance (FRPC)»
7 Au dessus de la cible de 10 % indiquée dans la programme d’Assistance Urgence Après Conflit (AUAC II)
34
II.3.1- Les résultats intermédiaires
Au 30 septembre 2006, la base monétaire s’est élevée à 38 537,1 MG, soit une progression
annuelle de 14,78 % contre 8,37 % un an plus tôt. Cette accélération est le reflet au passif de
l’évolution des réserves des banques qui, à elles seules, représentent en moyenne mensuelle
8
65.6 % de la base monétaire et de celle des « Autres dépôts ». D’une part, les réserves des
banques (25 979,2 MG au 30 septembre 2006) ont progressé de 17,59 % en 2006 contre une
baisse de –0.91 % un an plus tôt et d’autre part, les «autres dépôts» ont augmenté de 60,26
points de pourcentage de plus relativement à septembre 2005, à 49,78 %. Le comportement des
réserves des banques est la résultante de celui de la somme des dépôts et des «encaisses et
autres engagements» qui ont augmenté de 9,51 % en septembre 2006 comparativement à une
contraction de 6,30 % en septembre 2005, le rythme de croissance de l’encours des bons BRH
9
ayant connu une décélération de 13,22 points de pourcentage en septembre 2006, à 41,96 %. En
revanche, la monnaie en circulation a crû de 15,63 points de pourcentage de moins par rapport à
l’année dernière, à 5,80 % fin septembre 2006.
À l’actif, l’évolution de la base monétaire a été stimulée par la progression des avoirs extérieurs
nets (10 893.1 MG fin septembre 2006) qui s’est inscrite à 34.79 % en septembre 2006 contre
23.12 % un an plus tôt, sous l’impulsion des décaissements des bailleurs de fonds internationaux
et des achats de devises de la BRH. De plus, la consolidation de la situation financière de l’État a
entraîné une contraction graduelle des créances nettes sur le gouvernement central,
particulièrement au cours du deuxième semestre de l’exercice.
8 Dépôts des collectivités locales, dépôts des entreprises publiques, dépôts du secteur privé et dépôts des institutions financières non bancaires.
9
/ 7,8 milliards de gourdes en fin d’exercice
35
Bons BRH
6,88
06
aim
-06
juin
-06
juil
18,16
11,15
11,42
7,80
6,76
6
r-0
av
7,07
11,29
7,05
11,22
6,64
06
rsa
m
Dépots et encaisses
16,82
17,14
17,50
17,55
11,37
11,30
17,13
17,36
11,19
6,36
11,35
11,22
17,16
17,33
16,05
6
v-0
jan
5,76
5
v-0
o
n
6,21
6,29
5
t-0
oc
6,05
6,11
10,42
10,37
12,21
16,03
16,16
Graphique 8- Les composantes de la base monétaire (en milliards de gourdes)
06
pte
s
Monnaie en circulation
II.3.2- Les résultats finals
En dépit du fait que le délai de transmission des taux directeurs aux taux d’intérêt créditeurs se
soit quelque peu amélioré cette année, il n’en reste pas moins que le découplage reste frappant
entre le profil des taux sur les bons BRH et celui des taux pratiqués par les banques. Qu’il
s’agisse d’instruments libellés en gourdes ou en dollars ÉU, exception faite des prêts en gourdes,
on n’a pas observé de très fortes fluctuations au niveau des taux d’intérêt et la quasi-rigidité à la
hausse des taux d’intérêt créditeurs par rapport aux mouvements des taux directeurs illustre
l’inefficacité du mécanisme de transmission.
En effet, les taux d’intérêt sur les bons BRH de 7, 28 et 91 jours, sont passés respectivement, de
11 %, 13,10 % et 15,60 % en septembre 2005 à 14 %, 16,20 % et 18,90 % en octobre. Pour la
même période, les taux d’intérêt sur les prêts en gourdes ont progressé de 23 % à 25 % et de
11,50 % à 12 % pour les prêts en dollars ÉU. Quant aux taux d’intérêt sur les dépôts à terme
(DAT) en gourdes, ils ont réagi, montant à 4,50 % en moyenne en octobre 2005 (après 4,38 % en
septembre). Inversement, les taux sur les DAT en dollars ÉU ont reculé d’un point de
36
pourcentage, à 2,75 % en octobre 2005, alors que les taux d’intérêt se sont stabilisés en
moyenne à 1,13 % sur les dépôts d’épargne en gourdes et 0,63 % sur ceux en dollars
américains.
Remarquons qu’en opposition avec les taux sur les dépôts d’épargne qui n’ont pas bougé, les
taux sur les DAT en gourde ont relativement évolué en phase avec les taux directeurs: leur
moyenne mensuelle qui était de 5,40 % pour les six premiers mois de l’exercice fiscal 2006, est
montée à 6,54 % pour les six derniers mois; en revanche, la moyenne des mois d’avril à août
2006 a été en progression, à 6,50 % et les données de septembre y ont ajouté 25 points de base
pour la porter à 6,75 %.
Au cours du premier trimestre, les taux d’intérêt sur les dépôts à terme (DAT) en devise
américaine se sont inscrit à 2,92 % en moyenne mensuelle et à 3,42 % au deuxième trimestre,
se stabilisant à 3,25 % entre mai et août 2006, avant de terminer l’exercice à 4,50 %. Les taux
sur les dépôts d’épargne se sont établis à 0,63 % durant les deux premiers mois de l’exercice,
puis à 0,88 % de décembre 2005 à juin 2006, avant de se stabiliser à 0,50 % au cours du dernier
trimestre de l’exercice.
Les taux d’intérêt sur les prêts en gourdes ont beaucoup fluctué mais sans lien apparent avec les
taux directeurs. De 25 % en octobre 2005, ils sont passés à 23,50 % en novembre, puis à
26,50 % en décembre. Ils ont donc évolué dans une fourchette de 23,50 et 31,50 %, avec une
sensible progression entre mars et avril 2006, où ils sont passés de 24 % à 30 %, soit un
accroissement de 6 points en un mois, tandis que les taux directeurs demeuraient stables pour
les différentes maturités. En moyenne, ces taux débiteurs se sont inscrits à 27,46 % d’un
trimestre à l’autre et ont terminé l’exercice à 28,50 % contre 23 % l’année précédente.
Quant aux taux d’intérêt sur les prêts en devises, ils ont évolué de manière relativement stable
sur l’essentiel de l’exercice, oscillant entre 11,50 % et 15 %, selon une moyenne trimestrielle de
12,84 %. On a observé des pics de 14 % et 15 % respectivement en juin et août 2006, lesquels
ont, encore une fois, contrasté avec le comportement des taux directeurs. A la fin de septembre
2006, ils se sont fixés à 11,75 % contre 11,50 % un an plus tôt.
37
Graphique 9- Taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales
(opérations en gourdes)
35%
30%
25%
20%
15%
10%
dépôts d'épargne
dépôts à terme
Sep-06
Aug-06
Jul-06
Jun-06
May-06
Apr-06
Mar-06
Feb-06
Jan-06
Oct-05
Nov-05
0%
Dec-05
5%
Prêts
Graphique 10- Taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales
(opérations en dollars ÉU)
16%
14%
12%
10%
8%
6%
4%
2%
dépôts d'épargne
dépôts à terme
Sep-06
Aug-06
Jul-06
Jun-06
May-06
Apr-06
Mar-06
Feb-06
Jan-06
Dec-05
Nov-05
Oct-05
0%
Prêts
Enfin, la prudence dans la conduite de la politique monétaire, alliée à une bonne tenue des
finances publiques a été une stratégie payante : elle a manifestement permis de contenir les
pressions inflationnistes en 2006. En effet, le taux de croissance en glissement annuel de l’IPC a
ralenti d’un trimestre à l’autre. S’inscrivant à 15,34 % au premier trimestre, il s’est affiché à
15,03 % au deuxième trimestre, puis à 14,88 % et à 12,62 % respectivement aux deux derniers
trimestres de l’exercice. Le taux d’inflation en rythme annuel a donc terminé l’exercice à 12,41 %
contre 14,84 % pour l’exercice précédent. D’un autre côté, la gourde s’est appréciée par rapport
à la devise américaine de 8,47 %, s’échangeant à 39,08 gourdes pour 1 dollar ÉU en septembre
2006 contre 42,39 gourdes un an plus tôt.
38
28-sept-06
15-sept-06
04-sept-06
22-août-06
08-août-06
26-juil-06
13-juil-06
30-juin-06
19-juin-06
05-juin-06
23-mai-06
09-mai-06
25-avr-06
07-avr-06
25-mars-06
14-mars-06
24-févr-06
02-févr-06
20-janv-06
22-déc-05
06-janv-06
09-déc-05
28-nov-05
28-oct-05
14-oct-05
03-oct-05
45,0
44,5
44,0
43,5
43,0
42,5
42,0
41,5
41,0
40,5
40,0
39,5
39,0
38,5
38,0
37,5
37,0
14-nov-05
Graphique 11- Évolution du taux de change au cours de l’exercice fiscal 2006
II.4- Évolution des agrégats monétaires
L’exercice fiscal 2006 a été marqué par un ralentissement de la croissance de la quasi totalité
des agrégats monétaires. Ainsi, la masse monétaire M1 n’a crû que de 2,96 % (après 19,45 % en
2005). Ce ralentissement dans l’accroissement de M1 a été le résultat d’une décélération de
15,63 points de pourcentage de celui de la monnaie en circulation (croissance de 5,80 % contre
21,40 % en 2005) et d’une contraction de 0,59 % des dépôts à vue en gourdes comparativement
à une progression de 17,06 % un an plus tôt.
L’agrégat monétaire M2 s’est accru de 9,92 % contre 12,55 % l’an passé. Ce recul est imputable
à celui de la progression de M1. Cependant la baisse du rythme d’augmentation de M2 a été
atténuée par l’accélération de celui de la progression de la quasi-monnaie qui a été de 16,59 %,
soit 9,94 points de pourcentage de plus qu’en 2005. La hausse de M2 provient
vraisemblablement d’une forte croissance des « dépôts à terme et autres », soit 32,16 % en 2006
comparativement à une contraction de 8,08 % en 2005, tandis que les dépôts d’épargne ont
progressé de 10,23 points de pourcentage de moins en variation annuelle . A la fin de septembre
2006, M2 a représenté 21,42 % du PIB contre 23,11 % à la fin de l’exercice antérieur.
Les dépôts en dollars ÉU convertis en gourdes (32 399,2 MG) ont augmenté de 10,01 % contre
32,35 % un an plus tôt. Cette décélération s’explique principalement par l’effet taux de change.
En effet, exprimés en devises américaines, ces dépôts (828 millions de dollars ÉU au 30
39
septembre 2006) sont en hausse de 7,79 points de pourcentage de plus que l’année précédente
pour un accroissement de 21,01 %. Par ailleurs, la dollarisation, mesurée par le ratio des dépôts
en dollars ÉU sur les dépôts totaux, a connu une réduction de 33 points de base, s’inscrivant à
50,68 % en fin d’exercice, en raison notamment de l’effet taux de change préalablement
mentionné, mais l’économie reste fortement dollarisée.
La masse monétaire au sens large (M3) a progressé de 9,96 % contre 20,31 % un an plus tôt,
reflétant ainsi l’effet combiné du ralentissement du rythme de croissance de M2, et de celui des
dépôts en dollars ÉU libellés en gourdes. En 2006, le ratio de M3 au PIB a reculé pour s´établir à
37,46 % contre 40,64 % en 2005, ce repli est dû à la hausse moins prononcée de M3 et à une
augmentation plus que proportionnelle du produit intérieur brut courant (affecté par les effetsprix).
75,09
72,56
73,37
73,66
72,52
73,29
72,51
71,78
70,75
68,02
70
67,72
80
71,99
Graphique 12- Évolution des agrégats monétaires (en milliards de gourdes)
19,56
42,69
40,83
19,51
20,28
40,81
41,64
41,82
20,20
20,40
41,35
40,97
19,90
40,84
20,18
40,48
40,99
20,44
19,48
20
20,48
18,91
30
18,72
40
38,61
50
38,95
60
10
M3
M2
sept-06
août-06
juil-06
juin-06
mai-06
avr-06
mars-06
févr-06
janv-06
déc-05
nov-05
oct-05
0
M1
II.5- Contreparties de M3 et financement de l’économie
Au 30 septembre 2006, les avoirs extérieurs nets du système bancaire se sont élevés à 23 616,9
MG, soit une augmentation de 27,76 % contre 45,75 % fin septembre 2005. Cette décélération
de la progression des avoirs extérieurs nets résulte notamment de l’effet taux de change
mentionné plus tôt. Les réserves nettes de change de la BRH se sont élevées à 120,54 millions
de dollars ÉU au 30 septembre 2006 contre 67,08 millions fin septembre 2005, soit une hausse
de 79.70 %. Cette progression du stock des réserves officielles est due aux efforts de
reconstitution de ces dernières de la part de la banque centrale et d’une plus grande régularité
dans le fréquence des décaissements des bailleurs de fonds internationaux en appui au budget.
40
Réserve de change du système bancaire
Crédit net au secteur public
26,83
20,28
sept-06
23,99
19,83
août-06
23,12
26,62
26,90
juil-06
20,26
23,44
26,83
22,71
21,03
juin-06
22,67
21,67
25,62
mai-06
26,17
22,14
21,76
avr-06
mars-06
févr-06
21,66
21,29
26,27
26,35
26,74
19,73
22,33
19,85
22,21
janv-06
déc-05
21,72
26,01
nov-05
19,75
21,14
25,71
18,38
21,06
17,86
oct-05
26,44
Graphique 13- Contreparties de M3 et financement de l’économie
Crédit au secteur privé
En fin d’exercice, le crédit intérieur s’est établi à 51,474 MG, augmentant ainsi de 3,35 % contre
12,99 % l’année précédente. Ce résultat est induit par la décélération de la croissance du crédit
au secteur privé (5,34 % en 2006 contre 21,27 % l’année précédente) et de la contraction de
4,16 % des créances nettes sur le secteur public.
41
III- Les Finances Publiques
La gestion des finances publiques au cours de l’exercice 2006 a été assurée dans le cadre d’un
budget élaboré conformément aux grandes lignes de la deuxième version du programme
d’Assistance d’Urgence Après Conflit (AUAC II), signé entre le FMI et le gouvernement haïtien.
Cette nouvelle version du programme visait les mêmes objectifs que la première (AUAC I) et
devait prendre fin en mars 2006. Cependant, sur la base d’une entente avec le FMI, les autorités
gouvernementales l’ont prorogée jusqu’en septembre 2006, tout en s’engageant à respecter les
critères quantitatifs préalablement établis. Cette démarche consistait à assurer la bonne
gouvernance économique pour le reste de l’exercice 2006 et à faciliter les discussions avec le
FMI pour la conclusion d’un autre programme visant la réduction de la pauvreté et le
10
renforcement de la croissance économique .
La politique macroéconomique, quant à elle, a été exécutée dans un environnement marqué par
une coordination conjointe des politiques monétaire et budgétaire. Parallèlement, pour atteindre
l’objectif du financement zéro mentionné dans le programme de FRPC, les autorités
gouvernementales se sont évertuées à élargir l’assiette fiscale tout en renforçant les mesures
administratives, et en réduisant les dépenses récurrentes du budget de l’exercice. En
conséquence, le montant des recettes perçues pour le compte du Trésor Public s’est élevé à
20 413,7 MG, soit une croissance de 26 % en glissement annuel. Les dépenses totales du
gouvernement ont atteint 21 203,8 MG, (soit 10,53 % du PIB), bien en dessous des 28 800 MG
(15,60 % du PIB) prévus pour l’exercice. Avec les appuis budgétaires reçus de la communauté
internationale, au 30 septembre 2006, les opérations financières de l’État se sont soldées par un
surplus global de 1390,1 MG, soit une hausse de 106 % par rapport à l’exercice antérieur.
10
Ce programme est reconnu sous le nom de FRPC
42
Financement BRH (MG)
2006
2005
2004
2003
-1000
2002
(% du PIB)
0
2001
0
2000
1
1999
1000
1998
2
1997
2000
1996
3
1995
3000
1994
4
1993
4000
1992
(MG)
Graphique 14- Financement monétaire du déficit budgétaire (en
pourcentage du PIB et en MG)
-1
Financement BRH (% du PIB)
III.1- Recettes
Les recettes collectées pour le compte du Trésor Public ont atteint 20 413,7 millions de gourdes
en 2006, soit un taux de croissance de 26 % par rapport à l’année précédente. Ceci a permis une
progression de la pression fiscale qui est passée à 10,14 % en 2006 contre 9,30 % prévus dans
l’EPCA II et contre 9,70 % en 2005. L’augmentation des recettes est due à l’élargissement de
l’assiette fiscale, au renforcement de l’administration des impôts et au dynamisme de l’activité
économique. Les recettes internes ont représenté 64,39 % des recettes totales, les recettes
douanières ont eu une part de 33 % et le reste est constitué d’autres recettes non classées. Cette
performance est essentiellement attribuable à l’augmentation des recettes courantes puisque les
entreprises publiques y ont affiché une contribution nulle. Ces résultats ont été obtenus au moyen
de l’application de toute une série de mesures, comme la modification du décret du 29 septembre
1986 relatif à l’impôt sur le revenu, le renforcement de la procédure de vérification de la TCA,
l’application stricte de la loi sur le recouvrement des créances fiscales, et le contrôle des
procédures de livraison du quitus fiscal ainsi que l’octroi des exonérations.
Recettes Internes
Les recettes internes ont atteint 13 144,7 MG en 2006, soit une hausse de 21 % par rapport à
2005. Toutefois, ce résultat est inférieur à la cible de fin d’exercice. La croissance des recettes
internes est surtout attribuable à celle de la TCA (46 %), celle de l’impôt sur le revenu (3 %, ISR)
et celle des droits d’accise (8 %). Les taxes (TCA) perçues sur les importations ont représenté
72,30 % du total des prélèvements liés à la TCA. Cependant, il ne faut pas négliger l’apport de la
TCA interne qui s’est accrue considérablement, suite à une augmentation des activités au niveau
du secteur des télécommunications. La progression de l’ISR s’explique en particulier par la
contribution importante des compagnies de télécommunications, en dépit de l’abattement de
43
10 % des retenus à la source accordés par la nouvelle loi. La part des recettes internes dans les
recettes courantes a régressé de 2,70 points de pourcentage, à 64,39 % en 2006.
Par ailleurs, les structures de prix des produits pétroliers, au cours de l’exercice 2006, ont été
modifiées en huit occasions sur le marché local dont quatre ajustements à la hausse. Les ratios
des revenus perçus (impôts, taxes et droits) sur les prix à la pompe des différents produits
pétroliers ont augmenté contrairement à l’exercice précédent. De septembre 2005 à septembre
2006, ces ratios ont gagné 8,47 points de pourcentage pour la gazoline 91; 0,49 point pour la
gazoline 95 ; 6,67 points pour le gasoil, et 8,67 points pour le kérosène, rapportant leur taux de
croissance respectivement à 38,52 %, 36,91 %, 10,96 % et 6,79 %.
Recettes douanières
Les recettes douanières ont accusé une progression de 52 % en glissement annuel, soit un
pourcentage deux fois plus élevé qu’en 2005 (26 %) pour s’établir à 6 741,8 en 2006. Cette
performance est expliquée par le renforcement des mesures administratives prises par
l’Administration Générale des Douanes dans le cadre de la résolution des problème de sousfacturation et la réduction des importations. L’augmentation des recettes douanières est réalisée
sous l’impulsion conjointe des droits de douane et des frais de vérification qui ont augmenté
respectivement de 41 % et de 46 %. Ces résultats ont été obtenus, malgré le problème rencontré
dans la collecte des taxes au poste frontalier de Malpasse lors de la grève des camionneurs de
juillet à septembre 2006.
Performance Institutionnelle
Les recettes perçues par l’UGCF
11
se sont élevées à 4 437,1 MG en 2006, soit une hausse
annuelle de 6 % et l’apport de cette institution au total des recettes internes collectées a baissé
de 2,63 points, à 35,90 % en 2006. Les revenus de l’Administration Générale des Douanes ont
atteint 5 866,6 MG en 2006 contre 4 545,8 MG en 2005, soit une croissance de 29 % contre
13,39 % en 2005. Sa participation aux recettes internes est en hausse de 5,75 points, à
47,45 %, à la faveur des
mesures correctives et administratives, contribuant au bon
fonctionnement de cette institution.
11
/ Unité de Gestion et de Contrôle fiscal
44
Tableau 2- Recettes internes par institution
Encours
% du Total des
Encours
% Total des
En 2004-2005
Recettes
En 2005-2006
Recettes
Var. %
(DIG)
1 466.56
13.45
1 026.48
8.30
-30.00
UGCF
4 200.26
38.53
4 437.08
35.90
6.00
Douane
4 545.78
41.70
5 866.57
47.45
29.00
Autres
688.70
6.32
1 031.96
8.35
50.00
Total
10 901.30
100.00
12 362.09
100.00
13.00
Bureau Central
Source : BRH/ Direction du contrôle du crédit
Par ailleurs, les recettes collectées par la Direction générale des impôts (DGI) et ses différentes
Directions régionales ont atteint 1 026,5 MG en 2006, soit une régression de 30 % par rapport à
2005. Sa participation aux recettes internes est de 8,30 %, soit une baisse de 5,15 points par
rapport à l’exercice précédent. Le meilleur point de perception des recettes fiscales reste la
douane avec une contribution de 47,45 %. Au cours de l’exercice 2006, la structure des recettes
fiscales n’a pas été modifiée, relativement à la prépondérance des impôts indirects comme
source principale de revenus pour le Trésor Public.
La part des impôts directs sur les revenus et bénéfices est passée de 23,36 % en 2005 à 20 %
en 2006, en raison de la baisse de la part de toutes ses composantes aux recettes totales. En
effet, le poids de «l’Impôt sur le revenu des sociétés» s’est inscrit à 13,26 % contre 14,64 % en
2005, celui de «l’impôt sur le revenu des
particuliers» s’est établi à 4,54 % contre 5,74 %
l’exercice précédent et celui de «l’acompte» a reculé de 0,77 point par rapport à 2005, pour se
fixer à 2,20 % en 2006.
Les «impôts indirects à la consommation» ont représenté 68,15 % du total des recettes en 2006,
soit un renchérissement de 8,33 points comparativement à un an plus tôt. Cette augmentation est
consécutive à la progression de la «part» de la TCA de 4,01 points, à 28,86 %. La part des droits
d’accises a reculé de 1,41 point, à 6,26 % et celle des recettes douanières, contrairement à
l’année précédente, a affiché une hausse de 5,72 points, à 33,03 %.
