(2010) Post-Earthquake Technical Note on School Buildings (Patrick Paultre)
Summary — A structural engineer's technical note on Haitian school buildings written in the year of the 2010 earthquake — what failed and what that implied for rebuilding. The earliest document in MENFP's own infrastructure record.
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Haïti
Mission d’appui à la préparation d’un document stratégique
sur le bâti scolaire
Note Technique de Patrick Paultre
(complément de celle de Serge Theunynck)
3 juillet – 13 juillet 2010
1. Introduction
La présente note couvre les aspects techniques reliés au développement de normes
de construction parasismiques et anticycloniques applicables à la construction de
nouvelles écoles, à l’évaluation de la vulnérabilité et à la réhabilitation d’écoles
existantes. Ces considérations sont d’une grande importance depuis la succession
des quatre ouragans et tempêtes tropicales (Fay, Gustav, Hanna et Ike) qui ont
balayé Haïti durant les mois d’août et septembre 2008, affectant 968 écoles et 61%
des 217,205 élèves concernés, en plus du tremblement de terre du 12 janvier 2010,
peut-être le plus meurtrier de l’histoire. Ce séisme a causé des pertes énormes en
vies humaines qui dépassent sans doute les 300 000 morts ; il a laissé plus de
300 000 blessés, a réduit 1,2 millions de personnes au statut de sans abri et a forcé
le déplacement de plus de 500 000 personnes. Même si l’aléa sismique était connu, il
n’était pas pris en compte dans le dimensionnement des structures en général, et
des écoles en particulier. En fait, le dimensionnement anticyclonique était la seule
préoccupation jusqu’au tremblement de terre du 12 janvier 2010. Remarquons qu’il
ne faut pas confondre l’aléa sismique et le risque sismique, qui est le produit de
l’aléa par la vulnérabilité. À ce titre, le risque sismique est très élevé à Port-auPrince, mais aussi dans les deux autres principales villes d’Haïti, le Cap et les Cayes.
2. Les causes de cette catastrophe
Nous avons dit plus haut que l’aléa sismique n’était pas pris en compte dans la
construction des structures courantes en Haïti. À la connaissance de l’auteur, ceci
est dû en grande partie à l’absence de tout code national du bâtiment et de normes
de construction associées aux différents matériaux de construction utilisés en Haïti.
Il est donc de toute première importance que ces documents soient développés afin
de donner une base technique et légale à la construction des bâtiments en Haïti, et
plus particulièrement aux bâtiments susceptibles d’être utilisés comme refuges de
protection civile (écoles, centres communautaires) de même qu’aux bâtiments où
sont fournis des services essentiels en cas de catastrophe (hôpitaux, bâtiments de
l’administration publique, stations de radio ou de télévision).
3. Tectonique des Caraïbes
Des régimes tectoniques très divers caractérisent le pourtour de la plaque des
Caraïbes qui est entourée de quatre plaques tectoniques majeures : la plaque de
l’Amérique du Nord, la plaque de l’Amérique du sud, la plaque de Nazca et la plaque
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des Cocos. Globalement, une zone de subduction s’étend du Vénézuela jusqu’au sud
de Cuba en passant par le nord de l’île d’Haïti tandis que des zones de failles
coulissantes longent la côte septentrionale de l’île d’Haïti ainsi que toute la
presqu’île du sud. Plusieurs systèmes de failles sont aussi présents à l’intérieur des
terres de la République d’Haïti, dont une principale ― la faille Matheux-Neiba ― qui
longe le nord de Port-au-Prince. Des séismes profonds allant jusqu’à 300 km
marquent la zone allant des Petites Antilles au nord de l’île d’Haïti, en plus de
séismes superficiels qui marquent les deux zones allant du Guatemala au nord de
l’île d’Haïti et de Trinidad à l’ouest du Vénézuela.
Sismicité historique de la république d’Haïti
Plusieurs tremblements de terre majeurs se sont produits sur l’île d’Haïti par le
passé. La figure 1 montre le catalogue des tremblements de terre de magnitude plus
grande que 4 dans les environs de l’île d’Haïti durant la période 1900–février 2010.
