(2026-04) Rapport sur la situation financière du pays et sur l’efficacité des dépenses publiques (RSFPEDP) pour l’exercice 2023-2024
Resume — L'économie haïtienne a connu une grave récession de 4,2 % en 2023-2024, marquant sa sixième année consécutive de croissance négative, accompagnée d'une inflation élevée de 25,8 % en moyenne et d'une insécurité alimentaire croissante touchant plus de 5,4 millions de personnes. Malgré un excédent budgétaire de 6,4 milliards de gourdes, celui-ci est principalement dû à la sous-exécution significative des dépenses d'investissement public, reflétant des défis persistants dans la gestion des finances publiques et l'impact de l'insécurité généralisée. Le rapport souligne l'efficacité limitée des dépenses publiques pour stimuler la croissance et améliorer les conditions sociales.
Constats Cles
- L'économie haïtienne a enregistré une récession de 4,2 % en 2023-2024, marquant la sixième année consécutive de croissance négative.
- L'inflation moyenne s'est établie à 25,8 % en 2023-2024, érodant le pouvoir d'achat des ménages.
- Un surplus budgétaire de 6,4 milliards de gourdes a été enregistré, mais il est principalement dû à la sous-exécution des dépenses d'investissement plutôt qu'à une discipline fiscale.
- Les dépenses d'investissement public ont été très faiblement exécutées (43,8% pour les programmes et projets), ce qui entrave la croissance économique.
- La dette publique brute a diminué à 73,4% du PIB, principalement grâce à l'annulation de la dette PetroCaribe, mais la dépendance envers la BRH reste élevée.
- L'insécurité alimentaire s'est aggravée, touchant plus de 5,4 millions de personnes en besoin d'assistance.
Description Complete
L'exercice fiscal 2023-2024 a confirmé une grave détérioration de la situation économique en Haïti, avec une récession de 4,2 %, marquant la sixième année consécutive de croissance négative. Cette contraction persistante, combinée à une inflation moyenne de 25,8 % et à une aggravation de l'insécurité alimentaire touchant désormais plus de 5,4 millions de personnes, met en évidence une fragilisation généralisée du tissu socioéconomique et des capacités de résilience du pays. Au niveau des finances publiques, la situation n'a pas été plus favorable ; le budget initial de 320,6 milliards de gourdes a dû être ramené à 254,8 milliards de gourdes dans le budget rectificatif, en raison de perspectives de mobilisation de ressources insuffisantes.
Bien qu'un surplus budgétaire de 6,4 milliards de gourdes ait été enregistré, la Cour souligne que cet excédent ne traduit aucune consolidation des finances publiques. Il découle principalement d'une sous-exécution persistante des dépenses d'investissement, révélatrice de la difficulté de l'appareil public à orienter de manière cohérente les ressources vers le renforcement du tissu productif du pays. L'analyse sectorielle montre des écarts importants entre les objectifs définis et les moyens disponibles, les dépenses de fonctionnement représentant près de 70 % du budget exécuté, limitant la part consacrée à l'investissement.
Notes
Series: RSFPEDP (annual). FY2023-2024 (Oct 2023-Sep 2024), report labeled 'RSFPEDP XI' (11th edition). Found on cscca.gouv.ht/document/rapport_audit listing page 1, publié le 2026-04-21. A second, byte-different upload of the same title/date exists at .../1776779684_RSFPEDP_2023-2024_Final_25_03_26.pdf (not downloaded, treated as a duplicate site upload).