45
Tableau 3- Évolution de la Structure des recettes (en %)
2004
Recettes totales
2005
2006
100.00 100.00 100.00
Impôts directs sur le revenu et les bénéfices
22.28
23.36
20.00
Particuliers
4.60
5.74
4.54
Sociétés
14.44
14.65
13.26
Acompte
3.24
2.97
2.20
65.87
59.82
68.15
TCA
27.72
24.85
28.86
TCA sur importations
20.97
17.78
20.89
TCA interne
6.75
7.07
7.98
Accises
9.87
7.67
6.26
Recettes douanières
28.28
27.31
33.03
11.84
16.82
11.84
Impôts indirects à la consommation
Autres
Source : BRH/DCC
III.2- Les Dépenses
Les dépenses effectuées par l’Administration Centrale dans le cadre du budget de l’exercice
fiscal 2006, se sont élevées à 21 203,8 MG, enregistrant une croissance de 10 % par rapport à
2005. Ces dépenses représentent 11 % du PIB, soit un ratio inférieur à la projection de 15,60 %
du programme économique et financier du gouvernement.
Au premier semestre de l’exercice, les dépenses effectuées avaient largement dépassé les
limites fixées dans le programme (AUAC II). Ceci est dû principalement à la mise en chantier de
certains travaux publics et aux «transferts et subventions» octroyés à l’EDH pour l’achat de
matériels de production d’électricité et de carburant, suite à la hausse des cours internationaux
du pétrole. Pour faire face à ces nouvelles obligations budgétaires, un budget rectificatif a été
élaboré, dans la mesure où, dès la fin du premier semestre, le plafond du crédit à l’État a été
déjà dépassé de 128 MG.
Dépenses Courantes
Au cours de l’exercice fiscal 2005-2006, les dépenses courantes ont atteint 19 366,8 MG, soit un
taux de croissance de 12 % en glissement annuel. Les dépenses en biens et services ont été
évaluées à 80 % des dépenses courantes, celles assignés au service de la dette à 7,60 %, celles
allouées aux subventions et aux transferts à 9,50 % et celles aux autres dépenses courantes à
2,80 %.
46
Les dépenses en biens et services sont élevées à 14 665,2 MG, soit une progression de 12 % en
glissement annuel. Les dépenses de fonctionnement ont atteint 7 794 MG, accusant une
croissance de 8 % en glissement annuel. La masse salariale est passée de 5 830 MG en 2005 à
6 871,2 MG en 2006. Cette évolution haussière est expliquée par l’augmentation de l’effectif du
personnel au sein de l’Administration publique et l’ajustement salarial de 15 % effectué au
bénéfice des fonctionnaires de l’État.
Les paiements liés au service de la dette interne ont connu un taux de croissance 75 % en 2006
pour atteindre 840 millions de gourdes. Toutefois, les dépenses relatives à la dette externe ont
décru de 36 %. Cette diminution de la dette externe est expliquée par un effet de base, lié en
particulier aux versements exceptionnels effectués en 2005, en vue d’épurer les arriérés
12
accumulés au cours des trois années précédentes . Ces paiements sont rapportés en premier
lieu aux obligations contractées auprès des institutions multilatérales comme le FMI, la BID et la
Banque Mondiale, sans toutefois négliger celles à caractère bilatéral, en particulier la France et
les Etats-Unis. Les dépenses de transferts et de subventions, totalisant 1 840,8 MG, ont
augmenté de 39 % en glissement annuel. Cette croissance est imputable non seulement aux
quotes-parts payées par le gouvernement haïtien aux différentes institutions internationales mais
aussi aux transferts effectués par le Trésor Public dans le cadre de ses interventions, en
particulier à l’EDH pour l’achat de carburants et d’énergie électrique aux compagnies privées. La
totalité des crédits budgétaires alloués à la subvention de l’EDH s’est élevée à 1 577,3 MG, dont
des paiements de 619,2 MG effectués à la compagnie SOGENER, 610,5 MG à l’ALSTROM,
345,6 MG à TOTAL (ELF) et 2,1 MG à la DINASA.
Les Dépenses d’Investissement
Les dépenses d’investissement ont atteint 1 837 MG en 2006, en baisse de 9 % par rapport à
2005. La construction et la réhabilitation d’infrastructures routières ont représenté 44,97 % de ces
dépenses, les programmes d’appui à la production agricole ont absorbé 2,72 %, l’aménagement,
la réhabilitation et la construction de centres de santé et d’hôpitaux 2,80 %, le renforcement
institutionnel au sein du Ministère de l’Économie et des Finances 21,92 %, l’appui aux Affaires
Sociales 0,64 %, le Ministère du Plan 5,54 %, le Ministère de l’Education Nationale 4,41 % et les
autres secteurs 17,58 %.
12 Pour mémoire: au cours des 10 années précédant 2005, le service de la dette a oscillé en moyenne annuelle entre 25 et 55 millions de dollars ÉU
/
tandis que pour le seul exercice fiscal 2005, on a payé plus de 100 millions.
47
Graphique 15- Répartition des investissements du gouvernement par ministères en 2006
Affaires Sociales
0.64%
Autres
12,14%
Plan
5,54%
Culture
1,37%
Travaux publics
44.97%
Justice
1,61%
Tourisme
0,38%
Finance
21,92%
Environnement
1,47%
Education
4,41%
Santé
2,80%
Agriculture
2,72%
Le Financement
Les opérations financières du gouvernement central sont soldées par un surplus global de
1 390,1 MG, ce qui représente une progression de 105 % par rapport à l’exercice 2005. Les
amortissements de la dette ont totalisé 1 595,1 MG, dépassant ainsi les décaissements (y
compris les dons de 828,6 MG). Pour sa part, le financement monétaire a été une fois de plus
négatif cette année, tandis que les dons externes au comptant sont élevés à 766,5 MG. Ceux-ci
ont été utilisés principalement pour résorber le déficit du Trésor Public, permettant ainsi à l’État
haïtien d’éviter tout recours au financement de la BRH.
Parallèlement, la position nette du compte du Trésor est de l’ordre de -537,6 MG conte 519,8
MG, traduisant une augmentation de créances et représentant un ratio de 0,30 % du PIB. Les
dépôts nets du gouvernement central ont évolué de manière négative, augmentant les créances
de l’État sur la BRH de 42,52 MG. Les arriérés d’intérêts sont passés de 1,8 MG en 2005 à 141,8
MG en 2006. Les autres créances et les comptes spéciaux ont varié respectivement de 4,10 %
et de –29,14 %.
48
Tableau 4- Évolution du déficit du gouvernement central financé par la BRH
(en milliers de gourdes)
Rubriques/Exercices
Sept. 03/04
Sept. 04/05
Sept. 05/06
1. Position nette du Trésor
4,464,013.3
519,816.4
-537,563.9
2. Dépôts de l’Etat
1,486,689.8
451,605.6
-42,524.1
3. Arriérés d’intérêts
1,775.0
1, 775.0
141, 749.4
4. Autres créances
18,333.4
-24,329.9
-25,333.9
5. Comptes spéciaux
-96,804.85
-22,645.30
-16,047.4
Déficit du gouvernement Central
2,900,627.1
-23,010.6
-344,003.3
Source : BRH/Direction de contrôle du crédit (DCC)
Évaluation du programme financier
Malgré des difficultés liées aux mauvaises conditions de sécurité du pays et le retard confronté
dans le décaissement de l’appui budgétaire externe, l’objectif primordial du programme AUAC II a
été atteint. En effet, le financement du déficit budgétaire a été assuré sans recourir au crédit de la
BRH. En ce qui a trait au respect des critères quantitatifs, les résultats obtenus en fin d’exercice
ont montré que les dépenses ont été contenues à 31,20 % en dessous du plafond prévu, soit à
un montant de 9 264 MG et les recettes ont dépassé l’objectif visé, soit un taux de croissance de
11,21 %.
49
IV- LA BALANCE DES PAIEMENTS D’HAÏTI EN 2006
Au cours de l’exercice 2006, la situation de la Balance des Paiements (BDP) d’Haïti, a été
influencée, sur le plan interne, par l’amélioration des fondamentaux de l’économie résultant
d’une discipline fiscale accrue et d’une meilleure coordination des politiques fiscale et monétaire
encouragées par la volonté des autorités haïtiennes de respecter les conditionnalités du
programme économique et financier. Sur le plan externe, la situation a été dominée par la hausse
du cours du pétrole, l’augmentation du taux directeur américain, la dépréciation du dollar par
rapport à l’euro, et l’intégration d’Haïti dans le programme Petrocaribe du Venezuela.
50
Tableau 5- Résumé de la Balance des paiements d’Haïti (en millions de dollars ÉU)
2002
2003
2004
2005 2006 (P)
-88,94
-44,11
-55,64
54,96
-0,58
-828,93
421,10
-1250,03
-946,48
470,51
-1416,99
-1036,71
509,79
-1546,50
-1162,28
597,30
-1759,58
-1389,42
691,61
-2081,03
Crédit
Débit
-705,99
274,43
-980,42
-782,20
333,83
-1116,03
-833,00
377,47
-1210,47
-849,61
458,85
-1308,46
-1053,83
494,40
-1548,24
Services
Crédit
Débit
-122,94
146,67
-269,61
-164,28
136,68
-300,96
-203,71
132,33
-336,03
-312,67
138,45
-451,12
-335,59
197,21
-532,79
-13,67
-14,28
-11,92
-13,67
-14,28
-11,92
-36,66
2,10
-38,76
6,63
18,69
-12,06
753,66
775,66
-22,00
916,65
948,00
-31,35
992,99
1031,54
-38,55
1253,91
1313,25
-59,34
1382,21
1450,08
-67,87
B. COMPTE DE CAPITAL
Crédit
Débit
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
C. COMPTE D'OPERATIONS FINANCIERES
-4,14
-48,46
13,23
0,68
136,24
Investissements directs
5,70
Autres Investissements
-9,84
Secteur des Administrations publiques (net)
-25,81
13,80
-62,26
22,12
5,90
7,33
-14,24
26,00
-25,32
35,31
160,00
-23,76
37,20
A. COMPTE DE TRANSACTIONS COURANTES
Biens et services
Crédit
Débit
Biens
Revenus
Crédit
Débit
Transferts courants
Crédit
Débit
Secteur bancaire (net)
3,37
-48,78
23,05
-69,75
-83,46
Secteur non bancaire (net)
12,00
-40,00
-5,00
6,00
19,80
Autres avoirs et engagements(nets)
0,60
4,40
3,52
3,12
2,70
12,54
-80,54
80,54
84,38
-8,19
8,19
77,82
35,41
-35,41
-5,14
50,50
-50,50
-38,43
97,23
-97,23
49,00
3,28
0,10
28,16
25,15
-14,87
0,87
-2,96
-50,01
-6,70
3,91
17,39
-21,92
8,06
-0,93
-35,71
-112,19
12,45
0,81
1,70
D. ERREURS ET OMISSIONS NETTES
BALANCE GLOBALE (A+B+C+D)
E. FINANCEMENT
Avoirs de réserve 1/
Utilisation des crédits et prêts du FMI
Autres Engagements 2/
Variation des Arriérés de paiement 3/
Source : Banque de la République d’Haïti (BRH)
Banque des règlement internationaux (BRI)
P : Données provisoires
1/ Variation des avoirs de réserve bruts; le signe moins (-) signifie une augmentation
2/ engagement à court terme envers les organisations financières internationales
3/ sans signe = accumulation; (-) = remboursement
51
IV.1- LE SOLDE DES TRANSACTIONS COURANTES
Contrairement à l’année dernière où l’on a enregistré un excédent, le compte courant de la BDP
s’est soldé, cette année, par un déficit de 0,58 million de dollars ÉU. Cette situation a découlé
d’une aggravation du déficit commercial qui s’est élargi de 24 % en 2006, lequel n’a pas été
compensé par les transferts sans contrepartie qui ont crû de 10,23 %. Les transactions courantes
restent quand même dominées par des flux de transferts courants qui ont permis le financement
des dépenses d’importations à hauteur de 70 %, ce qui traduit la forte dépendance de l’économie
haitienne des apports financiers de la diaspora.
Graphique 16- Le solde courant de la balance des paiements d’Haïti (en millions de dollars ÉU)
80,00
60,00
40,00
20,00
0,00
-20,00
2002
2003
2004
2005
2006
-40,00
-60,00
-80,00
-100,00
Le Solde des biens et services
Le solde des biens et services s’est détérioré de 20 % , pour atteindre 1,38 milliard de dollars ÉU.
Ce résultat est principalement attribuable à l’aggravation du solde déficitaire des biens (24 %). Le
déficit du solde des services s’est également aggravé, passant de –312,67 à –335,58 millions de
dollars. De plus, le poids des biens a légèrement reculé dans la balance, passant de 75 % en
2005, à 73,50 % en 2006. Le taux d’ouverture de l’économie, a atteint 0,55 en 2005 contre 0,57
en 2006. Par ailleurs, le taux de couverture des importations par les exportations, soit le ratio des
exportations rapportées aux importations a diminué de près de 3 points de pourcentage, à
32,20 % en 2006, en raison d’un accroissement plus accéléré des importations.
52
La Balance commerciale
La balance commerciale s’est encore détériorée en 2006 affichant un déficit de 1,4 milliard de
dollars américains après avoir atteint 1,2 milliard en 2005, bien que le commerce extérieur ait crû
de 14 %.
Graphique 17- La balance commerciale d’Haïti en 2006 (en millions de dollars ÉU)
0
2002
2003
2004
2005
2006
-200
-400
-600
-800
-1000
-1200
Les importations de Marchandises
Les importations en valeur se sont accrues de 18 % en 2006, en raison notamment de la hausse
des importations du groupe «machinerie et matériel de transport» (57 %) et de celle des
«produits pétroliers» ( 26 %). Ces deux postes ont contribué à hauteur de 70 % à la hausse des
importations totales. La forte progression de la valeur des importations enregistrée au niveau du
groupe «machinerie et matériel de transport » provient surtout de la composante «machinerie».
Ceci est lié au regain observé au niveau des lfux d’investissements directs dans l’économie
occasionnés par le développement du secteur des télécommunications. Les importations des
deux autres groupes de produits les plus importants, à savoir les «produits alimentaires» et les
«articles manufacturés» ont connu des progressions respectives de 11 % et 3 %.
Elles sont
suivies de celles des produits pétroliers qui ont connu un accroissement de 2,20 % consécutif à
l’effet prix.
53
23,94
25,26
16,01
16,27
23,96
11,96
15,00
14,65
21,68
18,43
14,82
22,41
17,61
21,37
23,99
16,30
20,00
24,06
16,04
25,00
27,55
17,58
30,00
25,79
Graphique 18- Parts relatives des principales importations (en pourcentage du total)
10,00
5,00
0,00
2002
Produits aliment.
2003
Combustibles minéraux
2004
Articles manuf.
2005
2006
Machinerie et mat. de transport
Les exportations de marchandises
Le rythme de croissance des exportations de marchandises s’est ralenti en 2006 en affichant un
taux de 8 % contre 21 % un plus tôt. Cette contre performance est attribuable à un
ralentissement de la demande américaine de textiles. Les exportations de vêtements fabriqués
par les entreprises d’assemblage vers les États-Unis, ont représenté 88 % des exportations
brutes d’Haïti. Les exportations de produits primaires dont le café, le cacao, les mangues, les
pites et ficelles et autres produits primaires ont reculé légèrement, affichant une valeur de 25,34
millions de dollars ÉU contre 26,11 millions l’an passé. La valeur des exportations de café est
passée de 3,78 à 5,93 millions de dollars ÉU, principalement en raison d’une augmentation des
volumes exportés. Les mangues, principales composantes des exportations de produits
primaires, avec une valeur annuelle moyenne de 8,11 millions de dollars ÉU durant les trois
dernières années, ont stagné en 2006. Les huiles essentielles ont crû de 50 % en valeur, avec
des rentrées de l’ordre de 10 millions de dollars ÉU. Ces produits ont bénéficié d’une hausse du
prix sur le marché international puisque le volume exporté a chuté de 7 %.
54
Graphique 19- Parts relatives des principales exportations (en pourcentage du total)
100,00
90,00
88,00
86,05
85,48
83,46
80,45
80,00
70,00
60,00
50,00
40,00
30,00
20,00
10,00
0,00
2002
2003
Café
2004
Petite industrie
Mangues
2005
Cacao
2006
Art. Manufacturés
Les Transferts Courants
Les flux entrants de transferts courants ont crû de 10 % en 2006 consécutivement à
l’augmentation de 8,60 % des transferts privés
13
14
et de 15 % des transferts publics . Les remises
des travailleurs haïtiens émigrés qui représentent 74 % du total des transferts courants se sont
chiffrés à 1 070 millions de dollars ÉU en 2006. Les dons, de leur côté ont totalisé 380 millions de
dollars ÉU. Ces deux catégories de transferts représentent 70 % des entrées de devises au
niveau du compte des transactions courantes. Les transferts privés sortants, de leur côté, ont crû
de 14 % pour atteindre 67 millions de dollars ÉU.
Les services
15
16
Les exportations de services , constituées essentiellement de recettes de voyage , ont accusé
une hausse de 42 % en 2006, suite à l’augmentation de 10 % du nombre de visiteurs. Cette
situation a permis d’atténuer la détérioration du déficit du compte des services
(7 % en 2006
contre 54% en 2005). Quant aux importations de services, elles ont connu un regain de 17 %, en
raison principalement de l’évolution
des dépenses au titre de frais de transport aérien de
passagers.
13
Envois de fonds des travailleurs émigrés
dons externes
15
une révision de la méthodologie de calcul de ces flux a été réalisée en 2006
16
collectées à partir des redevances perçues sur les billets d’avion au profit de l’État haïtien
14
55
Les Revenus
Les flux de revenus ont affiché, au 30 septembre 2006, un solde positif de 6,6 millions de dollars
17
ÉU . Cet excédent est dû au comportement des banques commerciales qui ont effectué des
placements de l’ordre de 234 millions de dollars sur le marché financier international et à l’action
des autorités monétaires qui ont investi près de 224 millions. Ces placements combinés ont
rapporté plus de 18 millions de dollars ÉU en revenus d’intérêts tandis que le secteur des
Administrations Publiques a effectué des paiements de 12 millions de dollars d’intérêts sur les
prêts contractés par le Gouvernement.
IV.2- LES MOUVEMENTS DE CAPITAUX
LES OPERATIONS FINANCIERES
Le compte des opérations financières a accusé un solde excédentaire de 136,3 millions de
dollars ÉU. Cette amélioration découle de la performance des investissements directs qui ont
enregistré un flux record de 160 millions de dollars ÉU contre 26 millions de dollars É U en 2005.
Ces investissements ont été réalisés massivement dans le secteur des télécommunications avec
l’arrivée dans le pays d’une nouvelle compagnie de téléphonie mobile. En outre, le système
bancaire a bénéficié d’une assistance étrangère, d’une valeur d’environ 1,2 million de dollars ÉU.
Ces entrées de capitaux ont largement contrebalancé la mauvaise performance des autres
investissements
(-23,76
millions
de
dollars
ÉU).
La
contre
performance
des
autres
investissements est la conséquence des placements à l’étranger réalisés par le secteur bancaire
en 2006. Parallèlement, les fonds placés totalisant un montant de 83 millions de dollars, ont
largement dépassé les décaissements effectués par les Administrations publiques à titre de
prêts.
IV.3- LE FINANCEMENT DE LA BALANCE DES PAIEMENTS
Le financement de la balance des paiements a été soutenu par un appui du Fonds Monétaire
International estimé à 12 millions de dollars ÉU. Cette assistance, ajoutée de l’appréciation de la
monnaie locale, a permis aux autorités monétaires de procéder à une accumulation des réserves
nettes de change internationales. Ces dernières ont atteint 1,25 mois d’importations en 2006,
contre 0,72 l’année précédente. De plus, les réserves brutes ont augmenté pour atteindre 112
millions de dollars ÉU contre 21 millions en 2005.
17
Un nouveau mode de calcul intégrant les revenus de placement réalisés par les autorités monétaires et le
secteur bancaire est présentement appliqué
56
Graphique 20- Réserves officielles nettes de changes en mois d'importations.
1,4
1,2
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
Sept.-02
Sept.-03
Sept.-04
Sept.-05
Sept.-06
57
V- La Dette Publique externe
V.1- Encours de la Dette Publique Externe
A la fin de l’exercice 2005-2006, l’encours de la dette publique externe a crû de 6,04 % pour se
chiffrer à 1 418,6 millions de dollars ÉU. Cet accroissement découle du flux net positif enregistré
au cours de cette période et de l’appréciation des autres devises, composant le portefeuille de la
dette externe, par rapport au dollar. Par contre, le taux d’endettement de l’économie s’est ralenti
pour se situer à 27,42 %
18
en septembre 2006 contre 33,87 % en septembre 2005,
consécutivement à une croissance de 19,20 % du PIB nominal, mais trop faible pour contrebalancer l’accélération de la progression de la dette.
sept.02
sept.03
Sept. 04
Sept. 05
1,418.60
sept.01
1,337.82
sept.00
1,316.30
sept.99
1,287.40
1,211.90
1,200.00
1,188.71
1,400.00
1,170.30
1,600.00
1,162.40
Graphique 21- Encours de la Dette Publique Externe (en millions de dollars EU)
1,000.00
800.00
600.00
400.00
200.00
0.00
DETTE EXTERNE TOTALE
CREANCIERS MULTILATERAUX
Sept. 06*
CREANCIERS BILATERAUX
18 Ratio Encours de la dette rapporté au PIB - Donnée provisoire
58
V.1.1- Créances Bilatérales
Les créances bilatérales ont crû de 11,40 % en 2006 pour se chiffrer à 244,6 millions de dollars
ÉU. Cette hausse, comptant pour 17,24 % de la dette externe, est due à l’effet de l’insertion des
intérêts retardés dans le calcul du paiement des arriérés d’une part, et d’autre part au
reclassement d’un ancien prêt multilatéral
19
dans la catégorie des prêts bilatéraux. Les principaux
créanciers bilatéraux d’Haïti ont été tous des pays européens à l’exception de la Chine. En effet,
l’Italie, la France, l’Espagne et la Chine, ont eu des parts d’aides au développement respectives
de 27%, 26%, 17 % et 22 %. Ils sont suivis des pays de l’Amérique du Nord notamment les ÉtatsUnis (7,40 %), et le Canada (1%).
V.1.2- Créances Multilatérales
La dette envers les créanciers multilatéraux a progressé de 5 % par rapport au niveau de 2005.