La figure 2 montre les séismes qui se sont produits sur l’île d’Haïti avant 1960. La
ville de Port-au-Prince a été détruite par des tremblements de terre en 1751 et en
1770. La probabilité d’un autre tremblement de terre au sud-est de Port-au-Prince
est assez élevée (Bilham, 2010; Eberhard et al. 2010). Des tremblements de terre
majeurs se sont aussi produits à Port-de-Paix, au Cap-Haïtien et dans la partie nord
de la République Dominicaine, le dernier ayant frappé en 2003. Le dernier
tremblement de terre majeur sur la faille septentrionale s’est produit en 1842. La
probabilité d’un tremblement de terre au Nord d’Haïti est aussi très grande.
Figure 1. Sismicité historique de l’île d’Haïti jusqu’à 1960.
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Aléa sismique d’Haïti
Une carte de l’aléa sismique de la république d’Haïti a été développée par la USGS
grâce à un financement de la USAID. La méthodologie ayant servi au développement
des cartes d’aléa sismique d’Haïti peut être trouvée dans le rapport USGS/USAID
2010-1067 (Frankel et al. 2010). Cette méthodologie est celle, bien établie, qui a
servi à développer les cartes d’aléa sismique des États-Unis d’Amérique et du
Canada. Elle est essentiellement basée sur des évidences géologiques (failles) et
historiques (séismes), des distributions fréquence-magnitude avec des magnitudes
maximum et minimum basées sur les données mesurées ou historiques et des
fonctions d’atténuation. La figure 1 présente la carte des accélérations maximum au
rocher avec une probabilité de dépassement de 2% en 50 ans (période de retour de
2500 ans) compatible avec les probabilités de dépassement utilisées dans les codes
modernes (ASCE 7-05 et CNBC-05). Cette carte est susceptible de changer avec de
nouvelles données lorsqu’elles seront disponibles.
Figure 2. Carte de l'aléa sismique de la république d’Haïti en fonction de
l'accélération maximum au sol (PGA, en g) avec une probabilité de dépassement de
2% en 50 ans selon un modèle probabiliste de Poisson (tracé par l’auteur à partir
des données de Frankel, A. et al., 2010).
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Le risque sismique étant le produit de l’aléa multiplié par la vulnérabilité, la carte
présentée à la figure 2 peut servir à classer les écoles selon le niveau de risque.
Puisque la plupart des écoles sont en béton armé ou en maçonnerie non armée et
qu’elles ont été construites sans aucune considération des effets des tremblements
de terre, on peut sans hésiter dire qu’elles sont toutes très vulnérables. La
classification des écoles peut ainsi se faire en ne considérant que la carte de l’aléa
sismique d’Haïti. On peut globalement subdiviser la République d’Haïti en trois
zones d’aléa, soit très élevé, élevé et moyen (toute la République d’Haïti est exposé à
un aléa sismique plus ou moins grand). Les écoles dans les zones de couleur jaune à
rouge sont à très haut risque. Les écoles dans les zones de couleur verte sont à
risque élevé à modéré et les écoles dans les zones de couleur bleu sont à risque
modéré à faible. Ainsi peut-on voir que les villes de Port-de-Paix, Cap-Haïtien, SaintMarc, Mirebalais, Port-au-Prince, Pétion-Ville, Léogane, Grand-Goave et Petit-Goave
présente des risques très élevés.
Des propositions ont été faites au MTPTC concernant une carte d’aléa sismique pour
la République d’Haïti. On y retrouve des valeurs d’accélérations maximum au rocher
ainsi que des valeurs de spectres d’accélération ayant une probabilité uniforme de
dépassement. Ces valeurs sont compatibles avec les codes de construction tels que
l’ASCE7-10 ou le CNBC-05. Aucun dimensionnement ne peut se faire sans ces cartes
et ces valeurs. Il est donc urgent qu’elles soient adoptées et mises à la disposition de
tous.
