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...................................................................... PAGE 181. VUE D’ENSEMBLE
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL AU DEUXIÈME
TRIMESTRE 2024 - 2025
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR EXTERNE AU DEUXIÈME
TRIMESTRE 2024 - 2025
4.- DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU DEUXIÈME
TRIMESTRE 2025
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU DEUXIÈME TRIMESTRE 2025
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR
BANCAIRE
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE, GENRE ET
RÉGION GÉOGRAPHIQUE
8. PERSPECTIVES
TABLE DES MATIÈRES
3
Note sur la politique monétaire
2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2025VUE D’ENSEMBLE
1. VUE D’ENSEMBLE
Au deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025, les nouvelles orientations de
politique commerciale à l’échelle internationale et les fragmentations géopolitiques
ont fragilisé la croissance économique mondiale et ralenti le processus de
desserrement des conditions monétaires enclenché au cours du trimestre passé.
Ainsi, les principales banques centrales ont adopté un comportement prudent
quant à la poursuite de la révision des taux directeurs, telle qu’entamée en
septembre 2024, considérant le potentiel inflationniste de ces récentes mesures
prises notamment par l’Administration américaine.
Sur le plan national, bien que l’inflation ait affiché un recul sur une base trimestrielle,
le niveau des prix demeure toutefois élevé en mars 2025, en dépit d’une stabilité
relative du taux de change et d’un financement monétaire nul au cours de la période
sous-revue. L’augmentation du nombre des personnes déplacées à travers le pays a
contribué à une détérioration de l’insécurité alimentaire et des conditions de vie de
la population, en témoigne la dernière analyse du Cadre Intégré de la Classification
de la Sécurité Alimentaire (IPC). Selon ce rapport, 5,7 millions de personnes font
face à une situation d’insécurité alimentaire aiguë, notamment dans les zones les
plus touchées par cette crise sécuritaire (Ouest, Artibonite, Plateau central).
Eu égard à cette conjoncture incertaine, la BRH reste alerte par rapport à l’évolution
des principaux indicateurs économiques en vue de prendre les décisions adéquates,
de manière à atténuer les potentiels impacts de cet environnement adverse sur la
stabilité des prix et celle du système financier, tout en étant partie prenante des
initiatives allant dans le sens de la reprise des activités économiques.
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 4
Note sur la politique monétaire
2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2025
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE
GLOBAL AU DEUXIÈME TRIMESTRE
2024 - 2025
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
Les nouvelles mesures prises par le gouvernement américain relativement aux
politiques commerciale et migratoire ont induit des changements majeurs dans
l’environnement macroéconomique mondial. Les décisions envisagées par rapport
aux relèvements des tarifs douaniers entre les États-Unis et le reste du monde,
renforçant les incertitudes longtemps entretenues par les crises géopolitiques,
ont ainsi suscité une forte volatilité des marchés financiers internationaux. Ainsi,
en raison du fort potentiel inflationniste lié à d’éventuelles perturbations dans les
échanges commerciaux au niveau mondial, les principales banques centrales ont
adopté un comportement attentiste par rapport aux réductions de taux d’intérêt
prévues.
Aux États-Unis, les changements sur le plan de la dynamique économique et
commerciale amorcée par la nouvelle administration ont exacerbé la volatilité
des marchés financiers et freiné l’investissement privé, lequel s’est replié de
5,6 % au cours du 2
e
trimestre 2025. De ce fait, les autorités monétaires ont
adopté un comportement attentiste dans la perspective des retombées des
mesures protectionnistes envisagées par le gouvernement américain sur l’activité
économique. Conséquemment, contrairement au maintien du rythme de
desserrement anticipé antérieurement, la Réserve fédérale (Fed) a gardé inchangés
ses taux directeurs dans la fourchette de 4,25 % et 4,5 % au cours du trimestre
sous-étude. Aussi, ces développements ont-ils fragilisé la croissance économique,
le PIB américain accusant une contraction de 0,2 % en glissement annuel au cours
du deuxième trimestre, contre + 2,4 % au trimestre précédent.