Elle s’est élevée à 1 174 millions de dollars ÉU et a représenté 82,76 % de la dette totale en
2006, contre 83,05 % l’exercice précédent. La Banque Interaméricaine de Développement (BID)
et le groupe de la Banque Mondiale ont détenu l’essentiel de ces créances. Elles ont enregistré
respectivement 50,35 % et 43,74 % du portefeuille de la dette externe multilatérale, tandis que
des créanciers multilatéraux comme le Fonds Monétaire International (FMI), le FIDA et l’OPEP
ont atteint ensemble 5,74 % de l’encours actuel.
V.1.3- La structure de l’encours de la dette en devises
Au 30 septembre 2006, le portefeuille de la dette publique externe est constitué d’un poids de
45,36 % libellé en dollars américains, de 36,66 % en Droits de Tirage Spéciaux et de 17,89 % en
autres devises. L’évolution de l’encours de la dette externe du pays est très influencée par le
cours du dollar ÉU comparativement aux autres devises. Ceci est d’autant plus vrai que le panier
de monnaies, définissant les Droits de Tirage Spéciaux, est composé de 45% de sa valeur
exprimée en dollars ÉU contre 29% en euro, 15 % en Yen et 11 % en livre sterling.
19/ Prêt 4-0-HA géré par la banque mondiale pour les pays Angleterre, Danemark et autres pays européens équivalent à un montant de 4 millions
de dollars ÉU
59
Graphique 22- Composition du portefeuille de la dette externe par type de devise (en %)
50.00%
45.36%
45.00%
40.00%
36.66%
35.00%
30.00%
25.00%
20.00%
15.00%
9.92%
10.00%
3.90%
5.00%
1.79%
1.33%
0.53%
0.50%
JPY
AUTRES
HTG
NOK
0.00%
USD
DTS
EURO
CAD
V.1.4- Répartition de l’encours par secteur économique
Les ressources d’endettement ont, pour l’essentiel, profité au Gouvernement et aux secteurs
comme le « Transport », l’« Eau et Infrastructure » et l’« Énergie et Agriculture » ». Les fonds
destinés au gouvernement et à ces secteurs ont représenté 81 % de la dette accumulée à la fin
de septembre 2006. Par contre les secteurs tels que l’éducation, la santé, l’industrie,
l’environnement et le secteur privé partagent les 19 % restants.
Graphique 23- Dette Extérieure par secteur économique (millions de dollars)
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
Au 30 septembre2005
priv/sect
autres
enviro
sante
educ
BOP
energ
agr
eau/infrac
transp
gvt
0
Au 30 septembre2006
60
V.2- Décaissements, Service de la dette et Arriérés de paiements
Les fonds mobilisés en 2006 dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale, ont atteint
82,2 millions de dollars ÉU, soit environ 16 millions de moins qu’en 2005. Cette diminution est
causé par le ralentissement du rythme de croissance des flux nets des ressources d’emprunts
extérieurs. Les tirages sur ces derniers ont été orientés vers les secteurs Gouvernement
(71,86%), Transport et logement social (9,47 %), Agriculture (8,81 %), Santé (3,73 %), Education
et investissement social (6,13 % ). Parallèlement, les remboursements de dette ont totalisé 57
millions de dollars ÉU dont 47 % à la Banque Interaméricaine de Développement, 30 % au
20
groupe de la Banque Mondiale, 10 % au Fonds Monétaire International et 13 %
aux autres
créanciers.
Graphique 24- Evolution des décaissements et des Arriérés de paiements
(en millions de dollars)
120.00
109.70
104.92
100.00
98.108
80.00
74.20
82.122
72.5
61.10
60.00
50.80
40.00
49.2
50.93
49.01
45
35.39
20.00
18.61
34.47
23.26
13.04
5.95
0.00
0
1996
0
1997
0
1998
0
1999
2000
Décaissements
2001
2002
2003
2004
2005
2006
Arriérés de paiements
20 l’OPEC 2%, le FIDA 3%, l’USA 2.4 %, ICDF et EXIMBANK /Chine5% et le Canada 0.86%
61
Graphique 25- Evolution des décaissements, des amortissements, du service de la dette et
des flux nets (en millions de dollars)
140
120
100
80
60
40
Amortissements
sep.06
sep.05
sep.04
sep.03
Sep-02
Decaissements
Sep-01
Sep-00
Service de la dette
Sep-99
Sep-98
Sep-97
-20
Sep-96
0
Sep-95
20
Flux nets
Rapporté à la valeur des exportations, le service de la dette représente 8,20 % en 2006, contre
8,50 % en 2005, fléchissement occasionné particulièrement par la hausse des exportations. Le
ratio service de la dette/décaissements, de son côté est passé de 51,70 % en 2005 à 69,40 % en
2006, en raison notamment d’une augmentation des règlements extérieurs au titre du service de
la dette et d’une baisse des fonds effectivement débloqués pour le pays.
V.3- Situation d’Haïti dans le cadre de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE )
En 1996, le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale ont lancé un programme
d’allègement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), avec pour objectif de
ramener la dette de ces pays à un niveau soutenable. Le renforcement de cette initiative en
1999, a permis de réviser à la baisse les critères de quantitatifs. Ainsi, le seuil d’éligibilité
21
concernant les exportations, basé sur le ratio VAN
Dette / Exportations, devant se trouver dans
l’intervalle 200 % - 250 %, a été réduite à 150 %.
Au cours de l’année 2006, l’analyse de la soutenabilité de la dette externe d’Haïti menée par les
deux institutions de Bretton Woods, conjointement avec les autorités haïtiennes, a révélé que le
pays, sur la base des données de 2005, a été éligible, selon les critères suivants :
?
21
Être admissible aux prêts de l’IDA
22
;
Valeur actualisée nette
22/ L'IDA est le guichet concessionnel de la Banque Mondiale réservé aux pays les plus pauvres. Ce fonds accorde des prêts très concessionnels d'une durée de 40
ans, à un taux de 0,75%, avec une période de grâce de 10 ans.
62
?
Avoir un degré d’endettement insoutenable, tel qu’illustré par le ratio
actualisée nette (VAN) de la dette aux exportations dépassant 150 %
?
de
23
la
valeur
;
Etablir des antécédents positifs dans la mise en œuvre de réformes et de bonnes
politiques économiques au moyen de programmes appuyés par le FMI et la Banque
Mondiale ;
?
Avoir produit un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP).
Tableau 6 : Résumé de la situation de l’allégement de la dette d’Haïti
Valeur nominale
Valeur actualisée nette
en millions de dollars ÉU
en millions de dollars ÉU
1 336
928
212,9
143
464
243
Encours de la dette au 30 septembre 2005
Allègement au Point de décision
24
Allègement au Point d’achèvement
Source : BRH/Direction des affaire internationale
23/ En septembre 2005, après considération des mécanismes traditionnels d’allégement de la dette, le ratio en VAN équivalait 176,7% des exportations de biens et
services d’Haïti.
24/ A ce point on aura une contribution de 110,9 pour les multilatéraux et un montant de 102,0 pour les bilatéraux
63
B- Évolution du système bancaire en 2006
En 2006, les activités du système bancaire ont évolué dans un environnement favorable
caractérisé par une réduction des pressions inflationnistes et la croissance de l’investissement
global. Ainsi, le bilan du système bancaire a crû de 10,20 % par rapport à l’exercice précédent,
tandis que le bénéfice net réalisé par les banques a atteint un niveau record de 1,22 milliard de
gourdes, soit une hausse de 205,80 % en glissement annuel.
La croissance des actifs bancaires a été principalement financée par la progression de l’avoir des
actionnaires (16,51 %), d’où une meilleure assise financière du système, tandis que le rythme de
croissance des dépôts a ralenti au cours de l’exercice. En effet, dans le cadre du processus de
consolidation de l’actif et de l’avoir des actionnaires dans lequel se sont engagées les institutions
bancaires, la part des dépôts dans le passif bancaire est évaluée à 89,27 %, soit le niveau le plus
bas depuis 2003.
Par ailleurs, l’exercice 2005-2006 a été marqué par une meilleure qualité de l’actif et une plus
grande rentabilité du système bancaire, notable à travers la réduction du ratio d’improductifs et
du taux d’exposition. Une amélioration sensible a été observée au niveau du rendement de l’actif
(ROA) et de l’avoir des actionnaires (ROE), tandis que les dépenses d’exploitation en
pourcentage du produit net bancaire se sont élevées à 70,66 %. Pour l’année 2006, le système
bancaire a donc dépensé 70,66 centimes pour 1 gourde de revenu généré, soit 9,88 centimes de
moins qu’en 2005.
Parallèlement, le degré de concentration du système bancaire s’est renforcé suite à
l’augmentation du poids des 3 premières banques dans le total de l’actif, des dépôts et des prêts.
Cette forte concentration résulte de la démobilisation et de l’absorption de 2 banques, accroissant
ainsi le poids des établissements bancaires les plus importants.
Les bouleversements enregistrés au niveau du système, occasionnant sept missions d’inspection
générale par la BRH, n’ont, toutefois, pas affecté la bonne performance des institutions bancaires
qui ont pu globalement respecter les limites réglementaires et les normes prudentielles avec de
meilleurs résultats. De ce fait, une réduction des pénalités imposées par la BRH a été observée
au cours de l’exercice.
64
VI- Le système bancaire : Vue d’ensemble
Au terme de l’exercice fiscal 2006, l’actif du système bancaire s’est chiffré à 72,5 milliards de
gourdes, soit une hausse de 10,20 % par rapport à 2005. Les actifs en gourdes ont crû de
10,89% et ceux en devises non convertis ont progressé de 20,47% (158,3 millions de dollars). La
dollarisation de l’actif bancaire s’est maintenue, malgré l’appréciation de la gourde par rapport au
dollar américain.
La croissance du portefeuille de crédit brut des banques, évaluée à 3,10%, a ralenti
considérablement par rapport au taux de croissance moyen (20,30 %) enregistré au cours des
trois dernières années. Un résultat similaire a été observé pour les dépôts totaux (61,3 milliards
de gourdes) qui ont crû de 8 % au cours de l’exercice 2005-2006, contre une progression de
24,20 % en moyenne au cours des trois précédentes années. Par rapport à l’exercice précédent,
le stock de prêts improductifs a, quant à lui, reculé de 7,20 % pour s’établir à 2,53 milliards de
gourdes au 30 septembre 2006 (dont 1,53 milliard pour une banque généralement considérée
comme outlier). Ainsi, la qualité du portefeuille de crédit s’est améliorée, le taux d’improductifs
25
bruts étant passé de 12,38 % à 11,14 % .
L’amélioration de la qualité du portefeuille de crédit, l’augmentation de 208,60 % des revenus des
bons BRH et celle des revenus d’intérêt sur les prêts de 13,20 %, ont entraîné une hausse de
30,50 % du produit net bancaire, alors que les dépenses d’exploitation n’ont augmenté que de
14,50 %. Il en est résulté une progression de 205,80 % du bénéfice net, évalué à 1,22 milliard de
gourdes à la fin de l’exercice. Ce taux de croissance est le plus élevé que le système ait
enregistré depuis les cinq dernières années. De plus, les indicateurs de performance, ROA et
ROE ont plus que doublé par rapport à l’année dernière pour s’établir à 1,76 % et à 34,17 %
respectivement.
L’assise financière du système s’est renforcée au cours de l’année fiscale 2006. Le ratio « Avoirs
des actionnaires en pourcentage de l’actif » a gagné 29 points base en se fixant à 5,30%. En
outre, le taux d’exposition des fonds propres au risque de crédit s’est grandement amélioré, vu
que les prêts improductifs nets ne représentent que 7,05 % des fonds propres comparativement
à 42,19% au 30 septembre 2005.
25
Ce taux est de 4,42 % sans la banque «outlier».
65
Tableau 7- Indicateurs financiers clés pour l’exercice terminé le 30 septembre en MG
(en millions de gourdes)
BILAN
2006
2005
2004
2003
2002
Actif
Bons BRH
Prêts nets
Dépôts
Avoir des actionnaires
72 519,41
7 683,51
20 486,60
61 311,22
3 840.37
65 810,65
5 527,10
20,724,02
56 771,15
3 296,08
55 931,02
3 543,78
17 059,24
48 057,16
2 947,50
50 916,48
3 818,00
16 228,32
43 028,99
2 730,23
35 330,05
RÉSULTATS
Revenus nets d’intérêt
Autres revenus
Dotation à la Provision pour Créances douteuses
Frais d’exploitation
Bénéfice net (perte nette)
2 511,28
1 788,41
297,61
3 461,68
399,56
2 517,87
1 790,25
298,51
3 469,97
398,80
2 732,66
1 400,70
299,04
3 303,28
428,81
2 674,53
1 458,59
184,51
2 866,43
834,81
3 151,42
12 160,52
30 204,52
2 045,29
1 846,09
957,67
179,42
2 230,00
321,52
(en pourcentage)
STRUCTURE FINANCIÈRE
5,30
84,54
Avoir des actionnaires en % de l’actif
Dépôts en % de l’actif
QUALITÉ DE L’ACTIF
Prêts improductifs bruts en % des prêts bruts
Provisions pour créances douteuses en % des
prêts improductifs bruts
Prêts improductifs nets en % de l’avoir des
actionnaires
RENTABILITÉ
Rendement de l’actif (ROA)
Rendement de l’avoir des actionnaires (ROE)
Revenus nets d’intérêts en % des revenus
d’intérêt
Rendement moyen des prêts
a
Rémunération moyenne des dépôts
Dépenses d’exploitation en % du produit net
bancaire
Produit net bancaire par employé (en milliers de
gourdes)
Nombre d’employés
Source : BRH/Direction de la supervision
5.01
86.26
5,27
85,92
5,36
84,51
5,79
85,49
12.38
11,14
89,32
7,05
6,92
49.09
42.19
88,94
4,72
0.66
12.77
71.83
13.78
1.88
0,80
15,10
55,11
19,74
4,89
70,66
80.54
79,92
1 462,78
3 749,00
1 53,75
3 36,00
1 209,12
3 532,00
1,76
34,17
72,24
14,01
2,30
5,51
6,51
97,17
0,98
84,39
6,39
1,94
35,00
65,65
20,79
3,82
0,98
16,92
66,94
18,15
3,25
69,35
79,31
1 293,82
3 305,00
847,54
3 265,00
a/ Dépôts moyens de la période, y compris les dépôts à vue.
66
VI.1 Le système bancaire
VI.1.1- Établissements et environnement concurrentiel
Au cours de l’exercice 2006, suite à l’absorption de la Promobank par la Sogebank et à la
démobilisation de la Socabel, le nombre de banques est passé de 13 à 11. Le système bancaire,
26
en fonction de ses activités principales et de ses sources de capitaux , est réparti comme suit :
deux (2) banques commerciales d’État, deux (2) succursales de banques étrangères, sept (7)
banques commerciales haïtiennes dont une (1) banque d’Épargne et de Logement.
Tableau 8- Établissements bancaires fonctionnant en Haïti au 30 septembre 2006
Banques
commerciales d’État
Banque Nationale de Crédit (BNC)
Banques
commerciales à
capitaux privés
haïtiens
Capital Bank
Banque Populaire Haïtienne (BPH)
Banque Industrielle et Commerciale d’Haïti (BICH)
Banque de l’Union Haïtienne (BUH)
Société Caraïbéenne de Banque (Socabank)
Société Générale Haïtienne de Banque (Sogebank)
Unibank
Succursales de
banques
commerciales
étrangères
Bank of Nova Scotia (Scotiabank)
Citibank N.A. (CBNA)
Banques d’épargne
Société Générale Haïtienne de Banque d’Épargne et de Logement
et de logement à
(Sogebel)
capitaux privés
haïtiens
Source : BRH/Direction de la supervision
Environnement concurrentiel
Au cours de l’exercice 2006, une seule succursale autorisée depuis l’exercice passé a été mise
en opération et une autre a été relocalisée pour cause de sécurité. D’une manière générale, le
réseau s’est contracté de cinq (5) points de service pour se chiffrer à un effectif de 163
succursales au 30 septembre 2006.
26
Le décret du 14 novembre 1980 réglementant le fonctionnement des banques et les activités bancaires sur le territoire de la République
d’Haïti définit les banques commerciales comme des établissements dont les activités principales consistent à recevoir du public des
dépôts à vue ou à terme et à effectuer des opérations de crédit à court, à moyen ou à long terme selon les prescriptions de la BRH.
La loi du 28 août 1984 portant création et fonctionnement des banques d’épargne et de logement (BEL) définit ces dernières comme des
établissements dont les activités principales consistent à mobiliser l’épargne privée et publique, nationale ou étrangère, en vue de l’octroi
de prêts hypothécaires à moyen et long terme devant servir à l’acquisition, à la construction ou à la restauration d’immeubles à usage
résidentiel, commercial, industriel ou à caractère social.
67
Tableau 9- Nombre de succursales et agences autorisées par Établissement bancaire
Succursales
autorisées
et
2006
0
agences
2005
+1
2004
+6
2003
+11
2002
+15
Source : BRH-Direction de la Supervision
Tableau 10- Évolution du nombre de succursales autorisées par établissement bancaire
Établissements
2006
Nombre de
succursales
a
et agences autorisées
2005
Nombre de
succursales
a
et agences autorisées
P-AU-P
&
b
environs
P-AU-P
&
b
environs
Villes de
province
Villes de
province
BICH
1
0
1
0
BNC
8
15
8
15
BPH
5
0
4
0
BUH
5
7
5
7
Capital Bank
11
3
11
3
Citibank
1
0
1
0
Promobank
7
2
Scotiabank
4
0
4
0
Socabank
9
9
15
8
Socabel
1
0
Sogebank
32
11
25
10
Sogebel
3
0
3
0
Unibank
22
17
22
16
Total
101
62
107
61
Source : BRH/Direction de la supervision du système bancaire
Variation
d
P-AU-P
&
b
environs
Villes de
provinc
e
+1
-7
-6
-1
+7
+0
-6
-2
+1
+1
+1
+1
a/ Par agence on entend une unité qui offre des services bancaires limités et qui ne jouit pas d’une autonomie de fonctionnement.
b/ Englobe la ville de Port-au-Prince et les régions périphériques : Pétion-ville, Laboule, Delmas, Carrefour, la Plaine du Cul-de-sac et Croix-des Bouquets.
Aucune demande officielle d’agrément pour l’octroi de licence de banque durant l’exercice. Par
contre, la SOGEBANK a absorbé la totalité de l’actif et du passif de la Promobank. La Socabel, a
été démobilisée et ses actifs ainsi que ses passifs ont été transférés à la Socabank, son
actionnaire majoritaire.
VI.2- Structure du système bancaire
La tendance à la hausse de la concentration du système bancaire affichée au cours des cinq
dernières années s’est renforcée pendant l’exercice 2005-2006. Au niveau de tous les segments
68
de marché, le poids des trois principaux établissements bancaires a augmenté. De même,
l’indice Herfindhal-Hirschman a indiqué une élévation de la concentration du système bancaire.
Poids des trois principaux établissements bancaires
Au terme de l’exercice 2006, l’actif du système bancaire est concentré à 71,57 % au niveau des
trois premiers établissements bancaires contre 63,62 % à la fin de l’exercice précédent. À cette
même date, le portefeuille de prêts, l’enveloppe des dépôts totaux et le volume des dépôts en
dollars américains sont concentrés respectivement à hauteur de 66,04 %, 72,38 % et 75,20 %
contre 60,71 %, 66,51 % et 71,47 % au 30 septembre 2005 au niveau de ces mêmes
établissements. La tendance haussière de la concentration du système au cours de l’exercice a
été, en partie, accélérée suite à l’absorption de la Promobank par la Sogebank et à la
démobilisation de la Socabel.
Tableau 11- Poids des principaux établissements bancaires (au 30 septembre, en %)
Actif
Total
Portefeuille
de prêts
Dépôts
Totaux
Dépôts en
dollars ÉU
2006 (11 établissements)
Les trois premiers établissements
71,57
66,04
72,38
75,20
63,62
60,71
66,51
71,47
7,95
5,33
5,87
3,73
2005 (13 établissements)
Les trois premiers établissements
Variation 2005/2006
Les trois premiers établissements
Source : BRH/Direction de la supervision du système bancaire
Poids des différentes catégories d’établissements bancaires
L’évolution des parts de marché des établissements bancaires durant les cinq (5) dernières
années est indiquée au tableau suivant. La part de marché qu’ont occupée les six (6) banques
commerciales privées haïtiennes au niveau de l’actif total a perdu 2 points de base pour atteindre
77,36 % à la fin de l’exercice 2005-2006, tandis que sur les marchés du crédit, des dépôts totaux
et des dépôts en dollars ÉU, les parts détenues par ces banques ont baissé respectivement de
1,10 ; 0,82 et 2,29 points de pourcentage.
69
Les succursales de banques étrangères, occupant 7,84 % de l’actif du système (contre 7,93 %
en septembre 2005), ont vu leur part de marché relative au portefeuille de prêts (12,90 %), aux
dépôts totaux (7,73 %) et aux dépôts en dollars ÉU (8,92 %) augmenter dans une fourchette de
0,2 à 1,7 point de pourcentage.
Les parts de marché des banques d’État ont augmenté à tous les niveaux, la plus forte
augmentation (de 1 point de pourcentage) étant enregistrée au niveau des dépôts totaux. Vu la
démobilisation de la Socabel, la part de marché de la catégorie «banque d’épargne et de
logement » a baissé sur tous les segments de marché.
Tableau 12- Poids des différentes catégories d’établissements bancaires au 30 septembre en %
Catégories de banques
Actif
Total
Portefeuille
de prêts
Dépôts
Totaux
Dépôts en
dollars ÉU
2006
6 Banques commerciales privées haïtiennes
2 Succursales de banques étrangères
2 Banques commerciales d’État
1 Banque d’épargne et de logement privée
haïtienne
77,36
7,84
11,64
3,15
75,49
12,90
7,25
4,37
79,33
7,73
10,12
2,82
82,11
8,92
5,17
3,80
2005
7 Banques commerciales privées haïtiennes
2 Succursales de banques étrangères
2 Banques commerciales d’État
2 Banques d’épargne et de logement privées
haïtiennes
77,36
7,93
10,87
3,82
76.6
11.2
6.9
5.3
80,2
7,5
9,1
3,2
84,40
7,04
4,51
4,06
100,0
100,0
100,0
100,0
77,0
7,8
10,2
5,0
80,4
10,2
5,0
4,4
80,0
6,8
8,6
4,6
84,9
5,9
3,8
5,4
100,0
100,0
100,0
100,0
77,4
8,3
10,4
3,9
76,7
12,5
6,4
4,4
80,2
7,3
8,9
3,6
84,6
7,0
4,5
3,9
100,0
100,0
100,0
100,0
75,1
10,1
10,8
3,9
76,1
13,9
5,9
4,1
77,2
9,9
9,4
3,5
81,7
9,4
4,3
4,6
100,0
100,0
100,0
2004
7 Banques commerciales privées haïtiennes
2 Succursales de banques étrangères
2 Banques commerciales d’État
2 Banques d’épargne et de logement privées
haïtiennes
2003
7 Banques commerciales privées haïtiennes
2 Succursales de banques étrangères
2 Banques commerciales d’État
2 Banques d’épargne et de logement privées
haïtiennes
2002
7 Banques commerciales privées haïtiennes
2 Succursales de banques étrangères
2 Banques commerciales d’État
2 Banques d’épargne et de logement privées
haïtiennes
100,0
Source : BRH/Direction de la supervision du système bancaire
70
Indicateur de concentration Herfindhal-Hirschman
25
L’indice de concentration Herfindhal-Hirschman a indiqué en 2006 que seul le marché du crédit,
avec un niveau de 1 797,62, a présenté une concentration modérée. Les marchés des dépôts
totaux et ceux en dollars américains ont été fortement concentrés avec des niveaux de 2 266,73
et de 2 463,53 respectivement. D’une manière générale, l’indice a avancé que l’actif du système
bancaire est très concentré avec un score de 2 122,23.