4. Causes des dommages et effondrements des structures
L’étude des structures effondrées durant le tremblement de terre du 12 janvier
2010 a permis d’identifier les causes principales des dommages et désordres qu’ont
subis les structures conçues par des architectes et des ingénieurs. La première et
principale cause est l’absence totale d’un système de résistance aux forces sismiques
dans la majorité des bâtiments récents, à l’exception des maisons de type
gingerbread qui possèdent un système de contreventement dont l’efficacité a
d’ailleurs été réduite par la pourriture ou l’attaque des termites. La deuxième cause
est la présence d’un étage flexible (étage mou) ou faible entraînant l’effondrement
d’un étage complet par écrasement. Les autres causes sont, sans ordre d’importance,
l’utilisation de dalles plates avec hourdis très lourdes, les étages très lourds
construits sur l’encorbellement des dalles, l’utilisation systématique de murs de
remplissage en parpaing creux non isolés de la structure porteuse, la présence de
poteaux courts résultant de la construction de remplissages en parpaing creux dont
la hauteur est plus faible que la hauteur des poteaux, l’insuffisance des armatures
transversales servant à confiner le noyau de béton des poteaux, les dimensions trop
petites des poteaux en regard des dimensions des poutres, l’absence d’armature
transversale dans les nœuds, la très mauvaise qualité du béton, les problèmes de
ségrégation, et finalement l’utilisation de barres d’armature lisses insuffisamment
ancrées. Les règles les plus élémentaires de dimensionnement parasismique
n’étaient donc pas suivies. Ceci s’explique par le fait que le dernier tremblement de
terre majeur – qui avait d’ailleurs détruit Port-au-Prince – datait de plus de 250 ans
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et que cet aléa était évacué de la mémoire populaire. Ceci justifie que la
préoccupation principale des ingénieurs et architectes portait principalement sur
les charges de gravité, puisque les charges dues au vent sont très faibles ou que
leurs effets sont en général négligeables pour les structures en béton armé.
Figure 3. Effondrement du Collège Canado-Haïtien par écrasement du rez-dechaussée : étage flexible et faible.
Figure 4. Effondrement de l’École hôtelière par écrasement du rez-de-chaussée :
étage flexible et faible.
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Figure 5. Renversement des murs en parpaing creux par manque de support latéral
à l’École de formation professionnelle Canado-Haïtien. La même situation s’est
reproduite à l’Institution Saint-Louis de Gonzague à Delmas.
Figure 6. Effondrement du rez-de-chaussée de la résidence des frères de
l’Institution Saint-Louis de Gonzague à Delmas 31-33.
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Figure 7. Effondrement du toit de protection de l’escalier menant aux classes de la
3e à la terminale (2e cycle) de l’Institution Saint-Louis de Gonzague (un des deux
escaliers de secours en cas d’urgence) à Delmas 31-33.
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Figure 8. Effondrement du rez-de-chaussée de la maternelle du Juvénat à PétionVille : étage flexible et faible, terrain en pente.
Figure 9. Effondrement d’une école à Delmas 83 : manque d’un système de
résistance aux forces sismiques.
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En résumé, la technique de construction la plus utilisée en Haïti est l’ossature
résistant aux moments constituée de poteaux, poutres et dalles avec hourdis.
L’erreur la plus courante est l’utilisation de très petits poteaux avec très peu
d’armature, de très fortes poutres ou de dalles plates avec hourdis. C’est exactement
l’inverse de ce qu’il faudrait faire. On retrouve beaucoup de poteaux courts en plus
de l’utilisation presque généralisée de murs en parpaing creux partiels. Les murs de
parpaing creux non supportés sont très courants et sont très dangereux dans les
écoles.
5. Recommandations pour la construction des nouvelles écoles
Il ne fait pas de doute que l’utilisation d’une technologie éprouvée utilisant le plus
possible les matériaux locaux de bonne qualité et étant familière aux ouvriers locaux
est la seule option viable à long terme. La technique de construction la plus
employée en Haïti est l’ossature résistant aux moments et constituée de poteaux,
poutres et dalles. Ce système structural n’est pas mauvais en soi pour de petits
bâtiments et est le système le plus utilisé dans certaines zones très actives
sismiquement comme la Nouvelle Zélande et la Californie à cause de sa redondance
et de sa grande ductilité lorsqu’il est bien conçu. Vu l’exiguïté du territoire, la
construction en hauteur reste la seule alternative si l’on veut aménager des terrains
de jeux de dimensions raisonnables. Des écoles avec deux niveaux sécuritaires sont
réalisables avec un minimum de préparation technique. Les ingénieurs doivent
recevoir une formation spécifique au dimensionnement parasismique des ossatures
transférant les moments, au dimensionnement basé sur la capacité et au principe
poteaux forts-poutres faibles. Dans ce type de construction, les détails de ferraillage
sont d’une grande importance et les ferrailleurs et poseurs d’acier doivent recevoir
une formation adéquate. Nous recommandons de plus un facteur d’importance d’au
plus 1,3 dans la détermination des forces sismiques de calcul. Avec une
augmentation marginale du coût de construction, on peut facilement construire des
structures sécuritaires en béton armé présentant une ductilité modérée. Il est
primordial que les ingénieurs comprennent que le remplissage en parpaing creux
doit être impérativement dissocié de la structure porteuse. Pour les constructions
plus importantes à plus de deux niveaux telles que les lycées, l’utilisation de murs de
cisaillement devrait être envisagée. Les murs en parpaing creux prévus dans la
direction de l’éclairage doivent être retenus latéralement pour éviter leur
renversement.
