(FY2021) Rapport sur le Projet de Loi de Règlement (RPLR) de l'exercice fiscal 2020 - 2021
Resume — Ce rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) analyse le Projet de Loi de Règlement (PLR) et le Compte Général pour l'exercice fiscal 2020-2021 en Haïti. Il identifie des non-conformités significatives avec les cadres légaux, notamment le PLR non approuvé par le Conseil des Ministres et un Compte Général incomplet. Le rapport souligne des problèmes tels que des prévisions budgétaires peu sincères, des dettes fiscales non comptabilisées, des recettes publiques hors contrôle du Trésor et des dépassements de dépenses illégaux.
Constats Cles
- Le Projet de Loi de Règlement (PLR) n'a pas été approuvé par le Conseil des Ministres, violant l'article 58 de la LEELF.
- Le Compte Général de l'Administration Centrale de l'État (CGACE) est incomplet, manquant de documents clés tels que les rapports annuels de performance et un tableau des flux de trésorerie, violant l'article 56 de la LEELF.
- Les prévisions budgétaires pour 2020-2021 étaient peu sincères, avec de grands écarts entre les prévisions et les réalisations, notamment pour les ressources de financement et les dépenses.
- Des dettes fiscales n'ont pas été correctement comptabilisées, et des recettes publiques ont été perçues hors du contrôle du Trésor public, indiquant des pratiques illégales.
- Des dépassements de dépenses, y compris pour le Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) et des dépenses non budgétisées, étaient illégaux et parfois camouflés.
Description Complete
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) présente son analyse du Projet de Loi de Règlement (PLR) et du Compte Général pour l'exercice fiscal 2020-2021 en Haïti. Le rapport révèle plusieurs cas de non-conformité avec le cadre légal, notamment les articles 56 et 58 de la Loi sur l'Élaboration et l'Exécution des Lois de Finances (LEELF). Les principales conclusions incluent le fait que le PLR n'a pas été approuvé par le Conseil des Ministres et que le Compte Général est incomplet, manquant de documents cruciaux tels que les rapports annuels de performance et un tableau des flux de trésorerie.
De plus, la CSCCA identifie de graves irrégularités dans les opérations budgétaires. Celles-ci comprennent des prévisions budgétaires peu sincères, comme en témoignent les écarts significatifs entre les prévisions initiales et les réalisations réelles, surtout après une rectification budgétaire tardive. Le rapport signale également des dettes fiscales non comptabilisées, des recettes publiques collectées en dehors du contrôle du Trésor public, et des dépassements de dépenses illégaux, dont certains ont été camouflés par le Ministère de l'Économie et des Finances. Des informations contradictoires concernant le service de la dette publique sapent davantage la sincérité des données financières. La CSCCA recommande au gouvernement de rectifier ces problèmes, d'assurer une adoption appropriée du PLR, de mettre en œuvre la budgétisation par programme et de produire des prévisions réalistes.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux
Administratif
CSCCA
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement (RPLR) de
l’exercice fiscal 2020 - 2021
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
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Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
2
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES MATIÈRES ....................................................................................................... 2
LISTE DES ACRONYMES .................................................................................................. 4
INTRODUCTION ............................................................................................................... 5
Méthodologie et sources des données ............................................................................. 6
Structure et portée du rapport ............................................................................................. 6
Limites du rapport ................................................................................................................... 7
I- ANALYSE DE LA CONFORMITÉ DU PLR ET DU COMPTE GÉNÉRAL (CG) DE
L’EXERCICE 2020-2021................................................................................................... 8
1.1. Présentation sommaire du PLR et du CG de 2020-2021 ...................................... 8
1.1.1. Objet de la loi de règlement tel que défini par l’article 55 de la LEELF ................ 8
1.1.2. Le PLR de l’exercice 2020- 2021 tel que présenté par le MEF ................................... 9
1.1.3. Composition du CGACE soumis à la CSCCA ............................................................. 11
1.2. De la conformité des documents du PLR et du CG ........................................... 13
1.2.1. Le PLR 2020-2021 : un document non conforme à l’article 58 de la LEELF ......... 13
1.2.2. Un CGACE incomplet au regard de l’article 56 de la LEELF .................................. 14
I- SYNTHÈSE DES PRINCIPALES OPÉRATIONS BUDGÉTAIRES DE L’EXERCICE
2020-2021 ...................................................................................................................... 16
2.1. Contexte d’exécution du budget de l’exercice 2020-2021 ............................. 16
2.2. Les opérations budgétaires de l’exercice 2020-2021 ....................................... 18
2.2.1. Les recettes publiques de l’exercice 2020-2021 ......................................................... 19
2.2.2. Les dépenses publiques de l’exercice 2020-2021 ...................................................... 20
2.2.3. Les comptes spéciaux du Trésor ..................................................................................... 22
2.2.4. La dette publique en 2020-2021 ..................................................................................... 24
2.2.5. Gestion des programmes et projets .............................................................................. 24
II- CONSTATS DE LA CSCCA SUR L’EXÉCUTION DU BUDGET DE L’EXERCICE
2020-2021 ...................................................................................................................... 26
3.1. Des prévisions budgétaires peu sincères ............................................................ 26
3.2. Des dettes fiscales non comptabilisées ............................................................... 26
3.3. Des recettes publiques hors contrôle du Trésor public ..................................... 27
3.4. Des dépassements illégaux ................................................................................... 27
3.5. Des informations contradictoires concernant le service de la dette publique
29
CONCLUSION ............................................................................................................... 30
Annexes ........................................................................................................................ 31
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LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
F
IGURE 1: RÉPARTITION EN POURCENTAGE ET PAR CATÉGORIE DES RESSOURCES COLLECTÉES
POUR L
'EXERCICE 2020-2021 .................................................................................. 20
F
IGURE 2: RÉPARTITION DES DÉPENSES DE FONCTIONNEMENT EFFECTUÉES AU COURS DE DE
L
'EXERCICE 2020-2021 .......................................................................................... 21
TABLEAU 1: LISTE DES DOCUMENTS ACCOMPAGNANT LE PLR EXIGES PAR LA LEELF AU TITRE DE LA
COMPTABILITE BUDGETAIRE
. ............................................................................................. 11
T
ABLEAU 2 : LISTE DES DOCUMENTS ACCOMPAGNANT LE PLR EXIGES PAR LA LEELF AU TITRE DE
LA COMPTABILITE GENERALE
..................................................................................... 13
T
ABLEAU 3: RAPPROCHEMENT DES BUDGETS INITIAL ET RECTIFICATIF ....................................... 17
T
ABLEAU 4 : RAPPROCHEMENT DES PREVISIONS ET DES REALISATIONS BUDGETAIRES .................. 18
T
ABLEAU 5: RAPPROCHEMENT DES CREDITS ET DES DEPENSES DE FONCTIONNEMENT ................ 21
T
ABLEAU 6 : MOUVEMENTS DANS LES COMPTES SPECIAUX DU TRESOR ................................... 23
T
ABLEAU 7: SITUATION DE LA DETTE PUBLIQUE AU 30 SEPTEMBRE 2021 ................................... 24
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LISTE DES ACRONYMES
AGD : Administration générale des Douanes
CGACE : Compte Général de l’Administration Centrale de l’État
CSCCA : Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
DGI : Direction générale des Impôts
DGTCP : Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique
LEELF : Loi sur l’élaboration et l’exécution des lois de finances
MEF : Ministère de l’Économie et des Finances
MTPTC : Ministère des Travaux publics Transport et Communication
PLR : Projet de loi de règlement
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INTRODUCTION
La loi de règlement est la loi de finances qui constate les résultats définitifs
d'exécution de la loi de finances d'un exercice clôturé et leur conformité aux
autorisations données par le Parlement à travers le vote de la loi de finances
initiale et les lois de finances rectificatives.