Tableau 13- Indicateur de concentration Herfindhal-Hirschman25
au 30 septembre 2006
Actif
total
Portefeuille
de prêts
Dépôts
Totaux
Dépôts
EU
2 122,23
1 797,62
2 266,73
2 463,53
2005
1 760,1
1 502,04
1 863,25
2 058,08
2004
1 627,1
1 477,2
1 744,8
2 027,3
2003
1 606,4
1 414,0
1 727,2
1 940,3
1 540,8
1 753,0
2006
2002
1 469,3
1 391,2
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
25 Cet indicateur est donné par la somme des carrés des parts de marché de l’ensemble des banques. Une diminution de l’indice traduit une baisse du degré de
concentration. En général, pour un marché donné, une valeur inférieure à 1 000 témoigne d’une faible concentratio n, une valeur comprise entre 1 000 et 1 800 une
concentration modérée et une valeur supérieure à 1 800 une forte concentration.
VI.3- Distribution du crédit bancaire en 2006
La part de crédit allouée aux différents secteurs d’activité au cours de l’exercice a connu des
variations plus ou moins appréciables et, en terme d’échéance, le poids des prêts à moyen terme
a connu la plus forte variation à la hausse.
Répartition de l’encours des prêts par secteur d’activité
Comme cela a été le cas depuis plusieurs années consécutives, à la fin de l’exercice 2005-2006,
plus de 2/3 du crédit bancaire se sont trouvés concentrés au niveau de trois (3) secteurs
d’activité : « Commerce de gros et de détail », « Services et autres » et « Industries
manufacturières ». To utefois, par rapport à l’exercice antérieur, on a constaté une baisse dans la
part de crédit allouée à ces secteurs, passant de 70,10 % fin septembre 2005 à 68 % au 30
septembre 2006. Cette baisse est essentiellement due à celle des parts de crédits allouées aux
secteurs «Commerce de Gros et de Détail » et « Services et autres » qui ont respectivement
71
reculé de 2,3 et de 1,3 points de pourcentage. La part du secteur «Industries Manufacturières» a
augmenté de 1,5 point de pourcentage pour se chiffrer à 21,70 % à la fin de l’exercice.
La fraction du crédit dont a bénéficié le secteur « Bâtiments et Travaux publics » a connu la plus
forte hausse au cours de l’exercice, passant à 5,50 % au 30 septembre 2006, soit une hausse de
3,43 points de pourcentage.
Le secteur « Agriculture, Sylviculture et Pêche » a reçu comme par le passé la plus faible part de
crédit (0,0002%). Toutefois, le crédit octroyé à ce secteur a augmenté de 4 millions de gourdes,
soit une hausse de 198,91 % par rapport à l’année dernière.
Tableau 14- Répartition de l’encours des prêts par secteur d’activité au 30 septembre
(en millions de gourdes et en pourcentage)
2006
2005
Variation
a
a
Secteurs d’activité
Point
de en %
Montant
%
Montant
%
Commerce de Gros et Détail
6 750,74
27,3
6 950,41
29,6
-2,32
Services et autres
4 702,99
19,0
4 778,41
20,3
-1,35
Industries manufacturières
5 361,87
21,7
4 745,23
20,2
1,46
Prêts aux particuliers
2 399,95
9,70
2 940,48
12,5
-2,82
Immobilier résidentiel et
2 827,64
11,40
2 786, 16
11,9
-0,44
commercial
Transport, Entrepôt et
945,42
3,80
498,54
2,1
+1,70
Communication
Bâtiments et travaux publics
1 367,21
5,50
491,0
2,1
+3,43
Électricité, Gaz et Eau
399,65
1,60
300,34
1,3
+0,34
Agriculture, Sylviculture et
5,86
0,00
1,86
0,0
+0,02
Pêche
Total
24 761,37
100,0 23 492,46 100,0
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
a: Comprend aussi des engagements hors-bilan.
Répartition de l’encours des prêts par tranche et par classe d’emprunteurs
Le crédit a présenté une distribution asymétrique, caractérisée par une forte concentration au
niveau des prêts de gros montants octroyés à 10 % des emprunteurs alors qu’une faible fraction
des prêts totaux a été octroyée à une forte proportion de la population des emprunteurs.
En effet, au terme de l’exercice 2006, 80 % (17 084,1 MG) du crédit bancaire se sont concentrés
au niveau de 10 % des emprunteurs et se sont retrouvés dans la tranche de 5 MG et plus. Par
contre, seulement 2 % du crédit ( 426,1 MG) du système sont octroyés à 45 % de la population
des emprunteurs et font partie de la tranche de prêts se situant en dessous de 250 000 gourdes.
Le nombre d’emprunteurs le moins élevé (422 contre 383 en 2005) se trouve dans la tranche de
72
crédit comprise entre 2,5 MG et moins de 5 MG gourdes ; ils ont bénéficié de 7,10 % (6,81 % en
2005) du crédit total, soit 1,51 milliard de gourdes.
Tableau 15- Répartition de l’encours des prêts par tranche (prêts de 75 000 gourdes ou plus) 26
(au 30 septembre)
Nombre
d'emprunteurs
Nombre
d’emprunteurs en %
Encours
des prêts,
en millions de
gourdes
Encours
des
prêts,
en %
75 000 à 249 999
250 000 à 499 999
500 000 à 999 999
1 000 000 à 2 499 999
2 500 000 à 4 999 999
5 000 000 ou plus
Total
2005
3 263
1 248
853
743
422
689
45
17
12
10
6
10
426,11
447,90
598,27
1 185,09
1 509,94
17 084,10
2,00
2,10
2,80
5,60
7,10
80,4
7218
100
21251.41
100
75 000 à 249 999
250 000 à 499 999
500 000 à 999 999
1 000 000 à 2 499 999
2 500 000 à 4 999 999
5 000 000 ou plus
Total
2004
3 330
1 101
861
764
382
700
7 138
46.65
15.43
12.07
10.7
5.35
9.81
100
431,76
395,93
618,65
1 228,95
1 367,59
16 700,70
20 743,60
2,13
1,96
3,18
6,05
6,84
79,83
100
75 000 à 249 999
250 000 à 499 999
500 000 à 999 999
1 000 000 à 2 499 999
2 500 000 à 4 999 999
5 000 000 ou plus
2 780
1 123
874
764
326
595
43
17
14
12
5
9
379,67
400,44
623,16
1 215,46
1 147,97
8 682, 2
3.24
3.41
4.89
8.98
9.07
68.13
Total
2003
6 462
100
12 743, 7
100
75 000 à 249 999
250 000 à 499 999
500 000 à 999 999
1 000 000 à 2 499 999
2 500 000 à 4 999 999
5 000 000 ou plus
Total
2002
75 000 à 249 999
250 000 à 499 999
500 000 à 999 999
1 000 000 à 2 499 999
2 500 000 à 4 999 999
5 000 000 ou plus
Total
2 541
1 054
810
698
311
549
43
18
13
12
5
9
338,0
377,1
577,8
1 110,1
1 104,1
12 501,3
2
2
4
7
7
78
5 963
100
16 008,5
100
2 838
1 043
820
677
298
448
46
17
14
11
5
7
373,5
370,8
586,6
1 065,1
1 035,6
8 728,5
3
3
5
9
9
72
6 124
100
12 160,0
100
Tranches de prêts
2006
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
26 Ce tableau porte sur les prêts dont l’encours global est supérieur à 75 000 gourdes. Il indique le taux de concentration par tranche d’emprunteurs
pour la population considérée.
73
Répartition de l’encours des prêts par échéance
26
La structure de maturité du crédit bancaire a été modifiée par rapport à l’exercice 2005. La part
des prêts à long terme a gagné 5 points de pourcentage, à 23 %. Le poids des prêts à court
terme a chuté de 9 points de pourcentage pour s’établir à 49 %. Les prêts à moyen terme ont vu
leur part augmenter de 4 points de pourcentage, atteignant 28 % en septembre 2006.
Graphique 26- Répartition en pourcentage et selon l’échéance de l’encours
des prêts de 75 000 gourdes ou plus (au 30 septembre)
long terme
23%
2006
2005
long terme
18%
court terme
49%
court terme
58%
moyen terme
24%
moyen terme
28%
Répartition du nombre de prêts par emprunteur
Durant les cinq dernières années, le nombre de prêts octroyés par le système bancaire et le
nombre d’emprunteurs ont globalement évolué à la hausse. Par rapport à l’année dernière le
nombre de prêts (33 106) a augmenté de 9 302 unités et le nombre d’emprunteurs (7 218) s’est
accru de 80 unités. Il en est résulté une augmentation du ratio «nombre de prêts/emprunteur» qui
est passé de trois (3) prêts par emprunteur en 2005 à environ 5 au 30 septembre 2006.
Tableau 16- Répartition du nombre de prêts par emprunteur ( au 30 septembre)
2006
2005
2004
2003
2002
Nombre de prêts
33 106
23 804
22 307
23 057
16 233
Nombre d’emprunteurs
7 218
7 138
6 462
5 963
6 124
Nombre de prêts/nombre d’emprunteurs
5
3
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
3
4
3
VI.4 Parts de marché individuelles
Suite à la démobilisation de la Socabel et à l’acquisition des actifs et passifs de la Promobank par
la Sogebank, celle-ci a conforté sa première position avec 31,68 % des parts du marché de l’actif
en 2006 contre 27,46 % en 2005. La Unibank a également consolidé sa deuxième place, tout en
26
a) court terme : prêts ayant une échéance initiale comprise entre 0 et 12 mois ; moyen terme : prêts ayant une échéance initiale
comprise entre 13 et 48 mois ; long terme : prêts ayant une échéance initiale supérieure à 48 mois.
74
gagnant 2,68 points de pourcentage de plus, atteignant ainsi 29,63 % du marché. Par contre, la
Socabank a laissé la troisième place à la Banque Nationale de Crédit, qui a gagné 1,08 point de
pourcentage de parts de marché, pour reculer à la quatrième place, avec 6,97 % du marché, soit
une perte de 2,24 points de pourcentage. D’autres banques, notamment la CapitalBank, la
Citibank et la BUH, ont vu leur position s’améliorer légèrement, avec des gains de part de
marché, tandis que des pertes ont été enregistrées par la Sogebel, la Scotiabank et la BPH.
La fin des opérations de la Promobank et de la Socabel a modifié le classement des banques sur
le marché du crédit. La Sogebank s’est hissée à la première place avec 28,37 % de part de
marché, la Unibank est passée à la deuxième place ; la Socabank, en dépit de sa situation
difficile s’est maintenue à la troisième place. La Citibank et la CapitalBank sont classées
respectivement en quatrième et cinquième places. La sixième est occupée par la Scotiabank, et
la BNC s’est maintenue en septième position. La Sogebel conserve le huitième rang tandis que la
BUH et la BPH se retrouvent respectivement en neuvième et dixième places. Les gains de part
de marché ont varié entre 3 et 531 points de base, les pertes entre et 1 et 170 points de base.
Tableau 17- Parts de marché et rang en termes d’Actif total et portefeuille de prêts bruts
(au 30 septembre)
Actif Total
Prêts Bruts
2006
2005
2004
2006
2005
2004
Parts Rang Parts de Rang Parts Rang Parts Rang Parts de Rang Parts de Rang
de
marché
de
de
marché
marché
marché
(en %)
marché
marché
(en %)
(en %)
(en %)
(en %)
(en %)
Sogebank
31.68
1
27.46
1
26.61
1
28.37
1
23.05
2
20.88
2
Unibank
29.63
2
26.95
2
24.36
2
25.97
2
24.25
1
22.50
1
BNC
10.26
3
9.19
4
11.62
3
4.82
7
4.61
7
17.99
3
Socabank
6.97
4
9.21
3
8.21
4
11.71
3
13.41
3
2.84
10
Promobank
4.82
7
5.29
5
6.38
5
8.77
4
Capital
5.06
5
4.92
5
4.96
6
5.66
5
5.76
6
6.20
5
Bank
Citibank
5.01
6
4.82
6
4.45
7
7.84
4
7.33
4
5.68
6
BUH
4.02
7
4.01
8
4.17
9
3.78
9
3.72
10
4.03
8
Sogebel
3.15
8
3.31
9
4.26
8
4.37
8
4.34
8
3.73
9
Scotiabank 2.84
9
3.11
10
3.30
10
5.06
6
3.88
9
4.51
7
BPH
1.38
10
1.68
11
2.01
11
2.42
10
2.25
11
2.21
11
a
Socabel
0.51
12
0.76
12
1.01
12
0.64
12
BICH
11
0.01
13
0.02
13
0.00
11
0.01
13
0.01
13
100,00
100,00
100,00
100,00
100,00
100,00
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
a) La Socabel a démarré ses opérations en novembre 2001.
b) La BHD a démarré ses opérations en novembre 1999 ; elle a été dessaisie par la BRH en février 2002.
75
Sur le marché des dépôts totaux, à l’exception de la Socabank qui a cédé la troisième place à la
BNC, aucun changement n’a été observé au niveau du classement des quatre premières
banques. Les deux premières banques (Sogebank et Unibank), la CapitalBank, cinquième, la
Citibank, sixième et la BUH, septième ont renforcé leur position tandis que les quatre dernières
ont toutes enregistré un recul de la leur.
Pour le segment des dépôts en dollars ÉU, la Citibank s’est adjugée la troisième place, la
Capitalbank la quatrième reléguant la Socabank à la cinquième place. La BNC a préservé sa
sixième place ; par contre, toutes les autres banques ont amélioré leur position à la faveur de
l’absorption des actifs et passifs de la Promobank et de la démobilisation de la Socabel.
Tableau 18- Parts de marché et rang Dépôts totaux et dépôts en dollars ÉU
(au 30 septembre)
Dépôts totaux
Dépôts en dollars ÉU
2006
2005
2004
2006
2005
2004
Parts de Rang Parts de Rang Parts de Rang Parts Rang Parts de Rang Parts de Rang
marché
marché
marché
de
marché
marché
(%)
(%)
(%)
marché
(%)
(%)
(%)
Sogebank
33.29
1
29.24
1
28.30
1
33.86
2
31.04
2
30.89
1
Unibank
30.20
2
27.35
2
25.22
2
33.96
1
31.39
1
28.56
2
BNC
8.89
3
7.81
4
12.09
3
4.34
6
8.76
3
11.40
3
Socabank
6.45
4
9.92
3
7.00
4
5.60
5
3.04
8
2.73
8
Capital Bank
5.09
5
4.88
5
4.92
6
5.68
4
5.40
5
6.07
4
Promobank
4.75
6
5.37
5
5.01
6
5.80
5
Citibank
4.85
6
4.24
7
3.40
7
7.37
3
6.03
4
4.86
6
BUH
4.29
7
4.00
8
4.09
8
3.00
8
2.56
9
2.18
9
Scotiabank
2.88
8
3.24
9
3.41
9
1.55
9
1.77
10
1.80
10
Sogebel
2.82
9
2.85
10
4.12
10
3.80
7
3.87
7
4.09
7
BPH
1.23
10
1.30
11
1.59
11
0.83
10
0.84
11
1.09
11
Socabela
0.41
12
0.49
12
0.30
12
0.54
12
BICH
0.00
11
0.01
13
0.01
13
0.00
11
0.0
13
0.0
13
100,00
100,00
100,00
100,00
100,00
100,00
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
a) La Socabel a démarré ses opérations en novembre 2001.
b) La BHD a démarré ses opérations en novembre 1999 ; elle a été dessaisie par la BRH en février 2002.
76
VII- LES ACTIVITÉS ET RÉSULTATS DU SYS TÈME BANCAIRE
VII.1 Activités bancaires
Évolution du bilan du système bancaire
L’actif du système bancaire a progressé de 10,20 %, passant de 65 810,6 MG en 2005 à 72
519,4 MG en 2006. Cette progression est imputable d’une part, à la progression des actifs en
devises de 158,3 millions de dollars américains; et d’autre part à la croissance de 10,89 % (3
541,6 MG) des actifs en gourdes.
A l’exception de l’actif des « Autres Actifs » et de celui du portefeuille net qui se sont contractés,
l’actif de tous les postes a augmenté, les taux de croissance les plus importants ont été
enregistrés au niveau des Bons BRH (39 %), des «Autres Placements » (22,40 %) et des
Immobilisations (26,30 %).
Tableau 19- Bilan du système bancaire, au 30 septembre, en millions de gourdes
2006
2005
Disponibilités
25 141,47
23 162,99
Bons BRH
7 683,50
5 527,10
Autres placements
12 684.07
10 359,55
Prêts nets
20 486,58
20 724,02
Immobilisations nettes
4 305,41
3 409,02
Autres actifs
2 218,35
2 627,95
Actif total
72 519,40
65 810,64
Dépôts
61 311,22
56 771,14
Obligations à vue
2 798,77
2 923,43
Obligations à terme
1 311,33
1 531,73
Autres passifs
3 257,71
1 288,24
Passif total
68 679,03
62 514,63
Avoir des actionnaires
3 840,36
3 296,08
Passif et avoir des
72 519,40
65 810,64
actionnaires
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
2004
22 453,87
3 543,78
7 303,93
17 059,24
2 810,29
2 759,91
55 931,02
48 057,16
2 881,06
1 038,02
1 007,27
52 983,52
2 947,50
55 931,02
2003
18 995,18
3818,00
7 448,05
16 228,31
2 387,73
2 039,19
50 916,48
43 028,99
2 904,66
1 225,36
1 027,23
48 186,25
2 730,22
50 916,48
2002
13 546,8
3151,4
3 242,7
12 160,5
1 987,4
1 241,3
35 330,0
30 204,5
1 618,2
742,4
719,6
33 284,8
2 045,3
35 330,0
Le financement de l’actif par le passif et par l’Avoir des actionnaires a progressé respectivement
de 9,90% et de 16,50 %. La progression du passif est expliquée par celle de 8 % des dépôts et
de 152,90 % des «Autres passifs », les obligations à vue et à terme s’étant respectivement
contractées de 4,30 % et 14,40%.
Tableau 20- Principaux postes du bilan du système bancaire (au 30 septembre)
(variation en pourcentage)
Disponibilités
Bons BRH
2006
8,5
39,9
2005
3.2
56.0
2004
18.2
-7.2
2003
40,2
21,2
2002
18.2
13.5
77
Autres placements
22,4
41.8
-1.9
Prêts nets
-1,1
21.5
5.1
Immobilisations nettes
26,3
21.3
17.7
Autres actifs
-15,5
-4.8
35.3
Actif total
10,2
17.7
9.8
Dépôts
8,0
18.1
11.7
Obligations à vue
-4,3
1.5
-0.8
Obligations à terme
-14,4
47.6
-15.3
Autres passifs
152,9
27.9
-1.9
Passif total
9,9
18.0
10.0
Avoir des actionnaires
16,5
11.8
8.0
Passif et avoir des actionnaires 10,2
17.7
9.8
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
130,1
33,4
20,1
64,1
44,1
42,5
79,5
64,8
42,7
44,8
33,8
44,1
29.1
15.0
13.1
2.8
16.6
16.2
15.9
29.1
24.5
16.6
16.5
16.6
L’Avoir des actionnaires est passé de 3 296,1 MG à 3 840,4 MG au 30 septembre 2006,
accusant une croissance plus soutenue que celle du passif et de l’actif. Par contre, en raison
d’une variation plus importante des Immobilisations (26,30%), le ratio Immobilisation sur Avoir
des Actionnaires a atteint 111,30 % en 2006 contre 104 % en 2005.
Tableau 21- Composition des postes du bilan du système bancaire (au 30 septembre, en %)
2006
2005
Disponibilités
34,7
35,2
Bons BRH
10,6
8,4
Autres placements
17,5
15,7
Prêts nets
28,2
31,5
Immobilisations nettes
5,9
5,2
Autres actifs
3,1
4,0
Actif total
100
100
Dépôts
84,5
86,3
Obligations à vue
3,9
4,4
Obligations à terme
1,8
2,3
Autres passifs
4,5
2,0
Passif total
94,7
95,0
Avoir des actionnaires
5,3
5,0
Passif et avoir des actionnaires
100,0
100,0
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
2004
40,1
6,3
13,1
30,5
5,0
4,9
100
85,9
5,2
1,9
1,8
94,7
5,3
100,0
2003
37,3
7,5
14,6
31,9
4,7
4,0
100,0
84,5
5,7
2,4
2,0
94,6
5,4
100,0
2002
38,3
8,9
9,2
34,4
5,6
3,5
100,0
85,5
4,6
2,1
2,0
94,2
5,8
100,0
Au 30 septembre 2006, la proportion des disponibilités s’est inscrite en baisse pour atteindre
34,70 % de l’actif. Par contre, celles des Bons BRH, des Autres Placements et des
Immobilisations ont gagné respectivement 2,2, 1,8 et 0,7 points de pourcentage, tandis que les
poids du portefeuille net et des « Autres Actifs » ont reculé respectivement de 3,3 et 0,9 points de
pourcentage. Cette réallocation a, toutefois, favorisé une augmentation des « Actifs Productifs ».
Au niveau de la structure du passif, les dépôts totaux ont perdu 1,72 point de pourcentage
comptant pour 84,50 % du passif, les Obligations à vue ont perdu 0,58 point, les Obligations à
terme 0,52 point. Par contre, les « Autres Passifs » et l’Avoir des Actionnaires ont gagné
respectivement 2,53 et 0,3 points de pourcentage, favorisant le renforcement de l’assise
financière du système.
