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Le Bulletin du LNSP
Numéro 1
Laboratoire National de Santé Publique - Haïti
Janvier - mars 2017
LES MOTS DU DIRECTEUR
Dr Jacques Boncy - Directeur du LNSP
Tout au long de ces dix dernières années, le LNSP s’est employé à la mise en place progressive d’un
système national de surveillance épidémiologique pour détecter les agents pathogènes émergents et réémergents. Cette institution s’engage aussi dans le renforcement de la qualité des services
des laboratoires d'analyses biologiques. Ces éléments sont clés pour aider le Ministère de la Santé
Publique et de la Population à articuler ses plans d'intervention en cas de menace épidémique.
Les différentes directions et programmes du ministère utilisent de plus en plus les données
biomédicales générées par le LNSP et le Réseau National des Laboratoires afin d’ajuster leurs actions de contrôle, de
prévention ou de réponse. On peut le constater aussi bien dans la mise en place de la stratégie 90-90-90* du Programme
National de Lutte contre le SIDA (PNLS), que dans le plan de contrôle de la tuberculose pharmaco-résistante mis en œuvre
par le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT). Mais également dans le projet d’élimination de la
malaria lancé par le Programme National de lutte Contre la Malaria (PNCM) ou encore dans la réponse à l’émergence des
arboviroses, la lutte contre les vecteurs et le suivi de la qualité de l’eau potable.
Dans l’élaboration prochaine du nouveau « Plan Stratégique Quinquennal du Réseau National des Laboratoires 2018-2022 »,
de nouvelles priorités devront apparaître notamment: 1) Améliorer la technologie pour obtenir des résultats plus rapides,
pertinents et plus utilisables, 2) Développer la communication pour poursuivre la mise en place d’un réseau national informé
et efficace, 3) Construire les mécanismes opérationnels de partage de l'information qui fournissent des données décisionnelles
pertinentes aux autorités sanitaires et aux fonctionnaires, et 4) Améliorer le système de veille sanitaire et de riposte à l'échelle
nationale.
Le Réseau coordonné par le LNSP dont la vision est capturée dans la Politique Nationale des Laboratoires, devient de
plus en plus transversal. Celui-ci accompagne les laboratoires vers plus d’efficacité et des services de qualité à la
population.
*Source ONUSIDA : à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% de toutes les
personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable, 90% des personnes recevant un traitement
antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée.
Pour une meilleure prise en charge des personnes vivant avec le VIH sous
traitements antirétroviraux
Ito Journel, TM - Chef de Service Biologie Moléculaire au LNSP
La charge virale est le test recommandé par l’Organisation
Mondiale de la Santé depuis 2013 pour assurer le suivi
biologique des Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH) qui
sont sous traitements antirétroviraux (ARV). Cet examen
mesure la quantité de virus présent dans le sang. Il est utilisé
pour évaluer la sévérité de l'infection et l'efficacité des
traitements.
La mise en œuvre de la surveillance de la charge virale de routine
a commencé en Haïti en 2015 pour tous les patients sous
traitement antirétroviraux en utilisant le DBS (Dried Blood
Spot) avec le soutien du PEPFAR et le Fonds Mondial.
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) à
travers son Laboratoire National a mis à jour, en ce sens, un
algorithme de prise en charge. Entre octobre 2015 et avril 2016,
des cliniciens et des membres du personnel des laboratoires de
100 sites ont été formés sur le nouvel algorithme et la gestion des
échantillons de DBS.
Désormais, tous les patients qui sont au moins depuis 6 mois
sous ARV recevront un premier test de charge virale, suivi d'un
2ème test à 12 mois et tous les ans par la suite. Pour les patients
dont la charge virale est supérieure ou égale à 1 000 copies/ml,
un deuxième test sera effectué avec un suivi intensif de 3 à 6
mois après le premier test. En outre, le Réseau National de
Transport d'Echantillons a été renforcé afin de faciliter le
transport des échantillons vers le LNSP et l’IMIS (Institut des
Maladies Infectieuses et de Santé Reproductive) - Centres
GHESKIO, qui sont deux laboratoires certifiés pour la
réalisation des tests de charge virale. Depuis le lancement en
octobre 2015, plus de 26 000 tests ont été réalisés par les deux
laboratoires à l'aide du système ABBOTT Real-Time.
Cette année, le LNSP a inclus 27 institutions de santé ciblées sur
52, dans 7 départements du pays, afin d’offrir la possibilité de
mener des tests de charge de virale au niveau national.
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Bulletin du LNSP 52, Angle Rue Charbonnière et Delmas 33, Port-au-Prince
Numéro 1
Le Système Informatisé de Gestion du Laboratoire National de Santé Publique
Patrick Edouard - Agent SIGL au LNSP
Le Laboratoire National de Santé Publique est en train
d’implémenter son nouveau Système Informatisé de Gestion
de Laboratoires (SIGL). Ce système est composé d’une suite
de logiciels (SoftLab, SoftMic, SoftReports et SoftTotalQC)
développés par SCC Soft Computer, une société américaine.