En dépit des tensions commerciales à l’échelle internationale, les économies de
la Zone Euro ont affiché une relative résilience, en témoigne la progression du PIB
de cette zone qui s’est inscrite à 0,3 % au cours du trimestre allant de janvier à
mars 2025, contre 0,2 % au trimestre précédent. De même, l’évolution modérée
de l’inflation (2,2 % en mars 2025 contre 2,4 % en décembre 2024), proche de la
cible de 2 % de la Banque Centrale Européenne (BCE), a favorisé la poursuite du
desserrement de la politique monétaire, les taux directeurs ayant été abaissés de
25 points de base, respectivement en janvier et mars 2025, pour s’inscrire à 2,40 %.
Au niveau des économies émergentes, les prévisions d’avril 2025 de la Commission
économique pour l’Amérique latine et la Caraïbe (CEPALC) tablent sur un
ralentissement plus marqué de la croissance de la région, à 2 % en 2025, après
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 5
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
2,3 % en 2024
1
. Les économies dont les projections de croissance du PIB sont
les plus faibles demeurent le Venezuela (-1,5 % ; -4,6 points de pourcentage),
le Mexique (0,3 % ; -0,9 point de pourcentage) et Haïti (-2 % ; -1,5 point de
pourcentage). Cette morosité économique résulte de l’incidence défavorable de la
guerre commerciale mondiale qui risque d’impacter négativement les exportations
de ces pays, notamment celles vers les États-Unis, avec des effets perturbateurs sur
la dynamique économique au niveau de cette zone géographique. Par ailleurs, la
croissance de l’activité économique en République dominicaine s’est aussi tassée
au cours du trimestre terminé le 31 mars 2025, particulièrement en raison du repli
de la demande intérieure, notamment de l’investissement. Ainsi, au cours des trois
premiers mois de l’année 2025, l’indicateur mensuel d’activité économique (IMAE)
s’est établi à 2,7 %, contre 3,1 % le trimestre précédent. Parallèlement, l’inflation,
se portant à 3,58 % en mars 2025, un taux compris dans la fourchette cible
de 4 % ± 1 %, a permis à la Banque Centrale de la République Dominicaine (BCRD)
de garder le statu quo des taux directeurs au cours de la période sous revue,
à 5,75 %.
Sur le marché international, les prix des produits pétroliers ont diminué sous
l’effet conjugué de l’augmentation attendue de la production de l’OPEP
+
et des
inquiétudes relatives aux éventuels impacts du relèvement des droits de douane
américains, lequel devrait induire un recul de la demande pour le pétrole. En
effet, le cours moyen du baril de Brent a atteint 72,73 dollars ÉU, soit une baisse
de 1,53 % par rapport à décembre 2024, tandis que celui du WTI a reculé de
2,68 % pour s’établir à 68,24 dollars ÉU. En ce qui concerne l’indice FAO des prix
des produits alimentaires, il s’est contracté de 0,24 % en s’affichant à 127,1 en mars
2025.
Tableau 1
Sources : OCDE, BLS, Eurostat, BCRD | * Projec ons de mars 2025 | ** février 2025 | *** décembre 2024
Indicateurs macroéconomiques par région et pays
États-Unis
Zone Euro
République
Dominicaine
Pays et Région/
Indicateurs Projection
de croissance*
Taux
d'inflation
Taux de
chômage
Taux
directeur
2,2 %
1 %
4,5 %
2,4 %
2,2 %
3,58 %
4,2 %
6,1 %**
5,3 %***
4,25 % - 4,50 %
2,4 %
5,75 %
1 Il s’agit d’une révision de 40 points de base comparativement aux prévisions de décembre 2024 qui augu-
raient une hausse de 2,4 % du PIB de cette région pour 2025.
