Rapport 2017 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti
- L'enregistrement est légalement requis mais sans sanction, de sorte que de nombreux groupes religieux opèrent hors enregistrement et hors des avantages qu'il confère.
- Le concordat de 1860 avec le Saint-Siège restait en vigueur : le Vatican approuve et choisit un nombre déterminé d'évêques avec l'accord du gouvernement, et l'État verse une allocation mensuelle aux prêtres catholiques et aux clercs d'aucun autre groupe.
- Le vodou est une religion enregistrée depuis 2003, mais l'État ne délivrait toujours à ses clercs aucune certification pour célébrer des mariages ou des baptêmes reconnus civilement.
- La demande d'enregistrement des musulmans comme groupe religieux, datant des années 1980, n'avait toujours pas été traitée ; l'État continuait d'exiger d'abord une documentation financière.
- L'État a déclaré n'avoir aucun projet d'étendre le financement public à un groupe religieux non catholique, et en novembre la Fédération protestante a indiqué n'y avoir aucun accès.
Le rapport expose d'abord le cadre légal. Le ministère des Affaires étrangères et des Cultes administre les lois sur les groupes religieux et, en son sein, le Bureau des Cultes enregistre les édifices religieux, les clercs et les missionnaires. L'enregistrement est légalement requis pour opérer et bénéficier d'avantages publics, mais aucune sanction ne frappe qui s'en dispense et de nombreux groupes s'en dispensent. Ce qu'il confère : la capacité d'ester en justice, l'exonération fiscale, l'exonération de droits de douane à l'importation et la reconnaissance civile des certificats de mariage et de baptême, que l'État ne tient pour actes légaux que s'ils sont établis par un clerc certifié.
Le catholicisme n'est plus religion d'État depuis la constitution de 1987, mais le concordat de 1860 avec le Saint-Siège reste en vigueur : il donne au Vatican le pouvoir d'approuver et de choisir un nombre déterminé d'évêques avec l'accord du gouvernement, et l'État verse une allocation mensuelle aux prêtres catholiques. Les clercs épiscopaliens n'en reçoivent pas, bien que les évêques des deux confessions disposent de plaques officielles et de passeports diplomatiques.
Sur les pratiques, houngans et mambos indiquent que l'État ne leur délivre toujours pas d'actes reconnus pour les mariages et les baptêmes, le ministère disant travailler à une procédure de certification adaptée. La demande d'enregistrement musulmane des années 1980 reste sans suite, la documentation financière étant exigée au préalable, et le mariage civil demeure la seule option légale des musulmans. L'État finance l'entretien d'églises catholiques et de certaines écoles catholiques ; en novembre, la Fédération protestante indique n'avoir toujours aucun accès au financement public, et l'État déclare n'avoir aucun projet de l'étendre à un groupe non catholique. L'administration pénitentiaire invoque des capacités limitées pour les besoins religieux des prisonniers musulmans.
Les sections sociétales font état d'une stigmatisation persistante des vodouisants, accusés publiquement d'user de pouvoirs occultes pour commettre des crimes violents, avec une arrestation en novembre dans la Grand'Anse, et de discriminations à l'embauche contre les musulmans, plus marquées pour les femmes portant le hijab.
Comment citer
Département d'État des États-Unis, 2018, Rapport 2017 sur la liberté religieuse dans le monde : Haïti, https://www.state.gov/reports/2017-report-on-international-religious-freedom/haiti/
- Titulaire des droits
- United States Department of State