Cette loi a pour objet d’informer le Parlement de l'exécution de la loi de
finances en ressources et en dépenses et, d'autre part, d’arrêter définitivement
les comptes de l'exercice budgétaire. À travers ce rapport, le Conseil de la
Cour a, entre autres, l’attribution d’arrêter le texte de la déclaration de
conformité des Comptes Généraux de l’Administration Centrale qui
accompagne le PLR.
Par ce rapport, la CSCCA répond à la mission que lui confèrent la constitution
et les lois de la République. Ainsi, le présent rapport se justifie par des exigences
à la fois constitutionnelles et légales. Il est notamment encadré par la
Constitution, la loi portant sur l’élaboration et l’exécution des lois de finances
(LEELF), et le décret du 23 novembre 2005 établissant l’organisation et le
fonctionnement de la CSCCA.
Avant d’être déposé au Parlement pour approbation, le projet de loi de
règlement (PLR) est examiné par la Cour Supérieur des Comptes et du
Contentieux Administratif (CSCCA).
En effet, la loi du 4 mai 2016 remplaçant le décret du 16 février 2005 portant
l’élaboration et l’exécution des lois de finances (LEELF), fait obligation à la
CSCCA de fournir au Parlement les informations et rapports nécessaires lui
permettant d’analyser et d’apprécier les projets de loi de finances qui lui sont
soumis par le Gouvernement.
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
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Méthodologie et sources des données
Le présent rapport consiste en une analyse de la conformité du PLR ainsi que
du Compte Général qui l’accompagne. Pour y parvenir, la CSCCA analyse
minutieusement les documents transmis par le Ministère de l’Économie et des
Finances (MEF) tout en s’appuyant sur le référentiel légal cité dans les lignes
précédentes. La revue documentaire est privilégiée pour l’analyse de la
conformité des comptes et des résultats de l’exécution du budget présenté
par le Gouvernement pour l’exercice 2020-2021. Ainsi, les principaux
documents analysés sont le projet de loi de règlement et le compte (CG)
général qui l’accompagne.
Structure et portée du rapport
Ce rapport de la CSCCA sur l’exécution du budget de l’exercice 2020-2021
est structuré en trois parties.
• La première présente le contenu du PLR et du compte général et
analyse leur conformité par rapport au cadre légal. Dans cette partie,
les documents soumis par le MEF sont analysés au regard des exigences
légales portant sur l’objet de la loi de règlement (article 55 de la LEELF)
et du contenu du compte général - (article 56 de la LEELF). À travers
cette première partie du rapport, la Cour vérifie d’une part si tous les
documents exigés dans la loi sont annexés au PLR et analyse d’autre
part le contenu de chaque document annexé.
• Dans la deuxième partie, le rapport présente le sommaire des
opérations budgétaires de l’exercice 2020-2021. Aussi, elle tient compte
du contexte dans lequel le budget de l’exercice a été exécuté.
• Au niveau de la troisième partie sont présentés les différents constats
issus de l’analyse des opérations budgétaires de l’exercice 2020-2021. À
travers cette partie du rapport, la Cour analyse la conformité des
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7
opérations de recettes et de dépenses au regard du cadre légal
régissant la préparation et l’exécution des lois de finances.
Limites du rapport
Le présent rapport met en lumière uniquement la conformité des documents
et des résultats obtenus. Il ne permet pas à la Cour de certifier les comptes, vu
qu’elle ne dispose pas assez de données et d’informations. Elle n’a pas non
plus analysé les documents justificatifs des transactions effectuées dans le
cadre de la mise en œuvre du budget. Donc, elle ne peut pas se prononcer
sur la sincérité des comptes produits par le MEF.
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I- ANALYSE DE LA CONFORMITÉ DU PLR ET DU COMPTE
GÉNÉRAL (CG) DE L’EXERCICE 2020- 2021
Dans cette section, la Cour analyse le PLR et le compte général qui lui a été
transmis par le MEF au regard des articles 55, 56 et 58 de la LEELF. L’analyse
prend en compte non seulement l’existence des documents de support, mais
aussi leur contenu. L’analyse de la Cour repose à la fois sur le projet de loi de
règlement et sur le compte général qui l’accompagne. Dans cette sous-
section, elle présente une synthèse de la structuration des documents qui lui
ont été soumis avec pour objectifs d’évaluer leur conformité aux exigences
légales.
1.1. Présentation sommaire du PLR et du CG de 2020- 2021
1.1.1. Objet de la loi de règlement tel que défini par l’article 55 de
la LEELF
De manière générale, l e PLR permet au ministre de l’Économie et des Finances
de rendre compte au parlement de l’exécution de la loi de finances initiale et
éventuellement des lois de finances rectificatives qui ont été de prises au cours
de l’exercice écoulé. Spécifiquement, la LEELF définit l’objet de la loi de
règlement, le contenu des documents qui l’accompagnent e t le calendrier
de sa préparation et de son examen. Selon les exigences de l’article 55 de
ladite loi, la loi de règlement a pour objet :
• d’arrêter le montant définitif des recettes et des dépenses de
l'exercice auquel elle se rapporte et le résultat budgétaire qui en
découle aux termes de la comptabilité budgétaire ;
• d’arrêter également le montant des ressources et des charges de
trésorerie ayant concouru à l'équilibre financier de
l'exercice (tableau de financement) ;
• d’approuver et d’affecter le résultat de l'exercice (compte de
résultat) ;
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
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• de ratifier les ouvertures de crédits supplémentaires décidées par
décret d'avance depuis la dernière loi de finances et régularise, le
cas échéant, les dépassements de crédit constatés résultant de
circonstances de force majeure ;
• de procéder à l'annulation des crédits non consommés et non
reportés ;
• de rendre compte de la gestion et des résultats des programmes
budgétaires.
1.1.2. Le PLR de l’exercice 2020-2021 tel que présenté par le MEF
En date du 3 juin 2022, par lettre No DGTCP/DCP/SCC/CSCCA/736/06-2022, le
ministre de l’Économie et des Finances a transmis au Président de la CSCCA
un document intitulé « Projet de Loi de Règlement et Compte général de
l'Administration centrale de l'État, exercice 2020-2021 ». Les documents
transmis sont préparés par l’Agent Comptable central et approuvés par le
Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique et le Directeur
général du ministère de l’Économie et des Finances.
Sur le plan de la structuration, le projet de loi de règlement de l’exercice 2020-
2021 soumis à la Cour par le MEF est constitué d’un ensemble de dispositions
qui arrêtent l’exécution effective du budget. Il est introduit par un exposé des
motifs présentant l’environnement dans lequel le budget de l’exercice a été
adopté et exécuté. Il est divisé en trois grandes sections.