Le système permet à l'utilisateur de gérer les activités du
laboratoire, sauvegarder, analyser et transmettre les données,
et suivre les mesures pour le contrôle et l’assurance qualité.
L’objectif de ce nouveau système est d’améliorer la qualité du
traitement des échantillons au sein du LNSP. Les avantages
qu’offre ce logiciel sont nombreux. En effet, celui-ci permet une
grande flexibilité à l’utilisateur qui peut le configurer en suivant
les Procédures Opératoires Standardisées en cours d’utilisation
pour le menu de test disponible au LNSP. Par ailleurs, le logiciel
peut être connecté aux automates présents au laboratoire
permettant ainsi le transfert direct de données. Il faut
mentionner aussi la possibilité de produire des rapports adaptés
aux besoins spécifiques pour la prise de décision appropriée.
Une plateforme internet pourrait en outre être mise en place
pour permettre aux sites dans tout le pays de saisir les données
des patients qui nécessitent le transfert d’échantillons au niveau
national et au LNSP de rendre l’analyse des résultats plus
rapidement.
Les premiers essais des logiciels de SCC Soft Computer ont eu
lieu entre janvier et avril 2016 pour le repérage des spécimens de
charge virale. Actuellement, nous travaillons sur la construction
de modules pour les différents tests effectués au LNSP.
LES FORMATIONS
BAMS : la sixième promotion fera bientôt place à la septième
Fin mai, la sixième promotion d’étudiants du Bachelor de
Biologie Médicale Appliquée (BAMS) aura terminé son
programme d’études. Dix-neuf techniciennes et techniciens
supérieurs de laboratoire venant de six départements du
pays suivent actuellement des cours dans le but de renforcer
leurs compétences de laboratoire.
Cette formation de 9 mois hébergée dans les locaux du LNSP
s’adresse à des techniciens ayant un diplôme d’Etat reconnu,
actuellement en exercice dans un laboratoire d’analyses
médicales en Haïti.
A noter que le programme de formation BAMS a été mis en
place depuis 2011 en Haïti par la Fondation Mérieux (France),
en collaboration avec l’Ecole Supérieure de Biologie Biochimie
Biotechnologies de l’Université Catholique de Lyon (France) et
le LNSP.
Les inscriptions pour la septième promotion sont ouvertes : le
dossier de candidature peut être téléchargé sur www.estbb.fr ou
www.fondation-merieux.org. La date limite de dépôt de dossier
est le 2 mai 2017.
Formation en biosécurité au LNSP
Pour la première fois, tout le personnel (technique et non
technique) du LNSP a pu suivre une formation en
biosécurité.
Cette formation intitulée « Biosécurité au laboratoire » a été
réalisée du 15 au 17 mars 2017 par l’officier de biosécurité du
LNSP, Nadine Désir. L’objectif de cette formation est d’aider le
personnel à identifier les éléments clés de la biosécurité, de
connaître les types de micro-organismes, d’identifier les
différents niveaux de risque des agents pathogènes et les niveaux
de confinement associés et enfin de reconnaître les sources et les
voies d’exposition possibles aux agents infectieux.
Autres formations en bref
14 sessions de formation dont 12 portant sur le diagnostic du paludisme et 2 portant sur le diagnostic de la filariose
lymphatique ont été organisées par le service parasitologie du LNSP d’octobre 2016 à février 2017.
Le service technique biomédical a réalisé au cours du mois de mars une formation sur le contrôle de qualité (entretien et
réparation) dans le Nord pour des techniciens basés dans huit sites, l’Hôpital St Jean de Limbé, l’Hôpital Espérance Pilate,
l’HSC, le Dispensaire de Cadoush, le Dispensaire de Grand-Pres, le Dispensaire de Quartier-Morin, le Dispensaire de
Robillar et le Dispensaire de Thibaut.
Au cours du mois de mars, 10 techniciens/relecteurs ont été formés à nouveau sur la microscopie pour la détection des
Bacilles Acido Alcoolo Résistants (BAAR) tels que la tuberculose, par la technique de coloration par Ziehl Neelsen. Ces
techniciens venus de sept départements ont suivi cette formation afin de renforcer leurs compétences en matière de relecture
des lames de bascilloscopie. Cette activité a été réalisée sous la direction du service de mycobactériologie dirigé par Denise
Derivois.
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Bulletin du LNSP 52, Angle Rue Charbonnière et Delmas 33, Port-au-Prince
Numéro 1
LES ACTIVITES EN CHIFFRE
Distribution des laboratoires par département
Ce mois de mars, le Service Informatique et Statistique du LNSP vient de publier une liste non exhaustive des laboratoires du pays.
Ces données recueillies jusqu’à mars 2017 révèlent qu’il y 851 laboratoires dont 558 publics, 231 privés et 62 mixtes dans les dix
directions sanitaires du pays.
Distribution des laboratoires par département (mars 2017)
Source : HSIS / MSPP
Mixte
Privé
Public
Elimination du choléra
Dans la poursuite de cet objectif, 6 sites de l’Ouest sont sélectionnés. Les échantillons de selles qu’ils ont envoyés au LNSP
sont analysés 7 jours sur 7 au service bactériologie depuis le 16 février dernier.
