(2013-09) Bulletin de l'ISPAN, No 35 : Le plan d'aménagement touristique de la Citadelle Henry, avec le Ministère du Tourisme et le MUPANAH
Resume — Le Bulletin de l'ISPAN, No 35, du 1er septembre 2013. Le numéro porte sur Le plan d'aménagement touristique de la Citadelle Henry, avec le Ministère du Tourisme et le MUPANAH. Le Bulletin est la publication de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, qui documente monument par monument le patrimoine bâti haïtien, son état de conservation et les interventions dont il fait l'objet. 7 pages.
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Le Bulletin de l'ISPAN, No 35, du 1er septembre 2013. Le numéro porte sur Le plan d'aménagement touristique de la Citadelle Henry, avec le Ministère du Tourisme et le MUPANAH. Le Bulletin est la publication de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, qui documente monument par monument le patrimoine bâti haïtien, son état de conservation et les interventions dont il fait l'objet. 7 pages.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Photo : ICOMOS-Haïti, 2013
numéro 35, 1er septembre 2013
BULLETIN DE L’ISPAN
En partenariat avec le Ministère du Tourisme et le
Musée du Panthéon National d’Haïti (MUPANAH),
l’ISPAN dote enfin la Citadelle Henry d’un plan
d’aménagement touristique.
Ce plan découle directement de la politique d’intervention du Ministère du Tourisme qui a fait sienne
cette position de principe de la Charte Internationale du Tourisme :
«Le Tourisme culturel est celui qui a pour objet,
entre autres objectifs, la découverte des sites et
des monuments. Il exerce sur ceux-ci un effet positif
considérable dans la mesure où, pour ses propres
fins, il concourt à leur maintien en vie et à leur protection. Cette forme de tourisme justifie en effet les
efforts que ce maintien et cette protection exigent
de la communauté humaine, en raison des bénéfices
socio-culturels et économiques qui en découlent
pour l’ensemble des populations concernées.
Cette assignation à une fonction utile à la société
n’est viable qui si elle est concertée, organisée et
planifiée.»
Le plan d’aménagement des activités liées à la visite
touristique de la Citadelle Henry est attendu depuis
l’achèvement des travaux de restauration en 1990,
première phase qui consistait essentiellement à la
mise hors d’eau du célèbre monument historique,
BULLETIN DE L’ISPAN, No 35, 12 pages
Photo : ICOMOS-Haïti, 2012
La Citadelle Henry
en chantier
• Les murs et les voûtes de la Batterie des Princesses de la Citadelle Henry, après restauration
• Travaux de ravalement des murs et des voûtes
classé patrimoine mondial de l’Humanité depuis
1982.
Pour établir ce plan, l’ISPAN a misé sur une durée
de visite guidée allant de 1 heure à 2 heures par
groupe de 20 visiteurs. Un inventaire des lieux d’intérêt de la Citadelle Henry a été dressé. Ce circuit
touristique se définit comme un trajet interne, axé
sur la thématique de la fortification, du système de
défense et de l’artillerie de la fin du XVIIIème siècle.
Il relie ainsi un certain nombre de points d’intérêts
remarquables qui varient d’une vue panoramique à
un objet curieux en passant par les composantes de
la fortification.
Ces points d’intérêt sont donc divers et variés : ils
peuvent tout aussi bien informer sur l’histoire du
monument historique que sur la vie de son bâtisseur, Henry Christophe. D’autres permettent une
compréhension globale de la fortification prise
dans le contexte du système de défense de la fin
du XVIIIème, telle la vue sur le passage de la vallée
Sommaire
• La Citadelle Henry en chantier
• Citadelle Henry, chantiers en image
• Laschobas, borne 197
• Chroniques des monuments et sites historiques
BULLETIN DE L’ISPAN est une publication mensuelle de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National destinée à
vulgariser la connaissance des biens immobiliers à valeur culturelle et historique de la République d’Haïti, à promouvoir leur
protection et leur mise en valeur. Communiquez votre adresse électronique à info@bulletindelispan.ht pour recevoir
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BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013 • 1
PLAN D’AMENAGEMENT DE LA CITADELLE HENRY
Phase 1, Niveau 5
BATTERIE DU GRAND-BOUCAN
BATTERIE DU PRINCE-ROYAL
BATTERIE MARIE-LOUISE
POUDRIERE
7
8
2
3
4
5
1
BATTERIE DU PONT-LEVIS
6
PLACE D’ARMES
PLACE D’ARMES
BATTERIE DE LA REINE
QUARTIER DES OFFICIERS
1
11
1
10
9
LEGENDES
1. Musée de l’artillerie
2. Tombeau du Prince Noêl
3. Le four à pain
4. Bureau d’accueil
5. Botique de souvenirs
6. Buvette
7. Sanitaires publics
8. Terrasse du Pont-Levis et les salles anglaises
9. La terrasse du palais du Gouverneur
10. La salle Albert-Mangonès
1
BATTERIE ROYALE
de Brostage que la Citadelle Henry est supposée
défendre ou la vue sur les fortifications de Ramiers,
complexe de défense supplétif à la Citadelle Henry
(voir BULLETIN DE L’ISPAN no 29, 1er octobre
2011). Il peut également s’agir de curiosités telles
les canons britanniques ayant appartenu au premier
duc de Marbourough ou des deux tubes français
identiques, mises à part quelques différences. L’un
porte la de vise «LIBERTE EGALITE» et l’autre «LE
GEOLIER» est est orné de décorations royales. Ou,
même, témoin unique, une simple potence en fer
forgé destinée à suspendre une lampe à huile, perchée au haut d’une muraille.