• La première section débute avec l’exposé des motifs qui présente le
cadre budgétaire de l’exercice 2020-2021. À travers cette section, le
MEF présente sommairement le montant des voies et moyens qui ont été
prévus pour l’exercice. À noter qu’au cours de cet exercice, le
gouvernement a rectifié le budget initial adopté par décret le 30
septembre 2020. Les détails des budgets initial et rectificatif sont
présentés et analysés dans la deuxième partie de ce rapport.
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
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• La seconde section analyse la situation macroéconomique de 2021 tant
sur le plan mondial, régional que national. Au niveau mondial, malgré
les défis liés à la COVID-19 poussant à une révision à la baisse des
prévisions du Fonds Monétaire International, les perspectives
économiques étaient globalement positives. Au niveau régional, dans
l’ensemble, l’activité́ économique est marquée par un accroissement
au cours de cet exercice. Au niveau national, l’activité économique
s’est dégradée durant l’exercice.
• La troisième et dernière section présente la situation budgétaire après
l’exécution du budget. Dans cette section, il est mentionné que les
ressources réalisées ont atteint 147 milliards de gourdes alors que les
dépenses ont totalisé 202.678 milliards de gourdes.
Les dispositions relatives au PLR arrêtent les résultats définitifs de l’exécution
budgétaire de l’exercice. Elles se divisent en quatre (4) titres qui se subdivisent
en chapitres puis en articles.
• Le premier titre traite des prévisions de ressources et des charges et se
décompose en 2 chapitres. Le premier chapitre reprend les dispositions
des décrets établissant les budgets initial et rectificatif en matière de
ressources totales. Le second chapitre met en lumière les dépenses
totales prévues dans les décrets établissant les budgets (initial et
rectificatif) adoptés au cours de l’exercice.
• Le deuxième titre constate l’état des ressources réalisées et des charges
exécutées pour l’exercice fiscal, avec un premier chapitre portant sur
les dispositions relatives à la réalisation des ressources et un deuxième
chapitre relatif à l’exécution des dépenses.
• Le troisième titre, composé de trois (3) articles (art. 9, 10 et 11), présente
les dispositions relatives aux comptes spéciaux du trésor. L’article 9 du
PLR présente six (6) comptes spéciaux que sont : le Compte spécial du
Trésor pour le Développement (CSTD), la Caisse d’Assistance sociale
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
11
(CAS), le Fonds d’urgence (FDU), la Pension civile, le Fonds Fidei Commis
et la contribution au Fonds de gestion des Collectivités territoriales
(CFGDCT).
• Le dernier titre, son seul et unique article (art. 12) présente les dispositions
relatives au résultat de l’exercice. Il constate donc un solde déficitaire
de 55,601,614,436.54 gourdes.
1.1.3. Composition du CGACE soumis à la CSCCA
L’article 56 de la LEELF établit la liste des documents qui doivent accompagner
le PLR à la fois au titre de la comptabilité budgétaire et au titre de la
comptabilité générale.
Au titre de comptabilité budgétaire, le CGACE est constitué d’un ensemble
de tableaux et de rapports spécifiques présentant les informations relatives à
l’exécution du budget initial et du budget rectificatif adopté au cours de
l’exercice 2020-2021.
Le tableau suivant donne un résumé des documents et informations prévues
au titre de la comptabilité budgétaire et ceux fournis réellement par le MEF
dans le compte général transmis à la CSCCA.
Tableau 1: Liste des documents accompagnant le PLR exigés par la LEELF au titre de la
comptabilité budgétaire.
#
DOCUMENTS EXIGÉS (RÉF. ARTICLE 56
DE LA LEELF)
PRODUITS RÉFÉRENCES
1
Synthèse de l’exécution de la loi des
finances (synthèse de la
comptabilité administrative des
ordonnateurs) établie par le ministre
chargé des Finances
Oui
- Tableau de synthèse de
l'exécution du budget, page 22
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
12
#
DOCUMENTS EXIGÉS (RÉF. ARTICLE 56
DE LA LEELF)
PRODUITS RÉFÉRENCES
2
État comparatif des recettes
prévisionnelles et des recettes
effectivement réalisées,
Oui
- Tableau comparatif des
ressources prévisionnelles et
réelles pour la DGI, pages 23 à
25
- Tableau comparatif des
ressources prévisionnelles et
réelles pour l'AGD, pages 26 à 28
- Tableau comparatif des autres
ressources prévisionnelles et
réelles, pages 29 à 31
- Tableau comparatif des
ressources prévisionnelles et
réelles pour les postes
comptables, pages 32 à 34.
- Total des ressources
prévisionnelles et réelles, pages
35 à 37
3
État comparatif des crédits
budgétaires et des dépenses
effectivement réalisées (en
engagement et paiement) arrêté
par programme, budget annexe et
comptes spéciaux du Trésor.
Oui
- Tableau comparatif des crédits
et des dépenses réalisées par
institutions, page 38
4
Rapports annuels de performance
par programme budgétaire mettant
en évidence les écarts entre
prévisions et réalisations
Non
5
Rapport explicatif sur les
mouvements de crédit et le cas
échéant les dépassements
Oui
- Rapport explicatif des
dépassements et du déficit
budgétaire, pages 58 et 59
6
Tableau faisant apparaitre
l’évolution de la situation de la
dette publique au cours de
l’exercice
Oui
- Tableau d'encours de la dette
publique, page 55
7
Annexes explicatives aux états
financiers issus de la comptabilité
générale de l’État
Oui
- Pages 67 à 90
Au titre de la comptabilité générale, le compte général de l'État devrait
comprendre six éléments tels que définis dans la deuxième partie de l’article
56 de la LEELF. Toutefois, l’analyse du document soumis à l’examen de la
CSCCA décèle l’absence de deux de ces éléments comme on peut le
constater dans le tableau suivant.
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
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Tableau 2 : Liste des documents accompagnant le PLR exigés par la LEELF au titre de la
comptabilité générale
DOCUMENTS EXIGÉS (RÉF. ARTICLE 56 DE LA
LEELF)
PRODUITS RÉFÉRENCES
1
La balance générale des comptes
de l’État
Oui
- balance générale des comptes
au 30 septembre 2021 avant les
écritures de clôture, Pages 60 à 62
2 Le compte de résultat Oui
- État des résultats, page 64
3
Le bilan et ses annexes, à défaut un
état des actifs et passifs financiers
Oui
- État des actifs et passifs financiers,
page 63
- Notes explicatives de l’état des
actifs et passifs financiers, pages
65 et 66
4 Un tableau des flux de trésorerie Non
-
5
Un état de développement des
recettes et des dépenses
budgétaires
Oui
- Sont considérés ici tous les tableaux
de ventilation des recettes et des
dépenses publiques.
6
Une évaluation des engagements
hors bilan de l’État
Non
-
1.2. De la conformité des documents du PLR et du CG
L’analyse des documents soumis à la CSCCA par le MEF décèle certains
manquements sur le plan de la forme. En effet, toutes les exigences faites par
la LEELF aux termes des articles 56 et 58 de cette loi ne sont pas respectées.
Les manquements constatés sont présentés dans les lignes qui suivent.