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 6
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
Graphique 1
Source : www.indexmundi.com/commodies
Prix du riz en dollar ÉU par tonne métrique
670
630
590
550
510
470
430
390
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
Graphique 2
Source : www.indexmundi.com/commodies
Prix du blé et du maïs en dollar ÉU par tonne métrique
525
475
425
375
325
275
225
175
125
Blé
Maïs
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
Graphique 3
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
Prix du baril du West Texas Intermediate (WTI) en dollar ÉU
100.0
75.0
50.0
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
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ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 7
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
Graphique 4
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
Prix du baril du Brent en dollar ÉU
125
100
75
50
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
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2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
À l’échelle nationale, l’environnement des affaires continue de subir les contrecoups
de la détérioration de la conjoncture socio-sécuritaire. Le rétrécissement du tissu
industriel et entrepreneurial, qui en découle, impacte négativement toutes les
activités productives et commerciales, avec des retombées préjudiciables sur la
stabilité macroéconomique et la dynamique de l’emploi. En effet, une contraction
de 2,5 % de l’Indicateur Conjoncturel d’Activité Économique (ICAE) a été enregistrée
au premier trimestre fiscal 2025 à la suite de la contre-performance des trois
secteurs de l’activité économique.
Nonobstant les difficultés qui continuent d’entraver les circuits d’approvisionnement,
un ralentissement du rythme de progression des prix a été observé au cours du
deuxième trimestre de l’exercice fiscal en 2024
- 2025, dans un contexte marqué
par un financement monétaire nul et un repli de la liquidité dans l’économie après
la période festive de décembre 2024. Ainsi, l’inflation annuelle a décéléré à 25,2 %
en mars 2025, contre 28,5 % à la fin du trimestre précédent, bien qu’elle demeure
toutefois élevée.
Graphique 5
Sources : IHSI et BRH
Inflation globale et inflation sous-jacente (en glissement
annuel et en %)
55.0
50.0
45.0
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
15.0
Inflation globale annuelle (en %) Inflation sous-jacente annuelle (en %)
Mar-23
Apr-23
May-23
Jun-23
Jul-23
Aug-23
Sep-23
Oct-23
Nov-23
Dec-23
Jan-24
Feb-24
Mar-24
Apr-24
May-24
Jun-24
Jul-24
Aug-24
Sep-24
Oct-24
Nov-24
Dec-24
Jan-25
Feb-25
Mar-25
23.3
25.2
27.4
28.5
26.7
25.7
48.2
41.7
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 8
Note sur la politique monétaire
2
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
L’augmentation du nombre de personnes déplacées internes a exacerbé la
crise alimentaire dans le pays. Selon la dernière analyse du Cadre Intégré de la
Classification de la Sécurité Alimentaire (IPC)
2
, 51 % de la population analysée,
soit 5,7 millions de personnes, vivent une situation d’insécurité alimentaire aiguë,
notamment dans la zone métropolitaine et le reste de l’Ouest ainsi que dans le
département de l’Artibonite. La quantité de personnes en phase d’urgence (Phase 4)
est estimée à 2,1 millions (19 % de la population analysée), tandis que 3,6 millions
d’individus (32 % de la population analysée) sont en situation de crise
3
.
2 Cette analyse de l’IPC, couvrant l’intervalle de la période de mars à juin 2025, a été conduite par la
Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) de concert avec ses partenaires techniques et financiers et
publié le 15 avril 2025.
3 La Phase 4 renvoie à des niveaux d’urgence alimentaire et la Phase 5 à des niveaux catastrophiques
d’insécurité alimentaire.
