Évaluation institutionnelle de la FACN et de ses infrastructures avicoles à Cayes-Jacmel
Resume — Évaluation institutionnelle de la fédération caféière FACN et de ses infrastructures avicoles à Cayes-Jacmel, pour le FAES, juin 2010.
Description Complete
Préparée pour la Direction des initiatives économiques du Fonds d'assistance économique et sociale par William Gustave et Roosevelt Saint-Dic et datée de juin 2010, cette évaluation porte sur la Fédération des associations caféières natives en tant qu'institution ainsi que sur ses infrastructures avicoles à Cayes-Jacmel, dans le Sud-Est. Le rapprochement constitue en soi le constat intéressant : une fédération de producteurs de café exploitant des installations avicoles est un cas de diversification d'organisations agricoles au-delà de leur produit fondateur, et l'évaluation apprécie à la fois l'institution et les actifs physiques. La FACN apparaît aussi dans l'annexe FAO sur la Quinte de ce lot comme intervenant dans la zone caféière de Marmelade.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
FONDS D’ASSISTANCE ECONOMIQUE ET SOCIALE
(FAES)
DIRECTION DES INITIATIVES ECONOMIQUES
ÉVALUATION INSTITUTIONNELLE DE LA FACN
ET DE SES INFRASTRUCTURES AVICOLES À CAYES JACMEL.
Juin 2010
William GUSTAVE
Roosevelt SAINT DIC
I. COMPREHENSION DU MANDAT 3
1.1 Contexte 3
1.2 Objectifs de l’étude 3
1.3 Résultats attendus 3
II. EVALUATION DES INFRASTRUCTURES AVICOLES 5
2.1 Brève présentation introductive 5
2.2 Méthodologie 5
2.3 Les résultats de la mission 6
2.3.1 Les infrastructures existantes 6
2.3.1.1 Les couvoirs 6
2.3.1.2 Bâtiments d’élevage 7
2.3.1.3 L’usine de fabrication de cages 9
2.3.1.4 L’usine de fabrication d’aliments 10
2.3.1.5 Extension prévue : la construction d’un abattoir 11
2.3.2 Les résultats en regard des mécanismes d’approvisionnement en matières premières 11
2.3.3 Comparaison avec les cages de MFT 12
2.3.3.1 Brève présentation de la Cage MFT 12
2.3.3.2 Cages FACN versus cage MFT 13
II. L’EVALUATION INSTITUTIONNELLE 16
2.1 Objectifs et méthodologie 16
2.2 Les résultats 16
2.2.1 Statut, instances dirigeantes, organigramme et personnel clé 16
2.2.2 Sources de financement 17
2.2.3 Manuels de procédures 18
2.2.4 Situation financière, états financiers et audit 18
2.2.5 Interventions de FACN dans le domaine avicole à Cayes Jacmel 19
III. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 21
3.1 Recommandations techniques 21
3.2 Conclusion 21
I. COMPREHENSION DU MANDAT
1.1 Contexte
Depuis 2003, le FAES exécute un Programme de Développement Local dont « l’objectif général est l’amélioration de la qualité de vie et l’augmentation des capacités de création de revenus des familles les plus pauvres sur tout le territoire national».
Le Programme finance des activités dans des domaines variés et des « projets de développement productif et rural destinés à accroître et à diversifier les sources de revenus dans les communautés rurales et périurbaines pauvres ». Les projets avicoles tombent dans cette dernière catégorie.
Dans le cas qui préoccupe, il s’agit d’un projet avicole dont les bénéficiaires seront des jeunes professionnels dans divers domaines (agriculture, gestion, droit, ….) qui sont encore à l’étude ou au chômage. C’est un projet qui a été introduit au FAES par le « Bureau du Sénateur MATHURIN », via le Ministère de l’Economie et des Finances, organisme de tutelle du FAES.
1.2 Objectifs de l’étude
L’étude vise à :
• « Appuyer la Chambre d’Agriculture du Sud’Est (CASE) pour le montage d’un dossier de projet bancable;
• Evaluer les capacités institutionnelles de la Fédération des Associations Caféières Natives (FACN) préalablement désignée pour l’exécution du dit projet».
1.3 Résultats attendus
A la fin de la Mission deux (2) documents seront produits :
• Un rapport sur l’évaluation de la FACN :
◦ infrastructures avicoles : couvoir, bâtiments d’élevage, usine de fabrication des cages, usine de fabrication d’aliments à Cayes Jacmel;
◦ mécanismes d’approvisionnement en intrants, pièces détachées en bambou, œufs fertiles, abreuvoirs automatiques, mangeoires, tôles galvanisées, etc.;
◦ capacités en matière de gestion et d’administration : personnel, procédures, etc.
• Un dossier de projet d’appui à l’aviculture dans le Sud’Est.
