(2014) Guide methodologique d'integration du genre dans le budget national
Resume — Ce cahier du participant introduit l'analyse selon le genre et ses applications dans la planification et la budgetisation nationales en Haiti. Il appuie la budgetisation sensible au genre en reliant les engagements du MCFDF, la CEDEF, Beijing, le PSDH et les outils de finances publiques.
Constats Cles
- Introduit des outils d'analyse selon le genre pour la planification et la budgetisation nationales.
- Relie la budgetisation sensible au genre d'Haiti aux engagements CEDEF, Beijing et PSDH.
- Presente le financement comme essentiel pour transformer les engagements d'egalite de genre en politique publique.
- Fournit un cahier du participant pour le renforcement des capacites en budgetisation sensible au genre.
Description Complete
Le guide est un cahier de formation pour l'initiative haitienne de budgetisation sensible au genre. Le module 1 explique les concepts de genre, les outils de profil d'activite, les profils d'acces et de controle, les facteurs d'influence et l'utilisation de l'analyse selon le genre dans la planification nationale. Il situe le travail dans les engagements d'Haiti au titre de la CEDEF, de Beijing et du PSDH, notamment les lignes budgetaires pour l'egalite de genre et l'autonomisation economique des femmes.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
République d’Haïti
Liberté-Fraternité-Egalité
_______
Minis Kondisyon Fanm ak Dwa Fanm
Ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes
GUIDE METHODOLOGIQUE D’INTEGRATION DU GENRE DANS LE
BUDGET NATIONAL
Cahier du participant
Module'1'sur#l’analyse#selon#genre#et#
ses#applications#dans#la#planification#
nationale.!
1
Gouvernement de la République d’Haïti : Le MCFDF a été créé le 8 novembre 1994. Il est
chargé de définir des politiques devant agir sur la condition des femmes en Haïti.
ONU Femmes est l’entité des Nations Unies pour l’l’autonomisation des femmes, établie en
juillet 2010 par l’Assemblée générale des Nations Unies a créé ONU Femmes pour accélérer
les objectifs de l’Organisation liés à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.
Fidèle à la vision de l’égalité pour tous et pour toutes inscrite dans la Charte des Nations
Unies, ONU Femmes œuvre, entre autres, pour : l’élimination de toute discrimination à
l’encontre des femmes et des filles ; l’autonomisation des femmes ; et l’égalité entre hommes
et femmes en tant que partenaires et bénéficiaires du développement, des droits de l’homme,
de l’action humanitaire, de la paix et de la sécurité.
Le Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail (CIF-OIT)
contribue à l’objectif de l’OIT sur le Travail Décent pour les femmes et les hommes en
fournissant des services de formation afin de développer les capacités des institutions et de
leurs ressources humaines. Le CIF-OIT propose des modules d’apprentissage en ligne pour le
Partenariat CE/Nations Unies et met son approche pratique du renforcement des capacités
pour l’intégration de la dimension de genre à la disposition de tous les partenaires et acteurs
du Programme.
Module de formation : Initiative de budgétisation sensible au genre en Haïti
© Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail
Turin, Italie, 2014
site web: http://gender.itcilo.org/cms
Cette publication a été produite avec l’aide de l’Union européenne. Son contenu n’engage que
la responsabilité de l’auteur et des équipes de recherche ; il ne reflète pas nécessairement
l’opinion de ONU Femmes ou du CIF-OIT et ne reflète en aucun cas l’opinion de l’Union
européenne.
2
Table&des&matières&
Acronymes ................................................................................................................................. 2!
1.! Introduction ......................................................................................................................... 3!
2.! Les questions de genre ........................................................................................................ 6!
3.! L’analyse selon genre et ses applications dans la planification nationale......................... 10!
3.1.! Théories de l’analyse genre ............................................................................................ 11!
3.1.1.! Théorie des rôles et division du travail ....................................................................... 11!
3.1.2.! Théorie des besoins pratiques et des intérêts stratégiques .......................................... 12!
3.2.! Outils d’analyse selon genre .......................................................................................... 14!
1) Tableau du profil d’activité (diagnostic)...................................................................... 14!
2) Tableau du profil d’accès et de contrôle (diagnostic) .................................................. 16!
3) Tableau des facteurs d’influence (analyse de changements) ....................................... 17!
Annexe au Module 1 sur l’analyse selon genre et ses applications dans la planification
nationale. .................................................................................................................................. 22!
1
Acronymes
PSDH :
MCFDF :
MPCE :
MEF :
MCS :
BSG :
CEDAW/CEDEF :
ONG :
FOWODE :
LOF :
LF :
CDMT :
SCN :
PIB :
OEA/OAS:
CARICOM :
PSDH :
PAS :
CMR :
Plan Stratégique de Développement d’Haïti
Ministère de la Condition Féminine et aux Droits des Femmes,
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
Ministère de l’Economie et des Finances
Matrices de Comptabilité Sociale
Budgétisation Sensible au Genre
Convention sur l'Élimination de toutes les formes de Discriminations
à l'Égard des Femmes
Organisation non gouvernementale
Forum des Femmes dans la Démocratie
Loi Organique des Finances
Loi de Finance annuelle
Cadre de Dépense à Moyen Terme
Système de Comptabilité Nationale
Produit Intérieur But
Organisation des États Américains:
Caribbean Community
Plan Stratégique de Développement d’Haïti
Politiques d’Ajustement Structurel,
Le Cadre de Mesure de Performance.
2
1. Introduction
En dépit d’engagements planétaires des gouvernements en faveur de l’égalité entre les sexes,
la situation a peu évolué. Les promesses n’ont pas été tenues, faute d’une politique pour les
soutenir, et parce qu’en partie, le financement ne suit pas les engagements politiques.
En Haïti, l’État s'est engagé à faire progresser l’égalité des sexes, c’est pourquoi il a ratifié
sans réserve le 7 Avril 1981 la Convention sur l'Élimination de toutes les formes de
Discriminations à l'Égard des Femmes(CEDEF), qui, en son article 1er, dit que « l’expression
« discrimination à l’égard des femmes" vise toute distinction, exclusion ou restriction fondée
sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la
jouissance ou l’exercice par les femmes, quel que soit leur état matrimonial, sur la base de
l’égalité de l’homme et de la femme, des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans
les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine ».
En 1995, le gouvernement haïtien a adhéré à la déclaration et au programme d’action adoptée
à la quatrième Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes, tenue à Beijing. Dont
le plan incite les gouvernements à « Trouver des solutions efficaces, orientées vers le
développement et durables au problème de la dette extérieure, pour faciliter le financement
de programmes et projets axés sur le développement, et notamment sur la promotion de la
femme, en appliquant immédiatement les conditions convenues par le Club de Paris en
décembre 1994, qui comprennent des formules de réduction et d’annulation de la dette, et
mettre au point des techniques de conversion de la dette en faveur de programmes et projets
de développement social, conformément aux priorités du Programme d’action »;
Depuis 2006, le gouvernement a pris conscience de la nécessité du financement de légalité et
c’est ainsi que dans le PSDH il est prévu de : « Réserver une enveloppe budgétaire annuelle
destinée au Fonds Genre et Développement du MCFDF afin de réaliser des projets, partout
sur le territoire, en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation économique des
femmes haïtiennes ».
Le gouvernement a pris aussi l’engagement qu’un budget sensible au genre sera élaboré,
adopté par les acteurs avec des sources de financement déterminées (interne comme externes).
Pour chacun des budgets des ministères, une ligne sera réservée pour les actions en lien avec
l’établissement de l’Egalite de genre.
Justification de la BSG en Haïti
L’analyse socio-économique du genre et de la pauvreté permet de déterminer l’existence
d’une double disparité, d’abord des disparités liées au rôle et aux fonctions des femmes dans
la société, ensuite des disparités liées à la position sociale des femmes qui les maintient dans
une situation de subordination aux hommes. Donc, parce que les relations entre les sexes
pèsent sur la répartition des richesses, l’accès aux services, aux facteurs de production et aux
opportunités nécessaires au développement du potentiel humain, il est essentiel de se pencher
sur le budget, qui s’avère être l’instrument de politique économique majeur, pour contribuer à
rétablir les équilibres de genre.
3
En étendant le champ d’analyse économique aux activités non-comptabilisées des femmes et
notamment des petites filles, les mouvements féminins ont remis en question l’efficacité et la
justesse des politiques.1
Le premier “ budget pour les femmes signalé” fut mené par le Gouvernement fédéral en
Australie en 1984, mais c’est seulement à partir de 1995 (Conférence des Femmes de Beijing)
que les budgets ont été reconnus et utilisés comme outils pour la mise en œuvre et le suivi des
engagements, recommandations et des plans d’action pour le genre.
En 1995, des parlementaires, des ONG et des chercheurs en Afrique du sud lancèrent une
Initiative pour le budget des femmes et en 1997, le gouvernement sud-africain y donna suite.
D’autres gouvernements ont adopté des formes de BSG tels que le Bangladesh, l’Inde, la
Norvège et la Suisse.
Le Secrétariat du Commonwealth a établi en 1996 des initiatives des BSG mises en œuvre
par des ministères dans les pays aussi divers que La Barbade, Fidji ou le Sri Lanka. On peut
citer d’autres pays où des initiatives en faveur de budgets intégrant une perspective de genre
ont été prises, à la fois au sein et en dehors du gouvernement, il s’agit de pays comme les
Philippines, le Canada, la Tanzanie, le Royaume-Uni, le Zimbabwe, le Malawi, le Mexique,
ou les acteurs ont lancé des analyses genre des processus de formulation des budgets
nationaux et locaux.
Cette nouvelle façon d’analyser les dépenses et les recettes publiques a permis de renforcer la
capacité des gouvernements, des institutions de recherche et de la communauté des ONG. Elle
a contribué à une plus grande transparence et a une responsabilisation des processus de
budgétisation dans les pays, en ouvrant un important processus social de dialogue et de
négociation impliquant les femmes.
En Haïti, l’Initiative de la Budgétisation sensible au Genre a commencé fin 2009, juste avant
le séisme, et a été reprise sous l’initiative du gouvernement – MCFDF, MEF, MPCE sur
financement de la Commission Européenne et de la Coopération espagnole et l’appui
technique d’ONU Femmes.
Cette initiative vise le renforcement de la capacité
institutionnelle, tout comme le maintien et le renforcement de la mobilisation politique pour
entreprendre des analyses budgétaires sensible au genre. Pour la reddition de compte et le
suivi de l’égalité, l’Etat Haïtien s’engage à reformer l’administration publique, en mettant en
place, à tous les niveaux, des cadres de gestion axée sur les résultats.
Le présent document constitue la premier partie de la guide méthodologue réalisé dans une
période ou l’engagement du gouvernement d’Haïti est resté très net pour faire avancer la
question de l’égalité de genre, depuis l’élaboration du Plan Stratégique pour le
Développement d’Haïti (PSDH) jusqu’à la parution en 2014 de la politique nationale pour
l’Egalite Femmes Hommes. La guide est structuré de façon à faciliter la dissémination par des
actions formatives, est composé de :
1. Cahier du participant :
1
Patricia Alexander et Sally Baden in: BRIDGE, en collaboration avec GTZ (Coopération technique allemande),
février 2000 Traduit par Emmanuelle Chauvet- Version française publiée dans : Jeanne Bisilliat et Christine
Verschuur, 2002, Genre et économie : un premier éclairage, Cahiers genre et développement, No.2, EFI-afed,
L'Harmattan, Genève – Paris
4
a. Module 1 sur l’analyse selon genre et ses applications dans la planification
nationale.
b. Module 2 sur les aspects stratégiques de la budgétisation et planification
c. Glossaire
2. Cahier du facilitateur
Il s’adresse à tous les cadres, professionnel(le)s, planificateur(trice)s et technicien(ne)s du
secteur public, comme du secteur privé, du niveau central ou du niveau local, voulant s’initier
aux méthodes et aux outils pour l’intégration d’une planification et d’une budgétisation
sensible au Genre.
Ce document comporte ces parties:
1. Les questions de genre ;
2. L’analyse selon genre et ses applications dans la planification nationale
5
2. Les questions de genre
Le genre est un concept abstrait qui appelle à une clarification, car il est parfois source de
confusions. Le genre n’est pas la femme, et utiliser les deux termes de manière
interchangeable est conceptuellement erroné. Mais le genre est aussi un concept opératoire,
car il permet d’établir la distinction entre le rôle biologique et le rôle social.
Le sexe fait référence à la différence qui existe entre l’homme et la femme, aux plans
biologique et anatomique (physique, chromosomes, organes génitaux). Il relève du naturel et
ne peut être changé par l’individu (toutefois, il faut prendre en compte les avancées
scientifiques qui permettent aujourd’hui de changer de statut sexuel).
Le genre résulte du processus de socialisation des hommes et des femmes, processus qui leur
assigne des rôles et des positions différents au niveau de la reproduction, de la production et
de la distribution des responsabilités. Il renvoie aux rapports socialement construits à partir de
la différence sexuelle, rapports qui changent selon les sociétés, selon les époques historiques
ou selon les circonstances. Il définit les valeurs et les attitudes qu’une communauté ou une
société juge comme appropriées à un sexe ou à l’autre (Fatou Sarr 1999).
Le terme « genre » ne s’adresse pas à l’homme ou à la femme en soi. L’objet de l’analyse
genre porte sur les relations entre hommes et femmes.
Un exposé utile est rendu par le « Diagnostic des inégalités de genre Haïti - Ministère à la
condition féminine et aux droits des femmes – Juin 2013” qui explique que dans les rapports
genrées, il n'y a jamais eu en réalité qu'un seul sexe, à savoir le sexe féminin, les hommes
incarnant quant à eux le genre humain par rapport auquel les femmes constituaient une sorte
de particularité ou d'anomalie. Le caractère proprement sexué et sexuel des hommes
masculins a en effet été séculairement identifié à l'humain, confondu avec lui. Dans l'histoire
de la pensée explicite ou implicite des cultures, il n'y a pas deux sexes auxquels seraient
dévolues des fonctions spécifiques, et qui se répartiraient ainsi l'espace social, mais plutôt une
spécificité et une particularité du sexe féminin (tota mulier in utero) par rapport à la généralité
de l'humanité incarnée par l'homme ?
Aussi, en bonne logique, après avoir affirmé avec Beauvoir qu' « on ne naît pas femme, on le
devient », faudrait-il ajouter [..], qu' « on ne naît pas homme, on le devient », non seulement
psychiquement mais socialement. Si le rapport est construit, les deux entités qui s'affrontent
dans ce rapport sont elles-mêmes construites, et construite leur inégalité. » (Collin, Françoise,
2003).
« Dans cette perspective, «les rapports entre les hommes et les femmes ne sont pas de simples
relations interindividuelles, car celles-ci s‘inscrivent dans des rapports sociaux qui
transcendent les individus. Il s‘agit de rapports d‘antagonisme et de pouvoir non pas
naturellement définis, mais historiquement et socialement construits. Ils ont pour enjeux la
sexualité et le travail, à travers des mécanismes d‘exploitation et des dispositifs de
domination, de production et d‘intériorisation de différences, de naturalisation, de
normalisation. Ils se traduisent, partout dans le monde, avec plus ou moins d‘intensité, en
violence, inégalités de toutes sortes, subordination, exclusion partielle ou totale du politique.»
(Bidet-Mordrel, Annie citée in Flahault, Érika et Jaurand, Emmanuel, 2012: 65).
6
Il s’agit d’évoluer d’un paradigme fondé sur des rapports de domination vers un paradigme
fondé sur l’égalité et l’équité entre les sexes. Aujourd’hui, le paradigme de l’égalité et de la
justice est en train d’écarter celui qui est fondé sur la domination de la femme par l’homme.
Même si les résistances sont encore très fortes, il offre une opportunité pour la construction
d’un monde plus juste pour un développement humain durable.
Il est nécessaire d’identifier les concepts clés qui sont indispensables pour comprendre le
genre. Certains concepts sont essentiels dans l’analyse genre, notamment : égalité, équité,
différence, parité, complémentarité, condition sociale, position, pouvoir, relations de genre,
autonomisation (empowerment).
L’égalité de genre
L’égalité des genres signifie qu’il n’y a pas de discrimination basée sur le sexe dans la
répartition des ressources et des bénéfices, ni dans l’accès aux services. Ce concept peut être
évalué selon qu’il y a égalité des chances ou égalité des retombées.
Égalité/ Différence
C’est à partir des identités biologiques que les sociétés
attribuent symboliquement aux hommes et aux femmes
des valeurs différentes et créent de ce fait l'inégalité
entre eux. Les amalgames sont vite faits en affirmant que
les femmes et les hommes sont différents, donc ne sont
pas égaux. Une telle formule n’est pas exacte, car le
contraire de l’égalité, c’est l’inégalité et le contraire de la
différence, c’est l’identité. C’est à partir des différences
sexuelles que se construisent des inégalités qui se
traduisent par une position de subordination de la femme
vis-à-vis de l’homme.
Égalité ≠ Inégalité
Différence ≠ Identité
Nous pouvons être différents,
mais égaux : les hommes noirs
sont différents des hommes
blancs mais ils sont égaux en
droit.
Égalité/ Équité
L’équité qui renvoie à plus de justice sociale permet de prendre en compte les facteurs
discriminants qui rendent l’égalité impossible. Le concept d’équité de genre transmet une
notion de justice, c'est-à-dire de pouvoir donner à chacun ce qui lui appartient, tout en
reconnaissant les conditions et les caractéristiques spécifiques de chaque catégorie. Ce
concept est en relation avec l’égalité de résultats et de bénéfices pour les hommes et les
femmes. L’accès égal à l’éducation ne signifie pas pour autant que filles et garçons scolarisés
atteignent les mêmes niveaux d’éducation. Afin d’assurer l’équité, il faut adopter des mesures
pour compenser les désavantages sociaux qui empêchent les filles ou les garçons de profiter, à
chances égales, de la scolarisation : par exemple, organiser des cours de soutien aux filles
après les heures de classe ou appuyer les mamans pour qu’elles aient accès à des technologies
afin de décharger leurs filles des tâches domestiques.
Complémentarité
Souvent, pour évacuer les problèmes des inégalités, on a
l’habitude d’affirmer que les hommes et les femmes sont
complémentaires. La complémentarité décrit les caractéristiques
de ce qui est complémentaire, mais il y a le risque derrière ce
concept de continuer à maintenir les femmes dans une position de
domination.
Attention !
90 + 10 = 100
mais aussi…
50 + 50 = 100
7
Le Genre : une question de culture
C’est par la culture que se perpétue la logique de domination de la femme par l’homme. Dans
beaucoup de sociétés ce sont des règles établies par les sociétés masculines qui régissent la
vie, les pratiques et les comportements des femmes et des hommes. C’est au nom de la culture
que se mettent en place des pratiques d’exclusion de la femme des espaces de pouvoir.
La culture est aussi un phénomène évolutif, c’est-à-dire sujet à des transformations et à des
adaptations dictées par le cours des événements. Elle peut représenter une contrainte mais
aussi une force. Il s’agit de voir dans la culture les ouvertures possibles et les utiliser pour
apporter les changements indispensables à la communauté concernée.
Le genre : un enjeu de développement
La démonstration que les relations de genre constituent un déterminant de la pauvreté
prouve que le développement passe nécessairement par la réduction voire la suppression des
inégalités.
Les femmes représentent plus de la moitié de la population, et la non-prise en compte de leurs
besoins et de leurs contraintes par les secteurs dans lesquels elles se trouvent constitue une
entrave majeure au développement des communautés. Par exemple, dans l’agriculture, quand
la moitié de la population d’une communauté est exclue de l’utilisation des facteurs de
production, c’est la capacité de développement de la communauté entière qui est
hypothéquée.
Pour atteindre leurs objectifs de développement, les politiques et programmes doivent prendre
en compte les besoins pratiques des femmes en terme d’acquisition de connaissances,
d’accès aux facteurs de production et aux équipements, mais ils doivent aussi prendre en
compte les intérêts stratégiques des femmes, ce qui implique l’ouverture des espaces de
pouvoir pour une participation effective aux prises de décisions et un renforcement des
capacités pour l’acquisition de plus d’autonomie.
Le genre, un concept scientifique, donc universel : le genre est un concept scientifique, parce
que la démonstration que le rôle masculin/féminin est une construction est vérifiable partout,
quelle que soit la société ou l’espace géographique. En tant que tel, il est un concept
universel et doit être utilisé partout.
Un glossaire complète des termes pertinent au discours genre, développement, budgetisation
sensible au genre, fait partie de cette guide.
8
A retenir :
Les différences entres les hommes et les femmes résultent d‘une construction sociale et non pas de leur «
nature ».
Le masculin et le féminin se construisent relativement, l‘un par rapport à l‘autre (approche relationnelle).
Les relations entre les sexes sont hiérarchisée et procèdent d‘un rapport de pouvoir (le pourvoir sur par
opposition au pouvoir de).
Les catégories de sexe n‘étant pas homogènes, l‘intersectionnalité permet de prendre en compte les effets
des autres rapports sociaux (groupe d‘âge, catégorie
sociale, colorisme, etc.).
« Penser en termes de genre implique «l’idée que l’intervention politique est susceptible d’effriter les
fondements matériels et symboliques du genre comme système social.»
Extrait de Diagnostic des inégalités de genre, Haïti - Ministère à la condition féminine et aux droits des
femmes – Juin 2013
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3. L’analyse selon genre et ses applications dans la planification nationale
Le concept genre constitue un puissant outil d’analyse. Il représente un intérêt par sa capacité
à offrir une nouvelle clé de lecture des réalités sociales. L'apport de l’analyse genre se situe
principalement à deux niveaux :
− au niveau de la démonstration du caractère construit des relations de genre, par
opposition au caractère naturel des catégories hommes/femmes : cela est valable
quelle que soit la société ;
− au niveau de la prise en compte des rapports politiques : car il montre que la position
de subordination de la femme relève des rapports de pouvoir, de domination sociale et
culturelle et non d’un déterminisme biologique.
La compréhension du concept genre est indispensable, pour comprendre les enjeux de la
budgétisation sensible au genre, e son contribution aux processus de la panification au niveau
national. .
Pourquoi s’en soucier?
Dans le document du Ministère de la planification et de la coopération externe (MPCE) publié
en 2006 sur les inégalités et la pauvreté, parmi les disparités sociales, celles liées au sexe sont
celles qui fragilisent le plus les acquis politiques et socio-économiques d‘une société. Il
devient urgent pour Haïti, selon ce document, de réfléchir sur les conséquences des
discriminations liées au sexe. Car en dépit de certaines avancées, la société encore largement
imprégnée de préjugés et stéréotypes qui restreignent les opportunités des individus de sexe
féminin.
Plus en générale, il y a trois principales raisons pour lesquelles il convient considérer l'égalité
des genres et l'autonomisation des femmes comme des objectifs capitaux de la planification
nationale:
1 . «Le cas des droits de l’homme»
La plupart des pays du monde ont souscrit à l’idée selon laquelle l’égalité des genres est un
droit humain fondamental et un objectif important en soi. Haïti est signataire de la Convention
sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), de
la Déclaration de Beijing et de la Déclaration sur les Objectifs du millénaire pour le
développement (OMD) qui expriment ouvertement l’engagement de promouvoir l’égalité des
genres et l’autonomisation des femmes.
2. Le «cas de la réduction de la pauvreté»
Les objectifs très importants de l’agenda du développement du mondial et le PDSH sont la
lutte contre la pauvreté et l’amélioration des différents aspects du développement humain
(alphabétisme, mortalité, vieillissement, opportunités de travail décent, etc.). La récente crise
économique mondiale a révélé l’importance de considérer l'inclusion sociale, le travail décent
et la résolution des inégalités comme des éléments fondamentaux des modèles économiques
viables et réellement distributifs. Il est de plus en plus manifeste que les inégalités entre les
sexes ou autres sont non simplement les conséquences, mais plutôt les déterminants de la
pauvreté et, en tant que telles, elles doivent être systématiquement comblées et de manière
intégrée.
3.Le «cas commercial»
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Les inégalités entre les sexes sont coûteuses pour le développement et une plus grande égalité
entre les hommes et les femmes accroît l’efficience et l’efficacité des actions de
développement. Des études réalisées par la Banque mondiale révèlent que l'amélioration de
l'égalité des sexes est source de croissance économique, de développement humain et de
réduction de la pauvreté. Entre autres preuves, on peut citer: La réduction de l’écart entre les
taux d'alphabétisation des hommes et des femmes entraîne la baisse du taux de séropositivité
chez les citadins adultes. ; Dans certains pays africains, les enfants dont les mères ont passé
cinq ans dans l’enseignement. ; Dans toutes les régions du monde, la proportion d’enfants
immunisés s’accroît avec les niveaux d’instruction des mères. Dans les ménages du
Cameroun, du Burkina Faso et du Kenya, une maîtrise plus égale des moyens de production et
du revenu agricole pourrait accroître les récoltes d’environ un cinquième.
Un prérequis important c’est avoir une vue base très claire du pourquoi le Gouvernement de
l’Haïti s’engage dans une initiative de budgétisation sensible au genre. Pour une analyse
approfondie des enjeux de l’égalité entre hommes et femmes à l’Haïti voir « Rapport
Inégalités de genre en Haïti », MCFDF 2013.
Qu’et que « l’analyse genre » ?
L’analyse genre examine les différences entre femmes et hommes, ainsi que les différences
parmi les femmes et parmi les hommes. Elle analyse les relations entre femmes et hommes.
L’objet est d’identifier les écarts entre les sexes et les inégalités dans les relations entre
femmes et hommes dans le cadre d’une analyse socio-économique. Elle ne présume pas, elle
se donne les moyens de savoir en utilisant des outils, en se fondant sur un questionnement et
une démarche comparative des situations spécifiques des hommes et des femmes
3.1. Théories de l’analyse genre
Plusieurs auteurs ont développé des théories relatives à l’analyse des rapports sociaux de
genre. Les éléments constitutifs du cadre d'analyse de l’approche que nous proposons
reposent sur la théorie des rôles et des besoins et intérêts stratégiques développée par Caroline
Moser (1993) et à cela nous ajoutons les théories de changement social (Rocher 1968).
3.1.1. Théorie des rôles et division du travail
Les hommes et les femmes, quelle que soit la société, se voient attribuer des rôles et des
fonctions qui déterminent (et/ou sont déterminés par) leur position sociale. Il existe une
division sexuelle du travail, entre les hommes et les femmes, qui est propre à chaque culture
et à chaque époque. Cette division s'exprime dans différents domaines d'action : la
reproduction, la production et dans les sphères politiques, communautaires et culturelles.
Généralement, les tâches réalisées par les femmes ne sont valorisées ni économiquement ni
socialement. En revanche, les travaux effectués par les hommes sont surévalués.
Le rôle reproductif
Les adultes, hommes et femmes assurent la perpétuation du groupe. Cela inclut la
responsabilité de mettre au monde et d'élever les enfants, l’ensemble des activités liées au
bien-être familial dont l’entretien ménager, les tâches domestiques, le soin et l’éducation des
enfants, les soins aux personnes âgées, l'entretien de la force de travail. Dans ce cadre, les
femmes sont chargées d'une importante partie des tâches comme éduquer les enfants,
s'occuper des personnes âgées, nourrir la famille, entretenir la maison, préparer les repas, faire
la lessive, la vaisselle, etc.). Ces tâches, parce qu’essentiellement féminines, sont dépourvues
de valeur marchande et les hommes y participent faiblement en général.
11
Le rôle productif
Il renvoie au rôle économique (travail rémunéré ou non). Ce rôle concerne la production de
biens et services aux fins d’une consommation directe ou pour la commercialisation (travaux
agricoles, extraction de matières premières, artisanat, commerce, industrie, service, etc.).
