(2021) Haiti: Response Strategy - Contribution to the Humanitarian Response Plan (2021-2022) for the Period January-December 2021
Summary — FAO's full response strategy document underpinning its contribution to Haiti's 2021-2022 Humanitarian Response Plan, describing how food insecurity, aggravated by COVID-19 and structural vulnerability, had left around 4 million people in Crisis phase or worse under IPC analysis, and setting out the multi-year evolution of acute food insecurity alongside FAO's planned response to restore livelihoods and mitigate the pandemic's impact.
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Haïti
Stratégie de réponse
Contribution au Plan de réponse humanitaire (2021-2022)
pour la période de janvier-décembre 2021
Répondre à la crise alimentaire, renforcer la résilience et atténuer
l’impact de la maladie à coronavirus 2019 (covid-19) sur les moyens
d’existence des populations vulnérables
Haïti
Stratégie de réponse
Contribution au Plan de réponse humanitaire (2021-2022)
pour la période de janvier-décembre 2021
Répondre à la crise alimentaire, renforcer la résilience et atténuer
l’impact de la maladie à coronavirus 2019 (covid-19) sur les moyens
d’existence des populations vulnérables
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Rome, 2021
CITATION RECOMMANDÉE
FAO. 2021. Haïti – Stratégie de réponse: Contribution au Plan de réponse humanitaire (2021-2022)
pour la période de janvier-décembre 2021. Rome.
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Photo de couverture: ©FAO
©FAO
Contexte
4 millions de personnes
en insécurité alimentaire aiguë
à des niveaux de crise ou plus
Dans un contexte marqué par des fragilités économiques et des tensions
sociopolitiques, les chocs successifs qui ont récemment touché la
République d’Haïti – catastrophes naturelles, épidémies et déplacements
de population – conjugués à des faiblesses structurelles qui limitent
l’accès aux services de base, ont considérablement aggravé la vulnérabilité
chronique de la population.
élevés* (août 2020-février2021)
6% des enfants de moins de
5 ans souffrent de malnutrition
aiguë globale et 21,7 % de
Ainsi, les conséquences des catastrophes naturelles continuent
de dégrader la sécurité alimentaire des populations, en particulier
des communautés rurales dont les moyens d’existence dépendent
principalement de l’agriculture.
la population de malnutrition
chronique (SMART 2020)
60% de la population rurale
tire ses moyens d’existence de
l’agriculture, de la pêche ou de
l’élevage
augmentation du panier
alimentaire de 29 pour cent
en juin 2020 par rapport
à juin 2019
*Source: IPC, septembre 2020.
Les restrictions dues à la maladie à coronavirus 2019 (covid-19) ont
entraîné des pressions et une perte de sources de revenus des ménages
ruraux qui vivent du travail quotidien informel. D’après l’évaluation
rapide de l’impact de la covid-19 sur la Sécurité alimentaire, les moyens
d’existence et la production agricole ([SAMEPA], octobre 2020), le nombre
de ménages dont aucun membre n’avait de travail rémunéré était de
10 pour cent avant la covid-19. Ce chiffre est passé à 20 pour cent après le
début de la pandémie en Haïti, en mars 2020.
Haïti fait également face à une incertitude politique, économique et
sociale extrême. Le dysfonctionnement du Parlement et les élections,
prévues au début de 2021, provoquent de fortes tensions et des
manifestations de plus en plus violentes organisées par les partis
d’opposition. En outre, la criminalité des groupes armés a augmenté,
entraînant une détérioration de la sécurité déjà extrêmement volatile.
1
En 2021, la FAO continuera
à soutenir la production
alimentaire locale afin
d’assurer et d’augmenter
rapidement la disponibilité
alimentaire, tout en
protégeant les moyens
d’existence.
Avec plus de 41 pour cent de sa population en situation de pauvreté
multidimensionnelle et près de 22 pour cent additionnels vulnérables à cette
situation (Programme des Nations Unies pour le développement [PNUD],
2020), Haïti figure parmi les pays les plus pauvres du monde. Les indicateurs
socio-économiques de l’Indice de développement humain (PNUD) de
2019 ont classé Haïti en position 169 sur 189 pays et selon les données de la
Banque mondiale (janvier 2020), l’économie haïtienne est en récession au
cours des 12 derniers mois (- 0,9 pour cent); soit le taux le plus bas observé
depuis 2010, année du séisme.
En 2020, la baisse de la production agricole, causée par la sécheresse
et la hausse des prix des produits de base (Coordination nationale de
la sécurité alimentaire [CNSA], octobre 2020), a réduit la disponibilité
et l’accessibilité aux denrées alimentaires des ménages pauvres, en
particulier ceux qui tirent leurs moyens d’existence de l’agriculture.
Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité
alimentaire ([IPC], septembre 2020), le déficit hydrique enregistré au cours
des mois de mars à juin 2020 a fortement impacté la production agricole
de printemps, principale saison (mars-juin) qui contribue à plus de la
moitié de la production agricole nationale. En août, la tempête tropicale
Laura a aggravé les pertes de récoltes déjà enregistrées à cause de la
sècheresse dans certains départements comme le Sud et le Sud-Est. Cette
faible production agricole rend les conditions de vie dans les zones rurales
particulièrement difficiles et aggrave encore la pauvreté, l’analphabétisme
et les problèmes de santé, touchant de manière disproportionnée les plus
vulnérables, en particulier les femmes dans leurs activités domestiques et
leurs efforts pour la survie de la famille.
État actuel de l’insécurité alimentaire aiguë à des niveaux de crise
ou plus élevés (août 2020-février 2021)
Océan Atlantique
Nord-Ouest
Nord
Nord-Est
L’Artibonite
Centre
Ouest
Mer des Caraïbes
Gran d’Anse
Ouest
Nippes
Sud
RÉPUBLIQUE
DOMINICAINE
Sud-Est
0
15 km
Phases du Cadre intégré de classification
de la sécurité alimentaire
1 - Minimale
2 - Sous pression
3 - Crise
4 - Urgence
5 - Famine
Données insuffisantes
Source: IPC, septembre 2020.
La carte est conforme à la carte des Nations Unies pour Haïti, février 2016.
2 | Haïti – Stratégie de réponse
Non analysé
Pendant la période actuelle (jusqu’en février 2021), 9 pour cent de
la population analysée (905 471 personnes) est classé en Phase 4 de
l’IPC (urgence) et 33 pour cent (3 083 497 personnes) en Phase 3 de
l’IPC (crise) soit 42 pour cent de la population. Pour la période
projetée (mars-juin 2021), 12 pour cent de la population analysée
(1 156 915 personnes) pourrait être en Phase 4 et 34 pour cent
(3 198 820 personnes) en Phase 3.
La situation est plus dégradée dans les zones rurales avec 46 pour cent
de la population en insécurité alimentaire contre 44 pour cent dans
les zones urbaines.
Situation projetée d’insécurité alimentaire aiguë à des niveaux de crise
ou plus élevés (mars-juin 2021)
Océan Atlantique
Nord-Ouest
Nord
Nord-Est
L’Artibonite
Centre
Ouest
Mer des Caraïbes
Gran d’Anse
Ouest
Nippes
Sud
RÉPUBLIQUE
DOMINICAINE
Sud-Est
0
15 km
Phases du Cadre intégré de classification
de la sécurité alimentaire
1 - Minimale
2 - Sous pression
3 - Crise
4 - Urgence
5 - Famine
Données insuffisantes
Non analysé
Source: IPC, septembre 2020.
La carte est conforme à la carte des Nations Unies pour Haïti, février 2016.
Pour la période projetée, parmi les 28 zones de moyens d’existence
incluses dans l’analyse IPC (septembre 2020), la Gonâve, le Sud-Est (zone
de moyens d’existence HT01: Côte sèche – maïs et charbon de bois) et le
Haut Nord-Ouest (zone de moyens d’existence HT02: Nord – tubercules et
horticulture) sont classées en Phase 4 avec le plus grand pourcentage de
personnes en Phase 4. Le reste du pays est classé en Phase 3. Cependant,
dans le Bas Nord-Ouest (HT01), la zone côtière du Sud (zone de moyens
d’existence HT081: Côte sud-ouest – maïs, manioc, produits de brousse)
et le quartier de Cité Soleil à Port au Prince on compte plus de 50 pour
cent de la population en Phase 3 et plus avec des besoins d’assistance
d’urgence.
1 FEWSNET. 2015. Haiti – Livelihood zones. https://fews.net/sites/default/files/documents/
reports/HT_Livelihoods_2015.pdf [page web consultée le 4 février 2020].
Contexte | 3
Évolution du nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë à des niveaux de crise ou plus élevés
3 000 000
2 000 000
1 500 000
1 321 776
2 500 000
4 355 735
2 258 982
3 500 000
2 625 289
4 000 000
3 988 968
4 500 000
4 101 280
3 673 127
5 000 000
1 000 000
500 000
0
Oct 2017–fév 2018
Oct 2018–fév 2019
Mars–juin 2019*
Oct 2019–fév 2020
Mars–juin 2020*
Août 2020–fev 2021
Mars–juin 2021*
*Projections
Source: IPC, octobre 2017 à juin 2021.