À ce circuit copieux, se branche une variété de
services complémentaires, indispensables à la visite
: une salle audio-visuelle, permettant la projection
de documentaires sur le monument historique, un
centre d’interprétation du patrimoine, des salles
d’exposition mettant en valeur l’artillerie lourde et
les armes de poing, les outils de la construction de la
forteresse. Une boutique de souvenirs, une buvette,
un bureau d’accueil et d’informations touristiques,
des sanitaires publiques, etc. complètent le circuit.
Ce trajet et ses alternatives et la quantité de visiteurs
possibles ont été déterminant dans la conception de
ce plan qui est également combiné aux besoins de
fonction de la Citadelle Henry : logement du personnel technique, administratif et d’entretien, les ateliers
de restauration, les dépôts, les salles techniques, etc.
Le tout est agencé de manière cohérente afin d’éviter au maximum les interférences nuisibles entre les
diverses activités qui se déroulent et se développent
simultanéement dans le monument historique.
Ce plan d’aménagement se présente comme une
phase initiale. La batterie Coidavid, la Rotonde, la
Galerie de Canons de la Batterie Royale sont actuellement en cours de restauration ou subissent des
interventions de confortement de leur structure.
Elles sont, par conséquent, provisoirement interdites
2 • BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013
LA ROTONDE
de visite. D’autres parties du monument historique,
jugées « fragiles » voire dangereuses par les experts
de l’ISPAN et de l’UNESCO ne seront prises en
compte qu’au fur et à mesure de leur stabilisation
structurelle et de leur restauration.
Plan d’aménagement :
Travaux réalisés, travaux en cours
Une fois ce plan d’aménagement adopté, les études
architecturales et techniques n’ont pas tardé à
suivre. Dès le mois d’avril 2013, avec des fonds tirés
du Trésor Public mis à disposition par le Ministère
du Tourisme, l’ISPAN a ouvert de front plusieurs
chantiers. Certains d’entre eux sont déjà achevés ou
prêts à recevoir mobiliers et équipements, d’autres
sont encore en phase de mobilisation.
Le musée de l’artillerie
La Citadelle Henry possède la plus grande collection
au monde de bouches à feu datant du XVIIIème
siècle. Son armement repose sur un parc d’artillerie
de plus de 163 pièces avec une majorité de pièces
de calibre 24 livres, dont la masse est d’environ 2
tonnes et demie ; 18 pièces sont placées sur batteries à barbette et 124 dans les chambres de tir
casematées. Certaines des pièces en bronze venues
de France, de Grande-Bretagne, d’Italie et d’Espagne
sont de véritables chefs-d’œuvre de l’art militaire
du XVIIIème siècle. Une dizaine d’entre elles, fait
unique au monde, sont encore en place sur leurs
affûts d’origine en bois massif. En 1820, on comptait
86 embrasures équipées de plateformes de pointage en maçonnerie. (Voir BULLETIN DE L’ISPAN
No 14)
Les recommandations produites lors de l’achèvement de la première phase de la restauration par
les experts de l’UNESCO, en 1990, proposent la
création d’un musée à la citadelle Henry - la Citadelle-Musée - abritant la plus formidable collection
d’artillerie du XVIIIème siècle au monde. A titre
de comparaison, l’expert en artillerie du XVIIIème
siècle, le professeur Nicolas Fauchère, juge que
cette collection possède un plus grand nombre de
pièces que toute les autres collections confondues
du même type d’armement. La raison de cet état
BATTERIE COIDAVID
de fait exige un préalable historique. Rassemblée à
la Citadelle, tout au début du XIXème siècle, l’artillerie de la Citadelle est exclusivement composée
de pièces prises sur l’ennemi. Leurs provenances
sont diverses ainsi que leurs histoires respectives. En
1807, l’inventeur John Forsyth développa le système
à percussion, rendant possible le développement
des armes à chargement par la culasse, c’est-à-dire
chargées par l’arrière du canon, plutôt que par la
gueule, comme cela se faisait jusqu’alors. Les canons
Photos : ISPAN • 2004, ICOMOS-Haïti • 2013
BATTERIE DES PRINCESSES
• De h. en b. :
• La cour du Palais du Gouverneur
• Un canon de la Batterie des Princesses
posé sur son affut d’origine
• La Batterie Marie-Louise et, à ses pieds, le batiment qui
logera l’accueil, la buvette et la boutique de souvenirs
• La terrasse de la Batterie des Princesses
• La Citadelle Henry
BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013 • 3
• Les salles de tir de la Battrerie des Princesses avant et après les travaux de restauration
et autres pièces d’artilleries du XVIIème siècle furent
rendus brusquement obsolètes. Ils furent fondus au
profit de cette nouvelle technologie. Bien en sûreté
au haut du pic Laferrière, l’artillerie de la Citadelle
Henry échappa aux fonderies. Ainsi fut conservée
en Haïti la plus formidable collection de bouches à
feu du XVIIIème siècle.