Le dossier ici présenté est le rapport d’évaluation qui comprend deux (2) grandes parties : la première sur les infrastructures, la deuxième sur l’institution elle-même.
II. EVALUATION DES INFRASTRUCTURES AVICOLES
2.1 Brève présentation introductive
Cette partie de l’étude concerne les infrastructures avicoles de la FACN et porte sur trois (3) points principaux. Il s’agit d’évaluer les structures de production existantes, de comparer les cages de la FACN avec celles de MFT et les mécanismes d’approvisionnement en matières premières de la FACN.
Au niveau de ces structures de production existantes, la consultance a analysé les équipements suivants :
• les couvoirs,
• les bâtiments d’élevage de pondeuses et de poulets de chair,
• l’usine de fabrication des cages en bambou,
• des équipements de la future usine de fabrication d’aliment.
Une comparaison a été faite également entre les cages produites par la FACN et celles de MFT dans la commune de Ganthier.
En ce qui concerne les mécanismes d’approvisionnement en matières premières, la consultance a regardé les éléments suivants :
◦ l’approvisionnement en pièces détachées en bambou,
◦ l’approvisionnement en œufs fertiles et en poussins d’un jour;
◦ l’approvisionnement en abreuvoirs et en mangeoires automatiques,
◦ l’acquisition de tôles galvanisées.
2.2 Méthodologie
Pour la réalisation de cette partie du travail, la méthodologie a consisté par l’observation in situ des infrastructures existantes, l’échange avec le personnel technique de la FACN, les visites des élevages des bénéficiaires des services de la FACN, la lecture des fiches de collecte de données, certains rapports internes de la FACN, la consultation de documents relatifs à l’élevage de poulets en général.
Pour la partie des capacités techniques de la FACN, il s’agit de décrire l’existant (couvoirs, poulaillers, usine de fabrication d’aliments, usine de fabrication des cages, dépôt, etc.). Pour cela le consultant s’est rendu sur place à Cayes – Jacmel pour visiter les installations de la FACN et observer leur fonctionnement. Durant la visite, le personnel technique de la FACN a accompagné le Consultant.
L’observation sur l’agencement des différentes composantes des infrastructures de la FACN a permis d’apprécier si la taille actuelle de la FACN lui permettra de livrer les extrants dans les délais proposés par le projet. Les explications du personnel sur l’expansion en cours de la structure de production de la FACN a permis aussi de faire une prévision pour le futur en plus de ce qui existe actuellement.
L’observation des cages fabriquées par la MFT a aussi été faite sur le terrain. Une visite d’élevage à Ganthier a permis d’observer un modèle en fonctionnement chez un éleveur. La comparaison s’est portée sur la solidité, l’ergonomie, les accessoires d’élevage des deux modèles à l’étude.
2.3 Les résultats de la mission
2.3.1 Les infrastructures existantes
La visite des infrastructures d’élevage de la FACN a permis de voir que cette institution est un acteur clé dans la filière avicole dans le Sud Est et ses activités d’expansion en cours peuvent l’amener à étendre son influence sur d’autres départements du pays. Au niveau des structures de production existantes, la consultance à analyser les équipements suivants :
◦ les couvoirs,
◦ les bâtiments d’élevage de pondeuses et de poulets de chair,
◦ l’usine de fabrication des cages en bambou,
◦ des équipements de la future usine de fabrication d’aliment.
2.3.1.1 Les couvoirs
La FACN dispose d’un bâtiment réservé spécifiquement aux incubateurs. Les incubateurs sont disposés en 2 rangées de 5 incubateurs placés l’un à côté de l’autre. Une porte d’entrée et une porte de sortie contrôlent le mouvement du personnel. La salle est maintenue propre pour éviter les risques de contamination. Toutefois, on peut regretter que ce bâtiment n’est pas été placé dans un autre lieu, loin d’autres élevages de poulets. Il existe toujours un risque de va et vient entre le personnel qui s’occupe des bâtiments d’élevage et celui du couvoir quand il travaille dans le même espace. Le risque de contamination du couvoir est toujours possible malgré les précautions prises.
Les cinq (5) facteurs qui influencent l'incubation sont la température, l'humidité, la ventilation, la position et le retournement des œufs. Les incubateurs de la FACN sont de type industriel, ils fonctionnent à l’électricité. Chaque incubateur possède un panel électronique sur la façade qui assure l’automatisme du fonctionnement de l’incubateur. La température à l’intérieur de l’incubateur doit être maintenue entre 37º Cet 38º C et l'humidité relative est normalement maintenue entre 68 et 70 %. Le ventilateur à l’intérieur du couvoir favorise la circulation de l’air de manière à transmettre d’une façon uniforme sur les étagères cette température ainsi que l’humidité. Toutes les heures, les œufs sont retournés automatiquement pour que le contenu de l’œuf ne se colle pas à la coquille.