1.2.1. Le PLR 2020- 2021 : un document non conforme à l’article 58
de la LEELF
L’article 58 de la loi sur l’élaboration et l’exécution des lois de finances établit
le calendrier de préparation et d'examen du projet de loi de règlement. Ce
calendrier débute le 31 octobre - un mois après la fin de l’exercice – avec la
clôture de la journée complémentaire comptable et clôture définitive des
comptes de l'Administration publique pour prendre fin au plus tard le 30 juillet
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
14
avec le vote de la loi de règlement par le parlement. Avant d’être déposé au
parlement, le PLR doit être approuvé par le Conseil des ministres au plus tard
le troisième vendredi d'avril et transmis à la CSCCA le quatrième lundi d'avril
pour être examiné par cette dernière.
Bien qu’à la fin du document titré « Projet de Loi de Règlement, exercice 2020-
2021 », on trouve la liste des ministres du Gouvernement, rien n’indique que ce
projet de loi a été approuvé par le Conseil des ministres. En effet, aucune date
d’adoption ni aucune signature d’aucun ministre n’ont été ajoutées dans le
document. Ces éléments laissent croire que le document préparé par le MEF
n’a pas été transmis au Conseil des ministres pour approbation. Ainsi, la CSCCA
estime que le PLR qui lui a été acheminé par le MEF n’est pas conforme aux
dispositions de cet article de la LEELF.
1.2.2. Un CGACE incomplet au regard de l’article 56 de la LEELF
Comme on peut le constater dans les deux tableaux ci-dessus, certains
documents exigés par l’article 56 de la LEELF ne sont présentés dans le CGACE.
En effet, au titre de la comptabilité budgétaire, il manque les rapports annuels
de performance par programme budgétaire mettant en évidence les écarts
entre prévisions et réalisations et, au titre de la comptabilité générale, la Cour
prend acte de l’absence de deux des documents exigés dans le cadre légal.
Il s’agit du tableau des flux de trésorerie et de l’évaluation des engagements
hors bilan de l’État. Les explications relatives à la non-production de ces
documents ne sont pas non plus fournies.
À la page 86 du compte général, le MEF a présenté un état comparatif des
crédits et des dépenses d'investissement par programme, mais ce document
n’est pas celui exigé dans l’article 56 de la LEELF. Ainsi, la Cour constate que le
4
e
document exigé dans cette liste n’est pas encore disponible vu que les
dispositions relatives aux programmes budgétaires ne sont pas en application.
Pourtant, l’article 112 de la LEELF stipule que : « les dispositions des articles
relatifs aux programmes budgétaires sont d'application au plus tard pour
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
15
l'élaboration du projet de loi de finances qui suit l'exercice fiscal de son
adoption par le Parlement, sa promulgation et sa publication par l'exécutif ».
Cette loi a été adoptée le 4 mai 2016 et publiée le 1
er
février 2017. Cela
implique que les dispositions auxquelles fait référence l’article 112 devraient
être mises en application depuis le 1
er
octobre 2017. Malheureusement, force
est de constater que les divers gouvernements qui se sont succédé n’ont pas
pu arriver à mettre en œuvre le budget programme.
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
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I- SYNTHÈSE DES PRINCIPALES OPÉRATIONS
BUDGÉTAIRES DE L’EXERCICE 2020-2021
Cette partie est destinée à l’analyse de l’exécution du budget conformément
aux informations contenues dans le PLR et le compte général transmis à la
Cour par le MEF. Dans cette partie du rapport, la Cour met en évidence les
manquements constatés dans les résultats de mise en œuvre du budget de
l’exercice 2020-2021.
2.1. Contexte d’exécution du budget de l’exercice 2020-2021
Le budget de l’exercice 2020-2021 avait pour objectif de financer, à travers les
voies et moyens, le plan de relance économique Post-Covid (PREPOC) et le
rétablissement du climat sécuritaire. La situation globale du pays au cours de
cet exercice montre que le budget n’a pas atteint l’objectif qui lui a été
assigné. En effet, en 2021 le climat s’est détérioré avec l’accentuation des cas
d’enlèvement contre rançon, la prolifération et les guerres des gangs armés,
le blocage de certaines zones par des groupes armés, spécialement dans
l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et dans le département de l’Artibonite.
Également, l’année budgétaire 2020-2021 a connu bien d’autres évènements
malheureux : la persistance de la pandémie du coronavirus, l’assassinat du
Président de la République, le tremblement de terre du 14 août 2021 qui a
dévasté une bonne partie des départements du Sud, des Nippes et de la
Grand-Anse et la dépression tropicale Grâce qui, deux jours après le séisme, a
provoqué d’importantes inondations dans les régions déjà saccagées par le
tremblement de terre. L’évaluation post-séisme réalisée par l’État haïtien avec
l’appui de l’Union européenne, la Banque mondiale et la Banque
interaméricaine de Développement fait état de 1.260 milliard de dollars de
dommage et de perte ce qui a conduit à un besoin de relèvement estimé à
1.978 milliard de dollars environ.
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
17
Ces chocs inattendus ont poussé le gouvernement à revoir ces objectifs. Ainsi,
le budget initial de l’exercice 2020-2021 a fait l’objet de rectification à deux
semaines de la fin de l’exercice, soit le 16 septembre 2021 en passant de
254.704 milliards de gourdes à 193 milliards de gourdes, soit une diminution de
plus de 24%. Les ressources initialement prévues ont diminué de 27.3%, les
prévisions initiales de dons et de ressources de financement ont
respectivement baissé de 20.2% et de 21.1%. Le tableau suivant reprend les
détails des prévisions initiales et leur rapprochement avec le budget
rectificatif.
Tableau 3: Rapprochement des budgets initial et rectificatif
LIGNES BUDGÉTAIRES BUDGET INITIAL
BUDGET
RECTIFICATIF
VARIATION
A-RECETTES COURANTES 132,612,978,595.00 96,438,046,888.00 -27.3%
Recettes internes 95,198,532,830.00 73,927,379,400.00 -22.3%
Recettes douanières 32,915,785,764.00 22,510,667,488.00 -31.6%
Autres ressources domestiques 4,498,660,000.00 0 -100.0%
B-DONS 29,946,175,000.00 23,882,106,707.00 -20.2%
Appui budgétaire global 9,969,675,000.00 3,905,606,706.00 -60.8%
Aide projets 19,976,500,000.00 19,976,500,000.00 0.0%
C-FINANCEMENT 92,144,846,405.00 72,679,846,405.00 -21.1%
Tirages sur emprunt 8,137,500,000.00 8,137,500,000.00 0.0%
Bons du trésor 25,000,000,000.00 12,000,000,000.00 -52.0%
Autres financements internes des projets 5,503,800,000.00 5,426,000,000.00 -1.4%
Emprunt BRH 37,116,346,405.00 47,116,346,405.00 26.9%
Emprunt Bancaire 16,387,200,000.00 0 -100.0%
TOTAL DES VOIES ET MOYENS 254,704,000,000.00 193,000,000,000.00 -24.2%
A-DÉPENSES COURANTES 136,121,881,571.00 121,141,458,949.00 -11.0%
Salaires et traitements 66,558,516,554.00 59,734,447,164.00 -10.3%
Biens et services 36,688,427,995.00 37,263,106,173.00 1.6%
Transferts et subventions 26,773,310,920.00 20,242,279,510.00 -24.4%
Intérêts 6,101,626,102.00 3,901,626,102.00 -36.1%
B-DÉPENSES DE CAPITAL 118,582,118,430.00 71,858,541,052.00 -39.4%
a) IMMOBILISATION 1,295,265,620.00 1,425,288,242.00 10.0%
b) DÉPENSES DE PROGRAMMES ET PROJETS 74,194,000,000.00 45,140,000,000.00 -39.2%
Trésor public 24,189,000,000.00 11,600,000,000.00 -52.0%
Annulation dette FMI 2,190,506,539.00 2,190,506,539.00 0.0%
Autres financements 19,700,493,461.00 3,235,493,461.00 -83.6%
Dons et emprunts 28,114,000,000.00 28,114,000,000.00 0.0%
c) AMORTISSEMENT DE LA DETTE 43,092,852,810.00 25,293,252,810.00 -41.3%
TOTAL DES CRÉDITS 254,704,000,000.00 193,000,000,000.00 -24.2%
Source : Compte général, 2020-2021
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
18
2.2. Les opérations budgétaires de l’exercice 2020 -2021
Malgré cette rectification tardive, le budget a été exécuté avec un
déséquilibre occasionné par un surplus de dépenses comparativement aux
ressources collectées. En effet, à la fin de l’exercice, les recettes effectives
comptabilisées par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité
publique (DGTCP) sont de 147,076,636,635.47 gourdes, tandis que les dépenses
effectuées sont évaluées à 202,678,251,072.01gourdes. Ainsi, l’exercice fiscal
s’est clôturé par un solde budgétaire déficitaire de 55,601,614,436.54 gourdes.