Le tout premier aménagement muséal dont bénéficiera la Citadelle-Musée est situé au niveau 5 de la
Batterie des Princesses, prolongée par la succession
de trois chambres de tir casematées de la Batterie
de la Reine.
Tout en conservant les pièces à feu existantes à leur
place d’origine, des exemplaires rarissimes de mortiers, d’obusiers, de couleuvrines, montés sur des
présentoirs ou des affûts reconstitués composeront
l’essentiel des objets qui seront exposés et mise en
valeur dans ces salles. Ils seront complétés par les
divers types et calibres de projectiles retrouvés à
la Citadelle Henry et exposés dans des vitrines de
manière didactique.
Ces majestueuses salles de tir voûtés ont nécessité
en partie la reprise de leur enduisage faite d’un
mortier bâtard, mélange de chaux et de ciment Le
ravalement de ces murailles et de ces voûtes s’est
achevé par un badigeonnage fait de lait de chaux
auquel a été ajouté du pigment ocre provenant des
environs de Milot. Les témoins du badigeon d’origine préservés des méfaits du temps et des hommes
ont servi à calibrer la nuance de ce badigeon. Point
d’orgue de ce musée, l’affût d’origine d’un des
canons de la Batterie des Princesses, pointé vers
Ramiers, sera restauré.
Le plancher historique, constitué de gros moellons
liés au mortier de chaux, sera conservé tel quel,
dans le cas de cet aménagement muséal, moyennant
des travaux fonctionnels de restauration, usant des
techniques traditionnelle. L’éclairage artificiel d’ap-
4 • BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013
point sera assuré par un circuit électrique aérien et
apparent mais suffisamment discret afin de ne point
porter atteinte à l’intégrité du monument historique.
La salle Albert-Mangonès
Conçue pour héberger une cinquantaine de spectateurs, la salle Albert-Mangonès logée au rez-dechaussée du Quartier des Officiers, sera équipée
d’un système audio-visuel. La sonorisation de la salle
sera renforcée de panneaux acoustiques assurant
une meilleure écoute et palliant aux « défauts » des
murailles anciennes et de la toiture à charpente de
bois construite lors de la campagne de restauration
entreprise par l’UNESCO et l’ISPAN dans la décade
1980-1990.
Le choix de doter la salle Albert-Mangonès d’équipements modernes de communication audio-visuelle a impliqué l’installation d’un revêtement de
sol adéquat faisant pendant aux dits équipements de
haute technologie (téléviseur écran plat, enceintes
Photos : ISPAN • 2013
• La salle Albert-Mangonès
• La maquette en plâtre de la Citadelle Henry,
• Vue tridimentionnelle de l’aménagement des sanitaires publics de la Batterie Marie-Louise
BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013 • 5
Document : ISPAN • 2013
Photos : ISPAN • 2013
• La salle Albert-Mangonès aménagée
acoustiques, panneaux acoustiques, etc.) qui y sont
installés. Ceci afin de créer une cohérence esthétique dans la décoration de l’aménagement. Le choix
de ce revêtement en céramique s’inspire également
de l’article 12 de la Charte internationale des monuments et sites historiques qui prescrit que :
«Les éléments destinés à remplacer les parties manquantes doivent s’intégrer harmonieusement à l’ensemble, tout en se distinguant des parties originales,
afin que la restauration ne falsifie pas le document
d’art et d’histoire». La «partie manquante», dans ce
cas, est le revêtement originel du sol. Pour cela, il a
été fait choix de carreaux en céramique de couleur
gris neutre, type porcelaine mat, qui se distingue nettement des parties originales, les murailles de la salle,
tout en s’effaçant devant elle, évitant toute compétition chromatique inutile.
Le système audio-visuel de la Salle Albert-Mangonès
permettra la tenue de conférences, le visionnement
en boucle de documentaires illustrant l’histoire et la
restauration de la Citadelle Henry.
Centre d’interprétation du Patrimoine
Contiguë à la salle Albert-Mangonès, dont celui-ci
fera partie, le Centre d’Interprétation de la Citadelle Henry sera un équipement culturel ayant
pour objectif la sensibilisation, l’information et la
formation de tous les publics à l’architecture, à la
construction à l’histoire et à la restauration de la
Citadelle Henry. Lieu d’information et de pédagogie, le centre d’interprétation de la Citadelle Henry
s’adressera en priorité aux visiteurs mais également
aux habitants du Parc National Historique Citadelle
Sans-Souci, Ramiers (PNH-CSSR), véritables agents
de la protection et de la mise en valeur de cette
entité géographique exceptionnelle. Pour atteindre
cet objectif, le Centre d’Interprétation de la Citadelle Henry proposera au public une exposition
permanente didactique qui donnera les clés de
compréhension du monument historique tant du
point de vue de son histoire, de son propre système
de défense, de sa construction et de sa restauration. Les points focaux de ce centre d’interprétation
seront la maquette réalisée avec du plâtre à l’échelle
1 cm pour 250 m de la Citadelle Henry dans l’état
où elle se trouvait avant les travaux de restauration
et une maquette topographique du PNH-SCCR
dans son ensemble (échelle : 1/12.500). La cuisine
du Quartier des officiers, singularisée par son four
à pain à voûte de briques, sera également mise en
situation de la vie quotidienne à la Citadelle Henry,
à l’aide de répliques des ustensiles et de meubles
• Murs et voûtes après badigeonnage au lait de chaux pigmenté de terre ocre
d’époque. Un éclairage artificiel d’appoint, inspiré
de celle des lampes à huile, dont un exemplaire de
corbeaux a été retrouvé à la Citadelle, achèvera
de créer l’ambiance de l’époque. Situées en soussol du Quartier des Officiers, les célèbres geôles
de la Citadelle Henry, lieu méconnu et alimentant
nombres de légendes et de fantasmes, seront également mises a profit et complèteront la visite du
centre d’interprétation.