Avec les premiers cas de patients positifs à la covid-19 identifiés en mars
2020, le Gouvernement a adopté un ensemble de mesures telles que: la
fermeture des écoles, des églises, des aéroports et des frontières terrestres
et maritimes; la mise en place des dispositions nécessaires pour la prise
en charge des malades; la restriction et la limitation des mouvements des
citoyens; l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes et
le confinement des personnes provenant des pays à risque pendant une
période de 14 jours.
Le Gouvernement a également développé un Plan de préparation et de
réponse incluant le contrôle, le suivi et une réponse médico-sociale à la
pandémie. Suite à ces mesures qui ont duré trois mois (avril à juin 2020),
et malgré des capacités techniques et financières limitées en matière de
suivi des contaminations, le nombre de personnes contaminées a semblé
rester à des niveaux faibles et les restrictions de mouvements ont ainsi
été progressivement allégées pour permettre une relance des activités
économiques. La sensibilisation et l’information des populations rurales
restent cependant indispensables pour préserver les populations de la
pandémie, toujours présente en Haïti, et qui semble actuellement rentrer
dans une seconde vague (janvier 2021).
Les populations vulnérables, déjà en insécurité alimentaire aiguë, sont
les plus touchées par les conséquences de la covid-19. Ainsi, la réduction
des mouvements entre pays causée par la fermeture des frontières avec la
République dominicaine a entraîné une perturbation des marchés et des
chaînes d’approvisionnement et l’absence de filets sociaux permettant de
faire face à la baisse du pouvoir d’achat ont conduit à une hausse des prix
des produits alimentaires de base.
4 | Haïti – Stratégie de réponse
©FAO
En outre, de nombreux Haïtiens dans les communes frontalières de la
République dominicaine, qui vivaient de la vente de leur main d’œuvre
dans ce pays voisin fortement touché par la pandémie, ont perdu leurs
emplois et se retrouvent au chômage avec le risque de voir leurs familles
basculer en insécurité alimentaire si rien n’est fait pour les soutenir.
D’après l’évaluation rapide de l’impact de la covid-19 sur la SAMEPA, la
pandémie a provoqué une diminution des revenus de plus de 85 pour
cent des ménages enquêtés et plus de 10 pour cent d’entre eux ont perdu
leur travail. Plus de 60 pour cent des ménages enquêtés ont adopté des
mécanismes d’adaptation ayant un impact négatif direct sur leurs moyens
d’existence pour faire face à la crise alimentaire tels que la vente de leurs
avoirs productifs (semences, parcelles, animaux) ou le recours à des
emprunts informels à des taux d’intérêt élevés.
Contexte | 5
©FAO
Modalités
de la stratégie
de réponse
pour assister
675 000 personnes
la FAO requiert
45 millions d’USD
pour la période
janvierdécembre 2021
6 | Haïti – Stratégie de réponse
Approche intégrée
Les besoins humanitaires en Haïti ont fortement augmenté en raison
de la crise, ce qui risque de compromettre les acquis en matière de
développement et pourrait encore fragiliser la cohésion sociale. La
complexité des crises haïtiennes, dont les plus importantes sont les crises
politiques et socio-économiques ainsi que les catastrophes naturelles
récurrentes, représente une menace importante pour le développement
durable et la paix. Dans ce contexte, il est indispensable de renforcer la
coordination entre les acteurs humanitaires pour assurer une réponse
rapide aux besoins des populations touchées et contribuer à leur
relèvement.
L’approche développée par l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO) tient compte des causes profondes de
la vulnérabilité des populations rurales, afin de combiner une assistance
humanitaire d’urgence, à court terme, avec des interventions de
résilience, à moyen et long terme. Cette approche du nexus humanitairedéveloppement-paix vise au renforcement des capacités des bénéficiaires
pour développer des mécanismes d’anticipation et d’adaptation aux
chocs récurrents et, par conséquent, réduire les besoins humanitaires
ultérieurs. Dans le cadre du Plan de réponse humanitaire 2021, la
FAO mettra en œuvre une stratégie opérationnelle intégrée et adaptée à
l’évolution du contexte dans le pays. Elle sera ainsi axée sur l’agriculture
et ses sous-secteurs (élevage, pêche et forêt) dont les populations rurales
tirent leurs moyens d’existence ainsi que sur l’atténuation de l’impact
négatif de la covid-19 sur leur sécurité alimentaire.
Les moyens d’existence
sont la meilleure défense
des populations rurales
contre la faim et la
malnutrition. Les protéger
c’est permettre aux
populations à risque et
touchées par des crises
d’accéder aux denrées
alimentaires et de
commencer à produire
de la nourriture le plus
rapidement possible.
