(2018) Communication Practices in Disaster Risk Management: Haiti Study Report 2018
Summary — A study of how disaster risk is communicated in Haiti, carried out for the Civil Protection Directorate of the MICT with funding from the UN Trust Fund for Human Security through UNDP and UNESCO. It documents the channels civil protection uses, the coverage it achieves and what the population knows and does.
Full Description
Early warning only works if the warning arrives and is acted on, and this is the study that tests both halves for Haiti: which channels, sources and activities civil protection actually uses, how far they reach, and what the population under study knows and does about disaster risk. It reaches the corpus as one of the annexes attached to the human security study entry on UNDP's page, but it is a separate report with its own commissioning and method.
Full Document Text
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Pratiques de COMMUNICATION
En Gestion des Risques & des Désastres
rapport d’étude | haïti
2018
Cette étude est réalisée pour le compte de la Direction de la Protection Civile (DPC)
du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), grâce à un financement du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la sécurité humaine (UNTFHS) à travers le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
(UNESCO) et l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomie des
Femmes (ONU Femmes).
Conception et réalisation de l’étude
Mise en page
Assistance technique
Crédit photos, icônes
Widlyn DORNEVIL, M.A, Consultant senior en communication
Karine d’Auzac de Lamartinie, Experte communication, société Kalficom
Modeline Joseph, Statisticienne
Istock,flaticon
Remerciements spéciaux à
Enquêteurs numériques
Enrico Claude, Tonny Denis, Joseph Edgard Celestin, Hervens Hitler Silmé, Erdesson Ersly Cossier, Karine d’Auzac de Lamartinie, Seth Lee D. Cador, Petit Jean
Henry, Faustin Joseph, Fidèle Nicolas et toute autre personne ou organisation
ayant contribué à la réussite de l’étude.
Gestion des données
Tous droits réservés :
Assistants de recherche
Ricardo Ulysse, George Michelson Lolo, Ducheka Dolice, Chrilord Foreste.
Wadner Voltaire, Amos Fleurimé, Anderson Pierre, Daphnie Joseph, Dianna Francois, Jasmin Frandy, Lindy Michel, Ourdy Dessources, Wesnel Jeudi, Woodly Noel.
Modeline Joseph, Djeanson Jean, Kettie Guerrier, Fredwitch Jacques, Vitania
Louissaint.
Enquêteurs de terrain
Richarson Germain, Jeanne Joseph, Cher-enfant Marceline, Baptiste Fleury, Marie
Junie Joseph, Jocelyn
Joseph, Monpremier Jonel, Love Ersline Corsier, Alain St Julien, Tchessie Louis,
Charlson Jean, Elma Edmonson, Aureline Robertha, Junior Foncy Norval, Robens
Desgravier, Peterson Dot, Gissemonde Pierre Gilles, Dieumaitre Oritus, Joanel
Luberisse, Cherline Chery, Simène Joseph, Bertrude Province, Karl Ricot Gaspard,
John Emmanuel Mandela Dumay, Wisto Louis, Marie Junei Exavier, Nady Nestor,
Delens Delorme, Marie Helàne Noncent, Marie Chancy, James Chaperon, Louis
Jean Lamide, Etienne Pierre Louis, Luciana Jeudy, Nicolas Romain, Kenol Fisselin,
Lisette Jean Pierre, Luckson Devilmé, Palmyre Lesperance, Esner St-Val, Yonald
Brice, Emillienne Jean-Baptiste, Edeline Pompée Martine, James Noé, Jean Luis
Geordy, Joani Bernard, John Emmanuel Mandela, Wislo Louis, Ronald Jean Louis,
Natacha Janvier, Elinice Clermond, Vanon Tessé, Judette Simon, Mesidor Gernio,
Lamode Jean, Sounoise Toussaint, Jasmine Niera, Berlin Cadet, Andréa Casséus,
Violine Casséus, Yonald Brice, Geordy Jean Louis, Philippe Ketelyn, Devilmé
Duxon, Evener Mozeau.
Edition des textes
Jean Max St-Fleur, Dupenor Pierre Negaud.
Coordination de la conception graphique du rapport
Karine d’Auzac de Lamartinie
4
High Design, www.high-design.fr
Copyright © 2018
Direction de la Protection Civile/Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
(DPC/MICT)
Programme des Nations Unies pour le développement en Haïti
(PNUD Haïti)
Tous droits réservés. Des extraits de l’information contenue dans ce document
peuvent être librement commentés, reproduits ou traduits à des fins de recherche
ou d’étude personnelle, mais ne peuvent être ni vendus ni utilisés à des fins commerciales. Toute utilisation de l’information provenant de ce document doit obligatoirement mentionner la DPC et le PNUD Haïti en tant que source de l’information
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qu’éducatives ou non commerciales, est subordonnée à l’obtention préalable d’une
autorisation écrite formelle. Toute demande de renseignement ou d’autorisation
doit être adressée au programme responsable du document en question.
Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données
qui y figurent n’impliquent de la part du PNUD aucune prise de position quant au
statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant
au tracé de leurs frontières ou limites.
SOMMAIRE
Introduction
8
10
11
14
Préface
Liste des sigles et abréviations
Glossaire
Résumé exécutif
Chapitre 1
19 | CONTEXTE GÉNÉRAL
20
22
24
26
La vulnérabilité d’Haïti face aux catastrophes naturelles
Cadre légal et institutionnel de la Gestion des Risques et des Désastres en Haïti
La nécessité d’améliorer les pratiques de communication en GRD
Approche méthodologique
Chapitre 2
30 | CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DE LA POPULATION SOUS-ÉTUDE
32
33
34
34
35
35
36
37
37
Répartition géographique
Répartition par zone
Répartition par sexe
Répartition par situation d’handicap
Répartition par groupe d’âge
Répartition par religion
Répartition par niveau de revenu et secteur d’activités
Répartition par niveau de Scolarité
Répartition par statut matrimonial
Chapitre 5
64 | LES PRATIQUES DE COMMUNICATION
66
73
Canaux, sources, activités et couverture des activités de la protection civile
Les meilleures pratiques de communication
Chapitre 6
78 | CONNAISSANCES, APTITUDES ET PRATIQUES (CAP) EN GRD
80
81
82
84
Expériences de la population sous étude avec les catastrophes naturelles
Connaissance des menaces naturelles
Connaissance des mesures préventives
Application des mesures de prévention
Chapitre 7
86 | BESOINS PRIORITAIRES EN INFORMATION ET COMMUNICATION
88
Attentes en communication et information
90 | CONCLUSION, RECOMMANDATIONS ET LIMITES DE L’ÉTUDE
96 Références
99 | ANNEXES
100
Liste des tableaux, encadrés et cartes
101
Liste des figures
102
La matrice des outils
Chapitre 3
40 | L’ACCESSIBILITÉ AUX APPAREILS DE COMMUNICATION
42
44
État de l’accès global aux appareils en Haïti
L’accès global aux appareils de la population sous-étude
Chapitre 4
50 | L’ACCES À L’INFORMATION RELATIVE À LA GRD
52
54
61
62
6
Disponibilité de l’information sur les catastrophes naturelles
Diversification et qualité de l’accès à l’information
Compréhension du message sur la GRD
Les programmes, émissions et radios préférés
7
[ 0 ] Introduction
Préface
Depuis plus d’une vingtaine d’années, l’État Haïtien,
par l’entremise du Système National de Gestion des
Risques et des Désastres, dont la DPC est partie prenante, a mené de vastes campagnes de communication afin d’informer les populations sur les risques de
catastrophes naturelles et sur les bons réflexes pour
se prémunir de leurs effets néfastes. Cependant, nous
sommes conscients que ces efforts ne sont pas suffisants pour développer une culture du risque au sein de
la société haïtienne. Nous avons besoin de renforcer les
mécanismes de communication et de les rendre plus
adaptés aux réalités socioéconomiques, culturelles et
démographiques du pays afin de toucher l’ensemble de
la population, sans distinction aucune. Nous devons redoubler nos efforts pour que les informations relatives à
la gestion des risques et des désastres soient plus accessibles, et ajustées en fonction des populations cibles
(femmes, personnes vivant avec un handicap, enfants
etc.) vivant dans les territoires les plus reculés du pays.
Le droit à l’information étant fondamental et garanti par
les chartes nationales et internationales, rendre disponible l’information est donc l’un des éléments clés du
processus de renforcement de la sécurité humaine des
populations.
Cette étude sur les pratiques de communication en gestion des risques et des désastres, mandatée par le Ministere de l’Intérieur à travers sa Direction de la Protection Civile, a pour objectif d’améliorer les pratiques de
communication auprès des populations vulnérables aux
risques de catastrophes dans le pays. Cette étude est le
résultat d’un processus consultatif impliquant l’ensemble
des structures nationales et locales qui interviennent
dans la prévention et la gestion des risques et des désastres à l’instar du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), du Ministère de l’Éducation
Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP),
du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des
Femmes (MCFDF). Une coordination de l’ensemble de
ces acteurs a permis d’aboutir à une étude prenant en
compte l’ensemble des préoccupations nationales en
matière de communication et de sensibilisation des populations vulnérables, notamment de la prise en compte
des besoins des femmes en termes d’information et de
8
communication, de l’inclusion des personnes et communautés vulnérables, particulièrement des personnes
âgées, des personnes en situation d’handicap et des enfants. L’ensemble de ces préoccupations constitue une
démarche holistique visant à renforcer la sécurité humaine des populations éprouvées par les catastrophes
naturelles. Désormais, nous détenons des données tangibles qui nous permettent d’apprécier et de choisir, de
manière stratégique, les meilleures pratiques de communication (sources, moyens, contenus, langues) qui
soient à la fois inclusives et conformes aux caractéristiques socioculturelles de chaque département du pays.
Je profite également de l’occasion pour remercier de
façon particulière le Fonds des Nations Unies pour la
Sécurité Humaine ainsi que le Programme des Nations
Unies pour le développement (PNUD) pour avoir financé
et appuyé cette étude au combien importante pour le
renforcement de la résilience en Haiti.
J’encourage l’ensemble des partenaires impliqués dans
la gestion des risques et des désastres, aussi bien dans
des actions de prévention que de réponse à appliquer
les recommandations de cette étude, notamment dans
la conception et la mise en œuvre des prochaines campagnes de sensibilisation et de communication.
Jerry Chandler
Directeur,
Direction de la Protection Civile, MICT
Haïti
9
[ 0 ] Introduction
Liste des sigles et abréviations
Glossaire
BID Banque Interaméricaine de Développement
BIT Bureau International du Travail
CAP Connaissances, Attitudes et Pratiques
CIAT Commission Interministérielle d’Aménagement du Territoire
CTESP Comité Thématique d’Éducation et de Sensibilisation du Public
CLPC Comité Local de Protection Civile
DDE Direction Départementale de l’Éducation Nationale
DFP Direction de la Formation et du Perfectionnement
DPC Direction de la Protection Civile
ECVMAS Enquête sur les conditions de vie en Haïti
GRD Gestion des Risques et des Désastres
HCT Équipe pays des Nations Unies (United Nations Country Team)
IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique
LAC Région Amérique Latine et Caraïbes
MENFP Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle
MICT Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
ODD Objectifs de Développement Durable
ONG Organisation Non Gouvernementale
ONEPS Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale
ONU Organisation des Nations Unies
ONU-Femmes Organisation des Nations Unies pour l’Égalité des Sexes et l’Autonomisation des Femmes
PDNA Évaluation des besoins Post-catastrophes (Post Disaster Needs Assessments)
PIB Produit Intérieur Brut
PIED Petits États Insulaires en Développement
PNGRD Plan National de Gestion des Risques et des Désastres
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PUF Plan d’urgence familial
SAKS Sosyete Animasyon ak Kominikasyon Sosyal (Société d’animation et de
communication sociale)
SNGRD Système National de Gestion des Risques et des Désastres
SPGRD Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des Désastres
TdR Termes de Références
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
UNISDR United Nations office for Disaster Risk Reduction (Bureau des Nations
unies pour la réduction des risques de catastrophes)
SMS Service de Message court (Short Message Service)
SIPC Stratégie internationale de prévention de catastrophes
WRI Indice Mondial de Risque (World Risk Index)
Les définitions qui suivent explicitent des termes et expressions employés dans
le cadre du rapport de l’étude. Ce glossaire traite globalement des thématiques
à la fois du champ de la communication (communication, information, pratiques
de communication, moyens, sources etc.…) et de la gestion des risques et des
désastres (aléas, risques, catastrophes etc…). Même s’il n’existe pas une seule façon
de définir certains termes, les définitions de ce glossaire traduisent la manière dont
chaque terme a été compris et utilisé spécifiquement dans ce rapport.
Aléa Un phénomène dangereux, une substance, activité humaine ou condition
pouvant causer des pertes de vies humaines, des blessures ou d’autres effets sur
la santé, des dommages aux biens, des pertes de moyens de subsistance et des
services, des pertubations socio-économiques, ou des dommages à l’environnement (UNISDR, 2009).
Attitude
Ce sont des tendances, des dispositions à agir. Il s’agit d’une
variable intermédiaire entre la situation et la réponse à cette situation. Les attitudes
ne sont pas souvent observables comme le sont les pratiques.
Canal ou moyen
Un canal ou moyen de communication est un support
(physique ou non) permettant la transmission d’une certaine quantité d’informations, depuis une source (ou émetteur) vers un destinataire (ou récepteur).
Catastrophe Rupture grave du fonctionnement d’une communauté ou d’une
société impliquant d’importants impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la communauté ou la société affectée ne peut
surmonter avec ses seules ressources (UNISDR, 2009). On distingue les catastrophes d’origine naturelle, liées à des phénomènes hydrométéorologiques et
géologiques (cyclones, ouragans, tempêtes, tremblement de terre etc.…) ou à des
activités humaines (industrielles, technologiques, militaires).
Communication
Dans son sens le plus strict, la communication peut être
entendue comme la transmission d’informations (courant diffusionniste). Dans sa
conception étymologique, elle se définit comme étant un partage d’informations
dans une sorte de mise en commun. Dans le cadre de cette étude, nous avons
opté pour une conception de la communication selon laquelle celle-ci consiste
en un transfert/transmission d’informations qui vont enclencher des processus
d’échanges de contenus, de signification, et fondamentalement d’interaction, dans
des contextes sociaux particuliers. Entendue de cette façon, les finalités de la communication visent à : 1) initier des actions, 2) faire connaître des besoins et des impératifs, 3) échanger des informations, des idées, des attitudes et des croyances,
4) susciter la compréhension, et/ou 5) établir et maintenir des relations. Entendue
comme étant un processus d’interaction, la communication consiste en un phénomène dynamique produisant une transformation. C’est-à-dire qu’elle s’inscrit dans
un processus d’influence réciproque entre des acteurs sociaux.
Connaissances Ensemble de choses connues, sues, acquises, sur un sujet
donné. La connaissance d’un comportement considéré apte n’implique pas l’application de ce comportement.
Cyclone
Les termes typhon, ouragan et cyclone tropical recouvrent tous
les trois la même réalité : ils désignent un phénomène tourbillonnaire des régions
tropicales (entre 30°N et 30°S) accompagné de vents dont la vitesse est supé-
10
11
[ 0 ] Introduction
rieure ou égale à 64 nœuds c’est-à-dire 118 km/h (soit une force 12 sur l’échelle de
Beaufort).
Information
Du latin informare, façonner, former. Une information est une nouvelle, un renseignement, une documentation sur quelque chose ou sur quelqu’un,
portés à la connaissance de quelqu’un. L’information est l’action d’informer,
de s’informer, de donner la connaissance d’un fait ou de la rechercher. Le droit à
l’information repose sur un seul fondement : l’information est un bien public qui doit
être accessible.
Pratiques
Les pratiques ou comportements sont des actions observables
d’un individu en réponse à un stimulus. C’est ce qui concerne le concret, c’est le
faire. Ce sont les actes réels accomplis par une personne dans une certaine situation ou contexte.
Risque
Selon le Document Pays GRD publié par l’UNISDR en 2017,
les risques naturels sont la résultante de la confrontation, dans le temps et dans
l’espace, de phénomènes naturels moyens ou élevés (aléas) avec des éléments
fragiles ou vulnérables (les enjeux à savoir, populations, structures, infrastructures,
etc.). En Haïti, les risques sont d’origine diverse. Il s’agit des risques dues aux
menaces naturelles (séismes, inondations etc.), accidentelles (incendies), anthropogéniques (attroupements et autres désordres dans les lieux publics, violence
armée, accidents de la circulation etc.). Le risque est une probabilité selon laquelle
un phénomène peut causer des dommages, telles que des pertes de vies humaines ou dommages aux personnes ou aux biens, aux moyens de subsistance,
à l’activité économique ou à l’environnement. Il résulte d’interactions entre des
risques naturels, ou découlant d’activités humaines et des situations de vulnérabilité (SIPC, 2007). Le risque est souvent mis en équation de la façon suivante :
risque = aléa x vulnérabilité/capacité d’intervention (Comité permanent inter-organisations, 2007).
Source On entend par source l’origine de l’information. Le choix de la source
d’information est entre autres relié au niveau d’actualité, à la précision et la profondeur de l’information recherchée. Par exemple, l’information retrouvée dans un
article de périodique sera beaucoup plus récente et spécifique à un sujet restreint
que l’information retrouvée dans un livre.
Vulnérabilité L’UNISDR définit les vulnérabilités comme « les caractéristiques et
les circonstances d’une communauté ou d’un système qui le rendent susceptible
de subir les effets d’une menace ». De fait, la réduction de la vulnérabilité devrait
résulter bien plus des actions de développement étalées sur le moyen et long
terme. La vulnérabilité ne concerne pas uniquement la gestion des risques et des
désastres. Ses composantes, selon ONPES peuvent être, entre autres, démographique (composition démographique des ménages, présence d’enfants de moins
de 5 ans), sanitaire (maladies chroniques), éducatif (analphabétisme, non-fréquentation scolaire), liées aux conditions de travail (inactivité, chômage, travail des enfants), liées à la sécurité alimentaire (faim, alimentation non diversifiée ou pauvre,
absence de nourriture), etc.
12
13
[ 1 ] Contexte général
Résumé exécutif
L’étude sur les pratiques de communication relatives à
la gestion des risques et des désastres rentre dans le
cadre du projet de renforcement de la sécurité humaine
face aux risques de catastrophe en Haïti. Il s’agit de
la première enquête nationale qui vise non seulement
à : i) identifier les pratiques de communication ; mais
aussi ii) proposer les outils de communications adaptés
aux réalités socioéconomiques et culturelles de chaque
département du pays. Elle fournit les données de base
qui permettront aux décideurs de renforcer l’autonomisation des individus par l’accès à l’information, en
particulier dans les communautés les plus vulnérables,
et dans le pays en général.
Les données1 de cette étude ont été collectées au
niveau national par l’intermédiaire de trois techniques
de recherche : i) une enquête en ligne auprès de 1.137
internautes (638 hommes et 529 femmes) touchant tout
le pays et la diaspora haïtienne ; ii) une enquête de terrain auprès de 2.066 personnes (1.132 femmes et 934
hommes) dans 25 communes2 (6 départements) ; iii) et
de huit (8) entrevues collectives3 (Groupes de discussion ou focus group) dans 5 communes. Cette étude
prend en compte de nombreux facteurs qui peuvent
influencer le processus de communication et l’accès à
l’information liée aux catastrophes d’origine naturelle,
notamment le genre, l’inclusion des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, personnes vivant
avec un handicap) et l’approche de sécurité humaine4.
En effet, les femmes et les personnes vivant avec un
handicap représentent respectivement 50% et 14% des
personnes interrogées. La triangulation des données
collectées révèle que l’accessibilité aux outils de communication, les habitudes de consommation de l’information, la crédibilité des sources et les besoins des
populations varient notamment en fonction du sexe,
de la zone d’habitation et de l’âge. D’un point de vue
général, cette étude a confirmé que le téléphone et la
radio sont les premières sources d’information des populations. Toutefois, les communautés vulnérables vivant dans les zones rurales (majoritairement affectées
par les catastrophes naturelles) ont un accès limité
auxdits moyens. Elles s’informent plutôt via les canaux
de proximité et communautaires (église, marché public,
agents mobiles) alors que les jeunes, particulièrement
dans les zones urbaines, préfèrent utiliser les sources
numériques (Facebook, WhatsApp). D’un point de vue
spécifique, les résultats de cette étude sont les suivants :
a) L’accès aux appareils et à l’information : La radio
(71%), la bouche à oreille (62%) et le téléphone, à
14
travers le SMS (60%), sont les trois premières sources
d’information des personnes interrogées sur le terrain
en raison principalement de leur accessibilité et de leur
crédibilité, et ce, indépendamment du département, du
sexe et de la zone d’habitation. 96% des personnes
interrogées en ligne déclarent également utiliser la
radio pour s’informer à l’approche des événements
météorologiques et lui accordent de la crédibilité,
à côté de WhatsApp (96%), et du téléphone –SMS
(96%). Ensuite viennent les médias et canaux de
proximité ou communautaires (les marchés publics,
camions-sons, églises, brigadiers de la DPC, leaders et
radios communautaires) qui sont beaucoup plus utilisés
(jugés fiables) par les femmes (60%) contrairement aux
hommes (40%), tant en milieu rural qu’urbain.