Des sanitaires publics
La première batterie de sanitaires publics permanente à être aménagée à la Citadelle Henry est
complètement achevée. Ces sanitaires sont logés
dans trois chambres de tir à la Batterie Marie-Louise,
lieu facile d’accès tout en assurant une parfaite discrétion.
Pour l’installation de ces équipements spéciaux, un
principe - qui régit en général toutes interventions
sur monument historique classé au Patrimoine
Mondial - a été établi dès le départ : ne pas porter
atteinte à l’intégrité et à l’authenticité de la Citadelle
Henry. Pour cette raison, les équipements ont été
placés en plein milieu des salles de tir, évitant l’utilisation des murailles et dégageant ainsi une circulation
périphérique. De plus, toutes les installations ont été
conçues et réalisées de manière à ce que l’opéra-
tion soit complètement réversible. Les équipements
sanitaires – lavabos, water-closets, urinoirs – sont
posés sur une dalle de béton hourdée de plaques
de polystyrènes expansés et coulée sur une pellicule
de hydrocarbures assurant sa désolidarisation avec
les extrados des voûtes formant le plancher historique de la Batterie Marie-Louise. Ce système utilisant les plaques de polystyrène expansé permet à la
fois d’alléger le plancher et d’assurer une épaisseur
permettant de loger la tuyauterie. Un trou d’homme
conduisant aux monumentales fosses de 16 mètres
de haut situées sous le niveau 5 de la Marie-Louise,
a été ingénieusement mis à profit pour l’installation
de la tuyauterie d’évacuation.
Des lampes placées en haut des murs de refend
et dirigées vers les voûtes assureront aux salles un
éclairage indirect et diffus mettant en valeur la texture de la maçonnerie.
Accueil, buvette et boutique
L’ancien local où logeait le bureau d’accueil – place
d’armes partie basse -sera réaménagé pour recevoir
une boutique de souvenirs où seront vendus des
articles exclusifs à la Citadelle Henry, une buvette où
le visiteur après le trajet de montée vers la citadelle
pourra se désaltérer et prendre un casse-croûte sur
le pouce ainsi qu’un bureau d’accueil proprement
• Le four à chaux monumental de la Citadelle Henry, au pied de la première fortification de Ramiers
Pour retrouver la teinte de couleur d’origine des murs et
de voûtes de la Batterie des Princesses et de la Batterie de
la Reine, l’architecte Théodore Pérard, chargé des travaux
de ravalement a utilisé de la terre argileuse de couleur ocre
retrouvé non loin de Milot, au lieu dit Cerca. Cette terre
exempte d’impureté est mélangée à de l’eau afin d’obtenir
une pâte consistante à laquelle on aura préalablement
ajouté des morceaux de feuilles d’aloès (lalwa, Aloe vera)
et du jus d’oranges amères (zoranj si, Citrus aurantium)
et leurs zestes. Ces adjuvants naturels ont la propriété de
fixer la peinture et la rendrenon salissante. Cette pâte
molle est ajoutée au lait de chaux jusqu’à l’obtention de
la teinte souhaité. La peinture des parois des batteries a
débuté par l’application d’une première couche de base
faite de lait de chaux pur, puis une fois séchée, elle a été
suivi de deux applications du badigeon ocre. La teinte du
usage fréquent par les visiteurs l’a fortement dégradé. Pour y remédier, la totalité de la surface de ce
patio sera couverte d’un deck en bois traité contre
les termites et l’humidité. Sa structure porteuse sera
faite de madriers servant de longrines et le tout sera
recouvert d’un lattage de bois.
Les salles anglaises
Un témoignage éloquent de l’histoire tourmentée
de la Révolution de Saint-Domingue est offert par
les quatre canons anglais de bronze de 24 livres
dont trois d’entre eux arment partiellement la face
nord de la Citadelle Henry, au dernier niveau de
la batterie du Pont-Levis. Le quatrième est placé à
la Galerie des Canons de la Batterie royale. Il est
tout à fait plausible de déduire que ces canons sont
des trophées de guerre pris sur l’ennemi lors des
combats menés par le général Toussaint-Louverture
contre l’Armée anglaise, qui occupa partiellement la
colonie de Saint-Domingue de 1791 à 1796. Ils ont
tous été encloués avant leur capture et, par la suite,
remis en service par reperçage de la lumière.