Une bonne partie des activités économiques exercées par les femmes, contrairement à celles
des hommes, ne sont pas reconnues comme telles ; elles sont souvent masquées par le rôle de
reproduction et sont invisibles dans la comptabilité nationale : c’est le cas de la production de
biens réservés à l’autoconsommation familiale.
Le rôle communautaire et sociopolitique
Pour que la vie soit possible au sein de la communauté, plusieurs activités qui assurent à
celle-ci services et cohésion doivent être menées par certains de ses membres.
Les femmes s’engagent généralement dans des activités de gestion collective qui ont un lien
avec leur rôle traditionnel (entretien de ressources rares, soins de santé, éducation, etc.). Elles
s'investissent beaucoup au niveau organisationnel, mais cela ne leur confère aucun prestige.
Elles sont écartées de la prise de décision politique. Les hommes, quant à eux, participent à la
politique locale de manière organisée et formelle.
3.1.2. Théorie des besoins pratiques et des intérêts stratégiques
Pour s'acquitter des tâches aux plans reproductif, productif et communautaire, les hommes
comme les femmes ont besoin de moyens de réalisation ; mais il faut établir une différence
entre besoins pratiques et intérêts stratégiques.
Les besoins pratiques
Les besoins pratiques ou besoins concrets sont spécifiques et renvoient à la satisfaction des
besoins relatifs aux conditions de vie, en lien avec les rôles et responsabilités.
Les besoins pratiques sont généralement d’ordre matériel ; ils affectent les conditions
d'existence et sont liés à des aspects concrets : eau, alimentation, logement, santé, éducation,
etc. Ce sont des besoins partagés par tous les membres du ménage, mais ils sont souvent
identifiés comme les besoins des femmes (y compris par elles-mêmes), parce que ce sont elles
qui assument généralement cette responsabilité. Ils ne sont pas les mêmes pour chaque
femme, mais varient selon la catégorie ou la classe sociale, l’ethnie, l'âge, la culture et selon
des contextes particuliers.
Les besoin ou intérêts stratégiques
Les besoins ou intérêts stratégiques sont liés à la position sociale ; ils sont essentiellement
d’ordre politique. Les intérêts stratégiques sont liés à la position de pouvoir, au contrôle des
ressources. Par exemple dans beaucoup de sociétés, certains groupes de femmes (veuves,
divorcées, femmes abandonnées…) souffrent de privations économiques à cause de leur statut
social qui est dicté par des codes sociaux. Par exemple elles peuvent être dépossédées de
leurs biens par des membres de la famille.
La théorie des besoins et intérêts stratégiques permet de comprendre que la satisfaction des
besoins ou l’accès aux services et ressources sont fonction de la position de pouvoir, donc de
la capacité de contrôle des ressources (humaines, financières, matérielles).
Pour comprendre les notions de besoins pratiques et intérêts stratégiques, il importe de
maîtriser les notions de condition de vie et de position sociale, d’accès et de contrôle des
ressources, ainsi que celles de participation et de l’autonomisation (empowerment).
12
Conditions de vie : elles touchent à l’état matériel des femmes et des hommes dans leur vie
quotidienne. Au sein d’un ménage ou d’une collectivité, les femmes et les hommes peuvent
partager les mêmes conditions de pauvreté. Cependant, femmes et hommes vivent ces
conditions et éprouvent des besoins de manière différente du fait de leurs responsabilités
distinctes. Les femmes peuvent donner la priorité à l’accès à l’eau et aux combustibles, et à de
meilleurs services de santé. Les hommes peuvent accorder la priorité à la nécessité d’obtenir
plus de terre et d’outils agricoles.
Position sociale : ce concept de position renvoie à la situation sociale, économique et
politique des femmes comparativement à celle des hommes. La position sociale des femmes
limite leur accès aux ressources et aux bénéfices, que ce soient les ressources économiques ou
productives : elles peuvent avoir accès aux ressources (comme la terre), mais n’exercent
aucun contrôle sur ces ressources et avantages (aptitude à en définir l’utilisation et à imposer
ce choix aux autres).
Accès aux ressources : ce sont les moyens ou le droit qu’on a d’obtenir des biens ou des
produits, sans pouvoir décider de leur usage. Citons l’exemple de la femme qui a accès à la
terre, mais ne peut pas la vendre. Se limiter à la notion d’accès ne suffit pas pour prendre en
compte les rapports de genre.
Contrôle des ressources : il renvoie au droit de décider de l’utilisation des ressources ou des
bénéfices et signifie la possibilité pour une personne d’orienter et d’influencer le cours des
événements, de sorte que ses intérêts soient protégés.
Participation : elle se réfère à toute adhésion à un système qui peut aller d’une simple
présence en tant que bénéficiaire passif jusqu’à une position engagée en tant que décideur. On
peut distinguer quatre niveaux de participation :
− être le récipiendaire passif d’une intervention ;
− être impliqué dans des actions conçues par d’autres ;
− être consulté sur les problèmes et les besoins, mais pas nécessairement, sur l’analyse
et l’option en termes de réponses ;
− être partie prenante à une action qui va de sa conception à sa réalisation.
Complexité de genre : le genre n’est pas simplement une condition binaire (homme/femme),
il est gradué par l’abondance, la pauvreté, l’âge, le statut civil, les systèmes de castes, les
cultures, les traditions et la santé physique et mentale. En d’autres termes, les questions de
genre ne peuvent être abordées sans se référer aux autres inégalités découlant du fait que,
d’une part, les femmes ne sont pas un groupe homogène et que, d’autre part, les contrats de
genre diffèrent selon le pays, la classe et le groupe social.
Facteurs d’influence : plusieurs facteurs tissent, influencent et modifient les rapports sociaux
entre les sexes ils sont d’ordre socioculturels, économiques tels que la pauvreté,
institutionnels et juridiques ; politiques et environnementaux, tels que la sècheresse.
13
3.2. Outils d’analyse selon genre
Grilles méthodologiques du genre du cadre d’analyse de Harvard2
Créé par des chercheurs de l’Institut pour le développement international de Harvard, aux
Etats-Unis, cet outil de collecte de données permet d’organiser et de répartir l’information
recueillie dans différents tableaux. Il peut ainsi s’adapter à de nombreuses situations pour
servir de formation et de sensibilisation tant pour les organisations de développement que
pour la communauté ciblée. Il tient compte du triple rôle des femmes et permet d’obtenir une
image relativement complète de leurs activités. Cependant c’est un outil statique qui met
l’accent sur les femmes et les hommes comme catégories distinctes et non pas sur les relations
et les interdépendances entre individus et groupes. Il est conçu pour recueillir des données
au niveau micro (communauté et ménage) pour aider les planificateurs à élaborer des projets
qui assignent les ressources de manière efficace et équitable.
Il est composé de trois éléments/outils étroitement liés car complémentaires :
1) Le profil d’activités : Identifie toutes les tâches ou activités des filles et des garçons, il
essaie de fournir une réponse à la question « Qui fait quoi ? », sous forme d’inventaire et
Identifie toutes les tâches liées à la production et la reproduction : qui fait quoi ? Les tranches
d’âge ? L’affectation du temps ? Le lieu d’activité ?
2) Le profil d’accès et de contrôle des moyens et des ressources: permet d’analyser l’accès ou
la disponibilité des infrastructures de base, de la nourriture, de l’habillement, des fournitures
scolaires : il identifie les ressources utilisées pour effectuer le travail identifié dans le profil
des activités, indique qui a accès aux ressources et qui contrôle l’utilisation et identifie qui
bénéficie des avantages.
3) Les facteurs influents : L’identification des facteurs influents permet de comprendre ceux
qui affectent les filles et les garçons dans leur scolarisation et de les prendre en compte dans
les programmes et activités scolaires.
1) Tableau du profil d’activité (diagnostic)
Il recense toutes les tâches pertinentes liées à la production, à la reproduction et à la
représentation en collectivité, et met en valeur le temps consacré à ces tâches.
" La production englobe toutes les activités liées à la consommation et le commerce
(agriculture, pêche…)
" La reproduction concerne le soin et l’entretien du ménage et de ses membres (donner
naissance, veiller aux soins de santé et à l’éducation des enfants, assurer les repas, les
courses, le travail domestique, l’alimentation en eau et en combustibles).
" La représentation est l’organisation des activités collectives et services sociaux
(cérémonies, fêtes et activités politiques locales…).
2
Source: Overholt, Anderson, Cloud and Austin, Gender Roles in Development Projects, (Les rôles des sexes
dans les projets de développement) Kumarian Press INC. Connecticut, 1985).
14
Profil d’activités
Les femmes-filles
Activités
Les hommes-garçons
Quand ? Comment ? Où ? Quand ? Comment ? Où ?
Reproduction
Soins de santé
Courses
Approvisionnement en eau
Approvisionnement en
combustibles
Tâches domestiques
Préparation des repas
Autres...
Production
Agriculture
- Activité 1
- Activité 2, etc.
Création de revenus
- Activité 1
- Activité 2, etc.
Elevage
- Activité 1
- Activité 2, etc.
Autres...
Représentation en collectivité
Organisation de fêtes
Activités politiques locales
Autres...
Légende
Quand et avec quelle fréquence ? A quel moment de l’année ou de la journée ?
Combien de fois l’activité est-elle accomplie ?
Où ? Quel est le lieu de l’activité (la maison ou ailleurs) ?
Comment ? – L’activité est-elle accomplie manuellement ou à l’aide de moyens
technologiques ?
15
2) Tableau du profil d’accès et de contrôle (diagnostic)
Il recense les différentes ressources utilisées pour mener à bien les tâches identifiées dans le
Profil d’activités. Il indique qui a accès aux ressources et qui en contrôle l’utilisation.
L’accès est ici à comprendre comme une liberté, une permission, un droit d’utiliser ces
ressources. Avoir le contrôle signifie maîtriser, détenir un droit de décision concernant la
ressource. Les ressources sont à diviser en deux catégories : 1) les ressources productives (la
terre, l’équipement…) 2) les ressources liées à l’environnement de la production (le crédit,
l’éducation, l’information…).
Le profil énumère aussi les profits qui sont réalisés grâce à la production domestique et
communautaire et souligne qui en bénéficie.
Profil d’accès et de contrôle
Qui a accès ?
Qui gère ?
Femmes Hommes Femmes Hommes
Ressources
Ressources économiques ou productives :
Terre
Equipement
Main d’oeuvre
Argent comptant
Ressources politiques :
Expérience des affaires publiques
Leadership
Formation
Autres...
Bénéfices
Revenu
Possession de biens
Education
Pouvoir politique
Autorité / prestige
Besoins essentiels (nourriture, vêtements, logement)
Autres
16
3) Tableau des facteurs d’influence (analyse de changements)
Il sert à identifier les influences passées et actuelles qui laissent entrevoir les changements à
venir sur les rapports femmes/hommes. Quels facteurs ont des répercussions sur la division du
travail, l’accès aux ressources, le contrôle de ces ressources ? Quelles contraintes ces facteurs
imposent-ils dans la promotion de l’égalité de genre ?
Facteurs d’influence
Facteurs
Impacts
Possibilités pour l’égalité F/H Contraintes
Politiques ?
Economiques ?
Culturels ?
Juridiques ?
Sur la division du travail
Internationaux ?
Autres ?
Politiques ?
Economiques ?
Culturels ?
Juridiques ?
Sur l’accès aux ressources
Internationaux ?
Autres ?
Politiques ?
Economiques ?
Culturels ?
Juridiques ?
Sur le contrôle des ressources
Internationaux ?
Autres ?
Le tableau des facteurs d’influence se distingue des deux premiers, dans la mesure où il offre
l’occasion d’identifier des pistes intéressantes d’évolution. En désignant les différents facteurs
à saisir pour promouvoir l’égalité des genre, les acteurs s’orientent vers une prémisse
d’action. Les deux premiers tableaux permettent d’établir un diagnostic efficace et ce
troisième tableau ouvre la voie au changement.
A noter : pour une analyse plus précise et plus pertinente, il est tout à fait possible et très utile
de prévoir dans les différents tableaux des sous-catégories de femmes (fille en âge scolaire,
jeunes femmes célibataires, femmes mariées, femmes adultes, femmes âgées…) et d’hommes
(garçon en âge scolaire, jeune homme, hommes mariés…)
17
L’analyse selon genre est le sine qua non pour une réponse efficace et efficiente aux besoins
des hommes et des femmes par biais de la planification nationale. L’approche qui donne
l’élan nécessaire à l’action transformatif est l’intégration des questions de l’égalité entre
hommes et femmes dans toutes les phases de la planification nationale, la « transversalité des
questions de genre » au bien le « gender mainstreaming ».
Définition de l’ECOSOC
La généralisation de l’analyse selon le genre a été définie par l’ECOSOC (E/1997/L.30, P. 2) et adoptée
par les gouvernements membres des Nations unies en 1997.
• La généralisation de l’analyse selon le genre consiste à évaluer les répercussions sur les femmes et
sur les hommes de toute action planifiée, notamment en matière de législation, de politiques et de
programmes, de quel que secteur et à quel que niveau que ce soit.
• Il s’agit d’une stratégie visant à incorporer les préoccupations et les expériences des femmes (ou des
filles) aussi bien que celles des hommes (ou des garçons) dans l’élaboration, la mise en œuvre, la
gestion et l’évaluation des politiques et des programmes dans tous les domaines — politique,
économique et social —, de manière à ce que les femmes et les hommes jouissent des mêmes
avantages, et que l’inégalité ne persiste pas.
•
La finalité de cette généralisation est d’atteindre l’égalité des genres.
Le terme mainstreaming est utilisé pour montrer que tous les secteurs d'intervention sont
concernés par les relations entre femmes et hommes ; et leur analyse est utile dans
pratiquement tous les cas de figure. C'est cette application transversale qui est désignée par le
terme de mainstreaming. En effet, il serait dépourvu de sens de concevoir des interventions
spécifiques portant sur le renforcement des capacités des femmes tout en continuant à ignorer
les questions des inégalités de genre dans les autres secteurs.
Comme mentionné ci-dessus, le mainstreaming ne peut que se réaliser en commençant par un
exercice d’analyse selon genre. Dans le cadre de la planification nationale ceci comprendrait
les politiques, les plans et les budgets respectives dans le sens des processus et leur produit. A
l’Haïti le gouvernement se prépare à adopter des démarche de développement nationale axée
sur les résultats. C’est un moment critique à comprendre et plaidoyer pour le mainstreaming
en commençant par son condition de base, l’application de l’analyse selon genre au moment
de cette orientation nouvelle. Voici des raisons sur pourquoi l’analyse genre doit former une
partie intégrale d’une démarche de développement axée sur les résultats.
"
En premier lieu, la programmation et la budgétisation orientée sur le citoyen ne peut
être un exercice abstrait et neutre.
o L’exercice doit être concret et cibler des résultats précis et palpables sur des
personnes physiques, se basant sur des données réelles. Le citoyen existe dans
l’abstrait. La citoyenne également existe dans l’abstrait. En termes réels, il y a
des personnes physiques, qui sont soit des filles, des garçons, des femmes et
des hommes. Il y a des citoyens et des citoyennes.
o Les individus ne sont pas tous les mêmes. On ne peut présumer qu’ils sont
identiques.
o D’abord il y a des caractéristiques différentes comme le sexe, l’âge, l’ethnie et
la race qui sont propres aux individus Ce sont des caractéristiques
démographiques.
18
o Ensuite il y a des différences entre ces personnes basées sur l’économie, la
société, la culture, la géographie, l’environnement et le climat. Ces différences
dépendent du contexte, et évoluent dans le temps. Les variations dépendent de
plusieurs facteurs, tant structurels que contextuels.
o Certaines de ces différences peuvent être petites, d’autres grandes. Certaines
peuvent être pertinentes, d’autres pas.
"
"
En deuxième lieu, les personnes ne peuvent être considérées en isolation, comme des
atomes. Elles vivent en société, sont liées dès la naissance avec d’autres individus,
nouent des relations et forment des groupes, des institutions sociales. Ces relations
sont à la base de l’organisation sociale et économique. Cette coopération sociale
antérieure engendre une division du travail, une division des ressources et des
responsabilités.
o La différenciation est donc liée au, et est tributaire du fait relationnel.
o Les rapports sociaux entre femmes et hommes structurent l’organisation
sociale, quel que soit le milieu institutionnel. Ceci est le cas plus directement et
plus fondamentalement dans la famille et les ménages mais il l’est aussi dans
d’autres secteurs institutionnels, les sociétés et organisations tant publiques que
privées. La nature de ces relations dépend de plusieurs facteurs. On ne peut
présumer a priori que les relations sont symétriques et équivalentes. Il y des
relations de pouvoir.
o Le fait relationnel veut dire que ce qui affecte un individu peut en affecter un
ou plusieurs autres: par exemple le rapport entre la mère et l’enfant. Un
individu peut-être tributaire d’un autre : les droits du conjoint. Encore une fois,
on ne peut présumer que les droits et obligations sont symétriques pour les
hommes et les femmes dans tous les contextes. La nature des relations n’est
pas nécessairement équilibrée, harmonieuse ou même volontaire.
En troisième lieu, ce que les femmes et hommes, les filles et les garçons peuvent
accomplir dans leur vie dépend de leur situation :
o les activités qu’ils/elles font
o les ressources dont ils/elles disposent.
Cette section se focalise sur le principe du mainstreaming sans discuter en détails le
processus, contenue, et les parties prenantes de la planification nationale ; celle ci seront
discuté sous le prisme de la méthodologie de la budgétisation selon le genre dans la section
suivante. C’est utile de se référer au module de formation du CIF-OIT annexé à ce materiel,
notamment :
" Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement.
Processus pilotés par le pays ; et
" L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en
oeuvre sensibles au genre -- Boîte à outils
La plus récente analyse selon genre au Haïti (MCFDF, juin 2013) nous présente une panoplie
de champs d’intérêt qui demandent une intervention urgente et soutenue de la part du
gouvernement. En lisant ses conclusions et recommandations, il devient évident que un plan
de développent nationale à l’Haïti, demeurerait handicapé en absence d’une analyse genre (au
niveau national, et/ ou sectoriel) et des réponses désigne sur la base de ses résultats.
Conclusions et recommandations du Diagnostic des inégalités de genre, Haïti - Ministère
à la condition féminine et aux droits des femmes – Juin 2013
19
Inégalité de droit et inégalité de fait
" Absence de barrière formelle à l‘égalité entre les sexes.
" Principe de l‘égalité fixé par la constitution.
" Les inégalités sont cependant une réalité tangible dans tous les espaces de la société.
" Absence des femmes dans les espaces de pouvoir et de décision.
" Les stéréotypes sexistes jouent un rôle clé dans le maintien des femmes dans les rôles
qui leur sont assignés.
Participation politique
" Le fait pour les femmes de ne pas avoir l‘expérience du pouvoir joue en leur défaveur.
(peu de confiance des populations lors des élections.
" Problème du quota.
" Tel qu‘inscrit dans la constitution amendée peut représenter un recul par rapport à la
plateforme d‘action de Beijing préconisant la parité entre les sexes.
" La loi sur la paternité responsable et la filiation est une loi fondamentale pour la
participation politique et citoyenne des femmes. Car tant que les femmes sont les
seules responsables des enfants, elles ne peuvent pleinement s‘impliquer dans la vie
politique et publique.
Recommandations:
" Élaborer une loi d‘application pour définir la marche a suivre pour la concrétisation du
quota au sein des institutions étatiques dans leur globalité.
" Définir des dispositions transitoires et des mesures d‘accompagnement pour que les
femmes puissent satisfaire aux exigences.
Justice
" Nécessité d‘une refonte des codes de lois orientés vers le respect des droits humains et
inclusive (versus le procédurier)
" Politique d‘égalité implique une remise en cause du cadre légal fondé sur l‘exclusion.
" Textes relatifs au mariage sont dans la pratique utilisés pour traiter les unions
" consensuelles. Refus de les formaliser répond essentiellement à une logique
déxclusion.
Recommandations : En amont des décisions juridiques faire des campagnes de
sensibilisation et de vulgarisation des lois.
Emploi des femmes
" Ségrégation intra professionnelle et disparités salariales. En matière d‘emploi en Haïti
même dans les cadre du secteur formel et salarie, les femmes sont toujours
surreprésentées dans les emplois sous-payés.
" Universaliser, pour les salariées, le congé de maternité qui doit effectivement être d‘au
moins 3 mois.
" Investiguer des créneaux porteurs en habilitant les femmes (formation, financement).
Santé
" Depuis presque dix ans la question de la mortalité materno-infantile a été délaissée au
profit de la transmission du VIH de la mère a l‘enfant.
" Prévention des grossesses précoces et non désirées via l‘accessibilité effective des
contraceptifs (disponibilité continue, prix abordable), incluant la contraception
d‘urgence.
Recommandations :
" Libéraliser l‘accès des jeunes aux contraceptifs.
20
"
"
Programme d‘accompagnement psychosocial des jeunes mères célibataire.
Plaidoyer pour la dépénalisation de l‘avortement.
Éducation
Recommandations
" Commencer à mettre en œuvre le travail de révision des manuels scolaires
(stéréotypes).
" Programme incitatif pour les jeunes filles afin de garantir leur maintient dans le
système.
" Production de matériels de sensibilisation et information; donner à voir et à connaître
" des figures féminins.
" Négocier avec le MENP pour avoir des interventions régulières dans les écoles.
Promotion et défense des droits des femmes
" Continuité dans les orientations définies pour le MCFDF, au regard de sa mission et
de ses attributions, pour qu‘il soit performant.
" Élaborer les propositions de lois nécessaires (violences, familles, etc.)
" Faire le suivi pour que les lois votées soient promulguées et appliquées.
" Cadre de protection légale pour les accouchements.
" Travailler en multi-partenariat coordonné, afin d‘empêcher l‘imposition du point de
vue
" d‘un bailleur.
" Intervenir systématiquement sur les questions de principes relatifs aux droits des
" femmes.
" Assurer le suivi de l‘implantation des Conventions internationales, particulièrement
" CEDEF et Belem Do Para;
" Prendre des actions en vue de faire appliquer toute la législation favorable aux droits
des
" femmes, y compris les conventions internationales.
" Entreprendre toutes les actions nécessaires en vue de l‘opérationnalisation du Plan
" National.
" Poursuivre le plaidoyer au niveau du Parlement pour la révision des lois
discriminatoires
" Rejoindre les jeunes du secteur non formel.
" Poursuivre le projet de féminisation des noms de rue dans les autres villes du pays et
" faire en sorte que ce soit effectivement adopté.
" Protection des filles et femmes incarcérées.
" Budget genré.
21
Annexe au Module 1 sur l’analyse selon genre et ses applications dans la planification
nationale.
1. Intégration du principe d’égalité́ des genres dans la planification du développement.
Processus pilotés par le pays
2. Boite à outils!
22
L’AGENDA GLOBAL DE DEVELOPPEMENT:
OUTILS POUR UNE PLANIFICATION ET UNE
MISE EN OEUVRE SENSIBLES AU GENRE
MODULE DE FORMATION
CONTENU OBLIGATOIRE
Intégration du principe d’égalité des
genres dans la planification du
développement
Processus pilotés par le pays
L’UNIFEM est le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme. Il soutient
techniquement et financièrement des stratégies et des programmes novateurs visant à
promouvoir l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes. S’appuyant sur une
approche fondée sur les droits, l’UNIFEM tente de renforcer la sécurité économique et les
droits des femmes, de combattre le VIH et le SIDA chez les femmes et les filles et de
favoriser la participation des femmes à la vie politique dans des zones en conflit et qui
sortent de conflits. L’UNIFEM est l’agent d’exécution au niveau national du Partenariat
entre la Commission européenne et les Nations Unies.
La Commission européenne (CE) a pour mission de promouvoir l’intérêt général de
l’Union européenne, notamment en proposant des actes législatifs communautaires, en
veillant à l’application correcte des traités et de la législation européenne, en menant des
politiques communes et en assurant la gestion de fonds. La Commission préside le
Comité de pilotage du Programme du Partenariat CE/Nations Unies sur l’égalité des
genres pour le développement et la paix.
Le Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail
(CIF-OIT) participe à la réalisation de l’objectif de l’OIT d’un travail décent pour les
femmes et les hommes en prodiguant des formations et des services connexes qui
permettent la mise en valeur des ressources humaines et le développement des
compétences institutionnelles. Le CIF-OIT gère le site web www.gendermatters.eu. En
outre, il propose des modules d’apprentissage en ligne et met son approche pratique du
renforcement des capacités pour l’intégration de la dimension de genre à la disposition
de tous les partenaires et acteurs du Partenariat CE/Nations Unies.
Module de formation : Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification
du développement
Campus de genre
© Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail
Turin, Italie, 2009
www.gendermatters.eu
Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail
Viale Maestri del Lavoro 10
10127 Torino (TO)
Italie
Site Internet: http://gender.itcilo.org/cms
Cette publication a été produite avec l’aide de l’Union européenne. Son contenu n’engage
que la responsabilité du CIF-OIT et ne reflète en aucun cas l’opinion de la Commission
européenne.
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
CONTENU D’APPRENTISSAGE
INTRODUCTION ....................................................................................................5
Pourquoi s’en soucier?.........................................................................................5
Changement dans la pratique du développement.....................................................6
SECTION A : Promotion de l’égalité des sexes au moyen des stratégies de réduction de la
pauvreté (SRP) .....................................................................................................8
1. Défis du genre dans les processus des SRP .........................................................9
2. Disparités entre les genres dans le contenu des SRP .......................................... 10
3. Parties prenantes: leurs rôles et la manière dont elles peuvent agir pour intégrer
l’égalité des sexes dans les SRP .......................................................................... 10
4. Points d’entrée du genre dans le processus de SRP et outils pertinents ................. 15
SECTION B: Approches basées sur les programmes – Le point sur les SWAP................ 21
1. Que sont les approches sectorielles (SWAP)? .................................................... 22
2. Pourquoi est-il nécessaire d’intégrer le genre dans les SWAP? ............................. 25
3. Processus et points d’entrée clés ..................................................................... 26
GDA_M4_FR
3
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
APERÇU
Le présent module traite des cadres de planification du développement sous l’angle de
l’égalité des sexes et propose des points d’entrée, des stratégies et des outils pour
s’assurer que ces processus contribuent à la promotion de l’agenda de l’égalité des
femmes. Il considère également les liens entre la planification du développement national
et la gestion des flux d'aide.
La première partie de ce module examine les cadres de planification nationales et, en
particulier les stratégies de réduction de la pauvreté (SRP) qui fournissent un cadre
propre au pays d’orienter le dialogue politique, une programmation efficace et une
affectation de l’aide de la coopération.
La deuxième partie de ce module présentera les Approches basées sur les programmes
qui permettent aux bailleurs de fonds de s’engager à la coopération au développement
basée sur le principe d’appui coordonné à un programme de développement local. L’on
mettra un accent particulier aux Approches Sectorielles (SWAP) – qui gagnent largement
du terrain dans le cadre de la programmation en faveur des secteurs prioritaires comme
prévu dans le DSRP du pays.
PRÉ-REQUIS
Les participants doivent bien connaître:
9 les principales théories et pratiques de la coopération en matière de développement
(culture);
9 Les concepts de base sur le genre et les principales approches du genre et
développement (c’est-à-dire l’intégration du genre et l’autonomisation des femmes).
OBJECTIFS
Dans ce module, les participants pourront:
9 examiner les processus clés, les déficits et les points d’entrée que les principaux
acteurs peuvent utiliser pour s’assurer que l’égalité des genres se voit bien dans les
plans de développement national, et en particulier dans les DSRP.
9 apprécier le concept d’«Approches basée sur les programmes» et examiner les
stratégies et les outils permettant d’intégrer l’égalité des genres dans les Approches
Sectorielles.