Plus on est jeune, plus on s’informe via les sources
numériques (WhatsApp, Facebook). En effet, 40%
des utilisateurs des médias sociaux, comme sources
d’information sur la GRD, sont des jeunes de 20-29 ans
contrairement à la catégorie des plus de 50 ans, ainsi
que les personnes vivant avec un handicap qui ont un
accès très limité aux différentes sources d’information.
Près de la moitié (48%) des personnes interrogées
préfèrent écouter les éditions de nouvelles pour s’informer sur les catastrophes naturelles. Ensuite, on
retrouve les émissions musicales et évangéliques avec
respectivement 26.6 et 22.7%.
b) Les pratiques de communication en GRD en cours,
la notoriété de la DPC et de ses activités : Les répondants reconnaissent le rôle de la DPC dans la diffusion
de l’information à travers de nombreuses sources,
particulièrement, les médias traditionnels, la bouche
à oreille, les leaders communautaires et les agents
(volontaires et brigadiers) de la protection civile. Toutefois, deux données importantes remettent en question
les pratiques de sensibilisation et de communication
utilisées par la Direction de la Protection civile : a) seulement 27% des personnes sur le terrain affirment avoir
connaissance du Plan d’urgence familial. b) seulement
33% ont déclaré avoir participé à au moins une activité
de la protection civile.
c) Les meilleures pratiques de communication à adopter en GRD : Les répondants estiment que le système
doit continuer à utiliser la radio, les brigadiers de la
Protection civile, les SMS, comme principaux moyens.
Le monologue, les nouvelles à la radio et les SMS sont
les formes de message les plus adaptées particulièrement pour les femmes.
Les internautes ont une préférence pour les affiches
sur Facebook, les messages WhatsApp et le SMS.
Les messages sous forme de musique sont le choix
prioritaire des personnes vivant avec un handicap. Les
personnes interrogées estiment que la DPC doit continuer à utiliser le créole pour diffuser les informations
sur les catastrophes. D’ailleurs, elles (72%) affirment
avoir compris les messages diffusés par la DPC parce
qu’ils sont entre autres faciles (25%), en créole (20%)
et facilitent la protection (20%). Plus spécifiquement,
elles préfèrent des messages vidéo qui comportent des
illustrations (47%) en dessins animés (en particulier
des personnes handicapées) et beaucoup de narrations 30% (en particulier les femmes). Elles estiment
également que la DPC doit prioriser les messages
courts d’environ 60 secondes (sonores) et ne dépassant pas deux pages (écrits).
de prévention face aux menaces de catastrophes, et
de renforcer la promotion des activités de la DPC et
des matériels de sensibilisation – en priorité le plan
d’urgence familial- dans tout le pays, notamment
dans les départements du Grand Sud (Sud, Nippes,
Grand’Anse, Sud-Est). Il est recommandé aussi de
concevoir les messages en créole afin de toucher le
plus grand nombre et de faciliter leur compréhension.
d) Connaissances des catastrophes et des mesures de
prévention et attentes en communication : Le cyclone
reste la menace naturelle la plus connue en Haïti. Plus
de 80% des personnes interrogées affirment connaître
cette menace. Viennent ensuite les inondations (68%)
et le tremblement de terre (58%) Le tsunami (27%) et
l’éboulement (48%) sont les menaces naturelles les
moins connues.. En effet, plus de la moitié des répondants déclare avoir été victime d’une menace naturelle.
La majorité de ces victimes sont des femmes (54.6%)
et vivent particulièrement dans les départements de
l’Ouest (25%) et du Sud (20%). En vue de se préparer
à faire face à ces menaces, les personnes interrogées
(56%) affirment avoir mis en application les mesures
préventives suivantes : renforcer la sécurité de la
maison et mettre à l’abri les documents importants
(cyclones), s’approvisionner en matériels de premiers
soins et appliquer les nouvelles normes de construction
(séisme), prendre les mornes (tsunamis), et ne pas
construire dans les mornes (glissement de terrain).
Plus de 60% des personnes interrogées (particulièrement dans le Sud, Nippes et Nord-est) estiment ne pas
avoir assez d’informations pour se protéger contre les
catastrophes naturelles. Elles souhaitent recevoir de
l’information particulièrement sur les causes des catastrophes, la période propice des catastrophes - saison
cyclonique - et les comportements à adopter.
Recommandations : Afin d’améliorer les pratiques de
communication relatives à la gestion des risques et des
désastres en Haïti, il a été recommandé, entre autres,
de prioriser la radio, le SMS pour l’ensemble des deux
sexes, et les canaux communautaires (brigadiers et
volontaires de la DPC, marchés publics, camions-sons,
églises, radios communautaires…), particulièrement
pour les femmes ; de renforcer la communication de
proximité (renforcement de la capacité des acteurs
locaux, formation de leaders, déploiement des brigadiers et volontaires de la DPC) axée sur les mesures
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Annotation
1. Mis à part les enquêtes en ligne et de terrain et des groupes de discussions, des rencontres (entretiens qualitatifs)
ont été réalisées avec des acteurs intervenant dans le domaine de la gestion des risques et des désastres, particulièrement dans la sensibilisation des populations face aux risques de catastrophes.
2. Les 25 communes sont : Cap-Haitien, Limonade, Quartier Morin, Grande Rivière du Nord, Camp-Perrin, Roche
à bateau, Port-salut, Cavaillon, Gonaïves, Ennery, Saint-Michel de l’Attalaye, Marmelade, Anse-à-veau, Miragoâne,
Petit-trou de Nippes, Fond-des Nègres, Thomazeau, Kenscoff, Petit-Goave, Fond Verrettes, Arcahaie, Ganthier,
Fort-Liberté, Ouanaminthe. Elles sont issues de six départements (Nord, Sud, Artibonite, Nippes, Ouest et Nord-est).
3. Huit (8) groupes de discussions homogènes (2) ont été réalisés avec les communautés dans 5 communes dont
parmi les 25 sous-enquêtes (Camp-Perrin, Saint Michel de l’Attalaye, Fort-Liberté) et 2 autres non sous-enquête
(Ferrier et Port-au-Prince). Six (6) catégories de personnes ont été identifiées: Groupement et associations de
femmes (2 groupes de discussion), Personnes vivant avec un handicap (1 groupe de discussion), Enfants dans les
écoles âgés de 10 à 20 ans (1 groupe de discussion), Jeunes âgés de 20 à 35 ans (2 groupes de discussion), Personnes âgées de plus de 60 ans (1 groupe de discussion), Agricultrices/agriculteurs (1 groupe de discussion).
4. De plus, presque la moitié des personnes interrogées (48%) vivent en milieu rural et 35% d’entre elles gagnent un
salaire inferieur à 26 milles gourdes.
16
17
1
CONTEXTE GÉNÉRAL
La population haïtienne est l’une des plus vulnérables aux catastrophes
naturelles au monde avec un nombre de catastrophes au km2 supérieur à
n’importe quel autre pays de la région Caraïbes et de l’Amérique Centrale
(World Bank, 2015 :14). Pour faire face à cette menace constante, la population
haïtienne doit développer une culture du risque c’est-à-dire l’appropriation de
connaissances, l’application de bonnes mesures préventives et des réflexes de
protection afin de garantir sa survie et les limites des risques de catastrophes.
Ceci doit passer nécessairement par la mise en place par les autorités haïtiennes
des programmes de sensibilisation et de communication capables d’éduquer et
de sensibiliser la population sur les meilleurs comportements à adopter avant,
pendant et après les catastrophes. Malgré les efforts accomplis en ce sens par
l’État haïtien de concert avec ses partenaires nationaux et internationaux,
il existe encore un fossé important entre les communautés et le niveau de
connaissance du risque adéquat.
Face à ce constat, le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD), l’Organisation des Nations Unies pour l’Égalité des Sexes et
l’Autonomisation des Femmes (ONU-Femmes) et l’Organisation des Nations
Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), de concert avec la
Direction de la Protection Civile (DPC) ont réalisé une étude visant à identifier
les pratiques de communication et proposer les outils les plus adaptés aux
réalités socio-économiques et démographiques de la population haïtienne.
Les conclusions de cette étude doivent permettre la mise en place d’une
stratégie de communication plus ambitieuse et efficace, capable de répondre
aux besoins actuels de communication dans le domaine de la Gestion des
Risques et des Désastres. Ainsi, dans cette partie, nous proposons une analyse
des éléments contextuels liés à la mise en place de cette étude.
18
19
[ 1 ] Contexte général
1-La vulnérabilité d’Haïti face aux catastrophes naturelles
Située au Sud-Est de Cuba, dans la mer des Caraïbes5,
Haïti occupe la partie occidentale de l’île anciennement
baptisée « Hispaniola », avec une superficie totale de
27 750 kilomètres carrés et une population estimée à
10,7 millions d’habitants6. De par sa situation géographique, géodynamique et climatique, Haïti est exposée
à de nombreux risques naturels. D’où l’occurrence de
catastrophes découlant des inondations, glissement de
terrain et éboulement, séismes et tsunamis ayant frappé le
pays tout le long de son existence.
Comme la plupart des petits états insulaires en développement (PEID), Haïti accuse un très fort indice de
risque par rapport aux aléas naturels. Les dernières
données publiées en avril 2018 par l’Indice de vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux crises humanitaires (INFORM7) révèlent qu’Haïti est le pays le plus
vulnérable de la région Amérique Latine et Caraïbes
(LAC), et le 14e pays le plus vulnérable au monde8.
De 1900 à 2016, le pays a été frappé de plein fouet
par plus d’une centaine de catastrophes9 dont près de
quarante (40) cyclones et tempêtes tropicales, plus de
cinquante (50) inondations majeures et glissements de
terrain, sept (7) périodes de sécheresses et deux (2)
séismes dévastateurs, l’un de magnitude 7.310 à Portau-Prince en 2010 et l’autre séisme en 1904 frappant
particulièrement les villes du Cap Haïtien et Port de
Paix 11.
De plus, la période cyclonique (1er juin au 30 novembre)
est une période assez redoutée par la population haïtienne. Plusieurs villes du pays, spécialement les villes
de la Presqu’île du Sud, ont été à plusieurs reprises
détruites par des cyclones touchant le pays pendant
cette période. Le cyclone Hazel en 1954, l’ouragan
Flora en 1963 et plus récemment l’ouragan Matthew en
2016 ont ravagé certaines villes du pays, du nord au
sud. Ainsi, le PDNA12 (Évaluation des besoins Post-catastrophe) estime que près de 96% de la population
haïtienne est exposée à au moins deux risques de
catastrophe d’origine naturelle (séismes, ouragans,
glissements de terrain, inondations et sécheresse).
(pertes en vies humaines et dégâts sur les infrastructures, sur les secteurs de l’agriculture et les sous -secteurs de la pêche et l’élevage, de l’ordre de 38 milliards
de gourdes, soit 31% du PIB) ont été enregistrés suite
au passage de l’ouragan Matthew en 201615.
Les catastrophes d’origine naturelle ont eu des
conséquences graves sur Haïti. Cumulées, ces catastrophes16 ont fait près de 250 000 pertes en vies
humaines, plus de 13 millions de sinistrés et ont causé
des pertes économiques et des dommages de l’ordre
de plusieurs billions de dollars américains dans une
économique déjà précaire. Le tableau 1 donne un
aperçu des catastrophes au cours des 15 dernières années. Il ne prend pas en compte les catastrophes d’avant
2004.
Ces nombreuses pertes économiques ayant engendré
à chaque fois une crise humanitaire, associées aux
instabilités sociales et politiques, aux phénomènes
épidémiologiques (choléra, paludisme…) ainsi qu’aux
facteurs environnementaux et sociaux tels que la dégradation généralisée de l’environnement ou la précarité socio-économique de la population ont exacerbé
la vulnérabilité d’Haïti. Ceci renforce également
la nécessité pour le gouvernement haïtien et ses
principaux partenaires de poursuivre les efforts visant
à réduire les risques liés aux aléas naturels. Ainsi, la
sensibilisation de la population par le moyen des outils
les plus adaptés aux réalités des communes et départements fait partie également de cet effort de réduction
des risques et des désastres.
2 000 000
L’une des catastrophes les plus meurtrières a été le
séisme de 2010 qui a engendré la mort de plus de
230 000 personnes, 300 000 blessées, 1.5 millions de
personnes sans-abri, le déplacement de près de 1.3
million de personnes vers les zones non affectées, la
destruction à grande échelle d’infrastructures, dont 105
000 bâtiments complètement détruits et 208 000 endommagés13. Cette situation a aggravé la vulnérabilité
du pays déjà en proie à une situation de pauvreté14 affectant particulièrement les catégories sociales les plus
vulnérables (les femmes, les enfants, les personnes
vivant avec un handicap). De plus, d’importants dégâts
222 500
100%
2 100 000
546
25%
TOTAL
depuis 2004
5 594 000
238 706
Nbr. de personnes
affectées
Nbr. de morts
1000 000
Tableau 1 : Résumé des catastrophes en Haïti au cours des 15 dernières années
Source : Inured, Après l’Ouragan Mathew, 2015, p. 3
800
15%
Nbr. de personnes affectées
795 000
9 495
nc
Nbr. de morts
Effets sur PIB
nc
35
nc
300 000
5 000
7%
20
194 000
330
2%
2004
2007
2008
Ouragan Jeanne
Ouragans Noel & Dean
Ouragans Fay, Gustav,
Hanna et Ike
2016
2010
Séisme
Épidémie de choléra
Ouragan Thomas
Ouragan Matthew
21
[ 1 ] Contexte général
2-Cadre légal et institutionnel
de la Gestion des Risques et des Désastres en Haïti
Face à cette vulnérabilité accrue, l’État Haïtien s’est
engagé progressivement dans une démarche systémique de réduction des risques et désastres depuis
plus de deux décennies. En effet, depuis 1999, une
réforme institutionnelle a abouti à l’élaboration d’une
proposition de Plan national de gestion des risques et
des désastres (PNGRD) et la mise en place d’un Système national de gestion des risques et des désastres
(SNGRD).
Le système est doté de structures d’orientation stratégique et technique à toutes les échelles du territoire
avec comme entité de coordination, la Direction de la
Protection Civile (DPC). Cette direction s’appuie sur
un Comité Thématique d’Éducation et de Sensibilisation du Public (CTESP), émanation du Secrétariat
Permanent de Gestion des Risques et des Désastres
(SPGRD), pour remplir sa fonction sociale. A travers
cet organe, l’État haïtien et ses partenaires, œuvrant
dans la GRD, conçoivent des stratégies d’information du public afin d’aider la population à prendre les
meilleures décisions en matière de prévention et de
réponse aux désastres. La figure ci-contre illustre la
structure organisationnelle du SNGRD.
L’État haïtien a déjà mené de grandes campagnes de
communication afin d’informer les populations sur les
risques qui les entourent et les encourager à agir de
manière responsable. Malgré les efforts déployés par le
Système National de Gestion des Risques et Désastres
(SNGRD), les stratégies et campagnes de communication mises en œuvre n’ont pas été suffisamment
efficaces en termes de renforcement des capacités de
réaction et de résilience des communautés exposées
aux risques de catastrophe d’origine naturelle. D’où
l’importance de cette étude qui a permis d’analyser particulièrement le degré d’accès des populations ciblées
à l’information, l’adaptabilité des canaux de communication et la capacité d’assimilation de la population des
messages reçus.
Comité national
de gestion des risques & des désastres
Présidé par le ministre de l’intérieur,
par la délégation du premier ministre
Secrétariat exécutif : DPC
Groupe d’appui
de la coopération
internationale
Groupe d’appui
de la société civile
Secrétariat permanant
de gestion des risques & des désastres
Gestion des désastres
Gestion des risques
Comités sectoriels
Comités thématiques
Centre opérations d’urgence (cou)
national
Comités départementaux
Comités
Municipaux et locaux
22
23
[ 1 ] Contexte général
3-La nécessité d’améliorer les pratiques de communication en GRD et de
renforcer la sécurité humaine des populations vulnérables en Haïti
L’étude sur les pratiques de communication relatives à la gestion des risques et des désastres rentre
dans une démarche de renforcement de la sécurité humaine de la population haïtienne face aux risques
de catastrophe en Haïti. Elle vise un double objectif. a) Identifier les pratiques de communication dans la Gestion
des Risques et des Désastres existant parmi les différents segments de la population tout en évaluant les lacunes
potentielles en termes d’accès à l’information ; b) Proposer des outils de communication sensibles au genre
qui correspondent aux réalités socioculturelles, aux inégalités en matière de l’accès à l’information et
aux caractéristiques démographiques des départements du pays.
Plusieurs situations décrites ci-dessous justifient la réalisation d’une telle étude.
a) L’accès à l’information, un droit qui renforce
la sécurité humaine des communautés :
La sécurité humaine vise un renforcement de l’autonomisation des individus. Les gens doivent pouvoir
prendre à temps les décisions nécessaires pour se
protéger et protéger leurs proches. Ce processus de
décision doit inévitablement passer par l’accès à l’information. En effet, la communication joue un rôle prépondérant dans les mécanismes de prise de décision à
travers des informations précises et adaptées prenant
en compte l’environnement de l’individu. Il est important
de comprendre que tous les individus et groupes n’ont
pas le même niveau d’accès aux différentes formes et
chaînes de communication. Les inégalités en matière
de communication doivent être analysées pour garantir à tous et à toutes les possibilités de prendre des
décisions éclairées et pour veiller à ce que personne
n’est laissée pour compte. Les messages, les supports,
et les canaux utilisés constituent aussi bien des avantages que des obstacles à une communication efficace.
Pour qu’ils soient un avantage, les outils et moyens
de communication doivent être sensibles au genre,
correspondre aux caractéristiques sociales, culturelles
et économiques des personnes ciblées et prendre en
compte les inégalités et les inconvénients de l’accès à
l’information. Marianne Kugler (2010, p.286) estime que
les campagnes de communication réussies sont celles
qui prennent en compte la réalité de vie
des populations-cibles.
24
b) L’égalité des sexes et les catastrophes d’origine naturelle :
Le cadre de Sendai et les Objectifs de Développement
Durable (ODD)17 placent l’individu, les communautés et
les territoires au cœur des préoccupations dans
le cadre des projets visant le développement et
la résilience des communautés. A cet effet, les femmes
et les enfants doivent être au centre de toute initiative
de mitigation de risque. Les catastrophes affectent
différemment les hommes et les femmes, les garçons
et les filles. Dans de nombreux contextes, les inégalités
de genre limitent l’influence et le contrôle des femmes
et des enfants sur les décisions vitales les concernant,
ainsi que leur accès aux ressources. En raison des conditions socio-économiques existantes, des croyances et
des pratiques traditionnelles, les femmes sont plus susceptibles d’être affectées de manière disproportionnée
par les catastrophes. En termes de communication
et d’information, les femmes et les hommes n’ont pas
forcément les mêmes accès et habitudes de consommation de l’information compte tenu du rôle, construit
par la société, qu’ils jouent. Dans ce cadre-là, toute
démarche de communication de gestion des risques
et désastres devrait prendre en compte les aspects
sexo-spécifiques. Cette étude priorise les femmes non
seulement comme étant partie prenante dans le cadre
de l’enquête (enquêteurs et enquêtés) mais aussi dans
le cadre des démarches antérieures de communication.
Par conséquent, une analyse de leur degré d’accès à
l’information, et de la prise en compte de leurs besoins
en termes d’information est effectuée.
c) L’inclusion et l’accessibilité
L’inclusion sociale suppose la prise en compte de
toutes les catégories de personnes, particulièrement
les personnes vulnérables (femmes, enfants, personnes âgées, personnes vivant avec un handicap)
dans la conception et la mise en application des
programmes de développement et humanitaires. Les
personnes vivant avec des handicaps sont une catégorie
de personnes très spéciales dont les besoins en termes
d’information touchent particulièrement leurs capacités
sensorielles et physiques à recevoir puis à comprendre
le message. En fait, l’article 10 de la loi portant sur
l’intégration des personnes handicapées18 établit la responsabilité de l’État à garantir à cette catégorie l’accès
à l’information. En ce sens, l’accessibilité de l’information est garantie par l’utilisation des outils et moyens de
communication adaptés à la situation de cette cible.
d) La sécurité humaine au cœur des efforts
visant la résilience des communautés
La sécurité humaine est une approche promue par les
Nations Unies et qui complète la sécurité traditionnelle.
