Rapport 2021 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti
- Les gangs armés ont enlevé clercs et fidèles contre rançon tout au long de 2021, et les chefs religieux y ont vu des gangs visant une position sociale en vue avec accès à de l'argent plutôt qu'une discrimination religieuse.
- La communauté ahmadiyya s'est enregistrée auprès du Bureau des Cultes en mai, premier groupe musulman du pays à obtenir un statut officiel ; les communautés sunnite et chiite restaient non enregistrées en fin d'année.
- Le nombre de clercs certifiés n'a pas bougé depuis 2020 : 9 195 pasteurs protestants, 704 prêtres catholiques, deux clercs vodou, aucun clerc musulman.
- La police a fait usage de gaz lacrymogène autour de la messe du 15 avril pour la libération d'Haïti à l'église Saint-Pierre de Pétion-Ville, et de nouveau le 21 avril lors d'un rassemblement vodou devant le Palais national.
- Environ 75 pour cent des effectifs du primaire et 82 pour cent du secondaire sont dans des écoles privées, généralement religieuses, et pour 2020-2021 le ministère de l'Éducation a versé 100 millions de gourdes aux écoles religieuses, répartis en 50, 40 et 10 millions pour les écoles catholiques, protestantes et épiscopaliennes.
Le chapitre 2021 est le plus long de la série détenue, et l'année l'explique. Les médias ont rapporté tout au long de l'année que les gangs armés enlevaient de plus en plus de chefs religieux et de fidèles contre rançon, et les responsables de toutes les grandes communautés y ont vu non une discrimination religieuse mais la conviction des gangs que les clercs occupent une position en vue et ont accès à des fonds personnels ou de donateurs étrangers. Le 16 octobre, le gang 400 Mawozo a enlevé seize citoyens américains et un Canadien, dont cinq enfants, du groupe missionnaire Christian Aid Ministries ; au 16 décembre, les dix-sept avaient été libérés ou s'étaient évadés.
Sur l'enregistrement, le Bureau des Cultes a accordé en mai une licence à la communauté ahmadiyya, la plus petite des trois communautés musulmanes et la première à obtenir un statut officiel, ce qui a permis au ministère de l'Éducation d'enregistrer ses écoles et à ses élèves de passer les examens nationaux. Les communautés sunnite et chiite, plus nombreuses, restaient non enregistrées en fin d'année. Le nombre de clercs certifiés n'a pas bougé depuis 2020 : 9 195 pasteurs protestants, 704 prêtres catholiques, deux clercs vodou, et aucun clerc musulman.
Sur les pratiques, la police a fait usage de gaz lacrymogène le 15 avril autour de l'église Saint-Pierre de Pétion-Ville, point focal de centaines de messes simultanées contre la crise politique et les enlèvements de prêtres ; les autorités disent l'avoir employé après la messe pour empêcher l'incendie de voitures. Un rassemblement vodou devant le Palais national le 21 avril a également été dispersé au gaz. Le concordat de 1860 a fait débat entre chefs religieux. Plusieurs responsables protestants ont plaidé pour plus, et non moins, de réglementation des clercs, l'un d'eux citant des pasteurs prêchant contre la vaccination anti-COVID-19.
Sur l'éducation, le chapitre porte les chiffres les plus nets de la série : environ 75 pour cent des effectifs du primaire et 82 pour cent du secondaire sont dans des écoles privées, généralement religieuses, les écoles publiques représentant 12 pour cent des établissements. Pour 2020-2021, le ministère a versé 100 millions de gourdes par le Fonds national de l'éducation : 50 millions aux écoles catholiques, 40 aux protestantes et 10 aux épiscopaliennes. Le chapitre se clôt sur le Conseil électoral provisoire : après la révocation des membres en septembre par le Premier ministre Ariel Henry, aucune communauté religieuse n'avait désigné de remplaçant en fin d'année.
Comment citer
Département d'État des États-Unis, 2022, Rapport 2021 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti, https://www.state.gov/reports/2021-report-on-international-religious-freedom/haiti/
- Titulaire des droits
- United States Department of State