Nous recommandons qu’un exercice de dimensionnement d’une école-type soit fait
au complet, accompagné de plans de construction, et soit mis à la disposition des
ingénieurs de la DGS et de tous les intervenants dans la construction des écoles.
6. Évaluation et réhabilitation des écoles existantes
Le MENFP devrait imposer une évaluation de toutes les écoles publiques et privées
et développer un mécanisme incitant à réhabiliter les écoles. Cet incitatif pourrait
être sous forme d’aide financière ou de perte de l’accréditation. L’incitatif positif est
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à favoriser car, l’expérience le montre, il est garant d’une certaine réussite. Par
réhabilitation, on entend la mise à niveau au point de vue sismique des structures.
Une formation appropriée devrait donc être donnée aux ingénieurs chargés de
l’inspection des structures. La réhabilitation des structures des écoles pourrait se
faire par étape sur une durée de cinq ans par exemple. La réhabilitation sismique
des structures peut se faire de trois façons : (i) par réduction de la demande, (ii) par
ajout de raideur et (iii) par ajout de résistance. Les trois méthodes sont décrites
dans ce qui suit.
Réduction de la demande : la réduction de la demande consiste à modifier la période
de vibration de la structure par ajout d’isolateur à la base de la structure ou par
l’introduction de dissipateur d’énergie à des endroits-clés de la structure. Cette
technologie est très chère et n’est pas applicable en Haïti.
Ajout de raideur : l’ajout de raideur consiste à augmenter la rigidité latérale de la
structure par la construction d’un système de résistance aux forces sismiques. Ce
système consiste en général en des contreventements en acier ou des murs de
cisaillement. Il est à noter que cette approche conduit à une réduction de la période
de vibration de la structure, et donc à une augmentation des forces sismiques.
L’ajout des murs de cisaillement est une des solutions à envisager pour les écoles en
Haïti.
Ajout de résistance : l’ajout de résistance consiste à modifier certains éléments de la
structure afin de lui apporter un surplus de résistance. Ces modifications consistent
à (i) augmenter les sections transversales des éléments (poutres, poteaux ou murs)
avec le même matériau utilisé à l’origine ou (ii) utiliser des matériaux différents plus
résistants que le matériau d’origine (chemisage en acier ou en composite). Ces deux
approches sont facilement utilisables en Haïti. L’augmentation des sections est la
moins chère des deux approches et celle qui est la plus familière aux techniciens
locaux puisqu’elle ne fait appel qu’à des méthodes de dimensionnement en béton
armé classiques. Essentiellement, elle consiste à accroître la section transversale de
l’élément en béton armé par ajout d’armatures additionnelles et par son enrobage
avec du béton. Dans cette approche, l’enrobage de l’élément existant doit être enlevé
et le béton nettoyé avant de couler le nouveau béton d’enrobage. Le chemisage avec
l’acier ou les matériaux composites est plus cher et nécessite une formation de
techniciens qualifiés. L’utilisation des matériaux composites pour le chemisage des
poteaux ou par collage sur les poutres semble une solution envisageable pour Haïti,
quoique très chère.