Le plus ancien de ces canons a été fondu aux alentours de 1719, sous le règne du roi George 1er
(1714-1727). Il porte les grandes armes éclatées
d’Angleterre réunissant les fleurs de lys françaises,
les léopards anglais, la harpe irlandaise et les chevaux
dit, où le visiteur trouvera toutes sortes d’informations touristiques sur le monument, sa région et ses
curiosités. Ces aménagements nécessiteront d’amener et d’intégrer de façon permanente au monument historique des conduits d’eau et d’électricité.
Le tombeau du Prince Noël
et les fours à pain
Le tombeau du prince Noël - frère de la reine Marie-Louise, décédé le 25 août 1818 lors de l’explosion de la poudrière intérieure - et la boulangerie
le jouxtant ne bénéficient pas actuellement de la
mise en valeur qu’ils méritent. Identifiés comme des
points d’intérêt majeur informant sur l’histoire de la
forteresse et du royaume ou encore sur la vie quotidienne dans la forteresse, ces espaces seront complètement restaurés, voûtes et parquets, et dotés
d’un système d’éclairage d’appoint faisant ressortir
la texture et la patine des murs.
La terrasse du Palais du Gouverneur
La cour avant du Palais du Gouverneur, dont
la façade est orientée plein Nord vers la ville du
Cap-Haïtien, sera aménagée en terrasse pour les
réceptions en plein air. A l’origine, cette cour privée
du Gouverneur de la Citadelle Henry, était recouverte de carreaux de terre cuite rouge comme en
témoignent les fragments encore scellés au sol. Son
a été obtenue par simple comparaison visuelle avec les témoins
du badigeon d’origine que le Temps et les Hommes ont bien
voulu nous laisser.
Il est à noter que le badigeon de chaux est une peinture minérale utilisée depuis plusieurs millénaires et appliquée sur les
constructions traditionnelles, à l’extérieur comme à l’intérieur. Il
protège la surface du parement en couvrant les surfaces minérales
d’une couche de liant pur. Les badigeons de chaux assurent
non seulement une protection de la surface mais encore participent à leur étanchéité. De plus, le PH fortement basique des
badigeons de chaux en fait un excellent désinfectant. Cette
technique a, en Haïti, progressivement perdu de sa popularité et
a pratiquement disparue depuis la commercialisation des peintures synthétiques industrielles.
A noter également, et à sa défaveur, que la fabrication de la
chaux utilise traditionnellement le bois comme combustible.
du Hanovre, patrie d’origine du souverain. Sur la
volée se détachent les armes couronnées du “MASTER OF ORDONANCE” chargé des fabrications
d’armement. Il s’agit en l’occurrence de John Churchill, premier duc de Marlborough (1650-1722), qui
a tenu ce poste de 1702 à 1711 et de 1714 à 1722
(Voir BULLETIN DE L’ISPAN No 3, 1er août 2009).
Ces armes, ceintes du collier de l’Ordre de la Jarretière, sont portées par un aigle bicéphale également
couronné et portant la devise “FIEL PERO DESDICHADO” (Fidèle mais infortuné). Il semble que ce
tube soit le seul connu portant de telles armes. Ses
anses sont formées de deux dauphins stylisés.
Une fois le ravalement des murs et des voûtes
achevé et le parquet restauré, les affuts des canons
seront restaurés et ceux qui manquent reconstruits
à l’identique, taillés dans du bois massif.
Les belvédères
Pour compléter la première phase de cet aménagement touristique de la Citadelle Henry, trois points
d’observation du paysage environnant la Citadelle
Henry seront exploités. Ces belvédères sont situés
au dessus du niveau 5 :
• La terrasse de la Batterie des Princesses, haute
de 30 m au-dessus du sol, sera équipée de parapets
sécuritaires. De cette plateforme, le visiteur pourra
admirer la vue panoramique donnant sur la vallée
agricole de Brostage, le site fortifié de Ramiers, la
Grande Rivière du Nord et au loin en direction du
sud-est, découvrir le fort Neuf et le fort Rivière,
fortifications sœurs de la Citadelle. Des tables de
lecture, déjà installées par le ministère du Tourisme,
aideront le visiteur à identifier les éléments saillants
de ce panorama.
• Une partie des arases des épaisses murailles de
la Batterie Marie-Louise sera également équipée de
parapets. De ce point de vue exceptionnel, le visiteur découvrira, à ses pieds, la profonde gorge du
Grand-Boucan, haut lieu de la religion vaudou, et, au
loin, une superbe vue sur les mornes surplombant la
région de l’Acul et celle du Limbé.
• Enfin, la terrasse du Bastion du Pont-Levis qui offre,
d’Ouest en Est une vue panoramique sur de nombreux sites historiques, clés de l’Histoire d’Haïti. Ce
belvédère unique sera équipé de télescopes à jetons
grâce auxquels le visiteur, aidé de tables de lecture,
pourra découvrir ces lieux de mémoire (voir BULLETIN DE L’ISPAN No 28, 1er septembre 2011) .