78
Liquidités du système bancaire
Les liquidités du système bancaire ont crû de 14,41% (soit 4 134,88 MG) à 32 824,97 MG, soit un
taux de croissance plus élevé que celui de l’année dernière (de 10,36 % pour 28 690,1 MG). A
l’exception des Avoirs à l’Étranger qui ont décru de 2,90 %, toutes les composantes des liquidités
ont évolué à la hausse : l’encaisse a augmenté de 4,80 %, les Avoirs à la BRH de 11 %, les
Avoirs dans les Banques locales de 20,60 %, les Autres Liquidités de 5,20 %, et les Bons BRH
de 39 %.
Graphique 27- Liquidités du système bancaire au 30 septembre)
(en millions de gourdes)
32 824,98
28 690,09
25 997,64
22 813,18
16 698,20
+13.96
%
+36.62%
2002
2003
+14.41%
+10.35%
2004
2005
2006
Au 30 septembre 2006, les Disponibilités ont représenté 76,59 % du volume des liquidités (contre
80,74 % en septembre 2005) alors que les Bons BRH en ont compté pour 23,41% (contre
19,26% en septembre 2005). Elles sont constituées à 9,99% de l’encaisse (-0,92 par rapport au
30 septembre 2005), à 49,70% des Avoirs à la BRH (-1,52 %), à 9,26% des Avoirs à l’Étranger
(-1,65 %), à 4,43% des Avoirs dans les banques locales (+0,23 %), et à 3,22 % (-0,28 %) des
« Autres liquidités ».
Tableau 22- Composition des liquidités du système bancaire, au 30 septembre
(en millions de gourdes et en pourcentage)
2006
MG
%
2005
MG
%
2004
MG
%
Encaisse
3 280,4 9,99
3 131,4 10,91
2 750,7 10,58
Avoirs à la BRH
16 312,6 49,70
14 692,4 51,21
16 069,7 61,81
Avoirs à l'étranger
3 038,9 9,26
3 130,0 10,91
1 451,1 5,58
Avoirs dans les banques locales
1 452,6 4,43
1 204,0 4,20
1 468,0 5,65
Autres
1 057,0 3,22
1 005,1 3,50
714,2 2,75
Disponibilités
25 141,5 76,59
23 163,0 80,74
22 458,8 86,39
Bons BRH
7 683,5 23,41
5 527,1 19,26
3 543,8 13,63
32 825,0 100,00
28 690,1 100,00
25 997,6 100,00
Liquidités
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
2003
MG
2002
MG
%
2 998,8 13,15
11 595,6 50,83
2 279,3 9,99
1 069,3 4,69
1 052,0 4,61
18 995,2 83,26
3 818,0 16,74
22 813,2 100,00
%
2 196,2 13,20
7 796,4 46,70
2 022,5 12,10
790,9 4,70
740,8 4,40
13 546,8 81,10
3 151,4 18,90
16 698,2 100,00
Les liquidités du système bancaire ont représenté 45,26 % de l’actif en 2006, soit une hausse de
1,30 % par rapport à 2005. Cette évolution s’explique par la croissance plus soutenue des
liquidités que celle de l’actif.
79
Tableau 23- Liquidités du système bancaire, en pourcentage de l’actif total
(au 30 septembre)
2006
2005
2004
2003
2002
Disponibilités
34,7
35.2
40,1
37,3
38,3
Bons BRH
10,6
8,4
6,3
7,5
8,9
Liquidités
45,3
43,6
46,5
source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
44,8
47,2
Opérations interbancaires
Au terme de l’exercice fiscal 2006, le solde des opérations interbancaires se chiffre à 60 MG, soit
une baisse de 64,50 % par rapport à celui de l’exercice passé (169,2 MG). La moyenne des
opérations de fin de mois s’est élevée à 137,7 MG affichant ainsi une baisse de 14,33% par
rapport à celle de l’année 2005 (160,7 MG).
Tableau 24- Position nette interbancaire du système, en millions de gourdes et en (%)
Au 30/9/06
Au 30/9/05
2006/2005
Moyenne
Moyenne
2006/2005
mensuelle
mensuelle
2006
2005
Prêts / Emprunts
60,00
169,22
-64,5%
137,67
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
160,70
-14,33%
a/ N’inclut pas les avances accordées par la BRH
Opérations avec la clientèle
Dépôts
Le rythme de croissance des dépôts totaux a été plus faible en 2006 (+8 %) qu’en 2005
(+18,1%). Les dépôts en gourdes ont crû de 6,19 % et les dépôts en devises converties de
9,61 %. Cette croissance des dépôts en devises convertis est due d’une part à un effet volume,
les dépôts en dollars non convertis ayant crû de 20,59 % (143,8 millions de dollars américains)
et d’autre part à l’appréciation de la monnaie nationale.
80
Graphique 28- Croissance des dépôts du système bancaire au 30 septembre
(en millions de gourdes)
61311.22
56771.15
48057.16
43028.99
30136.43
+42.78%
2002
+11.68%
2003
+18.13%
2004
+7.99%
2005
2006
A l’exception des dépôts à terme, lesquels ont progressé de 10,30 %, les différentes catégories
de dépôt ont connu une croissance moins importante en 2006 qu’en 2005. En effet, les dépôts à
vue ont crû de 8,23 %, les dépôts d’épargne de 6,08 % contre respectivement 28,40 % et
23,80 % en 2005. Cette évolution des dépôts d’épargne et à vue a fait baisser de 1,8 point de
pourcentage leur poids dans la structure de financement de l’actif (84,50 % en 2006 contre
86,30 % en 2005).
Tableau 25- Variation en pourcentage des dépôts du système
Catégorie
2004
17,4%
6,9%
13,0%
2003
33,9%
41,0%
51,5%
2002
35,8%
20,2%
-0,2%
8,0%
18,1%
11,7%
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
42,5%
16,2%
Dépôts à vue
Dépôts d’épargne
Dépôts à terme
Variation du total
2006
8,2%
6,1%
10,3%
2005
28,4%
23,8%
3,8%
Les dépôts du public sont constitués à 29,50 % de dépôts à vue, 39,50 % de dépôts d’épargne et
31% de dépôts à terme, conservant ainsi la même structure qu’en 2005. Aussi, le poids des
dépôts à terme est-il resté en dessous du niveau moyen atteint au cours des cinq dernières
années (32,40 %).
81
Tableau 26- Composition des dépôts du système bancaire, au 30 septembre
(en millions de gourdes et en pourcentage)
Catégorie
2006
Dépôts à vue
Dépôts d’épargne
Dépôts à terme
2005
2004
2003
2002
18 071,25
24 185,08
19 054,88
30%
39%
31%
16 697,37
22 799,13
17 274,64
29%
40%
30%
13 002,48
18 417,05
16 637,63
27%
38%
35%
11 73,1
17 34,8
14 721,
26 %
40 %
34 %
8 268,7
12 19,2
9 716,6
27 %
41 %
32 %
61 311,21
100%
56 771,15
100%
48 057,16
100%
43029,0
100%
30204,5
100%
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
A la fin de septembre 2006, les dépôts en devises convertis ont représenté les 53,74 % des
dépôts totaux contre 52,95 % en 2005 (+80 points de base). Le poids des différentes catégories
de dépôts en devises convertis a suivi cette même tendance : les dépôts à vue, d’épargne et à
terme en devises convertis représentent respectivement 57,77 %, 43,75% et 62,59 % de
l’encours total contre 55,13 %, 44,43 % et 62,08 % l’année dernière.
Tableau 27- Évolution des dépôts en dollars ÉU du système, au 30 septembre, en MG
2006
2005
Catégorie
Dépôts
Dollars
ÉU
Dépôts
Dollars ÉU
convertis a
Dépôts
Totaux
Dépôts
dollars ÉU
Dépôts
Dollars ÉU
Convertis 1
Dépôts
totaux
18 071,1
24 185,1
19 054,9
Dépôts
Dollars
Convertis/
Dépôts totaux
57,77%
43,75%
62,58%
213,87
235,34
249,13
9 205,8
10 130,1
10 723,6
16 697,37
22 799,13
17 274,64
Dépôts
Dollars
Convertis/
dépôts totaux
55,13%
44,43%
62,08%
Dépôts à vue
Dépôts d’épargne
Dépôts à terme
266,9
270,5
304,9
10 440,2
10 580,4
11 926,4
842,2
32 947,1
61 311,2
53,74%
619.34
30 059,41
56 771,14
47,46%
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
a) Taux de conversion: 39,1292 et 43,0426 gourdes aux 30 septembre 2006 et 2005 respectivement.
Le rythme de croissance du volume des dépôts a décéléré : le taux est passé de 18,10 % en
2005 à 8 % en 2006 ; de même, celui du nombre de comptes de dépôts a perdu 0,3 point de
pourcentage pour tomber à 16,95 % au 30 septembre 2006. Le système a totalisé 1,59 million de
comptes de dépôts à la fin de l’exercice contre 1,36 million l’année antérieure.
Taux de bancarisation
Par ailleurs, le ratio déposants/population active
27
n’a cessé de croître depuis les cinq (5)
dernières années, atteignant 19 % au 30 septembre 2006, soit un gain de trois (3) points de
pourcentage par rapport à l’année précédente. La valeur moyenne de ce ratio sur les cinq (5)
dernières années est de 13,60 %. Le taux de bancarisation
28
(en terme nominal) s’est toutefois
27
Le nombre de déposants a été estimé comme étant la moitié du nombre de comptes de dépôts du système
bancaire.
28
Taux de bancarisation = volume de dépôts/PIB nominal
82
inscrit en baisse par rapport à l’exercice 2005 reculant de 3,21 points de pourcentage pour
s’établir à 30,58% au 30 septembre 2006. Cette baisse du taux de bancarisation s’explique par
une croissance plus soutenue du PIB nominal (19,30 %) que celui du volume des dépôts (8 %).
Tableau 28- Évolution du nombre de comptes de dépôts et de déposants en pourcentage
de la population adulte
(au 30 septembre)
2006
1 591 502
2005
1 360 749
2004
1 160 552
2003
974 941
795 751
680 374
580 276
487 470
Variations nombre de
16,96%
17,25%
19,04%
comptes de dépôts
Déposants/population
19%
16%
14%
active
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
20,52%
7,75%
10%
9%
Nombre de comptes de
dépôts
Nombre de déposants
2002
808 943
404 471
Emplois du système et évolution des actifs productifs
Evolution des actifs productifs
La tendance à la baisse de l’activité d’intermédiation s’est encore poursuivie au cours de
l’exercice 2006, avec un recul de 3,24 points de pourcentage de la part des prêts dans l’actif
global, la ramenant à 28,25 %. Cette évolution baissière est encore plus marquée en considérant
la proportion des prêts nets dans les actifs productifs ; ce ratio a perdu 4,98 points de
pourcentage, pour tomber à 45,18 % tandis que les actifs productifs ont vu leur poids dans l’actif
augmenter légèrement de 31 points de base pour se chiffrer à 62,53 %. Sur les cinq dernières
années le poids des prêts dans les actifs productifs a perdu 13,13 points de pourcentage.
Tableau 29- Evolution de la qualité des actifs au niveau du système bancaire
2005
62,22%
2004
2003
2002
Actif Prod (%) actif
2006
62,53%
57.12%
62.38%
62.47%
Prêt en % actif
28,20%
31,50%
32.50%
33.68%
36.43%
45,18%
50,61%
Prêt (%) actif productif
56.91%
53.99%
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
58.31%
En pourcentage
Emplois du système
En 2006, le portefeuille de prêts bruts a connu une croissance de 3,10 %, passant de
22 065 MG à 22 749,8 MG. En raison d’une plus forte croissance des provisions pour créances
83
douteuses, le portefeuille net a accusé un recul de 1,15 % et s’est chiffré à 20,5 MG au terme de
l’exercice 2005-2006.
En dépit de l’appréciation de la monnaie nationale, le portefeuille de prêts nets en devises a crû
de 10,06 %, passant de 285,5 millions de dollars ÉU à 345,7 millions. Les prêts en gourdes ont
enregistré une baisse de 17,47 %, soit 6 962,8 MG en 2006 contre 8 436,7 MG en 2005. Cette
évolution contrastée du portefeuille de prêts en dollar et de celui en gourdes traduit une certaine
propension à l’augmentation de la dollarisation de l’économie.
Graphique 29- Portefeuille de prêts bruts du système bancaire au 30 septembre
(en millions de gourdes)
22749.78
22065.014
18178.58
17146.4
12845.28
21.38%
33.48%
2002
3.10%
6.01%
2003
2004
2005
2006
Opérations sur titres
Les opérations sur titres désignent les transactions du système bancaire relatives aux
placements effectués, notamment les bons BRH.
Bons BRH
L’encours des Bons BRH a connu un taux d’accroissement de 39 %, soit une croissance moins
soutenue que celle de l’année dernière (56 %). Il est passé de 5 527,1 MG en 2005 à 7 683,5
MG en 2006. L’encours total détenu au niveau du système bancaire n’a cessé de croître depuis
la création de cet instrument.
84
Autres placements
Les Autres placements ont crû de 22,40% au cours de l’exercice 2006 et ont atteint 12 684,1 MG.
Étant donné l’appréciation de la monnaie nationale, cette hausse résulte de la croissance des
« Autres placements » en dollars EU ( de 33,11 % pour un montant de 64,02 millions de dollars
américains) et des « Autres placements » en gourdes ( de 28,38 % pour un montant de 577,97
MG). Les Autres placements en devises convertis représentent 79,40 % de l’encours total contre
80,34 % l’année dernière.
Opérations de change
Les établissements bancaires interviennent sur le marché des changes tant pour satisfaire les
besoins de leurs clients que pour effectuer des transactions pour leur propre compte.
Transactions avec la clientèle
Au cours de l’exercice, le volume des transactions de change a évolué à la hausse par rapport à
l’année 2005. Les achats de devise ont crû de 51,6 millions de dollars ÉU pour atteindre 1 078,7
millions de dollars ÉU et les ventes (1 075,6 millions de dollars ÉU) ont augmenté de 57,1
millions de dollars ÉU, soit des taux de croissance respectifs de 5 % et de 5,60 %. Par ailleurs, le
pic des achats, 113,3 millions de dollars ÉU, a été atteint en septembre 2006 et celui des ventes,
114,5 millions de dollars ÉU, l’a été en décembre 2005.
Graphique 30- Volume des achats et des ventes de dollars ÉU
(en millions de dollars ÉU)
108,7114,5 81,8
80,5 80,4
87,9 89,1
81,0
78,8
100,0106,0 94,8 96,4
90,3
76,1
75,6
67,8
oct-05
nov-05
96,0 97,4 113,3 101,3
93,0
77,0
déc-05
janv-06
66,8
Fev-06
Achats
mars-06
Avr-06
Mai-06
Juin-06
Juill-06
Août-06
sept-06
Ventes
Transactions des banques pour leur propre compte
La hausse de la position structurelle de change du système bancaire, amorcée l’année dernière
s’est estompée au cours de l’exercice 2006. En effet, la position nette de change s’est évaluée à
85
4,24 % de l’avoir des actionnaires au 30 septembre 2006 contre 5,65 % l’année dernière à la
même date.
Graphique 31- Position nette en devises du système bancaire en pourcentage des fonds propres
(au 30 septembre)
60%
50%
40%
30%
20%
4.5%
10%
0%
3.7%
5.7%
4.2%
5.1%
2002
Norme: 8 %
2003
2004
2005
2006
VII.2 Structure financière et qualité de l’actif
Assise financière et fonds propres
Les fonds propres se sont accrus de 16,50 % (544,28 MG) en 2006, ceci malgré l’évolution
contrastée de ses différentes composantes. En effet, le Capital versé a crû de 155,1% (2184,78
MG) et les Réserves de 143,10% (+540,6 MG), tandis que le surplus d’apport et les BNR se sont
contractés respectivement de 382,70 % (-154,5 MG) et de 57,80 % (-639,32 MG).
86
Graphique 32- Évolution des fonds propres du système bancaire au 30 septembre
(en millions de gourdes)
3840.37
3296,08
2947,5
2730,2
2045,3
+8,0%
+34,6%
2002
2003
+11,8%
+16,5%
2004
2005
2006
Au 30 septembre 2006, le système bancaire est globalement resté conforme aux prescrits de la
circulaire 88 sur la suffisance des fonds propres, tant en ce qui concerne le ratio «actif sur fonds
propres» que celui des «fonds propres sur actif à risque». L’actif a valu 17,54 fois les fonds
propres réglementaires pour un maximum de 20 fois alors que ces derniers représentent 14,34 %
des actifs à risque pour un minimum de 12 %. Cependant, les banques à capitaux privés haïtiens
n’ont pas satisfait la norme sur la suffisance des fonds propres. En effet, le ratio de fonds propres
sur l’actif à risque a été de 11,72 % (minimum 12 %) et celui de l’«actif sur fonds propres» a été
de 20,57 (maximum 20). Cette situation est due principalement à la Socabank qui est en pleine
restructuration suite aux problèmes de solvabilité encourus depuis l’année dernière.
Tableau 30- Respect des normes de suffisance de fonds propres
(au 30 septembre)
Catégories d’établissement
a
Actif / fonds propres
Limite réglementaire
Fonds propres / actif à
b
risque
Limite réglementaire
2006
2005
Max: 20 fois
2006
2005
Banques à capitaux privés haïtiens (9
banques)
20,57
19.91
11,72
11,91
Banques commerciales d’État (2 banques)
10,06
12,62
43,34
28,46
Min: 12 %
87
Succursales de banques étrangères (2
banques)
12,66
Système
18,17
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
13,15
17,17
22,06
18,17
13,69
13,69
a: Constitue un instrument de mesure de la suffisance des fonds propres compte tenu de l’importance de l’actif et de la croissance
de celui-ci.
b : Constitue un instrument de mesure de la suffisance des fonds propres compte tenu du risque de contrepartie de chacun des éléments d’actif au
bilan et des hors bilan.
Qualité de l’actif
Les prêts improductifs ont accusé un léger recul au 30 septembre 2006 passant de 2 731,7 MG
en 2005 à 2 533,9 MG. Le ratio d’improductifs a perdu 1,24 point de pourcentage pour se situer
à 11,14 %. Ce niveau d’improductif élevé est expliqué principalement par la dégradation du
portefeuille de prêt de la Socabank en raison de l’absorption de la Socabel.
Tableau 31- Prêts improductifs du système bancaire, au 30 septembre, en MG et en %
Prêts improductifs bruts
Prêts bruts totaux
Taux d’improductifs
2006
Var.
2005
Var.
2004
Var.
2003
var.
2002
Var.
2 533,9
22
749,8
11,14%
39,30%
8,20%
2 731,5
22 065,
39,3%
8,2%
1 258,5
18
178,6
6,9%
33,2 %
6,0%
944,9
17 146,4
12,8 %
33,2 %
837,7
12 867,5
-19,4%
14,2%
12,38%
5,5%
6,5%
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
Le taux d’improductifs, établi sur la base des prêts classifiés de faibles, de douteux et de pertes,
s’est également amélioré pour tous les types de prêts, principalement pour les prêts
commerciaux. En effet, le taux d’improductifs est de 17,77 % pour les prêts commerciaux contre
18,87 % l’année dernière, de 9,62 % contre 8,97 % pour les prêts à la consommation et de
13,11 % contre 13,50 % pour les prêts au logement. Les improductifs par type de prêt exprimés
en pourcentage des prêts totaux ont représenté 14,44 % pour les prêts commerciaux, 1,01 %
pour les prêts à la consommation et 1,09 % pour les prêts au logement.
Tableau 32- Taux d’improductifs par catégorie de prêts du système
(au 30 septembre 2006)
Consommation Logement
Taux d’improductifs
(en % du total des prêts de la
9,62%
13,11%
catégorie)
Taux d’improductifs
1,01%
1,09%
(en % des prêts totaux du système)
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
Commerciaux
17,77%
14,44%
88
Les provisions pour créances douteuses ont crû de 68,80 % et se sont établies à 2 263,2 MG au
30 septembre 2006 permettant une nette amélioration du ratio de couverture qui est passé de
49,09 % à 89,32%.
Tableau 33- Couverture des prêts improductifs bruts par les provisions pour créances douteuses
(au 30 septembre, en MG)
2006
Var.
2005
Var.
2004
Var.
2003
Var.
2002
Provisions pour
créances douteuses
Prêts improductifs
bruts
Var.
2 263,19
68,8%
1 340,99
8,9%
1 119,3
21,9 %
918,1
29,9%
706,9
2,7%
2 533,88
-7,2%
2 731,66
39,3%
1 258,5
33,2 %
944,9
12,8%
837,7
19,4 %
Taux de couverture
89,32%
49,09%
88,9%
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
97,2 %
84,4 %
Les prêts improductifs nets ont représenté 7,05% de l’avoir des actionnaires contre 42,2 % en
2005. Ce résultat, six fois moins élevé que celui de 2005, a été induit par le repli des prêts
improductifs, dans la forte croissance des provisions pour créances douteuses et dans la
progression enregistrée au niveau de l’avoir des actionnaires.
Tableau 34- Prêts improductifs nets en pourcentage des fonds propres, au 30 septembre
(en millions de gourdes)
2006
3 135,31
2005
2 731,66
2004
1 258,5
Prêts improductifs bruts
moins : provisions pour
2 263,19
1 340,99
1 119.3
créances douteuses
Prêts improductifs nets
872,12
1 390,67
139,2
Fonds Propres Comptables
3 840,36
3 296,08
2 947,5
Proportion des prêts improductifs nets par
7,05 %
42,2 %
4,7 %
rapport aux fonds propres
source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
2003
944,9
2002
837,7
918,1
26,8
2 730,2
0,98 %
706,9
130.8
2 045,3
6,39 %
Au 30 septembre 2006, les prêts accordés par les institutions bancaires aux apparentés ont
représenté 10,27 % de l’encours total de crédit contre 15,57 % au 30 septembre 2005. D’une
manière générale, le poids des crédits octroyés aux apparentés de toutes les catégories de
banques a baissé de manière substantielle (1,52 % contre 3,17 % pour les banques
commerciales d’État, 13,40 % contre 20,05 % pour les banques commerciales privées, 1,65 %
contre 1,99 % pour les banques d’épargne et de logement et 0,05 % contre 0,06 % pour les
Succursales de Banques Étrangères).
89
Tableau 35- Importance des prêts accordés aux apparentés, au 30 septembre 2006
Banques
commerciales
d’État
Prêts aux apparentés ( MG )
17,87
Portefeuille de crédit ( MG )
1 648,34
Banques
Banques Succursales de
commerciales d’épargne
banques
Système
privées
et de
étrangères
logement
2 301,28
16,38
1,41
2 615,6
17 173,40
993,19
2 934,83
22 749,77
1,65
0,05
11,50
En pourcentage du portefeuille
de crédit ( % )
1,08
13,40
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
VII.3- Résultats
Après avoir connu deux années consécutives de régression, le bénéfice net dégagé par
l’industrie bancaire a plus que triplé en 2006. De 398,8 MG en 2005, ils sont passés à 1 219,3
MG, soit un taux de croissance de 205,80 %, le plus élevé enregistré au cours des cinq dernières
années. En terme réel, le bénéfice net a affiché le même comportement passant de 340 MG en
2005 à 922,3 MG en 2006, soit une croissance annuelle de 172 %.