Répartition des principaux moyens d’existence en Haïti
Le secteur agricole contribue à la moitié de la disponibilité alimentaire
du pays, 20 pour cent du produit intérieur brut (PIB), 66 pour cent de
l’emploi rural global et 75 pour cent de l’emploi des ménages ruraux à
faible revenu (PNUD, 2015 et Banque mondiale 2017, 2019). La diversité
des environnements écologiques haïtiens permet une large gamme de
systèmes agricoles qui peuvent jouer un rôle essentiel dans la réduction
de l’insécurité alimentaire. Cependant, la plupart des agriculteurs
haïtiens pratiquent une agriculture de subsistance avec des techniques
traditionnelles non adaptées aux effets négatifs causés par le changement
climatique. Ainsi, au cours des 10 dernières années, le taux de croissance
moyen de la production agricole haïtienne est resté inférieur à 1 pour
cent. Par conséquent, l’agriculture haïtienne présente des niveaux de
productivité très faibles avec un PIB agricole annuel par habitant estimé
à 400 USD par an. Ce déclin continu du secteur agricole a un impact
considérable sur le niveau de vie de 60 pour cent de la population haïtienne
vivant en milieu rural.
Le plan de réponse de la FAO est axé sur des activités en lien avec les
principaux moyens d’existence tirés de l’agriculture et de ses soussecteurs, qui varient en fonction de la période, du calendrier agricole et
des besoins spécifiques des zones d’intervention et des bénéficiaires. Il
s’agit surtout de soutenir et développer:
• la production vivrière, notamment les céréales, légumineuses et
tubercules qui sont la base principale de l’alimentation haïtienne et qui
sont cultivées sur presque tout le territoire, en particulier pendant les
saisons agricoles de printemps (mars-juin) et d’été (juin-octobre);
• la production maraîchère, à travers un appui aux agriculteurs familiaux
pour lesquels les légumes constituent une source essentielle de
revenus, en ciblant en priorité les femmes cheffes de ménages;
• la production semencière, avec un appui aux groupements de
producteurs de semences de qualité, en collaboration avec le Service
national semencier, et en lien avec la fourniture de coupons aux
ménages vulnérables dans des foires aux semences;
• le petit élevage, les traitements vétérinaires d’animaux malades et les
formations des agents vétérinaires en santé animale afin de préserver
cette source alternative de revenu sur laquelle les ménages vulnérables
se rabattent en cas de crise alimentaire (vente de bétail pour avoir
accès à des aliments);
• la pêche, qui constitue une source de revenu pratiquée en milieu marin
et dans les lacs collinaires, à travers un appui aux communautés de
pêcheurs, tout en assurant la durabilité environnementale de l’activité.
Outre ces activités, des interventions de renforcement des capacités de
résilience afin que les bénéficiaires développent des mécanismes de
stabilisation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en cas de chocs
seront prioritaires. La FAO contribuera également au renforcement de
la cohésion sociale par la sensibilisation et la mobilisation des leaders
communautaires et des espaces de dialogue communautaire.
Modalités de la stratégie de réponse | 7
©FAO
Renforcement des mécanismes d’intervention
Le 13 janvier 2020, la FAO lançait un programme de renforcement de
ses opérations en Haïti afin de répondre aux besoins immédiats des
personnes en insécurité alimentaire aiguë et de contribuer à la protection,
la restauration et l’amélioration de leurs moyens d’existence. Les mesures
mises en place comprennent: des procédures simplifiées et prioritaires,
le renforcement des capacités du personnel et le recrutement de
spécialistes dans divers domaines, la réalisation d’analyses ad hoc et
l’accès à des fonds internes spéciaux, comme le Fonds spécial pour les
activités d’urgence et de relèvement, les projets de coopération technique
d’urgence ainsi qu’un soutien accru du bureau national de la FAO par les
divisions du siège (Bureau des urgences et de la résilience et toutes les
divisions techniques et administratives le cas échéant), le Bureau sousrégional pour la Mésoamérique et le Bureau régional pour l’Amérique
latine et les Caraïbes. La collaboration entre la FAO et le Gouvernement,
en particulier les services décentralisés du Ministère de l’agriculture,
des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR) et les
8 | Haïti – Stratégie de réponse
autorités administratives locales, contribue à une coordination efficace de
la mise en œuvre des activités sur terrain. De plus, la collaboration avec
les agences des Nations Unies, les organisations non gouvernementales
(ONG), les associations d’agriculteurs et d’éleveurs, et l’ensemble des
partenaires du secteur de la sécurité alimentaire et de la nutrition est
renforcée dans le cadre du Plan de réponse humanitaire 2021.