Orientée vers la prévention et centrée sur l’individu, elle
s’inscrit dans une démarche de prévention basée sur la
connaissance des risques par la population. L’approche
« sécurité humaine » est donc au centre de cette étude
qui prend en compte les besoins d’information de
toutes les catégories de personnes particulièrement les
plus vulnérables vivant dans les communautés les plus
pauvres et les plus reculées. Le choix des communes
pour les enquêtes de terrain et la catégorisation des
groupes cibles pour les groupes de discussions traduisent
l’alignement de l’étude avec cette approche.
25
[ 1 ] Contexte général
4 -Approche méthodologique
Encadré 1 : Stratégie d’inclusion
Dans le cadre de cette étude, nous avons mis en
place une stratégie d’inclusion qui nous a permis de
recueillir des informations pertinentes provenant de
toutes les catégories ou groupes de personnes ciblées. C’est donc cette approche qui nous a permis
de prendre en compte notamment la dimension du
genre, les jeunes, les personnes handicapées et les
personnes âgées. Ainsi, plusieurs stratégies sont
utilisées afin non seulement de prendre en compte
les besoins des femmes et des personnes handicapées, mais aussi de les intégrer comme acteurs (enquêteurs et enquêtés) dans le cadre de l’étude. Plus
particulièrement, environ 30 à 50% des personnes
enquêtées sont de sexe féminin au niveau de l’enquête (entre 600 – 1000).
Quelques actions entreprises :
De plus, 8 groupes de discussions homogènes ont été
réalisés avec chacun 8 personnes, avec six (6) catégories de sujets, tout en respectant le principe de parité.
Il s’agit des femmes, des enfants, des jeunes, des
personnes âgées, des agriculteurs et agricultrices. Ces
groupes de discussions ont été réalisés dans 5 communes de 4 départements : Nord Est (Ferrier, Fort-Liberté),
Artibonite (Saint-Michel de l’Attalaye),
Ouest (Port-au-Prince), Sud (Camp-Perrin).
L’étude sur les pratiques de communication relatives
à la gestion des risques et désastres a été conçue
afin d’avoir des estimations quantitatives à l’échelle
nationale mais également des données qualitatives et
désagrégées en fonction de nombreux variables, sexe,
âge, localisation géographique et conditions socioéconomiques.
L’étude a employé une approche multidisciplinaire,
participative et mixte incluant des groupes de discussions homogènes, une enquête en ligne et une
enquête de terrain. Ainsi, elle a été réalisée avec un
échantillon (quantitatif) de plus de 3200 questionnaires
dont 1137 (1132 femmes et 934 hommes) administrés
en ligne (l’ensemble du pays) et 2066 sur le terrain
(638 hommes et 529 femmes) dans 25 communes sur
6 départements19 (voir chapitre suivant pour plus de
détails).
L’analyse statistique descriptive a été utilisée afin de
pouvoir décrire la population étudiée (caractéristiques
sociodémographiques) et d’analyser les principales
variables de l’étude. Des tests Khi-deux ont été utilisés
pour croiser les données. D’un point de vue qualitatif,
l’étude a priorisé la méthode qui permet de hiérarchiser
toutes les dépendances entre les variables analysées
et les groupes relatifs.
Administrer les questionnaires dans les espaces
susceptibles d’avoir plus de femmes (marchés publics, familles, espaces de rencontres des associations de femmes etc.).
Ces choix ont été réalisés en fonction d’un nombre
de critères liés à la réalité des communes et départements en termes de gestion des risques et des désastres. Il s’agit de :
L’actualité des risques : Les départements du Sud,
de la Grand-Anse et des Nippes ont été les plus touchés par l’ouragan Matthew en 2016.
Le niveau de vulnérabilité : le département de l’Artibonite, malgré son potentiel agricole, est resté un
département très vulnérable et très affecté par la sécheresse.
Le caractère urbain de certaines communes : Le département du Nord offre l’occasion de tester la réalité de communes fortement urbanisées comme le
Cap-Haïtien.
La diversité des risques : Le choix permet d’avoir une
couverture représentative des principaux risques de
catastrophes.
cap haitien •
quartier morin •
Dans le message introductif pour inviter les internautes à remplir le questionnaire, préciser clairement que les femmes sont vivement encouragées à
contribuer à l’enquête.
grande rivière
du nord •
Fort liberté •
Gonaives •
• marmelade
• ennery
• ferrier
• ouanaminthe
Limites des départements
• St- Michel
Organiser une dizaine de focus groupe avec les six
(6) catégories (femmes, personnes vivant avec un
handicap, enfants dans les écoles âgés de 10 à 20
ans, Jeunes âgés de 20 à 35 ans, personnes âgées
de plus de 60 ans, agricultrices/agriculteurs).
Communes non concernées
• St-marc
Départements couverts dans le cadre de l’enquête terrain
• Arcahaie
Départements couverts dans le cadre des focus group
• thomazeau
port-au-prince •
petit trou de nippes •
camp perrin •
fond des nègres •
roche à bateau •
• PETIT-GOAVE
Communes enquête de terrain
• ganthier
• anse à veau
• CAVAILLON
26
Encadré 2 : Justification des choix
• kenscoff
• FONDS VERRETTES
Communes focus groupe
• miragoane
• port salut
Carte 1, 2 et 3 :
Communes touchées dans le cadre de l’étude. Données : CNIGS
Départements couverts dans le cadre de l’enquête terrain.
Départements couverts dans le cadre des focus group
Date de production : octobre 2018
27
[ 1 ] Contexte général
Annotation
5 L’île d’Hispaniola se trouve au Nord de la mer des Caraïbes. Avec Cuba, la Jamaïque, et Porto Rico, elle appartient à l’archipel des Grandes Antilles (90% de la surface de toutes les îles de la Caraïbe). La superficie d’Haïti est
de 27 750 km². Au nord, la côte haïtienne s’ouvre sur l’océan Atlantique. Au Sud, elle borde la mer des Caraïbes.
Source : Atlas des menaces naturelles, CIAT 2015.
6 . Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), Estimation de la population 2015, En ligne : http://www.ihsi.
ht/pdf/projection/Estimat_PopTotal_18ans_Menag2015.pdf
18 . Article 10 alinéa e : L’État haïtien garantit aux personnes handicapées l’accès à la justice, à l’Information et aux
sports. Source : République d’Haïti, Loi portant sur l’intégration des personnes handicapées, 2012, p. 5. En ligne :
http://haitijustice.com/pdf/legislation/loi-sur-les-personnes-handicapees-haitijustice.pdf
19 L’univers de l’étude porte sur l’ensemble de la population d’Haïti, soit 10.9 millions habitants, sachant que l’ensemble du territoire du pays est exposé à différents risques naturels de catastrophe pouvant affecter la sécurité des
individus.
7 . INFORM 2018 RISK INDEX : Indice de vulnérabilité aux catastrophes naturelles, 2018 http://www.inform-index.
org/Countries/Country-profiles
8 Haïti est également le troisième pays les plus touchés par les effets des changements climatiques, selon l’index
mondial sur le changement climatique publié par Green Wash en 2017.
9 . Ricardo Mena & Sandra Amlang (sous la direction de) et Claudine Joseph, Steeve Symithe, Harmel Cazeau,
Widlyn Dornevil, Country Document for disaster risk reduction, 2017, Direction protection civile et United Nations
office for Disaster Risk Reduct (UNISDR), https://www.unisdr.org/files/54921_annex03documentpayshaiti.pdf
10 . Le séisme du 12 janvier 2010 Richter ayant frappé Haïti est l’une des catastrophes plus meurtrières qui a
engendré plus de 220 000 morts, 300,000 blessées, 1.5 millions de personnes sans- abris, le déplacement de près
de 1.3 million de personnes vers les zones non affectées. Références : Ricardo Mena & Sandra Amlang (sous la
direction de) et Claudine Joseph, Steeve Symithe, Harmel Cazeau, Widlyn Dornevil, Country Document for disaster
risk reduction, 2017, Direction protection civile et United Nations office for Disaster Risk Reduct (UNISDR). https://
www.unisdr.org/files/54921_annex03documentpayshaiti.pdf
11 Le séisme de 1904 a complètement détruit la ville du Cap. La moitié de la population de l’époque avait été touchée.
12 . PDNA, Evaluation Post Catastrophe, Haïti, 2017, page 3, https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/
UNDP-HT-PrevCri-EvaluationBesoinPostCatastropheCycloneMathieu-PDNA-31012017-SM.pdf, consulté le 15 avril
2018
13 Ricardo Mena & Sandra Amlang (sous la direction de) et Claudine Joseph, Steeve Symithe, Harmel Cazeau,
Widlyn Dornevil, Country Document for disaster risk reduction, 2017, Direction protection civile et United Nations
office for Disaster Risk Reduct (UNISDR), https://www.unisdr.org/files/54921_annex03documentpayshaiti.pdf
14 . Avec une population de plus de 10 millions d’habitants, Haïti a la plus forte densité de population dans la région
(soit 353 personnes au km2) et reste le pays de l’hémisphère occidental avec un indice de développement humain
le plus bas (IDH= 0,471), soit 149ème sur 179 pays. Près des 3/4 des habitants vivent en dessous du seuil de
pauvreté avec moins de 2 dollar (environ 130 gourdes) par jour et plus de la moitié (59%) sont considérées comme
pauvres, dont 2.5 millions vivant dans la pauvreté absolue de 1 $ personne/jour. Source : Diagnostic systématique
Pays 2015, Enquête sur les conditions de vie en Haïti, ECVMAS 2012, http://www.ihsi.ht/pdf/ecvmas/analyse/IHSI_
DIAL_Rapport%20complet_11072014.pdf, consulté le 13 avril 2018
15 PDNA Haïti, 2016
16 PDNA, Evaluation Post Catastrophe, Haïti, 2017, page 5, https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/
UNDP-HT-PrevCri-EvaluationBesoinPostCatastropheCycloneMathieu-PDNA-31012017-SM.pdf, consulté le 15 avril
2018
17 . ODD 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles. En ligne : http://www.
unwomen.org/fr/news/in-focus/women-and-the-sdgs/sdg-5-gender-equality
28
29
2
Résultats
clés
48%
52%
CARACTÉRISTIQUES
SOCIO DÉMOGRAPHIQUES
DE LA POPULATION SOUS-ETUDE
zones
rurales
zones
urbaines
Typologie de la population
interrogée
Cette section décrit les caractéristiques démographiques
et socio-économiques
de
55%
la population étudiée.
Les caractéristiques sont décrites en fonction de
nombreuses variables qui sont le département, la
sexe féminin
commune, la zone d’habitation, le sexe, le niveau de
scolarité, la situation d’emploi et le revenu.
46%
communes
6
20 & 39
82
départements
catholiques
protestants
(21% en ligne)
terrain
internautes
répartie comme suit
14 % | Etats-Unis d’Amérique
5 % | Canada
3 % | Chili
30
37%
écart salarial
en ligne
En ligne
70 % | Haïti
40%
Niveaux scolaires
formulaires par commune
ans
(50% en ligne)
universitaire
1 137
handicapés
ont entre
45%
25
14,3%
secondaire
70%
75 000 htG
15%
26 000 htG
32.7%
10%
2%
36%
(23% en ligne)
primaire
Sans
instruction
31
[ 2 ] Caractéristiques socio démographiques de la population sous-étude
2-Répartition par zone
1-Répartition géographique
D’un point de vue géographique, 6 départements ont
été considérés dans le cadre de l’enquête terrain.
Il s’agit des départements : Nord, Nord-est, Sud,
Nippes, Ouest et Artibonite. Le nombre d’enquêtés
s’élève à 2066. Le plus grand pourcentage a été pris
dans l’Ouest avec 25.70%, ensuite on retrouve l’Artibonite avec 20.38%. Le Nord-est est celui qui a le plus
petit pourcentage avec 9% (cf. figure 1).
Sur l’ensemble de ces départements, 25 communes
ont été choisies (cf. graphe ci-dessous, Tableau en
annexe). Le nombre de questionnaires moyens par
commune est de 82 formulaires. (cf. figure 2 et tableau
en annexe).
Figure 1: Répartition par département
L’enquête a été réalisée sur un échantillon qui a reparti
les départements et les villes en prenant en compte
l’infrastructure physique et sociale du pays. En ce sens,
deux catégories ont été définies : les zones rurales qui
sont les zones de campagne et les zones dites urbaines considérées comme étant les villes.
Au niveau des zones urbaines, 1066 personnes (52%)
ont été interrogées, et 1 000 (48%) dans les zones
considérées rurales. Ces données reflètent à peu près
les statistiques nationales en matière de démographie
nationale. En effet, l’enquête ECVMAS20 de l’Institut
Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) indique
que la moitié de la population haïtienne (52%) vit en
milieu rural.
Fig. 3: Répartition géographique – en ligne
répondants en ligne
70 % | Haïti
Nippes
Ouest
15%
26%
14 % | Etats-Unis d’Amérique
5 % | Canada
3 % | Chili
1% | République Dominicaine
Sud
1% | Argentine
16%
0% | Bengladesh
0% | Maroc
S’agissant des groupes de discussion homogènes, ils
ont été réalisés dans 5 communes dans 4 des 6 départements de l’étude, notamment le Nord Est (Ferrié,
Fort-Liberté), l’Artibonite (Saint-Michel de l’Attalaye),
l’Ouest (Port-au-Prince) et le Sud (Camp-Perrin).
En ce qui a trait à l’étude en ligne, le questionnaire
a été administré à 1137 internautes. Ils sont repartis
géographiquement notamment en Haïti (70%) et dans
d’autres pays où réside une bonne partie de la diaspora
haïtienne notamment les USA (14%), le Canada (5%)
et le Chili (3%).
Nord-Est
9%
20%
Artibonite
14%
Nord
Où vivent les répondants ?
48%
52%
milieu rural
milieu urbain
Ganthier
Arcahaie
Fond Verrettes
Petit Goave
Kenscoff
Thomazeau
Cavaillon
Port-Salut
Roche-à-bateau
Camp-Perrin
Fond des nègres
Petit trou de Nippes
Miragoane
Anse-à-veau
Ouanaminthe
Fort-Liberté
Quartier Morin
Linonade
Cap-Haïtien
Grande Rivière du Nord
Saint-Michel de l’Attalaye
Saint Marc
Gonaïves
Emery
Marmelade
0
20
40
60
80
100
120
Fig. 2: Communes de l’enquête
32
33
[ 2 ] Caractéristiques socio démographiques de la population sous-étude
3-Répartition par sexe
A l’aide d’une stratégie d’inclusion adoptée par les
enquêteurs (administration du questionnaire dans
les lieux publics de rassemblement, les marchés, les
ménages et coordination avec des associations de
femmes), les deux sexes sont représentés d’une manière quasi équitable. En effet, la moitié (50%) est de
sexe féminin contre 49% de sexe masculin.
Il faut toutefois noter que l’enquête en ligne a révélé qu’une légère partie des répondants en ligne
(0,5%) se reconnaissent ni en tant que femmes ni en
tant qu’hommes. Ces personnes se déclarent transsexuelles et d’autres (0,5%) estiment que cela ne
devrait pas être une question pertinente.
Fig. 4 : Répartition par sexe
5-Répartition par groupe d’âge
4-Répartition par situation d’handicap
Les personnes vivant avec un handicap constituent une
catégorie de personnes très spéciales dont les besoins
en termes d’information touchent particulièrement
leurs capacités sensorielles et physiques à recevoir et
comprendre le message. Ainsi, dans le cadre de cette
étude, nous avons pris le soin de considérer cette
situation en faisant en sorte qu’au moins 10% de la
population sous étude fasse partie de cette catégorie
de personnes.
A cet effet, les personnes vivant avec un handicap
représentent 14,3% des répondants. Ces personnes
sont reparties dans tous les départements considérés
notamment dans l’Ouest (26%), des Nippes (18%), du
Nord (16%), de l’Artibonite (16%, du Sud (16%) et du
Nord-est (7%). (Cf. figures ci-dessous). Les personnes
interrogées dans le cadre de cette étude déclarent faire
face à des handicaps différents allant de la déficience
visuelle à l’amputation entrainant la mobilité réduite.
Ceci reflète la statistique nationale sur la quantité de
personnes vivant avec un handicap sur l’ensemble du
territoire national (10%21). De plus, un groupe de discussions a été réalisé avec les personnes vivant avec
un handicap dans la commune de Fort-Liberté (Nord-est).
Cette étude analyse également de nombreuses variables (habitude de consommation de l’information,
accessibilité à l’information, etc..) en fonction de l’âge
des répondants. Ainsi, plusieurs groupes d’âge ont été
considérés. Parmi ceux-ci, les personnes âgées de 20
à 29 ans et de 30 à 39 ans sont les plus nombreuses
dans l’échantillon. Elles représentent respectivement
38.75% et 28%. Viennent ensuite les personnes âgées
de 40 à 49 ans (10,5%%) et les adolescents de 10-19
ans (9,5%).
Femme
49%
Fig. 7 : Répartition par groupe d’âge
10-20 ans
9,5%
50-59 ans
Fig. 6 : Répartition des personnes handicapées par département
nord-est
7%
46%
16%
Nord
16%
Sud
16%
Ouest
+ 60 ans
10,5%
34%
7,15%
5,45%
Protestant
Catholique
Artibonite
Nippes
34
28%
14%
86%
0,5%
15%
oui
non
Pas d’importance
1%
4%
38,75%
30-39 ans
40-49 ans
Transgenre
Le reste est composé de personnes qui déclarent n’adhérer à aucune des religions (15%), des pratiquants du
vaudou (4%), des musulmans (1%).
Fig. 8 : Répartition par religion
Fig. 5 : Répartition par handicap
50%
La majorité de notre échantillon est constituée de personnes
qui se déclarent protestantes et catholiques. En effet, ces
personnes représentent respectivement 46% et 36%.
Des groupes de discussion ont été réalisés par tranche
d’âge notamment avec des personnes âgées (50 ans
et plus), des jeunes (20-29 ans) et des jeunes écoliers
dans la catégorie des 10-19 ans.
20-29 ans
Homme
6-Répartition par religion
Vodou
Pas de religion
Musulman
18%
26%
35
[ 2 ] Caractéristiques socio démographiques de la population sous-etude
7-Répartition par niveau de revenu
et secteur d’activités
Les données collectées font état d’un refus ou d’une
incapacité des personnes interrogées à répondre à la
question concernant leur niveau de revenu et secteur
d’activité. Environ 42% d’entre elles n’ont pas fourni
de réponse à cette question. Parallèlement, on peut
constater que le taux de chômage est assez élevé dans
le pays. En effet, la Banque Mondiale (2016) estime à
environ 70% de la population active haïtienne (estimée
à 4,8 millions) en situation de chômage.
De plus, l’étude a révélé que près de 30% des personnes interrogées gagnent un revenu inférieur à 26
000 gourdes (soit 289 $ américains, 1$=90 Gourdes).
Ceux qui gagnent plus de 75 000 gourdes par mois ne
représentent que 1,5% de l’échantillon. Ces données
Fig. 9 : Répartition par revenu (en gourdes)
confirment l’écart salarial très accentué en Haïti. Selon
le rapport mondial sur les salaires publié par le Bureau
International du Travail (BIT) en 2016, l’inégalité des
revenus en Haïti est la plus élevée dans la région caribéenne et c’est l’un des revenus les plus inégalitaires
au monde, avec un coefficient de Gini de 0,595.
Le graphique ci-après confirme un pourcentage élevé,
soit plus de 26% des personnes interrogées déclarant ne pas avoir d’emploi ou vivant en situation de
chômage. Le commerce est l’activité dominante des
personnes interrogées (37,6%), suivi de l’agriculture
(15%). Les secteurs des professionnels de bureau et
ceux de la construction représentent les plus faibles
taux avec respectivement 6,6% et 4,5%.
Fig. 10: Répartition par secteur d’activités
8-Répartition par niveau de scolarité
Globalement, la majorité des personnes interrogées ont
atteint le niveau d’études universitaires. Ils représentent
37% de la population sous étude. Ensuite, environ 26%
des personnes interrogées ont atteint le secondaire
(ont passé quelques années ou ont terminé le cycle).
Très peu de personnes interrogées ont fréquenté une
école professionnelle (5%) (cf. figure ci-dessous).
Toutefois, il faut préciser que la majorité des personnes
ayant atteint le niveau universitaire ont été interrogées
en ligne (près de 70%). Alors que la majorité des personnes interrogées sur le terrain n’ont atteint que les
niveaux primaire (32,7%) et secondaire (37%).
Fig. 11 : Répartition par niveau de scolarité
9-Répartition par statut matrimonial
D’une manière générale, la majorité des répondants
sont des célibataires suivis des personnes mariées.
Elles représentent respectivement 52% et 25% des
personnes interrogées dans le cadre de cette étude à
travers les différentes techniques d’enquête utilisées.