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 9
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR
EXTERNE AU DEUXIÈME TRIMESTRE 2025
L’application rigoureuse des mesures fiscales a été favorable à l’amélioration
des finances publiques au deuxième trimestre en dépit du ralentissement
des activités économiques. Sur la période allant de janvier à mars 2025, les
taxes et impôts collectés par les organismes de perception en Haïti ont crû de
3,72 % comparativement au trimestre précédent, passant de 48 003,30 MG à
49 789,01 MG. Par ailleurs, les ressources disponibles au 31 mars 2025 se sont
chiffrées à 87 774,45 MG, dont 89,3 % des « Autres ressources (37 985,44 MG) »
constituées essentiellement des produits des émissions de billets de trésorerie
(33 910,76 MG).
Par ailleurs, les dépenses publiques ont crû de 3,7 % en comparaison au trimestre
précédent. Elles se sont portées à 45 860,68 MG au cours de la période sous étude
et ont représenté 55 % des décaissements totaux de l’État. Conséquemment, les
opérations du Trésor public au 31 mars 2025 se sont soldées par un excédent, ce
qui a favorisé une diminution de 8 655,09 MG du stock de dette de l’État vis-à-vis de
la BRH, ce qui conforte les objectifs de financement monétaire zéro défini dans le
budget 2024 - 2025 et consigné dans le programme économique et financier conclu
entre les autorités haïtiennes et le FMI.
Tableau 2
Sources : MEF/DCC_BRH
Recettes fiscales
Autres ressources
Emiss. nettes Bons du TP
Ressources totales
Dépenses budgétaires
Autres décaissements
Certificats de
Trésorerie et autres
Décaissement totaux
2
e
trim
2024
2
e
trim
2025
1
er
trim
2024
Exercice
2024-2025
34,701.93
41,937.41
36,616.91
76,639.34
32,322.01
38,600.66
38,480.66
70,922.67
49,789.01
37,985.44
33,910.76
87,774.45
45,860.68
37,737.00
37,532.00
83,597.68
48,003.30
53,576.52
48,933.19
101,579.82
44,240.06
72,390.83
41,125.80
116,630.89
97,792.31
91,561.95
82,843.95
189,354.27
90,100.73
110,127.83
78,657.80
200,228.57
Évolution des finances publiques (en MG )
En ce qui a trait au secteur externe, le solde de la balance commerciale s’est
dégradé au cours du deuxième trimestre 2024-2025 par rapport à la même période
de l’exercice précédent. L’accroissement notable de 21,7 % des importations jumelé
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 10
Note sur la politique monétaire
2
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
à une légère hausse des exportations ( 1,6 %) ont conduit à une détérioration de la
balance commerciale, laquelle s’est inscrite à – 977,78 millions de dollars ÉU.
Sur les six (6) premiers mois de l’exercice 2024 - 2025, les transferts sans contrepartie
reçus ont crû d’environ 20 %, pour atteindre 2 170,62 millions de dollars ÉU. Sur une
base trimestrielle, ils ont enregistré une progression de plus de 28 %, renforçant
l’offre de devises dans l’économie. Ceci a permis de compenser l’accroissement des
demandes de dollars aux fins transactionnelles, et, par ricochet, contenir l’évolution
du taux de change durant le deuxième trimestre 2025. Au 31 mars 2025, le taux
de change s’est établi à 130,5296 gourdes pour un dollar ÉU, soit une variation
trimestrielle de 0,15 %.