Actuellement, la FACN possède 10 couvoirs dont un (1) est en panne. La capacité est de 2000 œufs fertiles par couvoir par mois, soit entre 18.000 et 20.000 par mois. Les couvoirs sont consacrés actuellement par la FACN à la production de poussins d’un jour de type chair exclusivement. Les œufs fertiles sont importés des USA. Le taux d’éclosion est estimé par la FACN à 80%, ce qui correspond au standard international des couvoirs.
Sur une année, les neuf (9) couvoirs ont une capacité annuelle de 172.800 poussins d’un jour. Pour l’année 2009, ces équipements ont produit seulement 68.800 poussins d’un jour, soit un taux d’utilisation de 40%.
La FACN dispose déjà d’un financement pour augmenter sa capacité de production de poussins d’un jour. D’ici quatre (4) mois, la FACN devrait disposer d’un couvoir d’une capacité de production de 30.000 poussins d’un jour. Avec cet investissement additionnel, en octobre 2010, la capacité totale des couvoirs passera à 48.000 œufs avec un potentiel de production de 38.400 poussins d’un jour par mois, 460.800 par an. (taux d’éclosion de 80%).
Même sans cet investissement additionnel, la FACN n’aura aucun problème pour répondre aux besoins totaux de la CASE tel que conçu initialement, 22.500 poussins renforcés de 14 jours.
(Voir tableau 1)
Tableau 1. Capacité de production mensuelle des couvoirs de la FACN
Item Capacité de production
Œufs fertiles Poussins d’un jour
Production actuelle des 9 couvoirs 18.000 14.400
Production envisagée avec le nouveau couvoir 30.000 24.000
Production totale prévue pour octobre 2010 48.000 38.400
Source : FACN
Actuellement la FACN importe les poussins de type pondeur des USA. Elle n’envisage pas pour le moment de les produire sur place. L’importation couvre les besoins actuels de pondeuses sans trop de difficultés, par contre la demande en poussins type chair reste important au niveau national.
2.3.1.2 Bâtiments d’élevage
Les bâtiments d’élevage de la FACN ont un parquet en béton. Une litière constituée de copeaux de bois est déposée sur le paquet quand le bâtiment est occupé. Ce type de parquet rend plus facile le nettoyage à la fin de chaque bande. Au moment du vide sanitaire, les parasites trouvent un milieu défavorable pour y habiter. Il est recommandé de maintenir ce parquet en béton pour les bâtiments d’élevage de poulet de chair que va construire la CASE.
Les toits des bâtiments sont en tôle galvanisé avec une charpente mixte en bambou et en planche. Tous les poteaux sont en bambou et ceux-ci ont été traités au préalable à l’usine de la FACN. Un treillis métallique de 2’’ X 2’’ est posé sur le périmètre du bâtiment depuis le toit jusqu’au sol.
Le bâtiment contient 1 seule porte d’entrée et de sortie, un pédiluve est placé à l’entrée pour éviter l’introduction de parasite par les chaussures du personnel à l’intérieur du bâtiment.
On peut regretter la construction d’un muret de 70 cm sur le pourtour de chaque bâtiment. La pose de ce muret augmente le coût de construction tout en étant nuisible à une bonne circulation de l’air. En effet, l’air frais pénètre au dessus de la tête des poulets puisque le muret bloque l’entrée à au niveau du sol. Pour contrôler l’entrée de vent fort à l’intérieur du bâtiment, il faudrait disposer de prélart qu’on pourrait faire monter ou descendre au besoin. Les sacs d’aliment vide cousus ensemble peuvent facilement être utilisés pour fabriquer le prélart.
Production de poulets de chair démarrés
La FACN produit des poulets de chair de 14 jours destinés à continuer leur croissance jusqu’à 42 jours chez les éleveurs. Elle dispose d’un bâtiment de 200 m2 pour la production de poussins de 14 jours ce qui en fait un potentiel de production de 6.000 poussins démarrés par mois. Cette capacité est utilisée à 33% pour le moment. En fait, la partie non utilisée correspond à 48.000 poulets de 14 jours par an, ce qui couvre amplement les 22.500 dont aurait besoin la CASE.
Production de pondeuses prêtes à pondre
La FACN dispose d’un bâtiment de 600 m2 pour la production de pondeuses prêtes à pondre de souche Leghorn à l’âge de 16-17 semaines. La production est de 8.000 Leghorn par cycle soit 16.000 par an. Le taux d’utilisation pour l’année 2009 a été de 66%.
A ce point de vue, la FACN ne sera pas en mesure de produire les 52.500 pondeuses dont aurait besoin la CASE sur une période de 12 mois. Même si toute la production de pondeuses était destinée à cette dernière, il faudrait 3 ans et demi à la FACN pour la satisfaire.