•••
Cette initiative de mise en valeur de ce site exceptionnel participe de la vision du Gouvernement de
la République de faire participer le patrimoine dans
Documents : ISPAN • 2013
Photos : ISPAN • 2013, 2009
Recette perdue et retrouvée
• Plan d’aménagement du Musée d’Artillerie de la Citadelle : la Salle des Petites Pièces
6 • BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013
• Etude d’un affut-présentoir pour obusier à la Salle des Petites Pièces
• Etude d’un affut-présentoir pour mortier à la Salle des Petites Pièces
• Plan général d’aménagement du Palais du Gouverneur
BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013 • 7
l’hébergement et la restauration pour les visiteurs et
autres services de base.
Cette approche contribue à la structuration de
circuits touristiques régionaux permettant aux visiteurs de découvrir d’autres sites tant culturels que
naturels situés à proximité. Elle offre l’avantage tout
en préservant sa dimension culturelle d’insérer le
patrimoine dans un circuit économique porteur
et répond ainsi à l’esprit de la convention du Patrimoine Mondial qui stipule dans son article 5 qu’
afin d’assurer une protection et une conservation
aussi efficaces et une mise en valeur aussi active que
possible du patrimoine culturel et naturel (….) les
Etats parties s’efforceront dans la mesure du possible d’adopter une politique générale visant à assigner une fonction au patrimoine culturel et naturel
dans la vie collective. La convention encourage aussi
que les Etats parties à intégrer la protection de ce
patrimoine dans les programmes de planification
générale.
La Citadelle Henry
chantiers en images
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Photos : ISPAN • 2013
le développement des potentialités d’attraction touristique du pays. C’est ainsi que, conjointement, le
Ministère de la Culture, le Ministère du Tourisme,
le Musée du Panthéon National - MUPANAH et
l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National –
ISPAN ont entrepris de mettre au point un plan
global comprenant à la fois la préservation et la
mise en valeur du monument et la mise en place
des infrastructures d’accueil. A cela s’ajoute à un niveau plus large, la formation d’un personnel qualifié,
ainsi qu’un encadrement de secteurs connexes, tels
• Tables de lecture installées par le Ministère du Tourisme
• La Citadelle Henry à l’aube d’une ère nouvelle ère
8 • BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013
BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013 • 9
Photo : ISPAN • 2013
Photo : Moun Studio • 2013
• La vue panoramique sur la plaine du Nord et l’océan Atlantique
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Citadelle Henry,
Chantiers en images
Page 9 :
Travaux à la Batterie Marie-Louise :
1. Implantation des sanitaires publics ;
2. Pose du film d’hydrocarbures sur le
parquet d’origine ;
3. Pose des plaques de polistyrène
expansé et armé ;
4. Vue des installations hydrauliques
5. Coulage de la chape de béton ;
6. Pose des carreaux de céramique
7. Fabrication des tables et des séparations verticales ;
8. Finition des sanitaires
Page 10 :
Travaux à la Batterie Marie-Louise :
1. Essai d’illumination d’une chambre
de tir ;
2. Essai d’illumination du salon
d’accueil ;
3. Vue du couloir d’accès ;
Travaux à la Batterie des Princesses :
4. Ravalement des murs et des voûtes ;
5 et 6. Application de la couche de
base (lait de chaux) ;
7. Travaux de ravalement achevés
Page 11 :
Mobilier spécialement dessiné pour la
Citadelle Henry
Lascahobas,
borne 197
Coordonnées géospatiales
de la borne 197 de Lascahobas :
Longitude : 18°49’10.40” N
Latitude : 71°56’57.66” O
Altitude : 498 m
Dans sa description de la partie française de l’île de
Saint-Domingue, Moreau de Saint Méry débute son
chapitre sur la paroisse de Mirebalais par une description méticuleuse de la ligne frontalière séparant
la colonie de la partie espagnole de Saint-Domingue.
Sa description localise les bornes les unes après les
autres en citant leur numéro d’ordre.
Ces bornes sont en fait des pyramides de maçonnerie de moellons enduis au mortier de chaux et portant un numéro d’ordre. Certaines - plus rares - sont
simplement constituées d’un rocher sur lequel est
gravé le numéro d’ordre. Dans sa description de la
paroisse de Mirebalais, Moreau signale que la borne
no 197 est constitué d’un rocher (“Le numéro 197
est sur un rocher”).
Ce premier tracé de la frontière partageant l’île
d’Haïti en deux parties est issu d’un traité définitif qui fut signé à San Miguel de l’Attalaye (l’actuel
bourg de Saint-Michel de l’Attalaye alors en partie
espagnole) le 29 février 1776 entre les gouverneurs
respectifs des deux colonies, à savoir José Solano y
Bote et Victor-Thérèse Charpentier d’Ennery.
L’article 1er de ce traité fixait la frontière selon les
termes d’un précédent accord conclu en 1773, en
y apportant quelques modifications souhaitées par
la France sur la rive gauche de la Grande-Rivière-duNord (au niveau de Bahon) et à la Coupe-a-l’Inde.