Un programme d’inspection des écoles existantes doit être impérativement mis sur
pied. Une formation technique doit être donnée aux ingénieurs qui seront chargés
de conduire ces évaluations. Ce travail pourrait être délégué à des bureaux d’étude
qui ont le personnel qualifié ayant suivi une formation adéquate. Un mode de
priorisation, inspiré des modèles étrangers, doit être développé afin de classer les
écoles par degré de vulnérabilité aux séismes. Les écoles les plus vulnérables aux
forces sismiques dans les zones à haut risque (et même à d’autres chargements tels
que le vent et les charges de gravité) doivent être identifiées. Dans le cas des écoles
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publiques, leur mise à niveau doit se faire immédiatement ou leur utilisation doit
être restreinte ou interdite jusqu’à leur remise à niveau. Dans le cas des écoles
privées, leur accréditation doit dépendre de la remise à niveau avec un incitatif du
MENFP.
7. Délivrance des permis de construction
D’après la constitution de 1987, la délivrance des permis de construction revient à la
municipalité qui considère cette fonction comme une perception d’impôt plutôt que
comme un avis technique. Certaine municipalités faisaient appel au MTPTC pour
une évaluation technique dans le passé. Ce mode d’opération a de plus en plus
tendance à disparaître. Il semble qu’une seule municipalité fasse encore appel au
MTPTC. Il faut que la loi soit renforcée afin que la délivrance du permis de
construction responsabilise le demandeur et l’émetteur du permis de construction.
La mairie peut déléguer l’évaluation technique au MTPTC ou développer un service
du génie qui sera secondé par un service d’inspection. Il est clair que le MTPTC ne
dispose pas actuellement d’un nombre suffisant d’ingénieurs pour répondre à la
demande de toutes les municipalités et une augmentation de leur nombre devrait
être envisagée afin de les déployer dans les différents départements.
8. Formation d’un ordre des ingénieurs
L’état Haïtien n’est pas en mesure d’offrir un nombre suffisant de places à la faculté
des sciences (50 au maximum par année). On assiste donc à une prolifération
d’écoles techniques et d’universités privées délivrant des diplômes d’ingénieurs. Or,
il n’existe aucun contrôle sur le curriculum de ces différentes écoles et universités
privées, si bien que la qualité de l’enseignement varie beaucoup d’une école à
l’autre. Un organisme d’accréditation devrait être créé afin d’imposer un curriculum
minimum conduisant à un diplôme permettant de postuler au titre d’ingénieur. Cet
organisme devrait effectuer des visites d’accréditation chaque quatre ou cinq ans à
période fixe afin d’évaluer l’enseignement et le programme. Des exemples de
travaux d’étudiants, de devoirs et d’examens de toutes les matières devraient être
présentés lors de ces visites. Une école pourrait perdre son accréditation si elle ne
présente pas un certain niveau de qualité. Le titre d’ingénieur devrait être délivré
par un ordre professionnel chargé de protéger le public en matière de services
professionnels. Cet ordre professionnel devrait contrôler l'accès à l'exercice de la
profession en imposant des conditions précises à remplir pour devenir ingénieur et
le demeurer. Tout ingénieur qui veut pratiquer en Haïti devrait être membre de cet
ordre professionnel. Cet organisme devrait surveiller la pratique de ses membres et
leur comportement professionnel et veiller à ce que seuls les membres effectuent les
actes propres aux ingénieurs. Les événements du 12 septembre 2010 ont mis en
lumière les lacunes du système et il faut une responsabilisation des ingénieurs dans
la pratique de leur profession.
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9. Conclusion
Les dommages aux écoles causés par le tremblement de terre du 12 janvier 2010
dans les trois départements les plus touchés sont dus principalement à l’absence de
code de construction, au manque de formation des ingénieurs au génie
parasismique et au manque presque généralisé d’un système de résistance aux
forces sismiques (ou latérales). Ajoutons à tout cela le manque de rigueur dans la
délivrance des permis de construire et la non responsabilisation des acteurs dans le
domaine de la construction. Les solutions à toutes ces carences sont :
1. de donner une formation en génie parasismique aux intervenants dans la
construction des écoles (ingénieurs, architectes) ;
2. de donner une formation technique appropriée aux ouvriers ;
3. d’utiliser une technologie éprouvée utilisant le plus possible les matériaux
locaux de bonne qualité et étant familière aux ouvriers locaux pour la
construction de nouvelles écoles ;
4. de développer un programme d’évaluation de toutes les écoles publiques et
privées et un mécanisme incitant à réhabiliter les écoles privées ;
5. de mettre sur pied un plan de réhabilitation des écoles par étapes qui tient
compte du risque sismique ;
6. d’imposer un meilleur contrôle lors de la délivrance des permis de
construction et d’y associer le MTPTC ;
7. de responsabiliser les ingénieurs et les architectes par la mise sur pied d’un
organisme de contrôle de la pratique de la profession d’ingénieur et
d’architecte.