Production de pondeuses de type rustique
La FACN dispose d’un bâtiment de 600 m2 pour l’élevage de souches Rhode Island Red et Plymouth Barré. Ces 2 pondeuses sont livrées à 1 mois et sont destinées à des élevages en basse cour. La production se fait par lot de 10.000 avec un potentiel de production de 6 lots par an soit 60.000 pondeuses de type rustique. Le taux d’utilisation de ce bâtiment est de 7%.
(Voir Tableau 2)
Tableau 2. Capacité de production de bâtiments existants
Affectation Superficie Capacité de production annuelle
Production de poulets de chair démarrés 200 m2 72.000 poussins jusqu’à 14 jours
Production de pondeuses prêtes à pondre 600 m2 2 cycles par an de 8.000 pondeuses Leghorn à 16-17 semaines, 16.000 unités
Production de pondeuses de type Rhode Island et Plymouth Barré 600 m2 6 cycles par an de 10.000 à 4 semaines, 60.000 unités
Source : FACN
2.3.1.3 L’usine de fabrication de cages
La fabrication des cages en bambou se fait dans l’atelier de fabrication de meubles en bamou de la FACN. L’atelier se compose d’un lieu de stockage des bambous achetés auprès des producteurs, d’un bassin pour le traitement chimique des bambous, d’un bâtiment réservé à la transformation du bâtiment. La FACN dispose d’outils fonctionnant à l’électricité pour scier le bambou, le transformer en pièces nécessaires à la fabrication des différents produits. L’atelier fonctionne toute l’année, les bambous sont acquis chez les producteurs des zones montagneuses de Fond Jean Noel et La Vallée puis traités et stockés pour être utilisés dans la fabrication des meubles et des cages. Les vulgarisateurs de la FACN accompagnent les producteurs et leurs fournissent des plantules régulièrement pour augmenter la superficie boisée. De cette manière la FACN s’assure d’une disponibilité régulière en bambou pour alimenter son usine.
La FACN a un potentiel de production installé de 300 cages/mois pour 50 pondeuses, 3.600 par an. Ces cages sont fabriquées en bambou et trois (3) feuilles de tôles galvanisées forment le toit. Le démarrage de la construction des cages se fait huit (8) jours après la réception de la commande et la capacité de livraison est de 150 cages tous les 15 jours. La FACN dispose d’un camion pouvant transporter les 150 cages en une seule fois. Une équipe mobile est disponible aussi pour faire les réparations sur site en cas de besoin (voir tableau 3).
Tableau 3. Capacité de fabrication mensuelle de cages en bambou
Item Capacité de production Délai de livraison Capacité de transport
Cages en bambou pour 50 pondeuses prêtes à pondre 300 cages/mois Livraison de 150 cages chaque 15 jours.
Démarrage de la production 8 jours après la réception des fonds La FACN dispose d’un camion qui va livrer les cages sur les sites du projet
Source : FACN
Pour l’année de 2009, la FACN a produit :
◦ 23 cages de 50 poules,
◦ 10 cages de 25 poules,
◦ 87 cages de 12 poules.
Grosso modo, ceci correspond à une production totale de 49 cages de 50 poules. Le taux d’utilisation est donc de 1%.
La FACN n’aura dons aucun problème pour produire les 1.050 cages prévues dans le cadre du projet de CASE sur une base annuelle. Toutefois, elle ne pourra pas les produire en deux (2) mois comme spécifié dans le dossier. Il lui faudra environ 4 mois pour satisfaire cette demande.
La durée de vie théorique des cages est de quatre (4) ans, pour le moment la FACN a déjà expérimenté à la ferme six (6) cages qui sont fonctionnelles depuis trois (3) ans.
2.3.1.4 L’usine de fabrication d’aliments
Actuellement la FACN importe 1.000 sacs de 100 livres d’aliments par mois de la République Dominicaine répartis en 500 sacs pour les poulets de chair et 500 pour les pondeuses. Ces aliments proviennent de la compagnie dominicaine Agri Feed. Cette usine dominicaine approvisionne aussi d’autres éleveurs de la capitale.
La FACN compte produire d’ici octobre 2010 les aliments dans sa propre usine. Le mélangeur nécessaire à la fabrication des aliments est déjà sur place. La capacité prévue est de 50 sacs de 100 livres par journée de huit (8) heures. Le bâtiment de l’usine n’est pas encore construit, toutefois la FACN précise avoir déjà l’argent pour le montage de l’usine d’aliment.
Le tourteau de soja et les compléments de minéraux et de vitamines seront importés de la République Dominicaine. Le maïs sera acheté dans le Sud et le Plateau Central durant les mois de Juillet à Janvier. Les autres mois, le maïs sera importé car le maїs local se vend généralement plus cher que le maїs importé. La FACN compte embaucher un (1) consultant pour la formation du personnel de l’usine d’aliments et pour la formulation des aliments pour le bétail.