Identification des bénéficiaires
Le Plan cible 135 000 ménages2 vulnérables (675 000 personnes)
en Phases 3 et 4 de l’IPC, à travers une approche participative et
communautaire. La dimension de genre, l’autonomisation des femmes
et des jeunes, la nutrition, la conservation des ressources naturelles et
la promotion de l’agriculture durable et résiliente face au changement
climatique sont intégrées de manière transversale.
Un critère de vulnérabilité sera utilisé pour un ciblage prioritaire des
personnes seules cheffes de ménages vulnérables, des ménages ayant
à charge des personnes handicapées, des enfants de moins de cinq ans
malnutris et/ou des personnes âgées. Les jeunes ruraux, sans emploi,
appartenant aux ménages vulnérables seront également intégrés dans
des activités de structuration communautaires et de renforcement des
capacités de résilience aux chocs.
En plus du soutien à la relance des moyens d’existence, un filet de
protection social sera donné aux ménages les plus vulnérables de la
population en urgence (Phase 4) à travers l’approche cash+ (transfert
monétaire accompagné d’un don d’intrants productifs agricoles ou
pastoraux) qui leur permettra un accès immédiat à une alimentation
de base en attendant le rétablissement de leur source d’aliment et/
ou de revenu. En outre, les ménages vulnérables, vivant en grande
partie de la vente de la main d’œuvre, seront ciblés en priorité pour des
activités d’espèces contre travail basées sur des travaux de réhabilitation
d’infrastructures agricoles ou d’assainissement urbain en échange d’un
revenu, notamment les ouvriers sans terres agricoles et les personnes
ayant perdu leur emploi, y compris les personnes retournées de la
République dominicaine.
Ciblage géographique
Les zones ciblées seront prioritairement celles qui seront en Phase 4 de
l’IPC à partir de mars 2021, à savoir l’ile de la Gonâve dans le département
de l’Ouest, le Sud-Est (zone HT01) et le Haut Nord-Ouest (HT02). En
fonction de sa présence géographique, la FAO ciblera également les
personnes en Phase 4 d’autres départements, en particulier le Bas NordOuest, le Nord, la zone côtière du Sud et les quartiers urbains pauvres qui
comptent plus de 50 pour cent de leur population en Phase 3 et plus.
2 un ménage en Haïti comprend cinq personnes
Modalités de la stratégie de réponse | 9
Si la sécurité le permet, dans les zones ci-haut citées, la stratégie visera
en priorité les ménages vulnérables vivant dans les sections communales
reculées et enclavées, souvent oubliées par les interventions humanitaires.
Au vu de l’évolution de la fréquence et de l’intensité des incidents liés à la
sécurité sur les routes, certaines zones d’intervention retenues pourraient
ne pas être accessibles ou moins adaptées à certains types d’activités.
Ainsi, l’analyse du contexte prendra en compte des scénarios (probabilité
de trajectoires de l’insécurité) afin d’orienter la mise en œuvre de ses
interventions qui évolueront selon le contexte du pays et les modalités de
mise en œuvre sur le terrain.
Partenariats
Toutes les activités seront mises en œuvre en partenariat avec le
Gouvernement d’Haïti, en particulier les services décentralisés du
MARNDR, notamment les Directions départementales de l’agriculture, les
Bureaux agricoles communaux, la CNSA, le Service national semencier, et
l’Unité des statistiques agricoles et informatiques (USAI), afin d’assurer la
conformité dans la priorisation des actions et éviter d’éventuels doublons.
La collaboration entre la FAO et le Programme alimentaire mondial
(PAM), permettra de créer des synergies entre les modalités d’assistance
alimentaire du PAM et l’assistance de la FAO en intrants agricoles et
autres actifs productifs pour la relance des moyens d’existence. De plus,
dans les communes où les deux agences interviennent durant la même
période, une harmonisation des critères de sélection des bénéficiaires sera
développée afin que le PAM leur fournisse des transferts monétaires et
que la FAO soutienne en même temps leurs moyens d’existence agricoles,
d’élevage et/ou de pêche pour rétablir leur autonomie alimentaire. Dans la
mesure du possible, le ciblage des deux agences sera basé sur les données
disponibles du système d’information du Ministère des affaires sociales et
du travail.
En outre, la FAO travaillera en étroite collaboration avec le Ministère
de la santé publique et de la population, l’Organisation mondiale de
la Santé et le secteur de la santé, afin de partager les informations
et les résultats et de prendre en considération les recommandations
pertinentes sur les mesures prises et l’ensemble des activités nationales
de prévention contre la propagation de la covid-19 pour éviter une
duplication des interventions, harmoniser les approches et promouvoir
la complémentarité avec la réponse médicale. Une collaboration étroite
existe avec les Directions départementales de la santé pour la mise en
œuvre d’activités de renforcement des capacités des communautés en
éducation nutritionnelle. La FAO travaille aussi en collaboration avec le
Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes pour la mise en
œuvre des activités d’autonomisation et de renforcement du leadership
des femmes rurales.