L’article 2 prévoyait le partage des deux îlets de la
rivière du Massacre par une ligne médiane qui serait matérialisée par des bornes en pyramides. Deux
commissaires, un Français et un Espagnol, seraient
chargés de matérialiser le tracé de la frontière en
faisant poser des bornes ou pyramides solidement
maçonnées dans le sol et portant d’un côte l’inscription « France » et de l’autre « España » ... Les
dites pyramides ou pierres seront numérotées et
relevées par la boussole » (art. 6). Les deux commissaires devaient aussi faire lever la carte topographique de la frontière par des ingénieurs qui
en dresseraient quatre expéditions : deux seraient
envoyées a Madrid et a Versailles et deux seraient
conservées à Port-au-Prince et à Santo-Domingo.
Enfin, chaque gouverneur devait désigner un inspecteur général de la frontière « pour veiller à l’observation de ce traité, des limites et à la tranquillité de
la frontière .. ; quiconque déplacerait les bornes
serait traduit en conseil de guerre et puni de mort
(art. 7). ( : Jean-Louis Glénisson). Ce traité provisoire
fut approuvé par les deux cours qui le ratifièrent le
3 juin 1777 à Aranjuez et lui adjoignirent un traité
de police et de bon voisinage, portant sur les nègres
marrons, les déserteurs et les ventes de bestiaux
entre les deux colonies.
À l’entrée de la ville de Lascahobas à environ 20
km de Mirebalais sur la route menant à Belladère
(Haïti) puis Elias Pina en République Dominicaine,
, le visiteur peut découvrir, gravé sur un énorme
rocher, en écartant la broussaille qui pend de son
sommet, l’inscription F.R.A.N.C.E. 197, rappelant que
cette terre fut jadis propriété de la France et qu’elle
fut gagnée en 1804 par les Haïtiens au terme d’une
guerre sanglante...
• Le rocher servant de borne frontalière, au bord de la route menant à Lascahobas
Photos : ISPAN • 2013
Photos : ISPAN • 2013
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• L’inscription F.R.A.N.C.E. 197 gravée sur le rocher de Lascahobas
10 • BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013
BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013 • 11
Chronique
des monuments et sites historiques d’Haïti
Photo : ISPAN • 2013
Le Parc National Historique Citadelle, Sans-Souci,
Ramiers a reçu au mois de juillet dernier une nouvelle mission technique conjointe UNESCO-ICOMOS. Cette mission, composée de Mme Nuria Sanz
et de Mme Michèle Joigny, s’inscrit dans un processus d’accompagnement apporté par l’UNESCO à
Haïti, portant sur tous les aspects de la conservation,
de la gestion et de la mise en valeur du site (analyse structurelle, appui à la mise en place d’un plan
de gestion etc.). L’objectif principal de cette mission,
en réponse à la demande de l’Etat, était d’analyser
l’impact de la réhabilitation de la Route Nationale
003 sur le site, classé Patrimoine de l’Humanité par
l’UNESCO en 1982.
Le BI reproduit in extenso le résumé analytique
suivi des recommandations produites par la mission
conjointe.
Résumé analytique et recommandations
L’Etat haïtien a engagé, avec l’appui financier de
l’Union Européenne, la réhabilitation de la Route
Nationale n°3 et sa mise aux normes d’une route
nationale. Cet axe de liaison entre Port-au-Prince
et Cap Haïtien traverse le périmètre du site patrimoine mondial sur 5 kilomètres. En 2010, le Comité
du patrimoine mondial, s’inquiétant de l’impact
possible de ce projet routier sur la préservation du
site, a sollicité l’interruption des travaux et l’exploration de tracés alternatifs. En réponse à la décision
du Comité, l’Etat haïtien a extrait de l’appel d’offre
le tronçon concerné et identifié, avec l’aide de ses
partenaires, trois tracés alternatifs. Des termes de
référence d’une étude de faisabilité et d’impact ont
été préparés, afin d’analyser à la fois l’impact de la
réhabilitation du tracé existant et les trois options
de contournement envisagées. Après examen de
ce document, l’UNESCO et l’ICOMOS ont sollicité
des informations complémentaires et des pré-
• Le tracé actuel de la RN 003 longeant la vallée de Brostage,
au pied de la Citadelle Henry
cisions sur le volet patrimonial. Soucieux de la
préservation du site, l’Etat haïtien – à travers le Ministère des Travaux publics, des Transports et communications – a sollicité la réalisation d’une mission
d’assistance technique UNESCO/ICOMOS, pour
l’aider à préparer un projet de continuité de la route
qui soit respectueux du site. Financée par la délégation de l’Union Européenne en Haïti, cette mission a
été organisée du 15 au 23 juillet 2013.
L’impact du projet routier sur le site patrimoine
mondial doit être analysée au regard de ce qui fonde
sa valeur universelle exceptionnelle. Loin d’être seulement l’écrin d’un ensemble monumental, le Parc
National Historique est avant tout un espace habité,
cultivé, dont les usages tout autant que la splendeur
architecturale témoignent de l’histoire passée, celle
d’anciens esclaves qui, s’emparant de leur liberté,
se sont approprié un territoire pour y construire
un complexe défensif. C’est ce territoire dans son
ensemble, dans sa morphologie et ses usages, qui
donne sa plénitude à la puissance symbolique incarnée par la Citadelle Henry.