La production de l’usine d’aliments de la FACN sera nettement insuffisante pour couvrir les besoins du projet. Pour les 52.500 pondeuses il faudrait avoir au moins 130 sacs de 100 livres par jour, les poulets de chair du projet estimé à 22.500 devraient disposer en moyenne de 32 sacs de 100 livres de nourriture (voir tableau 4).
De toute façon, ce ne sera pas un problème insoluble puisqu’il aura toujours les possibilités d’importation et les autres fournisseurs locaux.
Tableau 4. Capacité de production de la future usine d’aliments de la FACN
Versus les besoins du projet
Capacité de production prévue Besoins journaliers moyens des pondeuses Besoins journaliers moyens des poulets de chair Déficit à combler par jour
50 sacs de 100 livres 132 sacs de 100 livres 32 sacs de 100 livres 114 sacs de 100 livres
Source : FACN
Le projet devra donc se doter de sa propre structure d’approvisionnement en aliments pour arriver à couvrir les besoins des bénéficiaires.
2.3.1.5 Extension prévue : la construction d’un abattoir
La FACN compte mettre sur pied un (1) abattoir de 1.000 poulets/jour à partir d’octobre 2010. Une chambre froide sera annexée à l’abattoir. Les poulets abattus proviendront des élevages bénéficiaires du programme. Cette extension des activités de la FACN serait bénéfique pour les éleveurs de poulets de chair qui pourront trouver un marché pour l’écoulement de leur produit.
2.3.2 Les résultats en regard des mécanismes d’approvisionnement en matières premières
Le mécanisme d’approvisionnement en intrants de la FACN varie en fonction du type d’intrants. Certains achats se font auprès des fournisseurs dans le Sud’Est, d’autres dans la région métropolitaine. Elle importe aussi des USA et de la République Dominicaine. L’association est bien rôdée aux mécanismes d’approvisionnement sur différents marchés. Elle sélectionne des fournisseurs qui connaissent déjà ses besoins et aussi qui connaissent bien le marché haїtien en général.
Les matières premières utilisées sont divisées suivant l’unité de production considérée :
Les matériaux utilisés dans la fabrication des cages et les accessoires sont :
◦ Le bambou s’achète localement auprès des producteurs de Fond Jean Noel et de La Vallée. Ce sont des producteurs avec lesquels la FACN a une longue relation depuis la promotion de la culture du bambou (sensibilisation, formation, pépinière, plantation, entretien des champs, récolte, etc.). Les achats se font cash sur une base régulière. Utilisatrice des tiges de bambou pour fabriquer d’autres produits (chaises, tables,….), la FACN en a toujours en stock.
◦ Les abreuvoirs et les mangeoires, achat auprès d’artisans de Jacmel et de Port-au-Prince
◦ Les tôles galvanisées, achat auprès des commerçants de Jacmel et de Port-au-Prince
Le couvoir :
◦ Les œufs fertiles des poulets de chair sont importés de la Floride auprès du même fournisseur qui approvisionne également et régulièrement les couvoirs de MFT et de Signal de la Victoire.
◦ Les poussins d’un jour des pondeuses Leghorn, Rhode Island et Plymouth Barrée proviennent du même fournisseur d’œufs fertiles.
L’usine d’aliments :
◦ Les aliments complets sont importés de Agreefeed de la République Dominicaine. Les autres compétiteurs s’approvisionnent aussi chez le même fournisseur.
◦ Le tourteau de soja devrait être importé par la FACN de la République Dominicaine
◦ Le maïs, une partie sera achetée dans le Plateau Central et à Camp Perrin sur environ sept (7) mois de l’année. La quantité non satisfaite par la production locale sera importée de la République Dominicaine ;
◦ Les compléments de minéraux et de vitamines seront importés de la République Dominicaine.
2.3.3 Comparaison avec les cages de MFT
2.3.3.1 Brève présentation de la Cage MFT
La cage conçue par MFT, le « CAD System » hérite son nom des initiales du nom de son créateur, l’ingénieur-agronome Carl André Déjoie. Elle est présentée sous forme de kit pour faciliter le transport et elle est assemblée chez l’éleveur, un camion peut transporter jusqu’à 250 kits.
Les accessoires du CAD System comprennent un abreuvoir automatique, une mangeoire, un pondoir et une lampe solaire. Le « CAD System » est disponible en trois modèles : deux (2) étages, trois (3) étages et quatre (4) étages. D’une dimension d’un mètre carré de surface, la cage de deux (2) étages, par exemple, peut contenir jusqu’à 60 poules. Le modèle diffusé à Ganthier comprend (2) étages avec 25 poules par étage.