Graphique 6
Source : BRH
Transferts privés sans contrepartie reçus de l’étranger
(en millions de dollars ÉU)
440
410
380
350
320
290
260
230
200
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
Graphique 7
Source : BRH
Balance commerciale (en millions de dollars ÉU)
-130
-180
-230
-280
-330
-380
-430
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
janv.-22
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 11
Note sur la politique monétaire
2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2025
Graphique 8
Source : BRH
Taux de change nominal (fin de période)
160
150
140
130
120
110
100
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
Graphique 9
Source : BRH
Volume des transactions bancaires à l’achat et à la vente
sur le marché des changes (en millions de dollars ÉU )
300
250
200
150
100
50
0
Trans. à la vente Trans. à l’achat
mars-2 2
mai-22
juil.-22
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
DÉCISIONS DE POLITIQUE
MONÉTAIRE 12
Note sur la politique monétaire
2
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
4. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE
AU
DEUXIÈME TRIMESTRE 2025
Au cours du deuxième trimestre 2024 - 2025, la Banque de la République d’Haïti
(BRH) a maintenu la posture adoptée depuis deux ans en matière de politique
monétaire, en mettant l’accent sur la stabilité macroéconomique et financière,
tenant compte du fait que le contexte sécuritaire continue d’entraver la relance du
crédit. Cette stratégie s’est traduite par le renforcement des mesures de stérilisation
de la liquidité excédentaire du système financier, notamment à travers l’émission
de bons BRH, tout en gardant le statu quo au niveau des taux directeurs et des
coefficients de réserves obligatoires.
En effet, depuis leur révision en août 2022, les taux de réserves obligatoires ont été
gardés à leurs niveaux respectifs de 40 % et 53 % pour les banques commerciales,
et de 28,5 % et 41,5 % pour les banques d’épargne et de logement (BEL), sur les
passifs libellés en gourdes et en devises étrangères. De même, les taux d’intérêt
sur les bons BRH ont été maintenus à 6 %, 8 % et 11,5 % respectivement, pour
les maturités de 7, 28 et 91 jours. Au terme du trimestre, l’encours total de ces
titres s’est établi à 26 950 MG, marquant un accroissement de 23,05 % par rapport
à décembre 2024 et reflétant la baisse continue des activités d’intermédiation.
Quant aux taux sur les opérations de mise en pension, ils sont restés fixés
à 17 % pour les bons BRH et à 14 % pour les bons du Trésor.
De plus, considérant les impacts négatifs de la conjoncture sur tous les secteurs
d’activité, la BRH a publié la circulaire no 130 en faveur du secteur touristique. Les
mesures, qui y sont inscrites, visent à fournir des incitations à ce secteur afin de
lui permettre de conserver les infrastructures modernes acquises au cours des
récentes dernières années.
Sur le marché des changes, le dynamisme des transferts privés sans contrepartie,
notamment en mars, a permis à la BRH de poursuivre ses opérations nettes à
l’achat à hauteur de 91,27 millions de dollars ÉU sur le trimestre. Ces interventions
ont non seulement renforcé son coussin de réserves, mais ont aussi contribué à
maintenir la stabilité relative du taux de change. Par ailleurs, les souscriptions aux
obligations BRH se sont accrues sur le trimestre, portant l’encours à 8 711,36 MG
au 31 mars 2025.
AGRÉGATS MONÉTAIRES 13
Note sur la politique monétaire
2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2025
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU DEUXIÈME
TRIMESTRE 2025
Les données préliminaires au 31 mars 2025 ont fait état d’une évolution modérée
des principaux indicateurs monétaires, reflétant un effet saisonnier observé
généralement après un regain apparent des activités lié aux festivités de fin
d’année. En effet, la base monétaire au sens restreint a affiché un repli de 0,49 % par
rapport au trimestre antérieur, contre +14,28 % en décembre 2024. Les réserves
en gourdes des banques ont reculé de 2,15 %, alors que la monnaie en circulation
a progressé de 0,73 %, après avoir affiché des croissances respectives de 11,13 %
et de 16,71 % au trimestre précédent. Parallèlement, en dépit de l’intensification
des placements des banques dans les bons BRH et la progression de leurs dépôts
en devises à la BRH (+5,66 %), le rythme de progression de la base monétaire au
sens large a ralenti sur le trimestre sous-étude, passant de +7,73 % en décembre
2024 à + 3,06 % en mars 2025. L’analyse de l’actif du bilan de la Banque centrale
montre que la progression de la base demeure soutenue par les avoirs extérieurs
nets, en hausse de 9,05 %, sous l’effet des interventions nettes à l’achat de la BRH
sur le marché des changes, tandis que les créances nettes de la BRH sur l’État ont
régressé de 0,54 % pour la période sous revue.