Viennent ensuite les personnes vivant en concubinage
(16%). Les veufs (ves) et les personnes divorcées occupent
les dernières places avec respectivement 3,5% et 2.5%.
Fig. 12 : Répartition par statut matrimonial
52%
41,8%
37,6%
37%
29,4%
26%
26%
25%
18,8%
16%
15%
10%
8,95%
6,6%
3,5%
se
on
rép
de
pas
(ve
)
1%
veuf
)
CE
(E
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ge
co
ncub
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en
ATAIRE
CEL
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on
se
rép
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sita
ver
uni
ion
nel
fess
pro
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dai
r
ire
ma
sec
on
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qu
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fré
2,5%
Jam
ais
pri
le
éco
re
ruc
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co
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de
aut
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mer
LD
EB
can
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(e)
il
ava
s tr
san
épo
nse
sr
2,6%
0,6%
0,6%
san
00 0
00
2,1%
+1
000
100
76 -
75 0
51 -
00
50 0
00
26 -
1-25
000
1,5%
36
5%
4,5%
3,8%
37
[ 12 ]] Contexte
Caractéristiques
général socio démographiques de la population sous-etude
Annotation
20 ECVMAS est l’enquête sur les conditions de vie menée par l’Institut haïtien de Statistique dont les résultats ont
été publiés en 2012. Voir page 36.
21 Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), Estimation de la population 2015,
En ligne : http://www.ihsi.ht/pdf/projection/Estimat_PopTotal_18ans_Menag2015.pdf
38
39
3
Résultats
clés
L’ACCESSIBILITÉ
AUX APPAREILS DE COMMUNICATION
Personnes âgées & Handicapés
Tous les individus et couches sociales n’ont pas le même
dépourvus d’ appareils
de communication
niveau d’accès aux appareils permettant d’accéder à
l’information en fonction de nombreux facteurs tels
que l’âge, le sexe, le revenu etc… L’accessibilité à ces ap-
Internet | Médias sociaux | Radio-CELLULAIRE
l’information. Les inégalités en matière de communi-
46%
cation doivent être identifiées, analysées et combattues
pour garantir à tous et à toutes les possibilités de prendre
Femme
des décisions éclairées et pour veiller à ce qu’aucune
personne ne soit laissée pour compte. Ainsi, dans cette
partie du document, nous présentons dans un premier
temps, les principaux dispositifs permettant aux popu-
+
un second temps, la situation de l’accès à ces appareils.
+
Hommes accessibles
accessibles.
.
10%
De la population
affirment avoir accès à
au moins un des sept
moyens de communication
considérés
les
Téléphone
portable
54%
95%
lations d’avoir accès à l’information en Haïti et, dans
84%
≠
accessibilité
pareils constitue un élément déterminant dans l’accès à
82%
Récepteur radio
Télévision
accessibilité
Internet
56%
Radio-cellulaire
Journaux &
magazines
44%
zones Rurales
zones URBAINES
53,5%
zones rurales
40
46,5%
accès égalitaire
pour les hommes et les femmes
zones urbaines
41
[ 3 ] L’accessibilité aux appareils de communication
1-Les dispositifs de communication existants en Haïti
Haïti est l’un des rares pays de la région de l’Amérique Latine et des Caraïbes où les communications font l’objet
d’un faible niveau de développement, au moment où l’on parle de la société de la connaissance, des nouvelles technologies de l’information et de la communication, du Big data, entre autres.
a) Le téléphone
En matière d’utilisation des nouvelles technologies de l’information
et de la communication en Haïti,
l’accès à la téléphonie mobile est le
seul à s’établir incontestablement
à l’échelle nationale. En 2006, le
taux de couverture de téléphonie
mobile ne dépassait pas les 6%.
Avec les deux compagnies présentes sur le marché depuis plus
d’une dizaine d’années, la Digicel
et la Natcom, le taux de couverture
tourne aujourd’hui autour de 95%22.
Le fort taux de couverture de la
téléphonie mobile en Haïti a ouvert
la voie à toute une panoplie de
possibilités. Le téléphone portable
est devenu un véritable enjeu en
matière de sensibilisation. Les
dernières élections réalisées dans
le pays en 2016 et 2017 en sont
un exemple. De la même manière,
dans le domaine de la protection de
l’environnement et de la gestion des
risques et désastres, la téléphonie
mobile peut jouer un rôle crucial
pour toucher différentes couches
de la population, notamment celles
ayant peu d’accès à l’information.
Toutefois, l’une des limites de la téléphonie mobile en Haïti est le faible
taux d’accès à l’électricité (37% en
2014)23 notamment en milieu rural.
42
b) L’internet
Contrairement à la téléphonie
mobile, l’accès à internet reste très
limité. L’application des coûts relativement élevés, la mauvaise qualité
des services d’internet et l’incapacité des fournisseurs à répondre
aux besoins des consommateurs de
manière satisfaisante sont les principaux obstacles à une plus grande
expansion de l’internet en Haïti.
Malgré ces limitations, on constate
que de plus en plus de gens en Haïti, même dans les milieux ruraux les
plus reculés, utilisent les services
d’internet, ne serait-ce que pour se
connecter aux réseaux sociaux digitaux (WhatsApp et Facebook, les
plus utilisés en Haïti), bien que le
taux de couverture reste très marginal. Selon une étude commandée
par la Banque Interaméricaine de
Développement (BID), sur 26 pays
analysés dans la région de l’Amérique Latine et des Caraïbes, Haïti
se positionne à la dernière place,
avec 1,71% d’accès à internet à
haut débit. Seulement 10,9% de
la population haïtienne a accès à
internet, ce qui correspond au taux
le plus faible de la région24.
c) L’Appareil de radio
La radio est devenue un phénomène de mode en Haïti depuis la
chute du régime des Duvalier en
1986. La radio, en particulier, est
devenue rapidement et jusqu’ici le
moyen de communication de masse
de prédilection des consommateurs,
en raison de son faible coût, de sa
mobilité, de son accès facile, et du
taux élevé de pénétration à l’échelle
nationale. Une enquête réalisée en
août 2003 par l’Institut Gallup26 note
que 92% des Haïtiens possèdent
ou ont accès à un appareil de radio,
et 67% des auditeurs l’écoutent
entre 2 à 5 heures par jour. Les personnes en milieu rural la consomment plus que les personnes en
milieu urbain27. Par ailleurs, depuis
ces dernières années, il existe un
jumelage entre téléphonie mobile et
radio-télédiffusion, dans la mesure
où les appareils de téléphones
portables jouent le double rôle
d’équipement téléphonique et de
récepteur soit à l’aide d’une option
intégrée à l’appareil, soit à l’aide
d’une application de radio. Ce qui
démocratise davantage l’accès
de la population, notamment les
communautés rurales, à la radiodiffusion, et, dans la foulée, favorise
l’accès à l’information.
25
d) Radio communautaire
Il importe de souligner le rôle
prépondérant des radios communautaires notamment en milieu
rural. Celles-ci contribuent dans la
diffusion, gratuite ou presque, des
programmes et des contenus impliquant, entre autres, la participation
des organisations communautaires de base, des femmes et des
agriculteurs. Leur programme porte
généralement sur l’éducation, la
santé, l’agriculture, l’environnement,
l’actualité régionale et nationale.
Elles servent de relai aux stations
de radios de la capitale. Deux institutions de la société civile accompagnent les radios communautaires
en Haïti : la Société d’Animation et
de Communication Sociale Sosyete
Animasyon ak Kominikasyon Sosyal
(SAKS) et le Rezo Fanm Radyo
Kominotè Ayisyen (REFRAKA). Ces
dernières années, on constate que
de plus en plus de personnalités
influentes implantent leur station de
radio locale notamment dans les
grandes villes de province, avec
une large capacité de couverture
régionale. Ces médias supplantent
les radios communautaires qui
n’arrivent pas à concurrencer ces
stations provinciales. Ce qui n’est
pas sans conséquence sur le fonctionnement des radios communautaires qui avaient déjà beaucoup de
mal à s’autofinancer.
e) Presse écrite et médias
digitaux
Pour le moment, il existe un seul
quotidien à tirage national dans
le pays, Le Nouvelliste, un journal
centenaire, avec près de 100.000
lecteurs/lectrices parmi lesquels se
trouvent des éléments de la classe
moyenne, de l’Elite politique et
économique. Le journal Le National existe depuis près de trois ans,
avec un tirage irrégulier et limité.
Parallèlement, on assiste au développement des médias digitaux, des
portails d’information en ligne qui
s’installent dans le quotidien des
usagers d’internet possédant un
smartphone (Rézo Nodwès, Loop
Haiti,...). Les informations de ces
portails sont vite relayées sur les
réseaux digitaux, notamment sur
Facebook et WhatsApp, et peuvent
avoir un impact national en très peu
de temps.
f) Communication de groupe
et communautaire
Mises à part les communications de
type interpersonnel et de masse, il
existe en Haïti des espaces sociaux de communication de groupe
qui donnent lieu à des possibilités
d’échanges et d’influences directes,
mutuelles et réciproques. Ce sont :
les marchés publics (espaces peu
organisés mais accueillant un public
plus ou moins homogène, notamment en milieu rural et péri-urbain) ;
les églises protestantes, les temples
vodous, les espaces de réunions
collectives et communautaires (des
espaces souvent dirigés par des
leaders religieux et sociaux avec
une capacité d’influence sur les
participants) ; les espaces publics
de jeux, notamment les terrains
de football, les gaguères (jeux de
coqs), qui sont susceptibles d’accueillir de grandes foules avec des
individus ayant des profils multiples
et diversifiés.
43
[ 3 ] L’accessibilité aux appareils de communication
2-L’accès global aux appareils de la population sous-étude
D’une manière spécifique, cette première partie est consacrée à l’accessibilité aux appareils et moyens de communication suivants : l’appareil de radio, le téléviseur, les journaux et magazines, le téléphone (appareil), l’internet
et les médias sociaux. En effet, près de 95% de la population a déclaré avoir accès à au moins un des 7 moyens de
communication considérés.
1 - Les appareils de communication
les plus accessibles
L’étude a révélé que le téléphone et la radio sont les
appareils et moyens de communication les plus accessibles. En effet, plus de 84% personnes ont accès à un
téléphone portable contre 82% pour la radio.
Concernant les autres moyens, le journal est l’un des
moyens dont l’accès est le plus faible. Il est accessible
à seulement 10% des personnes. La télévision est relativement accessible (40%), suivie de l’internet (38%).
Parmi ceux qui disent avoir accès à l’appareil cellulaire,
il y a près de la moitié qui l’utilise également comme
radio-cellulaire.
Ces résultats reflètent les conclusions de l’étude sur
le développement des médias publiée en 2017 par
Fig. 13: Accès aux appareils de communication
l’UNESCO28 ayant confirmé le fort taux d’accès de la
population haïtienne à cet outil de communication à
près de 90%.
Il faut souligner que les personnes interrogées en ligne
– plus éduquées - ont un accès relativement plus facile
aux appareils de communication, particulièrement l’internet et les médias sociaux (94%), contrairement aux
personnes enquêtées sur le terrain.
Ainsi, le téléphone portable29 est devenu un véritable
outil en matière de sensibilisation et de communication. Particulièrement, dans le domaine de la gestion
des risques et désastres, il peut jouer un rôle crucial
pour toucher les différentes couches de la population,
notamment celles ayant peu d’accès à l’information.
2 - Accessibilité aux appareils et sexe
L’accès à un récepteur de radio ne dépend pas du
sexe. En effet, 82% des personnes déclarent avoir
accès à cet appareil et sur cet ensemble, il y a une
répartition de l’accès presqu’identique entre hommes et
femmes respectivement à hauteur de 49,5% et 50,5%.
Cependant, au niveau du téléviseur et du journal écrit,
une légère différence à été constatée en fonction du
sexe.
Les résultats de l’analyse des huit (8) groupes de
discussions nous ont permis également de constater
que la radio et le téléphone sont autant accessibles
aux femmes qu’aux hommes. Lorsque les personnes
« Dès qu’il y a quelque chose, l’information me vient soit de Radio
Ginen, soit du téléphone (SMS) … Mon téléphone me sert de radio .
C’est plus facile avec la radio, on peut juste acheter 2 piles pour faire
fonctionner la radio, et on entend les messages ».
Témoignage d’une femme âgée de 36 ans recueilli lors du focus group réalisé avec les
groupes de femmes à Saint-Michel, Artibonite.
82%
Tableau 2 : Accès aux appareils par sexe
Homme
Femme
Total
Appareil de radio
49,5%
50.5%
82%
Téléviseur
51%
49%
40%
Téléphonie mobile
50%
50%
84%
Radio-Cellulaire
50,5%
40,5%
49%
Internet et Réseaux sociaux
54%
46%
38%
Journal et magazine
52%
48%
10%
Appareil de radio
49%
84%
Radio-cellulaire
Téléphone
40%
Journal 10%
38%
interrogées discutent des outils d’accès à l’information,
hommes et femmes évoquent les appareils radio et le
téléphone dans la même proportion.
Cependant, la méthodologie du ‘’test de khi-deux’’
utilisée pour analyser la relation entre le sexe et les
moyens de communication a relevé que trois des
moyens de communication, notamment l’internet, les
médias sociaux et la radio-cellulaire, sont plus accessibles aux hommes qu’aux femmes. En effet, le tableau
ci-dessus démontre une plus grande utilisation de
l’internet et des médias sociaux par les hommes : parmi les 38% des personnes enquêtées qui disent avoir
accès à ces moyens, 54% d’entre-elles, sont de sexe
masculin contre 46% de sexe féminin.
Téléviseur
Internet et RS
Le test khi-deux (appelé également test d’indépendance du Khi-carré de PEARSON) sert à apprécier l’existence ou
non d’une relation entre deux caractères au sein d’une population, lorsque ces caractères sont qualitatifs, ou lorsqu’un
caractère est quantitatif et l’autre qualitatif, ou bien encore lorsque les deux caractères sont quantitatifs mais que les
valeurs ont été regroupées. À noter que ce test permet de contrôler l’existence d’une dépendance mais en aucun cas le
sens de cette dépendance.
44
45
[ 3 ] L’accessibilité aux appareils de communication
3 - Accessibilité aux appareils de communication en fonction de la position géographique
Le pourcentage de personnes qui ont accès à un
moyen de communication varie d’un département à un
autre. Le Nord-est a toujours le plus faible pourcentage quel que soit le moyen considéré. Cependant, le
plus fort pourcentage est attribuable au département
de l’Artibonite. En effet, les personnes interrogées qui
résident dans ce département ont un plus large accès
à l’internet et aux réseaux sociaux que ceux des autres
départements. (cf.tableau 3).
Les résultats montrent également que l’accès aux
appareils diffère du type de zone d’habitation, urbaine
ou rurale. Par exemple, la radio-cellulaire est plus
utilisée dans le milieu rural (53,5%) qu’en milieu urbain
(46,5%). (cf. tableau ci-dessous).
L’internet et les réseaux sociaux sont plus accessibles
en milieu urbain qu’en milieu rural. En effet, 56% des
personnes habitant en milieu urbain ont accès à l’internet contre 44% en milieu rural. Pour rappel, seulement
10,9% de la population haïtienne a accès à internet,
ce qui correspond au taux le plus faible de la région30,
selon une étude commanditée par la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Sur 26 pays analysés
dans la région de l’Amérique Latine et des Caraïbes,
Haïti se positionne à la dernière place, avec 1,71%
d’accès à internet de haut débit.
Tableau 3 : Accès aux appareils par département
Le journal est inaccessible indépendamment de la zone
d’habitation (rurale ou urbaine) de la personne interrogée. Car, seulement 10% des personnes interrogées
estiment avoir un accès au journal et magazine.
Nord
NordEst
Sud
Nippes
Ouest
Artibonite
Total
Appareil de radio
14.94%
8.20%
14.56%
15.00%
26.26%
21.04%
82%
Téléviseur
19.82%
7.98%
16.22%
11.84%
25.61%
18.53%
40%
Téléphonie mobile
14.33%
10.28%
14.83%
16.07%
23.74%
20.75%
84%
Radio-Cellulaire
18.91%
10.50%
13.31%
13.17%
25.91%
18.21%
49%
Internet et Réseaux
sociaux
18.10%
10.63%
15.70%
16.58%
17.47%
21.52%
38%
Journal et magazine 22.27%
5.21%
8.06%
19.43%
27.49%
17.54%
10%
Encadré 3 : Accès aux appareils et accès à l’électricité
L’accès à ces matériels de communication est également tributaire de l’accès à l’électricité. Haïti se retrouve
classé 3ème sur 137 pays, ayant un accès difficile à l’électricité, pour l’année 2017, juste derrière le Nigéria
(2e) et le Yémen (en guerre) en 1ère position, selon le rapport The Spectator Index publié en janvier 2018. La
Banque Mondiale estime à environ 30% de la population haïtienne ayant un accès à l’électricité (dont environ
6% en milieu rural)
Fig. 14: Accès aux appareils par zone (rurale vs urbaine)
Urbaine
56,87%
43,13%
56,20%
43,80%
46,50%
53,50%
53,60%
46,40%
56,89%
43,11%
54%
46%
0
20
40
60
80
100
Rurale
Appareil de radio
46
Téléviseur
Téléphone
Radio-cellulaire
Internet et Réseaux sociaux
Journal
47
[ 3 ] L’accessibilité aux appareils de communication
4 - Accessibilité aux appareils de communication en fonction de l’âge
Les personnes âgées de 60 ans et plus représentent
la catégorie qui a le moins d’accès à ces technologies.
Tandis que les groupes de jeunes (20 à 29 ans) et
jeunes adultes (30 à 39 ans) ont largement accès à
ces appareils. À cela s’ajoute l’accès à l’internet et aux
réseaux sociaux.
L’étude a revélé un plus faible accès des personnes
âgées aux moyens de communication contre un plus
grand accès des populations les plus jeunes. Le rapport des focus group a également conclu sur l’accès
difficile des personnes âgées. Ces populations sont
éloignées des appareils technologiques considérés par
l’étude.
Fig. 15: Répartition par tranche d’âge de l’accès aux appareils
Annotation
22. UNESCO (2017): Etude sur le développement des médias en Haïti, p.32-33.
23. Banque Mondiale : Accès à l’électricité (% de la population), en ligne : https://donnees.banquemondiale.org/
indicateur/EG.ELC.ACCS.ZS
24. BID (2014) : Nouvelle étude sur l’internet à haut débit dans la zone : Haïti vient en dernière position, en ligne :
http://radiotelevision2000.com/home/?p=43252 , date de visite
25 Dans l’actualité, il existe en Haïti près de 320 stations de radios légales, 350 stations de radios illégales, plus de
40 radios communautaires et 150 chaines
de télévision. Le boom médiatique est tel que la bande FM est saturée dans la zone métropolitaine
10-19 ans
20-29 ans
30-39 ans
40-49 ans
50-59 ans
60 et plus
Appareil de radio
4%
55%
33%
5%
2%
1%
Téléviseur
5%
54%
33%
4%
2%
1%
Téléphonie mobile
4%
55%
33%
5%
3%
1%
27. Pierre Negaud DUPENOR (2016) : Op, Cit, p. 111.
Radio-Cellulaire
3%
38%
24%
3%
2%
0%
28 UNESCO (2017): Etude sur le développement des médias en Haïti, p.32-33.
Internet et Réseaux
sociaux
5%
55%
32%
5%
3%
1%
Journal et magazine
2%
32%
22%
2%
1%
1%
29 Toutefois, l’une des limites de la téléphonie mobile en Haïti est le faible taux d’accès à l’électricité (37% en 2014)
notamment en milieu rural. Source :
Banque Mondiale : Accès à l’électricité (% de la population), en ligne : https://donnees.banquemondiale.org/ indicateur/EG.ELC.ACCS.ZS
26. DROGUE, Cindy. (2008). Haïti: le défi de l’information”. En “Le Nouvellisteˮ. Disponible en:
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=54505#Suite
30 BID (2014) : Nouvelle étude sur l’internet à haut débit dans la zone : Haïti vient en dernière position, en ligne :
http://radiotelevision2000.com/home/?p=43252 (en bas de page ou inséré)
5 - Personnes vivant avec un handicap, et accès aux moyens de communication
Les personnes vivant avec un handicap quelconque
sont dépourvues d’appareils et moyens de communication. En d’autres termes, elles ont un accès plus difficile
à ces appareils. En effet, pour presque tous les appareils de communication considérés, le pourcentage des
personnes ayant un handicap reste toujours très faible.
Le pourcentage est dans l’intervalle de 10 à 13% pour
tous les moyens.