Les dépenses totales ont dépassé les prévisions de 5%, soit de 9,678,251,072.01
gourdes.
Tableau 4 : Rapprochement des prévisions et des réalisations budgétaires en 2020- 2021
BUDGET
RECTIFICATIF
2020- 2021
RÉALISATION
TAUX
D'EXÉCUTION
RESSOURCES 193,000,000,000.00 147,076,636,635.47
76%
À- RECETTES COURANTES 96,438,046,888.00 116,194,185,260.43 120%
Recettes internes 73,927,379,400.00 72,125,553,616.24 98%
Recettes douanières 22,510,667,488.00 22,289,001,168.39 99%
Autres ressources domestiques 0 21,779,630,475.80
B- DONS 23,882,106,707.00 22,965,605,601.90 96%
Appui budgétaire global 3,905,606,706.00 273,042,881.53 7%
Aide aux projets 19,976,500,000.00 22,692,562,720.37 114%
C- FINANCEMENT 72,679,846,405.00 7,916,845,773.14 11%
Tirages sur emprunt 8,137,500,000.00 0 0%
Bons du Trésor 12,000,000,000.00 5,517,000,000.00 46%
Autre financement interne des projets 5,426,000,000.00 2,399,845,773.14 44%
Emprunt BRH 47,116,346,405.00 0 0%
DÉPENSES 193,000,000,000.00 202,678,251,072.01 105%
A-DÉPENSES DE FONCTIONNEMENT 147,860,000,000.00 172,333,558,245.65 117%
Dépenses courantes 121,141,458,948.00 142,444,325,865.90 118%
Dépenses d'immobilisation 1,425,288,242.00 6,099,988,026.22 428%
Amortissement de la dette 25,293,252,810.00 23,789,244,353.53 94%
B- DÉPENSES DE PROGRAMMES ET PROJETS 45,140,000,000.00 30,344,692,826.36 67%
Financement interne (contrepartie locale 17,026,000,000.00 7,657,749,872.12 45%
Financement externe (dons et emprunts) 28,114,000,000.00 22,686,942,954.24 81%
RÉSULTAT DE L'EXERCICE - -55,601,614,436.54
Sources : Compte général et budget rectificatif 2020- 2021
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
19
2.2.1. Les recettes publiques de l’exercice 2020-2021
Les ressources collectées sont constituées de 79% de recettes courantes, 16%
de dons et de 5% de ressources de financement. Les ressources collectées
représentent 76% des prévisions rectifiées.
Les recettes courantes comprennent les recettes internes, les recettes
douanières et les autres ressources domestiques. Les ressources domestiques
effectivement mobilisées sont évaluées à 116.19 milliards de gourdes. Elles ont
affiché un taux de réalisation de 120% comparativement aux prévisions. Cette
performance est expliquée par les « autres ressources domestiques » qui sont
réalisées à hauteur de 21.78 milliards de gourdes alors qu’elles n’ont pas été
budgétisées lors de la rectification du budget. Toutefois, il est à constater, sous
réserve de vérification par la Cour, que la quasi-totalité des recettes internes
(98%) et des recettes douanières (99%) prévues a été encaissée. Les recettes
internes, d’une valeur de 72.13 milliards de gourdes, constituent la plus grande
part et représentent environ 62% des ressources domestiques collectées. Pour
leur part, les recettes douanières effectivement collectées sont comptabilisées
à 22.29 milliards de gourdes.
Les dons perçus ont totalisé 22.97 milliards de gourdes et ont représenté 96%
des prévisions inscrites dans le budget rectificatif. La quasi-totalité des dons
(98.8%) a servi pour les aides aux projets et la différence est utilisée comme
appui budgétaire.
Les ressources de financement perçues représentent seulement 11% des
prévisions. Les ressources de financement proviennent à 70% des Bons du
Trésor et à 30% d’autres financements internes des projets.
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
20
Figure 1: Répartition en pourcentage et par catégorie des ressources collectées pou
Exercice 2020-2021
Source : PLR 2020-2021
2.2.2. Les dépenses publiques de l’exercice 2020-2021
Les dépenses effectuées au cours de l’exercice 2020-2021 sont à 85% des
dépenses de fonctionnement, soit 172.33 milliards de gourdes contre 15% de
dépenses d’investissement qui ont été de 30.34 milliards de gourdes. Ces
dernières ont représenté 67% des prévisions qui ont été faites tandis que les
dépenses de fonctionnement réalisées au cours de l’année fiscale sont
supérieures aux prévisions établies à travers le budget rectificatif.
Les dépenses de fonctionnement sont constituées des dépenses courantes
d’un montant de 142.44 milliards de gourdes, des dépenses d’immobilisation
de 6.099 milliards de gourdes et des dépenses d’amortissement de la dette
d’un montant de 23.79 milliards de gourdes.
Recettes courantes
79%
Dons
16%
Financement
5%
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
21
Figure 2: Répartition des dépenses de fonctionnement effectuées au cours de de l'exercice 2020-2021
Source : PLR 2020-2021
Dans l’ensemble, les dépenses publiques réellement effectuées dépassent les
prévisions rectifiées. Cette situation est expliquée par les dépenses de
fonctionnement représentant 117% des prévisions. Le dépassement des
dépenses de fonctionnement de son côté est alimenté par les dépenses
courantes totalisant 118% des prévisions et les dépenses d’immobilisation
représentant 428% par rapport aux prévisions.
Dans l’ensemble, les opérations budgétaires relatives au fonctionnement de
l’Administration centrale de l’État sont soldées par un dépassement totalisant
environ 24.5 milliards de gourdes comme on peut le constater dans le tableau
suivant.