Le Service de Parasitologie du LNSP a réalisé au cours des cinq premiers mois : 122 recherches de protozoaires et helminthes
intestinaux, 7 recherches de parasites sanguicoles. Ce service a également participé au démarrage d’une enquête de prévalence de la
Filariose Lymphatique. A ce jour, 832 personnes ont été testées au niveau de 10 sites : 820 ont été trouvées négatives et 12 positives.
Culture de selles pour recherche de Vibrio Cholerae, nombre et positivité de S1 à S11 Année 2017, LNSP, Haïti
# tests effectués
# résultats positifs
Taux de positivité
Semaines épidémiologiques
Source : Unité Surveillance / Marie-Josée Laraque
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Bulletin du LNSP 52, Angle Rue Charbonnière et Delmas 33, Port-au-Prince
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LE RESEAU NATIONAL DES LABORATOIRES
L’UCL : le pilier du Réseau National de Transport d’Echantillons en Haïti
avec le VIH, les diarrhées aigües (notamment dans le cadre du
projet PRESEPI pour le renforcement de la surveillance
épidémiologique) et d’autres maladies telles que le choléra, le
zika et la tuberculose.
Créée en 2011, l’UCL est mise en place par le Ministère de la
Santé Publique et de la Population (MSPP), à travers le LNSP,
et ce, grâce au support financier des Centers for Disease
Control and Prevention (CDC) américains.
Deux transporteurs de l’UCL remettant des échantillons à la réception
du LNSP
L’Unité de Coordination et de Logistique (UCL) est
l’entité du LNSP, responsable du transport des
échantillons à travers le pays. Elle collecte et transporte des
échantillons et des résultats pour plus de 150 sites
aujourd’hui.
Ces échantillons sont transférés afin de réaliser des tests
spécialisés comme la charge virale pour les Personnes Vivant
Dirigée par Jean Viala Elias depuis sa création, l’UCL compte
aujourd’hui 13 circuits de transport et une quinzaine de
transporteurs. Le transport est réalisé suivant un calendrier et
des circuits disponibles.
« De 2012 à 2016, 221 356 échantillons et plus de 212 000
résultats ont été collectés et transmis par l’UCL », a déclaré
M. Elias.
Avec pour objectif de poursuivre, de consolider et d’améliorer
le transport des échantillons et des résultats, des financements
complémentaires seront nécessaires pour le Réseau National de
Transport d’Echantillons.
ESPACE COLLABORATION
Le « Manuel de procédures administratives » du LNSP
Ce manuel est entré officiellement en application au LNSP
depuis le 16 janvier 2017.
une équipe technique du MSPP avant sa validation par ce
ministère.
Élaboré par la DAF du LNSP, ce document de plus d’une
centaine de pages décrit les modalités de fonctionnement de
l’institution. Fruit de plusieurs mois de travail, il a été révisé par
Selon le directeur du LNSP, Dr Jacques Boncy, le manuel
représente un outil indispensable pour une gestion saine d’une
institution publique de santé.
LES EVENEMENTS CLES
18 avril 2017
Atelier sur la rédaction du Plan Stratégique Quinquennal du Réseau National de Laboratoires 2018-2022
29 mai 2017
Atelier national d’Evaluation Externe de la Qualité pour la présentation des résultats d’évaluation entre
2015 et 2016
QUOI DE NEUF AU LNSP
Les employés du trimestre : Service Biologie/Moléculaire Chenet Orelus, rude travailleur, Michelle Katia Docteur,
révélation du service ; Service Parasitologie - Wilner Agenor,
franc collaborateur, ponctuel et familier ; Service
Sérologie/Virologie - Yanick Raton, rude travailleuse ; Service
Mycobactériologie - Rose Lande Augustin : rude travailleuse
Nouveaux venus : Florial Nephthalie et Odly Pierre. Ils sont
attachés aux Services généraux à Port-au-Prince et travaillent
respectivement comme magasinière et dispatcher ; Jean-Marie
Hilarice est technicienne de ligne à Ste Thérèse de Miragoâne ;
Therline Jean François travaille comme technicienne de
laboratoire au Centre de Santé Baptiste dans le Centre ;
Maurice Lybert est basé à Saint Antoine de Jérémie comme
baciloscopiste / relecteur ; Wismick Paul se trouve à l’HIC de
Port-de-Paix comme baciloscopiste / relecteur.
Nous leur souhaitons la bienvenue !
Départ : Nous disons au revoir à Wilner Agenor ! Désigné
parmi les employés du trimestre pour sa ponctualité et sa
franchise, M. Agenor quitte le LNSP après avoir passé 10 mois à
travailler au service de parasitologie. Nous lui souhaitons du
succès dans sa nouvelle aventure professionnelle !
REMERCIEMENTS
Chargée de publication : Marie Ludie Monfort Paul
Bulletin du LNSP 52, Angle Rue Charbonnière et Delmas 33, Port-au-Prince
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