48
Tableau 4 : Accès aux moyens de communication
par handicap
La personne répondante a un handicap
Oui
Non
Total
Appareil de radio
13.1%
86.9%
82%
Téléviseur
11.7%
88.3%
40%
Téléphonie mobile
12.1%
87.9%
84%
Radio-Cellulaire
12.7%
87.3%
49%
Internet
10.8%
89.2%
38%
Journal et magazine
12.8%
87.2%
10%
49
4
54%
L’ACCES À L’INFORMATION
CARACTÉRISTIQUES
RELATIVE À LA GRD
SOCIO DÉMOGRAPHIQUES
Des études américaines
suite à l’éruption
du Mount Saint Helens (18 mai
DE LAréalisées
POPULATION
SOUS-ETUDE
ne sont pas
suffisamment
informées
Les
Femmes
1980) sur deux petites villes américaines à proximité du volcan ont révélé que les
individus sont très sélectifs quant à la source et au canal utilisés pour avoir de l’in-
fait, l’accès à l’information dépend de la disponibilité immédiate de l’information
une catastrophe. Ainsi, dans cette partie du rapport, nous évaluons, dans un premier
temps, la disponibilité de l’information en fonction de nombreux variables (âge, sexe,
10 %
.5
département) et dans un second temps nous traitons de la diversification de l’accès à
60%
62%
contre 29%
chez les hommes
*église, marché public,
agent de sensibilisation, leaders
Aucune
information
les éditions les + écoutées
48.8%
Bouche à oreille
SMS
5%
63% en ligne
En savent trop
l’information de la population haïtienne quand il s’agit des catastrophes naturelles.
(Accessibilité et crédibilité)
préfèrent
les canaux
communautaires*
De la population
n’est pas suffisamment
informée
par le biais des sources et canaux les plus utilisés par les populations confrontées à
Les 3 premières sources
d’information
71%
66%
formation sur les catastrophes d’origine naturelle (Alain Yacou, 1999, 263). De ce
71%
26.6%
nouvelles
Musiques
22.7%
évangéliques
Récepteur radio
Les sources d’informations utilisées
Taux de
Compréhension des messages
diffusés par le SNGRD
Pour quelles raisons
ces messages sont
compris ?
>
72%
25%
20%
Les messages sont
faciles
50
20%
Diffusés EN LANGUE
CREOLE
DES MESSAGES
DE PROTECTION
milieu
rural | urbain
Facebook & Whatsapp
Télévision & internet
3%
40%
37% 63%
50 ans et plus
20-29 ans
Les canaux de communication de proximité
Lambi Gagè Coumbite
86% 14%
65% 35%
71% 29%
51
[ 4 ] L’accès à l’information relative à la grd
1 -Disponibilité de l’information sur les catastrophes naturelles
Au niveau de l’ensemble du pays, plus de la majorité des personnes interrogées (65,9%) estiment ne pas
avoir assez d’informations sur les catastrophes naturelles pendant que 10.5% pensent qu’elles en savent
trop à ce sujet et 5% déclarent n’en avoir aucune. Ce constat appuie les résultats trouvés ci-dessous
(voir chapitre 6 pour plus de détails) attestant qu’une bonne partie de la population ignore les mesures
de précautions contre les menaces naturelles particulièrement pour les glissements de terrain, les inondations, les tsunamis et les tremblements de terre.
Autre
Assez
d’informations
1%
,3
1%
,6
pas
d’informations
16 %
,9
Nord
Nord-est
Sud
Nippes
Ouest
Artibonite
Total
Pas assez d’informations
15.5%
8.2%
16.2%
15.8%
26,5%
17.8%
65.9%
Trop d’informations
15.2%
6.1%
9.1%
9.1%
48,5%
12.1%
1.6%
Assez d’informations
7.1%
9.7%
14.9%
13.1%
25.7%
29,4%
16.9%
Pas d’informations
13.6%
6.8%
31,1%
6.8%
17.5%
24.3%
5.0%
Ne sait pas
18.2%
15.1%
10.9%
16.1%
17.2%
22,4%
9.3%
Autre
18.5%
7.4%
 3.7%
7.4%
48,1%
14.8%
1.3%
9,3 %
65 %
,9
Pas assez
d’informations
Fig. 16 : Disponibilité de l’information sur les catastrophes
52
Les individus ont un niveau d’accès à l’information différent en fonction de leur position géographique. Ainsi,
le département de l’Ouest est celui où les individus
ont plus d’informations sur les risques de catastrophe
naturelle. Cette frange de la population est très petite
(1.6%) et les habitants du département de l’Ouest en
représente 48.5%. Un résultat qui témoigne de l’effet
des concentrations de la majorité des services dans ce
département.
L’Ouest est suivi du département des Artibonitiens qui
ont assez d’informations sur les risques de catastrophe
d’origine naturelle avec un taux de 29.4%. Ils sont
informés de ce qu’est un risque et peuvent identifier
quelques-uns avec facilité. En dernier lieu, le département du Sud contient la majorité des personnes
(31.1%) qui n’ont pas d’informations sur les risques. Ce
département est l’un de ceux qui ont été sévèrement
frappés par les ouragans au cours des cinq dernières
années. Environ deux ans après le passage de l’ouragan Matthew qui a ravagé ce département, les habitants estiment que leur niveau de connaissance des
risques ne s’est pas amélioré.
Tableau 5 : Répartition par département de la disponibilité de l’information sur les catastrophes
Trop
d’informations
5%
1 - Disponibilité de l’information en fonction
du département
Ne sait pas
2 - Disponibilité de l’information en fonction du sexe
Les femmes sont beaucoup plus nombreuses à déclarer n’avoir pas assez d’informations sur les catastrophes naturelles. Elles représentent 54% des catégories en quête d’informations sur les catastrophes
naturelles contre 46% pour les hommes.
Fig. 17: Disponibilité de l’information en fonction du sexe
Homme
Femme
Pas assez d’informations
46,4%
53,6%
Trop d’informations
45,5%
54,5%
Assez d’informations
42,6%
57,4%
Pas d’informations
40,8%
59,2%
Ne sait pas
45,8%
54,2%
Autre
29,6%
70,4%
53
[ 4 ] L’accès à l’information relative à la grd
2-Diversification et qualité de l’accès à l’information
1 - Utilisation et fiabilité des canaux d’informations relatives à la GRD
Dans les chapitres précédents, nous avons analysé le
profil des populations étudiées ainsi que leur niveau
d’accès aux appareils de communication. Cette partie
traite des canaux qui sont les plus fiables et les plus
utilisés à travers le pays pour avoir de l’information
relative à la gestion des risques et des désastres,
particulièrement à l’approche des phénomènes hydrométéorologiques.
En Haïti, il existe une multitude de canaux utilisés par
la population pour s’informer des phénomènes cités
ci-dessus. Plus d’une vingtaine de canaux sont considérés mais seulement une dizaine sont les plus utilisés.
Il s’agit notamment de la radio, du bouche à oreilles, du
SMS, de l’église, de la télévision, des leaders communautaires, des volontaires ou brigadiers de la protection
civile, de l’internet et des médias sociaux, de la radio
communautaire, des marchés publics et des camions
sons.
La radio (71%), le bouche à oreille (62%) et le téléphone, à travers le SMS (60%), sont les trois premières
sources d’information en raison principalement de leur
accessibilité et de leur crédibilité. Viennent ensuite
WhatsApp (43%), les canaux d’information communautaires notamment les brigadiers et volontaires de la
Direction de la Protection Civile (38%), l’église (31%) et
les leaders communautaires (27%).
Après les médias traditionnels, les canaux communautaires, les médias sociaux et l’internet occupent la troisième catégorie de place en termes d’utilisation et de
fiabilité. En dernière catégorie, on retrouve les médias
et canaux de proximité notamment les radios communautaires, les marchés publics et les camions-sons.
(Voir le tableau ci-dessus).
Il faut toutefois souligner que les discussions en focus
group ont permis d’identifier et de regrouper deux
groupes de médias très utilisés par les populations
notamment les réseaux sociaux digitaux (WhatsApp
et Facebook) et les regroupements et groupes communautaires (les marchés publics, les églises, les temples vodou).
Fig. 18: Les canaux d’information les plus fiables
et utilisés
cation à deux étages, c’est-à-dire prioriser des acteurs
comme églises, leaders, les brigadiers et volontaires de
la DPC comme canaux d’information, pour atteindre la
population ciblée.
71%
Radio
62%
Bouche à oreille
60%
SMS
31,5%
Eglise
20%
Télévision
27%
Leader communautaire
38%
Agent DPC
43%
Whats’App
Tableau 6 : Répartition de l’utilisation des canaux par département
30%
Internet et Réseaux sociaux
Source
Nord
Nord-est
Sud
Nippes
Ouest
Artibonite
19%
Camion son
Radio
15%
9%
13%
14%
28%
21%
5%
Journal
TV
24%
6%
13%
12%
25%
21%
5%
Panneaux
Journal
24%
4%
17%
8%
31%
16%
5%
Livret
Leaders
27%
4%
13%
18%
22%
16%
3%
Temple vaudou
Eglise
19%
4%
18%
14%
23%
21%
3%
Gagè
Peristil
15%
8%
24%
13%
19%
20%
2%
SMS
21%
7%
20%
14%
20%
18%
Sirène
Panneaux
5%
18%
6%
19%
15%
21%
21%
Brochure
Agent DPC
21%
1%
18%
13%
31%
15%
1%
Lambi / Bambou
Livre
27%
1%
19%
13%
28%
12%
1%
Coumbite
Brochure
12%
9%
20%
18%
27%
14%
1%
Rara
Camion-sons
11%
3%
10%
23%
41%
12%
1%
Autre
Gagè
12%
2%
8%
29%
41%
8%
Lambi
15%
7%
4%
25%
39%
11%
Sirène
9%
29%
18%
9%
29%
5%
Rara
7%
7%
34%
3%
45%
3%
Coumbite
9%
6%
25%
22%
28%
9%
WhatsApp
27%
0%
36%
9%
9%
0%
Facebook
31%
4%
23%
4%
27%
12%
Twitter
18%
2%
22%
7%
29%
22%
Instagram
28%
4%
10%
18%
25%
16%
Youtube
29%
4%
9%
19%
22%
18%
Radio communautaire
43%
0%
7%
20%
13%
18%
2-Utilisation et fiabilité des canaux d’information selon la répartition géographique
La téléphonie mobile (SMS) est le canal le plus utilisé
et le plus fiable dans presque tous les départements
étudiés. Toutefois, certaines différences ont été constatées pour les autres moyens. Nous pouvons ainsi
préciser, selon le tableau ci-dessous, que :
54
Les habitants du département du Nord utilisent et font
confiance au téléphone, aux médias de masse (télévision, journal imprimé), à l’internet (incluant les médias
sociaux - en particulier WhatsApp et Facebook) comme
principaux canaux d’informations à l’approche des phénomènes hydrométéorologiques.
Les habitants du Nord-est et du Sud utilisent et font
confiance de préférence aux canaux de type communautaire et de proximité (brigadiers et volontaires de la
DPC, leaders, église, camions-sons) et la radio. Donc
les campagnes de communication dans ces départements - en ce qui à trait à la gestion des risques et des
désastres - doivent utiliser les stratégies de communi-
Dans les départements des Nippes, de l’Ouest et de
l’Artibonite, la population s’informe principalement à
l’aide des radios communautaires, des SMS, des médias sociaux et des brigadiers et volontaires de la DPC.
L’église, les leaders sont beaucoup plus utilisés et plus
fiables, selon les personnes habitants dans les Nippes
alors que le marché public est considéré comme un
canal d’information plus important dans l’ouest. (Voir
tableau ci-dessous).
55
3 - Utilisation et fiabilité des canaux d’information selon le sexe
Pour certains canaux de communication dans lesquels
sont diffusées des informations à l’approche des phénomènes hydrométéorologiques, l’usage et la crédibilité accordée est indépendante du sexe. Par exemple
pour la radio, presque la totalité des femmes et des
hommes interrogés ont affirmé avoir fait confiance
et utilisent ce canal. Le pourcentage d’utilisation est
de 49% (hommes) et 51% (femmes), soit quasiment
l’équivalent du pourcentage d’hommes et de femmes
interrogés.
Toutefois, pour d’autres canaux comme les médias
sociaux, il existe une relation de dépendance entre
ces derniers et le sexe. Par exemple, les hommes
utilisent beaucoup plus les médias sociaux, l’internet
et le journal. En effet, le tableau ci-contre montre que
près de 60% des hommes interrogés affirment avoir
utilisé l’internet et les médias sociaux pour s’informer à
l’approche des catastrophes d’origine naturelle.
4 - Les femmes et les canaux d’information
communautaires
Les femmes utilisent beaucoup plus les canaux d’information dits communautaires (église, marché public,
agent de sensibilisation, leaders). Quand il s’agit de
chercher l’information sur les risques de catastrophe
naturelle, 71% des femmes (contre 29% des hommes)
utilisent de préférence le marché public. Le même
constat a été effectué pour l’église, les brigadiers et
volontaires de la DPC et les leaders. Ces canaux sont
utilisés à près de 60% par les femmes contre 40% pour
les hommes.
Les rassemblements hors foyer – le marché,
les réunions de groupes de femmes, l’Eglise - sont
des moments importants pour prendre connaissance
d’informations, notamment pour les femmes qui sont
majoritairement accaparées par des tâches ménagères
qui les maintiennent à la maison une grosse partie de
leur journée.
L’Eglise est notamment souvent citée par les femmes
et les personnes âgées comme canal fiable. Elle est
un lieu de regroupement régulier, permettant des
échanges entre les habitants et la circulation d’informations importantes. L’Eglise et des institutions, associations en lien avec le culte, œuvrant dans la solidarité ou
la défense des droits sont aussi des canaux d’information de toute confiance.
56
Tableau 7 : Répartition de l’utilisation des
sources à l’approche des phénomènes
hydrométéorologiques par sexe
Source
Homme Femme
Marché public
29%
71%
Lambi
31%
69%
Eglise
40%
60%
Agent sensibilisation
40%
60%
Leaders
41%
59%
SMS
43%
57%
Bouche à oreille
44%
56%
Peristil
45%
55%
Radio
45%
55%
Panneau
46%
54%
Camion-sons
47%
53%
Radio Communautaire
48%
52%
Télévision
49%
51%
Brochure
51%
49%
WhatsApp
51%
49%
Internet et réseaux sociaux
57%
43%
Sirène
53%
47%
Journal et Magazine
57%
43%
Gagè
60%
40%
Rara
64%
36%
Coumbite
65%
35%
« Il y a des particuliers parfois qui m’en informent.
Parce que je fais partie d’un groupe de la protection
civile », « J’ai eu ces informations de la part du pasteur de l’église, au marché et dans les voisinages ».
Témoignage d’une femme âgée recueillie lors du focus group
réalisé avec les groupes de femmes à Camp-Pérrin, Sud.
57
[ 4 ] L’accès à l’information relative à la grd
des personnes âgées de 20-29 ans contrairement
aux personnes âgées de 50 ans et plus qui ont le plus
faible taux d’utilisation de ces canaux (environ 2 à 3%).
5-Les jeunes et les canaux d’information
L’étude révèle que les personnes entre 20 à 39 ans ont
un grand accès à l’internet et aux réseaux sociaux. En
effet, plus de 55% des jeunes (20-39 ans) interrogés
disent avoir accès à cette technologie. Contrairement
aux personnes les plus âgées (les trois dernières
catégories – voir tableau ci-dessous) pour lesquelles
l’accès à ces technologies est très limité. Seulement
9% de ces catégories ont accès à l’internet.
L’étude a révélé que cette forte utilisation de l’« Internet
et réseaux sociaux digitaux » par les jeunes adolescents étudiants est liée à trois facteurs fondamentaux :
a) Ils sont consultés par les jeunes, mais pour des motivations différentes selon les catégories de jeunes,
b) Ils sont les canaux privilégiés des plus jeunes. Ils
les utilisent comme une source de divertissements et
d’informations de tout type y compris pour avoir des
informations sur les catastrophes naturelles.
c) Ils sont les canaux d’information des étudiants ou
des jeunes qui ont majoritairement et volontairement
délaissé les médias traditionnels
(radio et TV) auxquels ils n’accordent plus de crédit.
Globalement, les médias sociaux, comme canaux d’information, touchent environ 38% des personnes interviewées pour l’enquête terrain et 94% des internautes.
Toutefois, une différence a été remarquée au niveau
de l’utilisation des médias sociaux selon l’âge. Plus on
est jeune, plus on s’informe via les sources numériques
(WhatsApp, Facebook). En effet, 40% des utilisateurs
des médias sociaux comme canaux d’information sont
Les jeunes évoquent néanmoins deux (2) limites importantes à l’utilisation des médias sociaux s’il s’agit de
communiquer sur les risques de catastrophes naturelles :
d) L’accès à l’information est tributaire de la qualité de
la couverture d’internet et des problèmes d’accès à
l’électricité,
e) Les réseaux sociaux drainent tout type d’informations, les utilisateurs savent que les sources ne sont
pas toujours vérifiées, c’est un moyen de consommer
des images, des textes, des informations rapidement
mais il ne garantit pas que l’information perçue soit fiable.
« Peut-être il y a une exception pour les catastrophes
naturelles mais le fait que je ne les (radio et TV)
écoute que rarement fait que je ne peux les prendre
comme source d’information prioritaire… Il n’y a pas
d’électricité suffisamment. Des fois mon téléphone est
déchargé, ou du moins ma connexion internet est un
peu limitée, cela peut arriver que je ne vois l’image
que le lendemain surtout sur WhatsApp ».
Témoignage d’un jeune homme âgé de 28 ans recueilli
lors du focus group réalisé avec les étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti.
Fig. 19: Répartition par tranche d’âge de l’ accès à l’internet
Fig. 20: Médias sociaux, canaux d’information en GRD
WhatsApp
Facebook
Twitter
41%
Instagram
42%
39%
41%
19%
14% 15% 13%
Tranche
d’âge
Youtube
35%
27%
34%
25% 25%
20%
11%
9%
9%
13%
9%
12%
6%
5%
7%
7%
6%
3%
2%
2%
10-19
20-29
30-39
40-49
50-59
+60
5%
55%
32%
5%
3%
1%
2%
1%
Accès à l’internet
58
59
[ 4 ] L’accès à l’information relative à la grd
6 - Dichotomie ou différence entre le rural et
l’urbain dans l’utilisation des canaux de communication
Les campagnes de sensibilisation doivent prendre en
compte les réalités des zones (urbaines/rurales) dans
le choix des canaux d’information à utiliser. L’accès à
certains canaux d’information est dépendant du niveau
d’accès à l’électricité. Or en Haïti, seulement 10%
des espaces ruraux ont accès à l’électricité. Ainsi, les
communautés les plus reculées ont un accès très limité
aux canaux d’information traditionnels (la radio, la télévision,) et numériques (l’internet, les médias sociaux).
Par exemple, la télévision et l’internet sont utilisés par
37% de la population habitant en zone rurale contre
63% de la population urbaine.
Toutefois, les brigadiers et volontaires de la DPC, la
radio, le SMS, les leaders et la bouche à oreille sont
utilisés de façon presque identique entre la population
rurale et la population urbaine. Les canaux de communication de proximité - comme le lambi, le gagè et la
coumbite - sont beaucoup plus utilisés en milieu rural
qu’en milieu urbain. Les personnes qui utilisent le lambi
vivent majoritairement en milieu rural (86% contre 14%
en milieu urbain). Par contre, les urbains utilisent plus
Twitter (74%), You tube (73%), Instagram (72%) que
les personnes provenant du milieu rural.
Tableau 8 : Répartition de l’utilisation des sources
à l’approche des catastrophes par zone
60
Rural
Urbain
Lambi
86%
14%
Gadje (gage)
71%
29%
Coumbite
65%
35%
Panneau publicitaire
56%
44%
Rara
55%
45%
Journal et magazine
50%
50%
Peristil
49%
51%
Brochure
47%
53%
Radio
47%
53%
Livre
44%
56%
Sirene
44%
56%
Eglise
44%
56%
SMS
44%
56%
Agent de sensibilisation
42%
58%
Leaders
42%
58%
Bouche à oreille
41%
59%
Internet
37%
63%
Télévision
37%
63%
Marché public
35%
65%
Radio communautaire
34%
66%
WhatsApp
33%
67%
Facebook
33%
67%
Camion-son
30%
70%
Instagram
28%
72%
Youtube
27%
73%
Twitter
26%
74%
3-Compréhension du message sur la GRD
Toute campagne réussie doit passer par une compréhension du message par la cible afin d’avoir le résultat
escompté. En effet, les diverses pratiques de communication utilisées par la DPC devront faciliter non seulement l’accessibilité de l’information mais également la
compréhension du message. Cette étude a permis de
constater que les messages diffusés ont été compris
par la majorité des personnes interrogées (72%).