Graphique 33- Évolution du bénéfice net pour l’exercice terminé le 30 septembre
(en millions de gourdes)
1219,33
834,81
429,34
398,8
321,46
205,8%
2006
-7,1%
2005
-48.6%
2004
+159,7%
2003
2002
Cette performance a résulté de la progression du rythme de croissance du produit net bancaire
(30,5 %). Cette accélération est favorisée par l’augmentation des revenus nets d’intérêts et
l’accroissement moins rapide des dépenses d’exploitation(14,5 %).
90
Graphique 34- Rendement de l’actif (ROA) pour l’exercice terminé le 30 septembre, en %
1.94
1.76
0.98
0.80
0.66
2006
2005
2004
2003
2002
Parallèlement, le rendement net de l’actif (ROA) et la rentabilité de l’avoir des actionnaires (ROE)
ont varié positivement pour s’établir respectivement à 1,76 % et à 34,17 % en 2006 contre
0,66 % et 12,77 % en 2005.
Graphique 35- Rendement de l’avoir des actionnaires (ROE) pour l’exercice terminé
le 30 septembre (en pourcentage)
35
34.17
15.1
16.94
12.77
2006
2005
2004
2003
2002
Revenus nets d’intérêt
Les revenus d’intermédiation du système bancaire qui avaient accusé une contraction (-7,90 %)
en 2005, ont crû de 40,10 % au cours de l’exercice 2006, à 3 527,5 MG. Ce résultat est dû à
l’augmentation des soldes de toutes les composantes des revenus d’intérêt. Les revenus d’intérêt
rapportés par les placements en bons BRH ont connu la variation la plus marquée (208,60 %)
pour s’élever à 1 090,6 MG, suivis de celle du poste « Autres » (72,70% à 272,2 MG) et de celle
des revenus sur prêts (13,20% à 365,3 MG).
Après une décélération importante en 2005 (-55,60 %), les dépenses d’intérêt se sont
accélérées, affichant un taux de croissance légèrement inférieur à celui des revenus d’intérêt, soit
91
37,30 % contre 39,30 %; la rémunération moyenne des dépôts ayant crû de 22,34%. Les revenus
nets d’intérêt ont représenté 72,24 % des revenus d’intérêt et 62,76 % dans la structure du
produit net bancaire.
Tableau 36- Revenus nets d’intérêt, pour l’exercice terminé au 30 septembre, en MG
2006
2005
2004
2003
2002
Prêts
3 138,6
2 773,3
3 486,2
3 120,7
2 187,9
Intérêts sur bons BRH
1 090,6
353,4
1 062,2
602,5
401,8
653,7
378,5
409,8
350,6
166,6
4 882,9
3 505,2
4 958,2
4 073,8
2 756,4
Dépenses d’intérêt
1 355,4
987,3
2 225,5
1 399,2
909,2
Revenus nets d’intérêt
3 527,5
2 517,9
2 732,7
2 674,5
1 847,2
Revenus nets d’intérêt en %
des revenus d’intérêt
72,2 %
71,8 %
55,1 %
65,6 %
67,2 %
Revenus d’intérêt
Autres
source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
Autres revenus
Le poste « Autres revenus » a enregistré, au cours de l’exercice 2006, un taux de croissance de
16,90 % pour s’élever à 2 093,2 MG. Son rythme de progression a ralenti par rapport à l’exercice
2005 au cours duquel il avait crû de 27,80 %. Les commissions, quant à elles, ont connu la plus
forte croissance (22,30 %). Les autres composantes, de leur côté, ont accusé une progression
moyenne de 13,80 %. Les «Autres revenus » ont représenté 37,24 % dans la structure du
produit net bancaire contre 41,56 % en 2005.
Graphique 36- Évolution des autres revenus pour l’exercice terminé au 30 septembre
(en millions de gourdes)
2 093,2
724.0
1 790,2
431.7
1 458,6
458,6 387.3
691.3
599.67
565.9
455.22
369.3
505.4
643.7
845.16
524.06
2006
2005
Change
1 400,7
2004
2003
Commissions
956,1
275.8
358.3
322
2002
Autres
92
Produit net bancaire et provisions pour créances douteuses
Les résultats dégagés au niveau de l’intermédiation bancaire (en hausse de 40,10 %) et la
progression des « Autres revenus » (+16,90 %) ont permis au système bancaire de réaliser une
marge bénéficiaire brute de 5 620,7 MG, soit un accroissement de 30,50 % par rapport à 2005.
Cependant, la dotation à la provision pour créances douteuses a décru de 44,10 % par rapport à
l’exercice précédent pour se fixer à 167 MG, soit le plus faible niveau enregistré au cours des
cinq dernières années.
Tableau 37- Produit net bancaire, pour l’exercice terminé au 30 septembre, en MG et en %
2006
2005
2004
2003
2002
MG
%
MG
%
MG
%
MG
%
MG
%
d’intérêt
3 527,5
62,7 %
2 517,9
58,4 %
2 732,7
66,1 %
2 674,5
64,7 %
1 847,2
65,9 %
Autres revenus
2 093,2
37,3 %
1 790,2
41,6 %
1 400,7
33,9 %
1 458,6
35,3 %
956,1
34,1 %
Produit net bancaire
5 620,7
100 %
4 308,1
100 %
4 133,4
100,0 %
4 133,1
100 %
2 803,3
100 %
Revenus nets
Dotation à la Provision pour
créances douteuses
167,0
298,5
299,0
184,5
185,4
Bénéfice avant dépenses
d’exploitation et impôts
5 453,8
4 009,6
3 834,3
3 948,6
2 617,8
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
Dépenses d’exploitation
Les dépenses d’exploitation dans l’industrie bancaire ont évolué à la hausse (14,5 %), passant de
3 470 MG en 2005 à 3 971,6 en 2006. Cette évolution résulte essentiellement de la croissance
des salaires et avantages sociaux (14,70 %
à 184,9 MG) et des « Autres dépenses
d’exploitation » (15,1% à 249,2 MG).
Tableau 38- Coefficient d’exploitation pour l’exercice terminé au 30 septembre
2006
2005
2004
2003
2002
70,7 %
80,5 %
79,9 %
69,3 %
79,3 %
88,8 %
72,6 %
82,7 %
93,3 %
83,1 %
Coefficient brut d’exploitation
(Dépenses d’exploitation /
produit net bancaire)
1
Ratio de couverture
des dépenses d’exploitation
par les revenus nets d’intérêt
(Revenus nets d’intérêt /
dépenses d’exploitation)
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
a)
Le ratio dépenses d’exploitation sur produit net bancaire (81,95 %) et le ratio de couverture des dépenses d’exploitation (86,9 %)
apparaissant au rapport annuel de l’exercice 1998 sont révisés étant donné qu’une banque avait, par erreur, enregistré des charges de
93
provisions de 50,9 MG au niveau des dépenses d’exploitation contribuant ainsi à l’amplification de ces dernières. Les ratios rectifiés sont
respectivement de 78,4 % et 90,8 %.
Le résultat brut d’exploitation a accusé une importante hausse (174,70 %) pour s’établir à 1 482,5
MG. Parallèlement, le système a dépensé en moyenne 70,7 centimes en 2006 pour chaque
gourde de revenu générée contre 80,5 centimes en 2005.
Graphique 37- Évolution des dépenses d’exploitation et de leurs composantes
pour l’exercice terminé au 30 septembre (en millions de gourdes)
2230.0
1899,3
1 965, 7
1650,0
1549,0
1618,5
1382,6
627,9
992,6
1229,5
560,4
502,8
446,2
1 124,6
360,6
1444,4
1259,5
1182,0
1037,6
2006
2005
Salaires et Avantages Sociaux
2004
2003
Locaux et Amortissement
870,8
2002
Autres
Rémunération moyenne des dépôts et rendement moyen des prêts
La rémunération moyenne des dépôts a connu au cours de l’exercice une légère hausse (0,9
point de pourcentage), à 3,50 %. Cette fluctuation a résulté en grande partie de l’augmentation
des taux pratiqués sur les bons BRH au début de l’exercice. Les taux d’intérêt sur les bons à
échéance de 7, 28 et 91 jours ont été relevés d’environ 3 points de base pour se fixer
respectivement, en septembre 2006, à 14 %, 16,20 % et 18,90 %. Une baisse de 1 point a été
observée, en juin 2006, au niveau des taux d’intérêt sur les bons BRH de 7 et 91 jours.
A l’exception du taux d’intérêt sur les dépôts d’épargne en gourdes qui s’est stabilisé à 1,10 %,
les taux pratiqués sur les dépôts d’épargne en devises ont diminué, passant de 1,50 % en
septembre 2005 à 0,80 % en septembre 2006; les taux offerts sur les dépôts à terme en gourdes
et en devises, ont varié à la hausse respectivement de 4,50 % à 6,50 % et de 2,80 % à 3,30 %.
94
En tenant compte du taux de réserves obligatoires de 31 %, la rémunération moyenne des
dépôts est effectivement plus élevée que celle mentionnée ci-dessus. En effet, le taux de
rémunération effective est passé de 3,77 % en septembre 2005 à 5,07 % en septembre 2006,
soit une hausse de 1,3 point de pourcentage.
Tableau 39- Rémunération moyenne des dépôts pour l’exercice terminé au 30 septembre
en MG et en %
Dépôts
Dépenses
rémunération
Variation
rémunération moyenne
a
d’intérêt
moyenne des dépôts
(point)
effective des dépôts
2001
19 532,7
440,6
7,4 %
2002
20 918,6
909,2
4,3 %
-3,1
6.23%
2003
26 945,8
1 399,2
5,2 %
+0,9
7,54%
2004
33 505,2
2 225,5
6,6 %
+1,4
9,56%
2005
37 564,1
987,3
2,6 %
-4,0
3,77%
2006
38 789.8
1 355,4
3,5 %
+0,9
5,07%
moyens
10,72%
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
a) Les dépôts moyens représentent la moyenne arithmétique des dépôts de fin et de début période. Les dépôts à vue ne sont pas considérés.
Parallèlement, le rendement des prêts bruts est passé de 13,8 % à 14,0 %. Les taux offerts sur
les prêts en gourdes et en devises ont varié en dents de scie dans des fourchettes respectives de
23,50 % à 31,5 % et de 11,50 % à 15 %. La marge moyenne d’intermédiation a diminué de 0,7
point de pourcentage à la suite de l’augmentation du taux de rémunération moyen des dépôts par
rapport à au rendement moyen des prêts. Par ailleurs, le rendement moyen des prêts productifs
(prêts bruts diminués des prêts improductifs) a haussé de 60 points de base, à 15,90% au 30
septembre 2006, soit la première hausse enregistrée depuis l’année 2003.
Tableau 40- Rendement moyen des prêts, pour l’exercice terminé au 30 septembre
(en millions de gourdes et en pourcentage)
Prêts bruts
rendement moyen
des prêts
Variation
Moyens
Revenus
d’intérêt sur
prêts
2000
10 702,6
1 758,2
16,4 %
2001
11 839,4
2 431,0
20,5 %
+4,1
2002
12 066,4
2 187,9
18,1 %
-2,4
2003
15 007,5
3 120,7
20,8 %
+2,7
2004
17 662.5
3 486, 2
19,7 %
-1,1
2005
20 121,8
2 773,3
13,8 %
-5,9
2006
22 260.0
3 138, 7
14,0 %
+0,2
(point)
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
95
Tableau 41- Rendement moyen des prêts productifs pour l’exercice terminé au 30 septembre
(en millions de gourdes et en pourcentage)
Prêts productifs
Moyens
Revenus
d’intérêt sur
prêts
Rendement moyen
des prêts productifs
Variation
(point de %)
2002
11 100,20
2 187,9
19,7 %
-
2003
14 104,58
3 120,7
22,1 %
+2,4
2004
16 514,87
3 486, 2
21,1 %
-1,0
2005
18 080,76
2 773,3
15,3 %
-5,8
2006
19 774,62
3 138, 7
15,9 %
+0,6
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
Effectif des banques et productivité
Le système bancaire a totalisé 3 749 employés au 30 septembre 2006 contre 3 936 au 30
septembre 2005, soit une diminution de 4,75 %. Par contre, les deux (2) principales banques
commerciales à capitaux privés haïtiens qui ont employé, au 30 septembre 2006, environ
55,10 % de l’effectif de l’industrie bancaire, ont renforcé leur personnel de 20,54 % (+352),
particulièrement la Sogebank qui a inclus dans ses effectifs une partie du personnel de la
Promobank suite à l’opération d’achat de ses actifs et passifs au cours du quatrième trimestre de
l’exercice 2006. Les succursales de banques étrangères, de leur côté, ont connu une stabilité
relative au niveau de leur personnel, tandis que l’effectif des banques d’épargne et de logement
est passé de 315 à 281 (-34).
Graphique 38- Évolution du nombre d’employés du système bancaire (au 30 septembre)
3 936
3 749
3 532
3 265
3 305
La hausse des bénéfices nets (+205,70 %), conjuguée à la baisse de l’effectif du système
bancaire, ont expliqué la forte augmentation du ratio bénéfice net par employé (+221 %).
96
Il en est de même du produit net bancaire par employé (+3,69 %). Les autres ratios de
productivité (actif/employé, prêts bruts/employé et dépôts/employé) ont enregistré une croissance
moyenne de 12,43 %.
Tableau 42- Productivité par employé, au 30 septembre
(en milliers de gourdes et en pourcentage)
2006
var. en
%
2005
var. en
%
2004
var. en %
2003
var. En %
2002
10 820,0
Actif/employé1
Prêts
bruts/employé
19 343,66
6 068,22
+15,69
+8,24
16 720,18
5 605,95
+5,59 15 835,5
+2,79
15 405,9
+42,39
+8,92
+4,82
4 910.20
+31,82
3 941,0
+4,51 13 019,36
+40,73
9251,0
5 146.8
Dépôts/employé
16 354,.02
+13,38 14 423,56
PNB/employé
1 499,26
+3,69
1 094,54
-6,47
1 170,2
-6,43
1 250,56
+45,69
858,7
Bénéfice
net/employé
325,24
+221
101,32
-16,54
121,4
-51,94
252,59
+156,52
100,4
+6,01
13 606,2
Source : BRH-Direction de la supervision du système bancaire
a) Nombre d’employés au 30 septembre uniquement.
97
VIII- LA SURVEILLANCE DES BANQUES
VIII.1- Les Activités de surveillance
Au cours de l’exercice 2005-2006, la BRH a mené ses activités de surveillance, conformément
aux deux modes de contrôle en vigueur : inspection sur place et surveillance sur pièces.
Inspections sur place
Au niveau de la surveillance sur place, le Service Inspection a réalisé sept (7) missions
d’inspection générale au niveau des banques commerciales privées suivantes : la Citibank, la
Scotiabank, la BPH, la Sogebank, la Sogebel, la Capitalbank et la BUH. À ces sept banques, on
devrait ajouter la Socabank qui fait l’objet d’une surveillance spéciale depuis plus d’un an.
Contrôle sur pièces
La BRH a effectué une surveillance permanente à partir des rapports, formulaires et états
financiers provenant des différents établissements bancaires. Cette surveillance a permis de
détecter à temps les irrégularités lorsqu’elles se sont survenues, pour éviter tout dérapage au
niveau du système bancaire. Ainsi, ces anomalies, une fois signalées à l’attention du Conseil
d’Administration de la BRH, ont entraîné une inspection ponctuelle ou générale. De plus, les
informations soumises par les banques ont servi à la rédaction de différents rapports :
?
Les rapports externes dont le « Rapport Statistique des indicateurs financiers » produits
sur une base trimestrielle et distribués à l’ensemble des décideurs du système financier ;
?
Les autres rapports qui sont internes à la BRH et constituant des études analytiques des
tendances observées tant pour le système bancaire que pour les établissements qui le
composent.
VIII.2 Autres
Demandes d’agrément
Aucune demande d’agrément, en vue de l’ouverture d’une banque ou d’une maison de transfert
et de l’exercice de la profession d’agent de change, n’a été enregistrée, au cours de l’exercice
2006.
Ouverture de succursales ou de comptoirs
Au cours de l’exercice 2006, aucune demande d’ouverture de nouvelles succursales n’a été
soumise et autorisée contrairement aux exercices passés. Cependant, la BPH a inauguré une
nouvelle succursale à Pétion-Ville. Dans l’ensemble, le nombre de points de services bancaires
s’est réduit de cinq unités par rapport à l’exercice précédent pour se chiffrer à 163.
98
Pénalisation
Les montants prélevés aux établissements bancaires assujettis au contrôle de la Banque de la
République d’Haïti ont tous baissé au cours de l’exercice 2006. De 15,2 MG en 2005, les
pénalités se sont contractées en 2006 à 14,11 MG. Les montants prélevés se sont répartis
comme suit : 12 MG pour les violations des normes prudentielles sur la concentration des risques
de crédit et la position nette de change ; 2,10 MG pour le déficit de réserves et 1,07 MG pour la
soumission de rapports en retard à la BRH.
29
Intérêts payés
Les intérêts versés par la Banque de la République d’Haïti, à titre de rémunération des Bons
BRH, pour l’exercice 2005-2006, ont considérablement augmenté. De 354 MG en 2005, les
revenus d’intérêts gagnés par les banques commerciales sont passés à 1 135 MG en 2006, soit
une hausse de 220,3%. Il est à noter que les taux d’intérêt sur les Bons BRH sont demeurés très
élevés jusqu’à la fin du 4ème trimestre de l’exercice 2006 ( 13 % et 16,20% pour les bons de 7 et
28 jours, 17,80 % pour les bons de 91 jours).
Graphique 39- Évolution des intérêts versés sur Bons BRH (au 30 septembre)
1200
1 135
1 062
1000
800
600
603
402
400
+
-
2003
2004
354
200
0
2002
2005
2006
Chronologie des faits marquants de l’exercice fiscal 2006
Avril
Le 28 avril 2006, la BRH et la Socabank ont signé une convention dans le cadre d’une opération
de sauvetage de l’avoir des déposants de la dite banque.
29
Un écart comptable peut exister entre le montant des intérêts sur Bons BRH calculés à la BRH
et celui reporté par les banques dans leurs états financiers
99
Juin
Les dirigeants de la Socabel, suite à une assemblée générale ordinaire, tenue le 26 avril au siège
social de la Socabank ont annoncé la démobilisation de cette banque.
Septembre
Le 20 septembre 2006, les dirigeants de la Sogebank et ceux de la Promobank ont signé une
convention par laquelle les actifs et passifs de cette dernière sont cédés à la Sogebank.
100
C- La BRH en 2006
En sa qualité de banque centrale et de banquier de l’État, la BRH concentre une partie de ses
efforts dans la gestion de la liquidité injectée dans l’économie. Ainsi, au cours de l’exercice 20052006, 18,24 millions de billets ont été émis par la BRH, dont des nouvelles coupures à
dénomination de 1 000 gourdes, contre 76,2 millions de billets détruits. Au total, le volume de
billets en circulation dans l’économie, au sens large, est évalué à 13,5 milliards de gourdes, soit
une hausse de 6 % en glissement annuel. De plus, 318 516 chèques ont été imprimés pour le
compte de l’État haïtien, soit 74 054 chèques de moins qu’en 2005. Cette réduction résulte de la
fermeture de plusieurs comptes courants par le Ministère de l’Économie et des Finances. La BRH
a aussi entrepris la certification de 5 637 chèques libellés en gourdes (soit 871 chèques en plus
que l’an dernier) et 528 chèques libellés en dollars (soit 120 de plus qu’en 2005). La valeur de
ces chèques a augmenté respectivement de 2,5 % et de 84,15 % par rapport à l’exercice
antérieur.
Par ailleurs, dans l’objectif de reconstitution de ses réserves internationales nettes, la BRH a
effectué, tout au long de l’exercice, des interventions régulières à l’achat sur le marché des
30
changes . Ces achats de dollars, joints aux décaissements de fonds de certains bailleurs
internationaux, lui ont permis d’accumuler 132,32 millions de dollars EU, soit une hausse de
94,70 % en glissement annuel.
En outre, dans le but d’assurer le fonctionnement viable des caisses populaires et des
coopératives d’épargne et de crédit, et conformément à la législation et aux normes y afférentes,
la BRH a poursuivi en 2006 ses activités de supervision et de contrôle par l’organe de la
31
DIGCP . En ce sens, cette dernière a entrepris plusieurs missions d’inspection sur place auprès
de plus de 30 caisses d’épargne et de crédit.
Les actions menées par la BRH ont aussi visé le renforcement de sa capacité institutionnelle
interne. A ce titre, des projets de rénovation liés à la consolidation et au développement de ses
ressources
technologiques,
ainsi
qu’à
une
meilleure
gestion
de
ses
équipements
électromécaniques, ont été exécutés. Le module «Réserves Légales», devant assurer la
transmission de certains rapports financiers des banques, a été mis en production, tandis qu’une
nouvelle conception de l’intranet a été réalisée.
Des applications et logiciels web ont été mis au point d’une part pour desservir et accroître
l’efficience de certains départements et, d’autre part, pour renforcer des mesures sécuritaires.
30
31
Les interventions à l’achat, évaluées à 64,75 millions de dollars EU, ont crû de 59 % en 2006.
Direction de l’Inspection Générale des Caisses Populaires.
101
32
Parallèlement, l’implantation d’un nouveau système de paiement, le SPIH , facilitant des
transactions interbancaires entre les différentes institutions du système financier, est envisagée
par la BRH et les banques commerciales.
IX- Gestion des avoirs extérieurs de la BRH
Les avoirs extérieurs bruts de la BRH ont servi d’une part à combler les déséquilibres à court et
moyen termes de la balance des paiements, et d’autre part à intervenir sur le marché des
changes en vue d’assurer la stabilité de la gourde face au dollar américain. Au regard de leur
niveau à la fin de l’exercice précédent, ces avoirs ont crû de 46 % environ pour atteindre 335
millions de dollars ÉU en 2006. Leur croissance est expliquée surtout par les interventions
régulières à l’achat de la BRH sur le marché des changes et aux décaissements importants de
l’aide externe.
Graphique 40- Évolution des réserves nettes de change (en millions de $ EU )
327
335
sept-06
314
août-06
janv-06
316
juil-06
250
285
324
juin-06
248
279
avr-06
246
déc-05
229
nov-05
250
259
oct-05
300
mars-06
350
mai-06
400
247
200
150
100
50
32
févr-06
sept-05
0
Système de Paiement Interbancaire Haïtien.