Tableau 5: Rapprochement des crédits et des dépenses de fonctionnement exercice 2020-2021
CODE ENTITÉS ADMINISTRATIVES
CRÉDITS DE
FONCTIONNEMENT
(A)
DÉPENSES DE
FONCTIONNEMENT
(B)
ÉCART (A-B)
1111
MINISTÈRE DE LA PLANIFICATION ET DE LA
COOPÉRATION EXTERNE
1,483,815,337 1,319,525,318 164,290,019
1112 MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE ET DES FINANCES 7,668,610,628 7,183,413,439 485,197,189
1113
MINIS. DE L'AGRICULTURE, RESSOURCES
NATURELLES/DEVELOP/RURAL
1,851,823,436 1,776,466,273 75,357,163
1114
MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS, TRANSPORTS
ET COMMUNICATIONS
1,572,641,242 3,668,957,979 (2,096,316,737)
1115 MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE 776,809,560 749,068,877 27,740,683
1116 MINISTÈRE DE L'ENVIRONNEMENT 1,622,256,689 1,515,597,706 106,658,983
1117 MINISTÈRE DU TOURISME 251,843,808 238,558,016 13,285,792
Dépenses
courantes
83%
Dépenses
d'immobilisation
3%
Amortissement
de la dette
14%
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
22
CODE ENTITÉS ADMINISTRATIVES
CRÉDITS DE
FONCTIONNEMENT
(A)
DÉPENSES DE
FONCTIONNEMENT
(B)
ÉCART (A-B)
1211 MINISTÈRE DE LA JUSTICE 16,416,756,644 15,703,642,318 713,114,326
1212 MINISTÈRE DES HAÏTIENS VIVANT À L'ÉTRANGER 155,566,675 145,364,206 10,202,469
1213 MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES 4,652,950,657 4,386,397,973 266,552,684
1214 LA PRÉSIDENCE 2,396,480,406 2,215,243,435 181,236,971
1215 LA PRIMATURE 2,312,723,642 2,192,465,968 120,257,674
1216
MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR & DES COLLECTIVITÉS
TERRITORIALES
2,651,283,773 2,560,809,130 90,474,643
1217 MINISTÈRE DE LA DÉFENSE 1,259,989,732 1,256,315,078 3,674,654
1311
MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE ET DE LA
FORM. PROFESS.
20,598,999,457 19,102,245,266 1,496,754,191
1312 MINISTÈRE DES AFFAIRES SOCIALES 1,407,404,935 1,344,094,421 63,310,514
1313
MINISTÈRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE ET DE LA
POPULATION
6,210,486,636 5,957,498,812 252,987,824
1314 MINISTÈRE A LA CONDITION FÉMININE 235,838,660 234,025,237 1,813,423
1315
MINISTÈRE DE LA JEUNESSE DES SPORTS ET DE
L'ACTION CIVIQUE
734,467,067 689,588,092 44,878,975
1411 MINISTÈRE DES CULTES 263,730,199 224,018,571 39,711,628
1412 MINISTÈRE DE LA CULTURE 1,514,725,483 1,437,400,745 77,324,738
1413 MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION 435,403,448 404,076,848 31,326,600
1511 INTERVENTIONS PUBLIQUES 24,624,084,172 28,400,884,130 (3,776,799,958)
1512 DETTE PUBLIQUE 29,194,878,911 29,669,757,259 (474,878,348)
1513
DOTATIONS SPÉCIALES SUBVENTION AU SECTEUR
DE L'ÉNERGIE
9,000,000,000 6,295,508,812 2,704,491,188
2211 SÉNAT DE LA RÉPUBLIQUE 1,726,074,789 1,668,238,188 57,836,601
2212 CHAMBRE DES DÉPUTÉS 1,667,458,371 1,546,997,198 120,461,173
3211 CONSEIL SUPÉRIEUR DU POUVOIR JUDICIAIRE 2,233,659,201 2,050,446,608 183,212,593
4111
COUR SUPÉRIEURE DES COMPTES ET DU
CONTENTIEUX
808,427,304 799,716,704 8,710,601
4211 CONSEIL ÉLECTORAL 618,900,439 578,311,801 40,588,638
4212 OFFICE DE PROTECTION DU CITOYEN 161,493,326 140,547,563 20,945,763
4311 UNIVERSITÉ D'ÉTAT D'HAÏTI 1,307,311,125 1,267,849,239.11 39,461,886
4411 ACADÉMIE DU CRÉOLE HAÏTIEN 43,104,247 41,292,789.28 1,811,458
5
FRAIS FINANCIERS 0 563,985,428.81 (563,985,429)
PAIEMENT FACTURES PRODUITS PÉTROLIERS /
BMPAD)
0 25,005,248,816.10 (25,005,248,816)
TOTAL 147,859,999,999 172,333,558,246 (24,473,558,247)
Source : Décret établissant le budget rectificatif et compte général 2020-2021
2.2.3. Les comptes spéciaux du Trésor
L’article 9 du PLR arrête six (6) comptes spéciaux du Trésor. Il s’agit du Compte
Spécial du Trésor pour le Développement (CSTD), de la Caisse d’Assistance
Sociale (CAS), du Fonds d’Urgence (FDU), de la Pension Civile, du Fonds Fidéi
Commis et de la Contribution au Fonds de Gestion des Collectivités territoriales
(CFGDCT).
Au début de l’exercice (1
er
octobre 2020), les comptes spéciaux ont accusé
un solde créditeur d’environ 8.026 milliards de gourdes. Sur ce montant, il a été
ajouté 13,032 milliards de gourdes à titre de dépôts sur ces comptes au cours
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
23
de l’exercice. Les décaissements totaux enregistrés ont été évalués à environ
12.829 milliards de gourdes et le solde global au 30 septembre 2021 a été de
8.229 milliards de gourdes. Le tableau suivant donne les détails par compte
spécial du Trésor.
Tableau 6 : Mouvements dans les comptes spéciaux du Trésor en 2020- 2021
Comptes Spéciaux du
Trésor
Solde au 30 1
er
octobre 2020
Total des
Versements
Décaissement
Balance au 30
septembre 2021
CSTD 256,534,306.81 - - 256,534,306.81
CAS 43,595,458.07 961,635,191.25 967,727,778.70 37,502,870.62
FDU 323,498,180.92 4,611,688,397.16 4,143,014,250.44 792,172,327.64
Pension Civile 6,975,003,921.21 5,569,701,869.79 5,977,427,222.01 6,567,278,568.99
Fonds en Fidei Commis 122,620,414.63 2,217,127.00 675,000.00 124,162,541.63
CFGDCT 305,495,760.11 1,886,897,829.41 1,740,636,238.88 451,757,350.64
TOTAL 8,026,748,041.75 13,032,140,414.61 12,829,480,490.03 8,229,407,966.33
Sources : Compte général 2020-2021
Pour chacun de ces comptes spéciaux du Trésor, la Cour a rapproché les
soldes de clôtures de l’exercice précédent au solde d’ouverture de cet
exercice. Elle ne décèle aucun écart. Sous réserve d’auditer ces comptes, et
sur la base des informations et données fournies par le MEF, la Cour ne dénote
aucune non-conformité relative aux comptes spéciaux du Trésor. Toutefois,
elle estime que le MEF devrait fournir aussi les informations concernant le Fonds
d’Entretien routier (FER) et le Fonds national d’Éducation (FNE). Bien que ces
fonds aient une gestion autonome, ils fonctionnent comme tous les autres
comptes spéciaux listés ci-haut. Ce sont aussi des comptes d’affectation
spéciale ayant des missions bien définies. Toutefois, la Cour précise qu’à la
page 57 du compte général, le MEF a ajouté un tableau intitulé : « suivi des
opérations effectuées dans le cadre du programme de scola risation
universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) » qui présente nt les montants à
reverser au FNE, les montants reversés par mois et les soldes à reverser. Aucune
information sur l’utilisation de ces ressources financières n’a été fournie par le
MEF. La Cour suggère au MEF d’ajouter dans le compte général les
informations relatives à ces fonds.