Pour ce qui concerne la masse monétaire, les données au 31 mars 2025
indiquent une croissance trimestrielle de 1,65 % de l’agrégat M3 contre 5,39 %
en décembre dernier, tandis que les agrégats M2 et M1 ont enregistré des baisses
respectives de 0,93 % et 2,60 % sur la même période. Cette évolution contrastée
s’explique par la diminution des dépôts en gourdes, en particulier des dépôts à
vue (-7,51 %), tandis que les dépôts en dollars ont enregistré une hausse de
4,45 %, dans un contexte marqué par une progression soutenue des remises
migratoires. La croissance de la masse monétaire est influencée par celle de 8 %
des avoirs extérieurs nets du système bancaire, laquelle a été partiellement
contrebalancée par la contraction de 1,24 % du crédit intérieur net. Les créances
nettes sur le secteur public se sont repliées de 1,09 %, de même que celles
sur le secteur privé (-1,45 %), en raison de la dégradation continue du climat
des affaires.
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE 14
Note sur la politique monétaire
2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2025
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE
PERFORMANCE DU SECTEUR BANCAIRE
L’analyse des données disponibles pour le deuxième trimestre 2025 renvoie à une
évolution mitigée des principaux indicateurs du système bancaire. Au cours du
trimestre sous-étude, le produit net bancaire (PNB) a atteint 9,1 milliards de gourdes,
en hausse de 2,6 % par rapport au trimestre précédent. Cette performance a été
tributaire de la progression concomitante des « Gains sur change » (+11,7 %) et
des « Autres revenus » (+46 %). Par ailleurs, l’accroissement des revenus bancaires
par rapport au fléchissement des dépenses d’exploitation (-1,7 %) s’est traduit par
une croissance marquée de 22,3 % du bénéfice net du système (1,97 milliard de
gourdes), après une chute de 24,71 % au trimestre dernier.
De même, l’évolution des principaux ratios clés témoigne de la résilience du système
bancaire, malgré les retombées négatives de la crise sécuritaire sur la rentabilité
bancaire. En effet, sur la période allant de janvier à mars 2025, le rendement de
l’actif (ROA) s’est chiffré à 1,17 % contre 0,98 % au trimestre précédent, alors
que le rendement de l’avoir des actionnaires (ROE) a augmenté de 2,03 points de
pourcentage, à 13,65 % au 31 mars 2025.
En ce qui a trait à la taille du bilan des banques, établie à 666,8 milliards de gourdes
en décembre 2024, elle a accusé une hausse de 1,7 % sur une base trimestrielle,
à 678,1 milliards de gourdes à la fin de mars 2025. Cette progression résulte
notamment de l’évolution des actifs liquides (+5,5 %) avec une croissance à la
fois des « Disponibilités » (+3,9 %) et des « Bons BRH » (+ 29,9 %) sur la période.
Considérant la structure financière du système bancaire, les données analysées
pour le deuxième trimestre 2024-2025 font ressortir une progression contrastée
des ratios clés. En effet, le ratio « Avoirs des actionnaires en pourcentage de l’actif
s’est établi à 8,55 % contre 8,62 % au 31 décembre 2024, alors que le ratio « Dépôts
en pourcentage de l’actif » a légèrement augmenté, passant de 81,30 % au 31
décembre à 81,81 % à la fin du trimestre sous revue. Cependant, la détérioration
du climat des affaires, dans ce contexte de crise, a eu des incidences néfastes sur
la capacité de remboursement des entreprises débitrices du système bancaire. En
dépit des mesures de soutien prises par la BRH, notamment les moratoires successifs
octroyés sur les prêts, le ratio « Prêts improductifs bruts en pourcentage des prêts
bruts » s’est détérioré pour se porter à 13,68 % contre 10,36 % au 31 décembre
2024. De même, le degré de couverture des prêts octroyés par le système bancaire
par rapport aux risques de défaut de paiement des débiteurs du secteur s’est inscrit
en baisse au cours du trimestre considéré, en atteste le coefficient « Provisions
pour créances douteuses en pourcentage des prêts improductifs bruts » qui s’est
établi à 65,16 % en mars 2025 après 81,53 % en décembre 2024.