102
IX.1- Composition des avoirs extérieurs de la BRH
A la fin de septembre 2006, environ 66,87 % des réserves internationales de la BRH étaient
placées dans des titres de court terme, 25,58 % étaient investis sur le marché du loyer de l’argent
au jour le jour
33
et 4,12 % étaient en attente de placement à l’étranger
constitué d’or, de DTS et d’un placement dans un SICAV
35
34
. Le reliquat était
36
monétaire (CILR) .
Le portefeuille des titres de la BRH était alloué de la manière suivante :
?
17,70 % de bons du trésor américain, contre 26,69 % au cours de l’exercice précédent ;
?
65,38 % d’obligations d’agences fédérales contre 52,08 % l’an dernier ;
?
16,92 % d’obligations de sociétés privées contre 21,23 % durant l’exercice 2005 ;
Cette allocation du portefeuille de la BRH entre des titres à faible niveau de risque et de notation
AAA
37
à A, a reflété essentiellement l’optique d’optimisation de la rentabilité sous les contraintes
de faible niveau de risque et de disponibilité élevée imposées par le statut d’une banque centrale.
Elle a été conforme aux termes des contrats de gestion convenus entre la BRH et ses gérants de
portefeuille. En effet, ces derniers sont autorisés à en placer au plus 25 % dans des titres émis
par des sociétés privées. Les 75 % restants pourraient faire l’objet de placements constitués pour
l’essentiel d’obligations du trésor américain, d’agences fédérales et de dépôts à vue soumis aux
opérations de prises en pension
38
.
IX.1.1- Rendement du Portefeuille
Le portefeuille des titres de la BRH a dégagé un rendement moyen de 4,18 % cette année alors
qu’il avait généré 1,34 % au cours de l’exercice précédent. Ce taux de rendement a été audessus de la performance du repère
39
retenu par la BRH pour le portefeuille des titres qui a
affiché 3,97 %. Cette année encore, la Fed a procédé à plusieurs relèvements de 25 points de
base, à chaque fois, du taux directeur du marché monétaire américain, le faisant passer de
3,75 % en septembre 2005 à 5,25 % en septembre 2006. En dépit de cette bonne performance
de la moyenne du portefeuille de la BRH vis-à-vis du benchmark, deux des gérants s’étaient
33/ repos market, ou repurchase agreement. Vente avec accord de rachat à terme
34/ étant donné le délai lié au transport de billets à l’étranger
35/ abréviation de : société d’investissement à capital variable. Fonds de placements communs
36/ Citi Institutional Liquid Reserve
37 / Les obligations de classes A, par Standard & Poor, sont des titres de bonne qualité présentant les caractéristiques d’un bon placement à long terme. Celles de
classes AAA présentent le plus haut degré de protection du capital et génère un rendement équitable.
38/ overnight repurchase agreements
39/ Le repère du portefeuille de titres de la BRH est composé de 75% de bons du Trésor de maturité 1 -3 ans et de 25% d’actions de sociétés privées d’une maturité de
3 ans.
103
positionnés dans des titres ayant des maturités variant entre trois et cinq ans, portant des
coupons rémunérés à des taux inférieurs à celui du marché monétaire à chaque relèvement; ils
n’avaient pas anticipé la poursuite de la politique restrictive de la Réserve Fédérale américaine
qui a contribué à la dépréciation des titres du portefeuille conformément à la relation inversement
proportionnelle existant entre le taux d’intérêt et les cours des obligations.
IX.1.2- Rendement des fonds placés sur le marché du loyer au jour le jour (Repos)
Les flux nets de trésorerie disponibles sur les comptes de transactions de la BRH sont investis à
chaque fin de journée, puis les jours fériés, sur le « Repos Market ». Ces fonds ont généré un
rendement moyen de 4,47 % au cours de l’exercice 2006, contre 2,59 % l’année antérieure.
Cette hausse de performance de 188 points de base est le résultat de la poursuite de la politique
de resserrement monétaire de la Réserve Fédérale américaine.
104
105
X- La monnaie Fiduciaire et la monnaie scripturale
X.1- Billet et monnaie divisionnaire
X.1.1- Émission, destruction et remplacement de monnaie
L’événement saillant de la circulation monétaire pour l’année 2006 a été l’introduction au mois
d’avril de la plus forte dénomination jamais utilisée par la Banque de la République d’Haïti
(BRH) : les billets de 1 000 gourdes.
La sortie des billets de 1 000 gourdes a connu un véritable succès auprès du Public. En effet,
plus de la moitié du stock disponible, soit 2,8 millions de billets, a été distribuée dans les six mois
qui ont suivi sa mise en circulation.
En outre, l’entrée opportune des coupures de 1 000 gourdes a permis de pallier l’insuffisance des
billets de 500 et 250 gourdes qui ont toujours été très prisés par le Public pour des motifs de
commodité. Seulement 5,5 millions de billets 500 et 250 gourdes ont été utilisés au cours de
l’année 2006 pour remplacer les billets détruits et l’émission monétaire, contre 14,2 millions de
billets de même dénomination l’exercice précédent.
Les billets de 100 gourdes et, à un degré moindre, ceux de 50 gourdes qui, jusqu’à récemment
ont été considérés comme des grosses coupures ont tendance à perdre cette étiquette quand on
considère les volumes qui sont impliqués dans les opérations de destruction et de remplacement
et les parts qu’ils représentent.
En effet, 18 millions de billets de 100 gourdes ont été détruits et remplacés au cours de
l’exercice ; 23 millions de billets de 50 gourdes ont été détruits et seulement 18 millions ont été
remplacés. Ces coupures à elles seules représentent 54 % des opérations de destruction et 66 %
des opérations de remplacement de billets.
106
Tableau 43- Destruction, remplacement et émission de la monnaie en milliers de billets et de pièces
Coupure
(en milliers d'unités)
Billets gourdes
Destruction
1
2
5
10
25
50
100
250
500
1000
Total billets
Pièces
85
_
7
13850
9606
23460
17547
6206
5460
_
76229
0,05
0,1
0,2
0,5
1
5
%
0%
0%
0%
18%
13%
31%
23%
8%
7%
0%
100%
Remplacement
_
_
_
9500
5000
18000
17000
1220
2500
2800
56020
_
_
_
_
_
_
_
_
_
15100
6480
21580
_
Total pièces
%
Emission
0%
0%
0%
17%
9%
32%
30%
2%
4%
5%
100%
0
0
0
0
70
30
100
_
_
_
2500
_
7000
7000
360
1380
_
18240
%
0%
0%
0%
14%
0%
38%
38%
2%
8%
0%
100
_
_
_
_
_
_
_
Source : Direction de la caisse et du réseau
X.1.2- La circulation fiduciaire au sens strict
L’engouement du Public pour la monnaie fiduciaire demeure, en dépit de la disponibilité
croissante sur le marché, d’autres instruments de paiement, poussant ainsi la circulation stricte à
11 570 millions de gourdes, soit une augmentation de 6 % par rapport à l’année précédente.
X.1.3- La circulation fiduciaire au sens large
Le volume de billets de banque et de pièces de monnaie hors chambre forte de la Banque de la
République d’Haïti a progressé de 6 %, s’inscrivant à 13 536 MG pour l’exercice fiscal 2006.
X.1.4- Composition de l’encours de billets
Le volume de billets de 100 gourdes en circulation a fait un bon considérable de 44 % par rapport
à l’exercice précédent, passant de 13 à 19 millions de billets. Parallèlement, ceux de 25, de 500
et 250 gourdes ont chuté respectivement de 31 % et 25 %. Cependant, le volume global de billets
107
en circulation n’a bougé que de quelques centaines de milliers de billets passant de 127,5
millions à 128 millions de billets.
Graphique 41- Remplacement de billets et composition de l’encours par coupure
Composition de l'encours
Remplacement
1000 G
5%
500 G
250 G
4%
2%
250 & 500 G
14%
10 G
17%
1000 G
2%
1G
20%
100 G
15%
25 G
9%
2G
17%
100 G
30%
50 G
12% 25 G
50 G
33%
7%
10 G
13%
X.1.5- Billets contrefaits retenus aux guichets de la BRH
Les faux monnayeurs ont été particulièrement actifs en octobre et décembre 2006, considérant le
pic en terme de nombre de billets de gourdes et de dollars saisis pour ces mois, toutes coupures
confondues.
Par ailleurs, ils ont fait montre d’une prédilection marquée pour les grosses coupures : sur
l’ensemble des billets dollars ÉU contrefaits, ceux de 100 dollars ÉU représentent 91 %. Les
billets de 250 et de 500 gourdes continuent d’être des cibles très prisées par les réseaux de
contrefaçon. Ils sont comptés respectivement pour 57,70 % et 20,80 % du total des faux billets
retenus aux guichets.
X.2 Les chèques
Les opérations de la chambre de Compensation
Le nombre de chèques libellés en gourdes compensés à la BRH a été de 2 408 320 pour un
montant 114 279,2 MG (débit et crédit). Une diminution du volume des chèques de 4,7 % face à
un accroissement en valeur des opérations de 14,9 % a été enregistrée cette année par rapport à
l’exercice antérieur. Le solde final de la compensation en gourdes a totalisé 12 740,2 MG.
Le nombre de chèques libellés en dollars compensés à la BRH a été de 443 741 pour un montant
de 2 047,2 millions de dollars É U (débit et crédit). Le solde final de la compensation en dollars a
atteint 301,9 millions de dollars ÉU contre 265,2 millions en 2005.
108
Au cours de l’exercice fiscal 2005-2006, la BRH a prélevé des frais sur les chèques s’élevant
respectivement à 1 204,2 MG et 44,4 milliers de dollars ÉU, à raison de cinquante centimes de
gourde et de dix centimes de dollars ÉU par chèque spécifiquement identifié.
Les dépenses du Trésor Public par chèque, enregistrées à la Chambre de Compensation
accusent un montant de 7 614,7 MG réparti comme suit : 95,2 % à Port-au-Prince et 4,8 % au
Cap-Haïtien.
Tableau 44- Résultat de la compensation par banque des chèques en gourdes en 2006
(MG)
DEBIT
CREDIT
SOLDE DEBITEUR
BRH
14 708,09
21 327,38
BNC
5 220,39
8 404,55
SGHB
23 233,64
19 908,91
3 324,73
BPH
2 167,74
2 051,11
116,63
BUH
3 862,39
3 392,97
469,42
BNS
3 890,78
3 938,91
CBNA
12 197,80
12 025,69
172,10
PMB
3 971,82
2 613,89
1 357,94
CAP.BK
9 081,94
10 015,22
SGBL
1 772,85
2 445,83
BICH
4,37
6,71
UNBK
26 458,54
23 537,36
2 921,18
SOCABK
6 640,36
3 662,41
2 977,94
SOCBEL
1 068,54
948,31
120,23
TOTAL
114 279,23
114 279,23
11 460,17
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
SOLDE CREDITEUR
6 619,29
3 184,15
48,13
933,28
672,98
2,34
11 460,17
Tableau 45- Résultat de la compensation mensuelle des chèques en gourdes en 2006 (MG)
DEBIT
CREDIT
SOLDE DEBITEUR
Oct. 05
8 902,09
8 902,09
766,47
Nov. 05
9 049,54
9 049,54
1 077,76
Dec. 05
10 778,51
10 778,51
636,36
Jan. 06
9 003,54
9 003,54
1 087,57
Fev. 06
7 007,99
7 007,99
1 003,67
Mars 06
11 249,02
11 249,02
965,44
Avr. 06
8 306,40
8 306,40
1 049,29
Mai 06
10 234,36
10 234,36
1 146,27
Juin 06
9 893,99
9 893,99
1 206,82
Juil. 06
9 423,84
9 423,84
1 370,50
Août 06
9 891,31
9 891,31
1 232,94
Sept. 06
10 538,64
10 538,64
1 197,06
Total
114 279,23
114 279,23
12 740,16
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
SOLDE CREDITEUR
766,47
1 077,76
636,36
1 087,57
1 003,67
965,44
1 049,29
1 146,27
1 206,82
1 370,50
1 232,94
1 197,06
12 740,16
109
Tableau 46- Résultat de la compensation par banque des chèques en devises en 2006
DEBIT
CREDIT
SOLDE DEBITEUR
BRH
40,96
42,25
BNC
156,51
78,81
77,70
SGHB
458,26
512,70
BPH
49,04
17,11
31,93
BUH
102,51
77,33
25,18
BNS
93,42
88,59
4,83
CBNA
184,57
242,36
PMB
163,37
76,23
87,14
CAPBK
186,44
187,69
SGBL
35,10
49,04
BICH
UNB
410,99
560,49
SOCAB
157,08
106,11
50,96
SOCBEL
8,98
8,50
0,48
TOTAL
2 047,22
2 047,22
278,23
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
SOLDE CREDITEUR
1,29
54,44
57,79
1,26
13,94
149,51
278,23
Tableau 47- Résultat de la compensation mensuelle des chèques en devises en 2006
(en million de dollars ÉU)
DÉBIT
CREDIT
SOLDE DÉBITEUR
Oct. 05
153,80
153,80
21,00
Nov. 05
144,13
144,13
20,21
Dec. 05
171,27
171,27
19,13
Jan. 06
164,70
164,70
30,04
Fev. 06
113,46
113,46
16,68
Mars 06
200,55
200,55
36,92
Avr. 06
143,18
143,18
19,61
Mai 06
197,05
197,05
30,57
Juin 06
181,67
181,67
24,63
Juil. 06
180,64
180,64
31,94
Août 06
196,19
196,19
28,26
Sept.06
200,59
200,59
22,95
TOTAL
2 047,22
2 047,22
301,93
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
SOLDE CRÉDITEUR
21,00
20,21
19,13
30,04
16,68
36,92
19,61
30,57
24,63
31,94
28,26
22,95
301,93
X.3- Dépôts et Tirages des banques commerciales.
Les dépôts en gourdes ont, en 2005-2006, culminé à 10 714,3 MG contre 8 633,1 MG
antérieurement ; soit un accroissement de 19,40 %. Les dépôts en dollars É U ont suivi le même
comportement, atteignant 266,6 millions de dollars ÉU en 2006 contre 246, millions en 2005. Les
tirages effectués par les banques commerciales sur leurs comptes détenus à la BRH ont atteint
respectivement 6.980,9 MG et 14,7 millions de dollars ÉU.
110
Tableau 48- Tirage des banques commerciales sur leurs comptes en gourdes détenus
à la BRH en 2006, en MG
OTC NOV
DEC
JAN FEB MAR APR MAY JUN JUL AUG SEP
TOTAL
SOGE
0
20
185
59
35
35
2
160
50
55
50
75
726,15
UNI
50
112
334
0
0
50
0
60
30
0
53
102
790,60
PROMO
0
30
15
0
0
0
10
5
0
0
0
5
65,00
BUH
30
0
100
0
0
0
0
30
0
0
11
0
170,90
CAPITAL
20
10
110
40
20
90
60
50
20
140
250
140
950,00
SOCA
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0,00
SOGEBEL 0
0
10
0
0
0
0
0
0
0
0
0
10,00
SOCABEL
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0,00
BHD
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0,00
BIDC
0
1
0
0
0
1
0
0
0
0
0
1
2,65
BPH
36
48
49
31
9
38
25
43
18
3
29
36
366,17
CITI
27
36
72
15
30
45
70
50
25
50
50
25
494,50
SCOTIA
0
10
58
0
16
0
30
30
18
21
22
5
209,60
BNC
160
210
800
220
0
424
260
210
200
160
250
250 3 144,40
TOTAL
323,13 477,63 1 732,51 365,35 110,21 683,10 457,00 638,01 361,30 429,47 714,80 637,45 6 929,963
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
X.4 SERVICES À L’ETAT
X.4.1 BANQUIER DE L’ÉTAT
IMPRESSION DE CHEQUES
La BRH maintient son objectif de lutte contre tous réseaux de contrefaçon. Les standards de
qualité sont respectés et le délai de livraison des commandes est maintenu à deux jours au plus
tard. Au cours de l’ exercice 2006, 318 516 chèques ont été imprimés, soit une baise de volume
par rapport à l’exercice 2004-2005 (392 570 chèques toutes catégories confondues). Cette
baisse es attribuable à la fermeture de plusieurs comptes courants par le Ministère de l’Économie
et des Finances. Les détails mensuels sont présentés dans le tableau ci-dessous :
Tableau 49- Impression mensuelle de chèques en 2006
Mois
Octobre 05
Total du mois
20 530
Novembre 05
8 360
Décembre 05
57 216
Janvier 06
25 090
Février 06
13 790
Mars 06
30 034
Avril 06
32 600
111
Mai 06
18 356
Juin 06
27 320
Juillet 06
33 766
Août 06
15 170
Septembre 06
36 284
Total 2006
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
318 516
CERTIFICATION DE CHEQUES
La certification d’un chèque implique le prélèvement de la valeur au compte du demandeur au
moment même de la mise en circulation. Cette opération se fait sur demande de l’émetteur,
moyennant le paiement des frais, suivant 3 fourchettes de valeurs établies dépendamment de la
monnaie (Gourdes, Dollars). En 2005-2006 un total de 5 637 chèques pour un montant de
1 462,5 MG a été certifié alors qu’en devises américaines 528 chèques ont été certifiés,
équivalant à 3 367 254,9 ÉU. Une progression par rapport à l’exercice antérieur au cours duquel
4 766 chèques en gourdes et 408 chèques en dollars ont été certifiés.
Tableau 50- Nombre de chèques certifiés en 2006
Exercice
2005-2006
Mois
Chèques certifiés Gourdes
(en millions de gourdes)
Quantité
Montant
Octobre
349
109,87
Novembre
350
143,69
Décembre
664
182,03
Janvier
696
121,40
Février
322
122,23
Mars
521
128,90
Avril
319
113,44
Mai
540
113,35
Juin
549
131,89
Juillet
393
105,14
Août
515
102,25
Septembre
419
88,25
Total
5637
1 462,44
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
Chèques certifiés Dollars ÉU
(en milliers de dollars)
Quantité
Montant
43
95
27
50
30
29
81
53
21
31
41
27
528
318,22
749,16
156,92
162,18
234,41
272,57
143,36
161,49
402,13
182,48
321,99
256,23
3 361,15
ORDRES DE VIREMENT
Le montant des virements reçus des organismes et institutions prévus par la Loi Organique
créant la BRH a augmenté d’environ 18 % au cours de l’exercice 2006 tant en gourdes qu’en
112
devises américaines. Le tableau suivant présente une ventilation mensuelle par devises des
différents ordres de virements traités au cours de cet exercice :
Tableau 51- Ordre de virement en MG et en millions de ÉU
Ordre de virement
Millions de gourdes
Mois
Nombre
Montant
Octobre 05
71
120,70
Novembre 05
65
142,50
Décembre 05
81
141,99
Janvier 06
43
132,30
Février 06
34
147,31
Mars 06
28
46,09
Avril 06
51
120,93
Mai 06
48
115,28
Juin 06
60
107,97
Juillet 06
38
131,24
Août 06
51
170,73
Septembre 06
63
321,84
Total
633
1 698,87
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
Millions de dollars
Nombre
Montant
17
2,55
14
1,23
15
1,45
12
1,47
20
3,81
9
1,31
11
2,75
14
4,15
11
3,76
13
3,62
20
3,27
19
4,64
175
34,00
Tableau 52- Évolution des soldes des comptes des institutions financières
(En millions d’unités monétaires)
COMPTES
OCTOBRE 2005
Clearing Gdes
Clearing Dollars
Spécial FDI Gdes
8 823.30
121.72
51.92
DECEMBRE 2005
8.901.07
117.32
54.49
EVOLUTION
77.77
- 4.40
2.57
COMPTES
JANVIER 2006
Clearing Gdes
8.901.07
Clearing Dollars
117.32
Spécial FDI Gdes
54.49
MARS 2006
9 572.72
131.19
62.49
EVOLUTION
671.65
13.87
8.00
COMPTES
Clearing Gdes
Clearing Dollars
Spécial FDI Gdes
JUIN 2006
9 380.46
147.34
91.20
EVOLUTION
-192.26
16.15
28.71
AVRIL 2006
9 572.72
131.19
62.49
COMPTES
JUILLET 2006
SEPTEMBRE 2006
Clearing Gdes
9 380.46
9 359.39
Clearing Dollars
147.34
156.51
Spécial FDI Gdes
91.20
805.32
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
EVOLUTION
-21.07
9.17
714.12
113
TRAITEMENT DES DEPOTS
La BRH a collecté au cours de cet exercice 16 513 dépôts pour le compte des différents
organismes publics et institutions financières éligibles. Les détails relatifs au nombre de dépôts
captés sur une base mensuelle sont présentés dans le tableau ci-après :
Tableau 53- Nombre de dépôts captés dans le système bancaire sur une base mensuelle
MOIS
Fiche de dépôts
Octobre 2005
1620
Novembre 2005
1229
Décembre 2005
2106
Janvier 2006
1214
Février 2006
1221
Mars 2006
1614
Avril 2006
1430
Juin 2006
1250
Juillet 2006
1160
Août 2006
1617
Septembre 2006
1002
Mai 2006
1050
Total
15 896
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
TRAITEMENT DES CHEQUES
Les chèques payés par la Direction de la Caisse et du Réseau ont atteint un nombre de 321 165,
toute catégorie confondue. Les détails mensuels se trouvent dans le tableau suivant :
Tableau 54- Quantité de chèques traités pour l’exercice fiscal 2006
MOIS
NOMBRE DE CHEQUES
Octobre 2005
21 306
Novembre 2005
21 503
Décembre 2005
30 145
Janvier 2006
21 059
Février 2006
20 004
Mars 2006
27 258
Avril 2006
20 124
Mai 2006
25 143
Juin 2006
27 864
Juillet 2006
39 598
Août 2006
31 456
Septembre 2006
35 705
TOTAL
321 165
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
X.4.2- Caissier de l’État
er
Les recettes globales encaissées par le service des Guichets de la BRH du 1 octobre 2005 au
30 septembre 2006, se sont élevés à 19 949,3 MG dont :
? 11 958,4 MG de recettes douanières
? 7 990,9 MG de recettes internes.
114
Ce service a donc traité pour l’exercice fiscal 2005-2006 : 285 772 bordereaux de douane et avis
de cotisation, soit 47 573 de moins par rapport à l’exercice précédent. Il a, en outre, payé pour le
compte du Gouvernement 176 772 chèques du Trésor Public d’une valeur de 8 432,2 MG.