GDA_M4_FR
4
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
INTRODUCTION
Pourquoi s’en soucier?
Il y a trois principales raisons pour lesquelles il convient considérer l'égalité des genres et
l'autonomisation des femmes comme des objectifs capitaux de la planification du
développement et de la programmation de l’aide:
1. «Le cas des droits de l’homme»
La plupart des pays du monde ont souscrit à l’idée selon laquelle l’égalité des genres est
un droit humain fondamental et un objectif important en soi. La plupart des pays sont
signataires de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à
l’égard des femmes (CEDAW), de la Déclaration de Beijing et de la Déclaration sur les
Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui expriment ouvertement
l’engagement de promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes.
2. Le «cas de la réduction de la pauvreté»
Les objectifs très importants de l’agenda du développement mondial et des programmes
nationaux alignés sur cet agenda – en particulier les SRP et les programmes sectoriels –
sont la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des différents aspects du développement
humain (alphabétisme, mortalité, vieillissement, opportunités de travail décent, etc.). La
récente crise économique mondiale a révélé l’importance de considérer l'inclusion sociale,
le travail décent et la résolution des inégalités comme des éléments fondamentaux des
modèles économiques viables et réellement distributifs. Il est de plus en plus manifeste
que les inégalités entre les sexes ou autres sont non simplement les conséquences, mais
plutôt les déterminants de la pauvreté et, en tant que telles, elles doivent être
systématiquement comblées et de manière intégrée.
3. Le «cas commercial»
Les inégalités entre les sexes sont coûteuses pour le développement et une plus grande
égalité entre les hommes et les femmes accroît l’efficience et l’efficacité des actions de
développement.
Des études réalisées par la Banque mondiale révèlent que
l'amélioration de l'égalité des sexes est source de croissance économique, de
développement humain et de réduction de la pauvreté. Entre autres preuves, on peut
citer: 1
9 La réduction de l’écart entre les taux d'alphabétisation des hommes et des femmes
entraîne la baisse du taux de séropositivité chez les citadins adultes.
9 Dans certains pays africains, les enfants dont les mères ont passé cinq ans dans
l’enseignement primaire sont à 40% plus susceptibles de vivre au-delà de l'âge de
cinq ans.
9 Dans toutes les régions du monde, la proportion d’enfants (âgés de 12 à 23 mois)
immunisés s’accroît avec les niveaux d’instruction des mères.
9 Dans les ménages du Cameroun, du Burkina Faso et du Kenya, une maîtrise plus
égale des moyens de production et du revenu agricole par les femmes et les hommes
pourrait accroître les récoltes d’environ un cinquième.
1
Les données suivantes sont adaptées de : Banque Mondiale (2001a), Engendering Development: Through
Equality in Rights, Resources and Voice. Washington D.C.: World Bank and Oxford University Press. Chapitre 2
(pp. 73-100). Disponible à la page: www.worldbank.org.
GDA_M4_FR
5
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
9 Les femmes réinvestissent 90% de leur revenu dans leurs familles et leurs
communautés, comparativement aux hommes qui réinvestissent seulement 30 à 40%
de leur revenu.
9 En Inde, si le ratio homme-femme des travailleurs augmentait de 10%, le Produit
Intérieur Brut (PIB) s’élèverait de 8%.
9 En Afrique subsaharienne, la productivité agricole pourrait s’élever de 20% si l’accès
des femmes aux ressources, notamment à la terre, la semence et l’engrais était égal
à celui des hommes.
En dépit des tendances graduelles et positives à l'échelle mondiale, les inégalités liées à
la situation socioéconomique des femmes et des hommes persistent encore et ont une
grande influence sur l’agenda du développement. Par conséquent:
9 Des 113 pays qui n’ont pas pu réaliser l’égalité des sexes dans l’inscription à
l’enseignement primaire et secondaire à la date butoir de 2005, il est probable que
18 seulement atteignent cet objectif d’ici 2015.
9 Plus de 500.000 futures mères meurent chaque année à l’accouchement ou suite à
des complications de grossesse dans les pays en développement.
9 En dépit de l’accès accru des femmes à l’éducation et de leur arrivée massive aux
marchés du travail, dans la majorité des pays du monde, le niveau de salaire des
femmes oscille entre 70 et 90% du salaire des hommes.
Changement dans la pratique du développement
Depuis 2000, un certain nombre de conférences internationales (Monterrey, Rome,
Marrakech, Paris) 2 ont vu des pays à revenu élevé, moyen et faible s’engager à
intensifier les efforts pour le financement du développement et l'amélioration de la
planification et de la fourniture de l’aide. La Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide
(PD) (2005), 3 définit cinq principes pour la reforme de l’aide, dans le but d’«augmenter
les effets de l’aide sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, la consolidation de la
croissance, le renforcement des capacités et l’accélération de l’atteinte des OMD» 4 .
L’élément clé de toute la réforme est le concept d’appropriation nationale. L’idée est
que les pays développeront des plans et des priorités dont le pays s’est approprié
pour la réduction de la pauvreté et le développement avec des objectifs clairs, soutenus
par les bailleurs de fonds par le bais du financement et du renforcement des capacités.
Parallèlement, les bailleurs de fonds doivent fournir un appui soutenu, aligner leurs
procédures sur celles utilisées par les institutions nationales, harmoniser leurs efforts
pour une plus grande coordination et pour puiser moins dans les ressources du pays, et
dénouer le lien entre la fourniture de l’aide, et celle de biens et services de leur pays
d’origine. Toutes ces dispositions doivent se faire dans un esprit de gestion axée sur
les résultats et de responsabilité mutuelle selon lequel les pays partenaires et
donateurs sont redevables les uns envers les autres et envers leurs citoyens. 5
2
Pour obtenir des informations sur le Conférence de Monterrey sur le financement du développement et son
suivi: http://www.un.org/ffd/. L’Organisation de Coopération et de Développement Economiques – Comité
d’Aide au Développement, fournit de très amples informations et instructions sur l’agenda pour l’efficacité de
l’aide mise en place par la Déclaration de Paris (www.oecd.org).
3
La Déclaration de Paris, adoptée le 2 mars 2005, est un accord international auquel plus de cent ministres,
chefs d’agence et autres haut responsables ont souscrit et ont engagé leurs pays et leurs organisations à
améliorer la qualité de l’aide et d’accélérer les progrès vers l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le
développement.
Pour
le
texte
intégral
de
la
Déclaration
de
Paris,
rendez-vous
sur
http://www.oecd.org/document/18/0,2340,en_2649_3236398_35401554_1_1_1_1,00.html
4
Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, para. 2.
5
Pour obtenir des instructions simples sur le genre et la DP: « L’efficacité de l’aide, l’égalité hommes-femmes
et l’autonomisation et le renforcement des capacités des femmes », OCDE/CAD, Décembre 2008
www.oecd.org/cad/genre/efficacite
GDA_M4_FR
6
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Le fait que la Déclaration de Paris ne traite pas de façon explicite de l’égalité des sexes a
des implications significatives pour la réalisation de cet objectif.
Étant donné la centralité de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes pour
le développement, une interprétation ignorant la spécificité des sexes et la mise en
œuvre consécutive des principes de la Déclaration de Paris compromettent la réalisation
des objectifs de développement internationaux, notamment les Objectifs de
développement du millénaire. Elle érode davantage toute l’essence de l’ «efficacité du
développement». Pour que l’Agenda de l’efficacité de l’aide aboutisse à des avantages
généraux en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes, ces objectifs
doivent être reconnus comme une composante clé de la planification nationale du
développement, notamment les stratégies de réduction de la pauvreté. 6
6
Chiwara L. et Karadenizli M (2008) Cartographie de l’efficacité de l’aide et de l’égalité des genres, Résultats
mondiaux: 2008 – disponible sur www.gendermatters.eu
GDA_M4_FR
7
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
SECTION A : Promotion de l’égalité des sexes au moyen des
stratégies de réduction de la pauvreté (SRP)
La stratégie de réduction de la pauvreté (SRP) est un concept élaboré par la Banque
mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) en 1999. L’idée est que les pays à
faible revenu, très endettés doivent développer et formuler un plan national sur la
manière de réduire la pauvreté dans leurs pays comme moyen d’améliorer les conditions
de vie de leurs citoyens Dès qu’un pays a créé une SRP, il peut demander l’allègement
de la dette auprès de la Banque mondiale, du FMI et des pays donateurs et peut accéder
à de nouveaux crédits, prêts et subventions.
L’approche SRP devient de plus en plus importante, étant donné qu’elle n’est pas un outil
isolé, utilisé uniquement par la Banque mondiale et le FMI, mais elle aussi soutenue par
d’autres partenaires de développement internationaux et est liée à d’autres stratégies et
politiques nationales. Dans de nombreux pays à faible revenu, les stratégies de réduction
de la pauvreté fournissent un plan de dialogue politique avec tous les bailleurs de fonds.
Les SRP figurent actuellement sur le programme d'environ 70 pays à faible revenu et de
nombreux gouvernements ont commencé à les utiliser comme moyen d’améliorer la
coordination de l’aide dans le cadre de l’agenda de la Déclaration de Paris.
Ce que nous savons des SRP
Les principes qui sous-tendent les SRP suggèrent que ces stratégies
doivent être:
9 orientées vers les besoins du pays et dont le pays s'est approprié,
basées sur des processus participatifs généraux pour l'élaboration, la
mise en oeuvre et le suivi;
9 orientées vers les résultats, mettant l’accent sur les réalisations
bénéfiques aux pauvres.
9 intégrées, reconnaissant le caractère multidimensionnel des causes de
la pauvreté et mettant en place des mesures nécessaires pour la
combattre.
9 orientées vers les partenariats, fournissant une base de participation
active et coordonnée des partenaires de développement (bilatéraux,
multilatéraux, non gouvernementaux) en appui aux stratégies
nationales;
9 basées sur une perspective à moyen et à long terme de la réduction
de la pauvreté, reconnaissant que la réduction soutenue de la pauvreté
ne peut être réalisée du jour au lendemain.
L’égalité des sexes est considérée comme une question transversale qui doit être
intégrée dans tous les processus et contenus du Document de stratégie de réduction de
la pauvreté (DSRP). La participation de la société civile, notamment des groupes de
femmes et d’autres groupes mois représentés est considérée comme une condition
préalable clé pour la réussite des politiques. 7
7
PRSP Sourcebook, Chapitre 10 Gender (www.worldbank.org/gender)
GDA_M4_FR
8
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
De nombreuses évaluations des DSRP réalisés révèlent que des progrès remarquables
ont été faits dans ce sens au cours de ces dernières années. Cependant, la façon dont
l’égalité des sexes est intégrée est encore bien loin d’être satisfaisante. 8 On peut tirer
quelques leçons, en rapport avec les processus qui aboutissent à l'élaboration des
politiques et leur contenu. 9
1. Défis du genre dans les processus des SRP
Il existe des preuves que :
9 la participation est souvent limitée à la diffusion de l’information;
9 les résultats de la participation des femmes sont rarement intégrés dans les
SRP/politiques finales et certainement pas dans le choix des priorités et des
stratégies; et
9 la participation baisse dans les différentes phases d’élaboration des SRP/politiques,
offrant peu de possibilités de consultation et de participation systématiques dans la
prise formelle des décisions lors de la fixation des priorités ou pendant les processus
budgétaires, de mise en œuvre ou de suivi.
Parmi les raisons sous-jacentes, on peut citer:
9 un manque de volonté politique concrète de considérer l’égalité des sexes comme
pertinente pour le développement et la réduction de la pauvreté;
9 Les groupes de femmes organisés peuvent ne pas être invités ou bien ceux qui
participent représentent les intérêts de groupes limités de femmes relativement
défavorisées; les femmes pauvres ne peuvent pas être précisément ciblées ou bien
elles ne peuvent pas participer ou être représentées.
9 les Ministères de la condition féminine et les groupes de défense des femmes
peuvent ne pas avoir l’expertise en finance macroéconomique/publique et la capacité
de produire un impact significatif sur le contenu du DSRP;
9 les points focaux du genre issus des ministères sectoriels ne sont pas souvent
impliqués dans la conception des politiques sectorielles;
9 les femmes sont généralement sous-représentées dans les postes de prise des
décisions en particulier dans les secteurs de politiques tels que l'économie et la
finance;
9 il y a peu d’expertise en matière de genre parmi les acteurs généraux et
particulièrement parmi les économistes dans les équipes d’élaboration des SRP,
généralement dans les Ministères des finances.
8
Source: OCDE, « Guide à l'intention des non-économistes pour la négociation des stratégies pour la réduction
de la pauvreté », 2007, citant: Bell, E., Gender and PRSPs: with experiences from Tanzania, Bolivia, Viet Nam
and Mozambique, 2003; Rodenberg, B., Gender and Poverty Reduction, 2004; Whitehead, A.: Failing Women,
Sustaining Poverty. Gender in Poverty Reduction Strategy Papers, Rapport à l’intention du Gender and
Development Network (Royaume Uni), 2003; Banque mondiale: Gender in the PRSPs. A Stocktaking, Poverty
Reduction and Development Group, Washington, 2001; Zuckerman, E., Les cadres stratégiques de lutte contre
la pauvreté (CSLP) tiennent-ils compte de l’inégalité des sexes? Évaluation des CSLP de 2002 en fonction du
principe de l’égalité des sexes (www.genderaction.org/publications.html). “Gender and PRSPs”, atelier organisé
en juillet 2003 à Tenkodogo, Burkina Faso, nancé par le gouvernement des Pays-bas (www.minbuza.nl);
“Engendering PRSPs in Africa”, atelier organisé en décembre 2003 à Nairobi, nancé par le Ministère allemand
de la cooperation économique et du développement (www.gtz.de/gender-prsp).
9
Sources: Adapté de Holvoet (2007) citant Bell (2007), OECD/DAC 2002, Zuckermann and Garrett (2001),
Banque mondiale (2001b) sur la base des propres résultats de l’auteur et l’évaluation du genre de la CE des
Documents de stratégie de réduction de la pauvreté (2005).
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9
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
2. Disparités entre les genres dans le contenu des SRP
9 Les objectifs de l’égalité des sexes sont rarement intégrés dans les politiques
macroéconomiques de lutte contre la pauvreté et sectorielles et ils ne sont pas non
plus perçus comme des opportunités d'aider le pays à remplir ses obligations en
rapport avec la législation nationale contre les discriminations ou la CEDAW.
9 L’analyse de genre et la collecte des données ventilées par sexe sont souvent
partielles et descriptives:
elles se limitent souvent à l’examen d'un certain nombre d'indicateurs ventilés
par sexe mettant beaucoup plus l'accent sur les indicateurs de la santé et de
l'éducation et prêtant peu d’attention aux disparités dans le revenu, le marché
du travail (« opportunités ») ou la participation à la prise de décisions;
elles ne comprennent que peu de recherches sur les causes des disparités
établies, et tendent à mettre l'accent sur les dimensions spécifiques du niveau
macro (« préjugés culturels », « traditions ») alors que les implications des
options macroéconomiques, des politiques commerciales, des lois et des cadres
réglementaires actuels ou nouveaux sont négligées.
9 Les analyses sensibles au genre de la situation (notamment les diagnostics de
pauvreté) ne sont généralement pas utilisées pour informer les mesures politiques
prioritaires ainsi que les budgets correspondants et les systèmes de suivi et
d’évaluation consécutifs.
9 Les mesures prioritaires renforcent généralement les capacités de base des femmes
(éducation, santé, besoins des ménages tels que l'hygiène), comblant les « besoins
pratiques » des hommes et des femmes plutôt que de s’attaquer aux déséquilibres de
pouvoir.
9 Les systèmes
appropriés de suivi et d’évaluation sensibles au genre font souvent
10
défaut.
3. Parties prenantes: leurs rôles et la manière dont elles peuvent
agir pour intégrer l’égalité des sexes dans les SRP
Cette partie examine les différentes parties prenantes impliquées dans l’élaboration d'une
SRP ou d'un plan national de développement (PND) et suggère qui elles sont et comment
elles peuvent prendre des mesures de promotion de l’égalité des genres.
Pour
trouver
le
responsable
du
DSRP
de
votre
pays,
regardez la page d’accueil de votre gouvernement ou:
9 Le
site
Internet
de
www.worldbank.org/prsp
la
Banque
mondiale
sur
les
DSRP:
9 PRSP Watch: www.prsp-watch.de (les profils des pays ne sont pas tous
disponibles en français)
10
Id.
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10
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
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Groupe de parties prenantes 1 : Gouvernement
9 Le gouvernement est l’acteur principal. Il élabore la politique en consultation avec les
représentants de toutes les parties prenantes et est chargé du lancement du
processus participatif et de la rédaction du document ainsi que des rapports d’état
d’avancement.
9 Les pays peuvent diriger leurs processus de SRP de différentes manières, par
exemple en créant des cellules de SRP dans les Ministères de la planification ou dans
le cabinet du Premier Ministre.
9 Les acteurs impliqués sont en principe:
Le Ministre des finances ou de la planification économique
les Ministères sectoriels (Santé, Éducation, Commerce, Industrie, Travail,
Développement social, Environnement, Ressources naturelles)
Autorités de planification des collectivités locales.
Cellules de suivi et d’évaluation; bureaux de la statistique
Membres élus de l’Assemblée nationale
Questions de genre et mesures – les clés du succès
9 Engagement politique envers l’égalité des genres à tous les niveaux et à toutes les
étapes
9 Capacité d’analyse de genre, de planification et de budgétisation dans les institutions
clés (finance et genre)
9 Capacité d’engagement dans les processus inclusifs et participatifs
9 Les institutions sexospécifiques qui doivent être impliquées sont:
Ministère de la femme/condition féminine
Points focaux genre des ministères sectoriels pertinents (ex. Finance,
Statistique, Travail, Planification)
Comités de femmes parlementaires
9 Mesures pertinentes:
Donner un mandat clair et des ressources au ministère en charge de l'égalité
des sexes pour intégrer l’égalité homme-femme dans la SRP.
Assurer la clarté, la transparence et l’accessibilité des processus participatifs
(OUTIL T1)
Pressions internes et externes, réseautage et défense
l’engagement des décideurs de premier ordre. (OUTIL T2)
Audits de genre des processus de SRP/ABP dans la coopération avec d’autres
partenaires de développement (OSC/ONU/Donateurs)
Développer la capacité
d’élaboration de la SRP.
Développer la capacité d’analyse des questions macroéconomiques et
sectorielles du Ministère de l’égalité des sexes et/ou acquérir des moyens de
productions par le biais des alliances stratégiques avec des acteurs non
étatiques (ex. universités/instituts de recherche).
GDA_M4_FR
technique
d’analyse
de
genre
pour
dans
obtenir
l’équipe
11
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Groupe de parties prenantes 2 : La société civile
Elle comprend tous les groupes de parties prenantes et les personnes extérieures au
gouvernement:
9 Les Organisations non gouvernementales (ONG), les organisations communautaires
(OC), les groupes confessionnels, les syndicats, les associations du secteur privé, les
organisations d’employeurs, les institutions de recherches et académiques, etc.
9 La participation publique à toutes les étapes est une exigence clé pour la réussite de
la politique, mais il n’y aucune norme de base quant à la participation appropriée de
la société civile.
9 Dans de nombreux pays, une organisation de coordination est choisie pour servir de
point focal pour la participation de la société civile dans la SRP, ex. le Forum des
ONG du Cambodge.
Questions de genre et actions
9 La SRP a pour but de s’occuper des intérêts des personnes vivant dans la pauvreté et
de combler les inégalités. Les pauvres doivent être bien représentés parmi les parties
prenantes (ex. les associations des travailleurs ruraux, les associations des
personnes handicapées, les organisations du VIH/Sida, les travailleurs du secteur
informel) en prêtant une attention particulière à l’inclusion des femmes et des
intérêts sexospécifiques au sein de ces groupes, (les femmes travaillant à leur propre
compte, les coopératives, etc.), en plus des réseaux de femmes et des organisations
de coordination.
9 Mesures
Exercer des pressions et/ou mettre en œuvre des mesures spécifiques dédiées
pour garantir que les femmes soient intégrées et que les intérêt de l'égalité des
sexes soient représentés au sein de tous les différents groupes sociaux, à tous
les niveaux de prise de décision et à toutes les étapes.
Exiger des processus participatifs responsables, transparents et le partage de
l'information jusqu’aux plus bas niveaux (ex. communautés) et à toutes les
étapes.
Créer des réseaux ombrelles représentatifs de tous les secteurs.
Élaborer des stratégies claires pour influencer les processus de SRP (OUTILS T1
et T2) et les contenus (OUTILS T3 et T4)
développer les capacités d'intégration des questions de genre des organisations
de la société civile « classiques » (ONG, le secteur privé, les syndicats) et la
défense/budgétisation au sein des défenseurs.
Engager les institutions académiques et de recherche.
Préparer des outils/mémoires de défense clairs tels que les Fiches de
renseignements sur le genre et les questions économiques et sectorielles du
pays.
Groupe de parties prenantes 3: La Banque mondiale
Depuis 1999, la Banque mondiale a été le principal organisme international en matière
d’élaboration de la SRP.
9 A la demande des gouvernements, elle prépare des rapports économiques tels que
les mémorandums économiques, les examens des dépenses publiques et les
évaluations de la pauvreté.
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12
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
9 Elle peut fournir des conseils techniques au gouvernement à chaque étape du
processus.
9 Les évaluations/Notes consultatives conjointes du personnel évaluent la qualité des
SRP adoptées et sont basées sur les décisions de la BM/FMI relatives à l’allègement
de la dette.
9 Il peut donc y avoir un conflit entre l’appropriation nationale et les ressources de la
Banque et/ou du bailleur de fonds.
Les questions de genre et les mesures
9 La Banque mondiale peut considérablement contribuer à toutes les phases, mais en
particuliers aux étapes de diagnostic, de dialogue politique, de suivi et d’évaluation.
9 Le guide de référence du DSRP, Chapitre 10 – Genre, fournit des instructions
détaillées sur la manière d’intégrer le genre dans la préparation du DSRP, mais les
évaluations conjointes du personnel (ECP) et les notes consultatives conjointes
(NCCP) ne considèrent pas la conformité à ces instructions comme une condition
nécessaire à l’approbation de la BM/FMI.
9 Mesures
Intégrer l’égalité des sexes dans l’agenda du dialogue politique.
Promouvoir l’utilisation des instructions sexospécifiques actuelles et des outils de
budgétisation de genre.
Exercer des pressions pour l’intégration des indicateurs sensibles au genre dans
les cadres de suivi et d’évaluation.
Appuyer/entreprendre des évaluations de genre du pays.
Appuyer le renforcement des capacités sur les questions de genre dans les
processus de planification et de budgétisation macroéconomique.
Groupe de parties prenantes 4 : Organismes internationaux
Les organismes de l’ONU – bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux (comme le DfID,
le GTZ) – les ONG internationales (ex. Care, Oxfam, Save the Children, ActionAid).
9 Les organisations internationales offrent des conseils techniques au gouvernement et
à la société civile à toutes les étapes du processus. Dans certains cas, ils peuvent
prêter le personnel aux institutions nationales de DSRP.
9 Les bailleurs de fonds fournissent un appui financier ou technique à toutes les étapes
du processus.
9 Tous ces acteurs peuvent participer dans le dialogue politique qui aboutit à la SRP et
l’utilisent comme cadre d’assistance harmonisée du pays.
9 Ces différents acteurs internationaux peuvent constituer des groupes qui se
réunissent régulièrement (ex. chaque mois) pour discuter de l’état d’avancement du
DSRP (ex. Groupe thématique de l’ONU).
Les questions de genre et les mesures
9 Ces acteurs ne sont pas directement responsables du processus, mais ils peuvent
considérablement contribuer au diagnostic des politiques, au suivi et à l’évaluation
dans une perspective de genre.
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13
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
9 Tous les organismes de l’ONU ont un mandat de promotion de l’égalité des genres
dans une perspective basée sur les droits, dans leurs domaines d’action respectifs.
9 Les Groupes thématiques de l’ONU sur l’égalité des genres peuvent s’occuper de la
coordination des questions liées à l’égalité des sexes au niveau du pays. Les
organismes de première ligne peuvent être l’UNIFEM ou le PNUD. D’autres
organismes qui s’activent particulièrement au niveau du terrain sont la FIDA, la FAO,
l’OIT, le FNUAP et le HCUNR.
9 Les pays donateurs membres du CAD/OCDE sont signataires des principaux accords
internationaux (CEDAW, Convention 111 de l'OIT, Convention 100 de l'OIT) et se
sont engagés à promouvoir l’égalité des sexes et les OMD, entre autres, par le biais
de la Déclaration de Paris. Des points focaux du genre peuvent être créés au niveau
des délégations de pays.
9 Mesures
Garantir l’harmonisation et la division du travail sur l’égalité des genres dans le
pays en appui à la réalisation de la politique nationale d’égalité des genres et des
engagements internationaux, régionaux et nationaux.
Donner effet aux engagements politiques en intégrant l’égalité des sexes dans le
dialogue politique sur la SRP ou sur les stratégies d’assistance conjointe, sur la
base des engagements internationaux, régionaux et nationaux pris envers
l’égalité des sexes.
Créer des synergies avec des programmes actuels, ex. les initiatives de
budgétisation de genre.
Renforcer la capacité interne, nationale d’analyse et de budgétisation de genre
et/ou fournir/appuyer une expertise technique sexospécifique au sein des
groupes de SRP.
Entreprendre
l'audit
de
genre
des
processus
programmes/stratégies de coopération conjoints.
Créer des liens avec les OSC et renforcer leur capacité de défense et d’analyse
de genre.
Appuyer la préparation des recherches, des évaluations de genre et des outils de
plaidoyer/information pertinents.
internes
et
des
Groupe de parties prenantes 5: Groupes sectoriels
Ces groupes peuvent insérer des informations sectorielles dans la SRP, généralement sur
l’infrastructure, l’agriculture, l’éducation, la santé et l’emploi.
Les questions de genre et les mesures
9 Les Groupes thématiques sur l'égalité des genres, constitués des organismes de
l’ONU et dans certains cas, du gouvernement et de la société civile, ont aussi pour
mandat de contribuer à la SRP. 11
9 L’expertise en questions de genre et l’engagement avec d’autres groupes sectoriels
sont déterminants pour la réussite de l’intégration au niveau sectoriel.
9 Action
11
UNIFEM
et
al
(2005)
Resource
Guide
for
Gender
Theme
www.unssc.org/web1/programmes/rcs/cca_undaf_training_material/teamrcs/file.asp?ID=333
GDA_M4_FR
Groups.
14
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Dialoguer avec/appuyer le groupe sur l’égalité des sexes
Appui à l’expertise en questions de genre au sein des groupes thématiques
Travail en réseau avec d’autres experts/chercheurs en questions de genre/OSC
4. Points d’entrée du genre dans le processus de SRP et outils
pertinents
Un Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) est un document
décrivant les étapes de construction de la stratégie de réduction de la pauvreté d’un
pays, à savoir:
9 Identification des contraintes clés de la croissance économique et de la réduction de
la pauvreté;
9 examen des mesures publiques nécessaires pour alléger ces contraintes;
9 indicateurs des réalisations qui sont définies et suivies par le biais d’un processus
participatif; et
9 une description de la nature du processus consultatif par lequel la stratégie a été
élaborée.
Un DSRP n’est pas un document statique. Il est censé être le registre d’un processus en
cours qui est révisé, modifié et reformulé à intervalles réguliers. 12 Le DSRP complet est
valable pour trois à cinq ans et, à un certain point, le gouvernement doit présenter un
rapport d’avancement (RA).
