Seismes en Haiti
Résumé: Essai de Claude Prepetit pour le LNBTP, « Tremblements de terre en Haïti : mythe ou réalité ? », qui soutient que la menace sismique en Haïti est réelle et oubliée. Il rassemble la sismicité historique de l'île à partir de la description de Moreau de Saint-Méry publiée en 1797, énumère dix-huit années de secousses entre 1564 et 1789 avec des intervalles de un à 120 ans, expose l'origine des séismes et la situation tectonique d'Hispaniola, et fait de la vulnérabilité du bâti la préoccupation centrale de l'auteur.
Constats Clés
- L'argument porte sur la mémoire, non sur la géologie. La thèse de l'essai est que l'inconscient collectif haïtien n'a plus en mémoire les catastrophes sismiques enregistrées autrefois dans le pays, que ces souvenirs se sont estompés de génération en génération, et que cet oubli, joint à une confiance religieuse dans le fait d'être préservé des risques naturels, explique que la menace soit traitée comme un mythe.
- Le relevé historique est assez précis pour être vérifié. S'appuyant sur la description de la partie française de Saint-Domingue publiée par Moreau de Saint-Méry en 1797, l'essai énumère dix-huit années au cours desquelles l'île a tremblé : 1564, 1684, 1691, 1701, 1713, 1734, 1751, 1768, 1769, 1770, 1771, 1783, 1784, 1785, 1786, 1787, 1788 et 1789, soit des intervalles de récurrence allant de un à 120 ans.
- Deux événements sont désignés comme ceux qui ont le plus marqué l'histoire sismique de l'île, 1751 et 1770, et la séquence de 1751 est citée en détail : deux secousses violentes à Port-au-Prince le 18 octobre 1751 à deux heures de l'après-midi, d'une durée d'environ trois minutes, des balancements jusqu'au 25, la perte de plusieurs édifices dans la ville de Saint-Domingue, trois secousses le 28, deux le 29 et deux autres le 19 novembre.
- L'auteur distingue séismes et inondations sur un point de responsabilité : à la différence des inondations, les séismes constituent un désastre dont les causes sont entièrement indépendantes de l'action de l'homme. Il en tire que seules l'exposition et la vulnérabilité peuvent être traitées.
- C'est la vulnérabilité, non l'aléa, qui est désignée comme le pire des cas. La section intitulée le pire cauchemar de l'auteur porte sur notre grande vulnérabilité, ce qui place la conclusion de l'essai sur le bâti et non sur les failles.
- L'essai est construit pour un lecteur non spécialiste et s'ouvre sur deux épigraphes consacrées à la prévention et à l'information : il se lit comme un matériel d'éducation du public produit par le laboratoire national du bâtiment plutôt que comme une étude technique.
Comment citer
Laboratoire National du Batiment et des Travaux Publics (LNBTP), 2010, Seismes en Haiti, https://lnbtp.gouv.ht/publications/Seismes en Haiti.pdf