Tableau 55- Ventilation du nombre de chèques honorés et montants correspondants
Nombre de Chèques
Octobre 2005
11 930
Novembre 2005
15 026
Décembre 2005
19 368
Janvier 2006
14 052
Février 2006
10 470
Mars 2006
15 467
Avril 2006
13 017
Mai 2006
14 931
Juin 2006
14 225
Juillet 2006
14 345
Août 2006
14 861
Septembre 2006
19 080
TOTAL
176 772
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
Montant
561,479,058.01
1,001,111,265.86
726,606,296.90
729,643,767.27
774,986,843.00
716,602,090.03
438,919,034.82
566,284,293.01
708,653,214.67
622,502,164.98
950,378,011.90
635,062,548.77
8,432,228,589.22
X.5- Résultats des efforts liés à la mise en œuvre de la politique monétaire
X.5.1- Évolution du taux de change (HTG/ SEU) d’octobre 2005 à septembre 2006
La gourde s’est appréciée par rapport au dollar au cours de l’exercice fiscal 2005-2006. Le taux
de change est passé de 42,9885 gourdes pour 1 dollar américain en octobre 2006 à 39,0757
gourdes à la fin de la même année. Cette appréciation s’est accompagnée d’un net recul de la
volatilité du change, dénotant par ailleurs une relative stabilité du change. En moyenne
mensuelle, le cours du change a évolué autour de 42,8908 HTG pour 1 dollar américain durant
les sept premiers mois contre 39,4295 HTG pour 1 dollar américain au cours des cinq derniers
mois.
115
Graphique 41-Evolution du Taux de Référence Moyen Mensuel (HTG/$EU)
44,00
42,99
43,00
42,60
43,37
42,98
42,69
42,39
42,15
42,00
41,54
41,00
40,00
39,90
39,49
39,18
39,00
38,00
37,17
39,08
39,10
38,66
38,08
37,48
37,60
37,00
Se
pt.
06
Ju
il.0
6
M
ai
06
Ju
in0
6
Av
r.0
6
M
ars
06
Ja
n.0
6
Oc
t.0
5
No
v.0
5
Se
pt.
05
Ju
il.0
5
Ma
i0
5
Ju
in
05
Av
r.0
5
Ma
rs
05
Ja
n.0
5
No
v.0
4
Oc
t.0
4
36,78
Plusieurs facteurs peuvent être mis à contribution pour tenter d’expliquer cette évolution
favorable de la valeur de la gourde. Les plus pertinents sont :
?
o
La politique monétaire restrictive conduite par la Banque Centrale marquée par 1 ) un
o
assèchement de liquidités excédentaires du système bancaire; 2 ) des taux d’intérêt
élevés sur les Bons à 91, soit des taux demeurant autour de 18 % environ avant de subir
o
une baisse d’un point de pourcentage au mois d’août; 3 ) Une hausse de 31,46% de
l’encours des Bons BRH.
?
une discipline fiscale accrue conjuguée à une meilleure harmonisation des politiques
budgétaire et monétaire ;
?
une évolution positive de certains fondamentaux de l’économie marquée par 1o) un taux
o
de croissance du PIB réel estimé à 2,30 %; 2 ) Une politique monétaire plus limpide et
très proactive qui a su se traduire par un net ralentissement du taux d’inflation malgré
une croissance de près de 18 % de M2 sur l’exercice courant. En effet, l’impact du
ralentissement de la progression des prix conjugué à un écart favorable des taux d’intérêt
en termes réels sur le portefeuille en gourdes des agents économiques ont contribué à
o
rendre la monnaie nationale moins volatile; 3 ) une meilleure tenue dans la gestion de la
politique budgétaire. Au fait, malgré un financement de 477 millions de gourdes octroyé
au gouvernement pour le mois de septembre 2006, sur l’exercice un remboursement net
o
du Trésor à la BRH, de 313, 7 millions de gourdes, a été constaté; 4 ) un accroissement
de près de 15 % des transferts privés entrants, qui est l’une des principales composantes
o
de l’offre locale de devises; 5 ) enfin, une accumulation de 130,3 millions de dollars ÉU
de réserves internationales nettes au 30 septembre 2006, ce qui représente une
performance nettement au-dessus du niveau plancher du programme financier AUAC II.
116
Par contre d’autres facteurs ont contribué à contenir le mouvement d’appréciation de la gourde.
En effet, une augmentation d’environ 16 % du prix moyen du baril de pétrole sur le marché
international et un léger accroissement du volume consommé de 2,20 % ont résulté en une
hausse d’environ 65 millions de dollars de la facture pétrolière annuelle. La valeur des
importations a, de ce fait, crû de 26,66 %, induisant des pressions sur la demande de devises, ce
qui a contribué à une détérioration du déficit commercial de la balance des paiements.
Le spread du taux de change qui représente l’un des éléments d’appréciation de l’ampleur du
déséquilibre entre l’offre et la demande de devises sur le marché local a été relativement stable,
évoluant entre 30 et 50 centimes, hormis la hausse enregistrée au cours du mois de mai. Ce
résultat a trouvé son explication d’une part, par la réduction des risques d’attaques spéculatives
sur le marché et d’autre part, par l’amenuisement du déséquilibre entre l’offre et la demande de
devises, en raison d’une augmentation progressive des flux d’aides internationales et de
transferts sans contrepartie provenant de la diaspora haïtienne.
Graphique 42- Évolution du Spread du taux de change sur le Marché Bancaire en 2006
0.70
0.60
0.50
0.40
0.30
0.20
0.10
Sep-06
Aug-06
Jul-06
Jun-06
May-06
Apr-06
Mar-06
Feb-06
Jan-06
Dec-05
Nov-05
Oct-05
-
Tableau 56- Cours moyen de la gourde par rapport au dollar ÉU
Exercice
Exercice
Exercice
2003/2004
2004/2005
2005/2006
OCTOBRE
41.8573
36.7766
42.9885
NOVEMBRE
42.5846
37.1746
43.0084
DECEMBRE
42.9347
37.4835
42.9838
JANVIER
43.4428
37.6008
43.3674
FEVRIER
43.9299
37.7423
43.0526
MARS
40.6702
38.0790
42.6890
117
AVRIL
38.1618
38.6212
42.1459
MAI
37.3971
38.6551
39.4874
JUIN
36.3213
39.1768
39.5805
JUILLET
36.0411
41.5448
39.9010
AOUT
36.2618
42.5957
39.1030
SEPTEMBRE
36.6082
42.3862
39.0757
39.6842
38.9864
41.4486
MOYENNE ANNUELLE
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
Tableau 57- variation en % du cours moyen de la gourde par rapport au dollar ÉU
Exercice
Exercice
Exercice
2003/2004
2004/2005
2005/2006
OCTOBRE
---
0.46
1.42
NOVEMBRE
1.74
1.08
0.05
DECEMBRE
0.82
0.83
-0.06
JANVIER
1.18
0.31
0.89
FEVRIER
1.12
0.38
-0.73
MARS
-7.42
0.89
-0.84
AVRIL
-6.17
1.42
-1.27
MAI
-2.00
0.09
-6.31
JUIN
-2.88
1.35
0.24
JUILLET
-0.77
6.04
0.81
AOUT
0.61
2.53
-2.00
SEPTEMBRE
0.96
-0.49
-0.07
AMPLITUDE TOTALE
-14.73
14.89
-7.87
Source : BRH/Direction de la caisse et du réseau
118
XI- Activités de développement et d’entretien du système des nouvelles technologies de
l’information de la BRH.
XI-1- Le Système d’Information Financier
Le module « Réserves Légales », permettant aux banques de transmettre les rapports sur la
liquidité et la couverture, a été mis en production en avril 2006. Les autres modules « Incidents
de paiement » et « Centrale des Risques » seront finalisés pour être testés et ensuite mis en
production au cours de l’année 2007.
XI-1.1- INTRANET
Une nouvelle conception de l’intranet a été réalisée. L’environnement « ColdFusion » a été
remplacé par l’environnement «JSP/Servlet» qui est une technologie java plus populaire et plus
performante. Le nouveau Intranet sera en production au cours du premier semestre de l’année
2007.
XI-1.2- Gestion des Immobilisations
Dans le but de gérer les immobilisations de la BRH, la DIT, sur demande des services généraux
a entrepris le développement de l’application « Gestion des Immobilisations ». Un premier
module concernant les matériels roulants a été développé et est en stade de test. En plus de la
gestion des immobilisations, cette application vise la gestion des réparations, permet de
déterminer l’affectation du matériel et gère les contrats d’assurance du matériel.
XI-1.3- WebAIBF
Pour réduire le délai de transmission des rapports d’interdiction de chéquier, la DIT sur demande
de la direction de la supervision a mis au point une application web (java, jsp/servlet et OAS)
permettant de générer les rapports au format pdf qui seront expédiés via email aux banques.
Sitôt les deux modules du SIF «Incidents de paiement » et « Centrale des Risques » mis en
production, les banques pourront télécharger ces rapports directement via le SIF.
XI-1.4- Les réserves internationales nettes
Dans le cadre de l’implémentation de l’automatisation du tableau des Réserves Internationales
Nettes (RIN), la DIT, sur demande de la MAE, a développé une application web permettant de
générer le rapport (RIN) se basant sur les bases de données CODA, GCC et SIF. Ce rapport
permet d’aboutir aux informations essentielles sans étape intermédiaire de création de fichiers
119
par les différentes directions concernées et sans liaison à ces fichiers. Ce rapport est
actuellement en test chez les utilisateurs et sera mis en production dès le mois de février 2007.
XI-1.5- GRH
L’application GRH a été modifiée, dans son module des prêts hypothécaires, pour intégrer la
méthode des annuités dans le calcul des intérêts et amortissements.
XI.1.6- Système de Paiement Interbancaire Haïtien (SPIH)
Objectif: Le système de paiement est un projet qui permettra aux différentes entités du système
financier haïtien d’effectuer des transactions interbancaires en ligne en vue de faciliter la
circulation de monnaie en devises nationales et américaines. Ces transactions sont exécutées de
façon finale et irrévocable au niveau du système, avec des fonds tenus à la BRH. Ce projet
permettra, entre autres, à l’État haïtien de créditer les comptes en banque des fonctionnaires
publics par l’intermédiaire du Ministère de l’Économie et des Finances.
État d’avancement: Pour le présent moment les protocoles d’accord entre la BRH et les
banques commerciales sont à l’étude. La formation pour les utilisateurs et les administrateurs des
banques commerciales a déjà eu lieu. Les administrateurs des banques se sont déjà connectés
sur l’application pour créer les profils des utilisateurs. Les formulaires de demande de certificats
soumis par les banques ont été satisfaites : des jetons sont encore à réclamer.
XI.1.7- Tableau de bord RTF
Ce tableau de bord permet de recueillir des données statistiques sur la disponibilité de la
connexion de chaque banque sur le Réseau Télématique Financier (RTF) sur une base
hebdomadaire et mensuelle. Ces statistiques permettent d’effectuer un certain monitoring du
réseau et sont des guides fondamentaux sur les décisions et orientations à prendre à ce niveau.
XI.2- PROJETS TECHNIQUES
XI.2.1 Réseau Télématique Financier (RTF)
En ce qui concerne le RTF, les équipements terminaux ont été installés et configurés
principalement dans les banques commerciales qui soumettent des informations financières à la
40
Banque Centrale à travers ledit réseau dans le cadre de l’application SIF , modules «changes »
et «réserves légale» Les modules «Incidents et paiements» et «Risques» sont en développement
et pourront passer en production au cours de l’année 2007.
40
/ Système d’informations financières
120
XI.2.2- Réseau informatique interne
La BRH a accordé une importance particulière au renforcement de la sécurité de ses systèmes
d'information. Parmi les actions entreprises, citons l'étude menée pour la mise en place d'un
système efficace de détection et de prévention d'intrusion, l'identification des outils de gestion de
l’utilisation et d’amélioration de la performance du réseau.
XI.2.3- Internet
La BRH, dans le souci de garantir une plus grande disponibilité et une meilleure qualité du
service Internet, a connecté son réseau à une deuxième liaison de capacité 1 Mbit. Un outil pour
l'optimisation de l'utilisation des différentes liaisons Internet est déjà identifié.
XI.2.4- Réseau des « Very Small Aperture Terminal (VSAT) »
Le réseau de VSATs est déjà opérationnel. Leur déploiement est en train d’être effectué en
fonction de la demande. Les sièges sociaux des institutions connectés à ce réseau pourront jouir
de la facilité de communiquer avec leur site distant. Un deuxième centre de communication sera
installé au centre de technologie pour suppléer à une panne éventuelle du centre principal.
XI.2.5- Centre de Technologie
Les travaux au centre de technologie ont redémarré. Ce centre devrait être opérationnel au cours
de l'année suivante.
XI.3- GESTION DES ÉQUIPEMENTS ELECTROMÉCANIQUES.Au cours de cet exercice, le Service Électrotechnique (ET), en plus de la gestion des opérations
d’entretien des divers équipements électromécaniques à Port -au-Prince et au Cap, a assuré la
supervision de certains projets entrepris par la Banque : l’aménagement du Centre de
Technologie, l’installation des équipements de la centrale électrique, la construction de la ligne de
branchement de la centrale.
XI.3.1- Production d’énergie
Pour résoudre les problèmes de production rencontrés au cours de l’exercice précédent, les
opérations suivantes ont été réalisées:
?
Démantèlement de l’ancienne centrale du nouveau bâtiment
?
Location d’un groupe de 1.6 MW
?
Implantation d’une nouvelle centrale
121
XI.3.1.1- Démantèlement de l’ancienne centrale
Suite aux différentes pannes enregistrées, tous les groupes électrogènes installés au nouveau
bâtiment ont été abandonnés. Les matériels et équipements ont été démantelés et stockés.
XI.3.1.2- Groupe de location
En attendant l’installation des groupes de la nouvelle centrale, la BRH a loué un groupe mobile
d’un fournisseur de la place qui, d’octobre 2005 à juin 2006, a fourni toute l’énergie électrique
nécessaire.
XI.3.1.3- Implantation de la nouvelle centrale
Les travaux d’implantation de la nouvelle centrale ont été réalisés. Une entreprise spécialisée,
liée à la BRH par contrat, a installé la ligne basse tension et les armoires de jeu de barres,
suivant les spécifications du cahier des charges. Cette ligne a été mise sous tension en juin
2006, suite à la décision de mettre les nouveaux groupes en production. Les nouveaux groupes
ont été installés et ceux-ci alimentent la Banque en énergie depuis juin 2006. Toutefois,
l’installation du système de commande des groupes permettant le démarrage et l’arrêt
automatique, n’est pas encore achevée.
Dans l’ensemble, les différentes installations de la centrale fonctionnent selon les prévisions du
Service ET : à pleine charge, la chute de tension de la ligne moyenne tension est inférieure à 3%,
la puissance et le nombre de groupes installés permettent la souplesse de fonctionnement
attendue.
XI.3.1.4- Groupes du Cap-Haïtien
Aucune panne de moteur n’a été enregistrée au Cap. Cependant l’un des deux groupes est
gardé à l’arrêt à cause d’une panne de disjoncteur. Le Service ET attend la livraison de deux
disjoncteurs commandés d’une firme locale, pour rendre les deux groupes disponibles.
XI.3.2- Alimentation des charges critiques
XI.3.2.1- A Port-au-Prince
La Banque n’a pas encore fait l’acquisition d’un nouveau système. Les charges critiques sont
alimentées par l’ancien UPS. La commande d’un système redondant est en cours
122
XI.3.2.2- Au Cap-Haïtien
Le UPS de marque Chloride, installé depuis la construction de la nouvelle succursale est en
panne. Le processus d’acquisition d’un autre UPS est en cours.
XI.3.3- Climatisation.Le Service ET a assuré lui-même les travaux de maintenance et de réparation à Port-au-Prince
et au Cap.
XI.3.3.1- A Port-au-Prince
Le système Numéro 1 du chiller avait une fuite de condenseur qui a été réparée. Le Service a
entrepris la réparation du compresseur du système No 2 du même chiller; il ne reste que le
rembobinage du moteur à finaliser avant de remettre le système en marche. Le projet
d’installation d’un deuxième chiller pour la Caisse est en cours.
XI.3.3.2- Au Cap-Haïtien
Le Service ET a réparé une fuite de condenseur du même type que celle décrite précédemment.
Le moteur électrique de l’un des compresseurs a également été réparé après l’intervention de
l’équipe locale.
XI.3.4- Broyeur
Pour le broyeur de marque SEM, les opérations de maintenance préventive ont été exécutées et
il continue de fonctionner normalement. Quant au projet d’installer le nouveau broyeur
Blackfriars, une évaluation devra être effectuée par un technicien agréé. Le contrat devant
permettre le bénéfice de son arrivée n’est pas encore signé.
XI.4- SÉCURITÉ
L’année 2006 a été marquée sur le plan de la sécurité par la mise à jour du système de sécurité
physique de l’Institution. Initié à la fin de l’année antérieur, ce projet a été implémenté au cours
de l’année 2006 au siège social de la BRH à travers les modules de contrôle d’accès et de vidéosurveillance. Ainsi des outils plus performants et mieux adaptés à la réalité du moment ont été
installés et permettront de renforcer la sécurité des actifs de l’Institution.
Au niveau du contrôle d’accès, le remplacement du logiciel Secure Perfect 4.0 par Picture Perfect
4.0 a été réalisé. Ce dernier, en plus d’être un logiciel Web, offre beaucoup plus de
fonctionnalités en matière de gestion de la sécurité.
123
En outre, la mise à jour du système de vidéo-surveillance nous a permis de migrer vers un
système entièrement digitalisé muni de CD-ROM et de disques durs de très grande capacité de
stockage permettant d’enregistrer et de visualiser les images à travers notre réseau ethernet.
Le principal avantage de ce projet réside dans le « Facility Commander », une plate-forme
permettant l’intégration des différents modules de la sécurité physique : le contrôle d’accès, la
détection d’intrusion, la vidéosurveillance, la détection d’incendie.
Au cours de l’année 2007 ce projet sera implémenté d’autres sites de la BRH, y compris au CapHaïtien.
124
XII-
LES ACTIVITÉS D’INSPECTION GÉNÉRALE DES CAISSES POPULAIRES 2006.
Après avoir complété un inventaire national des caisses d’épargne et de crédit et publié la
brochure y relative, l’accent a été mis sur les missions d’inspection sur place. Ainsi, la DIGCP a
conduit des missions d’inspection dans plus de 30 caisses d’épargne et de crédit (CEC) dont le
niveau d’actif varie entre 10 MG et 120 MG. Le graphique ci-contre illustre la répartition par zone
géographique des caisses inspectées.
Graphique 43- Répartition par zone géographique
Les objectifs poursuivis dans le
cadre de ces missions ont été les
Sud'Est
3%
suivants :
Artibonite
22%
0
1 ) S’assurer du respect, d’une
part, de la législation haïtienne sur
Sud
16%
Nord
6%
Ouest
35%
Centre
3%
les caisses d’épargne et de crédit
(CEC) et d’autre part, des circulaires
émises par la BRH;
o
2 ) Formuler des recommandations
Nippes
3%
Nord'Est
3%
Nord'Ouest
3%
Grand'Anse
6%
appropriées permettant de corriger
les insuffisances constatées. Les
interventions de la BRH, tout en
contribuant à l’amélioration de la bonne gouvernance dans les CECs pour la protection des
intérêts des sociétaires, ont permis progressivement, de ramener la confiance dans le secteur,
après la crise des caisses dites de «10%».
Par ailleurs, la BRH poursuit le renforcement de la DIGCP et finalise la mise en place des normes
devant régir le secteur haïtien des CECs.
125
XIII- Les Ressources humaines de la BRH en 2006
Mouvement et Répartition de l’effectif
Au terme de l’exercice fiscal 2005-2006 l’effectif des employés au service de la BRH, toutes
catégories confondues, se chiffre à 679 employés, comparé à l’exercice précédent 04-05 qui
accusait un effectif de 648 employés.
Tableau 58- Effectif de la BRH en 2006
Catégorie
Effectif au
30/09/05
Conseil
Direction
Exécution
Support
Contractuels
Stagiaire
5
234
176
181
45
7
Diminution de
l’effectif
Exercice 05-06
5
Augmentation de
l’effectif
Exercice 05-06
14
28
4
2
Cumul
648
Source : BRH/Direction administrative -SRH
Effectif au
30/09/06
5
229
190
209
41
5
679
La variation constatée au niveau de l’effectif est due aux évènements consignés dans le tableau
ci-dessous:
Tableau 59- Mouvement du personnel de la BRH en 2006
EVENEMENTS
Décès
Cessation de Contrat
Démission
Nouveaux Contrats
Mise à la Retraite
Disponibilité
Transferts
Intégrations
Promotions
Renouvellements de Contrats
Changement de Statut
Ajustements
Détachement
Amendements de Contrats
Sanctions
Révocations
Nombre d’employés touchés
2
4
5
26
7
14
15
47
27
22
8
21
1
7
Source : BRH/Direction administrative-SRH
126
RÉPARTITION
ANCIENNETÉ
DE
L’EFFECTIF
DES
EMPLOYÉS
ACTIFS
ET
RÉGULIERS
PAR
Hormis le Conseil d’Administration dont le mandat est de 3 ans et les contractuels dont la durée
du contrat est limitée, la répartition de l’effectif des employés actifs et réguliers en fonction de
leur ancienneté se présente comme suit:
Tableau 60- Répartition de l’effectif des employés de la BRH par classe d’ancienneté
Classe d’ancienneté
Poids dans la structure
0 à 5 ans de service
248 employés, soit 39,2 %
6 à 10 ans de service
126 employés, soit 19,9 %
11 à 15 ans de service
24 employés, soit 3,8 %
16 à 20 ans de service
83 employés, soit 13,1 %
21 à 25 ans de service
96 employés, soit 15,2 %
26 à 30 ans de service
50 employés, soit 7,9 %
31 à 35 ans de service
6 employés, soit 0,9 %
Source : BRH/Direction administrative-SRH
PROMOTIONS ET AJUSTEMENTS
Au cours de l’exercice 2005-2006, un pourcentage relativement faible des ressources humaines
(7,60 % ) a bénéficié des promotions et/ou des ajustements de salaires sur la base de
l’ancienneté et de la performance. Un total de 48 cadres et employés ont été touchés par cette
mesure:
Tableau 61- Rotation du personnel de la BRH en 2006
DIRECTIONS
Administration
Affaires Internationales
Affaires Juridiques
Bureau du Gouverneur
Direction Générale
Caisse
Contrôle de Crédit
Information et Technologie
Monnaie et Analyse Économique
PROMOTIONS
6
2
1
AJUSTEMENTS
3
7
3
1
2
1
1
Supervision
I.F.B.C
U.O.M
1
DIGCP
BUREAU DU F.M.I
1
U.S.P.C
Direction Financière
U.A.I.
U.M.N.
2
U.S.T.
Cumul
27
Source : BRH/Direction administrative-SRH
2
TOTAL
9
2
3
8
3
1
2
1
1
4
1
4
11
21
2
11
48
127