Les messages diffusées par la DPC sont compris par
la population. La majorité des répondants qui affirment
avoir compris les messages estiment que ces derniers
sont entre autres diffusés en créole (20%) et facilitent
la protection (20%) (cf. graphique ci-dessous). La
clarté des messages, l’utilisation de la langue créole
et le contenu (basés sur la protection) sont quelques
éléments qui expliquent l’assimilation des informations
diffusées par la DPC. Ces messages épousent plusieurs formes, affiches, banderole, spot radiophonique,
spot télévisé et texte SMS.
Fig. 21: Compréhension du message
Raisons évoquées
25% faciles à comprendre
20% Diffusés en créole
21% facilitent la protection
10% Clairs et précis
10% vrais
4% ACCESSIBLES
1% contiennent des illustrations
1% RéPéTITIFS
61
[ 4 ] L’accès à l’information relative à la grd
4-Les programmes, émissions et radios préférés
Près de la moitié (48%) des enquêtés disent préférer écouter les éditions de nouvelles. On retrouve les
émissions de musique et les émissions évangéliques
en deuxième et troisième position avec respectivement
26.6% et 22.7%. Les émissions de sport occupent la
quatrième place avec plus de 14%. Les programmes
qui enregistrent le taux le plus faible sont les émissions
sur les NTIC, les émissions sur la famille avec des taux
de 1.5% et 4.3%.
Au niveau des radios les plus écoutées, on cite en
tête de liste la « radio télé Ginen ». Cette station a été
identifiée par 11.4 % des personnes. Elle est suivie par
la radio Caraïbes, puis radio IBO et radio Lumière qui
ont un même pourcentage.
Fig. 22: Programmes préférés
Nouvelles
48,4%
Emission de musique
26,6%
Emission évangélique
22,7%
Sport
14,1%
Emission sur l’environnement
11,4%
Emission santé
10,0%
Emission politique
9,2%
Humour
6,3%
Film
5,4%
Feuilleton télévisé
5,0%
Emission sur la famille
4,3%
Emission sur les NTICs
1,5%
62
63
5
7%
Sud
24%
nord-est
LES PRATIQUES DE
COMMUNICATION
Résultats
clés
20%
Artibonite
 Évaluer les pratiques de communication actuelle-
33%
18%
27%
Nord & Ouest
+ fort
pourcentage
de participants
ont participé
au moins
1 fois
Nord
12%
EN ONT ENTENDU
PARLER
Nippes
Activités de la DPC
Plan d’urgence familial
ment utilisées par le SNGRD et leur perception par le
24%
public reste une démarche fondamentale pour arriver
à l’amélioration des services fournis à la population.
Formes des messages plébicitées
Le système formalise depuis 2006 ses actions de com-
selon le genre et la mobilité
munication et de sensibilisation en mettant en place
le Comité Thématique Éducation et Sensibilisation du
Public (CTESP). Celui-ci a pour mandat d’assurer en
Haïti la sensibilisation du public, la promotion d’une
culture de la prévention et l’éducation aux risques de
catastrophe à tous les niveaux de la vie nationale. Ce
comité est en charge également de coordonner et de
54%
émissions spécialisées
63%
monologues
54%
communiqués de presse
54%
les SMS
53%
affiches sur Facebook et
WhatsApp
54%
nouvelles à la radio
messages sous forme
de musiques et de vidéos illustrées
consolider les actions de vulgarisation, de sensibilisation qui sont mises en œuvre par les différents acteurs
y compris les ONG nationales et internationales, les
Formes des messages les mieux reçus
agences des Nations-Unies.
et différence avec les personnes à mobilité réduite
Durée / longueur
des messages
Sources et moyens les plus adaptés
pour diffuser l’information sur la GRD
creole
langue
la + adaptée
61%
Récepteur radio
Discours et notes officielles
du gouvernement
13%
52%
11%
25%
16%
peu importe
une minute
son
35%
Agents mobiles
23%
60%
22%
32%
sms
monologue
nouvelles a la radio
SMS
formes de messages
les + adaptées
vidéo
26%
22%
SMS
NC
17%
une page
20%
deux pages
La majorité
des personnes interrogées optent pour
des messages écrits courts.
affiche
64
65
[ 5 ] Les pratiques de communication
1-Canaux, sources, activités et couverture des activités de la protection civile
Un ensemble d’actions de communication en gestion
de risques et de désastres utilisant à la fois la communication de masse, de proximité ou des actions spécifiques (sensibilisation dans les écoles) sont mises en
œuvre à travers le pays par le SNGRD, via le CTESP,
notamment les vendredis de la protection civile, les
concours interscolaires, les ateliers de théâtre, la
promotion du plan d’urgence familial, etc. Ces activités
couvrent l’ensemble du territoire national.
En période d’urgence, une plateforme interministérielle,
le pool de communication du SNGRD, est chargée de
coordonner les actions de communication des organismes partenaires et de plusieurs instances gouvernementales visant à informer la population. Les résultats
de l’étude ont d’ailleurs clairement indiqué une reconnaissance des personnes interrogées du rôle d’information de la Protection civile dans la diffusion des informations relatives à la gestion des risques et désastres
et particulièrement, à l’approche des phénomènes
« A l’approche des cyclones, il y a des porte-voix qui circulent partout
et même dans les marchés. Lors du dernier cyclone, j’étais au marché et c’est là que j’ai été informée. Il arrive des fois que je croise des
agents mobiles qui nous conseillent de couper les arbres pendus sur le
toit de nos maisons », « Quand la situation devient grave, on voit des
agents dans la rue, et le magistrat parle à la radio ».
hydrométéorologiques et géologiques. La majorité de la
population reconnait que la DPC a mis beaucoup plus
d’efforts à communiquer particulièrement à l’approche
et après le passage d’un cyclone ou tout autre événement majeur ayant frappé le pays. La radio, la bouche
à oreille, les leaders communautaires incluant les
agents mobiles sont entre autres les principaux moyens
utilisés par la DPC, en ce sens.
Toutefois, il a été rappelé la nécessité de renforcer les
capacités des acteurs au niveau central et décentralisé
afin de rendre disponible les compétences au niveau
de la population et donc de faciliter la communication
de proximité. Les recommandations et instructions des
brigadiers et volontaires de la Protection civile ne sont
pas toujours écoutées et appliquées, trop de personnes
méconnaissent leur engagement volontaire et pensent
qu’ils se font rémunérer pour le service rendu à la
population.
Témoignage d’une femme âgée de 42 ans recueilli lors du focus group réalisé avec
un groupement de femmes à Camp Perrin.
Encadré 3 :
Rôles et responsabilités du Comité Thématique Éducation et Sensibilisation du Public
Selon ses Termes de références (TDR), le CTESP vise globalement à développer, à travers l’éducation
et la sensibilisation du public, une culture de prévention du risque pour un pays et des collectivités plus
résilients face aux catastrophes. De manière spécifique, le CTESP doit :
•
Améliorer l’accès des populations aux dispositifs d’alerte, aux informations préventives et évaluations relatives aux risques de catastrophe ;
•
Assurer l’intégration de la réduction des risques de catastrophe dans le curriculum de formations à
l’intention des établissements scolaires ;
•
Impliquer tous les intervenants concernés, y compris les femmes, les enfants et les jeunes, les
personnes handicapées, les volontaires, les réseaux de praticiens et les personnes âgées, à l’élaboration et à la mise en œuvre des stratégies et des pratiques d’éducation et de sensibilisation du
public ;
•
Encourager les secteurs public et privé, les organisations de la société civile, les universités, les
établissements scientifiques et les instituts de recherche nationaux et régionaux à conjuguer davantage leurs efforts en vue de contribuer à l’éducation et la sensibilisation du public ;
•
Promouvoir la prise en compte de la problématique hommes-femmes, l’âge, le handicap et la
culture dans toutes les stratégies et les pratiques d’éducation et de sensibilisation du public.
Carte 3 : Couverture géographique des activités de communication et de sensibilisation menées par le
SNGRD, via le CTESP ». Source : DPC.
66
67
[ 5 ] Les pratiques de communication
1 -Le Plan d’urgence familial, une pratique de
sensibilisation relativement méconnue
Le Plan d’urgence familial (PUF) est l’un des principaux
outils de sensibilisation que le système met en place en
vue de développer une culture du risque chez les populations. Malgré les efforts fournis pour la promotion de
ce document (voir la carte 4, ci-dessus), les données
recueillies indiquent une méconnaissance relative de
ce document. En effet, seulement 27% affirment avoir
entendu parler du Plan d’urgence familial.
Fig. 23: Connaissance du PUF
Fig. 25 : Participation dans les activités
Parmi les personnes qui disent connaitre le document,
35% d’entre elles déclarent avoir rempli elles-mêmes le
plan d’urgence. 47% n’ont pas précisé, et 18% ont déclaré que ce sont d’autres personnes qui avaient rempli
le document. Parmi elles, 24% habitent le département
du Nord-Est, 20% dans l’Artibonite et 18% dans l’Ouest
(18,4%) et dans le Nord (18%). Le Sud (7%) et les
Nippes (12%) sont les départements où le pourcentage
est le plus faible. Ce qui signifie que des efforts de
promotion de ce document doivent être entrepris dans
l’ensemble du pays et particulièrement dans les départements grand Sud.
Fig. 26 : Répartition des participants par département
24%
20,6%
10%
18,4%
18%
pas de
réponse
3% ne sait pas
12%
33%
Fig. 24: Connaissance du PUF par département
7,1%
oui
24%
non
73%
ARTI
BONITE
est
ou
Nip
Est
No
rd-
No
18%
sud
jamais
18,4%
pes
54%
20,6%
rd
27%
oui
12%
68
e
nit
ino
Jamais
60
80
100
Oui
54%
18%
46%
31%
47%
30%
50%
26%
50%
25%
55%
40
Quelles sont donc les activités qui ont le plus grand
nombre de participants? La figure ci-contre indique
que parmi les personnes interrogées ayant participé
aux activités de la DPC, 31% ont pris part aux génies
scolaires. Alors que les prestations de théâtre, les Vendredi de la Protection civile et les projections de cinéma
ont enregistré un taux de participation respectivement
de 30 et 26%.
26%
est
ou
pes
Nip
sud
Est
Toutefois, la majorité des participants qui a au moins
une activité de la Protection civile sont des jeunes
(20- 29 ans) relativement scolarisés et éduqués. Ils
représentent respectivement 25,5% des participants.
De plus, ces derniers proviennent majoritairement du
département du Nord-Est, de l’Artibonite et du Nord.
Fig. 27: Répartition des participants par type d’activités
20
L’étude a confirmé une faible participation des personnes interrogées dans ces activités. En effet,
seulement 33% ont déclaré avoir participé à au moins
une activité de la Protection civile contre 54% des
personnes qui n’ont jamais participé. Les 13% restant
n’ont pas donné de réponse à cette question.
0
Le SNGRD, à travers le CTESP, met en œuvre un
ensemble d’activités afin de développer la culture du
risque auprès de divers publics (écoles, communautés). Il s’agit de :
• Les Vendredis de la protection civile (VPC) sont un
ensemble d’épreuves de sensibilisation et de préparation aux urgences qui se tiennent tous les vendredis.
Réalisés dans les écoles et dans les communautés, les
VPC ciblent environ 250 participants et 20 à 40 volontaires mobilisés.
• Réalisée dans les écoles et les communautés, une
observation urbaine est une marche exploratoire sur
les risques, suivie de production de cartes de risques
artisanales et de débats.
art
2 - Participation dans les activités phares de
communication et de sensibilisation
No
rd-
No
rd
7,1%
VPC
observation urbaine
cinéma
théâtre
génie scolaire
karavan
69
[ 5 ] Les pratiques de communication
Fig. 28: Formes des messages sur des catastrophes
60%
3-Les formes de diffusion les plus utilisées par la DPC
52%
Il y a différentes formes de diffusion (son, sms, affiche, vidéo, WhatsApp) de message utilisées par la Protection civile pour communiquer sur les risques de catastrophe naturelle. L’étude a permis de confirmer que le son et les sms
sont les deux formes de diffusion les plus utilisées. 60% des personnes affirment avoir reçu les messages
de la DPC sous forme de son et 52% par SMS. Les messages WhatsApp représentent la troisième catégorie de
formes de messages utilisées par la DPC. Seulement 25% des personnes interrogées ont déclaré avoir reçu des
messages sur forme de vidéos et estiment que ces derniers doivent comporter des dessins animés tikomik (47%) et
plus de narration (30%).
32%
26%
son
départements du Nord qui sont plus habitués avec le
son (Nord-Est, 10.4%) et la vidéo (Nord, 25.5%). Cette
différence peut être tributaire du type d’activités de sensibilisation réalisées dans chacun de ces départements.
a) Répartition des formes de réception des messages par département
Entre le son, le SMS et l’affiche, les habitants du département de l’Ouest (39%) confirment qu’ils reçoivent
les messages de la DPC le plus souvent sous forme
d’affiche murale. Cette tendance est différente pour les
Son
messages whatsapp
14,5%
Les personnes vivant avec un handicap ont moins
d’accès aux informations sur les catastrophes. Toutefois, pour ceux qui ont répondu avoir accès à l’une des
formes de message (son, sms, affiche, vidéo), 17%
SMS
Affiche
Vidéo
16,2%
15,4
10,4%
6,1%
5,8%
nord
6,6%
4,9%
nord-est
9,9%
sud
38,4%
26,7%
13,4%
15,5%
nippes
70
16,9%
18,3%
20,6%
20,6%
13,6%
ouest
16,7%
11,3%
28,2%
22,2%
15,7%
90,1%
88,7%
83,3%
18,2%
17,2%
affiche
d’entre eux l’ont reçu sous forme d’affiche, contre 13%
pour le son et 11% pour le sms. Concernant les messages vidéo, les personnes vivant avec un handicap
ont egalement opté pour des illustrations en dessins
animés.
b) Formes de diffusion des messages par situation de handicap
86,6%
12,7%
vidéo
Fig.30 : Formes de diffusion des messages par handicap
Fig. 29: Répartition par département des formes de diffusion des messages
25,5%
sms
22,5%
artibonite
Oui
9,9%
Non
son
sms
AFFICHE
VIDEO
71
[ 5 ] Les pratiques de communication
2-Les meilleures pratiques de communication
Cette partie décrit les meilleures pratiques de communication à adopter
par la Direction de la Protection civile afin d’arriver à une meilleure
compréhension du risque par les populations vulnérables. Elle propose
les formes, les sources, la durée les plus adaptées et préférées des populations interrogées. La partie concernant les besoins spécifiques en termes
4-Langue de diffusion des messages
La langue joue un rôle important dans la transmission
d’un message. Sa maitrise conditionne la compréhension du message, en dehors d’autres éléments comme
le contexte, ou le ton du message par exemple. La
diffusion des messages de sensibilisation en créole par
la DPC est très appréciée par la population en général. En effet, presque la totalité (99%) des répondants
affirment avoir reçu des messages dans cette langue.
Toutefois, une faible portion (27,5%), particulièrement
les universitaires, souligne la réception des messages
de sensibilisation également en français.
de contenu de l’information sera traitée dans le chapitre 6 et au cha-
Fig. 31: Langue et GRD
99%
Créole
pitre suivant.
27,5%
Français
1-Les sources et moyens les mieux adaptés
Les sources de communication les plus adaptées pour
faire passer des messages sont, par ordre d’importance, la radio (61%), les agents mobiles (35%), les
discours et notes officielles du gouvernement (23%), le
SMS (22%), l’église (18%), la télévision (14%) (Cf. graphique ci-dessous). En résumé, les médias tradition-
nels (radio, en particulier), les autorités gouvernementales (brigadiers et volontaires de la DPC, élus locaux
et représentants du gouvernement) ainsi que l’église
sont les principales sources d’information à utiliser. Une
analyse plus détaillée en prenant en compte les différences en termes d’âge, de sexe, de département par
rapport aux sources est réalisée dans le chapitre 2.
Fig. 32: Sources les plus adaptées
61%
Récepteur radio
35%
Agents mobiles
22%
Discours et notes officielles
du gouvernement
18%
église
23%
14%
SMS
10%
école
Télévision
6%
Bouche à oreille
72
73
[ 5 ] Les pratiques de communication
Fig. 33: Formes préférées des messages
2-Les formes les plus adaptées
Les répondants avaient à choisir parmi huit formes de
messages dans lesquelles ils souhaiteraient recevoir
les messages. Les messages sous formes de monologue ou de nouvelles à la radio sont les plus appréciés. Les messages sous formes de monologue sont
choisis par 80% des répondants et ceux sous forme de
nouvelle ont été choisis par 75%. Viennent ensuite, les
messages sous formes de SMS, d’émissions spéciales,
et les jingles (respectivement avec 26%, 25% et 15%)
(cf. figure ci-dessous). Toutefois, les jeunes (20-29 ans)
ont une préférence pour les affiches sur facebook, les
messages WhatsApp et les SMS. Alors que les personnes vivant avec un handicap ont une préférence
pour les messages sous formes de musiques jingle
(19%) suivi des communiqués (16%) et de la radio (14 %).
80%
25%
20%
Monologue
a) Sexe et forme de message préférée
Contrairement aux hommes, les femmes préfèrent les
monologues (63%), les SMS (54%) et les nouvelles à
la radio (54%). Tandis que les hommes ont une préférence pour les émissions spéciales (54%), les communiqués de presse (54%) et les affiches sur Facebook et
Fig. 34: Répartition des préférences (formes) par sexe
WhatsApp (53%) (cf. graphique ci- dessous). Un choix
plutôt logique car les analyses précédentes ont révélé
que les hommes ont un plus grand accès à l’internet et
aux médias sociaux.
homme
femme
75%
nouvelles
15%
sms
émissions spéciales
b) Forme de message et préférence par département
Au niveau des départements, on enregistre peu de
différence sur les préférences par rapport aux formes
sus-décrites. Les messages sous formes de SMS
(28,6%) ont été beaucoup plus choisis dans le dépar-
10%
jingle
dialogue
tement du Nord. Les émissions spéciales semblent
être la préférence des gens du département du Sud
(24,8%). Dans le département de l’Ouest où le niveau
d’accès aux technologies est plus élevé, on constate
une légère préférence pour les affiches diffusées sur
les médias sociaux et WhatsApp.
Tableau 9: Les préférences par département
63,4%
54,4%
45,6%
53,4%
46,6%
49,4%
50%
50,6%
36,6%
monologue
sms
54,4%
53,4%
46,6%
affiche facebook whatsapp
74
Nouvelles
jingle
émissions spéciales
Nord-est
Sud
Nippes
Ouest
Artibonite
Dialogue
12.6%
7.9%
14.3%
15.8%
29.0%
20.5%
Editions de nouvelle
26.6%
16.1%
11.2%
7.5%
24.3%
14.2%
Monologue
17.9%
7.5%
15.3%
14.1%
22.6%
22.6%
Affiches sur Facebook et WhatsApp
18.5%
11.1%
10.6%
16.4%
29.6%
13.8%
SMS
28.6%
12.3%
21.4%
9.1%
18.2%
10.4%
Jingle
16.1%
4.0%
18.1%
13.9%
26.6%
21.3%
Emissions spéciales
9.7%
5.5%
24.8%
20.0%
22.8%
17.2%
Communiqué de presse
10.0%
1.8%
17.1%
7.1%
25.3%
38.8%
Dialogue
53,9%
45,6%
Nord
50%
46,1%
COMMUNIQUE DE PRESSE
75
[ 5 ] Les pratiques de communication
3-Durée et longueur des messages de sensibilisation
a) Message sonore
durer environ une minute. Seulement 12.5% pensent
b) Messages écrits
Fig. 35: Durée souhaitée des messages
Fig. 36: Longueur souhaitée des messages
En termes de durée, 25% des personnes affirment que
les messages peuvent être de n’importe quelle longueur. 16% pensent que les messages sonores doivent
que la durée doit être moins de 30 secondes (cf. graphique ci-dessous).
La majorité des personnes interrogées sont favorables
aux messages écrits courts. En effet, près de 32% des
répondants optent pour des messages écrits de moins
d’une page. Viennent ensuite les messages de deux
pages (20%). 30% des répondants déclarent cependant ne pas savoir quelle doit être la longueur d’un
document de sensibilisation.
32%
12,5%
-30s
4,5%
+30s
15%
16%
-1min
+1min
23%
8,5%
6%
6%
-2min
+2MN
-5min
+5min
20%
9%
1 page
10%
30%
- d’une page
2 pages
4 pages
5%
6 pages
ne sait pas
25%
peu importe
76
77
6
Résultats
clés
60%
CONNAISSANCES, PRATIQUES
ET APTITUDES
Ont déjà été victimes d’une catastrophe naturelle
ou ont une proche qui en a été victime
Cette partie du document devra permettre d’évaluer
le vécu de la population sous étude vis-à-vis des ca-
+
tastrophes naturelles. L’analyse CAP (Connaissances,
Aptitudes et Pratiques) fournit des données sur le ni-
Victimes de catastrophes
veau de connaissance de cette population en termes
de catastrophe naturelle, et leur aptitude en termes
d’application des mesures préventives. La méconnaissance des catastrophes naturelles, de leurs causes, et
des comportements et mesures préventives à adopter
55%
45%
fort pourcentage
des personnes victimes
Ouest
25%
Sud
20%
constituent un frein au développement d’une culture
du risque chez les populations les plus à risques face
aux catastrophes naturelles.