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Références
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Farmington Hills, Michigan, USA, 2005
2. ASCE 7-05 (2006), Minimum Design Loads for Buildings and Other
Structures, SEI/ASCE 7-05, American Society of Civil Engineers, États-Unis,
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3. Bilham, R. (2010) Lessons from the Haiti earthquake, Nature, Vol 463, 878–
879.
4. Calais, E., Mazabraud, Y., Mercier de Lepinay, B. ‘ann, P., Mattioli, G. et Jansma,
P. (2002) Strain partitionning and fault slip rates in the northeastern
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5. Frankel, A., Harmsen, S., Mueller, C., Calais, E, Haase, J. (2010) Documentation
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7. Eberhard, M., Baldridge, S., Marshall. J., Mooney, W. et Rix, G. (2010) The Mw
7.0
Haiti
earthquake
of
January
reconnaissance team. USGS/EERI, 56 p.
12,
2010 :
USGS/EERI
advance
8. Manaker, D.M., Calais, E., Freed, A.M., Ali, S.T., Przybylski, P., Mattioli, G.,
Jansma, P., Prepetit, C. et de Cahbalier, J.B. (2008) Interseismic plate coupling
and strain partitioning in the northeastern Carribean. Geophysical Journal
International, Vol 174, 889–903, doi:10.1111/j.1365-246X.2008.03819x.
9. NBCC 2005 (2005) National Building Code of Canada; Part 4 : Structural
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Council of Canada (NRCC), Ottawa, Canada.
10. Prentice, C.S., Mann, P., Pena, L.R. et Burr, G. (2003) Slip rate and earthquake
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plate boundary, Dominican Republic. Journal of Geophysical Research, V108,
No B3, doi:10.1029/2001JB000442.
11. Prepetit, C. (2007) Aléa et risque sismique en Haïti, Recherche, Etudes,
Développement (RED), Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire
(FAMV), Université d'État d'Haïti. Vol. 3, No 2.
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Annexe A
Termes de référence (TDR) du Comité des Infrastructures Scolaires - Mai 2010
1.
Contexte. Le séisme du 12 janvier dernier constitue la plus grande catastrophe
naturelle de l’histoire haïtienne. Outre les pertes énormes en vies humaines établies
officiellement à 222 750 morts, les 1.2 millions de personnes sans abri et les 500 000
déplacés, ce séisme a entrainé la destruction de la très grande partie des infrastructures
économiques, administratives, sanitaires et scolaires dans les départements de l’Ouest, du
Sud Est et des Nippes. Environ, 4 268 écoles et centres de formation professionnelle et
d’enseignement supérieur ont été détruits ou endommagés. Le Ministère de l’éducation
nationale, au sein de son administration a subit d’énormes dégâts tant humains que
matériels.
Le séisme a occasionné la fermeture immédiate des écoles dès le lendemain. Le ministère
a pris les dispositions pour rouvrir les écoles dans les établissements scolaires dans les 7
départements non touchés directement par la catastrophe. Concernant les 3 départements
touchés, le Ministère a défini une stratégie de relance des activités pour tous les niveaux
d’enseignement. Depuis la date officielle de relance des activités le 5 avril, les écoles
rouvrent progressivement au fur et à mesure des déblaiements et de la fourniture d’abris
temporaires (tentes ou hangars). La redéfinition de la question des infrastructures
scolaires prend dans ce contexte une tout autre dimension.