Au cours de l’intervalle allant de janvier à mars 2025, les ressources bancaires se
sont inscrites en hausse (+1,8 %) pour se porter à 609,2 milliards de gourdes dont
un accroissement de 2,3 % des dépôts totaux sur la période. Ces derniers ont été
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE 15
Note sur la politique monétaire
2
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
impulsés par l’accroissement de 2,6 % et de 4 % respectivement des dépôts à vue et
des dépôts d’épargne. Considérant le repli de 2,7 % du portefeuille brut, le niveau
d’intermédiation bancaire, mesuré par le ratio « prêts bruts sur dépôts totaux », a
chuté au 31 mars 2025, se chiffrant à 22,51 % contre 23,67 % à la fin du premier
trimestre.
Tableau 3
Source : DSBIF/BRH
Ratios clés du système bancaire au 31 mars 2025
Provisions pour créances douteuses
en pourcentage des prêts improducfs
Prêts en pourcentage des prêts bruts
Rendement moyen des prêts producfs
Ratios de rentabilité bancaire
ROA
ROE
Niveau de dollarisation du système
Dépôts en devises converes en
pourcentage des dépôts totaux
Portefeuille de prêts nets en devises converes
en pourcentage des prêts nets totaux
Ratios clés
du système bancaire
1
er
trimestre 2025 2
e
trimestre 2025
81.53 %
10.36 %
11.99 %
1
er
trimestre 2024-2025
0.98 %
11.62 %
Au 31 décembre 2024
65.08 %
61.09 %
65.16 %
13.68 %
11.41 %
2
e
trimestre 2024-2025
1.17 %
13.65 %
Au 31 mars 2025
66.22 %
61.18 %
Par ailleurs, par rapport au 31 décembre 2024, le niveau de dollarisation s’est accru,
traduisant ainsi une demande relativement plus soutenue de la devise américaine
sur l’intervalle sous étude. Conséquemment, le ratio « Portefeuille de prêts nets
en devises converties en pourcentage des prêts totaux » a atteint 61,18 % au 31
mars 2025, soit une légère hausse de 9 points de base. Parallèlement, les dépôts
en devises convertis en pourcentage des dépôts totaux se sont établis à 66,22 %
contre 65,08 % à la fin du premier trimestre.
Considérant les taux d’intérêt bancaires sur les opérations en gourdes, ceux sur
les dépôts à terme (DAT) sont passés de 3,83 % au premier trimestre à 3,67 %.
S’agissant des prêts, ils se sont établis à 14,33 % au deuxième trimestre (16,08 % au
1
er
trimestre). L’écart entre les taux créditeurs et débiteurs s’est rétréci, le spread
bancaire (10,67 %) reculant de 1,58 point de pourcentage par rapport à la période
allant d’octobre à décembre 2024.
En ce qui a trait aux opérations en devises, les taux d’intérêt sur les DAT se sont
établis à 2,87 % au deuxième trimestre 2025 contre 1,25 % le trimestre précédent.
Il convient de noter que la rémunération moyenne sur les prêts en devises a
légèrement augmenté, passant de 10,58 % à 10,71 % au cours du deuxième
trimestre de l’exercice en cours. Il en est résulté une contraction du spread bancaire
qui s’est établi à 7,84 % au deuxième trimestre contre 9,33 % au trimestre antérieur.
