(2021) SYNTHÈSE DE LA SITUATION DES FINANCES PUBLIQUES - Résumé des grandes masses du TOFE
Resume — Ce rapport du Ministère haïtien de l'Économie et des Finances présente une synthèse de la situation des finances publiques pour l'exercice fiscal d'octobre 2020 à septembre 2021. Il souligne les défis rencontrés, notamment l'insécurité et les catastrophes naturelles, qui ont conduit à une révision budgétaire. Malgré ces difficultés, la mobilisation des recettes a atteint les objectifs rectifiés, bien que le taux de pression fiscale ait diminué, et le service de la dette publique ait considérablement augmenté.
Constats Cles
- L'exercice fiscal 2020-2021 a été fortement impacté par l'insécurité, l'assassinat du Président et les catastrophes naturelles, entraînant une rectification budgétaire.
- Malgré les événements néfastes, la mobilisation des recettes a atteint les objectifs budgétaires rectifiés, bien que le taux de pression fiscale ait diminué de 6% à 5,6%.
- Les dépenses budgétaires ont légèrement augmenté pour atteindre 124,7 milliards de gourdes, les dépenses courantes représentant 88% des dépenses totales et excédant les recettes collectées.
- Le service de la dette publique a presque triplé, augmentant de 169% pour atteindre 160,4 milliards de gourdes, principalement en raison des remboursements de bons du Trésor.
- Le solde budgétaire en base caisse a affiché un déficit de 28,5 milliards de gourdes, et le financement monétaire s'est accéléré pour pallier les pénuries de produits pétroliers.
Description Complete
Ce document, publié par le Ministère haïtien de l'Économie et des Finances (MEF), présente une synthèse complète de la situation des finances publiques et des grandes masses du Tableau des Opérations Financières de l'État (TOFE) pour l'exercice fiscal allant d'octobre 2020 à septembre 2021. La période a été marquée par des événements néfastes significatifs, notamment un climat d'insécurité généralisé, l'assassinat du Président, un séisme dévastateur dans la péninsule du Sud et le passage du cyclone Grace, ce qui a nécessité une rectification du budget initial. Malgré ces défis, le MEF a mis en œuvre des mesures et des réformes visant à améliorer la gestion des finances publiques, telles que le Pacte de Gouvernance Économique et Financière et le Plan de Relance Économique Post-Covid.
Le rapport détaille que, bien que la mobilisation des recettes ait été en phase avec les objectifs du budget rectifié (96,36 milliards de gourdes collectées contre 96,43 milliards prévus), le taux de pression fiscale a diminué de 6% en 2019-2020 à 5,6% en 2020-2021. Les dépenses budgétaires ont connu une légère augmentation, atteignant 124,7 milliards de gourdes, les dépenses courantes (114,1 milliards de gourdes) excédant les recettes collectées et représentant 88% des dépenses totales. Une constatation critique est le quasi-triplement du service de la dette publique, qui a augmenté de 169% pour atteindre 160,4 milliards de gourdes, principalement en raison du remboursement des bons du Trésor, qui représentait 80% du service de la dette. Le document note également un déficit du solde budgétaire en base caisse et une accélération du financement monétaire par la Banque Centrale (BRH) pour faire face aux pénuries de produits pétroliers.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Résumé des grandes masses du TOFE - Période d’Octobre 2020 à Septembre2021
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MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES (MEF )
Résumé des grandes masses du TOFE
Période : Octobre 2020 – Septembre 2021
Décembre 2021
DIRECTION DES ETUDES ECONOMIQUES ET PRÉVISIONS (DEEP)
Synthèse DE LA SITUATION des finances
publiques
Résumé des grandes masses du TOFE - Période d’Octobre 2020 à Septembre2021
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o L’exercice fiscal 2020-2021 a été marqué par un ensemble d’événements néfastes ayant
entravé le bon déroulement des activités économiques en dépit des mesures prises et
des réformes engagées par les autorités budgétaires pour assainir les finances
publiques. En effet, dans un souci d’amélioration de l’environnement économique et
financier, les autorités financières ont pris, dès le début de l’exercice, des décisions devant
soutenir les efforts d’une meilleure gestion des finances publiques telles que la signature du
Pacte de Gouvernance Economique et Financière conclu entre le MEF et la BRH ;
l’adoption du Plan de Relance Economique Post-Covid (PREPOC); l’engagement ferme du
MEF sur des chantiers de réforme des finances publiques notamment la pluri-annualité du
budget, la révision de la nomenclature de l’Etat ; et la poursuite de la lutte contre la
pandémie Covid-19. Cependant en raison du climat d’insécurité générale qui a prévalu tout
au long de l’exercice et des problèmes récurrents relatifs à au financement et
l’approvisionnement des produits pétroliers entres autres, la situation au niveau des finances
publiques a été tributaire du ralentissement des activités économiques et ce, en dépit d’un
bon démarrage au premier trimestre de l’exercice fiscal.
o La situation socio-économique qui a prévalu tout au long de l’exercice fiscal a motivé
les autorités à modifier le budget initial 2020-2021. Dans le but de prendre en compte
l’effet des principaux chocs qui ont affecté la poursuite des objectifs macroéconomiques
dont un climat d’insécurité tendu avec de fortes violences, l’assassinat du Président de la
République, le séisme dévastateur de la péninsule du Sud et le passage du cyclone Grace, le
budget a dû être rectifié en fin d’exercice. Le budget rectificatif adopté a permis de réviser à
la baisse les objectifs budgétaires quant à la réalité macroéconomique qui a demeuré. En
effet, le taux de pression fiscale a été révisé à 5.6% contre 8.4% dans le budget initial, soit
des recettes a collecter de l’ordre de 96.4 milliards de gourdes (pour des recettes initiales de
132.6 Mds) ; un relèvement du niveau de financement monétaire passant de 39.3 milliards
de gourdes à 49.3 pour tenir compte de la rétrocession de 50% d’allocation des Droits de
Tirages Spéciaux (DTS) du Fonds Monétaire International (FMI) à la Banque Centrale en
fin d’exercice ; et des émissions nettes de Bons du Trésor de 12 milliards de gourdes contre
25 milliards dans le budget initial.