Le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle est en train
d’initier un travail participatif sur la refondation du système éducatif et sur l’élaboration
d’un nouveau schéma de gouvernance institutionnelle. D’autre part la Commission
présidentielle est sur le point de publier son rapport visant à recommander à l'Exécutif les
stratégies et initiatives pour accroître l'accès et la qualité de l'école haïtienne et
moderniser l'organisation et le fonctionnement du système éducatif national. Dans le but
de faire converger toutes les forces, il est nécessaire d’avoir un consensus sur les appuis à
apporter à la mise en œuvre de la vision de l’Etat haïtien sur l’éducation à moyen et long
terme ainsi que de rendre efficace la mise œuvre des financements. Les présents TDR
concernent la mise en place d’un Comité Infrastructures Scolaires souhaité par le
Ministre de l’éducation nationale, dans le but de définir les procédures permettant une
mise en ordre et la régulation du sous secteur.
1.
Objectifs. Le Comité Infrastructures Scolaires élaborera un Cadre de référence à
l’intention du Ministère, pour lui permettre de tirer le meilleur parti de toutes les
propositions qui lui sont faites actuellement par différents acteurs tout en tenant compte
de la réalité haïtienne. La démarche doit aboutir au renforcement des capacités du
Ministère à gérer de manière efficace le parc scolaire national pour tous les niveaux
d’enseignement. Il proposera une vision et une stratégie ; il identifiera et chiffrera les
principales priorités et les interventions y afférentes, en prenant en compte la prévention
des crises et les besoins à court terme, avec des résultats et des effets induits clairement
mesurables qui tiennent compte de la situation actuelle et de la capacité d’absorption du
pays.
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2.
Mission. La mission du Comité s'articule autour de quatre grands axes:
1) La définition de normes minimales de construction pour les écoles à la lumière de
l'effondrement d'un grand nombre d'écoles lors du tremblement de terre du 12
janvier dernier (décision: la DGS soumettra à la fin du mois de mai un premier
document immédiatement utilisable par le MENFP pour répondre aux demandes
les plus urgentes - responsable désigné: Ing. Octavius).
2) L'élaboration d'un document d'orientation pour guider la définition d'une politique
pour le sous système (décision: une première ébauche de ce document
sera soumise au Ministre et à ses Conseillers au plus tard le 15 juin - responsable
désigné: ?
3) Le traitement des requêtes déposées au Ministère par différents partenaires locaux
et internationaux (proposition: ces requêtes seront enregistrées et chaque requête
fera l'objet d'une fiche technique - responsable désigné: ? ).
3) La pré-analyse des propositions de modèles de construction d'écoles (proposition:
chaque proposition fera l'objet d'une fiche technique - responsable désigné: ? ).
3.
Dates. Le Comité Infrastructures Scolaires aura une durée permanente. Il
intègrera le moment venu le Groupe de travail infrastructures scolaires qui sera associé à
la Table sectorielle de l’éducation.
4.
Participants
Pour le Cabinet du Ministre : M. Sergot JACOB et/ou M. Narcisse FIÈVRE.
Pour la Cellule de pilotage : Mme Carole SASSINE, Consultante en appui aux relations
avec les partenaires;
Pour la Direction générale : l’Ingénieur Miaud THYS ;
Pour la DGS : l'Ingénieur Henri Robert OCTAVIUS;
Pour la DPCE : M. Bayard LAPOMMERAY ET Mme Kettie JEAN-BAPTISTE;
Pour la DDO : M. Louis Fritz DORMINVIL;
Pour le FAES : l’Ingénieur Jean-Léon Beauboeuf;
Au titre d'expert indépendant : l'ancien directeur de la DGS, l'Ingénieur Réginald
THERMOPHILE.
Coordination pour le MENFP : La Cellule de pilotage
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1er juillet 2010
Stratégie de Constructions Scolaires
Annexe B
Termes de Référence (TDR) de la mission
MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE ET DE LA
FORMATION PROFESSIONNELLE
TDR de la mission d’appui
à la définition d’un document stratégique sur le bâti scolaire
Juin – juillet 2010
Contexte : Suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010, un grand nombre d’écoles
et d’établissements scolaires ont été endommagés voire totalement détruits. Le PDNA,
document d’évaluation des dommages, estime que 4 268 établissements tous ordres
d’enseignement confondus sont à réhabiliter ou reconstruire.