A cet égard, la réhabilitation de la route existante
au sein du Parc selon les normes d’une route nationale est porteuse de plusieurs menaces. Celle,
tout d’abord, d’une banalisation du territoire et
d’une transformation radicale de ses usages, qui
seraient préjudiciable non seulement à la valeur du
site mais aussi aux conditions de son exploitation
durable, notamment touristique. Celle également
d’une urbanisation incontrôlée, déjà à l’œuvre sur
les tronçons de la route précédemment réhabilités,
et face à laquelle le cadre légal et foncier offre peu
d’outils de contrôle. Celle par ailleurs de la déforestation, phénomène difficilement évitable aux abords
des axes majeurs et qui accentuerait la transformation paysagère et la co-visibilité entre la route et la
citadelle. Celle enfin de la pollution atmosphérique
et sonore, inévitable dans cette vallée encaissée et
nécessairement amenée à s’accroître à mesure que
le trafic routier augmente.
Au regard de ces impacts escomptés, et tout en
reconnaissant les contraintes financières et environnementales associés à cette proposition, la mission
recommande donc à l’Etat partie la construction
d’une déviation de la route nationale n°3 contournant le Parc, option seule à même de garantir la préservation durable du site appartenant au Patrimoine
Mondial et elle formule des recommandations pour
l’engagement rapide de cette déviation.
Même si la route nationale une fois réhabilitée
ne traverse plus le Parc, la mission recommande
d’améliorer la route existante sous forme d’une «
route du Parc » carrossable, à vocation locale, et
dont les gabarits seraient équivalents où inférieurs
aux dimensions actuelles. L’état de dégradation de la
route constitue en effet une contrainte forte pour
les habitants comme pour le développement touristique. Cette réhabilitation doit tenir compte de la
succession, au fil du tracé, de trois séquences morphologiques et paysagères distinctes, qui appellent
un traitement différencié et des mesures de gestion
spécifiques. L’UNESCO et l’ICOMOS sont disposés
à apporter un appui technique à l’Etat dans l’étude
des options d’aménagement de cette route, qui
permettra d’améliorer le fonctionnement du Parc,
12 • BULLETIN DE L’ISPAN • No 35 • 1er septembre 2013
pour ses habitants comme pour les visiteurs. Cette
réflexion doit s’inscrire plus largement dans la finalisation du plan de gestion, qui constitue une priorité.
La mission attire l’attention de l’Etat partie sur le
décalage de calendrier entre la construction d’une
déviation de la route nationale n°3 – dont la réalisation effective pourrait prendre cinq à six ans – et
l’achèvement de la réhabilitation du tronçon de la
route jusqu’à Dondon, escomptée d’ici deux ans.
Les pressions sur le site étant amenées à s’accroitre,
la mission recommande à l’Etat de prendre rapidement des mesures de contrôle de la circulation et de
gestion des abords, pour éviter une transformation
rapide du site dans la période précédant l’ouverture
de l’axe de contournement.
Elle recommande enfin que les autorités haïtiennes
étudient très en amont, en associant les collectivités
et communautés concernées, les nouvelles perspectives de développement des villes et des territoires
impactés par ce nouveau tracé routier.
Les membres de la mission conjointe
UNESCO/ICOMOS
Michèle Joigny. Architecte et urbaniste, membre
de l’ICOMOS. Elle a exercé des fonctions de direction
de services départementaux et régionaux du ministère
français chargé de l’équipement, des transports, de
l’urbanisme, du logement et de l’environnement. Son
expérience dans ces différents domaines lui permet de
traiter de façon intégrée les questions d’aménagement
de l’espace.
Nuria Sanz, chef de l’unité d’Amérique Latine et
des Caraïbes au centre du Patrimoine mondial de
l’UNESCO, elle est archéologue et anthropologue,
spécialisée en coopération internationale multilatérale.
Elle a conduit de nombreuses missions en Haïti et a
développé une solide expertise sur le Parc National
Historique et ses monuments.
Note de la rédaction du BI
La rédaction du BULLETIN DE l’ISPAN s’excuse
auprès des fidèles lecteurs et supporteurs de la revue
pour le retard de deux mois pris pour la parution du
No 35. Ce retard est du à des problèmes techniques
qui sont sur le point d’être résolu.
La rédaction du Bulletin de l’ISPAN profite de
l’occasion pour remercier les nombreux abonnés qui,
durant cette période, lui ont manifesté par différents
moyens et de différentes manières leur intérêt et leur
solidarité.
La rédaction du Bulletin travaille en étroite collaboration avec la Direction Générale de l’ISPAN pour
trouver les voies et moyens qui devront garantir la
parution ponctuelle et régulière du BULLETIN DE
l’ISPAN.
BULLETIN DE L’ISPAN No 35 :
• Rédaction et édition : Moun Studio
• Distribution : Service de la Promotion / ISPAN
INSTITUT DE SAUVEGARDE
DU PATRIMOINE NATIONAL
Ministère de la Culture
Rue Cappoix, Champ-de-Mars, Port-au-Prince,
Haïti
Directeur général : Monique Rocourt