?
70%
Méconnaissance
des mesures
de préventidon
des sondés ne connaissent pas les mesures de
prévention pour le tremblement de terre, le
tsunami et les glissements de terrain.
80%
Menace
naturelle
la plus connue
MESURES DE PREVENTION
la plus importante
selon la population
la moins connue
en cas de cyclone
69%
renforcer la sécurité
de la maison
78
de la population
connaît cette menace
s’approvisionner en matériel de
premiers soins et en médicament
79
[ 6 ] Connaissances, aptitudes et pratiques
1-Expériences de la population
sous-étude avec les catastrophes
naturelles
Le document CVMAS (2012) de la Banque Mondiale estime que plus de 90% de la population haïtienne fait face
à au moins une menace naturelle. Dans le cadre de cette
étude, nous sommes intéressés à savoir quelle est la
proportion des personnes interrogées ayant été victimes
de catastrophes naturelles.
De manière globale, 61% des individus ont déclaré qu’ils
ont déjà été victimes d’une catastrophe naturelle ou ont
une proche qui en a été victime (cf. figure ci-dessous).
Parmi les personnes qui sont victimes d’une catastrophe, 54.6% sont des femmes. Au niveau de la zone
d’habitation, une légère différence est constatée entre
le rural et l’urbain : 49.7% de personnes ont été victimes en milieu rural contre 50.3% en milieu urbain.
Au niveau des départements, le pourcentage des personnes victimes d’une catastrophe naturelle varie de
9.5% à 25.3%. L’Ouest (25%) et le Sud (20,5%) ont le
plus fort pourcentage
2-Connaissance des menaces naturelles
Le cyclone reste la menace naturelle (phénomène
hydrométéorologique) la plus connue en Haïti. Plus
de 80% des personnes identifient cette menace. Cela
s’explique par le fait que les cyclones sont beaucoup
plus fréquents en Haïti. Après les cyclones, viennent les
ouragans (72%), les inondations (68%) et le tremblement de terre (58%). Le tsunami et l’éboulement sont
les catastrophes naturelles les moins connues. Il y a
respectivement 72.5% et 48.5% de la population qui ne
connaissent pas ces risques. Toutefois, l’étude a révélé
que les femmes expliquent le passage de ces phénomènes naturels comme étant dépendant de la volonté
de Dieu. Elles s’adonnent aussi à cette volonté pour
leur protection en cas de désastre.
Parmi les personnes qui ont une connaissance sur
les catastrophes, le département de l’Ouest a le plus
fort pourcentage, quel que soit la menace considérée.
Ensuite, le Sud pour les tempêtes, l’Artibonite pour les
cyclones, les Nippes pour les éboulements, le tremblement de terre et le tsunami. Pour les inondations, le sud
et l’Artibonite ont un pourcentage à peu près similaire.
Toutes ces menaces sont plus connues en milieu
urbain sauf l’inondation. En milieu rural, 50.3% des personnes connaissent l’inondation contre 49.7% en milieu
urbain. Ce pourcentage est inversé pour les ouragans.
(cf. tableau ci-dessous).
Tableau 10: Répartition du niveau de connaissance des menaces naturelles par département et zone
DépartementS
Fig. 37: Proportion des personnes victimes
61%
oui
Zone
Nord
Nord-est
Sud
Nippes Ouest Artibonite
Rurale
Urbaine
Ouragan
17.4%
6.7%
19.5%
14.3%
24.5%
17.7%
49.7%
50.3%
Cyclone
14.3%
7.4%
17.2%
16.1%
26.8%
18.2%
47.6%
52.4%
Eboulement
11.2%
4.7%
14.6%
18.2%
33.5%
17.9%
45.3%
54.7%
Tremblement de terre
15.8%
7.7%
16.0%
17.2%
26.8%
16.6%
43.4%
56.6%
Tsunami
14.9%
6.2%
13.0%
19.3%
30.9%
15.6%
44.5%
55.5%
Inondation
16.0%
9.7%
18.8%
12.1%
24.8%
18.7%
50.3%
49.7%
39%
non
80
81
[ 6 ] Connaissances, aptitudes et pratiques
3-Connaissance des mesures préventives
La prévention suppose une connaissance pratique sur
les mesures à adopter afin de mitiger les risques de
catastrophe. Ainsi, cette partie analyse le niveau de
connaissance du public en fonction des catastrophes
d’origine naturelle suivantes : cyclone, tsunami, glissement de terrain et tremblement de terre.
En ce qui concerne les mesures préventives en cas de
cyclones, 7 mesures ont été clairement identifiées : «
abandonner les zones à risques », « renforcer la sécurité de la maison », « élaguer les arbres », « s’approvisionner en nourriture et en eau », « s’approvisionner
en matériel de premiers soins et en médicaments »,
« suivre les prévisions météorologiques » et « mettre
les documents importants (acte de naissance, acte de
mariage, acte d’achat de terrain...) et les animaux en
lieux sûrs ». La mesure la plus connue par les répondants est de « renforcer la sécurité de la maison »,
avec un taux de 69%. La mesure la moins connue est
de « s’approvisionner en matériel de premiers soins et
en médicaments » ( 25%). (cf. figure ci-dessous).
Par ailleurs, parmi ceux qui ont déclaré connaitre des
mesures de préventions contre les séismes, l’idée la
plus prépondérante est de s’approvisionner en matériels de premiers soins (96%). Ce qui dénote un
manque total d’adaptation des populations pour faire
face aux séismes puisqu’il s’agit d’une action plus
adaptée au risque cyclonique. Seulement 33% de la
population a identifié l’application des nouvelles normes
de construction comme une mesure de prévention
importante. (cf. figure ci-dessous)
Concernant le tremblement de terre, beaucoup de personnes ignorent les mesures à adopter pour limiter les
impacts des séismes en termes de vies humaines.
Le manque de connaissance des mesures de prévention est davantage révélé en termes de glissement de
terrain et de tsunami. Environ 70% des personnes ne
connaissent pas les mesures de prévention pour ces
types de catastrophes. Dans le cas du tsunami, seulement 37.1% des personnes identifient la mesure d’“aller
au flanc des montages’’ en tant que mesure préventive.
Pour les glissements de terrain, 38% des personnes
ont identifié « ne pas construire dans les mornes »
comme mesures préventives. (cf. figure ci-dessous).
Fig. 38: Mesures préventives - Cyclones
Fig. 39: Mesures préventives – Tremblement de terre
Fig. 40: Mesures préventives – Glissement de terrain et tsunami
96%
Fig. 38
Fig. 39
Fig. 40
tsunami
glissement
de terrain
68,90%
50%
45,40%
40%
37,1%
28%
28,3%
25,9%
25,2%
ne
p
as
co
upe
rl
es
arb
res
uir
les e dan
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mo
rne
s
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co
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15%
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IMPORTANT
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cer
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Ren
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lus
de
fer
11%
7,70%
82
16%
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18%
ppr
25%
38,0%
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33%
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34%
ne
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on
zôn
str
es
u
no
n-a ire da
uto
ns
ris
ées
51,70%
83
[ 6 ] Connaissances, aptitudes et pratiques
4-Application des mesures de prévention
Les personnes ont identifié un ensemble de mesures
préventives. Au-delà de la connaissance, la pratique
est essentielle. L’application des mesures de prévention pour une catastrophe quelconque est également
tributaire des expériences que les individus ont eu avec
cette situation de catastrophe.
Plus de la moitié (56%) des personnes ont déclaré avoir mis en application les mesures préventives
qu’elles ont préalablement identifiées. 27% appliquent
ces mesures rarement, alors que 17% ne les ont jamais
mises en pratique. (cf. figure ci-dessous).
D’autres comportements ont été identifiés par la
population, particulièrement au niveau des personnes
âgées. Il s’agit de la relation avec autrui, la volonté
divine, l’information, la confiance et la précaution. En
effet, les personnes âgées misent beaucoup sur la
précaution pour parler de prévention face aux risques
de catastrophe. Elles mentionnent à de nombreuses
reprises les mesures de précaution prises en cas
d’imminence de passage d’un phénomène météorologique. Elles adoptent ce comportement par expérience.
Elles ont observé et l’ont vécu lors de passage des
cyclones. Mais elles disposent de très peu de moyens
d’informations en propre et sont tributaires du « bouche
à oreille ».
D’autres catégories de personnes, comme par
exemple, les agriculteurs, ont pour habitude de mettre
à l’abri ce qu’ils considèrent de grande importance
(animaux, documents administratifs, etc.). Quant aux
jeunes, ils sont considérés comme étant des vecteurs
d’informations au sein de la communauté familiale dans
le sens qu’ils partagent l’information naturellement,
s’inscrivant parfaitement dans la logique des nouveaux
médias dont ils sont férus. Ils sont également amenés
à faire preuve de solidarité au sein du foyer (s’occuper
d’un parent fragilisé, aider au ménage ou à la préparation des repas, aider au jardin).
Fig. 41 : Application des mesures préventives
2% jamais
15%
non
56%
oui
84
« Je ne vois pas l’intérêt de ne pas
partager…WhatsApp en premier,
mais via d’autres moyens également…
Facebook, Instagram »
Témoignage d’une jeune étudiante âgée de
24 ans recueilli lors du focus group réalisé
avec un groupe de jeunes à Saint-Michel.
27%
rarement
85
7
Résultats
clés
BESOINS PRIORITAIRES
EN INFORMATION ET
EN COMMUNICATION
82%
77%
73.5%
de la population veut avoir des informations sur
de la population déclarent avoir besoin de savoir
la période où
il y a une récurrence
comment se comporter
des phénomènes hydrométéorologiques et géologiques
les catastrophes d’origine naturelle
avant, pendant et après
Qualités attendues des messages
de la population veut avoir
des informations sur
Simples
des catastrophes naturelles.
clairs
les causes
Elles attendent également
que l’information diffusée
soit en lien avec le phénomène annoncé et suffisamment explicative pour
permettre aux personnes
d’avoir les bons reflexes.
sérieux
incitatifs à l’action
parlent de la sécurité
des personnes
86
87
[ 7 ] Besoins prioritaires en communication et information
Les gens agissent en fonction de l’information dont
ils disposent. Consciente de leurs limites en termes
d’informations sur les risques, la population exprime
ses préoccupations et les informations dont elle a
besoin. La population veut principalement avoir deux
types d’informations : les causes des aléas et leurs
périodes probables de manifestation. En effet, environ
82% des personnes veulent avoir des informations sur
les causes des catastrophes naturelles et 77% veulent
avoir des informations sur la période où il y a une
récurrence des phénomènes hydrométéorologiques et
géologiques.
La population (73.5%) souhaite également améliorer
ses connaissances sur les comportements à adopter
avant, pendant et après le passage d’un phénomène
hydrométéorologique ou géologique.
Par ailleurs, les gens reconnaissent que leurs actions
sur l’environnement, comme la coupe abusive des
arbres, peuvent augmenter leur exposition aux impacts
des aléas naturels. Cet aspect est surtout observé chez
les personnes âgées d’environ 50 ans et plus.
Le besoin d’information est plus marqué dans le département de l’Artibonite où les gens veulent avoir des
informations sur les causes, périodes et façons de se
comporter face aux risques de catastrophe naturelle.
18,4%
18%
Périodes à risque
nord
a) Elles expriment néanmoins certaines attentes sur le
contenu des messages :
Il faut qu’ils soient clairs et incitatifs à l’action,
Il faut insister sur la sécurité des personnes.
b) L’Information diffusée doit être en lien avec le
phénomène annoncé et suffisamment explicative pour
permettre aux personnes d’avoir les bonnes attitudes.
14,2%
10%
15%
17%
14,2%
15%
17%
16,7%
19%
20%
22,2%
21%
23%
7%
nord-est
sud
nippes
«…. On parle souvent des risques de catastrophes, surtout dans les formations,
mais on ne dit pas ce qui est la cause…il y a
d’autres personnes qui ne savent rien et qui
continuent à couper les bois dans le flanc
des montagnes. Ce qui augmente le risque
d’inondation»
«…les messages doivent être compréhensibles,
clairs. Il est important si quelqu’un entend
une information, qu’il la comprenne afin de
pouvoir la mettre en pratique. C’est dans son
avantage si on lui dit comment se comporter,
il doit s’y appliquer…».
«…Il faut qu’il y ait un suivi même après le
passage du cyclone. Ce que je pourrais dire,
c’est de proposer qu’il y ait une mobilisation
permanente. On peut avoir aujourd’hui une
information, et demain on oublie tout… Surtout pour la période cyclonique, cela pourrait
être plus régulier afin de tenir en éveil l’esprit des gens ».
Témoignage des deux femmes âgées respectivement
de 48 et 65 ans recueilli lors du focus group réalisé
avec un groupement de femmes à Camp Perrin.
Témoignage d’un agriculteur recueilli lors du focus
group réalisé avec un groupement d’agriculteurs et
agricultrices à Ferrier (Nord-est).
Témoignage d’un jeune étudiant recueilli lors du focus
group réalisé avec un groupe d’universitaires à Port-auPrince.
88
Une attention particulière et des efforts spécifiques en
termes de communication et d’accompagnement à la
compréhension des phénomènes, doivent être envisagés sur cette population qui a perdu toute sérénité
et toute capacité à se préparer à la survenance de
catastrophes.
Causes
17%
10,3%
Les gens n’ont pas de souvenir des campagnes de
sensibilisation, elles n’en ont pas retenu les accroches
et sont incapables d’en parler. Elles retiennent simplement que la radio en parle habituellement au début de
chaque saison cyclonique.
L’étude a également révélé qu’il y a un syndrome Post
Matthew qui émerge des témoignages des femmes de
la région Sud. Elles se sentent désemparées, face à la
vulnérabilité de leurs conditions de vie. La peur dans
laquelle sont projetées les populations depuis Matthew
les amène à accorder de l’importance aux informations
transmises par le « bouche à oreille », qui, s’il traduit un
certain élan de solidarité, laisse aussi la porte ouverte
aux rumeurs et aux fausses informations.
c) La communication doit être régulière, suivie dans le
temps, et contextualisée.
Fig. 42: Thématiques d’informations sollicitées – par département
Comportements à tenir
1-Les attentes en communication et
information
ouest
artibonite
89
[ • ] Conclusion, recommandations et limites de l’étude
Conclusion, recommandations et limites de l’étude
Cette étude a mis en évidence les pratiques de communication actuellement mises en œuvre
par le SNGRD et a testé le niveau de connaissance de populations en termes de menaces
naturelles. D’un point de vue général, cette étude a confirmé que les moyens technologiques et
traditionnels d’information (téléphone, radio) et la bouche à oreilles sont les premiers canaux
d’information des populations quand il s’agit de s’informer sur la gestion des risques et des désastres, et particulièrement à l’approche des phénomènes hydrométéorologiques et géologiques.
Parmi les populations ciblées, les femmes, les personnes vivant avec un handicap et les communautés
rurales reculées ont été soigneusement prises en
compte dans l’échantillon. En effet, les femmes et
les personne vivant avec un handicap représentent
respectivement 50% et 14% de l’échantillon. Ainsi,
l’analyse croisée des données a révélé que l’accessibilité aux appareils, les habitudes de consommation de
l’information, la crédibilité des sources et les attentes
des populations varient en fonction du sexe, de la zone
d’habitation et de l’âge. Les femmes et les communautés vulnérables vivant dans les zones rurales (majoritairement affectées par les catastrophes d’origine
naturelle) ont un accès limité aux moyens traditionnels
et technologiques de communication. Elles s’informent
plutôt via les canaux de communication de proximité
et communautaires (églises, marchés publics, agents
mobiles) alors que les jeunes particulièrement dans
les zones urbaines préfèrent utiliser les canaux numériques (Facebook, WhatsApp).
Les messages courts, les affiches sur WhatsApp, les
nouvelles, les vidéos sous-titrées et illustrées avec des
dessins animés sont autant de pratiques de communication préférées par les personnes interrogées. À
celles-ci s’ajoute l’utilisation du créole pour diffuser
les messages sur les catastrophes naturelles par le
SNGRD.
90
En parallèle, la Direction de la Protection Civile doit
continuer à renforcer sa marque et mieux promouvoir
ses activités, plus particulièrement le plan d’urgence
familial. Cette étude a révélé une méconnaissance du
public des activités et des principaux matériels de sensibilisation utilisés par le SNGRD. Il en est de même
pour la participation aux activités de la protection civile
qui reste très limitée, notamment les vendredis de la
protection civile et les observations urbaines.
La population dans sa majorité connait les principaux
phénomènes ou menaces d’origine hydrométéorologique et géologique, à l’exception du tsunami et
du glissement de terrain qui restent très méconnus.
L’étude a également révélé une connaissance limitée
des mesures de prévention. De fait, les attentes en
termes de communication et d’information sont importantes : diffuser des informations sur les catastrophes
tout au long de l’année et pas uniquement à l’approche
des phénomènes; sensibiliser sur les causes des
catastrophes et les comportements relatifs à adopter
avec des messages courts, clairs, précis, incitatifs.
91
[ • ] Conclusion, recommandations et limites de l’étude
Face
à ces
constats,
il est
recommandé
de
8
Utiliser les acteurs tels
que les églises, les leaders communautaires et
religieux, les agents de
la DPC, comme canaux
d’information afin de
renforcer la communication et la sensibilisation
de proximité;
16
Mettre en place une
sensibilisation en continu afin de développer
une culture du risque
permettant à la population de comprendre les
phénomènes, former les
enfants du niveau d’enseignement fondamental
afin d’automatiser les
bons réflexes et initier
le processus amené à
changer leurs comportements;
92
1
2
Utiliser la langue créole,
un langage clair et
précis dans toutes les
campagnes de communication et de sensibilisation en particulier sur
les catastrophes naturelles;
Prioriser la radio et le
téléphone (récepteur)
comme canaux de
communication afin de
toucher tout le territoire
national. En ce sens,
des messages courts
sous forme de SMS
et de son ne dépassant pas 60 secondes
peuvent être utilisés;
9
Organiser des campagnes de sensibilisation spécifiques
pour chaque risque de
catastrophes dans tout
le pays, particulièrement
dans les départements
du grand Sud;
10
Organiser des séances
de formation afin d’expliquer en profondeur la
nature, les causes des
phénomènes naturels
ciblant les groupements
et associations de
femmes et de jeunes;
17
Renforcer les capacités
des acteurs aux niveaux
central, régional et local,
afin de rendre disponibles les compétences
à tous les niveaux et
donc de faciliter la communication de proximité;
18
Développer des produits de communication
(capsules vidéo, affiches
WhatsApp et messages
courts) dont les messages tournent autour
des causes des phénomènes et des comportements à adopter;
3
Prioriser les canaux
communautaires (brigadiers et volontaires de la
DPC, marchés publics,
camions-sons, églises,
radios communautaires)
pour toucher les publics - particulièrement
les femmes – ayant un
accès limité aux moyens
traditionnels et technologiques de communication;
11
Utiliser le ton humoristique (capsules audio)
et les illustrations en
dessins animés dans
les productions visuelles
afin de sensibiliser les
populations face aux
risques de catastrophes,
dans le cadre de la préparation des matériels
de sensibilisation;
4
5
6
7
Mettre l’accent sur
la sensibilisation de
proximité dans les zones
rurales (brigadiers et
volontaires de la DPC,
camions-sons, églises,
agents de radios communautaires);
Initier un processus de
formation au profit des
leaders religieux et communautaires, considérés
comme de véritables
canaux d’information,
afin de les préparer à
communiquer avec les
populations locales,
particulièrement les
femmes;
Déployer les agents mobiles dans les marchés
publics avec mission
de communiquer les
messages sur les phénomènes, menaces et
catastrophes naturelles
dans un langage clair et
précis;
Utiliser les éditions de
nouvelle, les émissions
musicales, évangéliques
et sportives comme de
véritables canaux de
communication tout en
mettant l’accent sur le
tsunami et les glissements de terrain (les
menaces les moins
connues);
12
Renforcer la promotion du Plan d’urgence
familial (PUF) dans tout
le pays, notamment
dans les départements
du grand Sud (Sud,
Nippes). Cela doit
passer par l’adoption de
l’outil en fonction de la
réalité socioéconomique
des personnes. Ainsi,
deux actions peuvent
être priorisées : développer un outil audio
expliquant le PUF et
le processus de remplissage; et mettre en
œuvre une campagne
de formation sur le PUF
ciblant particulièrement
les chefs de familles et
les jeunes universitaires
(vecteurs d’information);
13
Développer et mettre en
œuvre un plan de communication institutionnel
visant à renforcer la
promotion de la direction
DPC comme acteur majeur de sensibilisation,
d’information et formation dans le domaine de
la gestion des risques et
désastres en Haïti;
19
Utiliser les médias
sociaux (WhatsApp
et Facebook) afin non
seulement de partager
les informations sur la
DPC et les phénomènes
hydrométéorologiques
et géologiques, mais
également pour inciter
les jeunes à participer
comme acteurs aux
campagnes de sensibilisation. A cet effet, des
concours peuvent être
organisés au niveau des
départements du pays;
14
Valoriser le rôle des
brigadiers et des volontaires de la protection
civile auprès des communautés;
20
Prendre en compte les
habitudes de vie des populations dans les campagnes de communication. Par exemple, les
matchs de football dans
les communes de Saint
Marc et de Cap-Haïtien
ou les matchs de basket-ball à Port-au-Prince
sont des bons moyens
pour toucher un public
relativement jeune. De
même que les marchés
publics, les rassemblements communautaires
se relèvent être de bons
canaux pour atteindre
les femmes et les personnes âgées.