Tous les DSRP et SRP sont examinés dans la Note consultative conjointe du personnel
(NCCP) préparée par les cadres de la Banque mondiale et du FMI. Elle a pour but de
fournir aux conseils d’administration de la Banque mondiale et du FMI une évaluation de
la qualité et de la pertinence de la stratégie décrite dans le DSRP.
Ce processus constitue un exemple d’approche décisionnelle itérative fondée sur les faits
qui caractérise les approches basées sur les programmes.
Il implique en principe les
étapes et les pas suivants:
12
La première version du DSRP prend souvent la forme d’un DSRP intérimaire (DSRP I) dont la préparation
prend moins de temps que le DSRP complet et permet aux pays d’accéder rapidement à l’allègement de la
dette. En principe, le DSRP complet est censé suivre le DSRP I dans un délai d’un an, même si dans la pratique
il peut prendre en 9 et 24 mois.
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15
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Le SRP / cycle politique
Phase
Etape
Élaboration
Diagnostic de la pauvreté (problème/politique)
Budgétisation – définition des Cadre des dépenses à moyen terme (CDMT)
(Approbation du FMI/BM pour l’allègement de la dette sur la base des NCCP)
Accord des stratégies du pays donateur avec les bailleurs de fonds/BM pour mettre en
œuvre les politiques/SWAP (au moyen de l’appui budgétaire direct)
Élaboration des plans de travail opérationnels et des accords de gestion
Mise
oeuvre
en
Suivi
et
évaluation
(en cours par
le biais de
l’élaboration
et de la mise
en œuvre)
Analyse de la pauvreté (problème/politique)
Définition des mesures politiques prioritaires (analyse des objectifs / formulation de la
stratégie)
Adoption du DSRP par le gouvernement par le biais des processus consultatifs
participatifs et du dialogue politique entre les principaux acteurs.
Renforcement des capacités
Mise en œuvre de la politique par le biais des services publics/procédures de marchés
publics
Création des cadre de suivi et d’évaluation (ex. Cadres d’évaluation de la performance –
CEP)
Rapports d’avancement
Les révisions de la SRP pour intégrer les leçons apprises dans les phases de
programmation consécutives
Suivi participatif et révisions par des structures de responsabilité claires et les cadres
d’évaluation de la performance
A chacune de ces étapes, il y a d’éventuels points d’entrée pour l’intégration du genre.
La liste ci-dessus présente ceux qui ont donné de meilleurs résultats. Toutefois, une
bonne connaissance des processus spécifiques basés sur le pays est déterminante pour
pouvoir déterminer quel point d'entrée est plus adapté dans un contexte précis.
POINT D’ENTRÉE 1: DIAGNOSTIC DE LA POLITIQUE ET DÉFINITION DES
MESURES PRIORITAIRES
Ces processus offrent la possibilité de s’assurer que:
9 Les diagnostics de la pauvreté saisissent les différentes expériences des femmes et
des hommes et décrivent si les disparités des sexes persistent et à quel niveau;
9 Les analyses de la pauvreté identifient les raisons des disparités actuelles;
9 les priorités et les stratégies identifiées contribuent à la résolution des inégalités de
sexe;
9 Les Cadres des dépenses à moyen terme (CDMT) reflètent une budgétisation
appropriée pour l’atteinte des objectifs sensibles au genre.
Quand le faire: à l'étape de l'élaboration et chaque fois qu'il y a un processus de
révision politique.
Comment le faire: toutes les parties prenantes (gouvernement, bailleurs de fonds,
société civile) peuvent évaluer la « qualité » en terme de genre de la politique et des
processus de budgétisation, de planification, de mise en œuvre et d’évaluation des
programmes, en s’aidant pour cela de:
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16
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Outil T3: Analyse de genre de la SRP ou du programme sectoriel
Outil T4: Aide-mémoire de l’analyse ex ante de la sensibilité au genre de la SRP
ou du programme sectoriel
Outils approfondis:
De nombreux outils approfondis devant être utilisés par les personnes
chargées de l'élaboration des DSRP ou de donner des conseils
techniques sont disponibles dans le Document de référence des SRP
(www.worldbank.org/gender), Chapitre 10 sur le Genre, et Annexe I,
et plus spécifiquement les parties suivantes:
intégration de l’analyse du genre dans le diagnostic de la
pauvreté (Ch. 10.3);
utiliser une analyse de la pauvreté informée du genre dans la
définition des actions publiques prioritaires (Ch. 10.4);
Annexe I: Notes techniques, notamment les Termes de
références des évaluations sexospécifiques du pays;
les outils de budgétisation du genre pour réaliser une analyse
macroéconomique, l’appréciation des politiques et la mise en
place des CDMT.
POINT D’ENTRÉE 2: DIALOGUE POLITIQUE
9 Le dialogue politique offre l’opportunité d’intégrer l’égalité des genres dans les débats
sur les objectifs, le contenu et les mesures. Il donne la possibilité aux experts en
questions de genre de participer aux processus d’élaboration, de mise en œuvre, de
suivi et d’évaluation des politiques et programmes.
9 Cette question peut être très sensible et doit être manipulée avec soins et avec des
aptitudes en terme de plaidoyer (ex. utiliser des renseignements éclairés, exacts et
pertinents).
9 Les résultats du dialogue politique, autrement dit les accords établis et les
promesses, doivent faire l’objet d’un suivi. Autrement, les promesses faites peuvent
ne pas se traduire en mesures concrètes.
Quand le faire: étape de l'élaboration, particulièrement lorsque les mesures prioritaires
sont définies, le suivi et la révision des politiques.
Comment le faire: grâce à l’implication de toutes les parties prenantes (Gouvernement,
bailleurs de fonds, société civile), par exemple à l’aide de:
Outil T1: Promouvoir l’égalité des sexes par la participation des parties
prenantes.
Outil T2: accroître l’influence du genre dans la prise des décisions.
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17
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Outils approfondis:
Guide de référence du DSRP, Chapitre 10, Annexe I, Note technique
I.1 « Encourager la participation » www.worldlbang.org/gender
OCDE (2007), Guide à l’intention des non économistes pour la
négociation des stratégies pour la réduction de la pauvreté.
www.oecd.org/dac/gender.
Handicap International a produit un manuel en ligne facile à utiliser
sur la manière de rendre les DSRP inclusifs. Il contient des
renseignements, des outils et des références utiles sur d’autres outils
comme
le
travail
d’OXFAM
dans
ce
domaine.
http://www.making-prsp-inclusive.org/.
POINT D’ENTRÉE 3 : RENFORCEMENT DES CAPACITÉS
Le développement des capacités sur l’intégration du genre doit être planifié à la
fois pour les « défenseurs de l’égalité des sexes » et pour les « acteurs classiques », par
des approches avisées. En particulier:
9 Les acteurs de l’égalité des sexes à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement
seront généralement nantis d’une expertise en question de genre, mais ils seront
moins professionnels dans l’analyse macroéconomique générale et l’analyse, la
planification, la budgétisation, le suivi et l’évaluation des politiques;
9 Les acteurs classiques auront une connaissance et une expérience plus étendues de
l’analyse, de la planification, de la budgétisation et du S&E macroéconomiques et
politiques, mais devraient prendre conscience des raisons pour lesquelles l’égalité
des sexes doit être intégrée dans les processus politiques et la manière technique de
le faire.
Les consultations visant à concilier ces deux perspectives se sont aussi révélées être
une stratégie efficace, résultant de la mise en place de plateformes multilatérales.
Outils approfondis:
Utiles à toutes les parties prenantes (Gouvernement, donateurs,
société civile) :
Le manuel des formateurs CE/Nations Unies bientôt disponible
sur www.gendermatters.eu
Renforcement des capacités sur la budgétisation du genre:
www.gender-budgets.org
Modules de formation du FEMNET à l’intention des défenseurs
de
l’égalité
des
genres
disponible
sur
http://www.thefreelibrary.com/Chapter 2: training modules
GDA_M4_FR
18
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
POINT D’ENTRÉE 4: SUIVI ET ÉVALUATION
Le suivi et l’évaluation sont des instruments clés permettant de mesurer les progrès à la
fin des programmes et la qualité des processus sous-jacents liés à l'égalité des genres.
Ce point d’entrée nécessite l’intégration de la dimension de genre dans les cadres de
suivi et d’évaluation tels que les révisions budgétaires conjointes, les révisions
sectorielles conjointes et les cadres d’évaluation de la performance (CEP).
Quand le faire: pendant les processus de suivi et d’évaluation, dans les processus de
révision formels et dans les processus de suivi externes que la société civile peut mettre
en place.
Comment le faire: toutes les parties prenantes (Gouvernement, donateurs, société
civile) doivent utiliser les indicateurs sensibles au genre pour évaluer les moyens, les
activités, les produits et les réalisations (notamment l’affectation et l’utilisation des
ressources).
Outil T5. Les notions clés de l’analyse et du suivi des budgets dans une
perspective de genre (Cadre du cycle budgétaire d’Elson et les trois catégories de
dépenses de Budlender et de Sharp).
Outils approfondis:
Les outils approfondis ou les références qui peuvent être
utilisés par les responsables du processus de dialogue sur les
politiques de SRP ou ceux qui souhaitent réaliser des évaluations
approfondies de l’impact sur la problématique homme-femme de
l’affectation des ressources des politiques sont :
Holvoet, N. (2006), Gender-budgeting and its usefulness in
programme-based approaches, a Briefing Note for EC staff,
présente un large éventail d’outils pour la budgétisation de
genre et des exemples de son utilisation.
www.gender-budgets.org
Supplément d’informations
Pour obtenir des instructions détaillées sur la manière d’intégrer le genre dans
l’élaboration du DSRP, consultez:
9 Guide
de référence du
www.worldbank.org/gender
DSRP,
Chapitre
sur
le
genre,
disponible
sur
Pour en savoir plus sur la manière d’influencer le DSRP dans une perspective de genre:
9 « OCDE (2007), Guide à l’intention des non économistes pour la négociation des
stratégies pour la réduction de la pauvreté », avril 2007 www.oecd.org/gender
GDA_M4_FR
19
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Exemple de « gendérisation » du DSRP: pourquoi
le Rwanda a pu gendériser son DSRP?
Le Rwanda a réussi à gendériser son DSRP parce qu’il a entamé une série de
démarches, appuyées par un fort engagement moral et financier:
1. Le Ministère du genre et de la promotion de la femme (MIGEPROFE) a recruté un
expert en questions de genre pour faciliter le processus. Cet expert a analysé en
détail l’échec du document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté pour
intégrer les questions de genre et a suggéré des solutions.
2. Cet expert a organisé des réunions avec les groupes de femmes de la société
civile pour discuter du rôle du DSRP et de ses possibles points d’entrée de genre, et
avec le groupe de rédaction du DSRP au Ministère de l’économie et des finances
(MINEFI) pour s'assurer que ses membres sont engagés à intégrer le genre dans le
DSRP.
3. Les parties prenantes du DSRP, notamment le MIGEPROFE, les organisations
communautaires et les membres de l’équipe de rédaction du DSRP ont essayé de
persuader les facilitateurs de l'exercice participatif de l'importance de demander le
point de vue des hommes et des femmes.
4. Le MIGEPROFE et le MINEFI on co-financé un atelier d’intégration du genre. 50
représentants issus de divers secteurs y ont participé. L’atelier a été co-facilité par
deux activistes dynamiques de la société civile. Les ministres du MIGEPROFE et du
MINEFI ont ouvert et clôturé l'atelier, rehaussant ainsi son éclat. L’exposé de l’expert
en questions de genre a mis l’accent sur l’importance d’intégrer le genre dans le
DSRP afin de réaliser la réduction de la pauvreté, et sur les outils disponibles
permettant d’y parvenir. Les participants se sont exercés en utilisant les outils en
équipe, en intégrant les questions de genre dans le DSRP I, secteur par secteur. Les
équipes ont formulé des recommandations sur la manière de mieux gendériser les
DSRP en utilisant les outils fournis.
5. Un Comité interinstitutionnel de gendérisation du DSRP a été créé, suite à la
suggestion de l’expert de promouvoir l’intégration du genre dans le DSRP. Les
membres du comité étaient le Directeur de l’équipe de rédaction du DSRP, le
Directeur du genre du MIGEPROFE et le Directeur de la division du développement et
un représentant de Pro-femmes– l’organisation de coordination des groupes de
femmes de la société civile du Rwanda.
Dans cet exemple, l’avantage a été que le Directeur de l'équipe de rédaction du
DSRP fut autrefois Directeur de l'Administration du MIGEPROFE. Il a été facile de lui
rappeler de promouvoir l’égalité des genres. Il a également été capital de convaincre
d’autres membres de l’équipe de rédaction du DSRP et des parties prenantes de
l’importance d’intégrer l’égalité des sexes pour atteindre les objectifs de réduction de
la pauvreté et fournir des outils d’intégration du genre tout au long des sessions
pratiques de l'atelier de formation.
Source: Zuckerman, E. (2002) A Primer on Poverty Reduction Strategy Papers and Gender. Gender
Action, mimeo. http://www.genderaction.org/images/GA%20PRSP%20and%20Gender%20Primer.pdf
GDA_M4_FR
20
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
SECTION B: Approches basées sur les programmes – Le point
sur les SWAP
Nouvelle orientation de la pratique du développement – du projet à
l’approche programme
Depuis ses débuts dans les années 60, l’aide au développement a été fournie en grande
partie sous forme de projets individuels, tels que l’appui à l’infrastructure, au microcrédit
ou à la formation. Les projets qui faisaient souvent partie des plans de développement
élargis étaient mal coordonnés entre les bailleurs de fonds et liés à l’assistance technique
et aux biens et services du pays donateur. A mesure que ces projets se multipliaient, ils
réduisaient souvent les capacités de coordination des pays partenaires. 13
Cette « approche projet » était en partie remplacée dans les années 80 par les politiques
d’ajustement structurel (PAS), menées par la Banque mondiale et le FMI et liés aux prêts
à grande échelle. Ces politiques avaient pour but de créer une base solide pour la
croissance économique et l’accroissement des exportations.
Elles définissent les
conditions (processus qu’on appelle conditionnalités), notamment les réductions des
dépenses publiques et des subventions et mettent l’accent sur les exportations au
détriment de la production nationale, par exemple de la nourriture, une approche qui a
été beaucoup critiquée, accusée d’empirer les conditions des pauvres, en particulier les
femmes pauvres. 14
Depuis lors, on a beaucoup débattu de la manière dont l'aide fonctionne et du pourquoi
ainsi que de la nécessité d'équilibrer la croissance économique avec l'équité sociale et la
promotion des droits. Les défenseurs de l' « économie de libre marché » soutiennent que
la croissance économique est elle-même capable de créer les processus de
développement.
D’autres acteurs de la communauté internationale et de la société civile exercent de
fortes pressions pour que soit reconnue la nécessité d’assurer un accès public, équitable
aux services de santé, à l’éducation, aux opportunités de travail décent et aux ressources
naturelles comme la terre et l’eau. L’aide extérieure gérée efficacement peut offrir aux
pays à faible revenu les ressources qui font cruellement défaut pour la promotion du
développement durable et de la réduction de la pauvreté.
L’idée est que la politique de développement et les reformes économiques doivent être
guidées dans une perspective basée sur les droits selon laquelle la croissance doit être
planifiée dans les conditions qui permettent la réaffectation des ressources et dissipent la
discrimination et les disparités actuelles.
La Déclaration du millénaire (2000) résume
ces aspirations mondiales dans un agenda de développement ambitieux.
Ce changement graduel des projets individuels, pilotés par le donateur, a été synonyme
d’introduction ou de renforcement des « approches basées sur les programmes » (ABP)
orientées vers les besoins du pays, c’est-à-dire les plans nationaux de développement,
les stratégies de lutte contre la pauvreté ou les programmes de promotion des objectifs
politiques dans les secteurs comme la santé, l’éducation ou le transport.
13
Selon www.aidharmonisation.org, l’aide des donateurs pour le développement se traduit aujourd’hui en
60.000 projets dans le monde entier. Dans certains pays, près de 800 activités financées par des donateurs
débutent chaque année, avec plus de 1.000 missions de donateurs reçues, et plus de 2.400 rapports de progrès
préparés. Tout cela contribue à alourdir les capacités administratives et à détourner l’attention du renforcement
des systèmes qui couvrent toutes les dépenses relatives au développement, pas seulement celles financées par
les agences de donateurs.
14
Mosley, P. et al (1995) Aid and Power: The World Bank and Structural Adjustment Lending. Londres:
Routledge.
GDA_M4_FR
21
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Les approches basées sur les programmes sont…
« … un moyen de s’engager dans la coopération au développement sur la base des
principes d’appui coordonné pour un programme de développement dont le pays
s’est approprié, notamment une stratégie nationale de réduction de la pauvreté,
un programme sectoriel, un programme thématique ou un programme d’une
organisation spécifique.
Les approches basées sur les programmes ont en commun les caractéristiques
suivantes:
9 gestion par le pays ou l’organisation hôte;
9 un seul programme intégré et cadre budgétaire;
9 un processus formalisé de coordination et d’harmonisation des procédures de
rapport, de budgétisation, de gestion financière et des marchés publiques des
bailleurs de fonds;
9 des efforts pour accroître l'utilisation des systèmes locaux de conception, de
mise en oeuvre, de gestion financière, de suivi et d'évaluation des
programmes. »
Source: OCDE-CAD 2005 Harmonising Donor Practices for Effective Aid Delivery (vol. 2), p. 37
Les ABP fournissent un cadre dans lequel les pays à faible revenu et les bailleurs de fonds
peuvent s’engager dans un dialogue politique sur leurs stratégies de coopération
conjointe et leur formulation et planifier la modalité spécifique de l'affectation de
l’aide (« méthode de fourniture de l’aide »).
1. Que sont les approches sectorielles (SWAP)?
Toutes les ABP ont pour but d’appliquer les principes de base de l’efficacité de l’aide pour
promouvoir l’appropriation nationale, renforcer l’orientation des résultats et coordonner
les moyens des bailleurs de fonds avec d’autres ressources.
Une approche sectorielle (ou SWAP) est une ABP au niveau sectoriel: il s'agit d'une forme
de collaboration entre le gouvernement, les partenaires de développement et d'autres
parties prenantes clés du secteur. C’est un processus visant à étendre l’appropriation
gouvernementale et nationale de la politique publique sectorielle et les décisions
d'affectation de ressources au sein du secteur; en renforçant la cohérence entre la
politique, les dépenses et les résultats; et en réduisant les coûts d’opération. 15
L’approche sectorielle favorise l’appropriation nationale des politiques et des stratégies
sectorielles en soutenant une politique et une stratégie dont le gouvernement s’est
approprié, en favorisant la cohérence entre la politique, la budgétisation et les résultats
réels et en réduisant (à moyen et à long terme) les coûts d’opération de l’utilisation des
finances externes.
L’approche sectorielle est différente d’une approche basée sur les projets car ainsi
chaque bailleur de fonds soutient un ensemble d’activités dans le secteur entier (par
exemple, la construction des écoles ou des routes). En cela, elle contribue faire évoluer
le monde de l’aide, en le faisant passer des projets aux instruments d’aide élargie pilotés
15
Commission européenne (2007), Guidelines to EC Support to Sector Programmes, p. 12.
GDA_M4_FR
22
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
par le gouvernement en partenariat avec les bailleurs de fonds. A long terme, les SWAP
doivent renforcer les capacités et les institutions sectorielles et améliorer les services du
secteur et leur prestation.
Cette approche s’étend bien au-delà de la portée d’un donateur spécifique et met l’accent
sur les interventions associées et le financement du gouvernement, des bailleurs de
fonds et d’autres parties prenantes du secteur et d’ONG au sein d’un secteur. Les
bailleurs de fonds co-financent une stratégie sectorielle avec le pays partenaire et
d’autres donateurs. Ces efforts coordonnés sont fournis sur la base d’objectifs définis par
le gouvernement et dans le cadre d’un programme sectoriel cohérent de dépenses
publiques. En principe, les SWAP sont élaborées par le gouvernement en consultation
avec toutes les parties prenantes clés, notamment les organismes de financement et la
société civile, et feront partie du SRP.
Les différences entre une SWAP et une approche projet 16
Approche sectorielle
Conception
globale
d’un
l’ensemble d’un secteur
Approche projet classique
pays
sur
Accent sur des projets en appui à des
objectifs peu définis
Partenariats de confiance mutuelle et de
responsabilité partagée.
Bénéficiaire responsable devant le donateur
Coordination et dialogue
partenaires externes
Négociations et accords bilatéraux
collectif
des
Utilisation accrue des procédures locales
Développement
à
long
terme
capacités/systèmes du secteur
Accords de mise en œuvre parallèles
des
Approche axée sur le processus au moyen
de l’enseignement par la pratique
Décaissement et succès des projets à court
terme
Approche traditionnelle
Une approche sectorielle comporte cinq composantes clés
1. Une stratégie et une politique sectorielle claires dont le pays s’est approprié.
2. Un budget sectoriel et son cadre de dépenses à moyen terme qui reflète la
stratégie sectorielle.
3. Un cadre de coordination sectorielle sous la direction du gouvernement
comprenant (i) la coordination des parties prenantes nationales, y compris les
acteurs gouvernementaux (agences centrales et d’autres ministères et agences
concernés) et non gouvernementaux; (ii) la coordination avec les donateurs et
entre eux.
4. Le contexte et les capacités institutionnelles actuelles associées à une
stratégie de développement des capacités menée par le gouvernement.
16
OCDE-CAD (2005) Harmonizing Donor Practices for Effective Aid Delivery Volume 2: Budget Support, Sector
Wide Approaches and Capacity Development in Public Financial Management.
GDA_M4_FR
23
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
5. Un système de suivi des performances mettant l’accent sur les résultats. Elle
implique fréquemment un cadre d’évaluation de la performance (CEP) sectoriel
constitué d’un ensemble de moyens, de produits, de réalisations et
éventuellement d’indicateurs d’impact. Le choix des indicateurs doit refléter toutes
les dimensions importantes du secteur en cours de suivi.
Les deux éléments liés au contexte général influençant la performance d’un programme
sectoriel sont:
6. La politique macroéconomique qui fournit un environnement stable pour le
secteur et les niveaux de ressources prévisibles.
7. Les systèmes de gestion des finances publics (GFM). Un bon système de GFM
garantit que les priorités politiques ont la possibilité d’être reflétées dans les
allocations budgétaires.
Les SWAP ont été élaborées comme un mécanisme pratique pour une aide au
développement plus efficace. On s'accorde à dire généralement que l'approche sectorielle
est un processus dont l’objectif commun consiste à améliorer la performance du secteur
public en termes de prestation de services, ainsi que l’efficience et l’efficacité avec
lesquelles les ressources internes et externes sont utilisées. On peut par conséquent
avoir des approches sectorielles partielles (ex. niveau sous-sectoriel tel que
l’enseignement de base mais non supérieur ou spécialisé) et des programmes semblables
aux SWAP qui comportent les éléments et les caractéristiques d’une approche sectorielle
complète.
Bon nombre des mêmes principes permettant d’intégrer des mesures d’égalité des
genres s’appliquent, que l'approche sectorielle remplisse toutes les caractéristiques
définies ou seulement quelques unes. 17
Les parties prenantes clés des SWAP sont généralement le ministère pertinent, le
Ministère des finances, les bailleurs de fonds et les organismes de l’ONU et multilatérales.
Les organisations de la société civile sont plus généralement incluses comme agences de
mise en œuvre, que comme partenaires dans la planification et la prise de décision.
A quoi ressemble une SWAP?
Au Nicaragua, l’utilisation des approches basées sur les programmes, en
particulier les SWAP, remonte à 2002 lorsque les financements sectoriels ont
été mis en place. Le Fonds nicaraguayen pour la santé, créé en 2005 et
financé conjointement par la Suède, la Finlande, la Norvège, l’Espagne et les
Pays-bas, est un exemple. Son objectif principal consiste à participer à la
réduction de la pauvreté par le biais de l’appui à la mise en œuvre du Plan
quinquennal national de la santé (2005-2009), pour faciliter l’accès des
personnes aux services de santé, améliorer la qualité et la couverture des
services et renforcer les capacités du Ministère de la santé.
L’harmonisation et l’alignement ont été facilités par l’adoption d’un code de
conduite et d’un Protocole d’entente entre le Gouvernement et les bailleurs
de fonds en 2005. Le Plan national de la santé et le programme sectoriel
reconnaissent les réalités, les intérêts et les besoins de santé différents pour
les hommes et les femmes et fournissent un modèle pour la coordination
bailleurs de fonds/gouvernement sur l’amélioration de la santé des femmes.
Mais les déficits considérables sont le manque d’indicateurs sensibles au
17
OCDE-CAD
(2002)
Gender
Equality
in
http://www.oecd.org/dataoecd/24/17/1956174.pdf
GDA_M4_FR
Sector
Wide
Approaches:
A
Reference
Guide.
24
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
genre dans la matrice de suivi et de mise en œuvre du plan de la santé et le
manque de fonds affectés en appui aux préoccupations et aux priorités de
l’égalité hommes-femmes.
***
Au Cambodge, une approche sectorielle de l’éducation a été lancée en 2000
à l’initiative du gouvernement en collaboration avec les bailleurs de fonds et
les ONG. Elle avait pour but de : réduire les coûts d’opération, effectuer des
réalisations en faveur des pauvres et des filles à travers l’éducation gratuite
et la fourniture des bourses, accroître le salaire moyen des enseignants,
accroître la décentralisation, et assurer un meilleur suivi. Les SWAP du
Cambodge ont été définies comme ayant trois caractéristiques:
9 un seul programme sectoriel de politiques et de dépenses;
9 direction gouvernementale; et
9 utilisation progressive des procédures financières du gouvernement.
Entre 2000 et 2005 des impacts significatifs ont été observés en termes
d’équité des genres et d’inclusion sociale. En termes d’écart entre les
hommes et les femmes, on a enregistré un taux d’augmentation du taux net
de scolarisation (TNS) des filles ainsi qu’une réduction de l’écart du taux net
de scolarisation entre les filles et les garçons, du nombre de filles qui ne vont
pas à l’école et du taux de redoublement des filles à l’école primaire. En
termes d’inclusion sociale, les bourses offertes aux filles et aux groupes
défavorisés et l’abolissement de l’inscription et des frais illégaux ont été mis
en œuvre. Les taux d'augmentation de TNS les plus rapides ont été
enregistrés chez les enfants des familles à revenus plus faibles.
Sources: Chiwara, L. et M. Karadenizli (2008) Mapping Aid Effectiveness and Gender Equality.
Global
Findings
and
Key
Messages.
New
York:
UNIFEM
http://www.gendermatters.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=150&Itemid=87
UNICEF (2006) Social and Gender Disparity in Education Sector-Wide and Programme-Based
Approaches. Bangkok: UNICEF
2. Pourquoi est-il nécessaire d’intégrer le genre dans les SWAP?
Comme pour d’autres mécanismes d’efficacité de l’aide, à moins que les préoccupations
liées au genre soient expressément incluses dans tous les éléments des SWAP, elles
ignoreront la spécificité de genre. Du fait que les approches sectorielles impliquent la
configuration de tout un secteur avec l’objectif d’accroître le développement durable, il
est capital d’accorder une attention particulière à la question de savoir si la SWAP pourra
atteindre l’objectif de développement équitable et durable.
Des études ont révélé que les SWAP des secteurs de l’éducation et de la santé ont mis
l'accent sur des investissements très précis ciblant les femmes et les filles plutôt que les
conditions sous-jacentes entraînant les inégalités hommes-femmes. Les processus des
SWAP ont eu tendance à se confiner dans les limites des ministères et ont rarement tenté
d'aborder des questions plus étendues telles que la problématique du genre et
l'éducation. Une étude des approches de l’éducation a identifié un certain nombre de
questions en rapport avec l’intégration du genre démontrant pourquoi les préoccupations
liées au genre doivent imprégner les SWAP 18 :
9 Un accent sur l’efficience sectorielle et les objectifs nationaux de développement en
18
Acharya, S. (2007) Social Inclusion: Gender and Equity in Education SWAps in South Asia. Nepal Case Study.
http://www.unicef.org/rosa/Rosa_social_and_gender.pdf
GDA_M4_FR
25
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
termes de droits individuels peuvent aboutir à une « dépriorisation » des groupes
« difficiles à atteindre » ou « trop coûteux à atteindre ».