10 | Haïti – Stratégie de réponse
©FAO
Objectifs
La stratégie intégrée de réponse vise à rétablir la sécurité alimentaire de
135 000 ménages vulnérables à travers la protection et la restauration
de leurs moyens d’existence basés sur l’agriculture, l’élevage et la pêche
ainsi que le renforcement de leur résilience aux chocs ultérieurs. Les
composantes transversales qui visent l’amélioration de la cohésion
sociale, l’autonomisation des femmes et la réduction des violences
basées sur le genre ainsi que la protection de l’environnement et la
gestion efficace des ressources naturelles, accompagneront toutes les
interventions de la FAO. La stratégie vise à prévenir la détérioration du
contexte humanitaire, à travers des interventions permettant d’améliorer
de manière durable la sécurité alimentaire et nutritionnelle et les
mécanismes de prévention contre la propagation de la covid-19. En outre,
le renforcement des capacités des bénéficiaires pour la mise en œuvre
d’activités de diversification des sources d’aliments et de revenus visera
aussi l’amélioration du tissu socio-économique et de la cohésion sociale.
Modalités de la stratégie de réponse | 11
©FAO
12 | Haïti – Stratégie de réponse
Résultat 1.
L’accès et la disponibilité alimentaires des ménages vulnérables, en
situation d’urgence (Phase 4), sont améliorés suite à la reconstitution de
leurs actifs productifs pour protéger et restaurer leurs moyens d’existence
liés à la production agricole et à l’élevage.
Bénéficiaires ciblés
80 000 ménages
(400 000 personnes)
Budget
22,4 millions d’USD
Activités prévues à court terme
• Fourniture d’intrants agricoles (semences et outils) au profit de
•
•
•
•
65 000 ménages vulnérables à travers des distributions directes ou de
coupons subventionnés dans des foires aux semences pour les saisons
agricoles de 2021, particulièrement la principale saison de printemps
(représentant la moitié de la production nationale).
Traitement et protection sanitaire de 60 000 animaux (bétail et volaille)
au profit de 15 000 agropasteurs.
Appui technique et fourniture de matériel végétal de plantation
pour la production fourragère, l’ensilage et la fabrication de foin aux
15 000 agropasteurs mentionnés ci-dessus.
Fourniture de transferts monétaires inconditionnels combinés à
l’assistance agricole et à l’élevage (cash+) pour la protection des
moyens de production et pour réduire l’adoption de mécanismes de
survie dangereux au profit de 80 000 ménages bénéficiaires d’intrants
agricoles et des traitements vétérinaires des animaux.
Actions d’anticipation afin de réduire l’impact de catastrophes prévues
via la fourniture de transferts monétaires inconditionnels ainsi que
la distribution d’intrants aux ménages vulnérables potentiellement
affectés. Il s’agit d’agir lors de l’émission d’une alerte précoce en cas de
dépassement d’un seuil de risque pré-identifié (déclencheur) afin de
protéger les moyens de subsistance contre les chocs immédiats et en
augmentant la résilience des communautés locales
Produits attendus
• La production vivrière et les revenus des ménages ont augmenté grâce
à leur accès aux intrants agricoles de qualité pour les semis/plantation,
et l’économie locale est améliorée notamment grâce aux foires aux
semences.
• L’adoption de mécanismes de survie dangereux est réduite, notamment
la décapitalisation et la vente d’animaux, sources indispensables de
revenus et d’aliments protéiques pour les ménages vulnérables.
• La disponibilité et l’accès aux aliments sont améliorés.
• La résilience des agriculteurs et des éleveurs face aux aléas climatiques
est renforcée.
Modalités de la stratégie de réponse | 13
©FAO
Résultat 2.
Les organisations communautaires (groupements, associations) qui
accompagnent les populations vulnérables dans la relance de leurs actifs
productifs et la diversification des sources d’aliments et de revenus sont
structurées et ont la capacité de pérenniser leurs actions.
Bénéficiaires ciblés
55 000 ménages
(275 000 personnes)
Budget
17,95 millions d’USD
Activités prévues
• Structuration en associations/groupements et renforcement
de la résilience de 9 000 ménages vulnérables à travers leur
accompagnement pour l’initiation et l’animation des champs école
paysans (CEP), des associations rurales d’épargne et de crédit ainsi que
la gestion efficace des activités génératrices de revenu en milieu rural
et urbain.
• Mise en place de CEP et formation des groupements de producteurs
en production et commercialisation de semences et de matériel de
plantation de qualité au profit de 120 groupements de production
artisanale de semences, soit 6 000 ménages.