15
Augmenter le nombre
d’agents mobiles afin
de réaliser un travail de
plus grande proximité,
notamment dans les
zones reculées dépourvues de technologies
de communication, et
accroître leur formation
dans la gestion des
relations avec le public
et leur expertise des
questions de la GRD;
93
[ • ] Conclusion, recommandations et limites de l’étude
Limites de l’étude
L’étude sur les pratiques de communication relatives
à la Gestion des risques et des désastres a le mérite
d’être la première du genre à évaluer les démarches et
initiatives de communication en Haïti, particulièrement
dans le domaine de la GRD. Elle n’a pas l’intention
d’aborder tous les aspects de la problématique. L’une
de ses plus grandes forces réside dans le fait que la diversité ou la répartition de l’échantillon (en fonction de
l’âge, sexe, religion etc.) reflète l’ensemble des statistiques nationales. Par exemple, l’échantillon de l’étude
est composé de la moitié de femmes, moitié hommes,
de 14% d’handicapés, d’une majorité de jeunes.
Toutefois, la phase opérationnelle de l’étude a fait face
à de nombreux obstacles considérés comme étant ses
94
principales limites. Nous pouvons citer par exemple :
La barrière culturelle qui empêche aux personnes interrogées de donner des réponses à toutes les questions.
Par exemple, une très grande partie des répondants
(plus de 40) n’ont pas voulu s’exprimer sur leur salaire.
D’autres, notamment les personnes âgées, n’ont pas
voulu donner leur âge de manière précise, soit par
oubli, soit par volonté.
Les ressources limitées dont nous disposions ne nous
ont pas permis de couvrir un échantillon plus large.
Toutefois, il n’existe aucun doute sur la représentativité
de l’échantillon qui a pris en compte les réalités socio-
démographiques d’Haïti et l’actualité des risques.
Les données ont été recueillies entre les mois de juin
et juillet. Durant cette période, les écoles avaient déjà
commencé à entrer en congé. Nous avons recueilli un
pourcentage acceptable d’écoliers en début de juin,
néanmoins moins large que celui que nous avions
défini. Une plus grande participation de cette catégorie
serait bénéfique à l’étude.
En définitive, cette étude ouvre la voie et présente les
pistes pour d’autres études approfondies sur la réalité
des communications en Haïti.
95
[ • ] Références
Références
Ouvrages
Sites web
Rapport, Etudes
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una introducción teórica-práctica. Caracas, Edición
Panapo.
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ihsi.ht/pdf/projection/Estimat_PopTotal_18ans_Menag2015.pdf
UNESCO (2017) : Etude sur le développement des
médias en Haïti.
Green Wash 2017, index mondial sur le changement
climatique.
Atlas des menaces naturelles, CIAT 2015.
Catherine VIGEANT (2010) : Analyse de réception d’un
message de santé. Le cas de la campagne gouvernementale Fausse Note, Département de communication
de l’Université du Québec, Montréal.
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Springer Science + Busines Media, New York.
Roberto H. SAMPIERI et Al (2010) : Metodología de la
investigación. México, Edición Mc Graw Hill, 5ª edición.
Robert VION (1992) : La communication interpersonnelle : analyse des interactions, Paris, Hachette.
Christian BAYLON, Mignot, XAVIER (1996) : La communication, Paris, Nathan.
Kervin J. PEARCE (2009) : Media and Mass Communication Theory. Thousand Oaks: Sage Publications, In
Stephen J,
LittleJohn et Foss Karen A. 2009. Encyclopedia of
Communication Theory, university of New Mexico
(éds.), Thousand Oaks: Sage Publications.
Guy ROCHER (1968): Introduction à la sociologie générale, Tome 3, Ed. MHM, Paris.
Pierre Negaud, DUPENOR (2016) : Penser le développement en Haïti à partir de la communication :
une analyse des enjeux de la communication dans le
processus de développement, Imprimerie Media-Texte,
Port-au-Prince.
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de comportement et la mobilisation communautaire en
matière de VIH/SIDA, 2006.
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96
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aux catastrophes naturelles, 2018 http://www.inform-index.org/Countries/Country-profiles
Ricardo Mena & Sandra Amlang (sous la direction de)
et Claudine Joseph, Steeve Symithe, Harmel Cazeau,
Widlyn Dornevil, Country Document for disaster risk
reduction, 2017, Direction protection civile et United
Nations office for Disaster Risk Reduct (UNISDR),
https://www.unisdr.org/files/54921_annex03documentpayshaiti.pdf
PDNA, Evaluation Post Catastrophe, Haïti, 2006, 2017,
https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/
UNDP-HT-PrevCri-EvaluationBesoinPostCatastropheCycloneMathieu-PDNA-31012017-SM.pdf
Diagnostic systématique Pays 2015, Enquête sur les
conditions de vie en Haïti, ECVMAS 2012, http://www.
ihsi.ht/pdf/ecvmas/analyse/IHSI_DIAL_Rapport%20
complet_11072014.pdf
OBJECTIFS DEVELOPPEMENT DURABLE ligne :
http://www.unwomen.org/fr/news/in-focus/women-andthe-sdgs/sdg-5-gender-equality
République d’Haïti, Loi portant sur l’intégration des
personnes handicapées, 2012, En ligne : http://haitijustice.com/pdf/legislation/loi-sur-les-personnes-handicapees-haitijustice.pdf
Banque Mondiale : Accès à l’électricité (% de la population), en ligne : https://donnees.banquemondiale.org/
indicateur/EG.ELC.ACCS.ZS
BID (2014) : Nouvelle étude sur l’internet à haut débit
dans la zone : Haïti vient en dernière position, en ligne :
http://radiotelevision2000.com/home/?p=43252
DICQUEMARE (SD) : La résistance au changement,
produit d’un système et d’un individu, in « Les Cahiers de l’Actif », N°292/293, p.81, en ligne : http://
www.actif-online.com/fichiers/articles/art_ dicquemare_292_293.pdf
97
•
annexes
98
99
Annexes
100
Liste des tableaux, encadrés et cartes
Liste des figures
Tableau 1
Tableau 2
Tableau 3
Tableau 4
Tableau 5
Tableau 6
Tableau 7
Tableau 8
Résumé des catastrophes en Haïti au cours des 15 dernières années
Accès aux moyens de communication par département
Accès aux moyens de communication par handicap
Répartition par département de la disponibilité de l’information sur
les catastrophes
Répartition de l’utilisation des canaux par département
Répartition de l’utilisation des canaux par département par sexe
Répartition de l’utilisation des canaux par département zone
Préférences (formes) par département
Encadré 1
Encadré 2
Encadré 3
Encadré 4
Justification des choix des communes et départements
Stratégie d’inclusion
Accès aux appareils et électricité
Rôles et responsabilités du CTESP
Carte 1
Carte 2
Carte 3
Les départements couverts par l’étude terrain
Les départements couverts par l’étude par les groupes de discussions
Couverture géographique des activités de communication menée
par le SNGRD, via le CTESP
Figure 1
Figure 2
Figure 3
Figure 4
Figure 5
Figure 6
Figure 7
Figure 8
Figure 9
Figure 10
Figure 11
Figure 12
Figure 13
Figure 14
Figure 15
Figure 16
Figure 17
Figure 18
Figure 19
Figure 20
Figure 21
Figure 22
Figure 23
Figure 24
Figure 25
Figure 26
Figure 27
Figure 28
Figure 29
Figure 30
Figure 31
Figure 32
Figure 33
Figure 34
Figure 35
Figure 36
Figure 37
Figure 38
Figure 39
Figure 40
Figure 41
Figure 42
Figure 43
Figure 44
Répartition des personnes interrogées par département
Communes de l’enquête
Répartition géographique des répondants en ligne
Répartition des personnes interrogées par sexe
Répartition des personnes interrogées par situation de handicap
Répartition des personnes interrogées handicapées par département
Répartition des personnes interrogées par groupe d’âge
Répartition des personnes interrogées par religion
Répartition des personnes interrogées par revenu
Répartition des personnes interrogées par secteur d’activités
Répartition des personnes interrogées par niveau de scolarité
Répartition des personnes interrogées par statut matrimonial
Accès aux appareils de communication
Répartition par tranche zone (rurale et urbaine)
Répartition par tranche d’âge de l’accès aux appareils
Disponibilité de l’information sur les catastrophes
Disponibilité de l’information sur les catastrophes en fonction du sexe
Les canaux les plus fiables et les plus utilisés
Répartition par tranche d’âge de l’accès à l’internet
Médias sociaux, sources d’information en GRD
Compréhension du message
Programmes préférés
Connaissances du PUF
Connaissances du PUF – par département
Participation dans les activités de la DPC
Répartition des participants par groupe département
Répartition des participants par type d’activités
Formes de diffusion de message sur les catastrophes
Formes de diffusion de message sur les catastrophes – par département
Formes de diffusion de message sur les catastrophes – par situation
d’handicap
Langue de diffusion de message sur les catastrophes
Sources et moyens les plus adaptés
Formes préférées des messages
Répartition des préférences (formes) par sexe
Répartition des préférences (formes) par situation d’handicap
Durée souhaitée des messages
Longueur souhaitée des messages
Proportion des personnes victimes
Connaissances sur les catastrophes naturelles (en %)
Mesures préventives – Cyclones
Mesures préventives – Tremblement de terre
Mesures préventives – Glissement de terrain et tsunami
Application des mesures préventives
Thématiques d’informations sollicitées – par département
101
Annexes
OBJECTIF 1
INFORMER, PREPARER ET ALERTER
La matrice des outils
L’étude sur les pratiques de communication relatives
à la Gestion des Risques et Désastres (GRD) propose
les pistes pour la conception d’un plan stratégique de
communication plus adapté aux réalités socioculturelles des départements du pays et de ses populations.
Ce document aura à définir pour chaque objectif de
communication poursuivi (sensibiliser, renforcer la
connaissance, faire connaître la DPC, faire évoluer les
comportements, alerter…) des choix de mise en œuvre
en fonction des médias/canaux et outils choisis.
L’évaluation continue des actions de communication
déployées permettra d’apprécier a posteriori la pertinence des outils déployés en vue d’une adaptation du
plan de communication pour les exercices ultérieurs.
Si l’étude des pratiques de communication en GRD n’a
pas vocation à aller aussi loin en termes de stratégie,
elle propose, à travers cette matrice, les outils potentiellement les plus efficaces par cible et par département.
Nous présentons ainsi une description de ces outils
proposés (et les moyens de leur diffusion) dans la matrice en fonction de trois objectifs potentiels de communication :
Capsule sonore
C’est un outil de masse qui vise une mobilisation
sur la préparation ou qui véhicule une alerte.
Propulsé auprès de la plus grande audience,
via la radio, les camions-sons et WhatsApp, elle
peut toucher un large public. Toutefois, des messages sonores particuliers peuvent cibler particulièrement les femmes ou un autre type de public,
afin de les mobiliser sur une action de prévention
et de préparation.
SMS
Les messages SMS jouent le même rôle de
préparation à l’approche d’un menace naturelle
ou d’alerte et touchent potentiellement une population large, toute celle qui détient un téléphone
mobile. Ce dernier constitue l’un des moyens les
plus accessibles et utilisés par la population sous
étude.
Capsule vidéo
Affiches/visuels médias sociaux
Le temps passé à la consultation des messages
des medias sociaux est très bref. Percutants, ces
messages doivent créer un impact rapide, s’il
s’agit de se préparer à l’approche d’une menace.
Il s’agit ici de déterminer les canaux qui porteront
cet outil si on souhaite plus particulièrement toucher les personnes âgées et les personnes handicapées. Il convient de s’assurer préalablement
que les associations, les communautés ont les
moyens techniques pour visionner ces capsules.
Ces capsules pourront être également diffusées
à travers les réseaux sociaux.
Affiches - Imprimés
Ce sont des outils moins immédiats, il faut le temps de les concevoir, les fabriquer, les distribuer dans les
départements, et les afficher. Ils peuvent éventuellement répondre à un objectif de préparation, si la logistique
de la DPC permet d’assurer une mise en place suffisamment rapide par rapport aux dates charnières (un début de saison cyclonique, par exemple). Deux principes à observer : 1) Ne pas surcharger les affiches ou les
documents dits imprimés d’une façon générale qui en deviennent souvent illisibles au détriment du message
essentiel ; 2) Accorder une attention soutenue par rapport aux lieux de pose des affiches afin d’en assurer la
visibilité (lieux de passages et de rassemblement des populations).
102
103
Annexes
OBJECTIF 2
DEVELOPPER LA CULTURE DU RISQUE
Émissions spéciales
Elles doivent s’inscrire comme un fil conducteur
pour mieux connaître les risques naturels, les
comportements à adopter, les acteurs engagés
dans la préparation. Il est important de pouvoir
faire témoigner des personnes dans ce type
d’émissions afin de créer le lien de proximité
avec l’audience. Il faut prévoir de podcaster ces
émissions sur les réseaux sociaux pour essayer
de toucher les jeunes.
Vidéo pédagogique
Plus long que les capsules vidéo, cet outil vise à
expliquer les meilleurs comportements à adopter.
Il vise particulièrement les personnes qui ont le
moins d’accès aux moyens de communication
particulièrement les personnes âgées et les
personnes vivant avec un handicap. Afin d’assurer la diffusion de ces outils en fonction de ces
cibles, la DPC doit s’assurer de la disponibilité
des moyens logistiques lors des événements
dans les départements.
Boîte à images
Calendrier
12 narrations illustrées avec quelques données
clés. Les calendriers mensuels sont des outils
imprimés très prisés des femmes en Haïti. La
DPC doit s’assurer d’avoir les moyens pour une
distribution équitable de cet outil dans l’ensemble
du pays.
OBJECTIF 3
FAIRE CONNAITRE ET VALORISER LES MISSIONS DE LA DPC
En lien avec le système éducatif et le corps
enseignant pour développer une culture du
risque chez les enfants scolarisés. La boîte à
image doit être pensée comme un outil interactif
qui met l’enfant au cœur du sujet pour le rendre
acteur. Il peut être nécessaire de faire un pilote
pour l’élaboration de ce type d’outil afin d’arriver
à concevoir un kit avec un groupe d’enfants et de
représentants du système éducatif.
Banderoles et panneaux
Brochures et dépliants
Outils pédagogiques et de promotion des acteurs
locaux, ces documents sont distribués lors des
activités et événements de la DPC.
Ce sont des outils visuels de signalisation. Les
informations qui y sont affichées doivent être
extrêmement brèves. Outils de sensibilisation
et de relations publiques, ils sont utilisés essentiellement pour promouvoir les événements et
campagnes de communication de la DPC.
Dossier de presse
Les journalistes/les medias de masse doivent
monter en compétences dans la connaissance
des acteurs mobilisés afin de développer plus
systématiquement cette thématique dans leur
éditorial. Ils doivent également être informés du
travail de la Direction de la Protection Civile afin
que ce travail soit reconnu et valorisé par l’ensemble de la population haïtienne.
Dossier de presse
Les journalistes/les medias de masse doivent monter en compétences dans la connaissance des risques afin
de développer plus systématiquement cette thématique dans leur éditorial.
104
105
Annexes
Informer, Préparer, Alerter
Informer sur les mesures et les comportements à adopter
à l’approche d’un aléa naturel
Outils
Canal de diffusion
Cible
Départements
AR
Capsule sonore
(maximum 30 secondes)
Radio
Téléphone/WhatsApp
Radio communautaire
Camions sons dans les marchés publics
GP
Capsule sonore
(maximum 30 secondes)
Radio
Téléphone/WhatsApp
Radio communautaire
Camions sons dans les marchés publics
Femmes
SMS
Téléphone
GP
Médias sociaux
Jeunes
Lieux publics
GP
Capsule vidéo
(maximum 1 minute)
Associations de personnes handicapées, de femmes
PA et PH
Plan d’Urgence Familial adapté sous
format multimédia (vidéo, audio, affiche)
Supports audios, médias sociaux, lieux
publics
GP et Femmes
Visuel web
Affiches
106
CE
GA
NI
ND
NO
Nature du message
NE
OU
SU
SE
Message court incitant à l’action
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Message court incitant les femmes à
l’action
X
Message court incitant à l’action
X
Messages visuels et graphiques incitant
les jeunes à l’action
X
X
Messages visuels et graphiques pour
guider la préparation
X
X
Messages pédagogiques guidant la préparation
X
X
X
X
X
X
X
Messages pédagogiques guidant la préparation
107
Annexes
Développer la culture du risque
Développer la connaissance et la compréhension des aléas naturels et
promouvoir les meilleurs comportements face aux risques
Outils
Canal de diffusion
Cible
Départements
Nature du message
AR
CE
GA
NI
ND
NO
NE
OU
SU
SE
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Thèmes avec diversité éditoriale (information,
narration, témoignage) pour capter l’attention
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Description pour les 12 mois de 12 messages illustrant les mesures
X
X
X
X
Radio, podcast, réseaux sociaux
GP et Femmes
A déterminer
GP et Femmes
Vidéos pédagogiques
(maximum 5 minutes)
Associations de personnes handicapées,
de femmes
PA et PH
Boîte à images
Ecoles (3e à 9e A.F)
Jeunes scolarisés
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Ateliers de formation
Leaders communautaires,
religieux, associatifs
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Conférence de presse, site internet de
la DPC
Directeurs de rédaction,
Journalistes
Emission spéciale
Calendrier
Guide de formation
Dossier de presse
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Messages pédagogiques
Messages et divertissements pédagogiques
Messages pédagogiques
Informations, démonstrations, argumentation, illustrations, témoignages, en
supports écrit, audio et/ou vidéo
Faire connaître et valoriser la DPC
Expliquer le rôle de la DPC, valoriser ses activités et
ses actions envers la population
Outils
Canal de diffusion
Cible
Départements
AR
Visuels web
Médias sociaux
Jeunes (20/35 ans)
Lieux publics
GP
Dossier de presse
108
GA
NI
ND
NO
NE
X
OU
SU
X
SE
X
Messages visuels et graphiques valorisant la mission et les actions de la DPC
X
Brochures et dépliants
Banderoles
CE
Nature du message
Lieux publics
GP
X
Conférence de presse, site internet de
la DPC
Directeurs de rédaction,
journalistes
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Messages d’information et de valorisation
de la mission et des actions de la DPC, le
travail des brigadiers et des membres des
CCPCs
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Messages d’information et de valorisation
de la mission et des actions de la DPC
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Messages d’information et de valorisation
de la mission et des actions de la DPC,
en supports écrit, audio et/ou vidéo
109
Cette étude est le résultat d’un processus consultatif impliquant l’ensemble des
structures nationales et locales qui interviennent dans la prévention et la gestion
des risques et des désastres à l’instar du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation
Professionnelle (MENFP), du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits
des Femmes (MCFDF). Une coordination de l’ensemble de ces acteurs a permis
d’aboutir à une étude prenant en compte l’ensemble des préoccupations nationales en matière de communication et de sensibilisation des populations vulnérables, notamment de la prise en compte des besoins des femmes en termes
d’information et de communication, de l’inclusion des personnes et communautés vulnérables, particulièrement des personnes âgées, des personnes en situation d’handicap et des enfants. L’ensemble de ces préoccupations constitue
une démarche holistique visant à renforcer la sécurité humaine des populations
éprouvées par les catastrophes naturelles. Désormais, nous détenons des données tangibles qui nous permettent d’apprécier et de choisir, de manière stratégique, les meilleures pratiques de communication (sources, moyens, contenus,
langues) qui soient à la fois inclusives et conformes aux caractéristiques socioculturelles de chaque département du pays.
Pratiques de COMMUNICATION
En Gestion des Risques & des Désastres
rapport d’étude | haïti
2018
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