9 L’approche descendante (de haut en bas) et centralisée de nombreuses SWAP peut
entraîner une faible participation de la société civile, le manque de reconnaissance
des processus informels et le renforcement des préjugés sexuels et sociaux.
9 La qualité et la profondeur de l’analyse qui est faite, les types de disparité dans
l’éducation, les facteurs de causalité, et l’interaction entre ces éléments peuvent
varient. Les analyses ne parviennent souvent pas à être multidimensionnelles ou à
associer un facteur à un autre. On accorde moins d’attention aux questions de genre
qu’à la pauvreté ou à d’autres formes d’exclusion sociale autre que la problématique
hommes-femmes. Par conséquent, les stratégies identifiées peuvent se révéler
inappropriées ou inadaptées.
9 Certains partenaires de développement se sentent perdre la diversité et la
profondeur de leur expérience ainsi que la compréhension et les relations basées sur
le terrain que les interventions des projets fournissaient, les rendant moins capables
de fournir une aide de qualité.
3. Processus et points d’entrée clés
Chacun des principaux éléments d’un programme sectoriel a des points d’entrée
potentiels pour l’intégration du genre.
POINT D’ENTRÉE 1: Une politique et une stratégie sectorielles menées
par le pays
Une politique et une stratégie sectorielles doivent définir les principes de base, les
objectifs et les stratégies du secteur. Elles doivent définir ce que le gouvernement vise à
réaliser, faire la distinction entre son rôle normatif et son rôle de livraison, ainsi que
préciser les rôles des agents non gouvernementaux et toutes les réformes
institutionnelles nécessaires pour permettre à ces rôles d’être assumés.
Fournir un appui au programme sectoriel sera efficace à condition que les politiques
sous-jacentes dont il fait la promotion soient saines et qu'il y ait un engagement de
toutes les parties pour mettre en oeuvre les stratégies approuvées.
Le premier point d’entrée est le processus par lequel le cadre sectoriel est élaboré
avec les accords de partenariat assurant sa mise en oeuvre. Il est important que les
parties prenantes clés telles que la société civile soient à la table lorsque ces domaines
sont abordés, sinon, il peut être difficile d’influencer tout le processus. L’élaboration d’une
stratégie sectorielle se déroule généralement par le biais d’une gamme de rencontres des
parties prenantes, souvent sur une période de temps considérable. L’engagement à long
terme sur plusieurs mois ou années peut être nécessaire. Les bailleurs de fonds ont donc
besoin d’un engagement ferme envers le processus et peuvent avoir besoin d’appuyer et
de renforcer les capacités du gouvernement et de la société civile afin qu’ils puissent
aussi maintenir leur participation et leur centre d’intérêt. Une étude de l’UNICEF a
découvert que les SWAP semblaient avoir un potentiel élevé pour aborder les inégalités
sociales et entre les hommes et les femmes dans l'éducation si ces questions se voient
dans les politiques étayées par l'analyse et l'échelle des priorités. 19
Les SWAP impliquent la direction du gouvernement, non des bailleurs de fonds. Dans le
cadre d’une SWAP, un gouvernement prend les devants pour fixer les priorités
sectorielles, identifier les stratégies et mettre en place les processus nécessaires à leur
19
UNICEF (2006) Social and Gender Disparity in Education Sector-Wide and Programme-Based Approaches.
Bangkok: UNICEF http://www.unicef.org/rosa/Rosa_social_and_gender.pdf.
GDA_M4_FR
26
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
mise en œuvre. Il y a donc une option entre l’appui aux processus pilotés par le pays et
l’exercice des pressions pour les thèmes transversaux tels que l’égalité hommes-femmes
qui peuvent ne pas être les priorités immédiates du gouvernement. Pour les bailleurs de
fonds et la société civile, cela signifie:
9 Mettre l’accent sur le plaidoyer et influencer la façon dont le gouvernement définit
ses priorités et alloue ses ressources. Dans le passé, il était possible dans l’approche
projet d’affecter des fonds à des activités précises ou à des lignes budgétaires. En
revanche, dans le cadre d’une SWAP, on ne peut pas garantir que les stratégies ou
les activités précises auront lieu – ces décisions sont prises par le gouvernement. Il
est nécessaire d’essayer d’influencer la portée et le contenu de tout programme
sectoriel en cours d’élaboration par le biais d’une SWAP en recourant au dialogue
avec le gouvernement et d’autres parties prenantes clés.
9 Travailler avec un large éventail de parties prenantes. Par exemple, il pourrait
s’avérer nécessaire de travailler étroitement avec d’autres parties des ministères,
comme les départements de la planification par exemple. Le Ministère des finances
pourrait aussi être un acteur clé avec lequel un dialogue est nécessaire.
Les questions clé à se poser à propos des contenus des politiques et
stratégies sont les suivantes :
9 La politique est-elle cohérente avec les engagements internationaux pris par le
gouvernement envers l’égalité hommes-femmes, par exemple la CEDAW et l’OMD3?
9 Les politiques sur la prestation des services intègrent-elles des cibles d’accès précis
(ex. pour les femmes et les hommes), des normes de qualité et une formulation
claire du niveau de subvention publique visé?
9 Une analyse selon le genre intégrée a-t-elle été réalisée dans le cadre de
l’élaboration de la politique et de la stratégie ?
9 La politique et la stratégie sont-elles claires quant à la manière dont l’égalité
hommes-femmes sera favorisée et aux résultats envisageables en rapport avec
l’égalité des genres?
9 La politique a-t-elle été basée sur un processus structuré de consultation et de
participation des parties prenantes du secteur, notamment la société civile et les
organisations de femmes ?
Eléments clé à prendre en considération par les donateurs et la société
civile, en ce qui concerne les processus de dialogue politique :
9 Se mettre en relation avec un certains partenaires différents au sein du Ministère
pertinent;
9 Etre impliqué dans les discussions des SWAP dès le début afin de promouvoir les
questions d’égalité des genres;
9 Ere sélectif et classer les questions politiques clés par ordre de priorité à suivre et
créer des coalitions avec d’autres partenaires pour promouvoir ces programmes;
9 Acquérir une compréhension claire de la manière dont les décisions sont prises au
sein d’un secteur et s’assurer que cette connaissance est utilisée efficacement.
Le cas de la Tanzanie présente quelques contraintes pour traduire les politiques en
pratique:
GDA_M4_FR
27
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Traduire la politique en pratique: le cas de la Tanzanie
Depuis plusieurs décennies, les partenaires au développement soutiennent le secteur de la
santé, au cours des huit dernières années dans le cadre du programme sectoriel par le
biais d’une approche sectorielle (SWAP).
Une grande proportion de fonds sont acheminés par des accords sectoriels communs afin
d’améliorer la représentativité, réduire les coûts des opérations et promouvoir
l’appropriation nationale. Toutefois, les partenaires au développement de la Tanzanie n’ont
pas été assez actifs dans la promotion de l’égalité hommes-femmes dans le secteur de la
santé, bien que quelques progrès aient été réalisés. Les partenaires au développement se
sont efforcés de rehausser le profil de la santé sexuelle et reproductive et de faire pression
pour franchir des étapes-clés dans ce domaine et pour la collecte de données ventilées par
sexe dans le secteur de la santé. L’existence d’une stratégie d’égalité des genres constitue
un pas dans la bonne direction.
Toutefois, les questions transversales telles que l’égalité des sexes se limitent souvent au
niveau de la politique générale. L’égalité des genres est donc facilement mise de côté dans
les approches sectorielles étant donné que d’autres priorités du gouvernement et des
bailleurs de fonds prédominent. Des mesures ciblées en appui à l’égalité d’accès des
hommes et des femmes à la santé doivent être soigneusement formulées pour s’assurer
que des politiques sensibles au genre sont mise en pratique sur le terrain.
Source: Joint External Evaluation of the Health Sector in Tanzania. COWI/EPOS/GGI (2007)
http://www.um.dk/en/menu/DevelopmentPolicy/Evaluations/Publications/ReportsByYear/2007/2007-3.htm
Comment le faire – les outils pour ceux qui désirent influencer les processus
d’élaboration des politiques, peuvent être les suivants:
Pour diagnostiquer l’« égalité des sexes » de la politique et des processus de
budgétisation, de planification, de mise en œuvre et d’évaluation des programmes liés,
utilisez:
Outil T3: Analyse de genre de la SRP ou du programme sectoriel
Outil T4: Aide-mémoire de l’analyse ex ante de la sensibilité au genre de la SRP
ou du programme sectoriel
Evaluation des politiques conscientes du genre
20
Entreprendre une évaluation des politiques conscientes du genre revient à
examiner les politiques et programmes financés par le budget dans une
perspective de genre et à se poser la question: « De quelles façons les politiques et
leurs affectations de ressources associées sont-elles susceptibles de réduire ou de
renforcer les inégalités de genre? ». L’analyse implique une étude minutieuse des
implications explicites et implicites de l’égalité des genres, un examen des façons
dont les priorités et les choix peuvent réduire ou renforcer les inégalités de genre.
20
Pour plus de détails voir Holvoet 2006. Cit.
GDA_M4_FR
28
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
POINT D’ENTRÉE 2: Programme sectoriel de dépenses à moyen terme
Le plan ou cadre sectoriel de dépenses à moyen terme (CDMT) est un outil et un
processus de planification qui permet de s’assurer que l’on fasse le meilleur usage
possible des ressources. Les CDMT sont importants car ils sont utilisés pour clarifier le
niveau espéré de ressources internes et externes disponibles et comment elles seront
utilisées. Les donateurs peuvent utiliser le cadre sectoriel de dépenses comme base pour
décider si le gouvernement prévoit d’allouer les ressources en ligne avec ses priorités
déclarées. Ceci peut être très important là où les donateurs fournissent un financement
direct aux gouvernements et ne l’attribuent à aucune utilisation particulière.
Deux questions clés se posent ici pour les bailleurs de fonds:
9 Quel montant d’appui financier doivent-ils apporter, quand et à quelle fin - pour
s'assurer que les programmes sectoriels sont accessibles et durables et que les flux
de financement sont prévisibles?
9 Comment doit-il être acheminé pour accroître l’efficacité de l’aide en utilisant au
maximum les systèmes du gouvernement et renforçant de ce fait ces systèmes et les
capacités tout en maintenant bas les coûts d'opération.
La question clé qu’il faut soulever en rapport avec les CDMT est celle de savoir dans
quelle mesure les différentes lignes budgétaires favoriseront l’égalité hommes-femmes.
On peut avoir des fonds destinés à la promotion de l'égalité des genres, comme dans
l’étude de cas du Népal présentée à la fin de cette section ou encore le financement en
faveur de l’égalité des genres peut être intégré dans d’autres lignes budgétaires. Dans ce
dernier cas, le bien-fondé de l’appui à la promotion de l’égalité des genres devrait être
clairement expliqué.
Une question de financement courante est le financement des Ministères ou des services
de la condition féminine. Les attributions multisectorielles et transversales de ces
ministères signifie qu’ils sont en dehors du cadre sectoriel, ce qui peut aussi vouloir dire
que leur financement en est par conséquent réduit. Les défenseurs de l’égalité des
genres doivent par conséquent s’assurer que les institutions nationales de promotion de
la femme continuent à bénéficier d’un financement adapté une fois que les SWAP sont
mises en œuvre. 21
Comment le faire:
Outil T5. Les notions clés de l’analyse et du suivi des budgets dans une
perspective de genre (Cadre du cycle budgétaire d’Elson et les trois catégories de
dépenses de Budlender et de Sharp).
Pour ceux qui sont chargés de l’élaboration des cadres de dépenses à moyen terme
Cadre des politiques économiques à moyen terme
conscientes du genre
Cet outil permet aux gouvernements d’intégrer les variables de l’égalité des genres
dans les modèles sur lesquels repose la planification des dépenses publiques à moyen
terme. On peut le faire en ventilant par sexe toutes les variables utilisées (ex. la
fourniture de la main-d’œuvre) ou en incluant de nouvelles variables pour représenter
21
Theobold, S. et al (2005) “Engendering the bureaucracy? Challenges and opportunities for mainstreaming
gender in Ministries of Health under sector-wide approaches.” Health Policy and Planning, 20 (3)
GDA_M4_FR
29
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
l’économie domestique non rémunérée, basées sur les exercices permettant de
quantifier le temps passé par les femmes (et les hommes) au travail dans la famille et
la communauté ou dans l’économie informelle, généralement visible dans les
statistiques nationales.
Pour des détails et exemples, voir Holvoet, N. (2006), Gender-budgeting and its
usefulness in programme-based approaches, a Briefing Note for EC staff, p. 21 ou
www.gender-budgets.org
POINT D’ENTRÉE 3: Système de suivi de la performance (SSP)
Un SSP est un moyen de mesurer la performance du secteur dans l’ensemble et sert à
évaluer les progrès vers l’atteinte des objectifs politiques.
Dans le cadre d’une SWAP, le suivi se fait généralement par des examens conjoints. Elles
sont menées en fonction d’un calendrier qui convient au Gouvernement et comprend
souvent une réunion d'examen conjointe et s’accordent sur les performances passées,
prévoient l'avenir et prennent des engagements financiers appropriés. Ces examens sont
dirigés par le Gouvernement mais doivent impliquer toutes les parties prenantes. Il existe
souvent un processus d’examen annuel qui s’accompagne d’une évaluation réalisée par
des consultants indépendants. Le progrès se mesure par confrontation des indicateurs de
performance convenus qui s’inspirent des informations glanées dans diverses sources,
notamment la collecte des données régulière. Ce processus d’examen est une occasion
de sensibiliser sur l’importance de l’égalité des genres.
Un aspect important est que le progrès se mesure par le biais d’un ensemble
d'indicateurs sectoriels dans le cadre d’un processus d’examen conjoint. Ces indicateurs,
pris collectivement, donnent une image fiable des rendements du secteur. Ils identifient
également les problèmes qui nécessitent des mesures supplémentaires. La performance
générale est par conséquent jaugée en confrontant un petit nombre d’indicateurs de haut
niveau.
Les questions clés
performance 22 sont:
questions
en
rapport
avec
les
indicateurs
de
9 Y a-t-il un nombre approprié d'énoncés de résultats de grande qualité sensibles au
genre? (On peut avoir des énoncés de résultats et des indicateurs séparés, mettant
l’accent sur l’égalité des genres ou bien ils peuvent être intégrés dans des énoncés de
résultats plus généraux. Le personnel impliqué dans ces réunions au cours desquelles
les indicateurs sectoriels sont choisis devrait être bien outillé avec des arguments
convaincants pour l'inclusion des indicateurs considérés comme indispensables).
9 Les processus de suivi et d’évaluation renferment-ils des informations clés liées à
l’égalité des genres?
9 Les questions liées à l’égalité des genres doivent-elles être incluses dans ces
processus?
9 Les données et les résultats sur l’égalité des genres seront-ils utilisés pour renforcer
la programmation?
22
Pour plus d’informations sur les indicateurs sensibles au genre dans le contexte des SWAPs, voir CE (2005)
Boîte à outils pour l’intégration de la dimension de genre dans la coopération au développement de la CE,
Chapitre 6, p. 87.
GDA_M4_FR
30
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
A titre d’exemple en Ouganda…
… dans les cas où les données sur la gestion sanitaire n’étaient pas régulièrement
ventilées par sexe, les défenseurs de l’égalité des genres issus des bailleurs de
fonds partenaires ont travaillé avec le Ministère de la santé pour s’assurer que
l’examen à moyen terme du secteur de la santé aborde l'égalité des genres et
l’équité. Au Mozambique, les données ventilées par sexe sur la TB et le VIH/SIDA
sont disponibles, mais ne sont pas analysées régulièrement. Par conséquent les
défenseurs se sont concentrés sur l’analyse.
Comment le faire:
9 Outil pour gendériser le budget, le GFP et les indicateurs de l’éducation:
Holvoet, N. (2006), Gender-budgeting and its usefulness in programme-based
approaches, pp. 39-40.
POINT D’ENTRÉE 4: Cadre de coordination sectorielle et partenariats
Un cadre de coordination sectorielle sous la direction du gouvernement comprend:
i) la coordination des parties prenantes nationales, notamment gouvernementales
(organes centraux et d’autres ministères et organes concernés) et des acteurs non
gouvernementaux;
ii) la coordination avec les bailleurs de fonds et entre eux.
Il n’y a pas une seule approche d’élaboration des accords de partenariat. Ils sont
rarement l’aboutissement des étapes séquentielles claires. Ils évoluent plutôt, en
commençant par des «accords fragiles » sur les priorités des politiques et de la
programmation, puis en passant avec le temps aux accords et aux engagements plus
formalisés et à des moyens plus structurés de travailler ensemble. Trois domaines de
partenariat évoluent souvent dans les SWAP, et tous doivent intégrer le principe de
l’égalité des genres:
9 Surveillance et coordination, menées par le Gouvernement, notamment un processus
d’examen annuel. Ce domaine implique un processus convenu pour avancer vers les
systèmes harmonisés de rapports, de budgétisation, de gestion financière et d’achat.
9 Les groupes de travail technique qui seront sûrement des parties prenantes clés.
Une stratégie qui s’est révélé utile dans les SWAP du secteur de la santé au
Mozambique, au Malawi et au Ghana était d’appuyer un groupe de consultation
intersectorielle pour qu’ils développent des idées et créent des liens institutionnels,
et d'encourager ceux qui font face aux défis de l’intégration du genre. 23
9 Les règles adoptées, souvent définies sous forme d'un Protocole d’accord (PdA) ou
Code de conduite.
Quelques questions clés à poser par rapport au partenariat sont:
9 Les systèmes de rapports et de budgétisation prennent-ils l’égalité des genres en
considération? Les budgets sont-ils élaborés de telle manière que les dépenses liées à
la promotion de l’égalité des genres et les dépenses orientées vers les femmes et les
filles puissent être suivies?
23
Theobold, S. et al (2005) “Engerndering the bureaucracy? Challenges and opportunities for mainstreaming
gender in Ministries of Health under sector-wide approaches.” Health Policy and Planning, 20 (3)
GDA_M4_FR
31
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
9 Les groupes de travail technique ont-il l’expertise nécessaire pour réaliser une
analyse de genre appropriée et, si non, comment cette capacité peut-elle être
renforcée?
9 Est-il approprié d’inclure les références à l’égalité des genres dans le PdA (certains
PdA sont des textes administratifs ne faisant aucune référence aux questions réelles
ou aux thèmes transversaux)?
9 Certains défis du partenariat et la complexité des SWAP peuvent se voir dans
l’exemple de la seconde phase du programme de développement de l’enseignement
primaire (PEDP II) de Bangladesh, présenté dans les études de cas ci-dessous.
POINT D’ENTRÉE 5: Consultation, cadres institutionnels et systèmes de
responsabilité
Les approches sectorielles devraient se baser sur les consultations systématiques des
clients et bénéficiaires des services gouvernementaux, et des agents non
gouvernementaux qui fournissent ces services.
Les questions suivantes permettront de déterminer s’il y a une consultation
adaptée:
9 Y a-t-il un mécanisme en place pour un processus structuré de consultation des
bénéficiaires et d’autres parties prenantes, notamment les femmes et les filles, et, si
non, un plan concret pour en créer un?
9 Le plan distingue-t-il les différentes fonctions que les parties prenantes peuvent
assumer et les types d’information dont on peut avoir besoin? En particulier, y a-t-il
une distinction claire entre les mécanismes de consultation, qui recherchent des
opinions, et les contributions aux prises de décisions, où les parties prenantes
décident des affectations de ressources ou de la gestion de services?
9 La structure des mécanismes de consultation est-elle bien intégrée au cadre de
prestation des services? Les bénéficiaires locaux sont-ils consultés et impliqués
comme il se doit? Y a-t-il un lien approprié avec le gouvernement local?
9 Les
difficultés
d’obtenir
les
contributions
des
représentants
sont-elles
convenablement abordées – en particulier, les difficultés qui sont généralement
associées à l’obtention d’une bonne participation des femmes.
9 Y a–t-il un juste équilibre entre les enquêtes quantitatives et les processus
participatifs plus qualitatifs?
POINT D’ENTRÉE 6 : Renforcement des capacités
Beaucoup reconnaissent que l’un des éléments déterminants pour la réussite consiste à
prêter l'attention due au renforcement des capacités nationales à gérer tous les
processus impliqués dans les programmes sectoriels: systèmes de gestion des dépenses
publiques, cadres institutionnels, suivi de la performance, consultation et systèmes de
responsabilité.
La priorité accordée à l’appropriation nationale implique un accent prononcé sur la qualité
de tous ces processus, en termes d’efficience et d’efficacité de la fourniture des services
publics, particulièrement en rapport avec leur capacité à traduire les objectifs politiques
adoptés dans la pratique. Cette capacité est particulièrement nécessaire pour les
objectifs politiques qu'on peut avoir tendance à négliger au stade de mise en œuvre,
notamment la promotion de l’égalité hommes-femmes, la non discrimination au travail et
la protection environnementale; tout manque de ressources organisationnelles et de
capacités permettant de traduire les objectifs d’égalité des genres en mesures et en
GDA_M4_FR
32
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
résultats concrets et d’assurer le suivi de leur réalisation avec des indicateurs appropriés
doit être comblé.
L’analyse de genre des politiques et des budgets du personnel du gouvernement et des
acteurs de la société civile doit figurer dans tous les développements des capacités et
assistances techniques prévues
dans le contexte du programme sectoriel,
particulièrement au cours des négociations sur l'appui des bailleurs de fond.
Outils disponibles:
Le manuel des formateurs
www.gendermatters.eu
CE/Nations
Unies
bientôt
disponible
sur
Renforcement des capacités sur la budgétisation du genre: www.genderbudgets.org
4. Genre et SWAP: Études de cas
Partenariats intéressants dans le programme de développement de
l’enseignement primaire du Bangladesh (PEDP II 24 )
Certains défis du partenariat et la complexité des SWAP peuvent se voir dans l’exemple
de la seconde phase du programme de développement de l’enseignement primaire (PEDP
II) du Bangladesh.
Le PEDP II a été conçu à l’aide d’un processus de planification conjointe complexe et
participatif impliquant les agences internationales et nationales, les organisations et les
individus au cours des années 2001-2004. Plus tard, après un processus alambiqué de
planification triennale et une longue période d’approbation, le PEDP II a été officiellement
lancé le 8 septembre 2004.
Avec une enveloppe budgétaire totale de 815 millions USD, son objectif général est de
fournir une éducation de qualité à tous les enfants du Bangladesh, objectif à atteindre au
cours de la période de six ans 2004-2009. Il y a 11 bailleurs de fonds partenaires qui y
ont pris part, sous la direction de la Banque asiatique de développement (BAsD) et la
Banque mondiale, l’ACDI, le DFID, la CE, l’IDA, la Norvège, les Pays-bas,
l’Unicef/Australie et la JICA. Huit partenaires ont contribué à un fonds commun géré par
la Banque asiatique de développement. Les contributions de l’AUSAID et du
Gouvernement japonais se font par le biais de l’UNICEF qui, en collaboration avec la
JICA, soutient le PEDP II à travers un financement parallèle.
Le PEDP-II est mis en oeuvre par la Direction de l’enseignement primaire (DEP). Au sein
de la DEP, une petite cellule d’accès à l’éducation pour tous (AIEC) est chargée d’engager
les efforts en matière d’inclusion sociale. Une étude de l’UNICEF révèle que le PEDP-II a
fait des grands pas en avant en termes d'inclusion sociale au cours de ses trois premières
années. En particulier, elle:
9 a apporté à la DEP et au MoPME le langage de l’inclusion sociale ainsi qu’une
sensibilité et une compréhension élevée de son utilité;
9 a amélioré de façon significative la proportion hommes/femmes de nouveaux
enseignants;
24
http://www.oecd.org/dataoecd/47/17/41047158.pdf
GDA_M4_FR
33
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
9 a élaboré un cadre d’éducation pour tous et a une série de Plans d’action couvrant
l’égalité hommes-femmes, les besoins spéciaux, les enfants vulnérables et tribaux;
9 a commencé à intégrer les sessions d’égalité des genres dans toutes les formations
courtes à l'intention des directeurs d'école, les formations des enseignants de
matière et la formation en SMC.
Toutefois, cette étude fait remarquer par rapport au PEDP-II que les objectifs des SWAP
étaient trop élevés. Un examen de la phase capitale de planification du PEDP-II a relevé
des attentes irréalistes de la part des bailleurs de fonds et le manque de planification du
renforcement des capacités appropriées au sein du gouvernement. En dépit du
dynamisme du Groupe de consultation local de l’éducation, la coordination des bailleurs
de fonds a aussi été compliquée, peut-être fallait-il s’y attendre avec un groupe varié de
partenaires des bailleurs de fonds ayant des intérêts et des tailles divers. Ces problèmes
ont tous entravé le travail vers l’inclusion et l’égalité hommes-femmes.
La SWAP Éducation pour tous du Gouvernement népalais
Contexte du pays
Le gouvernement népalais a pris divers engagements envers l’égalité des genres et
l’autonomisation des femmes, notamment la ratification de la CEDAW et la Convention
relative aux droits de l’enfants. Son neuvième Plan (1997-2002) a incorporé l’intégration
du genre, l’élimination des inégalités de sexe dans les lois et l'action affirmative et
l'autonomisation des femmes comme des objectifs stratégiques. Le 10e Plan a continué à
mettre cet accent et a adopté l’équité de genre et l’inclusion comme des stratégies
transversales les plus importantes du DSRP.
En dépit des réalisations en termes d’intégration du genre dans les politiques, les
stratégies et le DSRP, de nombreux obstacles restent dans la mise en œuvre des
politiques et des programmes. Si le secteur de l’éducation a connu des progrès, les
secteurs de la santé, du travail, de l’industrie et du commerce restent à la traîne. De
façon générale, les progrès pour garantir l’équité de genre dans l'accès aux ressources
(terre, eau, forêt, etc.); pour évaluer l'impact des politiques de tarification et de
subvention sur l'égalité des genres; et pour la participation significative des femmes dans
la préservation des ressources, dans la gestion de l’eau, dans la mise en valeur des sols
et les projets infrastructurels, a été minimale et dans le cas des transferts de ressources,
la proportion des femmes est très limitée.
Si le Népal est bien parti pour atteindre un certain nombre de ses OMD, les gains en
réduction de la pauvreté ont été inégalement répartis entre les hommes et les femmes,
entre les citadins et les campagnards et entre les personnes de différentes castes et
ethnies. En général, au cours des dix dernières années, les inégalités se sont
considérablement accrues.
Le Gouvernement du Népal reçoit environ 250 millions USD dans le cadre de l’aide
étrangère. En moyenne, l’aide étrangère constitue environ 4% du PIB et 56% des
dépenses liées au développement.
Le programme Éducation pour tous 25 (EPT)
L’EPT met l’accent sur l’enseignement primaire et utilise une modalité SWAP pour
financer et gérer environ 25% du programme d'enseignement primaire. La SWAP a été
25
Acharya, M. (2008) Mapping Foreign Aid in Nepal. Partenariat CE/Nations Unies sur l’égalité des genres pour
le
développement
et
la
paix.
Mapping
Study.
http://www.gendermatters.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=235&Itemid=87, Acharya, S.