14 | Haïti – Stratégie de réponse
• Repeuplement du petit élevage (poules et chèvres) en faveur de
15 000 ménages (75 000 personnes) vulnérables qui ont perdu ou
vendu leur cheptel en raison de catastrophes naturelles et/ou de crise
socio-économique, en priorisant les femmes/filles cheffes de ménages
vulnérables.
• Distribution de matériel de pêche et appui technique au profit de
5 000 ménages afin d’initier ou de renforcer les activités halieutiques en
mer ou dans les lacs collinaires.
• Amélioration du stockage, de la transformation, de la salubrité et de
l’approvisionnement des aliments aux cantines scolaires à travers
un appui technique et en matériel/équipement aux associations
constituées d’au moins 4 000 ménages vulnérables (dont au moins
60 pour cent de femmes cheffes de ménages).
• Organisation d’activités espèces contre travail pour la diversification
des sources de revenus de 16 000 ménages vulnérables en milieu
rural et urbain en vue de réhabiliter des infrastructures agricoles
communautaires, des pistes rurales et d’assainir des quartiers urbains.
Produits attendus
• Les aliments et les revenus des ménages sont augmentés et diversifiés
©FAO
entraînant l'amélioration et la stabilisation de leur sécurité alimentaire
et nutritionnelle.
• Les communautés développent des mécanismes de résilience aux
chocs ultérieurs et de protection/assistance des ménages vulnérables.
• Les moyens de production et d’accès tels que les infrastructures et les
parcelles agricoles affectées par les catastrophes naturelles et les pistes
rurales sont réhabilitées.
Modalités de la stratégie de réponse | 15
Résultat 3.
Les services institutionnels et les structures communautaires qui
soutiennent les populations vulnérables sont renforcés afin d’améliorer
la résilience et la durabilité de leurs moyens d’existence face aux
catastrophes naturelles et aux crises socio-économiques ainsi que la
cohésion sociale.
Bénéficiaires ciblés
135 000 ménages
(mêmes bénéficiaires que
pour les Résultats 1-2)
Budget
1,9 millions d’USD
Activités prévues
• Appui à la CNSA pour la coordination de la sécurité alimentaire et la
mise en place d’un Système d’alerte précoce et de surveillance de la
sécurité alimentaire au niveau national.
• Appui à la CNSA et l’USAI pour l’organisation d’enquêtes nationales
d’évaluation de la sécurité alimentaire et de la production agricole, le
suivi des prix sur les marchés et les analyses IPC.
• Appui à la Direction de la protection civile et aux Directions
départementales de l’agriculture pour la mise en place et le
renforcement des capacités des Comités locaux de protection civile et
de gestion des risques de catastrophes naturelles et des crises socioéconomiques sur les secteurs agricoles.
• Analyse des priorités des zones ciblées, cartographie et mobilisation
de partenaires et de ressources dans le cadre du nexus humanitairedéveloppement-paix et de l’initiative de la FAO Main dans la Main.
Produits attendus
• L’alerte précoce et les actions d’anticipation contribuent à l’atténuation
de l’impact des catastrophes naturelles et autres chocs sur la sécurité
alimentaire des personnes vulnérables.
• La résilience des moyens d’existence des populations et la cohésion
sociale sont renforcées.
• Les interventions humanitaires sont coordonnées et complémentaires
aux interventions de développement de moyen et long terme.
16 | Haïti – Stratégie de réponse
©FAO
Résultat 4.
L’impact négatif de la pandémie de la covid-19 sur la sécurité alimentaire
et les moyens d’existence des populations vulnérables est réduit et les
capacités du Gouvernement en évaluation de l’impact et élaboration du
Plan de réponse post-pandémie sont renforcées.
Bénéficiaires ciblés
135 000 ménages
(mêmes bénéficiaires que
pour les Résultats 1-2)
Budget
2,75 millions d’USD
Activités prévues
• Diffusion d’informations fiables sur les mesures de prévention contre la
•
•
•
•
•
propagation de la covid-19 et reddition de compte quant aux actions
d’engagement social à travers les radios communautaires rurales
localisées dans les zones d’action de la FAO.
Formation et sensibilisation d’au moins 400 leaders communautaires
(responsables des organisations communautaires de base [OCB],
chefs civils et religieux) responsables de la mobilisation sociale sur la
prévention contre la propagation de la covid-19 dans les zones d’action
de la FAO.
Suivi-encadrement de la transmission des connaissances acquises par
les leaders communautaires à au moins 8 000 ménages habitant dans
leur voisinage.
Sensibilisation des bénéficiaires afin qu’ils puissent connaître les
risques et maintenir des normes d’hygiène adéquates pour éviter la
transmission de la covid-19.