Un Comité sur le Bâti scolaire a été mis en place par le Ministère pour organiser ces
efforts et définir le cadre de la reconstruction. Ce comité est opérationnel et est composé
de 9 personnes (Cabinet du Ministre, Cellule de pilotage, DGS, FAES, DPCE, DDO,
expert indépendant). La DGS de son côté a, depuis le séisme, procédé à une première
révision des normes de construction en vigueur. La mission travaillera avec le Comité et
dans la continuité de ces travaux.
Un nombre important d’ONG ont été mobilisés suite au séisme, qui proposent
aujourd’hui leurs services. Un sous groupe du cluster Education, coordonné par
l’UNICEF, est chargé de coordonner les appuis d’urgence en ce qui concerne les
infrastructures semi permanentes et permanentes. Ils se réunissent tous les 15 jours.
Les bailleurs, de leur côté, prévoient des programmes de reconstruction d’écoles. Le sous
–groupe du GSE sur le bâti scolaire, coordonné par la Banque Mondiale, est chargé de
faire circuler les informations et coordonner les programmes de plus long terme et
d’accompagner le Ministère dans l’élaboration de documents stratégiques.
Le Ministère a lancé ces derniers jours un processus d’élaboration d’un plan opérationnel
des recommandations du GTEF couvrant tout le secteur de l’éducation et les différents
ordres d’enseignement. Le sous secteur des infrastructures en est un pilier majeur. La
présente mission s’inscrit donc dans ce cadre et viendra contribuer à l’élaboration du
document dans sa globalité.
La mission devra prendre en compte tous les travaux menés dans le cadre des différentes
initiatives citées ci-dessus, ainsi que l’opération visant à l’élaboration d’une carte scolaire
pour l’automne et le projet PURES, tous 2 financés par la Banque Mondiale. Le recours
au FAES et son expertise sera d’une grande aide.
Coordination au Ministère : Comité des infrastructures scolaires du MENFP
Experts : Serge Theunymk et Ingénieur Patrick Paultre
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1er juillet 2010
Stratégie de Constructions Scolaires
Dates : du 28 juin au 13 juillet 2010
Objectif de la mission : Contribuer à l’élaboration d’un document stratégique pour le
sous secteur de la construction scolaire
Tâches : La mission appuiera le Comité dans les tâches suivantes :
• Faire une sélection du ou des modèles d'écoles proposés par les bailleurs ou
partenaires lors d'une ronde de présentation (1 à 2 jours) pour le système éducatif.
• Finaliser les nouvelles normes de construction scolaire élaborées par le Comité
sur le bâti scolaire et les faire valider par le Ministère des Travaux Publics
• Elaborer un document stratégique du MENFP sur la construction scolaire. Ce
document comportera notamment :
-
-
-
Dans la perspective de la réorganisation du Ministère de l’Éducation, une
proposition de réorganisation de la structure au sein du Ministère de
l’éducation et/ou du Ministère des Travaux Public régissant la construction
scolaire en y définissant son mandat, les compétences et les équipements
nécessaires
La définition des rôles et responsabilités des différents acteurs tels que le
MENFP (administration centrale, administration décentralisée), les directions
d'écoles, les communautés, les collectivités territoriales, les bailleurs, les
Agences de Maitrise d'Ouvrage Déléguée, les entrepreneurs.
La validation d’un schéma procédurier déterminant toutes les étapes à suivre
pour l’exécution d’un programme de construction scolaire.
La définition du processus de mise à jour systématique de la carte scolaire et
des critères visant la priorisation des lieux pour constructions/réhabilitations
scolaires, en collaboration avec la DPCE
Préparation de la mission :
Afin que la mission puisse être opérationnelle dès son arrivée, le Comité pourra, avant
l’arrivée de la mission :
- Proposer aux partenaires du MENFP intéressés à promouvoir un modèle de
construction d’école de préparer une présentation powerpoint pour la ronde des
présentations projetée pour permettre aux intéressés de discuter des avantages et
inconvénients des différents modèles.
- Préparer une réunion d’une demi journée, au cours de la mission, avec le
Ministère des Travaux Public afin de valider les documents de normes proposés
par le MENFP.
- Mettre à disposition les TDR des différents projets ainsi que le calendrier de
l’élaboration du programme de la DPCE touchant la carte scolaire.
- Regrouper la documentation nécessaire aux travaux de la Mission.
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