(2007) Social Inclusion: Gender and Equity in Education in South Asia. Nepal Case Study. Kathmandu: UNICEF.
http://www.unicef.org/rosa/rosa-nepal_case_study.pdf, Oxford Policy Management (2008) Making Aid More
Effective
through
Gender,
Rights
and
Inclusion.
Additional
Case
Studies.
http://www.oecd.org/dataoecd/47/17/41047158.pdf
GDA_M4_FR
34
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
prévue pour être appliquée de 2004 à 2009, avec un financement pour la période 20042008 d’environ 335 millions USD fournis à 83% par les bailleurs de fonds. Le Danemark,
la Finlande, la Norvège, le DFID, la Banque mondiale la BAsD et l’UNICEF appuient l’EPT
par le biais d’un fonds commun qui fournit l’appui budgétaire sectoriel destiné au
programme général des dépenses liées à l’EPT. L’EPT a six principaux composants du
programme, notamment étendre le développement du jeune enfant; garantir l'accès des
groupes défavorisés à l'enseignement gratuit et obligatoire; combler les besoins
d'apprentissage de tous; réduire l’analphabétisme chez les adultes; éliminer les
disparités entre les sexes; et améliorer tous les aspects d’une éducation de qualité.
Environ 5% du budget de l’EPT est spécifiquement alloué à la réduction des inégalités de
sexe, mais d’autres éléments du programme comportent aussi les composant de l’égalité
des genres.
La SWAP EPT incarne plusieurs principes de la Déclaration de Paris, notamment
l’harmonisation, l’alignement et la gestion axée sur les résultats. Les partenaires de
développement sont harmonisés autour d’un accord de financement conjoint qui engage
les bailleurs de fonds à s’aligner aux systèmes budgétaires et de responsabilité du Népal,
envers un document de base conjoint et envers les cadres de suivi et les examens. Les
principes directeurs du document de base de l’EPT mettent l’accent sur l’intégration du
genre et l’inclusion sociale comme approches primaires. A cette fin, le programme EPT
dispose d’un programme de bourse qui couvre les coûts directs de l’éducation et ayant
pour cible les filles, les groupes Dalits et les enfants handicapés. Elle vise aussi
l’augmentation du recrutement des enseignants parmi les femmes et les groupes
marginalisés.
Une activité significative de suivi, d’évaluation et de recherche s’est déroulée dans le
cadre de la SWAP. Le département de l’éducation a un système de Rapports Biennaux
Instantanés qui donnent un profil des données pour révéler les grandes tendances. Par
ailleurs, les bailleurs de fonds ont leurs propres Examens Techniques de l’Enseignement
Scolaire qui couvrent les questions d’accès et de qualité dans le secteur chaque année.
Cependant, d’après une étude réalisée par l’UNICEF, si de nombreux efforts et initiatives
se sont intéressés à la gravité des inégalités en matière d'enseignement au Népal, ces
actions n'ont pas été aussi efficaces qu'elles auraient pu l’être, même en prenant en
considération le contexte très difficile de la gouvernance. Une des causes principales à
cela est que l’évolution vers une modalité SWAP a été partielle. Par conséquent, il est
actuellement impossible de tirer les avantages potentiels d’une telle approche, qui
seraient de meilleurs résultats en termes d’équité par le biais d'une cohérence politique
améliorée, d’un accord clair sur les priorités, d’une réforme institutionnelle et d’un
renforcement des capacités dont on a grand besoin. L’intégration du genre et des
préoccupations liées à l’équité dans le programme reste limitée et doit être davantage
favorisée. Il y a également de nombreuses autres activités dans le sous-secteur qui ne
cadrent pas avec le programme et le budget de l’EPT 2004-2009, risquant de créer des
duplications et de saper ses capacités.
GDA_M4_FR
35
Module de formation: Intégration du principe d’égalité des genres dans la planification du développement
Contenu obligatoire
Lectures supplémentaires
Pour en savoir plus sur les SWAP
9 UNFPA (2005) Sector-wide approaches: A resource document for UNFPA staff.
New York, UNFPA, 67 pages;
http://www.unfpa.org/upload/lib_pub_file/626_filename_swap-unfpa-resource2005%20.pdf
Ce document est également pertinent pour toute personne qui aimerait comprendre
comment les SWAP fonctionnent et comment elles influencent leur processus; c'est
un document très utile pour définir les stratégies et les processus sous-jacents aux
SWAP. Ce document est divisé en six sections:
La section 1 donne un aperçu des SWAP;
La section 3 aborde les implications spécifiques pour le FNUAP.
La section 5 examine les liens entre un DSRP et un SWAP, aborde la question
de savoir si une SWAP est possible lorsqu’un gouvernement est décentralisé et
ce qui arrive aux projets lorsqu’il y a une SWAP.
La section 6 renferme une liste de lectures supplémentaires.
La section 2 examine plus en détail les éléments essentiels d’un programme
sectoriel, suivi par une présentation des autres moyens d’acheminer l’aide;
La section 4 aborde en détail – les rouages – de la manière d'appuyer un
programme sectoriel.
GDA_M4_FR
36
L’AGENDA GLOBAL DE DEVELOPPEMENT:
OUTILS POUR UNE PLANIFICATION ET UNE
MISE EN OEUVRE SENSIBLES AU GENRE
BOÎTE À OUTILS
L’UNIFEM est le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme. Il soutient
techniquement et financièrement des stratégies et des programmes novateurs visant à
promouvoir l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes. S’appuyant sur une
approche fondée sur les droits, l’UNIFEM tente de renforcer la sécurité économique et les
droits des femmes, de combattre le VIH et le SIDA chez les femmes et les filles et de
favoriser la participation des femmes à la vie politique dans des zones en conflit et qui
sortent de conflits. L’UNIFEM est l’agent d’exécution au niveau national du Partenariat
entre la Commission européenne et les Nations Unies.
La Commission européenne est l’organe exécutif de l’Union européenne. Composée de
27 commissaires, la CE propose des actes législatifs et veille à l’application des traités. La
Commission gère et exécute également les politiques communes et se charge des
relations commerciales internationales ; elle est responsable de la gestion de l’assistance
extérieure de l’Union européenne. La Commission préside le Comité de pilotage du
Programme du Partenariat CE/Nations Unies sur l’égalité des genres pour le
développement et la paix.
Le Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail
(CIF-OIT) met son approche pratique du renforcement des capacités pour l’intégration
de la dimension de genre à la disposition de tous les partenaires et acteurs du
programme. Le CIF-OIT gère le site web du programme www.gendermatters.eu,
propose des modules d’apprentissage en ligne pour le Partenariat CE/Nations Unies et
participe au Service d’assistance pour les questions de sexospécificité et d’emploi de
l’OIT.
Boîte à outils
Campus de Genre
© Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail
Turin, Italie, 2009
www.gendermatters.eu
Centre international de formation de l’Organisation internationale du Travail
Viale Maestri del Lavoro 10
10127 Torino (TO)
Italie
site web: http://gender.itcilo.org/cms
Cette publication a été produite avec l’aide de l’Union européenne. Son contenu n’engage
que la responsabilité de l’auteur et des équipes de recherche ; il ne reflète pas
nécessairement l’opinion de l’UNIFEM ou du CIF-OIT et ne reflète en aucun cas l’opinion
de l’Union européenne.
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
CONTENU D’APPRENTISSAGE
OUTIL T1: Promouvoir l’égalité des sexes par la participation des parties prenantes ....... 4
OUTIL T2: Accroitre l’influence du genre dans la prise des decisions .......................... 10
OUTIL T3.1: Analyse de genre de la strategie de reductionde la pauvrete/Swap .......... 14
OUTIL T3.2: Aide-memoire pour analyser la srp ou les swap selon genre.................... 17
OUTIL T4: Aide-mémoire de l’analyse ex ante de la sensibilité au genre des stratégies de
réduction de la pauvreté, des programmes sectoriels et des politiques macroéconomiques.
....................................................................................................................... 21
OUTIL T5: Notions clés de l’analyse et du suivi des budgets dans une perspective de
genre ............................................................................................................... 29
OUTIL T6: Travailler en partenariat pour maintenir le genre dans le programme politique
....................................................................................................................... 34
OUTIL T7: Grille de révision à mi-parcours des DSP................................................. 36
GDA_FR
3
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL
T1 :
Promouvoir l’égalité des sexes
participation des parties prenantes
par
la
Qui doit utiliser cet outil et quand
Cet outil peut être utile à toutes les parties prenantes engagées dans
l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi d’une politique de lutte contre la
pauvreté ou programme de développement au niveau national ou sectoriel.
Les deux premières parties fournissent des suggestions sur la manière
d’incorporer une perspective de genre dans la participation. La troisième
partie est un aide-mémoire conçu pour permettre aux usagers de
d'analyser les processus de prise de décisions dans lesquels ils sont
impliqués afin d’évaluer dans quelle mesure ils intègrent le genre et elle
permet d’apporter des améliorations dans ce sens.
1. S’attaquer aux idées reçues implicites
La promotion de l’égalité des sexes nécessite que l’on surmonte les idées reçues qui
peuvent influencer la façon dont les processus participatifs sont organisés.
IDEE REÇUE n° 1
« Les processus sont neutres quant au rapport de l’égalité de genre et par
conséquent, ils n’ont pas un impact différent selon le genre…si la stratégie
inclut des mécanismes de participation, les femmes et d’autres groupes de
personnes sous-représentées participeront et les priorités d’égalité des
genres seront intégrées. »
Dans la plupart des pays, les normes sociales empêchent encore les
femmes - en particulier celles issues des groupes pauvres ou marginalisés
– de participer pleinement à la prise des décisions à tous les niveaux.
On ne doit pas considérer que les « femmes » sont un groupe homogène
dont les besoins peuvent être représentés par la plupart des individus de
sexe féminin.
Les identités sociales des femmes sont façonnées par
d’autres facteurs (ethnicité, revenu, situation matrimoniale, droit de la
propriété, classe, résidence, éducation, profession, religion).
En outre, il est improbable que les ONG, les syndicats ou les associations
professionnelles à dominance masculine accordent la priorité aux intérêts
des femmes pauvres… il se peut que « parler d’une seule voix » signifiera
subordonner les intérêts propres aux femmes à ceux des hommes. Si les
intérêts de nombreuses parties prenantes sont réunis dans une seule
organisation ombrelle (ex. un ONG), l’inclusion des priorités des femmes et
de l’égalité des genres n’est pas automatique. 1
Pour garantir une participation significative des femmes, il sera nécessaire
d’évaluer les obstacles éventuels à leur participation et de définir les
conditions dans lesquelles les femmes ou les hommes pauvres, issus de
divers groupes sociaux, peuvent exprimer et négocier leurs priorités.
1
‘Engaging with the World Bank and the IMF: a report for the Gender and Development Network’ Terry,
Geraldine (2001) cité dans Oxfam, Influencing Poverty Reduction Strategies, a Guide
http://www.oxfam.org.uk/what_we_do/issues/democracy_rights/downloads/prsp_guide.pdf
4
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
IDEE REÇUE n° 2
« Les femmes (pauvres) sont « bénéficiaires » du développement, et non
des décideurs et des ayants droits »
Les femmes sont considérées comme un groupe homogène (d’individus
vulnérables) dont les besoins élémentaires, pratiques sont comblés.
Bien évidemment, il est important de collecter les renseignements sur les
perceptions, les besoins, la division du travail, l'utilisation du temps et les
problèmes des femmes et des hommes pauvres. Mais l’analyse selon le
genre tend souvent à se limiter à la description de l'expérience des
femmes/filles pauvres comme bénéficiaires finales au niveau micro (village,
communauté, école). Leurs capacités – ou manque d’opportunités – en tant
que décideurs à tous les niveaux (en qualité de cultivatrices, de
consommatrices, de membres d’organisations, d’actrices économiques,
d’administratrices locales ou dans leur capacité à influencer les institutions
et les cadres réglementaires) sont généralement négligées. Par
conséquent, lors de l’analyse des causes des faibles taux de participation
des femmes, certaines contraintes qui nécessiteraient des actions au niveau
méso et macro et qui pourraient être gérées dans le contexte d’une
stratégie nationale de développement, sont mis de côté. Par exemple, le
faible niveau de représentation dans les syndicats ou les organisations
d’employeurs, la faible participation dans le marché du travail informel, la
ségrégation professionnelle, les lois de la propriété ou du crédit, etc.
En bref: La participation sensible au genre doit intégrer:
1. L’équilibre des sexes (ou quotas minimums) dans les
réunions/ateliers des parties prenantes. On considère que la masse
critique nécessaire pour garantir que les questions des femmes sont
prises au sérieux est généralement atteinte à un niveau de
participation de 30%.
2. La sensibilité au genre des parties prenantes: capacité des parties
prenantes classiques à représenter les intérêts spécifiques des
femmes/égalité des genres au sein de leurs groupes (ex. les
syndicats pour inclure les mesures de conciliation entre le travail et
la famille dans leurs agendas; les employeurs pour inclure l’appui au
développement de l’entreprenariat féminin, etc.).
3. Participation significative des ONG représentant les groupes de
femmes dans toute leur diversité (femmes rurales, personnes
âgées, personnes séropositives, femmes chef d’entreprise…).
2. Quelle est la participation « significative » ? PERSPECTIVES DE GENRE
La nature participative du processus de SRP ouvre d’importants points d’entrée pour
intégrer les groupes les plus marginalisés dans l'élaboration des politiques.
GDA_FR
5
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
Il est nécessaire que les parties prenantes soient claires sur le niveau de participation
qu’on doit espérer pour que le processus soit significatif. 2 Quatre niveaux de
participation sont considérés, chacun nécessitant une attention particulière.
1. Partage d’information
Pour que l’information soit partagée entre les femmes et les parties prenantes
« typique » du genre
9 A quelle étape du processus de SRP (avant, pendant après la prise de décision)?
9 Qui (quels groupes/représentation de femmes)?
9 Comment (les documents sont-ils lisibles ou sous des formats purement
technique, quelles langues sont utilisées pour informer les processus en cours et
par quels canaux/moyens)?
9 Où (faisabilité de l’assistance, moyens de transport, disponibilité de la nourriture,
adéquation du choix du moment et du lieu)?
Pour pouvoir effectivement atteindre les acteurs « non classiques » tels que les parties
prenantes du genre, les femmes ou d’autres groupes, l’information doit être facilement
accessible et disponible dans les langues ou formats pertinents, avec des résumés clairs.
Ces critères s’appliquent aussi à tous les autres niveaux de participation.
2. Consultation
« Ceux qui dirigent le processus demandent les points de vue des parties prenantes,
mais ne sont pas obligés d’en tenir compte. »
A moins que la consultation soit significative, elle peut être un gaspillage des ressources
limitées des organisations de la société civile et un poids supplémentaire sur les femmes
et les hommes pauvres dans l'équilibre de leurs rôles dans la production et le ménage. La
capacité d’exprimer les points de vue et de présenter les besoins dans les forums publics
doit peut-être être renforcée. Un autre problème est de savoir si ceux qui sont consultés,
les OSC ou les parlementaires, représentent bien le point de vue de ceux avec qui ils
travaillent.
On peut rendre ce processus inclusif et sensible au genre en:
9 Les évaluations participatives de la pauvreté; les enquêtes et les forums publics
organisés de manière à garantir que les voix de toutes les femmes et de tous les
hommes sont entendues et prises en compte (voir Pour en savoir plus au verso)
9 Les procédures consultatives formalisées établissant des calendriers clairs des
évènements publics dans lesquels les résultats des processus participatifs sont
rapportés au public en formats clairs.
2
Cette exigence est très importante dans le contexte où les SRP, tout comme les Directives sur les notes
consultatives conjointes du personnel ne demandent pas aux personnel du FMI/BM d’évaluer la qualité du
processus participatif en produisant un DSRP, mais seulement de le décrire.
6
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
3. Prise de décision conjointe
Dans la plupart des pays, les défenseurs de l’égalité de genres aussi bien à l’intérieur
qu’à l'extérieur du gouvernement ont un faible pouvoir de décision, et par conséquent il
est particulièrement difficile d’atteindre généralement un niveau adapté de participation,
surtout des femmes et des groupes marginalisés.
Outils et stratégies pour poursuivre le processus
On peut citer une forte défense de la société civile et des plateformes de campagne ainsi
que des relations étroites avec les parlements. Les groupes de travail sectoriel du
gouvernement, un groupe de travail sur la réduction générale de la pauvreté, les groupes
parlementaires féminins, etc. sont tous des structures dans lesquelles la société civile
doit être présente et où la prise des décisions peut se développer.
4. Autonomisation
Elle impliquerait pour les femmes et les hommes pauvres une influence directe sur les
initiatives; mais dans le processus de stratégie de réduction de la pauvreté, il est
probable qu’il y ait des initiatives politiques pleinement engagées et contrôlées par la
société civile, bien qu’il soit possible (par exemple une campagne organisée pour abolir le
recouvrement des coûts dans la santé pourrait bien avoir un impact).
De façon générale, il est plus probable qu'il y ait ce niveau de participation en termes de
suivi de la société civile de la mise en œuvre des politiques. Les groupes de femmes ont
pu influencer la politique en établissant un suivi indépendant de l’impact sexospécifique
des politiques spécifiques.
Pour en savoir plus:
OUTIL T2
DÉCISIONS
ACCROÎTRE L’INFLUENCE DU GENRE DANS LA PRISE DES
Renferme les suggestions sur la façon de mettre en place une stratégie de défense ou
de pression et offre de nombreux exemple de cas réussis.
Lecture supplémentaire:
9 Guide de référence du DSRP, Chapitre 10, Annexe I, Note technique I.1
« Encourager la participation » www.worldlbang.org/gender
9 OCDE (2007), Guide à l’intention des non économistes pour la négociation des
stratégies pour la réduction de la pauvreté. sur www.oecd.org/dac/gender.
9 Disability International. On-line handbook on how to make PRSPs inclusive.
http://www.making-prsp-inclusive.org/.
9 OXFAM Guide to influencing PRSPs sur :
http://www.oxfam.org.uk/what_we_do/issues/democracy_rights/downloads/prsp_g
uide.pdf
GDA_FR
7
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
3. Aide-mémoire pour accroître la sensibilité au genre des processus
politiques participatifs3
Cet outil peut être utilisé indépendamment ou de pair avec l’Outil T2. Analyse rapide
de genre de la SRP/SWAP
Notes
Dans quelle mesure les experts condition féminine et/ou en
question de genre participent au processus de DSRP/SWAP, et
précisément:
9 au stade de diagnostic, d’identification, de planification, de
budgétisation, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation?
9 à divers niveaux de participation: diffusion de l’information,
consultation et contribution effective?
9 à plusieurs niveaux: au sein du ménage (ex. dans cadre des
questionnaires destinés aux ménages), au sein de la
communauté, au niveau sectoriel (institutions sectorielles), au
niveau national (gouvernement central, les ONG nationaux, les
institutions financières…) ?
9 dans les processus internes et externes au gouvernement?
9 en termes de participation des acteurs traditionnels du genre et la
contribution de l’expertise en question de genre des acteurs
classiques impliqués dans les processus de DSRP/SWAP)?
9 en termes de participation individuelle des femmes et des experts
en questions de genre et de participation des groupes de femmes?
9 selon le revenu, la situation géographique, l’ethnicité, la caste,
l’âge, la religion?
Comment les processus participatifs sont organisés et prévus aux
différents niveaux (macro, méso, micro) et précisément:
9 La mise en place (choix du moment, lieu, format) des processus
consultatifs et la consultation des parties prenantes s’assurentelles l’expérience dans les processus participatifs antérieurs (ex.
leur succès en terme d’inclusion) est acquise?
9 les efforts sont-elles déployés pour faciliter les divers degrés de
voix/d’agence dont jouissent les divers groupes (c’est-à-dire selon
3
Adapté de HOLVOET, N. (2007) New opportunities for gender equality?! PRSPs and SWAPs from a gender
perspective, Commission on Women and Development, Bruxelles.
8
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
le genre) dans la société (stratégie à court terme)?
9 des mesures précises sont-elles prises pour renforcer la
voix/agence des groupes qui ont actuellement une note plus faible
(stratégie à long terme)?
Quelles
sont
les
capacités
des
experts
en
condition
féminine/questions de genre impliqués dans les processus, en
distinguant les situations internes et externes au gouvernement,
et précisément en matière de:
9 compétences d’analyse de genre?
9 les
compétences en analyse de politique générale,
planification, en budgétisation, en suivi et en évaluation?
en
Quelles sont les capacités des « institutions/défenseurs de
l’égalité des genres » internes et externes au gouvernement?
9 compétences d’analyse de genre?
9 les
compétences en analyse de politique générale,
planification, en budgétisation, en suivi et en évaluation?
en
Quelles sont les capacités des acteurs classiques (en distinguant
les situations internes et externes au gouvernement)?
9 sensibilité au genre et compétences d’analyse
9 les
compétences en analyse de politique générale,
planification, en budgétisation, en suivi et en évaluation?
GDA_FR
en
9
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL T2: Accroitre l’influence du genre dans la prise
des decisions4
Qui doit utiliser cet outil et quand
Cet outil donne des suggestions utiles pour un plaidoyer ou une stratégie de
pression efficace.
Il peut être utile à tous les acteurs non économistes impliqués dans la SRP et
désireux d’influencer le processus dans une perspective de genre. La plupart
des suggestions données peuvent être facilement adaptées à d’autres
approches basées sur les programmes (élaboration des politiques de
développement ou des stratégies communes pays bénéficiaires/bailleurs de
fonds).
Cet outil peut être utilisé indépendamment ou de pair avec l’Outil T4 Aidemémoire de l’analyse ex ante de la sensibilité au genre de la SRP ou du
programme sectoriel.
Accroître l’influence du genre dans la prise de décisions
Le processus de SRP (et de toutes les approches basées sur les programmes) a créé de
nouvelles opportunités de participation plus étendue dans la planification économique.
Cependant, les politiques macroéconomiques et structurelles étaient négociées
principalement entre les gouvernements nationaux et les institutions de Bretton woods –
la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) – avec la participation de la
société civile, et en particulier les spécialistes en questions de genre.
Parmi les
approches qu’on pourrait adopter pour renforcer la « voix » des femmes et maximiser
l’influence de la société civile, on peut citer:
9 Cibler les acteurs clés
Dans de nombreux pays, les évaluations participatives de la pauvreté ont été entreprises
pour recueillir les opinions et les faits vécus par les femmes et les hommes pauvres.
Malheureusement, les données sur les dimensions de la pauvreté par sexe ont été
ventilées en conséquence, éclipsant les inégalités de genre. Par conséquent, les
approches sensibles au genre fondées sur les preuves disponibles n’ont pas été inclues
dans les SRP finalisés. Il peut être payant de cibler les activités de plaidoyer liées à
l'équipe de rédaction de la SRP est généralement réduit et manque d’expertise en égalité
des genres. La réussite du travail de pression et de plaidoyer dépendra largement de la
profondeur de la conviction des décideurs de gouvernements nationaux, de la Banque
mondiale et du FMI que les objectifs politiques tels que la réduction de la pauvreté et la
stimulation de la croissance seront mieux atteints si les relations de genre sont prises en
compte. Les arguments et les recommandations doivent être présentés de manière
concise et précise. Les documents préparatoires qui résument les faits, les chiffres, les
principaux arguments ou des informations spécifiques au secteur à l’intention des
parlementaires et d’autres décideurs clés sont de grande valeur.
9 Comprendre le processus de prise de décision
4
Cet aide-mémoire est un extrait de OCDE (2007), Guide à l’intention des non économistes pour la négociation
des stratégies pour la réduction de la pauvreté. Le texte comporte un vaste ensemble d’outils d’analyse et est
disponible sur www.oecd.org/dac/gender.
10
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
Il est indispensable que les négociations abordent les bonnes personnes au bon moment
avec des arguments appropriés. La planification et la budgétisation suivent normalement
un calendrier standardisé, si bien que les activités de pression et de plaidoyer doivent
être prévues en conséquence. Une collaboration étroite entre les ministères du genre ou
de la femme et les organisations de la société civile est nécessaire étant donné que les
premiers sont informés de l’emploi de temps du processus politique, des règles internes
et des personnes qui ont le pouvoir de changer les politiques, tandis que les dernières
ont souvent de bonnes capacités de plaidoyer et plus de portée pour construire un
argument solide. L’intégration des dimensions de l’égalité des genres dans la planification
et la budgétisation sera plus viable si la perspective de genre est intégrée dans les
processus et des formalités administratifs tels que les règles, les guides, les aidemémoire et les formulaires.
Le Programme du réseau chargé des question de genre en Tanzanie a persuadé
le Ministère de la planification à changer ses directives budgétaires pour
l’élaboration du budget annuel de 2001 dans six secteurs pilotes afin que les
différents besoins et priorités des hommes et des femmes soient pris en
compte.
9 Renforcer les capacités
Pour que les arguments soient pris au sérieux par les décideurs, il est indispensable de
parler leur langage. Les non économistes impliqués dans le processus de SRP doivent
développer leur compréhension des fondamentaux de la prise des décisions, les outils et
les concepts et ils doivent avoir une expertise en analyse de genre. Le renforcement des
capacités des groupes de femmes et des parlementaires doit inclure l'alphabétisation et
l’analyse basée sur le genre des données économiques.
9 Demander assez de temps
Les organisations non gouvernementales (ONG) et les lobbyistes sont souvent piégés
dans « une dynamique nationale » dans laquelle ils doivent faire des commentaires sur le
projet de chapitre ou identifier les priorités politiques dans un très court délai. Les ONG
doivent prendre l’initiative de trouver assez de temps pour consulter leurs groupes
d’intérêt ou pour rassembler les informations afin d’éviter des réponses hâtives et
superficielles de piètre qualité. Dans le cas contraire, le mouvement des femmes risque
de perdre sa crédibilité. Les bailleurs de fonds doivent soutenir cette initiative.
9 Associer la recherche et le plaidoyer
Même si les organisations des femmes ont été formées en notions économiques, il est
improbable qu'elles puissent mener des analyses économiques pointues, très
quantitatives, statistiques et techniques. Il peut être utile que les groupes de plaidoyer
des femmes s’associent aux instituts de recherche économique qui peuvent fournir
l’expertise nécessaire à l’évaluation critique des politiques dans une perspective de genre
et dans l'élaboration d’autres politiques pro-pauvres et équitables entre les sexes.
Le réseau FEMNET de la femme africaine et l’institut de recherche économique
KIPPRA du Kenya ont collaboré efficacement pour renforcer le dialogue social
sur les questions de genre. FEMNET a demandé à deux chercheurs en
économie du KIPPRA d’analyser le cadre macroéconomique du DSRP du Kenya
dans une perspective de genre et s’est servi des résultats obtenus pour
GDA_FR
11
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
promouvoir un dialogue public sur le genre et la macroéconomie. Il en est
résulté une conscience de la nécessité d’intégrer l’égalité des genres au niveau5
macroéconomique.
9 Exercer des pressions pour que davantage de femmes accèdent à
des postes de prise de décision
Bien qu'un nombre élevé de femmes à la prise des décisions économiques ne fournisse
aucune garantie de politiques plus équitables entre les sexes, il y a des preuves
convaincantes que les priorités, les expériences et les intérêts des femmes seront
exprimés dans la prise des décisions dans une plus grande mesure en de telles
circonstances.
La réservation des sièges pour les femmes dans le gouvernement local de
l’Inde semble avoir eu un impact significatif sur les décisions d’investissement
et a permis de promouvoir les questions que les femmes ont jugées
particulièrement importantes, notamment les infrastructures qui permettent de
gagner du temps.
