Rapport du RNDDH sur la situation de tension à Grand-Goâve
- Le conflit date du résultat législatif de 2010 violemment contesté et se traduit par banditisme, viols, incendies et assassinats.
- Les usagers de la route nationale numéro 2, étrangers au conflit, figurent parmi les victimes.
- Le réseau constate une complicité active de la police et le laxisme de la justice des deux côtés.
- Il tient le président pour directement responsable d'avoir remplacé les élus par des agents exécutifs intérimaires au lieu d'organiser des élections.
Grand-Goâve est située à cinquante-deux kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince, compte plus de 125 000 habitants répartis en sept sections communales et couvre 264,23 kilomètres carrés. La tension sur laquelle porte l'enquête remonte aux élections de 2010 et 2011, lorsque les résultats proclamés pour la députation ont été violemment contestés et que toutes les activités de la commune se sont trouvées paralysées : un candidat a été proclamé député et le député sortant, candidat à sa propre succession, a contesté le décompte. Le réseau a rencontré les autorités religieuses, municipales, judiciaires, policières et onusiennes, l'ancien comme l'actuel député et leurs partisans, des victimes et des riverains.
Il constate un conflit alimenté des deux côtés, dont les victimes sont notamment des personnes qui n'y ont aucune part, tels les usagers de la route nationale numéro 2, et juge que les droits à l'intégrité physique, psychique et morale, à la sécurité et à la propriété privée, consacrés par la Déclaration universelle et la Constitution de 1987 amendée, sont violés par les protagonistes avec la complicité active de la police et le laxisme de la justice. Il tient aussi le président de la République pour directement responsable, au motif que le remplacement des élus par des agents exécutifs intérimaires a privé la commune d'un pouvoir légitime que des élections lui auraient donné. Il demande une solution amiable avant que la situation ne se dégrade, le jugement des impliqués des deux côtés, l'achèvement de l'enquête de l'Inspection générale sur les agissements des policiers à Grand-Goâve dont un inspecteur divisionnaire nommé, l'augmentation de l'effectif policier, le transfert à la justice des dossiers des agents coupables d'actes de torture et la tenue des élections sénatoriales partielles et locales.
Comment citer
Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), 2013, Rapport du RNDDH sur la situation de tension à Grand-Goâve, https://web.rnddh.org/wp-content/uploads/2013/03/Grand-Goave-mars-2013.pdf
- Titulaire des droits
- Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)