Le « CAD System » est patenté et enregistré au Ministère du Commerce et de l’Industrie. Chaque cage est dotée d’un numéro de série qui facilite la traçabilité, pour les besoins de surveillance épidémiologique. Les numéros sont inscrits dans une base de données à la MFT S.A qui permet de déterminer, à l’aide d’un appareil GPS, les lieux de localisation des différentes cages.
La fabrication d’une cage coûte en moyenne 12 500 gourdes ; la MFT S.A est en mesure de fabriquer 2000 cages tous les mois.
Le tableau 5 présente les caractéristiques des deux (2) types de cages.
2.3.3.2 Cages FACN versus cage MFT
Tableau 5. Comparaison entre les cages de FACN et celles de MFT
Éléments Cages FACN Cages MFT Remarques
Matériaux utilisés :
Bambou
Tôles galvanisées Fers ronds
Tôles galvanisées
Plywood pour le plancher
Densité 4 poules par casiers assemblés sur 3 rangées de 4 casiers au total 48 pondeuses 25 poules par m2 et 2 étages totalisant 50 pondeuses
Confort des animaux Peu confortable Peu confortable Dans les 2 cas les animaux sont dans l’inconfort. Au moindre stress, les pertes sont élevées.
Durée de vie 4 années Probablement plus élevée Les cages de la FACN, chez les éleveurs depuis moins d’un an, sont attaquées par les insectes.
Coût de l’investissement initial 10.000 gourdes 12.500 gourdes Le coût de l’amortissement sera probablement moins élevé pour la cage MFT
Facilité pour le nettoyage Auto – nettoyage bien qu’incomplet Possibilité de mettre une litière. Demande l’intervention de l’éleveur Les 2 demandent l’intervention de l’éleveur pour maintenir les cages propres
Facteur de Contribution au picage Moins de poule par cage mais pas de pondoir qui faciliterait l’isolement lors de la ponte Existence d’un pondoir qui facilite l’isolement, mais il y a 25 poules ensemble sur 1 m2 Le picage est observé dans les 2 systèmes et c’est l’un des problèmes majeurs des éleveurs rencontrés
Pondoir (casse des œufs, facilité de ramassage) L’œuf glisse à l’extérieur de la cage et reste loin du bec de la poule Existence d’un pondoir mais l’œuf reste accessible à la poule. Demande une intervention régulière de l’éleveur
Facilité d’accès à la mangeoire Très facile Très facile
Facilité d’accès à l’abreuvoir Très facile mais demande l’appoint d’eau de manière régulière Très facile
Dispositif d’éclairage Pas de dispositif incorporé Une lampe solaire qui couvre les besoins en appoint d’éclairement La FACN devrait incorporer une lampe solaire à son système
Autres Forte utilisation de matériaux locaux Forte utilisation de matériaux importés La cage de la FACN encourage la lutte anti érosive et crée de l’emploi en milieu rural
II. L’EVALUATION INSTITUTIONNELLE
2.1 Objectifs et méthodologie
La réalisation de cette partie du travail visant à cerner la réalité administrative de la FACN a été rendue possible grâce à :
◦ des rencontres/échanges avec le staff administratif et technique de la FACN (central et régional) portant sur le personnel, les procédures administratives, etc.,
◦ des rencontres avec des éleveurs du Sud’Est ayant bénéficié des services de FACN Cayes Jacmel,
◦ la consultation de la documentation (manuel de procédures, plan d’opérations, rapports annuels, états financiers, rapports d’audit externes,…) concernant la FACN,
2.2 Les résultats
2.2.1 Statut, instances dirigeantes, organigramme et personnel clé
La Fédération des Associations Caféières Natives (FACN) a un statut d’Organisme Non Gouvernemental (ONG) qui intervient dans plusieurs domaines agricoles et agro industriels dans différentes régions du pays. Ses interventions sont principalement:
• transformation du café et de fruits dans l’Artibonite/Marmelade,
• production de fruits et légumes, plantation et transformation du bambou, aviculture dans le Sud’Est/Cayes Jacmel,
• production et transformation de riz dans le Sud/Torbeck,
• protection de bassins versants dans le Nord’Ouest.
Dans chacune de ces régions, elle dispose d’un staff technique qui exécute et coordonne les activités.
La direction de l’institution est assurée par un
• Conseil d’Administration composé d’un Président, d’un Vice Président, d’un Secrétaire et d’un Trésorier
• et un Groupe Technique avec un Coordonnateur, un Responsable à la Production Végétale et un Responsable à l’Organisation. On peut remarquer que le Groupe Technique n’a pas de Responsable à la production animale, ni de Responsable à la transformation.
Le Groupe Technique est appuyé par un Administrateur au Bureau Central.