NON-ECONOMISTS TO NEGOTIATE ERTY REDUCTION STRATEGIES
9 Créer des alliances stratégiques
Plus le nombre de personnes ou d’organisations qui font pression pour changer le cadre
macroéconomique national et international est élevé, plus il est probable d’avoir un
impact positif. Les alliances stratégiques doivent être créées avec les personnes ayant
une telle disposition d'esprit dans les institutions pertinentes.
Au Kenya, un document de conception sur le genre et la réduction de la
pauvreté a été préparé par 30 ONG de femmes au cours de l’élaboration du
DSRP intérimaire. L’examen de ce document dans différents forums a abouti à
l’appropriation commune des sujets. Chaque organisation a mis son expertise,
ses réseaux et ses contacts à disposition. Le réseau a pu élever le nombre de
participants féminin à l’atelier national des parties prenantes sur la préparation
du DSRP intérimaire de 1 à 12. 6 Au Guatemala, une alliance entre le
mouvement des femmes et le « Secretaría de la Mujer » (Secrétariat de la
femme) a permis de reconsidérer le chapitre du DSRP intérimaire traitant de
l’environnement et de l’agriculture dans une perspective de genre.
9 Associer les priorités de genre aux budgets
La création d’alliances et de relations stratégiques peut aussi permettre de s’assurer que
les priorités de la SRP sont traduites en affectations budgétaires. L’expression claire des
besoins différentiels des hommes et des femmes rend plus facile l’intégration des
priorités de l’égalité de genre dans les budgets. Les initiatives budgétaires sensibles au
5
Wandia, M., The Process of Integrating Gender in the PRS Process in Kenya and the Challenges Encountered
by the Gender Lobby Groups: http://www.femnet.or.ke/documents/prsp.pdf.
Were, M. and J. Kiringai, Gender Mainstreaming in Macroeconomic Policies and Poverty Reduction Strategy in
Kenya:
http://www.femnet.or.ke/documents/gender_mainstreaming.pdf.
6
On peut trouver une bonne description du processus de pression et de plaidoyer dans: Shiverenje, Hudson:
Engendering the Interim Poverty Reduction Strategy Paper and MTEF Process: Participatory Policy Making
Approach – The Case of Collaborative Centre for Gender and Development.
http://www.eurodad.org/uploadstore/cms/docs/prsp_gender_kenya.doc
12
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
genre ont utilisées différents outils
macroéconomiques en permanence.
pour
contrôler
l’impact
des
politiques
Le Programme du réseau chargé des questions de genre en Tanzanie a créé
une coalition des parties prenantes ayant une telle disposition d’esprit. Les
activités de budgétisation de genre ont été menées par les équipes de
chercheurs qui comprenaient des activistes du genre, les intellectuels et les
agents de l'État chargés de la planification et de la budgétisation qui ont donné
accès aux données qu’il serait autrement difficile d’obtenir. Au fil des ans, une
grande relation de confiance créée avec le gouvernement a permis des
consultations
informelles
et
l’accès
aux
informations
pertinentes.
(http://www.tgnp.co.tz).
9 Être précis, concentré, réaliste et stratégique
Il peut être complexe de planifier les procédures. La probabilité de changer les ébauches
de politiques augmente si les recommandations sont axées sur des priorités précises et
présentent des implications budgétaires réalistes.
Au Kenya, le Centre de collaboration pour le genre et le développement a pu
faire pression pour l’augmentation des affectations budgétaires dans les
domaines tels que la santé reproductive et la conservation de l'eau rurale en
changeant leur approche. Auparavant, le Centre avait fait des déclarations de
politique générale. Dès qu’il a commencé à présenter des recommandations
concrètes en rapport avec les affectations budgétaires, il est devenu plus
influent. Leurs recommandations étaient basées sur un document d’orientation
portant sur le thème « genre et réduction de la pauvreté au Kenya », soutenu
par une coalition d’environ 30 différentes organisations de femmes.
GDA_FR
13
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL
T3.1:
Analyse de genre de la strategie
reductionde la pauvrete/Swap7
de
1. Qui doit utiliser cet outil et quand
Il s’agit d’un diagramme diagnostic rapide qui peut être utilisé par ces acteurs –
ministères nationaux qui ne sont pas directement chargés de l’élaboration de la politique
en cours d’examen – afin de diagnostiquer « de façon éclairée » la sensibilité au genre
des DSRP et des SWAP.
Le diagramme s’interprète à l’aide d’une approche analytique et en harmonie avec les
principales étapes d'un DSRP, mais moyennant un peu de « créativité » il peut être
appliqué aux programmes sectoriels ou d'autres processus politiques.
2. Comment utiliser l’analyse rapide de genre
Analysez le contenu de la SRP pour avoir une évaluation préliminaire de la sensibilité au
genre du DSRP en termes de :
-
contenu et processus;
-
les différentes phases du diagnostic des politiques à l’évaluation en passant par le
suivi.
-
toutes les quatre dimensions de l’analyse de la pauvreté/contexte (capacités,
opportunités, sécurité, autonomisation).
Vous pouvez vous laisser guider par l’aide-mémoire de l’annexe dans votre analyse.
Cette approche vous permettra de déterminer si:
-
vous devez passer à une analyse plus approfondie de l'impact éventuel de la
politique sur le genre (par exemple en utilisant des aide-mémoire plus détaillés
fournis sous forme d’outils T1 ou T4);
-
Des mesures nécessitent d’être renforcées dans certaines dimensions;
-
dans certains secteurs, il y a de bons exemples qui peuvent être utilisées pour
« répandre la bonne pratique ».
3. Comment utiliser les notes
Notez chaque phase (et ses différents composants analytiques) sur la sensibilité au genre
du contenu d’un DSRP et les processus sous-jacents y définis.
-
-
SC = notation du contenu (sur une grille de 0 à 3), sur la base de la
présence/absence d’une discussions sur les questions de genre:
0
=
impossible de préciser sur la base des informations disponibles
1
=
questions de genre totalement absentes, non mentionnées
2
=
référence marginale au genre au genre
3
=
discussion approfondie des questions de genre
SP = notation du processus (sur une grille de 0 à 2), sur la base de la
présence/absence de l’expertise en condition féminine/questions de genre au sein des
différentes phases du processus de DSRP:
0
=
impossible de préciser sur la base des informations disponibles;
7
Adapté de HOLVOET, N. (2007) New opportunities for gender equality?! PRSPs and SWAPs from a gender
perspective, Commission on Women and Development, Bruxelles.
14
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
1
=
absence de l'expertise en condition féminine et ou en questions de
genre dans le processus
(ministère du genre, points focaux du genre,
groupes de femmes, le mouvement des femmes, les femmes individuelles);
2
=
présence de l'expertise en condition féminine et ou en questions
de genre dans le processus
GDA_FR
15
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles au genre
Boîte à outils
ANALYSE RAPIDE DE GENRE
Évaluez la sensibilité au genre des phases et des dimensions suivantes de la stratégie de réduction de la pauvreté ( 0 = ABSENTE à 3 = ÉLEVÉE) (1) (2)
Diagnostic et analyse (de la pauvreté)
CONTENU
PROCESSUS
Pauvreté basée sur les données monétaires
Identification des
et des stratégies
priorités
SC
Capacités
Capacités:
Évaluer la sensibilité au genre dans le
secteur
des
services
publics,
plus
précisément: éducation, santé, eau et
assainissement, énergie, transport
SC
Avec
une
autre
répartition éventuelle par
secteur
Opportunités:
Avec une autre répartition éventuelle par
secteur, plus précisément: emploi et
rémunérations, participation au marché du
travail, PME, accès aux facteurs de
production et leur contrôle (ex., capital et
pays)
SC
Opportunités avec une
autre
répartition
éventuelle par secteur
SC
Sécurité:
Avec une autre répartition éventuelle par
vulnérabilité aux risques économiques,
pénurie alimentaire, violence, risques
environnementaux
SC
Sécurité:
Avec
une
autre
répartition éventuelle
SC
« Voix » individuelle et collective et
agence
(« autonomisation):
Avec une autre répartition éventuelle au
niveau du ménage, de la communauté,
national
SC
SP(2)
« Voix » individuelle et
collective et agence
(« autonomisation):
Avec
une
autre
répartition éventuelle
SP
SC
SC
Budgétisation
oeuvre
et
mise
en
Suivi et évaluation
Cadre
macroéconomique
général
et
cadre
de
dépenses à moyen terme
(CDMT)
SC
Système
suivi
d’évaluation
de
et
SC
SC
Instruments de
suivi et
d’analyse
(instruments pour
la collecte des
données et
l’analyse)
SC
SC
Cibles
indicateurs,
possible
distinguant:
SC
Budgétisation et
affectation de ressources
Si possible, faites la
différence entre:
-Capacités
-Opportunités:
-sécurité
-voix/agence
ou entre les secteurs
Questions de mise en
oeuvre (identification des
programmes précis, des
modalités précises des
services, etc.):
Si possible, faites la
différence entre:
- Capacités
- Opportunités:
- sécurité
- voix/agence ou entre les
secteurs
SP
(1): SC: Notation de la sensibilité au genre du contenu (analyse sur la base du DSRP et attribution d’une note sur une grille de 0 à 3)
(2): SP: Notation de la sensibilité au genre du processus (analyse sur la base du DSRP et attribution d’une note sur une grille de 0 à 2)
- Capacités
- Opportunités:
- sécurité
- voix/agence
ou entre les
secteurs
SP
et
si
en
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL T3.2: Aide-memoire pour analyser la SRP ou les
swap selon genre
PROCESSUS
Dans quelle mesure les experts condition féminine et/ou en question de
genre participent au processus de DSRP/SWAP, et précisément:
9 au stade de diagnostic, d’identification, de planification, de budgétisation,
de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation?
9 en termes de divers niveaux de participation: diffusion de l’information,
consultation et contribution effective?
9 à plusieurs niveaux: au sein du ménage (ex. dans cadre des questionnaires
destines aux ménages), au sein de la communauté, au niveau sectoriel
(institution sectorielles), au niveau national (gouvernement central, les
ONG nationaux, les institutions financières…) ?
9 dans les processus internes et externes au gouvernement?
9 en ce qui concerne la participation des acteurs traditionnels du genre et la
contribution de l’expertise en question de genre des acteurs classiques
impliqués dans les processus de DSRP/SWAP)?
9 en termes de participation individuelle des femmes et des experts en
questions de genre et de participation des groupes de femmes?
9 selon le revenu, la situation géographique, l’ethnicité, la caste, l’âge, la
religion?
Comment les processus participatifs sont organisés et prévus aux
différents niveaux (macro, méso, micro)? - Et précisément:
9 La mise en place (choix du moment, lieu, format) des processus
consultatifs et la consultation des parties prenantes intègrent-elles les
expériences vécues dans les processus participatifs antérieurs (ex. leur
succès en terme d’inclusion)?
9 les efforts sont-elles déployés pour faciliter les divers degrés de
voix/d’agence dont jouissent les divers groupes (c’est-à-dire selon le genre)
dans la société (stratégie à court terme)?
9 des mesures précises sont-elles prises pour renforcer la voix/agence des
groupes qui ont actuellement une note plus faible (stratégie à long terme)?
Quelles sont les capacités des experts en condition féminine/questions de
genre impliqués dans les processus, en distinguant les situations internes
et externes au gouvernement, et précisément en matière de:
GDA_FR
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
9 compétences d’analyse de genre?
9 les compétences en analyse de politique générale, en planification, en
budgétisation, en suivi et en évaluation?
Quelles sont les capacités des « institutions/défenseurs de l’égalité des
genres » internes et externes au gouvernement en termes de:
9 compétences d’analyse de genre?
9 les compétences en analyse de politique générale, en planification, en
budgétisation, en suivi et en évaluation?
Quelles sont les capacités des acteurs classiques (en distinguant les
situations internes et externes au gouvernement) en termes de:
9 sensibilité au genre et compétences d’analyse?
9 les compétences en analyse de politique générale, en planification, en
budgétisation, en suivi et en évaluation?
CONTENU
9 Les questions de genre sont-elles bien analysées à travers le texte ou se limitentelles à des références éparses et sélectives?
9 Quelles parties prenantes participent au débat sur les questions de genre? Les
questions de genre sont-elles intégrées dans les contributions des différents
acteurs?
Diagnostic et analyse
9 Le diagnostic et/ou l’analyse de la pauvreté prennent-elles en considération les
questions de genre dans les différents secteurs ou dimensions de la pauvreté?
Prennent-ils en compte le fait que les hommes et les femmes ont tâches et des
attributions de temps différentes, différentes proportions de travail rémunéré et
non rémunéré, des droits, des obligations, des besoins, des limites et des
opportunités différents?
9 Les sources existantes d’indicateurs et d’analyse
de genre sont-elles utilisées
(bases de données nationales et bases de données internationales telles que le
PNUD, l’IDSDH ou le MEC, Banque mondiale Genderstat, indice sur l’inégalité
entre les sexes du Forum économique mondial)?
9 Les méthodes de collecte données existantes intègrent les dimensions de genre
par:
18
l’utilisation des indicateurs ventilés par sexe?
l’utilisation des indicateurs pour circonscrire l’étendu des inégalités de sexe?
l’inclusion des indicateurs qui pourrait mesurer les inégalités de genre (ex.
liées à la santé reproductive et sexuelle)?
mappage des différences intra-ménage dans les questionnaires destinés aux
ménages?
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
9 Y a-t-il des différences dans la façon dont le genre est considéré dans l’analyse
des différents secteurs? Pourquoi?
9 l’évaluation pays du genre et les analyses existants au niveau national ou d’autres
rapports sont-ils préparés par le Ministère du genre (rapport de la CEDAW) auquel
on fait référence?
9 Les cadres d’analyse de genre existants (Harvard, Moser) sont-ils appliqués au
niveau local/méso?
Identification des priorités et des stratégies
9 Les priorités et les cibles sont-elles définies par les politiques internationales (ex.
OMD)/nationales/sectorielles de l’égalité des genres examinées et intégrées dans
la définition des priorités?
9 Dans quelle mesure les résultats du diagnostic (sensible au genre) doivent-ils être
pris en compte à l'étape d'identification des priorités et des stratégies.
9 Dans quelle mesure les priorités et les stratégies prennent-elles en considération
la
relation
d’influence
mutuelle
« développement » ? En particulier:
entre
« (in)égalité
de
genre »
et
Reconnaît-on que les hommes et les femmes peuvent être affectés
diversement par chaque politique/programme?
Les mesures politiques/programmes examinent-ils leur impact éventuel sur
le domaine reproductif non rémunéré?
L’influence des relations/déséquilibres de genre existants est-elle prise en
compte dans l’évaluation de l’impact, de l’efficience, de l’efficacité et de la
viabilité probables des mesures prévues?
9 Des mesures sont-elles définies au niveau des besoins pratiques ou stratégiques
du genre?
9 Les priorités et les mesures
identifiées dans les rapports officiels existants
élaborés par le ministère du genre et/ou les cellules de genre au sein des
ministères responsables sont-elles prises en considération?
9 Des activités sont-elles organisées pour renforcer le cadre institutionnel chargé
d’intégrer la dimension de genre dans les diverses phases du DSRP/SWAP?
9 Y a-t-il des différences par secteur entre l’ampleur de l’intégration du genre dans
l’identification des priorités et des stratégies? Pourquoi?
Budgétisation et mise en oeuvre
9 Les priorités et les stratégies sensibles au genre sont-elles identifiées dans la
phase précédente et les ressources nécessaires y sont-elles allouées?
9 Les priorités et les stratégies sensibles au genre identifiées dans la phase
précédente sont-elles également associées aux mécanismes de mise en oeuvre et
de gestion?
9 La dimension de genre est-elle intégrée dans les cadres de gestion axée sur les
résultats (notamment les cadres logiques)?
GDA_FR
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
9 La dimension de
genre est-elle intégrée dans le Cadre de dépenses à moyen
8
terme (CDMT)?
Indicateurs, suivi et évaluation
9 Dans quelle mesure les indicateurs sont-ils ventilés par sexe? Y a-t-il des
différences entre différents secteurs?
9 Des indicateurs spécifiques sont-ils ajoutés pour le suivi et l’évaluation des
mesures au niveau de la promotion de l’égalité des sexes?
9 Dans quelle mesure la dimension de genre est-elle intégrée dans les
approches/instruments utilisés pour le suivi et l’évaluation? Dans quelle mesure,
par exemple, la dimension de genre est-elle intégrée à:
l’analyse de l’incidence de profit des services publics et des budgets
correspondant?
évaluation de la prestation de service par les usagers (potentiels) –
enquêtes sur la fourniture des services.
enquêtes sur les ménages?
Examen des dépenses public (EDP)?
analyses de l’impact?
9 Dans quelle mesure les résultats du suivi et de l’évaluation sont aussi intégrés
dans les périodes suivantes des DSRP et des SWAP (nouveau diagnostic,
identification des priorités, etc.)?
8
Pour les outils permettant d’élaborer des CDMT sensibles au genre, consultez HOLVOET (2006) .
20
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL T4: Aide-mémoire de l’analyse ex ante de la
sensibilité au genre des stratégies de
réduction de la pauvreté, des programmes
sectoriels
et
des
politiques
macroéconomiques.
Qu’est-ce que cet outil et comment peut-on l’utiliser?
Cet outil est principalement basé sur un aide-mémoire conçu en mars 2003 à la
« Réunion d’experts sur l’intégration des questions sexospécifiques dans les DSRP
de plusieurs pays africains choisis » (2006) Gender Guide to IMF/World Bank
Lending, pp. 32– 36.
Il peut être utilisé pour analyser le contenu des documents de politique et de
programme et leurs mesures de reformes proposées, par tous ceux qui désirent
accéder à l’impact probable des reformes politiques au niveau macroéconomique
et sectoriel.
Le cadre macroéconomique des stratégies de réduction de la pauvreté
Les politiques macroéconomiques ont pour but de garantir la stabilité des prix, le plein
emploi et un équilibre entre les importations et les exportations en recourant aux
mesures fiscales, monétaires et de change. Bien que l’accent soit mis sur des variables
très agrégées telles que le Produit intérieur brut, l’investissement, l’épargne et la balance
de paiements, les résultats empiriques révèlent que l’impact des politiques
macroéconomiques sur les ménages et les individus n’est pas neutre sous l’angle de
l’égalité entre les sexes.
QUESTIONS DIRECTRICES
Les questions directrices suivantes sont conçues pour éclaircir l’impact sexospécifique des
politiques macroéconomiques et structurelles et plaident en faveur d’une élaboration
sensible au genre des mesures politiques.
1.
Diagnostic de la pauvreté
9 Comment le profil de pauvreté définit-il la pauvreté? La pauvreté est-elle
comprise comme un état d’être ou comme une relation sociale? Ce profil prendelle en considération l’idée selon laquelle la pauvreté est un phénomène
multidimensionnel?
9 Quelles sont les lacunes éventuelles de l’analyse? La stratégie s’attaque-t-elle aux
causes qu’elle identifie?
9 La stratégie identifie-t-elle l’inégalité de genre comme un facteur clé entraînant la
pauvreté? La pauvreté a-t-elle été analysée comme un phénomène sexospécifique?
Prend-elle en compte les diverses manières différentes dont les hommes et les
femmes vivent la pauvreté, notamment les processus par lesquels ils
s’appauvrissent ou sortent de la pauvreté?
9 Que révèle le profil de pauvreté sur les différentes dynamiques ? Sur la base de
l’analyse, peut-on saisir le rôle du genre dans le processus d’appauvrissement?
GDA_FR
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
9 Les questions de genre sont-elles examinées comme un chapitre à part ou sontelles intégrées dans toutes les discussions? Le genre est-il un simple ajout ou estil complètement intégré dans le cadre macroéconomique?
9 Quels types de données ventilées par sexe ont été fournies et où sont les
principales disparités, en tenant compte du revenu, du salaire, du taux de
participation, de l’accès à l’éducation, de la santé, de l’âge, des différences
ethniques et régionales, des différences rurales et urbaines.
9 Comment les pauvres ont-ils été conceptualisés: comme des catégories abstraites,
homogènes (pauvre, main-d’œuvre, paysans) ou groupes différenciés? Le point
de vue de qui est considéré comme le point de départ des analyses?
9 Comment la stratégie mesure-t-elle la pauvreté, et ces mesures saisissent-elles
convenablement les disparités de sexe? Par exemple, les données sur la pauvreté
au niveau des ménages éclipse les différences de genre intra-ménage en termes
d’accès aux ressources.
9 Les femmes sont-elles considérées comme une catégorie homogène ou bien les
différences basées sur la classe, la race, l’ethnie, l’âge, l’affiliation politique et le
lieu (rural/urbain) sont-elles gérées?
9 Les femmes sont-elles taxées de groupe vulnérable? Si oui, comment leur statut
en tant que groupe économiquement actif en est-il affecté?
9 Dans un rapport sur la Bosnie Herzégovine (BiH), les ménages à chef féminin
semblent être dans une situation plus avantageuse que les ménages à chef
masculin. Quelles raisons pourraient expliquer cette divergence? Quelles sont les
implications pour les politiques du DSRP de la BiH?
9 Comment le ménage a-t-il été conceptualisé: comme une équipe dont le mari est
le soutien de la famille et la femme une personne à charge ou bien comme un
partenariat entre deux soutiens de famille? Comment la compréhension que la
stratégie a de la structure familiale informe-t-elle la politique du bien-être
économique et social?
2.
Cadre macroéconomique
Reforme fiscale
9 Quel genre de reforme fiscale la stratégie favorise-t-elle et dans quelle mesure
influenceront-ils différemment les hommes et les femmes?
9 Quels services le gouvernement supprimera-t-il en réduisant les dépenses
gouvernementales, et les hommes et/ou les femmes bénéficient-ils de ces
services?
9 Le travail non rémunéré des femmes est-il mesuré et pris en compte?
9 Quels sont les liens et les options entre l'économie des soins non rémunérés et
l'économie formelle? Le travail non rémunéré des femmes compense-t-il la
réduction des dépenses publiques?
9 La TVA est une mesure régressive d’imposition, autrement dit elle taxe de façon
disproportionnelle les personnes à faibles revenus. Quel sera l’impact de la
réforme fiscale et de la TVA sur les femmes et les hommes pauvres? Comment les
effets négatifs peuvent-ils être atténués ou réduits de façon significative? Les
produits alimentaires de base et d’autres nécessités tels que les vêtements, les
médicaments et les fournitures scolaires des enfants sont-ils exemptés de TVA?
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GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
Politique de taux de change et ciblage de l’inflation
9 Les politiques macroéconomiques adoptées auront-elles un effet inflationniste ou
déflationniste? Quels sont les secteurs les plus affectés par l’inflation ou la
déflation? Les femmes ou les hommes sont-ils plus concentrés dans ces secteurs?
9 Comment les habitudes de consommation des hommes et des femmes diffèrentelles et comment les consommateurs féminins et masculins sont touchés en
augmentant et en réduisant les prix? Comment les fluctuations de prix affectentelles la sécurité alimentaire des hommes et des femmes, des garçons et de filles
au sein des ménages pauvres?
Les changements en termes de sécurité
alimentaire ont un impact plus considérable sur les ménages à chef masculin ou
féminin?
9 Les reformes entraîneront-elles plus de femmes que d’hommes dans le secteur
informel ou bien l’inverse, et quel est l’impact de l’informalisation sur la sécurité
sociale des femmes et des hommes?
9 Quels sont les secteurs les plus affectés par la dévaluation du taux de change?
S’agit-il des secteurs dans lesquels les hommes ou les femmes sont concentrés?
9 Les taux d’épargne et les méthodes des hommes et des femmes diffèrent-ils?
Comment seront-ils affectés par les politiques macroéconomiques?
Croissance et stabilité macroéconomique
9 Quelle est l’option entre la stabilité macroéconomique et la fourniture des services
de bien-être social? De quelles manières ont-elles un impact différent sur les
hommes et les femmes?
9 Quels types de stratégies, de mesures et de projets de lutte contre la pauvreté
peuvent atténuer ces effets?
9 Quels sont les services clés ou niveau de service qu’on ne saurait compromettre
ou permettre de chuter en deçà d'un seuil critique? Quel est ce seuil?
9 Le budget de la stratégie inclut-il un ciblage de genre pour réduire les inégalités
d’accès aux opportunités et aux services?
Rationalisation, libéralisation et privatisation
9 Comment les politiques macroéconomiques affectent-elles l’emploi général?
Comment les marchés du travail sont-il divisés par sexe? Quelles sont les
proportions de la participation féminine et masculine dans la population active et
quels sont les taux d’emploi? Quels sont les ratios hommes/femmes des
travailleurs dans l’agriculture, la manufacture, les services le secteur informel et
d’autres domaines? Lesquels de ces secteurs connaîtront une augmentation ou
une baisse de l’emploi? Les femmes ou les hommes sont-ils licenciés de façon
disproportionnelle en termes relatifs? Quel genre de sécurité sociale y a-t-il pour
les femmes et les hommes licenciés?
9 Quel est l’impact sur la structure familiale dans laquelle les hommes sont absents
du ménage et travaillent à une distance qui les empêche de faire la navette?
9 Quel est l’écart de salaire entre les femmes et les hommes? Se réduit-il ou
s’agrandit-il? Quel sera l’impact de la stratégie, des politiques économiques sur
l’écart des salaires?
9 Quels sont les secteurs les plus affectés par les politiques de libéralisation? Qui
sera perdant et qui sera gagnant?
GDA_FR
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
Reforme de l’administration publique et renforcement des institutions
9 Les femmes ou les hommes sont-ils la majorité des employés du secteur public?
Quel est/serait l’effet selon le sexe de la réduction des effectifs du secteur public?
9 Quelle est la répartition des hommes et des femmes dans les divers grades du
service civil?
9 Quels types de reforme juridique cette stratégie propose-t-elle? Y a-t-il un accent
sur la protection des droits de la propriété privée et de la propriété intellectuelle
ou bien ces reformes protègent les femmes et les filles vulnérables? Les violences
envers les femmes et la violence conjugale est-elle illégale? A quel âge une fille
peut-elle se marier légalement? Quelles sont les différences basées sur le sexe
dans le droit successoral et le droit de propriété?
La loi formelle est-elle
harmonisée avec la loi classique, ou bien y a-t-il réellement deux systèmes
juridiques en place?
Investissement privé
9 Quel genre d’investissement privé la stratégie favorise-t-elle? Quel sera l’impact
de l’investissement en matière d’emploi sur les hommes et les femmes
respectivement? Les femmes et les hommes ont-ils les capacités égales pour
répondre et bénéficier de nouvelles opportunités économiques? Quelles sont les
différences en termes de capacités? Qu’en est-il de la migration?
9 Quels changements seront nécessaires dans le cadre juridique et institutionnel
pour permettre aux femmes et aux hommes de tirer partie des nouvelles
opportunités macroéconomiques? Le gouvernement a-t-il une législation du travail
adaptée? Qu’en est-il des droits de l’homme?
9 Le cadre réglementaire, par exemple les politiques de prêt, est-il discriminatoire à
l’égard des femmes?
9 Quelles sont les stratégies visant à surmonter ces barrières, et sont-elles
intégrées dans le plan de développement?
9 Les femmes et les hommes jouissent-elle d'une égalité d'accès à l'assistance
juridique et à l'information?
9 Quelles opportunités y a-t-il pour les femmes et les hommes de lancer, de
développer et de gérer des micro-, petites, moyennes et grandes entreprises?
Quelles sont les barrières liées au genre ou revenu auxquelles ces opportunités se
heurtent? Les femmes jouissent-elle d’une égalité d’accès au crédit?
9 Quelle est la proportion des femmes et des hommes qui font dans l’auto-emploi
ou qui gèrent de micro-entreprises?