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE 16
Note sur la politique monétaire
2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2025
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE,
GENRE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE
Suivant les données du Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) de la Banque
centrale, les établissements financiers ont octroyé 86 609 crédits durant le deuxième
trimestre de l’exercice 2024-2025, soit une baisse de 5,2 % par rapport au trimestre
précédent. En effet, 96,35 % des prêts ont été attribués à des personnes physiques,
contre 3,65 % à des personnes morales. La distribution du volume de crédit en
gourdes a révélé qu’au cours de la période sous revue, les prêts accordés aux
entreprises (56 742,36 MG) ont été légèrement inférieurs par rapport à ceux alloués
aux particuliers (60 348,07 MG). Parallèlement, les personnes morales ont capté
85,28 % (821,45 millions de dollars ÉU) du total des crédits consentis en devises
américaines entre janvier et mars 2025, tandis que seulement 141,77 millions de
dollars ÉU ont été acquis par les personnes physiques.
S’agissant de la répartition des prêts octroyés suivant le genre, 64,24 % des crédits
libellés en monnaie nationale ont été alloués aux hommes, soit un montant de
38 765,27 MG contre 21 558,63 MG aux femmes. Il faut rappeler qu’au premier
trimestre 2025, les femmes avaient bénéficié de 22 398,023 MG (34,67 % du total
des prêts) et les hommes 38 980,57 MG (65,33 % des prêts totaux). Ces derniers
ont aussi bénéficié de 76,04 % du portefeuille de crédit en monnaie étrangère,
soit 107,80 millions de dollars ÉU.
Graphique 10
Source : BIC/BRH
Ventilation du crédit du système financier en gourde s
accordés selon le sexe
Homme
Femme
64.24%35.72%
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE 17
Note sur la politique monétaire
2
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
Graphique 11
Source : BIC/BRH
Ventilation du crédit du système financier en dollars ÉU
accordés selon le sexe
Homme
Femme
76.04%23.96%
Par ailleurs, la distribution géographique des « concours à l’économie » demeure
corrélée à la concentration démographique et industrielle prévalant à l’échelle
du territoire national. Ainsi, une forte proportion des crédits (68,78 % du total
du portefeuille global) a été canalisée vers des bénéficiaires du département de
l’Ouest. S’ensuivent les départements du Nord, de l’Artibonite et du Sud, avec des
poids respectifs de 5,85 %, 4,73 % et 2,88 %.
Graphique 12
Source : BIC/BRH
Répartition du crédit du système financier par région
géographique
Ouest
68,78 %
Centre
2,21 %
Grand-Anse
1,92 %
Nippes
1,45 %
Nord
5,85 %
Nord-Ouest
0,67 %
Nord-Est
2,10 %
Arbonite
4,73 %
Sud
2,88 %
Sud-Est
1,35 %
PERSPECTIVES 18
Note sur la politique monétaire
2
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trimestre de l’exercice fiscal 2025
8. PERSPECTIVES
L’évolution du cadre macroéconomique reste tributaire des contraintes liées au
climat sécuritaire et à la mobilité des facteurs dans l’économie haïtienne. Par ailleurs,
la dynamique de l’investissement intérieur et les stratégies de mitigation des effets
pervers des nouvelles orientations des politiques commerciales et migratoires à
l’international, notamment aux États-Unis, demeurent des facteurs prépondérants
dans le cadre des perspectives de reprise de l’activité économique en Haïti. Ces
éléments viendraient renforcer l’initiative collaborative entre le Gouvernement
et des institutions multilatérales en vue de l’adoption d’un plan de relance et de
développement à moyen terme (2025-2030).
Dans cette perspective, la BRH reste attachée à sa mission principale visant à contenir
l’évolution des prix et à lisser les fluctuations du taux de change, tout en étant
partie prenante des soutiens aux politiques macroéconomiques et structurelles.
En outre, la Banque centrale continue de moduler sa politique macroprudentielle
afin de maintenir la stabilité du système financier, en dépit de l’impact des chocs
récurrents qui fragilisent et limitent les retombées des décisions déjà prises par les
autorités monétaires.