Rapport sur le Projet de Loi de Règlement | 2019-2020
24
2.2.4. La dette publique en 2020- 2021
Au 30 septembre 2021, l’encours de la dette totale est constitué de 56% de
dettes internes et de 44% de dette externe. Comparativement à l’année
fiscale précédente, la dette publique a progressé de 63% pour une
augmentation de 24% de la dette interne de 39% de la dette externe. Les
informations fournies dans le compte général permettent à la Cour de dresser
le tableau suivant.
Tableau 7: Situation de la dette publique au 30 septembre 2021
TYPES DE DETTE / CRÉANCIERS
ENCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE
AU 30 SEPTEMBRE 2021
POURCENTAGE
DETTE INTERNE 256,418,799,881.45 56%
BANQUE DE LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI 200,968,154,212.19 44%
Créances / Trésor public 200,968,154,212.19 44%
AUTRES INSTITUTIONS FINANCIÈRES (AIF) 45,589,797,862.03 10%
Banque Nationale de Crédit 5,809,606,542.10 1%
Souscripteurs aux bons du Trésor 35,800,000,000.00 8%
Office national d'assurance vieillesse (ONA) 1,685,919,300.00 0%
Autorité aéroportuaire nationale (AAN) 483,571,653.22 0%
Office national de l'aviation civile (OFNAC) 791,031,600.00 0%
Office d'assurance véhicules contre tiers (OAVCT) 98,609,732.49 0%
Autorité portuaire nationale (APN) 921,059,034.22 0%
AUTRES 9,860,847,807.23 2%
Pension civile 9,072,933,499.81 2%
Divers fournisseurs 787,914,307.42 0%
DETTE EXTERNE 202,146,426,136.30 44%
DETTE MULTILATÉRALE 25,030,456,388.24 5%
OPEC 4,054,618,751.44 1%
FMI 15,883,490,777.11 3%
FIDA 5,087,784,000.00 1%
BID/MINOTERIE 4,562,859.69 0%
DETTE BILATÉRALE 177,115,969,748.06 39%
BANDES 2,547,202,623.98 1%
PDVSA 143,922,143,487.72 31%
CHINE-Taiwan 30,646,623,636.36 7%
DETTE TOTALE 458,565,226,017.75 100%
Sources : Compte général 2020-2021
2.2.5. Gestion des programmes et projets
Un montant d’environ 30.34 milliards de gourdes a été comptabilisé pour des dépenses de programmes. Ce montant représente 67% des crédits budgétaires alloués à l’investissement et couvre des décaissements dans le cadre d’une vingtaine de programmes financé s par le Trésor à hauteur de
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7.658 milliards de gourdes environ et d’autres programmes qui sont appuyés
par des fonds venant de l’extérieur pour un montant de 22.69 milliards de
gourdes. Toutefois, la Cour constate qu’aucune information n'a été donnée
sur les programmes et projets financés par l’extérieur. En effet, aucune donnée
n’est présentée sur les types de projets financés, les programmes et les
institutions concernées.
Comme il a été souligné dans la première partie de ce rapport, l’une des
missions de la loi de règlement est, selon les dispositions de l’article 55 de la
LEELF, de rendre compte de la gestion et des résultats des programmes
budgétaires. Bien que les dispositions portant sur les programmes budgétaires
ne soient pas encore totalement d’application, des programmes et des projets
sont mis en œuvre par les pouvoirs publics. Malheureusement, ni le PLR ni le
compte général n’a expliqué la gestion des programmes e t projets. Pour la
liste de programmes présentée dans l’état comparatif des crédits et des
dépenses d'investissement par programme aux pages 86 et 87, la Cour prend
acte de l’absence totale des objectifs et des résultats atteints dans le cadre
de la mise en œuvre de cesdits programmes. Malheureusement, à cause de
cette situation, elle n’est pas en mesure de répondre à l’exigence qui lui est
faite par l’article 88 de la LEELF de juger de la performance atteinte et de la
qualité d'exécution des programmes inscrits dans les lois de finances à travers
la production d'un rapport annuel sur la performance publique transmis au
Parlement et au Gouvernement.
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II- CONSTATS DE LA CSCCA SUR L’EXÉCUTION DU
BUDGET DE L’EXERCICE 2020-2021
3.1. Des prévisions budgétaires peu sincères
L’analyse de l’exécution du budget laisse douter de la sincérité des prévisions
qui ont été faites. Il est à rappeler que le budget a fait l’objet de rectification
à la fin de l’exercice. Pourtant, des ressources retirées du budget rectificatif
(autres ressources domestiques) ont été encaissées à près de 22 milliards de
gourdes tandis que les tirages sur emprunt et les emprunts envers la BRH prévus
n’ont pas été collectés. La rectification du budget 2020-2021 arrive fort tard.
Pourtant, force est de constater de grands écarts entre les prévisions et les
réalisations spécialement au niveau des ressources de financement et des
dépenses. La Cour estime que les prévisions budgétaires qui ont été faites par
le gouvernement au cours de l’exercice 2020-2021 n'ont pas été sincères.
3.2. Des dettes fiscales non comptabilisées
La Cour se questionne sur les possibles dettes fiscales et les recouvrements au
cours de l’exercice.
Les états financiers ne font pas mention des montants à recevoir aux termes
d’impôts, droits et taxes. Le compte « Créances à court termes » présenté dans
l’état des actifs et passifs financiers ne mentionne pas les dettes fiscales. Bien
que des créances appelées « Autres créances à court terme » soient
comptabilisées pour un montant d’environ 630 millions de gourdes, rien ne
présage qu’elles prennent en compte les dettes fiscales. La Cour doute que
tous les titres de perceptions émis aient été recouvrés. Bien que l’autorisation
de percevoir soit annuelle, l’article 16 de la LEELF fait obligation à l’État de
collecter les ressources liquidées, mais non recouvrées à la fin de l'exercice
fiscal tout en respectant les lois qui les avaient créées. Afin de mettre en œuvre
les règles d’exigibilité fixées par les lois fiscales, le code douanier, les lois et le
règlement, il est nécessaire que les autorités fiscales soient en mesure
d’évaluer les créances et de prendre les mesures fixées par la loi.
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3.3. Des recettes publiques hors contrôle du Trésor public
La Cour attire l’attention du gouvernement et du parlement sur les recettes
hors budget qui sont réalisées très souvent de manière illégale. Ces fonds, pour
la plupart, ne passent pas par le canal du Trésor public et du coup échappent
à tout contrôle. À titre d’exemple, on peut citer, entre autres, les frais exigés
par la Direction de l’immigration et de l’émigration aux citoyens demandant
un passeport et les frais appliqués par le ministère de l’Éducation nationale et
de la Formation professionnelle sur la délivrance de certificat et d’attestation.