Dans chaque région où la FACN intervient, est en place un Bureau Régional (Marmelade, Cayes Jacmel et Torbeck pour le moment) avec à sa tête un Responsable Régional. La coordination de Marmelade est assurée par le Responsable à l’Organisation et celle de Cayes Jacmel est assurée par le Responsable à la Production Végétale.
On n’a pas pu visualiser un organigramme général pour l’institution. Toutefois, celui de Torbeck, très complet, nous a été remis. Selon l’administrateur, tous les bureaux régionaux fonctionnent sur le même modèle.
Le personnel du bureau régional de Cayes Jacmel comprend :
• un expert taïwanais en bambou assisté d’un technicien vulgarisateur haїtien qui supervise le travail de huit (8) techniciens en bambou et de six (6) travailleurs agricoles ;
• un spécialiste taïwanais en fruits et légumes ayant pour homologue un agronome haїtien versé en phytotechnie supervisant les taches de deux (2) ouvriers agricoles ;
• un expert taïwanais en aviculture assisté d’un agronome haїtien, spécialisé en production animale,
• un agronome haїtien senior, jouant le rôle de Coordonnateur ;
• un secrétaire, responsable des taches administratives, travaille sous la supervision de l’Administrateur du bureau central.
On remarque la richesse en termes de personnel du volet bambou par rapport aux deux autres composantes.
2.2.2 Sources de financement
La FACN dispose de quatre (4) sources de financement pour la réalisation de ces différents programmes : fonds propres à partir de ses activités génératrices de revenus, l’Etat haїtien, le Gouvernement taïwanais, l’Union Européenne et la BID.
A titre d’illustration pour l’année fiscale 2008-2009, sur des dépenses totales de 31.4 millions de gourdes, les Taïwanais ont financé 63%. Pour le même exercice, Cayes Jacmel a bénéficié des dépenses de 15 millions de gourdes financées à près de 80% par Taiwan.
2.2.3 Manuels de procédures
Comme dans le cas de l’organigramme, on n’a pas pu visualiser un manuel général de procédures valable pour l’institution FACN. Sauf un manuel d’opérations pour le « Projet Rizicole de Torbeck ». Ce manuel est beaucoup plus un plan d’opérations décrivant brièvement le projet auquel on a inséré des procédures comptables.
2.2.4 Situation financière, états financiers et audit
La situation financière de l’institution a pu être appréciée à travers un « Rapport de dépenses » (non audité) disponible pour l’exercice 2008-2009. Cet exercice a été déficitaire d’un montant de 8 millions de gourdes. Cette situation a été la conséquence de la réduction de la contribution du Ministère de l’agriculture qui n’a pu tenir ses engagements vis-à-vis de l’institution. La direction de l’institution a réagi en réduisant ses dépenses de l’ordre de 30%, selon le Responsable à la Production Végétale.
Les états financiers disponibles et audités qu’on a pu consulter remontent aux années 2003/2004, 2005/2006 et 2006/2007 et concernent la composante café. Pour ces trois (3) années, cette composante avait dégagé des surplus comme on le voit ci-après :
• 2003/2004 : 317.810,00 gourdes de surplus,
• 2005/2006 : 2.6 millions,
• 2006/2007 : 248.000 gourdes.
Ces audits ont été réalisés par la société «Turnier Firme», une firme d’experts comptables bien connue de la place, seulement en 2009, l’année du premier audit des états financiers de FACN. Ce qui veut dire que l’institution archive très bien ses données comptables, encore disponibles cinq (5) ans après avoir été enregistrées.
Il convient de reprendre ici les remarques des auditeurs suite à leurs travaux : « Les états financiers présentent fidèlement à tous égards importants la situation financière de FACN pour l’exercice terminé le 31 juillet 20071 ainsi que les résultats de son exploitation pour l’exercice terminé à cette date selon les principes comptables généralement reconnus».
Il faut noter également que « Turnier Firme » a relevé quelques faiblesses :
• « FACN ne dispose pas d’un manuel de personnel,
• certaines décisions ne sont pas adoptées en conseil,
• un contrôle interne laissant des possibilités pour que des erreurs et des irrégularités ne puissent être repérées rapidement par les responsables,
• quelques factures non vérifiées,
• compte « gain ou perte de change » ne reflétant pas à la fin de l’exercice, la différence des soldes des comptes en devises réévalué au taux de référence de la Banque Centrale ».
2.2.5 Interventions de FACN dans le domaine avicole à Cayes Jacmel
FACN est implantée à Cayes depuis cinq (5) ans. Et depuis trois (3) ans, elle intervient dans l’aviculture. Pour l’année 2009, ses réalisations sont présentées au tableau ci-après.