Distribution de kits d’hygiène et de protection à 20 000 ménages vivant
dans les zones les plus exposées à la pandémie.
Appui au Gouvernement pour évaluer l’impact de la pandémie sur les
moyens d’existence et la sécurité alimentaire et élaborer un plan de
réponse post-pandémie.
Modalités de la stratégie de réponse | 17
©FAO
Produits attendus
• Les ménages vulnérables ruraux habitant dans les zones les plus
reculées et enclavées sont informés par les radio locales et les leaders
communautaires sur les mesures de prévention contre la propagation
de la covid-19.
• Le Gouvernement connait l’impact de la pandémie sur la sécurité
alimentaire et les moyens d’existence des populations rurales et
dispose d’un outil permettant de coordonner et d’orienter ses
partenaires vers des interventions prioritaires pendant la période postpandémie.
• Le personnel de la FAO et de ses partenaires ainsi que les bénéficiaires
sont protégés contre la covid-19 lors de la mise en œuvre des
interventions prévues dans ce programme de réponse.
• Les communautés rurales habitant dans les zones d’interventions de la
FAO maîtrisent les techniques de prévention contre la propagation de
la pandémie.
18 | Haïti – Stratégie de réponse
Redevabilité envers les populations affectées
Pendant la phase d’identification des interventions, la FAO et ses
partenaires organiseront des concertations avec les OCB et les bénéficiaires
pour l’analyse de la situation de la sécurité alimentaire et des besoins
prioritaires. La FAO dispose d’équipes, constituées d’un personnel technique
compétent, localisées au sein des bureaux des Directions départementales
de l’agriculture dans les départements de Grand’Anse, Nippes, Nord-Est,
Nord-Ouest et Sud-Est. Elles collaborent en permanence avec les autorités
et les communautés locales pour échanger sur les contraintes et les besoins
prioritaires des ménages vulnérables, y compris les organisations qui
appuient les groupes vulnérables (femmes cheffes de ménages, personnes
handicapées et personnes âgées), bénéficiaires prioritaires de ce plan.
Des informations sur l’objectif et les activités que cibleront les bénéficiaires
sont communiquées aux autorités locales et aux OCB dès le début de
chaque activité. La FAO et ses partenaires ont mis en place un mécanisme
de plainte et de retour d’information en faveur des bénéficiaires. Au début
de chaque activité, les bénéficiaires sont informés, oralement et par des
kakemonos élaborés en créole, sur la manière de porter plainte contre
les personnes présumées fautives. Le numéro de téléphone à contacter
en cas de problème subvenu lors de la mise en œuvre des activités leur
est communiqué. La FAO informe également ses bénéficiaires de la
confidentialité des informations reçues et de la manière de répondre
aux plaintes. Les informations collectées auprès des bénéficiaires sont
centralisées sur une base de données sécurisée gérée par le responsable
du suivi-évaluation de la FAO.
Protection contre l’exploitation et les abus sexuels
La FAO a organisé, au cours de l’année 2020 des séances de formation et de
sensibilisation des partenaires locaux et des bénéficiaires en utilisant des
messages en créole sur kakemonos. L’Organisation a élaboré un mécanisme
de plaintes pour les victimes en mettant en place un comité de suivi et de
collecte des plaintes sur chaque site de distribution d’intrants agricoles et en
informant les OCB et les bénéficiaires des numéros téléphoniques de la FAO
et du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti à contacter en cas d’abus
et/ou d’exploitation sexuelles. Toutes les plaintes reçues et signalées sont
évaluées de manière rapide et confidentielle par le bureau compétent et
celles qui justifient une enquête plus approfondie sont renvoyées au Bureau
de l’Inspecteur général de la FAO. En outre, La FAO adhère au mécanisme
central des plaintes, en cours de mis en place par toutes les agences des
Nations Unies en Haïti sous la coordination du Bureau de la coordination
des affaires humanitaires et du Coordonnateur Résident des Nations Unies.
Suivi et évaluation
L’équipe technique de la FAO mettra en place un dispositif de suiviévaluation pour mesurer les progrès des activités. Le suivi se concentrera
sur la réalisation des résultats attendus.
Modalités de la stratégie de réponse | 19
©FAO
20 | Haïti – Stratégie de réponse
Protéger les moyens d’existence c’est sauver des vies
Contact
Représentation de la FAO au Haïti
FAO-HT@fao.org
Port-au-Prince, Haïti
Bureau des urgences et de la résilience de la FAO
OER-Director@fao.org
Rome, Italie
www.fao.org/emergencies
www.fao.org/resilience
©FAO, 2021
CB3329FR/1/02.21
Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture