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Intervention du Gouverneur, Monsieur Ronald GABRIEL
au sommet régional de la Finance- Grand Nord
Banque de la République d’Haïti (BRH), discours du Gouverneur Ronald Gabriel
Publié le 26 mai 2025
Source : https://www.brh.ht/intervention-du-gouverneur-monsieur-ronald-gabriel-au-sommet-regionalde-la-finance-grand-nord/
24 mai 2025
Permettez-moi de saluer de façon particulière le Ministre de l’Économie et des Finances pour
sa franche collaboration avec la BRH et sa passion pour l’approche du développement régional
(qu’il a exprimé lors du dernier ‘’Mercredi de la BID’’)
Je salue mes pairs du Conseil d’Administration de la BRH,
J’étends mes salutations aux autorités régionales du Grand Nord, au P.D.G du Group
Croissance, aux autres partenaires du Sommet, ainsi qu’aux représentants d’universités et du
secteur privé des Affaires,
Chers participants en présentiel et en ligne,
Chers étudiants,
Mesdames et Messieurs,
La Banque de la République d’Haïti est heureuse de s’associer avec son partenaire stratégique
de longue date, le Group Croissance, qui a décidé de vaincre des embûches en vue d’apporter
la 5e édition du Sommet régional de la Finance autour du thème : ‘’Financer les Petites et
Moyennes Entreprises pour la relance de l’économie haïtienne’’.
Il s’agit d’un sentiment de responsabilité et d’un engagement renouvelé de la Banque centrale
envers toute initiative suscitant des réflexions profondes pour un retour à la croissance de
l’économie, une condition nécessaire à une meilleure efficacité de la politique monétaire.
La problématique du financement des MPMEs pour la relance de l’économie est épineuse en
nature mais riche en contenu. Elle s’inscrit dans un champ contextuel où :
La BRH vient de publier les résultats de l’enquête Finscope MPME dont vous aurez une
présentation complète au cours de cette 2e journée du sommet par un cadre de la BRH.
Je me garde donc de rentrer dans les détails pour ne singulariser l’importance de cette
étude, non seulement pour les pouvoirs publics, dont la Banque centrale et le MEF, mais
aussi pour le secteur financier, ainsi que les partenaires techniques et financiers d’Haïti,
avec des résultats qui permettent de voir les MPME comme vecteur de croissance et qui
nous convient à repenser les leviers financiers au service de ce secteur pour une
croissance inclusive, durable et équilibrée au niveau régional. J’en profite pour
remercier tous les partenaires ayant contribué à la réalisation de cette enquête dont le
MEF, le MCI, l’USAID, MEDA et toutes les entités du Comité de pilotage.
Ensuite, le thème de ce sommet intervient à un moment où la BRH est en train
d’effectuer une première révision de son programme pro-croissance, aboutissant d’abord
à la mise en vigueur récemment de la circulaire 130 en faveur du secteur touristique
pour toucher un éventail plus grand de MPME dans le secteur, surtout celles de la région
du Grand Nord qui regorge de fortes potentialités touristiques. A noter qu’au 30
septembre 2024, les décaissements effectués dans le cadre des programmes procroissance se sont élevés à plus de 19 milliards de gourdes, avec le secteur du logement
représentant la part la plus importante, soit 28 % du total, suivi par les zones franches
(27 %) et l’exportation (17%).
Et enfin l’évolution du projet Booster PME II, qui a financé 85 femmes entrepreneures,
vers Booster PME III pour supporter la croissance et l’emploi dans les départements du
Nord, du Centre et dans la région du Grand Sud, une démarche pour laquelle la Banque
centrale entreprend des pourparlers avec des partenaires internationaux et qui, entre
autres, sied à un besoin de déconcentration des activités économiques dans le
département de l’ouest qui concentre 75 % du crédit bancaire (août 2024, BIC), loin
devant le Nord (7 %), l’Artibonite (5 %) et le Sud (3%). Il convient de noter qu’à travers
le programme « Booster PME », la BRH accompagne divers projets, dont plus d’une
trentaine proviennent du Grand Nord.
Chers participants,
Vous conviendrez avec moi que les MPMEs représentent l’épine dorsale de toute économie.
On estime que les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) génèrent jusqu’à 80% des
nouveaux emplois en Haïti. Pourtant, leur accès au financement demeure l’un des principaux
obstacles à leur croissance et à leur plein potentiel. Toutefois, ce financement dont nous
parlons est fonction d’un ensemble de conditions favorables au niveau de l’environnement des
affaires, dont la stabilité macroéconomique, la stabilité socio-politique, la sécurité.
C’est dans ce contexte que la BRH a mis à profit des instruments (conventionnels et non
conventionnels) dont elle dispose en vue de limiter le rythme de croissance de l’inflation
annuelle, avec une stabilisation du taux de change sur près de 6 trimestres, un meilleur cadre
de policy-mix aboutissant à une situation de financement monétaire zéro depuis plusieurs
mois, et la stérilisation de liquidités excédentaires dans le système bancaire qui n’arrivent pas
à être transformées en source de financement du secteur réel. C’est ce qui explique que le taux
de transformation au niveau du système bancaire (ratio crédit/dépôt) a poursuivi sa baisse
pour s’établir à 24 % au 30 septembre 2024, très en deçà de la moyenne régionale qui dépasse
les 70 %.
J’en profite pour souligner que les efforts déployés tant dans les finances publiques que dans
la conduite de la politique monétaire ont permis au Fonds Monétaire International (FMI)
d’approuver en avril dernier la première revue du Programme de référence en faveur d’Haïti,
un pas important en termes de signaux positifs qui pourraient ouvrir la voie à des cadres de
financement en faveur de l’économie haïtienne.
Mesdames Messieurs,
La région du Nord est une zone stratégique, possédant des atouts considérables pouvant
contribuer significativement au développement économique national (industrie, zones
franches, agriculture et tourisme).
Après six (6) années consécutives de contraction de l’économie haïtienne et des perspectives
jusqu’ici mitigées pour l’année 2025, il est urgent de changer le narratif et engager des
réflexions plus pragmatiques sur des modèles de croissance endogènes, plus robustes et
résilients aux chocs à la fois internes et externes, en mettant en valeur les potentialités
régionales.
J’espère que les activités et interventions de ce Sommet régional de la Finance permettront de
lancer un nouvel essor dans les réflexions autour des possibilités de financement des MPMEs
dans les grandes régions du pays qui sont jusqu’ici et relativement épargnées des chocs de
l’insécurité.
Il nous reste encore beaucoup à faire pour renverser la tendance et renouer avec la croissance.
L’heure est à la relance économique. Il est temps, plus que jamais, de mobiliser nos énergies,
nos idées et nos ressources pour enclencher une véritable transformation économique, en
valorisant le potentiel propre à chacune de nos régions et en mettant à profit les progrès des
nouvelles technologies, en favorisant le développement des compétences numériques, comme
la BRH a commencé à le faire dans le Nord et dans tous les départements géographiques.
La Banque centrale, continuera à jouer sa partition, en vue de parvenir à un meilleur cadre
macroéconomique, moyennant un dégel du climat d’insécurité.
Il ne me reste qu’à saisir l’occasion ce matin pour renouveler l’engagement de la BRH dans
toutes les activités liées au renforcement de l’écosystème entrepreneurial pour un retour du
pays sur la trajectoire de la croissance et d’une prospérité partagée.
Merci.