Or ces pratiques sont interdites par la loi et les règlements. En effet, le premier
paragraphe de l’article 51 de l’arrêté du 16 février 2005 portant règlement de
la comptabilité publique stipule que : « toutes contributions directes ou
indirectes autres que celles qui sont légalement instituées, à quelque titre et
sous quelque dénomination qu'elles se perçoivent, sont formellement interdites
sous peine, pour les agents qui établiraient les rôles et tarifs et ceux qui en
feraient le recouvrement, d'être poursu ivis comme concussionnaires, sans
préjudice de l'action en répétition contre tous receveurs ou individus qui en
auraient fait la perception ».
3.4. Des dépassements illégaux
À l’article 7.1, le PLR arrête des dépassements d’une valeur totale de
4,423,288,503.72 gourdes. Selon cet article et les informations additionnelles
fournies par le MEF dans le compte général, ces dépassements sont causés
par les interventions publiques (HTG 3,776,799,957.58), la Dette publique (HTG
474,878,347.72) et le Sénat de la république (HTG 171,610,198.42). La Cour
estime que les données ne sont pas complètes. En effet, le MEF a omis des
dépassements de 2,096,316,737 sur les crédits de fonctionnement du ministère
des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) ainsi que des
dépenses non prévues dans le budget qui ont été exécutées. Il s’agit des frais
financiers qui ont été évalués à 563,985,428.81 gourdes et le paiement de
factures de produits pétroliers pour le BMPAD d’un montant total de
25,005,248,816.10 gourdes.
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Le MEF a donc substitué le déficit du MTPTC sur les dépenses de
fonctionnement par les dépenses d’investissement. Cette pratique camoufle
la réalité et semble entrer en contradiction avec le principe de spécialité
budgétaire comme le veut le deuxième paragraphe de l’article 32 de la LEELF.
D’autant plus qu’il est interdit par l’article 36 de la LEELF d’engager ou
d’ordonnancer les crédits limitatifs au-delà des dotations budgétaires. Les
dépassements enregistrés, hormis ceux sur la dette publique, sont en violation
des dispositions de l’article cité précédemment.
Certaines explications fournies dans le compte général ne sont pas claires et
manquent d’informations. En effet, le principe de la bonne information veut
que les producteurs de comptes apportent aux lecteurs de ceux-ci une
information suffisante et significative leur permettant de les comprendre
correctement. Par exemple à la page 58 du compte général il est dit : « ces
dépassements et/ou écarts négatifs ci-dessus sur les crédits peuvent
s’expliquer ainsi : des dépenses effectuées par les postes comptables
de dépenses sur l’application SYSCOMPTE à partir des soldes de fonds des
exercices précédents reportés … ». La Cour se demande quel type de compte
a été affecté, pour quel montant. Ces opérations concernent-elles quelles
institutions ? En règle générale, les crédits budgétaires non utilisés en fin
d’exercice devraient être annulés conformément aux dispositions de l’article
40 de la LEELF.
Conformément à l’article 41 de la LEELF, à titre exceptionnel, le Gouvernement
est autorisé à reporter uniquement des crédits de paiement à condition que
ceux-ci ne dégradent pas l'équilibre budgétaire et qu’ils soient effectués par
arrêté pris en Conseil des ministres après la clôture des comptes de l'exercice
précédent. Aucun arrêté du Conseil des ministres n’a été présenté en ce sens.
Ainsi, sous réserve que le MEF prouve le contraire, la Cour conclut que les
reports dont il fait mention dans les explications du MEF sont effectués en
dehors du cadre légal. En conséquence, ils sont non conformes à la LEELF.
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3.5. Des informations contradictoires concernant le service
de la dette publique
Au cours de l’exercice, les charges d’amortissement de la dette sont
comptabilisées et ont été arrêtées à l’article 6.2 du PLR pour un montant de
23,789,244,353.53 gourdes. Ce montant est enregistré dans le tableau de
synthèse de l'exécution du budget à la page 22 du compte général. Il est
également inscrit dans le tableau des décaissements ventilés selon la nature
des dépenses se trouvant à l’annexe du compte générale à la page 73 et
dans les notes à la page 101. Pourtant à l’exposé des motifs du PLR, il est
mentionné que l’État haïtien a déboursé un montant de 152.15 milliards de
gourdes pour rembourser sa dette. Au tableau « Service de la dette » à la
page 56 de la loi de règlement, il est établi un service de la dette totalisant
158.510 milliards de gourdes composées de 152.714 milliards de gourdes de
principal (ou d’amortissement) et de 5.796 milliards de gourdes d’intérêt.
Fort de ce qui précède, la Cour estime que les informations relatives à
l’amortissement de la dette publique présentées dans le compte général et le
PLR sont contradictoires. En conséquence, l’institution doute de la sincérité des
informations financières relatives au service de la dette publique. La CSCCA,
en ce sens, recommande au MEF de rectifier les informations fournies et, par
la même occasion, d’arrêter le montant effectif.
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CONCLUSION
Dans le cadre de ce rapport, la Cour a, conformément aux dispositions
légales, analysé le PLR et le compte général qui lui ont été transmis par le MEF.
De son analyse, elle fait des constats tant sur le contenu des documents reçus
que sur la conformité des opérations budgétaires. Il en ressort que le projet de
loi de règlement n’est pas conforme à l’article 58 de la LEELF dans la mesure
où ce il n'est pas approuvé en Conseil des Ministres. Le compte général n’est
pas en tout point conforme à l’article 56 de la LEELF qui définit son contenu.
Les constats portant sur les opérations budgétaires concernent la non-sincérité
des prévisions budgétaires, la non-comptabilisation des dettes fiscales, des
recettes non contrôlées par le Trésor public, des dépassements illégaux et des
informations contradictoires relatives au service de la dette publique. Ces
manquements constituent des irrégularités nécessitant des mesures de
corrections de la part du Gouvernement. Considérant ces irrégularités, la Cour
produit, à l’attention du gouvernement en général et au ministère de
l’Économie et des Finances en particulier, les recommandations suivantes :
• Veillez à l’adoption des projets de loi de règlement par le Conseil des
Ministres conformément au calendrier défini par l’article 56 de la loi du 4
mai 2016 remplaçant le décret du 16 février 2005 portant l’élaboration et
l’exécution des lois de finances ;
• Prendre les mesures nécessaires pour que les dispositions relatives au
budget programme et la comptabilité en droits constatés soient
effectives ;
• Produire des prévisions réalistes qui tiennent compte des tendances
passées et de la capacité réelle du gouvernement à mobiliser les
ressources publiques.
• Comptabiliser les dettes fiscales et prendre des mesures appropriées
permettant de les recouvrer conformément au prescrit de la loi.
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Annexes
1. Projet de Loi de Règlement et Compte Général de
l’Administration Centrale de l’État en 2020-2021.
2. Budget rectificatif de l’exercice fiscal 2020-2021.
3. Loi sur l’Élaboration et l’Exécution des Lois de Finances (LEELF).
4. Loi sur la Modernisation des Entreprises Publiques.