o En dépit de la situation décrite précédemment, au 30 Septembre 2021, la mobilisation
des recettes a été en phase avec les objectifs de perception formulés dans le budget
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rectificatif 2020-2021 (96.36 milliards de gourdes collectées pour 96.43 prévues). Ainsi
malgré la situation précaire qui a marqué l’exercice 2020-2021, les recettes fiscales et
douanières perçues par les organismes de perception ont augmenté de 11% par rapport à
l’exercice fiscal précédent (87.006 Mds G), soit un taux de réalisation de 100% comparé à
l’objectif rectifié. Toutefois, il est important de souligner que sans le budget rectificatif,
l’objectif initial de perception au montant de 132.6 Mds G pour l’exercice n’aurait été
atteint qu’à 72.6%, soit un manque à percevoir de 36.3 Mds G.
o Le faible taux de mobilisation des recettes fiscales a induit un taux de pression fiscale
passant de 6% en 2019-2020 à 5.6% en 2020-2021, ce qui constitue une contrainte majeure
pour la mise en œuvre de la Politique Nationale de Protection et de Promotion Sociales
(PNPPS) qui a été adoptée en conseil des Ministres en juin 2020. En effet, la PNPPS est le
principal engagement des autorités haïtiennes en matière de garantie d’accès aux services
sociaux de base, de création des conditions de travail décent, ou de renforcement des
capacités des personnes ou des ménages en situation de pauvreté ou de vulnérabilité
socioéconomique.
o Par ailleurs, les dépenses budgétaires de la période connaissent une légère
augmentation. En effet, malgré la gestion post-sismique dans le grand sud, des traitements
additionnels pour les policiers, l’augmentation nette de plus de 4,000 fonctionnaires dans la
fonction publique depuis le début de l’exercice fiscal 2020-2021 et la lutte contre le covid-
19, les dépenses budgétaires de l’exercice ont connu une hausse de 1% pour s’établir à
124.7 Mds G contre 123.3 Mds de Gdes en 2019-2020. Cependant, les dépenses courantes
qui ont crû de 5% en glissement annuel (114.1 Mds G) excèdent les recettes collectées de
13% et représentent 88% des dépenses totales, laissant très peu de marge pour les dépenses
d’investissement, lesquelles devraient tirer la croissance. Pour y faire face, l’Etat a dû
recourir à d’autres sources de financement pour honorer, d’une part, les interventions
d’urgence liées au séisme du 14 août et, d’autre part, ses dépenses incompressibles
notamment les traitements additionnels pour les policiers et le suivi du payroll d’environ
onze mille (11 000) fonctionnaires régularisés en fin d’exercice 2019-2020.
o Le financement budgétaire a été maitrisé et le financement de la BRH, après avoir connu
un niveau préoccupant, est revenu à un niveau qui soit compatible avec le pacte de
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gouvernance signé entre le MEF et la BRH. Au 30 septembre 2021, le solde budgétaire en
base caisse est déficitaire de 28.5 Mds G et le financement de la BRH s’élève à 49.2 Mds G
contre 49,3 milliards prévus à fin septembre 2021 dans le budget rectificatif. À noter qu’il y a
eu une accélération du financement monétaire à la fin du troisième trimestre en raison des
avances consenties par le MEF pour les achats de produits pétroliers en vue d’éviter une pénurie
dans l’approvisionnement du marché local. Les compagnies pétrolières doivent rembourser ces
avances au fur à mesure qu’elles se sont approvisionnées de dollars sur le marché. En dépit des
efforts de l’État pour s’assurer de l’approvisionnement du marché en produits pétroliers, une
pénurie de gazoline a été observée depuis le début du mois de juin 2021 dans les stations à
essence, coïncidant à des situations de trouble des gangs armés dans certaines régions de la zone
métropolitaine de Port-au-Prince limitant ainsi la distribution du produit
1
.
o Le service de la dette publique au cours de l’exercice a presque triplé et le poids du
remboursement des bons du trésor prend de l’ampleur. D’octobre 2020 à Septembre 2021,
le service de la dette publique (incluant les bons du Trésor) a connu une hausse notable de
169%, passant de 59.6 Mds G au 30 septembre 2020 à 160.4 Mds G en 2020-2021, excédant les
émissions brutes de bons du Trésor de 26.6 milliards de gourdes. Le remboursement des bons
du trésor représente 80% du service de la dette, contre 71% sur la même période de l'exercice
précédent. Par ailleurs, pour la période, le Trésor Public a émis des bons de trésorerie totalisant
133,8 Mds G en vue de rembourser des bons arrivés à maturité pour la somme gigantesque de
128,2 Mds G, ce qui conduit à une émission nette de 5,6 Mds G compatible à la cible de 12,0
milliards de gourdes prévue dans le budget rectificatif.
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Malgré la pénurie de gazoline qui a duré pendant plus d’un mois dans les pompes à essence, ce produit était
disponible sur le marché informel et parfois à des prix dépassant le triple des prix à la pompe.
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