Échanges
9 Quel sera l’impact des réductions tarifaires sur les fermiers, les entrepreneurs et
d’autres travailleurs pauvres? Les réductions tarifaires
augmenteront les revenus des hommes et des femmes?
baisseront
ou
9 Quels sont les secteurs les plus affectés par les politiques de libéralisation des
échanges? Les femmes ou les hommes sont-ils plus concentrés dans ces secteurs?
9 La libéralisation résulte-t-elle en gains ou en pertes de revenus et d’emplois? Qui
est gagnant ou perdant?
9 La division par sexe du travail a-t-elle un impact sur la réponse du côté de l’offre
à la libéralisation des échanges?
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GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
9 Les politiques d’approvisionnement des CDMT intègrent-elles les programmes
d’actions affirmatives ciblant les entreprises dirigées par les femmes.
3.
Stratégies sectorielles: Agriculture et foresterie, industrie et tourisme
Gestion agricole et forestière
9 Les femmes jouissent-elles au même titre que les hommes du droit de posséder,
d’acheter et de vendre du terrain?
9 Quelle est la division du travail dans l’agriculture? Quelles plantes sont cultivées
par les hommes et lesquelles par les femmes?
9 Quels sont les rôles, les capacités techniques, les modes d’appropriation foncière
respectifs des hommes et des femmes et l’accès à la technologie et au crédit, les
services de vulgarisation et les moyens de productions?
9 Quelles sont différences en matière de productivité par sexe?
9 Les subventions agricoles proposées cibleront-elles les paysans et les paysannes
de manière à promouvoir l’égalité de genre ou à renforcer l’inégalité?
9 D’autres investissements en matière d’agriculture et de foresterie ciblent-ils les
femmes ou les hommes en priorité?
9 Les femmes et les hommes ont-ils les mêmes perspectives pour répondre aux
nouveaux systèmes de primes dans le secteur agricole? Les normes et les valeurs
socioculturelles imposent-elles les mêmes contraintes sur les femmes et les
hommes? La division sociale du travail tels que les responsabilités des soins à
l’enfant et l’accès aux droits de la propriété aura-t-il un impact sur leur capacité à
entreprendre de nouvelles opportunités économiques.
Manufacture et agro-industrie
9 Les hommes ou les femmes prédominent-ils dans les industries stratégiques tels
que le façonnage du bois, la transformation des produits alimentaires, le textile,
les produits en cuir et les chaussures, le travail du métal, les industries
d’extraction, le tourisme, l’énergie et les technologies de l’information et de la
communication (TIC)?
9 Est-il nécessaire de cibler la formation sur la réalisation de l’égalité de chances?
Envisager la conception de la formation et des programmes sociaux pour les
travailleurs masculins et féminins.
Le tourisme et le secteur des services
9 Comment les femmes et les hommes seront affectés par les investissements dans
le tourisme? Par exemple, la prostitution est-elle résultat éventuel de la
croissance dans ce secteur? La prostitution est-elle légale? Si oui, des services
médicaux sont-ils disponibles?
9 Quelles différences y a-t-il dans le les rôles que la stratégie prévoit pour les
hommes et les femmes en termes de sécurité de l’emploi et création de revenus?
9 La stratégie soutient-elle les rôles de production des revenus des hommes et des
femmes dans la gestion des hôtels et les entreprises liées au tourisme, les
marchés de l’artisanat et le guide touristique?
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
4. Création des infrastructures: Transport, électricité et énergie, télécoms et TIC
et industries extractives
Transport
9 Quelles doivent être les priorités d’investissement pour la construction des routes
et des chemins de fer? Les investissements dans le transport visent à renforcer
l’accès aux écoles, aux installations sanitaires, aux marchés locaux et aux autres
services ou accroître les exportations?
9 Qui décide par où les routes doivent passer? Les hommes et les femmes
participent-ils au même titre à la prise des décisions?
9 Quelles industries de transport sont en cours d’examen pour la privatisation et
quelles seront les privatisations d’une telle mesure pour les femmes et les
hommes pauvres?
Électricité et énergie
9 Les stratégies visant à délier l’énergie et à privatiser la production et la
distribution de l’électricité surchargeront-elles les femmes et les hommes pauvres?
9 Les prix de l’énergie augmenteront-ils? Si oui, quels sont les impacts de genre sur
la subsistance des hommes et des femmes pauvres? Les nouveaux tarifs de
l’énergie drainent-ils les ressources financières rares dans les ménages pauvres?
9 Comment la privatisation influencera-t-elle l’équilibre de genre des employés dans
le secteur de l’énergie, au niveau inférieur et supérieur ? Y a-t-il des lois ou des
pratiques encourageant des sociétés d’électricité à recruter les femmes?
Pourraient-elles changer ? A Delhi, en Inde, les femmes occupent plus de 5% des
100 premiers postes des sociétés d’électricité privées.9
9 Les hommes et les femmes des zones rurales et urbaines bénéficient également
de la mise en œuvre de la stratégie pour fournir l’électricité à tous les citoyens?
Télécommunications et TIC
9 Analyser les couvertures téléphonique et Internet pour déterminer si elles sont
également accessibles aux femmes et aux hommes en zones urbaines et rurales.
9 Quel sera l’impact de la libéralisation du secteur des télécommunications pour les
femmes et hommes qui vivent dans la pauvreté?
Industries d’extraction
9 Si la stratégie englobe des mégaprojets ou des investissement dans des
industries d’extraction telles que les mines, le pétrole ou le gaz, quels sont les
éventuels effets selon le genre?
9 Pour qui le projet créera-t-il des emplois et qui bénéficiera du produit?
9 Comment le projet aura-t-il un impact sur les droits et la subsistance des
hommes et des femmes?
9
Les auteurs remercient Virender Kumar de North Delhi Power Limited d’avoir soulever ces questions
essentielles.
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GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
5. Santé
9 Quel préjugé (le cas échéant) prédomine dans le secteur des services de la santé?
Les femmes et les hommes des zones rurales et urbaines bénéficient-ils
également des dépenses publiques sur les services de santé? Quelles mesures
peut-on prendre pour éliminer tout préjugé sexuel dans les soins de santé?
9 Dans quelle mesure les priorités du secteur de la santé reflètent-elles les besoins
respectifs des hommes et des femmes?
9 Les femmes ou les hommes pauvres ont-ils une charge plus lourde en raison de la
privatisation des services de santé?
9 Les femmes et les hommes jouissent-ils d’une égalité d’accès aux soins de santé?
Étant donné que l'assurance santé est généralement accessible par le biais de
l’emploi formel, les femmes ou les hommes sont-ils concentrés dans l’économie
formelle? Quel genre domine l’économie informelle et s’appuie donc sur les
services de santé publique?
9 Comment la méfiance ethnique ou politique dans les services médicaux affecte les
hommes et les femmes?
9 Comment les produits pharmaceutiques sont-ils distribués? Les médicaments
génériques sont-ils disponibles? Les médecins donnent-ils et vendent-ils aussi les
médicaments?
9 Quels groupes vulnérables n’ont pas accès aux services médicaux? Comment le
genre traverse-t-il chacun de ces groupes?
9 Quel est le lien entre les besoins et la capacité à accéder aux soins spécialisés ou
de qualité? Qu’en est-il des soins prénataux et postnataux et de la santé sexuelle?
Quelle est la demande en services psychologiques et quelles ressources y a-t-il
pour la santé mentale des groupes vulnérables, autrement dit les réfugiés, les
personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et d’autres personnes?
Quelle est la proportion des femmes et des enfants qui compose ces groupes? La
stratégie favorise-t-elle ou entrave-t-elle l’accès des femmes et des hommes à ces
services?
9 Comment la distance des services modèle-t-elle l'établissement des priorités de
l’accès basé sur le genre au sein des ménages individuels?
9 Quels problèmes environnementaux affectent les hommes et les femmes
différemment?
Comment
environnementaux?
la
stratégie
aborde-t-elle
les
problèmes
6. Éducation
9 Quelles sont les différences garçons/filles les plus significatives dans l’éducation à
tous les niveaux: primaire, secondaire, universitaire, formation technique et
professionnelle? Les hommes et les femmes des campagnes ont-ils accès à
l’éducation?
9 Comment les différences filles/garçons dans l’éducation divisent les marchés du
travail?
9 Quelles stratégies peuvent assurer un système éducatif qui fait la promotion de
l’égalité de genre au sein de la salle de classe?
9 Les enseignants sont-ils en majorité hommes ou femmes et comment la reforme
aura-t-elle un impact sur ce ratio? Y a-t-il des mesures incitatives pour que les
hommes et les femmes restent dans cette profession?
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
9 Des
inconvénients existent-ils en termes de
technologique pour les femmes ou les hommes?
formation
scientifique
ou
7. Transferts sociaux
9 Comment la réduction des dépenses gouvernementales a-t-elle un impact sur les
transferts sociaux destinés aux femmes, aux hommes et aux enfants à faibles
revenus?
9 Les transferts sociaux notamment les droits des vétérans, l’assurance-chômage,
la prestation de retraite et d’autres formes de protection sociale traitent-ils les
femmes et les hommes en termes égalitaires?
9 La stratégie comble-t-elle les besoins des victimes de viols en temps de guerre et
d'autres violences basées sur le sexe à travers les programmes d'assistance ciblée?
9 Les programmes d’assistance pour personnes déplacées et
combattants
démobilisés sont-ils sensibles au genre? Si non, comment peuvent-ils mieux tenir
compte de ces différences basées sur le sexe?
8. Eau
9 La stratégie est-elle basée sur une analyse sociale intégrée, ventilée par sexe de
l’utilisation de l’eau?
9 Comment les hommes et les femmes pauvres seront-ils affectés par la
privatisation de l’eau ou d’autres reformes dans la gestion de l’eau? Généralement,
la privatisation de l’eau fait passer l’accès des usagers de moindre valeur
(agriculteurs de subsistance) aux usagers de grande valeur (agro-industrie,
industrie).
9 Le prix de l’eau réduira-t-il l’accès de quelques groupes particuliers?
9 La stratégie intègre-t-elle un développement à grande échelle de l’infrastructure,
notamment les grands barrages? Les codes de bonnes pratiques telles que les
directives de la Commission mondiale des barrages sont-ils pris en compte?
9 Les hommes et les femmes participeront-ils en termes égalitaires dans les
structures de prise des décisions de la gestion de l'eau? Le pouvoir de négociation
est-il égal? La participation ne signifie pas toujours que les femmes ont le pouvoir
d’influencer les décisions.
9 L’assainissement (sensible au genre) fait-elle partie de la stratégie?
9 Tous les hommes et toutes les femmes jouissent-ils d’une égalité d’accès à l’eau
potable? i non, comment la stratégie peut renforcer l’égalité?
9 Les droits de l’eau sont-ils liés aux droits fonciers? Quand il en est ainsi, il en
résulte généralement une inégalité d’accès aux ressources en eau, étant donné
que les droits fonciers sont concentrés dans les mains des hommes?
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL T5: Notions clés de l’analyse et du suivi des
budgets dans une perspective de genre10
Qui doit utiliser ces outils et quand
Ces outils peuvent être utiles à toutes les parties prenantes engagées
dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi d’une politique de lutte
contre la pauvreté ou programme de développement au niveau
national ou sectoriel.
1. Le cadre des trois catégories de dépenses de Budlender et Sharp11
Cette approche est utile pour structurer l'analyse des dépenses dans une perspective de
genre. C’est un bon point de départ dans la mesure où elle montre les différences en
importance entre les catégories de dépenses. Cette approche distingue:
1. Les dépenses sexospécifiques
2. Les dépenses liées aux opportunités d’égalité dans l’emploi (programmes visant le
changement au sein du gouvernement)
3. Les dépenses générales
I. Les dépenses sexospécifiques
Il s’agit des dépenses qui ciblent précisément les hommes ou les
femmes dans le but de combler leurs besoins particuliers. Il peut
parfois être nécessaire de libérer les hommes et les femmes en
particulier des contraintes sexospécifiques qui pèsent sur leur
participation dans cadre socioéconomique.
Exemples de dépenses sexospécifiques:
9 Les dépenses sur l’hygiène féminine dans les écoles primaire
9 Les dépenses sur les enseignantes dans les écoles primaires
9 Les dépenses sur les mesures visant à accroître la participation des
femmes à des emplois techniques.
9 Les dépenses sur les mesures qui encouragent la participation des
hommes à des activités de santé reproductive
10
Adapté de HOLVOET, N. (2006) Gender Budgeting: its usefulness in programme-based approaches to aid, EC
Briefing Note, pp. 10-13.
11
BUDLENDER D. et R. SHARP avec K. ALEN (1998). How to do a gender-sensitive budget analysis:
contemporary research and practice. Secrétariat du Commonwealth et AusAID, Londres et Canberra
GDA_FR
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
Question(s) d’analyse éventuelle(s)
Le poids relatif des dépenses sexospécifiques dans le budget général et
au sein des différents secteurs. Les dépenses sexospécifiques sont
généralement une petite catégorie.
Exemple
Une analyse réalisée en Bolivie indique que de l'investissement public
total en 1998, 4,6% était l’investissement ciblant l’équité de genre
(plus précisément, les dépenses ciblées sur les femmes).
Au niveau sectoriel, une analyse a révélé que l’«investissement sur
l’équité de genre » représentait:
9 21,2% des dépenses dans le secteur de l’éducation et de la
culture;
9 36% des dépenses dans le secteur de la santé et de la sécurité
sociale;
9 2,6% des dépenses dans le secteur agricole;
9 tandis que dans d’autres secteurs (mines, industrie et tourisme,
hydrocarbures, énergie, transports, communications, hygiène
élémentaire, développement urbain et habitat, ressources en eau et
« multisectoriels ») il n’y avait aucun investissement axé sur le
genre.
Source Martha Gutiérrez (2004). Public budgets with a gender approach: a look
at the national budget of Bolivia and the municipal budget of La Paz in UNIFEMAndean Region (2004). Gender-sensitive budgets in Latin America:
Accountability for Equity and Transparency.
II. Les dépenses liées aux opportunités d’égalité dans l’emploi
Il s’agit des dépenses visant à fournir des opportunités d'égalité dans
l’emploi du gouvernement.
Elles peuvent aussi avoir un effet
secondaire sur la population, étant donné que les formes d'emploi au
sein du service public peuvent affecter la sensibilité générale de la
fourniture des services.
Questions d’analyse éventuelles:
9 si les formes d’emploi dans chaque ministère reflètent les principes
d’égalité de chances (parité salariale, avancement de
grade/carrière, type de contrat de travail, etc.);
9 mode d’emploi selon le genre au sein des institutions publiques de
fourniture de services (police, services de chômage, système
éducatif, etc.);
9 représentation sexospécifique dans les commissions, les conseils
consultatifs (en distinguant les conseils rémunérés et les conseils
30
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
volontaires);
9 initiatives spéciales de promotion de l’égalité des chances dans
l’emploi;
9 le poids relatif de cette catégorie de dépenses au sein des
dépenses générales.
Exemple
Une analyse des formes d’emploi dans les ministères fédéraux belges
indique qu’en juin 2000 les femmes et les hommes représentaient
respectivement environ 46% et 54% d’employés du gouvernement
fédéral.
La ventilation des chiffres sur cinq différents niveaux (de paiement) a
révélé que 33% d’employés au niveau 1 (le niveau de salaire le plus
élevé) étaient les femmes, tandis que 75% d’employés au niveau 5 (le
niveau de salaire le plus bas) étaient les femmes.
Source Ministère Fédéral de la Fonction Publique, Service d’Administration
Générale (2001). Aperçu des effectifs du secteur publique au 1er janvier 2000,
au 30 juin 2000 et au 1er janvier 2001, cité par Cecchini, Cornet et Holvoet
(2002).
III. Les dépenses générales
Il s’agit des dépenses budgétaires générales ou classiques sur la
fourniture des biens à la population dans l’ensemble.
Questions d’analyse:
Cette catégorie de dépenses peut faire l’objet de l’analyse budgétaire
sexospécifique, en d’autres termes une évaluation des effets
sexospécifiques des dépenses générales du gouvernement (et le
revenu). L’approche présentée ci-dessous peut être utilisée (cadre du
cycle budgétaire d’Elson) ainsi que d’autres outils plus approfondis.12
2. Cadre budgétaire d’Elson13
Cette approche structure l’analyse selon le genre le long d’une chaîne causale de
programmes sectoriels publics. Elson propose la différenciation entre les moyens de
production, les activités, les réalisations et l’impact de chaque ministère (et
programmes).14
Les programmes basés sur les approches ventilent aussi souvent les niveaux de la chaîne
causale, ce qui rend l’analyse budgétaire selon le genre assez utile dans ce contexte.
12
Disponible et assorti d’exemples et de beaucoup de références dans HOLVOET, N. (2006) cit. ou
www.gender-budgets.org.
13
ELSON D. (2002). “Gender responsive budget initiatives: some key dimensions and practical examples”, in
UNIFEM (2002). Gender budget initiatives: strategies, concepts and experiences. New York: UNIFEM, pp. 1529.
14
On pourrait aussi utiliser la terminologie du cadre logique: Moyens (= ressources fournies pour le
programmes), produit (= biens et services créés par les programmes), réalisation (= accès, utilisation et
satisfaction des bénéficiaires) et impact (= impact sur les conditions de vie).
GDA_FR
31
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
NIVEAU DE
EXEMPLE
PERSPECTIVE DE GENRE
Impact
Réduction de la pauvreté
(réalisations
en
rapport avec les
objectifs
plus
étendus)
Amélioration de l’état de
santé
Quel genre d’impact y a-t-il
sur les hommes et les
femmes?
Réalisations
Nombre de patients traités
LA
CAUSALE
(utilisation
services)
CHAÎNE
des
Renforcement des
d’alphabétisation
taux
Nombre d’élèves ayant
terminé l’école primaire
La réalisation de l’objectif
contribue-t-elle en pratique
à l’égalité de genre?
Dans quelle mesure les
hommes et les femmes
bénéficient-ils
respectivement
de
ces
réalisations?
Les
réalisations
contribuent-elles à l’égalité
de genre?
Activités
(fourniture
services)
Moyens
des
Traitement des
(soins de santé)
patients
Scolarisation
Financement
Ressources humaines
Les hommes et les femmes
jouissent-ils d’une égalité
d’accès aux activités?
Les
moyens
sont-ils
suffisants pour favoriser
l’égalité des genres?
Le cadre du cycle budgétaire permet de souligner les questions de genre à chaque niveau
de la chaîne causale. Cette particularité est surtout utile dans une perspective de
politique dans la mesure où elle permet de désigner le(s) niveau(x) dans le(s)quel(s) le
préjugé sexuel apparaît et le(s) niveau(x) le(s)quel(s) il faut des mesures correctives.
On peut par exemple avoir un large fossé entre les hommes et les femmes en matière
d’alphabétisation (niveau de l’impact)
En précisant la chaîne causale et en intégrant
l’analyse selon le genre, on peut identifier le(s) niveau(x) dans le(s) quel(s) le problème
se pose et où une analyse plus profonde et une mesure corrective sont nécessaires.
Le problème peut se poser, par exemple, au niveau des « activités ». Si les femmes ne
jouissent pas d’une égalité d’accès à l’éducation, il est improbable que les taux
d’alphabétisation des hommes et des femmes soient égaux. Il faut alors analyser les
causes sous-jacentes (notamment l’analyse du côté de la demande) et prendre des
mesures à ce niveau avant de pouvoir espérer un effet bénéfique dans la partie
supérieure de la chaîne. Les moyens nécessaires (ressources financières) devront être
adaptés en conséquence.
L’approche du cycle budgétaire peut être appliquée à divers niveaux d’un programme
cyclique, notamment:
9 ex ante (lors de l’identification et de la planification): quels sont les moyens, les
activités, les réalisations et l’impact prévus (et escomptés)?
32
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
9 ex post (lors de l’évaluation et de l’audit): quels étaient les moyens, les
réalisations et l’impact réalisés?
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L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL T6: Travailler en partenariat pour maintenir le
genre dans le programme politique
Qui doit utiliser cet outil et quand
Cet outil peut être utile à tout le personnel des organismes donateurs ou à
d’autres parties prenantes non nationales qui sont appelés à participer à
l’élaboration des stratégies de coopération des pays donateurs au niveau national
ou sectoriel.
Il offre des suggestions utiles pour s’assurer que l’égalité de genre est maintenue
dans l'agenda du dialogue politique et que les leçons apprises dans les
programmes précédents sont intégrées dans la planification future de l’aide des
pays donateurs.
Cette grille est adaptée de la Boîte à outils pour l’intégration de la dimension du
genre dans la coopération au développement de la CE, (2005) pp. 37.
Le point d’entrée de l’intégration du genre au niveau de la politique est capital et
l’approche à utiliser pour travailler en partenariat avec les gouvernements variera en
fonction du contexte culturel. Voici quelques suggestions générales pour le dialogue sur
les questions d’égalité de genre au niveau de la politique.
9 Utiliser les arguments de divers engagements politiques et juridiques pris à l’échelle
mondiale et nationale. Examiner les engagements pris par les gouvernements dans le
cadre de la CEDAW, de Beijing, de la Déclaration du Millénaire et d’autres accords
internationaux sur les droits de l’homme.
9 Utiliser les données et les chiffres tirés des cibles des OMD
9 Examiner comment l’intégration du genre peut enrichir le travail de développement
et s’assurer que les services fournis atteignent les bénéficiaires, hommes et femmes.
Relever les cas d'autres pays où les questions d'égalité des genres étaient ignorées et
où la fourniture des services aux femmes et aux hommes était jugée inéquitable.
9 Demander aux partenaires de donner les exemples réussis d’intégration du genre
dans les programmes et les projets. Fournir des exemples d’intégration du genre
dans les programmes de l’ONU, de la Banque mondiale et d’autres bailleurs de fonds.
Relever les exemples de bonnes pratiques d’intégration du genre et les bienfaits qui
s’accumulent en termes de pertinence, d’efficience, d’efficacité, d’impact et viabilité.
9 Fournir des preuves sous formes de statistiques et d’informations qualitatives que
l’inégalité de sexe n’existe pas. Vous pouvez inclure le Rapport sur le développement
humain du PNUD, les évaluations du genre réalisées dans les pays par les organismes
et les bailleurs de fonds ainsi que les rapports des institutions nationales de recherche
de renom.
9 Les arguments sont parfois mis en avant quant au fait qu’on reproche aux femmes
elles-mêmes de ne pas saisir les opportunités qui leurs sont offertes ; Par conséquent,
il faut s’assurer que tout dialogue examine la recherche spécifique au pays qui
souligne les raisons que les femmes ont de ne pas progresser, notamment la
34
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
préparation des femmes à accepter les stéréotypes traditionnels des rôles assignés
aux sexes, la peur des sanctions de leurs propres familles ou communauté et le
manque d’information sur leurs droits et sur les nouvelles opportunités disponibles.
9 Certains hauts fonctionnaires peuvent croire que les objectifs d’égalité des genres
sont imposés par l’occident, et par conséquent les discussions doivent tourner sur la
question de savoir dans quelle mesure la théorie du genre et développement tire son
origine du sud. Il est également utile d’être capable d’énumérer les gouvernements
voisins ayant signé la PFA de Beijing.
9 Consulter et impliquer le mécanisme national des femmes. S’associer aux
organisations féminines et aux institutions nationales et internationales de renom
sensibles au genre.
GDA_FR
35
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles
au genre
Boîte à outils
OUTIL T7: Grille de révision à mi-parcours des DSP
Qui doit utiliser cet outil et quand
Cette grille peut être utile à tout le personnel des organismes donateurs ou
d’autres parties prenantes non nationales qui sont impliqués dans la révision à mi
parcours du Document de stratégie par pays qui définit les programmes de
coopération entre la Commission européenne et le pays en développement
concerné.
Cette grille présente le bien-fondé de l’intégration de l’égalité de genre dans
chaque chapitre du DSP. L’action qui doit être entreprise est brièvement décrite
avec des indicateurs pour garantir qu'une telle action a été menée, au même titre
que les sources d’information pertinentes.
Cette grille est adaptée de la Boîte à outils pour l’intégration de la dimension du
genre dans la coopération au développement de la CE, (2005) pp. 71 - 72
36
GDA_FR
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles au genre
Boîte à outils
Directives pour la
RMP des DSP
Bien-fondé de la poursuite
de l’intégration du genre
dans la RMP
Actions
Indicateurs clés
Source
Objectif spécifique
de
la
RMP:
S’assurer que les
processus de RMP
aboutissent
à
l’amélioration de la
qualité des DSP en
rapport
avec
le
genre
Les DSP n’intègrent pas bien
le genre
Corriger les faiblesses, ex.
Le genre apparaît dans le
rapport annuel conjoint et les
conclusions de la RMP 2004
L’évaluation des DSP par rapport
au genre, Nov-2001/DEV/B315
Programme
politique du pays
partenaire
Plans/politiques
nationaux
propres du pays partenaire
sur l’égalité des genres (pas
bien visible dans les DSP)
- établir le lien entre la
politique de la CE sur le genre
comme question transversale,
l’analyse du pays et la
stratégie de réponse du DSP;
Manifeste politique
- les données doivent être
ventilées par sexe
Engagement international pris
par le pays partenaire envers
le genre (pas bien visible dans
le DSP)
Analyser les plans et les
politiques du pays partenaire
sur l’égalité des genres
Existence
et
statut
du
mécanisme
des
femmes
(ministères/départements)
Identifier les faiblesses des
politiques et de la mise en
œuvre, ex. la situation des
droits
de
l'homme;
les
structures
de
pouvoir
déséquilibrées en rapport avec
le genre dans la société
Profil
de
genre
de
représentation politique
niveau national et local
Évaluer les engagements pris
par le pays partenaire envers
les
conventions
et
les
déclarations internationales
16
Envoyé aux Délégations de la CE le 17 décembre 2003.
A envoyer aux Délégations pertinentes de la CE, pays par pays.
Réseaux de la société civile/pays
partenaire/CEDAW
Rapport du pays partenaire/PNUD
la
au
Le financement et le statut
des organisations des droits
de l’homme, des organisations
de
la
femmes/condition
féminine
Présenter un rapport sur les
OMD (2003)
Rapport national de Beijing +
5 (2000) disponible
15
Grilles propres au pays de 30
DSP16
Commission de l’ONU sur le statut
des femmes, PFA de Beijing
L’agenda global de développement: outils pour une planification et une mise en oeuvre sensibles au genre
Boîte à outils
Directives pour la
RMP des DSP
Bien-fondé de la poursuite
de l’intégration du genre
dans la RMP
Actions
Indicateurs clés
Source
Mise à jour de la
situation politique,
économique
et
sociale
La
situation
politique
économique
et
sociale
nationale (le genre n’est pas
bien visible dans les DSP)
Évaluer les profils de genre
disponible du pays
Genre visible dans l’analyse de
la
situation
politique,
économique et sociale
État membres
Lien avec la réduction de la
pauvreté;
développement
durable et macroéconomie
Aperçu
de
la
coopération
passée et en cours
Secteurs focaux
(et
appui
macroéconomique)
17
Plans sectoriels nationaux,
Politiques des secteurs focaux
de la CE (pas bien visibles
dans les DSP)
http://www.worldbank.org/afr/gender/countryprofile2.htm
Évaluer
les
progrès
des
politiques
nationales
de
développement
vers
la
réduction de la pauvreté dans
une perspective de genre
Évaluer les résultats obtenus
dans les secteurs focaux dans
une perspective de genre
10 indicateurs fondamentaux
utilisés
Banque mondiale17
PNUD
Directives de la RMP de la CE pour
2004
DSRP (Pays partenaire/BM/FMI)
Analyse selon le genre utilisée
Disparités identifiées entre les
sexes
Indicateurs ventilés par sexe
des
secteurs
focaux
+
indicateurs de genre clés
Rapport des progrès sectoriels
(pays partenaire/Secteur
Révisions (UE/BM/ONU)