Tableau 6 : Réalisations de FACN en Aviculture en 2009
Produit Type Prévues Réalisations
Poulet de chair Poussins d’un jour 87.500 68.800 (79%)
Leghorn Pondeuses de 4 mois 30.000 10.500 (30%)
Red Rhode Island Pondeuses d’un mois 7.200 4.000 (57%)
Cages en bambou de 50 poules - - 23
Cages de 25 poules - - 10
Cages de 12 - - 87
Source : FACN
On peut remarquer la faiblesse des réalisations lorsqu’il s’agit des pondeuses.
C’est une activité qui est assez profitable pour FACN comme c’est illustré au tableau 7.
Tableau 7: Etat des Revenus et Dépenses de l’Activité Avicole en Gourdes
Item Revenus Dépenses Solde
Ventes de poussins et pondeuses 3.743.201 - -
Importations d’œufs - 819.630 -
Achat d’aliments - 1.788.848 -
Frais de douane - 82.300 -
Electricité - 209.937 -
Frais bancaires - 3.543 -
Total 3.743.201 2.904.258 838.943
Source : FACN
Cependant, l’activité avicole n’a pas été aussi heureuse pour les éleveurs. En effet, qu’il s’agisse des éleveurs individuels ou associatifs de pondeuses, l’échec a été au rendez-vous :
• une association ayant acheté 450 pondeuses auprès de FACN en décembre 2009, est à 62 en juin 2010 qui ne pondent plus ;
• des éleveurs individuels ayant bénéficié de 50 pondeuses en novembre 2009 ont en moyenne en juin 30 bêtes.
Les poules sont mortes pour des raisons diverses :
• manque de nourriture débouchant sur un cannibalisme féroce,
• maladies diverses dont la diarrhée.
Ce qui est caractéristique de cette situation est la critique acerbe de tous les éleveurs interviewés contre FACN qui, selon eux, est incapable de leur fournir de la nourriture au moment opportun.
De toute évidence, il y a des problèmes sérieux à résoudre. Il semble qu’il y a un manque de communication entre les éleveurs et FACN : ce défaut de communication peut être à la base de l’indisponibilité de certains aliments pour tous les clients de FACN. Il n’est pas exclu, non plus, que le manque de qualification des éleveurs est à l’origine de leurs déboires. Par-dessus tout, l’absence de suivi et de supervision des élevages est un facteur explicatif non négligeable de ces échecs.
III. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
3.1 Recommandations techniques
◦ Il faudrait prévoir de mettre les cages sous un hangar ou sous des arbres avec une bonne frondaison de façon à protéger au mieux les pondeuses des intempéries et à maintenir une température plus fraiche aux heures chaudes de la journée à l’intérieur des cages. De plus il faudrait restreindre l’accès aux pondeuses aux seules personnes autorisées et éviter le va et vient des volailles en liberté trop près des cages.
◦ Il ne serait pas superflu d’avoir une cage d’isolement de 12 pondeuses dans chaque élevage de façon à mettre des animaux en observation quand ils sont malades. Généralement les animaux mal en points sont lâchés en liberté pour éviter que leurs congénères ne les tuent à coup de bec dans la cage. Cette pratique facilite l’introduction de parasites lors de la réintégration de l’animal guéri dans la cage.
◦ Les cages de la FACN gagneraient à mettre un système d’éclairage solaire. Il faut arriver à donner un éclairage d’appoint à l’animal d’au moins quatre (4) heures pour avoir un minimum de 16 à 18 heures d’éclairement par jour afin de maintenir une ponte régulière.
◦ D’une façon générale il faut sensibiliser l’éleveur à maintenir les cages dans un environnement propre, loin des va et vient, du bruit des voitures et surtout limiter l’accès aux personnes étrangères à l’élevage et aux autres volailles. Jusqu’à présent, dans le cadre de cette étude, les animaux visités étaient tous exposés à ces facteurs de stress et à un environnement favorable à la prolifération des parasites.
◦ Les cages de la FACN, chez les éleveurs depuis moins d’un an, sont attaquées par les insectes avant la fin de leur durée de vie théorique. Il faudrait renforcer le système de contrôle de la qualité.
3.2 Conclusion
Malgré certaines faiblesses constatées et rapportées par les auditeurs, on n’est pas inquiet quant à la capacité institutionnelle de FACN à conduire le projet. Ce sont des défauts qu’il ne sera pas difficile à de corriger : élaboration d’un manuel de procédures en bonne et due forme, élaboration d’un manuel du personnel, mise au point d’un organigramme, un contrôle interne plus rigoureux.
Par ailleurs, une bonne planification de l’approvisionnement des aliments par une meilleure communication avec les éleveurs, et la mise en place d’un plan de suivi de la clientèle devraient pouvoir rendre les éleveurs satisfaits des services fournis par la FACN qui ne peut pas se permettre de se comporter en un simple vendeur. Pour protéger et développer son marché, ses clients doivent connaitre le succès.